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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskyste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> En d&#233;fense des services publics
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Service public
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		<description>Bien des travailleurs et des militants qui combattent le d&#233;mant&#232;lement, acc&#233;l&#233;r&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es, des services publics ont cependant le sentiment qu'il s'agit d'un combat juste mais qui irait &#224; contre-courant du sens de l'histoire. &lt;br /&gt;La propagande contre les services publics a en effet profit&#233; de bien des remises en question. Elle se cache derri&#232;re l'anti-&#233;tatisme -la fin de &#171; l'Etat providence &#187;- ou encore derri&#232;re le discours contre le &#171; centralisme bureaucratique &#187;, se sert de l'id&#233;ologie&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Bien des travailleurs et des militants qui combattent le d&#233;mant&#232;lement, acc&#233;l&#233;r&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es, des services publics ont cependant le sentiment qu'il s'agit d'un combat juste mais qui irait &#224; contre-courant du sens de l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La propagande contre les services publics a en effet profit&#233; de bien des remises en question. Elle se cache derri&#232;re l'anti-&#233;tatisme -la fin de &#171; l'Etat providence &#187;- ou encore derri&#232;re le discours contre le &#171; centralisme bureaucratique &#187;, se sert de l'id&#233;ologie anticommuniste qui tire de nouveaux arguments de la chute de l'URSS et des pays de l'Est, intitul&#233;e &#171; &#233;chec du collectivisme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup les d&#233;fenseurs des services publics se sentent eux-m&#234;mes sur la d&#233;fensive. Ils sont non seulement accus&#233;s de d&#233;fendre des pr&#233;tendus privil&#232;ges corporatifs des fonctionnaires mais &#233;galement un mod&#232;le d&#233;pass&#233; de soci&#233;t&#233; et un fonctionnement ringard de l'&#233;conomie &#233;cras&#233;e par un syst&#232;me bureaucratique lourd et loin de la population. Toutes les activit&#233;s dites de service public aujourd'hui, nous dit-on, pourraient tout aussi bien &#234;tre g&#233;r&#233;es par le priv&#233;, permettant des &#233;conomies de finances de l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient donc d'abord de bien voir que, dans ce pays si fier de ses pr&#233;tendus &#171; services publics &#224; la fran&#231;aise &#187; comme dans tous les grands pays capitalistes, les fronti&#232;res &#233;tablies entre le secteur dit public et le secteur priv&#233; ne recouvrent pas des activit&#233;s sp&#233;cifiques. Elles ne sont que le r&#233;sultat d'une longue histoire&#8230; et fluctuent avec celle-ci. Apr&#232;s 1945, l'Etat fran&#231;ais a nationalis&#233; Renault ou les mines soi-disant dans l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral du public. Ces derni&#232;res ont ferm&#233; et personne ne songerait plus &#224; ranger la premi&#232;re, d'ailleurs reprivatis&#233;e, dans le service public. Par contre, on continue &#224; nous faire passer pour service public incontournable les d&#233;penses militaires pour intervenir aux quatre coins du monde. On continue &#233;galement &#224; y mettre les budgets de la r&#233;pression : police, prisons, services secrets, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui par service public on entend g&#233;n&#233;ralement les transports en commun, la poste, les h&#244;pitaux ou l'enseignement. Et pourtant tout ces secteurs sont &#233;galement du domaine du &#171; priv&#233; &#187;, c'est-&#224;-dire qu'ils permettent tout aussi bien de faire du profit quand ils sont d&#233;tenus par des possesseurs priv&#233;s de capitaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; est d'ailleurs exactement la question. Dans la soci&#233;t&#233; capitaliste des activit&#233;s de service ou m&#234;me de production sont confi&#233;es &#224; l'Etat, s'il n'y a pas de profit &#224; en tirer, dans le cas contraire imm&#233;diatement guign&#233;es par le priv&#233;&#8230; qui se souciera alors comme d'une guigne de l'int&#233;r&#234;t de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cela que, loin d'&#234;tre un combat pour mettre quelques limites &#224; un courant in&#233;vitable de l'&#233;volution sociale et maintenir des secteurs de plus en plus r&#233;duits, un combat purement d&#233;fensif pour maintenir des restes vieillots de soci&#233;t&#233;, la lutte pour le service public, ins&#233;parable de la lutte contre le capitalisme, a de l'avenir. Elle s'inscrit dans le projet d'une nouvelle soci&#233;t&#233; dans laquelle tous les moyens mat&#233;riels seront mis au service de la population, et pas d'une minorit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Les services publics et l'Etat : une longue histoire
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Les-services-publics-et-l-Etat-une-longue-histoire</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Histoire
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		<dc:subject>Service public
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		<dc:subject>Politique
</dc:subject>

		<description>Comme dans d'autres pays d'Europe ou d'Asie, la monarchie fran&#231;aise avait sous son pouvoir toute une s&#233;rie d'activit&#233;s r&#233;galiennes : cela concernait tout ce qui relevait de ses pr&#233;rogatives en mati&#232;re d'arm&#233;e, de diplomatie, mais aussi du maintien de l'ordre int&#233;rieur avec la police et la justice, et &#233;videmment du contr&#244;le direct de la frappe de la monnaie et de la lev&#233;e des imp&#244;ts. Le contr&#244;le direct sur la Poste &#8211;acheminement du courrier et d&#233;p&#234;ches&#8211; date lui du XVII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Dans la m&#234;me logique,&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comme dans d'autres pays d'Europe ou d'Asie, la monarchie fran&#231;aise avait sous son pouvoir toute une s&#233;rie d'activit&#233;s r&#233;galiennes : cela concernait tout ce qui relevait de ses pr&#233;rogatives en mati&#232;re d'arm&#233;e, de diplomatie, mais aussi du maintien de l'ordre int&#233;rieur avec la police et la justice, et &#233;videmment du contr&#244;le direct de la frappe de la monnaie et de la lev&#233;e des imp&#244;ts. Le contr&#244;le direct sur la Poste &#8211;acheminement du courrier et d&#233;p&#234;ches&#8211; date lui du XVII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Dans la m&#234;me logique, l'Etat avait le monopole d'activit&#233;s industrielles, notamment depuis Colbert : les Arsenaux, les Manufactures d'Armes, du Tabac et allumettes, des poudres et explosifs&#8230; L'Etat prenait &#224; l'&#233;poque directement en charge ces activit&#233;s assez diverses pour assurer son pouvoir, pour contr&#244;ler des secteurs dont il voulait garder la totale ma&#238;trise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A c&#244;t&#233; de cela, principalement pour des raisons de maintien de l'ordre, le pouvoir royal prenait directement en charge des &#171; services sociaux &#187;. Assurant le relais de l'Eglise, l'Etat contr&#244;lait &#171; les classes dangereuses &#187; par des structures d'assistance (l'H&#244;pital g&#233;n&#233;ral depuis le XVII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle). Il en &#233;tait de m&#234;me dans le domaine p&#233;nitentiaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;volution bourgeoise, puis la r&#233;volution industrielle am&#232;neront l'Etat &#224; prendre en charge directement, ou du moins &#224; organiser, d'autres secteurs qu'il avait seul la puissance de g&#233;rer. Dans ce cas, c'est pour le d&#233;veloppement &#233;conomique du jeune capitalisme que &#171; la puissance publique &#187; prend le relais des industriels priv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en est ainsi du domaine des r&#233;seaux, o&#249; l'Etat organisera lui-m&#234;me les Ponts et Chauss&#233;es, la cr&#233;ation des chemins de fer, tout en attribuant des concessions &#224; des entrepreneurs priv&#233;s, puis les jeunes T&#233;l&#233;communications, g&#233;r&#233;es selon le principe des concessions en 1879, puis directement nationalis&#233;es en 1889.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne ce secteur, parall&#232;lement &#224; la fonction &#233;conomique, existe aussi la volont&#233; du strict contr&#244;le des communications par l'Etat, cette conception s'&#233;tendant plus tard, au t&#233;l&#233;graphe, aux radio-transmissions et &#224; la t&#233;l&#233;vision&#8230; jusqu'en 1982.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous ces domaines, on est donc loin du &#171; service public &#187;, tel qu'il va s'&#233;panouir au d&#233;but du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Jusque l&#224;, les secteurs pris en charge directement par l'Etat le sont pour des raisons politiques (contr&#244;le direct d'une s&#233;rie d'activit&#233; comme la police, l'arm&#233;e), pour des raisons &#233;conomiques (d&#233;veloppement de r&#233;seaux qui n&#233;cessit&#233; coh&#233;rence et investissements que seul l'Etat arrive &#224; assumer), ou pour des raisons de contr&#244;le social.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le socialisme &#171; Canada dry &#187; des services publics&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Sous l'influence des courants r&#233;publicains et socialistes, se d&#233;veloppe sous la Troisi&#232;me R&#233;publique la conception du service public, s'&#233;panouissant notamment dans le &#171; socialisme municipal &#187;, mais aussi dans des institutions comme l'Ecole la&#239;que. Ces courants visent &#224; compl&#233;ter les fonctions de l'Etat, essentiellement puissance publique, par celle de fournisseur de prestations, de services pour les citoyens, les &#171; usagers &#187;, dans une conception de &#171; solidarit&#233; nationale &#187;. L'Etat doit devenir, selon eux, fonctionnel, au service de la collectivit&#233; et des besoins sociaux. Ce mythe va impr&#233;gner l'administration et les partis bourgeois et ouvriers jusqu'&#224; aujourd'hui, correspond &#233;videmment au r&#244;le d'un Etat social, permettant de d&#233;velopper le capitalisme et, devant la croissance massive du salariat, d'assurer des fonctions de coh&#233;sion sociale. L'imp&#244;t et la puissance &#233;tatique assurent une redistribution sous la forme de services gratuits ou payants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La doctrine du &#171; service public &#187; devient une r&#233;elle id&#233;ologie, cherchant &#224; englober derri&#232;re cette d&#233;nomination les anciennes et nouvelles activit&#233;s prises en charge directement par l'Etat, m&#234;me si, on l'a vu plus haut, les causes de la gestion &#233;tatique sont tr&#232;s diverses. Certains pousseront m&#234;me assez loin, sur le papier, cette conception du service public, dans la foul&#233;e du courant solidariste et du sociologue Durkheim : &lt;em&gt;&#171; A mesure que la civilisation se d&#233;veloppe, le nombre des activit&#233;s susceptibles de servir de support &#224; des services publics augmente et le nombre des services publics s'accro&#238;t par l&#224; m&#234;me &#187;&lt;/em&gt;, professe Duguit, un des juristes du d&#233;but du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle