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Archives > Éditos L’Étincelle > 2014 > juillet > 7

Les Guignols de l’intox

La « conférence sociale » qui s’ouvre ce lundi ne risque pas de faire de l’ombre au Festival d’Avignon. Les acteurs de cette mauvaise farce ne sont pas des intermittents en lutte, mais les « partenaires sociaux », patrons, gouvernement et syndicats convoqués cette année encore pour négocier les prochains reculs sociaux que Hollande et Valls comptent imposer aux travailleurs. En particulier le « Pacte de responsabilité » et ses 41 milliards de baisse d’impôts offerts au patronat.

Courbettes du gouvernement

Ce sont les représentants du patronat qui ont ouvert le bal fin juin, en exigeant du gouvernement qu’il revienne notamment sur la mise en place du « compte pénibilité », censé permettre à certains salariés de partir plus tôt à la retraite, et sur la limitation du temps partiel à 24 heures minimum. Pierre Gattaz, président du Medef, faisant planer la menace d’un boycott de la Conférence sociale.

Il n’en fallait pas plus pour que Valls donne la réplique aux patrons... en satisfaisant à toutes leurs revendications. La pénibilité ne serait plus prise en compte dans certains secteurs comme le bâtiment. Quant à la réforme des temps partiels, qui multipliait les dérogations, notamment pour les étudiants et les intérimaires, c’était déjà du pain béni pour le patronat. Toujours serviable, Valls a proposé de faciliter les contrats de moins de 24 heures établis avec l’accord du salarié... qui n’a généralement pas le choix entre travailler moins et se retrouver au chômage.

Clou du spectacle : Valls, dans le rôle du larbin de service, rappelle ses 41 milliards de cadeaux aux patrons, annonce la refonte du droit du travail et de nouvelles aides aux entreprises. Pour conclure : « Jamais de tels engagements n’ont été pris à ce niveau ! »

Postures plaintives et boycott… « partiel » des dirigeants syndicaux

Les dirigeants syndicaux pleurent : on a oublié de les consulter ! Ils ne dénoncent pas la mascarade du « dialogue social » dont la seule fonction est de faire passer la politique anti-ouvrière du gouvernement en la faisant valider par tout ou partie des syndicats. Non, ce qu’ils dénoncent, c’est le « manque » de dialogue social ! Suite à la menace de boycott du Medef la semaine dernière, pour ne pas être trop en reste, la CGT et FO ont décidé de boycotter, mais partiellement, ladite conférence. Les autres dirigeants syndicaux ont préféré être de toutes les palabres. Mais, lundi, Thierry Lepaon s’est quand même rendu respectueusement à la réunion convoquée par Hollande, à « huis clos ». Bravo la transparence !

En dépit de ces demi-bouderies, les appareils syndicaux, au lieu de préparer la mobilisation d’ensemble des salariés, cherchent avant tout à se faire valoir comme interlocuteurs du patronat et du gouvernement.

Aux travailleurs d’entrer en scène !

En fait, les masques sont tombés depuis longtemps. Le ministre du travail, Michel Sapin, l’a exprimé à sa manière en déclarant dimanche que « Notre amie c’est la finance : la bonne finance », cette finance, qu’elle se prétende bonne ou mauvaise, dont Hollande prétendait être l’« adversaire » pendant sa campagne présidentielle. Le Fonds monétaire international (FMI) ne s’y est pas trompé, en encourageant Hollande à poursuivre sa politique d’austérité et d’aides aux capitalistes. Le FMI prévient pourtant que ces mesures pourraient rencontrer des résistances, que seul « un dialogue social plus coopératif » permettrait d’éviter.

Certains craignent donc à juste titre la réaction des travailleurs. Les grèves des cheminots, puis la lutte des intermittents et la grève de la SNCM, entre autres, montrent que les travailleurs n’ont pas l’intention de rester spectateurs de ce théâtre de guignol.

C’est en faisant converger leurs différentes luttes qui pour l’instant sont isolées, c’est sur leur terrain, dans la rue et dans la grève, que les travailleurs pourront contrer les attaques du patronat et du gouvernement. Pas dans les négociations au sommet, où c’est toujours la bourgeoisie qui tire les ficelles.

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