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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskyste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> L'Allemagne, un super mod&#232;le ?
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Allemagne
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		<description>Ces temps-ci, patrons et gouvernement fran&#231;ais vantent &#224; qui mieux mieux le &#171; mod&#232;le allemand &#187;. Voyez cette &#233;conomie florissante ! Voyez ce pays o&#249; il y aurait si peu de ch&#244;mage ! Voyez cet &#201;tat capitaliste champion d'Europe. Mais quoi ? Foin des petits boulots qu'il faut enfiler pour se faire un smic ? Foin de la tyrannie des p&#244;les emploi et de leurs r&#232;glements sc&#233;l&#233;rats qui poussent les ch&#244;meurs &#224; accepter n'importe quel travail, m&#234;me du nettoyage dans un sex-shop, depuis qu'un social-d&#233;mocrate nomm&#233;&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ces temps-ci, patrons et gouvernement fran&#231;ais vantent &#224; qui mieux mieux le &#171; mod&#232;le allemand &#187;. Voyez cette &#233;conomie florissante ! Voyez ce pays o&#249; il y aurait si peu de ch&#244;mage ! Voyez cet &#201;tat capitaliste champion d'Europe. Mais quoi ? Foin des petits boulots qu'il faut enfiler pour se faire un smic ? Foin de la tyrannie des p&#244;les emploi et de leurs r&#232;glements sc&#233;l&#233;rats qui poussent les ch&#244;meurs &#224; accepter n'importe quel travail, m&#234;me du nettoyage dans un sex-shop, depuis qu'un social-d&#233;mocrate nomm&#233; Schr&#246;der a fait l&#233;gif&#233;rer dans ce sens au milieu des ann&#233;es 2000 ? En cette p&#233;riode de campagne &#233;lectorale en Allemagne, les m&#233;dias fran&#231;ais &#8211; t&#233;l&#233;, quotidiens, revues &#8211; publient des reportages &#233;loquents sur la mis&#232;re et la pr&#233;carit&#233; ouvri&#232;res dans ce pays pr&#233;tendu le plus riche d'Europe&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='&#192; noter, en particulier, un long reportage de deux pages du num&#233;ro de (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Un pays qui n'a jamais connu aussi peu de demandeurs d'emploi, c'est un fait, mais n'a jamais connu non plus autant de pr&#233;caires&#8230; D'o&#249; le mod&#232;le qu'il repr&#233;sente pour le patronat fran&#231;ais.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Macron est bien s&#251;r &#233;galement avide de s'inspirer du mod&#232;le allemand pour ses r&#233;formes du droit du travail. Et le chef de la CFDT, dans une interview cit&#233;e par &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; d&#233;but septembre, regrette que la nouvelle &#233;quipe au pouvoir n'aille pas assez loin dans ce sens : &lt;em&gt;&#171; Le gouvernement dit qu'il veut s'inspirer du mod&#232;le allemand, mais il ne prend de ce mod&#232;le que ce qui l'int&#233;resse &#187;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces quelques articles venus d'Allemagne, ce n'est pas sur la pr&#233;carit&#233; et les bas salaires que nous allons nous focaliser, mais sur un autre volet du &#171; mod&#232;le &#187; d'outre-Rhin : l'arsenal l&#233;gal bien huil&#233; que le patronat allemand et son &#201;tat se sont forg&#233; d&#232;s la fin de la Seconde Guerre mondiale pour encadrer une classe ouvri&#232;re qui n'est pas qu'embourgeois&#233;e et qu'ils ont toujours crainte. Ce mod&#232;le est fait d'une alliance entre d'un c&#244;t&#233; le pouvoir quasi politique, en dehors de l'entreprise, d'une puissante bureaucratie syndicale, et de l'autre, au niveau de l'entreprise, celui de conseils d'entreprise qui peuvent tout n&#233;gocier&#8230; et beaucoup conc&#233;der aux patrons ! Ce que Macron, Philippe et le Medef ne d&#233;testeraient pas ! Palabres au sommet entre chefs syndicaux, patrons et ministres, pour accoucher d'ordonnances anti-ouvri&#232;res ; repr&#233;sentation des salari&#233;s d&#233;vitalis&#233;e &#224; la base, par la fusion des divers d&#233;l&#233;gu&#233;s en une repr&#233;sentation unique, un conseil d'entreprise &#224; l'allemande, prompt &#224; s'aligner.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;On n'en est pas encore tout &#224; fait l&#224;, mais c'est la direction !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ces particularit&#233;s de la &#171; cogestion &#187; ou &#171; cod&#233;termination &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='On trouve ces deux traductions pour ce concept si cher &#224; la bourgeoisie (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; &#224; l'allemande m&#233;ritent donc d'&#234;tre &#233;clair&#233;es. Il s'agit d'un genre de triptyque &#8211; ou sainte trinit&#233; bourgeoise &#8211; form&#233; primo d'une machinerie syndicale puissante, avec un taux de syndicalisation plut&#244;t &#233;lev&#233; compar&#233; &#224; la France mais pratiquant le partenariat social avec le patronat dans des rituels de n&#233;gociations et concessions ; secundo d'un droit de gr&#232;ve &#233;troitement circonscrit, et de gr&#232;ves &#224; la seule diligence d'une bureaucratie syndicale qui en use chichement, sans possibilit&#233; l&#233;gale d'en d&#233;cider au niveau de l'entreprise ; et tertio enfin des conseils d'entreprise assez influents, avec un droit de regard sur les licenciements, les embauches ou les r&#233;organisations du travail, mais toujours dans une paix sociale &#233;rig&#233;e en commandement divin. Directions syndicales et conseils d'entreprise se font bien souvent les champions de la d&#233;fense de &#171; leurs branches &#187; voire de &#171; leurs sites &#187;, la plupart du temps partenaires des patrons. On se souvient de la pr&#233;sentation r&#233;cente du plan de suppression de 23 000 emplois chez Volkswagen, conjointement annonc&#233; &#224; la presse, et en parfaite harmonie, par le management de l'entreprise, le chef du conseil d'entreprise et un chef syndical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout est fait pour museler au maximum la combativit&#233; ouvri&#232;re. Mais cela ne marche pas &#224; tous les coups. Il y a bien des exemples de d&#233;brayages ou m&#234;me de gr&#232;ves importantes qui se sont d&#233;roul&#233;es en explosant ce carcan juridique. Le dernier exemple en date, certes petit et bien insolite, est celui de ces pilotes de la ligne a&#233;rienne Air Berlin (entreprise qui a d&#233;pos&#233; son bilan et o&#249; des n&#233;gociations pour une reprise &#233;ventuelle par Lufthansa sont en cours), qui se sont mis massivement en arr&#234;t de travail pour maladie, &#224; partir du 11 septembre dernier, pour protester contre le fait que la s&#233;curit&#233; des emplois &#233;tait le dernier souci des n&#233;gociateurs. R&#233;sultat : plus de cent vols annul&#233;s...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car qui dit s&#233;v&#232;re carcan juridique et r&#233;glementaire... dit aussi &#233;chappatoires et &#224; l'occasion gr&#232;ves sauvages et inattendues ! Un mod&#232;le aussi !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;
20 septembre 2017, Toni ROBERT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#192; noter, en particulier, un long reportage de deux pages du num&#233;ro de septembre 2017 du Monde diplomatique, intitul&#233; L'enfer du miracle allemand, sur un &#171; job center &#187; du quartier de Pankow &#224; Berlin. Le reportage est fait par Olivier Cyran &#8211; journaliste et co-auteur avec Julien Brygo d'un ouvrage r&#233;cent, Boulots de merde ! dont notre revue a recommand&#233; la lecture dans un num&#233;ro pr&#233;c&#233;dent.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;On trouve ces deux traductions pour ce concept si cher &#224; la bourgeoisie allemande de &#171; Mitbestimmung &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Une machinerie syndicale pour entraver la spontan&#233;it&#233; ouvri&#232;re
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Une-machinerie-syndicale-pour-entraver-la-spontaneite-ouvriere</link>
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		<dc:subject>Syndicats
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Allemagne
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		<description>Des syndicats &#171; forts &#187; ? &#231;a se discute&#8230; &lt;br /&gt;L'Allemagne a une r&#233;putation &#233;tablie mais surfaite, selon laquelle les syndicats organiseraient plus de salari&#233;s qu'ailleurs. Dans l'ensemble des L&#228;nder de la R&#233;publique f&#233;d&#233;rale, 18,9 % des salari&#233;s sont membres d'un syndicat, ce qui est plut&#244;t la moyenne en Europe. Avec de grandes diff&#233;rences : &#224; l'Ouest, le taux d'organisation syndicale (19,4 %) est plus &#233;lev&#233; qu'&#224; l'Est (16,5 %). Mais cette moyenne fausse la r&#233;alit&#233;, car il existe des disparit&#233;s selon les r&#233;gions et&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Des syndicats &#171; forts &#187; ?
