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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskyste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> Croissance et mondialisation : des raisons pour une reprise de l'offensive ouvri&#232;re
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		<dc:subject>Mondialisation
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		<dc:subject>Politique
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		<description>Ressass&#233; et d&#233;velopp&#233; sur tous les tons, le concept de mondialisation ou de globalisation s'est aujourd'hui impos&#233;. Pour les partisans du capitalisme l'id&#233;e que celui-ci conna&#238;trait un nouvel essor ne fait plus de doute, m&#234;me si les raisons, les caract&#233;ristiques et l'importance de cette mutation sont en d&#233;bat. &lt;br /&gt;Et si il y a encore quelques ann&#233;es, en Europe et en France, beaucoup accueillaient cette mondialisation avec m&#233;fiance, r&#233;ticences et r&#233;serves, aujourd'hui ce n'est plus le cas. La croissance&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ressass&#233; et d&#233;velopp&#233; sur tous les tons, le concept de mondialisation ou de globalisation s'est aujourd'hui impos&#233;. Pour les partisans du capitalisme l'id&#233;e que celui-ci conna&#238;trait un nouvel essor ne fait plus de doute, m&#234;me si les raisons, les caract&#233;ristiques et l'importance de cette mutation sont en d&#233;bat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si il y a encore quelques ann&#233;es, en Europe et en France, beaucoup accueillaient cette mondialisation avec m&#233;fiance, r&#233;ticences et r&#233;serves, aujourd'hui ce n'est plus le cas. La croissance n'est-elle pas enfin l&#224; ? Pour les &#233;conomistes comme pour les politiciens, de droite comme de gauche, la seule question restante est celle de savoir comment profiter &#224; plein des opportunit&#233;s nouvelles que cette mondialisation apporterait.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La croissance des in&#233;galit&#233;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il n'est certainement pas encore &#233;tabli que nous sommes au d&#233;but d'une nouvelle &#232;re de l'&#233;conomie capitaliste. Les bouleversements et les changements introduits par les &#171; nouvelles technologies &#187; ou Internet sont tangibles. Mais la place de la &#171; nouvelle &#233;conomie &#187; dans l'histoire n'est pas encore exactement mesur&#233;e. Et la dur&#233;e de la p&#233;riode de croissance dans laquelle nous sommes entr&#233;s reste &#224; voir. Ce n'est que dans les ann&#233;es 70, alors que nous &#233;tions donc d&#233;j&#224; dans ce qu'on appelle maintenant les &#171; vingt piteuses &#187;, que l'on s'est mis &#224; parler des &#171; trente glorieuses &#187; pr&#233;c&#233;dentes. Quel adjectif m&#233;riteront les dix, vingt ou trente ann&#233;es prochaines ? La r&#233;ponse dans dix, vingt ou trente ans sans doute, &#224; moins qu'une catastrophe &#233;conomique et sociale, telle que le capitalisme en a connu &#224; plusieurs reprises durant son histoire, ne la fournisse beaucoup plus t&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a une autre question tout aussi importante, &#224; laquelle nous avons d&#232;s maintenant un commencement de r&#233;ponse. Quelles sont donc les caract&#233;ristiques et les cons&#233;quences de la croissance que connaissent les Etats-Unis depuis dix ans et l'Europe et la France depuis un an ou deux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La croissance permet de r&#233;duire le ch&#244;mage. R&#233;duire, pas supprimer. Loin de l&#224;. Les chiffres officiels, et arrang&#233;s comme partout pour les besoins de la cause, du ch&#244;mage aux Etats-unis montrent que m&#234;me en plein boom il reste un volant de ch&#244;meurs irr&#233;ductible, que les &#233;conomistes ont baptis&#233; &#171; structurel &#187;. Le taux varierait, para&#238;t-il et sans qu'une explication bien claire ne soit fournie, suivant les pays, de 4 ou 5 % aux Etats-Unis, de 6 &#224; 8 % en Europe. Nous sommes encore bien au-dessus en France. Mais de toute fa&#231;on cela fait des millions, et m&#234;me des dizaines de millions de ch&#244;meurs et d'exclus &lt;em&gt;ad vitam capitalistam aeternam&lt;/em&gt; rien que dans les zones du monde les plus avanc&#233;es et prosp&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La croissance se traduit surtout par la croissance des in&#233;galit&#233;s : l'accumulation de nouvelles richesses et de nouveaux capitaux &#224; un bout de la soci&#233;t&#233;, l'extension de la pauvret&#233;, de l'exclusion, d'une exploitation aggrav&#233;e et de conditions de vie mis&#233;rables &#224; l'autre. L'exemple des Etats-Unis depuis dix ans est probant. Celui de la France, o&#249; depuis deux ou trois ans la pr&#233;carit&#233; augmente en proportion de la diminution du ch&#244;mage, tout autant.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La mondialisation et l'actualit&#233; du communisme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Durant ces &#171; vingt piteuses &#187;, o&#249; le ch&#244;mage n'a fait que cro&#238;tre (m&#234;me quand les profits, eux, augmentaient) la classe ouvri&#232;re, en France comme dans le monde, a &#233;t&#233; essentiellement sur la d&#233;fensive. La faute au ch&#244;mage et &#224; la crise, qui pesaient effectivement lourdement, mais qui furent surtout de formidables excuses pour les pr&#233;tendus leaders syndicalistes ou politiques du prol&#233;tariat pour pr&#234;cher l'acceptation et la r&#233;signation ou, au mieux, des combats d&#233;fensifs. Or les combats d&#233;fensifs, m&#234;me quand ils ont impos&#233; quelques coups d'arr&#234;t momentan&#233;s &#224; l'offensive capitaliste, n'avaient aucune chance de s'opposer &#224; la d&#233;t&#233;rioration de la situation de la plus grande masse des salari&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La croissance revenue, que ce soit momentan&#233;ment ou durablement, cr&#233;e une nouvelle situation. Mais celle-ci ne supprime pas la n&#233;cessit&#233; de lutter si l'on ne veut pas voir les conditions de vie de la majorit&#233; continuer &#224; se d&#233;t&#233;riorer. Et elle ne supprime pas plus la n&#233;cessit&#233; de donner &#224; la lutte un tour offensif si on veut vraiment aboutir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, par exemple, le Plan d'urgence d&#233;fendu par LO et la LCR l'ann&#233;e derni&#232;re &#224; l'occasion des &#233;lections europ&#233;ennes, demeure d'actualit&#233;. Il ne reste pas seulement valable dans ses grandes lignes puisque, croissance ou pas, le ch&#244;mage, la pr&#233;carit&#233;, la pression sur les salaires, la d&#233;t&#233;rioration des services publics et des conditions de vie, l'aggravation de l'intensit&#233; et des conditions de travail continuent. Il reste valable aussi parce qu'il propose un but qui permettrait le regroupement des forces et le d&#233;veloppement d'une lutte enfin offensive. Car c'est bien au moment o&#249; les b&#233;n&#233;fices des capitalistes, les rentr&#233;es budg&#233;taires du gouvernement, les prix des actions en bourse battent partout des records que les salari&#233;s peuvent et doivent revoir &#224; la hausse leurs revendications et leurs exigences et passer &#224; l'offensive (et que leurs organisations et leurs leaders n'ont plus d'excuse pour tourner le dos &#224; celle-ci).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La croissance ne change rien aux t&#226;ches et aux buts fondamentaux que peuvent et doivent s'assigner le mouvement ouvrier et le mouvement r&#233;volutionnaire. La mondialisation non plus. Plus le capital &#233;tend son emprise et s'internationalise, plus l'&#233;conomie de march&#233; se renforce, et plus ils augmentent les richesses du monde mais plus aussi ils les r&#233;partissent in&#233;quitablement. Ainsi la mondialisation, loin de r&#233;habiliter le r&#233;formisme, appelle au contraire une r&#233;volution, une autre organisation sociale, plus juste, le communisme, &#224; qui elle donne les bases mat&#233;rielles de sa r&#233;alisation. Au d&#233;but du vingti&#232;me si&#232;cle la r&#233;volution socialiste en Russie, cantonn&#233;e d'abord par les imp&#233;rialistes ensuite par les bureaucrates &#224; un pays sous-d&#233;velopp&#233; et arri&#233;r&#233;, a sombr&#233; pour n'avoir eu &#224; partager que la mis&#232;re. La mondialisation capitaliste du vingt-et-uni&#232;me si&#232;cle appelle une nouvelle tentative, qui sera cette fois bas&#233;e sur le partage et l'exploitation des richesses accumul&#233;es &#224; l'&#233;chelle du monde entier, au profit, enfin, de l'ensemble de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> L'exemple de la croissance am&#233;ricaine
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/L-exemple-de-la-croissance-americaine</link>
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		<dc:subject>&#233;conomie
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>USA
