<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
	<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/</link>
	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskyste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>

	<image>
		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
		<url>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L144xH19/siteon0-663c7.png?1526421719</url>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/</link>
		<height>19</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title> Apr&#232;s les congr&#232;s CFDT et CGT : Vers un syndicalisme de bonne compagnie ?
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Apres-les-congres-CFDT-et-CGT-Vers-un-syndicalisme-de-bonne-compagnie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Apres-les-congres-CFDT-et-CGT-Vers-un-syndicalisme-de-bonne-compagnie</guid>
		<dc:date>1999-03-31T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>CFDT
</dc:subject>
		<dc:subject>CGT
</dc:subject>
		<dc:subject>Politique
</dc:subject>

		<description>Les deux principales conf&#233;d&#233;rations syndicales fran&#231;aises, la CGT et la CFDT, viennent de tenir leur congr&#232;s. Celui de la CFDT, le 44&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, marque la fin d'une p&#233;riode avec la dissolution de l'opposition au recentrage : Notat a stabilis&#233; son emprise. Pour son 46&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; congr&#232;s, la CGT, avec Bernard Thibault, a engag&#233; sa mutation vers un syndicalisme de &#171; proposition &#187;, sur la m&#234;me voie que la CFDT. &lt;br /&gt;Quels sont les enjeux du nouveau profil unitaire et consensuel des deux principales conf&#233;d&#233;rations fran&#231;aises ?&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Apres-les-congres-CFDT-et-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Apr&#232;s les congr&#232;s CFDT et CGT : o&#249; vont les syndicats ?
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-CFDT-+" rel="tag"&gt;CFDT
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-CGT-+" rel="tag"&gt;CGT
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les deux principales conf&#233;d&#233;rations syndicales fran&#231;aises, la CGT et la CFDT, viennent de tenir leur congr&#232;s. Celui de la CFDT, le 44&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, marque la fin d'une p&#233;riode avec la dissolution de l'opposition au recentrage : Notat a stabilis&#233; son emprise. Pour son 46&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; congr&#232;s, la CGT, avec Bernard Thibault, a engag&#233; sa mutation vers un syndicalisme de &#171; proposition &#187;, sur la m&#234;me voie que la CFDT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels sont les enjeux du nouveau profil unitaire et consensuel des deux principales conf&#233;d&#233;rations fran&#231;aises ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard Thibault, &#224; la suite de Nicole Notat, invoque &#171; la crise du syndicalisme &#187; et la baisse des effectifs pour se convertir &#224; un syndicalisme plus &#171; moderne &#187;, plus &#171; ouvert &#187;, plus enclin au &#171; d&#233;bat &#187;, et ne jure plus que par la n&#233;gociation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, cette phras&#233;ologie est tout aussi &#233;trang&#232;re &#224; une v&#233;ritable d&#233;mocratie ouvri&#232;re qu'&#224; l'unit&#233; des travailleurs dans les luttes. Les dirigeants syndicaux membres ou li&#233;s aux partis de la gauche plurielle entendent pour l'heure &#233;viter tout affrontement avec le gouvernement Jospin. Celui-ci a d'ailleurs besoin d'eux pour imposer aux travailleurs les diff&#233;rents volets de son offensive anti-ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme fran&#231;ais n'&#233;prouve plus depuis longtemps le besoin de faire miroiter les vertus de l'Etat providence, et exige plus des directions syndicales : que la d&#233;finition des conditions de vie et de travail soit laiss&#233;e au libre jeu des n&#233;gociations &#224; froid, &#224; partir des besoins patronaux. Quand les dirigeants syndicaux signent des accords justifiant la d&#233;gradation des conditions de vie de la classe ouvri&#232;re, ils s'opposent &#224; toute mobilisation remettant en cause leur engagement : la bourgeoisie esp&#232;re ainsi &#233;viter ces gr&#232;ves o&#249; elle est oblig&#233;e de l&#226;cher plus que ce qu'elle avait pr&#233;vu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, la partie n'est pas encore gagn&#233;e pour les tenants du recentrage &#224; la Notat ou Thibault. D'ores et d&#233;j&#224; l'application de la Loi Aubry, l'attitude par rapport au gouvernement, les premi&#232;res esquisses sur les fonds de pension, am&#232;nent des milliers de militants combatifs &#224; contester et refuser le cours des directions. Des gr&#232;ves et des luttes non pr&#233;vues par les appareils, ainsi que la jonction des r&#233;volutionnaires avec ces milliers de militants syndicaux, peuvent redonner son &#233;lan au mouvement ouvrier et rendre caducs les calculs savants de tous ceux qui r&#234;vent d'une classe ouvri&#232;re bien encadr&#233;e pour &#234;tre mieux exploit&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P.S. : &lt;em&gt;Entre et au sein des deux courants qui publient Convergences R&#233;volutionnaires, comme au sein des organisations auxquelles ils appartiennent, sur la base d'une m&#234;me analyse fondamentale partag&#233;e, il peut exister des diff&#233;rences d'appr&#233;ciation sur les probl&#232;mes abord&#233;s par ce dossier. Nous rappelons donc que les articles sign&#233;s engagent d'abord leur auteur et non l'ensemble de la r&#233;daction.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> 46e congr&#232;s de la CGT : offres de services
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/46eme-congres-de-la-CGT-offres-de-services</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/46eme-congres-de-la-CGT-offres-de-services</guid>
		<dc:date>1999-03-31T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>CGT
</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicats
</dc:subject>

		<description>&#171; En trois ans (...), M. Viannet aura fait en sorte que la CGT s'autonomise par rapport au PCF, amorce un virage europ&#233;en, s'engage dans les n&#233;gociations sur les 35 heures et se rapproche de la CFDT ; par un ultime coup de pouce, il s'est dit pr&#234;t, en novembre, &#224; 'juger sur pi&#232;ces' un projet de fonds de pension, levant un verrou suppl&#233;mentaire pour son successeur &#187;, expliquait Le Monde du 2 f&#233;vrier. &lt;br /&gt;Jusqu'&#224; Ernest-Antoine Seilli&#232;re, le dirigeant du MEDEF (ex CNPF), qui s'est f&#233;licit&#233; de &#034;l'attitude&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Apres-les-congres-CFDT-et-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Apr&#232;s les congr&#232;s CFDT et CGT : o&#249; vont les syndicats ?
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-CGT-+" rel="tag"&gt;CGT
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Syndicats-+" rel="tag"&gt;Syndicats
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;em&gt;En trois ans (...), M. Viannet aura fait en sorte que la CGT s'autonomise par rapport au PCF, amorce un virage europ&#233;en, s'engage dans les n&#233;gociations sur les 35 heures et se rapproche de la CFDT ; par un ultime coup de pouce, il s'est dit pr&#234;t, en novembre, &#224; 'juger sur pi&#232;ces' un projet de fonds de pension, levant un verrou suppl&#233;mentaire pour son successeur&lt;/em&gt; &#187;, expliquait &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; du 2 f&#233;vrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; Ernest-Antoine Seilli&#232;re, le dirigeant du MEDEF (ex CNPF), qui s'est f&#233;licit&#233; de &#171; &lt;em&gt;l'attitude moins syst&#233;matiquement contestataire et plus ouverte&lt;/em&gt; &#187; des dirigeants de la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait d'autonomie par rapport au PC, le projet de la direction de la CGT est parall&#232;le &#224; celui de la direction du Parti Communiste : c'est ce qu'a tr&#232;s clairement exprim&#233; Robert Hue en relevant, &#224; propos du dernier congr&#232;s de la CGT, &#171; &lt;em&gt;la forte concomitance&lt;/em&gt; &#187; entre l'&#233;volution de la CGT et celle du PCF, tous deux engag&#233;s dans &#171; &lt;em&gt;une d&#233;marche commune d'ouverture&lt;/em&gt; &#187;. Thibault pr&#244;ne les vertus d'un &#171; &lt;em&gt;syndicalisme de proposition&lt;/em&gt; &#187; (au patronat) de la m&#234;me fa&#231;on que Robert Hue veut que son parti soit une &#171; &lt;em&gt;force de proposition&lt;/em&gt; &#187; au sein du gouvernement. L'idylle Thibault-Notat dans une m&#234;me orientation de collaboration de classe, n'est jamais que le pendant de l'alliance PC-PS dans la &#171; gauche plurielle &#187; gouvernementale.