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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskyste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> Les leurres du &#171; communisme municipal &#187;
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		<description>Il est arriv&#233; au mouvement ouvrier d'inspiration marxiste, &#224; la fin du 19&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, de conqu&#233;rir des mairies de villes ouvri&#232;res. Il les consid&#233;rait comme des bastions pour organiser les luttes, promouvoir les Bourses de travail. Il ne craignait pas de prendre le risque de voir ses maires r&#233;voqu&#233;s par les pr&#233;fectures. Mais la gestion municipale, &#224; proprement parler, a &#233;t&#233; pour les partis ouvriers r&#233;formistes, qu'ils se disent socialistes ou communistes, l'un des facteurs d'int&#233;gration &#224; l'appareil&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il est arriv&#233; au mouvement ouvrier d'inspiration marxiste, &#224; la fin du 19&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, de conqu&#233;rir des mairies de villes ouvri&#232;res. Il les consid&#233;rait comme des bastions pour organiser les luttes, promouvoir les Bourses de travail. Il ne craignait pas de prendre le risque de voir ses maires r&#233;voqu&#233;s par les pr&#233;fectures. Mais la gestion municipale, &#224; proprement parler, a &#233;t&#233; pour les partis ouvriers r&#233;formistes, qu'ils se disent socialistes ou communistes, l'un des facteurs d'int&#233;gration &#224; l'appareil politique bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;A la conqu&#234;te des municipalit&#233;s avant 1914 &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le 6 juin 1882, le premier maire socialiste de l'histoire, Christophe Thivrier, ouvrier depuis l'&#226;ge de 10 ans, se pr&#233;sente en blouse de travail &#224; la mairie de Commentry (Allier). &#192; cette &#233;poque, l'opposition de classe appara&#238;t clairement dans la composition des listes &#233;lectorales : &#224; droite, des patrons petits et grands, et des notables. &#192; gauche, des ouvriers et plus rarement des employ&#233;s. L'affrontement oppose assez souvent le patron de l'usine de la ville au leader syndical. Comme &#224; Carmaux, en 1892, o&#249; le syndicaliste mineur Jean-Baptiste Calvignac porte les couleurs du socialisme face &#224; son patron le baron Reille. Son licenciement d&#233;clencha une longue gr&#232;ve r&#233;prim&#233;e par l'arm&#233;e. La m&#234;me ann&#233;e, les socialistes Henri Carrette et Sim&#233;on Flaissi&#232;res sont &#233;galement &#233;lus maires, respectivement de Roubaix et Marseille&#8230; En 1912, &#224; la veille de la guerre, on compte 297 municipalit&#233;s socialistes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Quand Jules Guesde ne croyait pas au &#171; socialisme municipal &#187; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement ouvrier est alors divis&#233; entre deux courants principaux : le Parti ouvrier de Jules Guesde et les &#171; possibilistes &#187; &#8211; on dirait aujourd'hui les r&#233;formistes &#8211; men&#233;s par Paul Brousse. Les positions des guesdistes sont radicales, du moins au cours des premi&#232;res ann&#233;es. Le pouvoir communal ne peut &#234;tre qu'une base pour partir &#224; l'assaut du pouvoir central. L'influence de la Commune de Paris est encore tr&#232;s forte. Leur programme pr&#233;conise le droit de vote et d'&#233;ligibilit&#233; pour les femmes, l'armement dans la commune de tous les citoyens, le d&#233;sarmement et le licenciement des forces de police. Sur le plan &#233;conomique, la commune doit se proclamer h&#233;riti&#232;re de toutes les successions, ma&#238;tresse des services publics et s'engager &#224; cr&#233;er des entreprises pour donner du travail aux ch&#244;meurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jules Guesde d&#233;clare qu'il ne peut pas exister de &#171; socialisme municipal &#187;. M&#234;me si son programme, pour les &#233;lections municipales de 1892, pr&#233;sente des revendications plus modestes et imm&#233;diatement r&#233;alisables : cantines scolaires, sanatoriums, dispensaires, maternit&#233;s, bains publics gratuits, bureaux d'aide sociale et juridique, Bourse du travail. Pour leur soutien aux travailleurs, de nombreux maires socialistes sont r&#233;voqu&#233;s ou poursuivis en justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais sur le terrain, les relations des maires socialistes avec diverses institutions bourgeoises, dont la pr&#233;fecture, transforment leur vision de l'&#201;tat. M&#234;me les guesdistes sont rapidement acquis aux pratiques r&#233;formistes du pouvoir municipal. Tous se consacrent &#224; essayer d'am&#233;liorer les conditions de vie de la classe ouvri&#232;re dans le cadre du syst&#232;me capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la veille de la Premi&#232;re Guerre mondiale, nombre de maires socialistes sont d&#233;j&#224; devenus des notables&#8230; entra&#238;n&#233;s &#224; la d&#233;claration de guerre, comme la direction de leur parti par le courant patriotique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'Internationale communiste et les municipalit&#233;s &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En 1920, l'Internationale communiste avait d&#233;fini la tactique des r&#233;volutionnaires face aux instances d&#233;mocratiques. &lt;em&gt; &#171; Les parlements bourgeois, constituant un des principaux appareils de la machine gouvernementale de la bourgeoisie, ne peuvent pas plus &#234;tre conquis par le prol&#233;tariat que l'&#201;tat bourgeois en g&#233;n&#233;ral &#187; &lt;/em&gt;. L'IC pr&#233;cisait qu'il &lt;em&gt; &#171; en est de m&#234;me des institutions municipales ou communales de la bourgeoisie, qu'il est th&#233;oriquement faux d'opposer aux organes gouvernementaux. &#192; la v&#233;rit&#233;, elles font aussi partie du m&#233;canisme gouvernemental de la bourgeoisie : elles doivent &#234;tre d&#233;truites par le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire et remplac&#233;es par les Soviets de d&#233;put&#233;s ouvriers &#187; &lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, pour les &#233;lections municipales 1925, le jeune Parti communiste se pr&#233;sente, face au &#171; Bloc national &#187; des partis de droite et au &#171; Bloc des gauches &#187;, sous l'&#233;tiquette d'un &#171; Bloc ouvrier paysan &#187; dont l'objectif est pr&#233;cis&#233; ainsi : &lt;em&gt; &#171; Qu'il soit ma&#238;tre de la Mairie, en minorit&#233; ou absent du Conseil municipal, le Bloc Ouvrier Paysan fera son travail municipal. En dehors de la mairie, en marge des organismes municipaux constitutionnels, le Bloc des Municipalit&#233;s Ouvri&#232;res et Paysannes fonctionnera et sera anim&#233; d'une vie propre. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; Elus ou non, c'est avec les masses prol&#233;tariennes et rurales que les communistes feront leur travail municipal. C'est avec les repr&#233;sentants des organisations prol&#233;tariennes, avec les groupements de locataires, de mal lotis, d'anciens combattants, avec les comit&#233;s de march&#233;s, d'usagers, de consommateurs, avec la masse des femmes, des soldats, des apprentis (priv&#233;s de toute repr&#233;sentation politique), avec successivement toutes les cat&#233;gories de travailleurs, dont les int&#233;r&#234;ts imm&#233;diats seront directement en jeu, qu'ils envisageront les modalit&#233;s selon lesquelles l'action du B.O.P. (Bloc Ouvrier Paysan) sera bien l'expression directe de la volont&#233; des masses exploit&#233;es &#187;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre la crise des loyers et du logement, il pr&#233;conise &lt;em&gt; &#171; la construction en quantit&#233; suffisante de logements sains &#187; &lt;/em&gt; et &lt;em&gt; &#171; la d&#233;claration obligatoire des logements vacants et leur location directe par les offices municipaux du logement &#187; &lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il insiste sur le fait que &lt;em&gt; &#171; La lutte pour les municipalit&#233;s, surtout dans les circonstances pr&#233;sentes, ne peut se d&#233;rouler sur le terrain &#233;troit des seules revendications locales &#187; &lt;/em&gt;. Il avance des mesures plus g&#233;n&#233;rales telle celle &lt;em&gt; &#171; contre les cons&#233;quences de la crise &#233;conomique &#8211; Le maintien strict de la journ&#233;e de huit heures ; l'interdiction pour le patronat de licencier un seul ouvrier tant que la journ&#233;e de huit heures ne sera pas int&#233;gralement appliqu&#233;e, dans telle ou telle entreprise &#187; &lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que le droit de vote ne sera accord&#233; aux femmes que 20 ans plus tard, le Parti communiste r&#233;clame pour elles le droit de vote et de mettre des candidates sur ses listes. Les pr&#233;fets ont beau rappeler aux mairies qu'en d&#233;pit &lt;em&gt; &#171; des informations parues dans certains journaux &lt;/em&gt; [&#8230;] &lt;em&gt; les bulletins portant des noms de femmes sont nuls &#187; &lt;/em&gt;, dix femmes seront n&#233;anmoins &#233;lues&#8230; r&#233;voqu&#233;es quelques mois plus tard par la pr&#233;fecture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le Parti Communiste &lt;em&gt; &#171; entend relier de la fa&#231;on la plus serr&#233;e les revendications municipales aux grandes questions &#233;conomiques et politiques d'ordre national et international qui les conditionnent presque enti&#232;rement &#187; &lt;/em&gt;. Mussolini &#233;tant au pouvoir depuis 1922 en Italie, il fait donc par exemple figurer la lutte contre le fascisme dans son programme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les maires communistes de ces premi&#232;res ann&#233;es du PC, anciens &#233;lus socialistes qui ont suivi la majorit&#233; du congr&#232;s de Tours (d&#233;cembre 1920) ou nouveaux &#233;lus des &#233;lections de 1925, sont amen&#233;s &#224; affronter l'&#201;tat, par exemple en soutenant les mutins de la Mer noire qui ont refus&#233; de combattre contre l'URSS, puis contre la guerre du RIF en 1924, quand le PC de l'&#233;poque prend de courageuses positions anti-colonialistes. Des maires et conseillers municipaux sont arr&#234;t&#233;s. Ils m&#232;nent aussi des luttes vigoureuses sur le terrain du logement, n'h&#233;sitant pas &#224; menacer de repr&#233;sailles physiques les &#171; vautours &#187; &#8211; surnom des propri&#233;taires h&#233;rit&#233; de l'&#233;poque de la Commune &#8211; et s'opposent physiquement aux tentatives d'expulsion. Enfin le maire communiste est souvent en premi&#232;re ligne pour soutenir les gr&#233;vistes des entreprises locales &#224; qui sont attribu&#233;s des salles de r&#233;unions, des cantines, des allocations, la gratuit&#233; de diff&#233;rents services.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les maires communistes r&#233;tifs aux consignes &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de maires, qui n'ont adh&#233;r&#233; au PC que pour ne pas se couper de leurs &#233;lecteurs ouvriers, rechignent &#224; appliquer les nouvelles directives. Certains retournent &#224; la SFIO, les plus nombreux font le dos rond. Mais dans le PC lui-m&#234;me, la politique dite de &#171; bolchevisation &#187; d&#233;cid&#233;e par Moscou, qui vise officiellement &#224; &#233;purer le parti, et en particulier les municipalit&#233;s, de leurs &#233;l&#233;ments opportunistes, et &#224; recentrer le travail militant autour des cellules d'entreprises et non plus des structures locales, tourne surtout &#224; la s&#233;lection des cadres fid&#232;les &#224; la direction stalinienne. Les maires communistes commencent &#224; suivre leurs pr&#233;d&#233;cesseurs guesdistes sur le chemin du r&#233;formisme, surtout apr&#232;s les &#233;lections de 1936 et l'alliance du Front populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le PC est interdit en 1939 &#224; la suite du pacte germano-sovi&#233;tique, certains de ses maires renient le parti pour conserver leur fauteuil, tel le maire de Bobigny Clamamus qui garda son poste&#8230; sous P&#233;tain. Sans parler du cas plus connu de Doriot, rival de Thorez et maire de Saint-Denis, exclu en 1934 pour avoir pr&#233;conis&#233; l'alliance avec la SFIO, puis fondateur en 1936 du Parti Populaire Fran&#231;ais fascisant.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;1945-47, &#224; l'heure de la &#171; reconstruction patriotique &#187; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au lendemain de la Deuxi&#232;me Guerre mondiale, le PC retrouve ses municipalit&#233;s de 1936 et en gagne de nouvelles. Il dirige ainsi 1 462 communes, dont 46 en banlieue parisienne et 4 villes de plus de 100 000 habitants : Toulon, Nantes, Limoges, Reims, auxquelles s'ajoute Marseille en 1946. On trouve dans les mairies communistes une nouvelle g&#233;n&#233;ration de cadres du PC, issus de la R&#233;sistance. La plupart sont d'origine ouvri&#232;re. Mais le PC participe au gouvernement et soutient l'effort de &lt;em&gt; &#171; reconstruction patriotique &#187; &lt;/em&gt; et ses &#233;quipes municipales peuvent &#224; la fois afficher leur soutien &#224; l'URSS, et appeler les travailleurs &#224; retrousser les manches.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le relatif isolement du temps de la guerre froide &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La guerre froide et l'&#233;viction du PC du gouvernement, en 1947, rendent plus d&#233;licate la collaboration de ses maires avec l'&#201;tat. Une nouvelle &#233;lection municipale a lieu cette ann&#233;e-l&#224;, o&#249; le Parti socialiste privil&#233;gie les alliances avec la droite pour combattre les communistes. M&#234;me dans la petite couronne parisienne, ladite &#171; banlieue rouge &#187;, le PC ne conserve que 27 mairies sur les 45 qu'il avait gagn&#233;es deux ans plus t&#244;t. Les conflits sont parfois violents, les provocations multiples, comme lorsque les milices du RPF (le parti cr&#233;&#233; par De Gaulle) effectuent une descente &#224; Ivry en 1948, obligeant les passants &#224; crier &lt;em&gt; &#171; Vive de Gaulle, &#224; bas Thorez &#187; &lt;/em&gt; et se battent avec les ouvriers. Plusieurs maires PC sont destitu&#233;s. N&#233;anmoins, dans les bastions qu'il conserve, le PC, qui caresse toujours l'espoir de revenir au gouvernement, tient &#224; continuer &#224; faire preuve de ses qualit&#233;s de gestionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;1965-77 : l'Union de la gauche et&#8230; l'&#226;ge d'or du communisme municipal &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est gr&#226;ce au retournement du PS qui cherche les alliances auxquelles la constitution gaulliste de 1958 pousse la &#171; gauche &#187; si elle veut revenir au pouvoir, qu'&#224; partir de 1965, le PC qui obtient toujours environ 20 % des voix au niveau national, voit grandir son empire municipal : 25 mairies de plus de 30 000 habitants en 1959, 33 en 1965, 45 en 1971 et 72 en 1977. C'est l'apog&#233;e du &#171; communisme municipal &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 1950 au d&#233;but des ann&#233;es 1980, sur la base d'un relatif d&#233;veloppement &#233;conomique, les appareils r&#233;formistes ont eu du grain &#224; moudre. Les maires PC peuvent se flatter de r&#233;alisations et &#233;quipements sociaux : piscines, gymnases, salle de r&#233;unions, biblioth&#232;ques, centres de vacances. Sans parler des constructions de HLM dont la distribution de logements fait la force des mairies des villes ouvri&#232;res. C'est sans doute au cours de cette p&#233;riode que l'emprise du PC sur la population est la plus forte. On retrouve le parti &#224; l'usine et dans son quartier. Clubs sportifs, associations culturelles, de jeunes, de retrait&#233;s, de locataires, centres a&#233;r&#233;s ou colonies de vacances compl&#232;tent les services offerts par la mairie. Des services sociaux certes utiles, mais dont la gestion remplace souvent chez les militants communistes les perspectives de lutte. D'autant que ces municipalit&#233;s communistes servent de vitrine &#224; cette Union de la gauche et au r&#244;le suppos&#233; que pourraient jouer les futurs camarades ministres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les maires communistes y confortent leurs positions de notables, y compris au sein de l'appareil du parti, o&#249; ils p&#232;sent d'autant plus que les mairies servent de refuges pour des permanents et militants priv&#233;s d'emploi, fournissent leurs moyens mat&#233;riels et humains pour la f&#234;te de l'Huma et passent leurs commandes aupr&#232;s des nombreuses entreprises cr&#233;&#233;es par le parti et r&#233;unies dans le groupe Gifco.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite aux &#233;lections municipales de 1977, le Parti communiste est &#224; son apog&#233;e municipal, avec 72 mairies de villes de plus de 30 000 habitants, 22 de plus qu'en 1971, dont 6 villes d&#233;passant les 100 000 habitants. Le Parti socialiste tire d&#233;j&#224; le maximum de profit de l'alliance d'Union de la gauche, sous l'&#233;tiquette de laquelle PC et PS s'&#233;taient pr&#233;sent&#233;s en commun dans la quasi-totalit&#233; de ces grandes villes, y engrangeant 81 mairies, soit 35 de plus qu'en 1971.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;1981-84 : l'&#233;preuve du pouvoir &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#199;a n'a pas tra&#238;n&#233;. Avec l'&#233;lection de Mitterrand en 1981, le blocage des salaires et les vagues de licenciements collectifs dans la sid&#233;rurgie, le discr&#233;dit du PCF et de ses quatre ministres a &#233;t&#233; rapide. La sanction est tomb&#233;e d&#232;s l'&#233;lection municipale de 1983, et plus durement sur le PC que sur le PS. Il y a perdu vingt de ses villes de plus de 30 000 habitants, dont trois de plus de 100 000 (N&#238;mes, Reims, Saint-&#201;tienne).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour tenter d'enrayer sa perte d'influence, son secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral Georges Marchais d&#233;cide la sortie des communistes du gouvernement. Bien que des maires communistes puissent para&#238;tre plus &#171; proches du peuple &#187; que leurs camarades ministres, ce retrait strat&#233;gique suscite parmi les premiers une lev&#233;e de bouclier. R&#233;novateurs, refondateurs et autres fossoyeurs des restes d'ind&#233;pendance du PC vis-&#224;-vis du PS d&#233;fendent leurs si&#232;ges que l'alliance avec les socialistes favorise. Le PCF ne perd pas seulement sa base : une partie de son appareil s'&#233;loigne pour garder ses mairies.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Depuis 1983, des banlieues rouges aux banlieues roses &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En banlieue parisienne, le maire d'Orly, Gaston Viens, est exclu du PC en 1989 pour avoir fait, par-dessus la t&#234;te du parti, sa nouvelle liste avec le PS. Jean Ooghes, maire de Sainte-Genevi&#232;ve-des-Bois choisit de le quitter la m&#234;me ann&#233;e. En f&#233;vrier 1996, c'est au tour du maire d'Arcueil, Marcel Trigon, d'entrer en dissidence et de quitter le PC, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; r&#233;&#233;lu gr&#226;ce &#224; lui, mais sur une liste o&#249; il s'&#233;tait m&#233;nag&#233; une majorit&#233; non-PC. Le maire de Montreuil, Jean-Pierre Brard le suit dans la m&#234;me voie en mai 1996.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de ces d&#233;parts, l'effritement rapide des voix du Parti communiste donne au Parti socialiste l'occasion de le r&#233;duire aussi sur le terrain municipal. Le PS avait organis&#233; d&#232;s 1983 des &#171; primaires &#224; gauche &#187; contre le PC. Avec le recul g&#233;n&#233;ral de la gauche, celles-ci furent un &#233;chec dont la droite avait b&#233;n&#233;fici&#233;. Mais aux municipales suivantes, en 1989, le PS prend au PC la ville des Mureaux, et en 1995 Ris-Orangis.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Mortelle piq&#251;re de rappel &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Chat &#233;chaud&#233; prenant go&#251;t &#224; la douche froide, le PC n'en r&#233;-entre pas moins au gouvernement, sous la houlette de Jospin en 1997, avec un rapport de forces encore plus d&#233;favorable qu'en 1981. L'effet boule de neige reprend : plus le PC s'int&#232;gre &#224; l'appareil d'&#201;tat, plus il s'associe aux attaques anti-ouvri&#232;res, plus il r&#233;duit sa base sociale. En 2001, si le parti affirme encore avoir 203 600 militants (la r&#233;alit&#233; est s&#251;rement moindre) et si sa perte de voix aux municipales est, du moins dans les villes qu'il d&#233;tient, moins grande que sa chute dans les scores nationaux, le verdict des municipales est sans appel : dix villes de plus de 30 000 habitants sont perdues, dont N&#238;mes, la derni&#232;re grande ville du PC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand elle ne passe pas au rose (Pantin) ou au vert (l'&#206;le-Saint-Denis), la banlieue rouge de Paris tourne parfois au bleu comme Colombes (77 000), Argenteuil (95 000 habitants) et Drancy (62 000), ces deux derni&#232;res ex-fiefs PC depuis 1935. Mais m&#234;me lorsque le PC garde la mairie, la victoire est am&#232;re : les &#171; places fortes &#187; du PC sont confront&#233;es &#224; une abstention qui d&#233;passe les 50 % en 2001 dans dix d'entre elles. M&#234;me les municipalit&#233;s les mieux r&#233;&#233;lues sont touch&#233;es : la liste PC de Bobigny ne rassemble que 26 % des inscrits, celle conduite par le r&#233;novateur Braouezec &#224; Saint-Denis seulement 23 %. Les &#233;lus restent, les &#233;lecteurs s'en vont&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le PS avait besoin du PC dans les ann&#233;es 1970-1980 pour revenir au pouvoir, c'est d&#233;sormais le PC qui est sous perfusion du PS, avec qui il s'efforce de marchander ses reculs.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La question du logement, l'un des pi&#232;ges du r&#233;formisme municipal &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Avec le ch&#244;mage, le manque de logements accessibles aux familles populaires en difficult&#233; croissante rend la situation inextricable du point de vue de la &#171; bonne &#187; gestion des offices publics de HLM dont les municipalit&#233;s sont parties prenantes. Et ce particuli&#232;rement dans les communes, souvent de gauche, qui ont construit et construisent le plus de logements sociaux. Cela conduit in&#233;vitablement &#224; des conflits entre mal-log&#233;s et municipalit&#233;s, m&#234;me lorsque ces derni&#232;res rechignent &#224; recourir aux expulsions pour loyers impay&#233;s dans le parc public, et cherchent &#224; les limiter de la part des bailleurs priv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les exemples r&#233;cents figure la municipalit&#233; communiste d'Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, le d&#233;partement le plus pauvre de l'&#206;le-de-France. La ville compte plus de 40 % de logements sociaux, 7 700 &#233;tant g&#233;r&#233;s par l'OPHLM aupr&#232;s duquel 3 800 demandes sont en attente. La question du squat de logements en attente de travaux ou de d&#233;molition y est devenue r&#233;currente depuis plusieurs ann&#233;es. L'&#233;t&#233; dernier, la mairie en a fait &#233;vacuer certains, appartenant &#224; l'OPHLM. Les familles &#224; la rue en attente de relogement ont &#233;t&#233; rejointes par d'autres &#233;galement menac&#233;es d'expulsion de leur squat. Mais si l'&#201;tat a apport&#233; son concours pour l'aspect r&#233;pressif, il s'est bien gard&#233; de rechercher une solution. Sans surprise d'ailleurs : en 2005 d&#233;j&#224;, c'est la municipalit&#233; qui, &#224; l'approche de l'hiver, avait fini par reloger provisoirement en foyer les expuls&#233;s ayant pass&#233; quatre mois dans la rue, la pr&#233;fecture ne proposant rien d'acceptable dans le d&#233;partement avant la sortie de l'hiver !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la crise de cet &#233;t&#233;, le maire PC s'est plac&#233; sur le terrain de l'ordre bourgeois, celui que se doit de faire respecter tout &#171; bon &#187; maire r&#233;publicain : la pr&#233;fecture faisant la sourde oreille aux demandes de relogement, il a contraint l'&#201;tat &#224; agir&#8230; mais d'abord &lt;em&gt; contre &lt;/em&gt; les anciens squatteurs, par une proc&#233;dure en r&#233;f&#233;r&#233; pour &lt;em&gt; &#171; trouble &#224; l'ordre public &#187; &lt;/em&gt; ! Ce n'est qu'apr&#232;s l'&#233;chec des tentatives d'&#233;vacuation muscl&#233;es du campement par la police que la pr&#233;fecture a finalement conclu, notamment avec l'association Droit au logement, un accord pour reloger les dizaines de familles en situation r&#233;guli&#232;re, ce que le pr&#233;fet pr&#233;tendait impossible quelques jours plus t&#244;t. Les autres sont rest&#233;es sur le carreau&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la logique du gestionnaire. Une municipalit&#233; qui se voudrait r&#233;ellement au service des travailleurs mettrait son poids, ses moyens pour d&#233;noncer les manquements de l'&#201;tat en mati&#232;re de logement, mobiliser avec les sans-logis sa population ouvri&#232;re pour imposer &#224; l'&#201;tat les cr&#233;dits de construction de logements. Dans l'urgence, elle exigerait la r&#233;quisition des logements vacants y compris dans les communes voisines riches.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Embellir les villes&#8230; et repousser la mis&#232;re ailleurs &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelques ann&#233;es, la mode est &#224; la &lt;em&gt; &#171; r&#233;novation urbaine &#187; &lt;/em&gt; et la &lt;em&gt; &#171; mixit&#233; sociale &#187; &lt;/em&gt;. Si les engagements sont tenus en 2013, l'&#201;tat aura consacr&#233; 12 milliards d'euros d'aides sur dix ans &#224; la r&#233;habilitation de 400 000 logements locatifs sociaux ainsi qu'&#224; la d&#233;molition/reconstruction de 250 000 autres. Mais derri&#232;re l'objectif affich&#233; de favoriser la mixit&#233; sociale, se cache, concernant des quartiers d&#233;favoris&#233;s ou &#224; forte population immigr&#233;e, une autre r&#233;alit&#233; : faire partir autant d'habitants pauvres ou ch&#244;meurs que possible pour favoriser l'installation de cat&#233;gories plus ais&#233;es. Si le fait est assum&#233; assez cyniquement par certaines municipalit&#233;s (notamment de droite, comme &#224; Argenteuil, en banlieue parisienne, o&#249; le maire souhaite acc&#233;l&#233;rer les d&#233;molitions de logements viables malgr&#233; l'avis des occupants), il s'impose aussi dans des municipalit&#233;s communistes qui peuvent y voir un moyen d'augmenter la proportion de locataires plus solvables dans les offices HLM &#8211; objectif &#233;videmment partag&#233; par les bailleurs &#171; sociaux &#187; priv&#233;s. La lutte pour la disparition des ghettos a parfois bon dos !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car ce ne sont pas partout les m&#234;mes populations qu'on reloge. &#192; La Courneuve, en banlieue parisienne, des d&#233;molitions de barres ont eu lieu d&#232;s 1989 ; il est apparu rapidement que les reconstructions ne seraient pas accessibles &#224; tous les anciens locataires. La m&#234;me tendance se manifeste dans les attributions de logements HLM, l&#224; o&#249; il s'en construit de nouveaux : m&#234;me dans des municipalit&#233;s de gauche il vaut mieux, pour ne pas attendre des ann&#233;es un logement social, &#234;tre petit cadre ou avoir la s&#233;curit&#233; de l'emploi, que d'&#234;tre travailleur pr&#233;caire ou charg&#233; de famille nombreuse avec un seul salaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cela s'ajoutent les effets de l'ordonnance de f&#233;vrier 2007 imposant une modification du statut des offices HLM, transform&#233;s en &lt;em&gt; &#171; &#201;tablissements publics &#224; caract&#232;re &#233;conomique et commercial &#187; &lt;/em&gt;, avec crit&#232;res de rentabilit&#233; &#224; l'appui, et l'intention du gouvernement, sous pr&#233;texte de favoriser l'accession &#224; la propri&#233;t&#233;, d'acc&#233;l&#233;rer les programmes de mise en vente d'une partie du parc de logements sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les mairies, courroies de transmission &#233;tatiques aupr&#232;s de la population &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le Parti socialiste est depuis tr&#232;s longtemps un des partis de gouvernement de la bourgeoisie. Le Parti communiste&#8230; aussi, m&#234;me s'il demeure un marginal ! M&#234;me s'il a encore (mais de moins en moins) une base militante dans les entreprises et un &#233;lectorat populaire, il se consid&#232;re lui-m&#234;me comme un parti de gestionnaires revendiquant y compris sa part de participation au pouvoir. Ayant perdu l'essentiel de sa base militante et de l'influence qu'il avait dans la classe ouvri&#232;re par le biais de la CGT, la gestion de quelques grandes municipalit&#233;s ou d'un conseil g&#233;n&#233;ral (celui de Seine-Saint-Denis que le PS compte lui rafler aux prochaines cantonales) est devenu le mode essentiel d'existence de son appareil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux mairies, celles des villes de plus de 20 000 ou 30 000 habitants, elles sont de gros appareils de gestion, brassant, sous contr&#244;le &#233;troit de l'&#201;tat, des budgets qui d&#233;passent, et de loin, les finances de ces partis (140 millions d'euros pour une seule ville de 90 000 habitants, Montreuil, alors que le budget national officiel du PC est de 32 millions ; 7 milliards d'euros pour le budget de Paris contre 48 millions pour celui du PS). Ce qui illustre le sacr&#233; poids social de ces maires et leurs liens &#233;troits avec le monde des affaires. Une ville de 40 000 &#224; 100 000 habitants emploie 1 500 ou 2 000 salari&#233;s, voire plus, et Paris en emploie 40 000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Courroies de transmission de l'&#201;tat aupr&#232;s de la population bien plus qu'&#233;manation d'elle, les mairies sont des parcelles de pouvoir dont les politiciens de gauche sont tout aussi friands que ceux de droite, et qui leur servent aussi de tremplin pour la conqu&#234;te des postes gouvernementaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si bien que pour les travailleurs, les &#233;lections qui se pr&#233;parent ne peuvent qu'&#234;tre l'occasion d'exprimer leur exasp&#233;ration face &#224; la politique anti-ouvri&#232;re du gouvernement en m&#234;me temps que leur m&#233;fiance de la gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17 janvier 2008&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Les r&#233;volutionnaires et la contre-offensive des travailleurs
</title>
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		<dc:subject>Extr&#234;me gauche
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Lutte ouvri&#232;re
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		<description>La Fraction a pr&#233;sent&#233; trois textes au congr&#232;s 2007 de Lutte ouvri&#232;re. Pour acc&#233;der &#224; l'un des autres textes, cliquez sur son titre : Les r&#233;volutionnaires et la contre-offensive des travailleurs Explorer la possibilit&#233; d'un nouveau parti r&#233;volutionnaire Municipales 2008 - l'occasion d'une campagne politique des r&#233;volutionnaires &lt;br /&gt; Vous pouvez aussi acc&#233;der &#224; l'ensemble des textes du congr&#232;s en cliquant ici. &lt;br /&gt;Les d&#233;buts de la pr&#233;sidence de Nicolas Sarkozy ont &#233;t&#233; &#224; la mesure de son pass&#233; tout au service&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;La Fraction a pr&#233;sent&#233; trois textes au congr&#232;s 2007 de Lutte ouvri&#232;re. Pour acc&#233;der &#224; l'un des autres textes, cliquez sur son titre : &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt; &lt;a href='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Les-revolutionnaires-et-la-contre' class='spip_in'&gt;Les r&#233;volutionnaires et la contre-offensive des travailleurs&lt;/a&gt; &lt;/em&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt; &lt;a href='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Explorer-la-possibilite-d-un-nouveau-parti-revolutionnaire' class='spip_in'&gt;Explorer la possibilit&#233; d'un nouveau parti r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt; &lt;/em&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt; &lt;a href='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Municipales-2008-l-occasion-d-une-campagne-politique-des-revolutionnaires' class='spip_in'&gt;Municipales 2008 - l'occasion d'une campagne politique des r&#233;volutionnaires&lt;/a&gt; &lt;/em&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; Vous pouvez aussi acc&#233;der &#224; l'ensemble des textes du congr&#232;s en cliquant &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.union-communiste.org/fr/lutte-de-classe/ndeg109&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.
&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;buts de la pr&#233;sidence de Nicolas Sarkozy ont &#233;t&#233; &#224; la mesure de son pass&#233; tout au service de la bourgeoisie, maire de Neuilly qui compte la plus forte proportion d'assujettis &#224; l'imp&#244;t sur la fortune du pays, ministre du budget de Balladur, plusieurs fois ministre sous Chirac avant de lui succ&#233;der. Sa singularit&#233; est d'avoir, d&#232;s son premier 14 juillet, lanc&#233; un feu d'artifice de mesures anti-ouvri&#232;res : contre les salaires qui ne pourraient augmenter que par la surexploitation, contre l'emploi qu'il faudrait promouvoir en aidant les patrons &#224; licencier et en supprimant chaque ann&#233;e quelques 20 000 fonctionnaires, contre la protection sociale en la rongeant par l'accroissement des franchises m&#233;dicales et les d&#233;remboursements de m&#233;dicaments, contre les retraites, contre le droit de gr&#232;ve avec l'institution du &#171; service minimum &#187; dans les transports&#8230; sans oublier la loi qui durcit les conditions d'entr&#233;e et de vie des immigr&#233;s, une fraction de la classe ouvri&#232;re dont la surexploitation par le patronat est ainsi facilit&#233;e. S&#233;rie de sacrifices pour les classes populaires d'un c&#244;t&#233;. Arrosage de tout ce que la France compte de petits et grands patrons, d'actionnaires et de rentiers de l'autre, avec la multiplication des subventions auxquelles s'est ajout&#233; un &#171; paquet fiscal &#187; de quelques 15 milliards d'euros. Et comme charit&#233; bien ordonn&#233;e commence par soi-m&#234;me, Sarkozy ne s'est pas oubli&#233; lui-m&#234;me en augmentant de 140 % son salaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premiers mois de Sarkozy et son premier ministre Fran&#231;ois Fillon ont donc &#233;t&#233; marqu&#233;s par la volont&#233; d'assommer en allant vite et tapant sur tout, leur strat&#233;gie &#233;tant d'attaquer tout le monde (dans les classes populaires) le plus rapidement possible et leur tactique d'&#233;grener quand m&#234;me les coups pour n'&#234;tre confront&#233;s qu'&#224; des r&#233;sistances isol&#233;es dont il faut &#224; tout prix &#233;viter la convergence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fort de son relativement bon score aux pr&#233;sidentielles (53 % des suffrages exprim&#233;s), Sarkozy s'est aussit&#244;t &#171; couvert &#187; du c&#244;t&#233; gauche. On pourrait dire habilement si ce n'avait &#233;t&#233; aussi facile, tant il y a de ce c&#244;t&#233; de personnalit&#233;s pr&#234;tes &#224; retourner leur veste pour d&#233;crocher un poste : de Dominique Strauss-Kahn intronis&#233; pr&#233;sident du FMI par la gr&#226;ce du pr&#233;sident, &#224; Bernard Kouchner aux ambitions sans fronti&#232;res, en passant par Fadela Amara qui se pr&#233;tendait nagu&#232;re &#171; ni pute ni soumise &#187;, Martin Hirsch l'ex-pr&#233;sident d'Emma&#252;s qui a trouv&#233; meilleur toit ou encore Jacques Attali l'&#233;ternel &#171; conseiller &#187; du Pr&#233;sident (dont la couleur de toute &#233;vidence, lui importe peu)&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des membres du Parti socialiste reste cependant &#171; de gauche &#187;, du moins telle que cette gauche s'est montr&#233;e dans la campagne pr&#233;sidentielle : ouverte au centre ! Surtout en cette p&#233;riode de pr&#233;paration f&#233;brile des municipales 2008, o&#249; le PS peut esp&#233;rer remonter un peu la pente et s'appr&#234;te &#224; faire feu de tout bois, m&#234;me s'il n'en trouve que du petit du c&#244;t&#233; de ce centre r&#233;duit en cendres par Sarkozy. Mais cette gauche limite sa protestation &#224; quelques cris d'orfraie contre le &#171; d&#233;bauchage &#187; politique ou contre un article (les tests ADN utilis&#233;s pour fermer les fronti&#232;res au regroupement familial) effectivement inique&#8230; d'une loi qui l'est toute enti&#232;re. Quelques-uns seulement (pas Hollande qui ne veut, pas plus que Sarkozy, de consultation sur le sujet) y ajoutent une pointe d'indignation contre la mani&#232;re cavali&#232;re dont on entend imposer le trait&#233; europ&#233;en&#8230; qu'un r&#233;f&#233;rendum avait pourtant d&#233;j&#224; rejet&#233;. Mais face aux mesures ou projets sc&#233;l&#233;rats au sujet des retraites, des salaires, des heures suppl&#233;mentaires, des licenciements ou des suppressions de postes, la faiblesse et la timidit&#233; des critiques cachent mal l'approbation tacite, voire clairement proclam&#233;e par certains &#224; l'exemple d'un Manuel Valls, de la n&#233;cessit&#233; des &#171; r&#233;formes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sarkozy et ses ministres ont inclus &#233;galement dans leur &#171; kit &#187; gouvernemental la neutralisation des syndicats et associations (en particulier &#233;cologistes), en les engluant dans une ribambelle de &#171; concertations &#187;. Il y a beaucoup de salons o&#249; l'on cause, ceux de l'Elys&#233;e, ceux de Matignon, ceux des secr&#233;tariats et sous-secr&#233;tariats des minist&#232;res, ceux d'une multitude de &#171; commissions &#187; ad hoc, sans oublier ceux du patronat&#8230; au point que Fran&#231;ois Ch&#233;r&#232;que de la CFDT, qui se pose en meilleur partenaire pour toute n&#233;gociation (mais il n'est pas le seul !), a pu se plaindre d'&#234;tre accul&#233; par un calendrier trop charg&#233;. Les dirigeants syndicaux se sont obs&#233;quieusement pr&#234;t&#233;s &#224; ce jeu d'entretiens et de consultations. Tour &#224; tour Ch&#233;r&#232;que pour la CFDT, Jean-Claude Mailly pour FO, Bernard Thibault pour la CGT ont fr&#233;quent&#233; les antichambres de l'Elys&#233;e, avant m&#234;me l'intronisation du nouveau pr&#233;sident, la plupart se f&#233;licitant d'y avoir trouv&#233; de &#171; l'&#233;coute &#187;. Et ces discussions dans l'atmosph&#232;re feutr&#233;e des salons, sur le march&#233; du travail, sur la fonction publique, sur la fusion Unedic-ANPE et bient&#244;t sur la repr&#233;sentativit&#233; syndicale ou le financement des syndicats auxquels les appareils (en particulier celui de la CGT) semblent attacher quelque importance, sont les activit&#233;s premi&#232;res de ces syndicalistes, men&#233;es tr&#232;s loin des pr&#233;occupations des travailleurs et encore plus loin de leur contr&#244;le. L'int&#233;gration des syndicats aux multiples rouages de l'Etat est certes d&#233;j&#224; une longue histoire, mais elle prend une nouvelle tournure en France apr&#232;s le lent mais spectaculaire d&#233;clin du Parti communiste et ses sursauts, jamais bien durables, de combativit&#233;. N'y aurait-il vraiment plus de &#171; grain &#224; moudre &#187; ? Pour les travailleurs, il ne se n&#233;gocie plus effectivement que des reculs, y compris une multitude d'accords d'entreprises ou de branches en retrait sur le Code du travail. Mais pour les appareils syndicaux qui ne vivent plus des cotisations de leurs membres, il semble qu'il reste beaucoup de &#171; grain &#187; sinon de &#171; bl&#233; &#187; &#224; tirer des moulins &#224; paroles qui font leur quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attaque contre les &#171; r&#233;gimes sp&#233;ciaux &#187; de retraite, pr&#233;par&#233;e de longue date et finalement lanc&#233;e &#224; la mi-octobre, illustre tout particuli&#232;rement la politique de Sarkozy et Fillon : cibler une cat&#233;gorie en tentant de neutraliser les autres, voire les dresser contre la premi&#232;re. Ici &#233;taient vis&#233;s de pr&#233;tendus privil&#233;gi&#233;s (qui ne le sont en rien tant pour la plupart le montant de la retraite est bas) au nom de l'&#233;quit&#233;, sans m&#234;me dissimuler que cet &#171; alignement &#187; est le pr&#233;lude &#224; une nouvelle et proche d&#233;t&#233;rioration pour tous, le nombre d'annuit&#233;s n&#233;cessaires pour une retraite dite &#171; pleine &#187; devant &#224; nouveau augmenter &#224; partir de 2008, pour passer &#224; 41 ans, puis &#224; 42 ans&#8230; Nul doute que l'&#233;quipe au pouvoir veut battre en br&#232;che la r&#233;sistance d'une cat&#233;gorie de travailleurs r&#233;put&#233;e syndicalis&#233;e et combative (1995 est encore dans les m&#233;moires), en l'isolant. Nul doute qu'elle veut ensuite utiliser cette victoire comme un coin pour attaquer tous les autres travailleurs. Nul doute m&#234;me que Sarkozy se verrait bien dans le r&#244;le de Reagan et Thatcher qui ont forg&#233; leur r&#233;putation d'intransigeance contre la classe ouvri&#232;re (et poursuivi ensuite leur offensive contre la population) sur la victoire remport&#233;e sur des cat&#233;gories r&#233;sistantes et organis&#233;es de travailleurs, les contr&#244;leurs a&#233;riens pour le premier, les mineurs de charbon pour la seconde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cheminots, &#233;lectriciens et gaziers, agents de la RATP et d'autres entreprises de transport urbain ont d&#233;marr&#233; le combat, en r&#233;pondant massivement &#224; l'appel des f&#233;d&#233;rations syndicales le 18 octobre. Une minorit&#233; a montr&#233; sa volont&#233; de le continuer les jours suivants en r&#233;pondant &#224; l'appel d'une minorit&#233; de ces f&#233;d&#233;rations, Sud et FO. Le soutien des milieux populaires comme la participation spectaculaire des cheminots, toutes cat&#233;gories confondues et jusqu'aux cadres, tous &#226;ges confondus et jusqu'aux plus jeunes nouvellement arriv&#233;s, a sans doute &#233;t&#233; une surprise pour tous ceux qui misent sur la division. Certainement pas des meilleures pour Sarkozy. Mais pas forc&#233;ment des meilleures non plus pour les directions syndicales qui, confront&#233;es &#224; la forte attente d'une suite au mouvement, viennent d'annoncer une nouvelle journ&#233;e le 14 novembre et le d&#233;p&#244;t pour cette date d'un pr&#233;avis national de gr&#232;ve &#171; illimit&#233;e &#187; et &#171; reconductible de 24 heures en 24 heures &#187;. Des syndicats de l'Edf-Gdf (FO et CGT) se joignent &#224; l'appel et ceux de la RATP disent envisager de le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#233;viter le pi&#232;ge d'une gr&#232;ve dure et longue d'une seule cat&#233;gorie (par exemple les cheminots aujourd'hui) qu'un isolement risquerait de vouer &#224; l'&#233;chec, il est absolument n&#233;cessaire que ceux qui engagent le combat soient conscients que la d&#233;fense des retraites (&#171; r&#233;gime sp&#233;cial &#187; comme &#171; g&#233;n&#233;ral &#187;), ou des salaires ou de l'emploi, du public comme du priv&#233;, est absolument li&#233;e (ceci &#233;tant vrai aussi des autres combats sociaux, celui des victimes de l'amiante ou encore celui des mal-log&#233;s par exemple) ; n&#233;cessaire donc qu'ils entrent en lutte avec une volont&#233; et des objectifs qui soient attirants pour l'ensemble des travailleurs. C'est &#224; cette n&#233;cessaire condition, m&#234;me si elle n'est pas suffisante, que d'autres pourront se d&#233;cider &#224; rejoindre leur lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est gu&#232;re pourtant l'orientation des directions syndicales. Ni celles qui pr&#244;nent la gr&#232;ve dure mais sur des objectifs cat&#233;goriels. Ainsi chez les cheminots, Sud ou FO ne semblent gu&#232;re avoir insist&#233; pour que la nouvelle gr&#232;ve co&#239;ncide avec la journ&#233;e du 20 novembre d&#233;j&#224; annonc&#233;e pour les enseignants et agents de l'Education nationale, les personnels hospitaliers, les employ&#233;s de tous les minist&#232;res&#8230; Ni celles qui insistent sur l'unit&#233; mais pour limiter les mouvements dans le temps, comme la CGT qui, pour refuser de reconduire la gr&#232;ve le 19 octobre, s'est justifi&#233;e par la pr&#233;occupation que les gr&#233;vistes ne restent pas seuls et donc attendent une future &#233;ch&#233;ance syndicale plus rassembleuse. Les m&#234;mes responsables f&#233;d&#233;raux de la CGT semblent n'avoir pas plus milit&#233; pour une action commune avec les fonctionnaires le 20 novembre, et ne mettent pas davantage maintenant l'accent dans leur propagande sur la communaut&#233; d'int&#233;r&#234;ts des divers secteurs. Au contraire, certaines de leurs structures insistent sur la n&#233;cessit&#233; de mettre &#224; l'ordre du jour les revendications les plus locales possibles, celles pr&#233;cis&#233;ment auxquelles d'autres travailleurs, voire des cheminots d'autres secteurs, auraient le plus de mal &#224; se sentir associ&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le refus des directions syndicales de situer le conflit dans un cadre plus g&#233;n&#233;ral que celui des retraites, va de pair avec leur propension &#224; admettre qu'il y aurait n&#233;cessit&#233; &#224; &#171; r&#233;former &#187;. Ainsi chez les cheminots il y aurait bien &#171; un probl&#232;me des retraites &#187;, qu'il faudrait donc &#171; n&#233;gocier &#187;. Sur quoi ? Comment ? Le nombre d'annuit&#233;s ? Les d&#233;cotes ? La FGAAC, syndicat corporatiste de roulants, s'est d&#233;j&#224; essay&#233;e &#224; ce jeu pour aboutir &#224; pr&#233;senter comme une victoire le d&#233;part des conducteurs&#8230; &#224; 55 ans au lieu de 50 ans. &#192; juste raison le gros des travailleurs ne voit pas aujourd'hui ce qu'il y a &#224; n&#233;gocier. Mais toutes les f&#233;d&#233;rations qui ont d&#233;pos&#233; &#224; nouveau un pr&#233;avis pour la gr&#232;ve du 14 novembre, de continuer &#224; r&#233;clamer qui une &#171; table ronde &#187; avec le gouvernement, qui des n&#233;gociations avec la direction de la Sncf, qui tout &#231;a &#224; la fois&#8230; en &#233;voquant la possibilit&#233;, en cas de &#171; boug&#233; &#187; du c&#244;t&#233; de ces instances, d'un retrait du pr&#233;avis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune direction syndicale, celle de la CGT qui se flatte de repr&#233;senter les int&#233;r&#234;ts de tous les travailleurs pas plus que les autres, ne met clairement le doigt sur la mystification de la pr&#233;tendue n&#233;cessit&#233; de &#171; r&#233;former &#187;. Il n'y a pourtant pas de &#171; probl&#232;me des retraites &#187;, pas de probl&#232;me li&#233; &#224; l'accroissement de l'esp&#233;rance de vie ou du pr&#233;tendu foss&#233; entre le nombre d'&#171; actifs &#187; et celui des retrait&#233;s, mais seulement un &#233;norme manque &#224; gagner pour les caisses sociales du fait que le ch&#244;mage et la stagnation des salaires amenuisent les rentr&#233;es de cotisation. C'est bien parce qu'il y a une h&#233;morragie d'effectifs dans la fonction publique et des vagues de licenciements dans le priv&#233;, c'est bien parce qu'il y a stagnation si ce n'est baisse des salaires, que les caisses sociales se vident et ne peuvent plus assurer les protections sociales, de retraite comme de sant&#233;. Sans parler des dizaines de milliards d'euros que Sarkozy et son &#233;quipe, comme leurs pr&#233;d&#233;cesseurs, ont puis&#233;es dans ces caisses pour en faire cadeau au patronat. Il d&#233;coule donc de la situation la n&#233;cessit&#233; de mettre les luttes entam&#233;es, aujourd'hui par les cheminots, demain par d'autres, sous l'enseigne de la riposte de l'ensemble du monde du travail, pour un programme dont les grandes lignes pourraient &#234;tre les suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; augmentation g&#233;n&#233;rale d'au moins 300 euros de tous les salaires, retraites et indemnit&#233;s,&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; pas touche aux retraites des r&#233;gimes sp&#233;ciaux, ni aux autres, et au contraire assurer &#171; l'&#233;quit&#233; &#187; par le retour aux 37,5 ans de cotisation pour tous,&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; interdiction de tous les licenciements dans le priv&#233;, en particulier dans les entreprises et leurs filiales qui font des profits,&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; interdiction de toutes les suppressions de postes dans la fonction publique et au contraire embauches massives dans les &#233;coles, les h&#244;pitaux, les transports, l'accueil de la petite enfance,&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; contr&#244;le des travailleurs sur tous les comptes et d&#233;tournements de l'Etat en faveur du patronat, sur tous les comptes, les b&#233;n&#233;fices et les fraudes des entreprises, et r&#233;quisition des super dividendes (actions ou autres stock-options) au b&#233;n&#233;fice des classes populaires.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;cente gr&#232;ve de quelques jours des h&#244;tesses de l'air et stewards d'Air France, dont beaucoup de jeunes tr&#232;s d&#233;termin&#233;s, pour une augmentation de leurs salaires et une am&#233;lioration de leurs conditions de travail, montre &#224; sa fa&#231;on combien les travailleurs sont pr&#234;ts &#224; r&#233;agir si et quand on les appelle &#224; le faire. Comme bien des travailleurs de petites entreprises du priv&#233; dont des col&#232;res de quelques jours contre les bas salaires ont &#233;clat&#233; ces derniers mois. &#192; Air France, la tactique syndicale dure mais &#171; particulariste &#187; est d'autant plus regrettable que la lutte concernait la question on ne peut plus g&#233;n&#233;rale des salaires, qui plus est sur des plate-formes a&#233;roportuaires de Roissy ou Orly o&#249; travaillent des dizaines de milliers de travailleurs qui ont les m&#234;mes difficult&#233;s de fin de mois. La crainte d'une contagion &#233;tait pourtant la plus grande menace qui pouvait &#234;tre brandie contre Air France, surtout dans le climat social mont&#233; d'un cran avec la mobilisation des cheminots, des &#233;lectriciens et gaziers et bient&#244;t des fonctionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en va de m&#234;me des conflits &#233;pars, qui ont &#233;clat&#233; contre les licenciements ou fermetures d'entreprise : chez EADS, qu'ont pill&#233; ses responsables &#171; initi&#233;s &#187; de haute vol&#233;e tandis que la firme licencie par milliers, chez Alcatel qui annonce &#224; nouveau des milliers de licenciements, chez bien d'autres entreprises moins connues mais souvent aussi filiales de gros trusts mondiaux. Chez tous ceux-l&#224; en butte &#224; la menace des licenciements, n'importe quel secteur entrant en lutte pourrait trouver non seulement des soutiens mais des alli&#233;s, encourag&#233;s &#224; entrer en lutte &#224; leur tour, parce qu'ils se sentiraient moins seuls. &#192; condition bien s&#251;r que les premiers &#224; commencer le combat sachent montrer les liens de ce combat avec la lutte contre tous les autres volets de la politique de Sarkozy et du patronat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la situation qui exige, naturellement, une riposte d'ensemble. Ce que feront et jusqu'o&#249; iront les directions syndicales est encore impr&#233;visible. L'&#233;l&#233;ment nouveau de ces derni&#232;res semaines - celui qui les asticote et les pousse de l'avant &#224; leur corps d&#233;fendant - est la d&#233;termination &#224; en d&#233;coudre des cheminots et de quelques autres. Les militants r&#233;volutionnaires doivent consacrer toute leur &#233;nergie &#224; ce que la volont&#233; de se battre ne soit pas d&#233;voy&#233;e dans les impasses &#171; particularistes &#187; ou cat&#233;gorielles qui tentent sans doute bien des travailleurs mais sont surtout cultiv&#233;es par des directions syndicales. Nous devons en particulier combattre cette id&#233;e fausse qu'en &#171; noyant &#187; ses revendications dans celles des autres, c'est-&#224;-dire en se joignant &#224; d'autres initiatives, on aurait moins de chances de gagner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est probable que nous allions vers des journ&#233;es d'action &#233;parses, d&#233;j&#224; annonc&#233;es pour certains secteurs, en m&#234;me temps que des gr&#232;ves &#171; illimit&#233;es &#187; dans le temps mais limit&#233;es &#224; certaines cat&#233;gories. Il faut que ceux qui commencent, d'une part placent leurs objectifs propres dans le cadre d'objectifs g&#233;n&#233;raux &#224; tous les travailleurs, d'autre part se tournent activement vers d'autres, les encouragent &#224; les suivre. Le souvenir de la solidarit&#233; dans la lutte qui avait uni en 1995 cheminots, agents de la RATP, enseignants et autres travailleurs de la fonction publique, n'est pas si lointain. Cette fois, il faudra trouver aussi le contact, pour l'action commune, avec le priv&#233;. C'est le r&#244;le des r&#233;volutionnaires de contribuer &#224; ce que tout mouvement petit ou grand aille jusqu'au bout de ses possibilit&#233;s, c'est-&#224;-dire saisisse aussi la moindre occasion de rassembler autour de lui pour la riposte commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est aussi le r&#244;le des r&#233;volutionnaires de contribuer &#224; l'organisation des travailleurs en lutte pour que ceux-ci se dotent de &#171; structures &#187; de d&#233;cision propres, ind&#233;pendantes des directions syndicales m&#234;me si elles comptent &#233;videmment dans leurs rangs les militants syndicaux, &#171; assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales &#187; souveraines par secteurs et si possible &#171; interservices &#187;, voire &#171; interpro &#187;, comit&#233;s de gr&#232;ve et coordinations &#224; tous les niveaux. Et comme ceux-l&#224; naissent d'autant plus facilement qu'ils sont pr&#233;par&#233;s d&#232;s aujourd'hui, partout o&#249; nous le pouvons il s'agit d'impulser comit&#233;s de mobilisation ou &#171; r&#233;seaux &#187; regroupant les travailleurs conscients des t&#226;ches &#224; accomplir et d&#233;sireux d'y prendre part, ind&#233;pendamment de leur appartenance ou non syndicale ou politique. Les directions syndicales n'avanceront que sous la pression de l'ensemble des gr&#233;vistes. Et l'ensemble des gr&#233;vistes ne r&#233;agiront correctement aux retournements de ces derni&#232;res et n'&#233;viteront les pi&#232;ges que s'ils sont organis&#233;s pour aller jusqu'au bout de leur d&#233;termination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; plus long terme et si effectivement, ce que nous souhaitons, une riposte collective de toute la classe ouvri&#232;re enfle et s'organise contre Sarkozy et son gouvernement, et la classe capitaliste, l'irruption des travailleurs sera n&#233;cessaire &#224; un tout autre niveau. Mais le contr&#244;le n&#233;cessaire sur la marche des entreprises et leurs comptabilit&#233;s, sur la provenance et le montant de leurs b&#233;n&#233;fices et investissements, sur la destination et les conditions de ceux-ci, etc&#8230; ne pourra se faire, ou en tout cas s'installera d'autant mieux, que si au travers des luttes qui ont pr&#233;par&#233; la mobilisation g&#233;n&#233;rale, les travailleurs ont acquis l'exp&#233;rience du contr&#244;le de leur propre mouvement &#8211; c'est-&#224;-dire se sont rod&#233;s &#224; l'exercice de leur propre pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 2 novembre 2007&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Municipales 2008 - l'occasion d'une campagne politique des r&#233;volutionnaires
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		<description>La Fraction a pr&#233;sent&#233; trois textes au congr&#232;s 2007 de Lutte ouvri&#232;re. Pour acc&#233;der &#224; l'un des autres textes, cliquez sur son titre : Les r&#233;volutionnaires et la contre-offensive des travailleurs Explorer la possibilit&#233; d'un nouveau parti r&#233;volutionnaire Municipales 2008 - l'occasion d'une campagne politique des r&#233;volutionnaires &lt;br /&gt; Vous pouvez aussi acc&#233;der &#224; l'ensemble des textes du congr&#232;s en cliquant ici. &lt;br /&gt;Les prochaines municipales vont &#234;tre comme d'habitude le terrain d'affrontement des partis et&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;La Fraction a pr&#233;sent&#233; trois textes au congr&#232;s 2007 de Lutte ouvri&#232;re. Pour acc&#233;der &#224; l'un des autres textes, cliquez sur son titre : &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt; &lt;a href='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Les-revolutionnaires-et-la-contre' class='spip_in'&gt;Les r&#233;volutionnaires et la contre-offensive des travailleurs&lt;/a&gt; &lt;/em&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt; &lt;a href='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Explorer-la-possibilite-d-un-nouveau-parti-revolutionnaire' class='spip_in'&gt;Explorer la possibilit&#233; d'un nouveau parti r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt; &lt;/em&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt; &lt;a href='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Municipales-2008-l-occasion-d-une-campagne-politique-des-revolutionnaires' class='spip_in'&gt;Municipales 2008 - l'occasion d'une campagne politique des r&#233;volutionnaires&lt;/a&gt; &lt;/em&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; Vous pouvez aussi acc&#233;der &#224; l'ensemble des textes du congr&#232;s en cliquant &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.union-communiste.org/fr/lutte-de-classe/ndeg109&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.
&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;Les prochaines municipales vont &#234;tre comme d'habitude le terrain d'affrontement des partis et plus pr&#233;cis&#233;ment de la gauche contre la droite. Les &#233;lections pr&#233;sidentielles n'&#233;tant vieilles que de moins d'un an, ces municipales risquent m&#234;me d'appara&#238;tre plus que d'habitude comme le troisi&#232;me round de la confrontation &#233;lectorale commenc&#233;e avec l'&#233;lection de Sarkozy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gauche, PS et ses alli&#233;s PCF ou Verts, peut esp&#233;rer en effet prendre sa revanche. Pour cela elle va pr&#233;senter l'&#233;lection comme l'occasion de d&#233;savouer la politique antipopulaire et anti-ouvri&#232;re de Sarkozy et de son gouvernement. Dans la foul&#233;e cela lui permettra de centrer sur le terrain des urnes l'attention de tous ceux qui vomissent cette politique et voudraient bien en effet s'y opposer. Et ainsi de faire oublier qu'elle n'a pas l'intention de contribuer &#224; promouvoir et organiser les luttes, seul moyen de s'opposer efficacement &#224; la politique de la droite et du patronat. Faire oublier m&#234;me que si elle ne tarit pas de critiques sur la m&#233;thode de Sarkozy, c'est pour en accepter implicitement les objectifs. C'est tout particuli&#232;rement vrai du PS qui va quasi-ouvertement dans le m&#234;me sens que la r&#233;forme sarkozienne, que ce soit en mati&#232;re de retraite (&#224; r&#233;former), de syst&#232;me de sant&#233; (&#224; rationaliser), de dur&#233;e du temps de travail (&#224; moduler), d'&#233;conomies dans les services publics (&#224; rechercher, y compris par des suppressions de postes), voire de licenciements dans le priv&#233; (&#224; d&#233;plorer&#8230; mais concurrence mondiale oblige !). Mais c'est vrai aussi de ses alli&#233;s, PCF en t&#234;te, dont la surench&#232;re &#224; gauche, quand elle s'esquisse, n'a d'autre but que de pr&#233;parer une nouvelle alliance avec le PS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les municipales sont aussi le terrain o&#249; se d&#233;veloppent les ambitions des notables qui en France commencent, maintiennent ou renforcent leur carri&#232;re politique par l'occupation d'un poste de maire. L'insistance sur les probl&#232;mes locaux, r&#233;els ou surfaits, permet tout &#224; la fois d'embrouiller leur v&#233;ritable politique et donne une justification &#224; tous les compromis et toutes les compromissions. Cela est aussi vrai &#224; droite qu'&#224; gauche. Cela explique l'attention dont les centristes, pr&#234;ts &#224; vendre leur soutien &#224; celui qui le paiera le plus cher, sont l'objet de la part de l'UMP comme du PS. Cela explique la politique du PCF qui ayant perdu en 2001 un tiers des villes de plus de 20 000 habitants (il ne contr&#244;le plus que 38 municipalit&#233;s au lieu de 55) se d&#233;m&#232;ne comme un beau diable pour rechercher &#224; la fois l'alliance du PS, absolument indispensable, et celle de l'extr&#234;me gauche susceptible de renforcer sa position&#8230; vis-&#224;-vis du PS justement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces man&#339;uvres font qu'avant d'envisager des alliances et des listes communes, il est n&#233;cessaire pour les r&#233;volutionnaires et LO de d&#233;finir l'axe politique sur lequel ils entendent se pr&#233;senter et faire campagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui qui semble s'imposer est celui de la d&#233;fense intransigeante des int&#233;r&#234;ts du camp des travailleurs que ce soit &#224; l'&#233;chelle locale ou nationale. Ce n'est certainement pas aujourd'hui, alors que la cuisine politicienne va battre son plein, qu'il faut abandonner notre axe, que nous avons r&#233;p&#233;t&#233; si souvent dans un slogan maintenant attach&#233; &#224; la personne d'Arlette Laguiller.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les circonstances actuelles se situer dans le camp des travailleurs implique de se positionner d'abord sur les probl&#232;mes g&#233;n&#233;raux de la solution desquels d&#233;pend le sort des classes populaires, bien plus en tout cas que des solutions locales que pourrait apporter la meilleure bonne volont&#233; des municipalit&#233;s : d&#233;noncer les m&#233;faits de l'&#233;quipe de droite actuellement au pouvoir sous la houlette de Sarkozy, mais aussi la passivit&#233; ou la veulerie de celles de gauche qui briguent le r&#244;le ; faire de la propagande pour un programme de mesures radicales qui pourraient et devraient &#234;tre les objectifs de la n&#233;cessaire et indispensable lutte d'ensemble des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux probl&#232;mes locaux, que bien entendu il serait stupide de n&#233;gliger, ils impliquent l'engagement de nos candidats comme de nos &#233;ventuels &#233;lus d'&#234;tre aux c&#244;t&#233;s de tous les exploit&#233;s et les opprim&#233;s, &#224; chaque occasion, pour d&#233;fendre toute revendication qui correspondrait &#224; leur int&#233;r&#234;t, souligner leurs droits, imposer ceux-ci et surtout les aider &#224; se d&#233;fendre, sans tenir compte d'&#233;ventuelles alliances pass&#233;es &#224; l'occasion, celle des &#233;lections ou une autre. Sans tenir compte non plus de l'&#233;ventuelle mise en danger de positions, au conseil municipal ou ailleurs, qu'il n'est justifi&#233; d'occuper que pour mener cette politique de d&#233;fense intransigeante des int&#233;r&#234;ts du camp des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas de refuser des postes d'&#233;lus s'ils sont conquis sur ces bases claires. Il ne s'agit pas de refuser d'&#233;ventuelles alliances si elles n'obscurcissent pas notre campagne ou nos positions et ne nous entra&#238;nent pas, dans l'imm&#233;diat ou par la suite, &#224; des compromissions inacceptables. Mais il ne s'agit certainement pas non plus d'accepter toute alliance pour la raison qu'elle nous garantirait plus s&#251;rement des &#233;lus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, dans la plupart des municipalit&#233;s tant soit peu importantes (dans les petites la question ne se pose pas du tout de la m&#234;me fa&#231;on) o&#249; le premier de la liste de gauche (et &#233;ventuel futur maire) est une personnalit&#233; politique connue, maire sortant, d&#233;put&#233;-maire, ancien ministre, donc un soutien connu et affirm&#233; &#224; la politique du PS ou du PCF, la participation d&#232;s le premier tour &#224; cette liste semble absolument exclue. Elle ne pourrait en effet appara&#238;tre que comme une alliance politique avec la gauche et donc un soutien &#224; sa politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me les accords dits &#171; techniques &#187; au deuxi&#232;me tour, qui peuvent &#234;tre plus facilement justifi&#233;s et expliqu&#233;s par une loi &#233;lectorale fort peu d&#233;mocratique, sont &#224; prendre avec des pincettes. Qu'on le veuille ou non, il en restera plus ou moins confus&#233;ment l'id&#233;e que pour un poste d'&#233;lu nous sommes pr&#234;ts &#224; abandonner notre ind&#233;pendance politique, c'est-&#224;-dire notre totale libert&#233; de critique. Sans parler &#233;videmment de la compromission que serait la participation sur une liste men&#233;e par une femme ou un homme dont la politique municipale n'est pas au service des couches d&#233;favoris&#233;es, cas de la plupart des maires PS et de bon nombre de ceux du PCF aujourd'hui (exemple : ces maires de la proche banlieue parisienne qui visent &#224; transformer socialement leur commune pour en faire une agglom&#233;ration petite bourgeoise et pour cela poussent, discr&#232;tement ou non, les pauvres et les immigr&#233;s vers des horizons plus lointains, en s'en prenant aux squatters ou aux locataires qui ne peuvent plus payer ; il n'y a pas que Delano&#235; qui cache ses buts sous des raisons de r&#233;novations urbaines).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait la premi&#232;re alliance &#224; rechercher est celle de l'extr&#234;me gauche, et en particulier de la LCR. Rappelons que cette alliance n'a pas march&#233; en 2001 parce que la LCR envisageait une fusion des listes ou un vote pour la gauche au deuxi&#232;me tour, ce qu'alors nous refusions. La deuxi&#232;me raison de l'&#233;chec des pourparlers fut qu'elle entendait accorder plus de place aux probl&#232;mes locaux aux d&#233;pens des probl&#232;mes nationaux g&#233;n&#233;raux et voulait introduire sur les listes communes des gens qui n'&#233;taient ni de LO ni de la LCR, en particulier d'associations&#8230; qui &#233;taient d'ailleurs incomparablement plus &#224; gauche que la plupart des maires des grandes villes PS ou PCF aujourd'hui. Il est maintenant &#233;vident que sur des listes form&#233;es sur une base LO-LCR, rien ne s'opposerait &#224; mettre des gens d'extr&#234;me gauche ou m&#234;me de la gauche de la gauche qui en accepteraient les grandes lignes de la plate-forme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il peut certes exister d'autres difficult&#233;s. La LCR, forte de ses r&#233;cents succ&#232;s &#233;lectoraux, peut estimer n'avoir pas besoin de LO ou &#234;tre pr&#234;te ici ou l&#224; &#224; n&#233;gocier de son c&#244;t&#233; avec tel ou tel notable de gauche qui est en train de faire ses comptes de voix et pour qui la mairie vaut bien une messe surtout pour recueillir le soutien d'une organisation d'extr&#234;me gauche qui a le vent en poupe. La LCR dit aujourd'hui, et d'une fa&#231;on bien plus nette que nous l'avons fait jusqu'ici, qu'elle n'est pas pr&#234;te &#224; ce genre d'alliance. La meilleure fa&#231;on de l'ancrer sur cette position est de lui proposer notre alliance&#8230; &#224; condition bien s&#251;r de ne pas en rechercher nous-m&#234;mes des plus douteuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intervention sur le terrain &#233;lectoral n'est certainement pas la priorit&#233; des r&#233;volutionnaires. Surtout dans les circonstances actuelles o&#249; les travailleurs sont attaqu&#233;s de toutes parts, cette priorit&#233; est d'aider &#224; la riposte et &#224; la convergence des luttes dans un mouvement d'ensemble. Mais puisqu'il y a campagne &#233;lectorale, et que celle-ci fait partie des combats politiques n&#233;cessaires, nous devons faire en sorte qu'elle aide et contribue &#224; notre intervention sur le terrain essentiel des luttes de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 28 octobre 2007&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Explorer la possibilit&#233; d'un nouveau parti r&#233;volutionnaire
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		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Explorer-la-possibilite-d-un-nouveau-parti-revolutionnaire</link>
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Extr&#234;me gauche
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		<dc:subject>LCR
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		<dc:subject>Lutte ouvri&#232;re
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		<description>La Fraction a pr&#233;sent&#233; trois textes au congr&#232;s 2007 de Lutte ouvri&#232;re. Pour acc&#233;der &#224; l'un des autres textes, cliquez sur son titre : Les r&#233;volutionnaires et la contre-offensive des travailleurs Explorer la possibilit&#233; d'un nouveau parti r&#233;volutionnaire Municipales 2008 - l'occasion d'une campagne politique des r&#233;volutionnaires &lt;br /&gt;Vous pouvez aussi acc&#233;der &#224; l'ensemble des textes du congr&#232;s en cliquant ici. &lt;br /&gt;La LCR propose de cr&#233;er un nouveau parti. La d&#233;marche est la m&#234;me que celle de LO apr&#232;s le succ&#232;s&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;La Fraction a pr&#233;sent&#233; trois textes au congr&#232;s 2007 de Lutte ouvri&#232;re. Pour acc&#233;der &#224; l'un des autres textes, cliquez sur son titre :&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;&lt;em&gt;Vous pouvez aussi acc&#233;der &#224; l'ensemble des textes du congr&#232;s en cliquant &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.union-communiste.org/fr/lutte-de-classe/ndeg109&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.
