« l’État islamique » : un des visages de la barbarie capitaliste
25 août 2014 Éditorial des bulletins L’Étincelle Monde
Laurent Fabius a paradé à Roissy pour l’accueil de quarante « chrétiens » qui ont fui la barbarie instaurée par l’État islamique (EI) en Irak. Quarante bénéficiaires de l’asile, alors qu’en 2014 plus d’un million de personnes, de toutes confessions, ont été déplacées par les violences en Irak. Belle leçon d’humanité ! Et le ministre de préciser que l’accueil de réfugiés se ferait au compte-goutte pour éviter les « infiltrations » et que seraient privilégiées les familles ayant « un lien avec la France. »
Les barbares portent aussi des costards
Les djihadistes de l’État islamique (EI) ont instauré un « califat » sur un territoire grand comme le Portugal, à cheval sur la Syrie et l’Irak. Décapitations ou lapidations, ils ne renoncent à aucune violence pour terroriser les populations des territoires qu’ils contrôlent. Cette milice de religieux moyenâgeux parade aujourd’hui aux commandes de chars américains dernier cri.
Les dirigeants des grandes puissances, États-Unis, France et Grande-Bretagne en tête, font mine de s’en émouvoir. C’est pourtant leur politique qui a nourri les djihadistes.
Après plus de dix ans d’un embargo qui a tué cinq cent mille enfants, les États-Unis ont bombardé puis envahi l’Irak en 2003. L’occupation militaire directe, qui a tout de même duré huit ans, ne représentait pas une solution de long terme pour contrôler cette région riche en pétrole. Les faucons de Washington ont donc cherché sur place des forces capables de tenir la population irakienne en respect malgré la pauvreté croissante, des forces qui soient aussi disposées à assurer des contrats aux multinationales occidentales.
Irak et Libye, une même stratégie
Ils ont vendu l’Irak aux milices confessionnelles, en s’appuyant sur l’une puis sur l’autre afin de diviser pour régner tout en maintenant la population dans la terreur. Des bandes d’hommes armés, rançonnant les familles, vivant de tous les trafics, s’affrontent depuis 2003 pour le contrôle de villes ou de quartiers afin de négocier des miettes avec l’occupant. Et elles justifient ces agissements au nom de motifs religieux ou nationalistes.
L’état de guerre permanent a ôté toute perspective d’avenir à la jeunesse et fait table rase des services publics comme l’éducation ou la santé. Seule l’industrie du pétrole fonctionnait normalement jusqu’aux événements récents. La guerre civile dans la Syrie voisine, que les grandes puissances font tout pour prolonger, a ajouté à la déstabilisation de toute la région.
Ce chaos organisé ne pouvait que profiter aux forces les plus violentes et les plus réactionnaires. « L’État islamique » est le produit de la politique des grandes puissances.
L’État français n’a rien à envier à son compère américain. Avec les mêmes objectifs et les mêmes méthodes, rien que ces quatre dernières années, il est intervenu militairement en Côte d’Ivoire, en Libye, au Mali et en Centrafrique. Aujourd’hui, la situation en Libye est comparable à l’Irak.
En finir avec la barbarie capitaliste
La violence des djihadistes de l’EI n’est que le reflet de la terreur que les armées occidentales ont imposée aux peuples de la région depuis plus d’un siècle pour préserver leur domination. Si les bandes armées réactionnaires sont bien sûr un danger mortel pour les travailleurs et les femmes, n’oublions pas que les alliés les plus sûrs des « démocraties » occidentales sont l’État confessionnel israélien qui bombarde les populations civiles de Gaza et les monarchies moyenâgeuses du Qatar et d’Arabie Saoudite.
Au Moyen-Orient le système capitaliste, construit sur l’exploitation et sur la guerre, se révèle dans son horreur la plus crue. Le renverser est une nécessité pour les peuples de la région, comme pour l’humanité tout entière.
Mots-clés : Daech (Etat islamique)
