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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskyste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> Belgique : R&#232;glement de compte entre&#8230; bureaucrabes !
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		<description>L'&#233;t&#233; aura &#233;t&#233; particuli&#232;rement agit&#233; au sein de la FGTB (l'un des 2 grands syndicats belges qui compte 1 200000 membres). Chaque jour ou presque, les journaux ont racont&#233; ce v&#233;ritable feuilleton policier, toujours pas termin&#233;, avec ses intrigues, ses rebondissements, ses d&#233;clarations fracassantes. &lt;br /&gt;Tout a commenc&#233; fin juin quand Albert Faust, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du SETCA (syndicat des employ&#233;s techniciens et cadres - 70000 affili&#233;s) a &#233;t&#233; licenci&#233; pour faute grave et son syndicat mis sous tutelle. La FGTB&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;t&#233; aura &#233;t&#233; particuli&#232;rement agit&#233; au sein de la FGTB (l'un des 2 grands syndicats belges qui compte 1 200000 membres). Chaque jour ou presque, les journaux ont racont&#233; ce v&#233;ritable feuilleton policier, toujours pas termin&#233;, avec ses intrigues, ses rebondissements, ses d&#233;clarations fracassantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout a commenc&#233; fin juin quand Albert Faust, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du SETCA (syndicat des employ&#233;s techniciens et cadres - 70000 affili&#233;s) a &#233;t&#233; licenci&#233; pour faute grave et son syndicat mis sous tutelle. La FGTB reproche &#224; Faust &#171; une mauvaise gestion des caisses syndicales &#187;. Faust, alors, contre-attaque et porte l'affaire devant les tribunaux. C'est l'occasion, de part et d'autre, d'un grand d&#233;ballage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On y apprend, entre autres, que les permanents syndicaux sont particuli&#232;rement bien pay&#233;s. Ainsi, un secr&#233;taire d'une Centrale professionnelle (FGTB conna&#238;t une triple structure : inter-r&#233;gionale, inter-professionnelle et linguistique : une centrale professionnelle correspond &#224; un secteur d'activit&#233; professionnelle, ex. : CMB = centrale des m&#233;tallos), touche 5700 euros brut/mois auxquels il faut ajouter des frais en tous genres : voyages d'&#233;tudes, luxueuse voiture de fonction (Mercedes et BMW sont, para&#238;t-il, tr&#232;s pris&#233;es dans ce milieu) et des &#171; enveloppes mensuelles &#187; plus ou moins officielles. Comme l'&#233;crit le journal &lt;em&gt;Le Soir&lt;/em&gt; : &lt;em&gt;&#171; Les cadres du syndicat n'ont rien &#224; envier &#224; leurs homologues du secteur priv&#233; au sens strict &#187;&lt;/em&gt;. On y apprend aussi que le syndicat FGTB, au niveau national a re&#231;u en 2001, du gouvernement, 2,3 millions d'euros pour la distribution des allocations de ch&#244;mage (en Belgique les allocations de ch&#244;mage sont distribu&#233;es par les 3 syndicats, FGTB socialiste, CSC social chr&#233;tien, CGSLB lib&#233;ral) &#224; partir de l'argent r&#233;colt&#233; par la s&#233;curit&#233; sociale. L'argent des syndicats provient donc en grande partie des cotisations des affili&#233;s mais aussi des subsides vers&#233;s par l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Tous &#171; staliniens &#187; ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ces accusations, Faust r&#233;pond sur deux terrains. D'abord en contre-attaquant sur les accusations de &#171; mauvaise gestion &#187; et de d&#233;tournements de fonds. Mais il r&#233;pond aussi sur le terrain syndical. Faust est connu comme un syndicaliste &#171; grande gueule &#187; et d&#233;fendant des positions plus &#224; gauche que la FGTB nationale. Contrairement &#224; celle-ci, il est de ceux qui ont soutenu les 13 de Clabecq (voir &lt;em&gt;Convergences r&#233;volutionnaires&lt;/em&gt; de juillet/ao&#251;t 2002). Il &#233;tait aussi oppos&#233; &#224; l'accord syndicats-patronat visant &#224; emp&#234;cher les gr&#232;ves sauvages et les piquets de solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De jugement en jugement, au moment o&#249; nous &#233;crivons, Faust est toujours licenci&#233; et un administrateur judiciaire g&#232;re le syndicat SETCA. A ce jour, celui-ci afficherait un gouffre financier de 4,5 millions d'euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faust, ex-militant d'extr&#234;me-gauche, crie au &#171; &lt;em&gt;complot stalinien&lt;/em&gt; &#187;. Quant &#224; Michel Nollet, ex-secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la FGTB (et dont le fils devrait prendre la place de Faust...), il explique : &#171; &lt;em&gt;Faust est un secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral qui g&#232;re sous un r&#233;gime stalinien ! Vous savez, on peut avoir une dialectique de gauche et adopter un comportement bourgeois&lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; donc un panier de bureaucrabes syndicaux bien agit&#233; qui fait au moins le bonheur de la police qui, perquisitionnant &#224; plusieurs reprises les locaux syndicaux, a saisi 110000 fiches avec l'historique de chaque affili&#233; au syndicat. Des affili&#233;s qui sont peut-&#234;tre quand m&#234;me en train de d&#233;couvrir au travers des chamailleries de leurs dirigeants la v&#233;ritable nature politique et sociale de ceux-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21 septembre 2002&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laurent HENRY&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Faut-il encore militer dans les syndicats ?
</title>
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Syndicats
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		<description>Si quelques groupes ultra-gauches se refusent depuis longtemps de faire du travail dans les syndicats, ou d'autres pr&#244;nent la constitution de syndicats r&#233;volutionnaires purs et durs, la position traditionnelle des communistes r&#233;volutionnaires est au contraire d'y militer, malgr&#233; leur nature r&#233;formiste, et parfois carr&#233;ment r&#233;actionnaire, et malgr&#233; les trahisons pass&#233;es. Une position justifi&#233;e par le fait qu'aux yeux des travailleurs ils sont l'organisation ouvri&#232;re de base, celle qui d&#233;fend leurs&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si quelques groupes ultra-gauches se refusent depuis longtemps de faire du travail dans les syndicats, ou d'autres pr&#244;nent la constitution de syndicats r&#233;volutionnaires purs et durs, la position traditionnelle des communistes r&#233;volutionnaires est au contraire d'y militer, malgr&#233; leur nature r&#233;formiste, et parfois carr&#233;ment r&#233;actionnaire, et malgr&#233; les trahisons pass&#233;es. Une position justifi&#233;e par le fait qu'aux yeux des travailleurs ils sont l'organisation ouvri&#232;re de base, celle qui d&#233;fend leurs int&#233;r&#234;ts au quotidien vis-&#224;-vis de l'exploitation capitaliste, celle aussi qui regroupe en principe tous les travailleurs par-del&#224; la diversit&#233; des opinions philosophiques, politiques ou religieuses, bref l'organisation de classe par excellence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;volution des syndicats, leur &#233;loignement des travailleurs en g&#233;n&#233;ral, y compris des simples syndiqu&#233;s, dans les faits sans moyen r&#233;el de contr&#244;le, ne peut manquer de reposer une nouvelle fois la question. Et si l'on r&#233;pond de nouveau positivement &#224; cette premi&#232;re question, en France, vu l'organisation syndicale (l'existence de quatre, cinq ou six syndicats pour la m&#234;me entreprise et pour les m&#234;mes travailleurs) s'en pose d'ailleurs une deuxi&#232;me : dans lequel le faire ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Par d&#233;faut&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les raisons de leur tourner le dos ne manquent pas. Pourquoi risquer en effet d'avoir &#224; endosser la responsabilit&#233; d'une politique, vomie parfois par les travailleurs les plus conscients ou les plus combatifs (que l'on pense par exemple &#224; ceux qui ont d&#251; justifier leur &#233;tiquette CFDT en 1995 alors que Nicole Notat se rangeait aux c&#244;t&#233;s du gouvernement Jupp&#233; contre les cheminots et les postiers), alors que la plupart des travailleurs ont eux-m&#234;mes d&#233;sert&#233; le syndicat ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a donc pas un article de foi qui dicte que pour toujours et dans n'importe quelles conditions ou quelle que soit l'&#233;volution &#224; venir il n'y a d'autre voie pour des militants ouvriers r&#233;volutionnaires que le passage oblig&#233; par les syndicats. Le prol&#233;tariat au cours de ses luttes peut certainement mettre sur pied d'autres formes d'organisation correspondant davantage &#224; ses besoins et ses int&#233;r&#234;ts. Il l'a d&#233;j&#224; fait dans l'histoire, ne serait qu'avec les soviets en Russie en 1917 ou dans des circonstances moins dramatiques avec des comit&#233;s de gr&#232;ve sous le contr&#244;le des gr&#233;vistes eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais justement aujourd'hui nous n'en sommes pas l&#224;, m&#234;me si nous pouvons esp&#233;rer que cela soit un jour et si nous militons pour. Autrement dit les seules organisations actuelles d'importance de la classe ouvri&#232;re sont les syndicats, m&#234;me si elles sont d&#233;form&#233;es, bureaucratiques, oppos&#233;es parfois &#224; ses int&#233;r&#234;ts. C'est la raison essentielle : en l'absence de quelque chose de mieux, ne pas tourner le dos &#224; ce qui existe, quels qu'en soient les d&#233;fauts.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Etre avec les plus conscients &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Etre dans les syndicats permet au moins une activit&#233;, m&#234;me si elle est r&#233;duite, d'organisation et de d&#233;fense des travailleurs. Il y a aujourd'hui relativement peu d'adh&#233;rents dans les diff&#233;rentes organisations syndicales en France, c'est vrai. Mais c'est tout de m&#234;me, en partie, la minorit&#233; qui a encore conscience de la n&#233;cessit&#233; de s'organiser. Qui a la volont&#233; de continuer &#224; se d&#233;fendre au jour le jour : ne pas laisser passer des irr&#233;gularit&#233;s sur une fiche de paye, ne pas tol&#233;rer un licenciement ou une sanction. Qui remplit plus ou moins confus&#233;ment la t&#226;che de maintenir une certaine id&#233;e de la solidarit&#233; prol&#233;tarienne, par exemple vis-&#224;-vis des jeunes g&#233;n&#233;rations, sur la n&#233;cessit&#233; et la possibilit&#233; de se d&#233;fendre, de retisser les liens entre les travailleurs, de leur ouvrir d'autres perspectives que celles trac&#233;es par l'individualisme ambiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas besoin d'&#234;tre r&#233;volutionnaire pour cela ? Certes. Mais ce travail de pur syndicaliste (malheureusement abandonn&#233; par trop de syndicalistes eux-m&#234;mes), quotidien et sans flamboyance, fait partie de la pr&#233;paration pour le moment o&#249; la classe ouvri&#232;re sera &#224; nouveau &#224; l'offensive. Fait avec la pr&#233;occupation d'associer syst&#233;matiquement les travailleurs concern&#233;s, en se rappelant qu'ils ont besoin d'organisation et de militants, pas de sauveur, de tribun, de c&#233;sar&#8230; ni de bureaucrates, ce travail indispensable est quand m&#234;me bien souvent permis par l'appartenance syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Se d&#233;marquer des bureaucraties&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Car le danger que souligne les