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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
	<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/</link>
	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskyste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title>Editorial : Editorial : contre le ch&#244;mage et pour les augmentations de salaires, Tous ensemble pour une autre r&#233;partition des richesses !
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		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Editorial-contre-le-chomage-et-pour-les-augmentations-de-salaires-Tous-ensemble</link>
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		<dc:date>2000-11-30T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
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		<description>La question de l'assurance ch&#244;mage, apr&#232;s accord entre patronat, gouvernement et certains syndicats, se conclut par une victoire contre tous les travailleurs, avec ou sans emploi. &lt;br /&gt;Le droit &#224; un revenu de remplacement n'est plus. Pour &#234;tre indemnis&#233;s, les ch&#244;meurs devront signer le PARE, et s'engager dans une &#171; recherche active d'emploi &#187;. Dans le m&#234;me temps les signataires trouvent de l'argent pour financer les entreprises qui embaucheront. Bref, les ch&#244;meurs licenci&#233;s par les patrons sont pressuris&#233;s&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-12-novembre-decembre-2000-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 12, novembre-d&#233;cembre 2000
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La question de l'assurance ch&#244;mage, apr&#232;s accord entre patronat, gouvernement et certains syndicats, se conclut par une victoire contre tous les travailleurs, avec ou sans emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le droit &#224; un revenu de remplacement n'est plus. Pour &#234;tre indemnis&#233;s, les ch&#244;meurs devront signer le PARE, et s'engager dans une &#171; recherche active d'emploi &#187;. Dans le m&#234;me temps les signataires trouvent de l'argent pour financer les entreprises qui embaucheront. Bref, les ch&#244;meurs licenci&#233;s par les patrons sont pressuris&#233;s pendant que les entreprises qui sont responsables des licenciements auront des aides financ&#233;es par les cotisations ouvri&#232;res ! En outre la volont&#233; que les ch&#244;meurs prennent n'importe quel emploi est renforc&#233;e par la d&#233;cision de principe de mettre en place apr&#232;s n&#233;gociation par branche des CDD de 18 mois &#224; 5 ans, du type des emplois-jeunes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Avec la reprise &#233;conomique, l'offensive patronale et gouvernementale continue&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le patronat a gagn&#233; sur l'essentiel, en sachant laisser tomber l'accessoire. Les organisations syndicales signataires, et notamment la CFDT, ont &#233;t&#233; des alli&#233;s loyaux du patronat contre les ch&#244;meurs et l'ensemble des travailleurs dans les &#233;changes avec le gouvernement. Et ils ne d&#233;sesp&#232;rent pas d'engager les deux absents, FO et la CGT, dans le processus. Le Medef a dans l'imm&#233;diat obtenu ce qu'il voulait : &#233;viter que le petit d&#233;but de reprise &#233;conomique et de diminution du ch&#244;mage exerce une pression trop forte sur les salaires et les exigences des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La mobilisation sur les salaires est &#224; l'ordre du jour&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Car leur souci est de voir les travailleurs se mobiliser pour les salaires. A juste titre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En s'appuyant sur le ch&#244;mage de masse et la politique des gouvernements successifs des vingt derni&#232;res ann&#233;es, le patronat a r&#233;ussi un exploit : faire reculer la part des salaires dans la valeur ajout&#233;e de plus de 10 %, autrement dit, de faire baisser les revenus des salari&#233;s d'au moins 2500 francs par mois (voir notre article pages 4 &#224; 8). Ils ont r&#233;ussi &#224; ce que 1,8 million de salari&#233;s soient caract&#233;ris&#233;s &#224; juste titre comme pauvres. Or le gouvernement, le patronat et la direction de la CFDT osent discuter de l'utilisation des exc&#233;dents contre les travailleurs et les ch&#244;meurs au moment o&#249; les b&#233;n&#233;fices explosent et la reprise &#233;conomique est insolente. Il n'y a rien de bon &#224; attendre de leurs tractations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'heure est au changement de rapport de force. Pas question que les salari&#233;s acceptent qu'on oblige les ch&#244;meurs &#224; prendre n'importe quel boulot, ni continuent de subir la pr&#233;carit&#233; qui les divise. Pas question que les salari&#233;s acceptent que l'augmentation du p&#233;trole annule les effets des petites hausses de salaires obtenues. Pas question que les clauses de blocage des salaires ou de mod&#233;ration salariale contenues dans les accords 35 heures s'appliquent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut une offensive d'ensemble pour des augmentations uniformes de salaires d'au moins 1500 francs pour tous (ou m&#234;me 2000 francs par mois, ce qui correspondrait mieux aux pertes subies depuis quinze ans) ; pour un SMIC &#224; 10 000 francs et des minima sociaux &#233;lev&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux mouvements &#233;pars sur les salaires ont d&#233;j&#224; lieu. Il est urgent de chiffrer nos revendications, de les unifier, et de confirmer les craintes du patronat en cette p&#233;riode de reprise : une lutte offensive d'ensemble pour l'augmentation g&#233;n&#233;rale des salaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Le point sur les salaires
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Le-point-sur-les-salaires</link>
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		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>Salaires
</dc:subject>
		<dc:subject>Statistiques
</dc:subject>

		<description>S'il fallait en croire l'INSEE (Institut national de la statistique et des &#233;tudes &#233;conomiques), les salaires n'auraient cess&#233; de cro&#238;tre ces derni&#232;res ann&#233;es : + 3,8 % sur les salaires bruts l'an pass&#233; par exemple. Une progression qui contredit le sentiment de chaque employ&#233;, ouvrier et m&#234;me des cat&#233;gories un peu plus favoris&#233;es (dites &#171; interm&#233;diaires &#187;) comme les infirmi&#232;res, la petite ma&#238;trise ou les techniciens : des fins de mois plus difficiles &#224; boucler, des d&#233;couverts qui se creusent, un endettement&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-12-novembre-decembre-2000-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 12, novembre-d&#233;cembre 2000
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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Statistiques-+" rel="tag"&gt;Statistiques
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;S'il fallait en croire l'INSEE (Institut national de la statistique et des &#233;tudes &#233;conomiques), les salaires n'auraient cess&#233; de cro&#238;tre ces derni&#232;res ann&#233;es : + 3,8 % sur les salaires bruts l'an pass&#233; par exemple. Une progression qui contredit le sentiment de chaque employ&#233;, ouvrier et m&#234;me des cat&#233;gories un peu plus favoris&#233;es (dites &#171; interm&#233;diaires &#187;) comme les infirmi&#232;res, la petite ma&#238;trise ou les techniciens : des fins de mois plus difficiles &#224; boucler, des d&#233;couverts qui se creusent, un endettement croissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre les chiffres globaux officiels et la situation r&#233;elle des travailleurs, il y a un ab&#238;me : c'est que les chiffres de l'INSEE sont agenc&#233;s de telle fa&#231;on que la plupart des facteurs qui tendent &#224; rogner le pouvoir d'achat des salari&#233;s n'y apparaissent pas. Ils se pr&#233;sentent comme un oignon dont il faut pr&#233;lever les diff&#233;rentes pelures pour acc&#233;der &#224; une r&#233;alit&#233; de moins en moins biais&#233;e. Au fur et &#224; mesure de cet &#233;pluchage, nous verrons ici que les salaires effectifs ont encaiss&#233; au cours des deux derni&#232;res d&#233;cennies de tr&#232;s s&#233;rieux reculs.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le tournant de 1982&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En se basant sur les donn&#233;es d&#233;taill&#233;es de l'INSEE, qui ne donnent pas lieu &#224; une si large diffusion, on d&#233;c&#232;le en effet un profil bien diff&#233;rent de cette &#233;volution positive du salaire brut moyen. Si la progression lente mais r&#233;guli&#232;re des salaires de l'apr&#232;s-guerre a pris fin en 1977, le recul prononc&#233; des conditions de vie des salari&#233;s n'intervient que vers 1982. C'est aussi une date charni&#232;re sur le plan politique et social : le monde du travail subit la pression croissante du ch&#244;mage de masse sur les r&#233;mun&#233;rations et les cons&#233;quences de la rigueur sous les premiers gouvernements socialistes depuis trente ans, avec l'appui du PCF et des appareils syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question peut s'aborder sous l'angle du &#171; &lt;strong&gt;pouvoir d'achat&lt;/strong&gt; &#187; des salaires. C'est litt&#233;ralement la quantit&#233; de biens et services, en valeur absolue, qu'un salaire permet d'acheter. Si ce pouvoir d'achat baisse, il y a en quelque sorte paup&#233;risation absolue. De ce seul point de vue, l'oignon de l'INSEE comprend au moins cinq pelures (il faut enlever la premi&#232;re en d&#233;falquant les charges salariales, la deuxi&#232;me en reconsid&#233;rant l'indice Insee, les suivantes en tenant compte, entre autres, du travail &#224; temps partiel et pr&#233;caire, de l'effet du ch&#244;mage sur le pouvoir d'achat des m&#233;nages...). Une fois l'oignon &#233;pluch&#233;, on s'aper&#231;oit que lesdits salaires r&#233;els ont plong&#233;. C'est cette &#233;volution que nous examinons dans une premi&#232;re partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'approche par le pouvoir d'achat (en valeur absolue) est loin d'&#234;tre satisfaisante : il faut &#233;galement aborder la question sous l'angle du &lt;strong&gt;niveau de vie&lt;/strong&gt; (relatif).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imaginons qu'un salari&#233; percevant la r&#233;mun&#233;ration moyenne ait simplement &#171; maintenu son pouvoir d'achat &#187; depuis 1951 : il touchait alors 26 200 anciens francs par mois. Les prix ayant &#233;t&#233; depuis, d'apr&#232;s l'INSEE, multipli&#233;s environ par 12 (en nouveaux francs), il toucherait aujourd'hui environ 3100 de nos francs actuels. Soit moins que le seuil de pauvret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi le seul &#171; maintien du pouvoir d'achat &#187; se traduit par un &#233;norme appauvrissement relatif : tandis que la soci&#233;t&#233; s'enrichit au rythme de la croissance, le salari&#233; qui conserverait le m&#234;me revenu en francs constants se verrait au fil des d&#233;cennies peu &#224; peu rel&#233;gu&#233; au rang d'exclu (sans moyen de transport individuel, t&#233;l&#233;phone, logement aux normes actuelles de confort minimum...acc&#232;s aux soins de sant&#233;) ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le maintien du &lt;strong&gt;niveau de vie&lt;/strong&gt; des travailleurs suppose bien plus que la pr&#233;servation de leur pouvoir d'achat : que leur part dans le revenu national se maintienne ou augmente. Car richesse et pauvret&#233; sont des notions relatives. On arrive l&#224; au c&#339;ur de l'oignon : comment a &#233;volu&#233; le partage du revenu entre salaires et profits ? Combien faudrait-il ajouter au bas des feuilles de paye pour que le niveau de vie des travailleurs (leur part dans la richesse produite) revienne ne serait-ce qu'&#224; son niveau de 1982 ?&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='L'objet de cet article est d'estimer l'ordre de grandeur des pertes de pouvoir (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;I - Evolution du pouvoir d'achat&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;a. Le poids croissant des pr&#233;l&#232;vements&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enlevons la premi&#232;re pelure de l'oignon. Partant du salaire brut, il faut retenir uniquement ce qui figure au bas de la feuille de paye, apr&#232;s tous les pr&#233;l&#232;vements &#224; la source, c'est &#224; dire le salaire net.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_9 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH226/art306-1-8f502.png?1528922930' width='500' height='226' alt=&#034;image 529 x 239
&#034; title=&#034;image 529 x 239
&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cart entre salaire brut et salaire net n'a cess&#233; de grandir : pour les salaires petits et moyens (moins de 2 SMIC) le poids des pr&#233;l&#232;vements (s&#233;curit&#233; sociale, ASSEDIC depuis 1959, retraite compl&#233;mentaire depuis 1961, Contribution Sociale G&#233;n&#233;ralis&#233;e depuis 1991 et Contribution au Remboursement de la Dette Sociale depuis 1995) est pass&#233; de 6 % en 1950 &#224; 21,01 % en 2000 .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;b. D'un indice &#224; l'autre &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En prenant pour base l'indice des prix de l'INSEE, le pouvoir d'achat du salaire moyen net mensuel a gagn&#233; au total 7 % sur la p&#233;riode 1984-96. Mais l'indice INSEE est sujet &#224; caution. Ainsi pour la p&#233;riode 1983-96 la hausse g&#233;n&#233;rale des prix &#224; la consommation atteint 58 % pour l'INSEE (soit pr&#232;s de 3,6 % par an) mais 94 % (soit plus de 5,2 % par an) d'apr&#232;s les calculs de la CGT. Un &#233;cart l&#233;ger en apparence (1,6 points par an) aboutit &#224; un ab&#238;me.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Indice INSEE, indice CGT Un indice des prix mesure l'&#233;volution du prix (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, sur la p&#233;riode 1984-1996, le salaire moyen net mensuel en francs constants aurait d'apr&#232;s l'INSEE, gagn&#233; 706 F (soit une hausse de 7,2 %), atteignant 10 500 F en 1996 (quantit&#233; exprim&#233; en francs 2000).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour la m&#234;me p&#233;riode, en suivant l'indice des prix CGT, le salaire moyen aurait subi une perte de 1487 F (soit une baisse de 12,4 %) (cf. les &#233;volutions ci-dessous).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total, une fois d&#233;gag&#233;e la troisi&#232;me pelure de l'oignon statistique, apr&#232;s retrait des charges salariales et de la hausse des prix (indice CGT), on fait appara&#238;tre &lt;strong&gt;une perte d'environ 1500 F sur cette seule p&#233;riode de 12 ans&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Evolution du salaire net moyen en francs constants&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='Source : INSEE-r&#233;sultats, s&#233;rie emploi-revenus, S&#233;ries longues sur les (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_10 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH440/art306-2-a48f0.png?1528922930' width='500' height='440' alt=&#034;image 600 x 528
&#034; title=&#034;image 600 x 528
&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;c. Comment le salaire a-t-il &#233;volu&#233; pour un poste donn&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chaque ann&#233;e une g&#233;n&#233;ration de salari&#233;s comprenant relativement beaucoup d'ouvriers et&lt;/strong&gt; d'employ&#233;s quitte le march&#233; du travail tandis qu'y entre une autre, comprenant proportionnellement plus d'ing&#233;nieurs, cadres, techniciens, etc. Ce ph&#233;nom&#232;ne pousse &#224; la hausse la r&#233;mun&#233;ration moyenne ; &lt;em&gt;mais pour les salari&#233;s en place, cette hausse est purement fictive&lt;/em&gt; ! On baptise ce ph&#233;nom&#232;ne &#171; &lt;em&gt;effet de structure&lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la pelure suivante de l'oignon : il s'agit cette fois de calculer l'&#233;volution des salaires &#171; hors effet de structure &#187;, c'est &#224; dire en d&#233;falquant le pourcentage de hausse correspondant &#224; ce ph&#233;nom&#232;ne. En somme, cela revient &#224; mesurer l'&#233;cart de r&#233;mun&#233;ration entre un salari&#233; d'un certain &#226;ge, &#224; un certain poste, dans une certaine entreprise, en 1984 et un autre salari&#233; du m&#234;me &#226;ge, occupant le m&#234;me poste dans la m&#234;me entreprise en 1996.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon l'INSEE elle-m&#234;me (&lt;em&gt;Tableaux de l'&#233;conomie fran&#231;aise,&lt;/em&gt; 1999), le salaire net moyen en francs constants mesur&#233; hors effet de structure a perdu 0,1 % par an en moyenne de 1978 &#224; 1991, et 0,4 % par an de 1991 &#224; 1997. M&#234;me avec l'indice des prix INSEE, qui sous-estime largement la r&#233;alit&#233;, les chiffres r&#233;v&#232;lent donc une perte de pouvoir d'achat continue !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre fa&#231;on d'&#233;liminer l'effet de structure consiste &#224; &#233;tudier l'&#233;volution des salaires cat&#233;gorie par cat&#233;gorie (employ&#233;s, ouvriers, professions interm&#233;diaires)&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='appendix' title='Rappel : en 1999, les ouvriers repr&#233;sentent environ 7,1 millions de (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s l'INSEE, au cours de la p&#233;riode 1984-1996, le salaire moyen annuel des ouvriers aurait augment&#233; de 280 F (soit 4 % d'augmentation), atteignant pr&#232;s de 7970 F (ann&#233;e 2000) en 1996. Celui des employ&#233;s n'aurait augment&#233; que de 163 F (soit 2 % d'augmentation), atteignant 8230 F en 1996.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; encore, si l'indice des prix de l'INSEE laisse subsister une hausse d&#233;risoire de pouvoir d'achat, l'indice CGT confirme quant &#224; lui un recul d'un ordre de grandeur de 1500 F, plus marqu&#233; pour les employ&#233;s (de 1640 F, soit 17 %) que pour les ouvriers (baisse de 1440 F, soit 15 %).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et encore, ces chiffres ne rendent pas compte de l'effet de structure au sein de chaque cat&#233;gorie socioprofessionnelle (plus d'ouvriers qualifi&#233;s, moins d'OS), sans quoi la baisse serait plus s&#233;v&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les professions interm&#233;diaires, la baisse du pouvoir d'achat est encore plus marqu&#233;e : les donn&#233;es officielles ne peuvent occulter une perte de pouvoir d'achat de 524 F (soit 4 % de baisse). Avec l'indice CGT, c'est un gouffre de plus de 3300 F, soit plus de 22 % de baisse...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Salaires moyens nets hors inflation par cat&#233;gories socioprofessionnelles&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='appendix' title='Source : INSEE-r&#233;sultats, s&#233;rie emploi-revenus, S&#233;ries longues sur les (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_11 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH634/art306-3-2ad66.gif?1528922930' width='400' height='634' alt=&#034;image 400 x 634
&#034; title=&#034;image 400 x 634
