<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
	<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/</link>
	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskyste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>

	<image>
		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
		<url>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L144xH19/siteon0-663c7.png?1526421719</url>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/</link>
		<height>19</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title> La gr&#232;ve des travailleurs sans papiers
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/La-greve-des-travailleurs-sans-papiers</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/La-greve-des-travailleurs-sans-papiers</guid>
		<dc:date>2009-11-29T23:23:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>sans-papiers
</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ve
</dc:subject>
		<dc:subject>Immigr&#233;s
</dc:subject>

		<description>Depuis le 12 octobre, un nouveau mouvement de gr&#232;ve de travailleurs sans papiers, apr&#232;s celui de 2008, ne cesse de prendre de l'ampleur : plus de 5 500 gr&#233;vistes, essentiellement regroup&#233;s en &#206;le-de-France, mais venant de 38 d&#233;partements, 1 800 entreprises, principalement du nettoyage, de la restauration, du b&#226;timent, de l'int&#233;rim. Auxquels se sont jointes des femmes qui travaillent au noir dans le secteur de l'aide &#224; la personne. &lt;br /&gt;Une gr&#232;ve in&#233;dite &lt;br /&gt;Le mouvement de cet automne, donc, prend le relais des&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-La-greve-des-travailleurs-sans-papiers-" rel="directory"&gt;DOSSIER : La gr&#232;ve des travailleurs sans papiers
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-sans-papiers-+" rel="tag"&gt;sans-papiers
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Greve-+" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Immigration-+" rel="tag"&gt;Immigr&#233;s
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis le 12 octobre, un nouveau mouvement de gr&#232;ve de travailleurs sans papiers, apr&#232;s celui de 2008, ne cesse de prendre de l'ampleur : plus de 5 500 gr&#233;vistes, essentiellement regroup&#233;s en &#206;le-de-France, mais venant de 38 d&#233;partements, 1 800 entreprises, principalement du nettoyage, de la restauration, du b&#226;timent, de l'int&#233;rim. Auxquels se sont jointes des femmes qui travaillent au noir dans le secteur de l'aide &#224; la personne.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une gr&#232;ve in&#233;dite&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement de cet automne, donc, prend le relais des gr&#232;ves de 2008, qui avaient permis la r&#233;gularisation d'environ 2 800 travailleurs par la CGT, patronat et gouvernement ayant alors c&#233;d&#233; entre autres sur le crit&#232;re de trois ans de pr&#233;sence pour les gr&#233;vistes (et pas cinq) et sur l'ouverture de discussions sur l'int&#233;rim, secteur o&#249; toute r&#233;gularisation par le travail &#233;tait auparavant exclue. Si le gouvernement avait admis quelques crit&#232;res plus souples de r&#233;gularisation en 2008, sous la pression de la lutte, les gr&#233;vistes et les militants de la CGT qui les avaient aid&#233;s avaient d&#251; n&#233;anmoins d&#233;poser des dossiers individuels de demande, exigeant la participation patronale (dont financi&#232;re, de 980 euros par travailleur), et ensuite affronter l'arbitraire des pr&#233;fectures. Certains gr&#233;vistes s'&#233;taient vu rejeter leur dossier dans une pr&#233;fecture alors qu'un dossier similaire &#233;tait accept&#233; par une autre&#8230; ou la m&#234;me pr&#233;fecture avait trait&#233; diff&#233;remment les dossiers de salari&#233;s d'une m&#234;me entreprise, aux parcours similaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour protester contre cet arbitraire que cette fois-ci en 2009, non seulement la CGT et Droits Devant, mais en tout cinq syndicats (CGT, SUD, FSU, CFDT et l'UNSA) et six associations (LDH, Cimade, RESF, Femmes Egalit&#233;, Autremonde et Droits devant !) ont adress&#233; un courrier le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; octobre au premier ministre Fillon, r&#233;clamant une circulaire d&#233;finissant &lt;em&gt;&#171; une proc&#233;dure s&#233;curis&#233;e et standardis&#233;e quel que soit le d&#233;partement &#187;&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;&#171; des crit&#232;res am&#233;lior&#233;s, simplifi&#233;s, appliqu&#233;s dans l'ensemble du territoire national &#187;&lt;/em&gt;. Les signataires affirmaient &#233;galement vouloir traiter les questions importantes, laiss&#233;es jusque-l&#224; en suspens, des femmes dans l'aide &#224; la personne (les &#171; nounous &#187; de bien des gosses de ce pays !), de bien d'autres travailleurs au noir, sans fiches de paie et donc sans possibilit&#233; de d&#233;poser une demande en pr&#233;fecture, et enfin de travailleurs alg&#233;riens ou tunisiens entre autres, qui ne peuvent pr&#233;tendre &#224; une r&#233;gularisation par le travail comme d'autres, sous pr&#233;texte d'accords bilat&#233;raux entre &#201;tats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moins de deux semaines apr&#232;s l'envoi de cette lettre &#233;clatait la vague des gr&#232;ves actuelles, l'Acte II, apr&#232;s l'Acte I d&#233;clench&#233; par la CGT en 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fois, la gr&#232;ve ne s'est pas organis&#233;e seulement entreprise par entreprise. Il y a des piquets de sites, certes. Mais les gr&#233;vistes sont rattach&#233;s &#224; des p&#244;les li&#233;s aux secteurs d'activit&#233; les plus friands en salari&#233;s en situation dite irr&#233;guli&#232;re (sans titre de s&#233;jour) : nettoyage, restauration, BTP, int&#233;rim. C'est l&#224; aussi qu'ils se retrouvent, pointent, discutent et s'organisent &#8211; ce qui permet &#224; des gr&#233;vistes isol&#233;s dans des entreprises souvent petites, de rallier n&#233;anmoins la gr&#232;ve. Et &#224; la gr&#232;ve de grossir jour apr&#232;s jour. Les gr&#233;vistes qui constituent les piquets d'une multitude de sites ont &#233;lu des d&#233;l&#233;gu&#233;s qui se r&#233;unissent au moins deux fois par semaine au si&#232;ge de la CGT &#224; Montreuil, avec les repr&#233;sentants de l'ensemble des syndicats et associations qui soutiennent et organisent le mouvement. Soit environ 300 d&#233;l&#233;gu&#233;s en g&#233;n&#233;ral, qui repr&#233;sentent 5 500 gr&#233;vistes et viennent faire ensemble le point.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gouvernement et des patrons ont cherch&#233; &#224; durcir. L'an dernier, des gr&#233;vistes arr&#234;t&#233;s lors de contr&#244;les de police &#233;taient lib&#233;r&#233;s sur intervention de la CGT. Cette fois, le gouvernement n'a pris aucun engagement et malgr&#233; l'intervention de la Cimade ou de RESF, des gr&#233;vistes sont rest&#233;s d&#233;tenus et menac&#233;s d'expulsion. Des patrons, eux, font appel &#224; la justice pour obtenir des gr&#233;vistes qu'ils &#233;vacuent les lieux qu'ils occupent : par des proc&#233;dures acc&#233;l&#233;r&#233;es dans lesquelles il n'est fait aucune mention de la gr&#232;ve, mais du respect de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e. Cela, bien que les gr&#233;vistes aient fourni aux huissiers les noms de personnes travaillant effectivement pour l'agence ou le chantier, et qui sont gr&#233;vistes. Mais peu leur importe et les patrons obtiennent rapidement l'intervention de la police pour faire appliquer ! Ou ne s'embarrassent d'aucune d&#233;cision de justice pour faire intervenir la police !