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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskyste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> Alg&#233;rie : Pour que la r&#233;volte porte enfin ses fruits
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Alg&#233;rie
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		<description>Le 18 janvier, &#224; la Bourse du travail d'Alger, le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du syndicat officiel, l'UGTA, r&#233;unissait quelque 1 000 syndicalistes de la r&#233;gion. Il les appelait &#224; maintenir un &#171; climat sain et serein dans le milieu professionnel &#187; et les mettait en garde &#171; contre tout d&#233;rapage &#187; , car, ajoutait-il, &#171; quelles que soient les difficult&#233;s et les probl&#232;mes auxquels nous sommes confront&#233;s, aucune personne n'a le droit de perturber le pays &#187;. &lt;br /&gt;Et Sidi Sa&#239;d de d&#233;noncer les m&#233;dias &#233;trangers qui d&#233;nigrent&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 18 janvier, &#224; la Bourse du travail d'Alger, le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du syndicat officiel, l'UGTA, r&#233;unissait quelque 1 000 syndicalistes de la r&#233;gion. Il les appelait &#224; maintenir un &lt;em&gt;&#171; climat sain et serein dans le milieu professionnel &#187;&lt;/em&gt; et les mettait en garde &lt;em&gt;&#171; contre tout d&#233;rapage &#187;&lt;/em&gt; , car, ajoutait-il, &lt;em&gt;&#171; quelles que soient les difficult&#233;s et les probl&#232;mes auxquels nous sommes confront&#233;s, aucune personne n'a le droit de perturber le pays &#187;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Sidi Sa&#239;d de d&#233;noncer les m&#233;dias &#233;trangers qui d&#233;nigrent l'Alg&#233;rie ainsi que &lt;em&gt;&#171; la mondialisation dangereuse &#187;&lt;/em&gt; qui est &lt;em&gt;&#171; une tentative de recolonisation sous une autre forme, notamment celle de pousser le peuple &#224; l'&#233;meute sous le beau slogan de la d&#233;mocratie. Il est immoral d'appeler &#224; la r&#233;volte &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte, qui semble l'inqui&#233;ter autant qu'elle inqui&#232;te Bouteflika, avait d&#233;j&#224; explos&#233; deux semaines plus t&#244;t, les 4 et 5 janvier &#224; Oran et Alger avant de s'&#233;tendre pendant plusieurs jours dans tout le pays. Sans aucun appel. Encourag&#233;e seulement par la r&#233;volte de la jeunesse tunisienne.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La goutte d'eau &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est probablement une nouvelle hausse brutale des prix des produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; : des augmentations de 20 % pour l'huile, 80 % pour le sucre en quelques semaines, les portant respectivement &#224; 180 dinars le litre, 140 dinars le kg, soit en gros 1,4 &#8364; et 1,8 &#8364;, pratiquement les m&#234;mes prix qu'ici, alors que le Smic alg&#233;rien est &#224; 15 000 dinars soit 150 &#8364;. Il en est de m&#234;me pour la farine, la semoule, la viande, les l&#233;gumes et fruits. La r&#233;pression des forces de l'ordre qui a fait 3 morts, des centaines de bless&#233;s et des milliers d'arrestations au cours de ces cinq &#224; six jours d'&#233;meutes, a encore attis&#233; la col&#232;re, sans intimider pour autant les manifestants. Plus de 1 300 personnes arr&#234;t&#233;es lors des &#233;v&#232;nements sont maintenant pass&#233;es en justice dans des proc&#232;s exp&#233;ditifs. Mais le m&#233;contentement social et le sentiment d'injustice est profond, que ne pourront enrayer ni les incarc&#233;rations, ni les vagues promesses que vient de faire le gouvernement de faire baisser les prix (en commen&#231;ant par baisser les taxes aux grossistes dans l'espoir qu'ils veuillent bien le r&#233;percuter, comme ici la baisse de la TVA sur les restaurants !), ni les appels au calme ou les ridicules d&#233;nonciations de la main de l'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les mille raisons de la col&#232;re&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle flamb&#233;e des prix n'a &#233;t&#233; que la goutte de trop. Il ne se passe pas une semaine en Alg&#233;rie sans que, ici ou l&#224;, on assiste &#224; un rassemblement devant une sous-pr&#233;fecture ou une mairie, un blocage de carrefour ou de route nationale pour des raisons aussi multiples qu'une coupure de courant, le manque d'eau ou les crit&#232;res totalement occultes, voire la corruption claire et nette, dans la distribution des logements sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des Alg&#233;riens qui a tent&#233; ces derniers jours de s'immoler, &#224; l'exemple du jeune ch&#244;meur, le 12 janvier &#224; Bordj Menaiel (70 km &#224; l'est d'Alger), &#233;tait un employ&#233; territorial, p&#232;re de six enfants, d&#233;sesp&#233;r&#233; de se voir refuser une nouvelle fois un logement. Heureusement il n'y a pas que le d&#233;sespoir. Mardi 28 d&#233;cembre, une semaine avant les &#233;meutes g&#233;n&#233;ralis&#233;es qui ont marqu&#233; l'actualit&#233;, des centaines de jeunes bloquaient une grande route et affrontaient les forces de l'ordre &#224; Baraki, une des banlieues pauvres d'Alger, pour r&#233;clamer les logements d&#233;cents qu'on leur promet depuis des ann&#233;es. Une &#233;meute &#171; ordinaire &#187; en quelque sorte. Elle avait &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233;e la veille par des protestations semblables dans d'autres quartiers pauvres, &#224; Laquiba, et &#224; Rouiba dans la zone des &#171; chalets &#187;, ces baraquements provisoires install&#233;s pour reloger les victimes du s&#233;isme