<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
	<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/</link>
	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskyste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>

	<image>
		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
		<url>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L144xH19/siteon0-663c7.png?1526421719</url>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/</link>
		<height>19</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title> Chez Lejaby (Rh&#244;ne-Alpes) : les ouvri&#232;res face aux gros bonnets de la confection
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Chez-Lejaby-Rhone-Alpes-les-ouvrieres-face-aux-gros-bonnets-de-la-confection</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Chez-Lejaby-Rhone-Alpes-les-ouvrieres-face-aux-gros-bonnets-de-la-confection</guid>
		<dc:date>2010-10-23T15:40:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Entreprises
</dc:subject>
		<dc:subject>Licenciements
</dc:subject>

		<description>Lyon, jeudi 23 septembre 2010 : dans le cort&#232;ge de quelque 40 000 manifestants contre la casse des retraites, une banderole se fait remarquer : &#171; Lejaby doit vivre, non &#224; la d&#233;localisation &#187;. Derri&#232;re elle, trois ouvri&#232;res de l'usine de Bourg-en-Bresse du fabricant de lingerie. Sur son passage, applaudissements, t&#233;moignages de soutien en tous genres et un nombre incalculable de photographies. &lt;br /&gt;C'est que, depuis tout juste une semaine alors, les ouvri&#232;res de trois sites de Lejaby (Bourg-en-Bresse et&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Luttes-contre-les-licenciements-et-les-suppressions-d-effectifs-" rel="directory"&gt;Luttes contre les licenciements et les suppressions d'effectifs
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Entreprises-72-+" rel="tag"&gt;Entreprises
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Licenciements-+" rel="tag"&gt;Licenciements
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lyon, jeudi 23 septembre 2010 : dans le cort&#232;ge de quelque 40 000 manifestants contre la casse des retraites, une banderole se fait remarquer : &lt;em&gt;&#171; Lejaby doit vivre, non &#224; la d&#233;localisation &#187;&lt;/em&gt;. Derri&#232;re elle, trois ouvri&#232;res de l'usine de Bourg-en-Bresse du fabricant de lingerie. Sur son passage, applaudissements, t&#233;moignages de soutien en tous genres et un nombre incalculable de photographies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que, depuis tout juste une semaine alors, les ouvri&#232;res de trois sites de Lejaby (Bourg-en-Bresse et Bellegarde dans l'Ain et Le Teil en Ard&#232;che) se relaient pour occuper le si&#232;ge social de l'entreprise &#224; Rillieux-la-Pape en proche banlieue lyonnaise. Avec l'annonce de la fermeture de ces trois usines, ce sont 197 emplois (sur les 650 que Lejaby compte en France) que le patron entend supprimer. Depuis que ces ouvri&#232;res ont d&#233;cid&#233; l'occupation le jeudi 16 septembre, l'&#233;cho de leur lutte ne fait que s'amplifier. La solidarit&#233; ouvri&#232;re ne se d&#233;ment pas : plusieurs d&#233;l&#233;gations de syndicalistes sont venues les voir, de l'usine voisine d'Anoflex (filiale de Continental), de Sanofi ou de la SNCF, et beaucoup de monde vient tous les jours &#224; leur piquet t&#233;moigner leur solidarit&#233; mat&#233;rielle et morale. C'est cela &#8211; le fait qu'elles sont devenues un symbole de la lutte contre les licenciements &#8211; qui s'exprime encore dans le cort&#232;ge... &#224; leur propre &#233;tonnement : &lt;em&gt;&#171; On a &#233;t&#233; vraiment surprises de ce soutien, on s'est rendu compte-l&#224; qu'on repr&#233;sentait quelque chose pour les gens &#187;&lt;/em&gt;, se souviendra Julia, ouvri&#232;re &#224; Bourg depuis 9 ans.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Du d&#233;sespoir &#224; la col&#232;re&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le 31 mars dernier, la direction de Lejaby annonce sa d&#233;cision de fermer trois usines de la r&#233;gion Rh&#244;ne-Alpes et de proc&#233;der &#224; 197 licenciements. Un pr&#233;c&#233;dent plan, en 2003, avait d&#233;j&#224; entra&#238;n&#233; plus de 200 licenciements alors que, depuis 2001, pas une ouvri&#232;re n'a &#233;t&#233; embauch&#233;e par l'entreprise. Ces derniers mois, l'inqui&#233;tude &#233;tait mont&#233;e &#224; Bourg avec des p&#233;riodes r&#233;p&#233;t&#233;es de ch&#244;mage partiel. Anissa, 18 ans d'usine &#224; Bourg, se rappelle l'annonce de la fermeture des trois usines : &lt;em&gt;&#171; La r&#233;action tout de suite, &#231;a a &#233;t&#233; des filles qui pleuraient, certaines faisaient des malaises, il y a m&#234;me eu des ambulances qui sont venues dans la cour... C'&#233;tait catastrophique &#187;.&lt;/em&gt; Mais, bient&#244;t, l'ambiance change. On d&#233;couvre aussi que le propri&#233;taire de l'entreprise, l'autrichien Palmers, en m&#234;me temps qu'il lance son &#171; plan social &#187;, attaque l'Am&#233;ricain Warnaco &#224; qui il a achet&#233; l'entreprise en 2008, estimant avoir &#233;t&#233; alors mal inform&#233; sur l'&#171; &#233;tat de sant&#233; &#187; financier de la soci&#233;t&#233; et demande l'annulation de cette vente. Le Comit&#233; d'Entreprise attaque alors Lejaby pour annuler le plan social. Le d&#233;sespoir laisse la place &#224; la col&#232;re, puis &#224; l'envie de se battre. Le 16 septembre, les ouvri&#232;res d&#233;cident de venir au si&#232;ge de Rillieux o&#249; se tient la r&#233;union du Comit&#233; central d'entreprise... et d'y rester. &lt;em&gt;&#171; &#199;a a &#233;t&#233; vraiment au pied lev&#233;,&lt;/em&gt; raconte Anissa, &lt;em&gt;et &#231;a a d&#233;marr&#233; au quart de tour &#187;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Deux semaines de bras de fer&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'ensemble des syndicats (CGT et CFDT) des trois sites participe au mouvement. Imm&#233;diatement, l'occupation s'organise. Un roulement est institu&#233; : une bonne cinquantaine d'ouvri&#232;res tiennent les piquets de jour et au moins une vingtaine de nuit. Tous les aspects de la vie mat&#233;rielle sont pris en charge collectivement. &#192; Rillieux, il n'y a plus de production depuis le plan de 2003 mais il reste, outre les bureaux de la direction, des bureaux d'&#233;tude et, surtout, les entrep&#244;ts. Durant quinze jours, pas un camion n'entrera ou ne sortira.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction, aveugl&#233;e par son m&#233;pris, ne r&#233;agit pas durant les premiers jours. Le mercredi 22 elle consent &#224; l'ouverture de n&#233;gociations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces ouvri&#232;res, dont c'est souvent le premier mouvement de gr&#232;ve, sont confront&#233;es &#224; tous les probl&#232;mes d'une telle lutte. D'abord celui des revendications : se battre pour conserver les emplois ou pour une prime de d&#233;part ? La discussion traverse les gr&#233;vistes. Dans les faits, le sentiment qu'il est impossible d'obtenir le retrait du plan tend &#224; s'imposer. Concernant le montant de prime extra-l&#233;gale demand&#233;e, c'est initialement celui de 70 000 &#8364; net par personne qui re&#231;oit l'assentiment g&#233;n&#233;ral. Mais, sous la pression du discours patronal (&#171; nos poches sont vides &#187;) et aussi des d&#233;saccords entre syndicats des diff&#233;rents sites, c'est finalement la revendication de 20 000 &#8364; net que la d&#233;l&#233;gation syndicale pr&#233;sente aux n&#233;gociations du 22 &#8211; sans que l'ensemble des gr&#233;vistes ait eu l'occasion de le discuter ou d&#233;cider.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Pressions patronales&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les ouvri&#232;res de Lejaby ont face &#224; elles un patron de combat en mission, embauch&#233; tout sp&#233;cialement pour conduire le plan apr&#232;s avoir accompli le m&#234;me genre de sale besogne chez Eminence. &#192; partir du mercredi 22 au soir, des vigiles sont embauch&#233;s afin d'emp&#234;cher l'acc&#232;s des journalistes. Ce m&#234;me jour, les ouvri&#232;res apprennent que cinq d'entre elles sont assign&#233;es &#224; compara&#238;tre devant le tribunal, la direction exigeant la lev&#233;e du blocage. L'audience est fix&#233;e au lundi 27 septembre. Pour la grande majorit&#233; des gr&#233;vistes, ce blocage repr&#233;sente leur principale force. Elles envisagent difficilement la possibilit&#233; de poursuivre la lutte si elles sont contraintes de le lever. Pourtant, &#224; mesure que l'&#233;ch&#233;ance de ce 27 septembre se rapproche et alors que, dans les n&#233;gociations, le patron refuse de monter au-del&#224; des 12 500 euros brut de prime extra-l&#233;gale, l'id&#233;e fait son chemin qu'il faudra peut-&#234;tre se tourner vers l'ext&#233;rieur, se faire voir, et aller voir les autres &#8211; id&#233;e renforc&#233;e par la manifestation constante du soutien de la population, comme des travailleuses du site de Rillieux m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Petit coup de th&#233;&#226;tre&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Contre l'attente de tous, l'audience du 27 septembre se conclut par le renvoi de la d&#233;cision au jeudi suivant. Ce sursis est accueilli comme une victoire, la possibilit&#233; de maintenir le blocage quelques jours suppl&#233;mentaires&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Finalement, ce n'est qu'apr&#232;s la lutte, le 30 septembre, que la d&#233;cision sera (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Les &#233;v&#233;nements s'acc&#233;l&#232;rent alors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cho, le soutien manifest&#233; dans la population et parmi les travailleurs commence &#224; poser un probl&#232;me politique au-del&#224; du seul cas de Lejaby. Ce qui n'a pas &#233;chapp&#233; au gouvernement. D'o&#249; la tirade du ministre Estrosi &#224; l'Assembl&#233;e, saluant sans rire &lt;em&gt;&#171; l'action des femmes salari&#233;es qui m&#232;nent avec beaucoup de courage un formidable combat &#187;&lt;/em&gt;. Et &#171; Escrosi &#187; (comme l'avaient surnomm&#233; en leur temps les travailleurs en lutte de New Fabris) d'ajouter : &lt;em&gt;&#171; Cette situation est pour le gouvernement totalement inacceptable &#187;&lt;/em&gt;. Cela au moins est probablement vrai. Mais ce qu'il y a d'inacceptable pour lui, c'est de voir une telle lutte se poursuivre, et risquer de donner des id&#233;es &#224; d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Marchandages gouvernementaux&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Du coup, les repr&#233;sentants de la pr&#233;fecture, par la m&#233;diation du directeur r&#233;gional du travail, obtiennent que la direction l&#226;che un peu. Oh, juste le strict minimum qui, combin&#233; &#224; la fatigue de deux semaines de mouvement, permette d'obtenir la fin du conflit. R&#233;sultat : une prime extra-l&#233;gale de 15 000 &#8364; brut pour toutes, plus 600 &#8364; par an d'anciennet&#233; pour les cinq premi&#232;res ann&#233;es, et 500 &#8364; par an pour les suivantes. La direction conc&#232;de, en outre, le paiement int&#233;gral des jours de gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le vote&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette proposition est soumise au vote des gr&#233;vistes le mercredi 27 septembre et re&#231;oit l'assentiment de 118 votantes sur 147, entra&#238;nant dans la foul&#233;e la lev&#233;e du blocage. Le r&#233;sultat obtenu, s'il repr&#233;sente le double de ce que le patron proposait initialement, est bien loin de ce que les ouvri&#232;res de Lejaby r&#233;clamaient. Bien loin, surtout, de ce qui serait n&#233;cessaire pour vivre le temps de retrouver un emploi dans un secteur industriel largement sinistr&#233;. Le vote a &#233;t&#233; tr&#232;s majoritaire non pas parce que la proposition est satisfaisante, mais de crainte d'une lev&#233;e forc&#233;e du blocage pour le lendemain. Pour le noyau le plus actif du mouvement, qui a pour l'essentiel vot&#233; contre la proposition, le d&#233;nouement est amer. Elles sont conscientes que le patron, quoi qu'il en dise, a largement les moyens de donner davantage. Comme le r&#233;sume Julia quelques minutes apr&#232;s le vote : &lt;em&gt;&#171; Ils auraient pu donner beaucoup plus, alors on se dit, &#171; tout &#231;a pour &#231;a &#187; ; mais on a montr&#233; que des femmes peuvent se battre et qu'on n'est pas soumises &#224; leur loi du fric &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autant que le soutien manifeste de la part des travailleurs de la r&#233;gion montre que ces luttes contre les licenciements concernent l'ensemble du monde du travail, et que la r&#233;ponse n&#233;cessaire reste une v&#233;ritable lutte d'ensemble pour interdire les licenciements... et flanquer aux patrons la d&#233;culott&#233;e qu'ils m&#233;ritent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Yves LEFORT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_503 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L300xH190/lejaby-4ee8b.png?1526732196' width='300' height='190' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Finalement, ce n'est qu'apr&#232;s la lutte, le 30 septembre, que la d&#233;cision sera rendue : le tribunal d&#233;boute la direction, offrant symboliquement une petite victoire morale aux gr&#233;vistes et renfor&#231;ant le sentiment du bien-fond&#233; de leur lutte.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Travailleurs sans-papiers en lutte : &#171; Cent papiers&#8230; mais toujours pas le bon &#187; ?
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Travailleurs-sans-papiers-en-lutte-Cent-papiers-mais-toujours-pas-le-bon</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Travailleurs-sans-papiers-en-lutte-Cent-papiers-mais-toujours-pas-le-bon</guid>
		<dc:date>2010-10-23T15:40:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>sans-papiers
</dc:subject>

		<description>Le 18 juin, apr&#232;s huit mois de gr&#232;ve, les travailleurs sans-papiers levaient leur occupation devant l'Op&#233;ra Bastille. Bataille gagn&#233;e ? Beaucoup l'ont esp&#233;r&#233;. Et ont d&#233;pos&#233; d&#233;j&#224; quelque 2 000 dossiers de r&#233;gularisation, dont certains depuis d&#233;but ao&#251;t&#8230; Mais silence radio des pr&#233;fectures ! Face auquel les gr&#233;vistes ont entam&#233;, depuis le jeudi 7 octobre, l'occupation d'un nouveau lieu, symbolique : la Cit&#233; Nationale de l'histoire de l'Immigration &#224; Paris. &lt;br /&gt;Une longue lutte &lt;br /&gt;La lutte de 6 800 travailleurs, soutenus&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-71-octobre-2010-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 71, octobre 2010
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-sans-papiers-+" rel="tag"&gt;sans-papiers
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 18 juin, apr&#232;s huit mois de gr&#232;ve, les travailleurs sans-papiers levaient leur occupation devant l'Op&#233;ra Bastille. Bataille gagn&#233;e ? Beaucoup l'ont esp&#233;r&#233;. Et ont d&#233;pos&#233; d&#233;j&#224; quelque 2 000 dossiers de r&#233;gularisation, dont certains depuis d&#233;but ao&#251;t&#8230; Mais silence radio des pr&#233;fectures ! Face auquel les gr&#233;vistes ont entam&#233;, depuis le jeudi 7 octobre, l'occupation d'un nouveau lieu, symbolique : la Cit&#233; Nationale de l'histoire de l'Immigration &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une longue lutte&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La lutte de 6 800 travailleurs, soutenus par onze organisations (cinq syndicats et six associations), a commenc&#233; tr&#232;s exactement il y a un an, le 12 octobre 2010. Des mois de combat tenace, marqu&#233;s par des manifestations, des occupations d'entreprises (du B&#226;timent, du Nettoyage ou de l'Int&#233;rim), ont permis d'obtenir des patrons des promesses d'embauche, les &#171; cerfa &#187; qui sont n&#233;cessaires pour obtenir une r&#233;gularisation dite par le travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 24 mai, en fin de la manifestation contre la r&#233;forme des retraites, c'&#233;tait l'occupation des marches et du parvis de l'Op&#233;ra Bastille. Pas facile, car 22 jours dehors, sur un trottoir. Le gouvernement acceptait alors de r&#233;pondre &#224; une bonne partie des revendications de la gr&#232;ve par un texte, un &#171; addendum &#187; &#224; une circulaire pr&#233;c&#233;dente d'&#201;ric Besson, pr&#233;cisant les crit&#232;res de r&#233;gularisation, avec de nets assouplissements. Il laissait entrevoir une r&#233;gularisation rapide pour les gr&#233;vistes. Le 24 juin, le minist&#232;re de l'Immigration r&#233;digeait une lettre qui les autorisait &#224; reprendre le travail, s&#233;journer sans difficult&#233;s, d&#233;poser leur dossier et, &#224; en croire l'addendum, obtenir rapidement apr&#232;s ce d&#233;p&#244;t, une premi&#232;re autorisation provisoire de s&#233;jour de trois mois, le temps de l'examen du dossier par les services de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais paroles, paroles&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Rien n'est simple&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il a d'abord fallu du temps et de l'&#233;nergie aux gr&#233;vistes pour continuer &#224; trouver les Cerfa n&#233;cessaires aux dossiers. Les visites collectives aux patrons se sont donc poursuivies apr&#232;s l'occupation de la Bastille (les derni&#232;res occupations d'entreprises ou de sites ont &#233;t&#233; lev&#233;es pendant l'&#233;t&#233;). Est venue alors la phase de constitution des dossiers &#8211; que les gr&#233;vistes et leurs d&#233;l&#233;gu&#233;s ont assum&#233;e, par leurs propres forces et comp&#233;tences acquises lors de mois de lutte, et avec l'aide des &#171; soutiens &#187;, militants syndicaux ou d'association, qui les &#233;paulent. Donc efforts acharn&#233;s pour constituer des dossiers &#233;pais, exigeant une ribambelle de pi&#232;ces, &#224; fournir en plusieurs exemplaires de surcro&#238;t, exigeant de faire des photocopies, des classements, sans compter les v&#233;rifications pointilleuses pour s'assurer que le dossier ne serait pas rejet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Mais tout se complique ! &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Surtout, apr&#232;s d&#233;p&#244;t de 1 800 dossiers, et alors que le gouvernement avait lui-m&#234;me fix&#233; l'&#233;ch&#233;ance du 30 septembre, aucune r&#233;ponse &#224; la mi-octobre ! Blocage des pr&#233;fectures et des directions d&#233;partementales du travail : l'autorisation provisoire qui devait imm&#233;diatement accompagner le d&#233;p&#244;t de dossier n'a pas &#233;t&#233; d&#233;livr&#233;e pour l'&#233;crasante majorit&#233; des gr&#233;vistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oh ! pardon&#8230; 58 r&#233;gularisations. Moins de 3 % ! Moins d'un gr&#233;viste sur cent ! Et aux patrons qui s'appr&#234;taient &#224; refaire travailler les gr&#233;vistes qui leur pr&#233;sentaient la lettre du minist&#232;re, des pr&#233;fectures r&#233;pondaient que cette bafouille n'avait aucune valeur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La patience ayant ses limites, c'est l'inqui&#233;tude puis la col&#232;re qui se sont exprim&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_502 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH150/sp-8df71.png?1526732196' width='400' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Jusqu'&#224; la nouvelle occupation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il a fallu reprendre le chemin de la lutte. D'abord par des rassemblements lors de d&#233;p&#244;ts collectifs de dossiers aux abords des pr&#233;fectures. Par la participation aux manifestations syndicales sur les retraites, signe que les sans-papiers en gr&#232;ve &#233;taient toujours l&#224;. Un concert &lt;em&gt;Rock sans papiers &lt;/em&gt;a r&#233;uni le 18 septembre plus de 10 000 personnes &#224; Bercy, o&#249; des dizaines d'artistes et un tr&#232;s large public sont venus marquer leur chaude solidarit&#233;. Et enfin, le jeudi 7 octobre, l'irruption de centaines de gr&#233;vistes dans la Cit&#233; nationale de l'histoire de l'immigration, porte Dor&#233;e &#224; Paris (o&#249; ils sont encore et auxquels on peut rendre visite !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce lieu est un mus&#233;e consacr&#233; &#224; l'histoire de l'immigration en France, ouvert, il y a trois ans seulement, dans un b&#226;timent construit &#224; l'occasion de l'Exposition coloniale universelle de 1931, devenu un temps &#171; mus&#233;e des colonies &#187;&#8230; Le lieu est bien choisi ! Et, d&#233;sormais, l'histoire ne s'y expose pas seulement, elle s'y vit et s'y fait. Ce qui r&#233;jouit plut&#244;t le personnel et les responsables de ce b&#226;timent solennel mais, pour la circonstance, accueillant. Les gr&#233;vistes (comme les visiteurs) ont leurs entr&#233;es gratuites dans le mus&#233;e (qui les passionne, avec &#171; audio-guides &#187; !) comme dans l'aquarium tropical. La d&#233;termination est de mise, et l'attente est forte.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Face &#224; quoi le gouvernement a donn&#233; signe de vie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs rencontres et n&#233;gociations avec les syndicats qui soutiennent le mouvement sont en passe d'aboutir. Le gouvernement s'est engag&#233; (mais doit le formuler par &#233;crit dans les jours qui viennent), &#224; r&#233;gulariser effectivement les 6 804 travailleurs sans-papiers gr&#233;vistes, par une proc&#233;dure consistant &#224; donner &#224; ceux qui ont d&#233;j&#224; d&#233;pos&#233; un dossier, comme &#224; ceux qui ne l'ont pas encore fait (par manque de quelques pi&#232;ces) mais doivent rapidement le faire, un r&#233;c&#233;piss&#233; avec autorisation de s&#233;jour et de travail de trois mois, renouvelable. D&#233;lai utilisable pour les anciens gr&#233;vistes qui ne les auraient pas d&#233;j&#224; pour rassembler les fiches de paie n&#233;cessaires : &#224; savoir 12 fiches de paie sur 18 ou 24 mois selon les cas. Bref le gouvernement demanderait aux pr&#233;fectures de donner les autorisations de travail permettant &#224; tous les gr&#233;vistes d'entrer dans les meilleurs d&#233;lais dans le cadre des crit&#232;res de l' &#171; addendum &#187; cit&#233; plus haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement satisferait ainsi les gr&#233;vistes, tout en m&#233;nageant son administration tatillonne. Il admettrait &#8211; enfin ! &#8211; que des travailleurs qui &#171; vivent ici et bossent ici &#187;, puissent &#233;galement et, surtout, l&#233;galement &#171; rester ici &#187; ! Rappelons que l'immense majorit&#233; de ces camarades, venus pour beaucoup du Mali ou du S&#233;n&#233;gal, travaillent ici dans des chantiers du B&#226;timent, du Nettoyage ou de la Restauration depuis pr&#232;s d'une dizaine d'ann&#233;es ou plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, tant que la nouvelle promesse n'est pas formul&#233;e noir sur blanc, tant que le gouvernement ne s'engage pas par &#233;crit &#224; donner aux pr&#233;fectures un signal explicite et g&#233;n&#233;ral, les travailleurs sans-papiers en lutte continuent &#224; occuper la Cit&#233; de l'Immigration&#8230; et &#224; y &#233;crire une nouvelle page de l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 octobre 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michel CHARVET&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Teleperformance, au fil de la lutte
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Teleperformance-au-fil-de-la-lutte</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Teleperformance-au-fil-de-la-lutte</guid>
		<dc:date>2010-10-23T15:40:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Entreprises
</dc:subject>