&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;La LCR propose de cr&#233;er un nouveau parti. La d&#233;marche est la m&#234;me que celle de LO apr&#232;s le succ&#232;s &#233;lectoral d'Arlette Laguiller aux pr&#233;sidentielles de 1995. Elle entend exploiter le succ&#232;s rencontr&#233; par la candidature d'Olivier Besancenot aussi bien en terme de suffrages que de t&#233;moignages d'int&#233;r&#234;t pour sa personne, son programme et sa politique. De plus le discr&#233;dit de la gauche, PS et PCF, a encore grandi parmi non seulement les sympathisants de la gauche de la gauche mais m&#234;me les partisans de ces partis eux-m&#234;mes, amenant certains &#224; regarder vers l'extr&#234;me gauche. Une opportunit&#233;, au moins momentan&#233;ment, semble donc s'ouvrir pour nous. La LCR, plac&#233;e &#224; l'avant-sc&#232;ne par les &#233;lections, a en tout cas raison de proposer de le v&#233;rifier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si elle existe, cette opportunit&#233; est pour l'extr&#234;me gauche toute enti&#232;re. C'est autant comme le repr&#233;sentant de celle-ci que de la LCR proprement dite que Besancenot a &#233;t&#233; vu par beaucoup de ses &#233;lecteurs. La position qu'il a gagn&#233;e, ind&#233;niable, de m&#234;me que la LCR, ne l'a &#233;t&#233; aux d&#233;pens du reste de l'extr&#234;me gauche que sur le plan &#233;lectoral. Au plan politique quotidien, dans les entreprises ou les localit&#233;s, dans les luttes &#233;ventuelles surtout, l'importance, l'impact ou l'influence des autres organisations d'extr&#234;me gauche, dont LO, n'ont pas diminu&#233; parce que ceux de la LCR ont augment&#233;. La LCR commettrait une erreur si un certain triomphalisme l'amenait &#224; croire pouvoir jouer solo, la m&#234;me erreur qu'elle ou d'autres ont pu faire jadis &#224; la suite de leurs propres succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LO aurait donc tout int&#233;r&#234;t &#224; envisager la fa&#231;on dont elle pourrait se saisir de l'initiative de la LCR pour avancer les int&#233;r&#234;ts du mouvement r&#233;volutionnaire et par l&#224; contribuer &#224; faire faire un pas vers la construction du parti trotskiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, de toute mani&#232;re, de cette initiative ne va pas surgir dans l'ann&#233;e qui vient le parti que nous estimons indispensable pour conduire la r&#233;volution prol&#233;tarienne vers une soci&#233;t&#233; socialiste : marxiste, l&#233;niniste, trotskiste, h&#233;ritier politique de deux si&#232;cles de combats des communistes r&#233;volutionnaires, de leurs succ&#232;s, de leurs d&#233;faites et de leurs erreurs&#8230; et surtout capable d'en appliquer les le&#231;ons &#224; la situation du monde et de la classe ouvri&#232;re en ce d&#233;but du vingt-et-uni&#232;me si&#232;cle. Elle pourrait pourtant en constituer une &#233;tape.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est en effet inconcevable (&#224; moins d'en repousser la perspective &#224; l'infini) que ce parti naisse d'un d&#233;veloppement lin&#233;aire d'un des groupes actuels qui se disent trotskistes. Ne serait-ce que parce qu'aucun d'eux n'a ni la taille, ni l'implantation, ni l'exp&#233;rience donc la comp&#233;tence politique pour &#234;tre &#224; lui seul l'embryon de ce futur parti. La construction de celui-ci (et la comp&#233;tence de ses futurs dirigeants et militants) passera n&#233;cessairement par des &#233;tapes c'est-&#224;-dire des regroupements avec d'autres et la formation d'organisations qui se proclameront ou pas trotskistes, voire r&#233;volutionnaires ou pas, mais dans lesquelles les trotskistes pourront et devront mener leur combat pour convaincre et gagner &#224; leur programme et leur politique (&#224; condition &#233;videmment qu'ils en aient une) soit l'ensemble du parti soit en tout cas une bonne partie des militants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela a toujours &#233;t&#233; la politique de ceux qui se sont appliqu&#233;s &#224; construire un parti communiste r&#233;volutionnaire, &#224; commencer par Marx, L&#233;nine et Trotsky. Sous pr&#233;texte de d&#233;fendre leurs enseignements, il ne faudrait pas oublier ce qui a fait une grande part de leur combat : la construction d'une organisation r&#233;volutionnaire qui a altern&#233; les moments de d&#233;limitation intransigeante avec celles des alliances et des compromis de leurs partisans avec des gens qui ne l'&#233;taient pas. Marx pr&#244;nant le fourre-tout de la 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;re&lt;/sup&gt; Internationale ou la constitution d'une social-d&#233;mocratie qui ne comprenait certainement pas que des marxistes, Trotsky passant ses dix derni&#232;res ann&#233;es &#224; tenter &#224; plusieurs reprises de rapprocher ses partisans de centristes semi-r&#233;formistes ou semi-staliniens, allant m&#234;me jusqu'&#224; pousser ses partisans am&#233;ricains &#224; d&#233;fendre le projet d'un parti des travailleurs qui ne se dirait m&#234;me pas r&#233;volutionnaire et aurait &#233;t&#233; domin&#233; en effet, au d&#233;part en tout cas, par des syndicalistes r&#233;formistes. Cela ne veut certainement pas dire que Marx, L&#233;nine ou Trotsky avaient, dans ces moments-l&#224;, perdu de vue le but &#224; atteindre, mais simplement qu'ils savaient que construire le parti impose de savoir prendre les d&#233;tours n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu cela ne veut pas dire a contrario que tous les d&#233;tours sont bons &#224; prendre (ainsi des propositions de Trotsky aux camarades am&#233;ricains, qui depuis ont servi de justification &#224; beaucoup de d&#233;rives opportunistes alors qu'elles &#233;taient avanc&#233;es dans des circonstances bien d&#233;limit&#233;es et pr&#233;cises). Nous ne devons nous saisir du projet de la LCR que s'il offre l'opportunit&#233; pour le mouvement communiste r&#233;volutionnaire de faire un pas en avant. Mais le rejeter ou refuser d'en &#234;tre partie prenante a priori, pour la raison que le parti qu'elle propose de construire ne serait pas le parti trotskiste id&#233;al, sans examiner soigneusement et &#224; quelles conditions il pourrait constituer une &#233;tape dans la construction de celui-ci, est pour le moins contraire aux enseignements de Trotsky comme de Marx dont nous nous r&#233;clamons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le pass&#233; Lutte Ouvri&#232;re a su comprendre et militer pour les d&#233;tours n&#233;cessaires. Quand en juin 1968 nous proposions la cr&#233;ation d'un parti &#224; l'ensemble des groupes dits gauchistes, PSU, mao&#239;stes et libertaires compris, nous ne pensions &#233;videmment pas que ce parti pourrait &#234;tre un parti trotskiste. Nous n'avions pourtant pas abandonn&#233; notre objectif. Mais nous pensions que l'opportunit&#233; existait qu'un tel parti attire des jeunes et des travailleurs qui se sentaient r&#233;volutionnaires mais qui n'iraient pas, et effectivement ne sont pas all&#233;s, dans les groupes existants. Ces jeunes et ces travailleurs n'&#233;taient certainement pas plus marxistes ni trotskistes, que ceux qu'aujourd'hui la LCR ambitionne d'attirer dans son nouveau parti. Mais nous &#233;tions pr&#234;ts &#224; aider &#224; mettre sur pied ce parti qui se serait content&#233; de se dire r&#233;volutionnaire, voire simplement &#171; gauchiste &#187;, afin d'avoir l'occasion au sein de ce cadre de les confronter et de les gagner politiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes le projet de la LCR est encore flou et ambigu. Elle ne s'en cache d'ailleurs pas, se donnant encore 4 mois pour pr&#233;ciser le parti qu'elle voudrait et une bonne ann&#233;e pour en v&#233;rifier la faisabilit&#233; et le mettre en place. M&#234;me si en 1995 LO a abandonn&#233; son projet nettement plus vite, nous avons alors proc&#233;d&#233; de la m&#234;me fa&#231;on et ne proposions pas d'adh&#233;rer au parti d'Arlette sur la base du programme trotskiste. Que tout soit encore ouvert du c&#244;t&#233; de la LCR est une raison d'intervenir au moment justement o&#249; nous pourrions l'influencer. C'est pourquoi d&#233;cr&#233;ter a priori, et surtout sans envisager l'intervention militante qui pourrait &#234;tre la n&#244;tre, que le r&#233;sultat final ne pourrait &#234;tre qu'un nouveau PSU est une erreur. Sans parler de l'illogisme qu'il y a &#224; se r&#233;jouir et trouver positive par avance la formation d'un tel parti&#8230; tout en se refusant &#224; participer &#224; le cr&#233;er (imagine-t-on Trotsky d&#233;fendant la cr&#233;ation d'un parti des travailleurs am&#233;ricains tout en recommandant &#224; ses partisans de s'en tenir soigneusement &#224; l'&#233;cart ?)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que l'entreprise aboutisse &#224; un nouveau PSU est certes parmi les options qui restent possibles. Mais c'est une option &#224; combattre. Car un nouveau PSU aujourd'hui, ce serait tout simplement la gauche de la gauche unifi&#233;e, rassemblant tout ou partie des altermondialistes, des &#233;cologistes, des Verts, du PCF, voire du PS, c'est-&#224;-dire un parti r&#233;formiste &#224; pr&#233;tention radicale, ayant vocation &#224; r&#233;int&#233;grer la gauche institutionnelle et gouvernementale &#224; plus ou moins long terme, comme tous les partis semblables &#224; travers le monde l'ont toujours fait, y compris quand il y avait des r&#233;volutionnaires parmi ses initiateurs. La majorit&#233; de la LCR dit ne pas en vouloir, insistant sur le fait qu'elle n'a pas de partenaires de ce c&#244;t&#233; comme le prouve sa rupture avec tous ces courants &#224; l'occasion des pr&#233;sidentielles. Effectivement les militants r&#233;volutionnaires s'y noieraient comme avant eux des g&#233;n&#233;rations de trotskistes se sont noy&#233;s dans des aventures similaires. Notre attitude ne doit certainement pas &#234;tre de souhaiter qu'elle r&#233;ussisse dans cette voie tout en &#233;vitant soigneusement de participer, mais au contraire de participer pour maintenir ou tirer l'entreprise sur la voie r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LO doit donc r&#233;pondre positivement &#224; la LCR. Nous affirmer publiquement comme un partenaire (si elle le veut, mais il lui serait difficile de refuser si nous nous d&#233;clarons ouvertement et directement, plut&#244;t que nous en tenir aux d&#233;clarations l&#233;nifiantes d'attention bienveillante), mais un partenaire communiste r&#233;volutionnaire, marquerait clairement le caract&#232;re politique de l'entreprise. L'affichage d'une volont&#233; commune des deux principales organisations affirmerait, encore mieux que le programme ou le sigle de l'&#233;ventuel nouveau parti, l'ancrage de celui-ci dans le camp des r&#233;volutionnaires. Il s&#233;lectionnerait sans aucun doute ceux qui viendraient &#224; lui, suffisant &#224; coup s&#251;r pour &#233;carter les courants de la gauche de la gauche qui ne veulent pas avoir &#224; se dire clairement r&#233;volutionnaires, sans &#233;carter les travailleurs ou jeunes, qui sont peut-&#234;tre d'abord altermondialistes, &#233;cologistes, gu&#233;varistes, internationalistes, f&#233;ministes, voire se disent PCF&#8230; mais n'ont aucune r&#233;ticence &#224; se reconna&#238;tre aussi r&#233;volutionnaires, et qui l'ont prouv&#233; en votant pour un candidat qui appartient &#224; une organisation communiste r&#233;volutionnaire. Ce sont ceux-l&#224; que les trotskistes doivent trouver le moyen d'attirer, &#233;duquer et organiser politiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la base de cette r&#233;ponse positive nous devons proposer d'entamer la discussion &#224; tous les niveaux, &#224; commencer par celui des directions, avec ses militants et sur tous les sujets qui peuvent avoir trait &#224; la cr&#233;ation d'un nouveau parti. Nous devons proposer de participer activement et d&#233;battre fraternellement, en affirmant notre volont&#233; de prendre part &#224; la construction d'une nouvelle organisation qui se r&#233;v&#233;lerait faisable, aux r&#233;unions qu'elle se propose d'organiser &#224; travers le pays, au niveau des localit&#233;s ou des entreprises, et non pas seulement comme observateur. Et nous devons proposer, &#224; tous les niveaux &#233;galement, et &#224; toute occasion que pourront avoir les r&#233;volutionnaires d'intervenir dans la lutte de classe, de d&#233;battre de la politique qu'il conviendrait de d&#233;fendre, pour les &#233;lections mais surtout pas que pour les &#233;lections. Car un parti c'est un programme &#224; long terme mais aussi une politique imm&#233;diate, et il est n&#233;cessaire que ceux qui le composent, anciens ou nouveaux, se retrouvent sur quelques orientations essentielles dans les luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne ne peut jurer que l'on peut aboutir &#224; coup s&#251;r &#224; ce nouveau parti. Les obstacles tant politiques qu'organisationnels sont nombreux. La LCR elle-m&#234;me est plus prudente. Mais l'attitude propos&#233;e ici est la seule qui permette de v&#233;rifier l'hypoth&#232;se qu'elle a formul&#233;e selon laquelle il y a aujourd'hui dans ce pays la place pour un parti d'extr&#234;me gauche d'une taille nettement sup&#233;rieure aux groupes actuels, et de faire en sorte que ce parti, s'il se cr&#233;e, ne soit pas un nouvel avatar de la gauche de la gauche mais une avanc&#233;e pour le mouvement r&#233;volutionnaire. S'abstenir de la part de LO reviendrait, qu'on le veuille ou non, &#224; miser sur le fait que la LCR seule ne peut qu'&#233;chouer ou d&#233;river de plus en plus loin du mouvement communiste r&#233;volutionnaire. La politique du pire en quelque sorte car cet &#233;chec ou cette d&#233;rive ne serait pas seulement n&#233;faste pour la LCR mais pour le mouvement trotskiste tout entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 28 octobre 2007&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Vers l'indispensable mouvement d'ensemble ?
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Nicolas Sarkozy
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		<description>C'est &#224; Washington que Nicolas Sarkozy a annonc&#233;, &#224; propos de la semaine sociale qui l'attendait : &#171; Ca va bouger, c'est normal. Il y aura des gr&#232;ves et des manifestations, mais je tiendrai&#8230; &#187;. Impossible de ne pas penser &#224; certains de ses chers pr&#233;d&#233;cesseurs, Jupp&#233; en 1995 ou Villepin en 2006 qui juraient aussi qu'ils ne bougeraient pas. On conna&#238;t la suite. Mais rien n'est gagn&#233; non plus, pour les cheminots, agents de la RATP et de l'EDF-GDf, qui ont engag&#233; l'&#233;preuve de force contre le gouvernement, en&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est &#224; Washington que Nicolas Sarkozy a annonc&#233;, &#224; propos de la semaine sociale qui l'attendait : &lt;em&gt;&#171; Ca va bouger, c'est normal. Il y aura des gr&#232;ves et des manifestations, mais je tiendrai&#8230; &#187;&lt;/em&gt;. Impossible de ne pas penser &#224; certains de ses chers pr&#233;d&#233;cesseurs, Jupp&#233; en 1995 ou Villepin en 2006 qui juraient aussi qu'ils ne bougeraient pas. On conna&#238;t la suite. Mais rien n'est gagn&#233; non plus, pour les cheminots, agents de la RATP et de l'EDF-GDf, qui ont engag&#233; l'&#233;preuve de force contre le gouvernement, en r&#233;action &#224; l'attaque contre leurs retraites.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La rue en France, moins indulgente que le congr&#232;s am&#233;ricain !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une victoire de Sarkozy et de son premier ministre Fillon contre une cat&#233;gorie de travailleurs r&#233;put&#233;e coriace puisque les cheminots avaient fait craquer Chirac et Jupp&#233; en 1995, pourrait &#233;videmment d&#233;courager le monde du travail au moment o&#249; entrent en application, ou en chantier, un paquet de mesures anti-ouvri&#232;res, dont des suppressions de postes drastiques dans les services publics, des r&#233;ductions de remboursements de sant&#233;, une r&#233;vision du code du travail ouvrant la porte &#224; davantage de pr&#233;carit&#233;, et la poursuite de l'attaque g&#233;n&#233;rale contre les retraites : une fois les r&#233;gimes sp&#233;ciaux &#171; align&#233;s &#187;, tous les travailleurs se verraient dans la n&#233;cessit&#233; de compter 41 ans, puis 42 un peu plus tard, et non plus &#171; seulement &#187; 40 ans, pour b&#233;n&#233;ficier d'une retraite dite pleine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais gare aux retours de b&#226;ton. Car l'offensive gouvernementale a lieu sur fond de revendication salariale pressante face aux hausses de prix, dont celle des carburants, loyers, produits alimentaires ; sur fond de nouveaux licenciements ou suppression d'emplois dans de gros trusts du priv&#233; et leurs filiales ou sous-traitants ; sur fond de pr&#233;carisation et de d&#233;t&#233;rioration g&#233;n&#233;rale des conditions de travail. Bref sur fond de grogne qui tourne &#224; la rogne, voire &#224; la col&#232;re qui s'exprime pas seulement &#224; la SNCF mais aussi chez les h&#244;tesses de l'air et stewards d'Air France, les marins p&#234;cheurs, les &#233;tudiants qui mettent en avant l'abrogation de la r&#233;forme de l'universit&#233; mais aussi la solidarit&#233; avec les cheminots, et jusqu'aux avocats contre la r&#233;forme judiciaire, aux gardiens de prison, policiers et gendarmes ! La pr&#233;tendue guerre engag&#233;e par Sarkozy, d&#232;s sa campagne, en faveur de l'emploi et du pouvoir d'achat fait manifestement chou blanc.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un agenda social tr&#232;s charg&#233; !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'affaire n'est donc pas si bien emmanch&#233;e pour le gouvernement. Les premiers fauteurs de troubles &#233;tant les cheminots, &#233;lectriciens et gaziers, agents de la RATP, qui par leur participation massive &#224; la gr&#232;ve du 18 octobre appel&#233;e par quasiment toutes leurs f&#233;d&#233;rations syndicales, ont marqu&#233; l'opinion populaire et trouv&#233; en son sein des soutiens, voire &#233;veill&#233; des envies d'en d&#233;coudre. Qui plus est, la journ&#233;e du 18 octobre s'est poursuivie le 19 et quelques jours encore (gr&#226;ce aux pr&#233;avis reconductibles d&#233;pos&#233;s par Sud et FO), du fait d'une minorit&#233; t&#234;tue plus large que le milieu de ces deux syndicats, dont des militants ou proches de la CGT, alors pourtant que l'appareil de leur f&#233;d&#233;ration avait utilis&#233; les ficelles d'usage pour emp&#234;cher la reconduction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la foul&#233;e de cette journ&#233;e comme on n'en avait pas vue depuis longtemps, les f&#233;d&#233;rations de fonctionnaires appelaient &#224; leur tour &#224; &#171; leur &#187; journ&#233;e, fixant l'&#233;ch&#233;ance au relativement lointain mardi 20 novembre &#8211; pour &#234;tre s&#251;res que leurs mandants ne s'y mettraient qu'une fois les cheminots rentr&#233;s dans le rang ? Les appareils syndicaux pr&#233;tendent ne pas vouloir m&#233;langer les genres, m&#234;me quand les bases d'une protestation commune saute aux yeux, parce que de fait ils d&#233;fendent une kyrielle d'int&#233;r&#234;ts de boutiques qui n'ont rien &#224; voir avec ceux de l'ensemble des travailleurs, il s'agit entre autres de se pousser de l'avant (ou de se retenir selon l'opportunit&#233; !) pour &#234;tre le premier, le dernier ou en tout cas le meilleur interlocuteur possible aux multiples tables de n&#233;gociations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les f&#233;d&#233;rations &#224; ce jour imposent donc &#224; chaque secteur de s'y mettre chacun &#224; son tour et chacun pour sa revendication, tombant ainsi dans le panneau de Sarkozy qui a pris soin d'attaquer toutes les cat&#233;gories, mais chacune sous un angle en apparence diff&#233;rent de la voisine : les cheminots pour leurs retraites, les fonctionnaires contre les suppressions de postes &#8211; quelque 20 000 programm&#233;es chaque ann&#233;e par non remplacement des d&#233;parts en retraite (certes du travail en plus pour les enseignants ou le personnel hospitalier d&#233;j&#224; surcharg&#233;)&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce jour, nous sommes &#224; la veille d'une suite &#224; la journ&#233;e du 18 octobre, puisque sous la forte pression des cheminots, agents de la RATP et de l'EDF qui l'attendaient, 7 f&#233;d&#233;rations de cheminots sur 8 (la Fgaac restant &#224; l'&#233;cart), et les principaux syndicats de l'Energie et de la RATP (ceux-ci s'&#233;tant fait prier jusqu'au dernier moment), appellent &#224; une nouvelle journ&#233;e le mercredi 14 novembre (&#224; partir du mardi 13 &#224; 20 heures pour les cheminots). Apr&#232;s moult h&#233;sitations (chaque f&#233;d&#233;ration syndicale ayant scrut&#233; pour elle-m&#234;me s'il n'allait pas sortir un signe, quelque fum&#233;e annonciatrice d'une n&#233;gociation possible, du minist&#232;re ou de Matignon).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Novembre 2007 s'annonce donc mouvement&#233;. Cette mont&#233;e de la col&#232;re et cette flamb&#233;e de r&#233;actions seraient-elles le pr&#233;lude &#224; un mouvement plus large et puissant ? Un mai 68, &#224; ceci pr&#232;s que les flics cette fois seraient avec nous, ironisent certains ? Le r&#233;chauffement du climat social est une mauvaise surprise, en tout cas, pour le gouvernement et le patronat. Mais mauvaise &#233;galement pour les directions syndicales qui ne montrent aucune attirance pour un mouvement d'ensemble. Alors que la foison des m&#233;contentements se ram&#232;ne aux salaires trop bas, aux emplois menac&#233;s et aux conditions de travail de plus en plus dures, les syndicats s'&#233;vertuent &#224; sectoriser les revendications tout en &#233;tant pr&#234;ts &#224; les brader, et &#224; &#233;grener des journ&#233;es qui s&#233;parent. Fort heureusement, la d&#233;termination des travailleurs concern&#233;s reste la plus forte.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des directions syndicales toujours pr&#234;tes &#224; se mettre &#224; table&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;fiance des cheminots est de rigueur vis-&#224;-vis des syndicats qui appellent &#224; la gr&#232;ve du 14 novembre, reconductible cette fois, mais n'affichent pourtant comme objectif essentiel que l'ouverture de nouvelles n&#233;gociations. Car si le ministre du Travail, Xavier Bertrand affiche l'opini&#226;tret&#233; du gouvernement &#224; porter la dur&#233;e de cotisation retraite &#224; 40 ans d'ici 2012 pour les cheminots et autres &lt;em&gt;&#171; r&#233;gimes sp&#233;ciaux &#187;&lt;/em&gt;, en m&#234;me temps qu'il fait d'&lt;em&gt;&#171; ultimes propositions &#187; &lt;/em&gt;d'am&#233;nagements de d&#233;tail du calendrier de la r&#233;forme, la d&#233;termination n'est pas la m&#234;me du c&#244;t&#233; des syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne parlons pas de la Fgaac, syndicat corporatiste chez les agents de conduite, puisqu'elle s'est retir&#233;e du jeu depuis le 18 octobre au soir, d&#232;s qu'elle a obtenu un all&#232;gement de la r&#232;gle pour les seuls conducteurs de trains, qui pourraient partir &#224; la retraite &#224; 55 ans&#8230; au lieu de 50 ans actuellement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CFDT de son c&#244;t&#233;, serine depuis longtemps qu'elle est favorable aux 40 ans de cotisation. Si, avec plus de huit jours de retard, elle s'est jointe in extremis &#224; l'appel &#224; la gr&#232;ve du 14 novembre, c'est seulement parce que le gouvernement serait rest&#233; sourd &#224; ses propositions d'am&#233;nagement ou timing de sa r&#233;forme. Mais sur le fond, comme c'&#233;tait d&#233;j&#224; l'accord presque parfait en 1995 entre Notat et Jupp&#233; (ce qui n'avait pas emp&#234;ch&#233; ce dernier de devoir reculer), c'est la connivence entre Ch&#233;r&#232;que et Fillon. Dans son tract d'appel &#224; la gr&#232;ve, la CFDT r&#233;affirme : &lt;em&gt;&#171; la n&#233;cessit&#233; de r&#233;forme motiv&#233;e par l'allongement de l'esp&#233;rance de vie &#187;.&lt;/em&gt; Elle propose seulement de n&#233;gocier la d&#233;cote, ou de faire cotiser les cheminots aussi sur les primes, pour que celles-ci soient ensuite prises en compte dans le calcul des pensions. Et d'&#233;taler un peu les d&#233;lais d'application, car affirme-t-elle, &lt;em&gt;&#171; la mise en oeuvre du passage &#224; 40 annuit&#233;s ne doit pas se faire brutalement, mais progressivement &#187;&lt;/em&gt;. Faire gr&#232;ve pour les d&#233;lais !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT de son c&#244;t&#233;, le syndicat de loin le plus influent chez les cheminots, ne se montre pas beaucoup plus irr&#233;ductible. A peine connue &lt;em&gt;&#171; l'ultime proposition &#187;&lt;/em&gt; du gouvernement, les f&#233;d&#233;rations CGT des cheminots, des transports et de l'Energie y voyaient quelques aspects positifs, un &lt;em&gt;&#171; premier recul &#224; mettre &#224; l'actif de la mobilisation du 18 octobre &#187;&lt;/em&gt;. Ce n'est plus la r&#233;forme et le passage aux 40 ans de cotisations qu'il faudrait combattre (et encore moins mettre en avant le retour aux 37,5 annuit&#233;s pour tous), il suffirait de &lt;em&gt;&#171; faire bouger le cadre de la r&#233;forme &#187;&lt;/em&gt;. Comprenne qui pourra ! L'att&#233;nuation de la d&#233;cote propos&#233;e par le ministre du Travail (qui ne porterait que sur un nombre maximum d'ann&#233;es manquantes de deux ans et demi au lieu de cinq), serait d&#233;j&#224; une avanc&#233;e &lt;em&gt;&#171; substantielle &#187;. &lt;/em&gt;Resterait donc &#224; grappiller quelques miettes : sur la prise en compte des primes dans le calcul des retraites, sur quelque am&#233;lioration de salaire de fin de carri&#232;re, sur la possibilit&#233; d'inclure les ann&#233;es de formation dans l'anciennet&#233;&#8230; Quant aux &lt;em&gt;&#171; marges de discussions dans chaque entreprise ou branche &#187;&lt;/em&gt; offertes aux bureaucraties syndicales (sur les d&#233;tails d'application de la r&#233;forme), elles sont selon la CGT trop dans &lt;em&gt;&#171; le flou &#187;&lt;/em&gt;. C'est pourquoi, et pourquoi seulement, &lt;em&gt;&#171; l'action est bien &#224; l'ordre du jour &#187;&lt;/em&gt;, avec pour objectif l'obtention d'une &lt;em&gt;&#171; table ronde minist&#233;rielle &#187;&lt;/em&gt; sur le cadre de la r&#233;forme, et d'un calendrier de n&#233;gociations locales sur son application.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout est fait du c&#244;t&#233; des directions syndicales pour convaincre les cheminots, agents de la RATP, gaziers et &#233;lectriciens, que leurs r&#233;gimes de retraites sont d&#233;j&#224; du pass&#233;, que le passage aux 40 ans de cotisation (pr&#233;lude au passage &#224; 41 puis 42 ans pour tous, ensuite) est un recul irr&#233;m&#233;diable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A moins que les gr&#233;vistes et tous ceux qui les soutiennent dans le pays n'en d&#233;cident autrement.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'appareil de la CGT, rod&#233; aux ficelles du m&#233;tier&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis le 18 octobre &#224; la Sncf, c'est probablement la f&#233;d&#233;ration CGT qui affiche la politique et les m&#233;thodes les plus retorses&#8230; dont d'ailleurs les gr&#233;vistes se m&#233;fient, autant qu'elle se m&#233;fie d'eux. Car il lui faut garder le contr&#244;le !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que trois syndicats (Sud, FO et Fgaac) d&#233;posaient des pr&#233;avis reconductibles, la CGT, elle, appelait &#224; 24 heures et pas plus, et manigan&#231;ait pour emp&#234;cher les cheminots de reconduire. Donc pas d'assembl&#233;es organis&#233;es, ni le 18 octobre ni a fortiori les jours suivants, ou rarement et le plus &#233;parpill&#233;es possible. Pas, ou le moins possible, de r&#233;unions puisqu'il n'y avait rien &#224; discuter ni d&#233;cider, l'appareil ayant tranch&#233; d'embl&#233;e en faveur de la non reconduction ! Ou seulement des r&#233;unions syndicales CGT. Les assembl&#233;es qui eurent lieu les jours suivants, et permirent &#224; une minorit&#233; de poursuivre la gr&#232;ve, furent g&#233;n&#233;ralement appel&#233;es par Sud et FO &#8211; et aussi, heureusement, dans bien des endroits par des militants de la CGT passant outre aux ordres de leur direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Motif invoqu&#233; par la f&#233;d&#233;ration de la CGT pour s'en tenir &#224; 24 heures : &#233;viter le pi&#232;ge de l'isolement, attendre les autres secteurs ou structures locales qui pourraient s'y mettre&#8230; mais tout restant tr&#232;s vague, sans aucune &#233;ch&#233;ance fix&#233;e, aucun partenaire possible cit&#233;&#8230; Du pipeau ? Ce qui l'a confirm&#233;, c'est que Didier Le Reste, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la f&#233;d&#233;ration CGT cheminots, d&#232;s l'annonce de la journ&#233;e des fonctionnaires le 20 novembre, n'a nullement encourag&#233; les cheminots &#224; s'y joindre. C'&#233;tait pourtant l'occasion s'il en &#233;tait de ne pas rester seuls ! Et si l'id&#233;e circule aujourd'hui qu'une reconduction de la gr&#232;ve du 14 novembre pourrait mener jusqu'&#224; la jonction avec les fonctionnaires le 20, ce n'est pas la direction de la CGT qui en fixe explicitement la perspective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le 14 novembre, un pr&#233;avis a quand m&#234;me finalement &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;, de gr&#232;ve reconductible. Le ton des dirigeants de la CGT se veut donc plus radical. Mais sur le terrain, de l'avis de bien des cheminots qui pr&#233;parent la gr&#232;ve, la CGT semble singuli&#232;rement absente, peu ou pas de tracts, de r&#233;unions, d'assembl&#233;es. Encore moins la recherche de liens interservices, voire &#171; interprofessionnels &#187; - comme la CGT a su, quand elle l'a voulu en 1995, en tisser avec des enseignants, des travailleurs de la RATP, les postiers, des agents territoriaux et d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#224; relever encore que la direction de la CGT qui s'est d&#233;clar&#233;e championne de l'&#233;largissement, n'a pas milit&#233; davantage que Sud, FO ou les autres (tous ceux-l&#224; insistant beaucoup sur l'aspect cat&#233;goriel des revendications ) pour que les cheminots placent la d&#233;fense de leurs r&#233;gimes sp&#233;ciaux dans le cadre d'objectifs plus g&#233;n&#233;raux. Elle a parfois m&#234;me insist&#233; sur la n&#233;cessit&#233; d'avancer des revendications encore plus &#171; locales &#187; ! Il est pourtant &#233;vident que tout est li&#233; aujourd'hui : retraites, salaires et emplois. Ce n'est pas l'esp&#233;rance de vie qui grossit le nombre de retrait&#233;s par rapport aux actifs, c'est le ch&#244;mage qui diminue le nombre des actifs, ou p&#232;se sur les salaires de telle sorte que les faibles cotisations n'alimentent plus les caisses sociales. Sans compter que l'Etat les pille de son c&#244;t&#233; pour redistribuer au patronat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la situation actuelle pourtant, m&#234;me si les pr&#233;jug&#233;s particularistes demeurent, selon lesquels par exemple on pourrait mieux d&#233;fendre ses propres int&#233;r&#234;ts en luttant seul, bien des travailleurs qui sont engag&#233;s dans ce bras de fer avec le gouvernement comme d'autres qui les regardent avec sympathie voire envie, savent qu'il y a un programme g&#233;n&#233;ral &#224; d&#233;fendre, tous ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Se mobiliser et s'organiser&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nous ne savons pas jusqu'o&#249; ira cette mont&#233;e sociale. Jusqu'o&#249; les directions syndicales se sentiront oblig&#233;es d'aller. Jusqu'o&#249; elles pourront &#234;tre d&#233;pass&#233;es. Sans la pression des cheminots qui ont commenc&#233;, sans la rescousse d'autres secteurs et la sympathie d'un milieu populaire qui voit se dessiner une revanche contre Sarkozy et son gouvernement, les appareils syndicaux &#8211; tous autant qu'ils sont et &#224; condition d'&#234;tre invit&#233;s - se seraient d&#233;j&#224; mis &#224; table. L'issue va donc d&#233;pendre de la mobilisation des travailleurs, et d'elle seule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si elle se poursuit, si elle s'&#233;largit, il est indispensable que les travailleurs en lutte d'une part placent leurs objectifs propres dans le cadre d'objectifs g&#233;n&#233;raux &#224; tous les travailleurs et se tournent activement vers d'autres, les encouragent &#224; les suivre. Il est indispensable aussi qu'ils s'organisent dans des structures de d&#233;cision propres, ind&#233;pendantes des directions syndicales m&#234;me si elles comptent &#233;videmment dans leurs rangs les militants syndicaux, &#171; assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales &#187; souveraines par secteurs et si possible &#171; interservices &#187;, voire &#171; interprofessionnelles &#187;, comit&#233;s de gr&#232;ve et coordinations &#224; tous les niveaux. Comme ceux-l&#224; naissent d'autant plus facilement qu'ils sont pr&#233;par&#233;s, il faut d&#232;s aujourd'hui, partout o&#249; nous le pouvons, impulser comit&#233;s de mobilisation ou &#171; r&#233;seaux &#187; regroupant les travailleurs conscients des t&#226;ches &#224; accomplir et d&#233;sireux d'y prendre part, ind&#233;pendamment de leur appartenance, ou non, syndicale ou politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les directions syndicales n'avanceront que sous la pression de l'ensemble des gr&#233;vistes. Et les gr&#233;vistes ne r&#233;agiront correctement aux retournements de ces derni&#232;res et n'&#233;viteront les pi&#232;ges que s'ils sont organis&#233;s pour aller jusqu'au bout de leur d&#233;termination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Le 9 novembre 2007&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Lettre ouverte &#224; Lutte ouvri&#232;re et la Ligue communiste r&#233;volutionnaire
</title>
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		<dc:date>2007-10-13T17:54:15Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>LCR
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		<dc:subject>Lutte ouvri&#232;re
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		<dc:subject>Extr&#234;me gauche
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		<description>Chers camarades, &lt;br /&gt;La ligue communiste r&#233;volutionnaire propose de cr&#233;er un nouveau parti &#224; l'extr&#234;me gauche ? La Fraction r&#233;pond &#171; chiche &#187;. A certaines conditions, &#233;videmment, nous serions partie prenante. Et nous proposons &#224; notre organisation Lutte Ouvri&#232;re de faire la m&#234;me r&#233;ponse. &lt;br /&gt;Bien entendu cela ne signifie pas que nous sommes absolument certains qu'un tel parti peut voir le jour, m&#234;me &#224; l'&#233;ch&#233;ance de fin 2008 que se fixe la LCR. &lt;br /&gt;Mais nous sommes partants pour explorer avec LO, la LCR et &#233;ventuellement&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Chers camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ligue communiste r&#233;volutionnaire propose de cr&#233;er un nouveau parti &#224; l'extr&#234;me gauche ? La Fraction r&#233;pond &#171; chiche &#187;. A certaines conditions, &#233;videmment, nous serions partie prenante. Et nous proposons &#224; notre organisation Lutte Ouvri&#232;re de faire la m&#234;me r&#233;ponse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu cela ne signifie pas que nous sommes absolument certains qu'un tel parti peut voir le jour, m&#234;me &#224; l'&#233;ch&#233;ance de fin 2008 que se fixe la LCR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous sommes partants pour explorer avec LO, la LCR et &#233;ventuellement d'autres les opportunit&#233;s que la situation politique et sociale nous offre de franchir un pas dans cette direction. Notre organisation a dit souhaiter la r&#233;ussite de la LCR. Ce doit &#234;tre le v&#339;u de tous les militants et groupes r&#233;volutionnaires, quelles que soient leurs divergences politiques, tactiques ou organisationnelles actuelles, du moins si c'est bien un parti ouvertement r&#233;volutionnaire que la LCR entend construire, et pas seulement anticapitaliste, &#233;cologiste, altermondialiste&#8230; ce qui reste ambigu et flou sur la question du r&#233;formisme. Ce point est encore en d&#233;bat dans ses rangs et ne sera officiellement tranch&#233; que dans trois ou quatre mois lors de son prochain congr&#232;s. C'est une raison suppl&#233;mentaire de ne pas se contenter d'&#234;tre attentifs, m&#234;me d'une attention bienveillante &#224; ses efforts. Pour tirer, le moment venu, une honn&#234;te conclusion sur la faisabilit&#233; ou non de ce qui nous est propos&#233;, il faut &#234;tre partie prenante et engag&#233;e de la tentative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;volutionnaires ont recueilli depuis 12 ans aux &#233;lections pr&#233;sidentielles, les plus politis&#233;es des &#233;lections dans ce pays, celles auxquelles participe le plus grand nombre d'&#233;lecteurs, plus de 5 % des voix sur les candidatures d'Arlette Laguiller et Olivier Besancenot, combin&#233;es ou non. A peu pr&#232;s autant aux &#233;lections europ&#233;ennes ou r&#233;gionales lorsque la LCR et LO se sont pr&#233;sent&#233;es en commun. Cela signifie qu'une fraction non n&#233;gligeable de l'opinion populaire attend quelque chose du courant r&#233;volutionnaire. Cela dit, la situation ne pr&#233;sente certainement pas que des facteurs favorables. Et cette r&#233;ussite &#233;lectorale ne signifie pas, nous le savons tous, un afflux automatique d'adh&#233;rents ou de militants assez important pour faire passer nos organisations actuelles, ou l'une d'entre elles, &#224; un niveau qualitativement sup&#233;rieur, ne serait-ce qu'en nombre de membres pour ne pas parler en qualification politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En l'absence de luttes sociales majeures, ce niveau sup&#233;rieur ne pourrait &#234;tre atteint qu'au travers du regroupement des organisations r&#233;volutionnaires existantes dont le nombre de militants, aussi restreint soit-il, est sans aucun doute nettement sup&#233;rieur &#224; celui des nouveaux adh&#233;rents amen&#233;s par nos succ&#232;s &#233;lectoraux, y compris le dernier en date, celui de la LCR ce printemps dernier. Les chiffres &#233;voqu&#233;s par vous-m&#234;mes, camarades de la LCR, qu'on ne peut donc soup&#231;onner d'&#234;tre minimis&#233;s, en t&#233;moignent : sans discuter m&#234;me la qualit&#233; et la long&#233;vit&#233; de ces nouvelles adh&#233;sions, LO et la LCR organisent d&#233;j&#224; chacune, dans et autour d'elle, un nombre de militants plus important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes l'unit&#233; des r&#233;volutionnaires n'est elle-m&#234;me possible qu'&#224; la condition qu'elle entra&#238;ne assez de nouveaux venus pour qu'ils puissent &#234;tre le garant et le ciment de cette unit&#233; tout en portant le mouvement r&#233;volutionnaire &#224; un niveau sup&#233;rieur. C'est un des &#233;l&#233;ments, m&#234;me si ce n'est pas le seul, qui a manqu&#233; aux pr&#233;c&#233;dentes tentatives de rapprochement LO-LCR (ou d'autres diff&#233;rentes combinaisons d'organisations). De ces &#233;checs pass&#233;s est n&#233; un sentiment de scepticisme dans nos deux organisations et am&#232;ne aujourd'hui la LCR &#224; d&#233;clarer la plus grande m&#233;fiance devant toute id&#233;e de fusion &#171; par le haut &#187;. Mais est-il vraisemblable d'envisager la construction d'un parti qui ne pourra se faire s'il n'y a un regroupement des militants existants, sans que le processus comprenne aussi, m&#234;me si ce n'est pas seulement, le rapprochement voulu, discut&#233; et d&#233;cid&#233; des organisations existantes ? La crainte compr&#233;hensible de ne pas renouveler les exp&#233;riences infructueuses du pass&#233; ne pourrait-elle pas cacher le retour des vieilles attitudes, qui parfois furent &#224; tour de r&#244;le celles de nos deux organisations, triomphalisme qui invite &#224; tirer la couverture &#224; soi seul d'une part, simple attente des jours meilleurs de l'autre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce n'est pas &#234;tre d'un optimisme b&#233;at que penser en effet que certaines des circonstances actuelles, en particulier le discr&#233;dit de la gauche, permettent aujourd'hui d'esp&#233;rer que la volont&#233; r&#233;elle, annonc&#233;e et affich&#233;e, de tenter ensemble d'explorer les possibilit&#233;s de construire une organisation r&#233;volutionnaire plus large, plus unie et plus efficace am&#232;nerait aux r&#233;volutionnaires ces troupes fra&#238;ches dont ils ont besoin. En tout cas c'est un pari qu'on peut faire alors que la gauche est en ruine organisationnellement et surtout politiquement, est m&#234;me un repoussoir pour beaucoup dont une partie de la jeunesse. Mais ceux-l&#224; ne se tourneront vraiment et d&#233;cid&#233;ment vers les r&#233;volutionnaires que si ceux-ci apparaissent au contraire offrir des perspectives diff&#233;rentes et plus attractives, non seulement politiques mais organisationnelles. Ce n'est pas la premi&#232;re fois que la gauche gouvernementale est en miettes en France. Pas la peine de remonter au score ridicule de Gaston Defferre aux pr&#233;sidentielles de 1969 : il nous suffit de rappeler celui de Lionel Jospin en 2002. Pourtant le PS a toujours pu remonter la pente. Facilement m&#234;me. D'autant plus facilement que l'extr&#234;me gauche n'a pas alors &#233;t&#233; &#224; la hauteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Explorer les possibilit&#233;s de cr&#233;er un nouveau parti exige de d&#233;finir les contours programmatiques ou organisationnels qui pourraient &#234;tre les siens. C'est ce que la LCR commence &#224; faire. C'est ce &#224; quoi nous invitons notre organisation &#224; participer. Mais un parti se d&#233;finit aussi et avant tout par sa politique. C'est aussi et d'abord les possibilit&#233;s d'une politique commune, au moins sur quelques sujets essentiels, que les r&#233;volutionnaires doivent explorer. Cette t&#226;che nous est de plus impos&#233;e par les &#233;ch&#233;ances imm&#233;diates auxquelles, unis ou en ordre dispers&#233;, nous avons de toute mani&#232;re tous &#224; faire face.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a bien s&#251;r l'&#233;ch&#233;ance du calendrier avec la pr&#233;paration des &#233;lections municipales dans moins de 6 mois maintenant. Elles font l'objet d'une importante pr&#233;occupation de la LCR comme de LO, nul besoin de s'en cacher. Il y a sept ans LO et la LCR n'&#233;taient pas parvenues &#224; pr&#233;senter des listes communes. Les questions de la constitution des listes d&#232;s le premier tour, des alliances ou des appels &#224; voter au second avaient constitu&#233;s des obstacles insurmontables. De toute &#233;vidence les positions prises lors des derni&#232;res &#233;lections par les deux organisations, quoi qu'on ait pu en penser, sugg&#232;rent que ces questions ne peuvent plus constituer des points d'achoppements. Et donc qu'il vaudrait mieux aborder d&#232;s maintenant le probl&#232;me de la constitution des listes d'extr&#234;me gauche. Ne serait-ce d'ailleurs que pour &#233;viter d'un c&#244;t&#233; ou de l'autre des d&#233;rives non souhaitables sur la droite et, pire, le spectacle ridicule d'une concurrence entre nos deux organisations pour gagner des alliances dans la gauche de la gauche, sans parler (on n'ose l'&#233;voquer) dans la gauche elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'&#233;ch&#233;ance majeure (et imm&#233;diate) n'est pas &#233;lectorale. Rarement le monde du travail a eu affaire &#224; une offensive gouvernementale et patronale aussi rude et aussi globale que celle qui bat son plein sous la conduite de Sarkozy et consorts. Rarement donc il y a eu autant besoin d'organiser une riposte globale, de faire de toutes les revendications et de toutes les luttes un seul objectif et une seule lutte. Ce n'est, nul ne s'en &#233;tonnera parmi nous, ni la pr&#233;occupation de la gauche politique ni celle de la gauche syndicale. L'une et l'autre, plus soucieuses de la fausse contestation dans les institutions ou les n&#233;gociations avec le patronat que du vrai combat sur le terrain, s'appr&#234;tent &#224; s'accommoder et encourager des luttes dispers&#233;es, secteur par secteur, sur des objectifs tout aussi dispers&#233;s. Dans ce contexte, il s'agit pour les r&#233;volutionnaires &#224; la fois de participer pleinement &#224; toutes les mouvements aussi limit&#233;s soient-ils et dans le m&#234;me temps de d&#233;fendre la perspective du mouvement d'ensemble, donc d'agir aux c&#244;t&#233;s des forces qui ne veulent pas d&#233;passer ces actions limit&#233;es tout en combattant ces limitations et la politique de nos alli&#233;s du moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique de front unique que pr&#244;ne la LCR est sans doute n&#233;cessaire, &#224; condition que ce ne soit pas une politique qui aboutisse &#224; mettre les r&#233;volutionnaires &#224; la remorque de la gauche comme nous en avons eu l'exemple avec sa participation (heureusement &#233;ph&#233;m&#232;re si nous avons bien compris !) au soi-disant comit&#233; national de riposte de la gauche dont le seul r&#233;sultat a &#233;t&#233; un appel &#224; une insignifiante journ&#233;e d'action, alors que la vraie question &#224; l'ordre du jour &#8211; celle justement que voulait &#233;viter le PS &#8211; &#233;tait d'organiser la riposte des salari&#233;s des r&#233;gimes sp&#233;ciaux et l'&#233;tendre &#224; tous les autres dont les retraites sont aussi mises en cause ? Front unique peut-&#234;tre, mais alors &#224; l'envers, et certainement pas dans l'int&#233;r&#234;t du monde du travail que nous voulons repr&#233;senter. Nos deux organisations ont mieux &#224; faire et sans aucun doute le feraient mieux ensemble, si elles convenaient justement d'en discuter syst&#233;matiquement ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est justement pour aborder l'ensemble de ces probl&#232;mes, de l'&#233;ventuelle cr&#233;ation d'un nouveau parti jusqu'&#224; l'intervention imm&#233;diate dans les luttes, que nous pr&#233;conisons l'instauration de rapports r&#233;guliers et syst&#233;matiques entre la LCR et LO, &#224; tous les niveaux, &#224; commencer par celui des directions. Il est temps que les contacts soient pris, si ce n'est d&#233;j&#224; fait. Cela d&#233;pend de LO &#233;videmment et c'est pour cela que nous avons propos&#233; &#224; notre organisation de r&#233;pondre explicitement &#224; l'appel de la LCR, fait jusque-l&#224; &#224; la cantonade. Mais cela d&#233;pend tout autant de la LCR. Quand une initiative politique est utile et n&#233;cessaire ce n'est pas celui qui la prend qui peut y perdre du cr&#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'espoir de voir concr&#233;tiser nos souhaits d&#232;s les prochains jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 04 octobre 2007&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Fraction &lt;em&gt;l'Etincelle&lt;/em&gt; de Lutte ouvri&#232;re&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Sale temps pour les r&#233;volutionnaires ?
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		<dc:subject>Extr&#234;me gauche
</dc:subject>
		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Lutte ouvri&#232;re
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		<dc:subject>LCR
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		<dc:subject>Elections
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		<description>Ci-dessous la tribune propos&#233;e pour &#171; Lutte de Classe &#187; n&#176;106 mais qui a &#233;t&#233; refus&#233;e &lt;br /&gt;Les plus faibles scores que Lutte Ouvri&#232;re ait jamais r&#233;alis&#233;s depuis plus de 30 ans d'interventions &#233;lectorales, ont marqu&#233; ces pr&#233;sidentielles et l&#233;gislatives 2007 (487 857 &#233;lecteurs soit 1,33% pour Arlette Laguiller aux pr&#233;sidentielles ; 218 264 &#233;lecteurs soit 0,86 % pour les 563 candidates et candidats de LO aux l&#233;gislatives). Si l'on en croit le num&#233;ro pr&#233;c&#233;dent de la revue politique mensuelle de notre organisation,&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ci-dessous la tribune propos&#233;e pour &#171; Lutte de Classe &#187; n&#176;106 mais qui a &#233;t&#233; refus&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les plus faibles scores que Lutte Ouvri&#232;re ait jamais r&#233;alis&#233;s depuis plus de 30 ans d'interventions &#233;lectorales, ont marqu&#233; ces pr&#233;sidentielles et l&#233;gislatives 2007 (487 857 &#233;lecteurs soit 1,33% pour Arlette Laguiller aux pr&#233;sidentielles ; 218 264 &#233;lecteurs soit 0,86 % pour les 563 candidates et candidats de LO aux l&#233;gislatives). Si l'on en croit le num&#233;ro pr&#233;c&#233;dent de la revue politique mensuelle de notre organisation, &lt;em&gt;Lutte de Classe (n&#176; 105, mai-juin 2007)&lt;/em&gt;, le &#171; vote utile &#187; pour S&#233;gol&#232;ne Royal aurait happ&#233; non seulement les voix des alli&#233;s traditionnels du Parti socialiste (dont le Parti communiste ramen&#233; &#224; un score de 1,93 %, les Verts &#224; 1,57 %), mais celles de l'extr&#234;me gauche. Pour preuve, le score d'Arlette. Ph&#233;nom&#232;ne auquel LO s'attendait, ayant m&#234;me fait l'hypoth&#232;se longtemps &#224; l'avance que l'appel &#224; voter pour le candidat socialiste, pour la premi&#232;re fois depuis plus de 25 ans, pourrait &#234;tre l&#233;gitime au soir du premier tour &#8211; par solidarit&#233; avec les travailleurs anti-Sarkozy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, S&#233;gol&#232;ne Royal &#8211; au profil de &#171; Marie-Chantal &#187; &#8211; n'a pas emport&#233; l'adh&#233;sion des travailleurs. Le vote pour elle n'a pas &#233;t&#233; un raz-de-mar&#233;e. Il ne s'est pas av&#233;r&#233; &#171; utile &#187; puisque la gauche a perdu, de beaucoup. Et si certains ont effectivement &#233;t&#233; lamin&#233;s, &#224; gauche ou &#224; l'extr&#234;me gauche, Olivier Besancenot a maintenu un score de 4,08 % (1 498 581 &#233;lecteurs), similaire &#224; son score de 2002. Diff&#233;rence entre Arlette et Olivier qui appelle r&#233;flexion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; Il faut &#233;videmment se demander pourquoi Besancenot a r&#233;sist&#233;, dans les chiffres mieux que les autres et, en particulier, bien mieux qu'Arlette Laguiller &#187;&lt;/em&gt;, &#233;crit la &lt;em&gt;Lutte de Classe &lt;/em&gt;N&#176;105, laquelle sans analyse des votes, invoque une diff&#233;rence sociale et politique des &#233;lectorats qui rel&#232;ve de l'intime (et fielleuse) conviction. &lt;em&gt;&#171; La fraction de l'opinion &#224; laquelle la LCR s'est adress&#233;e &#233;tait certainement beaucoup plus hostile au Parti socialiste. Peut-&#234;tre, dira-t-on, beaucoup plus consciente mais, peut-&#234;tre aussi, beaucoup moins solidaire des sentiments des classes sociales les plus exploit&#233;es qui sont les plus victimes du maintien d'un gouvernement de droite et les plus enclins &#224; avoir des illusions sur les partis bourgeois de gauche &#187;&lt;/em&gt;, peut-on lire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arlette est du c&#244;t&#233; des plus exploit&#233;s, d'accord. Mais Olivier Besancenot ? N'aurait-il les faveurs que de petits bourgeois anti-socialistes qui ne sont pas solidaires des plus exploit&#233;s ? Vraiment ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Scores, lieux et milieux&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sidentielle de 1995 a &#233;t&#233; la premi&#232;re &#233;lection o&#249; les scores de l'extr&#234;me gauche ont marqu&#233; l'opinion, sautant brusquement d'un classique 2 % &#224; 5,3 % (pour notre camarade Arlette Laguiller qui &#233;tait seule candidate d'extr&#234;me gauche, la LCR absente ayant appel&#233; &#224; voter indiff&#233;remment pour Arlette Laguiller, Robert Hue du PC, ou Dominique Voynet des Verts). Les meilleurs scores d'Arlette le furent dans des villes ou quartiers ouvriers : 8,5 % &#224; Dunkerque-Est, 7,8 % &#224; Clermont-Ferrand ou &#224; Cherbourg, 7,7 % &#224; Caen-Est, 7,6 % &#224; Elbeuf, 7 % &#224; 7,3 % &#224; Li&#233;vin, Calais, Saint-Omer, Sotteville-l&#232;s-Rouen, Saint-Nazaire. Avec des pointes dans les quartiers les plus ouvriers. Les grandes villes de banlieue parisienne, jadis fiefs du PC, donnaient des r&#233;sultats moindres, mais souvent plus &#233;lev&#233;s que la moyenne, dont les meilleurs : 6,9 % &#224; Montreuil, 6,6 % &#224; Saint-Ouen, 6,5 % &#224; Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) ou 7,74 % aux Ulis dans l'Essonne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous en &#233;tions, &#224; juste titre, plut&#244;t fiers : &lt;em&gt;&#171; Ceux qui ont fait le geste de voter pour Arlette Laguiller ont certes d'abord exprim&#233; leur m&#233;contentement. Mais pas de fa&#231;on neutre. Ce m&#233;contentement s'est exprim&#233; &#224; l'extr&#234;me gauche. Arlette Laguiller a fait les meilleurs scores, jusqu'&#224; 10 % parfois, dans les banlieues ou quartiers ouvriers des grandes villes &#187;&lt;/em&gt;, &#233;crivait la &lt;em&gt;Lutte de Classe&lt;/em&gt; de l'&#233;t&#233; 1995. Cela valait pour appr&#233;ciation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sidentielle de 2002 a doubl&#233; pratiquement le score de l'extr&#234;me gauche, avec cette fois deux candidats, Arlette Laguiller 5,72 % et Oliver Besancenot 4,25 % (0,47 % pour Daniel Gluckstein, du Parti des Travailleurs). La raison en &#233;tait particuli&#232;re : l'&#233;coeurement suscit&#233; par la politique du gouvernement Jospin, particuli&#232;rement dans les milieux ouvriers. Nombre d'&#233;lecteurs habituels du Parti communiste ou du Parti socialiste l'ont sanctionn&#233;e en votant pour l'extr&#234;me gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; des diff&#233;rences politiques entre les deux organisations, c'&#233;taient sur des programmes semblables que les deux candidats s'&#233;taient pr&#233;sent&#233;s aux &#233;lecteurs, Olivier Besancenot ayant repris &#224; son compte l'essentiel des mesures d'urgence mises en avant par Arlette Laguiller. Il est frappant de voir que les meilleurs scores de LO et de la LCR le furent en grande partie dans les m&#234;mes d&#233;partements, m&#234;mes circonscriptions, o&#249; d&#233;j&#224; en 1995 Arlette avait &#171; perc&#233; &#187;. Dans l'Aisne, le Nord, le Pas-de-Calais, ou les anciennes r&#233;gions mini&#232;res ou sid&#233;rurgiques de l'Est notamment. Dans une cinquantaine de circonscriptions, l'extr&#234;me gauche (LO + LCR) y cumulait entre 13 % et 15,94 % : parmi elles encore Sotteville-les-Rouen (15,94 %), Elbeuf (15,37 %), Saint-Nazaire (14,91 %), Cherbourg (14,85 %), Li&#233;vin (14,71 %), etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2007, apr&#232;s 5 ans de gouvernement de droite, et une campagne pr&#244;nant le &#171; &lt;em&gt;vote utile &#187;&lt;/em&gt; pour le PS d&#232;s le premier tour, le score global de l'extr&#234;me gauche, 5,41 % au total pour LO et la LCR, retrouve grosso modo son niveau de 1995, et la moiti&#233; de celui de 2002, mais avec une r&#233;partition invers&#233;e entre les deux organisations. L&#224; encore, ce sont notamment dans les circonscriptions o&#249; l'extr&#234;me gauche avait fait ses meilleurs r&#233;sultats en 1995 et 2002, que ceux de Besancenot (et a fortiori ceux cumul&#233;s des deux candidats trotskystes) sont les plus &#233;lev&#233;s : 7,75 % &#224; Li&#233;vin, 7,33 % &#224; Dunkerque-Est, 7,33 % &#224; Sotteville-l&#232;s-Rouen, pr&#232;s de 7 % &#224; Moyeuvre, Pont-&#224;-Mousson ou Longwy, 6,66 % &#224; Lens. Les deux candidats de l'extr&#234;me gauche (nous n'avons pas tenu compte des scores de G&#233;rard Schivardi qui ne s'en revendiquait pas), quand ils se sont pr&#233;sent&#233;s s&#233;par&#233;ment, se sont &#233;videmment trouv&#233;s, par d&#233;finition, des &#233;lectorats distincts, mais dont les contours ne sont pas si tranch&#233;s que la &lt;em&gt;Lutte de classe&lt;/em&gt; veut bien le dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sondages publi&#233;s par les divers organismes (de port&#233;e certes limit&#233;e vu la taille des &#233;chantillons) vont dans ce sens. Ipsos analysant les glissements de l'&#233;lectorat entre 1995 et 2002, estimait que 35 % d'&#233;lecteurs d'Arlette Laguiller de 1995 avaient vot&#233; &#224; nouveau pour elle en 2002 et 18 % pour Besancenot, l'&#233;lectorat d'Arlette ayant gagn&#233; en &#233;change ses nouveaux &#233;lecteurs essentiellement parmi ceux du PC et du PS. Le candidat de la LCR avait donc r&#233;cup&#233;r&#233; une partie des &#233;lecteurs d'Arlette de 1995 et nombre d'anciens &#233;lecteurs du PC, du PS mais aussi des Verts.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Olivier Besancenot, une &lt;em&gt;&#171; campagne violemment anti-PS &#187;&lt;/em&gt; ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Bon nombre des &#233;lecteurs de gauche qui ont exprim&#233; leur col&#232;re contre Jospin en 2002 en votant pour l'extr&#234;me gauche, et l'ont ensuite regrett&#233; quand au lendemain du premier tour ils ont march&#233; dans la campagne socialiste du &lt;em&gt;&#171; battre Le Pen &#187;&lt;/em&gt;, sont probablement revenus &#224; leur vote classique cette ann&#233;e. Mais pourquoi les &#233;lecteurs d'Arlette Laguiller, eux particuli&#232;rement, auraient-ils &#233;t&#233; plus sensibles que ceux d'Olivier Besancenot &#224; l'appel du &lt;em&gt;&#171; vote utile &#187;&lt;/em&gt; ? Et qui plus est, pour des raisons sociales et politiques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourtant ce qu'affirme la &lt;em&gt;Lutte de Classe&lt;/em&gt; (N&#176; 105, passage d&#233;j&#224; cit&#233; plus haut).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lecteurs d'Olivier Besancenot de 2002, moins sensibles cette ann&#233;e &#224; l'influence de la gauche r&#233;formiste que ceux d'Arlette ? C'est presque un &#171; scoop &#187; ! La Ligue communiste souffrait jusque-l&#224;, aux yeux de notre organisation, du d&#233;faut d'&#234;tre un tantinet conciliante, si ce n'est opportuniste, l'&#233;gard des milieux de la gauche classique. Voil&#224; LO qui lui d&#233;cerne un certificat &#171; d'anti-PS &#187;&#8230; mais pour l'en incriminer ! Dur de s'y retrouver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le zeste de v&#233;rit&#233; est que pr&#233;cis&#233;ment dans cette campagne 2007, le candidat de la LCR a eu souvent la dent plus dure &#224; l'endroit de S&#233;gol&#232;ne Royal qu'Arlette Laguiller. Mais n'exag&#233;rons rien. Rappelons juste que s'il y a eu dans le pass&#233; une diff&#233;rence perceptible entre LO et la LCR, c'est dans des attitudes diff&#233;rentes vis-&#224;-vis de la gauche&#8230; en sens inverse ! Une diff&#233;rence qui avait marqu&#233; l'entre deux tours de l'&#233;lection de 2002. Nous avions alors reproch&#233; &#224; la LCR, &#224; juste titre, d'avoir appel&#233; &#224; voter Chirac au second tour par opportunisme, &lt;em&gt;&#171; pour ne pas se couper des milieux influenc&#233;s par le Parti socialiste, de s'aligner sur le choix de celui-ci &#187; &lt;/em&gt;(extrait du texte de la majorit&#233; de LO au congr&#232;s de d&#233;cembre 2002).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cinq ans de gouvernement de droite, ceux qui &#233;taient les plus influenc&#233;s par le Parti socialiste s'en seraient le plus &#233;loign&#233;s ? Assez peu cr&#233;dible. L'article sur &lt;em&gt;&#171; L'&#233;volution de l'&#233;lectorat en chiffres &#187;&lt;/em&gt; dans le num&#233;ro de &lt;em&gt;Lutte ouvri&#232;re&lt;/em&gt; du 27 avril 2007 &#233;crit d'ailleurs au contraire : &lt;em&gt;&#171; Plus exactement, &#224; en juger par le sondage sortie des urnes effectu&#233; pour le compte de &lt;/em&gt;L'Humanit&#233;&lt;em&gt;, Olivier Besancenot a &#233;t&#233; touch&#233; &#224; peu pr&#232;s autant que les autres par les effets du vote dit utile, mais ceux de ses &#233;lecteurs de 2002 qui se sont port&#233;s directement sur S&#233;gol&#232;ne Royal ont &#233;t&#233; remplac&#233;s par des abstentionnistes de 2002, de nouveaux &#233;lecteurs mais aussi, dans une certaine mesure, par des votants venus de l'&#233;lectorat de Marie-George Buffet ou d'Arlette Laguiller &#187;.&lt;/em&gt; Avec ce compl&#233;ment, dans les r&#233;sultats du sondage, que sur les 40 % d'&#233;lecteurs de 2002 de Besancenot comme de Laguiller qui auraient vot&#233; pour la gauche classique en 2007, tous seraient presque all&#233;s vers S&#233;gol&#232;ne Royal pour ceux du premier, se seraient partag&#233;s 30 % pour Royal, 10 % pour Buffet pour ceux de la seconde. Une estimation qui semble en tout cas plus conforme &#224; ce que le public peut percevoir des diff&#233;rences politiques entre nos deux organisations.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Soustraire au lieu de multiplier ? Diviser au lieu d'additionner ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;A une question pos&#233;e le 9 mars dernier &#224; Arlette Laguiller par une journaliste de &lt;em&gt;l'Ind&#233;pendant.com&lt;/em&gt;, pour comprendre la diff&#233;rence avec Olivier Besancenot, puisque tous deux s'&#233;taient trouv&#233;s au coude &#224; coude &#224; l'usine Citro&#235;n (PSA) d'Aulnay pour soutenir les 300 euros par mois et le Smic &#224; 1500 euros, &lt;em&gt;&#171; propositions dans vos deux programmes &#187;&lt;/em&gt;, Arlette Laguiller r&#233;pondait &#224; juste titre :&lt;em&gt; &#171; Nous exprimons bien souvent des revendications semblables, c'est d'ailleurs pourquoi nous avons pu nous rendre ensemble sur le site de Peugeot pour soutenir les travailleurs en gr&#232;ve. Ce qui nous s&#233;pare en ce moment, c'est le fait que, bien qu'en 2004 nous nous sommes pr&#233;sent&#233;s ensemble aux Europ&#233;ennes et aux R&#233;gionales, la LCR a choisi une autre voie &#224; partir de 2005 et a recherch&#233; des alliances avec Marie-George Buffet, Jos&#233; Bov&#233;, Jean-Luc M&#233;lenchon et d'autres. Alliance qui n'a d'ailleurs absolument pas r&#233;ussi, qui a &#233;clat&#233;. Du coup, la LCR s'est r&#233;sign&#233;e &#224; pr&#233;senter son propre candidat. Dans cette &#233;lection, nous serons candidats tous les deux, du moins je l'esp&#232;re. Et j'esp&#232;re aussi que comme d'habitude, les commentateurs additionneront les voix de l'extr&#234;me gauche au soir du premier tour de cette &#233;lection. &#187; &lt;/em&gt;Dommage que les commentateurs de la &lt;em&gt;Lutte de Classe&lt;/em&gt; n'aient pas additionn&#233;. Et surtout, creusent artificiellement un foss&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car les diff&#233;rences politiques entre LO et la LCR, &#233;voqu&#233;es ci-dessus par Arlette, existaient. Les choix politiques de la LCR depuis l'&#233;t&#233; 2004, de suivre la &#171; gauche du Non &#187; (et au passage, les pr&#233;jug&#233;s chauvins qu'elle encourageait) et de passer alliance pour ce r&#233;f&#233;rendum avec d'ex-formations ou ministres de la gauche gouvernementale (jusqu'&#224; l'in&#233;vitable rupture que tous pr&#233;paraient pour l'&#233;ch&#233;ance des pr&#233;sidentielle et l&#233;gislatives), n'encourageaient pas une candidature commune LO-LCR &#8211; et il n'y en a pas eu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;