&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;d. Prendre en compte temps partiel, travail pr&#233;caire et ch&#244;mage&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Continuons d'&#233;plucher l'oignon. Tous les calculs effectu&#233;s jusqu'ici sont bas&#233;s sur les estimations r&#233;alis&#233;s par l'INSEE gr&#226;ce aux &#171; &lt;em&gt;d&#233;clarations annuelles de donn&#233;es sociales&lt;/em&gt; &#187; effectu&#233;es par les entreprises. Leur exploitation par l'INSEE n'est pas neutre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part l'INSEE comptabilise le salaire non pas par t&#234;te mais par &#171; ann&#233;e-travail &#187;. En clair, deux salari&#233;s qui ont effectu&#233; chacun un CDD de 6 mois comptent comme &#171; une ann&#233;e-travail &#187;, bien que chacun d'entre eux n'ait per&#231;u qu'un demi-salaire sur l'ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Secundo l'lNSEE sort les temps partiels de ses calculs et base ses moyennes uniquement sur les temps complets ! Si seuls 8 % des salari&#233;s &#233;taient touch&#233;s par le temps partiel en 1975, plus de 17 % le sont aujourd'hui... De ce fait le &#171; champ &#187; des calculs, c'est &#224; dire la part des salari&#233;s qui y sont inclus, diminue ann&#233;e apr&#232;s ann&#233;e, et le salaire des cat&#233;gories concern&#233;es s'en trouve fortement surestim&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1996 les salari&#233;s &#224; temps partiel ont effectu&#233; en moyenne 23,4 heures hebdomadaires soit environ 60 % d'un temps complet. Dans la mesure o&#249; les temps partiels se concentrent surtout en bas de la hi&#233;rarchie socioprofessionnelle, leur r&#233;mun&#233;ration horaire est inf&#233;rieure de 25 % &#224; la moyenne des salari&#233;s (chiffres INSEE). On peut estimer que la moyenne r&#233;elle des salaires nets est inf&#233;rieur de 9 % &#224; celle annonc&#233;e par l'INSEE..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prise en compte du temps partiel fait appara&#238;tre une chute du pouvoir d'achat de 1750 F environ avec une base de prix CGT (contre une baise de 1500F sans le temps partiel).Et encore, ces donn&#233;es excluent encore les stagiaires, les apprentis et tous les pr&#233;caires (CDD et int&#233;rimaires). Leur prise en compte dans les calculs r&#233;v&#233;lerait seule l'&#233;tendue r&#233;elle du recul du pouvoir d'achat des salari&#233;s (sans doute sup&#233;rieure &#224; 2000 F dans la base de prix CGT).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;e. L'effet ch&#244;mage sur le pouvoir d'achat des m&#233;nages&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin il faudrait pouvoir prendre en compte l'effet du ch&#244;mage sur le pouvoir d'achat des m&#233;nages de salari&#233;s : en moyenne, chaque salaire doit permettre de subvenir aux besoins d'un plus grand nombre de personnes, conjoint priv&#233; d'emploi, enfant contraint au travail pr&#233;caire ou retardant son entr&#233;e sur le march&#233; du travail par le prolongement des &#233;tudes, ou encore tout simplement ch&#244;meur. En 1995, le Commissariat au plan estimait qu'un tiers des familles &#233;taient affect&#233;es de fa&#231;on permanente ou intermittente par le sous-emploi.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;II - La baisse du niveau de vie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'ici la question des salaires a &#233;t&#233; abord&#233;e exclusivement sous l'angle du maintien ou non du pouvoir d'achat, approche insuffisante comme nous l'avons expliqu&#233; plus haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Evolution de la part des salaires dans la valeur ajout&#233;e&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='appendix' title='Source : INSEE, compatibilit&#233; nationale' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_12 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH319/art306-4-94120.gif?1528922930' width='400' height='319' alt=&#034;image 400 x 319
&#034; title=&#034;image 400 x 319
&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre 1982 et 1996, la part des salaires dans la valeur ajout&#233;e (c'est &#224; dire dans la richesse produite) s'est effondr&#233;e d'environ 10 points (passant de 68 &#224; 58 %) (cf. graphique ci-dessus). Et encore ne s'agit-il l&#224; que du co&#251;t salarial pour l'employeur, ce qui sous-estime le recul de la part des salaires nets dans la richesse produite (les salaires nets ne repr&#233;sentant en 1996 que 57 % du co&#251;t salarial, alors qu'ils en repr&#233;sentaient 60 % en 82).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut ainsi calculer que les salaires nets repr&#233;sentaient 41 % de la valeur ajout&#233;e en 1982, et 33 % en 1996. Pour ramener la part des salari&#233;s &#224; 41 %, son niveau de 1982, il faudrait donc augmenter le salaire moyen de presque 25 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or 25 % du salaire mensuel moyen net actuel (environ 10 000 F), cela fait 2500 F. Traduit en termes d'augmentation uniforme cela repr&#233;sente un ordre de grandeur de 2500 F pour toutes les cat&#233;gories, pour simplement rattraper le niveau de vie d'il y a quinze ans.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;III - Conclusion : &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;2500 F pour tous pour retrouver le niveau de vie d'il y a 15 ans !&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Entre 1984 et 1996, le pouvoir d'achat du salaire net moyen pour un temps complet a recul&#233; d'environ &lt;strong&gt;1500 F&lt;/strong&gt; (en francs actuels) pour les ouvriers et les employ&#233;s de m&#234;me que pour l'ensemble des salari&#233;s.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Sur la m&#234;me p&#233;riode cette chute atteint &lt;strong&gt;1750 F&lt;/strong&gt; environ en tenant compte de la g&#233;n&#233;ralisation du temps partiel et d&#233;passe sans doute &lt;strong&gt;2000 F&lt;/strong&gt; en int&#233;grant l'effet de la pr&#233;carit&#233;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Pour ramener la part des salari&#233;s dans le revenu national &#224; son niveau de 1982 (c'est &#224; dire maintenir &lt;em&gt;le niveau de vie des travailleurs&lt;/em&gt;) il faudrait appliquer une augmentation g&#233;n&#233;rale d'environ &lt;strong&gt;2500 F&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Michel CHARVET et Julien FORGEAT&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Co&#251;t salarial, salaire brut, salaire net &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;strong&gt;co&#251;t salarial&lt;/strong&gt; comprend tout ce que l'employeur verse sous forme de salaire et charges pour un salari&#233;. Si l'on enl&#232;ve les charges dites &#171; patronales &#187; on obtient le &lt;strong&gt;salaire brut&lt;/strong&gt;, qui sert de base au calcul des cotisations. Le &lt;strong&gt;salaire net&lt;/strong&gt; est &#233;gal au salaire brut moins les charges dites salariales : c'est ce que per&#231;oit effectivement le salari&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion de salaire brut repose sur l'&#233;trange distinction entre charges salariales et charges pr&#233;tendument patronales. En r&#233;alit&#233; ces charges sont toutes salariales (puisqu'elles sont calcul&#233;es en proportion du salaire et font partie du co&#251;t salarial pour l'employeur).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion de &#171; salaire brut &#187; n'existe que pour une seule raison : en France et dans quelques pays, les syndicats acceptent de n&#233;gocier un montant qui n'est pas celui que le travailleur touche effectivement. Cela permet aux pouvoirs publics d'effectuer la plupart des hausses de charges au d&#233;triment des salaires (en les inscrivant dans la colonne des &#171; charges salariales &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Salaire moyen et salaire m&#233;dian&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'INSEE fournit en premier lieu les donn&#233;es sur le salaire dit &#171; moyen &#187;. Mais dans le calcul de la moyenne, les hauts salaires tirent la moyenne vers le haut. Pour avoir une id&#233;e du montant r&#233;el des salaires pour la majorit&#233; des salari&#233;s, il est plus exact de se fonder sur le &#171; salaire m&#233;dian &#187;. C'est le salaire au-dessous duquel se trouvent 50 % des salari&#233;s, et au-dessus duquel se trouve 50 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s l'INSEE, en 1998, le salaire moyen &#233;tait de 10900 F alors que le salaire m&#233;dian n'&#233;tait que de 8880 F. Pr&#232;s de 2000 F de diff&#233;rence ! On peut estimer que plus de 65 % des salari&#233;s touchaient moins du salaire moyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, dans la mesure o&#249; nous nous int&#233;ressons essentiellement &#224; l'&#233;volution des salaires dans le temps, plus qu'&#224; leur niveau, il n'est pas faux de s'appuyer sur les salaires moyens, pour laquelle l'INSEE donne des donn&#233;es plus d&#233;taill&#233;es !&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Consultation CGT sur les salaires &#224; Peugeot Citro&#235;n Aulnay sous Bois (93)&lt;/h3&gt;&lt;table class='spip'&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Coefficient&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Anciennet&#233; (moyenne)&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Salaire actuel (moyenne)&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Salaire revendiqu&#233; (moyenne)&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Augmentation&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;170&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;3,9&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;7034&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;9405&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;2371&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;180&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;15,5&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;7834&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;10 181&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;2347&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;190&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;23,6&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;8252&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;10 606&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;2354&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;200&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;21,7&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;8600&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;10 845&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;2245&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;215&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;20,6&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;9285&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;11 559&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;2274&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;225&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;20,4&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;9346&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;11 638&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;2292&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;240&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;20,3&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;9992&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;12 846&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;2854&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;255 et plus&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;27,9&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;12 170&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;14 780&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;2610&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Le tableau r&#233;capitule les r&#233;sultats de la consultation sur 652 r&#233;ponses pour l'instant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La moyenne de l'augmentation n&#233;cessaire calcul&#233;e sur toutes les r&#233;ponses est de 2414 Francs. Cette moyenne ne concerne que les ouvriers puisque pour le moment aucun cadre n'a r&#233;pondu, pr&#233;cise le tract CGT du 23 octobre 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les 6 premiers mois 2000, les profits de PSA (5 milliards de Francs) repr&#233;sentent pr&#232;s de 7000 francs par mois par salari&#233; du groupe (120 000 salari&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cons&#233;quence de quoi, les revendications de la CGT de l'usine d'Aulnay sous Bois sont les suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Pas d'embauche &#224; moins de 8500 francs net.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 10 000 Francs nets et coefficient 190 minimum apr&#232;s 10 ans.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 12 000 Francs nets mini pour un salari&#233;s en fin de carri&#232;re.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 2000 Francs d'augmentation pour tous les salaires.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;L'objet de cet article est d'estimer l'ordre de grandeur des pertes de pouvoir d'achat et de la d&#233;t&#233;rioration du niveau de vie depuis 1982, du moins pour le priv&#233;. En effet, aussi &#233;trange que cela puisse para&#238;tre, seules les r&#233;mun&#233;rations des salari&#233;s du secteur priv&#233; et des entreprises publiques (EDF-GDF, SNCF, La Poste, etc.) sont collect&#233;es et compil&#233;es, m&#234;me imparfaitement. Pour la fonction publique, l'&#233;volution salariale est moins bien connue et on ne dispose pas de donn&#233;es aussi d&#233;taill&#233;es : c'est pourquoi nous ne les mentionnons pas ici.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;strong&gt;Indice INSEE, indice CGT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un indice des prix mesure l'&#233;volution du prix (constat&#233; en diff&#233;rents points de vente) d'un panier de biens et services correspondant &#224; la consommation moyenne d'un m&#233;nage dit &#171; de r&#233;f&#233;rence &#187;. (exemple : m&#233;nage urbain avec 2 enfants dont le &#171; chef &#187; - que les f&#233;ministes nous pardonnent ! - est ouvrier).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le panier confectionn&#233; par l'INSEE a le m&#233;rite d'&#234;tre tr&#232;s exhaustif mais sa composition ne refl&#232;te pas n&#233;cessairement la consommation des travailleurs. Par exemple, l'INSEE sous-estime sensiblement le poids des loyers. L'indice INSEE est l'objet de pressions politiques faciles &#224; comprendre dans la mesure o&#249; son calcul conditionne chaque ann&#233;e la revalorisation des prestations sociales et en partie celle du SMIC, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour toutes ces raisons que de 1972 &#224; 1998 la CGT a &#233;labor&#233; son propre indice, qui n'est pas parfait, mais qui a le m&#233;rite de reposer sur une liste de produits publique et sur un panier plus r&#233;aliste. Pour notre part nous faisons le choix d'accorder plus de confiance &#224; l'indice CGT qu'&#224; celui de l'INSEE afin d'estimer l'&lt;em&gt;ordre de grandeur&lt;/em&gt; du recul salarial, tout en n'excluant pas qu'il ait pu &#234;tre biais&#233; dans un sens ou dans l'autre au gr&#233; des int&#233;r&#234;ts de l'appareil et de ses relations avec le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Source : INSEE-r&#233;sultats, s&#233;rie emploi-revenus, S&#233;ries longues sur les salaires (1998) et CGT (www.cgt.fr) ; nous avons recalcul&#233; les donn&#233;es dans les deux indices de prix base 100 en 2000. Toutes les quantit&#233;s sont exprim&#233;es en Francs 2000.
Note : Pour des raisons techniques les s&#233;ries de ce graphique et de quelques autres ne commencent qu'en 1984 et s'ach&#232;vent en 1996.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Rappel : en 1999, les ouvriers repr&#233;sentent environ 7,1 millions de salari&#233;s, soit un peu plus de 27 % de la population active. Les employ&#233;s, 7,7 millions de salari&#233;s, soit presque 30 % des actifs. Les professions interm&#233;diaires 5,1 millions, soit un peu moins de 20 % de la population active. (Exemple de professions interm&#233;diaires pour l'INSEE : infirmier, pr&#233;parateur en pharmacie, instituteur, moniteur d'auto-&#233;cole, kin&#233;sith&#233;rapeute, technicien, g&#233;om&#232;tre, agent de ma&#238;trise, sage-femme, responsable d'achats, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Source : INSEE-r&#233;sultats, s&#233;rie emploi-revenus, S&#233;ries
longues sur les salaires (1998) et CGT (&lt;a href=&#034;http://www.cgt.fr&#034; class='spip_url spip_out' rel='external'&gt;www.cgt.fr&lt;/a&gt;) ; nous recalculons les donn&#233;es dans les deux indices de prix base 100 en 2000.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='appendix'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Source : INSEE, compatibilit&#233; nationale&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> France T&#233;l&#233;com : centre de Bagnolet (93) Centre par op&#233;rateurs (CIO) : 12 jours de gr&#232;ve contre les restructurations
</title>
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		<dc:subject>France Telecom
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		<dc:subject>Entreprises
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		<dc:subject>Gr&#232;ve
</dc:subject>

		<description>Ce centre par op&#233;rateurs traite les renseignements internationaux, l'assistance et les cartes France T&#233;l&#233;com. Son effectif actuel est d'environ 300 personnes dont 220 op&#233;rateurs. &lt;br /&gt;Depuis deux ans, la direction a ferm&#233; quatre centres : Toulouse, Lyon, Archives et Lille qui fermera compl&#232;tement &#224; la fin septembre. En deux ans, plus de la moiti&#233; des emplois d'op&#233;rateurs ont &#233;t&#233; supprim&#233;s. Pour les usagers, les attentes sont de plus en plus longues et la taxation de plus en plus &#233;lev&#233;e. &lt;br /&gt;Au mois de juin&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-12-novembre-decembre-2000-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 12, novembre-d&#233;cembre 2000
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce centre par op&#233;rateurs traite les renseignements internationaux, l'assistance et les cartes France T&#233;l&#233;com. Son effectif actuel est d'environ 300 personnes dont 220 op&#233;rateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis deux ans, la direction a ferm&#233; quatre centres : Toulouse, Lyon, Archives et Lille qui fermera compl&#232;tement &#224; la fin septembre. En deux ans, plus de la moiti&#233; des emplois d'op&#233;rateurs ont &#233;t&#233; supprim&#233;s. Pour les usagers, les attentes sont de plus en plus longues et la taxation de plus en plus &#233;lev&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au mois de juin dernier, &#224; l'annonce de la fermeture de Bagnolet, l'&#233;c&#339;urement du personnel fut g&#233;n&#233;ral. Nous venions tout juste de subir une restructuration et il fallait en subir une nouvelle ! France T&#233;l&#233;com pr&#233;voit de supprimer 18 000 emplois en trois ans en passant aux 35 heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La col&#232;re du personnel a grandi quand au mois d'ao&#251;t la direction a sorti une liste de 25 coll&#232;gues mut&#233;es d'office et que 15 coll&#232;gues de journ&#233;e &#233;taient mut&#233;es en soir&#233;e. Une seconde liste &#233;tait en pr&#233;paration pour fin septembre. La gr&#232;ve a commenc&#233; le mardi 29 ao&#251;t, avec 90 % de gr&#233;vistes parmi les op&#233;rateurs. L'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale des gr&#233;vistes a vot&#233; la plate-forme revendicative suivante : non &#224; la fermeture ; arr&#234;t des restructurations ; maintien des postes de travail sur place ; non aux mutations d'office ; maintien des horaires.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les gr&#233;vistes s'adressent aux autres centres &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;but, les gr&#233;vistes ont &#233;lu un comit&#233; de gr&#232;ve de 10 membres, compos&#233; de militants syndicaux CGT et SUD et de non syndiqu&#233;s. Le lendemain, les premi&#232;res rencontres avec la direction n'ayant rien donn&#233;, la gr&#232;ve est reconduite. Les gr&#233;vistes s'adressent par tract au personnel des autres services du site, de celui de Brune et de M&#233;nilmontant et au personnel des autres centres internationaux par op&#233;rateurs. Les 30 et 31 ao&#251;t, la gr&#232;ve reste tr&#232;s majoritaire parmi les op&#233;rateurs. Elle est suspendue pour le week-end et reprend le lundi 4 septembre. Le 5 septembre, elle continue avec moins de gr&#233;vistes, ceci &#233;tant d&#251; en partie &#224; l'hostilit&#233; envers la gr&#232;ve de certains militants CGT, qui n'ont pas h&#233;sit&#233; pas &#224; reprendre le travail au m&#233;pris d'un vote majoritaire pour la reconduction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeudi 7 un appel &#224; la gr&#232;ve &#233;tait lanc&#233; sur tous les CIO : &#224; Bagnolet 90 % de gr&#233;vistes dans les salles, &#224; Marseille 78 % parmi les op&#233;rateurs, &#224; Nantes 70 % des op&#233;rateurs et &#224; Strasbourg 50 %. Ces r&#233;sultats sont une premi&#232;re r&#233;ussite. La direction a confirm&#233; l'ouverture d'un service de t&#233;l&#233;marketing sur place en octobre prochain avec 80 emplois, alors qu'elle va en supprimer 300 emplois, et donn&#233; un d&#233;lai suppl&#233;mentaire pour le d&#233;part des 25 coll&#232;gues. Il n'est pas question pour elle de revenir sur ses d&#233;cisions.