&#231;a se discute&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'Allemagne a une r&#233;putation &#233;tablie mais surfaite, selon laquelle les syndicats organiseraient plus de salari&#233;s qu'ailleurs. Dans l'ensemble des L&#228;nder de la R&#233;publique f&#233;d&#233;rale, 18,9 % des salari&#233;s sont membres d'un syndicat, ce qui est plut&#244;t la moyenne en Europe. Avec de grandes diff&#233;rences : &#224; l'Ouest, le taux d'organisation syndicale (19,4 %) est plus &#233;lev&#233; qu'&#224; l'Est (16,5 %). Mais cette moyenne fausse la r&#233;alit&#233;, car il existe des disparit&#233;s selon les r&#233;gions et les professions. La majorit&#233; des syndiqu&#233;s se trouve chez les cadres de la fonction publique et dans les grandes entreprises, jusqu'&#224; celles comme Volkswagen et Arcelor Mittal o&#249; l'on signe son contrat d'embauche en m&#234;me temps que son affiliation au syndicat (dans ces entreprises plus de 90 % des travailleurs sont membres du syndicat de la m&#233;tallurgie, IG-Metall). Cela dit et au total, sur un ensemble de 44,2 millions d'actifs dans le pays, &#224; peine plus de 7,3 millions sont syndiqu&#233;s &#8211; la plupart se r&#233;partissant entre les deux principaux syndicats : IG-Metall (industries de la m&#233;tallurgie, de l'&#233;lectricit&#233; et de l'acier, soit pr&#232;s de 2,3 millions de membres) et Ver.di (fonction publique, logistique, services postaux, etc., soit un peu plus de 2 millions de membres).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des syndicats efficaces ?
&#231;a se discute aussi&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Quand on est ouvrier ou employ&#233; en Allemagne, on peut n'avoir jamais &#233;t&#233; appel&#233; &#224; faire gr&#232;ve de toute sa vie professionnelle. La RFA, avec le Japon, les USA et les Pays-Bas, est dans le peloton de t&#234;te des pays les moins gr&#233;vistes. Il n'est pourtant pas vrai qu'il n'y ait jamais de gr&#232;ves en Allemagne ! Entre 2006 et 2015, d&#233;cennie r&#233;cente, on a enregistr&#233; une moyenne de 7 journ&#233;es de travail &#171; perdues &#187; pour fait de gr&#232;ve pour 1 000 salari&#233;s, contre 123 en France dans le m&#234;me temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs d'Allemagne sont-ils trop &#171; sages &#187; ? Des gr&#232;ves nombreuses et importantes ont marqu&#233; l'&#233;poque de la R&#233;publique de Weimar entre 1919 et 1933, et m&#234;me auparavant l'empire de Guillaume II ! Les travailleurs d'Allemagne vivent-ils si bien ? Angela Merkel le dirait&#8230; Mais aujourd'hui, pr&#232;s du quart des salari&#233;s travaille dans un secteur o&#249; les salaires sont bas. Le fait d'&#234;tre pauvre tout en ayant un travail n'est plus un ph&#233;nom&#232;ne marginal et la pauvret&#233; des personnes &#226;g&#233;es fait peur. La d&#233;t&#233;rioration de la situation, depuis le milieu des ann&#233;es 2000, du fait de l'introduction par le gouvernement du social-d&#233;mocrate Gerhardt Schr&#246;der d'un arsenal l&#233;gislatif et r&#233;glementaire destin&#233; &#224; obliger les ch&#244;meurs &#224; accepter des mini-jobs, pay&#233;s aujourd'hui 450 euros par mois, n'est pas la seule explication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vertus du &#171; mod&#232;le allemand &#187; pour les patrons remontent &#224; plus loin dans le temps, &#224; cette p&#233;riode d'apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale o&#249; les puissances occidentales alli&#233;es (USA, France, Grande-Bretagne), dans l'int&#233;r&#234;t des grandes entreprises allemandes qui contrairement aux travailleurs avaient surmont&#233; la guerre sans trop souffrir, ont pr&#233;sid&#233; &#224; l'&#233;tablissement en Allemagne d'un syst&#232;me syndical et d'une l&#233;gislation du travail qui limitent l'action militante et gr&#233;viste, en particulier des travailleurs qui sont pr&#234;ts &#224; se battre dans l'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une origine politico-historique incontournable&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale, la vie des gens &#233;tait marqu&#233;e par les destructions, la faim et la pr&#233;sence de millions de r&#233;fugi&#233;s. Quant au climat dans la population, dont il faut rappeler qu'une quasi-majorit&#233; votait pour les partis de gauche avant l'arriv&#233;e de Hitler au pouvoir, il &#233;tait &#224; l'anticapitalisme, on r&#233;clamait un peu partout des mesures de socialisation et d'expropriation. Des illusions existaient sur l'unit&#233; entre le SPD et le KPD, leur combat fratricide d'avant-guerre &#233;tant per&#231;u comme la cause principale de la victoire du fascisme. Dans de nombreux endroits, se form&#232;rent des &#171; comit&#233;s antifascistes &#187; et des &#171; comit&#233;s d'entreprise antifascistes &#187; &#224; l'initiative de militants ayant surv&#233;cu au fascisme et &#224; la guerre. Bon nombre d'entre eux avaient encore en t&#234;te les exp&#233;riences des conseils ouvriers des ann&#233;es 1918/19 et la loi sur les conseils d'entreprise vot&#233;e en 1920.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie allemande et les Alli&#233;s occidentaux avaient ce m&#234;me pass&#233; en t&#234;te&#8230; et craignaient la classe ouvri&#232;re. Par prudence, ils maintinrent en vigueur la l&#233;gislation du travail de la p&#233;riode fasciste (&#224; peu de choses pr&#232;s) : poursuite du blocage des salaires et interdiction de changer librement de lieu de travail. Les &#171; conseils d'entreprise &#187; qui s'&#233;taient form&#233;s spontan&#233;ment rest&#232;rent autoris&#233;s, sans qu'on leur reconnaisse un statut d&#233;fini, mais les &#171; comit&#233;s antifascistes &#187; autog&#233;r&#233;s furent obligatoirement dissous. Et il fallait aussi vite que possible s'atteler &#224; la construction de nouveaux syndicats, selon le mod&#232;le impos&#233; par les Alli&#233;s qui conservaient le contr&#244;le de la situation (pour cr&#233;er un syndicat local il fallait leur en faire la demande et en recevoir l'autorisation).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Entre 1946 et 1952,
de nombreuses luttes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'inqui&#233;tude et la prudence des capitalistes face au potentiel de combativit&#233; de la classe ouvri&#232;re n'&#233;taient pas sans fondement. Les premi&#232;res grandes manifestations d&#233;but&#232;rent &#224; l'hiver 1946-1947 pour un meilleur approvisionnement. Dans la Ruhr, le printemps 1947 fut surtout marqu&#233; par des marches de la faim et des gr&#232;ves. On persistait &#224; exiger la socialisation des entreprises, l'expropriation, sans d&#233;dommagement, du secteur de l'alimentation et sa mise sous contr&#244;le populaire. D'autres r&#233;gions et villes furent &#233;galement touch&#233;es par de telles marches de protestation. Elles partaient de la base et les dirigeants syndicaux ne pouvaient les contr&#244;ler. Au d&#233;but de l'ann&#233;e 1948, alors que la situation de la population demeurait toujours aussi mauvaise, les syndicats de Bavi&#232;re et de Rh&#233;nanie-du-Nord-Westphalie d&#233;cid&#232;rent de gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales de 24 heures ; elles furent un succ&#232;s, avec plus d'un million de gr&#233;vistes. C'est non sans mal que les directions syndicales canalis&#232;rent cette col&#232;re. Et la r&#233;forme mon&#233;taire aggrava &#224; nouveau les conditions d'existence de la population. En octobre, la police militaire finit par utiliser des chars contre une importante manifestation &#224; Stuttgart. La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du 12 novembre 1948 fut le point culminant de cette vague de gr&#232;ves. Cette fois, la conf&#233;d&#233;ration DGB y appela avec quelque r&#233;pugnance, pour lui fixer l'objectif de d&#233;mocratisation de l'&#233;conomie et de participation des syndicats sur un pied d'&#233;galit&#233; dans tous les organes de gestion autonome de l'&#233;conomie. La gr&#232;ve fut massive : 9,25 millions de travailleurs (sur un total de 11,7 millions) cess&#232;rent le travail, moins en r&#234;vant avec les appareils syndicaux d'une &#171; d&#233;mocratie &#233;conomique &#187; comme troisi&#232;me voie entre le capitalisme et le socialisme que pour leurs revendications concernant les prix et les salaires.