adversaires r&#233;solus de tout travail dans les syndicats est bien r&#233;el : celui d'&#234;tre aspir&#233;, qu'on le veuille ou non, dans l'appareil, d'en copier les m&#339;urs et au final la politique. Danger d'autant plus r&#233;el que dans la p&#233;riode actuelle, contrairement &#224; d'autres, en raison du manque de forces militantes dont souffrent les syndicats, on peut voir s'ouvrir rapidement la possibilit&#233; de &#171; grimper &#187; dans l'appareil. Des postes de permanents eux-m&#234;mes sont parfois &#224; celui qui veut bien les prendre, quel qu'il soit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais s'il n'y a pas de recettes pour que le militant r&#233;volutionnaire &#233;vite les pi&#232;ges qui lui sont tendus &#224; chaque &#233;tape de son activit&#233; syndicale, il y a tout de m&#234;me quelques principes qui permettent grosso modo de s'y retrouver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord s'&#244;ter l'illusion que par leur pr&#233;sence les militants r&#233;volutionnaires pourraient changer la politique, voire la nature des organisations syndicales. En tout cas en l'absence d'un afflux massif des travailleurs qui auraient la volont&#233; consciente de prendre en main le contr&#244;le de leur organisation. Se rapprocher des sph&#232;res dirigeantes a pu &#234;tre une tactique utilis&#233;e par certains, dans le but d'en influencer la politique. Mais il semble impensable, apr&#232;s autant d'ann&#233;es de trahisons, de collaboration des syndicats avec le patronat, de croire que leurs directions s&#233;lectionn&#233;es sur cette politique, pourraient changer. C'est plut&#244;t les militants qui risquent d'alt&#233;rer leurs id&#233;es &#224; ce jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite &#234;tre pr&#234;t &#224; risquer ses &#171; positions &#187; dans le syndicat &#224; chaque fois que surgit au grand jour l'opposition entre les travailleurs et l'appareil, en particulier au cours des luttes. Trop de militants r&#233;volutionnaires, dont il n'y a pas &#224; douter de la sinc&#233;rit&#233;, ont bascul&#233; du mauvais c&#244;t&#233; pour n'avoir pas su voir cette opposition ou avoir tent&#233; de la minimiser pour ne pas rompre avec les appareils, au lieu de s'appuyer sur les travailleurs, leur proposer une autre forme d'organisation (comit&#233; de gr&#232;ve par exemple), les pr&#233;parer &#224; s'opposer aux bureaucrates qui s'appr&#234;taient, eux, &#224; saborder leur lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin garder &#224; l'esprit que, si le syndicat est une forme d'organisation ouvri&#232;re qui a jou&#233; historiquement un r&#244;le majeur pour la constitution du prol&#233;tariat en tant que classe consciente de ses int&#233;r&#234;ts propres, ses limites m&#234;mes exigent qu'existent d'autres organisations ouvri&#232;res qui d&#233;fendent au sein du prol&#233;tariat les int&#233;r&#234;ts &#224; long terme de celui-ci, une politique r&#233;volutionnaire. Et aussi que, l'histoire de la lutte de classe n'ayant certainement pas dit son dernier mot, aux moments intenses de cette lutte tr&#232;s probablement surgiront d'autres organisations plus repr&#233;sentatives de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lydie GRIMAL&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Lequel choisir ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il fut un temps o&#249; la question ne se posait pas. La CGT &#233;tait le seul syndicat possible, comptant un nombre d'adh&#233;rents sans commune mesure avec ses concurrents qui de plus se r&#233;clamaient ouvertement de la collaboration de classe. Depuis la situation a chang&#233;, des dissidents de la CGT ont d'abord cr&#233;&#233; FO au nom de l'ind&#233;pendance syndicale, la majorit&#233; de la CFTC a jet&#233; aux orties le sigle chr&#233;tien pour former la CFDT, les &#233;carts en nombre d'adh&#233;rents se sont r&#233;duits. Et surtout au fil des ans de plus en plus de militants d'extr&#234;me gauche, ou simplement combatifs, exclus ou repouss&#233;s par la CGT, ont cru trouver mieux au sein des deux autres grandes centrales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui donc alors que la CGT tient &#224; marquer ses distances avec le PCF, qu'elle souligne au contraire son &#171; recentrage &#187; vers une politique qui la distingue de moins en moins de ses concurrentes, il n'y a certainement pas les m&#234;mes raisons de choisir syst&#233;matiquement la CGT. Si elle garde un l&#233;ger avantage c'est d'une part parce que les centrales concurrentes n'ont finalement pas moins d&#233;riv&#233; qu'elle (l'exemple de la CFDT par exemple est particuli&#232;rement frappant) et qu'ainsi elle continue &#224; attirer, sinon dans tous les secteurs en tout cas dans un bon nombre d'entre eux, la majorit&#233; de ceux des travailleurs qui se veulent les plus &#224; gauche ou les plus radicaux.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Et les &#171; nouveaux syndicats &#187; ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res ann&#233;es se sont cr&#233;&#233;s de nouveaux syndicats, en particulier les SUD. N&#233;s de l'opposition aux bureaucraties en place, principalement CFDT, n'h&#233;sitant pas &#224; user d'un langage radical, ils attirent un certain nombre de jeunes militants combatifs. Il est toutefois douteux que leur avenir soit bien diff&#233;rent de celui de syndicats plus anciens. D'abord parce que pour l'essentiel ils ont &#233;t&#233; form&#233;s par une fraction de l'appareil de la CFDT ayant quitt&#233; celle-ci avec armes, bagages et m&#233;thodes bureaucratiques. Ensuite parce qu'ils n'ont pas su ou pas pu susciter l'afflux de travailleurs qui pourrait seul insuffler une nouvelle nature aux organisations syndicales. R&#233;sultat, langage mis &#224; part, la politique des SUD est d&#233;j&#224; bien souvent dans les faits la m&#234;me que celle de leurs concurrents. Et un peu partout le principal combat qu'ils m&#232;nent est celui pour l'obtention de leur reconnaissance officielle. Pour avoir le droit de participer aux m&#234;mes discussions avec les patrons ou l'Etat donc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les militants r&#233;volutionnaires peuvent certainement militer tout autant au sein de ces nouveaux syndicats que des anciens. Mais sans se laisser abuser, comme certains le furent il y a trente ans par la CFDT, qui alors minoritaire se pr&#233;sentait elle aussi comme gauchiste pour faire pi&#232;ce &#224; la CGT. On le sait depuis, le naturel a vite repris le dessus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> L'exemple : Renault
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Histoire
</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicats
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		<dc:subject>Renault
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		<description>Apr&#232;s la deuxi&#232;me guerre mondiale la bourgeoisie fran&#231;aise a besoin de la caution stalinienne pour faire accepter le r&#233;gime de l'apr&#232;s-guerre et les sacrifices qu'il impose. Dans l'entreprise Renault nationalis&#233;e, l'appareil CGT s'est mis au service de la direction pour faire &#171; retrousser les manches &#187;, pour s'opposer aux augmentations de salaires, pour emp&#234;cher les gr&#232;ves et m&#234;me licencier les ouvriers r&#233;calcitrants. Cela a dur&#233; de 1945 &#224; 1947. Mais la gr&#232;ve de 1947 &#224; Renault-Billancourt, dirig&#233;e par&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s la deuxi&#232;me guerre mondiale la bourgeoisie fran&#231;aise a besoin de la caution stalinienne pour faire accepter le r&#233;gime de l'apr&#232;s-guerre et les sacrifices qu'il impose. Dans l'entreprise Renault nationalis&#233;e, l'appareil CGT s'est mis au service de la direction pour faire &#171; retrousser les manches &#187;, pour s'opposer aux augmentations de salaires, pour emp&#234;cher les gr&#232;ves et m&#234;me licencier les ouvriers r&#233;calcitrants. Cela a dur&#233; de 1945 &#224; 1947. Mais la gr&#232;ve de 1947 &#224; Renault-Billancourt, dirig&#233;e par un comit&#233; de gr&#232;ve et anim&#233; par Pierre Bois, militant trotskiste de l'Union communiste, contraint le PCF et la CGT &#224; prendre la t&#234;te de la lutte pour ne pas perdre le contr&#244;le sur les travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Du gauchisme aux accords avec le patron&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au m&#234;me moment le PCF doit quitter le gouvernement apr&#232;s le d&#233;but de la guerre froide. La CGT change alors de visage. Elle cesse de se faire l'auxiliaire de la direction pour mener des gr&#232;ves dures. De celles-ci pourtant les travailleurs ne sont pas dans leur ensemble partie prenante et ce radicalisme, gauchiste et sectaire, s'est souvent conclu par des licenciements de militants ou leur d&#233;part par d&#233;moralisation. On ne tarde pas d'ailleurs &#224; en voir les limites d&#232;s que les salari&#233;s commencent eux-m&#234;mes &#224; contester le calme social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1953, la CGT se garde bien d'appuyer le mouvement des fonctionnaires alors qu'il commence &#224; s'&#233;tendre au priv&#233;. Mais elle obtient un accord sign&#233; la m&#234;me ann&#233;e avec la direction, soucieuse de lancer une politique d'accords-maison pour constituer des pare-feux antigr&#232;ve, qui inclue la premi&#232;re contractualisation d'une augmentation de salaire en fonction de l'&#233;volution de la conjoncture et de la productivit&#233; du travail. Dans ce cadre sont reconnus &#224; titre d'interlocuteurs r&#233;guliers et normaux de la direction les syndicats pr&#233;sents dans l'entreprise, qui s'engagent &#224; &#233;puiser toutes les possibilit&#233;s conventionnelles avant d'avoir recours &#224; la gr&#232;ve. Au nom de la paix sociale, comme indiqu&#233; dans le pr&#233;ambule de l'accord, un syst&#232;me de retraite compl&#233;mentaire et une troisi&#232;me semaine de cong&#233;s pay&#233;s sont instaur&#233;s. Suite &#224; la gr&#232;ve des chantiers de Saint-Nazaire de 1955 qui risquait de s'&#233;tendre &#224; la m&#233;tallurgie, un nouvel accord est mis en place que la CGT attend cette fois... deux mois pour signer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es 60, en pleine prosp&#233;rit&#233;, la CGT, suivant la politique du PCF, diffusait l'id&#233;e que l' &#171; &lt;em&gt;on ne pouvait pas aller au casse-pipe contre le pouvoir fort de De Gaulle.&lt;/em&gt; &#187; Il en r&#233;sultait une haute strat&#233;gie syndicale de gr&#232;ves tournantes, gr&#232;ves par atelier, gr&#232;ves soi-disant de harc&#232;lement. Une strat&#233;gie d'&#233;miettement et de diversion qui contribua &#224; &#233;viter une possible extension de la gr&#232;ve des mineurs de 1963.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mai 68, le PCF contest&#233; par la radicalisation sociale comme par le d&#233;veloppement de groupes gauchistes, d&#233;bord&#233; d'abord chez les lyc&#233;ens et les &#233;tudiants puis par les premi&#232;res gr&#232;ves comme &#224; Sud-Aviation (Nantes), la CGT prend la direction de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Quand &#224; Renault les travailleurs d&#233;brayent spontan&#233;ment le 16 mai 68, la CGT ne cherche pas &#224; s'y opposer. Mais les ouvriers ne cherchent pas &#224; imposer leur contr&#244;le &#224; une CGT qui sous couvert d'un pr&#233;tendu comit&#233; intersyndical dirige toute l'usine en gr&#232;ve. Aussi c'est aux ouvriers de Renault que les dirigeants de la CGT tentent de faire avaler en premier les accords de Grenelle, accords Etat / Patrons / Syndicats, comme une grande victoire. Lorsque les dirigeants syndicaux commencent &#224; parler de r&#233;cup&#233;ration des journ&#233;es de gr&#232;ve, une partie des ouvriers les conspuent mais sans organisation alternative ils en restent aux hu&#233;es impuissantes. Le mouvement amena peu d'avantages durables pour les travailleurs. Mais la section syndicale d'atelier fut reconnue. Et les d&#233;l&#233;gu&#233;s les plus importants ont alors cess&#233; compl&#232;tement de travailler avec l'accord du patron.