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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskyste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> Dans le Tiers monde aussi
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Trotskisme
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		<description>Si l'imp&#233;rialisme a fait, &#224; la sortie de la seconde guerre mondiale, en grand partie gr&#226;ce au r&#244;le anesth&#233;siant du stalinisme, l'&#233;conomie d'une explosion ouvri&#232;re, les ann&#233;es suivantes ont &#233;t&#233; marqu&#233;es par l'explosion r&#233;volutionnaire dans les colonies. &lt;br /&gt;Certains militants tiers-mondistes th&#233;orisaient alors que r&#244;le de classe r&#233;volutionnaire &#233;tait d&#233;sormais rempli par les &#171; nations prol&#233;taires &#187; et la paysannerie des pays pauvres. Et dans une partie du mouvement trotskiste, la &#171; th&#233;orie de la r&#233;volution permanente &#187;&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si l'imp&#233;rialisme a fait, &#224; la sortie de la seconde guerre mondiale, en grand partie gr&#226;ce au r&#244;le anesth&#233;siant du stalinisme, l'&#233;conomie d'une explosion ouvri&#232;re, les ann&#233;es suivantes ont &#233;t&#233; marqu&#233;es par l'explosion r&#233;volutionnaire dans les colonies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains militants tiers-mondistes th&#233;orisaient alors que r&#244;le de classe r&#233;volutionnaire &#233;tait d&#233;sormais rempli par les &lt;em&gt;&#171; nations prol&#233;taires &#187;&lt;/em&gt; et la paysannerie des pays pauvres. Et dans une partie du mouvement trotskiste, la &lt;em&gt;&#171; th&#233;orie de la r&#233;volution permanente &#187;&lt;/em&gt; &#233;tait invoqu&#233;e pour attribuer aux r&#233;volutions coloniales la capacit&#233; de se transformer en r&#233;volutions socialistes sans l'intervention politique ind&#233;pendante de la classe ouvri&#232;re. Aujourd'hui il est &#233;vident qu'il n'en &#233;tait rien. La &lt;em&gt;r&#233;volution permanente, &lt;/em&gt;ni proph&#233;tie ni pr&#233;vision d'un automatisme social mais programme d'un parti communiste prol&#233;tarien, n'avait de sens qu'en fonction d'un tel parti, qui n'existait plus nulle part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce fait, cette explosion r&#233;volutionnaire qui a secou&#233; le monde imp&#233;rialiste, n'a pas mis en danger ses fondements. Il n'en est sorti que des r&#233;gimes profond&#233;ment anti-ouvriers (ceux qui ont fait, quelques dizaines d'ann&#233;es plus tard, tirer sur leur jeunesse place de Tien Anmen ou dans les rues d'Alger) et qui ont, au mieux, prot&#233;g&#233; un temps de la mainmise directe de l'imp&#233;rialisme un certain d&#233;veloppement national puis permis la constitution d'une bourgeoisie nationale.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La classe ouvri&#232;re du Tiers monde&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au cours du dernier quart de si&#232;cle les pays du Tiers monde ont connu une urbanisation rapide. Quelques-uns d'entre eux poss&#233;daient d&#233;j&#224; une classe ouvri&#232;re num&#233;riquement importante dans les ann&#233;es de l'apr&#232;s-guerre, comme les grands pays d'Am&#233;rique Latine. De fa&#231;on un peu exceptionnelle, la Cor&#233;e a connu un d&#233;veloppement du fait des besoins propres de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain en guerre en Asie. Dans d'autres, notamment dans ceux qui ont acquis de haute lutte leur ind&#233;pendance, de la Chine &#224; l'Alg&#233;rie, les petites bourgeoisies nationalistes arriv&#233;es au pouvoir ont, sous l'&#233;gide de l'Etat, men&#233;e une politique d'industrialisation. Partout en tout cas le prol&#233;tariat a grandi en nombre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis avec la &#171; mondialisation de l'&#233;conomie &#187;, dans les ann&#233;es 1980-90 les trusts des pays riches ont bien plus qu'avant export&#233; une partie de leurs usines et de leurs productions &#224; forte intensit&#233; de main d'&#339;uvre, vers les pays o&#249; celle-ci est bon march&#233;, en Indon&#233;sie, en Malaisie aux Philippines, en Turquie, au Mexique et ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les statistiques sont parlantes. De 1950 &#224; 1990, d'apr&#232;s les chiffres rassembl&#233;s par le BIT (Bureau international du travail, organisme d&#233;pendant de l'ONU) la population active travaillant dans l'industrie est pass&#233;e pour les pays d&#233;velopp&#233;s de 118 millions &#224; 188. Dans les pays sous-d&#233;velopp&#233;s elle est pass&#233;e de 61 millions &#224; 312.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes il s'agit dans les premiers de 188 millions sur une population active de 565 millions et une population totale de 1,1 milliards, et dans les seconds de 312 millions pour une population active de presque 2 milliards, dont 60% travaillent toujours dans l'agriculture, et une population totale de 5 milliards d'individus. D'autre part, les secteurs industriels et les mains-d'&#339;uvre sont loin d'&#234;tre &#233;quivalents et d'avoir la m&#234;me productivit&#233;, les travailleurs des petits chantiers ou des ateliers v&#233;tustes se d&#233;comptant au m&#234;me titre que ceux des grandes installations industrielles, qui, dans le Tiers monde ne sont souvent que des &#238;lots au sein d'un immense pays sous-d&#233;velopp&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essentielle de la production industrielle mondiale est toujours faite dans les quelques m&#233;tropoles imp&#233;rialistes. Plus des trois quarts des automobiles et des camions sont produits dans les seuls pays du G7. Un changement notable par rapport &#224; une trentaine d'ann&#233;es plus t&#244;t o&#249; cette proportion &#233;tait de 95% pour les voitures et 80% pour les camions. Mais un changement quand m&#234;me limit&#233;. De m&#234;me la disproportion est criante en mati&#232;re de production d'&#233;lectricit&#233; par habitant, m&#234;me en ce qui concerne des grands pays parmi les plus d&#233;velopp&#233;s du Tiers monde : le Br&#233;sil produit cinq fois moins d'&#233;lectricit&#233; par habitant que la France et 8 fois moins que l'Am&#233;rique du Nord. Quant &#224; la Chine ou l'Inde, pourtant parmi les puissances nucl&#233;aires, ces chiffres descendent respectivement &#224; 10 et 21 de moins que la France et 16 et 33 que l'Am&#233;rique du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le voit m&#234;me les pays &#171; &#233;mergents &#187; sont encore loin d'&#234;tre &#224; la hauteur. Mais la classe ouvri&#232;re, elle, a bel et bien &#233;merg&#233;e. Et c'est elle qui a bien souvent marqu&#233; une actualit&#233; rythm&#233;e par les crises &#233;conomiques et les krachs boursiers. Du Br&#233;sil &#224; l'Indon&#233;sie, en passant par l'Inde, la Cor&#233;e ou l'Alg&#233;rie, les vagues de gr&#232;ves qui ont cr&#233;&#233; une situation sociale explosive ne se comptent plus. La mondialisation qui se traduit notamment par une plus grande int&#233;gration des pays du Tiers monde &#224; la production industrielle des trusts, a au moins le m&#233;rite de donner aux prol&#233;taires des pays riches des millions de fr&#232;res et s&#339;urs de combat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le Tiers monde, comme ici, la question n'est pas celle de l'existence ou pas d'une classe r&#233;volutionnaire, mais de l'organisation politique de cette classe. Et l&#224; aussi la nature &#224; horreur d'un vide politique que comblent alors des partis nationalistes ou r&#233;formistes ou dont profitent des formations d'extr&#234;me-droite. On a pu voir la bourgeoisie blanche sud-africaine, conseill&#233;e par les Etats-Unis, finir par accepter de porter Mandela au pouvoir pour enrayer la col&#232;re des opprim&#233;s et exploit&#233;s. C'est du mouvement syndical br&#233;silien qu'est sorti un Lula, favori des prochaines &#233;lections pr&#233;sidentielles du pays et futur Lionel Jospin ou Tony Blair br&#233;silien. Et c'est faute d'un v&#233;ritable mouvement ouvrier dans l'Inde d'aujourd'hui, que les mouvements r&#233;gionalistes et religieux d'extr&#234;me droite peuvent d&#233;tourner &#224; leur profit une grande partie du m&#233;contentement des couches pauvres, y compris de la classe ouvri&#232;re elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O. B.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Le prol&#233;tariat plus que jamais au c&#339;ur de toutes les activit&#233;s sociales
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		<dc:subject>Prol&#233;tariat
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		<dc:subject>Politique