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi le 2 novembre, le chantier de la tour First (ex-tour Axa) &#224; La D&#233;fense, occup&#233; depuis 7 heures du matin, a &#233;t&#233; &#233;vacu&#233; le jour m&#234;me sans d&#233;cision de justice, sur ordre de la pr&#233;fecture de police de Paris et &#224; la demande de Bouygues. De tr&#232;s nombreuses &#233;vacuations (plusieurs par semaine pour l'int&#233;rim) n'ont pas d&#233;courag&#233; les gr&#233;vistes qui ont ripost&#233; aussit&#244;t par de nouvelles occupations. Le nombre des piquets n'a pas diminu&#233;, et le nombre des gr&#233;vistes a augment&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18 novembre 2009&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lydie GRIMAL&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_432 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L300xH141/sanspap-d2f7d.png?1528281688' width='300' height='141' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;&#192; quand vraiment du nouveau ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il est maintenant &#233;vident que l'arr&#234;t de travail de plus de 5 500 travailleurs commence &#224; d&#233;ranger le patronat. C'est ce que le maire de Paris, Bertrand Delano&#235; (qui par ailleurs a exprim&#233; sa solidarit&#233; avec les gr&#233;vistes), souligne : &lt;em&gt;&#171; le non r&#232;glement de ce conflit perturbe l'activit&#233; &#233;conomique de la capitale &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;pondre &#224; l'agacement patronal, le gouvernement a fait une &lt;em&gt;&#171; proposition de texte &#187;&lt;/em&gt; croyant peut-&#234;tre mettre un terme au conflit &#224; peu de frais. Mais elle est loin de satisfaire les gr&#233;vistes. Leur pression a permis de faire quelques pas en avant : les conditions de r&#233;gularisation des salari&#233;s de l'int&#233;rim seraient assouplies. Les agents de s&#233;curit&#233; auraient d&#233;sormais la possibilit&#233; d'&#234;tre r&#233;gularis&#233;s par le travail, ce qui n'&#233;tait pas le cas jusqu'&#224; pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour les gr&#233;vistes comme pour les onze organisations syndicales et associatives qui les soutiennent, c'est loin du compte. Le minist&#232;re de l'immigration maintient un certain nombre de conditions de r&#233;gularisations inacceptables pour eux. Ils tiennent &#224; ce que figure noir sur blanc : les trois ans (et pas plus) de pr&#233;sence obligatoire, la prise en compte du travail au noir, en particulier le cas des femmes qui travaillent dans l'aide &#224; domicile. Ils tiennent &#224; ce que soient r&#233;gularis&#233;s comme les autres les travailleurs de nationalit&#233;s tunisienne et alg&#233;rienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce jour, les travailleurs sans papiers sont d&#233;termin&#233;s &#224; continuer le mouvement. Chaque jour celui-ci se fortifie, trouve de nouveaux gr&#233;vistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S.L.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Premi&#232;re gr&#232;ve d'une telle ampleur dans l'int&#233;rim&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#233;vistes de l'int&#233;rim, au total plus de 1 300 scrupuleusement et r&#233;guli&#232;rement d&#233;compt&#233;s par leur comit&#233; de gr&#232;ve, se sont organis&#233;s. Chaque piquet de site a &#233;lu ses d&#233;l&#233;gu&#233;s. Ils sont 120 environ, dont 80 se retrouvent tous les matins au comit&#233; de gr&#232;ve &#8211; qui a voyag&#233; au rythme de quelques &#233;vacuations, mais nullement faibli ! Sur les piquets, les d&#233;l&#233;gu&#233;s assurent le pointage des gr&#233;vistes, qui peuvent &#234;tre plusieurs centaines dans certaines agences occup&#233;es. Compte pr&#233;cis et suivi des gr&#233;vistes au jour le jour, agence par agence ! Les d&#233;l&#233;gu&#233;s y discutent de l'avanc&#233;e, ou pas, des n&#233;gociations avec le gouvernement, mais &#233;galement de tous les probl&#232;mes concrets qui se posent &#224; eux : fa&#231;on de r&#233;agir &#224; la venue d'huissiers ou de forces de police sur les piquets, importance des collectes dans la rue par les gr&#233;vistes pour faire conna&#238;tre leur mouvement et permettre &#224; la population de manifester son soutien, gestion des absences de certains gr&#233;vistes sur les piquets et conscience de l'investissement n&#233;cessaire dans la gr&#232;ve. Une exp&#233;rience d'organisation la plus d&#233;mocratique possible, pr&#233;cieuse pour l'avenir, quand r&#233;gularis&#233;s, ces travailleurs continueront &#224; se d&#233;fendre contre l'exploitation quotidienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L.G.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Sans papiers ? Pas tant que &#231;a !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Celui qui manque, c'est l'autorisation de s&#233;jour sinon il y a passeport, loyers, fiches de paie avec cotisations sociales, etc.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Sans papiers... mais pas sans boulot ni patrons !
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Sans-papiers-mais-pas-sans-boulot-ni-patrons</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Sans-papiers-mais-pas-sans-boulot-ni-patrons</guid>
		<dc:date>2009-11-29T23:23:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Immigr&#233;s
</dc:subject>
		<dc:subject>sans-papiers
</dc:subject>
		<dc:subject>Politique
</dc:subject>

		<description>Les gr&#232;ves n'ont pas seulement mis en &#233;vidence que les sans papiers &#233;taient des travailleurs, elles ont aussi montr&#233; qu'ils avaient des employeurs. Car les premiers &#224; profiter de la situation, loi ou pas loi, sont bien les patrons. &lt;br /&gt;La recherche de la main-d'oeuvre la plus mall&#233;able, la moins ch&#232;re et la moins encline &#224; protester a conduit &#224; l'utilisation tr&#232;s importante de sans papiers dans certains des secteurs les plus durs. Pour ces travailleurs, le fait de se cacher des &#171; autorit&#233;s &#187; oblige &#224;&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-La-greve-des-travailleurs-sans-papiers-" rel="directory"&gt;DOSSIER : La gr&#232;ve des travailleurs sans papiers
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Immigration-+" rel="tag"&gt;Immigr&#233;s
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-sans-papiers-+" rel="tag"&gt;sans-papiers
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les gr&#232;ves n'ont pas seulement mis en &#233;vidence que les sans papiers &#233;taient des travailleurs, elles ont aussi montr&#233; qu'ils avaient des employeurs. Car les premiers &#224; profiter de la situation, loi ou pas loi, sont bien les patrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La recherche de la main-d'oeuvre la plus mall&#233;able, la moins ch&#232;re et la moins encline &#224; protester a conduit &#224; l'utilisation tr&#232;s importante de sans papiers dans certains des secteurs les plus durs. Pour ces travailleurs, le fait de se cacher des &#171; autorit&#233;s &#187; oblige &#224; accepter l'essentiel de ce que le patron exige : horaires, conditions de travail, salaire...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la surexploitation par le patron s'ajoute l'asservissement aux mafias auxquelles livre la situation de &#171; hors la loi &#187;. Mafias des passeurs d'abord. Mafias du logement, parfois fourni par l'employeur lui-m&#234;me au-dessus de son restaurant. Petites et grandes truanderies sur le salaire quand le travailleur se fait &#171; pr&#234;ter &#187; des papiers en r&#232;gle, en &#233;change d'une commission sur le salaire pour celui qui les fournit... De v&#233;ritables march&#233;s sont organis&#233;s autour des sans papiers, march&#233;s noirs mais lucratifs : des &#171; niches &#187;, comme disent des &#233;conomistes, qui existent en lien permanent avec le march&#233; capitaliste traditionnel, et m&#234;me &#224; l'&#233;chelle internationale. En France, les quelque 300 000 clandestins estim&#233;s par le minist&#232;re de l'immigration repr&#233;sentent une main-d'oeuvre cons&#233;quente qui n'est pas sortie de nulle part, ne travaille pas nulle part&#8230; et rapporte bel et bien &#224; diverses esp&#232;ces du patronat !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque le d&#233;put&#233; UMP Fr&#233;d&#233;ric Lefebvre, &#224; l'origine de la r&#233;gularisation par le travail fix&#233;e par la loi du 20 novembre 2007, d&#233;clare : &lt;em&gt;&#171; Je me suis battu pour que les entreprises soient les interlocutrices des pr&#233;fectures. Je voulais contourner les associations qui d&#233;voient les proc&#233;dures afin de r&#233;gulariser un maximum de personnes &#187;&lt;/em&gt;, il indique bien qu'il s'agissait de sous-traiter aux patrons la gestion des flux migratoires, de leur accorder le r&#244;le pr&#233;pond&#233;rant dans les possibles r&#233;gularisations, c'est-&#224;-dire de leur permettre de conserver tous les choix et&#8230; toutes les possibilit&#233;s de chantage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#232;ves ont ensuite chang&#233; la donne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, le recours ill&#233;gal &#224; de la main-d'&#339;uvre fait craindre aux patrons le &#171; dumping &#187; entre eux, le scandale voire des ennuis avec la justice, y compris p&#233;nale. Mais le discours patronal s'est vite adapt&#233;. Andr&#233; Daguin, pr&#233;sident de l'Union des m&#233;tiers et des industries de l'h&#244;tellerie, r&#233;clamait 50 000 r&#233;gularisations pour son secteur d&#232;s avril 2008. Didier Chenet, du Syndicat national des h&#244;teliers, restaurateurs, cafetiers, traiteurs, estimait pour sa part que &lt;em&gt;&#171; Le gouvernement a fait une erreur en listant des m&#233;tiers trop pr&#233;cis. Il aurait mieux valu parler profession &#187;&lt;/em&gt;. Fran&#231;ois Roux, d&#233;l&#233;gu&#233; g&#233;n&#233;ral d'une organisation patronale de l'int&#233;rim, a &#233;voqu&#233; la possibilit&#233; d'embaucher des int&#233;rimaires &#224; l'&#233;tranger (depuis la loi de novembre 2007) : &lt;em&gt;&#171; Pourquoi ne pas l'&#233;tendre aux int&#233;rimaires sans papiers