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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskyste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> L'&#233;cole en crise : le mirage de la d&#233;mocratisation scolaire
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
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		<description>Ces derni&#232;res ann&#233;es ont &#233;t&#233; marqu&#233;es par des mobilisations sociales d'ampleur sur le terrain de l'&#233;ducation. Elles confirment &#224; la fois une exigence sociale en direction de l'&#233;cole et aussi des capacit&#233;s de r&#233;sistance &#224; l'offensive lib&#233;rale qui, l&#224; comme ailleurs, entend imposer de profondes r&#233;formes du syst&#232;me &#233;ducatif. Elles ont &#233;galement mis en &#233;vidence la r&#233;alit&#233; d'une crise scolaire que le ch&#244;mage massif et la crise sociale ont rendu encore plus aigu&#235;, suscitant des attentes l&#233;gitimes mais parfois&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ces derni&#232;res ann&#233;es ont &#233;t&#233; marqu&#233;es par des mobilisations sociales d'ampleur sur le terrain de l'&#233;ducation. Elles confirment &#224; la fois une exigence sociale en direction de l'&#233;cole et aussi des capacit&#233;s de r&#233;sistance &#224; l'offensive lib&#233;rale qui, l&#224; comme ailleurs, entend imposer de profondes r&#233;formes du syst&#232;me &#233;ducatif. Elles ont &#233;galement mis en &#233;vidence la r&#233;alit&#233; d'une crise scolaire que le ch&#244;mage massif et la crise sociale ont rendu encore plus aigu&#235;, suscitant des attentes l&#233;gitimes mais parfois illusoires comme celle d'assurer un d&#233;bouch&#233; vers l'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or la crise de l'&#233;cole a des racines plus profondes que le manque de moyens ou le manque de d&#233;bouch&#233;s sur le march&#233; du travail. C'est le mythe de l'&#233;cole r&#233;publicaine qui a commenc&#233; &#224; prendre du plomb dans l'aile, le mythe d'une pr&#233;tendue d&#233;mocratisation de la soci&#233;t&#233; gr&#226;ce &#224; la massification scolaire. Si la massification de l'acc&#232;s &#224; l'enseignement secondaire, le doublement en une dizaine d'ann&#233;es de la proportion d'une classe d'&#226;ge parvenant au baccalaur&#233;at, a bien &#233;t&#233; r&#233;elle, elle n'aura pas &#233;t&#233; synonyme de d&#233;mocratisation. Malgr&#233; la scolarisation accrue, la s&#233;gr&#233;gation sociale &#224; l'&#233;cole s'est m&#234;me renforc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'offensive d'un All&#232;gre, et la politique de Jack Lang n'est gu&#232;re diff&#233;rente, s'est d'ailleurs appuy&#233;e sur ce sentiment d'&#233;chec. Car paradoxalement &#8211; ou cyniquement &#8211; c'est en d&#233;non&#231;ant l'hypocrisie de la pr&#233;tendue &#171; &#233;galit&#233; r&#233;publicaine &#187; que les r&#233;ponses lib&#233;rales ont sembl&#233; trouver une nouvelle jeunesse : puisque les pr&#233;tentions de l'&#233;cole &#224; l'&#233;galit&#233; ont fait long feu, autant en tirer les cons&#233;quences et mettre en &#339;uvre de fa&#231;on &#171; moderne et efficace &#187; une politique d'accompagnement des in&#233;galit&#233;s, une politique ouvertement s&#233;gr&#233;gative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc bien une revendication minimale que d'exiger davantage de moyens pour l'&#233;cole afin d'assurer &#224; tous la possibilit&#233; de faire r&#233;ellement des &#233;tudes. Mais m&#234;me ainsi cette &#233;cole serait encore celle du conformisme social, de la l&#233;gitimation et de la reproduction (m&#234;me masqu&#233;e) des in&#233;galit&#233;s. C'est son r&#244;le comme son fonctionnement que nous contestons, et pas seulement ses insuffisances.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> L'&#233;cole capitaliste : une &#233;cole pour tous ?
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		<dc:subject>Enseignement
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
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		<description>&#171; D&#233;mocratisation &#187;, &#171; massification &#187;, &#171; crise de l'&#233;cole &#187;, &#171; &#233;chec scolaire &#187;, &#171; &#233;galit&#233; des chances &#187;, &#171; violence &#224; l'&#233;cole &#187;... ces termes, que l'on retrouve &#224; longueur d'articles, de travaux de chercheurs, de rapports officiels, de discours politiques sont au centre du d&#233;bat sur l'&#233;cole. Mais &#224; travers celui-ci, comme &#224; travers les r&#233;cents mouvements &#233;l&#232;ves-parents-personnels de l'&#233;ducation nationale, une question essentielle est pos&#233;e &#171; &#224; quoi sert l'&#233;cole ? &#187;, voir &#171; &#224; qui sert l'&#233;cole ? &#187; : l'&#171; &#233;cole de la R&#233;publique &#187;&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; D&#233;mocratisation &#187;, &#171; massification &#187;, &#171; crise de l'&#233;cole &#187;, &#171; &#233;chec scolaire &#187;, &#171; &#233;galit&#233; des chances &#187;, &#171; violence &#224; l'&#233;cole &#187;... ces termes, que l'on retrouve &#224; longueur d'articles, de travaux de chercheurs, de rapports officiels, de discours politiques sont au centre du d&#233;bat sur l'&#233;cole. Mais &#224; travers celui-ci, comme &#224; travers les r&#233;cents mouvements &#233;l&#232;ves-parents-personnels de l'&#233;ducation nationale, une question essentielle est pos&#233;e &#171; &#224; quoi sert l'&#233;cole ? &#187;, voir &#171; &#224; qui sert l'&#233;cole ? &#187; : l'&#171; &#233;cole de la R&#233;publique &#187; est-elle une &#171; &#233;cole pour tous &#187; ? L'a-t-elle d'ailleurs jamais &#233;t&#233; ?...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Quelques rep&#232;res historiques : de l'&#233;cole J. Ferry &#224; la massification&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, 85 % des jeunes de 18 ans sont scolaris&#233;s, mais cette r&#233;alit&#233; est tr&#232;s r&#233;cente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le coll&#232;ge du d&#233;but du si&#232;cle, &#171; l'&#233;cole des notables &#187;, n'accueillait que 5% d'enfants d'origine populaire. La quasi-totalit&#233; restait dans l'&#233;cole primaire, &#171; l'&#233;cole du peuple &#187;. Le fonctionnement de ces deux &#233;coles &#233;tait profond&#233;ment diff&#233;rent : pour le peuple, primaut&#233; &#224; l'&#233;ducation morale, avant m&#234;me la trilogie &#171; lire-&#233;crire-compter &#187; (Jules Ferry parlant de l'enfant : &#171; fa&#231;onner son &#226;me et son cerveau pour un but patriotique et national &#187;) ; pour l'&#233;lite, c'&#233;tait le r&#232;gne du savoir, du programme et de la discipline (maths, lettres, latin...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudra attendre 1959 pour que la r&#233;forme Berthoin, g&#233;n&#233;ralisant l'entr&#233;e en 6&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; (mais dont l'application ne sera effective qu'en 1967), ouvre les portes du coll&#232;ge aux classes populaires. &lt;strong&gt;En 1959, moins de la moiti&#233; d'une classe d'&#226;ge entre en 6&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, il y en a plus de 95 % en 1972. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si l'immense majorit&#233; des enfants acc&#232;de au coll&#232;ge, tous n'acc&#232;dent pas vraiment &#224; l'enseignement secondaire : entre 1/3 et &#188; d'entre eux entre au coll&#232;ge par la porte des classes de transition, des classes pratiques, des cycles all&#233;g&#233;s, des CPPN (classes pr&#233;professionnelles de niveau)... de quoi relativiser les propos des nostalgiques de l'&#226;ge d'or toujours prompts &#224; se lamenter sur la pr&#233;tendue baisse du niveau !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La massification, une fausse d&#233;mocratisation de l'&#233;cole&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est qu'en 1975, avec la r&#233;forme &#171; Haby &#187; que le principe de coll&#232;ge unique, pr&#233;voyant la suppression du palier d'orientation en fin de 5&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; est g&#233;n&#233;ralis&#233;. Cons&#233;quence de ces r&#233;formes, une deuxi&#232;me explosion scolaire a lieu &#224; la fin des ann&#233;es 80 avec l'arriv&#233;e massive de &#171; nouveaux publics &#187; au lyc&#233;e, c'est-&#224;-dire, les classes populaires : entre 1980 et 1990, les effectifs doublent passant de 850 000 lyc&#233;ens &#224; plus d'1,5 millions, la possibilit&#233; d'acc&#233;der au bac passe de 34 % &#224; 60%. Le mouvement continue la d&#233;cennie suivante : en 1998, &#224; 17 ans, plus de 9 jeunes sur 10 sont scolaris&#233;s... ils &#233;taient &#224; peine 1 sur 3 en 1960. Le taux de bacheliers passe de 10 % en 1960 &#224; 60 % en 1998.