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		<description>Aux Etats-Unis, l'&#233;conomie conna&#238;t sa plus longue phase de croissance depuis 50 ans. La Bourse y vole de records en records, comme l'indique la progression du Dow Jones, un indice synth&#233;tisant la valeur boursi&#232;re des principaux titres cot&#233;s. De 1972 &#224; 1987, cet indice passait de 1000 &#224; 2000, avant de franchir la barre des 4000 en f&#233;vrier 1995, puis celle des 11 000 en d&#233;cembre 1999 : une augmentation vertigineuse et acc&#233;l&#233;r&#233;e de la capitalisation boursi&#232;re. &lt;br /&gt;Si l'on s'en tient aux indicateurs habituels&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Aux Etats-Unis, l'&#233;conomie conna&#238;t sa plus longue phase de croissance depuis 50 ans. La Bourse y vole de records en records, comme l'indique la progression du Dow Jones, un indice synth&#233;tisant la valeur boursi&#232;re des principaux titres cot&#233;s. De 1972 &#224; 1987, cet indice passait de 1000 &#224; 2000, avant de franchir la barre des 4000 en f&#233;vrier 1995, puis celle des 11 000 en d&#233;cembre 1999 : une augmentation vertigineuse et acc&#233;l&#233;r&#233;e de la capitalisation boursi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on s'en tient aux indicateurs habituels de la &#171; sant&#233; &#187; de l'&#233;conomie capitaliste, l'on peut &#233;galement dire que, pour ce qui est de la production, l'&#233;conomie am&#233;ricaine est une affaire qui marche. Depuis 1991 le pays est entr&#233; dans une phase de croissance relativement soutenue de son Produit int&#233;rieur brut (c'est-&#224;-dire de la richesse totale cr&#233;&#233;e, du moins de la richesse marchande), au rythme de 3,1% par an, en moyenne. Par rapport aux pr&#233;c&#233;dents (1960-67 et 1982-89), ce cycle n'a rien d'exceptionnel, mais la croissance de la production et des profits est aux antipodes de la d&#233;pression &#233;conomique caract&#233;ristique des p&#233;riodes de crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les apologistes du capitalisme s'empressent d'ajouter que le ch&#244;mage a diminu&#233; de fa&#231;on impressionnante, pour atteindre aujourd'hui moins de 5 % de la population active. Une croissance soutenue, cr&#233;atrice d'emplois, et en plus peu inflationniste : le capitalisme am&#233;ricain semble avoir r&#233;solu la quadrature du cercle de l'&#233;conomie bourgeoise. Les &#233;conomistes sont satisfaits. Mais les travailleurs ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Baisse du ch&#244;mage... et des salaires&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Car si la croissance am&#233;ricaine est &#171; cr&#233;atrice d'emplois &#187;, il s'agit surtout d'emplois peu qualifi&#233;s et mal pay&#233;s, ce qui se traduit par une stagnation, voire une diminution pour les ouvriers, du pouvoir d'achat des salaires. Certes l'expansion de l'&#233;conomie am&#233;ricaine a aussi engendr&#233; des emplois &#224; revenus &#233;lev&#233;s (cadres, informaticiens) ou plus &#233;lev&#233;s que la moyenne (enseignants, infirmi&#232;res agr&#233;&#233;es). Les emplois cr&#233;&#233;s se partagent en fait entre ce type d'emplois qualifi&#233;s et une masse d'emplois tr&#232;s peu qualifi&#233;s, au d&#233;triment des emplois &#224; revenus moyens. Les &#171; petits boulots &#187; concernent surtout le secteur &#171; tertiaire &#187; (tout ce qui n'est ni agricole ni industriel), et plus pr&#233;cis&#233;ment le commerce de d&#233;tail, la restauration (emplois de caissiers, de vendeurs, de serveurs), les transports (chauffeurs routiers) ou encore&#8230; le secteur p&#233;nitencier (gardiens de prison !). Or, si au cours des ann&#233;es soixante et soixante-dix, le pouvoir d'achat de ces petits salaires augmentait r&#233;guli&#232;rement, ce n'est plus le cas depuis. Ainsi, entre 1970 et 1995, le pouvoir d'achat du salaire horaire des &#171; ouvriers et cat&#233;gories d'ex&#233;cution &#187; a recul&#233; de&#8230; 20 %. Dans ces conditions il n'est pas &#233;tonnant de voir se multiplier les &#171; working poors &#187;, ces travailleurs &#224; temps plein dont le salaire est inf&#233;rieur au seuil de pauvret&#233;, et qui sont pass&#233;s de 12 % en 1979 &#224; plus de 16 % de la population active en 1994.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Augmentation des in&#233;galit&#233;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La croissance am&#233;ricaine ne profite donc pas pareillement &#224; tous. Les plus pauvres sont devenus plus pauvres : le cinqui&#232;me des Am&#233;ricains les plus d&#233;favoris&#233;s a re&#231;u 3,6 % du revenu total en 1997 contre 4,4 % en 1977. Et les plus riches sont devenus plus riches : le cinqui&#232;me des plus favoris&#233;s a per&#231;u 49,4 % de ce revenu contre 43,6 % vingt ans plus t&#244;t. Contrairement au mythe de l'&#171; actionnariat populaire &#187;, les actions boursi&#232;res sont aux mains d'une minorit&#233;, 10 % des plus favoris&#233;s poss&#233;dant 85 % des actions, les 0,5 % les plus riches en poss&#233;dant &#224; eux seuls le tiers&#8230; Au sommet de la pyramide sociale, ces 0,5 % de familles les plus riches ont vu ainsi, entre 1992 et 1995, leur part de la richesse totale passer de 22,6 &#224; 27,6 % !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La croissance am&#233;ricaine pourrait encore durer, mais elle ne ferait que d&#233;montrer un peu plus &#224; quel point le capitalisme, lorsqu'il engendre de la croissance, fait aussi exploser les in&#233;galit&#233;s. Elle pourrait aussi, comme apr&#232;s l'expansion des ann&#233;es vingt, d&#233;boucher sur une violente crise d'origine financi&#232;re. Certains &#233;conomistes estiment en effet qu'&#224; Wall Street le cours des actions serait sur&#233;valu&#233; de 40 %. Une bulle sp&#233;culative se serait ainsi constitu&#233;e qui, comme en Asie en 1998, pourrait &#233;clater avec des cons&#233;quences autrement plus d&#233;vastatrices pour l'ensemble de l'&#233;conomie mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les cas la croissance am&#233;ricaine ne repr&#233;sente une alternative enviable que pour les capitalistes qui, de ce c&#244;t&#233;-ci de l'Atlantique, s'en servent d'exemple pour aller toujours plus loin dans la pr&#233;carisation de l'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Thomas SAUILLEUR&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Un Etat de plus en plus r&#233;pressif&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Aux Etats-Unis, l'on compte aujourd'hui 1,7 millions d'adultes emprisonn&#233;s. C'est le r&#233;sultat d'une progression spectaculaire des taux d'incarc&#233;ration pass&#233;s de 96 d&#233;tenus pour 100 000 habitants en 1970 &#224; 138 en 1980, puis &#224; 329 en 1991. En 1997, ce taux atteignait 648 pour 100 000, soit un niveau six &#224; dix fois sup&#233;rieur &#224; celui de la plupart des pays industrialis&#233;s (en France, ce taux &#233;tait alors de 90 pour 100 000). Dans un pays o&#249;, para&#238;t-il, l'Etat intervient moins dans la vie &#233;conomique qu'en Europe, l'administration p&#233;nitentiaire soustrait ainsi du march&#233; du travail des centaines de milliers d'individus, qui sont retir&#233;s du monde... et des chiffres du ch&#244;mage, pour aller croupir au fond d'une cellule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette augmentation du nombre de d&#233;tenus ne traduit-elle pas tout simplement une augmentation de la d&#233;linquance et de la criminalit&#233; ? C'est le contraire d'apr&#232;s les chiffres du Minist&#232;re de la Justice, qui indiquent, par exemple, que le taux de crimes violents (vols divers, attaques &#224; main arm&#233;e ou sans arme, viols) atteint en 1997 son minimum depuis 1973 &#224; 39 pour 1000 personnes. Ce n'est donc pas l'accroissement de la criminalit&#233; qui explique celui du nombre de prisonniers, mais le durcissement de l'appareil judiciaire, qui jette plus souvent en prison les auteurs de vols ou de trafics de drogue arr&#234;t&#233;s, et pour plus longtemps qu'avant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Nouvelle phase de concentration et d'agressivit&#233; du capital
</title>
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		<dc:subject>Capitalisme
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		<dc:subject>&#233;conomie
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		<dc:subject>Monde
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		<description>La lib&#233;ralisation des march&#233;s des capitaux a &#233;t&#233; soutenue par le perfectionnement des instruments de la finance et par les privatisations des entreprises publiques et a d&#233;bouch&#233; sur un renforcement des grands groupes multinationaux. &lt;br /&gt;60 000 multinationales contr&#244;laient en 1998 un quart de la production mondiale avec un chiffre d'affaires de 11 000 milliards de dollars, alors que le chiffre d'affaires du commerce mondial est de 7 000 milliards de dollars. Il est &#224; noter que 90 des 100 premi&#232;res&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La lib&#233;ralisation des march&#233;s des capitaux a &#233;t&#233; soutenue par le perfectionnement des instruments de la finance et par les privatisations des entreprises publiques et a d&#233;bouch&#233; sur un renforcement des grands groupes multinationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;60 000 multinationales contr&#244;laient en 1998 un quart de la production mondiale avec un chiffre d'affaires de 11 000 milliards de dollars, alors que le chiffre d'affaires du commerce mondial est de 7 000 milliards de dollars. Il est &#224; noter que 90 des 100 premi&#232;res multinationales sont originaires des Etats-Unis, de l'Europe ou du Japon (rapport 1999 de la Conf&#233;rence des Nations Unies pour le D&#233;veloppement). La concentration par fusions ou acquisitions entre les grands groupes s'est acc&#233;l&#233;r&#233;e tr&#232;s fortement depuis 1997, touchant tous les secteurs : m&#233;tallurgie, automobile, chimie, pharmacie, agroalimentaire, informatique, banque et assurance, commerce, communication. Les rapprochements entre entreprises ont ainsi atteint 2200 milliards de dollars pour les neuf premiers mois de 1999, en augmentation de 16 % sur la m&#234;me p&#233;riode de l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, et s'acc&#233;l&#232;rent encore depuis. Ces concentrations correspondent &#224; l'exacerbation de la concurrence entre grands groupes capitalistes, et permettent d'imposer une pression encore plus forte sur les petites entreprises sous-traitantes et au final sur tous les travailleurs et consommateurs. De mani&#232;re imm&#233;diate elles se traduisent par de nouvelles vagues de licenciements au nom de la &#171; rationalisation &#187; de ces entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La course au profit &#224; court terme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le poids politique et le pouvoir de nuisance des multinationales dans les pays o&#249; elles s'implantent sont d'autant plus importants qu'elles sont en mesure de bouger rapidement leurs unit&#233;s de production d'un pays &#224; l'autre. Par ailleurs la mani&#232;re m&#234;me dont fonctionnent ces entreprises a profond&#233;ment &#233;volu&#233; avec la globalisation financi&#232;re, entra&#238;nant le recul de certains secteurs au profit d'autres plus &#171; modernes &#187;. Et surtout le pouvoir dans l'entreprise s'est modifi&#233;, avec un retour en force de la logique dite &#171; patrimoniale &#187;, celle des actionnaires donc de la rentabilit&#233; &#224; court terme (la recherche d'un rendement annuel de 15 % pour les capitaux investis). Cette globalisation financi&#232;re p&#232;se sur l'organisation du travail comme sur l'emploi, sur la strat&#233;gie des entreprises et sur les politiques &#233;conomiques et sociales des Etats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Christian RIALTO&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Vous avez dit sortie de crise ?
