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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskyste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title>Un spectre hante le monde du travail : : Le spectre de l'ub&#233;risation
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Ub&#233;risation
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		<description>Dans son offensive contre le code du travail, le patronat pr&#233;tend avoir trouv&#233; une voie royale : l'ub&#233;risation. Les travailleurs &#171; ub&#233;ris&#233;s &#187; sont des ind&#233;pendants, le plus souvent micro-entrepreneurs, li&#233;s par contrat commercial &#224; une plateforme num&#233;rique. Exit le contrat de travail et ses quelques freins au licenciement. Exit les cotisations sociales. Exit l'obligation patronale &#8211; pas toujours respect&#233;e &#8211; d'assurer la s&#233;curit&#233; et de prot&#233;ger la sant&#233; des travailleurs. &lt;br /&gt;Macron s'est fait le promoteur de ce&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans son offensive contre le code du travail, le patronat pr&#233;tend avoir trouv&#233; une voie royale : l'ub&#233;risation. Les travailleurs &#171; ub&#233;ris&#233;s &#187; sont des ind&#233;pendants, le plus souvent micro-entrepreneurs&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Depuis le 1er janvier 2016, le r&#233;gime des auto-entrepreneurs a fusionn&#233; avec (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, li&#233;s par contrat commercial &#224; une plateforme num&#233;rique. &lt;em&gt;Exit&lt;/em&gt;&lt;strong&gt; &lt;em&gt; &lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;le contrat de travail et ses quelques freins au licenciement. &lt;em&gt;Exit&lt;/em&gt; les cotisations sociales. &lt;em&gt;Exit&lt;/em&gt; l'obligation patronale &#8211; pas toujours respect&#233;e &#8211; d'assurer la s&#233;curit&#233; et de prot&#233;ger la sant&#233; des travailleurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Macron s'est fait le promoteur de ce syst&#232;me, versant une larme de crocodile sur les jeunes des quartiers populaires, pour qui il serait &lt;em&gt;&#171; plus facile de trouver un client que de trouver un employeur &#187;&lt;/em&gt;. En r&#233;alit&#233;, m&#234;me dans le syst&#232;me Uber, c'est &#224; la plateforme employeuse qu'appartient le client&#8230; Une r&#233;alit&#233; que le gouvernement et les fanatiques de la start-up voudraient faire oublier.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Qui est concern&#233; ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'ub&#233;risation s'est fait conna&#238;tre avec le succ&#232;s d'Uber, une plateforme de voitures avec chauffeur (VTC), et de son acolyte UberPop, ferm&#233;e depuis (elle permettait aux particuliers de faire le taxi &#224; la demande sans m&#234;me s'&#234;tre d&#233;clar&#233;s comme entreprise). Les premiers &#224; contester l'ub&#233;risation ont &#233;t&#233;&#8230; d'autres ind&#233;pendants, les taxis, qui voyaient leur part de march&#233; attaqu&#233;e par ce nouveau g&#233;ant num&#233;rique. Depuis, le syst&#232;me s'&#233;tend : aux livreurs de repas &#224; v&#233;lo, mais aussi aux coiffeurs &#224; domicile, aux fleurisseurs de tombe, aux profs particuliers, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'existe pas de statistique fiable sur le nombre d'emplois concern&#233;s. Parmi les plus gros employeurs, Uber revendique 15 000 chauffeurs, Deliveroo 7 500 coursiers, Foodora 2 000. On est donc loin de petites start-up. Alors, 50 000, 100 000 ou 200 000 emplois ? Difficile &#224; dire. Il existe un million de micro-entrepreneurs, mais tous ne rel&#232;vent pas du syst&#232;me Uber. L'emploi ub&#233;ris&#233; reste minoritaire &#224; c&#244;t&#233; des autres emplois pr&#233;caires : 620 000 int&#233;rimaires, 380 000 apprentis et 2,5 millions de salari&#233;s en CDD&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Moyenne annuelle en 2016. Source : Insee, France, portrait social, &#233;dition (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. N&#233;anmoins, il est en pleine croissance.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Nouvelles technologies
et vieux syst&#232;me d'exploitation,
ne pas confondre&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour mieux comprendre la dynamique, il faut distinguer deux aspects de l'ub&#233;risation. Le premier rel&#232;ve de ce que certains appellent l'&#233;conomie de plateformes. Il s'agit de l'utilisation d'internet pour la mise en relation de clients et de prestataires. L'&#233;conomie de plateformes s'empare de domaines de plus en plus nombreux, de la finance (&lt;em&gt;crowd funding&lt;/em&gt;) au b&#226;timent, en passant par le conseil juridique ou la location d'appartements ou de voitures&#8230; Il faut alors distinguer les cas o&#249; la plateforme sert d'interm&#233;diaire, de place de march&#233; en quelque sorte, et les cas o&#249; les prestataires travaillent enti&#232;rement pour la plateforme (on parle alors de lien de subordination). Parfois, les deux coexistent. Par exemple, chez Deliveroo, UberEats ou Foodora, le restaurant utilise la plateforme pour r&#233;cup&#233;rer un surplus de clients mais existe ind&#233;pendamment : il a ses propres clients, peut avoir recours &#224; plusieurs plateformes, &#233;labore sa carte comme il l'entend et pr&#233;pare les plats &#224; son rythme. La situation est diff&#233;rente pour les livreurs &#224; v&#233;lo qui travaillent pour la plateforme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette deuxi&#232;me facette de l'ub&#233;risation qui pose probl&#232;me. Il ne s'agit ici ni de nouvelles technologies, ni de &#171; modernit&#233; &#187;, mais de l'exploitation sous un statut ind&#233;pendant de travailleurs subordonn&#233;s. Les chauffeurs VTC et livreurs &#224; v&#233;lo restent enti&#232;rement d&#233;pendants de leur patron-plateforme, qui commande leur travail et peut les licencier &#224; tout moment. Le statut d'ind&#233;pendant n'est qu'une forme juridique destin&#233;e &#224; masquer le rapport r&#233;el d'exploitation, qui est celui de salari&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le travail &#171; ind&#233;pendant &#187;, un nouveau rebond&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce mouvement de remplacement de salari&#233;s par des faux ind&#233;pendants, ou des petits sous-traitants, d&#233;passe largement la question des plateformes internet. Durant tout le xxe si&#232;cle, l'emploi ind&#233;pendant n'avait fait que d&#233;gringoler, avec le d&#233;clin des paysans, artisans et petits commer&#231;ants et l'h&#233;g&#233;monie grandissante des cha&#238;nes dans le commerce, la restauration, la coiffure, l'optique, l'h&#244;tellerie, la r&#233;paration automobile, etc. Le xxie si&#232;cle serait-il en train de changer la donne ? Le nombre d'ind&#233;pendants est reparti &#224; la