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les gages donn&#233;s par la CGT&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le 46&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; congr&#232;s de la CGT a &#233;t&#233; l'occasion de faire des gestes en direction du patronat. Ce n'&#233;taient pas les premiers. Le congr&#232;s pr&#233;c&#233;dent avait ent&#233;rin&#233; la suppression des statuts de la CGT de toute r&#233;f&#233;rence &#224; la lutte de classe. Il ne s'agissait plus, il est vrai, que d'une r&#233;f&#233;rence toute formelle, mais les symboles servent &#224; annoncer la couleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arriv&#233;e, inesp&#233;r&#233;e, au gouvernement de la &#171; gauche plurielle &#187; en 1997 s'est r&#233;v&#233;l&#233;e une occasion pour la CGT de tenter de rattraper le temps perdu. Qu'attendent le patronat et le gouvernement de la CGT dans la p&#233;riode qui vient ? Des engagements dans des directions toutes balis&#233;es : l'annualisation et la flexibilit&#233;, la mise au rancart des conventions collectives, l'extension du travail pr&#233;caire dans la fonction publique apr&#232;s sa g&#233;n&#233;ralisation dans le secteur priv&#233;, les privatisations &#224; tout va, la diminution des retraites et l'institutionnalisation des fonds de pension.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur l'annualisation et la flexibilit&#233;, la CGT a d&#233;j&#224; multipli&#233; les gages, en ayant sign&#233; &#224; ce jour plus de 20 % des accords. Au congr&#232;s, Maryse Dumas comme Bernard Thibault ont &#233;voqu&#233; les &#171; &lt;em&gt;propositions&lt;/em&gt; &#187; de la CGT concernant la r&#233;daction de la future loi sur les 35 heures, en se gardant de s'opposer &#224; l'annualisation &#8211; Maryse Dumas tenant m&#234;me &#224; s'incliner devant le fait accompli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est de la Fonction publique, Christian Laroze, secr&#233;taire de la f&#233;d&#233;ration CGT du Textile, a annonc&#233; de la tribune du congr&#232;s (cit&#233; par &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; du 6 f&#233;vrier) les intentions de la CGT : &#171; &lt;em&gt;les salari&#233;s du public vont bient&#244;t d&#233;couvrir, avec les 35 heures, la flexibilit&#233; intense telle qu'on la subit, dans l'industrie, depuis dix ans. (...) Pendant qu'ils g&#233;raient les &#233;volutions de carri&#232;re et les augmentations salariales, nous subissions, nous, les licenciements massifs et les d&#233;localisations. Aujourd'hui, ils esp&#232;rent avoir les 35 heures sans perte de salaire et sans flexibilit&#233;. Faut pas r&#234;ver !&lt;/em&gt; &#187; Voil&#224; le gouvernement pr&#233;venu lorsqu'il d&#233;cidera d'engager les batailles d&#233;j&#224; annonc&#233;es par la publication du rapport sur le temps de travail dans la Fonction publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ligne de mire, la question du mode de calcul de la retraite des fonctionnaires et le d&#233;gagement des capitaux consid&#233;rables repr&#233;sent&#233;s par ces retraites actuellement g&#233;r&#233;es par la Caisse des d&#233;p&#244;ts et consignations. Mais, l&#224;-dessus, les d&#233;clarations de Viannet sur les fonds de pension valent pratiquement engagement de la part de la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Quelles contreparties la CGT peut-elle esp&#233;rer ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un renforcement de l'appareil, des moyens suppl&#233;mentaires mis &#224; sa disposition, &#224; l'exemple, r&#234;vent les conf&#233;d&#233;rations fran&#231;aises, des appareils syndicaux allemands ou britanniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard Thibault n'a pas manqu&#233; de faire valoir que l'affaiblissement des syndicats n'&#233;tait pas une bonne chose pour le patronat et le gouvernement en rappelant les &#171; coordinations &#187; de 1986, lors de la gr&#232;ve des cheminots. En d'autres termes, il r&#233;clame des moyens pour pouvoir s'opposer efficacement aux explosions de col&#232;re des travailleurs et contrer sans risque les militants qui tenteraient de proposer aux travailleurs des modes d'organisation d&#233;mocratiques leur permettant de contr&#244;ler leurs propres luttes, militants issus des rangs de l'extr&#234;me gauche ou de la CGT elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au milieu des ann&#233;es 1980, l'espoir de supplanter l'influence du Parti Communiste dans la classe ouvri&#232;re a &#233;t&#233; caress&#233; par quelques dirigeants socialistes aspirant &#224; la cr&#233;ation d'une social-d&#233;mocratie fran&#231;aise appuy&#233;e sur un grand syndicat &#171; r&#233;formiste &#187;. Si cette tentative a &#233;chou&#233; de l'ext&#233;rieur du Parti Communiste, il n'est pas dit qu'elle soit vou&#233;e &#224; l'&#233;chec &#224; tout jamais. En particulier si elle vient &#171; de l'int&#233;rieur &#187; en quelque sorte, et c'est la question une nouvelle fois pos&#233;e de la social d&#233;mocratisation du Parti Communiste, entam&#233;e depuis longtemps et toujours pas achev&#233;e. En tout cas, la liste &#171; plurielle &#187; conduite par Robert Hue comme l'orientation adopt&#233;e au dernier congr&#232;s CGT sont des gestes dans ce sens-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les jeux ne sont pas faits&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1981, les militants ouvriers du Parti Communiste, en g&#233;n&#233;ral militants de la CGT, ont d&#251; avaler tant de couleuvres que nombre d'entre eux s'ils n'ont pas laiss&#233; tomber le parti se sont en tout cas r&#233;fugi&#233;s dans l'activit&#233; syndicale o&#249; ils avaient le sentiment de pouvoir donner libre cours &#224; leurs sentiments anticapitalistes. Ce sont eux que, bien souvent, on a vu s'exprimer dans les documents pr&#233;paratoires du congr&#232;s. Ce sont eux que le congr&#232;s a sinon toujours b&#226;illonn&#233;s, du moins largement filtr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais obtenir ce qu'on veut d'un congr&#232;s sur-mesure est une chose. R&#233;ussir &#224; l'imposer &#224; de nombreux militants chevronn&#233;s en est une autre. Cela ne se fera probablement pas sans vagues. D'autant que, dans les mois qui viennent, le patronat et le gouvernement vont venir r&#233;clamer &#224; la direction de la CGT les compromissions que celle-ci leur a laiss&#233; entrevoir, avant m&#234;me de lui donner quoi que ce soit en &#233;change, sans m&#234;me qu'il soit s&#251;r qu'ils lui donneront jamais quoi que ce soit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#224; souhaiter que les vagues que les Thibault vont cr&#233;er &#224; la CGT les emportent... En tout cas, dans cette p&#233;riode, il sera important que les r&#233;volutionnaires trouvent un terrain commun avec tous ces militants c&#233;g&#233;tistes qui vont &#234;tre en butte au &#171; recentrage &#187; de leur organisation. Cela peut passer par la mise en avant &#224; l'int&#233;rieur de la CGT d'un programme de luttes &#224; l'exact oppos&#233; des abandons de la direction de la conf&#233;d&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Jacques FRANQUIER&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Unit&#233; ouvri&#232;re, ou connivence de bureaucrates ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le congr&#232;s CGT s'est fait sous le signe de l'unit&#233; syndicale. &#171; &lt;em&gt;Lorsque des responsables syndicaux ne peuvent plus se serrer la main, c'est le patronat qui se frotte les siennes&lt;/em&gt; &#187;, a affirm&#233; Bernard Thibault &#224; l'ouverture du congr&#232;s. L'union des travailleurs fait leur force, certes. Mais est-ce cela dont il s'agit avec la poign&#233;e main Thibault-Notat ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; Tous ensemble &#187; scand&#233; en fin de congr&#232;s signifiait des choses bien diff&#233;rentes selon les congressistes. Il y avait celui &#233;voquant les gr&#233;vistes de novembre d&#233;cembre 1995 unis dans la lutte contre le plan Jupp&#233; et Notat qui le soutenait ; et celui lanc&#233; par les dirigeants pour vanter en 1999 le ralliement &#224; cette m&#234;me politique de Notat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette unit&#233;-l&#224; ne vise pas &#224; unifier les revendications, &#224; organiser les luttes, &#224; les faire converger, pour combattre l'application de la loi Aubry, l'annualisation, la flexibilit&#233;. Elle vise &#224; proclamer que la CGT se rallie au &#171; syndicalisme de proposition &#187;, arm&#233; du seul stylo, branche par branche, secteur par secteur, bo&#238;te par bo&#238;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fin de congr&#232;s, &#224; la suite d'interventions parfois houleuses exprimant le d&#233;sir d'une unit&#233; dans les luttes, Thibault finit par parler d'un &#171; &lt;em&gt;rendez-vous national interprofessionnel unitaire&lt;/em&gt; &#187; sur l'emploi. Reprenant confiance, des d&#233;l&#233;gu&#233;s proposent d' &#171; &lt;em&gt;aller dans la rue&lt;/em&gt; &#187;, ou de faire &#171; &lt;em&gt;comme &#224; l'hiver 1995&lt;/em&gt; &#187;. Mais non, r&#233;pond Thibault, &#171; &lt;em&gt;ce n'est pas, a priori, l'objectif qu'on vise&lt;/em&gt; &#187; en ajoutant, pour &#234;tre plus clair :&#171; &lt;em&gt;On n'a pas sugg&#233;r&#233;, pour l'instant, d'organiser une journ&#233;e d'action&lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A.S.