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		<description>Aujourd'hui, poursuivant leur propre int&#233;gration dans le monde bourgeois, les vieux partis communistes eux-m&#234;mes, qui, bien que depuis longtemps r&#233;formistes, se r&#233;clamaient haut et fort de la classe ouvri&#232;re, ont fini par jeter par-dessus bord cette r&#233;f&#233;rence g&#234;nante. Le PCF poursuit sa mutation finale (et son d&#233;clin) en rempla&#231;ant dans son programme la classe ouvri&#232;re par la &#171; nouvelle citoyennet&#233; &#187; et la lutte de classe par le &#171; mouvement social &#187;. &lt;br /&gt;&#171; Prol&#233;taire &#187; n'est plus un mot &#224; la mode. La sociologie&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Aujourd'hui, poursuivant leur propre int&#233;gration dans le monde bourgeois, les vieux partis communistes eux-m&#234;mes, qui, bien que depuis longtemps r&#233;formistes, se r&#233;clamaient haut et fort de la classe ouvri&#232;re, ont fini par jeter par-dessus bord cette r&#233;f&#233;rence g&#234;nante. Le PCF poursuit sa mutation finale (et son d&#233;clin) en rempla&#231;ant dans son programme la classe ouvri&#232;re par la &#171; nouvelle citoyennet&#233; &#187; et la lutte de classe par le &#171; mouvement social &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Prol&#233;taire &#187; n'est plus un mot &#224; la mode. La sociologie est l&#224; pour mettre en &#233;vidence les cat&#233;gories nouvelles. Et nombre de travailleurs eux-m&#234;mes, y compris parmi les moins pay&#233;s ou les plus surcharg&#233;s de boulot, du vendeur de supermarch&#233; &#224; l'infirmi&#232;re, ne se sentent pas forc&#233;ment faire partie d'une m&#234;me classe que le m&#233;tallo ou le chauffeur poids lourds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La classe ouvri&#232;re qui a marqu&#233; de ses combats la premi&#232;re moiti&#233; du vingti&#232;me si&#232;cle, des r&#233;volutions russes ou allemande jusqu'aux mouvements gr&#233;vistes ou insurrectionnels de France ou d'Espagne &#224; la veille de la seconde guerre mondiale, aurait-elle disparue depuis ? Ou se serait-elle transform&#233;e avec une certaine &#233;l&#233;vation du niveau de vie (tout au moins dans les pays riches) et le d&#233;veloppement du secteur tertiaire ? Puis plus r&#233;cemment avec la complexification technique des t&#226;ches et la robotisation ? Au point qu'elle ne formerait plus avec les classes moyennes qu'un continuum o&#249; la lutte pour l'&#233;cologie et les espaces verts c&#244;toierait celle des mal log&#233;s et la lutte contre la &#171; mal-bouffe &#187; remplacerait celle pour le pain ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'expansion de l'apr&#232;s-guerre&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Marx voyait dans la classe ouvri&#232;re ou plus pr&#233;cis&#233;ment dans le prol&#233;tariat, ceux qui n'ont que leur force de travail &#224; vendre pour pouvoir vivre, la nouvelle classe r&#233;volutionnaire, celle-ci n'&#233;tait encore qu'embryonnaire. Et la classe ouvri&#232;re qui, en prenant le pouvoir en Russie, a boulevers&#233; pour des d&#233;cennies la donne du monde capitaliste, n'&#233;tait moderne et concentr&#233;e que dans quelques gros centres industriels, dans un pays dont l'immense majorit&#233; de la population &#233;tait encore paysanne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir plong&#233; le monde dans la crise &#233;conomique puis dans la seconde guerre mondiale, le capitalisme, ayant &#233;vit&#233;, en grande partie gr&#226;ce &#224; son alliance avec la bureaucratie stalinienne, une nouvelle vague r&#233;volutionnaire ouvri&#232;re, en est ressorti requinqu&#233;. La nouvelle p&#233;riode d'expansion, que les &#233;conomistes bourgeois ont surnomm&#233;e les &lt;em&gt;&#171; 30 glorieuses &#187;&lt;/em&gt;, s'est traduite, dans les pays riches, par le d&#233;veloppement du secteur tertiaire. Mais la classe ouvri&#232;re des pays industrialis&#233;s, celle des usines, dans les travaux publics et le b&#226;timent, s'est aussi num&#233;riquement accrue, notamment par un apport incessant de travailleurs immigr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on prend l'exemple de la France, la population active dans le secteur agricole est pass&#233;e entre 1950 et 1970 de 6 millions &#224; moins de 3 millions. Et elle a continu&#233; &#224; fondre depuis. Au cours de ces m&#234;mes vingt ans, la main d'&#339;uvre industrielle est pass&#233;e de 6,7 millions &#224; 8,5 et celle du secteur tertiaire de 6,6 millions &#224; 10. Le d&#233;veloppement du tertiaire s'est donc fait d'abord au prix d'une r&#233;duction de la paysannerie et non de la classe ouvri&#232;re industrielle. Puis sa progression a correspondu &#224; une r&#233;duction du petit commerce au profit des grandes surfaces, avec ses employ&#233;s de rayonnage et ses caissi&#232;res, c'est &#224; dire une prol&#233;tarisation du commerce de d&#233;tail. Et ce fameux tertiaire est en grande partie form&#233; des employ&#233;s des postes, des banques et compagnies d'assurance, jusqu'aux employ&#233;s parmi les plus sous-pay&#233;s des diverses soci&#233;t&#233;s de nettoyage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce monde du travail n'&#233;taient ni embourgeois&#233; par une &#233;l&#233;vation de son niveau de vie, qui &#224; vrai dire n'a vraiment progress&#233; qu'apr&#232;s les ann&#233;es 50, ni ligot&#233; par le d&#233;veloppement de l'achat &#224; cr&#233;dit, comme certains le pr&#233;tendaient &#224; l'&#233;poque. La classe ouvri&#232;re s'est manifest&#233;e &#224; plusieurs reprises, de la gr&#232;ve des services publics de l'&#233;t&#233; 1953 &#224; celle des mineurs de 1963, jusqu'&#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de mai 68. Et l&#224;, comme cela l'avait &#233;t&#233; en 1936, ce sont toutes les cat&#233;gories de travailleurs qui se sont retrouv&#233;es ensemble en mouvement, du secteur public au secteur priv&#233;, des sid&#233;rurgistes aux enseignants, des employ&#233;s de la RATP &#224; ceux des grands magasins, des ouvriers des grosses usines d'automobile &#224; ceux de petites entreprises de confection qui se sentent trop isol&#233;s pour se d&#233;fendre en d'autres circonstances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais lors de l'explosion de mai 1968, les militants r&#233;volutionnaires ne jouissaient pas d'une implantation suffisante dans la classe ouvri&#232;re pour permettre au mouvement de gr&#232;ve, enclench&#233; malgr&#233; les appareils syndicaux et le Parti communiste, d'&#233;chapper au contr&#244;le de ceux-ci et d'&#234;tre frein&#233;s par eux. Ce n'est donc pas la force qui manquait au mouvement ouvrier, ni le fait d'&#234;tre pr&#233;sent dans tous les pores de la soci&#233;t&#233;, et d'en paralyser, quand il arr&#234;te le travail, toute l'activit&#233;. C'est son organisation politique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Licenciements massifs et robotisation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Avec le ralentissement de la croissance depuis les ann&#233;es 70, le patronat, pour assurer le maintien de ses profits, a men&#233; de nouvelles attaques contre la classe ouvri&#232;re : pression sur les salaires, bien s&#251;r, mais aussi et surtout licenciements massifs, compens&#233;s &#224; la fois par des gains de productivit&#233; et d&#233;localisation vers une partie des pays pauvres des industries &#224; forte main d'&#339;uvre non qualifi&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi en France, par exemple, l'emploi salari&#233; dans l'industrie et la construction, qui avait atteint en 1974 son sommet, 7,6 millions (dont 5,9 millions dans l'industrie, 1,7 dans le b&#226;timent), a d&#233;cru lentement depuis pour passer &#224; 5,2 millions en 1997-1998 (dont 4,1 millions dans l'industrie, 1,1 dans le b&#226;timent). Il n'est que tr&#232;s l&#233;g&#232;rement remont&#233; depuis pour atteindre 5,4 millions &#224; l'automne 2001 (dont 4,2 millions pour l'industrie, 1,3 pour la construction) d'apr&#232;s les statistiques de l'INSEE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les progr&#232;s technologiques, l'informatisation et la robotisation dans les industries les plus modernes ont certes n&#233;cessit&#233; une part croissante dans la production elle-m&#234;me d'une main d'&#339;uvre plus qualifi&#233;e, techniciens, voire ing&#233;nieurs directement aux t&#226;ches et plus seulement &#224; l'encadrement. Mais du coup c'est en partie &#224; une prol&#233;tarisation de ces techniciens eux-m&#234;mes qu'on a assist&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au tertiaire, qui a effectivement continu&#233; &#224; se d&#233;velopper, il est compos&#233; en grande partie d'une main d'&#339;uvre tr&#232;s peu pay&#233;e, que ce soient les employ&#233;es de grandes surfaces ou ceux des soci&#233;t&#233;s de nettoyages. C'est dans ce secteur que l'emploi non qualifi&#233; est le plus nombreux. Sur les 5 millions d'emplois non qualifi&#233;s en France en 2001 (ce qui repr&#233;sente un quart de la main d'oeuvre salari&#233;e) 3,6 millions travaillent dans les services. Parmi les plus gros contingents, 600 000 employ&#233;s de commerce et 300 000 de la restauration, 680 000 agents de services, 630 000 assistantes maternelles, 400 000 ouvriers dans le transport et la manutention, 380 000 ouvriers d'entretien. Et c'est l&#224; aussi que la pr&#233;carit&#233; est la plus grande.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le prol&#233;tariat red&#233;couvert&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La moiti&#233; des salari&#233;s du secteur priv&#233; et semi-public touchaient en 2001 un salaire mensuel net inf&#233;rieur &#224; 1380 euros (soit 1,3 fois le Smic, le seuil des &#171; bas salaire &#187; au-dessous duquel les patrons b&#233;n&#233;ficient en plus de d&#233;gr&#232;vement de charges), et un quart gagnaient moins que ce Smic.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors oui, le prol&#233;tariat, fait des salari&#233;s qui ne vivent que de leur travail, existe bien toujours en France. Au point qu'entre l'&#233;lection pr&#233;sidentielle et l'&#233;lection l&#233;gislative, le Parti socialiste a fait soudain mine de s'apercevoir qu'il l'avait malencontreusement oubli&#233;. Et le journal &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; de titrer un dossier sur le sujet : &lt;em&gt;&#171; Ils repr&#233;sentent quinze millions de fran&#231;ais et la gauche les a perdus de vue, leur pr&#233;f&#233;rant les classes moyennes &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont ces quinze millions-l&#224;, et quelques autres travailleurs, petits paysans ou artisans pas toujours beaucoup mieux lotis, qui font toujours tourner toute la machine productive, les transports, les services. Qui pourraient tout paralyser le jour o&#249; ils se mettront elsemble en col&#232;re. Et qui auraient la capacit&#233; de tout r&#233;organiser sous leur contr&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Olivier BELIN&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Mondialisation et internationalisme