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		<dc:subject>&#233;conomie
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Finance
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		<description>Depuis vingt-cinq ans les capitalistes ont peu &#224; peu structur&#233; l'offensive f&#233;roce qu'ils m&#232;nent contre les travailleurs pour tenter de trouver une issue &#224; la crise &#233;conomique qui &#233;branle leur syst&#232;me de domination. Eclatant au grand jour &#224; partir de 1974, cette crise est n&#233;e de la difficult&#233; que les capitalistes ont rencontr&#233; dans leur volont&#233; de maintenir des taux de profit significatifs. Leurs efforts pour redresser ces profits se sont d'abord traduits par une forte instabilit&#233; des prix, par des&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis vingt-cinq ans les capitalistes ont peu &#224; peu structur&#233; l'offensive f&#233;roce qu'ils m&#232;nent contre les travailleurs pour tenter de trouver une issue &#224; la crise &#233;conomique qui &#233;branle leur syst&#232;me de domination. Eclatant au grand jour &#224; partir de 1974, cette crise est n&#233;e de la difficult&#233; que les capitalistes ont rencontr&#233; dans leur volont&#233; de maintenir des taux de profit significatifs. Leurs efforts pour redresser ces profits se sont d'abord traduits par une forte instabilit&#233; des prix, par des convulsions financi&#232;res et mon&#233;taires &#224; l'&#233;chelle mondiale, et surtout par une baisse importante du rythme de croissance de la production. Pour la grande majorit&#233; des populations du monde cela a rapidement signifi&#233; la stagnation ou la baisse du pouvoir d'achat, les licenciements et la mont&#233;e du ch&#244;mage de masse, ainsi que la diminution de la qualit&#233; des services publics. Cette exploitation toujours accrue des travailleurs n'avait pas vraiment jusqu'ici permis aux classes dominantes de se vanter d'avoir surmont&#233; le gros de la crise &#233;conomique mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelques mois l'humeur a chang&#233; et on nous parle d&#233;sormais de nouvelle &#232;re de prosp&#233;rit&#233; en invoquant plusieurs facteurs : la croissance &#233;conomique est forte aux USA depuis pr&#232;s de neuf ans sans discontinuer et redevient forte en Europe ces derni&#232;res ann&#233;es ; l'inflation a quasiment disparu ; les entreprises engrangent &#224; nouveau depuis plusieurs ann&#233;es des profits importants ; les march&#233;s boursiers sont euphoriques et surtout la crise financi&#232;re aigu&#235; qu'ont connue l'Asie, l'Am&#233;rique latine et la Russie en 1997-98, et qui avait renforc&#233; le sentiment de la tr&#232;s grande fragilit&#233; de la situation &#233;conomique mondiale, appara&#238;t finalement avoir pu &#234;tre dig&#233;r&#233;e rapidement par le syst&#232;me. Les m&#233;dias au service du capitalisme essaient donc de faire avancer l'id&#233;e que l'on entrerait dans un nouvel &#171; &#226;ge d'or &#187; dont les deux piliers seraient la &#171; mondialisation &#187; (ou &#171; globalisation financi&#232;re &#187;) et la &#171; nouvelle &#233;conomie &#187; (ou &#171; les nouvelles technologies de l'information &#187;). Age d'or, &#224; condition d'oublier que les deux tiers de l'humanit&#233; vivent dans une mis&#232;re absolue due &#224; un creusement sans pr&#233;c&#233;dent des in&#233;galit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le rouleau compresseur de la globalisation financi&#232;re&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est bien pour signaler un ph&#233;nom&#232;ne nouveau que l'on parle de &#171; globalisation financi&#232;re &#187;. Car l'internationalisation des &#233;conomies capitalistes n'est pas nouvelle, l'intensit&#233; des &#233;changes commerciaux &#233;tant aujourd'hui du m&#234;me ordre qu'avant la premi&#232;re guerre mondiale. En revanche la circulation financi&#232;re a fait un bond ces deux derni&#232;res d&#233;cennies en entra&#238;nant des modifications tr&#232;s rapides des structures de la production et de la consommation au niveau mondial, &#224; commencer par une vague de concentration du capital de grande ampleur. L'offensive n&#233;olib&#233;rale, commenc&#233;e &#224; la fin des ann&#233;es 70 avec comme porte-parole Reagan et Thatcher, s'est g&#233;n&#233;ralis&#233;e et syst&#233;matis&#233;e au nom de la lutte contre l'inflation et contre l'endettement public. Elle a connu une forte consolidation avec la politique de la Communaut&#233; Europ&#233;enne, comme les d&#233;cisions de lib&#233;raliser le march&#233; europ&#233;en des capitaux &#224; la Conf&#233;rence d'Evian en 1988 ou celle encadrant la mise en place de la monnaie unique &#224; Maastricht en 1992.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;volution a conduit &#224; une nouvelle mutation du salariat dans les pays centraux du capitalisme : flexibilit&#233; de l'emploi et de l'organisation du travail ; recul des r&#233;mun&#233;rations salariales au profit d'une part des r&#233;tributions accord&#233;e par l'Etat (allocations de survie et emplois pr&#233;caires pris en charge par les budgets publics), d'autre part d'une logique d'actionnaires (&#233;pargne sous forme d'actions, salaires et primes en actions d'entreprise, fonds de pension...) ayant pour but d'&#233;teindre tout risque d'&#233;l&#233;vation de la conscience de classe des travailleurs. Le ch&#244;mage diminue par la sortie de travailleurs et surtout de travailleuses de la population active, et par l'acceptation d'emplois sous-pay&#233;s qui doivent souvent &#234;tre cumul&#233;s pour permettre &#224; ceux qui les occupent de survivre. Dans les pays du Tiers monde et les pays de l'Est, cette politique aboutit presque partout &#224; une mis&#232;re accrue : chute importante du prix des mati&#232;res premi&#232;res, imposition aux pays en difficult&#233; des conditions destructrices du FMI, r&#233;duction des d&#233;penses publiques et lev&#233;e des barri&#232;res douani&#232;res qui ach&#232;vent de ruiner les &#233;conomies locales et multiplient les crises, la surexploitation et les guerres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La globalisation financi&#232;re vise donc la mise en place d'un nouveau moteur &#224; produire du profit reposant sur de nouveaux produits (nouvelles technologies), de nouveaux modes de r&#233;tribution salariale, une surexploitation g&#233;n&#233;ralis&#233;e, de nouveaux outils financiers et de nouvelles r&#233;gulations &#233;tatiques et internationales. Ce moteur dont le carburant id&#233;ologique est le lib&#233;ralisme a montr&#233; une certaine efficacit&#233; en entra&#238;nant la quasi disparition de l'inflation, une forte augmentation des profits et une croissance plus que proportionnelle des valeurs des capitaux en bourse (la valeur des actions sur le march&#233; am&#233;ricain a ainsi &#233;t&#233; multipli&#233;e par cinq depuis 1991).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les miracles attendus de la &#171; nouvelle &#233;conomie &#187;&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les nouvelles technologies de l'information (informatique, bureautique, mon&#233;tique, r&#233;seaux globaux de communications tels qu'internet...) et plus largement de &#171; l'&#233;conomie du savoir &#187; (les m&#234;me plus les biotechnologies) se d&#233;veloppent imp&#233;tueusement et sont cr&#233;dit&#233;es de tous les espoirs de r&#233;tablissement d'une &#171; onde longue &#187; de croissance capitaliste. Dans l'industrie elles permettent d'augmenter la flexibilit&#233; de la production et en m&#234;me temps offrent de nouveaux d&#233;bouch&#233;s pour la production. Dans les entreprises de services, elles permettent un approfondissement rapide du taylorisme et de la flexibilit&#233; donc de la pression sur les travailleurs et, accompagn&#233;es par la privatisation de ces entreprises, contribuent &#224; les rendre beaucoup plus rentables &#224; court terme. C'est pourquoi, m&#234;me quand les jeunes entreprises de la &#171; nouvelle &#233;conomie &#187; n'engrangent pas encore de profits, la seule perspective qu'elles puissent s'imposer plus tard entra&#238;ne leur valorisation impressionnante en bourse, sans commune mesure avec leur chiffre d'affaires actuel.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;&#8230; et les sc&#233;narios non pr&#233;vus &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pourtant plusieurs questions li&#233;es ne sont pas r&#233;gl&#233;es :&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; L'euphorie capitaliste actuelle s'appuie en grande partie sur la croissance am&#233;ricaine. Celle-ci va-t-elle tenir longtemps compte tenu d'un endettement massif des m&#233;nages et des entreprises li&#233; &#224; l'anticipation d'&#233;normes profits, provoquant une sur&#233;valuation globale des cours des actions de la bourse &#224; Wall Street estim&#233;e entre 30 &#224; 50 % (bulle financi&#232;re) ? Les tensions inter capitalistes ne vont-elles pas alors s'aiguiser en cas de retournement de tendance et amener de nouvelles convulsions &#233;conomiques ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La mondialisation financi&#232;re impliquant une totale mobilit&#233; des capitaux facilite la propagation rapide des crises financi&#232;res malgr&#233; des contre-feux sophistiqu&#233;s. L'intervention massive des Etats suffira-t-elle toujours &#224; dig&#233;rer les krachs boursiers et financiers comme cela a &#233;t&#233; le cas ces deux derni&#232;res d&#233;cennies et tout r&#233;cemment (crise asiatique, russe, br&#233;silienne...) ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Surtout, pour sortir vraiment de la crise, le syst&#232;me devrait prmposer une am&#233;lioration des conditions de vie d'une partie significative de la population du monde. Or ce n'est vraiment pas le cas aujourd'hui. Au contraire, l'essor international du capital financier repose pour l'essentiel sur sa capacit&#233; &#224; presser toujours plus le citron, comme le montrent les &#233;volutions cyniques des cours boursiers d'une part, et les rapports alarmistes sur la situation sociale dans le monde d'autre part.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Cette contradiction appelle au d&#233;veloppement de luttes offensives des travailleurs, qui, surmontant l'inertie et les freins des bureaucraties syndicales, leur permettraient de se d&#233;fendre en se coordonnant au niveau international. Le capitalisme se f&#233;licite d'avoir restaur&#233; ses profits et se vante d&#233;sormais d'une nouvelle &#232;re de croissance ? Parfait. Aux travailleurs de tous les pays d'actualiser leurs revendications, leurs liens et leurs m&#233;thodes de luttes, et de passer &#224; la contre-offensive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Christian RIALTO&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Les usuriers des temps modernes