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Un congr&#232;s sur mesure&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; d&#233;bats &#187;, les &#171; contributions &#224; la discussion &#187;, n'ont pas manqu&#233; au dernier congr&#232;s CGT. Plus exactement, le filtrage op&#233;r&#233; par la direction conf&#233;d&#233;rale n'a pas r&#233;ussi &#224; &#233;touffer totalement l'expression de tous ceux que le cours actuel ne satisfait pas. Une contestation, &#224; vrai dire, qui s'&#233;tait faite entendre beaucoup plus fortement dans certains congr&#232;s locaux et assembl&#233;es pr&#233;paratoires. Mais du &#171; droit &#224; la parole &#187; &#224; la d&#233;mocratie syndicale, il y a un foss&#233; que les modernistes &#224; la t&#234;te de la CGT ne sont pas pr&#232;s de franchir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car ce qui ne change pas, &#224; la CGT, c'est la pr&#233;paration bureaucratique du congr&#232;s. Comme la tradition stalinienne le veut, les d&#233;l&#233;gu&#233;s ne sont pas des d&#233;l&#233;gu&#233;s &#233;lus par les syndicats, f&#233;d&#233;rations et unions locales apr&#232;s d&#233;bats pr&#233;paratoires, en fonction des positions, amendements d&#233;fendus par les uns et les autres. La conf&#233;d&#233;ration d&#233;cide de la r&#233;partition statistique et politique globale des d&#233;l&#233;gu&#233;s, du pourcentage de jeunes, de femmes, de retrait&#233;s, de &#171; nouveaux &#187; d&#233;l&#233;gu&#233;s, d'immigr&#233;s, de chr&#233;tiens, de militants du PS, voire d'opposants et de militants r&#233;volutionnaires&#8230; et fait des demandes par syndicat, UL, etc. Du coup, la d&#233;signation des d&#233;l&#233;gu&#233;s est faite sur commande par chacune des directions f&#233;d&#233;rales ou d&#233;partementales, ind&#233;pendamment, dans la quasi totalit&#233; des cas, des discussions pr&#233;paratoires, quand elles ont lieu ! Autrement dit, cause toujours&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit des interventions des congressistes, pas un mot de Thibault sur la politique du gouvernement. Pas la moindre remise en cause du &#171; syndicalisme de proposition &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout &#233;tait verrouill&#233;&#8230; au congr&#232;s. Quant &#224; ses suites, dans les rangs des militants CGT au contact de la base ouvri&#232;re, c'est une autre affaire. Car au fur et &#224; mesure de la mise en application de la loi Aubry, c'est, mieux qu'un &#171; d&#233;bat &#187; de congr&#232;s bien filtr&#233;, la contestation de la ligne conf&#233;d&#233;rale qui commence &#224; prendre de l'ampleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C.P.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Quand la CGT refusait de signer &#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res ann&#233;es le discours officiel de la CGT disait &#171; on ne signe pas d'accord acceptant la flexibilit&#233; &#187;. Elle se donnait ainsi un profil irr&#233;prochable, surtout compar&#233;e &#224; la CFDT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que l'offensive patronale relay&#233;e par les politiques gouvernementales favorisait la pr&#233;carit&#233;, le temps partiel et l'annualisation du temps de travail, une contre offensive interprofessionnelle pour l'interdiction des licenciements et une r&#233;duction massive du temps de travail s'imposait. La conf&#233;d&#233;ration se refusant &#224; la construire, des &#233;quipes syndicales se retrouvaient isol&#233;es bo&#238;te par bo&#238;te, confront&#233;es &#224; des menaces de licenciements dans un rapport de force d&#233;favorable. Certaines d'entre-elles, et pas n&#233;cessairement les moins combatives, ont sign&#233; des accords avec flexibilit&#233; et baisse ou mod&#233;ration salariale. Elles se sont vues s&#233;v&#232;rement critiqu&#233;es mais nullement aid&#233;es &#224; sortir de l'isolement qui les avait conduit &#224; signer. Le tournant du 46&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; congr&#232;s a pu leur appara&#238;tre comme la prise en compte de la r&#233;alit&#233;, la fin du double discours. Il est malheureusement &#224; l'exact oppos&#233; de ce dont les salari&#233;s ont besoin : un syndicat qui non seulement refuse les accords d&#233;favorables mais repr&#233;sente surtout un outil pour combattre les plans patronaux.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;L'apolitisme des syndicats, une fiction&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans leur z&#232;le &#224; vouloir faire de la CGT un syndicat comme les autres, ses dirigeants s'empressent d'annoncer toujours plus d'autonomie par rapport au PCF&#8230; au moment pr&#233;cis o&#249; ils font les m&#234;mes &#171; ouvertures &#187; &#224; la bourgeoisie que Robert Hue. Bonjour l'autonomie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, ce n'est pas l'existence de liens entre dirigeants politiques et dirigeants syndicaux -et donc entre les dirigeants du Parti Communiste et ceux de la CGT- qui pose un probl&#232;me &#224; la bourgeoisie. La CFDT ou FO ne sont d'ailleurs pas plus &#171; ind&#233;pendants &#187; politiquement que la CGT, m&#234;me si les liens qu'ils entretiennent avec le Parti Socialiste sont moins voyants. De tels liens existent partout et c'est en particulier le socle de la social-d&#233;mocratie dans les pays d&#233;velopp&#233;s : c'est &#233;galement ainsi que se traduit l'int&#233;gration des syndicats li&#233;s &#224; des partis &#224; vocation gouvernementale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, m&#234;me en Angleterre, o&#249; Tony Blair a affich&#233; sa volont&#233; de prendre ses distances avec les syndicats, c'est un ancien dirigeant du syndicat du Rail qui est ministre des Transports, charg&#233; donc de la privatisation du m&#233;tro de Londres -toute ressemblance avec des personnes ou des situations hexagonales est &#224; prendre en compte absolument !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui a pos&#233; un probl&#232;me &#224; la bourgeoisie fran&#231;aise pendant longtemps, ce sont les liens que le PCF entretenait avec l'URSS ; et c'est cette situation politique particuli&#232;re qui a rejailli sur la CGT. Le probl&#232;me change &#224; partir du moment o&#249; le PCF esp&#232;re pouvoir devenir un parti comme les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, la CGT reste li&#233;e au Parti Communiste : ses dirigeants, Bernard Thibault par exemple, sont toujours associ&#233;s &#224; sa direction, m&#234;me si c'est de fa&#231;on plus discr&#232;te que par le pass&#233;. Mais les dirigeants du PC n'ont plus besoin de maintenir avec la classe ouvri&#232;re le m&#234;me type de liens qu'auparavant. Des liens, mais moins voyants, avec la CGT (semblables &#224; ceux que le Parti Socialiste entretient avec la CFDT ou FO) peuvent largement suffire &#224; un appareil de ministrables qui, du coup, ne se sentirait plus tiraill&#233; si, demain, les travailleurs entraient en lutte contre un gouvernement auquel ils participent. La CGT g&#232;rerait le conflit et les ministres continueraient &#224; p&#233;rorer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; nous, r&#233;volutionnaires, le probl&#232;me n'est certainement pas de revendiquer l'apolitisme syndical. Bien au contraire. Mais d'opposer &#224; la politique bourgeoise des directions r&#233;formistes les perspectives des r&#233;volutionnaires pour l'ensemble du mouvement ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J.J.F.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Le congr&#232;s CFDT : un franc succ&#232;s bureaucratique
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Le-congres-CFDT-un-franc-succes-bureaucratique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Le-congres-CFDT-un-franc-succes-bureaucratique</guid>
		<dc:date>1999-03-31T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>CFDT
</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicats
</dc:subject>

		<description>La CFDT vient, avec son 44&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; congr&#232;s, d'asseoir solidement l'autorit&#233; de la direction conf&#233;d&#233;rale autour de Nicole Notat. Pourtant son bilan depuis le congr&#232;s de 1995 est sal&#233;. &lt;br /&gt;La CFDT a approuv&#233; le plan Jupp&#233; contre la S&#233;cu &#224; l'automne 1995, combattu frontalement le mouvement de l'hiver 95. C'est sous la pr&#233;sidence de Notat (&#233;lue avec les voix patronales) que l'UNEDIC a men&#233; de lourdes attaques contre les ch&#244;meurs : g&#233;n&#233;ralisation de la d&#233;gressivit&#233; des allocations, allongement des dur&#233;es de cotisations&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Apres-les-congres-CFDT-et-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Apr&#232;s les congr&#232;s CFDT et CGT : o&#249; vont les syndicats ?