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Trotskisme
</dc:subject>
		<dc:subject>Internationalisme
</dc:subject>
		<dc:subject>Mondialisation
</dc:subject>

		<description>&#171; Le marxisme proc&#232;de de l'&#233;conomie mondiale consid&#233;r&#233;e non comme la simple addition de ses unit&#233;s nationales, mais comme une puissante r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante cr&#233;&#233;e par la division internationale du travail et par le march&#233; mondial, qui &#224; notre &#233;poque domine tous les march&#233;s nationaux. Les forces productives de la soci&#233;t&#233; capitaliste ont depuis longtemps d&#233;pass&#233; les fronti&#232;res nationales &#187;. Ces phrases &#233;crites par Trotski en 1929 dans la R&#233;volution permanente n'&#233;taient qu'un simple rappel des bases du marxisme.&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Le marxisme proc&#232;de de l'&#233;conomie mondiale consid&#233;r&#233;e non comme la simple addition de ses unit&#233;s nationales, mais comme une puissante r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante cr&#233;&#233;e par la division internationale du travail et par le march&#233; mondial, qui &#224; notre &#233;poque domine tous les march&#233;s nationaux. Les forces productives de la soci&#233;t&#233; capitaliste ont depuis longtemps d&#233;pass&#233; les fronti&#232;res nationales &#187;. Ces phrases &#233;crites par Trotski en 1929 dans la R&#233;volution permanente n'&#233;taient qu'un simple rappel des bases du marxisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ironie de l'histoire a voulu qu'elles deviennent en quelque sorte le manifeste de naissance du &#171; trotskisme &#187;. A l'origine lanc&#233; comme une insulte par Staline, ce qualificatif devenait celui du seul courant politique capable de d&#233;fendre &#224; contre-courant de tous les chauvinismes l'id&#233;e que la construction du socialisme ne peut se faire qu'&#224; l'&#233;chelle mondiale. La fondation de la IV&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Internationale en 1938 n'&#233;tait qu'un drapeau plant&#233; &#224; la veille de la barbarie de la seconde guerre mondiale. La survie des v&#233;ritables id&#233;es communistes et internationalistes &#233;tait pourtant en jeu. Le m&#233;rite en revient au courant trotskiste, si petit et si divis&#233; soit-il, dans la deuxi&#232;me moiti&#233; du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Socialisme dans un seul pays&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En 1917, L&#233;nine et les bolcheviks voyaient dans la r&#233;volution russe la premi&#232;re &#233;tape de la r&#233;volution mondiale. La fondation de la III&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Internationale en 1919 fut la traduction de cette perspective internationaliste inh&#233;rente au marxisme. La Russie &#233;tait un des pays les plus arri&#233;r&#233;s de la plan&#232;te, il &#233;tait vital que l'Allemagne, au moins, un des pays les plus industrialis&#233;s et les plus avanc&#233;s techniquement, bascule rapidement &#224; son tour dans la r&#233;volution. La prise en main des moyens de production d'un tel pays, par une classe ouvri&#232;re nombreuse et organis&#233;e, &#233;tait la condition &lt;em&gt;sine qua non&lt;/em&gt; pour que le reste du monde puisse acc&#233;der rapidement &#224; un stade sup&#233;rieur de d&#233;veloppement &#233;conomique, et ainsi rendre possible le socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais apr&#232;s le reflux de la vague r&#233;volutionnaire de l'imm&#233;diat apr&#232;s-guerre et l'&#233;chec de la r&#233;volution allemande, l'isolement de l'URSS eut pour cons&#233;quence la confiscation du pouvoir par la bureaucratie. En d&#233;fendant la possibilit&#233; de construire le &#171; socialisme dans un seul pays &#187; Staline se faisait le porte-parole de cette couche sociale parasite qui tirait ses privil&#232;ges de l'existence d'un Etat ouvrier au sein d'un monde rest&#233; capitaliste. En m&#234;me temps cette m&#234;me bureaucratie allait faire servir la puissance de cet Etat &#224; enrayer tout d&#233;veloppement de la r&#233;volution et contribuait ainsi au maintien et au d&#233;veloppement du capitalisme dans le monde (la bourgeoisie, elle, ne s'&#233;tant jamais embarrass&#233;e de construire &#171; le capitalisme dans un seul pays &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Mondialisation capitaliste !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Finalement, c'est donc l'&#233;volution m&#234;me du capitalisme qui confirme aujourd'hui la justesse des id&#233;es marxistes et trotskistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que l'on rassemble sous le terme &#171; mondialisation &#187;, c'est-&#224;-dire l'internationalisation croissante des &#233;changes, le d&#233;veloppement des firmes multinationales, la concentration du capital, et l'autonomie accrue du capital financier a entra&#238;n&#233; une augmentation des richesses en m&#234;me temps qu'elle accroissait les in&#233;galit&#233;s entre les poss&#233;dants et les exploit&#233;s et entre les pays riches et les pays pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup l'id&#233;e que les m&#233;faits du capitalisme doivent &#234;tre combattus &#224; l'&#233;chelle internationale a repris vie. Elle a trouv&#233; son expression politique dans le mouvement &#171; anti-mondialisation &#187; qui s'est d&#233;velopp&#233; depuis quelques ann&#233;es dont les gigantesques manifestations lors des sommets du G7 (G&#234;nes), de l'Union Europ&#233;enne (Barcelone) ou des n&#233;gociations de l'OMC (Seattle) ont montr&#233; la force. Le slogan f&#233;d&#233;rateur du mouvement, &#171; un autre monde est possible &#187; comme le fait que les luttes des paysans sans-terre du Br&#233;sil ou des Indiens du Chiapas aient autant d'&#233;chos parmi une fraction de la jeunesse des pays imp&#233;rialistes sont r&#233;v&#233;lateurs d'une prise de conscience de la nocivit&#233; des d&#233;cisions prises dans le secret par une poign&#233;e de chefs d'Etats, de banquiers et de dirigeants de firmes multinationales et de leurs r&#233;percussions sur la vie de milliards d'individus.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Internationale sans internationalistes ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;A l'heure actuelle, les &#171; anti-mondialistes &#187; repr&#233;sentent un courant politique existant &#224; l'&#233;chelle internationale, se donnant des objectifs de lutte contre les m&#233;faits du capitalisme &#224; cette m&#234;me &#233;chelle. Il n'est pourtant en rien une nouvelle &#171; internationale &#187;&#8230; et pas seulement parce qu'il ne se situe pas sur le terrain du marxisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est franchement visible lorsqu'il pr&#233;conise des mesures protectionnistes, au nom de certaines &#171; sp&#233;cificit&#233;s nationales &#187;&#8230; qui reviennent &#224; d&#233;fendre le maintien des fronti&#232;res et donc les int&#233;r&#234;ts d'une bourgeoisie contre une autre. De m&#234;me demander le &#171; contr&#244;le citoyen &#187; sur des institutions comme le FMI ou la Banque mondiale, responsables de l'aggravation de la mis&#232;re dans les pays les plus pauvres, la taxation des capitaux ou encore la suppression des paradis fiscaux, de plus sans poser le probl&#232;me de qui pourrait imposer ces mesures, est au mieux utopique et au pire annoncer d'avance qu'on se r&#233;signe &#224; cette mis&#232;re pour peu de voir quelques petites r&#233;formes. Il est significatif que l'exp&#233;rience de &#171; budget participatif &#187; men&#233;e par la municipalit&#233; de Porto Alegre g&#233;r&#233;e par le Parti des travailleurs br&#233;silien soit devenue un des symboles des &#171; anti-mondialistes &#187; et donn&#233;e par eux en exemple dans le monde entier comme si leur seule perspective &#233;tait le partage de la mis&#232;re ! Quel changement en effet : dans une ville d'une des r&#233;gions les plus pauvres de la plan&#232;te, domin&#233;e par le march&#233; capitaliste, la population peut donner un avis consultatif sur l'attribution de 10 &#224; 20 % des subventions municipales !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est loin d'une r&#233;volution mondiale qui permettrait de b&#226;tir une autre organisation sociale, dont les bases mat&#233;rielles existent d'ores et d&#233;j&#224; gr&#226;ce &#224; la mondialisation justement ! Un autre monde est possible, oui. Mais il suppose d'abolir l'exploitation, de mettre en commun les richesses, de donner &#224; tous un travail, de supprimer la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, autrement dit de renverser le capitalisme. Et pour ce faire d'organiser la force qui peut remplir cette t&#226;che. Et quelle peut-elle &#234;tre hormis le prol&#233;tariat, cette classe existant &#224; l'&#233;chelle du monde, sans attache ni int&#233;r&#234;t dans cette soci&#233;t&#233; capitaliste plan&#233;taire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marie DARWEN&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Une force politique d'extr&#234;me gauche ?