fondateurs de l'id&#233;ologie du service public. Les r&#233;volutionnaires pourraient reprendre &#224; leur compte cette d&#233;claration &#224; cette diff&#233;rence pr&#232;s qu'elle n'a vu d'application que dans le cadre acceptable et utile pour la bourgeoisie... Pour ces id&#233;ologues bourgeois, il y avait le mythe (en syst&#232;me capitaliste) du d&#233;p&#233;rissement de l'Etat, perdant ses fonctions r&#233;galiennes et de puissance de coercition, et se fondant dans le social en devenant une coop&#233;ration de services publics. On verra ainsi le Conseil d'Etat, en 1916, accorder la qualit&#233; de service public aux repr&#233;sentations donn&#233;e par les th&#233;&#226;tres publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la fin du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, le grand patronat, avait mis en &#339;uvre, lui-m&#234;me, pour les familles ouvri&#232;res de la grande industrie un syst&#232;me achev&#233; de prestations : logement, dispensaires, construisant m&#234;me des cit&#233;s ouvri&#232;res int&#233;grant ces services, notamment dans les r&#233;gions mini&#232;res. Au d&#233;but du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, ce sont les communes qui prennent en charge un grand nombre de ces fonctions sociales : voirie, bains publics, abattoirs, restauration, voies ferr&#233;es, transports urbains, &#233;puration et distribution des eaux, pompes fun&#232;bres&#8230; C'est &#233;galement, dans ces ann&#233;es-l&#224; que l'Etat commence &#224; organiser les syst&#232;mes de protection sociale, avec notamment, en 1930, la mise en place des assurances sociales et en 1932 celle des allocations familiales, syst&#232;mes confi&#233;s &#224; l'&#233;poque &#224; des Mutuelles priv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la loi pr&#233;cise bien que ce d&#233;veloppement des activit&#233;s publiques ne doit en aucun cas empi&#233;ter sur le droit de propri&#233;t&#233; et l'initiative priv&#233;e, et ne doit intervenir qu'en cas de carence de cette derni&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Prendre le relais du patronat priv&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, dans les ann&#233;es trente, l'Etat lui-m&#234;me va &#224; nouveau d&#233;velopper son intervention &#233;conomique, notamment dans le domaine des transports et de l'&#233;nergie. La nationalisation des Chemins de fer, avec la cr&#233;ation de la SNCF en 1937 correspond plus, &#224; l'&#233;poque, aux besoins de l'organisation &#233;conomique, et &#224; la faillite des op&#233;rateurs priv&#233;s &#8211; cons&#233;cutive notamment &#224; la crise &#233;conomique de 1929&#8211;, qu'&#224; la pression du mouvement ouvrier. Concernant l'&#233;nergie, au d&#233;but du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, il s'agissait essentiellement d'une affaire locale et priv&#233;e. Le d&#233;veloppement de l'&#233;lectricit&#233; et les besoins industriels am&#232;nent ensuite &#224; la concentration des compagnies, et &#224; l'int&#233;gration des r&#233;seaux (production-transport-distribution). Dans les ann&#233;es 30, ce secteur fonctionnera sous le r&#233;gime de la concession, mais avec un encadrement de l'Etat fixant les tarifs et les cahiers des charges&#8230; avant la nationalisation de 1945. La cr&#233;ation d'Air France en 1933, n&#233;e de la fusion de cinq compagnies priv&#233;es, proc&#232;de de la m&#234;me logique capitaliste de concentration dans les domaines des r&#233;seaux, avant sa nationalisation au lendemain de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, avant m&#234;me la grande vague de l'apr&#232;s-guerre, la France est maill&#233;e d'un r&#233;seau de services pris en charge par l'Etat, nationalement ou localement. Certains sont de caract&#232;re social, s'adressant prioritairement aux travailleurs, visant dans l'esprit paternaliste de ses promoteurs &#224; assurer la coh&#233;sion sociale. D'autres, organis&#233;s dans les ann&#233;es 30 et 40, correspondent essentiellement &#224; une phase de d&#233;veloppement du capitalisme n&#233;cessitant concentration et d&#233;veloppement d'infrastructures, difficilement r&#233;alisables &#224; l'&#233;poque sans la puissance &#233;tatique. Les deux fonctions peuvent &#233;videmment se compl&#233;ter dans le domaine des r&#233;seaux de transport, de communication et dans la distribution de l'&#233;nergie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laurent Carasso&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> L'&#226;ge d'or du secteur public
</title>
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		<dc:subject>Service public
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		<dc:subject>Nationalisations
</dc:subject>
		<dc:subject>Politique
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		<description>En France, une partie importante de l'opposition entre la droite et la gauche se focalise sur l'attitude face au secteur public de plus en plus confondu apr&#232;s 1945 avec la notion de service public. Cette lecture met en avant les p&#233;riodes o&#249; la gauche est revenue au pouvoir (la &#171; Lib&#233;ration &#187; ou 1981). Mais c'est oublier que la droite, autant que la gauche, peut dans certaines circonstances &#234;tre davantage &#171; &#233;tatiste &#187; que &#171; lib&#233;rale &#187;, et vice-versa. La plus grande vague de nationalisations, au lendemain de la&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En France, une partie importante de l'opposition entre la droite et la gauche se focalise sur l'attitude face au secteur public de plus en plus confondu apr&#232;s 1945 avec la notion de service public. Cette lecture met en avant les p&#233;riodes o&#249; la gauche est revenue au pouvoir (la &#171; Lib&#233;ration &#187; ou 1981). Mais c'est oublier que la droite, autant que la gauche, peut dans certaines circonstances &#234;tre davantage &#171; &#233;tatiste &#187; que &#171; lib&#233;rale &#187;, et vice-versa. La plus grande vague de nationalisations, au lendemain de la guerre, s'est effectu&#233;e sous la houlette du G&#233;n&#233;ral de Gaulle, homme de droite s'il en est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En comparaison avec la guerre de 14-18, la Seconde Guerre Mondiale en France a surtout affect&#233; l'appareil industriel : le niveau de production industrielle a &#233;t&#233; ramen&#233; &#224; celui des ann&#233;es 1890. Parall&#232;lement &#224; l'&#233;chelle de l'Europe, le m&#233;contentement ouvrier s'&#233;tant amplifi&#233;, la bourgeoisie a cherch&#233; &#224; le contenir. C'est dans ce cadre qu'en France, la volont&#233; de reconstruire l'&#233;conomie &#8211; celle du capitalisme &#8211; a trouve associ&#233;s la bourgeoisie et les syndicats. Unit&#233; qui n'aurait pu &#234;tre r&#233;alis&#233;e sans le concours du PCF : &#171; &lt;em&gt;la gr&#232;ve c'est l'arme des trusts&lt;/em&gt; &#187; et la &#171; &lt;em&gt;bataille de la production&lt;/em&gt; &#187; marqueront &#224; jamais les renoncements de celui-ci &#224; une politique r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme &#233;conomique du Conseil National de la R&#233;sistance r&#233;sume assez largement ce plan de reconstruction : &#233;tatisation des secteurs-cl&#233;s de l'&#233;conomie, garanties sociales pour calmer la col&#232;re ouvri&#232;re, le tout n'&#233;tant possible qu'avec la paix sociale. Si la premi&#232;re vague de nationalisations touche les Houill&#232;res du Pas-de-Calais en septembre 1944, suivi de la r&#233;quisition de Renault en janvier 1945, la seconde vague annonc&#233;e le 2 mars 1945 par une d&#233;claration commune dans &lt;em&gt;Le Populaire&lt;/em&gt; (le journal de la SFIO) et &lt;em&gt;L'Humanit&#233;&lt;/em&gt; (l'organe du PCF), donnera plus d&#233;finitivement le visage que l'on conna&#238;t aujourd'hui des services publics. Cette vague de nationalisations mise en place &#224; partir du 21 Octobre 1945, moment o&#249; la SFIO et le PCF sont majoritaires &#224; l'Assembl&#233;e Nationale, touche 4 banques de d&#233;p&#244;ts, les assurances, les charbonnages, le gaz et l'&#233;lectricit&#233; (avril 1946). En 1948 ce sera au tour de la RATP (21 mars) et d'Air France (16 juin). Ce sont l&#224; des nationalisations d'un nouveau genre puisqu'il s'agit de soci&#233;t&#233;s d'&#233;conomie mixte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Souvent ces mesures sont pr&#233;sent&#233;es par la gauche et par la droite comme des attaques contre le patronat. On parle d'avanc&#233;es sociales &#224; gauche et de spoliations &#224; droite. Pourtant, &#224; voir par exemple la hausse consid&#233;rable des cours des obligations de la Caisse Nationale de l'Energie, remises &#224; titre d'indemnit&#233;, on est bien loin d'une expropriation des propri&#233;taires. Beaucoup d'actionnaires regrettent d&#232;s cette &#233;poque de ne pas avoir &#233;t&#233; &#171; sauvagement &#187; nationalis&#233;s. Il ne s'agissait en fait derri&#232;re cette fa&#231;ade, que de permettre aux capitalistes priv&#233;s de red&#233;marrer leurs affaires apr&#232;s les destructions de la guerre, en faisant fonctionner un minimum de services indispensables, lesquels n&#233;cessitaient d'importants investissements non rentables.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'Etat au service du priv&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;riode o&#249; la gauche &#233;tait exclue des gouvernements &#8211; elle a dur&#233; 23 ans &#8211; n'a pas donn&#233; lieu &#224; un recul du secteur public. Bien que de droite, les gouvernements des ann&#233;es 1970 par exemple, n'en continueront pas moins encore de d&#233;fendre les secteurs nationalis&#233;s. Non par humanisme, bien s&#251;r, mais pour alimenter le march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On fait ainsi supporter les frais du Concorde au service public. Et dans le secteur de l'&#233;nergie, EDF subventionne largement deux constructeurs de centrales (la CGE et Creusot-Loire). Au d&#233;but 1973, Framatome (filiale de Creusot-Loire) investit 150 millions de francs pour fabriquer des chaudi&#232;res nucl&#233;aires. C'est la capacit&#233; de construction de chaudi&#232;res de la soci&#233;t&#233;, sa rentabilit&#233; et ce qui lui permet de se remettre &#224; flots, qui d&#233;termineront les commandes de l'Etat &#224; Framatome, et non les besoins r&#233;els du pays. La collusion est permanente entre les dirigeants nomm&#233;s par l'Etat et les partenaires priv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque les entreprises du secteur public sont franchement d&#233;ficitaires, l'Etat n'h&#233;site pas non plus &#224; passer &#224; la caisse. Dans la sid&#233;rurgie comme dans d'autres secteurs, une version plus &#171; moderne &#187; de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral semble ainsi pr&#233;valoir : nationaliser les pertes d'aujourd'hui pour privatiser les profits de demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car les services publics ne sont pas toujours d&#233;ficitaires, ou pas &#233;ternellement. Il en est m&#234;me de tout &#224; fait rentables comme la distribution de l'eau. Ce service rel&#232;ve des collectivit&#233;s locales, qui la plupart du temps en d&#233;l&#232;guent la gestion &#224; des soci&#233;t&#233;s priv&#233;es. Au d&#233;but des ann&#233;es 80 (avec la gauche au pouvoir), on assista &#224; une v&#233;ritable offensive, sous l'&#233;gide de Saint-Gobain, pour contr&#244;ler ce service public dont le budget se compte en dizaines de milliards de francs.