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Aujourd'hui la collaboration de classe bat son plein&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les directions organisent sans cesse d'interminables r&#233;unions avec les syndicats. Des repr&#233;sentants syndicaux sont administrateurs salari&#233;s et disposent pour cela d'un secr&#233;tariat. L'accord sur le droit syndical de 1984 a pr&#233;vu des commissions paritaires avec direction et syndicats, un cadre permanent de n&#233;gociation. La direction a institu&#233; aussi un syst&#232;me de &#171; d&#233;l&#233;gu&#233;s syndicaux centraux &#187; non &#233;lus qui sont &#171; &lt;em&gt;les porte-parole accr&#233;dit&#233;s obligatoires des organisations syndicales aupr&#232;s de la direction g&#233;n&#233;rale&lt;/em&gt; &#187; et qui rencontrent une fois par an le PDG. Ils b&#233;n&#233;ficient d'une franchise mensuelle de 80 heures chacun, d'indemnit&#233;s, du t&#233;l&#233;phone et d'un v&#233;hicule (cr&#233;dit annuel de 10.000 km).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;l&#233;gu&#233;s syndicaux participent &#233;galement au Comit&#233; central d'entreprise, &#224; sa commission &#233;conomique et &#224; sa commission de formation et, depuis le 23 juin 2000, au comit&#233; de groupe de Renault, qui est la direction internationale. Ils participent donc au plus haut niveau &#224; une &#171; cogestion &#187; &#224; la fran&#231;aise du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2000, la commission paritaire, appel&#233;e la commission de suivi, s'occupe notamment des questions de discrimination syndicale et les probl&#232;mes relatifs &#224; la prise des heures de d&#233;l&#233;gation. En clair, il s'agit de permettre que les d&#233;l&#233;gu&#233;s principaux prennent des heures de d&#233;l&#233;gation &#224; volont&#233; et voient leur salaire r&#233;guli&#232;rement augment&#233;. Depuis 2000, chaque organisation syndicale repr&#233;sentative b&#233;n&#233;ficie d'une contribution annuelle de fonctionnement d'un montant fixe de 300 000 F plus une partie variable en fonction des r&#233;sultats aux &#233;lections professionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;partition des heures de d&#233;l&#233;gu&#233;s privil&#233;gie les fonctions les plus &#233;loign&#233;es des salari&#233;s : secr&#233;taire du CE (temps plein), les d&#233;l&#233;gu&#233;s centraux (80 heures par mois), puis les d&#233;l&#233;gu&#233;s syndicaux de l'&#233;tablissement (30 heures), les d&#233;l&#233;gu&#233;s au CE (20 heures par mois) et en dernier les DP, les plus proches des salari&#233;s, (15 heures par mois). En revanche Renault supprime le temps d'information syndicale pour tous les salari&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment s'&#233;tonner que le militantisme dans les ateliers est r&#233;duit &#224; la portion congrue. La plupart des salari&#233;s ne voient plus un d&#233;l&#233;gu&#233; circuler pour discuter des probl&#232;mes quotidiens. Les r&#233;unions syndicales sont une exception et encore plus rarement destin&#233;es &#224; des salari&#233;s non-&#233;lus. Mis &#224; part bien entendu celle que les militants r&#233;volutionnaires organisent dans leurs secteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G. M.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> A la t&#234;te des luttes, mais pour quelle fin ?
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		<dc:subject>Gr&#232;ve
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		<description>Bien des syndicalistes qui se heurtent quotidiennement aux patrons et subissent des discriminations dans l'avancement et les salaires, qui ont &#233;t&#233; parfois licenci&#233;s de certaines entreprises pour leur activit&#233; syndicale, sont souvent ulc&#233;r&#233;s par les critiques adress&#233;es aux syndicats par les r&#233;volutionnaires. Comment peut-on accuser les syndicats de freiner, et m&#234;me trahir les luttes alors qu'ils sont &#224; la t&#234;te de l'&#233;norme majorit&#233; d'entre elles, voire les initient ? Les m&#234;mes ne sont d'ailleurs pas moins&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Bien des syndicalistes qui se heurtent quotidiennement aux patrons et subissent des discriminations dans l'avancement et les salaires, qui ont &#233;t&#233; parfois licenci&#233;s de certaines entreprises pour leur activit&#233; syndicale, sont souvent ulc&#233;r&#233;s par les critiques adress&#233;es aux syndicats par les r&#233;volutionnaires. Comment peut-on accuser les syndicats de freiner, et m&#234;me trahir les luttes alors qu'ils sont &#224; la t&#234;te de l'&#233;norme majorit&#233; d'entre elles, voire les initient ? Les m&#234;mes ne sont d'ailleurs pas moins ulc&#233;r&#233;s par les critiques des travailleurs du rang, qui sont souvent encore plus directs et m&#233;fiants. N'ont-ils pas un mal fou &#224; trouver parmi ces travailleurs justement ceux qui veulent bien prendre un peu de temps pour s'occuper des affaires des salari&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effectivement, les syndicats ont un r&#244;le contradictoire dont tous les militants ouvriers ont int&#233;r&#234;t &#224; bien avoir conscience. M&#234;me si nombre de syndicalistes ont finalement plus de contacts avec les employeurs qu'avec les salari&#233;s, m&#234;me s'ils recherchent syst&#233;matiquent l'entente avec les capitalistes, cela ne les emp&#234;che pas de prendre la t&#234;te de luttes, en particulier quand il n'y a personne pour la leur contester, ce qui fut g&#233;n&#233;ralement le cas ces derni&#232;res d&#233;cennies. Mais ce r&#244;le contradictoire est aussi une bonne raison en p&#233;riode de mobilisation des salari&#233;s, pour que ceux-ci ne leur confient pas aveugl&#233;ment et sans contr&#244;le la direction de ces luttes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Bref rappel du pass&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats essaient de faire ce qu'il faut pour ne pas perdre leur influence, pour ne pas se mettre trop visiblement au travers des aspirations des travailleurs. M&#234;me pour en &#234;tre les interlocuteurs oblig&#233;s, ils doivent justifier leur importance aupr&#232;s des patrons et de l'Etat. Ils utilisent du coup des tactiques diverses et peuvent &#234;tre amen&#233;s &#224; g&#233;n&#233;raliser une lutte pour mieux la contr&#244;ler tout aussi bien que l'&#233;mietter pour emp&#234;cher son d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis pr&#232;s d'un si&#232;cle les syndicats ont contribu&#233; &#224; lancer ou &#233;tendre tous les grands mouvements qui ont mis en branle de larges masses ouvri&#232;res de ce pays. Mais pas une de ces grandes luttes, de la gr&#232;ve des fonctionnaires de 1953 &#224; celle des cheminots de 1995 en passant par celle des mineurs de 1963, pour ne pas parler des gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales de juin 1936 ou mai 1968, qui n'ait &#233;t&#233; &#224; un moment frein&#233;e, canalis&#233;e ou d&#233;voy&#233;e par les directions syndicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1936, la CGT a pu ainsi permettre au patronat de mettre un coup d'arr&#234;t au mouvement g&#233;n&#233;ral, tout en b&#233;n&#233;ficiant de l'engagement de larges masses dans l'action collective et d'un gonflement des adh&#233;sions multipli&#233;es par cinq en un an ! En fait, si le r&#244;le de la direction de la centrale CGT dans le d&#233;clenchement et l'extension de la vague de gr&#232;ves de mai-juin 1936 a &#233;t&#233; quasi-nul (aucun appel &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale), cela ne l'a pas emp&#234;ch&#233; de se propulser comme l'interlocuteur indispensable du patronat et d'appara&#238;tre comme le repr&#233;sentant des int&#233;r&#234;ts ouvriers, celle qui avait su n&#233;gocier les accords Matignon (et alors que, on l'apprit par la suite, certains patrons n'en revenaient pas de s'en &#234;tre tir&#233;s &#224; si bon compte).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez les mineurs en 1963, c'est la surench&#232;re de FO et de la CFTC sur la prudence de la CGT, majoritaire dans la branche, qui d&#233;clencha la gr&#232;ve illimit&#233;e. Mais c'est la concertation des trois qui permit de mettre fin au conflit au m&#233;contentement d'une bonne partie des gr&#233;vistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mai 1968, tout en organisant de fait la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale afin d'emp&#234;cher de se laisser d&#233;border par le mouvement spontan&#233;, la CGT a dans le m&#234;me temps d&#233;mobilis&#233; en s'opposant &#224; l'occupation massive et effective des usines comme en juin 1936. Du coup, il ne lui a pas &#233;t&#233; trop difficile de faire reprendre le travail malgr&#233; la minceur des concessions patronales et gouvernementales, malgr&#233; aussi l'&#233;chec politique puisque le ras-le-bol du r&#233;gime gaulliste qui &#233;tait pour une bonne part dans le d&#233;clenchement de la r&#233;volte n'eut aucun d&#233;bouch&#233; imm&#233;diat.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Mettre l'organisation du combat sous le contr&#244;le des travailleurs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Quelques exemples &#8211; et on pourrait les multiplier - qui montrent que les directions syndicales, si promptes &#224; se plaindre de l'indiff&#233;rence des travailleurs en temps ordinaire, n'ont rien de plus press&#233; lorsque ces travailleurs passent &#224; l'action que d'agir, de parler, de n&#233;gocier en leur nom mais par-dessus leur t&#234;te. C'est pourquoi dans les moments, peut-&#234;tre rares mais fondamentaux, o&#249; la classe ouvri&#232;re se mobilise, elle n'a pas int&#233;r&#234;t &#224; remettre aveugl&#233;ment son sort &#224; ses directions patent&#233;es. Mais caussi alors qu'il devient possible que les salari&#233;s se dotent d'organisations qui repr&#233;sentent bien plus &#233;troitement leur &#233;tat d'esprit, leurs aspirations et leur volont&#233; du moment. L'histoire a d'ailleurs montr&#233; amplement que pour mener les luttes, les plus limit&#233;es comme les plus grandioses, jusqu'au maximum de leurs possibilit&#233;s, ces comit&#233;s ouvriers, d&#233;mocratiques, repr&#233;sentatifs et sous contr&#244;le de leurs mandants, qu'on les ait appel&#233;s comit&#233;s de gr&#232;ve, coordinations ou m&#234;me soviets, sont absolument n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les militants ouvriers n'ont pour le moment en France pas bien souvent l'occasion de participer &#224; ce type d'organisation. Ce n'est pourtant pas une raison de s'adapter au syndicalisme tel qu'il se pratique actuellement, c'est-&#224;-dire quasiment en dehors de la participation des travailleurs du rang. M&#234;me dans les luttes &#233;l&#233;mentaires, la t&#226;che des r&#233;volutionnaires est de pr&#233;parer leurs camarades de travail &#224; diriger eux-m&#234;mes leurs luttes, &#224; contr&#244;ler leurs organisations et &#224; prendre conscience de leurs int&#233;r&#234;ts de classe en opposition au respect de l'ordre &#233;tabli cultiv&#233; par l'appareil syndical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Robert PARIS&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Aujourd'hui ?