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Une-force-politique-d-extreme-gauche</link>
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		<dc:date>2002-07-09T16:27:28Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>Trotskisme
</dc:subject>
		<dc:subject>Extr&#234;me gauche
</dc:subject>

		<description>La construction en France d'un parti qui repr&#233;sente r&#233;ellement les int&#233;r&#234;ts politiques du monde du travail est une n&#233;cessit&#233; pos&#233;e depuis bien longtemps, en r&#233;alit&#233; depuis que le Parti communiste a cess&#233; d'&#234;tre un parti r&#233;volutionnaire. Cette n&#233;cessit&#233; para&#238;t aujourd'hui encore plus urgente quand apr&#232;s de 20 ans de politique antisociale - men&#233;e en particulier par les partis de gauche au gouvernement - l'extr&#234;me-droite a fait pr&#232;s de 20 % des voix lors des derni&#232;res &#233;lections pr&#233;sidentielles et le mouvement&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La construction en France d'un parti qui repr&#233;sente r&#233;ellement les int&#233;r&#234;ts politiques du monde du travail est une n&#233;cessit&#233; pos&#233;e depuis bien longtemps, en r&#233;alit&#233; depuis que le Parti communiste a cess&#233; d'&#234;tre un parti r&#233;volutionnaire. Cette n&#233;cessit&#233; para&#238;t aujourd'hui encore plus urgente quand apr&#232;s de 20 ans de politique antisociale - men&#233;e en particulier par les partis de gauche au gouvernement - l'extr&#234;me-droite a fait pr&#232;s de 20 % des voix lors des derni&#232;res &#233;lections pr&#233;sidentielles et le mouvement ouvrier appara&#238;t plus d&#233;labr&#233; que jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa n&#233;cessit&#233; n'en rend pourtant pas la construction imm&#233;diatement possible. Se pose donc la question des &#233;tapes possibles et utiles.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un projet sans ambigu&#239;t&#233;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un parti r&#233;volutionnaire d'envergure (m&#234;me relative) sera forc&#233;ment diff&#233;rent de ce que sont aujourd'hui les petites organisations d'extr&#234;me gauche, dans son fonctionnement, par la multiplicit&#233; et la diversit&#233; de ses interventions et par un recrutement non seulement bien plus large mais aussi de militants plus divers tant par l'engagement que la culture politique. Mais il n'existera qu'&#224; la condition de gagner une implantation r&#233;elle dans les couches les plus exploit&#233;es de la population et de maintenir sur cette base une orientation politique claire de lutte de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est pour cela qu'un parti communiste et r&#233;volutionnaire ne sera pas simplement un parti de la gauche&#8230; m&#234;me &#171; radicale et anticapitaliste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord parce que la notion de &#171; gauche &#187; est source de toutes les confusions. Elle sert depuis toujours &#224; masquer la division fondamentale de la soci&#233;t&#233; : celle qui oppose le camp des travailleurs au camp de la bourgeoisie. D'ailleurs aujourd'hui la gauche, ce sont des partis de gouvernement (notamment le PS et le PCF) au service de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience de ces vingt derni&#232;res ann&#233;es a sans doute fait perdre &#224; bien des travailleurs tout enthousiasme mais les illusions peuvent vite revenir, surtout lorsque ces partis sont &#224; nouveau dans l'opposition. Et m&#234;me lorsque la rupture semble consomm&#233;e avec ces partis, bon nombre de ceux du &#171; peuple de gauche &#187; &#8211; m&#234;me des plus critiques &#8211; r&#234;vent encore d'une &#171; vraie &#187; gauche, diff&#233;rente de la droite, honn&#234;te, voire &#171; radicale &#187;, mais finalement bien r&#233;formiste, qui pourrait faire quelque chose pour les travailleurs sans qu'il y ait besoin de s'affronter avec les patrons et leur gouvernement. Malheureusement cela n'existe pas et cela n'a jamais exist&#233; ! Et ce n'est &#233;videmment pas &#224; l'extr&#234;me gauche d'entretenir ces illusions, comme s'y essaie de nouveau la LCR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; &#234;tre anticapitaliste&#8230; Il existe aujourd'hui toute une frange de militants qui sont &#224; la fois anticapitalistes et r&#233;formistes, &#224; ATTAC, &#224; SUD, dans le &#171; mouvement social &#187;, tous ceux qui esp&#232;rent explicitement ou implicitement en l'Etat actuel et ses possibilit&#233;s de r&#233;guler et m&#234;me de transformer le capitalisme au nom d'un pr&#233;tendu int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Bien entendu des r&#233;formes sont toujours possibles dans le cadre du syst&#232;me (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des &#233;tapes et des chausse-trapes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La construction d'un parti r&#233;volutionnaire dans une p&#233;riode non r&#233;volutionnaire est certes une v&#233;ritable gageure, un combat politique d'autant moins facile &#224; mener que dans un pays imp&#233;rialiste comme le n&#244;tre les exp&#233;riences r&#233;volutionnaires remontent &#224; un pass&#233; plut&#244;t lointain !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des &#233;tapes sont peut-&#234;tre indispensables, et m&#234;me certains d&#233;tours, comme la construction d'une force politique o&#249; les trotskistes ne repr&#233;senteraient qu'une fraction minoritaire. L'histoire montre pourtant que des &#233;tapes de ce genre se sont la plupart du temps transform&#233;es en impasse. Un parti hybride, &#224; mi-chemin entre la r&#233;volution et le r&#233;formisme, ne peut demeurer longtemps sans tomber d'un c&#244;t&#233; ou de l'autre. Et le temps est g&#233;n&#233;ralement compt&#233; aux r&#233;volutionnaires pour gagner sinon sa majorit&#233;, en tout cas les nouvelles g&#233;n&#233;rations qui viennent &#224; lui. Autant dire que l'&#233;tape a toutes les chances d'&#234;tre br&#232;ve, d'autant plus br&#232;ve que la radicalisation politique est faible et l'afflux de militants peu important, sauf bien entendu pour les r&#233;volutionnaires &#224; y perdre leur &#226;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'impasse est assur&#233;e quand il s'agit d'un remake du processus bien connu qui am&#232;ne des politiciens de gauche d&#233;faits &#224; se proposer de refaire une nouvelle gauche qui pourrait servir de tremplin &#224; leur nouvelle carri&#232;re. Alors, momentan&#233;ment, des forces militantes, m&#234;me r&#233;volutionnaires, ne sont pas de trop, m&#234;me des trotskistes, surtout s'ils sont pr&#234;ts &#224; mettre de l'eau dans leur vin. C'est l'op&#233;ration que les refondateurs du PCF, et sans doute quelques autres &#224; la gauche de la gauche, envisageraient, nous dit-on, en direction de la LCR sous le nom de code de &#171; p&#244;le de radicalit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#171; p&#244;le de radicalit&#233; &#187; qui ne pourrait &#234;tre qu'un obstacle, esp&#233;rons-le pas trop radical, sur la route de la construction d'un parti communiste et r&#233;volutionnaire, au cas o&#249; ce pole d&#233;velopperait quelque capacit&#233; d'attraction envers ceux honn&#234;tement &#224; la recherche aujourd'hui d'une force politique r&#233;ellement nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un front d'extr&#234;me gauche et un programme pour les luttes ouvri&#232;res&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelques ann&#233;es, les organisations d'extr&#234;me gauche ont acquis (surtout LO et la LCR) un petit cr&#233;dit &#233;lectoral que le revers des r&#233;centes l&#233;gislatives a peut-&#234;tre &#233;corn&#233;, certainement pas &#233;limin&#233;. M&#234;me s'il est &#233;vident que la force de l'extr&#234;me gauche n'a pas &#233;t&#233; multipli&#233;e, il est &#233;vident aussi que certains militants ouvriers ou de gauche, politiques, syndicaux, ou associatifs, regardent enfin ou &#224; nouveau vers elle et attendent directement d'elle la construction d'un nouvelle organisation politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces succ&#232;s &#233;lectoraux ont permis aussi de para&#238;tre un peu plus cr&#233;dible aux yeux d'une partie de la classe ouvri&#232;re, et de pouvoir proposer une politique pour les luttes en ayant quelques chances d'&#234;tre entendu. Une opportunit&#233; &#224; saisir par une extr&#234;me gauche qui pendant si longtemps n'eut d'autre choix que d'essayer de se d&#233;velopper &#224; contre-courant et de militer dans une position marginale, dans laquelle on peut malheureusement finir par s'enkyster si on ne cherche pas &#224; explorer syst&#233;matiquement toutes les possibilit&#233;s d'en sortir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or les r&#233;sultats &#233;lectoraux de l'extr&#234;me gauche, m&#234;me &#224; relativiser, sont de ce point de vue un &#233;l&#233;ment nouveau qui lui ouvre des possibilit&#233;s et en m&#234;me temps lui impose des responsabilit&#233;s. En particulier celle d'agir &#224; la hauteur des attentes de la fraction des travailleurs et des militants ouvriers qui regardent vers elle et la consid&#232;rent comme une des forces avec qui il faut compter dans les luttes politiques ou sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'extr&#234;me gauche de ne pas les d&#233;cevoir ! Il ne d&#233;pend certainement pas d'elle de d&#233;clencher les luttes qui permettraient de r&#233;pondre aux probl&#232;mes vitaux qui se posent &#224; la classe ouvri&#232;re (comme les licenciements, la pr&#233;carit&#233;, les salaires, les retraites). Mais il d&#233;pend d'elle de prendre des initiatives, d'&#234;tre &#224; l'offensive, de savoir proposer de pr&#233;parer et d'organiser en commun la contre-offensive aux militants du mouvement ouvrier, &#224; leurs organisations comme &#224; l'ensemble des travailleurs. De telles initiatives chacune des composantes de l'extr&#234;me gauche peut les prendre mais elles auraient certainement d'autant plus d'impact qu'elles seraient le fait de l'ensemble, quelques soient les d&#233;saccords souvent importants qui s&#233;parent LO et la LCR (et bien s&#251;r le PT).