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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskyste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> Crise grecque : les bobards des fourmis allemandes sur les cigales grecques !
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Gr&#232;ce
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		<dc:subject>Allemagne
</dc:subject>

		<description>&#171; Pourquoi payons-nous aux Grecs des pensions de luxe ? &#187;, telle &#233;tait la Une le 27 avril dernier de la feuille de boulevard la plus lue en Allemagne, le Bild. Dans les semaines pr&#233;c&#233;dant le &#171; plan de sauvetage &#187;, bon nombre de m&#233;dias se sont livr&#233;s &#224; une v&#233;ritable campagne de diversion et falsification. Chaque organe de presse ayant calibr&#233; l'art et la mani&#232;re de s'adresser &#224; son propre public. Le &#171; Gyros-Konto ist leer [&#8230;est vide] &#187; &#233;crivait le Bild du 23 avril. Jouant sur les mots &#171; Gyros &#187; du nom de la&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Allemagne-+" rel="tag"&gt;Allemagne
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; Pourquoi payons-nous aux Grecs des pensions de luxe ? &#187;&lt;/em&gt;, telle &#233;tait la Une le 27 avril dernier de la feuille de boulevard la plus lue en Allemagne, le &lt;em&gt;Bild&lt;/em&gt;. Dans les semaines pr&#233;c&#233;dant le &#171; plan de sauvetage &#187;, bon nombre de m&#233;dias se sont livr&#233;s &#224; une v&#233;ritable campagne de diversion et falsification. Chaque organe de presse ayant calibr&#233; l'art et la mani&#232;re de s'adresser &#224; son propre public. Le &lt;em&gt;&#171; Gyros-Konto ist leer &lt;/em&gt;[&#8230;est vide]&lt;em&gt; &#187;&lt;/em&gt; &#233;crivait le &lt;em&gt;Bild &lt;/em&gt;du 23 avril. Jouant sur les mots &lt;em&gt;&#171; Gyros &#187;&lt;/em&gt; du nom de la broche &#224; griller des restos grecs et &lt;em&gt;&#171; Giro Konto &#187;&lt;/em&gt; qui d&#233;signe en allemand le &#171; compte courant &#187;. Bref, les Grecs fauch&#233;s voulaient vider les comptes courants allemands ! Le lendemain, le journal titrait encore &lt;em&gt;&#171; Combien nous co&#251;tent les Grecs en faillite ?&lt;/em&gt; &#187;. En f&#233;vrier, lorsqu'il a &#233;t&#233; question des chiffres du budget grec, quelque peu truand&#233;s pour que le pays puisse adh&#233;rer &#224; la zone euro, le magazine &#233;conomique &lt;em&gt;Focus &lt;/em&gt;titrait : &lt;em&gt;&#171; Des arnaqueurs dans la famille Euro - la Gr&#232;ce nous fauche notre argent &lt;/em&gt; &#187; Titre illustr&#233; par la c&#233;l&#232;bre V&#233;nus de Milo, faisant un doigt d'honneur aux Allemands, de la seule main qui lui reste ! Et le 3 mai, la m&#234;me V&#233;nus tendait ladite main pour faire la manche. Les Grecs auraient v&#233;cu au-dessus de leurs moyens ! L&#224;-bas, on toucherait 14 mois de salaire, on prendrait ultra t&#244;t sa retraite, on frauderait le fisc, on serait corrompu&#8230; Et tout &#224; l'avenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un bon paquet d'Allemands s'y sont-ils laiss&#233; prendre, de tous les milieux sociaux ? Toujours est-il que les m&#233;dias se sont &#233;vertu&#233;s &#224; occulter la situation r&#233;elle. Et faire croire que l'Allemagne allait passer sous la table !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La presse n'a rien relat&#233; des vraies conditions de vie des Grecs. Pas parl&#233; non plus de l'int&#233;r&#234;t des classes dominantes d'Allemagne. Avec l'introduction de l'euro, et l'adh&#233;sion de la Gr&#232;ce, de l'Espagne et du Portugal &#224; la zone euro, la bourgeoisie allemande n'a pas l&#233;sin&#233; sur les pr&#234;ts &#8211; contre int&#233;r&#234;ts &#233;videmment &#8211; &#224; ces pays. Belle manne pour les banques allemandes aupr&#232;s desquelles l'&#201;tat et l'&#233;conomie grecs se sont endett&#233;s d'un total de 43 milliards d'euros. Et chacun sait que l'argent des cr&#233;dits reflue doublement dans la poche des pr&#234;teurs : sous forme de commandes et sous forme d'int&#233;r&#234;ts de la dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l&#224; o&#249; &#231;a n'est pas all&#233; tout seul, la corruption a aid&#233;. Ces derni&#232;res ann&#233;es, pour la seule Gr&#232;ce, Siemens a d&#233;bours&#233; jusqu'&#224; 100 millions d'euros en pots de vin &#224; des agents de minist&#232;res et entreprises grecs : contrats &#224; d&#233;crocher pour la r&#233;novation du r&#233;seau t&#233;l&#233;phonique, pour des syst&#232;mes de communication destin&#233;s &#224; l'arm&#233;e grecque, ou syst&#232;mes de surveillance pour les jeux olympiques de 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La classe dominante allemande a donc gagn&#233; sur deux tableaux : par l'endettement &#224; son profit de la Gr&#232;ce, et maintenant, dans la nouvelle phase de la crise qui voit l'euro chuter &#224; 1,3 dollar, par le bond des commandes des entreprises allemandes hors zone euro. Et comme le plan d'aust&#233;rit&#233; impose &#224; la Gr&#232;ce de privatiser de nombreuses entreprises publiques, voil&#224; une nouvelle aubaine pour les entreprises allemandes en voie d'expansion !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mesures impos&#233;es aux travailleurs de Gr&#232;ce sont en passe de faire tache d'huile, et de l'&#234;tre aux travailleurs d'autres pays, y compris l'Allemagne. Il ne va pas falloir attendre longtemps pour qu'apr&#232;s une courte tr&#234;ve &#233;lectorale, il soit &#224; nouveau question de r&#233;forme du syst&#232;me de sant&#233; et autres mesures d'aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#61472;Nico HEYM&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Mise au point
&lt;/h3&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; En Gr&#232;ce, plus de 50 % des travailleurs du priv&#233; vivent avec moins de 1000 euros par mois.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Le concept de &lt;em&gt;G&#233;n&#233;ration 700&lt;/em&gt; existe, pour d&#233;signer ceux - avant tout des jeunes - qui rapportent &#224; la maison 700 euros pour un travail &#224; temps plein, et par cons&#233;quent doivent vivre aux crochets de leurs parents. En fait, le SMIC grec est &#224; 711 euros.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Les 13&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et 14&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; mois sont une maigre compensation de bas salaires.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Le temps de travail hebdomadaire moyen est au deuxi&#232;me rang des plus &#233;lev&#233;s de l'Union Europ&#233;enne.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; La retraite minimale est de 486 euros, pour des prix de denr&#233;es alimentaires &#224; peine inf&#233;rieurs &#224; ceux d'Allemagne ou de France.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Il est vrai qu'il y a une grosse diff&#233;rence entre les salaires du priv&#233; et ceux du public, mais le niveau g&#233;n&#233;ral n'est pas bien haut : les salari&#233;s des services publics gagnent autour de 1 200 euros net (quand la moyenne europ&#233;enne est &#233;valu&#233;e &#224; 2 100 euros).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Selon la GSEE le taux de ch&#244;mage est de 17,5%, soit 800 000 ch&#244;meurs sur 4 millions et demie d'actifs (11,3% officiellement).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; L'&#226;ge moyen de d&#233;part &#224; la retraite &#233;tait de 61 ans en 2008.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_464 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L300xH463/grece_banques_coul-56928.png?1528588658' width='300' height='463' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Le courage et l'obstination des gr&#233;vistes sans papiers
</title>
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		<dc:subject>sans-papiers
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		<dc:subject>Immigr&#233;s
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		<dc:subject>Gr&#232;ve
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		<dc:subject>Politique
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		<description>Les gr&#233;vistes sans papiers ont fortement marqu&#233; de leur pr&#233;sence le cort&#232;ge du 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mai &#224; Paris. Plus r&#233;cemment, le vendredi 14 mai, ils se sont relay&#233;s &#224; pr&#232;s de 2 000 (une &#233;crasante majorit&#233; de travailleurs africains, mais aussi chinois ou maghr&#233;bins) &#224; camper sous les fen&#234;tres du minist&#232;re de l'Immigration o&#249; s'ouvraient les premi&#232;res discussions officielles avec des repr&#233;sentants de ce minist&#232;re comme de celui du Travail. &lt;br /&gt;Dans le m&#234;me temps, des m&#233;dias publiaient l'appel sign&#233; &#224; ce jour par des dizaines de&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les gr&#233;vistes sans papiers ont fortement marqu&#233; de leur pr&#233;sence le cort&#232;ge du 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mai &#224; Paris. Plus r&#233;cemment, le vendredi 14 mai, ils se sont relay&#233;s &#224; pr&#232;s de 2 000 (une &#233;crasante majorit&#233; de travailleurs africains, mais aussi chinois ou maghr&#233;bins) &#224; camper sous les fen&#234;tres du minist&#232;re de l'Immigration o&#249; s'ouvraient les premi&#232;res discussions officielles avec des repr&#233;sentants de ce minist&#232;re comme de celui du Travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, des m&#233;dias publiaient l'appel sign&#233; &#224; ce jour par des dizaines de personnalit&#233;s du monde syndical (dont Bernard Thibault, Fran&#231;ois Ch&#233;r&#232;que et Annick Coup&#233;), du monde patronal (dont le DRH de V&#233;olia Propret&#233;, la pr&#233;sidente de Ethic), du monde associatif et universitaire, en faveur de &lt;em&gt;&#171; crit&#232;res clairs et objectifs de r&#233;gularisation des travailleurs sans papiers &#187;&lt;/em&gt;. Une &#233;bauche de ces crit&#232;res figure d&#233;j&#224; dans un texte dit d'&lt;em&gt;&#171; approche commune &#187;&lt;/em&gt; sign&#233; il y a deux mois entre patrons et syndicats. Par del&#224; une multitude de questions techniques, correspondant &#224; une multitude de situations (travailleurs ayant des fiches de paie ou travailleurs au noir, ayant travaill&#233; sous leur nom ou sous un &#171; alias &#187;, salari&#233;s de telle ou telle entreprise ou travailleurs int&#233;rimaires, travailleurs d'Afrique de l'Ouest ou alg&#233;riens et tunisiens th&#233;oriquement soumis &#224; des accords particuliers avec l'&#201;tat fran&#231;ais), il s'agit, pour les milliers de gr&#233;vistes et les onze syndicats et associations qui ont pris l'initiative de la nouvelle vague de gr&#232;ve en octobre 2009, de faire r&#233;gulariser tous ceux et celles qui travaillent et vivent en France. D'en finir avec ce r&#232;gne de l'hypocrisie qui veut que nul n'ignore que des dizaines, voire des centaines de milliers de travailleurs font en France un travail qu'ils ne volent &#224; personne (les patrons qui les exploitent moins que les autres !), mais que l'&#201;tat s'obstine &#224; les faire vivre en clandestins en leur refusant le titre de s&#233;jour. Clandestines, des milliers de &#171; nounous &#187; ! Clandestins, les dizaines de milliers de travailleurs du B&#226;timent qui assurent essentiellement le gros &#339;uvre ! Clandestins les milliers de plongeurs, cuistots ou serveuses des restaurants chinois ! Ou les milliers de Chinoises de la confection qui bossent pourtant pour des &#171; marques &#187; connues et prosp&#232;res. Les Bouygues et Cama&#239;eu ont pignon sur rue, mais ceux et celles qui en assurent les profits devraient continuer &#224; vivre en rasant les murs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d'abord par leur propre courage &#8211; et par la gr&#232;ve qui est l'arme des travailleurs &#8211; que plus de 6 000 sans-papiers sont sortis de l'ombre, au nom de tous les autres. Apr&#232;s sept mois de gr&#232;ve, ils tiennent toujours bon et rendent de fait incontournable la solution du probl&#232;me, &#224; savoir leur r&#233;gularisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette t&#233;nacit&#233; peut surprendre, mais elle est &#224; la mesure du quotidien insupportable de ces travailleurs depuis des ann&#233;es : ils vivent ici et bossent ici, comme le proclame le slogan embl&#233;matique du mouvement, depuis souvent sept, huit ou plus de dix ans. Ils font partie de la classe ouvri&#232;re du pays mais n'ont aucun des droits que leur ouvrirait une existence l&#233;gale. Nombre d'entre eux ont des feuilles de paye, mais un nombre au moins &#233;quivalent a probablement aussi travaill&#233; au noir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'ils demandent, leur r&#233;gularisation par le travail, c'est finalement bien peu pour le patronat et le gouvernement. Et il est indigne qu'il ait fallu pas moins de sept mois de mobilisation pour qu'une partie du patronat et du gouvernement consente enfin &#224; commencer des discussions. Le minist&#232;re du Travail, tout de m&#234;me le premier concern&#233; par cette gr&#232;ve, a men&#233; le petit jeu consistant &#224; se d&#233;fausser sur le minist&#232;re de l'Immigration, jusqu'&#224; devoir lui aussi passer aujourd'hui &#224; table. Ce r&#233;sultat, sans pr&#233;juger de ce que donneront les discussions, est li&#233; &#224; l'acharnement des gr&#233;vistes. Avec obstination, ils ont tous les jours exerc&#233; leur pression collective sur des patrons qui n'h&#233;sitent pas &#224; appeler les flics contre des salari&#233;s qu'ils ont fait travailler des ann&#233;es. C'est par centaines qu'ils parviennent pourtant ainsi &#224; arracher des &#171; cerfas &#187;, ces promesses d'embauche qui prouvent que ces patrons les ont fait travailler, qu'ils ont toujours besoin d'eux et de leur travail, y compris apr&#232;s une r&#233;gularisation. Ces op&#233;rations, les gr&#233;vistes les m&#232;nent avec leurs propres forces, leur propre organisation, leurs propres d&#233;l&#233;gu&#233;s, aid&#233;s certes par des militants syndicaux et par le soutien des 11 syndicats et associations qui ont pris l'initiative du mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette organisation des gr&#233;vistes par eux-m&#234;mes repr&#233;sente le point fort de cette gr&#232;ve et en restera le principal acquis : les gr&#233;vistes ont appris bien des choses sur la fa&#231;on de s'organiser et de se d&#233;fendre, besoin vital pour l'ensemble de la classe ouvri&#232;re, avec ou sans papiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 mai 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lydie GRIMAL&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title> &#192; lire : &#171; Chantier interdit au public &#187;&#8230; mais pas aux immigr&#233;s ni aux sans-papiers !
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/A-lire-Chantier-interdit-au-public-mais-pas-aux-immigres-ni-aux-sans-papiers</link>
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		<dc:subject>Culture
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		<dc:subject>Immigr&#233;s
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		<dc:subject>Livre
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		<dc:subject>B&#226;timent
</dc:subject>

		<description>Dans le contexte de la lutte des travailleurs sans papiers pour leur r&#233;gularisation, la lecture d'un petit ouvrage de 2008 (avant les deux grandes vagues de gr&#232;ves), intitul&#233; Chantier interdit au public, est du plus haut int&#233;r&#234;t. Il s'agit d'une enqu&#234;te sociologique mais, surtout, d'un t&#233;moignage sur les ressorts de l'exploitation dans le B&#226;timent et les rapports entre les hommes qui y travaillent &#8211; d'une grande pr&#233;cision et sensibilit&#233;. L'auteur, universitaire mais militant &#224; sa fa&#231;on, a consacr&#233; durant&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Livre-+" rel="tag"&gt;Livre
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Batiment-+" rel="tag"&gt;B&#226;timent
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans le contexte de la lutte des travailleurs sans papiers pour leur r&#233;gularisation, la lecture d'un petit ouvrage de 2008 (avant les deux grandes vagues de gr&#232;ves), intitul&#233;&lt;em&gt; Chantier interdit au public&lt;/em&gt;, est du plus haut int&#233;r&#234;t. Il s'agit d'une enqu&#234;te sociologique mais, surtout, d'un t&#233;moignage sur les ressorts de l'exploitation dans le B&#226;timent et les rapports entre les hommes qui y travaillent &#8211; d'une grande pr&#233;cision et sensibilit&#233;. L'auteur, universitaire mais militant &#224; sa fa&#231;on, a consacr&#233; durant la d&#233;cennie 2000 une ann&#233;e &#224; des stages ou des missions d'int&#233;rim, comme &#171; ferrailleur &#187; dans le b&#233;ton arm&#233;. Son exp&#233;rience parle, compl&#233;t&#233;e par des &#233;l&#233;ments sur l'histoire technique et &#233;conomique de l'industrie du b&#226;timent : des lendemains de la guerre &#224; l'industrialisation de l'&#232;re des Bouygues, Vinci ou Eiffage &#8211; parmi les plus grands mondiaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est quoi, le B&#226;timent ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le travail d'immigr&#233;s&#8230; de diff&#233;rentes g&#233;n&#233;rations et nationalit&#233;s. Avec sa hi&#233;rarchisation : les Mamadou, Ko&#239;ta ou Tour&#233;, d'origine malienne ou s&#233;n&#233;galaise, condamn&#233;s aux postes les moins qualifi&#233;s &#8211; parce que souvent sans papiers et sans pr&#233;tention possible &#224; une promotion. Les travailleurs d'origine maghr&#233;bine occupent des postes plus qualifi&#233;s, ceux d'origine portugaise sont chefs d'&#233;quipes ou chefs de chantier. Quant aux &#171; bien blancs &#187;, ils sont &#171; conducteurs de travaux &#187;, jeunes ing&#233;nieurs loin du chantier lui-m&#234;me. Qu'ils organisent n&#233;anmoins de leurs bureaux. Le sch&#233;ma g&#233;n&#233;ral tol&#232;re des exceptions, mais rares. Cette hi&#233;rarchisation s'accompagne de discriminations, m&#233;pris et racisme, mais pourtant aussi de solidarit&#233; ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le B&#226;timent, c'est aussi le r&#232;gne de l'int&#233;rim et de la sous-traitance (les deux se cumulant et s'imbriquant en cha&#238;ne). Les grands du B&#226;timent sont des &#171; b&#233;tonneurs sans ouvriers &#187;, du moins en tant que salari&#233;s propres. Sur un chantier, la proportion peut &#234;tre de un &#224; huit seulement. Les sept autres sont des int&#233;rimaires d'une multitude d'entreprises, entre autres pour le gros &#339;uvre. C'est &#171; l'ext&#233;riorisation &#187; de la main-d'&#339;uvre par les grandes entreprises. Un syst&#232;me qui organise et stabilise la pr&#233;carit&#233;, pour r&#233;aliser les gains maxima. Par une multitude de ressorts d&#233;cortiqu&#233;s dans l'ouvrage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le B&#226;timent, avec la pr&#233;carisation, l'usure physique et le danger permanent, c'est aussi et surtout le domaine non disput&#233; des travailleurs sans papiers. Probablement des dizaines de milliers &#8211; dont certains travaillent au noir, recrut&#233;s au jour le jour dans des foyers ou ailleurs, par des interm&#233;diaires combinards. L'ouvrage est paru avant les gr&#232;ves r&#233;centes. Mais ce qu'il relate explique le vent de r&#233;volte qui s'est lev&#233;, parmi ces milliers de sans-papiers sur lesquels repose l'essentiel du gros &#339;uvre du B&#226;timent entre autres &#8211; vers lesquels vont les sympathies de l'auteur. Comme quoi la combativit&#233; ouvri&#232;re, m&#234;me dans des conditions difficiles, peut &#233;branler le syst&#232;me le mieux huil&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michelle VERDIER&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;em&gt;Chantier interdit au public &lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;em&gt; Enqu&#234;te parmi les travailleurs &lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;em&gt; du b&#226;timent&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicolas JOUNIN&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La D&#233;couverte/Poche &#8211; 10 euros.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Freescale (Toulouse) : le patron perd en justice mais persiste. Le bras de fer continue.