Le jeudi 14 septembre au matin, la direction accepte de recevoir les gr&#233;vistes : elle annonce l'annulation de la premi&#232;re liste de red&#233;ploiements et son remplacement par des volontaires, la possibilit&#233; de n&#233;gocier des primes de d&#233;part plus &#233;lev&#233;es et l'&#233;talement sur 4 mois des retenues pour gr&#232;ve. Mais l'apr&#232;s-midi, elle se livre au chantage suivant : tout ce que nous avons promis ce matin est soumis &#224; l'arr&#234;t pr&#233;alable de la gr&#232;ve. Les gr&#233;vistes rejettent ce diktat et votent la poursuite du mouvement pour le lundi 18.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce jour l&#224;, la direction confirme ses propositions sans aucune condition. La suspension du mouvement est d&#233;cid&#233;e : au 12&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; jour la gr&#232;ve, s'affaiblissait. Nous avions gagn&#233; sur un point : annulation des premi&#232;res mutations d'office et fermeture du centre repouss&#233;e &#224; plus tard. Pour le reste, seule l'extension du mouvement aurait pu la faire c&#233;der.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des gr&#233;vistes savent que le combat n'est pas termin&#233; et sont pr&#234;t &#224; recommencer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 30 Octobre 2000, Iker BASSEAU&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Gr&#232;ves pour les salaires en Belgique
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Belgique
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		<description>Depuis le d&#233;but du mois de septembre, la Belgique a connu la plus importante vague de mouvements sociaux depuis 1993 (&#224; l'&#233;poque contre le &#171; plan global &#187;, plan d'aust&#233;rit&#233; avec blocage des salaires encore en vigueur aujourd'hui). Cette derni&#232;re vague a d'abord d&#233;marr&#233; pendant une dizaine de jours avec la gr&#232;ve des camionneurs. Elle &#233;tait impuls&#233;e par deux f&#233;d&#233;rations patronales de transporteurs routiers. Un bon millier de camions ont paralys&#233; les grandes art&#232;res du pays, y compris jusque rue de la Loi,&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but du mois de septembre, la Belgique a connu la plus importante vague de mouvements sociaux depuis 1993 (&#224; l'&#233;poque contre le &#171; plan global &#187;, plan d'aust&#233;rit&#233; avec blocage des salaires encore en vigueur aujourd'hui). Cette derni&#232;re vague a d'abord d&#233;marr&#233; pendant une dizaine de jours avec la gr&#232;ve des camionneurs. Elle &#233;tait impuls&#233;e par deux f&#233;d&#233;rations patronales de transporteurs routiers&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='La FEBETRA la plus grosse et l'UPTR surtout implant&#233;e en Wallonie parmi les (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Un bon millier de camions ont paralys&#233; les grandes art&#232;res du pays, y compris jusque rue de la Loi, si&#232;ge du parlement. Ce mouvement &#233;tait minoritaire mais spectaculaire. Finalement les camionneurs ont obtenu 4 milliards de francs belges du gouvernement en subventions et aides aux entreprises bien que leur revendication sur le carburant professionnel ait &#233;t&#233; refus&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la lanc&#233;e, les travailleurs ont embray&#233; sur le probl&#232;me de la vie ch&#232;re, des salaires et du carburant, trop cher pour tout le monde. Les d&#233;brayages ont eu lieu principalement dans les grandes entreprises. Dans les petites entreprises et les zoning industriels cela a peu boug&#233;. C'est ce qui a fait la diff&#233;rence avec le mouvement de 1993, o&#249; les petites entreprises avaient particip&#233;. La sid&#233;rurgie, la chimie, Caterpillar, Ford, la Poste (o&#249; il y a un plan de restructuration qui pr&#233;voit 13 000 licenciements sur 42 000 travailleurs) ont connu des d&#233;brayages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans certaines entreprises, comme Cockerill Sambre (8000 ouvriers sur les sites de Li&#232;ge et Charleroi), ce sont des salari&#233;s camionneurs qui ont invit&#233; les travailleurs de l'usine &#224; un barbecue ; ils ont particip&#233; ensemble &#224; l'occupation des ponts de la ville de Li&#232;ge. Ailleurs, comme &#224; la Fabrique Nationale d'armes (FN) ou Techspace, usine d'armement &#233;galement, &#224; Herstal pr&#232;s de Li&#232;ge, ce sont les travailleurs qui sont all&#233;s &#224; la rencontre des camionneurs. C'&#233;tait un mouvement spontan&#233;, appuy&#233; par les d&#233;l&#233;gu&#233;s de base. Les directions syndicales ont ensuite couvert le mouvement&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Dans ce cas elles versent &#224; leurs affili&#233;s une allocation de gr&#232;ve, d'environ (...)' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Mais elles l'ont soutenu du bout des l&#232;vres bien qu'on soit en pleine p&#233;riode de n&#233;gociations interprofessionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux manifestations ont eu lieu. Une &#224; Gerpinnes, dans la banlieue de Charleroi, devant le si&#232;ge d'une des compagnies d'Albert Fr&#232;re, un des principaux actionnaires de Totalfina, qui a rassembl&#233; entre 5000 et 7000 manifestants, dont beaucoup de d&#233;l&#233;gu&#233;s &#224; l'appel de l'interr&#233;gionale Wallonne en front commun FGTB/CSC. Une autre &#224; Bruxelles qui a rassembl&#233; plus de 25 000 travailleurs, alors que le syndicat n'en pr&#233;voyait que 10 000 au d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les travailleurs des transports se mettent en gr&#232;ve&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;A la suite de ces deux premiers mouvements, les travailleurs des TEC (Transports En Commun de Bruxelles et de la Wallonie, employant 4300 travailleurs) se sont spontan&#233;ment mis en gr&#232;ve, et m&#234;me contre l'avis des syndicats, &#224; partir du 25 septembre avec pour la premi&#232;re fois la revendication de 10 000 francs belges d'augmentation de salaire mensuel pour tous (l'&#233;quivalent de 1600 francs fran&#231;ais). Les d&#233;l&#233;gu&#233;s se sont ralli&#233;s au mouvement et les directions syndicales ont &#233;t&#233; oblig&#233;es de le couvrir tout en comptant sur son essoufflement. Ce sont les chauffeurs des d&#233;p&#244;ts de Charleroi qui ont initi&#233; le mouvement. A 150 ils sont partis vers les autres d&#233;p&#244;ts de Wallonie (Brabant wallon, Namur, Luxembourg, Li&#232;ge) appelant leurs coll&#232;gues &#224; d&#233;brayer pour les 10 000 FB. Il faut savoir que les salaires sont tr&#232;s bas aux TEC&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-3' class='spip_note' rel='appendix' title='L'&#233;quivalent de 6000 francs fran&#231;ais comme salaire de base, 7000 apr&#232;s 21 ans (...)' id='nh2-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Mais il y avait aussi des revendications au sujet des horaires coup&#233;s et du manque d'effectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les directions syndicales ont tax&#233; la revendication des 10 000 francs d'augmentation d'&#171; irr&#233;aliste &#187;. La direction des TEC, elle, avec le ministre socialiste des finances de la r&#233;gion wallone, Van Cauwenberghe, et celui des transports, l'&#233;cologiste Darras, ont menac&#233; les gr&#233;vistes d'astreintes et de sanctions pour l'utilisation des bus pendant les actions au cours de la gr&#232;ve. C'est que les travailleurs avaient bloqu&#233; les rues et les quartiers &#224; proximit&#233; des r&#233;sidences des ministres, et m&#234;me &#171; tap&#233; &#187; un bus dans le jardin de la ministre socialiste de l'emploi, Onckelinx, &#224; Li&#232;ge ! Et le fait qu'ils soient en gr&#232;ve le jour des &#233;lections communales n'a pas arrang&#233; les politiciens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 35 jours de gr&#232;ve, les travailleurs des TEC ont repris le travail, sans avoir obtenu ce qu'ils r&#233;clamaient : le gouvernement n'a l&#226;ch&#233; que 615 millions, par rapport aux deux milliards exig&#233;s par les gr&#233;vistes, soit une augmentation de 7 % c'est-&#224;-dire un peu plus de 5 francs fran&#231;ais de l'heure&#8230; d'ici janvier 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 28 octobre 2000, Henri Grimald&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Apr&#232;s les &#233;lections&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le 8 octobre les &#233;lections communales et provinciales ont eu lieu, au bout de 18 mois de gouvernement &#171; arc-en-ciel &#187; (coalition des verts, des socialistes et des lib&#233;raux). Le seul fait frappant c'est que les r&#233;sultats du Vlaams Blok (extr&#234;me droite) se sont renforc&#233;s en Flandre, r&#233;gion plus riche. A Anvers ils sont pass&#233; de 28 % en 1994 &#224; 33 %. D'apr&#232;s une &#233;tude publi&#233;e par le Soir ils ont b&#233;n&#233;fici&#233; d'un transfert de l'&#233;lectorat qui votait auparavant pour les lib&#233;raux et sociaux-chr&#233;tiens. On pourrait faire le parall&#232;le avec la Ligue du Nord en Italie qui voulait se s&#233;parer du sud du pays &#224; la tra&#238;ne &#233;conomiquement. Les socialistes et les lib&#233;raux ont obtenu des scores stables. Les sociaux-chr&#233;tiens ont un peu baiss&#233;. Les &#233;cologistes ont gagn&#233; des voix, multipliant les si&#232;ges d'&#233;chevins et de bourgmestres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de l'extr&#234;me gauche, le PC (petite organisation et class&#233; en Belgique comme &#224; l'extr&#234;me gauche) s'affaiblit encore un peu plus. Le PTB (mao&#239;stes) s'est renforc&#233; dans quelques municipalit&#233;s comme &#224; Herstal (banlieue ouvri&#232;re de Li&#232;ge) o&#249; en passant de 2 &#224; 7 % il a eu deux &#233;lus, &#224; Zelzate en Flandre (12 % et deux &#233;lus), &#224; Hoboken, banlieue d'Anvers (7 % et 1 &#233;lu). Ailleurs il garde des r&#233;sultats identiques &#224; ceux de 1994 (entre 0,5 et 3,6 % des voix).&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;La situation des sans-papiers&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'op&#233;ration de r&#233;gularisation entam&#233;e au d&#233;but de l'ann&#233;e tra&#238;ne en longueur. 300 dossiers sont trait&#233;s par mois pour 32 000 demandes. Mais la politique d'expulsion continue, y compris vers des zones de guerre ouvertement reconnues comme le Sierra Leone ou vers la Slovaquie pour les Tziganes qui y sont pers&#233;cut&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout r&#233;cemment, lors d'une tentative d'&#233;vasion de neuf Albanais d'un centre ferm&#233; situ&#233; &#224; l'arri&#232;re de l'a&#233;roport de Zaventem, un candidat r&#233;fugi&#233; de 25 ans en passe d'&#234;tre expuls&#233;, s'est bless&#233;. Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; menott&#233;, tir&#233; par les pieds et ramen&#233; en cellule par la gendarmerie, il y est mort faute de soins. Il n'y a malheureusement pas eu de v&#233;ritable mobilisation deux ans apr&#232;s la mort de S&#233;mira Adamu, une Nig&#233;riane &#233;touff&#233;e avec un coussin par les gendarmes lors de son expulsion. Cela avait alors soulev&#233; une vague d'&#233;motion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation des sans papiers, et en particulier la violence utilis&#233;e dans les centres ferm&#233;s a valu &#224; la Belgique un article dans le tout r&#233;cent rapport annuel d'Amnesty International. Actuellement le gouvernement &#171; arc-en-ciel &#187; discute de la suppression des allocations pourtant tr&#232;s faibles vers&#233;es aux candidats r&#233;fugi&#233;s sous pr&#233;texte de lutter contre les d&#233;tournements op&#233;r&#233;s par la mafia et envisage &#233;galement la privatisation de l'accueil des r&#233;fugi&#233;s par l'ouverture de 10 000 places dans des pavillons pr&#233;fabriqu&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La FEBETRA la plus grosse et l'UPTR surtout implant&#233;e en Wallonie parmi les petits patrons routiers.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Dans ce cas elles versent &#224; leurs affili&#233;s une allocation de gr&#232;ve, d'environ 100 FF par jour. Sinon la gr&#232;ve est ill&#233;gale, avec possibilit&#233; d'intervention de la gendarmerie et d'astreintes&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-3' class='spip_note' title='Notes 2-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;L'&#233;quivalent de 6000 francs fran&#231;ais comme salaire de base, 7000 apr&#232;s 21 ans de service.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Porcelaine de Limoges : &#231;a casse !
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Porcelaine-de-Limoges-ca-casse</link>
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		<dc:date>2000-11-30T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Entreprises
</dc:subject>
		<dc:subject>Limousin
</dc:subject>

		<description>Depuis septembre, des conflits sociaux se multiplient dans la r&#233;gion. Contre l'application des 35h dans des bureaux de poste des villes de campagne. Contre la sanction d'un d&#233;l&#233;gu&#233; CGT de l'entreprise SVE-ONYX. Contre le blocage des salaires sur 2 ans inclus dans un accord de 35 heures aux usines LEGRAND. Enfin pour des augmentations de salaires. &lt;br /&gt;Dans le b&#226;timent, les travailleurs du chantier SOCAE et de RAZEL de la Fac de droit se sont mis en gr&#232;ve 10 jours pour demander une prime de 1000 F par&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-12-novembre-decembre-2000-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 12, novembre-d&#233;cembre 2000
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis septembre, des conflits sociaux se multiplient dans la r&#233;gion. Contre l'application des 35h dans des bureaux de poste des villes de campagne. Contre la sanction d'un d&#233;l&#233;gu&#233; CGT de l'entreprise SVE-ONYX. Contre le blocage des salaires sur 2 ans inclus dans un accord de 35 heures aux usines LEGRAND. Enfin pour des augmentations de salaires.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le b&#226;timent, les travailleurs du chantier SOCAE et de RAZEL de la Fac de droit se sont mis en gr&#232;ve 10 jours pour demander une prime de 1000 F par mois pour la dur&#233;e du chantier. Ils ont obtenu 750 F et les jours de gr&#232;ve en partie pay&#233;s, en partie r&#233;cup&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le chantier de l'autoroute A 89, les travailleurs de GTM se sont mis en gr&#232;ve 7 jours &#224; la suite des hausses de l'essence. Ils ont obtenu une augmentation de 200 F de la prime de transport et 240 F d'indemnit&#233; journali&#232;re calendaire, au lieu des 225 F qu'ils touchaient. C'&#233;tait le premier conflit pour la majorit&#233; des 150 gr&#233;vistes et la solidarit&#233; les a fortement marqu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le 25 octobre, une gr&#232;ve secoue la plus grosse usine de porcelaine de Limoges, Bernardaud, qui r&#233;alise l'essentiel de son chiffre d'affaires &#224; l'exportation, notamment aux USA. Tout a d&#233;marr&#233; suite &#224; une altercation entre un chef et un ouvrier d'entretien. La goutte d'eau de trop ! A force d'&#234;tre victimes de mesquineries, brimades, retenues sur salaire sous pr&#233;texte de malfa&#231;ons, changements de poste avec d&#233;qualification, les ouvri&#232;res et ouvriers se sont mis en gr&#232;ve. D'abord contre le &#171; harc&#232;lement moral &#187; dont ils sont quotidiennement victimes. Ensuite sur la question des salaires, avoisinant le SMIC pour la majorit&#233; d'entre eux, apr&#232;s 10 ou 30 ans de pr&#233;sence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A une centaine, ils ont accompagn&#233; l'ouvrier d'entretien sanctionn&#233; au commissariat de police pour porter plainte. Puis ils ont propag&#233; la gr&#232;ve &#224; l'autre site de l'usine, &#224; Oradour, &#224; 20 km de Limoges. Depuis 14 jours, la production est paralys&#233;e sur les deux sites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1996, sous la menace de licenciements individuels, la direction avait impos&#233; une baisse de 10 % des salaires. L'effectif est pass&#233; de 480 personnes sur les 2 sites &#224; 390 personnes. La production a augment&#233; de 15 % par an. Les salaires, depuis 4 ans, sont rest&#233;s les m&#234;mes ! &#171; &lt;em&gt;42,02 F de l'heure pour 30 ans de maison&lt;/em&gt; &#187;, d&#233;nonce un gr&#233;viste. Les gr&#233;vistes veulent l'arr&#234;t du harc&#232;lement moral, 10 F d'augmentation de l'heure, des semaines de travail de 31 heures mini &#224; 39 heures maxi, contre le projet de la direction d'une fluctuation 28 &#224; 42 heures dans le cadre des 35 heures, avec deux semaines non travaill&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce jour, les gr&#233;vistes ne c&#232;dent pas. Ils viennent d'&#234;tre rejoints par une partie du personnel des bureaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.L., le 7 novembre 2000&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> En Europe il n'y a gu&#232;re de Tziganes heureux