de 2003 qui sont encore l&#224; sept ans apr&#232;s, totalement d&#233;labr&#233;s. &#192; la mi-d&#233;cembre un rassemblement d'habitants de la ville de Yellel (dans l'ouest du pays) devant le si&#232;ge de la &#171; da&#239;ra &#187; (&#233;quivalent de nos sous-pr&#233;fectures) r&#233;clamait l'affichage public des attributions de logements. Fin novembre, dans la petite ville de Tagzout (pr&#232;s de Bouira &#224; 120 km au sud-est d'Alger), les enseignants des coll&#232;ges, les instituteurs et les conducteurs de bus se mettaient en gr&#232;ve pour soutenir deux p&#232;res de famille en gr&#232;ve de la faim pour avoir &#233;t&#233; exclus de la liste des relogements. Pour citer quelques exemples r&#233;cents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et partout le probl&#232;me essentiel, le ch&#244;mage : officiellement de 10 %, il touche en r&#233;alit&#233; 60 % de la population active de moins de 30 ans. Sans parler des femmes qui sont pratiquement absentes des statistiques, puisque seul un million d'entre elles, sur une population de 35 millions, sont comptabilis&#233;es dans la &#171; population active &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Manne p&#233;troli&#232;re et creusement des in&#233;galit&#233;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es 1991-2000 de la guerre entre arm&#233;e et groupes islamistes, par la pression qu'elle exer&#231;ait sur l'ensemble le la population, la terreur qu'elle faisait r&#233;gner, sans oublier les militants syndicaux assassin&#233;s (dont bien malin celui qui pouvait dire si c'&#233;tait par des islamistes ou par l'arm&#233;e), ont facilit&#233; bien des attaques contre les travailleurs, notamment le d&#233;mant&#232;lement d'une bonne partie des entreprises d'&#201;tat, confi&#233;es ensuite au priv&#233; avec des fourn&#233;es de licenciements &#224; la cl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux recettes engrang&#233;es par l'&#201;tat alg&#233;rien gr&#226;ce au cours &#233;lev&#233; du p&#233;trole au cours des ann&#233;es 2000, elles n'ont rien apport&#233; &#224; la population pauvre. Elles ont b&#233;n&#233;fici&#233; &#224; une petite minorit&#233; d'affairistes de la haute soci&#233;t&#233; alg&#233;rienne et surtout aux banques occidentales auxquelles l'&#201;tat alg&#233;rien &#224; revers&#233; quelque 40 milliards de dollars (sans parler des int&#233;r&#234;ts vers&#233;s annuellement) pour r&#233;duire sa dette et &#171; gagner la confiance &#187; d'investisseurs qu'il cherchait &#224; attirer dans le pays. La politique de grands travaux de ces derni&#232;res ann&#233;es ou la construction de quelques grands h&#244;tels pour hommes d'affaires, ce n'&#233;tait pas pour les plus d&#233;munis. Pas plus que le programme de construction de logements confi&#233; &#224; des entreprises chinoises amenant leurs ouvriers encore moins pay&#233;s qu'un ouvrier alg&#233;rien. Il ne s'agissait pour l'essentiel pas de logements sociaux, mais de logements mis en location-vente, avec des aides de l'&#201;tat, pour cibler la petite bourgeoisie du pays. Cette petite bourgeoisie qui a pu aussi b&#233;n&#233;ficier en partie des multiples aides &#224; la cr&#233;ation d'entreprises accord&#233;es par le gouvernement. Soit dit en passant, bien des cadres islamistes, qui se sont recycl&#233;s sous les auspices de la r&#233;conciliation nationale d&#233;cid&#233;e par Bouteflika, ont profit&#233; de cette manne pour se faire une place au soleil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi d'&#233;tonnant que lors des journ&#233;es d'&#233;meutes de ce d&#233;but janvier, les jeunes ne s'en soient pas seulement pris &#224; ce qui &#224; leurs yeux repr&#233;sente l'&#201;tat, sous-pr&#233;fectures, gendarmeries, b&#226;timents publics ou cabines t&#233;l&#233;phoniques, mais aussi aux vitrines rutilantes d'une agence Renault ou d'un marchand de t&#233;l&#233;viseurs Samsung &#224; &#233;crans plats.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La contestation ouvri&#232;re&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il y a un an, presque jour pour jour, le 12 janvier 2010, le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'UGTA d&#233;clarait d&#233;j&#224; que les travailleurs &lt;em&gt;&#171; doivent int&#233;grer la sagesse et la civilit&#233; dans leur action &#187;&lt;/em&gt;. Il s'agissait de pr&#234;cher la reprise du travail aux deux plus gros centres industriels du pays. Les 7 000 ouvriers du complexe sid&#233;rurgique d'El Hadjar, pr&#232;s d'Anaba, ancienne entreprise publique devenue en 2001 propri&#233;t&#233; du groupe Arcelor-Mital, &#233;tait en gr&#232;ve contre la menace de fermeture d'un des ateliers, la cockerie, et le licenciement de 350 salari&#233;s. Sourds aux appels &#224; la sagesse, ils ont eu gain de cause. Simultan&#233;ment, l'usine automobile de Rouiba (dans la banlieue d'Alger), une entreprise toujours publique de 5 000 travailleurs, qui produit bus et camions, &#233;tait en gr&#232;ve contre l'accord salarial &#171; tripartite &#187; que venaient de passer patronat, gouvernent et UGTA, portant le salaire minimum de 12 000 dinars &#224; sa valeur actuelle de 15 000 dinars. Cette augmentation paraissait d&#233;risoire aux ouvriers au regard de la hausse du co&#251;t de la vie. Que dire aujourd'hui apr&#232;s les hausses vertigineuses de prix de l'ann&#233;e ! Les ouvriers de la SNVI avaient entra&#238;n&#233; avec eux quelque 5 000 autres travailleurs des entreprises voisines de la zone industrielle de Rouiba.