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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskyste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> 36 jours de gr&#232;ve &#224; la Polym&#233;canique, au printemps 1971
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		<dc:date>2018-05-14T20:28:56Z</dc:date>
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		<description>Partie 1 &lt;br /&gt;[transcription du r&#233;cit oral de Th&#233;odore Topolanski lors d'un meeting de Lutte Ouvri&#232;re, le lundi 7 juin 1971] &lt;br /&gt;C'est aujourd'hui que nous avons repris le travail &#224; la Polym&#233;canique, apr&#232;s une gr&#232;ve de trente six jours. A l'origine de ce mouvement de col&#232;re des 1200 travailleurs de cette usine de Pantin, il y a la quasi suppression d'une prime dite de bilan, qui existait depuis trois ans dans l'entreprise, &#233;poque &#224; laquelle devait &#234;tre mise en place la &#8216;participation'. La prime qui &#233;tait de&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_1101 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH599/monde_poly-8beaa.png?1526422011' width='500' height='599' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Partie 1 &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;[transcription du r&#233;cit oral de Th&#233;odore Topolanski lors d'un meeting de Lutte Ouvri&#232;re, le lundi 7 juin 1971]&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aujourd'hui que nous avons repris le travail &#224; la Polym&#233;canique, apr&#232;s une gr&#232;ve de trente six jours. A l'origine de ce mouvement de col&#232;re des 1200 travailleurs de cette usine de Pantin, il y a la quasi suppression d'une prime dite de bilan, qui existait depuis trois ans dans l'entreprise, &#233;poque &#224; laquelle devait &#234;tre mise en place la &#8216;participation'. La prime qui &#233;tait de 2,25 % en 1969, de&#183;2,65 % en 1970, fut ramen&#233;e &#224; 0,1 % cette ann&#233;e. Justification donn&#233;e aux travailleurs : les b&#233;n&#233;fices r&#233;alis&#233;s &#233;taient plus faibles, quasi-nuls l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La diminution de la prime qui d&#233;clencha la col&#232;re&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les b&#233;n&#233;fices en question, ceux sur lesquels est calcul&#233;e la prime de bilan, sont les b&#233;n&#233;fices d&#233;clar&#233;s soumis &#224; l'imp&#244;t et n'ont rien &#224; voir avec les b&#233;n&#233;fices r&#233;els, car les amortissements de mat&#233;riel en sont d&#233;duits. Plus un patron investit dans son entreprise, moins il paye d'imp&#244;ts sur les b&#233;n&#233;fices l'ann&#233;e suivante, mais cela ne signifie pas pour autant qu'il en fasse moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est de cela que les travailleurs de la Poly n'ont pas &#233;t&#233; dupes. Ils ont vu les nouvelles machines entrer dans les ateliers, la production augmenter ainsi que les cadences d'ailleurs ; ils ont vu le prix des &lt;em&gt;Mobylettes&lt;/em&gt; monter &#233;galement. Fallait-il alors qu'ils acceptent de voir leur paye diminuer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction un mois auparavant avait annonc&#233; que la prime serait certainement diminu&#233;e par rapport &#224; celle de&#183;l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente. Elle avait annonc&#233; une augmentation des salaires de 3 % au premier juin en m&#234;me temps. Elle pensait ainsi que les ouvriers allaient admettre ces miettes en compensation. Mais ce n'est pas ainsi que cette mesure fut prise par les travailleurs de la Poly. La prime de bilan, on la touchait en une seule fois, alors que les 3 % &#233;taient &#224; venir. Et l'usine &#233;tant en majorit&#233; compos&#233;e d'O.S. [ouvriers sp&#233;cialis&#233;s], c'est-&#224;-dire de bas salaires, la plupart d'entre nous avait d&#233;j&#224; plac&#233; en pens&#233;e cette somme qu'on nous annon&#231;ait maintenant quasi nulle. Au lieu d'un peu plus d'une semaine de salaire, nous n'avions plus que l'&#233;quivalent de 10 paquets de cigarettes. Tout cela n'aurait sans doute pas suffi &#224; d&#233;clencher la gr&#232;ve s'il n'y avait pas eu l'intervention organis&#233;e des militants de notre tendance au travers de la section syndicale FO. que nous avions cr&#233;&#233;e au lendemain des &#233;v&#232;nements de mai 68, ce qui ne veut pas dire, vous vous en doutez, que nous sommes des partisans de Bergeron [Andr&#233; Bergeron, alors secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de FO].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le montant de la prime devait &#234;tre annonc&#233; un jeudi au comit&#233; d'entreprise. D&#232;s le lundi nous faisions d&#233;j&#224; une propagande orale dans l'entreprise pour d&#233;brayer imm&#233;diatement au cas o&#249; la prime annonc&#233;e serait diminu&#233;e. Un d&#233;l&#233;gu&#233; CGT dit &#224; ce moment, en parlant de cette proposition, que &lt;em&gt;&#171; c'&#233;tait dangereux car on risquait de faire supprimer la prime &#187;.&lt;/em&gt; Jeudi matin avant la r&#233;union du CE. [Comit&#233; d'entreprise], notre section distribuait un tract dans lequel elle invitait tous les syndicats et tous les travailleurs de l'usine &#224; manifester au cas o&#249; l'annonce faite dans la journ&#233;e du montant de la prime attesterait sa diminution. Nous avons &#233;t&#233; les seuls &#224; faire cette propagande, mais comme la suite des &#233;v&#232;nements nous l'a prouv&#233;, c'est parce que nous &#233;tions les plus pr&#232;s des pr&#233;occupations des travailleurs et que nous avons le mieux su tenir compte de leurs r&#233;actions. Et cela, gr&#226;ce &#224; un travail syst&#233;matique que nous effectuons depuis cinq ans dans l'entreprise &#224; l'aide du bulletin, et &#224; l'aide notre activit&#233; syndicale depuis trois ans. Nous repr&#233;sentons aux &#233;lections de l'ann&#233;e derni&#232;re pr&#232;s de 30 % des suffrages contre 61 % &#224; la CGT et 9 % &#224; la CFDT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s que le chiffre de la prime fut connu, l'indignation se fit entendre. La r&#233;union du CE se termina vers midi, il fallut attendre 15 heures pour avoir la r&#233;ponse de la CGT &#224; la proposition de d&#233;brayage que nous avions faite. Entre temps, de nombreux ouvriers demand&#232;rent aux d&#233;l&#233;gu&#233;s CGT ce qu'ils attendaient. Une assembl&#233;e fut convoqu&#233;e par tous les syndicats pour le lendemain 9 heures. Il n'y eut pas besoin de tract pour cela et 95 % des ouvriers y furent pr&#233;sents.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Manifestation au si&#232;ge de Motob&#233;cane&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;A partir de l&#224;, tout se d&#233;clencha assez rapidement. La proposition que nous avons alors faite d'aller &#224; la direction de la Poly imm&#233;diatement, fut d'embl&#233;e r&#233;alis&#233;e par la masse des ouvriers. Apr&#232;s avoir fait huer le directeur qui tentait d'expliquer que si la prime passait sous le nez des ouvriers, ce n'&#233;tait pas de sa faute car la prime r&#233;sultait d'un calcul, nous avons propos&#233; d'aller manifester au si&#232;ge de Motob&#233;cane &#224; Pantin, rue Lesault. Car nous faisons partie du trust MB, nous fabriquons les moteurs des &lt;em&gt;Mobylettes&lt;/em&gt; qui sont mont&#233;s dans les usines de Saint-Quentin o&#249; travaillent 2 700 ouvriers. Jusque-l&#224; et depuis trois ans, le PDG. de MB, Noblet, &#233;tait le m&#234;me que celui de la Poly. Et la prime en question &#233;tait identique dans toutes les usines du&#183;trust.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Vote de la gr&#232;ve illimit&#233;e et de l'occupation de l'usine&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; re&#231;us par le PDG, qui refusa notre revendication, nous avons parl&#233; de gr&#232;ve illimit&#233;e sans toutefois demander aux travailleurs de se prononcer imm&#233;diatement. De retour &#224; l'usine, il n'&#233;tait pas question de reprendre le travail et il fut d&#233;cid&#233; une consultation du personnel pour lundi. La CGT demandait alors que la consultation se d&#233;roule pendant que le travail aurait repris. Elle n'eut pas gain de cause sur cette question. Par contre nous avons accept&#233; que trois questions soient pos&#233;es : &#234;tes-vous pour la gr&#232;ve illimit&#233;e, pour la gr&#232;ve limit&#233;e, et autres propositions. Nous avons obtenu que l'on fasse voter s&#233;par&#233;ment le deuxi&#232;me coll&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sultats donn&#232;rent 56 % des ouvriers pour la gr&#232;ve illimit&#233;e et 27 % pour des d&#233;brayages limit&#233;s sur le coll&#232;ge ouvrier, et 52 % pour la gr&#232;ve illimit&#233;e si l'on ramenait cela sur l'ensemble des deux coll&#232;ges. Les repr&#233;sentants CGT et CFDT pr&#233;sent&#232;rent cela sans enthousiasme, et ce fut moi qui en tant que repr&#233;sentant de la section FO proclama la gr&#232;ve illimit&#233;e et fit voter sur l'occupation de l'usine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'apr&#232;s-midi, malgr&#233; l'hostilit&#233; de la CGT et de la CFDT, nous entra&#238;n&#226;mes la quasi totalit&#233; des gr&#233;vistes en un cort&#232;ge qui parcourut d'abord les ateliers et fit d&#233;brayer quelques-uns des rares ouvriers qui &#233;taient au travail, puis ensuite les bureaux dont plus de la moiti&#233; rejoignirent les gr&#233;vistes. La gr&#232;ve avec occupation fut alors annonc&#233;e &#224; la direction qui demanda aux d&#233;l&#233;gu&#233;s de s'engager &#224; laisser travailler ceux qui le demanderaient. Ce que tous accept&#232;rent, sauf le repr&#233;sentant de FO qui refusa de r&#233;pondre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain matin, nous avions ferm&#233; les portes pour ne laisser entrer que les gr&#233;vistes. Mais un d&#233;l&#233;gu&#233; CFDT, aid&#233; par un d&#233;l&#233;gu&#233; CGT, avait ouvert la porte et avait laiss&#233; entrer une cinquantaine de ceux qu'un camarade surnomma par la suite &#171; les Versaillais &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur mon intervention, les autres ne purent entrer malgr&#233; les vitup&#233;rations du directeur de la production, &#224; qui il fallut faire un barrage physique pour l'emp&#234;cher d'ouvrir les portes. Les non-gr&#233;vistes &#233;taient compos&#233;s essentiellement de cadres et d'employ&#233;s et d'un tout petit nombre d'ouvriers. La direction les fit revenir quotidiennement devant l'entreprise par la suite, mais ils se d&#233;courag&#232;rent rapidement et leurs rangs devinrent de plus en plus clairsem&#233;s. Car &#224; dater de ce jour, plus personne de la Poly ne travailla dans l'entreprise. Les cinquante qui &#233;taient entr&#233;s le premier jour furent &#233;chang&#233;s par un marchandage avec la direction. Elle demandait qu'une dizaine de techniciens de l'entreprise &#171; Carter &#187;, qui travaillent habituellement l&#224;, puissent entrer. Le comit&#233; de gr&#232;ve trancha en demandant l'&#233;change, ce qui fut accept&#233; par la direction.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;dl class='spip_document_1103 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH132/grevepolymecanique2-ae78e.jpg?1526422011' width='500' height='132' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Gr&#232;ve de la Polym&#233;canique de 1971
&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Le Comit&#233; de gr&#232;ve&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Car il y avait un comit&#233; de gr&#232;ve. Nous avions propos&#233; qu'il se constitue par l'&#233;lection d'un ou plusieurs d&#233;l&#233;gu&#233;s par &#233;quipe ou par atelier. Il se constitua de mani&#232;re diff&#233;rente, mon camarade vous en parlera tout &#224; l'heure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve ainsi mise en place, avait suffisamment de garanties pour pouvoir durer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s la fin de la semaine, tous les d&#233;l&#233;gu&#233;s &#233;taient convoqu&#233;s devant le tribunal des r&#233;f&#233;r&#233;s, statuant en proc&#233;dure d'urgence pour prononcer &#233;ventuellement un arr&#234;t&#233; d'expulsion. Nous y sommes all&#233;s afin de retourner la man&#339;uvre du patron contre lui. Nous nous y sommes pr&#233;sent&#233;s en accusateurs et non en accus&#233;s. J'expliquai le pourquoi de nos revendications. Comme dans les attendus de l'accusation figurait le reproche que seule une minorit&#233; avait d&#233;cid&#233; la gr&#232;ve, puisqu'il n'y avait eu que 700 votants sur un effectif de 1166, et que 52 % seulement s'&#233;taient prononc&#233;s pour la gr&#232;ve illimit&#233;e, je rappelai qu'aux &#233;lections pr&#233;sidentielles il y avait eu 25 &#224; 30% d'abstentions, que celui qui si&#232;ge aux plus hautes fonctions de l'Etat n'avait eu que 33 % des suffrages exprim&#233;s, et qu'il n'&#233;tait pourtant venu &#224; l'id&#233;e de personne de le tra&#238;ner devant un tribunal. A la question de savoir pourquoi nous occupions l'usine, que posa le tribunal, je r&#233;pondis que la gr&#232;ve avait &#233;t&#233; d&#233;cid&#233;e d&#233;mocratiquement et qu'il n'y avait pas de raison qu'une minorit&#233; emp&#234;che la majorit&#233; de r&#233;aliser ses d&#233;cisions.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'avocat stalinien s'en prend aux &#233;tudiants &#171; &#8230;&#224; cheveux longs&#8230; &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce ne fut pas le langage de l'avocat stalinien qui parla au nom de la CGT. Il pr&#233;senta les revendications de fa&#231;on mis&#233;rabiliste, disant entre autres que &lt;em&gt;&#171; nous luttions pour que nos enfants aient un peu plus de pain &#224; table &#187;&lt;/em&gt;, parlant du sacrifice que faisaient les d&#233;l&#233;gu&#233;s en militant, bref avec une argumentation qui n'aurait s&#251;rement pas pass&#233; la rampe devant les ouvriers de la Poly. Mais le comble, c'est les raisons qu'il donna de l'occupation. Il fallait selon lui que les ouvriers &lt;em&gt;&#171; gardant l'outil de travail d'aujourd'hui pr&#233;servent la fortune de demain &#187;&lt;/em&gt;. Il y avait de quoi faire pleurer de rire un O.S. de p&#232;re en fils. Mais cela n'est pas tout, c'&#233;tait aussi pour emp&#234;cher &lt;em&gt;&#171; quelques jeunes &#224; cheveux longs et crasseux de venir faire des d&#233;g&#226;ts de ceux qui comme chez Renault viennent en Rolls Royce (qu'ils laissent &#224; quelques rues de distance), donner des conseils aux ouvriers &#187;.&lt;/em&gt; J'en passe et des pires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tribunal d'ailleurs prit une d&#233;cision dilatoire, celle de nommer un expert huissier pour v&#233;rifier dans quelles conditions se faisait l'occupation. On n'a jamais vu ce dernier. La direction a fait appel, et le jugement devait avoir lieu le lendemain de la fin de la gr&#232;ve. De toutes fa&#231;ons, les avocats avaient trouv&#233; la proc&#233;dure permettant de remettre le jugement &#224; quinzaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argumentation de l'avocat stalinien devint par la suite sujet &#224; plaisanteries dans l'entreprise. Par exemple le secr&#233;taire de l'union locale CGT Maisonnave, qui a les cheveux longs, a plusieurs fois suscit&#233; la r&#233;flexion : &lt;em&gt;&#171; Tiens, un &#233;tudiant ! &#187;.&lt;/em&gt; Ou bien quand un ouvrier dit devant un d&#233;l&#233;gu&#233; CGT qu'il y avait un gars &#224; cheveux longs, pas de l'usine, qui r&#244;dait, un autre demande : &lt;em&gt;&#171; Mais est-ce que ce n'est pas Maisonnave ? &#187;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les camarades de Saint-Quentin se mettent en gr&#232;ve&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le fait marquant de la deuxi&#232;me semaine de gr&#232;ve, ce fut l'entr&#233;e en lutte des camarades des usines de Saint-Quentin. Cela influen&#231;a le moral des ouvriers. A la fin de la semaine pr&#233;c&#233;dente, le comit&#233; de gr&#232;ve avait envoy&#233; des &#233;quipes de la Poly avec un tract &#224; Saint-Quentin, et l'accueil avait &#233;t&#233; assez chaleureux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve &#224; Saint-Quentin commen&#231;a huit jours plus tard que la n&#244;tre et se termina pr&#232;s d'une semaine avant, mais elle nous fut d'un secours moral pr&#233;cieux. Nous n'avons eu que des contacts tr&#232;s indirects avec Saint-Quentin, puisqu'ils pass&#232;rent par le canal syndical, car nous n'avions par la suite plus de forces &#224; consacrer &#224; une liaison directe. Nous avions besoin des meilleurs camarades sur place pour faire les qu&#234;tes, pour organiser l'occupation, et surtout pour discuter et soutenir le moral des ouvriers que les militants staliniens tentaient de miner en se faisant les porte-voix de ceux qui, comme dans chaque gr&#232;ve, sont pr&#234;ts &#224; abandonner d&#232;s les premi&#232;res souffrances. Et celles-ci commenc&#232;rent d&#232;s la fin de la premi&#232;re quinzaine, quand les ouvriers qui &#233;taient tous partis avec une paye en poche, durent se passer de la suivante.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt; &#171; Noblet, si tu continues, les gars de la Poly te botteront les fesses &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il y eut des secours distribu&#233;s par les mairies de gauche &#224; leurs habitants gr&#233;vistes, et pour ceux qui habitent dans des municipalit&#233;s de droite c'est avec le r&#233;sultat des collectes qu'ils furent soutenus. La mairie de Pantin fournit des repas et le prix de la cantine fix&#233; au d&#233;part &#224; 2,50 francs sans la boisson, fut ramen&#233; &#224; 1,50 franc. Personne ne creva de faim, mais ni les tiers provisionnels ni les loyers ni m&#234;me les traites n'ont &#233;t&#233; pay&#233;s par nombre d'entre nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; le moral &#233;tait un peu plus bas, &#224; la veille du pont de l'Ascension, alors que le patron n'avait plus donn&#233; signe de vie depuis une douzaine de jours, la CGT proposa d'aller faire une d&#233;marche &#224; l'inspecteur divisionnaire du travail. Nous y &#233;tions oppos&#233;s, mais les ouvriers pr&#233;sents &#233;taient partisans de cette d&#233;marche pour demander de nouvelles discussions. Apr&#232;s avoir donn&#233; notre point de vue, nous nous sommes pli&#233;s &#224; la volont&#233; des ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre un certain nombre de manifestations auxquelles nous avons particip&#233; ont contribu&#233; &#224; r&#233;chauffer le climat dans l'entreprise, m&#234;me si peu nombreux, parmi les gr&#233;vistes, furent ceux qui y particip&#232;rent. Ils revinrent suffisamment enthousiastes &#224; l'usine pour communiquer leurs impressions aux autres. Ce fut le cas de la manifestation du 14 mai dans la m&#233;tallurgie, ainsi que celle sur la retraite le 27 mai. Entre temps, au lendemain du week-end de l'Ascension, en r&#233;ponse aux lettres individuelles de la direction demandant &#224; ceux qui voulaient reprendre le travail de voter par retour du courrier, nous avons fait une manifestation au si&#232;ge o&#249; nous sommes all&#233;s &#224; plus de 200 en chantant : &lt;em&gt;&#171; Noblet, si tu continues, les gars de la Poly te botteront les fesses &#187; &lt;/em&gt;et en scandant nos revendications et &lt;em&gt;&#171; Ce n'est qu'un d&#233;but continuons le combat &#187;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;dl class='spip_document_1104 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH388/grevepolymecanique3-26ec1.jpg?1526422011' width='500' height='388' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Romain en avant et &#224; droite, en t&#234;te de la manifestation des gr&#233;vistes de la Polym&#233;canique (en 1971).