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Dette
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		<dc:subject>Finance
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		<description>Au milieu des ann&#233;es soixante-dix, lors de la grande r&#233;cession &#233;conomique, les Etats cherchaient de nouveaux d&#233;bouch&#233;s et les banques disposaient d'une masse de capitaux. Ils consentirent aux pays du Sud des pr&#234;ts &#224; des taux d'int&#233;r&#234;t tr&#232;s faibles assortis d'exigences de productions exportables et de grands travaux donnant des d&#233;bouch&#233;s aux pays industriels. &lt;br /&gt;La dette du Sud &lt;br /&gt;En quelques ann&#233;es la dette de ces pays a atteint 500 milliards de dollars. En 1979, l'augmentation brutale des taux d'int&#233;r&#234;t&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au milieu des ann&#233;es soixante-dix, lors de la grande r&#233;cession &#233;conomique, les Etats cherchaient de nouveaux d&#233;bouch&#233;s et les banques disposaient d'une masse de capitaux. Ils consentirent aux pays du Sud des pr&#234;ts &#224; des taux d'int&#233;r&#234;t tr&#232;s faibles assortis d'exigences de productions exportables et de grands travaux donnant des d&#233;bouch&#233;s aux pays industriels.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La dette du Sud&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En quelques ann&#233;es la dette de ces pays a atteint 500 milliards de dollars. En 1979, l'augmentation brutale des taux d'int&#233;r&#234;t d&#233;cid&#233;e par la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale am&#233;ricaine a fait augmenter de fa&#231;on vertigineuse les int&#233;r&#234;ts &#224; payer (le service de la dette), faisant entrer tous ces pays dans un &#233;tat de d&#233;pendance accrue. De 1982 &#224; 1998, les pays de la p&#233;riph&#233;rie ont rembours&#233; plus de quatre fois le capital de leur dette. Mais les pr&#234;ts leur sont toujours faits &#224; des taux exorbitants (de 10 &#224; 15 % quand les pays du Nord obtiennent des pr&#234;ts &#224; 5 %).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le PNUD (Programme des Nations unies pour le d&#233;veloppement), les pays &#171; en voie de d&#233;veloppement &#187; connaissent aujourd'hui un revenu par habitant inf&#233;rieur &#224; ce qu'il &#233;tait il y a 10, 20, voire 30 ans : &#171; &lt;em&gt;1,6 milliards d'individus vivent plus mal qu'au d&#233;but des ann&#233;es 80&lt;/em&gt; &#187; ! Et pourtant, dans les cinquante derni&#232;res ann&#233;es, le Produit int&#233;rieur brut mondial par habitant a plus que tripl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les capitalistes ne se sont pas content&#233;s de faire payer leur crise aux populations du Tiers monde. La paup&#233;risation au Nord s'est d&#233;velopp&#233;e elle aussi : 47 millions d'Am&#233;ricains n'ont pas d'assurance maladie. Dans l'Europe des quinze, soixante millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvret&#233;. En Europe de l'Est leur nombre est pass&#233; de 14 millions en 1988 &#224; 119 millions en 1994.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La concentration des richesses&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, ce qu'on appelle la financiarisation du capitalisme, pendant de la mondialisation, est une concentration encore plus grande des richesses. Au Sud, elle se r&#233;alise par des politiques &#171; d'ajustement structurel &#187; qui font payer la dette aux paysans et aux populations urbaines, au Nord par l'augmentation du ch&#244;mage, la flexibilisation du travail et la r&#233;duction des services sociaux. Toujours selon les Nations unies, les trois personnes les plus riches du monde additionnent un revenu d&#233;passant le PIB cumul&#233; des 48 pays les plus pauvres. Mais cette concentration ne leur suffit pas.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La bulle financi&#232;re&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les flux financiers, les &#233;changes de capital, ont toujours &#233;t&#233; une caract&#233;ristique du syst&#232;me capitaliste. Avant les ann&#233;es 1980, ils servaient essentiellement &#224; des r&#232;glements commerciaux ou &#224; des transferts de capitaux destin&#233;s &#224; &#234;tre investis : le volume mondial quotidien se situait entre 10 et 20 milliards de dollars. Aujourd'hui le march&#233; des changes internationaux est mille fois sup&#233;rieur : 2000 milliards de dollars par jour. Il s'agit &#224; 90 % d'op&#233;rations purement sp&#233;culatives sur les monnaies ou d'achats et de reventes d'actions le plus souvent en moins de sept jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La recherche de profits sup&#233;rieurs &#224; ce qu'assurerait un placement durable dans l'investissement est &#233;videmment la cause de ce changement.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le r&#244;le des fonds d'investissement&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans la suite de la crise de 1929, apr&#232;s la seconde guerre mondiale, les capitalistes avaient mis sur pied un contr&#244;le du cr&#233;dit, de l'investissement et de son assurance par les Etats et les banques. Ils ont peu &#224; peu laiss&#233; la place aux investisseurs institutionnels, des industriels du placement, des grandes compagnies d'assurances, des banques, des grandes entreprises multinationales et des fonds de pension dans lesquels sont plac&#233;s les capitaux li&#233;s au financement des retraites (ces fonds d&#233;tiennent entre 35 et 40 % de la capitalisation boursi&#232;re fran&#231;aise).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il serait faux de penser qu'il y a un &#171; bon capital &#187;, celui qui est investi dans l'entreprise et un &#171; mauvais &#187;, celui qui sp&#233;cule au jour le jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord parce que les entreprises alimentent ces fonds d'investissement avec leur &#233;pargne (en France 100 milliards de francs par an depuis 1993). Ensuite ce sont ces fonds qui dictent leur loi aux entreprises par des chartes de &lt;em&gt;corporate governance&lt;/em&gt; (gouvernement d'entreprise) qui exigent pour les actionnaires des rentabilit&#233;s imm&#233;diates de plus de 10 % l'an, sans commune mesure avec les taux de croissance enregistr&#233;s. Cela se traduit automatiquement par de faibles salaires, l'augmentation de la flexibilit&#233;, des licenciements.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La dette du Nord&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ces usuriers des temps modernes ont &#233;galement mis la main sur les emprunts que font les Etats pour boucler leur budget.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;canique est simple : les profits des entreprises, les revenus du capital sont de moins en moins tax&#233;s. L'Etat emprunte justement &#224; ceux-l&#224; : c'est un transfert de plus vers les poss&#233;dants. Comme le dit cyniquement l'OCDE : &#171; &lt;em&gt;En raison de la mobilit&#233; accrue des investissements fixes et des investissements financiers, il peut se r&#233;v&#233;ler n&#233;cessaire d'all&#233;ger la taxation des revenus du capital. Ainsi la majeure partie de l'imp&#244;t retombera sur le travail qui est le facteur le moins mobile&lt;/em&gt; &#187;. Sans commentaire !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un grain de sable&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Certains ultra-lib&#233;raux voudraient eux-m&#234;mes ralentir la machine. Alan Greenspan, pr&#233;sident de la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale am&#233;ricaine, accumule les d&#233;clarations alarmistes, assimilant le syst&#232;me financier &#224; un paquebot qui fonce vers le quai &#224; plein r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1978, James Tobin, conseiller &#233;conomique &#224; la Maison Blanche et prix Nobel avait propos&#233; une taxe minime (de 0,1 &#224; 0,25 %) sur les transactions financi&#232;res pour mettre, selon ses termes &#171; un grain de sable &#187; dans les rouages de la sp&#233;culation. Tobin qui n'a rien d'un r&#233;volutionnaire proposait de confier la gestion des sommes d&#233;gag&#233;es, de l'ordre de 230 milliards de dollars par an, au FMI et &#224; la Banque mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais m&#234;me ce grain de sable semble aussi dur &#224; supporter que le pois sous les vingt matelas de la princesse du conte d'Andersen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Laurent CARASSO&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Entre impuissance simul&#233;e et r&#234;ve de r&#233;gulation : Le r&#244;le des Etats dans la &#171; mondialisation &#187;
