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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskyste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> Obama pr&#233;sident, l'oncle Sam change de look... mais pas de cibles
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		<description>Les nouvelles venues des &#201;tats-Unis ces derni&#232;res ann&#233;es avaient pourtant de quoi d&#233;sesp&#233;rer. 2000-2004, premier mandat de Bush : deux guerres au Proche-Orient, les gesticulations pitoyables sur l'axe du Mal et les armes de destruction massive ; des baisses d'imp&#244;ts obsc&#232;nes pour les plus riches sur fond de d&#233;molition acc&#233;l&#233;r&#233;e des &#171; acquis sociaux &#187; ; une politique environnementale toujours plus irresponsable&#8230; Quatre ans de ce r&#233;gime, pour qu'en 2004, l'&#233;lectorat am&#233;ricain remette Bush en selle pour quatre&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les nouvelles venues des &#201;tats-Unis ces derni&#232;res ann&#233;es avaient pourtant de quoi d&#233;sesp&#233;rer. 2000-2004, premier mandat de Bush : deux guerres au Proche-Orient, les gesticulations pitoyables sur l'axe du Mal et les armes de destruction massive ; des baisses d'imp&#244;ts obsc&#232;nes pour les plus riches sur fond de d&#233;molition acc&#233;l&#233;r&#233;e des &#171; acquis sociaux &#187; ; une politique environnementale toujours plus irresponsable&#8230; Quatre ans de ce r&#233;gime, pour qu'en 2004, l'&#233;lectorat am&#233;ricain remette Bush en selle pour quatre ann&#233;es suppl&#233;mentaires !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premiers sondages &#233;voquant la victoire d'Obama ont donc laiss&#233; perplexe. Au sortir de l'&#232;re Bush, dans le pays dont les fondations m&#234;mes reposent sur l'esclavage ? O&#249; en 1955 Rosa Parks d&#233;clenchait une temp&#234;te pour n'avoir pas c&#233;d&#233; sa place de bus &#224; un Blanc, et o&#249; certains &#201;tats interdisaient encore les mariages mixtes douze ans plus tard &#8211; quand Obama avait 5 ans ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1936, Roosevelt refusait de recevoir &#224; la Maison blanche le champion olympique Jesse Owens, de peur qu'une photo de lui serrant la main d'un Noir ne compromette son avenir politique. Aujourd'hui un Noir succ&#232;de &#224; Roosevelt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Historique &#187;, &#171; inou&#239; &#187;, la presse a ressorti les superlatifs ; pour une fois justifi&#233;s. L'&#233;lection d'un Noir &#224; la t&#234;te de la premi&#232;re puissance du monde est une nouvelle &#233;tonnante, qui manifeste d'abord ceci : le peuple am&#233;ricain, que beaucoup (&#171; nouveaux beaufs &#187; franchouillards en t&#234;te) aiment &#224; repr&#233;senter en cow-boy &#224; la bible et au fusil, a chang&#233;. La domination des &lt;em&gt; wasps &lt;/em&gt; (les &lt;em&gt; white anglo-saxon protestants &lt;/em&gt;, dont se sont longtemps r&#233;clam&#233;es ses &#233;lites) s'est dilu&#233;e : m&#234;me les couches dominantes commencent &#224; exprimer la mosa&#239;que am&#233;ricaine. Mais surtout, le peuple am&#233;ricain est capable de d&#233;sir de changement et d'ouverture d'esprit comme d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, qu'un repr&#233;sentant de l'&#233;lite noire acc&#232;de &#224; la pr&#233;sidence n'abolit pas plus les barri&#232;res raciales que le pouvoir d'une Benazir Bhutto n'a soulag&#233; l'&#233;crasante oppression des femmes au Pakistan. Et les Noirs am&#233;ricains ne cesseront pas d'&#234;tre opprim&#233;s parce qu'un homme de leur couleur de peau sera pour quatre ans premier fonctionnaire de l'appareil de r&#233;pression. Il n'emp&#234;che : &#224; combien de millions de Noirs dans le monde cette &#233;lection a-t-elle donn&#233; un sentiment de fiert&#233; et de revanche ? D'une fa&#231;on symbolique, mais profonde, l'&#233;lection d'Obama les venge de l'abjection universelle du racisme. Et il ne s'agit pas que de bons sentiments : des luttes comme celle du LKP de Guadeloupe, en f&#233;vrier dernier, ont trouv&#233; un encouragement dans cette &#233;lection, &#224; laquelle le collectif a d'ailleurs explicitement fait r&#233;f&#233;rence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d'ailleurs la raison pour laquelle le syst&#232;me qu'il sert a fait appel &#224; Obama. Car si cet outsider est arriv&#233; au pouvoir, c'est en partie parce qu'il a &#233;t&#233; choisi par une partie des repr&#233;sentants de la classe dominante am&#233;ricaine, &#224; la faveur d'une crise elle aussi &#171; historique &#187;. Personne ne sait jusqu'o&#249; iront ses cons&#233;quences &#233;conomiques, sociales, politiques. Mais ce qui est certain, c'est que dans ce contexte, un homme neuf et populaire &#224; la t&#234;te du premier imp&#233;rialisme mondial peut &#234;tre un atout important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut d'ailleurs pas exclure que la pr&#233;sidence Obama soit l'occasion pour l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain d'une red&#233;finition de certains axes strat&#233;giques, que la crise imposera peut-&#234;tre. Mais pour l'heure, derri&#232;re le changement de style, la politique esquiss&#233;e par la nouvelle administration se caract&#233;rise plut&#244;t par la continuit&#233;. Sur le plan int&#233;rieur, o&#249; sa politique de soutien massif de l'&#201;tat au secteur financier et industriel est le strict d&#233;veloppement de celle de Bush avant son d&#233;part. En politique &#233;trang&#232;re la rh&#233;torique sur le terrorisme est reprise en l'&#233;tat, et le d&#233;part annonc&#233; d'Irak signifie le recentrage d'objectifs de guerre sur l'Afghanistan et le Pakistan &#8211; m&#234;me si cela s'accompagne du souci d'un plus grand consensus diplomatique. Les principales nouveaut&#233;s de l'administration d'Obama concernent l'introduction d'un peu de charit&#233; d'&#201;tat dans des domaines comme l'assurance maladie ou l'aide de survie aux plus pauvres. &#192; part cela, la &#171; rupture &#187; porte sur des questions d'ordre moral ou symbolique, comme la recherche sur les cellules souches, l'autorisation de l'IVG ou l'usage de la torture. &#192; la mani&#232;re d'un Mitterrand abolissant la peine de mort en 1981, Obama monnaie en d&#233;but de mandat les mesures peu co&#251;teuses qui permettront peut-&#234;tre de prolonger sa popularit&#233;. Et cela semble d'ailleurs marcher pour le moment : alors que les milliards engloutis dans les plans de sauvetages de banques et des grosses entreprises ont suscit&#233; dans la population un certain m&#233;contentement &#224; l'encontre du gouvernement, la d&#233;fiance &#233;pargne encore Obama. Mais au bilan, on est encore loin m&#234;me d'un nouveau New Deal, malgr&#233; la comparaison r&#233;p&#233;t&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans parler de ce qui serait n&#233;cessaire pour soulager vraiment la population am&#233;ricaine qui prend la crise de plein fouet. De la puissante vague d'espoirs et d'illusions qui a port&#233; Obama au pouvoir, il pourrait donc rapidement ne pas rester grand-chose. Ce qui m&#233;riterait de durer, pourtant, c'est l'espoir suscit&#233; &lt;em&gt; quand m&#234;me &lt;/em&gt; que le monde peut changer. M&#234;me si les symboles n'y suffiront pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23 avril 2009&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Beno&#238;t MARCHAND&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_377 spip_documents spip_documents_center'&gt;
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		<title> Recyclage
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		<description>Noire, d&#233;mocrate, sur fond de crise : la pr&#233;sidence Obama est cens&#233;e &#234;tre celle de la rupture. Et puisque cette image est une condition essentielle de son cr&#233;dit politique, le nouveau locataire de la Maison blanche a pris soin de doser la composition de son administration. Celle-ci r&#233;v&#232;le finalement, derri&#232;re une pinc&#233;e de nouveaux, une &#233;quipe qui se caract&#233;rise surtout par la continuit&#233; : un signe difficilement contestable d'une volont&#233; de donner des gages &#224; une classe dirigeante am&#233;ricaine qui peut&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Noire, d&#233;mocrate, sur fond de crise : la pr&#233;sidence Obama est cens&#233;e &#234;tre celle de la rupture. Et puisque cette image est une condition essentielle de son cr&#233;dit politique, le nouveau locataire de la Maison blanche a pris soin de doser la composition de son administration. Celle-ci r&#233;v&#232;le finalement, derri&#232;re une pinc&#233;e de nouveaux, une &#233;quipe qui se caract&#233;rise surtout par la continuit&#233; : un signe difficilement contestable d'une volont&#233; de donner des gages &#224; une classe dirigeante am&#233;ricaine qui peut accepter la rupture&#8230; tant qu'elle ne met pas en cause, si elle ne les sert pas, ses int&#233;r&#234;ts essentiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les personnels recycl&#233;s, les plus nombreux proviennent de la pr&#233;c&#233;dente administration d&#233;mocrate de Clinton, dont la politique &#233;trang&#232;re diff&#233;rait peu de celle des Bush. La plupart des membres du cabinet Obama ont soutenu les guerres en Irak et Afghanistan, &#224; commencer par Hillary Clinton elle-m&#234;me, la nouvelle ministre des affaires &#233;trang&#232;res. Son conseiller Dennis Ross est un faucon notoire. Le National Security Advisor (Conseiller &#224; la s&#233;curit&#233; nationale) James Jones est un ancien dirigeant de Boeing (qui produit, &#224; c&#244;t&#233; des avions civils, des syst&#232;mes d'armements) et de la &#171; major &#187; p&#233;troli&#232;re Chevron, deux profiteurs majeurs des guerres du Proche-Orient. Quant au ministre de la D&#233;fense, Obama a carr&#233;ment pr&#233;f&#233;r&#233; reconduire