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La gauche au pouvoir&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'arriv&#233;e de la gauche en 1981 est dans bien des esprits le retour des nationalisations. Pourtant il ne s'agit en rien d'une mesure sociale, mais bel et bien d'une nouvelle politique de modernisation du capitalisme fran&#231;ais. Il est alors question officiellement de &#171; r&#233;industrialiser la France &#187;. Les moyens de cette politique sont doubles :&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; les nouvelles nationalisations permettent &#224; l'Etat, en &#233;largissant quelque peu le service public, de prendre pied dans les entreprises de pointe, prenant selon les &#233;valuations entre 35% &#224; 49% de l'investissement, et r&#233;alisant de 17% &#224; 28% de la valeur ajout&#233;e.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; ensuite l'Etat mobilisera des ressources importantes dans le cadre d'actions structurelles sur des secteurs fili&#232;res (&#233;lectronique militaire, t&#233;l&#233;communications, chimie, SNCF et le TGV).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit bien plus de renflouer les caisses des capitalistes que de prise en compte de l'int&#233;r&#234;t des travailleurs. D'ailleurs la rigueur et l'aust&#233;rit&#233; qui suivront montreront bien plus nettement l'orientation de la gauche en terme de politique &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; la r&#233;cession de 1974, l'investissement dans leurs propres entreprises n'est plus assez rentable pour certains capitalistes. Ils sont friands d'autres placements, plus juteux, en particulier dans la sp&#233;culation mon&#233;taire puis boursi&#232;re. Qu'&#224; cela ne tienne, l'Etat assouvira leurs d&#233;sirs. Il leur rach&#232;tera leur appareil de production obsol&#232;te, au prix fort, et c'est lui qui le modernisera aux frais du contribuable, tout en prenant la responsabilit&#233; des restructurations, c'est-&#224;-dire des r&#233;ductions d'effectifs et des licenciements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut en particulier l'&#339;uvre de la nouvelle vague de nationalisations apr&#232;s 1981, quand la gauche acc&#233;da &#224; nouveau au gouvernement avec Mitterrand. Puis, au fur et &#224; mesure que ces secteurs redeviendront int&#233;ressants pour l'investissement priv&#233;, ils seront privatis&#233;s, comme la sid&#233;rurgie, l'&#233;lectronique, la chimie. Renault, les t&#233;l&#233;communications, les transports, l'&#233;nergie, l'eau, la t&#233;l&#233;, seront &#233;galement largement ouverts au capital priv&#233; sinon totalement r&#233;cup&#233;r&#233;s par celui-ci, plus ou moins progressivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi les gouvernements qui se sont succ&#233;d&#233;s depuis 1981, aussi bien de droite que de gauche &#8211; et ceux de gauche ont encore plus fait que ceux de droite &#8211; &#233;taient bien d'accord : il fallait privatiser. Tout au plus ont-ils diverg&#233; sur l'ordre ou le rythme de la mise en &#339;uvre. Mais pour les uns comme les pour autres, pas de doute, l'int&#233;r&#234;t du capital priv&#233; prime sur toute autre consid&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tristan KATZ&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> T&#233;l&#233;vision : de la main-mise de l'Etat &#224; celle des grands groupes capitalistes
</title>
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		<dc:subject>t&#233;l&#233;vision
</dc:subject>
		<dc:subject>Service public
</dc:subject>
		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
</dc:subject>

		<description>En 1949 l'Etat cr&#233;e la RTF (radiodiffusion et t&#233;l&#233;vision fran&#231;aise) puis en 1964 l'ORTF (office de la radio et de la t&#233;l&#233;vision fran&#231;aise) toujours plac&#233; sous sa tutelle. &lt;br /&gt;La radio et la t&#233;l&#233;vision sont en effet des monopoles &#233;troitement contr&#244;l&#233;s. La notion de service public sert de justification id&#233;ologique &#224; ce monopole : le public aurait droit a une information que seul pourrait garantir l'Etat, garant de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral (et de l'objectivit&#233;), seul capable aussi de mettre en &#339;uvre des infrastructures&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Les-services-publics-ne-sont-pas-une-marchandise-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Les services publics ne sont pas une marchandise
&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Service-public-+" rel="tag"&gt;Service public
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Societe-74-+" rel="tag"&gt;Soci&#233;t&#233;
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 1949 l'Etat cr&#233;e la RTF (radiodiffusion et t&#233;l&#233;vision fran&#231;aise) puis en 1964 l'ORTF (office de la radio et de la t&#233;l&#233;vision fran&#231;aise) toujours plac&#233; sous sa tutelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La radio et la t&#233;l&#233;vision sont en effet des monopoles &#233;troitement contr&#244;l&#233;s. La notion de service public sert de justification id&#233;ologique &#224; ce monopole : le public aurait droit a une information que seul pourrait garantir l'Etat, garant de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral (et de l'objectivit&#233;), seul capable aussi de mettre en &#339;uvre des infrastructures extr&#234;mement co&#251;teuses (ce dernier aspect est &#233;videmment plus tangible).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les faits, la radio et la t&#233;l&#233;vision servent de courroie de transmission au pouvoir. Du 25 mai au 12 juillet 1968, un mouvement de gr&#232;ve &#233;clate dans l'institution. Les salari&#233;s de l'ORTF r&#233;clament la lev&#233;e de la mainmise de l'Etat. Ils sont sanctionn&#233;s le 5 ao&#251;t par plusieurs licenciements&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Au chapitre des perles, il y a celle de Pompidou en 1972 : &#171; Qu'on le veuille (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;De l'Etat au priv&#233;&#8230; avec l'aide de l'Etat&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'arriv&#233;e de la gauche au pouvoir en 1981 semble porter l'espoir d'une &#171; d&#233;mocratisation &#187;. En fait, en cassant le monopole de l'Etat sur les radios et la t&#233;l&#233;vision, Mitterrand est surtout pr&#233;occup&#233; d'ouvrir ce domaine aux grands groupes capitalistes&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Avant cette r&#233;forme, et sans mettre en cause le monopole, l'ORTF avait d&#233;j&#224; (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1984 la premi&#232;re cha&#238;ne payante, Canal +, est cr&#233;&#233;. En 1986 La Cinq, premi&#232;re cha&#238;ne priv&#233;e g&#233;n&#233;raliste commerciale, arrive sur les &#233;crans sous le contr&#244;le de Berlusconi et de Lagard&#232;re (elle cessera ses &#233;missions en 1992). En 1986 c'est la naissance de M6, et en 1987 le gouvernement privatise TF1 en c&#233;dant 50% des parts au groupe Bouygues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nombre de grands groupes ayant investi dans ce domaine est particuli&#232;rement restreint : Vivendi Communication (Canal +, Vivendi Universal et Cegetel) tient Canal + et canal Satellite (49% des parts), le groupe Lagard&#232;re (Matra, Hachette, Philipacchi, Europe 1) M6 et 51% des parts de Canal Satellite, le groupe Bouygues poss&#232;de TF1 et une partie de Vivendi Communication, la firme Suez-G&#233;n&#233;rale des eaux est propri&#233;taire de TPS&#8230; Bref, plus on creuse et plus l'&#233;tau se resserre autour des m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces quelques groupes non seulement ont h&#233;rit&#233; des infrastructures pay&#233;es par le public, mais ils ont aussi largement prosp&#233;r&#233; &#224; l'ombre de l'Etat avant de s'attaquer au secteur de la communication : c'est le cas de Bouygues (BTP), Vivendi (distribution des eaux, BTP), Suez-Lyonnaise des Eaux (distribution des eaux, BTP), Lagard&#232;re (armement)&#8230; L'Etat vache &#224; lait avait donc bien pr&#233;par&#233; le terrain.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La fin d'un monopole n'est pas le d&#233;but de la libert&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sormais rentables, la t&#233;l&#233;vision publique comme la t&#233;l&#233;vision priv&#233;e sont financ&#233;es pour l'essentiel par la vente d'espaces publicitaires. Ces m&#233;dia sont d'ailleurs davantage des supports pour les activit&#233;s commerciales que des moyens d'information et de communication. Cette &#233;volution devrait s'accentuer avec l'essor des cha&#238;nes payantes interactives (le spectateur pouvant communiquer, choisir, r&#233;pondre, acheter, commander&#8230;) qui sont autant de promesses pour le commerce &#233;lectronique, ce qu'anticipent d&#233;j&#224; les cours de la bourse : les valeurs &#171; m&#233;dia &#187; flambent, t&#233;l&#233;s inclues (TF1, M6, Canal +).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la mainmise des grands groupes capitalistes et leur logique commerciale, l'&#233;poque o&#249; le ministre de l'information appelait directement sur une ligne sp&#233;ciale le pr&#233;sentateur des infos est donc r&#233;volue. Mais cela n'emp&#234;che pas que tout soit pass&#233; &#224; la moulinette de l'id&#233;ologie capitaliste et qu'au journal t&#233;l&#233;vis&#233;, ce soit le r&#232;gne de la pens&#233;e unique. Quant &#224; la plupart des &#233;missions, leur m&#233;diocrit&#233; ou leur conformisme d&#233;note surtout un r&#233;el m&#233;pris du public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est donc loin de ce que devrait &#234;tre un v&#233;ritable service public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lydie GRIMAL&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Au chapitre des perles, il y a celle de Pompidou en 1972 : &#171; Qu'on le veuille ou non -et je sais qu'il y en a qui ne me croient pas- le journaliste de la t&#233;l&#233;vision n'est pas tout &#224; fait un journaliste comme un autre. Il a des responsabilit&#233;s suppl&#233;mentaires. Qu'on le veuille ou non, la t&#233;l&#233;vision est consid&#233;r&#233;e comme la voix de la France et par les fran&#231;ais et par l'&#233;tranger, et cela impose une certaine r&#233;serve. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Avant cette r&#233;forme, et sans mettre en cause le monopole, l'ORTF avait d&#233;j&#224; laiss&#233; la place en 1974 &#224; six &#233;tablissements autonomes : TF1, Antenne 2, FR3, TDF, la SFP, L'INA. Apr&#232;s avoir perdu leur statut, les salari&#233;s de la SFP subissent en 1979 une vague de licenciements sans pr&#233;c&#233;dant.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Les PTT &#224; l'heure du grand march&#233; des communications
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Les-PTT-a-l-heure-du-grand-marche-des-communications</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>La Poste
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		<dc:subject>France Telecom
</dc:subject>
		<dc:subject>Entreprises
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		<dc:subject>Privatisations
</dc:subject>