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela correspondrait d'abord &#224; l'int&#233;r&#234;t du monde du travail. Ce serait ensuite autant d'occasions de s'associer de nombreux militants du mouvement ouvrier et des travailleurs du rang qui ne sont sans doute pas pr&#234;ts &#224; rejoindre une organisation r&#233;volutionnaire, mais pr&#234;ts n&#233;anmoins &#224; agir avec et aux c&#244;t&#233;s de l'extr&#234;me gauche. Ce serait un moyen aussi de construire des relations de confiance avec eux qui sont encore loin d'exister, notamment avec les militants du Parti communiste. Et ce serait enfin un pas dans la construction d'un nouveau parti qui d&#233;fende r&#233;ellement les int&#233;r&#234;ts politiques du monde du travail et qui n'a de chance de voir le jour que s'il r&#233;pond aux besoins de la classe ouvri&#232;re et se r&#233;v&#232;le vraiment utile pour ses luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, il faudra bien d'autres pas pour aboutir &#224; ce parti que l'intervention syst&#233;matique de l'extr&#234;me gauche dans la lutte politique et sociale ou m&#234;me qu'un bloc de ses organisations, aussi utile que serait celui-ci dans la situation actuelle. Le programme d'un parti r&#233;volutionnaire, posant la question de l'Etat, de la prise du pouvoir, du socialisme et du communisme, sera bien autre chose aussi que la liste de quelques mesures d'urgence, aussi important que pourrait &#234;tre leur aboutissement pour les travailleurs. Mais une &#233;tape qui permettrait d'aller dans cette direction tout en donnant au mouvement trotskiste un cr&#233;dit qui lui fait encore d&#233;faut sur le terrain des luttes serait bien de premi&#232;re importance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R.G.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Bien entendu des r&#233;formes sont toujours possibles dans le cadre du syst&#232;me capitaliste : c'est alors une question de rapport de force ou d'int&#233;r&#234;t bien compris pour la bourgeoisie. Mais le projet de r&#233;former le capitalisme jusqu'&#224; le transformer compl&#232;tement en un autre syst&#232;me social est tout autant une illusion que celle qui existe encore aujourd'hui dans une gauche qui serait vraiment de gauche. Quant aux partis de la gauche gouvernementale, ils ne sont qualifi&#233;s de r&#233;formistes que par un abus de langage, car ce sont de simples g&#233;rants loyaux du syst&#232;me capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Le choix du trotskisme
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		<dc:date>2002-07-09T16:27:20Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Extr&#234;me gauche
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		<dc:subject>Trotskisme
</dc:subject>

		<description>Dans une brochure &#233;crite juste avant la r&#233;daction du Manifeste communiste, Engels donnait du communisme une d&#233;finition pour le moins lapidaire : &#171; Le communisme est l'enseignement des conditions de la lib&#233;ration du prol&#233;tariat &#187; (Principes du communisme. 1847). &lt;br /&gt;Pour Marx, Engels, L&#233;nine ou Trotski, le communisme &#233;tait en effet ni une utopie ni un dogme, pas davantage la description d'une soci&#233;t&#233; id&#233;ale sortie de l'imagination de quelques penseurs ou un ensemble de recettes toutes pr&#234;tes applicables &#224;&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans une brochure &#233;crite juste avant la r&#233;daction du &lt;em&gt;Manifeste communiste&lt;/em&gt;, Engels donnait du communisme une d&#233;finition pour le moins lapidaire : &lt;em&gt;&#171; Le communisme est l'enseignement des conditions de la lib&#233;ration du prol&#233;tariat &#187; &lt;/em&gt;(&lt;em&gt;Principes du communisme. &lt;/em&gt;1847).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Marx, Engels, L&#233;nine ou Trotski, le communisme &#233;tait en effet ni une utopie ni un dogme, pas davantage la description d'une soci&#233;t&#233; id&#233;ale sortie de l'imagination de quelques penseurs ou un ensemble de recettes toutes pr&#234;tes applicables &#224; n'importe quelle situation. Le communisme (comme le marxisme) est d'abord une m&#233;thode visant &#224; comprendre et intervenir dans la lutte de classe, pour en finir avec l'exploitation et permettre au prol&#233;tariat (&#224; tous ceux qui sont condamn&#233;s &#224; vendre leur force de travail) de partir &#224; la conqu&#234;te du pouvoir, condition essentielle de son &#233;mancipation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les le&#231;ons de la r&#233;volution d'octobre&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si les possibilit&#233;s r&#233;volutionnaires peuvent para&#238;tre incertaines pour nous aujourd'hui, c'&#233;tait &#233;galement le cas &#224; l'&#233;poque des bolcheviks !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils pr&#233;tendaient construire un parti r&#233;volutionnaire capable de r&#233;sister &#224; la r&#233;pression tsariste ? Ils voulaient miser sur la classe ouvri&#232;re - oh combien minoritaire !- pour diriger une r&#233;volution socialiste dans un pays aussi arri&#233;r&#233; que l'&#233;tait la Russie ? Il fallait quand m&#234;me une bonne dose d'inconscience semble-t-il, ou au contraire un solide fil &#224; plomb -le marxisme- pour analyser les grandes tendances du capitalisme &#224; l'&#233;chelle mondiale, et d&#233;monter l'entrelacs des contradictions qui minaient la soci&#233;t&#233; russe il y a un si&#232;cle, dans laquelle se c&#244;toyaient boyards du Moyen-Age et usines parmi les plus modernes du monde ! Il fallait aussi cette audace r&#233;volutionnaire qui pousse parfois &#224; saisir les opportunit&#233;s par un cheveu, mais qui n'a rien d'artificielle lorsqu'elle exprime ce qu'il y a de plus profond dans la soci&#233;t&#233;, cette r&#233;volte longtemps contenue parmi les exploit&#233;s, cette &#233;nergie, et aussi cette capacit&#233; d'initiative et de cr&#233;ation sans laquelle il n'y a tout simplement pas de r&#233;volution possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotski appartenait &#224; une g&#233;n&#233;ration qui avait manifestement confiance dans les capacit&#233;s r&#233;volutionnaires du prol&#233;tariat, et qui savait en m&#234;me temps qu'il y avait tout &#224; faire simplement pour imaginer les possibilit&#233;s d'une r&#233;volution socialiste en Russie. Combien de d&#233;bats contradictoires et de trajectoires diverses se sont ainsi entrecrois&#233;s : Plekhanov -le &#171; pape &#187; du marxisme en Russie- a fini par renoncer &#224; la r&#233;volution tandis que Trotski -qui avait souvent pol&#233;miqu&#233; contre les bolcheviks- a fini par les rejoindre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; la fin de sa vie, il ne se d&#233;finira jamais plus autrement que comme un &#171; bolchevik &#187;. Le bolchevisme &#233;tant devenu, sous son impulsion notamment, un ph&#233;nom&#232;ne non plus sp&#233;cifiquement russe (ou li&#233; aux conditions particuli&#232;res de la Russie), mais un ph&#233;nom&#232;ne mondial avec la cr&#233;ation de l'Internationale communiste en 1919. Ses le&#231;ons lui semblaient toujours d'actualit&#233; : la n&#233;cessit&#233; de construire un parti de combat capable de s'adapter et de r&#233;sister aux &#233;volutions extr&#234;mement rapides de la situation ; la volont&#233; de mener en toute circonstance une politique ind&#233;pendante pour la classe ouvri&#232;re ; la prise du pouvoir par la classe ouvri&#232;re elle-m&#234;me au travers des soviets tout en assumant une guerre civile impitoyable ; enfin et surtout l'internationalisme, le choix d'une politique qui subordonne tous les efforts d'un Etat ouvrier &#224; la n&#233;cessit&#233; de vaincre la bourgeoisie au niveau mondial.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Quand il &#233;tait minuit dans le si&#232;cle&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Quelques ann&#233;es apr&#232;s 1917, il y avait pourtant bien des raisons de renoncer &#224; la r&#233;volution et &#224; la classe ouvri&#232;re !