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Cr&#233;ation par en haut&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nulle part, les nouveaux syndicats n'ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s &#224; partir des entreprises. Ces appareils le furent &#171; par en haut &#187;, avec d'anciennes figures syndicales r&#233;put&#233;es fiables, revenues d'exil et qui &#233;taient d&#233;j&#224; aux commandes sous la R&#233;publique de Weimar. Chose importante : les syndicats de base n'&#233;taient pas cr&#233;&#233;s dans les entreprises, mais attach&#233;s &#224; des localit&#233;s (ce qui faisait une grande diff&#233;rence avec la p&#233;riode d'avant 1933). En cela, les Alli&#233;s et les nouveaux bonzes syndicaux &#233;taient sur la m&#234;me longueur d'onde. Leur intention commune &#233;tait de privil&#233;gier les &#171; structures locales &#187; (territoriales), c'est-&#224;-dire de r&#233;duire au maximum l'influence des militants syndicaux dans les entreprises. Cette logique consistant &#224; rejeter le syndicat hors de l'entreprise, de prime abord &#233;trange, ne pouvait se comprendre qu'en fonction de la crainte de voir les communistes retrouver leur force&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Harold Zink, un historien aupr&#232;s du haut commissaire US pour l'Allemagne (US (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Car sous la R&#233;publique de Weimar, les militants communistes s'&#233;taient implant&#233;s solidement dans les structures syndicales d'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fallait donc revenir au &#171; groupe local &#187; comme unit&#233; de base. Certes les membres du conseil d'entreprise et les d&#233;l&#233;gu&#233;s d'atelier&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='appendix' title='En allemand : Vertrauensleute ou &#171; hommes de confiance &#187;. Ce n'est pas une (...)' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; repr&#233;sentaient &#224; leur fa&#231;on les syndicats dans l'entreprise, mais sans pouvoir formel &#224; ce titre. Jusqu'&#224; ce jour, il n'existe pas dans les entreprises de repr&#233;sentants syndicaux exer&#231;ant des fonctions avec des droits propres, disposant de temps libre r&#233;mun&#233;r&#233; et autoris&#233;s &#224; organiser des r&#233;unions de membres du syndicat (m&#234;me si les patrons allemands tol&#232;rent bien des choses dans les grandes entreprises, surtout quand le syndicat se consid&#232;re comme son associ&#233; et sert d'appendice au service du personnel).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lendemain de la guerre, les Alli&#233;s, les trusts et les directions syndicales n'&#233;taient pas parano&#239;aques en agissant ainsi : les militants communistes ont jou&#233; un r&#244;le &#224; l'&#233;poque. Dans la Ruhr, 38 % de l'ensemble des d&#233;l&#233;gu&#233;s d'atelier &#233;taient communistes. Pour le KPD nouvellement cr&#233;&#233;, les premi&#232;res &#233;lections furent un vrai succ&#232;s : lors des premi&#232;res &#233;lections &#224; la di&#232;te de la Rh&#233;nanie-du-Nord-Westphalie en avril 1947, le KPD obtint 14 % des voix et deux ministres dans le nouveau gouvernement du Land. Certes, c'&#233;tait un parti qui avait suivi Staline dans sa strat&#233;gie faillie face &#224; Hitler, et continuait &#224; le suivre dans sa politique d'alliance avec les grandes puissances occidentales pour conjurer tout risque d'explosion ouvri&#232;re au lendemain de la guerre. La bourgeoisie n'avait donc pas grand-chose &#224; craindre du KPD lui-m&#234;me. Mais les capitalistes pouvaient craindre l'influence de militants ayant surv&#233;cu &#224; la guerre et, surtout, la classe ouvri&#232;re elle-m&#234;me. Le souvenir demeurait des ann&#233;es r&#233;volutionnaires de 1918/19 et suivantes, marqu&#233;es par de grandes luttes des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Cr&#233;ation monolithique et unitaire !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Autre aspect des choses : sous la R&#233;publique de Weimar, il y avait ce que l'on appelle des syndicats de tendance, ou tendances syndicales, politiquement orient&#233;s (comme en France la CGT li&#233;e au PS et la CGTU li&#233;e au PC). Cette fois-ci, la nouvelle bureaucratie syndicale et les Alli&#233;s mis&#232;rent sur des syndicats dits unitaires : chaque branche devait avoir un seul syndicat l&#233;gitime. Dans chaque entreprise, il n'y avait place pour l'activit&#233; que d'un seul syndicat. C'est ainsi que furent fond&#233;s les syndicats dits d'industrie, regroup&#233;s sous un toit commun&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-3' class='spip_note' rel='appendix' title='En allemand : Dachverband, qui correspond en fait &#224; nos conf&#233;d&#233;rations &#8211; &#224; (...)' id='nh2-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, m&#234;me si les t&#234;tes syndicales pouvaient appartenir &#224; diff&#233;rents partis. Jusqu'&#224; pr&#233;sent encore, lors du renouvellement des postes au sein de ce type de directoire, on se livre &#224; de joyeuses tractations pour savoir quel &#171; parti &#187; va &#234;tre choisi. C'est ainsi que la conf&#233;d&#233;ration syndicale DGB fut cr&#233;&#233;e, en octobre 1949. &#192; c&#244;t&#233; de ses grandes branches unitaires, seuls quelques autres syndicats ont vu le jour (ou, pour certains, se sont reconstitu&#233;s), s'adressant &#224; des cat&#233;gories professionnelles pr&#233;cises comme les roulants des trains ou des syndicats chr&#233;tiens, ni les uns ni les autres n'ayant jou&#233; de r&#244;le propre jusqu'aux ann&#233;es 1990.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Tout pour la concertation !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les grandes entreprises, surtout celles de l'industrie m&#233;tallurgique de Rh&#233;nanie-Westphalie, qui prirent l'initiative de r&#233;gler la question des &#171; conventions collectives &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-4' class='spip_note' rel='appendix' title='En allemand : Tarifvertrag qu'on peut traduire par Convention collective ou (...)' id='nh2-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; (contenu de ces conventions, application, validit&#233;, etc.). Il s'agit de rounds de concertation institutionnalis&#233;s entre patrons et syndicats, organis&#233;s &#224; intervalles r&#233;guliers, base du &#171; partenariat social &#187;, pour lesquels les directions d'entreprise exigent que les syndicats se d&#233;gagent de toute influence politique et soient pr&#234;ts &#224; &#171; coop&#233;rer &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des syndicats &#171; raisonnables &#187;, il en a exist&#233; tout au long de l'histoire de la R&#233;publique f&#233;d&#233;rale. Et d'un commun accord, le droit de former des syndicats fut inscrit dans la constitution&#8230; &#224; la diff&#233;rence du droit de gr&#232;ve. Quelques dispositions l&#233;gales datant pratiquement de la R&#233;publique de Weimar furent reprises, coul&#233;es dans le moule d'une nouvelle loi qui fixait le cadre de validit&#233; des conventions collectives. Tout le reste, &#224; savoir l'&#233;laboration du &#171; droit sur les conflits du travail &#187;, fut &#233;chafaud&#233; au cours des d&#233;cennies suivantes, par les tribunaux du travail et par des r&#233;glementations internes des bureaucraties syndicales&#8230; sous la pression du patronat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;
Sabine M&#220;LLER&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Harold Zink, un historien aupr&#232;s du haut commissaire US pour l'Allemagne (US High Commissioner for Germany) a &#233;crit plus tard dans un ouvrage que &#171; Les h&#233;sitations apparentes concernant les organisations ouvri&#232;res &#233;taient s&#251;rement dues &#224; l'inqui&#233;tude qu'on avait dans certains services am&#233;ricains de voir que les communistes pourraient tirer avantage de la situation au point d'arriver &#224; contr&#244;ler des organisations telles que des syndicats, des partis politiques ou d'autres choses du m&#234;me genre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En allemand : Vertrauensleute ou &#171; hommes de confiance &#187;. Ce n'est pas une institution l&#233;gale. Il n'y a pas de l&#233;gislation les concernant car ils n'ont aucune fonction ni droit reconnu et formalis&#233; dans les entreprises. Il s'agit d'une fonction interne aux syndicats, et pas dans toutes les branches et syndicats, en fait surtout dans l'IG Metall. Ce sont des d&#233;l&#233;gu&#233;s &#233;lus par les syndiqu&#233;s, dans le temps c'&#233;tait par atelier, maintenant plut&#244;t coopt&#233;s. La bureaucratie locale propose et c'est quasiment fait, un militant de base du syndicat devient Vertrauensmann. Ils sont b&#233;n&#233;voles et n'ont pas d'heures sur leur temps de travail pour leur fonction&#8230; sauf s'ils sont aussi Betriebsrat et/ou si la direction de l'entreprise est int&#233;ress&#233;e par une bonne coop&#233;ration avec le syndicat. C'est souvent r&#233;gl&#233; dans des conventions collectives, o&#249; patrons et syndicats peuvent se mettre d'accord pour permettre des r&#233;unions de Vertrauensleute pendant le temps de travail (mais c'est le syndicat qui paye ce qu'ils perdent en salaire, ce n'est pas compt&#233; comme temps de travail).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-3' class='spip_note' title='Notes 2-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En allemand : Dachverband, qui correspond en fait &#224; nos conf&#233;d&#233;rations &#8211; &#224; ceci pr&#232;s qu'il n'y en a quasiment qu'une en Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-4' class='spip_note' title='Notes 2-4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En allemand : Tarifvertrag qu'on peut traduire par Convention collective ou Contrat tarifaire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Les Conseils d'entreprise, made in Germany !