en France ? &#187;&lt;/em&gt;. D'autres f&#233;d&#233;rations sont rest&#233;es muettes, comme le b&#226;timent, qui aurait pr&#233;f&#233;r&#233; n&#233;gocier en coulisse avec le cabinet Hortefeux et y envoyer directement ses dossiers de salari&#233;s sans papiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les positions officielles des organisations repr&#233;sentatives du patronat sont une chose, l'attitude des employeurs confront&#233;s &#224; des luttes pour la r&#233;gularisation chez eux, une autre chose. Et d'abord le r&#232;gne de l'hypocrisie : &#171; &lt;em&gt;on ne savait pas&lt;/em&gt; &#187;, &#171; &lt;em&gt;on a &#233;t&#233; tromp&#233;s par nos salari&#233;s&lt;/em&gt; &#187;, &#171; &lt;em&gt;on est pris en otage&lt;/em&gt; &#187;... Pourtant, les m&#234;mes n'&#233;taient pas trop regardants peu de temps auparavant, et n'exigeaient que de simples photocopies de titres de s&#233;jour, quasi illisibles, rarement des num&#233;ros de s&#233;curit&#233; sociale valables. Apr&#232;s l'instauration des contr&#244;les des papiers &#224; l'embauche en juillet 2007, certains sans papiers ont &#233;t&#233; licenci&#233;s, mais certains ont pu revenir au travail avec de vrais papiers sous un nouveau nom, ce qui n'a pas pos&#233; tant de questions aux patrons &#8211; du b&#226;timent et de l'int&#233;rim notamment. Les donneurs d'ordre de l'int&#233;rim et les grandes entreprises ayant recours &#224; la sous-traitance se sont r&#233;fugi&#233;s derri&#232;re leur &#171; ignorance &#187; de la situation, y compris la SNCF ou la RATP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que les nouvelles lois sur l'immigration, en renfor&#231;ant les contr&#244;les, ont en boomerang mis les pratiques patronales ill&#233;gales sur la sellette&#8230; et fait craindre des sanctions. La loi du silence aurait perdur&#233; si des gr&#232;ves n'avaient pos&#233; le probl&#232;me autrement, au grand jour. Plusieurs restaurants ont r&#233;agi en licenciant des salari&#233;s sans papiers, par peur d'&#234;tre &#171; pris &#187;, et ont provoqu&#233; en retour de nouvelles gr&#232;ves. La plupart des employeurs ont &#233;t&#233; vite assur&#233;s qu'ils &#233;chapperaient aux sanctions administratives ou p&#233;nales. Le minist&#232;re du travail s'est montr&#233; on ne peut plus conciliant. Depuis le d&#233;but des gr&#232;ves, un contr&#244;leur du travail t&#233;moigne que &lt;em&gt;&#171; Notre hi&#233;rarchie ne nous demande aucune &#8220;fiche de conflit&#8221; pour suivre le mouvement, alors que c'est la norme. Elle nie ce conflit du travail &#187;&lt;/em&gt;. Pas de sanctions pour les employeurs, pas d'expulsions en cas de refus des premiers dossiers d&#233;pos&#233;s par la CGT : circulez, y'a rien &#224; voir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la peur de la gr&#232;ve a pouss&#233; des patrons &#224; la prudence : accompagner la d&#233;marche de r&#233;gularisation des travailleurs est devenu courant, en &#233;change du silence de ces derniers, parfois de mises &#224; pied ou m&#234;me de licenciements avec la promesse de r&#233;embauche. Les plus empress&#233;s ont &#233;t&#233; les petits patrons de la restauration, bien embarrass&#233;s &#224; l'id&#233;e de n'avoir plus personne en cuisine. M&#234;me de grandes entreprises, comme Veolia ou la Sodexo, se sont engag&#233;es dans de telles d&#233;marches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une gr&#232;ve, beaucoup de restaurants ou d'entreprises du nettoyage ont v&#233;rifi&#233; l'ensemble des papiers de leur personnel : &#224; la clef, soit des licenciements pour des salari&#233;s isol&#233;s et vuln&#233;rables, soit de nouvelles d&#233;marches de r&#233;gularisation pour en finir avec ce &#171; risque social &#187;. Et les patrons de chercher f&#233;brilement des conseils juridiques aupr&#232;s de leurs avocats ! M&#234;me des sites internet comme &#171; l'h&#244;tellerie-restauration.fr, le journal des Restaurants H&#244;tels Caf&#233;s &#187; ont publi&#233; dans leurs rubriques juridiques des guides &#224; usage patronal : faut-il licencier, et comment ? Peut-on r&#233;gulariser ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce jour, une certaine discr&#233;tion patronale semble de mise. La FNTP (F&#233;d&#233;ration Nationale des Travaux Publics), dont le si&#232;ge a &#233;t&#233; occup&#233; par des gr&#233;vistes, a r&#233;agi en indiquant que la situation &lt;em&gt;&#171; rel&#232;ve de la seule responsabilit&#233; des pouvoirs publics, et que les organisations professionnelles n'ont aucun r&#244;le dans ce domaine. &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le patronat renvoie la patate chaude au gouvernement&#8230; mais est n&#233;anmoins emp&#234;ch&#233; de continuer &#224; exploiter tranquillement et empocher&#8230; par la gr&#232;ve !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kalim DOULA&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Pas vus pas pris ?
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La RATP a &#233;t&#233; prise la main dans le sac. En septembre dernier, les travailleurs de la soci&#233;t&#233; Asten, charg&#233;e de la r&#233;novation des stations de m&#233;tro parisiennes, filmaient leurs conditions de travail avec un t&#233;l&#233;phone portable. Au d&#233;but de la gr&#232;ve, leur &#171; reportage &#187; a fait du bruit : pour casser les vieux murs et l'asphalte des quais, ils ne disposaient en tout et pour tout que d'un gilet jaune. Pas de casque, ni chaussures de s&#233;curit&#233; ni masques. On les voit remonter &#224; la surface de lourdes plaques d'asphalte, sur la t&#234;te ou sur les &#233;paules, porter sans protection des seaux de goudron bouillant. Certains montrent des br&#251;lures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La RATP a aussit&#244;t d&#233;clar&#233; que &lt;em&gt;&#171; &#224; sa connaissance, aucun salari&#233; travaillant sur ses sites n'&#233;tait en situation irr&#233;guli&#232;re &#187;&lt;/em&gt;. Son sous-traitant, Asten, a eu la m&#234;me r&#233;ponse :&lt;em&gt; &#171; les soci&#233;t&#233;s d'int&#233;rim nous attestent formellement de la r&#233;gularit&#233; des employ&#233;s qu'elles mettent &#224; notre disposition &#187;&lt;/em&gt;. Bien pratique, la sous-traitance : le donneur d'ordre cherche le sous-traitant le moins cher, qui fait &#224; son tour appel &#224; une soci&#233;t&#233; d'int&#233;rim et personne n'est ni coupable ni responsable. Dans le b&#226;timent, il peut y avoir jusqu'&#224; 12 niveaux de sous-traitance imbriqu&#233;s, d&#233;nonce la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L.G.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_431 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L300xH239/sans_papiers-17577.png?1528281688' width='300' height='239' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> La politique de la CGT : r&#233;gularisation par la gr&#232;ve
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/La-politique-de-la-CGT-regularisation-par-la-greve</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/La-politique-de-la-CGT-regularisation-par-la-greve</guid>
		<dc:date>2009-11-29T23:23:30Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>sans-papiers
</dc:subject>
		<dc:subject>CGT
</dc:subject>
		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>Immigr&#233;s
</dc:subject>

		<description>Quand en avril 2008, la CGT lance la premi&#232;re vague de gr&#232;ves de travailleurs sans papiers, il s'agit de poursuivre sur la lanc&#233;e de quelques gr&#232;ves spectaculaires pour la r&#233;gularisation, men&#233;es l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente par des sans papiers et militants CGT de l'Essonne, en particulier chez Buffalo Grill &#224; Viry Ch&#226;tillon. &lt;br /&gt;Un genre de &#171; chiche ! &#187; au gouvernement et aux patrons &lt;br /&gt;L'irruption de ces gr&#232;ves &#233;tait un genre de r&#233;ponse syndicale, et du tac au tac, aux pr&#233;tentions hypocrites du gouvernement de r&#233;gulariser &#171; &lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-La-greve-des-travailleurs-sans-papiers-" rel="directory"&gt;DOSSIER : La gr&#232;ve des travailleurs sans papiers
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-sans-papiers-+" rel="tag"&gt;sans-papiers
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-CGT-+" rel="tag"&gt;CGT
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Immigration-+" rel="tag"&gt;Immigr&#233;s