</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Freescale
</dc:subject>
		<dc:subject>Licenciements
</dc:subject>
		<dc:subject>Entreprises
</dc:subject>

		<description>Le feuilleton autour de la cessation de la production de l'usine Freescale de Toulouse (821 suppressions d'emploi) continue. &lt;br /&gt;Le 13 avril, le Tribunal de Grande instance (TGI), saisi par l'intersyndicale CGT-CFDT-CFTC, a retoqu&#233; partiellement le PSE &#8211; qui avait &#233;t&#233; ent&#233;rin&#233; gr&#226;ce &#224; l'avis (alors n&#233;gatif) donn&#233; par le syndicat FO majoritaire) : le juge reconnaissait le caract&#232;re discriminatoire de la d&#233;gressivit&#233; des indemnit&#233;s accord&#233;es (40 000 &#8364; pour les d&#233;parts en 2010, 25 000 &#8364; pour les d&#233;parts d&#233;but&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-69-mai-juin-2010-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 69, mai-juin 2010
&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le feuilleton autour de la cessation de la production de l'usine Freescale de Toulouse (821 suppressions d'emploi) continue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 13 avril, le Tribunal de Grande instance (TGI), saisi par l'intersyndicale CGT-CFDT-CFTC, a retoqu&#233; partiellement le PSE &#8211; qui avait &#233;t&#233; ent&#233;rin&#233; gr&#226;ce &#224; l'avis (alors n&#233;gatif) donn&#233; par le syndicat FO majoritaire) : le juge reconnaissait le caract&#232;re discriminatoire de la d&#233;gressivit&#233; des indemnit&#233;s accord&#233;es (40 000 &#8364; pour les d&#233;parts en 2010, 25 000 &#8364; pour les d&#233;parts d&#233;but 2011 et seulement 15 000 &#8364; pour les d&#233;parts &#224; la fermeture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh bien, le patron a, lors de deux nouvelles s&#233;ances de &#171; n&#233;gociations &#187; sur le PSE, propos&#233;&#8230; la m&#234;me chose, en changeant &#224; peine l'emballage : 15 000 &#8364; pour tous, plus 25 000 ou 10 000 &#8364; pour &#171; perte d'avantages sociaux &#187; ! Mais, ce coup-ci, il a obtenu l'avis favorable de FO ! Bien s&#251;r, la centaine de travailleurs qui s'&#233;taient mobilis&#233;s lors de la deuxi&#232;me r&#233;union ont mandat&#233; l'intersyndicale CGT-CFDT-CFTC pour contester de nouveau le projet patronal. Mais il est clair que la direction esp&#232;re que le petit coup de pouce de FO aidera &#224; faire accepter par le juge la nouvelle version.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, dans une interview au journal &lt;em&gt;Les &#201;chos&lt;/em&gt;, Rich Beyer, le grand patron de Freescale, annonce que la r&#233;cession du secteur des semi-conducteurs est finie et que Freescale va entrer en bourse. En fait, Freescale a m&#234;me du mal &#224; satisfaire la demande, ce que confirme la pr&#233;sence de maintenant plus de 200 int&#233;rimaires dans l'usine de Toulouse et les propositions massives d'heures suppl&#233;mentaires, et m&#234;me l'installation de nouvelles machines (para&#238;t-il en transit vers la Chine) dans une usine qui doit fermer dans un an ! La technologie 6 pouces de l'usine toulousaine est peut-&#234;tre ancienne mais Freescale en a bien besoin tant que la nouvelle technologie 8 pouces n'est pas totalement op&#233;rationnelle. Alors, la direction veut instituer une prime de rendement&#8230; mais sans d&#233;bourser un sou puisque ce serait en remplacement de la prime d'int&#233;ressement qu'un accord de groupe pr&#233;voit. Une arnaque qui ne passe pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, de nombreux travailleurs n'ont aucune intention de courir avec une prime-carotte ou des heures suppl&#233;mentaires. D&#233;brayages et assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales continuent m&#234;me si, du fait des premiers d&#233;parts et des formations, les participants sont moins nombreux. Le 22 avril, jour anniversaire de l'annonce de la fermeture, environ 150 personnes ont entour&#233; la tente qui avait servi de QG &#224; la gr&#232;ve d'octobre, remont&#233;e pour une conf&#233;rence de presse devant l'usine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, comme le disait la banderole d&#233;ploy&#233;e &#224; la fin de la gr&#232;ve, &lt;em&gt;&#171; C'est pas fini ! &#187;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9 mai 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#61472;F&#233;lix RODIN&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Cheminots : la dr&#244;le de gr&#232;ve d'avril 2010
</title>
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		<dc:subject>Entreprises
</dc:subject>
		<dc:subject>SNCF
</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ve
</dc:subject>

		<description>&#192; l'issue de la gr&#232;ve qui a dur&#233; du 6 au 21 avril dernier, Guillaume P&#233;py, patron de la SNCF, roulait des m&#233;caniques : le conflit se terminait sans aucune avanc&#233;e notable pour les salari&#233;s. Et de rappeler dans toute la presse son vieux leitmotiv : &#171; la n&#233;gociation rapporte plus que la gr&#232;ve &#187; . Le bilan de quinze jours de lutte : une direction renforc&#233;e et des cheminots enfonc&#233;s ? Pas si s&#251;r&#8230; &lt;br /&gt;Certes, la gr&#232;ve a &#233;t&#233; d&#233;routante pour bien des cheminots. D'abord par la fa&#231;on dont elle a d&#233;marr&#233; : c'est la CGT&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'issue de la gr&#232;ve qui a dur&#233; du 6 au 21 avril dernier, Guillaume P&#233;py, patron de la SNCF, roulait des m&#233;caniques : le conflit se terminait sans aucune avanc&#233;e notable pour les salari&#233;s. Et de rappeler dans toute la presse son vieux leitmotiv : &lt;em&gt;&#171; la n&#233;gociation rapporte plus que la gr&#232;ve &#187;&lt;/em&gt; . Le bilan de quinze jours de lutte : une direction renforc&#233;e et des cheminots enfonc&#233;s ? Pas si s&#251;r&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, la gr&#232;ve a &#233;t&#233; d&#233;routante pour bien des cheminots. D'abord par la fa&#231;on dont elle a d&#233;marr&#233; : c'est la CGT seule qui y a appel&#233;, ce sont ses militants qui l'ont fait durer, souvent au forceps. Une attitude inhabituelle, venant parfois des m&#234;mes qui avaient fait reprendre le travail lors du dernier conflit sur les retraites en 2007. D'autant que, depuis des mois, les journ&#233;es d'action se succ&#233;daient et, invariablement, la direction de la CGT s'en prenait virulemment &#224; Sud qui pr&#244;nait la &#171; reconduction &#187;. Une petite rivalit&#233; de boutique o&#249; les r&#244;les &#233;taient bien partag&#233;s : Sud prenait une posture radicale, en faveur de journ&#233;es &#171; reconductibles &#187; mais sans avoir ni se donner les moyens qu'elles soient reconduites et, en face, la CGT pouvait jouer au syndicat raisonnable et responsable, limitant l'action &#224; une succession de journ&#233;es &#171; carr&#233;es &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, si la F&#233;d&#233;ration CGT des cheminots s'est &#233;chin&#233;e ces derni&#232;res ann&#233;es &#224; se montrer on ne peut mieux dispos&#233;e au &#171; dialogue social &#187; et &#224; l'exercice du &#171; syndicalisme d'accompagnement &#187;, m&#234;me si celui-ci n'a conduit qu'&#224; des reculs face &#224; la direction et au gouvernement (sur les 35 heures comme sur les retraites ou les r&#233;organisations), elle n'en tire pas moins sa force du fait qu'elle rassemble et contr&#244;le la base la plus nombreuse et la plus combative. C'est &#224; cette base, qui commen&#231;ait s&#233;rieusement &#224; douter, face &#224; des mouvements que la CGT a snob&#233;s, sabord&#233;s voire franchement trahis comme en 2007, que la direction du syndicat a d&#233;cid&#233; d'envoyer un message.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle a lanc&#233; d'en haut sa propre gr&#232;ve reconductible, en tenant volontairement Sud &#224; l'&#233;cart. La direction de la CGT a d&#233;clench&#233; une gr&#232;ve nationale en se donnant les moyens d'en garder le contr&#244;le int&#233;gral : elle a appel&#233; les diff&#233;rents secteurs &#224; se battre s&#233;par&#233;ment, en d&#233;posant pas moins de sept pr&#233;avis nationaux. Les conducteurs, contr&#244;leurs et cheminots du Fret ont &#233;t&#233; appel&#233;s &#224; une gr&#232;ve reconductible &#224; partir du 7 avril. Les s&#233;dentaires n'ont eu droit qu'&#224; la simple journ&#233;e du lendemain. Les revendications, au lieu de porter sur les points susceptibles d'unifier la lutte de tous les cheminots, emploi et salaires, voire de faire le lien avec les autres travailleurs, n'&#233;taient qu'un interminable catalogue de mots d'ordre cat&#233;goriels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, le scepticisme l'a emport&#233; au matin du 7 avril, y compris dans les rangs de la CGT : dans la plupart des secteurs, la gr&#232;ve n'a pas &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;e, &#224; peine appel&#233;e. Si les taux de gr&#233;vistes sont rest&#233;s dans la fourchette habituelle, la plupart des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales furent squelettiques, r&#233;duites aux militants qui ne voyaient pas comment cette gr&#232;ve pourrait durer plus de trois jours. Au matin du 9 avril, le travail a d'ailleurs repris dans l'immense majorit&#233; des sites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, dans quelques r&#233;gions particuli&#232;rement touch&#233;es par les restructurations et o&#249; la CGT est bien implant&#233;e, les roulants (conducteurs et contr&#244;leurs) se sont engag&#233;s sans r&#233;serve. Dans le grand Sud-Est, en Normandie et &#224; Toulouse, les taux de gr&#233;vistes ont parfois d&#233;pass&#233; les 70 % et la gr&#232;ve a tenu bon durant toute la semaine suivante.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Bien des raisons de se mettre en gr&#232;ve&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; des calculs des appareils, les raisons de se mettre en gr&#232;ve &#8211; les r&#233;organisations regroup&#233;es sous le nom &#171; destination 2012 &#187; ou &#171; gestion par activit&#233;s &#187; pr&#233;parant le grand d&#233;coupage de la SNCF et qui se traduisent par des dizaines de milliers de postes d&#233;j&#224; supprim&#233;s et des pressions de l'encadrement sur les cadences (&#224; ce sujet, cf. le dossier SNCF de &lt;em&gt;Convergences R&#233;volutionnaires&lt;/em&gt; n&#176;67) &#8211; ont fait qu'il y a bel et bien eu un mouvement. Sans compter les salaires, bloqu&#233;s depuis des ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation a interpel&#233; de nombreux cheminots qui avaient repris le travail au bout de quelques jours : fallait-il rester l'arme au pied alors que le mouvement tenait bon dans certains secteurs ? C'est la question qui s'est pos&#233;e durant la deuxi&#232;me semaine, du lundi 12 avril au vendredi 16. La direction de Sud, qui avait appel&#233; sans conviction &#224; la gr&#232;ve &#171; de la CGT &#187;, s'est mise aux abonn&#233;s absents durant huit jours : pariant sur un &#233;chec, elle a cru malin de laisser la CGT s'en d&#233;brouiller.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette deuxi&#232;me phase, il aurait &#233;t&#233; possible d'&#233;tendre la gr&#232;ve &#224; partir des secteurs les plus mobilis&#233;s. En chiffrant clairement les suppressions de postes et les baisses de r&#233;mun&#233;rations dues au d&#233;mant&#232;lement de la SNCF, ceux-ci auraient pu trouver l'oreille des cheminots de toutes les r&#233;gions et de tous les m&#233;tiers, en butte aux m&#234;mes attaques. Mais ce n'&#233;tait pas l'objectif de la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Tout &#231;a, pour &#171; des n&#233;gociations &#187; ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au contraire, elle a orient&#233; le mouvement dans une impasse en r&#233;clamant &#224; cor et &#224; cri des n&#233;gociations, sans leur donner aucun contenu pr&#233;cis. Un message que la direction a entendu : elle a ouvert des discussions dans les r&#233;gions les plus mobilis&#233;es. La reprise du travail dans certains sites fortement influenc&#233;s par la CGT de la r&#233;gion PACA, d&#232;s le week-end des 17 et 18 avril a &#233;t&#233; comme un signal de reprise du travail, renforc&#233; le lundi matin 19 avril par l'appel explicite &#224; la reprise, sur RMC, de Didier Le Reste, secr&#233;taire de la f&#233;d&#233;ration CGT des cheminots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, ce m&#234;me jour, la gr&#232;ve avait connu un rebond chez des roulants de r&#233;gion parisienne notamment. Mais c'&#233;tait trop peu et trop tard pour contrecarrer les plans des appareils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement lanc&#233; et contr&#244;l&#233; par la CGT a dur&#233; deux semaines. S'il n'a permis d'obtenir que des miettes d'effectifs, ici ou l&#224;, il a &#233;t&#233; une sacr&#233;e &#233;pine dans le pied de la direction : alors que le transport a&#233;rien &#233;tait paralys&#233; par le volcan islandais et en plein week-ends de d&#233;parts pour les vacances de printemps. La CGT a d&#233;montr&#233; qu'elle &#233;tait encore capable, &#224; froid qui plus est, de lancer seule un mouvement de quelque importance, mais aussi de le terminer sans avoir rien obtenu. Une fa&#231;on de rappeler qu'elle est incontournable&#8230; non pas pour aider les cheminots &#224; contrecarrer les sales coups, mais pour postuler &#224; la place de Number One dans le cadre de la nouvelle repr&#233;sentativit&#233; syndicale. CFDT et UNSA qui ont ouvertement d&#233;nonc&#233; les gr&#233;vistes, comme Sud qui campait dans une posture de champion de la gr&#232;ve reconductible&#8230; pouvaient aller se rhabiller !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cheminots pourtant ont fait preuve de plus de d&#233;termination et de responsabilit&#233; que les appareils qui pr&#233;tendent les d&#233;fendre. Oui, il y a bien eu une gr&#232;ve en avril 2010, bien que dans les pires conditions de pr&#233;paration syndicale qui soient. Mais, pour la suite &#8211; car les affrontements s&#233;rieux sont &#224; venir &#8211;, ce n'est qu'en se donnant des revendications radicales et communes (interdiction des suppressions de postes et milliers d'embauches, augmentation des salaires de 300 euros pour tous, pas touche aux retraites) et en s'organisant eux-m&#234;mes pour contr&#244;ler et coordonner leurs assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales et comit&#233;s de gr&#232;ve que les cheminots pourront s'opposer r&#233;ellement au d&#233;mant&#232;lement de l'entreprise &#8211; et s'opposer aux c&#244;t&#233;s de l'ensemble des travailleurs aux dures attaques &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rapha&#235;l PRESTON&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Aux ateliers de Quatre-Mares (76) : un sc&#233;nario de gr&#232;ve in&#233;dit... sans metteur en sc&#232;ne mais avec de bons acteurs !
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Aux-ateliers-de-Quatre-Mares-76-un-scenario-de-greve-inedit-sans-metteur-en</link>
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		<dc:date>2010-05-29T09:04:12Z</dc:date>
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		<dc:subject>Entreprises
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		<dc:subject>SNCF
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		<dc:subject>Gr&#232;ve
</dc:subject>

		<description>Aux ateliers de r&#233;paration de Quatre-Mares (Sotteville-l&#232;s-Rouen) o&#249; travaillent pr&#232;s de 700 personnes, la gr&#232;ve n'est pas encore vraiment termin&#233;e au jour o&#249; nous &#233;crivons. Dans de nombreux secteurs (Roues, Forges, Bogies notamment !), la direction peine &#224; faire reprendre l'activit&#233; normale. Les journ&#233;es sont encore rythm&#233;es par des AG le matin et des barbecues le midi... le stock de merguez semble in&#233;puisable ! Une gr&#232;ve finalement in&#233;dite dans son d&#233;roulement comme dans ses soubresauts finaux ! &lt;br /&gt;&#192;&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Aux ateliers de r&#233;paration de Quatre-Mares (Sotteville-l&#232;s-Rouen) o&#249; travaillent pr&#232;s de 700 personnes, la gr&#232;ve n'est pas encore vraiment termin&#233;e au jour o&#249; nous &#233;crivons. Dans de nombreux secteurs (Roues, Forges, Bogies notamment !), la direction peine &#224; faire reprendre l'activit&#233; normale. Les journ&#233;es sont encore rythm&#233;es par des AG le matin et des barbecues le midi... le stock de merguez semble in&#233;puisable ! Une gr&#232;ve finalement in&#233;dite dans son d&#233;roulement comme dans ses soubresauts finaux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Quatre-Mares, parfois qualifi&#233; &#171; de village gaulois &#187; par ceux qui y militent syndicalement et politiquement (car la combativit&#233; y est forte et les habitudes de gr&#232;ve et d'assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales bien &#233;tablies), le 6 avril n'a pas fait &#171; un malheur &#187;. De nombreux cheminots avaient plus que des doutes sur ce nouvel appel, apr&#232;s d&#233;j&#224; plusieurs journ&#233;es d'actions cons&#233;cutives, dont celle toute proche du 23 mars (que la direction de la CGT n'avait pas voulue reconductible). Sans m&#234;me parler du fait que le pr&#233;avis &#171; reconductible &#187; de la CGT ne concernait au d&#233;but que les conducteurs et les contr&#244;leurs. Les &#171; s&#233;dentaires &#187; de la fili&#232;re &#171; mat&#233;riel &#187; ne pouvaient se raccrocher qu'au pr&#233;avis d&#233;pos&#233; par Sud-Rail. Le 6, il y avait moins de cheminots en gr&#232;ve que le 23 mars &#224; Quatre-Mares et, bien que reconduite le 7 sous l'impulsion des &#233;quipes Sud et CGT, ce fut la reprise le 8 au matin &#8211; il n'y avait plus que 45 personnes au piquet de gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, d&#232;s le mardi 13 avril, ce fut de nouveau la gr&#232;ve... et celle-ci fut ensuite reconduite quasiment sans opposition jusqu'au mercredi 21 avril par des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales oscillant entre 260 et 320 personnes. C'est la visite aux portes de Quatre-Mares le lundi 12 avril au matin des contr&#244;leurs de l'ECT de Rouen et des roulants du d&#233;p&#244;t de Sotteville, tr&#232;s majoritairement en gr&#232;ve depuis le 6, qui a chang&#233; la donne ! D&#233;terminantes pour les travailleurs des ateliers, d'une part la combativit&#233; de leurs coll&#232;gues, de l'autre l'unit&#233; syndicale sans faille entre les &#233;quipes CGT et Sud-Rail sur la r&#233;gion Normandie (l&#224; aussi une exception... on peut noter le fait que les tracts les plus sectaires voire injurieux de la f&#233;d&#233;ration CGT vis-&#224;-vis de Sud-Rail n'ont jamais &#233;t&#233; distribu&#233;s localement durant la gr&#232;ve). C'est aussi peut-&#234;tre l'attitude de la directrice de l'&#233;tablissement... qui, lors de l'AG du mardi 13 avril, est venue &#171; au contact &#187; (fait in&#233;dit)... pour tenter le chantage &#224; l'emploi &#171; si vous vous arr&#234;tez, on va perdre des march&#233;s, donc de l'argent... et donc des emplois &#187;. Si certains h&#233;sitaient encore, voil&#224; qui les a convaincus... la gr&#232;ve &#233;tant comme un d&#233;fi. De toute fa&#231;on, les raisons d'y aller vraiment, une bonne fois pour toutes, ne manquaient pas... avec l'espoir que &#171; &#231;a s'&#233;tende ailleurs &#187;. Les militants combatifs de la CGT ont pouss&#233; : pour une fois qu'ils avaient l'aval de leur f&#233;d&#233;, fallait pas se g&#234;ner ! Et ceux de Sud, contrairement &#224; d'autres ailleurs, se sont sentis comme des poissons dans l'eau... la gr&#232;ve reconductible n'&#233;tait plus seulement un appel au bas d'un tract !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc eu tous les jours des AG, des piquets de gr&#232;ve, des barbecues devant les portes le midi, des distributions de tracts... et le d&#233;clenchement des sifflets des dizaines de locomotives de fret abandonn&#233;es sur les voies suite &#224; la fermeture programm&#233;e du triage de Sotteville. Une des actions qui a bien plu aussi : l'enfumage par les torches des locaux de la direction r&#233;gionale. Par contre, aucune plate-forme revendicative n'a &#233;t&#233; vot&#233;e par les AG. La question des salaires &#233;tait bien pr&#233;sente dans les t&#234;tes mais c'est tout. De m&#234;me la jonction avec les autres cat&#233;gories de cheminots a &#233;t&#233; tr&#232;s rare et aucune AG interservices ne s'est tenue. Les militants se sont laiss&#233;s porter par cette gr&#232;ve &#224; laquelle la plupart d'entre eux ne croyaient pas et par la bonne ambiance &#171; intersyndicale consensuelle &#187; mais, du coup, peu propice &#224; faire &#233;merger des formes d'auto-organisation de la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La reprise s'est faite sans amertume au vu du rapport de forces national le 21 avril. Les militants Sud et CGT ont insist&#233; sur le fait que d'autres luttes interprofessionnelles attendaient les cheminots (notamment sur la question des retraites). Plusieurs jours durant, les AG ont perdur&#233;, des d&#233;brayages sauvages d'ateliers aussi, pour faire pression sur la directrice afin qu'elle ne retire pas la totalit&#233; des dix jours de gr&#232;ve (c'est finalement entre six et sept jours maxi qui seront retir&#233;s aux gr&#233;vistes). Ce qui a &#233;t&#233; per&#231;u comme une petite victoire, bien s&#251;r ! Une caisse de solidarit&#233; a aussi &#233;t&#233; mise en place, l'essentiel &#233;tant que personne ne sorte de la gr&#232;ve financi&#232;rement pris &#224; la gorge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, &#224; Quatre-Mares, l'envie de repartir avec d'autres d&#232;s que possible est bien l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10 mai 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marie DARWEN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Facteurs en gr&#232;ve dans les Hauts de Seine (92)
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		<dc:subject>Entreprises
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		<dc:subject>La Poste
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		<dc:subject>Gr&#232;ve