celui de Bush, Robert Gates, responsable de l'intensification de la guerre depuis le printemps 2007 et d&#233;sormais pri&#233; de s'occuper de l'Afghanistan et du Pakistan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a plus d'ambigu&#239;t&#233;s sur la question palestinienne. L'ancien s&#233;nateur George Mitchell, nouveau m&#233;diateur dans la guerre d'Isra&#235;l contre Gaza, a un pass&#233; r&#233;put&#233; moins unilat&#233;ralement pro-isra&#233;lien que ses pr&#233;d&#233;cesseurs. La nomination de Charles Freeman comme pr&#233;sident du National Intelligence Council (Conseil national du renseignement) a m&#234;me provoqu&#233; la col&#232;re de la droite isra&#233;lienne qui a men&#233; campagne contre lui, l'accusant d'&#234;tre pro-palestiniens, jusqu'&#224; obtenir une d&#233;mission docilement accept&#233;e par la nouvelle administration. Les choix initiaux d'Obama sur ce sujet sont d'ailleurs loin d'aller tous dans le m&#234;me sens : la nomination de Rahm Emanuel comme secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la Maison blanche, un des plus importants postes de l'administration pr&#233;sidentielle, a au contraire r&#233;joui la m&#234;me droite isra&#233;lienne. Ancien conseiller de Bill Clinton, Emanuel a fait un service militaire en Isra&#235;l et vigoureusement d&#233;fendu la guerre en Irak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Continuit&#233; aussi en ce qui concerne la politique &#233;conomique, o&#249; nombre des nouveaux conseillers sont des responsables directs de la crise actuelle. Larry Summers, ancien ministre des finances de Clinton, a grandement contribu&#233; &#224; la d&#233;r&#233;glementation du syst&#232;me financier des ann&#233;es 1990. Le nouveau secr&#233;taire au tr&#233;sor, Timothy Geithner, a derri&#232;re lui une longue carri&#232;re bancaire : Banque de la r&#233;serve f&#233;d&#233;rale de New-York, Fonds mon&#233;taire international et diff&#233;rents &#171; hedge funds &#187; &#8211; il est de ceux qui ont mis sur pied les premiers plans de subventions massives aux banques, lesquels ont profond&#233;ment choqu&#233; l'opinion populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'heure, l'image neuve du pr&#233;sident semble pourtant l'avoir prot&#233;g&#233; contre le m&#233;contentement que provoque sa politique &#171; de relance &#187;. C'est bien l&#224; sa premi&#232;re qualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Craig VINCENT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_376 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L300xH235/recycalge-d5553.png?1528029233' width='300' height='235' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> De l'Irak &#224; l'AfPak : r&#233;&#233;valuation des buts de guerre
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		<description>Le vote de novembre 2008 a exprim&#233; un profond ras-le-bol &#224; l'encontre de Bush, son arrogance, ses mensonges et sa politique guerri&#232;re. D&#233;j&#224; en 2006 la population am&#233;ricaine avait &#233;lu une majorit&#233; d&#233;mocrate au congr&#232;s, en partie dans l'espoir d'arr&#234;ter la guerre en Irak. Lors des derni&#232;res primaires les candidats d&#233;mocrates Obama et Clinton avaient jou&#233; sur le sentiment anti-guerre, d&#233;clarant tous les deux qu'ils y mettraient fin s'ils &#233;taient &#233;lus. &lt;br /&gt;Ces changements de discours ont pay&#233; &#233;lectoralement.&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le vote de novembre 2008 a exprim&#233; un profond ras-le-bol &#224; l'encontre de Bush, son arrogance, ses mensonges et sa politique guerri&#232;re. D&#233;j&#224; en 2006 la population am&#233;ricaine avait &#233;lu une majorit&#233; d&#233;mocrate au congr&#232;s, en partie dans l'espoir d'arr&#234;ter la guerre en Irak. Lors des derni&#232;res primaires les candidats d&#233;mocrates Obama et Clinton avaient jou&#233; sur le sentiment anti-guerre, d&#233;clarant tous les deux qu'ils y mettraient fin s'ils &#233;taient &#233;lus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces changements de discours ont pay&#233; &#233;lectoralement. Expriment-ils aussi la volont&#233;, de la part de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, d'infl&#233;chir sa politique afin de sortir du bourbier irakien ? Une nouvelle &#233;quipe gouvernementale peut &#234;tre une bonne occasion pour changer sans trop de ridicule. M&#234;me si inversement, une nouvelle t&#234;te permet aussi de continuer comme avant...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car il faut rappeler que ce qui n'&#233;tait que la future &#233;quipe Obama, avait adopt&#233; la politique de Bush. Obama lui-m&#234;me, quand il &#233;tait s&#233;nateur, avait vot&#233; les cr&#233;dits de guerre (des centaines de milliards de dollars) chaque fois que Bush le r&#233;clamait, tout comme une majorit&#233; de d&#233;mocrates, y compris Hillary Clinton et l'actuel vice-pr&#233;sident Joseph Biden. Ces deux derniers avaient m&#234;me vot&#233; pour la guerre en Irak en 2003&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Biden d&#233;clarait qu'elle serait &#171; une marche pour la paix et la s&#233;curit&#233; &#187; (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Obama, lui, a certes les mains blanches de ce vote&#8230; car il n'&#233;tait pas s&#233;nateur &#224; l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Changements de ton&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Obama a certes fait un certain nombre de gestes symboliques depuis son entr&#233;e en fonction : promesse de fermer Guantanamo d'ici un an (m&#234;me si d'autres centres de d&#233;tention seront l&#224; pour prendre le relais), d&#233;clarations contre la torture&#8230; Le voyage au Proche-Orient de la nouvelle ministre des affaires &#233;trang&#232;res, Hillary Clinton, a &#233;t&#233; l'occasion d'affirmer une volont&#233; de dialogue avec des &#201;tats auparavant d&#233;nonc&#233;s comme terroristes, tel que la Syrie et l'Iran. Le sommet des Am&#233;riques de la fin avril a vu Obama afficher une attitude plus conciliante &#224; l'&#233;gard des leaders &#171; de gauche &#187; du sous-continent latino-am&#233;ricain, serrer la main de Chavez&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Qui lui a offert un exemplaire des &#171; Veines ouvertes de l'Am&#233;rique latine &#187;, (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, et m&#234;me reconna&#238;tre que la strat&#233;gie des USA &#224; l'&#233;gard de Cuba &lt;em&gt; &#171; n'avait pas march&#233; &#187; &lt;/em&gt;. Le ton n'est plus celui du &lt;em&gt; &#171; Avec nous ou contre nous &#187; &lt;/em&gt; de Bush. Les &#201;tats-Unis semblent vouloir montrer qu'ils cherchent &#224; asseoir leur position dominante sur plus de concertation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on s'en r&#233;jouit peut-&#234;tre dans les ambassades, les populations, celles du Proche-Orient (mais aussi des &#201;tats-Unis) ont, elles, des raisons d'&#234;tre beaucoup plus prudentes. Obama ne remet pas en question le concept de &#171; guerre contre le terrorisme &#187; lanc&#233; par Bush&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='Il reprend d'ailleurs la tradition du d&#233;fi viril depuis les salons de la (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Il a manifest&#233; ses intentions de la fa&#231;on la plus claire qui soit en autorisant, quelques jours &#224; peine apr&#232;s &#234;tre entr&#233; en fonction, le bombardement d'un village pakistanais &#224; la fronti&#232;re afghane&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='appendix' title='Le bilan est de 22 morts (dont au moins trois enfants).' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Et si la nouvelle administration se dit contre la guerre en Irak, elle propose en revanche de l'&#233;tendre en Afghanistan, voire &#224; l'&lt;em&gt; AfPak &lt;/em&gt;, la nouvelle r&#233;gion Afghanistan-Pakistan d&#233;sormais d&#233;finie comme une seule entit&#233; par les strat&#232;ges de Washington. Obama vient de demander au Congr&#232;s une rallonge, encore une &#8211; la dix-huiti&#232;me des guerres d'Irak et d'Afghanistan &#8211;, pour le troisi&#232;me trimestre 2009 du budget militaire. Le nouveau pr&#233;sident d&#233;mocrate porterait ainsi la d&#233;pense &#224; 150 milliards de dollars pour cette ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me en Irak les op&#233;rations militaires ne sont pas cens&#233;es s'arr&#234;ter imm&#233;diatement. Le rapatriement va se poursuivre pendant 18 mois, tr&#232;s lentement au d&#233;but (les 12 000 premiers soldats am&#233;ricains rentreront d'ici 6 mois, le gros des 142 000 ne partira pas avant la fin de l'ann&#233;e) et entre 35 000 et 50 000 soldats resteront jusqu'&#224; fin 2011. Ce qui suit &#224; peu pr&#232;s le calendrier &#233;tabli en novembre 2008 alors que Bush &#233;tait encore pr&#233;sident. Un Irak sans troupes am&#233;ricaines : pas pour tout de suite... Surtout, les troupes ainsi lib&#233;r&#233;es pourront aller renforcer le contingent en Afghanistan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_391 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L140xH241/g20_obama_sarkozy-76ee4.png?1527856995' width='140' height='241' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Quand la guerre se d&#233;place &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Car Obama l'a redit dans son discours du 27 mars dernier : le nouvel objectif afghan n'est que l'adaptation de la &#171; guerre contre le terrorisme &#187; accus&#233; de prosp&#233;rer pr&#233;cis&#233;ment au pays des Talibans. Le nouveau pr&#233;sident compte donc commencer par envoyer 21 000 hommes suppl&#233;mentaires en Afghanistan pour doubler le nombre de soldats am&#233;ricains pr&#233;sents dans ce pays. Il s'agit d'intensifier la guerre qui a commenc&#233; &#224; d&#233;border au Pakistan : ainsi, malgr&#233; la baisse des effectifs en Irak, le nombre global de GIs mobilis&#233;s au Proche-Orient devrait encore augmenter pour la fin 2009. L'intensification afghane aurait comme mod&#232;le l'envoi des renforts ordonn&#233; par Bush en Irak au d&#233;but 2007.