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute l'ann&#233;e 2010 a &#233;t&#233; ponctu&#233;e en Alg&#233;rie de gr&#232;ves dans de nombreux secteurs, enseignants, forestiers, ouvriers d'une cimenterie Lafarge, cheminots&#8230;, anim&#233;es par des militants locaux de l'UGTA passant outre les appels au calme ou propositions de m&#233;diation de la direction nationale, ou dans le milieu enseignant par des militants des syndicats autonomes plus ind&#233;pendants du gouvernement. Jusqu'au d&#233;clenchement en ce d&#233;but janvier, au moment m&#234;me des &#233;meutes, d'une gr&#232;ve de plusieurs centaines de dockers d'Alger contre des suppressions de postes, cette fois en butte aussi &#224; l'accord pass&#233; entre la direction et des responsables syndicaux locaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est bien l&#224; la force qui pourrait donner des perspectives &#224; la jeunesse en r&#233;volte : unifier toutes les luttes &#233;parses sur les logements, les conditions de vie, le m&#233;pris des autorit&#233;s et la corruption. Si des travailleurs prenaient le chemin de la r&#233;volte et rendaient leurs luttes aussi rapidement contagieuses que l'ont &#233;t&#233; les &#233;meutes de la jeunesse. Car octobre 1988 est encore dans les m&#233;moires, rappelant comment un mouvement, celui qui a fini par avoir la peau du r&#233;gime de Chadli, peut &#234;tre escamot&#233; par quelques politiciens d&#233;mocrates, avant de tourner au cauchemar lorsque des d&#233;magogues r&#233;actionnaires et religieux apparaissent finalement comme les seuls opposants radicaux, faute de militants proposant une politique de classe aux opprim&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23 janvier 2011&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O.B.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_516 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH253/cauchemar-ae0b8.png?1526657219' width='400' height='253' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Orange et Jasmin
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		<dc:subject>Orange
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Tunisie
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		<dc:subject>R&#233;volutions arabes
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		<description>La Tunisie a beau &#234;tre le pays de l'orange et du jasmin, pour Orange, Aubade, T&#233;l&#233;performance, Alstom et quelques autres, elle a surtout l'odeur de flouze. Mais avec les &#233;v&#232;nements actuels, pour les patrons fran&#231;ais comme pour les notables tunisiens, &#231;a sent le roussi. &lt;br /&gt;Mauvaise saison pour Air Liquide qui venait juste d'ouvrir en d&#233;cembre dans ses usines tunisiennes une nouvelle unit&#233; de production d'oxyg&#232;ne et azote liquide d'un co&#251;t de 10 millions d'euros et une autre de gaz sp&#233;ciaux de haute puret&#233;&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La Tunisie a beau &#234;tre le pays de l'orange et du jasmin, pour Orange, Aubade, T&#233;l&#233;performance, Alstom et quelques autres, elle a surtout l'odeur de flouze. Mais avec les &#233;v&#232;nements actuels, pour les patrons fran&#231;ais comme pour les notables tunisiens, &#231;a sent le roussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mauvaise saison pour Air Liquide qui venait juste d'ouvrir en d&#233;cembre dans ses usines tunisiennes une nouvelle unit&#233; de production d'oxyg&#232;ne et azote liquide d'un co&#251;t de 10 millions d'euros et une autre de gaz sp&#233;ciaux de haute puret&#233; destin&#233;s aux Laboratoires et Analyses de la zone Maghreb et Egypte. Inqui&#233;tude pour Val&#233;o qui emploie pr&#232;s de 4 800 salari&#233;s dans ses trois usines et venait juste d'annoncer, le 3 janvier, la constitution d'une nouvelle soci&#233;t&#233;, Val&#233;o Tunisie, sp&#233;cialis&#233;e dans la fabrication, pour l'exportation de mat&#233;riels et &#233;quipements de commutation &#233;lectrique et de capteurs pour l'industrie automobile. Et Alstom avait sign&#233; il y a &#224; peine quelques mois, en juillet dernier, un contrat de 58 millions pour la prolongation et la maintenance du r&#233;seau de tram de Tunis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alstom faisait d&#233;j&#224; partie, comme Airbus, des principaux b&#233;n&#233;ficiaires des contrats sign&#233;s lors de la visite de Sarkozy &#224; son ami Ben Ali en avril 2008 : un contrat de 360 millions pour la construction d'une centrale thermique, pour le premier, une commande de 19 avions pour le second, pour la livraison desquels le groupe s'inqui&#232;te aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;EADS, Faurecia (filiale de PSA), Zodiac, Sagem, les banques BNP ou Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale, les compagnies d'assurances comme Groupama qui a 35 % dans la principale compagnie d'assurance tunisienne, les cha&#238;nes de supermarch&#233; Carrefour, Monoprix (toutes deux en collaboration avec des hommes d'affaires&#8230; de la famille Ben Ali) profitent des franchises accord&#233;es par le gouvernement et des bas salaires : un Smic &#224; 120 &#8364; pour 40 heures ou 140 &#8364; pour 48 heures par semaine.. Sans oublier bien s&#251;r le Club M&#233;diterran&#233;e. Tourisme, entreprises textiles et centres d'appels sont les principales activit&#233;s du pays : pr&#232;s de 7 millions de touristes par an, 190 000 ouvriers dans le textile, 130 centres d'appel d&#233;localis&#233;s en Tunisie, dont les seuls centres d'appels fran&#231;ais emploient 12 000 personnes &#224; des salaires d&#233;fiant toute concurrence (dont 4 000 pour le groupe Teleperformance).