hausse. En 2016, ils &#233;taient 3,1 millions (12 % des emplois), soit 500 000 de plus que le minimum atteint en 2004. Pas que la petite bourgeoisie ait repris du poil de la b&#234;te, mais par l'essor des micro-entrepreneurs, ces travailleurs sans emploi fixe qui repr&#233;sentent d&#233;sormais un tiers des ind&#233;pendants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien souvent, ces nouveaux &#171; ind&#233;pendants &#187; sont des salari&#233;s d&#233;guis&#233;s, int&#233;gralement soumis &#224; leur employeur, alias client. Les routiers ont &#233;t&#233; parmi les premiers &#224; en faire l'exp&#233;rience. Certains ont eu l'impression de devenir leur propre patron &#8211; leur camion en guise de petit capital &#8211;, mais les compagnies de transport d&#233;cident toujours de leur emploi du temps et de leur r&#233;mun&#233;ration. De nombreux secteurs ont suivi : sant&#233;, enseignement, comptabilit&#233;, &#233;dition, architecture, tourisme, m&#233;dias, services &#224; la personne&#8230; Dans l'Aisne, en septembre, des ambulanciers se sont mis en gr&#232;ve quand leur patron leur a expliqu&#233; &#8211; avec des petits dessins &#8211; qu'ils allaient devoir devenir micro-entrepreneurs, louer leur propre v&#233;hicule et payer eux-m&#234;mes les cotisations sociales. Dans une filiale d'Acadomia, plus de 40 % des formateurs ont &#233;t&#233; bascul&#233;s au statut d'auto-entrepreneur, mais comme le lien de subordination &#233;tait trop &#233;vident (les &#233;l&#232;ves restant la client&#232;le exclusive d'Acadomia), l'entreprise a &#233;t&#233; condamn&#233;e &#224; verser 1,3 million d'euros d'arri&#233;r&#233;s de cotisations sociales. Les administrations publiques ne sont pas les moins friandes de ce syst&#232;me, qui permet de contourner les plafonds d'emplois en imputant les r&#233;mun&#233;rations en d&#233;pense de fonctionnement et non de personnel. Des pratiques courantes, souvent ill&#233;gales, pour lesquelles le minist&#232;re de la Justice ou encore les H&#244;pitaux de Paris ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; mis &#224; l'amende. La Poste s'est, elle aussi, faite &#233;pingler par le JT de France 2 pour avoir recours &#224; des petits sous-traitants pour la distribution des colis, sous-traitants qui n'h&#233;sitent pas &#224; employer du personnel au noir, parfois sans les payer, au vu et au su de la direction de La Poste. Point ici de micro-entrepreneurs, mais l'objectif est le m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'ub&#233;risation, l'avenir du capitalisme ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En quarante ans d'offensives anti-ouvri&#232;res, les capitalistes ont g&#233;n&#233;r&#233; une masse de travailleurs sans emploi et pr&#233;caires, une arm&#233;e industrielle de r&#233;serve qui ne dispara&#238;t plus, m&#234;me entre deux crises. Cela leur permet de s'en prendre au CDI et de faire planer une menace permanente en vue d'imposer la d&#233;gradation des conditions de travail et des salaires. Avis &#224; ceux qui voudraient revendiquer et s'organiser : il y a du monde qui attend &#224; la porte !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, le salariat et le CDI gardent des avantages pour les patrons. Les travailleurs sont plus productifs lorsqu'ils sont form&#233;s et ma&#238;trisent leur poste de travail. Ce n'est pas pour rien que, malgr&#233; la multiplication des statuts pr&#233;caires, le CDI reste la norme : en France, 88 % des emplois sont salari&#233;s, parmi lesquels 85 % sont en CDI. M&#234;me si les patrons aujourd'hui revendiquent un assouplissement du CDI par des subterfuges style CDD permanents ou autres &#171; contrat de chantier &#187; licenciables quand bon leur semble sans autre forme de proc&#232;s. Il est donc peu probable que l'ensemble des travailleurs soient vou&#233;s &#224; l'ub&#233;risation. Mais la pr&#233;carit&#233; &#8211; l'une des multiples ficelles du patronat pour exploiter au moindre co&#251;t &#8211; gagne du terrain et trouve des formes plus sophistiqu&#233;es&#8230; &#224; combattre. Le sort des travailleurs pr&#233;caires est bien l'affaire de tous. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Maurice SPIRZ&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Depuis le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; janvier 2016, le r&#233;gime des auto-entrepreneurs a fusionn&#233; avec celui des micro-entrepreneurs, un r&#233;gime fiscal all&#233;g&#233; pour les entreprises dont le chiffre d'affaires ne d&#233;passe pas 33 200 &#8364; pour les prestations de service et 88 200 &#8364; pour les prestations commerciales, de restauration ou d'h&#233;bergement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Moyenne annuelle en 2016. Source : Insee, France, portrait social, &#233;dition 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Quand le droit s'adapte aux pratiques des employeurs
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Quand-le-droit-s-adapte-aux-pratiques-des-employeurs</link>
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		<dc:subject>Code du travail
</dc:subject>
		<dc:subject>Ub&#233;risation
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		<dc:subject>Politique
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		<description>La loi Travail de 2016 a &#233;tendu certaines protections issues du droit du travail aux chauffeurs, livreurs &#224; v&#233;lo, formateurs et autres &#171; ub&#233;ris&#233;s &#187; recourant &#224; des plateformes &#233;lectroniques. Mani&#232;re de reconna&#238;tre leur statut de salari&#233;s subordonn&#233;s ? Au contraire. En cr&#233;ant un r&#233;gime sp&#233;cifique, dans un chapitre bien &#224; part du code du travail, la loi les a un peu plus exclus du cadre g&#233;n&#233;ral du salariat. &lt;br /&gt;Les miettes ? Un ersatz de droit de gr&#232;ve &#8211; les &#171; mouvements de refus concert&#233; de fournir leurs services &#187;&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La loi Travail de 2016 a &#233;tendu certaines protections issues du droit du travail aux chauffeurs, livreurs &#224; v&#233;lo, formateurs et autres &#171; ub&#233;ris&#233;s &#187; recourant &#224; des plateformes &#233;lectroniques. Mani&#232;re de reconna&#238;tre leur statut de salari&#233;s subordonn&#233;s ? Au contraire. En cr&#233;ant un r&#233;gime sp&#233;cifique, dans un chapitre bien &#224; part du code du travail, la loi les a un peu plus exclus du cadre g&#233;n&#233;ral du salariat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les miettes ? Un ersatz de droit de gr&#232;ve &#8211; les &lt;em&gt;&#171; mouvements de refus concert&#233; de fournir leurs services &#187;&lt;/em&gt; ne peuvent plus constituer un motif de rupture du contrat &#8211;, la facult&#233; de se syndiquer &#8211; sans aucune garantie &#8211;, un droit &#224; la formation professionnelle financ&#233;e par la plateforme et l'obligation pour la plateforme de rembourser aux travailleurs la cotisation couvrant le risque d'accidents du travail, sauf si elles souscrivent &#224; un contrat collectif d'assurance. Entendez bien que ces droits d&#233;coulent d'une fumeuse &#171; responsabilit&#233; sociale des plateformes &#187; et non des obligations traditionnelles d'un employeur &#224; l'&#233;gard de salari&#233;s. Et ce fr&#234;le habillage ne suffit pas &#224; faire oublier que ces travailleurs n'ont toujours ni horaires l&#233;gaux, ni salaire minimum, ni droits &#224; cong&#233;s pay&#233;s, ni proc&#233;dures de licenciement, ni m&#233;decine du travail, ni &#233;lus du personnel, etc.