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		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Allemagne
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		<dc:subject>Syndicats
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		<description>Les conseils d'entreprise sont une sp&#233;cialit&#233; allemande. Ils tirent leur origine d'une loi de 1920 qui se voulait une concession aux travailleurs qui avaient instaur&#233; leurs conseils de soldats et d'ouvriers lors des &#233;v&#233;nements r&#233;volutionnaires de 1918/1919. Ou plut&#244;t un triste ersatz institutionnel ! &#192; la fin de la Seconde Guerre mondiale, &#224; nouveau pour contrer l'&#233;mergence de formes d'auto-organisation, des conseils d'entreprise ont &#233;t&#233; de la m&#234;me fa&#231;on autoris&#233;s par les Alli&#233;s et l&#233;galis&#233;s en 1952 par&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-L-Allemagne-un-super-modele-" rel="directory"&gt;DOSSIER : L'Allemagne, un super mod&#232;le ?
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Allemagne-+" rel="tag"&gt;Allemagne
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Syndicats-+" rel="tag"&gt;Syndicats
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les conseils d'entreprise sont une sp&#233;cialit&#233; allemande. Ils tirent leur origine d'une loi de 1920&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Betriebsr&#228;tegesetz.' id='nh3-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; qui se voulait une concession aux travailleurs qui avaient instaur&#233; leurs conseils de soldats et d'ouvriers lors des &#233;v&#233;nements r&#233;volutionnaires de 1918/1919. Ou plut&#244;t un triste ersatz institutionnel ! &#192; la fin de la Seconde Guerre mondiale, &#224; nouveau pour contrer l'&#233;mergence de formes d'auto-organisation, des conseils d'entreprise ont &#233;t&#233; de la m&#234;me fa&#231;on autoris&#233;s par les Alli&#233;s et l&#233;galis&#233;s en 1952 par la &#171; loi sur la constitution des entreprises &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Aujourd'hui, 41 % les salari&#233;s travaillent dans une entreprise o&#249; il y a un conseil d'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand une entreprise emploie au minimum cinq salari&#233;s, ceux-ci peuvent &#233;lire un conseil d'entreprise. L'initiative vient souvent de l'appareil syndical, pour qui c'est une voie d'entr&#233;e dans l'entreprise. Mais il peut en &#234;tre autrement. Les membres du conseil d'entreprise ne doivent pas obligatoirement faire partie d'un syndicat. Ils sont les seuls repr&#233;sentants &#233;lus du personnel.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-2' class='spip_note' rel='appendix' title='&#192; part eux, il n'existe que des repr&#233;sentants des personnes handicap&#233;es, des (...)' id='nh3-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Leur &#233;lection a lieu tous les quatre ans, au m&#234;me moment dans toute l'Allemagne&#8230; toujours l'ann&#233;e de la coupe du monde de football &#8211; &#231;a ne s'oublie pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La taille du conseil d&#233;pend du nombre de travailleurs dans l'entreprise (par exemple 5 &#233;lus pour 51 &#224; 100 travailleurs ou 19 &#233;lus pour 2 001 &#224; 2 500 travailleurs). La plupart du temps, il s'agit d'un scrutin o&#249; plusieurs listes peuvent se pr&#233;senter, accr&#233;dit&#233;es ou non par un syndicat. Les &#233;lecteurs doivent voter pour la liste enti&#232;re et n'ont pas la possibilit&#233; de s&#233;lectionner. Dans certaines entreprises o&#249; aucune liste n'est constitu&#233;e, des candidats sont directement &#233;lus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tr&#232;s grande majorit&#233; des grandes entreprises ont des conseillers, en particulier dans la m&#233;tallurgie, mais il est beaucoup d'autres branches o&#249; les patrons font tout pour faire obstacle &#224; cette repr&#233;sentation du personnel jug&#233;e importune. C'est le cas du commerce de d&#233;tail : Lidl, Aldi, Penny, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les membres du conseil d'entreprise peuvent pr&#233;tendre &#224; &#234;tre d&#233;tach&#233;s et pay&#233;s sur leur temps de travail pour exercer leur activit&#233;, ce qui n'existe pour aucune autre fonction syndicale dans l'entreprise. Dans bien des grandes entreprises, certains membres du conseil d'entreprise sont des permanents qui ne travaillent plus depuis des d&#233;cennies. De tels &#171; repr&#233;sentants &#187; se diff&#233;rencient souvent &#224; peine du management, aussi bien en signes ext&#233;rieurs de respectabilit&#233; que par ce qu'ils ont dans la t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_1047 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH358/cogestion-2ebdf.png?1527542155' width='500' height='358' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;C'est la &#171; cod&#233;termination &#187;
ou &#171; cogestion &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Toutes les questions de l'entreprise (temps de travail, emplois du temps, r&#233;glementation des cong&#233;s, protection des donn&#233;es, embauches, fermeture de l'entreprise, licenciements de masse, etc.) sont discut&#233;es, n&#233;goci&#233;es, d&#233;cid&#233;es souvent en totale complicit&#233; avec le patron. Pour que l'entreprise ne fasse pas faillite, ne faut-il pas accepter un peu moins de licenciements que pr&#233;vu ? Ne faut-il pas &#234;tre r&#233;aliste ? Et quand certains membres du conseil d'entreprise se montrent trop rebelles &#8211; car fort heureusement &#231;a existe aussi, et l'Allemagne a compt&#233; et compte encore quelques conseillers d'entreprise politis&#233;s &#224; l'extr&#234;me gauche ! &#8211;, les patrons invoquent la fameuse loi de 1952 sur la constitution des entreprises, et l'&#171; obligation de coop&#233;ration confiante &#187; &#224; laquelle les conseils d'entreprise sont tenus, sans compter la &#171; confidentialit&#233; sur le secret des affaires &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S.M.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb3-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-1' class='spip_note' title='Notes 3-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Betriebsr&#228;tegesetz.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-2' class='spip_note' title='Notes 3-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#192; part eux, il n'existe que des repr&#233;sentants des personnes handicap&#233;es, des femmes, et des conseillers en &#233;galit&#233; des chances.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Le droit de gr&#232;ve&#8230; &#231;a fait peur !