&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;
Certains des jeunes immigr&#233;s avaient d&#232;s le d&#233;but de la gr&#232;ve largu&#233; leur h&#244;tel et &#233;lu domicile &#224; l'usine&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait un d&#233;but de semaine, et il y avait, comme &#224; chaque fois, plus de monde que d'habitude. Ceux qui &#233;taient l&#224;, qui pour beaucoup ne venaient gu&#232;re dans la semaine, &#233;taient de plus chauds partisans de la continuation que ceux influenc&#233;s par les staliniens qui venaient plus souvent. Mais que ces derniers d&#233;moralisaient en r&#226;lant tout le temps dans le style : &lt;em&gt;&#171; Il n'y a encore personne pour monter la garde cette nuit &#187;,&lt;/em&gt; ou alors &lt;em&gt;&#171; C'est toujours les m&#234;mes qui se tapent le boulot &#187;&lt;/em&gt;, ou encore en comptant leurs heures de pr&#233;sence comme s'ils &#233;taient au boulot. Heureusement qu'il y avait les r&#233;volutionnaires pour &#234;tre de bonne humeur et pour qui la gr&#232;ve, loin d'&#234;tre une corv&#233;e, fut une partie de plaisir. Ce qui ne les emp&#234;cha pas de prendre souvent une part plus grande que les staliniens &#224; toutes les t&#226;ches que n&#233;cessitait l'occupation. Et pour les jeunes dont notre groupe est compos&#233; en majorit&#233;, on passait d'aussi bons week-ends &#224; l'usine que bien d'autres en dehors. Parmi les jeunes immigr&#233;s, certains avaient d&#232;s le d&#233;but de la gr&#232;ve largu&#233; leur h&#244;tel et &#233;lu domicile &#224; l'usine. On chantait, on jouait, on discutait entre copains, c'&#233;tait tout de m&#234;me bien mieux que le train-train quotidien m&#233;tro, boulot, dodo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'ensemble le moral &#233;tait bon. La preuve, la Direction ne re&#231;ut que 244 r&#233;ponses &#224; ses lettres individuelles alors que le comit&#233; de gr&#232;ve en ramassa environ 500, que les ouvriers avaient ramen&#233;es au lieu de les renvoyer &#224; la -direction. Si bien que la direction fut bien oblig&#233;e de reculer. Cela se fit par &#233;tapes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Plus on tenait, plus le patron l&#226;chait&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re semaine elle proposa de supprimer l'augmentation de 3 % et de la remplacer par une prime &#233;gale &#224; 1,75% sur le salaire de l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente. La deuxi&#232;me semaine elle proposa de payer 3 % avec effet r&#233;troactif au premier janvier 1971. Puis plus rien pendant treize jours. Ensuite, elle proposa une r&#233;partition uniforme de ces 3 % r&#233;troactifs, ce qui donnait 240 F pour tous et une somme de 250 F remboursable en cinq mois. Puis toujours la m&#234;me prime, mais 100 F non remboursables et 150 remboursables. Puis 150 remboursables et 150 non remboursables. Chaque offre nouvelle incitait un peu plus les staliniens &#224; pousser &#224; faire voter pour la reprise, mais renfor&#231;ait aussi un peu plus les ouvriers les plus combattifs car elle faisait la preuve que plus on tenait, plus le patron l&#226;chait et que tout ce qu'il d&#233;clarait impossible l'&#233;tait devenu avec un mois de production en moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous en &#233;tions l&#224; &#224; la fin de la quatri&#232;me semaine de gr&#232;ve. A plusieurs reprises, les ouvriers repouss&#232;rent les tentatives des dirigeants CGT de faire un vote car ils se souvenaient des manigances de 1968 qui avaient permis, &#224; l'aide de deux votes successifs, de faire reprendre le travail en faisant voter y compris les cadres qui n'avaient jamais &#233;t&#233; gr&#233;vistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain de la Pentec&#244;te, les dirigeants CGT se d&#233;consid&#233;r&#232;rent compl&#232;tement, et quand ils parl&#232;rent de consultation, les ouvriers scand&#232;rent nombreux &lt;em&gt;&#171; Non, non, pas de vote &#187;&lt;/em&gt;. Le lendemain, les dirigeants CGT chang&#232;rent de position et la Direction n'allait pas tarder &#224; en faire autant. Les d&#233;l&#233;gu&#233;s furent convoqu&#233;s pour assister en observateurs au comit&#233; d'entreprise de Motob&#233;cane. A Saint-Quentin le lendemain du week-end de Pentec&#244;te, la CGT avait fait reprendre ceux de l'usine de montage des v&#233;los. Au montage des Mobylettes elle n'avait pas r&#233;ussi &#224; faire reprendre le travail enti&#232;rement : la moiti&#233; des ouvriers &#233;tait encore en gr&#232;ve ; les cadres, la ma&#238;trise et les techniciens ainsi que les employ&#233;s n'avaient pratiquement jamais arr&#234;t&#233; le travail, la pr&#233;tendue libert&#233; du travail ayant toujours &#233;t&#233; respect&#233;e &#224; Saint-Quentin.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;
Noblet : &#171; &#8230; si la gr&#232;ve ne se termine pas &#224; la Poly, je donnerai ma d&#233;mission de PDG&#8230; &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;A la m&#233;canique, il restait 80 gr&#233;vistes sur 300 ouvriers. La situation ne se pr&#233;sentait donc pas de fa&#231;on brillante, Noblet fit le chantage suivant : &lt;em&gt;&#171; Je fais des propositions pour Saint-Quentin, celles que je ferais demain pour la Polym&#233;canique seront du m&#234;me ordre ; si la gr&#232;ve ne se termine pas &#224; la Poly, je donnerai ma d&#233;mission de PDG de la Poly. Et cela signifiera que le travail dans cette entreprise sera moins assur&#233; car MB pourra alors chercher des sous-traitants qui lui reviennent moins cher &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/em&gt;Pour Saint-Quentin, il proposa pour l'essentiel la prime de 240 F et une prime de reprise de 100 F et 250 F remboursables. Ce qui fut accept&#233; par les d&#233;l&#233;gu&#233;s de Saint-Quentin. Les nouvelles propositions que fit Noblet le lendemain &#233;taient sensiblement les m&#234;mes que celles de la semaine pr&#233;c&#233;dente.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;&#8230;Noblet d&#233;missionne&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nous avons alors refus&#233; et il nous a annonc&#233; sa d&#233;mission. La CGT &#233;tait constern&#233;e. Pas nous. Dans les manifestations et dans l'usine nous chantions : &lt;em&gt;&#171; Noblet, salaud, Poly aura ta peau &#187;.&lt;/em&gt; C'&#233;tait fait. De plus nous avons expliqu&#233; qu'un changement de bonhomme pr&#233;parait un changement de politique et annoncerait un nouveau recul de la direction. Nous ne nous &#233;tions pas tromp&#233;s, et l'apr&#232;s-midi m&#234;me, la direction nous faisait de nouvelles propositions. La discussion dura encore un jour pour aboutir &#224; un accord entre la CGT et la direction pour organiser un vote sur les propositions suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;&#8230;Les nouvelles propositions de la direction&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une prime uniforme de 260 F. L'augmentation de 3 % est maintenue avec un minimum de 30 centimes ce qui fait 12 centimes suppl&#233;mentaires pour l'O.S. La garantie que par des augmentations trimestrielles non hi&#233;rarchis&#233;es, l'&#233;quivalent de la prime de l'ann&#233;e derni&#232;re sera distribu&#233;e sous forme d'augmentation de salaire l'ann&#233;e prochaine. La prime de vie ch&#232;re est am&#233;lior&#233;e et devient non hi&#233;rarchis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ces points on peut d&#233;j&#224; dire qu'en ce qui concerne la revendication qui fut au d&#233;part de la gr&#232;ve, nous avons eu gain de cause. Les 260 F plus 1' augmentation qu'apporte pour l'O.S. le plancher &#224; 30 centimes apporteront dans l'ann&#233;e l'&#233;quivalent de la prime de l'ann&#233;e derni&#232;re. Quant aux ann&#233;es suivantes, elle nous est garantie dans le salaire. Mais en ce qui concerne le paiement des heures de gr&#232;ve, le r&#233;sultat est maigre : 200 F de prime de reprise, le paiement de 3 jours f&#233;ri&#233;s, le paiement de la premi&#232;re journ&#233;e de gr&#232;ve, et la neutralisation de la gr&#232;ve sur certaines primes &#233;l&#232;ve le montant &#224; 450 F maximum pour l'O.S. pour plus de 5 semaines perdues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi nous avons refus&#233; ainsi que la CFDT de faire un vote, persuad&#233;s que la direction aurait encore recul&#233; sur ce terrain devant la fermet&#233; des syndicats et des ouvriers. Nous nous sommes d&#233;cid&#233;s &#224; appeler &#224; voter contre la reprise car nous n'avions plus les moyens de faire boycotter le vote, beaucoup d'ouvriers consid&#233;rant maintenant que la gr&#232;ve &#233;tait gagn&#233;e. On laissait rentrer les &#171; Versaillais &#187;. M&#234;me les cadres revenaient visiter leurs bureaux avant le r&#233;sultat du vote. Ainsi pour le directeur dans le bureau duquel j'&#233;tais install&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une gr&#232;ve gagn&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nous aurions pu obtenir plus, mais nous pouvons dire qu'effectivement nous avons gagn&#233;. Les secours qui pour beaucoup d'entre nous auront atteint 200 francs, ainsi que l'avance de 250 F remboursable en cinq mois, permettront que les cons&#233;quences de la gr&#232;ve soient relativement rapidement att&#233;nu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait qu'un quart des ouvriers aient encore vot&#233; contre la reprise montre aussi au patron qu'il subsiste une importante minorit&#233; consciente que seule la lutte paye et consciente du r&#244;le que jouent les appareils bureaucratiques. Le patron n'est s&#251;rement pas pr&#232;s d'oublier que toucher &#224; nos acquis, si petits soient-ils, peut lui co&#251;ter tr&#232;s cher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sortons donc de cette gr&#232;ve que nous avons provoqu&#233;e et maintenue pendant 36 jours, avec un bilan positif tant pour les ouvriers de la Poly que pour notre organisation dans cette entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;dl class='spip_document_1102 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH350/grevepolymecanique-a53f0.jpg?1526422011' width='500' height='350' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Gr&#232;ve de la Polym&#233;canique de 1971 : Romain au centre, au premier rang du cort&#232;ge des gr&#233;vistes (blouson noir)
&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Partie 2&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Transcription du r&#233;cit oral d'un autre camarade de l'usine&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Selon les faibles commentaires que la presse a bien voulu accorder &#224; la gr&#232;ve de la Poly, et en particulier &lt;em&gt;le Monde&lt;/em&gt;, le mouvement aurait &#233;t&#233; dirig&#233; par les militants de notre tendance, syndiqu&#233;s &#224; FO. S'il est vrai que la section FO-Polym&#233;canique est anim&#233;e par nos camarades, il est aussi vrai (et la presse l'a pass&#233; sous silence) que d'autres militants de LO sont &#224; la CGT. Moi-m&#234;me, je suis syndiqu&#233; &#224; la CGT, et malgr&#233; l'hostilit&#233; des bureaucrates &#224; nos id&#233;es, nous nous effor&#231;ons, mes camarades et moi, de nous exprimer et d'imposer la d&#233;mocratie dans le syndicat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n'est pas toujours facile, et durant la fin de la gr&#232;ve, les discussions au sein de la CGT ont &#233;t&#233; vives, les staliniens essayant de nous &#233;vincer de toute activit&#233;. Je vais essayer de vous expliquer quels ont &#233;t&#233;, tout au long de la gr&#232;ve, les rapports entre staliniens et militants r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les camarades de Renault vous qui ont relat&#233; le d&#233;roulement de leur gr&#232;ve et leurs rapports avec le PCF ont montr&#233; comment les staliniens &#171; cohabitaient &#187; avec les r&#233;volutionnaires &#224; l'int&#233;rieur de l'usine. Les multiples tentatives d'intimidation et les provocations nous ont permis d'appr&#233;cier les m&#233;thodes qu'emploient les partisans de &#171; la d&#233;mocratie avanc&#233;e &#187; lorsqu'il s'agit des r&#233;volutionnaires. Ces messieurs pr&#233;f&#232;rent se servir de leurs poings plut&#244;t que de tol&#233;rer &#224; l'int&#233;rieur de l'usine un courant qui remet en cause leur attitude et d&#233;nonce leur r&#244;le d&#233;mobilisateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais durant les trente six jours qu'a dur&#233; notre gr&#232;ve &#224; la Polym&#233;canique, c'est tout le contraire qui s'est produit. Les staliniens ont du tol&#233;rer et m&#234;me &#224; bien des reprises suivre le courant r&#233;volutionnaire qui existait dans l'usine. Pas une seule fois durant toute la gr&#232;ve, les militants du PCF n'ont pu servir le traditionnel couplet anti-gauchiste que nos camarades d'entreprise connaissent si bien. Non seulement ils n'ont pas pu nous &#233;vincer du mouvement, mais &#224; bien des reprises, ils ont d&#251; sous la pression des ouvriers, reprendre nos solutions, se ranger &#224; notre avis, m&#234;me si c'&#233;tait sans grand enthousiasme.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le respect de la d&#233;mocratie ouvri&#232;re impos&#233; par les r&#233;volutionnaires&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La cause principale de cette cohabitation est de toute &#233;vidence la profonde d&#233;mocratie dont toute la gr&#232;ve de la Poly a &#233;t&#233; empreinte. Le respect de la d&#233;mocratie ouvri&#232;re impos&#233; par les r&#233;volutionnaires a permis de mener &#224; son terme une gr&#232;ve qui, si l'on avait laiss&#233; faire les staliniens, n'aurait jamais eu lieu. Notre premi&#232;re victoire fut la constitution du comit&#233; de gr&#232;ve. Pour notre part, nous &#233;tions pour un comit&#233; de gr&#232;ve &#233;lu par l'ensemble des ouvriers et dont chaque membre, choisi par ses camarades de travail, repr&#233;senterait un secteur de l'usine. Dans les faits, ce sont les travailleurs les plus combattifs qui se sont retrouv&#233;s chaque jour au comit&#233; de gr&#232;ve, bien que pour la plupart non &#233;lus directement par leurs camarades. Les 44 membres repr&#233;sentaient tout de m&#234;me tous les courants de pens&#233;e et tous les secteurs de l'usine, y compris les bureaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fonctionnement d&#233;mocratique du comit&#233; de gr&#232;ve et sa capacit&#233; &#224; prendre des d&#233;cisions, l'ont finalement impos&#233; aux staliniens, ceux-ci ne cachant pas leur aversion et traitant les r&#233;unions du comit&#233; de gr&#232;ve de &#171; forums &#187; permanents, quittant les r&#233;unions puis y revenant, mena&#231;ant de rompre l'unit&#233; syndicale, bref jouant les offens&#233;s, mais finalement faisant contre mauvaise fortune bon c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le comit&#233; de gr&#232;ve, la meilleure arme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le comit&#233; de gr&#232;ve tout au long du mouvement, a &#233;t&#233; notre meilleure arme car la r&#233;alit&#233; bien vivante du comit&#233; a diminu&#233; d'une fa&#231;on consid&#233;rable la force de l'appareil CGT qui d'habitude p&#232;se de tout son poids dans la conduite du mouvement, influant la plupart du temps vers une reprise rapide du travail, et emp&#234;chant l'expression d'opinions oppos&#233;es. Et m&#234;me lors de questions tr&#232;s importantes, lorsque le comit&#233; de gr&#232;ve ne pouvait d&#233;cider, c'&#233;tait devant les travailleurs que se tranchaient les questions, ce qui garantissait de toutes fa&#231;ons le respect de la d&#233;mocratie. Parall&#232;lement, la tenue quasi journali&#232;re d'assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales des gr&#233;vistes, permettait d'avoir un contact permanent avec l'ensemble des ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exemple le plus frappant du r&#244;le du comit&#233; est la d&#233;termination de la plateforme revendicative. Les dirigeants CGT de la Poly avaient eu une r&#233;union avec les dirigeants CGT de Saint-Quentin o&#249; se trouve l'usine de montage des &#171; Mobylettes &#187;. Ils avaient d&#233;termin&#233; ensemble une augmentation de salaires de 6 %. Mais une fois devant le comit&#233; de gr&#232;ve, hormis les staliniens, personne n'&#233;tait d'accord pour les augmentations en pourcentage. Puisque nous ne pouvions nous mettre d'accord, au comit&#233; de gr&#232;ve le secr&#233;taire FO demanda que ce probl&#232;me soit jug&#233; par les travailleurs. La direction CGT accepta, mais deux heures apr&#232;s, avant l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale, elle revenait nous voir en disant qu'elle &#233;tait d'accord et acceptait les 0,60 F pour tous.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Existence d'un courant r&#233;volutionnaire dans l'usine depuis 5 ans &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Si les r&#233;volutionnaires ont pu &#224; maintes reprises diriger et orienter la gr&#232;ve, ce n'est pas seulement &#224; cause des solutions qu'ils pr&#233;conisaient, mais aussi gr&#226;ce &#224; leur implantation parmi les travailleurs. En effet, l'existence d'un courant r&#233;volutionnaire anim&#233; par des camarades de notre tendance, et leur activit&#233; dans l'entreprise depuis cinq ans, a permis que les id&#233;es des travailleurs les plus combattifs sur le r&#244;le des syndicats, ou sur la poursuite du mouvement, se cristallisent et s'expriment, et ceci a pu se v&#233;rifier tout au long du mouvement, mais particuli&#232;rement &#224; deux reprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour du d&#233;but de la gr&#232;ve le responsable CGT proposait une consultation sur les lieux de travail ! Alors que le repr&#233;sentant FO proposait d'aller r&#233;clamer notre d&#251; au patron. Or si FO n'avait pas &#233;t&#233; l&#224;, les ouvriers tr&#232;s en col&#232;re ce jour-l&#224;, seraient rentr&#233;s au travail pour signer une p&#233;tition, alors que l&#224;, les r&#233;volutionnaires ont concr&#233;tis&#233; sur le champ le m&#233;contentement des travailleurs en les appelant &#224; manifester. L'autre exemple est aussi significatif. A la fin de la quatri&#232;me semaine de gr&#232;ve, il &#233;tait &#233;vident que les dirigeants de la CGT voulaient par un vote faire reprendre le travail, et du jeudi au mardi suivant, tous les gens du PCF ne parlaient que de consultation. Il a fallu que nos camarades, ainsi que certains CFDT, fassent une propagande intense contre le vote pour que les staliniens reculent devant la d&#233;termination des ouvriers. Et durant ces jours, il arrivait fr&#233;quemment que les travailleurs interrompent en assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale les orateurs c&#233;g&#233;tistes, leur signifiant leur d&#233;saccord avec de telles m&#233;thodes. On peut voir par l&#224; que si notre gr&#232;ve a dur&#233; plus de cinq semaines, ce n'est pas gr&#226;ce aux gens du PCF, mais bien gr&#226;ce aux &#171; gauchistes &#187; pr&#233;sents dans l'usine. Et non seulement ils &#233;taient l&#224; jour et nuit, mais nous pouvons dire que l'usine, nous l'avons occup&#233;e aussi nombreux et parfois m&#234;me plus que les staliniens, car nombre de jeunes, d'immigr&#233;s les plus actifs occupaient avec les &#171; gauchistes &#187; parce que c'&#233;tait plus marrant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les soirs de petits groupes, parfois avec guitare, passaient agr&#233;ablement les heures de garde sans que l'occupation soit vraiment ressentie comme une corv&#233;e ; et durant les week-ends, c' est encore nous qui organisions les loisirs : orchestres, cin&#233;ma ou artistes ont distrait les ouvriers et leur famille venus &#224; l'entreprise durant les fins de semaine.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Maintenir l'unit&#233; des travailleurs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une autre de nos principales pr&#233;occupations, fut notre constant souci de maintenir l'unit&#233; des travailleurs durant tout le mouvement. En effet les arguments classiques des staliniens tendent toujours &#224; nous pr&#233;senter comme des diviseurs ou des gens qui s'appuient sur une minorit&#233; pour d&#233;clencher l'action. Or nous pouvons dire que dans notre gr&#232;ve, si &#224; bien des reprises nous nous sommes trouv&#233;s &#224; la t&#234;te du mouvement et soutenus par les ouvriers, nous n'avons pas rejet&#233; les staliniens en les accusant des pires m&#233;faits ; nous avons critiqu&#233; leurs positions et ceci sans concessions, mais nous avons essay&#233; aussi de les rallier &#224; nos solutions, afin que les ouvriers ne pensent pas que les &#171; gauchistes &#187; brisent l'unit&#233; et ne sont l&#224; que pour diviser. Les r&#233;volutionnaires ont fait la preuve qu'ils savaient non seulement d&#233;clencher un mouvement mais aussi le mener &#224; son terme, sans s'&#233;charper &#224; tous propos avec les staliniens. Nous ne nous faisions pas d'illusion sur 1' attitude des dirigeants staliniens et nous les consid&#233;rions pour ce qu'ils sont, pr&#234;ts &#224; vendre la gr&#232;ve pour des miettes et d&#233;moralisant constamment les ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finis, les petits ronrons habituels autour du tapis vert&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous les avons pouss&#233;s l'&#233;p&#233;e dans les reins, car cette gr&#232;ve, ils n'en voulaient pas, et d'ailleurs, l'un d'entre eux a exprim&#233; clairement qu' &#171; il en avait marre de faire la gr&#232;ve pour LO &#187;. Cependant les &lt;em&gt;&#171; gauchards''&lt;/em&gt; comme ils disent avec m&#233;pris, ne sont pas &#233;trangers au mouvement ouvrier, n'en d&#233;plaise &#224; S&#233;guy &#8211; ils ne &#171; pissent &#187; pas &#171; sur les tombes &#187; &#8211; , mais ils sont capables d'organiser la lutte face au patronat et de faire triompher les revendications des ouvriers. Ils sont capables d'organiser et de faire vivre un mouvement, de se faire accepter malgr&#233; toutes les calomnies, comme dirigeants ouvriers. Les r&#233;volutionnaires &#224; la Poly, ce n'est pas seulement quelques enrag&#233;s, partisans de la gr&#232;ve pour la gr&#232;ve, mais c'est surtout des dizaines d'ouvriers qui prenaient conscience que les petits ronrons habituels autour du tapis vert, &#231;a ne suffit pas et que lorsque le patron leur enl&#232;ve une semaine de salaire, et bien, ils ne disent pas &lt;em&gt; &#187;merci patron&#034;&lt;/em&gt; mais font trente six jours de gr&#232;ve avec occupation et rentrent la t&#234;te haute conscients de leur force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce titre d'ailleurs, je voudrais citer deux exemples qui illustrent le souci d'unit&#233; dont nous avons fait preuve. Le patron n'&#233;tait pas venu depuis treize jours &#224; l'entreprise, et tous les ouvriers s'inqui&#233;taient sur la poursuite des n&#233;gociations. L'union locale de Pantin demanda une entrevue avec l'inspecteur du travail pensant ainsi &lt;em&gt;&#171; forcer &#187;&lt;/em&gt; le patron &#224; n&#233;gocier. Ne nous faisant pas d'illusions sur cette d&#233;marche, avons d&#233;clar&#233; que nous &#233;tions contre. Mais les ouvriers pr&#233;f&#233;rant que l'on s'y rende, par souci d'unit&#233;, nous y sommes all&#233;s, et bien s&#251;r cette r&#233;union n'a rien donn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite au moment o&#249; les dirigeants CGT voulaient organiser un vote, nous avons &#233;t&#233; violemment contre, ainsi que les ouvriers. Mais lorsqu'au bout de quatre jours les staliniens ont chang&#233; leur fusil d'&#233;paule, et ont au contraire pouss&#233; &#224; la lutte, nous ne les avons pas enfonc&#233;s en d&#233;non&#231;ant leur opportunisme, mais nous les avons soutenus pour faire ensemble la cinqui&#232;me semaine de gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'activit&#233; des r&#233;volutionnaires dans la CGT&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ces quelques propos sur notre mouvement seraient incomplets si je ne parlais pas de l'activit&#233; des r&#233;volutionnaires dans la CGT. En effet &#224; bien des reprises, la pr&#233;sence des &#171; gauchistes &#187; dans la CGT a influ&#233; favorablement pour battre en br&#232;che les reculs incessants de 1' appareil CGT. Notre influence au sein de la CGT est bien s&#251;r loin d'&#234;tre majoritaire, et il serait faux de dire que les staliniens n'ont plus d'influence et que sous pr&#233;texte qu'il y a des gauchistes &#224; la Poly, les bureaucrates rasent les murs. En effet, les staliniens c'est un appareil, mais c'est d'abord tout un r&#233;seau de militants et de sympathisants honn&#234;tes propageant les id&#233;es du PCF, et encore maintenant, c'est surtout les staliniens qui contr&#244;lent le mouvement ouvrier et qui organisent les plus conscients. L'implantation des r&#233;volutionnaires est loin de concurrencer sur ce terrain le PCF, et si au cours du mois de mai, les directions syndicales ont pu freiner le mouvement, c'est bien qu'ils se sentent forts et jouissent d'une impunit&#233; presque totale. Mais pourtant &#224; la Poly, notre pr&#233;sence et notre activit&#233; dans la CGT ont influ&#233; sur leur comportement, parce que justement, ils se sentaient contest&#233;s au sein m&#234;me de leurs organisations. Au d&#233;but du mouvement, apr&#232;s l'annonce du montant de la prime de bilan, nos camarades syndiqu&#233;s &#224; la CGT ont &#233;t&#233; voir les d&#233;l&#233;gu&#233;s pour organiser la riposte. Peut-&#234;tre alors, s'il n'y avait eu que FO pour proposer un d&#233;brayage, n'auraient-ils rien fait, et de les avoir contraints de bouger, c'&#233;tait d&#233;j&#224; une premi&#232;re victoire. Ensuite tout au long du mouvement, &#224; l'int&#233;rieur des assembl&#233;es de syndiqu&#233;s, nous sommes intervenus pour d&#233;fendre le point de vue des r&#233;volutionnaires, alors que les staliniens essayaient de brader la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; au cours de la premi&#232;re r&#233;union CGT, le secr&#233;taire de l'Union locale ne voulait pas de non-syndiqu&#233;s dans le comit&#233; de gr&#232;ve. Il ne voulait m&#234;me pas de comit&#233; du tout pr&#233;textant &#224; propos des syndiqu&#233;s : &lt;em&gt;&#171; ils payent leurs timbres, ce n'est pas pour rien &#187;.&lt;/em&gt; Nous nous sommes &#233;lev&#233;s contre et nous avons fait circuler une liste pour s'inscrire au comit&#233;. Ensuite au bout de la troisi&#232;me semaine, le secr&#233;taire de l'union d&#233;partementale vint nous dire &lt;em&gt;&#171; qu'il faut avoir les pieds sur terre &#187;&lt;/em&gt; et que pour finir la gr&#232;ve au plus vite, il fallait abandonner purement et simplement le paiement des heures de gr&#232;ve. L&#224; non seulement nous nous sommes &#233;lev&#233;s contre, mais la grande masse des syndiqu&#233;s a protest&#233;, et le permanent est reparti avec ses &lt;em&gt;&#171; propositions constructives &#187;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la fin de la gr&#232;ve le petit groupe que nous formions &#233;tait &#224; l'index, et les staliniens nous reprochaient d&#233;j&#224; d'&#234;tre &lt;em&gt;&#171; dans la bande &#224; FO &#187;,&lt;/em&gt; ceci &#224; la suite d'un incident aux portes, lorsque le responsable PCF de la Poly avait enfonc&#233; le piquet de gr&#232;ve pour faire rentrer les non-gr&#233;vistes, chose que nous avons d&#233;nonc&#233;e en assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale. Aussi &#224; la r&#233;union suivante, o&#249; on ne nous avait pas convoqu&#233;s mais o&#249; nous sommes venus quand m&#234;me, lorsqu'un camarade intervint pour s'&#233;lever contre la proposition de vote, les bureaucrates s'oppos&#232;rent hargneusement &#224; ses arguments. Pourtant une partie de l'assistance exprima son accord avec nous. En somme, &#224; chaque r&#233;union CGT, notre pr&#233;sence a permis que les staliniens ne vendent pas la gr&#232;ve pour un plat de lentilles, puisqu'&#224; chaque fois les d&#233;cisions qu'ils comptaient faire adopter pour s'en pr&#233;valoir devant les ouvriers, nous les avons combattues et m&#234;me quelquefois vaincues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que la fraction stalinienne ne s'accapare pas le monopole du syndicat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me pour certains probl&#232;mes tels que la solidarit&#233;, nous avons r&#233;ussi &#224; leur faire adopter nos positions. En effet, apr&#232;s quatre semaines de gr&#232;ve, les staliniens refusaient toujours d'&#233;tendre les collectes aux entreprises hors de Pantin. Or le mardi nous avions &#233;t&#233; collecter chez Rateau. Les staliniens de cette entreprise refus&#232;rent de donner aux collecteurs et propag&#232;rent des calomnies honteuses sur notre gr&#232;ve dans leur entreprise. C'est donc avec le seul soutien de la CFDT chez Rateau que la collecte fut faite. Ec&#339;ur&#233; par ces proc&#233;d&#233;s, de retour &#224; la Poly, nous avons &#233;t&#233; voir les d&#233;l&#233;gu&#233;s CGT r&#233;unis en petit comit&#233;. Devant nos protestations contre de telles m&#233;thodes, ils ont &#233;t&#233; oblig&#233;s de rectifier le tir et une semaine plus tard, ils ont finalement accept&#233; d'&#233;tendre la solidarit&#233; &#224; tout le d&#233;partement et cela apr&#232;s trente trois jours de gr&#232;ve. On voit l&#224; combien leur d&#233;sir d'aider1es gr&#233;vistes &#233;tait grand, sans doute pensaient-ils comme un dirigeant CGT de chez Rateau que l'argent irait &#224; la f&#234;te de LO.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces quelques exemples nous ont donc montr&#233; que finalement, le fait que des r&#233;volutionnaires soient &#224; la CGT nous a permis d'intervenir jusque dans le fief du PC et que cela a influ&#233; pour une part certaine dans la conduite de la gr&#232;ve. Maintenant avec les camarades CGT qui au cours de la gr&#232;ve nous ont appuy&#233;s, nous comptons bien aller demander des comptes aux bureaucrates, et il est certain que nous ne nous laisserons pas faire. Puisque le syndicat est l'arme des travailleurs, nous lutterons pour que la fraction stalinienne ne s'accapare pas le monopole du syndicat, et que la d&#233;mocratie s'y installe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les enseignements de cette gr&#232;ve sont nombreux pour nous. Mais quoi qu'il en soit, nous pouvons dire ce soir, que les r&#233;volutionnaires ont pes&#233; de tout leur poids sur la conduite du mouvement et qu'ils ont fait la preuve de leur aptitude &#224; diriger les luttes, pas avec des th&#233;ories fumeuses, mais en avan&#231;ant des id&#233;es conformes aux int&#233;r&#234;ts des travailleurs. Nous avons prouv&#233; que le courant r&#233;volutionnaire, s'il sait se faire accepter par les travailleurs, peut se d&#233;velopper dans l'entreprise et s'y implanter d&#233;finitivement. Pour nous militants et sympathisants de Lutte Ouvri&#232;re, nous avons gagn&#233; une audience consid&#233;rable et nous avons provoqu&#233; des remous jusque dans la CGT qui ne pourra plus r&#233;pandre autant de calomnies sur notre compte et d&#233;sormais compter un peu plus avec nous, et cela aussi c'est une victoire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Th&#233;odore TOPOLANSKI (dit Romain)