		<description>Voil&#224; maintenant plus d'un an que le bras de fer est engag&#233; entre direction et salari&#233;s de Teleperformance. Le groupe, leader mondial des centres d'appels avec plus de 110 000 salari&#233;s dans une cinquantaine de pays, a fusionn&#233; ses diff&#233;rentes filiales en France, d&#233;but 2009, regroupant alors quelque 8 700 salari&#233;s en &#233;quivalent temps plein. Depuis, il a engag&#233; une baisse drastique de ses effectifs dans l'Hexagone. Deux &#171; plans sociaux &#187; plus tard, la lutte continue&#8230; &lt;br /&gt;Pr&#233;textant des co&#251;ts d'infrastructures&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Luttes-contre-les-licenciements-et-les-suppressions-d-effectifs-" rel="directory"&gt;Luttes contre les licenciements et les suppressions d'effectifs
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Entreprises-72-+" rel="tag"&gt;Entreprises
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Voil&#224; maintenant plus d'un an que le bras de fer est engag&#233; entre direction et salari&#233;s de Teleperformance. Le groupe, leader mondial des centres d'appels avec plus de 110 000 salari&#233;s dans une cinquantaine de pays, a fusionn&#233; ses diff&#233;rentes filiales en France, d&#233;but 2009, regroupant alors quelque 8 700 salari&#233;s en &#233;quivalent temps plein. Depuis, il a engag&#233; une baisse drastique de ses effectifs dans l'Hexagone. Deux &#171; plans sociaux &#187; plus tard, la lutte continue&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;textant des co&#251;ts d'infrastructures trop &#233;lev&#233;s en R&#233;gion parisienne, la direction annonce en juin 2009 un &#171; Plan de sauvegarde de l'emploi &#187; (PSE) visant essentiellement &#224;&#8230; en supprimer. Avec la fermeture de trois des quatre centres en &#206;le-de-France, des suppressions de postes et des mutations en province transform&#233;es en licenciements en cas de refus, ce sont au total 475 emplois qui sont menac&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur des sites promis &#224; la fermeture, la r&#233;sistance s'organise d&#232;s l'&#233;t&#233;, parfois s&#233;par&#233;ment, parfois coordonn&#233;e : quinze jours d'occupation des locaux &#224; Montigny au mois d'ao&#251;t, d&#233;brayages et occupations &#224; Pantin, transferts des appels clients vers les responsables, envahissement de si&#232;ges sociaux de grandes entreprises clientes &#8211; parmi lesquelles Orange, principal donneur d'ordres de Teleperformance en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un premier temps, la direction cherche donc &#224; passer en force, n&#233;gligeant des obligations l&#233;gales, ce qui lui vaut une action en justice, laquelle suspend l'application du plan puis l'invite &#224; une m&#233;diation.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Surench&#232;re de la direction&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La direction change alors de tactique. Face &#224; la contestation, elle joue le pourrissement, l'incertitude et la division : les op&#233;rateurs re&#231;oivent de moins en moins d'appels ; sur le site de Montigny, &#224; partir de d&#233;cembre, leur activit&#233; est r&#233;duite &#224; deux jours par semaine sans r&#233;duction de salaire. Dans les locaux, la pr&#233;sence de vigiles et d'huissiers tend encore un peu l'ambiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, en parall&#232;le, Teleperformance n&#233;gocie avec les syndicats majoritaires la transformation de son plan initial en &#171; Plan de d&#233;parts volontaires &#187;, y ajoutant au passage 110 suppressions de postes. C'est donc un plan de 585 d&#233;parts qui est finalement sign&#233; d&#233;but 2010, malgr&#233; le rejet par les salari&#233;s, &#224; 88 % des votes &#224; bulletin secret en assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La col&#232;re se manifeste alors par l'envahissement du si&#232;ge parisien de Teleperformance. Pas t&#233;m&#233;raire, le DRH n'appara&#238;t que bri&#232;vement, apr&#232;s une intervention des CRS qui embarquent une cinquantaine de manifestants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la col&#232;re, la lassitude : les 585 places ouvertes au &#171; d&#233;part volontaire &#187; trouvent finalement preneurs, moyennant une prime supra-l&#233;gale de 2 000 &#224; 10 000 euros, et le site de Montigny est ferm&#233; en juin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est qu'un aspect : sur 2009, le non-remplacement des d&#233;parts (dans un secteur o&#249; le turnover est d'ordinaire important) et la multiplication des licenciements individuels ont touch&#233; un millier de postes. De sorte que, mi-2010, 1 600 emplois en &#233;quivalent temps plein ont disparu en 18 mois, soit bien plus que les 157 suppressions de postes du PSE initial !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, ces coupes sombres ne satisfont pas les app&#233;tits de Teleperformance. Alors qu'ouvre au Maroc un centre d'appels d'un millier de postes, le groupe annonce, le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; juillet 2010, un nouveau plan portant sur la fermeture en France de huit sites et la suppression de 834 emplois (chiffre ramen&#233; &#224; 689 en ao&#251;t). Ce qui n'emp&#234;che pas le pr&#233;sident de Teleperformance France, Jean-Herv&#233; Jenn de d&#233;clarer &#224; la presse que ce plan est d&#251; &#224; &lt;em&gt;&#171; la baisse de l'activit&#233; en France, li&#233;e &#224; la crise, et n'a rien &#224; voir avec le transfert vers des pays &#224; bas co&#251;ts &#187;&lt;/em&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Effets de manche du ministre&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Du coup, le gouvernement se sent contraint &#224; quelques effets de manche. Mi-juillet, le secr&#233;taire d'&#201;tat charg&#233; de l'emploi, Laurent Wauquiez, prend un air martial pour annoncer sur les ondes qu'il y a l&#224; &lt;em&gt;&#171; une bataille qu'on peut gagner &#187;&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;&#171; un secteur o&#249; on peut porter le fer, et ramener les emplois chez nous &#187;&lt;/em&gt;. Et gare aux &#171; Assises des centres d'appels &#187; qu'il promet alors d'organiser pour la rentr&#233;e ! Depuis, les &#171; Assises &#187; ont &#233;t&#233; report&#233;es &#224; fin octobre et Wauquiez s'est fait plus discret : entre-temps la direction de Teleperformance a menac&#233; de fermer tous les sites en France en cas d'obstacle mis &#224; la nouvelle r&#233;organisation ; les interventions de Philippe Dominati, s&#233;nateur UMP et membre du conseil de surveillance du groupe, et Serge Dassault, d&#233;put&#233; et actionnaire de Teleperformance, n'y sont peut-&#234;tre pas pour rien. On peut surtout s'attendre &#224; ce que les rodomontades du sous-ministre d&#233;bouchent sur de nouvelles aides de l'&#201;tat aux employeurs&#8230; comme il y a un an, lorsque le m&#234;me Wauquiez signait avec eux une &#171; Charte pour le d&#233;veloppement de l'emploi et des comp&#233;tences des salari&#233;s des centres d'appel &#187; avec 6 millions d'euros &#224; la cl&#233; en &#233;change de promesses de cr&#233;ation d'emplois !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire accepter le nouveau PSE annonc&#233; en juillet, Jean-Herv&#233; Jenn pr&#233;sente aujourd'hui la situation de Teleperformance comme &lt;em&gt;&#171; carr&#233;ment dramatique en France &#187;&lt;/em&gt;, avec une perte de 36 millions d'euros l'an dernier&#8230; mais des b&#233;n&#233;fices de l'ordre de 150 millions d'euros au niveau mondial. Et les r&#233;sultats du groupe pour le premier trimestre 2010, publi&#233;s fin ao&#251;t, pr&#233;voient pour cette ann&#233;e une marge op&#233;rationnelle de 8,5 %, au m&#234;me niveau qu'en 2009. Mais les actionnaires attendent un retour au &#171; niveau normatif &#187; de 9 &#224; 10 % de marge, ce qu'il s'agit de faire payer aux travailleurs &#224; coup de restructurations, et pas seulement en France puisque plus de 800 emplois ont &#233;t&#233; supprim&#233;s en Italie cette ann&#233;e selon le syndicat Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; des recours juridiques engag&#233;s, les travailleurs doivent avant tout compter sur eux-m&#234;mes contre ces sales coups, qui vont encore une fois au-del&#224; des suppressions de postes chiffr&#233;es dans le PSE puisque, toujours d'apr&#232;s Sud, l'&lt;em&gt;&#171; organisation cible &#187;&lt;/em&gt; du nouveau plan conduit &#224; la disparition de plus de 1 200 postes. Pour y parvenir, Teleperformance compte encore sur les d&#233;parts individuels plus ou moins volontaires, voire les licenciements pour faute qui se multiplient curieusement sur certains sites &#8211; une r&#233;alit&#233; que le groupe cache sous le terme pompeux d'&lt;em&gt;&#171; attrition naturelle &#187;&lt;/em&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La d&#233;termination des salari&#233;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour l'heure, au cynisme de leur patron, les salari&#233;s r&#233;pondent par la d&#233;termination : le 18 ao&#251;t, une journ&#233;e d'action &#224; l'occasion d'un CCE leur a permis de s'adresser aux salari&#233;s d'entreprises clientes, avec l'occupation de deux agences parisiennes de SFR et d'Orange ; le 28 septembre, des d&#233;brayages ont eu lieu dans plusieurs centres &#224; l'appel de l'intersyndicale, mouvement suivi &#224; 100 % sur celui de Rennes menac&#233; de fermeture. Quant au site de Pantin, dont la disparition est &#224; nouveau pr&#233;vue dans le second PSE, les 120 salari&#233;s qui y restent sont toujours en lutte&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16 octobre 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marie MADO&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Gr&#232;ve &#224; La Poste Paris 11 : ras-le-bol du sous-effectif
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Greve-a-La-Poste-Paris-11-ras-le-bol-du-sous-effectif</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Greve-a-La-Poste-Paris-11-ras-le-bol-du-sous-effectif</guid>
		<dc:date>2010-10-23T15:39:54Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Entreprises
</dc:subject>
		<dc:subject>La Poste
</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ve
</dc:subject>

		<description>Les facteurs du 11&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement de Paris ont d&#233;cid&#233; de r&#233;agir contre le sous-effectif. Marre de la charge de travail qui augmente au fil des suppressions d'emplois, marre d'assurer au pied lev&#233; le boulot des coll&#232;gues en cong&#233; ou partis &#224; la retraite sans &#234;tre remplac&#233;s. &lt;br /&gt;En effet, en pr&#233;vision d'une nouvelle restructuration annonc&#233;e pour f&#233;vrier 2011, la direction ne remplace plus les d&#233;parts. Alors depuis quelques mois, sur certains secteurs, la double charge pour les facteurs est de plus en plus&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Luttes-contre-les-licenciements-et-les-suppressions-d-effectifs-" rel="directory"&gt;Luttes contre les licenciements et les suppressions d'effectifs
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Entreprises-72-+" rel="tag"&gt;Entreprises
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-La-Poste-+" rel="tag"&gt;La Poste
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Greve-+" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les facteurs du 11&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement de Paris ont d&#233;cid&#233; de r&#233;agir contre le sous-effectif. Marre de la charge de travail qui augmente au fil des suppressions d'emplois, marre d'assurer au pied lev&#233; le boulot des coll&#232;gues en cong&#233; ou partis &#224; la retraite sans &#234;tre remplac&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, en pr&#233;vision d'une nouvelle restructuration annonc&#233;e pour f&#233;vrier 2011, la direction ne remplace plus les d&#233;parts. Alors depuis quelques mois, sur certains secteurs, la double charge pour les facteurs est de plus en plus fr&#233;quente. Longtemps accumul&#233;e, la col&#232;re a fini par &#233;clater.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;brayage est parti d'un secteur o&#249;, depuis cinq mois, des factrices supportaient la &#171; marguerite &#187; (bien joli nom pour d&#233;signer le partage des postes vacants entre les pr&#233;sents). Elles ont pos&#233; le sac, exc&#233;d&#233;es, et ont appel&#233; leurs coll&#232;gues &#224; arr&#234;ter le travail. Un rassemblement s'est form&#233;, puis tout le monde est parti faire d&#233;brayer l'&#233;tage du dessus. Pendant plus d'une heure, tout le bureau (plus de 170 facteurs) s'est arr&#234;t&#233; pour exiger des embauches. Le directeur, avec son m&#233;pris habituel, mais aussi sa peur visc&#233;rale des rassemblements dans le bureau, a fait le mort et envoy&#233; les chefs pour d&#233;clarer gr&#233;vistes ceux qui &#233;taient encore en assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale. La soixantaine de gr&#233;vistes a donc d&#233;cid&#233; de r&#233;it&#233;rer le lendemain pour obtenir gain de cause. Apr&#232;s une assembl&#233;e &#224; la prise de service, une quarantaine de facteurs sont all&#233;s trouver le directeur pour exiger une r&#233;ponse sur les embauches demand&#233;es. Celui-ci a r&#233;pondu par une fin de non-recevoir, par de la provocation et a m&#234;me menac&#233; de licenciement un contractuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#233;vistes ont donc d&#233;cid&#233; de pr&#233;parer une gr&#232;ve pour la semaine suivante, en se donnant le temps de convaincre tous leurs coll&#232;gues. Cette gr&#232;ve offensive pour des embauches serait en m&#234;me temps l'occasion de se battre contre la restructuration pr&#233;vue, au moment o&#249; elle pouvait profiter de l'&#233;lan donn&#233; par le mouvement contre la r&#233;forme des retraites.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La direction s&#233;questre un gr&#233;viste&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la contestation, le directeur s'est empress&#233; d'embaucher des int&#233;rimaires et CDD pour trois mois, tout en continuant &#224; provoquer les facteurs, leur affirmant qu'ils &#233;taient en sureffectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la provocation ne s'est pas arr&#234;t&#233;e l&#224;. Apr&#232;s les deux jours de d&#233;brayage, le coll&#232;gue contractuel qui avait &#233;t&#233; menac&#233; de licenciement a &#233;t&#233; convoqu&#233; dans le bureau du directeur. Ce dernier n'avait pas support&#233; que ce travailleur ose revendiquer ouvertement ses droits. &#201;paul&#233; par ses cadres, le directeur a voulu lui faire signer une mise &#224; pied et, lorsque ce salari&#233; a voulu aller demander conseil &#224; un repr&#233;sentant syndical, les cadres lui ont barr&#233; la route et ont ferm&#233; la porte &#224; clef. Ainsi, &#224; La Poste du 11&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, c'est la direction qui s&#233;questre les gr&#233;vistes ! Il a fallu que deux coll&#232;gues, venues &#224; la rescousse, tambourinent sur la porte pour le faire enfin sortir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces m&#233;thodes d'intimidation, de plus en plus syst&#233;matiques &#224; La Poste, surtout lors de gr&#232;ves, ont choqu&#233; les facteurs du bureau, d'autant que beaucoup avaient vu la veille le reportage d&lt;em&gt;'Envoy&#233; Sp&#233;cial&lt;/em&gt; sur les sales m&#233;thodes de &#171; management &#187; &#224; France Telecom. Ils se sont donc organis&#233;s, avec l'aide des syndicats, pour faire entrer leur coll&#232;gue dans le bureau et lui permettre de travailler, malgr&#233; les cadres et vigiles &#224; l'entr&#233;e qui voulaient l'en emp&#234;cher. Le directeur en &#233;tait tellement retourn&#233; que, le deuxi&#232;me jour, rouge de rage, il s'est jet&#233; sur ce travailleur, le plaquant contre la porte, &#224; la grande indignation de tous les facteurs pr&#233;sents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au final, gr&#226;ce &#224; la solidarit&#233; de ses coll&#232;gues, le facteur sanctionn&#233; a pu travailler encore trois jours, avant de recevoir le recommand&#233; lui notifiant sa mise &#224; pied. &#192; l'int&#233;rieur, les cadres rasaient les murs et n'osaient pas le virer de peur des r&#233;actions. Mais le jeudi 7 octobre, s'il n'est plus rentr&#233; travailler, c'est que la gr&#232;ve d&#233;marrait et il &#233;tait donc sur le piquet.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Deux jours pour relever la t&#234;te&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve pour exiger des embauches mais aussi, du coup, l'annulation de la mise &#224; pied du coll&#232;gue, a dur&#233; deux jours avec 40 % de gr&#233;vistes le premier jour et 25 % le deuxi&#232;me. En r&#233;alit&#233; beaucoup de postiers du 11&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; avaient d&#233;j&#224; fait les gr&#232;ves contre la r&#233;forme des retraites des 7 et 23 septembre (et ce &#224; plus de 70 %). Beaucoup se r&#233;servaient aussi pour le 12 octobre. Les gr&#233;vistes ont donc d&#233;cid&#233; de reprendre le travail en attendant le 12, pour gagner encore du monde &#224; la perspective de la gr&#232;ve et inscrire leur lutte locale dans le mouvement g&#233;n&#233;ral contre la r&#233;forme des retraites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11 octobre 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Anne HANSEN et Maurice SPIRZ&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Dans notre courrier : Le lyc&#233;e agricole d'Auzeville, en p&#233;riph&#233;rie de Toulouse, lutte pour obtenir des postes
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Dans-notre-courrier-Le-lycee-agricole-d-Auzeville-en-peripherie-de-Toulouse</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Dans-notre-courrier-Le-lycee-agricole-d-Auzeville-en-peripherie-de-Toulouse</guid>
		<dc:date>2010-10-23T15:39:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
</dc:subject>
		<dc:subject>Enseignement
</dc:subject>

		<description>L'enseignement agricole (d&#233;nomination &#171; historique &#187;, qui recouvre des enseignements &#171; technologiques &#187; autour de la production agricole et alimentaire, des biotechnologies et des activit&#233;s en zones rurales) est en butte &#224; une diminution de ses moyens et, comme partout, la situation atteint un niveau critique : Les salari&#233;s sont soumis &#224; une pression de travail toujours croissante qui provoque la &#171; souffrance au travail &#187; que tout le monde conna&#238;t ; pendant ce temps, les commissions r&#233;gionales &#171; sant&#233;&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Luttes-contre-les-licenciements-et-les-suppressions-d-effectifs-" rel="directory"&gt;Luttes contre les licenciements et les suppressions d'effectifs
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Societe-74-+" rel="tag"&gt;Soci&#233;t&#233;
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Enseignement-+" rel="tag"&gt;Enseignement
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'enseignement agricole (d&#233;nomination &#171; historique &#187;, qui recouvre des enseignements &#171; technologiques &#187; autour de la production agricole et alimentaire, des biotechnologies et des activit&#233;s en zones rurales) est en butte &#224; une diminution de ses moyens et, comme partout, la situation atteint un niveau critique :&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Les salari&#233;s sont soumis &#224; une pression de travail toujours croissante qui provoque la &#171; souffrance au travail &#187; que tout le monde conna&#238;t ; pendant ce temps, les commissions r&#233;gionales &#171; sant&#233; au travail &#187; se multiplient, on se doute avec quelle efficacit&#233; !&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; La r&#233;ussite des &#233;l&#232;ves aux examens s'en ressent, du fait des nombreuses heures de cours perdues.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&#192; la rentr&#233;e il manquait des postes d'enseignement, de laboratoire, de vie scolaire, d'administratifs, d'infirmerie qui &#233;taient encore pourvus l'ann&#233;e derni&#232;re ; tous les cours ne pouvaient &#234;tre assur&#233;s, non plus que les t&#226;ches administratives essentielles &#224; la vie de l'&#233;tablissement. Une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale a d&#233;cid&#233; d'appeler les personnels &#224; refuser d'assurer le travail incombant aux postes non pourvus, d'informer les &#233;l&#232;ves et leurs parents de la situation par un tract, d'interpeller le DRAF (Directeur R&#233;gional de l'Agriculture et de la For&#234;t), responsable r&#233;gional de l'enseignement agricole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une deuxi&#232;me assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale, le 21 septembre, a fait le point des avanc&#233;es obtenues : quelques temps partiels pour les postes qui touchent les &#233;l&#232;ves au plus pr&#232;s (enseignement, laboratoire), cela sans doute pour &#233;viter que les parents et les &#233;l&#232;ves fassent chorus avec les personnels. Les propositions concernant les postes administratifs sont indigentes : quelques contrats CAE (&#171; Contrats d'accompagnement dans l'emploi &#187;) extr&#234;mement pr&#233;caires et n&#233;cessitant un encadrement et une formation que ne peuvent assurer les titulaires d&#233;j&#224; surcharg&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un blocage du lyc&#233;e a &#233;t&#233; vot&#233; pour les 23 et 24 septembre : cours non assur&#233;s et m&#233;dias locaux alert&#233;s. L'administration n'aime pas qu'on fasse des vagues : le Directeur r&#233;gional a donc couru au minist&#232;re de l'Agriculture pour gratter quelques fonds de tiroir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nouvelle AG le 7 octobre : sur les trois demi-postes suppl&#233;mentaires propos&#233;s, l'un est d'une qualification insuffisante, et les deux autres n'auraient un financement assur&#233; que jusqu'au 31 d&#233;cembre ! Les personnels, les &#233;l&#232;ves, les parents ont d&#233;cid&#233; de ne pas se satisfaire de cette aum&#244;ne&#8230; et s'en vont manifester leur m&#233;contentement devant la DRAF vendredi 8 octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.P., m&#232;re d'&#233;l&#232;ve, Toulouse&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Travailler plus, gagner moins pour &#171; sauver les emplois &#187; : Le chantage patronal &#224; la mode
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Travailler-plus-gagner-moins-pour-sauver-les-emplois-Le-chantage-patronal-a-la</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Travailler-plus-gagner-moins-pour-sauver-les-emplois-Le-chantage-patronal-a-la</guid>
		<dc:date>2010-10-23T15:39:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Entreprises
</dc:subject>