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-CFDT-+" rel="tag"&gt;CFDT
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Syndicats-+" rel="tag"&gt;Syndicats
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La CFDT vient, avec son 44&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; congr&#232;s, d'asseoir solidement l'autorit&#233; de la direction conf&#233;d&#233;rale autour de Nicole Notat. Pourtant son bilan depuis le congr&#232;s de 1995 est sal&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CFDT a approuv&#233; le plan Jupp&#233; contre la S&#233;cu &#224; l'automne 1995, combattu frontalement le mouvement de l'hiver 95. C'est sous la pr&#233;sidence de Notat (&#233;lue avec les voix patronales) que l'UNEDIC a men&#233; de lourdes attaques contre les ch&#244;meurs : g&#233;n&#233;ralisation de la d&#233;gressivit&#233; des allocations, allongement des dur&#233;es de cotisations ouvrant droit &#224; allocation, flicage syst&#233;matique des ch&#244;meurs. Le r&#233;sultat en a &#233;t&#233; le grand mouvement des ch&#244;meurs de l'hiver 1997. Dans la foul&#233;e, derri&#232;re le drapeau trompeur de la lutte pour l'emploi et les 35 heures, la CFDT a sign&#233; des centaines d'accords loi De Robien puis loi Aubry g&#233;n&#233;ralisant la flexibilit&#233;. Malgr&#233; cette politique pro-patronale sans pudeur, la CFDT a &#233;t&#233; sans doute la conf&#233;d&#233;ration qui s'est le plus d&#233;velopp&#233;e ces derni&#232;res ann&#233;es, principalement dans les secteurs &#224; faible implantation syndicale, peu marqu&#233;s par les luttes d'envergure, &#224; l'exception notable des routiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 1995 &#224; 1998, l'opposition interne, Tous Ensemble, s'appuyant sur des responsables de f&#233;d&#233;rations, notamment la F&#233;d&#233;ration des transports et de l'ANPE et de forts points d'appuis locaux et r&#233;gionaux (Basse Normandie) est clairement apparue en opposition &#224; la ligne de Notat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bureaucratie conf&#233;d&#233;rale est parvenue &#224; laminer politiquement cette opposition qui l'avait mise en minorit&#233; au dernier congr&#232;s conf&#233;d&#233;ral, m&#234;me si finalement son poids num&#233;rique dans le congr&#232;s &#233;tait stable (autour de 7000 mandats, repr&#233;sentant 15 000 adh&#233;rents). Un savant travail de laminage et d'isolement contre l'opposition pendant deux ans, un ratissage syst&#233;matique des mandats favorables &#224; la direction pour le congr&#232;s, ont produit leur effet : de 18 500 mandats en 1995 &#224; 27 100 en 1998 !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'effondrement de l'opposition&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais au-del&#224; des man&#339;uvres bureaucratiques, le courant Tous Ensemble a &#233;t&#233; travers&#233; par une crise. Apr&#232;s novembre d&#233;cembre 95, beaucoup de militants CFDT se pronon&#231;aient pour un d&#233;part de la CFDT. Les dirigeants de Tous Ensemble s'y oppos&#232;rent, mettant en avant la bataille pour un congr&#232;s extraordinaire et faisant miroiter la possibilit&#233; d'obtenir la d&#233;mission de Notat, sur la base d'un accord avec les syndicats dits du &#171; centre &#187; (UD Loire Atlantique et Rh&#244;ne, Habillement Cuirs Textile, notamment). Plusieurs milliers de militants quitt&#232;rent alors la CFDT, le plus souvent pour fonder des syndicats SUD, notamment chez les cheminots et les enseignants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction de la CFDT fut assez habile pour &#233;touffer l'opposition plut&#244;t que l'exclure. Mieux, quelques mois avant le congr&#232;s, Notat sut mettre au placard ses discours les plus provocateurs et annoncer en grande pompe sa volont&#233; unitaire vis-&#224;-vis de la CGT. Ces petits changements verbaux, auxquels s'est ajout&#233; le soutien aux mesures du gouvernement de gauche, ainsi que les succ&#232;s &#233;lectoraux de la CFDT, ont affaibli les volont&#233;s de contestation de ces syndicats dits du centre. Les militants de Tous Ensemble qui avaient clairement refus&#233; le chemin d'un d&#233;part massif, soit vers les SUD, soit vers la CGT, se sont trouv&#233;s sans aucune perspective. Cela s'est sold&#233; par leur isolement au congr&#232;s, puis la d&#233;cision de dissoudre leur association au d&#233;but de 1999. Ce qui juge de la limite d'une d&#233;marche fond&#233;e sur un accord d'appareils plut&#244;t que sur une orientation alternative &#224; Notat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si beaucoup de militants CFDT ont &#233;t&#233; d&#233;moralis&#233;s, d&#233;boussol&#233;s par les positions de la conf&#233;d&#233;ration, il en reste &#233;videmment de nombreux qui attendent autre chose d'un syndicat et qui vont se trouver encore plus d&#233;munis au sein de la CFDT avec l'all&#233;geance du centre et la dissolution de Tous Ensemble. Le rapprochement bureaucratique CGT-CFDT ne va pas pour autant leur donner de nouvelles perspectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une page est vraiment tourn&#233;e dans la CFDT. Pourtant, m&#234;me si les partisans de Notat verrouillent compl&#232;tement les instances conf&#233;d&#233;rales et f&#233;d&#233;rales, ils ne peuvent emp&#234;cher sur le terrain, dans les entreprises, les militants qui le souhaitent de maintenir un syndicalisme de lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lo&#239;c CHEVILLARD&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> La mont&#233;e de l'appareil CFDT : 20 ans de recentrage
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/La-montee-de-l-appareil-CFDT-20-ans-de-recentrage</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/La-montee-de-l-appareil-CFDT-20-ans-de-recentrage</guid>
		<dc:date>1999-03-31T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicats
</dc:subject>
		<dc:subject>CFDT
</dc:subject>

		<description>Depuis son origine l'objectif de la CFDT (ex-CFTC) a &#233;t&#233; de cr&#233;er une grande conf&#233;d&#233;ration anticommuniste, se r&#233;clamant ouvertement du r&#233;formisme et de la collaboration avec le patronat et les gouvernements, afin de contrebalancer l'influence dominante de la CGT dans la classe ouvri&#232;re. Hormis la p&#233;riode d'apr&#232;s mai-juin 1968, o&#249; la CFDT moins implant&#233;e pratiqua une certaine surench&#232;re &#171; gauchiste &#187; qui lui donna une aur&#233;ole plus &#171; radicale &#187; et lui fournit un apport militant, la CFDT a fondamentalement&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Apres-les-congres-CFDT-et-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Apr&#232;s les congr&#232;s CFDT et CGT : o&#249; vont les syndicats ?
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Syndicats-+" rel="tag"&gt;Syndicats
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-CFDT-+" rel="tag"&gt;CFDT
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis son origine l'objectif de la CFDT (ex-CFTC) a &#233;t&#233; de cr&#233;er une grande conf&#233;d&#233;ration anticommuniste, se r&#233;clamant ouvertement du r&#233;formisme et de la collaboration avec le patronat et les gouvernements, afin de contrebalancer l'influence dominante de la CGT dans la classe ouvri&#232;re. Hormis la p&#233;riode d'apr&#232;s mai-juin 1968, o&#249; la CFDT moins implant&#233;e pratiqua une certaine surench&#232;re &#171; gauchiste &#187; qui lui donna une aur&#233;ole plus &#171; radicale &#187; et lui fournit un apport militant, la CFDT a fondamentalement gard&#233; la m&#234;me orientation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle l'a r&#233;affirm&#233;e apr&#232;s la d&#233;faite &#233;lectorale de la gauche en 1978. La CFDT &#171; recentr&#233;e &#187; ne se voulait plus ni de droite ni de gauche. Elle se d&#233;clarait pr&#234;te &#224; se recycler dans les n&#233;gociations et la collaboration avec tout gouvernement, de droite comme de gauche. C'est ce qu'elle fait depuis 20 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par un syndicalisme &#171; de terrain &#187;, comme elle le r&#233;p&#232;te &#224; longueur de colonnes dans les magazines envoy&#233;s &#224; ses adh&#233;rents, totalement r&#233;formiste &#233;videmment, la CFDT a regagn&#233; en nombre d'adh&#233;sions ce qu'elle a perdu du fait de sa politique collaborationniste. Aujourd'hui elle se vante d'&#234;tre la premi&#232;re organisation syndicale du pays avec 720 000 adh&#233;rents. Bien s&#251;r, sa capacit&#233; de mobilisation et sa repr&#233;sentativit&#233; &#233;lectorale sont loin d'en faire la conf&#233;d&#233;ration la plus importante, mais sur son propre terrain elle marque des points.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car tandis qu'elle cautionne la politique anti-ouvri&#232;re des gouvernements et signe des accords qui ent&#233;rinent le recul de positions collectives pour les travailleurs, elle pr&#244;ne la d&#233;fense individuelle et le syndicalisme &#171; de service &#187;, le substitut habituel dans les p&#233;riodes de baisse de la lutte de classe. D'autre part elle m&#232;ne une politique de recrutement parmi les couches les moins organis&#233;es et souvent les plus pressur&#233;es par l'exploitation patronale. Ainsi, la F&#233;d&#233;ration des services &#8212; qui regroupe entre autres les travailleurs du commerce &#8212; annonce des progressions en adh&#233;rents de 200 % en quelques ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et au niveau des &#233;lections professionnelles, si la pr&#233;pond&#233;rance de la CGT est &#233;vidente dans les grosses entreprises, celle de la CFDT est fr&#233;quente dans les PME.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une grosse machine&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelques ann&#233;es, une politique volontariste de syndicalisation se double d'une gestion tr&#232;s centralis&#233;e de l'appareil syndical, avec des moyens modernes, &#224; l'instar d'une entreprise. Le pr&#233;l&#232;vement automatique des cotisations est effectif &#224; 90 %, ce qui assure des rentr&#233;es financi&#232;res r&#233;guli&#232;res. L'informatisation des structures syndicales et leur interconnexion rend aussi les liens rapides et efficaces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais surtout dans les quinze derni&#232;res ann&#233;es la CFDT a selectionn&#233; un gros appareil. Rien qu'&#224; Paris, elle dispose de plusieurs si&#232;ges : celui de la Conf&#233;d&#233;ration qui occupe plus de 200 personnes (salari&#233;s et permanents), celui des f&#233;d&#233;rations, celui de l'Union R&#233;gionale des Syndicats d'Ile de France o&#249;, selon une plaquette r&#233;cente travaillent une quarantaine de responsables et salari&#233;s, l'immeuble des syndicats. Cela, sans compter les si&#232;ges des 7 unions d&#233;partementales d'Ile-de-france ext&#233;rieures &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CFDT annonce 150 000 militants. Bien s&#251;r, ce chiffre recouvre un degr&#233; de militantisme tr&#232;s variable qui va du simple d&#233;l&#233;gu&#233; au responsable national. Mais c'est &#224; cet ensemble de militants qu'elle adresse sa presse, ses circulaires, propose (comme dans chaque syndicat) des s&#233;ries de formations de diff&#233;rents niveaux au travers desquelles s'op&#232;re, parall&#232;lement au fonctionnement syndical quotidien, la s&#233;lection des futurs responsables. Elle a montr&#233; qu'elle &#233;tait capable d'organiser des gros rassemblements militants, comme &#224; Charl&#233;ty &#224; Paris en mai 1998 sur le th&#232;me de la r&#233;duction du temps de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intervention de la CFDT, comme pour les autres syndicats europ&#233;ens ou fran&#231;ais, passe par un r&#233;seau fait de milliers de relations avec les gestionnaires d'entreprises ou des organismes de l'Etat. Et la CFDT participe &#224; la gestion de certaines institutions &#233;tatiques comme les autres syndicats. Mais sa politique ouvertement collaborationniste lui donne un plus. Car l'obtention de certains postes &#224; responsabilit&#233; comme la pr&#233;sidence de certains conseils d'administration (la S&#233;curit&#233; Sociale ou l'UNEDIC) passe obligatoirement, vu les rapports de force actuels, par des alliances avec des organisations patronales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un plus ? Du moins tant que le calme social demeure et que le rapport de force n'est pas en faveur de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ang&#232;le ROSSIN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Les raisons du &#171; d&#233;clin des syndicats &#187;
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Les-raisons-du-declin-des-syndicats</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Les-raisons-du-declin-des-syndicats</guid>
		<dc:date>1999-03-31T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicats
</dc:subject>

		<description>La CGT avait 4 millions d'adh&#233;rents en 1948. Dix ans apr&#232;s, elle n'en a plus que 1,625 millions pour remonter &#224; 2,377 millions en 1975 et redescendre quasiment sans interruption depuis cette date. En 1997 l'effectif d&#233;clar&#233; &#233;tait de 634 515. La CFDT, avait 572 000 adh&#233;rents en 1965, 900 000 en 1977, 535 000 en 1988. Depuis elle remonte pour atteindre 723 000 en 1997. Il faut prendre ces chiffres d'adh&#233;rents d&#233;clar&#233;s par les syndicats eux-m&#234;mes avec prudence. Cependant la diminution depuis vingt ans&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Apres-les-congres-CFDT-et-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Apr&#232;s les congr&#232;s CFDT et CGT : o&#249; vont les syndicats ?