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='appendix' title='Obama affirme d'ailleurs que cette intensification a &#233;t&#233; un succ&#232;s en Irak, o&#249; (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les renforts am&#233;ricains en Irak ont pourtant fait des dizaines de milliers de morts et des centaines de milliers d'exil&#233;s. Les habitants de Bagdad vivent dans des ghettos ethniquement purifi&#233;s. Et les millions d'Irakiens qui sont partis ne reviennent pas, preuve que le &#171; calme &#187; est encore tr&#232;s relatif. Le nouvel effort de guerre en Afghanistan va signifier de m&#234;me une aggravation des bombardements et des raids, arrestations et d&#233;tentions. La recette qui a si bien mont&#233; la population irakienne contre les &#201;tats-Unis, qui avait men&#233; &#224; une recrudescence de violence terroriste en Irak, va &#234;tre appliqu&#233;e en Afghanistan. Bref, la &#171; guerre contre le terrorisme &#187; men&#233;e par les &#201;tats-Unis (et par les pays qu'ils entra&#238;nent dans cette guerre) va continuer &#224; cr&#233;er les terroristes de demain, pr&#233;cis&#233;ment en terrorisant la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme la guerre que m&#232;ne Isra&#235;l contre les Palestiniens. Lors des attaques sur Gaza, Bush, encore pr&#233;sident, avait d&#233;clar&#233; qu'Isra&#235;l avait le droit de se d&#233;fendre contre les tirs de roquettes. Obama, interrog&#233;, avait bott&#233; en touche en arguant du fait que deux administrations ne peuvent envoyer diff&#233;rents signaux en m&#234;me temps dans une situation aussi volatile&#8230; Depuis, il a r&#233;p&#233;t&#233; &#224; son tour qu'Isra&#235;l avait &#171; le droit de se d&#233;fendre &#187;. Et il a garanti l'habituelle manne financi&#232;re et militaire des &#201;tats-Unis &#224; Isra&#235;l (plus de 2 milliards de dollars en seule aide militaire, tous les ans, depuis 2000). Certes Obama a fait quelques gestes symboliques. Son premier coup de fil diplomatique a &#233;t&#233; pour Mahmoud Abbas, le pr&#233;sident de l'autorit&#233; palestinienne, et l'ancien candidat d&#233;mocrate John Kerry a &#233;t&#233; d&#233;p&#234;ch&#233; &#224; Gaza pour&#8230; constater les d&#233;g&#226;ts apr&#232;s l'intense campagne de bombardements isra&#233;liens. Hillary Clinton a adopt&#233; un nouveau ton vis-&#224;-vis du Hamas (grand Satan terroriste sous Bush), &#233;voquant m&#234;me la possibilit&#233; d'un gouvernement d'union nationale palestinien dont il pourrait faire partie. Mais le r&#244;le jou&#233; par Isra&#235;l dans la r&#233;gion est tellement strat&#233;gique qu'il est hors de question qu'Obama laisse tomber ce pion occidental. Et m&#234;me les changements symboliques ont d&#233;j&#224; montr&#233; leurs limites, comme les revirements dans le choix des diplomates am&#233;ricains charg&#233;s de la question palestinienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est certes pas impossible que la pr&#233;sidence Obama pr&#233;pare un certain changement de pied apr&#232;s des ann&#233;es de politique &#233;trang&#232;re d'affrontement brutal de Bush. Apr&#232;s tout, la strat&#233;gie des &#171; n&#233;ocons &#187; a cruellement montr&#233; ses limites en Irak, et Bush lui-m&#234;me avait fini par annoncer qu'il fallait lever le pied. Mais les signaux envoy&#233;s aujourd'hui ne semblent pas confirmer cette hypoth&#232;se &#8211; tout au plus que le nouveau pr&#233;sident prend pragmatiquement acte de la demi-d&#233;faite irakienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean-Michel CORDOBA &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_383 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH235/navire-a8b2c.png?1527856995' width='500' height='235' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Biden d&#233;clarait qu'elle serait &lt;em&gt; &#171; une marche pour la paix et la s&#233;curit&#233; &#187; &lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Qui lui a offert un exemplaire des &lt;em&gt;&#171; Veines ouvertes de l'Am&#233;rique latine &#187;&lt;/em&gt;, le classique anti-imp&#233;rialiste d'Eduardo Galeano !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Il reprend d'ailleurs la tradition du d&#233;fi viril depuis les salons de la Maison blanche, avec des d&#233;clarations comme : &lt;em&gt; &#171; Sachez ceci : notre r&#233;solution est plus forte et ne peut &#234;tre bris&#233;e, vous ne pourrez pas nous survivre, et nous vous vaincrons &#187; &lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le bilan est de 22 morts (dont au moins trois enfants).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Obama affirme d'ailleurs que cette intensification a &#233;t&#233; un succ&#232;s en Irak, o&#249; la situation se serait calm&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Plans d'urgence pour Wall Street
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Barack Obama
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		<dc:subject>USA
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		<description>La campagne d'Obama a &#233;t&#233; l'une des plus ch&#232;res de l'histoire am&#233;ricaine, gr&#226;ce &#224; de puissants soutiens priv&#233;s. Si ce fait &#224; lui seul n'explique &#233;videmment pas la victoire, il montre au moins que cette &#233;lection est aussi le projet d'une partie du plus puissant &#171; big business &#187; du monde : dans les circonstances exceptionnelles de la crise, un homme nouveau est un atout pour les classes dominantes &#233;tats-uniennes. Les colossaux plans de sauvetage mis sur pied par Obama, bien sup&#233;rieurs &#224; leurs &#233;quivalents&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Obama-president-l-oncle-Sam-change-de-look-mais-pas-de-cibles-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Obama pr&#233;sident, l'oncle Sam change de look... mais pas de cibles
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La campagne d'Obama a &#233;t&#233; l'une des plus ch&#232;res de l'histoire am&#233;ricaine, gr&#226;ce &#224; de puissants soutiens priv&#233;s&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Comme celui de Warren Buffet, premi&#232;re fortune mondiale en mars 2008 et (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Si ce fait &#224; lui seul n'explique &#233;videmment pas la victoire, il montre au moins que cette &#233;lection est aussi le projet d'une partie du plus puissant &#171; big business &#187; du monde : dans les circonstances exceptionnelles de la crise, un homme nouveau est un atout pour les classes dominantes &#233;tats-uniennes. Les colossaux plans de sauvetage mis sur pied par Obama, bien sup&#233;rieurs &#224; leurs &#233;quivalents europ&#233;ens, montrent qu'elles n'ont pour l'heure qu'&#224; se f&#233;liciter de leur choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus encore que pour la politique &#233;trang&#232;re, l'action &#233;conomique d'Obama s'inscrit dans la continuit&#233; de celle de George W. Bush. D&#232;s septembre 2008, les g&#233;ants de la banque et de l'assurance Fannie &amp; Freddie Mae et AIG b&#233;n&#233;ficiaient d'une aide de 350 milliards de dollars. Puis les banques touchaient une enveloppe globale de 700 milliards, suivies d'une autre de 800 milliards&#8230; Le montant global des aides vers&#233;es ou promises est aujourd'hui estim&#233; &#224; 8 500 milliards de dollars. Des sommes fantastiques justifi&#233;es par le &lt;em&gt; Too big to fail &lt;/em&gt;, l'adage &#171; trop gros pour tomber &#187;. Mais la seule certitude est que la population ne verra rien de ces sommes, alors que les banques en profitent pour se racheter entre elles, voire payer les primes et salaires ind&#233;cents de ceux-l&#224; m&#234;mes qui ont provoqu&#233; la crise.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des milliards pour les entreprises&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'administration Obama a pr&#233;sent&#233;, en plus des plans de sauvetages bancaires, un &lt;em&gt; stimulus plan &lt;/em&gt; (plan de relance). Ce New Deal est estim&#233; &#224; 900 milliards de dollars, pour l'essentiel consacr&#233; aux entreprises, apr&#232;s pr&#233;l&#232;vement d'une petite d&#238;me sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Obama pr&#233;tend que quatre millions d'emplois pourraient &#234;tre &#171; cr&#233;&#233;s ou sauv&#233;s &#187; gr&#226;ce &#224; son plan. Mieux que rien &#233;videm&#173;ment ; mais dans les deux ans &#224; venir ce sont six millions de personnes qui vont arriver sur le march&#233; du travail qui compte d&#233;j&#224; douze millions de ch&#244;meurs (chiffre &#233;videmment provisoire). Les quatre millions d'emplois promis seront vite d&#233;risoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plan de relance promet &#233;galement 140 milliards pour l'Education, &#224; r&#233;partir entre la r&#233;novation et la construction d'&#233;coles et l'augmentation des d&#233;penses p&#233;dagogiques. C'est une inversion de la tendance des derni&#232;res d&#233;cennies &#8211; de la part d'un pr&#233;sident par ailleurs soutien fervent d'une &#233;ducation privatis&#233;e. Mais les besoins r&#233;els sont l&#224; encore d'un autre format : selon diff&#233;rentes associations, les fonds n&#233;cessaires &#224; une remise en &#233;tat correcte des &#233;coles se situeraient entre 400 et 500 milliards de dollars. Les 140 milliards ne pourront pas grand-chose contre les licenciements annonc&#233;s de nombreux profs ou les fermetures d'&#233;coles, pas plus qu'ils ne rendront l'universit&#233; accessible &#224; la majorit&#233; de la population, dans un pays o&#249; les droits d'inscription sont r&#233;dhibitoires, m&#234;me dans