		<description>De General Motors de Strasbourg en juillet dernier, &#224; Continental de Toulouse, Foix et Boussens en septembre, en passant par de plus petites entreprises comme les champagnes Piper-Heidsieck (qu'une gr&#232;ve en pleine saison des vendanges a fait en partie reculer), les chantages patronaux pour imposer des sacrifices aux travailleurs sous pr&#233;texte de &#171; sauver des emplois &#187; se multiplient. &lt;br /&gt;La mode en a &#233;t&#233; lanc&#233;e en France il y a quelques ann&#233;es, en 2004, par le groupe Bosch qui avait impos&#233;, sous la&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Le-chantage-patronal-a-la-mode-" rel="directory"&gt;Le chantage patronal &#224; la mode
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Entreprises-72-+" rel="tag"&gt;Entreprises
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De General Motors de Strasbourg en juillet dernier, &#224; Continental de Toulouse, Foix et Boussens en septembre, en passant par de plus petites entreprises comme les champagnes Piper-Heidsieck (qu'une gr&#232;ve en pleine saison des vendanges a fait en partie reculer), les chantages patronaux pour imposer des sacrifices aux travailleurs sous pr&#233;texte de &#171; sauver des emplois &#187; se multiplient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mode en a &#233;t&#233; lanc&#233;e en France il y a quelques ann&#233;es, en 2004, par le groupe Bosch qui avait impos&#233;, sous la menace de d&#233;localiser la production en Tch&#233;quie, la semaine de 36 heures pay&#233;es 35, la suppression de 6 jours de RTT et le gel des salaires pendant 3 ans. De quoi faire faire &#224; l'entreprise 12 % d'&#233;conomie sur les salaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la m&#233;thode a fait flor&#232;s. Dans la foul&#233;e, le groupe volailler Doux imposait &#224; son tour une r&#233;duction des jours de RTT. Quatre ans plus tard, en juillet 2008, il fermait n&#233;anmoins trois sites et supprimait 600 emplois en Bretagne et dans le Cher. En 2005, c'&#233;tait Hewlett-Packard qui supprimait douze jours de RTT sous pr&#233;texte de &#171; sauver &#187; 250 emplois, en r&#233;alit&#233; de r&#233;duire de 1 240 &#224; 990 le nombre de licenciements pr&#233;vus en France. Trois ans apr&#232;s, le groupe annon&#231;ait pr&#232;s de 6 000 suppressions d'emplois dans le monde, dont un millier en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et on se souvient bien s&#251;r de ce qu'il est advenu de l'accord pour le passage aux 40 heures pay&#233;es 35 que la direction de Continental de Clairoix avait obtenu en 2007 de la CFTC, syndicat majoritaire de l'usine : face &#224; l'annonce, deux ans plus tard, de la fermeture de l'usine, la lutte &#233;nergique des travailleurs de Continental a marqu&#233; l'actualit&#233; sociale de l'ann&#233;e 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2008, c'&#233;tait sous la menace de d&#233;localiser toute la production &#224; Taiwan que Peugeot Motocycles imposait dans ces usines de Mandeure dans le Doubs et Dannemarie dans le Haut-Rhin la suppression de 11 jours de RTT, avec la signature de la CFE/CGC et de la CFTC &#8211; et l'appui du secr&#233;taire d'&#201;tat &#224; l'emploi, Laurent Wauquiez, qui trouvait &lt;em&gt;&#171; de bon sens &#187;&lt;/em&gt; de pr&#233;server des emplois plut&#244;t que des RTT. Aujourd'hui, avec la cr&#233;ation de nouveaux contrats d'embauche pr&#233;caires et flexibles (voir notre article &#224; ce sujet), ce serait la r&#233;gression positive, que proposerait PSA, puisqu'il s'agirait non de menacer mais de cr&#233;er un millier d'emplois&#8230; Apr&#232;s en avoir supprim&#233; plus de 15 000 emplois !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;General Motors &#224; Strasbourg, en juillet dernier, n'a pas eu seulement l'appui du gouvernement pour imposer aux ouvriers suppression de jours de RTT et blocage des salaires, mais aussi celui des responsables PS de la r&#233;gion, le maire de la ville, le pr&#233;sident de la communaut&#233; urbaine et de la d&#233;put&#233; europ&#233;enne, ancienne ministre de Jospin, Catherine Trautmann, qui affirment leur &lt;em&gt;&#171; soutien au processus de reprise du site de Strasbourg par GM Company &#187;&lt;/em&gt; en se f&#233;licitant de &lt;em&gt;&#171; l'effort financier consenti par les salari&#233;s &#187;. &lt;/em&gt;Cette reprise par le groupe am&#233;ricain, renflou&#233; par Obama, de l'usine qu'il avait mise en liquidation quelques mois plus t&#244;t, &#233;tait pr&#233;sent&#233;e comme une victoire : le meilleur &#171; repreneur &#187; tant cherch&#233; par les notables locaux. M&#234;me si celui-ci y mettait pour condition une r&#233;duction de 10 % de la masse salariale. Et, pour tenter d'obtenir l'unanimit&#233; pour cette r&#233;gression sociale, toutes les pressions se sont exerc&#233;es sur la CGT, seul syndicat non signataire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Continental Toulouse, la direction vient tout de m&#234;me de tomber sur un os, malgr&#233; le r&#233;f&#233;rendum qu'elle a organis&#233; pour faire avaliser, par une menace sur l'emploi, une baisse de 8 % de la masse salariale (par l'augmentation du temps de travail, des baisse de primes et le blocage des salaires) : les syndicats qui refusent de signer l'accord, CGT et CFDT, sont majoritaires et peuvent l&#233;galement s'y opposer. Si la direction se flatte d'un succ&#232;s de son r&#233;f&#233;rendum, 52 % de &#171; oui &#187;, c'est en oubliant que 17 % des salari&#233;s, les plus fermement oppos&#233;s &#224; l'accord, ont boycott&#233; le vote. Quant &#224; ceux (une minorit&#233; donc) qui ont vot&#233; pour, c'est souvent la mort dans l'&#226;me comme l'exprime l'un d'eux, interview&#233; par &lt;em&gt;la D&#233;p&#234;che du Midi &lt;/em&gt; :&lt;em&gt; &#171; J'ai eu peur pour mon emploi. &lt;/em&gt;(&#8230;)&lt;em&gt; Quand on voit ce qui se passe partout ailleurs&#8230; &#187; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, comme lui, beaucoup de travailleurs menac&#233;s de licenciements peuvent pr&#233;f&#233;rer se r&#233;signer &#224; ce qui leur para&#238;t un moindre mal, avec tout le ch&#244;mage qui les entoure. Ce qui ne justifie en rien l'empressement de syndicalistes &#224; signer de tels reculs sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car la responsabilit&#233;, y compris d'un certain fatalisme d'une partie des travailleurs menac&#233;s, en revient en grande partie aux responsables syndicaux plus pr&#233;occup&#233;s &#224; sauvegarder leur r&#244;le de n&#233;gociateurs, d'interlocuteurs &#171; responsables &#187;, que d'organisateurs de la riposte. Elle en vient aux directions syndicales nationales qui se gardent bien jusqu'&#224; pr&#233;sent de donner la seule perspective qui permettrait aux travailleurs menac&#233;s d'avoir vraiment la force de s'opposer aux plans de licenciements et aux chantages patronaux : f&#233;d&#233;rer les luttes pour aller vers une lutte d'ensemble seule capable d'interdire les licenciements. Ceux que les travailleurs en lutte auront &#224; faire eux-m&#234;mes en s'adressant d'une entreprise &#224; l'autre. Sans parler de tous ces politiciens de gauche, locaux ou nationaux, qui pr&#233;tendent &lt;em&gt;&#171; sauver les emplois &#187;&lt;/em&gt; &#224; coup de recherche de repreneurs miracles (des patrons qu'on subventionnerait si besoin avec l'argent des villes ou des r&#233;gions) et en demandant aux travailleurs de faire aussi leurs &lt;em&gt;&#171; efforts &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Olivier BELIN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_504 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L300xH390/danube-93569.png?1526732196' width='300' height='390' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Flexibilit&#233;, pr&#233;carit&#233;, polyvalence&#8230; Vous n'imaginez pas tout ce que Peugeot-Citro&#235;n peut faire pour vous
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Flexibilite-precarite-polyvalence-Vous-n-imaginez-pas-tout-ce-que-Peugeot</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Flexibilite-precarite-polyvalence-Vous-n-imaginez-pas-tout-ce-que-Peugeot</guid>
		<dc:date>2010-10-23T15:39:34Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Entreprises
</dc:subject>
		<dc:subject>PSA
</dc:subject>

		<description>La direction de PSA vient de pr&#233;senter, le 4 octobre, au Comit&#233; Central d'Entreprise (CCE) son nouvel &#171; Accord relatif &#224; l'emploi et la flexibilit&#233; dans les sites industriels &#187;. Apr&#232;s avoir supprim&#233; 17 500 postes en France en 4 ans, &#8211; 20 % des effectifs sans compter les filiales, alors qu'elle avoue &#234;tre assise sur 10,2 milliards de fonds propres &#8211; voil&#224; qu'elle compte combler en production, &#224; coups d'emplois pr&#233;caires et sous-pay&#233;s, les trous laiss&#233;s par la destruction massive des emplois. &lt;br /&gt;Le chantage :&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Le-chantage-patronal-a-la-mode-" rel="directory"&gt;Le chantage patronal &#224; la mode
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Entreprises-72-+" rel="tag"&gt;Entreprises
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-PSA-+" rel="tag"&gt;PSA
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La direction de PSA vient de pr&#233;senter, le 4 octobre, au Comit&#233; Central d'Entreprise (CCE) son nouvel &lt;em&gt;&#171; Accord relatif &#224; l'emploi et la flexibilit&#233; dans les sites industriels &#187;&lt;/em&gt;. Apr&#232;s avoir supprim&#233; 17 500 postes en France en 4 ans, &#8211; 20 % des effectifs sans compter les filiales, alors qu'elle avoue &#234;tre assise sur 10,2 milliards de fonds propres &#8211; voil&#224; qu'elle compte combler en production, &#224; coups d'emplois pr&#233;caires et sous-pay&#233;s, les trous laiss&#233;s par la destruction massive des emplois.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le chantage : embauche contre flexibilit&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'accord, qu'elle voudrait faire signer par les syndicats, n'a d'autre but que d'instaurer un nouveau type de contrat : des CDD &#224; temps partiels et &#224; horaires totalement flexibles r&#233;serv&#233;s aux salari&#233;s en travail de nuit qui viendraient, selon les besoins, doubler, voire tripler, les &#233;quipes existantes. Il s'agit, &#233;crit la direction, de &lt;em&gt;&#171; d&#233;velopper la flexibilit&#233; &lt;/em&gt;(&#8230;) &lt;em&gt;avec une &#233;quipe de nuit variable constitu&#233;e de salari&#233;s PSA, plut&#244;t qu'une nuit compl&#232;te non durable entra&#238;nant un recours important &#224; l'emploi int&#233;rimaire &#187;.&lt;/em&gt; En bref, des brigades volantes encore plus &#233;conomiques que l'int&#233;rim.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effet d'annonce : la direction de PSA promet &#8211; en &#233;change de cet accord &#8211; 900 &#171; embauches &#187; d'ici la fin de l'ann&#233;e. Ceux-ci s'ajouteraient, dit-elle, aux 1 100 CDI d&#233;j&#224; annonc&#233;s pour 2011. Le chantage est un peu gros et son prix pour les salari&#233;s ne l'est pas moins.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Contrat bidon, sauf pour le patron&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a qu'&#224; regarder le contrat : &#171; contrat &#224; dur&#233;e d&#233;termin&#233;e &#187;, &#171; &#224; temps partiel &#187; et &#171; am&#233;nag&#233; &#187;, avec clause de polyvalence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps de travail sera de 22 heures (au moins) par semaine en moyenne annuelle, avec 5 nuits de travail (ce qui signifie aussi les nuits de vendredi qui, &#224; Peugeot Sochaux par exemple, devaient &#234;tre lib&#233;r&#233;es). Mais les horaires r&#233;els seront variables, pouvant aller de 0 &#224; 40 heures par semaine au gr&#233; des caprices de la direction, avec un d&#233;lai de pr&#233;venance d'une semaine. On ne pourrait pas vous faire venir pour un poste de moins de 4 heures : par contre, pour mieux ajuster la production, on pourra, la nuit m&#234;me, vous annoncer que vous allez travailler plus longtemps que pr&#233;vu (en &#171; overtime &#187;), dans la limite maximum de 1 h 30 par nuit et 4 heures par semaine : les ouvriers seront donc pr&#233;venus dans la nuit de l'heure &#224; laquelle ils terminent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les heures sup ? On pourra vous en demander, appel&#233;es &#171; compl&#233;mentaires &#187;. Moins de 10 % d'heures effectu&#233;es au-dessus du contrat fix&#233; : elles seront pay&#233;es au tarif simple, et ne seront major&#233;es &#224; 25 %, comme une vraie heure suppl&#233;mentaire, qu'au-del&#224; de ce quota. Mais attention, comme l'horaire est &#171; en moyenne annuelle &#187;, il faudra attendre la fin de l'ann&#233;e pour compter et toucher ses heures sup.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le salaire, liss&#233; sur l'ann&#233;e, sera partiel, comme le temps de travail, et calcul&#233; sur la base de l'horaire moyen pr&#233;vu au contrat. Ce qui voudra dire des salaires de moins de 1 000 &#8364; pour un travail de nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutez &#224; cela une clause de &lt;em&gt;&#171; polyvalence intersectorielle &#187;&lt;/em&gt;. &#192; Peugeot Mulhouse, par exemple, les ouvriers devront passer d'une 206+ &#224; une C4, pour pr&#233;tendument valoriser &lt;em&gt;&#171; les comp&#233;tences &#187;&lt;/em&gt;. Argument de vente : au bout de 12 mois, ce CDD pourrait &#234;tre transform&#233; en CDI, pour celui qui aura tenu le coup jusque l&#224;, et si le patron a besoin de lui.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Gauche, droite,&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; la lecture de tels contrats, on pourrait croire &#224; une mauvaise blague si le principe n'en n'avait &#233;t&#233; introduit par la loi de janvier 2000, dite loi &#171; Aubry &#187;, alors ministre, dans le cadre de la r&#233;forme des 35 heures. Dans ce texte, la dur&#233;e effective du travail hebdomadaire pouvait varier de plus ou moins un tiers de la dur&#233;e de r&#233;f&#233;rence. Par exemple pour un contrat de 20 heures hebdomadaires, la modulation s'op&#233;rait au maximum entre des semaines &#224; 12 et &#224; 26 heures. La loi du 20 ao&#251;t 2008 assouplit encore la loi Aubry, n'exigeant m&#234;me plus ces limites : la dur&#233;e hebdomadaire de travail peut varier de 0 &#224; un plein temps de 35 heures, si un accord ne fixe pas d'autres limites. Celui que PSA propose pousse jusqu'&#224; 40.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;D&#233;saccord clair et net&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Bien des patrons se sont donc engouffr&#233;s dans cette nouvelle possibilit&#233; que leur offraient les lois de 2000 et 2008. Cela peut se faire sur la base d'&#171; accords collectifs &#187; ou, en l'absence d'accord, &#234;tre d&#233;cid&#233; apr&#232;s avis des institutions repr&#233;sentatives du personnel (CE ou DP). S'il n'en existe pas, la seule initiative du chef d'entreprise ou la demande des salari&#233;s suffit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La formule &#171; accord collectif &#187; choisie par PSA, avec un petit chantage aux embauches &#224; la cl&#233;, a pour but d'associer les syndicats &#224; la flexibilit&#233; et la pr&#233;carisation. Ils se sont tous pr&#234;t&#233;s au jeu, sauf la CGT qui s'est dite ouvertement contre et la CGC qui a r&#233;serv&#233; son avis. Et FO, CFDT, CFTC, SIA, de vanter les avantages du projet en termes d'emplois pr&#233;tendument induits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs l'ont clairement rejet&#233; : &#224; PSA Sochaux, dans la nuit du 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; au 2 octobre, &#224; 1 h 30 du matin, 130 ouvriers de l'&#233;quipe de nuit ont d&#233;bray&#233;. Une p&#233;tition de la CGT contre l'accord avait d&#233;j&#224; r&#233;uni 783 signatures sur les 850 salari&#233;s des &#233;quipes de nuit. &#192; PSA Saint-Ouen : 300 signatures, dont la quasi-totalit&#233; de l'&#233;quipe de nuit, pour le m&#234;me type de p&#233;tition. &#192; noter que la section CFDT de Sochaux s'est d&#233;clar&#233; en d&#233;saccord avec sa f&#233;d&#233;ration : un syndicaliste CFDT d&#233;clare&lt;em&gt; &#171; On en a assez mang&#233; de la flexibilit&#233; &#224; Sochaux &#187;&lt;/em&gt;. &#192; Sochaux, comme ailleurs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6 octobre 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&#233;o BASERLI&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_501 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH400/voiture-electrique-f8e7c.png?1526732197' width='400' height='400' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Altis (Corbeil-Essonnes, 91) : &#8230;pour mieux licencier
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Altis-Corbeil-Essonnes-91-pour-mieux-licencier</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Altis-Corbeil-Essonnes-91-pour-mieux-licencier</guid>
		<dc:date>2010-10-23T15:39:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Entreprises
</dc:subject>
		<dc:subject>Licenciements
</dc:subject>

		<description>Trois ans et demi apr&#232;s que les deux grands groupes de semi-conducteur IBM et Infineon ont annonc&#233; leur intention de se d&#233;barrasser d'Altis, leur filiale commune, l'usine de Corbeil-Essonnes a enfin un repreneur. Pour combien de temps ? On n'en sait rien. Toujours est-il qu'un plan de 400 licenciements est en cours avec, pour les 900 ouvriers qui vont rester, le passage en horaires d'&#233;quipes effectuant 12 heures de travail d'affil&#233;e. &lt;br /&gt;Vu les conditions de travail promises &#224; ceux qui restent et l'avenir&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Le-chantage-patronal-a-la-mode-" rel="directory"&gt;Le chantage patronal &#224; la mode
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Entreprises-72-+" rel="tag"&gt;Entreprises
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Licenciements-+" rel="tag"&gt;Licenciements
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Trois ans et demi apr&#232;s que les deux grands groupes de semi-conducteur IBM et Infineon ont annonc&#233; leur intention de se d&#233;barrasser d'Altis, leur filiale commune, l'usine de Corbeil-Essonnes a enfin un repreneur. Pour combien de temps ? On n'en sait rien. Toujours est-il qu'un plan de 400 licenciements est en cours avec, pour les 900 ouvriers qui vont rester, le passage en horaires d'&#233;quipes effectuant 12 heures de travail d'affil&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vu les conditions de travail promises &#224; ceux qui restent et l'avenir incertain de l'entreprise, &#224; peine le &#171; Plan de Sauvegarde de l'Emploi &#187; ouvert, les candidats au d&#233;part &#171; volontaire &#187; sont au rendez-vous. Le personnel qui restera est lui tr&#232;s d&#233;fiant, ne faisant confiance ni au repreneur de la derni&#232;re heure, ni &#224; ses parrains, l'avionneur Serge Dassault, et le ministre de l'industrie Christian Estrosi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment en est-on arriv&#233; l&#224; ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Quatre ans d'incertitude et de chantage&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;t&#233; 2006, quelques mois &#224; peine apr&#232;s le licenciement de 323 personnes, la direction d'Altis annonce son intention d'obtenir un gain de 15 % sur les co&#251;ts de personnel et, pour cela, de modifier les horaires de production en imposant des &#233;quipes de 12 heures, l'usine tournant en &#171; continu &#187; 7 jours sur 7. Selon la direction, le passage en 12 heures serait indispensable pour d&#233;nicher le repreneur pour l'usine. Commence alors le long feuilleton des repreneurs fant&#244;mes, notamment russes, que serait directement all&#233;s chercher Dassault, maire de Corbeil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; chaque annonce d'une solution probable, la direction fait pression de plus belle pour faire accepter le principe des nouvelles &#233;quipes, prix du pr&#233;tendu sauvetage. En janvier 2007, pour faire pression sur les syndicats, la direction organise m&#234;me une &#171; marche silencieuse &#187; dans l'usine avec l'encadrement et quelques personnes des bureaux qu'elle a embrigad&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Coup de col&#232;re&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le fiasco d'un pr&#233;tendu repreneur russe, la direction d&#233;fend une nouvelle solution &#171; franco-fran&#231;aise &#187; soutenue par un pr&#234;t de l'&#201;tat de 40 millions. IBM et Dassault finissent par annoncer le nombre de licenciements qui planaient dans l'air : ce sera 400. En juin 2009, la col&#232;re explose. Entre ceux qui ne veulent pas des 12 heures, et ceux qui se disent qu'il vaut mieux, pour eux, quitter une entreprise en sursis mais qui veulent des indemnit&#233;s de d&#233;part cons&#233;quentes, les op&#233;rateurs se mettent en gr&#232;ve dans une belle unit&#233;. En quelques jours &#224; peine la direction amorce des reculs, acceptant notamment d'augmenter le montant des indemnit&#233;s de licenciement pr&#233;vues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats, peu combatifs depuis le d&#233;but, s'empressent alors d'accepter et appellent &#224; la reprise, malgr&#233; une AG houleuse &#224; l'issue de laquelle ils imposent un vote &#224; bulletin secret. La direction, m&#234;me si elle va devoir payer plus cher que ce qu'elle escomptait, a enfin en poche un plan de licenciements chiffr&#233; et ficel&#233; d'avance. Le consentement syndical sur les &#233;quipes de 12 heures pour les restants ne tardera pas &#224; arriver. Mais, les mois suivants, la pr&#233;tendue solution de reprise s'enlise &#224; nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Zorro est arriv&#233;&#8230; avec l'argent de nos imp&#244;ts&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Alors, qui peut vraiment croire &#224; la solution d'aujourd'hui, tant vant&#233;e par Dassault (qui, apr&#232;s des mois d'in&#233;ligibilit&#233; pour fraude, va se repr&#233;senter &#224; la mairie) et par le ministre de l'industrie ? Le Zorro du sauvetage d'Altis d&#233;barqu&#233; au printemps 2010 n'est pas un inconnu. Il fait partie de l'&#233;quipe gouvernementale : Yazid Sabeg, homme d'affaires, dirigeant l'entreprise CS Communication et Syst&#232;mes, et commissaire &#224; la Diversit&#233; et &#224; l'&#201;galit&#233; des Chances. Son apport personnel pour le rachat d'Altis, 40 millions, il l'a essentiellement emprunt&#233;, sa fonction officielle et l'appui explicite d'Estrosi offrant de bonnes garanties aux pr&#234;teurs. Le reste, deux organismes d'&#201;tat, OSEO et le FSI (fonds strat&#233;gique d'investissement) le fourniront. Avec l'argent de nos imp&#244;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour quel projet pr&#233;cis ? Sabeg fait semblant de croire &#224; &#171; un business plan solide &#187;. Aux yeux des salari&#233;s, il n'est pourtant qu'un homme de paille, un politicien, et pas le premier &#224; man&#339;uvrer avec l'aide de l'argent public (on se souvient de Bernard Tapie). Discret, il refuse de r&#233;pondre quand on lui demande si les 40 millions qu'on lui pr&#234;te viennent de Dassault. Encore plus discret sur les 30 millions encore manquants qui viendraient de fonds anglo-saxons et de financiers du Golfe&#8230; toujours inconnus.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Licenciements imm&#233;diats, avenir incertain&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Qu'importe ! En cette rentr&#233;e de septembre, et m&#234;me s'il n'y a aucune garantie que le plan de reprise annonc&#233; n'avorte pas &#224; son tour, la direction s'est empress&#233;e de mettre en &#339;uvre le plan de licenciements dits &#171; volontaires &#187; (la formule est &#224; la mode) pr&#234;t depuis plus d'un an. Mais si l'antenne emploi ouverte sur le site a re&#231;u plus de demandes qu'il n'en faut, c'est que les salari&#233;s n'ont pas plus confiance dans le plan de Yazid Sabeg que dans les pr&#233;c&#233;dents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la direction du &#171; Nouvel Altis &#187; cherche &#224; se mettre en ordre de marche pour rentabiliser au maximum les derni&#232;res possibilit&#233;s de profit que le site peut offrir. Sans offrir la moindre garantie pour l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Objectifs imm&#233;diats : g&#233;rer les comp&#233;tences et serrer les co&#251;ts. Elle a ainsi publi&#233; une carte des postes &#224; supprimer. En fonction de quoi, de nombreux salari&#233;s qui souhaitaient rester se retrouvent licenci&#233;s. D'autres, qui souhaitent partir, se voient imposer de rester, &#224; moins, c'est la direction qui le leur sugg&#232;re, de se faire licencier prochainement en refusant le passage aux horaires 12 heures&#8230; mais sans les indemnit&#233;s du plan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si la direction mettait &#224; nouveau, par sa derni&#232;re escroquerie sur le &#171; volontariat &#187; d&#233;sign&#233;, tout le monde en col&#232;re ensemble ? Apr&#232;s tout, le climat social actuel qui ne se manifeste pas que sur les retraites, mais aussi sur les salaires, les emplois, en est l'occasion. Et l'occasion de ne pas &#234;tre seuls, entreprise apr&#232;s entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 octobre 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Laurent VASSIER&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Italie : Les ouvriers de la Fiat de Pomigliano ne plient pas
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Italie-Les-ouvriers-de-la-Fiat-de-Pomigliano-ne-plient-pas</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Italie-Les-ouvriers-de-la-Fiat-de-Pomigliano-ne-plient-pas</guid>
		<dc:date>2010-10-23T15:39:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Italie
</dc:subject>
		<dc:subject>Automobile
</dc:subject>