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Syndicats-+" rel="tag"&gt;Syndicats
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La CGT avait 4 millions d'adh&#233;rents en 1948. Dix ans apr&#232;s, elle n'en a plus que 1,625 millions pour remonter &#224; 2,377 millions en 1975 et redescendre quasiment sans interruption depuis cette date. En 1997 l'effectif d&#233;clar&#233; &#233;tait de 634 515. La CFDT, avait 572 000 adh&#233;rents en 1965, 900 000 en 1977, 535 000 en 1988. Depuis elle remonte pour atteindre 723 000 en 1997. Il faut prendre ces chiffres d'adh&#233;rents d&#233;clar&#233;s par les syndicats eux-m&#234;mes avec prudence. Cependant la diminution depuis vingt ans des effectifs est incontestable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les explications objectives avanc&#233;es par les dirigeants &#8212; le ch&#244;mage, la pr&#233;carit&#233;, les effectifs en constante d&#233;croissance des grands centres industriels, la dispersion des travailleurs dans les PME, etc. &#8212; sont bien r&#233;elles. Mais elles masquent leurs responsabilit&#233;s politiques dans la situation. Depuis longtemps leur orientation ne permet pas aux travailleurs de lutter efficacement, d'am&#233;liorer leur situation par des victoires. Sur les vingt derni&#232;res ann&#233;es par exemple il n'y a quasiment pas d'acquis syndicaux. Comment les travailleurs, surtout ceux qui n'ont jamais &#233;t&#233; syndiqu&#233;s, verraient-ils un int&#233;r&#234;t ou une n&#233;cessit&#233; de joindre l'organisation syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Pour organiser ch&#244;meurs ou pr&#233;caires... il faut les d&#233;fendre&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il est indiscutablement plus difficile d'organiser les ch&#244;meurs que les salari&#233;s. Leur nombre p&#232;se sur toute la classe ouvri&#232;re. Les int&#233;rimaires, les pr&#233;caires, ceux qui ont un petit boulot, les temps partiels, les jeunes qui commencent &#224; travailler par tous les petits boulots sont &#224; la merci des patrons. Quelles mobilisations ont &#233;t&#233; organis&#233;es par les conf&#233;d&#233;rations pour combattre le ch&#244;mage ? Pour lier ch&#244;meurs et travailleurs ? O&#249; sont les batailles pour l'embauche des int&#233;rimaires, des CDD, des temps partiels involontaires ? Pour la r&#233;duction du temps travail pour cr&#233;er des emplois pour tous ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A un autre niveau, les syndicats et les bourses du travail du d&#233;but du si&#232;cle &#233;taient des lieux naturels de soutien mat&#233;riel et moral des ch&#244;meurs, des structures d'entre-aide ouvri&#232;re. Rien de tel aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre orientation ne serait-elle pas possible ? On en a quelques exemples avec le r&#244;le qu'a jou&#233; SUD dans la cr&#233;ation et l'animation d'AC !, ou parfois la place prise par la CGT ch&#244;meurs, comme &#224; Marseille par exemple. Il y avait, il y a toujours d'autres possibilit&#233;s &#224; saisir qui placeraient les organisations syndicales au centre de la lutte contre le ch&#244;mage, y compris du point de vue des ch&#244;meurs... et referaient peut-&#234;tre des organisations syndicales les organisations de tous les travailleurs, ceux qui ont un emploi, ceux qui ont demi emploi et ceux qui n'en ont pas.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La classe ouvri&#232;re change, elle ne diminue pas&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les organisations ouvri&#232;res se sont appuy&#233;es sur leurs forces dans les grandes concentrations industrielles, tr&#232;s majoritairement masculines. L'&#233;volution de la structure de la classe ouvri&#232;re les a percut&#233; de plein fouet. Ces trente derni&#232;res ann&#233;es ont vu les grandes entreprises d&#233;graisser leurs effectifs, voire dispara&#238;tre. Les ceintures rouges des villes sont devenues des d&#233;serts industriels. Les petites et moyennes entreprises, le tertiaire, les techniciens et ouvriers tr&#232;s qualifi&#233;s, sont devenus de plus en plus nombreux. En m&#234;me temps les femmes sont massivement entr&#233;es dans le travail salari&#233;. Aujourd'hui la majorit&#233; des employ&#233;s sont des employ&#233;es, et les femmes sont de loin la majorit&#233; des smicards.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant au total la classe salari&#233;e et exploit&#233;e est plus nombreuse aujourd'hui. Et la situation compar&#233;e des ouvriers industriels, des techniciens et des employ&#233;es du tertiaire est plus proche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Organiser ces nouvelles couches et ces nouvelles entreprises, souvent plus petites en nombre de salari&#233;s, n'est certainement pas chose facile. Pas impossible quand m&#234;me puisque, ici ou l&#224;, des militants syndicalistes ont su le faire, avec quelques petits succ&#232;s... Jusqu'au personnel de certains Mac Do, c'est dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela exigerait un &#233;norme effort militant des organisations syndicales ? Certes. L'histoire du mouvement ouvrier montre que les afflux en masse dans les organisations syndicales se sont produits lorsque une perspective de changement de leur sort &#233;tait ouverte aux travailleurs : par la mont&#233;e des luttes ou par la combativit&#233; d'un courant s'attelant &#224; organiser les couches de prol&#233;taires qui ne l'&#233;taient pas encore.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La bureaucratie, premi&#232;re raison&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais comment s'&#233;tonner que les syndicats ne se pr&#233;occupent gu&#232;re d'organiser les nouvelles couches du prol&#233;tariat... puisqu'ils ne se sont m&#234;me pas pr&#233;occup&#233;s de conserver les syndiqu&#233;s dans leurs soi-disant bastions. Car dans ceux-ci il y a eu une d&#233;syndicalisation massive, comme les chiffres le prouvent. Et pas seulement parce que certaines usines ont disparu, ou que leurs effectifs se sont r&#233;duits : les effectifs syndiqu&#233;s se sont r&#233;duits dans des proportions bien plus consid&#233;rables encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car c'est la bureaucratie elle-m&#234;me qui a contribu&#233; &#224; vider les syndicats. Sa politique qui tournait le dos aux int&#233;r&#234;ts des travailleurs quand elle ne les trahissait pas ouvertement et simplement. Et pour imposer cette politique de trahison, sa pratique de ne tenir aucun compte de l'avis des syndiqu&#233;s, de ne m&#234;me pas le leur demander, voire de les exclure quand ils le donnaient quand m&#234;me. Combien de militants, de ceux qui auraient pu contribuer &#224; faire du syndicat un organisme vivant, ouvert, combatif et attirant, ont &#233;t&#233; ainsi marginalis&#233;s, pouss&#233;s dehors, carr&#233;ment exclus ? Et pas seulement &#224; la CGT, dont la r&#233;putation jusqu'&#224; ces derni&#232;res ann&#233;es n'&#233;tait plus &#224; faire, mais aussi, ce qu'on oublie parfois, &#224; la CFDT ou &#224; FO.