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quand en avril 2008, la CGT lance la premi&#232;re vague de gr&#232;ves de travailleurs sans papiers, il s'agit de poursuivre sur la lanc&#233;e de quelques gr&#232;ves spectaculaires pour la r&#233;gularisation, men&#233;es l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente par des sans papiers et militants CGT de l'Essonne, en particulier chez Buffalo Grill &#224; Viry Ch&#226;tillon.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un genre de &#171; chiche ! &#187; au gouvernement et aux patrons&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'irruption de ces gr&#232;ves &#233;tait un genre de r&#233;ponse syndicale, et du tac au tac, aux pr&#233;tentions hypocrites du gouvernement de r&#233;gulariser &#171; par le travail &#187; : nous travaillons ici, nous vivons ici souvent depuis bien longtemps, et exigeons les cartes de s&#233;jour li&#233;es &#224; cette situation ! La gr&#232;ve s'imposait aux travailleurs sans papiers. Leurs patrons les avaient exploit&#233;s de longues ann&#233;es : &#224; eux de payer maintenant, &#224; eux de les faire r&#233;gulariser (en payant au passage une taxe et en garantissant un contrat).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais gr&#226;ce &#224; la seule arme des travailleurs : la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la part de la CGT, s'impliquer &#224; tel point dans la cause des sans papiers, organiser leur gr&#232;ve, les organiser en tant que travailleurs comme tous les autres (et non en parler comme de surexploit&#233;s &#224; plaindre, ou pire comme de travailleurs faisant pression &#224; la baisse sur les conditions de travail et les salaires), c'&#233;tait in&#233;dit, une premi&#232;re en fait dans l'histoire r&#233;cente du mouvement ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On assistait &#224; l'irruption des sans papiers en tant que travailleurs, salari&#233;s comme les autres, travaillant, cotisant, payant des imp&#244;ts. Priv&#233;s de droits ? Mais ne se privant pas pour autant de l'arme de la gr&#232;ve ! Il y avait de quoi frapper les esprits de nombreux travailleurs fran&#231;ais (et immigr&#233;s en s&#233;jour r&#233;gulier d'ailleurs !). La gr&#232;ve devait donc ouvrir une br&#232;che dans l'arsenal des lois anti-immigr&#233;s en tous genres, en montrant la voie &#224; des dizaines de milliers d'autres travailleurs sans papiers susceptibles un jour de se mettre en gr&#232;ve eux aussi. Il s'agissait donc de mener une gr&#232;ve revendicative, donnant l'espoir, imposant un rapport de forces face aux patrons. Ce n'&#233;tait pas un mouvement destin&#233; &#224; formuler une pr&#233;tendue &#171; juste loi &#187; de r&#233;gularisation, avec de pr&#233;tendus &#171; bons crit&#232;res &#187;. Bref la r&#233;gularisation par la gr&#232;ve, pas la r&#233;gularisation par le travail !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La gr&#232;ve, acte I&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re vague de gr&#232;ves de 2008 fut un succ&#232;s, avec environ 2 800 r&#233;gularisations pour la seule CGT, et bien plus dans la foul&#233;e par d'autres canaux. Au passage, de nombreux gr&#233;vistes &#171; hors crit&#232;res &#187; arrach&#232;rent aussi leur r&#233;gularisation, de haute lutte. Par exemple, certains qui n'avaient pas les cinq ans de s&#233;jour en France exig&#233;s des pr&#233;fectures, ou encore des int&#233;rimaires qu'au d&#233;part le minist&#232;re de l'immigration avait d&#233;cr&#233;t&#233;s par principe non r&#233;gularisables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en mai 2008 la gr&#232;ve n'a pas eu la relance dont elle avait besoin pour maintenir la pression sur le gouvernement. Elle n'avait pas fait boule de neige d'elle-m&#234;me. Surtout, la direction de la CGT, apr&#232;s avoir promis une nouvelle vague, notamment &#224; l'occasion d'un meeting en mai 2008, regroupant 2 500 travailleurs sans papiers tr&#232;s d&#233;termin&#233;s, a sonn&#233; la fin du mouvement. Il est probable que les couloirs de la conf&#233;d&#233;ration aient &#233;t&#233; hant&#233;s par l'id&#233;e que ce mouvement &#233;tait bien co&#251;teux en &#233;nergie et en temps, que la CGT devait aussi mobiliser pour les prud'homales, ne pas offrir un tableau trop &#171; rouge et noir &#187;, de syndicat de damn&#233;s de la terre, mais plut&#244;t renforcer cette image que Bernard Thibault essayait de d&#233;velopper depuis des ann&#233;es, d'une CGT moderne, r&#233;formiste, syndiquant de plus en plus de cadres&#8230; et n&#233;gociant tranquillement avec le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dynamique de la gr&#232;ve &#233;tait d&#233;j&#224; forc&#233;ment fragile. Difficile pour les sans papiers de sortir de la clandestinit&#233;, de se lancer dans une telle gr&#232;ve sans garantie solide de succ&#232;s. Difficile aussi pour l'&#233;quipe r&#233;duite (il faut le dire) de militants de la CGT portant ce mouvement, de rester investis de longs mois, quasiment 24 heures sur 24. &#192; l'&#233;t&#233; 2008, le mouvement s'est &#233;teint peu &#224; peu, avec tout de m&#234;me la satisfaction de voir quelques milliers de sans papiers obtenir leur titre de s&#233;jour. Les pr&#233;fectures se sont &#233;videmment saisies de cette baisse de r&#233;gime pour redoubler d'arrogance, refuser des dossiers ou les traiter de fa&#231;on de plus en plus arbitraire, avec des crit&#232;res revus &#224; la hausse.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La gr&#232;ve, Acte II&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais finalement la nouvelle vague de gr&#232;ves a d&#233;marr&#233; le 12 octobre 2009. Pas comme un coup de tonnerre dans un ciel serein : durant l'ann&#233;e &#233;coul&#233;e, des sans papiers se sont organis&#233;s et regroup&#233;s avec des &#233;quipes militantes pas d&#233;mobilis&#233;es (CGT pour l'essentiel mais aussi Solidaires, la CNT, des associations aussi), de nouvelles gr&#232;ves se sont pr&#233;par&#233;es discr&#232;tement. Fait important, la conf&#233;d&#233;ration CGT, sans doute avec ses propres calculs, a de nouveau donn&#233; un feu vert &#224; ses &#233;quipes impliqu&#233;es dans ce combat. Cette fois-ci, en agissant d'embl&#233;e avec d'autres organisations syndicales et associatives, parties prenantes ou soutiens actifs du mouvement. Changement positif. Cependant les dirigeants des conf&#233;d&#233;rations syndicales comme des partis de gauche, n'ont pas mis leur poids m&#233;diatique ou politique dans la balance. S&#233;gol&#232;ne Royal semble davantage s'int&#233;resser &#224; Vincent Peillon, et vice versa, que ces deux-l&#224; au sort des travailleurs les plus exploit&#233;s du pays !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, l'&#233;quipe CGT en charge de la gr&#232;ve, et qui en est la locomotive, a pour sa part infl&#233;chi sa politique. L'exigence d'une circulaire nationale de r&#233;gularisation est devenue la revendication centrale. Elle r&#233;pond &#224; un probl&#232;me bien r&#233;el : le blocage des dossiers, l'arbitraire des pr&#233;fectures. Une partie des gr&#233;vistes sont aujourd'hui dans la gr&#232;ve parce qu'ils se sont r&#233;ellement heurt&#233;s &#224; ces obstacles.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Exiger des &#171; crit&#232;res &#187;, n'est-ce pas abandonner ceux qui n'y r&#233;pondraient pas ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, le danger serait d'interpr&#233;ter une telle revendication comme celle d'une &#171; bonne circulaire &#187;. R&#233;clamer comme le font les organisations parties prenantes des &lt;em&gt;&#171; crit&#232;res simplifi&#233;s et homog&#232;nes &#187;&lt;/em&gt; pourrait devenir un terrain pour le moins glissant. Surtout si l'on pr&#233;cisait de &#171; justes &#187; crit&#232;res&#8230; Mais le slogan de la gr&#232;ve reste : &lt;em&gt;&#171; On bosse ici, on vit ici, on reste ici &#187;&lt;/em&gt;. L'esprit de la gr&#232;ve reste, autant qu'en 2008, d'arracher le maximum de papiers pour les gr&#233;vistes. De d&#233;velopper le rapport de force au maximum pour r&#233;gulariser tous les gr&#233;vistes, en arrachant aux patrons le plus possible d'engagements et au gouvernement les crit&#232;res les moins durs. Jusqu'&#224; leur imposer, si c'est possible, la r&#233;gularisation des gr&#233;vistes qui n'entreraient de toute fa&#231;on pas dans ces fichus crit&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve actuelle est m&#234;me plus conforme &#224; cet esprit-l&#224; que la pr&#233;c&#233;dente. Pour mobiliser le plus possible de travailleurs sans papiers, les militants de la CGT ont fait le choix d'organiser non seulement des gr&#232;ves &#171; homog&#232;nes &#187; de travailleurs ayant tous le m&#234;me employeur, mais aussi des piquets de regroupement des travailleurs par secteurs (nettoyage, BTP, h&#244;tellerie-restauration, int&#233;rim), o&#249; ils accueillent dans la gr&#232;ve des travailleurs isol&#233;s. Significatif est aussi le choix de poser au gouvernement le cas des travailleuses et travailleurs qui, dans les caboches de n&#233;griers des sp&#233;cialistes en &#171; r&#233;gulation des flux migratoires &#187; des services de l'immigration, seraient absolument non r&#233;gularisables : salari&#233;s de l'aide &#224; domicile, pay&#233;s au noir, agents de s&#233;curit&#233;, int&#233;rimaires en tous genres&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; 2008 il ne s'agit plus d'arracher &#224; un patron les &#171; cerfa &#187; (les promesses d'embauche/demandes de r&#233;gularisation) pour ensuite demander la r&#233;gularisation aux pr&#233;fectures, mais d'abord de faire bloc tous ensemble contre les patrons et le gouvernement. Le succ&#232;s du mouvement d&#233;pend donc de son &#233;largissement aux travailleurs isol&#233;s, aux travailleurs de nouvelles entreprises, aux travailleurs asiatiques, turcs, kurdes, maghr&#233;bins et autres origines (car l'essentiel de la gr&#232;ve est aujourd'hui le fait d'Africains de l'Ouest). Un tract a ainsi &#233;t&#233; publi&#233; en quatre langues (arabe, turc, chinois et fran&#231;ais). Des travailleuses de l'aide &#224; domicile elles aussi se sont organis&#233;es, ainsi que des travailleurs chinois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la gr&#232;ve permet finalement d'obtenir des papiers pour des milliers de travailleurs, ce sera alors un espoir pour des dizaines de milliers d'autres, et en fait un levier pour de nouvelles gr&#232;ves. Quelle que soit la circulaire gouvernementale, et ses crit&#232;res de r&#233;gularisation.