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Archives > Éditos L’Étincelle > 2014 > mai > 5

Vive l’Europe des travailleurs !

On croirait rêver ! Le Parti Socialiste s’est lancé dans la campagne des élections européennes en s’affirmant contre l’austérité… en Europe. Pourtant, c’est bien en France que le gouvernement Valls après celui d’Ayrault, a engagé une politique d’attaques tous azimuts contre les classes populaires. Avec son « pacte de responsabilité », c’est bel et bien 50 milliards qui vont être pris dans les poches des travailleurs et sur le dos des services publics pour gonfler les poches pleines à craquer du patronat.

Le refrain mensonger du patriotisme

En fait, la petite musique du Parti Socialiste est assez connue et, de Montebourg au Front National, elle est reprise sur tous les tons par bon nombre de politiciens de droite, d’extrême droite ou de gauche en campagne.

A les entendre, si le gouvernement est à l’offensive contre les travailleurs, c’est la faute à l’Europe ! Marine Le Pen ne dit rien d’autre quand elle déclare « Non à Bruxelles, oui à la France ». Jusqu’à Jean-Luc Mélenchon, du Front de gauche, d’accorder son violon sur ce diapason nationaliste en insistant sur la nécessaire « souveraineté nationale ». Comme si ce n’était pas la souveraineté nationale à la Sarkozy ou Hollande qui nous impose l’austérité.

Mais c’est donc quoi l’Union Européenne ? Le diable cosmopolite face à l’angélique souveraineté nationale ? En fait, ce n’est ni plus ni moins que leur Europe capitaliste, fabriquée par les pays capitalistes « souverains » les plus puissants. Il ne faudrait pas oublier que les gouvernements de la France et de l’Allemagne sont les piliers de la construction européenne, qu’ils en ont fixé les règles, de façon à ce que celle-ci se fasse au profit de leur classe dominante. L’Union Européenne permet à ces bourgeoisies puissantes de concurrencer à bon compte celles qui sont plus faibles de l’autre côté des frontières.

C’est le gouvernement français qui a imposé à « Bruxelles » la Politique agricole commune (la PAC) au profit de ses grands céréaliers, ces capitalistes de l’agro-alimentaire bien français ; ce sont les gouvernements français et allemands qui ont permis à leurs grandes banques (telles la BNP, la Société générale…) de dégager des profits monstrueux en prêtant aux Etats grec, espagnol ou italien à des taux d’intérêt exorbitants qui prennent les peuples à la gorge. Eux qui via le FMI, la Banque centrale européenne et la Commission européenne (ce qu’on appelle la « Troïka ») ont imposé des plans d’austérité assassins aux populations de la Grèce, du Portugal, de l’Espagne, de l’Irlande et de bien d’autres en Europe centrale.

Ne pas se tromper d’ennemis !

Un repli dans nos frontières nationales ne nous renforcerait pas vis-à-vis de cette classe de rapaces bien de chez nous. Dans ce qu’ils appellent la « souveraineté nationale », il n’y a pas là l’ombre d’une perspective qui améliorerait notre situation.

Il ne faut donc pas se tromper d’ennemis. Nous aurions tout à perdre à nous couper des travailleurs des autres pays, payés moins chers et plus durement exploités. Au contraire, c’est auprès d’eux, qui souvent travaillent pour les mêmes entreprises qu’ici, que nous trouverons nos alliés dans les luttes à venir.

Les gesticulations d’un Montebourg sur le « patriotisme économique », c’est-à-dire sur la solidarité entre patrons et salariés d’un même pays ne doivent pas faire illusion. D’ailleurs, dans les cortèges du 1er mai, on a surtout entendu des slogans s’opposant au gouvernement et à son pacte de responsabilité qui sert un patronat bien français. Un début de réponse qu’il faudra amplifier…

Dans cette campagne pour les élections européennes, seule l’extrême gauche révolutionnaire, le NPA (Nouveau parti anticapitaliste) et Lutte Ouvrière, défend les intérêts des travailleurs en affirmant qu’à travers les frontières, c’est bien une seule et même classe qui se fait exploiter et devra s’unir pour inverser la vapeur.

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