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		<description>N&#233; le 29 mars 1937 d'un p&#232;re polonais et d'une m&#232;re allemande, tous deux Juifs ayant fui les conditions d'oppression de leur pays d'origine. Le p&#232;re a &#233;t&#233; d&#233;port&#233; &#224; Auschwitz en juillet 1942. La m&#232;re et les trois enfants &#233;chapp&#232;rent au m&#234;me moment &#224; la rafle : l'un des enfants, le plus jeune, n'avait pas atteint l'&#226;ge de 24 mois, on le laissait donc avec sa m&#232;re et les autres enfants, selon les r&#232;gles &#233;dict&#233;es par l'occupant. &lt;br /&gt;La m&#232;re a v&#233;cu le temps de l'occupation dans la clandestinit&#233;, avec des faux&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Divers-" rel="directory"&gt;Divers
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;N&#233; le 29 mars 1937 d'un p&#232;re polonais et d'une m&#232;re allemande, tous deux Juifs ayant fui les conditions d'oppression de leur pays d'origine. Le p&#232;re a &#233;t&#233; d&#233;port&#233; &#224; Auschwitz en juillet 1942. La m&#232;re et les trois enfants &#233;chapp&#232;rent au m&#234;me moment &#224; la rafle : l'un des enfants, le plus jeune, n'avait pas atteint l'&#226;ge de 24 mois, on le laissait donc avec sa m&#232;re et les autres enfants, selon les r&#232;gles &#233;dict&#233;es par l'occupant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#232;re a v&#233;cu le temps de l'occupation dans la clandestinit&#233;, avec des faux papiers ; les enfants ont &#233;t&#233; cach&#233;s dans la Sarthe jusqu'&#224; la Lib&#233;ration. Le p&#232;re a disparu, nuit et brouillard, au lendemain de son arriv&#233;e &#224; Auschwitz, comme l'ont attest&#233; des documents r&#233;cup&#233;r&#233;s post&#233;rieurement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la fin des ann&#233;es quarante et &#224; partir des ann&#233;es cinquante, Th&#233;o a fr&#233;quent&#233; les mouvements d'enfants et de jeunes du Bund, organisation social-d&#233;mocrate juive qui, au lendemain de la seconde guerre, a compt&#233; en France dans le paysage politique de ce que l'on d&#233;signe par &#171; la communaut&#233; juive &#187;. Cette organisation se disait marxiste : elle propageait les id&#233;es du socialisme et du collectivisme, de la r&#233;volution prol&#233;tarienne, de la lutte de classes. Elle avait pris partie sans ambig&#252;it&#233; contre le sionisme et se voulait internationaliste, tout en cultivant particuli&#232;rement l'h&#233;ritage de la culture yiddish.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers 1952, en m&#234;me temps qu'il militait aux jeunesses du Bund, Th&#233;o a commenc&#233; &#224; militer aux Jeunesses socialistes de la Seine et au Parti socialiste (SFIO), notamment &#224; la 11&#176; section de Paris. Il a cependant fr&#233;quent&#233; quelques semaines un mouvement sioniste, sans r&#233;ussir &#224; adh&#233;rer &#224; ses id&#233;es. Il s'est &#233;galement frott&#233; quelques mois &#224; l'UJRF (jeunesses du PCF), en seconde au Lyc&#233;e Turgot. Ces relations avec les organisations communistes co&#239;ncid&#232;rent avec une p&#233;riode o&#249; la vague d'antis&#233;mitisme qui se r&#233;pandait en URSS et dans les pays de &#171; d&#233;mocratie populaire &#187;, accompagn&#233;e des proc&#232;s que l'on sait, &#233;tait r&#233;v&#233;l&#233;e au grand jour. De ce fait, les liens avec l'UJRF et les organisations staliniennes ne rest&#232;rent pour Th&#233;o gu&#232;re longtemps d'actualit&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin 1955, avec une bande de jeunes li&#233;s comme lui &#224; la fois au Bund, aux Jeunesses socialistes et &#224; la SFIO, Th&#233;o a particip&#233; activement &#224; la campagne &#233;lectorale l&#233;gislative. Leur principale pr&#233;occupation &#233;tait, gr&#226;ce &#224; un changement de gouvernement, d'aider &#224; tout ce qui pourrait mettre fin en France &#224; la s&#233;rie des guerres coloniales et d'&#233;viter, apr&#232;s ceux de la seconde guerre mondiale, de nouveaux massacres et de nouveaux sacrifices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand d&#233;but 1956, la majorit&#233; de &#171; Front r&#233;publicain &#187;, compos&#233;e de la SFIO et des Radicaux pour l'essentiel, apr&#232;s sa victoire &#233;lectorale s'orienta non pas vers la fin du conflit alg&#233;rien mais vers une intensification de la guerre, avec l'envoi du contingent en Alg&#233;rie gr&#226;ce au vote des &#171; pouvoirs sp&#233;ciaux &#187;, pour un certain nombre de socialistes comme Romain, des certitudes vacill&#232;rent. Il n'y avait &#224; gauche, gu&#232;re de parti aupr&#232;s desquels se tourner, le PCF ayant &#233;galement vot&#233; &#171; les pouvoirs sp&#233;ciaux &#187; au gouvernement Guy Mollet, lui laissant ainsi le champ libre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'issue de la p&#233;riode de vacances scolaires de 1956, apr&#232;s avoir discut&#233; avec un ami qui comme lui avait fr&#233;quent&#233; le m&#234;me milieu du Bund, mais qui &#233;tait devenu &#171; trotskyste &#187;, Th&#233;o se r&#233;signa &#224; venir militer avec le groupe issu de &#171; l'Union Communiste &#187;, dont le nombre &#224; cette &#233;poque ne devait gu&#232;re d&#233;passer celui des doigts des deux mains. Passer d'un &#171; grand parti &#187; &#224; un aussi petit groupe ne fut pas &#233;vident, mais les circonstances politiques n'offraient gu&#232;re de choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette p&#233;riode, Th&#233;o, d&#233;sormais connu sous le nom de Romain par ses camarades, acc&#233;dait au monde du travail, n'ayant gu&#232;re de moyens de poursuivre des &#233;tudes. Apr&#232;s une formation professionnelle acc&#233;l&#233;r&#233;e de dix mois, il s'embaucha dans diff&#233;rentes usines de radio-t&#233;l&#233; ou t&#233;l&#233;communication, d'abord comme ouvrier puis petit technicien. D&#233;but 1958, il entra &#224; la Thomson-Houston &#224; Gennevilliers, o&#249; il resta jusqu'&#224; fin 1964. Il fut &#224; l'origine de la publication d'un bulletin d'entreprise &#171; Voix Ouvri&#232;re &#187;, et au travers de cette activit&#233;, organisa un petit noyau de travailleurs, participa &#224; l'activit&#233; syndicale &#224; la CGT, puis par la suite assura la vente dans l'usine des premi&#232;res publications imprim&#233;es de &#171; Voix Ouvri&#232;re &#187;. Apr&#232;s un certain nombre de mouvements de d&#233;brayages, sur des revendications salariales mais aussi politiques, concernant notamment la poursuite de la guerre d'Alg&#233;rie et ses avatars sur les gouvernements de la M&#233;tropole, Romain &#233;tait connu dans l'entreprise pour ses engagements, &#224; la fois de la direction et des dirigeants syndicaux lesquels, eux non plus, ne voyaient pas d'un &#339;il bienveillant son militantisme. Un licenciement pour un motif d'absence non justifi&#233;e, interrompit cette p&#233;riode &#224; la Thomson-Houston, c'&#233;tait entre les f&#234;tes de fin d'ann&#233;e 1964.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s notamment un passage de 6 mois chez Bendix &#224; Drancy (93), et un autre licenciement, cette fois-ci uniquement apr&#232;s &#234;tre apparu syndicalement comme militant en distribuant des tracts CGT, Romain s'embaucha d&#233;but 1966 &#224; la Polym&#233;canique &#224; Pantin (93), une usine de 1 500 travailleurs du groupe Motob&#233;cane (qui en comprenait 5 000 en tout), produisant les moteurs des Mobylettes. Les circonstances firent qu'il y resta pr&#232;s de 11 ans, jusqu'&#224; ce que son organisation (&#171; Lutte Ouvri&#232;re &#187;, laquelle depuis l'interdiction de juin 68 avait remplac&#233; &#171; Voix Ouvri&#232;re &#187;) lui demanda de quitter l'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant cette p&#233;riode qui va de 1966 &#224; fin 1976, Romain fit ce que font les autres militants ouvriers de son organisation, &#224; savoir : constituer un noyau autour d'un bulletin d'entreprise, militer syndicalement, diffuser la presse de Lutte ouvri&#232;re, recruter de nouveaux militants. Mais au-del&#224;, il participa &#224; un certain nombre d'&#233;v&#232;nements marquants de cette p&#233;riode. Mai 68 en particulier, aidant &#224; y d&#233;marrer la gr&#232;ve d&#232;s les premi&#232;res manifestations &#233;tudiantes, tentant de mettre sur pied une repr&#233;sentation des gr&#233;vistes ind&#233;pendante des appareils syndicaux, participant &#224; l'occupation des locaux malgr&#233; les limites du contr&#244;le que les militants du PCF voulaient imposer sur cette derni&#232;re. Ce qui n'alla pas toujours sans frictions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juillet 1968, &#224; un moment o&#249; les patrons pensaient pouvoir prendre leur revanche sur les gr&#233;vistes et en particulier sur ceux qu'ils consid&#233;raient comme les meneurs, Romain, qui avait jusque-l&#224; milit&#233; &#224; la CGT mais sans aucune des protections l&#233;gales possibles pour les militants (l'attribution en d&#233;pendant des appareils et la domination du PCF sur celui de la CGT ne facilitant pas les choses &#224; l'&#233;gard des &#171; gauchistes &#187;) s'appuya sur une &#233;quipe de travailleurs qui r&#233;cusaient la politique des conf&#233;d&#233;rations &#224; la fin du mouvement et la signature des &#171; accords de Grenelle &#187;, pour constituer une section &#171; Force ouvri&#232;re &#187; dans l'entreprise. Celle-ci recueillit au d&#233;part environ 20 % des voix des ouvriers et quelques temps apr&#232;s la gr&#232;ve de 1971, son score monta &#224; 40 %. A l'&#233;poque il ne se passait gu&#232;re de semaines sans que dans l'entreprise, le PCF ou la CGT ne d&#233;noncent &#171; les gauchistes &#187;, les accusant d'&#234;tre des supp&#244;ts du patronat ou de la police ; mais ces attaques &#224; la Polym&#233;canique finirent par provoquer les r&#233;actions contraires au but de leurs auteurs, et finirent par faire sourire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au printemps 1971, apr&#232;s l'annonce d'une prime d'int&#233;ressement minable, une gr&#232;ve de plus de 35 jours avec occupation d&#233;marrait &#224; la Polym&#233;canique. Celle-ci entra&#238;na pendant trois semaines la gr&#232;ve &#224; l'usine Motob&#233;cane de Saint-Quentin dans l'Aisne. La gr&#232;ve avait &#233;t&#233; &#224; l'initiative de Romain et son &#233;quipe. Avant de s'y rallier, la CGT avait tent&#233; de la limiter, sans y parvenir. Un comit&#233; de gr&#232;ve de 35 membres fut constitu&#233; et pesa de fa&#231;on d&#233;terminante sur son cours. Elle fut victorieuse, apportant des augmentations de salaires sup&#233;rieures &#224; celle de Mai 68 et consacrant un syst&#232;me d'&#233;chelle mobile des salaires qui permit pendant plusieurs ann&#233;es ensuite de faire mieux que maintenir le pouvoir d'achat des travailleurs de la Polym&#233;canique. Une partie des heures de gr&#232;ve fut &#233;galement pay&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, au printemps 1971 eut lieu une &#233;lection l&#233;gislative partielle dans le 12&#176; arrondissement de Paris. Lutte ouvri&#232;re se lan&#231;a pour la premi&#232;re fois dans une activit&#233; &#233;lectorale. Pas seule, mais avec le PSU, organisation avec laquelle une collaboration dans le cadre d'une mise sur pied de &#171; comit&#233;s d'usagers des transports en commun de la R&#233;gion Parisienne &#187; avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; effective. Le titulaire pour la liste &#171; Paris aux travailleurs &#187;, commune au PSU et &#224; Lutte Ouvri&#232;re, allait au PSU ; le suppl&#233;ant &#224; Lutte Ouvri&#232;re dont le candidat &#233;tait Romain. La pr&#233;sentation aux &#233;lections diverses et vari&#233;es devint par la suite une activit&#233; habituelle pour Lutte Ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fin 1976, Romain, comme indiqu&#233; plus haut, &#224; la demande de son organisation sortit de la Polym&#233;canique et se consacra &#224; militer de l'ext&#233;rieur des entreprises &#224; temps plein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 novembre 2007&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il fut de ceux qui furent &#224; l'origine de la constitution de la Fraction de Lutte Ouvri&#232;re en 1996, devenue en 2009 la Fraction l'Etincelle du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA). Il a milit&#233; au sein de celle-ci activement jusqu'&#224; sa mort, en cette ann&#233;e 2018.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Th&#233;o, que nous appelions aussi Romain : une vie de militant ouvrier, communiste, trotskyste, internationaliste
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Theo-que-nous-appelions-aussi-Romain-une-vie-de-militant-ouvrier-communiste</link>
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		<dc:date>2018-05-14T20:28:38Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Disparition
</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Notre camarade Th&#233;odore Topolanski est mort le 30 avril dernier des suites d'un cancer. N&#233; en 1937 d'une m&#232;re allemande et d'un p&#232;re polonais disparu &#224; Auschwitz en juillet 1942, lui, sa s&#339;ur et son fr&#232;re furent cach&#233;s dans la Sarthe jusqu'&#224; la Lib&#233;ration. A partir des ann&#233;es 1950 Th&#233;o fr&#233;quenta les jeunesses du Bund, organisation social-d&#233;mocrate juive. Mais le r&#244;le de la social d&#233;mocratie devint clair pour lui quand, en 1956, la SFIO intensifia la guerre en Alg&#233;rie. Th&#233;o rejoignit le petit groupe trotskyste issu de &#171; l'Union Communiste &#187;. &lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L128xH150/arton10813-99601.jpg?1526422011' width='128' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Notre camarade Th&#233;odore Topolanski est mort le 30 avril dernier des suites d'un cancer. N&#233; en 1937 d'une m&#232;re allemande et d'un p&#232;re polonais disparu &#224; Auschwitz en juillet 1942, lui, sa s&#339;ur et son fr&#232;re furent cach&#233;s dans la Sarthe jusqu'&#224; la Lib&#233;ration. A partir des ann&#233;es 1950 Th&#233;o fr&#233;quenta les jeunesses du Bund, organisation social-d&#233;mocrate juive, qui se disait marxiste, internationaliste et se positionnait contre le sionisme. Mais le r&#244;le de la social d&#233;mocratie devint clair pour lui quand, en 1956, la SFIO intensifia la guerre en Alg&#233;rie. Th&#233;o rejoignit le petit groupe trotskyste issu de &#171; l'Union Communiste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sormais connu sous le nom de Romain par ses camarades de Voix Ouvri&#232;re, il s'embaucha dans diff&#233;rentes usines, dont il se fit successivement licencier pour ses activit&#233;s militantes. En 1966, il entra &#224; la Polym&#233;canique de Pantin (93), une usine de 1500 ouvriers produisant les moteurs des Mobylettes. Il aida &#224; y d&#233;marrer la gr&#232;ve en mai 68 d&#232;s les premi&#232;res manifestations &#233;tudiantes puis, en 1971, anima une gr&#232;ve de 36 jours, victorieuse, dirig&#233;e d&#233;mocratiquement par un comit&#233; de gr&#232;ve. Ses camarades de travail appr&#233;ciaient non seulement son savoir faire, mais sa chaleur et sa facult&#233; d'&#233;coute. Sans oublier son sens intraitable de la dignit&#233; qui en imposait m&#234;me aux patrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Romain savait comme personne faire partager son exp&#233;rience aux jeunes g&#233;n&#233;rations. Bon nombre doivent leur formation et leur culture &#224; ce grand lecteur. Il fut de ceux qui constitu&#232;rent la Fraction de Lutte Ouvri&#232;re en 1996, devenue en 2009 la Fraction l'Etincelle du NPA. Il faisait partie ces derni&#232;res ann&#233;es du comit&#233; NPA de Limoges.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;Pour plus de d&#233;tails sur le parcours de Th&#233;o Topolansky (Romain) et les p&#233;rip&#233;ties de la gr&#232;ve de la Polym&#233;canique de 1971 :&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Theodore-TOPOLANSKI-dit-Romain' class='spip_in'&gt;Biographie r&#233;dig&#233;e en 2007 pour le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier fran&#231;ais, Le Maitron.&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/36-jours-de-greve-a-la-Polymecanique-au-printemps-1971' class='spip_in'&gt;36 jours de gr&#232;ve &#224; la Polym&#233;canique, au printemps 1971&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Romain, parall&#232;lement &#224; son activit&#233; militante, participait r&#233;guli&#232;rement &#224; la r&#233;daction de &lt;em&gt;Convergences r&#233;volutionnaires&lt;/em&gt;, sous le nom de plume de Louis Guilbert. Grand lecteur, il alimentait aussi la revue en diverses critiques de romans ou d'essais. Voici l'un de ses derniers articles de 2017 : &lt;a href='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Protegez-nous-de-nos-pretendus-amis' class='spip_in'&gt;M&#233;lenchon &#8211; Macron : z&#233;ro partout : prot&#233;gez-nous de nos pr&#233;tendus amis&#8230;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_1105 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;a href='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/IMG/pdf/180512-brochure_romain.pdf' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH566/brochure_romain-dae3b.jpg?1526422011' width='400' height='566' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;
(Ces textes ont &#233;t&#233; r&#233;unis dans une brochure, disponible aupr&#232;s des camarades du NPA de la Fraction L'Etincelle, et t&#233;l&#233;chargeable &lt;a href='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/IMG/pdf/180512-brochure_romain.pdf' class='spip_in' type='application/pdf'&gt;ici&lt;/a&gt;).&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Qu&#233;mander l'unit&#233; des appareils, ou en appeler aux luttes d'ensemble, &#224; leur convergence : ce n'est pas du tout la m&#234;me chose
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Quemander-l-unite-des-appareils-ou-en-appeler-aux-luttes-d-ensemble-a-leur</link>
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		<dc:date>2017-09-27T20:40:15Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>NPA
</dc:subject>
		<dc:subject>La France insoumise
</dc:subject>
		<dc:subject>Jean-Luc M&#233;lenchon
</dc:subject>

		<description>Depuis la rentr&#233;e, le gouvernement Macron-Philippe attaque tous azimuts le monde du travail et, d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, les classes populaires. Dans le m&#234;me temps, il multiplie les largesses envers le patronat et les riches. &lt;br /&gt;Pour l'instant, la col&#232;re du monde du travail ne s'est pas pleinement exprim&#233;e. La mobilisation du 12 septembre a &#233;t&#233; un succ&#232;s... pour une premi&#232;re mobilisation aussi rapproch&#233;e de la rentr&#233;e. Celle du 21 septembre a nettement moins mobilis&#233; sans qu'on puisse pour autant pr&#233;juger ce que&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis la rentr&#233;e, le gouvernement Macron-Philippe attaque tous azimuts le monde du travail et, d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, les classes populaires. Dans le m&#234;me temps, il multiplie les largesses envers le patronat et les riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'instant, la col&#232;re du monde du travail ne s'est pas pleinement exprim&#233;e. La mobilisation du 12 septembre a &#233;t&#233; un succ&#232;s... pour une premi&#232;re mobilisation aussi rapproch&#233;e de la rentr&#233;e. Celle du 21 septembre a nettement moins mobilis&#233; sans qu'on puisse pour autant pr&#233;juger ce que seront les suites. Et, &#224; l'heure o&#249; nous &#233;crivons, le rassemblement initi&#233; par M&#233;lenchon &#224; Paris le 23 septembre est &#224; venir : ind&#233;pendamment de ce que recherche le leader de la FI, il s'inscrit de toute fa&#231;on dans un ensemble de mobilisations qui d&#233;passent les objectifs &#233;triqu&#233;s des uns ou des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la r&#233;p&#233;tition de manifestations de rues &#224; l'occasion de journ&#233;es d'action, m&#234;me rapproch&#233;es, ne suffira pas &#224; faire reculer gouvernement et patronat, pr&#234;ts &#224; en d&#233;coudre dans la rue o&#249; ils savent donner leurs flics et leurs juges. Il faudrait parvenir &#224; paralyser la production, &#224; frapper la bourgeoisie au porte-monnaie pour qu'un recul soit envisageable. Mais, sur un tel chemin, les obstacles qui se dresseraient sur la route des travailleurs ne sont pas seulement ceux que leur opposeront gouvernement et patronat. Il y aura les bureaucraties syndicales &#8211; c'est-&#224;-dire, dans des styles diff&#233;rents, les directions de tous les syndicats &#8211; et les appareils r&#233;formistes, traditionnels (PS, PC) comme ceux qui se veulent &#8216;nouveaux' (FI).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'heure, au niveau politique, M&#233;lenchon tente de reconstruire un substitut du PS hors du PS, &#224; la direction duquel on ne trouve plus gu&#232;re que des politiciens que pas grand-chose ne distingue de ceux, nombreux, qui ont rejoint Macron... Mais le plus notable est que, autour de la France insoumise, s'est lev&#233; un engouement qui a drain&#233; aux meetings de M&#233;lenchon, l'an dernier, des dizaines de milliers de participants, en particulier de jeunes et de travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mouvement n'est pas propre &#224; la France. Il est &#224; mettre en parall&#232;le &#224; celui qui a accompagn&#233; Jeremy Corbyn en Grande Bretagne, Sanders aux &#201;tats-Unis ou Iglesias en Espagne. Tous ces politiciens r&#233;formistes ont su capter l'&#233;c&#339;urement qui s'est r&#233;pandu, en particulier dans la jeunesse, au vu de la politique men&#233;e un peu partout par ceux qui repr&#233;sentaient peu ou prou &#171; la gauche &#187; et avaient port&#233; des espoirs de changements. Mais dans une p&#233;riode o&#249; la bourgeoisie se montre particuli&#232;rement avide, leurs auteurs, plac&#233;s au pied du mur, ne peuvent ou ne pourront faire autre chose que ce qu'a fait Ts&#237;pras en Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sanders, dans une certaine mesure Iglesias, se sont d&#233;j&#224; en partie discr&#233;dit&#233;s aupr&#232;s de la jeunesse qui les avait soutenus. Pour le premier, d&#232;s l'annonce de son soutien actif &#224; Hilary Clinton. Pour le second lors des &#233;lections l&#233;gislatives r&#233;p&#233;t&#233;es de 2016, les premi&#232;res &#233;lections ayant donn&#233; lieu &#224; des tractations entre Podemos et le PSOE qui ont entam&#233; son cr&#233;dit en particulier dans la jeunesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si personne ne doute, dans nos rangs, du fait qu'il n'y a rien &#224; attendre de tels leaders, comment faut-il se positionner pour s'adresser &#224; ceux qu'ils attirent ? Plus pr&#233;cis&#233;ment, en ce qui nous concerne ici, comment faut-il se positionner pour constituer un p&#244;le vers qui se retournerait ce milieu quand, in&#233;vitablement, les limites de la politique r&#233;formiste de M&#233;lenchon appara&#238;tront clairement &#8211; autrement dit quand la baudruche M&#233;lenchon se d&#233;gonflera, car elle se d&#233;gonflera ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains camarades, analysant pourtant fort bien la situation actuelle, critiquent M&#233;lenchon comme brisant la n&#233;cessaire unit&#233;... Mais de quelle unit&#233; s'agit-il ? Dans nos tracts, communiqu&#233;s, d&#233;claration d'Olivier Besancenot, nous demandons aux organisations syndicales et politiques de se r&#233;unir autour d'une table, de construire &#171; un cadre unitaire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, nous proposerions de faire croire aux travailleurs qu'il suffirait de s'en remettre &#224; l'accord des appareils pour construire la mobilisation et faire converger les luttes ? Ainsi, ce serait l'absence d'unit&#233; entre les appareils qui se partagent la direction de la classe ouvri&#232;re qui serait la cause des &#233;checs des mobilisations de ces derni&#232;res ann&#233;es ? Avec de telles affirmations, nous laissons entendre que le succ&#232;s d'un mouvement d&#233;pendrait de la participation, et donc du bon-vouloir, de l'organisation la moins combative du moment ! Quant &#224; s'imaginer que nos incantations unitaires vont &#8216;les mettre au pied du mur', c'est juste... ridicule. Le pire serait que nous contribuons ainsi &#224; distiller des illusions au lieu de tout faire pour inciter les travailleurs &#224; ne compter que sur eux-m&#234;mes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, le climat social (on l'a vu lors du d&#233;clenchement en 2016 sur la loi Travail) r&#233;serve bien des surprises et ne d&#233;pend que tr&#232;s peu des accords qui existent, ou pas, entre les appareils syndicaux ou r&#233;formistes&#8230; Et, &#224; supposer que de v&#233;ritables luttes s'engagent, notre r&#244;le ne sera certainement pas de dire aux travailleurs de s'en remettre aux appareils, mais, bien au contraire, de s'organiser ind&#233;pendamment d'eux. L'unit&#233; &#224; laquelle ces camarades appellent revient &#224; occulter la &lt;em&gt;n&#233;cessaire rupture&lt;/em&gt; qu'un &#233;ventuel mouvement de la classe ouvri&#232;re devra op&#233;rer avec les dirigeants politiques r&#233;formistes de tous bords aussi bien qu'avec les bureaucraties syndicales. La seule hypoth&#232;se qui vaille est qu'un mouvement &#224; venir de la classe ouvri&#232;re puisse mettre en avant des structures d'auto-organisation &#8211; comit&#233;s de mobilisation et, d&#232;s que possible, comit&#233;s de gr&#232;ve &#8211; &#233;lues directement par les travailleurs, responsables directement devant eux. Il appartiendrait alors aux r&#233;volutionnaires d'en prendre l'initiative&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'heure, bien des jeunes, des travailleurs sont attir&#233;s vers la FI, ne serait-ce que par d&#233;go&#251;t pour la politique des dirigeants du PS. Il est donc important de &#8216;rester au contact'. Mais pas en pr&#244;nant l'unit&#233; sous pr&#233;texte que M&#233;lenchon appara&#238;t comme &#8216;sectaire'. Nous devrions d&#233;noncer les limites r&#233;formistes de son programme, en interrogeant ses partisans sur ce qu'il conviendrait de faire si, comme en Gr&#232;ce, un gouvernement issu de la FI se heurtait au &#171; mur d'argent &#187;, &#224; la volont&#233; politique des puissances capitalistes.... Que faire alors ? R&#233;pondre en expropriant les grandes entreprises capitalistes, s'engager dans la voie r&#233;volutionnaire comme les travailleurs russes il y a un si&#232;cle ? Ou alors... &#233;crire une nouvelle constitution en esp&#233;rant que les capitalistes mettront chapeau bas devant ses articles aux formulations cisel&#233;es ?