les universit&#233;s publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plan pr&#233;voit pr&#232;s de 160 milliards pour la S&#233;curit&#233; sociale, dont 87 milliards pour le syst&#232;me Medicaid, qui aide les plus pauvres et les personnes &#226;g&#233;es &#224; se procurer une assurance sant&#233; (un syst&#232;me lui-m&#234;me particuli&#232;rement mal portant). Pas de quoi soulager le sort des millions de personnes qui en sont exclues (de l'ordre de 10 % de la population), ni rendre les milliards supprim&#233;s les derni&#232;res ann&#233;es. Restent 70 milliards affect&#233;s aux assurances ch&#244;mage, afin de prolonger de sept mois les allocations, et d'aider les personnes licenci&#233;es &#224; garder les assurances sant&#233; qui ne seront plus prises en charge par les employeurs. Mais aujourd'hui, seuls 30 % des ch&#244;meurs touchent des allocations et le plan Obama ne changera rien &#224; cela : c'est de 80 &#224; 100 milliards suppl&#233;mentaires qu'il faudrait pour couvrir les ch&#244;meurs qui ne le sont pas. Et qu'est-il cens&#233; se passer apr&#232;s les sept mois de rallonge ? Le plan n'a quand m&#234;me pas la pr&#233;tention de r&#233;soudre la crise d'ici l&#224;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trente milliards sont allou&#233;s &#224; l'entretien des autoroutes et des ponts. L'American Society of Civil Engineers (Association am&#233;ricaine de g&#233;nie civil) estime qu'il en faudrait 50 fois plus pour remettre en &#233;tat sur cinq ans les infrastructures de base de la premi&#232;re puissance du monde. 80 milliards sont promis en aide d'urgence aux d&#233;ficits budg&#233;taires des &#201;tats. L&#224; aussi une inversion de tendance &#8211; mais les d&#233;ficits cumul&#233;s s'&#233;l&#232;vent &#224; 150 milliards (la Californie &#224; elle seule doit 42 milliards).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin 150 milliards sont pr&#233;vus sur dix ans pour le d&#233;veloppement des &#171; &#233;nergies alternatives &#187;. Une aubaine pour les entreprises priv&#233;es du secteur, m&#234;me si l'int&#233;r&#234;t &#233;cologique d'un certain nombre de ces alternatives &#8211; parmi lesquels le charbon et le gaz naturel &#8211; est plus que douteux, voire nul en ce qui concerne l'&#233;mission de gaz &#224; effets de serre.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;&#8230; quelques miettes pour les travailleurs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Trois cents milliards sont consacr&#233;s aux baisses d'imp&#244;ts. Les travailleurs toucheront une prime sp&#233;ciale, de l'ordre de 400 dollars par personne, vers&#233;e par tranches de 20 dollars par semaine sur cinq mois. Les entreprises, elles, auront 50 milliards en baisse d'imp&#244;ts. 3 000 dollars seront enfin allou&#233;s aux employeurs pour chaque emploi cr&#233;&#233;, ind&#233;pendamment du salaire vers&#233; ou de la dur&#233;e du contrat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plan de relance permettra probablement d'offrir un soulagement &#224; la fraction des travailleurs concern&#233;s, mais sans commune mesure avec ce qui serait n&#233;cessaire. Ce n'est &#233;videmment pas faute de moyens, quand le montant total des sommes annonc&#233;es approche les 10 000 milliards de dollars&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le choix politique est absolument clair : il faut sauver le &#171; big business &#187;. Obama a d'ailleurs ouvertement dit les choses le 29 janvier, lorsqu'il s'est lanc&#233; dans une critique des grands cadres des banques et leurs bonus ind&#233;cents en pleine temp&#234;te de licenciements. Un peu de morale sur ces r&#233;mun&#233;rations &#171; honteuses &#187;, pour expliquer enfin : &lt;em&gt; &#171; l'heure viendra de faire des profits, et de toucher des dividendes. Mais on n'en est pas encore l&#224; &#187; &lt;/em&gt;. L'heure pr&#233;sente est celle des secours d'urgence pour stabiliser la situation &#233;conomique, afin que les capitalistes puissent retrouver au plus vite bonus et superprofits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C. V.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_378 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH276/obama1-11b3e.png?1528029234' width='400' height='276' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Comme celui de Warren Buffet, premi&#232;re fortune mondiale en mars 2008 et auteur de la phrase &lt;em&gt; &#171; Il y bien une guerre des classes en Am&#233;rique, et c'est ma classe qui est en train de gagner &#187; &lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Le mythe Roosevelt
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		<dc:subject>Monde
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		<description>Lors de la crise de 1929, Franklin Roosevelt avait engag&#233; une s&#233;rie de mesures &#233;conomiques connues sous le nom de &#171; New Deal &#187; (&#171; nouvelle donne &#187;). La &#171; New foundation &#187; d'Obama en sera-t-elle une nouvelle &#233;dition ? &lt;br /&gt;En 1929, Roosevelt est gouverneur de l'&#201;tat de New York. Alors qu'en Europe la crise met &#224; mal la d&#233;mocratie parlementaire, l'id&#233;e de gouverner par la force gagne des adeptes parmi les politiciens bourgeois. C'est ainsi que Roosevelt se dit int&#233;ress&#233; par Mussolini. Quant &#224; son parti, le Parti&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lors de la crise de 1929, Franklin Roosevelt avait engag&#233; une s&#233;rie de mesures &#233;conomiques connues sous le nom de &#171; New Deal &#187; (&#171; nouvelle donne &#187;). La &#171; New foundation &#187; d'Obama en sera-t-elle une nouvelle &#233;dition ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1929, Roosevelt est gouverneur de l'&#201;tat de New York. Alors qu'en Europe la crise met &#224; mal la d&#233;mocratie parlementaire, l'id&#233;e de gouverner par la force gagne des adeptes parmi les politiciens bourgeois. C'est ainsi que Roosevelt se dit int&#233;ress&#233; par Mussolini. Quant &#224; son parti, le Parti d&#233;mocrate, il ne cherche pas, m&#234;me de loin, &#224; appara&#238;tre populaire : &#224; sa t&#234;te si&#232;ge le bras droit de Du Pont de Nemours, un des plus gros capitalistes du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1932 Herbert Hoover &#8211; le pr&#233;d&#233;cesseur r&#233;publicain de Roosevelt &#224; la pr&#233;sidence &#8211; est profond&#233;ment discr&#233;dit&#233;. Cela fait trois ans, depuis le krach de 1929, qu'il ne cesse d'annoncer la reprise &#233;conomique : or la production industrielle n'est pas loin de chuter de 50 %, il y a 15 millions de ch&#244;meurs (plus du quart des salari&#233;s du pays), et les millions d'expulsions locatives ont pouss&#233; des masses de mis&#233;reux dans des campements que les Am&#233;ricains ont surnomm&#233;s par d&#233;rision les &#171; hooversvilles &#187;. Des travailleurs s'engagent sur les routes pour chercher du travail, provoquant de v&#233;ritables migrations &#224; l'&#233;chelle du continent. Pour triompher de son rival, Roosevelt n'a donc m&#234;me pas besoin d'avancer un programme pr&#233;cis.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Au chevet d'un syst&#232;me en d&#233;route&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'il acc&#232;de &#224; la pr&#233;sidence en mars 1933, le moral de la classe ouvri&#232;re am&#233;ricaine n'est pas encore &#224; la lutte, mais le scrutin a &#233;t&#233; marqu&#233; par l'abstention. N&#233;anmoins, les attentes de la population envers Roosevelt sont fortes. Y compris sans doute parmi les travailleurs noirs, que certains &#201;tats du Sud ont tout fait pour emp&#234;cher de participer au vote. Surtout, le capitalisme am&#233;ricain est tellement malade que le nouveau pr&#233;sident doit se r&#233;soudre &#224; prendre des mesures inhabituelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aux banques que la nouvelle administration commence par fournir une aide massive en rachetant leurs cr&#233;ances douteuses, avant de mettre en place une administration f&#233;d&#233;rale, la NRA (National Recovery Act) qu'elle charge de r&#233;aliser trois grandes r&#233;formes. Tout d'abord, la fixation des prix de vente pour limiter la concurrence, la l&#233;gislation antitrust &#233;tant provisoirement abandonn&#233;e. Ensuite le lancement par l'&#201;tat de grands travaux pour embaucher une partie des ch&#244;meurs &#8211; et profiter du pr&#233;texte pour subventionner nombre d'entreprises priv&#233;es&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-1' class='spip_note' rel='appendix' title='En mai 1933, un organisme sp&#233;cial entreprend l'am&#233;nagement du fleuve (...)' id='nh3-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le New Deal a &#233;t&#233; d&#233;crit plus tard comme la mise en place d'un &#171; &#201;tat providence &#187; (&lt;em&gt; Welfare State &lt;/em&gt;). Mais la Providence, cens&#233;e venir en aide &#224; tous, a ses pr&#233;f&#233;rences sociales. Comme avec les &lt;em&gt; stimulus plans &lt;/em&gt; d'Obama, le New Deal est d'abord une strat&#233;gie indispensable de sauvetage du capitalisme, qui met au service du capital priv&#233; les moyens &#233;conomiques de l'&#201;tat, et de la bourgeoisie, ses moyens politiques. Si certains qualifient d'ailleurs le New Deal de politique &#171; de gauche &#187;, d'autres, &#224; l'&#233;poque, comparent Roosevelt &#224; Hitler qui acc&#232;de au pouvoir en Allemagne la m&#234;me ann&#233;e. Ces prises en main des affaires &#233;conomiques par l'&#201;tat ont de fait des motivations similaires &#224; Washington et &#224; Berlin : l'impuissance des capitalistes &#224; g&#233;rer la faillite de leur propre syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre l'Allemagne et les &#201;tats-Unis, les situations sociales sont pourtant bien diff&#233;rentes. Plut&#244;t que d'&#233;craser le mouvement ouvrier, la bourgeoisie am&#233;ricaine &#8211; qui dispose de plus de moyens que celle d'Allemagne &#8211; pr&#233;f&#232;re tenter de le faire collaborer de son plein gr&#233; (ou au moins celui de ses chefs officiels). C'est ce qu'illustre la troisi&#232;me mesure de la NRA : au lieu d'interdire les syndicats, un paragraphe de cette loi sur le &#171; rel&#232;vement industriel &#187; garantit au contraire aux travailleurs des droits syndicaux (une mesure dont Obama s'est peut-&#234;tre inspir&#233; avec son &lt;em&gt; Employee Free Choice Act &lt;/em&gt;). En pratique, de nombreux patrons en profitent pour monter des syndicats jaunes. Consciente pourtant du danger de la mobilisation ouvri&#232;re, l'administration Roosevelt prend les devants en favorisant la reconnaissance de syndicats qu'elle tente du m&#234;me coup de contr&#244;ler. Une mesure dont l'administration Roosevelt allait vite se f&#233;liciter.