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec 1 250 entreprises en Tunisie, exploitant plus de 100 000 salari&#233;s, la France est le premier fournisseur et le premier client de la Tunisie (client donc souvent de ses propres entreprises install&#233;es l&#224;-bas). On comprend l'affection du pr&#233;sident fran&#231;ais (ou plut&#244;t des pr&#233;sidents successifs) pour son homologue tunisien, et les fleurs que les deux camarades socialistes Strauss-Kahn et Ben Ali s'envoyaient : le pr&#233;sident du FMI fait l'&#233;loge de &lt;em&gt;&#171; l'&#233;conomie tunisienne qui va bien, malgr&#233; la crise &#187; &lt;/em&gt;et serait &lt;em&gt;&#171; bon exemple &#224; suivre pour beaucoup de pays &#187;&lt;/em&gt;, le pr&#233;sident tunisien le d&#233;core en &#233;change de la rosette de Grand officier de l'ordre de la R&#233;publique. Accolade devant les cam&#233;ras de t&#233;l&#233;vision. Coupez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils n'avaient pas pr&#233;vu les d&#233;boires d'aujourd'hui. Qui commencent d&#233;j&#224; avec ceux de France Telecom. Le groupe avait cr&#233;&#233; en Tunisie sa filiale Orange Tunisie en association&#8230; avec Marwan Mabrouk, l'un des gendres de Ben Ali. Filiale qui, encore le 16 d&#233;cembre dernier, inaugurait son tout nouveau centre de d&#233;veloppement des applications mobiles en pr&#233;sence du ministre des technologies de Ben Ali. Interpell&#233; par les syndicats de France-T&#233;l&#233;com sur l'avenir d'Orange-Tunisie, dont le gendre d&#233;tient 51 %, la compagnie fran&#231;aise 49 %, le directeur Strat&#233;gie et Innovation de France T&#233;l&#233;com a r&#233;pondu, mardi 18 janvier, que, contrairement aux rumeurs, &lt;em&gt;&#171; Marwan Mabrouk est en Tunisie et il n'a jamais fui &#187;&lt;/em&gt;&#8230; mais gageons qu'il se planque. Ce grand strat&#232;ge ne voit donc aucun probl&#232;me sauf, reconna&#238;t-il, quelques &lt;em&gt;&#171; incertitudes juridiques &#187;&lt;/em&gt;. Orange am&#232;re !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O.B.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_517 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L300xH424/tunisie-4b3d4.png?1526449131' width='300' height='424' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> La gr&#232;ve de Gafsa en 2008&#8230; une exp&#233;rience encore fra&#238;che dans les m&#233;moires
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Tunisie
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		<dc:subject>R&#233;volutions arabes
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		<description>Le samedi 22 janvier, 300 manifestants partaient de la ville de Menzel Bouziane, &#224; 280 km au sud de Tunis, pour une marche vers la capitale, demandant la d&#233;mission du gouvernement. Via Regueb o&#249; plusieurs centaines d'autres manifestants les attendaient, alors que d'autres marches partaient le m&#234;me jour de Thala et Kasserine, trois villes o&#249; les 8 et 9 janvier la police a tir&#233; sur la foule faisant au mois 14 morts. Une autre marche est partie de Gafsa, un peu plus au sud, le centre du bassin minier&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le samedi 22 janvier, 300 manifestants partaient de la ville de Menzel Bouziane, &#224; 280 km au sud de Tunis, pour une marche vers la capitale, demandant la d&#233;mission du gouvernement. Via Regueb o&#249; plusieurs centaines d'autres manifestants les attendaient, alors que d'autres marches partaient le m&#234;me jour de Thala et Kasserine, trois villes o&#249; les 8 et 9 janvier la police a tir&#233; sur la foule faisant au mois 14 morts. Une autre marche est partie de Gafsa, un peu plus au sud, le centre du bassin minier o&#249; a eu lieu, il y a un peu plus de deux ans, l'une des plus grandes gr&#232;ves qu'ait connues le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette gr&#232;ve des mines de potasse de Gafsa avait d&#233;but&#233; le 5 janvier 2008. Apr&#232;s plusieurs restructurations les effectifs de la Compagnie des Phosphates de Gafsa (CPG), principale activit&#233; de toute la r&#233;gion, avaient &#233;t&#233; r&#233;duits de 14 000 &#224; 5 000. Il fallait r&#233;ussir un concours d'embauche pour faire partie des heureux qui y trouvaient un emploi. Et c'est la publication ce jour-l&#224; des r&#233;sultats visiblement frauduleux de ce concours qui a fait exploser la col&#232;re. La gr&#232;ve allait durer pr&#232;s de six mois, touchant tout le bassin minier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction centrale de l'UGTT n'&#233;tait pas l&#224; pour soutenir les gr&#233;vistes : elle commen&#231;ait la nouvelle campagne &#233;lectorale de Ben Ali. Mais pas plus la direction r&#233;gionale, devenue (selon les termes d'un reportage du Monde Diplomatique) &lt;em&gt;&#171; le centre d'une oligarchie qui ne fait plus b&#233;n&#233;ficier que ses amis et parents des miettes de la rente phosphati&#232;re &#187;&lt;/em&gt;. Ces miettes consistent en la distribution des emplois, des fonds de reconversion et primes de b&#233;n&#233;fices cog&#233;r&#233;s par la direction de la CPG et la petite coterie qui dirige l'UGTT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'&#224; cela ne tienne, les gr&#233;vistes allaient s'en passer. &#192; Redeyef, l'autre grande ville du bassin minier, pr&#232;s de la fronti&#232;re alg&#233;rienne, les gr&#233;vistes occup&#232;rent de force le local de l'UGTT de la ville et, malgr&#233; des tentatives d'expulsion, en firent le QG de la gr&#232;ve. Ils &#233;taient &#233;paul&#233;s par nombre de militants syndicaux de base, non seulement des mines, mais des autres secteurs, certains aussit&#244;t exclus ou &#171; suspendus &#187; par la direction de leurs syndicats, comme l'enseignant Adnane Hajji, l'un des leaders du mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plagiant les affiches de la campagne &#233;lectorale pr&#233;sidentielle &lt;em&gt;&#171; Ben Ali 2009 &#187;&lt;/em&gt;, des affichettes &lt;em&gt;&#171; Ben Ali 2080 &#187; ou &#171; Ben Ali 2500 &#187;&lt;/em&gt; fleurirent sur les murs du bassin minier. Finalement, Ben Ali n'aura d&#233;pass&#233; 2010 que de quelques jours !