		<description>Cr&#233;&#233; en 1878, le minist&#232;re des Postes et T&#233;l&#233;graphes a laiss&#233; la place aux PTT en 1941. C'est alors une administration d'Etat sous monopole. &lt;br /&gt;Depuis, le secteur des communications s'est consid&#233;rablement d&#233;velopp&#233; et diversifi&#233;, r&#233;cemment avec l'internet et la t&#233;l&#233;phonie mobile, ainsi que les services aux entreprises dont l'activit&#233; s'est davantage internationalis&#233;e. Mais cela justifie-t-il la fin d'un monopole, l'&#233;clatement d'un service public et sa privatisation, en sacrifiant au passage bon nombre&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Les-services-publics-ne-sont-pas-une-marchandise-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Les services publics ne sont pas une marchandise
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-La-Poste-+" rel="tag"&gt;La Poste
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-France-Telecom-+" rel="tag"&gt;France Telecom
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Entreprises-72-+" rel="tag"&gt;Entreprises
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Privatisations-+" rel="tag"&gt;Privatisations
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cr&#233;&#233; en 1878, le minist&#232;re des Postes et T&#233;l&#233;graphes a laiss&#233; la place aux PTT en 1941. C'est alors une administration d'Etat sous monopole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, le secteur des communications s'est consid&#233;rablement d&#233;velopp&#233; et diversifi&#233;, r&#233;cemment avec l'internet et la t&#233;l&#233;phonie mobile, ainsi que les services aux entreprises dont l'activit&#233; s'est davantage internationalis&#233;e. Mais cela justifie-t-il la fin d'un monopole, l'&#233;clatement d'un service public et sa privatisation, en sacrifiant au passage bon nombre d'usagers devenus des &#171; clients &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Changement de statut&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En 1991, les PTT disparaissent &#224; leur tour : France T&#233;l&#233;com et Le groupe La Poste deviennent des entreprises publiques (des exploitants autonomes de droit public). Officiellement d'apr&#232;s le gouvernement Rocard, la privatisation n'est pas (encore) &#224; l'ordre du jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais d&#232;s 1986, l'Etat avait pris soin de cr&#233;er une holding, SOFIPOST, destin&#233;e &#224; regrouper les futures filiales de La Poste. Au fil du temps, cette structure regroupera de plus en plus d'entreprises s&#233;par&#233;es par groupes d'activit&#233;s (12 en 1999, avec une seconde holding sp&#233;cialis&#233;e dans le financier en 2000). Citons parmi les plus connues CHRONOPOST et l'A&#233;ropostale. Ce sont toutes des soci&#233;t&#233;s anonymes. Certaines sont rachet&#233;es (notamment &#224; des groupes &#233;trangers), d'autres sont issues des PTT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la signature du trait&#233; de Maastricht en 1992, invoquant les directives europ&#233;ennes, l'Etat s'oriente officiellement vers l'ouverture des march&#233;s postaux et du r&#233;seau de t&#233;l&#233;communication. C'est France T&#233;l&#233;com qui sert de cobaye.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1996 le groupe devient une soci&#233;t&#233; anonyme. En 1997 Jospin se h&#226;te, malgr&#233; les promesses &#233;lectorales de la gauche plurielle, de r&#233;aliser la privatisation partielle du groupe. En octobre il &#171; ouvre le capital &#187;. Sous cot&#233;e au d&#233;part, l'action voit son cour multipli&#233; par 8 entre 1997 et d&#233;cembre 1999. Quelques dizaines de milliards de francs pour l'Etat et&#8230; plusieurs dizaines de milliards de plus-value boursi&#232;re pour les actionnaires !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1997 la transformation du groupe La Poste en S.A est officiellement &#233;voqu&#233;e (elle devrait intervenir d'ici 2003). Mais si les filiales sont d&#233;j&#224; du &#171; pr&#234;t &#224; privatiser &#187; (ce sont des soci&#233;t&#233;s anonymes qui n'emploient quasiment pas de fonctionnaires), la maison m&#232;re n'en est par encore l&#224;. Cependant les activit&#233;s qui lui sont r&#233;serv&#233;es sont de plus en plus r&#233;duites. Ainsi une r&#233;cente directive europ&#233;enne a encore abaiss&#233; le seuil prix/poids r&#233;serv&#233; aux postes publiques tout en lib&#233;ralisant le publipostage et le courrier transfrontalier.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Et changement de logique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si elles n'ont pas les m&#234;mes rythmes, les transformations de France T&#233;l&#233;com et du groupe La Poste sont &#224; l'&#233;vidence sym&#233;triques. Ce sont bien deux multinationales qui sont en train d'&#233;merger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s sa privatisation, France T&#233;l&#233;com s'est lanc&#233;e dans une politique agressive de rachat. L'exemple r&#233;cent d'Orange est significatif. Au prix d'un endettement massif (61 milliards d'Euros&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Le b&#233;n&#233;fice affich&#233; en 2000 est de 3,6 milliards d'Euros. De 1995 &#224; (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;), France T&#233;l&#233;com a rachet&#233; l'op&#233;rateur britannique de t&#233;l&#233;phonie mobile Orange qui regroupe d&#233;sormais toutes ses filiales europ&#233;enne (dont Itin&#233;ris, Ola et Mobicarte en France). De 1999 &#224; 2000, le nombres de &#171; clients &#187; de France T&#233;l&#233;com est pass&#233; de 56 &#224; 77 millions, et l'entreprise est d&#233;sormais pr&#233;sente dans 22 pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, une distinction de plus en plus nette a vu le jour dans la t&#233;l&#233;phonie fixe entre le r&#233;seau (pour l'essentiel h&#233;rit&#233; de l'Etat avec l'argent du contribuable) et les op&#233;rateurs qui peuvent &#234;tre tr&#232;s divers (comme le groupe C&#233;g&#233;tel).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le groupe La Poste n'en est pas encore l&#224;, il en prend le chemin. Depuis deux ans, les acquisitions et les accords commerciaux &#224; l'&#233;tranger se multiplient : rachat en Allemagne, en Angleterre et aux USA dans les secteurs les plus rentables, accord de partenariat avec FEDEX le grand groupe am&#233;ricain, etc. En mettant fin au monopole, cette politique devrait s'amplifier car elle permettra au groupe La Poste d'avoir toute latitude pour devenir l'un des cinq ou six groupes dominant le march&#233; mondial des courriers et colis pour les entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps le groupe La Poste sert de support pour toutes sortes d'activit&#233;s financi&#232;res qui ont bien peu de rapport avec son activit&#233; initiale.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des usagers sacrifi&#233;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette extension et cette diversification de l'activit&#233; des deux groupes a &#233;t&#233; accompagn&#233;e par une s&#233;lection plus grande au d&#233;triment de nombreux usagers. Car la concurrence acharn&#233;e que se livrent les grands groupes, en acc&#233;l&#233;rant les fusions-acquisitions, exige une rentabilit&#233; croissante pour financer de telles op&#233;rations. Et si certains clients doivent &#234;tre choy&#233;s pour ne pas &#234;tre perdus, il faut bien que les autres soient sacrifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi la t&#233;l&#233;phonie mobile est loin d'&#234;tre rentable et c'est le fixe qui paye la diff&#233;rence avec des tarifs exorbitants lorsqu'on appelle vers un mobile. Le syst&#232;me d'abonnement et de tarification est aussi bien plus int&#233;ressant pour les entreprises qui appellent souvent &#224; l'&#233;tranger que pour l'usager de base qui appelle de temps en temps ses amis ou ses parents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction du groupe La Poste de son c&#244;t&#233; doit adapter une structure bien plus lourde que celle de France T&#233;l&#233;com dans une activit&#233; &#224; plus faible marge. La masse salariale occupe encore pr&#232;s de 60 % du chiffre d'affaire (&#224; titre de comparaison celle de Renault est en dessous de 10 %). Il faudra donc tailler dans le vif pour augmenter les b&#233;n&#233;fices : les bureaux sont en effet trop nombreux (17 000) et La Poste maintient encore des activit&#233;s de service public, en desservant les campagnes ou en assurant la possibilit&#233; d'ouvrir un compte pour les plus bas revenus, g&#233;n&#233;ralement refus&#233;s par les banques priv&#233;es (m&#234;me si c'est ill&#233;gal).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Poste a donc le choix de sacrifier &#224; terme ces usagers en les ignorant compl&#232;tement ou en conservant un service public r&#233;duit au minimum tout en privatisant le reste. D'ores et d&#233;j&#224;, le courrier des particuliers est le dernier trait&#233; et le plus lent &#224; l'acheminement, et ce n'est sans doute pas fini. C'est un choix d&#233;lib&#233;r&#233; et scandaleux alors que la moderlisation des moyens de transport et de communication devrait au contraire assurer un service bien plus s&#251;r et rapide pour tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Erwan PIAM&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;La pr&#233;carit&#233; sans attendre les privatisations&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis une dizaine d'ann&#233;es, la pr&#233;carit&#233; a d&#233;j&#224; pris de nouvelles formes. Citons notamment la cr&#233;ation de CDI&#8230; intermittents&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Ce sont des contrats &#224; dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e mais&#8230; pour quelques mois seulement par (...)' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; et l'introduction de contrats de droit priv&#233; dans les deux entreprises. Jusqu'ici, il y avait des auxiliaires, c'est &#224; dire des contractuels de droit public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les contractuels de droit priv&#233; repr&#233;sentent aujourd'hui &#224; La Poste plus du quart de l'effectif (environ 80 000). Pour chaque contractuel, l'&#233;conomie est substantielle, la diff&#233;rence de salaire &#233;tant de pr&#232;s de 3000 F par mois entre un CDI et un fonctionnaire en moyenne. Au bout de 30 ans de carri&#232;re, la diff&#233;rence cumul&#233;e est de 400 000 F hors prime pour un facteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les agents subissent l'augmentation de la productivit&#233;, les salaires bloqu&#233;s et la casse des statuts. Derni&#232;rement, l'ARTT a &#233;t&#233; l'occasion r&#234;v&#233;e pour la direction de La Poste de pressurer un peu plus les travailleurs et, malgr&#233; les nombreuses r&#233;actions (plus de 2000 gr&#232;ves en un an), les conditions de travail se sont nettement d&#233;grad&#233;es. C'est peu dire si une r&#233;action d'ensemble s'impose.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le b&#233;n&#233;fice affich&#233; en 2000 est de 3,6 milliards d'Euros. De 1995 &#224; aujourd'hui, les effectifs de la maison m&#232;re sont pass&#233;s de 153 000 &#224; 127 000 aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ce sont des contrats &#224; dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e mais&#8230; pour quelques mois seulement par an, le choix des semaines travaill&#233;es &#233;tant &#224; la disposition du patron. Bref, de l'esclavage&#8230; sans fin !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Transports : par le fer, la route, ou l'a&#233;rien : c'est toujours du vol !
