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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 94, juin-juillet-août 2014

Cinéma

Mis en ligne le 14 juin 2014 Convergences Culture



  • Deux jours et une nuit

Jean-Pierre et Luc Dardenne


Le patron d’une PME de Liège contraint ses salariés à choisir entre le licenciement d’une employée et le renoncement à une prime annuelle de mille euros. L’ouvrière menacée de licenciement va avoir un week-end pour convaincre la majorité de ses collègues de sacrifier leur prime. Sur ce thème d’actualité, les frères Dardenne ont réalisé un mélo social poignant auquel Marion Cotillard apporte beaucoup de présence, de finesse et d’émotion.

Toutefois, diverses invraisemblances et incohérences font perdre de la crédibilité à un film qui se veut réaliste. Par exemple, à aucun moment l’ouvrière et son mari n’envisagent d’exiger des indemnités pour ce qui est de toute évidence un licenciement abusif, car il existe en Belgique un Tribunal du travail qui joue le rôle des Prud’hommes en France.

Surtout, la morale qui se dégage de cette cruelle histoire n’est pas très claire. Certes le cynisme patronal est dénoncé, mais on éprouve tout de même l’impression que l’acte de solidarité élémentaire consisterait à faire une croix sur la prime, donc qu’il faudrait un peu se serrer la ceinture pour préserver l’emploi, qu’il n’existe aucune autre solution. Pas une voix ne s’élève pour refuser ce choix ignoble et dire ses quatre vérités au patron. On suppose – et on espère ! – que les Dardenne n’ont pas eu l’intention de préconiser des baisses générales de salaire pour sauver l’emploi, mais leur film est très maladroit. Décevant de la part de réalisateurs qui se sont affirmés par leur talent et leur engagement.

Georges RIVIERE

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Numéro 94, juin-juillet-août 2014

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