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En luttant contre le stalinisme, cette d&#233;g&#233;n&#233;rescence monstrueuse de la r&#233;volution, le combat de L&#233;on Trotski a &#233;t&#233; d'affirmer que ces perspectives n'avaient rien perdu de leur validit&#233;. Ce fut &#224; la fois un combat th&#233;orique et politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son analyse de l'URSS s'av&#232;re aujourd'hui encore et m&#234;me surtout aujourd'hui la plus coh&#233;rente et la plus cons&#233;quente : la confiscation du pouvoir n'est pas le produit d'une d&#233;viation morale (celle d'un homme ou d'un parti), c'est un ph&#233;nom&#232;ne social (la bureaucratie), le produit d'un rapport de force entre les classes dans des conditions historiques bien particuli&#232;res et la cons&#233;quence dramatique - mais qui &#233;tait &#233;vitable - de l'isolement de la r&#233;volution russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le combat de Trotski ne fut pas celui d'un seul homme, mais celui de milliers de militants communistes qui combattirent le stalinisme au nom du communisme, et qui y laiss&#232;rent leur peau, en URSS et en-dehors de l'URSS. Exclu du parti en 1927 apr&#232;s des ann&#233;es d'opposition, puis banni d'URSS en 1929, Trotski &#233;tait convaincu que l'avenir de la r&#233;volution en Russie comme ailleurs d&#233;pendait plus que jamais du rapport de force &#224; l'&#233;chelle mondiale entre la classe ouvri&#232;re et la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut d'abord un combat pour redresser l'Internationale communiste et tenter d'&#233;viter une s&#233;rie de d&#233;faites (1923 en Allemagne, 1926 en Angleterre, 1927 en Chine&#8230;). Ce fut ensuite (apr&#232;s la victoire de Hitler en 1933) un combat pour la cr&#233;ation d'un nouveau parti mondial de la r&#233;volution : la IV&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; Ce que je fais maintenant est dans le plein sens du mot &#171; irrempla&#231;able &#187;. Il n'y a pas dans cette affirmation la moindre vanit&#233; (&#8230;) Munir d'une m&#233;thode r&#233;volutionnaire la nouvelle g&#233;n&#233;ration, par-dessus la t&#234;te des chefs de la II&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et de la III&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Internationale, c'est une t&#226;che qui n'a pas, hormis moi, d'homme capable de la remplir &#187;&lt;/em&gt; (L&#233;on Trotsky. Journal d'exil. 25 mars 1935). La bureaucratie sovi&#233;tique menait d&#233;sormais une politique ouvertement r&#233;actionnaire, n'h&#233;sitant plus &#8211; comme en Espagne en 1936 &#8211; &#224; programmer consciemment la d&#233;faite de la r&#233;volution prol&#233;tarienne, tandis que la marche &#224; la guerre imp&#233;rialiste devenait in&#233;luctable apr&#232;s la victoire du nazisme. Le contexte des ann&#233;es 1930 &#233;tait alors celui d'une s&#233;rie de d&#233;faites sans pr&#233;c&#233;dent pour la classe ouvri&#232;re, et la destruction de toute une g&#233;n&#233;ration de militants r&#233;volutionnaires. Le 21 ao&#251;t 1940, Trotsky mourait assassin&#233; par un agent du GPU (la police politique de Staline).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le choix du trotskisme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pendant longtemps, la continuation des id&#233;es marxistes et r&#233;volutionnaires est donc rest&#233;e tributaire de la survie de petits groupes confront&#233;s &#224; la r&#233;pression de la bourgeoisie, aux calomnies et aux agressions des staliniens. Mais notre attachement au trotskisme n'a &#233;videmment rien de sentimental.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme &#224; d'autres moments &#8211; davantage peut-&#234;tre &#8211; le choix de la classe ouvri&#232;re et du communisme n'a rien d'&#233;vident aujourd'hui. Le capitalisme &#8211; en particulier dans les pays imp&#233;rialistes &#8211; a connu incontestablement depuis 50 ans une longue p&#233;riode, finalement assez in&#233;dite, de stabilit&#233;, avec bien s&#251;r des crises, des guerres, la d&#233;colonisation, etc, mais sans que le syst&#232;me soit vraiment menac&#233; dans ses fondements m&#234;mes. Il est vrai que le stalinisme a eu une responsabilit&#233; consid&#233;rable durant cette p&#233;riode, surtout au moment le plus d&#233;cisif c'est &#224; dire au lendemain de la deuxi&#232;me guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le bilan du si&#232;cle ne se r&#233;duit pas non plus &#224; ce constat, ni &#224; celui de la faillite de la r&#233;volution russe : ce sont aussi les g&#226;chis monstrueux engendr&#233;s par la survie du syst&#232;me capitaliste qui d&#233;pense &#233;galement une &#233;nergie consid&#233;rable &#8211; et ce seul indice n'est pas le moins significatif &#8211; pour &#233;craser ou d&#233;voyer les r&#233;voltes qu'il provoque, comme pour faire accepter tant bien que mal &#171; l'ordre des choses &#187;. Ce sont les impasses dans lesquelles nous ont men&#233; toutes les voies soi-disant plus raisonnables pour am&#233;liorer, r&#233;former, r&#233;guler le syst&#232;me capitaliste, ces lendemains meilleurs que promettaient les nationalistes (dits &#171; progressistes &#187;) apr&#232;s les ind&#233;pendances coloniales, ou cette am&#233;lioration graduelle du sort de la classe ouvri&#232;re que d&#233;fend le mouvement ouvrier r&#233;formiste, bien mal en point &#224; l'heure du ch&#244;mage de masse et du d&#233;mant&#232;lement des statut et autres protections sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bilan, ce sont surtout les occasions rat&#233;es, bien plus nombreuses qu'on l'imagine souvent, de l'Iran &#224; la Pologne, du Portugal &#224; l'Afrique du Sud, en Am&#233;rique comme en Asie, o&#249; l'absence d'un parti r&#233;volutionnaire a &#233;t&#233; un atout ma&#238;tre de la bourgeoisie pour pr&#233;server ses positions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le choix d'une identit&#233; (ou son abandon) est un choix politique. Le n&#244;tre est toujours de construire des partis qui, par leur programme, leur mode de fonctionnement comme par la formation de leurs militants, se r&#233;v&#232;lent aussi capables d'affronter des crises r&#233;volutionnaires qui n'ont pas forc&#233;ment perdu de leur actualit&#233;, m&#234;me si au cours de la p&#233;riode la plus r&#233;cente cela ne s'est pas produit dans un pays imp&#233;rialiste comme le n&#244;tre. C'est avant tout ce choix qui d&#233;termine notre attachement au trotskisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Raoul GLABER&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Trotski et l'hypoth&#232;se du retour de la bourgeoisie
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Trotski-et-l-hypothese-du-retour-de-la-bourgeoisie</link>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Russie
</dc:subject>
		<dc:subject>Trotskisme
</dc:subject>

		<description>Dans La r&#233;volution trahie, en 1936, Trotski &#233;crivait : &lt;br /&gt;&#171; Si, &#224; l'inverse, un parti bourgeois renversait la caste sovi&#233;tique dirigeante, il trouverait pas mal de serviteurs parmi les bureaucrates d'aujourd'hui, les techniciens, les directeurs, les secr&#233;taires du parti, les dirigeants en g&#233;n&#233;ral. Une &#233;puration des services de l'Etat s'imposerait aussi dans ce cas ; mais la restauration bourgeoise aurait vraisemblablement moins de monde &#224; jeter dehors qu'un parti r&#233;volutionnaire. L'objectif principal du&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans &lt;em&gt;La r&#233;volution trahie, &lt;/em&gt;en 1936, Trotski &#233;crivait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si, &#224; l'inverse, un parti bourgeois renversait la caste sovi&#233;tique dirigeante, il trouverait pas mal de serviteurs parmi les bureaucrates d'aujourd'hui, les techniciens, les directeurs, les secr&#233;taires du parti, les dirigeants en g&#233;n&#233;ral. Une &#233;puration des services de l'Etat s'imposerait aussi dans ce cas ; mais la restauration bourgeoise aurait vraisemblablement moins de monde &#224; jeter dehors qu'un parti r&#233;volutionnaire. L'objectif principal du nouveau pouvoir serait de r&#233;tablir la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production. Il devrait avant tout donner aux kolkhozes faibles la possibilit&#233; de former de gros fermiers et transformer les kolkhozes riches en coop&#233;ratives de production du type bourgeois, ou en soci&#233;t&#233;s par actions. Dans l'industrie, la d&#233;nationalisation commencerait par les entreprises de l'industrie l&#233;g&#232;re et de l'alimentation. Le plan se r&#233;duirait dans les premiers temps &#224; des compromis entre le pouvoir et les &#171; corporations &#187;, c'est-&#224;-dire les capitaines de l'industrie sovi&#233;tique, les propri&#233;taires potentiels, les anciens propri&#233;taires &#233;migr&#233;s et les capitalistes &#233;trangers. Bien que la bureaucratie sovi&#233;tique ait beaucoup fait pour la restauration bourgeoise, le nouveau r&#233;gime serait oblig&#233; d'accomplir sur le terrain de la propri&#233;t&#233; et du mode de gestion non une r&#233;forme mais une v&#233;ritable r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Admettons cependant que ni le parti r&#233;volutionnaire ni le parti contre-r&#233;volutionnaire ne s'emparent du pouvoir. La bureaucratie demeure &#224; la t&#234;te de l'Etat. L'&#233;volution des rapports sociaux ne cesse pas. On ne peut certes pas penser que la bureaucratie abdiquera en faveur de l'&#233;galit&#233; socialiste. D&#232;s maintenant, elle a d&#251;, malgr&#233; les inconv&#233;nients &#233;vidents de cette op&#233;ration, r&#233;tablir les grades et les d&#233;corations ; il faudra in&#233;vitablement qu'elle cherche appui par la suite dans des rapports de propri&#233;t&#233;. On objectera peut-&#234;tre que peu importe au gros fonctionnaire les formes de propri&#233;t&#233; dont il tire ses revenus. C'est ignorer l'instabilit&#233; des droits du bureaucrate et le probl&#232;me de sa descendance. Le culte tout r&#233;cent de la famille sovi&#233;tique n'est pas tomb&#233; du ciel. Les privil&#232;ges que l'on ne peut l&#233;guer &#224; ses enfants perdent la moiti&#233; de leur valeur. Or, le droit de tester est ins&#233;parable du droit de propri&#233;t&#233;. Il ne suffit pas d'&#234;tre directeur de trust, il faut &#234;tre actionnaire. La victoire de la bureaucratie dans ce secteur d&#233;cisif en ferait une nouvelle classe poss&#233;dante. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Reconstruire la IVe Internationale ?