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Transports-par-le-fer-la-route-ou-l-aerien-c-est-toujours-du-vol</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Service public
</dc:subject>
		<dc:subject>SNCF
</dc:subject>
		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
</dc:subject>

		<description>Le transport de voyageurs comme de marchandises est un domaine dont l'importance va en augmentant. &lt;br /&gt;En ce qui concerne les voyageurs, l'essentiel est &#233;videmment le temps pass&#233; &#224; se rendre de son domicile &#224; son lieu de travail, ou d'&#233;tude pour les jeunes, qui est souvent de plus en plus long. A cela s'ajoute, avec l'augmentation de l'activit&#233; &#233;conomique, l'accroissement du transport des marchandises, souvent provoqu&#233;e par les concentrations et le d&#233;veloppement de la sous-traitance. Il faut ajouter &#224;&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Les-services-publics-ne-sont-pas-une-marchandise-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Les services publics ne sont pas une marchandise
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Service-public-+" rel="tag"&gt;Service public
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-SNCF-+" rel="tag"&gt;SNCF
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Societe-74-+" rel="tag"&gt;Soci&#233;t&#233;
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le transport de voyageurs comme de marchandises est un domaine dont l'importance va en augmentant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les voyageurs, l'essentiel est &#233;videmment le temps pass&#233; &#224; se rendre de son domicile &#224; son lieu de travail, ou d'&#233;tude pour les jeunes, qui est souvent de plus en plus long. A cela s'ajoute, avec l'augmentation de l'activit&#233; &#233;conomique, l'accroissement du transport des marchandises, souvent provoqu&#233;e par les concentrations et le d&#233;veloppement de la sous-traitance. Il faut ajouter &#224; cela l'augmentation de la circulation individuelle de longue distance, pour le travail et les loisirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces deux domaines, une chose est &#233;vidente, le transport est un service correspondant d'abord &#224; un besoin social, mais il n'est gu&#232;re collectif ou public. L'essentiel des d&#233;placements int&#233;rieurs de voyageurs est effectu&#233; en voitures particuli&#232;res (84% en 1998, m&#234;me si 1 m&#233;nage sur 5 n'a pas d'automobile), 9% par le rail, 5% par les transports en autobus ou autocars et 1,7% en avion&#8230; Depuis 20 ans dans le transport int&#233;rieur, en milliards de voyageurs kms, le transport collectif par le rail et la route stagne (seul l'avion augmente de&#8230; plus de 150% !), alors que le transport individuel automobile progresse de plus de 50%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier probl&#232;me est donc bien la faible part des transports collectifs, accentu&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es par la quasi-disparition des transports organis&#233;s par les employeurs pour acheminer les salari&#233;s vers les grandes entreprises. Pourtant l'utilisation de transport est un besoin social attest&#233; par sa place dans la consommation des m&#233;nages : apr&#232;s le logement et la nourriture, le transport &#8211;sous ses diff&#233;rentes formes&#8211; est le troisi&#232;me poste, plus de 15% du budget des familles en 1999.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La faible part de l'activit&#233; qui ressort du transport collectif des voyageurs est le fait de quatre grands secteurs :&lt;/p&gt;
&lt;table class='spip'&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;La RATP/RER/autobus&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;2300 millions de personnes transport&#233;es en 1997&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;La SNCF r&#233;seau principal et banlieues&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;800&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Les transports routiers/urbains/autobus&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;3118&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Le transport a&#233;rien.&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;50&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement le plus important, pour le transport terrestre, ces derni&#232;res ann&#233;es, concerne les transports r&#233;gionaux, autour des grandes villes, et le r&#233;seau TGV pour la SNCF&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La SNCF &#224; l'heure des profits&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En 1996, le gouvernement Jupp&#233; avait mis en branle l'&#233;clatement de la SNCF, pour se conformer aux objectifs capitalistes europ&#233;ens. La particularit&#233; du transport ferroviaire est qu'il impose de gros investissements et de grandes d&#233;penses pour le maintien en &#233;tat et le d&#233;veloppement du r&#233;seau ferr&#233;. C'est ce qui explique que dans la plupart des pays capitalistes, le r&#233;seau ferr&#233; est devenu un secteur public et que les Etats ont de r&#233;elles difficult&#233;s &#224; la privatiser. Le choix fait fut donc de s&#233;parer le r&#233;seau (RFF, r&#233;seau ferr&#233; fran&#231;ais), de l'exploitation des lignes, dans lesquelles la privatisation et la multiplication des op&#233;rateurs peut &#234;tre plus facile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement Jospin et son Ministre communiste des Transports, avec le soutien de fait des conf&#233;d&#233;rations syndicales, n'a pas remis en cause ce projet. Il n'a m&#234;me cess&#233; de poursuivre la logique avec la s&#233;paration de la filiale fret (la SERNAM), et son dernier projet CAP Clients, cause principale de la derni&#232;re gr&#232;ve de la SNCF, qui pr&#233;voit un &#233;clatement de la SNCF par grands domaines d'activit&#233;s, pr&#233;lude &#224; une &#171; vente par appartement &#187; de la compagnie nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ajouter &#224; cela que depuis des ann&#233;es, la SNCF a augment&#233; sa productivit&#233;, comprim&#233; ses effectifs (180 000 aujourd'hui contre 500 000 en 1937), et ferm&#233; des milliers de kilom&#232;tres de lignes secondaires, jug&#233;es peu rentables, amenant &#224; des fermetures de gares et &#224; un glissement vers la route d'un grand nombre de dessertes. Le choix prioritaire pour la SNCF est &#233;videmment le TGV qui ignore les dessertes des petites villes, mais est jug&#233; d'une rentabilit&#233; financi&#232;re plus importante. C'est d'ailleurs dans ce secteur que la privatisation de l'exploitation peut aller le plus vite, &#224; l'image de l'Eurostar et du Thalys, exploit&#233;s conjointement par la SNCF et des soci&#233;t&#233;s de chemins de fer europ&#233;ennes d&#233;j&#224; largement privatis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la foul&#233;e, le gouvernement a d&#233;cid&#233; de transf&#233;rer aux r&#233;gions le sch&#233;ma directeur de transport et surtout l'octroi des aides et subventions qu'ils attribuait jusqu'&#224; maintenant &#224; la SNCF. Cela va amener une accentuation de la privatisation et au recours &#224; des transporteurs locaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons &#224; cela que le fret ferroviaire int&#233;rieur sera ouvert &#224; la concurrence en 2008, sur les lignes principales et secondaires. Ceci est le pr&#233;ambule &#224; la lib&#233;ralisation totale du trafic voyageurs pr&#233;vue pour 2010.
C'est peu dire que la SNCF tourne le dos aux besoins sociaux du plus grand nombre et s'&#233;loigne chaque jour davantage d'un service public.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Transports urbains : la pieuvre Vivendi&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les transports urbains et r&#233;gionaux suivent le m&#234;me chemin. Si la moiti&#233; des entreprises du secteur (pr&#232;s de 3000 pour le transport collectif) ont moins de 5 salari&#233;s, le transport urbain est le fait de 180 entreprises (33 000 salari&#233;s, plus l'&#233;quivalent pour la RATP). Ces transports sont largement support&#233;s, &#224; hauteur de 50%, par les finances de l'Etat et des collectivit&#233;s.