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc bien eu une massification du syst&#232;me &#233;ducatif, c'est-&#224;-dire une tr&#232;s forte croissance de ses effectifs. Mais cette entr&#233;e massive de toutes les cat&#233;gories sociales ne signifie pas pour autant une &#171; d&#233;mocratisation &#187;. La d&#233;mocratisation suppose non seulement l'acc&#232;s de tous &#224; l'&#233;cole, de la maternelle &#224; l'universit&#233;, mais surtout l'acc&#232;s de tous aux savoirs contenus dans ces diff&#233;rentes &#233;tapes du cursus scolaire, quelque soit l'origine sociale et culturelle des enfants.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les in&#233;galit&#233;s se d&#233;placent plus qu'elles ne diminuent&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si les taux d'acc&#232;s &#224; tous les niveaux d'enseignement ont nettement augment&#233; pour les g&#233;n&#233;rations n&#233;es apr&#232;s les ann&#233;es 50 (voir graphique 1), l'ouverture est d'autant plus faible que l'on consid&#232;re les niveaux &#233;lev&#233;s du syst&#232;me : parmi les enfants n&#233;s en 1940, seuls 35 % entraient en 6&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et 20 % en seconde ; 30 ans plus tard, presque la totalit&#233; avaient acc&#232;s &#224; la 6&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, mais seulement 42% entraient en 2de. Le pourcentage d'entr&#233;es en 6&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; a donc presque tripl&#233; sur la p&#233;riode, tandis que celui de l'acc&#232;s &#224; la 2de, n'a fait que doubler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_14 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH568/art315-2-e5761.png?1528267018' width='500' height='568' alt=&#034;image 536 x 608
&#034; title=&#034;image 536 x 608
&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la &#171; d&#233;mocratisation &#187; n'est que le r&#233;sultat m&#233;canique de l'ouverture du coll&#232;ge &#224; tous les enfants du primaire. Mais plus on monte dans le niveau d'enseignement, moins cette d&#233;mocratisation se v&#233;rifie : seul l'acc&#232;s &#224; la 6&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; s'est g&#233;n&#233;ralis&#233;. La s&#233;lectivit&#233; n'a fait que se d&#233;placer. Les r&#233;formes n'ont abouti qu'&#224; une translation des in&#233;galit&#233;s du fait de l'ouverture de l'enseignement secondaire.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une massification s&#233;gr&#233;gative&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte g&#233;n&#233;ral, les in&#233;galit&#233;s sociales ont-elles &#233;t&#233; r&#233;duites ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nombre d'enfants d'ouvriers acc&#233;dant &#224; tous les niveaux d'enseignement a augment&#233; au cours de cette massification (tableau 1) : 33,9 % d'enfants d'ouvriers n&#233;s entre 1949 et 1953 avaient acc&#232;s &#224; la 6&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;. Ce taux passe &#224; 93,2 % pour les g&#233;n&#233;rations n&#233;es entre 1964 et 1973. M&#234;me constatation pour l'obtention du bac : 8,8 % d'enfants d'ouvriers n&#233;s entre 1949 et 1953 &#233;taient bacheliers, ils &#233;taient 24,3 % dans la g&#233;n&#233;ration n&#233;e entre 1964 et 1973.Les ouvriers ont donc davantage acc&#232;s aux diff&#233;rents niveaux d'enseignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_13 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L436xH455/art315-1-92893.gif?1528267018' width='436' height='455' alt=&#034;image 436 x 455
&#034; title=&#034;image 436 x 455
&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Tableau 1 : Taux d'acc&#232;s &#224; diff&#233;rents niveaux de scolarisation&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;source : M.Duru-Bellat, A. Kieffer, population, 55 (1), 2000, 51-80. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si on compare les chances d'acc&#232;s aux diff&#233;rents niveaux de scolarisation des enfants d'ouvriers &#224; celles des enfants de cadres, on s'aper&#231;oit non seulement que les in&#233;galit&#233;s d'acc&#232;s sont non seulement tr&#232;s importantes mais qu'elles progressent avec l'&#233;l&#233;vation du niveau observ&#233;. Si, au niveau de la sixi&#232;me, les in&#233;galit&#233;s d'acc&#232;s sont de moins en moins marqu&#233;es entre enfants de cadres et d'ouvriers, celles-ci s'aggravent nettement lorsqu'il s'agit de l'acc&#232;s aux classes sup&#233;rieures : un enfant de cadre n&#233;s en 1949 avait 40,1 % de plus de chance d'acc&#233;der en seconde qu'un enfant d'ouvrier alors que 24 ans plus tard, cet &#233;cart passe &#224; 58,1 %. M&#234;me constatation pour l'obtention du bac : l'&#233;cart de taux d'obtention du bac entre les enfants d'ouvriers et de cadres passe de 38,5 % &#224; 52 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, parmi les g&#233;n&#233;rations entr&#233;es en 6&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; au cours de la p&#233;riode de massification, les in&#233;galit&#233;s selon l'origine sociale n'ont cess&#233; d'augmenter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le sp&#233;cifique de l'origine sociale dans la reproduction des in&#233;galit&#233;s est encore plus net lorsque l'on adopte un raisonnement &#171; &#224; r&#233;ussite scolaire &#233;gale &#187; (tableau 2) : les chances des enfants de cadres sup&#233;rieurs qui sont faibles restent plus &#233;lev&#233;es que celles des enfants d'ouvriers les plus brillants.&lt;/p&gt;
&lt;table class='spip'&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Valeur scolaire au CP&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Faible&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;moyenne&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;forte&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Cadre sup&#233;rieur&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;63&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;81&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;91&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Profession interm&#233;diaire&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;33&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;54&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;74&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Ouvrier&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;16&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;31&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;52&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Tableau 2 : Probabilit&#233; d'acc&#232;s (%) au second cycle long d'apr&#232;s la valeur scolaire au CP et l'origine sociale.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Prol&#233;tarisation des fili&#232;res de rel&#233;gation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ces chiffres ne tiennent pas compte de la persistance de fili&#232;res dans l'&#233;ducation nationale, en d&#233;pit des d&#233;clarations de principe contenues dans la r&#233;forme Haby. Si les enfants d'ouvriers ont b&#233;n&#233;fici&#233; sans conteste de l'ouverture de la 6&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, ils ont &#233;t&#233; les premiers &#224; &#234;tre concern&#233;s par le d&#233;veloppement de l'orientation en fin de 5&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et de 3&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; avant 1975 et aujourd'hui sont massivement concentr&#233;s dans les fili&#232;res &#171; populaires &#187;. R&#233;ciproquement, si les enfants de cadres ont perdu progressivement leur avantage quant &#224; l'entr&#233;e dans le secondaire, ils continuent &#224; y r&#233;aliser des scolarit&#233;s plus longues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, 68 % des &#233;l&#232;ves de quatri&#232;me d'aide et de soutien (4&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; AES) d'aujourd'hui sont des enfants de ch&#244;meurs et inactifs, seulement 3 % d'entre eux sont enfants de cadres et enseignants. Ce chiffre monte respectivement &#224; 71 % et 2 % en troisi&#232;me d'insertion sachant qu'&#224; l'issue de la troisi&#232;me d'insertion 18 % seulement des &#233;l&#232;ves obtiennent une orientation en BEP, 17 % en CAP et 39 % de ces &#233;l&#232;ves quittent le syst&#232;me &#233;ducatif sans qualification (Graphiques 2 et 3. chiffres 97/98).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_15 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L445xH431/art315-3-18c53.gif?1528267018' width='445' height='431' alt=&#034;image 445 x 431