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		<description>Dans le d&#233;partement des Hauts-de-Seine, c'est la gr&#232;ve qui avait fait partiellement reculer la direction en 2009 sur certaines r&#233;organisations. Mais ces victoires, m&#234;me partielles ne sont toujours que provisoires. &lt;br /&gt;Apr&#232;s le succ&#232;s de la gr&#232;ve et de la manifestation d&#233;partementale du 15 avril dernier, les postiers du d&#233;partement pr&#233;parent la suite et la bataille face aux restructurations promises par l'ouverture de la Plate-forme industrielle courrier (PIC) de Villeneuve pour le tri (avec plusieurs&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans le d&#233;partement des Hauts-de-Seine, c'est la gr&#232;ve qui avait fait partiellement reculer la direction en 2009 sur certaines r&#233;organisations. Mais ces victoires, m&#234;me partielles ne sont toujours que provisoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le succ&#232;s de la gr&#232;ve et de la manifestation d&#233;partementale du 15 avril dernier, les postiers du d&#233;partement pr&#233;parent la suite et la bataille face aux restructurations promises par l'ouverture de la &lt;em&gt;Plate-forme industrielle courrier&lt;/em&gt; (PIC) de Villeneuve pour le tri (avec plusieurs centaines d'emplois supprim&#233;s) et le passage &#224; &lt;em&gt;Facteur d'avenir&lt;/em&gt; pour la distribution. Plus de 200 personnes ont d&#233;fil&#233; dans les rues de Nanterre, dont 70 facteurs de la distribution. Dans un centre tel qu'Issy-les-Moulineaux (concern&#233; par la future PIC) on enregistrait 90% de gr&#233;vistes pour cette journ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un appel intersyndical &#224; &#233;t&#233; lanc&#233; pour une gr&#232;ve de l'ensemble des secteurs de la Poste 92 et une manifestation le jeudi 20 mai. Mais sans attendre, entre-temps, trois bureaux de facteurs, &#224; Ch&#226;tillon, Clamart et Asni&#232;res, sont d&#233;j&#224; partis en gr&#232;ve reconductible :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 26 avril, le bureau de distribution de Ch&#226;tillon part en gr&#232;ve majoritaire contre les suppressions de tourn&#233;es et contre la s&#233;cabilit&#233;. Il est bient&#244;t suivi, le vendredi 30 avril, par Clamart qui reconduit la gr&#232;ve le lundi. Le mardi 4 mai, ce sont les facteurs d'Asni&#232;res qui entrent dans une gr&#232;ve tr&#232;s largement majoritaire. Les revendications contre les r&#233;organisations sont toujours les m&#234;mes : contre la &#171; s&#233;cabilit&#233; &#187; et l'auto remplacement. Ils bataillent aussi contre la suppression de &lt;em&gt;quartiers&lt;/em&gt;, c'est &#224; dire de tourn&#233;es de facteurs qu'on d&#233;porte sur celles restantes (3 pour Ch&#226;tillon, 4 pour Asni&#232;res et 7 pour Clamart). Toujours moins de personnel pour une charge de travail accrue. Enfin, les gr&#233;vistes se battent pour la &lt;em&gt;CDIsation&lt;/em&gt; de cinq de leurs coll&#232;gues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cela, la direction de la Poste fait la sourde oreille et refuse les n&#233;gociations. Tandis qu'elle lock-outait litt&#233;ralement les bureaux pour en emp&#234;cher l'acc&#232;s aux gr&#233;vistes, ces derniers durent occuper les locaux de la direction d&#233;partementale pour se faire entendre&#8230; Apr&#232;s s'&#234;tre ainsi fait prier d'un peu plus pr&#232;s, celle-ci a fait savoir aux gr&#233;vistes qu'elle acceptait les n&#233;gociations &#224; la &#171; simple &#187; condition qu'ils ne perturbent plus le travail ou la circulation du courrier d'aucun bureau du d&#233;partement et qu'ils cessent tous rassemblements aux abords des &#233;tablissements de la Poste. Autrement dit : &#224; condition que la gr&#232;ve cesse !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, la direction est dure&#8230; de la feuille, et sur les moyens de pression ! Une quinzaine de bl&#226;mes et huit suspensions pour des fonctionnaires ou mises &#224; pied pour des contractuels sont tomb&#233;es. &#192; l'heure o&#249; nous &#233;crivons, ces mesures d'intimidation ont simplement contribu&#233; &#224; plus d'indignation. Les bureaux de Ch&#226;tillon, d'Asni&#232;res et de Clamart &#233;taient toujours en gr&#232;ve lors du pont de l'Ascension. Reste la pr&#233;paration de la journ&#233;e du 20 mai et ses suites, tout en sachant que d'autres bureaux, hors du d&#233;partement, sont en lutte, et que l'un des plus gros bureaux de Paris a d&#233;pos&#233; un pr&#233;avis de gr&#232;ve pour le 17 mai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudra bien qu'&#224; un moment donn&#233;, tous les conflits localis&#233;s des postiers convergent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 mai 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&#233;a NOLAN &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> H&#244;pital de Besan&#231;on : mise en place d'un Cref : un plan social qui ne dit pas son nom
</title>
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		<dc:subject>H&#244;pital
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		<dc:subject>Entreprises
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		<description>Le CHU affiche un d&#233;ficit de 16 millions d'euros. &lt;br /&gt;Depuis la mise en place de la T2A (tarification &#224; l'activit&#233;), comme la majorit&#233; des h&#244;pitaux du pays, il a vu ses probl&#232;mes financiers s'aggraver encore un peu plus. Fin 2008, le directeur g&#233;n&#233;ral a d&#233;nonc&#233; l'accord sur les 35 heures. Pendant neuf mois, le personnel s'est battu contre ce mauvais coup. En janvier 2010, il a impos&#233; les journ&#233;es de travail de 7 h 36 et la suppression de 7,5 &#224; 9,5 jours de repos. Cela a entra&#238;n&#233; une totale d&#233;sorganisation de&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le CHU affiche un d&#233;ficit de 16 millions d'euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la mise en place de la T2A (tarification &#224; l'activit&#233;), comme la majorit&#233; des h&#244;pitaux du pays, il a vu ses probl&#232;mes financiers s'aggraver encore un peu plus. Fin 2008, le directeur g&#233;n&#233;ral a d&#233;nonc&#233; l'accord sur les 35 heures. Pendant neuf mois, le personnel s'est battu contre ce mauvais coup. En janvier 2010, il a impos&#233; les journ&#233;es de travail de 7 h 36 et la suppression de 7,5 &#224; 9,5 jours de repos. Cela a entra&#238;n&#233; une totale d&#233;sorganisation de nos conditions de travail mais la direction pr&#233;voit ainsi d'&#233;conomiser 3,4 millions d'euros pas an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis fin 2009, bien des coll&#232;gues qui partent en retraite ou sont en maladie ne sont plus remplac&#233;s et bon nombre de contractuels se retrouvent &#224; la porte. Comme la direction a supprim&#233; des jours de cong&#233;s, elle affirme qu'elle a moins besoin de rempla&#231;ants. Pour elle, c'est math&#233;matique. En fait, bien des camarades de travail sont &#233;puis&#233;s, et il y a de plus en plus d'arr&#234;ts maladies. Cet &#233;t&#233;, il y aura 66 semaines de remplacements en moins, et bon nombre d'entre nous n'auront que deux semaines de cong&#233;s avec leur famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but avril, le directeur g&#233;n&#233;ral nous a dit avoir re&#231;u le &lt;em&gt;Contrat de retour &#224; l'&#233;quilibre financier &lt;/em&gt;(Cref) que lui impose l'Agence R&#233;gionale de sant&#233; (voir l'encadr&#233;). Ce contrat doit s'&#233;taler de 2009 &#224; 2013. Le directeur g&#233;n&#233;ral a annonc&#233; que 130 postes seront supprim&#233;s, dont 75 postes en 2010. Tout le monde est touch&#233;. On parle de 50 suppressions de postes dans les services soignants mais les secr&#233;tariats, la logistique et m&#234;me les m&#233;decins sont concern&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le directeur g&#233;n&#233;ral rassemble les cadres sup&#233;rieurs des p&#244;les (groupements de services) pour leur intimer l'ordre de lui &#171; rendre &#187; des postes, comme si on les lui avait vol&#233;s. Par exemple, dans le service d'h&#233;matologie soins intensifs, alors que tout le monde, y compris la direction, reconna&#238;t que le personnel est satur&#233; et que l'activit&#233; ne cesse d'augmenter, on a demand&#233; &#224; la cadre de supprimer 0,8 poste d'infirmi&#232;re et 0,5 poste d'aide-soignant. Autrement dit, les coll&#232;gues partant en retraite ou en fin de contrat ne seront pas remplac&#233;s. Elle a refus&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le p&#244;le de chirurgie, c'est 10 postes sur environ 400 agents qu'il faudrait &#171; rendre &#187;, en r&#233;animation chirurgicale, 2,5 postes d'aides-soignants vacants ne seront pas pourvus, en radiologie, 2 postes de manipulateurs ne seront pas mis &#224; l'embauche... et la liste est longue. Pour les coll&#232;gues des secteurs administratifs et logistiques (ateliers, m&#233;nage, entretien des scanners, appareils de radioth&#233;rapie ou des blocs op&#233;ratoires, etc.) l'ARS souligne que &lt;em&gt;&#171; la structure des emplois administratifs et logistiques sera optimis&#233;e au fur et &#224; mesure des d&#233;parts en retraite pr&#233;vus pendant la dur&#233;e du contrat &#187;. &lt;/em&gt;Soit une &#233;conomie de 750 000 euros r&#233;partis sur trois ans d&#232;s 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en va de m&#234;me pour la grosse centaine de coll&#232;gues en CAE (Contrat d'accompagnement dans l'emploi)&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Ils touchent environ 700 euros, dont un peu plus de 100 euros restent &#224; la (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Alors que c'est l'&#201;tat qui impose aux &#233;tablissements de service public d'embaucher des &#171; emplois aid&#233;s &#187;, le Cref stipule que le volume de ces derniers doit &#234;tre &lt;em&gt;&#171; recalibr&#233; &#187; &lt;/em&gt;afin d'&#233;conomiser 100 000 euros par an. &#199;a n'a pas emp&#234;ch&#233;, dans une interview de &lt;em&gt;L'Est r&#233;publicain &lt;/em&gt;du 4 mai dernier&lt;em&gt;, &lt;/em&gt;le directeur d'affirmer qu'&lt;em&gt;&#171; aucune personne qui poss&#232;de un emploi aujourd'hui au CHU ne sera vir&#233;e ! &#187;&lt;/em&gt;, affichant ainsi un m&#233;pris complet pour les coll&#232;gues contractuels ou en CAE qui vont se retrouver sans rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'h&#244;pital est &#233;galement &#171; convi&#233; &#187; &#224; limiter autant que possible le nombre d'agents travaillant &#224; 80 % (mais pay&#233;s &#224; 87,5 %) pour convenance personnelle ainsi que les avancements d'&#233;chelon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; aucun moment, le directeur g&#233;n&#233;ral n'a pr&#233;sent&#233; le Cref aux repr&#233;sentants du personnel, et il a attendu la suppression des conseils d'administration induite par l'entr&#233;e en vigueur de la loi &lt;em&gt;H&#244;pital, patients, sant&#233;, territoire &lt;/em&gt;(HPST) [voir l'encadr&#233;]. Dans&lt;em&gt; L'Est r&#233;publicain&lt;/em&gt;, il expliquait que &lt;em&gt;&#171; la p&#233;riode de discussion a trop dur&#233;, maintenant il faut conclure &#187;&lt;/em&gt;. Et, d'ailleurs, le Conseil d'administration exceptionnel r&#233;clam&#233; par M. Fousseret, le maire PS de Besan&#231;on, &#224; la demande des organisations syndicales, s'est tenu le 12 mai sans d&#233;lib&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les organisations syndicales n'ont appel&#233; &#224; aucun rassemblement au moment de ce CA exceptionnel, et l'appel &#224; une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale le 17 mai, c'est fait a minima.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La quasi-totalit&#233; des h&#244;pitaux du pays s'est trouv&#233;e, se trouve ou se trouvera confront&#233;e &#224; un Cref. Au niveau national, les organisations syndicales ne proposent rien et laissent les salari&#233;s et les militants se battre seuls dans leur coin, freinant m&#234;me des quatre fers l&#224; o&#249; il y a pu y avoir des tentatives d'&#233;tendre un mouvement. Cette situation est en tout point semblable &#224; ce qui se passe dans tous les services publics, mais aussi dans le priv&#233;, ou pour les retraites. Si les centrales syndicales ne font rien d'autre que d'aller discuter avec le gouvernement, il nous faudra nous organiser nous-m&#234;mes et nous battre, avec ou sans elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14 mai 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Anne FONTAINE
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Les d&#233;g&#226;ts de la loi H&#244;pital, Patients, Sant&#233; et Territoire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les Agences r&#233;gionales de sant&#233; (ARS) sont en place depuis le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; avril 2010. Cr&#233;&#233;es par la loi H&#244;pital, Patients, Sant&#233; et Territoire (CR n&#176; 64), elles se substituent aux services de l'&#201;tat (DDASS-DRASS), pour l'exercice de leurs missions en mati&#232;re de sant&#233;, &#224; l'Agence r&#233;gionale de l'Hospitalisation (ARH), au Groupement r&#233;gional de sant&#233; publique (GRSP), &#224; l'Union r&#233;gionale des caisses d'assurance maladie (URCAM), &#224; la Mission R&#233;gionale de la Sant&#233; (MRS) et, pour une partie des comp&#233;tences, &#224; la Caisse r&#233;gionale d'assurance maladie (CRAM).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces ARS d&#233;finissent la politique de sant&#233; de la r&#233;gion, assurent l'organisation des soins pour la sant&#233; publique, mais aussi priv&#233;e. Elles sont l&#224; pour d&#233;manteler les h&#244;pitaux et offrir ce qui est le plus rentable au secteur priv&#233;, pour faire baisser les co&#251;ts de la sant&#233; publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Comit&#233;s consultatifs remplacent les Conseils d'administration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la mise en place de cette loi HPST, le directeur g&#233;n&#233;ral du CHU et le directeur de l'ARS sont tout puissants. Ils sont second&#233;s par le repr&#233;sentant du corps m&#233;dical, le pr&#233;sident de la Commission M&#233;dicale d'Etablissement (CME).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce directeur g&#233;n&#233;ral (DG) pr&#233;sente la politique de sant&#233; de l'h&#244;pital, l'&#233;tat des finances&#8230; &#224; un conseil consultatif qui, comme son nom l'indique, n'a pas son mot &#224; dire. Dans cette instance, le personnel n'est presque plus repr&#233;sent&#233;, et le maire de la ville n'en est plus forc&#233;ment le pr&#233;sident comme c'&#233;tait le cas avec les Conseils d'administration. Cela &#233;vite que le maire de la ville se batte contre la fermeture d'un service ou de son h&#244;pital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_463 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L450xH486/hopitaux-a4d7f.png?1528588658' width='450' height='486' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ils touchent environ 700 euros, dont un peu plus de 100 euros restent &#224; la charge du CHU. Il y a quelques ann&#233;es, le gouvernement avait fait pression pour que tous les &#233;tablissements du secteur non marchand &#8211; comme les &#233;tablissements publics de sant&#233;, les collectivit&#233;s territoriales, le secteur priv&#233; non lucratif, etc. &#8211; embauchent des CAE. &#192; l'&#233;poque, la DRH (direction des ressources humaines) se cassait la t&#234;te pour savoir o&#249; les mettre. Aujourd'hui des secteurs entiers comme les brancardiers, le m&#233;nage, la plonge ou la blanchisserie, ne fonctionnent correctement qu'avec ces coll&#232;gues.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title> Front de mobilisation pour les retraites, ou petit tremplin pour une gauche plurielle bis ?
</title>
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		<dc:date>2010-05-29T09:04:04Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Retraites
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		<dc:subject>Extr&#234;me gauche
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		<dc:subject>NPA
</dc:subject>
		<dc:subject>Politique
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		<description>L'intention &#233;tait louable. Au-del&#224; des r&#233;gionales, le NPA avait annonc&#233; une campagne du parti contre la r&#233;forme gouvernementale des retraites. Allait-on remobiliser les militants sur le terrain de la lutte de classe ? C'est l&#224; o&#249; ladite campagne se r&#233;v&#232;le aujourd'hui nettement plus probl&#233;matique. &lt;br /&gt;&#192; l'origine, les revendications avanc&#233;es par le NPA sur les retraites semblaient claires et nettes et m&#234;me d&#251;ment d&#233;clin&#233;es &#224; la fin du 4 pages de propagande. Pour r&#233;sumer : droit &#224; la retraite &#224; 60 ans maximum (&#8230;)&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-69-mai-juin-2010-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 69, mai-juin 2010
&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-NPA-+" rel="tag"&gt;NPA
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'intention &#233;tait louable. Au-del&#224; des r&#233;gionales, le NPA avait annonc&#233; une campagne du parti contre la r&#233;forme gouvernementale des retraites. Allait-on remobiliser les militants sur le terrain de la lutte de classe ? C'est l&#224; o&#249; ladite campagne se r&#233;v&#232;le aujourd'hui nettement plus probl&#233;matique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'origine, les revendications avanc&#233;es par le NPA sur les retraites semblaient claires et nettes et m&#234;me d&#251;ment d&#233;clin&#233;es &#224; la fin du 4 pages de propagande. Pour r&#233;sumer :&lt;em&gt; droit &#224; la retraite &#224; 60 ans maximum (&#8230;) &#224; 75 % du salaire brut, calcul&#233;e sur les six meilleurs mois de salaire&#8230; Retour aux 37,5 annuit&#233;s de cotisation&#8230; Abrogation de toutes les mesures depuis 1993 concernant la retraite S&#233;cu et les r&#233;gimes compl&#233;mentaires&#8230; Pour plus de cotisations, augmentation de tous les salaires et revenus de 300 euros nets pour tous&#8230;.&lt;/em&gt; Et si en premi&#232;re page l'argumentaire en appelait &#224; &lt;em&gt;&#171; l'urgence de la riposte unitaire &#187;&lt;/em&gt;, c'&#233;tait en vue &lt;em&gt;&#171; d'une mobilisation d'ampleur qui devra aller jusqu'&#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effectivement, il aurait &#233;t&#233; parfaitement souhaitable que le NPA m&#232;ne une telle campagne, tout en la reliant d'ailleurs &#224; la n&#233;cessit&#233; d'une m&#234;me lutte d'ensemble sur les salaires et contre les licenciements, autant de volets des attaques anti-ouvri&#232;res actuelles, intimement li&#233;s. Juste et souhaitable que le parti m&#232;ne cette campagne en son nom propre, avec ses moyens propres, tant sur les revendications que sur les objectifs de mobilisation. Quitte, ce faisant, &#224; proposer l'unit&#233; d'action sur les m&#234;mes objectifs aux autres organisations politiques ou syndicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, ce n'est pas ce qui s'est engag&#233;. Le NPA a adopt&#233; une d&#233;marche inverse : &#171; comit&#233;s unitaires &#187; avant tout et partout. Quid des revendications et des objectifs de mobilisation ? Ils passent au second plan. Y compris dans un bonne partie du mat&#233;riel militant du NPA (tracts hebdos sur les retraites, TEAN, affiches, autocollants&#8230;) au point que certains militants s'en &#233;meuvent. Y compris dans les d&#233;clarations et interviews d'Olivier Besancenot, qui se contente d'avancer &lt;em&gt;&#171; la retraite &#224; 60 ans &#187;&lt;/em&gt; en oubliant, entre autres, le retour aux 37,5 annuit&#233;s. Car, comme il l'explique au journaliste du &lt;em&gt;Parisien &lt;/em&gt;(num&#233;ro du 2 mai) : &lt;em&gt;&#171; Nous sommes donc partisans de la bataille unitaire la plus large (&#8230;) Si le PS a bel et bien arr&#234;t&#233; son discours altern&#233; sur la retraite un jour &#224; 62 ans, un autre jour &#224; 60 ans, alors oui, il n'y a aucune raison de ne pas lui tendre une main fraternelle. Le 6 mai &#224; Paris, nous participerons avec Marie-George Buffet, Jean-Luc M&#233;lenchon et C&#233;cile Duflot &#224; un premier meeting commun pour sauver la retraite &#224; 60 ans. Martine Aubry est la bienvenue &#224; nos c&#244;t&#233;s (&#8230;). &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un meeting &#171; citoyen &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Martine Aubry n'est pas venue, mais a d&#233;p&#234;ch&#233; n&#233;anmoins un secr&#233;taire national du parti, tout aussi bienvenu. Une main fraternelle, donc, au repr&#233;sentant du PS, &#224; Marie-George Buffet, Jean-Luc M&#233;lenchon et C&#233;cile Duflot et quelques autres, mais pour quoi faire et sur quoi ? Uniquement sur le vague &#171; retraite &#224; 60 ans &#187; ? Et pour faire quoi ? Un gentil &lt;em&gt;&#171; d&#233;bat citoyen &#187;&lt;/em&gt; pour l'organisation d'un &lt;em&gt;&#171; referendum d'initiative populaire en septembre &#187;,&lt;/em&gt; comme l'ont pr&#233;conis&#233; les orateurs d'Attac et du Parti de gauche &#224; ce fameux &lt;em&gt;&#171; meeting commun pour sauver la retraite &#224; 60 ans &#187;&lt;/em&gt; du 6 mars, &#224; la Bellevilloise de Paris 20&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; ? Et fallait-il vraiment conclure, &#224; la fin de ce m&#234;me meeting, comme l'a fait Olivier Besancenot pour le NPA, que &lt;em&gt;&#171; lorsque la gauche parle d'une m&#234;me voix pour dire &#8216;Pas touche &#224; 60 ans' je peux vous dire qu'on flippe &#224; l'Elys&#233;e &#187;&lt;/em&gt; ? D'une m&#234;me voix ! Avec celle d'un M&#233;lenchon (Parti de gauche) qui, histoire de donner le ton, commen&#231;a son intervention par un tr&#232;s pr&#233;sidentiel &lt;em&gt;&#171; Mes chers compatriotes&#8230; &#187;&lt;/em&gt;, en encha&#238;nant ensuite sur &lt;em&gt;&#171; l'arbitre entre le capital et le travail : la souverainet&#233; populaire &#187;&lt;/em&gt; et pour qui &lt;em&gt;&#171; l'unit&#233; des organisations et un r&#233;f&#233;rendum populaire &#187; &lt;/em&gt;seraient&lt;em&gt; &#171; le moyen de faire intervenir le peuple dans cette affaire&lt;/em&gt; &#187; ? D'une m&#234;me voix avec C&#233;cile Duflot (des Verts), qui &#224; mots &#224; peine couverts, faisait de ce rassemblement unitaire le pr&#233;lude &#224; une gauche plurielle bis ? D'une m&#234;me voix avec le repr&#233;sentant du PS en la personne de Razzy Hammadi qui en appelait au rassemblement de la gauche, forte de ses propositions alternatives ? Avec Jean-Marie Harribey (d'Attac) qui souhaite &lt;em&gt;&#171; une lev&#233;e en masse des citoyens (&#8230;) en vue d'un referendum sur les retraites &#187;&lt;/em&gt; ? De quoi faire &lt;em&gt;&#171; flipper &#224; l'Elys&#233;e &#187;&lt;/em&gt;, vraiment ! En tendant une main fraternelle &#224; ce m&#234;me PS qui consid&#232;re la r&#233;forme des retraites comme in&#233;vitable et qui, aujourd'hui m&#234;me, soutient les mesures d'aust&#233;rit&#233; prises par le gouvernement socialiste grec, &lt;em&gt;&#171; qui a h&#233;rit&#233; d'une situation tr&#232;s difficile qu'il g&#232;re avec courage &#187;&lt;/em&gt;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;On sait bien, mais quand m&#234;me&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, les camarades du NPA, y compris &#224; la direction, ne sont pas totalement dupes. Ils constatent leur isolement dans ces comit&#233;s. Ils savent, et le disent, que la plupart des forces politiques et syndicales refusent d'amener des perspectives en terme de mobilisation, que le PS, Verts et diff&#233;rentes formations du Front de Gauche n'envisagent qu'une campagne argumentaire qui fournirait les &#233;l&#233;ments pour un futur programme &#233;lectoral 2012, qu'elles cherchent pour la plupart des d&#233;rivatifs &#224; la mobilisation, et que pour cela, petit &#224; petit, la question du r&#233;f&#233;rendum et de la votation citoyenne refait surface.