La voie r&#233;formiste ne r&#233;siste pas &#224; la discussion. Encore une fois, les mobilisations n&#233;cessaires se produiront ou pas, mais elles constituent la seule hypoth&#232;se qui vaille. Et c'est &#224; cela que nous devons nous pr&#233;parer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Bulletin L'Etincelle de l'h&#244;pital Avicenne (Bobigny) du 9 juin 2015 : En lutte jusqu'au retrait total du plan Hirsch
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/En-lutte-jusqu-au-retrait-total-du</link>
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		<dc:date>2015-06-09T20:39:02Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>



		<description>(Bulletin L'Etincelle de l'h&#244;pital Avicenne (Bobigny) du 9 juin 2015) &lt;br /&gt;La col&#232;re gronde &#224; l'AP-HP. Les manifestations des 21 et 28 mai ont rassembl&#233; des milliers d'hospitaliers. Et, sur place dans les h&#244;pitaux, les actions se sont multipli&#233;es. Certains ont m&#234;me fait la semaine derni&#232;re des AG communes &#224; plusieurs h&#244;pitaux, le jeudi 4 juin (comme Tenon avec Saint-Antoine et Trousseau), pour se retrouver plus nombreux, discuter et agir ensemble. Une semaine qui, sinon, aurait &#233;t&#233; moins active, les&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;(Bulletin L'Etincelle de l'h&#244;pital Avicenne (Bobigny) du 9 juin 2015)
&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La col&#232;re gronde &#224; l'AP-HP. Les manifestations des 21 et 28 mai ont rassembl&#233; des milliers d'hospitaliers. Et, sur place dans les h&#244;pitaux, les actions se sont multipli&#233;es. Certains ont m&#234;me fait la semaine derni&#232;re des AG communes &#224; plusieurs h&#244;pitaux, le jeudi 4 juin (comme Tenon avec Saint-Antoine et Trousseau), pour se retrouver plus nombreux, discuter et agir ensemble. Une semaine qui, sinon, aurait &#233;t&#233; moins active, les directions syndicales au niveau de l'AP-HP n'ayant rien pr&#233;vu entre le 28 mai et le 11 juin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; Martin Hirsch, il en a pris pour son grade lorsqu'il s'est rendu &#224; la Salpetri&#232;re, &#224; Georges Pompidou ou &#224; Avicenne. Au point que, &#233;chaud&#233;, le samedi 30 il a pr&#233;f&#233;r&#233; n'envoyer qu'un sous-fifre donner le coup d'envoi de la &#171; course de l'AP-HP &#187; et de la journ&#233;e portes ouvertes. Il a pourtant &#233;t&#233; &#224; l'honneur puisque les manifestants &#233;taient venus crier &lt;em&gt;&#171; Hirsch, ton plan, &#224; la poubelle &#187;&lt;/em&gt; et des &lt;em&gt;&#171; Martin d&#233;mission &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alors ce jeudi 11 juin, nouveau jour de manifestation de l'ensemble de l'AP-HP,
cette fois de l'Avenue Victoria vers l'Elys&#233;e,
la participation se doit d'&#234;tre encore plus massive que lors des deux journ&#233;es pr&#233;c&#233;dentes.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Pas touche aux RTT, des embauches !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas question de laisser la direction de l'AP-HP supprimer des jours de repos, en organisant des horaires de fous, que nous serions de toute fa&#231;on quasiment contraints de d&#233;passer si l'on veut transmettre les consignes d'une &#233;quipe &#224; l'autre. Maintenant Hirsch se fait tout doux&#8230; dans le langage seulement. Pas d'horaires de 7 heures, dit-il, on s'arr&#234;tera &#224; baisser &#224; 7h30. Pour l'instant ! On ne vous piquera pas toutes les RTT, seulement 4 ou 5. Dans un premier temps ! Et il serait pr&#234;t &#224; discuter avec les syndicats des modalit&#233;s d'application de son plan. Mais pas du plan lui-m&#234;me, qui a pour but d'&#233;conomiser plus de 20 millions d'euros. Bien fous ou bien l&#226;ches seraient les dirigeants syndicaux qui se laisseraient attirer pas ces sir&#232;nes. Il n'y a rien d'autre &#224; r&#233;pondre que le retrait total du plan Hirsch.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'il faut pour l'AP-HP au contraire, tant pour pouvoir accueillir les patients que pour ne plus conna&#238;tre les surcharges de travail permanentes, c'est l'embauche d'au moins 8 000 hospitaliers suppl&#233;mentaires. Alors que depuis des ann&#233;es on supprime environ 1 000 postes par an. Et pour l'ensemble des h&#244;pitaux du pays, il en faudrait plusieurs dizaines de milliers.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Rendre la lutte contagieuse&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La lutte en cours &#224; l'AP-HP concerne tous les h&#244;pitaux o&#249; les personnels connaissent les m&#234;mes probl&#232;mes, sont menac&#233;s par les m&#234;mes attaques. Quant ils n'ont pas d&#233;j&#224; (comme &#224; Caen l'ann&#233;e pass&#233;e) connu des plans de r&#233;organisation avec vol de plusieurs jours de RTT. La F&#233;d&#233;ration Hospitali&#232;re de France l'a d&#233;clar&#233; : elle esp&#232;re que la direction de l'AP-HP, en imposant son plan au plus grand regroupement hospitalier du pays, malgr&#233; les protestations du personnel, fasse la trou&#233;e qui permette de g&#233;n&#233;raliser l'attaque &#224; tous. Aux gr&#233;vistes de l'AP-HP de prouver le contraire : qu'en s'attaquant &#224; la plus grosse structure hospitali&#232;re, la direction de l'AP-HP va au contraire tomber sur un bec, qui va l'obliger &#224; ravaler son plan. Les gr&#233;vistes et manifestants de l'AP-HP, en s'adressant aux personnels de tous les h&#244;pitaux du pays, peuvent rendre leur lutte contagieuse et entra&#238;ner une riposte d'ensemble qui mette un coup d'arr&#234;t aux politiques d'&#233;conomies et de suppressions d'emplois dans la sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Tous concern&#233;s, tous ensemble
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Et cette lutte concerne l'ensemble du monde du travail. En tant qu'usagers (ou usagers potentiels) des h&#244;pitaux, les gens se savent concern&#233;s par la d&#233;gradation du service et regardent le mouvement des hospitaliers avec sympathie. En tant travailleurs, toutes et tous sont vis&#233;s car c'est une politique g&#233;n&#233;rale aujourd'hui du patronat de d&#233;clarer la guerre aux 35 heures pour exploiter encore plus sa main-d'&#339;uvre, et r&#233;duire les effectifs en fabriquant de plus en plus de ch&#244;meurs. Ce m&#234;me jeudi 11 juin, en butte &#224; un projet de r&#233;forme des coll&#232;ges dont le seul objectif est de faire, l&#224; aussi, des &#233;conomies de personnel, les enseignants du secondaire sont appel&#233;s &#224; une journ&#233;e de gr&#232;ve et de manifestation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si les manifestants se rejoignaient ? Et si on acc&#233;l&#233;rait nous-m&#234;mes le calendrier, sans attendre une nouvelle journ&#233;e le 25 juin, seule date malheureusement annonc&#233;e par les f&#233;d&#233;rations syndicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Soyons nombreux &#224; la manifestation de ce jeudi, qui part &#224; 11 h de l'Avenue Victoria. Mais d&#232;s aujourd'hui, discutons entre nous pour pr&#233;parer la suite de notre mouvement.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Nouvelles bases = nouvelle arnaque&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On l'a vu ce Martin Hirsch &#224; Avicenne, vendredi 29 mai, quand on l'a &#233;pingl&#233; pour lui dire en direct ce qu'on pensait de ses projets. &#171; Je vous entends, je vous entends, on peut tout rediscuter &#187;. A condition de faire nos 20 millions d'&#233;conomies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si bien que les &#171; nouvelles bases du dialogue &#187; qu'il a pr&#233;sent&#233;es la semaine suivante sont aussi pourries que les premi&#232;res. On commencerait par ne voler que 5 jours de RTT, en passant &#224; 7h30. Pour la suite on verrait plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les contractuels auraient eux, d'ores et d&#233;j&#224; droit &#224; des &#233;quipes de 7h, et aucune RTT. Or ils sont de plus en plus nombreux pour boucher les trous en m&#234;me temps qu'on supprime des postes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et n'oubliez pas la g&#233;n&#233;ralisation dans certains services de la &#171; grande &#233;quipe &#187; dont personne ne veut. &#171; Par souci d'&#233;quit&#233; &#187; ose-t-il dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au personnel technique, il est le premier qui risque de perdre, en plus de 5 RTT, ses temps de pause repas. Et le premier que l'AP-HP pourrait bien faire passer demain en 7h, dans la mesure ou il n'y a pas le probl&#232;me de continuit&#233; des soins. Alors l&#224; non plus, n'attendons pas qu'on nous d&#233;coupe en saucissons pour faire passer la suite des r&#233;formes service par service. C'est aujourd'hui qu'on est en col&#232;re tous ensemble. C'est aujourd'hui qu'on doit faire reculer d&#233;finitivement Hirsch.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Pr&#233;parer la suite du mouvement&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En clair la direction de l'AP-HP n'a pas boug&#233; d'un pouce. Et pour nous pas question d'accepter de marchander (ou laisser marchander derri&#232;re notre dos) quoi que ce soit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut imposer le retrait pur et simple du plan, la titularisation de tous les pr&#233;caires (et pas de 1 000 sur 8 000), et en plus 8 000 embauches suppl&#233;mentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cela il faut nous donner les moyens de continuer &#224; agir le plus collectivement possible, de nous coordonner d'un &#233;tablissement &#224; l'autre, de contacter les coll&#232;gues des h&#244;pitaux de province.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au printemps dernier c'est ce qu'avaient commenc&#233; &#224; faire les gr&#233;vistes de l'EPSM de Caen en cr&#233;ant un Collectif des &#171; H&#244;pitaux en lutte contre l'H&#244;st&#233;rit&#233; &#187; s'adressant aux autres h&#244;pitaux du pays. Ce m&#234;me collectif propose qu'&#224; la fin de la manifestation de jeudi se retrouvent tous ceux qui le peuvent en assembl&#233;e pour discuter de la suite du mouvement, pour tisser des liens entre nous tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une occasion &#224; saisir.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Tentative de corruption minable&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;N'ayant pas beaucoup de partisans dans les h&#244;pitaux pour faire passer ses attaques contre le personnel, Martin Hirsch a eu une id&#233;e bien classique : promettre de &lt;em&gt;&#171; valoriser le m&#233;tier de cadre &#187;&lt;/em&gt;. En esp&#233;rant que flatt&#233;s, ceux (qui sont de toute fa&#231;on rarement de notre c&#244;t&#233;) vont se faire les propagandistes de la r&#233;forme, ou viendront nous expliquer que c'est un moindre mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais m&#234;me pour tenter d'acheter ses ouailles, Hirsch n'y met pas le prix. Ce qu'il leur promet c'est &lt;em&gt;&#171; de cr&#233;er une identit&#233; cadre, en d&#233;veloppant un sentiment d'appartenance au sein de l'institution &#187;&lt;/em&gt;. Voila pour le c&#244;t&#233; philosophique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le c&#244;t&#233; pratique, il promet de leur fournir des ordinateurs personnels qu'ils pourront emporter &#224; la maison&#8230;. pour y faire du t&#233;l&#233;travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne certains d'entre eux, s'ils restaient &#224; la maison, on ne s'en porterait pas plus mal. Mais eux ? Avec du travail &#224; domicile o&#249; on ne compte plus ses heures, on leur souhaite bien du plaisir. &lt;em&gt;&#171; L'appartenance &#224; l'institution &#187;&lt;/em&gt; 24 heures sur 24, salut les amateurs !&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Promesse de Gascon&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En plus des RTT, l'AP-HP compte nous voler aussi les heures de repas, en voulant d&#233;compter la demi-heure repas du temps de travail. Question de nous faire travailler une demi-heure de plus gratis. Elle nous a d&#233;j&#224; arnaqu&#233;s sur la cr&#232;che en d&#233;cidant d'en augmenter les tarifs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors Hirsch, pour faire avaler la pilule, propose son lot de consolation : des logements. Nous sommes plus de 80 000, dont combien de milliers de jeunes ? Alors le directeur g&#233;n&#233;ral sort de son chapeau les &#171; &lt;em&gt; baux emphyt&#233;otiques &#187; &lt;/em&gt; (consultez votre dictionnaire juridique !) que poss&#232;derait l'AP-HP. Il y en a 200. Faites vos comptes. Mais sans rire Hirsch propose de les mettre &#224; notre disposition lorsqu'ils se lib&#233;reront (Par le d&#233;c&#232;s pr&#233;visible d'un retrait&#233; de l'AP-HP ?)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Notre camarade Jacques Morand nous a quitt&#233;s
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Notre-camarade-Jacques-Morand-nous-a-quittes</link>
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		<dc:date>2015-05-14T17:10:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>



		<description>&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_870 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/IMG/jpg/jacques_mi-2.jpg' width=&#034;75&#034; height=&#034;85&#034; alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Notre camarade Jacques Morand (nom de plume de Jean-Claude Kerjouan, connu aussi sous le nom de Illy) est mort dimanche 10 mai des suites d'un cancer, &#224; l'&#226;ge de 77 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore lyc&#233;en en 1956, il avait rejoint Voix Ouvri&#232;re, le groupe dont est issu Lutte Ouvri&#232;re. Il a fait ensuite partie de la direction de VO, puis de celle de Lutte Ouvri&#232;re, d&#232;s la reconstitution de ce groupe apr&#232;s l'interdiction des organisations r&#233;volutionnaires qui a suivi Mai 68.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Divers-" rel="directory"&gt;Divers
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Notre camarade Jacques Morand (nom de plume de Jean-Claude Kerjouan, connu aussi sous le nom de Illy) est mort dimanche 10 mai des suites d'un cancer, &#224; l'&#226;ge de 77 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore lyc&#233;en en 1956, il avait rejoint Voix Ouvri&#232;re, le groupe dont est issu Lutte Ouvri&#232;re. Il a fait ensuite partie de la direction de VO, puis de celle de Lutte Ouvri&#232;re, d&#232;s la reconstitution de ce groupe apr&#232;s l'interdiction des organisations r&#233;volutionnaires qui a suivi Mai 68. Aux c&#244;t&#233;s de camarades d'entreprise de diff&#233;rents secteurs (notamment de la SNECMA, ou du secteur cheminots) il a largement contribu&#233; &#224; l'intervention des militants r&#233;volutionnaires dans les luttes ouvri&#232;res, et en particulier &#224; l'&#233;mergence de comit&#233;s de gr&#232;ve ou coordinations, organes d&#233;mocratiques de direction de ces luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 1990, il a impuls&#233; la constitution de la minorit&#233; de Lutte Ouvri&#232;re dont est issue la Fraction l'&#201;tincelle &#8211; aujourd'hui partie int&#233;grante du NPA &#8211; dont il &#233;tait, jusqu'&#224; aujourd'hui, un des principaux dirigeants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les militants de la g&#233;n&#233;ration de Jacques Morand sont de ceux qui ont fait sortir les organisations trotskystes de l'ombre dans laquelle elles &#233;taient rest&#233;es confin&#233;es pendant des d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ceux qui le c&#244;toyaient connaissaient sa soif des bonnes choses de la vie, son humour parfois caustique, son attention aux probl&#232;mes rencontr&#233;s par les uns et les autres. Plus que tout, il &#233;tait pr&#233;occup&#233; de saisir les opportunit&#233;s du moment, sur le plan politique ou social, de n'en laisser &#233;chapper aucune, quitte &#224; para&#238;tre vouloir forcer des situations. Jacques repr&#233;sentait beaucoup pour nous tous et son aide politique nous manquera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous lui rendrons hommage lundi prochain 18 mai, &#224; 13 h 30, au fun&#233;rarium du P&#232;re Lachaise, salle de la Coupole.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Paris, le 12 mai 2015.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_867 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH564/jacques-45dae.jpg?1526719855' width='500' height='564' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Article du bulletin Etincelle PSA Aulnay, du 21 mai 2013
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Article-du-bulletin-Etincelle-PSA</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Article-du-bulletin-Etincelle-PSA</guid>
		<dc:date>2013-05-20T17:41:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>



		<description>Rien n'est termin&#233; &lt;br /&gt; Le protocole de fin de gr&#232;ve qui vient d'&#234;tre sign&#233; n'annonce pas la fin de notre mobilisation, bien au contraire. C'est un premier round. Bien des rebondissements peuvent survenir d'ici 2014. &lt;br /&gt;En nous opposant pendant quatre mois au plan de fermeture de la direction, nous avons non seulement relev&#233; la t&#234;te, mais men&#233; une gr&#232;ve d&#233;termin&#233;e qui a eu des &#233;chos dans tout le pays. Une gr&#232;ve populaire, comme l'ont montr&#233; les 800 000 euros collect&#233;s par solidarit&#233;. Une gr&#232;ve qui a fait&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Divers-" rel="directory"&gt;Divers
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;em&gt;Rien n'est termin&#233; &lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;em&gt; Le protocole de fin de gr&#232;ve qui vient d'&#234;tre sign&#233; n'annonce pas la fin de notre mobilisation, bien au contraire. C'est un premier round. Bien des rebondissements peuvent survenir d'ici 2014. &lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En nous opposant pendant quatre mois au plan de fermeture de la direction, nous avons non seulement relev&#233; la t&#234;te, mais men&#233; une gr&#232;ve d&#233;termin&#233;e qui a eu des &#233;chos dans tout le pays. Une gr&#232;ve populaire, comme l'ont montr&#233; les 800 000 euros collect&#233;s par solidarit&#233;. Une gr&#232;ve qui a fait chaud au c&#339;ur aux dizaines milliers de travailleurs qui avaient les yeux tourn&#233;s vers nous, et qui a inqui&#233;t&#233; le patronat et le gouvernement qui le soutient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accord sign&#233; vendredi dernier &#233;carte toute sanction contre les militants de la gr&#232;ve : l'amnistie sociale, que le gouvernement se refuse &#224; faire passer dans la loi, nous l'avons obtenue dans les faits, par notre lutte ! Ne serait-ce que cet acquis, m&#234;me limit&#233;, fait que nous avons pu suspendre la gr&#232;ve la t&#234;te haute, tout en gardant notre d&#233;termination pour la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car l'accord, bien entendu, ne r&#232;gle rien sur le fond : pendant les mois &#224; venir, ceux qui pendant quatre mois ont fait face aux &#171; pots de fleurs &#187; et men&#233; toutes les actions que l'on conna&#238;t, vont continuer &#224; se mobiliser et pourront &#234;tre rejoints par tous ceux qui n'ont peut &#234;tre pas encore fait gr&#232;ve, mais qui se sentent aujourd'hui trahis par la direction. PSA n'est pas &#224; l'abri de nouveaux coups de col&#232;re !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Faire cause commune&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il y a la situation &#224; Aulnay, mais aussi dans le reste du groupe PSA avec les accords dits de comp&#233;titivit&#233; (&#171; de performance &#187; dans le groupe), les suppressions de postes et les pressions aux d&#233;parts pr&#233;tendument volontaires. Il faudra de nouvelles ripostes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pas seulement &#224; PSA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tout le pays, les entreprises continuent de fermer, les licenciements de tomber. Nous ne devons pas nous r&#233;signer &#224; ce que les ripostes s'&#233;puisent les unes apr&#232;s les autres. Nos quatre mois de gr&#232;ve et la popularit&#233; que notre mouvement a suscit&#233;e nous ont donn&#233; une sacr&#233;e exp&#233;rience. Nous avons su nous pr&#233;parer pendant des mois avant la gr&#232;ve ; nous avons su f&#233;d&#233;rer les plus d&#233;termin&#233;s d'une UEP &#224; une autre, puis partir en gr&#232;ve en &#233;laborant et prenant nos d&#233;cisions en comit&#233; de gr&#232;ve et en assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales, tout en organisant les actions &#224; l'ext&#233;rieur de l'usine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons v&#233;cu l'accueil extr&#234;mement chaleureux des autres salari&#233;s lors de nos visites &#224; Saint-Ouen, &#224; Flins, &#224; Cl&#233;on, au Fret de Roissy, &#224; Geodis, Lear et ailleurs. Bien des liens peuvent &#234;tre tiss&#233;s et structur&#233;s. Il nous faut donc envisager la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience que nous avons acquise nous donne le savoir-faire et la l&#233;gitimit&#233; de poser des jalons pour les luttes &#224; venir, et pas seulement &#224; PSA. De la m&#234;me fa&#231;on que nous avons su coordonner les minorit&#233;s combatives des diff&#233;rents ateliers &#224; l'int&#233;rieur de l'usine, nous pouvons avoir le cran de le faire &#224; l'ext&#233;rieur, en cherchant &#224; coordonner les efforts de tous ceux qui se sont affront&#233;s ces derniers mois comme ils l'ont pu contre leur patron, comme de tous ceux qui le feront dans l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, celle qui changera le rapport des forces et fera reculer le patronat, n'arrivera pas comme par miracle. Il faudra que les travailleurs qui ont &#233;t&#233; aux avant-postes de la lutte, comme &#224; Aulnay (mais aussi, m&#234;me sous d'autres formes, &#224; Sanofi, Candia, Arcelor, DMI, Freescale, Ford et ailleurs) veuillent en &#234;tre le fer de lance en en suscitant les &#233;tapes pr&#233;alables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, il s'agira de mettre sur pied avec d'autres travailleurs qui se battent contre leur patron, des tremplins permettant la coordination de ces luttes (souvent tr&#232;s localis&#233;es et invisibles &#224; l'&#233;chelle nationale), permettant &#224; terme leur convergence, leur extension et au bout du compte leur g&#233;n&#233;ralisation. Bref, il s'agit d&#233;sormais de donner une perspective &#224; tous ceux qui pour le moment se sentent isol&#233;s et le dos au mur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agira donc, quel que soit le nom qu'on lui donne, d'envisager de mettre en place un comit&#233; &lt;strong&gt; &lt;em&gt;des&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt; luttes et &lt;strong&gt; &lt;em&gt;des&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt; mobilisations avec tous ceux qui ont les m&#234;mes probl&#232;mes que nous ; avec tous ceux qui ont engag&#233; des ripostes contre les licenciements, qu'il s'agisse de rassemblements, d'actions en justice, de manifestations, de d&#233;brayages ou de gr&#232;ves plus ou moins longues. Car il y a grande une attente, chez les travailleurs de ce pays, abandonn&#233;s par les conf&#233;d&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Oui, &#224; nous de faire cause commune et de nous en donner les moyens. C'est possible et c'est n&#233;cessaire. La r&#233;partition du travail entre tous et l'interdiction des licenciements ne seront possibles que si une partie notre classe sociale se coordonne pour donner cette perspective de convergence des luttes.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Communiqu&#233; de la Fraction L'Etincelle de Lutte Ouvri&#232;re (22 septembre 2008)
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Communique-de-la-Fraction-L</link>
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		<dc:date>2008-09-22T12:38:09Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>



		<description>Apr&#232;s avoir suspendu la Fraction l'Etincelle de Lutte Ouvri&#232;re, le parti d'Arlette Laguiller l'a exclue ce dimanche 21 septembre lors d'une conf&#233;rence nationale extraordinaire convoqu&#233;e tout expr&#232;s deux mois avant le congr&#232;s annuel de d&#233;cembre prochain qui devait d&#233;battre de cette suspension ainsi que des orientations politiques de l'organisation. De toute &#233;vidence la direction de LO ne pouvait supporter ni les critiques concernant sa politique de soutien &#224; l'union de la gauche et au PS lors des&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir suspendu la Fraction l'Etincelle de Lutte Ouvri&#232;re, le parti d'Arlette Laguiller l'a exclue ce dimanche 21 septembre lors d'une conf&#233;rence nationale extraordinaire convoqu&#233;e tout expr&#232;s deux mois avant le congr&#232;s annuel de d&#233;cembre prochain qui devait d&#233;battre de cette suspension ainsi que des orientations politiques de l'organisation. De toute &#233;vidence la direction de LO ne pouvait supporter ni les critiques concernant sa politique de soutien &#224; l'union de la gauche et au PS lors des derni&#232;res municipales ni surtout le d&#233;bat sur le bilan de cette politique d&#233;sastreuse : d'une part LO n'a absolument pas obtenu le nombre d'&#233;lus escompt&#233;s de la petite place qui lui avait &#233;t&#233; consentie sur les listes du PS, du PC ou des deux contre son soutien &#224; des programmes et des politiques qui n'&#233;taient pas les siens ; d'autre part cette politique opportuniste a terni aupr&#232;s d'un certain nombre de ses partisans et de travailleurs l'image de rigueur et de fermet&#233; qu'elle avait gagn&#233; &#224; juste titre par sa politique ant&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les raisons invoqu&#233;es pour l'exclusion de la Fraction sont soit un pr&#233;texte grossier (reproche d'une alliance pass&#233;e avec la LCR aux municipales &#224; Agen alors que la majorit&#233; de LO s'est retrouv&#233;e dans d'autres villes sur des listes avec la m&#234;me LCR, ou encore d'avoir refus&#233; que &#224; Wattrelos des conseillers municipaux sortants LO, proches de la Fraction, soient &#233;cart&#233;s pour ne pas accepter la nouvelle alliance &#233;lectorale avec le PS), soit la d&#233;monstration du repli sur soi et de la frilosit&#233; politique actuelle de Lutte Ouvri&#232;re (accusation d'avoir entrepris d'explorer avec d'autres courants d'extr&#234;me gauche les possibilit&#233;s de construire un Nouveau Parti Anticapitaliste propos&#233; par Olivier Besancenot).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exclusion ne change &#233;videmment ni l'activit&#233;, ni la politique ni les orientations fondamentales de la Fraction l'Etincelle de Lutte Ouvri&#232;re qui milite pour la construction d'un parti communiste prol&#233;tarien r&#233;volutionnaire, l'implantation du courant trotskiste dans la classe ouvri&#232;re et le d&#233;veloppement d'un mouvement d'ensemble des salari&#233;s, n&#233;cessaire pour s'opposer aux attaques redoubl&#233;es du patronat et du gouvernement contre le monde du travail et les classes populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 22 septembre 2008&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Lettre ouverte &#224; la Direction de Lutte Ouvri&#232;re (24 ao&#251;t 2008)