Deux &#233;vidences, pourtant.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, il n'est pas fond&#233; d'affirmer, comme le fait la &lt;em&gt;Lutte de Classe&lt;/em&gt;, qu'Olivier Besancenot aurait d&#251; son bon score au fait d'avoir &#233;t&#233; &#171; le &#187; candidat commun de l'ensemble des altermondialistes, &#233;cologistes, antilib&#233;raux. Qu'il ait cherch&#233; et r&#233;ussi, par sa politique pass&#233;e et certains th&#232;mes de campagne &#224; en capter une partie, c'est certain. Mais n'oublions pas la concurrence de Marie-George Buffet qui, pour mieux rassembler &lt;em&gt;&#171; une gauche populaire et antilib&#233;rale &#187;&lt;/em&gt;, a laiss&#233; tomber toute r&#233;f&#233;rence au communisme et m&#234;me au PC. N'oublions pas surtout celle de Jos&#233; Bov&#233;, altermondialiste s'il en est, qui plus est quant &#224; lui &#171; sans parti &#187;. Cela dit, les r&#233;sultats ont montr&#233; qu'il n'y avait pr&#233;cis&#233;ment pas un &#233;lectorat pour l'&#171; altermondialisme &#187;. Juste un milieu, une petite plan&#232;te, qui a pu assurer tout (pour Jos&#233; Bov&#233;) ou partie (pour Olivier Besancenot) du succ&#232;s de meetings d'un ou deux milliers de personnes, mais rien qui d&#233;passe une mouvance militante. A noter en revanche que le succ&#232;s des meetings d'Olivier Besancenot a drain&#233; des jeunes et moins jeunes d&#233;passant nettement la mouvance militante habituelle, comme cela avait &#233;t&#233; le cas pour les meetings d'Arlette Laguiller en 1995. dC'est donc &#224; l'&#233;chelle de l'&#233;lectorat ouvrier et populaire, dont sa jeunesse, o&#249; nous savons bien que la perception d&#233;passe de loin les phrases et virgules des professions de foi, qu'on peut raisonnablement affirmer, au vu des zones de bons scores, du style et des th&#232;mes de campagne dominants (grosso modo les grandes lignes du programme d'urgence d&#233;fendu par Arlette en 1995), ainsi que des r&#233;actions aux campagnes men&#233;es sur le terrain, dans les entreprises et les quartiers, que les images d'Olivier Besancenot et d'Arlette Laguiller se sont pour l'essentiel fondues. Le gros de l'&#233;lectorat populaire port&#233; vers l'extr&#234;me gauche n'a pas saisi la diff&#233;rence entre OB et AL, la raison de leur pr&#233;sentation concurrente et a souvent opt&#233; pour celui qui &#233;tait plus jeune et paraissait plus incisif dans le ton (en particulier en direction du Parti socialiste qui le m&#233;ritait bien, vu sa campagne particuli&#232;rement anti-ouvri&#232;re et r&#233;actionnaire). L'image d'Olivier Besancenot ? Un copain et successeur d'Arlette ! Pour l'essentiel, tous deux sont apparus pr&#233;sents aux c&#244;t&#233;s de travailleurs en lutte, porte-parole de revendications essentielles de salaire et d'emploi de leur classe, d&#233;fenseurs du droit de regard des travailleurs dans les affaires d'un patronat richissime et arrogant&#8230; Et tous deux f&#233;ministes et internationalistes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut ind&#233;niable dans cette campagne. On est en droit d'additionner, socialement et politiquement, les scores de l'extr&#234;me gauche. Et de constater qu'elle a r&#233;sist&#233; et gard&#233; quelque 5 %, non n&#233;gligeables. Non seulement la totalisation est l&#233;gitime, mais c'est le pari &#224; faire pour les militants r&#233;volutionnaires, qui doivent faire face au gouvernement Sarkozy-Fillon.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Quand &#171; &lt;em&gt;le camp des travailleurs&lt;/em&gt; &#187; a bon dos&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me num&#233;ro de &lt;em&gt;Lutte de classe &lt;/em&gt;de mai-juin, notre organisation consacre un troisi&#232;me article au bilan &#233;lectoral de 2007, intitul&#233; &lt;em&gt;&#171; Que signifie politiquement &#8216;le camp des travailleurs' &#187;&lt;/em&gt; ? Il s'agit d'une r&#233;ponse aux &lt;em&gt;&#171; militants politiques &lt;/em&gt;[qui]&lt;em&gt; se sont sentis vis&#233;s par l'affiche o&#249; nous &#233;crivions d'Arlette Laguiller : &#8216;Qui d'autre sinc&#232;rement peut se dire dans le camp des travailleurs' &#187;. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce &#224; quoi en son temps &lt;em&gt;Rouge, &lt;/em&gt;l'hebdomadaire de la LCR, avait r&#233;pondu, avec une pointe d'humour : &#171; &lt;em&gt;Qui d'autre ? Arlette ne voit vraiment pas ?&lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas cet article de la LdC persiste et signe avec moult consid&#233;rations g&#233;n&#233;rales sur les errements et illusions de &#171; la jeunesse &#187; et ceux qui lui embo&#238;tent le pas. Mais l&#224;, &#233;trange pudeur. Pas un nom, pas un sigle pour d&#233;signer ceux qui, &#224; d&#233;faut peut-&#234;tre de se &#171; sentir vis&#233;s &#187;, sont la cible des critiques de notre organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soyons justes, la conclusion de l'article, par d&#233;duction, donne une piste : &lt;em&gt;&#171; &#8230; nous n'irons pas dans le sens des courants dominants parmi la jeunesse ou une partie des travailleurs en d&#233;fendant des objectifs vagues et non d&#233;terminants comme l'altermondialisme, l'&#233;cologie, un anticapitalisme impr&#233;cis, simplement pour gagner des suffrages. &#171; Faire des voix &#187; n'est pas un but en soi. &#187;&lt;/em&gt; Il ne s'agit donc ni des militants qui se reconnaissent dans l'altermondialisme et l'&#233;cologie d'un Jos&#233; Bov&#233; ou d'une Dominique Voynet, ni m&#234;me dans l'anti-capitalisme impr&#233;cis d'une Marie-George Buffet&#8230; qui n'ont gu&#232;re gagn&#233; de suffrages (en tout cas moins qu'Arlette ou &#224; peine plus). Reste donc, dans la mouvance incrimin&#233;e, Olivier Besancenot et ses camarades de la LCR, eux qui ont le mieux r&#233;ussi &#224; &lt;em&gt;&#171; faire des voix &#187;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, il s'agit bien d'une pol&#233;mique avec la LCR, qui aurait gagn&#233; &#224; &#234;tre plus franche. D&#233;but de l'article : &lt;em&gt;&#171; On peut enfin d&#233;fendre les travailleurs par quelques phrases noy&#233;es dans bien d'autres affirmations, &#233;cologistes, altermondialistes, anticapitalistes ou antilib&#233;ralistes qui ne d&#233;fendent pas un changement r&#233;el du rapport de forces social entre le monde du travail et la classe capitaliste (&#8230;) C'est pourquoi nous pouvons dire que personne d'autre qu'Arlette Laguiller ne pouvait se dire sinc&#232;rement dans le camp, et uniquement dans le camp des travailleurs contre la bourgeoisie&lt;/em&gt; &#187;. Pour les militants et sympathisants de notre organisation, les principaux lecteurs de notre revue mensuelle, l'allusion d&#233;signe manifestement la LCR. Mais pour peu qu'ils aient suivi la campagne de Besancenot et assist&#233; &#224; ses meetings, peuvent-ils sinc&#232;rement penser qu'OB y a d&#233;fendu &lt;em&gt;&#171; les travailleurs par quelques phrases noy&#233;es dans bien d'autres affirmations&#8230;&lt;/em&gt; &#187; ? Nous avons de r&#233;elles divergences politiques avec la LCR. Mais pourquoi inventer &#8211; qui plus est apr&#232;s coup &#8211; des divergences sur une campagne &#233;lectorale o&#249; depuis 2002 la LCR a su reprendre pour l'essentiel le programme de notre organisation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis vient un des leitmotiv de l'article : &lt;em&gt;&#171; Se pr&#233;senter aux &#233;lections n'est pas un but en soi (&#8230;) &lt;/em&gt;[S'aligner] &lt;em&gt;sur les id&#233;es qui traversent momentan&#233;ment la jeunesse (&#8230;) ferait peut-&#234;tre gagner des suffrages. Mais au d&#233;triment de ce qu'ils &lt;/em&gt;[nos candidats] &lt;em&gt;veulent d&#233;fendre fondamentalement.&lt;/em&gt; &#187; (p. 13) ; &#171; &lt;em&gt;Nous nous pr&#233;sentons aux &#233;lections, certes (&#8230;) Mais pas pour faire des scores avantageux. Quand nous en faisons, c'est justement sur ces id&#233;es-l&#224; &lt;/em&gt; &#187; (p. 16).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; encore, qui peut affirmer de bonne foi que les scores &#171; avantageux &#187; (tout est relatif !) de Besancenot doivent tout au fait qu'il aurait reni&#233; ses id&#233;es en s'alignant sur &lt;em&gt;&#171; les id&#233;es qui traversent momentan&#233;ment la jeunesse &#187;, &lt;/em&gt;alors m&#234;me qu'il a privil&#233;gi&#233; dans ses interventions et d&#233;bats t&#233;l&#233;vis&#233;s comme dans ses meetings strictement les m&#234;mes revendications qu'Arlette sur le Smic, les salaires, le logement, la sant&#233;, les retrait&#233;s, les licenciements, sans oublier de populariser l'id&#233;e du contr&#244;le ouvrier ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est jamais tr&#232;s convaincant, suite &#224; un recul &#233;lectoral (ce qui en soi n'a rien de catastrophique), de se mettre &#224; proclamer que nous sommes indiff&#233;rents aux r&#233;sultats et que nous ne cherchons pas &#224; gagner des suffrages, contrairement &#224; certains mieux lotis. Et quand bien m&#234;me Olivier Besancenot se serait adress&#233; &#224; la jeunesse (ce qu'il est loin d'avoir fait prioritairement dans sa campagne), y aurait-il de quoi s'offusquer ? Apr&#232;s tout, souvenons-nous qu'en 1974, d'aucuns (dont certains de nos camarades de la LCR d'alors) nous reprochaient &#171; notre populisme &#187;, en somme notre course aux scores avantageux, parce qu'Arlette, en tant que travailleuse, s'adressait &#224; bien des couches de la soci&#233;t&#233;, les petits commer&#231;ants, les marins p&#234;cheurs, les jeunes (mais oui)&#8230; sans oublier les femmes (&lt;em&gt;&#171; Femmes, mes s&#339;urs&#8230;&lt;/em&gt; &#187;), y compris celles de la bourgeoisie prisonni&#232;res de &lt;em&gt;&#171; leur cage dor&#233;e&lt;/em&gt; &#187;. Et Arlette avait mille fois raison, n'en d&#233;pl&#251;t aux d&#233;pit&#233;s du moment. Lesdits scores &#171; avantageux &#187; ne d&#233;passaient gu&#232;re les 2 %, ce qui fit tout de m&#234;me sensation &#224; l'&#233;poque en donnant pour la premi&#232;re fois droit de cit&#233; sur la sc&#232;ne politique nationale aux militants ouvriers trotskystes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas plus convaincant de mettre la faiblesse de son propre score d'organisation sur le compte&#8230; du recul de la conscience ouvri&#232;re : &lt;em&gt;&#171; Ils &lt;/em&gt;[nos candidats]&lt;em&gt; ne s'appuient que sur la conscience de classe des travailleurs. Lorsque celle-ci diminue, l'audience de Lutte Ouvri&#232;re recule &#187;&lt;/em&gt;. (p.13). Serions-nous &#224; l'extr&#234;me gauche le seul et unique thermom&#232;tre de la conscience ouvri&#232;re ? Le fait que l'audience de la LCR ne recule pas mais se soit plut&#244;t renforc&#233;e dans ce m&#234;me scrutin t&#233;moigne-t-il d'une diminution de la conscience de classe ? Ne faut-il plus additionner les scores des deux organisations comme le conseillait Arlette aux m&#233;dias pendant sa campagne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, l'inversion des rapports de forces &#233;lectoraux entre LO et la LCR (pr&#233;visible en fait d&#232;s la pr&#233;sidentielle de 2002 avec la perc&#233;e d'Olivier Besancenot suite au refus de LO de mener une campagne commune derri&#232;re Arlette et son programme) a de quoi nous chiffonner. Les occasions manqu&#233;es, &#231;a se paie. Et cela ne met pas notre organisation dans la situation la plus confortable pour convaincre la Ligue de la justesse de nos orientations. Mais n'exag&#233;rons rien. Les influences respectives r&#233;elles des deux organisations n'ont pas chang&#233; pour autant (pas plus qu'elles n'avaient r&#233;ellement chang&#233; lors de la perc&#233;e d'Arlette en 1995), et les deux auront tout int&#233;r&#234;t &#224; se retrouver ensemble en maintes occasions extra-&#233;lectorales. Pas de quoi en tout cas se faire de faux proc&#232;s et th&#233;oriser sur de pr&#233;tendues diff&#233;rences sociales.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt; &lt;em&gt;&#171; Dans le pass&#233;&lt;/em&gt; &#8230; &lt;em&gt;aujourd'hui &#187;&lt;/em&gt; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La LdC de bilan aurait pu discuter pr&#233;cis&#233;ment de certains des choix de la campagne pr&#233;sidentielle de LO (ton adopt&#233; envers S&#233;gol&#232;ne Royal, pr&#233;sentation d'une forme de programme minimum, appel d&#232;s l'annonce des r&#233;sultats &#224; voter Royal au second tour&#8230; pour ensuite, aux l&#233;gislatives, mettre l'accent sur l'anti-&#233;lectoralisme et en appeler &#224; la g&#233;n&#233;ralisation des gr&#232;ves) qui ont effectivement troubl&#233; certains militants et sympathisants. Il n'y aurait pas mort d'organisation &#224; reconna&#238;tre que nous n'avons pas fait les choix les plus judicieux. Les &#233;lections ne sont jamais que des &#233;lections. La Fraction s'est d'ailleurs exprim&#233;e &#224; plusieurs reprises sur ces choix. Mais non. Voil&#224; que nous justifions tout avec des g&#233;n&#233;ralit&#233;s un peu d&#233;cousues sur la conscience de classe, en fournissant un vade-mecum de marxisme &#233;l&#233;mentaire dont le ton et le contenu para&#238;t s'adresser non pas aux lecteurs habituels de la LdC, mais &#224; de jeunes, tr&#232;s jeunes militants ou futurs militants (qui pour l'heure, en fait, vont plut&#244;t dans les stages de formation de la LCR)&#8230; au risque de simplifier &#224; l'exc&#232;s (pour rester pond&#233;r&#233;) &#171; &lt;em&gt;les id&#233;es que nous d&#233;fendons aupr&#232;s du monde du travail&lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce vade-mecum s'ouvre sur un rythme nostalgique : &#171; Dans le pass&#233;&#8230; Aujourd'hui&#8230; &#187;, &#171; Aujourd'hui&#8230; dans le pass&#233;&#8230; &#187;. Les situations sont diff&#233;rentes, certes. Et elles ont vari&#233; abondamment au cours des deux si&#232;cles &#233;coul&#233;s. Mais c'est justement pour &#231;a qu'il est faux de nous pr&#233;senter un pass&#233; ind&#233;termin&#233; et du coup plus ou moins mythique. Celui o&#249; les travailleurs manuels &#233;taient plus nombreux ? Alors que artisans, boutiquiers et surtout paysans formaient l'&#233;crasante majorit&#233; de la population ? Celui o&#249; les salari&#233;s &#233;taient plus syndiqu&#233;s ? Mais dans l'Allemagne de la &#171; belle &#233;poque &#187; de la social-d&#233;mocratie, en 1905, Rosa Luxembourg ne constatait-elle pas qu'une petite minorit&#233; seulement &#8211; l'aristocratie ouvri&#232;re &#8211; &#233;tait organis&#233;e ? Certes aujourd'hui les partis socialistes ne pensent qu'&#224; s'int&#233;grer douillettement dans le personnel politique de la bourgeoisie et les syndicats n'existent que par la n&#233;gociation avec le patronat. Mais il y a 70 ans d&#233;j&#224; Trotsky n'&#233;prouvait-il pas le besoin d'&#233;crire un texte sur&#8230; l'int&#233;gration des syndicats ? Et l'exp&#233;rience de participation gouvernementale et minist&#233;rielle socialiste ne remonte-t-elle pas &#224; plus d'un si&#232;cle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, donc, malgr&#233; tout, tout espoir n'est pas perdu. Il arrive que la classe ouvri&#232;re fasse preuve de solidarit&#233; et surtout de s&#233;rieux : &lt;em&gt;&#171; Bien s&#251;r, on n'entre pas en lutte pour le plaisir. Pour le monde du travail, ce n'est pas un jeu. Ce n'est pas casser quelques carreaux, bloquer un p&#233;age d'autoroute, br&#251;ler quelques pneus ou saccager des bureaux.(&#8230;) &#187;&lt;/em&gt; (p. 12). Nous y voil&#224; ! Le camp des travailleurs, c'est tout de m&#234;me autre chose que les petits jeux de la jeunesse&#8230; Tiens donc. Vraiment ? Le blocage des p&#233;ages d'autoroute, les pneus br&#251;l&#233;s, les bureaux saccag&#233;s&#8230; ne font-ils pas partie du quotidien de biens des gr&#232;ves de salari&#233;s, autant de formes de luttes que les militants r&#233;volutionnaires dans les entreprises, pr&#233;cis&#233;ment, s'efforcent de faire d&#233;passer, sans pour autant jouer les effarouch&#233;s ? Pour une fois, ne cr&#233;ditons pas trop la jeunesse. Elle est loin d'avoir tout invent&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les &#171; impasses &#187; de la jeunesse &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Suit le reste de l'article (les deux tiers) sur la fausse radicalit&#233; des luttes de la jeunesse, qui &#171; &lt;em&gt;n'ont aucune possibilit&#233; de changer la soci&#233;t&#233; dans un sens favorable. Ce n'est pas en br&#251;lant les voitures&#8230;&lt;/em&gt; &#187; Curieusement, la jeunesse devient ici un tout homog&#232;ne. Br&#251;leurs de voiture, saccageurs de locaux, &#233;lecteurs de Chirac au second tour de 2002 (rappelons quand m&#234;me que l'union sacr&#233;e pour le vote Chirac en 2002 &#233;tait celle des grands et petits appareils politiques, pas particuli&#232;rement jeunes !), manifestants anti-Sarkozy du 22 avril 2007 et &#233;tudiants en lutte contre le CPE&#8230; Tous dans le m&#234;me sac des impasses r&#233;dhibitoires. M&#234;mes limites qui diff&#233;rencieraient si bien le terrain de jeu des jeunes&#8230; du camp des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La preuve ? Prenons les jeunes les moins d&#233;plorables, les &#233;tudiants en lutte contre le CPE qui &lt;em&gt;&#171; n'ont pas fait que cela &#187;&lt;/em&gt; (br&#251;ler des voitures etc.) : seulement voil&#224;, &lt;em&gt;&#171; Ils n'ont pas parl&#233; de &#8216;direction', car ils &#233;taient hostiles &#224; tout pouvoir, mais de &#8216; coordinations' lesquelles (&#8230;) n'avaient pas pour objectif de changer la soci&#233;t&#233; et surtout, ne g&#234;naient absolument pas le patronat &#187;.&lt;/em&gt; Car du c&#244;t&#233; des travailleurs, ce serait tout autre chose. Les gr&#232;ves isol&#233;es, &#233;miett&#233;es, celles qui, gr&#226;ce aux grands appareils syndicaux sont pratiquement la r&#232;gle depuis des ann&#233;es, ont-elles beaucoup g&#234;n&#233; le patronat ? Quant aux rares coordinations et comit&#233;s de gr&#232;ves qui se sont presque exclusivement constitu&#233;s &#224; l'initiative de militants r&#233;volutionnaires, avaient-ils pour objectif de &#171; changer la soci&#233;t&#233; &#187;, ou tout simplement, pour commencer, de diriger d&#233;mocratiquement leur lutte, ce qui ne serait d&#233;j&#224; pas une mince avanc&#233;e dans la conscience de classe ? L'article reproche aux coordinations &#233;tudiantes de ne pas avoir &#233;t&#233; &lt;em&gt;&#171; l'embryon ou m&#234;me l'&#233;bauche d'un contre-pouvoir oppos&#233; &#224; celui de la bourgeoisie. C'est pourquoi ce ne sont pas de telles luttes qui peuvent changer la soci&#233;t&#233; &#187;.&lt;/em&gt; Jusqu'&#224; pr&#233;sent on nous parlait plut&#244;t du faible niveau actuel de la conscience ouvri&#232;re, et voil&#224; qu'on donne en exemple &#224; la jeunesse et ses mis&#233;rables coordinations&#8230; les contre-pouvoirs ouvriers, autrement dit les soviets !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a une autre diff&#233;rence fondamentale : &lt;em&gt;&#171; De plus, d&#232;s qu'elles sont termin&#233;es &lt;/em&gt;[les luttes des jeunes], &lt;em&gt;il n'en reste rien car leurs acteurs, deux ou trois ans plus tard, n'ont plus, autour d'eux, &#224; qui en parler &#187;.&lt;/em&gt; Parce que pour les travailleurs, c'est tout diff&#233;rent en cette p&#233;riode de licenciements, d'emplois pr&#233;caires et autres int&#233;rimaires ? Certes, ils en parleront ailleurs, sur d'autres lieux de travail (la conscience et l'exp&#233;rience des luttes, &#231;a essaime aussi de cette fa&#231;on). Mais n'en va-t-il pas de m&#234;me des jeunes qui ont lutt&#233; contre le CPE quand ils travailleront &#224; leur tour ? A trop vouloir prouver&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; encore, soyons justes. L'article contient tout de m&#234;me un petit paragraphe, p. 14, qui est comme une main tendue &#224; cette fautive jeunesse : &lt;em&gt;&#171; Mais ils &lt;/em&gt;(les jeunes) &lt;em&gt;appartiennent quand m&#234;me &lt;/em&gt;[quand m&#234;me !]&lt;em&gt; &#224; la classe sociale des travailleurs. Les travailleurs, les ch&#244;meurs et m&#234;me les travailleurs retrait&#233;s, appartiennent &#224; une m&#234;me classe sociale et les jeunes, s'ils n'y appartiennent pas encore, en font int&#233;gralement partie&lt;/em&gt; &#187;. Un remords ? En tout cas une formule bien contradictoire pour leur reconna&#238;tre de faire &#171; &lt;em&gt;int&#233;gralement partie &#187;&lt;/em&gt; d'une classe &#224; laquelle &#171; &lt;em&gt;ils n'appartiennent pas encore&lt;/em&gt; &#187; ? On respire quand m&#234;me. En d&#233;pit de ses fatales impasses, il reste une issue &#224; la jeunesse des banlieues et d'ailleurs : le parti r&#233;volutionnaire. En somme, comme pour les travailleurs. Car pour changer la soci&#233;t&#233;, &lt;em&gt;&#171; il faut des outils. Et le premier outil&#8230; est un parti politique puissant d&#233;fendant les int&#233;r&#234;ts politiques du monde du travail &#187;&lt;/em&gt;. Certes. L&#224;-dessus, nous sommes bien d'accord. Mais &#233;tait-il si n&#233;cessaire de fustiger les formes de lutte de la jeunesse au nom du &#171; camp des travailleurs &#187; pour en arriver l&#224; ? N'aurait-il pas mieux valu entrer d'embl&#233;e dans le vif du sujet et proposer quelque pas dans la construction de ce parti, en entamant par exemple une v&#233;ritable discussion avec nos camarades de la LCR, en oubliant cette fois les scores des uns et des autres ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;C&#244;t&#233; LCR : parti anticapitaliste ou parti r&#233;volutionnaire ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Deux millions de voix pour les r&#233;volutionnaires au premier tour des pr&#233;sidentielles, &#224; comparer au million et demi de 1995 et aux trois millions de 2002. Revient donc naturellement la question de savoir si ce ne serait pas l'occasion et le moment de capitaliser cette sympathie pour faire un pas dans la construction du parti ouvrier r&#233;volutionnaire que nous appelons de nos v&#339;ux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en tout cas l'opinion exprim&#233;e par la LCR, sortie en meilleure position que LO des p&#233;rip&#233;ties &#233;lectorales : &#171; &lt;em&gt;Pour s'opposer &#224; cette droite arrogante, il est temps que les salari&#233;s disposent d'un parti aussi fid&#232;le &#224; leurs int&#233;r&#234;ts que l'UMP l'est &#224; ceux du MEDEF. La LCR consacrera tous ses efforts dans les mois qui viennent &#224; ce qu'un tel parti anticapitaliste voit le jour rassemblant tous ceux et toutes celles qui veulent que s'affirme une gauche de combat.&lt;/em&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;All&#233;chant ! Mais cela demande pourtant quelques clarifications. D'abord pourquoi des militants communistes devraient-ils limiter leurs pr&#233;tentions aujourd'hui &#224; vouloir construire un parti &#171; anticapitaliste &#187; ? Car l'ambigu&#239;t&#233; de la formule laisse en suspens une question de taille : l'objectif est-il de s'opposer &#224; certains m&#233;faits du capitalisme ou de le renverser ? Et dans ce dernier cas, par des r&#233;formes ou par la r&#233;volution ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut certes imaginer des situations o&#249; une organisation regroupant trotskystes et r&#233;formistes radicaux serait une &#233;tape n&#233;cessaire pour construire le parti r&#233;volutionnaire. Encore faudrait-il que ces r&#233;formistes radicaux, sans &#234;tre convaincus au d&#233;part de la n&#233;cessit&#233; de la r&#233;volution&#8230; n'en soient pas des adversaires acharn&#233;s et irr&#233;ductibles, absolument pas susceptibles d'&#234;tre convaincus dans le cours de la lutte de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La LCR pense trouver ses futurs partenaires parmi &#171; &lt;em&gt;ceux qui veulent que s'affirme une gauche de combat &lt;/em&gt; &#187;. Elle vise m&#234;me &#224; rassembler &#171; tous ceux-l&#224; &#187;. Mais aujourd'hui le terme de &#171; &lt;em&gt;gauche&lt;/em&gt; &#187;, recouvre une grande vari&#233;t&#233; de courants dont la plupart ne d&#233;fendent pas les int&#233;r&#234;ts des travailleurs, quand ils ne vont pas carr&#233;ment &#224; leur encontre (mais qui peuvent quand m&#234;me se pr&#233;tendre &#171; de combat &#187;, c'est si facile quand on ne pr&#233;cise pas de quel combat il s'agit&#8230;). Alors &#224; quelle fraction de la gauche la LCR adresse-t-elle sa proposition ? O&#249; voit-elle des r&#233;formistes radicaux et les travailleurs qu'ils influencent pour former une organisation commune ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La LCR les a pourtant cherch&#233;s activement depuis le r&#233;f&#233;rendum de 2005. Elle a voulu trouver, dans les &#171; &lt;em&gt;collectifs antilib&#233;raux&lt;/em&gt; &#187;, un accord pour pr&#233;senter un candidat commun avec le PC et la mouvance de Bov&#233;. C'est-&#224;-dire qu'elle a d&#233;j&#224; tent&#233; de construire une force politique avec eux. Cette exp&#233;rience a &#233;t&#233; un &#233;chec. Et heureusement de notre point de vue puisque la suite a montr&#233; dans quelle impasse Buffet et Bov&#233; auraient entra&#238;n&#233; la LCR : la premi&#232;re a fait une campagne &#171; &lt;em&gt;responsable&lt;/em&gt; &#187;, affirmant vouloir &#171; &lt;em&gt;reconstruire une majorit&#233; de gauche&lt;/em&gt; &#187;, le second a reni&#233; son ind&#233;pendance affich&#233;e le lendemain du premier tour en&#8230; acceptant une mission pour S&#233;gol&#232;ne Royal ! Quant &#224; la campagne de la LCR, en tant que telle, sur le programme d'urgence pour les travailleurs, elle a &#233;t&#233; bien plus efficace aupr&#232;s de l'&#233;lectorat populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle n'a pas fi&#232;re allure ladite &#171; &lt;em&gt;gauche de la gauche&lt;/em&gt; &#187; ! Si c'est avec elle que la LCR entend faire le parti anticapitaliste, l'histoire simplement se r&#233;p&#233;tera. Si c'est avec d'autres, c'est avec des politiciens encore plus &#224; droite, sortis du PS par exemple. Certes, il y a fort &#224; parier que durant la &#171; &lt;em&gt;r&#233;novation&lt;/em&gt; &#187; annonc&#233;e du parti, des &#171; &lt;em&gt;jeunes lions&lt;/em&gt; &#187; voire des vieux chevaux ou &#233;l&#233;phants de retour se draperont dans l'anticapitalisme et pr&#233;tendront appeler de leurs v&#339;ux une gauche plus combative, une &#171; &lt;em&gt;gauche de combat&lt;/em&gt; &#187;. C&#233;der &#224; leurs sir&#232;nes, comme l'ont fait les sections s&#339;urs de la LCR en Italie dans le Parti de la refondation communiste ou au Br&#233;sil dans le Parti des travailleurs, loin de constituer une avanc&#233;e vers un parti ouvrier r&#233;volutionnaire pourrait signifier un grand pas en arri&#232;re pour l'extr&#234;me gauche comme, plus grave, pour les travailleurs de ce pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si ce n'est pas l&#224; le projet de la LCR, alors &#224; qui s'adresse-t-elle ? A des individus, &#224; son public proche, &#224; ses &#233;lecteurs, &#224; ceux qui sont d&#233;j&#224; autour d'elle ? Le &#171; &lt;em&gt;parti&lt;/em&gt; &#187; anticapitaliste ne serait alors que la LCR un peu grossie. Ou bien ira-t-elle au bout de la logique de sa position, en reconnaissant qu'il n'y a aujourd'hui en France &#171; &lt;em&gt;d'anticapitalistes &lt;/em&gt; &#187; que les r&#233;volutionnaires et en s'adressant donc &#224; eux, en particulier &#224; Lutte ouvri&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;A quand les deux fractions d'un m&#234;me futur parti ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Co&#239;ncidence ou pas, &#224; l'occasion de cette m&#234;me campagne l&#233;gislative, notre organisation, Lutte Ouvri&#232;re, s'est aussi prononc&#233;e sur la question : &#171; [notre] &lt;em&gt;but est de r&#233;ussir &#224; cr&#233;er un parti qui soit r&#233;ellement au service des int&#233;r&#234;ts sociaux et politiques, pr&#233;sents et &#224; venir, de l'immense camp des travailleurs.&lt;/em&gt; &#187; (tract d'appel au meeting parisien du 5 juin). La formulation de LO, d&#233;j&#224; avanc&#233;e en 1995, a l'avantage de refuser par avance des alliances contre-nature avec la pr&#233;tendue &#171; &lt;em&gt;gauche de combat&lt;/em&gt; &#187;, et d'affirmer la n&#233;cessaire base de classe sur laquelle pourrait reposer le parti. Contrairement &#224; celle de la LCR elle exclut la possibilit&#233; d'un parti commun avec des fractions de la gauche venant de la social-d&#233;mocratie ou des ex-staliniens, de celles qui ont abandonn&#233; depuis longtemps le service du camp des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait si ce &#171; but &#187; est s&#233;rieusement mis &#224; l'ordre du jour de LO (et si la formule n'a pas &#233;t&#233; seulement lanc&#233;e par n&#233;cessit&#233; de trouver pour les l&#233;gislatives un axe de campagne qui compense sur la gauche celui bien trop complaisant envers Royal et le PS de la campagne pr&#233;sidentielle), cela signifierait que notre organisation repose la question de l'unit&#233; avec la LCR, &#224; quelles conditions et par quelles &#233;tapes. C'est-&#224;-dire la question de d&#233;velopper syst&#233;matiquement et cons&#233;quemment une politique en sa direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun sait en effet que, &#224; moins de bouleversements dans le paysage de l'extr&#234;me gauche non pr&#233;visibles aujourd'hui, la construction d'un large parti r&#233;volutionnaire dans ce pays passera n&#233;cessairement par l'unit&#233; de LO et de la LCR (avec d'autres &#233;videmment, mais d'abord elles deux). Ce que dans le pass&#233; LO admettait, d&#233;fendait et r&#233;sumait par l'excellente formule : &#171; &lt;em&gt;nous sommes les deux fractions d'un m&#234;me futur parti &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes nous savons bien qu'il ne suffit pas qu'une des deux organisations propose l'alliance ou l'unit&#233; pour qu'elle se r&#233;alise. Chacune a ses justifications, bonnes ou mauvaises, d'exister &#224; part et aucune raison de les abandonner, pas plus la LCR que LO. Et il est incontestable que si l'extr&#234;me gauche dans ce pays a grosso modo plus maintenu le cap que dans bien d'autres, sans rester marginale, cela doit beaucoup &#224; la politique volontariste de LO en direction de la classe ouvri&#232;re et sa capacit&#233; &#224; ne pas c&#233;der &#224; l'opportunisme auquel les autres courants trotskystes se sont trop souvent abandonn&#233;s. Ni pour la majorit&#233; de LO, ni pour la Fraction il ne doit &#234;tre question de s'&#233;carter de cette orientation fondamentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne doit pas emp&#234;cher pourtant les pas possibles et n&#233;cessaires sur le chemin de l'unit&#233;. &#199;a ne les a pas emp&#234;ch&#233;s d'ailleurs puisque depuis 8 ans les deux organisations ont &#224; trois reprises men&#233; des campagnes &#233;lectorales communes. Mais justement &#224; trois reprises sur 8 ans, c'est-&#224;-dire pas syst&#233;matiquement et sans que le refus &#224; une occasion (par exemple de faire d'Arlette Laguiller la candidate commune aux pr&#233;sidentielles de 2002) ait plus de justification que l'acceptation &#224; une autre (les listes communes aux europ&#233;ennes et r&#233;gionales de 2004). Et uniquement &#224; l'occasion des &#233;lections, car ce n'est pratiquement qu'&#224; cette occasion que notre organisation a su faire des propositions &#224; la LCR. Au point que, les &#233;lections pass&#233;es, comme apr&#232;s les europ&#233;ennes de 1999, la seule question pos&#233;e par notre majorit&#233; &#233;tait : comment trouver la meilleure mani&#232;re de se s&#233;parer et ne plus rien faire ensemble ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourtant, bien plus dans les luttes que dans les &#233;lections, les luttes de la classe ouvri&#232;re, celles aussi de la jeunesse, que l'intervention commune des r&#233;volutionnaires serait importante et qu'il faudrait proposer d'agir ensemble chaque fois qu'il est possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un long chemin reste &#224; parcourir, donc&#8230; Et pas seulement parce que la situation n'a pas que des aspects favorables aux r&#233;volutionnaires : recul de l'influence des organisations ouvri&#232;res, syndicales et politiques, combativit&#233; des travailleurs trop souvent en de&#231;&#224; de ce qui serait n&#233;cessaire. Mais il ne doit pas nous faire oublier le chemin d&#233;j&#224; parcouru : le courant r&#233;volutionnaire a droit de cit&#233; dans le mouvement ouvrier et m&#234;me dans la vie politique en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La perc&#233;e &#233;lectorale de l'extr&#234;me gauche, initi&#233;e en 1995 par le score d'Arlette Laguiller, fait que dans aucun autre pays europ&#233;en les r&#233;volutionnaires n'atteignent r&#233;guli&#232;rement ces scores. Mais ce qu'on a aussi pu v&#233;rifier en douze ans, c'est qu'un tel cr&#233;dit ne suffit pas &#224; construire un parti. C'est en combinant les campagnes &#233;lectorales et l'interventionnisme sur le terrain des luttes, en sautant sur les occasions, m&#234;mes incertaines &#8211; mais quelle occasion ne l'est pas ? &#8211; pour influencer l'opinion ouvri&#232;re, en proposant syst&#233;matiquement l'action commune aux autres courants militants, et avant tout aux r&#233;volutionnaires, que nous avancerons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant que la parenth&#232;se &#233;lectorale est ferm&#233;e et que le gouvernement va passer &#224; l'application des mesures anti-ouvri&#232;res qui ont marqu&#233; sa campagne, avec une certaine circonspection n&#233;anmoins car le spectre de la gr&#232;ve ouvri&#232;re (ou de la r&#233;volte&#8230; de la jeunesse) semble hanter quelque peu Fillon et Sarkozy, il serait bon que les deux organisations d'extr&#234;me gauche qui existent dans ce pays, confrontent leurs appr&#233;ciations de la situation, fassent l'inventaire de leurs forces et de leurs moyens, et voient ensemble comment aider les travailleurs &#224; r&#233;agir au plus vite et au plus fort &#8211; vers une riposte g&#233;n&#233;rale sur un m&#234;me programme, d&#233;fendu s&#233;par&#233;ment sur le terrain &#233;lectoral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces cinq derni&#232;res ann&#233;es, les r&#233;volutionnaires ont su peser au-del&#224; de leur influence suppos&#233;e : en 2003 pour les retraites, en 2006 pour le CPE et m&#234;me encore r&#233;cemment dans la gr&#232;ve de Citro&#235;n-Aulnay. Vu l'&#233;tat du PC, vu la politique du PS, vu l'attitude des conf&#233;d&#233;rations syndicales, nous aurons certainement un r&#244;le &#224; jouer dans les mois ou les ann&#233;es qui viennent. Nous le jouerons d'autant mieux que nous interviendrons ensemble. C'est en tout cas ce &#224; quoi nous proposons de nous pr&#233;parer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 29 juin 2007&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Sarkozy fait son malin, pour combien de temps ?
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		<description>&#171; Le choc, une catastrophe pour les salari&#233;s et les jeunes &#187;, titrait l'Humanit&#233; &#224; la Une, le lendemain du second tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle. Et l'&#233;ditorialiste du journal du PCF poursuivait : &#171; Une droite dure, ultralib&#233;rale, revancharde, qui n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; revendiquer les th&#232;mes de l'extr&#234;me droite, entre &#224; l'&#201;lys&#233;e. Pour tous ceux qui, par millions dans le monde du travail et dans les quartiers populaires, ont &#224; craindre de la politique qui s'annonce, pour tous les d&#233;mocrates, les femmes et les hommes&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Le choc, une catastrophe pour les salari&#233;s et les jeunes &#187;, titrait l'Humanit&#233; &#224; la Une, le lendemain du second tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle. Et l'&#233;ditorialiste du journal du PCF poursuivait : &#171; Une droite dure, ultralib&#233;rale, revancharde, qui n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; revendiquer les th&#232;mes de l'extr&#234;me droite, entre &#224; l'&#201;lys&#233;e. Pour tous ceux qui, par millions dans le monde du travail et dans les quartiers populaires, ont &#224; craindre de la politique qui s'annonce, pour tous les d&#233;mocrates, les femmes et les hommes de gauche de ce pays, c'est un choc, une bien mauvaise nouvelle, difficile &#224; avaler &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gauche, apr&#232;s avoir tant fait de Sarkozy un &#233;pouvantail dans l'espoir de rabattre ainsi les voix vers elle, incite maintenant &#224; &#234;tre catastroph&#233; et pleurer d&#233;faite. Et elle n'offre aucune perspective aux travailleurs, si ce n'est de bien voter aux prochaines l&#233;gislatives.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Sarkozy et ses boat people&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Sarkozy, candidat de l'UMP et aujourd'hui pr&#233;sident de la R&#233;publique, avait chass&#233; sur les terres de Le Pen dans sa campagne, apr&#232;s avoir multipli&#233; les expulsions d'immigr&#233;s et roul&#233; des m&#233;caniques sur le plan s&#233;curitaire contre la &#171; racaille &#187; des banlieues, quand il &#233;tait ministre de l'Int&#233;rieur. De quoi cajoler les pr&#233;jug&#233;s r&#233;actionnaires, encourager les abus policiers, flatter la morgue de petits patrons qui se croient tout permis. Et &#224; coup s&#251;r, rafler &#224; Le Pen une partie de son &#233;lectorat.
Pour ce qu'il pr&#233;pare maintenant, Sarkozy est avant tout l'homme du grand patronat, dans la continuit&#233; des politiques des gouvernements pr&#233;c&#233;dents dont il a fait partie, sous Chirac. Son programme est un ensemble d'attaques contre les travailleurs pr&#233;conis&#233;es par le Medef (restriction du droit de gr&#232;ve, nouvel allongement de l'&#226;ge de d&#233;part en retraite, pr&#233;carisation de tous les contrats de travail&#8230;). Des attaques que la candidate socialiste avait mises elle aussi &#224; son programme, en termes plus feutr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s deux jours de vacances &#224; bord du yacht d'une grosse fortune patronale, le nouveau pr&#233;sident s'est empress&#233; d'annoncer qu'il &#233;tait pr&#234;t, pour mener &#224; bien la t&#226;che, &#224; rep&#234;cher quelques socialistes : Kouchner, All&#232;gre ou autres V&#233;drine. Autre atout qu'il explore pour son jeu : la complicit&#233; des chefs du monde syndical, invit&#233;s dans les bureaux provisoires du futur pr&#233;sident, qui en sont sortis fiers d'une attention aussi in&#233;dite &#224; leur &#233;gard et rassur&#233;s ! Aussi bien Thibault de la CGT que Ch&#233;r&#232;que de la CFDT. Les attaques pr&#233;vues ne seraient pas engag&#233;es sans leur consentement, ou du moins leur consultation ! Ni Thibault ni personne n'a mis clairement et fermement sur le tapis les revendications de salaire et d'emploi de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le PS, &#224; tribord toute !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il n'a fallu que quelques minutes apr&#232;s la proclamation des r&#233;sultats du second tour, pour que la d&#233;faite de la gauche sonne l'heure des r&#232;glements de comptes au Parti socialiste. Strauss-Kahn a d&#233;clench&#233; le tir, proposant en direct &#224; la t&#233;l&#233; ses services pour une &#171; r&#233;novation social-d&#233;mocrate &#187; du PS, que ni Hollande ni Royal n'aurait su mener assez loin. A droite toute, donc ! Et Hollande, peu apr&#232;s, de relancer la course poursuite en proposant de jeter par dessus bord l'&#233;tiquette socialiste ou m&#234;me social-d&#233;mocrate, pour fonder &#171; un grand parti de la gauche &#187; qui couvrirait &#171; tout l'espace de la gauche jusqu'au centre-gauche ou au centre &#187;. Un parti &#171; d&#233;mocrate &#187; en quelque sorte, qui rivaliserait avec celui que le second candidat de droite de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, Bayrou, tente de fonder.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; S&#233;gol&#232;ne Royal, la seule r&#233;forme qui semble vraiment l'int&#233;resser est celle du calendrier : que le parti la d&#233;signe tout de suite comme la candidate pour l'&#233;lection de 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, si le Parti socialiste a essuy&#233; une d&#233;faite, inattendue dans un syst&#232;me voulu d'alternance o&#249; gauche et droite se passent grosso modo le relais depuis le d&#233;but des ann&#233;es 80, au fil des consultations &#233;lectorales, on ne peut pas l'attribuer au fait que le PS ne se serait pas montr&#233; assez &#224; droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Forts du succ&#232;s de la gauche aux &#233;lections europ&#233;ennes et r&#233;gionales de 2004 (&#233;lections surtout marqu&#233;es par une tr&#232;s forte abstention), qui permettait au PS de rafler la pr&#233;sidence de toutes les r&#233;gions sauf une, et &#224; S&#233;gol&#232;ne Royal celle de la r&#233;gion Poitou-Charente, les socialistes ont cru leur heure venue. L'usure du pouvoir, le m&#233;contentement engendr&#233; par la politique anti-sociale des gouvernements Raffarin et DeVillepin allaient automatiquement faire tomber les voix du monde du travail dans leur escarcelle, comme l'&#233;coeurement suscit&#233; par la politique de Jospin avait valu au PS la cuisante d&#233;faite de 2002. Il suffisait de chercher un compl&#233;ment de voix du c&#244;t&#233; de la droite, ou de la petite bourgeoisie qui fait souvent la diff&#233;rence en basculant d'un cot&#233; &#224; l'autre. Sarkozy chassait sur sa droite, Royal aussi, puisant &#233;galement dans le catalogue r&#233;actionnaire, affirmant que les enseignants ne travaillaient pas assez, que les r&#233;gimes de retraite sp&#233;ciaux seraient &#224; &#171; remettre &#224; plat &#187; (euph&#233;misme pour ne pas parler de &#171; suppression &#187; comme son adversaire), les 35 heures &#171; assouplies &#187; et les jeunes primo-d&#233;linquants confi&#233;s &#224; la psychologie des adjudants.
Le r&#233;sultat n'a pas &#233;t&#233; &#224; la hauteur des esp&#233;rances. Malgr&#233; cinq ans de pouvoir de la droite, le score &#233;lectoral totalis&#233; des candidats de droite, classique ou extr&#234;me, &#233;tait au soir du premier tour le plus fort depuis 25 ans : 63,57 % des suffrages, contre 57,13 % en 2002, 59,4 % en 1995 ou 51,10 % en 1988 et 49,3 % en 1981.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes S&#233;gol&#232;ne Royal s'en est sortie mieux que Jospin en 2002, avec 25,87 %, contre 16,18 %, et deux fois plus de voix que Jospin, vu la forte participation au scrutin cette ann&#233;e. Mais c'est surtout pour avoir achet&#233;, contre des circonscriptions esp&#233;r&#233;es gagnantes aux l&#233;gislatives, les d&#233;sistements de Chev&#232;nement et de Taubira, qui au premier tour de 2002 s'&#233;taient pr&#233;sent&#233;s tous deux dans l'espoir que la gauche &#171; ratisse &#187; ainsi plus large (ils avaient obtenu respectivement 5,33 % et 2,32 %). Les pressions au &#171; vote utile &#187; qui &#233;viterait le s&#233;isme de 2002, ont apport&#233; &#224; la candidate socialiste une partie des voix que le PC et les &#233;cologistes, voire l'extr&#234;me gauche avaient eues il y a cinq ans. Tout au moins sur cette derni&#232;re a-t-elle r&#233;cup&#233;r&#233; des voix qui s'&#233;taient d&#233;tourn&#233;es de Jospin en 2002 pour sanctionner sa politique gouvernementale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'espoir &#233;tait maigre pour la candidate socialiste de combler la diff&#233;rence au second tour en promettant au deuxi&#232;me candidat de droite, Bayrou, des postes de ministres pour les siens, voire lui-m&#234;me. Mais qu'&#224; cela ne tienne ! En 2002, il aurait fallu voter Chirac pour &#233;viter Le Pen : on a eu Sarkozy au gouvernement ! Cette ann&#233;e, il aurait fallu voter Royal pour &#233;viter Sarkozy, mais on nous servait ensuite Bayrou ! L'&#233;lectorat de celui-ci, n'a pas &#233;t&#233; suffisamment tent&#233;&#8230; Ni Bayrou lui-m&#234;me, qui ne comptait pas prendre le risque de partager la d&#233;faite du PS. Et ne parlons pas des notables locaux de l'UDF dont la grande majorit&#233; s'&#233;cartent aujourd'hui de leur leader et de son nouveau parti dit centriste, pour assurer leur r&#233;&#233;lection comme d&#233;put&#233;s &#224; l'ombre de l'UMP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La promesse de Royal de gouverner avec une partie de la droite, d&#233;sormais caduque, n'en est pas moins caract&#233;ristique des orientations politiques de la gauche.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le PC, sous la ligne de flottaison ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; du Parti communiste, Marie-George Buffet avait esp&#233;r&#233; requinquer son parti par une position &#8211; r&#233;elle ou suppos&#233;e - de chef de file du &#171; Non de gauche &#187; au r&#233;f&#233;rendum de 2005 sur la constitution europ&#233;enne. En faire &#171; le &#187; repr&#233;sentant des &#171; non &#187; de gauche. Avec 1,9 % des suffrages exprim&#233;s, presque deux fois moins que les 3,4 % de Robert Hue en 2002 et dix fois moins que le PC des ann&#233;es 70, quand Mitterrand s'&#233;tait appuy&#233; sur lui pour ramener les socialistes au pouvoir, c'est &#233;videmment rat&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La victoire du Non avait &#233;t&#233; une claque personnelle pour Chirac, qui avait cru jouer fin en utilisant le r&#233;f&#233;rendum comme un pl&#233;biscite sur son nom, et une pomme de discorde entre PS et PC, voire au sein du PS lui-m&#234;me. Mais le vent a singuli&#232;rement tourn&#233; pour les &#171; victorieux &#187; du Non. La droite du Non s'est fait voler ses voix par le candidat de la droite du Oui. Tandis que la gauche du Non a &#233;t&#233; phagocyt&#233;e, au nom du &#171; vote utile &#187;, par la gauche du Oui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce n'est pas parce que la &#171; dynamique du Non &#187; aurait &#233;t&#233; bris&#233;e par la division en ses rangs. C'est aussi parce qu'elle ne repr&#233;sentait rien, ou surtout rien qui puisse aller dans le sens de la combativit&#233;. Au contraire, les propagandes des partisans du non de gauche avaient en commun avec celles du non de droite de brandir l'&#233;pouvantail d'une Europe qui serait la cause de d&#233;localisations et r&#233;gression sociale, au risque de ne faire qu'alimenter le chauvinisme. La d&#233;nonciation d'une politique anti-sociale qui serait plus dangereuse car d&#233;cid&#233;e &#224; Bruxelles, &#233;pargnait en partie le patronat et le gouvernement fran&#231;ais, et n'offrait aux travailleurs que l'illusion d'en conjurer le sort par un bout de papier. A l'encontre de tout objectif de lutte, ici et maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si glissement politique &#224; droite on peut d&#233;plorer, le r&#233;f&#233;rendum chiraquien, quelle qu'en ait &#233;t&#233; l'issue, y a jou&#233; son r&#244;le.
Sur le plan politicien, au jeu politique de &#171; qui perd, gagne &#187;, ou plut&#244;t &#171; qui gagne, perd &#187;, on a compt&#233; ses abattis au sein de la &#171; gauche du non &#187;. Fabius n'a pas d&#233;croch&#233; la candidature du Parti socialiste pour les pr&#233;sidentielles. M&#233;lenchon est rentr&#233; dans le rang. Bov&#233; a cru avoir un meilleur ticket que Marie-George Buffet ou Olivier Besancenot, mais a r&#233;alis&#233; un faible score. Sa volont&#233; affich&#233;e d'ind&#233;pendance vis-&#224;vis des partis ne l'a pas emp&#234;ch&#233; de courir derri&#232;re la &#171; mission &#187; que S&#233;gol&#232;ne Royal lui proposait entre les deux tours ! Quant au Parti communiste, du fait que la LCR mettait &#224; l'illusoire candidat commun la condition de ne pas chercher de places dans un gouvernement PS, il en a &#233;t&#233; r&#233;duit &#224; partir en campagne derri&#232;re sa dirigeante Marie-George Buffet, mais sous l'&#233;tiquette aseptis&#233;e d'un rassemblement &#171; de la gauche populaire et antilib&#233;ral &#187; dont le PC &#233;tait la seule composante. Ceux des notables du Parti communiste qui, pr&#233;voyant la d&#233;confiture de l'op&#233;ration et visant des alliances &#171; novatrices &#187; qui leur permettraient de sauver leur si&#232;ge de d&#233;put&#233; ou de maire, ont choisi d'appeler &#224; voter Bov&#233; contre la candidate de leur parti, ne s'en sont pas mieux tir&#233;s. A Saint-Denis par exemple, municipalit&#233; communiste de la banlieue parisienne depuis fort longue date, dont le chef de file Braouzec a appel&#233; &#224; voter Bov&#233;, le Parti communiste n'a recueilli que 4,3 % et Jos&#233; Bov&#233; 2 %.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;... mais r&#234;ve de larguer les amarres&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;A cette nouvelle d&#233;route &#233;lectorale du PC, il faudrait, &#233;crit l'Humanit&#233; du 10 mai, chercher &#171; des r&#233;ponses neuves &#187;. Un congr&#232;s extraordinaire du Parti est pr&#233;vu &#224; cet effet pour l'automne prochain. Trop tard pour se recycler d'ici les l&#233;gislatives, o&#249; le Parti communiste aimerait b&#233;n&#233;ficier de la cl&#233;mence du PS pour sauver quelques si&#232;ges au parlement, mais sans grand espoir car le PS en basses eaux sera peu g&#233;n&#233;reux. Assez t&#244;t, esp&#232;re tout de m&#234;me le PC, pour se dessiner un meilleur profil d'ici les municipales. Car la perte de nouvelles municipalit&#233;s atteindrait durement ses finances comme son appareil, et par ricochet l'influence qu'il conserve dans certains milieux populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans quel sens ce recyclage du Parti communiste ? Tabler sur la combativit&#233; de ses militants encore nombreux ? Se pr&#233;parer &#224; mobiliser le monde du travail, dont officiellement il se r&#233;clame, pour r&#233;agir aux attaques qui se pr&#233;parent ? Pas que l'on sache. Comme chaque fois que le PC en prend un coup sur le terrain &#233;lectoral, et pr&#233;tend le surmonter en &#171; r&#233;novant &#187;, c'est pour effacer encore un peu du souvenir du parti ouvrier et de combat qu'il fut. Et passer encore davantage dans l'ombre du PS. Les th&#232;mes de r&#233;flexion de ce futur congr&#232;s devraient &#234;tre pr&#233;cis&#233;s fin juin. L'Humanit&#233; insiste qu'il ne faudrait pas qu'il soit, comme au PS, un congr&#232;s de r&#232;glement de comptes. M&#234;me si Robert Hue a commenc&#233; &#224; r&#233;gler les siens&#8230; A moins qu'il ne pr&#233;pare son passage au PS, via sa pr&#233;sence affich&#233;e aux c&#244;t&#233;s de S&#233;gol&#232;ne Royal, au meeting de Charl&#233;ty ? Mais &#224; en croire l'Humanit&#233; annon&#231;ant la pr&#233;paration du congr&#232;s, il pourrait s'agir d'une vaste remise en cause, de l'&#233;tiquette communiste au parti lui-m&#234;me. Pour se sauver du naufrage, le Parti communiste n'aurait plus qu'&#224; se saborder ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;
Plus de 5 % pour l'extr&#234;me gauche, pas de si mauvais augure pour l'avenir&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Tandis que l'&#233;lectorat du PC est tomb&#233; &#224; 1,9 %, celui des Verts &#224; 1,6 % et Bov&#233; &#224; 1,3 %, celui de l'extr&#234;me gauche atteint les 5,4 %, du moins si on additionne les voix d'Arlette Laguiller (1,33 %) et d'Olivier Besancenot (4,08 %). Ce qui est l&#233;gitime dans la mesure o&#249; leurs axes de campagne, si ce n'est leur style, &#233;taient similaires. Le m&#234;me programme, les m&#234;mes mesures d'urgence pour la classe ouvri&#232;re popularis&#233;es d&#233;j&#224; en 1995 par Arlette Laguiller &#8211; et reprises d&#233;j&#224; par Olivier Besancenot en 2002 : interdiction des licenciements, contr&#244;le des compte des entreprises, augmentation g&#233;n&#233;rale des salaires (300 &#8364; pour tous et Smic net &#224; 1 500 &#8364; tout de suite), arr&#234;t des subventions et d&#233;gr&#232;vements de charges pour le patronat et embauche dans les services publics&#8230; Un programme qui se veut celui des luttes de demain.
Certes, le total des scores de LO et de la LCR est bien en dessous des 10 % de 2002. Mais ceux-l&#224; &#233;taient une exception, avec un vote sanction de la politique de Jospin. Nombre d'&#233;lecteurs PC ou PS qui avaient manifest&#233; leur m&#233;contentement en votant pour Arlette ou Olivier, sont revenus au bercail et retourn&#233;s plus probablement au PS qu'au PC. On retrouve cette ann&#233;e, malgr&#233; la pression dudit &#171; vote utile &#187;, un r&#233;sultat analogue aux 5,3 % recueillis par notre camarade Arlette Laguiller en 1995 (alors seule candidate), avec son &#171; programme d'urgence &#187; pour les travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'anciens &#233;lecteurs d'Arlette ont choisi cette fois de voter pour &#171; le facteur &#187; qui, &#224; leurs yeux, d&#233;fendait le m&#234;me programme et leur semblait une &#171; rel&#232;ve &#187; plus jeune. Un sondage &#224; la sortie des urnes de l'organisme CSA fait &#233;tat de ce transfert de voix : dans son &#233;chantillon, il aurait trouv&#233; 10 % d'&#233;lecteurs d'Arlette de 2002, qui ont vot&#233; pour Olivier Besancenot en 2007. L'&#233;rosion du &#171; vote utile &#187;&#8230; ou pr&#233;tendu tel par rapport aux &#233;lectorats de 2002 des candidats de LO et de la LCR a probablement &#233;t&#233; semblable : le m&#234;me sondage de CSA aurait &#233;valu&#233; &#224; 27 % le nombre d'&#233;lecteurs d'Arlette Laguiller en 2002 qui auraient cette fois vot&#233; PS et 9 % qui auraient vot&#233; PC, contre respectivement 37 % pour le PS et 2 % pour le PC parmi les &#233;lecteurs de 2002 d'Olivier Besancenot. Des chiffres qui ne donnent bien s&#251;r qu'une vague indication, vu la faible taille des &#233;chantillons.
Soulignons enfin que la pr&#233;sence de Jos&#233; Bov&#233; dans ce scrutin permettait de voter pour lui &#224; tous ceux qui, parmi les altermondialistes, rejetaient les &#171; partis &#187;, l'&#233;tiquette communiste, voire un programme trop tourn&#233; vers des revendications ouvri&#232;res. Elle rendait de ce fait plus clair le sens du vote pour l'extr&#234;me gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les campagnes d'Olivier Besancenot et d'Arlette Laguiller se sont ressembl&#233;es, pour le meilleur et pour le moins bon. Nous avons regrett&#233; une att&#233;nuation, dans la campagne de notre organisation, des critiques envers la gauche. Certes, c'est certainement la droite et les gouvernements sortants qu'il &#233;tait juste de cibler en priorit&#233;. Mais sans &#233;dulcorer ce que s'appr&#234;tait &#224; faire la gauche. Or pourquoi &#233;voquer dans des affiches une &#171; gauche molle &#187;, &#171; trop faible avec le patronat &#187; ? Ladite gauche, au service du patronat, n'avait pourtant jamais manqu&#233;, lors de ses passages au pouvoir, d'avoir une attitude ferme&#8230; contre les classes populaires ! De m&#234;me pourquoi pr&#233;senter notre programme comme des mesures qui devraient &#234;tre celles d'un &#171; gouvernement ou d'une pr&#233;sidence vraiment socialiste &#187; ? Laissant entendre qu'un tel gouvernement hypoth&#233;tique serait notre souhait. Jusque-l&#224;, les ambigu&#239;t&#233;s &#171; p&#233;dagogiques &#187; &#233;taient le fort de la LCR, et Lutte Ouvri&#232;re avait coutume et raison de les souligner. L'appel &#224; voter au second tour pour S&#233;gol&#232;ne Royal, formul&#233; &#224; peine les r&#233;sultats du premier tour annonc&#233;s, avant m&#234;me d'avoir une id&#233;e des r&#233;actions des milieux populaires (ceux dont nous nous voulons solidaires justement), avant aussi de voir quelle politique Royal allait d&#233;velopper (et on sait maintenant que c'&#233;tait : encore plus &#224; droite, toutes), a lui aussi tranch&#233; avec la fermet&#233; pass&#233;e de Lutte Ouvri&#232;re. Certes, toutes les tactiques sont envisageables. Arlette Laguiller a pr&#233;cis&#233; qu'il n'y avait &#224; ce deuxi&#232;me tour &#171; aucun vote utile pour les travailleurs &#187;, que c'&#233;tait &#171; sans illusion &#187; et &#171; par solidarit&#233; avec tous ceux qui, dans les classes populaires, d&#233;clarent pr&#233;f&#233;rer &#8220;tout sauf Sarkozy&#8221; &#187;. Mais l&#224; justement on peut plus que douter que c'&#233;tait opportun et juste pour pr&#233;parer l'avenir qui &#233;tait, est et sera (comme LO l'&#233;crit d'ailleurs) de se pr&#233;parer &#224; lutter&#8230; quelle que soit la couleur du gouvernement, droite ou gauche. Or jamais dans une campagne pass&#233;e, la gauche n'avait sembl&#233; &#224; ce point s&#339;ur jumelle de la droite : choisissant pratiquement les m&#234;mes th&#232;mes que Sarkozy ; palabrant entre les deux tours avec l'UDF de Bayrou. Et les jours m&#234;mes qui ont suivi le deuxi&#232;me tour sont venus corroborer que c'est la gauche elle-m&#234;me qui arrive de plus en plus difficilement &#224; se distinguer de la droite, t&#233;moin cette petite brochette de &#171; personnalit&#233;s &#187; socialistes, mais non des moindres, pour qui le &#171; Tout sauf Sarkozy &#187; vient de se muter en un ralliement, au nom du&#8230; &#171; tout sauf &#234;tre &#233;cart&#233; du pouvoir &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'essentiel est que nos campagnes &#233;lectorales, la n&#244;tre et celle de la LCR, aient r&#233;ussi &#224; populariser ces mesures d'urgences, ces revendications fondamentales du monde du travail qui pourraient &#234;tre le programme des luttes de demain. Comme il a &#233;t&#233; marquant que, pendant m&#234;me la campagne, certaines luttes aient montr&#233; que les travailleurs n'&#233;taient pas pr&#234;ts &#224; se laisser faire, voire pr&#234;ts &#224; prendre l'offensive sur des objectifs communs &#224; tous, comme la gr&#232;ve des ouvriers de PSA Aulnay sous Bois qui, m&#234;me si elle n'a pas &#233;t&#233; victorieuse, a montr&#233; que la lutte pour l'augmentation g&#233;n&#233;rale des salaires, 300 &#8364; pour tous, &#233;tait &#224; l'ordre du jour. Et il est important que sur un tel programme une fraction non n&#233;gligeable des &#233;lecteurs, sourde aux sir&#232;nes du &#171; vote utile &#187;, se soit reconnue.
Il faut continuer &#224; le propager. Les prochaines &#233;lections l&#233;gislatives en seront l'occasion. Il e&#251;t &#233;t&#233; pr&#233;f&#233;rable de le faire ensemble LO et LCR, et pas forc&#233;ment impossible (cela l'est bien, &#224; titre exceptionnel dans un d&#233;partement, la Haute Savoie). En tout cas il e&#251;t &#233;t&#233; juste que nous le proposions &#224; la LCR, m&#234;me si, sur le plan politique, les principales divergences demeurent entre les deux organisations : c'est sur le terrain de la lutte de classe et d'efforts pour faire na&#238;tre un parti r&#233;volutionnaire et communiste de la classe ouvri&#232;re que l'extr&#234;me gauche doit s'orienter et qu'il y a des propositions &#224; faire &#224; nos camarades de la LCR plut&#244;t que de laisser leur organisation garder pour cap la construction (illusoire qui plus est !) d'une &#171; gauche de la gauche &#187; large, &#171; anti-lib&#233;rale, f&#233;ministe et &#233;cologiste &#187; qui offrirait surtout &#224; des politiciens de la gauche classique, de mouvance PC, PS ou Verts (on l'a vu avec le rassemblement h&#233;t&#233;roclite de la gauche du Non) l'occasion de remettre sur la table des formules us&#233;es et trompeuses. Si cela se faisait, qu'au moins ce ne soit pas &#224; l'initiative de l'extr&#234;me gauche !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Pr&#233;parer les luttes de demain&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit maintenant de pr&#233;parer le monde du travail aux luttes contre les attaques qui l'attendent de la part du nouveau gouvernement de Sarkozy et de lui donner des perspectives politiques, autres que de sauver &#224; la gauche ses postes de d&#233;put&#233;s pour soi-disant faire contre poids &#224; Sarkozy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement de Sarkozy qui se met en place ne sera pas forc&#233;ment une droite &#171; plus dure, antilib&#233;rale et revancharde &#187; que ne l'&#233;taient d&#233;j&#224; les gouvernements Raffarin ou Villepin. Elle le sera autant. Et avec les m&#234;mes hommes, sauf les recal&#233;s pour r&#233;duction d'effectifs (15 ministres seulement), pour ouverture aux femmes et aux transfuges de la gauche. Ce sera un gouvernement qui se pr&#233;tendra fort, mais ne le sera pas plus que le gouvernement Villepin et son ministre de l'int&#233;rieur Sarkozy quand les jeunes descendus dans la rue l'ont fait se d&#233;ballonner sur le CPE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme d'attaques contre la classe ouvri&#232;re est annonc&#233;, dans la droite ligne de celles des gouvernements pr&#233;c&#233;dents, et va s'acc&#233;l&#233;rer maintenant que, pour cinq ans, les &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales nationales sont pass&#233;es. Et il faut bien voir que, pour les mener &#224; bien, Sarkozy utilisera toutes les d&#233;magogies et s'efforcera, quitte &#224; en prendre un peu le temps, d'y associer les syndicats, ou une partie d'entre eux, voire d'amadouer les partis de gauche ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur l'immigration ? Il risque, bien s&#251;r de continuer les expulsions qui lui servaient de d&#233;magogie &#233;lectorale, et contre lesquelles il faudra continuer &#224; se mobiliser. Mais il pourra tabler sur le fait que la gauche elle-m&#234;me n'est pas pour la r&#233;gularisation de tous les sans papiers et partisane d'une limitation choisie de l'immigration. Sur la politique &#233;trang&#232;re ? Il la fera couvrir par le &#171; French Doctor &#187; (un partisan de l'intervention militaire am&#233;ricaine en Irak). Et l'un de ses premiers gestes le jour de son intronisation, de faire lire dans toutes les &#233;coles une lettre d'un jeune r&#233;sistant ex&#233;cut&#233;, membre du Parti communiste, lui a m&#234;me valu les f&#233;licitations de Marie-George Buffet. Mieux pour cultiver le patriotisme que le drapeau tricolore de S&#233;gol&#232;ne Royal !
Son premier ministre Fillon est le m&#234;me qui avait &#233;t&#233; charg&#233; par Raffarin de n&#233;gocier avec les syndicats la r&#233;forme des retraites et de la s&#233;curit&#233; sociale et avait obtenu la signature d'une partie d'entre eux, l'absence de r&#233;action des autres, qui s'en seraient aussi accommod&#233;s si, notamment pour les retraites, la contestation n'&#233;tait pas venue de la base ; sous l'impulsion d'ailleurs, en ce qui concerne les enseignants en 2003, de militants d'extr&#234;me gauche. Il pr&#233;pare une nouvelle attaque contre les retraites, en commen&#231;ant par les r&#233;gimes sp&#233;ciaux.
A son programme aussi, la limitation du droit de gr&#232;ve. L&#224; &#233;galement, m&#234;me tactique : Sarkozy lui-m&#234;me vient de promettre aux syndicats de ne pas le faire sans les consulter, remerci&#233; par Ch&#233;r&#232;que qui a donn&#233; en exemple la limitation du droit de gr&#232;ve &#224; la RATP que son syndicat a contribu&#233; &#224; mettre en place. Et pour faire passer la pilule, pour justifier aux yeux du grand public la limitation du droit de gr&#232;ve, Sarkozy propose comme premi&#232;re &#233;tape l'instauration du service minimum dans l'&#233;ducation, qui obligerait les &#233;coles &#224; accueillir les enfants les jours de gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faudra pas compter pour organiser la riposte, sur les dirigeants syndicaux qui se sont pr&#233;cipit&#233;s dans le bureau de Sarkozy. Ni sur les dirigeants de gauche qui argueront de leur trop faible pr&#233;sence au parlement (faute aux &#233;lecteurs !) pour mener la valeureuse bataille des amendements et pr&#244;nera d'attendre jusqu'en 2012 la victoire d'une gauche recentr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La riposte ne pourra venir que des travailleurs. C'est &#224; nous d'y contribuer, en continuant, et mieux vaut si possible ensemble LO et LCR, &#224; propager le programme de d&#233;fense des travailleurs que nous avons d&#233;fendu dans la campagne &#233;lectorale des pr&#233;sidentielles. En nous adressant aussi pour cela &#224; tous les militants ouvriers combatifs : ceux du PC qui ont gard&#233; leurs valeurs de lutte de classe et leur &#171; compr&#233;hension du monde &#187; mais que le prochain congr&#232;s devrait, &#224; en croire L'Humanit&#233; remettre en cause ; aux militants ouvriers combatifs qui ne se reconnaissent peut-&#234;tre plus dans aucun parti mais ne sont pas plus aveugles face aux atermoiements ou aux trahisons de leur propre direction syndicale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Immigration &#171; z&#233;ro &#187;, &#171; choisie &#187; ou &#171; partag&#233;e &#187;, les pr&#233;jug&#233;s r&#233;actionnaires en campagne.