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, combien de salari&#233;s refusent de se syndiquer car ils n'ont pas confiance dans le fait que le syndicat est d&#233;mocratique et les repr&#233;sente vraiment ? Comment convaincre les travailleurs combatifs qui veulent la d&#233;mocratie dans les luttes de rejoindre et de construire un syndicat qui ne la d&#233;fend pas ? Combien de syndiqu&#233;s &#233;c&#339;ur&#233;s par la pratique du PC dans la CGT ont-ils abandonn&#233; le combat syndical ? S'il est un reproche que l'on entend partout, dans les entreprises, c'est bien que les dirigeants syndicaux d&#233;cident pour les travailleurs sans respect pour la d&#233;mocratie, ou plus sobrement et plus populairement, &#171; qu'ils n'en ont rien &#224; faire de nous &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1995 Thibault a appel&#233; &#224; cesser la gr&#232;ve avant les d&#233;cisions des assembl&#233;es des cheminots, Notat ne s'est pas pr&#233;occup&#233;e de l'avis des syndiqu&#233;s CFDT contre le plan Jupp&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et certains se demandent quelles sont les raisons du &#171; d&#233;clin des syndicats &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Charles PAZ&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Leurs pr&#233;occupations... et les n&#244;tres&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est qu'indirectement que l'&#233;rosion des effectifs affecte les appareils dirigeants qui, du fait de leur int&#233;gration, ont de nombreux moyens d'exister ind&#233;pendamment de leurs syndiqu&#233;s. Mais des effectifs amoindris signifient aussi des capacit&#233;s amoindries d'encadrer les travailleurs, de faire passer d'in&#233;vitables pilules am&#232;res, de pr&#233;venir les explosions de col&#232;re et d'arr&#234;ter les conflits. C'est ce qu'ont exprim&#233; tant Bernard Thibault, le nouveau secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT, qu'Ernest Antoine Seilli&#232;re, le dirigeant du MEDEF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier a rappel&#233; que l'existence des &#171; coordinations &#187; de 1986, lors de la gr&#232;ve des cheminots &#8211; coordinations qui avaient permis que les cheminots contr&#244;lent en partie leur propre mouvement &#8211; &#233;tait le reflet de la faiblesse relative des syndicats officiels. Quant au repr&#233;sentant des patrons, il d&#233;plorait &#171; une situation de division et de minceur des effectifs &#187; des syndicats fran&#231;ais, ajoutant : &#171; &lt;em&gt;nous aimerions avoir, comme dans un certain nombre de pays, un syndicalisme de discussions et de n&#233;gociation v&#233;ritablement repr&#233;sentatif du secteur marchand&lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet les syndicats des pays nordiques par exemple organisent parfois plus de 50 % des travailleurs sans pour autant organiser la lutte de classe, mais sont au contraire les champions de la collaboration. Etre syndiqu&#233; dans ces conditions c'est souvent adh&#233;rer &#224; une forme d'assurance bien loin de la conscience de la n&#233;cessit&#233; de la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes dans les luttes les travailleurs savent, et souvent doivent, se donner une organisation sp&#233;cifique, comme les coordinations par exemple. Mais en-dehors des luttes une organisation permanente est indispensable pour maintenir le rapport de force vis-&#224;-vis du patron. Et pour cela permettre l'activit&#233; continue, consciente, militante, d&#233;mocratique, unitaire des travailleurs les plus actifs pour le combat de classe. De toute &#233;vidence ce n'est pas la d&#233;finition du syndicat ni de Seilli&#232;re... ni de Thibault.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J.J.F.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Le syndicalisme institutionnel &#224; la fran&#231;aise : &#171; Repr&#233;sentativit&#233; &#187; et &#171; mandatement &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est en 1945 qu'est mise en place la notion de repr&#233;sentativit&#233; au niveau national. La CGT et la CFTC, membres du Conseil National de la R&#233;sistance en sont &#224; l'initiative. De quoi s'agit-il ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors des &#233;lections professionnelles (d&#233;l&#233;gu&#233;s du personnels et d&#233;l&#233;gu&#233;s au Comit&#233; d'Entreprise) les organisations syndicales reconnues repr&#233;sentatives par le gouvernement ont le monopole des candidatures au premier tour. Il n'y a de second tour que si moins de 50 % des inscrits ont vot&#233; au premier tour. Autant dire que les syndicalistes dissidents auront bien du mal &#224; se pr&#233;senter aux suffrages de leurs camarades de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1968, aux accords de Grenelle, la CGT et les autres appareils syndicaux obtiennent de De Gaulle, pour prix de la reprise du travail, la &#171; reconnaissance de la section d'entreprise &#187; avec d&#233;l&#233;gu&#233;s syndicaux et repr&#233;sentants syndicaux au Comit&#233; d'Entreprise non &#233;lus, dot&#233;s d'heures de d&#233;l&#233;gation. Bien entendu, seuls les syndicats reconnus comme &#171; repr&#233;sentatifs &#187; peuvent b&#233;n&#233;ficier de ces avantages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des syndicats dissidents (s'&#233;tant par exemple constitu&#233;s &#224; la suite d'exclusions de militants) devront faire la preuve de leur repr&#233;sentativit&#233; locale aupr&#232;s du tribunal (au vu, entre autres, de leurs r&#233;sultats &#233;lectoraux, si tant est qu'ils aient eu la possibilit&#233; de se pr&#233;senter lors d'un second tour !). Aujourd'hui, un syndicat comme SUD, qui s'est constitu&#233; sur une base combative contre la ligne recentr&#233;e de la CFDT, doit prouver sa &#171; repr&#233;sentativit&#233; &#187; contest&#233;e le plus souvent par les grandes centrales qui refusent qu'on vienne s'installer sur leurs plates bandes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monopole des appareils et la d&#233;mangeaison du stylo va encore s'aggraver avec l'innovation de la loi Aubry : &#171; &lt;em&gt;le mandatement&lt;/em&gt; &#187;. Il s'agit de permettre &#224; des salari&#233;s d'une entreprise de signer un accord sans &#234;tre syndiqu&#233;s, sans &#234;tre d&#233;l&#233;gu&#233;s syndicaux, en &#233;tant simplement mandat&#233;s &#224; cet effet par une organisation repr&#233;sentative. Cela conduit &#224; ce que les employeurs commencent &#224; n&#233;gocier avec un ou des salari&#233;s choisis par eux, et puis contactent un syndicat pour qu'il mandate les n&#233;gociateurs pour signer. Actuellement 40 % des accords Aubry ont &#233;t&#233; sign&#233;s par des mandat&#233;s ! Et toutes les conf&#233;d&#233;rations se sont pr&#233;cipit&#233;es sur cette loi pour accro&#238;tre leur &#171; implantation &#187;. Mais le mandatement accentue encore la distance entre le repr&#233;sentant qui signe et l'organisation collective minimale des travailleurs : il n'est plus l&#224; pour repr&#233;senter plus ou moins bien les travailleurs au quotidien, mais ne sert qu'&#224; signer. C'est &#224; cela que les patrons r&#233;duisent l'utilit&#233; du syndicat et on n'a pas vu beaucoup de dirigeants syndicaux s'&#233;lever contre cette mesure !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C.P.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> L'exemple de Renault Flins : 25 ans d'histoire syndicale, ou l'&#233;volution parall&#232;le de la CGT et du PCF
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/L-exemple-de-Renault-Flins-25-ans-d-histoire-syndicale-ou-l-evolution-parallele</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/L-exemple-de-Renault-Flins-25-ans-d-histoire-syndicale-ou-l-evolution-parallele</guid>
		<dc:date>1999-03-31T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Renault
</dc:subject>
		<dc:subject>Entreprises
</dc:subject>
		<dc:subject>CGT
</dc:subject>
		<dc:subject>PCF
</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire
</dc:subject>

		<description>La direction du PCF, jusqu'&#224; sa &#171; mutation &#187; sous la direction de Robert Hue, se devait d'avoir des liens privil&#233;gi&#233;s avec le milieu ouvrier. Renault Flins faisait partie de la dizaine de grosses entreprises industrielles avec lesquelles elle &#233;tait en lien direct. Elle y maintenait le contact avec quelques militants parfaitement fiables, court-circuitant les structures du parti, dans les deux sens. Ces liens CGT-PC font qu'on ne peut comprendre l'&#233;volution et les virages de la CGT qu'en les&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Apres-les-congres-CFDT-et-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Apr&#232;s les congr&#232;s CFDT et CGT : o&#249; vont les syndicats ?