</title>
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		<dc:subject>Mondialisation
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		<dc:subject>Etat
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		<dc:subject>Monde
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		<description>De l'Expansion au Monde diplomatique, en passant par l'Humanit&#233;, une id&#233;e fracassante est g&#233;n&#233;reusement r&#233;pandue depuis quelques temps : les &#171; forces du march&#233; &#187; auraient triomph&#233; au d&#233;pens des Etats. Bien s&#251;r les lib&#233;raux saluent cette mondialisation comme un progr&#232;s, tandis que les r&#233;formistes s'inqui&#232;tent de voir leur r&#234;ve d'action publique sur les march&#233;s r&#233;duits &#224; n&#233;ant. Mais la plupart s'accordent &#224; penser que ces forces, bienfaisantes ou malfaisantes, seraient devenues invincibles. Les gouvernements&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De l'&lt;em&gt;Expansion&lt;/em&gt; au &lt;em&gt;Monde diplomatique&lt;/em&gt;, en passant par l'&lt;em&gt;Humanit&#233;&lt;/em&gt;, une id&#233;e fracassante est g&#233;n&#233;reusement r&#233;pandue depuis quelques temps : les &#171; forces du march&#233; &#187; auraient triomph&#233; au d&#233;pens des Etats. Bien s&#251;r les lib&#233;raux saluent cette mondialisation comme un progr&#232;s, tandis que les r&#233;formistes s'inqui&#232;tent de voir leur r&#234;ve d'action publique sur les march&#233;s r&#233;duits &#224; n&#233;ant. Mais la plupart s'accordent &#224; penser que ces forces, bienfaisantes ou malfaisantes, seraient devenues invincibles. Les gouvernements trouvent ainsi &#224; moindre frais une excuse facile pour mener leur politique anti-ouvri&#232;re. Apr&#232;s la &#171; crise &#187; qui expliquerait toutes les politiques de rigueur, voici la &#171; mondialisation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les transformations du capitalisme sont bien r&#233;elles, les croyances selon lesquelles les Etats bourgeois subiraient &#224; leur corps d&#233;fendant ce processus sont tout simplement erron&#233;es. Les &#171; march&#233;s &#187; (c'est &#224; dire les capitalistes) n'ont pas impos&#233; leur &#171; dictature &#187; &#224; des Etats soucieux, para&#238;t-il de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. Nous avons affaire &#224; des Etats imp&#233;rialistes au service des capitalistes, qui n'ont &#233;t&#233; ni neutres ni impuissants dans le processus de &#171; mondialisation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, (mais ce n'est pas nouveau !) il serait tout aussi erron&#233; de pr&#233;tendre que les Etats pourraient par une &#171; bonne politique &#187; r&#233;guler un peu mieux le fonctionnement du capitalisme. Les crises, la sp&#233;culation financi&#232;re, les krachs, font partie du fonctionnement normal du capitalisme et repr&#233;sentent en fait son seul mode de r&#233;gulation. Celui-ci ne se d&#233;barrassera pas de ses &#171; exc&#232;s &#187; &#8211; et pour tout dire de ses contradictions &#8211; gr&#226;ce &#224; l'action miraculeuse de l'Etat. Les Etats imp&#233;rialistes ont certes une fonction &#233;conomique majeure, d&#233;terminante, dans le syst&#232;me capitaliste actuel. Ils socialisent les pertes de l'&#233;conomie de casino, aux d&#233;pens des populations des pays riches comme des pays pauvres ; ils socialisent l'&#233;pargne populaire pour la mettre &#224; disposition de la grande sp&#233;culation financi&#232;re ; ils mettent sous perfusion le capital priv&#233; pour lui permettre de maintenir ses taux de profit et d'assurer son agressivit&#233; sur l'ar&#232;ne internationale. Ils changent les l&#233;gislations &#233;conomiques, sociales et financi&#232;res selon les besoins du moment du grand capital. Ils assurent et m&#234;me g&#232;rent &#224; grande &#233;chelle, comme jamais sans doute, le transfert de la plus-value vers une minorit&#233; de parasites mondiaux. En un mot, ils sont au service de l'&#233;conomie capitaliste. Ils ne la contr&#244;lent pas. Le voudraient-ils d'ailleurs, qu'ils ne le pourraient pas.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une d&#233;r&#233;glementation voulue par les Etats&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La croissance de la sph&#232;re financi&#232;re &#224; l'&#233;chelle mondiale est consid&#233;r&#233;e &#8211; &#224; juste titre &#8211; par la plupart des commentateurs comme &#233;tant le principal point de fragilit&#233; de l'&#233;conomie mondiale. Mais cette croissance des march&#233;s financiers a &#233;t&#233; accompagn&#233;e et surtout facilit&#233;e par la politique des Etats. Ce qu'on appelle la &#171; globalisation financi&#232;re &#187; a certes &#233;t&#233; une entreprise de destruction de (presque) toutes les r&#233;glementations en ce domaine : suppression des barri&#232;res entre les Etats (fin du contr&#244;le des changes et de la politique d'encadrement du cr&#233;dit, interconnexion des diff&#233;rentes places boursi&#232;res gr&#226;ce au support des nouvelles technologies) ; suppression aussi des barri&#232;res entre les diff&#233;rents intervenants sur les march&#233;s (banques, investisseurs institutionnels, entreprises industrielles ou commerciales&#8230;), chacun pla&#231;ant &lt;em&gt;directement&lt;/em&gt; son &#233;pargne sur des &#171; produits financiers &#187; aux contours de plus en plus ind&#233;finissables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette d&#233;r&#233;glementation a &#233;t&#233; le r&#233;sultat d'un certain nombre de d&#233;cisions politiques prises par les grand Etats imp&#233;rialistes, notamment au cours des diff&#233;rents sommets du G5 puis du G7 depuis la fin des ann&#233;es 1970, d'abord sous la pression des Etats-Unis qui cherchaient &#224; financer leurs d&#233;ficits par d'autres moyens que par l'inflation, mais aussi parce que les autres Etats avaient le m&#234;me probl&#232;me et ne souhaitaient pas voir les capitaux filer ailleurs. En ordre dispers&#233; mais de mani&#232;re convergente, les principales mesures de d&#233;r&#233;glementation ont &#233;t&#233; adopt&#233;es au cours des ann&#233;es 1980 (en France avec le socialiste B&#233;r&#233;govoy).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les &#233;pongeurs &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les Etats et les march&#233;s sont all&#233;s dans le m&#234;me sens. C'est que les premiers avaient d'&#233;normes besoins de financement et &#233;taient int&#233;ress&#233;s au premier chef par cette nouvelle manne de capitaux imm&#233;diatement disponibles sur le march&#233;. La dette publique dans tous les pays a connu une croissance tr&#232;s importante au cours de ces quinze derni&#232;res ann&#233;es (rapport&#233;e au PIB, elle &#233;tait en France de 40,6 % en 1988, 52,7 % en 1993, et 67,4 % en 1999). Et si les Etats ont eu de tels besoins, c'est bien parce qu'ils n'ont jamais cess&#233; d'intervenir dans la vie &#233;conomique pour soutenir les profits des capitalistes avec des moyens toujours plus importants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ne prendre qu'un exemple, l'Etat japonais en est &#224; son huiti&#232;me plan de relance depuis 1992 (depuis le krach de l'immobilier), et l'aide publique est estim&#233;e annuellement &#224; plus de 180 milliards de dollars (pour donner une id&#233;e de son importance, cela repr&#233;sente plus des deux tiers du budget de l'Etat fran&#231;ais). Avec le d&#233;but de la crise asiatique, il a m&#234;me pris l'initiative de r&#233;organiser 15 banques priv&#233;es en s'y associant parfois &#224; 50 % de participation et en injectant depuis 1997 pr&#232;s de 60 milliards de dollars pour tenter d'assainir la situation dans ce secteur puisque les privatisations n'int&#233;ressent les capitalistes que dans la mesure o&#249; ils sont assur&#233;s de faire des profits !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie dite lib&#233;rale et ultra lib&#233;rale est en fait constamment sous assistance respiratoire et soins intensifs gr&#226;ce aux fonds publics, ceux pr&#233;lev&#233;s par l'appareil d'Etat sur l'ensemble de la population. Et cela en d&#233;pit des professions de foi lib&#233;rales, car les dirigeants des grands Etats sont peut-&#234;tre croyants, mais ils ne sont manifestement pas pratiquants !