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Immigr&#233;s
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		<description>Depuis que Le Pen a r&#233;ussi &#224; en faire son fonds de commerce, une campagne pr&#233;sidentielle en France se doit d'&#234;tre hant&#233;e par le spectre de l'immigration. A droite, bien s&#251;r, Sarkozy s'efforce de battre sur leur terrain le candidat du Front national et son p&#226;le reflet, De Villiers. Mais pas seulement &#224; droite. Chacun dans son style, cherche &#224; m&#233;nager ou brosser le poil d'un &#233;lectorat, pas que populaire, dont les pr&#233;jug&#233;s racistes et x&#233;nophobes sont facilement h&#233;riss&#233;s. &lt;br /&gt;Le super-flic Sarkozy et son bilan &lt;br /&gt;Le&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Les-articles-dans-Lutte-de-Classe-" rel="directory"&gt;Les articles dans &#171; Lutte de Classe &#187;
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Immigration-+" rel="tag"&gt;Immigr&#233;s
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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis que Le Pen a r&#233;ussi &#224; en faire son fonds de commerce, une campagne pr&#233;sidentielle en France se doit d'&#234;tre hant&#233;e par le spectre de l'immigration. A droite, bien s&#251;r, Sarkozy s'efforce de battre sur leur terrain le candidat du Front national et son p&#226;le reflet, De Villiers. Mais pas seulement &#224; droite. Chacun dans son style, cherche &#224; m&#233;nager ou brosser le poil d'un &#233;lectorat, pas que populaire, dont les pr&#233;jug&#233;s racistes et x&#233;nophobes sont facilement h&#233;riss&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le super-flic Sarkozy et son bilan&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le ministre de l'Int&#233;rieur Sarkozy, face &#224; ses concurrents, mise sur son bilan, c'est-&#224;-dire deux lois successives qu'il a inspir&#233;es pour &lt;em&gt;&#171; endiguer l'immigration clandestine et r&#233;guler l'immigration familiale &#187;&lt;/em&gt; et les instructions donn&#233;es &#224; la police de faire du chiffre de reconduites aux fronti&#232;res. D'o&#249; la multiplication des rafles, y compris de gamins dans ou &#224; la porte des &#233;coles, qui ont fait heureusement se lever un r&#233;seau d'enseignants et de parents &#171; sans fronti&#232;res &#187; capables d'arr&#234;ter le bras dans certains cas&#8230; et d'obliger Sarkozy &#224; donner une carte de s&#233;jour d'un an &#224; 6 924 personnes &#224; l'&#233;t&#233; 2006. Mais pas d'emp&#234;cher que ne soit grosso modo multipli&#233; par deux, en trois ans, le chiffre d'expulsions d'&#233;trangers en situation irr&#233;guli&#232;re (24 000 en 2006).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le ministre candidat de l'UMP d'accompagner cette politique muscl&#233;e et ses d&#233;clarations sur la &lt;em&gt;&#171; racaille &#187;&lt;/em&gt; de banlieues qu'il faudrait nettoyer au &lt;em&gt;&#171; k&#228;rcher &#187;&lt;/em&gt;, d'un programme aux apparences plus nuanc&#233;es dit d'&lt;em&gt;&#171; immigration choisie &#187;&lt;/em&gt; sur crit&#232;res professionnels (pour des &#233;trangers &lt;em&gt;&#171; capables et talentueux &#187;&lt;/em&gt;). La d&#233;magogie &#233;lectorale a du bon, mais les patrons ont besoin de main-d'&#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui n'emp&#234;che pas Sarkozy de persister et signer sur le terrain de Le Pen lorsqu'il lance sur TF1, devant pr&#232;s de 9 millions de t&#233;l&#233;spectateurs, ces propos calcul&#233;s : &lt;em&gt;&#171; Personne n'est oblig&#233;, je r&#233;p&#232;te, d'habiter en France, mais quand on habite en France, on respecte ses r&#232;gles, c'est-&#224;-dire qu'on n'est pas polygame, on ne pratique pas l'excision sur ses filles, on n'&#233;gorge pas le mouton dans son appartement et on respecte les r&#232;gles r&#233;publicaines &#187;&lt;/em&gt;. Il y aurait &#224; dire sur des g&#233;n&#233;rations de bourgeois fran&#231;ais qui ne sont certes pas polygames (puisque l'Eglise catholique et l'Etat le leur interdisent), mais ont n&#233;anmoins les moyens d'entretenir g&#233;n&#233;reusement plusieurs femmes voire familles&#8230; Quant &#224; ce rago&#251;t de mouton servi aux auditeurs, est-ce vraiment pour raisons &#171; techniques &#187; ou parce qu'il sentait trop mauvais que la cha&#238;ne LCI en a priv&#233; les internautes dans la rediffusion de l'&#233;mission sur son site ? Du moins jusqu'&#224; ce que certains le remarquent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car tout en cherchant &#224; nuancer son image en direction de l'&#233;lectorat d'origine &#233;trang&#232;re, en &#233;voquant - sous conditions restrictives - le droit de vote pour les &#233;trangers aux &#233;lections locales, ou en choisissant une &#171; porte-parole &#187; d'origine immigr&#233;e, Rachida Dati, Sarkozy tient toujours &#224; se faire passer pour un &#171; dur &#187; contre l'immigration. D'o&#249; l'accueil parfois un peu chaud qui lui est fait dans les banlieues, o&#249; il pr&#233;f&#232;re ne se rendre qu'&#224; l'improviste.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Quand Le Pen pr&#233;tend surpasser les photocopies&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si bien que Le Pen raille les tentatives de Sarkozy pour le singer (et lui voler ses formules comme son &#233;lectorat). M&#234;me si de son c&#244;t&#233;, il semble avoir biff&#233; de ses discours, sur conseils de son entourage, les invectives qui fleurent trop le racisme, ou s'&#233;tonne qu'on ose penser qu'il serait raciste, lui qui a toujours dirig&#233; un Front national qui compte des &#171; Fran&#231;ais d'origine &#233;trang&#232;re &#187; ? Mais la nature revient vite au galop et son fonds de commerce &#233;lectoral reste la charge contre l'immigration et l'affirmation de la &lt;em&gt;&#171; pr&#233;f&#233;rence nationale &#187;&lt;/em&gt; qu'il promet d'inscrire dans le pr&#233;ambule de la constitution. L'immigration est pr&#233;sent&#233;e comme la cause de tous les maux, ch&#244;mage, manque de logements, d&#233;ficits de la s&#233;curit&#233; sociale, d&#233;linquance, dette&#8230; Il faudrait stopper &lt;em&gt;&#171; la vague d&#233;ferlante qui nous submerge &#187;&lt;/em&gt;, et donc fermer les fronti&#232;res de l'hexagone. Certes, continuer &#224; pr&#233;lever l'imp&#244;t sur les immigr&#233;s, continuer &#224; laisser les travailleurs immigr&#233;s sous la coupe de patrons sur-exploiteurs (dont bon nombre de commer&#231;ants restaurateurs dont il se dit l'ami), leur verser leur retraite &lt;em&gt;&#171; s'ils retournent dans leur pays pour y finir leur vie &#187;&lt;/em&gt;, mais faire passer de dix &#224; trois ans la dur&#233;e de validit&#233; de la carte de s&#233;jour, mettre un terme au regroupement familial, ne plus leur verser d'allocations familiales, ne plus les soigner s'ils n'ont pas de revenu, et enfin, expulser tous ceux qui seraient entr&#233;s ill&#233;galement. Bref, &#224; d&#233;faut de pouvoir faire appliquer quoi que ce soit, montrer les travailleurs immigr&#233;s comme ceux qui co&#251;teraient tr&#232;s cher aux autres !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre Sarkozy et Le Pen, De Villiers a quelque mal &#224; trouver un cr&#233;neau. Mais le dieu des chr&#233;tiens lui vient en aide pour cibler ses attaques contre la concurrence islamique ! Sus aux mosqu&#233;es de Roissy, sus &#224; la Turquie &#224; laquelle il faudrait interdire l'entr&#233;e de l'Europe&#8230; Il y aurait de quoi rire si, sur la Turquie, Sarkozy n'avait pas des positions similaires &#224; Le Pen et De Villiers ; si Bayrou n'en &#233;tait pas loin et si S&#233;gol&#232;ne Royal ne se retranchait pas derri&#232;re un futur r&#233;f&#233;rendum populaire pour ne pas se mettre en porte-&#224;-faux avec un &#233;lectorat qu'on a tout fait pour effaroucher !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le mythe de l'immigration &#171; massive &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Selon Le Pen et De Villiers, des vagues d'immigr&#233;s d&#233;ferleraient sur la France. Un rapport du Centre d'analyse strat&#233;gique du Premier ministre lui-m&#234;me, concernant &lt;em&gt;&#171; les besoins de main-d'&#339;uvre &#187;&lt;/em&gt; et publi&#233; en 2006, montre tout le contraire. Les 4,5 millions de personnes immigr&#233;es en France, c'est-&#224;-dire &lt;em&gt;&#171; n&#233;es &#233;trang&#232;res &#224; l'&#233;tranger &#187;&lt;/em&gt;, &#226;g&#233;es de 18 ans ou plus et r&#233;sidant en France, repr&#233;sentent 9,6 % de la population totale du m&#234;me &#226;ge (parmi elles, 41 % ont acquis la nationalit&#233; fran&#231;aise). Aux Etats-Unis (mod&#232;le de croissance &#233;conomique pour la plupart des dirigeants politiques fran&#231;ais !), la proportion d'immigr&#233;s s'&#233;levait, aux chiffres de l'ann&#233;e 2004, &#224; 14,5 %, dont 40,6 % avaient acquis la nationalit&#233;. Pour ce qui de la population en &#226;ge d'&#234;tre active, la France compte &#233;galement peu d'&#233;trangers : 5,6 % (dont 2 % viennent d'autres pays d'Europe), contre 7,6 % dans l'ensemble de l'Europe (des 15 au moment de l'&#233;tude). Il y en a davantage en Allemagne, Espagne, Irlande et Autriche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, l'immigration a &#233;t&#233; forte de 1950 &#224; 1975, p&#233;riode o&#249; des patrons sont all&#233;s chercher des travailleurs pour leurs cha&#238;nes de montage automobile et leurs chantiers, dans les campagnes du Maghreb. Une &#233;migration &lt;em&gt;&#171; choisie &#187;&lt;/em&gt; d&#233;j&#224; ! Mais depuis, le solde migratoire (la diff&#233;rence entre les entr&#233;es et les sorties de migrants) est rest&#233; stationnaire, aux alentours de 65 000 personnes, comme le solde d&#233;mographique du pays qui se solde chaque ann&#233;e &#224; quelque 200 000 naissances de plus que de d&#233;c&#232;s. Dans un article intitul&#233; &lt;em&gt;&#171; Cinq id&#233;es re&#231;ues sur l'immigration &#187;&lt;/em&gt;, du num&#233;ro 397 de la revue &lt;em&gt;Population et Soci&#233;t&#233;s&lt;/em&gt; publi&#233;e par l'INED (Institut national d'&#233;tudes d&#233;mographiques), il est affirm&#233; que &lt;em&gt;&#171; La France est un vieux pays d'immigration mais il y a 25 ans qu'elle n'est plus un pays d'immigration massive. Elle est devenue au contraire le pays d'Europe o&#249; la croissance d&#233;mographique d&#233;pend le moins de l'immigration &#187;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il existe des probl&#232;mes dits d'int&#233;gration, dans le syst&#232;me &#233;ducatif ou sur le march&#233; du travail, cela concerne surtout les enfants de deuxi&#232;me ou troisi&#232;me g&#233;n&#233;ration, de familles install&#233;es en France de longue date, mais c'est le ch&#244;mage qui gangr&#232;ne leurs vies et celles de leurs parents, et font des quartiers pauvres o&#249; ils sont concentr&#233;s des ghettos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a donc ni &lt;em&gt;&#171; immigration massive &#187;&lt;/em&gt; ni &lt;em&gt;&#171; invasion &#187;&lt;/em&gt;. Les flux migratoires de la plan&#232;te sont en majorit&#233; des mouvements de pauvres du &#171; sud &#187; qui quittent leur pays pour d'autres pays du &#171; sud &#187;. Une infime minorit&#233;, de loin la moins mis&#233;rable, a les moyens d'atteindre l'Europe ou l'Am&#233;rique. La France n'accueille donc pas &#171; la mis&#232;re du monde &#187;, contrairement &#224; la formule du socialiste Rocard, lou&#233;e aujourd'hui par Le Pen ! Et les quelque 200 000 &#224; 400 000 clandestins &#233;valu&#233;s sur le territoire de la France ne sont pas non plus &#171; innombrables &#187;. Ils ne repr&#233;senteraient que 10 % des immigr&#233;s en France contre 25 % aux Etats-Unis. Selon l'INED, leur nombre est d'autant plus facilement sur&#233;valu&#233; que les secteurs d'activit&#233; qui les emploient au noir (&#224; 90 % dans le BTP, le tourisme, le travail agricole, la confection et le service domestique) &#171; &lt;em&gt;montrent que l'immigration irr&#233;guli&#232;re y c&#244;toie une main-d'&#339;uvre au noir nationale encore plus nombreuse&#8230; &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; ceux qui pensent que les immigr&#233;s &lt;em&gt;&#171; viennent nous prendre notre boulot &#187;&lt;/em&gt;, partisans selon le vocabulaire des sociologues de la th&#232;se du &#171; remplacement &#187;, leur position semble infirm&#233;e par la th&#232;se de la &#171; segmentation &#187;, selon laquelle les immigr&#233;s occuperaient plut&#244;t des emplois dont les natifs ne veulent pas. D'o&#249; l'opposition du patronat lui-m&#234;me &#224; une politique d'immigration z&#233;ro. Par ailleurs, rien n'est &#233;videmment aussi simpliste et les &#233;conomies ne sont pas caract&#233;ris&#233;es par un nombre d'emplois donn&#233;, que les individus devraient se partager : elles ont plut&#244;t tendance &#224; cr&#233;er des emplois en proportion du nombre d'individus qui travaillent et consomment.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Royal : sous un autre tailleur, la m&#234;me politique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais face &#224; ce concert volontairement alarmiste jou&#233; par la droite, S&#233;gol&#232;ne Royal y va aussi de sa partition, ne manquant pas d'&#233;voquer &#224; son tour l'immigration qui serait un probl&#232;me et qu'il faudrait limiter. Tout comme son rival direct Sarkozy, elle d&#233;fend non pas une r&#233;gularisation globale de tous les sans papiers, qui serait, dit-elle, un &#171; appel d'air &#187; pour d'autres candidats &#224; l'abandon de leur pays, mais une immigration s&#233;lective et &#233;troitement contr&#244;l&#233;e. Avec examen au cas par cas &#171; sur crit&#232;res &#187;. Elle a sa propre formule : &lt;em&gt;&#171; immigration partag&#233;e &#187;&lt;/em&gt; qu'elle pr&#233;tend bas&#233;e sur des crit&#232;res &#233;galement familiaux et sociaux. Son &lt;em&gt;Pacte pr&#233;sidentiel&lt;/em&gt; pr&#244;ne l'instauration d'&lt;em&gt;&#171; un visa permettant des allers-retours multiples sur plusieurs ann&#233;es, afin que les migrations s'adaptent aux besoins r&#233;els du march&#233; du travail &#187;&lt;/em&gt;. En fonction des besoins des patrons, donc. Avec cette innovation d'un visa &#224; retours multiples, pour que les immigr&#233;s partent ch&#244;mer chez eux entre deux emplois ? Sarkozy avait pr&#244;n&#233; &lt;em&gt;&#171; l'immigration choisie &#187;&lt;/em&gt;, en fonction d'un strict recensement des besoins de main-d'&#339;uvre (c'est-&#224;-dire des besoins patronaux). La nuance n'est que s&#233;mantique. Si bien qu'en septembre dernier, lors de ce voyage au S&#233;n&#233;gal o&#249; Sarkozy 48 heures plus t&#244;t l'avait coiff&#233;e au poteau, elle avait reconnu que le programme de Sarkozy aurait repris beaucoup de bonnes choses qu'elle pr&#233;conisait elle-m&#234;me&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a une &#171; m&#233;thode &#187; Royal, adapt&#233;e &#224; un &#233;lectorat de gauche r&#233;put&#233; humaniste et anti-raciste. La candidate affirme donc d'abord qu'il faut des &#171; &lt;em&gt;valeurs d'accueil et de tol&#233;rance &#187;&lt;/em&gt;, d&#233;nonce les conditions indignes et injustes faites aux &#233;trangers dans les centres de r&#233;tention, d&#233;plore leurs conditions de vie et de travail ici, s'insurge contre les milliers d'immigr&#233;s dans le monde qui sont morts pour avoir tent&#233; de passer des montagnes ou des oc&#233;ans&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Divers organismes et associations ont tent&#233; de dresser ensemble une comptabilit&#233; pr&#233;cise des victimes, r&#233;fugi&#233;es et immigr&#233;es, de la &#171; forteresse Europe &#187;, c'est-&#224;-dire des hommes, femmes et enfants morts dans leur tentative de rejoindre ce continent. Entre 1993 et 2004, il y en aurait eu plus de 4000. Et depuis (jusqu'en 2006), plus de 3000. Soit 8107 morts aux portes de l'Europe (www.monde-diplomatique.fr de d&#233;cembre 2006). Qui pourrait ne pas souhaiter mieux pour des millions de gens dans le monde ? Ceux qui quittent aujourd'hui des pays de mis&#232;re et de dictature, en le payant tr&#232;s cher, de leur peau et de leurs &#233;conomies, ne le font pas de ga&#238;t&#233; de c&#339;ur. Et ne trouvent pas non plus le paradis &#224; l'arriv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais apr&#232;s avoir fait pleurer sur le sort des immigr&#233;s, S&#233;gol&#232;ne Royal en d&#233;duit que la seule et bonne politique serait de tout faire pour qu'ils restent heureux chez eux. M&#234;me si cela se pare d'une d&#233;claration de bonnes intentions : tout faire pour favoriser un &#171; co-d&#233;veloppement &#187; r&#233;ussi entre la France et certains pays d'Afrique, par exemple. C'est, explique-t-elle ce qui &#171; fixerait &#187; les immigr&#233;s chez eux. Fa&#231;on bien sournoise de dire qu'on n'en veut pas chez nous, si ce n'est au compte-goutte, en fonction des besoins patronaux.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le &#171; co-d&#233;veloppement &#187; ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette id&#233;e de cheviller les immigr&#233;s dans leur pays, soi-disant pour leur bonheur, par la vertu d'on ne sait quel &#171; co-d&#233;veloppement &#187;, n'a d'ailleurs rien d'original. Elle est d&#233;fendue par tous les politiciens, de Sarkozy &#224; Le Pen, en passant par Bayrou et jusqu'&#224; de Villiers qui vante les m&#233;rites, en ce sens, d'on ne sait trop quelle coop&#233;ration qu'il aurait initi&#233;e entre son d&#233;partement de Vend&#233;e et le B&#233;nin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; co-d&#233;veloppement &#187; de S&#233;gol&#232;ne Royal ressemble &#224; s'y m&#233;prendre au &#171; co-d&#233;veloppement &#187; que les conseillers du gouvernement actuel exposent dans leur &#233;tude de 2006 d&#233;j&#224; cit&#233;e. On peut y lire notamment que &lt;em&gt;&#171; le co-d&#233;veloppement peut comporter des aides (financements, mais aussi conseil technique) &#224; des associations de migrants d&#233;sireuses de r&#233;aliser dans leur village d'origine des projets sociaux (&#233;coles, centres de sant&#233;) ou des &#233;quipements (petits barrages agricoles, &#233;lectrification rurale, adduction d'eau, etc), ainsi que des aides &#224; la r&#233;insertion, pour les migrants d&#233;sireux de rentrer au pays pour y r&#233;aliser un projet cr&#233;ateur de revenus. Il importe de consid&#233;rer que ces aides &#224; la r&#233;insertion ne sont qu'une des modalit&#233;s de promotion de l'investissement dans les pays d'origine, la modalit&#233; la plus fr&#233;quente &#233;tant l'investissement &#171; &#224; distance &#187; (c'est-&#224;-dire par des migrants qui conservent leur activit&#233; principale dans le pays d'accueil) &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;gol&#232;ne Royal a-t-elle fait du &#171; couper coller &#187; ? En quoi les micro-cr&#233;dits dont elle a parl&#233; &#224; TF1 (&lt;em&gt;&#171; J'ai une question &#224; vous poser &#187;&lt;/em&gt;) pour financer une micro-s&#233;cherie de poisson ou autre atelier de tissage artisanal, vont-ils r&#233;soudre les graves probl&#232;mes de l'Afrique ? Elle parle, sans rire, d'aider l'Afrique &#224; utiliser son &#233;nergie solaire, mais ne dit pas un mot de Total qui lui vole son p&#233;trole !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment peut-on r&#233;ussir le tour de force d'&#233;voquer le mieux vivre sur le continent africain en &#171; oubliant &#187; la fa&#231;on dont les grands trusts internationaux, fran&#231;ais pour ce qui nous concerne, continuent &#224; le piller ? En &#171; oubliant &#187; les &#233;changes commerciaux in&#233;gaux ? En oubliant comment l'arm&#233;e fran&#231;aise continue &#224; le quadriller et &#224; y &#233;pauler des dictatures amies ? En oubliant que dans ce qu'on appelle aujourd'hui les Aides au d&#233;veloppement, que Chirac s'est fait fort d'accro&#238;tre de quelques miettes en pr&#233;levant une taxe sur les billets d'avion, on compte notamment les all&#232;gements de dette qui n'apportent pas un centime, les nouveaux pr&#234;ts accord&#233;s pour peu que leur taux soit inf&#233;rieur au taux moyen et qui se traduisent par un remboursement ult&#233;rieur sup&#233;rieur aux pr&#234;ts, les aides &#224; l'installation d'entreprises venues de pays riches, etc&#8230; Selon la formule aide-toi toi-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donnant quelque relief &#224; ces palabres dans le milieu politique fran&#231;ais sur l'immigration et le co-d&#233;veloppement, le S&#233;n&#233;gal a fait la Une des journaux, &#224; l'occasion de la campagne pr&#233;sidentielle o&#249; le sortant, Abdoulaye Wade, s'est d&#233;clar&#233; vainqueur avant la fin du d&#233;pouillement ! Voil&#224; un pays d'Afrique noire que la France a saign&#233; depuis plus d'un si&#232;cle, dont elle a razzi&#233; des richesses et des hommes, auquel elle pourrait restituer ne serait-ce qu'une part du butin en construisant gratuitement des routes, des logements, des adductions d'eau et d'&#233;lectricit&#233;&#8230; Mais non, car il faudrait r&#233;quisitionner &#224; cette fin une partie des dividendes et du potentiel industriel des capitalistes fran&#231;ais&#8230; qui continue &#224; se faire du fric sur le peu d'infrastructures existantes au S&#233;n&#233;gal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux pages du Monde diplomatique de f&#233;vrier 2007 relatent l'histoire de la &lt;em&gt;&#171; bataille syndicale autour du rail s&#233;n&#233;galais &#187;&lt;/em&gt;, &#233;pisode le plus r&#233;cent de la liaison ferroviaire Dakar-Koulikoro via Bamako (ces deux derni&#232;res villes au Mali) ; privatis&#233;e il y a quelques ann&#233;es pour le compte d'une soci&#233;t&#233; franco-canadienne Transrail, revendue depuis &#224; une soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine et &#224; un groupe li&#233; &#224; la famille Wade et au groupe Vinci (sacr&#233; co-d&#233;veloppement !). &lt;em&gt;&#171; La politique du nouveau propri&#233;taire est en effet d&#233;sastreuse pour le pays et les salari&#233;s : abandon du trafic voyageurs au profit du fret, baisse des salaires et des droits sociaux, suppression de 632 postes, r&#233;pression syndicale, absence des investissements promis &#187; (&#8230;) &#171; Les syndicalistes d&#233;noncent &#224; la fois les &#171; profits colossaux &#187; de Transrail (et leur expatriation) et l'autoritarisme des cadres blancs dor&#233;navant install&#233;s dans les bureaux de la direction &#187;&lt;/em&gt;&#8230;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Un Collectif Citoyen pour la Restitution et le D&#233;veloppement Int&#233;gr&#233; du Rail (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Et c'est &#224; Paris (tiens donc !) que s'est tenue en d&#233;cembre 2006 une r&#233;union de concertation&#8230; Nicolas Sarkozy ni S&#233;gol&#232;ne Royal ne nous en ont parl&#233; ! Pas &#233;voqu&#233; la moindre aide &#233;videmment. M&#234;me si Alstom et la Sncf savent fabriquer et faire rouler des trains&#8230; si c'est rentable. Or ces 1259 kilom&#232;tres qui sont une voie de d&#233;senclavement vital pour les populations n'ont plus tant d'int&#233;r&#234;t pour les multinationales &#8211; le seul secteur &#171; fret &#187; ou la route s'av&#232;rent plus rentables. La liaison ferroviaire avait une importance strat&#233;gique, rappelle le journaliste, &#224; l'&#233;poque de Louis Faidherbe, gouverneur de la colonie fran&#231;aise du S&#233;n&#233;gal, dans les ann&#233;es 1870. Il fallait transporter les troupes pour la conqu&#234;te de l'Afrique. Il fallait tenir t&#234;te &#224; l'expansion britannique. Il fallait acheminer les mati&#232;res premi&#232;res jusqu'au port de Dakar. Et la ligne &lt;em&gt;&#171; fut achev&#233;e en 1923, au terme d'un travail tr&#232;s difficile pour lequel les colons import&#232;rent toute une population d'ouvriers burkinab&#233;s, r&#233;duits au rang d'esclaves &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui la France est toujours l&#224;, sous forme, entre autres, d'int&#233;r&#234;ts dans une soci&#233;t&#233; vampire qui extrait de ce malheureux chemin de fer et d'ouvriers pressur&#233;s un beau paquet de dividendes ! Qu'en disent Sarkozy et Royal ? Citons cette derni&#232;re : &lt;em&gt;&#171; c'est par le droit des familles &#224; vivre dignement dans leur pays d'origine que l'on mettra fin &#224; l'immigration clandestine (&#8230;) il faut r&#233;ussir le d&#233;veloppement des pays pauvres &#187;. &lt;/em&gt;Beau cynisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y aurait pas aujourd'hui des centaines de milliers de jeunes Africains pour se lancer sur des embarcations de fortune vers les Canaries si la France de Sarkozy et Royal n'avait pas exploit&#233; les peuples de bien des pays de ce continent, depuis un ou deux si&#232;cles ; si elle ne les exploitait pas encore, scl&#233;rosant leur d&#233;veloppement &#233;conomique industriel mais m&#234;me agricole de subsistance. Et il est du devoir des travailleurs ici en France, de faire rendre gorge &#224; leurs propres exploiteurs qui sont aussi ceux du tiers monde ex-colonis&#233;. Il y aurait d'ailleurs de quoi accueillir bien plus d'immigr&#233;s dans ce pays pour produire, avec les moyens de la productivit&#233; actuelle &#224; laquelle ils ont largement contribu&#233;, ce qui manque au tiers monde. Mais &#224; condition de prendre l'argent o&#249; il est &#8211; dans les caisses des capitalistes et banquiers.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Travailleurs fran&#231;ais et immigr&#233;s, m&#234;me combat&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis que le ch&#244;mage a explos&#233; et que la pr&#233;carit&#233; s'est install&#233;e, &#224; partir du d&#233;but des ann&#233;es 1980, une partie de la classe ouvri&#232;re s'est laiss&#233;e illusionner par la d&#233;magogie x&#233;nophobe de Le Pen et ses &#233;mules. Leurs scores qui &#233;taient nuls ont tout &#224; coup grimp&#233;. Tout devenait la faute de l'immigration, m&#234;me si souvent &#171; l'immigr&#233; &#187; &#233;tait le voisin fran&#231;ais, d'origine immigr&#233;e. Pourtant, ceux qui d&#233;truisaient des emplois, c'&#233;taient bien les patrons, et pas les voisins de nationalit&#233; ou d'origine &#233;trang&#232;re. Ces derniers faisant d'ailleurs partie des vagues de licenci&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les partis de gauche &#233;pisodiquement au gouvernement depuis ces ann&#233;es-l&#224;, se sont couch&#233;s devant le patronat. Ils ont mis dans leur manche les directions syndicales qui elles aussi, &#224; leur fa&#231;on, au lieu d'aider les travailleurs &#224; s'organiser consciemment, immigr&#233;s et fran&#231;ais au coude &#224; coude, ont d&#233;courag&#233; de mener les luttes d'ensemble n&#233;cessaires. Et rien n'a beaucoup boug&#233; depuis, si ce n'est que le ch&#244;mage et la pr&#233;carit&#233; ont grandi, que la situation est plus grave qu'il y a 25 ans, et les scores des d&#233;magogues x&#233;nophobes meilleurs. Alors pourquoi se priver de cette d&#233;magogie si elle permet de d&#233;crocher une bonne place, si ce n'est l'Elys&#233;e ? C'est ainsi que Le Pen - leader historique en la mati&#232;re - a fait des petits, avec chacun son timbre et son style. Sarkozy bien s&#251;r, mais les dirigeants socialistes sont aussi gangren&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois au gouvernement, les uns ou les autres s'attacheront d'abord &#224; mettre en chantier les attaques annonc&#233;es contre les retraites, la sant&#233;, l'&#233;ducation que le patronat exige pour d&#233;tourner &#224; son profit toujours davantage d'argent de l'Etat. La situation des immigr&#233;s sera le cadet de leurs soucis. Ils continueront certes &#224; les harceler, &#224; en expulser, surtout qu'en mettant une partie des travailleurs immigr&#233;s sous perp&#233;tuelle menace, ils les contraignent plus facilement &#224; accepter les pires conditions de travail et de salaire. Mais ils continueront &#224; laisser entrer clandestinement la partie n&#233;cessaire aux surprofits du patronat. Car lorsque S&#233;gol&#232;ne Royal propose la r&#233;gularisation des sans papiers qui auront fait la preuve qu'ils sont l&#224; depuis 10 ans, c'est bien qu'elle tient pour normal (et m&#234;me m&#233;ritoire !) qu'ils aient travaill&#233; dix ans, au noir, pour un patron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs et les militants, confront&#233;s en permanence &#224; ce venin d'insinuations sur les pr&#233;tendus dangers de l'immigration, doivent le combattre. En exigeant la r&#233;gularisation pour tous, bien s&#251;r. En s'effor&#231;ant d'emp&#234;cher les expulsions, partout o&#249; c'est possible, dans les entreprises, les quartiers et les &#233;coles. Mais aussi et surtout, en contribuant &#224; donner des perspectives d'organisation et de lutte aux travailleurs, tous ensemble contre le ch&#244;mage et la mis&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les revendications d'urgence d&#233;fendues dans cette campagne par Arlette Laguiller : interdiction des licenciements, embauche massive dans les services publics, augmentation g&#233;n&#233;rale et imm&#233;diate de 300 euros de tous les salaires et un plancher de 1500 euros net pour le SMIC mais aussi pour les retraites et minima sociaux, droit de regard des travailleurs et de la population sur les comptabilit&#233;s et les choix des grands trusts, sont communes &#224; tous les travailleurs, qu'ils soient fran&#231;ais ou immigr&#233;s, et de toutes g&#233;n&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Vendredi 2 mars 2007 &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Un Collectif Citoyen pour la Restitution et le D&#233;veloppement Int&#233;gr&#233; du Rail Malien (Cocidirail) fournit des informations int&#233;ressantes sur la privatisation, les luttes men&#233;es en particulier en juin-juillet 2006 et la politique patronale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> A propos du mouvement anti-CPE du printemps 2006
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/A-propos-du-mouvement-anti-CPE-du-printemps-2006</link>
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		<dc:date>2007-01-19T16:27:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>CPE
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		<description>[Ce texte, du 26/11/06, a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; en vue du congr&#232;s de LO, mais trop tardivement pour qu'il ait &#233;t&#233; possible de le mettre en discussion dans les assembl&#233;es pr&#233;paratoires et donc de le soumettre au vote au congr&#232;s. Il s'agit d'une r&#233;ponse aux passages consacr&#233;s au mouvement anti-CPE du texte de la majorit&#233; du 10/11/06, intitul&#233; &#171; Contribution au chapitre VII - Notre campagne (suite) &#187;, sous-titr&#233; &#171; Retour vers le futur et une ann&#233;e qui sera s&#251;rement &#233;lectorale avec, peut-&#234;tre, si le ciel le permet,&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Les-articles-dans-Lutte-de-Classe-" rel="directory"&gt;Les articles dans &#171; Lutte de Classe &#187;
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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-CPE-+" rel="tag"&gt;CPE
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;[&lt;strong&gt;Ce texte, du 26/11/06, a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; en vue du congr&#232;s de LO, mais trop tardivement pour qu'il ait &#233;t&#233; possible de le mettre en discussion dans les assembl&#233;es pr&#233;paratoires et donc de le soumettre au vote au congr&#232;s. Il s'agit d'une r&#233;ponse aux passages consacr&#233;s au mouvement anti-CPE du texte de la majorit&#233; du 10/11/06, intitul&#233; &lt;em&gt;&lt;a href=&#034;https://mensuel.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-actuelle-1993/contribution-au-chapitre-vii-notre&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;&#171; Contribution au chapitre VII - Notre campagne (suite) &#187;&lt;/a&gt;, &lt;/em&gt; sous-titr&#233; &lt;em&gt;&#171; Retour vers le futur et une ann&#233;e qui sera s&#251;rement &#233;lectorale avec, peut-&#234;tre, si le ciel le permet, souhaitons-le, des gerbes d'&#233;tincelles aux bons moments, aux bons endroits, pleins d'herbes s&#232;ches, voire d'explosifs &#187;&lt;/em&gt; (cf. &lt;a href=&#034;https://mensuel.lutte-ouvriere.org/lutte-de-classe/serie-actuelle-1993/101-decembre-2006-janvier-2007&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;LDC 101&lt;/a&gt;, pp 51-52), qui &#233;tait lui-m&#234;me un commentaire du texte pr&#233;sent&#233; par la Fraction intitul&#233; &lt;em&gt;&#171; Nos orientations pour une ann&#233;e qui ne sera peut-&#234;tre pas qu'&#233;lectorale &#187;&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Retour non vers le futur, mais sur trois mois de l'ann&#233;e &#233;coul&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;em&gt;&#171; ...il semblerait que nos camarades &lt;/em&gt; (de la Fraction) &lt;em&gt;valorisent excessivement certains aspects du mouvement de la jeunesse &#233;tudiante et lyc&#233;enne contre le CPE... &#187;&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;[LDC 101, p 51, col 1]. Discutons donc de l'appr&#233;ciation que donnent du mouvement dans ce texte, les camarades de la majorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;em&gt;
1) Attitude des conf&#233;d&#233;rations syndicales vis-&#224;-vis du mouvement contre le CPE
&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; l'on apprend [p 51, col 1] que, si les &lt;strong&gt;&#171; &lt;em&gt;syndicats ont &#233;t&#233; oblig&#233;s de lui donner une suite&lt;/em&gt; &#187;&lt;/strong&gt; (au mouvement), &lt;strong&gt;&#171; &lt;em&gt;les conf&#233;d&#233;rations syndicales n'ont en rien &#233;t&#233; oblig&#233;es de suivre&lt;/em&gt; &#187;&lt;/strong&gt; (3 lignes plus loin) !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a eu durant le mouvement, &#224; l'appel des conf&#233;d&#233;rations syndicales, 5 journ&#233;es d'action en deux mois, de plus en plus rapproch&#233;es, dont les deux derni&#232;res ont rassembl&#233; 3 millions de personnes : le 7 f&#233;vrier, les 7, 18 et 28 mars et enfin, le 4 avril. Alors, si &#171; &lt;em&gt;les syndicats&lt;/em&gt; [n'&#233;taient pour rien]&lt;em&gt; dans le recul du gouvernement&lt;/em&gt; &#187;, les centaines de milliers de salari&#233;s dans la rue ont certainement pes&#233; dans la balance. En tout cas, cette combativit&#233; apparente des directions tranche singuli&#232;rement avec leur passivit&#233; sur le CNE, quelques mois plus t&#244;t. Comment expliquer la diff&#233;rence, sinon par la pression exerc&#233;e par le mouvement de la jeunesse ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;em&gt;&#171; Elles &lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;[les conf&#233;d&#233;rations syndicales]&lt;strong&gt; &lt;em&gt; ont consid&#233;r&#233; qu'il &#233;tait de leur avantage d&#233;magogique de soutenir ce mouvement sans risque pour elles. &#187; &lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sans doute vrai pour le tout d&#233;but, quand elles ont appel&#233; &#224; une journ&#233;e d'action le 7 f&#233;vrier, &#224; peu de frais, pour montrer qu'elles n'&#233;taient pas totalement inactives, en prenant soin de dissocier la journ&#233;e anti-CPE de la journ&#233;e intersyndicale d'action pour les salaires dans la fonction publique la semaine pr&#233;c&#233;dente, elle m&#234;me distincte de la journ&#233;e interprofessionnelle de la seule CGT deux jours avant cette derni&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre lorsqu'a d&#233;marr&#233; progressivement le mouvement dans quelques facult&#233;s (Rennes 2 et Toulouse-Le Mirail d'abord), les directions syndicales se sont senties oblig&#233;es d'appeler &#224; autre chose. &#201;videmment elle l'ont fait &lt;em&gt;a minima&lt;/em&gt;, avec une nouvelle journ&#233;e de manifestation un mois plus tard, le 7 mars, en sachant qu'entre temps il y aurait des vacances universitaires et qu'il n'&#233;tait pas s&#251;r que le mouvement &#233;tudiant s'&#233;tende ou m&#234;me tienne jusque l&#224;. Avec le succ&#232;s de la journ&#233;e du 7 mars (plus d'un million de manifestants selon les syndicats) et, &#224; sa suite, l'extension r&#233;elle du mouvement dans les facs (l'Unef recense 45 universit&#233;s en gr&#232;ve le 10 mars) ainsi que des manifestations &#233;tudiantes importantes auxquelles les conf&#233;d&#233;rations n'appellent pas et qui sont quand m&#234;me des succ&#232;s (pr&#232;s de 500 000 manifestants le 16 mars), la pression s'accentue sur l'intersyndicale. C'est cette pression (exprim&#233;e explicitement par la coordination nationale &#233;tudiante qui propose des dates de manifestation) qui pousse l'intersyndicale &#224; appeler &#224; de nouvelles journ&#233;es de manifestation le 18 mars puis le 28 et enfin le 4 avril, dont les conf&#233;d&#233;rations n'avaient pas pr&#233;vu l'ampleur. Celles-ci n'ont donc pas simplement soutenu le mouvement mais y ont de fait contribu&#233;, non parce qu'elles souhaitaient un mouvement d'ensemble, mais parce que face &#224; un mouvement qui se d&#233;veloppait de toute fa&#231;on, le meilleur moyen d'en garder le contr&#244;le &#233;tait d'y donner suite... du moins jusqu'&#224; un certain point.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans risque pour elles ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'au 4 avril, les conf&#233;d&#233;rations avaient gard&#233; la main en ce qui concerne les salari&#233;s. Apr&#232;s cette date, appeler &#224; une nouvelle journ&#233;e et monter la barre d'un cran, c'&#233;tait prendre le risque d'une extension au-del&#224; de la jeunesse &#233;tudiante. De cela le gouvernement aussi &#233;tait probablement conscient. En tout cas, ni les syndicats, ni le gouvernement n'ont voulu prendre ce risque. L'intersyndicale s'est donc refus&#233;e &#224; appeler &#224; quoi que ce soit au lendemain du 4 avril. Cette position n'&#233;tait tenable que dans la mesure o&#249; le gouvernement l&#226;chait sur le CPE. D'o&#249; l'ouverture de discussions entre les dirigeants syndicaux et les d&#233;put&#233;s UMP, et finalement le retrait du CPE une semaine apr&#232;s la manifestation du 4 avril.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;em&gt;2) Sur la &#171; spontan&#233;it&#233; &#187; du mouvement et le r&#244;le des militants&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; les &lt;strong&gt;&#171; &lt;em&gt;Lamartine&lt;/em&gt; &#187;&lt;/strong&gt; de l'extr&#234;me gauche courent apr&#232;s la &lt;strong&gt;&#171; &lt;em&gt;quasi-r&#233;volte dans les facult&#233;s&lt;/em&gt; &#187;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les textes sur la situation int&#233;rieure pr&#234;tent au mouvement anti-CPE une spontan&#233;it&#233; surprenante. On peut lire dans le premier texte de la majorit&#233; sur la situation int&#233;rieure que la r&#233;action au projet de Villepin &lt;strong&gt;&#171; &lt;em&gt;fut une quasi-r&#233;volte dans les facult&#233;s &lt;/em&gt; &#187;&lt;/strong&gt; (l&#224;, ce sont les camarades de la majorit&#233; qui &lt;strong&gt; &lt;em&gt;&#171; valorisent excessivement certains aspects du mouvement &lt;/em&gt; &#187;&lt;/strong&gt;). Ce qui am&#232;ne &#224; des phrases comme celles du second texte, [LDC 101, p 51] : &lt;strong&gt;&#171; &lt;em&gt;Ils&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;[les militants d'extr&#234;me gauche]&lt;strong&gt; &lt;em&gt; ont pris le mouvement spontan&#233; en marche et ils ont fait des pieds et des mains pour en &#234;tre &#224; la t&#234;te&lt;/em&gt; [...] &#187;&lt;/strong&gt;. &#199;a ne correspond pourtant pas &#224; la r&#233;alit&#233;. La mobilisation a &#233;t&#233; construite de fa&#231;on tr&#232;s volontariste, et la situation a d'ailleurs mis un mois et demi pour m&#251;rir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons rapidement la chronologie : les premi&#232;res AG un peu nombreuses dans les universit&#233;s de Rennes et de Toulouse datent de la fin janvier, en m&#234;me temps que se mettent en place les comit&#233;s militants &#171; Stop-CPE &#187;. La manifestation nationale du 7 f&#233;vrier donne un r&#233;sultat mitig&#233;. Puis le mouvement reste cantonn&#233; &#224; quelques campus, pendant quatre semaines. La manifestation du 7 mars marque un d&#233;but d'extension. Alors seulement les choses s'acc&#233;l&#232;rent, les facs entrent en gr&#232;ve les unes apr&#232;s les autres et le mouvement prend une ampleur nationale, mais pas avant la deuxi&#232;me quinzaine du mois de mars. Au total, la mobilisation aura donc dur&#233; une dizaine de semaines, dont les trois quarts de &#171; chauffe &#187;. Si elle a eu cette endurance, si elle a fini par s'&#233;tendre, c'est bien notamment gr&#226;ce aux efforts, au volontarisme de poign&#233;es de militants qui se sont obstin&#233;s malgr&#233; les apparences longtemps d&#233;favorables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les militants d'extr&#234;me gauche ont pris le train en marche ? Pas tous en tout cas. Dans l'activit&#233; militante qui se d&#233;ploie &#224; partir de la mi-janvier, on trouve, parmi d'autres, des militants trotskystes (JCR et Fraction de LO) et un certain nombre de militants anarchistes. Nous-m&#234;mes, la Fraction, avions propos&#233; d&#232;s cette p&#233;riode &#224; l'ensemble de l'organisation une campagne sur le th&#232;me du CPE (affichage, participation aux comit&#233;s stop-CPE, etc.), et nous regrettons de nous &#234;tre retrouv&#233;s, suite au refus de la majorit&#233;, oblig&#233;s de la faire seuls, avec &#233;videmment moins de surface et de moyens. Alors, si des camarades de la majorit&#233; ont l'impression d'avoir pris le train en marche, c'est qu'ils n'&#233;taient pas l&#224; au d&#233;part (mais ce ne peut pas &#234;tre les quelques uns qui ont ram&#233; avec les autres militants d'extr&#234;me gauche pendant des semaines...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;em&gt;3) Sur les &#171; man&#339;uvres dignes de bureaucrates chevronn&#233;s &#187; &lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;em&gt;&#171; ...et ils ont fait des pieds et des mains pour en &#234;tre &#224; la t&#234;te pas toujours d'une fa&#231;on aussi d&#233;mocratique qu'ils le proclamaient.&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;em&gt;...et, pour cela, man&#339;uvr&#233; comme des bureaucrates chevronn&#233;s, que ce soient les militants des syndicats &#233;tudiants ou ceux des organisations d'extr&#234;me gauche. Ils ont souvent occup&#233; les tribunes en passant des accords, des compromis, des coalitions pour en &#233;carter d'autres, de fa&#231;on pas toujours honn&#234;te et justifi&#233;e... &#187;&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De qui les camarades veulent-ils parler ? Le &#171; &lt;em&gt;ils&lt;/em&gt; &#187; du d&#233;but de ce passage renvoie aux &#171; &lt;em&gt;militants d'extr&#234;me gauche&lt;/em&gt; &#187;, puis on en vient &#224; discuter conjointement des &#171; &lt;em&gt;militants des syndicats &#233;tudiants ou ceux des organisations d'extr&#234;me gauche &#187;. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, on a vu de la part des syndicats &#233;tudiants toute la panoplie des man&#339;uvres habituelles (dont les mouvements &#233;tudiants ne sont pas les seuls &#224; avoir le privil&#232;ge !) L'Unef, notamment, s'est particuli&#232;rement distingu&#233;e &#224; son habitude : falsification des mandats aux coordinations, des votes en assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale... Elle l'a d'ailleurs fait d'une mani&#232;re tellement visible par endroits que ses militants ont pu &#234;tre &lt;em&gt;persona non grata &lt;/em&gt;dans certaines assembl&#233;es. Fallait-il se satisfaire d'un tel rejet ? Evidemment non. Tout en d&#233;non&#231;ant leurs man&#339;uvres, il fallait combattre le sentiment gauchiste anti-organisation des &#233;tudiants les plus radicaux du mouvement, et permettre que la coordination nationale regroupe tous les &#233;tudiants en lutte, y compris ceux de l'Unef. L'Unef est all&#233;e &#224; la premi&#232;re coordination nationale &#224; Rennes, pour s'en retirer. Elle n'a pas particip&#233; &#224; la deuxi&#232;me, &#224; Toulouse, o&#249; les d&#233;l&#233;gu&#233;s ont d&#233;cid&#233; de la rappeler (ce n'&#233;tait pas une man&#339;uvre mais une d&#233;cision &#171; politique &#187;, discut&#233;e honn&#234;tement et publiquement). Puis l'Unef a particip&#233; &#224; toutes les suivantes, en y envoyant &#224; chaque fois le plus de d&#233;l&#233;gu&#233;s possible (et m&#234;me des faux !). De l'aveu m&#234;me d'un de ses dirigeants, c'est la premi&#232;re fois que cette organisation participe &#224; autant de coordinations dans un mouvement : ils avaient pris l'habitude de tenter de les briser avant de les quitter avec fracas. C'est d'ailleurs positif qu'il n'y ait pas eu deux coordinations parall&#232;les (une socialiste et une gauchiste) comme les mouvements lyc&#233;ens et &#233;tudiants pr&#233;c&#233;dents nous y avait habitu&#233;s...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;em&gt;L'extr&#234;me gauche : &lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien &#224; notre connaissance de comparable du c&#244;t&#233; des militants d'extr&#234;me gauche, malgr&#233; certaines pratiques tr&#232;s discutables. Par exemple lors des premi&#232;res &#233;lections de porte-parole de la coordination, les JCR souhaitaient que les diff&#233;rentes organisations s'entendent &#224; l'avance sur le nombre de militants qu'elles pr&#233;sentaient. Ils faisaient le raisonnement que cela &#233;viterait que l'Unef ne multiplie pour elle-m&#234;me les candidatures. Nous avons d&#233;sapprouv&#233; cette attitude et ne nous y sommes pas pli&#233;s. Mais celle-ci ne peut pas non plus &#234;tre mise sur le m&#234;me plan que les man&#339;uvres des bureaucrates syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans de nombreuses universit&#233;s o&#249; ils &#233;taient pr&#233;sents, les militants d'extr&#234;me gauche on pu tenir une place &#224; des tribunes, se faire &#233;lire aux coordinations, ou parmi les porte-parole de celles-ci. Pour autant que l'on sache, ce n'&#233;tait pas par des man&#339;uvres, mais parce qu'ils &#233;taient reconnus pour le r&#244;le militant qu'ils tenaient et pour l'orientation qu'ils d&#233;fendaient. D'ailleurs, parmi ces militants d'extr&#234;me gauche, des camarades de la majorit&#233; ont aussi occup&#233; des tribunes, se sont fait &#233;lire aux coordinations. Et parmi les porte-parole de celle-ci, il y avait chaque semaine au moins un camarade de la majorit&#233;. Cela ne fait pas de ces camarades des bureaucrates... mais plus simplement, eux comme ceux des JCR ou de la Fraction, des militants qui n'ont pas renonc&#233; &#224; &#234;tre repr&#233;sent&#233;s &#224; la direction du mouvement et &#224; y d&#233;fendre une politique (en particulier d'extension aux travailleurs).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autant qu'il existait au sein du mouvement un courant, qui regroupait de fait des militants anarchistes &#171; autonomes &#187; dont l'un des axes &#233;tait de d&#233;noncer le bureaucratisme, d&#233;non&#231;ant toutes les organisations syndicales et politiques (extr&#234;me gauche et Lutte Ouvri&#232;re compris) comme voulant &#171; r&#233;cup&#233;rer &#187; le mouvement. A travers cela ils pr&#244;naient le refus de toute structuration qui irait au del&#224; d'un vague f&#233;d&#233;ralisme, le refus en tout cas de toute centralisation, de toute direction. Il nous a sembl&#233; juste, tout en refusant et en combattant les man&#339;uvres syndicales, de refuser aussi ces discours (qui eux pour le coup &#233;taient d&#233;magogiques), et d'essayer de militer pour qu'&#233;merge une direction contr&#244;l&#233;e par ceux qui luttaient et de tenter de faire de la coordination nationale une telle direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si cette tentative n'a pas &#233;t&#233; un succ&#232;s, c'&#233;tait la seule mani&#232;re de lutter r&#233;ellement contre les petites et grandes man&#339;uvres qui se faisaient sur le dos des &#233;tudiants en lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;em&gt;4) Comit&#233;s anti-CPE et coordinations&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;em&gt; &#171; Les coordinations, les comit&#233;s anti-CPE n'ont pas impuls&#233; grand chose ni dirig&#233; grand chose. Ils n'ont agi que lorsque le mouvement &#233;tait d&#233;j&#224; parti de certains endroits (en fait d'un seul endroit) et, d&#233;j&#224; en train de se r&#233;pandre. L'imagination aidant, on peut penser qu'&#224; partir de cela, ils ont continu&#233; &#224; propager le mouvement. Certes ce serait d&#233;j&#224; tr&#232;s bien. &#187;&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que des assembl&#233;es de d&#233;l&#233;gu&#233;s des universit&#233;s (coordinations) &#171; &lt;em&gt;n'aient agi que lorsque le mouvement &#233;tait d&#233;j&#224; parti [...] et, d&#233;j&#224;, en train de se r&#233;pandre&lt;/em&gt; &#187;, c'est heureux. Apr&#232;s avoir estim&#233; que nous ne pouvions que prendre le train en marche, voil&#224; qu'on voudrait avoir eu des coordinations... avant le mouvement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut donc supposer que la discussion porte ici sur les comit&#233;s anti-CPE. Ces comit&#233;s ont regroup&#233; localement et nationalement des organisations et militants de gauche et d'extr&#234;me gauche. Il y a eu en fait deux &#171; g&#233;n&#233;rations &#187; de comit&#233;s. &lt;strong&gt;Les comit&#233;s &#171; Stop-CPE &#187;&lt;/strong&gt; se sont constitu&#233;s sur la base d'un appel national mi-janvier et regroupaient les organisations de jeunesse (syndicales et politiques, de gauche ou d'extr&#234;me gauche). Ils ont jou&#233; un r&#244;le limit&#233; mais r&#233;el avant le 7 f&#233;vrier, en popularisant l'objectif du retrait du CPE et en militant pour une journ&#233;e de manifestation. Apr&#232;s le 7 f&#233;vrier, leurs d&#233;clinaisons locales ont plus ou moins jou&#233; le m&#234;me r&#244;le d'un cadre militant unitaire avant que le mouvement &#233;tudiant lui-m&#234;me ne d&#233;marre effectivement. Apr&#232;s le 7 mars se sont constitu&#233;s &lt;strong&gt;les collectifs &#171; Riposte&lt;/strong&gt; &#187; regroupant cette fois les organisations politiques de gauche (PS, PC, Vert, MRC ...) et d'extr&#234;me gauche (LCR... et LO), dans une situation diff&#233;rente, o&#249; le mouvement &#233;tudiant avait d&#233;j&#224; constitu&#233; ses propres cadres d'organisation (AG, coordinations locales et nationales). Ces collectifs Riposte n'ont donc en effet, l&#224; o&#249; ils sont apparus, pas impuls&#233; grand-chose. Il y a eu quelques meetings communs (auxquels Lutte Ouvri&#232;re a particip&#233; comme &#224; Lyon le 21 mars) mais sans grand succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La coordination nationale,&lt;/strong&gt; c'est autre chose. Apr&#232;s le d&#233;marrage du mouvement &#224; Rennes et &#224; Toulouse, sur impulsion en particulier des JCR, ces deux universit&#233;s lancent un appel &#224; ce que les universit&#233;s envoient des d&#233;l&#233;gu&#233;s pour se r&#233;unir en coordination le 18 f&#233;vrier &#224; Rennes. A cette &#233;tape le mouvement est embryonnaire &#224; l'&#233;chelle nationale, et seules les universit&#233;s o&#249; la mobilisation commen&#231;ait ont envoy&#233; des d&#233;l&#233;gu&#233;s. Malgr&#233; la tentative d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;e de la part de l'Unef de la faire avorter, cette coordination se tiendra chaque week-end jusqu'au retrait du CPE. Il ne s'agit donc pas comme les comit&#233;s d'une instance ext&#233;rieure au mouvement. Elle est, avec de nombreux d&#233;fauts de fonctionnement, l'&#233;manation des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales, d'autant plus qu'au fur et &#224; mesure que le mouvement prend une ampleur nationale, de plus en plus d'&#233;tablissements y sont repr&#233;sent&#233;s (120 sites universitaires repr&#233;sent&#233;s &#224; celle de Lyon les 8 et 9 avril). La coordination a pu &#234;tre vue comme l'&#233;manation et la repr&#233;sentation nationale du mouvement, mais pas forc&#233;ment partout. En tout cas il nous a sembl&#233; juste de militer pour que le mouvement se centralise de la mani&#232;re la plus d&#233;mocratique possible (avec des d&#233;l&#233;gu&#233;s &#233;lus et rendant des comptes &#224; leur assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale). Et aussi pour que cette coordination tente de s'affirmer comme une direction reconnue du mouvement en proposant l'id&#233;e d'un comit&#233; central de gr&#232;ve &#233;lu (m&#234;me si l'opposition de l'Unef s'appuyant d&#233;magogiquement sur les pr&#233;jug&#233;s anti-organisations n'en a finalement permis qu'un ersatz avec l'&#233;lection de porte-parole). Refl&#233;tant les limites du mouvement (refus d'une direction centralis&#233;e par peur de la &#171; r&#233;cup&#233;ration &#187;), souvent extr&#234;mement longues et d&#233;sordonn&#233;es, ces coordinations ont &#233;t&#233; aussi l'enjeu des man&#339;uvres des directions syndicales &#233;tudiantes. Mais, malgr&#233; tous ces d&#233;fauts, elles ont donn&#233; une expression et une visibilit&#233; au mouvement, et ont impuls&#233; un certain rythme &#224; la mobilisation. A la fin mars, la coordination nationale a m&#234;me joui d'une certaine notori&#233;t&#233;, au point que l'Intersyndicale a d&#251; accepter de recevoir ses repr&#233;sentants dont elle n'avait pas voulu entendre parler au d&#233;but !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, la coordination, du fait de ses faiblesses (et des limites du mouvement) n'a v&#233;ritablement jou&#233; une r&#244;le de direction qu'aupr&#232;s des &#233;tudiants des universit&#233;s qui se r&#233;unissaient en assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale (et pas forc&#233;ment de toutes les universit&#233;s). Ce qui repr&#233;sentait quelques milliers de personnes, mais tout de m&#234;me le c&#339;ur du mouvement. Pour l'immense majorit&#233; des sympathisants du mouvement, des salari&#233;s qui ont particip&#233; aux manifestations, et m&#234;me des lyc&#233;ens &#171; en gr&#232;ve &#187;, c'est l'Unef, d&#251;ment relay&#233;e par les m&#233;dias, qui apparaissait comme dirigeante du mouvement &#233;tudiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, les r&#233;volutionnaires devaient faire en sorte que la coordination devienne la v&#233;ritable direction du mouvement, et soit reconnue comme telle. Que ce combat n'ait finalement pas &#233;t&#233; gagn&#233;, ne permet pas d'affirmer qu'il &#233;tait perdu d'avance, ou qu'il n'aurait m&#234;me pas fallu le mener.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;em&gt;5) &#171; Les actions imb&#233;ciles &#187; &lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;em&gt;
&#171; Mais lorsqu'on examine leur r&#244;le r&#233;el, on s'aper&#231;oit qu'ils ont bien souvent embo&#238;t&#233; le pas &#224; ceux qu'ils pr&#233;tendaient diriger, m&#234;me lorsqu'il s'agissait d'actions imb&#233;ciles. Bloquer les trains en gare, des p&#233;ages d'autoroute, voire d'autres actions aussi pu&#233;riles, c'est certes plus facile et gratifiant &#224; leurs yeux, puisque la presse en parle, que d'aller s'adresser aux travailleurs des entreprises voisines (ce qui s'est fait mais bien plus rarement). Les travailleurs en gr&#232;ve et les militants syndicaux font d'ailleurs souvent la m&#234;me chose. En un mot ces dirigeants, &#233;tudiants ou pas, ont bien souvent plus suivi que dirig&#233;, ce qui s'appelle, en terme technique, de la d&#233;magogie. &#187;&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt; [LDC 101, p 51, col2]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette phrase, il nous faut supposer que le &#171; &lt;em&gt;ils &lt;/em&gt; &#187; d&#233;signe cette fois la coordination. Celle-ci n'a appel&#233; que deux fois (le 26 mars &#224; Aix, le 2 avril &#224; Lille) &#224; une journ&#233;e de &#171; &lt;em&gt;blocage des principaux axes routiers et ferroviaires&lt;/em&gt; &#187;, et cela ne repr&#233;sentait que 2 lignes dans des appels contenant bien d'autres propositions. Nous avons combattu ces propositions tr&#232;s populaires de la seule mani&#232;re efficace : en insistant sur les autres, &#224; savoir des orientations pratiques pour &#233;tendre le mouvement aux travailleurs. Plusieurs camarades de la majorit&#233; &#233;taient pr&#233;sents &#224; Aix et &#224; Lille. Aucun n'a choisi de s'opposer directement, dans ses interventions, &#224; ces actions, et ils ont eu bien raison. Signalons au passage que cet appel s'est traduit en r&#233;gion parisienne par un blocage remarqu&#233; de la gare de Lyon le 30 mars qui a &#233;t&#233; massif (et bien vu par les cheminots), a redonn&#233; le moral &#224; ses participants alors que le mouvement commen&#231;ait &#224; faiblir, et a eu la vertu de braquer les projecteurs sur le mouvement entre deux journ&#233;es d'action syndicales (28 mars et 4 avril).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore une fois, ce n'&#233;tait de la part de la coordination qu'une proposition parmi d'autres. La coordination de Lille appelait, &#224; partir de la veille de la journ&#233;e de blocage des voies, &#224; &#171; &lt;em&gt;des journ&#233;es d'actions dirig&#233;es vers les entreprises, en lien avec les salari&#233;s et leurs syndicats locaux&lt;/em&gt; &#187;. Ce n'est pas exactement &#171; &lt;em&gt;embo&#238;ter le pas &#224; ceux qu'ils pr&#233;tendent diriger&lt;/em&gt; &#187;. Et, sans &#234;tre une panac&#233;e, un tel appel a repr&#233;sent&#233; un appui pour tous ceux qui localement ont souhait&#233; d&#233;velopper un type d'activit&#233; en direction des travailleurs et vers les entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que ce type d'activit&#233; ne s'est fait que sporadiquement, essentiellement l&#224; o&#249; il y avait des militants (la plupart du temps d'extr&#234;me gauche, LCR/JCR, LO - majorit&#233; comme fraction) pour l'organiser. Non pas que, globalement, la volont&#233; de l'extension aux travailleurs n'existait pas. Mais cette volont&#233; s'exprimait le plus souvent abstraitement et de mani&#232;re proclamatoire par de grands appels &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. C'est l&#224; o&#249; le r&#244;le de militants (et en plus de militants ayant des camarades dans les entreprises) a pu &#234;tre important. Lorsque c'&#233;tait propos&#233;, le succ&#232;s rencontr&#233; &#233;tait variable, mais r&#233;el dans certains endroits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, l'immense majorit&#233; des blocages (nous ne parlons pas ici des blocages d'universit&#233;, c'est bien entendu un autre probl&#232;me et une autre discussion) &#233;tait d&#233;cid&#233; localement. Il s'est certainement trouv&#233; des militants d'extr&#234;me gauche pour les d&#233;fendre dans leur universit&#233;, mais cela n'a jamais &#233;t&#233; la politique des trotskistes (Lutte Ouvri&#232;re majorit&#233; comme fraction ou LCR/JCR). Ce sont d'ailleurs les lyc&#233;ens, qui n'organisaient en g&#233;n&#233;ral pas d'AG et dans les rangs desquels on ne comptait que tr&#232;s peu de militants, qui ont le plus bloqu&#233; les rocades, ronds points, p&#233;riph&#233;riques et petites gares. C'&#233;tait m&#234;me l'essentiel de l'agitation en banlieue parisienne, sauf dans les rares lyc&#233;es qui comptaient des militants (et cela a entra&#238;n&#233; de nombreux affrontements violents avec la police, peu relev&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En passant, les lyc&#233;es ne sont pas mentionn&#233;s dans le texte. Ce sont pourtant bien les &#233;tudiants, d&#233;j&#224; en mouvement, qui ont r&#233;ussi peu &#224; peu &#224; amener les lyc&#233;ens &#224; les rejoindre. Il y avait bien s&#251;r le contexte g&#233;n&#233;ral : pour preuve, beaucoup de lyc&#233;es loin de toute facult&#233; ont particip&#233; aux manifestations. Mais toutes les facs dont nous avons connaissance se sont adress&#233;es aux lyc&#233;es environnants. Ce n'&#233;tait ni acquis d'avance (ah, la spontan&#233;it&#233; !), ni le fait de l'Unef qui affichait un m&#233;pris visible pour les actions en direction des lyc&#233;es (sauf dans quelques universit&#233;s o&#249;, trop visible, une telle attitude l'aurait discr&#233;dit&#233;e). Et &#231;a a &#233;t&#233;, &#224; partir du 15 mars, l'un des succ&#232;s incontestable de ce mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;fendre une orientation juste au sein des coordinations n'emp&#234;chait pas d'&#234;tre conscient de toutes les limites du mouvement. Au contraire, c'&#233;tait m&#234;me, en tentant de les d&#233;passer, le seul moyen de mesurer r&#233;ellement ces limites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;em&gt;6) En la circonstance, pas besoin de strat&#232;ges, ni de devins ni de pythonisses &lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;em&gt; &#171; Mais comment estimer qu'une question est susceptible de mobiliser les classes populaires ? Une fois qu'une lutte a d&#233;marr&#233; comme pour le CPE, c'est peut-&#234;tre possible de chercher &#224; l'&#233;tendre, mais quand rien ne bouge nulle part... &#187;&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des moyens &#171; d'estimer... &#187;, surtout quand rien ne bouge nulle part, certes, nous n'en n'avons gu&#232;re. Sinon de tester, d'essayer... N'est-ce pas la gageure de toute organisation r&#233;volutionnaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons simplement que nous avions propos&#233; &#224; l'organisation de mener une campagne d'agitation (tracts, affiches, r&#233;unions publiques ...) au premier semestre 2003 sur les retraites (avant le mouvement du printemps) comme au d&#233;but du mois de janvier dernier sur le CPE. Sans &#234;tre strat&#232;ges ni devins ni pythonisses, il est donc possible, parfois, de faire des paris pas tout &#224; fait stupides. Et quand une lutte d&#233;marre, mieux vaut &#234;tre d&#233;j&#224; en la place, sans attendre que le train ait pris de la vitesse, pour chercher &#224; l'&#233;tendre et &#234;tre en situation d'y d&#233;fendre une politique et des objectifs justes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Petite illustration, &#224; la faible &#233;chelle de notre organisation (et encore plus faible de celle de la Fraction) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour se faire une id&#233;e approximative des diff&#233;rentes forces militantes, sur les grosses coordinations nationales d'environ 500 d&#233;l&#233;gu&#233;s, il y avait probablement une petite cinquantaine de militants Unef, quelques militants anarchistes organis&#233;s (CNT ou Alternative Libertaire), entre 15 et 20 militants JCR/LCR, quelques unit&#233;s venant d'autres petits groupes trotskystes, une dizaine de camarades de la Fraction et, &#224; notre connaissance, un peu moins d'une dizaine de la majorit&#233; de LO.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le mouvement est devenu une r&#233;alit&#233; &#224; l'&#233;chelle nationale (apr&#232;s le 7 mars), nos camarades de la majorit&#233; ont visiblement d&#233;cid&#233; qu'ils devaient se proposer pour les coordinations. Prenant pour certains d'entre eux (pas tous) effectivement le &#171; train en marche &#187;, ils n'&#233;taient peut-&#234;tre pas dans la meilleure position possible pour le faire. On s'expliquerait difficilement sinon pourquoi, &#224; notre connaissance, ils n'ont jamais &#233;t&#233;, lors de ces coordinations, plus nombreux que ceux de la Fraction, qui comme chacun sait est extr&#234;mement minoritaire (avec, disons, dix fois moins de militants que la majorit&#233; de notre organisation). En bonne logique, les camarades de la majorit&#233; auraient d&#251; avoir nettement plus de repr&#233;sentants que la Fraction. Etant donn&#233; que sur les questions essentielles (structuration d&#233;mocratique du mouvement, extension aux entreprises) les militants trotskystes poussaient tous dans le m&#234;me sens, leur pr&#233;sence accrue aurait &#233;vit&#233; bien des confusions et permis de marquer plus de points.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n'aurait peut-&#234;tre pas permis au mouvement &#233;tudiant et lyc&#233;en d'aller plus loin qu'il ne l'a fait, et sans doute encore moins d'entra&#238;ner la classe ouvri&#232;re plus loin que ce que voulait les appareils syndicaux (de telles situations objectives ne se pr&#233;sentent pas tous les 6 mois), mais nous aurions sans doute l'occasion de discuter aujourd'hui, au sein de notre organisation, du bilan, voire des suites &#224; donner &#224; ce mouvement, de fa&#231;on plus constructive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;em&gt;&#171; Il serait, certes, satisfaisant moralement que des r&#233;volutionnaires soient &#224; l'origine d'une explosion sociale, bien que toute l'histoire pass&#233;e nous montre que ce n'est ni fr&#233;quent ni indispensable. &#187; &lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;[p.52]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etrange raisonnement. Les r&#233;volutionnaires ne sont que rarement &#224; l'origine des mouvements ou &#224; leur t&#234;te d&#232;s le d&#233;part, donc il ne faudrait pas chercher &#224; impulser quoi que ce soit, m&#234;me &#224; l'&#233;chelle limit&#233;e o&#249; l'on peut intervenir ? Faudrait-il alors s'en remettre... &#224; quoi d'ailleurs ? A la spontan&#233;it&#233; des masses ? Aux directions syndicales ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les camarades savent tr&#232;s bien que la Fraction ne parle pas d'&#234;tre &#171; &lt;em&gt;&#224; la fois partout, tout le temps &#187;. &lt;/em&gt;Mais &#224; quoi bon r&#233;&#233;crire l'histoire du mouvement contre le CPE comme une explosion spontan&#233;e, vis-&#224;-vis de laquelle toute politique devenait n&#233;cessairement &#171; d&#233;magogique &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on attend que le train d'un mouvement d&#233;marre pour y accrocher son wagon, on est en bien moins bonne situation pour y d&#233;fendre une politique. Cela, il n'y a pas m&#234;me pas besoin d'&#234;tre une faible &#233;tincelle, m&#234;me quand rien ne bouge nulle part, pour le comprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;26 novembre 2006 &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Russie : La contre-r&#233;volution n'est pas un long fleuve tranquille
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		<dc:subject>Monde
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		<description>Quinze ans apr&#232;s la fin de l'URSS il pourrait &#234;tre temps pour notre organisation de se reposer s&#233;rieusement le probl&#232;me de ce qui a conduit &#224; cette disparition et des bouleversements sociaux, politiques et &#233;conomiques qui se sont produits dans les pays de l'ex-URSS, y compris le principal d'entre eux, la Russie. Ce pourrait &#234;tre l'occasion quand, dans le texte de congr&#232;s qui nous est pr&#233;sent&#233; cette ann&#233;e sur La Russie de Poutine, on souligne le &#171; climat d'effervescence des affaires qui r&#232;gne en tout&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Les-articles-dans-Lutte-de-Classe-" rel="directory"&gt;Les articles dans &#171; Lutte de Classe &#187;