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais voil&#224;, il faut &#171; un cadre de mobilisation &#187; ! Et quel cadre a-t-on trouv&#233; ? Celui de l'appel Copernic, celui-l&#224; m&#234;me que la plupart des camarades du NPA consid&#232;rent comme &#171; minimal &#187;, &#171; sans plan de mobilisation &#187;, o&#249; l'on &#171; se contente d'un simple discours id&#233;ologique qui ne suffit pas &#187;&#8230; Bref, un cadre qui est tout ce qu'on veut, sauf pr&#233;cis&#233;ment un moyen de mobilisation. Sans compter, on l'a vu avec le meeting de la Bellevilloise, qu'un tel cadre national a toutes les chances de confisquer ladite &#171; mobilisation &#187; au profit d'un futur programme &#233;lectoral de la gauche &#171; solidaire &#187;, puisque c'est d&#233;sormais le nom que Martine Aubry lui conf&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup, les camarades du NPA les plus impliqu&#233;s dans le travail d'entreprise, en appellent &#224; constituer non pas tant des &#171; collectifs unitaires locaux &#187;, mais des comit&#233;s de salari&#233;s, des collectifs unitaires d'entreprise, sur la base d'&#233;quipes syndicales de base, qui seraient de vrais points d'appui, tout en constatant que cela supposerait un affrontement avec les instances conf&#233;d&#233;rales hostiles &#224; une telle mobilisation.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La belle unanimit&#233; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'ennui, c'est que la campagne du NPA telle qu'elle a &#233;t&#233; lanc&#233;e, consiste &#224; multiplier avant tout les collectifs unitaires locaux avec les autres &#171; forces &#187; politiques. R&#233;sultat, les seuls &#233;chos de cette campagne du NPA sur les retraites qui remontent, sont ceux de ces comit&#233;s unitaires de diff&#233;rentes r&#233;gions o&#249; ici l'on diffuse des tracts sur la base de l'appel Copernic, o&#249; l&#224; on lance un appel d&#233;partemental sur la base&#8230; de l'appel national &#171; exigences citoyennes &#187;, o&#249; l&#224; encore on se f&#233;licite que le comit&#233;, compos&#233; de repr&#233;sentants de 14 organisations, tourne assez bien, avec d&#233;bats d&#233;mocratiques et prises de d&#233;cision &#224; l'unanimit&#233;, sans qu'on sache d'ailleurs &#224; quelle propagande a abouti cette &#171; unanimit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;&#192; quand une v&#233;ritable campagne d'extr&#234;me gauche ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Alors, que faire ? En dehors &#171; d'un cadre de mobilisation &#187;, et &#171; de comit&#233;s unitaires &#187;, point de salut ? Ah, cette passion pour de pr&#233;tendus &#171; cadres de mobilisation &#187;, qui servent avant tout d'estrade aux M&#233;lenchon pour s'adresser &#224; leurs &#171; compatriotes &#187;&#8230; Certes, il n'est pas &#224; la port&#233;e du NPA de d&#233;cr&#233;ter la mobilisation ouvri&#232;re. Est-ce une raison pour se lier les mains politiquement dans &#171; un cadre de mobilisation &#187; qui n'est unitaire qu'au profit d'une gauche institutionnelle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si, tout simplement, le NPA, menait sa propre campagne ? Non sur le terrain de la citoyennet&#233;, mais de la lutte de classe. En son nom propre. Avec ses propres forces militantes (puisque, comme le constatent bien des camarades, les militants du NPA sont d'ailleurs la principale force militante de ces &#171; collectifs unitaires &#187; locaux). Ce ne serait &#171; qu'une &#187; campagne de propagande ? Peut-&#234;tre. Mais qui populariserait la n&#233;cessit&#233; d'une lutte d'ensemble et de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale pour d'authentiques revendications ouvri&#232;res. Une propagande qui, &#224; court ou moyen terme, dans un contexte de mont&#233;e de la col&#232;re ouvri&#232;re, porterait pour le coup d'autres fruits unitaires. Cette lutte unitaire de la classe ouvri&#232;re, justement, que les travailleurs devront bien &#224; un moment donn&#233; imposer aux conf&#233;d&#233;rations syndicales et aux partis qui se disent de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Huguette CHEVIREAU
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_462 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH562/retraites-9629d.png?1528282804' width='400' height='562' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> &#192; lire : Orange stress&#233;
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/A-lire-Orange-stresse</link>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Culture
</dc:subject>
		<dc:subject>Livre
</dc:subject>
		<dc:subject>Conditions de travail
</dc:subject>
		<dc:subject>Orange
</dc:subject>

		<description>Ivan du Roy &lt;br /&gt;Orange stress&#233; &lt;br /&gt; Le management par le stress &#224; France T&#233;l&#233;com &lt;br /&gt;&#201;ditions La D&#233;couverte 2009 &lt;br /&gt;252 pages, 15 &#8364;. &#171; &#192; celles et &#224; ceux qui restent &#187;. D&#232;s la d&#233;dicace du livre, le ton est donn&#233;. &lt;br /&gt;M&#234;me si l'organisation du travail &#224; France T&#233;l&#233;com/Orange n'est pas un cas particulier (notamment Renault &#224; Guyancourt, IBM, EDF et Peugeot), Ivan du Roy tente de d&#233;crypter les m&#233;canismes de maltraitance programm&#233;e qui y sont &#224; l'&#339;uvre. Il nous d&#233;crit cette brutalit&#233; d'un management au langage abscons et d&#233;shumanis&#233;,&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-69-mai-juin-2010-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 69, mai-juin 2010
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Culture-75-+" rel="tag"&gt;Culture
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Livre-+" rel="tag"&gt;Livre
&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Orange-+" rel="tag"&gt;Orange
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Ivan du Roy
&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Orange stress&#233; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Le management par le stress
&#224; France T&#233;l&#233;com &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;ditions La D&#233;couverte 2009&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;252 pages, 15 &#8364;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; &#192; celles et &#224; ceux qui restent &#187;&lt;/em&gt;. D&#232;s la d&#233;dicace du livre, le ton est donn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si l'organisation du travail &#224; France T&#233;l&#233;com/Orange n'est pas un cas particulier (notamment Renault &#224; Guyancourt, IBM, EDF et Peugeot), Ivan du Roy tente de d&#233;crypter les m&#233;canismes de maltraitance programm&#233;e qui y sont &#224; l'&#339;uvre. Il nous d&#233;crit cette brutalit&#233; d'un management au langage abscons et d&#233;shumanis&#233;, d'une gestion par le stress d&#233;lib&#233;r&#233;ment choisie pour obtenir la docilit&#233; des salari&#233;s et qui fut un laboratoire de la privatisation d'EDF-GDF, de la SNCF ou des PTT.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;D'une logique de service public...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Alors que le principe de p&#233;r&#233;quation tarifaire (conception sociale o&#249;, entre autres, les entreprises payent plus cher leurs communications afin de financer le raccordement au r&#233;seau des particuliers) &#233;tait devenue la r&#232;gle, les diverses commissions patronales et politiques n'ont eu de cesse d'organiser sa suppression. L'&#232;re du num&#233;rique a &#233;t&#233; l'occasion de mettre en place la d&#233;r&#233;gulation. Les prestataires de services de ce secteur (De Benedetti, Pierre Lescure, les PDG de Volvo et Telef&#243;nica) ont r&#233;clam&#233; &#224; la Commission europ&#233;enne un march&#233; int&#233;rieur suffisamment rentable tout en organisant eux-m&#234;mes les groupes de travail, les livres blancs et autres rapports destin&#233;s aux repr&#233;sentants politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois les investissements r&#233;alis&#233;s par les services publics et les usagers, la rente de situation ne devait plus leur &#233;chapper.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;&#8230; &#192; une logique purement commerciale...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s la privatisation, les priorit&#233;s de France T&#233;l&#233;com se d&#233;placent tr&#232;s vite du p&#244;le technique vers le p&#244;le commercial, vers le &#171; tout-client &#187;. Le management se voit assigner avant tout des objectifs quantitatifs et non plus qualitatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce faire, FT ferme &#224; tout va ses sites techniques puis mute les personnels vers des centres d'appels ou de ventes directes. Il faut &#224; tout prix augmenter le chiffre d'affaires avec pour slogan &lt;em&gt;&#171; Tout le monde au front ! Tout le monde &#224; la vente ! &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la machine &#224; cash et peu importent les comp&#233;tences acquises auparavant, les sp&#233;cialit&#233;s des uns ou des autres. Beaucoup craquent. Certains vont jusqu'au suicide. L'auteur nous d&#233;peint quelques-uns parmi ces travailleurs &#224; bout de force en nous rapportant les t&#233;moignages de leur entourage personnel ou professionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cela, Orange fait tout pour se d&#233;douaner en expliquant que les causes sont multiples.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;&#8230; Qui s'appuie sur un nouveau taylorisme &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Atomisation et isolement des salari&#233;s. &#192; l'instar du taylorisme, il s'agit d&#233;sormais de m&#233;caniser, automatiser la mani&#232;re de penser, d'agir et de s'exprimer du salari&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; Lorsque commence sa journ&#233;e de travail, Christelle s'assoit &#224; sa &#8216;marguerite'. L'ambiance est pourtant loin d'&#234;tre bucolique. Les marguerites d&#233;signent ces bureaux en &#233;toile s&#233;par&#233;s par une mince cloison. Elle doit r&#233;citer un script pr&#233;cis qui am&#232;ne &#224; des situations kafka&#239;ennes comme : &#8216;Monsieur, votre contrat va &#234;tre r&#233;sili&#233;, &#234;tes-vous satisfait de ma r&#233;ponse ?'&lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les &#171; coachs &#187;, seuls comptent tableaux, courbes, colonnes et performances quantitatives. Ils aiment organiser des challenges qui incitent les salari&#233;s &#224; s'engager totalement pour l'entreprise, du t&#233;l&#233;op&#233;rateur au PDG, comme si les deux en tiraient les m&#234;mes b&#233;n&#233;fices !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur, qui pr&#233;pare son livre, sollicite une r&#233;action du service presse de FT juste apr&#232;s le suicide d'un agent &#224; Tours en f&#233;vrier 2008. R&#233;ponse : le service communication est trop occup&#233; par une &#171; grosse actu boursi&#232;re &#187; et il ne peut traiter ce &#171; sujet magazine &#187;. Bref, la bourse avant la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce livre r&#233;sulte d'une longue enqu&#234;te qui donne une analyse pertinente du v&#233;cu au sein de France T&#233;l&#233;com et apporte un &#233;clairage sur tout ce qui se g&#233;n&#233;ralise actuellement dans la Fonction Publique avec la RGPP (R&#233;vision G&#233;n&#233;rale des Politiques Publiques).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dimitri DANTEC&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Editorial : Sauvons-nous nous-m&#234;mes
</title>
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		<dc:date>2010-05-29T09:03:40Z</dc:date>
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		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Dette
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		<dc:subject>Gr&#232;ce
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		<description>Le dimanche 2 mai, il fallait sauver la Gr&#232;ce&#8230; En &#233;tranglant les Grecs. Cent dix milliards de pr&#234;ts &#233;taient mis sur la table par les pays de la zone euro et le FMI pour rassurer les sp&#233;culateurs qui avaient fait flamber les taux d'int&#233;r&#234;ts de la dette grecque. En &#233;change, le gouvernement grec s'engageait &#224; imposer un plan d'aust&#233;rit&#233; draconien &#224; la population pauvre, pour &#234;tre en mesure de verser aux banquiers leur ran&#231;on. &lt;br /&gt;Le dimanche 9 mai, il fallait sauver l'euro&#8230; L'accord &#233;tait conclu in extremis entre&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-69-mai-juin-2010-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 69, mai-juin 2010
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le dimanche 2 mai, il fallait sauver la Gr&#232;ce&#8230; En &#233;tranglant les Grecs. Cent dix milliards de pr&#234;ts &#233;taient mis sur la table par les pays de la zone euro et le FMI pour rassurer les sp&#233;culateurs qui avaient fait flamber les taux d'int&#233;r&#234;ts de la dette grecque. En &#233;change, le gouvernement grec s'engageait &#224; imposer un plan d'aust&#233;rit&#233; draconien &#224; la population pauvre, pour &#234;tre en mesure de verser aux banquiers leur ran&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dimanche 9 mai, il fallait sauver l'euro&#8230; L'accord &#233;tait conclu in extremis entre les dirigeants europ&#233;ens, apr&#232;s quelques coups de fil pressants d'Obama, &#224; 2 heures du matin heure de Bruxelles. Il fallait donner des centaines de milliards de plus en p&#226;ture &#224; ce monstre &#8211; &#171; Le March&#233; &#187; &#8211; qui mena&#231;ait de bouffer l'euro apr&#232;s avoir croqu&#233; la dette grecque. Car qui sait s'il n'allait pas d&#233;vaster la Bourse de Tokyo &#224; son ouverture ? 750 milliards d'euros &#233;taient align&#233;s cette fois, 500 de l'Europe et 250 du FMI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On l'a &#233;chapp&#233; belle, a dit la ministre de l'&#233;conomie Christine Lagarde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qui, &#171; on &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les banquiers, peut-&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 10 mai au matin, les cotes de la bourse remontaient, les banques retrouvaient &lt;em&gt;&#171; les milliards d'euros de capitalisation r&#233;cemment &#233;vanouis &#187;&lt;/em&gt; (Le Monde du 12 mai). Et, outre les 750 milliards d'euros de pr&#234;ts consentis aux &#201;tats en difficult&#233; de paiement, la Banque centrale europ&#233;enne (BCE) s'engageait, sur demande de 47 banques europ&#233;ennes, &#224; racheter les titres de dettes publiques et priv&#233;es des pays fragilis&#233;s. En clair, la BCE leur reprenait ces titres &#171; pourris &#187; qui plombent leurs bilans. Pour quel r&#233;sultat, personne ne le sait car, en fin de semaine d&#233;j&#224;, les bourses europ&#233;ennes rechutaient !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule certitude, c'est le branle-bas de combat d'aust&#233;rit&#233; organis&#233; partout contre les travailleurs, non seulement en Gr&#232;ce mais dans toute l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le mercredi 12 mai, le gouvernement espagnol du socialiste Zapatero d&#233;cidait un durcissement du plan de rigueur annonc&#233; en janvier avec, notamment, une baisse de 5 % des salaires des fonctionnaires, la suppression de la r&#233;&#233;valuation des retraites en fonction des prix et la suppression d'un certain nombre d'aides sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 13 mai, c'&#233;tait au tour du gouvernement portugais d'annoncer des mesures s'ajoutant &#224; celles d&#233;j&#224; programm&#233;es en mars dont, notamment une hausse des imp&#244;ts sur le revenu de 1 % &#224; 1,5 % et une hausse de la TVA de 1 %. Pour donner le bon exemple, socialisme oblige, il proposait une baisse de 5 % des salaires des hauts cadres de la fonction publique, des d&#233;put&#233;s et des ministres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sur quoi, illico presto, Luc Chatel, au nom du gouvernement fran&#231;ais, affirmait qu'il n'&#233;tait pas question de &#231;a chez nous ! Mais de tout le reste, contre les travailleurs : r&#233;ductions d'effectifs dans la fonction publique ou les h&#244;pitaux, amputation &#224; venir des retraites, &#233;conomies sur les services sociaux et les handicap&#233;s ! Et tout ce qu'on ne nous a pas encore annonc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces politiques baisseront le niveau de vie et donc la consommation, accro&#238;tront le ch&#244;mage. Qu'importe aux capitalistes que la consommation baisse et que la production recule, pourvu que la masse salariale baisse plus vite que la production&#8230; et que la courbe des b&#233;n&#233;fices monte !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule relance qui pourrait changer le cours de choses, c'est celle des r&#233;actions et des luttes des travailleurs et des peuples. Et surtout leur jonction. Autant de plans d'aust&#233;rit&#233; qui s'abattent les uns apr&#232;s les autres, autant de flamb&#233;es de col&#232;re qui s'organisent et s'&#233;paulent ! &#338;il pour &#339;il, dent pour dent ! Face &#224; une r&#233;volte des classes populaires d'Europe, qui ne respecteraient plus ni les banques ni les bourses ni les secrets commerciaux ni les droits de propri&#233;t&#233;, et qui fortes de leur mobilisation g&#233;n&#233;rale iraient fourrer leur nez dans les comptes des entreprises et des &#201;tats, le monstre du March&#233; deviendrait tigre en papier !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16 mai 2010&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Europe : banquiers renflou&#233;s, travailleurs flou&#233;s, &#231;a va p&#233;ter ?
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Europe-banquiers-renfloues-travailleurs-floues-ca-va-peter</link>
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		<dc:date>2010-05-29T09:03:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Banques
</dc:subject>
		<dc:subject>Finance
</dc:subject>
		<dc:subject>Politique
</dc:subject>

		<description>On avait eu, il y a &#224; peine un an et demi, la crise bancaire mondiale, partie de la sp&#233;culation immobili&#232;re aux USA. On a aujourd'hui sa r&#233;plique, partie cette fois de la sp&#233;culation sur la dette publique en Europe, vis-&#224;-vis de laquelle les gouvernants sont tout autant impuissants. Sauf &#224; nous en faire encore payer les frais. &lt;br /&gt;Quel que soit le degr&#233; de &#171; financiarisation &#187; de l'&#233;conomie atteint dans les ann&#233;es 1980-2000, quel que soit l'aspect de plus en plus &#171; virtuel &#187; des march&#233;s (&#171; virtuel &#187; au sens&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On avait eu, il y a &#224; peine un an et demi, la crise bancaire mondiale, partie de la sp&#233;culation immobili&#232;re aux USA. On a aujourd'hui sa r&#233;plique, partie cette fois de la sp&#233;culation sur la dette publique en Europe, vis-&#224;-vis de laquelle les gouvernants sont tout autant impuissants. Sauf &#224; nous en faire encore payer les frais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel que soit le degr&#233; de &#171; financiarisation &#187; de l'&#233;conomie atteint dans les ann&#233;es 1980-2000, quel que soit l'aspect de plus en plus &#171; virtuel &#187; des march&#233;s (&#171; virtuel &#187; au sens informatique du terme), banquiers et sp&#233;culateurs ne s'enrichissent pas que de vent et de bulles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re leurs actions, obligations, produits d&#233;riv&#233;s, ils sp&#233;culent sur des richesses bien r&#233;elles et mat&#233;rielles, se disputent, vendent et revendent des droits de propri&#233;t&#233; bien tangibles &#8211; sur des terrains, des immeubles, des entreprises&#8230; et m&#234;me sur des &#201;tats ou tout au moins sur leurs budgets, par le biais du service de la dette, ou &#224; terme sur les entreprises publiques et leurs richesses palpables.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;De la sp&#233;culation sur les dettes priv&#233;es&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement du cr&#233;dit &#224; la construction et l'achat de logements, et &#224; la consommation en g&#233;n&#233;ral, a &#233;t&#233; aux USA un moyen de relance &#233;conomique. En prenant d'avance sur les salaires &#224; venir, faute de pouvoir le faire sur les salaires actuels, insuffisants. En hypoth&#233;quant les maisons elles-m&#234;mes, pour garantir ces pr&#234;ts sur du concret. Il en est sorti la crise des subprimes et des centaines de milliers de familles &#224; la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a ne s'est pas arr&#234;t&#233; l&#224; : cette crise des impay&#233;s immobiliers a fait boule de neige, emportant dans la tourmente des pans de l'&#233;conomie mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Irrationnel et fou ce syst&#232;me ? Oui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les voltigeurs de la finance, qui font s'envoler les cours des bourses, &#233;voluent avec le filet de protection des &#201;tats. D&#232;s le 18 septembre 2008, le secr&#233;taire am&#233;ricain du Tr&#233;sor, Henri Paulson, annon&#231;ait son plan de sauvetage des banques. &#171; Too big to fail &#187;&#8230; &#171; Trop grosses pour &#233;chouer &#187;&#8230; ou trop grosses pour qu'on les laisse tomber ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux 700 milliards de dollars du plan Paulson aux USA (auxquels Obama offrit une rallonge en f&#233;vrier 2009), se sont ajout&#233;s les plans des autres grandes puissances pour sauver leurs banques embarqu&#233;es dans la m&#234;me tourmente. 