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Contr&#244;ler ? Mais qui et quoi ? &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Que l'Etat soit indispensable au fonctionnement de l'&#233;conomie capitaliste (il le montre tous les jours !) et qu'il soit utile notamment pour aider &#224; la restructuration du capital et faciliter sa concentration est une chose. Qu'il puisse jouer du m&#234;me coup un r&#244;le de &#171; r&#233;gulateur &#187;, capable d'assurer une croissance durable, &#233;viter une r&#233;cession ou un krach financier en est une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut d'abord souligner &#224; quel point les &#233;volutions actuelles ont aggrav&#233; l'une des contradictions majeures du capitalisme : la persistance d'Etats rivaux dans le cadre d'une &#233;conomie toujours plus mondialis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors contr&#244;ler&#8230; pourquoi pas ? Mais quoi exactement ? Et comment ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec un peu d'effort, on pourrait imaginer que les Etats imp&#233;rialistes rivaux mais n&#233;anmoins riv&#233;s &#224; la m&#234;me cha&#238;ne, d&#233;cident tout de m&#234;me de prendre quelques mesures &#171; radicales &#187;, destin&#233;es notamment &#224; &#171; discipliner &#187; les march&#233;s, &#224; les organiser pour mieux les contenir, en fermant par exemple toutes ces places &#171; off-shore &#187;, ces paradis fiscaux par o&#249; transitent, selon certaines estimations, pr&#232;s de la moiti&#233; des flux financiers mondiaux. Mais que se passerait-il alors ? Difficile &#224; dire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour prendre un exemple, on ne conna&#238;t aujourd'hui que le tiers des &#233;changes de &#171; produits d&#233;riv&#233;s &#187; (ces &#171; produits &#187; financiers destin&#233;s &#224; supporter les risques inh&#233;rents &#224; toutes les op&#233;rations financi&#232;res et qui sont devenus eux-m&#234;mes des facteurs de risques suppl&#233;mentaires en &#233;tant l'objet d'une intense sp&#233;culation). Ce qui veut dire qu'une partie de la finance mondiale semble &#234;tre aujourd'hui une zone d'ombre m&#234;me pour les sp&#233;cialistes&#8230; Or la plupart de ces produits sont aussi des moyens de contourner les quelques r&#232;gles qui subsistent encore, c'est m&#234;me l'un des ressorts de l'innovation en mati&#232;re financi&#232;re. Difficile dans ces conditions d'imposer un cadre strict &#224; des march&#233;s particuli&#232;rement mouvants, et m&#234;me un peu mutants.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Hier et aujourd'hui&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette difficult&#233;, disons plut&#244;t cette incapacit&#233; des Etats &#224; discipliner les march&#233;s n'est pas nouvelle. Pour prendre l'exemple de la monnaie, les innovations financi&#232;res ont certes rogn&#233; le pouvoir des Etats ces derni&#232;res ann&#233;es. Du coup certains ont un peu la nostalgie de cette &#233;poque o&#249; les Etats auraient eu les moyens de leur politique en exer&#231;ant, para&#238;t-il, un contr&#244;le rigoureux sur le march&#233; des changes. Mais de quoi s'agissait-il en fait ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 30, la plupart des Etats ont effectivement instaur&#233; un contr&#244;le des changes. Mais c'&#233;tait apr&#232;s que les &#233;changes se furent brutalement contract&#233;s ! Or ce qui semble efficace une fois le mal fait ne l'est plus forc&#233;ment dans une p&#233;riode d'expansion. La r&#233;glementation am&#233;ricaine, h&#233;rit&#233;e des ann&#233;es trente, &#233;tait encore tr&#232;s stricte dans les ann&#233;es soixante. Cela n'a pas emp&#234;ch&#233; une production de plus en plus massive et incontr&#244;l&#233;e d'eurodollars (c'est-&#224;-dire la possibilit&#233; pour des banques install&#233;es en dehors du territoire am&#233;ricain de libeller des cr&#233;dits dans cette monnaie). Le contr&#244;le des changes n'a en fait pas permis d'enrayer une croissance mon&#233;taire d&#233;brid&#233;e qui a fini par provoquer un d&#233;crochage du dollar avec l'or en 1971, mettant ailsi fin au syst&#232;me mon&#233;taire international mis en place apr&#232;s la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut donc toujours g&#233;mir sur les d&#233;rives actuelles. Mais le vrai probl&#232;me est que l'Etat au service des capitalistes n'a ni les moyens ni la vocation de contr&#244;ler r&#233;ellement l'&#233;conomie, surtout si cela doit g&#234;ner leur recherche effr&#233;n&#233;e de profits. C'&#233;tait vrai dans le pass&#233;. C'est peut-&#234;tre simplement encore plus vrai aujourd'hui&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait la v&#233;ritable marge de man&#339;uvre dont dispose la bourgeoisie au travers de son Etat &#8211; outre le fait d'&#233;ponger les pertes aux d&#233;pens de la population en cas de probl&#232;me &#8211; est tout simplement d'aggraver l'exploitation de la classe ouvri&#232;re afin de r&#233;tablir son taux de profit. Et l'un des aspects majeurs de la mondialisation a justement &#233;t&#233; la mise en place de toutes ces politiques destin&#233;es &#224; appauvrir et &#224; pr&#233;cariser le monde du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face aux d&#233;g&#226;ts de la mondialisation capitaliste, la r&#233;ponse du point de vue des int&#233;r&#234;ts de la classe ouvri&#232;re n'est donc pas de r&#234;ver &#224; un quelconque repl&#226;trage du capitalisme. Ni de tendre l'oreille aux sir&#232;nes du protectionnisme et du nationalisme. Elle est de pr&#233;parer la riposte sur le terrain des luttes, en faisant converger les int&#233;r&#234;ts des travailleurs du monde entier, en &#233;tablissant un rapport de force permettant d'instaurer un v&#233;ritable contr&#244;le ouvrier, c'est-&#224;-dire de mesures coercitives n'h&#233;sitant pas &#224; s'en prendre au droit de propri&#233;t&#233;, autrement dit au droit d'affamer l'humanit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fran&#231;ois FABIEN et Raoul GLABER&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Le d&#233;vouement capitaliste des sociaux-d&#233;mocrates europ&#233;ens :Que sont les partis sociaux-d&#233;mocrates devenus ?
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		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Le-devouement-capitaliste-des-sociaux-democrates-europeens-Que-sont-les-partis</link>
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		<dc:subject>Gauche
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		<dc:subject>Capitalisme
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		<dc:subject>Politique
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		<description>Loin, tr&#232;s loin de leurs anc&#234;tres r&#233;volutionnaires et ouvriers du d&#233;but du si&#232;cle, les partis se r&#233;clamant de la social-d&#233;mocratie sont aujourd'hui les meilleurs gestionnaires du capitalisme. &lt;br /&gt;La politique dite &#171; lib&#233;rale &#187; a fait son entr&#233;e brutale et cynique dans les ann&#233;es 1980, sous la houlette des Reagan et Thatcher. Mais la nouvelle offensive capitaliste de d&#233;r&#233;glementation des flux financiers, de concentrations industrielles et de r&#233;gression sociale, a continu&#233; son chemin, davantage planifi&#233; et en&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Loin, tr&#232;s loin de leurs anc&#234;tres r&#233;volutionnaires et ouvriers du d&#233;but du si&#232;cle, les partis se r&#233;clamant de la social-d&#233;mocratie sont aujourd'hui les meilleurs gestionnaires du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique dite &#171; lib&#233;rale &#187; a fait son entr&#233;e brutale et cynique dans les ann&#233;es 1980, sous la houlette des Reagan et Thatcher. Mais la nouvelle offensive capitaliste de d&#233;r&#233;glementation des flux financiers, de concentrations industrielles et de r&#233;gression sociale, a continu&#233; son chemin, davantage planifi&#233; et en concertation avec les directions syndicales. Et la social-d&#233;mocratie au pouvoir dans la plupart des pays europ&#233;ens s'est montr&#233;e le meilleur fantassin de cette offensive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin de constituer un quelconque frein, m&#234;me mod&#233;r&#233;, m&#234;me nationaliste, c'est elle qui en France, en Angleterre, en Espagne, en Italie, en Belgique, en harmonie avec les directives et accords de l'Union europ&#233;enne, parfait l'&#339;uvre de privatisation des services publics, de restrictions sur la sant&#233;, l'&#233;ducation, les transports, de baisse des prestations vers&#233;es aux ch&#244;meurs et aux retrait&#233;s, de flexibilisation du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; les conservateurs se sont parfois cass&#233;s les dents, l&#224; o&#249; les politiques de Berlusconi en 1994, de Jupp&#233; en 1995, et m&#234;me de Kohl en 1996, ont suscit&#233; des manifestations de centaines de milliers de travailleurs, les D'Alema, Jospin et Schr&#246;der semblent capables de faire avaler les pilules les plus am&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une adh&#233;sion des classes populaires ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au contraire des ann&#233;es 1970, les partis sociaux-d&#233;mocrates ne sont plus en mesure de proposer ou de mener des politiques qui am&#233;liorent sensiblement les conditions de vie, de travail, dans une perspective r&#233;formiste. Ceci dit, malgr&#233; les d&#233;ceptions ou &#233;c&#339;urements, ils gardent dans les milieux populaires l'image de partis qui, &#224; d&#233;faut de d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts des plus d&#233;munis, du moins limiteraient au mieux les d&#233;g&#226;ts. Et le discours social-d&#233;mocrate, qui rejette la responsabilit&#233; des attaques sur des &#171; forces ext&#233;rieures &#187; (patronat, fonds de pension, USA, mondialisation) et d&#233;clare n'y pouvoir rien mais, semble s'opposer &#224; celui de la droite qui assume presque tout comme un bien n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une partie des classes moyennes, fragilis&#233;es, s'accroche &#224; la social-d&#233;mocratie en esp&#233;rant qu'elle sauvera ce qui peut &#234;tre sauv&#233;. La m&#233;fiance est plus grande dans les classes populaires, mais elle se traduit aussi par une attirance pour les partis d'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors pour tenter de garder son audience, pour limiter toute contestation de sa politique du c&#244;t&#233; des couches populaires et pour qu'aucun parti ne puisse incarner une alternative politique &#224; gauche, des partis sociaux-d&#233;mocrates r&#233;ussissent &#224; amener les partis partiellement &#171; contestataires &#187; du syst&#232;me (Gr&#252;nen, Izquierda Unida, Parti de la Refondation Communiste...) &#224; s'allier &#224; eux dans la gestion des affaires de la bourgeoisie, avec minist&#232;res et accords &#233;lectoraux &#224; la cl&#233;, ou menaces d'unions avec la droite. En Italie, ce chantage a longtemps oblig&#233; le PRC &#224; soutenir le gouvernement Prodi, et a permis de faire porter sur lui la responsabilit&#233; de la formation du cabinet D'Alema avec le centre droit.