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Lettre-ouverte-a-la-Direction-de</link>
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		<dc:date>2008-08-26T22:42:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>



		<description>Chers camarades, &lt;br /&gt;Nous nous adressons &#224; vous par cette lettre ouverte. Nous avons cru comprendre en effet qu'en cette rentr&#233;e vous aviez d&#233;cid&#233; de dialoguer avec nous par l'interm&#233;diaire de tiers, particuli&#232;rement des journalistes, plut&#244;t que directement comme il semblerait normal entre camarades d'une m&#234;me organisation. Nous ne faisons donc que nous conformer &#224; ce que nous jugeons quand m&#234;me une &#233;trange attitude. &lt;br /&gt;En effet, avant m&#234;me que vous nous informiez de votre d&#233;cision de tenir le 21 septembre &#171; &lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Chers camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous adressons &#224; vous par cette lettre ouverte. Nous avons cru comprendre en effet qu'en cette rentr&#233;e vous aviez d&#233;cid&#233; de dialoguer avec nous par l'interm&#233;diaire de tiers, particuli&#232;rement des journalistes, plut&#244;t que directement comme il semblerait normal entre camarades d'une m&#234;me organisation. Nous ne faisons donc que nous conformer &#224; ce que nous jugeons quand m&#234;me une &#233;trange attitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, avant m&#234;me que vous nous informiez de votre d&#233;cision de tenir le 21 septembre &#171; une conf&#233;rence nationale de Lutte ouvri&#232;re &#187; destin&#233;e &#224; nous exclure, vous en informiez la presse. A nous, vous vous contentiez de pr&#233;senter cette r&#233;union comme devant discuter de &#171; nos rapports (ceux de la majorit&#233; et de la minorit&#233; regroup&#233;e dans la Fraction L'Etincelle) pass&#233;s, pr&#233;sents et futurs &#187;, refusant explicitement de nous dire les propositions que vous entendiez y faire et la position que vous comptiez y d&#233;fendre. A la presse vous indiquiez que cette conf&#233;rence avait pour but d'ent&#233;riner la s&#233;paration d&#233;finitive entre la majorit&#233; et la Fraction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'aurions rien su de vos intentions si l'une des journalistes auxquels vous avez fait vos confidences n'avait quand m&#234;me jug&#233; bon de s'informer de ce que nous pensions de votre initiative. Et ce n'est que le lendemain, vendredi 22, toujours sans nous en avertir directement, que vous avez mis sur votre site un communiqu&#233; (dat&#233; du jeudi 21 ?) explicitant vos intentions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s ce communiqu&#233; lui-m&#234;me, votre d&#233;cision de nous exclure (car il s'agit bien de cela m&#234;me si vous n'osez pas prononcer le mot et tentez de le camoufler en arguant d'une pr&#233;tendue s&#233;paration voulue des deux c&#244;t&#233;s) aurait pour motif notre attitude d'une part lors des &#233;lections municipales de mars dernier, d'autre part envers la tentative faite par la LCR de b&#226;tir un &#171; nouveau parti anticapitaliste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; qui justifierait l'avancement pr&#233;cipit&#233; d'une conf&#233;rence nationale de notre organisation et ce nouveau tournant dans votre attitude &#224; notre &#233;gard ? Car aussi bien lors de notre &#171; suspension &#187; en f&#233;vrier dernier que dans les mois qui ont suivi, vous avez toujours affirm&#233; explicitement que nos rapports seraient red&#233;finis lors du prochain congr&#232;s de Lutte Ouvri&#232;re pr&#233;vu de longue date en d&#233;cembre, comme il est de tradition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Difficile d'y voir autre chose que des pr&#233;textes puisque les motifs que vous invoquez aujourd'hui pour pr&#233;cipiter cette exclusion datent&#8230; d'une bonne ann&#233;e maintenant, bien avant notre suspension. Si vous vouliez faire la preuve que celle-ci n'&#233;tait que fausse barbe et justifier nos appr&#233;hensions, vous ne pouviez faire mieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre attitude lors des municipales ? D&#232;s septembre 2007 nous refusions les alliances recherch&#233;es par vous aupr&#232;s de la gauche, en particulier PS, en vous avertissant que vous alliez d'abord brouiller l'image politique de LO et ensuite vous faire rouler dans la farine. Cela n'a pas manqu&#233;. Le nombre d'&#233;lus de LO a &#233;t&#233; bien inf&#233;rieur &#224; ce que vous escomptiez (et une partie l'a &#233;t&#233; d'ailleurs sur des listes purement LO) et aujourd'hui il vous faut convaincre une partie de vos sympathisants d&#233;&#231;us que vous n'&#234;tes pas soumis &#224; cette gauche ou du moins aux municipalit&#233;s qu'elle d&#233;tient. Wattrelos justement, que vous invoquez contre nous, est un excellent exemple. L&#224;, le PS a d&#233;clin&#233; votre offre d'alliance apr&#232;s vous avoir lantern&#233;s. Mais plut&#244;t que reconna&#238;tre votre &#233;chec, vous avez continu&#233; &#224; refuser de faire une liste avec nous, ce que nous vous avons propos&#233; jusqu'au dernier moment&#8230; et pr&#233;f&#233;r&#233; vous en servir de pr&#233;texte pour nous suspendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre attitude vis-&#224;-vis du NPA et de la LCR ? D&#232;s septembre 2007 nous vous invitions &#224; explorer les possibilit&#233;s de construire un parti d'extr&#234;me gauche plus large, comme le proposait la LCR et comme nous-m&#234;mes avions commenc&#233; &#224; l'explorer. Depuis nous n'avons fait que continuer dans cette ligne. Nos discussions avec la LCR et notre participation aux initiatives diverses de pr&#233;paration &#224; un &#233;ventuel NPA (conf&#233;rences ou comit&#233;s divers) se font dans cet esprit. Nous ne savons pas si un nouveau parti est possible et quel parti. Nous avons bien des r&#233;serves et des objections &#224; l'orientation et aux d&#233;limitations que la LCR elle-m&#234;me semble vouloir donner &#224; ce nouveau parti. Il suffit de lire nos textes, en particulier notre publication &lt;em&gt; Convergences r&#233;volutionnaires, &lt;/em&gt;pour s'en convaincre&lt;em&gt; . &lt;/em&gt;Mais refuser &lt;em&gt; a priori &lt;/em&gt; d'explorer si la possibilit&#233; de construire un parti r&#233;volutionnaire plus large existe ou pas aujourd'hui dans ce pays, pour la seule raison que c'est la LCR qui le propose, nous semble effectivement relever d'un sectarisme qui a trop souvent &#233;t&#233; l'une des plaies du mouvement trotskiste dans les rapports entre les groupes qui le constituent (et que LO elle-m&#234;me a bien souvent d&#233;nonc&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas ne feignez pas de d&#233;couvrir en ce mois d'ao&#251;t 2008 notre politique &#224; ce sujet (de plus en la pr&#233;sentant faussement). Depuis un an vous la connaissiez parfaitement, au moment de notre suspension encore plus. Ni alors ni depuis vous ne l'avez &#233;voqu&#233;e ni discut&#233;e comme une cause qui entra&#238;nerait notre exclusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons donc bien l'intention non seulement d'assister (droit que votre communiqu&#233; veut bien nous accorder alors que c'est strictement le n&#244;tre, garanti par les statuts de notre organisation) mais de participer &#224; la conf&#233;rence nationale o&#249; vous avez l'intention de mettre en question notre appartenance &#224; Lutte Ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord &#233;videmment pour refuser notre exclusion et appeler les camarades de la majorit&#233; &#224; la refuser, m&#234;me si les rapports de la majorit&#233; avec la Fraction et du coup aussi le statut de cette derni&#232;re doivent &#234;tre red&#233;finis (comme nous en &#233;tions jusque-l&#224; convenus ensemble).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce propos d'ailleurs, nous proposons que l'ensemble des camarades organis&#233;s dans les cellules de la Fraction soient invit&#233;s &#224; cette conf&#233;rence et pas seulement ceux &#224; qui jusque-l&#224; vous aviez bien voulu conserver le titre de membres de LO. Ils sont &#233;videmment impliqu&#233;s au premier chef par les d&#233;cisions qui en sortiront, il serait donc normal qu'ils assistent aux d&#233;bats &#224; l'issue desquels elles seront prises. Depuis la constitution de la Fraction vous nous imposez de ne pas compter dans les effectifs de LO les camarades que nous recrutons et organisons avec nous. Mais par ailleurs vous nous avez accus&#233;s parfois de leur pr&#233;senter d'une fa&#231;on biais&#233;e et distordue les discussions qui pouvaient avoir lieu et les d&#233;cisions qui pouvaient &#234;tre prises dans les diff&#233;rentes instances de LO. Voil&#224; pour vous l'occasion d'avoir le d&#233;bat devant eux et de vous adresser directement &#224; eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, au moment o&#249; les patrons et le gouvernement ne cachent pas leur intention de continuer l'offensive contre les travailleurs et les couches populaires que Sarkozy depuis son accession &#224; la pr&#233;sidence a redoubl&#233;e par rapport &#224; ses pr&#233;d&#233;cesseurs, qui avaient d&#233;j&#224; fait pas mal en la mati&#232;re, nous pensons que Lutte Ouvri&#232;re aurait mieux &#224; faire et &#224; d&#233;battre qu'&#224; exclure ses opposants. Comment commencer &#224; organiser la riposte et la contre-offensive depuis si longtemps n&#233;cessaire ? Telle est &#224; notre avis la t&#226;che de l'heure d'une organisation ouvri&#232;re r&#233;volutionnaire. Tel devrait donc &#234;tre l'objet d'une conf&#233;rence nationale de notre organisation (le seul d'ailleurs qui justifierait la pr&#233;cipitation &#224; l'avancer d&#232;s septembre). Nous proposons donc d'inscrire &#224; l'ordre du jour la possibilit&#233; et les modalit&#233;s d'une campagne sur le principal sujet de pr&#233;occupation de la classe ouvri&#232;re : la lutte contre la baisse du pouvoir d'achat et l'augmentation des salaires, pensions et minima sociaux, en m&#234;me temps que contre la pr&#233;carit&#233; qui grandit et le ch&#244;mage qui repart &#224; la hausse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle campagne concernerait l'ensemble des classes laborieuses. Elle pourrait &#234;tre propos&#233;e &#224; l'ensemble des organisations qui se r&#233;clament du mouvement ouvrier, partis, syndicats, associations, ou de la gauche (une belle occasion de s'adresser au PS ou au PCF et &#224; leurs militants cette fois non dans les &#233;lections mais sur le terrain de la lutte de classe, occasion que vous ne devriez pas manquer de saisir ?). Et, au vu des positions prises encore r&#233;cemment par les uns et par les autres, c'est l'ensemble de l'extr&#234;me gauche, LCR et NPA compris, qui pourrait se retrouver au coude &#224; coude et unie dans cette action. LO a l&#224; une occasion de montrer que l'existence d'une extr&#234;me gauche r&#233;volutionnaire n'est pas seulement utile aux travailleurs en p&#233;riode &#233;lectorale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes &#233;videmment pr&#234;ts &#224; d&#233;battre directement avec vous de ces propositions &#224; tout moment, directement, sans interm&#233;diaire et sans attendre une quelconque conf&#233;rence nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Veuillez recevoir, chers camarades, nos salutations communistes r&#233;volutionnaires trotskistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 24 ao&#251;t 2008&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Fraction &lt;em&gt; L'Etincelle &lt;/em&gt; de Lutte Ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Contribution de la Fraction &#224; la conf&#233;rence des 28 et 29 juin 2008 pour un NPA
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Contribution-de-la-Fraction-a-la</link>
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		<dc:date>2008-06-12T13:53:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>



		<description>On sait que la Fraction L'Etincelle de Lutte ouvri&#232;re a r&#233;pondu positivement &#224; la proposition de la LCR d'explorer les possibilit&#233;s de construire un Nouveau parti anticapitaliste. Des comit&#233;s d'initiative pour un NPA se sont constitu&#233;s. Une conf&#233;rence destin&#233;e &#224; faire le point sur ces possibilit&#233;s et l'&#233;tat et les efforts desdits comit&#233;s a lieu les 28 et 29 juin. On trouvera ci-dessous la contribution soumise par la Fraction &#224; cette conf&#233;rence. Elle exprime les orientations que nous souhaitons lui voir&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt; On sait que la Fraction &lt;/em&gt;L'Etincelle &lt;em&gt; de Lutte ouvri&#232;re a r&#233;pondu positivement &#224; la proposition de la LCR d'explorer les possibilit&#233;s de construire un Nouveau parti anticapitaliste. Des comit&#233;s d'initiative pour un NPA se sont constitu&#233;s. Une conf&#233;rence destin&#233;e &#224; faire le point sur ces possibilit&#233;s et l'&#233;tat et les efforts desdits comit&#233;s a lieu les 28 et 29 juin. On trouvera ci-dessous la contribution soumise par la Fraction &#224; cette conf&#233;rence. Elle exprime les orientations que nous souhaitons lui voir adopter, orientations qui conditionneraient &#233;videmment notre participation et ses modalit&#233;s &#224; l'&#233;ventuel futur parti. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les effondrements des r&#233;gimes soi-disant socialistes ou communistes, qu'ils se soient r&#233;clam&#233;s du stalinisme, du mao&#239;sme ou du nationalisme, le capitalisme a encore accru son emprise sur l'ensemble de la plan&#232;te. R&#233;sultats : les in&#233;galit&#233;s sociales ont augment&#233; dans des proportions effarantes entre la minorit&#233; des poss&#233;dants et la majorit&#233; de ceux qui n'ont d'autre moyen de vivre ou de survivre que leur travail, quand ils en ont, et ce tout aussi bien en France, pays riche, que dans les parties pauvres du monde ; la volont&#233; des Etats imp&#233;rialistes d'imposer leur domination par tous les moyens a multipli&#233; les guerres, qu'elles soient men&#233;es ouvertement par les arm&#233;es occidentales ou par mercenaires interpos&#233;s ; le pillage sans scrupule ni retenue des ressources naturelles par les multinationales s'est amplifi&#233; et le contraste est de plus en plus frappant entre les progr&#232;s scientifiques et technologiques et l'expansion de la pauvret&#233; et m&#234;me de la famine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conf&#233;rence des 28 et 29 juin se tient au moment m&#234;me o&#249; une &#171; crise alimentaire &#187;, derni&#232;re n&#233;e d'une succession de crises de toutes sortes, aggrave le sentiment d'ins&#233;curit&#233; et de menaces sur les conditions de vie, voire la vie m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des &#233;meutes de la faim inaugurant l'histoire de ce 21&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle ! S'il est donc bien une n&#233;cessit&#233; qui ne se discute pas, c'est celle de b&#226;tir, comme l'a propos&#233; la LCR, un parti qui regrouperait celles et ceux qui entendent combattre le capitalisme et pas seulement tel ou tel de ses m&#233;faits, quelle que soit leur filiation politique, socialiste, communiste, &#233;cologiste, f&#233;ministe, altermondialiste ou autre, ou quelle que soit l'exp&#233;rience sociale ou politique qui les a amen&#233;s &#224; cette conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un parti r&#233;volutionnaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; a connu bien des r&#233;formes et le capitalisme bien des transformations. Ni l'une ni l'autre ne ressemblent &#224; ce qu'ils &#233;taient il y a deux si&#232;cles, ou m&#234;me un demi-si&#232;cle, comme le soulignent les d&#233;fenseurs de l'ordre actuel, de gauche comme de droite. Pourtant les menaces que ce capitalisme fait peser, les dangers qu'il fait courir et les maux qu'il inflige sont toujours l&#224;. Ils se sont m&#234;me aggrav&#233;s de fa&#231;on flagrante. On n'y mettra pas fin sans mettre fin au pouvoir de la classe capitaliste incarn&#233; par l'Etat qui la repr&#233;sente et la prot&#232;ge, tant le pouvoir &#233;conomique et le pouvoir politique sont inextricablement li&#233;s, et il est vain d'esp&#233;rer renverser l'un sans renverser l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vieux d&#233;bat entre r&#233;forme et r&#233;volution ne date pas d'hier, mais justement parce qu'il est ancien, il a d&#233;pass&#233; le stade du d&#233;bat intellectuel pour &#234;tre tranch&#233; par l'histoire. Un parti anticapitaliste ne peut se contenter d'&#234;tre un parti protestataire ou contestataire, ou m&#234;me simplement le parti des luttes. Il doit &#234;tre le parti des luttes, bien entendu. Mais il doit aussi et surtout proposer un objectif commun &#224; ces luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui m&#234;me, alors que gouvernement et patronat multiplient les attaques sur tous les plans et contre toutes les cat&#233;gories populaires, et que les ripostes sont &#233;miett&#233;es et sans lien entre elles, le soutien aux luttes ne suffit pas. Il faut viser, aider et contribuer &#224; leur convergence, seule garantie de leur efficacit&#233;, comme le prouve &lt;em&gt; a contrario &lt;/em&gt; le fait que cet &#233;parpillement de protestations, gr&#232;ves, manifestations et combats de toutes sortes n'a obtenu aucune des revendications essentielles imm&#233;diates (pouvoir d'achat, retraites, s&#233;curit&#233; sociale, emplois, logement, pollution, etc&#8230;). Cette convergence des luttes sera donc encore plus n&#233;cessaire pour mettre d&#233;finitivement fin &#224; la paup&#233;risation de toute une partie de l'humanit&#233; et l'effroyable g&#226;chis cr&#233;&#233; en France comme dans le monde par le capitalisme, g&#226;chis et injustice sociale qui ne peuvent qu'empirer tant que celui-l&#224; subsistera et que les institutions qui le garantissent et le perp&#233;tuent ne seront pas abattues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un parti de classe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est &#233;videmment pas un parti r&#233;volutionnaire &#224; lui seul, f&#251;t-il un jour infiniment plus large et plus puissant que pourrait &#234;tre dans l'imm&#233;diat le NPA si le projet prend forme, qui peut abattre le pouvoir capitaliste actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seul le pouvoir des classes non-poss&#233;dantes peut s'opposer, renverser et remplacer celui des classes poss&#233;dantes. Seul il peut contr&#244;ler et g&#233;rer l'&#233;conomie et reconstruire une soci&#233;t&#233; sur d'autres bases, collectivistes, socialistes, communistes, mais aussi &#233;cologistes ou f&#233;ministes, &#224; plus forte raison imposer une autre mondialisation. Seul d'ailleurs il peut &#234;tre un pouvoir r&#233;ellement d&#233;mocratique puisque ces non-poss&#233;dants sont aussi la grosse majorit&#233; de la population : les travailleurs, qu'ils soient manuels ou intellectuels, &#171; cols bleus &#187;, &#171; cols blancs &#187; ou sans col et&#8230; sans travail, employ&#233;s dans les services ou dans l'industrie, bref le prol&#233;tariat d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un parti anticapitaliste ne peut qu'&#234;tre un parti de cette classe et un repr&#233;sentant de ses int&#233;r&#234;ts, m&#234;me s'ils se confondent &#224; long terme avec les int&#233;r&#234;ts de l'humanit&#233; toute enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un parti ind&#233;pendant&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un parti anticapitaliste aura pour politique d'aider chaque lutte &#224; aller jusqu'au bout de ses possibilit&#233;s, sans consid&#233;ration des int&#233;r&#234;ts des classes dirigeantes &#233;videmment, mais aussi sans consid&#233;ration des int&#233;r&#234;ts d'appareils politiques, qu'ils soient de droite ou de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ind&#233;pendant donc du PS, depuis si longtemps au service de l'ordre capitaliste, en particulier chaque fois qu'il a &#233;t&#233; au gouvernement. Ind&#233;pendamment aussi des autres partis de gauche, qui ne sont d'ailleurs gu&#232;re plus maintenant que des appendices du PS en ayant accompagn&#233; et soutenu celui-ci dans toutes les exp&#233;riences gouvernementales de ces derni&#232;res d&#233;cennies, tout en se d&#233;clarant pr&#234;ts &#224; recommencer &#224; la premi&#232;re occasion. Mais ind&#233;pendant &#233;galement des bureaucraties syndicales qui, elles aussi, ont trop souvent &#233;t&#233; des entraves plut&#244;t que des soutiens aux luttes, en particulier celles que les salari&#233;s ont men&#233;es sur les lieux de travail, dans les entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte de classe se m&#232;ne sur tous les terrains et tous les sujets sociaux. Mais le plus important, le plus d&#233;cisif aussi, comme l'ont prouv&#233; des p&#233;riodes d'intenses affrontements sociaux comme Mai 68 ou Juin 36, est bien celui o&#249; s'opposent directement salari&#233;s d'un c&#244;t&#233;, patrons et capitalistes de l'autre. Or c'est sur celui-l&#224; que les bureaucraties syndicales ont &#233;t&#233; en premi&#232;re ligne pour limiter, d&#233;voyer ou m&#234;me trahir les luttes ou encore pour &#233;touffer la d&#233;mocratie ouvri&#232;re en s'opposant aux formes d'organisation qui permettent aux travailleurs de contr&#244;ler leur mouvement. On a vu, toutes ces derni&#232;res ann&#233;es, l'opposition de tous les appareils syndicaux, quasi visc&#233;rale et aussi agressive la plupart du temps que celle des appareils politiques, aux coordinations ou autres comit&#233;s de gr&#232;ve &#233;lus par les gr&#233;vistes eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me n'est donc pas l'ind&#233;pendance des syndicats. De toute fa&#231;on on ne voit pas, dans les circonstances actuelles, comment un parti anticapitaliste et r&#233;volutionnaire, minoritaire, dans l'opposition et mettant l'accent sur l'organisation d&#233;mocratique des travailleurs dans les mouvements sociaux, pourrait attenter &#224; cette ind&#233;pendance, pas plus qu'&#224; celle des associations d'ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au contraire l'ind&#233;pendance du parti par rapport aux bureaucraties syndicales dont nous avons besoin. Et de son droit comme sa volont&#233; d'intervenir sur tous les terrains et dans toutes les luttes, y compris celles qui se m&#232;nent sur les lieux de travail, pour proposer sa politique. Cette politique ne doit &#234;tre ni d'imposer un quelconque monopole ni d'accepter &lt;em&gt; a priori &lt;/em&gt; celui des appareils. Elle recherche l'alliance de tous les militants ou organisations dans la lutte, y compris de la gauche ou des syndicats, mais elle refuse de se lier ou de se soumettre par avance, libre de s'opposer quand ceux-l&#224; tournent de dos &#224; la lutte ou aux int&#233;r&#234;ts des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour affirmer ces orientations nous proposons que le parti anticapitaliste s'affiche clairement comme un parti de classe, celui du monde du travail, et un parti r&#233;volutionnaire. Et pour une organisation politique, il n'y a d'affirmation claire que si elle appara&#238;t et dans son programme et dans son sigle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 12 juin 2008,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fraction L'&lt;em&gt;Etincelle&lt;/em&gt; de Lutte Ouvri&#232;re&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Tract diffus&#233; &#224; la f&#234;te de Lutte Ouvri&#232;re &#224; propos de la suspension de la fraction de LO
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		<description>Un programme imm&#233;diat &lt;br /&gt;La situation sociale et politique sugg&#232;re s&#233;rieusement un nouveau mai&#8230; 2008. 40 ans apr&#232;s, et 2 millions de ch&#244;meurs et 6 millions de pr&#233;caires plus tard, une bourrasque r&#233;volutionnaire serait parfaitement d'actualit&#233;. Plus &#226;pre et plus profonde qu'en 68 cette fois. En tout cas, on ressent le m&#234;me ras-le-bol politique et social, et pas seulement en France. D'ailleurs, comme en 1967 rel&#232;vent les commentateurs, on assiste &#224; des signes pr&#233;curseurs &#171; inqui&#233;tants &#187; : un regain des gr&#232;ves&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Un programme imm&#233;diat&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La situation sociale et politique sugg&#232;re s&#233;rieusement un nouveau mai&#8230; 2008. 40 ans apr&#232;s, et 2 millions de ch&#244;meurs et 6 millions de pr&#233;caires plus tard, une bourrasque r&#233;volutionnaire serait parfaitement d'actualit&#233;. Plus &#226;pre et plus profonde qu'en 68 cette fois. En tout cas, on ressent le m&#234;me ras-le-bol politique et social, et pas seulement en France. D'ailleurs, comme en 1967 rel&#232;vent les commentateurs, on assiste &#224; des signes pr&#233;curseurs &#171; inqui&#233;tants &#187; : un regain des gr&#232;ves pour les salaires, y compris chez les cat&#233;gories les plus exploit&#233;es et les moins prot&#233;g&#233;es ; encore et toujours des lyc&#233;ens dans la rue ; des travailleurs sans-papiers qui rel&#232;vent la t&#234;te&#8230; Et une radicalisation des sentiments populaires, sans que cela profite, pour cette fois, &#224; l'extr&#234;me droite.
Il n'est pas au pouvoir des minorit&#233;s r&#233;volutionnaires de d&#233;clencher des &#233;v&#233;nements r&#233;volutionnaires. Ni m&#234;me le plus souvent de les pressentir ou de les pr&#233;voir. Cela dit, certaines choses ont chang&#233; depuis 1968. Les organisations comme LO et la LCR, et dans leur sillage tous ceux qui se r&#233;clament de l'extr&#234;me gauche, ont acquis un cr&#233;dit populaire (dans la m&#234;me mesure o&#249; la gauche traditionnelle s'est discr&#233;dit&#233;e) qui fait des r&#233;volutionnaires, au-del&#224; de leurs d&#233;saccords, une force politique.