</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>Trotskisme
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		<dc:subject>IV&#176; Internationale
</dc:subject>

		<description>La situation depuis maintenant plusieurs d&#233;cennies est pour le moins paradoxale : jamais le capitalisme n'a &#233;t&#233; &#224; ce point une r&#233;alit&#233; mondiale (comme la classe ouvri&#232;re elle-m&#234;me au travers des migrations), et jamais le mouvement ouvrier au cours de son histoire n'a &#233;t&#233; aussi peu organis&#233; &#224; cette &#233;chelle. Or les luttes du prol&#233;tariat pour combattre le capitalisme &#8211; &#224; plus forte raison pour l'abattre- ne sauraient se limiter au cadre des fronti&#232;res nationales. D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; d'un parti international du&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La situation depuis maintenant plusieurs d&#233;cennies est pour le moins paradoxale : jamais le capitalisme n'a &#233;t&#233; &#224; ce point une r&#233;alit&#233; mondiale (comme la classe ouvri&#232;re elle-m&#234;me au travers des migrations), et jamais le mouvement ouvrier au cours de son histoire n'a &#233;t&#233; aussi peu organis&#233; &#224; cette &#233;chelle. Or les luttes du prol&#233;tariat pour combattre le capitalisme &#8211; &#224; plus forte raison pour l'abattre- ne sauraient se limiter au cadre des fronti&#232;res nationales. D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; d'un parti international du prol&#233;tariat, n&#233;cessit&#233; qui fut pos&#233;e par le mouvement ouvrier d&#232;s sa naissance et qui n'est pas moindre aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un bilan n&#233;cessaire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans la construction d'un parti ouvrier communiste et r&#233;volutionnaire &#224; l'&#233;chelle internationale nous ne partons pourtant pas de rien. En fondant la Quatri&#232;me internationale L&#233;on Trotski affirmait une continuit&#233; politique, incarn&#233;e successivement par l'Association internationale des travailleurs de Marx et Engels, la Deuxi&#232;me internationale jusqu'&#224; la premi&#232;re guerre mondiale et l'Internationale communiste des ann&#233;es 1919-1923.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui encore, le mouvement trotskiste a le m&#233;rite d'exister &#224; l'&#233;chelle internationale, tout en conservant ces r&#233;f&#233;rences politiques. Mais la Quatri&#232;me internationale en tant que telle n'existe plus : le mouvement trotskiste, divis&#233; depuis maintenant plusieurs d&#233;cennies (pratiquement depuis sa naissance qui n'a pr&#233;c&#233;d&#233; que de fort peu la mort de Trotski lui-m&#234;me) en de nombreuses tendances, est plut&#244;t fait d'une myriade de petits groupes, souvent sans grande audience, mais toujours rivaux et parfois avec la f&#226;cheuse tendance de se croire &#224; eux seuls une v&#233;ritable internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des raisons incontestables de cette division et de cette relative impuissance est que la violence stalinienne est parvenue pendant toute une &#233;poque &#224; couper les organisations trotskistes du mouvement ouvrier. La justesse ou la fausset&#233; des diff&#233;rentes positions de groupes sans implantation dans la classe ouvri&#232;re, sans intervention r&#233;elle dans les &#233;v&#233;nements politiques et donc sans bilan, sont rest&#233;es inv&#233;rifiables. Chacun a pu, et en grande partie peut encore, vaquer &#224; ses affaires de son c&#244;t&#233; sans plus s'occuper des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces circonstances objectives ne sont pas seules en cause. Les groupes issus de la Quatri&#232;me internationale sont aussi en partie responsables de cette situation, en s'y adaptant par l'abandon d'au moins une partie de leur propre programme. A partir de la deuxi&#232;me guerre mondiale, la liste serait longue si on devait &#233;num&#233;rer toutes les situations o&#249; les organisations trotskistes ont ainsi renonc&#233;, selon nous, pour se rallier &#224; la politique des sociaux-d&#233;mocrates, des staliniens ou encore des nationalistes. Par exemple, &#224; l'&#233;poque de la guerre d'Alg&#233;rie, chacune des deux tendances &#224; l'origine de la LCR et du PT aujourd'hui n'ont eu pour politique que de soutenir une des organisations nationalistes alg&#233;riennes (FLN ou MNA d'ailleurs engag&#233;es dans une lutte fratricide) sans chercher &#224; leur opposer une politique qui d&#233;fende r&#233;ellement les int&#233;r&#234;ts de la classe ouvri&#232;re. Cette t&#226;che n'&#233;tait certainement pas facile mais ce fut un choix politique d'y renoncer a priori.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me majeur du courant trotskiste n'est donc pas qu'il soit divis&#233;. Par del&#224; la dispersion des organisations, il y a eu en r&#233;alit&#233; une convergence assez grande malheureusement pour aller dans le sens de l'opportunisme politique. Et aujourd'hui encore les h&#233;sitations, quand ce n'est pas le refus, de beaucoup &#224; faire ce travail d'implantation dans la classe ouvri&#232;re (notamment parmi ses couches les plus exploit&#233;es), indispensable si l'on veut conserver une boussole politique sur un terrain de classe, peuvent inqui&#233;ter sur le sens des orientations futures.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des passerelles indispensables&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Quelles que soient ses faiblesses, le mouvement trotskiste existe dans presque tous les pays du monde : un capital humain et politique petit mais irrempla&#231;able que le sectarisme (qui est &#233;galement la culture politique la mieux partag&#233;e par les diff&#233;rents groupes) et la coupure souvent quasi absolue entre les tendances am&#232;ne non seulement &#224; n&#233;gliger mais en fait &#224; dilapider.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour y parer il faudrait que les tendances se comportent comme des fractions d'un m&#234;me et futur parti, qu'elles soient capables de promouvoir un certain type de relations, ouvertes et fraternelles, m&#234;me quand leurs activit&#233;s diff&#233;rentes ou leurs politiques divergentes ne leur permettent pas des actions communes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu il y a loin entre le fait de renouer des contacts au niveau tant international que national afin de reconstituer un minimum de vie et d'&#233;changes politiques &#8211; ce minimum qui n'aurait jamais d&#251; &#234;tre abandonn&#233; - et la cr&#233;ation d'un parti mondial de la r&#233;volution, capable d'&#233;laborer une politique pour ses diff&#233;rentes sections, ayant une direction centralis&#233;e et reconnue et donc la possibilit&#233; d'une action commune orient&#233;e et disciplin&#233;e. Mais aucune des soi-disant internationales n'&#233;tant susceptible aujourd'hui d'unifier le mouvement r&#233;volutionnaire sous sa houlette, la seule attitude correcte et efficace &#224; long terme ne serait-elle pas de reconna&#238;tre cette r&#233;alit&#233;, de dresser un cadre dans lequel les diff&#233;rentes organisations pourraient prendre contact, discuter, confronter leurs politiques et leurs r&#233;sultats, et chercher des voies par lesquelles apprendre &#224; collaborer (Lutte ouvri&#232;re avait ainsi, mais il y a de cela bien des ann&#233;es, propos&#233; des &#233;changes de militants entre diff&#233;rentes tendances) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela aurait au moins l'avantage dans le court terme de faire b&#233;n&#233;ficier aux uns et aux autres d'une ouverture sur d'autres d&#233;marches, d'autres exp&#233;riences, d'autres interventions et d'autres pays et ainsi d'accro&#238;tre la comp&#233;tence de tous &#224; l'&#233;chelle de ce qui fait tout de m&#234;me la force du mouvement trotskiste : le fait d'exister &#224; l'&#233;chelle internationale. En attendant dans le long terme de permettre &#224; tous de juger des diff&#233;rentes politiques propos&#233;es et men&#233;es et &#224; celles qui feraient leurs preuves de s'imposer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R.G.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> La fin de l'URSS n'est pas celle du mouvement communiste
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Trotskisme
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		<dc:subject>Russie
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		<description>Pour les trotskistes il n'y avait aucune ambigu&#239;t&#233; : le r&#233;gime de l'URSS &#233;tait une dictature contre la classe ouvri&#232;re, qui avait contribu&#233; d'une mani&#232;re d&#233;cisive aux d&#233;faites du prol&#233;tariat dans le monde d&#232;s les ann&#233;es 1920. Et l'entente de Staline avec les dirigeants de l'imp&#233;rialisme en 1945 exprimait la r&#233;elle convergence d'int&#233;r&#234;ts entre la bureaucratie et la bourgeoisie mondiale pour se pr&#233;munir contre les dangers d'une r&#233;volution prol&#233;tarienne. &lt;br /&gt;En m&#234;me temps, l'URSS portait jusqu'au moment de sa&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour les trotskistes il n'y avait aucune ambigu&#239;t&#233; : le r&#233;gime de l'URSS &#233;tait une dictature contre la classe ouvri&#232;re, qui avait contribu&#233; d'une mani&#232;re d&#233;cisive aux d&#233;faites du prol&#233;tariat dans le monde d&#232;s les ann&#233;es 1920. Et l'entente de Staline avec les dirigeants de l'imp&#233;rialisme en 1945 exprimait la r&#233;elle convergence d'int&#233;r&#234;ts entre la bureaucratie et la bourgeoisie mondiale pour se pr&#233;munir contre les dangers d'une r&#233;volution prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, l'URSS portait jusqu'au moment de sa disparition les stigmates de ses origines r&#233;volutionnaires : la bourgeoisie avait &#233;t&#233; expropri&#233;e par la classe ouvri&#232;re, et pour tout le monde, amis et ennemis, elle restait un corps &#233;tranger au sein du monde capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'&#233;tait pas indiff&#233;rent (du point de vue du rapport de force entre les classes &#224; l'&#233;chelle mondiale) que dans un pays aussi vaste il existe une classe ouvri&#232;re nombreuse et concentr&#233;e, et pas de classe capitaliste. Il n'&#233;tait pas indiff&#233;rent non plus qu'ait v&#233;cu jusqu'ici un mouvement communiste dans le monde, certes stalinien par sa politique mais dont beaucoup de militants &#233;taient en m&#234;me temps sinc&#232;rement attach&#233;s &#224; l'id&#233;al communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La disparition de l'URSS a marqu&#233; la fin de ce monde-l&#224;. Elle a sign&#233; l'&#233;chec d&#233;finitif de la r&#233;volution de 1917. Le mouvement trotskiste, tout en &#233;tant pourchass&#233;, calomni&#233;, en grande partie massacr&#233; par les staliniens, se d&#233;finissait par rapport &#224; l'URSS, h&#233;ritage d'une r&#233;volution atrocement d&#233;figur&#233;e mais pas compl&#232;tement morte jusqu'&#224; ce que Gorbatchev puis Eltsine l'enterrent. C'est lui qui &#233;tait (ou aurait d&#251; &#234;tre) le mieux pr&#233;par&#233; &#224; comprendre et expliquer sa fin sans gloire.