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une vague de luttes ouvri&#232;res&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Lors de l'&#233;lection de Roosevelt en 1932, un journaliste avait relev&#233; : on entend le mot r&#233;volution &lt;em&gt; &#171; dans les milieux les plus conservateurs, [&#8230;] De la part des esprits les plus &#233;quilibr&#233;s et s&#233;rieux &#187; &lt;/em&gt;. Cette ann&#233;e-l&#224;, 250 000 travailleurs se mettent en gr&#232;ve. Ils sont un million en 1933, et pr&#232;s d'un million et demi en 1934. Des &#233;meutes de la faim enflamment plusieurs grandes villes. En f&#233;vrier 34, des militants trotskystes parviennent &#224; diriger une gr&#232;ve victorieuse &#224; Minneapolis, faisant ainsi la d&#233;monstration qu'une poign&#233;e de r&#233;volutionnaires peuvent avoir un impact d&#233;cisif dans cette situation. &#192; Toledo les ch&#244;meurs qui, avec leurs familles, repr&#233;sentent un tiers de la population de la ville, viennent en aide aux gr&#233;vistes d'un &#233;quipementier de l'automobile. Ces mouvements annoncent la vague de gr&#232;ves encore plus importantes des ann&#233;es 1936-1940, en particulier dans l'automobile. Le patronat recrute des milices anti-gr&#233;vistes qui collaborent avec la police d'&#201;tat, et les affrontements sont violents. Si l'on est encore loin du fascisme, c'est bien la m&#233;canique qui a produit les &#171; fasci &#187; en Italie qui red&#233;marre aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette &#233;poque, la conf&#233;d&#233;ration syndicale la plus puissante, l'AFL, a certes beaucoup recrut&#233;, mais quand sa direction intervient sur le terrain, c'est pour freiner les gr&#232;ves et proposer aux travailleurs m&#233;contents l'arbitrage du gouvernement. La strat&#233;gie syndicale de Roosevelt fonctionne donc. Les dirigeants de l'AFL m&#232;nent leurs campagnes de syndicalisation en martelant &lt;em&gt; &#171; le pr&#233;sident Roosevelt veut que vous adh&#233;riez au syndicat &#187; &lt;/em&gt;. Et ces m&#234;mes dirigeants syndicaux ne tarderont pas &#224; faire campagne pour sa r&#233;&#233;lection.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Sortir de la crise par la guerre&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En ao&#251;t 1937, r&#233;cemment r&#233;&#233;lu, Roosevelt doit faire face &#224; un nouveau krach boursier. Le syst&#232;me New Deal semble avoir &#233;puis&#233; ses ressources politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est alors que la guerre europ&#233;enne qui se profile offre &#224; la bourgeoisie am&#233;ricaine les moyens d'un red&#233;marrage inesp&#233;r&#233;. Roosevelt tente d'en tirer parti sans mettre les doigts dans l'engrenage militaire. Lors des &#233;lections de 1940, il affiche encore une fid&#233;lit&#233; sans faille &#224; la doctrine Monroe : &lt;em&gt; &#171; En m'adressant &#224; vous qui &#234;tes des p&#232;res et des m&#232;res [&#8230;], je voudrais le dire encore et toujours. Je n'enverrai pas vos fils faire une guerre &#233;trang&#232;re &#187; &lt;/em&gt;. Une d&#233;magogie qui lui permettra de remporter une troisi&#232;me fois les &#233;lections. Avant de plonger les &#201;tats-Unis dans la guerre mondiale qui leur permettra, gr&#226;ce &#224; l'industrie de guerre, de sortir d&#233;finitivement des ann&#233;es de crise, et leur assurera un statut confirm&#233; de puissance mondiale dominante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laurent VASSIER&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_379 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L300xH283/roosevelt-08e2d.png?1597479011' width='300' height='283' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb3-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-1' class='spip_note' title='Notes 3-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En mai 1933, un organisme sp&#233;cial entreprend l'am&#233;nagement du fleuve Tennessee. Un projet gigantesque qui concerne sept &#201;tats et inclut la construction de barrages hydro-&#233;lectriques, la fabrication d'engrais, le creusement de lacs de divertissements, etc. Les emplois sont pr&#233;caires, n'emploient
qu'une partie (de l'ordre de 25 %) de ch&#244;meurs, et ont tendance &#224; dispara&#238;tre hors p&#233;riode &#233;lectorale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Vers la Grande D&#233;pression ?
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>USA
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		<dc:subject>Crise
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		<description>La crise actuelle a aux &#201;tats-Unis des effets plus visibles encore que dans nombre de pays d'Europe, et la situation &#233;conomique se d&#233;grade de jour en jour. Moins d'une semaine apr&#232;s l'investiture d'Obama, le pays apprenait la plus grosse vague de licenciements jamais annonc&#233;s : plus de 74 000 en une seule journ&#233;e. Ils touchent d&#233;sormais quasiment tous les secteurs de l'&#233;conomie am&#233;ricaine, de la finance au b&#226;timent en passant par l'industrie et le commerce. En janvier dernier, la destruction d'un&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La crise actuelle a aux &#201;tats-Unis des effets plus visibles encore que dans nombre de pays d'Europe, et la situation &#233;conomique se d&#233;grade de jour en jour. Moins d'une semaine apr&#232;s l'investiture d'Obama, le pays apprenait la plus grosse vague de licenciements jamais annonc&#233;s : plus de 74 000 en une seule journ&#233;e. Ils touchent d&#233;sormais quasiment tous les secteurs de l'&#233;conomie am&#233;ricaine, de la finance au b&#226;timent en passant par l'industrie et le commerce. En janvier dernier, la destruction d'un demi-million d'emplois &#233;tait annonc&#233;e pour le quatri&#232;me mois cons&#233;cutif. Et la demande &#233;conomique se contracte toujours, acc&#233;l&#233;rant la spirale des licenciements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre novembre 2007 et novembre 2008 les statistiques officielles ont enregistr&#233; 3,2 millions de ch&#244;meurs suppl&#233;mentaires. Il faut remonter aux ann&#233;es 1930-1931 pour constater une remont&#233;e du ch&#244;mage aussi rapide. Encore ces chiffres ne tiennent-ils pas compte de tous ceux qui ont simplement renonc&#233; &#224; chercher un travail introuvable, ni des travailleurs licenci&#233;s qui s'accrochent &#224; des petits boulots &#224; temps partiel : il suffit de travailler une heure par mois pour devenir invisible pour les statistiques am&#233;ricaines ! L'augmentation du nombre de ch&#244;meurs de l'an pass&#233; serait donc en r&#233;alit&#233; plus proche des cinq millions, ce qui porterait le nombre des sans emplois bien au-dessus des 12 millions officiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Submerg&#233;es par l'afflux de ch&#244;meurs, les agences pour l'emploi sont incapables de traiter toutes les demandes. Lorsque les gens leur t&#233;l&#233;phonent, c'est un message enregistr&#233; qui les accueille &#8211; pour leur demander de rappeler plus tard. Certains s'accrochent pendant des jours, passant des heures en vain au bout du fil. Sept &#201;tats sur cinquante se sont d&#233;j&#224; d&#233;clar&#233;s incapables de faire face &#224; l'explosion de leurs budgets d'assurance-ch&#244;mage, avant de solliciter l'aide du gouvernement f&#233;d&#233;ral &#8211; et les quarante-trois autres devraient se retrouver dans la m&#234;me situation tr&#232;s rapidement.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Camps de toile&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les expulsions suivent la m&#234;me courbe que les licenciements : 3,7 millions de personnes ont perdu leur logement depuis le d&#233;but de la crise. Difficile d'estimer le nombre de pr&#234;ts immobiliers actuellement impay&#233;s &#8211; plusieurs centaines de milliers au bas mot. Certains experts pr&#233;voient que plus de huit millions de foyers vont se retrouver &#224; la rue dans les quatre ans qui viennent. Les camps de toile o&#249; se r&#233;fugient les sans-abris, par familles enti&#232;res, gonflent dans de nombreuses villes du sud du pays : Sacramento, Resno, Las Vegas, Fresno&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premi&#232;re ligne dans la crise, les &#201;tats et les gouvernements locaux annoncent des d&#233;ficits records, qu'ils traduisent aussit&#244;t en suppressions de budgets pour l'&#233;ducation, la sant&#233;, l'aide aux personnes &#226;g&#233;es, aux plus pauvres ou aux sans abris. Ces coupes budg&#233;taires ne sont que les derni&#232;res d'une s&#233;rie commenc&#233;e sous la pr&#233;sidence du r&#233;publicain Reagan au d&#233;but des ann&#233;es 1980, et poursuivie sans interruption depuis, notamment par le d&#233;mocrate Clinton dans les ann&#233;es 1990. Les derni&#232;res mesures d'aust&#233;rit&#233; frappent donc un syst&#232;me social d&#233;j&#224; extr&#234;mement d&#233;grad&#233;. Et les personnes disposant d'une retraite priv&#233;e d&#233;cente l'ont souvent vue fondre, parfois de 40 %, les fonds de pensions priv&#233;s am&#233;ricains &#233;tant directement d&#233;pendant de leurs actions en Bourse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le fleuve de subventions publiques aux banques et aux entreprises, le plan de &#171; stimulation &#187; (de relance) d'Obama contre la crise pr&#233;voit de pr&#233;lever 20 milliards de dollars d'assistance alimentaire pour les plus pauvres. Un peu d'eau dans le sable, tant les files d'attente s'allongent devant les banques alimentaires et les programmes d'aide d'urgence, aujourd'hui submerg&#233;s. Il y avait avant la crise 40 millions de personnes victimes de malnutrition (13 % de la population). Sans tenir compte de l'augmentation &#233;vidente du nombre de ceux qui vont aborder cette version de l'&lt;em&gt; &#171; American way of life &#187; &lt;/em&gt;, la subvention Obama repr&#233;sente donc deux dollars par personne. &lt;em&gt;&#171; Pas assez pour vivre, juste assez pour ne pas mourir &#187;&lt;/em&gt;, comme disaient d&#233;j&#224;, &#224; propos des aides New deal, les ch&#244;meurs des ann&#233;es 30.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C. V.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_381 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH319/tunnel-5d201.png?1528297490' width='400' height='319' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Les bureaucraties syndicales, bons soutiers des D&#233;mocrates