</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
</dc:subject>
		<dc:subject>Racisme
</dc:subject>
		<dc:subject>Roms
</dc:subject>

		<description>(D'apr&#232;s : &#171; Saint-Ouen Luttes &#187; n&#176; 6 et 7.) &lt;br /&gt;Depuis deux ans, Saint-Ouen a &#233;t&#233; le th&#233;&#226;tre de luttes, ayant pour enjeux le logement d&#233;cent des migrants, essentiellement des Tziganes roumains. De deux &#224; six cents d'entre eux ont transit&#233; par la ville. &lt;br /&gt;Une centaine, chass&#233;s de Saint-Denis quelques semaines avant le coup d'envoi de la coupe du monde de football, avaient trouv&#233; asile dans un camp sordide rue des Bateliers, o&#249; ils croupissaient dans la mis&#232;re, sans eau ni &#233;lectricit&#233;. Ils en furent expuls&#233;s et&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;(D'apr&#232;s : &lt;a href=&#034;http://saintouenluttes.free.fr/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;&#171; Saint-Ouen Luttes &#187;&lt;/a&gt; n&#176; 6 et 7.)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis deux ans, Saint-Ouen a &#233;t&#233; le th&#233;&#226;tre de luttes, ayant pour enjeux le logement d&#233;cent des migrants, essentiellement des Tziganes roumains. De deux &#224; six cents d'entre eux ont transit&#233; par la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une centaine, chass&#233;s de Saint-Denis quelques semaines avant le coup d'envoi de la coupe du monde de football, avaient trouv&#233; asile dans un camp sordide rue des Bateliers, o&#249; ils croupissaient dans la mis&#232;re, sans eau ni &#233;lectricit&#233;. Ils en furent expuls&#233;s et jet&#233;s &#224; la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres, moins nombreux, squattaient un entrep&#244;t SNCF vide. A la demande de Paulette Fost, maire de Saint-Ouen, membre du PCF, ils sont expuls&#233;s le 31 juillet 1998 par cent cinquante CRS et l'immeuble est aussit&#244;t d&#233;truit au bulldozer. Ce n'est que fin 1999, apr&#232;s bien des p&#233;rip&#233;ties et apr&#232;s avoir &#233;t&#233; h&#233;berg&#233;s dans divers squats et associations, qu'ils seront tol&#233;r&#233;s dans un immeuble du rectorat de Fontenay-sous-Bois, apr&#232;s que le maire communiste eut pris position en leur faveur.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des r&#232;glements discriminatoires&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis leur apparition en Europe au XV si&#232;cle, ces populations nomades sont accus&#233;es de maux imaginaires, sorcellerie, vol, rapt d'enfants etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat, &#224; leur encontre, oscille entre la s&#233;dentarisation forc&#233;e et l'expulsion. Comme d'autres groupes minoritaires, on en fait des boucs &#233;missaires pour d&#233;tourner la col&#232;re des exploit&#233;s. On les a soumis du m&#234;me fait &#224; l'arbitraire des autorit&#233;s. En France par exemple, de 1912 &#224; 1969, ils devaient faire viser &#224; chaque d&#233;placement un carnet anthropom&#233;trique, comme s'ils &#233;taient des criminels. Il a &#233;t&#233; remplac&#233; par un &#171; carnet de circulation &#187;. Le vocabulaire a chang&#233;, c'est tout !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Loi Besson du 31 mai 1990 oblige les communes de plus de 5000 habitants a am&#233;nager des aires de stationnement pour les caravanes. Comme rien n'a &#233;t&#233; pr&#233;vu pour les financer, elles sont trop petites, mais justifient l'interdiction de stationner sur le reste du territoire de la commune et de faire appel &#224; la gendarmerie. En cons&#233;quence c'est la litanie des expulsions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce but, en 1993, la mairie de Forbach leur coupe l'eau courante. En 1997, celle de Villeneuve-Saint-Georges requiert la force publique pour d&#233;loger les Tsiganes d'un terrain... dont ils sont propri&#233;taires. L'ann&#233;e suivante c'est la mairie UDF de Ville la Grand (Haute-Savoie) qui expulse 50 roulottes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pr&#233;jug&#233;s anti-tziganes, pr&#233;sents dans la population, sont refl&#233;t&#233;s et souvent exacerb&#233;s pour des raisons &#233;lectorales par les autorit&#233;s et le personnel politique de droite comme de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une Roumanie inhospitali&#232;re&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les Tziganes qui avaient trouv&#233; refuge &#224; Saint-Ouen, puis &#224; Fontenay-sous-Bois, venaient de deux villages, Sepreus et Curtici, situ&#233;s dans la r&#233;gion d'Arad, au Nord-Ouest de la Roumanie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement les 2 millions de Tziganes roumains repr&#233;sentent la plus forte communaut&#233;, pr&#233;c&#233;dant celles de Hongrie et de Bulgarie (800 000), de Slovaquie (500 000), de l'ex-Yougoslavie (400 000), de la R&#233;publique Tch&#232;que (200 000), de la Bosnie et de l'Albanie (100 000), de la Pologne enfin (40 000).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Roumanie la vie des Tziganes n'a jamais &#233;t&#233; idyllique. Du XVI si&#232;cle &#224; 1856, ils furent r&#233;duits en esclavage au profit de l'Etat, du clerg&#233; et des propri&#233;taires terriens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, pendant un si&#232;cle, ils purent nomadiser, mais &#224; la fin de 1950 le r&#233;gime stalinien prit des mesures de s&#233;dentarisation et d'assimilation forc&#233;es. On leur interdit de pratiquer leur langue. Avec l'industrialisation ils ont perdu leurs emplois traditionnels et ont &#233;t&#233; rel&#233;gu&#233;s dans les m&#233;tiers les moins qualifi&#233;s. C'est la crise &#233;conomique des ann&#233;es 1970 et le passage au capitalisme apr&#232;s 1990 qui ont consid&#233;rablement aggrav&#233; la situation des Tziganes dans les pays de l'Est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;pris&#233;s, sous-qualifi&#233;s, ils ont &#233;t&#233; en butte au comportement raciste des chefs d'entreprise et des fonctionnaires et les premiers &#224; perdre leurs emplois. Les Tziganes furent les grands perdants du passage &#224; l'&#233;conomie du march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan politique ce fut pire. La mont&#233;e des nationalismes, de la d&#233;magogie populiste et x&#233;nophobe, a suscit&#233; une vague de racisme anti-tzigane, exutoire tout trouv&#233; &#224; la faillite de ces r&#233;gimes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'impact du capitalisme sauvage&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans toute l'Europe de l'Est, des dizaines d'entre eux (officiellement), s&#251;rement plus, en r&#233;alit&#233;, ont succomb&#233; aux coups de l'extr&#234;me droite et des skinheads.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre 1990 et aujourd'hui plus de 30 Tziganes tch&#232;ques ont p&#233;ri dans des ratonnades. 80 % des enfants Roms y sont plac&#233;s dans des &#233;tablissements primaires dits sp&#233;cialis&#233;s, c'est-&#224;-dire r&#233;serv&#233;s aux handicap&#233;s mentaux. Des restaurants, des discoth&#232;ques, des piscines leur sont interdits. A Usti, le maire a fait construire un mur de 4 m&#232;tres, pour isoler les HLM des Tziganes, sous pr&#233;texte &#171; de s&#233;parer les gens d&#233;cents de ceux qui ne le sont pas &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Hongrie, &#224; Zamoli, pour ne citer qu'un exemple, des familles Rom install&#233;es dans six maisons individuelles, durent subir de 1997 &#224; 2000 des menaces, des coupures d'eau et de chauffage, des agressions, des incendies, et leurs maisons ont &#233;t&#233; ras&#233;es au bulldozer avant qu'ils ne se r&#233;fugient &#224; Strasbourg. Dans l'ex-Yougoslavie, en Bosnie, des groupes de Tziganes furent massacr&#233;s en 1993 au nom de la &#171; purification ethnique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre de l'OTAN contre la Serbie a fait succ&#233;der au nettoyage ethnique des Albanais par les Serbes, au Kosovo, le nettoyage ethnique des Roms par l'UCK albanaise sous pr&#233;texte que les Tziganes auraient collabor&#233; avec les Serbes. Ils sont accul&#233;s &#224; fuir, expos&#233;s aux menaces racistes de certains officiers de la KFOR cens&#233;s les prot&#233;ger, qui collaborent de fait avec l'UCK.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'imp&#233;rialisme complice&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les Tziganes roumains ont &#233;t&#233; les premiers &#224; &#233;migrer car ils ont &#233;t&#233; les premiers frapp&#233;s par la crise et les pogroms. Plus de 35 000 ont fui en Allemagne qui a sign&#233; en 1992 un accord avec Bucarest pour les renvoyer. La r&#233;action des grandes puissances europ&#233;ennes, la France socialiste en t&#234;te, est de durcir sa politique en mati&#232;re d'immigration et d'asile politique en faveur des Roms. En France une proc&#233;dure prioritaire permet d'expulser dans les 24 heures les candidats roumains, qui sont majoritairement Tziganes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expulsion d'un groupe de Tziganes de Gand en Belgique vers la Slovaquie o&#249; ils sont pers&#233;cut&#233;s, est tout un symbole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dix ans apr&#232;s la fin du &#171; rideau de fer &#187;, l'Europe capitaliste, pr&#233;tendument d&#233;mocratique, est toujours h&#233;riss&#233;e de fronti&#232;res. Elle est pour les Tziganes un monde interdit, sans visa, une Europe barbare, capable de laisser passer les capitaux, mais qui ne laisse pas entrer les Tziganes opprim&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;o&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;&#171; Porrajmos &#187;, le g&#233;nocide oubli&#233; des Tziganes &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;500 000 &#224; 600 000 Tziganes ont &#233;t&#233; extermin&#233;s par les nazis &#224; Auschwitz et &#224; Dachau en 1944. Apr&#232;s guerre leurs familles n'ont obtenu aucune r&#233;paration, sous pr&#233;texte, selon une circulaire de la RFA, qu'ils n'auraient pas &#233;t&#233; pers&#233;cut&#233;s pour des raisons raciales, mais &#171; en raison de leurs ant&#233;c&#233;dents d'asociaux et de d&#233;linquants &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Chroniques Tziganes &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Venus d'Inde au XV si&#232;cle, les Tziganes sont divis&#233;s en plusieurs groupes : Manouches, Roms, Gitans, s&#233;dentaris&#233;s au Sud de la France et en Espagne, Yennishes, qui se d&#233;signent comme &#171; voyageurs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Au XVI si&#232;cle des tueries sont organis&#233;es en Europe. Au Danemark un hobereau donne sa liste journali&#232;re de gibier abattu : &#171; une Gitane avec son nourrisson. &#187;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Au XVII si&#232;cle dans le pays Tch&#232;que et en Hollande les Tziganes captur&#233;s &#233;taient pendus le long de la fronti&#232;re pour dissuader les autres d'entrer.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Quand ils en eurent la possibilit&#233;, ils r&#233;sist&#232;rent, comme ces mille Tziganes allemands qui en 1722, tra&#238;nant de l'artillerie l&#233;g&#232;re, livr&#232;rent bataille &#224; l'arm&#233;e r&#233;guli&#232;re.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Palestine : pas de paix sans justice
</title>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Isra&#235;l
</dc:subject>
		<dc:subject>Palestine
</dc:subject>

		<description>Sept ans apr&#232;s la fin de l'Intifada, et la mise en place d'un interminable &#171; processus de paix &#187;, la r&#233;sistance arm&#233;e a repris. Apr&#232;s des ann&#233;es de concessions et d'humiliation, le peuple palestinien se rappelle au bon souvenir de la &#171; communaut&#233; internationale &#187;, des dirigeants arabes et de leur propre direction. En quelques semaines, il a modifi&#233; la situation et bouscul&#233; l'ordre am&#233;ricain au Proche Orient. Face &#224; cette r&#233;sistance des Palestiniens des territoires et des Arabes isra&#233;liens, l'Etat isra&#233;lien&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sept ans apr&#232;s la fin de l'Intifada, et la mise en place d'un interminable &#171; processus de paix &#187;, la r&#233;sistance arm&#233;e a repris. Apr&#232;s des ann&#233;es de concessions et d'humiliation, le peuple palestinien se rappelle au bon souvenir de la &#171; communaut&#233; internationale &#187;, des dirigeants arabes et de leur propre direction. En quelques semaines, il a modifi&#233; la situation et bouscul&#233; l'ordre am&#233;ricain au Proche Orient.
Face &#224; cette r&#233;sistance des Palestiniens des territoires et des Arabes isra&#233;liens, l'Etat isra&#233;lien r&#233;pond par le seul mode que conna&#238;t cet Etat fond&#233; sur l'id&#233;ologie de la citadelle assi&#233;g&#233;e, une violence extr&#234;me : utilisation de moyens de guerre contre les civils, tol&#233;rance complice des pogroms anti-arabes men&#233;s par les colons. C'est pourquoi, quoiqu'en dise la presse, le renvoi dos &#224; dos des uns et des autres est criminel : la violence des chebab n'est que la violence d'autod&#233;fense d'un peuple agress&#233; par le terrorisme d'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'attitude d'Isra&#235;l depuis les accords de paix est responsable de la situation actuelle&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Sign&#233;s en 1993, ils ont mis en place l'Autorit&#233; Palestinienne et devaient se traduire par un &#171; red&#233;ploiement &#187; de l'arm&#233;e isra&#233;lienne en Cisjordanie, l'ouverture d'un libre passage entre Gaza et la Cisjordanie et la lib&#233;ration des prisonniers palestiniens. Ils ouvraient une p&#233;riode de transition pour la r&#233;solution des questions cruciales (J&#233;rusalem, les r&#233;fugi&#233;s&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, chaque red&#233;ploiement d&#233;risoire ne s'est fait qu'au prix de concessions toujours plus importantes de l'Autorit&#233; Palestinienne. Les implantations de colonies n'ont pas cess&#233;, formant un maillage de plus en plus &#233;troit autour des zones palestiniennes. Les gouvernements successifs ont tout fait pour faire tra&#238;ner les choses et engager les n&#233;gociations sur le statut final avec le maximum de territoire acquis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, l'Autorit&#233; Palestinienne ne s'exerce que sur Gaza, J&#233;richo et les grandes villes de Cisjordanie. Dans les villages, Isra&#235;l reste charg&#233; de la s&#233;curit&#233;. Les 70 % du territoire de Cisjordanie sous contr&#244;le isra&#233;lien sont en train d'&#234;tre vid&#233;s de leur population arabe par l'implantation continue de colonies et les nombreuses expropriations pour construire des routes de contournement des villages arabes. Economiquement, l'Autorit&#233; Palestinienne reste totalement d&#233;pendante d'Isra&#235;l qui contr&#244;le la monnaie, les infrastructures et les entr&#233;es et sorties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Isra&#235;l garde donc la ma&#238;trise du territoire, de l'eau, du r&#233;seau routier. Un espace palestinien a certes &#233;t&#233; cr&#233;&#233;, mais c'est un espace de &#171; bantoustans &#187;, sans continuit&#233; territoriale o&#249; les zones palestiniennes sont encercl&#233;es par les colonies et le r&#233;seau des routes, et o&#249; la pratique quasi constante du bouclage interdit toute libert&#233; de circulation. Au total, Isra&#235;l se d&#233;charge donc du lourd fardeau de l'administration civile, laissant l'Autorit&#233; faire la police. Mais elle garde toute latitude dans le domaine de la s&#233;curit&#233;. Et elle maintient un contr&#244;le absolu qui, s'il n'est plus directement territorial, est sans doute moins co&#251;teux et plus efficace.