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans cette m&#234;me ville de Redeyef, encercl&#233;e par la police, que le 7 mai 2008 des femmes d&#233;cidaient de faire leurs bagages et partir toutes ensemble avec leurs familles : &lt;em&gt;&#171; Ils veulent cette ville, on la leur laisse &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Menac&#233;es par les autorit&#233;s d'&#234;tre consid&#233;r&#233;es comme &lt;em&gt;&#171; tra&#238;&#173;tres &#187;&lt;/em&gt; si elles s'approchaient de la fronti&#232;re alg&#233;rienne, elles finirent par revenir apr&#232;s leur coup d'&#233;clat reprendre le cours de la lutte. Une r&#233;sistance de pr&#232;s de six mois qui s'est termin&#233;e, outre deux morts, par l'arrestation en juin 2008 d'une quarantaine de militants syndicaux animateurs du mouvement, condamn&#233;s en d&#233;cembre &#224; des peines allant de un &#224; dix ans de prison &#8211; mais lib&#233;r&#233;s plus t&#244;t gr&#226;ce aux campagnes de protestation.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='On peut trouver un dossier sur cette gr&#232;ve rassembl&#233; par le Comit&#233; pour le (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La classe ouvri&#232;re tunisienne ne manque ni de d&#233;termination ni d'exp&#233;rience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O.B.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_518 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L300xH403/alliot-3b0ac.png?1526657219' width='300' height='403' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;On peut trouver un dossier sur cette gr&#232;ve rassembl&#233; par le Comit&#233; pour le respect des libert&#233;s et des droits de l'Homme en Tunisie (CRLDHT) et la F&#233;d&#233;ration des Tunisiens pour une Citoyennet&#233; des deux Rives (FTCR) &#224; l'adresse internet : &lt;a href=&#034;http://berthoalain.files.wordpress.com/2008/07/dossier-ftcr-crldht-final-3.pdf&#034; class='spip_url spip_out' rel='external'&gt;http://berthoalain.files.wordpress....&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Tunisie : &#171; Ils ont vol&#233; nos richesses, ils ne voleront pas notre r&#233;volution &#187;
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Tunisie-Ils-ont-vole-nos-richesses-ils-ne-voleront-pas-notre-revolution</link>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Tunisie
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		<description>&#171; Ils ont vol&#233; nos richesses, ils ne voleront pas notre r&#233;volution &#187;, c'est l'un des slogans que les marcheurs, venus des villes de province sur Tunis, criaient le dimanche 23 janvier sous les fen&#234;tres du gouvernement de Mohamed Ghanouchi. &lt;br /&gt;Le peuple tunisien semble toujours bien d&#233;cid&#233; &#224; ne pas se laisser usurper sa r&#233;volution. Ni les concessions tardives de Ben Ali le 13 janvier (promesses de 300 000 emplois et de ne pas faire un nouveau mandat), ni sa chute le 14, ni la formation d'un gouvernement &#171; &lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; Ils ont vol&#233; nos richesses, ils ne voleront pas notre r&#233;volution &#187;,&lt;/em&gt; c'est l'un des slogans que les marcheurs, venus des villes de province sur Tunis, criaient le dimanche 23 janvier sous les fen&#234;tres du gouvernement de Mohamed Ghanouchi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peuple tunisien semble toujours bien d&#233;cid&#233; &#224; ne pas se laisser usurper sa r&#233;volution. Ni les concessions tardives de Ben Ali le 13 janvier (promesses de 300 000 emplois et de ne pas faire un nouveau mandat), ni sa chute le 14, ni la formation d'un gouvernement &#171; d'union nationale &#187; le 17, incluant plusieurs ministres de l'opposition et de la centrale syndicale UGTT, n'ont r&#233;ussi &#224; calmer la rue. Elle a continu&#233; &#224; manifester contre un gouvernement de mascarade, dirig&#233; par l'ancien premier ministre de Ben Ali, et o&#249; son parti, le RCD, gardait tous les postes cl&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le nouveau gouvernement provisoire&#8230; trop vu trop connu !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le lundi 17 janvier, d&#232;s l'annonce de la composition du nouveau gouvernement, l'un des cort&#232;ges de manifestants auquel &lt;em&gt;&#171; ont pris part beaucoup de femmes et surtout des syndicalistes &#187;&lt;/em&gt; (selon le reportage du journal alg&#233;rien El Watan) s'est dirig&#233; vers le si&#232;ge de l'UGTT qui &lt;em&gt;&#171; se vide rapidement de ses cadres qui semblent fuir de peur d'affronter les militants de l'union &#187;&lt;/em&gt;. Le seul membre du bureau ex&#233;cutif qui se fait &lt;em&gt;&#171; coincer &#187;&lt;/em&gt; s'empresse de s'excuser en affirmant que ce gouvernement &lt;em&gt;&#171; est charg&#233; juste d'assurer la transition et pr&#233;parer les &#233;lections ; par la suite ce sera &#224; celui qui a le plus de popularit&#233; de l'emporter &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car si nombre de militants syndicaux et responsables locaux ont jou&#233; un r&#244;le dans le d&#233;veloppement du mouvement qui a renvers&#233; Ben Ali, la direction de l'UGTT a plut&#244;t jou&#233; celui de frein. Certes le syndicat unique tunisien n'a pas &#233;t&#233; tout au long de son histoire inf&#233;od&#233; au pouvoir politique, comme l'est l'UGTA en Alg&#233;rie. Un de ses fondateurs, Habib Achour, avait m&#234;me &#233;t&#233; condamn&#233; aux travaux forc&#233;s sous Bourguiba pour participation aux &#233;meutes de 1978. Mais la direction d'aujourd'hui, qui avait appel&#233; &#224; voter Ben Ali &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2009, l'a quasiment soutenu jusqu'au bout. Le 12 janvier encore, en sortant d'une rencontre avec Ben Ali, le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral d&#233;clarait avoir &lt;em&gt;&#171; trouv&#233; aupr&#232;s du Pr&#233;sident de la R&#233;publique une vision profonde des principaux probl&#232;mes et de leurs causes et une volont&#233; de les r&#233;soudre &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ou plut&#244;t aux journ&#233;es de gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales dans certaines villes ou r&#233;gions, comme &#224; Sfax le 12 janvier o&#249; 40 000 personnes ont envahi les rues, qui ont contribu&#233; &#224; la chute du r&#233;gime, la centrale n'y a pas franchement appel&#233; : elle s'est content&#233;e de donner le feu vert aux initiatives des instances locales ou r&#233;gionales. &#192; Tunis m&#234;me l'appel officiel &#224; la &#171; gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#187; n'&#233;tait que de 2 heures le 14 janvier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le mardi 18, devant l'hostilit&#233; de la rue et de leurs propres militants, les trois repr&#233;sentants de la centrale syndicale qui avaient accept&#233; des postes de ministres donnaient leur d&#233;mission : &lt;em&gt;&#171; cette composition n'est pas en harmonie avec les aspirations et les attentes des travailleurs &#187;&lt;/em&gt; d&#233;couvrait le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la conf&#233;d&#233;ration. Il &#233;tait temps, les prestations de serment des quatre ministres d&#233;missionnaires &#233;taient d&#233;j&#224; enregistr&#233;es, mais pas encore pass&#233;es &#224; la t&#233;l&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;D&#233;mocrates de service&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans la journ&#233;e un autre ministre suivait leur exemple : le pr&#233;sident du Forum d&#233;mocratique pour le travail et la libert&#233; qui avait accept&#233; le minist&#232;re de la sant&#233; (le FDTL est membre consultatif de l'Internationale Socialiste, le RCD de Ben Ali en &#233;tant jusqu'au 18 janvier le membre titulaire&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Ladite Internationale socialiste, certes ombre de son ombre, ayant exclu (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;). Ce Mustafa Ben Jaafar avait jou&#233; la mauvaise carte : vu &lt;em&gt;&#171; l'ampleur du rejet &lt;/em&gt;[&#8230;] &lt;em&gt;il faut un gouvernement de rupture &#187;&lt;/em&gt;, se ravisa-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chef de file d'Ettajdid (ancien Parti communiste tunisien rebaptis&#233; &#171; Renouveau &#187;), devenu ministre de l'enseignement sup&#233;rieur, se contentait de menacer de partir si &lt;em&gt;&#171; le Premier ministre et le pr&#233;sident par int&#233;rim ne se retirent pas du parti de Ben Ali, le Rassemblement constitutionnel d&#233;mocratique &#187;.&lt;/em&gt; Qu'&#224; cela ne tienne, le pr&#233;sident et tous les ministres ont d&#233;missionn&#233;&#8230; du RCD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est rest&#233; sur son strapontin (de secr&#233;taire d'&#201;tat &#224; la jeunesse et aux sports) le petit roi du web, ce jeune codirigeant d'une petite soci&#233;t&#233; d'informatique qui aurait, dit-on, attis&#233; de son compte Twitter la r&#233;volution du jasmin, cyber-r&#233;volution du XXI&#176; si&#232;cle. Il en a tir&#233; un poste et se sent bien au milieu des anciens ministres de Ben Ali : on a besoin d'eux, affirme-t-il, &lt;em&gt;&#171; si vous voulez des gens qui ont du m&#233;tier&#8230; &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est rest&#233; aussi le fondateur du Parti d&#233;mocratique progressiste (PDP). Pr&#233;sent&#233; il y a peu comme le principal parti tunisien d'opposition, il d&#233;clare aujourd'hui que vouloir bannir le RCD n'a pas de sens : &lt;em&gt;&#171; La rue peut r&#233;clamer ce qu'elle veut mais il ne faut pas r&#233;pondre &#224; ses exigences si elle a tort. &#187; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y avait plus qu'&#224; tenter de bannir la rue. Jeudi 20, le premier acte du nouveau gouvernement a &#233;t&#233; de d&#233;cr&#233;ter trois jours de deuil national en l'honneur des victimes de la r&#233;pression. Dans l'espoir de vider &#224; cette occasion la rue des manifestations qui s'y poursuivaient toujours.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Se charger du nettoyage soi-m&#234;me&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pendant que se tenait sa premi&#232;re r&#233;union, les manifestants envahissaient le si&#232;ge du RCD, ce parti qui r&#233;unissait jusque-l&#224; tous les dirigeants petits ou grands du pays, des maires de villages aux hommes d'affaires (ou mafieux) bien plac&#233;s, et affichait officiellement plus de 2 millions de membres (sur 10 millions d'habitants). Les manifestants bazardaient du toit de l'immeuble l'embl&#232;me, que pr&#233;sident et ministres avaient tout juste eu le temps eux-m&#234;mes de laisser tomber.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus concr&#232;te fut la chasse faite non seulement aux membres notoires du clan Ben Ali mais aussi &#224; nombre de notables du r&#233;gime, dont la presse cite plusieurs exemples : des officiers de police pourchass&#233;s, un maire destitu&#233; par ses administr&#233;s, des PDG vir&#233;s de leurs postes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vendredi 21 janvier, drapeaux en bernes et versets du Coran &#224; la radio, le deuil d&#233;butait. Sans paralyser tous ceux qui estimaient avoir mieux &#224; faire. Des centaines de manifestants d&#233;filaient &#224; nouveau sur la principale art&#232;re de Tunis en scandant leur refus de ce gouvernement. 