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'auto-entrepreneuriat, un masque pour l'externalisation des emplois&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce &#171; jeu &#187; autour des fronti&#232;res du salariat n'est pas nouveau. Les gouvernements n'ont eu de cesse d'adapter le droit pour couvrir les pratiques patronales, d&#232;s que la justice donnait trop souvent raison aux salari&#233;s. En 1994, la loi Madelin a instaur&#233; une &lt;em&gt;&#171; pr&#233;somption de non-salariat &#187;&lt;/em&gt; &#233;vitant les requalifications en contrat de travail, &#224; moins que ne puisse &#234;tre prouv&#233;e une &lt;em&gt;&#171; subordination juridique permanente &#187;&lt;/em&gt; &#224; l'&#233;gard du donneur d'ordre. Pour &#234;tre pr&#233;sum&#233; non-salari&#233;, il suffit d'&#234;tre d&#233;clar&#233; comme ind&#233;pendant&#8230; Il fallait y penser !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2008, le statut d'auto-entrepreneur est cr&#233;&#233;. Il est assorti d'une protection sociale au rabais (excluant accidents du travail et maladies professionnelles) et d'un r&#233;gime fiscal avantageux. Mais pour la majorit&#233; des auto-entrepreneurs, il ne permet que de vivoter ou de compl&#233;ter des revenus trop bas. Selon l'Insee, en 2014, les auto-entrepreneurs gagnaient en moyenne&#8230; 410 euros par mois, moins que le RSA&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Salembier L., Th&#233;ron G., &#171; Revenus d'activit&#233; des non-salari&#233;s en 2014 &#187;, Insee (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Enfin, en 2016, le statut d'auto-entrepreneur est dissous dans le r&#233;gime des micro-entrepreneurs, qui simplifie le paiement des cotisations sociales et de l'imp&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Progressivement, s'est construit une l&#233;gislation permettant une externalisation des emplois &#224; une &#233;chelle massive en d&#233;douanant le patronat des obligations qui lui incombent normalement en tant qu'employeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces &#233;volutions ne sont pas propres &#224; la France. Des statuts proches de celui des micro-entrepreneurs se multiplient en Europe : le co.co.pro (contrat de &#171; collaboration de projet &#187;) en Italie, depuis 2003 ; le &#171; travailleur autonome &#187; en Espagne, depuis 2007 : ou encore le statut Ich-AG (litt&#233;ralement &#171; Moi-Soci&#233;t&#233; anonyme &#187;) en Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Ind&#233;pendants ou salari&#233;s ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si le droit a &#233;volu&#233;, reste la fronti&#232;re du lien de subordination. Or, il n'est rien de plus factice que cette &#171; ind&#233;pendance &#187; dont sont cens&#233;s jouir les travailleurs ub&#233;ris&#233;s. Cela a conduit beaucoup d'entre eux &#224; r&#233;clamer une requalification en salari&#233;. Vu le manque &#224; gagner, l'Urssaf a elle aussi lanc&#233; des proc&#233;dures, afin que les travailleurs d'Uber rel&#232;vent, en tant que salari&#233;s, du r&#233;gime g&#233;n&#233;ral pour le paiement des cotisations sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;tranger aussi, les proc&#232;s se multiplient. En Angleterre, Uber, d&#233;j&#224; menac&#233; de perdre sa licence &#224; Londres, vient d'&#234;tre condamn&#233; en novembre &#224; verser &#224; ses chauffeurs un salaire minimum et &#224; leur octroyer des cong&#233;s pay&#233;s. Deliveroo fait face &#224; une action collective en justice de la part des livreurs londoniens qui demandent un statut salari&#233; avec un revenu minimum, des cong&#233;s pay&#233;s et une protection sociale. Car malgr&#233; de longues heures de travail, le revenu peine &#224; d&#233;coller, comme en t&#233;moigne un coursier : &lt;em&gt;&#171; Hier, en six heures, je n'ai fait que six livraisons. J'ai gagn&#233; 3,75 livres &lt;/em&gt;(4,40 euros) &lt;em&gt;de l'heure seulement &lt;/em&gt;[&#8230;]&lt;em&gt;. Je me sens exploit&#233;. &lt;/em&gt;[&#8230;]&lt;em&gt; Ils sont l&#224;, assis dans leurs bureaux, &#224; faire des millions et des millions&#8230; pendant que, moi, je me bats &#224; chaque course pour gagner le salaire minimum &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Cit&#233; par Tidey A., &#171; &#192; Londres, les coursiers Deliveroo veulent leur part du (...)' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;. M&#234;me aux &#201;tats-Unis, le tribunal du travail de Californie a reconnu le statut d'employ&#233;e &#224; une chauffeuse Uber, en 2015. Et alors que Uber avait conclu une transaction de 100 millions de dollars pour clore d'autres recours collectifs, celle-ci a &#233;t&#233; recal&#233;e par le juge, qui a estim&#233; le montant bien insuffisant au regard de ce que la plateforme pourrait devoir verser en cas de condamnation.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Sur-subordination&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En France, les victoires judiciaires de travailleurs ub&#233;ris&#233;s sont rares. &#192; plusieurs reprises, les prud'hommes se sont d&#233;clar&#233;s incomp&#233;tents, comme r&#233;cemment pour neuf livreurs de Take Eat Easy (livraison de repas) renvoy&#233;s au tribunal de commerce, car consid&#233;r&#233;s comme ind&#233;pendants. Des juges trop frileux pour passer le cap ? Pourtant, tout est l&#224;. La subordination est caract&#233;ris&#233;e, en droit, par l'identification chez le donneur d'ordre d'un pouvoir de direction, de contr&#244;le et de sanction. Or, le plus souvent, sont impos&#233;s aux travailleurs des plateformes : des horaires, l'exclusivit&#233; de la relation de travail, le port d'un uniforme ou d'&#233;quipements, une &#233;valuation permanente, une g&#233;olocalisation, une &#171; d&#233;connexion &#187; temporaire ou d&#233;finitive en cas de manquement, etc. Jusqu'&#224; un degr&#233; de minutie, que seule une plateforme &#233;lectronique permet. Chez Deliveroo, par exemple, il est stipul&#233; au contrat que la &#171; d&#233;connexion &#187; est possible d&#232;s trois retards de connexion de plus de quinze minutes, deux absences impr&#233;vues, plus de 45 secondes de temps moyen d'acceptation de commande ou plus de deux retours n&#233;gatifs des clients (sur deux mois cons&#233;cutifs).