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La difficult&#233;, celle de tous les travailleurs en lutte : combattre l'isolement&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un fait est frappant : cette gr&#232;ve des travailleurs sans papiers, impressionnante par son caract&#232;re massif et d&#233;termin&#233; au regard des difficult&#233;s encourues, souffre d'un grand isolement, si ce n'est de l'ignorance du reste de la classe ouvri&#232;re. C'est l&#224; certainement que r&#233;side la plus grande d&#233;faillance des directions syndicales. Ce serait leur r&#244;le d'informer le plus largement les autres travailleurs, pourquoi pas par une manifestation ou d'un meeting national qui seraient l'occasion pour les gr&#233;vistes sans papiers de s'adresser &#224; d'autres (il en est question depuis longtemps, mais pour quand ?). Ce serait leur r&#244;le d'unifier les ripostes. Cela p&#232;se aujourd'hui sur la lutte des travailleurs sans papiers comme sur toutes les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard RUDELLI&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> De la Bourse du Travail &#224; la rue Baudelique
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/De-la-Bourse-du-Travail-a-la-rue-Baudelique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/De-la-Bourse-du-Travail-a-la-rue-Baudelique</guid>
		<dc:date>2009-11-29T23:23:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>sans-papiers
</dc:subject>
		<dc:subject>CGT
</dc:subject>

		<description>Le 24 juin 2009 des militants de la CGT expulsaient physiquement de la Bourse du Travail de Paris des sans papiers qui occupaient une partie des locaux depuis 14 mois. &#201;pisode catastrophique : le service d'ordre de la CGT aux prises, manu militari, avec des sans papiers. Des voix se sont &#233;lev&#233;es au sein m&#234;me du syndicat. Col&#232;re ou pour le moins trouble chez un certain nombre de travailleurs, y compris sans papiers, ne comprenant pas ce que voulait la CGT, d'un c&#244;t&#233; organisant des gr&#232;ves pour la&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-La-greve-des-travailleurs-sans-papiers-" rel="directory"&gt;DOSSIER : La gr&#232;ve des travailleurs sans papiers
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-sans-papiers-+" rel="tag"&gt;sans-papiers
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-CGT-+" rel="tag"&gt;CGT
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 24 juin 2009 des militants de la CGT expulsaient physiquement de la Bourse du Travail de Paris des sans papiers qui occupaient une partie des locaux depuis 14 mois. &#201;pisode catastrophique : le service d'ordre de la CGT aux prises, manu militari, avec des sans papiers. Des voix se sont &#233;lev&#233;es au sein m&#234;me du syndicat. Col&#232;re ou pour le moins trouble chez un certain nombre de travailleurs, y compris sans papiers, ne comprenant pas ce que voulait la CGT, d'un c&#244;t&#233; organisant des gr&#232;ves pour la r&#233;gularisation de travailleurs sans papiers, de l'autre jouant du muscle contre certains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, il y avait un fort passif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la vague de gr&#232;ves lanc&#233;e en 2008 par la CGT, des collectifs de sans papiers regroup&#233;s dans la CSP 75 (Coordination des sans papiers 75), tent&#232;rent un d&#233;p&#244;t collectif de dossiers &#224; la pr&#233;fecture de Paris. Celle-ci les envoya pa&#238;tre, en leur affirmant qu'elle ne recevrait que des dossiers CGT&#8230; Grossi&#232;re ficelle des autorit&#233;s, pour diviser ! La CSP 75 tomba manifestement dans le panneau, se retourna contre la CGT et occupa ses locaux de la Bourse du Travail de Paris (dans des conditions mat&#233;rielles bien difficiles). Et d'argumenter virulemment contre la CGT (y compris l'&#233;quipe CGT engag&#233;e dans la gr&#232;ve des sans papiers), et de l'accuser de n&#233;gocier l'immigration choisie avec le minist&#232;re, de privil&#233;gier &#171; ses &#187; sans papiers et de tourner le dos &#224; l'objectif des papiers pour tous. Les responsables de la CSP 75 s'appuyaient aussi sur le pr&#233;tendu refus de militants de la CGT et de &#171; Droits Devant !! &#187; de prendre en charge de nouveaux dossiers, au-del&#224; des milliers dont ils s'occupaient d&#233;j&#224; avec peine. La CGT avait toutefois aid&#233; &#224; ce que la pr&#233;fecture re&#231;oive des dossiers CSP 75.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re ces objections, il y avait le refus de la CSP 75 d'offrir, dans le cadre de cette gr&#232;ve, une perspective de r&#233;gularisation aux quelque 1 000 &#224; 2 000 sans papiers qui lui avaient confi&#233; leurs int&#233;r&#234;ts. Hostilit&#233; au recours &#224; la gr&#232;ve ? Hostilit&#233; &#224; la CGT ressentie comme concurrente parce qu'en appelant &#224; ces gr&#232;ves spectaculaires, elle remettait la question des sans papiers sur la place publique et reprenait le flambeau de la lutte difficile pour leur r&#233;gularisation ? Ou les deux ? &#192; coup s&#251;r, les occupants de la Bourse du Travail se trompaient de cible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CSP 75 et diff&#233;rents collectifs en ont trouv&#233; une bien meilleure, en occupant apr&#232;s leur expulsion des locaux d&#233;saffect&#233;s de la CPAM, rue Baudelique, dans le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement de Paris. Un objectif symbolique, puisque la S&#233;curit&#233; sociale se livre au racket scandaleux de collecter des milliards d'euros de cotisations de travailleurs sans papiers sans rien leur verser en retour. La CSP 75 et d'autres collectifs ont inaugur&#233; dans ces locaux un &lt;em&gt;&#171; Minist&#232;re de la r&#233;gularisation de tous les sans papiers &#187;&lt;/em&gt;. Ils y regroupent des centaines, peut-&#234;tre plus d'un millier, de sans papiers d&#233;sireux de lutter. Mais comment ? Force est de reconna&#238;tre que, quels qu'aient &#233;t&#233; les moyens de lutte, hier et aujourd'hui, aucun mouvement ni aucune association ou collectif n'a r&#233;ussi &#224; faire r&#233;gulariser autrement qu'au &#171; cas par cas &#187;, &#171; dossier par dossier &#187;. M&#234;me ceux &#8211; et fort heureusement ils existent aussi dans le milieu syndical combatif &#8211; qui sont partisans d'une r&#233;gularisation de tous les sans papiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais encore une fois, comment ? Est-ce que le succ&#232;s des 5 500 travailleurs actuellement en gr&#232;ve, m&#234;me s'ils n'arrachaient &#171; que &#187; leur r&#233;gularisation et dans la foul&#233;e celle de dizaines de milliers d'autres r&#233;pondant aux crit&#232;res de trois ans de pr&#233;sence et de travail, ne serait pas un formidable encouragement pour la r&#233;gularisation de tous ? Est-ce que le succ&#232;s de gr&#233;vistes en lutte pour leur salaire n'apporte pas l'augmentation &#224; tous les autres de l'entreprise, et parfois &#224; ceux d'autres entreprises encore ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un enjeu important que cette gr&#232;ve gagne, et ce qui ne l&#233;gitime gu&#232;re aujourd'hui les dirigeants de la CSP 75, c'est surtout qu'ils semblent rester au mieux r&#233;ticents, au pire franchement hostiles &#224; la gr&#232;ve. Ils ont appel&#233; ces tout derniers temps &#224; quelques rassemblements de sans papiers, sans m&#234;me mentionner et a fortiori soutenir cette gr&#232;ve. La seule fa&#231;on pourtant de faire table rase du passif, serait de se joindre de toutes ses forces &#224; la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B. R.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Politiques de gauche comme de droite : fabriques de sans papiers !