480 milliards d'euros pour l'Allemagne, 360 milliards pour la France&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise n'a pas &#233;t&#233; enray&#233;e pour autant. Les banques remises &#224; flots n'ont pas inond&#233; de cr&#233;dits &#224; bon march&#233; les entreprises industrielles qui avaient argu&#233; de leurs difficult&#233;s de tr&#233;sorerie ainsi que de la baisse pr&#233;visible de la consommation pour annoncer d&#232;s l'automne 2008 une nouvelle vague de plans de licenciements (notamment dans le secteur automobile). Apr&#232;s les milliards d'aides aux banques, les &#201;tats ont donc ajout&#233; des milliards d'aides &#224; l'industrie. Un &lt;em&gt;&#171; plan de relance industrielle &#187;&lt;/em&gt; de 26 milliards en ce qui concerne la France, qui n'a pas plus relanc&#233; la production industrielle et l'emploi, car il s'agissait d'aides &#224; la modernisation et aux restructurations pour rendre plus comp&#233;titifs : en clair pour r&#233;duire les effectifs.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;&#8230; &#224; la sp&#233;culation sur la dette publique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me grande secousse de la crise est celle que nous connaissons aujourd'hui. Les fautifs montr&#233;s du doigt n'en sont plus les familles modestes am&#233;ricaines qui auraient voulu vivre au-dessus de leurs moyens et les banquiers peu regardants qui leur ont pr&#234;t&#233; inconsid&#233;r&#233;ment : ce sont les &#201;tats trop endett&#233;s, et accessoirement les agences de notation qui auraient jet&#233; la panique en baissant leurs notes de solvabilit&#233;. Et en premier lieu, cette Gr&#232;ce qui aurait maquill&#233; son bilan pour tromper ses pr&#234;teurs. Sur les conseils de la m&#234;me banque am&#233;ricaine Goldman Sachs, soit dit en passant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les banques, compagnies d'assurances et fonds de pensions, les dettes des &#201;tats sont des placements s&#251;rs. Y compris la dette des pays pauvres, car ils comptent faire payer les populations, ou se servir sur la b&#234;te, ses terres, ses entreprises publiques, ses mines ou son p&#233;trole dont on exigera la privatisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les pays riches, leur dette est d'ordinaire peu r&#233;mun&#233;ratrice. Les organismes financiers en ach&#232;tent pour consolider leurs bilans, garantir le paiement de leurs assur&#233;s ou retrait&#233;s, tout en cherchant par ailleurs des rendements plus &#233;lev&#233;s par des pr&#234;ts plus risqu&#233;s. Mais dans cette p&#233;riode o&#249; les capitaux surabondants ont quelque mal ou risque &#224; se placer dans la production, les emprunts d'&#201;tats peuvent devenir des placements plus largement recherch&#233;s, &#224; condition d'en faire monter les taux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le march&#233; financier l'a fait avec ses outils de plus en plus sophistiqu&#233;s et opaques, et selon sa loi de la jungle. L'endettement croissant des &#201;tats, amplifi&#233; par les plans de sauvetages des banques et par les &#171; plans de relance &#187; aux patronats, ayant contribu&#233; &#224; les mettre &#224; la merci de leurs pr&#234;teurs.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des primes de risque, sans risques&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas vraiment la crainte de voir la Gr&#232;ce mise en cessation de paiement qui explique ni la r&#233;cente explosion des taux d'int&#233;r&#234;ts exig&#233;s, ni la flamb&#233;e qui l'a pr&#233;c&#233;d&#233;e des CDS&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Contrats d'assurance que l'on peut souscrire pour se faire rembourser en cas (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; sur cette dette. L&#224; encore les sp&#233;culateurs ont jou&#233; avec un filet de protection : les grandes puissances de la zone euro, en premier lieu l'Allemagne et la France, sont li&#233;es au sort de la Gr&#232;ce par les r&#233;percussions qu'aurait une d&#233;fection de celle-ci sur leur propres banques, pr&#234;tant ou op&#233;rant en Gr&#232;ce, ou sur la monnaie commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le march&#233; capitaliste, notamment financier, &#233;volue de fa&#231;on incontr&#244;lable voire cataclysmique, il n'en a pas moins ses acteurs majeurs, ceux qui ont les moyens d'en tirer les ficelles et les profits. La banque am&#233;ricaine Goldman Sachs, dont on a surtout parl&#233; parce qu'elle a aid&#233; la Gr&#232;ce &#224; maquiller son bilan (tous les pays le font), est de ceux-l&#224;. Son r&#244;le de conseill&#232;re du gouvernement grec lui donnait les moyens d'&#234;tre la banque la mieux inform&#233;e de l'&#233;tat des finances du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est elle qui a de nouveau &#233;t&#233; appel&#233;e &#224; la rescousse, en janvier, par le gouvernement grec pour d&#233;marcher, aux c&#244;t&#233;s d'autres banques, les clients du nouvel emprunt. Un emprunt qui remportait un fier succ&#232;s. Et pour cause, il &#233;tait r&#233;mun&#233;r&#233; &#224; 6 %, alors qu'un emprunt comparable lanc&#233; en Allemagne ne l'aurait &#233;t&#233; qu'&#224; 3,3 %. Mais, simultan&#233;ment, la m&#234;me Goldman Sachs conseillait &#224; ses acheteurs de prendre aussi une assurance contre la d&#233;valuation des titres de cette dette, ces fameux CDS, fa&#231;on de sp&#233;culer sur la d&#233;valuation de la dette qu'elle venait d'aider &#224; vendre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 27 janvier, une fausse nouvelle parue dans le &lt;em&gt;Financial Times&lt;/em&gt; et souffl&#233;e par Goldman Sachs, sur un pr&#234;t que la Chine aurait refus&#233; &#224; la Gr&#232;ce, d&#233;clenchait la panique. Le 28 janvier, le taux de r&#233;mun&#233;ration des obligations grecques grimpait &#224; 7,1 %, et le cours des CDS flambait&#8230; pour le bonheur de leurs acheteurs mais aussi de la banque am&#233;ricaine, l'une des principales &#233;mettrices de ce genre de &#171; produits financiers &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='appendix' title='La sp&#233;culation sur ces contrats d'assurances, qui en fait flamber le prix, (...)' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Le March&#233; capitaliste est souvent inconscient. Mais jamais innocent.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Tout pour les banques !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le 2 f&#233;vrier, le gouvernement grec annon&#231;ait le durcissement de son plan d'aust&#233;rit&#233;. Approuv&#233; le lendemain par la commission europ&#233;enne, qui d&#233;cidait n&#233;anmoins de mettre la Gr&#232;ce sous tutelle, pour v&#233;rifier qu'elle l'applique sans mollir face &#224; la col&#232;re populaire. Elle entamait une proc&#233;dure contre la Gr&#232;ce qui aurait falsifi&#233; ses comptes, question de d&#233;signer un coupable. Et le 15 f&#233;vrier, les ministres des finances de la zone euro demandaient au gouvernement grec de s'engager &#224; prendre, si n&#233;cessaire, des mesures de r&#233;duction budg&#233;taires suppl&#233;mentaires. Rendez-vous donn&#233; au 16 mars pour v&#233;rifier si le mauvais &#233;l&#232;ve avait eu assez de poigne pour rassurer les banquiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les p&#232;res fouettards &#233;taient dans le m&#234;me bain. En Gr&#232;ce m&#234;me, c'&#233;taient leurs propres banquiers (que les &#201;tats ont pour mission d'aider) qui &#233;taient fortement impliqu&#233;s : les banques fran&#231;aises avec quelque 50 milliards d'euros en dette d'&#201;tat et cr&#233;ances priv&#233;es (essentiellement aux entreprises), devant les banques allemandes, 30 milliards, et britanniques, 10 milliards. Sans oublier que le Cr&#233;dit agricole et la Soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale d&#233;tiennent deux des banques du pays. Les gouvernements d'Espagne, du Portugal, d'Italie ou de France (sans parler de l'Angleterre, elle aussi vis&#233;e mais ne faisant pas partie de la zone euro) craignaient de voir les sp&#233;culateurs, grandes banques et fonds d'investissements, &#233;tendre leurs griffes sur leurs propres dettes et sp&#233;culer sur la baisse de la monnaie commune europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leurs craintes sont vite devenues r&#233;alit&#233; : fin avril, l'agence de notation Standard and Poor baissait la note de la dette portugaise. Et quid de la dette espagnole ? L'euro commen&#231;ait &#224; d&#233;visser par rapport au dollar.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Tonneau des Dana&#239;des&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Deux plans de sauvetage ont suivi, &#224; une semaine d'intervalle : le plan de 110 milliards d'euros de pr&#234;ts sur trois ans (80 de la part des pays de la zone euro et 30 de bonus offerts par le FMI) de &#171; sauvetage de la Gr&#232;ce &#187; du 2 mai ; celui de 750 milliards d'euros, aussi gros que le plan Paulson aux USA &#224; l'automne 2008 (500 de la part de l'Europe, 250 du FMI).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier plan, au regard des 90 milliards de cr&#233;ances des grandes banques priv&#233;es fran&#231;aises, allemandes et britanniques en Gr&#232;ce, offrait tout juste de quoi garantir &#224; ces banques leur remboursement. Ce qui n'emp&#234;chait pas Christine Lagarde de se gargariser le lendemain &#224; la tribune du parlement : c'est &lt;em&gt;&#171; un imp&#233;ratif moral de solidarit&#233; et un imp&#233;ratif &#233;conomique&lt;/em&gt; [qui]&lt;em&gt; d&#233;passent le clivage gauche droite &#187;.&lt;/em&gt; Effectivement ! Alors que le plan ne faisait aucun cadeau &#224; la Gr&#232;ce puisque l'argent pr&#234;t&#233; l'&#233;tait &#224; des taux &#233;lev&#233;s (5 ou 6 % selon la dur&#233;e du pr&#234;t), assortis de l'exigence de nouvelles mesures encore plus draconiennes contre la population (dont la suppression des 13&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et 14&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; mois des fonctionnaires et des retraites, soit une baisse de 15 % sur des salaires et des pensions bien moins &#233;lev&#233;s qu'en France, la hausse de la TVA, le recul de l'&#226;ge de la retraite), il &#233;tait solidairement approuv&#233; par un vote des d&#233;put&#233;s fran&#231;ais de droite et de gauche&#8230; &#224; l'exception des d&#233;put&#233;s communistes et du Parti de gauche. Quant au directeur g&#233;n&#233;ral du FMI, le socialiste Strauss-Kahn, il s'empressa de saluer &lt;em&gt;&#171; cet incroyable effort de solidarit&#233; &#187;&lt;/em&gt; et surtout de se proclamer &lt;em&gt;&#171; admiratif de l'extr&#234;me rigueur choisie par le gouvernement de Papandr&#233;ou qui a pr&#233;f&#233;r&#233; de durs sacrifices imm&#233;diats pour sortir au plus vite son pays de la crise &#187;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second plan, sept fois plus massif, ne semble pas, une semaine apr&#232;s sa promulgation, avoir suffi &#224; convaincre les banquiers et autres sp&#233;culateurs, puisque les bourses europ&#233;ennes ont r&#233;amorc&#233; leur d&#233;crue et que la fi&#232;vre sp&#233;culative semble se porter sur l'euro qui est descendu &#224; moins de 1,24 dollar par euro le 14 mai, contre 1,36 &#224; la mi-avril, 1,45 &#224; la mi-janvier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, en seulement trois jours, du 10 au 12 mai, la Banque centrale europ&#233;enne avait d&#233;j&#224; soulag&#233; les banques en achetant 30 milliards d'euros de dettes d'&#201;tat grec et portugais, selon l'&#233;conomiste du groupe Natixis, Patrick Artus. Il commente ainsi dans &lt;em&gt;le Monde &lt;/em&gt; : &lt;em&gt;&#171; Le sentiment des march&#233;s est pour une fois raisonnable. Les investisseurs ont commenc&#233; par analyser le court terme. Ils ont salu&#233; l'efficacit&#233; du plan &lt;/em&gt;[&#8230;] &lt;em&gt;Puis, les march&#233;s ont r&#233;fl&#233;chi. Ils ont compris qu'on avait cr&#233;&#233; un m&#233;canisme susceptible de d&#233;grader la situation financi&#232;re de l'euro &#187;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'&#233;conomiste d'en tirer la conclusion que, si le plan d'aust&#233;rit&#233; espagnol ne suffit pas &#224; &#233;viter &#224; ce pays une crise de financement, ni la France ni l'Allemagne n'auraient les moyens d'y pallier sans s'endetter au point d'&#234;tre elles aussi &#224; la merci des sp&#233;culateurs. Quant aux r&#233;ductions pr&#233;vues des dettes publiques par les mesures d'aust&#233;rit&#233; annonc&#233;es, elles seraient largement surestim&#233;es, le ralentissement de la croissance (voire la r&#233;cession) entra&#238;n&#233; par ces mesures r&#233;duisant les rentr&#233;es. Resterait selon lui, comme derni&#232;re solution, la d&#233;valuation franche de l'euro favorisant les exportateurs, mais provoquant une vague de hausses de prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme les Dana&#239;des dans l'enfer de la mythologie grecque, les travailleurs d'Europe n'auraient-ils d'autre perspective que de trimer de plus en plus dur pour remplir le tonneau sans fond de la sp&#233;culation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; moins qu'ils ne s'endiablent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Olivier BELIN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Comme disait Marx&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La crise serait une fatalit&#233;. Il n'y aurait plus qu'&#224; accepter des sacrifices pour en sortir. Fatalit&#233;, si c'est pour dire que la sp&#233;culation est dans l'ordre m&#234;me du capitalisme&#8230; certes. Karl Marx l'analysait d&#233;j&#224; en 1850 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; Les ann&#233;es 1843-1845 furent celles de la prosp&#233;rit&#233; industrielle et commerciale, cons&#233;quences n&#233;cessaires de la d&#233;pression presque permanente de l'industrie dans la p&#233;riode de 1837 &#224; 1842. Comme toujours, la prosp&#233;rit&#233; lan&#231;a bient&#244;t la sp&#233;culation. Celle-ci surgit r&#233;guli&#232;rement dans les p&#233;riodes o&#249; la surproduction bat d&#233;j&#224; son plein. Elle fournit &#224; la surproduction des d&#233;bouch&#233;s momentan&#233;s. Elle h&#226;te en m&#234;me temps l'irruption de la crise et en augmente la violence. La crise elle-m&#234;me &#233;clate d'abord l&#224; o&#249; s&#233;vit la sp&#233;culation et ce n'est que plus tard qu'elle gagne la production. L'observateur superficiel ne voit pas la cause de la crise dans la surproduction. La d&#233;sorganisation cons&#233;cutive de la production n'appara&#238;t pas comme le r&#233;sultat n&#233;cessaire de sa propre exub&#233;rance ant&#233;rieure mais comme une simple r&#233;action de la sp&#233;culation qui se d&#233;gonfle &#187;. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_465 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH500/conv_speculateurs-e3cce.png?1527804033' width='500' height='500' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Contrats d'assurance que l'on peut souscrire pour se faire rembourser en cas de d&#233;faut de paiement ou m&#234;me en cas de trop forte baisse des titres de la dette.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La sp&#233;culation sur ces contrats d'assurances, qui en fait flamber le prix, est moins co&#251;teuse que la sp&#233;culation sur la dette elle-m&#234;me car on peut prendre une assurance &#171; &#224; nu &#187;, sur un titre de dette qu'on se garde bien d'acheter. Elle a le m&#234;me effet, de faire monter le taux de r&#233;mun&#233;ration de emprunts d'&#201;tats, la hausse des primes d'assurance en attestant le caract&#232;re risqu&#233;. Il sera toujours temps d'investir plus gros dans la dette elle-m&#234;me, le jour o&#249; ses taux d'int&#233;r&#234;ts auront suffisamment grimp&#233;. Les taux auxquels la Gr&#232;ce allait devoir emprunter passeraient ainsi &#224; 10 % fin avril, &#224; 11,8 % le 7 mai.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Gr&#232;ce : la col&#232;re populaire est grande
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Gr&#232;ce
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		<description>Le rythme de la mobilisation des travailleurs grecs s'est acc&#233;l&#233;r&#233; depuis l'annonce, d&#233;but mai, des nouvelles mesures du gouvernement &#171; socialiste &#187;. Les conf&#233;d&#233;rations syndicales du public (ADEDY) et du priv&#233; (GSEE) ont appel&#233; &#224; une nouvelle journ&#233;e de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale le mercredi 5 mai, la troisi&#232;me depuis la fin f&#233;vrier, spectaculaire par une participation consid&#233;r&#233;e comme la plus importante depuis la chute de la dictature en 1974. &lt;br /&gt;&#192; Ath&#232;nes, environ 150 000 personnes ont march&#233; vers le parlement pour exprimer&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-69-mai-juin-2010-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 69, mai-juin 2010
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Grece-3-+" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le rythme de la mobilisation des travailleurs grecs s'est acc&#233;l&#233;r&#233; depuis l'annonce, d&#233;but mai, des nouvelles mesures du gouvernement &#171; socialiste &#187;. Les conf&#233;d&#233;rations syndicales du public (ADEDY) et du priv&#233; (GSEE) ont appel&#233; &#224; une nouvelle journ&#233;e de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale le mercredi 5 mai, la troisi&#232;me depuis la fin f&#233;vrier, spectaculaire par une participation consid&#233;r&#233;e comme la plus importante depuis la chute de la dictature en 1974.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Ath&#232;nes, environ 150 000 personnes ont march&#233; vers le parlement pour exprimer leur col&#232;re contre le plan gouvernemental dont l'application entra&#238;nera, selon le quotidien national &lt;em&gt;Elefterotypia&lt;/em&gt; du 2 mai, une baisse allant jusqu'&#224; 30 % du revenu annuel des travailleurs, actifs ou retrait&#233;s, des centaines de milliers de licenciements et une &#171; croissance n&#233;gative &#187; (comme ils disent !) de &#171; moins 4 % &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vot&#233; au parlement grec par les &#171; socialistes &#187; et les d&#233;put&#233;s du parti d'extr&#234;me droite LAOS, le plan gouvernemental pr&#233;voit notamment la conversion des 13&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et 14&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; salaires (bien plus faibles qu'en France ou en Allemagne, pour des prix &#224; peine inf&#233;rieurs) en une prime annuelle de 1 000 euros pour les fonctionnaires et de 800 euros pour tous les retrait&#233;s, l'introduction d'un &#171; contrat nouvelle embauche &#187; pour les jeunes qui entra&#238;nera la baisse du Smic de 711 euros actuels &#224; 595 euros, le passage de 37 &#224; 40 ans de cotisation pour une retraite &#224; taux plein, le calcul des pensions sur la base de toutes les ann&#233;es de cotisation au lieu des 10 meilleures actuellement, le recul de l'&#226;ge de d&#233;part &#224; la retraite &#224; 65 ans et son indexation sur la progression de l'esp&#233;rance de vie &#224; la naissance, l'indexation du montant des pensions sur la situation financi&#232;re des caisses de s&#233;curit&#233; sociale, la lib&#233;ralisation des licenciements, la baisse des indemnisations de licenciement et une nouvelle hausse de deux points de la TVA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces nouvelles mesures ont fait monter d'un cran la col&#232;re. Ainsi, le 5 mai, outre la massive participation &#224; la manifestation d'Ath&#232;nes &#8211; et de bien d'autres villes du pays &#8211;, des centaines de travailleurs des cort&#232;ges qui confluaient sans cesse sur la place de Syntagma ont tent&#233; de s'introduire dans le parlement grec sous les cris de milliers de manifestants : &lt;em&gt;&#171; Voleurs &#187;, &#171; Au feu le parlement &#187;, &#171; Le peuple demande l'emprisonnement des responsables &#187;, &#171; D&#233;missionnez ! &#187;&lt;/em&gt;. Col&#232;re contre les banquiers aussi : la pr&#233;sence du PDG de la banque Marfin, devant l'agence incendi&#233;e, a provoqu&#233; l'indignation de centaines de manifestants qui l'accusaient de la mort des trois salari&#233;s (contraints &#224; venir travailler sous peine de licenciement, et quasiment boucl&#233;s sans issue de secours). Le PDG a &#233;t&#233; finalement &#233;vacu&#233; gr&#226;ce &#224; l'intervention des CRS, sous les hu&#233;es et les cris de &lt;em&gt;&#171; voyou &#187;, &#171; assassin &#187;, &#171; voleur &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le climat de m&#233;contentement est tel que les centrales syndicales du public et du priv&#233; ont appel&#233; &#224; une manifestation le lendemain, jeudi 6 mai, pour protester &#224; nouveau contre le plan gouvernemental et &lt;em&gt;&#171; condamner l'acte criminel qui a co&#251;t&#233; la vie &#224; trois de nos coll&#232;gues &#187;&lt;/em&gt;. En m&#234;me temps ce 6 mai, l'OTOE, la f&#233;d&#233;ration syndicale du secteur bancaire, appelait &#224; une journ&#233;e de gr&#232;ve pour protester contre les vrais responsables de la mort des trois salari&#233;s : la politique gouvernementale et les pratiques des directions des banques qui tentent d'emp&#234;cher la participation des travailleurs aux manifestations. Plus de trente mille personnes ont r&#233;pondu &#224; l'appel des conf&#233;d&#233;rations et manifest&#233; dans le centre ville d'Ath&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Man&#339;uvres syndicales contre un &#171; tous ensemble &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, la direction de la GSEE (Conf&#233;d&#233;ration du priv&#233;) domin&#233;e par PASKE, la tendance syndicale li&#233;e au parti socialiste grec, fait tout pour contenir la col&#232;re des travailleurs et &#233;viter la convergence entre les salari&#233;s du priv&#233; et du public. Elle n'avait pas appel&#233; &#224; rejoindre la journ&#233;e de gr&#232;ve du 22 avril annonc&#233;e par l'ADEDY contre le plan d'aust&#233;rit&#233; et la r&#233;forme des retraites. Selon Panagopoulos, pr&#233;sident de la GSEE, &lt;em&gt;&#171; la journ&#233;e du 22 avril est importante pour les fonctionnaires &#187;&lt;/em&gt;, mais &lt;em&gt;&#171; il faut d'abord &#233;tudier le projet de r&#233;forme des retraites et ensuite appeler &#224; la gr&#232;ve &#187;&lt;/em&gt;. Le m&#234;me Panagopoulos d&#233;clarait par ailleurs le 26 avril que &lt;em&gt;&#171; le secteur priv&#233; ne doit pas &#234;tre touch&#233; par les mesures car il incarne le seul espoir qui nous reste &#187;&lt;/em&gt;. La direction de la GSEE tente de faire croire aux travailleurs du priv&#233; qu'ils sont &#224; l'abri des mesures qui frappent les fonctionnaires et que son intervention, arm&#233;e d'arguments et de chiffres, rendrait toute coupe dans leurs 13&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et 14&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; salaires improbable. Quelques jours plus tard, et malgr&#233; l'annonce des mesures frappant aussi bien le priv&#233; que le public, la GSEE appelait &#224; 24 heures de gr&#232;ve le 5 mai alors que l'ADEDY appelait &#224; 48 heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mots d'ordre des deux conf&#233;d&#233;rations sont en apparence radicaux. Elles exigent le retrait de la r&#233;forme des retraites et de toutes les mesures annonc&#233;es, l'interdiction des licenciements. Mais elles demandent en m&#234;me temps au gouvernement le sauvetage de l'&#233;conomie par une meilleure n&#233;gociation des termes de l'emprunt, la mise en place d'un plan de relance et le rejet des mesures impos&#233;es par le FMI. Pour la GSEE, il faut surtout sauver le pays, et les travailleurs ne devraient pas en &#234;tre les seuls sacrifi&#233;s. Elles d&#233;signent comme responsables de la crise non pas le syst&#232;me capitaliste mais quelques voyous qui ont pill&#233; les richesses nationales. Elles demandent au gouvernement le changement des lois qui prot&#232;gent les d&#233;put&#233;s afin de juger ceux qui sont responsables du pillage des finances publiques.