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		<dc:subject>Syndicats
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		<description>2 millions de syndiqu&#233;s (dont 400000 retrait&#233;s, ce qui est d&#233;j&#224; une indication de la baisse drastique de la syndicalisation dans les plus jeunes g&#233;n&#233;rations), cela ne repr&#233;sente m&#234;me pas un salari&#233; sur dix. &lt;br /&gt;Les diff&#233;rences sont grandes selon les secteurs. La syndicalisation est la plus forte (plus de 15% de syndiqu&#233;s) dans les entreprises publiques comme EDF, SNCF, RATP, les arsenaux, dans les administrations comme les Finances, l'Equipement, La Poste ou encore dans l'enseignement. Elle se situe &#224; un&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;2 millions de syndiqu&#233;s (dont 400000 retrait&#233;s, ce qui est d&#233;j&#224; une indication de la baisse drastique de la syndicalisation dans les plus jeunes g&#233;n&#233;rations), cela ne repr&#233;sente m&#234;me pas un salari&#233; sur dix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les diff&#233;rences sont grandes selon les secteurs. La syndicalisation est la plus forte (plus de 15% de syndiqu&#233;s) dans les entreprises publiques comme EDF, SNCF, RATP, les arsenaux, dans les administrations comme les Finances, l'Equipement, La Poste ou encore dans l'enseignement. Elle se situe &#224; un taux moyen (entre 8% et 15%) dans la Fonction publique, et dans quelques industries fortement concentr&#233;es (sid&#233;rurgie, construction navale, chimie lourde&#8230;). Elle est faible (entre 5% et 8%) dans l'automobile, la construction &#233;lectrique, les banques, ou les assurances. Et elle est tr&#232;s faible (moins de 5%) dans le commerce, l'agroalimentaire, le textile ou le b&#226;timent.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La dispersion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le syndicalisme en France reste domin&#233; par les trois grosses conf&#233;d&#233;rations, la CGT, la CFDT et FO, auxquelles s'ajoutent deux autres conf&#233;d&#233;rations dites aussi repr&#233;sentatives, c'est-&#224;-dire qui en ont le label officiel, celle des syndicats chr&#233;tiens, la CFTC, et celle des syndicats de cadres, la CGC. On trouve ensuite des syndicats &#171; ind&#233;pendants &#187;, dont le Groupe des dix (G10), constitu&#233; dans les ann&#233;es 1980, qui regroupe en fait aujourd'hui 26 organisations dont les SUD et le syndicat des finances SNUI. L'UNSA (Union Nationale des Syndicats Autonomes) est n&#233;e d'une scission du Groupe des dix. Parmi les autres organisations, certaines sont propres &#224; des secteurs d'activit&#233; particuliers (comme les syndicats d'enseignants de la FSU), ou bien plus ou moins corporatistes ou patronales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les effectifs des diff&#233;rentes conf&#233;d&#233;rations sont aussi difficiles &#224; &#233;tablir que ceux des partis politiques. D'abord les m&#233;thodes de comptage diff&#232;rent mais surtout, comme il y a des enjeux politiques importants derri&#232;re ces statistiques, il faut prendre avec beaucoup de pr&#233;caution les chiffres publi&#233;s par les syndicats eux-m&#234;mes. La conf&#233;d&#233;ration qui revendique le plus d'adh&#233;rents est FO (1 045 000 en 1996), suivie par la CFDT (865 000 en 2001), puis la CGT (650 000 en 2002). Des estimations officielles parlent plut&#244;t d'un classement CGT-CFDT-FO : d'apr&#232;s le Minist&#232;re des affaires sociales, en 1993 les effectifs &#233;taient respectivement de 639 000, 473 000 et 370 000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'importance des syndicats, leur influence r&#233;elle ne peut se mesurer au nombre de syndiqu&#233;s uniquement. Un autre crit&#232;re est le r&#233;sultat des diff&#233;rentes &#233;lections professionnelles : aux derni&#232;res &#233;lections prud'homales (10 d&#233;cembre 1997), la CGT obtenait 33,1% des voix, la CFDT 25,3%, FO 20,5% (CFTC : 7,5%, CGC : 5,9%, CSL : 4,2%, G10 : 0,3%). Aux &#233;lections aux comit&#233;s d'entreprise de 1999 (tous secteurs confondus), la CFDT recueillait 22,9%, la CGT : 21,5 %, FO : 12,2 %, la CGC : 6,3 %, et la CFTC : 5,8 % (autres syndicats : 5,6 % ; non syndiqu&#233;s : 25,8 %).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Quelles cat&#233;gories de salari&#233;s ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne la composition sociale des diff&#233;rentes conf&#233;d&#233;rations, la CGT reste le syndicat le plus ouvrier (39% des syndiqu&#233;s en 1998). Comme Louis Viannet lui-m&#234;me, alors secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral, le reconnaissait en 1992 ( &#171; &lt;em&gt;La CGT n'est plus toute v&#234;tue en bleus&lt;/em&gt; &#187;), la conf&#233;d&#233;ration a toutefois perdu de ce caract&#232;re : le pourcentage &#233;tait presque double (65%) en 1975&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='La proportion d'ouvriers dans la population active ayant certes diminu&#233; dans (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. La baisse s'explique en partie par la chute du nombre de salari&#233;s dans des secteurs comme le textile, ou plus encore les mines, comme dans les grandes usines de la m&#233;tallurgie. Or l'implantation c&#233;g&#233;tiste &#233;tait concentr&#233;e dans certaines grosses industries. Le pourcentage des employ&#233;s &#224; la CGT augmente en revanche : ils &#233;taient 33% en 1998, contre 23% en 75. Les &#171; professions interm&#233;diaires &#187; (techniciens, petits cadres&#8230;) progressent &#233;galement (19% en 98).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la CFDT, le pourcentage d'ouvriers descend &#224; 25%, celui des employ&#233;s &#233;quivalant &#224; celui de la CGT. Les agents de ma&#238;trise, cadres, techniciens y constituaient 37% des syndiqu&#233;s en 1994. Contrairement &#224; une id&#233;e re&#231;ue la CFDT serait plus pr&#233;sente dans le priv&#233; : selon elle, en 1999, la moiti&#233; de ses adh&#233;rents en &#233;taient issus, pour 35% seulement &#224; la CGT (alors que le secteur priv&#233; comptait 71% du total des salari&#233;s). FO reste toutefois la centrale dont la concentration dans le secteur public est la plus marqu&#233;e : en 1993, 26% seulement de ses adh&#233;rents travaillaient dans le priv&#233;. Cette conf&#233;d&#233;ration est peu pr&#233;sente dans l'industrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein du G10, les syndicats SUD sont, eux aussi, implant&#233;s surtout dans quelques secteurs du public, comme La Poste (o&#249; ils ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s en 1988), France T&#233;l&#233;com (maintenant privatis&#233;e), la SNCF et les h&#244;pitaux. Ensemble, les organisations du G10 revendiquent 80 000 adh&#233;rents, dont 15 000 pour SUD Poste et 10000 pour SUD Sant&#233;. L'UNSA revendique pour sa part 360 000 adh&#233;rents, actifs et retrait&#233;s ; un de ses bastions est l'Education nationale, o&#249; elle est pr&#233;sente via la FEN. La FSU enfin, fond&#233;e en 1993 par des exclus de la FEN, revendiquait 190 000 adh&#233;rents en 1999.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces chiffres ne disent &#233;videmment pas grand chose sur l'implication des diff&#233;rentes organisations dans les luttes. Ni non plus dans la collaboration avec le patronat. Sous cet aspect, et l&#224; encore sans que ce soit une indication absolue, retenons que des trois grosses conf&#233;d&#233;rations, en 1997, c'est FO qui aurait sign&#233; le plus d'accords collectifs (71,2%), suivi par la CFDT (68,5%), loin devant la CGT (31,8%) (CGC : 63,4% ; CFTC : 63,5%). Mais depuis 5 ans la centrale de Bernard Thibault s'efforce de se recentrer&#8230; sur la ligne de ses concurrentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beno&#238;t MARCHAND&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La proportion d'ouvriers dans la population active ayant certes diminu&#233; dans le m&#234;me temps, mais dans une proportion bien moindre : de 35% &#224; 27% environ.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Les hauts et les bas de la syndicalisation
</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Histoire
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		<dc:subject>Syndicats
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		<dc:subject>Politique
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		<description>Depuis 1945, la baisse du nombre de syndiqu&#233;s est lourde : de plus de 5 millions en 1945 &#224; 2 millions aujourd'hui, alors que le nombre de salari&#233;s est pass&#233; de 11 &#224; 20 millions. En pourcentage, elle est donc plus marquante encore : plus de 40 % des salari&#233;s &#233;taient syndiqu&#233;s en 1945, environ 10 % aujourd'hui. &lt;br /&gt;Cette &#233;volution ne s'est pas faite d'une mani&#232;re uniforme. Apr&#232;s un premier recul apr&#232;s 1947 qui a port&#233; le nombre de syndiqu&#233;s en 1958 &#224; 2 500 000 (20 % des salari&#233;s), le mouvement syndical&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Syndicats-travailleurs-Un-fosse-grandissant-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Syndicats / travailleurs : Un foss&#233; grandissant
&lt;/a&gt;

/ 
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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis 1945, la baisse du nombre de syndiqu&#233;s est lourde : de plus de 5 millions en 1945 &#224; 2 millions aujourd'hui, alors que le nombre de salari&#233;s est pass&#233; de 11 &#224; 20 millions. En pourcentage, elle est donc plus marquante encore : plus de 40 % des salari&#233;s &#233;taient syndiqu&#233;s en 1945, environ 10 % aujourd'hui&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='La plupart des chiffres cit&#233;s dans cet article sont issus de &#171; Syndicats et (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;volution ne s'est pas faite d'une mani&#232;re uniforme. Apr&#232;s un premier recul apr&#232;s 1947 qui a port&#233; le nombre de syndiqu&#233;s en 1958 &#224; 2 500 000 (20 % des salari&#233;s), le mouvement syndical fran&#231;ais a connu une nouvelle p&#233;riode de &#171; bonne sant&#233; &#187;&#8230; relative. Pendant les ann&#233;es 1960 et la premi&#232;re moiti&#233; des ann&#233;es 1970, les syndiqu&#233;s formaient un quart des salari&#233;s environ. Or, durant cette p&#233;riode, le nombre de salari&#233;s s'est accru de fa&#231;on notable. Ce qui signifie que les syndicats parvenaient &#224; d&#233;velopper leur influence dans les nouvelles entreprises, gagnaient de nouveaux salari&#233;s. En 1975 ils regroupaient environ 4 millions de membres.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les ann&#233;es noires&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis la fin des ann&#233;es 1970, et surtout au cours des ann&#233;es 1980, les effectifs syndicaux ont baiss&#233; de fa&#231;on notable, atteignant les 2 millions en 1990. La CGT, de loin la plus importante, a &#233;videmment &#233;t&#233; la plus atteinte, perdant plus de la moiti&#233; de ses effectifs sur la p&#233;riode 1978-1993. Mais les autres conf&#233;d&#233;rations ont aussi connu une perte d'audience : la CFDT a perdu 35 %, FO au moins 23 %&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Les chiffres concernant FO sont les plus sujets &#224; caution. On peut se (...)' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;table class='spip'&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;CGT&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;CFDT&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;FO&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Total (tous syndicats confondus)&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Syndiqu&#233;s en 1978&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1 570 000&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;728 000&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;482 000&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;3 854 000&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Syndiqu&#233;s en 1993&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;639 000&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;473 000&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;370 000&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;2 121 000&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Perte entre 1978 et 1993&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;59%&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;35%&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;23%&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;45%&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Mais l&#224; ne s'arr&#234;te pas l'affaiblissement du syndicalisme. Le nombre d'entreprises o&#249; aucun syndicat n'est pr&#233;sent a nettement augment&#233;. Ainsi aux &#233;lections de CE (qui concernent les entreprises de droit priv&#233; de plus de 50 salari&#233;s) les listes de non-syndiqu&#233;s repr&#233;sentaient 15 % des candidats aux &#233;lections aux CE en 1980, 30% en 1995. En 1995, la moiti&#233; des CE sont g&#233;r&#233;s par des non-syndiqu&#233;s (il convient de dire cependant qu'il s'agit g&#233;n&#233;ralement des entreprises comptant le plus petit nombre de salari&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le recul de l'implantation des syndicats a &#233;t&#233; la plus franche dans les secteurs o&#249; ils &#233;taient d&#233;j&#224; faibles. Ainsi, dans le commerce, de 9,6 % en 1973, le taux de syndicalisation est tomb&#233; &#224; 1,9 % en 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le secteur public, les syndicats ont ainsi un peu mieux r&#233;sist&#233; &#224; l'&#233;rosion, bien qu'aux PTT, les effectifs de la CGT soient pass&#233; de 91 000 en 1978 &#224; 45 000 en 1987. N&#233;anmoins les syndiqu&#233;s y &#233;taient encore de 29 % en 1990, dont 11 % pour la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des causes objectives ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi cet affaiblissement g&#233;n&#233;ral ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a &#233;videmment la fermeture de beaucoup d'entreprises industrielles, dans la sid&#233;rurgie, les mines, mais aussi bien d'autres secteurs suite &#224; la crise des ann&#233;es 1970. Dans ces secteurs touch&#233;s par la crise des sections syndicales ont tout simplement disparu. D'autres ont &#233;t&#233; s&#233;rieusement affaiblies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, les grandes concentrations industrielles se sont r&#233;duites. Des activit&#233;s ont &#233;t&#233; filialis&#233;es, confi&#233;es &#224; la sous-traitance. Le nombre de ceux travaillant pour des entreprises de moins de 50 salari&#233;s a augment&#233;. Aujourd'hui ils repr&#233;sentent la moiti&#233; de la population active. Et ceux qui travaillent dans des entreprises de plus de 500 salari&#233;s ne sont plus que 12 %. Or la base des syndicats d'industrie &#233;taient &#233;videmment dans les grandes usines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin et surtout ces ann&#233;es ont &#233;t&#233; marqu&#233;es par le d&#233;veloppement du ch&#244;mage. La crainte de perdre son emploi fait largement h&#233;siter avant de s'investir dans un syndicat. Elles ont aussi engendr&#233; par une plus grande pr&#233;carit&#233; de l'emploi, le d&#233;veloppement massif des CDD, de l'int&#233;rim, de la pr&#233;carit&#233; sous toutes ses formes (plus de 5 millions de ch&#244;meurs et 4 millions de pr&#233;caires en 1998). Ce sont des salari&#233;s &#171; volatiles &#187; qu'il est difficile de syndiquer et qui n'en voient pas la n&#233;cessit&#233;. Ajoutons que bien peu de syndicats et de syndicalistes ont fait un effort dans cette direction&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant le prol&#233;tariat n'a pas disparu, loin de l&#224;. Au contraire. Il y a depuis 30 ans, nettement plus de salari&#233;s (ne serait-ce que du fait de la g&#233;n&#233;ralisation du travail des femmes). Il y a certes moins d'ouvriers dans la population active. D'apr&#232;s les statistiques officielles, l'industrie emploie 4 millions de personnes aujourd'hui, soit 1,5 millions de moins qu'en 1970. Mais les employ&#233;s, les travailleurs des services sont aussi pour la plupart des prol&#233;taires. Et ils sont 5 millions de plus qu'en 1970. Il faut donc chercher ailleurs les causes r&#233;elles de l'affaiblissement des syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Rien d'in&#233;vitable&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la dispersion des travailleurs ou &#224; l'&#233;clatement du personnel d'un m&#234;me site en multiples entit&#233;s juridiques, aucune des grandes conf&#233;d&#233;rations n'a propos&#233; ni m&#234;me essay&#233; d'imaginer une forme d'organisation qui permettrait aux salari&#233;s de se regrouper et d'unifier leurs forces. Pourtant, si les mots ont un sens, c'est bien l&#224; leur r&#244;le premier. Pourquoi cr&#233;er conf&#233;d&#233;rations, f&#233;d&#233;rations et m&#234;me syndicats sinon pour permettre aux salari&#233;s de faire front et de s'organiser ensemble pour d&#233;fendre leurs int&#233;r&#234;ts communs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien plus, face &#224; la remise en cause des acquis et aux attaques tous azimuts, du gel des salaires aux licenciements et fermetures d'entreprises, qui n'ont fait que cro&#238;tre au fil des trois derni&#232;res d&#233;cennies, les directions syndicales n'ont jamais propos&#233; &#224; la classe ouvri&#232;re la riposte n&#233;cessaire. Toujours une bonne raison. Quand la gauche &#233;tait au pouvoir, il ne fallait pas trop la g&#234;ner. Et lorsque c'&#233;tait la droite le rapport des forces &#233;tait d&#233;favorable. Au mieux, les syndicats ont men&#233; des combats isol&#233;s, sans vouloir g&#233;n&#233;raliser et donner une perspective d'ensemble. Il n'y a donc pas &#224; s'&#233;tonner si l'ensemble des travailleurs leur a peu &#224; peu tourn&#233; le dos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me dans le discours, les deux principales centrales, CGT et CFDT ont abandonn&#233; la r&#233;f&#233;rence &#224; la lutte des classes pour passer au syndicalisme &#171; de proposition &#187;. En se refusant de mener les t&#226;ches de la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts des travailleurs les syndicats ont ainsi contribu&#233; &#224; d&#233;mobiliser une classe ouvri&#232;re qui croit de moins en moins en elle-m&#234;me et en ses organisations. Mais par l&#224; ils contribuaient aussi &#224; scier la branche sur laquelle ils se sont &#233;tablis.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les transformations de la vie syndicale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'ici. Car au fil du temps la nature des organisations syndicales a chang&#233; sous plusieurs aspects. Ainsi l'affaiblissement de l'effectif des syndicats ne s'est pas accompagn&#233; d'un affaiblissement des appareils des conf&#233;d&#233;rations et des f&#233;d&#233;rations mais au contraire d'une multiplication du nombre de personnes travaillant &#224; ces niveaux. La CFDT compterait 10 000 militants, soit pr&#232;s d'un syndiqu&#233; sur 50, consacrant l'essentiel de leur temps &#224; l'activit&#233; syndicale, dans leur entreprise ou dans les structures du syndicat. 3000 d'entre eux travailleraient pour la conf&#233;d&#233;ration, les unions r&#233;gionales ou professionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Accapar&#233;s par de nombreuses r&#233;unions, du syndicat, du comit&#233; d'entreprise, avec les repr&#233;sentants du patron, m&#234;me les militants qui demeurent au sein de l'entreprise et ne sont pas aspir&#233;s dans les rouages des f&#233;d&#233;rations et unions voient leurs relations avec les travailleurs se r&#233;duire souvent &#224; la p&#233;riode &#233;lectorale. D'apr&#232;s une &#233;tude de 1999, si 64 % des salari&#233;s des entreprises priv&#233;es de plus de 20 salari&#233;s sont couverts par un d&#233;l&#233;gu&#233; syndical, seuls 34 % en sont inform&#233;s. Et sur ces derniers, 60 % seulement a un contact r&#233;el avec des militants syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il dans ces conditions s'&#233;tonner de l'appauvrissement, unanimement constat&#233; partout, de la vie syndicale quotidienne. Les tourn&#233;es des syndicalistes dans les entreprises sont devenues de plus en plus rares, et souvent inexistantes. Les r&#233;unions de syndiqu&#233;s ne regroupent souvent que ceux qui poss&#232;dent des heures de d&#233;l&#233;gation, c'est-&#224;-dire le cercle le plus &#233;troit des syndicalistes. A la CFDT, les &#171; adh&#233;rents de base &#187;, sans mandats ni heures de d&#233;l&#233;gation, ne repr&#233;senteraient que 4 adh&#233;rents sur 10.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le regain de ces derni&#232;res ann&#233;es&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Certes, les dix derni&#232;res ann&#233;es semblent marquer un certain regain de la pr&#233;sence syndicale. Il semblerait que les syndicats aient un peu &#233;largi leur pr&#233;sence, en particulier dans des entreprises li&#233;es &#224; des groupes. Les listes de non-syndiqu&#233;s reculent aux &#233;lections de CE. Le nombre d'accords d'entreprise sign&#233;s avec un ou des syndicats a augment&#233;, en particulier du fait des lois Aubry qui les ont pratiquement impos&#233;s, mais pas seulement. Pr&#232;s de 31 000 accords ont &#233;t&#233; sign&#233;s en 1999, &#224; comparer aux 13 328 accords sign&#233;s en 1998 et aux 6479 accords en 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le net recul des ann&#233;es 1980, les principales conf&#233;d&#233;rations ont affirm&#233; vouloir reconqu&#233;rir du terrain perdu, d&#233;velopper leur implantation, faire face aux enjeux de la pr&#233;carit&#233;, etc&#8230; Seraient-elles en train de gagner leur pari ? Peut-&#234;tre. Encore faut-il savoir ce qu'elles recherchent vraiment. D&#233;velopper l'organisation des travailleurs, multiplier les sections syndicales vivantes ou gagner pour elles-m&#234;mes une certaine surface de pr&#233;sence leur permettant de pr&#233;tendre &#224; une certaine repr&#233;sentativit&#233; devant le patronat et le gouvernement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis belle lurette la repr&#233;sentativit&#233; qu'elles ont pu acqu&#233;rir leur a surtout servi &#224; se tailler une place &#224; la table des n&#233;gociations avec le patronat. C'est ainsi d'ailleurs qu'une partie au moins de ce dernier, ainsi qu'une partie de l'&#233;tablissement politique, ont contribu&#233; &#224; &#233;tendre cette repr&#233;sentativit&#233; par la possibilit&#233; du &#171; mandatement &#187; qui permet &#224; un syndicat de n&#233;gocier au nom des travailleurs d'une entreprise sans avoir le moindre adh&#233;rent dans celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette recrudescence de la pr&#233;sence syndicale appara&#238;t ainsi li&#233; au d&#233;veloppement d'un syndicalisme de collaboration de classes. Syndicalisme dont la CFDT se revendique ouvertement mais dont elle est loin d'&#234;tre le seul repr&#233;sentant. Syndicalisme qui loin de combler le foss&#233; grandissant entre les travailleurs et les syndicats ne peut qu'aboutir &#224; l'&#233;largir toujours davantage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel CHARVET&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La plupart des chiffres cit&#233;s dans cet article sont issus de &#171; Syndicats et syndiqu&#233;s en France depuis 1945 &#187;, D.Labb&#233;, L'Harmattan, 1996. Ce ne sont &#233;videmment que des estimations, qui semblent pourtant raisonnables.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Les chiffres concernant FO sont les plus sujets &#224; caution. On peut se demander si FO n'a pas connu une baisse r&#233;elle plus &#233;lev&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Le nerf de la guerre devenu celui de la paix sociale
