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Archives > Éditos L’Étincelle > 2014 > novembre > 17

Faisons un rêve

Nous avons tous été fascinés devant nos écrans par le lent et périlleux atterrissage, plus exactement « l’acomettissage », du robot Philae. A juste titre. Lancée il y a 10 ans, la sonde Rosetta gravite depuis plusieurs mois autour d’une comète à plus de 500 millions de kilomètres de la Terre. Elle y a déposé un robot qui, malgré « sa patte en l’air », a foré et effectué des relevés dont les résultats sont déjà retransmis à notre planète. Les comètes sont des vestiges du système solaire et en tant que blocs de matière primitive, ils pourraient nous renseigner sur les origines du système solaire. L’exploit est de taille.

Une prouesse, malgré la cure d’austérité contre la recherche

Pourtant, selon des scientifiques qui ont pris part au projet, des entreprises de cette ampleur ne seraient plus envisageables aujourd’hui. Les coupes budgétaires sont passées par là et ont affecté la recherche publique. Hollande a pourtant annoncé lors de son allocution télévisée du 6 novembre qu’il soutiendrait la recherche. Au lieu de quoi, les coupes dans les budgets universitaires sont profondes et le gouvernement continue d’appliquer l’arnaque baptisée Crédit impôt recherche (CIR) : une énorme niche fiscale qui, depuis 2007, a permis de reverser quelque 40 milliards d’euros principalement aux multinationales (qui s’ajoutent aux milliards du Crédit d’impôt pour la compétitivité – le CICE mieux connu). Le montant annuel de ce cadeau fiscal aux trusts privés équivaut au budget de tous les organismes de recherche publique, salaires inclus, plus le budget de la recherche universitaire, où les contrats précaires sont devenus la norme pour tout jeune qui entre dans le métier...

Ce Crédit impôt recherche n’a pas non plus servi à maintenir l’emploi dans la recherche privée, contrairement à son objectif officiel. Au contraire, l’emploi a chuté de 11 %. Par exemple Sanofi, qui a profité du système pendant des années, malgré des profits exorbitants, a supprimé 900 postes en 2012 et en prévoit la suppression de 2 500 autres.

21° siècle…

La mission Rosetta n’est qu’une entrevue des possibilités scientifiques et technologiques actuelles. Au 20e siècle, la conquête de l’espace a donné la possibilité de mettre en orbite des satellites. Cela a permis entre autres la simplification des communications entre les hommes et une précision accrue en matière de prévisions météorologiques. De quoi réguler la production agricole à l’échelle du globe ou se donner les moyens de protéger les populations de certaines catastrophes naturelles. Mais toutes ces connaissances et technologies, coincées dans l’étau du capitalisme, ne sont pas mises au service de l’écrasante majorité de la population. Pourtant, ces progrès auraient la capacité de faire exploser le bien-être, matériel et intellectuel, de toute l’Humanité.

…ou Moyen-Age ?

Mais les gouvernants ont bien d’autres projets. Les différents États, si prompts à asséner l’austérité aux travailleurs et à la population pauvre, opèrent des choix extraordinairement dispendieux ; les guerres impérialistes s’enchaînent générant le chaos dans bien des régions du monde : Afghanistan, Irak, Libye, Mali, Centrafrique, de nouveau Irak... Des sommes folles y sont dépensées, pour les profits des marchands d’armes. Selon un rapport du Sénat américain, la guerre en Irak des années 2 000 coûterait en tout plus de 6 000 milliards de dollars aux États-Unis quand les Nations Unies chiffrent à 30 milliards de dollars la somme nécessaire pour éradiquer la faim sur notre planète.

Les moyens techniques et scientifiques existent pour que les besoins indispensables de l’ensemble de la population soient assouvis, tout comme l’esprit de découverte et la curiosité qui font de nous des humains. Mais cela requiert de renverser le capitalisme qui ne fonctionne que pour l’avidité barbare d’une minuscule minorité.

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