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Archives > Éditos L’Étincelle > 2016 > mai > 2

Contre la loi Travail : Debout, jusqu’au bout !

Voilà plus de deux mois que le gouvernement est passé à l’attaque avec la loi Travail, pour satisfaire les appétits du grand patronat. Mais les travailleurs et les jeunes ont aussi multiplié les grèves et les manifestations pour montrer que la lutte de classe, les patrons ne sont pas les seuls à la mener. Oui, nous pouvons contre-attaquer ceux qui nous gouvernent et ceux qui nous exploitent !

Hollande a osé l’affirmer : « ça va mieux » en France… Et sa ministre du Travail, Myriam El Khomri, s’est félicitée de la baisse du chômage le mois dernier. Une baisse mensongère, car s’il y a eu moins de chômeurs indemnisés (grâce aux radiations), le nombre d’emplois précaires a augmenté !

Pas de quoi se vanter donc. Sur les trois dernières années, plus d’un million de personnes sont venues grossir les chiffres du chômage, toutes catégories confondues.

« Ça va toujours mieux »… pour les patrons !

La ministre se réjouit de ce que les « marges » des entreprises « se reconstituent » : les profits se portent bien ! Ce ne sont pas les patrons du Cac 40 qui diront le contraire. Le patron de PSA, Carlos Tavares, a doublé sa rémunération en 2015 : plus de 5 millions d’euros ! Un petit joueur comparé à Carlos Ghosn, PDG de Renault-Nissan, qui avec ses deux « temps partiels »… touchera 15 millions d’euros. 870 fois le salaire annuel brut d’un travailleur au smic. Leur mérite ? Avoir mené une politique de casse sociale, en s’attaquant à l’emploi et aux salaires.

La loi Travail, si elle était appliquée, donnerait encore plus d’arrogance à ces patrons de combat, en facilitant les licenciements prétendument « économiques », les baisses de salaires ou l’augmentation du temps de travail, au moyen de nouveaux accords d’entreprise défavorables aux salariés.

Le Medef en redemande

Le patronat ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Dans les négociations actuelles sur l’assurance chômage, Gattaz, le président du Medef, a proposé de revoir à la baisse l’indemnisation des chômeurs et de faire passer de trois à deux ans la durée d’indemnisation des plus de cinquante ans ! Faciliter les licenciements, moins indemniser les chômeurs : deux facettes d’une même politique.

Nous n’avons pas le choix : il faut leur faire ravaler cette avidité. Cela n’a rien d’impossible, puisque l’écrasante majorité des travailleurs ne veut pas de la loi Travail. Pour l’heure, beaucoup hésitent encore à s’engager dans la lutte. Reste à prendre conscience de notre force collective, tous secteurs confondus.

Travailleurs, à l’offensive !

La dernière journée de grèves et de manifestations, jeudi 28 avril, comme ce dimanche 1er mai, ont été un succès, avec quelques centaines de milliers de personnes dans la rue, malgré les provocations et les violences policières. Il en faudra plus pour intimider les manifestants.

Mais les journées isolées, les grèves de 24 heures espacées comme l’ont proposé jusqu’ici les dirigeants syndicaux, ne peuvent pas suffire à faire reculer le gouvernement. La CGT évoque bien une grève « reconductible », mais sans donner de date ni de perspective claire. La grève ne doit pas s’arrêter à une journée, il faut la reconduire de jour en jour et la poursuivre jusqu’au retrait de la loi Travail ! Quand nous aurons bloqué toute l’économie, quand nous serons tous ensemble en grève et dans la rue, ils ne pourront plus ignorer notre colère, car ils ne sont rien sans nous, sans notre travail.

Alors, profitons des prochaines dates de grèves ou de manifestations, ainsi que des Nuits Debout où l’on débat de la convergence des luttes et de la grève générale.

Jeunes, chômeurs et salariés, tous ensemble, restons debout jusqu’à ce qu’ils cèdent !

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