Les luttes existent. Mais les appareils traditionnels du mouvement ouvrier s'acharnent &#224; faire en sorte qu'elles restent localis&#233;es, dispers&#233;es, sectorielles&#8230; et forc&#233;ment impuissantes. Il appartient aux r&#233;volutionnaires de militer pour une mobilisation de l'ensemble des salari&#233;s et de la jeunesse susceptible de mettre s&#233;rieusement en danger le pouvoir en place, pour un programme subversif &#224; court terme qui redonnerait confiance, espoir et v&#233;ritablement conscience de sa force au monde du travail. Un programme de coordination des luttes, de leur convergence et de leur g&#233;n&#233;ralisation. Un programme capable de transformer chaque &#233;preuve de force locale en &#233;v&#233;nement politique national. Bref, &#224; faire en sorte que chaque gr&#233;viste, chaque manifestant, pour son salaire, son emploi, les effectifs de son usine ou sa branche, la r&#233;gularisation de sa situation&#8230; sente qu'il fait partie d'une seule et m&#234;me classe en train de passer &#224; l'offensive.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Pourquoi la Fraction ? Pourquoi la &#171; suspension &#187; ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La Fraction &lt;em&gt; l'Etincelle &lt;/em&gt; de Lutte Ouvri&#232;re est n&#233;e formellement en mars 1996. Les premi&#232;res divergences au sein de LO sont apparues en 1989-1990. Cristallis&#233;es, elles ont peu &#224; peu expliqu&#233; la constitution d'une tendance qui partageait (et, devenue Fraction, partage toujours) pour l'essentiel les bases programmatiques de Lutte Ouvri&#232;re, communistes internationalistes trotskystes, et ses buts imm&#233;diats ou &#224; long terme, la constitution d'un parti ouvrier r&#233;volutionnaire en France et d'une nouvelle internationale communiste dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; &lt;strong&gt;Le monde change&#8230;&lt;/strong&gt; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1989-1990, sous la houlette de Gorbatchev, puis Eltsine, et avec le consensus de la bureaucratie &#224; laquelle ils appartenaient, l'URSS basculait dans le camp de l'imp&#233;rialisme. Les dirigeants des nouveaux Etats n&#233;s de l'&#233;clatement de &#171; l'empire sovi&#233;tique &#187;, par une s&#233;rie de choix politiques, l&#233;gislatifs et institutionnels, restauraient la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production. Ils dissolvaient l'URSS et balayaient ce qui en faisait un &lt;em&gt; &#171; Etat ouvrier d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; &#187; &lt;/em&gt; tel que l'avait qualifi&#233; Trotsky en son temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette contre-r&#233;volution, qui a tourn&#233; une page de l'histoire non seulement de l'URSS mais du monde, a chang&#233; le paysage qui pendant pr&#232;s de 70 ans avait coup&#233; la plan&#232;te en deux camps, celui de l'imp&#233;rialisme et celui issu de la r&#233;volution russe (m&#234;me si c'&#233;tait depuis longtemps une r&#233;volution trahie). La r&#233;volution prol&#233;tarienne est plus que jamais &#224; l'ordre du jour, mais c'est dans un contexte boulevers&#233;. C'est cette analyse que nous avons propos&#233; &#224; LO qui l'a refus&#233;e pour, contre toute r&#233;alit&#233;, soutenir que nous avions toujours en Russie un Etat ouvrier d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; (ce serait m&#234;me encore le cas, m&#234;me si la direction de LO &#233;vite maintenant depuis des ann&#233;es de se prononcer ?).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; &lt;strong&gt;&#8230; il recule m&#234;me&#8230;&lt;/strong&gt; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une querelle sur les seules &#233;tiquettes n'aurait eu aucun int&#233;r&#234;t et probablement aucune cons&#233;quence. Mais la direction de LO ne pouvait pas &#233;chapper compl&#232;tement &#224; la r&#233;alit&#233; et ne pas constater les cons&#233;quences de la disparition de l'URSS dans le monde (d&#233;gringolade, voire disparition des partis staliniens, rabibochage avec l'imp&#233;rialisme de courants nationalistes dits &#171; progressistes &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle en vint &#224; conclure que nous &#233;tions entr&#233;s dans une &#171; p&#233;riode de recul &#187; ; que celle-ci r&#233;duisait pour un temps ind&#233;termin&#233; les possibilit&#233;s d'intervention comme de recrutement des r&#233;volutionnaires, y compris au sein de la classe et jeunesse ouvri&#232;res. Et &#224; en d&#233;duire que LO devait se replier sur elle-m&#234;me (&#171; &lt;em&gt; sporuler &lt;/em&gt; &#187; ?), d&#233;velopper un sectarisme accru tant en interne que vis-&#224;-vis des autres groupes d'extr&#234;me gauche et surtout un scepticisme grandissant &#224; propos des possibilit&#233;s d'intervention dans la lutte de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; &lt;strong&gt;&#8230; mais LO ne bouge pas !&lt;/strong&gt; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui-ci aurait d&#251; &#234;tre remis en cause par les &#233;v&#233;nements de 1995, une ann&#233;e plut&#244;t faste sur le plan social et politique pour l'extr&#234;me gauche et tout particuli&#232;rement Lutte Ouvri&#232;re. Arlette Laguiller d&#233;passait les 5 % aux &#233;lections pr&#233;sidentielles, sur fond de luttes gr&#233;vistes dans le priv&#233;, en particulier &#224; Renault. Une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale des services publics entra&#238;n&#233;s par les cheminots, comme on en avait rarement connue, d&#233;ferlait &#224; l'automne !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien de tout cela n'amena LO &#224; reconsid&#233;rer la situation et ses t&#226;ches. L'appel au parti lanc&#233; par Arlette Laguiller ne s'accompagna d'aucune tentative d'associer les autres groupes d'extr&#234;me gauche &#224; l'initiative ; d'aucune critique de l'intervention des syndicats dans les mouvements sociaux de l'ann&#233;e, par exemple de l'appel de Bernard Thibault &#224; la reprise du travail, apr&#232;s un &#171; deal &#187; avec le gouvernement, dans le dos des gr&#233;vistes et des militants CGT eux-m&#234;mes. Au point que le congr&#232;s de LO qui avait pourtant d&#251; &#234;tre repouss&#233; de plusieurs semaines pour cause de gr&#232;ve, vota un texte minimisant la combativit&#233; ouvri&#232;re, &#233;crit avant les gr&#232;ves elles-m&#234;mes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; &lt;strong&gt;Socle commun, mais identit&#233; politique propre&#8230;&lt;/strong&gt; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;vidente contradiction amena, au d&#233;but 1996, la direction non &#224; entamer un d&#233;bat avec les camarades critiques mais &#224; d&#233;placer les discussions sur le terrain disciplinaire et &#224; exclure sous diff&#233;rents pr&#233;textes pr&#232;s d'une dizaine de camarades. C'est alors que la minorit&#233; demanda des droits de fraction, c'est-&#224;-dire &#224; former un groupe autonome qui m&#232;ne sa propre politique quand les divergences avec celle de LO sont trop importantes mais qui continue &#224; partager le programme et les buts fondamentaux de LO.&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Priorit&#233; &#224; l'implantation politique dans les entreprises, entre autres par le regroupement de travailleurs autour de bulletins r&#233;guliers (des bulletins &#171; l'Etincelle &#187; existent l&#224; o&#249; la collaboration n'a pas &#233;t&#233; possible avec la majorit&#233;, de son fait), et intervention syst&#233;matique dans les luttes pour les unifier et aider les travailleurs &#224; se donner une direction non soumise aux seules bureaucraties syndicales.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Politique d'ind&#233;pendance absolue &#224; l'&#233;gard des partis dits de gauche, PS et PC, y compris dans les campagnes &#233;lectorales. De 1973 &#224; 2007 (les r&#233;centes municipales de 2008 rompant avec cette exigence), LO a toujours pr&#233;sent&#233; dans la limite de ses forces, ses propres candidats en m&#234;me temps qu'un programme pour les travailleurs.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Fermet&#233; politique &#224; l'&#233;gard des autres courants trotskystes, mais aussi conviction d'appartenir &#224; une m&#234;me famille politique, d'&#234;tre une fraction &#171; &lt;em&gt; d'un m&#234;me futur parti r&#233;volutionnaire &lt;/em&gt; &#187;,d'o&#249; la recherche permanente de contacts, d'activit&#233;s et de l'intervention commune. Insistance non seulement sur le recrutement mais aussi la transmission d'un bagage militant et politique, h&#233;ritage du mouvement communiste r&#233;volutionnaire trotskyste, aux nouvelles g&#233;n&#233;rations.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; &lt;strong&gt;&#8230;pour garder le cap&lt;/strong&gt; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce capital a conduit majorit&#233; et minorit&#233; de LO &#224; se retrouver bien souvent sur un m&#234;me terrain, par exemple quand il s'est agi en 2002 de r&#233;sister aux pressions du Parti socialiste, et avec lui de toute la gauche, voire d'une partie de l'extr&#234;me gauche, en faveur du &#171; vote Chirac &#187;, sous le pr&#233;texte de barrer la route &#224; Le Pen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est aussi ce m&#234;me capital qui a conduit la Fraction &#224; rechercher discussion et travail commun avec des camarades d'autres groupes trotskystes. Par exemple avec ceux de la tendance &#171; R&#233;volution ! &#187; de la LCR, avec qui nous avons commenc&#233; la revue &lt;em&gt; Convergences R&#233;volutionnaires &lt;/em&gt;, devenue au bout de trois ans celle de la seule Fraction&#8230; du fait du renoncement de ces camarades. Un &#233;chec ? Ou plut&#244;t la preuve qu'il est possible &#224; deux courants trotskystes de traditions diff&#233;rentes de r&#233;diger ensemble une revue de qualit&#233; destin&#233;e &#224; un public ouvrier ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est toujours ce m&#234;me capital qui nous a permis en 2001 d'impulser avec des camarades de la LCR, &#224; partir de travailleurs LU-Danone sympathisants des deux organisations, une tentative de riposte &#224; la vague de licenciements. La direction de la CGT s'en &#233;tant finalement d&#233;tourn&#233;e et le soutien de LO comme de la LCR ayant &#233;t&#233; limit&#233;, cette tentative n'a pas &#233;t&#233; plus loin qu'une manifestation &#224; Paris, de 20 000 personnes, dont une partie venue des entreprises qui licenciaient &#224; travers tout le pays. Ce fut pourtant, h&#233;las, la seule de cette ampleur sur deux d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est enfin ce m&#234;me capital qui, ces derni&#232;res ann&#233;es, a conduit la Fraction &#224; s'opposer &#224; la complaisance croissante de LO &#224; l'&#233;gard de la gauche : appel au vote &#171; non &#187; au r&#233;f&#233;rendum de 2005 sur la constitution europ&#233;enne, appel &#224; voter pour S&#233;gol&#232;ne Royal au second tour de la pr&#233;sidentielle de 2007, suivi de la d&#233;sastreuse qu&#234;te d'une place sur des listes de gauche PC ou PS, avec soutien inconditionnel au programme &#233;lectoral de ces partis, aux derni&#232;res municipales de 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; &lt;strong&gt;Suspendus, peut-&#234;tre exclus&#8230;&lt;/strong&gt; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces municipales ont donc &#233;t&#233; le pr&#233;texte pour la &#171; suspension &#187; de la Fraction. Discipline non respect&#233;e, affirme la direction de l'organisation qui reproche &#224; des conseillers municipaux &#233;lus en 2001 sur la liste de LO de Wattrelos dans le Nord, dont l'ex-t&#234;te de liste qui avait rejoint la Fraction depuis, d'avoir constitu&#233; leur propre liste alors que LO cherchait au prix de toutes les concessions &#224; rejoindre la liste du maire socialiste. Celui-ci l'a d'ailleurs finalement repouss&#233;e et oblig&#233;e &#224; constituer sa propre liste. L'&#233;chec de la politique de la majorit&#233; &#233;tait donc patent, puisque finalement elle a d&#251; faire la politique propos&#233;e d&#232;s le d&#233;but par la Fraction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On aurait pu croire que c'&#233;tait finalement l'occasion de se r&#233;concilier et de faire liste commune comme la Fraction l'a propos&#233;. Ce fut au contraire le pr&#233;texte &#224; exclure, au moins pour une ann&#233;e, cette derni&#232;re. Ainsi pour avoir eu raison trop t&#244;t, nous voil&#224; donc encore un peu plus &#233;cart&#233;s de LO : suppression des tribunes de la Fraction dans la presse de LO, interdiction de vendre la presse de LO, &#233;viction des instances dirigeantes de LO des membres de la Fraction qui y si&#233;geaient, &#233;viction de nos camarades des r&#233;unions autour des bulletins LO d'entreprise, suppression de toutes les r&#233;unions communes &#224; la Fraction et &#224; la Majorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prochain congr&#232;s de LO, en d&#233;cembre prochain, devra d&#233;cider, non pas de notre avenir car nous sommes bien persuad&#233;s que celui-ci ne d&#233;pend que de nous-m&#234;mes et de notre volont&#233; &#224; continuer &#224; militer, du moins de nos liens futurs avec Lutte Ouvri&#232;re que nous continuons &#224; souhaiter les plus &#233;troits possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; &lt;strong&gt;&#8230;mais pas perdus&lt;/strong&gt; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les al&#233;as des choix politiques et organisationnels de Lutte Ouvri&#232;re bousculent certes la Fraction mais ne l'&#233;branlent pas. Nous savons qu'en politique, &#171; qui s'y frotte s'y pique &#187; ! Nous militons pour un futur parti des travailleurs, communiste et r&#233;volutionnaire, o&#249; nous comptons bien que tendances et fractions se frotteront et se piqueront&#8230; politiquement. C'est-&#224;-dire ne tenteront pas d'&#233;carter ou &#233;touffer les camarades qui ont des divergences sous des motifs disciplinaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Fraction l'Etincelle de Lutte Ouvri&#232;re, petit courant interventionniste et non sectaire rattach&#233; au capital historique de Lutte Ouvri&#232;re, qui pr&#233;serve le maximum d'attaches avec les autres, poursuit en tout cas son combat politique &#171; &lt;em&gt; Pour la construction d'un parti des travailleurs, communiste et r&#233;volutionnaire&lt;/em&gt; &#187; comme l'en-t&#234;te de sa presse d'entreprise l'affiche depuis 1996.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Notre groupe&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La Fraction comprend une centaine de militants organis&#233;s, le double en comptant les sympathisants actifs. C'est peu certes, mais doit correspondre &#224; environ 10 % des effectifs de LO. Alors pourquoi seulement 3 % des votes du congr&#232;s ? Parce que notre organisation refuse, malgr&#233; nos demandes r&#233;p&#233;t&#233;es, de reconna&#238;tre comme membres de LO les trois quarts de ceux de la Fraction, c'est-&#224;-dire tous ceux que celle-ci a recrut&#233;s depuis 12 ans. Qu'on se rassure cependant : ils sont bien sollicit&#233;s pour contribuer &#224; la r&#233;ussite de la f&#234;te. Vous les trouverez donc appliqu&#233;s &#224; remplir ici, &#224; l'&#233;gal de tous les camarades de LO, des t&#226;ches indispensables &#224; cette r&#233;ussite.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Pour un Nouveau parti anticapitaliste r&#233;volutionnaire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'unit&#233; des groupes d'extr&#234;me gauche n'est pas faisable ni m&#234;me avantageuse en tous temps. Il est des circonstances o&#249; les &#233;v&#233;nements l'imposent dans les faits et l'action, comme en mai 68. Il en est d'autres o&#249; elle est souhaitable, en permettant par exemple &#224; la g&#233;n&#233;ration qui vient de se politiser de rejoindre en nombre le militantisme r&#233;volutionnaire, bien au-del&#224; des seuls petits groupes pr&#233;existants. C'est ainsi que Lutte Ouvri&#232;re, au sortir des &#233;v&#233;nements de 68, avait propos&#233; &#224; tous les groupes &#171; gauchistes &#187; (trotskystes, anarchistes et mao&#239;stes) de former un m&#234;me parti. Proposition alors sans &#233;cho, vu les fantasmes triomphalistes de la LCR de l'&#233;poque, entre autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; &lt;strong&gt;Hier et&#8230; aujourd'hui &lt;/strong&gt; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LO, la LCR et d'autres, ces 40 derni&#232;res ann&#233;es, ont chacune occup&#233; des niches militantes distinctes sans g&#233;n&#233;ralement se faire concurrence, ni m&#234;me sans que les r&#233;sultats de leurs interventions respectives puissent trancher entre leurs diff&#233;rends.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais faudra-t-il attendre qu'une situation exceptionnelle contraigne les diff&#233;rents groupes d'extr&#234;me gauche &#224; se rassembler, au risque de s'y prendre un peu tard et d'avoir permis aux appareils discr&#233;dit&#233;s de tirer leur &#233;pingle du jeu ? En r&#233;alit&#233;, entre le raz-de-mar&#233;e r&#233;volutionnaire et l'&#233;tiage, il existe des situations interm&#233;diaires offrant une opportunit&#233; de tenter de constituer une force politique commune permettant d'influencer effectivement le cours de la lutte de classe. Et il semble bien que nous soyons aujourd'hui dans une telle situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Politiquement, parce que la gauche traditionnelle s'est profond&#233;ment discr&#233;dit&#233;e, alors que l'extr&#234;me gauche recueille autour de 5 % de suffrages, voire 10 % et plus dans les quartiers les plus ouvriers, et cela depuis 13 ans. Et qu'il nous appartient donc de r&#233;pondre &#224; cette attente, et pas seulement au moment des &#233;lections. Socialement, parce que le d&#233;ferlement des attaques anti-ouvri&#232;res exige une riposte d'ensemble que seuls les r&#233;volutionnaires proposent comme perspective &#224; la classe ouvri&#232;re. Oui, la situation devrait pouvoir permettre l'apparition d'une force politique r&#233;volutionnaire influente au sein du mouvement ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; &lt;strong&gt;A chacun son nouveau parti ? &lt;/strong&gt; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lutte Ouvri&#232;re a tent&#233; l'exp&#233;rience en 1995, suite aux 5,3 % d'Arlette Laguiller aux pr&#233;sidentielles. L&#224; aussi, il s'agissait de cr&#233;er un nouveau parti&#8230; mais uniquement autour de LO, en esp&#233;rant creuser la distance avec les groupes r&#233;volutionnaires concurrents, plus pr&#233;cis&#233;ment la LCR. De fait, la tentative a vite tourn&#233; court.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2007, Olivier Besancenot prend le relais &#233;lectoral d'Arlette. La LCR lance donc &#224; son tour un appel &#171; au nouveau parti &#187;, en prenant soin au pr&#233;alable de proclamer qu'elle lance son Nouveau parti anticapitaliste (NPA) sans partenaire, c'est-&#224;-dire avec la volont&#233; de faire cavalier seul. Elle commet la m&#234;me erreur que LO en 1995, et esp&#232;re se passer de sa concurrente pour construire toute seule un parti plus large.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fil des mois suivants, Lutte ouvri&#232;re refuse d'envisager aux municipales l'alliance avec la LCR au pr&#233;texte que celle-ci tente de constituer un Nouveau parti anticapitaliste qui ne serait plus trotskiste. Un refus qui aboutit &#224; ce que LO mendie l'alliance avec le PS et le PC !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le PS, en l'occurrence, a &#233;t&#233; plus sectaire que LO (ou plus ferme sur ses principes !), et ne lui a conc&#233;d&#233; qu'&#224; peine quelques dizaines d'&#233;lus suppl&#233;mentaires. Qu'&#224; cela ne tienne ! LO privil&#233;gie d&#233;sormais l'apparition militante locale au motif que le militantisme d'entreprise deviendrait plus al&#233;atoire. L'avenir dira si cela lui permet d'attirer plus de militants que la Ligue avec son NPA. Mais surtout, comme nous le craignons, si ce tournant confirme un infl&#233;chissement politique l'amenant de fait sur des positions aussi floues et ambigu&#235;s que celles&#8230; du NPA par exemple !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'oublions pas le Parti des Travailleurs qui a lanc&#233; &#224; son tour en novembre dernier (pour la &#233;ni&#232;me fois il est vrai) un comit&#233; provisoire pour un nouveau &#171; Parti ouvrier ind&#233;pendant &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, &#224; chacun son nouveau parti&#8230; bien &#224; soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; &lt;strong&gt;Plus large que les groupes existants ? &lt;/strong&gt; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Fraction a dit &lt;em&gt; &#171; chiche &#187; &lt;/em&gt; &#224; l'initiative de la LCR, en regrettant n&#233;anmoins que la Ligue ne s'adresse pas r&#233;ellement &#224; LO, tout en critiquant l'attentisme et le refus de celle-ci. Il est &#233;vident que la participation de Lutte Ouvri&#232;re &#224; la constitution de ce nouveau parti en aurait d'embl&#233;e indiqu&#233; le profil politique r&#233;volutionnaire, sans les ambigu&#239;t&#233;s dont il souffre actuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Ligue constatait l'absence de partenaire politique sur sa droite. Fort bien. Mais pourquoi ne pas avoir recherch&#233;, avec autant d'acharnement qu'elle en avait mis avec les comit&#233;s anti-lib&#233;raux, des partenaires &#224; l'extr&#234;me gauche cette fois ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup, la LCR en est r&#233;duite aujourd'hui &#224; tenter de constituer ce Nouveau Parti Anticapitaliste uniquement autour d'elle (avec les exceptions marginales de groupes minoritaires comme le n&#244;tre). Ce qui ne va pas sans bien des contradictions. Le NPA se construit uniquement avec la Ligue, mais sans la Ligue&#8230; qui a d&#233;cid&#233; de s'autodissoudre au fur et &#224; mesure du processus. Ses d&#233;limitations politiques sont cependant celles&#8230; d&#233;cid&#233;es par la Ligue, qui afin de cibler large a donc choisi d'en avoir le moins possible. Disparu le terme &#171; r&#233;volutionnaire &#187; sous pr&#233;texte qu'il ne garantit rien. Disparues les critiques des appareils syndicaux&#8230; O&#249; pourra bien se situer le curseur de ce nouveau parti, entre une simple LCR qui change de nom (et aussi de programme, comme le souhaite depuis des ann&#233;es ses courants les plus droitiers) et un &#171; bloc des gauches &#187; o&#249; l'on retrouverait certes des &#171; partenaires &#187;, mais bien &#224; droite de l'extr&#234;me gauche ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour notre part nous souhaitons et combattons pour un parti large mais r&#233;volutionnaire, non sectaire, int&#233;grant les diff&#233;rentes tendances actuelles de l'extr&#234;me gauche, mais totalement ind&#233;pendant de la gauche institutionnelle. Seul un tel parti est susceptible d'attirer tous ceux qui s'&#233;veillent aujourd'hui &#224; la conscience politique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; &lt;strong&gt;Ind&#233;pendant d'avec le PS et tous les appareils r&#233;formistes ? &lt;/strong&gt; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La faiblesse actuelle de la classe ouvri&#232;re ne tient pas tant &#224; son absence de combativit&#233; qu'&#224; la dispersion de ses r&#233;actions que les directions syndicales entretiennent savamment, pendant que le Parti socialiste acquiesce carr&#233;ment au contenu des &#171; r&#233;formes &#187; sarkozystes. Seuls les r&#233;volutionnaires poussent dans la direction du mouvement d'ensemble, seul susceptible de renverser les rapports de force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le v&#233;ritable point d'achoppement actuel entre une politique r&#233;volutionnaire et celle des appareils, c'est pr&#233;cis&#233;ment ce refus de centraliser les combativit&#233;s locales ou sectorielles, cet acharnement &#224; parcelliser et diviser les luttes des travailleurs comme de la jeunesse. Ce serait l&#224; aussi toute la diff&#233;rence entre un authentique parti r&#233;volutionnaire, et une simple formation &#171; anticapitaliste &#187; chapeautant gentiment diverses formes de contestations locales, sans contester centralement tous ceux qui font obstacle &#224; la g&#233;n&#233;ralisation des luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux principales organisations d'extr&#234;me gauche &#8211; mais la plupart des plus petites aussi &#8211; avancent, s&#233;par&#233;ment, le m&#234;me programme et proposent au mouvement ouvrier les m&#234;mes objectifs, et cela depuis des ann&#233;es, depuis que la LCR, avec Olivier Besancenot, a repris &#224; son compte le &#171; programme d'urgence &#187; avanc&#233; par LO et Arlette Laguiller. Ces organisations r&#233;volutionnaires, toujours s&#233;par&#233;ment, militent pour le mouvement d'ensemble, la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, et appellent de leurs v&#339;ux un nouveau mai 68. Un nouveau parti r&#233;volutionnaire leur permettrait de d&#233;fendre et de proposer ensemble cette orientation au mouvement ouvrier. De disposer d'une force politique nationale susceptible d'interpeller r&#233;ellement les appareils traditionnels et d'initier une authentique politique de front unique pour la convergence des luttes et des mobilisations.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour vous abonner &#224; Convergences r&#233;volutionnaires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour prendre ou maintenir le contact avec la Fraction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ecrire aux &#171; amis de convergences &#187;, BP 128, 75951 PARIS cedex 19&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;E-Mailer &#224; &lt;a href=&#034;http://www.convergencesrevolutionnaires.org/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;www.convergencesrevolutionnaires.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; &lt;strong&gt;S'adresser au stand Fraction de cette f&#234;te de Lutte Ouvri&#232;re&lt;/strong&gt; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Communiqu&#233; : Lutte Ouvri&#232;re exclut sa minorit&#233; (4 f&#233;vrier 2008)
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Communique-Lutte-Ouvriere-exclut</link>
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		<dc:date>2008-02-04T11:42:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>



		<description>Le Comit&#233; central de LO a d&#233;cid&#233; samedi 2 f&#233;vrier la &#171; suspension &#187; de la Fraction l'Etincelle jusqu'au prochain congr&#232;s de l'organisation qui se tiendra en d&#233;cembre. Cette exclusion de fait, qui s'applique &#224; tous les niveaux de l'organisation et toutes les instances et concerne toutes les activit&#233;s militantes, en particulier la participation, r&#233;daction et vente de la presse nationale comme d'entreprise, tombe au moment o&#249; Lutte Ouvri&#232;re effectue un tournant politique &#224; 180&#176; et cherche &#224; s'int&#233;grer dans&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Divers-" rel="directory"&gt;Divers
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le Comit&#233; central de LO a d&#233;cid&#233; samedi 2 f&#233;vrier la &#171; suspension &#187; de la Fraction l'Etincelle jusqu'au prochain congr&#232;s de l'organisation qui se tiendra en d&#233;cembre. Cette exclusion de fait, qui s'applique &#224; tous les niveaux de l'organisation et toutes les instances et concerne toutes les activit&#233;s militantes, en particulier la participation, r&#233;daction et vente de la presse nationale comme d'entreprise, tombe au moment o&#249; Lutte Ouvri&#232;re effectue un tournant politique &#224; 180&#176; et cherche &#224; s'int&#233;grer dans l'union de la gauche &#224; l'occasion des prochaines &#233;lections municipales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;texte qui a servi de justification &#224; la direction de LO est d'ailleurs significatif. Cette mesure d'exclusion a &#233;t&#233; prise parce que deux conseillers sortants &#233;lus en 2001 sur les listes LO de Wattrelos (Nord), dont un membre de la Fraction, n'ont pas accept&#233; d'&#234;tre &#233;cart&#233;s cette ann&#233;e, man&#339;uvre qui n'avait d'autre objectif que de faciliter les n&#233;gociations pour des places &#233;ligibles sur la liste de gauche emmen&#233;e par le Parti Socialiste. On ne peut dire plus clairement qu'il s'agit de se d&#233;barrasser de ceux qui n'acceptent pas un alignement derri&#232;re le Parti Socialiste et refusent de pr&#244;ner une union de la gauche &#224; laquelle LO s'&#233;tait toujours oppos&#233;e jusque-l&#224;, que cette gauche soit dans l'opposition ou au gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette int&#233;gration ne se fait certes pas sans mal puisque d'une part le Parti Socialiste a repouss&#233; jusqu'ici les offres de services de Lutte ouvri&#232;re dans une majorit&#233; des villes o&#249; elle les a propos&#233;es et qu'elle se heurte d'autre part aux r&#233;ticences ou m&#234;me &#224; l'hostilit&#233; d'une partie des militants et sympathisants d'extr&#234;me gauche. Ces difficult&#233;s ne sont d'ailleurs pas &#233;trang&#232;res &#224; la d&#233;termination de la direction de LO &#224; exclure son opposition interne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, la Fraction &lt;em&gt;l'Etincelle&lt;/em&gt; continue &#233;videmment ses activit&#233;s militantes comme son combat politique pour la construction d'un parti ouvrier communiste r&#233;volutionnaire, entre autres pour un retour de &lt;em&gt;Lutte Ouvri&#232;re&lt;/em&gt; &#224; une politique non entach&#233;e d'opportunisme &#233;lectoral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paris le 4 f&#233;vrier 2008
La Fraction &lt;em&gt;l'Etincelle&lt;/em&gt; de &lt;em&gt;Lutte Ouvri&#232;re&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi : &lt;a href='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Lettre-au-Comite-central-de-Lutte' class='spip_in'&gt;la lettre de la Fraction &#171; l'Etincelle &#187; au Comit&#233; central de Lutte ouvri&#232;re pr&#233;c&#233;dant la d&#233;cision de &#171; suspension &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Lettre au Comit&#233; central de Lutte Ouvri&#232;re (28 janvier 2008)
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Lettre-au-Comite-central-de-Lutte</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Lettre-au-Comite-central-de-Lutte</guid>
		<dc:date>2008-01-28T18:23:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>



		<description>Au Comit&#233; Central de Lutte Ouvri&#232;re &lt;br /&gt;Chers camarades, &lt;br /&gt;La Fraction L'Etincelle de Lutte Ouvri&#232;re demande au Comit&#233; Central d'annuler la d&#233;cision de &#171; suspension &#187; prise par le Comit&#233; Ex&#233;cutif il y a huit jours et qui s'est imm&#233;diatement traduite par une s&#233;rie de mesures disciplinaires &#233;quivalant &#224; l'exclusion de la Fraction : exclusion du CE des membres de la Fraction &#233;lus par le CC &#224; l'issue du congr&#232;s, exclusion de camarades de la Fraction participant aux r&#233;unions &#233;chos des bulletins d'entreprise Lutte&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Divers-" rel="directory"&gt;Divers
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Au Comit&#233; Central de Lutte Ouvri&#232;re&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Chers camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Fraction &lt;em&gt;L'Etincelle&lt;/em&gt; de &lt;em&gt;Lutte Ouvri&#232;re&lt;/em&gt; demande au Comit&#233; Central d'annuler la d&#233;cision de &#171; suspension &#187; prise par le Comit&#233; Ex&#233;cutif il y a huit jours et qui s'est imm&#233;diatement traduite par une s&#233;rie de mesures disciplinaires &#233;quivalant &#224; l'exclusion de la Fraction : exclusion du CE des membres de la Fraction &#233;lus par le CC &#224; l'issue du congr&#232;s, exclusion de camarades de la Fraction participant aux r&#233;unions &#233;chos des bulletins d'entreprise Lutte Ouvri&#232;re, arr&#234;t des livraisons de l'hebdomadaire aux membres de la Fraction, annulation des r&#233;unions de cellules communes, censure de la publication de la tribune hebdomadaire de la Fraction.