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Politiques-de-gauche-comme-de-droite-fabriques-de-sans-papiers</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Politiques-de-gauche-comme-de-droite-fabriques-de-sans-papiers</guid>
		<dc:date>2009-11-29T23:23:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>sans-papiers
</dc:subject>
		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>Immigr&#233;s
</dc:subject>

		<description>Les &#171; papiers &#187; n'ont pas une longue histoire &lt;br /&gt;La carte d'identit&#233; nationale en France n'a vu le jour qu'en 1921, pour contr&#244;ler les flux de nomades &#224; l'int&#233;rieur du territoire et faciliter les contr&#244;les de police. &lt;br /&gt;Au lendemain de la seconde guerre mondiale seulement, l'&#201;tat mit en place une politique de contr&#244;le de l'immigration. Les ordonnances de 1945 et la cr&#233;ation de l'Office national d'immigration subordonn&#232;rent le droit d'entr&#233;e et de s&#233;jour &#224; la production d'un contrat de travail (une vieille histoire,&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-La-greve-des-travailleurs-sans-papiers-" rel="directory"&gt;DOSSIER : La gr&#232;ve des travailleurs sans papiers
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-sans-papiers-+" rel="tag"&gt;sans-papiers
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Immigration-+" rel="tag"&gt;Immigr&#233;s
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Les &#171; papiers &#187; n'ont pas une longue histoire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La carte d'identit&#233; nationale en France n'a vu le jour qu'en 1921, pour contr&#244;ler les flux de nomades &#224; l'int&#233;rieur du territoire et faciliter les contr&#244;les de police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lendemain de la seconde guerre mondiale seulement, l'&#201;tat mit en place une politique de contr&#244;le de l'immigration. Les ordonnances de 1945 et la cr&#233;ation de l'Office national d'immigration&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Organisme tripartite de collaboration g&#233;r&#233; par l'&#201;tat, le patronat et les (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; subordonn&#232;rent le droit d'entr&#233;e et de s&#233;jour &#224; la production d'un contrat de travail (une vieille histoire, cette r&#233;gularisation par le travail !), mais &#224; l'&#233;poque, les besoins en main-d'&#339;uvre du patronat &#233;taient grands et quiconque entrait clandestinement sur le territoire trouvait du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1960, certaines industries, notamment l'automobile, n'h&#233;sit&#232;rent pas &#224; organiser elles-m&#234;mes le recrutement d'ouvriers dans des pays du Maghreb ou d'Afrique. Une bonne partie de la main-d'&#339;uvre immigr&#233;e, africaine ou portugaise, &#233;tait &#224; la fois ill&#233;gale et tol&#233;r&#233;e. Besoins du patronat obligent ! Et bon an mal an, l'&#201;tat r&#233;gularisait ces travailleurs et leur octroyait facilement des permis de travail et de s&#233;jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au milieu des ann&#233;es 1970, avec le retour du ch&#244;mage et de moindres besoins du patronat que l'&#201;tat durcit sa politique d'immigration. D&#232;s 1974, le gouvernement de Giscard &#233;ditait une circulaire sur la &#171; suspension de l'immigration &#187; et d&#233;cr&#233;tait l'arr&#234;t d'une immigration &#233;conomique dont le patronat n'avait plus autant besoin. L'&#171; aide au retour &#187;, une mis&#232;re de 10 000 francs, &#233;tait alors offerte aux immigr&#233;s. Un cin&#233;aste alg&#233;rien, Mahmoud Zemmouri, en tirait un film sarcastique : &lt;em&gt;&#171; Prends 10 000 balles et casse-toi &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;D&#233;cennies 1980 et 1990 : gauche et droite surench&#233;rissent contre les immigr&#233;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Certes en 1981, sous Mitterrand arriv&#233; &#224; la pr&#233;sidence, 130 000 demandes de r&#233;gularisation sont satisfaites, sur 150 000 d&#233;pos&#233;es. En 1986 et le retour de la droite au pouvoir, la premi&#232;re loi Pasqua introduit la r&#233;forme du code de la nationalit&#233; et inaugure les charters d'expulsions. En 1988 et le retour de la gauche, le socialiste Pierre Joxe, ministre de l'Int&#233;rieur, se contente de l&#233;g&#232;rement la r&#233;viser. Edith Cresson, alors premi&#232;re ministre socialiste, s'illustre dans la d&#233;fense des charters d'expulsions collectives. En 1993, la seconde loi Pasqua durcit encore les conditions de r&#233;gularisation des travailleurs immigr&#233;s. Elle retire aux parents &#233;trangers d'enfants fran&#231;ais le titre de s&#233;jour qui leur permettait de vivre et travailler ici. Ces lois, en vigueur depuis le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; janvier 1994, limitent &#233;galement le regroupement familial et rendent plus difficile l'acc&#232;s &#224; la nationalit&#233; par mariage. Elles autorisent &#224; s&#233;parer des &#233;poux, &#224; s&#233;parer des parents et des enfants, voire &#224; placer ces derniers &#224; la DASS. En 1996, Debr&#233;, ministre de l'Int&#233;rieur durcit encore les conditions d'accueil et d'acc&#232;s &#224; la nationalit&#233;, transformant ainsi des dizaines de milliers de travailleurs immigr&#233;s en &#171; sans papiers &#187;, qui pourtant vivaient et travaillaient ici depuis des ann&#233;es. C'est alors, en r&#233;action, que surgit la lutte courageuse de sans papiers exigeant leur r&#233;gularisation, dont les foyers &#233;taient souvent des &#233;glises qui les accueillaient : Saint-Ambroise et ensuite bien d'autres. De retour aux affaires en 1997, la gauche (et son ministre Chev&#232;nement) n'abroge pas les lois Pasqua-Debr&#233;, mais confront&#233;e &#224; ce qui est devenu &#171; le mouvement des sans papiers &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Occupation &#224; des centaines, d'&#233;glises ou autres lieux, parfois gr&#232;ves de la (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, dans une premi&#232;re phase proc&#232;de &#224; plus de 80 000 r&#233;gularisations (sur quelque 140 000 demandes d&#233;pos&#233;es), mais dans une deuxi&#232;me phase engage la chasse contre les &#171; d&#233;bout&#233;s &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='&#171; La r&#233;gularisation pr&#233;caire de moins de 80 000 personnes qui, pour la (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; et par une circulaire d'octobre 1999, durcit encore les conditions de s&#233;jour des immigr&#233;s et se flatte de &#171; chiffres &#187; en mati&#232;re d'expulsions.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Choisir, c'est exclure !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La loi Sarkozy de 2006, d'&lt;em&gt;&#171; immigration choisie &#187;&lt;/em&gt; en fonction des besoins des patrons, a inond&#233; d'une multitude de circulaires. Mais choisir, c'est&#8230; exclure !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exclure d'abord ceux qui n'ont pas de &#171; m&#233;tier &#187; ! Le regroupement familial devient pratiquement impossible : le travailleur &#233;tranger qui souhaite faire venir sa famille en France doit fournir des papiers en r&#232;gle depuis 18 mois (au lieu d'un an pr&#233;c&#233;demment), un niveau de ressources au moins &#233;gal au SMIC sur une dur&#233;e de onze mois et un logement d'une superficie suffisante. Des crit&#232;res que des millions de travailleurs fran&#231;ais, eux-m&#234;mes, ne peuvent satisfaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais exclure aussi ceux qui n'ont pas le &#171; bon &#187; m&#233;tier, dit &#171; en tension &#187; ! Le gouvernement a dress&#233; une liste de 152 m&#233;tiers peu qualifi&#233;s (pour les ressortissants des pays de l'Union europ&#233;enne uniquement) et d'une trentaine de m&#233;tiers qualifi&#233;s dont les patrons disent manquer et dont l'acc&#232;s serait facilit&#233; pour des travailleurs &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un travail ainsi trouv&#233; octroie la carte de s&#233;jour temporaire li&#233;e &#224; la dur&#233;e du contrat de travail. Mais d&#232;s qu'un contrat est rompu ou arrive &#224; son terme, l'expulsion est imminente. La loi Hortefeux garantit aux patrons qu'ils disposeront de la main-d'&#339;uvre qu'ils souhaitent pour des emplois p&#233;nibles et mal pay&#233;s, sans que les travailleurs puissent r&#233;ellement s'int&#233;grer et notamment faire venir leur famille. Et une fois le besoin de main-d'&#339;uvre estomp&#233;, retour au pays !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs la r&#233;gularisation par le travail met un terme aux r&#233;gularisations automatiques apr&#232;s plus de 10 ans pass&#233;s en France (selon &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; du 8 janvier 2008, 200 000 &#224; 400 000 sans papiers auraient &#233;t&#233; alors dans ce cas). La nouvelle proc&#233;dure repose sur le pouvoir discr&#233;tionnaire du pr&#233;fet, avec tout l'arbitraire qu'on conna&#238;t &#224; l'administration&#8230; encourag&#233;e par Hortefeux qui fixe des quotas d'expulsions de 25 000 par an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement fran&#231;ais n'a jamais accueilli les immigr&#233;s que pour satisfaire les besoins du patronat et de l'exploitation capitaliste. L'immigration dite &#171; choisie &#187; s'inscrit dans cette logique de n&#233;grier : faire venir les cerveaux et les bras qui int&#233;ressent le patronat, mais avec les restrictions de temps de crise : plus question de regroupement familial, plus question de droit d'asile pour des r&#233;fugi&#233;s politiques &#8211; ce qui est particuli&#232;rement d&#233;nonc&#233; par nombre d'associations de d&#233;fense des droits de l'homme. Faudrait-il en revenir &#224; l'immigration des c&#233;libataires des ann&#233;es 1950 et 1960 ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la soci&#233;t&#233; mondialis&#233;e du XXI&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, ce serait bien la moindre des choses que les individus aient le libre choix de vivre et travailler l&#224; o&#249; ils en ont envie. De circuler aussi facilement que les marchandises et les capitaux ! Mais il faudra pour cela sortir du carcan capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arthur KLEIN&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Un floril&#232;ge