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Renault-+" rel="tag"&gt;Renault
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Entreprises-72-+" rel="tag"&gt;Entreprises
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-CGT-+" rel="tag"&gt;CGT
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-PCF-+" rel="tag"&gt;PCF
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La direction du PCF, jusqu'&#224; sa &#171; mutation &#187; sous la direction de Robert Hue, se devait d'avoir des liens privil&#233;gi&#233;s avec le milieu ouvrier. Renault Flins faisait partie de la dizaine de grosses entreprises industrielles avec lesquelles elle &#233;tait en lien direct. Elle y maintenait le contact avec quelques militants parfaitement fiables, court-circuitant les structures du parti, dans les deux sens. Ces liens CGT-PC font qu'on ne peut comprendre l'&#233;volution et les virages de la CGT qu'en les mettant en parall&#232;le avec la politique du PCF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant 1968, le PCF faisait syst&#233;matiquement exclure de la CGT les militants r&#233;volutionnaires. Dans les ann&#233;es qui ont suivi, une politique plus subtile consista &#224; int&#233;grer &#224; l'appareil syndical, le plus souvent avec succ&#232;s, ceux des militants gagn&#233;s &#224; la contestation par la vague de 68.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les purges des ann&#233;es 70&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pourtant d&#232;s 1974, avec les accords de l'union de la gauche derri&#232;re Mitterrand, le PCF s'est de nouveau souci&#233; du danger que pourraient constituer des &#171; gauchistes &#187; tenant des positions dans des syndicats de grosses entreprises. A Flins l'affrontement &#233;tait quasi permanent entre la direction de l'usine, assur&#233;e par un directeur ex-chef du personnel &#224; SIMCA, et les ouvriers et les syndicats ouvriers. Mais pour dure que soit la vie syndicale, elle &#233;tait r&#233;elle. La CGT avait alors 1100 adh&#233;rents payant une moyenne de sept timbres par an. A partir de 1975, dans les ateliers de t&#244;lerie et presses, un petit journal syndical ron&#233;ot&#233; paraissait chaque semaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appareil CGT a d&#233;clench&#233; la purge en f&#233;vrier 1976 &#224; l'occasion des &#233;lections de d&#233;l&#233;gu&#233;s du personnel pour &#233;liminer des listes tout ce qui ressemblait &#224; des contestataires potentiels de la politique d'Union de la Gauche &#224; venir. La CGT a perdu 2000 voix ; mais la bureaucratie a gard&#233; la mainmise. A l'&#233;poque, un appel &#224; un nouveau congr&#232;s fut lanc&#233; par 24 d&#233;l&#233;gu&#233;s et militants connus pour essayer de sauver le syndicat, mais rien n'y fit ; tous furent &#233;limin&#233;s. Moins de trois ans apr&#232;s, en mai 1979, une nouvelle vague d'exclusions eut lieu, malgr&#233; les protestations de sections syndicales enti&#232;res (peinture, m&#233;canique...). Le PCF voulait &#234;tre bien s&#251;r qu'il ne restait personne qui puisse servir de point de ralliement &#224; une opposition &#224; la politique qu'il allait devoir faire mener &#224; la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syndicat ne s'en est jamais remis : l'&#233;quipe militante a &#233;t&#233; bris&#233;e, les journaux syndicaux et comptes rendus d'activit&#233; ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s, le nombre de syndiqu&#233;s a d&#233;gringol&#233; en fl&#232;che. Mais l'appareil du PC gardait le contr&#244;le absolu de la situation. Et quand deux ans apr&#232;s le gouvernement d'Union de la gauche avec ministres PC est arriv&#233;, la CGT Flins &#233;tait normalis&#233;e et bien aux ordres.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La CGT contre les gr&#232;ves&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En 1982 et 83, ce fut la gr&#232;ve des cha&#238;nes de m&#233;canique et des ouvriers d'entretien outillage, puis des caristes, puis des peintres&#8230; L'usine fut arr&#234;t&#233;e pendant presque deux mois. Mauroy, premier ministre, parla de &#171; gr&#232;ves dirig&#233;es par les int&#233;gristes chiites &#187;. Le PC poussa l'appareil syndical &#224; faire pression sur les militants CGT impliqu&#233;s dans les gr&#232;ves. Au sein du syndicat on disait que les gr&#232;ves &#233;taient &#171; foment&#233;es par la droite pour barrer la route au gouvernement de gauche &#187;. Le r&#233;sultat le plus tangible fut le d&#233;sarroi des militants d'atelier ne sachant plus quoi faire. Et aux &#233;lections suivantes la CFDT s'est retrouv&#233;e majoritaire avec une image de combativit&#233; et la r&#233;putation que dans les gr&#232;ves, elle ne se d&#233;gonflait pas alors que la CGT avait le cul entre deux chaises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la gr&#232;ve Talbot, fin 1983, ce sont les militants de l'appareil de Flins qui sont all&#233;s faire le coup de poing contre la CFDT. Il fallait sauver le gouvernement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette p&#233;riode 81-84 la CGT Renault signa des accords et laissa passer sans rien dire ce qui se mettait en place : entre autres l'ordonnance de 1982 sur les horaires sp&#233;ciaux de fin de semaine et les lois Auroux qui permettaient les d&#233;rogations au code du travail en mati&#232;re d'horaires. Un nouveau virage se produisit pourtant en 1984, quand les ministres PC quitt&#232;rent le gouvernement. La CGT Flins, jusqu'&#224; aujourd'hui, n'a plus sign&#233; aucun accord, m&#234;me si elle ne s'est jamais donn&#233; les moyens r&#233;els de les combattre jusqu'&#224; l'annulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il a fallu que la CFDT Flins effectue son &#171; recentrage &#187; dans les ann&#233;es 1985-90 pour que la CGT, redevenue plus revendicative aux yeux de la masse des travailleurs de l'usine, redevienne majoritaire sur l'usine, alors que la CFDT signait des accords (sur la troisi&#232;me &#233;quipe notamment) et excluait massivement, elle aussi, ses contestataires... dont une bonne partie des militants exclus de la CGT en 76-79 qui s'&#233;taient reconvertis quelques ann&#233;es apr&#232;s &#224; la CFDT.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La fonte des effectifs syndiqu&#233;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces trahisons et ces revirements ont profond&#233;ment marqu&#233; les travailleurs &#224; Flins. La plus grande partie de ceux-ci qui ont v&#233;cu ces 25 derni&#232;res ann&#233;es &#224; l'usine, ont &#233;t&#233; syndiqu&#233;s &#224; un moment ou &#224; un autre soit &#224; la CGT soit &#224; la CFDT ; puis ont laiss&#233; tomber, d&#233;&#231;us, voire &#233;c&#339;ur&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait faux de croire que c'est par absence de combativit&#233;, m&#234;me si entre 1983 et 1995 o&#249; il n'y a pas eu de grande lutte. En 1995, la gr&#232;ve a paralys&#233; l'usine trois semaines, mais ni dans le cours de la gr&#232;ve ni apr&#232;s il n'y a eu d'adh&#233;sions aux syndicats ; quelques petites dizaines tout au plus, tous syndicats confondus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 25 ans, les effectifs syndiqu&#233;s ont fondu. Vers 1985, &#231;a a &#233;t&#233; le lancement de la politique &#171; une carte, un timbre = un syndiqu&#233; &#187;. Les patrons avaient invent&#233; le 0,2 % de la masse salariale pour subventionner les organisations syndicales qui assuraient par l&#224; leur vie mat&#233;rielle, les cotisations ne devenant qu'un compl&#233;ment plus ou moins accessoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est un secret pour personne que le syndicat CGT (et c'est pire pour les autres) a bien moins de 200 cotisants r&#233;guliers, et encore par le biais des pr&#233;l&#232;vements automatiques (il s'est av&#233;r&#233; n&#233;cessaire de le rendre obligatoire pour les mandat&#233;s). Pour afficher 7 &#224; 800 syndiqu&#233;s, il faut compter les &#171; une carte, un timbre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'&#233;pisode 1981-84, le discours dans le syndicat a &#233;t&#233; qu'il ne faudrait jamais recommencer. Promis, jur&#233;, on ne se ferait plus avoir. Pourtant avec le gouvernement Jospin et la nouvelle participation des ministres PCF, rebelote. Mais dans l'&#233;quipe syndicale actuelle, bien que consid&#233;rablement affaiblie, &#231;a ne passe pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car ces derni&#232;res ann&#233;es, l'influence du PC sur les militants n'est plus ce qu'elle &#233;tait. M&#234;me parmi ceux qui ont toujours suivi le PC, Hue n'est pas une r&#233;f&#233;rence et ce que dit le PC est suspect. &#171; Discipline de parti &#187; conna&#238;t plus. Personne de Flins n'&#233;tait sur la pelouse de la f&#234;te de L'Humanit&#233; en 1997 quand Hue s'est fait siffler ; mais pas mal de militants d'ici regrettent de n'en avoir pas &#233;t&#233;. Et quasi tous les militants du syndicat sont en hostilit&#233; d&#233;clar&#233;e &#224; la loi Aubry... en mettant dans le m&#234;me sac la nouvelle ligne syndicale trac&#233;e par Thibault.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Didier DOMMANGE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> La CES : un cadre europ&#233;en pour l'int&#233;gration des syndicats dans le syst&#232;me capitaliste
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/La-CES-un-cadre-europeen-pour-l-integration-des-syndicats-dans-le-systeme</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/La-CES-un-cadre-europeen-pour-l-integration-des-syndicats-dans-le-systeme</guid>
		<dc:date>1999-03-31T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Europe
</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicats
</dc:subject>

		<description>Lors du congr&#232;s de la CGT, un d&#233;bat a eu lieu &#224; propos de la demande d'adh&#233;sion de cette conf&#233;d&#233;ration &#224; la Conf&#233;d&#233;ration Europ&#233;enne des Syndicats (CES). Cette question a suscit&#233; des discussions parfois houleuses parmi les militants qui ont particip&#233; &#224; la pr&#233;paration du congr&#232;s et les r&#233;ticences &#233;taient importantes, allant bien au-del&#224; du seul courant &#171; Continuer la CGT &#187;. Pourtant le principe de cette adh&#233;sion avait &#233;t&#233; adopt&#233; par les instances dirigeantes de la CGT depuis longtemps puisqu'une demande&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Apres-les-congres-CFDT-et-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Apr&#232;s les congr&#232;s CFDT et CGT : o&#249; vont les syndicats ?