&#034; title=&#034;image 445 x 431
&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_16 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L427xH307/art315-4-4275d.gif?1528267018' width='427' height='307' alt=&#034;image 427 x 307
&#034; title=&#034;image 427 x 307
&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cr&#233;ation des bacs professionnels a largement contribu&#233; &#224; la s&#233;gr&#233;gation sociale croissante des publics des classes terminales. Certes, l'existence des fili&#232;res professionnelles a incit&#233; davantage d'&#233;l&#232;ves d'origine populaire a poursuivre une scolarit&#233; au del&#224; du BEP. Mais le suivi d'une formation professionnelle longue &#233;tant, notamment en raison des biais d'orientation en fin de troisi&#232;me, davantage le fait des enfants d'origine modeste, la s&#233;gr&#233;gation sociale des &#233;l&#232;ves scolaris&#233;s dans les diff&#233;rentes classes terminales a &#233;t&#233; accentu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau des classes terminales, on constate une sp&#233;cialisation sociale des s&#233;ries. Si l'on compare le recrutement des terminales scientifiques et technologiques sur la p&#233;riode 1985-1995, on constate dans les premi&#232;res une diversification sociale tr&#232;s mod&#233;r&#233;e, tandis que les secondes se prol&#233;tarisent sensiblement (voir tableau 3). La surrepr&#233;sentation des enfants d'origine populaire dans les terminales science et technologie du tertiaire (STT, ex G) s'accro&#238;t entre 1985 et 1995. Si l'on consid&#232;re les seuls enfants de cadre, leur part en classe scientifique passe de 29,2 % en 1994-1995 &#224; 34,5 % en 1999-2000 (+5,3 points !) : l'embourgeoisement des fili&#232;res d'&#233;lite est manifeste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la m&#234;me fa&#231;on, les &#233;carts de composition sociale entre la terminale scientifique et les BEP se creusent : la part des milieux moyens et sup&#233;rieurs dans les terminales scientifiques est 2,3 fois plus &#233;lev&#233;e que celle observable dans les BEP en 1995, alors que ce rapport n'&#233;tait que de 1,8 en 1985.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les finalit&#233;s du syst&#232;me &#233;ducatif apparaissent de fa&#231;on claire. Il doit tendre vers l'&#233;l&#233;vation g&#233;n&#233;rale du niveau de scolarisation tout en poursuivant un r&#244;le qu'il n'a jamais cess&#233; d'exercer : un v&#233;ritable tri social.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'&#171; &#233;chec scolaire &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelques ann&#233;es, l'&#171; &#233;chec scolaire &#187; est devenu un sujet de pr&#233;occupation central : celui-ci ne cesserait d'augmenter, l'&#233;cole serait une machine &#224; produire de l' &#171; &#233;chec scolaire &#187;, sous-entendu, ce qu'elle n'&#233;tait pas dans le pass&#233;. Or, la d&#233;couverte de &#171; l'&#233;chec scolaire &#187; est avant tout un ph&#233;nom&#232;ne d&#233;coulant de la massification : celui-ci a toujours exist&#233;, mais l'entr&#233;e en 6&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; n'&#233;tant &#224; la port&#233;e que d'une &#233;lite restreinte dans le pass&#233;, ceux qui n'y avaient pas acc&#232;s n'&#233;taient pas consid&#233;r&#233;s en &#171; &#233;chec &#187;, puisqu'ils &#233;taient hors du syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cole de Jules Ferry des ann&#233;es trente n'a produit que 50 % de titulaires du certificat d'&#233;tudes (dipl&#244;me d&#233;livr&#233; &#224; la fin de la primaire). En 1959, 25 % des &#233;l&#232;ves redoublaient en CP, 60 % des CM2 sont en retard, 10 % obtenaient le bac et 60 % des adultes de plus de 20 ans n'avaient aucun dipl&#244;me... personne ne parlait alors d'&#171; &#233;chec scolaire &#187; ! Ce n'est qu'au d&#233;but des ann&#233;es 80 que l'on s'inqui&#232;te du d&#233;calage entre la dur&#233;e officielle du cursus &#233;l&#233;mentaire (5 ans) et sa dur&#233;e r&#233;elle (6 &#224; 7 ans). Le caract&#232;re massif et socialement marqu&#233; des &#233;checs est relev&#233; : &#190; des enfants de cadres sup&#233;rieurs sont &#171; &#224; l'heure &#187; en 6&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; contre 1/3 des enfants d'ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#171; &#233;chec scolaire &#187; n'est donc devenu un &#171; probl&#232;me &#187; social et national qu'&#224; partir du moment o&#249; la scolarit&#233; au del&#224; du primaire est devenu la norme. La pr&#233;occupation et la peur de l'&#233;chec croissent en m&#234;me temps que l'exigence de r&#233;ussite. D'o&#249; le paradoxe, plus le niveau monte, plus l'&#171; &#233;chec scolaire &#187; monte...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la mont&#233;e du ch&#244;mage et de l'exclusion, la notion d' &#171; &#233;chec scolaire &#187; s'&#233;tend &#224; toutes les fili&#232;res et structures d'enseignement qui ne garantissent plus l'insertion sociale et professionnelle. L'&#233;cole est tenue responsable des ph&#233;nom&#232;nes d'exclusion et de ch&#244;mage massif, et non le syst&#232;me capitaliste dans lequel elle est ins&#233;r&#233;e. Quoique qu'en disent les r&#233;formistes, on ne pourra pas changer l'&#233;cole sans changer la soci&#233;t&#233; qui l'a produite... et faire croire le contraire c'est participer &#224; la &#171; violence de l'&#233;cole &#187;, elle m&#234;me en partie responsable de la &#171; violence &#224; l'&#233;cole &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le March&#233; de l'&#233;cole : un march&#233; &#171; porteur &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On demande au syst&#232;me &#233;ducatif de jouer son r&#244;le contre le ch&#244;mage des jeunes en leur inculquant les comportements ad&#233;quats qui les pr&#233;pareraient &#224; l'&#171; insertion &#187; et &#224; l'&#171; employabilit&#233; &#187;. Pour r&#233;gler le probl&#232;me, l'enseignement doit r&#233;pondre et surtout s'adapter aux besoins de l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport Reiffer, issu d'un groupe de r&#233;flexion sur l'&#233;ducation et la formation de la commission europ&#233;enne en 1997, l'explique de fa&#231;on tr&#232;s claire : &#171; les syst&#232;mes d'&#233;ducation ne sont pas assez conscients des contraintes de comp&#233;titivit&#233; &#187; et de conclure &#171; la demande r&#233;elle &#224; laquelle est confront&#233; le syst&#232;me &#233;ducatif est donc de jouer un r&#244;le de filtre pour hi&#233;rarchiser les talents &#187;. L'issue de la crise de l'&#233;cole ne fait pas de doute : il s'agit de renoncer au r&#234;ve de l'&#171; &#233;cole pour tous &#187; au profit d'une saine prise en compte des r&#233;alit&#233;s. L'&#233;cole ne peut traiter de mani&#232;re &#171; &#233;gale &#187; des &#233;l&#232;ves &#171; diff&#233;rents &#187;. Comme partout dans la soci&#233;t&#233; de march&#233;, la concurrence doit devenir le moteur d'une n&#233;cessaire &#171; &#233;mulation &#187; capitaliste. Dans cette perspective, la fonction de l'Ecole comme dispensatrice de connaissances serait r&#233;duite au minimum : un filet de s&#233;curit&#233; (assur&#233; par l'Etat car non rentable) serait dispos&#233; pour les populations suppos&#233;es inaptes aux apprentissages abstraits (majoritairement les classes populaires), les autres seraient pris en charge par le &#171; march&#233; de l'&#233;cole &#187;, via internet et les formations professionnelles priv&#233;es. C'est le sens pr&#233;cis du slogan sur &#171; l'&#233;galit&#233; des chances &#187; : l'&#233;cole n'est