Cette suspension constitue effectivement une remise en cause des accords pass&#233;s entre la majorit&#233; et la Fraction comme l'indique notre hebdomadaire. Mais cette remise en cause est le fait de la majorit&#233;, ce qu'il omet d'indiquer. Elle est parfaitement injustifi&#233;e aussi bien organisationnellement que politiquement.
M&#234;me le pr&#233;texte invoqu&#233; pour la justifier est faux. Le camarade de Wattrelos membre de la Fraction (qui conduisait la liste LO aux municipales de 2001) et ses sympathisants auraient cach&#233;, en prospectant pour constituer leur liste aux municipales, la nature exacte de leurs liens organisationnels avec Lutte Ouvri&#232;re ? Ils n'auraient pas dit qu'ils &#233;taient &#233;ventuellement membres ou sympathisants de la Fraction mais n'&#233;taient pas ou plus membres de LO ? Et ils auraient ainsi fait croire aux anciens de la liste de 2001 comme aux nouveaux candidats qu'ils constituaient une liste au nom de LO et avec son accord ? C'est une contre-v&#233;rit&#233;.
Les articles des journaux locaux &lt;em&gt;La Voix du Nord&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Nord-Eclair&lt;/em&gt; rendant compte de la conf&#233;rence de presse tenue par ces camarades, que nous joignons &#224; cette lettre, t&#233;moignent de l'attitude claire qu'ils ont &#224; ce sujet. Cette conf&#233;rence de presse a &#233;t&#233; tenue en pr&#233;sence des principaux candidats de la liste de 2001. Par quel autre moyen que par voie de presse pourrait-on rendre plus largement public, bien au-del&#224; de ceux qui ont &#233;t&#233; contact&#233;s pour &#234;tre candidats, que cette liste n'est pas soutenue par Lutte Ouvri&#232;re (ce que nous regrettons) et se pr&#233;sente sur une politique (en particulier vis-&#224;-vis de la gauche et du d&#233;put&#233;-maire sortant PS) diff&#233;rente de celle de la majorit&#233; de l'organisation ? Pr&#233;tendre que ces camarades laissaient entendre qu'ils sont de Lutte Ouvri&#232;re n'&#233;tait donc qu'une &#233;lucubration non v&#233;rifi&#233;e, dans le meilleur des cas, ou, dans le pire, un mensonge d&#233;lib&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;
La v&#233;rit&#233; sur Wattrelos&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les camarades qui conduisent la liste en question ont &#233;t&#233; &#233;lus sur la liste LO en 2001. Constitu&#233;e pour beaucoup de leurs proches, coll&#232;gues de travail ou voisins. Depuis ils ont repr&#233;sent&#233; LO au conseil municipal. Jusqu'en d&#233;cembre dernier nul camarade de la majorit&#233; n'avait sugg&#233;r&#233; qu'ils auraient d&#251; annoncer dans ce conseil qu'ils n'&#233;taient plus de LO. Tout au contraire leurs interventions &#233;taient discut&#233;es avec les camarades de la majorit&#233; qui n'ont jamais &#233;mis d'objection &#224; ces positions, en particulier au refus syst&#233;matique de voter le budget de la majorit&#233; de gauche et du d&#233;put&#233;-maire PS. Ce budget a contenu en effet syst&#233;matiquement des points allant &#224; l'encontre des int&#233;r&#234;ts des travailleurs et de la population de Wattrelos. Le camarade de la Fraction qui conduira la liste &#233;tait encore aux l&#233;gislatives de juin dernier candidat suppl&#233;ant Lutte Ouvri&#232;re sur la circonscription. Et l&#224; non plus, &#233;videmment, on ne lui a pas demand&#233; de sp&#233;cifier &#171; qu'il n'&#233;tait plus de LO &#187; &#224; tous ceux aupr&#232;s de qui il faisait campagne.
Cette exigence ne date que de quelques semaines. Elle provient du fait que, &#224; Wattrelos comme ailleurs, la majorit&#233; a d&#233;cid&#233; d'ex&#233;cuter un tournant &#224; 180&#176;, de renier toute la politique suivie jusque-l&#224;, celle sur laquelle en 2001 elle a pr&#233;sent&#233; et donc engag&#233; 5 000 candidats et en a fait &#233;lire quelques-uns, dont les camarades de Wattrelos.
Cette exigence n'a &#233;t&#233; formul&#233;e que tr&#232;s r&#233;cemment mais elle avait &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;e en sous-main depuis un peu plus longtemps puisque la majorit&#233; a fait d&#233;m&#233;nager &#224; l'automne un de ses camarades &#224; Wattrelos. De toute &#233;vidence elle envisageait donc d&#233;j&#224; d'&#233;carter a priori les camarades &#233;lus (dont elle approuvait pourtant la politique depuis 6 ans). Elle ne voulait pas d'entrave pour aller discuter avec le maire, lui qu&#233;mander une place sur sa liste et lui promettre, s'il acc&#233;dait &#224; cette demande, de voter son budget sans barguigner (ce qui n'a pas emp&#234;ch&#233; le maire de se moquer d'elle et de la lanterner&#8230; comme quoi m&#234;me la plus grande platitude &#224; son &#233;gard ne refait pas un politicien habile du PS). Et pour mener cette nouvelle politique, ceux qui avaient men&#233; la politique inverse (encore une fois au nom de LO et avec l'aval de la majorit&#233;) devenaient g&#234;nants et &#224; &#233;carter.
S'&#233;tant heurt&#233;e au refus net des camarades de se d&#233;savouer et de d&#233;savouer la politique men&#233;e depuis 7 ans par LO, la fraction majoritaire les a accus&#233;s&#8230; d'incorrection organisationnelle (chacun jugera de quel c&#244;t&#233; est cette incorrection ; une majorit&#233; des candidats de la liste 2001 encore pr&#233;sents sur Wattrelos ont en tout cas d&#233;j&#224; jug&#233; et ont choisi, en toute connaissance de cause comme on l'a dit, le parti des camarades de la Fraction).
Alors que la majorit&#233; &#233;tait toujours en pourparlers avec le maire (et qu'elle ne prospectait que vaguement pour sa propre liste&#8230; d'ailleurs sans dire, &#224; notre connaissance, que cette liste resterait fant&#244;me au cas o&#249; le maire serait complaisant, donc en trompant l&#224; r&#233;ellement les &#233;ventuels candidats), les camarades (et la Fraction) ont donc d&#233;cid&#233; de faire une liste clairement d'extr&#234;me gauche, avec le soutien de LO si elle le voulait bien, ou autrement sans ce soutien. Mais &#224; toutes les &#233;tapes, les camarades ont dit ce qu'ils projetaient de faire &#224; ceux de la majorit&#233; et ont syst&#233;matiquement propos&#233;, et le proposent encore, de monter leur liste avec eux.
Le bruit d'une &#171; collusion &#187; Fraction-LCR a &#233;t&#233; r&#233;pandu dans l'organisation aupr&#232;s de l'ensemble des camarades forc&#233;ment peu au courant. En fait la LCR n'existe pas sur la ville, elle nous a simplement offert son &#171; soutien &#187; mais n'aura aucun de ses membres sur la liste, et pour cause. En revanche la nouvelle que LO, au moins &#224; Nantes, peut-&#234;tre ailleurs, a sollicit&#233; la LCR pour faire liste commune, contrairement &#224; l'orientation d&#233;cid&#233;e en congr&#232;s, est plus vraie mais moins r&#233;pandue. Est-ce parce que l&#224;, c'est la majorit&#233; elle-m&#234;me qui s'assoit sur ses propres r&#233;solutions ? En tout cas &#224; Wattrelos plut&#244;t qu'une collusion Fraction-LCR contre LO, nous avons eu une tentative de collusion PS-majorit&#233; LO contre la Fraction. Ecarter nos camarades et perdre la confiance d'une bonne partie des candidats LO de 2001, dans l'espoir d'acqu&#233;rir une place sur la liste du maire, c'est cher pay&#233;&#8230; pour une livraison qui n'est pas encore faite et ne se fera peut-&#234;tre jamais.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;
La vraie raison politique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Et l&#224; nous en arrivons au fond politique de toute l'affaire. Si la majorit&#233; nous excluait, ce que nous ne souhaitons pas et que nous vous demandons de refuser, ce serait pour la m&#234;me raison qu'elle a &#233;cart&#233; les camarades de Wattrelos : pour se d&#233;barrasser de ceux qui dans les rangs de LO sont oppos&#233;s au cours nouveau, sont d&#233;cid&#233;s dans la p&#233;riode qui vient &#224; en d&#233;fendre un autre et sont pr&#234;ts &#224; confronter &#224; tout moment les r&#233;sultats des deux et tirer le bilan.
En conclusion du tout dernier congr&#232;s et de l'affrontement qui venait d'avoir lieu entre la majorit&#233; et la Fraction, Hardy a propos&#233; que dans un an nous fassions le bilan de la politique des uns et des autres. Nous avons bien naturellement accept&#233; le d&#233;fi. La majorit&#233; semble maintenant d&#233;sireuse de ne pas le tenir. Craindrait-elle que, comme nous le pr&#233;disons, sa politique actuelle d&#233;bouche sur l'&#233;chec ou pire une d&#233;rive d&#233;sastreuse, voire les deux ?
La recherche d'alliances avec la gauche pour les prochaines municipales a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;e au d&#233;but comme purement tactique, dans le but d'avoir un nombre d'&#233;lus plus grand que si LO concourait toute seule. Personne, en tout cas pas la Fraction, n'est oppos&#233; &#224; ce que l'organisation ait le maximum d'&#233;lus dans les conseils municipaux. Nous comprenons que pour des camarades qui ne peuvent pas ou plus avoir un travail d'entreprise, en particulier nos camarades retrait&#233;s, tout ce qui peut aider &#224; un travail local soit le bienvenu.
D&#232;s le d&#233;but pourtant, il nous a sembl&#233; que le r&#244;le possible des &#233;lus en tant que tels &#233;tait surestim&#233;, en m&#234;me temps qu'&#233;taient sous-estim&#233;s l'importance de la mani&#232;re dont ces &#233;lus pourraient l'&#234;tre et le fil &#224; la patte que constituerait in&#233;vitablement le fait de l'avoir &#233;t&#233; gr&#226;ce &#224; la protection de la gauche et en particulier du PS. On nous disait &#224; ce moment-l&#224; qu'il s'agissait d'un accord pour les seules &#233;lections, impliquant sans doute des engagements pendant la campagne &#233;lectorale elle-m&#234;me, mais pas au-del&#224;. Nous craignions d&#233;j&#224; alors ces engagements-l&#224; mais nous sommes maintenant absolument oppos&#233;s &#224; ceux &#224; plus long terme, en particulier celui de faire partie de la majorit&#233; municipale, de voter le budget pendant les six ans &#224; venir, d'accepter des postes d'adjoints au maire, bref d'&#234;tre des alli&#233;s loyaux de la gauche (en clair d'&#234;tre subordonn&#233;s au PS comme le sont tous ses alli&#233;s, Verts, PCF, Radicaux ou autres MRC).
Or ce sont ces engagements que, au fil des semaines et des n&#233;gociations tous azimuts avec la gauche, les camarades ont pris et prennent. Et l&#224;, le fil &#224; la patte n'est plus &#233;ventuel ou hypoth&#233;tique mais solidement nou&#233;, par LO elle-m&#234;me, pour les ann&#233;es &#224; venir. En pratique LO entre dans l'union de la gauche. Elle le proclame d'ailleurs comme en t&#233;moignent les changements de justification de cette politique qui d'une affaire tactique pour avoir des &#233;lus est devenue d'abord &#171; &lt;em&gt;que nous ne voulons pas que, dans la situation politique actuelle, nos listes puissent nuire aux listes de gauche&lt;/em&gt; &#187; (article de Roger Girardot dans LO n&#176; 2051 du 22 novembre 2007). Et puis maintenant volont&#233; de participer &#224; &#171; l'union de toutes les forces de gauche &#187; : &#171; &lt;em&gt; Dans les circonstances politiques actuelles, Lutte Ouvri&#232;re souhaite qu'il y ait d&#232;s le premier tour &lt;strong&gt;une union de toutes les forces de gauche et elle est pr&#234;te &#224; y participer&lt;/strong&gt; (soulign&#233; par nous). Ses candidats se pr&#233;senteront donc sur de telles listes d'union, sauf si le Parti Socialiste, le Parti Communiste ou les deux refusent cette alliance et pr&#233;f&#232;rent la division. Ce n'est que dans ce cas que Lutte Ouvri&#232;re pr&#233;sentera ses propres listes.&lt;/em&gt; &#187; (LO num&#233;ro 2060 du 25 janvier 2008).
Ainsi l'organisation en est &#224; pr&#244;ner &#171; l'union de la gauche &#187;, dans les &#233;lections, pr&#234;te &#224; former une majorit&#233; de &#171; gouvernement &#187; avec elle ? Bien s&#251;r, il ne s'agit que de gouvernement municipal aujourd'hui ? Mais m&#234;me si ce n'est que le gouvernement municipal, dans les grandes villes il a bien d&#233;j&#224; quelques pouvoirs (y compris de nuisance vis-&#224;-vis des classes populaires). Et demain ? Une fois que nous aurons mis le pied dans des dizaines (des centaines ?) de majorit&#233;s municipales d'union de la gauche, quelle sera donc la suite ?
Il est frappant que toutes les conditions mises aujourd'hui en avant pour justifier cette union de toutes les forces de gauche seront toujours d'actualit&#233; dans les ann&#233;es &#224; venir : pour les r&#233;gionales en 2009, pour les europ&#233;ennes en 2010, voire les l&#233;gislatives en 2012. Alors comme aujourd'hui, pour avoir des &#233;lus, vu des r&#232;gles du scrutin encore plus d&#233;favorables aux petits partis, il ne sera pas moins n&#233;cessaire (encore plus m&#234;me qu'aux municipales) de se placer sur des listes de gauche et non de constituer des listes d'extr&#234;me gauche. Alors, la gauche ne sera toujours pas au gouvernement mais dans l'opposition. Alors donc, il serait logique que la politique de LO d'union de la gauche se poursuive.
Nous soutiendra-t-on alors que, malgr&#233; tout et malgr&#233; toutes les trahisons pass&#233;es et &#224; venir de cette gauche, il vaut mieux un conseil r&#233;gional de gauche que de droite, voire un parlement europ&#233;en, voire un parlement tout court, voire finalement un gouvernement ? C'est la banale th&#232;se de tous, Verts, PCF et autres, pour justifier leur subordination au PS. Leur autre justification pour maintenir cette subordination &#233;tant qu'ils conservent leur libert&#233; de parole et de critique : en effet le PS peut bien les laisser parler&#8230; du moment qu'ils apportent leur vote et leur soutien aux moments d&#233;cisifs, comme celui du vote du budget (quelles que soient les cons&#233;quences de celui-ci pour les travailleurs ou les pauvres).
Nous souhaitons, bien s&#251;r, que notre organisation sache stopper une d&#233;rive qui a s&#233;rieusement commenc&#233; avec ces municipales. Nous sommes en tout cas franchement et ouvertement oppos&#233;s &#224; ce cours, et comptons bien nous y opposer tout aussi fermement &#224; l'avenir dans toute la mesure de nos moyens. Nous ne l'avons pas cach&#233; depuis des mois, ni dans nos &#233;crits publics, ni au congr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; en tout cas le v&#233;ritable sujet sur lequel vous avez &#224; vous prononcer en d&#233;cidant de confirmer ou d'annuler notre &#171; suspension &#187;. Ou bien LO est capable de supporter le s&#233;rieux d&#233;bat qui engage son avenir et celui du mouvement r&#233;volutionnaire dans ce pays, en tout cas pour les prochaines ann&#233;es. Ou bien elle pr&#233;f&#232;re tenter de l'&#233;touffer, en tout cas en son sein car il continuera de toute fa&#231;on &#224; l'ext&#233;rieur, en excluant l'opposition &#224; ce cours actuel, que nous estimons suicidaire pour une organisation r&#233;volutionnaire. En acceptant la constitution d'une fraction, avec tout ce que cela impliquait de possibilit&#233; d'exp&#233;rimentation d'une politique diff&#233;rente, notre organisation avait pari&#233;, pensions- nous, sur le d&#233;bat, y compris public, et la confrontation pratique des politiques, seule fa&#231;on en effet de tirer conclusions et bilans. En l'excluant aujourd'hui, elle dirait qu'elle ne peut plus supporter ce d&#233;bat dans ses rangs. Une curieuse fa&#231;on d'avancer vers ce parti r&#233;volutionnaire, marxiste, l&#233;niniste, trotskyste qu'elle entend construire !
Voil&#224; aussi pourquoi nous demandons au Comit&#233; central de revenir sur la d&#233;cision prise &#224; notre &#233;gard.