Les accords d'Oslo et le &#171; processus de paix &#187; n'ont donc fait que mettre en place une nouvelle forme de domination de l'Etat d'Isra&#235;l, fortement soutenue par les forces imp&#233;rialistes. Mais ils rendent de plus en plus impossible la cr&#233;ation d'un Etat palestinien souverain.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Quelle autre voie pour une paix juste ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La solution ne viendra que des Palestiniens eux-m&#234;mes, et pas de la &#171; communaut&#233; internationale &#187;. Reste que leur repr&#233;sentant, l'OLP, qui dispose aujourd'hui d'un proto-Etat, m&#234;me faible, a des int&#233;r&#234;ts d'appareil &#224; d&#233;fendre qui ne sont pas ceux de la population, des r&#233;fugi&#233;s en particulier. Les masses d'argent de l'aide internationale ont favoris&#233; le d&#233;veloppement de la corruption et du client&#233;lisme. L'ambigu&#239;t&#233; du statut de l'Autorit&#233; a permis d'&#233;luder les questions d&#233;mocratiques (concentration des pouvoirs entre les mains du pr&#233;sident Arafat, aucune ind&#233;pendance de la justice, arrestations arbitraires&#8230;). De plus, Arafat tire sa l&#233;gitimit&#233; de la poursuite des n&#233;gociations et le processus de paix a favoris&#233; l'essor d'une bourgeoisie palestinienne qui &#224; tout int&#233;r&#234;t &#224; une paix avec Isra&#235;l. Ce n'est donc pas de l&#224; que viendra l'avenir pour le peuple palestinien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me majeur est la faiblesse du mouvement ouvrier palestinien et l'orientation des organisations qui pr&#233;tendent le repr&#233;senter, celui de l'existence d'organisations capables de lier la question sociale &#224; la question nationale. C'est cette faiblesse qui permet aujourd'hui le d&#233;veloppement de la mouvance islamiste qui porte un projet national exclusif, anti-juif et religieux. Mais le soul&#232;vement des Palestiniens des territoires et des Arabes isra&#233;liens est en train de modifier la situation comme l'a montr&#233; les r&#233;actions de la rue et de certains secteurs du Fatah &#224; la participation d'Arafat au sommet de Sharm el sheikh orchestr&#233;s par les imp&#233;rialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre aspect positif est le mouvement de solidarit&#233; qui se d&#233;veloppe massivement dans la population du monde arabe, y compris contre l'attitude de leur gouvernement comme en Egypte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement palestinien ne pourra non plus gagner sans que le mouvement ouvrier en Isra&#235;l m&#232;ne une politique en alliance avec les Palestiniens. M&#234;me si un mouvement, aujourd'hui tr&#232;s minoritaire, pour une paix juste existe en Isra&#235;l, c'est aujourd'hui la logique de guerre qui domine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute solution durable en Palestine doit prendre en compte plusieurs &#233;l&#233;ments : la Palestine historique est aujourd'hui le territoire commun de deux peuples. Palestiniens et Isra&#233;liens n'ont pas plus de l&#233;gitimit&#233; les uns que les autres pour r&#233;clamer le droit d'y vivre. Mais de ces deux nations, l'une opprime l'autre. L'Etat d'Isra&#235;l est fond&#233; sur l'id&#233;ologie sioniste, se vit en &#233;tat de guerre permanent, maintient la discrimination des Arabes. Il a expuls&#233; les Palestiniens qui vivaient avant les guerres de 1948 et 67 dans les territoires aujourd'hui isra&#233;liens et continue d'exproprier de nombreuses familles de Cisjordanie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi les Palestiniens ont le droit &#224; l'autod&#233;fense, &#224; la r&#233;sistance arm&#233;e, et &#224; l'autod&#233;termination y compris pour les Arabes vivant en Isra&#235;l. Le mouvement des Palestiniens est une lutte de lib&#233;ration nationale pour l'ind&#233;pendance. C'est pourquoi il faut imm&#233;diatement que s'arr&#234;tent les massacres, que l'arm&#233;e isra&#233;lienne se retirent des territoires occup&#233;s en 1967, que soit reconnu le droit au retour de tous les r&#233;fugi&#233;s de 1948 et de 1967 et que soit cr&#233;&#233; un Etat palestinien la&#239;c et souverain sur ces territoires. Mais une solution durable ne sera que r&#233;gionale et sociale. Elle passe par l'abolition du r&#233;gime sioniste et des autres dictatures de la r&#233;gion, condition n&#233;cessaire pour une coexistence des diff&#233;rentes nations au Moyen Orient et la cr&#233;ation d'une f&#233;d&#233;ration dans laquelle les droits des peuples puissent &#234;tre reconnus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les Palestiniens, le temps de l'attente et des concessions semble bien r&#233;volu. Ils ne sont plus pr&#234;ts &#224; laisser leur direction s'enfermer dans le pi&#232;ge des n&#233;gociations pilot&#233;es par l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain. Les pressions diplomatiques pourront difficilement &#233;touffer une nouvelle fois la col&#232;re palestinienne. Tant que les aspirations du peuple palestinien &#224; un Etat ind&#233;pendant ne seront pas satisfaites, il n'y aura pas de d&#233;but de paix juste et durable dans la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 8 Novembre 2000, Margot Kervalet&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Points de vue  : Pour une coordination d&#233;mocratique et transparente
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		<dc:subject>Points de vue
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Enseignement
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		<description>Dans cette rubrique, les lecteurs font part de leurs r&#233;actions ou points de vue. Nous leur demandons simplement de respecter les contraintes d'une pagination forc&#233;ment limit&#233;e. Ces points de vue, comme les informations qui sont rapport&#233;es, n'engagent &#233;videmment que leur auteur. &#171; Seule la v&#233;rit&#233; est r&#233;volutionnaire &#187; L&#233;nine &lt;br /&gt;R&#233;pondant &#224; l'invitation au d&#233;bat de Raoul Glaber (CR N&#176;10, p.25) je reviens sur la d&#233;mocratie dans les Coordinations sujet sur lequel, il a une pr&#233;sentation des faits&#8230; surprenante. &lt;br /&gt;&#171; Le&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Dans cette rubrique, les lecteurs font part de leurs r&#233;actions ou points de vue. Nous leur demandons simplement de respecter les contraintes d'une pagination forc&#233;ment limit&#233;e. Ces points de vue, comme les informations qui sont rapport&#233;es, n'engagent &#233;videmment que leur auteur.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&#171; Seule la v&#233;rit&#233; est r&#233;volutionnaire &#187; L&#233;nine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;pondant &#224; l'invitation au d&#233;bat de Raoul Glaber (&lt;a href='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Greve-du-6-mars-dans-les-LP-et-coordination-nationale-quelques-rectifications' class='spip_in'&gt;CR N&#176;10&lt;/a&gt;, p.25) je reviens sur la d&#233;mocratie dans les Coordinations sujet sur lequel, il a une pr&#233;sentation des faits&#8230; surprenante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le seul moyen pour qu'un mouvement gr&#233;viste aille jusqu'au bout de ses possibilit&#233;s, c'est qu'il se donne une direction totalement &#233;lue et r&#233;vocable par les gr&#233;vistes eux-m&#234;mes &#187; assure-il. Il a raison. Mais pourquoi les militants de LO n'ont-ils pas agi en ce sens et &#233;cout&#233; leur camarade Glaber !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux tentatives ont eu lieu pour mettre sur pied des coordinations &#171; &#233;lues et r&#233;vocables par les gr&#233;vistes eux-m&#234;mes &#187;. La premi&#232;re &#224; l'initiative, non de militants LO, mais d'Alain Vrignaud, Secr&#233;taire de l'UASEN-CGT qui avait pr&#233;par&#233; des mandats pour les d&#233;l&#233;gu&#233;s &#233;lus par les assembl&#233;es d&#233;partementales pour si&#233;ger &#224; la coordination du 11 mars. L'initiative a &#233;t&#233; sabot&#233;e par FO et par des d&#233;magogues non identifi&#233;s au cri de &#171; Tout le monde vote &#187;. Les repr&#233;sentants &#233;lus de 55 &#233;tablissements du 91 ont &#233;t&#233; refoul&#233;s par la tribune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 15 mars, &#224; la coordination d&#233;partementale du 92, un camarade de SUD et moi (syndiqu&#233; CGT), avons propos&#233; que l'AG de chaque &#233;tablissement en gr&#232;ve &#233;lise un d&#233;l&#233;gu&#233; (r&#233;vocable &#224; tout moment) pour constituer une coordination transparente et contr&#244;l&#233;e par les gr&#233;vistes. Les militants de Lutte ouvri&#232;re (en particulier celui de Courbevoie, l'un des trois inamovibles &#171; pr&#233;sidents &#187; des Coordinations, et un autre, d'Argenteuil, militant LO depuis une trentaine d'ann&#233;es) s'y sont farouchement oppos&#233;s, bataillant pendant une heure avant d'&#234;tre largement mis en minorit&#233;. L'un s'est abstenu, l'autre a vot&#233; publiquement contre l'&#233;lection de d&#233;l&#233;gu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, les camarades de LO pr&#233;sents dans toutes les AG d&#233;partementales se sont bien gard&#233;s, tout au long de la gr&#232;ve, de quelque initiative en ce sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au pied du mur qu'on voit le ma&#231;on. Qu'en dit Raoul Glaber ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, si les camarades de LO se sont oppos&#233;s &#224; ces initiatives, c'est que, incapables de proposer une politique alternative, ils redoutaient que des &#233;lections d&#233;mocratiques ne leur accordent pas la place de direction auto-proclam&#233;e et incognito de la Coordination qu'ils s'&#233;taient arrog&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ont pr&#233;f&#233;r&#233; (ce que refl&#232;tent les articles de CR), se d&#233;marquer des syndicats et se trouver un r&#244;le, en sp&#233;culant sur les sentiments anti-organisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Profitant du fait que personne ne se connaissait, les militants de LO incognito se sont incrust&#233;s &#224; la tribune. Ils se sont relay&#233;s anonymement parmi les intervenants (environ 1/3 des interventions de la salle provenaient d'eux) et se sont mutuellement acclam&#233;s. Ils ont tent&#233; de faire d&#233;signer en AG (un millier de personnes ne se connaissant pas) une &#171; d&#233;l&#233;gation &#187; pour accompagner les n&#233;gociateurs syndicaux, refusant que ces d&#233;l&#233;gu&#233;s soient &#233;lus par les AG d&#233;partementales (o&#249; les gens se connaissent). Ils ont fait adopter, sous couvert de consid&#233;rations techniques, la mise en place d'un &#171; collectif &#187; informel et incontr&#244;lable qui, malgr&#233; les limites express&#233;ment mises lors du vote, prit rapidement des initiatives politiques : communiqu&#233;s sign&#233;s de la coordination, monopolisation du micro des sonos, &#233;dition d'une affiche, collecte d'argent. Qui &#233;taient ses membres ? Qui les avait mandat&#233;s ? Qui pouvait les r&#233;voquer ? O&#249;, quand se r&#233;unissaient-ils ? 99,5 % des gr&#233;vistes l'ignoraient. C'est donc bien une direction clandestine, incontr&#244;l&#233;e, non &#233;lue et non r&#233;vocable que LO a pris l'initiative d'instituer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand R. Glaber assure (&lt;a href='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/La-revolte-du-mammouth-369' class='spip_in'&gt;CR N&#176;9, p.10&lt;/a&gt;) que les camarades de Lutte ouvri&#232;re &#171; ont milit&#233; pour que les gr&#233;vistes se donnent les moyens de diriger d&#233;mocratiquement leur mouvement &#187;, c'est de l'humour, ou de la Novlangue ! A moins que ce ne soit un objectif. Et que dans le prochain mouvement LO ne mette en accord ses paroles et ses actes. C'est &#231;a qui serait chouette !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Richard Moyon
(Paul-Louis Poireau Junior-PLP&#178;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> L'&#233;cole en crise : le mirage de la d&#233;mocratisation scolaire
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		<description>Ces derni&#232;res ann&#233;es ont &#233;t&#233; marqu&#233;es par des mobilisations sociales d'ampleur sur le terrain de l'&#233;ducation. Elles confirment &#224; la fois une exigence sociale en direction de l'&#233;cole et aussi des capacit&#233;s de r&#233;sistance &#224; l'offensive lib&#233;rale qui, l&#224; comme ailleurs, entend imposer de profondes r&#233;formes du syst&#232;me &#233;ducatif. Elles ont &#233;galement mis en &#233;vidence la r&#233;alit&#233; d'une crise scolaire que le ch&#244;mage massif et la crise sociale ont rendu encore plus aigu&#235;, suscitant des attentes l&#233;gitimes mais parfois&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ces derni&#232;res ann&#233;es ont &#233;t&#233; marqu&#233;es par des mobilisations sociales d'ampleur sur le terrain de l'&#233;ducation. Elles confirment &#224; la fois une exigence sociale en direction de l'&#233;cole et aussi des capacit&#233;s de r&#233;sistance &#224; l'offensive lib&#233;rale qui, l&#224; comme ailleurs, entend imposer de profondes r&#233;formes du syst&#232;me &#233;ducatif. Elles ont &#233;galement mis en &#233;vidence la r&#233;alit&#233; d'une crise scolaire que le ch&#244;mage massif et la crise sociale ont rendu encore plus aigu&#235;, suscitant des attentes l&#233;gitimes mais parfois illusoires comme celle d'assurer un d&#233;bouch&#233; vers l'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or la crise de l'&#233;cole a des racines plus profondes que le manque de moyens ou le manque de d&#233;bouch&#233;s sur le march&#233; du travail. C'est le mythe de l'&#233;cole r&#233;publicaine qui a commenc&#233; &#224; prendre du plomb dans l'aile, le mythe d'une pr&#233;tendue d&#233;mocratisation de la soci&#233;t&#233; gr&#226;ce &#224; la massification scolaire. Si la massification de l'acc&#232;s &#224; l'enseignement secondaire, le doublement en une dizaine d'ann&#233;es de la proportion d'une classe d'&#226;ge parvenant au baccalaur&#233;at, a bien &#233;t&#233; r&#233;elle, elle n'aura pas &#233;t&#233; synonyme de d&#233;mocratisation. Malgr&#233; la scolarisation accrue, la s&#233;gr&#233;gation sociale &#224; l'&#233;cole s'est m&#234;me renforc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'offensive d'un All&#232;gre, et la politique de Jack Lang n'est gu&#232;re diff&#233;rente, s'est d'ailleurs appuy&#233;e sur ce sentiment d'&#233;chec. Car paradoxalement &#8211; ou cyniquement &#8211; c'est en d&#233;non&#231;ant l'hypocrisie de la pr&#233;tendue &#171; &#233;galit&#233; r&#233;publicaine &#187; que les r&#233;ponses lib&#233;rales ont sembl&#233; trouver une nouvelle jeunesse : puisque les pr&#233;tentions de l'&#233;cole &#224; l'&#233;galit&#233; ont fait long feu, autant en tirer les cons&#233;quences et mettre en &#339;uvre de fa&#231;on &#171; moderne et efficace &#187; une politique d'accompagnement des in&#233;galit&#233;s, une politique ouvertement s&#233;gr&#233;gative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc bien une revendication minimale que d'exiger davantage de moyens pour l'&#233;cole afin d'assurer &#224; tous la possibilit&#233; de faire r&#233;ellement des &#233;tudes. Mais m&#234;me ainsi cette &#233;cole serait encore celle du conformisme social, de la l&#233;gitimation et de la reproduction (m&#234;me masqu&#233;e) des in&#233;galit&#233;s. C'est son r&#244;le comme son fonctionnement que nous contestons, et pas seulement ses insuffisances.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> L'&#233;cole capitaliste : une &#233;cole pour tous ?
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		<dc:subject>Enseignement
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
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		<description>&#171; D&#233;mocratisation &#187;, &#171; massification &#187;, &#171; crise de l'&#233;cole &#187;, &#171; &#233;chec scolaire &#187;, &#171; &#233;galit&#233; des chances &#187;, &#171; violence &#224; l'&#233;cole &#187;... ces termes, que l'on retrouve &#224; longueur d'articles, de travaux de chercheurs, de rapports officiels, de discours politiques sont au centre du d&#233;bat sur l'&#233;cole. Mais &#224; travers celui-ci, comme &#224; travers les r&#233;cents mouvements &#233;l&#232;ves-parents-personnels de l'&#233;ducation nationale, une question essentielle est pos&#233;e &#171; &#224; quoi sert l'&#233;cole ? &#187;, voir &#171; &#224; qui sert l'&#233;cole ? &#187; : l'&#171; &#233;cole de la R&#233;publique &#187;&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; D&#233;mocratisation &#187;, &#171; massification &#187;, &#171; crise de l'&#233;cole &#187;, &#171; &#233;chec scolaire &#187;, &#171; &#233;galit&#233; des chances &#187;, &#171; violence &#224; l'&#233;cole &#187;... ces termes, que l'on retrouve &#224; longueur d'articles, de travaux de chercheurs, de rapports officiels, de discours politiques sont au centre du d&#233;bat sur l'&#233;cole. Mais &#224; travers celui-ci, comme &#224; travers les r&#233;cents mouvements &#233;l&#232;ves-parents-personnels de l'&#233;ducation nationale, une question essentielle est pos&#233;e &#171; &#224; quoi sert l'&#233;cole ? &#187;, voir &#171; &#224; qui sert l'&#233;cole ? &#187; : l'&#171; &#233;cole de la R&#233;publique &#187; est-elle une &#171; &#233;cole pour tous &#187; ? L'a-t-elle d'ailleurs jamais &#233;t&#233; ?...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Quelques rep&#232;res historiques : de l'&#233;cole J. Ferry &#224; la massification&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, 85 % des jeunes de 18 ans sont scolaris&#233;s, mais cette r&#233;alit&#233; est tr&#232;s r&#233;cente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le coll&#232;ge du d&#233;but du si&#232;cle, &#171; l'&#233;cole des notables &#187;, n'accueillait que 5% d'enfants d'origine populaire. La quasi-totalit&#233; restait dans l'&#233;cole primaire, &#171; l'&#233;cole du peuple &#187;. Le fonctionnement de ces deux &#233;coles &#233;tait profond&#233;ment diff&#233;rent : pour le peuple, primaut&#233; &#224; l'&#233;ducation morale, avant m&#234;me la trilogie &#171; lire-&#233;crire-compter &#187; (Jules Ferry parlant de l'enfant : &#171; fa&#231;onner son &#226;me et son cerveau pour un but patriotique et national &#187;) ; pour l'&#233;lite, c'&#233;tait le r&#232;gne du savoir, du programme et de la discipline (maths, lettres, latin...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudra attendre 1959 pour que la r&#233;forme Berthoin, g&#233;n&#233;ralisant l'entr&#233;e en 6&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; (mais dont l'application ne sera effective qu'en 1967), ouvre les portes du coll&#232;ge aux classes populaires. &lt;strong&gt;En 1959, moins de la moiti&#233; d'une classe d'&#226;ge entre en 6&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, il y en a plus de 95 % en 1972. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si l'immense majorit&#233; des enfants acc&#232;de au coll&#232;ge, tous n'acc&#232;dent pas vraiment &#224; l'enseignement secondaire : entre 1/3 et &#188; d'entre eux entre au coll&#232;ge par la porte des classes de transition, des classes pratiques, des cycles all&#233;g&#233;s, des CPPN (classes pr&#233;professionnelles de niveau)... de quoi relativiser les propos des nostalgiques de l'&#226;ge d'or toujours prompts &#224; se lamenter sur la pr&#233;tendue baisse du niveau !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La massification, une fausse d&#233;mocratisation de l'&#233;cole&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est qu'en 1975, avec la r&#233;forme &#171; Haby &#187; que le principe de coll&#232;ge unique, pr&#233;voyant la suppression du palier d'orientation en fin de 5&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; est g&#233;n&#233;ralis&#233;. Cons&#233;quence de ces r&#233;formes, une deuxi&#232;me explosion scolaire a lieu &#224; la fin des ann&#233;es 80 avec l'arriv&#233;e massive de &#171; nouveaux publics &#187; au lyc&#233;e, c'est-&#224;-dire, les classes populaires : entre 1980 et 1990, les effectifs doublent passant de 850 000 lyc&#233;ens &#224; plus d'1,5 millions, la possibilit&#233; d'acc&#233;der au bac passe de 34 % &#224; 60%. Le mouvement continue la d&#233;cennie suivante : en 1998, &#224; 17 ans, plus de 9 jeunes sur 10 sont scolaris&#233;s... ils &#233;taient &#224; peine 1 sur 3 en 1960. Le taux de bacheliers passe de 10 % en 1960 &#224; 60 % en 1998.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc bien eu une massification du syst&#232;me &#233;ducatif, c'est-&#224;-dire une tr&#232;s forte croissance de ses effectifs. Mais cette entr&#233;e massive de toutes les cat&#233;gories sociales ne signifie pas pour autant une &#171; d&#233;mocratisation &#187;. La d&#233;mocratisation suppose non seulement l'acc&#232;s de tous &#224; l'&#233;cole, de la maternelle &#224; l'universit&#233;, mais surtout l'acc&#232;s de tous aux savoirs contenus dans ces diff&#233;rentes &#233;tapes du cursus scolaire, quelque soit l'origine sociale et culturelle des enfants.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les in&#233;galit&#233;s se d&#233;placent plus qu'elles ne diminuent&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si les taux d'acc&#232;s &#224; tous les niveaux d'enseignement ont nettement augment&#233; pour les g&#233;n&#233;rations n&#233;es apr&#232;s les ann&#233;es 50 (voir graphique 1), l'ouverture est d'autant plus faible que l'on consid&#232;re les niveaux &#233;lev&#233;s du syst&#232;me : parmi les enfants n&#233;s en 1940, seuls 35 % entraient en 6&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et 20 % en seconde ; 30 ans plus tard, presque la totalit&#233; avaient acc&#232;s &#224; la 6&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, mais seulement 42% entraient en 2de. Le pourcentage d'entr&#233;es en 6&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; a donc presque tripl&#233; sur la p&#233;riode, tandis que celui de l'acc&#232;s &#224; la 2de, n'a fait que doubler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_14 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH568/art315-2-e5761.png?1528267018' width='500' height='568' alt=&#034;image 536 x 608