</title>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>USA
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		<dc:subject>Barack Obama
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		<dc:subject>Syndicats
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		<description>C'est sans doute dans le monde du travail que l'&#233;lection de Barack Obama a &#233;t&#233; port&#233;e par le plus d'espoirs et de ferveur. Joli tour de force de la vieille machine d&#233;mocrate am&#233;ricaine : alors qu'on pouvait la croire aussi rouill&#233;e que les machines &#224; voter du dix-neuvi&#232;me si&#232;cle qu'on peut encore voir en Louisiane, elle a r&#233;ussi &#224; transformer le candidat d'un parti rompu &#224; la gestion des affaires de la plus puissante bourgeoisie du monde en candidat des exploit&#233;s. &#192; moins que l'exploit exprime surtout la&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est sans doute dans le monde du travail que l'&#233;lection de Barack Obama a &#233;t&#233; port&#233;e par le plus d'espoirs et de ferveur. Joli tour de force de la vieille machine d&#233;mocrate am&#233;ricaine : alors qu'on pouvait la croire aussi rouill&#233;e que les machines &#224; voter du dix-neuvi&#232;me si&#232;cle qu'on peut encore voir en Louisiane, elle a r&#233;ussi &#224; transformer le candidat d'un parti rompu &#224; la gestion des affaires de la plus puissante bourgeoisie du monde en candidat des exploit&#233;s. &#192; moins que l'exploit exprime surtout la p&#233;nurie politique am&#233;ricaine, o&#249; la classe ouvri&#232;re n'a aucune organisation susceptible de d&#233;fendre ses int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La campagne Obama a b&#233;n&#233;fici&#233; du soutien sans faille des syndicats, l'AFL-CIO et sa scission de 2005, la coalition &lt;em&gt; &#171; Change to win &#187; &lt;/em&gt; (&#171; Le changement, pour gagner &#187;). Cette alliance syndicats-Parti d&#233;mocrate remonte aux ann&#233;es 1930 : depuis Roosevelt, les leaders syndicaux ont toujours pr&#233;tendu trouver chez les D&#233;mocrates les politiciens les plus &#171; favorables au Travail &#187;. La collaboration a cependant rarement &#233;t&#233; aussi pouss&#233;e que lors des &#233;lections de 2008, au sortir de huit ann&#233;es d'une administration Bush cyniquement anti-ouvri&#232;re.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-1' class='spip_note' rel='appendix' title='C'est plus g&#233;n&#233;ralement &#224; l'union sacr&#233;e syndicat-patronat-administration (...)' id='nh4-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Avec les compliments de Warren Buffet et des m&#233;tallos&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est une habitude des syndicats am&#233;ricains d'arroser syst&#233;matiquement les politiciens lors des &#233;lections. Celles de 2008 ont vu 56 millions de dollars passer des caisses syndicales &#224; celles du Parti d&#233;mocrate. Obama a pu ainsi b&#233;n&#233;ficier, &#224; c&#244;t&#233; des cadeaux de ses amis milliardaires &#224; la Warren Buffet, d'un certain nombre de cotisations de travailleurs... Le soutien est surtout politique : les syndicats incitent leurs membres &#224; voter pour les candidats officiels. T&#233;l&#233;phone, mail, courrier ou discours, tout l'appareil est mobilis&#233;, de l'union locale au niveau national. L'activisme de l'UAW a ainsi &#233;t&#233; un ingr&#233;dient essentiel de la victoire d'Obama dans des &#201;tats de l'automobile comme le Michigan ou l'Ohio.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait qu'une part importante de la classe ouvri&#232;re am&#233;ricaine soit noire a &#233;videmment facilit&#233; le soutien &#224; Obama &#8211; m&#234;me si localement les pr&#233;jug&#233;s racistes des travailleurs blancs ont pu jouer de fa&#231;on oppos&#233;e. Mais d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, les syndicats ont apport&#233; leur soutien de fa&#231;on tr&#232;s acritique au mieux plac&#233; des candidats d&#233;mocrates. Lors des primaires, c'est d'abord Hillary Clinton qui a eu les faveurs de la majorit&#233; des chefs syndicaux. Le syndicat des camionneurs (Teamsters Unions), membre de la coalition &lt;em&gt; &#171; Change to Win &#187; &lt;/em&gt;, fut le premier &#224; soutenir Obama, en f&#233;vrier 2008. C'est seulement apr&#232;s que le vent eut tourn&#233; dans les sondages que la majorit&#233; des directions syndicales se d&#233;cida &#224; laisser tomber Clinton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis son &#233;lection, Obama a fait quelques renvois d'ascenseur pour consolider l'union sacr&#233;e. Il a soutenu le &lt;em&gt; Lilly Ledbetter Fair Pay Act &lt;/em&gt;, une loi contournant une d&#233;cision de la Cour supr&#234;me qui limitait &#224; 180 jours le d&#233;lai accord&#233; aux travailleurs pour se retourner contre leur employeur en cas de discrimination sexuelle. Il soutient aussi &lt;em&gt; l'Employee Free Choice Act &lt;/em&gt; : ce projet de loi, auquel il avait particip&#233; comme s&#233;nateur, devrait permettre de faciliter la syndicalisation et les &#233;lections professionnelles. Un coup de pouce aux hi&#233;rarchies syndicales surtout, puisqu'il cr&#233;e un cadre juridique permettant l'affiliation passive des salari&#233;s, en l'absence de toute structure militante r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;De la cuisine et des luttes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la petite et grande cuisine des bureaucraties syndicales et leurs compromissions avec l'appareil d&#233;mocrate, il reste &#233;videmment des militants de base, organis&#233;s ou non dans les syndicats, susceptibles de mener des luttes sur les lieux de travail. L'automne dernier, alors que la Republic Windows and Doors Company de Chicago (portes et fen&#234;tres) annon&#231;ait son d&#233;p&#244;t de bilan, 240 salari&#233;s furent menac&#233;s de licenciement sans paiement des derniers salaires. Le 5 d&#233;cembre, les travailleurs occup&#232;rent l'usine. L'occupation fut organis&#233;e avec le soutien de militants de United Electrical Workers, un syndicat ayant une tradition radicale. Cette lutte eut un petit &#233;cho national et Obama se fendit de quelques mots de soutien, apr&#232;s quoi les patrons se d&#233;p&#234;ch&#232;rent de d&#233;bloquer un pr&#234;t pour payer les travailleurs et r&#233;gler l'affaire. Six jours apr&#232;s le d&#233;but de l'occupation, les travailleurs obtenaient leurs arri&#233;r&#233;s, avec deux mois d'assurance maladie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 29 janvier, des milliers de profs d&#233;filaient &#224; Los Angeles pour protester contre l'annonce de licenciement de 2 300 des leurs, au pr&#233;texte d'un d&#233;ficit de 500 millions de dollars de leur circonscription scolaire. Les manifestants d&#233;fil&#232;rent derri&#232;re une banderole constatant : &lt;em&gt; &#171; Nouveau gouvernement, m&#234;me vieille politique&#8230; Sans changement, pas d'espoir &#187; &lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi isol&#233;s soient-ils, des mouvements comme celui des profs ou la gr&#232;ve de Chicago montrent pourtant que, m&#234;me lorsque les syndicats se r&#233;duisent &#224; de purs appareils gestionnaires des &#171; int&#233;r&#234;ts des travailleurs &#187;, il peut exister en leur sein des militants pour organiser la lutte. C'est qu'&#224; un moment ou &#224; un autre, les travailleurs peuvent prendre conscience de leurs int&#233;r&#234;ts de classe et reprendre la lutte sur cette base. Alors que la violence de la crise pourrait rapidement dissiper les illusions en Obama, rien d'impossible &#224; ce que de tels exemples finissent par convaincre &#224; une &#233;chelle autrement plus large. C'est alors que l'extr&#234;me gauche, aussi faible soit-elle aujourd'hui (aucun groupe d'un poids significatif, ni d'extr&#234;me gauche, ni m&#234;me de gauche n'est pr&#233;sent dans le monde du travail, sans parler de lui proposer une politique ind&#233;pendante), aurait un r&#244;le &#224; jouer&#8230; &#192; condition de se d&#233;pouiller de tout suivisme vis-&#224;-vis des bureaucraties syndicales comme des d&#233;mocrates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Victor FRANKS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_382 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L300xH161/travailleurs-21a1e.png?1528029234' width='300' height='161' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb4-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-1' class='spip_note' title='Notes 4-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C'est plus g&#233;n&#233;ralement &#224; l'union sacr&#233;e syndicat-patronat-administration pr&#233;sidentielle qu'on assiste, comme lorsque Ron Gettlefinger, secr&#233;taire de l'UAW (&#171; United Auto workers &#187;, syndicat des travailleurs de l'automobile), s'est joint aux patrons des trois plus grandes marques automobiles lors de leur visite &#224; Washington pour aller demander 25 milliards de dollars afin d'&lt;em&gt; &#171; emp&#234;cher la faillite des constructeurs automobiles et les terribles cons&#233;quences que cela entra&#238;nerait &#187; &lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> La gueule de bois de Martin Luther King