		<description>Le 22 juin, les quelque 5 000 travailleurs de l'usine Fiat de Pomigliano d'Arco (pr&#232;s de Naples) &#233;taient appel&#233;s &#224; se prononcer, par r&#233;f&#233;rendum, sur la question suivante : &#171; Etes-vous favorable &#224; l'accord sur le projet &#171; Futura Panda &#187; &#224; Pomigliano &#187;. La tr&#232;s grande majorit&#233; d'entre eux se trouvaient depuis un an et demi en &#171; cassa integrazione &#187;, un syst&#232;me de ch&#244;mage &#171; partiel &#187; de longue dur&#233;e, avec pour tout revenu une indemnit&#233; mensuelle d'environ 750 euros. &lt;br /&gt;L'accord soumis au vote avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; sign&#233; une&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Le-chantage-patronal-a-la-mode-" rel="directory"&gt;Le chantage patronal &#224; la mode
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Italie-+" rel="tag"&gt;Italie
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Automobile-+" rel="tag"&gt;Automobile
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 22 juin, les quelque 5 000 travailleurs de l'usine Fiat de Pomigliano d'Arco (pr&#232;s de Naples) &#233;taient appel&#233;s &#224; se prononcer, par r&#233;f&#233;rendum, sur la question suivante : &lt;em&gt;&#171; Etes-vous favorable &#224; l'accord sur le projet &#171; Futura Panda &#187; &#224; Pomigliano &#187;.&lt;/em&gt; La tr&#232;s grande majorit&#233; d'entre eux se trouvaient depuis un an et demi en &#171; cassa integrazione &#187;, un syst&#232;me de ch&#244;mage &#171; partiel &#187; de longue dur&#233;e, avec pour tout revenu une indemnit&#233; mensuelle d'environ 750 euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accord soumis au vote avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; sign&#233; une semaine plus t&#244;t, par l'ensemble des syndicats, &#224; l'exception de la FIOM, la f&#233;d&#233;ration de la M&#233;tallurgie de la CGIL, principal syndicat italien (m&#234;me si Guglielmo Epifani, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGIL y &#233;tait favorable).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'entreprise promettait de rapatrier &#224; Pomigliano la fabrication de la Panda, faite actuellement en Pologne, et d'investir 700 millions d'euros pour red&#233;marrer l'usine, &#224; condition que le personnel accepte de lourds sacrifices :&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Le travail se fera en 3/8, l'usine sera ouverte 6 jours sur 7.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; La direction pourra demander 120 heures suppl&#233;mentaires par an (au lieu de 40).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; En cas d'absent&#233;isme important, l'entreprise pourra d&#233;cider de ne pas payer les 3 premiers jours d'absence.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; R&#233;duction des pauses (3 pauses de 10 minutes par &#233;quipe, au lieu de 2 pauses de 20 minutes). La suppression de ces 10 minutes de pause correspondant &#224; une production suppl&#233;mentaire (non pay&#233;e) de 6 650 voitures par an.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Interdiction de faire gr&#232;ve contre les dispositions de l'accord, sous peine de sanctions.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, en cas de refus de l'accord, la direction mena&#231;ait de fermer l'usine, comme elle a d&#233;j&#224; annonc&#233; la fermeture d&#233;finitive en 2012 de l'&#233;tablissement de Termini Imerese, en Sicile (1 350 salari&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Convoqu&#233;s &#224; l'usine, 95 % des salari&#233;s (4 641 sur 4 881) ont vot&#233;. Le &#171; oui &#187; a remport&#233; 60 %. Mais la direction, qui esp&#233;rait un r&#233;sultat plus &#233;crasant, en a &#233;t&#233; pour ses frais. D'autant que si l'on compte le seul personnel ouvrier (directement concern&#233; par les mesures de l'accord) le nombre des &#171; oui &#187; d&#233;passe &#224; peine les 50 %. Comme disait un travailleur interrog&#233; par le journal &lt;em&gt;Corriere della Sera&lt;/em&gt; : &lt;em&gt;&#171; C'est un choix forc&#233;, nous devons survivre, si nous avions &#233;t&#233; libres, nous aurions vot&#233; non &#187;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; Pomigliano non si piega &#187; &lt;/em&gt;(Pomigliano ne plie pas) disait le slogan des opposants &#224; l'accord. Le vote est pass&#233;, mais 1673 travailleurs ont os&#233; dire &#171; non &#187; malgr&#233; le chantage &#224; l'emploi et les pressions &#233;normes exerc&#233;es par la direction et l'encadrement. Et un d&#233;brayage pour protester contre cet accord &#233;tait largement suivi dans la principale usine Fiat, &#224; Turin. La r&#233;sistance aux conditions impos&#233;es par la Fiat est bel et bien l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Thierry FLAMAND&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Niger : Sur l'autoroute de l'uranium
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Niger-Sur-l-autoroute-de-l-uranium</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Niger-Sur-l-autoroute-de-l-uranium</guid>
		<dc:date>2010-10-23T15:39:18Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Nucl&#233;aire
</dc:subject>
		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Niger
</dc:subject>
		<dc:subject>Areva
</dc:subject>

		<description>L'enl&#232;vement au Niger, le 16 septembre dernier, de cinq Fran&#231;ais, un Malgache et un Togolais a plac&#233; sous les projecteurs un pays dont on entend rarement parler dans les m&#233;dias, sinon pour &#233;voquer les morts de la famine, les d&#233;vastations de la s&#233;cheresse, ou un coup d'&#201;tat. &lt;br /&gt;Les rapports qu'entretient l'&#201;tat fran&#231;ais avec son ancienne colonie sont presque ignor&#233;s du grand public, en particulier &#224; travers le groupe Areva pour qui travaillaient les victimes de l'enl&#232;vement, lequel exploite et exporte vers la&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-71-octobre-2010-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 71, octobre 2010
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Nucleaire-+" rel="tag"&gt;Nucl&#233;aire
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Niger-+" rel="tag"&gt;Niger
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Areva-+" rel="tag"&gt;Areva
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'enl&#232;vement au Niger, le 16 septembre dernier, de cinq Fran&#231;ais, un Malgache et un Togolais a plac&#233; sous les projecteurs un pays dont on entend rarement parler dans les m&#233;dias, sinon pour &#233;voquer les morts de la famine, les d&#233;vastations de la s&#233;cheresse, ou un coup d'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rapports qu'entretient l'&#201;tat fran&#231;ais avec son ancienne colonie sont presque ignor&#233;s du grand public, en particulier &#224; travers le groupe Areva pour qui travaillaient les victimes de l'enl&#232;vement, lequel exploite et exporte vers la France la principale richesse du pays : l'uranium.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; La France n'a &#233;conomiquement pas besoin de l'Afrique &#187;&lt;/em&gt; avait d&#233;clar&#233; Nicolas Sarkozy en 2006 dans un discours &#224; Bamako... Mais sur &lt;em&gt;&#171; l'autoroute de l'uranium &#187;&lt;/em&gt;, bienvenue dans la chasse gard&#233;e de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Main basse sur l'uranium nig&#233;rien&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D&#233;velopp&#233;e entre 1970 et 1980, cette route traversant le Niger du nord au sud fait office d'art&#232;re principale pour faciliter le transport des ressources liqu&#233;fi&#233;es d'uranium, reliant la capitale Niamey aux centres miniers d'Arlit et Akokan et bient&#244;t d'Imouraren, au nord d'Agadez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Niger, pays enclav&#233; entre le Maghreb et l'Afrique subsaharienne, comprenant de larges zones d&#233;sertiques, regorge n&#233;anmoins de richesses souterraines, l'uranium en premier, mais aussi du p&#233;trole, et m&#234;me de l'or. Il a pourtant &#233;t&#233; class&#233; l'ann&#233;e derni&#232;re pays le plus pauvre du monde par l'ONU : l'esp&#233;rance de vie y culmine &#224; 43 ans, le taux d'alphab&#233;tisation atteint difficilement 14 % et plus de la moiti&#233; de sa population vit sous le seuil de pauvret&#233; absolue avec moins de deux dollars par jour, priv&#233;e de l'acc&#232;s &#224; la nourriture, &#224; l'eau, aux installations sanitaires, aux infrastructures et &#224; l'instruction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'ouverture de la nouvelle mine d'Imarouren, le Niger est en passe de devenir le second exportateur mondial d'uranium. Mais les 100 % de l'&#233;lectricit&#233; du pays (225 millions de kWh, soit 13 kWh par habitant contre 8 000 dans un pays comme la France !) proviennent d'&#233;nergies fossiles, charbon et p&#233;trole, largement import&#233;es du Nigeria voisin ! La quasi-totalit&#233; de l'uranium nig&#233;rien est en effet export&#233; par Areva, qui s'est toujours pr&#233;sent&#233; comme &lt;em&gt;&#171; un partenaire industriel fid&#232;le &#187;&lt;/em&gt; du Niger et se pr&#233;tend &lt;em&gt;&#171; acteur social responsable &#187;&lt;/em&gt;, cr&#233;ant des emplois, investissant dans des programmes de sant&#233; et m&#234;me &lt;em&gt;&#171; dans des actions de d&#233;veloppement durable &#187;&lt;/em&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un partenariat Gagnant-Gagnant ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me employeur au Niger, juste apr&#232;s l'&#201;tat, Areva exploite l'uranium &#224; travers deux filiales dont l'&#201;tat nig&#233;rien est actionnaire (&#224; hauteur de 31 % dans la COMINAK, mines d'Akokan, et de 36,6% dans la SOMA&#207;R, gisement d'Arlit) mais dont la compagnie fran&#231;aise reste l'actionnaire principal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bonne op&#233;ration pour elle : les titres de propri&#233;t&#233; ne rapportent pas grand-chose, ou presque, &#224; l'&#201;tat nig&#233;rien, qui voit l'int&#233;gralit&#233; de l'uranium extrait &#234;tre rachet&#233; &#224; un prix d&#233;risoire par la seule Areva en raison d'accords miniers (&#171; secrets &#187;, cela va sans dire), et de contrat pr&#233;f&#233;rentiels datant de 1961.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pire est que cette vente &#224; quart de prix (41 &#8364; en moyenne le kilo d'uranium pour Areva alors que sur le march&#233; mondial il cote &#224; plus de 180 &#8364;), repr&#233;sente en r&#233;alit&#233; le principal revenu ext&#233;rieur du pays.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le &#171; rayonnement &#187; de la Fance au Niger&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce manque &#224; gagner, qui se chiffre &#224; au moins 20 milliards de dollars perdus sur ses ventes d'uranium depuis l'ind&#233;pendance, n'est pas la seule chose qu'Areva laisse au Niger. Les rapports de la Criirad (Commission de Recherche Ind&#233;pendante et d'Information sur la Radioactivit&#233;) de 2007 font &#233;tat de la contamination radioactive de l'eau, de l'air et du sol par les op&#233;rations d'extraction men&#233;es par Areva. Les d&#233;chets radioactifs sont stock&#233;s &#224; l'air libre depuis plusieurs d&#233;cennies. Les ferrailles sorties d'usine sont vendues sur les march&#233;s, r&#233;cup&#233;r&#233;es par la population et utilis&#233;es comme mat&#233;riaux de construction ou ustensiles de cuisine. En mai 2007, la Criirad a signal&#233; &#224; la direction d'Areva et au Centre national de radioprotection du Niger la pr&#233;sence de &#171; st&#233;riles &#187; (r&#233;sidus de l'extraction) dans le domaine public, ainsi que des niveaux de radiation gamma jusqu'&#224; cent fois sup&#233;rieurs &#224; la normale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; Lorsque nous avons inform&#233; la presse de nos d&#233;couvertes, Areva a organis&#233; un voyage des m&#233;dias au Niger, a affr&#233;t&#233; un avion pour transporter les trente journalistes mais sans compteur Geiger ni aucun moyen d'&#233;valuer le degr&#233; de radiation. Ils &lt;/em&gt;(les journalistes)&lt;em&gt; auraient pu se tenir sur de la roche radioactive qui se trouve sur les routes et ne pas le savoir &#187;&lt;/em&gt;, d&#233;clarait un responsable de la Criirad. Ma&#238;tre des mines, Areva se veut aussi ma&#238;tre de l'information.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Timide contestation du monopole fran&#231;ais&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En 2007, le gouvernement nig&#233;rien tenta de mettre fin au monopole fran&#231;ais en octroyant 122 licences d'exploitation &#224; des compagnies am&#233;ricaines, sud-africaines, chinoises, canadiennes et australiennes. Il r&#233;ussit de cette fa&#231;on &#224; obtenir l'augmentation du prix de vente du kilogramme d'uranium de moiti&#233; et le droit de vendre lui-m&#234;me 300 tonnes d'uranium par an sur les march&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, cela n'&#233;corne pas vraiment le monopole d'Areva. D'ailleurs, la compagnie fran&#231;aise a r&#233;ussi sans grande peine &#224; se faire attribuer la mise en exploitation du nouveau gisement d'Imouraren, consid&#233;r&#233; comme la r&#233;serve d'uranium la plus importante de toute l'Afrique et la deuxi&#232;me au monde derri&#232;re celle d'Olympic Dam, en Australie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, si les soci&#233;t&#233;s chinoise Sino-U et am&#233;ricaine Exelon Corporation ont effectivement obtenu le droit de produire respectivement 700 et 300 tonnes d'uranium par an et pour dix ans seulement, c'est &#224; mettre en relation avec les 5 000 tonnes annuelles des filiales d'Areva, qui f&#234;tait r&#233;cemment l'extraction du sol nig&#233;rien de la... 100 000&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; tonne d'uranium.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La diplomatie de la canonni&#232;re&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Quoi d'&#233;tonnant que des salari&#233;s d'Areva soient alors consid&#233;r&#233;s comme des cibles faciles (malgr&#233; les milliers de gardes et les militaires qui prot&#232;gent la zone des mines) par des groupes arm&#233;s qui veulent faire pression sur le gouvernement fran&#231;ais ou se disent qu'Areva peut bien payer des ran&#231;ons. Sous les yeux neutres ou r&#233;jouis d'une population nig&#233;rienne qui subit les conditions de travail, de vie et sanitaires que leur impose le trust nucl&#233;aire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais n'est pas d&#233;cid&#233; &#224; en rabattre sur ce qu'il estime &#234;tre sa chasse gard&#233;e. Face &#224; l'enl&#232;vement des salari&#233;s d'Areva, il a choisi d'envoyer aussit&#244;t 80 militaires &#224; Niamey, deux avions de reconnaissance venus de France et quelques Mirage F1 de ses bases situ&#233;es au Tchad et d'impliquer dans la poursuite des ravisseurs des forces sp&#233;ciales fran&#231;aises qui sont positionn&#233;es en Mauritanie, officiellement charg&#233;es de l'entra&#238;nement de l'arm&#233;e mauritanienne. Bref le grand jeu, l&#224; o&#249; ce genre d'affaires se g&#232;re d'habitude dans le plus grand secret si tant est que le probl&#232;me soit d'assurer la vie des otages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; croire que cette prise d'otage sert &#224; Sarkozy pour rouler des m&#233;caniques et renforcer les positions militaires fran&#231;aises dans la r&#233;gion et la coop&#233;ration avec les troupes gouvernementales&#8230; au profit de la protection des int&#233;r&#234;ts d'Areva et des autres trusts fran&#231;ais qui op&#232;rent dans la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Claude RISSET&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_498 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH165/niger-8044d.png?1526732197' width='400' height='165' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> For&#234;t bor&#233;ale qu&#233;b&#233;coise : les capitalistes ratiboisent !
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Foret-boreale-quebecoise-les-capitalistes-ratiboisent</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Foret-boreale-quebecoise-les-capitalistes-ratiboisent</guid>
		<dc:date>2010-10-23T15:39:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;cologie
</dc:subject>
		<dc:subject>Canada
</dc:subject>