&#034; title=&#034;image 536 x 608
&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la &#171; d&#233;mocratisation &#187; n'est que le r&#233;sultat m&#233;canique de l'ouverture du coll&#232;ge &#224; tous les enfants du primaire. Mais plus on monte dans le niveau d'enseignement, moins cette d&#233;mocratisation se v&#233;rifie : seul l'acc&#232;s &#224; la 6&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; s'est g&#233;n&#233;ralis&#233;. La s&#233;lectivit&#233; n'a fait que se d&#233;placer. Les r&#233;formes n'ont abouti qu'&#224; une translation des in&#233;galit&#233;s du fait de l'ouverture de l'enseignement secondaire.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une massification s&#233;gr&#233;gative&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte g&#233;n&#233;ral, les in&#233;galit&#233;s sociales ont-elles &#233;t&#233; r&#233;duites ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nombre d'enfants d'ouvriers acc&#233;dant &#224; tous les niveaux d'enseignement a augment&#233; au cours de cette massification (tableau 1) : 33,9 % d'enfants d'ouvriers n&#233;s entre 1949 et 1953 avaient acc&#232;s &#224; la 6&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;. Ce taux passe &#224; 93,2 % pour les g&#233;n&#233;rations n&#233;es entre 1964 et 1973. M&#234;me constatation pour l'obtention du bac : 8,8 % d'enfants d'ouvriers n&#233;s entre 1949 et 1953 &#233;taient bacheliers, ils &#233;taient 24,3 % dans la g&#233;n&#233;ration n&#233;e entre 1964 et 1973.Les ouvriers ont donc davantage acc&#232;s aux diff&#233;rents niveaux d'enseignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_13 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L436xH455/art315-1-92893.gif?1528267018' width='436' height='455' alt=&#034;image 436 x 455
&#034; title=&#034;image 436 x 455
&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Tableau 1 : Taux d'acc&#232;s &#224; diff&#233;rents niveaux de scolarisation&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;source : M.Duru-Bellat, A. Kieffer, population, 55 (1), 2000, 51-80. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si on compare les chances d'acc&#232;s aux diff&#233;rents niveaux de scolarisation des enfants d'ouvriers &#224; celles des enfants de cadres, on s'aper&#231;oit non seulement que les in&#233;galit&#233;s d'acc&#232;s sont non seulement tr&#232;s importantes mais qu'elles progressent avec l'&#233;l&#233;vation du niveau observ&#233;. Si, au niveau de la sixi&#232;me, les in&#233;galit&#233;s d'acc&#232;s sont de moins en moins marqu&#233;es entre enfants de cadres et d'ouvriers, celles-ci s'aggravent nettement lorsqu'il s'agit de l'acc&#232;s aux classes sup&#233;rieures : un enfant de cadre n&#233;s en 1949 avait 40,1 % de plus de chance d'acc&#233;der en seconde qu'un enfant d'ouvrier alors que 24 ans plus tard, cet &#233;cart passe &#224; 58,1 %. M&#234;me constatation pour l'obtention du bac : l'&#233;cart de taux d'obtention du bac entre les enfants d'ouvriers et de cadres passe de 38,5 % &#224; 52 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, parmi les g&#233;n&#233;rations entr&#233;es en 6&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; au cours de la p&#233;riode de massification, les in&#233;galit&#233;s selon l'origine sociale n'ont cess&#233; d'augmenter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le sp&#233;cifique de l'origine sociale dans la reproduction des in&#233;galit&#233;s est encore plus net lorsque l'on adopte un raisonnement &#171; &#224; r&#233;ussite scolaire &#233;gale &#187; (tableau 2) : les chances des enfants de cadres sup&#233;rieurs qui sont faibles restent plus &#233;lev&#233;es que celles des enfants d'ouvriers les plus brillants.&lt;/p&gt;
&lt;table class='spip'&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Valeur scolaire au CP&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Faible&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;moyenne&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;forte&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Cadre sup&#233;rieur&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;63&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;81&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;91&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Profession interm&#233;diaire&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;33&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;54&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;74&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Ouvrier&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;16&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;31&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;52&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Tableau 2 : Probabilit&#233; d'acc&#232;s (%) au second cycle long d'apr&#232;s la valeur scolaire au CP et l'origine sociale.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Prol&#233;tarisation des fili&#232;res de rel&#233;gation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ces chiffres ne tiennent pas compte de la persistance de fili&#232;res dans l'&#233;ducation nationale, en d&#233;pit des d&#233;clarations de principe contenues dans la r&#233;forme Haby. Si les enfants d'ouvriers ont b&#233;n&#233;fici&#233; sans conteste de l'ouverture de la 6&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, ils ont &#233;t&#233; les premiers &#224; &#234;tre concern&#233;s par le d&#233;veloppement de l'orientation en fin de 5&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et de 3&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; avant 1975 et aujourd'hui sont massivement concentr&#233;s dans les fili&#232;res &#171; populaires &#187;. R&#233;ciproquement, si les enfants de cadres ont perdu progressivement leur avantage quant &#224; l'entr&#233;e dans le secondaire, ils continuent &#224; y r&#233;aliser des scolarit&#233;s plus longues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, 68 % des &#233;l&#232;ves de quatri&#232;me d'aide et de soutien (4&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; AES) d'aujourd'hui sont des enfants de ch&#244;meurs et inactifs, seulement 3 % d'entre eux sont enfants de cadres et enseignants. Ce chiffre monte respectivement &#224; 71 % et 2 % en troisi&#232;me d'insertion sachant qu'&#224; l'issue de la troisi&#232;me d'insertion 18 % seulement des &#233;l&#232;ves obtiennent une orientation en BEP, 17 % en CAP et 39 % de ces &#233;l&#232;ves quittent le syst&#232;me &#233;ducatif sans qualification (Graphiques 2 et 3. chiffres 97/98).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_15 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L445xH431/art315-3-18c53.gif?1528267018' width='445' height='431' alt=&#034;image 445 x 431
&#034; title=&#034;image 445 x 431
&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_16 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L427xH307/art315-4-4275d.gif?1528267018' width='427' height='307' alt=&#034;image 427 x 307
&#034; title=&#034;image 427 x 307
&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cr&#233;ation des bacs professionnels a largement contribu&#233; &#224; la s&#233;gr&#233;gation sociale croissante des publics des classes terminales. Certes, l'existence des fili&#232;res professionnelles a incit&#233; davantage d'&#233;l&#232;ves d'origine populaire a poursuivre une scolarit&#233; au del&#224; du BEP. Mais le suivi d'une formation professionnelle longue &#233;tant, notamment en raison des biais d'orientation en fin de troisi&#232;me, davantage le fait des enfants d'origine modeste, la s&#233;gr&#233;gation sociale des &#233;l&#232;ves scolaris&#233;s dans les diff&#233;rentes classes terminales a &#233;t&#233; accentu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau des classes terminales, on constate une sp&#233;cialisation sociale des s&#233;ries. Si l'on compare le recrutement des terminales scientifiques et technologiques sur la p&#233;riode 1985-1995, on constate dans les premi&#232;res une diversification sociale tr&#232;s mod&#233;r&#233;e, tandis que les secondes se prol&#233;tarisent sensiblement (voir tableau 3). La surrepr&#233;sentation des enfants d'origine populaire dans les terminales science et technologie du tertiaire (STT, ex G) s'accro&#238;t entre 1985 et 1995. Si l'on consid&#232;re les seuls enfants de cadre, leur part en classe scientifique passe de 29,2 % en 1994-1995 &#224; 34,5 % en 1999-2000 (+5,3 points !) : l'embourgeoisement des fili&#232;res d'&#233;lite est manifeste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la m&#234;me fa&#231;on, les &#233;carts de composition sociale entre la terminale scientifique et les BEP se creusent : la part des milieux moyens et sup&#233;rieurs dans les terminales scientifiques est 2,3 fois plus &#233;lev&#233;e que celle observable dans les BEP en 1995, alors que ce rapport n'&#233;tait que de 1,8 en 1985.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les finalit&#233;s du syst&#232;me &#233;ducatif apparaissent de fa&#231;on claire. Il doit tendre vers l'&#233;l&#233;vation g&#233;n&#233;rale du niveau de scolarisation tout en poursuivant un r&#244;le qu'il n'a jamais cess&#233; d'exercer : un v&#233;ritable tri social.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'&#171; &#233;chec scolaire &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelques ann&#233;es, l'&#171; &#233;chec scolaire &#187; est devenu un sujet de pr&#233;occupation central : celui-ci ne cesserait d'augmenter, l'&#233;cole serait une machine &#224; produire de l' &#171; &#233;chec scolaire &#187;, sous-entendu, ce qu'elle n'&#233;tait pas dans le pass&#233;. Or, la d&#233;couverte de &#171; l'&#233;chec scolaire &#187; est avant tout un ph&#233;nom&#232;ne d&#233;coulant de la massification : celui-ci a toujours exist&#233;, mais l'entr&#233;e en 6&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; n'&#233;tant &#224; la port&#233;e que d'une &#233;lite restreinte dans le pass&#233;, ceux qui n'y avaient pas acc&#232;s n'&#233;taient pas consid&#233;r&#233;s en &#171; &#233;chec &#187;, puisqu'ils &#233;taient hors du syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cole de Jules Ferry des ann&#233;es trente n'a produit que 50 % de titulaires du certificat d'&#233;tudes (dipl&#244;me d&#233;livr&#233; &#224; la fin de la primaire). En 1959, 25 % des &#233;l&#232;ves redoublaient en CP, 60 % des CM2 sont en retard, 10 % obtenaient le bac et 60 % des adultes de plus de 20 ans n'avaient aucun dipl&#244;me... personne ne parlait alors d'&#171; &#233;chec scolaire &#187; ! Ce n'est qu'au d&#233;but des ann&#233;es 80 que l'on s'inqui&#232;te du d&#233;calage entre la dur&#233;e officielle du cursus &#233;l&#233;mentaire (5 ans) et sa dur&#233;e r&#233;elle (6 &#224; 7 ans). Le caract&#232;re massif et socialement marqu&#233; des &#233;checs est relev&#233; : &#190; des enfants de cadres sup&#233;rieurs sont &#171; &#224; l'heure &#187; en 6&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; contre 1/3 des enfants d'ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#171; &#233;chec scolaire &#187; n'est donc devenu un &#171; probl&#232;me &#187; social et national qu'&#224; partir du moment o&#249; la scolarit&#233; au del&#224; du primaire est devenu la norme. La pr&#233;occupation et la peur de l'&#233;chec croissent en m&#234;me temps que l'exigence de r&#233;ussite. D'o&#249; le paradoxe, plus le niveau monte, plus l'&#171; &#233;chec scolaire &#187; monte...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la mont&#233;e du ch&#244;mage et de l'exclusion, la notion d' &#171; &#233;chec scolaire &#187; s'&#233;tend &#224; toutes les fili&#232;res et structures d'enseignement qui ne garantissent plus l'insertion sociale et professionnelle. L'&#233;cole est tenue responsable des ph&#233;nom&#232;nes d'exclusion et de ch&#244;mage massif, et non le syst&#232;me capitaliste dans lequel elle est ins&#233;r&#233;e. Quoique qu'en disent les r&#233;formistes, on ne pourra pas changer l'&#233;cole sans changer la soci&#233;t&#233; qui l'a produite... et faire croire le contraire c'est participer &#224; la &#171; violence de l'&#233;cole &#187;, elle m&#234;me en partie responsable de la &#171; violence &#224; l'&#233;cole &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le March&#233; de l'&#233;cole : un march&#233; &#171; porteur &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On demande au syst&#232;me &#233;ducatif de jouer son r&#244;le contre le ch&#244;mage des jeunes en leur inculquant les comportements ad&#233;quats qui les pr&#233;pareraient &#224; l'&#171; insertion &#187; et &#224; l'&#171; employabilit&#233; &#187;. Pour r&#233;gler le probl&#232;me, l'enseignement doit r&#233;pondre et surtout s'adapter aux besoins de l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport Reiffer, issu d'un groupe de r&#233;flexion sur l'&#233;ducation et la formation de la commission europ&#233;enne en 1997, l'explique de fa&#231;on tr&#232;s claire : &#171; les syst&#232;mes d'&#233;ducation ne sont pas assez conscients des contraintes de comp&#233;titivit&#233; &#187; et de conclure &#171; la demande r&#233;elle &#224; laquelle est confront&#233; le syst&#232;me &#233;ducatif est donc de jouer un r&#244;le de filtre pour hi&#233;rarchiser les talents &#187;. L'issue de la crise de l'&#233;cole ne fait pas de doute : il s'agit de renoncer au r&#234;ve de l'&#171; &#233;cole pour tous &#187; au profit d'une saine prise en compte des r&#233;alit&#233;s. L'&#233;cole ne peut traiter de mani&#232;re &#171; &#233;gale &#187; des &#233;l&#232;ves &#171; diff&#233;rents &#187;. Comme partout dans la soci&#233;t&#233; de march&#233;, la concurrence doit devenir le moteur d'une n&#233;cessaire &#171; &#233;mulation &#187; capitaliste. Dans cette perspective, la fonction de l'Ecole comme dispensatrice de connaissances serait r&#233;duite au minimum : un filet de s&#233;curit&#233; (assur&#233; par l'Etat car non rentable) serait dispos&#233; pour les populations suppos&#233;es inaptes aux apprentissages abstraits (majoritairement les classes populaires), les autres seraient pris en charge par le &#171; march&#233; de l'&#233;cole &#187;, via internet et les formations professionnelles priv&#233;es. C'est le sens pr&#233;cis du slogan sur &#171; l'&#233;galit&#233; des chances &#187; : l'&#233;cole n'est pas l&#224; pour donner &#224; chacune et chacun les moyens de s'&#233;panouir au sein d'une soci&#233;t&#233; sans exploitation mais comme un instrument de s&#233;lection et de formatage en fonction de besoins fluctuants au rythme des diff&#233;rentes &#233;tapes de d&#233;veloppement de la soci&#233;t&#233; capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le compromis scolaire qui a abouti &#224; la massification de ces derni&#232;re ann&#233;es atteint aujourd'hui ses limites : il &#233;tait bas&#233; d'un cot&#233; sur la volont&#233; du patronat, de la bourgeoisie de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, de disposer d'une main d'&#339;uvre relativement qualifi&#233;e. Et de l'autre cot&#233; sur une v&#233;ritable demande populaire en faveur du droit &#224; l'&#233;ducation qui ne s'est jamais d&#233;mentie jusqu'&#224; maintenant. Or de plus en plus de voix s'&#233;l&#232;vent pour dire qu'une &#233;conomie &#171; moderne &#187;, &#171; globalis&#233;e &#187;, n'a plus besoin massivement d'un long temps de formation de l'ensemble de la population. La demande sur le march&#233; du travail appara&#238;t segment&#233;e, certains niveaux de qualification &#233;tant en trop faible nombre, mais d'autre en surnombre. Pour la premi&#232;re fois, dans le discours officiel, le d&#233;bat ne porte plus sur les rythmes et les conditions de la massification (confi&#233; aux organisations syndicales r&#233;formistes), mais sur l'utilit&#233; du processus lui-m&#234;me. L'intrusion et l'implication massives des &#233;l&#232;ves d'origine modeste et de leurs parents dans les mouvements r&#233;cents de l'&#233;ducation nationale ont pourtant montr&#233; le refus des milieux populaires et des salari&#233;s de s'adapter aux exigences de la soci&#233;t&#233; capitaliste et leur volont&#233; de se battre pour une v&#233;ritable &#233;cole pour tous qui ne soit ni l'&#233;cole de Jules Ferry, ni celle du march&#233;... A suivre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lupita QUETZAL&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;La ghettho&#239;sation en marche&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour se rendre compte de l'ampleur de la reproduction (et de la production) des in&#233;galit&#233;s sociales dans le syst&#232;me scolaire, il faudrait &#233;galement &#233;tudier les profondes disparit&#233;s qui existent entre &#233;tablissements : le ph&#233;nom&#232;ne de &#171; ghetto&#239;sation &#187; croissant est favoris&#233; &#224; la fois par la course au bons &#233;tablissements aux d&#233;pends des familles les plus modestes qui ne peuvent ni d&#233;m&#233;nager, ni obtenir de d&#233;rogation, mais aussi par la mise en concurrence des &#233;tablissements pour l'obtention de moyens suppl&#233;mentaires et le manque de stabilit&#233; des &#233;quipes enseignantes dans les &#233;tablissements les plus d&#233;favoris&#233;s (cons&#233;quence, entre autres, du d&#233;veloppement de la pr&#233;carit&#233; des personnels). Enfin, une analyse compl&#232;te des in&#233;galit&#233;s au sein de l'&#233;cole montrerait que les in&#233;galit&#233;s sociales se doublent de s&#233;gr&#233;gations tout aussi r&#233;voltantes dont sont victimes les enfants d'immigr&#233;s et les filles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Violence &#224; l'&#233;cole
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		<dc:subject>Enseignement
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
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		<description>Une large publicit&#233; est faite aujourd'hui aux ph&#233;nom&#232;nes de violence &#224; l'&#233;cole. Mais s'il existe des situations particuli&#232;rement graves et insupportables, le pi&#232;ge des fausses &#233;vidences nous guette aussi &#224; chaque pas. &lt;br /&gt;Un ph&#233;nom&#232;ne aggrav&#233; ? &lt;br /&gt;Et d'abord de quelle violence parle-t-on ? Au banc des accus&#233;s, seule la violence des jeunes semble devoir poser un probl&#232;me, une violence d'ailleurs de plus en plus mal d&#233;finie. Un th&#232;me revient en effet fr&#233;quemment, concernant aussi bien l'&#233;cole que les &#171; cit&#233;s &#187;,&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une large publicit&#233; est faite aujourd'hui aux ph&#233;nom&#232;nes de violence &#224; l'&#233;cole. Mais s'il existe des situations particuli&#232;rement graves et insupportables, le pi&#232;ge des fausses &#233;vidences nous guette aussi &#224; chaque pas.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un ph&#233;nom&#232;ne aggrav&#233; ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Et d'abord de quelle violence parle-t-on ? Au banc des accus&#233;s, seule la violence des jeunes semble devoir poser un probl&#232;me, une violence d'ailleurs de plus en plus mal d&#233;finie. Un th&#232;me revient en effet fr&#233;quemment, concernant aussi bien l'&#233;cole que les &#171; cit&#233;s &#187;, celui de &#171; l'incivilit&#233; &#187;. Nul ne sait o&#249; cela commence vraiment, s'il faut l'appliquer &#224; des comportements jug&#233;s agressifs, &#224; des d&#233;rapages verbaux ou &#224; un certain &#171; climat &#187;&#8230; La violence existe, incontestablement, mais bien des amalgames permettent aussi de juger &#171; violents &#187; des comportements qui pour &#234;tre parfois difficilement supportables ne sont pas de m&#234;me nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait le probl&#232;me de la violence n'est pas nouveau dans les quartiers populaires m&#234;me si la d&#233;gradation des conditions de vie et l'absence de perspective forment in&#233;vitablement un terreau favorable &#224; la petite d&#233;linquance, dont les jeunes issus de ces quartiers sont souvent eux m&#234;mes les premi&#232;res victimes. Mais l&#224; o&#249; le ph&#233;nom&#232;ne &#233;tait autrefois cantonn&#233; dans la cit&#233; et dans les &#171; &#233;coles pour pauvres &#187; (comme les CET il y a une trentaine d'ann&#233;es), il frappe d&#233;sormais l'&#233;cole de plein fouet &#224; tous les niveaux d'enseignement ou presque, du fait de l'allongement de la scolarit&#233;. Le ph&#233;nom&#232;ne en est d'autant amplifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des r&#233;ponses institutionnelles qui ne sont pas neutres&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le mythe de &#171; l'&#233;cole sanctuaire &#187; a la vie dure, comme s'il suffisait d'&#233;loigner quelques &#171; sauvageons &#187; r&#233;cemment stigmatis&#233;s par Chev&#232;nement pour que tout rentre dans l'ordre, ou faire la le&#231;on aux parents qui auraient &#171; d&#233;missionn&#233; &#187;. Mais paradoxalement le th&#232;me de la violence sert aussi de pr&#233;texte pour faire &#233;voluer les missions de l'&#233;cole comme si cette derni&#232;re devait avoir r&#233;ponse &#224; tout. T&#226;che impossible au demeurant face &#224; des probl&#232;mes qui la d&#233;passent largement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A d&#233;faut, on lui demandera quand m&#234;me de les g&#233;rer au jour le jour, en gardant les jeunes le plus longtemps possible, m&#234;me sans motivation, parce qu'ils sont mieux dedans que dehors. Au lieu de transmettre des savoirs, l'&#233;cole fera semblant de transmettre des comportements : c'est le r&#244;le notamment de l'&#233;ducation civique et de &#171; l'&#233;ducation &#224; la citoyennet&#233; &#187;, r&#233;investie dans toutes les disciplines. Une le&#231;on de morale qui jette une lumi&#232;re crue sur ce qu'on attend des citoyens : une ob&#233;issance passive &#224; des r&#232;gles qui sont de toute fa&#231;on impos&#233;es, comme l'illustre de fa&#231;on caricaturale le dernier gadget en cours, les &#171; conseils de la vie lyc&#233;enne &#187; (citoyens mais&#8230; avec voix consultative).