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vu la foule de pr&#233;caires pr&#234;ts &#224; s'inscrire, c'est la mise en concurrence permanente. Il faut se battre pour obtenir un cr&#233;neau horaire correct (les gr&#233;vistes Deliveroo de l'&#233;t&#233; 2017 ont d'ailleurs &#233;t&#233; sanctionn&#233;s en &#233;tant rel&#233;gu&#233;s sur des cr&#233;neaux peu rentables). &#192; tel point que fleurissent des applications payantes, cr&#233;&#233;es par des livreurs, permettant de &#171; r&#233;server &#187; des cr&#233;neaux horaires. Pour l'attribution des commandes, l'algorithme int&#232;gre la g&#233;olocalisation, mais aussi la vitesse moyenne. D&#232;s l'entretien d'embauche&#8230; pardon, le &lt;em&gt;&#171; test d'aptitude &#187;&lt;/em&gt;, le tri se fait en fonction des risques que les &#171; partenaires &#187; sont pr&#234;ts &#224; prendre sur la route. Un journaliste infiltr&#233; chez Foodora rapporte les propos d'un recruteur : &lt;em&gt;&#171; &#8220;Faites au mieux en restant en s&#233;curit&#233;&#8221;, dit-il, avant d'ajouter &#8220;mais si vous n'&#234;tes pas performants, on arr&#234;te&#8221; &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-3' class='spip_note' rel='appendix' title='Euzen P., &#171; P&#233;dale ou cr&#232;ve : dans la peau d'un livreur Foodora &#187;, lemonde.fr, (...)' id='nh2-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;. Difficile de faire plus subordonn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un capitalisme
des plateformes&#8230;
encourag&#233; par les gouvernements&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans ces affrontements judiciaires, les plateformes jouent un jeu du chat et de la souris, aid&#233;es par les pouvoirs publics. Le minist&#232;re du Travail a &#233;dit&#233; un guide sur l'&#233;tat du droit pour les &#171; plateformes de mise en relation &#187;, assorti d'un &#171; ab&#233;c&#233;daire des indices de subordination &#187; dont le sous-titre laisse peu de doute quant &#224; savoir &#224; qui, des plateformes ou des travailleurs, le minist&#232;re porte conseil : &lt;em&gt;&#171; Plus les indices seront pr&#233;sents, plus le risque de requalification est &#233;lev&#233; &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#233;carter ce risque, les plateformes adaptent leurs contrats au fil des d&#233;cisions judiciaires. Un chauffeur VTC de l'entreprise LeCab est requalifi&#233; en salari&#233; en janvier 2017 avec l'argument que son contrat commercial contenait une clause d'exclusivit&#233; et qu'il &#233;tait dans l'impossibilit&#233; de se faire sa propre client&#232;le ? Ni une ni deux, les plateformes &#244;tent les clauses d'exclusivit&#233; de leurs contrats, mais aussi tout ce qui &#233;voque le statut de salari&#233; : &lt;em&gt;exit&lt;/em&gt; l'uniforme (auquel on pr&#233;f&#232;re le &#171; kit &#187;), le paiement horaire, etc. Effort ultime de dissimulation, les contrats avec Deliveroo ont pour objet la location d'un &lt;em&gt;&#171; cycle avec personnel de conduite &#187;&lt;/em&gt;. Non seulement le travailleur est cach&#233; derri&#232;re le &#171; prestataire &#187;&#8230; mais le coursier devient m&#234;me l'accessoire du v&#233;lo !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, les quelques &#171; libert&#233;s &#187; de l'auto-entrepreneur, celles de &#171; choisir &#187; son planning et de ne pas avoir de chef sur le dos, se r&#233;v&#232;lent tout &#224; fait fictives. Par la duret&#233; de la surveillance, la pr&#233;carit&#233;, les cadences, la mise en danger permanente, les travailleurs ub&#233;ris&#233;s incarnent un concentr&#233; de l'exploitation salariale. Et ce, quoi qu'en disent le droit et les penseurs patronaux, prompts &#224; sonner le glas du salariat au pr&#233;texte de l'&#232;re num&#233;rique, pour mieux d&#233;tricoter les droits des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Joan ARNAUD&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Salembier L., Th&#233;ron G., &#171; Revenus d'activit&#233; des non-salari&#233;s en 2014 &#187;, Insee Premi&#232;re, no 1627, d&#233;cembre 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cit&#233; par Tidey A., &#171; &#192; Londres, les coursiers Deliveroo veulent leur part du g&#226;teau &#187;, AFP, 28 novembre 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-3' class='spip_note' title='Notes 2-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Euzen P., &#171; P&#233;dale ou cr&#232;ve : dans la peau d'un livreur Foodora &#187;, lemonde.fr, 26 mai 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> &#171; La rue est notre usine, les for&#231;ats du bitume rel&#232;vent la t&#234;te &#187;
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/La-rue-est-notre-usine-les-forcats-du-bitume-relevent-la-tete</link>
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		<dc:date>2017-12-13T22:06:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Ub&#233;risation
</dc:subject>
		<dc:subject>Entreprises
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		<dc:subject>Deliveroo
</dc:subject>

		<description>Dimanche 27 ao&#251;t, &#224; Paris, Lyon, Bordeaux et Nantes, plusieurs dizaines de livreurs Deliveroo, rejoints par des coll&#232;gues de Foodora et UberEats, se mettaient en gr&#232;ve. Apr&#232;s des rassemblements avec prises de parole pour tisser des liens, les cort&#232;ges sont all&#233;s &#171; bloquer &#187; les commandes Deliveroo dans les restaurants alentour. En r&#233;alit&#233;, les restaurateurs ayant leurs propres griefs vis-&#224;-vis des plateformes, il a souvent suffi d'une courte discussion, plut&#244;t qu'un blocage, pour qu'ils se d&#233;connectent.&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Le-spectre-de-l-uberisation-394-" rel="directory"&gt;Le spectre de l'ub&#233;risation
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Uberisation-+" rel="tag"&gt;Ub&#233;risation
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Entreprises-72-+" rel="tag"&gt;Entreprises
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Deliveroo-+" rel="tag"&gt;Deliveroo