pas l&#224; pour donner &#224; chacune et chacun les moyens de s'&#233;panouir au sein d'une soci&#233;t&#233; sans exploitation mais comme un instrument de s&#233;lection et de formatage en fonction de besoins fluctuants au rythme des diff&#233;rentes &#233;tapes de d&#233;veloppement de la soci&#233;t&#233; capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le compromis scolaire qui a abouti &#224; la massification de ces derni&#232;re ann&#233;es atteint aujourd'hui ses limites : il &#233;tait bas&#233; d'un cot&#233; sur la volont&#233; du patronat, de la bourgeoisie de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, de disposer d'une main d'&#339;uvre relativement qualifi&#233;e. Et de l'autre cot&#233; sur une v&#233;ritable demande populaire en faveur du droit &#224; l'&#233;ducation qui ne s'est jamais d&#233;mentie jusqu'&#224; maintenant. Or de plus en plus de voix s'&#233;l&#232;vent pour dire qu'une &#233;conomie &#171; moderne &#187;, &#171; globalis&#233;e &#187;, n'a plus besoin massivement d'un long temps de formation de l'ensemble de la population. La demande sur le march&#233; du travail appara&#238;t segment&#233;e, certains niveaux de qualification &#233;tant en trop faible nombre, mais d'autre en surnombre. Pour la premi&#232;re fois, dans le discours officiel, le d&#233;bat ne porte plus sur les rythmes et les conditions de la massification (confi&#233; aux organisations syndicales r&#233;formistes), mais sur l'utilit&#233; du processus lui-m&#234;me. L'intrusion et l'implication massives des &#233;l&#232;ves d'origine modeste et de leurs parents dans les mouvements r&#233;cents de l'&#233;ducation nationale ont pourtant montr&#233; le refus des milieux populaires et des salari&#233;s de s'adapter aux exigences de la soci&#233;t&#233; capitaliste et leur volont&#233; de se battre pour une v&#233;ritable &#233;cole pour tous qui ne soit ni l'&#233;cole de Jules Ferry, ni celle du march&#233;... A suivre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lupita QUETZAL&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;La ghettho&#239;sation en marche&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour se rendre compte de l'ampleur de la reproduction (et de la production) des in&#233;galit&#233;s sociales dans le syst&#232;me scolaire, il faudrait &#233;galement &#233;tudier les profondes disparit&#233;s qui existent entre &#233;tablissements : le ph&#233;nom&#232;ne de &#171; ghetto&#239;sation &#187; croissant est favoris&#233; &#224; la fois par la course au bons &#233;tablissements aux d&#233;pends des familles les plus modestes qui ne peuvent ni d&#233;m&#233;nager, ni obtenir de d&#233;rogation, mais aussi par la mise en concurrence des &#233;tablissements pour l'obtention de moyens suppl&#233;mentaires et le manque de stabilit&#233; des &#233;quipes enseignantes dans les &#233;tablissements les plus d&#233;favoris&#233;s (cons&#233;quence, entre autres, du d&#233;veloppement de la pr&#233;carit&#233; des personnels). Enfin, une analyse compl&#232;te des in&#233;galit&#233;s au sein de l'&#233;cole montrerait que les in&#233;galit&#233;s sociales se doublent de s&#233;gr&#233;gations tout aussi r&#233;voltantes dont sont victimes les enfants d'immigr&#233;s et les filles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Violence &#224; l'&#233;cole
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		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Violence-a-l-ecole</link>
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		<dc:subject>Enseignement
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
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		<description>Une large publicit&#233; est faite aujourd'hui aux ph&#233;nom&#232;nes de violence &#224; l'&#233;cole. Mais s'il existe des situations particuli&#232;rement graves et insupportables, le pi&#232;ge des fausses &#233;vidences nous guette aussi &#224; chaque pas. &lt;br /&gt;Un ph&#233;nom&#232;ne aggrav&#233; ? &lt;br /&gt;Et d'abord de quelle violence parle-t-on ? Au banc des accus&#233;s, seule la violence des jeunes semble devoir poser un probl&#232;me, une violence d'ailleurs de plus en plus mal d&#233;finie. Un th&#232;me revient en effet fr&#233;quemment, concernant aussi bien l'&#233;cole que les &#171; cit&#233;s &#187;,&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-La-crise-de-l-ecole-le-mirage-de-la-democratisation-scolaire-" rel="directory"&gt;DOSSIER : La crise de l'&#233;cole : le mirage de la d&#233;mocratisation scolaire
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Enseignement-+" rel="tag"&gt;Enseignement
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Societe-74-+" rel="tag"&gt;Soci&#233;t&#233;
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une large publicit&#233; est faite aujourd'hui aux ph&#233;nom&#232;nes de violence &#224; l'&#233;cole. Mais s'il existe des situations particuli&#232;rement graves et insupportables, le pi&#232;ge des fausses &#233;vidences nous guette aussi &#224; chaque pas.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un ph&#233;nom&#232;ne aggrav&#233; ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Et d'abord de quelle violence parle-t-on ? Au banc des accus&#233;s, seule la violence des jeunes semble devoir poser un probl&#232;me, une violence d'ailleurs de plus en plus mal d&#233;finie. Un th&#232;me revient en effet fr&#233;quemment, concernant aussi bien l'&#233;cole que les &#171; cit&#233;s &#187;, celui de &#171; l'incivilit&#233; &#187;. Nul ne sait o&#249; cela commence vraiment, s'il faut l'appliquer &#224; des comportements jug&#233;s agressifs, &#224; des d&#233;rapages verbaux ou &#224; un certain &#171; climat &#187;&#8230; La violence existe, incontestablement, mais bien des amalgames permettent aussi de juger &#171; violents &#187; des comportements qui pour &#234;tre parfois difficilement supportables ne sont pas de m&#234;me nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait le probl&#232;me de la violence n'est pas nouveau dans les quartiers populaires m&#234;me si la d&#233;gradation des conditions de vie et l'absence de perspective forment in&#233;vitablement un terreau favorable &#224; la petite d&#233;linquance, dont les jeunes issus de ces quartiers sont souvent eux m&#234;mes les premi&#232;res victimes. Mais l&#224; o&#249; le ph&#233;nom&#232;ne &#233;tait autrefois cantonn&#233; dans la cit&#233; et dans les &#171; &#233;coles pour pauvres &#187; (comme les CET il y a une trentaine d'ann&#233;es), il frappe d&#233;sormais l'&#233;cole de plein fouet &#224; tous les niveaux d'enseignement ou presque, du fait de l'allongement de la scolarit&#233;. Le ph&#233;nom&#232;ne en est d'autant amplifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des r&#233;ponses institutionnelles qui ne sont pas neutres&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le mythe de &#171; l'&#233;cole sanctuaire &#187; a la vie dure, comme s'il suffisait d'&#233;loigner quelques &#171; sauvageons &#187; r&#233;cemment stigmatis&#233;s par Chev&#232;nement pour que tout rentre dans l'ordre, ou faire la le&#231;on aux parents qui auraient &#171; d&#233;missionn&#233; &#187;. Mais paradoxalement le th&#232;me de la violence sert aussi de pr&#233;texte pour faire &#233;voluer les missions de l'&#233;cole comme si cette derni&#232;re devait avoir r&#233;ponse &#224; tout. T&#226;che impossible au demeurant face &#224; des probl&#232;mes qui la d&#233;passent largement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A d&#233;faut, on lui demandera quand m&#234;me de les g&#233;rer au jour le jour, en gardant les jeunes le plus longtemps possible, m&#234;me sans motivation, parce qu'ils sont mieux dedans que dehors. Au lieu de transmettre des savoirs, l'&#233;cole fera semblant de transmettre des comportements : c'est le r&#244;le notamment de l'&#233;ducation civique et de &#171; l'&#233;ducation &#224; la citoyennet&#233; &#187;, r&#233;investie dans toutes les disciplines. Une le&#231;on de morale qui jette une lumi&#232;re crue sur ce qu'on attend des citoyens : une ob&#233;issance passive &#224; des r&#232;gles qui sont de toute fa&#231;on impos&#233;es, comme l'illustre de fa&#231;on caricaturale le dernier gadget en cours, les &#171; conseils de la vie lyc&#233;enne &#187; (citoyens mais&#8230; avec voix consultative).