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le soutien des directions syndicales&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette volont&#233; de faire figure de seule gauche possible se double d'une politique offensive en direction d'autres r&#233;sistants potentiels : les syndicats. Nombre de militants syndicaux ont &#233;t&#233; d&#233;sorientes par la politique et l'&#233;volution &#224; droite des partis sociaux-d&#233;mocrates. Mais les directions des conf&#233;d&#233;rations syndicales, elles, l'accompagnent ouvertement et ne d&#233;fendent plus qu'un service minimum de luttes. La CGIL italienne soutient de fait la politique d'aust&#233;rit&#233; alors qu'elle avait su dans le pass&#233; mobiliser les travailleurs pour d&#233;fendre les retraites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'aube du troisi&#232;me mill&#233;naire, encore utile, la social-d&#233;mocratie ? A la bourgeoisie, pour faire passer son programme de r&#233;novation, c'est-&#224;-dire d'exacerbation, de l'exploitation capitaliste. C'est donc aux r&#233;volutionnaires d'expliquer de fa&#231;on pratique qu'entre r&#233;forme et r&#233;volution, il ne s'agit pas d'un d&#233;bat sur les moyens, mais bien sur la fin poursuivie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul EIRE&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Le z&#232;le du gouvernement Jospin
</title>
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Capitalisme
</dc:subject>
		<dc:subject>Privatisations
</dc:subject>

		<description>Le gouvernement Jospin n'a certes pas invent&#233; les nouvelles r&#232;gles du capitalisme, mais il s'active de toutes ses forces &#224; aider le capitalisme fran&#231;ais &#224; se &#171; mondialiser &#187;. &lt;br /&gt;Premier privatiseur de France &lt;br /&gt;A peine install&#233; &#224; Matignon, Jospin a annonc&#233; la couleur en laissant Renault fermer son usine de Vilvorde. Puis il a gagn&#233; le titre de &#171; premier privatiseur de France &#187;, d&#233;cern&#233; par Le Figaro. La d&#233;claration commune PS-PC du 29 avril 1997 proposait pourtant &#171; pour France Telecom, Thomson et Air France l'arr&#234;t&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le gouvernement Jospin n'a certes pas invent&#233; les nouvelles r&#232;gles du capitalisme, mais il s'active de toutes ses forces &#224; aider le capitalisme fran&#231;ais &#224; se &#171; mondialiser &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Premier privatiseur de France&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;A peine install&#233; &#224; Matignon, Jospin a annonc&#233; la couleur en laissant Renault fermer son usine de Vilvorde. Puis il a gagn&#233; le titre de &#171; premier privatiseur de France &#187;, d&#233;cern&#233; par Le Figaro. La d&#233;claration commune PS-PC du 29 avril 1997 proposait pourtant &#171; &lt;em&gt;pour France Telecom, Thomson et Air France l'arr&#234;t des privatisations&lt;/em&gt; &#187;. Il n'y aura pas privatisation&#8230; mais &#171; &lt;em&gt;respiration du service public&lt;/em&gt; &#187; et &#171; &lt;em&gt;ouverture du capital&lt;/em&gt; &#187; : France Telecom, Thomson, le GAN, le CIC, les AGF, Air France, le Cr&#233;dit Lyonnais&#8230; Au total plus d'argent encaiss&#233; que par Balladur et Jupp&#233; r&#233;unis, de 1993 &#224; 1997.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jospin prolonge la politique entam&#233;e en 1983 sous gouvernement socialiste, avec la d&#233;r&#233;glementation de la circulation des capitaux, la promotion de la Bourse, puis les privatisations afin de permettre aux trusts nationaux de mobiliser sur les march&#233;s financiers d'&#233;normes masses de capitaux, de se donner davantage de moyens d'investir, d'acheter d'autres groupes, de nouer des alliances internationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement actuel est all&#233; plus loin en levant le &#171; &lt;em&gt;tabou&lt;/em&gt; &#187; sur d'autres &#171; &lt;em&gt;services publics&lt;/em&gt; &#187;. Cela ouvre la voie &#224; la privatisation d'EDF-GDF voire &#224; des segments rentables de la SNCF. Le march&#233; de l'&#233;lectricit&#233; a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; ouvert, en f&#233;vrier 1999. Les plus gros clients pourront faire jouer la concurrence et en contrepartie EDF esp&#232;re s'internationaliser et faire passer la part du chiffre d'affaires r&#233;alis&#233; &#224; l'&#233;tranger de 15 &#224; 50 % d'ici 2003.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Sous perfusion &#233;tatique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement a aussi offert au patronat de 300 &#224; 400 milliards de francs chaque ann&#233;e (sur un budget de l'Etat de 1600 milliards de F). Cadeaux fiscaux, r&#233;forme de la taxe professionnelle en 1999 (40 milliards de F), baisses ou exemptions de charges sociales, zones franches, commandes publiques plus ou moins surfactur&#233;es, subventions municipales, r&#233;gionales, &#233;tatiques&#8230; Contribution sp&#233;ciale du gouvernement Jospin : une centaine de milliards de francs d'aides, au titre de la loi Aubry, laquelle g&#233;n&#233;ralise la flexibilit&#233; et bien souvent le gel des salaires.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La pompe &#224; carburant &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie n'en r&#233;clame pas moins des r&#233;formes de structure. Un journaliste du &lt;em&gt;Monde&lt;/em&gt; s'en fait l'&#233;cho : &#171; &lt;em&gt;La France n'a pas de capital (&#8230;). Elle s'est dot&#233;e, en quinze ans, d'un moteur qui la rapproche du capitalisme anglo-saxon : une &#233;conomie &#224; march&#233;s financiers. Mais elle a oubli&#233; d'installer chez elle les pompes &#224; carburant, les machines &#224; fabriquer du capital.&lt;/em&gt; &#187;(Erik Izraelewicz, &#171; &lt;em&gt;Le Capitalisme zinzin&lt;/em&gt; &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement veut donc mettre &#224; la disposition de la bourgeoisie une part plus importante de l'&#233;pargne et des retraites des travailleurs pour les utiliser sur les march&#233;s financiers. C'est l'objet des deux projets que Jospin vient de reporter : la &#171; r&#233;forme des retraites &#187; et &#171; l'&#233;pargne salariale &#187;. En relevant la dur&#233;e des cotisations ou en remettant en cause le taux plein de la retraite, le gouvernement poussera les salari&#233;s &#224; souscrire &#224; une retraite par capitalisation. Des fonds de pension rebaptis&#233;s &#171; fonds de r&#233;serve &#187;. D'autre part, Bercy propose un &#171; &lt;em&gt;plan d'&#233;pargne entreprise &#224; long terme&lt;/em&gt; &#187;(PEELT), une r&#233;mun&#233;ration non salariale bloqu&#233;e sur 15 ans, ce qui en fait presque un fonds de pension.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que la gauche a privatis&#233; pour &#171; sauver les services publics &#187;, elle pr&#233;tend ainsi cr&#233;er des fonds de pension pour sauver les retraites, et d&#233;velopper l'actionnariat salari&#233; (en fait au d&#233;triment des salaires) pour donner un &#171; contre-pouvoir &#187; aux salari&#233;s (Fran&#231;ois Hollande). Tout cela, para&#238;t-il, contre le lib&#233;ralisme sauvage ! C'est le charme de la gauche quand elle aide le capitalisme fran&#231;ais &#224; se faire les crocs et se tailler sa place sur l'ar&#232;ne internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bernard RUDELLI&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Face &#224; la mondialisation capitaliste, l'internationalisme r&#233;volutionnaire
</title>
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		<dc:subject>Mondialisation
</dc:subject>
		<dc:subject>Internationalisme
</dc:subject>
		<dc:subject>Politique
</dc:subject>