Reste la police. En partenariat avec l'&#233;cole (merci Chev&#232;nement et Lang !), la police peut d&#233;sormais investir tranquillement l'&#233;cole. Sous pr&#233;texte de renouer le dialogue, elle esp&#232;re sans doute l&#233;gitimer par avance ses interventions dans les quartiers populaires qui resteront tout aussi violentes et humiliantes &#224; l'&#233;gard des jeunes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une responsabilit&#233; pour le mouvement ouvrier&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le mal qui ronge l'autorit&#233; des parents et l'adh&#233;sion des jeunes &#224; une &#233;cole cens&#233;e leur apporter la r&#233;ussite est le m&#234;me : c'est la pr&#233;carit&#233; et le ch&#244;mage, l'absence de perspective et de d&#233;bouch&#233;s, l'absence de rep&#232;res aussi dans une soci&#233;t&#233; o&#249; l'argent facile est chaque jour encens&#233; &#224; la bourse, mais le &#171; business &#187; dans les cit&#233;s mal vu, et ses d&#233;rives comme le racket condamn&#233;es. Apr&#232;s vingt ans de recul, l'image du travailleur toujours exploit&#233;, toujours d&#233;fait, n'a &#233;videmment pas de quoi faire r&#234;ver les jeunes. Renouer avec les luttes -victorieuses- serait &#233;videmment un moyen de donner d'autres valeurs que la r&#233;ussite individuelle, souvent minable, aux d&#233;pends du voisin ou du copain, et d'autres objectifs &#224; un sentiment de r&#233;volte qui ne trouve gu&#232;re jusqu'ici que des d&#233;rivatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Raoul GLABER&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> www.education.com : De nouveaux march&#233;s s'ouvrent au priv&#233;
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/www-education-com-De-nouveaux-marches-s-ouvrent-au-prive</link>
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		<dc:subject>Enseignement
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
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		<description>Mille milliards de dollars... C'est la somme que d&#233;penseraient annuellement les pays de l'OCDE pour l'enseignement. Ce montant est assum&#233; pour une tr&#232;s grosse partie par le secteur public ; mais le secteur priv&#233; occupe lui aussi une place importante : il y a bien s&#251;r les &#233;coles priv&#233;es (souvent confessionnelles) plus ou moins subventionn&#233;es selon les Etats, et tous les organismes charg&#233;s d'assurer une formation permanente qui ont largement prosp&#233;r&#233;. Avec le d&#233;veloppement des technologies multim&#233;dia&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mille milliards de dollars... C'est la somme que d&#233;penseraient annuellement les pays de l'OCDE pour l'enseignement. Ce montant est assum&#233; pour une tr&#232;s grosse partie par le secteur public ; mais le secteur priv&#233; occupe lui aussi une place importante : il y a bien s&#251;r les &#233;coles priv&#233;es (souvent confessionnelles) plus ou moins subventionn&#233;es selon les Etats, et tous les organismes charg&#233;s d'assurer une formation permanente qui ont largement prosp&#233;r&#233;. Avec le d&#233;veloppement des technologies multim&#233;dia et d'Internet, de nouveaux horizons semblent s'ouvrir. Un &#171; march&#233; mondial de l'&#233;ducation &#187; s'est m&#234;me tenu pour la premi&#232;re fois au mois de mai &#224; Vancouver (Canada), r&#233;unissant plusieurs milliers de professionnels en provenance de 77 pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, depuis la fin des ann&#233;es 80, on assiste &#224; une multiplication des associations patronales d&#233;clarant vouloir profiter des nouvelles technologies pour &#171; rapprocher l'&#233;cole des entreprises &#187;. L'une des plus importantes de ces associations patronales est l'ERT (European Round Table, cr&#233;e en 1983), qui regroupe les patrons des plus grosses firmes d'Europe, comme Suez, Renault, Rh&#244;ne-Poulenc, Petrofina... ainsi que plusieurs constructeurs informatiques. L'un des objectifs poursuivis est d'encourager l'informatisation de la formation interne des entreprises pour r&#233;aliser des &#233;conomies de formation. Il s'agit aussi d'influer sur les programmes de formation publique, par le biais du d&#233;veloppement de la p&#233;dagogie &#171; en ligne &#187; ou par logiciel. Le but est ici d'obtenir les profils correspondant au mieux aux d&#233;sirs patronaux, tout en limitant au passage les co&#251;ts de l'&#233;ducation publique. Le r&#233;sultat sera bien s&#251;r d'ouvrir un vaste march&#233; pour le secteur informatique, et les associations patronales en question sont aussi investies par des industriels de l'informatique qui cherchent &#224; se placer pour pouvoir vendre mat&#233;riel et services de formation.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Tout le monde est sur le pont&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au sein des entreprises, ces projets ont re&#231;u quelques d&#233;buts d'applications, comme chez Bosch GmbH qui employait 95 000 personnes en Allemagne en 1994 et d&#233;pensait l'&#233;quivalent de 880 millions de francs pour la formation. Pour r&#233;duire ces co&#251;ts, il a utilis&#233; d&#232;s 1996 un programme d'auto-formation pour 20 % de son personnel, &#224; domicile et en dehors du temps de travail...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein du syst&#232;me &#233;ducatif, les entreprises int&#233;ress&#233;es tentent souvent de s'appuyer sur une coop&#233;ration avec des universit&#233;s, priv&#233;es ou pas, all&#233;ch&#233;es en tout cas par les retomb&#233;es financi&#232;res (ne serait-ce que celles provenant de la capitalisation sur les &#171; nouveaux march&#233;s boursiers &#187;) : aux Etats-Unis, IBM et Lotus se sont alli&#233;s avec l'universit&#233; du Wisconsin, des entreprises comme onelinelearning.net et America Online avec l'universit&#233; de Californie ; un programme nomm&#233; &#171; Virtual-U &#187;(University) a &#233;t&#233; lanc&#233; au Canada...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, les minist&#232;res de l'&#233;ducation nationale et de la recherche ont lanc&#233; un appel d'offre en juin 2000, dot&#233; de 18 millions de francs, pour la constitution de &#171; campus num&#233;riques &#187;. Le projet EduFrance mis en place par All&#232;gre est d&#233;sormais pr&#233;sent&#233; comme &#171; une agence sur le march&#233; mondial de l'&#233;ducation &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-1' class='spip_note' rel='appendix' title='XXI&#176; si&#232;cle n&#176;7, revue publi&#233;e par le minist&#232;re de l'&#233;ducation nationale On peut (...)' id='nh3-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau de l'enseignement primaire et secondaire, on peut citer comme exp&#233;rience allant dans cette direction le projet &#171; Ecoles de demain &#187; mis en place par P&#233;trofina et IBM-Belgique/Luxembourg, impliquant un millier d'&#233;l&#232;ves servant de cobayes pour les &#171; didacticiels &#187; ou logiciels d'apprentissage ; ou encore, &#224; un stade plus avanc&#233;, le cas d'Educinvest (du groupe Vivendi), entreprise g&#233;rant 250 &#233;coles priv&#233;es en France, r&#233;alisant 850 millions de francs de chiffre d'affaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pouvoirs publics sont partie prenante de ces projets d'OPA sur l'&#233;ducation : sans parler des instances europ&#233;ennes, en pointe sur la question, Tony Blair a lanc&#233; en 1997 un projet d'un milliard de francs pour mettre en r&#233;seau les 32 000 &#233;coles britanniques, sous le patronage de Bill Gates ; en 1998, Strauss-Kahn invitait lui aussi &#224; &#171; une collaboration tr&#232;s &#233;troite &#187; le PDG de Microsoft, qui investit par ailleurs beaucoup dans son association &#171; Graines de multim&#233;dia &#187;, pr&#233;sent&#233;e comme &#171; un laboratoire pour &#233;tudier les blocages structurels qui freinent l'&#233;quipement des &#233;coles &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Mais les perspectives sont encore virtuelles&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour l'heure, la &#171; marchandisation de l'enseignement par Internet &#187; semble tout de m&#234;me encore &#224; l'&#233;tat de projet ; et il est trop t&#244;t pour dire avec quelle ampleur elle se fera. Apr&#232;s tout, la cr&#233;ation d'&#233;coles ou de fili&#232;res r&#233;pondant &#224; des besoins pr&#233;cis du patronat est vieille comme les Etats bourgeois. Et l'enseignement &#224; distance priv&#233; a d&#233;j&#224; connu des heures de gloire au d&#233;but du si&#232;cle (en 1924, aux Etats-Unis, il &#171; instruisait &#187; quatre fois plus de personnes que l'enseignement sup&#233;rieur classique), avant de s'effondrer. A chaque &#233;volution des technologies de la communication (t&#233;l&#233;phone, film, cassette audio et vid&#233;o...), on a imprudemment pr&#233;dit une explosion du secteur. Mais il est vrai aussi qu'Internet offre des outils d'une souplesse extraordinaire, qui pourraient permettre aux capitalistes de transformer en immenses aires d'investissements des secteurs de l'activit&#233; sociale qui jusqu'&#224; pr&#233;sent ne leur &#233;taient pas directement accessibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beno&#238;t MARCHAND&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb3-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-1' class='spip_note' title='Notes 3-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;XXI&#176; si&#232;cle n&#176;7, revue publi&#233;e par le minist&#232;re de l'&#233;ducation nationale On peut aussi y lire : &#171; Le d&#233;veloppement des &#233;changes r&#233;pond &#224; un enjeu culturel, puisqu'il s'agit de la formation des &#233;lites des pays &#233;trangers, et &#233;conomiques, dans la mesure o&#249; ce secteur repr&#233;sente, par exemple, aux Etats-Unis le quatri&#232;me poste d'exportation rapportant chaque ann&#233;e plus de 7 milliards de dollars &#187;. On est tr&#232;s loin d'une logique de service public comme cela &#233;tait affirm&#233; initialement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> L'&#233;cole, &#224; quoi &#231;a sert ?
</title>
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		<dc:date>2000-11-30T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Enseignement
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
</dc:subject>

		<description>On a voulu nous vendre l'&#233;cole comme un produit miracle. Pas seulement un lieu o&#249; l'on apprend, mais une machine &#224; transformer la soci&#233;t&#233;, &#224; assurer le progr&#232;s social, la promotion des classes populaires. Et m&#234;me, au passage, &#224; former de bons petits citoyens. &lt;br /&gt;L'&#233;cole id&#233;ale serait celle de &#171; l'&#233;galit&#233; des chances &#187;. Voil&#224; bien un r&#234;ve de bourgeois : la comp&#233;tition, d&#232;s l'enfance, pour prendre les meilleures places. Honneur aux riches de cette soci&#233;t&#233; id&#233;ale, qui ont si bien travaill&#233; &#224; l'&#233;cole ; honte aux&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On a voulu nous vendre l'&#233;cole comme un produit miracle. Pas seulement un lieu o&#249; l'on apprend, mais une machine &#224; transformer la soci&#233;t&#233;, &#224; assurer le progr&#232;s social, la promotion des classes populaires. Et m&#234;me, au passage, &#224; former de bons petits citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cole id&#233;ale serait celle de &#171; l'&#233;galit&#233; des chances &#187;. Voil&#224; bien un r&#234;ve de bourgeois : la comp&#233;tition, d&#232;s l'enfance, pour prendre les meilleures places. Honneur aux riches de cette soci&#233;t&#233; id&#233;ale, qui ont si bien travaill&#233; &#224; l'&#233;cole ; honte aux abonn&#233;s de l'ANPE, les cancres de la r&#233;publique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, m&#234;me cette triste m&#233;ritocratie est bidon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ch&#244;mage ? Pr&#233;carit&#233; ? Sales boulots mal pay&#233;s ? D&#233;crochez des dipl&#244;mes, et vous vous en sortirez, nous a-t-on serin&#233;. La gauche a m&#234;me ench&#233;ri l&#224;-dessus : &#171; 80% d'une classe d'&#226;ge devra avoir le bac &#187;, avait pr&#233;venu le ministre Chev&#232;nement en 1984. La part de la classe d'&#226;ge passant son bac a grimp&#233; de 30 % en 1985 &#224; plus de 60 % aujourd'hui. Les classes populaires ont envahi les lyc&#233;es, certes. Le ch&#244;mage dans le dos, les jeunes ont fait la course aux dipl&#244;mes. Les patrons, la course aux profits. R&#233;sultat ? Le bac ne vaut plus grand chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retour &#224; la r&#233;alit&#233; : ce n'est pas l'&#233;cole qui change la soci&#233;t&#233;. C'est la soci&#233;t&#233; actuelle qui fabrique une &#233;cole &#224; son image, o&#249; l'enfant de prol&#233;taire n'est l'&#233;gal de l'enfant de bourgeois que pour rire, o&#249; il y a des lyc&#233;es poubelles et des lyc&#233;es d'&#233;lite. L'&#233;cole de la r&#233;publique sert &#224; fournir au capital la main d'&#339;uvre dont il a besoin, adapt&#233;e si possible aux technologies de l'&#233;conomie moderne. C'est une gare de triage : tant d'&#233;l&#232;ves pour la m&#233;canique auto, tant pour la couture, le secr&#233;tariat, le g&#233;n&#233;ral, tant pour les &#233;coles d'ing&#233;nieurs. Les &#171; r&#233;formateurs &#187; du minist&#232;re ont les pieds sur terre. Ils veulent, dans les lyc&#233;es, all&#233;ger les programmes : moins d'histoire et de litt&#233;rature, plus de technologies et de traitement de texte. &#171; Il faut adapter l'&#233;cole &#224; ses nouveaux publics &#187;, disent les slogans du ministre. Pourquoi en effet donner de la culture g&#233;n&#233;rale &#224; des &#233;l&#232;ves destin&#233;s &#224; servir les ateliers et les bureaux du capital ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'on leur ajoute un zest &#171; d'&#233;ducation civique &#187; (une demie-heure par semaine) et on m&#233;tamorphosera nos sauvageons en bons petits citoyens bien sages. Enfin, on l'esp&#232;re. Voil&#224; pour le volet &#171; &#233;ducation &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est entendu : l'&#233;cole &#233;tait un &#171; ascenseur social &#187; &#224; condition de n'embarquer que quelques passagers. Aujourd'hui, tout le monde serait mont&#233; dedans. Mais il ne d&#233;colle pas. Et des centaines de milliers de lyc&#233;es se sont mobilis&#233;s. Pas pour d&#233;fendre cette &#233;cole-l&#224;, cette machine &#224; trier la main d'&#339;uvre. Mais pour une &#233;ducation qui ne soit pas au rabais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeune prol&#233;taire qui, il y a encore 30 ans, f&#234;tait ses 15 ans &#224; l'atelier, se retrouve aujourd'hui au lyc&#233;e. Et il fait le d&#233;sespoir de ses profs. Les lyc&#233;ens font plein de fautes et regardent trop la t&#233;l&#233; ? Peut-&#234;tre. Quoi que, hier&#8230; Mais pour toute une g&#233;n&#233;ration, le niveau est tout de m&#234;me mont&#233; : assez en tout cas pour contester dans la rue la camelote scolaire que le syst&#232;me leur sert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard Rudelli&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> O&#249; commencerait la vraie r&#233;forme ?