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dimanche 27 ao&#251;t, &#224; Paris, Lyon, Bordeaux et Nantes, plusieurs dizaines de livreurs Deliveroo, rejoints par des coll&#232;gues de Foodora et UberEats, se mettaient en gr&#232;ve. Apr&#232;s des rassemblements avec prises de parole pour tisser des liens, les cort&#232;ges sont all&#233;s &#171; bloquer &#187; les commandes Deliveroo dans les restaurants alentour. En r&#233;alit&#233;, les restaurateurs ayant leurs propres griefs vis-&#224;-vis des plateformes, il a souvent suffi d'une courte discussion, plut&#244;t qu'un blocage, pour qu'ils se d&#233;connectent. Le lendemain, une d&#233;l&#233;gation manifestait &#224; Paris, avec une centaine de soutiens, de la place de la R&#233;publique au si&#232;ge de Deliveroo. Si cette premi&#232;re mobilisation &#171; nationale &#187; est rest&#233;e limit&#233;e, elle a fait parler d'elle et a montr&#233; qu'il est possible de s'organiser, malgr&#233; l'isolement et la pr&#233;carit&#233; des livreurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Apr&#232;s avoir aguich&#233; les coursiers, il faut maintenant qu'ils soient rentables&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En cause, la d&#233;cision de Deliveroo d'aligner la tarification des anciens contrats (sign&#233;s avant ao&#251;t 2016) sur les nouveaux. Pr&#232;s de 600 coursiers, parmi les premiers embauch&#233;s, &#233;taient pay&#233;s 7,50 &#8364; de l'heure, plus 2 &#224; 4 &#8364; la course. D&#233;sormais, c'est un paiement de 5 &#8364; la course (5,75 &#8364; &#224; Paris) qui s'applique pour tous. Il n'y a plus de minimum garanti, alors que sur certains cr&#233;neaux, il peut s'&#233;couler plusieurs heures sans commande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis plusieurs mois, les plateformes Uber, Deliveroo et autres rognent sur les r&#233;mun&#233;rations. Quand elles se sont lanc&#233;es, il a fallu attirer les chauffeurs et livreurs par des tarifs garantis, des primes de pluie ou de week-end et pour les VTC des aides &#224; l'achat ou la location du v&#233;hicule. Maintenant, les postulants affluent : 450 par semaine, aime rappeler Foodora aux nouveaux embauch&#233;s, en guise de menace. Surtout apr&#232;s la faillite de Take Eat Easy en 2016, qui a laiss&#233; 2 500 livreurs sur le carreau, oblig&#233;s de se tourner vers les autres plateformes. Les plateformes profitent donc de leur nouveau rapport de forces pour &#233;largir leurs marges sur le dos des travailleurs. C'est ce qui avait conduit &#224; la gr&#232;ve des chauffeurs Uber en d&#233;cembre 2016, apr&#232;s le passage de 20 % &#224; 25 % de la commission sur la course.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement aux affirmations du directeur g&#233;n&#233;ral de Foodora France, Boris Mitterm&#252;ller, le travail de livreur n'est en rien d'un &#171; job cool &#187; ou &#171; d'appoint &#187; pour des jeunes, &#233;tudiants, intermittents du spectacle ou amateurs de cyclisme. Pour beaucoup, il s'agit d'un travail &#224; temps plein sans autre alternative. Selon une &#233;tude de l'Institut fran&#231;ais des sciences et technologies des transports, 42 % de ceux qui ont d&#233;but&#233; il y a moins de six mois n'ont pas d&#233;pass&#233; le coll&#232;ge&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Euzen P., &#171; P&#233;dale ou cr&#232;ve : dans la peau d'un livreur Foodora &#187;, lemonde.fr, (...)' id='nh3-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Pour gagner 2 200 euros net mensuels, un coursier doit travailler 47 heures par semaine en moyenne&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Aizicovici F., &#171; En col&#232;re, les livreurs de repas se mobilisent de nouveau (...)' id='nh3-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Pour s'organiser, il faut d'abord rompre l'isolement&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Avant de parvenir &#224; la mobilisation de fin ao&#251;t, il a fallu un patient travail militant pour mettre en lien des livreurs, en l'absence de tout collectif de travail. Il a fallu commencer par se parler, dans les temps d'attente entre deux commandes, puis sur Whatsapp et Facebook. Des collectifs ont &#233;t&#233; form&#233;s &#224; Bordeaux et Lyon, lan&#231;ant un premier appel national &#224; une &lt;em&gt;&#171; d&#233;connexion massive &#187;&lt;/em&gt; des plateformes num&#233;riques le 15 mars 2017. Appel qui a rencontr&#233; peu d'&#233;cho, mais les plus motiv&#233;s ont tiss&#233; des liens, se sont fait conna&#238;tre. Le Collectif des livreurs autonomes de Paris (Clap) s'est form&#233; &#224; la suite de cette exp&#233;rience. Un collectif qui permet &#224; la fois d'&#233;laborer des revendications et pr&#233;parer les mobilisations, mais aussi de b&#226;tir des solidarit&#233;s par des &#233;v&#233;nements festifs et ateliers r&#233;paration&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-3' class='spip_note' rel='appendix' title='Pour un r&#233;cit pr&#233;cis et d&#233;taill&#233; sur la gen&#232;se des collectifs et des (...)' id='nh3-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Les plus militants se sont &#233;galement syndiqu&#233;s, &#224; la CGT ou &#224; Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'annonce de la baisse des tarifs chez Deliveroo, des premiers rassemblements ont eu lieu de mani&#232;re dispers&#233;e (fin juillet &#224; Bordeaux, puis Lyon, le 11 ao&#251;t &#224; Paris), avant de se coordonner entre les diff&#233;rents collectifs pour la fin ao&#251;t. La coordination d&#233;passe &#224; pr&#233;sent les fronti&#232;res, car des mobilisations existent dans de nombreuses villes d'Europe. Plusieurs collectifs locaux se sont retrouv&#233;s &#224; Turin &#224; l'occasion du G7 sur les plateformes num&#233;riques&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-4' class='spip_note' rel='appendix' title='Lire l'entretien avec Steven, livreur Deliveroo, membre du Clap, dans (...)' id='nh3-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Et le 27 septembre, une &#171; gr&#232;ve europ&#233;enne des livreurs &#224; v&#233;lo &#187; a eu lieu, avec des rassemblements en France, en Italie, en Angleterre, en Espagne, en Belgique et en Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la mobilisation de fin ao&#251;t, Deliveroo a propos&#233; &#224; tous les livreurs une assurance sant&#233; compl&#233;mentaire et pr&#233;voyance gratuite. Une concession ridicule, d'autant que la loi rend d&#233;j&#224; obligatoire &#224; partir de janvier 2018 la prise en charge par les plateformes d'une assurance pour le risque accident du travail pour les prestataires dont le chiffre d'affaires d&#233;passe 5 100 &#8364; par an. Et cela ne r&#233;pond pas &#224; la revendication principale des gr&#233;vistes, qui exigent une revalorisation &#224; 7,50 &#8364; la course et une garantie de 15 &#8364; minimum de l'heure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement est en train de se structurer au niveau national et doit encore convaincre un milieu plus large de la n&#233;cessit&#233; et de la possibilit&#233; de s'organiser pour lutter. Les collectifs ne revendiquent pas le statut de salari&#233;, car les discours sur l'ind&#233;pendance et la libert&#233; des auto-entrepreneurs ont encore beaucoup prise. Et devenir salari&#233; n'est pas une garantie en soi, ni pour un salaire correct, ni contre le licenciement (m&#234;me si les patrons doivent y mettre un peu plus de formes). La perspective reste donc de lutter pour les m&#234;mes droits, quel que soit le statut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M.S.