		<description>En 1999, &#171; L'erreur bor&#233;ale &#187;, un film documentaire de Richard Desjardins et Robert Monderie, r&#233;v&#233;lait le sort fait &#224; la for&#234;t qu&#233;b&#233;coise. D&#233;vast&#233;e par des coupes sauvages, sans souci pour la protection de l'environnement, cette for&#234;t, pourtant publique, &#233;tait livr&#233;e par le gouvernement &#224; la pr&#233;dation de l'industrie foresti&#232;re. &lt;br /&gt;Le business du bois est une vieille affaire au Canada &lt;br /&gt;D&#232;s les ann&#233;es 1800, l'industrie britannique s'y approvisionnait pour moins cher qu'en Europe. Ce sont d'ailleurs les hommes&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-71-octobre-2010-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 71, octobre 2010
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Ecologie-+" rel="tag"&gt;&#201;cologie
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Canada-+" rel="tag"&gt;Canada
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 1999, &lt;em&gt;&#171; L'erreur bor&#233;ale &#187;&lt;/em&gt;, un film documentaire de Richard Desjardins et Robert Monderie, r&#233;v&#233;lait le sort fait &#224; la for&#234;t qu&#233;b&#233;coise. D&#233;vast&#233;e par des coupes sauvages, sans souci pour la protection de l'environnement, cette for&#234;t, pourtant publique, &#233;tait livr&#233;e par le gouvernement &#224; la pr&#233;dation de l'industrie foresti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le business du bois est une vieille affaire au Canada &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s les ann&#233;es 1800, l'industrie britannique s'y approvisionnait pour moins cher qu'en Europe. Ce sont d'ailleurs les hommes d'affaires enrichis dans l'exploitation foresti&#232;re qui fond&#232;rent la Banque de Montr&#233;al en 1817. Puis la for&#234;t canadienne servit &#224; b&#226;tir des villes, comme New York et Boston... &#201;videmment, les peuples autochtones et m&#233;tis furent les premi&#232;res victimes des compagnies (foresti&#232;res ou mini&#232;res), se voyant m&#234;me d&#233;poss&#233;d&#233;s progressivement des parcelles de territoire promises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, avec une for&#234;t qui recouvrait pr&#232;s de 40 % de sa surface et l'&#233;nergie hydro&#233;lectrique &#224; volont&#233;, le Canada fut le plus grand exportateur de bois (et d&#233;riv&#233;s) et un des plus grands producteurs de feuilles de papier du monde. Au d&#233;but du XXI&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, le Canada est toujours un grand r&#233;servoir de ressources naturelles et d'&#233;nergies (eau, bois d'&#339;uvre, gaz, p&#233;trole dans les fonds bitumeux, uranium, ilm&#233;nite/titane, fer, diamants, etc.). Mais cette immense for&#234;t (pins blancs, sapins, &#233;pinettes/&#233;pic&#233;as), qui semblait in&#233;puisable, est sans doute irr&#233;m&#233;diablement atteinte. Le pin blanc (menuiserie) est &#233;puis&#233; ; puis les coupes les plus rentables, &#224; proximit&#233; des grands cours d'eau, se font rares ; il reste surtout du bois pour la p&#226;te &#224; papier. Mais le gouvernement canadien accorde des droits de coupe (concessions en &#233;change d'une taxe minime) aux compagnies foresti&#232;res. Dans les ann&#233;es 1950, la ville de Trois Rivi&#232;res devint la capitale mondiale du papier : pas &#233;tonnant, for&#234;t et &#233;lectricit&#233; presque gratuites et travail des b&#251;cherons &#224; leur compte, pour rien...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand l'affaire devint un peu moins rentable dans les ann&#233;es 1970, les compagnies papeti&#232;res obtinrent des aides du gouvernement et la possibilit&#233; d'exploiter la for&#234;t plus librement. Les engins de plus en plus &#171; efficaces &#187; firent, au plus rentable, des coupes &#224; blanc, laissant le terrain &#224; nu. On laissait juste des bandes bois&#233;es sur les lisi&#232;res (rivi&#232;res, lacs, routes) des coupes pour &#171; att&#233;nuer les impacts paysagers &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_499 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH400/cheque_en_bois-aa51f.png?1526732197' width='400' height='400' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;En 1986, un bilan d&#233;sastreux&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;g&#233;n&#233;rescence de la for&#234;t ne se faisait pas comme pr&#233;vu ; on replanta des &#233;pinettes, mais la monoculture favorisa les &#233;pid&#233;mies (champignons ou insectes, qu'on n'h&#233;sita pas &#224; d&#233;truire avec des d&#233;foliants largu&#233;s par avion). Au point qu'on en arriva &#224; une rupture des stocks. Malgr&#233; cela, en 1987, le gouvernement canadien continuait &#224; conc&#233;der et garantir aux compagnies la ressource foresti&#232;re (contrats d'am&#233;nagement forestiers pour 25 ans renouvelables !). Certes, des fonds publics devaient servir &#224; replanter, d&#233;broussailler, reconstruire la for&#234;t&#8230; mais le minist&#232;re de l'Environnement fut &#233;cart&#233; du dossier, comme l'opinion publique. Par contre un ancien ministre des Ressources Naturelles (responsable des coupes de bois records) devint PDG du Conseil de l'industrie foresti&#232;re : un genre de privatisation du minist&#232;re pour que les compagnies soient plus &#224; leur aise pour continuer leur pillage.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Dix ans apr&#232;s, &lt;em&gt;&#171; toujours un cauchemar en for&#234;t &#187;&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='&#171; Toujours un cauchemar en for&#234;t &#187; , titre de R. Desjardins dans un article (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si ce n'est qu'il faut aller chercher le bois plus loin au nord, op&#233;ration donc moins rentable, et les capitalistes de l'industrie foresti&#232;re de pleurer des subventions aupr&#232;s du gouvernement avec le chantage &#224; l'emploi. Ils voudraient la quasi-gratuit&#233; des concessions, la prise en charge par l'&#201;tat du co&#251;t de la construction des chemins d'acc&#232;s, du reboisement, etc. Pourtant, c'est plus d'un milliard de dollars canadiens ($CA) que les trois plus grosses compagnies foresti&#232;res ont distribu&#233; entre 2000 et 2005 &#224; leurs actionnaires. Alors que la for&#234;t publique &#233;tait d&#233;ficitaire de 118 millions de $CA en 2008, Qu&#233;bec versant aux compagnies papeti&#232;res 351 millions et encaissant 233 millions en imp&#244;ts et redevances de l'industrie des p&#226;tes et papiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derni&#232;re en date : la papeti&#232;re multinationale AbitibiBowater qui a ferm&#233; cinq usines au Qu&#233;bec depuis 2007 (7 500 travailleurs sur le carreau). Elle s'est d&#233;clar&#233;e en faillite et menace de ne verser que 75 % de leur retraite &#224; ses salari&#233;s, pour mieux n&#233;gocier des aides du gouvernement. &#192; force de pleurer la bouche pleine et de saccager la for&#234;t, les compagnies foresti&#232;res et papeti&#232;res pourraient apprendre de quel bois la population canadienne se chauffe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;lise MOUTIER&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_500 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L200xH170/canada-c5b41.png?1526732197' width='200' height='170' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;em&gt;Sources : &lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Films documentaires de l'Office national du film du Canada.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt;&#171; L'erreur bor&#233;ale &#187; &lt;/em&gt;(1999)&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt;&#171; Deux mille fois par jour &#187; &lt;/em&gt;(2004)&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Presse canadienne : &lt;em&gt;Le Devoir&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;La Presse&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Canoe-infos&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;&#171; Au fil des &#233;v&#232;nements &#187;&lt;/em&gt; &#8211; universit&#233; de Laval &#224; Qu&#233;bec.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&#171; Toujours un cauchemar en for&#234;t &#187;&lt;/em&gt; , titre de R. Desjardins dans un article paru dans &lt;em&gt;Le Devoir&lt;/em&gt; , en septembre 2010&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Barack Obama &#8212; Un an apr&#232;s
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Barack-Obama-Un-an-apres</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Barack-Obama-Un-an-apres</guid>
		<dc:date>2010-10-23T15:39:09Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Barack Obama
</dc:subject>
		<dc:subject>USA
</dc:subject>

		<description>Moins de deux ans apr&#232;s l'&#233;lection de Barack Obama &#224; la pr&#233;sidence des &#201;tats-Unis, l'enthousiasme s'est &#233;vanoui. Le pr&#233;sident qui appelait au &#171; changement &#187; n'a rien chang&#233;. &lt;br /&gt;L'administration d&#233;mocrate a fait un grand battage autour du rappel de ses troupes en Irak. Des troupes seront bien retir&#233;es, mais les chiffres officiels ne font pas appara&#238;tre qu'il y aura encore, m&#234;me apr&#232;s le d&#233;part de l'arm&#233;e, plus de 100 000 personnes dans des entreprises priv&#233;es qui font office de sous-traitants et de fournisseurs&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-71-octobre-2010-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 71, octobre 2010
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Barack-Obama-+" rel="tag"&gt;Barack Obama
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-USA-+" rel="tag"&gt;USA
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Moins de deux ans apr&#232;s l'&#233;lection de Barack Obama &#224; la pr&#233;sidence des &#201;tats-Unis, l'enthousiasme s'est &#233;vanoui. Le pr&#233;sident qui appelait au &#171; changement &#187; n'a rien chang&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'administration d&#233;mocrate a fait un grand battage autour du rappel de ses troupes en Irak. Des troupes seront bien retir&#233;es, mais les chiffres officiels ne font pas appara&#238;tre qu'il y aura encore, m&#234;me apr&#232;s le d&#233;part de l'arm&#233;e, plus de 100 000 personnes dans des entreprises priv&#233;es qui font office de sous-traitants et de fournisseurs aupr&#232;s de l'arm&#233;e pour l'occupation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce faisant, la guerre en Afghanistan s'est intensifi&#233;e (voir notre article &lt;em&gt;&#171; D'une guerre &#224; l'autre &#187;&lt;/em&gt;). Depuis 2001, plus de 1 100 soldats am&#233;ricains ont &#233;t&#233; tu&#233;s en Afghanistan, dont plus de 500 depuis qu'Obama est entr&#233; en fonction. Ceux qui ne sont pas tu&#233;s ram&#232;nent la guerre chez eux. Le Bureau des V&#233;t&#233;rans explique qu'en moyenne 18 v&#233;t&#233;rans de l'arm&#233;e se suicident chaque mois, la plupart &#233;tant des soldats ayant tout juste achev&#233; leur service.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident avait promis de fermer la prison militaire de Guantanamo, &#224; Cuba. Non seulement il n'a pas tenu cette promesse mais son administration a d&#233;cid&#233; d'y maintenir en d&#233;tention sans proc&#232;s 47 prisonniers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien des gens esp&#233;raient du moins qu'il s'attaquerait &#224; la question du syst&#232;me de sant&#233; am&#233;ricain, totalement d&#233;faillant. Les &#201;tats-Unis d&#233;pensent deux fois plus que les autres pays industrialis&#233;s pour l'assurance maladie (les assurances priv&#233;es pr&#233;levant un tiers de chaque dollar d&#233;pens&#233; pour la sant&#233;), alors que pr&#232;s de 50 millions d'Am&#233;ricains sont sans couverture sociale et que 14 000 d'entre eux, chaque jour, perdent leur couverture. En fait, la nouvelle loi est un recul par rapport &#224; ce qui existait d&#233;j&#224; pour bien des gens. Le programme Medicare Advandage, qui am&#233;liorait un peu la couverture sociale des personnes &#226;g&#233;es (le &#171; programme Medicare &#187;) a &#233;t&#233; r&#233;duit. Les femmes qui choisissent de se faire avorter ne sont pas couvertes pour cet acte. Enfin les sans-papiers, ainsi que leurs enfants, sont exclus du syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'administration Obama continue de renflouer les entreprises, comme le faisait l'administration Bush. Suite au plan Paulson de 700 milliards de dollars, Obama a l&#226;ch&#233; 60 milliards de plus pour l'industrie automobile, soi-disant pour sauver des emplois. En fait, les grosses compagnies ont licenci&#233; des milliers d'ouvriers depuis le d&#233;but de la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise &#233;conomique a frapp&#233; de plein fouet la classe ouvri&#232;re. En 2009, le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvret&#233; est mont&#233; &#224; 44 millions, le record depuis 50 ans que cette statistique existe. La distribution de coupons alimentaires a touch&#233; son maximum historique au mois d'ao&#251;t avec plus de 40 millions de personnes b&#233;n&#233;ficiaires ce mois-ci. Ao&#251;t 2010 a aussi &#233;t&#233; le record de tous les temps pour les expulsions de logements : plus de 95 000 dans le mois. On s'attend &#224; ce que l'ann&#233;e 2010 s'ach&#232;ve avec plus de 1,2 million d'expulsions au total, 12 fois plus qu'en 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'administration Obama a aussi encourag&#233; des coupes majeures et des attaques contre le syst&#232;me &#233;ducatif public. La principale r&#233;forme concernant l'&#201;ducation, appel&#233;e &lt;em&gt;&#171; Race to the top &#187;&lt;/em&gt; (&#171; La course au sommet &#187;), force chaque &#201;tat &#224; entrer en comp&#233;tition avec les autres pour gagner une aide f&#233;d&#233;rale de 4,35 milliards de dollars. Avec cette loi, les &#201;tats ne toucheront cet argent que si les &#233;coles ayant de mauvais r&#233;sultats &#224; des tests standardis&#233;s licencient tout leur personnel enseignant et recommencent tout &#224; z&#233;ro. Dans le m&#234;me temps, 100 milliards de plus &#233;taient d&#233;bloqu&#233;s pour financer l'&#233;tablissement de &lt;em&gt;&#171; charter schools &#187;&lt;/em&gt;, des &#233;coles sous contrat mises en places et g&#233;r&#233;es par des compagnies priv&#233;es utilisant souvent de jeunes profs non syndiqu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec toutes ces attaques, un sentiment de cynisme s'est profond&#233;ment r&#233;pandu dans la population. Les slogans de la campagne pr&#233;sidentielle tels que &lt;em&gt;&#171; hope &#187;&lt;/em&gt; (&#171; espoir &#187;) et &lt;em&gt;&#171; change &#187;&lt;/em&gt; (&#171; changement &#187;) sont devenus d&#233;sormais la cible de blagues dans les grands medias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, le pr&#233;sident garde un certain capital de confiance : &lt;em&gt;&#171; Il faut lui laisser le temps&#8230; &#187;&lt;/em&gt;. Bien des gens en reviennent au fait qu'il est Afro-am&#233;ricain, le premier d'entre eux &#224; gagner la pr&#233;sidence. Certes, un pr&#233;sident dont la popularit&#233; acquise lors de la campagne &#233;lectorale aupr&#232;s des pauvres, en ces temps de crise, a permis &#224; la bourgeoisie am&#233;ricaine de s'en sortir grassement. Du moins pour le moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Craig VINCENT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Le mouvement Tea Party&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'&#233;lection de Barack Obama &#224; la pr&#233;sidence des &#201;tats-Unis, la droite radicale et conservatrice am&#233;ricaine tente de relever la t&#234;te sous le nom de mouvement &#171; Tea Party &#187;, dont les deux porte-parole sont Glenn Beck, un pr&#233;sentateur sur la cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision conservatrice &lt;em&gt;Fox News&lt;/em&gt;, et Sarah Palin, ancienne candidate r&#233;publicaine &#224; la vice-pr&#233;sidence des &#201;tats-Unis. L'espace qu'occupe le Tea Party dans les m&#233;dias est cependant plus en rapport avec le soutien de milliardaires et de groupes de m&#233;dias qu'avec le nombre de ses militants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mouvement est issu de divers courants de la droite r&#233;actionnaire et anti-&#233;tatiste am&#233;ricaine, n&#233;s de l'opposition au programme de sauvetage de la finance am&#233;ricaine (qualifi&#233; par eux de &#171; socialiste &#187; !) puis au projet d'assurance sant&#233;, propos&#233;s par l'administration Obama en 2009. Non directement affili&#233;s au Parti r&#233;publicain (qu'ils critiquent aussi parfois), les mouvements Tea Party se r&#233;f&#232;rent aux symboles des &#171; p&#232;res fondateurs &#187; am&#233;ricains. La d&#233;nomination du mouvement est un jeu de mots sur le terme &#171; party &#187;, qui d&#233;signe un parti politique mais fait aussi r&#233;f&#233;rence &#224; la &lt;em&gt;Boston Tea Party&lt;/em&gt;, en 1773, un des &#233;v&#233;nements annonciateurs de la guerre d'ind&#233;pendance am&#233;ricaine, durant lequel des colons am&#233;ricains avaient jet&#233; &#224; la mer des caisses de th&#233; de la Compagnie anglaise des Indes orientales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_497 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH500/tea_party2-0d2de.png?1526732197' width='400' height='500' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Le 2 octobre &#224; Washington : Des dizaines de milliers de travailleurs contre la crise&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Environ 150 000 personnes venant d'un peu partout aux &#201;tats-Unis se sont retrouv&#233;es le samedi 2 octobre &#224; Washington lors du rassemblement &lt;em&gt;One Nation Working Together &lt;/em&gt; (&#171; Une nation unie au travail &#187;). La plupart des participants &#233;taient des travailleurs de secteurs divers, des &#233;tudiants, des familles, des membres d'organisations communautaires et des membres d'organisations de gauche. Le rassemblement &#233;tait organis&#233; par des syndicats, des groupes militant en faveur de la paix, de la justice sociale, des droits civiques ou de l'&#233;cologie, ainsi que des sections du Parti d&#233;mocrate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des dizaines de discours se sont succ&#233;d&#233; &#224; la tribune avec le m&#234;me objectif : contrer les rassemblements organis&#233;s par la droite, notamment autour du Parti r&#233;publicain et des mouvements &lt;em&gt;Tea Party&lt;/em&gt;. Il s'agissait aussi, en cette situation de crise sociale et &#233;conomique, de transformer la col&#232;re et l'insatisfaction grandissantes en un soutien &#224; la politique du Parti d&#233;mocrate. Le message des orateurs &#233;tait sans ambigu&#239;t&#233; : manifester son opposition &#224; l'extr&#234;me droite en allant voter d&#233;mocrate lors des prochaines &#233;lections du 2 novembre (&#233;lections nationales des repr&#233;sentants au Congr&#232;s, au S&#233;nat, mais aussi locales dans les diff&#233;rents &#201;tats).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains, notamment parmi les travailleurs afro-am&#233;ricains, n'ont pas totalement retir&#233; leur soutien &#224; l'administration Obama. Ceux-l&#224; sont peut-&#234;tre partis du meeting affermis dans leur soutien aux d&#233;mocrates. Mais la plupart des travailleurs pr&#233;sents n'ont port&#233; que peu d'int&#233;r&#234;t &#224; des discours qui n'apportaient aucune solution &#224; leurs probl&#232;mes, en se contentant de les appeler &#224; bien voter pour le 2 novembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, ce rassemblement a &#233;t&#233; un &#233;v&#233;nement important. Pour la plupart, c'&#233;tait la premi&#232;re fois qu'ils participaient &#224; une telle manifestation politique (et surtout de cette taille), parfois m&#234;me la premi&#232;re fois qu'ils osaient protester publiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C.V.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Obama, d'une guerre &#224; l'autre
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Obama-d-une-guerre-a-l-autre</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Obama-d-une-guerre-a-l-autre</guid>
		<dc:date>2010-10-23T15:39:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Barack Obama
</dc:subject>
		<dc:subject>USA
</dc:subject>
		<dc:subject>Irak
</dc:subject>
		<dc:subject>Imp&#233;rialisme
</dc:subject>