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quinze ans apr&#232;s la fin de l'URSS il pourrait &#234;tre temps pour notre organisation de se reposer s&#233;rieusement le probl&#232;me de ce qui a conduit &#224; cette disparition et des bouleversements sociaux, politiques et &#233;conomiques qui se sont produits dans les pays de l'ex-URSS, y compris le principal d'entre eux, la Russie. Ce pourrait &#234;tre l'occasion quand, dans le texte de congr&#232;s qui nous est pr&#233;sent&#233; cette ann&#233;e sur La Russie de Poutine, on souligne le &#171; climat d'effervescence des affaires qui r&#232;gne en tout cas dans les grandes villes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Enfin l'existence d'une bourgeoisie reconnue ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie russe, qui s'est d&#233;velopp&#233;e avec la restauration de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, du libre commerce et de la libre entreprise, avec la cr&#233;ation des banques priv&#233;es et des march&#233;s boursiers et avec la privatisation massive des entreprises d'&#201;tat, n'y est enfin plus d&#233;sign&#233;e sous le sobriquet apolitique de &#171; nouveaux Russes &#187;, ni sous la d&#233;nomination de &#171; classe riche &#187; qui &#233;tait en 1996, selon le texte congr&#232;s de cette ann&#233;e-l&#224;, une &#171; caract&#233;risation plus exacte que bourgeoisie autochtone car elle est si peu li&#233;e aux moyens de production &#187; du fait que ses &#171; faibles capitaux &#187; se portaient &#171; de pr&#233;f&#233;rence vers les secteurs marginaux mais rentables du commerce ou des services pour autant qu'ils ne prennent pas le chemin des banques occidentales &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, force est de constater qu'il y a une &#171; bourgeoisie russe... assez nombreuse pour constituer un march&#233; all&#233;chant &#187;, au sommet de laquelle caracolent &#171; 36, soit 7 de plus que l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente &#187; des &#171; 793 milliardaires en dollars dans le monde &#187;. Ces milliardaires n'ont pas, soit dit en passant, de pr&#233;f&#233;rence que pour &#171; les secteurs marginaux &#187; de l'&#233;conomie russe, puisqu'on y compte l'ancien magnat du p&#233;trole et nouveau patron (41% des actions) du groupe m&#233;tallurgique Evraz qui produit 20% de l'acier russe, par ailleurs gouverneur d'une province riche en ressources mini&#232;res et possesseur d'un club de foot anglais, le patrons du groupe sid&#233;rurgique Severstal qui se proposait de fusionner avec Arcelor, le roi du Nickel russe, ancien ministre d'Eltsine, et quelques autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; tout, le texte en conclut toujours que &#171; nous n'avons aucune raison de changer notre caract&#233;risation de la soci&#233;t&#233; russe car bien de ses singularit&#233;s demeurent li&#233;es au pass&#233;, &#224; l'&#233;mergence de l'&#201;tat ouvrier, &#224; sa bureaucratisation puis &#224; sa d&#233;composition, sous les rivalit&#233;s internes de la bureaucratie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans repr&#233;ciser, il est vrai, cette caract&#233;risation.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Quelle caract&#233;risation ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le lecteur fid&#232;le de 15 ans de discussions y comprendra que c'est toujours bien un &#171; &#201;tat ouvrier d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; &#187;, termes qu'on se garde depuis quelque temps d'&#233;crire pour parler de la Russie actuelle. Le lecteur moins averti se contentera de la description donn&#233;e de la Russie d'aujourd'hui et aura la satisfaction de savoir qu'on a toujours eu raison. Jusqu'&#224; ce que la nature de classe de l'&#201;tat en Russie ou dans les autres r&#233;publiques de l'ex-URSS (certaines reconnues, depuis des ann&#233;es, comme bourgeoises, d'autres non - comme la Bi&#233;lorussie qui pourrait, explique-t-on, refusionner avec la Russie - sans qu'on nous dise sur quels crit&#232;res se fondent cette distinction ?) change par la vertu de l'oubli... Quitte &#224; attendre les 50 ans, qu'&#233;voquait l'an dernier Georges Kaldy, pour savoir &#171; ce que les r&#233;volutionnaires auront &#224; dire [...] sur ce que sera devenue l'ex-Union sovi&#233;tique &#187;. Plus les changements sont &#233;vidents et moins nous sommes press&#233;s de les reconna&#238;tre, semble-t-il !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'heure nous devrions nous contenter, en guise de caract&#233;risation de la Russie actuelle, de voir dans le r&#233;gime de Poutine &#171; une sorte de bonapartisme chevauchant les contradictions de la soci&#233;t&#233; russe, toujours en transition entre une soci&#233;t&#233; domin&#233;e par la bureaucratie et une &#233;conomie stabilis&#233;e sur des bases capitalistes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme analyse trotskyste, c'est un peu cavalier !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand Trotsky parlait du caract&#232;re bonapartiste du r&#233;gime stalinien, c'est de l'&#233;quilibre de forces entre classe ouvri&#232;re et bourgeoisie &#224; l'&#233;chelle mondiale qu'il parlait et sur lequel reposait le pouvoir de la bureaucratie. Avec le recul de la r&#233;volution mondiale, la bureaucratie sovi&#233;tique, par son contr&#244;le de l'administration et de l'&#233;conomie, avait usurp&#233; le pouvoir au prol&#233;tariat et, en imposant sa dictature, d&#233;fendait ses propres privil&#232;ges. Mais elle le faisait en maintenant de fait, malgr&#233; les aspirations personnelles des bureaucrates &#224; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, une partie des conqu&#234;tes de la r&#233;volution d'octobre. Son pouvoir reposait sur l'expropriation de la bourgeoisie, la propri&#233;t&#233; d'&#201;tat et la planification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, si tant est que la phrase du texte de congr&#232;s veuille dire quelque chose (une soci&#233;t&#233; en transition entre elle-m&#234;me et une &#233;conomie, bigre ?), un pouvoir qui g&#232;re la transition &#224; une &#171; &#233;conomie stabilis&#233;e sur des bases capitalistes &#187; est d'une toute autre nature sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est de cela que nous discutons depuis 15 ans : un pouvoir politique et un &#201;tat qui oeuvrent &#224; la restauration du capitalisme et au d&#233;veloppement de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une contre-r&#233;volution, pas une lente r&#233;forme &#224; l'envers !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; russe (il en est de m&#234;me de la g&#233;orgienne ou l'ukrainienne), tant ses structures &#233;conomiques que ses coteries politiques et ses nouveaux poss&#233;dants, reste en partie marqu&#233;e par son pass&#233;, nous dit-on. Bien s&#251;r. Comme beaucoup d'autres, y compris dans de tout autres contextes sociaux : l'Arabie Saoudite par exemple, qui n'est plus f&#233;odale mais tout ce qu'il y a de capitaliste ou bourgeoise, m&#234;me si son roi et ses princes dominent le p&#233;trole et occupent les principaux postes minist&#233;riels (pour ne pas parler de l'Angleterre qui a toujours une reine, un trait h&#233;rit&#233;... de Guillaume le Conqu&#233;rant !). La restauration capitaliste en Russie s'est faite par la privatisation massive de l'essentiel de l'&#233;conomie russe jusque-l&#224; &#233;tatis&#233;e et en porte les marques. Ceux qui d&#233;tenaient le pouvoir politique et ont dirig&#233; cette &#171; transition &#187; ont &#233;t&#233; les mieux plac&#233;s pour se servir. Ils se disputent encore aujourd'hui la fin du partage, et c'est en gros &#224; cela que se limite la pr&#233;tendue guerre de Poutine aux oligarques, ou plus exactement &#224; un tout petit nombre d'entre eux... avec l'appui des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le but de l'analyse marxiste et des caract&#233;risations que nous essayons de donner des ph&#233;nom&#232;nes sociaux n'est pas tant la g&#233;n&#233;alogie (m&#234;me si elle donne certains des traits du visage de la soci&#233;t&#233; actuelle) que la compr&#233;hension des forces sociales en jeu. Et la nature des ennemis que la classe ouvri&#232;re a en face d'elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1938, dans le Programme de transition, Trotsky concluait de la caract&#233;risation de l'URSS comme un &#201;tat ouvrier d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; qu'on &#233;tait toujours devant l'alternative : &#171; ou la bureaucratie devenant de plus en plus l'organe de la bourgeoisie mondiale dans l'&#201;tat ouvrier, renversera les nouvelles formes de propri&#233;t&#233; et rejettera le pays dans le capitalisme ; ou la classe ouvri&#232;re &#233;crasera la bureaucratie et ouvrira une issue vers le socialisme &#187;. Et, tout en pr&#244;nant comme t&#226;che essentielle pour le prol&#233;tariat le renversement de la bureaucratie, il envisageait l'hypoth&#232;se d'une alliance momentan&#233;e du camp du prol&#233;tariat avec une fraction de la bureaucratie, voire celle de Staline elle-m&#234;me, face &#224; une fraction bourgeoise visant la restauration du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;quilibre est rest&#233; fondamentalement le m&#234;me dans les 40 ann&#233;es qui ont suivi la seconde guerre mondiale. M&#234;me si l'alliance entre la bureaucratie sovi&#233;tique et la bourgeoisie imp&#233;rialiste pour maintenir l'ordre mondial y a pris une toute autre proportion. Pour le monde capitaliste, l'URSS restait ce corps &#233;tranger qui &#233;chappait largement &#224; son emprise, ce monde ferm&#233; o&#249; il n'&#233;tait pas possible d'investir, qu'on s'effor&#231;ait d'isoler dans l'espoir de le voir mourir sur pied, mais &#224; qui on avait d&#251; conc&#233;der le contr&#244;le d'une partie de l'Europe et avec lequel on devait compter. Le renversement des formes de propri&#233;t&#233;, le retour du pays dans le capitalisme a &#233;t&#233; le pas franchi par la bureaucratie sovi&#233;tique sous le r&#232;gne de Gorbatchev, &#224; la fin des ann&#233;es 1980 avec la restauration de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, la libert&#233; du commerce et de la cr&#233;ation d'entreprises priv&#233;es, l'abandon de la planification et du monopole du commerce ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors le bouleversement de la soci&#233;t&#233; et la restauration capitaliste n'ont pas pris des ann&#233;es. Le choix fait par les sommets de la bureaucratie, sous l'&#233;gide de Gorbatchev, du r&#233;tablissement de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et de la r&#233;int&#233;gration dans le monde capitaliste a &#233;t&#233; le r&#233;sultat d'un long pourrissement du r&#233;gime stalinien du c&#244;t&#233; des couches dominantes, avec le d&#233;veloppement de la corruption et des trafics divers contournant la planification et le monopole du commerce ext&#233;rieur, et d'un affaiblissement non moins continu du c&#244;t&#233; de la classe ouvri&#232;re elle-m&#234;me &#233;coeur&#233;e par le stalinisme (au sens large, khrouchtchevisme et brejnevisme inclus) et dont les traditions politiques, que la bureaucratie du temps de Staline pouvait craindre, avaient malheureusement disparu. Mais la restauration elle-m&#234;me ne pouvait pas &#234;tre une transition progressive, une lente &#233;volution par une d&#233;g&#233;n&#233;rescence de plus en plus prononc&#233;e de l'&#201;tat ouvrier glissant vers &#171; une &#233;conomie stabilis&#233;e sur des bases capitalistes &#187;. C'&#233;tait le passage d'une soci&#233;t&#233; &#224; une autre, l'ach&#232;vement de la contre-r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le remplacement d'un gouvernement ouvrier par un gouvernement bourgeois ou petit-bourgeois m&#232;nerait infailliblement &#224; la liquidation du principe de la planification, et ensuite aussi au r&#233;tablissement de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e &#187; &#233;crivait Trotsky dans &#201;tat ouvrier thermidor et bonapartisme (1935). Et il poursuivait : &#171; La contre-r&#233;volution politique, m&#234;me si elle s'&#233;tendait jusqu'&#224; la dynastie des Romanov, ne pourrait pas r&#233;tablir la grande propri&#233;t&#233; fonci&#232;re. Mais il suffirait de la restauration d'un bloc des mencheviks et des socialistes-r&#233;volutionnaires pour que l'&#233;dification socialiste soit supprim&#233;e d'un seul coup &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Ecrire et non r&#233;&#233;crire l'histoire !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mencheviks et Socialistes r&#233;volutionnaires en tant que tels ont disparu. C'est la bureaucratie sous la direction du Parti communiste stalinien qui a liquid&#233; le principe de la planification et r&#233;tabli la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, selon l'une des hypoth&#232;ses de restauration capitaliste qu'avait d'ailleurs envisag&#233;e Trotsky dans la R&#233;volution trahie. Et d&#232;s les vannes ouvertes, elles ont donn&#233; libre cours aux app&#233;tits priv&#233;s, au foisonnement des entreprises priv&#233;es et des banques, petites d'abord, plus grandes ensuite, aux exportations sauvages de tout ce qui pouvait se vendre, &#224; commencer par les mati&#232;res premi&#232;res, provoquant dans un premier temps un effondrement &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;clatement de l'URSS (et non son &#171; implosion &#187;) en est &#233;galement sorti, fruit des app&#233;tits de ceux qui contr&#244;laient les pouvoirs politiques locaux et les ressources, aiguis&#233;s par les perspectives que leur donnait l'ouverture au march&#233; mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soit dit en passant, c'est en partie le chapitre qui manque dans l'autre texte pr&#233;sent&#233; au congr&#232;s, intitul&#233; &#171; De la division en deux blocs &#224; l'h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine &#187;. On y d&#233;crit le rapport de forces pass&#233;, de Yalta aux ann&#233;es 1980, et l'h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine pr&#233;sente, mais rien du passage de l'un &#224; l'autre et de ses causes, si ce n'est &#171; l'implosion de l'URSS &#187; et l'affaiblissement de la Russie, rien des marchandages qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; le largage des pays d'Europe centrale par l'URSS, rien de la r&#233;int&#233;gration des pays de l'ex-URSS et de la Russie elle-m&#234;me au sein du monde capitaliste qui a quand m&#234;me chang&#233; profond&#233;ment la donne mondiale et non simplement affaibli celui des deux camps... qui a disparu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'URSS de la fin des ann&#233;es 1980 et dans les &#201;tats qui lui ont succ&#233;d&#233; &#224; partir de d&#233;cembre 1991, aucune force au sein de l'appareil d'&#201;tat, aucune fraction de la bureaucratie ne s'est un tant soit peu oppos&#233;e au r&#233;tablissement du capitalisme. Ni les putschistes de l'&#233;t&#233; 1991 qui se r&#233;clamaient eux-m&#234;mes de la restauration du march&#233;. Ni plus tard, au moment des grandes privatisations en Russie, les pr&#233;tendus &#171; directeurs rouges &#187; avec lesquels les bureaucraties syndicales (celles du principal syndicat issu de l'ancien syndicat unique, comme celles des nouveaux syndicats apparus &#224; la suite des gr&#232;ves de ces premi&#232;res ann&#233;es du changement) pactisaient en pr&#244;nant, sous pr&#233;texte que cela devrait sauver l'entreprise et l'emploi, les formes de privatisations qui donnaient de fait aux anciens directeurs la haute main sur l'entreprise... et une grande part des actions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;actions ne pouvaient donc venir que de la classe ouvri&#232;re. Il y en a eu, en commen&#231;ant par les gr&#232;ves des mineurs de 1989 et de 1990. Mais la classe ouvri&#232;re, apr&#232;s tant d'ann&#233;es de dictature stalinienne au nom du communisme, s'est r&#233;v&#233;l&#233;e totalement d&#233;sarm&#233;e politiquement, voire avec des illusions dans ce que pourrait lui apporter le march&#233;. Ce qui facilita les manoeuvres de Gorbatchev face &#224; la premi&#232;re gr&#232;ve des mineurs et la r&#233;cup&#233;ration de la seconde, qui cette fois r&#233;clamait la d&#233;mission du gouvernement, par les partisans d'Eltsine. Ce qui explique les limites de la contestation politique, pour ne pas dire son absence, de la part des leaders et des nouveaux syndicats issus des gr&#232;ves des ann&#233;es 1990, lors de la &#171; th&#233;rapie de choc &#187;, des privatisations et des gr&#232;ves contre les impay&#233;s salariaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les seules choses qui aient &#233;t&#233; planifi&#233;es, dans cette Russie qui avait aboli la planification, ce sont les privatisations de l'&#233;conomie, en commen&#231;ant d'abord par les petites entreprises, du commerce ou de l'h&#244;tellerie, puis en passant &#224; la grande industrie avec les privatisations de masse des ann&#233;es 1992-1993 et enfin aux derniers fleurons en 1996-1996, offerts en &#233;change des pr&#234;ts &#224; l'&#201;tat, aux plus grands groupes industriels ou banquiers qui avaient b&#226;ti leurs empires dans les deux premi&#232;res vagues. Et cela pr&#233;cis&#233;ment montre le r&#244;le jou&#233; par l'appareil d'&#201;tat lui-m&#234;me pour reconstituer une classe bourgeoise. La bureaucratie s'est donn&#233;e les moyens de privatiser l'&#233;conomie du pays en grande partie pour le compte de ses propres membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effondrement de l'&#233;conomie entre 1990 et 1998 n'a pas &#233;t&#233; le signe des difficult&#233;s &#224; cr&#233;er un &#171; march&#233; &#187;, preuve des restes &#171; ouvriers &#187; de l'&#201;tat. Elle a &#233;t&#233; le prix &#224; payer, par la population laborieuse, pour la restructuration de l'&#233;conomie et la restauration du march&#233;, o&#249;, comme dans tout march&#233; capitaliste, la rentabilit&#233; imm&#233;diate (celle de la revente des avoirs frauduleusement acquis, ou brad&#233;s lors des privatisations par l'&#201;tat, de l'exportation des mati&#232;res premi&#232;res contre dollars sonnants et tr&#233;buchants ou m&#234;me du march&#233; noir des stocks d'armes et du placement des revenus dans les paradis fiscaux) passe avant les investissements d'avenir, tout en permettant de se constituer un capital plus cons&#233;quent pour de meilleurs jours.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'URSS a &#233;t&#233; d&#233;mantel&#233;e,mais la classe ouvri&#232;re rel&#232;vera la t&#234;te&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La relative instabilit&#233; politique sous le r&#232;gne d'Eltsine (crise avec le propre vice-pr&#233;sident qu'il s'&#233;tait choisi, dissolution de la Douma &#224; coups de canons, rivalit&#233;s pour le partage des pouvoirs et des imp&#244;ts entre gouvernement central et pouvoirs r&#233;gionaux) recouvrait des conflits d'int&#233;r&#234;ts dans la restructuration de l'appareil d'&#201;tat pour l'adapter &#224; la nouvelle soci&#233;t&#233; qui se mettait en place et dans le partage du g&#226;teau, en clair le d&#233;pe&#231;age &#233;conomique au profit du priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous, qui avions souvent dit et &#233;crit que la restauration du capitalisme en URSS ne pourrait pas se faire sans susciter des affrontements d'int&#233;r&#234;ts au sein m&#234;me de la bureaucratie, ne le verrions plus quand cela se passe sous nos yeux ? Il ne s'agirait que de l'aggravation des conflits entre clans ou &#171; baronnies &#187; bureaucratiques du m&#234;me vieil &#201;tat ouvrier seulement de plus en plus d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;, et d'une lente agonie de celui-ci qui, par d&#233;rapages successifs, finirait par consolider une &#233;conomie sur des bases capitalistes et estomper les restes ouvriers de l'&#201;tat ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au point que notre programme lui-m&#234;me s'en affadirait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que les camarades, non pas dans ce texte de congr&#232;s, mais dans le dernier article de la lutte de classe sur ce sujet, en avril dernier, &#233;crivaient : &#171; Bien s&#251;r, au fil du temps, avec l'acc&#233;l&#233;ration de la marche en arri&#232;re depuis l'implosion de l'URSS, ce qui faisait l'originalit&#233; de la soci&#233;t&#233; sovi&#233;tique s'efface aussi bien dans la r&#233;alit&#233; sociale que dans les consciences. S'effaceront parall&#232;lement les t&#226;ches et les objectifs particuliers que Trotsky, dans le &#171; Programme de transition &#187;, proposait au prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire dans une URSS domin&#233;e par la bureaucratie -t&#226;ches et objectifs qu'il &#233;tait d'une importance capitale de d&#233;fendre lors de l'&#233;branlement de la soci&#233;t&#233; sovi&#233;tique dans les ann&#233;es pr&#233;c&#233;dant et suivant l'&#233;clatement de l'URSS. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evidemment la t&#226;che du prol&#233;tariat d'URSS face aux r&#233;formes de Gorbatchev et des premi&#232;res ann&#233;es d'Eltsine e&#251;t &#233;t&#233; de s'opposer au r&#233;tablissement de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, &#224; la lib&#233;ration des prix, aux privatisations de l'industrie et des services. Mais certainement pas &#224; l'&#233;tablissement des libert&#233;s et de la d&#233;mocratie auxquelles aspiraient la population russe, m&#234;me si face aux promesses d'une d&#233;mocratie bourgeoise (qui n'a rien eu de d&#233;mocratique ni sous Gorbatchev ni sous Eltsine ni sous Poutine), il fallait opposer le contr&#244;le ouvrier. Mais il e&#251;t fallu pour cela une autre organisation et une autre conscience politique, celles qu'avaient liquid&#233;es des d&#233;cennies de stalinisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces t&#226;ches ne sont pas en train de s'effacer progressivement. La situation des classes ouvri&#232;res de Russie et des autres &#201;tats issus de l'URSS a radicalement chang&#233;. Elles l'ont pay&#233; cher en appauvrissement, en ch&#244;mage. Elles sont aujourd'hui dans une soci&#233;t&#233; capitaliste, fortement int&#233;gr&#233;e au capitalisme mondial m&#234;me si les investissements &#233;trangers en Russie sont encore relativement faibles. Elles ont en face d'elles une v&#233;ritable classe bourgeoise qui, m&#234;me num&#233;riquement peu nombreuse et jeune en &#226;ge, contr&#244;le l'&#233;conomie et la politique. Leurs situations et leurs t&#226;ches sont aujourd'hui semblables aux n&#244;tres, et plut&#244;t &#224; celles des classes ouvri&#232;res du Br&#233;sil ou d'Argentine, des pays &#224; la fois industrialis&#233;s et pauvres, auxquels l'ex-seconde puissance mondiale ressemble depuis sa r&#233;int&#233;gration au monde capitaliste -bien plus qu'&#224; l'Allemagne ou &#224; la France.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Poutine f&#233;licit&#233; par ses pairs du G8&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nous n'allons pas d&#233;tailler ici notre analyse de la situation de la Russie aujourd'hui et de la politique du gouvernement de Poutine. Le dossier du num&#233;ro de Convergences R&#233;volutionnaires du mois d'octobre dernier y est consacr&#233;, auquel les camarades peuvent ais&#233;ment se r&#233;f&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons seulement que le rel&#232;vement &#233;conomique de la Russie des ann&#233;es Poutine, qui vaut &#224; celui-ci les f&#233;licitations des dirigeants des grandes puissances imp&#233;rialistes, est lui aussi en grande partie d&#251; au march&#233;, et s'&#233;tait amorc&#233; avant son arriv&#233;e au pouvoir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effondrement &#233;conomique de la Russie a atteint le fond avec la crise financi&#232;re et boursi&#232;re de l'ann&#233;e 1998, due en grande partie &#224; l'endettement de l'&#201;tat et &#224; la cavalerie financi&#232;re de celui-ci recourant aux emprunts de plus en plus chers, pour le plus grand profit des pr&#234;teurs occidentaux et de quelques banquiers russes qui ont eu le temps de retirer leur billes avant une nouvelle d&#233;valuation du rouble. Le FMI lui-m&#234;me avait veill&#233;, par un pr&#234;t sp&#233;cial, &#224; leur en donner le temps. Cette d&#233;valuation du rouble, qui faisait payer la note aux couches laborieuses par la hausse des prix et le laminage des arri&#233;r&#233;s salariaux (ainsi qu'&#224; une partie de la petite bourgeoisie qui voyait fondre d'un coup ses &#233;conomies) a en partie facilit&#233;, par le rench&#233;rissement des produits d'importation, une relance de la production int&#233;rieure. La hausse du prix du p&#233;trole et du gaz a fait le reste pour redresser l'&#233;conomie et assainir les finances de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce rel&#232;vement &#233;conomique depuis la fin de l'ann&#233;e 1998, de quelques pourcents par an (7% de progression du PIB en 2004, 6% en 2005), est &#224; relativiser car il se produit apr&#232;s un effondrement du PIB russe de 60% entre 1991 et 1998, qui suivait un effondrement du PIB de l'ensemble de l'URSS de 20% au cours des ann&#233;es 1990-1991. A relativiser aussi car la seule hausse du prix des produits p&#233;troliers compte d&#233;j&#224; pour quelques points dans la progression du PIB, ind&#233;pendamment m&#234;me des progr&#232;s de la production. Mais ce redressement est ind&#233;niable. Il accro&#238;t les fortunes. Il profite au d&#233;veloppement d'une petite bourgeoisie consommatrice et du commerce qui va avec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il a donn&#233; &#224; l'&#201;tat russe et &#224; Poutine une certaine marge de manoeuvre qui a facilit&#233; &#224; celui-ci la t&#226;che de recentraliser les pouvoirs, faire rentrer l'imp&#244;t des soci&#233;t&#233;s et imposer aux grands patrons (les &#171; oligarques &#187;) les r&#232;gles de comportement minimales n&#233;cessaires au bon fonctionnement et au d&#233;veloppement du capitalisme russe. Le tout sur fond de guerre de Tch&#233;tch&#233;nie pour satisfaire les chefs de l'arm&#233;e et nourrir une d&#233;magogie populiste. C'est cela la &#171; stabilisation &#187; sous Poutine. Et c'est en cela que r&#233;side le caract&#232;re &#171; bonapartiste &#187; de son r&#233;gime. De ce point de vue, remarquons, au m&#233;rite du texte pr&#233;sent&#233; au congr&#232;s par la majorit&#233; cette ann&#233;e, qu'il est plus juste d'&#233;crire que &#171; les puissances occidentales ont, pour le r&#233;gime de Poutine, les yeux de Chim&#232;ne &#187; malgr&#233; l'absence totale de d&#233;mocratie ou l'incarc&#233;ration de Khodorkovski, que d'&#233;crire comme l'an dernier qu'il &#171; ne suffit pas que Poutine ram&#232;ne en grande pompe les restes de D&#233;nikine en Russie pour que l'opinion publique bourgeoise lui pardonne la &#171; renationalisation &#187; d'entreprises privatis&#233;es, quand bien m&#234;me ces privatisations &#233;taient le vol pur et simple d'entreprises d'&#201;tat &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le Programme de transition, toujours valide ou pas ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;S'il y a eu moins de gr&#232;ves en Russie ces derni&#232;res ann&#233;es que dans les ann&#233;es 1990, autant qu'on puisse en juger &#224; travers la presse, ce n'est pas d&#251; simplement &#224; une relative am&#233;lioration de la situation &#233;conomique. Car la classe ouvri&#232;re, elle, n'en a pas profit&#233;, et l'&#233;cart des revenus entre riches et pauvres n'a cess&#233; de s'accro&#238;tre. Le poids du ch&#244;mage et la pr&#233;carit&#233; y sont s&#251;rement pour bien plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il y a un autre facteur : la r&#233;forme du code du travail impos&#233; par Poutine, qui interdit pratiquement le droit de gr&#232;ve. Au point que la plupart d'entre elles aujourd'hui sont ill&#233;gales, abr&#233;g&#233;es par les d&#233;cisions de tribunaux et disparaissent des statistiques officielles publi&#233;es. A noter tout de m&#234;me que les statistiques officielles font appara&#238;tre une remont&#233;e des gr&#232;ves en 2005, m&#234;me si c'est loin d'atteindre les chiffres de 1997-1998 et que les entreprises occidentales implant&#233;es en Russie commencent &#224; conna&#238;tre leurs gr&#232;ves, Ford par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nouvelles attaques contre la population laborieuse de ces derni&#232;res ann&#233;es, qui ont suscit&#233; des manifestations de masse, ont vis&#233; les pensions et retraites, les prestations sociales &#171; mon&#233;taris&#233;es &#187; (c'est-&#224;-dire supprim&#233;es en &#233;change du versement d'une somme forfaitaire ridiculement faible), les logements sociaux. Une politique bien semblable &#224; celle &#224; la mode aujourd'hui dans tous les pays capitalistes, en France ou ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224;-bas comme ici, les grandes lignes du programme de transition sont toujours &#224; l'ordre du jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il s'agit des chapitres g&#233;n&#233;raux de ce programme, ceux qui nous concernent tous. Pas du paragraphe particulier qui concernait la situation particuli&#232;re de l'URSS et une classe ouvri&#232;re dont les acquis de la r&#233;volution d'octobre n'avaient pas encore &#233;t&#233; totalement liquid&#233;s. Les objectifs que Trotsky pouvait alors donner au prol&#233;tariat de l'URSS pour balayer la bureaucratie et reconqu&#233;rir son pouvoir ne sont pas effac&#233;s avec le temps et les m&#233;moires. Ils ne sont simplement plus &#224; l'ordre du jour parce que le basculement qu'il avait maintes fois craint, mais envisag&#233;, a eu lieu... il y a 15 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;11 novembre 2006&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;MOTION PROPOSEE AU VOTE DU CONGR&#200;S 2006&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'analyse trotskyste reste notre r&#233;f&#233;rence programmatique. C'est elle qui a permis de comprendre la nature de la contre-r&#233;volution engag&#233;e par la bureaucratie elle-m&#234;me &#224; la fin des ann&#233;es quatre-vingt et qui a abouti &#224; la fin de l'URSS et &#224; la restauration de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et du capitalisme. Cette contre-r&#233;volution a liquid&#233; le soi-disant &#171; camp socialiste &#187; et ramen&#233; tous les pays qui formaient l'URSS au sein du monde imp&#233;rialiste. Les prol&#233;tariats de tous ces pays se trouvent maintenant pour l'essentiel dans une situation politique et sociale fondamentalement semblable &#224; celle du reste du prol&#233;tariat mondial. C'est directement contre les capitalistes et un &#201;tat au service de ceux-ci qu'ils ont &#224; mener leur combat quotidien, c'est la bourgeoisie et son &#201;tat qu'ils devront renverser un jour. Et du coup le programme imm&#233;diat comme les t&#226;ches &#224; long terme des militants ouvriers r&#233;volutionnaires russes, la reconstruction d'un parti ouvrier et d'une internationale communistes r&#233;volutionnaires, ne se distinguent plus non plus dans les grandes lignes de celles des militants r&#233;volutionnaires du reste du monde bourgeois et capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;11 novembre 2006&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Nos orientations pour une ann&#233;e qui ne sera peut-&#234;tre pas qu'&#233;lectorale
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		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Nos-orientations-pour-une-annee-qui-ne-sera-peut-etre-pas-qu-electorale</link>
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		<dc:date>2006-12-01T11:30:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Lutte ouvri&#232;re
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		<description>Depuis un an et demi et le r&#233;f&#233;rendum sur la constitution europ&#233;enne, l'ensemble de la classe politique fran&#231;aise est en campagne en vue des &#233;lections de 2007. Le r&#233;f&#233;rendum lui-m&#234;me &#233;tait d&#233;j&#224; le premier &#233;pisode de cette campagne, initi&#233; comme tel par Jacques Chirac, m&#234;me si sa manoeuvre a &#233;t&#233; un &#233;chec. Et il a bien &#233;t&#233; re&#231;u comme tel &#224; gauche comme &#224; droite o&#249; les prises de positions, pour le oui ou pour le non, se sont faites moins en fonction de l'Europe ou du contenu du projet de constitution que des calculs&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Les-articles-dans-Lutte-de-Classe-" rel="directory"&gt;Les articles dans &#171; Lutte de Classe &#187;
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Lutte-ouvriere-+" rel="tag"&gt;Lutte ouvri&#232;re
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis un an et demi et le r&#233;f&#233;rendum sur la constitution europ&#233;enne, l'ensemble de la classe politique fran&#231;aise est en campagne en vue des &#233;lections de 2007. Le r&#233;f&#233;rendum lui-m&#234;me &#233;tait d&#233;j&#224; le premier &#233;pisode de cette campagne, initi&#233; comme tel par Jacques Chirac, m&#234;me si sa manoeuvre a &#233;t&#233; un &#233;chec. Et il a bien &#233;t&#233; re&#231;u comme tel &#224; gauche comme &#224; droite o&#249; les prises de positions, pour le oui ou pour le non, se sont faites moins en fonction de l'Europe ou du contenu du projet de constitution que des calculs sur les comp&#233;titions, les alliances et les ruptures &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e s'est &#233;videmment &#233;coul&#233;e dans la m&#234;me atmosph&#232;re. Chacun des &#233;v&#233;nements qui l'ont compos&#233;e, dramatiques ou minables, de la r&#233;volte des banlieues &#224; l'affaire Clearstream, fut d'abord l'occasion d'observer le spectacle de partis et politiciens &#224; la manoeuvre &#233;lectorale et politicienne. A droite, les trois principaux leaders de l'&#233;quipe au pouvoir, Jacques Chirac, Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy ne laissent pas passer une occasion de se d&#233;savouer les uns les autres, de d&#233;mentir le lendemain ce que l'autre a d&#233;clar&#233; la veille ou de se mettre mutuellement sur le dos les fiasco de cette l&#233;gislature, quand ils ne se livrent pas &#224; la simple et pure magouille destin&#233;e &#224; s'&#233;liminer politiquement. A gauche, le PS d&#233;chir&#233; par les ambitions personnelles a cru bon d'en faire une s&#233;rie t&#233;l&#233;vis&#233;e qui a soulign&#233; le vide de son programme, de ses d&#233;bats et de ses leaders.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gauche de la gauche elle-m&#234;me aura finalement pass&#233; l'ann&#233;e &#224; organiser une course de lenteur visant, para&#238;t-il, &#224; s&#233;lectionner son candidat. A ce jeu qui a occup&#233; tous ces mois, de congr&#232;s des uns en conf&#233;rence nationale des autres et collectifs de tous, et dont les principaux protagonistes &#233;taient la LCR et le PCF, c'est celui-ci qui a gagn&#233; la premi&#232;re &#233;tape (m&#234;me si maintenant Marie-George Buffet a encore &#224; se d&#233;barrasser de Jos&#233; Bov&#233; avant de pouvoir se dire la candidate de la gauche anti-lib&#233;rale et non du seul PCF). Fort de ce qui reste de notables dans ses rangs, en particulier municipaux, pour lui apporter leur parrainage, le PCF pouvait tranquillement attendre que la LCR craque la premi&#232;re, alors que lui-m&#234;me n'a pas plus l'intention d'accepter une d&#233;cision des &#171; collectifs &#187; qui ne lui serait pas favorable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lutte Ouvri&#232;re a annonc&#233; longtemps en avance qu'elle pr&#233;senterait Arlette Laguiller. En mettant ainsi cartes sur table, cela nous donnait le temps et les chances de recueillir le nombre n&#233;cessaire de signatures d'&#233;lus. Mais cela nous permettait aussi d'affirmer la n&#233;cessit&#233; pour l'extr&#234;me gauche de maintenir une distinction politique radicale d'avec tous les partis et courants qui ne se situent pas sur le terrain de la lutte de classe mais se donnent au contraire l'objectif de participer au gouvernement et &#224; la gestion de cette soci&#233;t&#233;. En effet, la n&#233;gociation du programme ou des objectifs des communistes r&#233;volutionnaires, par tactique, opportunisme ou conviction, sous pr&#233;texte que l'heure ne serait pas favorable &#224; leur apparition ind&#233;pendante, est toujours une erreur. Et plus encore dans des &#233;lections &#224; la participation desquelles il n'y a d'autre int&#233;r&#234;t que de d&#233;fendre ce programme et ces objectifs, imm&#233;diats ou &#224; long terme.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Quelle campagne ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La teneur de la campagne doit logiquement se situer dans le droit fil de cette d&#233;claration de candidature : d&#233;nonciation des patrons, bourgeois et capitalistes en tous genres, de leur exploitation, de leur r&#233;gimeet de leurs affaires ; sans concession envers la droite ; sans concession non plus envers la gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des travailleurs n'ont en fait gu&#232;re d'illusions sur la gauche. Et ils ne mettent pas grand espoir dans ce qu'elle pourrait leur apporter, en tout cas dans ce que pourrait apporter un pr&#233;sident ou une majorit&#233; de d&#233;put&#233;s de gauche (en ce qui concerne les municipalit&#233;s c'est, peut-&#234;tre, ici ou l&#224;, un peu diff&#233;rent, mais les &#233;lections municipales n'auront lieu qu'en 2008, m&#234;me si elles sont d&#233;j&#224; dans le collimateur et entrent dans les calculs des hommes et partis politiques).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, nombre de salari&#233;s, par tradition plus que par enthousiasme, penchent toujours plut&#244;t vers la gauche. Mais pas tous, loin de l&#224;, et pas tout le temps. Certains habitants des quartiers populaires sont sensibles &#224; la d&#233;magogie de Sarkozy qui pr&#233;tend combattre pour leur s&#233;curit&#233;, tout en le d&#233;sapprouvant par ailleurs. D'autres, sensibles depuis longtemps aux diatribes anti-immigr&#233;s de Le Pen ne lui ont r&#233;cemment apport&#233; leurs suffrages que par ras-le-bol de ceux, gauche comprise, pour qui ils avaient vot&#233; quand m&#234;me jusque-l&#224;. D'autres encore expriment une sympathie nouvelle pour l'extr&#234;me gauche. D'ailleurs les abstentions en proportion croissante au fil des &#233;lections, les fluctuations des r&#233;sultats lors des derniers scrutins, les transferts des votes d'&#233;lecteurs du PCF... au FN par exemple, montrent que la notion d'un &#233;lectorat ind&#233;fectiblement attach&#233; &#224; tel ou tel parti, &#224; droite, &#224; gauche ou &#224; l'extr&#234;me gauche, est sujette &#224; caution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peu d'int&#233;r&#234;t manifest&#233; par les milieux populaires pour les primaires socialistes t&#233;moigne de ce d&#233;sabusement actuel. Le show m&#233;diatique &#233;tait destin&#233; &#224; mettre sur orbite la campagne du PS et sur le devant de la sc&#232;ne la candidate ou le candidat qui sera finalement s&#233;lectionn&#233;. En dehors des m&#233;dias et des adh&#233;rents (et encore !), cela n'a pas soulev&#233; les foules et le populaire. Et ce n'est pas seulement &#224; cause de la personnalit&#233; politique des trois concurrents. C'est plus simplement que pour le moment la population ne voit pas trop en quoi &#231;a la concerne. C'est l&#224; une bonne mesure des espoirs ou des illusions que suscite la gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les travailleurs &#233;coeur&#233;s par la politique de la droite le sentiment qu'on rencontre est le plus souvent que peut-&#234;tre la gauche serait moins pire. Mais il est souvent aussi accompagn&#233; de bien des doutes. Et pour l'heure beaucoup, quand ils pr&#234;tent attention &#224; ces questions, rangent tous les politiques dans le m&#234;me panier, gauche et droite confondues, parmi tous ceux qui nous font manger de la vache enrag&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais m&#234;me s'il en &#233;tait autrement, si un renouveau de ferveur se manifestait envers la gauche, cela ne rendrait que plus n&#233;cessaire de mettre en garde contre elle. Et de faire de cette mise en garde un volet essentiel de la campagne qui s'annonce. Quitte &#224; &#234;tre un moment &#224; contre-courant, mais cela ne nous a jamais nui dans le long terme, bien au contraire. Et le long terme maintenant c'est d&#233;j&#224; l'apr&#232;s &#233;lection, le retour &#233;ventuel d'un gouvernement de gauche et le moment in&#233;vitable o&#249; le monde du travail devra affronter ce gouvernement, exactement comme il devra affronter un gouvernement de droite si celle-ci remporte malgr&#233; tout les &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons donc &#233;viter pour ces &#233;lections de reprendre &#224; notre compte des formulations, que nous avons su refuser par le pass&#233;, comme &#171; battre la droite &#187; ou encore &#171; chasser la droite &#187;, &#233;viter m&#234;me par leur emploi ambigu de laisser entendre, m&#234;me involontairement, que nous les reprenons &#224; notre compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne battra pas la droite, et encore moins sa politique, dans les urnes. On ne la chassera m&#234;me pas en &#233;lisant un pr&#233;sident (ou une majorit&#233; de d&#233;put&#233;s) de gauche. Entre 1981 et 2002, la gauche a &#233;t&#233; 19 ans au pouvoir, &#224; la pr&#233;sidence ou au gouvernement, &#224; la suite d'&#233;lections pr&#233;sidentielles ou l&#233;gislatives victorieuses. Neuf de ces dix-neuf ann&#233;es, la moiti&#233;, ont &#233;t&#233; aussi des ann&#233;es de cohabitation, c'est-&#224;-dire de partage du pouvoir entre la gauche et la droite, quatre durant lesquelles cette droite &#233;tait au gouvernement tandis que Fran&#231;ois Mitterrand occupait la pr&#233;sidence, cinq durant lesquelles Chirac a pr&#233;sid&#233; avec Lionel Jospin comme premier ministre. Elire &#224; la pr&#233;sidence un Dominique Strauss-Kahn ou un Laurent Fabius, qui furent tous deux ministres d'un de ces gouvernements de cohabitation, ne serait rien moins qu'une garantie de chasser la droite, m&#234;me seulement formellement, au sens de renvoyer dans l'opposition son personnel politique. Et pas plus une S&#233;gol&#232;ne Royal, qui fut aussi ministre de Jospin et dont le mod&#232;le est Tony Blair, l'inventeur du recentrage &#224; droite d'une social-d&#233;mocratie qui n'&#233;tait d&#233;j&#224; plus &#224; gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quant &#224; la chasser r&#233;ellement, au sens de se d&#233;barrasser d'une politique anti-ouvri&#232;re et anti-populaire (ce que veulent et comprennent les &#233;lecteurs qui sont sensibles &#224; la formule ou l'emploient) il en sera encore moins question, m&#234;me si en juin 2007 nous avons et un pr&#233;sident et une majorit&#233; parlementaire de gauche. Quatorze ann&#233;es de pr&#233;sidence Mitterrand et cinq de gouvernement Jospin ont encore montr&#233; que la gauche au pouvoir est comme la droite au service de la bourgeoisie. Les discours et les programmes (ou plut&#244;t l'absence de programmes) de ceux qui pr&#233;tendent &#224; la succession montrent qu'il n'y a pas &#224; en attendre autre chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devrons certes nous adresser aux travailleurs qui pr&#233;f&#233;reraient, d&#233;lib&#233;r&#233;mentou &#224; contrecoeur, voir la gauche remplacer la droite. Nous devons leur donner des raisons de donner un avertissement &#224; cette gauche qu'ils veulent voir revenir et de voter au premier tour pour nous. Mais nous ne devons en aucun cas laisser entendre que nous partageons peu ou prou leurs pr&#233;jug&#233;s ou leurs illusions. La gauche au gouvernement ne fera pas autre chose pour eux que la droite. Avec elle comme avec la droite, ils n'obtiendront des patrons que ce qu'ils arracheront par les luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est d'ailleurs qu'&#224; cette condition que nous pourrons faire comprendre desquelles de leurs aspirations nous sommes solidaires : changer le sort des classes laborieuses, nous d&#233;faire de ceux qui l'aggravent chaque jour, mais certainement pas compter le faire en portant au pouvoir les doublures gouvernementales de gauche des Chirac ou Sarkozy. C'est &#224; cette condition que, dans une situation qui n'est absolument pas celle d'aujourd'hui (les illusions sur la gauche sont moins grandes et les souvenirs de sa politique au pouvoir plus clairs dans la m&#233;moire de tous), alors que LO et sa politique &#233;taient m&#233;connues et la droite au pouvoir depuis seize ou vingt-trois ans, nous avons pu nous risquer &#224; appeler &#224; voter Mitterrand au deuxi&#232;me tour en 1974 ou 1981. Et encore, en accompagnant cet appel de quelle mise en garde !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les voix qui se porteront sur le nom d'Arlette Laguiller (ou sur les candidats d'extr&#234;me gauche en g&#233;n&#233;ral), si elles &#233;taient suffisamment nombreuses, pourraient &#234;tre un avertissement aux futurs &#233;lus, de droite comme de gauche. Elles pourraient faire pression sur eux et les amener &#224; faire attention en tout cas &#224; la forme et la pr&#233;sentation de leur politique (les voix qui se sont port&#233;es pr&#233;c&#233;demment sur Le Pen ont bien amen&#233; la droite... et la gauche &#224; durcir leurs discours, sinon leur politique, sur l'immigration !). Mais ce ne peut &#234;tre qu'&#224; la marge, et &#224; condition que ces &#233;lus soient persuad&#233;s que la menace esquiss&#233;e dans les urnes pourrait se concr&#233;tiser dans une agitation, des mouvements, la gr&#232;ve ou la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela revient &#224; dire, d'avance et pendant la campagne, que pas plus avec un gouvernement de gauche qu'un gouvernement de droite, les travailleurs ne feront l'&#233;conomie de la lutte. Ce serait l&#224; d'ailleurs la vraie cons&#233;quence positive d'un score important d'Arlette Laguiller oude l'extr&#234;me gauche : renforcer le moral des travailleurs, pour affronter et la droite... et la gauche.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une politique vis-&#224;-vis de la LCR&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis sa campagne pour le r&#233;f&#233;rendum la LCR, renon&#231;ant &#224; l'alliance avec LO, est revenue &#224; la tentative de regrouper la &#171; gauche de la gauche &#187;, la &#171; gauche du non &#187; ou encore la &#171; gauche anti-lib&#233;rale &#187;. Au vu de cette politique, il ne pouvait certainement pas &#234;tre question d'une candidature commune pour ces pr&#233;sidentielles. Lorsque deux partis, m&#234;me tous deux d'extr&#234;me gauche, ont deux politiques diff&#233;rentes, voire oppos&#233;es, ce n'est pas un drame mais une chose normale qu'ils aillent devant les &#233;lecteurs s&#233;par&#233;ment (nous ne sommes apr&#232;s tout ni pour l'unit&#233; &#224; tout prix, ni pour le parti unique, m&#234;me pas le parti r&#233;volutionnaire unique...). Cela ne les rend pas ennemis. Cela ne doit pas leur faire oublier ce qu'ils ont toujours en commun, dont leurs vrais ennemis justement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vis-&#224;-vis de la LCR dans cette campagne nous devons donc nous en tenir &#224; l'attitude d&#233;finie par Arlette Laguiller dans son meeting de lancement de pr&#233;-campagne : rappeler nos d&#233;saccords qui sont la raison des deux candidatures, mais en rappelant aussi que nous sommes, et qu'on nous met, dans le m&#234;me camp de l'extr&#234;me gauche ; et &#233;viter d'appara&#238;tre avant tout soucieux de nous distinguer de la LCR aux yeux de l'immense majorit&#233; des &#233;lecteurs... dont ce n'est pas le souci justement. C'est pourtant le travers dans lequel la campagne d'affiches avec le seul slogan &#171; qui d'autre peut sinc&#232;rement se dire dans le camp des travailleurs &#187; risque fort de nous faire tomber. Ce slogan ne peut &#234;tre compris, par ceux qui y pr&#234;teront attention, que comme la volont&#233; de se distinguer avant tout de la gauche, et m&#234;me plus pr&#233;cis&#233;ment de la gauche de la gauche. Marie-George Buffet et Olivier Besancenot plus que S&#233;gol&#232;ne Royal (mais pas du tout Sarkozy), le PCF et la LCR plus que le PS (mais pas du tout l'UMP) sont ceux qui peuvent se dire dans le camp des travailleurs (en tout cas aux yeux des travailleurs). C'est donc la sinc&#233;rit&#233; de Besancenot et de Buffet (m&#234;me pas celle de Royal) qu'on met en cause... sans dire mot (dans cette affiche) des mensonges des Sarkozy, Bayrou et autres. C'est de plus contradictoire avec une volont&#233; d'axer nos attaques d'abord contre ceux actuellement au pouvoir : qui peut voir une mise en cause de Chirac ou de Villepin dans cette affiche ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il est juste, vu la politique de la LCR, de se pr&#233;senter cette fois-ci s&#233;par&#233;ment aux pr&#233;sidentielles, il n'en sera pas forc&#233;ment de m&#234;me aux l&#233;gislatives. Certes celles-ci surviennent dans la foul&#233;e de celles-l&#224;. Mais du coup leur contexte politique va d&#233;pendre, en partie au moins, des r&#233;sultats du premier tour des pr&#233;sidentielles : les n&#244;tres, mais aussi ceux de la LCR, du PCF et m&#234;me du PS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ces divers r&#233;sultats confortent la LCR dans l'id&#233;e qu'il y a une perspective &#224; court terme de constituer le regroupement de la gauche de la gauche pour lequel elle milite pr&#233;sentement, elle aura toutes les raisons de poursuivre sur sa lanc&#233;e actuelle, de chercher &#224; pr&#233;senter aux l&#233;gislatives des candidats &#171; gauche de la gauche &#187; et de continuer &#224; tourner le dos &#224; l'alliance du camp r&#233;volutionnaire. Si ce n'est pas le cas, en revanche, alors se pr&#233;sentera peut-&#234;tre l'opportunit&#233; pour LO de d&#233;velopper une politique vis-&#224;-vis de la LCR et de lui proposer &#224; nouveau une alliance &#233;lectorale sur nos bases de lutte de classe. LO l'a fait &#224; plusieurs reprises depuis 1999 (m&#234;me si ce n'a pas &#233;t&#233; toujours avec la constance qui aurait &#233;t&#233; utile et n&#233;cessaire, comme en 2002 quand nous avons repouss&#233; la proposition de la LCR de faire d'Arlette Laguiller la candidate commune).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La LCR avait accept&#233; l'alliance propos&#233;e par LO en 1999 parce que celle-ci avait eu un succ&#232;s notable aux pr&#233;c&#233;dentes &#233;lections pr&#233;sidentielles de 1995 et par d&#233;sespoir de trouver des alli&#233;s &#224; la gauche de la gauche. Elle a tourn&#233; le dos &#224; cette alliance &#224; la suite des r&#233;sultats, jug&#233;s mauvais, des listes communes aux europ&#233;ennes et aux r&#233;gionales de 2004 et parce que le r&#233;f&#233;rendum de 2005 semblait lui offrir de nouveaux alli&#233;s sur sa droite. Aujourd'hui la gauche de la gauche est en passe de faire &#224; nouveau faux bond &#224; la LCR qui, malgr&#233; tous ses efforts, va aller seule aux pr&#233;sidentielles. Des r&#233;sultats qu'obtiendront Arlette Laguiller, Olivier Besancenot, Marie-George Buffet ou &#233;ventuellement Jos&#233; Bov&#233; d&#233;pend donc que la LCR soit attir&#233;e d'un c&#244;t&#233; ou de l'autre. Et si la balance penchait de nouveau du c&#244;t&#233; des r&#233;volutionnaires, il d&#233;pendra de nous de saisir l'occasion et de proposer une politique qui puisse conforter au sein de la LCR les partisans de l'alliance avec LO plut&#244;t qu'avec le PCF ou les anti-lib&#233;raux de tous poils.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les &#233;lections ne doivent pas cacher la lutte de classe&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ni les &#233;lections ni les campagnes &#233;lectorales ne vont masquer ni faire oublier, en tout cas aux travailleurs eux-m&#234;mes, les vrais probl&#232;mes : les conditions de vie et de travail du plus grand nombre. Croissance ou non au rendez-vous, les in&#233;galit&#233;s sociales vont continuer &#224; grandir en France comme dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si le nombre officiel des ch&#244;meurs dans ce pays continue &#224; d&#233;cro&#238;tre durant ces six prochains mois (ph&#233;nom&#232;ne statistique courant &#224; l'approche des scrutins importants !), le ch&#244;mage lui va continuer, comme la pr&#233;carit&#233;, qui est un autre mot pour la m&#234;me condition, petits boulots, temps partiels, int&#233;rimaires, intermittents &#233;tant tous membres permanents de l'arm&#233;e de r&#233;serve du travail &#224; la disposition absolue du capital. Les profits qui battent leurs records ann&#233;e apr&#232;s ann&#233;e vont continuer &#224; grimper en proportion de celui des suppressions d'emploi. On sait que les actions montent &#224; chaque fois que dans une entreprise l'emploi diminue. Ce 30 octobre, L'Humanit&#233; a pu dresser la liste, probablement non exhaustive, des 143 petites entreprises ou sites des plus grandes, dans 53 d&#233;partements (ce qui signifie la pr&#233;carit&#233; &#224; l'&#233;chelle de villes ou de r&#233;gions enti&#232;res), dans lesquels la suppression de 25000 emplois est d&#233;j&#224; programm&#233;e et celle de 20000 autres projet&#233;e (sans compter les 15000 d&#233;parts non remplac&#233;s dans la fonction publique et les 20000 suppressions que pourrait entra&#238;ner la fusion GDF-Suez).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Corollairement les salaires r&#233;els et le pouvoir d'achat des familles ouvri&#232;res vont continuer &#224; baisser et constituer le souci croissant de la majorit&#233; des salari&#233;s. La vie dans les quartiers populaires et les banlieues va se faire de plus en plus incertaine et l'ins&#233;curit&#233; de plus en plus s&#251;re, non pas tant &#224; cause des jeunes voyous ou inconscients qui br&#251;lent des voitures ou des bus, mais bien plus &#224; cause des logements de plus en plus difficiles &#224; trouver &#224; des prix abordables (le nombre de SDF qui ont un emploi ne fait que grandir... comme celui des expulsions de squatters et de locataires, et pas seulement immigr&#233;s ou sans-papiers) et de la d&#233;gradation des services publics, transports, &#233;cole, sant&#233;, &#233;nergie, eau, qu'ils soient d&#233;j&#224; privatis&#233;s ou encore propri&#233;t&#233; de l'&#201;tat ou des collectivit&#233;s municipales ou r&#233;gionales. Et les plans de r&#233;novation de Jean-Louis Borloo n'y changeront rien... quand ils ne l'aggraveront pas, les destructions des tours et barres v&#233;tustes ou insalubres allant plus rapidement que la construction des immeubles suppos&#233;s les remplacer. Enfin, comme &#224; chaque fois qu'il y a eu r&#233;gularisation de quelques immigr&#233;s sans papiers, apr&#232;s la parodie que Sarkozy a &#233;t&#233; forc&#233; d'organiser cet &#233;t&#233; (pour r&#233;pondre &#224; la pression qu'exer&#231;aient depuis des mois les militants du R&#233;seau &#233;ducation sans fronti&#232;res et l'&#233;motion et la mobilisation qu'ils ont su cr&#233;er pour d&#233;fendre les &#233;coliers menac&#233;s d'expulsion), le sort et la vie quotidienne de ceux qui ne sont pas r&#233;gularis&#233;s, des dizaines de milliers de travailleurs, mais aussi de jeunes, de lyc&#233;ens, d'&#233;tudiants, va encore empirer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme se porte bien, &#224; l'&#233;chelle du monde comme &#224; celle de la France (malgr&#233; les j&#233;r&#233;miades des patrons) et la vie est belle pour ceux d'en haut, m&#234;me pas tr&#232;s, tr&#232;s haut. Pas pour ceux d'en bas, m&#234;me pas tr&#232;s, tr&#232;s bas. Car le foss&#233; des in&#233;galit&#233;s, entre plus ou moins riches et plus ou moins pauvres ne fait que s'aggraver avec l'accroissement de la richesse globale. Une r&#233;action massive du monde du travail, un mouvement d'ensemble, une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, la mobilisation de millions de salari&#233;s et de leurs alli&#233;s des couches populaires, et leur organisation dans la lutte pour maintenir la pression et leur permettre de contr&#244;ler et leurs luttes et le r&#233;sultat de leurs luttes, restent donc la seule voie possible pour ouvrir une perspective de changement. C'est pourquoi l'agitation pour un programme de revendications et de mobilisation (qu'on reprenne ou non le terme de &#171; plan d'urgence &#187; popularis&#233; par AL en 1995, mais qui d&#233;finisse quelques objectifs essentiels qui sont communs &#224; l'ensemble des travailleurs et pourraient donc &#234;tre ceux des luttes et d'un mouvement d'ensemble) garde toute sa pertinence et sa n&#233;cessit&#233;, dans la campagne &#233;lectorale, comme apr&#232;s celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour pr&#233;parer, impulser ou m&#234;me appuyer r&#233;ellement ce mouvement d'ensemble il est inutile de compter sur la gauche, et pas plus sur les conf&#233;d&#233;rations syndicales, qu'elles soient li&#233;es &#224; cette gauche ou qu'elles se veuillent ind&#233;pendantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes on peut assister dans les mois qui viennent &#224; une certaine agitation sociale, m&#234;me si dans ces p&#233;riodes, c'est en g&#233;n&#233;ral (pas toujours cependant, ainsi en 1995 les gr&#232;ves &#224; Renault et dans quelques autres entreprises du priv&#233;) plut&#244;t des secteurs de la petite bourgeoisie que des travailleurs qui tentent de parler haut et de se faire entendre. L'id&#233;e de choisir ce moment pour se manifester afin que les futurs &#233;lus ne nous oublient pas, est plus r&#233;pandue parmi les restaurateurs, les paysans ou m&#234;me certaines cat&#233;gories de professions lib&#233;rales. Et leurs organisations corporatistes, souvent li&#233;es &#224; la droite, voire l'extr&#234;me droite, peuvent faire preuve d'un radicalisme (ces derni&#232;res d&#233;cennies des &#233;meutes en France furent d&#233;clench&#233;es par des p&#234;cheurs, camionneurs, paysans ou vignerons plus que par des salari&#233;s) devant lequel les syndicats de salari&#233;s, se voulant plus responsables, h&#233;sitent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avons donc pas &#224; attendre que les conf&#233;d&#233;rations syndicales fassent en p&#233;riode &#233;lectorale ce qu'elles n'ont pas fait en d'autre temps et tentent d'impulser une lutte d'ensemble sur des revendications d'ensemble. Au mieux elles lib&#232;reront la vapeur, s'il y a vapeur, par les voies habituelles de journ&#233;es d'action symboliques et dispers&#233;es, en fractionnant l'agitation par secteurs ou limitant les mouvements qu'elles ne peuvent emp&#234;cher aux cat&#233;gories alors les plus remuantes : priv&#233; contre public, un jour les cheminots, la semaine suivante les postiers, chaque entreprise en lutte contre sa direction pour tenter d'am&#233;liorer son &#171; plan de sauvegarde de l'emploi &#187;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pire n'est pourtant pas toujours s&#251;r. L'ann&#233;e &#233;coul&#233;e a montr&#233; que les directions syndicales peuvent &#234;tre bouscul&#233;es, forc&#233;es de faire des pas qu'elles ne voulaient pas faire, et un jour donc, on peut l'esp&#233;rer, d&#233;pass&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gauche comme les conf&#233;d&#233;rations syndicales avaient laiss&#233; passer le CNE sans proposer autre chose que les rituelles protestations que tout le monde attend et dont tout le monde se moque. De Villepin (preuve du d&#233;risoire de la &#171; victoire du non &#187;) avait annonc&#233; ce nouveau mauvais coup pratiquement &#224; sa prise de fonction minist&#233;rielle, d&#232;s juin, et pris les d&#233;crets en juillet. Au pr&#233;texte que, en vacances, les travailleurs n'&#233;taient pas pr&#234;ts &#224; r&#233;agir, les conf&#233;d&#233;rations avaient attendu... le d&#233;but octobre pour proposer une journ&#233;e d'action. Puis, celle-ci au moins &#224; moiti&#233; r&#233;ussie, elles n'avaient propos&#233; aucune suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Villepin pouvait donc se croire assur&#233; quand en janvier il a annonc&#233; un nouveau volet de la d&#233;molition du code du travail : le CPE. Les premi&#232;res r&#233;actions de la gauche et des syndicats lui donnaient raison : d&#233;cision du PS de porter la lutte au plan du parlement o&#249; la majorit&#233; de droite rendait donc l'affaire pli&#233;e d'avance (Fran&#231;ois Hollande confiant &#224; des journalistes, qu'il n'y avait aucune chance de gagner sur le CPE... avant 2007 et &#224; condition que la gauche soit r&#233;&#233;lue) ; annonce par les conf&#233;d&#233;rations qu'elles se pr&#233;paraient &#224; la sempiternelle journ&#233;e d'action de protestation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Las pour tout ce beau monde, la jeunesse &#233;tudiante, puis lyc&#233;enne, a brouill&#233; un jeu si bien rod&#233;. Fac apr&#232;s fac la mobilisation s'est peu &#224; peu construite, minoritaire au d&#233;but, y compris dans les &#233;tablissements en lutte, mais tenant bon malgr&#233; les vacances, grossissant m&#234;me malgr&#233; tout semaine apr&#232;s semaine, se donnant une organisation &#224; l'&#233;chelon local comme g&#233;n&#233;ral avec les coordinations nationales, gagnant consciemment la sympathie d'une large partie des salari&#233;s, obligeant les syndicats &#224; donner pour une fois une suite &#224; leurs premi&#232;res journ&#233;es de manifestation, sans trop de pr&#233;cipitation au d&#233;but, davantage au fur et &#224; mesure que la pression montait dans la jeunesse mais aussi le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, la jeunesse, sur un probl&#232;me qui concernait non seulement sa partie populaire mais l'ensemble des travailleurs, a fait marcher la gauche et les conf&#233;d&#233;rations syndicales l'&#233;p&#233;e dans les reins et les a forc&#233;es &#224; aller sinon plus loin qu'elles ne le voulaient, en tout cas bien plus loin qu'elles ne l'avaient pr&#233;vu. Et le gouvernement, pour la premi&#232;re fois apr&#232;s quatre ann&#233;es d'attaques r&#233;ussies contre les couches populaires a d&#251; remballer son projet. Contrairement &#224; ce dont Hollande aurait bien voulu persuader la jeunesse, il n'y a eu nul besoin d'attendre le retour de la gauche et les &#233;lections pour cela. La mobilisation et la lutte ont pu faire &#233;chec au mauvais coup du gouvernement aujourd'hui de droite. Et donc si demain, il est de gauche...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce succ&#232;s n'a eu lieu que parce que dans le milieu &#233;tudiant quelques petits noyaux militants, syndicalistes &#233;tudiants (on sait leurs limites en forces comme en influence) ou membres d'organisations politiques de gauche et d'extr&#234;me gauche (en forces et en influence encore plus r&#233;duites) ne sont pas rest&#233;s l'arme au pied en attendant l'&#233;ventuelle intervention des directions des partis de gauche ou des centrales syndicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but tr&#232;s minoritaires ou isol&#233;s par rapport &#224; la grande masse des &#233;tudiants, ils ont tout de m&#234;me tent&#233; de s'adresser &#224; elle, commenc&#233; l'agitation en son sein, entam&#233; le travail d'organiser ceux qui se joignaient &#224; la lutte. Et, dans cette circonstance o&#249; des courants tr&#232;s diff&#233;rents partageaient quand m&#234;me un m&#234;me objectif imm&#233;diat, certains au moins (particuli&#232;rement au sein de l'extr&#234;me gauche) ont su proposer l'action commune et surmonter les clivages, en tout cas &#224; certains moments cl&#233;s du mouvement, et notamment quand il fallait lui donner des formes d'organisations d&#233;mocratiques et repr&#233;sentatives, assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales, comit&#233;s de lutte, coordinations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'emp&#234;che que les premiers comit&#233;s anti-CPE form&#233;s des seuls repr&#233;sentants de diverses organisations, ont &#233;t&#233; de premi&#232;re importance pour donner l'impulsion initiale. Sans doute celle-ci n'a eu d'impact que parce qu'elle a rencontr&#233; l'autre ingr&#233;dient essentiel &#224; un tel mouvement : la col&#232;re d'une large fraction de la jeunesse. Mais celle-ci serait rest&#233;e impuissante s'il n'y avait eu la poign&#233;e de gens pour lui proposer une voix, un but et une forme, et permettre au succ&#232;s du mouvement &#233;tudiant d'&#234;tre ressenti aussi comme un succ&#232;s - malgr&#233; toutes les limites qu'on a pu lui voir - pour et par les travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conditions qui ont permis le mouvement anti-CPE ne sont pas r&#233;unies &#224; tout bout de champ. Personne ne peut pr&#233;voir quand et o&#249; elles le seront &#224; nouveau et si ce sera avant les prochaines &#233;lections ou apr&#232;s. Mais quels que soient ce moment et ce lieu, les le&#231;ons que nous pouvons tirer &#224; nouveau de ce dernier mouvement nous confortent dans les orientations d&#233;fenduesd&#233;j&#224; &#224; d'autres occasions : chaque fois que nous pouvons estimer qu'une question est susceptible de mobiliser tout ou partie des couches populaires, nous devons tenter de nous adresser directement &#224; celles-ci pour leur proposer de r&#233;agir et s'organiser sans compter sur ni attendre les directions des organisations politiques ou syndicales, tout en proposant dans le m&#234;me temps d'intervenir en commun aux militants et aux organisations susceptibles de se retrouver sur les objectifs imm&#233;diats, en premier lieu la LCR et l'extr&#234;me gauche &#233;videmment, mais aussi la gauche politique et syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos forces (et celles de nos alli&#233;s potentiels) nous permettront sans doute rarement d'aller au-del&#224; de la simple agitation, et seulement parfois de d&#233;passer ce stade, comme dans le cas du mouvement CPE. N&#233;anmoins, cette faiblesse ne doit pas servir de pr&#233;texte &#224; garder une attitude attentiste qui, elle, est la plus s&#251;re garantie de ne pas saisir les opportunit&#233;s d'aller plus loin quand elles se pr&#233;senteront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement d'ensemble et l'explosion sociale que nous appelons de nos voeux, na&#238;tront forc&#233;ment du feu allum&#233; par quelqu'un quelque part. Il est important que les r&#233;volutionnaires, seuls ou avec d'autres, fassent tout pour &#234;tre &#224; l'origine de l'&#233;tincelle... et par l&#224; se mettent d&#232;s le d&#233;but dans la meilleure position pour jouer un r&#244;le dans l'organisation et la direction de l'&#233;ventuel mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5 novembre 2006&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Br&#233;sil : Lula bis...