Et pourtant l&#224; aussi, le profit est aux postes de commande. De gestion publique ou priv&#233;e, la rentabilit&#233; commande des dessertes s&#233;lectives, l'absence de bus aux heures creuses. Les villes abandonnent de plus en plus le transport en r&#233;gie publique, en confiant le r&#233;seau &#224; des entreprises priv&#233;es. Ainsi Vivendi, qui est le plus important transporteur priv&#233; de voyageurs en Europe exploite les transports urbains dans une cinquantaine de villes en France (cent au total en Europe, &#224; quoi il faut ajouter des r&#233;seaux ferr&#233;s en Grande-Bretagne, Allemagne, Su&#232;de, aux Pays-Bas et au Portugal). Le r&#233;cent conflit de la TCAR &#224; Rouen illustre le d&#233;vouement au service des usagers et des salari&#233;s de cet op&#233;rateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le transport a&#233;rien est &#233;videmment plus &#233;loign&#233; de l'usage populaire et habituel. Mais l&#224; aussi, l'&#233;volution est la m&#234;me. On est pass&#233; en France d'un maillage important par Air Inter et TAT (entreprises toutes deux g&#233;r&#233;es par l'Etat) dans les ann&#233;es 1980, &#224; une ouverture effr&#233;n&#233;e &#224; la concurrence, avec une multiplication de petites compagnies, o&#249; les conditions de travail et de r&#233;mun&#233;ration sont largement d&#233;grad&#233;es. Le jeu de Monopoly autour d'AOM, Air Libert&#233; et Air Littoral (achet&#233;s successivement par British Airways et Swissair avec l'aide de Seilli&#232;re) se traduit aujourd'hui par des milliards de francs pomp&#233;es par les banques et une situation au bord du d&#233;p&#244;t de bilan. Air France en fait &#233;videmment ses choux gras, puisque la compagnie a, elle, tranquillement, cr&#233;&#233; une nouvelle filiale pour les lignes secondaires int&#233;rieures, R&#233;gional, et s'achemine vers la privatisation, avec la b&#233;n&#233;diction de Gayssot. L&#224;, encore, le seul but est de se consacrer aux lignes et &#224; la client&#232;le la plus rentable financi&#232;rement, les hommes d'affaires sur les vols internationaux, et sur les quelques lignes int&#233;rieures les plus rentables, pour lesquelles Air France se consacre &#224; la concurrence avec le TGV.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous ces domaines, malgr&#233; les milliards de fonds publics consacr&#233;s aux transports, on est loin d'un service public, ayant pour priorit&#233; des transports collectifs accessibles et adapt&#233;s aux besoins quotidiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laurent Carasso&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> L'h&#244;pital &#224; la di&#232;te
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/L-hopital-a-la-diete</link>
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		<dc:subject>Entreprises
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		<dc:subject>H&#244;pital
</dc:subject>

		<description>Pour le syst&#232;me hospitalier, l'heure de la &#171; ma&#238;trise des d&#233;penses de sant&#233; &#187; a sonn&#233; dans les ann&#233;es 1970. En 1983, c'est &#224; la gauche que revint l'initiative d'enfermer chaque &#233;tablissement dans un &#171; budget global &#187;, enveloppe annuelle fix&#233;e &#224; l'avance et irr&#233;vocable&#8230; m&#234;me si les caisses de l'h&#244;pital sont vides avant la fin de l'ann&#233;e ! &lt;br /&gt;Avec 240 milliards de francs de dotation globale et environ 600 000 salari&#233;s, l'h&#244;pital public est une cible de choix pour les tenants de l'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire. Dans la premi&#232;re&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour le syst&#232;me hospitalier, l'heure de la &#171; ma&#238;trise des d&#233;penses de sant&#233; &#187; a sonn&#233; dans les ann&#233;es 1970. En 1983, c'est &#224; la gauche que revint l'initiative d'enfermer chaque &#233;tablissement dans un &#171; budget global &#187;, enveloppe annuelle fix&#233;e &#224; l'avance et irr&#233;vocable&#8230; m&#234;me si les caisses de l'h&#244;pital sont vides avant la fin de l'ann&#233;e !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec 240 milliards de francs de dotation globale et environ 600 000 salari&#233;s, l'h&#244;pital public est une cible de choix pour les tenants de l'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire. Dans la premi&#232;re moiti&#233; des ann&#233;es 1990, les d&#233;penses de sant&#233; du secteur hospitalier ont certes encore cr&#251; de 7% par an : un chiffre permettant &#224; peine de faire face &#224; l'accroissement de l'activit&#233;. Mais cette progression n'est plus que de 7% de 1995 &#224; 2000 ! Des taux qui ne permettent plus de reconduire les moyens existants, compte tenu de l'inflation, des hausses de salaires dues &#224; l'anciennet&#233;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le point ISA : une logique industrielle&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Comment transplanter &#224; l'h&#244;pital les crit&#232;res de rentabilit&#233; issus de l'entreprise priv&#233;e ? Une r&#233;ponse a germ&#233; dans l'imagination des bureaucrates du minist&#232;re de la sant&#233; : le point ISA (pour Indicateur Synth&#233;tique d'Activit&#233;). Un doux nom qui cache en fait un outil de mesure des co&#251;ts de production des actes m&#233;dicaux. Illustration : au CHU de Toulouse, le point ISA est pass&#233; de 15F &#224; 13F50 entre 1995 et 1999. Cela repr&#233;sente une baisse de 10% du co&#251;t moyen d'un acte quelconque. A la longue, de telles compressions de co&#251;t ne sont possibles qu'au d&#233;triment tant des conditions de travail du personnel que du confort et de la s&#233;curit&#233; des malades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autorit&#233;s surveillent les efforts de productivit&#233; de chaque &#233;tablissement comme le fait un constructeur automobile avec ses diff&#233;rents sites de production. Les bons &#233;l&#232;ves sont r&#233;compens&#233;s lors de l'attribution des budgets. Depuis les ordonnances Jupp&#233; de 1996, une Agence R&#233;gionale d'Hospitalisation (ARH) g&#232;re l'enveloppe budg&#233;taire de chaque r&#233;gion. En 1999, par exemple, la r&#233;gion Midi-Pyr&#233;n&#233;es gagnait 1,1% : au terme de la r&#233;partition, si certains &#233;tablissements r&#233;cup&#233;raient 2% (m&#234;me pas de quoi maintenir le niveau d'activit&#233; de l'h&#244;pital !), d'autre subissaient en revanche des coupes claires atteignant &#8211;5%.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Fermetures sauvages : dans le public aussi on restructure&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le mod&#232;le industriel ne serait pas complet sans les plans de restructuration : sans faire toujours autant de bruit que Danone, l'Etat multiplie les fermetures de lits, de services, quand ce ne sont pas des h&#244;pitaux entiers qui passent &#224; la trappe ! Un lit sur 15 (et les moyens correspondants&#8230;) a ainsi disparu de 1994 &#224; 1999&#8230; Rien qu'en 1999, si on additionne les abandons d'activit&#233;s, les fusions d'&#233;tablissements, les reconversions et fermetures de lits, 330 projets de restructuration ont &#233;t&#233; lanc&#233;s, concernant 80% des &#233;tablissements : &#224; l'arriv&#233;e, 15 000 lits suppl&#233;mentaires auront disparu !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mauvais coups du gouvernement se parent de l'&#233;tiquette de la &#171; rationalisation &#187; : ainsi les maternit&#233;s seront class&#233;es en trois niveaux, les niveaux inf&#233;rieurs correspondant aux accouchements sans complication. Un bon pr&#233;texte pour fermer de nombreux petits &#233;tablissements, condamnant du m&#234;me coup les parturientes &#224; effectuer de p&#233;nibles trajets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le m&#234;me mod&#232;le, les r&#233;organisations n'&#233;pargnent que les services d'urgences les plus importants. L'Ile-de-france est particuli&#232;rement touch&#233;e alors que l'activit&#233; des urgences progresse de 7% par an. La tension est telle que le retard &#224; l'allumage du nouvel h&#244;pital Georges Pompidou a suffi &#224; provoquer une surcharge permanente des services d'urgences d'Ile-de-france avec des temps d'attente atteignant plusieurs heures !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme dans l'automobile, l'utilisation des &#233;quipements en continu est &#224; l'ordre du jour.. Nouveau casse-t&#234;te pour les urgences : s'il faut rentabiliser chaque lit &#224; 100%, comment faire face &#224; un soudain pic d'activit&#233; ? Il faut parfois des heures pour orienter un malade vers un lit. Et on ne tardera pas &#224; le prier de d&#233;guerpir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est justement des urgences qu'est parti le mouvement des hospitaliers d&#233;but 2000. Martine Aubry a eu beau jeu d'annoncer 10 milliards de cr&#233;dits suppl&#233;mentaires sur 3 ans : une somme qui ne repr&#233;sente m&#234;me pas 1% des budgets hospitaliers annuels. Et encore, faute de places en &#233;coles d'infirmiers, les nouveaux emplois restent-ils bien souvent vacants !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des opportunit&#233;s pour le secteur priv&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'aust&#233;rit&#233; &#224; l'h&#244;pital public fait le bonheur des vautours du secteur priv&#233; de la sant&#233;. Ainsi, des communaut&#233;s d'&#233;tablissements se mettent en place entre des &#233;tablissements publics et des cliniques priv&#233;es : m&#233;decins lib&#233;raux et cliniques acc&#232;dent ainsi aux infrastructures lourdes financ&#233;es par le contribuable&#8230; Gr&#226;ce aux &#171; rationalisations &#187;, les cliniques s'arrogent les secteurs rentables (comme la chirurgie, en particulier ambulatoire, c'est &#224; dire sans h&#233;bergement), tandis que l'h&#244;pital public h&#233;rite des urgences, de la m&#233;decine, des patients lourds : toutes les activit&#233;s d&#233;ficitaires. Sans surprise, on voit des dizaines de cliniques passer sous la coupe de quelques trusts comme la G&#233;n&#233;rale de sant&#233;, li&#233;e &#224; Vivendi&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adieu l'&#233;poque de la clinique tenue par des m&#233;decins, pratiquant toutes les activit&#233;s : ce sont de plus en plus des groupes capitalistes, vivant en sangsues sur le dos de l'h&#244;pital public, et obtenant de l'Etat, dans chaque r&#233;gion, les activit&#233;s les plus juteuses. Que le service public assume &#224; perte des activit&#233;s indispensables &#224; la population, rien que de tr&#232;s naturel, except&#233; quand les pertes en question sont dues au parasitisme d'int&#233;r&#234;t priv&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel CHARVET&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Soldes sur les services publics en Europe
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Soldes-sur-les-services-publics-en-Europe</link>
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		<dc:date>2001-05-31T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Service public
</dc:subject>
		<dc:subject>OMC
</dc:subject>
		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Europe
</dc:subject>