		<description>Barack Obama l'avait promis. Il l'a fait. Une moiti&#233; de sa promesse seulement : pas celle d'arr&#234;ter la guerre d'Irak, puisqu'il laisse la bagatelle de 50 000 soldats sur place, mais celle de transf&#233;rer massivement des troupes d'Irak en Afghanistan, remettant au premier plan cette &#171; guerre oubli&#233;e &#187; pendant les ann&#233;es des grandes op&#233;rations d'Irak. &lt;br /&gt;Le mythe des &#171; seuls &#187; 50 000 hommes cantonn&#233;s en Irak &#224; des missions d'entra&#238;nement des troupes irakiennes n'a pas tenu longtemps. Le mardi 31 ao&#251;t, l'Irak devait&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-71-octobre-2010-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 71, octobre 2010
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Barack-Obama-+" rel="tag"&gt;Barack Obama
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-USA-+" rel="tag"&gt;USA
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Irak-+" rel="tag"&gt;Irak
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Imperialisme-+" rel="tag"&gt;Imp&#233;rialisme
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Barack Obama l'avait promis. Il l'a fait. Une moiti&#233; de sa promesse seulement : pas celle d'arr&#234;ter la guerre d'Irak, puisqu'il laisse la bagatelle de 50 000 soldats sur place, mais celle de transf&#233;rer massivement des troupes d'Irak en Afghanistan, remettant au premier plan cette &#171; guerre oubli&#233;e &#187; pendant les ann&#233;es des grandes op&#233;rations d'Irak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mythe des &#171; seuls &#187; 50 000 hommes cantonn&#233;s en Irak &#224; des missions d'entra&#238;nement des troupes irakiennes n'a pas tenu longtemps. Le mardi 31 ao&#251;t, l'Irak devait devenir &lt;em&gt;&#171; un pays souverain et ind&#233;pendant &#187;&lt;/em&gt; et l'arm&#233;e am&#233;ricaine rester enferm&#233;e dans ses cantonnements. Mais, le dimanche 5 septembre, celle-ci participait &#224; une bataille rang&#233;e &#224; Bagdad aux c&#244;t&#233;s de l'arm&#233;e irakienne, h&#233;licopt&#232;res et drones &#224; l'appui ; quelques jours plus tard, ses h&#233;licopt&#232;res et chasseurs-bombardiers F16 intervenaient pr&#232;s de la ville de Bakouba, au nord de la capitale, alors que, selon le commandement, l'arm&#233;e am&#233;ricaine n'avait plus effectu&#233; de bombardement depuis juillet 2009 ; et, le 15 septembre, elle participait &#224; l'assaut d'un suppos&#233; &lt;em&gt;&#171; repaire d'Al Qaida &#187;&lt;/em&gt; &#224; Falloudja, &#224; l'ouest. Un beau d&#233;but pour cette &lt;em&gt;&#171; Aube nouvelle &#187;&lt;/em&gt;, surnom de la nouvelle mission am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intensification de la guerre en Afghanistan, quant &#224; elle, se poursuit de plus belle&#8230;. Comme l'est son extension territoriale, avec la multiplication des incursions au Pakistan.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Irak : bilan des d&#233;g&#226;ts &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Des centaines de milliers de victimes dans la population irakienne (entre 200 000 &#224; 600 000 selon les estimations), 1,7 million d'exil&#233;s &#224; l'&#233;tranger, 1,5 million de d&#233;plac&#233;s &#224; l'int&#233;rieur par les destructions de guerre, par les exodes communautaires impos&#233;s par les affrontements entre milices rivales ou par les murs &#233;rig&#233;s par les USA entre les quartiers de Bagdad notamment, tel est le seul bilan des sept ans d'occupation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la reconstruction tant promise, elle n'a fait qu'alimenter la corruption et b&#233;n&#233;ficier aux reconstructeurs, soci&#233;t&#233;s am&#233;ricaines et britanniques surtout, sans que pratiquement rien (sauf des installations militaires) ne se reconstruise. &lt;em&gt;Le Monde &lt;/em&gt;du 30 septembre cite&lt;em&gt; &#171; une prison de 40 millions de dollars (31,5 millions d'euros) vide, dans le d&#233;sert pr&#232;s de Bagdad &#187; &lt;/em&gt;dont l'entreprise am&#233;ricaine a interrompu la construction sous pr&#233;texte d'ins&#233;curit&#233;, apr&#232;s avoir largement d&#233;pass&#233; les co&#251;ts pr&#233;visionnels. Ou &lt;em&gt;&#171; une station d'&#233;puration de 100 millions de dollars (78,7 millions d'euros) &#224; Fallouja, o&#249; les eaux us&#233;es continuent de s'&#233;couler dans la rue &#187;&lt;/em&gt;. Ou un h&#244;pital de 50 millions de dollars dont la construction a &#233;t&#233; interrompue&#8230; Quelque 5 milliards de dollars se seraient purement et simplement &#233;vapor&#233;s, selon un rapport officiel (un dixi&#232;me de la somme consacr&#233;e par l'&#201;tat am&#233;ricain pour la reconstruction) et seraient all&#233;s alimenter la corruption, non seulement des notables ou chefs de guerres irakiens, mais aussi des interm&#233;diaires occidentaux ou officiers sup&#233;rieurs am&#233;ricains, dont un responsable du CPA (l'autorit&#233; provisoire de la coalition en Irak), condamn&#233; en f&#233;vrier 2007 pour blanchiment d'argent et march&#233;s truqu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Hommes d'affaires en ch&#226;teaux&#8230; forts&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; le chaos dans lequel est plong&#233; le pays et bien que la production p&#233;troli&#232;re ne soit remont&#233;e qu'&#224; 2,4 millions de barils par jour &#8211; soit son niveau de la p&#233;riode de l'embargo entre les deux guerres d'Irak &#8211;, les affaires tournent. Les compagnies fran&#231;aises, en retard pourtant sur les am&#233;ricaines ou anglaises, font leur retour : au &lt;em&gt;&#171; Ch&#226;teau &#187;&lt;/em&gt;, un immeuble face &#224; l'ambassade de France, dans une rue surveill&#233;e par des miradors, se succ&#232;dent les hommes d'affaires de Lafarge, Sanofi-Aventis, Alstom ou Sofinfra (soci&#233;t&#233; li&#233;e &#224; l'industrie d'armement fran&#231;aise, sp&#233;cialis&#233;e dans la construction de casernes&#8230; et d'h&#244;pitaux). Il leur en co&#251;te quelque 800 &#8364; aupr&#232;s d'une agence de mercenaires arm&#233;s pour escorter leurs petites personnes de l'a&#233;roport au centre de Bagdad, ou 2 000 &#8364; pour une escorte de la journ&#233;e. Le jeu doit en valoir le prix. Et qu'on ne nous fasse pas pleurer si l'un d'entre eux se trouve un jour pris en otage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la population en revanche, c'est la p&#233;nurie dans tous les domaines. Les coupures permanentes d'&#233;lectricit&#233; (1 heure d'alimentation sur 5 tout au plus) au d&#233;but de l'&#233;t&#233; ont soulev&#233; des &#233;meutes qui ont co&#251;t&#233; son poste au ministre de l'&#201;lectricit&#233; par int&#233;rim. La population irakienne est capable de se r&#233;volter, malgr&#233; les troupes d'occupation ou l'arm&#233;e irakienne reconstitu&#233;e, malgr&#233; les milices rivales qui multiplient les attentats et cultivent les clivages religieux et communautaires pour conserver leurs fiefs. C'est bien l&#224; le seul espoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_495 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L250xH413/obama_petrole-08f95.png?1526732197' width='250' height='413' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le bourbier afghan&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En 2009, &#224; l'investiture d'Obama, il y avait un peu plus de 50 000 hommes de troupes de l'OTAN en Afghanistan, dont 20 000 am&#233;ricains. Ils sont aujourd'hui pr&#232;s de 150 000, dont plus de 100 000 am&#233;ricains. Bien plus que le summum atteint par les troupes russes (120 000) au temps de leur guerre. Et c'est sans compter les dizaines de milliers de suppl&#233;tifs lou&#233;s par les arm&#233;es de l'OTAN aupr&#232;s de soci&#233;t&#233;s de &#171; services &#187; et de mercenaires priv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Obama vient de tripler les effectifs, c'est que la guerre, qui avait sembl&#233; ais&#233;e &#224; ses d&#233;buts, &#224; l'automne 2001, au point d'encourager Bush &#224; se lancer ensuite dans l'occupation de l'Irak, commen&#231;ait &#224; tourner vinaigre. Au moment de l'invasion, les troupes talibanes chass&#233;es du pouvoir, et les autres groupes arm&#233;s de seigneurs de guerre locaux (ceux qui ne se sont pas ralli&#233;s aux USA pour devenir ministres du gouvernement provisoire ou gouverneurs de r&#233;gions), avaient pass&#233; la fronti&#232;re pakistanaise ou s'&#233;taient fondus dans la nature. La corruption du r&#233;gime mis en place par les USA leur a vite rendu du cr&#233;dit aux yeux de la population, et la mis&#232;re des camps de r&#233;fugi&#233;s afghans de l'autre c&#244;t&#233; de la fronti&#232;re pakistanaise a fabriqu&#233; une jeune g&#233;n&#233;ration de r&#233;volt&#233;s o&#249; recruter de nouvelles troupes. &#192; partir de 2005-2006, les Talibans sont r&#233;apparus sur le terrain, ont repris peu &#224; peu le contr&#244;le de villes ou de r&#233;gions enti&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'augmentation des troupes d'occupation n'a rien enray&#233;. Le nombre d'attentats r&#233;pertori&#233;s par l'arm&#233;e am&#233;ricaine est pass&#233; de 100 &#224; 200 par mois entre 2005 et 2006, &#224; 400 par mois fin 2008, et 1 000 en 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un reportage du &lt;em&gt;Monde diplomatique&lt;/em&gt; de septembre dernier sur les ressources financi&#232;res des Talibans (nom sous lequel sont rang&#233;s p&#234;le-m&#234;le tous les groupes arm&#233;s oppos&#233;s au r&#233;gime, m&#234;me s'ils sont d'une autre mouvance) raconte comment ils peuvent taxer une entreprise de construction de route si elle veut pouvoir continuer ses travaux. Comment des entreprises (y compris sous-traitantes des arm&#233;es am&#233;ricaines et alli&#233;es) pr&#233;f&#232;rent les payer pour garantir la s&#233;curit&#233; d'un convoi, plut&#244;t que d'embaucher des gardes arm&#233;s plus co&#251;teux. Ou comment ils ont repris leur place dans le monde des affaires et des trafics. Affaires et trafics (y compris trafic de drogue) auxquels la famille m&#234;me du pr&#233;sident Karza&#239; n'est pas &#233;trang&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Vers un marchandage avec le &#171; diable &#187; ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lections afghanes du 18 septembre dernier, sous contr&#244;le des forces d'occupation, sont loin de redonner du cr&#233;dit au r&#233;gime ! Les r&#233;sultats ne sont toujours pas publi&#233;s : d&#233;j&#224; 300 000 bulletins invalid&#233;s pour fraude dans au moins 227 bureaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les prises de contact avec les chefs talibans ou une partie d'entre eux, pour voir s'il ne serait pas possible, dans un &#171; processus de paix &#187;, de r&#233;-associer tout ce beau monde &#224; la gestion du pays, sont aujourd'hui officielles. Apr&#232;s tout, Karza&#239; n'avait-il pas soutenu un temps les talibans apr&#232;s leur arriv&#233;e au pouvoir ? Les USA n'avaient-ils pas financ&#233; tous les chefs de guerre religieux du temps de la guerre russe, avant de les diaboliser en 2001 pour justifier l'invasion du pays ? Cela n'est en rien contradictoire avec l'intensification de la guerre en cours. Tant pour affaiblir ou diviser les interlocuteurs potentiels que parce que leur &#233;ventuel retour au pouvoir, sous la houlette am&#233;ricaine, se fera sur le dos d'une population qu'il faut terroriser et briser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une fuite en avant bien classique, pour couper de leurs bases arri&#232;re sur la fronti&#232;re pakistanaise les groupes arm&#233;s hostiles &#224; l'occupation, l'arm&#233;e am&#233;ricaine multiplie les raids au Pakistan. Comme la France pendant la guerre d'Alg&#233;rie bombardait le village de Sakiet en Tunisie, ou l'arm&#233;e am&#233;ricaine exportait au Cambodge et au Laos la guerre du Vietnam. Ces derniers mois l'escalade am&#233;ricaine ne se limite plus &#224; des actions de commandos de ses services secrets de l'autre cot&#233; de la fronti&#232;re, ni &#224; quelques survols de reconnaissance par ses drones : les forces de l'OTAN multiplient les bombardements et les raids d'h&#233;licopt&#232;res avec leurs morts et leurs bavures. Ainsi, le 30 septembre, deux militaires pakistanais &#233;taient abattus par erreur par un h&#233;licopt&#232;re am&#233;ricain. Excuses de l'OTAN et tout est rentr&#233; dans l'ordre avec le gouvernement pakistanais, si ce n'est avec la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_496 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L300xH262/afg-0d6d6.png?1526732197' width='300' height='262' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;De la route de la Soie &#224; la route du Lithium&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour s'ent&#234;ter dans une guerre qui s'enlise de plus en plus, co&#251;te des centaines de milliards et risque de d&#233;stabiliser le Pakistan, le grand voisin, l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain &#224; ses raisons : garder son contr&#244;le sur toute la r&#233;gion et ses richesses. Et, au-del&#224;, des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques dont l'Afghanistan lui-m&#234;me &#8211; s'il n'est pas riche en p&#233;trole comme l'Irak &#8211;, n'est pas d&#233;pourvu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la fin de l'URSS, les strat&#232;ges am&#233;ricains aiment &#224; &#233;voquer la vieille &lt;em&gt;&#171; route de la Soie &#187;&lt;/em&gt; qui joignait jadis la M&#233;diterran&#233;e &#224; l'Asie centrale et la Chine, &#224; travers les br&#232;ches des montagnes d'Afghanistan. Ils baptisent du nom de &lt;em&gt;&#171; nouvelle route de la Soie &#187; &lt;/em&gt;leur projet d'ouverture vers l'Asie centrale et leur convoitise de ses richesses. La route dont ils parlent n'est pas un vieux chemin de terre, mais un projet d'ol&#233;oducs et gazoducs traversant un Afghanistan sous leur contr&#244;le. Qui plus est, cet &#233;t&#233;, les g&#233;ologues am&#233;ricains auraient d&#233;couvert de consid&#233;rables ressources mini&#232;res pour l'instant inexploit&#233;es : cuivre, fer, cobalt et, surtout, lithium, dont les r&#233;serves afghanes seraient comparables &#224; celles de Bolivie, premier producteur mondial de ce m&#233;tal tr&#232;s recherch&#233; par les industriels (pour les batteries d'ordinateurs, t&#233;l&#233;phones portables et bient&#244;t voitures &#233;lectriques). Plus int&#233;ressant que la chasse &#224; Ben Laden invoqu&#233;e par Bush et reprise par Obama ! Les experts des trusts miniers, emmen&#233;s dans les valises de l'arm&#233;e am&#233;ricaine, ne ch&#244;ment pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Olivier BELIN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Courrier des lecteurs : La Chine ne va pas dominer le monde, mais elle va en dominer une partie
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Courrier-des-lecteurs-La-Chine-ne-va-pas-dominer-le-monde-mais-elle-va-en</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Courrier-des-lecteurs-La-Chine-ne-va-pas-dominer-le-monde-mais-elle-va-en</guid>
		<dc:date>2010-10-23T15:38:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Chine
</dc:subject>
		<dc:subject>Tribune
</dc:subject>

		<description>Le dossier sur la Chine publi&#233; dans Convergences n&#176; 70 de septembre 2010 marque une certaine &#233;volution par rapport &#224; la tribune de la Fraction du 21 f&#233;vrier 2005 publi&#233;e dans la revue Lutte de classe, qui s'appliquait &#224; minimiser le d&#233;veloppement de l'&#233;conomie chinoise de fa&#231;on caricaturale et ironisait sur ceux qui pr&#233;tendaient que la Chine serait la seconde &#233;conomie du monde, devant le Japon&#8230; en 2020, alors qu'elle l'est, de fait, en 2010. Toutefois, ce dossier qui entend pol&#233;miquer avec des analyses et&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-71-octobre-2010-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 71, octobre 2010
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Chine-+" rel="tag"&gt;Chine
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Tribune-+" rel="tag"&gt;Tribune
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le &lt;a href='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Chine-un-capitalisme-du-XXIo-siecle-' class='spip_in'&gt;dossier sur la Chine publi&#233; dans &lt;em&gt;Convergences&lt;/em&gt; n&#176; 70 de septembre 2010&lt;/a&gt; marque une certaine &#233;volution par rapport &#224; la tribune de la Fraction du 21 f&#233;vrier 2005 publi&#233;e dans la revue &lt;em&gt;Lutte de classe&lt;/em&gt;, qui s'appliquait &#224; minimiser le d&#233;veloppement de l'&#233;conomie chinoise de fa&#231;on caricaturale et ironisait sur ceux qui pr&#233;tendaient que la Chine serait la seconde &#233;conomie du monde, devant le Japon&#8230; en 2020, alors qu'elle l'est, de fait, en 2010. Toutefois, ce dossier qui entend pol&#233;miquer avec des analyses et des auteurs, non pr&#233;cis&#233;s, pr&#233;tendant que la Chine &#171; va dominer le monde &#187;, s'efforce encore de nier que la Chine est pass&#233;e de la situation de pays semi-colonial domin&#233; par l'imp&#233;rialisme &#224; celle d'imp&#233;rialisme de premier plan, m&#234;me si elle est tr&#232;s loin de pouvoir concurrencer les &#201;tats-Unis &#224; l'&#233;chelle mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les arguments invoqu&#233;s par les auteurs de ce dossier : la d&#233;pendance technologique de la Chine et le fait que, selon eux, la Chine &lt;em&gt;&#171; ne lance pas ses capitaux &#224; l'assaut du monde &#187;&lt;/em&gt; (sic). D'une part, la Chine se positionne aujourd'hui comme le cinqui&#232;me investisseur mondial, derri&#232;re les &#201;tats-Unis, le Japon, l'Allemagne et la France, mais devant l'Angleterre, ce qui n'est pas rien. D'autre part, si la Chine est encore d&#233;pendante de certaines technologies, elle tend de plus en plus &#224; s'en lib&#233;rer. Et ce qui compte, ce n'est pas la situation de cette d&#233;pendance &#224; un moment donn&#233;e, mais les tendances de son &#233;volution. C'est ainsi que la part des produits de haute technologie dans les exportations chinoises est pass&#233; de 12 % en 1990 &#224; 37 % en 2005, soit le m&#234;me pourcentage que les &#201;tats-Unis. La Chine arrive aujourd'hui &#224; la seconde place derri&#232;re les &#201;tats-Unis par le nombre de chercheurs scientifiques form&#233;s chaque ann&#233;e. On pourrait multiplier les exemples car il semble que les auteurs de ce dossier aient s&#233;lectionn&#233; les &#233;l&#233;ments qui vont dans le sens de leurs pr&#233;jug&#233;s, de fa&#231;on &#224; minimiser encore une fois le d&#233;veloppement de la Chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que la Chine reste incontestablement marqu&#233;e par de profondes contradictions et le sous-d&#233;veloppement de la majeure partie de son territoire, son r&#244;le sur l'&#233;chiquier mondial n'est plus seulement celui d'atelier de montage et d'exportateur de produits textiles fabriqu&#233;s par une main d'&#339;uvre &#224; bon march&#233;. La centralisation de la majeure partie de ses moyens par l'&#201;tat, jointe &#224; l'importance de ses richesses et de sa population, lui a permis d'accumuler un capital suffisant pour concurrencer dans de nombreux domaines les grandes puissances d&#233;j&#224; &#233;tablies et leurs trusts. La Chine participe d&#233;sormais &#224; la course au pillage des richesses naturelles dans de nombreuses r&#233;gions du monde : Asie (sa zone d'influence privil&#233;gi&#233;e), mais aussi Afrique et Am&#233;rique latine. On peut donc consid&#233;rer que la Chine est devenue ou en passe de devenir un imp&#233;rialisme de premier plan, loin devant certains vieux imp&#233;rialismes du d&#233;but du vingti&#232;me si&#232;cle, comme l'Italie. Quant &#224; la faiblesse de son march&#233; int&#233;rieur, souvent point&#233;e comme une de ses faiblesses, elle doit &#234;tre relativis&#233;e avec le d&#233;veloppement, &#224; c&#244;t&#233; de la grande bourgeoisie, de nouvelles couches sociales urbaines repr&#233;sentant au moins une centaine de millions de consommateurs potentiels. (Et non plus 30 millions comme l'affirmait &lt;em&gt;Convergences&lt;/em&gt; en 2005, d&#233;j&#224; en retard sur la r&#233;alit&#233;.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut enfin souligner que la Chine, &#224; l'&#233;chelle historique, dans la p&#233;riode qui va de la veille de la guerre de 1914 &#224; nos jours, s'est d&#233;velopp&#233;e beaucoup plus vite que l'URSS-Russie (m&#234;me en limitant la p&#233;riode de comparaison &#224; 1991), bien qu'elle soit partie d'un niveau plus bas et d'une situation beaucoup plus d&#233;favorable, dans la mesure o&#249; elle fut morcel&#233;e, domin&#233;e et occup&#233;e par les puissances imp&#233;rialistes &#8211; ce qui ne fut jamais le cas de la Russie, d&#233;j&#224; consid&#233;r&#233;e comme un &#201;tat imp&#233;rialiste en 1914.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#171; performance &#187; devrait conduire les trotskistes &#224; r&#233;fl&#233;chir sur le dogme selon lequel seul un &#171; &#201;tat ouvrier &#187;, m&#234;me d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;, avait la possibilit&#233; de se d&#233;velopper aussi vite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En l'absence de r&#233;volution, comme le signale &lt;em&gt;Convergences, &lt;/em&gt;le capitalisme a continu&#233; &#224; transformer le monde, &#224; d&#233;velopper les forces productives &#224; un rythme sans pr&#233;c&#233;dent. C'est dans le cadre de ce d&#233;veloppement &#171; in&#233;gal et combin&#233; &#171; que de nouveaux imp&#233;rialismes r&#233;gionaux et mondiaux apparaissent, tandis que certains vieux imp&#233;rialismes sont rel&#233;gu&#233;s &#224; des places de second rang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; G.R., Paris&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;La &lt;a href='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/La-Chine-quel-developpement' class='spip_in'&gt;tribune de la Fraction dans &lt;em&gt;Lutte de classe &lt;/em&gt;de f&#233;vrier 2005&lt;/a&gt;
minimisait peut-&#234;tre &#8211; quoi que&#8230; &#8211; &#224; force de nuances, le d&#233;veloppement de l'&#233;conomie chinoise mais, cinq ans plus tard, histoire de ne pas tomber dans la caricature comme nous y invite notre ami lecteur, nous serions n&#233;anmoins plus prudents que lui qui affirme (comme certains raccourcis de presse) que l'&#233;conomie chinoise est d&#233;sormais &lt;em&gt;&#171; la seconde &#233;conomie du monde &#187;&lt;/em&gt;. En termes de PIB absolu... peut-&#234;tre. D'autant que la Chine comprend plus d'un milliard trois cent mille habitants. &#192; ce compte-l&#224;, cela ferait d&#233;j&#224; un bout de temps que la Chine devancerait l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais et d'autres ! En fait, en termes de PIB par habitant, indicateur &#233;galement contestable mais n&#233;anmoins plus parlant, la Chine arriverait au 87&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; rang des &#233;conomies mondiales, entre l'Ukraine et le Gabon ! Bref, autant pond&#233;rer son jugement avant d'annoncer que la Chine est parvenue au stade &lt;em&gt;&#171; d'un imp&#233;rialisme de premier plan &#187;&lt;/em&gt;. Pas de p&#233;ril chinois imminent au sein de l'ordre capitalisme mondial. Certes, notre dossier aurait pu affirmer que la Chine est une puissance imp&#233;rialiste, en tout cas pas moins que la Suisse ou les Pays Bas. Mais que faudrait-il en d&#233;duire ? Qu'elle serait en mesure de renverser les rapports de force entre puissances imp&#233;rialistes ? Nous laisserons le soin &#224; notre lecteur de s'aventurer dans de tels pronostics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au &lt;em&gt;&#171; dogme selon lequel seul un &#8216;&#201;tat ouvrier', m&#234;me d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;, avait la possibilit&#233; de se d&#233;velopper aussi vite &#187;&lt;/em&gt;, ce n'est certainement pas celui des trotskystes que nous sommes, qui n'avons jamais cru au &#171; socialisme dans un seul pays &#187;. Pas plus d'ailleurs qu'au capitalisme dans un seul pays ! Et dans son argumentation, ce camarade semble oublier une dimension essentielle de l'essor actuel de l'&#233;conomie chinoise, son r&#244;le tout particulier dans la division mondiale du travail sous l'&#233;gide d'un imp&#233;rialisme toujours dominant. Ce sur quoi certains articles de notre dossier s'effor&#231;aient de faire le point.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249;, en revanche, nous sommes bien d'accord avec lui, c'est, comme nous l'avons &#233;crit, &lt;em&gt;&#171; qu'en l'absence de r&#233;volution le capitalisme a continu&#233; &#224; transformer le monde&#8230; &#187;&lt;/em&gt;. Mais pas tant, comme il l'affirme, pour rel&#233;guer certains vieux imp&#233;rialismes &#224; des places de second rang (pour l'heure on en est loin !), que pour faire surgir en moins de deux d&#233;cennies des centaines de millions de nouveaux prol&#233;taires faisant une entr&#233;e spectaculaire dans la lutte de classe. L&#224; &#233;tait l'objectif essentiel de ce dossier, &#224; partir de l'exemple de la Chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#61472;La r&#233;daction de &lt;em&gt;Convergences r&#233;volutionnaires &lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Editorial : Mar&#233;e montante
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Maree-montante</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Maree-montante</guid>
		<dc:date>2010-10-18T07:29:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>Retraites
</dc:subject>