Reste la police. En partenariat avec l'&#233;cole (merci Chev&#232;nement et Lang !), la police peut d&#233;sormais investir tranquillement l'&#233;cole. Sous pr&#233;texte de renouer le dialogue, elle esp&#232;re sans doute l&#233;gitimer par avance ses interventions dans les quartiers populaires qui resteront tout aussi violentes et humiliantes &#224; l'&#233;gard des jeunes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une responsabilit&#233; pour le mouvement ouvrier&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le mal qui ronge l'autorit&#233; des parents et l'adh&#233;sion des jeunes &#224; une &#233;cole cens&#233;e leur apporter la r&#233;ussite est le m&#234;me : c'est la pr&#233;carit&#233; et le ch&#244;mage, l'absence de perspective et de d&#233;bouch&#233;s, l'absence de rep&#232;res aussi dans une soci&#233;t&#233; o&#249; l'argent facile est chaque jour encens&#233; &#224; la bourse, mais le &#171; business &#187; dans les cit&#233;s mal vu, et ses d&#233;rives comme le racket condamn&#233;es. Apr&#232;s vingt ans de recul, l'image du travailleur toujours exploit&#233;, toujours d&#233;fait, n'a &#233;videmment pas de quoi faire r&#234;ver les jeunes. Renouer avec les luttes -victorieuses- serait &#233;videmment un moyen de donner d'autres valeurs que la r&#233;ussite individuelle, souvent minable, aux d&#233;pends du voisin ou du copain, et d'autres objectifs &#224; un sentiment de r&#233;volte qui ne trouve gu&#232;re jusqu'ici que des d&#233;rivatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Raoul GLABER&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> www.education.com : De nouveaux march&#233;s s'ouvrent au priv&#233;
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		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/www-education-com-De-nouveaux-marches-s-ouvrent-au-prive</link>
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
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		<description>Mille milliards de dollars... C'est la somme que d&#233;penseraient annuellement les pays de l'OCDE pour l'enseignement. Ce montant est assum&#233; pour une tr&#232;s grosse partie par le secteur public ; mais le secteur priv&#233; occupe lui aussi une place importante : il y a bien s&#251;r les &#233;coles priv&#233;es (souvent confessionnelles) plus ou moins subventionn&#233;es selon les Etats, et tous les organismes charg&#233;s d'assurer une formation permanente qui ont largement prosp&#233;r&#233;. Avec le d&#233;veloppement des technologies multim&#233;dia&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mille milliards de dollars... C'est la somme que d&#233;penseraient annuellement les pays de l'OCDE pour l'enseignement. Ce montant est assum&#233; pour une tr&#232;s grosse partie par le secteur public ; mais le secteur priv&#233; occupe lui aussi une place importante : il y a bien s&#251;r les &#233;coles priv&#233;es (souvent confessionnelles) plus ou moins subventionn&#233;es selon les Etats, et tous les organismes charg&#233;s d'assurer une formation permanente qui ont largement prosp&#233;r&#233;. Avec le d&#233;veloppement des technologies multim&#233;dia et d'Internet, de nouveaux horizons semblent s'ouvrir. Un &#171; march&#233; mondial de l'&#233;ducation &#187; s'est m&#234;me tenu pour la premi&#232;re fois au mois de mai &#224; Vancouver (Canada), r&#233;unissant plusieurs milliers de professionnels en provenance de 77 pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, depuis la fin des ann&#233;es 80, on assiste &#224; une multiplication des associations patronales d&#233;clarant vouloir profiter des nouvelles technologies pour &#171; rapprocher l'&#233;cole des entreprises &#187;. L'une des plus importantes de ces associations patronales est l'ERT (European Round Table, cr&#233;e en 1983), qui regroupe les patrons des plus grosses firmes d'Europe, comme Suez, Renault, Rh&#244;ne-Poulenc, Petrofina... ainsi que plusieurs constructeurs informatiques. L'un des objectifs poursuivis est d'encourager l'informatisation de la formation interne des entreprises pour r&#233;aliser des &#233;conomies de formation. Il s'agit aussi d'influer sur les programmes de formation publique, par le biais du d&#233;veloppement de la p&#233;dagogie &#171; en ligne &#187; ou par logiciel. Le but est ici d'obtenir les profils correspondant au mieux aux d&#233;sirs patronaux, tout en limitant au passage les co&#251;ts de l'&#233;ducation publique. Le r&#233;sultat sera bien s&#251;r d'ouvrir un vaste march&#233; pour le secteur informatique, et les associations patronales en question sont aussi investies par des industriels de l'informatique qui cherchent &#224; se placer pour pouvoir vendre mat&#233;riel et services de formation.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Tout le monde est sur le pont&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au sein des entreprises, ces projets ont re&#231;u quelques d&#233;buts d'applications, comme chez Bosch GmbH qui employait 95 000 personnes en Allemagne en 1994 et d&#233;pensait l'&#233;quivalent de 880 millions de francs pour la formation. Pour r&#233;duire ces co&#251;ts, il a utilis&#233; d&#232;s 1996 un programme d'auto-formation pour 20 % de son personnel, &#224; domicile et en dehors du temps de travail...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein du syst&#232;me &#233;ducatif, les entreprises int&#233;ress&#233;es tentent souvent de s'appuyer sur une coop&#233;ration avec des universit&#233;s, priv&#233;es ou pas, all&#233;ch&#233;es en tout cas par les retomb&#233;es financi&#232;res (ne serait-ce que celles provenant de la capitalisation sur les &#171; nouveaux march&#233;s boursiers &#187;) : aux Etats-Unis, IBM et Lotus se sont alli&#233;s avec l'universit&#233; du Wisconsin, des entreprises comme onelinelearning.net et America Online avec l'universit&#233; de Californie ; un programme nomm&#233; &#171; Virtual-U &#187;(University) a &#233;t&#233; lanc&#233; au Canada...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, les minist&#232;res de l'&#233;ducation nationale et de la recherche ont lanc&#233; un appel d'offre en juin 2000, dot&#233; de 18 millions de francs, pour la constitution de &#171; campus num&#233;riques &#187;. Le projet EduFrance mis en place par All&#232;gre est d&#233;sormais pr&#233;sent&#233; comme &#171; une agence sur le march&#233; mondial de l'&#233;ducation &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='XXI&#176; si&#232;cle n&#176;7, revue publi&#233;e par le minist&#232;re de l'&#233;ducation nationale On peut (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau de l'enseignement primaire et secondaire, on peut citer comme exp&#233;rience allant dans cette direction le projet &#171; Ecoles de demain &#187; mis en place par P&#233;trofina et IBM-Belgique/Luxembourg, impliquant un millier d'&#233;l&#232;ves servant de cobayes pour les &#171; didacticiels &#187; ou logiciels d'apprentissage ; ou encore, &#224; un stade plus avanc&#233;, le cas d'Educinvest (du groupe Vivendi), entreprise g&#233;rant 250 &#233;coles priv&#233;es en France, r&#233;alisant 850 millions de francs de chiffre d'affaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pouvoirs publics sont partie prenante de ces projets d'OPA sur l'&#233;ducation : sans parler des instances europ&#233;ennes, en pointe sur la question, Tony Blair a lanc&#233; en 1997 un projet d'un milliard de francs pour mettre en r&#233;seau les 32 000 &#233;coles britanniques, sous le patronage de Bill Gates ; en 1998, Strauss-Kahn invitait lui aussi &#224; &#171; une collaboration tr&#232;s &#233;troite &#187; le PDG de Microsoft, qui investit par ailleurs beaucoup dans son association &#171; Graines de multim&#233;dia &#187;, pr&#233;sent&#233;e comme &#171; un laboratoire pour &#233;tudier les blocages structurels qui freinent l'&#233;quipement des &#233;coles &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Mais les perspectives sont encore virtuelles&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour l'heure, la &#171; marchandisation de l'enseignement par Internet &#187; semble tout de m&#234;me encore &#224; l'&#233;tat de projet ; et il est trop t&#244;t pour dire avec quelle ampleur elle se fera. Apr&#232;s tout, la cr&#233;ation d'&#233;coles ou de fili&#232;res r&#233;pondant &#224; des besoins pr&#233;cis du patronat est vieille comme les Etats bourgeois. Et l'enseignement &#224; distance priv&#233; a d&#233;j&#224; connu des heures de gloire au d&#233;but du si&#232;cle (en 1924, aux Etats-Unis, il &#171; instruisait &#187; quatre fois plus de personnes que l'enseignement sup&#233;rieur classique), avant de s'effondrer. A chaque &#233;volution des technologies de la communication (t&#233;l&#233;phone, film, cassette audio et vid&#233;o...), on a imprudemment pr&#233;dit une explosion du secteur. Mais il est vrai aussi qu'Internet offre des outils d'une souplesse extraordinaire, qui pourraient permettre aux capitalistes de transformer en immenses aires d'investissements des secteurs de l'activit&#233; sociale qui jusqu'&#224; pr&#233;sent ne leur &#233;taient pas directement accessibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beno&#238;t MARCHAND&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;XXI&#176; si&#232;cle n&#176;7, revue publi&#233;e par le minist&#232;re de l'&#233;ducation nationale On peut aussi y lire : &#171; Le d&#233;veloppement des &#233;changes r&#233;pond &#224; un enjeu culturel, puisqu'il s'agit de la formation des &#233;lites des pays &#233;trangers, et &#233;conomiques, dans la mesure o&#249; ce secteur repr&#233;sente, par exemple, aux Etats-Unis le quatri&#232;me poste d'exportation rapportant chaque ann&#233;e plus de 7 milliards de dollars &#187;. On est tr&#232;s loin d'une logique de service public comme cela &#233;tait affirm&#233; initialement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> L'&#233;cole, &#224; quoi &#231;a sert ?