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Le-nerf-de-la-guerre-devenu-celui-de-la-paix-sociale</link>
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		<dc:date>2002-10-05T14:30:19Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Syndicats
</dc:subject>
		<dc:subject>Politique
</dc:subject>

		<description>Les cotisations revers&#233;es aux f&#233;d&#233;rations et aux conf&#233;d&#233;rations par les syndicats repr&#233;senteraient 30% des recettes ordinaires de la CGC, 37% de celles de la CGT, et 47% de celles de la CFDT. En ajoutant les abonnements &#224; la presse syndicale et autres rentr&#233;es annexes, les recettes propres n'atteignent jamais plus de 50% du budget ordinaire. Les ressources financi&#232;res des organisations syndicales sont donc largement d&#233;pendantes du nombre de comit&#233;s d'entreprise contr&#244;l&#233;s et des arrangements avec les&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les cotisations revers&#233;es aux f&#233;d&#233;rations et aux conf&#233;d&#233;rations par les syndicats repr&#233;senteraient 30% des recettes ordinaires de la CGC, 37% de celles de la CGT, et 47% de celles de la CFDT. En ajoutant les abonnements &#224; la presse syndicale et autres rentr&#233;es annexes, les recettes propres n'atteignent jamais plus de 50% du budget ordinaire. Les ressources financi&#232;res des organisations syndicales sont donc largement d&#233;pendantes du nombre de comit&#233;s d'entreprise contr&#244;l&#233;s et des arrangements avec les administrations et les employeurs.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les comit&#233;s d'entreprise&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pas moins de 0,2% de la masse salariale est affect&#233;e au fonctionnement des CE, et dans certaines entreprises beaucoup plus. Ceux-ci deviennent &#224; leur tour de v&#233;ritables employeurs. Et si cela leur sert parfois &#224; embaucher certains militants, y compris de ceux qui, sur la liste noire des patrons, auraient du mal &#224; trouver un emploi, il se trouve aussi que parfois leurs salari&#233;s ont quelque mal &#224; faire valoir leurs droits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les CE font vivre un certain nombre d'organismes satellites, juridiquement autonomes des syndicats, mais les conf&#233;d&#233;rations auxquelles ils sont li&#233;s b&#233;n&#233;ficient par un biais ou un autre de leurs ressources : organismes de loisirs et vacances (F&#233;d&#233;ration Sportive -FSGT- ou Tourisme et travail pour la CGT, INVAC pour la CFDT) qui vendent des prestations aux CE, ou encore cabinets d'expertises comptables et &#233;conomiques auxquels les CE peuvent faire appel.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les subventions&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le reste des ressources syndicales provient des indemnit&#233;s vers&#233;es &#224; certains de leurs membres occupant des fonctions officielles et des subventions vers&#233;es par l'Etat ou les patrons. Les indemnit&#233;s revers&#233;es aux membres des Conseils &#233;conomiques et sociaux constituent une somme &#233;quivalent au tiers du total des cotisations pour la CGT et la CFDT. Par ailleurs, l'Etat verse des subventions au titre de la formation (conseillers prud'homaux, nouvelles technologies ...) &#224; diff&#233;rents instituts de formation, de d&#233;fense des consommateurs, de loisirs populaires, eux-m&#234;mes plus ou moins &#233;manations des syndicats. Par exemple en 1997, les organisations de formation professionnelle ont vers&#233; 17 millions de francs &#224; chaque conf&#233;d&#233;ration (&#224; comparer aux 21 millions per&#231;ues par la conf&#233;d&#233;ration CGT au titre des cotisations). Chaque caisse de retraite compl&#233;mentaire, de s&#233;curit&#233; sociale, chaque mutuelle verse &#233;galement des subventions pour la &#171; participation &#224; la gestion &#187; des syndicalistes si&#233;geant &#224; leur direction. Enfin dans certaines grandes entreprises, la pratique du ch&#232;que syndical a &#233;t&#233; instaur&#233; comme &#224; AXA ou encore celle du financement au prorata des r&#233;sultats &#233;lectoraux (accord Casino en 1993 : forfait annuel de 200 000 F &#224; chaque syndicat reconnu, et une part variable de 50 F par suffrage exprim&#233; aux &#233;lections de CE).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Renault, en 2001, &#171; &lt;em&gt;pour une plus grande transparence du financement&lt;/em&gt; &#187; selon la direction elle-m&#234;me, chaque f&#233;d&#233;ration syndicale de la m&#233;tallurgie a re&#231;u 600000 F (plus de 90000 euros). Sur certains sites les ressources des syndicats locaux sont assur&#233;s &#224; plus de 75% par une subvention patronale intitul&#233;e &#171; aide aux &#233;lus &#187; qui est vers&#233;e par le canal du CE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les transferts de fonds du patronat et de l'Etat aux syndicats se font donc pour l'essentiel en toute l&#233;galit&#233; et transparence. Il s'agit bien s&#251;r pour les g&#233;n&#233;reux donateurs d'int&#233;grer les syndicats au syst&#232;me, de les rendre de plus en plus ind&#233;pendants des travailleurs, d'en faire un corps officiel de conciliateurs dans les conflits plut&#244;t que les repr&#233;sentants d'un des camps en pr&#233;sence. Evidemment, en th&#233;orie, les syndicats pourraient accepter l'argent sans accepter de plier leur attitude aux d&#233;sirs des capitalistes. Apr&#232;s tout si ceux-l&#224; veulent financer des organisations ouvri&#232;res, celles-ci n'ont nulle raison en principe de refuser l'argent. En pratique il n'est pas besoin de faire de proc&#232;s d'intention, il suffit de regarder la r&#233;alit&#233; de la politique de la plupart des directions syndicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guy MORET&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_24 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L319xH300/art547-1-c13d8.gif?1528267125' width='319' height='300' alt=&#034;image 319 x 300
&#034; title=&#034;image 319 x 300
&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Le ch&#232;que syndical chez AXA&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Chez AXA Assurances, le syst&#232;me du bon de financement existe depuis 1990. Il a &#233;t&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233; &#224; toutes les soci&#233;t&#233;s du groupe en 1999. Accept&#233;s par toutes les organisations syndicales, sauf FO qui n'a pas ratifi&#233; l'accord de droit syndical et donc ne peut en b&#233;n&#233;ficier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque ann&#233;e la direction distribue &#224; tous les salari&#233;s un bon d'une valeur nominale de 38,2 euros (45,5 euros pour les cadres). Ce bon peut &#234;tre remis &#224; l'organisation syndicale de son choix, autoris&#233;e &#224; les collecter. Le syndicat se fait ensuite valider ses bons par la direction qui lui remet un ch&#232;que correspondant &#224; leur valeur totale. Le taux de retour des ch&#232;ques a &#233;t&#233; de 57% cette ann&#233;e. Cela repr&#233;sente 244 000 euros (soit 1,6 millions de francs) pour la CFDT, 118 500 euros (soit 780 000 francs) pour la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains salari&#233;s pr&#233;f&#232;rent laisser perdre leur bon soit par opposition &#224; ce mode de financement (&#171; les syndicats sont achet&#233;s &#187;), soit parce qu'ils ne se pr&#233;occupent pas des syndicats en g&#233;n&#233;ral. Pour ceux qui les remettent cela peut repr&#233;senter un geste de sympathie et une aide &#224; l'action d'un d&#233;l&#233;gu&#233; qui leur est proche. Pour d'autres encore, c'est une sorte de remerciement au syndicat majoritaire qui g&#232;re les &#339;uvres sociales (ainsi doublement favoris&#233; puisque le bon s'ajoute au 0,2 % du budget de fonctionnement du CE).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Axa comme ailleurs la baisse de la syndicalisation continue et entra&#238;ne celle des revenus des syndicats. Le bon syndical est donc une mani&#232;re pour le patron de la compenser. Mais on imagine bien qu'il attend du fait de cotiser lui-m&#234;me en lieu et place de ses salari&#233;s un retour : des syndicats plus souples et plus prompts &#224; signer des accords qu'&#224; organiser l'action revendicative. Ecoutons d'ailleurs le commentaire qu'en fait la F&#233;d&#233;ration CFDT des services : ce mode de financement est &#171; &lt;em&gt;n&#233;cessaire pour un dialogue social de qualit&#233; &#224; la hauteur des enjeux &#233;conomique et sociaux de la taille du groupe&lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christine SCHNEIDER&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Des syndicats ind&#233;pendants... des travailleurs
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Des-syndicats-independants-des-travailleurs</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicats
</dc:subject>