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des opposants &#224; gauche, tonitruants&#8230; mais strictement &#233;lectoralistes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La politique du Parti communiste grec (KKE) ne facilite pas l'union pour la riposte. Son discours sonne radical et &#171; lutte de classe &#187;, ses slogans et tracts d&#233;noncent le syst&#232;me capitaliste et le choix du gouvernement de faire payer la dette et la crise au &#171; peuple grec &#187;. Toutefois, depuis le d&#233;but du mouvement, le PAME, tendance syndicale li&#233;e au KKE, appelle syst&#233;matiquement les travailleurs &#224; des manifestations s&#233;par&#233;es et refuse toute coordination du mouvement. Lors de la manifestation du 22 avril &#224; Ath&#232;nes, les membres du KKE ont form&#233; une cha&#238;ne humaine pour que les travailleurs du cort&#232;ge de leur tendance PAME ne convergent pas avec ceux des deux centrales syndicales. Significatif aussi, le KKE a refus&#233; l'appel de SYRIZA, coalition de la Gauche Radicale, &#224; l'organisation d'un rassemblement commun le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mai. Le KKE accuse les &#171; monopoles &#187; d'&#234;tre responsables de la crise, demande leur &#171; socialisation &#187;, la sortie du pays de l'UE et de l'OTAN et la construction d'un front populaire de tous les travailleurs, artisans, commer&#231;ants et paysans. Un cadre du parti d&#233;clarait au journal &lt;em&gt;Elefterotypia&lt;/em&gt; du 2 mai que le KKE pourrait devenir &lt;em&gt;&#171; le d&#233;bouch&#233; de la col&#232;re populaire &#187;&lt;/em&gt;. Un programme davantage destin&#233; &#224; lui apporter des voix de m&#233;contents et de nationalistes &#224; de prochaines &#233;lections qu'&#224; offrir des perspectives &#224; l'actuelle mobilisation montante des travailleurs qu'au contraire il s'attache &#224; affaiblir en la divisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; SYRIZA, coalition de gauche radicale, elle ne pol&#233;mique pas avec le KKE sur le meilleur terrain puisqu'un de ses d&#233;put&#233;s a accus&#233; le Parti communiste de vouloir faire sortir le pays d'une Union Europ&#233;enne qui selon SYRIZA aurait &lt;em&gt;&#171; tellement contribu&#233; au d&#233;veloppement du pays &#187;&lt;/em&gt;. SYRIZA, dont la composante la plus importante, SYNASPISMOS, fait partie de la Gauche Europ&#233;enne, continue &#224; d&#233;plorer la perte de souverainet&#233; nationale, l'absence d'une Europe sociale et solidaire qui pr&#234;terait &#224; un taux avantageux aux pays en difficult&#233; et milite pour la relance d'une &#233;conomie socialement et &#233;cologiquement utile. Cette coalition exige la ren&#233;gociation de la dette et propose une &#171; autre gestion de la crise &#187;, qui consiste &#224; taxer le capital sp&#233;culatif et, dans la m&#234;me lign&#233;e patriotique que le KKE, &#224; utiliser les r&#233;serves de la banque centrale grecque pour arr&#234;ter le pillage de la richesse nationale par les investisseurs &#233;trangers. Au mieux des phrases. Rien sur les moyens &#224; employer pour faire ployer patronat et gouvernement. SYRIZA ne d&#233;passe pas le cadre institutionnel et son orientation reste &#233;lectoraliste. Ainsi, un communiqu&#233; de presse du 11 mai affiche pour priorit&#233; la construction d'une &lt;em&gt;&#171; nouvelle majorit&#233; sociale et politique &#187;&lt;/em&gt; qui &lt;em&gt;&#171; mettrait fin &#224; la soumission au FMI &#187;&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;&#171; &#224; l'attaque contre les travailleurs &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Quelles perspectives ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le mercredi 11 mai, hors gr&#232;ve, 10 000 personnes se sont encore rassembl&#233;es &#224; Ath&#232;nes &#224; l'appel des deux conf&#233;d&#233;rations syndicales. La pression est telle que GSEE et ADEDY ont d&#233;cid&#233; d'appeler &#224; une nouvelle journ&#233;e de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale le jeudi 20 mai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la manifestation du 5 mai, une banderole d&#233;ploy&#233;e sur le Parth&#233;non &#224; Ath&#232;nes (par des militants du Parti communiste KKE) disait &lt;em&gt;&#171; Peuples d'Europe, soulevez-vous ! &#187;&lt;/em&gt;. Si elle a fait &#224; sa mani&#232;re le tour d'Europe par m&#233;dias interpos&#233;s, c'est qu'elle indique effectivement la voie &#224; suivre : un appel &#224; r&#233;volte g&#233;n&#233;ralis&#233;e des classes populaires d'Europe et d'ailleurs. Mais qui, en Gr&#232;ce, peut vouloir se donner les moyens de relever ce gant et d'aider les travailleurs &#224; lancer l'appel (pas seulement suspendre banderole) &#224; la guerre sociale, par-del&#224; les fronti&#232;res ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12 mai 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;St&#233;phane BESSON&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_470 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L300xH409/revolte_grece-ef16d.png?1528588659' width='300' height='409' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> &#192; lire : les m&#233;dicamenteurs
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		<dc:subject>Culture
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		<dc:subject>Livre
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		<dc:subject>Sant&#233;
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		<dc:subject>Industrie pharmaceutique
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		<description>St&#233;phane Horel &lt;br /&gt;Les M&#233;dicamenteurs &lt;br /&gt; Labos, m&#233;decins, pouvoirs publics : &lt;br /&gt; enqu&#234;te sur des liaisons dangereuses &lt;br /&gt;&#201;ditions du Moment &lt;br /&gt;313 pages, 19,95 &#8364;. En 2005, Fran&#231;ois Autain, alors s&#233;nateur MRC, a obtenu l'ouverture d'une mission d'information sur &#171; les conditions de mise sur le march&#233; et de suivi des m&#233;dicaments &#187;. &#192; la parution du rapport, il raconte : &#171; On a appris malheureusement ce que je craignais. Que l'industrie pharmaceutique exerce sur la communaut&#233; m&#233;dicale au sens large et les autorit&#233;s&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-69-mai-juin-2010-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 69, mai-juin 2010
&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;St&#233;phane Horel&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les M&#233;dicamenteurs &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;em&gt;Labos, m&#233;decins, pouvoirs publics : &lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;em&gt; enqu&#234;te sur des liaisons dangereuses &lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;ditions du Moment&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;313 pages, 19,95 &#8364;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;En 2005, Fran&#231;ois Autain, alors s&#233;nateur MRC, a obtenu l'ouverture d'une mission d'information sur &lt;em&gt;&#171; les conditions de mise sur le march&#233; et de suivi des m&#233;dicaments &#187;&lt;/em&gt;. &#192; la parution du rapport, il raconte : &lt;em&gt;&#171; On a appris malheureusement ce que je craignais. Que l'industrie pharmaceutique exerce sur la communaut&#233; m&#233;dicale au sens large et les autorit&#233;s sanitaires de notre pays une emprise qui, &#233;videmment, porte atteinte &#224; leur ind&#233;pendance. Au plus grand pr&#233;judice des malades et aussi de la S&#233;curit&#233; sociale &#187;.&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Fran&#231;ois Autain, m&#233;decin de formation, membre des diff&#233;rents gouvernements (...)' id='nh3-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les laboratoires pharmaceutiques sont pr&#233;sents &#224; la commission de mise sur le march&#233;, d'&#233;valuation m&#233;dicale, de fixation du prix et du taux de remboursement, mais aussi dans le parcours et la formation des m&#233;decins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Haute autorit&#233; de sant&#233;, organisme charg&#233; d'&#233;valuer les m&#233;dicaments et de diffuser l'information aupr&#232;s des professionnels de sant&#233;, &#233;value les m&#233;dicaments ayant obtenu une autorisation de mise sur le march&#233; (AMM), lorsque le laboratoire qui le commercialise souhaite qu'ils soient remboursables. Des experts leurs attribuent, selon qu'il apporte ou non un progr&#232;s clinique par rapport aux m&#233;dicaments existants, une Am&#233;lioration de Service M&#233;dical Rendu. Cette derni&#232;re sera cot&#233;e ASMR I pour un progr&#232;s majeur &#224; ASMR IV pour un progr&#232;s mineur et ASMR V pour un progr&#232;s nul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2008, sur 267 nouveaux m&#233;dicaments, 239 ont obtenu une ASMR V et donc ont &#233;t&#233; commercialis&#233;s et inscrits sur la liste des m&#233;dicaments rembours&#233;s. Bon nombre des experts qui si&#232;gent dans cette commission sont r&#233;mun&#233;r&#233;s par des laboratoires pharmaceutiques. L'ind&#233;pendance serait un gage d'incomp&#233;tence... Mieux encore, l'article R163-15 du Code de la S&#233;curit&#233; sociale impose la pr&#233;sence d'un repr&#233;sentant de l'industrie du m&#233;dicament.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre exemple : le comit&#233; de lutte contre la grippe compte huit membres collaborant avec Roche, le fabriquant du Tamiflu. Le 8 d&#233;cembre 2009, le &lt;em&gt;British M&#233;dical Journal&lt;/em&gt; fait para&#238;tre un long article pour expliquer que, si le Tamiflu r&#233;duit tr&#232;s modestement les sympt&#244;mes de la grippe, il n'a pas d'impact positif sur les complications, ni sur la r&#233;duction des hospitalisations ou des d&#233;c&#232;s. Cela n'a pas emp&#234;ch&#233; la direction g&#233;n&#233;rale de la sant&#233; (DGS) fran&#231;aise de donner comme consigne aux m&#233;decins de le prescrire syst&#233;matiquement pour les cas suspects de grippe sur proposition des experts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2009, l'entreprise du CAC 40 qui a d&#233;gag&#233; le plus de b&#233;n&#233;fices, d&#233;tr&#244;nant m&#234;me Total, est le laboratoire Sanofi-Aventis...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend beaucoup mieux l'origine du fameux trou de la S&#233;curit&#233; sociale que le gouvernement nous sert r&#233;guli&#232;rement pour d&#233;rembourser des m&#233;dicaments, imposer des franchises, et faire des coupes franches dans le financement des services publics de sant&#233;. Un livre passionnant et une v&#233;ritable mine d'informations et de chiffres. &#192; avoir dans toutes les bonnes biblioth&#232;ques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Anne FONTAINE &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb3-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-1' class='spip_note' title='Notes 3-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Fran&#231;ois Autain, m&#233;decin de formation, membre des diff&#233;rents gouvernements Mauroy, si&#232;ge d&#233;sormais, d'abord en tant qu'&#233;lu MRC (Mouvement r&#233;publicain et citoyen de Chev&#232;nement) puis du Front de gauche (depuis novembre 2008), avec le groupe communiste du S&#233;nat. Il utilise son si&#232;ge pour d&#233;noncer les d&#233;rives de l'industrie pharmaceutique et les liens de celle-ci avec le pouvoir. L'auteur du livre rapporte nombre de ses d&#233;clarations tout au long de son enqu&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> &#192; lire : le bateau-usine
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		<dc:subject>Culture
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		<dc:subject>Japon
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		<dc:subject>Livre
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		<description>Un roman&#8230; v&#233;ridique : &lt;br /&gt;Kobayashi Takiji &lt;br /&gt;Le Bateau-usine &lt;br /&gt;&#201;ditions Yago - 18 euros. Le roman, paru en 1929 mais interdit la m&#234;me ann&#233;e, raconte l'odyss&#233;e d'un bateau-usine japonais, parti &#224; la p&#234;che au crabe en mer d'Okhotsk. Le jeune auteur, militant communiste, mort en 1933 sous la torture, s'est inspir&#233; de faits v&#233;ridiques rapport&#233;s par la presse et des r&#233;cits d'ouvriers et de p&#234;cheurs rencontr&#233;s au port de Hakodate. &lt;br /&gt;Les navires utilis&#233;s pour cette industrie &#233;taient souvent de vieux b&#226;timents pris aux Russes&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-69-mai-juin-2010-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 69, mai-juin 2010
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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt; &lt;strong&gt;Un roman&#8230; v&#233;ridique :&lt;/strong&gt; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Kobayashi Takiji&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Bateau-usine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;ditions Yago - 18 euros.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;Le roman, paru en 1929 mais interdit la m&#234;me ann&#233;e, raconte l'odyss&#233;e d'un bateau-usine japonais, parti &#224; la p&#234;che au crabe en mer d'Okhotsk. Le jeune auteur, militant communiste, mort en 1933 sous la torture, s'est inspir&#233; de faits v&#233;ridiques rapport&#233;s par la presse et des r&#233;cits d'ouvriers et de p&#234;cheurs rencontr&#233;s au port de Hakodate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les navires utilis&#233;s pour cette industrie &#233;taient souvent de vieux b&#226;timents pris aux Russes lors de la guerre russo-japonaise de 1904-1905 et recycl&#233;s en bateaux de p&#234;che. Les hommes, parfois tr&#232;s jeunes, embarqu&#233;s sur ces navires &#233;taient des p&#234;cheurs mis&#233;rables, des petits paysans ruin&#233;s, des ouvriers ou d'anciens mineurs s&#233;duits par les promesses des recruteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie sur ces bateaux-usines &#233;tait effroyable : l'intendant, employ&#233; par le propri&#233;taire ne pensant qu'&#224; la rentabilit&#233;, avait droit de vie et de mort sur cette main-d'&#339;uvre qu'aucune l&#233;gislation ne prot&#233;geait. Brimades, ch&#226;timents corporels, longues journ&#233;es d'un travail &#233;puisant, nourriture infecte de riz d&#233;cortiqu&#233; et de l&#233;gumes avari&#233;s, b&#233;rib&#233;ri, froid glacial de ces r&#233;gions, isolement pendant de longs mois, crasse, puanteur, morsure des poux, punaises et puces, et douches limit&#233;es &#224; deux par mois. Le tout dans le mugissement assourdissant des sir&#232;nes aidant les chaloupes &#224; retrouver le bateau, le danger incessant des temp&#234;tes, les naufrages, rien n'&#233;tait &#233;pargn&#233; &#224; ces damn&#233;s de la mer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le roman s'ach&#232;ve par la r&#233;volte des hommes du bateau-usine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;&#233;dit&#233; en 2008, le livre de Kobayashi est devenu un bestseller au Japon. Dans un pays o&#249; 18 millions de personnes sont condamn&#233;es &#224; des emplois pr&#233;caires et o&#249; 34 % des jeunes vivent de petits boulots, une partie de la jeunesse se serait identifi&#233;e aux travailleurs du roman &#8211; selon certains m&#233;dias du pays. Dans un concours de r&#233;daction, un laur&#233;at a &#233;crit : &lt;em&gt;&#171; Dans les travailleurs du &lt;/em&gt;Bateau-usine&lt;em&gt;, j'ai vu mes fr&#232;res &#187;&lt;/em&gt;. Des jeunes commenceraient &#224; s'organiser dans des syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Charles BOSCO
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Tous ensemble contre les mille et un visages du ch&#244;mage et des licenciements
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Licenciements
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		<description>L'&#171; arm&#233;e industrielle de r&#233;serve &#187; du capital, cette masse des ch&#244;meurs faisant pression bien malgr&#233; elle sur le salaire et les conditions de travail de l'ensemble de la classe ouvri&#232;re, est aussi indispensable au capitalisme actuel qu'au temps o&#249; Marx a forg&#233; cette expression. Ne serait-ce que dans la derni&#232;re d&#233;cennie, une bonne partie des luttes de la classe ouvri&#232;re ont eu pour objectif d'emp&#234;cher, ralentir ou faire payer plus cher que pr&#233;vu par les capitalistes leurs plans soi-disant &#171; sociaux &#187; et&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&#171; arm&#233;e industrielle de r&#233;serve &#187; du capital, cette masse des ch&#244;meurs faisant pression bien malgr&#233; elle sur le salaire et les conditions de travail de l'ensemble de la classe ouvri&#232;re, est aussi indispensable au capitalisme actuel qu'au temps o&#249; Marx a forg&#233; cette expression. Ne serait-ce que dans la derni&#232;re d&#233;cennie, une bonne partie des luttes de la classe ouvri&#232;re ont eu pour objectif d'emp&#234;cher, ralentir ou faire payer plus cher que pr&#233;vu par les capitalistes leurs plans soi-disant &#171; sociaux &#187; et autres &#171; d&#233;graissages &#187;. Lesquels s'attaquaient en r&#233;alit&#233; &#224; des pans entiers de l'effectif salari&#233;. En 2000, les Cellatex proclamaient &lt;em&gt;&#171; du fric ou boum ! &#187;.&lt;/em&gt; En 2001, les &#171; Petits Lus &#187; de chez Danone, les filles des magasins Mark &amp; Spencers, les h&#244;tesses et stewards d'Air Libert&#233; ou les ouvri&#232;res de chez Dim, rassemblaient derri&#232;re eux vingt mille manifestants contre les licenciements. En 2009, le collectif contre les patrons voyous, cr&#233;&#233; l'&#233;t&#233; dernier, s'est fix&#233; pour objectif de f&#233;d&#233;rer de m&#234;me toutes les luttes contre les suppressions d'emplois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, certaines choses ont chang&#233; depuis dix ans. L'&#201;tat s'en prend lui aussi massivement &#224; ses salari&#233;s. Plus seulement dans les entreprises nationalis&#233;es &#8211; de Renault &#224; France T&#233;l&#233;com ou La Poste, elles connaissent la chanson de puis bien longtemps &#8211; mais aussi aux fonctionnaires, dont 134 000 postes auront disparu entre 2007 et 2010. La physionomie des plans de suppressions d'emplois des grandes entreprises &#8211; au moins leurs annonces &#8211; s'est modifi&#233;e. On d&#233;guise les licenciements. Moins de &#171; licenciements secs &#187; para&#238;t-il. Mais toute une panoplie d'outils &#8211; de la pr&#233;retraite au &#171; cong&#233; de formation &#187; en passant par les pr&#233;tendus &#171; reclassements &#187; ou &#171; d&#233;parts volontaires &#187; &#8211; sert au patronat &#224; rendre la mise au ch&#244;mage invisible, &#224; affaiblir et atomiser la col&#232;re des licenci&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis trente ans, la formation et le renouvellement de l'&#171; arm&#233;e industrielle de r&#233;serve &#187; a pris des formes sinon compl&#232;tement nouvelles (nos patrons n'ont fait qu'emprunter les vieilles recettes de leurs anc&#234;tres), du moins multiples : pr&#233;carit&#233;, temps partiel impos&#233;, gens trop vieux ou trop cass&#233;s qu'on &#233;jecte de la production avant l'&#226;ge de la retraite et qui doivent se d&#233;brouiller avec une allocation inversement proportionnelle &#224; leurs ennuis de sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dossier a pour but de faire le point sur l'&#233;volution du ch&#244;mage, ou plut&#244;t des ch&#244;mages, tant les situations des ch&#244;meurs sont vari&#233;es. Il n'a pas suffi au capital de les exclure de la production, il les a aussi divis&#233;s en de multiples cat&#233;gories. Non seulement dans le but de faire dispara&#238;tre la majeure partie d'entre eux des statistiques, de diminuer les indemnit&#233;s comme le nombre des indemnis&#233;s, mais aussi afin de faire courir chaque ch&#244;meur apr&#232;s son petit bout de carotte, ou plut&#244;t devant son b&#226;ton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi la revendication d'interdiction des licenciements et de toutes les suppressions d'emplois est plus que jamais d'actualit&#233;. Il s'agit de contester le pouvoir du patronat (public comme priv&#233; !) de d&#233;baucher qui il veut, quand il veut. La crise ainsi que l'attaque contre les retraites rendent cette actualit&#233; d'autant plus br&#251;lante : interdire ou emp&#234;cher un million de licenciements, c'est garantir de l'ordre de dix milliards d'euros de cotisations... et faire perdre au projet gouvernemental sa justification officielle. Et cette lutte doit &#234;tre celle de la classe ouvri&#232;re toute enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 mai 2010&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Un million de ch&#244;meurs en fin de droits... mais combien sous la ligne de flottaison statistique ?