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		<dc:subject>Enseignement
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
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		<description>On a voulu nous vendre l'&#233;cole comme un produit miracle. Pas seulement un lieu o&#249; l'on apprend, mais une machine &#224; transformer la soci&#233;t&#233;, &#224; assurer le progr&#232;s social, la promotion des classes populaires. Et m&#234;me, au passage, &#224; former de bons petits citoyens. &lt;br /&gt;L'&#233;cole id&#233;ale serait celle de &#171; l'&#233;galit&#233; des chances &#187;. Voil&#224; bien un r&#234;ve de bourgeois : la comp&#233;tition, d&#232;s l'enfance, pour prendre les meilleures places. Honneur aux riches de cette soci&#233;t&#233; id&#233;ale, qui ont si bien travaill&#233; &#224; l'&#233;cole ; honte aux&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On a voulu nous vendre l'&#233;cole comme un produit miracle. Pas seulement un lieu o&#249; l'on apprend, mais une machine &#224; transformer la soci&#233;t&#233;, &#224; assurer le progr&#232;s social, la promotion des classes populaires. Et m&#234;me, au passage, &#224; former de bons petits citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cole id&#233;ale serait celle de &#171; l'&#233;galit&#233; des chances &#187;. Voil&#224; bien un r&#234;ve de bourgeois : la comp&#233;tition, d&#232;s l'enfance, pour prendre les meilleures places. Honneur aux riches de cette soci&#233;t&#233; id&#233;ale, qui ont si bien travaill&#233; &#224; l'&#233;cole ; honte aux abonn&#233;s de l'ANPE, les cancres de la r&#233;publique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, m&#234;me cette triste m&#233;ritocratie est bidon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ch&#244;mage ? Pr&#233;carit&#233; ? Sales boulots mal pay&#233;s ? D&#233;crochez des dipl&#244;mes, et vous vous en sortirez, nous a-t-on serin&#233;. La gauche a m&#234;me ench&#233;ri l&#224;-dessus : &#171; 80% d'une classe d'&#226;ge devra avoir le bac &#187;, avait pr&#233;venu le ministre Chev&#232;nement en 1984. La part de la classe d'&#226;ge passant son bac a grimp&#233; de 30 % en 1985 &#224; plus de 60 % aujourd'hui. Les classes populaires ont envahi les lyc&#233;es, certes. Le ch&#244;mage dans le dos, les jeunes ont fait la course aux dipl&#244;mes. Les patrons, la course aux profits. R&#233;sultat ? Le bac ne vaut plus grand chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retour &#224; la r&#233;alit&#233; : ce n'est pas l'&#233;cole qui change la soci&#233;t&#233;. C'est la soci&#233;t&#233; actuelle qui fabrique une &#233;cole &#224; son image, o&#249; l'enfant de prol&#233;taire n'est l'&#233;gal de l'enfant de bourgeois que pour rire, o&#249; il y a des lyc&#233;es poubelles et des lyc&#233;es d'&#233;lite. L'&#233;cole de la r&#233;publique sert &#224; fournir au capital la main d'&#339;uvre dont il a besoin, adapt&#233;e si possible aux technologies de l'&#233;conomie moderne. C'est une gare de triage : tant d'&#233;l&#232;ves pour la m&#233;canique auto, tant pour la couture, le secr&#233;tariat, le g&#233;n&#233;ral, tant pour les &#233;coles d'ing&#233;nieurs. Les &#171; r&#233;formateurs &#187; du minist&#232;re ont les pieds sur terre. Ils veulent, dans les lyc&#233;es, all&#233;ger les programmes : moins d'histoire et de litt&#233;rature, plus de technologies et de traitement de texte. &#171; Il faut adapter l'&#233;cole &#224; ses nouveaux publics &#187;, disent les slogans du ministre. Pourquoi en effet donner de la culture g&#233;n&#233;rale &#224; des &#233;l&#232;ves destin&#233;s &#224; servir les ateliers et les bureaux du capital ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'on leur ajoute un zest &#171; d'&#233;ducation civique &#187; (une demie-heure par semaine) et on m&#233;tamorphosera nos sauvageons en bons petits citoyens bien sages. Enfin, on l'esp&#232;re. Voil&#224; pour le volet &#171; &#233;ducation &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est entendu : l'&#233;cole &#233;tait un &#171; ascenseur social &#187; &#224; condition de n'embarquer que quelques passagers. Aujourd'hui, tout le monde serait mont&#233; dedans. Mais il ne d&#233;colle pas. Et des centaines de milliers de lyc&#233;es se sont mobilis&#233;s. Pas pour d&#233;fendre cette &#233;cole-l&#224;, cette machine &#224; trier la main d'&#339;uvre. Mais pour une &#233;ducation qui ne soit pas au rabais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeune prol&#233;taire qui, il y a encore 30 ans, f&#234;tait ses 15 ans &#224; l'atelier, se retrouve aujourd'hui au lyc&#233;e. Et il fait le d&#233;sespoir de ses profs. Les lyc&#233;ens font plein de fautes et regardent trop la t&#233;l&#233; ? Peut-&#234;tre. Quoi que, hier&#8230; Mais pour toute une g&#233;n&#233;ration, le niveau est tout de m&#234;me mont&#233; : assez en tout cas pour contester dans la rue la camelote scolaire que le syst&#232;me leur sert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard Rudelli&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> O&#249; commencerait la vraie r&#233;forme ?
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Ou-commencerait-la-vraie-reforme</link>
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		<dc:subject>Enseignement
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
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		<description>L'&#233;cole actuelle assure plus ou moins le SMIC scolaire pour la majorit&#233;. Et encore, c'est la minorit&#233; des enfants d&#233;j&#224; bien pourvus &#224; la maison qui sont le plus &#224; m&#234;me d'assimiler ce plateau repas &#233;ducatif. Et ce que le fast-food scolaire n'offre pas, les nantis et tr&#232;s nantis ont mille moyens de le trouver ailleurs. &lt;br /&gt;Mais l'&#233;cole d&#233;mocratique, la vraie &#8211; pas la mal bouffe scolaire, mais la gastronomie culturelle pour tous &#8211;, qui donnerait effectivement acc&#232;s &#224; la culture, c'est-&#224;-dire aux arts, aux&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;cole actuelle assure plus ou moins le SMIC scolaire pour la majorit&#233;. Et encore, c'est la minorit&#233; des enfants d&#233;j&#224; bien pourvus &#224; la maison qui sont le plus &#224; m&#234;me d'assimiler ce plateau repas &#233;ducatif. Et ce que le fast-food scolaire n'offre pas, les nantis et tr&#232;s nantis ont mille moyens de le trouver ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'&#233;cole d&#233;mocratique, la vraie &#8211; pas la mal bouffe scolaire, mais la gastronomie culturelle pour tous &#8211;, qui donnerait effectivement acc&#232;s &#224; la culture, c'est-&#224;-dire aux arts, aux sciences, &#224; la litt&#233;rature, aux techniques et autres arts de vivre &#224; l'ensemble de la jeune g&#233;n&#233;ration ? Comment la mettre en place ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'heure, pas besoin de rechercher de nouvelles recettes p&#233;dagogiques. De ce c&#244;t&#233;-l&#224;, il n'y a pas franchement p&#233;nurie. Transmettre efficacement le savoir aux m&#244;mes, sans qu'ils regardent les mouches voler en attendant de chahuter, en fait, on sait faire. Les &#233;coles exp&#233;rimentales et pionni&#232;res, anim&#233;es par des p&#233;dagogues li&#233;s au mouvement ouvrier ou simplement aux r&#233;formateurs bourgeois, n'ont pas manqu&#233; depuis cent cinquante ans. La recherche p&#233;dagogique elle-m&#234;me se porte plut&#244;t bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenez une &#233;quipe pluridisciplinaire constitu&#233;e d'&#233;ducateurs confirm&#233;s, c'est-&#224;-dire ayant aussi une exp&#233;rience de la vie sociale et professionnelle, et de quelques artistes : faites-l&#224; suivre une classe de quartier populaire quelques ann&#233;es de suite. Les r&#233;sultats seront l&#224; (ils sont d&#233;j&#224; l&#224;, &#224; titre &#171; exp&#233;rimental &#187;, car les bonnes id&#233;es ne sont jamais appliqu&#233;es qu'&#224; titre exp&#233;rimental dans cette fichue soci&#233;t&#233;). Bref, mettez un encadrement &#224; raison&#8230; disons d'un adulte comp&#233;tent du monde scolaire et extra scolaire pour cinq m&#244;mes, durant l'ensemble de leur cursus &#233;l&#233;mentaire. Oui, les r&#233;sultats seront l&#224;. Et comment !