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb3-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-1' class='spip_note' title='Notes 3-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Euzen P., &#171; P&#233;dale ou cr&#232;ve : dans la peau d'un livreur Foodora &#187;, lemonde.fr, 26 mai 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-2' class='spip_note' title='Notes 3-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aizicovici F., &#171; En col&#232;re, les livreurs de repas se mobilisent de nouveau pour leurs conditions de travail &#187;, lemonde.fr, 26 ao&#251;t 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-3' class='spip_note' title='Notes 3-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pour un r&#233;cit pr&#233;cis et d&#233;taill&#233; sur la gen&#232;se des collectifs et des mobilisations, lire Simbille L., &#171; Le peloton des livreurs &#224; v&#233;lo se lance dans la course pour le respect de ses droits &#187;, bastamag.net, 11 juillet 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-4' class='spip_note' title='Notes 3-4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lire l'entretien avec Steven, livreur Deliveroo, membre du Clap, dans l'Anticapitaliste mensuel de novembre 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Les coupeurs de cheveux (et de revenus) en quatre
</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Ub&#233;risation
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
</dc:subject>

		<description>L'ub&#233;risation tend &#224; remplacer des salari&#233;s par des faux ind&#233;pendants. Mais voil&#224; qu'elle tend aussi &#224; transformer de vrais ind&#233;pendants en faux salari&#233;s ! De l'h&#244;tellerie &#224; l'immobilier et au b&#226;timent, les plateformes s'immiscent pour trouver des nouveaux clients aux commer&#231;ants et artisans ind&#233;pendants. Pas qu'ils avaient des difficult&#233;s &#224; en trouver jusque-l&#224;, mais les comportements changent et une part croissante des clients passent d&#233;sormais par internet. Ainsi, les plateformes comme GoVoyages, Booking,&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Le-spectre-de-l-uberisation-394-" rel="directory"&gt;Le spectre de l'ub&#233;risation
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Uberisation-+" rel="tag"&gt;Ub&#233;risation
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Societe-74-+" rel="tag"&gt;Soci&#233;t&#233;
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'ub&#233;risation tend &#224; remplacer des salari&#233;s par des faux ind&#233;pendants. Mais voil&#224; qu'elle tend aussi &#224; transformer de vrais ind&#233;pendants en faux salari&#233;s ! De l'h&#244;tellerie &#224; l'immobilier et au b&#226;timent, les plateformes s'immiscent pour trouver des nouveaux clients aux commer&#231;ants et artisans ind&#233;pendants. Pas qu'ils avaient des difficult&#233;s &#224; en trouver jusque-l&#224;, mais les comportements changent et une part croissante des clients passent d&#233;sormais par internet. Ainsi, les plateformes comme GoVoyages, Booking, LaFourchette ou Superprof proposent aux petits commer&#231;ants d'augmenter leur taux de remplissage&#8230; &#224; condition d'accepter des tarifs pr&#233;f&#233;rentiels pour les clients de la plateforme et de verser une commission au passage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un exemple est parlant : celui de la start-up LeCiseau qui permet aux coiffeurs de six villes de France, dont Paris depuis le 14 novembre, d'attirer des clients en proposant des coupes &#224; moiti&#233; prix aux heures creuses. Entre le rabais et la commission de 20 % pr&#233;lev&#233;e par LeCiseau, il ne reste que 40 % du tarif normal pour le coiffeur, mais comme les coiffeurs ont 90 % de charges fixes, une client&#232;le suppl&#233;mentaire, ce ne serait que du b&#233;nef ! Selon le cofondateur de la start-up : &lt;em&gt;&#171; En apportant notre savoir-faire technologique et marketing, on peut aider ce march&#233; &#224; passer de 6 &#224; 10 milliards d'euros &#187;&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Berg&#233; F., &#171; Pour remplir les salons de coiffure aux heures creuses, cette (...)' id='nh4-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Bient&#244;t la fin des cheveux longs et des barbes de hipster ? Et la tonte du revenu du coiffeur par la m&#234;me occasion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imaginons maintenant que la position des plateformes continue de s'&#233;tendre, au point qu'une majorit&#233; de la client&#232;le des artisans et petits commer&#231;ants s'adressent &#224; elles via internet. Ceux-ci n'auraient alors plus le choix de verser ou non une commission aux plateformes, cela deviendrait une n&#233;cessit&#233; pour leur survie, tout comme ils n'ont pas d'autre choix que de verser un taux d'int&#233;r&#234;t aux banques qui les financent. En faisant mainmise sur la client&#232;le, les plateformes prendraient le contr&#244;le de l'activit&#233; de cette petite-bourgeoisie jusque-l&#224; &#233;clat&#233;e. En jouant sur les algorithmes, elles pourraient m&#234;me favoriser tel ou tel artisan qui aura vers&#233; une commission sup&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re le processus en cours, qui n'en est encore qu'&#224; ses d&#233;buts mais attire d&#233;j&#224; nombre de jeunes loups, c'est une nouvelle forme de concentration du capital qui s'op&#232;re dans les secteurs &#224; faible capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M.S.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb4-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-1' class='spip_note' title='Notes 4-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Berg&#233; F., &#171; Pour remplir les salons de coiffure aux heures creuses, cette plateforme casse les prix &#187;, bfmtv.fr, 18 novembre 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title> Les coursiers &#224; v&#233;lo, nouveaux canuts ?