</title>
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		<dc:subject>Ch&#244;mage
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
</dc:subject>

		<description>Taux de ch&#244;mage &#224; 10 %, 4 millions de demandeurs d'emploi, un million de ch&#244;meurs en fin de droits. Mais le ch&#244;mage ainsi comptabilis&#233; n'est que la pointe de l'iceberg. Car, depuis quarante ans, la pr&#233;carit&#233; n'a cess&#233; de se d&#233;velopper bien au-del&#224; de la statistique officielle. En fait, c'&#233;tait m&#234;me le seul reproche que les filles dont parle Florence Aubenas dans son livre Le quai de Ouistreham, lui ont fait : pourquoi les d&#233;signer, elles, comme pr&#233;caires, alors que c'est la situation de la plupart des&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Taux de ch&#244;mage &#224; 10 %, 4 millions de demandeurs d'emploi, un million de ch&#244;meurs en fin de droits. Mais le ch&#244;mage ainsi comptabilis&#233; n'est que la pointe de l'iceberg. Car, depuis quarante ans, la pr&#233;carit&#233; n'a cess&#233; de se d&#233;velopper bien au-del&#224; de la statistique officielle. En fait, c'&#233;tait m&#234;me le seul reproche que les filles dont parle Florence Aubenas dans son livre &lt;em&gt;Le quai de Ouistreham, &lt;/em&gt;lui ont fait : pourquoi les d&#233;signer, elles, comme pr&#233;caires, alors que c'est la situation de la plupart des travailleurs en France ? &#202;tre ch&#244;meur ou ne pas l'&#234;tre n'est plus une question tranch&#233;e. Une multitude de situations interm&#233;diaires font que la mesure du ch&#244;mage ne se r&#233;duit plus &#224; un chiffre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre le ch&#244;mage de longue dur&#233;e, le ch&#244;mage par intermittence, le ch&#244;mage partiel, les interruptions de carri&#232;re &#224; cause d'une maladie ou pour s'occuper des enfants, les temps partiels subis, les contrats au rabais (int&#233;rim, CDD, contrats aid&#233;s, alternance...) et les bas salaires, le probl&#232;me est toujours le m&#234;me : ce n'est pas l'absence de travail qui est en cause, c'est surtout l'absence d'un revenu suffisant ou l'incertitude sur l'avenir du revenu. Pendant longtemps, les patrons ont parl&#233; du salaire des femmes comme d'un &#171; salaire d'appoint &#187;. Ce m&#233;pris affich&#233; avait ceci de vrai qu'un salaire suffisait &#224; faire vivre une famille. Aujourd'hui, deux salaires sont souvent indispensables et, quand l'un est au ch&#244;mage, c'est la gal&#232;re pour deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le niveau de ch&#244;mage est &#233;lev&#233;, les travailleurs sont contraints d'accepter les emplois qui restent : &#224; dur&#233;e d&#233;termin&#233;e, &#224; temps partiel, sous-qualifi&#233; par rapport au dipl&#244;me, etc. Ceux qui acceptent ne sont &#233;videmment plus &#171; ch&#244;meurs &#187;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On touche l&#224; &#224; la fonction m&#234;me du ch&#244;mage de masse dans le syst&#232;me capitaliste. Il ne concerne pas que les ch&#244;meurs mais maintient une pression sur l'ensemble des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;
Maurice SPIRZ&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Des chiffres qui en disent long&lt;/h3&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; 29 % de CDI parmi les sortants de P&#244;le Emploi. Sortir de P&#244;le Emploi ne signifie pas sortir du ch&#244;mage. En septembre 2009, sur les 459 600 ch&#244;meurs ray&#233;s des listes, 44 %, donc moins de la moiti&#233;, avaient un emploi, et seulement 29 % un CDI.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, 27 % ont eu un probl&#232;me avec la d&#233;claration de situation mensuelle (oubli, retard, etc.), soit 124 000 ch&#244;meurs miraculeusement exclus des chiffres. &#192; ceux-l&#224; s'ajoutent 8 % en maladie, maternit&#233; ou vacances, 3 % qui ne voient plus l'int&#233;r&#234;t de s'inscrire, 2 % arriv&#233;s &#224; la retraite et 10 % cas&#233;s en formation.&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; 49 % des salari&#233;s du priv&#233; ont connu une p&#233;riode de ch&#244;mage, sans compter leur premi&#232;re recherche d'emploi. La dur&#233;e moyenne de ch&#244;mage est de 16 mois.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; 28 % des femmes ont arr&#234;t&#233; de travailler pour s'occuper de leurs enfants, pendant 4,5 ans en moyenne. Cet arr&#234;t est parfois volontaire, mais vient souvent du manque de cr&#232;ches. Un ch&#244;mage d&#233;guis&#233; sous le nom de parentalit&#233;...&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; 493 000 int&#233;rimaires fin 2009. Apr&#232;s &#234;tre pass&#233; de 400 000 en 1998 &#224; plus de 650 000 en 2007, leur nombre a chut&#233; d'un tiers en 2008 &#224; cause de la crise, mais remonte depuis 2009.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; 358 000 contrats aid&#233;s sign&#233;s en 2008. Malgr&#233; les 4,6 milliards d'aides de l'&#201;tat vers&#233;s en 2007, ils ont aussi subi la crise (464 500 contrats sign&#233;s en 2007).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; 1 247 200 salari&#233;s en sous-emploi (temps partiel subi ou ch&#244;mage partiel) en 2008. 76 % sont des femmes.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; 169 600 salari&#233;s en &#171; convention de reclassement personnalis&#233; &#187; ou autre &#171; accompagnement des licenciements &#233;conomiques &#187; en 2009. Leur nombre a doubl&#233; par rapport &#224; 2008 en cons&#233;quence de la multiplication des plans sociaux. Tant qu'ils sont compt&#233;s l&#224;, ils n'apparaissent pas dans les chiffres du ch&#244;mage !&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; 258 400 jeunes en CIVIS (Contrat d'insertion dans la vie sociale) en d&#233;cembre 2009. Les jeunes de moins de 25 ans peuvent s'engager en CIVIS aupr&#232;s d'une mission locale, pour un an renouvelable, dans le but d'obtenir un emploi &#171; durable &#187; (CDI ou CDD de plus de 6 mois). Ils b&#233;n&#233;ficient d'un accompagnement renforc&#233; de la part de la mission locale et re&#231;oivent un maigre subside quand ils n'ont pas de travail (1 800 &#8364; par an maxi !). Alors que 30 &#224; 35 % des jeunes en CIVIS avaient un emploi en 2007, ils n'&#233;taient plus que 20 % d&#233;but 2009 &#224; cause de la crise. Au final, le bilan du CIVIS n'est pas terrible : au terme d'un an, 18 % seulement ont un emploi durable.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Un million de jeunes de 16 &#224; 25 ans s'est rendu en mission locale pour un entretien en 2008. Cela fait un jeune sur huit et 23 % de plus que cinq ans avant. 564 000 ont d&#233;croch&#233; un contrat de travail, mais seulement 80 000 en CDI.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Un emploi sur quatre occup&#233; par un jeune de moins de 26 ans b&#233;n&#233;ficie d'une aide de l'&#201;tat en 2008.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; 411 000 jeunes en alternance (290 000 apprentis et 120 000 contrats de professionnalisation) en 2009. Ils &#233;taient 288 000 en 1993. Pour beaucoup, l'alternance n'est pas une formation, mais une alternative au ch&#244;mage et cela touche des niveaux de plus en plus &#233;lev&#233;s. En 1993, les formations de niveau bac et sup&#233;rieures n'existaient quasiment pas en alternance. Aujourd'hui, elles concernent 42 % des apprentis. Pourtant, la formation n'offre pas toujours de perspectives.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&#192; titre d'exemple, La Poste embauche un millier d'apprentis par an &#224; diff&#233;rents niveaux. Elle a m&#234;me d&#233;cid&#233; de ne plus embaucher que par cette voie. Pour &#234;tre facteur, il faut passer un an en CAP &#171; tri, acheminement et distribution &#187; et donner &#171; satisfaction &#187; pour &#234;tre gard&#233; en CDI. Sinon, c'est retour &#224; la case d&#233;part avec un dipl&#244;me parfaitement inutile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au passage, les salaires peuvent &#234;tre inf&#233;rieurs au SMIC, sont exon&#233;r&#233;s de charges sociales et les employeurs touchent une &#171; indemnit&#233; &#187; du Conseil r&#233;gional (exon&#233;rations et aides totalisaient 3,9 milliards en 2007).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Sources : Insee, Dares. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. S.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title> P&#244;l(ic)e Emploi : toujours plus de flicage des ch&#244;meurs
</title>
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
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		<dc:subject>Ch&#244;mage
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		<description>Le 5 janvier 2009, l'ANPE, qui enregistrait les demandeurs d'emploi, et l'Assedic, qui les indemnisait, ont fusionn&#233; dans P&#244;le Emploi (PE). Ou plut&#244;t ont d&#233;m&#233;nag&#233; sous le m&#234;me toit, car la fusion proprement dite &#8211; rendre les agents capables d'ex&#233;cuter les deux missions simultan&#233;ment &#8211; a &#233;t&#233; abandonn&#233;e. Il est vrai que, avec un &#224; trois jours de formation pour apprendre l'autre m&#233;tier, &#231;a ne pouvait pas aller bien loin... Au-del&#224; des arguments officiels sur l'am&#233;lioration du service public de l'emploi, il&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 5 janvier 2009, l'ANPE, qui enregistrait les demandeurs d'emploi, et l'Assedic, qui les indemnisait, ont fusionn&#233; dans P&#244;le Emploi (PE). Ou plut&#244;t ont d&#233;m&#233;nag&#233; sous le m&#234;me toit, car la fusion proprement dite &#8211; rendre les agents capables d'ex&#233;cuter les deux missions simultan&#233;ment &#8211; a &#233;t&#233; abandonn&#233;e. Il est vrai que, avec un &#224; trois jours de formation pour apprendre l'autre m&#233;tier, &#231;a ne pouvait pas aller bien loin... Au-del&#224; des arguments officiels sur l'am&#233;lioration du service public de l'emploi, il s'agissait bien pour l'&#201;tat de r&#233;duire les effectifs. 1 108 postes &#8211; PE compte environ 47 500 salari&#233;s &#8211; et 38 % des agences ont &#233;t&#233; supprim&#233;s en 2009.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Pression accrue sur les salari&#233;s...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La fusion a durci les conditions de travail des salari&#233;s de PE. Il &#233;tait pr&#233;vu que chaque conseiller traite entre 30 et 60 dossiers ; en r&#233;alit&#233;, la fourchette est de 150 &#224; 200. Le &lt;em&gt;Canard Encha&#238;n&#233;&lt;/em&gt; affirmait m&#234;me en f&#233;vrier dernier que le chiffre &#233;tait mont&#233; &#224; 300 dossiers par agent ! Depuis la fusion, les agents n'ont plus de ligne t&#233;l&#233;phonique personnelle. Impossible donc d'&#234;tre joints par le ch&#244;meur qui a expos&#233; en d&#233;tail sa situation, avec lequel un vrai suivi s'est &#233;bauch&#233;. Le renforcement de la fonction de flicage, au d&#233;triment de celle du conseil &#8211; qui est pourtant la fonction officielle &#8211; passe mal chez les agents. La direction leur recommande ainsi de contr&#244;ler les papiers d'identit&#233; des ch&#244;meurs avec une lampe &#224; UV, au cas o&#249; ils seraient faux. Est-ce un hasard si, apr&#232;s Fabienne Brutus en 2006&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Ch&#244;mage, des secrets bien gard&#233;s. La v&#233;rit&#233; sur l'ANPE, 2006, Livre de (...)' id='nh4-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, un autre conseiller vient d'&#233;crire avec la journaliste Aude Rossigneux les &lt;em&gt;Confessions d'une taupe &#224; P&#244;le Emploi&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Ga&#235;l Guiselin (pseud.) et Aude Rossigneux, Calmann-L&#233;vy, 2010.' id='nh4-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; d&#233;non&#231;ant ses conditions de travail ? Et, puis apr&#232;s tout, 15 % des conseillers repasseront vraisemblablement de l'autre c&#244;t&#233; du guichet, puisque leur contrat avec PE est pr&#233;caire. Certains conseillers ont gard&#233; en m&#233;moire leur passage chez PE en tant qu'usager, telle la &#171; taupe de P&#244;le Emploi &#187;. Laquelle a &#233;crit son livre sous pseudonyme &#8211; paravent utilis&#233; par deux autres agents auteurs du blog &lt;em&gt;la fusion pour les nuls&lt;/em&gt;, un hasard &#233;galement ? &#8211; afin d'&#233;viter les sanctions de la hi&#233;rarchie. Bonjour l'ambiance...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;... et les usagers&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La principale motivation de la fusion reste cependant le renforcement des contraintes pesant sur les ch&#244;meurs. Celles-ci ont deux objectifs : d'une part, acc&#233;l&#233;rer la machine &#224; radier afin de faire baisser les statistiques officielles du ch&#244;mage et limiter le nombre des ch&#244;meurs indemnis&#233;s, d'autre part, accro&#238;tre la pression sur les demandeurs d'emplois d&#251;ment inscrits, afin de les pousser &#224; prendre n'importe quel poste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sont inscrits &#224; PE les gens &#171; disponibles imm&#233;diatement &#187; pour l'emploi. Ils signent un contrat, appel&#233; Projet Personnalis&#233; d'Acc&#232;s &#224; l'Emploi (PPAE). Ce n'est pas nouveau, la gauche plurielle avait mis en place ce contrat en 2000, sous le nom de Plan d'Aide au Retour &#224; l'Emploi (PARE). La contractualisation, sous le pr&#233;texte hypocrite de coller au plus pr&#232;s du profil du ch&#244;meur, sert &#224; l'isoler des autres en individualisant sa d&#233;marche et &#224; lui faire accepter un v&#233;ritable harc&#232;lement. Le PPAE fixe les crit&#232;res de l'&#171; offre raisonnable d'emploi &#187; : m&#233;tier(s), zone g&#233;ographique et niveau de salaire. S'il refuse deux de ces offres &#171; raisonnables &#187;, le ch&#244;meur encourt une suspension d'indemnit&#233;s de deux mois, et leur suppression au troisi&#232;me refus. Au bout de trois mois de recherche, le niveau de salaire &#171; raisonnable &#187; passe &#224; 95 % du salaire ant&#233;rieur, puis &#224; 85 % au bout de six mois, puis &#224; la hauteur des indemnit&#233;s de ch&#244;mage au bout d'un an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ch&#244;meur doit de plus fournir des preuves de sa bonne volont&#233;. Chaque mois, il appelle PE pour signifier que sa situation n'a pas chang&#233; ; c'est &#171; l'actualisation &#187;. Un oubli, et les indemnit&#233;s sautent. Chaque mois, il doit envoyer spontan&#233;ment son CV et une lettre de motivation &#224; un nombre d&#233;termin&#233; d'adresses, bien souvent au-dessus de 50. Et gare &#224; celui qui envoie sa candidature &#224; une entreprise qui &#171; n'embauche manifestement pas &#187; dans son m&#233;tier. Car le refus &#171; d'accomplir des actes positifs et r&#233;p&#233;t&#233;s &#187; de recherche d'emploi &#171; r&#233;elle et s&#233;rieuse &#187;, le refus d'un contrat aid&#233; ou d'apprentissage entra&#238;ne une r&#233;duction de 20 %, puis de 20 &#224; 50 % des indemnit&#233;s pendant deux &#224; six mois, et la suppression d&#233;finitive au troisi&#232;me refus. Entre les convocations chez son conseiller, les formations bidon, les d&#233;marches diverses et vari&#233;es, demandeur d'emploi est devenu, &#224; d&#233;faut d'un vrai boulot salari&#233;, une activit&#233; &#224; part enti&#232;re. Une association de ch&#244;meurs a m&#234;me &#233;valu&#233; &#224; 417 euros mensuels les frais n&#233;cessaires &#8211; timbres, enveloppes, transport pour assister aux rendez-vous et entretiens d'embauche, photocopies, forfaits de t&#233;l&#233;phone portable et internet, etc. &#8211; pour l'assumer enti&#232;rement !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le b&#226;ton et rien d'autre&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En contrepartie du flicage, PE n'offre pas grand-chose. Afin de d&#233;sengorger les agences, il faut passer par un entretien t&#233;l&#233;phonique via le 39-49 pour toute prise de rendez-vous &#8211; &#224; moins d'&#234;tre convoqu&#233;, mais les d&#233;lais s'allongent beaucoup en ce moment. La ligne est souvent satur&#233;e. Les entretiens sont minut&#233;s, obligeant l'agent &#224; raccrocher au bout de six minutes. Et tant pis si les r&#233;ponses donn&#233;es sont incompl&#232;tes, ou erron&#233;es. De toute fa&#231;on, sans confirmation &#233;crite des informations obtenues, il est tr&#232;s difficile de faire valoir que l'on a droit &#224; telle aide &#8211; nombreux sont les demandeurs qui apprennent apr&#232;s coup qu'ils avaient droit, par exemple, &#224; une aide pour d&#233;m&#233;nager &#8211; ou &#224; l'acc&#232;s &#224; telle offre d'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, lorsque les offres d'emploi se rar&#233;fient, PE s'emploie &#224; faire baisser aussi le nombre de demandeurs d'emploi. Ainsi, en Basse-Normandie, la baisse de 20 % des offres d'emploi en ao&#251;t 2009 par rapport &#224; ao&#251;t 2008 a entra&#238;n&#233;... une augmentation de 10 % des radiations sur la m&#234;me p&#233;riode ! &#192; l'issue de quoi on comptait quand m&#234;me 81 901 demandeurs pour 1 635 offres, soit un ratio d'une offre pour 50 demandeurs...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des m&#233;thodes g&#233;n&#233;ralis&#233;es&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;P&#244;le Emploi ne g&#232;re cependant pas tous les ch&#244;meurs, loin de l&#224;. Depuis 2004, le d&#233;partement g&#232;re le RMI devenu RSA. La Caisse d'Allocations Familiales, organisme versant les allocations, contr&#244;le les b&#233;n&#233;ficiaires. Par exemple si ces derniers invitent trop souvent un ou une salari&#233;(e) &#224; passer la nuit chez eux, c'est du concubinage masqu&#233;, et donc une fraude au RSA. Les conseils g&#233;n&#233;raux d&#233;terminent pour leur part la politique d'insertion. Cela a conduit nombre d'entre eux &#224; radier des RMIstes, c'est-&#224;-dire &#224; leur supprimer toute ressource, ou &#224; rivaliser d'id&#233;es pour les &#171; remettre au travail &#187;. Ainsi, en 2005, faute de les payer correctement, les viticulteurs du Beaujolais ne trouvaient pas assez de saisonniers pour faire les vendanges. Le conseil g&#233;n&#233;ral du Rh&#244;ne a contraint des RMIstes &#224; les remplacer sous peine de radiation. Il faut imaginer des gens de 50 ans sans travail depuis des lustres, somm&#233;s d'aller faire un travail physique sur un rythme d'enfer, sous peine de perdre tout revenu...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e se r&#233;pand qu'il est l&#233;gitime d'exiger en contrepartie des allocations non seulement la docilit&#233;, mais jusqu'&#224; du travail gratuit, un peu sur le mod&#232;le des Travaux d'Int&#233;r&#234;t G&#233;n&#233;ral administr&#233;s aux d&#233;linquants. On n'est plus tr&#232;s loin des workhouses anglais ou des ateliers nationaux fran&#231;ais, ces bagnes du travail du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mathieu PARANT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;&#201;tat des lieux de l'indemnisation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En 2006, seuls 40 % des demandeurs d'emploi (soit 48 % des inscrits ANPE) &#233;taient indemnis&#233;s par l'assurance-ch&#244;mage&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-3' class='spip_note' rel='appendix' title='Profil des demandeurs d'emploi selon leur statut au regard de (...)' id='nh4-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Le montant des indemnit&#233;s n'a pas boug&#233; depuis. Il varie entre 57 % et 75 % du dernier salaire (en int&#233;grant primes et avantages en nature). Le nombre de jours travaill&#233;s n&#233;cessaires pour s'ouvrir des droits a diminu&#233; : il faut d&#233;sormais 4 mois au lieu de 6. Mais, en contrepartie, la dur&#233;e de l'indemnisation diminue aussi. En gros, pour un jour travaill&#233;, on s'ouvre le droit &#224; un jour indemnis&#233;. Et la dur&#233;e maximale reste de 3 ans pour les ch&#244;meurs de plus de 50 ans, et 2 ans pour les autres. Sauf les d&#233;put&#233;s, qui touchent leur salaire &#8211; 6 952 euros &#8211; pendant 5 ans &#224; partir de la fin de mandat, et 20 % de cette somme... &#224; vie. Comme quoi on n'est jamais mieux indemnis&#233; que par soi-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. P.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;RSA et CUI, la &#171; rationalisation &#187; des minima sociaux&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; c&#244;t&#233; de l'assurance-ch&#244;mage g&#233;r&#233;e par l'Unedic existent diff&#233;rentes allocations formant les minima sociaux, dont le Revenu de solidarit&#233; active (RSA). 1 132 000 foyers touchent le RSA-socle, couvrant &#224; la fois l'ancien Revenu minimum d'insertion et l'Allocation parent isol&#233;, financ&#233; comme avant par les conseils g&#233;n&#233;raux. La nouveaut&#233;, c'est le RSA-&#171; chapeau &#187;, vers&#233; &#224; 626 000 foyers en compl&#233;ment de leur salaire par la Caisse d'allocations familiales ou la Mutualit&#233; sociale agricole pour les agriculteurs. Car la grande mis&#232;re agricole a rendu &#233;ligibles &#224; cette allocation pas moins de 20 000 exploitants et 55 000 salari&#233;s agricoles !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, les diff&#233;rents types de contrats aid&#233;s ont fusionn&#233; au 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; janvier 2010 en un Contrat unique d'insertion (CUI), subdivis&#233; en deux contrats : un pour le secteur marchand, un pour le secteur non marchand. Le premier octroie &#224; l'employeur 47 % du Smic brut. Le second lui octroie 95 % du Smic brut ainsi que diverses exon&#233;rations de cotisations et taxes. Le patron est cens&#233; en contrepartie former son salari&#233; pour l'aider &#224; trouver du boulot &#224; la fin du CUI, lequel ne peut exc&#233;der 24 mois. Il peut l'embaucher en CDI... mais des CDD de 6 &#224; 24 mois sont possibles. On imagine sans peine la pr&#233;f&#233;rence du patron...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. P.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb4-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-1' class='spip_note' title='Notes 4-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;Ch&#244;mage, des secrets bien gard&#233;s. La v&#233;rit&#233; sur l'ANPE&lt;/em&gt;, 2006, Livre de Poche.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-2' class='spip_note' title='Notes 4-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ga&#235;l Guiselin (pseud.) et Aude Rossigneux, Calmann-L&#233;vy, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-3' class='spip_note' title='Notes 4-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;Profil des demandeurs d'emploi selon leur statut au regard de l'indemnisation&lt;/em&gt;, Dares, 19 d&#233;cembre 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Le business du march&#233; de l'emploi
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Le-business-du-marche-de-l-emploi</link>
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		<dc:date>2010-05-29T09:03:11Z</dc:date>
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		<dc:subject>Ch&#244;mage
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
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		<description>Le capitalisme a cette capacit&#233; de faire du profit avec n'importe quoi : armes, drogue, ordures, eau potable, sant&#233;... et m&#234;me bons et moins bons sentiments ! Le d&#233;veloppement du ch&#244;mage de masse ne pouvait manquer de g&#233;n&#233;rer un nouveau march&#233; du recrutement, de la reconversion ou de la formation professionnelle&#8230; et du licenciement, sur lequel prosp&#232;rent les n&#233;griers des temps modernes. &lt;br /&gt;L'externalisation du recrutement &lt;br /&gt;Et il y en a pour toutes les cat&#233;gories de salari&#233;s. Les &#171; chasseurs de t&#234;te &#187; ne&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Tous-ensemble-contre-les-mille-et-un-visages-du-chomage-et-des-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Tous ensemble contre les mille et un visages du ch&#244;mage et des licenciements
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Chomage-+" rel="tag"&gt;Ch&#244;mage
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Societe-74-+" rel="tag"&gt;Soci&#233;t&#233;