</title>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>USA
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		<dc:subject>Barack Obama
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		<dc:subject>Racisme
</dc:subject>

		<description>La victoire d'Obama a pu &#234;tre pr&#233;sent&#233;e comme la r&#233;alisation du &#171; r&#234;ve &#187; de Martin Luther King. De fait, qu'un Noir acc&#232;de &#224; la pr&#233;sidence de la premi&#232;re puissance du monde est plus qu'un symbole, un sympt&#244;me : quelque chose a chang&#233;. Pour autant, cette &#233;lection est loin de signifier que le foss&#233; entre les Noirs et le reste de la soci&#233;t&#233; a &#233;t&#233; combl&#233;. &lt;br /&gt;Depuis l'&#233;poque de Martin Luther King, la communaut&#233; noire am&#233;ricaine s'est accrue : 18,9 millions soit 10,5 % de la population en 1960, 39 millions soit 12,85 % des&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La victoire d'Obama a pu &#234;tre pr&#233;sent&#233;e comme la r&#233;alisation du &#171; r&#234;ve &#187; de Martin Luther King. De fait, qu'un Noir acc&#232;de &#224; la pr&#233;sidence de la premi&#232;re puissance du monde est plus qu'un symbole, un sympt&#244;me : quelque chose a chang&#233;. Pour autant, cette &#233;lection est loin de signifier que le foss&#233; entre les Noirs et le reste de la soci&#233;t&#233; a &#233;t&#233; combl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'&#233;poque de Martin Luther King, la communaut&#233; noire am&#233;ricaine s'est accrue : 18,9 millions soit 10,5 % de la population en 1960, 39 millions soit 12,85 % des 304 millions d'habitants en 2008. Tr&#232;s concentr&#233;s dans certaines parties du pays (54,8 % habitent les &#201;tats du Sud, 88 % vivent dans des zones urbaines), les Noirs sont moins cantonn&#233;s qu'il y a cinquante ans dans des quartiers sp&#233;cifiques, surtout dans les grandes villes de l'Ouest et du Sud. Mais les centres urbains du Middle West et du Nord-Est regroupent toujours les ch&#244;meurs et les m&#232;res seules avec enfants (en 2000, 48 % du total des m&#233;nages noirs sont des femmes c&#233;libataires, qui survivent souvent sans pension alimentaire). Les services publics y sont encore plus absents qu'ailleurs : manque de transports en commun, moins d'&#233;coles et d'h&#244;pitaux, aides au logement inadapt&#233;es...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Afro-am&#233;ricains sont les premi&#232;res victimes de probl&#232;mes sanitaires : 52 % des s&#233;ropositifs am&#233;ricains ; taux de mortalit&#233; infantile 80 % plus &#233;lev&#233; que la moyenne nationale et similaire &#224; celui de certains pays du tiers monde. 21 % des Noirs n'ont pas d'assurance sant&#233; (13 % pour les Blancs), et l'esp&#233;rance de vie est de 5 ans inf&#233;rieure &#224; celle des Blancs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1998, 14,7 % des Noirs et 25 % des Blancs avaient fait 4 ann&#233;es ou plus d'&#233;tudes sup&#233;rieures. Les Noirs sont peu pr&#233;sents chez les avocats (3,3 %), ing&#233;nieurs (3,7 %), m&#233;decins (4,2 %) et l'enseignement sup&#233;rieur (5 %). Ils sont surrepr&#233;sent&#233;s en revanche dans l'arm&#233;e am&#233;ricaine (22 %, pr&#232;s du double de leur proportion dans la population) qui repr&#233;sente pour eux une v&#233;ritable &#233;chappatoire au ch&#244;mage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lois contre la s&#233;gr&#233;gation obtenues par les luttes des ann&#233;es 1950 et 1960 et l'&#233;l&#233;vation globale du niveau de vie ont permis une am&#233;lioration progressive du sort des Noirs : alors que 90 % vivaient en dessous du seuil de pauvret&#233; avant la Seconde guerre mondiale, ils auraient &#233;t&#233; 24 % en 2005 (m&#234;me si ce &#171; seuil &#187; change n&#233;cessairement de signification sur un demi-si&#232;cle). Mais les in&#233;galit&#233;s demeurent : &#224; la m&#234;me date, ce sont 8 % des Blancs et 22 % des Latinos qui se seraient trouv&#233;s dans le m&#234;me cas. Le revenu m&#233;dian moyen des m&#233;nages noirs &#233;tait encore de 67 % seulement de celui des Blancs en 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Noirs sont particuli&#232;rement victimes des exactions polici&#232;res&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Un rapport minist&#233;riel indique par exemple qu'entre 1994 et 1997, la moiti&#233; (...)' id='nh5-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, et les comportements racistes des forces de l'ordre sont fr&#233;quemment couverts par la Justice.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Ce fut par exemple le cas c&#233;l&#232;bre d'un jeune Noir non arm&#233;, assassin&#233; en 1999 (...)' id='nh5-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Il y a aujourd'hui en prison un homme emprisonn&#233; pour 106 adultes am&#233;ricains blancs, un pour 36 adultes hispaniques, et un Noir pour 15. En 2005, 42 % des prisonniers pourrissant dans les couloirs de la mort &#233;taient noirs&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-3' class='spip_note' rel='appendix' title='Et critiqu&#233; pour ses effets pervers : dans ces &#233;coles &#224; pr&#233;dominance blanche, (...)' id='nh5-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;s&#233;gr&#233;gation a paradoxalement eu &#224; certains endroits des cons&#233;quences n&#233;fastes dans les ghettos. La petite bourgeoisie noire les a quitt&#233;s avec ses boutiques, ses emplois et ses services, ne laissant derri&#232;re elle que des concentr&#233;s de probl&#232;mes sociaux : m&#232;res c&#233;libataires pauvres, drogue, guerre des gangs (aux USA les victimes des homicides sont &#224; 49 % des Noirs), ch&#244;mage massif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_384 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L300xH305/chaise-51e73.png?1528029234' width='300' height='305' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un bilan de l'Affirmative Action&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1960, soucieuse de diminuer les tensions sociales et raciales qui d&#233;stabilisaient le pays, les administrations Kennedy et Johnson ont mis en place une politique &lt;em&gt; d'Affirmative action &lt;/em&gt; (discrimination positive). Celle-ci a jou&#233; un r&#244;le essentiel dans le d&#233;veloppement de la petite bourgeoisie noire en ouvrant l'acc&#232;s aux universit&#233;s et aux postes qualifi&#233;s, ou encore par les passations de contrat publics avec des soci&#233;t&#233;s d'entrepreneurs noirs. Le &lt;em&gt; busing &lt;/em&gt; fut mis en place, un syst&#232;me d'inscription scolaire des &#233;l&#232;ves noirs hors de leurs quartiers pour qu'ils se m&#233;langent dans de meilleurs &#233;coles auparavant quasi-exclusivement compos&#233; de Blancs (des bus pay&#233;s par les pouvoirs publics les y amenaient quotidiennement).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces politiques de discrimination positive furent progressivement d&#233;laiss&#233;es &#224; partir des ann&#233;es 1980, notamment sous la pr&#233;sidence Clinton (plusieurs &#201;tats dont la Californie et la Floride ont interrompu leurs programmes de discrimination positive ces 15 derni&#232;res ann&#233;es), ce qui a contribu&#233; &#224; un retour en arri&#232;re : l'universit&#233; de Berkeley, par exemple, y a mis fin : le nombre de ses &#233;tudiants issus des minorit&#233;s a chut&#233; de 55 %. Ceci est all&#233; de pair avec la baisse des aides sociales dont les Noirs et Hispaniques b&#233;n&#233;ficient prioritairement. Le &#171; busing &#187; fut aussi d&#233;laiss&#233;3.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La haine raciale a-t-elle diminu&#233; ? Beaucoup de pr&#233;jug&#233;s subsistent. Blancs et Noirs se fr&#233;quentent plus qu'avant, notamment sur les lieux de travail, mais ne se m&#233;langent pas beaucoup, chacun habitant souvent dans des quartiers diff&#233;rents. L'abolition par la Cour supr&#234;me des lois prohibant les mariages interraciaux dans les 16 derniers &#201;tats ne date que de 1967. Aujourd'hui encore, les mariages mixtes sont rares et suscitent de fortes r&#233;probations (2 % environ des femmes noires am&#233;ricaines mari&#233;es le sont avec un Blanc ou un Latino). Le mariage multiracial reste un des forts tabous de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Bouleversements d&#233;mographiques&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les Blancs repr&#233;sentent aujourd'hui 67 % de la population am&#233;ricaine. Mais du fait de l'immigration et des dynamiques d&#233;mographiques, ils ne devraient plus &#234;tre que 47 % en 2050. Les USA seront alors &lt;em&gt; &#171; un pays de minorit&#233;s &#187; &lt;/em&gt;. La proportion de Noirs devrait rester stable autour de 13 %, les Hispaniques passer de 14 % &#224; 29 % et les Asiatiques de 5 % &#224; 9 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces changements d&#233;mographiques bousculent aussi les r&#244;les politiques et sociaux. De nouveaux probl&#232;mes ont apparus avec l'arriv&#233;e massive de Latinos (la minorit&#233; hispanique d&#233;passe en nombre les Noirs depuis 2005). Certains