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Les-coursiers-a-velo-nouveaux-canuts</link>
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
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		<dc:subject>Ub&#233;risation
</dc:subject>

		<description>Les conditions d'emploi des travailleurs ub&#233;ris&#233;s renvoient &#224; des images du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle : celle des ouvriers sans travail attendant l'embauche en place de Gr&#232;ve ou encore des travailleurs &#224; domicile de l'&#232;re pr&#233;industrielle, dont les &#171; canuts &#187;, les ouvriers lyonnais de la soie, sont les plus connus. Les travailleurs &#224; domicile poss&#233;daient leur outil de travail &#8211; en l'occurrence des m&#233;tiers &#224; tisser qui occupaient une grande partie de leurs logements &#8211;, mais travaillaient pour des marchands et des banquiers qui&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les conditions d'emploi des travailleurs ub&#233;ris&#233;s renvoient &#224; des images du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle : celle des ouvriers sans travail attendant l'embauche en place de Gr&#232;ve ou encore des travailleurs &#224; domicile de l'&#232;re pr&#233;industrielle, dont les &#171; canuts &#187;, les ouvriers lyonnais de la soie, sont les plus connus. Les travailleurs &#224; domicile poss&#233;daient leur outil de travail &#8211; en l'occurrence des m&#233;tiers &#224; tisser qui occupaient une grande partie de leurs logements &#8211;, mais travaillaient pour des marchands et des banquiers qui fournissaient les mati&#232;res premi&#232;res et r&#233;cup&#233;raient le produit fini contre le versement d'un salaire. Au milieu du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle encore, bien des femmes faisaient du travail &#224; domicile dans le domaine de la confection, selon ce syst&#232;me.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Livreurs et canuts, d&#233;poss&#233;d&#233;s du produit de leur travail&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le livreur &#224; v&#233;lo et le canut ont en commun que le produit de leur travail ne leur appartient pas. Le livreur ne peut pas d&#233;cider de vendre sa course &#224; Foodora plut&#244;t qu'&#224; UberEats pour en tirer un meilleur prix, elle n'est pas &#224; lui, &#224; aucun moment. Ce que payent les plateformes, c'est la force de travail des livreurs. Comme pour n'importe quel salari&#233; ! Le livreur s'inscrit sur des &lt;em&gt;shifts&lt;/em&gt;, c'est-&#224;-dire des p&#233;riodes de temps durant lesquelles il est &#224; la disposition de la plateforme. La plateforme r&#233;partit les courses et fait ainsi usage de cette force de travail comme bon lui semble. Et si le livreur refuse une course, c'est un &lt;em&gt;strike&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-1' class='spip_note' rel='appendix' title='C'est ainsi que la plateforme Take Eat Easy appelait les p&#233;nalit&#233;s inflig&#233;es (...)' id='nh5-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le paiement &#224; la course ne change en rien ce rapport, il s'agit d'un salaire aux pi&#232;ces, vieille m&#233;thode d'exploitation capitaliste pour pousser &#224; la productivit&#233;. Un mode de paiement ill&#233;gal en France pour les salari&#233;s&#8230; bien que pratiqu&#233; par certains patrons, comme dans les h&#244;tels o&#249; le m&#233;nage est souvent pay&#233; &#224; la chambre. Pr&#233;tendre que les livreurs sont pay&#233;s pour le produit r&#233;alis&#233; &#8211; la course &#8211;, et non pour l'usage de leur force de travail, est une mani&#232;re de brouiller les fronti&#232;res de classes. Ce que s'est empress&#233; de faire Herv&#233; Novelli, ancien secr&#233;taire d'&#201;tat &#224; l'origine du statut d'auto-entrepreneur : &lt;em&gt;&#171; Il n'y a plus d'exploiteurs et d'exploit&#233;s. Seulement des entrepreneurs : Marx doit se retourner dans sa tombe. &#187;&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Novelli H., L'auto-entrepreneur : les cl&#233;s du succ&#232;s, &#201;ditions du Rocher, (...)' id='nh5-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Mais de rire, lui qui raillait d&#233;j&#224; le &lt;em&gt;&#171; pot-pourri de tous les lieux communs apolog&#233;tiques &#187;&lt;/em&gt; affirmant que &lt;em&gt;&#171; les travailleurs aux pi&#232;ces sont en r&#233;alit&#233; leurs propres ma&#238;tres &#187;&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-3' class='spip_note' rel='appendix' title='Marx K., Le Capital, Livre premier, chapitre XXI. Le salaire aux (...)' id='nh5-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des travailleurs plac&#233;s sous surveillance &#233;lectronique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; les livreurs &#224; v&#233;lo se distinguent des canuts, c'est par l'absence de libert&#233; dans l'organisation de leur travail. &#192; l'&#233;poque du travail &#224; domicile, la discipline industrielle ne s'&#233;tait pas encore impos&#233;e. Le travail &#233;tait marqu&#233; par l'irr&#233;gularit&#233;, oscillant entre des p&#233;riodes d'intense labeur et d'oisivet&#233;. &#192; en causer l'indignation des moralistes bourgeois : &lt;em&gt;&#171; On a remarqu&#233; que lorsque les tricoteurs et les fabricants de bas de soie tiraient bon prix de leur travail, ils travaillaient rarement le lundi ou le mardi, et passaient le plus clair de leur temps &#224; la taverne ou au jeu de quilles&#8230; Les tisserands, qui sont bien souvent ivres le lundi, ont mal aux cheveux le mardi et le mercredi leurs outils ne sont pas en &#233;tat &#187;&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-4' class='spip_note' rel='appendix' title='John Houghton, saint-martyr catholique anglais, en 1681, cit&#233; par Thompson (...)' id='nh5-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le discours officiel, les livreurs &#224; v&#233;lo organisent eux aussi leur temps de travail. Mais la r&#233;alit&#233; est bien diff&#233;rente. Chez Foodora, les plannings sont mis en ligne chaque jeudi &#224; 10h15 pour la semaine suivante et c'est alors la course : &lt;em&gt;&#171; Tous les livreurs se connectent en m&#234;me temps pour r&#233;server leurs heures de travail. Tous ne seront pas servis. Une minute de retard, une connexion Internet un peu poussive, et vos chances de travailler &#224; des horaires convenables disparaissent. &#187;&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-5' class='spip_note' rel='appendix' title='Euzen P., &#171; P&#233;dale ou cr&#232;ve : dans la peau d'un livreur Foodora &#187;, lemonde.fr, (...)' id='nh5-5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; De plus, les plateformes pr&#233;voient des algorithmes pour servir en priorit&#233; les plus productifs &#8211; ceux qui roulent trop vite et grillent les feux ! &#8211; et ceux qui travaillent les week-ends. Sans parler des rappels &#224; l'ordre, des syst&#232;mes de p&#233;nalit&#233;s et de la surveillance permanente (indicateurs de productivit&#233;, v&#233;rification des connexions, notes des clients, etc.). L'ub&#233;risation, c'est l'exploitation des canuts&#8230; plus la surveillance high-tech !