de &#171; l'identit&#233; nationale &#187;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Charles de Gaulle, selon Alain Peyrefitte&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='appendix' title='Dans son ouvrage &#171; C'&#233;tait de Gaulle &#187; - &#233;ditions de Fallois/Fayard - (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; : &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; C'est tr&#232;s bien qu'il y ait des Fran&#231;ais jaunes, des Fran&#231;ais noirs, des Fran&#231;ais bruns. Ils montrent que la France est ouverte &#224; toutes les races et qu'elle a une vocation universelle. Mais &#224; condition qu'ils restent une petite minorit&#233; ; sinon la France ne serait plus la France. (...) Vous croyez que le corps fran&#231;ais peut absorber dix millions de musulmans, qui demain seront vingt millions et apr&#232;s-demain quarante ? (...) Mon village ne s'appellerait plus Colombey-les-deux-Eglises, mais Colombe-les-deux-Mosqu&#233;es ! &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Mitterrand, 10 d&#233;cembre 1989 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France ne compte aujourd'hui &lt;em&gt;&#171; pas plus d'immigr&#233;s qu'en 1982 et pas plus qu'en 1975 par rapport &#224; la population fran&#231;aise qui s'est accrue &#187; &lt;/em&gt;(&#8230;)&lt;em&gt; &#171; Le seuil de tol&#233;rance a &#233;t&#233; atteint dans les ann&#233;es 1970 et il n'y a pas eu depuis d'aggravation &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel Rocard, 7 janvier 1990 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; Le temps de l'accueil de main-d'&#339;uvre &#233;trang&#232;re relevant de solutions plus ou moins temporaires est donc d&#233;sormais r&#233;volu &#187;&lt;/em&gt;, et le tr&#232;s c&#233;l&#232;bre : &lt;em&gt;&#171; Nous ne pouvons accueillir toute la mis&#232;re du monde &#187;. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alain Jupp&#233; f&#233;vrier 1991&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; Le seuil de tol&#233;rance est franchi &#187;&#8230; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques Chirac, 20 juin 1991 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; Notre probl&#232;me, ce n'est pas les &#233;trangers, c'est qu'il y a overdose. &#187;&lt;/em&gt; (&#8230;) &lt;em&gt;&#171; Comment voulez-vous que le travailleur fran&#231;ais qui habite &#224; la Goutte d'or o&#249; je me promenais avec Alain Jupp&#233; il y a trois ou quatre jours, qui travaille avec sa femme et qui, ensemble, gagnent environ 15 000 francs, et qui voit sur le palier &#224; c&#244;t&#233; de son HLM, entass&#233;e, une famille avec un p&#232;re de famille, trois ou quatre &#233;pouses, et une vingtaine de gosses, et qui gagne 50 000 francs de prestations sociales, sans naturellement travailler ! Si vous ajoutez &#224; cela le bruit et l'odeur, eh bien le travailleur fran&#231;ais sur le palier devient fou. Et il faut le comprendre, si vous y &#233;tiez, vous auriez la m&#234;me r&#233;action. Et ce n'est pas &#234;tre raciste que de dire cela. Nous n'avons plus les moyens d'honorer le regroupement familial. &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Edith Cresson, 8 juillet 1991 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; Vous appelez &#231;a des charters, mais ce ne sont pas des charters. Parce que les charters, ce sont des gens qui partent en vacances avec des prix inf&#233;rieurs. L&#224;, ce sera totalement gratuit et ce ne sera pas pour des vacances. Ce sera pour reconduire des gens dans leur pays lorsque la justice fran&#231;aise aura &#233;tabli qu'ils n'ont pas le droit d'&#234;tre chez nous &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Val&#233;ry Giscard d'Estaing, 21 septembre 1991 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; Le type de probl&#232;me auquel nous aurons &#224; faire face se d&#233;place de celui de l'immigration vers celui de l'invasion &lt;/em&gt;(&#8230;)&lt;em&gt; La facilit&#233; des d&#233;placements et l'ouverture des fronti&#232;res recommandent de revenir &#224; la conception traditionnelle de l'acquisition de la nationalit&#233; fran&#231;aise : celle du droit du sang &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Marie Le Pen le 2 d&#233;cembre 1991 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; Nous sommes victimes d'une invasion apparemment pacifique mais qui, &#233;videmment, nous menace mortellement dans notre identit&#233; et notre s&#233;curit&#233; &#187;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charles Pasqua, 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; juin 1993 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; L'objectif que nous nous assignons, compte tenu de la gravit&#233; de la situation &#233;conomique, c'est de tendre vers une immigration z&#233;ro &#187;. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Pierre Chev&#232;nement ministre de l'Int&#233;rieur sous Jospin, le 26 f&#233;vrier 1997 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; L'immigration est absorbable &#224; petites doses &#187; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicolas Sarkozy, le 17 janvier 2005 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; &#192; l'immigration subie, je pr&#233;f&#232;re l'immigration choisie. &#187; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicolas Sarkozy, sur un plateau de TF1 face &#224; Le Pen en 2006 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; Personne n'est oblig&#233;, je r&#233;p&#232;te, d'habiter en France, mais quand on habite en France, on respecte ses r&#232;gles, c'est-&#224;-dire qu'on n'est pas polygame &lt;/em&gt;[sic !]&lt;em&gt;, on ne pratique pas l'excision sur ses filles, on n'&#233;gorge pas le mouton dans son appartement et on respecte les r&#232;gles r&#233;publicaines. &#187; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Brice Hortefeux, le 5 septembre 2009, &#224; un militant UMP, d'origine Arabe :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; Quand il y a en a un, &#231;a va&#8230; C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des probl&#232;mes ! &#187; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A.K&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Organisme tripartite de collaboration g&#233;r&#233; par l'&#201;tat, le patronat et les syndicats - sous le pr&#233;texte que le contr&#244;le de l'immigration constituait une garantie des droits des immigr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Occupation &#224; des centaines, d'&#233;glises ou autres lieux, parfois gr&#232;ves de la faim, souvent manifestations de milliers d'immigr&#233;s de diverses nationalit&#233;s - soutenus par une partie du milieu syndical et politique de gauche et d'extr&#234;me gauche.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&#171; La r&#233;gularisation pr&#233;caire de moins de 80 000 personnes qui, pour la plupart, n'&#233;taient de toute fa&#231;on pas expulsables, s'est donc accompagn&#233;e d'une contrepartie scandaleuse : les 63 000 &#233;trangers qui avaient fait confiance &#224; la gauche plurielle et &#233;taient sortis de l'ombre, ont &#233;t&#233; fich&#233;s et transform&#233;s en gibier de police &#187;&lt;/em&gt;, &#233;crivions-nous &#224; l'&#233;t&#233; 2000, dans une tribune de la Fraction publi&#233;e dans le num&#233;ro 52 de la Lutte de Classe - mensuel de Lutte Ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir aussi, la tribune de la Fraction dans la LdC N&#176;22 (Septembre-Octobre 1996) : &#171; La lutte des immigr&#233;s sans papiers, un combat de la classe ouvri&#232;re &#187;. Voir encore, plus r&#233;cemment, deux articles sur les luttes des travailleurs sans papiers en 2008, dans les num&#233;ros 58 et 59 de Convergences r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Dans son ouvrage &#171; C'&#233;tait de Gaulle &#187; - &#233;ditions de Fallois/Fayard - 1994.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Italie : &#171; Il Cavaliere &#187; ne fait pas cavalier seul
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Italie-Il-Cavaliere-ne-fait-pas-cavalier-seul</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Italie-Il-Cavaliere-ne-fait-pas-cavalier-seul</guid>
		<dc:date>2009-11-29T23:23:22Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Italie
</dc:subject>

		<description>Les Italiens qui approuvent la politique x&#233;nophobe de Berlusconi et autres, semblent avoir oubli&#233; qu'il n'y a pas si longtemps, ce sont bon nombre de leurs anc&#234;tres qui quittaient leur pays pour trouver de meilleures conditions de vie. &lt;br /&gt;Un pays d'&#233;migration&#8230; &lt;br /&gt;La d&#233;ferlante migratoire italienne commence lorsque l'Italie ach&#232;ve son unification en 1870. Entre 1876 (date de la mise en place d'un Institut national de la statistique) et 1985, 27,5 millions d'Italiens ont quitt&#233; leur pays, avant tout des&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-La-greve-des-travailleurs-sans-papiers-" rel="directory"&gt;DOSSIER : La gr&#232;ve des travailleurs sans papiers
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Italie-+" rel="tag"&gt;Italie