Nous nous sentons pleinement de Lutte ouvri&#232;re, y compris ceux d'entre nous que vous vous refusez de reconna&#238;tre comme membres de notre organisation. Mais c'est pour nous une raison suppl&#233;mentaire de ne taire ni nos d&#233;saccords avec la politique de notre organisation ni nos critiques &#224; son &#233;gard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En toute camaraderie communiste r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 28 janvier 2008
La Fraction &lt;em&gt;l'Etincelle&lt;/em&gt; de Lutte Ouvri&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_300 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH708/2008-0126-Wattrelos-nord-eclair-d15aa.jpg?1526719857' width='500' height='708' alt=&#034;Article de Nord Eclair
&#034; title=&#034;Article de Nord Eclair
&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_301 spip_documents spip_documents_center'&gt;
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&#034; title=&#034;Article de la voix du nord
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		<title> Les fant&#244;mes du pass&#233; de Renault dans l'Ile Seguin &#224; Billancourt
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		<dc:date>2004-07-08T08:22:47Z</dc:date>
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		<description>par Gil Devillard &lt;br /&gt;Le 24 juin 2002, l'Association des anciens travailleurs de l'&#238;le Seguin (ATRIS) me conviait &#224; revisiter l'&#238;le Seguin. Deux fois, d&#233;j&#224;, je m'&#233;tais rendu aux r&#233;unions de l'ATRIS. J'y avais bien s&#251;r retrouv&#233; quelques t&#234;tes connues mais, vu mon &#226;ge, la plupart de ces gars ont travaill&#233; dans l'&#238;le bien apr&#232;s que je l'ai quitt&#233;e, ce qui fait que j'en connaissais peu. Tous ces anciens sont plus jeunes que moi. Il faut dire que j'ai commenc&#233; &#224; travailler dans l'&#238;le en janvier 1949, ayant d&#233;but&#233;&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Divers-" rel="directory"&gt;Divers
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;par &lt;strong&gt;Gil Devillard&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='L'auteur est entr&#233; &#224; la R&#233;gie Renault en 1946, il a travaill&#233; pendant plus de (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 24 juin 2002, l'Association des anciens travailleurs de l'&#238;le Seguin (ATRIS) me conviait &#224; revisiter l'&#238;le Seguin. Deux fois, d&#233;j&#224;, je m'&#233;tais rendu aux r&#233;unions de l'ATRIS. J'y avais bien s&#251;r retrouv&#233; quelques t&#234;tes connues mais, vu mon &#226;ge, la plupart de ces gars ont travaill&#233; dans l'&#238;le bien apr&#232;s que je l'ai quitt&#233;e, ce qui fait que j'en connaissais peu. Tous ces anciens sont plus jeunes que moi. Il faut dire que j'ai commenc&#233; &#224; travailler dans l'&#238;le en janvier 1949, ayant d&#233;but&#233; &#224; la R&#233;gie Renault, nouvellement nationalis&#233;e, en avril 1946.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#238;le, je l'ai quitt&#233;e d&#233;but 1967 avec une bonne cinquantaine de mes camarades de travail, tous outilleurs comme moi. A cette &#233;poque - les ann&#233;es 60 - nous avions h&#233;rit&#233; d'un nouveau chef de d&#233;partement, M. Connesson, qui avait totalement loup&#233; son entr&#233;e dans le d&#233;partement 37. Il venait de l'usine de Flins, de sinistre r&#233;putation, avec son directeur nomm&#233; Guirec, que le Front National n'aurait pas reni&#233;. Guirec avait mis en place une organisation aux m&#233;thodes polici&#232;res, aid&#233; par des cadres qui d&#233;pendaient totalement de lui pour leur avancement dans l'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En prenant la t&#234;te du d&#233;partement 37, Connesson &#233;tait d&#233;cid&#233; &#224; se d&#233;barrasser des ouvriers qu'il consid&#233;rait comme susceptibles d'entraver ses projets de r&#233;organisation. Une gr&#232;ve de trois jours, fin d&#233;cembre 1966, o&#249; j'ai pris mes responsabilit&#233;s, l'a d&#233;cid&#233; &#224; se d&#233;barrasser de moi. J'&#233;tais l'un des deux exclus devant quitter le d&#233;partement 37 (outillage t&#244;lerie). Je me suis retrouv&#233; dans un service m&#233;thode. Un nombre important de mes camarades outilleurs du 37 furent int&#233;gr&#233;s eux aussi dans ce service, par la suite. Cela devait me faciliter la qu&#234;te d'informations quand je me suis retrouv&#233; dans un service technique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais revenons au 24 juin 2004. J'avais pens&#233; que nous allions faire cette visite accompagn&#233;s de nombreux autres anciens de l'&#238;le Seguin. En fait, nous n'&#233;tions que cinq et, dans ce petit groupe, j'&#233;tais le seul ayant travaill&#233; dans l'&#238;le. Nous avions rendez-vous vers 14 heures place Nationale. Cette place, officiellement, a pour nom Jules Guesde, et ce depuis 1923. Les travailleurs de Renault et les habitants du quartier continuaient d'ignorer l'ancien militant r&#233;volutionnaire devenu ministre en 1914. Pour eux, c'est toujours la place Nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons pris place dans le v&#233;hicule Renault des organisateurs, qui nous ont emmen&#233;s directement au pont Dayd&#233;. Un op&#233;rateur, muni d'une cam&#233;ra vid&#233;o pesant 9 kilos, a proc&#233;d&#233; &#224; des r&#233;glages. Un photographe a pris quelques clich&#233;s. Et enfin, j'ai pu p&#233;n&#233;trer dans l'&#238;le Seguin. Contrairement &#224; ce que j'avais fait pendant dix-huit ans, je n'y entrais pas pour travailler. Apr&#232;s plusieurs essais et r&#233;glages de cam&#233;ra, j'ai franchi la lourde porte m&#233;tallique, alors entrouverte, qu'il nous &#233;tait arriv&#233;, dans le pass&#233;, de fermer nous-m&#234;mes pour l'interdire aux &#171; &lt;em&gt;forces de l'ordre lourdement casqu&#233;es&lt;/em&gt; &#187;, comme disaient les journaux, qui s'y pr&#233;sentaient sans avoir &#233;t&#233; invit&#233;es, du moins par nous. Cette fois, j'ai mis un peu plus de temps pour entrer dans l'usine qu'au temps de mon activit&#233; professionnelle. Vingt minutes &#233;taient normalement n&#233;cessaires pour aller du m&#233;tro &#224; la pendule pointeuse, parcours que j'ai fait quelquefois en courant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'&#238;le, j'ai tout d'abord &#233;t&#233; affect&#233; au d&#233;partement 12, de 1949 &#224; 1952. J'&#233;tais &#224; l'entretien des soudeuses &#233;lectriques par points. Ensuite ajusteur outilleur au d&#233;partement 37 (outillage t&#244;lerie), de 1952 &#224; 1967. Dans ce d&#233;partement d'outillage de la R&#233;gie Renault, nous mettions en &#339;uvre les outils devant &#234;tre mont&#233;s sur les presses de production. Ces outils avaient une allure et un poids imposants. C'est d'eux que devaient sortir les &#233;l&#233;ments constitutifs des carrosseries.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai donc refait ce parcours avec une certaine &#233;motion. Questionn&#233; par le responsable de l'&#233;quipe de prise de vue, ainsi que par une femme du groupe, on m'a demand&#233; plusieurs fois d'expliciter certains points, obscurs pour les non initi&#233;s. Je me suis ex&#233;cut&#233; et esp&#232;re avoir &#233;t&#233; bien compris de l'&#233;quipe qui m'entourait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai march&#233; comme &#224; l'&#233;poque o&#249; je me rendais au boulot, mais cette fois en &#233;tant film&#233;. Ce chemin je le parcourais, quand j'&#233;tais ouvrier, d'un pas plus rapide : c'&#233;tait l'&#233;poque de la course vers la pendule. Rappelons les r&#232;gles en usage : Nous avions droit, dans la premi&#232;re semaine de la quinzaine, &#224; trois minutes de retard sur notre carton de pointage et, la semaine suivante, &#224; seulement deux minutes. Ensuite, un quart d'heure &#233;tait d&#233;falqu&#233; de notre paye pour le moindre retard. Nous &#233;tions pay&#233;s &#224; la quinzaine et la loi sur les 40 heures s'appliquait (alors qu'en fait, jamais je n'ai travaill&#233; &#171; que &#187; 40 heures par semaine). Au-dessus de la 40&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; heure, le salaire &#233;tait major&#233; de 30 %, et au-dessus de la 48&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; de 50 %. Ce qui signifie que la perte de salaire, pour ce quart d'heure d&#233;falqu&#233; en raison d'un retard qui pouvait n'&#234;tre que de quelques secondes, &#233;tait importante. C'&#233;tait un quart d'heure major&#233; &#224; 50 %, qui foutait le camp ! Dans les ann&#233;es 60, une franchise de 10 minutes nous a &#233;t&#233; accord&#233;e &#224; la suite de nombreux mouvements de protestation. Cela nous a permis de pointer &#224; l'heure !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En parcourant ce que nous appelions l'all&#233;e wagonni&#232;re, une foule de souvenirs s'est raviv&#233;e en moi. J'en &#233;tais surpris. Maintenant, cet endroit est d&#233;nud&#233;, d&#233;sert, sans cha&#238;ne de montage ni de production. Son allure bizarre, presque champ&#234;tre, et son silence le rendent &#233;trange. La nature y a quelque peu repris ses droits. Il y pousse, &#231;a et l&#224;, &#224; l'endroit o&#249; se trouvaient des cha&#238;nes de production, de grandes herbes. Peut-on imaginer une usine sans bruits et avec de l'herbe ? Sans le vacarme des machines ce n'est plus une usine, ce n'est plus l'&#238;le Sequin de ma jeunesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour se retrouver dans ces lieux, et situer avec exactitude, par exemple, l'emplacement o&#249; &#233;tait mon &#233;tabli, mon placard, mon &#233;tau, il a fallu que j'aille chercher bien loin dans ma m&#233;moire et que je me donne des rep&#232;res visuels. Je n'avais plus en t&#234;te les num&#233;ros peints sur les piliers, qui ont subsist&#233;, mais j'ai pu me situer par rapport au gigantesque marbre qu'on appelait aussi le forum, allusion a Forum d'Alger, que la guerre d'Alg&#233;rie avait fait conna&#238;tre. Son emplacement est facile &#224; rep&#233;rer &#8212; mais cela ne vous dira rien &#8212; dans l'alignement de l'escalier des bureaux de l'ancien d&#233;partement 37. C'&#233;tait aussi notre lieu de rassemblement, pendant les d&#233;brayages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils sont toujours l&#224;, ces bureaux, &#224; la m&#234;me place. Vides, ils ont l'air d&#233;labr&#233;s. Plus que &#231;a, pill&#233;s, bien qu'ils n'aient &#233;t&#233; visit&#233;s que par des tagueurs. Situ&#233;s &#224; environ 6 m&#232;tres au-dessus du sol des anciens ateliers, je me suis rep&#233;r&#233; &#224; partir d'eux, avec exactitude, je pense. En divers emplacements, on m'a photographi&#233;. J'avais aussi apport&#233; un appareil photo, mais tout &#224; mes souvenirs et aux explications que l'on me demandait, je n'ai pas pris beaucoup de clich&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous sommes dirig&#233;s ensuite, remontant du fond de l'&#238;le, vers le d&#233;partement 12 ou se trouvaient les presses. L'infirmerie de ce secteur &#233;tait contigu&#235; &#224; l'atelier de presses. A l'int&#233;rieur, sur un meuble, il y avait une plante grasse qui vibrait &#224; chaque coup de presse. A chaque visite &#224; l'infirmerie, on s'&#233;tonnait de la voir toujours vivante ! L'atelier a un tout autre aspect, d&#233;barrass&#233; de ses &#233;normes presses. La machinerie de ces monstrueuses machines se situait en sous-sol. Elle appara&#238;t maintenant comme nous ne l'avions jamais vue. C'est impressionnant de d&#233;couvrir le volume de cette excavation, profonde d'environ 5 m&#232;tres. La ma&#231;onnerie qui supportait les presses n'a pas encore &#233;t&#233; d&#233;truite. La d&#233;truiront-ils ? On ne sait. Il y a une telle &#233;paisseur de b&#233;ton. S'ils le font, quel boulot ! On ne sait rien de bien pr&#233;cis sur ce qui va &#234;tre construit &#224; cet endroit. Pinault et les promoteurs qui s'affairent autour de l'&#238;le Sequin ne m'ont pas mis dans la confidence ! En remontant vers l'emplacement de l'ancien d&#233;partement 12 (assemblage t&#244;lerie et presses), j'ai retrouv&#233; approximativement l'emplacement de la Clearing 19 o&#249; un ouvrier a perdu la vie apr&#232;s avoir &#233;t&#233; &#224; moiti&#233; &#233;cras&#233; sous cette presse. On n'a jamais su comment cet accident s'&#233;tait produit. Cela reste un myst&#232;re. Ce dont on est s&#251;r, c'est que cette presse de production ne descendait pas doucement et surtout pas d'&lt;strong&gt;elle-m&#234;me&lt;/strong&gt;. J'ai gard&#233; un souvenir tr&#232;s pr&#233;cis de cet &#233;v&#233;nement. C'&#233;tait en 1949, exactement le 21 f&#233;vrier. J'avais &#233;t&#233; convoqu&#233; au bureau du chef de d&#233;partement, M. Jeanne. Arriv&#233; le premier, j'&#233;tais assis devant l'aquarium (c'est ainsi que l'on d&#233;signait les bureaux vitr&#233;s o&#249; se trouvaient les chefs). J'attendais les autres ajusteurs affect&#233;s &#224; l'entretien des soudeuses du d&#233;partement 12. Nous devions &#234;tre une douzaine. Il s'agissait, pensions&#64979;nous, soit de nous passer un savon, soit de nous annoncer quelque chose de d&#233;sagr&#233;able. Je suis donc assis, attendant mes coll&#232;gues ajusteurs. Je regarde l'aquarium du patron du 12. Soudain, le t&#233;l&#233;phone sonne &#224; l'int&#233;rieur de son bureau. Je vois Jeanne, fier et hautain, qui d&#233;croche. Il devient tout p&#226;le, repose son t&#233;l&#233;phone, ouvre la porte de son bureau, appelle son adjoint Camus. Comme il passe devant moi, je l'entends distinctement dire &#224; Camus : &#171; &lt;em&gt;Je me demande bien ce que ce con-l&#224; est all&#233; foutre sous cette presse&lt;/em&gt; &#187;. Du haut de l'escalier des bureaux du d&#233;partement 12 on avait une vue imprenable sur la Clearing n&#176; 19. J'ai donc &#233;t&#233; appel&#233; &#224; t&#233;moigner dans le proc&#232;s que les h&#233;ritiers du fameux Jeanne intent&#232;rent &#224; M. Huffschmitt, ing&#233;nieur polytechnicien ayant travaill&#233; aux presses du d&#233;partement 12 pendant son stage ouvrier. Dans son livre Mes Chers Coll&#232;gues, ce dernier relate son stage ouvrier au d&#233;partement 12, secteur des presses. Dans le t&#233;moignage que j'ai produit lors du proc&#232;s que lui fit la famille Jeanne, j'ai simplement r&#233;p&#233;t&#233; la r&#233;flexion de Jeanne, chef du d&#233;partement 12, &#224; Camus. Belle oraison fun&#232;bre, toute empreinte de l'habituelle consid&#233;ration que ces chefs portaient au personnel ouvrier. Les h&#233;ritiers Jeanne ont perdu leur proc&#232;s. Peut-&#234;tre le choix qu'ils avaient fait de M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Garraud comme avocat n'y fut-il pas pour rien. Ce dernier &#233;tait connu comme l'avocat de L&#233;gitime D&#233;fense !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous la presse Clearing 19, seules les jambes de l'ouvrier &#233;taient visibles, d&#233;passant de l'outil d'emboutissage, outil de porte de la 4 CV. Le haut du corps et les bras &#233;taient &#224; l'int&#233;rieur, vivants. Il n'&#233;tait pas enti&#232;rement &#233;cras&#233;. Pour emboutir une pi&#232;ce, on monte cet outil comprenant trois &#233;l&#233;ments. Dans la partie inf&#233;rieure, appel&#233;e matrice, on place la t&#244;le &#224; emboutir. Sur le plateau sup&#233;rieur sont fix&#233;s les deux autres, le serre-flan et le poin&#231;on. Il faut que le serre-flan descende sur la matrice, pour que le poin&#231;on descendre &#224; son tour. Autrement dit, il faut que la t&#244;le soit pinc&#233;e fer contre fer, entre la matrice et le serre-flan pour que le poin&#231;on descende &#224; son tour et emboutisse la t&#244;le. C'est ce qu'on appelle une presse &#224; double effet. Le bassin bris&#233; mais le reste du corps vivant, le malheureux mourut vers 15 h. Cet ouvrier s'appelait Ferdinand Lexpert. Originaire du Morbihan, il avait &#233;t&#233; prisonnier en Allemagne pendant les cinq ann&#233;es de guerre. Il &#233;tait ouvrier sp&#233;cialis&#233; (OS) sur presse depuis le 23 avril 1947. Il &#233;tait &#226;g&#233; de 45 ans. Du stalag &#224; l'usine, il n'avait peut-&#234;tre pas eu une existence formidable, mais quelle triste fin !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est arriv&#233; qu'un plateau sup&#233;rieur de presse de production descende seul. C'est tout &#224; fait rare, mais c'est arriv&#233;. Dans le cas pr&#233;sent, elle fut arr&#234;t&#233;e. On n'a jamais su si elle &#233;tait descendue seule ou pas. Il y a eu un black-out total sur les causes de l'accident. Une gr&#232;ve des OS presses s'en est suivie. Elle a dur&#233; quinze jours. Ce fut la fin des &#171; cadences infernales &#187; dans les d&#233;partements de presses de toute la R&#233;gie Renault.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chef monteur du d&#233;partement monta sur la partie sup&#233;rieure de la presse (l'&#233;quivalant de trois &#233;tages) pour faire remonter le plateau sup&#233;rieur. Il ne fallait pas qu'elle ach&#232;ve sa course et &#233;crase totalement l'ouvrier. Il inversa les fils du moteur &#233;lectrique pour le faire tourner &#224; l'envers. La presse remonta. Peut&#64979;on imaginer, si l'op&#233;ration n'avait pas r&#233;ussi, quels reproches auraient &#233;t&#233; faits &#224; ce technicien ! Traduit en justice, le chef monteur qui avait pris cette &#233;norme responsabilit&#233; aurait pu se voir reprocher son initiative et &#234;tre d&#233;clar&#233; coupable. Un juge tatillon aurait ergot&#233;, l'aurait inculp&#233;, apr&#232;s plusieurs heures d'interrogatoire. Or, lui, avait d&#251; prendre une d&#233;cision en quelques secondes, dans l'espoir de sauver une vie. Si j'affirme ceci, ce n'est pas sans raison. A l'usine Pierre Lefaucheux de Flins, il s'est produit un accident sur une presse d'un type diff&#233;rent. Les deux ajusteurs concern&#233;s, que je connaissais bien, travaillaient sur une presse de production, &#233;quip&#233;e d'un outil destin&#233; &#224; emboutir des t&#244;les. Ils &#233;taient alors sous la presse et proc&#233;daient &#224; une modification sur la matrice de cet outil, c&#244;t&#233; caisse. Le moteur tournait. Il n'y avait pas de chandelle de s&#233;curit&#233; entre la matrice, &#224; la base, et le poin&#231;on, dans la partie haute. Tout &#224; coup, dans un grand bruit, le plateau sup&#233;rieur est descendu. Alert&#233; par le vacarme, un des ouvriers, pas encore habitu&#233; au bruit que produisent ces machines, s'est jet&#233; hors de la presse. Quand il s'est relev&#233; et a fait le tour de l'&#233;norme engin, il n'a pu que constater l'horreur. Son camarade &#233;tait totalement &#233;cras&#233;. Seule sa t&#234;te d&#233;passait de la presse. On sut par la suite qu'un des roulements &#224; billes de cette presse, qui devait faire &#224; peu pr&#232;s deux m&#232;tres de diam&#232;tre, avait eu un probl&#232;me. Un grippage. Il fallait s'approvisionner chez Clearing, aux Etats-Unis, pour le remplacer. Le d&#233;lai &#233;tait d'environ deux mois et, en attendant &#8212; production oblige &#8212; il &#233;tait impossible que cette presse s'arr&#234;te. R&#232;gle d'or : Ne pas &#171; panner &#187; la production !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques mois apr&#232;s ce d&#233;c&#232;s, la veuve fut convoqu&#233;e par le juge d'instruction de Mantes. Elle demanda &#224; mon camarade qui se trouvait avec son mari lors de l'accident de l'assister. Bien lui prit de cette initiative. Tout d'abord, le juge refusa que la veuve de l'ouvrier mort &#233;cras&#233; sous la presse soit accompagn&#233;e de mon camarade. Devant l'attitude ferme de la femme et de l'homme, le juge accepta de les recevoir ensemble. II demanda &#224; la veuve si, d'apr&#232;s elle, son mari avait une part de responsabilit&#233; dans l'accident. Le sang de mon camarade ne fit qu'un tour. II se leva brusquement et prit le juge au collet. Il fallut l'intervention des gendarmes pr&#233;sents dans le cabinet du juge pour que ce dernier ne soit pas correctement et justement corrig&#233;. Finalement, l'affaire fut class&#233;e sans suite. Bizarre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons continu&#233; cette visite dans l'&#238;le Seguin, poursuivant notre travail de m&#233;moire. La cam&#233;ra semblait plus lourde, nos chaussures &#233;taient poussi&#233;reuses, l'&#233;motion nous &#233;treignait. Me rappelant tant d'&#233;v&#233;nements qui ont tenu tant de place dans ma vie, je reconnais finalement que l'initiative de ce travail de m&#233;moire destin&#233; &#224; &#234;tre rendu public est une bonne chose et que, pour l'accomplir, il fallait en retrouver les lieux. C'est n&#233;cessaire pour mieux se souvenir. La vue des lieux, &#233;trangement, r&#233;veillait en moi des souvenirs enfouis. Par ailleurs, je me sentais en confiance avec mes accompagnateurs, le courant passait, ils &#233;taient attentifs et parfois &#233;mus. Ce travail, je l'esp&#232;re, sera utile aux g&#233;n&#233;rations futures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'&#233;quipe de tournage, nous avons quitt&#233; l'&#238;le Seguin. J'&#233;tais tout &#224; mes souvenirs qui ne sont pas tous tristes. Il en est de joyeux. L'&#238;le Seguin, d&#233;barrass&#233;e de ses machines, de ses cha&#238;nes, de son bruit, a chang&#233; d'allure. Elle n'a plus rien de ce qui la fit surnommer l'&#238;le du Diable, mais il reste, dans cette &#238;le, beaucoup de fant&#244;mes. Beaucoup de mes camarades de travail sont d&#233;c&#233;d&#233;s. Tout &#224; fait par hasard, il m'arrive de rencontrer l'un ou l'autre rescap&#233; et ainsi d'apprendre quelques disparitions. Souvent alors, je remarque la diff&#233;rence de traitement existant entre l'encadrement et le petit peuple ouvrier. A partir d'un certain niveau hi&#233;rarchique, une information &#233;crite est diffus&#233;e ; mais lorsqu'un de ceux qui &#233;taient au bas de l'&#233;chelle dispara&#238;t, rien ne se sait, sauf au hasard des rencontres entre anciens de la &#171; bo&#238;te &#187;. L'information circule mal. Et surtout, comme disait le po&#232;te beauceron Gaston Cout&#233;, que j'aime citer, &#171; &lt;em&gt;Et surtout pour les ceusses qui n'ont pas d'position&lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gil Devillard&lt;/strong&gt; dans &lt;em&gt;Lettre de Val de Seine Vert&lt;/em&gt; n&#176; 31 mai 2004&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;L'auteur est entr&#233; &#224; la &lt;em&gt;R&#233;gie Renault&lt;/em&gt; en 1946, il a travaill&#233; pendant plus de vingt ans sur l'&#238;le Seguin&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> A propos d'une motion &#171; vot&#233;e &#224; 97,6 % par le congr&#232;s de Lutte Ouvri&#232;re &#187; (Lutte de classe, num&#233;ro 69, d&#233;cembre 2002)
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/A-propos-d-une-motion-votee-a-97-6-par-le-congres-de-Lutte-Ouvriere-Lutte-de</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/A-propos-d-une-motion-votee-a-97-6-par-le-congres-de-Lutte-Ouvriere-Lutte-de</guid>
		<dc:date>2003-11-24T17:27:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>



		<description>Dans le num&#233;ro 69 qui portait les textes propos&#233;s respectivement par la majorit&#233; et la minorit&#233; lors du r&#233;cent congr&#232;s de Lutte Ouvri&#232;re les lecteurs de la revue Lutte de classe ont pu prendre connaissance d'une motion condamnant en termes outrageants la Fraction. Que ce texte provoque &#233;tonnement, indignation, incompr&#233;hension ou amusement, selon les sentiments de chacun, chez tous en tout cas il a suscit&#233; des questions que beaucoup nous posent. Nous ne pouvions &#233;videmment laisser ces questions sans&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Divers-" rel="directory"&gt;Divers
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Dans le &lt;a href=&#034;https://mensuel.lutte-ouvriere.org/lutte-de-classe/serie-actuelle-1993/69-decembre-2002&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;num&#233;ro 69&lt;/a&gt; qui portait les textes propos&#233;s respectivement par la majorit&#233; et la minorit&#233; lors du r&#233;cent congr&#232;s de Lutte Ouvri&#232;re les lecteurs de la revue Lutte de classe ont pu prendre connaissance d'une motion condamnant en termes outrageants la Fraction. Que ce texte provoque &#233;tonnement, indignation, incompr&#233;hension ou amusement, selon les sentiments de chacun, chez tous en tout cas il a suscit&#233; des questions que beaucoup nous posent.
Nous ne pouvions &#233;videmment laisser ces questions sans r&#233;ponse ni ces accusations sans r&#233;futation. C'est pourquoi nous avons demand&#233; &#224; la direction de Lutte ouvri&#232;re de publier dans la m&#234;me revue Lutte de classe la mise au point qu'on lira ci-dessous. Cette demande nous a &#233;t&#233; refus&#233;e. Ainsi, aussi &#233;trange que cela puisse para&#238;tre, la direction d'une organisation qui se veut communiste r&#233;volutionnaire juge normal d'accuser publiquement et d'une fa&#231;on insultante sa minorit&#233; mais anormal de donner &#224; cette minorit&#233; la possibilit&#233; de faire justice de ces accusations dans les m&#234;mes organes o&#249; elles ont &#233;t&#233; prof&#233;r&#233;es. Cela suffit, nous semble-t-il, pour que chacun, quel que soit son sentiment sur les positions d&#233;fendues par les uns et les autres, puisse se faire une id&#233;e de la v&#233;racit&#233; et de l'honn&#234;tet&#233; des affirmations de ladite motion.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;A la direction de Lutte Ouvri&#232;re&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La simple lecture (m&#234;me superficielle) de la phrase incrimin&#233;e de notre texte d'orientation montre que la motion vot&#233;e par la majorit&#233; nous fait dire ce que nous ne disons en aucune mani&#232;re, &#224; savoir que nous rapporterions des propos entendus dans des r&#233;unions de la direction. Il est parfaitement clair pour un lecteur de bonne foi que l&#224; comme dans tout le reste de notre texte d'orientation nous ne faisions que donner notre opinion et elle seule (que nous maintenons bien entendu).
Ladite motion n'&#233;tait donc qu'un pr&#233;texte pour clouer au pilori la Fraction au moment o&#249; LO se pr&#233;pare &#224; changer d'attitude envers la LCR. De ce changement nous nous r&#233;jouissons &#233;videmment&#8230; puisque nous le pr&#233;conisons depuis des ann&#233;es. Et le proc&#233;d&#233; qui consiste &#224; condamner ceux dont on reprend, sans le dire, quelques unes des propositions, ne peut sans doute abuser que ceux qui veulent bien l'&#234;tre et faire sourire les autres, y compris ceux &#224; qui il est destin&#233; &#224; donner le change, y compris les militants LCR. Cette motion ne m&#233;riterait donc effectivement rien d'autre que d'en sourire si ses initiateurs n'avaient jug&#233; bon d'y ajouter quelques accusations injurieuses et calomnieuses.
Les d&#233;l&#233;gu&#233;s de la majorit&#233; ont vot&#233; en une touchante unanimit&#233; &#8211; y compris ceux qui ne sont membres ni du CE ni du CC et &#224; qui on a donc demand&#233; de t&#233;moigner par leur vote sur le d&#233;tail de r&#233;unions &#171; &lt;em&gt;des instances dirigeantes de Lutte Ouvri&#232;re&lt;/em&gt; &#187; auxquelles ils n'ont pas assist&#233; &#8211; sans la moindre question ni demande d'explication, une motion pr&#233;sent&#233;e &#224; la derni&#232;re heure du congr&#232;s. Si le but &#233;tait de faire la preuve qu'existait bien chez nous une confiance aveugle il est atteint, m&#234;me s'il reste sans doute &#224; cultiver aussi curiosit&#233;, esprit critique ou m&#233;moire (car tous assist&#232;rent au moins aux &#233;changes qui eurent lieu lors des congr&#232;s des ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes), toutes qualit&#233;s qui ne devraient pas d&#233;parer une organisation se r&#233;clamant du trotskisme.
Il est pourtant une mani&#232;re de rem&#233;dier &#224; la m&#233;connaissance ou &#224; l'oubli. Toutes les interventions lors des congr&#232;s annuels comme des r&#233;unions du CC sont syst&#233;matiquement enregistr&#233;es. Il suffit donc de publier l'int&#233;gralit&#233; de ce qui s'y est dit &#224; propos de la LCR durant les trois ann&#233;es qui nous s&#233;parent des derni&#232;res &#233;lections europ&#233;ennes tant par les tenants de la majorit&#233; que ceux de la Fraction et de le mettre &#224; la disposition des camarades qui voudraient s&#233;rieusement s'informer. Chacun pourra juger alors de quel c&#244;t&#233; sont le &#171; &lt;em&gt;mensonge&lt;/em&gt; &#187; ou &#171; &lt;em&gt;l'hypocrisie&lt;/em&gt; &#187;, ou encore qui a &#171; &lt;em&gt;jamais trait&#233; de haut la LCR&lt;/em&gt; &#187;.
Et puisque vous avez jug&#233; n&#233;cessaire de porter &#224; la connaissance des lecteurs de Lutte de classe votre motion et vos accusations &#224; notre &#233;gard, nous vous demandons de publier de m&#234;me cette lettre et la demande qu'elle contient ainsi bien entendu que la r&#233;ponse, que nous n'imaginons pas autrement que positive, que vous y ferez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Salutations communistes r&#233;volutionnaires, &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; le 3 janvier 2003, la Fraction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;La motion vot&#233;e par le congr&#232;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le texte de la fraction sur ce qu'elle appelle &#187; Quelques orientations et objectifs pour 2003 &#034;, bien qu'il contienne nombre de paragraphes que nous pourrions &#233;ventuellement signer, voire voter, est cependant critiquable sur le fond par bien des aspects.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, le pr&#233;sent texte n'a pas cet objectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voulons protester contre la fa&#231;on dont la fraction agit en nous pr&#234;tant des id&#233;es que nous n'avons pas, ses dirigeants le savent, et qu'&#233;videmment nous n'avons jamais exprim&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en particulier le cas du paragraphe : &#171; C'est d'ailleurs l'illusion &lt;em&gt;que&lt;/em&gt; nous allions d&#233;montrer de fa&#231;on &#233;clatante notre sup&#233;riorit&#233; sur la LCR &lt;em&gt;qui&lt;/em&gt; a amen&#233; la direction de LO &#224; repousser avec m&#233;pris ses propositions &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un mensonge car la fraction serait bien en peine de trouver le moindre texte qui exprime cela. Ils n'ont en effet pas pr&#233;sent&#233; cette phrase comme une d&#233;duction de leur part, mais comme une affirmation reposant sur ce qu'ils pr&#233;sentent comme un fait dont ils auraient eu connaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, c'est un mensonge et une hypocrisie. Les r&#233;dacteurs de ce texte veulent faire croire &#224; leurs lecteurs qu'ils ont entendu dire cela dans les instances dirigeantes de Lutte Ouvri&#232;re dont ils font partie. Cela n'est destin&#233; qu'&#224; tromper leurs propres camarades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ces camarades ont pu entendre cela, ce ne peut &#234;tre que dans leurs propres r&#233;unions o&#249; certains d'entre eux, par malveillance, auraient pu nous attribuer des pens&#233;es qui ne peuvent germer que dans leur propre esprit plus calculateur que politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, nous n'avons jamais trait&#233; de haut la LCR.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Texte-congres-de-la-minorite-SUR-QUELQUES-ORIENTATIONS-ET-OBJECTIFS-POUR-2003' class='spip_in'&gt;Texte d'orientation de la minorit&#233; pr&#233;sent&#233; au congr&#232;s de L.O.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://mensuel.lutte-ouvriere.org/lutte-de-classe/serie-actuelle-1993/69-decembre-2002&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Texte d'orientation de la majorit&#233; pr&#233;sent&#233; au congr&#232;s de L.O.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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