		<description>Si la bourgeoisie a commenc&#233; par combattre, et avec quelle violence, les syndicats, les interdisant et pourchassant et privant d'emploi et m&#234;me de libert&#233; leurs militants, bien vite aussi, devant leur force grandissante malgr&#233; la r&#233;pression, certains de ses repr&#233;sentants ont imagin&#233; une politique plus subtile : en les associant &#224; la gestion des affaires sociales, voire &#224; la gestion de l'&#233;conomie capitaliste, les int&#233;grer dans le syst&#232;me et transformer des contestataires en responsables et en garants de&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si la bourgeoisie a commenc&#233; par combattre, et avec quelle violence, les syndicats, les interdisant et pourchassant et privant d'emploi et m&#234;me de libert&#233; leurs militants, bien vite aussi, devant leur force grandissante malgr&#233; la r&#233;pression, certains de ses repr&#233;sentants ont imagin&#233; une politique plus subtile : en les associant &#224; la gestion des affaires sociales, voire &#224; la gestion de l'&#233;conomie capitaliste, les int&#233;grer dans le syst&#232;me et transformer des contestataires en responsables et en garants de celui-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, la premi&#232;re exp&#233;rience de commissions paritaires patronat-syndicat remonte &#224; la 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;re&lt;/sup&gt; guerre mondiale. En r&#233;compense &#224; son ralliement &#224; l'Union sacr&#233;e, la CGT de L&#233;on Jouhaux fut convi&#233;e d&#232;s 1915 &#224; venir discuter avec les repr&#233;sentants patronaux des probl&#232;mes de la production, des conditions de travail et de salaires. En 1917 des commissions paritaires, dites &#171; de conciliation et d'arbitrage &#187; &#233;taient mises en place en vue d'&#233;viter les gr&#232;ves et de proc&#233;der &#224; l'envoi au front des ouvriers r&#233;calcitrants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trente ans plus tard, &#224; l'&#233;poque de la Lib&#233;ration, l'int&#233;gration des syndicats aux institutions a &#233;t&#233; con&#231;ue non seulement comme un moyen de faire participer les organisations ouvri&#232;res &#224; l'effort de reconstruction, mais comme un &#233;l&#233;ment essentiel et durable du syst&#232;me capitaliste fran&#231;ais reconstruit. L'ordonnance de f&#233;vrier 1945 instituant les Comit&#233;s d'entreprise, celle d'octobre 1945 instituant le r&#233;gime g&#233;n&#233;ral de la S&#233;curit&#233; sociale, le statut d'octobre 1946 sur le statut de la Fonction publique, sont autant d'&#233;tapes dans leur institutionnalisation.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'int&#233;gration nationale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1945, les syndicats participent &#224; la gestion paritaire et sont m&#234;me majoritaires dans le Conseil d'administration des caisses primaires (assurance maladie, allocations familiales&#8230;) qui relayent la S&#233;curit&#233; sociale &#224; l'&#233;chelon local, d&#233;partemental ou r&#233;gional. Ainsi leur &#233;tait confi&#233;e la gestion de sommes consid&#233;rables (8% du PIB d&#233;j&#224; en 1945), d'organismes qui ont une importance consid&#233;rable pour les salari&#233;s, leur vie quotidienne et leur sant&#233;. Des accords ult&#233;rieurs entre patronat et syndicats ont &#233;tendu la cogestion paritaire &#224; d'autres r&#233;gimes sociaux : celui des caisses de retraite compl&#233;mentaire (institu&#233;es en 1947 pour les cadres et en 1957 pour l'ensemble des salari&#233;s), celui de l'assurance-ch&#244;mage datant de 1958, ou encore celui de la formation pour adultes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi pendant la p&#233;riode de la reconstruction que les syndicats ont &#233;t&#233; int&#233;gr&#233;s aux structures administratives de l'appareil d'Etat. Encore aujourd'hui, ils sont associ&#233;s &#224; la gestion des 3 fonctions publiques (Etat, collectivit&#233;s territoriales et h&#244;pitaux) au travers des commissions administratives paritaires (CAP). Des repr&#233;sentants syndicaux sont &#233;galement int&#233;gr&#233;s dans les conseils d'administration de toutes les entreprises nationalis&#233;es &#224; cette m&#234;me &#233;poque (gaz, &#233;lectricit&#233;, banques, assurances, mines). Par ailleurs, les conf&#233;d&#233;rations syndicales si&#232;gent dans les conseils &#233;conomiques, au niveau national et r&#233;gional, et dans d'innombrables commissions consultatives concernant les orientations &#233;conomiques et sociales. Enfin les syndicalistes fournissent la moiti&#233; des juges dans les conseils prud'homaux ou les membres de commissions de recours gracieux de la S&#233;curit&#233; sociale qui examinent les r&#233;clamations des assur&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une nouvelle place dans l'entreprise&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au niveau de l'entreprise, la gestion des oeuvres sociales (depuis les restaurants d'entreprise jusqu'aux biblioth&#232;ques, en passant par les activit&#233;s culturelles et sportives et les centres de vacances) est confi&#233;e aux &#233;lus du Comit&#233; d'entreprise (CE). Au-del&#224;, le CE est investi d'un &#171; r&#244;le d'information &#187; du personnel sur la situation &#233;conomique de l'entreprise, des projets d'investissement et il est &#171; consult&#233; &#187; en mati&#232;re d'horaires, de cong&#233;s et de plans sociaux. D&#232;s les ann&#233;es 50, certaines grandes entreprises, comme Renault et d'autres, ont institu&#233; le principe de la participation des syndicats &#224; la discussion sur l'ajustement p&#233;riodique des salaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La reconnaissance de la section syndicale d'entreprise par la loi de d&#233;cembre 1968 a accord&#233; de nouveaux moyens en heures de d&#233;l&#233;gation, locaux et autres moyens mat&#233;riels. Apr&#232;s 1968, les comit&#233;s d'entreprise ont ainsi connu un v&#233;ritable essor, concernant 24 000 &#233;tablissements et 5,6 millions de salari&#233;s en 1976 contre 9000 &#233;tablissements et 2,4 millions de salari&#233;s en 1966. Mais ce sont les lois Auroux de 1982 qui ont donn&#233; un coup de fouet &#224; l'institutionnalisation du syndicat dans l'entreprise, en multipliant les espaces de discussion entre directions des entreprises et organisations syndicales. Outre la reconnaissance de la section syndicale pour les entreprises de moins de 50 salari&#233;s et la cr&#233;ation des Comit&#233;s hygi&#232;nes et s&#233;curit&#233; (CHSCT) avec repr&#233;sentation syndicale, les lois Auroux ont impos&#233; une n&#233;gociation annuelle sur les salaires entre les employeurs et les syndicats par l'interm&#233;diaire des CE. A cela se sont ajout&#233;es toutes les fonctions attribu&#233;es par les directions d'entreprise aux syndicalistes : d&#233;l&#233;gu&#233;s centraux au Comit&#233; central d'entreprise (CCE), d&#233;l&#233;gu&#233;s aux comit&#233;s de groupe (depuis 1994 dans les entreprises de dimension europ&#233;enne), repr&#233;sentants aux conseils d'administration, etc.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les contreparties &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il est hors de doute qu'aujourd'hui les militants syndicaux b&#233;n&#233;ficient, pour accomplir leur t&#226;che, de facilit&#233;s et de possibilit&#233;s dont les g&#233;n&#233;rations du d&#233;but du si&#232;cle n'auraient sans doute m&#234;me pas os&#233; r&#234;ver. Dans la mesure o&#249; cela permet une meilleure d&#233;fense des droits des salari&#233;s on ne peut que s'en f&#233;liciter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant chaque concession majeure faite aux organisations syndicales l'a toujours &#233;t&#233; dans des circonstances o&#249; la bourgeoisie avait besoin de neutraliser, voire de mobiliser les travailleurs : efforts de guerre, efforts de reconstruction du pays, n&#233;cessit&#233; d'effacer les cons&#233;quences d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, n&#233;cessit&#233; pour le gouvernement de s'assurer du calme social, etc&#8230; Il s'agissait d'un donnant-donnant, mais dans lequel c'&#233;taient les organisations syndicales qui recevaient mais les travailleurs qui donnaient. Car &#224; chaque fois les directions syndicales ont en effet accept&#233;, contre les nouveaux avantages qui leur &#233;taient octroy&#233;s, d'imposer aux travailleurs et d'abord &#224; leurs propres militants les sacrifices demand&#233;s par la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les militants syndicaux eux-m&#234;mes les nouvelles possibilit&#233;s offertes ne vont pas sans pi&#232;ges et chausse-trappes. Certes ils ont du temps pour remplir leurs t&#226;ches syndicales : heures de d&#233;l&#233;gation pay&#233;es par l'employeur dans le priv&#233;, &#171; mises &#224; disposition &#187; dans les administrations. Gr&#226;ce au cumul des mandats (2 &#224; 3 en moyenne d'apr&#232;s les enqu&#234;tes internes &#224; la CGT et &#224; la CFDT), et des autorisations d'absence, bien des syndicalistes sont transform&#233;s en &#171; permanents de fait &#187;. D'un autre c&#244;t&#233; ils sont de plus en plus sollicit&#233;s par les instances paritaires, les r&#233;unions et les n&#233;gociations avec l'employeur, auxquelles s'ajoutent les r&#233;unions dans les instances des unions et f&#233;d&#233;rations. M&#234;me les mandats de d&#233;l&#233;gu&#233;s du personnel sont accapar&#233;s pour de telles t&#226;ches, r&#233;duisant d'autant les liens avec les salari&#233;s sur le terrain. La chute du nombre d'adh&#233;rents, et donc de salari&#233;s pr&#234;ts &#224; donner un peu de temps pour faire marcher le syndicat aidant, la section syndicale n'a plus de vie qu'&#224; travers le temps octroy&#233; par le patron. C'est ainsi que des militants d&#233;vou&#233;s et honn&#234;tes sont transform&#233;s, &#224; leur insu et insidieusement, en bureaucrates coup&#233;s des travailleurs dont ils sont cens&#233;s repr&#233;senter les int&#233;r&#234;ts ou les exigences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simone CANETTI&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Dans la fonction publique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1946, la mise en place de Commissions administratives paritaires (CAP) a donn&#233; aux syndicats la possibilit&#233; de se prononcer sur la gestion du personnel, notamment sur les avancements et les mutations, ainsi que sur les recrutements, d&#233;tachements, sanctions, et licenciements pour insuffisance. Un d&#233;cret de mai 1982 pr&#233;cise qu'une CAP doit &#234;tre cr&#233;&#233;e pour chaque corps de fonctionnaire, avec autant de repr&#233;sentants de l'administration que du personnel, &#233;lus pour 3 ans sur des listes pr&#233;sent&#233;es par les syndicats. S'y rajoutent des Comit&#233;s techniques paritaires (CTP) charg&#233;s du fonctionnement des services, et dont les repr&#233;sentants sont d&#233;sign&#233;s par les syndicats en fonction de l'audience aux &#233;lections CAP. Enfin, le tout est chapeaut&#233; par le Conseil sup&#233;rieur de la fonction publique (CSFPE), l'organisation sup&#233;rieure de recours disciplinaire, o&#249; 38 si&#232;ges de titulaires et 76 suppl&#233;ants sont attribu&#233;s aux syndicats.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Sit&#244;t d&#233;velopp&#233;s, sit&#244;t int&#233;gr&#233;s
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Syndicats
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		<dc:subject>Afrique du Sud
