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Archives > Éditos L’Étincelle > 2014 > juin > 16

Le train des luttes, affiché en partance par les cheminots en grève !

Voilà près d’une semaine que les cheminots sont en grève à l’appel des syndicats CGT, Sud-Rail et FO dans bien des gares et chantiers. La grève est massive, quoi qu’en dise la direction de la SNCF qui mobilise ce qu’elle peut de cadres, pas toujours compétents, pour faire rouler les trains. Elle a été reconduite jour après jour, bien que Hollande et Valls soient montés au créneau pour appeler à reprendre le boulot ! Avec encore moins de succès qu’aux dernières élections !

Toujours se méfier de leurs réformes !

Cette grève est dirigée contre la « réforme ferroviaire » concoctée par le gouvernement et la direction de la SNCF. Derrière des formules obscures pour le grand public et pour les cheminots eux-mêmes, il s’agit de redoubler les attaques contre les travailleurs du rail.

En ligne de mire, les conditions de travail, avec la perte d’une dizaine de jours de repos et l’augmentation des amplitudes d’heures travaillées. En ligne de mire aussi, de nouvelles possibilités d’embaucher hors statut, avec toute la panoplie des emplois précaires. En ligne de mire enfin, les salaires. Travailler plus, à effectifs réduits, pour gagner moins : une vie davantage pourrie pour les cheminots, davantage pourrie aussi pour les usagers, car cette politique augmente les « incidents matériels » qui retardent les trains, les annulent et mettent des vies en péril. Ces économies sont à l’origine du dramatique accident de Brétigny-sur-Orge, l’été dernier.

Le gouvernement et la direction de la SNCF voudraient donc voir ratifier par le Parlement cette augmentation de la productivité des cheminots sous prétexte de résorber une « dette » dont ils ne sont pas responsables. Ils ont mille fois raison de se mobiliser, de chercher à mettre un coup d’arrêt à ces mauvais coups, de se dresser contre cette réforme.

Leurs problèmes sont exactement ceux de tous les travailleurs du pays, public et privé.

Même si les directions syndicales cheminotes n’ont pas choisi de mettre explicitement en avant les revendications et en restent à une dénonciation générale de la réforme, les cheminots mettent sur la table leurs problèmes d’emploi et de salaire. Il suffit de se rendre dans une AG de grévistes pour comprendre à quel point ils sont aigus. Les bas salaires : au commercial ou à l’entretien des voies, on commence à peine au SMIC. Les primes à la tête du client. Les suppressions de postes – encore 2 500 cette année. Et les restructurations permanentes pour adapter les rythmes de travail à l’hémorragie des effectifs.

Mêmes problèmes que les intermittents du spectacle, refusant une réforme de l’assurance chômage qui ne ferait qu’aggraver leur situation de précarité. Mêmes problèmes que les postiers, en grève dans les Hauts-de-Seine depuis le mois de janvier, mais aussi dans le centre de distribution de Paris 15e et dans bien d’autres, contre des suppressions de postes. Mêmes problèmes que les agents de piste d’Air-France, à Roissy. Mêmes problèmes que les salariés de Pôle Emploi, appelés à la grève jeudi prochain. Sans oublier les salariés de différents hôpitaux du pays qui manifesteront ensemble à Caen le 18 juin prochain.

Partout, les salariés sont confrontés aux mêmes attaques contre leurs conditions de travail, qu’elles soient baptisées « plans de compétitivité », « réforme ferroviaire », « réorganisation » ou autre désignation technocratique. Rien d’étonnant si la colère monte.

Tous ensemble, ouais !

Si François Hollande et Manuel Valls ont chanté en chœur « il faut savoir terminer une grève » – refrain repris par les politiciens de droite – c’est qu’ils ont peur d’un réchauffement du climat social. Leur porte-parole a même inventé un mot : la « coagulation » des mécontentements. Ils disent ne pas la craindre, mais un peu comme Juppé en 1995 prétendait rester droit dans ses bottes !

En réalité, c’est la convergence de nos intérêts de travailleurs et la coordination de nos luttes, qui sont bel et bien à l’ordre du jour.

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