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Le-droit-de-greve-ca-fait-peur</link>
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		<dc:date>2017-10-05T20:57:21Z</dc:date>
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		<dc:subject>Gr&#232;ve
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		<dc:subject>Syndicats
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		<dc:subject>Allemagne
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		<dc:subject>Monde
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		<description>En 1952, apr&#232;s une gr&#232;ve de deux jours dans le secteur de la presse pour protester contre la nouvelle &#171; loi sur les conseils d'entreprise &#187; (ou loi sur la constitution des entreprises), douze groupes de presse poursuivirent le syndicat en dommages et int&#233;r&#234;ts. Cette gr&#232;ve &#233;tant dirig&#233;e contre une loi, elle &#233;tait donc une &#171; violence inadmissible exerc&#233;e contre le parlement &#187;, et ces patrons de presse trouv&#232;rent aupr&#232;s des juges une oreille complaisante. Depuis, des g&#233;n&#233;rations enti&#232;res de juristes et de&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En 1952, apr&#232;s une gr&#232;ve de deux jours dans le secteur de la presse pour protester contre la nouvelle &#171; loi sur les conseils d'entreprise &#187; (ou loi sur la constitution des entreprises), douze groupes de presse poursuivirent le syndicat en dommages et int&#233;r&#234;ts. Cette gr&#232;ve &#233;tant dirig&#233;e contre une loi, elle &#233;tait donc une &#171; violence inadmissible exerc&#233;e contre le parlement &#187;, et ces patrons de presse trouv&#232;rent aupr&#232;s des juges une oreille complaisante. Depuis, des g&#233;n&#233;rations enti&#232;res de juristes et de juges apprennent qu'une gr&#232;ve n'est permise que lorsqu'elle est &#171; socialement ad&#233;quate &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-1' class='spip_note' rel='appendix' title='En allemand : sozialad&#228;quat.' id='nh4-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; et &#171; proportionn&#233;e &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-2' class='spip_note' rel='appendix' title='En allemand : verh&#228;ltnism&#228;&#223;ig.' id='nh4-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Et une gr&#232;ve &#171; politique &#187;, c'est-&#224;-dire une gr&#232;ve dont les revendications ne concernent pas directement l'entreprise ou un groupe d'entreprises, est ill&#233;gale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Au pays de la philosophie, on cogite !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ces concepts, peu clairs, permettent de nombreuses interpr&#233;tations. Les patrons profitent de ces impr&#233;cisions en mena&#231;ant les syndicats de poursuites en dommages-int&#233;r&#234;ts. D'entr&#233;e de jeu, ils saisissent les tribunaux et le seul fait que l'on ne soit pas s&#251;r de l'issue d'un proc&#232;s cr&#233;e un climat d'incertitude. En sortent renforc&#233;s et valoris&#233;s les juristes des appareils syndicaux dont les r&#233;flexions et jugements sont attendus. M&#234;me les militants et travailleurs combatifs sont facilement impressionn&#233;s par les arguties juridiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la suite, les juridictions ont &#233;tabli des principes :&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Les gr&#232;ves sont autoris&#233;es seulement si elles concernent des revendications qui peuvent ou doivent figurer dans les conventions collectives.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Les gr&#232;ves &#171; sauvages &#187;, qui ne sont pas appel&#233;es par les syndicats, ne sont pas autoris&#233;es.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; L'occupation d'entreprise et l'appel au boycott sont interdits.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Ceux qui souhaitent travailler ne doivent pas &#234;tre emp&#234;ch&#233;s d'entrer dans l'entreprise.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Les fonctionnaires (statut particulier des employ&#233;s de police, de justice, de certains enseignants et autres) n'ont pas le droit de faire gr&#232;ve.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Le syndicat n'a pas le droit d'appeler &#224; la gr&#232;ve pendant la n&#233;gociation d'une convention collective salariale mais seulement lorsqu'elle est termin&#233;e, ou d&#233;nonc&#233;e (c'est le soi-disant &#171; devoir de paix sociale &#187;). C'est pour cela que les entreprises aiment les conventions collectives dont la validit&#233; d'application est de deux ans ou plus &#8211; qui repoussent le plus loin les opportunit&#233;s de gr&#232;ve !&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Les syndicats doivent respecter un &#171; principe de proportionnalit&#233;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt; &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-3' class='spip_note' rel='appendix' title='En allemand : Grundsatz der Verh&#228;ltnism&#228;&#223;igkeit.' id='nh4-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, c'est-&#224;-dire tenir compte des r&#233;alit&#233;s &#233;conomiques et ne pas nuire &#224; l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral (un argument classique que les entreprises aiment utiliser contre les gr&#232;ves dans les h&#244;pitaux, les chemins de fer, les a&#233;roports, etc.) Les entreprises ont bien s&#251;r toujours des expertises sous le coude augurant de sc&#233;narios-catastrophes et de faillite &#233;conomique. Et les juges prennent peur !&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Ces restrictions violeraient par ailleurs le droit international, mais c'est accessoire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, cet arsenal impressionne ceux qui veulent faire gr&#232;ve. Les secr&#233;taires de syndicats ne se privent g&#233;n&#233;ralement pas d'&#233;num&#233;rer ces restrictions pour expliquer qu'on ne peut rien faire contre ce pouvoir patronal, si ce n'est une petite diffusion de tracts ou, au mieux et peut-&#234;tre, quelques courtes gr&#232;ves d'avertissement !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La DGB n'abuse pas de la gr&#232;ve, mais faudrait pas que d'autres en profitent !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent le patronat a renonc&#233; &#224; ce que le droit de gr&#232;ve soit limit&#233; par la loi &#8211; il l'est d&#233;j&#224; assez par la jurisprudence. Avec une exception : pour enrayer l'action de &#171; petits &#187; syndicats cat&#233;goriels (par exemple un syndicat des personnels roulants des chemins de fer, un syndicat de pilotes d'avions et un syndicat de stewards) qui ont commenc&#233; &#224; jouer un r&#244;le autonome dans les ann&#233;es 1990 et qui ont appel&#233; &#224; plusieurs gr&#232;ves ces derni&#232;res ann&#233;es, la grande organisation patronale BDA et la grande conf&#233;d&#233;ration des syndicats allemands (DGB) ont fait cause commune. D'o&#249; une loi adopt&#233;e il y a deux ans qui oblige les &#171; petits &#187; syndicats &#224; coop&#233;rer avec les &#171; grands &#187; syndicats traditionnels, &#224; fixer ensemble des revendications, &#224; redevenir raisonnables, &#224; ne pas sombrer dans la concurrence de telle sorte que la paix dans l'entreprise ou &#171; paix sociale &#187; soit pr&#233;serv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En l'absence de consensus, le &#171; petit &#187; syndicat minoritaire doit se soumettre au &#171; grand &#187; et n'a pas le droit de faire gr&#232;ve. Une belle attaque&#8230; mais les appareils syndicaux ne s'en scandalisent pas, surtout les grands dont le monopole est restaur&#233; ! Ouf ! Et le Conseil constitutionnel a d&#233;cid&#233; cette ann&#233;e que cette loi &#233;tait pour l'essentiel conforme &#224; la constitution allemande.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les appareils syndicaux se prot&#232;gent m&#234;me de la gr&#232;ve en interne !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Par-dessus le march&#233;, un bon paquet de restrictions viennent des r&#232;glements internes que les appareils syndicaux se donnent eux-m&#234;mes. Les statuts et diverses directives fixent aux syndicats un droit de d&#233;cision propre qui cimente le pouvoir de leurs directions. La moindre petite gr&#232;ve doit &#234;tre sollicit&#233;e et justifi&#233;e par le bureau syndical. Sans autorisation des sommets, rien ne se fait &#8211; m&#234;me quand il s'agit d'une gr&#232;ve pour un accord d'entreprise maison. On peut donc imaginer les difficult&#233;s des militants d'entreprises, &#224; la fois sous pression des patrons qui font juger les gr&#232;ves &#171; ill&#233;gales &#187; par les tribunaux, mais sous pression aussi des bureaucraties syndicales, messieurs cravat&#233;s tr&#232;s &#233;loign&#233;s des entreprises mais qui ont n&#233;anmoins le monopole de donner, ou non, le feu vert aux mouvements. &#201;tant donn&#233; par ailleurs que les gr&#233;vistes en Allemagne re&#231;oivent de leur syndicat des indemnit&#233;s de gr&#232;ve&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-4' class='spip_note' rel='appendix' title='En allemand : Streikgeld (argent de/pour la gr&#232;ve).' id='nh4-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; (qui repr&#233;sentent environ les deux tiers du salaire perdu par jour de gr&#232;ve), les consid&#233;rations financi&#232;res ont toujours quelque importance. Et voil&#224; comment la concentration des pouvoirs syndicaux en dehors de l'entreprise est un des ingr&#233;dients de la r&#233;ussite du mod&#232;le allemand.