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Syndicats-+" rel="tag"&gt;Syndicats
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lors du congr&#232;s de la CGT, un d&#233;bat a eu lieu &#224; propos de la demande d'adh&#233;sion de cette conf&#233;d&#233;ration &#224; la Conf&#233;d&#233;ration Europ&#233;enne des Syndicats (CES). Cette question a suscit&#233; des discussions parfois houleuses parmi les militants qui ont particip&#233; &#224; la pr&#233;paration du congr&#232;s et les r&#233;ticences &#233;taient importantes, allant bien au-del&#224; du seul courant &#171; Continuer la CGT &#187;. Pourtant le principe de cette adh&#233;sion avait &#233;t&#233; adopt&#233; par les instances dirigeantes de la CGT depuis longtemps puisqu'une demande officielle avait &#233;t&#233; formul&#233;e d&#232;s 1975 et renouvel&#233;e en 1979. La nouveaut&#233; se situait en fait dans un changement d'attitude &#224; l'&#233;gard de la CGT de la part des dirigeants de la CES et de ses principales composantes fran&#231;aises qui rend possible &#224; br&#232;ve &#233;ch&#233;ance l'int&#233;gration de la conf&#233;d&#233;ration dans la CES.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la CES et ses membres en France refusaient l'adh&#233;sion de la CGT au pr&#233;texte qu'elle &#233;tait adh&#233;rente de la F&#233;d&#233;ration Syndicale Mondiale (FSM) qui r&#233;unissait les syndicats li&#233;s aux bureaucraties staliniennes, c'&#233;tait surtout parce qu'historiquement la CGT regroupait les secteurs les plus combatifs de la classe ouvri&#232;re et de ce fait se trouvait souvent oblig&#233;e de jouer un r&#244;le plus radical que les autres conf&#233;d&#233;rations dans les mobilisations contre les politiques patronales et gouvernementales. C'&#233;tait aussi parce qu'&#224; la diff&#233;rence des membres de la CES, elle s'opposait &#224; la construction europ&#233;enne. Le &#171; recentrage &#187; des dirigeants c&#233;g&#233;tistes a lev&#233; le principal obstacle &#224; leur insertion dans la bureaucratie syndicale europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le partenaire officiel de la Commission de Bruxelles&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cr&#233;&#233;e en 1973, la CES regroupe 65 conf&#233;d&#233;rations syndicales dont la CFDT, FO et la CFTC ; 28 pays y sont repr&#233;sent&#233;s. Si elle a soutenu les premi&#232;res tentatives d'actions syndicales europ&#233;ennes comme les eurogr&#232;ves des cheminots ou la mobilisation contre la fermeture de l'usine Renault de Vilvoorde, sa principale activit&#233; reste la discussion avec les organismes patronaux et le lobbying aupr&#232;s de la commission de Bruxelles. Situant leur action dans le cadre de l'Europe capitaliste et sans en remettre en cause le principe, les dirigeants de la CES cherchent avant tout &#224; &#234;tre reconnus comme partenaires officiels sur la base d'une orientation d'accompagnement des politiques mises en oeuvre dans l'Union. Plusieurs n&#233;gociations avec les f&#233;d&#233;rations patronales &#8211; l'UNICE pour le patronat priv&#233; et le CEEP pour les entreprises publiques &#8211; ont abouti &#224; des accords (sur le temps partiel, le travail atypique autrement dit le travail pr&#233;caire) qui tous avalisent les objectifs patronaux en mati&#232;re de flexibilit&#233; et de baisse du co&#251;t du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les bureaucraties syndicales qui ont toujours cherch&#233; &#224; s'int&#233;grer dans le syst&#232;me capitaliste, l'insertion dans les institutions europ&#233;ennes est un passage oblig&#233;. Mais le ralliement de l'ensemble des conf&#233;d&#233;rations syndicales &#224; cette orientation y compris la CGT fran&#231;aise, traduit une accentuation de ce ph&#233;nom&#232;ne qui vise &#224; subordonner les int&#233;r&#234;ts de la classe ouvri&#232;re &#224; ceux de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'utilit&#233; d'une structuration europ&#233;enne des mouvements luttant contre l'offensive capitaliste contre le monde du travail n'est plus &#224; d&#233;montrer. La similitude des attaques patronales en Europe n&#233;cessite une riposte coordonn&#233;e &#224; l'&#233;chelle du continent. Mais s'est en organisant concr&#232;tement les mobilisations, en s'opposant frontalement aux patronats et aux gouvernements, en propageant les id&#233;es de la lutte des classes et les revendications que les syndicalistes sinc&#232;rement attach&#233;s &#224; la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts de leur classe peuvent contribuer &#224; faire &#233;merger une repr&#233;sentation du mouvement ouvrier au niveau europ&#233;en. Ce n'est pas en s'adaptant aux volont&#233;s patronales ni en s'int&#233;grant aux institutions de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Eric PERREUX &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Depuis 10 ans, l'arriv&#233;e de nouveaux syndicats
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Depuis-10-ans-l-arrivee-de-nouveaux-syndicats</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Depuis-10-ans-l-arrivee-de-nouveaux-syndicats</guid>
		<dc:date>1999-03-31T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicats
</dc:subject>
		<dc:subject>SUD
</dc:subject>
		<dc:subject>FSU
</dc:subject>

		<description>La politique dite de recentrage de la CFDT a conduit &#224; la fin des ann&#233;es 80 &#224; l'exclusion des militants oppositionnels des PTT puis de la Sant&#233; qui cr&#233;&#232;rent SUD-PTT et le CRC-Sant&#233; (aujourd'hui appel&#233; SUD-CRC Sant&#233;). De m&#234;me en 1993 la volont&#233; de la direction socialiste du principal syndicat enseignant, la FEN (F&#233;d&#233;ration de l'Education nationale) d'exclure le SNES a conduit &#224; la cr&#233;ation de la FSU (F&#233;d&#233;ration syndicale unitaire). &lt;br /&gt;La FSU &lt;br /&gt;La FSU en trois ans (1993-96) est devenue la premi&#232;re organisation&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Apres-les-congres-CFDT-et-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Apr&#232;s les congr&#232;s CFDT et CGT : o&#249; vont les syndicats ?
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Syndicats-+" rel="tag"&gt;Syndicats
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-SUD-+" rel="tag"&gt;SUD
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-FSU-+" rel="tag"&gt;FSU
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La politique dite de recentrage de la CFDT a conduit &#224; la fin des ann&#233;es 80 &#224; l'exclusion des militants oppositionnels des PTT puis de la Sant&#233; qui cr&#233;&#232;rent SUD-PTT et le CRC-Sant&#233; (aujourd'hui appel&#233; SUD-CRC Sant&#233;). De m&#234;me en 1993 la volont&#233; de la direction socialiste du principal syndicat enseignant, la FEN (F&#233;d&#233;ration de l'Education nationale) d'exclure le SNES a conduit &#224; la cr&#233;ation de la FSU (F&#233;d&#233;ration syndicale unitaire).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La FSU&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La FSU en trois ans (1993-96) est devenue la premi&#232;re organisation parmi les enseignants avec 46,9 % des suffrages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette progression spectaculaire tient surtout &#224; la mont&#233;e en fl&#232;che du syndicat du premier degr&#233; (SNU-IPP). Si dans le secondaire le SNES a gard&#233; sa direction, ses structures, et finalement la m&#234;me bureaucratie syndicale proche du PCF, dans le primaire ce furent les oppositionnels d'hier (militants du PC et d'extr&#234;me gauche le plus souvent) qui ont dans de nombreux d&#233;partements construit le syndicat &#224; partir de rien, en se d&#233;marquant nettement de la direction de la FEN dans ce secteur. En 1995-96, et notamment dans les gr&#232;ves et manifestation de d&#233;cembre, m&#234;me si le SNES n'a jamais appel&#233; &#224; la gr&#232;ve reconductible, la FSU dans son ensemble est apparue comme un p&#244;le combatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la FSU n'est pas exempte des contradictions qui caract&#233;risaient la FEN. Elle a plus souvent pr&#244;n&#233; la concertation que la lutte. Le SNU-IPP, m&#234;me, reproduit les m&#234;mes travers cat&#233;goriels que connaissait le syndicat du premier degr&#233; de la FEN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les militants d'extr&#234;me gauche contribuent &#224; donner une image combative, unitaire et d&#233;mocratique du syndicat (par exemple lors du long conflit des enseignants du 93 en 1998) la direction de la FSU ressemble &#224; sa mani&#232;re &#224; celle que conna&#238;t aujourd'hui la CGT avec Thibault. Derri&#232;re un discours d'ouverture, de rupture avec les pratiques staliniennes, persistent les m&#234;mes orientations et les pratiques de la bureaucratie r&#233;formiste.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les SUD&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le ph&#233;nom&#232;ne des SUD et du d&#233;veloppement du groupe des 10 est lui plus divers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les SUD, dans les PTT, la Sant&#233; et les Transports notamment, ont b&#233;n&#233;fici&#233; de l'exp&#233;rience des militants, le plus souvent issus de l'extr&#234;me gauche, qui ont pris en main la construction de ces syndicats. Leur d&#233;veloppement, in&#233;gal selon les secteurs, vient essentiellement de la place laiss&#233;e libre par les bureaucraties CFDT et CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup d'anciens militants des groupes d'extr&#234;me gauche ont fait de SUD leur organisation, reprenant les pratiques du syndicalisme r&#233;volutionnaire. Cela explique notamment la place prise par les militants des SUD dans les conflits de leurs secteurs, mais aussi dans la cr&#233;ation d'Agir contre le ch&#244;mage (AC !), dans le soutien aux luttes des sans papiers, et en g&#233;n&#233;ral dans l'animation des associations de ce qu'on appelle le mouvement social. Cette image du syndicalisme rompt &#233;videmment avec les pratiques syndicales habituelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Groupe des 10 rassemble les SUD avec des syndicats plus anciens ; les plus importants (SNUI aux Imp&#244;ts, SU &#224; la Caisse d'Epargne) sont majoritaires dans leur milieu et issus, &#224; la fin des ann&#233;es 40 du refus de choisir lors de l'&#233;clatement CGT-FO.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leurs dirigeants n'ont &#233;videmment pas la m&#234;me tradition que les militants des SUD, sont souvent marqu&#233;s par le corporatisme d'entreprise et ne voient pas, pour la plupart, l'int&#233;r&#234;t de construire une v&#233;ritable Union syndicale interprofessionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Groupe des 10 ne regroupe que 70 000 adh&#233;rents ce qui le situe loin derri&#232;re la CGT, la CFDT et FO, soit de 8 &#224; 10 fois moins que les effectifs annonc&#233;s par ces conf&#233;d&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dynamisme des SUD, la place qu'ils ont prise dans divers secteurs en font n&#233;anmoins une composante r&#233;elle et durable du mouvement syndical. Cela ne les exempte &#233;videmment pas de contradictions avec deux &#233;cueils : celui de former de petits syndicats cultivant une culture radicale mais minoritaire ; celui de prendre une s&#233;rie de positions sociales (retraites, 35 heures) sans que cela d&#233;bouche sur des moyens d'agir. L'isolement des SUD et du Groupe des 10 dans le champ syndical qu'entra&#238;ne le front CGT-CFDT ne facilitera pas la r&#233;solution de ces contradictions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lo&#239;c CHEVILLARD&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