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les Italiens qui approuvent la politique x&#233;nophobe de Berlusconi et autres, semblent avoir oubli&#233; qu'il n'y a pas si longtemps, ce sont bon nombre de leurs anc&#234;tres qui quittaient leur pays pour trouver de meilleures conditions de vie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un pays d'&#233;migration&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;ferlante migratoire italienne commence lorsque l'Italie ach&#232;ve son unification en 1870. Entre 1876 (date de la mise en place d'un Institut national de la statistique) et 1985, 27,5 millions d'Italiens ont quitt&#233; leur pays, avant tout des jeunes, des paysans appauvris ou journaliers (braccianti) du Sud, des ouvriers d'autres r&#233;gions, pour les mines et les plantations du Nouveau monde apr&#232;s l'abolition de l'esclavage. &#192; eux seuls, les &#201;tats-Unis et la France ont absorb&#233; 46 % des &#233;migrants italiens ; viennent ensuite la Suisse, l'Allemagne, l'Argentine et le Br&#233;sil.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;&#8230; devient pays d'immigration &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pays d'&#233;migration jusqu'aux ann&#233;es 1960, l'Italie est devenue, progressivement et plus tardivement que d'autres pays europ&#233;ens, une terre d'immigration. &#192; la fin des ann&#233;es 1970, des Tunisiens commencent &#224; s'&#233;tablir en Sicile. &#192; la m&#234;me &#233;poque, des domestiques capverdiennes et philippines sont d&#233;j&#224; une pr&#233;sence famili&#232;re &#224; Rome et &#224; Milan. Le ph&#233;nom&#232;ne migratoire n'est pas r&#233;glement&#233; jusqu'au milieu des ann&#233;es 1980. L'immigration a tard&#233; &#224; devenir un enjeu politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir des ann&#233;es 1990, le mouvement d'immigration s'acc&#233;l&#232;re et s'amplifie : le pays voit affluer de nombreux r&#233;fugi&#233;s en provenance de l'ex-Yougoslavie, du Kosovo et de la Somalie. De 1,3 million d'immigr&#233;s en 2000, on passe &#224; 2,7 millions en 2004, et environ 4 millions aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Romano Prodi I (1996 &#8211; 1998) introduit des quotas migratoires &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le 21 avril 1996, une coalition de centre-gauche dite de l'Olivier (l'Ulivo) dont fait partie l'ex-Parti communiste, rebaptis&#233; Parti d&#233;mocratique de la gauche (PDS), forme la composante principale, gagne les &#233;lections et obtient la majorit&#233; au Parlement. Par la loi Turco-Napoletano du 6 mars 1998, cette gauche innove en instaurant pour la premi&#232;re fois des quotas migratoires. Certes, elle entreprend une nouvelle vague de r&#233;gularisations, mais de fa&#231;on restrictive et au cas par cas. Pour obtenir un titre de s&#233;jour, il faut en avoir fait la demande avant le 15 d&#233;cembre 1998, avoir un logement, une promesse d'embauche et un casier judiciaire vierge. Sur les 300 000 personnes qui font la demande, toutes n'obtiennent pas un titre de s&#233;jour, et cette ann&#233;e-l&#224;, l'Italie chasse 58 000 personnes de son territoire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous ce gouvernement Prodi, il y a aussi l'&#233;pisode tragique de l'embarcation albanaise Kater I Rades, coul&#233;e avec 100 personnes &#224; bord par la marine italienne dans le canal d'Otranto. Celle-ci avait re&#231;u l'ordre de ne laisser passer personne : plus de 80 Albanais meurent noy&#233;s dont plus de la moiti&#233; &#233;taient des femmes et des enfants. Cela n'emp&#234;che pas les partis de droite, surtout la Ligue du Nord (Lega Nord, formation r&#233;gionaliste violemment x&#233;nophobe) et son chef Bossi de critiquer le laxisme de cette politique migratoire et d'exiger l'abrogation de l'actuelle loi sur l'immigration ; il d&#233;clare m&#234;me que face &#224; cette loi, il est normal de se dire raciste car dans peu de temps, l'Italie ne sera compos&#233;e que d'&#233;trangers&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Berlusconi II et III (2001-2006) : haro sur l'immigr&#233; !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une campagne x&#233;nophobe o&#249; la coalition de droite promet une guerre totale contre les clandestins et l'&#171; immigration-z&#233;ro &#187;, Silvio Berlusconi, est &#233;lu pour un deuxi&#232;me mandat le 11 juin 2001 &#224; la t&#234;te d'une coalition &#233;lectorale appel&#233;e &#171; maison des libert&#233;s &#187; (Casa delle Libert&#224;), form&#233;e de son propre parti (Forza Italia) et deux autres (la Ligue du Nord et l'Alliance Nationale, nouvelle appellation de l'ancien parti fasciste MSI dirig&#233;e par Gianfranco Fini).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2002, la loi Bossi-Fini durcit la politique des quotas migratoires instaur&#233;s en 1998. Elle introduit le d&#233;nomm&#233; &lt;em&gt;&#171; contrat de s&#233;jour entre l'employeur et le salari&#233; &#187;&lt;/em&gt; qui conditionne le permis de s&#233;jour &#224; l'obtention d'un contrat de travail pr&#233;alable et livre donc l'immigr&#233; au bon vouloir de son employeur. Elle augmente ainsi la capacit&#233; de chantage des patrons sur les nouveaux arriv&#233;s, mais elle pr&#233;carise aussi les r&#233;sidents de longue date : si apr&#232;s une p&#233;riode de ch&#244;mage de 6 mois, ceux-ci n'ont pas retrouv&#233; de travail, ils perdent leur droit au s&#233;jour et sont accul&#233;s, soit &#224; quitter l'Italie, soit &#224; devenir clandestins et accepter les pires esclavages dans l'&#233;conomie souterraine o&#249; s&#233;vissent toute sorte de patrons truands. Elle instaure aussi un fichier d'empreintes g&#233;n&#233;tiques pour les demandeurs de visas, r&#233;duit de fa&#231;on drastique le droit au regroupement familial et double les peines encourues par les clandestins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de l'&#233;t&#233; 2002, le gouvernement Berlusconi d&#233;cr&#232;te l'&#233;tat d'urgence dans les r&#233;gions du sud pour &#171; arr&#234;ter l'invasion &#187; qui autorise les autorit&#233;s locales &#224; prendre des mesures d'exception, comme la cr&#233;ation de &#171; centres de transit &#187; pour les nouveaux arrivants qui sont ensuite envoy&#233;s vers les centres de r&#233;tention afin d'&#234;tre expuls&#233;s. Mais ces centres fonctionnent comme des prisons. Sur l'&#238;le de Lampedusa, &#224; l'int&#233;rieur de la zone militaire de l'a&#233;roport, des centaines d'immigr&#233;s demandeurs d'asile ont &#233;t&#233; d&#233;tenus dans des conditions d'indigence totale et parfois expuls&#233;s sans que leur demande d'asile ne soit examin&#233;e. Situation qui donna lieu &#224; une r&#233;volte en f&#233;vrier 2009 : 50 immigr&#233;s bless&#233;s par la police.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Prodi II (2006 &#8211; 2008) lib&#233;ralise&#8230; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Romano Prodi annonce sa volont&#233; de revenir sur la plupart des dispositions de la loi Fini-Bossi et de faciliter l'obtention de la citoyennet&#233; italienne&#8230; En effet, de nombreux secteurs &#233;conomiques, en particulier l'agriculture qui manque de main-d'oeuvre, se plaignent des quotas trop restrictifs de cette loi. D'o&#249; le revirement par rapport &#224; Berlusconi : ouverture sans restriction du march&#233; du travail aux nouveaux citoyens de l'Union europ&#233;enne et accueil plus large d'immigr&#233;s &#171; extra communautaires &#187;. Le gouvernement d&#233;cide de r&#233;gulariser le demi million d'immigr&#233;s travaillant ill&#233;galement en Italie, soit 350 000 de plus que le quota fix&#233; par le pr&#233;c&#233;dent gouvernement pour l'ann&#233;e en cours ; il supprime par d&#233;cret toute restriction &#224; l'entr&#233;e des travailleurs issus des pays de l'Est. Dans un pays vieillissant o&#249; le taux de natalit&#233; (1,25 enfant par femme) est l'un des plus faibles de l'Union Europ&#233;enne, on enregistre aussi une hausse des besoins en aides &#224; domicile. B&#233;n&#233;fices aussi pour les services sociaux italiens d&#233;faillants ! Autre mesure : &#171; Il Professore &#187; r&#233;tablit pour les familles immigr&#233;es la prime &#224; la naissance de 1 000 euros, que Silvio Berlusconi avait r&#233;serv&#233;e aux seuls Italiens.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Berlusconi IV (2008&#8230;) : une politique d'immigration x&#233;nophobe&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En mai 2009, le gouvernement de Silvio Berlusconi fait adopter sa &#171; loi sur la s&#233;curit&#233; &#187;. Elle concerne l'immigration clandestine. D&#233;sormais toute entr&#233;e ou s&#233;jour ill&#233;gal devient un d&#233;lit passible d'une amende allant jusqu'&#224; 10 000 euros. La dur&#233;e maximale de s&#233;jour en centre de r&#233;tention pour migrants (CPT &#8211; Centri di Permanenza Temporanea) passe de 2 &#224; 6 mois et les personnes qui h&#233;bergent des sans papiers ou leur louent un logement risquent jusqu'&#224; trois ans de prison. En outre, les parents n'ayant pas de statut l&#233;gal ne peuvent plus d&#233;clarer leurs enfants aux autorit&#233;s locales et n'ont donc plus acc&#232;s aux services publics. Enfin, la nouvelle loi donne un statut l&#233;gal aux &#171; patrouilles citoyennes &#187; mises en place par certaines municipalit&#233;s pour signaler &#224; la police les atteintes &#224; l'ordre public. D&#233;j&#224; actives dans le Nord de l'Italie au milieu des ann&#233;es 1990, elles visent explicitement les immigr&#233;s et les Roms vivant en Italie. La Lega Nord, 3&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; force politique du pays, repr&#233;sent&#233;e au gouvernement par 4 ministres &#8211; dont celui de l'Int&#233;rieur Roberto Maroni &#8211; et 8 secr&#233;taires d'&#201;tat, est le fer de lance de cette politique s&#233;curitaire et x&#233;nophobe. &#192; la t&#234;te de 13 provinces et 261 municipalit&#233;s (dont Bergame, Brescia, V&#233;rone et Venise), elle a les mains libres pour lancer ses &#233;nergum&#232;nes racistes contre les immigr&#233;s. C'est ainsi que Flavio Tosi, &#233;lu maire de V&#233;rone en mai 2007 avec 60,7 % des votants, a organis&#233; en fanfare l'expulsion des Roms install&#233;s dans la banlieue et les bulldozers municipaux ont compl&#233;t&#233; l'op&#233;ration en rasant le campement (une &#171; jungle de Calais &#187; en somme, avec un Besson italien). En f&#233;vrier dernier, le maire de Turate, une petite ville de 8 000 habitants, a ouvert un bureau de la d&#233;lation pour permettre &#224; ses administr&#233;s de d&#233;noncer les clandestins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de sa campagne pour les &#233;lections europ&#233;ennes de juin 2009, Berlusconi a utilis&#233; cette &#171; loi sur la s&#233;curit&#233; &#187; pour exhorter ses partenaires de l'Union Europ&#233;enne &#224; &lt;em&gt;&#171; ne pas laisser l'Italie seule &#187;&lt;/em&gt;. Comme si elle l'&#233;tait ! Au sommet franco-espagnol d'avril 2009, les gouvernements Sarkozy et Zapatero s'&#233;taient entendus sur la cr&#233;ation d'un &#171; comit&#233; strat&#233;gique de s&#233;curit&#233; int&#233;rieure &#187; qui devait lutter contre le terrorisme, la criminalit&#233; mais aussi&#8230; l'immigration clandestine. Et le 23 octobre dernier, Berlusconi et Sarkozy ont r&#233;clam&#233; ensemble l'organisation de charters communautaires, financ&#233;s par l'Agence pour la gestion des fronti&#232;res ext&#233;rieures (Frontex), pour expulser les &#233;trangers en situation irr&#233;guli&#232;re. Ils ont &#233;t&#233; entendus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charles BOSCO&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