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah, &#231;a n'assurera pas forc&#233;ment un poste de ministre, de cadre sup&#233;rieur ou d'avocat d'affaires &#224; votre rejeton, ni m&#234;me un emploi tout court ! Cela ne lui donnera sans doute m&#234;me pas le go&#251;t de la r&#233;ussite sociale. Heureusement : imaginez une soci&#233;t&#233; exclusivement peupl&#233;e de ministres, d'avocats d'affaires et de Bill Gates&#8230; l'enfer ! Tout au plus cela lui donnera-t-il le go&#251;t d'un certain type d'efforts complexes, autrement dit d'un certain plaisir de vivre. Ne pariez pas l&#224;-dessus non plus pour en faire un bon petit citoyen, un anti-sauvageon comme les voudraient nos Chev&#232;nement, All&#232;gre et autres Jack Lang. L'acc&#232;s &#224; la culture, la vraie, ce n'est pas l'&#233;cole de l'ennui, donc de la docilit&#233; ou du conformisme. Des m&#244;mes du peuple tr&#232;s &#233;duqu&#233;s, cela peut faire, en toute connaissance de cause, des m&#244;mes du peuple tr&#232;s rebelles. Mais au fond, ne serait-ce pas-l&#224; le meilleur pari sur l'avenir ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les bons comptes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Bon. Ne r&#234;vons m&#234;me pas. Faisons seulement quelques comptes. Un quart de la population du pays est aujourd'hui scolaris&#233;e (12,4 millions d'&#233;l&#232;ves et d'&#233;tudiants). Ce que les statistiques officielles appellent &lt;em&gt;la D&#233;pense Int&#233;rieure d'Education&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Cette DIE (D&#233;pense Int&#233;rieure d'Education) est assur&#233;e essentiellement par (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;, c'est-&#224;-dire &#171; &lt;em&gt;l'effort consenti par la collectivit&#233; nationale pour le fonctionnement et le d&#233;veloppement du syst&#232;me &#233;ducatif&lt;/em&gt; &#187;, repr&#233;sente 7,4 % du PIB (Produit Int&#233;rieur Brut). 7,4 % du PIB pour l'alphab&#233;tisation, la formation et l'&#233;ducation de la jeune g&#233;n&#233;ration (le quart de la population !) cens&#233;e assurer la perp&#233;tuation et l'essor de la civilisation, cela rel&#232;ve de l'&#233;conomie culturelle de p&#233;nurie. Il est vrai que c'est un choix de soci&#233;t&#233;, de leur soci&#233;t&#233;. Simple question : quelle part du PIB repr&#233;sente aujourd'hui ce qu'on pourrait appeler la d&#233;pense int&#233;rieure publicitaire ? Il est &#233;vident qu'un gouvernement sous contr&#244;le ouvrier ferait d'autres choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Petit zoom sur le d&#233;tail des d&#233;penses actuelles d'&#233;ducation : en moyenne, la collectivit&#233; nationale, donc, consacre chaque ann&#233;e 34 900 francs par &#233;l&#232;ve ou &#233;tudiant. C'est une moyenne. Une ann&#233;e d'enfant en maternelle vaut 22 400 francs, une ann&#233;e en primaire, 23 000. A l'autre bout de la scolarit&#233;, l'ann&#233;e d'un &#233;l&#232;ve ing&#233;nieur universitaire co&#251;te 89 200 francs, pr&#232;s de quatre fois plus (chiffres du minist&#232;re). Normal ? L&#224; aussi, question de choix. Nul doute qu'il faille au moins ces 89 200 F par an pour faire un ing&#233;nieur correct. Et si, pour commencer, la soci&#233;t&#233; consentait par an pour l'&#233;ducation de tous les bambins et les m&#244;mes de moins de onze ans ne serait-ce qu'autant que ce qu'elle donne par an pour un fils de famille admis dans une grande &#233;cole ? Quatre fois plus de moyens, cela signifierait cinq &#224; six &#233;l&#232;ves par section en maternelle et primaire (dit autrement un encadrement d'un adulte pour 5 enfants) au lieu des 25 enfants et plus actuels par classe. D&#233;j&#224; un &#233;norme changement qualitatif ! Cela ne voudra sans doute pas dire tous ing&#233;nieurs en fin de course. Mais peut-&#234;tre une g&#233;n&#233;ration d'ouvriers et d'employ&#233;s qui n'auront plus envie que d'autres parlent &#224; leur place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une utopie, un syst&#232;me &#233;ducatif qui pr&#233;voit plus d'argent pour une ann&#233;e de maternelle, de primaire et de secondaire g&#233;n&#233;ral que pour un &#233;l&#232;ve de Polytechnique ou de Centrale ? L&#224; aussi. Tenons-nous &#224; de froides comparaisons : le co&#251;t d'un chien de travail (chien d'avalanche, chien guide, chien policier&#8230;) au bout de 18 mois &#224; 2 ans de dressage (pardon, pour ce qui est des chiens, on dit d&#233;sormais entra&#238;nement ou &#171; &#233;ducation &#187; canine) revient environ &#224; 80 000 francs. Autrement dit, l'ann&#233;e &#233;ducative canine revient un peu plus cher que l'ann&#233;e &#233;ducative de l'enfant de maternelle ou de primaire&#8230; Bref, la collectivit&#233; actuelle consacre un peu plus d'effort &#224; l'&#233;ducation de ses chiens que de ses m&#244;mes ! Par quoi commencerait une v&#233;ritable r&#233;forme de l'&#233;ducation ? Soyons modestes : faire en sorte qu'une ann&#233;e m&#244;me repr&#233;sente deux ou trois ann&#233;es chien. Ce ne serait pas encore le socialisme, mais cela &#233;claircirait un peu l'horizon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Huguette Chevireau&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Ailleurs comme ici&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pendant quatre ans, une &#233;quipe de chercheurs britanniques, sous la direction du professeur Peter Blatchford (Universit&#233; de Londres), a suivi deux groupes de 8000 &#233;l&#232;ves durant les trois premi&#232;res ann&#233;es de l'&#233;cole fondamentale (4 &#224; 7 ans). Elle a mis en &#233;vidence que la r&#233;ussite scolaire est favoris&#233;e par des classes moins nombreuses. En math&#233;matiques, en lecture, des classes de 15 &#233;l&#232;ves permettent de mieux apprendre, plus vite et r&#233;duit les &#233;cart de r&#233;sultats entre les enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme quoi les innovations p&#233;dagogiques n'ont pas la facult&#233; de gommer les difficult&#233;s n&#233;es des classes surcharg&#233;es. Mais il est &#233;vident que ces conclusions, par leurs incidences budg&#233;taires (augmentation de 20 % du budget de l'Education en Grande Bretagne) n'est pas pour plaire aux gouvernements de l'Union europ&#233;enne, quelle que soit leur couleur politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M.G.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cette DIE (D&#233;pense Int&#233;rieure d'Education) est assur&#233;e essentiellement par l'Etat (65 %) et les collectivit&#233;s territoriales (20 %). Les m&#233;nages, avec un peu plus de 7 %, sont le troisi&#232;me financeur. Viennent seulement ensuite les entreprises avec &#224; peine 6 % (par le biais de la taxe d'apprentissage et du financement de la formation continue), puis les organismes de S&#233;curit&#233; Sociale (1 %) et les autres administrations (1 %) &#8211; Notes d'information du minist&#232;re de l'Education Nationale d'ao&#251;t 1997.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Leur &#233;cole et la n&#244;tre
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		<dc:date>2000-11-30T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Enseignement
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
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		<description>Il serait vain et pr&#233;tentieux de vouloir d&#233;terminer ce que sera l'&#233;cole dans une soci&#233;t&#233; lib&#233;r&#233;e de l'exploitation capitaliste. On peut cependant se risquer au moins &#224; une affirmation, c'est qu'elle ne sera pas une simple transformation et d&#233;mocratisation de l'institution scolaire actuelle. Le syst&#232;me scolaire, sa structure m&#234;me et son contenu, sont fondamentalement d&#233;termin&#233;s pour r&#233;pondre aux besoins de la bourgeoisie &#224; la fois en terme de formation-qualification de la force de travail et d'encadrement&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-La-crise-de-l-ecole-le-mirage-de-la-democratisation-scolaire-" rel="directory"&gt;DOSSIER : La crise de l'&#233;cole : le mirage de la d&#233;mocratisation scolaire
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Enseignement-+" rel="tag"&gt;Enseignement
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Societe-74-+" rel="tag"&gt;Soci&#233;t&#233;