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		<description>Lula a d&#233;croch&#233; son deuxi&#232;me mandat, en gagnant haut la main le deuxi&#232;me tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle br&#233;silienne, avec 60,83 % des voix contre 39,17 % &#224; son adversaire de droite, Geraldo Alckmin. De toute &#233;vidence pour une bonne partie des couches populaires, il conserve l'image de l'ancien syndicaliste et ex-m&#233;tallurgiste de la zone industrielle de Sao Paulo, venu du Nordeste mis&#233;rable et qui a particip&#233; &#224; la construction de l'avant-garde militante contre les profiteurs et la dictature. &lt;br /&gt;Le Parti&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lula a d&#233;croch&#233; son deuxi&#232;me mandat, en gagnant haut la main le deuxi&#232;me tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle br&#233;silienne, avec 60,83 % des voix contre 39,17 % &#224; son adversaire de droite, Geraldo Alckmin. De toute &#233;vidence pour une bonne partie des couches populaires, il conserve l'image de l'ancien syndicaliste et ex-m&#233;tallurgiste de la zone industrielle de Sao Paulo, venu du Nordeste mis&#233;rable et qui a particip&#233; &#224; la construction de l'avant-garde militante contre les profiteurs et la dictature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti des travailleurs, le parti de Lula, lui, semble plus loin de cette &#233;poque glorieuse et de ses combats d'antan. En pleine crise politique due aux scandales cr&#233;&#233;s par la r&#233;v&#233;lation de la corruption de certains de ses dirigeants, il n'a eu la majorit&#233; ni au parlement, ni au s&#233;nat. Dans les deux chambres il perd m&#234;me une dizaine de si&#232;ges. Du coup Lula devient encore plus d&#233;pendant des autres partis avec qui il a fait alliance et notamment du PMDB (Parti du mouvement d&#233;mocratique du Br&#233;sil), m&#234;me si une majorit&#233; des gouverneurs des Etats (15 sur 27) soutiennent d&#233;sormais son gouvernement, contrairement &#224; la l&#233;gislature pr&#233;c&#233;dente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce second tour a sonn&#233; tout de m&#234;me comme une revanche du premier o&#249; Lula &#233;tait apparu relativement d&#233;savou&#233; par ses partisans, avec seulement 48,6 % des voix. D'autant plus que les voix qui lui avaient alors manqu&#233; pour atteindre la majorit&#233; se sont port&#233;es sur la candidate d'extr&#234;me gauche, Helo&#239;sa Helena, arriv&#233;e en troisi&#232;me position avec 6,85 % des suffrages et six millions et demi d'&#233;lecteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les masses populaires du Br&#233;sil, apr&#232;s lui avoir donn&#233; une sorte d'avertissement au premier tour, se sont donc r&#233;solues, au deuxi&#232;me, &#224; appuyer le pr&#233;sident br&#233;silien sortant. Ce qui ne les emp&#234;che pas de voir que derri&#232;re son discours, &lt;em&gt;&#171; faire r&#233;ussir le Br&#233;sil &#187;&lt;/em&gt;, son action a surtout abouti &#224; faire r&#233;ussir les plus riches. Cela ne signifie pas non plus que les travailleurs aient l'espoir qu'il va changer vraiment leur sort ou la soci&#233;t&#233; br&#233;silienne, ni qu'ils soient pr&#234;ts &#224; lui accorder un ch&#232;que en blanc ou un nouveau temps d'observation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les privatisations au c&#339;ur du d&#233;bat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;d&#233;cesseur de Lula au poste de pr&#233;sident, Fernando Henrique Cardoso, surnomm&#233; FHC, a d&#233;clar&#233; au quotidien &lt;em&gt;O Tempo&lt;/em&gt; du 11 octobre 2006 : &lt;em&gt;&#171; Lula est &#224; la fois le p&#232;re des pauvres et la m&#232;re des riches &#187;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, si les travailleurs et les pauvres ne risquaient pas d'avoir des illusions sur Alckmin, les riches, eux, n'&#233;taient pas d&#233;favorables &#224; Lula. La liste des soutiens de la grande bourgeoisie que Lula a recueillis au cours de sa campagne &#233;lectorale en t&#233;moigne : l'ancien pr&#233;sident Jos&#233; Sarney, l'un des gros entrepreneurs de l'Etat du Para Jader Barbalho, l'ancien pr&#233;sident Fernando Henrique Collor, le plus grand producteur de soja du pays Blairo Maggi (qui a b&#233;n&#233;fici&#233; de l'autorisation du soja transg&#233;nique et d'une aide financi&#232;re massive de 365 millions d'euros, selon &lt;em&gt;Les Echos&lt;/em&gt; du 27 octobre) ou encore Antonio Delfim Neto, ancien ministre de l'&#233;conomie &#224; l'&#233;poque de la dictature militaire. Le pr&#233;sident de la chambre patronale FIESP, le Medef br&#233;silien, pouvait donc affirmer tranquillement entre les deux tours que &lt;em&gt;&#171; notre candidat sera celui qui obtiendra le plus grand nombre de suffrages (...) &#187; &lt;/em&gt;avant de faire la liste des &#171; r&#233;formes &#187; voulues par les patrons et pour lesquelles il comptait aussi bien sur Lula que sur Alckmin. Ce &#224; quoi, Lula lui-m&#234;me, interview&#233; lors du premier tour de l'&#233;lection, r&#233;pondait en &#233;cho : &lt;em&gt;&#171; Lorsqu'on gouverne, on ne fait pas de s&#233;paration entre riches et pauvres. &#187; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La campagne du deuxi&#232;me tour, entre Lula et Alckmin, s'est pourtant jou&#233;e en grande partie sur la question des privatisations. Celles-ci, en effet, sont d&#233;test&#233;es par le peuple br&#233;silien depuis l'op&#233;ration de vente massive des entreprises d'Etat (133 dont Telebras) r&#233;alis&#233;e par Fernando Henrique Cardoso. Si celui-ci est toujours l'objet d'une solide haine de la part des classes populaires, c'est que ses privatisations ont consist&#233; &#224; solder les richesses du Br&#233;sil au priv&#233;, souvent aux capitalistes des pays imp&#233;rialistes, &#224; des prix incroyablement bas, sans m&#234;me s'en servir pour combler la dette du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lula a b&#233;n&#233;fici&#233; du fait qu'il n'a r&#233;alis&#233; durant son mandat aucune privatisation importante. Cela n'en fait pas un adversaire des privatisations. Mais sa m&#233;thode est diff&#233;rente de celle de FHC : il y va par &#233;tapes et discr&#232;tement. Il a effectu&#233; de nombreuses privatisations partielles comme celles de Petrobras, Banco di Brasil et Correios (La Poste). Il en a pr&#233;par&#233; d'autres en faisant voter la loi institutionnalisant les partenariats priv&#233;-public. Et il s'est toujours gard&#233; de s'engager &#224; ne pas privatiser. Mais d&#233;bord&#233; au premier tour sur sa gauche par la candidature d'Helo&#239;sa Helena, il a &#233;t&#233; contraint de prendre position et, au moins, de d&#233;noncer les privatisations de FHC, ce qu'il n'avait pas fait depuis 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alckmin &#233;tait le candidat des partis de droite, PSDB (Parti social-d&#233;mocrate du Br&#233;sil) et PFL (Parti du front lib&#233;ral), c'est-&#224;-dire justement les deux partis avaient port&#233; Fernando Henrique Cardoso au pouvoir. Lui-m&#234;me fervent partisan des privatisations il a conduit, comme gouverneur de l'Etat de Sao Paulo, la casse des emplois publics et la privatisation des transports ferroviaires, de l'&#233;nergie, de la voirie ou du secteur bancaire. De plus l'&#233;quipe &#233;lectorale du candidat Alckmin a donn&#233;, entre les deux tours, des b&#226;tons pour se faire frapper. Le directeur de campagne Marco Aurelio Garcia, cit&#233; par le journal &lt;em&gt;Folha&lt;/em&gt; de Sao Paulo du 14 octobre, s'affirmait en faveur d'une politique active de privatisations et de suppressions d'emplois publics. L'&#233;conomiste Yoshiaki Nakano, pressenti pour devenir ministre de l'Economie d'Alckmin, a claironn&#233; encore plus fort, entre les deux tours, qu'il allait trouver plus de 21 milliards d'euros pour le budget de l'Etat en relan&#231;ant les privatisations. Cette d&#233;claration incendiaire a eu un tel impact que Alckmin a d&#251; la d&#233;mentir publiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que Alckmin, positionn&#233; tr&#232;s &#224; droite, li&#233; &#224; l'Opus Dei et &#224; la grande bourgeoisie, a r&#233;ussi &#224; redonner &#224; Lula une popularit&#233; quelque peu perdue dans les milieux populaires, en contribuant &#224; mettre en &#233;vidence sa diff&#233;rence, au moins sur ce point . Il est significatif que le candidat de la droite a recul&#233; entre les deux tours, passant de 41,6 % &#224; 39,2 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La m&#232;re des riches ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lula n'en est pas moins un adversaire des travailleurs et des plus d&#233;munis. Un adversaire qui b&#233;n&#233;ficie m&#234;me d'atouts dont ne disposait pas Alckmin. Car si les travailleurs ont &#233;t&#233; les principales victimes de sa politique d'aust&#233;rit&#233; durant son premier mandat, il a toujours, par contre, un soutien parmi les directions des organisations syndicales, associatives et sociales dont ne b&#233;n&#233;ficiaient pas ses pr&#233;d&#233;cesseurs comme FHC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PT, la centrale syndicale CUT (Centrale unie des travailleurs) et l'organisation des sans-terre, MST, sont parmi les plus importantes organisations issues des luttes des ann&#233;es 1980 et du combat contre la dictature. Lula a transform&#233; une partie des militants sans terre en clients d&#233;pendant de l'assistanat de l'Etat. Il a fait des dirigeants de la CUT des d&#233;fenseurs de l'ordre social quand ce n'est pas des gestionnaires. Nombre de dirigeants syndicalistes de la CUT sont int&#233;gr&#233;s aux instances gouvernementales ou sont charg&#233;s de la gestion des fonds de pension, cens&#233;s remplacer par une gestion priv&#233;e la s&#233;curit&#233; sociale d&#233;mantel&#233;e. Par exemple, l'un d'eux, Sergio Rosa, est devenu pr&#233;sident du fond de pension du Banco do Brasil. Le PT lui-m&#234;me est de moins en moins un parti militant. Au point que le parti de Lula doit payer, para&#238;t-il, les porteurs de drapeaux ou de pancartes et les distributeurs de tracts comme un quelconque parti bourgeois !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a donc pas &#224; s'&#233;tonner si au sein de la bourgeoisie, nombre de gens pensent que Lula est le mieux plac&#233; pour museler les luttes, les organisations militantes, les syndicats, et, du coup, pour faire passer les contre-r&#233;formes dont les classes dirigeantes ont besoin : remise en cause du code du travail, r&#232;gles de r&#233;organisation des syndicats (retirant leurs droits aux syndicats locaux pour les donner &#224; la bureaucratie), attaques contre la pr&#233;voyance sociale, lib&#233;ralisation des fonds de pension, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;but de son premier mandat, Lula avait annonc&#233; la couleur en choisissant comme vice-pr&#233;sident Alencar, grand patron du textile, comme responsable de la banque Meirelles. En quatre ans, Lula a consacr&#233; 4 milliards &#224; l'action sociale et 75 milliards rien que pour payer les int&#233;r&#234;ts de la dette. Le montant des int&#233;r&#234;ts des obligations d'Etat &#233;quivaut &#224; la totalit&#233; des revenus de la moiti&#233; la plus pauvre de la population. Alors que l'aust&#233;rit&#233; s&#233;vit dans le domaine social et que l'on coupe dans les budgets de la sant&#233; ou de l'&#233;ducation, 23 % du budget de l'Etat servent &#224; payer ces int&#233;r&#234;ts. 36 % des profits des b&#233;n&#233;fices des banques proviennent des obligations sur l'Etat br&#233;silien, c'est-&#224;-dire du service de la dette interne. La hausse des taux d'int&#233;r&#234;t garantit aux pr&#234;teurs des profits de 15 %. Ceux des cinq plus grandes banques br&#233;siliennes ont atteint le volume record de 18,4 milliards de reals en 2005. Lula a lui-m&#234;me d&#233;clar&#233; &#224; &lt;em&gt;Folha &lt;/em&gt;de Sao Paulo le 18/9/2006 que &lt;em&gt;&#171; les riches, les entreprises et les banques ont gagn&#233; davantage d'argent que personne d'autre. &#187; &lt;/em&gt;Ce n'est pas les trusts br&#233;siliens qui ont pignon sur rue dans le monde entier qui diront le contraire : le p&#233;trolier P&#233;trobras (dans ce pays p&#233;trolier, le prix d'un litre d'essence vaut 22 fois plus cher qu'au Venezuela), CVRD exportateur de minerai de fer, l'avionneur Embraer ou encore les banquiers et autres trusts de l'agroalimentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attaque la plus importante a port&#233; sur les retraites, car le secteur priv&#233; est int&#233;ress&#233; &#224; mettre en place des fonds de pensions, et la pr&#233;voyance sociale, car l&#224; aussi les int&#233;r&#234;ts priv&#233;s sont &#224; l'aff&#251;t. Et les derni&#232;res d&#233;cisions du gouvernement Lula confirment cette orientation en faveur des plus riches : augmentation des taux d'int&#233;r&#234;ts, limitation d'attribution des terres &#224; ceux qui n'en ont pas, aide massive &#224; l'agrobusiness, vente &#224; bas prix de l'&#233;nergie &#233;lectrique au secteur priv&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Immense nation de plus de 180 millions d'habitants, aux dimensions continentales, le Br&#233;sil est aujourd'hui le phare du capitalisme en Am&#233;rique latine sous l'&#233;gide des Etats-Unis. L'entente Bush-Lula tranche d'ailleurs sur les mauvaises relations affich&#233;es du pr&#233;sident am&#233;ricain avec nombre de chefs d'Etats latino-am&#233;ricains comme Chavez, Castro ou Morales. Le Br&#233;sil est aussi un exemple de la concentration des richesses &#224; un p&#244;le et de pauvret&#233; &#224; l'autre, avec des in&#233;galit&#233;s parmi les plus criantes du monde (10% de la population poss&#232;dent 45 % des richesses et 50 % n'en ont que 14 %).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le p&#232;re des pauvres ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un Br&#233;sil o&#249; plus de 43 millions vivent avec moins d'un dollar par jour, un tiers de la population est sous le seuil de pauvret&#233; et o&#249; le ch&#244;mage a augment&#233; d'un tiers en quatre ans, on a pu dire que Lula &#233;tait &#171; l'&#233;lu des pauvres &#187;, alors qu'Alckmin &#233;tait le &#171; candidat des &#233;lites &#187;. En fait, la campagne du premier tour aurait difficilement pu distinguer les deux candidats. Ce sont les difficult&#233;s rencontr&#233;es au premier tour, et en particulier la contestation qui s'est port&#233;e sur une candidature d'extr&#234;me gauche, qui ont contraint Lula &#224; radicaliser un peu son discours et &#224; affirmer qu'il serait le &#171; &lt;em&gt;pr&#233;sident de tous les Br&#233;siliens, surtout les plus pauvres &#187; &lt;/em&gt;ou que &lt;em&gt;&#171; l'adversaire, maintenant, c'est les in&#233;galit&#233;s sociales. &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les commentateurs ont pu certes souligner le vote massif de l'Etat du Nordeste, extr&#234;mement pauvre, en faveur de Lula (plus de 70 % des suffrages) et le vote de l'Etat riche de Sao Paulo pour Alckmin. Mais le relatif &#233;chec du pr&#233;sident sortant dans les r&#233;gions les plus industrielles ou les capitales administratives souligne surtout qu'une partie de la classe ouvri&#232;re, des employ&#233;s, des fonctionnaires, des militants sociaux ou des classes moyennes qui &#233;taient lulistes, s'en est d&#233;tourn&#233;e. Dans les Etats de Sao Paulo et de Rio Grande del Sur, qui &#233;taient des fiefs du PT, Lula n'a pas obtenu plus d'un tiers des voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrefois, le Nordeste votait &#224; droite, pour les partis fonctionnant sur le client&#233;lisme. D&#233;sormais, le client&#233;lisme est aux mains de Lula. Car l'essentiel des aides &#171; cibl&#233;es &#187; sont exactement les m&#234;mes que celles mises en place par FHC. C'est le cas en particulier de la Bolsa-Familia (la moiti&#233; de ses b&#233;n&#233;ficiaires viennent du Nordeste), bourse de la famille (aides &#224; l'achat de la bonbonne de gaz, du lait ou de la nourriture de base) dont b&#233;n&#233;ficient 40 millions de personnes (sur 180 millions d'habitants). Le maximum est de 25 &#224; 35 euros par mois (moins de trois bouteilles de gaz). C'est tr&#232;s peu, mais c'est souvent la seule rentr&#233;e d'argent ou en tout cas la principale. Et il faut &#234;tre enregistr&#233; comme ayant droit. C'est donc la base d'un vaste client&#233;lisme qui permet &#224; Lula de s'attacher les plus pauvres tout en achetant (pour combien de temps ?) le calme social. Mais ce ne sont que des miettes : pour 8 milliards de reals distribu&#233;s &#224; la Bolsa-familia, il y en a eu 140 transf&#233;r&#233;s de l'Etat au secteur financier. La Bourse des familles a bien moins d'importance que la Bourse (la vraie, celle de la finance) !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au programme &#171; Faim z&#233;ro &#187;, lanc&#233; par Lula, lors de son arriv&#233;e au pouvoir, en janvier 2003, le sociologue Chico de Oliveira a pu ironiser : &lt;em&gt;&#171; C'est l'extr&#234;me onction. Il sauve l'&#226;me, pas le corps ! &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;forme agraire aurait d&#251; &#234;tre la base d'une politique de lutte contre la mis&#232;re. Elle est enterr&#233;e. Trente deux mille propri&#233;taires, poss&#233;dant chacun plus de 2 000 hectares, d&#233;tiennent 31,6 % des terres cultivables, bien s&#251;r les meilleures ! Le second plan national de r&#233;forme agraire se terminant en 2006 pr&#233;voyait un million de familles paysannes ayant re&#231;u une terre. On en est tr&#232;s loin ! En r&#233;alit&#233;, selon le leader du MST, pourtant li&#233; &#224; Lula, ce dernier a fait acc&#233;der &#224; la terre &#171; &lt;em&gt;moins de paysans en deux ans que ne l'avait fait FHC &lt;/em&gt; &#187;. Un plan (dit Sampaio du nom de son auteur) dress&#233; &#224; la demande de Lula au d&#233;but de son premier mandat pr&#233;voyait l'installation, avec des aides, d'un million de familles jusqu'en 2006, apr&#232;s rachat aux propri&#233;taires (pas d'expropriation bien s&#251;r !). Moins d'un cinqui&#232;me de cet objectif a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; et les terres fournies l'ont &#233;t&#233; surtout en ponctionnant la for&#234;t amazonienne. Pas touche aux latifundia ! Pas d'expropriations dans le sud et des grands propri&#233;taires du Para ! Par contre la commission pastorale de la terre estime qu'une sorte de contre-r&#233;forme a expuls&#233; 176 000 familles des terres qu'elles occupaient. Le gouvernement n'a rien fait pour supprimer le lien entre grands propri&#233;taires, justice et forces de l'ordre. Les assassinats d'occupants de terre n'ont pas diminu&#233; et l'impunit&#233; des assassins reste la r&#232;gle. Les responsables d'un massacre de 1996 (19 morts et 70 bless&#233;s) n'ont toujours pas &#233;t&#233; inqui&#233;t&#233;s. M&#234;me l'esclavage qui s&#233;vit massivement dans l'Etat de Para, par exemple, n'a pas &#233;t&#233; s&#233;rieusement combattu. Jos&#233; Rainha, leader du Mouvement des sans terre, qui &#233;tait pourtant un ami de Lula, croupit en prison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les milieux populaires les plus pauvres continuent sans doute de consid&#233;rer Lula comme un des leurs. Mais les illusions et l'enthousiasme suscit&#233;s lors de sa premi&#232;re &#233;lection sont retomb&#233;s. Il y avait dix fois moins de manifestants dans la rue, cette fois, &#224; l'annonce de la victoire. La mobilisation n&#233;e de la lutte contre la dictature dans les ann&#233;es 1980, de la lutte contre les patrons d'industrie et de celle contre les grands propri&#233;taire latifundiaires semble, momentan&#233;ment ou durablement, en grande partie dissip&#233;e. C'est l&#224; que Lula s'est montr&#233; irrempla&#231;able pour les classes poss&#233;dantes. Bien mieux que n'importe quel homme de droite, il a contribu&#233; &#224; d&#233;moraliser, d&#233;tourner ou d&#233;voyer les organisations populaires qui &#233;taient n&#233;es dans le cadre de la lutte de masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'alliance &#233;lectorale de l'extr&#234;me gauche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#171; Front de la gauche &#187; constitu&#233; des principaux partis qui se disent d'extr&#234;me gauche, PSol, PSTU et PCB (un quatri&#232;me parti, le PDT, Parti d&#233;mocratique travailliste, avec lequel le PSol n'avait pas, au d&#233;part, exclu de s'allier a &#233;t&#233; &#233;cart&#233; sous la pression du PSTU exigeant que le front ne comprenne aucun &#171; repr&#233;sentant de la bourgeoisie &#187;) a pr&#233;sent&#233; des candidats communs &#224; diff&#233;rents &#233;chelons. L'extr&#234;me gauche a ainsi r&#233;ussi &#224; jouer les trouble-f&#234;te d'un jeu pourtant bien r&#233;gl&#233; malgr&#233; la faiblesse des moyens organisationnels et m&#233;diatiques (une minute pour Helo&#239;sa Helena) dont elle disposait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait c'est surtout gr&#226;ce &#224; la candidature d'Helo&#239;sa Helena aux pr&#233;sidentielles. La candidate du &#171; Front de la gauche &#187; a en effet re&#231;u plus de 7 % dans l'Etat de Sao Paulo, plus de 17 % dans l'Etat de Rio de Janeiro (son meilleur r&#233;sultat &#224; comparer aux 29 % d'Alckmin), 5,6 % dans l'Etat de Minas Gerais. Il est &#224; remarquer aussi qu'&#224; Rio de Janeiro, l&#224; o&#249; le Front de gauche a eu ses meilleurs r&#233;sultats, l'appel au vote nul au second tour a &#233;t&#233; r&#233;ellement suivi : 5,68 % contre 1% nationalement. Et, pour l'&#233;lection du gouverneur de l'Etat, le total blancs, nuls et abstentions atteint 32 %, l'&#233;quivalent du r&#233;sultat du candidat arriv&#233; second.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une grande diff&#233;rence cependant entre les r&#233;sultats personnels de Helo&#239;sa Helena aux pr&#233;sidentielles et ceux des candidats aux &#233;lections de gouverneur ou de s&#233;nateur. Si la candidate au pr&#233;sidentielles a recueilli 6,85 % des voix nationalement, les listes du Front de gauche aux l&#233;gislatives n'en ont re&#231;u que 1,25 %. Luciana Genro, une ancienne d&#233;put&#233;e PT d&#233;missionn&#233;e par le parti de Lula, a retrouv&#233; son si&#232;ge. Deux autres candidats du Front de gauche ont &#233;t&#233; &#233;lus dans l'Etat de Sao Paulo. Mais deux anciens d&#233;put&#233;s PT qui avaient rejoint le PSol ne l'ont pas &#233;t&#233;. Et le PSTU n'a eu aucun &#233;lu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ind&#233;pendamment des bons ou moins bons r&#233;sultats, ce Front de la gauche ne va pas sans poser les probl&#232;mes habituels de ces sortes d'alliances faites de r&#233;volutionnaires, de gens qui balancent entre le r&#233;formisme et la r&#233;volution... et d'autres qui ont en fait choisi le premier contre la seconde. Car c'est bien cela, cette alliance entre le PSTU&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Le PSTU, Parti socialiste des travailleurs unifi&#233;, fond&#233; en 1994, est une (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; qui se veut &#171; parti de la r&#233;volution socialiste &#187;, le PSol&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Le PSol, parti du socialisme et de la libert&#233;, a &#233;t&#233; fond&#233; par Helo&#239;sa Helena, (...)' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; qui affiche vouloir &#171; approfondir la d&#233;mocratie &#187; et le PCB&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-3' class='spip_note' rel='appendix' title='Le PCB est le parti communiste br&#233;silien, parti des ex-staliniens.' id='nh2-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; qui critique une certaine gestion des affaires de la bourgeoisie sans forc&#233;ment refuser de les g&#233;rer un jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le manifeste du Front de gauche avait d&#233;fini un programme commun : la suspension du paiement de la dette interne et externe, la rupture avec le capital financier et l'imp&#233;rialisme, la mobilisation contre la r&#233;vision du code du travail, la suppression des attaques contre la s&#233;curit&#233; sociale et la mise en place d'une v&#233;ritable r&#233;forme agraire. La campagne &#233;lectorale des uns ou des autres n'a pas toujours &#233;t&#233; conforme &#224; ce programme. Ainsi Helo&#239;sa Helena, avec son candidat vice-pr&#233;sident Cesar Benjamin, a mis en avant le d&#233;veloppement &#233;conomique du Br&#233;sil fond&#233; sur la baisse des taux d'int&#233;r&#234;ts. Elle a d&#233;clar&#233; que les occupations de terre devaient se faire &lt;em&gt;&#171; uniquement dans le cadre de la loi &#187;, &lt;/em&gt;ce qui signifiait d&#233;savouer toute une partie des organisations de sans terre. Elle a pris des positions personnelles contre l'avortement, en relation avec son engagement personnel de militante catholique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, tandis qu'&lt;em&gt; &#171; Helo&#239;sa a fait une campagne centr&#233;e sur la corruption du gouvernement &#187; &lt;/em&gt;comme le relevait le journal &lt;em&gt;Pagina 12&lt;/em&gt; du 15 octobre 2006, le PSTU centrait son intervention sur la lutte sociale. Il a avanc&#233; l'id&#233;e d'une r&#233;forme agraire qui retirerait la terre aux latifundiaires sans indemnisation. Il a affirm&#233; son soutien aux ouvriers de Volkswagen de Sao Bernardo (Etat de Sao Paulo). Il a d&#233;fendu les nationalisations des hydrocarbures de Bolivie contest&#233;es par les trusts p&#233;troliers br&#233;siliens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PSTU n'a donc pas cach&#233; ses critiques ou ses d&#233;saccords avec la repr&#233;sentante de cette coalition, sans pour autant rompre le front. Cette tactique sera-t-elle payante pour le mouvement r&#233;volutionnaire br&#233;silien ? L'histoire nous le dira sans doute bien vite. Mais on peut craindre toutefois que le bilan ne soit pas que positif. En effet, en s'int&#233;grant dans ce front, le PSTU a fait, qu'il le veuille ou non, de tous les candidats pr&#233;sent&#233;s par ce front ses propres candidats, y compris des femmes et des hommes dont le pass&#233; ou les positions n'offrent aucune garantie qu'ils resteront longtemps dans le camp des travailleurs. Etait-il bien utile de leur apporter cette caution ? S'il &#233;tait sans doute juste de faire voter pour Helo&#239;sa Helena, par exemple, pour ce qu'elle repr&#233;sentait dans cette &#233;lection face &#224; Lula, n'aurait-il pas mieux valu le faire en pr&#233;sentant ses propres raisons et ses propres objectifs, sans les m&#233;langer, m&#234;me un tout petit peu, avec ceux bien diff&#233;rents d'autres partisans de la m&#234;me Helo&#239;sa Helena ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, pour le deuxi&#232;me tour, la prise de position du PSTU pour le vote nul a &#233;t&#233; suivie par le PSol : &lt;em&gt;&#171; Nous ne pouvons adopter une autre position que celle de d&#233;noncer les candidatures d'Alckmin et de Lula comme des appuis &#224; un mod&#232;le politique, &#233;conomique et social injuste, dont l'une des facettes est la corruption g&#233;n&#233;ralis&#233;e (...) mod&#232;le qui maintiendra des millions de Br&#233;siliens dans la mis&#232;re et la d&#233;pendance (...) Aussi bien Lula qu'Alckmin sont les deux facettes d'une m&#234;me m&#233;daille (...) par cons&#233;quent nous disons au peuple br&#233;silien, votez pour qui vous voulez ou votez blanc ou nul mais n'ayez aucune illusion que l'un des deux repr&#233;sentera les int&#233;r&#234;ts du peuple. &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si la direction du PSol a appel&#233; finalement au vote nul, plusieurs de ses dirigeants se sont d&#233;marqu&#233;s et ont appel&#233; &#224; voter Lula, comme le d&#233;put&#233; Chico Alencar. Le candidat &#224; la vice-pr&#233;sidence C&#233;sar Benjamin choisi par Helo&#239;sa Helena (malgr&#233; le d&#233;saccord du PSTU qui proposait Z&#233; Maria, un leader ouvrier connu), qui d&#233;fendait l'option d'un dialogue avec Lula, en a profit&#233; pour quitter le PSol. Quant au PCB, il a appel&#233; &#224; voter Lula au deuxi&#232;me tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si certains des hommes et des groupes composant le front ont reni&#233; ou &#233;dulcor&#233; leur opposition &#224; Lula d&#232;s le lendemain du premier tour des &#233;lections, on peut se demander ce qu'ils feront face aux probl&#232;mes, autrement importants, qui vont immanquablement se poser au mouvement ouvrier et au mouvement r&#233;volutionnaire br&#233;silien durant les prochaines quatre ann&#233;es de mandature de Lula !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une classe ouvri&#232;re sur le qui vive ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s l'&#233;lection termin&#233;e, Lula a annonc&#233; qu'il offrait &#224; tous les partis, et pas seulement au PMDB avec lequel il a fait campagne et gouverne d&#233;j&#224;, de participer &#224; sa majorit&#233; gouvernementale. &#199;a promet ! Comme promet l'engagement de payer la dette ext&#233;rieure et de suivre les accords budg&#233;taires n&#233;goci&#233;s avec le FMI !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux manifestants qui acclamaient son &#233;lection, il a d&#233;clar&#233; : &lt;em&gt;&#171; On ne peut d&#233;penser plus que ce que l'on gagne. Malgr&#233; les revendications de mes compagnons syndicalistes, on ne pourra donner aux gens que ce que permet la responsabilit&#233;. &#187;&lt;/em&gt; Voil&#224; qui n'est gu&#232;re rassurant non plus pour le monde du travail lorsqu'on sait que lors de son premier mandat, Lula n'a repouss&#233; la r&#233;forme du code du travail visant &#224; supprimer le treizi&#232;me mois, r&#233;duire le mois de vacances et les indemnit&#233;s de licenciement ou assouplir les m&#233;canismes d'embauche, que pour &#233;viter d'attaquer toutes les couches populaires en m&#234;me temps et sur tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, beaucoup de travailleurs qui ont donc vot&#233; Lula au deuxi&#232;me tour l'ont fait sans illusion, pour voter contre une droite trop arrogante. Cela ne veut pas dire qu'ils attendent ou comptent sur lui pour r&#233;gler les probl&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi les sans terre ne se contentent pas d'attendre les mesures de Lula. Le MST (dont la direction a appel&#233; &#224; voter Lula au deuxi&#232;me tour, alors qu'elle ne l'avait pas fait au premier) pr&#233;voit d&#233;j&#224; une marche pour la terre qui doit d&#233;buter le 17 avril et arriver en mai &#224; Brasilia. Or bien des courants du mouvement des sans terre vont beaucoup plus loin que le MST, ne craignant pas de contester le gouvernement et sa politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs il y a une agitation, principalement sur les salaires, dans plusieurs secteurs : parmi les employ&#233;s f&#233;d&#233;raux et municipaux, les postiers (qui ont d&#233;nonc&#233; une perte de salaire de 45 % de 1994 &#224; 2005), &#224; General Motors de Sao Jos&#233; dos Campos (Etat de Sao Paulo), les employ&#233;s de banque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte des travailleurs de Volkswagen contre les 1 300 licenciements programm&#233;s dans l'usine de Sao Bernardo, alors que les b&#233;n&#233;fices de Volkswagen sont en hausse de 53,2 % en un an, a aussi interf&#233;r&#233; dans la campagne &#233;lectorale. Le ministre du travail, Luiz Marinho, dirigeant de la CUT et ex salari&#233; de Volkswagen, a d&#233;clar&#233; : &#171; &lt;em&gt;Le gouvernement ne peut pas y faire grand-chose. &#187; &lt;/em&gt;La direction du syndicat des m&#233;tallurgistes a man&#339;uvr&#233; pour briser la gr&#232;ve. Puis mis en minorit&#233; dans des assembl&#233;es de gr&#233;vistes, elle a chang&#233; de tactique et divis&#233; la gr&#232;ve &#171; secteur par secteur &#187;. Mais une opposition syndicale &#224; la direction de la CUT a men&#233; la contestation, remettant en cause l'accord syndicat-direction et avan&#231;ant d'autres revendications : pas de licenciement, r&#233;duction de la journ&#233;e de travail sans r&#233;duction de salaire, et que les actionnaires prennent sur leurs b&#233;n&#233;fices !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis un an ou deux, &#224; l'initiative de plusieurs syndicats, notamment de fonctionnaires, et avec l'aide de militants d'extr&#234;me gauche, en particulier du PSTU, une nouvelle centrale appel&#233;e Conlutas (Coordination des luttes) a &#233;t&#233; mise en place en opposition &#224; la CUT. Le congr&#232;s de Conlutas qui s'est r&#233;uni en ao&#251;t dernier a &#233;t&#233; jug&#233; comme un succ&#232;s par les syndicats et organisations pr&#233;sentes. Nombre de groupes d'extr&#234;me gauche, critiques jusque-l&#224; de cette initiative du PSTU, y ont particip&#233;, comme le PSol. Et depuis, Conlutas semble avoir d&#233;velopp&#233; son influence dans un certain nombre de secteurs, des m&#233;tallos de Volta Ronde (Rio de Janeiro) au mineurs de Vale do Rio Doce (Minas Gerais) en passant par les enseignants de Rio de Janeiro ou les syndicats des p&#233;troliers, sans compter des organisations de sans terre et d'&#233;tudiants qui ont elles aussi adh&#233;r&#233; &#224; Conlutas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bras de fer entre Lula qui, n'en doutons pas, va maintenant tenter de mener la politique anti-sociale r&#233;clam&#233;e par le patronat et l'imp&#233;rialisme, et la classe ouvri&#232;re br&#233;silienne est in&#233;vitable. La combativit&#233; n'est pas revenue au niveau de ce qu'elle a &#233;t&#233; une ou deux d&#233;cennies en arri&#232;re, mais elle ne semble pas nulle non plus. La partie n'est pas termin&#233;e, une partie dans laquelle les r&#233;volutionnaires ont un r&#244;le &#224; jouer et un cr&#233;dit &#224; gagner, et d'une toute autre importance que ceux jou&#233;s ou gagn&#233;s dans les r&#233;centes &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;10 novembre 2006&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le PSTU, Parti socialiste des travailleurs unifi&#233;, fond&#233; en 1994, est une organisation trotskyste qui se revendique de l'h&#233;ritage de la r&#233;volution d'octobre et se donne pour but le pouvoir aux travailleurs. Membre de la LIT, mor&#233;niste, il veut reconstruire une organisation r&#233;volutionnaire internationale, dans la continuit&#233; de la IV&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; internationale de Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le PSol, parti du socialisme et de la libert&#233;, a &#233;t&#233; fond&#233; par Helo&#239;sa Helena, alors s&#233;natrice du PT, et les d&#233;put&#233;s exclus de ce parti en 2003 pour avoir refus&#233; de voter la r&#233;forme gouvernementale remettant en cause les retraites des fonctionnaires. Des militants et groupes r&#233;volutionnaires l'ont rejoint et une large fraction de la section br&#233;silienne du Secr&#233;tariat unifi&#233; de la IV&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Internationale l'anime. Mais il ne vise pas explicitement &#224; la construction d'un parti r&#233;volutionnaire ni &#224; la r&#233;volution. Son but est de reconstruire un PT &#224; l'image de ce que celui-ci &#233;tait &#224; ses d&#233;buts.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-3' class='spip_note' title='Notes 2-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le PCB est le parti communiste br&#233;silien, parti des ex-staliniens.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Moyen Orient : derri&#232;re la victoire &#171; historique &#187; du Hezbollah
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Isra&#235;l
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		<description>Une victoire &#171; historique &#187; et m&#234;me &#171; divine &#187;, c'est ainsi que Hassan Nasrallah, chef du Hezbollah, devant une &#233;norme foule de ses partisans rassembl&#233;e &#224; Beyrouth, a qualifi&#233; l'issue de la r&#233;cente guerre que Isra&#235;l a livr&#233;e &#224; son parti. Nasrallah est dans son r&#244;le en essayant de tirer tout le parti possible de la r&#233;sistance inattendue du Hezbollah devant l'offensive isra&#233;lienne, quitte &#224; la surestimer. Pourtant, plus important sans doute pour l'avenir de la r&#233;gion, tous les t&#233;moignages s'accordent pour&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Les-articles-dans-Lutte-de-Classe-" rel="directory"&gt;Les articles dans &#171; Lutte de Classe &#187;
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Liban-+" rel="tag"&gt;Liban
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Moyen-Orient-+" rel="tag"&gt;Moyen Orient
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une victoire &#171; historique &#187; et m&#234;me &#171; divine &#187;, c'est ainsi que Hassan Nasrallah, chef du Hezbollah, devant une &#233;norme foule de ses partisans rassembl&#233;e &#224; Beyrouth, a qualifi&#233; l'issue de la r&#233;cente guerre que Isra&#235;l a livr&#233;e &#224; son parti. Nasrallah est dans son r&#244;le en essayant de tirer tout le parti possible de la r&#233;sistance inattendue du Hezbollah devant l'offensive isra&#233;lienne, quitte &#224; la surestimer. Pourtant, plus important sans doute pour l'avenir de la r&#233;gion, tous les t&#233;moignages s'accordent pour reconna&#238;tre que c'est aussi l'opinion d'une grande partie des peuples du Moyen Orient, dont Nasrallah serait devenu l'idole.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'&#233;chec d'Isra&#235;l&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'affaire du Liban, en tout cas, n'a pas &#233;t&#233; une victoire pour Isra&#235;l. Et les critiques l&#224;-bas vont bon train contre le gouvernement. Trop rarement sans doute pour avoir d&#233;clench&#233; la guerre, mais tr&#232;s souvent par contre pour l'avoir mal conduite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que pour la premi&#232;re fois, depuis soixante ans qu'Isra&#235;l fait r&#233;guli&#232;rement la guerre &#224; l'une ou l'autre des arm&#233;es arabes, les milices du Hezbollah, si elles ont sans doute subi des pertes importantes, n'ont &#233;t&#233; ni d&#233;cim&#233;es ni &#233;cras&#233;es. Le spectacle est nouveau. Des troupes arabes ont tenu t&#234;te. Les Isra&#233;liens d&#233;plorent &#224; leur tour des pertes non n&#233;gligeables et doivent se retirer au plus vite, contrairement &#224; leurs habitudes de seigneurs et ma&#238;tres de la r&#233;gion, des territoires p&#233;niblement conquis. A peine ont-ils pu masquer cette pr&#233;cipitation sous le pr&#233;texte de c&#233;der la place aux troupes des Nations Unies ! Le nouveau prestige gagn&#233; par le Hezbollah dans l'opinion arabe n'est donc pas d&#251; &#224; une simple propagande outranci&#232;re et bien orchestr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le succ&#232;s d'un engagement militaire se mesure au fait d'avoir ou non atteint les buts fix&#233;s au d&#233;part. Et il est clair que ceux-ci ne l'ont pas &#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord les militaires isra&#233;liens faits prisonniers n'ont pas &#233;t&#233; r&#233;cup&#233;r&#233;s. Mais les malheureux soldats ne furent qu'un pr&#233;texte &#224; d&#233;clencher les hostilit&#233;s, voire peut-&#234;tre un leurre dans une provocation d&#233;lib&#233;r&#233;e mont&#233;e par Isra&#235;l. Des journalistes am&#233;ricains g&#233;n&#233;ralement bien inform&#233;s, para&#238;t-il, ont pr&#233;tendu que les &#233;tats-majors isra&#233;liens et am&#233;ricains planchaient depuis des mois sur des plans d'invasion du Sud du Liban. On ne doit certes pas prendre pour argent comptant les r&#233;v&#233;lations des journalistes trop bien inform&#233;s... apr&#232;s coup. Pourtant ces informations-l&#224; semblent cadrer avec le d&#233;roulement du conflit. Ce n'est pas la premi&#232;re fois que l'arm&#233;e ou les services secrets isra&#233;liens ont &#224; r&#233;cup&#233;rer des hommes &#224; eux aux mains de l'ennemi. Ils l'ont fait alors avec d'autres m&#233;thodes, et souvent un autre succ&#232;s, que... par des bombardements massifs de la r&#233;gion dans laquelle les prisonniers &#233;taient cens&#233;s &#234;tre d&#233;tenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces bombardements n'avaient aucune chance de faire revenir les bidasses, au mieux ou plut&#244;t au pire, de les ranger parmi leurs victimes. Ils prouvent que les autorit&#233;s isra&#233;liennes se souciaient de leur sort comme d'une guigne. Des proches et les familles demandaient au gouvernement isra&#233;lien d'entamer des n&#233;gociations avec les ravisseurs. Cela semble, on l'avouera, une proc&#233;dure plus normale quand on veut simplement r&#233;cup&#233;rer les kidnapp&#233;s que de commencer par d&#233;truire les places o&#249; ils sont susceptibles d'&#234;tre gard&#233;s. Mais des n&#233;gociations &#233;taient justement ce que le gouvernement isra&#233;lien voulait, et veut, &#233;viter &#224; tout prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche si le but r&#233;el &#233;tait de faire du Sud Liban une terre br&#251;l&#233;e d'o&#249; le Hezbollah serait liquid&#233;, de d&#233;truire toutes les infrastructures, civiles ou militaires, susceptibles de lui servir, quitte &#224; d&#233;truire toutes les infrastructures du pays, et de tuer le plus de miliciens possibles, quitte &#224; massacrer la population, alors ces bombardements syst&#233;matiques et massifs qui ont marqu&#233; le d&#233;but des op&#233;rations prennent tout leur sens. Et ne peuvent prendre que celui-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue, Nasrallah toujours bien vivant bien que sa t&#234;te ait &#233;t&#233; mise &#224; prix par les Isra&#233;liens, entour&#233; de troupes toujours aussi nombreuses sinon plus, rassemblant encore bien plus de Libanais qu'il ne l'avait jamais fait, non seulement shiites mais d'autres confessions aussi, en un mot renforc&#233; politiquement, peut chanter victoire.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Et celui des Etats-Unis ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas que le Hezbollah qui peut crier victoire. Tout autant que lui il y a ses soutiens, la Syrie et surtout l'Iran. D'abord sa d&#233;faite aurait forc&#233;ment &#233;t&#233; aussi la leur. Mais surtout c'&#233;taient eux qui &#233;taient vis&#233;s au premier chef, au moins autant que le Hezbollah lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car dans cette affaire Isra&#235;l n'a pas fait que d&#233;fendre ses int&#233;r&#234;ts propres en tentant de se d&#233;barrasser d'une force politique et militaire hostile &#224; ses fronti&#232;res nord. La preuve d&#233;finitive que cette guerre fut pr&#233;par&#233;e bien &#224; l'avance et en commun par les Etats-Unis et Isra&#235;l est peut-&#234;tre encore &#224; apporter. Elle n'est plus &#224; faire en revanche sur le fait que depuis longtemps le second s'est mis au service des premiers et leur sert de gendarme dans la r&#233;gion. C'est le gendarme qui a frapp&#233; au Liban.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si le gendarme a frapp&#233; au Liban, c'est sans doute parce que ses patrons auraient int&#233;r&#234;t tout comme lui de se d&#233;barrasser du Hezbollah. N'ont-ils pas class&#233; ce parti parmi les organisations terroristes auxquelles ils ont d&#233;clar&#233; une guerre universelle ? Mais c'est aussi pour all&#233;ger d'autres de leurs soucis dans la r&#233;gion, plus importants que la situation int&#233;rieure actuelle du Liban.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ont certes liquid&#233; le r&#233;gime de Saddam Hussein, captur&#233; son chef, montr&#233; que la principale puissance militaire r&#233;gionale ne comptait pas face &#224; la leur. Mais ils ont &#233;t&#233; incapables de remettre en place un Etat irakien qui pourrait imposer l'ordre, incapable de remettre en marche la production de p&#233;trole au niveau esp&#233;r&#233;, ce qui &#233;tait le but essentiel de l'op&#233;ration. Le chaos politique et &#233;conomique, la guerre civile et la guerre contre l'occupant se sont install&#233;s. Et la seule superpuissance de ce d&#233;but du vingt-et-uni&#232;me si&#232;cle semble chaque jour un peu plus embourb&#233;e et sans solution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Afghanistan avait d&#233;j&#224; pris le m&#234;me chemin. Le r&#233;gime des Taliban a bien &#233;t&#233; liquid&#233; lui aussi. Mais depuis les Am&#233;ricains n'y ma&#238;trisent pas davantage la situation. Et ce n'est certainement pas parce qu'ils ont officiellement pass&#233; le commandement des op&#233;rations &#224; l'OTAN qu'ils se sont sortis de cet autre bourbier. Au mieux ils y entra&#238;nent lentement mais s&#251;rement leurs alli&#233;s, dont la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et maintenant il y a aussi l'Iran. Enhardi par les difficult&#233;s de son ennemi de plus de 25 ans en Irak et Afghanistan, deux voisins, voil&#224; &#171; l'Etat voyou &#187; des Ayatollah qui proclame sa volont&#233; de se donner une programme nucl&#233;aire qui pourrait aboutir &#224; la fabrication de l'arme atomique. La provocation envers la superpuissance am&#233;ricaine, qui pr&#233;tend r&#233;server cette arme au petit club des d&#233;j&#224; d&#233;tenteurs, est &#233;vidente. La r&#233;ponse que pourrait donner les Etats-Unis beaucoup moins, l'&#233;ventualit&#233; d'une intervention militaire &#233;tant quand m&#234;me r&#233;duite du fait des probl&#232;mes de l'arm&#233;e am&#233;ricaine engag&#233;e sur d'autres champs de bataille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une racl&#233;e au Hezbollah par Isra&#235;l pouvait donc sembler a priori plus facile &#224; administrer que de monter une nouvelle intervention militaire am&#233;ricaine d'envergure contre un Iran qui est &#224; nouveau, maintenant que l'Irak de Saddam a disparu, la premi&#232;re puissance militaire du Moyen Orient. Certes l'effet ne pouvait pas en &#234;tre tout &#224; fait &#233;quivalent. Mais e&#251;t-elle &#233;t&#233; r&#233;ellement administr&#233;e, c'&#233;tait un avertissement &#224; tous ceux qui dans la r&#233;gion peuvent songer &#224; jouer les fortes t&#234;tes, Iran en premier. C'&#233;tait leur dire : m&#233;ditez l'exemple du Hezbollah ! Ne vous figurez pas que, parce que nous avons quelques difficult&#233;s en Irak ou en Afghanistan, nous ne pouvons intervenir ailleurs et que nous sommes paralys&#233;s. Nous avons toujours &#224; notre service l'irr&#233;sistible arm&#233;e isra&#233;lienne, qui a les m&#234;mes ennemis, les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts et est toujours pr&#234;te &#224; apporter le coup de main n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Las, pour eux, l'affaire ne s'est pas aussi bien d&#233;roul&#233;e qu'ils l'attendaient ! L'arm&#233;e isra&#233;lienne loin d'&#234;tre irr&#233;sistible a &#233;t&#233; en dessous de sa r&#233;putation ; le Hezbollah, cible choisie pour sa suppos&#233;e inf&#233;riorit&#233; militaire face &#224; Tsahal, s'est r&#233;v&#233;l&#233; plus solide que pr&#233;vu. Et la d&#233;monstration a &#233;t&#233; rat&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La d&#233;monstration terroriste&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;monstration a &#233;t&#233; rat&#233;e ? Peut-&#234;tre pas enti&#232;rement tout de m&#234;me. Le Hezbollah n'a pas &#233;t&#233; d&#233;truit certes, mais le Liban si, et pas seulement dans les r&#233;gions o&#249; r&#232;gne le parti de Nasrallah. Cela a certes provoqu&#233; l'indignation, feinte ou r&#233;elle, d'une bonne partie de l'opinion mondiale. Mais que compte l'opinion mondiale pour l'imp&#233;rialisme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mettre les gu&#233;rillas du Hezbollah hors course, il aurait fallu commencer par une offensive terrestre et pas seulement les bombardements a&#233;riens. Tout le monde l'a dit. Et une partie des militaires isra&#233;liens accusent maintenant leur hi&#233;rarchie d'avoir fait le mauvais choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mauvais choix ? Sans doute, si le but avait &#233;t&#233; de r&#233;cup&#233;rer les soldats enlev&#233;s ou m&#234;me d'infliger une d&#233;faite d&#233;cisive aux milices du Hezbollah. Mais si &#224; ce premier objectif s'en ajoutait un autre, plus important encore (celui de lancer un avertissement aux r&#233;gimes qu'on soup&#231;onne d'aider les insurg&#233;s irakiens ou afghans), le choix &#233;tait peut-&#234;tre moins mauvais qu'il para&#238;t &#224; premi&#232;re vue. Au risque d'irriter et frustrer opinion et militaires isra&#233;liens !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Liban a &#233;t&#233; un champ de man&#339;uvres, une piste d'essai, une vitrine. Destin&#233; aux populations comme aux r&#233;gimes rebelles, nomm&#233;ment la Syrie et surtout l'Iran. L'imp&#233;rialisme n'a peut-&#234;tre pas les moyens politiques ou militaires de se mettre, aujourd'hui, un ou plusieurs Irak ou Afghanistan suppl&#233;mentaires sur le dos. Mais il garde les moyens d'&#233;craser un r&#233;gime qui ne lui pla&#238;t pas d'une autre fa&#231;on : en le faisant payer au prix fort, en d&#233;truisant le pays et ses infrastructures sous les bombes, en massacrant et affamant la population, en &#171; ramenant ce pays &#224; l'&#226;ge de pierre &#187; comme se vantaient de le faire, et l'ont en partie fait, les g&#233;n&#233;raux am&#233;ricains au Vietnam... et comme le font aujourd'hui les Isra&#233;liens dans une partie de la Palestine et la Bande de Gaza.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, le Liban est un rappel pour les peuples du Moyen Orient et du monde de ce dont les imp&#233;rialistes sont capables lorsqu'ils jugent leurs int&#233;r&#234;ts en jeu. Tous les imp&#233;rialismes, et pas seulement la superpuissance am&#233;ricaine. A l'exemple de la France, qui a fait mine de froncer les sourcils devant la politique d'Isra&#235;l et des Etats-Unis, pour se ranger &#224; leurs c&#244;t&#233;s et leur tirer une petite &#233;pine du pied en envoyant des troupes dont le r&#244;le est finalement d'aider &#224; maintenir l'emprise des grandes puissances sur la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La guerre ou la n&#233;gociation ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il est trop t&#244;t pour dire si l'avertissement a &#233;t&#233; entendu. Apparemment les bras de fer continuent. L'Iran campe sur ses positions et s'affirme d&#233;termin&#233; &#224; poursuivre sa politique ind&#233;pendante, en particulier la r&#233;alisation de son programme nucl&#233;aire, sans se soucier des menaces am&#233;ricaines. Le Hezbollah se vante d'&#234;tre mieux arm&#233; que jamais, 20 000 missiles selon Nasrallah. La Syrie dit ouvertement qu'elle continuera &#224; contribuer &#224; cet armement. Mais cela traduit-il la conviction que, pour l'instant, l'imp&#233;rialisme est trop emberlificot&#233; dans ses probl&#232;mes pour mettre ses menaces &#224; ex&#233;cution ? Ou s'agit-il des bravades habituelles qui pr&#233;c&#232;dent la recherche de n&#233;gociations et de compromis ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car il y a aussi des signes dans cette derni&#232;re direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Palestine le Hamas, press&#233; par la situation catastrophique cr&#233;&#233;e par le quasi blocus et l'arr&#234;t de l'aide internationale, a envisag&#233; la constitution d'un gouvernement d'Union nationale et la reconnaissance de fait sinon de droit d'Isra&#235;l (toutes concessions qui ont semble-t-il encourag&#233; le Fatah &#224; accentuer encore les pressions de son c&#244;t&#233;, jusqu'&#224; menacer de d&#233;clencher une guerre civile).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Liban le Hezbollah, tout en clamant qu'il a gagn&#233;, pr&#233;f&#232;re pour l'instant s'accommoder du statu quo et de l'occupation des troupes &#233;trang&#232;res cens&#233;es le d&#233;sarmer (certes dans l'&#233;tat actuel, cette t&#226;che est loin d'&#234;tre &#224; la port&#233;e des troupes onusiennes, mais la volont&#233; de r&#233;conciliation nationale affirm&#233;e par Nasrallah peut &#234;tre aussi l'annonce d'une ouverture).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Iran m&#234;me, tout en r&#233;affirmant leur volont&#233; de ne pas se soumettre au diktat des Occidentaux, les autorit&#233;s disent aussi leur volont&#233; de n&#233;gocier, voire de s'engager &#224; n'utiliser les capacit&#233;s de leur industrie nucl&#233;aire que pour l'usage civil (certes la proposition de coop&#233;rer avec la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise Aveva pour faire de l'enrichissement d'uranium en Iran fait partie du jeu diplomatique iranien consistant &#224; tenter de diviser le front des grandes puissances ; mais ce pourrait &#234;tre aussi une offre de compromis).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la prochaine p&#233;riode, les Etats-Unis se sentiront-ils assez forts pour choisir la confrontation directe ou chercheront-ils au contraire, surtout si en face on se montre conciliant, &#224; calmer le jeu, au moins momentan&#233;ment ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est s&#251;r en tout cas, c'est que la politique de tous ces r&#233;gimes et partis nationalistes ou islamistes radicaux envers Isra&#235;l am&#232;ne &#224; laisser la ma&#238;trise de la situation &#224; l'imp&#233;rialisme. En n'ayant pour politique que de se pr&#233;parer &#224; une confrontation militaire (du moins en parole), en se donnant pour objectif (l&#224; encore en parole) la destruction d'Isra&#235;l, comme le pr&#233;sident iranien Mahmoud Ahmadinejad a cru bon de le r&#233;p&#233;ter sur tous les tons ces derniers temps, ils ne font que renforcer la conviction des Isra&#233;liens, bourgeois ou prol&#233;taires, que leur salut est dans une alliance ind&#233;fectible avec les Etats-Unis. Et du coup ils contribuent &#224; leur mani&#232;re &#224; mettre &#224; la disposition des Etats-Unis toute la puissance d'Isra&#235;l, &#224; en faire cette forteresse qui surveille et menace toute la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre choix serait une politique de classe. Celle qui consisterait pour chaque peuple &#224; d&#233;fendre ses int&#233;r&#234;ts et son ind&#233;pendance, y compris les armes &#224; la main quand il le faut, bien s&#251;r, mais aussi &#224; miser avant tout sur les pauvres et les prol&#233;taires d'Isra&#235;l pour affaiblir et d&#233;manteler ladite forteresse de l'int&#233;rieur. Et pour cela &#224; tenir compte et d&#233;fendre explicitement les int&#233;r&#234;ts de ces pauvres et de ces prol&#233;taires, plut&#244;t que parler de les rayer de la carte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est &#233;videmment ni d'Ahmadinejad ni de Nasrallah, ni de leurs semblables, qu'il faut attendre cette politique. Isra&#235;l leur est trop commode pour servir de leurre &#224; leur propre peuple... et masquer peut-&#234;tre demain les compromis qu'ils sont pr&#234;ts &#224; passer, eux aussi, avec l'imp&#233;rialisme lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 5 octobre 2006&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Bolivie : la r&#233;volution au bout du gazoduc ?
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Bolivie
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mai dernier, quand le nouveau pr&#233;sident bolivien a annonc&#233; la nationalisation des hydrocarbures de son pays, un concert d'exclamations indign&#233;es s'est lev&#233; de par le monde : &lt;em&gt;&#171; consternant &#187;&lt;/em&gt; pour le pr&#233;sident de la firme espagnole Repsol, &lt;em&gt;&#171; inamical &#187;&lt;/em&gt; pour celui de la br&#233;silienne Petrobras, un dirigeant p&#233;trolier occidental, cit&#233; par &lt;em&gt;Le Figaro&lt;/em&gt; (12-06-2006), s'exclamant m&#234;me : &lt;em&gt;&#171; Morales a franchi toutes les limites. C'est bien simple, il ne nous reste rien ! &#187;&lt;/em&gt; Tout ce tapage avec aussi les petits chantages &#224; la clef, diff&#233;rentes multinationales annon&#231;ant qu'elles suspendaient pour l'instant leurs projets d'investissement, ou envisageaient un retrait du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La nationalisation : presque un retour &#224; la normale... &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si des limites ont bel et bien &#233;t&#233; franchies, ce sont celles de l'hypocrisie. Car cette mesure, parfaitement l&#233;gitime, non seulement n'est pas une surprise, mais n'a rien d'extraordinaire en soi. Depuis des si&#232;cles les puissances imp&#233;rialistes n'ont cess&#233; de piller les richesses de ce pays, aujourd'hui le plus pauvre de l'Am&#233;rique du sud : l'or, l'argent, le cuivre, l'&#233;tain, et maintenant le gaz. Il faut aussi rappeler que si les mesures de Morales gonfleront les recettes de l'Etat bolivien, celui-ci doit tout de m&#234;me consacrer pr&#232;s de 30 % de son budget au remboursement de sa dette &#224; l'&#233;gard des capitalistes &#233;trangers ! Qui est donc le voleur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la nationalisation, elle est plut&#244;t la r&#232;gle que l'exception dans le monde. 80 % des r&#233;serves d'hydrocarbures du globe appartiennent &#224; des compagnies nationales (comme l'Aramco saoudienne, la Pemex mexicaine, la PDVSA v&#233;n&#233;zu&#233;lienne, etc.), suite &#224; un mouvement de nationalisation enclench&#233; depuis longtemps en Am&#233;rique latine dans les ann&#233;es 1930, au Moyen-orient dans les ann&#233;es 1950-1960. En Bolivie, la nationalisation n'est finalement qu'un retour &#224; la situation d'avant... 1996. Cette ann&#233;e l&#224;, le pr&#233;sident Losada promulguait une loi qui privatisait &#171; &#224; la surface &#187; les puits de gaz, et surtout laissait les compagnies priv&#233;es compl&#232;tement libres dans leurs choix de commercialisation et d'utilisation des b&#233;n&#233;fices, en &#233;change d'un tr&#232;s faible taux d'imposition de 18 %. Pour le coup la Bolivie se distinguait vraiment dans le monde par la g&#233;n&#233;rosit&#233; des conditions offertes aux trusts du p&#233;trole !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nationaliser n'est certes pas exclure les multinationales des profits du gaz bolivien. Morales l'a d'ailleurs dit et r&#233;p&#233;t&#233;, il veut les &lt;em&gt;&#171; faire payer plus &#187;&lt;/em&gt; sans &lt;em&gt;&#171; expulser, ni confisquer, ni exproprier &#187;.&lt;/em&gt; Ce qui a sans doute le plus d&#233;rang&#233; les g&#233;ants du p&#233;trole et du gaz, c'est la d&#233;cision du repartage des profits. Les compagnies devront payer 82 % de royalties et imp&#244;ts sur leurs b&#233;n&#233;fices, le rapport instaur&#233; en 1996 &#233;tant donc compl&#232;tement invers&#233;. Morales remet ainsi en cause des contrats qui laissaient seulement des miettes &#224; l'Etat bolivien, et qui ont &#233;t&#233; n&#233;goci&#233;s quand les prix des hydrocarbures en g&#233;n&#233;ral &#233;taient bien plus bas qu'aujourd'hui, avec le p&#233;trole entre 10 et 20 dollars le baril contre plus de 70 dollars maintenant (sur le march&#233; mondial les prix du gaz ont tendance &#224; s'indexer sur les prix du p&#233;trole). Il a bien l'intention de profiter de cette envol&#233;e des prix mondiaux, et de ne pas laisser les multinationales, qui ont engrang&#233; des profits records encore cette ann&#233;e, toucher seules le jackpot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce compte c'est le pr&#233;sident de la compagnie (publique) br&#233;silienne Petrobras qui remporte la palme de l'hypocrisie : sa firme, la plus touch&#233;e par les mesures, puisqu'elle contr&#244;le 43 % de l'exploitation du gaz bolivien, achetait jusque-l&#224; le m&#232;tre cube de gaz 3,6 dollars, trois fois moins que la moyenne mondiale, quatre fois moins que son prix aux Etats-Unis ! Le gouvernement bolivien voudrait lui une hausse de deux petits dollars, et c'est cela que les dirigeants de Petrobras, soutenus par le pr&#233;sident br&#233;silien Lula, appellent une spoliation ! Le d&#233;cret de nationalisation, qui donne par ailleurs 180 jours aux compagnies pour ren&#233;gocier leurs contrats avec l'Etat bolivien, est donc avant tout un levier politique pour leur arracher davantage d'argent, et sans doute avoir un droit de regard sur ce que devient le gaz. Aujourd'hui en effet, sur l'ensemble de la production, qui est encore loin d'avoir atteint son plein d&#233;veloppement, 12,6 % seulement sont consacr&#233;s au march&#233; int&#233;rieur, essentiellement pour les entreprises, 2 % seulement de cette consommation int&#233;rieure allant &#224; la consommation des particuliers (soit environ 40 000 familles). En clair : la population, surtout les 70 % de pauvres que compte officiellement le pays, ne dispose pas de cette &#233;nergie &#224; bon march&#233; que pourrait &#234;tre le gaz, et se contente du bois de chauffage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nationalisation ou expropriation ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;gitimes, les mesures annonc&#233;es par Morales ont aussi leurs limites. L'un de ses rivaux politiques, le dirigeant de la Centrale Ouvri&#232;re Bolivienne (la COB), Jaime Solares, a d'ailleurs d&#233;nonc&#233; l'insuffisance du d&#233;cret pr&#233;sidentiel, en critiquant le &lt;em&gt;&#171; show de Morales &#187;&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;&#171; une nationalisation &#224; moiti&#233; &#187;, &lt;/em&gt;qui ne pr&#233;voit &lt;em&gt;&#171; ni confiscation ni expropriation &#187;. &lt;/em&gt;Mais ne s'agit-il pas de sa part d'un radicalisme de fa&#231;ade ? Le personnage lui-m&#234;me n'inspire pas confiance par ses choix politiques : il y a un an, au plus fort de la r&#233;volte de la population contre le pouvoir, il en appelait &#224; des secteurs soi-disant progressistes de l'arm&#233;e et affirmait : &lt;em&gt;&#171; Nous avons besoin d'un colonel Chavez &#187; &lt;/em&gt;qui serait sorti des rangs de l'arm&#233;e, pour exercer une dictature populiste et nationaliste. Il envoyait m&#234;me une d&#233;l&#233;gation de syndicalistes en discuter avec l'&#233;tat-major ! Une position qu'il ne reniait pas vraiment en d&#233;cembre 2005, &#224; la veille de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle qui a port&#233; Morales au pouvoir, puisqu'il disait dans un entretien &#224; la revue &lt;em&gt;Inprecor&lt;/em&gt; : &lt;em&gt;&#171; Je n'ai jamais appel&#233; les militaires &#224; un coup d'Etat. J'ai simplement dit que si un militaire patriote et engag&#233; aupr&#232;s du peuple, comme Chavez au Venezuela, prenait le pouvoir en Bolivie, je serais le premier &#224; le soutenir, pour en finir avec l'injustice sociale et la mis&#232;re. &#187; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-il par ailleurs forc&#233;ment cons&#233;quent de r&#233;clamer aujourd'hui une expropriation pure et simple - m&#234;me si l'objectif reste l&#233;gitime - de ces trusts qui pillent les richesses du pays ? Il ne suffit pas de poss&#233;der les hydrocarbures, il faut aussi ma&#238;triser la prospection, l'exploitation, le raffinage, la commercialisation. C'est sur ce terrain que les multinationales imposent leurs int&#233;r&#234;ts et leur domination partout dans le monde. L'Etat bolivien aurait-il r&#233;ellement la possibilit&#233; de tirer profit de son gaz, par ses propres moyens ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut des techniciens et des capitaux pour exploiter industriellement le gaz, et la Bolivie ne les a pas. C'est pour cette raison que Morales fait d'ailleurs mine de faire jouer la concurrence : pour se passer de Repsol, de Petrobras ou de Total, il pourrait s'adresser &#224; des compagnies de pays en voie de d&#233;veloppement capables de prendre le relais, et moins gourmandes sur les profits : la chinoise CNPC, l'indienne ONGC, ou encore... la compagnie nationale v&#233;n&#233;zu&#233;lienne PDVSA, contr&#244;l&#233;e politiquement par Chavez !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Resterait &#224; vendre ce gaz. Certes il y a une conjoncture favorable, l'envol&#233;e des prix des hydrocarbures, qui fait que les Etats d&#233;velopp&#233;s et les compagnies de raffinage ou de commercialisation ont particuli&#232;rement besoin d'acheter ces ressources. Mais le gaz bolivien, m&#234;me s'il repr&#233;sente les deuxi&#232;mes r&#233;serves en importance du continent sud am&#233;ricain, n'est pas non plus comparable au p&#233;trole v&#233;n&#233;zu&#233;lien par exemple, qui compte pour une bonne part des importations am&#233;ricaines de p&#233;trole. Le monde imp&#233;rialiste, s'il veut &#171; punir &#187; la Bolivie, peut s'en passer, bien plus que les Boliviens peuvent se passer de leurs clients ext&#233;rieurs. De plus, le gaz ne se transporte pas comme le p&#233;trole. Il ne peut pas &#234;tre mis en barils pour &#234;tre vendu en n'importe quel endroit du monde. A moins de le liqu&#233;fier, par des proc&#233;d&#233;s complexes et on&#233;reux, il doit &#234;tre vendu &#224; des clients qui sont directement au bout du gazoduc. Il faut donc trouver un accord avec les pays voisins, &#224; commencer par le Br&#233;sil de Lula, le plus gros client, dont la compagnie Petrobras est justement la premi&#232;re &#224; s'indigner de la nationalisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les marges de man&#339;uvre d'un Morales pour tirer davantage profit du gaz ont donc elles aussi leurs limites. Ce n'est pas dans la mod&#233;ration des premi&#232;res mesures prises par Morales qu'il y a forc&#233;ment une fronti&#232;re entre une politique r&#233;ellement r&#233;volutionnaire dont le but serait d'assurer le pouvoir des masses pauvres et une politique de compromis r&#233;formiste visant &#224; se concilier &#224; tout prix la bienveillance des grandes puissances. La premi&#232;re devrait peut-&#234;tre avoir recours aux m&#234;mes compromis tactiques, temporaires ou in&#233;vitables, vis-&#224;-vis de ces grandes puissances que la seconde, mais les assortirait d'une orientation dans d'autres domaines qui n'est pas celle de Morales aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S'appuyer sur l'arm&#233;e et l'appareil d'Etat ou sur les classes populaires ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car les m&#233;thodes de Morales, elles, n'ont rien de r&#233;volutionnaire et peuvent pr&#233;parer de tristes lendemains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Morales a envoy&#233; l'arm&#233;e occuper les 56 champs de gaz et de p&#233;trole du pays, histoire para&#238;t-il &lt;em&gt;&#171; d'assurer l'approvisionnement &#187;,&lt;/em&gt; et c'est au milieu des uniformes qu'il a lu son d&#233;cret. Une d&#233;monstration de force dont on voit mal comment elle pourrait renforcer le poids de la Bolivie vis-&#224;-vis des multinationales... Cette mise en sc&#232;ne, un peu absurde, a en revanche la vertu de mettre en avant les forces arm&#233;es, comme si c'&#233;tait sur elles qu'il fallait compter pour la reconqu&#234;te du gaz !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nationalisation est d'abord une victoire des classes populaires, des paysans indiens, des mineurs, des travailleurs, des habitants des banlieues mis&#233;rables de La Paz. Ces derni&#232;res ann&#233;es elles ont men&#233; des luttes extr&#234;mement dures. En 2000, ce fut la &#171; guerre de l'eau &#187; : la population de la ville de Cochabamba s'est mobilis&#233;e et malgr&#233; le d&#233;ploiement de l'arm&#233;e a impos&#233; le d&#233;part d'une filiale du groupe am&#233;ricain Bechtel qui avait fait main basse sur l'eau et ses profits. Un succ&#232;s rapidement imit&#233; dans la r&#233;gion de La Paz, o&#249; les habitants des quartiers pauvres ont expuls&#233; la filiale de la compagnie fran&#231;aise Suez. Puis vinrent les deux &#171; guerres du gaz &#187;. En 2003 la d&#233;cision du gouvernement de vendre le gaz &#224; la multinationale Pacific LNG, pour exportation vers le march&#233; am&#233;ricain, met le feu aux poudres et lance dans la rue des centaines de milliers de travailleurs et de paysans qui y voient un nouveau bradage des richesses du pays. Dans un climat de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, des marches de mineurs et de paysans convergent vers la capitale, et le 17 octobre, alors que 200 000 manifestants occupent La Paz et font le si&#232;ge du palais pr&#233;sidentiel, le pr&#233;sident Losada s'enfuit pour Miami. En juin 2005, c'est au tour de son successeur, Carlos Mesa de prendre la fuite. Il avait tent&#233; de louvoyer face aux revendications populaires, d'un c&#244;t&#233; organisant un referendum sur la nationalisation des puits, portant de 18 &#224; 50 % les imp&#244;ts et royalties que les multinationales doivent payer sur les profits de leur exploitation des hydrocarbures, d'un autre c&#244;t&#233; refusant de concr&#233;tiser ses engagements sur la nationalisation et affirmant que les contrats d&#233;j&#224; pass&#233;s avec les firmes &#233;trang&#232;res ne pouvaient pas &#234;tre r&#233;vis&#233;s. A nouveau les classes populaires se mobilisent, bloquent les transports et les routes, occupent des puits, ferment des gazoducs, et investissent la capitale malgr&#233; la r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le d&#233;part de Mesa, le parlement s'engage &#224; imposer dans un d&#233;lai de quelques mois de nouvelles &#233;lections pr&#233;sidentielles, qui vont porter au pouvoir Morales. Dans ces conditions, on voit mal comment celui-ci aurait pu &#234;tre &#233;lu en d&#233;cembre dernier sans promettre la nationalisation. Et une fois &#233;lu, comment il pouvait renier compl&#232;tement ses promesses, d'autant plus qu'il ne manque pas d'organisations de toutes sortes pour le surveiller sur ce terrain : les syndicats paysans, la COB, des organisations indiennes, et tout un r&#233;seau d'associations de lutte, comme la Fejuve, la f&#233;d&#233;ration des comit&#233;s de quartiers d'El Alto, la cit&#233; de la banlieue de La Paz d'o&#249; sont souvent parties les insurrections de ces derni&#232;res ann&#233;es. Le d&#233;cret de nationalisation intervient en tout cas &#224; la veille de l'&#233;lection cet &#233;t&#233; d'une assembl&#233;e constituante, qui pourrait permettre &#224; Morales et son parti, le MAS, d'affermir son emprise politique sur le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'arm&#233;e cens&#233;e prot&#233;ger les puits nationalis&#233;s, et ainsi mise en vedette, elle s'est elle aussi, effectivement, distingu&#233;e dans ces &#233;v&#232;nements : elle a tir&#233; &#224; de nombreuses reprises sur la foule des manifestants, faisant plus de 100 morts. L'&#233;tat-major responsable de ces crimes est toujours en partie l&#224;. Morales et son gouvernement envisagent des remaniements en son sein, mais avec prudence, quitte m&#234;me &#224; multiplier les manifestations de respect &#224; son &#233;gard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela conforte les reproches qui lui sont adress&#233;s par un certain nombre de ses adversaires politiques, parmi ceux qui ont particip&#233; aux r&#233;voltes r&#233;centes, de vouloir &#224; tout prix le compromis avec l'appareil d'Etat en place. En 2003, il avait d&#233;j&#224; milit&#233; pour une &#171; tr&#234;ve &#187; du mouvement, pour voir ce qu'allait faire le nouveau pr&#233;sident Mesa... En juin 2005, quand les travailleurs ont cette fois chass&#233; Mesa, Morales a reconduit la m&#234;me politique. Il a appel&#233; la population &#224; interrompre sa mobilisation et &#224; respecter les r&#232;gles constitutionnelles. Un compromis a en r&#233;alit&#233; &#233;t&#233; pass&#233; alors avec les partis traditionnels de la bourgeoisie bolivienne, l'&#233;glise catholique et l'&#233;tat-major : le congr&#232;s (domin&#233; par la droite) nommait un pr&#233;sident int&#233;rimaire &#171; mod&#233;r&#233; &#187; en attendant des &#233;lections anticip&#233;es, en &#233;change d'un retour au calme. Le 9 juin l'amiral Luis Aranda, alors commandant en chef des forces arm&#233;es boliviennes, faisait une d&#233;claration officielle en faveur de cette op&#233;ration : &lt;em&gt;&#171; le Congr&#232;s doit interpr&#233;ter, de la mani&#232;re la plus claire possible, le sentiment du peuple &#187;.&lt;/em&gt; Peuple dont il avait bien du sang sur les mains. Les classes populaires &#233;taient donc convi&#233;es &#224; rentrer &#224; la maison, leurs organisations de lutte &#224; patienter, &#224; se mettre en veilleuse, et surtout &#224; ne rien faire pour &#233;branler les piliers de l'appareil d'Etat. Pour le MAS, il fallait donc d&#233;sormais tout miser sur la future &#233;lection pr&#233;sidentielle et le triomphe du camarade Morales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et demain ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on peut saluer chez Morales une relative d&#233;termination face aux grandes compagnies qui pillent son pays, on peut aussi consid&#233;rer qu'il n'avait gu&#232;re le choix. Reste encore &#224; savoir &#224; quoi l'argent repris aux multinationales pour mieux doter le budget de l'Etat sera employ&#233;. Sans doute Morales comme Chavez, voudra &#224; la fois tenter de construire un embryon d'industrie nationale bas&#233; sur ces ressources, d&#233;velopper des programmes sociaux, relever (un peu) le salaire minimum. (Il vient de le doubler, mais il est vrai que la somme est si faible !)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour changer profond&#233;ment et durablement les conditions d'existence des classes populaires, il faudrait bien d'autres mesures : transformer les structures m&#234;mes de l'&#233;conomie. La timide r&#233;forme agraire qui vient d'&#234;tre annonc&#233;e semble bien &#233;loign&#233;e d'un tel objectif. Des familles de petits paysans et des communaut&#233;s indiennes ont re&#231;u 24 800 kilom&#232;tres carr&#233;s de terres, prises sur le domaine... public. Il s'agirait en d&#233;finitive de redistribuer deux millions d'hectares de terres de l'Etat, puis, seulement apr&#232;s, l'Etat tenterait de r&#233;cup&#233;rer des terres priv&#233;es sous-exploit&#233;es ou &#171; usurp&#233;es &#187;. On voit mal du coup comment une telle r&#233;forme pourrait r&#233;ellement s'attaquer &#224; la grande propri&#233;t&#233; fonci&#232;re priv&#233;e, qui accapare les meilleures terres du pays. La Bolivie atteint m&#234;me les records br&#233;siliens d'in&#233;galit&#233; dans la r&#233;partition : alors que la moiti&#233; de la population est rurale, 90 % des terres seraient exploit&#233;es par seulement 50 000 familles, le reste &#233;tant laiss&#233; &#224; la sueur de trois millions de petits paysans. On compte &#233;galement 250 000 paysans sans terre, dont certains n'attendent pas la tr&#232;s hypoth&#233;tique r&#233;alisation des promesses du gouvernement. Des occupations se sont multipli&#233;es ces derni&#232;res ann&#233;es, et les milices arm&#233;es par les grands propri&#233;taires ont abattu des dizaines de paysans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Morales semble pr&#234;t &#224; imiter ainsi la politique que m&#232;ne Chavez au Venezuela, mais avec moins de moyens que celui-ci. Evitant d'un c&#244;t&#233; de trop irriter les grandes puissances qui veillent aux int&#233;r&#234;ts de leur multinationales, il veut de toute &#233;vidence trouver un compromis d'une part avec les classes populaires, qui ont prouv&#233; leur force ces derni&#232;res ann&#233;es et qui l'ont port&#233; au pouvoir, et d'autre part l'appareil d'Etat bolivien, son arm&#233;e, et la bourgeoisie. Il est remarquable d'ailleurs que les milieux patronaux, y compris la bourgeoisie de Santa Cruz, l&#224; o&#249; sont concentr&#233;es les r&#233;serves de gaz, n'ont en rien critiqu&#233; la nationalisation, car apr&#232;s tout eux aussi peuvent esp&#233;rer n&#233;gocier &#224; cette occasion un partage plus favorable des b&#233;n&#233;fices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela fait beaucoup de monde &#224; essayer de contenter. Que se passera-t-il quand retomberont les prix mondiaux du p&#233;trole, et avec eux ceux du gaz, quand ces nouvelles rentr&#233;es financi&#232;res pour l'Etat se tariront ? Alors que Morales se sera appuy&#233; sur l'arm&#233;e, comment se comportera-t-il vis-&#224;-vis des luttes des travailleurs, qu'il aura jusque-l&#224; davantage tent&#233; d'apaiser que de favoriser ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre Morales refusera-t-il de faire ces choix. Peut-&#234;tre m&#234;me, pourquoi pas, aura-t-il le culot de demander &#224; la bourgeoisie bolivienne de payer au moins une part de la facture ? De tels hommes, l'Am&#233;rique du sud en a d&#233;j&#224; connus, certains ont fini renvers&#233;s, voire ex&#233;cut&#233;s, par l'arm&#233;e sur laquelle ils avaient incit&#233; les classes populaires &#224; compter, et qu'ils avaient m&#234;me recommand&#233;e &#224; la confiance de leurs &#233;lecteurs et partisans... Le malheur, c'est que ce genre de politiciens entra&#238;ne alors tous les travailleurs dans leur chute, et on retourne &#224; la case d&#233;part, celle o&#249; la bourgeoisie gouverne &#224; l'aise, et s'arrange avec les grandes compagnies &#233;trang&#232;res pour organiser le pillage des richesses du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;cret de Morales ne peut certes que rencontrer le soutien des r&#233;volutionnaires. Et ici en France en particulier, il doit alerter notre vigilance contre d'&#233;ventuelles men&#233;es d'un groupe comme Total ou du gouvernement fran&#231;ais, visant &#224; s'opposer &#224; sa mise en &#339;uvre ou &#224; la faire payer au peuple bolivien. Mais la population bolivienne, pour d&#233;fendre ce qui est d&#233;j&#224; acquis et surtout pour acc&#233;der plus pleinement aux richesses nationales et au produit de son travail ne pourra compter, comme elle l'a d&#233;j&#224; fait depuis cinq ans, que sur ses luttes et son organisation ind&#233;pendante afin d'assurer elle-m&#234;me le pouvoir. Sans laisser son sort entre les mains de Morales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 30-06-2006&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> R&#233;forme ou r&#233;volution... entre poire et fromage ?