		<description>Octobre 2010 va-t-il s'inscrire dans les grandes dates du mouvement ouvrier de ce pays, apr&#232;s Mai 1968 ou encore plus loin dans le pass&#233; Juin 1936 ? Nul ne peut le dire &#224; l'heure o&#249; nous mettons sous presse, tant sont encore nombreux les obstacles que peuvent encore dresser tant nos vrais ennemis, le gouvernement et les patrons, que nos faux amis, certains politiciens de gauche ou m&#234;me dirigeants syndicalistes. En tout cas, les d&#233;veloppements de ces derniers jours peuvent permettre d'esp&#233;rer que &#171; &lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-71-octobre-2010-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 71, octobre 2010
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Retraites-256-+" rel="tag"&gt;Retraites
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Octobre 2010 va-t-il s'inscrire dans les grandes dates du mouvement ouvrier de ce pays, apr&#232;s Mai 1968 ou encore plus loin dans le pass&#233; Juin 1936 ? Nul ne peut le dire &#224; l'heure o&#249; nous mettons sous presse, tant sont encore nombreux les obstacles que peuvent encore dresser tant nos vrais ennemis, le gouvernement et les patrons, que nos faux amis, certains politiciens de gauche ou m&#234;me dirigeants syndicalistes. En tout cas, les d&#233;veloppements de ces derniers jours peuvent permettre d'esp&#233;rer que &#171; tout est possible &#187;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement le craignait. Pour le coup, il avait raison. Les jeunes sont entr&#233;s dans la danse. Et comment ! Non seulement dans des cort&#232;ges dynamiques et plein de vie lors des manifestations nationales des 12 et 16 octobre. Mais tous les jours depuis une semaine, pratiquant la gr&#232;ve marchante d'un lyc&#233;e &#224; un autre. De ces gr&#232;ves marchantes qui sont en passe de faire &#233;cole, c'est le cas de le dire, entre les diff&#233;rents secteurs de salari&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ont bonne mine ces ministres qui voulaient opposer les g&#233;n&#233;rations entre elles ! Et que les retrait&#233;s seraient en retraite trop t&#244;t, et que les vieux vivraient trop vieux, et que ce serait au d&#233;triment des jeunes, et qu'il fallait bien que nous cotisions plus, plus longtemps en gagnant moins, pour nous contenter d'une retraite de mis&#232;re, et autres balivernes. Eh bien non. L'intox n'a pas march&#233;. Toutes unies, les diff&#233;rentes g&#233;n&#233;rations du monde du travail ! Dans la rue, dans la gr&#232;ve, dans les blocages, dans les assembl&#233;es inter-professionnelles, dans les manifs, dans les slogans !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autant que cette m&#234;me semaine, il n'y a pas que les lyc&#233;ens, nos enfants, qui sont entr&#233;s dans la danse. Les cheminots s'y sont mis parmi les premiers &#8211; il faut bien que certains la commencent, cette &#171; gr&#232;ve reconductible &#187;. Mais ils ont &#233;t&#233; clairs : pas question que notre locomotive avance toute seule. Rejoignez-nous dans la gr&#232;ve, ont-ils dit au reste des salari&#233;s. Et au fil de la semaine, leur appel a &#233;t&#233; entendu. En fait, des locomotives, il y en avait d&#233;j&#224; quelques autres : les dockers, les cantini&#232;res et les postiers de Marseille, les gars des raffineries&#8230; Mais il fallait que &#231;a se multiplie, apr&#232;s le nouveau succ&#232;s de la manif nationale du mardi 12 octobre. Alors, chez les profs et les instits, par exemple, o&#249;, jusque-l&#224;, le moral n'&#233;tait pas joufflu et o&#249; &#231;a h&#233;sitait, on a discut&#233; : &lt;em&gt;&#171; on ne va tout de m&#234;me pas laisser les cheminots tous seuls ! &#187;&lt;/em&gt;. Et, en quelques jours, des centaines de lyc&#233;es ont &#233;t&#233; bloqu&#233;s, et pas seulement par les lyc&#233;ens. Avec les profs. Et, quand le gouvernement a donn&#233; la consigne aux pr&#233;fets de faire donner les lacrymos et les Flashballs contre les m&#244;mes, les profs, les syndicalistes et bien d'autres sont venus protester, s'interposer, et soutenir les lyc&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui se passe chez une partie des enseignants, cela se passe aussi dans des tas de secteurs. La contagion gagne. Aux imp&#244;ts, chez les territoriaux, &#224; EDF/GDF, dans les h&#244;pitaux, les mus&#233;es, aux Archives nationales, chez les pompiers... Mais pas seulement dans le secteur public. Dans les manifestations, les travailleurs du priv&#233;, des petites, moyennes et grandes bo&#238;tes, se montrent de plus en plus. Et pas seulement le samedi. Oh, tout n'explose pas d'un coup. Il y a le ch&#244;mage, les bas salaires, les emplois pr&#233;caires, les chantages patronaux. Alors on r&#233;fl&#233;chit, on p&#232;se les chances d'un v&#233;ritable mouvement d'ensemble, on s'observe, on observe les autres, leur d&#233;termination. Mais les &#233;tats d'esprit &#233;voluent vite. Le temps social s'acc&#233;l&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'heure, ce sont le plus souvent des minorit&#233;s, des &#233;quipes militantes, qui prennent l'initiative. Mais un peu partout dans le pays. On se r&#233;unit en assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales. On discute. On ne part pas forc&#233;ment tout de suite en gr&#232;ve. Mais on participe &#224; des d&#233;brayages, &#224; des rassemblements locaux. On va voir les salari&#233;s d'&#224; c&#244;t&#233;, on va soutenir les cheminots ou le blocage des raffineries. Le gouvernement voulait dresser les automobilistes et les chauffeurs routiers contre les gr&#233;vistes du p&#233;trole ? R&#233;sultat, les chauffeurs routiers se mettent en gr&#232;ve &#224; leur tour. Et dans la semaine, &#224; Bordeaux, des dizaines de manifestants, de toutes professions, routiers, instituteurs ou &#233;lectriciens, ont bloqu&#233; le d&#233;p&#244;t de p&#233;trole de Bassens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car c'est l'une des caract&#233;ristiques les plus prometteuses du mouvement en cours : les salari&#233;s en lutte, ou en passe de l'&#234;tre, sortent de leur isolement, de leur seule entreprise, de leur seul secteur. &#192; Lyon, simple exemple, les gr&#233;vistes de la chimie vont voir chaque matin une autre bo&#238;te et pr&#233;parent l'action avec les militants de la bo&#238;te en question. Des noyaux militants inter-entreprises sont ainsi en train de se constituer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces initiatives locales doivent aussi se coordonner nationalement et surtout pas se diluer mais tendre vers un m&#234;me but, vers un m&#234;me mouvement d'ensemble irr&#233;sistible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; comment, de proche en proche le pays pourrait bien aller vers la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, la vraie. Ce nouveau Mai 68 auquel tout le monde pense et qui pourrait bien devenir un Octobre 2010 encore bien plus dangereux pour le gouvernement et le patronat. Un raz-de-mar&#233;e social qui emporterait sur son passage non seulement leur r&#233;forme sc&#233;l&#233;rate des retraites, mais tous leurs plans contre l'emploi, les salaires et les acquis sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17 octobre 2010&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Enfin la revanche du monde ouvrier et de sa jeunesse ?
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Enfin-la-revanche-du-monde-ouvrier-et-de-sa-jeunesse</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Enfin-la-revanche-du-monde-ouvrier-et-de-sa-jeunesse</guid>
		<dc:date>2010-10-18T07:29:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>Retraites
</dc:subject>

		<description>Ce n'est pas l'explosion sociale avec un grand &#171; E &#187; mais, depuis plus d'un mois, depuis la premi&#232;re grande journ&#233;e d'action du 7 septembre, c'est une mont&#233;e lente et irr&#233;sistible de la col&#232;re ouvri&#232;re et populaire, tout aussi mena&#231;ante pour le patronat et le gouvernement. &lt;br /&gt;Mena&#231;ante aussi pour l'&#233;tat-major du Parti socialiste qui aimerait la canaliser vers les seules urnes de 2012. Mais pas si facile ! Car le navire prend salement l'eau par le fond, par la mont&#233;e de toutes les rages et rancunes que des&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-71-octobre-2010-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 71, octobre 2010
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Retraites-256-+" rel="tag"&gt;Retraites
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce n'est pas l'explosion sociale avec un grand &#171; E &#187; mais, depuis plus d'un mois, depuis la premi&#232;re grande journ&#233;e d'action du 7 septembre, c'est une mont&#233;e lente et irr&#233;sistible de la col&#232;re ouvri&#232;re et populaire, tout aussi mena&#231;ante pour le patronat et le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mena&#231;ante aussi pour l'&#233;tat-major du Parti socialiste qui aimerait la canaliser vers les seules urnes de 2012. Mais pas si facile ! Car le navire prend salement l'eau par le fond, par la mont&#233;e de toutes les rages et rancunes que des ann&#233;es de politique anti-ouvri&#232;re ont accumul&#233;es. Ce n'est pas que des luttes n'aient pas eu lieu, une kyrielle de luttes &#224; vrai dire contre les licenciements et fermetures d'entreprises dans le priv&#233;, contre les suppressions de postes dans le public, contre la d&#233;gradation des conditions de travail et des salaires, contre la pr&#233;carisation g&#233;n&#233;ralis&#233;e&#8230; mais isol&#233;es, &#233;parpill&#233;es et perdues de ce fait. &#192; l'exception de la gr&#232;ve des cheminots et services publics en 1995 et de l'explosion de la jeunesse contre le CPE en 2006, jug&#233;es suffisamment contagieuses pour que les gouvernements de Jupp&#233; et Villepin reculent avant de voir jusqu'o&#249; &#231;a pourrait aller trop loin. L'heure de la revanche semble donc bien avoir sonn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Au contact des uns des autres &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette fois, sous la banni&#232;re commune du rejet de la r&#233;forme des retraites qui fait d&#233;border la coupe d&#233;j&#224; largement pleine, et se saisissant des journ&#233;es de gr&#232;ve et manifestations appel&#233;es par un large front de directions syndicales, toutes les revendications et tous les travailleurs qui les portent avancent dans des gr&#232;ves et des cort&#232;ges qui n'ont cess&#233; de grossir, au fil des journ&#233;es successives des 7 et 23 septembre, 2 octobre, 12 et 16 octobre. Rassemblant ceux du public, mais aussi en nombre croissant ceux du priv&#233;&#8230; et maintenant les jeunes &#224; leur suite (mais dans les cort&#232;ges, plut&#244;t en t&#234;te !). Depuis les lendemains du 12 octobre surtout, des gr&#232;ves ont &#233;t&#233; reconduites. Par des cheminots et des salari&#233;s des transports urbains, &#224; l'instar de ceux des raffineries et des ports qui s'&#233;taient lanc&#233;s les premiers. Les cheminots se sont mis en gr&#232;ve reconductible en affirmant fortement ne pas vouloir &#171; partir tout seuls &#187;. Mais ce qui pouvait appara&#238;tre comme un signe de faiblesse s'est r&#233;v&#233;l&#233; une force : car les gr&#233;vistes actifs de la SNCF ou d'ailleurs, minoritaires certes mais volontaires, pr&#233;cis&#233;ment pour ne pas rester seuls sont all&#233;s chercher de l'aide ailleurs, aupr&#232;s d'autres travailleurs, gr&#233;vistes ou pas encore, d'entreprises du public ou du priv&#233; proches. C'est ainsi que des minorit&#233;s actives se sont agglom&#233;r&#233;es peu &#224; peu et se sont retrouv&#233;es, pour se sentir plus fortes, non seulement lors des grandes journ&#233;es, mais entre ces journ&#233;es &#8211; tout particuli&#232;rement et avec un bond qualitatif depuis les lendemains du 12 octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est donc en pr&#233;sence d'un mouvement, si ce n'est encore franchement d'une vraie gr&#232;ve, qui se g&#233;n&#233;ralise et se r&#233;pand par en bas. Certes, la politique des conf&#233;d&#233;rations syndicales auxquelles &#224; ce jour le gouvernement n'a pas donn&#233; un grain &#224; moudre ni m&#234;me offert l'escalier de service pour un petit salon de n&#233;gociation, y a largement aid&#233;, puisqu'elles ont appel&#233; &#224; des journ&#233;es nationales &#224; &#233;ch&#233;ances satisfaisantes, voire &#224; la reconduction apr&#232;s le 12 octobre et &#224; des initiatives locales pour renforcer le mouvement. Notable de la part de la CGT qui, g&#233;n&#233;ralement dans les transports et &#224; la SNCF, s'est cramponn&#233;e dans le pass&#233; &#224; des journ&#233;es dites &#171; carr&#233;es &#187; de seulement 24 heures. Cette fois non. Et force est de reconna&#238;tre que travailleurs et militants syndicaux se sont empar&#233;s, au-del&#224; peut-&#234;tre des v&#339;ux de Bernard Thibault, de son appel &#224; organiser partout des assembl&#233;es, des r&#233;unions, toutes les initiatives locales qui permettraient aux travailleurs de d&#233;cider de leur mouvement. Bernard Thibault, &#224; la t&#234;te d'une conf&#233;d&#233;ration qui p&#232;se lourd dans les mobilisations comme les cort&#232;ges le confirment, voulait-il ainsi se d&#233;fausser d'un appel g&#233;n&#233;ral et explicite &#224; la gr&#232;ve tous ensemble ? En se retranchant derri&#232;re une &#171; d&#233;mocratie &#224; la base &#187; dont on sait quels usages multiples les bureaucraties syndicales peuvent faire ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les moyens de la contagion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Toujours est-il que des centaines de milliers de travailleurs, en gr&#232;ve ou pas encore, militants syndicaux ou pas, lui ont dit &#171; chiche &#187; (quand ils n'avaient pas commenc&#233; &#224; le faire) et sont all&#233;s au contact les uns des autres, pas seulement lors des grandes journ&#233;es, mais entre ces journ&#233;es et pour les pr&#233;parer ou leur donner une suite, d'o&#249; une multitude de rassemblements locaux, par d&#233;partements, villes, arrondissements, quartiers&#8230; tous ensemble, ouais ! La mode est &#224; l' &#171; interprofessionnel &#187; (ou interpro du jargon syndical), au foisonnement dans tout le pays d'initiatives qui rassemblent des militants et salari&#233;s du public et du priv&#233;. C'est la marque forte du mouvement actuel. Il se g&#233;n&#233;ralise lentement mais s&#251;rement par cet interpro, d'une fa&#231;on qui ne dit pas son nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'isolement des luttes, les uns et les autres s&#233;par&#233;ment et le dos au mur, qui a tant grev&#233; la situation de ces derni&#232;res ann&#233;es, semble balay&#233; ou sur le point de l'&#234;tre. D&#232;s que des noyaux de travailleurs combatifs et de militants syndicaux se mettent en lutte ou en gr&#232;ve, ne serait-ce qu'un ou deux jours par semaine, ou une ou deux heures par jour, dans telle gare, tel bureau de poste ou telle entreprise du priv&#233;, la tendance est aussit&#244;t de tenter d'aller voir ailleurs. Et c'est ainsi que les minorit&#233;s actives s'encouragent, additionnent et d&#233;multiplient leur courage et leur capacit&#233; de contagion. D'o&#249; une multitude de rassemblements de travailleurs de divers secteurs, de manifestations, voire d'assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales. C'est dans cette voie que ceux qui veulent que leur classe marque des points s'engouffrent. C'est ainsi que la gr&#232;ve aujourd'hui se g&#233;n&#233;ralise.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Quelques exemples&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La liste est infinie, de la myriade des rassemblements, d&#233;marches d'une entreprise &#224; une autre, assembl&#233;es interpros, bref initiatives de contact et regroupement qui ont marqu&#233; ces derniers jours.&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt; &lt;em&gt;&#192; Clermont-Ferrand&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;, blocage du d&#233;p&#244;t de carburant Total de Cournon. On a vu des salari&#233;s des collectivit&#233;s territoriales, des agents ERDF, des cheminots, des verriers, des salari&#233;s du commerce, des lyc&#233;ens&#8230; en tout pr&#232;s de 500 militants participer &#224; la lutte le mercredi 13 octobre.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt; &lt;em&gt;&#192; Toulouse&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;, cort&#232;ges avec partout des lyc&#233;ens dont on sent la politisation de plus en plus forte. S'y retrouvent volontairement au coude &#224; coude des cheminots et salari&#233;s du conseil g&#233;n&#233;ral en gr&#232;ve, des profs, des travailleurs d'Airbus et Freescale.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt; &lt;em&gt;Dans la r&#233;gion de Bordeaux,&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt; depuis le petit matin du jeudi 14 octobre, une cinquantaine de manifestants, de toutes professions, routiers, instituteurs ou &#233;lectriciens, ont bloqu&#233; le d&#233;p&#244;t d'Amb&#232;s &#224; Bassens, avant d'en &#234;tre d&#233;log&#233;s par les flics et d'opter pour l'occupation d'un rond-point proche o&#249; 300 personnes sont pass&#233;es. Cheminots de SUD-Rail et de l'UNSA, territoriaux, travailleurs de Ford, d'entreprises de transport, et de forces locales autour de l'intersyndicale CGT-FO-FSU.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt; &lt;em&gt;Dans le Valenciennois&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;, d&#233;brayages de salari&#233;s de Faur&#233;cia-Si&#233;nor rejoints par des militants CGT de Sevelnord et Alstom.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt; &lt;em&gt;Dans les Yvelines&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt; le vendredi 15 octobre, quelque 2 000 manifestants ont d&#233;fil&#233; dans les rues de Versailles, parce que 300 salari&#233;s du Technocentre de Renault &#224; Guyancourt avaient emport&#233; l'adh&#233;sion de leurs syndicats CGT, SUD et FO pour un appel &#224; ce rassemblement r&#233;gional. Des cheminots CGT de Trappes, en gr&#232;ve reconductible depuis le 12 octobre, s'y sont joints.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt; &lt;em&gt;&#192; Mulhouse&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt; de la m&#234;me fa&#231;on, c'est la CGT de PSA qui a distribu&#233; un tract le 12 octobre, dans la manifestation, appelant &#224; occuper la gare et les voies &#224; l'issue du parcours et &#224; se r&#233;unir ensemble en assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale. Avec l'id&#233;e d'un &#171; collectif pour aller jusqu'au bout &#187;. Contact pris ainsi, entre autres avec des cheminots.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt; &lt;em&gt;&#192; Lyon, &#224; partir de la &#171; vall&#233;e de la chimie &#187;,&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt; c'est tous les matins une action. Sur cette base, un noyau militant inter-entreprises est en train de se constituer. &#192; l'AG des cheminots ont particip&#233; une dizaine de militants CGT de Rhodia Recherches, Bluestar Silicone, ARKEMA. D&#233;cision de mettre en place une coordination inter-entreprises du secteur. Dans un premier temps, rencontre CGT interpro lundi apr&#232;s-midi, avec l'id&#233;e d'une coordination des entreprises du secteur (chimie et peut-&#234;tre un peu plus) incluant toutes les tendances du syndicalisme qui sont dans la lutte.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&#192; coup s&#251;r, l'amplification, l'approfondissement de la lutte contre le projet de r&#233;formes et tout le reste, que des milliers de tracts syndicaux appellent de leurs v&#339;ux, passe par son organisation, sa structuration, tous ensemble quelle que soit l'organisation syndicale. Un s&#233;rieux pas suppl&#233;mentaire serait la multiplication de comit&#233;s ou collectifs de gr&#232;ve, peu importe leur nom, de coordinations inter-entreprises, locales, r&#233;gionales et, pourquoi pas, jusqu'&#224; l'&#233;chelle nationale. Bref un &#233;tat-major de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une jeunesse politis&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce qui renforce &#233;videmment le mouvement, c'est le ralliement de la jeunesse scolaris&#233;e, &#224; commencer par les lyc&#233;ens, essentiellement des quartiers populaires &#8211; ceux dont Sarkozy avaient dit r&#233;cemment que s'ils d&#233;boulaient, il ne ma&#238;triserait plus ! Des lyc&#233;ens par centaines, voire milliers, et sans attendre les grands rendez-vous nationaux fix&#233;s par les directions syndicales, sillonnent les quartiers ou les villes, y compris les plus petites. Pas politis&#233;s ? On ne peut plus, au contraire, puisqu'ils rallient massivement et consciemment une mobilisation ouvri&#232;re qu'ils sentent la leur. Il leur manque des profs, des locaux, des moyens pour leurs &#233;tudes ? Certes, mais ils n'en sont plus seulement l&#224;. Ils en sont &#224; comprendre que cette r&#233;forme des retraites n'est qu'un tour de vis suppl&#233;mentaire, qui s'ajoute aux licenciements, aux salaires minables, aux services publics mutil&#233;s qui p&#232;sent d&#233;j&#224; tant sur eux et leurs parents. Et de cette soci&#233;t&#233;-l&#224;, ils n'en veulent pas !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les pr&#233;mices d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but d'inqui&#233;tude pour les poss&#233;dants, quoi qu'en disent leurs sbires gouvernementaux. Mais grande lueur d'espoir pour les classes populaires, en une lutte tous ensemble qui doit mettre sur la table tout le passif. En mati&#232;re de retraites par l'abrogation de toutes les r&#233;formes introduites depuis 1993. En mati&#232;re de salaires par une augmentation g&#233;n&#233;rale de tous les salaires et pensions et leur &#233;volution en fonction du co&#251;t de la vie et de la productivit&#233; du travail. En mati&#232;re de ch&#244;mage, par l'interdiction des licenciements et suppressions de postes, et le partage du travail entre tous. Car chacun sait que si les caisses sociales se vident, c'est que les patrons y puisent sous de multiples formes, &#224; commencer par la d&#233;gradation des salaires et de l'emploi qui baisse les rentr&#233;es de cotisations. Le tout qui devrait &#234;tre arrach&#233; et contr&#244;l&#233; par les travailleurs mobilis&#233;s eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors sommes-nous &#224; la veille d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ? Ou ne sommes-nous pas d&#233;j&#224; dans le vif du sujet ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17 octobre 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mich&#232;le VERDIER&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_491 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L350xH218/manifestants-9032d.png?1526732197' width='350' height='218' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Ensemble sur les rails
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Ensemble-sur-les-rails</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Ensemble-sur-les-rails</guid>
		<dc:date>2010-10-18T07:29:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Entreprises
</dc:subject>
		<dc:subject>SNCF
</dc:subject>