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il serait vain et pr&#233;tentieux de vouloir d&#233;terminer ce que sera l'&#233;cole dans une soci&#233;t&#233; lib&#233;r&#233;e de l'exploitation capitaliste. On peut cependant se risquer au moins &#224; une affirmation, c'est qu'elle ne sera pas une simple transformation et d&#233;mocratisation de l'institution scolaire actuelle. Le syst&#232;me scolaire, sa structure m&#234;me et son contenu, sont fondamentalement d&#233;termin&#233;s pour r&#233;pondre aux besoins de la bourgeoisie &#224; la fois en terme de formation-qualification de la force de travail et d'encadrement de la jeunesse (discipline, contenu id&#233;ologique, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si les conditions sociales, politiques et culturelles ont chang&#233;, il n'est pas inutile de revenir &#224; la fois &#224; la probl&#233;matique de l'exp&#233;rience sovi&#233;tique des ann&#233;es qui ont imm&#233;diatement suivi la r&#233;volution russe, et &#224; celle, li&#233;e pour partie &#224; la premi&#232;re, de ce qu'on a appel&#233; &lt;em&gt;le Front culturel rouge&lt;/em&gt; qui se d&#233;veloppera dans les ann&#233;es 1920, notamment en France et en Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;cret du 16 octobre 1918, &#233;crit par Lounatcharsky, d&#233;finit la politique sovi&#233;tique en mati&#232;re d'&#233;ducation. On peut regrouper les mesures en trois cat&#233;gories :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;a) la mise en place d'un syst&#232;me &#233;ducatif unique, gratuit et obligatoire.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est compos&#233; de deux degr&#233;s (7/13 ans et 13/17 ans) avec regroupement des &#233;tablissements. &#171; La classification des ma&#238;tres d'apr&#232;s des cat&#233;gories est abolie et tous les travailleurs scolaires per&#231;oivent les m&#234;mes indemnit&#233;s&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Publi&#233; dans &#171; L'Internationale communiste et l'&#233;cole de classe &#187;. Daniel (...)' id='nh3-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; &#187;. Mais il faut noter que cette &#233;cole n'entra&#238;ne ni &#233;tatisation, ni uniformit&#233; puisque l'article 11 indique que &#171; le r&#232;glement pr&#233;sentement &#233;tabli s'applique &#224; toutes les &#233;coles fond&#233;es sur initiative priv&#233;e. Il pourra &#234;tre accord&#233; &#224; ces &#233;coles des cr&#233;dits &#233;tatiques suppl&#233;mentaires, dans le cas o&#249; elles auront &#233;t&#233; reconnues par la section locale pour la formation du peuple, comme m&#233;ritant d'&#234;tre encourag&#233;es &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;b) un syst&#232;me &#233;ducatif qui lie travail scolaire et travail productif&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une remise en cause radicale de l'&#233;cole comme institution s&#233;par&#233;e de la soci&#233;t&#233; : &#171; Le fondement de la vie scolaire doit &#234;tre le travail productif (&#8230;) en tant qu'activit&#233; productive et socialement n&#233;cessaire. Il doit &#234;tre li&#233; &#233;troitement et de mani&#232;re organique &#224; l'enseignement et se doit de saisir scientifiquement la r&#233;alit&#233; ext&#233;rieure dans sa totalit&#233;. (&#8230;) Le principe du travail devient un moyen p&#233;dagogique efficace, lorsque le travail &#224; l'&#233;cole, tout en &#233;tant planifi&#233; et organis&#233; socialement, est men&#233; de mani&#232;re cr&#233;ative, ex&#233;cut&#233; avec joie et sans exercer une action violente sur la personnalit&#233; de l'enfant. Dans ce sens, l'&#233;cole repr&#233;sente une &#171; commune scolaire qui, par son proc&#232;s de travail, &#233;tablit une liaison &#233;troite et organique avec le monde ext&#233;rieur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle conception de la vie scolaire ne peut &#234;tre d&#233;fendue, bien s&#251;r, dans le cadre du capitalisme o&#249; le travail des enfants ou des adolescents est directement soumis &#224; l'exploitation capitaliste. Et nous sommes bien &#233;videmment pour l'interdiction du travail des enfants ou contre toute mesure qui vise &#224; raccourcir la dur&#233;e de scolarisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;c) un syst&#232;me &#233;ducatif non r&#233;pressif et qui ne s&#233;lectionne pas&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne doit donner aucun devoir ni aucun travail obligatoire &#224; faire &#224; la maison. A l'&#233;cole aucune punition d'aucune sorte n'est tol&#233;r&#233;e. Toutes les &#233;preuves : examens d'entr&#233;e, examens de passage et examens de sortie, sont supprim&#233;es. A cela, s'ajoute une v&#233;ritable organisation autogestionnaire des &#233;tablissement scolaires o&#249; les &#233;l&#232;ves ont toute leur place et o&#249; le paternalisme est exclu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces mesures, qui seront toutes remises en cause &#224; partir de 1928, sont pour partie marqu&#233;es par le contexte historique. Mais elles ont pourtant un int&#233;r&#234;t : celui de ne pas consid&#233;rer l'&#233;cole telle qu'elle &#233;tait (ou comme elle est aujourd'hui) comme quelque chose de naturel et de pr&#233;coniser une v&#233;ritable rupture et non pas une simple transformation de la conception du syst&#232;me &#233;ducatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, cette approche de l'&#233;cole sera d&#233;fendue par le Front culturel rouge ce qui allait de pair avec une critique radicale de l'institution scolaire suivant laquelle &#171; la vieille &#233;cole ne peut servir au prol&#233;tariat &#187;. Pour les r&#233;volutionnaires des ann&#233;es 1920, l'&#233;cole fait partie de l'appareil d'Etat capitaliste et il s'agit pour eux de gripper le fonctionnement de toutes les institutions de l'Etat, y compris l'&#233;cole, de mener une v&#233;ritable gu&#233;rilla scolaire. Ainsi, pour ne prendre qu'un exemple, lors du cinquanti&#232;me anniversaire de l'&#233;cole de Jules Ferry, l'Internationale des Travailleurs de l'Enseignement (ITE) sortait une affiche sur laquelle on pouvait lire : &#171; &lt;em&gt;A bas les f&#234;tes du cinquantenaire ! Travailleur ! La bourgeoisie se sert de l'&#233;cole contre toi et tes enfants !&lt;/em&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conception allait heurter de plein fouet les traditions les plus gauches qui existaient en France et qui d&#233;fendaient la neutralit&#233; scolaire et la la&#239;cit&#233;, deux questions consid&#233;r&#233;es avec raison comme de totales supercheries par l'ITE, autour desquelles d'ailleurs s'est constitu&#233;e une alliance de classe entre bourgeoisie, petite bourgeoisie mais aussi mouvement ouvrier. Et &#224; y bien regarder, la question reste d'actualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, s'il est totalement justifi&#233; de lutter contre la politique lib&#233;rale dont l'&#233;cole est aujourd'hui une des cibles et qui va dans le sens d'une accentuation des discriminations sociales, on ne peut se contenter d'en rester l&#224;. Sinon, in&#233;vitablement, on tombe dans le pi&#232;ge de revendiquer la d&#233;mocratisation et l'&#233;galit&#233; scolaire alors que l'institution scolaire est fondamentalement in&#233;galitaire de par son organisation, sa conception m&#234;me de l'acquisition des connaissances, et reste un &#233;l&#233;ment essentiel de la domination id&#233;ologique de la bourgeoisie. Ce refus de remettre en cause l'institution scolaire en tant que telle est d'ailleurs un des fondements essentiels du r&#233;formisme des organisations syndicales enseignantes dans leur ensemble, lequel a malheureusement d&#233;teint bien au-del&#224;. Ni l'&#233;cole de Jules Ferry, ni celle d'aujourd'hui ne sont les n&#244;tres. Une institution qui n'est certes pas &#224; l'abri de crises qui expriment soit une inadaptation face aux besoins de la soci&#233;t&#233; capitaliste elle-m&#234;me, soit qui est le produit de la contradiction entre sa fonction et ses objectifs et les aspirations de la jeunesse comme cela a &#233;t&#233; le cas en Mai 68, mais aussi potentiellement dans le cadre des mobilisations de la Seine Saint-Denis. Et c'est bien sur ces luttes qu'il faut s'appuyer pour remettre en cause l'institution scolaire en tant que telle, remise en cause qui doit &#234;tre partie prenante d'une perspective r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;once Aguirre&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb3-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-1' class='spip_note' title='Notes 3-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Publi&#233; dans &#171; L'Internationale communiste et l'&#233;cole de classe &#187;. Daniel Lindenberg. Collection Fran&#231;ois Maspero&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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