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Assurance-maladie : ne pas attendre pour préparer la riposte

11 mai 2004

Le gouvernement continue son pilonnage médiatique préalable à l’offensive finale, avançant les chiffres les plus fantaisistes sur le prétendu « trou abyssal » de l’assurance-maladie et laisse clairement entendre qu’il y aura une nouvelle augmentation de la CSG, que les soins seront moins remboursés. Le calendrier de l’offensive est connu : à la mi-juin, le projet sera déposé au Conseil des ministres, débattu et voté au Parlement en juillet. Le Parti socialiste, quant à lui, a accepté de siéger dans une commission de parlottes parlementaires, les ténors du PS n’ayant jamais tenu secret leur accord de principe sur une « réforme » de l’assurance-maladie du même tonneau que celle du gouvernement.

Les objectifs sont donc clairs, la date est connue, les adversaires sont bien identifiés. Leurs alliés aussi.

En face, que font les stratèges qui se chargent, en théorie, de la défense des intérêts des salariés, c’est-à-dire les dirigeants syndicaux ? Ne parlons même pas de Chérèque toujours prêts à tout avaliser… Mais que font les dirigeants syndicaux « radicaux », ou qu’on présente comme tels : ceux de FO ou de la CGT ?

Thibault, le secrétaire général de la CGT, interrogé le 2 mai au Grand jury RTL-Le Monde-LCI a déclaré : « Quel est ce projet de loi ? Pour l’instant, mystère ! » Ainsi, Thibault est le seul a ne pas être au courant de la teneur des projets gouvernementaux…

Pas très pressé, Thibault n’a parlé d’une journée d’action sur l’assurance-maladie que début juin, à quelques jours du dépôt du projet gouvernemental. En outre, la pétition de la CGT n’avance aucune revendication précise et se contente de parler de « sauver la Sécu », autrement dit reprend le langage gouvernemental sur la nécessité d’une prétendue réforme visant à combler le fameux trou.

La mobilisation a commencé

Il est vrai que les délais sont courts. Mais ce devrait être une raison supplémentaire de se presser ! Et un peu partout, des militants syndicaux, associatifs, des militants politiques ressentent le besoin de se mobiliser. Il aurait été possible, souhaitable, que les deux organisations d’extrême gauche les plus en vue en cette période électorale, LO et la LCR, prennent depuis plusieurs semaines l’initiative de s’adresser à toutes les organisations du mouvement ouvrier pour leur proposer un plan de mobilisation contre la réforme gouvernementale. Une telle initiative aurait sûrement trouvé (et pourrait encore trouver) un écho auprès de tous ces militants inquiets du silence de leurs propres organisations nationales.

En attendant une telle initiative commune de l’extrême gauche, d’autres s’en sont chargés, à leur façon : Attac et le PCF au niveau national, d’autres aussi au niveau local. Les objectifs et revendications des organisations qui ont appelé à la constitution de comités de défense de la Sécu sont parfois bien flous et non dénués d’ambiguïté. L’important reste pourtant que des « collectifs » sont nés dans différents endroits, avec parfois la participation d’unions départementales CGT, et que les militants, syndicaux, politiques ou associatifs qui y participent cherchent à pallier l’absence de plan de mobilisation des dirigeants syndicaux nationaux.

Les militants révolutionnaires ont tout intérêt à participer à ces « collectifs », en y avançant les mêmes objectifs qu’ils défendent au sein des syndicats où ils militent : d’abord pour être aux côtés de ceux qui veulent agir. Ensuite pour y avancer des revendications claires et des objectifs de mobilisation :

Il n’y a pas de trou de l’assurance-maladie ! Le seul paiement des dettes de l’Etat et des patrons, la suppression des exonérations patronales rendraient l’assurance-maladie largement excédentaire.

Il n’est pas plus question d’accepter une augmentation de la CSG ou de la part salariale des cotisations sociales qu’une baisse des remboursements ! Ce qui est à l’ordre du jour, c’est l’augmentation générale des salaires et l’interdiction des licenciements car ce sont les bas salaires et le chômage qui réduisent les rentrées de la Sécurité sociale.

Il est urgent d’organiser une riposte d’ensemble du monde du travail, en faisant en sorte que la journée du 6 juin programmée timidement par Thibault soit un véritable succès annonçant d’autres déconvenues pour le gouvernement.

Voilà, pour l’heure, les objectifs que peuvent mettre en avant les révolutionnaires dans ces collectifs, et dont il est en réalité assez facile de convaincre les participants.

Dans l’immédiat, à l’appel des collectifs, des manifestations sont prévues en divers endroits samedi 15 mai, à Paris et en province. Le délai est peut-être court mais il faut faire tout ce qui est possible pour qu’elles soient une première étape dans une mobilisation plus large.

Jean-Jacques FRANQUIER

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