Noirs pauvres se sentent en concurrence pour les emplois peu qualifi&#233;s avec les Asiatiques ou Hispaniques, qui bouleversent la pr&#233;dominance noire dans certains quartiers pauvres ou villes, diluant aussi le poids politique des Noirs aux &#233;lections. La m&#233;fiance des Noirs peut grandir face &#224; une communaut&#233; qui op&#232;re mieux et plus rapidement son int&#233;gration &#8211; surtout lorsque ce sentiment est instrumentalis&#233;e par des courants nationalistes&#8230; Selon le magazine &lt;em&gt; l'Expansion &lt;/em&gt;, le nombre d'entreprises noires est de 1,2 millions pour un revenu d&#233;gag&#233; de 89 milliards de dollars, alors que les 1,6 millions d'entreprises Latinos d&#233;gagent 222 milliards. Il faut pourtant souligner que ces chiffres bruts, parfois utilis&#233;s par les Noirs eux-m&#234;mes pour conforter leur pr&#233;jug&#233; selon lequel &lt;em&gt; &#171; les autres communaut&#233;s sont favoris&#233;es &#187; &lt;/em&gt;, occulte compl&#232;tement la diff&#233;rence des histoires : les immigrations latinos ou asiatiques ont drain&#233; avec elles une partie de leurs &#233;lites, y compris bourgeoises, ce qui n'a &#233;videmment pas &#233;t&#233; le cas pour les Noirs, au moins jusqu'&#224; un pass&#233; tr&#232;s r&#233;cent&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-4' class='spip_note' rel='appendix' title='M&#234;me si Obama lui-m&#234;me, dont le p&#232;re &#233;tait un Kenyan venu aux USA faire de (...)' id='nh5-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;volution de l'&#233;quilibre ethnique des USA offrirait pourtant la possibilit&#233; d'une alliance des Noirs avec les Hispaniques pour conqu&#233;rir l'&#233;galit&#233; politique et sociale &#8211; une alliance qui pourrait d'autant plus s'ouvrir aux travailleurs blancs que tous sont maintenant touch&#233;s par la crise. M&#234;me si celle-ci a d'abord frapp&#233; les minorit&#233;s : officiellement, le ch&#244;mage a cr&#251; de 0,4 % entre d&#233;cembre 2008 et janvier 2009, pour atteindre 7,6 % de la population active, mais ce taux a augment&#233; de 0,5 % chez les Hispaniques pour atteindre 9,7 % ; et de 0,7 % pour atteindre 12,6 % chez les Noirs.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les nouvelles &#233;lites noires&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les puissantes luttes du Mouvement des droits civiques, dans les ann&#233;es 1950-60 ont durablement impos&#233; certains droits politiques des Noirs. Certaines &#233;lites noires ont vu s'ouvrir des possibilit&#233;s de carri&#232;res politiques de plus en plus s&#233;rieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de Noirs demeurent certes &#224; l'&#233;cart du syst&#232;me &#233;lectoral. Privation de droit de vote &#224; cause de leurs s&#233;jours en prison, marginalisation sociale... toutes ces raisons expliquent leurs taux d'abstention record&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-5' class='spip_note' rel='appendix' title='Le scandale des &#233;lections pr&#233;sidentielles de 2000 en Floride a clairement (...)' id='nh5-5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Pourtant, depuis 1965, ils ne sont plus soumis aux restrictions de leur droit de vote (test scolaire et taxe dans certains &#201;tats qui en &#233;cartaient beaucoup), et un nouveau d&#233;coupage &#233;lectoral a &#233;t&#233; mis en &#339;uvre pour accro&#238;tre le nombre d'&#233;lus noirs (ou hispaniques). Alors qu'en 1970 il y avait 10 Noirs au congr&#232;s, ils &#233;taient 41 en 1995. Ils sont pass&#233;s sur la m&#234;me p&#233;riode de 170 &#224; 604 dans les assembl&#233;es l&#233;gislatives f&#233;d&#233;rales de diff&#233;rents &#201;tats. Le premier gouverneur noir d'un &#201;tat fut &#233;lu en 1990, et en 1992 le premier s&#233;nateur noir (et m&#234;me, une s&#233;natrice !). Il n'y avait en 1964 que 104 &#233;lus noirs dont aucun maire ; ils &#233;taient 9 000 en 1997. De grandes villes &#224; forte communaut&#233; noire comme Gary (1968), D&#233;troit (1973), Washington (1974), Atlanta (1974), Oakland (1978) eurent les premiers maires noirs, voire des villes o&#249; la communaut&#233; noire est faible (Seattle et Denver dans les ann&#233;es 1990). Des politiciens noirs ont commenc&#233; &#224; &#234;tre nomm&#233;s &#224; des postes importants de l'administration dans les ann&#233;es 1970. Parmi les ascensions les plus spectaculaires, celle du conservateur Colin Powell, chef d'&#233;tat-major des arm&#233;es en 1989, puis premier secr&#233;taire d'&#201;tat noir (aux affaires &#233;trang&#232;res) en 2000, ainsi que celle de Condoleezza Rice qui lui succ&#233;da au m&#234;me poste sous Bush en 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette mont&#233;e en puissance des politiciens noirs s'est faite parall&#232;lement &#224; l'av&#232;nement d'une v&#233;ritable bourgeoisie noire. On y retrouve, dans un r&#244;le traditionnel, des vedettes du sport ou du spectacle. Mais la bourgeoisie noire n'est plus d&#233;sormais cantonn&#233;e au monde de l'&lt;em&gt; entertainment &lt;/em&gt; &#8211; comme l'illustre l'exemple du magnat milliardaire des m&#233;dias Robert L. Johnson, lequel a commenc&#233; &#224; s'enrichir en fondant des cha&#238;nes c&#226;bl&#233;es sp&#233;cifiques pour la communaut&#233; noire. Michelle Obama est elle-m&#234;me un symbole des nouvelles &#233;lites noires. Issue du ghetto du South Side &#224; Chicago, elle a b&#233;n&#233;fici&#233; &#8211; comme son mari d'ailleurs &#8211; des lois de la d&#233;s&#233;gr&#233;gation pour gravir les &#233;chelons : universit&#233; de Harvard, formation d'avocate, puis vice-pr&#233;sidence des affaires externes de la tr&#232;s riche Universit&#233; de m&#233;decine de Chicago, avec un salaire annuel de 300 000 dollars en 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La victoire d'Obama marque finalement une &#233;tape importante du processus qui a vu l'affirmation de cette &#233;lite noire, qui s'est battue pour se faire accepter et a fini par gagner une certaine place dans la soci&#233;t&#233; bourgeoise am&#233;ricaine. Ce qui est un progr&#232;s incontestable. Tout en laissant b&#233;ants les probl&#232;mes sociaux, mais aussi et encore raciaux, dont la solution est bien au-dessus des moyens d'une soci&#233;t&#233; capitaliste cong&#233;nitalement in&#233;galitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Hersh RAY&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_380 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L450xH226/bonpres-3a434.png?1528029234' width='450' height='226' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb5-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-1' class='spip_note' title='Notes 5-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Un rapport minist&#233;riel indique par exemple qu'entre 1994 et 1997, la moiti&#233; des conducteurs contr&#244;l&#233;s sur l'autoroute qui traverse l'&#201;tat du New Jersey sont des Noirs et des Hispaniques. Sur certains secteurs, les Noirs repr&#233;sentent 90 % des contr&#244;l&#233;s. &lt;em&gt; Too brown to drive &lt;/em&gt;, dit la blague afro-am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-2' class='spip_note' title='Notes 5-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ce fut par exemple le cas c&#233;l&#232;bre d'un jeune Noir non arm&#233;, assassin&#233; en 1999 de 41 balles par la police du Bronx pour avoir voulu sortir son portefeuille de sa poche lors d'un contr&#244;le, et dont les assassins en uniforme furent acquitt&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-3' class='spip_note' title='Notes 5-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Et critiqu&#233; pour ses effets pervers : dans ces &#233;coles &#224; pr&#233;dominance blanche, les enfants noirs se sentaient parfois mal &#224; l'aise et rejet&#233;s. Les Blancs retiraient leurs enfants des &#233;coles o&#249; les Noirs &#233;taient trop nombreux, et le busing contribua de fait &#224; inciter les blancs &#224; quitter les centre villes pour aller s'installer dans des banlieues lointaines (dans les ann&#233;es 90 &#224; D&#233;troit il y avait 98 % d'&#233;l&#232;ves non blancs dans les &#233;coles, les &#233;l&#232;ves blancs allant en dehors de la ville). Globalement, dans les ann&#233;es 2000, le brassage scolaire aux USA reste encore tr&#232;s limit&#233; : 70 % des &#233;l&#232;ves Noirs sont dans des &#233;coles o&#249; les Blancs sont minoritaires.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-4' class='spip_note' title='Notes 5-4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;M&#234;me si Obama lui-m&#234;me, dont le p&#232;re &#233;tait un Kenyan venu aux USA faire de solides &#233;tudes et reparti ensuite poursuivre sa carri&#232;re politique en Afrique, est de fait issu de ces nouvelles immigrations noires.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-5' class='spip_note' title='Notes 5-5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le scandale des &#233;lections pr&#233;sidentielles de 2000 en Floride a clairement montr&#233; la persistance d'une discrimination raciale. Des &#233;lecteurs des comt&#233;s ou quartiers noirs furent priv&#233;s du droit de vote car on exigeait des papiers administratifs inhabituels. Les bureaux manquaient, certains ferm&#232;rent trop t&#244;t, de nombreux &#233;lecteurs noirs ayant m&#234;me &#233;t&#233; radi&#233;s de mani&#232;re arbitraire. De plus, dans cet &#201;tat la loi privait 25 % des hommes noirs du droit de vote pour avoir eu affaire &#224; la justice (la plupart du temps pour des d&#233;lits mineurs). C'est cet mise &#224; l'&#233;cart du scrutin d'une partie de la communaut&#233; noire - qui vote environ &#224; 85 % pour les d&#233;mocrates - qui permit &#224; Bush de remporter cet &#201;tat-cl&#233;, donc les &#233;lections f&#233;d&#233;rales.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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