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		<description>Fin avril, Olivier Besancenot a publi&#233; en tribune dans le Monde une lettre &#224; Marie-George (Buffet), Jos&#233; (Bov&#233;) et Arlette (Laguiller), &#224; la pirouette finale plut&#244;t sympathique : &#171; On aurait besoin de se voir pour causer un peu. A bient&#244;t dans les luttes, c'est s&#251;r... mais pourquoi pas autour d'une bouffe &#224; quatre ? C'est moi qui r&#233;gale ! &#187; Bien que Olivier ait promis que ce ne serait pas &#224; la cantine des PTT, Jos&#233; vient de r&#233;pondre en demandant de conna&#238;tre d'abord le menu et de s'assurer qu'on ne&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Fin avril, Olivier Besancenot a publi&#233; en tribune dans &lt;em&gt;le Monde&lt;/em&gt; une lettre &#224; Marie-George (Buffet), Jos&#233; (Bov&#233;) et Arlette (Laguiller), &#224; la pirouette finale plut&#244;t sympathique : &lt;em&gt;&#171; On aurait besoin de se voir pour causer un peu. A bient&#244;t dans les luttes, c'est s&#251;r... mais pourquoi pas autour d'une bouffe &#224; quatre ? C'est moi qui r&#233;gale ! &#187; &lt;/em&gt;Bien que Olivier ait promis que ce ne serait pas &#224; la cantine des PTT, Jos&#233; vient de r&#233;pondre en demandant de conna&#238;tre d'abord le menu et de s'assurer qu'on ne boufferait pas du PS. Et Marie-George d'aller m&#234;me jusqu'&#224; pourfendre les d&#233;testables pratiques d'&#233;tats majors tranchant en petits comit&#233;s d'affaires concernant le peuple tout entier ! Comme si ledit PCF, dans les mois &#224; venir de pr&#233;paration des pr&#233;sidentielles et l&#233;gislatives de 2007, par-del&#224; les appels aux citoyennes et citoyens pour un &lt;em&gt;&#171; rassemblement antilib&#233;ral &#187;&lt;/em&gt; n'allait pas organiser moult r&#233;unions avec le PS (et d'autres), publiques ou moins, pour s'assurer le maximum de &#171; circonscriptions gagnantes &#187;, un &#171; groupe parlementaire &#187;, voire quelques ministres. Ces derniers en cas de succ&#232;s de la gauche, &#233;videmment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais revenons &#224; la &#171; bouffe &#187; propos&#233;e par Olivier Besancenot et invitons-nous &#224; la table ! Si le menu du jour ne nous parait pas des meilleurs pour l'extr&#234;me gauche, pourrait-on au moins trouver bonheur &#224; la carte ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Premier service&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plat de r&#233;sistance, l'invitation faite en premier lieu au PCF (&#224; Jos&#233; Bov&#233; et Arlette Laguiller accessoirement) de s'entendre pour les prochaines pr&#233;sidentielles sur une candidature unitaire, repr&#233;sentant une pr&#233;tendue &#171; gauche de la gauche &#187; dite antilib&#233;rale ou anticapitaliste, qui ne serait pas la gauche gouvernementale dite sociale-lib&#233;rale autour du Parti socialiste, sent le r&#233;chauff&#233; : la proposition avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; faite et refaite, et chaque fois renvoy&#233;e en cuisine par les invit&#233;s, explicitement ou de fa&#231;on d&#233;tourn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lendemain du r&#233;f&#233;rendum sur le trait&#233; constitutionnel europ&#233;en qui aurait vu la &#171; victoire du Non de gauche &#187;, Marie-George Buffet avait une premi&#232;re fois douch&#233; ses alli&#233;s de la LCR en affirmant qu'il n'y avait pas deux gauches mais une seule et unique, &#171; la &#187; gauche, qui devrait se faire avec et autour du Parti socialiste, dont ses partisans du Oui. Rien d'&#233;tonnant, mais sale coup pour certains &#224; la LCR qui croyaient (ou laissaient croire ?) que cette coalition (&#233;lectorale) du &#171; non de gauche &#187; appr&#233;ci&#233;e comme une formidable &#171; dynamique unitaire &#187;, d&#233;boucherait en 2007 sur son prolongement (toujours &#233;lectoral) avec une nouvelle gauche et un candidat commun : Olivier Besancenot ou un autre, peu importait para&#238;t-il le casting. La LCR l'avait baptis&#233;e &#171; front social et politique &#187;, pour lui donner quelque couleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la r&#233;alit&#233;, la campagne pour le r&#233;f&#233;rendum, par-del&#224; l'int&#233;r&#234;t que le milieu militant de gauche a cru devoir lui porter, n'a &#233;videmment pas chang&#233; le rapport de forces. Elle s'est d&#233;roul&#233;e contre un gouvernement et un patronat &#224; l'offensive dans un contexte de luttes d&#233;faites, isol&#233;es ou arr&#234;t&#233;es par cette gauche elle-m&#234;me avant d'avoir pu se d&#233;velopper. Car on ne peut ignorer que cette pr&#233;tendue &#171; bataille &#187; pour le Non ait servi &#224; ses partisans politiques et syndicaux de gauche d'ersatz d'une lutte qu'ils n'avaient pas pour perspective. Le m&#233;contentement populaire &#233;tait pourtant bien r&#233;el, comme l'avait montr&#233; le succ&#232;s de la journ&#233;e syndicale du 10 mars. Qu'&#224; cela ne tienne, conf&#233;d&#233;rations syndicales et dirigeants du PCF et du PS ont rang&#233; les banderoles pour 8 mois ! Plus aucun appel &#224; riposte dans les entreprises ou dans la rue. Rien m&#234;me, apr&#232;s la pr&#233;tendue victoire ouvri&#232;re du Non, contre les attaques du nouveau tandem Villepin/Sarkozy, CNE et campagne contre les immigr&#233;s. Pas &#233;tonnant, puisque les diverses tendances de la gauche avaient pour seul horizon 2007 et une possible victoire dans les urnes issue non d'un bon programme ou d'une politique offensive, mais du seul discr&#233;dit du gouvernement en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attendre, donc. Et le PCF de se faire pardonner ses privaut&#233;s avec la LCR en assurant le PS de sa fid&#233;lit&#233; fonci&#232;re (et int&#233;ress&#233;e). Quant au PS, &#224; son congr&#232;s du Mans en novembre 2005, il rabibochait ses oui et ses non dans une synth&#232;se ! En guise de &#171; social &#187;, ce petit monde s'accommodait de la journ&#233;e d'action syndicale du 4 octobre, sans lendemain. Pas d'initiative lors des &#233;meutes des banlieues, si ce n'est de pleurer sur le manque d'animateurs sociaux ou d'enseignants. Ou d'appeler les jeunes de banlieue &#224; s'inscrire sur les listes &#233;lectorales : &lt;em&gt;&#171; Allons jeunes et moins jeunes de la patrie &#187;&lt;/em&gt;, disait l'appel, &lt;em&gt;&#171; le jour de s'inscrire est arriv&#233; &#187;&lt;/em&gt;... pour une gloire de gauche en 2007 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deuxi&#232;me tourn&#233;e...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 10 janvier &#224; Paris, &#224; la veille de son congr&#232;s tenu &#224; la fin janvier 2006, la LCR rencontrait le PCF. &lt;em&gt;Rouge &lt;/em&gt;N&#176; 2141 en fait un bilan clair : &lt;em&gt;&#171; Les deux d&#233;l&#233;gations ont aussi&lt;/em&gt; [en plus d'actions &#233;ventuelles, &#233;voqu&#233;es de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, contre les attaques du patronat et du gouvernement - NDR]&lt;em&gt; abord&#233; les probl&#232;mes de construction d'une alternative politique face au lib&#233;ralisme. Les discussions sur cette question ont confirm&#233; des diff&#233;rences d'approche, notamment dans les rapports &#224; entretenir avec le Parti socialiste. Pour la direction du PCF, il s'agit de &#168;battre la droite et de r&#233;ussir &#224; gauche&#168;, en discutant avec toutes les forces de gauche, dont le PS. Pour la LCR, il s'agit de combattre la droite et le gouvernement, mais aussi de construire une alternative au social-lib&#233;ralisme repr&#233;sent&#233; par la direction du PS. &#187; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dont acte de divergences a priori r&#233;dhibitoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais LCR et PCF n'en continuent pas moins dans le flou, ce dernier trouvant son int&#233;r&#234;t, pour peser face &#224; son grand alli&#233; du PS, &#224; garder quelques satellites, y compris d'extr&#234;me gauche, et la LCR le sien &#224; m&#233;nager quelques bonnes relations avec des militants du PCF. Dans diverses structures mises en place &#224; gauche, de la Fondation Copernic aux collectifs du 29 mai, ou autres &#171; groupes de travail &#187; (qui se vident au fil des mois aux dires de leurs promoteurs), il s'en est effectivement trouv&#233; pour &#233;couter avec sympathie la LCR. Mais pas basculer pour autant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au congr&#232;s de la LCR de fin janvier, Alain Krivine reconnaissait qu'il fallait se rendre &#224; l'&#233;vidence, qu'il n'y avait pas de candidature unitaire possible &#224; la gauche de la gauche. Selon lui, les collectifs du 29 mai dans lesquels la LCR s'&#233;tait investie, s'&#233;taient plus ou moins vid&#233;s. Les forums du PC &#233;galement &#233;taient d&#233;sert&#233;s. Bilan similaire en ce qui concerne les &#171; lundis &#224; Copernic &#187;. Il concluait que les jeux &#233;taient faits. Des militants du PC auraient bien continu&#233; quelque chose avec la LCR, mais l'appareil pas question, il ne voulait pas perdre ses milliers d'&#233;lus... qui ne peuvent avoir une chance de le rester que par l'alliance avec le PS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le congr&#232;s de la LCR d&#233;cida n&#233;anmoins de faire comme si restait &#224; l'ordre du jour une candidature commune de cette mythique gauche de la gauche (qui n'allait rassembler que 500 personnes au gymnase Japy le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; f&#233;vrier) et de remettre l'annonce de celle d'Olivier Besancenot &#224; une conf&#233;rence nationale de la fin juin. Pour ne pas appara&#238;tre comme les diviseurs de cette pr&#233;tendue gauche de la gauche et en laisser la responsabilit&#233; au PCF... qui lui-m&#234;me &#224; son congr&#232;s de fin mars, pour des raisons similaires, a remis &#224; plus tard ! C'est &#224; qui, du PCF ou de la LCR, n'allait pas le premier tuer un fant&#244;me !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le facteur sonne toujours trois fois&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un nouvel &#233;pisode fantasque a suivi, quand la LCR refusa de se rendre &#224; la rencontre de l'ancienne gauche plurielle (PS-PCF-Verts et quelques autres), le 8 f&#233;vrier 2006, organis&#233;e initialement pour avancer vers un futur accord global de gouvernement. Il s'agissait bel et bien du rabibochage de la bonne vieille gauche plurielle et de la mise en route d'un partage de circonscriptions et accord de futurs gouvernants. La LCR ne mangeait pas de ce pain-l&#224; et c'est tant mieux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout que l'ampleur que commen&#231;aient &#224; prendre les manifestations &#233;tudiantes contre le CPE bousculait les larrons de gauche. En plein d&#233;marrage du mouvement, au lendemain de la premi&#232;re journ&#233;e r&#233;ussie du 7 f&#233;vrier, ces premiers conciliabules braqu&#233;s sur 2007 tombaient mal, voire g&#234;naient ladite gauche qui avait choisi, jusqu'&#224; un certain point, de s'appuyer sur le mouvement (&#224; d&#233;faut de vraiment l'appuyer). Le PCF surtout, tenait &#224; se montrer dans le coup ! Et les participants &#224; cette rencontre du 8 f&#233;vrier de se recycler in extremis dans un vague appel commun contre le CPE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce propos Alain Krivine, dans &lt;em&gt;Rouge&lt;/em&gt; du 16 f&#233;vrier d&#233;non&#231;ait le &lt;em&gt;&#171; pi&#232;ge social-lib&#233;ral pour ceux qui, &#224; gauche, cherchent une alternative &#187;&lt;/em&gt;, m&#234;me s'il jugeait positif le lancement par la r&#233;union de la gauche d'une p&#233;tition pour le retrait du CPE. Ce qui servit d'argument aux partisans, dans la LCR, de la participation &#224; cette rencontre de la gauche pour d&#233;noncer un &lt;em&gt;&#171; faux pas &#187;&lt;/em&gt;. On peut lire dans le m&#234;me num&#233;ro de l'hebdomadaire, sous la plume de L&#233;once Aguirre et Christian Picquet : &lt;em&gt;&#171; alors que s'annonce peut-&#234;tre un mouvement social &lt;/em&gt;[...]&lt;em&gt;, nous nous sommes retrouv&#233;s hors d'un cadre ayant d&#233;cid&#233; d'action unitaires sur cette question. Pire, nous avons &#233;t&#233; contraints piteusement &#224; demander de le rejoindre apr&#232;s-coup ! &#187;&lt;/em&gt;. La LCR venait effectivement d'op&#233;rer un genre de volte-face en s'invitant in extremis &#224; &lt;em&gt;&#171; une structure de liaison souple et ouverte &#187;&lt;/em&gt; cr&#233;&#233;e par lesdits partis de gauche pour &lt;em&gt;&#171; riposter &#224; la droite &#187;&lt;/em&gt;. Motif invoqu&#233; : on passait sur le terrain de la lutte. Vraiment ? Et &#233;tait-ce l'&#233;tat-major dont le mouvement avait besoin ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Patate chaude&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le feuilleton de la recherche d'une gauche de la gauche a pourtant continu&#233;, ind&#233;pendamment de la lutte sociale. A la veille du congr&#232;s du Parti communiste (qui se tenait fin mars), en plein mouvement contre le CPE, la LCR soulignait pour s'en f&#233;liciter, dans une lettre au PCF, ses convergences avec lui dans la lutte, tout en constatant n&#233;anmoins : &lt;em&gt;&#171; ...des obstacles se pr&#233;sentent malheureusement dans cette voie unitaire. Et ceci, en particulier, avec votre souhait de rassembler la gauche du &#171; oui &#187; et celle du &#171; non &#187; sur un programme antilib&#233;ral, alors m&#234;me que le PS vient de r&#233;aliser sa synth&#232;se, sous la houlette d'une direction acquise au social-lib&#233;ralisme. La lutte pour un rassemblement antilib&#233;ral et anticapitaliste est incompatible avec la recherche d'accords gouvernementaux ou parlementaires sur une telle orientation. Il y a vraiment deux gauches, deux orientations inconciliables, l'une de soumission aux int&#233;r&#234;ts capitalistes, l'autre de r&#233;sistance. &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le congr&#232;s du PCF n'en eut que faire. Ni sur le fond : pas d'autre perspective pour le PCF que l'alliance avec le Parti socialiste. Ni sur le calendrier : la d&#233;cision de pr&#233;senter Marie-George Buffet comme candidate &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle &#233;tait repouss&#233;e &#224; octobre. Question de donner du temps aux marchandages avec le PS et accessoirement de continuer &#224; faire figure de pivot de cette fameuse gauche de la gauche - pour 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup la LCR, qui avait elle-m&#234;me repouss&#233; &#224; juin prochain la d&#233;cision d&#233;finitive de pr&#233;senter Olivier Besancenot, va devoir d&#233;gainer la premi&#232;re et porter le coup fatal au mythe de la &lt;em&gt;&#171; candidature unitaire anti-capitaliste &#187;&lt;/em&gt; ? A moins de repousser encore la date de la d&#233;cision... et avec elle les limites du ridicule ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La LCR estime peut-&#234;tre avoir bien jou&#233; par sa campagne en faveur d'une &#171; deuxi&#232;me &#187; gauche, avoir ainsi trouv&#233; l'oreille d'un &#233;lectorat potentiel cons&#233;quent, au moins pour un premier tour, de gens &#233;chaud&#233;s par les sales coups pass&#233;s de la gauche. En admettant qu'en rabattre sur le programme permette de ratisser plus large et r&#233;aliser un meilleur score, ce qui n'est pas toujours le cas et est affaire de climat politique. Mais quoi qu'il en soit, dans quel but ? Le flou maintenu, par la force des choses, entre gauche et gauche, n'aide pas la classe ouvri&#232;re &#224; trouver son identit&#233; et sa conscience de classe. Mais aide en revanche bien trop nos adversaires politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A s'&#234;tre embarqu&#233;e avec les hautes sph&#232;res du PCF et d'une partie du PS dans cette campagne du Non au r&#233;f&#233;rendum et ses suites, &#224; s'afficher durablement avec eux en vue des seules aventures &#233;lectorales, la LCR a contribu&#233; &#224; les faire passer pour plus pr&#233;sentables qu'ils ne sont. Les appareils du PCF ou du PRS de M&#233;lenchon, et par alliance Fabius, qui ont eu des ministres et ne militent que pour &#231;a, ont largement utilis&#233; la posture du Non et la fr&#233;quentation de la LCR pour se donner allure d'opposants, et mieux n&#233;gocier leur retour dans les &#233;curies de gauche pour les courses &#233;lectorales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sauce aigre-douce&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La LCR pr&#233;tend &#233;videmment avoir une politique subtile : un coup je participe, un coup je ne participe pas. Mais n'est-elle pas surtout ambigu&#235; politiquement ? Opportuniste &#224; l'&#233;gard de courants r&#233;formistes bien r&#244;d&#233;s &#224; se jouer du manque de fermet&#233; des r&#233;volutionnaires et aid&#233;s en cela par une situation o&#249; la classe ouvri&#232;re n'est pas &#224; l'offensive ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien n'est simple, certes. Dans le cas pr&#233;c&#233;demment &#233;voqu&#233; de la rencontre du 8 f&#233;vrier &#224; laquelle la LCR a d'abord refus&#233; d'aller, pour faire amende honorable et le lendemain s'y inviter, que fallait-il faire ? A l'ordre du jour, il y avait para&#238;t-il trois points : &lt;em&gt;&#171; - La riposte commune face aux propositions en mati&#232;re d'emploi du gouvernement, et en particulier du CPE ; - L'organisation de la riposte &#224; la droite de mani&#232;re permanente ; - L'organisation, ensemble, avec la population, de d&#233;bats sur les propositions alternatives pour 2007. &#187; &lt;/em&gt;Ne pouvait-on accepter sans se compromettre les deux premiers, demandent Aguirre et Picquet ? Et pourquoi refuser le troisi&#232;me&lt;em&gt;, &lt;/em&gt;sur la base d'une &lt;em&gt;&#171; interpr&#233;tation possible &#187;&lt;/em&gt; qui serait un pr&#233;jug&#233; ? Sauf que le but de la rencontre &#233;tait pr&#233;cis&#233;ment le troisi&#232;me point. M&#234;me si le PS et le PCF n'ont pas &#233;t&#233; assez idiots pour ne pas inscrire les deux premiers !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut entrer dans le d&#233;tail des multiples choix tactiques, ni trancher dans l'abstrait o&#249; s'arr&#234;te la tactique pour laisser la place au d&#233;rapage politique... C'est assur&#233;ment affaire de circonstances. Mais &#224; pr&#233;tendre &#234;tre en prise avec la r&#233;alit&#233; et ses pr&#233;tendus &#171; acteurs &#187;, &#224; savoir aujourd'hui le milieu r&#233;formiste du PS, du PC ou d'appareils syndicaux scl&#233;ros&#233;s, les militants de la LCR ont pris le risque d'appara&#238;tre comme leurs flancs-gardes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut tout particuli&#232;rement le cas l'an dernier dans cette campagne r&#233;f&#233;rendaire du Non, o&#249; la LCR a fait figure d'alli&#233;e durable des Marie-George Buffet, Jean-Luc M&#233;lenchon, voire Laurent Fabius qui ne s'&#233;taient pourtant pas m&#233;tamorphos&#233;s, par la vertu de ce Non, en r&#233;volutionnaires prol&#233;tariens ! Certes, ne pas se couper d'un certain milieu militant, qui penchait vers le Non pour de bonnes raisons mais souvent aussi de mauvaises, a &#233;t&#233; &#233;galement la pr&#233;occupation de Lutte Ouvri&#232;re. Pas sans &#233;cueil non plus, car chaque choix tactique (et &#224; la Fraction de Lutte Ouvri&#232;re nous n'approuvions pas celui-l&#224;) a son revers. Mais la LCR se r&#233;f&#232;re encore aujourd'hui &#224; ce vote du 29 mai en faveur du Non, comme s'il &#233;tait une r&#233;f&#233;rence en mati&#232;re de lutte sociale, voire un crit&#232;re de classe, en tout cas un point de rupture au sein de la gauche : ceux qui ont vot&#233; Non seraient des anticapitalistes ou antilib&#233;raux, tandis que ceux qui ont vot&#233; Oui seraient des sociaux-lib&#233;raux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun des porte-parole du Non, ni Fabius ni Buffet ni Bov&#233;, n'y voit une telle rupture. Et le coup de chapeau de la gauche r&#233;unie au mouvement contre le CPE n'&#233;tait qu'affaire de calculs &#233;lectoraux communs. On constate aujourd'hui comment, le mouvement pass&#233;, ce petit monde politicien se satisfait de l' &#171; ordre &#187; enfin retrouv&#233;. Et surtout s'est satisfait de la mani&#232;re abrupte dont les conf&#233;d&#233;rations syndicales ont su arr&#234;ter le mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Trou normand&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devons-nous, nous aussi, rentrer dans l'ordre ? C'est pourtant presque en incidente que le mouvement contre le CPE est &#233;voqu&#233; dans la lettre d'Olivier Besancenot &#224; &lt;em&gt;&#171; Marie-George, Arlette, Jos&#233; &#187;&lt;/em&gt;. Il a droit &#224; un paragraphe, un genre de trou normand entre deux mets. Mais le plat de r&#233;sistance, en r&#233;sum&#233;, c'est : maintenant qu'on a battu la droite et l'ultra-lib&#233;ralisme sur le terrain r&#233;f&#233;rendaire en mai 2005, sur le terrain des luttes en avril 2006, il est temps de faire gagner la gauche, une vraie gauche, en 2007. Et de pr&#233;ciser que &lt;em&gt;&#171; entre huit candidatures &#224; gauche le 21 avril 2002 et une seule en 2007, il doit y avoir un juste milieu &#187;.&lt;/em&gt; Olivier Besancenot tient &#224; sa formule puisqu'il l'a r&#233;p&#233;t&#233;e &#224; l'&#233;mission de Karl Z&#233;ro. Mais depuis quand des r&#233;volutionnaires sont-ils partisans &lt;em&gt;&#171; du juste milieu &#187;&lt;/em&gt; ? Et y aurait-il entre le Parti socialiste et nous un continuum ? Qui implique on ne sait trop quel accord implicite (on n'ose pas penser explicite) sur le nombre et le choix des candidatures ? Pour mieux &#171; battre la droite &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passons rapidement sur le passage concernant &lt;em&gt;&#171; les institutions de la V&#176; R&#233;publique qui emp&#234;chent le suffrage universel d'avoir une port&#233;e sur les d&#233;cisions &#233;conomiques qui touchent &#224; nos vies quotidiennes... &#187; &lt;/em&gt;Comme si les institutions de la IV&#176; R&#233;publique avaient &#233;t&#233; meilleures, &#224; l'&#233;poque des massacres colonialistes, tant en 1945 qu'en 1956, voire de massacres d'ouvriers en 1948, sous des gouvernements &#171; de gauche &#187; ? Quel int&#233;r&#234;t de reprendre ces critiques de la V&#176; R&#233;publique, si ce n'est de se rapprocher de politiciens de gauche partisans d'une VI&#176; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;em&gt;Des perspectives pour les r&#233;volutionnaires &lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sort &#224; peine d'un mouvement de la jeunesse qui a trouv&#233; des sympathies actives dans le mouvement ouvrier, incit&#233; les conf&#233;d&#233;rations syndicales &#224; le soutenir (au moins pendant deux mois) par l'appel &#224; des journ&#233;es de manifestations et gr&#232;ve allant crescendo, recal&#233; le gouvernement et son CPE. On sort &#224; peine d'un mouvement massif, qui donne quelque preuve r&#233;confortante que la lutte peut payer (ce qu'on n'avait pas vu depuis longtemps). On sort &#224; peine d'un mouvement dans lequel l'extr&#234;me gauche s'est largement engag&#233;e. Par-del&#224; des divergences tactiques, les militants des courants r&#233;volutionnaires se sont retrouv&#233;s au coude &#224; coude, pour s'efforcer de le d&#233;velopper, de l'&#233;tendre, d'y gagner des travailleurs dans les entreprises. Pendant pr&#232;s de trois mois, la vie militante a &#233;t&#233; marqu&#233;e par cette participation active. Avec la satisfaction d'avoir gagn&#233; une belle manche contre le gouvernement et sa politique patronale de pr&#233;carisation. Faudrait-il que les r&#233;volutionnaires l'appr&#233;cient sous le seul angle des meilleures chances qu'il peut donner &#224; la gauche (ou gauche de la gauche) en 2007 ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savons bien que les militants de la LCR et de la JCR ont largement privil&#233;gi&#233; ce qui s'est pass&#233; sur le terrain des luttes. Mais des r&#233;volutionnaires ne peuvent pas sans dommages mener cette double vie de la LCR, avec un pied dans le &#171; mouvement social &#187; mais un autre bien pris dans la gadoue de la gauche bourgeoise. La LCR invoquera que des r&#233;volutionnaires dignes de ce nom ne peuvent pas faire l'impasse sur la &#171; politique &#187;, que les luttes doivent chercher sur ce terrain leur &#171; d&#233;bouch&#233; &#187;. Certes. Mais sont-ils un d&#233;bouch&#233; pour les luttes, tous ces partis qui se situent sur le terrain des institutions bourgeoises, dont la politique ne d&#233;passe pas l'horizon bouch&#233; des pr&#233;sidentielles et l&#233;gislatives de 2007 et la perspective de nous refaire une nouvelle mouture d'un gouvernement Mitterrand ou Jospin ? Ou plut&#244;t une impasse, dans laquelle nous ne devons surtout prendre aucune responsabilit&#233; d'entra&#238;ner une nouvelle fois l'&#233;lectorat populaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il est important de faire front avec d'autres, y compris des r&#233;formistes politiques ou syndicaux dans des luttes, pour le succ&#232;s de celles-ci, et s'il est possible et m&#234;me n&#233;cessaire pour des groupes comme la LCR ou Lutte Ouvri&#232;re de proposer eux-m&#234;mes auxdits r&#233;formistes des interventions et ripostes communes, il n'est pas moins n&#233;cessaire d'affirmer dans le m&#234;me temps son propre programme et ses propres perspectives. Et surtout, de ne pas confondre ce front commun dans des luttes sociales ou politiques, avec une quelconque coalition &#233;lectorale avec des dirigeants r&#233;formistes qui offrent &#224; la bourgeoisie une carte politique pour tromper les travailleurs. Confusion que la LCR th&#233;orise avec sa qu&#234;te d'un &#171; front politique et social &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'ann&#233;e qui vient, deux sc&#233;narios sont envisageables, &#233;crit Olivier Besancenot. &lt;em&gt;&#171; Un s'est ouvert par la campagne du r&#233;f&#233;rendum europ&#233;en, se poursuit par le soutien aux luttes sociales, d&#233;roule un plan de mesures d'urgences pour les classes populaires et la jeunesse, et d&#233;bouche sur un rassemblement des forces antilib&#233;rales et anticapitalistes, internationalistes, f&#233;ministes et &#233;cologistes. L'autre se conclut par la caution de gauche &#224; une nouvelle alternance sous l'aile du PS. Nous ne serons pas du second. &#187;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourquoi pas un troisi&#232;me sc&#233;nario ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s aujourd'hui l'extr&#234;me gauche devrait s'atteler &#224; l'agitation sur les revendications de la classe ouvri&#232;re, contre la pr&#233;carit&#233;, le ch&#244;mage et les licenciements, pour l'augmentation g&#233;n&#233;rale des salaires, pour l'embauche massive dans les services publics et leur am&#233;lioration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s aujourd'hui, l'extr&#234;me gauche devrait s'atteler &#224; l'agitation sur la n&#233;cessaire lutte d'ensemble. Le recul du gouvernement sur le CPE, parce que quelques dizaines de milliers d'&#233;tudiants et de lyc&#233;ens se sont ent&#234;t&#233;s, permet d'esp&#233;rer des reculs d'une autre importance, quand des millions de travailleurs s'y mettront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourquoi pas avant mars 2007 ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; ce que nous pourrions dire et faire ensemble. Qui, soit dit en passant, donnerait un peu de sel &#224; nos candidatures, unique ou double (mieux vaudrait unique si c'&#233;tait vraiment sur cette base), puisque p&#233;rip&#233;tie &#233;lectorale il y aura. Bref, si on causait, mais pour voir ensemble comment les travailleurs pourraient &#171; bouffer &#187; du bourgeois ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vendredi 12 mai.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> CPE : faire regretter son obstination &#224; Villepin
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		<dc:subject>Politique
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		<description>Le conflit qui dure maintenant depuis plus de deux mois a atteint un nouveau pallier. Hier, jeudi 30 mars, le Conseil constitutionnel a valid&#233; la loi dite &#171; sur l'&#233;galit&#233; des chances &#187;. Selon la plupart des commentateurs professionnels de l'actualit&#233; politique, Jacques Chirac, qui va intervenir ce soir, vendredi 31, &#224; la t&#233;l&#233;vision, devrait la promulguer dans les heures qui viennent. Cette promulgation sera sans doute assortie d'une nouvelle offre de n&#233;gociations aux organisations syndicales de&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Les-articles-dans-Lutte-de-Classe-" rel="directory"&gt;Les articles dans &#171; Lutte de Classe &#187;
&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le conflit qui dure maintenant depuis plus de deux mois a atteint un nouveau pallier. Hier, jeudi 30 mars, le Conseil constitutionnel a valid&#233; la loi dite &#171; sur l'&#233;galit&#233; des chances &#187;. Selon la plupart des commentateurs professionnels de l'actualit&#233; politique, Jacques Chirac, qui va intervenir ce soir, vendredi 31, &#224; la t&#233;l&#233;vision, devrait la promulguer dans les heures qui viennent. Cette promulgation sera sans doute assortie d'une nouvelle offre de n&#233;gociations aux organisations syndicales de salari&#233;s comme d'&#233;tudiants. Pourtant avec cette validation du Conseil constitutionnel le gouvernement vient de claquer une des portes de sortie qu'il avait encore et qui lui aurait permis de reculer sans l'avouer, comme beaucoup de ses partisans le lui conseillaient... et comme ceux de ses adversaires qui ont engag&#233; le combat en comptant bien qu'il resterait symbolique ou limit&#233;, l'esp&#233;raient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un Villepin ent&#234;t&#233;... &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi donc cet ent&#234;tement du premier ministre, que de plus en plus de monde dans la droite comme dans le patronat, voire dans son propre gouvernement, lui reproche, ouvertement ou &#224; demi mots ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute parce qu'il pense encore pouvoir gagner l'&#233;preuve de force engag&#233;e ! Et que de l'issue de celle-ci d&#233;pend son avenir personnel, en clair l'espoir de rester dans la course &#224; la pr&#233;sidence lors des &#233;lections de l'ann&#233;e prochaine : sans doute aussi !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, contrairement &#224; ce que laissent entendre les commentateurs de droite, de gauche, voire d'extr&#234;me gauche parfois, l'enjeu est bien autre que le futur politique du premier ministre. C'est bien pour cela qu'il s'accroche ainsi - alors que m&#234;me si le CPE finit par &#234;tre ent&#233;rin&#233;, la crise qu'il alimente depuis des semaines est suffisante pour couler Villepin aupr&#232;s de sa base sociale, les poss&#233;dants et l'&#233;lectorat de droite, tous ceux qui jugent un premier ministre d'abord &#224; sa capacit&#233; &#224; maintenir l'ordre - et que s'accroche avec lui, pour l'instant, Chirac, qui pourtant lui n'a plus aucun avenir pr&#233;sidentiel &#224; pr&#233;server.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas en effet sur le fond que patrons et hommes de droite ou du centre adressent, maintenant, leurs critiques. Tous sont d'accord qu'il faut &#171; r&#233;former &#187; et que le probl&#232;me de ce pays ce seraient les rigidit&#233;s d'un code du travail surann&#233; qui prot&#232;gerait encore bien trop les salari&#233;s. Pour avoir os&#233; le CPE, apr&#232;s le CNE, et en attendant le contrat unique qui remplacerait d&#233;finitivement le CDI, Villepin n'a recueilli, et ne recueille encore que des louanges. Et quand celles-ci se sont faites mod&#233;r&#233;es, par exemple de la part du Medef, par la bouche de sa pr&#233;sidente Laurence Parisot, c'&#233;tait pour reprocher au gouvernement de ne pas aller assez fort, assez loin et assez vite (reproche que Villepin doit particuli&#232;rement appr&#233;cier aujourd'hui...). Pourquoi r&#233;server le CNE aux entreprises de moins de 20 salari&#233;s ? Pourquoi le CPE aux moins de 26 ans ? Pourquoi pas tout de suite et &#224; toutes les entreprises, le droit de licencier &#224; volont&#233; et sans justification pendant les deux premi&#232;res ann&#233;es ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'ils reprochent donc &#224; Villepin, maintenant, c'est la &#171; m&#233;thode &#187;. Entendons qu'il n'a pas su faire avaler la pilule de gr&#233; ou de force sans d&#233;clencher une r&#233;volte dans les universit&#233;s et les lyc&#233;es et pr&#233;cipiter des millions de jeunes et de travailleurs dans la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car ce qu'ils craignent ce n'est plus seulement que le retrait du CPE retarde les r&#233;formes du code du travail qu'ils appellent de leurs v&#339;ux. C'est, maintenant que ce retrait sera de toute &#233;vidence obtenu sous la pression de la rue et de la gr&#232;ve, un changement dans le climat social du pays. Apr&#232;s des d&#233;cennies o&#249; les classes poss&#233;dantes ont fait la loi, impos&#233; recul apr&#232;s recul, voil&#224; les travailleurs qui les forceraient &#224; reculer &#224; leur tour ? Et par l&#224; reprendraient espoir d'entamer enfin la contre-offensive du monde du travail, tous azimuts comme l'a &#233;t&#233; depuis 25 ans l'offensive capitaliste, et d'imposer, imm&#233;diatement ou &#224; court terme, avec le retrait du CPE, celui du CNE et des lois favorisant la pr&#233;carit&#233;, le ch&#244;mage et les licenciements, ou encore les revendications essentielles sur les salaires ou les conditions de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;... une jeunesse qui l'est encore plus... &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cette raison que la jeunesse &#233;tudiante et lyc&#233;enne... s'est ent&#234;t&#233;e et s'ent&#234;te toujours, elle aussi. L'avenir du monde du travail c'est &#233;galement son propre avenir. La majorit&#233; des &#233;tudiants et des lyc&#233;ens n'ont d'autre futur que d'&#234;tre demain des salari&#233;s, des prol&#233;taires (en fait une bonne partie d'entre eux le sont d&#233;j&#224;, devant travailler, en g&#233;n&#233;ral dans les petits boulots pr&#233;caires, pour poursuivre leurs &#233;tudes). La jeunesse ouvri&#232;re est aujourd'hui dans les universit&#233;s et les lyc&#233;es (ce que ne semblent pas comprendre tous ces sociologues qui s'efforcent de discerner les diff&#233;rences du mouvement actuel avec celui de Mai 68, et les &#233;tudiants de l'&#233;poque qui, para&#238;t-il, r&#234;vaient de changer le monde alors que ceux d'aujourd'hui ne r&#234;veraient que de s'y int&#233;grer pour s'y faire une place stable : comme si aujourd'hui r&#234;ver d'en finir avec la pr&#233;carit&#233;... ce n'est pas vouloir changer ce monde justement !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore plus que dans des p&#233;riodes pr&#233;c&#233;dentes, sur un probl&#232;me comme celui du CPE, l'id&#233;e de s'adresser aux travailleurs et &#224; leurs organisations &#233;tait donc quasi naturelle, m&#234;me si elle a &#233;t&#233; popularis&#233;e par les militants des organisations de gauche et d'extr&#234;me gauche. Et m&#234;me si elle a pris corps gr&#226;ce aux m&#234;mes. Car si les conf&#233;d&#233;rations syndicales ont tr&#232;s vite, d&#232;s le 7 f&#233;vrier, programm&#233; des journ&#233;es d'actions et de manifestations c'est &#224; la suite des propositions des organisations syndicales et politiques de la jeunesse. Et si elles en ont organis&#233; de plus en plus rapproch&#233;es et de plus en plus vigoureuses (7 f&#233;vrier, 7 mars, 18 mars, 28 mars), c'est parce que le mouvement &#233;tudiant puis lyc&#233;en, tout en continuant &#224; faire appel aux organisations ouvri&#232;res, a entre temps maintenu et fait monter la pression, en s'&#233;tendant, manifestant, faisant gr&#232;ve, bloquant les universit&#233;s et les lyc&#233;es, et par l&#224; gagnant &#224; sa cause (ou plut&#244;t &#224; la conscience de la nocivit&#233; du CPE) la majorit&#233; de la population et des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi parce que le mouvement de la jeunesse s'est donn&#233; une organisation &#224; lui, pas contre les organisations syndicales ou m&#234;me les partis de gauche, sur lesquels il comptait et compte toujours, mais ind&#233;pendante : assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales, comit&#233;s de mobilisation, coordinations locales, coordination nationale. Une organisation souvent confuse et &#171; bord&#233;lique &#187;, o&#249; fleurissent les id&#233;es utopiques, farfelues, voire parfois contre-productives, mais une organisation qui a &#233;t&#233; capable d'impulser et mettre sur pied blocages, gr&#232;ves, manifestations, contacts avec le monde du travail et la population laborieuse, en bref toute l'agitation de la jeunesse depuis deux mois, sans laquelle le mouvement n'aurait pas atteint le point o&#249; il en est... ou m&#234;me n'existerait sans doute plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;... une gauche qui le semble beaucoup moins... &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gauche, Parti socialiste en t&#234;te, a jusqu'ici soutenu la protestation de la jeunesse et le mouvement contre le CPE. Ses militants jeunes, MJS ou MJC, par l'interm&#233;diaire des syndicats &#233;tudiants, Unef, CE, UNL ou Fidl, ont particip&#233; &#224; son extension et, m&#234;me si c'est parfois avec r&#233;ticence, son organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce soutien a eu ses limites d&#232;s le d&#233;but. D'abord le PS a vu l'occasion de renforcer son image d'opposant en se faisant le porte-parole des protestations au Parlement bien plus que celle de lancer un v&#233;ritable assaut par un mouvement populaire de la rue, dont sans aucun doute il se m&#233;fie autant que la droite. Cette ambigu&#239;t&#233; est soulign&#233;e par l'attitude de tous ses leaders, Fran&#231;ois Hollande, Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius, se pavanant dans les manifestations, tout heureux sans doute de ne pas en &#234;tre expuls&#233;s comme ils le furent parfois dans des pr&#233;c&#233;dentes, mais se gardant bien de reprendre &#224; leur compte les objectifs qui d&#233;passent le CPE (par exemple contre le CNE ou la pr&#233;carit&#233; comme le r&#233;clament la majorit&#233; des jeunes, et beaucoup de moins jeunes, mobilis&#233;s) et avan&#231;ant des solutions de remplacement de celui-ci... qui aboutiraient &#224; peu pr&#232;s au m&#234;me (c'est-&#224;-dire, en substance, sous couleur de &#171; formation &#187;, laisser le jeune arrivant sur le march&#233; du travail dans une situation gu&#232;re moins pr&#233;caire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et aujourd'hui alors que le gouvernement fait mine d'&#234;tre plus d&#233;cid&#233; que jamais &#224; imposer ses projets sc&#233;l&#233;rats, loin d'appeler &#224; intensifier la riposte populaire, ils mettent en garde... Chirac : ne promulguez pas, s'il vous pla&#238;t, vous risquez d'aggraver la situation (entendre par l&#224; : de pr&#233;cipiter toujours plus de monde dans la rue et mettre toujours plus de travailleurs en gr&#232;ve).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si c'est pourtant bien ce qui se produit - comme nous l'esp&#233;rons au cas o&#249; le gouvernement ne c&#232;de pas dans les heures qui viennent - ce ne sera donc pas parce qu'ils l'auront voulu ou y auront contribu&#233;. Les bourgeois sont pr&#233;venus... les jeunes et les travailleurs aussi !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;... des conf&#233;d&#233;rations syndicales qui ne le sont pas beaucoup plus &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conf&#233;d&#233;rations syndicales ont, elles, r&#233;ellement jou&#233; leur r&#244;le dans la mont&#233;e de la mobilisation. Du 7 f&#233;vrier au 28 mars dernier, c'est gr&#226;ce &#224; elles sans aucun doute que journ&#233;e d'action apr&#232;s journ&#233;e d'action, les manifestations ont &#233;t&#233; de plus en plus imposantes et les appels &#224; la gr&#232;ve et aux d&#233;brayages se sont multipli&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, si elles ont pouss&#233; ainsi les travailleurs &#224; r&#233;pondre &#224; l'appel de la jeunesse mobilis&#233;e c'est parce qu'il y avait cet appel et cette mobilisation (mais il est juste de noter que les journ&#233;es d'action organis&#233;es par les conf&#233;d&#233;rations ont &#224; leur tour contribu&#233; &#224; conforter et &#233;tendre la mobilisation &#233;tudiante).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui pourtant face &#224; un gouvernement qui para&#238;t se durcir encore et faire monter les ench&#232;res, les conf&#233;d&#233;rations semblent h&#233;siter entre r&#233;pondre comme elles l'ont fait jusqu'ici en durcissant elles-m&#234;mes leur attitude... ou prendre la voie emprunt&#233;e par la gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, d&#232;s le 29 mars, et devant le refus renouvel&#233; de Villepin de retirer le CPE, elles ont appel&#233; &#224; une nouvelle journ&#233;e de gr&#232;ves et de manifestations pour le mardi suivant, 4 avril. Mais depuis quelques heures, &#224; la suite de la validation de la loi par le Conseil constitutionnel, Jean-Claude Mailly, Fran&#231;ois Ch&#233;r&#232;que et d'autres implorent Chirac de ne pas promulguer et de renvoyer le texte devant le parlement. Auquel cas ils promettent en contrepartie quasi explicitement... d'annuler la journ&#233;e de mardi prochain. Dr&#244;le de mani&#232;re d'aller &#224; l'&#233;preuve de force, en rechignant et &#224; reculons, et pas la meilleure fa&#231;on de se donner tous les moyens de la gagner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant les d&#233;cisions des centrales syndicales ne d&#233;pendent pas que de leurs directions. Il y a les jeunes mobilis&#233;s. Il y a aussi les travailleurs et les militants syndicaux. La suite que donneront au mouvement les conf&#233;d&#233;rations d&#233;pend aussi de tous ceux-l&#224; et de leur volont&#233; de continuer et d'amplifier la lutte et d'&#233;tendre les objectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224;, par exemple, la d&#233;cision d'appeler &#224; nouveau travailleurs et jeunes &#224; manifester et &#224; faire gr&#232;ve d&#232;s la semaine prochaine n'a pas fait que r&#233;pondre logiquement &#224; la situation et &#224; l'attitude bloqu&#233;e du gouvernement. Elle doit aussi au fait que la coordination nationale &#233;tudiante (dont les conf&#233;d&#233;rations syndicales ont d&#251; petit &#224; petit reconna&#238;tre l'existence et tenir compte) avait propos&#233; d&#232;s avant celle du 28 mars une nouvelle grande journ&#233;e d'action avec les salari&#233;s : le 4 avril justement ; au fait que les &#233;tudiants et lyc&#233;ens se sont manifest&#233;s &#224; nouveau dans les heures qui suivaient le 28 mars en bloquant routes ou voies ferr&#233;es ou de nouveaux lyc&#233;es pour r&#233;pondre au propos arrogant de de Robien ; et enfin que dans les entreprises de tr&#232;s nombreuses &#233;quipes syndicales ont demand&#233; une suite rapide et toujours plus vigoureuse (souvent &#224; la suite de la visite de certains &#233;tudiants).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc clair que cette suite d&#233;pend de la continuation de la mobilisation des &#233;tudiants et lyc&#233;ens, de leur volont&#233; et capacit&#233; &#224; amplifier leur liaison avec les travailleurs, et parmi ceux-ci d'une volont&#233; grandissante de joindre leur combat &#224; celui de la jeunesse. M&#234;me s'il ne s'agit encore aujourd'hui, chez les travailleurs, que de minorit&#233;s : il y a deux mois le mouvement chez les &#233;tudiants a commenc&#233; aussi avec des minorit&#233;s qui en ont gagn&#233; peu &#224; peu d'autres. Le mouvement d'ensemble pourrait commencer de la m&#234;me mani&#232;re : ici ou l&#224; les secteurs les plus d&#233;termin&#233;s qui se mettent en gr&#232;ve, par exemple &#224; l'occasion de la journ&#233;e du 4 avril... et y restent, et s'efforcent d'&#233;tendre, par l'exemple ou les contacts avec d'autres. Les conf&#233;d&#233;rations peuvent difficilement se d&#233;cider &#224; appeler &#224; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, parce que tous les travailleurs ne sont pas encore tous pr&#234;ts &#224; s'y mettre ? Admettons. C'est donc &#224; la base de le faire, &#224; commencer par les minorit&#233;s d&#233;cid&#233;es. Ce sont elles qui d&#233;cideront &#224; leur tour les centrales... du moins celles, s'il y en a, qui peuvent &#234;tre boug&#233;es. Les autres on s'en passera. C'est ainsi que &#231;a s'est pass&#233; en Mai 68.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais alors tout est possible : y compris d'aller vers le mouvement d'ensemble et la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, y compris d'imposer des objectifs bien au-del&#224; du seul retrait du CPE, que Chirac promulgue ou promulgue pas. A faire regretter &#224; Villepin et aux patrons d'avoir jamais eu l'id&#233;e d'instituer celui-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;31 mars 2006&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Le CPE passera-t-il l'hiver ?
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		<dc:subject>CPE
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		<description>Au moment o&#249; nous &#233;crivons, il est sans doute bien t&#244;t pour r&#233;pondre &#224; la question. Nous sommes encore &#224; 10 jours de la nouvelle journ&#233;e d'action nationale annonc&#233;e pour le 7 mars par les conf&#233;d&#233;rations syndicales de salari&#233;s et les organisations &#233;tudiantes et lyc&#233;ennes. Et deux zones sur trois, donc approximativement les deux tiers des lyc&#233;es du pays sont toujours en vacances, &#233;tal&#233;es tant pour les lyc&#233;ens que pour les &#233;tudiants tout au long de ce mois de f&#233;vrier. &lt;br /&gt;Cela a sans aucun doute contribu&#233; &#224; donner&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au moment o&#249; nous &#233;crivons, il est sans doute bien t&#244;t pour r&#233;pondre &#224; la question. Nous sommes encore &#224; 10 jours de la nouvelle journ&#233;e d'action nationale annonc&#233;e pour le 7 mars par les conf&#233;d&#233;rations syndicales de salari&#233;s et les organisations &#233;tudiantes et lyc&#233;ennes. Et deux zones sur trois, donc approximativement les deux tiers des lyc&#233;es du pays sont toujours en vacances, &#233;tal&#233;es tant pour les lyc&#233;ens que pour les &#233;tudiants tout au long de ce mois de f&#233;vrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela a sans aucun doute contribu&#233; &#224; donner au mouvement qui se dessine depuis quatre semaines une allure d&#233;cousue et disparate, rendant difficile de se faire une id&#233;e d'ensemble sur l'importance que la mobilisation a pu atteindre. Qu'elle ait pein&#233; &#224; d&#233;marrer dans bien des endroits, voire peine encore, ne fait gu&#232;re de doute. Pourtant, si dans bien des facs les premi&#232;res Assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales n'ont pas r&#233;uni beaucoup plus que le petit nombre des syndicalistes &#233;tudiants et des militants politiques de gauche et d'extr&#234;me gauche, que dans d'autres il n'y a m&#234;me pas eu encore d'AG du tout, dans certaines elles ont au contraire d&#232;s le d&#233;but ou tr&#232;s rapidement impliqu&#233; une masse d'&#233;tudiants ordinaires, comme &#224; Toulouse ou Rennes par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestations ont de m&#234;me connu des participations diverses : nombre tr&#232;s r&#233;duit ici, des milliers au contraire ailleurs, et parfois dans la m&#234;me ville une participation squelettique un jour, abondante au contraire le suivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait certes faux d'attribuer cette situation aux seuls al&#233;as de la vie scolaire et universitaire, m&#234;me si vacances, examens ou partiels ont pes&#233;. Beaucoup de jeunes, comme de moins jeunes d'ailleurs, sont loin d'&#234;tre convaincus de la vraie nocivit&#233; du Contrat premi&#232;re embauche tel que propos&#233; par le gouvernement. Beaucoup ont mis du temps &#224; prendre simplement connaissance du projet de Villepin, et aujourd'hui encore une partie n'en a qu'une vague id&#233;e. Ensuite sa port&#233;e a &#233;t&#233; loin d'appara&#238;tre d'embl&#233;e &#224; tous ; aujourd'hui encore nombreux sont ceux sensibles &#224; la propagande gouvernementale d&#233;vers&#233;e &#224; profusion de discours et d'interviews de ministres. Le CPE n'est sans doute pas une panac&#233;e, mais apr&#232;s tout ne vaut-il pas mieux que rien ? Ne serait-il quand m&#234;me pas un moyen de r&#233;duire le ch&#244;mage des jeunes ? Son grand fr&#232;re, le CNE, apr&#232;s six mois de vie seulement, n'a-t-il pas contribu&#233; &#224; la baisse du ch&#244;mage comme le pr&#233;tend le gouvernement (c'est un mensonge &#233;hont&#233; mais pas &#233;vident &#224; tous, tant on serine les chiffres statistiques officiels bien plus que les d&#233;mentis des syndicats de l'Insee eux-m&#234;mes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, il ne fait pas de doute que la connaissance du projet gouvernemental en m&#234;me temps que la conscience de son pouvoir de nuisance a grandi au fil de ses quatre derni&#232;res semaines d'agitation. Et cela gr&#226;ce &#224; cette agitation d'ailleurs, gr&#226;ce aux manifestations qui se sont multipli&#233;es m&#234;me tr&#232;s minoritaires, gr&#226;ce aux occupations et aux gr&#232;ves dans certaines facs et dans certains lyc&#233;es m&#234;me quand elles n'ont &#233;t&#233; le fait que d'une petite partie des &#233;tudiants, gr&#226;ce aux explications par tracts, affiches et prises de paroles m&#234;me si au d&#233;but elles n'&#233;taient que le fait de petits groupes, g&#233;n&#233;ralement de jeunes, Unef et autres syndicats &#233;tudiants, JS, JC, JCR, CNT, Fraction puis majorit&#233; de LO, et d'autres encore. Cette agitation, groupusculaire au d&#233;but, a contribu&#233; &#224; pousser les conf&#233;d&#233;rations syndicales &#224; organiser la premi&#232;re journ&#233;e d'action nationale du 7 f&#233;vrier. Et celle-ci, malgr&#233; son pr&#233;tendu insucc&#232;s proclam&#233; par les m&#233;dias et le gouvernement, en mettant plus de 200 000 salari&#233;s et jeunes dans la rue (police dixit), a contribu&#233; &#224; servir de caisse de r&#233;sonance au probl&#232;me. Comme cette agitation embryonnaire a certainement pouss&#233; la gauche &#224; prendre des postures plus combatives... surtout au Parlement, c'est vrai, donc sans danger pour le gouvernement. Pourtant que le PS l'ait voulu ou non, cela aussi a contribu&#233; &#224; poser le probl&#232;me sur la place publique. Oui, ce sont d&#233;cid&#233;ment les militants et les organisations qui se sont lanc&#233;s dans cette bagarre sans attendre d'&#234;tre s&#251;rs des r&#233;actions de la majorit&#233; des jeunes ou de la population, qui avaient raison. D'autant plus que c'est la seule fa&#231;on de mettre les chances de leur c&#244;t&#233; de gagner &#224; la longue cette majorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui ne fait pas de doute non plus c'est que la mobilisation a continu&#233; &#224; cro&#238;tre. Aujourd'hui, elle est encore loin du point maximum - du moins nous l'esp&#233;rons - mais m&#234;me en dents de scie et avec ses hauts et bas, au fil des jours elle s'est en gros maintenue l&#224; o&#249; elle a commenc&#233; le plus fort, et accrue l&#224; o&#249; elle a d&#233;marr&#233; au plus bas. On peut en voir la preuve dans le fait que d&#232;s leur retour des vacances, lyc&#233;ens et &#233;tudiants de la zone C, R&#233;gion parisienne et Sud-Ouest, ont pris le relais de ceux des zones B puis A parties &#224; leur tour en cong&#233;s, dont Toulouse et Rennes, et manifest&#233; ce jeudi 23 f&#233;vrier &#224; Paris et plusieurs autres villes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas gagn&#233;, c'est s&#251;r. Mais pas perdu non plus. C'est s&#251;r aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le v&#233;ritable enjeu &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A en croire les commentaires des m&#233;dias l'enjeu essentiel de cette bataille pour le retrait du CPE serait l'avenir... de Villepin (et par ricochet de Sarkozy). D'o&#249; l'attention port&#233;e par les m&#233;dias &#224; la cote du Premier ministre dans les sondages plus qu'au nombre croissant des manifs &#233;tudiantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut supposer en effet que si Villepin &#233;tait oblig&#233; de revenir sur le CPE son image serait quelque peu ternie aux yeux de ses mandants (et bailleurs de fonds) capitalistes. Une bonne raison pour lui de se cramponner, comme d'autres en leur temps pr&#233;tendaient rester droits dans leurs bottes face &#224; la col&#232;re populaire ? Sans doute. Quoique... la bourgeoisie est capable de faire la part du feu, ou de comprendre que ses repr&#233;sentants doivent parfois la faire : Balladur en son temps avait d&#251; reculer sur le CIP, le &#171; smic jeunes &#187;, projet du m&#234;me tabac que le CPE de Villepin ; il n'en a pas moins eu les appuis et l'argent n&#233;cessaires pour se pr&#233;senter aux pr&#233;sidentielles suivantes et y faire presque jeu &#233;gal avec Chirac. M&#234;me s'il tient beaucoup &#224; sa candidature en 2007, Villepin peut &#234;tre lui aussi amen&#233; &#224; se faire une raison et &#224; reculer... si nous sommes nombreux &#224; le contraindre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait pour la bourgeoisie, et donc pour Villepin lui-m&#234;me, l'enjeu est ailleurs que dans le nom du futur pr&#233;sident. Le CPE est une bataille de plus contre le monde du travail. Elle a &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233;e de bien d'autres et est destin&#233;e &#224; &#234;tre suivie d'autres encore. D'apr&#232;s les confidences de Villepin lui-m&#234;me d'ailleurs, ce n'est qu'une &#233;tape vers la fin effective du CDI pour tous qui pourrait &#234;tre propos&#233;e dans les six mois, comme l'introduction du CNE en ao&#251;t dernier a permis six mois plus tard... de proposer le CPE. Et cette r&#233;gression suppl&#233;mentaire officialis&#233;e et admise - c'est-&#224;-dire une d&#233;faite de plus du monde du travail avec ce que toute d&#233;faite entra&#238;ne de d&#233;moralisation parmi les travailleurs et surtout parmi les militants - cela rendra plus facile de porter les autres coups d&#233;j&#224; programm&#233;s au droit du travail et aux acquis sociaux. C'est ainsi que depuis deux ou trois d&#233;cennies, de reculs en reculs, de d&#233;faites en d&#233;faites, d'abandon en abandon, la bourgeoisie contraint le prol&#233;tariat d'un pays comme la France &#224; un retour d'un si&#232;cle en arri&#232;re - peut-&#234;tre pas en terme de niveau de vie mais en tout cas en terme de droits ou d'absence de droits - et tend &#224; ramener une situation o&#249; chaque travailleur se trouvait pieds et poings li&#233;s &#224; la disposition absolue des capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, voil&#224; l'enjeu. Pour les jeunes (ou du moins la grosse majorit&#233; d'entre eux, mis &#224; part les rejetons de la soi-disant &#233;lite qui peuvent croire leur avenir assur&#233; dans cette soci&#233;t&#233; capitaliste... la presse a rapport&#233; ainsi l'indiff&#233;rence des &#233;tudiants de quelques grandes &#233;coles), mais aussi pour tous les autres travailleurs, l'acc&#233;l&#233;ration de la remise en cause des acquis et de l'installation d'une plus grande pr&#233;carit&#233; pour tous, y compris pour les g&#233;n&#233;rations qui s'en croyaient plus ou moins pr&#233;serv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La gauche &#224; l'offensive ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour une fois la gauche et les conf&#233;d&#233;rations syndicales ont r&#233;agi avec une rapidit&#233; &#224; laquelle elles ne nous avaient pas habitu&#233;s depuis longtemps. Auraient-elles jug&#233; que la coupe &#233;tait pleine et qu'elles ne pouvaient plus avaler de nouvelles couleuvres sans se d&#233;consid&#233;rer d&#233;finitivement apr&#232;s avoir laiss&#233; passer sans coup f&#233;rir le CNE cet &#233;t&#233; pour se contenter d'une journ&#233;e d'action... deux mois plus tard et sans donner la moindre suite ? Ont-elles voulu pr&#233;venir la concurrence de l'extr&#234;me gauche, supposant a priori que le CPE &#233;tait susceptible de remuer la jeunesse &#233;tudiante et lyc&#233;enne, terrain sur lequel cette concurrence reste la plus forte, voire celle des banlieues dont la r&#233;volte il y a trois mois les a &#233;pouvant&#233;es tout autant que la droite (jeunesse prol&#233;tarienne qui sera la premi&#232;re cible et la premi&#232;re victime du CPE) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours est-il que le PS a donn&#233; particuli&#232;rement d'&#233;clat &#224; sa bataille parlementaire. La moindre des choses alors que Villepin bousculait le Parlement en avan&#231;ant arbitrairement la date de la discussion de la loi, puis soulignait sa totale futilit&#233; en recourant au 49-3 ? Certes. Mais quels que soient les calculs politiciens de Hollande ou Strauss-Kahn - certitude qu'ils pouvaient avoir que cette bataille compterait pour du beurre et ne pouvait pr&#234;ter &#224; cons&#233;quence, volont&#233; de saisir une occasion sans risque de donner des raisons de voter pour eux en 2007 - cette opposition pour la montre a contribu&#233; aussi &#224; mettre la question du CPE sur la place publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme a contribu&#233; aussi &#224; le faire la journ&#233;e de manifestations du 7 f&#233;vrier organis&#233;e par les conf&#233;d&#233;rations syndicales avec le soutien de toute la gauche, incit&#233;es par les organisations &#233;tudiantes &#224; l'invitation desquelles il leur &#233;tait, il est vrai, difficile de se d&#233;rober. Certes la participation a &#233;t&#233; moyenne pour une telle journ&#233;e (un &#171; &#233;chec &#187; a dit la presse inspir&#233;e par le gouvernement). Pourtant les 200 000 &#224; 400 000 manifestants, selon la police ou les organisateurs, alors que le CPE &#233;tait encore loin des pr&#233;occupations de la majorit&#233; des travailleurs et m&#234;me de la jeunesse, ont bien aid&#233; la mobilisation &#224; monter d'un cran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'o&#249; peut aller cette volont&#233; de lutte de grandes organisations syndicales et partis de gauche ? On peut, on doit m&#234;me, rester m&#233;fiant. Le pass&#233;, y compris r&#233;cent, en particulier leur compl&#232;te d&#233;robade en ao&#251;t dernier &#224; l'occasion de l'institution du CNE, suffirait pour cela. Une d&#233;claration comme celle de Hollande, faite en pleine &#171; bataille &#187; parlementaire - &#171; &lt;em&gt;Soyons r&#233;alistes, le texte va passer. Le travail d'explication que nous engageons trouvera son d&#233;nouement non dans la rue mais dans les urnes, en 2007 &#187; - &lt;/em&gt; d&#233;montre pour le moins que le chef du PS ne se pr&#233;pare &#224; livrer r&#233;ellement combat ni dans la rue ni dans l'imm&#233;diat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant - contraste avec l'attitude adopt&#233;e durant l'ann&#233;e pass&#233;e - dans les 3 jours qui suivaient le 7 f&#233;vrier, les conf&#233;d&#233;rations syndicales, toujours en liaison avec les organisations &#233;tudiantes, acceptaient de lui fixer une suite et de donner un nouveau rendez-vous dans la rue, quatre semaines plus tard mais imm&#233;diatement apr&#232;s la fin des vacances lyc&#233;ennes. Et du coup le mouvement, m&#234;me balbutiant, m&#234;me se cherchant, avait un objectif, le 7 mars, et un encouragement &#224; en faire une nouvelle &#233;tape de la mobilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Objectif : le 7 mars... et la suite &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 7 mars permettra donc une prochaine v&#233;rification de l'ampleur de la mobilisation contre la politique du gouvernement. Et si cette v&#233;rification est faite, il peut &#234;tre un tremplin pour le d&#233;veloppement de cette mobilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre t&#226;che imm&#233;diate est donc de pr&#233;parer cette journ&#233;e, dans la jeunesse, les lyc&#233;es et les universit&#233;s, mais aussi le reste de la population, les quartiers populaires et les entreprises. D'abord en continuant l'explication de ce que signifie r&#233;ellement le CPE, en particulier aupr&#232;s de tous ceux qui ne voient pas clairement qu'il constitue bien un nouveau pas pour installer la pr&#233;carit&#233; pour l'ensemble du monde du travail. Ils sont encore nombreux. De la capacit&#233; &#224; les persuader d&#233;pend l'importance de la participation aux manifestations, et aux gr&#232;ves, le 7 mars et une suite &#233;ventuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce travail il est n&#233;cessaire d'entra&#238;ner le maximum de monde. C'est ce qui a commenc&#233; &#224; se faire dans nombre d'universit&#233;s, voire de lyc&#233;es o&#249; des collectifs, comit&#233;s, coordinations ou assembl&#233;es diverses rassemblent militants syndicalistes, de gauche et d'extr&#234;me gauche de toute ob&#233;dience, ou sans ob&#233;dience, pour pr&#233;parer les prochaines &#233;tapes du mouvement. C'est ce qu'il faut tenter dans les entreprises en rassemblant travailleurs syndiqu&#233;s et non syndiqu&#233;s, politiques ou sans appartenance, pour les appels &#224; la manifestation, voire &#224; la gr&#232;ve puisque un certain nombre de syndicats et m&#234;me de conf&#233;d&#233;rations, Sud ou FO, parlent de gr&#232;ve ce jour-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre m&#233;fiance vis-&#224;-vis des directions de la gauche ou des syndicats ne doit pas dispara&#238;tre. Mais ce n'est certainement pas au moment o&#249; ces directions elles-m&#234;mes vont dans le bon sens qu'il faut faire montre de sectarisme... vis-&#224;-vis de ceux qui les suivent. Les gauchistes qui dans les diff&#233;rents organismes &#233;tudiants refusent les man&#339;uvres bureaucratiques d'une Unef sous influence du Parti socialiste (car les tendances bureaucratiques n'attendent pas un &#226;ge avanc&#233; pour se faire jour) ont raison. Mais ils auraient tort de livrer un combat syst&#233;matique sur tout et sur rien, et donc en fait aussi sectaire que les attitudes qu'ils pr&#233;tendent combattre, sous pr&#233;texte que plane l'ombre du PS et qu'ils n'ont, &#224; juste titre, pas confiance dans ce parti. Gagner la majorit&#233; des &#233;tudiants au mouvement se fera sur une politique, pas sur le nom ou le renom d'une boutique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autant plus qu'assurer une suite au 7 mars - t&#226;che indispensable, quelle que soit l'importance de cette journ&#233;e - se fera d'autant mieux qu'un maximum de militants et sympathisants PS, PCF, mais aussi CGT, FO et autres auront fait leur le mouvement et ses objectifs. C'est, en plus de la participation massive des &#233;tudiants et des travailleurs, la seule garantie que les chefs de la gauche et des syndicats ne tourneront pas le dos &#224; la lutte en cours comme ils l'ont d&#233;j&#224; fait tant de fois et seront pouss&#233;s, bon gr&#233; mal gr&#233;, &#224; accompagner le mouvement jusqu'aux limites de ses possibilit&#233;s... qui restent &#224; d&#233;couvrir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24 f&#233;vrier 2006&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Quand la classe ouvri&#232;re chinoise s'&#233;veille