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Faux ind&#233;pendants ou vrais salari&#233;s, c'est le monde du travail&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Deux cents ans de capitalisme s&#233;parent les canuts des livreurs &#224; v&#233;lo. Les travailleurs &#224; domicile &#233;taient des prol&#233;taires en devenir, des petits producteurs en train de se faire exproprier de leurs moyens de production par la concurrence des manufactures. Leurs premi&#232;res r&#233;voltes se sont tourn&#233;es contre les machines qui leur faisaient concurrence : un combat perdu d'avance. Mais de vraies perspectives se sont dessin&#233;es lorsqu'ils se sont pos&#233;s en prol&#233;taires, exigeant un salaire garanti pour leur travail. Les r&#233;voltes des canuts ont alors trac&#233; la voie pour le mouvement ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs ub&#233;ris&#233;s font face &#224; un m&#234;me choix : la question n'est pas de s'opposer aux plateformes en soi, mais de lutter en tant que prol&#233;taires pour des revendications qui sont communes &#224; tous les salari&#233;s : un meilleur salaire et l'interdiction des licenciements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M.S.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb5-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-1' class='spip_note' title='Notes 5-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C'est ainsi que la plateforme Take Eat Easy appelait les p&#233;nalit&#233;s inflig&#233;es aux livreurs : un strike en cas de refus d'une commande, deux strikes en cas d'absence sur un cr&#233;neau r&#233;serv&#233;, trois strikes si le ton monte avec un client ou le &#171; support &#187;. &#192; deux strikes, les bonus sautent ; &#224; trois, c'est la convocation disciplinaire ; &#224; quatre, la &#171; d&#233;connexion &#187;, c'est-&#224;-dire le licenciement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-2' class='spip_note' title='Notes 5-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Novelli H., L'auto-entrepreneur : les cl&#233;s du succ&#232;s, &#201;ditions du Rocher, Paris, 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-3' class='spip_note' title='Notes 5-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Marx K., Le Capital, Livre premier, chapitre XXI. Le salaire aux pi&#232;ces.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-4' class='spip_note' title='Notes 5-4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;John Houghton, saint-martyr catholique anglais, en 1681, cit&#233; par Thompson E.P., Temps, discipline du travail et capitalisme industriel, La Fabrique, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-5' class='spip_note' title='Notes 5-5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Euzen P., &#171; P&#233;dale ou cr&#232;ve : dans la peau d'un livreur Foodora &#187;, lemonde.fr, 26 mai 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Start-up, plateformes et autres &#171; licornes &#187; : la nouvelle bulle financi&#232;re ?
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Start-up-plateformes-et-autres-licornes-la-nouvelle-bulle-financiere</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Ub&#233;risation
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
</dc:subject>
		<dc:subject>Finance
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		<description>Le 17 novembre, Deliveroo a annonc&#233; une lev&#233;e de fonds de 98 millions de dollars, qui s'ajoute &#224; une pr&#233;c&#233;dente de 384 millions fin septembre, pour un total de 955,7 millions depuis 2014. Le capital de l'entreprise, cr&#233;&#233;e en 2013, d&#233;passe &#224; pr&#233;sent deux milliards de dollars. La plateforme de livraison de repas fait partie de ces &#171; licornes &#187;, nom donn&#233; aux start-up valoris&#233;es &#224; plus d'un milliard de dollars. &lt;br /&gt;Force est de constater que ces licornes attirent beaucoup d'argent et qu'elles sont de plus en plus&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 17 novembre, Deliveroo a annonc&#233; une lev&#233;e de fonds de 98 millions de dollars, qui s'ajoute &#224; une pr&#233;c&#233;dente de 384 millions fin septembre, pour un total de 955,7 millions depuis 2014. Le capital de l'entreprise, cr&#233;&#233;e en 2013, d&#233;passe &#224; pr&#233;sent deux milliards de dollars. La plateforme de livraison de repas fait partie de ces &#171; licornes &#187;, nom donn&#233; aux start-up valoris&#233;es &#224; plus d'un milliard de dollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Force est de constater que ces licornes attirent beaucoup d'argent et qu'elles sont de plus en plus nombreuses. Selon un rapport du conseil d'&#201;tat sur l'ub&#233;risation, elles &#233;taient 138 en 2015, 174 en 2016 et pr&#232;s de 190 en 2017, dont 70 % sont des plateformes num&#233;riques de mise en relation. Uber bat sans doute des records, avec 68 milliards de fonds lev&#233;s depuis sa cr&#233;ation en 2009&#8230; pour un chiffre d'affaires d'&#224; peine 6,5 milliards de dollars en 2016.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Visiblement, de l'argent il y en a et les capitalistes sont friands de nouvelles technologies. Seul probl&#232;me : la plupart de ces start-up perdent de l'argent. Uber a perdu 2,8 milliards de dollars en 2016, soit la moiti&#233; de son chiffre d'affaires. C'est que la firme est en pleine expansion, elle est maintenant pr&#233;sente dans plus de 500 villes, dans 70 pays. Son nombre de courses a doubl&#233; l'an dernier. Pour cela, elle subventionne les chauffeurs qui se lancent et propose des tarifs attractifs dans les villes o&#249; elle cherche &#224; gagner des parts de march&#233; et &#224; &#233;liminer la concurrence. Ce n'est que dans un deuxi&#232;me temps que les tarifs augmenteront, qu'Uber pressurisera les chauffeurs et deviendra rentable &#8211; peut-&#234;tre. En France, o&#249; il est bien install&#233;, Uber a augment&#233; ses tarifs de 5 % en 2016 et sa rentabilit&#233; de&#8230; 40 % ! Pour cela, il a augment&#233; ses commissions, r&#233;duisant d'autant le revenu des chauffeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce type de start-up, dont les profits montent en fl&#232;che, serait le nouveau capitalisme, cr&#233;ateurs des nouveaux emplois ? Au point que nos gouvernants mettent en place, &#224; coups de subventions, des &#171; incubateurs de start-up &#187; ? Peut-&#234;tre. Le probl&#232;me dans ces envol&#233;es financi&#232;res, c'est qu'il y a des perdants&#8230; et ce sont en g&#233;n&#233;ral les travailleurs. Quand les milliards s'investissent dans tous les sens pour gagner des parts sur de nouveaux march&#233;s, il y a toujours un moment o&#249; le nombre de parts n'y suffit plus. Et alors c'est la crise avec licenciements &#224; la cl&#233;. Comme en 2001, o&#249; l'emballement pour les nouvelles technologies et les start-up &#233;tait d&#233;j&#224; en cause. Les capitalistes se m&#233;fient d'ailleurs d&#233;j&#224; eux-m&#234;mes, comme en t&#233;moignent le yo-yo du cours des start-up introduites en bourse ou la faillite de la plateforme de livraison de repas Take Eat Easy en 2016 qui n'est pas due &#224; un manque de clients, mais &#224; des difficult&#233;s pour lever de nouveaux fonds permettant de financer son d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant que les nouveaux millions viennent payer les pertes des plateformes, tout semble aller bien. Mais le retour de b&#226;ton ne manquera pas d'arriver et les travailleurs doivent se pr&#233;parer &#224; se battre pour faire payer les capitalistes et ne pas subir eux-m&#234;mes les errements du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M.S.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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