		<description>Financiarisation, mondialisation, globalisation, crise, ces termes dont on nous rebat les oreilles &#224; longueur de journ&#233;e, ont pour fonction non pas de caract&#233;riser les formes actuelles de la domination du capital et de l'exploitation des travailleurs mais de justifier, de rendre l&#233;gitime un mode d'organisation sociale que l'on pr&#233;sente comme &#233;tant naturel et face auquel il n'y aurait rien &#224; faire, sinon d'en limiter les exc&#232;s. &lt;br /&gt;Les articles pr&#233;c&#233;dents ont montr&#233; que la place et l'autonomie accrues du&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Financiarisation, mondialisation, globalisation, crise, ces termes dont on nous rebat les oreilles &#224; longueur de journ&#233;e, ont pour fonction non pas de caract&#233;riser les formes actuelles de la domination du capital et de l'exploitation des travailleurs mais de justifier, de rendre l&#233;gitime un mode d'organisation sociale que l'on pr&#233;sente comme &#233;tant naturel et face auquel il n'y aurait rien &#224; faire, sinon d'en limiter les exc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les articles pr&#233;c&#233;dents ont montr&#233; que la place et l'autonomie accrues du capital financier, qui a notamment pour cons&#233;quence un transfert massif de la richesse produite par les travailleurs au profit des classes poss&#233;dantes et un accroissement consid&#233;rable des in&#233;galit&#233;s d'une part entre le Nord et le Sud, d'autre part au sein m&#234;me de ce Nord, c'est-&#224;-dire des pays imp&#233;rialistes, est le produit d'une politique d&#233;lib&#233;r&#233;e dont les gouvernements des pays capitalistes avanc&#233;s ne sont pas les victimes mais au contraire un &#233;l&#233;ment actif.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des mobilisations diverses&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;De nouvelles mobilisations se sont d&#233;velopp&#233;es ces derni&#232;res ann&#233;es lors des sommets du G7, des n&#233;gociations de l'AMI ou celles de l'OMC, la derni&#232;re en date &#224; Seattle. Quelles que soient les intentions des diverses composantes qui ont particip&#233; &#224; ces mobilisations et les revendications avanc&#233;es (elles aussi extr&#234;mement diverses), elles ont eu plusieurs aspects positifs :&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; de remettre en cause le secret des n&#233;gociations qui s'y d&#233;roulent alors que les cons&#233;quences des d&#233;cisions qui y sont prises retombent sur les conditions de vie du plus grand nombre &#224; l'&#233;chelle de la plan&#232;te ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; de populariser, gr&#226;ce aux organisations syndicales ou aux mouvements de paysans notamment des pays sous-d&#233;velopp&#233;s qui &#171; s'invitent &#187; &#224; de tels sommets, l'id&#233;e qu'il ne faut pas confier aux banquiers, financiers, chefs d'Etat et ministres ces choix &#233;conomiques ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; de mettre en &#233;vidence que les institutions internationales, les gouvernements m&#232;nent les m&#234;mes politiques dites n&#233;olib&#233;rales dans toutes les parties du monde avec les m&#234;mes cons&#233;quences &#224; savoir une augmentation consid&#233;rable des in&#233;galit&#233;s sociales.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Ces aspects positifs ne suffisent pourtant pas pour d&#233;finir une orientation cons&#233;quente. Car effectivement cohabitent dans ces mobilisations des courants tr&#232;s divers. Certains ont comme objectif de d&#233;mocratiser les institutions internationales comme le FMI, l'OMC ou la Banque mondiale ou de les placer sous un contr&#244;le citoyen, ce qui est totalement illusoire. D'autres sont tent&#233;s par un protectionnisme teint&#233; de nationalisme au nom des sp&#233;cificit&#233;s nationales, en particulier fran&#231;aises.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'absence du mouvement ouvrier&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me majeur auquel nous sommes aujourd'hui confront&#233;s, c'est l'absence de toute r&#233;ponse, m&#234;me embryonnaire, du mouvement ouvrier face aux nouveaux d&#233;veloppements du capitalisme, l'absence de toute perspective anticapitaliste et internationaliste cons&#233;quente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car au niveau des principales organisations du mouvement ouvrier, c'est le fatalisme qui l'emporte. Ce fatalisme non seulement justifie l'immobilisme mais sert &#224; cautionner la politique men&#233;e par les gouvernements sociaux-d&#233;mocrates : il faut s'ins&#233;rer dans la mondialisation sinon c'est les autres (entendu les Etats-Unis ou le Japon) qui vont en profiter et &#171; nous &#187; piquer les march&#233;s. Ce qui ouvre la voie aux r&#233;ponses de type nationaliste qui pr&#233;conisent une politique protectionniste et chauvine en n'h&#233;sitant pas &#224; s'allier ou &#224; reconna&#238;tre des convergences avec des secteurs de la droite la plus r&#233;actionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mondialisation et la financiarisation d&#233;multiplient et r&#233;percutent au niveau mondial les effets de la logique capitaliste. Il ne s'agit donc pas de lutter contre la mondialisation mais de lutter contre l'exploitation des salari&#233;s ou de la petite paysannerie, contre les m&#233;canismes qui permettent aux poss&#233;dants d'extorquer les richesses produites par celles et ceux qui travaillent, en clair contre le capitalisme tel qu'il se pr&#233;sente aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chantier est vaste et il serait vain de nier les difficult&#233;s. Elles sont li&#233;es &#224; des situations &#233;conomiques, politiques et sociales extr&#234;mement diverses, sur lesquelles d'ailleurs les poss&#233;dants ne cessent de s'appuyer pour diviser les exploit&#233;s entre eux. Ainsi mener une lutte cons&#233;quente contre le ch&#244;mage, la pr&#233;carit&#233;, la mis&#232;re implique d'en finir avec la croyance que ce seraient les bas salaires des pays du Sud les responsables du ch&#244;mage au Nord. Le ch&#244;mage n'est pas le produit de la d&#233;localisation de la production hors de France, ni de l'envahissement du march&#233; par des produits &#233;trangers. La preuve : depuis plusieurs ann&#233;es, le commerce ext&#233;rieur de la France est tr&#232;s largement exc&#233;dentaire et pourtant le ch&#244;mage, la pr&#233;carit&#233; se sont consid&#233;rablement d&#233;velopp&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un programme r&#233;volutionnaire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ces difficult&#233;s sont surtout li&#233;es au retard consid&#233;rable d'organisation &#224; l'&#233;chelle internationale et sur une base anticapitaliste des travailleurs et des exploit&#233;s, ce qui est la condition pour &#233;laborer un programme anticapitaliste cons&#233;quent et mener une contre-offensive &#224; la hauteur des enjeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car le mouvement ouvrier n'est pas condamn&#233; &#224; l'impuissance face &#224; la mondialisation et &#224; la financiarisation. Mais &#224; condition de ne pas h&#233;siter &#224; s'en prendre &#224; la toute puissance des capitalistes et des march&#233;s financiers, &#224; condition de faire de v&#233;ritables intrusions dans la propri&#233;t&#233; priv&#233;e en exigeant par exemple la lev&#233;e du secret bancaire ou le contr&#244;le des transactions. A condition donc de se redonner une perspective r&#233;volutionnaire qui propose aux exploit&#233;s et opprim&#233;s du monde entier le renversement du capitalisme et l'instauration d'une soci&#233;t&#233; socialiste et communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, dans cette perspective, un programme qui propose des axes de mobilisation &#224; l'&#233;chelle internationale contre les multinationales, leurs institutions et leurs Etats, mais en commen&#231;ant &#224; l'int&#233;rieur de nos fronti&#232;res contre nos propres capitalistes nationaux et nos gouvernements, prendrait tout son sens. De ce programme nous ne pouvons ici qu'esquisser quelques lignes, en partant de la situation fran&#231;aise (mais &lt;em&gt;mutatis mutandis&lt;/em&gt; elle n'est pas si diff&#233;rente ailleurs) :&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Le refus des fonds de pension et du d&#233;mant&#232;lement de la S&#233;curit&#233; sociale.&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt; Le refus de la privatisation des services publics et des d&#233;r&#233;glementations qui touchent aussi bien les transports, les t&#233;l&#233;coms que l'&#233;lectricit&#233;.&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;La taxation des revenus financiers.&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;L'expropriation des entreprises qui licencient &#224; commencer par celles qui font des b&#233;n&#233;fices.&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Mais aussi :&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;L'annulation de la dette du Tiers Monde&lt;/strong&gt;. La dette du Tiers Monde a &#233;t&#233; multipli&#233;e par plus de 20 entre 1977 et aujourd'hui. Non seulement une partie importante du revenu de ces pays sert &#224; rembourser la dette et ses int&#233;r&#234;ts, mais son existence permet aux pays capitalistes avanc&#233;s de faire pression pour imposer une politique d'aust&#233;rit&#233; drastique et obliger d'orienter la production de ces pays vers le tout exportation au d&#233;triment d'une production permettant de satisfaire les besoins des populations.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;L'annulation de la dette publique des Etats&lt;/strong&gt; &#224; l'&#233;gard notamment des banques ou des fonds de pension. L'endettement des Etats, qui a connu un bond spectaculaire ces vingt derni&#232;res ann&#233;es est l'un des principaux moyens permettant ce transfert de revenu de la classe ouvri&#232;re vers la rente financi&#232;re au travers notamment des imp&#244;ts directs et indirects. Que des gouvernements dit de gauche ne prennent pas comme mesure imm&#233;diate &#233;l&#233;mentaire ne serait-ce qu'un moratoire du remboursement de la dette publique et de ses int&#233;r&#234;ts montre leur degr&#233; de soumission au capital financier.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&#233;once AGUIRRE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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