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un Etat ouvrier d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour reprendre les formulations de Trotski sur le &#171; caract&#232;re social &#187; de l'URSS, on avait affaire &#224; une soci&#233;t&#233; qui n'&#233;tait ni vraiment socialiste ni vraiment capitaliste (dans la mesure o&#249; les bureaucrates malgr&#233; leurs privil&#232;ges ne pouvaient pas poss&#233;der &#224; titre personnel les entreprises). Cette d&#233;finition &#171; &lt;em&gt;en elle-m&#234;me tout &#224; fait insuffisante&lt;/em&gt; &#187; (Trotski) permettait toutefois de souligner l'importance des contradictions qui pouvaient soit faire &#233;voluer la soci&#233;t&#233; sovi&#233;tique vers le socialisme si la classe ouvri&#232;re s'appropriait &#224; nouveau le pouvoir, soit au contraire la faire basculer vers le capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotski caract&#233;risait aussi l'Etat sovi&#233;tique comme un &#171; Etat ouvrier d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; &#187;. C'&#233;tait &#233;galement une fa&#231;on de bien marquer la particularit&#233; de cet Etat qui &#8211;m&#234;me entre les mains de la bureaucratie&#8211; continuait &#224; &#234;tre un obstacle au r&#233;tablissement du droit de propri&#233;t&#233; priv&#233;e, maintenant ainsi un des acquis fondamentaux de la r&#233;volution d'octobre 1917. Mais il soulignait en m&#234;me temps que le r&#233;tablissement de ce droit &#233;tait une aspiration profonde de la bureaucratie, que seule la crainte de la classe ouvri&#232;re retenait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que d'ailleurs la transformation de l'Etat sovi&#233;tique en un Etat au service de la restauration capitaliste &#8211;c'est &#224; dire en un Etat bourgeois&#8211; ait attendu Gorbatchev et la fin des ann&#233;es 80 montre que cette crainte a encore longtemps hant&#233; la conscience de la bureaucratie. En fait bien apr&#232;s que cette classe ouvri&#232;re ait &#233;t&#233; vaincue, &#233;cras&#233;e et atomis&#233;e. Il a fallu des dizaines d'ann&#233;es de stalinisme en URSS et la quasi disparition du mouvement ouvrier communiste ailleurs dans le monde pour rompre ce lien avec le pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La restauration du capitalisme en URSS&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En arrivant au pouvoir en 1985, Gorbatchev se pr&#233;senta rapidement comme le champion de la libert&#233;, de la d&#233;mocratie et du bien-&#234;tre, &#224; copier sur le mod&#232;le occidental. On voit ce qu'il en est aujourd'hui : la d&#233;sorganisation &#233;conomique, la paup&#233;risation absolue d'un majorit&#233; de la population, les libert&#233;s et la d&#233;mocratie tronqu&#233;es quand elles ne sont pas compl&#232;tement bafou&#233;es comme en Tch&#233;tch&#233;nie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte pour les libert&#233;s d&#233;mocratiques &#233;tait une aspiration profonde de la population, mais c'&#233;tait aussi un combat que seule la classe ouvri&#232;re &#8211;dans la soci&#233;t&#233; sovi&#233;tique telle qu'elle &#233;tait&#8211; aurait eu la force de mener de mani&#232;re cons&#233;quente. Gorbatchev n'&#233;voquait la &#171; transparence &#187; (la &lt;em&gt;glasnost&lt;/em&gt;) que pour mieux faire accepter le retour programm&#233; &#224; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e. La classe ouvri&#232;re aurait pu tenter de se saisir de l'occasion pour s'organiser, imposer le contr&#244;le de tous les circuits &#233;conomiques planifi&#233;s, mettre fin aux g&#226;chis et aux pillages de la bureaucratie et ainsi r&#233;aliser l'appropriation effective des usines, des terres et de tous les instruments de production par l'ensemble de la population, en m&#234;me temps bien s&#251;r que le contr&#244;le des rouages de l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s des d&#233;cennies de stalinisme elle n'en a trouv&#233; ni la force ni la conscience. Et en l'absence de cette intervention ind&#233;pendante des travailleurs, les promesses d&#233;mocratiques ne pouvaient &#234;tre qu'une immense duperie au service de la restauration bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La fin d'une &#233;poque ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans son programme pour la IV&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Internationale, Trotski caract&#233;risait la situation politique mondiale dans son ensemble &#171; &lt;em&gt;avant tout par la crise historique de la direction du prol&#233;tariat &#187; &lt;/em&gt;(&lt;em&gt;&#171; programme de transition &#187;,&lt;/em&gt; 1938). A l'&#233;poque en effet le mouvement communiste international rassemblait des centaines de milliers de militants, sinc&#232;rement communistes et r&#233;volutionnaires. On pouvait alors encore esp&#233;rer cr&#233;er une nouvelle internationale de masse en gagnant ces militants &#224; une politique juste, celle que d&#233;fendait cet &#233;tat-major sans troupes qu'&#233;tait la IV&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Internationale au moment de sa fondation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais depuis cette &#233;poque ce mouvement communiste avait consid&#233;rablement &#233;volu&#233; et en fait chang&#233; de nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans certains pays du Tiers Monde (comme en Chine avec Mao Tse-Toung ou au Vietnam avec H&#244; Chi Minh), les partis staliniens s'&#233;taient transform&#233;s en de v&#233;ritables partis nationalistes bourgeois, radicaux certes mais avec pour programme l'espoir de se faire une place au soleil au sein du monde imp&#233;rialiste !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ailleurs, en Europe par exemple, les partis communistes adapt&#233;s aux r&#233;alit&#233;s nationales, au jeu du parlementarisme et m&#234;me &#224; l'exercice des responsabilit&#233;s gouvernementales, avaient pareillement chang&#233; de nature. Certains, comme le PCF, sont rest&#233;s plus longtemps que d'autres marqu&#233;s par leur origine et leurs liens persistants avec l'URSS, preuve pour leurs militants qu'une autre soci&#233;t&#233; pouvait fonctionner diff&#233;remment du capitalisme. Mais dans leur rang, &#224; partir des ann&#233;es 1970-80, bien peu continuaient &#224; y voir un mod&#232;le r&#233;ellement attirant, et moins encore pensaient qu'une r&#233;volution - comme en octobre 1917- pouvait &#234;tre d'actualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement communiste liquid&#233; en URSS et d&#233;natur&#233; dans le reste du monde, les obstacles &#224; la restauration bourgeoise &#233;taient lev&#233;s et la bureaucratie avait la voie libre pour r&#233;aliser enfin son aspiration profonde &#224; se faire propri&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut certes regretter que le r&#233;gime stalinien n'ait pas &#233;t&#233; renvers&#233; par une r&#233;volution ouvri&#232;re socialiste ! Mais les retours de la bourgeoisie et du capitalisme n'ont marqu&#233; en r&#233;alit&#233; que la fin d'un processus. La partie s'&#233;tait jou&#233;e et avait &#233;t&#233; perdue par le prol&#233;tariat bien avant. Et en ce sens, au moment o&#249; elle est intervenue, la disparition de l'URSS n'avait pour la classe ouvri&#232;re et les communistes r&#233;volutionnaires pas plus d'importance que son maintien quelques ann&#233;es encore n'en auraient eu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Raoul GLABER&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Actualit&#233; du trotskisme
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Trotskisme
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		<description>L'ironie de l'histoire veut que le trotskisme ait &#233;t&#233; remis &#224; la une (au sens propre, celle du Monde ou du Figaro) par un homme, Lionel Jospin, qui n'avait sans doute qu'une envie, de ne plus entendre parler ni de son propre pass&#233; au sein de l'OCI, l'un des trois principaux groupes trotskistes de ce pays, ni de trotskisme tout court. &lt;br /&gt;Bien s&#251;r la fr&#233;n&#233;sie des m&#233;dias n'avait alors pas grand chose &#224; voir avec le probl&#232;me qui nous occupe dans ce dossier. Auraient-ils d&#233;couvert quelques zoroastriens ou&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'ironie de l'histoire veut que le trotskisme ait &#233;t&#233; remis &#224; la une (au sens propre, celle du &lt;em&gt;Monde&lt;/em&gt; ou du &lt;em&gt;Figaro&lt;/em&gt;) par un homme, Lionel Jospin, qui n'avait sans doute qu'une envie, de ne plus entendre parler ni de son propre pass&#233; au sein de l'OCI, l'un des trois principaux groupes trotskistes de ce pays, ni de trotskisme tout court.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r la fr&#233;n&#233;sie des m&#233;dias n'avait alors pas grand chose &#224; voir avec le probl&#232;me qui nous occupe dans ce dossier. Auraient-ils d&#233;couvert quelques zoroastriens ou sectateurs du culte de Mithra encore vivants qu'ils n'auraient pas jou&#233; davantage l'&#233;tonnement. Mais il se trouvait que du coup le trotskisme faisait vendre du papier. Une s&#233;rie de livres parurent donc dans la foul&#233;e (&#224; la plupart desquels nous souhaitons, pour le bien de leurs auteurs, que le succ&#232;s commercial ait d&#233;pass&#233; l'int&#233;r&#234;t intellectuel). On sait que le nombre d'articles et de volumes, le plus souvent &#233;crits &#224; la h&#226;te sur un sujet futile ou non, est un indice s&#251;r qu'il est &#224; la mode. Quant aux politiques leur seul souci &#233;tait, suivant leur camp, de souligner ou d'excuser le caract&#232;re sournois de la &#171; taupe trotskiste &#187; qui avait creus&#233; sa galerie jusqu'au sommet du Parti socialiste puis du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis les 3 millions d'&#233;lecteurs qui ont port&#233; leurs suffrages sur trois candidats trotskistes lors de la derni&#232;re pr&#233;sidentielle ont pouss&#233; un peu plus s&#233;rieusement le trotskisme sous les feux de l'actualit&#233;. Cette fois d'ailleurs nos adversaires qui l'ont senti venir, en particulier au travers des sondages favorables &#224; Arlette Laguiller, ont durci le ton. Le th&#232;me de la secte secr&#232;te aux motifs obscurs, que les dissimulations de Jospin avaient d&#233;j&#224; permis d'esquisser, a &#233;t&#233; d&#233;clin&#233; &#224; nouveau, en particulier &#224; propos de Lutte ouvri&#232;re (sa candidate apparaissait devoir rafler l'essentiel des 10 % promis, et finalement obtenus bien que partag&#233;s avec Olivier Besancenot). Le revers essuy&#233; aux l&#233;gislatives par les m&#234;mes organisations trotskistes explique l'indiff&#233;rence revenue, momentan&#233;ment ou non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Restent les vrais questions. Ne nous explique-t-on pas depuis belle lurette que la classe ouvri&#232;re, la r&#233;volution, le parti, toutes questions au centre de la doctrine trotskiste, sont choses d&#233;pass&#233;es ou du pass&#233;. La disparition de l'URSS, sujet central de la r&#233;flexion de Trotski acteur essentiel de la r&#233;volution de 1917, ne rend-elle pas le trotskisme caduque ? Quelle pertinence ont encore de vieilles analyses du monde (pas plus de trois quarts de si&#232;cle pourtant) face &#224; la nouvelle mondialisation ? En bref, le trotskisme est-il d'actualit&#233; ou &#224; ranger au mus&#233;e ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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