		<description>L'Accord g&#233;n&#233;ral sur le commerce des services (AGCS), ratifi&#233; en 1994 organise, dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), la lib&#233;ralisation progressive et totale de tous les services dans les &#201;tats signataires. En effet, les industries de services sont le secteur en plus forte croissance dans l'&#233;conomie mondiale. Les services de sant&#233; et d'&#233;ducation viennent en t&#234;te avec respectivement 3500 et 2000 milliards de dollars. En tant que principal fournisseur de services (avec les&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'Accord g&#233;n&#233;ral sur le commerce des services (AGCS), ratifi&#233; en 1994 organise, dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), la lib&#233;ralisation progressive et totale de tous les services dans les &#201;tats signataires. En effet, les industries de services sont le secteur en plus forte croissance dans l'&#233;conomie mondiale. Les services de sant&#233; et d'&#233;ducation viennent en t&#234;te avec respectivement 3500 et 2000 milliards de dollars. En tant que principal fournisseur de services (avec les &#201;tats-Unis), l'Union europ&#233;enne est la plus z&#233;l&#233;e des promoteurs de l'AGCS.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La marchandisation des services publics&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les t&#233;l&#233;communications, le tourisme, la construction, les banques et les assurances, la commission europ&#233;enne s'attaque par le biais de gouvernements z&#233;l&#233;s &#224; la poste et aux transports a&#233;riens. De nouveaux secteurs sont appel&#233;s &#224; s'ouvrir &#224; la concurrence et &#224; la convoitise des grands groupes. L'AGCS ne concerne pas moins de 160 secteurs, l'Union Europ&#233;enne ne s'est engag&#233;e &#171; que &#187; sur 120 (!) : la sant&#233;, l'&#233;ducation, la recherche, la protection sociale, la culture, l'audiovisuel, les transports, l'environnement, l'eau ou l'&#233;nergie ne sont pas consid&#233;r&#233;s comme des droits mais comme d'&#233;normes march&#233;s convoit&#233;s par des firmes transnationales. L'accord autorise momentan&#233;ment des &#171; restrictions, r&#233;serves ou exceptions &#187;, mais impose de les &#233;liminer &#224; terme. Seuls resteraient du domaine de l'&#201;tat les secteurs dits &#171; gouvernementaux &#187;, c'est-&#224;-dire la police, l'arm&#233;e, la justice et la fiscalit&#233;. L'objectif de l'AGCS est clair : il s'agit de la n&#233;gation du principe m&#234;me de service public, dont le r&#244;le est d'assurer un acc&#232;s &#233;gal aux prestations &#224; toutes et &#224; tous, via les subventions ou les tarifs pr&#233;f&#233;rentiels, sous pr&#233;texte d'&#171; harmonisation &#187; et de &#171; respect des r&#232;gles de concurrence &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Comment lib&#233;raliser &#171; sans avoir l'air d'y toucher &#187; ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour &#233;viter de d&#233;clencher un &#171; toll&#233; &#187; g&#233;n&#233;ral, l'OMC a &#233;labor&#233; plusieurs moyens techniques qui permettent la lecture la plus &#171; lib&#233;rale &#187; des textes de l'AGCS :&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &#171; capturer &#187; de nouveaux secteurs par la r&#233;vision des nomenclatures des secteurs de services pour lesquels les gouvernements se sont le moins engag&#233;s car les plus sensibles politiquement : la gestion des h&#244;pitaux ou de la s&#233;curit&#233; sociale pourraient se retrouver sous la rubrique &#171; management &#187;, &#171; comptabilit&#233; &#187; ou &#171; services aux entreprises &#187;... reclassifier les cat&#233;gories de services permet de les faire glisser sur les listes des secteurs dont l'ouverture au march&#233; est pr&#233;vue &#224; court terme.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; l'approche dite &#171; horizontale &#187; : une r&#232;gle approuv&#233;e pour les services de comptabilit&#233;, par exemple, s'appliquerait automatiquement &#224; l'ensemble des sous-domaines r&#233;pertori&#233;s. Ouvrir le march&#233; dans un domaine &#233;quivaut &#224; l'ouvrir dans tous les autres, que l'on consid&#232;re ou non la sant&#233; et l'&#233;ducation comme des march&#233;s.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Supprimer les l&#233;gislations &#171; plus rigoureuses que n&#233;cessaires pour assurer la qualit&#233; du service &#187; : l'OMC peut qualifier d'&#171; entraves non n&#233;cessaires au commerce &#187; toute l&#233;gislation en mati&#232;re de service (particuli&#232;rement les monopoles de service public). L'AGCS, (&#167; 42, note d'information S/C/W/50), consid&#232;re la S&#233;curit&#233; Sociale comme un de ces obstacles : &#171; &lt;em&gt;trois types de r&#233;glementation peuvent directement affecter l'offre ou la demande de services m&#233;dicaux ou de services de sant&#233;. Il s'agit des r&#232;gles et pratiques gouvernant le remboursement dans les r&#233;gimes d'assurance obligatoire (r&#233;gimes publics et priv&#233;s) (...)&lt;/em&gt; &#187;. Dans ce cas, l'article VI pr&#233;voit que &#171; &lt;em&gt;chaque membre maintiendra ou instituera (...) des tribunaux (...) qui permettront, &#224; la demande d'un fournisseur de service affect&#233;, de r&#233;viser (...) les d&#233;cisions administratives affectant le commerce des services et dans le cas o&#249; cela serait justifi&#233;, de prendre des mesures correctives appropri&#233;es&lt;/em&gt; &#187;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Depuis longtemps d&#233;j&#224;, les gouvernements europ&#233;ens (pour l'essentiel sociaux-d&#233;mocrates) ont pr&#233;par&#233; le terrain &#224; l'application des accords de l'AGCS :&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; en cassant l'int&#233;gration verticale propre aux services publics, comme cela a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; le cas pour la SNCF : l'entretien du r&#233;seau, les services aux voyageurs et la billetterie deviennent des p&#244;les distincts afin que le priv&#233; s'approprie les segments les plus rentables tandis que l'&#201;tat reste garant de l'entretien co&#251;teux des infrastructures.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; en ass&#233;chant les services publics par une politique d'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire qui aboutit &#224; un m&#233;contentement de la population (listes d'attente, p&#233;nurie, exploitation du personnel)... Et de faire appara&#238;tre les entreprises priv&#233;es comme seules capables de bonne gestion.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; en pr&#233;carisant le personnel, en remettant en cause les conventions collectives et en gelant le nombre de fonctionnaires. Les titulaires qui partent en retraites sont remplac&#233;s par des CDD ou des emplois jeunes sous contrat priv&#233;. Afin de faire baisser le co&#251;t du travail, il est n&#233;cessaire de flexibiliser la gestion des salari&#233;s par le biais de la &#171; contractualisation &#187; (ch&#232;re au MEDEF). Les rapports patrons/salari&#233;s ne seraient plus r&#233;gis par les conventions collectives. Certains proposent m&#234;me des &#171; contrats de travail offshore &#187; pour lesquels la d&#233;connexion est compl&#232;te entre la l&#233;gislation du travail, la nationalit&#233; de l'entreprise, celle du salari&#233; et celle du lieu de travail. Comme le note le secr&#233;tariat de l'OMC : &#171; les avantages les plus significatifs du commerce ne viendront pas de la construction et de la gestion des h&#244;pitaux, mais de la possibilit&#233; d'y employer un personnel plus qualifi&#233;, plus efficace et/ou moins co&#251;teux que celui qui pourrait &#234;tre disponible sur le march&#233; local du travail &#187;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; en prescrivant des partenariats priv&#233;/public (PPP) : la commission europ&#233;enne recommande que chaque &#233;cole d&#233;veloppe un partenariat avec une entreprise priv&#233;e d'ici &#224; 2010. C'est ainsi que Nestl&#233; offre des &#171; fiches p&#233;dagogiques sur la nutrition &#187; aux &#233;coles primaires...accompagn&#233;es de publicit&#233; &#224; l'intention des enfants ; les stages de formation des ma&#238;tres sont sponsoris&#233;s par Hachette (filiale du groupe d'armement Matra)...&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Maintenir la pression&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au niveau mondial, les discussions sur l'AGCS doivent reprendre lors du prochain sommet de L'OMC... au Qatar ! Apr&#232;s le succ&#232;s et l'impact de la manifestation et du contre-sommet de Seattle, les ma&#238;tres du monde s'inqui&#232;tent (ils n'ont pas h&#233;sit&#233; &#224; construire un mur de 4 km de long autour du sommet am&#233;ricain de Qu&#233;bec d'avril dernier ainsi qu'&#224; vider une prison pour y &#171; accueillir &#187; les manifestants). Le choix du Qatar n'est donc pas innocent compte-tenu de la difficult&#233; d'y organiser un contre-sommet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau europ&#233;en, le &#171; Comit&#233; 133 &#187; est charg&#233; par la Commission europ&#233;enne de pr&#233;parer l'application de l'AGCS dans l'UE par la modification du trait&#233; d'Amsterdam (art.133) ainsi que les dossiers de Pascal Lamy, commissaire europ&#233;en charg&#233; des n&#233;gociations dans l'OMC : l'objectif est d'&#233;largir au commerce des services la r&#232;gle du vote aux 2/3 au sein du Conseil Europ&#233;en (actuellement l'unanimit&#233; est n&#233;cessaire), pour permettre leur ouverture au priv&#233;. Cette discussion sera l'enjeu principal du sommet de G&#246;teborg le 16 juin en Su&#232;de.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'il s'agisse de la lutte contre la lib&#233;ralisation des services (contre-sommets de Seattle, de Nice ou r&#233;cemment de Qu&#233;bec) ou plus g&#233;n&#233;ralement contre l'extension de la mondialisation capitaliste (contre-G8 de Prague l'ann&#233;e derni&#232;re, ou de G&#232;nes les 21 et 22 juillet 2001), les travailleurs, les ch&#244;meurs et les jeunes ont d&#233;montrer avec &#233;clat que la mobilisation s'organise et grandit au niveau r&#233;gional comme international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 9 Mai 2001, Lupita Rodriguez&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PS : une grande partie des informations expos&#233;es dans cet article est tir&#233;e de la brochure Alerte G&#233;n&#233;rale &#224; la Capture des Services publics &#233;dit&#233;e en avril 2000 par la Coordination pour le Contr&#244;le Citoyen de l'OMC (CCC-OMC).&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Il ne s'agit plus de servir, mais de se servir... &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Sur le site Internet de la Commission europ&#233;enne : &#171; la participation active des industries de services dans les n&#233;gociations est cruciale pour nous permettre d'aligner nos objectifs de n&#233;gociation sur les priorit&#233;s des entreprises. L'AGCS n'est pas seulement un accord entre gouvernements. C'est avant tout un instrument au b&#233;n&#233;fice des milieux d'affaires &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Pour un service public universel&#8230; le socialisme
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Pour-un-service-public-universel-le-socialisme</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Pour-un-service-public-universel-le-socialisme</guid>
		<dc:date>2001-05-31T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>Service public
</dc:subject>