400 autres se rassemblaient devant le si&#232;ge de la Compagnie des transports tunisiens : elle &lt;em&gt;&#171; abrite des gens corrompus et il est temps de reprendre nos droits&#8230; On ne va pas se taire &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car on assiste aussi dans des entreprises &#224; la chasse men&#233;e par des salari&#233;s contre des patrons ou directeurs compromis avec le pouvoir. Les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales se multiplient pour discuter et contr&#244;ler ce qui se passe. Et il y a de quoi faire, du PDG de la compagnie Tunisair, &lt;em&gt;&#171; dont le nom figure dans un livre &#224; charge sur la famille Ben Ali &#187;&lt;/em&gt; (selon le journal &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt;) et que ses employ&#233;s ont pris &#224; partie, aux directeurs de la soci&#233;t&#233; de t&#233;l&#233;communications Orange Tunisie, d&#233;tenue &#224; part &#233;gale par France T&#233;l&#233;com et une soci&#233;t&#233; tunisienne appartenant &#224; un gendre de Ben Ali.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend que de peur de passer lui aussi &#224; la casserole, le directeur de la branche tunisienne de la soci&#233;t&#233; de restauration Sodexo s'empresse de montrer qu'il ne mange d&#233;sormais plus de ce pain-l&#224;. Pr&#233;sident du Centre des jeunes dirigeants (CJD), il demande au nom de son organisation de jeunes patrons la d&#233;mission du pr&#233;sident de l'UTICA, le Medef tunisien, &lt;em&gt;&#171; afin de permettre &#224; l'organisation patronale de jouer son r&#244;le dans la crise actuelle &#187;.&lt;/em&gt; Chose faite mercredi 19 janvier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est plus difficile de savoir, au travers des seuls reportages de la presse, ce que repr&#233;sentent r&#233;ellement les comit&#233;s de vigilance ou comit&#233;s d'auto-d&#233;fense qui (selon &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; du 18 janvier)&lt;em&gt; &#171; ont pouss&#233; comme des champignons&#8230; dans les villes et villages &#187;&lt;/em&gt;. Ils sont probablement de toutes sortes, allant de ceux qui se sont organis&#233;s spontan&#233;ment pour prot&#233;ger leurs quartiers des pillages ou des exactions de groupes arm&#233;s fortement soup&#231;onn&#233;s d'&#234;tre li&#233;s &#224; la police, &#224; ceux qui ont d&#233;cid&#233; de ne faire confiance qu'&#224; eux-m&#234;mes, &#224; leurs voisins ou camarades de travail pour faire la police et contr&#244;ler tout ce qui se passe, y compris aux postes de police ou dans les comptes de la mairie. En passant par ceux qui, comme cet &#233;tudiant cit&#233; par &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; du 18 janvier, pensent que &#171; &lt;em&gt;les soldats ne sont pas assez nombreux, il faut les aider &#187;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est bien en s'organisant elle-m&#234;me, en contr&#244;lant elle-m&#234;me voire en s'armant elle-m&#234;me, que la population se donne les moyens de ne pas se laisser usurper sa premi&#232;re et spectaculaire victoire. Pas en s'en remettant &#224; un gouvernement de rechange ou &#224; des g&#233;n&#233;raux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_515 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH159/armee-da886.png?1526657219' width='400' height='159' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le mythe de l'arm&#233;e populaire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une arm&#233;e tunisienne qui, &#224; la diff&#233;rence d'une police incontr&#244;lable et corrompue, serait du c&#244;t&#233; du peuple et l'aurait prot&#233;g&#233;, est un mythe. Son r&#244;le ces derni&#232;res semaines a certes cr&#233;&#233; des illusions. M&#233;dias et monde politique, y compris d'opposition, les ont largement cultiv&#233;es. Oubliant de rappeler que Ben Ali &#233;tait g&#233;n&#233;ral, avait &#233;t&#233; plac&#233; par Bourguiba &#224; la t&#234;te de la s&#233;curit&#233; nationale &#224; la suite des sanglantes &#233;meutes du pain de 1984, avant de devenir ministre de l'Int&#233;rieur, puis d'&#233;vincer trois ans plus tard le vieux pr&#233;sident gr&#226;ce &#224; son poids dans l'arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'arm&#233;e tunisienne n'est pas intervenue dans la r&#233;pression, c'est que l'&#201;tat major a finalement fait le choix de l&#226;cher Ben Ali. Les pressions des &#201;tats-Unis (&#233;videmment pas de Sarkozy ni d'Alliot-Marie) pour trouver une &lt;em&gt;&#171; solution pacifique &#187;&lt;/em&gt; parce que &lt;em&gt;&#171; nous sommes inquiets quant aux troubles et &#224; l'instabilit&#233; &#187;&lt;/em&gt;, selon les termes de la Secr&#233;taire d'&#201;tat Hillary Clinton, n'y sont pas pour rien. L'arm&#233;e est donc rest&#233;e en marge, son chef d'&#201;tat-major, le g&#233;n&#233;ral Rachid Ammar s'illustrant par son refus de faire tirer sur les manifestants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il ne faudrait pas s'y laisser prendre. Blanchie ainsi, l'arm&#233;e est en meilleure position pour assurer la stabilit&#233; de l'&#201;tat, des banques et des affaires. Tout simplement. Et en meilleure position aussi pour &#233;ventuellement trancher entre les concurrents au pouvoir, ou assurer le pouvoir elle-m&#234;me, si les professionnels de la politique n'arrivaient pas &#224; trouver entre eux une