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Et passons sur les fines tactiques !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les appels &#224; la gr&#232;ve &#8211; quand il y en a, mais &#231;a arrive ! &#8211; sont toujours accompagn&#233;s de tactiques &#233;chafaud&#233;es en haut lieu. Incompr&#233;hensibles pour le commun des gr&#233;vistes. Pourquoi telle entreprise est-elle appel&#233;e &#224; faire gr&#232;ve et pas telle autre ? Quand une gr&#232;ve commence-t-elle et s'arr&#234;te-t-elle ? Ces d&#233;cisions sont prises par des &#233;tats-majors, souvent &#224; l'encontre de la volont&#233; de responsables syndicaux locaux qui, m&#234;me quand ils ne sont pas employ&#233;s de l'entreprise, dirigent le travail sur place et sont soumis &#224; la pression de la base. Tout derni&#232;rement, lors d'une journ&#233;e d'action &#224; l'h&#244;pital de la Charit&#233; &#224; Berlin, seuls quelques aides-soignants et une poign&#233;e de services, d&#233;sign&#233;s par l'appareil, ont &#233;t&#233; appel&#233;s &#224; la gr&#232;ve : les autres, soit les 15 000 employ&#233;s de l'h&#244;pital, sont rest&#233;s spectateurs. &#192; noter que les &#171; d&#233;sign&#233;s &#187; ont surtout pos&#233; pour quelques photos. &#9632;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S.M.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_1049 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH326/allema-greves2-58fd8.png?1527542155' width='500' height='326' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb4-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-1' class='spip_note' title='Notes 4-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En allemand : sozialad&#228;quat.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-2' class='spip_note' title='Notes 4-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En allemand : verh&#228;ltnism&#228;&#223;ig.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-3' class='spip_note' title='Notes 4-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En allemand : Grundsatz der Verh&#228;ltnism&#228;&#223;igkeit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-4' class='spip_note' title='Notes 4-4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En allemand : Streikgeld (argent de/pour la gr&#232;ve).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> L'envers de l'&#171; ordre &#187; : la&#8230; gr&#232;ve &#171; sauvage &#187; !
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/L-envers-de-l-ordre-la-greve-sauvage</link>
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		<dc:subject>Gr&#232;ve
</dc:subject>
		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Allemagne
</dc:subject>

		<description>Les ann&#233;es 50 ont &#233;t&#233; plut&#244;t tranquilles en mati&#232;re de lutte de classe. Apr&#232;s qu'en 1952 la Loi sur la constitution des entreprises et les restrictions au droit de gr&#232;ve ont &#233;t&#233; fix&#233;es dans leurs grandes lignes, se sont conjugu&#233;s la guerre froide (avec en 1956 l'interdiction du KPD, le Parti communiste) et un boom &#233;conomique pour que les gr&#232;ves atteignent leurs basses eaux. Les capitalistes se firent beaucoup d'argent sur la reconstruction. Des miettes furent distribu&#233;es et les syndicats n'eurent pas &#224; se&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les ann&#233;es 50 ont &#233;t&#233; plut&#244;t tranquilles en mati&#232;re de lutte de classe. Apr&#232;s qu'en 1952 la &lt;em&gt;Loi sur la constitution des entreprises&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-1' class='spip_note' rel='appendix' title='En allemand Betriebsverfassungsgesetz.' id='nh5-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; et les restrictions au droit de gr&#232;ve ont &#233;t&#233; fix&#233;es dans leurs grandes lignes, se sont conjugu&#233;s la guerre froide (avec en 1956 l'interdiction du KPD, le Parti communiste) et un boom &#233;conomique pour que les gr&#232;ves atteignent leurs basses eaux. Les capitalistes se firent beaucoup d'argent sur la reconstruction. Des miettes furent distribu&#233;es et les syndicats n'eurent pas &#224; se battre pour obtenir bon an mal an des revalorisations salariales. Les travailleurs purent se payer quelques biens de consommation qui tranchaient avec le d&#233;nuement d'apr&#232;s guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'au milieu des ann&#233;es 60, l'Allemagne de l'Ouest connut le quasi plein emploi. Il y eut tr&#232;s peu de gr&#232;ves dans la d&#233;cennie 1958-1968. Mais le tableau se modifia au milieu des ann&#233;es 60. Peu &#224; peu et &#224; bas bruit. Pour les ann&#233;es 1965-1967, selon le syndicat de la m&#233;tallurgie IG-Metall et pour les secteurs o&#249; il &#233;tait pr&#233;sent, 300 000 salari&#233;s auraient particip&#233; &#224; des actions ressemblant &#224; des gr&#232;ves, dont des gr&#232;ves du z&#232;le, sans que ce soit connu&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Les informations et donn&#233;es statistiques de l'article sont tir&#233;es de sources (...)' id='nh5-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Dans cette situation de plein emploi, des actions m&#234;me limit&#233;es purent &#234;tre rapidement payantes. La combativit&#233; augmenta. Entre 1969 et 1973, on en &#233;tait &#224; 1 099 jours de gr&#232;ve &#8211; un d&#233;cuplement par rapport &#224; la p&#233;riode ant&#233;rieure. Ce sont surtout les travailleurs immigr&#233;s, arriv&#233;s par centaines de milliers et par vagues successives d'Espagne, d'Italie et de Turquie qui se montr&#232;rent combatifs&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-3' class='spip_note' rel='appendix' title='Des accords de recrutement furent pass&#233;s avec l'Italie (1955), l'Espagne (...)' id='nh5-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Ces luttes conduisirent &#224; une hausse nette du salaire r&#233;el malgr&#233; une inflation croissante&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-4' class='spip_note' rel='appendix' title='Le taux officiel d'inflation reste inf&#233;rieur &#224; 2 % en 1967-1969, passe &#224; 3,6 % (...)' id='nh5-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Mais ces augmentations furent en fait arrach&#233;es dans le contexte de vagues de gr&#232;ves sauvages entre 1969 et 1973. Le syndicat IG-Metall obtint des hausses record de salaires dans les ann&#233;es 1970 (15,3 %) et 1974 (11,6 %), lors de &lt;em&gt;n&#233;gociations collectives&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-5' class='spip_note' rel='appendix' title='Ou n&#233;gociations salariales, en allemand Tarifrunden.' id='nh5-5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; qui suivirent ces gr&#232;ves&#8230; qu'il n'avait pas voulues.