		<description>En opposant les &#171; services publics &#187; au reste de l'&#233;conomie, on veut distinguer des activit&#233;s qui seraient absolument n&#233;cessaires au bon fonctionnement de la soci&#233;t&#233;, ou vitales pour la population, de celles qui pourraient ob&#233;ir &#224; la logique du profit priv&#233;. &lt;br /&gt;Mais o&#249; doit passer la fronti&#232;re ? Pourquoi, par exemple, appelle-t-on en France &#171; services publics &#187; les t&#233;l&#233;communications. l'&#233;nergie, le rail, l'eau, l'&#233;cole&#8230; et pas le logement ou l'alimentation ? &lt;br /&gt;Ce sont les besoins de la bourgeoisie, plus que les&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Les-services-publics-ne-sont-pas-une-marchandise-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Les services publics ne sont pas une marchandise
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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En opposant les &#171; services publics &#187; au reste de l'&#233;conomie, on veut distinguer des activit&#233;s qui seraient absolument n&#233;cessaires au bon fonctionnement de la soci&#233;t&#233;, ou vitales pour la population, de celles qui pourraient ob&#233;ir &#224; la logique du profit priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais o&#249; doit passer la fronti&#232;re ? Pourquoi, par exemple, appelle-t-on en France &#171; services publics &#187; les t&#233;l&#233;communications. l'&#233;nergie, le rail, l'eau, l'&#233;cole&#8230; et pas le logement ou l'alimentation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les besoins de la bourgeoisie, plus que les rapports de force entre les classes, qui ont fait d&#233;cr&#233;ter que tel ou tel secteur devait &#234;tre &#171; public &#187;. Mais les besoins de la soci&#233;t&#233;, et d'abord des travailleurs et des pauvres, sont bien diff&#233;rents ! N'est-ce pas en fait dans tous les domaines que la soci&#233;t&#233; souffre, et parfois cr&#232;ve, de la domination des capitaux priv&#233;s ? Partout il y a conflit entre les besoins les plus &#233;l&#233;mentaires des hommes et les int&#233;r&#234;ts d'une poign&#233;e de propri&#233;taires priv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Se loger et se nourrir, une affaire priv&#233;e ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les plus grands trusts du b&#226;timent ont leur si&#232;ge en France, Bouygues en t&#234;te. Un chiffre d'affaires, des capacit&#233;s technologiques et de production formidables, et des dizaines de milliers de SDF, des millions de mal-log&#233;s. Les rois du b&#233;ton ne sont pas cens&#233;s &#234;tre au service du public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le monde, plus de 800 millions de personnes souffrent de sous-alimentation. La proportion d'affam&#233;s a beau avoir baiss&#233; dans les pays pauvres dans les 30 derni&#232;res ann&#233;es, ils y repr&#233;sentent encore au moins 20% de la population, 40% en Afrique. La production alimentaire mondiale, en aalories, a pourtant augment&#233; plus vite depuis 1960 que la population mondiale (+ 100% contre + 80%). Les disponibilit&#233;s alimentaires par habitant ont augment&#233; de 15%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant sur les &#233;crans des t&#233;l&#233;s succ&#232;dent aux images des famines africaines celles des terres europ&#233;ennes en jach&#232;re, des vaches laiti&#232;res abattues, des stocks accumul&#233;s ou d&#233;truits, pour relever les cours. L'anarchie capitaliste ne peut &#234;tre mieux r&#233;sum&#233;e. On d&#233;truit des masses gigantesques d'aliments au nord, pour pr&#233;server la profitabilit&#233; des capitaux investis. Tant pis pour les insolvables, les non-clients du tiers ou du quart-monde. La bouffe, apr&#232;s tout, n'est pas service public. On peut &#224; la rigueur laisser &#231;a &#224; la charit&#233; priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Et la sant&#233; ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le profit assassine aussi des millions de gens dans le monde, chaque ann&#233;e, en les privant du b&#233;n&#233;fice du progr&#232;s m&#233;dical&#8230; puisque celui-ci n'est pas service public et que les trusts &#233;vitent d'embl&#233;e de chercher ce qui ne leur rapportera rien ou de distribuer l&#224; o&#249; les malades n'ont pas d'argent&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Ces groupes sont tr&#232;s concentr&#233;s. Ils sont immens&#233;ment riches. Pour ne (...)' id='nh3-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;36 millions de personnes sont malades du SIDA. 25,3 millions vivent en Afrique, 5,8 en Asie du sud et du sud-est. Des insolvables, des pauvres. Les 9/10&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;es&lt;/sup&gt; des malades sont donc au sud, les 9/10&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;es&lt;/sup&gt; des traitements au nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La maladie du sommeil tue 150 000 Africains chaque ann&#233;e. Le m&#233;dicament qui la soigne, d'abord con&#231;u et vendu &#224; prix d'or par la firme am&#233;ricaine Merell Dow en 1985, fut presque aussit&#244;t abandonn&#233;, pour cause de non-rentabilit&#233;. Depuis, le trust franco-allemand Hoechst Marion Roussel qui a rachet&#233; le groupe et donc la mol&#233;cule, a &#233;galement refus&#233; de l'industrialiser, et l'a finalement c&#233;d&#233;e &#224; l'OMS. Celle-ci, qui n'a pas les moyens de la produire, esp&#232;re convaincre des m&#233;c&#232;nes, comme&#8230; Bill Gates, de la financer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; des maladies en recrudescence comme le paludisme ou la tuberculose la recherche reste au point mort, parce que ce sont des maladies de pauvres. On compte 8 millions de personnes contamin&#233;es chaque ann&#233;e par la tuberculose. Parmi elles, selon M&#233;decins Sans Fronti&#232;res, seulement 400 000 patients solvables&#8230; Beaucoup de malades, peu de clients. Toutes les 10 secondes, 1 personne meurt donc de la tuberculose dans le monde. Quant au paludisme, il tue 900 000 personnes par an en Afrique&#8230; et plomberait m&#234;me la &#171; croissance &#187; du continent de 1% chaque ann&#233;e, selon de savants calculs ! 50 millions de francs ont &#233;t&#233; investis cette ann&#233;e pour financer la recherche d'un vaccin. Bien moins que les revenus du moindre des PDG des g&#233;ants priv&#233;s de la pharmacie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Au service du public et g&#233;r&#233; par le public&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La production et distribution des aliments, la recherche m&#233;dicale, ou m&#234;me la construction des automobiles ou encore l'extraction du p&#233;trole sont tout autant du domaine de l'int&#233;r&#234;t public que la construction et l'entretien des routes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, il n'y a pas plus de justification &#233;conomique, sociale ou humaine &#224; remettre &#224; des int&#233;r&#234;ts individuels de la minorit&#233; de possesseurs de capitaux un secteur plut&#244;t qu'un autre. Mais la raison de la mise en place d'un secteur public, loin d'&#234;tre en fonction de l'int&#233;r&#234;t de la population, a &#233;t&#233; la volont&#233; d'utiliser les moyens &#233;tatiques, centralis&#233;s, &#224; fonds collectifs, quand les patrons priv&#233;s n'auraient pas r&#233;alis&#233;s ces investissements, notamment apr&#232;s la deuxi&#232;me guerre mondiale. Du coup, le secteur &#171; public &#187; n'a pas &#233;t&#233; si public que cela. Il n'a cess&#233; d'&#234;tre au service du priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui en ont soulign&#233; les d&#233;fauts ont g&#233;n&#233;ralement omis de pr&#233;ciser qu'ils provenaient des objectifs et de la nature de l'Etat : le soutien &#224; une minorit&#233; de profiteurs. Par ailleurs ceux qui d&#233;fendent un vrai service public dans tel ou tel secteur, comme la sant&#233; ou l'&#233;ducation, doivent &#233;galement comprendre que ce caract&#232;re public ne peut &#234;tre assur&#233; que dans un Etat qui serait au service du public et dans une &#233;conomie qui le serait &#233;galement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne signifie nullement que tout devra y &#234;tre g&#233;r&#233; par un pouvoir central omnipr&#233;sent et omnipotent, ultra-bureaucratique incontr&#244;lable. L'int&#233;r&#234;t du public n'a rien d'oppos&#233;, dans la plupart des t&#226;ches, &#224; la gestion par la population, au niveau des localit&#233;s, des entreprises, des secteurs d'activit&#233;. Il s'oppose seulement &#224; l'objectif de rentabilit&#233; pour une minorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au contraire m&#234;me, la mise au service du public de l'ensemble de l'activit&#233; sociale suppose l'intervention directe, &#224; chaque fois que cela est n&#233;cessaire, des acteurs eux-m&#234;mes qui doivent, autant que possible, &#234;tre les d&#233;cideurs. Le caract&#232;re de plus en plus technique de l'activit&#233; &#233;conomique n'est absolument pas un obstacle pour que toute la population prenne les d&#233;cisions la concernant. Les bourgeois, leurs d&#233;cideurs &#233;conomiques ou leurs repr&#233;sentants &#233;tatiques, ne sont pas eux non plus des sp&#233;cialistes scientifiques et techniques. Ils savent prendre conseil mais d&#233;cident en fonction de leurs int&#233;r&#234;ts. La population est tout aussi capable de prendre des avis autoris&#233;s avant de d&#233;cider. Mais elle tranchera en fonction de consid&#233;rations bien diff&#233;rentes des profiteurs et gestionnaires de la gabegie capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; mise au service du public ne signifie donc pas l'hypertrophie de l'Etat. Elle signifie un fonctionnement bien plus &#233;conomique m&#234;me s'il est moins fond&#233; sur ce qu'on appelle aujourd'hui l'&#233;conomie, c'est-&#224;-dire des int&#233;r&#234;ts financiers, et plus fond&#233; sur l'objectif humain et social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y aurait donc de quoi constituer un merveilleux service public mondial de la sant&#233;. Apr&#232;s pourrait venir le tour des rois du b&#233;ton, des multinationales du grain et du b&#233;tail, des g&#233;ants de la distribution, des monopoles de l'eau. La premi&#232;re &#233;tape sera d'exproprier la bourgeoisie industrielle et financi&#232;re, ses trusts, leur prendre leurs capitaux, leurs laboratoires et leurs usines, et les mettre au service de toute la soci&#233;t&#233;, en clair les r&#233;duire &#224; des services publics justement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un grand service public que le mouvement ouvrier avait l'habitude, &#224; une &#233;poque, d'appeler le socialisme ou le communisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard RUDELLI&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb3-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-1' class='spip_note' title='Notes 3-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ces groupes sont tr&#232;s concentr&#233;s. Ils sont immens&#233;ment riches. Pour ne reprendre que l'exemple des trusts pharmaceutiques, les 2/3 du march&#233; mondial des m&#233;dicaments sont tenus par une vingtaine d'entre eux. L'ann&#233;e 2000 a &#233;t&#233; une ann&#233;e faste : 58 milliards de profits pour GlaxoSmithKline (+13%), 36,5 pour Roche (+50%), 7,58 pour Aventis (+63%), etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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