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		<description>Dans le dernier tiers du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, la classe ouvri&#232;re, en menant des luttes d'envergure dans un certain nombre de pays d'Afrique, d'Asie ou d'Am&#233;rique, a construit des organisations syndicales de masses, comptant parfois plusieurs millions d'adh&#233;rents en un rien de temps. Ces syndicats ont jou&#233; en g&#233;n&#233;ral un r&#244;le de premier plan dans les changements politiques en profondeur qui s'y sont produits. Et pourtant nulle part la classe ouvri&#232;re, dont le poids fut d&#233;cisif, n'a v&#233;ritablement tir&#233; profit de&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans le dernier tiers du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, la classe ouvri&#232;re, en menant des luttes d'envergure dans un certain nombre de pays d'Afrique, d'Asie ou d'Am&#233;rique, a construit des organisations syndicales de masses, comptant parfois plusieurs millions d'adh&#233;rents en un rien de temps. Ces syndicats ont jou&#233; en g&#233;n&#233;ral un r&#244;le de premier plan dans les changements politiques en profondeur qui s'y sont produits. Et pourtant nulle part la classe ouvri&#232;re, dont le poids fut d&#233;cisif, n'a v&#233;ritablement tir&#233; profit de son intervention qui n'a abouti au mieux qu'&#224; la mise en place d'organisations bureaucratis&#233;es et int&#233;gr&#233;es au syst&#232;me capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des luttes contre la dictature&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, en Afrique du Sud, 1973 vit une premi&#232;re grande vague de gr&#232;ves d&#233;fier le r&#233;gime de l'apartheid. Si ces gr&#232;ves portaient sur les salaires (ceux des mineurs quadrupl&#232;rent entre 1972 et 1975) elles prenaient aussit&#244;t un caract&#232;re politique, les syndicats noirs ind&#233;pendants &#233;tant ill&#233;gaux et tout mouvement &#233;tant du coup dirig&#233; contre la dictature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les luttes se multipli&#232;rent pour imposer la reconnaissance des syndicats noirs ind&#233;pendants, et d&#232;s 1983, le patronat des mines lui-m&#234;me, en toute ill&#233;galit&#233;, se r&#233;solut &#224; organiser une rencontre avec les dirigeants du NUM, le syndicat noir des mines. 740000 travailleurs noirs &#233;taient alors syndiqu&#233;s. Le pays connut par la suite plusieurs vagues de gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales, notamment de 1984 &#224; 1986. Le gouvernement de l'apartheid fut contraint de recourir &#224; l'&#233;tat d'urgence, mais la bourgeoisie n'en avait pas moins saisi qu'elle devrait faire des concessions. Le r&#233;gime de l'apartheid &#233;tait condamn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me en Cor&#233;e du Sud et au Br&#233;sil, ce furent les luttes de la classe ouvri&#232;re, dans les ann&#233;es 1980, et la mont&#233;e en puissance du mouvement syndical, sur des revendications tout &#224; la fois &#233;conomiques et politiques, qui mirent en difficult&#233; l'arm&#233;e au pouvoir, et la contraignirent &#224; faire des concessions d&#233;mocratiques, puis &#224; passer la main &#224; des gouvernements civils &#233;lus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Pologne enfin le coup d&#233;cisif &#224; la dictature fut port&#233; en ao&#251;t 1980 par la gr&#232;ve et l'occupation des travailleurs du chantier naval de Gdansk. En deux semaines, la gr&#232;ve &#233;tait devenue g&#233;n&#233;rale dans tout le pays, et les dirigeants de Gdansk, Lech Walesa en t&#234;te, &#233;taient reconnus comme ceux de tous les travailleurs polonais. Le gouvernement dut capituler, renoncer &#224; l'augmentation des prix alimentaires, promettre des augmentations de salaires, et reconna&#238;tre le droit des travailleurs &#224; s'organiser dans des syndicats libres. Le syndicat Solidarit&#233; re&#231;ut alors l'adh&#233;sion de 10 millions de personnes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;&#8230;&#224; l'abandon des int&#233;r&#234;ts des travailleurs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais la fra&#238;cheur apparente de ce mouvement ouvrier &#233;tait toute trompeuse. Ou plus exactement si les masses de prol&#233;taires entraient dans l'ar&#232;ne politique et sociale pleines d'enthousiasme et de r&#234;ve d'une autre soci&#233;t&#233;, les dirigeants derri&#232;re lesquels elles le faisaient &#233;taient des politiciens bien bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, en Pologne les dirigeants de Solidarit&#233; cherchaient au contraire un compromis entre les travailleurs, dont les revendications gonflaient au fur et &#224; mesure qu'ils prenaient conscience de leurs forces, et l'Etat polonais, qu'ils ne souhaitaient absolument pas remettre en cause. Walesa, &#233;tait li&#233; &#224; l'Eglise catholique, dont le chef polonais avait d&#233;clar&#233; au d&#233;but de la gr&#232;ve d'ao&#251;t : &lt;em&gt;&#171; Je consid&#232;re que parfois il ne faut pas r&#233;clamer, exiger, revendiquer beaucoup, pourvu que l'ordre r&#232;gne &#187;.&lt;/em&gt; C'&#233;tait un quasi feu vert &#224; l'&#233;tablissement de la dictature de Jaruzelski dans un premier temps. Et plus tard, quand le r&#233;gime se r&#233;forma pour permettre la restauration du capitalisme, le gouvernement de Walesa devenu pr&#233;sident de la r&#233;publique, ne m&#233;nagea pas les travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Afrique du Sud, les principaux dirigeants syndicaux firent le choix non de pr&#233;parer une Afrique du Sud post-apartheid o&#249; les travailleurs auraient le contr&#244;le du pouvoir et des richesses de la soci&#233;t&#233;, mais de devenir le prolongement politique de l'ANC dans la classe ouvri&#232;re. C'est sur cette base que se constitua le COSATU, la grande centrale syndicale unifi&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants syndicaux re&#231;urent leur r&#233;compense. Sur les 400 si&#232;ges du parlement national issu des premi&#232;res &#233;lections multiraciales de l'histoire du pays, en 1994, 76 &#233;taient occup&#233;s par des syndicalistes du COSATU, 80 par des membres du Parti communiste (SACP), tous &#233;lus sous une &#233;tiquette ANC. Mais le &#171; Programme de Reconstruction et de D&#233;veloppement &#187; du nouveau gouvernement Mandela, qui devait apporter aux pauvres des emplois, des maisons, l'&#233;lectricit&#233; et l'eau potable, confi&#233; &#224; la tutelle de l'ancien secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du COSATU, resta sur le papier. Et une loi interdisait d&#232;s 1995 les gr&#232;ves dans les services dits &#171; essentiels &#187; et rendait ill&#233;gale toute gr&#232;ve organis&#233;e contre des licenciements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; sud-africaine reste plus que jamais l'une des plus in&#233;galitaires au monde. Mais la bureaucratie du COSATU a pu se lancer dans les affaires. Les milliards de dollars vers&#233;s dans des caisses de retraite et de pr&#233;voyance par les 3,2 millions de syndiqu&#233;s ont &#233;t&#233; utilis&#233;s par les organisations syndicales pour monter des fonds d'investissement. Le NUM, le syndicat des mineurs, a investi 1,5 milliard de francs&#8230; dans une holding du trust minier Anglo American. Son ancien secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral, Cyril Ramaphosa, devenu millionnaire, r&#233;suma bien le singulier destin de ces chefs syndicalistes : &lt;em&gt;&#171; Voil&#224; les syndicats qui se mettent aux affaires pour leur propre compte. (&#8230;) Je n'ai aucun scrupule moral &#224; m'engager dans cette voie nouvelle, parce que j'y travaillerai avec des camarades et que nous nous conformerons &#224; certains principes. Inutile de nous voiler la face : ce faisant, nous allons bien s&#251;r nous enrichir. Mais en m&#234;me temps, nous dirons que nos syndicats aussi doivent pouvoir s'enrichir. Bient&#244;t le NUM nagera dans les millions . &#187; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette histoire de la fin du vingti&#232;me si&#232;cle a donc vu des millions de travailleurs d&#233;velopper leur conscience de classe, et se battre &#224; la fois pour leurs int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques, et pour conqu&#233;rir des libert&#233;s politiques pour toute la soci&#233;t&#233;. Mais elle a d&#233;montr&#233; aussi que faute d'organisation ouvri&#232;re communiste r&#233;volutionnaire, les syndicats tendent de plus en plus vite &#224; une int&#233;gration dans l'Etat, &#224; un ralliement &#224; la bourgeoisie et au bradage des int&#233;r&#234;ts des travailleurs. C'est ce qu'observait d&#233;j&#224; Trotsky d&#232;s 1940, &lt;em&gt;&#171; Les syndicats &#224; l'&#233;poque de la d&#233;cadence imp&#233;rialiste &#187;&#8230;&#171; ne peuvent pas rester plus longtemps politiquement neutres, c'est-&#224;-dire se limiter &#224; la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts journaliers de la classe ouvri&#232;re. Ils ne peuvent pas &#234;tre plus longtemps anarchistes, c'est-&#224;-dire ignorer l'influence d&#233;cisive de l'Etat sur la vie des peuples et des classes. Ils ne peuvent pas &#234;tre plus longtemps r&#233;formistes, parce que les conditions objectives ne permettent plus de r&#233;formes s&#233;rieuses et durables. Les syndicats de notre &#233;poque peuvent ou bien servir comme instruments secondaires du capitalisme imp&#233;rialiste, pour subordonner et discipliner les travailleurs et emp&#234;cher la r&#233;volution, ou bien au contraire devenir les instruments du mouvement r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat. &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard RUDELLI&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Syndicats / travailleurs : un foss&#233; grandissant
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		<dc:subject>Politique
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		<description>Ce n'est pas d'hier qu'on constate une tendance des organisations syndicales &#224; mener une politique de collaboration de classe et parall&#232;lement se bureaucratiser et s'&#233;loigner des travailleurs. Ce n'est pas d'hier non plus que la bourgeoisie, en France comme ailleurs, prenant conscience de cette tendance, a modul&#233; sa politique envers elles, continuant certes &#224; l'occasion &#224; pratiquer la r&#233;pression contre les syndicalistes mais s'effor&#231;ant aussi d'int&#233;grer les syndicats dans le syst&#232;me. &lt;br /&gt;Ces derni&#232;res&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce n'est pas d'hier qu'on constate une tendance des organisations syndicales &#224; mener une politique de collaboration de classe et parall&#232;lement se bureaucratiser et s'&#233;loigner des travailleurs. Ce n'est pas d'hier non plus que la bourgeoisie, en France comme ailleurs, prenant conscience de cette tendance, a modul&#233; sa politique envers elles, continuant certes &#224; l'occasion &#224; pratiquer la r&#233;pression contre les syndicalistes mais s'effor&#231;ant aussi d'int&#233;grer les syndicats dans le syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res d&#233;cennies le mouvement semble m&#234;me s'&#234;tre acc&#233;l&#233;r&#233;. Que les gouvernements soient de gauche ou de droite d'ailleurs. Les militants ouvriers ne peuvent donc manquer de se reposer les questions sur la nature des syndicats et ses &#233;ventuels changements comme sur les possibilit&#233;s de les utiliser au service des int&#233;r&#234;ts de la classe ouvri&#232;re. Mais pour r&#233;pondre &#224; ces questions il convient sans doute d'examiner la r&#233;alit&#233; du foss&#233; qui s'est creus&#233; entre les salari&#233;s et les organisations qui pr&#233;tendent les repr&#233;senter.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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