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Septembre 1969&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats s'accrochaient &#224; leur pratique du &lt;em&gt;partenariat social&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-6' class='spip_note' rel='appendix' title='En allemand Sozialpartnerschaft.' id='nh5-6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; et s'effor&#231;aient de garder la classe ouvri&#232;re sous contr&#244;le. Mais &#224; la fin des ann&#233;es 60, les prix se mirent &#224; grimper, faisant pression sur les salaires r&#233;els ; en m&#234;me temps &#224; partir de 1967 et pour la premi&#232;re fois dans l'histoire de la RFA, on assista &#224; un recul de la production et &#224; un accroissement des licenciements. La tactique des syndicats consistant &#224; annoncer des gr&#232;ves sans les mener ne marchait plus. La gr&#232;ve s'imposait, mais les syndicats n'y &#233;taient pas pr&#234;ts. Des travailleurs entr&#232;rent eux-m&#234;mes en action. Alors qu'en 1969 l'industrie sid&#233;rurgique connaissait un nouveau boom, les travailleurs de l'usine Hoesch AG de Dortmund saisirent l'occasion et se lanc&#232;rent le 2 septembre dans une gr&#232;ve sauvage, ill&#233;gale, non dirig&#233;e par le syndicat. Du 2 au 19 septembre, en plusieurs vagues touchant surtout l'industrie du charbon et de l'acier, mais aussi les activit&#233;s de traitement des m&#233;taux et la fonction publique, 140 000 travailleurs cess&#232;rent le travail. Ils exigeaient des augmentations uniformes de 30 &#224; 70 pfennig&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-7' class='spip_note' rel='appendix' title='Un centi&#232;me de l'ancien Deutsche Mark, ou DM.' id='nh5-7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; sur un salaire horaire de 5 &#224; 7 DM. Les syndicats tent&#232;rent de vite reprendre l'affaire en mains, en reconnaissant apr&#232;s-coup ces gr&#232;ves et en lan&#231;ant eux-m&#234;mes quelques appels. Dans la foul&#233;e, il y eut des hausses importantes de salaires. Ces gr&#232;ves &#233;tonn&#232;rent m&#234;me les &#233;tudiants radicalis&#233;s des ann&#233;es 68&#8230; qui n&#233;anmoins en rest&#232;rent &#233;loign&#233;s. Une cons&#233;quence pourtant de cette combativit&#233; ouvri&#232;re retrouv&#233;e fut que de nombreux &#233;tudiants et jeunes radicalis&#233;s se tourn&#232;rent vers la classe ouvri&#232;re, voire se &#171; prol&#233;taris&#232;rent &#187; en se faisant embaucher en entreprise o&#249; certains rest&#232;rent et milit&#232;rent toute leur vie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les ann&#233;es 1972 et 1973&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but de 1972 &#233;clata une nouvelle vague de gr&#232;ves spontan&#233;es, non agr&#233;&#233;es par le syndicat. Elle toucha principalement l'industrie du charbon et de l'acier, l'industrie du traitement des m&#233;taux et l'industrie automobile. Contrairement &#224; l'ann&#233;e 1969 o&#249; les ouvriers professionnels &#233;taient l'&#233;l&#233;ment moteur des mobilisations, c'&#233;tait au tour de groupes de jeunes migrants d'entrer en sc&#232;ne. Dont des femmes et des ouvriers peu qualifi&#233;s, particuli&#232;rement combatifs. Entre 1969 et 1973, plus de 80 % de l'ensemble des gr&#233;vistes furent des gr&#233;vistes &#171; sauvages &#187;. Soit ils apportaient un soutien aux n&#233;gociations collectives en cours (comme la corde soutient le pendu !), pour booster les syndicats &#224; cette occasion. Soit ils s'opposaient &#224; des accords salariaux conclus, jug&#233;s non satisfaisants. Par exemple en janvier 1973, plus de la moiti&#233; des ouvriers m&#233;tallurgistes, voire les deux tiers d'entre eux sur certains sites, refus&#232;rent l'accord conclu par les syndicats qui pr&#233;voyait une hausse de &#171; seulement &#187; 8,3 % des salaires. Ces gr&#232;ves furent le plus souvent couronn&#233;es de succ&#232;s. Mais il y eut aussi des gr&#232;ves intempestives invisibles du grand public, pour des conflits internes aux entreprises : hausses de loyer des cit&#233;s appartenant &#224; l'usine, licenciements de d&#233;l&#233;gu&#233;s, r&#233;ductions de primes de fin d'ann&#233;e ou augmentation du stress au travail. Autant de gr&#232;ves contre la volont&#233; du syndicat. D'autres gr&#232;ves sauvages furent le fait de minorit&#233;s au sein de l'entreprise : migrants (pour pouvoir prendre leurs vacances en &#233;t&#233; et en une seule fois pour rentrer au pays) ou apprentis (pour une hausse de salaire). En revanche, quasiment pas de gr&#232;ves &#224; caract&#232;re politique : une seulement en avril 1972, malgr&#233; l'interdiction. Ce fut lors du vote d'une motion de censure contre le chancelier social-d&#233;mocrate Willy Brandt : beaucoup de travailleurs voulaient emp&#234;cher la venue au pouvoir de la CDU (Union chr&#233;tienne d&#233;mocrate). Environ 100 000 travailleurs particip&#232;rent &#224; ce mouvement. Le parti social-d&#233;mocrate SPD refusa, bien s&#251;r, ou fit mine de refuser ce soutien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De janvier 1972 &#224; juin 1973, 300 000 travailleuses et travailleurs particip&#232;rent &#224; des gr&#232;ves sauvages. C'est lors de celles de la fin 1973&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-8' class='spip_note' rel='appendix' title='Auxquelles particip&#232;rent 275 000 gr&#233;vistes, concentr&#233;s dans 335 (...)' id='nh5-8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; que les syndicats se montr&#232;rent le plus hostiles aux gr&#233;vistes : par peur panique que le contr&#244;le leur &#233;chappe, ils travaill&#232;rentmain dans la main avec les directions patronales pour les combattre. D'autant que dans nombre d'entreprises, des petits groupes de militants syndicalistes combatifs, dont d'extr&#234;me gauche, s'&#233;taient form&#233;s et gagnaient un cr&#233;dit qu'ils n'ont pas perdu par la suite.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Du &#171; sauvage &#187; encore, au XXI&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle : annonc&#233; par la gr&#232;ve de 2004
chez Opel-Bochum&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve sauvage la plus spectaculaire de ces vingt derni&#232;res ann&#233;es a eu lieu chez Opel &#224; Bochum. Elle a &#233;t&#233; d&#233;clench&#233;e en r&#233;action &#224; un vaste plan de suppressions d'emplois. Le trust General Motors (&#224; qui Opel appartenait avant d'&#234;tre vendu l'an dernier &#224; PSA) avait annonc&#233; en octobre 2004 la suppression de 4 100 postes sur les 9 600 que comptait le site de Bochum. Il y avait dans l'entreprise une tradition d'activit&#233; politique d'extr&#234;me gauche remontant pr&#233;cis&#233;ment aux gr&#232;ves des ann&#233;es 70 dont nous avons parl&#233; plus haut, activit&#233; men&#233;e principalement par le groupe GoG plus ou moins influenc&#233; par des mao&#239;stes (appel&#233; d'abord &lt;em&gt;Groupe de syndicalistes d'opposition&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-9' class='spip_note' rel='appendix' title='En allemand Gruppe oppositioneller Gewerkschafter.' id='nh5-9'&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;, puis plus tard &lt;em&gt;R&#233;sistance sans fronti&#232;res&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-10' class='spip_note' rel='appendix' title='En allemand Gegenwehr ohne Grenzen.' id='nh5-10'&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;), fond&#233; en 1972. Ce qui explique qu'il y ait eu, parmi les d&#233;l&#233;gu&#233;s d'atelier&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-11' class='spip_note' rel='appendix' title='En allemand Vertrauensleute, ou &#171; hommes de confiance &#187; : ce sont des (...)' id='nh5-11'&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; comme parmi les &#233;lus au conseil d'entreprise&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-12' class='spip_note' rel='appendix' title='En allemand Betriebsrat, que nous traduisons par Conseil d'entreprise.' id='nh5-12'&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; des voix critiques, diff&#233;rentes mouvances repr&#233;sent&#233;es, et souvent des discussions vives et ouvertes aux assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales. Les ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes avaient d&#233;j&#224; connu des mouvements et des arr&#234;ts de travail, le dernier en date en 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeudi 14 octobre, jour de l'annonce de ces licenciements de masse, les d&#233;l&#233;gu&#233;s d'atelier les plus dynamiques (et pas seulement ceux appartenant au GoG) appel&#232;rent &#224; quitter les ateliers pour aller demander des comptes &#224; la direction. L'appel fut suivi par plus de 80 % des travailleurs qui se post&#232;rent imm&#233;diatement aux portes de l'entreprise. Ce fut le point de d&#233;part d'une gr&#232;ve de six jours que ni le syndicat ni la majorit&#233; des membres du comit&#233; d'entreprise n'avaient voulue. Cette gr&#232;ve a donn&#233; des sueurs froides aux patrons d'Opel et &#224; quelques autres&#8230; Elle eut un grand retentissement et provoqua un immense &#233;lan de solidarit&#233; dans le milieu populaire de la Ruhr o&#249; Opel &#233;tait un des principaux employeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ces six jours, ce furent les gr&#233;vistes eux-m&#234;mes qui organis&#232;rent toutes les activit&#233;s &#8211; dont des discussions ouvertes sur le site de l'usine. Mais la direction du syndicat et la majorit&#233; du comit&#233; d'entreprise us&#232;rent de leurs ficelles (une belle pelote !) pour reprendre le contr&#244;le de cette gr&#232;ve sauvage : le syndicat organisa en fin de semaine une grande manifestation de &#171; solidarit&#233; &#187; o&#249; des politiciens sociaux-d&#233;mocrates et l'&#201;glise d&#233;fil&#232;rent en t&#234;te ; le comit&#233; d'entreprise fit peur aux gr&#233;vistes en disant que la poursuite du mouvement &#233;tait dangereuse pour le site et dommageable pour les n&#233;gociations en cours ! Le mercredi 20 octobre, la majorit&#233; du comit&#233; d'entreprise