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le capitalisme a cette capacit&#233; de faire du profit avec n'importe quoi : armes, drogue, ordures, eau potable, sant&#233;... et m&#234;me bons et moins bons sentiments ! Le d&#233;veloppement du ch&#244;mage de masse ne pouvait manquer de g&#233;n&#233;rer un nouveau march&#233; du recrutement, de la reconversion ou de la formation professionnelle&#8230; et du licenciement, sur lequel prosp&#232;rent les n&#233;griers des temps modernes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'externalisation du recrutement&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Et il y en a pour toutes les cat&#233;gories de salari&#233;s. Les &#171; chasseurs de t&#234;te &#187; ne recrutent plus seulement les grands cadres, mais aussi les cadres subalternes et s'attaquent d&#233;sormais &#224; la masse des salari&#233;s. Depuis 2005 et la loi de &#171; coh&#233;sion sociale &#187; de Borloo, l'ANPE a perdu son monopole du placement. Cela a ouvert la voie aux bo&#238;tes d'int&#233;rim. D&#233;sormais, celles-ci peuvent proposer en plus des int&#233;rimaires un service d'aide au recrutement. Les agences, &#233;quip&#233;es des logiciels dernier cri de traitement de la main-d'&#339;uvre &#8211; &#224; la diff&#233;rence des entreprises classiques pour qui cet investissement n'est pas rentable &#8211;, se voient sous-traiter au minimum la pr&#233;s&#233;lection des candidats &#224; qui faire passer un entretien d'embauche. Lorsqu'elles les ont fait travailler en int&#233;rim, elles peuvent faire b&#233;n&#233;ficier le client d'un dossier appr&#233;ciant la valeur du futur embauch&#233;. Le DRH peut alors se concentrer sur les activit&#233;s les plus &#171; rentables &#187; des Ressources Humaines. Du coup, les agences d'int&#233;rim sont de plus en plus les premi&#232;res &#8211; et seules &#8211; inform&#233;es des offres d'emploi. Elles d&#233;marchent les entreprises avant que celles-ci ne formulent leurs besoins. Les ch&#244;meurs ont de moins en moins de chances de trouver du travail en s'en remettant &#224; P&#244;le emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette activit&#233; en est &#224; ses d&#233;buts en France. Mais elle est tr&#232;s profitable &#8211; 20 % de marge brute &#8211; et en plein boom : les adh&#233;rents au syndicat Prisme des bo&#238;tes d'int&#233;rim ont multipli&#233; par trois leurs placements en 2006. Ils sont concurrenc&#233;s par les cabinets de placement, qui offrent pour leur part leurs services &#224; l'Unedic, la caisse de l'assurance-ch&#244;mage. Cette derni&#232;re paye 3 500 euros pi&#232;ce pour le ch&#244;meur recas&#233;, et pr&#233;tend ainsi faire des &#233;conomies... sauf que les cabinets ne s'occupent que des ch&#244;meurs les moins difficiles &#224; faire embaucher. Le foss&#233; avec la masse des ch&#244;meurs longue dur&#233;e s'accro&#238;t...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La sous-traitance de la formation professionnelle&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Elle offre des affaires encore plus juteuses. Dans ce domaine, la collaboration entre ANPE et prestataires priv&#233;s remonte aux ann&#233;es 1980. L'agence consacrait, en 2008, 528 millions d'euros, soit le quart de son budget, &#224; la sous-traitance des bilans de comp&#233;tences, des suivis renforc&#233;s pour les ch&#244;meurs les plus &#224; m&#234;me de trouver un travail, et des stages pour ceux que tentent la reprise d'une entreprise. L'Unedic d&#233;pensait pour sa part 134,8 millions d'euros en 2006. Si certains organismes ont une r&#233;putation de s&#233;rieux, comme l'AFPA (Association pour la Formation Professionnelle des Adultes), toute une faune de consultants aux qualifications douteuses prolif&#232;re parmi les prestataires de l'ANPE, devenue entre-temps P&#244;le Emploi. Plus le ch&#244;meur est susceptible de retrouver un emploi bien pay&#233;, plus il est mis &#224; contribution pour payer sa formation. Telle cadre se voit ainsi oblig&#233;e de d&#233;bourser 700 euros pour un stage bidon avec la tr&#232;s respectable Association pour la Promotion de l'Emploi des Cadres.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le march&#233; du licenciement&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les cabinets de reclassement sont apparus d&#232;s les ann&#233;es 1980. Avec un encadrant pour 30 ch&#244;meurs, les r&#233;sultats sont parfois meilleurs que ceux de l'ANPE &#8211; un encadrant pour 150 &#224; 300 ch&#244;meurs selon les cas. Mais ils n'offrent aucune garantie de durabilit&#233; de l'emploi. En r&#233;alit&#233;, le patron appr&#233;cie surtout le fait qu'il d&#233;tourne les futurs licenci&#233;s de la lutte pour garder leur emploi ou obtenir de meilleures indemnit&#233;s. Le Contrat de Transition Professionnelle appuie dans ce sens. Lorsqu'il le signe, le licenci&#233; re&#231;oit 80 % de son salaire brut, au lieu des 57,4 % habituels, pendant 12 mois. Mais il s'engage &#224; suivre des formations, assister &#224; des r&#233;unions &#224; un rythme &#233;lev&#233;, quasiment 35 heures par semaine. Il est pouss&#233; &#224; reprendre n'importe quel travail, ayant &#233;t&#233; amen&#233; par les consultants &#224; faire le constat qu'il ne trouverait pas mieux. Les salari&#233;s de Thom&#233;-G&#233;not &#224; Nouzonville, licenci&#233;s en avril 2006 et parmi les premiers &#224; exp&#233;rimenter ce CTP, n'&#233;taient que 20 % &#224; avoir retrouv&#233; un emploi &#224; l'issue du leur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs un march&#233; tr&#232;s sp&#233;cialis&#233; de &#171; managers de transition &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-1' class='spip_note' rel='appendix' title='&#192; &#233;couter : l'&#233;mission de Daniel Mermet L&#224;-bas si j'y suis du 3 mai 2010, (...)' id='nh5-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; se d&#233;veloppe rapidement, &#224; raison de 20 &#224; 25 % de croissance annuelle. Ces cadres recrut&#233;s temporairement g&#232;rent les situations de crise, dont les plans de suppressions d'emplois. &#192; force de se r&#233;p&#233;ter, ceux-ci d&#233;moralisent jusqu'aux cadres les plus fid&#232;les. Le &#171; manager de transition &#187;, lui, taille dans les effectifs avec d'autant moins d'&#233;tats d'&#226;me qu'il est de passage. Il est rompu &#224; la n&#233;gociation avec des salari&#233;s souvent accul&#233;s, le dos au mur.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Comment exploiter les damn&#233;s de la terre&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'autre bout du spectre de ce march&#233; de la main-d'&#339;uvre se d&#233;veloppe &#233;galement tr&#232;s vite un business de la r&#233;insertion sociale. Les entreprises de ce secteur sont le plus souvent des associations. Elles proposent des Contrats Uniques d'Insertion (CUI) d'un genre sp&#233;cial. Financ&#233; &#224; hauteur de 105 % du salaire vers&#233; &#224; l'embauche, ce contrat &#224; temps partiel &#8211; 26 heures par semaine &#8211;, se veut un tremplin pour les travailleurs les plus marginalis&#233;s par le ch&#244;mage. Dans les faits, bien d'autres acceptent ces contrats, ne serait-ce que parce que le salaire, environ 800 euros par mois, est sup&#233;rieur au RSA-socle. Ce dispositif a pour l'employeur l'avantage de financer un poste d'encadrant pour 10 &#224; 20 salari&#233;s. Il ne g&#233;n&#232;re pas de profits &#224; proprement parler. En revanche, il permet de sous-traiter &#224; pas cher, nettoyage ou entretien d'espaces verts le plus souvent. La fronti&#232;re entre charit&#233; et travail contraint sous la menace de la suspension des aides sociales est bien floue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Entreprises Virtuelles sont, comme leur nom l'indique, compl&#232;tement bidon. Le ch&#244;meur fait semblant d'y travailler, l&#224; aussi pour &#171; se rapprocher de l'emploi &#187;, en se formant ou se mettant &#224; niveau dans son m&#233;tier dans le meilleur des cas, en subissant la mise en concurrence avec ses &#171; coll&#232;gues &#187; dans le pire. Car la pression subie par les salari&#233;s virtuels est bien r&#233;elle. Il n'est pas rare qu'&#224; l'issue de la p&#233;riode, on leur fasse passer des entretiens d'embauche, eux aussi factices, mais o&#249; la s&#233;lection se fait entre ceux que l'on peut vendre &#224; un patron, et ceux qu'on va laisser moisir au ch&#244;mage...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le business du march&#233; de l'emploi est appel&#233; &#224; un brillant avenir. Non seulement parce que le ch&#244;mage n'est pas pr&#234;t de diminuer. Mais aussi parce qu'il permet &#224; l'&#201;tat de faire sortir nombre de ch&#244;meurs des statistiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M.P.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Auto-entrepreneur = auto-exploiteur&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pousser les ch&#244;meurs &#224; monter leur entreprise n'est pas nouveau. L'auto-entrepreneur en est le dernier avatar. Ce r&#233;gime permet aux &#171; cr&#233;ateurs d'entreprise &#187; au petit chiffre d'affaires &#8211; moins de 32 000 &#224; 80 000 euros par an selon les cas &#8211; de b&#233;n&#233;ficier de simplifications administratives et d'exon&#233;rations de cotisations sociales et de taxes pour une dur&#233;e limit&#233;e. Ce qui ne garantit en rien un revenu d&#233;cent. Les auto-entrepreneurs ne seront pas les premiers patrons &#224; s'auto-exploiter. Ainsi les g&#233;rants de sup&#233;rettes de quartier, type &lt;em&gt;Huit &#224; huit&lt;/em&gt;, peuvent-ils esp&#233;rer toucher 1 500 euros mensuels... &#224; condition d'ouvrir 12 heures par jour, 6 jours sur 7, et de n'embaucher personne. Bien souvent, ils font travailler leur famille sans la d&#233;clarer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auto-entreprise r&#233;pond &#224; cette id&#233;e archi-rab&#226;ch&#233;e qu'il ne se cr&#233;e pas assez d'entreprises pour que la France soit comp&#233;titive. Mais, &#224; ce compte-l&#224;, les pays les plus avantag&#233;s devraient &#234;tre ceux... du tiers-monde ! En r&#233;alit&#233;, le nombre &#171; d'entreprises &#187; est plus un sympt&#244;me du ch&#244;mage que d'une bonne sant&#233; de l'&#233;conomie. Quant au &#171; succ&#232;s &#187; de l'auto-entreprise, il t&#233;moigne avant tout de la mis&#232;re des salari&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. P.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_469 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L350xH434/chomage1-cefcc.png?1528278971' width='350' height='434' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb5-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-1' class='spip_note' title='Notes 5-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#192; &#233;couter : l'&#233;mission de Daniel Mermet &lt;em&gt;L&#224;-bas si j'y suis&lt;/em&gt; du 3 mai 2010, diffus&#233;e sur France Inter. Acc&#232;s sur le site l&#224;-bas.org.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Nouvelles technologies patronales : GPEC et &#171; d&#233;parts au volontariat &#187;, Formule 1 des licenciements dans l'automobile
</title>
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		<dc:date>2010-05-29T09:03:09Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Automobile
</dc:subject>
		<dc:subject>Entreprises
</dc:subject>
		<dc:subject>Renault
</dc:subject>
		<dc:subject>PSA
</dc:subject>

		<description>Depuis un an et demi, l'industrie automobile est un v&#233;ritable secteur de fabrication de ch&#244;meurs &#224; la cha&#238;ne. D'apr&#232;s un rapport de la commission pour le soutien aux sous-traitants (r&#233;unie sous la houlette de Christian Estrosi), l'ensemble des fournisseurs automobile (&#233;quipementiers et sous-traitants) employaient, fin 2009, 35 000 personnes de moins qu'en 2008 et 55 000 de moins qu'en 2005. Les deux constructeurs eux-m&#234;mes, qui ont en premier lieu fait payer leurs sous-traitants, ont eux aussi supprim&#233;&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Tous-ensemble-contre-les-mille-et-un-visages-du-chomage-et-des-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Tous ensemble contre les mille et un visages du ch&#244;mage et des licenciements
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Automobile-+" rel="tag"&gt;Automobile
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Entreprises-72-+" rel="tag"&gt;Entreprises
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Renault-+" rel="tag"&gt;Renault
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-PSA-+" rel="tag"&gt;PSA
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis un an et demi, l'industrie automobile est un v&#233;ritable secteur de fabrication de ch&#244;meurs &#224; la cha&#238;ne. D'apr&#232;s un rapport de la commission pour le soutien aux sous-traitants (r&#233;unie sous la houlette de Christian Estrosi), l'ensemble des fournisseurs automobile (&#233;quipementiers et sous-traitants) employaient, fin 2009, 35 000 personnes de moins qu'en 2008 et 55 000 de moins qu'en 2005. Les deux constructeurs eux-m&#234;mes, qui ont en premier lieu fait payer leurs sous-traitants, ont eux aussi supprim&#233; des emplois par milliers. 170 sites de fournisseurs de rang 1&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6-1' class='spip_note' rel='appendix' title='C'est-&#224;-dire ceux qui traitent directement avec les constructeurs, ceux de (...)' id='nh6-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; ont subi des restructurations, et parfois radicales puisque 34 d'entres eux ont ferm&#233; ! Ce serait loin d'&#234;tre fini : les &#233;quipementiers et sous-traitants se plaignent aujourd'hui encore d'un &lt;em&gt;&#171; sureffectif &#187;&lt;/em&gt; de 40 000 &#224; 50 000 personnes, dont 25 000 emplois pour la sous-traitance et 14 000 emplois pour les &#233;quipementiers de rang 1, qui devront donc &#234;tre supprim&#233;s courant 2010-2011 (soit pr&#232;s de 20 % de ce qui reste)&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Les &#201;chos du 8 f&#233;vrier 2010' id='nh6-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un certain nombre de ces licenciements massifs ou fermetures d'entreprises ont provoqu&#233; des conflits tr&#232;s m&#233;diatis&#233;s, comme ceux de Continental, Molex ou New Fabris, lesquels ont marqu&#233; l'actualit&#233;. Mais il y a eu aussi ceux qui sont pass&#233;s plus inaper&#231;us, sans PSE ou autres plans de licenciements, mais tout aussi r&#233;els et non moins massifs, notamment des deux grands constructeurs automobile eux-m&#234;mes, Peugeot-Citro&#235;n et Renault. Et ils ont commenc&#233; d&#232;s 2007&#8230; avant ladite &#171; crise &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon &lt;em&gt;L'Usine Nouvelle&lt;/em&gt; du 12 mai 2010, les 50 000 emplois supprim&#233;s en 2009 dans l'ensemble de la fili&#232;re (constructeurs, &#233;quipementiers, sous-traitants) l'auraient &#233;t&#233; &lt;em&gt;&#171; en s'appuyant majoritairement sur les plans de d&#233;parts volontaires &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez Renault, ces pr&#233;tendus &#171; plans de d&#233;parts volontaires &#187; auront permis de supprimer 5 500 postes en France courant 2008-2009, dont 900 dans les filiales, dans le cadre du plan PRV (Plan Renault Volontariat). &#192; PSA, 5 000 suppressions d'emplois en 2007-2008, 6 200 en 2009.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;GPEC : la gestion pr&#233;visionnelle&#8230; des licenciements &#171; volontaires &#187; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La loi de janvier 2005, dite de &lt;em&gt;&#171; programmation pour la coh&#233;sion sociale &#187;&lt;/em&gt;, a rendu &lt;em&gt;&#171; obligatoire &#187;&lt;/em&gt; (&#224; partir du 20 janvier 2008) pour toute entreprise de plus de 300 salari&#233;s la n&#233;gociation tous les trois ans d'un accord dit de &lt;em&gt;&#171; gestion pr&#233;visionnelle des emplois et comp&#233;tences &#187;&lt;/em&gt; qui devait &#234;tre, selon le gouvernement, &lt;em&gt;&#171; un facteur d&#233;terminant pour &#233;viter les restructurations brutales &#187; &lt;/em&gt;et permettre &lt;em&gt;&#171; d'&#233;viter les licenciements &#233;conomiques et d'en limiter le nombre &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La GPEC, &lt;em&gt;&#171; obligatoire &#187;&lt;/em&gt; ? Tout est relatif. Des syndicats ont saisi des tribunaux en arguant que le d&#233;faut de GPEC rendait caduque des proc&#233;dures de licenciements collectifs en cours. La Cour de cassation a tranch&#233; dans un arr&#234;t de sa Chambre sociale (du 30 septembre 2009) en posant que la proc&#233;dure de licenciement collectif n'est en rien caduque, quand bien m&#234;me l'employeur n'aurait pas respect&#233; son obligation de n&#233;gocier une GPEC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vieille technique d'amputation coexiste donc avec la nouvelle m&#233;decine &#171; douce &#187; des conditions de licenciements n&#233;goci&#233;es d'avance, &#224; froid, avec les syndicats, au choix des patrons, et surtout de leurs calendriers. Mais la m&#233;thode &#171; pr&#233;visionnelle &#187;, plus facilement praticable pour les patrons des tr&#232;s grosses entreprises que pour leurs sous-traitants, a pour eux l'avantage d'&#233;viter ces explosions de col&#232;re collective, &#224; l'annonce d'un plan social, qui ont tendance &#224; faire grimper les indemnit&#233;s de licenciements, voire risquent de faire carr&#233;ment annuler le plan. Les avantages du &#171; plan social &#187;, sans les inconv&#233;nients.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Associer les syndicats &#224; la destruction massive des emplois : l'exemple de PSA&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les clauses destin&#233;es &#224; r&#233;duire les effectifs, sans nombre ni date donn&#233;s d'avance mais au gr&#233; des besoins futurs du patron, en poussant les travailleurs au d&#233;part &lt;em&gt;&#171; volontaire &#187;&lt;/em&gt;, constituent l'un des chapitres, en r&#233;alit&#233; le plus consistant, de bon nombre d'accords GPEC sign&#233;s &#224; ce jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; des clauses sur la formation, les progressions de carri&#232;res, la valorisation des comp&#233;tences, qui servent d'enjoliveurs, le but clairement annonc&#233; est d'associer les syndicats aux futures restructurations et suppressions d'emplois. Le 6 avril 2007, un accord de GPEC a &#233;t&#233; sign&#233; par tous les syndicats de PSA, sauf la CGT, seule &#224; d&#233;noncer les clauses destin&#233;es aux &#233;ventuelles r&#233;ductions d'effectifs. Les signataires vantaient le futur &lt;em&gt;&#171; comit&#233; paritaire &#187; &lt;/em&gt;sur l'&#233;volution de l'entreprise ou l'&lt;em&gt;&#171; observatoire des m&#233;tiers et des comp&#233;tences &#187; &lt;/em&gt;pour l'adaptation du personnel aux &#233;volutions technologiques. &lt;em&gt;&#171; Entretiens annuels de progr&#232;s &#187; &lt;/em&gt;et&lt;em&gt; &#171; bilans de comp&#233;tences &#187;&lt;/em&gt;, favoriseraient les progressions de carri&#232;res, les &lt;em&gt;&#171; mobilit&#233;s &#187; &lt;/em&gt;r&#233;pondraient aux souhaits des salari&#233;s&#8230; Le 9 mai 2007, l'encre &#224; peine s&#232;che, la direction de PSA annon&#231;ait son premier plan de suppressions d'emplois : 4 800 postes en France par &#171; d&#233;parts volontaires &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Du &#171; volontariat &#187; au &#171; for&#231;ariat &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Des d&#233;parts &#171; volontaires &#187; ? La bonne blague !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le centre technique de PSA La Garenne (Hauts-de-Seine), en 2007-2008, le &#171; volontariat &#187; laissait r&#234;veur. L'encadrement se chargeait de dire au salari&#233; qu'on n'avait plus besoin de lui, que son poste allait &#234;tre supprim&#233;, que, s'il restait, on le muterait dans un service qui ne lui allait pas ou sur un site loin de chez lui et que, s'il ne profitait pas de l'occasion des aides &#224; la reconversion tant qu'elles &#233;taient valables (et dont le montant &#233;tait d&#233;gressif mois apr&#232;s mois), tant pis pour lui. Pour ceux qui h&#233;sitaient encore &#224; se lancer, des &lt;em&gt;&#171; cellules emploi-mobilit&#233; &#187;&lt;/em&gt; furent mises en places et, d&#232;s lors qu'un salari&#233; mettait la main dans l'engrenage (ne serait-ce que pour s'informer), il devenait, aux yeux de la direction, un candidat au d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Faire partir &#187; est un objectif des chefs et directeurs sur lequel ils sont appr&#233;ci&#233;s et r&#233;compens&#233;s (parfois par des primes) ! C'est le harc&#232;lement aussi pour faire reprendre la charge de travail des coll&#232;gues partis par ceux qui sont rest&#233;s. Certains chefs passent parfois la matin&#233;e &#224; pousser leurs subordonn&#233;s au d&#233;part et l'apr&#232;s-midi &#224; se plaindre &#224; la direction du manque de personnel pour boucler les projets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e suivante, cette fois sous pr&#233;texte de la crise, la direction de PSA a renouvel&#233; l'op&#233;ration. Selon ses chiffres, du 31 mars 2009 au 31 mars 2010, alors qu'elle n'en recherchait que 3 500, ce furent 6 200 personnes qui ont adh&#233;r&#233; au plan de d&#233;parts &#171; volontaires &#187;, &#224; ajouter aux 5 000 d&#233;parts en 2007-2008. Sur l'ensemble du groupe en France, plus de 20 600 emplois ont &#233;t&#233; supprim&#233;s &#224; PSA, entre 2006 &#224; fin 2009, soit 17 % de effectifs, dont pr&#232;s de 12 000 au &#171; volontariat &#187;. Quant aux salari&#233;s partis dans le cadre des mesures de reconversion pr&#233;vues dans les accords de gestion pr&#233;visionnelle, nombreux sont ceux qui se sont en r&#233;alit&#233; retrouv&#233;s aux Assedic. Plus dramatique encore a &#233;t&#233; le suicide d'une ex-salari&#233;e du si&#232;ge, le 21 mars 2008. Dans une lettre, l'avocat de la famille &#233;crit que cette salari&#233;e &lt;em&gt;&#171; d&#233;sesp&#233;r&#233;e s'est retrouv&#233;e seule face &#224; son probl&#232;me d'emploi pendant son cong&#233; de reclassement. Elle n'a pu supporter la pression dont elle aurait &#233;t&#233; victime depuis le mois de septembre 2007 aux fins d'acceptation de la d&#233;cision irr&#233;vocable de son d&#233;part volontaire &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;&#192; Renault pourtant&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En octobre 2008, Renault annon&#231;ait &#224; son tour des milliers de suppressions d'emplois, l&#224; encore &#171; au volontariat &#187; (sans accord pr&#233;alable de GPEC dans ce cas). Mais &#231;a n'a pas emp&#234;ch&#233; la col&#232;re d'exploser &#224; Renault-Sandouville. Il faut dire que des &#171; d&#233;parts volontaires &#187;, Renault en voulait 1 000 sur 3 700 ouvriers de l'usine ! Le 6 octobre, pour la venue de Sarkozy &#224; Renault-Sandouville, des centaines d'ouvriers cessaient le travail et manifestaient, soutenus par ceux venus d'autres centres Renault et d'entreprises sous-traitantes, for&#231;ant Sarkozy &#224; renoncer &#224; sa visite des ateliers. Le 13, mis au ch&#244;mage partiel jusqu'&#224; ce que les &#171; volontaires &#187; se d&#233;signent, ils bloqu&#232;rent l'entr&#233;e de leur usine. Trois jours plus t&#244;t, c'est au Mondial de l'automobile que la col&#232;re avait grond&#233;. Pr&#232;s de 3 000 salari&#233;s du secteur automobile, constructeurs (Renault, PSA, Ford) mais aussi &#233;quipementiers, comme Faurecia et Michelin, avaient manifest&#233; dans les all&#233;es du salon contre les licenciements. Preuve que la col&#232;re &#233;tait l&#224;. Mais pas la politique syndicale, qui a surtout servi d'extincteur. Encore une fois, pour la lutte, les travailleurs ne peuvent compter que sur eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 mai 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&#233;o BASERLI &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_467 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH91/cata-c73ef.png?1527225082' width='400' height='91' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb6-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6-1' class='spip_note' title='Notes 6-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C'est-&#224;-dire ceux qui traitent directement avec les constructeurs, ceux de rang 2 sont les fournisseurs des &#233;quipementiers de rang 1.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6-2' class='spip_note' title='Notes 6-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;em&gt; Les &#201;chos&lt;/em&gt; du 8 f&#233;vrier 2010&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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