combinaison capable de gouverner. C'est le souci primordial d'assurer l'ordre contre les pauvres et la stabilit&#233; pour les affaires, qui am&#232;ne les partis politiques &#224; encenser l'arm&#233;e. C'est vrai de tous les partis politiques, d'opposition ou pas, qui se sont mis sur le devant de la sc&#232;ne, qu'ils aient accept&#233; ou refus&#233; de tremper dans ce premier gouvernement de coalition. D'autant qu'en Tunisie l'autre pilier du pouvoir, la police, est pour l'instant d&#233;consid&#233;r&#233;e. M&#234;me si elle tente ces derniers jours de se r&#233;habiliter : responsables mis &#224; l'arri&#232;re plan, confessions publiques et demande des policiers de base &#224; l'UGTT de se syndiquer, et m&#234;me manifestations de policiers en quelque sorte d&#233;froqu&#233;s dans la rue. Mais il est certain que le principal rempart du pouvoir des classes riches et du monde des banques, tour-operators ou industriels implant&#233;s en Tunisie reste cette arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les partis en lice ne r&#234;vent que de ramener aux urnes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Certains des partis d'opposition, se voulant plus radicaux, mettent en avant l'id&#233;e d'une &lt;em&gt;&#171; constituante &#187;&lt;/em&gt; qui romprait vraiment avec le r&#233;gime Ben Ali. C'est y compris ce que d&#233;fend le Parti communiste des ouvriers (PCOT, ex-mao&#239;ste) dont le dirigeant Hamma Hammami, jusque l&#224; contraint &#224; la clandestinit&#233;, avait &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; au d&#233;but des &#233;v&#232;nements et qui critique non seulement la participation de partis d'opposition &#224; ce gouvernement mais aussi l'attitude g&#233;n&#233;rale des dirigeants de l'UGTT. Arguant que la constitution avait &#233;t&#233; &lt;em&gt;&#171; maintes fois amend&#233;e &#224; son profit &#187;&lt;/em&gt;, il estime qu'&lt;em&gt;&#171; il nous faut donc un nouveau texte &#187;&lt;/em&gt; et que &lt;em&gt;&#171; pour pr&#233;parer l'assembl&#233;e constituante, nous avons besoin d'un gouvernement form&#233; d'hommes et de femmes sans liens avec l'ancien r&#233;gime &#187;&lt;/em&gt; afin de &lt;em&gt;&#171; jeter les bases d'une d&#233;mocratie en Tunisie, dans un d&#233;lai de trois &#224; six mois, si le climat politique le permet &#187;&lt;/em&gt;. Tout comme, suivant le train de tous les autres partis, il se f&#233;licite du r&#244;le jou&#233; par l'arm&#233;e qui&lt;em&gt; &#171; s'est donn&#233; pour mission de prot&#233;ger les populations civiles et les biens publics et priv&#233;s. Son r&#244;le a &#233;t&#233; positif &#187;&lt;/em&gt;. M&#234;me s'il souligne qu'une prolongation de l'&#201;tat d'urgence constituerait &lt;em&gt;&#171; &#233;galement une menace pour le processus d&#233;mocratique &#187;&lt;/em&gt; et demande &lt;em&gt;&#171; que l'arm&#233;e rentre dans les casernes le plus t&#244;t possible, d&#232;s que l'ordre sera r&#233;tabli &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ordre qui d&#233;fendrait les int&#233;r&#234;ts de pauvres, c'est celui que peuvent imposer les travailleurs qui contr&#244;lent les rues, les quartiers et les entreprises. Rien de ce qui a chang&#233; si rapidement en Tunisie n'est venu du gouvernement ou des institutions. Tout est venu de la mobilisation elle-m&#234;me, parce qu'elle n'a pas faibli et au contraire s'est approfondie. Un des pi&#232;ges bien connu des classes dominantes dans pareille r&#233;volution est de faire abandonner aux classes populaires leur propre intervention sur leur terrain de classe, pour les ramener sur le seul terrain des urnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, la revendication d'une assembl&#233;e constituante par certains partis d'opposition ressemble davantage &#224; l'envie d'un rapide repl&#226;trage, d'une tentative d'aiguillage du mouvement sur un terrain institutionnel (f&#251;t-il &#171; constituant &#187;) qui changerait peut-&#234;tre les r&#232;gles du jeu entre les partis candidats au pouvoir, mais pas le jeu de dupes pour les travailleurs et les couches pauvres qui s'y laisseraient prendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_514 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH213/urne-2-b4580.png?1526657219' width='400' height='213' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La force de la mobilisation populaire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour pr&#233;server la libert&#233; qu'elle vient d'acqu&#233;rir, pour faire avancer ses revendications &#233;conomiques, un emploi, un meilleur salaire, une vie d&#233;cente, pour se d&#233;barrasser non seulement du pillage exerc&#233; par la famille Ben Ali, mais de l'exploitation en g&#233;n&#233;ral, celle des patrons tunisiens et des trusts mondiaux, et pour imposer le maximum de libert&#233;s d&#233;mocratiques, la population ne peut compter que sur ses propres forces. On voit la mobilisation &#224; l'&#339;uvre au jour le jour, et son efficacit&#233;. La classe ouvri&#232;re tunisienne, dont sa jeunesse, y joue un r&#244;le, elle qui a un riche pass&#233; de luttes. Et les &#233;v&#232;nements des semaines pass&#233;es ont montr&#233; que pourrait venir &#224; la rescousse la r&#233;volte des travailleurs et classes populaires d'Alg&#233;rie, et d'ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24 janvier 2011&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Olivier BELIN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ladite Internationale socialiste, certes ombre de son ombre, ayant exclu Ben Ali et son parti de ses rangs le 18 janvier 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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