organisa une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale des travailleurs dans une salle de congr&#232;s, hors de l'entreprise, sans possibilit&#233; de d&#233;battre et o&#249; seuls purent prendre la parole ceux qui militaient pour la fin de la gr&#232;ve. La bureaucratie syndicale fit distribuer des bulletins de vote avec une question-embrouille : &#171; Le comit&#233; d'entreprise doit-il poursuivre la n&#233;gociation avec la direction et le travail doit-il &#234;tre repris ? &#187;. &#192; la suite de ces man&#339;uvres, la majorit&#233; du comit&#233; d'entreprise obtint 4 600 oui et 1 700 non, ce qui mit fin &#224; la gr&#232;ve, mais ni &#224; la col&#232;re de beaucoup, ni au rythme des suppressions de postes qui ne fut que ralenti. &#192; la fin de 2014, l'usine avait ferm&#233;. Les militants d'extr&#234;me gauche avaient pr&#233;par&#233; le terrain pour cette gr&#232;ve spontan&#233;e et auto-organis&#233;e, mais ne s'&#233;taient pas pr&#233;par&#233;s &#224; ce combat soudain et inhabituel. Personne ne proposa d'&#233;lire un comit&#233; pour diriger la gr&#232;ve et des militants du groupe GoG pens&#232;rent s'&#234;tre laiss&#233; surprendre par les man&#339;uvres : ils n'avaient pas anticip&#233;, entre autres, que l'appareil syndical puisse convoquer une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale o&#249; il aurait fallu se battre pour intervenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce sont des le&#231;ons. Ce n'est s&#251;rement pas le dernier chapitre des grandes gr&#232;ves qui, en Allemagne, ont renvers&#233; des barri&#232;res dress&#233;es par les syndicats et la l&#233;gislation bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Hans GEBHARD&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_1048 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH245/allema-greves-cfd89.png?1527542155' width='500' height='245' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb5-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-1' class='spip_note' title='Notes 5-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En allemand Betriebsverfassungsgesetz.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-2' class='spip_note' title='Notes 5-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Les informations et donn&#233;es statistiques de l'article sont tir&#233;es de sources et ouvrages en allemand que nous ne citons pas, &#224; cause de la langue, mais que nous tenons &#224; la disposition des lecteurs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-3' class='spip_note' title='Notes 5-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Des accords de recrutement furent pass&#233;s avec l'Italie (1955), l'Espagne (1960) et la Turquie (1961). L'immigration turque atteignit son point culminant dans les ann&#233;es 70 ; les travailleurs d'origine turque restent tr&#232;s pr&#233;sents dans de nombreuses entreprises industrielles.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-4' class='spip_note' title='Notes 5-4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le taux officiel d'inflation reste inf&#233;rieur &#224; 2 % en 1967-1969, passe &#224; 3,6 % en 1970, plus de 5 % entre 1971 et 1975, avec un point culminant de 7,1 % en 1973.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-5' class='spip_note' title='Notes 5-5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ou n&#233;gociations salariales, en allemand Tarifrunden.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-6' class='spip_note' title='Notes 5-6' rev='appendix'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En allemand Sozialpartnerschaft.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-7' class='spip_note' title='Notes 5-7' rev='appendix'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Un centi&#232;me de l'ancien Deutsche Mark, ou DM.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-8'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-8' class='spip_note' title='Notes 5-8' rev='appendix'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Auxquelles particip&#232;rent 275 000 gr&#233;vistes, concentr&#233;s dans 335 entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-9'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-9' class='spip_note' title='Notes 5-9' rev='appendix'&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En allemand Gruppe oppositioneller Gewerkschafter.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-10'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-10' class='spip_note' title='Notes 5-10' rev='appendix'&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En allemand Gegenwehr ohne Grenzen.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-11'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-11' class='spip_note' title='Notes 5-11' rev='appendix'&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En allemand Vertrauensleute, ou &#171; hommes de confiance &#187; : ce sont des d&#233;l&#233;gu&#233;s du syndicat &#233;lus dans les ateliers&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-12'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-12' class='spip_note' title='Notes 5-12' rev='appendix'&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En allemand Betriebsrat, que nous traduisons par Conseil d'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Une journ&#233;e d'action bien typique du syndicalisme allemand
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		<dc:date>2017-10-05T20:57:15Z</dc:date>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Allemagne
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		<description>Le mercredi 20 septembre, le trust allemand Thyssenkrupp (1,5 milliard d'euros de profits en 2016) a annonc&#233; la fusion de sa branche sid&#233;rurgique avec Tata Steel Europe. Dans chacun des deux trusts, 2 000 emplois devraient &#234;tre supprim&#233;s. Pour ThyssenKrupp cette annonce s'ajoutait &#224; un autre plan de r&#233;duction de 4 000 emplois, d&#233;j&#224; en cours. &lt;br /&gt;En r&#233;ponse, le vendredi 22 septembre, l'IG Metall appelait &#224; un rassemblement de protestation sur le temps de travail : 7 500 travailleurs &#233;taient au rendez-vous &#224;&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-L-Allemagne-un-super-modele-" rel="directory"&gt;DOSSIER : L'Allemagne, un super mod&#232;le ?
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Licenciements-+" rel="tag"&gt;Licenciements
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le mercredi 20 septembre, le trust allemand Thyssenkrupp (1,5 milliard d'euros de profits en 2016) a annonc&#233; la fusion de sa branche sid&#233;rurgique avec Tata Steel Europe. Dans chacun des deux trusts, 2 000 emplois devraient &#234;tre supprim&#233;s. Pour ThyssenKrupp cette annonce s'ajoutait &#224; un autre plan de r&#233;duction de 4 000 emplois, d&#233;j&#224; en cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;ponse, le vendredi 22 septembre, l'IG Metall appelait &#224; un rassemblement de protestation sur le temps de travail : 7 500 travailleurs &#233;taient au rendez-vous &#224; Bochum, venus de tous les sites du trust (Thyssenkrupp Steel compte 27 000 salari&#233;s). Mais qu'est-ce que l'IG Metall avait &#224; proposer ? D'une part des discours de politiciens &#8211; campagne &#233;lectorale oblige ! Du ministre du travail de la r&#233;gion de Rh&#233;nanie-du-Nord-Westphalie (conservateur) &#224; la ministre f&#233;d&#233;rale du travail (social-d&#233;mocrate), tous se sont insurg&#233;s (en paroles)... du fait que le trust fusionn&#233; prendrait son si&#232;ge aux Pays-Bas et non pas en Allemagne !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dirigeant du conseil d'entreprise de Thyssenkrupp Steel &#8211; par ailleurs membre de la CDU d'Angela Merkel &#8211; et tous les autres grands chefs de l'IG Metall, se sont plaints, de leur c&#244;t&#233; et avant tout, du fait que la cogestion n'ait pas &#233;t&#233; respect&#233;e et qu'ils aient &#233;t&#233; mis devant le fait accompli. Bien s&#251;r, ils ont aussi r&#233;clam&#233; une &#171; garantie &#187; pour tous les sites et tous les emplois. Mais aucun mot sur les moyens de l'obtenir. M&#234;me pas un autre rendez-vous de mobilisation &#8211; ne parlons pas de l'id&#233;e de r&#233;ellement pr&#233;parer la lutte ou des gr&#232;ves. Une seule journ&#233;e d'action pour laisser s'exprimer le m&#233;contentement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, les 7 500 ouvriers r&#233;unis ce jour-l&#224;, qu'on sentait pr&#234;ts &#224; en d&#233;coudre si le syndicat lan&#231;ait le signal de la lutte, donnaient une id&#233;e de ce qui serait possible... et qui le reste !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Toni ROBERT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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