Hollande à Florange au chevet… du patronat
24 novembre 2014 Éditorial des bulletins L’Étincelle
François Hollande l’avait promis, il reviendrait chaque année à Florange voir les « Mittals ». En 2012, debout sur une camionnette, il assurait que « lui président » se battrait pour que les hauts-fourneaux restent ouverts. Un an plus tard, il était de retour, en tant que chef de l’Etat, mais cette fois-ci pour entériner la fermeture du site. Son seul engagement alors : revenir chaque année. Ce lundi, promesse tenue, il est revenu faire son coup de com’, mais pas auprès des travailleurs – il a soigneusement évité de rencontrer ceux qui manifestaient –, plutôt auprès du patronat en passant par une porte dérobée.
Mittal-Hollande : les propagateurs de misère
Hollande est d’abord venu à Uckange inaugurer une plateforme de recherche et développement industriel dans le domaine de la sidérurgie subventionnée par l’État à hauteur de 50 millions d’euros. Mais ce coup de pub aura bien du mal à faire oublier les conséquences sociales terribles de la fermeture des deux hauts-fourneaux en 2013. Ce sont 680 emplois qui ont été supprimés par la multinationale de Lakshmi Mittal alors que son groupe a versé 1,2 milliard de dollars à ses actionnaires dont 41% à la seule famille Mittal…
L’Etat se targue d’avoir fait respecter le pacte signé avec la multinationale en 2012 visant le reclassement de tous les salariés, en occultant le fait que souvent ces reclassements ne correspondaient pas aux compétences des ouvriers concernés. C’est aussi nier que les hauts-fourneaux étaient le poumon économique de la région. C’est toute l’activité locale de sous-traitance qui s’est retrouvée sur le carreau laissant des centaines de familles sombrer dans la misère, dans une région déjà durement touchée par le chômage. La parade médiatique de Hollande à Florange masque difficilement sa politique anti-ouvrière.
Un patronat de combat
Dans ce contexte, les patrons n’ont aucun complexe à tirer tous azimuts sur les acquis sociaux. Non contents d’avoir pour eux le pacte de responsabilité et ses 40 milliards d’euros d’allégements de charges aux entreprises, la nouvelle proposition de François Hollande ne leur suffit pas. En effet, le 6 novembre, sur TF1, le président annonçait la transformation du CICE (crédit d’impôt compétitivité emploi) en baisse de charges en 2017. Malgré cela, Gattaz et ses amis organisent une « semaine de mobilisation » début décembre pour montrer leur « exaspération terrifiante ». Sortons nos mouchoirs ! Le gouvernement se plie en quatre pour répondre à leurs exigences, et eux en redemandent.
Gattaz tire à boulets rouges sur le compte pénibilité (pourtant négocié par le patronat en échange de concessions de certains syndicats sur les retraites) prévu pour 2015, sur le Code du travail et sur les syndicats qu’il juge « dogmatiques et guerriers » – si seulement c’était vrai !
Un gouvernement au garde-à-vous
Le pouvoir en place est le meilleur relais de cette offensive. Le ministre de l’économie, Emmanuel Macron, a affirmé le 20 novembre, devant une commission de l’Assemblée nationale, vouloir « faire respirer les 35 heures ». Autrement dit : augmenter le temps de travail. Un autre cacique du PS, le maire de Lyon, Gérard Collomb, enfonce le clou en se disant favorable à une « période d’essai de trois ans pour les CDI ». Flexibilité, précarité pour tous, le PS est prêt à toutes les « réformes » pour contenter le patronat.
Pour Gattaz, le problème de la France serait « une guerre des classes larvée ». Quelle lucidité ! Sauf que ceux qui la mènent aujourd’hui, ce sont lui et ses semblables. Nous, travailleurs, devons riposter en passant à l’offensive et en menant pour de bon la lutte de classe, à notre manière.