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		<description>Alors que le gouvernement chinois se vante d'&#234;tre d&#233;sormais la quatri&#232;me puissance &#233;conomique mondiale par le PIB, d'autres faits sont venus rappeler les r&#233;alit&#233;s du pays. Le pouvoir a tent&#233; en novembre dernier de cacher l'explosion d'une usine qui a pollu&#233; l'un des plus grands fleuves de Mandchourie. En d&#233;cembre, la police a tir&#233; sur une manifestation de 6000 paysans, faisant plusieurs morts. &lt;br /&gt;Le r&#233;gime policier impitoyable qui dirige la Chine, enferme dans ses prisons et ses camps de travail des&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Alors que le gouvernement chinois se vante d'&#234;tre d&#233;sormais la quatri&#232;me puissance &#233;conomique mondiale par le PIB, d'autres faits sont venus rappeler les r&#233;alit&#233;s du pays. Le pouvoir a tent&#233; en novembre dernier de cacher l'explosion d'une usine qui a pollu&#233; l'un des plus grands fleuves de Mandchourie. En d&#233;cembre, la police a tir&#233; sur une manifestation de 6000 paysans, faisant plusieurs morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime policier impitoyable qui dirige la Chine, enferme dans ses prisons et ses camps de travail des milliers de prisonniers politiques, ne tol&#232;re aucun parti politique ind&#233;pendant, &#233;touffe dans l'&#339;uf tout embryon de syndicat libre, contr&#244;le et muselle la presse, l'&#233;dition, internet, tous les moyens d'information. Il proc&#232;de &#224; 10 000 ex&#233;cutions de condamn&#233;s de droit commun, chaque ann&#233;e, ce qui est aussi une fa&#231;on de rappeler &#224; toute la population que la violence la plus brutale peut s'abattre sur elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16 ans apr&#232;s le massacre de Tien An Men, le r&#233;gime peut-il craindre d'&#234;tre &#224; nouveau contest&#233; dans son existence m&#234;me ? Que reste-t-il des forces d'opposition &#224; la dictature en Chine, et quelles sont leurs perspectives ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Apr&#232;s Tien An Men : de l'&#233;crasement du mouvement pour la d&#233;mocratie... &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bain de sang qui mit fin &#224; l'occupation de la place Tian An Men, le 4 juin 1989, en faisant sans doute pr&#232;s de 2000 morts, fut le point de d&#233;part d'une r&#233;pression sauvage et syst&#233;matique. Sous la loi martiale, qui resta en vigueur pendant 8 mois, tout fut fait pour &#233;radiquer durablement les oppositions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partout les arrestations se multipli&#232;rent, et des dizaines de milliers de personnes furent jet&#233;es en prison. Les associations autonomes d'&#233;tudiants, d'intellectuels, d'ouvriers furent dissoutes, leurs dirigeants emprisonn&#233;s, et leurs membres devaient se rendre &#224; la police pour pr&#233;senter leur autocritique, et &#233;ventuellement donner des gages de loyaut&#233; et de repentance, en proc&#233;dant &#224; des d&#233;lations. Des milliers de contestataires durent entrer dans la clandestinit&#233;, se cacher en province, ou quitter le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans chaque unit&#233; de travail, bureaux, usines ou universit&#233;s, les employ&#233;s durent faire un rapport sur leur comportement pendant les &#233;v&#232;nements et faire des autocritiques publiques. Une vaste campagne de propagande se d&#233;cha&#238;na contre les partisans de la &#171; lib&#233;ralisation bourgeoise &#187;, &#171; manipul&#233;s par l'&#233;tranger &#187; et responsables de la &#171; temp&#234;te contre-r&#233;volutionnaire &#187;. De nombreux &#233;tudiants furent radi&#233;s de l'universit&#233;. A l'universit&#233; de P&#233;kin, fer de lance du mouvement, les nouveaux entrants durent faire un stage &#224; l'arm&#233;e avant de commencer les cours. La r&#233;pression fut particuli&#232;rement dure dans les milieux ouvriers : dans les jours qui suivirent le massacre de la nuit du 4 juin, des travailleurs qui avaient pr&#234;t&#233; main forte aux &#233;tudiants furent sommairement ex&#233;cut&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction du parti communiste proc&#233;da &#233;galement &#224; des purges en son propre sein, une de plus, mais contre les &#171; r&#233;formateurs &#187; cette fois qui, pendant les ann&#233;es 1980, avaient prot&#233;g&#233; les activit&#233;s des d&#233;mocrates en leur offrant des espaces d'expression dans la presse, des institutions culturelles, etc. dans le cadre des luttes des factions pour le pouvoir. Des journaux (pourtant tous li&#233;s au parti et &#224; l'Etat) furent ferm&#233;s, des comit&#233;s de r&#233;daction mis au pas (celui du plus officiel des journaux officiels, le &lt;em&gt;Quotidien du Peuple&lt;/em&gt;, se vit imposer un militaire &#224; sa t&#234;te). Les opposants qui dans les ann&#233;es 1980, loin de se voir en adversaires irr&#233;ductibles du pouvoir, esp&#233;raient faire aboutir leurs revendications de plus de libert&#233;s en s'appuyant sur une partie du syst&#232;me lui-m&#234;me, furent ainsi somm&#233;s de choisir entre la soumission et la marginalit&#233;, voire l'an&#233;antissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette politique d'&#233;crasement syst&#233;matique du mouvement pour la d&#233;mocratie semble bien avoir port&#233; ses fruits : depuis 1989, les opposants sont atomis&#233;s, r&#233;duits &#224; une clandestinit&#233;, quand ils ne sont pas en prison ou en camp de travail. Ceux qui luttent &#224; l'int&#233;rieur du pays tentent de s'organiser &#224; l'&#233;chelle du pays et de rompre leur isolement, les dissidents en exil semblent r&#233;duits &#224; l'impuissance. L'opposition d&#233;mocratique chinoise vit parfois au rythme du petit jeu des n&#233;gociations commerciales entre les dirigeants des grandes puissances, europ&#233;ennes et surtout am&#233;ricaine : des dissidents sont lib&#233;r&#233;s ou peuvent s'exprimer la veille de discussions internationales sur des ventes d'armes, de centrales nucl&#233;aires, sur les quotas textiles, l'entr&#233;e de la Chine &#224; l'OMC ou la candidature de P&#233;kin aux Jeux Olympiques, puis &#224; nouveau &#233;touff&#233;s et embastill&#233;s quand les grands de ce monde n'ont plus l'usage du petit pion &#171; droits de l'homme &#187; sur leur &#233;chiquier diplomatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, s'il n'y a plus eu de mouvement de protestation des &#233;tudiants ou de l'intelligentsia (ou si nous n'en avons plus eu connaissance) depuis 1989, comparables aux manifestations d'&#233;tudiants de 1978-1979, 1986 et 1989, la dictature doit maintenant faire face &#224; de nouvelles formes de contestation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;... aux r&#233;voltes ouvri&#232;res et paysannes &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le nord-est de la Chine, o&#249; la vieille industrie lourde d'Etat a &#233;t&#233; frapp&#233;e par des fermetures et licenciements massifs, a &#233;t&#233; secou&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es par de grandes manifestations de rue. D&#233;but 2002, dans la ville p&#233;troli&#232;re de Daqing, 50 000 travailleurs ont manifest&#233; pour r&#233;clamer le paiement de leurs arri&#233;r&#233;s de salaires, et ils ont attaqu&#233; nombre de b&#226;timents officiels, dont le si&#232;ge local du syndicat officiel. Ils ont fond&#233; contre celui-ci un syndicat ind&#233;pendant. En mars de la m&#234;me ann&#233;e, 30 000 travailleurs licenci&#233;s de 20 entreprises d'Etat diff&#233;rentes ont &#224; leur tour manifest&#233; &#224; Liaoyang, pour r&#233;clamer eux aussi le paiement des arri&#233;r&#233;s de salaire et des primes de d&#233;part qui avaient &#233;t&#233; promises, d&#233;noncer la corruption des dirigeants, et r&#233;clam&#233; la lib&#233;ration de d&#233;l&#233;gu&#233;s arr&#234;t&#233;s par la police. Ce mouvement a pr&#233;sent&#233; plusieurs traits qui semblent nouveaux : non seulement les ouvriers ont tiss&#233; un r&#233;seau englobant les usines de la ville, mais ils ont &#233;lu des d&#233;l&#233;gu&#233;s, &#233;mis des revendications politiques (la d&#233;mission d'un des principaux dirigeants de la r&#233;gion, le pr&#233;sident de l'assembl&#233;e populaire de Liaoyang), contact&#233; la presse &#233;trang&#232;re, et m&#234;me les organisations de d&#233;fense des droits des ouvriers bas&#233;es &#224; Hong Kong (l'ancienne possession britannique rendue &#224; la Chine en 1997 b&#233;n&#233;ficiant de plus grandes tol&#233;rances d&#233;mocratiques, tout en &#233;tant compl&#232;tement coup&#233;e du reste du pays). Le pouvoir a r&#233;agi en envoyant la police anti-&#233;meutes et l'arm&#233;e. Deux leaders ouvriers, Yao Fuxin et Xiao Yunliang, ont &#233;t&#233; condamn&#233;s &#224; 7 et 4 ans de prison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les campagnes, de v&#233;ritables &#233;meutes opposant paysans et forces de l'ordre se sont &#233;galement multipli&#233;es ces derni&#232;res ann&#233;es : les paysans le plus souvent protestent contre les taxes, la corruption des notables locaux, les expropriations forc&#233;es de terres, ou encore la pollution des sols par des usines. Dernier &#233;pisode en date : la police a tir&#233; sur une foule de 6000 paysans le 6 d&#233;cembre dernier, faisant officiellement 6 morts, mais une vingtaine selon les paysans, qui signalent aussi la disparition d'une cinquantaine de personnes. Les paysans protestaient depuis plusieurs mois contre la saisie de leurs terres au nom d'un projet de centrale &#233;lectrique. Une premi&#232;re d&#233;l&#233;gation avait &#233;t&#233; envoy&#233;e aux autorit&#233;s en ao&#251;t... et mise en &#233;tat d'arrestation, et apr&#232;s la fusillade la police a fouill&#233; toutes les maisons pour traquer les &#171; meneurs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est difficile d'estimer l'ampleur des luttes ouvri&#232;res et paysannes, dans ce pays immense, o&#249; r&#232;gne de surcro&#238;t la censure. Cependant m&#234;me les autorit&#233;s reconnaissent que leur nombre augmente d'ann&#233;e en ann&#233;e, depuis le milieu des ann&#233;es 1990. Un article du Monde diplomatique de janvier 2006 cite ainsi le ministre de la s&#233;curit&#233; publique, Zhou Yonkang, qui a &lt;em&gt;&#171; rendu public le chiffre, habituellement tenu secret, des manifestations : 74 000 protestations en 2004 (rassemblant 3,76 millions de personnes), contre 10 000 en 1994. &#187; &lt;/em&gt;C'est la cons&#233;quence des in&#233;galit&#233;s croissantes en ville et &#224; la campagne, mais aussi du d&#233;mant&#232;lement et de la privatisation d'une grande partie des entreprises d'Etat, avec leur cort&#232;ge de licenciements, de salaires impay&#233;s, de d&#233;tournements de fonds par les cadres dirigeants. On estime qu'entre 17 et 23 millions d'ouvriers se trouvaient &#171; mis &#224; pied &#187; en 2000 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouveaut&#233;, c'est que des mouvements commencent &#224; toucher de nouvelles fractions de la classe ouvri&#232;re. Des travailleurs migrants, qui quittent leurs villages pour chercher du travail, extr&#234;mement pr&#233;caire, sur les chantiers des grandes villes, ont manifest&#233; et se sont heurt&#233;s &#224; la police, qui tentait de les expulser. Ainsi, en d&#233;cembre 2004, dans la Zone Economique Sp&#233;ciale (ZES) de Dongguan (une ville ouvri&#232;re de plusieurs millions d'habitants), les correspondants de l'AFP et de &lt;em&gt;Lib&#233;ration&lt;/em&gt; ont rapport&#233; que jusqu'&#224; 50 000 travailleurs migrants ont affront&#233; la police, apr&#232;s que l'un des leurs e&#251;t &#233;t&#233; battu &#224; mort. Quatre migrants auraient &#233;t&#233; tu&#233;s dans de v&#233;ritables &#233;meutes. Des gr&#232;ves ont &#233;galement touch&#233; des entreprises priv&#233;es, &#224; capitaux &#233;trangers ou mixtes, ce secteur le plus dynamique de l'&#233;conomie chinoise, enti&#232;rement tourn&#233; vers les exportations et les profits des grandes firmes multinationales : ainsi, en fin 2004, les 3000 ouvri&#232;res de l'usine Computime de Shenzen (une ZES, aux portes de Hong Kong) ont bloqu&#233; le centre de la ville, et obtenu une augmentation de 170 % de leur salaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces luttes doivent &#234;tre rapport&#233;es &#224; l'immensit&#233; du pays. M&#234;me si elles sont en recrudescence, le r&#233;gime n'a peut-&#234;tre pas encore de raison de se sentir menac&#233; par de tels mouvements, mais il lui faut &#233;viter que quoi que ce soit puisse servir de point de ralliement &#224; tous les m&#233;contentements, &#224; toutes les r&#233;sistances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tuer dans l'&#339;uf toute opposition &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le printemps 1989 fut au d&#233;part une protestation des &#233;tudiants de P&#233;kin, &#224; la fois contre la d&#233;gradation de leurs conditions d'existence, la corruption et le n&#233;potisme du pouvoir, l'absence de libert&#233;s. Le mouvement a rencontr&#233; un fort courant de sympathie populaire qui leur a donn&#233; le courage d'aller jusqu'&#224; l'occupation permanente de la place Tien An Men, devant le si&#232;ge du pouvoir. Les &#233;tudiants ont bien failli (sans doute bien malgr&#233; eux) servir de catalyseur &#224; tous les m&#233;contentements dans la population : aspiration &#224; la d&#233;mocratie, mais aussi r&#233;volte face au d&#233;veloppement du ch&#244;mage dans les villes, &#224; l'inflation, la corruption et l'arbitraire de l'administration. Par leur d&#233;termination, ils faisaient une br&#232;che dans le mur du pouvoir, montraient qu'il &#233;tait possible de le faire reculer. Nombreux &#233;taient d&#233;j&#224; les employ&#233;s et ouvriers de P&#233;kin qui avaient tenu &#224; afficher leur solidarit&#233; avec le mouvement, y compris, quelques jours avant le massacre, en tentant de s'interposer entre les troupes et les &#233;tudiants. Pourtant, sauf quelques exceptions, la plupart des leaders du mouvement choisirent de ne pas s'adresser aux travailleurs, de ne pas essayer de les entra&#238;ner activement dans la lutte : aux dires de certains d'entre eux, il ne fallait pas qu'ils viennent &#171; polluer &#187; le mouvement &#233;tudiant, &#171; id&#233;aliste &#187;, en apportant leurs revendications mat&#233;rielles ; il ne fallait pas qu'ils se mettent de la partie, car le r&#233;gime se serait senti &#171; provoqu&#233; &#187;, &#171; menac&#233; &#187; ! Un refus de v&#233;ritable jonction avec les classes populaires que raconte Jean-Philippe B&#233;ja, dans son livre &lt;em&gt;&#192; la recherche d'une ombre chinoise&lt;/em&gt;.&lt;em&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Jean-Philippe B&#233;ja, A la recherche d'une ombre chinoise (le mouvement pour la (...)' id='nh3-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;. Comme si l'extension de la lutte aux classes populaires n'aurait pas &#233;t&#233; le seul moyen de renforcer le mouvement et de faire reculer le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir, lui, ne s'y est pas tromp&#233;. C'est le danger d'une mont&#233;e du mouvement ouvrier dans tout le pays qui explique la f&#233;rocit&#233; du massacre des &#233;tudiants (et des employ&#233;s et ouvriers qui ont voulu les soutenir jusqu'au bout) et le caract&#232;re syst&#233;matique de la r&#233;pression qui a suivi &#224; grande &#233;chelle dans tout le pays. Aujourd'hui encore, le gouvernement veut &#224; tout prix &#233;viter qu'une r&#233;volte quelconque puisse faire boule de neige, ou qu'une organisation ind&#233;pendante du Parti communiste officiel puisse profiter d'une crise sociale ou politique pour affirmer une alternative &#224; l'&#233;chelle de tout le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face aux mouvements, la tactique des autorit&#233;s peut varier. Mais si parfois le pouvoir l&#226;che du lest en arr&#234;tant des cadres locaux accus&#233;s de corruption ou d'arbitraire, ou en distribuant un peu d'argent aux paysans spoli&#233;s ou aux ouvriers au ch&#244;mage, dans le m&#234;me temps, il isole toutes les r&#233;voltes du reste du pays, bloque l'information, et cible la r&#233;pression. On arr&#234;te les meneurs, on les fait dispara&#238;tre ou on leur inflige, dans des simulacres de proc&#232;s, de lourdes peines d'emprisonnement ou de travaux forc&#233;s, pour l'exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A tel point que m&#234;me une secte religieuse, la secte Falungong, qui pourrait sembler a priori relativement inoffensive, du moins sur le plan politique, a subi une dure r&#233;pression. Elle avait commis le crime, en 1999, de faire manifester des milliers de ses membres place Tien An Men pour le dixi&#232;me anniversaire du massacre de 1989.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en va de m&#234;me pour les militants d&#233;mocrates qui se sont obstin&#233;s &#224; vouloir cr&#233;er une organisation. Ainsi, en 1998, des dissidents d&#233;cident de profiter de la visite &#224; P&#233;kin du pr&#233;sident am&#233;ricain Bill Clinton pour tenter de faire reconna&#238;tre, au moins par des autorit&#233;s locales, un parti d'opposition l&#233;gal, le Parti D&#233;mocratique Chinois, esp&#233;rant que les n&#233;gociations avec les Am&#233;ricains g&#234;neraient le pouvoir et le freineraient dans la r&#233;pression. Pendant quelques mois les autorit&#233;s acceptent d'enregistrer dans 24 provinces des &#171; comit&#233;s pr&#233;paratoires &#187; au PDC regroupant jusqu'&#224; deux cents personnes. Puis, apr&#232;s la visite de Clinton et la r&#233;ussite des n&#233;gociations sur l'entr&#233;e dans l'OMC, le gouvernement siffle la fin du jeu : tous les dirigeants du PDC sont arr&#234;t&#233;s et condamn&#233;s &#224; de lourdes peines de prison, pour &#171; subversion de l'Etat &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d'autant plus vrai pour ceux des opposants qui, ouvriers ou intellectuels, voudraient organiser les milieux ouvriers. Chaque fois que des militants ont tent&#233; de cr&#233;er des syndicats libres, ils sont all&#233;s en prison : ainsi, en mai 1992, 16 personnes sont arr&#234;t&#233;es pour avoir tent&#233; d'organiser un &#171; syndicat libre de Chine &#187; et condamn&#233;es, en 1994, &#224; des peines de 7 &#224; 20 ans de prison. La m&#234;me ann&#233;e, un militant qui a tent&#233; de cr&#233;er une Ligue pour la protection des ouvriers, est arr&#234;t&#233; et condamn&#233; &#224; trois ans de &#171; r&#233;&#233;ducation par le travail &#187;. Pour le parti communiste chinois, pas question de tol&#233;rer que des militants d&#233;mocrates puissent &#233;tablir une liaison avec les milieux ouvriers et les luttes des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est significatif qu'une &#233;quipe militante comme celle du &lt;em&gt;China Labour Bulletin&lt;/em&gt; ait d&#251; s'installer &#224; Hong Kong pour survivre et d&#233;velopper ses activit&#233;s : dirig&#233;e par Han Dongfeng, le fondateur du premier syndicat autonome en Chine, &#224; P&#233;kin, au moment du mouvement de 1989, elle recueille toutes les informations possibles sur les accidents industriels, les licenciements, la violation des droits des ouvriers, ainsi que sur les gr&#232;ves et les r&#233;voltes, et tente de diffuser ces informations dans le reste du pays, notamment par internet&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Site de China Labour Bulletin : http://www.china-labour.org.hk.' id='nh3-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Avec l'objectif avou&#233; de faciliter la construction de syndicats ind&#233;pendants, crime majeur pour le r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand des opposants se r&#233;concilient avec la dictature&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce que craint le pouvoir n'est pas forc&#233;ment ce qu'esp&#232;rent ses opposants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 1989, le mouvement pour la d&#233;mocratie en Chine, en lutte pour sa survie, s'est trouv&#233; dans une situation assez nouvelle : d'un c&#244;t&#233;, une r&#233;pression f&#233;roce et aucune tol&#233;rance de la part du pouvoir. De l'autre, une longue p&#233;riode de croissance &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte qu'on a vu appara&#238;tre, dans les ann&#233;es 1990, une litt&#233;rature d'opposition... devenue beaucoup plus indulgente &#224; l'&#233;gard de la dictature, et cela m&#234;me sous la plume de gens pers&#233;cut&#233;s ou exil&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Philippe B&#233;ja, l'auteur du livre d&#233;j&#224; cit&#233;, d&#233;crit ainsi l'&#233;volution d' &lt;em&gt;&#171; intellectuels d&#233;mocrates &#187;&lt;/em&gt; qui ont choisi de se transformer en ce qu'ils appellent eux-m&#234;mes des &lt;em&gt;&#171; intellectuels modernes &#187;&lt;/em&gt;. En tirant d'abord le bilan de l'&#233;chec du mouvement du printemps 1989, certains opposants ont &#233;trangement tenu &#224; faire porter le bl&#226;me... sur le peuple chinois lui-m&#234;me, entendez bien s&#251;r : les classes populaires. Le mouvement pour la d&#233;mocratie aurait &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; l'isolement, parce que les classes populaires, &#224; commencer par la paysannerie, ignorante, soumise, seraient rest&#233;es indiff&#233;rentes &#224; l'id&#233;al d&#233;mocratique. Mais quand les travailleurs... entrent en lutte, ils ne trouvent pas davantage gr&#226;ce &#224; leurs yeux ! Ainsi, dans un livre publi&#233; &#224; Hong Kong en 1996, &lt;em&gt;Adieu &#224; la r&#233;volution, &lt;/em&gt;Li Zehou et Liu Zaifu, qui se sont enfuis du pays apr&#232;s le massacre du 4 juin, affirment aujourd'hui que le d&#233;nouement sanglant du mouvement de 1989 serait de la responsabilit&#233; des masses populaires qui sont venues assister les &#233;tudiants occupant la place : la propension des masses &#224; la violence expliquerait la d&#233;cision du pouvoir de recourir &#224; l'arm&#233;e ! Ils appellent les intellectuels &#224; devenir adultes en renon&#231;ant aux id&#233;es &#171; radicales &#187; selon lesquelles on pourrait changer la soci&#233;t&#233; par la violence et d'un coup. Pour eux, en recourant &#224; une gr&#232;ve de la faim, en continuant d'occuper la place pendant la visite de Gorbachev, en prenant le risque de provoquer une explosion sociale, les leaders &#233;tudiants du mouvement ont emp&#234;ch&#233; le pouvoir de faire des compromis et de sauver la face, et ils sont responsables de ce fait du massacre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fa&#231;on plus g&#233;n&#233;rale, &lt;em&gt;&#171; la qualit&#233; du peuple chinois est trop faible &#187;&lt;/em&gt;, selon une expression courante parmi ces milieux &#171; n&#233;o-conservateurs &#187; de l'opposition chinoise ! Quand les classes populaires ne sont pas accus&#233;es d'&#234;tre inertes et soumises, nos &#171; d&#233;mocrates &#187; les soup&#231;onnent d'&#234;tre violentes par nature, et capables de se battre pour un retour en arri&#232;re, c'est-&#224;-dire la remise en cause des r&#233;formes &#233;conomiques qui ont lanc&#233; le d&#233;veloppement du capitalisme depuis 25 ans, en faisant au passage d'&#233;normes d&#233;g&#226;ts sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion de quoi il faudrait attendre de longues d&#233;cennies d'&#233;ducation progressive du peuple pour que la d&#233;mocratie devienne possible, les classes populaires devenant &#224; la fois moins r&#233;sign&#233;es, moins violentes, et surtout moins revendicatives. Il faudrait aussi qu'une &#171; classe moyenne &#187; cons&#233;quente, &#224; la fois instruite, relativement ind&#233;pendante &#233;conomiquement du pouvoir, c'est-&#224;-dire li&#233;e &#224; un secteur priv&#233; de l'&#233;conomie et ne d&#233;pendant pas de l'Etat pour ses emplois, et &#171; raisonnable &#187; &#233;conomiquement (c'est-&#224;-dire vivant confortablement) &#233;merge progressivement, gr&#226;ce au d&#233;veloppement capitaliste de la Chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant, ces intellectuels n'ont rien de plus press&#233; que de laisser le temps au temps (et surtout au capitalisme). Ils ne revendiquent m&#234;me pas des &#233;lections pluralistes et libres, mais des libert&#233;s d'association et d'expression pour les couches ais&#233;es et instruites de la population. Tout juste encouragent-ils l'organisation des &#233;lections libres locales - dans les villages. Or c'est pr&#233;cis&#233;ment ce que le gouvernement chinois pr&#233;tend vouloir : commencer &#224; &#233;tendre un principe &#233;lectif libre localement, dans les campagnes, puis l'&#233;tendre aux villes, progressivement... d'ici 2050 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mati&#232;re de d&#233;mocratie, ils ne sont finalement pas plus t&#233;m&#233;raires que les braves bourgeois lib&#233;raux fran&#231;ais des ann&#233;es 1830, qui craignaient que le suffrage universel ne donne le pouvoir aux gueux et laisse la porte ouverte aux revendications des classes dangereuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d'ailleurs tout le paradoxe de gens qui affirment que du capitalisme viendra la d&#233;mocratie : aussi bien eux-m&#234;mes que la bourgeoisie chinoise et &#233;trang&#232;re semblent surtout fort satisfaits de la poigne de fer du parti &#171; communiste &#187; chinois sur le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'appel du pouvoir &#224; &#171; l'intelligentsia &#187; : &#171; Enrichissez-vous... et taisez-vous ! &#187; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un fond &#233;conomique et social bien r&#233;el &#224; ce rabibochage d'une partie de l'opposition avec le r&#233;gime : le d&#233;veloppement capitaliste actuel de la Chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La croissance spectaculaire de l'&#233;conomie chinoise, enclench&#233;e d&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es 1980, qui s'est encore acc&#233;l&#233;r&#233;e apr&#232;s 1989, a certainement donn&#233; un regain de l&#233;gitimit&#233; au pouvoir, en tout cas pour tous ceux qui en profitent et ont vu leur niveau de vie s'&#233;lever rapidement. Ils sont une petite minorit&#233; dans le pays, mais n&#233;anmoins nombreux. Cette &#233;volution a &#233;videmment profit&#233; aux entrepreneurs, &#224; une nouvelle bourgeoisie qui prosp&#232;re &#224; c&#244;t&#233;, &#224; l'ombre, ou au sein m&#234;me du parti communiste. Mais elle profite &#233;galement &#224; la petite bourgeoisie intellectuelle, celle-l&#224; m&#234;me qui s'est r&#233;volt&#233;e contre le r&#233;gime en 1989.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1980, les enfants des couches instruites de la soci&#233;t&#233; ne profitaient pas encore forc&#233;ment de la croissance &#233;conomique. C'est ce qui a bien chang&#233; depuis 1989, comme le d&#233;crit B&#233;ja : &lt;em&gt;&#171; Ce d&#233;veloppement de l'&#233;conomie priv&#233;e pourra profiter directement aux intellectuels car il s'agit cette fois de cr&#233;er des entreprises dans le domaine des hautes technologies, du conseil et de l'import-export. Tandis que la premi&#232;re vague de cr&#233;ations d'entreprises pendant les ann&#233;es 1980 avait essentiellement b&#233;n&#233;fici&#233; &#224; des marginaux, des paysans astucieux, des jeunes instruits en rupture de ban, ou des parents de cadres, cette fois-ci, c'est au tour des intellectuels de pouvoir enfin en profiter pour am&#233;liorer leur niveau de vie. Car il s'agit de surfer sur la vague des hautes technologies, du service aux exportations et autres activit&#233;s qui r&#233;clament des connaissances. Cela explique qu'un grand nombre de professeurs et de chercheurs, y compris parmi les d&#233;mocrates, se soient &#171; jet&#233;s &#224; la mer &#187; &lt;/em&gt;(c'est-&#224;-dire lanc&#233;s dans les affaires).&lt;em&gt; &#187; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement chinois a d'ailleurs consciemment favoris&#233; cette &#233;volution, esp&#233;rant que la lev&#233;e des frustrations &#233;conomiques de ces couches sociales les d&#233;tournerait de l'opposition politique. Par ailleurs, les salaires des professeurs d'universit&#233; ont &#233;t&#233; largement augment&#233;s, de nombreux postes ont &#233;t&#233; ouverts, toutes sortes d'incitations (lucratives) &#224; travailler &#224; la fois pour l'Etat et le priv&#233; ont &#233;t&#233; imagin&#233;es. Avec la ferme intention de noyer la contestation d&#233;mocratique de la couche sociale des intellectuels dans l'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, au sein de la petite bourgeoisie intellectuelle ou &#171; instruite &#187; chinoise, se sont d&#233;velopp&#233;es ces derni&#232;res ann&#233;es des id&#233;es qui collent fort bien aux int&#233;r&#234;ts non seulement des autorit&#233;s, mais des milieux d'affaire chinois, de la bourgeoisie elle-m&#234;me : ce qui doit primer, c'est la &#171; stabilit&#233; &#187;, mot d'ordre favori de la dictature. Il est vrai que l'actuel d&#233;veloppement capitaliste de la Chine passe par une explosion des in&#233;galit&#233;s, une vague de ch&#244;mage dans les villes, des dizaines de millions de licenciements dans les industries d'Etat, des afflux de migrants en ville pour fuir la mis&#232;re des campagnes. C'est d'autant plus vrai que la croissance de l'&#233;conomie chinoise est essentiellement tir&#233;e, depuis 25 ans maintenant, par les exportations et les investissements &#233;trangers, dont l'expansion repose pr&#233;cis&#233;ment sur le seul v&#233;ritable &#171; avantage comp&#233;titif &#187; de la Chine sur le march&#233; mondial : une main-d'&#339;uvre abondante, pas ch&#232;re et docile. Un &#171; Etat fort &#187;, au &#171; despotisme &#233;clair&#233; &#187;, n'est-il pas n&#233;cessaire pour emp&#234;cher les troubles sociaux de venir g&#226;cher la belle aventure du capitalisme chinois ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des amis des travailleurs... fort ambigus &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, tous les opposants chinois, fort heureusement, ne veulent pas attendre 2050 pour vivre librement. Certains critiquent aussi les injustices sociales qui accompagnent le d&#233;veloppement actuel du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, un opposant &#171; historique &#187; comme Wei Jingsheng. Ce fils d'un haut cadre du PCC, militant de la r&#233;volution culturelle de Mao dans les ann&#233;es 1960, puis exil&#233; dans un village pour se faire &#171; r&#233;&#233;duquer par le travail &#187;, devint c&#233;l&#232;bre lors du &#171; printemps de P&#233;kin &#187; de novembre 1978 &#224; mars 1979. De jeunes contestataires affichaient des dazibao, journaux muraux, sur une palissade &#224; quelques centaines de m&#232;tres de la place Tien An Men et du centre du pouvoir. Wei Jingsheng afficha un texte d&#233;non&#231;ant la dictature du PCC, et exigeant que les autorit&#233;s ajoutent aux &#171; Quatre Modernisations &#187; &#233;conomiques promises par Deng Xiaoping une &#171; Cinqui&#232;me Modernisation &#187;, la d&#233;mocratie. Condamn&#233; pour &#171; subversion de l'Etat &#187; et &#171; activit&#233;s contre-r&#233;volutionnaires &#187;, tortur&#233;, sous-aliment&#233;, incarc&#233;r&#233; pr&#232;s de 20 ans en prison et en camp de travail (le &#171; laogai &#187;), puis expuls&#233; de force vers les Etats-Unis en 1998, c'est le genre de &#171; dissident &#187; dont la r&#233;putation repose sur un courage physique et intellectuel ind&#233;niable face au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or dans ses diff&#233;rents textes (les &lt;em&gt;Lettres de prison&lt;/em&gt; ou encore un recueil de souvenirs collect&#233;s par Marie Holzman et Bernard Debord, &lt;em&gt;Wei Jingsheng, un Chinois inflexible),&lt;/em&gt; Wei Jingsheng souligne la fragilit&#233; &#224; long terme des &#171; performances &#233;conomiques &#187; du r&#233;gime et son cort&#232;ge d'injustices sociales. Mais s'il prend argument des r&#233;voltes d'ouvriers et de paysans pour conforter sa critique de la dictature, il cherche surtout &#224; mettre en garde les dirigeants des grandes puissances d&#233;velopp&#233;es : vous avez investi en Chine, vous y faites des affaires ? Vous avez tendance du coup &#224; nous abandonner, nous les d&#233;mocrates chinois, en mettant en sourdine vos critiques sur les droits de l'homme, pourvu que l'Etat chinois vous ach&#232;te des Boeing ou des Airbus ? M&#233;fiez vous, car la dictature n'est pas &#224; m&#234;me de garantir une croissance r&#233;guli&#232;re &#224; long terme, et l'absence de libert&#233;s risque de mener un jour &#224; une explosion sociale pure et simple, qui remettra tout en cause. Pire encore : le r&#233;gime chinois actuel, pr&#233;cis&#233;ment &#224; cause de la n&#233;cessit&#233; pour lui de ne jamais partager le pouvoir ni de laisser &#233;merger une alternative politique, pourrait &#234;tre tent&#233;, en cas de crise grave, de se lancer dans une fuite en avant nationaliste, contre Taiwan par exemple, afin de ressouder la population sous son drapeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un raisonnement semblable que tient un autre adversaire du r&#233;gime, exil&#233; lui en France, depuis pr&#232;s de trente ans. Wang Zhixiong, sous le titre significatif &lt;em&gt;La D&#233;mocratie ou le chaos ?, &lt;/em&gt;regrette lui aussi que les &lt;em&gt;&#171; droits de l'homme puissent se dissoudre dans le Coca-Cola &#187;&lt;/em&gt; pour les dirigeants et hommes d'affaires occidentaux, que le totalitarisme puisse faire bon m&#233;nage avec les affaires. Des remarques qui semblent en r&#233;alit&#233; destin&#233;es &#224; susciter l'attention des dirigeants am&#233;ricains, fran&#231;ais, allemands, japonais... &lt;em&gt;&#171; On sait, derri&#232;re les murs de la Cit&#233; interdite&lt;/em&gt; (si&#232;ge du gouvernement chinois) &lt;em&gt;que c'est le march&#233;, et lui seul, qui commande les choix de l'Occident. Et que le march&#233; a opt&#233; pour la stabilit&#233; de la Chine. Mais pour combien de temps ? &#187;&lt;/em&gt; Car la dictature est un danger pour l'ordre social : &lt;em&gt;&#171; Le tout est de savoir si une concentration extr&#234;me du pouvoir repr&#233;sente un danger pour l'&#233;quilibre social. (...) La stabilit&#233; sociale n'est-elle donc pas plus menac&#233;e par un capitalisme sauvage tol&#233;r&#233; du pouvoir, que par l'aspiration d&#233;mocratique, et rigoureusement r&#233;prim&#233;, des intellectuels dissidents ? &#187; &lt;/em&gt;Suit alors la pr&#233;diction d'une possible catastrophe politique, si de gigantesques troubles sociaux avaient lieu : (...) &lt;em&gt;&#171; On peut raisonnablement penser que les durs du r&#233;gime tenteront de s'appuyer sur l'arm&#233;e pour s'emparer du pouvoir. Au nom de l'orthodoxie marxiste, pour &#171; restaurer le socialisme &#187;, se faisant les champions de la justice sociale, ils s'efforceront de mobiliser ceux que la r&#233;forme n'a pas enrichis. S'appuyant sur la frustration des laiss&#233;s-pour-compte, ils appelleront &#224; la renationalisation des entreprises, au gel des avoirs &#233;trangers en Chine, voire au r&#233;tablissement de l'agriculture collectiviste et de l'&#233;conomie planifi&#233;e. &#187;&lt;/em&gt; Et ils passeront dans la foul&#233;e &#224; &lt;em&gt;&#171; l'option nationaliste &#187;, &lt;/em&gt;une agression de Taiwan par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut s'exprimer plus clairement : la pire catastrophe, ce ne serait donc pas la perp&#233;tuation de la dictature, ni d'ailleurs la mis&#232;re immense des soutiers de la croissance. Mais ce que certains dissidents appellent le &#171; risque gauchiste &#187; contre lesquels ils mettent en garde les politiciens occidentaux ou japonais qui pourraient &#234;tre tent&#233;s de laisser tomber compl&#232;tement le pion &#171; droits de l'homme &#187; dans leurs multiples n&#233;gociations commerciales avec la Chine. La d&#233;mocratie ou le &#171; chaos &#187;, donc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me Wei Jingsheng donne son coup de chapeau aux luttes populaires, mais met en garde contre les dangers d'une double violence, celle de la r&#233;volte et de la r&#233;pression : &lt;em&gt;&#171; Du fond de ma prison j'entendais monter la rumeur des r&#233;voltes paysannes et des gr&#232;ves ouvri&#232;res. Aujourd'hui elles sont dix fois plus nombreuses et r&#233;sultent aussi bien des taxes injustes, de la corruption g&#233;n&#233;ralis&#233;e et des expropriations, que des dizaines de millions de licenciements li&#233;s &#224; la privatisation des entreprises d'Etat, ou du spectacle donn&#233; par les puissants repus et aveugles au nombre croissant de mis&#233;reux qui tendent la main. Il n'est pas &#233;tonnant dans ces conditions que la population chinoise r&#233;clame le changement. Mais Jiang Zemin &lt;/em&gt;(alors au pouvoir)&lt;em&gt; n'a qu'un seul mot &#224; la bouche : stabilit&#233;. (...) &#171; Nous ne nous laisserons pas d&#233;tr&#244;ner ! Nous avons nos tanks et nos fusils ! &#187; Oui, le parti communiste de Jiang Zemin m&#232;ne tout droit &#224; la violence : celle de la r&#233;volte populaire et celle de la r&#233;pression polici&#232;re. &#187; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Wei Jingsheng tire &#224; sa fa&#231;on les le&#231;ons de l'&#233;chec du mouvement de 1989 : &lt;em&gt;&#171; J'ai toujours en t&#234;te cet enseignement du 4 juin et, aujourd'hui, mes amis et moi, ceux de l'int&#233;rieur comme les exil&#233;s, le mettons en pratique. Nous proc&#233;dons, bien s&#251;r, dans le plus grand secret, et il est impossible d'en dire trop, si ce n'est qu'il nous faut un noyau dur dans l'arm&#233;e, capable de devenir un p&#244;le de ralliement au moment opportun. J'ai pour cela l'avantage de mon milieu d'origine &lt;/em&gt;(Son p&#232;re &#233;tait un haut cadre de l'arm&#233;e). &lt;em&gt;Cependant un tel bastion ne sera pas suffisant : nous avons besoin d'une base arri&#232;re. Les &#233;tudiants de 1989 ont &#233;chou&#233; parce qu'ils &#233;taient coup&#233;s de tout. (...) L'arri&#232;re du mouvement d&#233;mocratique chinois, ce sont les d&#233;mocraties du reste du monde. Cet appui &#233;tranger, y compris sur le plan des ressources, nous est indispensable. &#187; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Constatant que le mouvement &#233;tudiant ne pouvait pas compter sur ses propres forces pour mettre &#224; bas la dictature, voil&#224; qu'il propose au mouvement d&#233;mocratique la perspective d'un coup d'Etat militaire soutenu par les grandes puissances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, Wang Zhixiong, apr&#232;s avoir lui aussi &#233;voqu&#233; favorablement l'effort des travailleurs chinois pour d&#233;fendre leurs droits les plus &#233;l&#233;mentaires, craint leurs d&#233;bordements : &lt;em&gt;&#171; Le m&#233;contentement des salari&#233;s ne peut &#234;tre canalis&#233; par des revendications raisonnables &#224; cause de l'absence totale d'organisation syndicale ind&#233;pendante, un mal h&#233;rit&#233; du r&#233;gime communiste. &#187; &lt;/em&gt;Il faudrait des syndicats libres, mais pour canaliser la col&#232;re ouvri&#232;re. Il r&#234;ve manifestement de syndicats bien sages, de bureaucraties pleinement int&#233;gr&#233;es &#224; l'Etat malgr&#233; leur ind&#233;pendance formelle, bref des syndicats qui, depuis un si&#232;cle, ont fait leurs preuves aupr&#232;s de la bourgeoisie un peu partout dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ces dissidents, se dire solidaires des luttes ouvri&#232;res va de soi, Mais ces luttes ne sauraient &#234;tre le moyen de mettre &#224; bas le r&#233;gime. Pire : elles sont &#224; craindre au cas o&#249; elles prendraient trop d'ampleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une contradiction que r&#233;sume B&#233;ja, dans le livre d&#233;j&#224; cit&#233; : &lt;em&gt;&#171; Il est trop t&#244;t pour affirmer que le mouvement de r&#233;sistance ouvri&#232;re renforcera le mouvement pour la d&#233;mocratie. Les militants d&#233;mocrates sont favorables &#224; l'extension du march&#233; alors que les ouvriers mis &#224; pied protestent contre le d&#233;mant&#232;lement des entreprises d'Etat. &#187; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ces dissidents&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-3' class='spip_note' rel='appendix' title='Sur les diff&#233;rents opposants chinois &#224; la dictature, ou pour les lire, on (...)' id='nh3-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, qui ne sont certes pas des communistes r&#233;volutionnaires, mais qui se veulent des militants d&#233;mocrates, la d&#233;mocratie elle-m&#234;me ne serait-elle pas &#224; vendre, l'ordre social passant avant tout ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Quelles perspectives pour les luttes ouvri&#232;res ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation sociale actuelle, mais aussi les diff&#233;rentes perspectives que d&#233;fendent les opposants connus au r&#233;gime jusque-l&#224;, montrent d&#233;cid&#233;ment &#224; quel point la classe ouvri&#232;re chinoise aurait besoin d'une politique ind&#233;pendante et d'un parti d&#233;fendant ses int&#233;r&#234;ts propres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car c'est bel et bien la classe ouvri&#232;re qui aurait la capacit&#233; de mettre &#224; bas la dictature. Dans ce pays, elle est bien plus puissante qu'elle ne l'a jamais &#233;t&#233; dans toute l'histoire. Le nouveau capitalisme chinois, m&#234;me s'il met au ch&#244;mage des dizaines de millions de salari&#233;s d'Etat, forge une classe ouvri&#232;re de plus en plus nombreuse, une force sociale qui aurait les moyens non seulement de renverser la dictature, mais de transformer la soci&#233;t&#233;, et d'&#233;branler le monde !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or il est frappant de voir &#224; quel point beaucoup d'opposants qui se disent &#171; d&#233;mocrates &#187; partagent en r&#233;alit&#233; l'arrogance - et d'une certaine fa&#231;on la crainte - du pouvoir face &#224; la classe ouvri&#232;re. En tournant le dos aux travailleurs, ils tournent le dos &#224; leur propre id&#233;al d&#233;mocratique, et ils le font consciemment : plut&#244;t la dictature que l'&#233;mergence d'un puissant mouvement ouvrier. Ceux qui par ailleurs se disent solidaires de telle r&#233;sistance locale des ouvriers, ont eux aussi peur que la classe ouvri&#232;re, en luttant, ne serait-ce que pour ses conditions d'existence, ne remette en cause ce qui pour eux est l'essentiel : le d&#233;veloppement du capitalisme, et la seule libert&#233; pour toute une bourgeoise, et une petite bourgeoisie, de s'enrichir et de s'&#233;lever dans la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour lutter jusqu'au bout contre la dictature, la classe ouvri&#232;re doit donc compter sur elle-m&#234;me. Mais pour que se constitue un v&#233;ritable mouvement ouvrier, susceptible de capitaliser toutes les formes de r&#233;sistance et de r&#233;volte de cet immense pays, les travailleurs ont besoin d'organisations et d'objectifs politiques qui les unifie et leur soient propres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, comme partout ailleurs, la classe ouvri&#232;re chinoise a ses divisions. Le gouvernement mise d'ailleurs dessus. Lui qui pr&#233;tend toujours incarner l'unit&#233; du pays, joue des diff&#233;rents clivages. Il y aurait diff&#233;rence d'int&#233;r&#234;ts entre les r&#233;gions laiss&#233;es pour compte du centre du pays, et les r&#233;gions c&#244;ti&#232;res en plein boom &#233;conomique. Diff&#233;rence de probl&#232;mes, entre les ouvriers des entreprises d'Etat, qui sont licenci&#233;s ou &#171; mis &#224; pied &#187;, qui perdent leur &#171; bol de riz en fer &#187; comme on disait &#224; l'&#233;poque mao&#239;ste, pour parler des soins m&#233;dicaux, du logement, de frais d'&#233;ducation et de l'emploi &#224; vie qui &#233;taient li&#233;s &#224; leur appartenance &#224; une unit&#233; de travail publique, et la nouvelle classe ouvri&#232;re, celle des travailleurs des entreprises priv&#233;es, dont certaines particuli&#232;rement surveill&#233;es, dans les Zones Economiques Sp&#233;ciales d&#233;volues aux investissements &#233;trangers. Le pouvoir sait en jouer, comme il sait manier la d&#233;magogie contre les ouvriers migrants, les &lt;em&gt;mingong&lt;/em&gt;, ces villageois qui cherchent du travail en ville : ils n'ont pas le permis de r&#233;sidence urbain (le &lt;em&gt;hukou&lt;/em&gt;) institu&#233; dans les ann&#233;es 1950, ils ne peuvent b&#233;n&#233;ficier d'aucun service public (&#233;cole, sant&#233;, allocations...), ils sont traqu&#233;s par la police qui r&#233;guli&#232;rement fait des rafles et les expulse. Ces clandestins qui sont au c&#339;ur de la croissance &#233;conomique (ils repr&#233;senteraient par exemple pr&#232;s de 80 % des travailleurs du b&#226;timent), sont r&#233;guli&#232;rement d&#233;sign&#233;s par les autorit&#233;s comme responsables des maladies, des vols, des crimes... et des bas salaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'encontre de ces clivages, c'est un programme social et politique bien pr&#233;cis (et pas seulement des revendications syndicales), qui permettrait &#224; la classe ouvri&#232;re de cristalliser les espoirs de l'immense majorit&#233; de la soci&#233;t&#233;. Or le probl&#232;me du contenu de ce programme se pose d'autant plus qu'il y a pr&#233;cis&#233;ment des exemples, ces derni&#232;res d&#233;cennies, de pays soumis &#224; la dictature, o&#249; c'est la classe ouvri&#232;re qui a &#233;branl&#233; le pouvoir. Dans ces pays, dans les ann&#233;es 1980, il s'est trouv&#233; des opposants, pour beaucoup issus des milieux intellectuels, et parfois m&#234;me li&#233;s &#224; l'Eglise catholique, qui n'ont pas craint de s'associer aux luttes ouvri&#232;res, de participer &#224; l'organisation d'un puissant mouvement ouvrier, mais en mettant l'&#233;nergie de celui-ci au service de leurs propres objectifs : ceux qui ont fond&#233; Solidarnosc en Pologne, les syndicats ind&#233;pendants cor&#233;ens, le Parti des Travailleurs br&#233;siliens de Lula, ou encore les syndicats li&#233;s &#224; l'ANC en Afrique du sud. Ils ont construit des bureaucraties r&#233;formistes, faites pour canaliser les luttes. R&#233;sultat : les dictatures ont certes fini par jeter l'&#233;ponge, mais les travailleurs eux ne se sont pas &#233;mancip&#233;s de leur oppression &#233;conomique. Ils ont encore face &#224; eux un Etat qui leur est profond&#233;ment hostile, ils n'ont pas pu imposer dans la soci&#233;t&#233; cette d&#233;mocratie radicale qu'eux seuls n'ont pas &#224; craindre de voir triompher. Ils ont tir&#233; les marrons du feu pour d'autres qu'eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces diff&#233;rents pays, les militants &#171; d&#233;mocrates &#187;, mais bourgeois, et les r&#233;formistes de tout poil, n'ont pas attendu la mont&#233;e en puissance du mouvement ouvrier pour tenter d'en prendre le contr&#244;le, de le verrouiller et de le d&#233;voyer d'avance, comme en Pologne ou au Br&#233;sil. Beaucoup de choses se jouent d&#232;s les d&#233;buts embryonnaires d'un mouvement ouvrier : dans ses formes d'organisation comme dans ses objectifs et perspectives explicites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Chine, les luttes ouvri&#232;res prendront sans doute de l'ampleur, peut-&#234;tre dans un proche avenir, en pouvant susciter l'essor d'un v&#233;ritable mouvement ouvrier. Mais c'est probablement d&#232;s maintenant que se pose le probl&#232;me de ses orientations futures. D&#232;s maintenant que se pose la n&#233;cessit&#233; d'un programme et d'une organisation communiste r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me se pose d'autant plus que certains militants chinois ont justement le m&#233;rite de se battre - dans des conditions plus que difficiles - pour organiser et faire conna&#238;tre ceux qui luttent, gr&#233;vistes ouvriers, paysans expropri&#233;s, locataires p&#233;titionnaires, syndicalistes pers&#233;cut&#233;s. C'est le cas par exemple &#224; Hong Kong, de ceux qui font para&#238;tre le &lt;em&gt;China Labour Bulletin&lt;/em&gt;. Un travail ainsi pr&#233;sent&#233; par Cai Chongguo dans son livre &lt;em&gt;Chine : l'envers de la puissance : &#171; Depuis le d&#233;but du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, mes compatriotes se battent pour la d&#233;mocratie, mais ils ont toujours &#233;chou&#233;. A mon avis, la raison en est qu'on ne peut b&#226;tir une d&#233;mocratie politique qu'avec des bases sociales solides : des organisations sociales autonomes et des syndicats ind&#233;pendants, qui permettent de s'opposer au pouvoir politique. Sans ces contre-pouvoirs les &#233;lus politiques se transforment, un jour ou l'autre, en dictateurs, ou ils se mettent au seul service des plus riches. Cr&#233;er ces organisations alternatives, promouvoir la libert&#233; d'association pour d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts des ouvriers, des paysans et des petites gens en g&#233;n&#233;ral, tel est l'objectif que s'est fix&#233; notre association, China Labour Bulletin. Install&#233;e &#224; Hong Kong et dirig&#233;e par Han Dongfeng, le fondateur du premier syndicat autonome en Chine, &#224; P&#233;kin, en 1989, elle s'inspire de ses contacts avec les centrales syndicales internationales (en France, FO et CFDT) pour servir et informer les Chinois rest&#233;s au pays, avec qui elle est chaque jour en contact, directement et par radio, t&#233;l&#233;phone ou internet. &#187; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et effectivement ces militants disent vouloir &lt;em&gt;&#171; organiser des syndicats ind&#233;pendants &#187;,&lt;/em&gt; que &#171; &lt;em&gt;toutes leurs activit&#233;s soient fond&#233;es sur le soutien aux luttes des travailleurs chinois pour leurs droits et la s&#233;curit&#233; de leur existence &#187;&lt;/em&gt;, aussi bien contre les licenciements que les accidents industriels, et ils cherchent &#224; &#171; &lt;em&gt;mobiliser un r&#233;seau de militants du travail en Chine &#187;&lt;/em&gt; (sur leur site internet, &lt;em&gt;&#171; Qui sommes-nous ? &#187;&lt;/em&gt;). Mais quand ils d&#233;fendent le principe des &lt;em&gt;&#171; organisations sociales autonomes &#187;,&lt;/em&gt; ils veulent dire aussi non politiques, ne pr&#233;tendant pas se battre pour le pouvoir politique. Dire qu'on veut donner &#224; la classe ouvri&#232;re les moyens d'&#234;tre un &lt;em&gt;&#171; contre-pouvoir &#187;,&lt;/em&gt; c'est aussi dire qu'on laisse le pouvoir &#224; d'autres, en l'occurrence aussi &#224; une autre classe, la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au contraire, dans les conditions actuelles, au moment o&#249; une grande partie de la classe ouvri&#232;re chinoise subit d'une part des licenciements massifs, et d'autre part des conditions d'exploitation impitoyables dans le secteur priv&#233; en expansion, celle-ci aurait besoin, non seulement de revendiquer les libert&#233;s syndicales, mais de s'affirmer comme une force politique. Avec un parti politique prol&#233;tarien. Qui aurait ses propres objectifs de classe : remettre en cause radicalement et la dictature, et le capitalisme avec ses licenciements, ses emplois pr&#233;caires, ses bas salaires et sa discipline de caserne dans les entreprises. Cela n'aurait assur&#233;ment rien pour plaire aux puissances d&#233;velopp&#233;es de la plan&#232;te, dont les firmes multinationales ont toutes investi dans le pays pour b&#233;n&#233;ficier de sa main-d'&#339;uvre abondante, peu ch&#232;re, opprim&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien des conditions objectives, &#233;conomiques, sociales et politiques, semblent aujourd'hui r&#233;unies en Chine pour la cr&#233;ation d'un authentique parti r&#233;volutionnaire prol&#233;tarien. Reste une condition &#171; subjective &#187; indispensable : qu'au moins certains de ceux qui cherchent &#224; &#171; &lt;em&gt;mobiliser un r&#233;seau de militants du travail en Chine &#187; &lt;/em&gt;en comprennent la n&#233;cessit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb3-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-1' class='spip_note' title='Notes 3-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Jean-Philippe B&#233;ja, A la recherche d'une ombre chinoise (le mouvement pour la d&#233;mocratie en Chine, 1919-2004), Seuil L'histoire imm&#233;diate 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-2' class='spip_note' title='Notes 3-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Site de China Labour Bulletin : http://www.china-labour.org.hk.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-3' class='spip_note' title='Notes 3-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sur les diff&#233;rents opposants chinois &#224; la dictature, ou pour les lire, on peut notamment consulter :
Zhang Lun La vie intellectuelle en Chine depuis la mort de Mao (Fayard 2003) ;
un recueil de textes dirig&#233; par M. Holzman et Chen Yan Ecrits &#233;difiants et curieux sur la Chine du XXI&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle (l'Aube 2003) ;
Reporters sans fronti&#232;res, Chine le livre noir (La d&#233;couverte 2004) ;
Wei Jingsheng, La Cinqui&#232;me Modernisation : la d&#233;mocratie (Christian Bourgois 1997) ; du m&#234;me auteur avec la collaboration de M. Holzman et B. Debord : Wei Jingsheng, un Chinois inflexible (Bleu de Chine 2005) ;
Wang Zhixiong Chine : la d&#233;mocratie ou le chaos ? (Bleu de Chine 1997) ;
Hu Ping, Chine, &#224; quand la d&#233;mocratie ? (L'Aube, 2004) ; Chen Yan L'Eveil de la Chine (L'Aube 2002).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Congr&#232;s 2005 : Une orientation pour une ann&#233;e sans &#233;lections
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		<dc:date>2005-12-28T10:25:50Z</dc:date>
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Lutte ouvri&#232;re
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		<description>Ce texte a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; par la Fraction au congr&#232;s de Lutte ouvri&#232;re de 2005. Pour l'ensemble des textes de ce congr&#232;s, cliquez ici. Pour acc&#233;der &#224; l'autre texte pr&#233;sent&#233; par la Fraction, cliquez ici. Quelle que soit la position prise par chacun lors du r&#233;f&#233;rendum, force est de constater par tous que la victoire du Non n'a strictement rien chang&#233; &#224; la politique du gouvernement. Sans plus se soucier de sa d&#233;faite du 29 mai que des pr&#233;c&#233;dentes aux &#233;lections r&#233;gionales et europ&#233;ennes, le gouvernement de&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Les-articles-dans-Lutte-de-Classe-" rel="directory"&gt;Les articles dans &#171; Lutte de Classe &#187;
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Lutte-ouvriere-+" rel="tag"&gt;Lutte ouvri&#232;re
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Ce texte a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; par la Fraction au congr&#232;s de Lutte ouvri&#232;re de 2005. Pour l'ensemble des textes de ce congr&#232;s, cliquez &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.union-communiste.org/?FR-archp-x-2005-1-x-x-x.html#t641&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Pour acc&#233;der &#224; l'autre texte pr&#233;sent&#233; par la Fraction, cliquez &lt;strong&gt;&lt;a href='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Congres-2005-Pour-que-les-revoltes-de-la-jeunesse-ne-conduisent-pas-a-l-impasse' class='spip_in'&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;Quelle que soit la position prise par chacun lors du r&#233;f&#233;rendum, force est de constater par tous que la victoire du Non n'a strictement rien chang&#233; &#224; la politique du gouvernement. Sans plus se soucier de sa d&#233;faite du 29 mai que des pr&#233;c&#233;dentes aux &#233;lections r&#233;gionales et europ&#233;ennes, le gouvernement de droite continue &#224; mener l'offensive tous azimuts contre les classes populaires. Sous la nouvelle direction de Dominique de Villepin, il l'a m&#234;me intensifi&#233;e, proc&#233;dant &#224; la hussarde, d'une mani&#232;re toujours plus cynique et arrogante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi c'est au nom de la bataille pour l'emploi que le gouvernement prend les mesures qui visent &#224; accro&#238;tre la pr&#233;carit&#233; au travail comme dans la vie quotidienne et abaisser encore le pouvoir d'achat. Ainsi &#224; l'&#233;motion suscit&#233;e par des incendies meurtriers d'immeubles insalubres, qui mettent en lumi&#232;re la crise du logement, Sarkozy r&#233;pond par la chasse aux sans papiers et la multiplication des expulsions d'&#233;trangers. Ainsi apr&#232;s des hausses diverses, dont celle de l'essence, qui mettent un peu plus &#224; mal le pouvoir d'achat, le gouvernement n'a rien de plus press&#233; que de couvrir une effarante hausse des tarifs du gaz et d'all&#233;ger l'imp&#244;t sur les grandes fortunes et ceux des plus hauts revenus. Ainsi encore, pendant que les plans de licenciements ou les fermetures d'usines se succ&#232;dent dans des entreprises de toutes tailles, apr&#232;s le Contrat Nouvelle Embauche qui va transformer quasi-syst&#233;matiquement la plupart des nouveaux arrivants sur le march&#233; du travail en pr&#233;caires, voil&#224; le CDD nouveau pour les salari&#233;s proches de la retraite. Il aura suffi d'un peu plus d'un trimestre pour voir la pr&#233;carit&#233; s'installer encore plus solidement aux deux bouts d'une vie de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas une seule mesure, et en particulier quand elle est pr&#233;tendument prise dans l'int&#233;r&#234;t des petits, qui ne soit en fait un cadeau aux gros et aux plus riches. Le r&#234;ve des bourgeois de revenir &#224; une situation qui &#233;tait celle des d&#233;buts du capitalisme, est en train de devenir r&#233;alit&#233;. Chaque jour un nouveau pas semble fait vers une classe ouvri&#232;re sans droits, &#224; la disposition absolue du patron, licenciable &#224; tout moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les directions syndicales s'indignent ou se lamentent. Mais elles n'ont d'autre politique que de mendier l'ouverture de n&#233;gociations avec le patronat et le gouvernement... quitte &#224; se plaindre encore lorsque ces n&#233;gociations, dont finalement ni ministres ni Medef ne sont avares, ne donnent rien. Ainsi toutes les conf&#233;d&#233;rations ont offert le spectacle ridicule de se r&#233;pandre en g&#233;missements parce que le premier ministre, apr&#232;s les avoir consult&#233;es d&#232;s les premiers jours de son gouvernement, n'a &#233;videmment tenu aucun compte de leurs suggestions. Mais pendant ce temps, quatre mois ont &#233;t&#233; perdus &#224; ne pas organiser la riposte qui aurait d&#251; s'imposer d'embl&#233;e &#224; l'annonce sans fard de la politique qu'il entendait mener.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant mis 7 mois &#224; donner une suite &#224; la journ&#233;e nationale du 10 mars, du succ&#232;s de laquelle elles ont fait pourtant grand cas, les centrales syndicales ont ainsi laiss&#233; tout loisir &#224; Villepin d'imposer ses mesures sc&#233;l&#233;rates par ordonnance. En revanche elles n'ont mis que quelques jours pour tomber d'accord et indiquer qu'elles n'entendaient pas donner de suite dans l'imm&#233;diat &#224; la journ&#233;e nationale du 4octobre. Pour elles l'urgent est donc d'attendre. Qu'une demi-ann&#233;e se soit bien &#233;coul&#233;e entre deux journ&#233;es nationales ? Que l'&#233;lan qu'aurait pu cr&#233;er le 4 octobre soit bien retomb&#233;, comme le fut celui du 10 mars ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, la CGT faisait sur le dos des marins de la SNCM la d&#233;monstration des limites de son radicalisme et de sa combativit&#233;. En laissant isol&#233; un mouvement qu'elle avait pourtant lanc&#233; et dont elle avait aux yeux de tous la responsabilit&#233;, puis en l'arr&#234;tant, d&#232;s que le gouvernement a d&#233;cr&#233;t&#233; le temps des marchandages termin&#233; et menac&#233; du d&#233;p&#244;t de bilan, elle a donn&#233; le ton et envoy&#233; le signe fort que Villepin lui demandait. Les autres conf&#233;d&#233;rations &#233;tant encore plus timor&#233;es que la CGT, la politique des directions syndicales est bien, au mieux, d'accompagner ou de soutenir les secteurs les plus chauds dans un premier temps mais pour les circonscrire, les &#233;mietter, les isoler et au final les laisser dans l'impasse. Si d'autres forces, et d'abord les travailleurs eux-m&#234;mes, n'exercent pas une pression importante, les organisations syndicales ne feront rien qui puisse conduire &#224; un mouvement d'ensemble. Par leur attitude &#224; propos du 4octobre, comme dans les gr&#232;ves de cette rentr&#233;e, elles en ont pratiquement donn&#233; l'assurance au gouvernement, lui donnant aussi, par l&#224;-m&#234;me, toute latitude de pousser les feux de son offensive. Villepin l'a bien entendu d'ailleurs : &#224; peine avaient-elles dans les faits accept&#233; la privatisation de la SNCM, qu'il a d&#233;cid&#233; de passer &#224; celle d'EDF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait difficile de faire l'&#233;num&#233;ration exhaustive des querelles de factions et de personnes qui divisent le PS. Cela n'a d'ailleurs aucun int&#233;r&#234;t puisque leur objet ne porte en rien sur la meilleure mani&#232;re de d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts des classes populaires. La m&#234;me ligne de conduite dicte la politique de tous, partisans du Non comme partisans du Oui, Laurent Fabius comme Fran&#231;ois Hollande ou Dominique Strauss-Kahn : attendre sans bousculer le pouvoir, ni m&#234;me le chahuter, en tout cas ailleurs que sur les bancs d'une Assembl&#233;e nationale qui ne compte pas ; attendre que, la droite ayant suffisamment irrit&#233; la frange de l'&#233;lectorat qui balance traditionnellement entre les deux camps, celui-ci penche du c&#244;t&#233; de la gauche lors d'un prochain scrutin ; bref, attendre sagement son tour surtout sans faire de vagues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re un pr&#233;tendu d&#233;bat sur son programme, le vrai et seul objet des chamailleries est de savoir qui prendra la direction du parti ou en sera le candidat &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle. Pas d'autre enjeu aux diverses prises de positions, y compris lors du dernier r&#233;f&#233;rendum. Pas question du moindre geste qui aiderait &#224; une mobilisation contre la politique de Villepin. Tout ce qu'on peut attendre, au plus, du PS est qu'il apporte un soutien symbolique aux manifestations des syndicats ou des associations, surtout quand elles sont elles-m&#234;mes symboliques. Fabius fait bien mine de vouloir renouveler l'op&#233;ration r&#233;ussie par Fran&#231;ois Mitterrand dans les ann&#233;es 1970 : camper dans une posture et sur un programme de gauche (ce qui ne co&#251;terait rien quand on est dans l'opposition) pour reprendre en main un PS affaibli par ses divisions. Que la mesure phare de son programme soit la promesse d'amener le Smic entre 1400 et 1500euros... en 2012, montre le d&#233;risoire des audaces d&#233;magogiques du tout nouveau repr&#233;sentant de la gauche du PS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plac&#233;, par la gr&#226;ce du r&#233;f&#233;rendum, au centre de la gauche de la gauche, le PCF nourrit quelques nouvelles ambitions. Dans le m&#234;me temps, il voit exacerber la traditionnelle contradiction dans laquelle il s'est mis. Il a renonc&#233; depuis longtemps &#224; toute autre perspective que celle de parvenir au gouvernement en alliance avec le PS, dans le cadre et &#224; la suite d'une victoire &#233;lectorale de la gauche. Mais pour s'assurer la plus grande place possible dans cette alliance, il se doit d'&#233;tablir avec son futur partenaire un rapport de force qui le rende indispensable. D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; de se montrer critique et radical dans ses discours, voire en partie dans ses actions, pour rassembler autour de lui, tout en continuant &#224; protester de sa loyaut&#233; envers son vieux partenaire. D'o&#249; aussi, tr&#232;s visible depuis juin, le balancement incessant de Marie-George Buffet entre d&#233;clarations sur sa volont&#233; d'&#233;tablir une nouvelle alliance de toute la gauche et appels &#224; d&#233;finir une politique anti-lib&#233;rale selon la terminologie &#224; la mode, susceptible de rassembler les forces de gauche ext&#233;rieures au PS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette contradiction peut amener le PCF &#224; appuyer une contestation sociale, des gr&#232;ves et des manifestations, voire d'en prendre l'initiative. Ou du moins laisser certains de ses militants le faire sous la pression des travailleurs ou l'aiguillon de la concurrence de l'extr&#234;me gauche. C'est pourtant une chose de se vouloir &#224; la pointe du &#171; mouvement social &#187;, voire d'entretenir une certaine agitation, et une autre de se proposer r&#233;ellement de rassembler et faire converger ces diff&#233;rents combats. Le PCF, comme le PS, a fondamentalement pour politique de se pr&#233;parer pour les prochaines &#233;lections. Mais en attendant il peut et doit, contrairement au PS, manifester son existence dans la rue, dans les quartiers et dans les entreprises. Il lui faut offrir aux &#233;lecteurs une raison de lui accorder leurs suffrages plut&#244;t qu'&#224; son alli&#233;, en tout cas au premier tour. Mais pour pr&#233;parer l'alliance du deuxi&#232;me tour et l'entr&#233;e dans un &#233;ventuel gouvernement de gauche, il lui faut montrer une grande responsabilit&#233; vis-&#224;-vis des mobilisations populaires, c'est-&#224;-dire la capacit&#233; &#224; aider &#224; les stopper, freiner ou d&#233;voyer, m&#234;me quand il a contribu&#233; &#224; les lancer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;f&#233;rendum a &#233;galement permis ou au moins facilit&#233; le recentrage de la politique de la LCR. Il a remis &#224; l'ordre du jour l'&#233;ventualit&#233; d'une structuration de la gauche de la gauche -sinon dans l'imm&#233;diat sous la forme d'un parti, du moins sous celle d'un front plus ou moins permanent - vieil objectif r&#233;current de cette organisation. Et de l'alliance aux contours plus ou moins fluctuants qui s'est constitu&#233;e dans les faits depuis la campagne du Non (LCR, PCF, Verts, altermondialistes, Copernic, Jos&#233; Bov&#233;, Jean-Luc M&#233;lenchon et d'autres encore), c'est en effet la LCR qui avec le PCF appara&#238;t incontestablement comme une des ailes marchantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La LCR a pourtant sans doute des objectifs diff&#233;rents des autres composantes de ce pot-pourri de la gauche dite radicale. Diff&#233;rents courants de la LCR ont d'ailleurs eux-m&#234;mes diff&#233;rents objectifs : volont&#233; pour les uns de constituer un nouveau parti anticapitaliste, voire anti-lib&#233;ral (une alliance monstrueuse de r&#233;volutionnaires, de r&#233;formistes et de gens qui ne sont ni l'un ni l'autre) ; volont&#233; pour les autres d'entra&#238;ner dans les luttes le maximum de militants que draine cette gauche de la gauche. Cette ambigu&#239;t&#233; se refl&#232;te dans les diff&#233;rentes facettes des discours de son porte-parole. Elle se refl&#232;te surtout dans son mot d'ordre &#171; d'un front social et politique permanent &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le moment, et peut-&#234;tre pour un bout de temps encore, la LCR peut sans doute vivre sur cette ambigu&#239;t&#233;, voire prosp&#233;rer sous les approbations et les encouragements chaleureux de ce milieu de la gauche de la gauche. Celui-ci, PCF compris, a tout int&#233;r&#234;t de continuer &#224; feindre de confondre une alliance conclue en vue des prochaines &#233;lections et un front constitu&#233; en vue de promouvoir les luttes. Mais dans le long terme, il faudra bien que la LCR choisisse. De toute fa&#231;on, &#224; un moment ou &#224; un autre, elle sera plac&#233;e par ses alli&#233;s eux-m&#234;mes devant le choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, elle peut opter pour le premier terme de l'alternative : l'alliance &#233;lectorale durable avec des gens dont le seul but est de faire eux-m&#234;mes alliance avec le PS et d'aller au gouvernement avec celui-ci. Personne ne peut pr&#233;dire jusqu'o&#249; cette d&#233;rive entra&#238;nerait alors l'organisation trotskiste. De cela pourtant la LCR aujourd'hui dit et r&#233;p&#232;te ne pas vouloir, et c'est sans aucun doute vrai pour bon nombre de ses militants. &#192; Lutte Ouvri&#232;re d'aider ceux-l&#224; par sa politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car ce choix qui va se pr&#233;senter t&#244;t ou tard, la LCR le fera en fonction des pressions exerc&#233;es mais aussi des perspectives offertes d'un c&#244;t&#233; ou de l'autre. Et il est &#233;videmment de l'int&#233;r&#234;t du mouvement r&#233;volutionnaire tout entier, et donc de Lutte ouvri&#232;re, que la LCR mette fin &#224; l'ambigu&#239;t&#233; de son cours politique actuel en renon&#231;ant &#224; l'objectif d'une alliance &#233;lectorale avec la gauche de la gauche pour ne conserver que celui d'&#339;uvrer &#224; un front pour les luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les prochaines &#233;lections pr&#233;sidentielles et l&#233;gislatives ne sont programm&#233;es que pour 2007, dans un an et demi. Il est quand m&#234;me sans doute n&#233;cessaire d'envisager d&#232;s maintenant notre participation. Ne serait-ce que parce que le bruit court que les conditions pour &#234;tre candidat aux pr&#233;sidentielles seront durcies et, par exemple, le nombre exig&#233; de signatures de parrainage augment&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lutte Ouvri&#232;re a en effet bien des raisons de se mettre en position de pr&#233;senter la candidature d'Arlette Laguiller. Ne serait-ce que parce que, si la politique actuelle des autres organisations d'extr&#234;me gauche ne change pas, en particulier celle de la LCR par rapport &#224; la gauche r&#233;formiste et gouvernementale, dans ces &#233;lections notre organisation risque fort d'&#234;tre la seule &#224; d&#233;fendre sans ambigu&#239;t&#233; une politique ouvri&#232;re r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devrons donc dans l'ann&#233;e qui vient consacrer le temps et l'&#233;nergie n&#233;cessaires pour ne pas &#234;tre pris par surprise. Mais pas plus. Nos orientations, nos t&#226;ches, nos objectifs pour l'ann&#233;e 2006 n'ont rien &#224; voir avec les &#233;lections de l'ann&#233;e suivante. De l'extr&#234;me droite &#224; la gauche de la gauche, les partis et tout l'establishment politique, pour qui la politique se r&#233;sume de fait aux &#233;lections, sont d&#233;j&#224; entr&#233;s en campagne &#233;lectorale. Pas nous. Au contraire notre politique doit contribuer &#224; d&#233;mystifier et d&#233;noncer ce faux objectif et centrer l'attention des travailleurs sur leurs propres luttes, seul moyen de changer et leur sort et la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nombre des gr&#232;ves de ces derniers temps t&#233;moigne que le niveau de la r&#233;activit&#233; et de la combativit&#233; n'a pas baiss&#233;. Et donc que les possibilit&#233;s d'intervention dans la lutte de classe des militants et des organisations r&#233;volutionnaires non plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur des enjeux limit&#233;s (petite augmentation de salaire pour des travailleurs honteusement sous-pay&#233;s, annulation d'une sanction particuli&#232;rement abusive, l&#233;g&#232;re am&#233;lioration des conditions de travail dans un secteur restreint), ces conflits ont arrach&#233; parfois des concessions aux patrons. Mais dans les derniers combats d'importance, quelle qu'en f&#251;t la dur&#233;e, quelle que f&#251;t la d&#233;termination des gr&#233;vistes ou les m&#233;thodes radicales auxquelles les travailleurs &#233;taient pr&#234;ts &#224; recourir, quelle que f&#251;t m&#234;me la place de l'entreprise dans la vie sociale ou &#233;conomique du pays, les gr&#233;vistes n'ont pas gagn&#233; parce qu'ils sont rest&#233;s isol&#233;s, y compris lorsque leurs luttes ont &#233;t&#233; largement connues et ont b&#233;n&#233;fici&#233; d'une ample sympathie aupr&#232;s des autres travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a pu v&#233;rifier une nouvelle fois qu'une petite fraction de la classe ouvri&#232;re, seule, n'est pas en mesure de changer les choses, ni pour tous ni pour elle-m&#234;me. En tout cas, lorsqu'il y a un enjeu qui int&#233;resse l'ensemble des salari&#233;s : privatisation et d&#233;fense des services publics, emplois et licenciements, salaire et pouvoir d'achat, protections sociales. Au mieux un combat d&#233;termin&#233; a pu retarder certaines &#233;ch&#233;ances, changer un peu les modalit&#233;s de la privatisation en l'&#233;talant dans le temps, r&#233;duire le nombre de licenci&#233;s d'un premier plan... en attendant g&#233;n&#233;ralement un second, gonfler un peu la prime de licenciement, ajouter quelques euros &#224; une augmentation de salaire toujours d&#233;risoire par rapport aux besoins. En bref, parfois retarder ou adoucir un peu les coups -ce qui certes justifie compl&#232;tement ceux qui ont os&#233; engager ces combats- mais pas les &#233;viter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle est la le&#231;on des gr&#232;ves de ces mois de septembre et octobre 2005, des marins de la SNCM &#224; Marseille, de ceux de la Connex &#224; Nancy ou encore des travailleurs de la raffinerie Total au Havre, exemples les plus notables parmi d'autres moins m&#233;diatis&#233;s ou plus limit&#233;s. Une constatation faite depuis longtemps, y compris &#224; l'occasion de conflits bien plus importants par le nombre de travailleurs en mouvement ou par la dur&#233;e, comme celui des enseignants et sur la r&#233;forme des retraites en 2003. Tout conflit qui ne menace pas de s'&#233;tendre, de mettre en branle d'autres bataillons du monde du travail, voire le feu &#224; l'ensemble du pays, est incapable d'entraver et d'arr&#234;ter durablement l'offensive patronale et gouvernementale, m&#234;me sur le seul sujet sur lequel il porte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut remonter maintenant &#224; la lutte des cheminots de 1995 pour trouver l'exemple d'une lutte ayant oblig&#233; le gouvernement, qui &#233;tait en l'occurrence aussi le patron, &#224; des reculs v&#233;ritables et importants. Mais alors les cheminots, d&#233;j&#224; forts de leur propre nombre et du r&#244;le de leur entreprise dans la vie du pays, avaient menac&#233; d'&#233;tendre, et effectivement &#233;tendu en partie, la gr&#232;ve &#224; d'autres secteurs du public. Il faut m&#234;me rappeler, alors que devant le d&#233;veloppement des multinationales ou l'imbrication des &#233;conomies europ&#233;ennes se pose de plus en plus le probl&#232;me de l'efficacit&#233; des luttes qui se limitent aux fronti&#232;res nationales, que 1995, son &#233;lan et ses modes d'action, avaient eu quelques &#233;chos dans les pays voisins. Ainsi en Allemagne o&#249; &#233;tait apparu alors l'&#233;tonnant, et incompr&#233;hensible hors du contexte, mot d'ordre &#171; maintenant il va falloir parler fran&#231;ais &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce 4 octobre, par le nombre de participants aux manifestations et aux gr&#232;ves, a &#233;t&#233; un succ&#232;s. La participation du priv&#233;, qu'on disait aux abonn&#233;s absents, a cette fois &#233;t&#233; notablement sup&#233;rieure et remarqu&#233;e. L'ensemble des organisations syndicales, des partis de gauche et d'extr&#234;me gauche et bon nombre d'associations appelaient, r&#233;alisant pour une fois l'unit&#233; si ch&#232;re aux c&#339;urs des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant le 4 octobre, apr&#232;s le 10 mars, a montr&#233; toutes les limites de ces journ&#233;es nationales d'action quand elles ne sont pas con&#231;ues comme le tremplin d'une mobilisation prolong&#233;e et croissante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re banderole &#224; peine pli&#233;e, une rafale de nouveaux coups tous azimuts s'abattaient sur les couches populaires : un budget tout entier fait pour satisfaire les riches aux d&#233;pens des plus pauvres, une nouvelle attaque contre la s&#233;curit&#233; sociale avec l'institution d'une franchise de 18 euros sur certains actes chirurgicaux, le d&#233;but de la privatisation d'EDF, un nouveau pas dans la pr&#233;carit&#233; et la d&#233;molition du Code du travail avec les CDD pour les plus vieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois encore d&#233;monstration est faite que le gouvernement et derri&#232;re lui l'ensemble de la classe capitaliste ne reculeront que devant une contre-offensive de la classe ouvri&#232;re qui soit &#224; la hauteur de l'offensive qu'ils ont d&#233;clench&#233;e depuis deux ou trois d&#233;cennies. Un nouveau Juin 36, un nouveau Mai 68, c'est-&#224;-dire un mouvement d'ensemble et une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale jusqu'&#224; satisfaction, voil&#224; la seule action qui peut modifier le rapport des forces en faveur du monde du travail, changer la vie des classes populaires, faire que ce soit enfin les producteurs et non les parasites, qui tiennent le haut du pav&#233;. Le r&#244;le des r&#233;volutionnaires est d'&#339;uvrer &#224; l'av&#232;nement de ce mouvement d'ensemble, de le pr&#233;parer par tous les moyens, de consacrer tous leurs efforts &#224; cette t&#226;che. Encore plus que les ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes, cette orientation doit pr&#233;sider &#224; tous les aspects de notre politique. C'est l'actualit&#233; qui l'a mise &#224; l'ordre du jour.
Dans les mouvements, qu'ils soient d'initiative locale ou au contraire initi&#233;s d'en haut par des directions syndicales, d&#232;s qu'ils portent directement ou indirectement sur un probl&#232;me d'ordre g&#233;n&#233;ral, comme les salaires, l'emploi ou encore la d&#233;fense des services publics, l'intervention des r&#233;volutionnaires se doit d'avoir syst&#233;matiquement deux objectifs : la prise en main de la direction de leur lutte par les travailleurs eux-m&#234;mes ; l'extension la plus large possible &#224; d'autres services, entreprises, secteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui l'enjeu n'est pas seulement de profiter de chaque mouvement pour &#233;lever la conscience politique des travailleurs, de leur force et de leurs possibilit&#233;s, politique traditionnelle de Lutte ouvri&#232;re. Plus encore qu'&#224; d'autres p&#233;riodes, on l'a vu dans les derni&#232;res gr&#232;ves, c'est l'issue m&#234;me de la lutte qui d&#233;pend de sa capacit&#233; &#224; installer un contr&#244;le r&#233;el des gr&#233;vistes (assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales qui d&#233;cident, comit&#233; de gr&#232;ve &#233;lu et responsable devant tous) afin d'&#233;viter que des appareils bureaucratiques enferment, sabotent ou arr&#234;tent le mouvement contre la volont&#233; des travailleurs, et &#224; militer pour l'&#233;largissement du conflit (cette menace &#233;tant la meilleure et la plus rapide fa&#231;on d'amener les patrons &#224; faire quelques concessions). C'est quand les marins avaient le vent en poupe et &#233;taient le point de mire de tout le pays, en particulier des autres secteurs publics menac&#233;s eux aussi de privatisation, SNCF ou EDF, que Villepin a consenti &#224; ce que l'&#201;tat garde une petite part dans le capital de la SNCM. C'est apr&#232;s qu'ils ont repris le travail, pouss&#233;s par la CGT et sans avoir re&#231;u l'appui de ces autres secteurs, que le m&#234;me Villepin se permet de passer &#224; l'&#233;tape suivante du programme des privatisations, celle d'EDF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne ne peut &#233;videmment pr&#233;dire &#224; partir de quel secteur, autour de quelle lutte, &#224; propos de quelle question d&#233;marrera le futur mouvement d'ensemble. Ce qui est s&#251;r c'est que, comme en Mai68 ou Juin 36, une lev&#233;e en masse des salari&#233;s et des classes populaires mettra forc&#233;ment &#224; l'ordre du jour la r&#233;solution de l'ensemble des grands probl&#232;mes actuels : le niveau de vie et les salaires, le ch&#244;mage, la pr&#233;carit&#233; et l'emploi, les services publics, de la sant&#233; aux transports en passant par l'&#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait c'est la classe capitaliste et son gouvernement qui, en attaquant sur tous ces fronts, ont li&#233; inextricablement toutes ces questions et en font des objectifs qui ne pourront &#234;tre gagn&#233;s les uns sans les autres. Comment d&#233;fendre et restaurer les services publics sans revenir sur les privatisations, y consacrer les subventions qui vont jusqu'ici au patronat et ainsi permettre d'embaucher &#224; de meilleurs salaires, par exemple ? C'est l'urgence de passer &#224; la contre-offensive qui fait l'actualit&#233; d'un programme reprenant et reliant ces objectifs essentiels.
Et cette urgence met &#224; l'ordre du jour la n&#233;cessit&#233; d'une campagne syst&#233;matique, surtout sans attendre une &#233;ch&#233;ance &#233;lectorale, pour ce programme (qu'on l'appelle encore d'urgence ou pas, bien qu'il n'ait sans doute jamais mieux m&#233;rit&#233; ce nom) : augmentation g&#233;n&#233;rale des salaires d'au moins 300 euros pour tous et &#233;chelle mobile des salaires pour garantir le pouvoir d'achat ; embauche massive dans les services publics ; transformation de tous les contrats de pr&#233;carit&#233;, CNE, CDD vieille ou ancienne mani&#232;re, en CDI ; interdiction des licenciements ; r&#233;quisition imm&#233;diate des logements vacants ; sans oublier la n&#233;cessit&#233; d'un contr&#244;le des travailleurs pour s'assurer de la r&#233;alisation effective de ces objectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En l'espace de quelques mois donc, les travailleurs viennent de refaire les exp&#233;riences concomitantes d'une pr&#233;tendue victoire dans les urnes, de gr&#232;ves d&#233;termin&#233;es mais qui restent isol&#233;es, de journ&#233;es nationales r&#233;ussies mais sans suite. Pour ceux qui choisissent de ne pas d&#233;sesp&#233;rer ou baisser les bras, une conclusion s'impose : seul le mouvement d'ensemble jusqu'&#224; satisfaction peut faire &#233;chec &#224; l'offensive patronale et gouvernementale. La seule politique correspondant aux int&#233;r&#234;ts du prol&#233;tariat est celle susceptible de pr&#233;parer et d'aider ce mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re t&#226;che de Lutte ouvri&#232;re est de faire campagne sur cet axe &#224; toutes les occasions possibles - elles ont &#233;t&#233; nombreuses ces derniers temps et le seront encore sans aucun doute dans les prochains- et par tous les moyens, depuis sa presse r&#233;guli&#232;re, en premier lieu celle d'entreprise, en passant par des interventions ponctuelles par tracts, affiches, r&#233;unions et meetings, jusqu'&#224; l'interpellation des autres organisations, syndicats, partis, associations qui se r&#233;clament de pr&#232;s ou de loin du mouvement ouvrier ou de la gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;clenchement d'une telle mobilisation ne d&#233;pend d'aucune organisation, m&#234;me les plus importantes, comme ne cessent de le r&#233;p&#233;ter les chefs syndicalistes, surtout quand ils n'en veulent pas. Elle d&#233;pend encore moins de l'action de la seule Lutte Ouvri&#232;re. Mais il d&#233;pend de celle-ci de faire savoir qu'elle vise &#224; en &#234;tre partie prenante et &#224; pr&#233;parer cette mobilisation avec tous, organisations et militants, quelles que soient par ailleurs les divergences politiques. En clair &#224; se pr&#233;senter en parti ouvrier qui revendique sa place dans la lutte de classe mais est pr&#234;t &#224; y participer avec tous ceux qui voudraient aussi prendre place dans cette lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 4 octobre aurait &#233;t&#233; une occasion de s'adresser ainsi au mouvement ouvrier. &#199;a l'est encore puisque aucune suite n'a toujours &#233;t&#233; propos&#233;e par quiconque. Il appartient &#224; Lutte ouvri&#232;re de s'adresser le plus rapidement possible &#224; tous ceux qui de pr&#232;s ou de loin ont appel&#233; ou appuy&#233; cette journ&#233;e d'action pour envisager ensemble cette suite qui devrait conduire vers des mobilisations de plus en plus larges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il est &#233;vident que nous accro&#238;trions la possibilit&#233; d'&#234;tre entendus par les militants et de faire pression sur les organisations si nous le faisions avec et au nom de l'ensemble de l'extr&#234;me gauche, et en premier lieu avec l'organisation de laquelle nous restons le plus proche, malgr&#233; de tr&#232;s importantes divergences actuelles, la LCR. Comment d'ailleurs envisager de s'adresser &#224; l'ensemble des organisations ouvri&#232;res ou de gauche et de leurs militants pour leur proposer l'action commune, sans d'abord se tourner vers celles qui sont les plus susceptibles de partager nos objectifs de lutte ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lutte Ouvri&#232;re est un petit parti certes, mais un parti reconnu sur la sc&#232;ne politique, par les autres organisations, m&#234;me ennemies, comme par les travailleurs eux-m&#234;mes. La modestie n'est une qualit&#233; que lorsqu'elle n'est pas une entrave. Lutte ouvri&#232;re, m&#234;me seule, a les moyens politiques et militants de s'adresser &#224; l'ensemble des organisations ouvri&#232;res, partis et syndicats, et donc doit en avoir l'audace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle autre politique de rechange y a-t-il donc ? Attendre, quel que soit le pr&#233;texte, celui de notre faiblesse ou un autre, en revient &#224; laisser le champ libre sans tenter de s'y opposer aux politiques des syndicats ou des partis de gauche, qui eux-m&#234;mes ne proposent que d'attendre... les &#233;lections. Au mieux !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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