		<description>Tout a &#233;t&#233; tent&#233; par le pouvoir et ses sbires pour minimiser le conflit &#224; la SNCF. Intox d'abord, sur les cheminots &#171; pas concern&#233;s &#187; par la r&#233;forme. Un mensonge &#233;hont&#233;, repris en ch&#339;ur par la grande presse. Les salari&#233;s des r&#233;gimes dits sp&#233;ciaux (qui n'ont plus grand-chose de sp&#233;cial) subiront exactement le m&#234;me sort que tous les autres. Avec un d&#233;calage de quelques ann&#233;es qui n'est pas d&#251; &#224; une quelconque mansu&#233;tude ou &#224; du favoritisme, mais au fait que la contre-r&#233;forme qu'ils ont subie en 2007 est encore en&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-71-octobre-2010-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 71, octobre 2010
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Entreprises-72-+" rel="tag"&gt;Entreprises
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-SNCF-+" rel="tag"&gt;SNCF
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tout a &#233;t&#233; tent&#233; par le pouvoir et ses sbires pour minimiser le conflit &#224; la SNCF. Intox d'abord, sur les cheminots &#171; pas concern&#233;s &#187; par la r&#233;forme. Un mensonge &#233;hont&#233;, repris en ch&#339;ur par la grande presse. Les salari&#233;s des r&#233;gimes dits sp&#233;ciaux (qui n'ont plus grand-chose de sp&#233;cial) subiront exactement le m&#234;me sort que tous les autres. Avec un d&#233;calage de quelques ann&#233;es qui n'est pas d&#251; &#224; une quelconque mansu&#233;tude ou &#224; du favoritisme, mais au fait que la contre-r&#233;forme qu'ils ont subie en 2007 est encore en cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intox toujours &#224; propos des taux de gr&#233;vistes. La CGT a d&#233;nich&#233; cette note de la direction en date du 12 octobre : &lt;em&gt;&#171; Le nombre de gr&#233;vistes et le pourcentage aff&#233;rant doivent &#234;tre fournis &#224; la Direction nationale pour transmission &#224; l'&#201;lys&#233;e avant toute communication &#224; la presse ou aux organisations syndicales. L'&#201;lys&#233;e donnera par la suite les chiffres &#224; communiquer officiellement &#187;&lt;/em&gt;. Des chiffres &#171; bidons &#187; relay&#233;s par les m&#233;dias, qui annoncent jour apr&#232;s jour que le trafic redeviendra normal le lendemain. Bien entendu, les taux de gr&#233;vistes n'atteignent pas tous les jours les sommets des journ&#233;es d'action. Mais ils se maintiennent autour de 30 % d'apr&#232;s la CGT, ce qui est plus qu'en 1995. Les centaines d'assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales de gr&#233;vistes r&#233;unies quotidiennement sur tout le territoire ont presque toutes reconduit la gr&#232;ve jusqu'&#224; lundi, toujours &#224; une quasi-unanimit&#233;. &#192; l'heure o&#249; nous &#233;crivons, la gr&#232;ve s'est ancr&#233;e &#224; la SNCF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les journ&#233;es d'action depuis le 7 septembre avaient &#233;t&#233; tr&#232;s r&#233;ussies. D&#232;s le 23 septembre, de nombreux militants syndicaux (dans Sud-Rail mais aussi largement dans la CGT) &#233;taient convaincus de la n&#233;cessit&#233; d'une gr&#232;ve reconductible. Une pression &#224; laquelle la direction de la f&#233;d&#233;ration CGT a fini par c&#233;der, en y appelant &#224; partir du 12 octobre. D&#232;s que cet appel a &#233;t&#233; popularis&#233;, il &#233;tait clair qu'il correspondait &#224; la volont&#233; de nombreux travailleurs, au-del&#224; des rangs syndicaux. La crainte r&#233;pandue d'&#234;tre le seul secteur en gr&#232;ve s'est peu &#224; peu effac&#233;e devant l'envie d'en d&#233;coudre&#8230; et devant l'&#233;vidence que les cheminots n'&#233;taient d'ores et d&#233;j&#224; pas seuls.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la r&#233;gion parisienne (pas le fer de lance), si les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales sont moins nombreuses que lors du pr&#233;c&#233;dent mouvement sur les retraites de 2007, certaines se sont renforc&#233;es entre le mardi 12 et le vendredi 15 octobre, comme celle de la Gare du Nord, pass&#233;e de 60 &#224; 200 gr&#233;vistes. Malheureusement, seuls des militants aguerris y prennent souvent la parole. Mais cela pourrait changer rapidement, sachant que bon nombre de jeunes cheminots font leurs premi&#232;res armes dans un mouvement de cette ampleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Globalement, la politique propos&#233;e par le syndicat le plus influent, la CGT, a consist&#233; &#224; d&#233;velopper le mouvement, en lui donnant nettement une coloration &#171; interpro &#187;. Bien entendu, les politiques men&#233;es varient &#233;norm&#233;ment d'un endroit &#224; un autre. Selon les rapports de force, certains chefs syndicaux tentent de prot&#233;ger leur pr&#233; carr&#233; en maintenant quelque cordon sanitaire avec les autres services de la SNCF, ou autres secteurs, en particulier jeunes et enseignants, comme ils l'avaient fait dans les pr&#233;c&#233;dents mouvements de 2003 et 2007. D'autres &#171; l&#226;chent la bride &#187;, n'ayant gu&#232;re envie d'&#234;tre d&#233;bord&#233;s et en esp&#233;rant bien garder le contr&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par-del&#224; les petits calculs d'appareils, et en gardant &#224; l'esprit qu'ils peuvent changer extr&#234;mement vite, le succ&#232;s des initiatives interprofessionnelles dans les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales est frappant. Et cela ne se limite pas seulement &#224; des d&#233;clarations ronflantes : la fin de la semaine derni&#232;re a &#233;t&#233; une p&#233;riode d'agitation, o&#249; les gr&#233;vistes les plus militants de la plupart des gares, ateliers et d&#233;p&#244;ts sont all&#233;s &#224; la rencontre des jeunes et des salari&#233;s : ceux de Gare du Nord &#224; Paris se sont r&#233;unis avec des postiers et ont manifest&#233; vers la Gare de l'Est ; ceux d'Austerlitz ont rejoint un rassemblement de profs et de lyc&#233;ens devant le Medef jeudi et un meeting interpro tr&#232;s r&#233;ussi du XIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement vendredi ; ceux de Melun, en plus des contacts avec les lyc&#233;ens ont joint les &#171; Total &#187; de la raffinerie de Grand Puits (77). Et on pourrait multiplier les exemples sur tout le territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement est encore fragile et il s'agit encore de contribuer &#224; ancrer la gr&#232;ve, &#224; convaincre les camarades non gr&#233;vistes ou ceux qui ont repris le travail de s'y mettre. Mais la popularit&#233; et le succ&#232;s des initiatives de convergence des luttes est le signe que ce que veulent les cheminots comme beaucoup de travailleurs, c'est la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Pour cela, il faudra que les gr&#233;vistes s'organisent, y compris &#224; une &#233;chelle plus large : si les rassemblements et manifestations nombreuses qui ont eu lieu dans bien des villes jeudi et vendredi ont mis une ambiance de mouvement d'ensemble, il s'agit que les secteurs les plus en pointe &#8211; dont les cheminots font partie &#8211; coordonnent r&#233;ellement ces initiatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17 octobre 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#61472;Rapha&#235;l PRESTON&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Les directions syndicales iront-elles jusqu'au bout ?
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Les-directions-syndicales-iront-elles-jusqu-au-bout</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Les-directions-syndicales-iront-elles-jusqu-au-bout</guid>
		<dc:date>2010-10-18T07:29:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>Retraites
</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicats
</dc:subject>

		<description>Apr&#232;s le 24 juin 2010, lorsque l'intersyndicale avait annonc&#233; une nouvelle journ&#233;e d'action pour le 7 septembre, nombreux furent les militants &#8211; et pas seulement d'extr&#234;me-gauche &#8211; &#224; se dire : &#171; c'est fini &#187; ! Il faut dire que la date choisie &#233;tait tout &#224; la fois &#233;loign&#233;e de celle du 24 juin et tr&#232;s proche de la rentr&#233;e de septembre, ne laissant gu&#232;re de temps pour pr&#233;parer la mobilisation. Il faut dire encore que l'intersyndicale avait montr&#233; l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente sa capacit&#233; &#224; user un mouvement puissant en se&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-71-octobre-2010-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 71, octobre 2010
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Retraites-256-+" rel="tag"&gt;Retraites
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Syndicats-+" rel="tag"&gt;Syndicats
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s le 24 juin 2010, lorsque l'intersyndicale avait annonc&#233; une nouvelle journ&#233;e d'action pour le 7 septembre, nombreux furent les militants &#8211; et pas seulement d'extr&#234;me-gauche &#8211; &#224; se dire : &#171; c'est fini &#187; ! Il faut dire que la date choisie &#233;tait tout &#224; la fois &#233;loign&#233;e de celle du 24 juin et tr&#232;s proche de la rentr&#233;e de septembre, ne laissant gu&#232;re de temps pour pr&#233;parer la mobilisation. Il faut dire encore que l'intersyndicale avait montr&#233; l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente sa capacit&#233; &#224; user un mouvement puissant en se r&#233;unissant&#8230; des jours apr&#232;s chaque manifestation pour appeler &#224; une nouvelle journ&#233;e des semaines plus tard &#8211; le comble ayant &#233;t&#233; atteint le 19 mars 2009 pour un appel &#224; prolonger l'action&#8230; le premier mai !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 7 septembre dernier, la mobilisation a &#233;t&#233; au rendez-vous. L'intersyndicale se r&#233;unissait le lendemain et d&#233;cidait d'une nouvelle journ&#233;e de gr&#232;ve et manifestation pour le 23. Le 24, elle appelait &#224; deux nouvelles journ&#233;es : l'une le samedi 2 octobre, l'autre le mardi 12 octobre. Et, avant m&#234;me cette journ&#233;e, l'intersyndicale se r&#233;unissait le 8 octobre et annon&#231;ait une nouvelle journ&#233;e de manifestations le samedi 16 et une nouvelle rencontre de l'intersyndicale le 14 qui a annonc&#233; une nouvelle journ&#233;e trois jours plus tard, le mardi 19.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au succ&#232;s de chaque journ&#233;e, l'intersyndicale a r&#233;pondu rapidement ; chaque appel a &#233;t&#233; mis en perspective avec les suites. De fait, la mobilisation n'a cess&#233; de s'&#233;largir, de gagner dans l'opinion, et m&#234;me de s'&#233;largir avec des gr&#232;ves reconductibles &#224; la SNCF, l'entr&#233;e des lyc&#233;ens dans la rue ou le blocage des raffineries. M&#234;me les querelles sur le nombre des manifestants sont significatives de la volont&#233; des syndicats de pr&#233;senter un mouvement qui va s'amplifiant. Rappelons tout de m&#234;me que ce n'est pas toujours le cas : tous les participants &#224; la grande manifestation nationale du 25 mai 2003 contre la loi Fillon sur les retraites se souviennent que le nombre de manifestants &#233;tait pass&#233;, dans les d&#233;clarations de la CGT, en une demi-journ&#233;e, de 1 300 000 manifestants &#224; 300 000&#8230; Minorer annon&#231;ait l'intention d'arr&#234;ter, ce que Thibault a fait quelques jours plus tard dans un meeting &#224; Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, pour qui n'a pas la foi du charbonnier et ne croit pas &#224; une brusque r&#233;demption des conf&#233;d&#233;rations syndicales, il importe de se demander jusqu'o&#249; les syndicats sont pr&#234;ts &#224; aller et sur quoi ils sont susceptibles de se d&#233;fausser par rapport aux aspirations qui s'expriment dans le monde du travail.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les raisons des directions syndicales et des partis de gauche&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir, un temps, laiss&#233; entendre qu'elle acceptait le passage &#224; 62 ans de l'&#226;ge l&#233;gal de d&#233;part &#224; la retraite, Martine Aubry est revenue en arri&#232;re et a r&#233;affirm&#233; l'attachement du Parti Socialiste au maintien &#224; 60 ans. Sans cependant revenir sur les mesures Balladur de 1993 et Fillon de 2003 allongeant la dur&#233;e de cotisation d'une fa&#231;on telle qu'il est impossible &#224; un salari&#233; de partir avec une retraite &#224; taux plein &#224; 60 ans !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, &#224; l'approche et au lendemain du 7 septembre, tous les dirigeants du PS ont affirm&#233; que la gauche victorieuse en 2012 annulerait la r&#233;forme en cours&#8230; ce qui, en passant, &#233;tait sous-entendre que la mobilisation qui commen&#231;ait avait peu de chance de mettre le gouvernement en &#233;chec. Pourtant la gauche du PS &#8211; Beno&#238;t Hamon, Henri Emmanuelli &#8211; insistait sur la possibilit&#233; de faire reculer le gouvernement tout de suite. M&#234;me son de cloche au Parti Communiste. Et, surtout, les dirigeants syndicaux d&#233;cidaient de poursuivre et tenter d'&#233;largir la mobilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#233;chec du gouvernement sur la question des retraites nuirait plus au gouvernement qu'&#224; la bourgeoisie. Sarkozy en sortirait affaibli et serait donc en mauvaise posture pour les &#233;lections de 2012. Et le maintien et la poursuite de l'allongement de la dur&#233;e de cotisation suffisent largement &#224; faire payer les salari&#233;s. Sans compter que le retour du PS ne garantit nullement contre le recul de l'&#226;ge de la retraite &#224; 62 ans. Celui-ci n'est-il pas soutenu par le FMI&#8230; dirig&#233; par un des principaux responsables du PS, Strauss-Kahn ? Les prises de positions du PS ne sont donc pas forc&#233;ment dict&#233;es par les seules pr&#233;occupations des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ces raisons s'en ajoutent d'autres, propres aux appareils syndicaux. Ayant accompagn&#233; tous les reculs qu'ont connu les travailleurs ces derni&#232;res d&#233;cennies, la position des syndicats face au gouvernement et au patronat s'est affaiblie, ces derniers refusant de compenser leur perte d'influence par des avantages institutionnels donn&#233;s aux appareils. Le gouvernement ne cherche m&#234;me pas &#224; maintenir l'illusion de n&#233;gociations. D'autre part, un ancien dirigeant du CNPF (l'anc&#234;tre du Medef), Yvon Gattaz, est all&#233; jusqu'&#224; remettre en cause l'existence des syndicats : &lt;em&gt;&#171; De fa&#231;on soci&#233;tale, les syndicats ont &#233;t&#233; n&#233;cessaires au XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, utiles puis abusifs au XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;. Inutiles et nuisibles au XXI&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, ils doivent dispara&#238;tre &#187;&lt;/em&gt;, a-t-il &#233;crit dans la revue &lt;em&gt;Commentaire&lt;/em&gt;. La citation a fait un tabac &#224; la r&#233;cente universit&#233; du Medef. Les appareils syndicaux ont donc tout int&#233;r&#234;t &#224; tenter d'utiliser la mobilisation sur les retraites pour rappeler qu'il faut toujours compter avec eux.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Jusqu'o&#249; peuvent-elles aller ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Rien ne s'oppose &#224; ce qu'elles aillent jusqu'au retrait du projet de loi. Y compris s'il faut multiplier les gr&#232;ves pour cela. Ce ne serait pas la premi&#232;re fois qu'elles d&#233;clencheraient un bras de fer. Cela &#233;tant, les directions conf&#233;d&#233;rales envoient des signaux nuanc&#233;s, quant ce n'est pas contradictoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir fait un appel du pied &#224; la majorit&#233; du S&#233;nat sur la question du report de l'&#226;ge de la retraite &#224; taux plein, de 65 &#224; 67 ans, Ch&#233;r&#232;que, le dirigeant de la CFDT, s'est directement adress&#233; au gouvernement, lui demandant de reporter le vote de cette partie du projet &#224; 2013. Le gouvernement lui a oppos&#233; une fin de non-recevoir&#8230; pr&#233;servant ainsi le &#171; front &#187; syndical en ne permettant pas &#224; la CFDT d'en sortir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT, elle, s'est jusqu'ici montr&#233;e plus ferme. Thibault n'a cess&#233; de r&#233;p&#233;ter que sa conf&#233;d&#233;ration est pr&#234;te &#224; &#171; aller jusqu'au bout &#187;. Dans une lettre aux militants CGT, il affirmait : &lt;em&gt;&#171; Nous appelons &#224; g&#233;n&#233;raliser la tenue d'assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales, de consultations sur les lieux de travail pour d&#233;finir ensemble et d&#233;mocratiquement les revendications, le rythme, les formes et les modalit&#233;s de la reconduction de l'action apr&#232;s le 12 octobre. La CGT l'a affirm&#233; depuis le d&#233;but, nous irons jusqu'au bout dans ce combat. &lt;/em&gt;(&#8230;) &lt;em&gt;Cette d&#233;marche d&#233;mocratique est d&#233;j&#224; engag&#233;e dans certaines branches professionnelles, certaines entreprises o&#249; la gr&#232;ve est d&#233;j&#224; une r&#233;alit&#233; depuis plusieurs jours &#224; propos de l'avenir des retraites et des revendications salariales et d'emploi. &#187; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et effectivement &#224; l'approche du 12 octobre la CGT martelait que le mouvement devait entrer dans une nouvelle phase, laissait planer les mots de gr&#232;ves reconductibles ou illimit&#233;e tout en r&#233;p&#233;tant que les d&#233;cisions devaient &#234;tre prises localement. La presse relevait les pr&#233;avis d&#233;pos&#233;s par la CGT de la RATP et de la SNCF, concluant un peu h&#226;tivement que les syndicats concern&#233;s appelaient &#224; la gr&#232;ve illimit&#233;e. Le site de la CGT RATP pr&#233;cisait tr&#232;s vite : &lt;em&gt;&#171; Contrairement &#224; ce qui a &#233;t&#233; trop rapidement affirm&#233;, la CGT/RATP n'appelle pas &#224; une &#171; gr&#232;ve illimit&#233;e &#187;&lt;/em&gt;, mais expliquait aussi que le syndicat n'avait simplement pas sp&#233;cifi&#233; de date de fin de gr&#232;ve pour assurer toutes les possibilit&#233;s l&#233;gales. Et d'autres appels &#233;taient plus pr&#233;cis, comme celui de l'Union d&#233;partementale CGT des Bouches-du-Rh&#244;ne : &lt;em&gt;&#171; Le 12 octobre, &#224; l'appel de l'ensemble des Organisations Syndicales, soyons massivement en gr&#232;ve et dans la rue pour faire reculer le gouvernement et le Medef. Et d&#232;s le 13, si le gouvernement s'obstine &#224; passer en force, il nous obligera &#224; reconduire la gr&#232;ve pour le contraindre &#224; reculer. &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La CGT veut miser sur l'acc&#233;l&#233;ration des manifestations intersyndicales. Elle exclut un appel national &#224; des gr&#232;ves reconductibles, mais laisse le soin &#224; ses troupes de se lancer localement. &#187;, expliquait un journaliste des &#201;chos. C'&#233;tait assez bien r&#233;sumer l'attitude des conf&#233;d&#233;rations syndicales, en tout cas de la CGT. Elles peuvent parfaitement laisser se d&#233;velopper des gr&#232;ves dans diff&#233;rents secteurs, tant qu'elles contr&#244;lent la situation. Une vitesse mesur&#233;e et m&#234;me une certaine acc&#233;l&#233;ration, mais le pied pr&#234;t &#224; peser sur la p&#233;dale du frein. Les formes de mobilisation propos&#233;es depuis un mois et demi par les dirigeants syndicaux ayant jusqu'ici parfaitement r&#233;pondu aux attentes des salari&#233;s, ils sont solidement install&#233;s aux commandes, renforc&#233;s m&#234;me encore ces derniers jours. Ils devraient se sentir en position de pouvoir clamer : &#171; On a gagn&#233; ! &#187;. Le probl&#232;me est : gagn&#233; quoi ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des objectifs flous, qui diff&#232;rent d'un syndicat &#224; l'autre&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Entre la CFDT qui a fait comprendre qu'elle se contenterait de la renonciation au passage de 65 &#224; 67 ans pour une retraite &#224; taux plein et FO qui r&#233;clame un retrait pur et simple du projet, voire Sud-Solidaires dont les &#233;quipes les plus militantes sont en pointe dans le mouvement et r&#233;clament le retour aux 37,5 ann&#233;es de cotisations, la CGT occupe une position m&#233;diane, d&#233;non&#231;ant absolument tous les aspects de la r&#233;forme du gouvernement &#8211; ce qui devrait l'amener &#224; se prononcer pour un retrait pur et simple. Elle ne le fait pourtant pas, s'abritant derri&#232;re le fait que la CFDT ne voudrait pas et qu'il faut pr&#233;server l'unit&#233; syndicale. Car finalement ce qu'elle met en avant c'est, comme les autres, l'ouverture de n&#233;gociation pour &#171; une r&#233;forme juste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, la CGT insiste trop sur le maintien &#224; 60 ans de l'&#226;ge l&#233;gal de la retraite pour pouvoir, demain, claironner &#171; on a gagn&#233; &#187; si le gouvernement maintient le passage &#224; 62 ans. Mais m&#234;me si, comme le r&#233;clame FO, le gouvernement se voyait contraint de retirer piteusement l'ensemble de sa r&#233;forme, comme de Villepin l'avait fait du CPE, que n&#233;gocieraient les syndicats ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, les dirigeants syndicaux ne disent pas un mot de ce sur quoi ils veulent faire porter les n&#233;gociations. Cela permettra peut-&#234;tre &#224; chacun de proclamer &#171; on a gagn&#233; &#187; m&#234;me si cela diff&#232;re d'un syndicat &#224; l'autre. Mais c'est l&#224; que le b&#226;t blesse. Car, si la mobilisation, le mouvement gr&#233;viste prenaient une telle ampleur qu'ils contraignaient le gouvernement &#224; manger son chapeau, ne serait-ce pas le moment de r&#233;clamer l'abrogation des r&#233;formes Balladur de 1993 &#8211; sur le mode de calcul des pensions et le nombre d'annuit&#233;s n&#233;cessaire pour une retraite &#224; taux plein pour les travailleurs du secteur priv&#233; &#8211; et Fillon de 2003 &#8211; sur la g&#233;n&#233;ralisation &#224; tous les salari&#233;s de l'augmentation du nombre d'annuit&#233;s ? De r&#233;clamer le retour &#224; l'indexation des pensions sur les salaires et non sur l'indice des prix ? Et, au-del&#224;, de mettre sur le tapis l'ensemble des probl&#232;mes qui pourrissent la vie des travailleurs : bas niveau des salaires, g&#233;n&#233;ralisation du travail pr&#233;caire, ch&#244;mage massif ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;En guise de conclusion provisoire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour l'instant en tout cas, les conf&#233;d&#233;rations syndicales, particuli&#232;rement la CGT, ont fait ce qu'il fallait. En veillant sans doute &#224; tenir la situation bien en main et en &#233;vitant de donner l'objectif d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale avec l'excuse que celle-ci ne se d&#233;clenche pas sur un simple appel des conf&#233;d&#233;rations, ce qui est vrai, m&#234;me si elles &#233;taient plus respect&#233;es et consid&#233;r&#233;es par les travailleurs. Et, pour l'instant toujours, les travailleurs ont suivi. Elles peuvent demain maintenir le feu vert &#224; la multiplication des gr&#232;ves, y compris reconductibles, dans les entreprises ou les secteurs les plus d&#233;termin&#233;s, surtout si elles restent minoritaires, comme elles le sont au moment o&#249; nous &#233;crivons, et surtout si ces entreprises et ces secteurs ne cherchent pas &#224; faire la jonction entre eux, puis en entra&#238;ner d'autres, pour au final &#233;tablir une organisation de la mobilisation qui &#233;manerait de la base et davantage contr&#244;l&#233;e par elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;tablir ces liaisons, ce r&#233;seau, cette organisation &#224; travers les mobilisations telles qu'elles sont programm&#233;es et impuls&#233;s par les appareils serait d'ailleurs la premi&#232;re t&#226;che de l'heure, plut&#244;t que d&#233;noncer on se sait quels retards pris par les conf&#233;d&#233;rations dans cette mobilisation, alors que, &#224; juste titre, ce n'est pas le sentiment des travailleurs contrairement &#224; 2009 ou 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, il importe de clarifier les objectifs, de permettre aux travailleurs de s'exprimer non seulement sur les modalit&#233;s d'action &#8211; comme les y invite toute l'intersyndicale &#8211; mais aussi sur le contenu des revendications, sur ce qui sera mis en avant dans les &#233;ventuelles n&#233;gociations. Ce n'est que si chacun sait exactement pour quoi il se bat que personne ne pourra faire prendre pour une victoire de nouveaux sacrifices demand&#233;s au nom de la n&#233;cessit&#233; de la r&#233;forme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16 octobre 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#61472;Jean-Jacques FRANQUIER&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_493 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH400/negociations-574f0.png?1526732197' width='400' height='400' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