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Ou-commencerait-la-vraie-reforme</link>
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		<dc:subject>Enseignement
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
</dc:subject>

		<description>L'&#233;cole actuelle assure plus ou moins le SMIC scolaire pour la majorit&#233;. Et encore, c'est la minorit&#233; des enfants d&#233;j&#224; bien pourvus &#224; la maison qui sont le plus &#224; m&#234;me d'assimiler ce plateau repas &#233;ducatif. Et ce que le fast-food scolaire n'offre pas, les nantis et tr&#232;s nantis ont mille moyens de le trouver ailleurs. &lt;br /&gt;Mais l'&#233;cole d&#233;mocratique, la vraie &#8211; pas la mal bouffe scolaire, mais la gastronomie culturelle pour tous &#8211;, qui donnerait effectivement acc&#232;s &#224; la culture, c'est-&#224;-dire aux arts, aux&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;cole actuelle assure plus ou moins le SMIC scolaire pour la majorit&#233;. Et encore, c'est la minorit&#233; des enfants d&#233;j&#224; bien pourvus &#224; la maison qui sont le plus &#224; m&#234;me d'assimiler ce plateau repas &#233;ducatif. Et ce que le fast-food scolaire n'offre pas, les nantis et tr&#232;s nantis ont mille moyens de le trouver ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'&#233;cole d&#233;mocratique, la vraie &#8211; pas la mal bouffe scolaire, mais la gastronomie culturelle pour tous &#8211;, qui donnerait effectivement acc&#232;s &#224; la culture, c'est-&#224;-dire aux arts, aux sciences, &#224; la litt&#233;rature, aux techniques et autres arts de vivre &#224; l'ensemble de la jeune g&#233;n&#233;ration ? Comment la mettre en place ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'heure, pas besoin de rechercher de nouvelles recettes p&#233;dagogiques. De ce c&#244;t&#233;-l&#224;, il n'y a pas franchement p&#233;nurie. Transmettre efficacement le savoir aux m&#244;mes, sans qu'ils regardent les mouches voler en attendant de chahuter, en fait, on sait faire. Les &#233;coles exp&#233;rimentales et pionni&#232;res, anim&#233;es par des p&#233;dagogues li&#233;s au mouvement ouvrier ou simplement aux r&#233;formateurs bourgeois, n'ont pas manqu&#233; depuis cent cinquante ans. La recherche p&#233;dagogique elle-m&#234;me se porte plut&#244;t bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenez une &#233;quipe pluridisciplinaire constitu&#233;e d'&#233;ducateurs confirm&#233;s, c'est-&#224;-dire ayant aussi une exp&#233;rience de la vie sociale et professionnelle, et de quelques artistes : faites-l&#224; suivre une classe de quartier populaire quelques ann&#233;es de suite. Les r&#233;sultats seront l&#224; (ils sont d&#233;j&#224; l&#224;, &#224; titre &#171; exp&#233;rimental &#187;, car les bonnes id&#233;es ne sont jamais appliqu&#233;es qu'&#224; titre exp&#233;rimental dans cette fichue soci&#233;t&#233;). Bref, mettez un encadrement &#224; raison&#8230; disons d'un adulte comp&#233;tent du monde scolaire et extra scolaire pour cinq m&#244;mes, durant l'ensemble de leur cursus &#233;l&#233;mentaire. Oui, les r&#233;sultats seront l&#224;. Et comment !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah, &#231;a n'assurera pas forc&#233;ment un poste de ministre, de cadre sup&#233;rieur ou d'avocat d'affaires &#224; votre rejeton, ni m&#234;me un emploi tout court ! Cela ne lui donnera sans doute m&#234;me pas le go&#251;t de la r&#233;ussite sociale. Heureusement : imaginez une soci&#233;t&#233; exclusivement peupl&#233;e de ministres, d'avocats d'affaires et de Bill Gates&#8230; l'enfer ! Tout au plus cela lui donnera-t-il le go&#251;t d'un certain type d'efforts complexes, autrement dit d'un certain plaisir de vivre. Ne pariez pas l&#224;-dessus non plus pour en faire un bon petit citoyen, un anti-sauvageon comme les voudraient nos Chev&#232;nement, All&#232;gre et autres Jack Lang. L'acc&#232;s &#224; la culture, la vraie, ce n'est pas l'&#233;cole de l'ennui, donc de la docilit&#233; ou du conformisme. Des m&#244;mes du peuple tr&#232;s &#233;duqu&#233;s, cela peut faire, en toute connaissance de cause, des m&#244;mes du peuple tr&#232;s rebelles. Mais au fond, ne serait-ce pas-l&#224; le meilleur pari sur l'avenir ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les bons comptes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Bon. Ne r&#234;vons m&#234;me pas. Faisons seulement quelques comptes. Un quart de la population du pays est aujourd'hui scolaris&#233;e (12,4 millions d'&#233;l&#232;ves et d'&#233;tudiants). Ce que les statistiques officielles appellent &lt;em&gt;la D&#233;pense Int&#233;rieure d'Education&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Cette DIE (D&#233;pense Int&#233;rieure d'Education) est assur&#233;e essentiellement par (...)' id='nh4-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;, c'est-&#224;-dire &#171; &lt;em&gt;l'effort consenti par la collectivit&#233; nationale pour le fonctionnement et le d&#233;veloppement du syst&#232;me &#233;ducatif&lt;/em&gt; &#187;, repr&#233;sente 7,4 % du PIB (Produit Int&#233;rieur Brut). 7,4 % du PIB pour l'alphab&#233;tisation, la formation et l'&#233;ducation de la jeune g&#233;n&#233;ration (le quart de la population !) cens&#233;e assurer la perp&#233;tuation et l'essor de la civilisation, cela rel&#232;ve de l'&#233;conomie culturelle de p&#233;nurie. Il est vrai que c'est un choix de soci&#233;t&#233;, de leur soci&#233;t&#233;. Simple question : quelle part du PIB repr&#233;sente aujourd'hui ce qu'on pourrait appeler la d&#233;pense int&#233;rieure publicitaire ? Il est &#233;vident qu'un gouvernement sous contr&#244;le ouvrier ferait d'autres choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Petit zoom sur le d&#233;tail des d&#233;penses actuelles d'&#233;ducation : en moyenne, la collectivit&#233; nationale, donc, consacre chaque ann&#233;e 34 900 francs par &#233;l&#232;ve ou &#233;tudiant. C'est une moyenne. Une ann&#233;e d'enfant en maternelle vaut 22 400 francs, une ann&#233;e en primaire, 23 000. A l'autre bout de la scolarit&#233;, l'ann&#233;e d'un &#233;l&#232;ve ing&#233;nieur universitaire co&#251;te 89 200 francs, pr&#232;s de quatre fois plus (chiffres du minist&#232;re). Normal ? L&#224; aussi, question de choix. Nul doute qu'il faille au moins ces 89 200 F par an pour faire un ing&#233;nieur correct. Et si, pour commencer, la soci&#233;t&#233; consentait par an pour l'&#233;ducation de tous les bambins et les m&#244;mes de moins de onze ans ne serait-ce qu'autant que ce qu'elle donne par an pour un fils de famille admis dans une grande &#233;cole ? Quatre fois plus de moyens, cela signifierait cinq &#224; six &#233;l&#232;ves par section en maternelle et primaire (dit autrement un encadrement d'un adulte pour 5 enfants) au lieu des 25 enfants et plus actuels par classe. D&#233;j&#224; un &#233;norme changement qualitatif ! Cela ne voudra sans doute pas dire tous ing&#233;nieurs en fin de course. Mais peut-&#234;tre une g&#233;n&#233;ration d'ouvriers et d'employ&#233;s qui n'auront plus envie que d'autres parlent &#224; leur place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une utopie, un syst&#232;me &#233;ducatif qui pr&#233;voit plus d'argent pour une ann&#233;e de maternelle, de primaire et de secondaire g&#233;n&#233;ral que pour un &#233;l&#232;ve de Polytechnique ou de Centrale ? L&#224; aussi. Tenons-nous &#224; de froides comparaisons : le co&#251;t d'un chien de travail (chien d'avalanche, chien guide, chien policier&#8230;) au bout de 18 mois &#224; 2 ans de dressage (pardon, pour ce qui est des chiens, on dit d&#233;sormais entra&#238;nement ou &#171; &#233;ducation &#187; canine) revient environ &#224; 80 000 francs. Autrement dit, l'ann&#233;e &#233;ducative canine revient un peu plus cher que l'ann&#233;e &#233;ducative de l'enfant de maternelle ou de primaire&#8230; Bref, la collectivit&#233; actuelle consacre un peu plus d'effort &#224; l'&#233;ducation de ses chiens que de ses m&#244;mes ! Par quoi commencerait une v&#233;ritable r&#233;forme de l'&#233;ducation ? Soyons modestes : faire en sorte qu'une ann&#233;e m&#244;me repr&#233;sente deux ou trois ann&#233;es chien. Ce ne serait pas encore le socialisme, mais cela &#233;claircirait un peu l'horizon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Huguette Chevireau&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Ailleurs comme ici&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pendant quatre ans, une &#233;quipe de chercheurs britanniques, sous la direction du professeur Peter Blatchford (Universit&#233; de Londres), a suivi deux groupes de 8000 &#233;l&#232;ves durant les trois premi&#232;res ann&#233;es de l'&#233;cole fondamentale (4 &#224; 7 ans). Elle a mis en &#233;vidence que la r&#233;ussite scolaire est favoris&#233;e par des classes moins nombreuses. En math&#233;matiques, en lecture, des classes de 15 &#233;l&#232;ves permettent de mieux apprendre, plus vite et r&#233;duit les &#233;cart de r&#233;sultats entre les enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme quoi les innovations p&#233;dagogiques n'ont pas la facult&#233; de gommer les difficult&#233;s n&#233;es des classes surcharg&#233;es. Mais il est &#233;vident que ces conclusions, par leurs incidences budg&#233;taires (augmentation de 20 % du budget de l'Education en Grande Bretagne) n'est pas pour plaire aux gouvernements de l'Union europ&#233;enne, quelle que soit leur couleur politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M.G.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb4-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-1' class='spip_note' title='Notes 4-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cette DIE (D&#233;pense Int&#233;rieure d'Education) est assur&#233;e essentiellement par l'Etat (65 %) et les collectivit&#233;s territoriales (20 %). Les m&#233;nages, avec un peu plus de 7 %, sont le troisi&#232;me financeur. Viennent seulement ensuite les entreprises avec &#224; peine 6 % (par le biais de la taxe d'apprentissage et du financement de la formation continue), puis les organismes de S&#233;curit&#233; Sociale (1 %) et les autres administrations (1 %) &#8211; Notes d'information du minist&#232;re de l'Education Nationale d'ao&#251;t 1997.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title> Leur &#233;cole et la n&#244;tre
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Leur-ecole-et-la-notre</link>
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		<dc:subject>Enseignement
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
</dc:subject>

		<description>Il serait vain et pr&#233;tentieux de vouloir d&#233;terminer ce que sera l'&#233;cole dans une soci&#233;t&#233; lib&#233;r&#233;e de l'exploitation capitaliste. On peut cependant se risquer au moins &#224; une affirmation, c'est qu'elle ne sera pas une simple transformation et d&#233;mocratisation de l'institution scolaire actuelle. Le syst&#232;me scolaire, sa structure m&#234;me et son contenu, sont fondamentalement d&#233;termin&#233;s pour r&#233;pondre aux besoins de la bourgeoisie &#224; la fois en terme de formation-qualification de la force de travail et d'encadrement&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il serait vain et pr&#233;tentieux de vouloir d&#233;terminer ce que sera l'&#233;cole dans une soci&#233;t&#233; lib&#233;r&#233;e de l'exploitation capitaliste. On peut cependant se risquer au moins &#224; une affirmation, c'est qu'elle ne sera pas une simple transformation et d&#233;mocratisation de l'institution scolaire actuelle. Le syst&#232;me scolaire, sa structure m&#234;me et son contenu, sont fondamentalement d&#233;termin&#233;s pour r&#233;pondre aux besoins de la bourgeoisie &#224; la fois en terme de formation-qualification de la force de travail et d'encadrement de la jeunesse (discipline, contenu id&#233;ologique, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si les conditions sociales, politiques et culturelles ont chang&#233;, il n'est pas inutile de revenir &#224; la fois &#224; la probl&#233;matique de l'exp&#233;rience sovi&#233;tique des ann&#233;es qui ont imm&#233;diatement suivi la r&#233;volution russe, et &#224; celle, li&#233;e pour partie &#224; la premi&#232;re, de ce qu'on a appel&#233; &lt;em&gt;le Front culturel rouge&lt;/em&gt; qui se d&#233;veloppera dans les ann&#233;es 1920, notamment en France et en Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;cret du 16 octobre 1918, &#233;crit par Lounatcharsky, d&#233;finit la politique sovi&#233;tique en mati&#232;re d'&#233;ducation. On peut regrouper les mesures en trois cat&#233;gories :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;a) la mise en place d'un syst&#232;me &#233;ducatif unique, gratuit et obligatoire.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est compos&#233; de deux degr&#233;s (7/13 ans et 13/17 ans) avec regroupement des &#233;tablissements. &#171; La classification des ma&#238;tres d'apr&#232;s des cat&#233;gories est abolie et tous les travailleurs scolaires per&#231;oivent les m&#234;mes indemnit&#233;s&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Publi&#233; dans &#171; L'Internationale communiste et l'&#233;cole de classe &#187;. Daniel (...)' id='nh5-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; &#187;. Mais il faut noter que cette &#233;cole n'entra&#238;ne ni &#233;tatisation, ni uniformit&#233; puisque l'article 11 indique que &#171; le r&#232;glement pr&#233;sentement &#233;tabli s'applique &#224; toutes les &#233;coles fond&#233;es sur initiative priv&#233;e. Il pourra &#234;tre accord&#233; &#224; ces &#233;coles des cr&#233;dits &#233;tatiques suppl&#233;mentaires, dans le cas o&#249; elles auront &#233;t&#233; reconnues par la section locale pour la formation du peuple, comme m&#233;ritant d'&#234;tre encourag&#233;es &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;b) un syst&#232;me &#233;ducatif qui lie travail scolaire et travail productif&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une remise en cause radicale de l'&#233;cole comme institution s&#233;par&#233;e de la soci&#233;t&#233; : &#171; Le fondement de la vie scolaire doit &#234;tre le travail productif (&#8230;) en tant qu'activit&#233; productive et socialement n&#233;cessaire. Il doit &#234;tre li&#233; &#233;troitement et de mani&#232;re organique &#224; l'enseignement et se doit de saisir scientifiquement la r&#233;alit&#233; ext&#233;rieure dans sa totalit&#233;. (&#8230;) Le principe du travail devient un moyen p&#233;dagogique efficace, lorsque le travail &#224; l'&#233;cole, tout en &#233;tant planifi&#233; et organis&#233; socialement, est men&#233; de mani&#232;re cr&#233;ative, ex&#233;cut&#233; avec joie et sans exercer une action violente sur la personnalit&#233; de l'enfant. Dans ce sens, l'&#233;cole repr&#233;sente une &#171; commune scolaire qui, par son proc&#232;s de travail, &#233;tablit une liaison &#233;troite et organique avec le monde ext&#233;rieur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle conception de la vie scolaire ne peut &#234;tre d&#233;fendue, bien s&#251;r, dans le cadre du capitalisme o&#249; le travail des enfants ou des adolescents est directement soumis &#224; l'exploitation capitaliste. Et nous sommes bien &#233;videmment pour l'interdiction du travail des enfants ou contre toute mesure qui vise &#224; raccourcir la dur&#233;e de scolarisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;c) un syst&#232;me &#233;ducatif non r&#233;pressif et qui ne s&#233;lectionne pas&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne doit donner aucun devoir ni aucun travail obligatoire &#224; faire &#224; la maison. A l'&#233;cole aucune punition d'aucune sorte n'est tol&#233;r&#233;e. Toutes les &#233;preuves : examens d'entr&#233;e, examens de passage et examens de sortie, sont supprim&#233;es. A cela, s'ajoute une v&#233;ritable organisation autogestionnaire des &#233;tablissement scolaires o&#249; les &#233;l&#232;ves ont toute leur place et o&#249; le paternalisme est exclu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces mesures, qui seront toutes remises en cause &#224; partir de 1928, sont pour partie marqu&#233;es par le contexte historique. Mais elles ont pourtant un int&#233;r&#234;t : celui de ne pas consid&#233;rer l'&#233;cole telle qu'elle &#233;tait (ou comme elle est aujourd'hui) comme quelque chose de naturel et de pr&#233;coniser une v&#233;ritable rupture et non pas une simple transformation de la conception du syst&#232;me &#233;ducatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, cette approche de l'&#233;cole sera d&#233;fendue par le Front culturel rouge ce qui allait de pair avec une critique radicale de l'institution scolaire suivant laquelle &#171; la vieille &#233;cole ne peut servir au prol&#233;tariat &#187;. Pour les r&#233;volutionnaires des ann&#233;es 1920, l'&#233;cole fait partie de l'appareil d'Etat capitaliste et il s'agit pour eux de gripper le fonctionnement de toutes les institutions de l'Etat, y compris l'&#233;cole, de mener une v&#233;ritable gu&#233;rilla scolaire. Ainsi, pour ne prendre qu'un exemple, lors du cinquanti&#232;me anniversaire de l'&#233;cole de Jules Ferry, l'Internationale des Travailleurs de l'Enseignement (ITE) sortait une affiche sur laquelle on pouvait lire : &#171; &lt;em&gt;A bas les f&#234;tes du cinquantenaire ! Travailleur ! La bourgeoisie se sert de l'&#233;cole contre toi et tes enfants !&lt;/em&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conception allait heurter de plein fouet les traditions les plus gauches qui existaient en France et qui d&#233;fendaient la neutralit&#233; scolaire et la la&#239;cit&#233;, deux questions consid&#233;r&#233;es avec raison comme de totales supercheries par l'ITE, autour desquelles d'ailleurs s'est constitu&#233;e une alliance de classe entre bourgeoisie, petite bourgeoisie mais aussi mouvement ouvrier. Et &#224; y bien regarder, la question reste d'actualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, s'il est totalement justifi&#233; de lutter contre la politique lib&#233;rale dont l'&#233;cole est aujourd'hui une des cibles et qui va dans le sens d'une accentuation des discriminations sociales, on ne peut se contenter d'en rester l&#224;. Sinon, in&#233;vitablement, on tombe dans le pi&#232;ge de revendiquer la d&#233;mocratisation et l'&#233;galit&#233; scolaire alors que l'institution scolaire est fondamentalement in&#233;galitaire de par son organisation, sa conception m&#234;me de l'acquisition des connaissances, et reste un &#233;l&#233;ment essentiel de la domination id&#233;ologique de la bourgeoisie. Ce refus de remettre en cause l'institution scolaire en tant que telle est d'ailleurs un des fondements essentiels du r&#233;formisme des organisations syndicales enseignantes dans leur ensemble, lequel a malheureusement d&#233;teint bien au-del&#224;. Ni l'&#233;cole de Jules Ferry, ni celle d'aujourd'hui ne sont les n&#244;tres. Une institution qui n'est certes pas &#224; l'abri de crises qui expriment soit une inadaptation face aux besoins de la soci&#233;t&#233; capitaliste elle-m&#234;me, soit qui est le produit de la contradiction entre sa fonction et ses objectifs et les aspirations de la jeunesse comme cela a &#233;t&#233; le cas en Mai 68, mais aussi potentiellement dans le cadre des mobilisations de la Seine Saint-Denis. Et c'est bien sur ces luttes qu'il faut s'appuyer pour remettre en cause l'institution scolaire en tant que telle, remise en cause qui doit &#234;tre partie prenante d'une perspective r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;once Aguirre&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb5-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-1' class='spip_note' title='Notes 5-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Publi&#233; dans &#171; L'Internationale communiste et l'&#233;cole de classe &#187;. Daniel Lindenberg. Collection Fran&#231;ois Maspero&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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