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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskyste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> Capitalisme du XXIe si&#232;cle : d&#233;j&#224; la faim&#8230; bient&#244;t la crise ?
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		<description>En ao&#251;t 2007 &#233;clatait la crise des subprimes . Pendant des ann&#233;es, banquiers et pr&#234;teurs en tout genre s'&#233;taient &#233;vertu&#233;s &#224; placer aupr&#232;s des Am&#233;ricains m&#234;me les plus pauvres des cr&#233;dits pour acheter leur logement, avec une forte prime de risque (la subprime) et des taux variables, bas au d&#233;but, puis grandissants&#8230; &#192; l'&#233;t&#233; 2007 une cascade de d&#233;fauts de remboursement se transforme en v&#233;ritable crise financi&#232;re : on d&#233;couvre que tout le syst&#232;me financier est infect&#233; de ces cr&#233;ances douteuses que les banques ont&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En ao&#251;t 2007 &#233;clatait la crise des &lt;em&gt; subprimes &lt;/em&gt;. Pendant des ann&#233;es, banquiers et pr&#234;teurs en tout genre s'&#233;taient &#233;vertu&#233;s &#224; placer aupr&#232;s des Am&#233;ricains m&#234;me les plus pauvres des cr&#233;dits pour acheter leur logement, avec une forte prime de risque (la subprime) et des taux variables, bas au d&#233;but, puis grandissants&#8230; &#192; l'&#233;t&#233; 2007 une cascade de d&#233;fauts de remboursement se transforme en v&#233;ritable crise financi&#232;re : on d&#233;couvre que tout le syst&#232;me financier est infect&#233; de ces cr&#233;ances douteuses que les banques ont recycl&#233;es sous forme de titres complexes et opaques, ensuite revendus et diffus&#233;s aux quatre coins de la plan&#232;te financi&#232;re. Banques au bord de la faillite, syst&#232;me de cr&#233;dit menac&#233; de paralysie, mini-krachs boursiers, nouvelle vague d'annonces de pertes chez les banques mais aussi les &#171; r&#233;assureurs &#187;, on n'en finit pas de d&#233;couvrir l'&#233;tendue de cette crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'instant, le petit monde de la finance n'en est pas &#224; se jeter comme en 1929 des tours de Manhattan (ou de la D&#233;fense). Les &#201;tats sont intervenus avec z&#232;le pour sauver la mise des sp&#233;culateurs (et dans la finance tout le monde l'est par d&#233;finition). Ceux-ci ont m&#234;me pu se refaire une sant&#233; en allant sp&#233;culer sur les mati&#232;res premi&#232;res et les denr&#233;es alimentaires. Dans les milieux dirigeants de la bourgeoisie du monde entier, on se demande encore si cette crise pour l'instant essentiellement financi&#232;re va continuer, ou si elle va vraiment se transmettre &#224; l'&#233;conomie dite r&#233;elle. Des centaines de millions de travailleurs la payent pourtant d&#233;j&#224; au prix fort, en perdant leur maison ou leur emploi aux &#201;tats-Unis, en &#233;tant r&#233;duits &#224; la famine dans tous les pays pauvres de la plan&#232;te. Qu'est-ce que ce sera, si la crise &#171; se confirme &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En soi ces &#233;v&#233;nements suffiraient &#224; condamner ce syst&#232;me &#233;conomique qui fait d&#233;pendre le sort des hommes des folies de la finance. Mais cette crise financi&#232;re est aussi un r&#233;v&#233;lateur des aberrations profondes du capitalisme qui r&#233;git l'&#233;conomie mondiale. Pour le coup elle r&#233;v&#232;le bien des choses sur ce que fut la croissance capitaliste dans le monde depuis 15 ans, fond&#233;e sur la paup&#233;risation des exploit&#233;s et une spirale d'endettement. C'est bien le capitalisme lui-m&#234;me qui est absurde et criminel, et non sa seule sph&#232;re financi&#232;re. C'est bien tout ce syst&#232;me qu'il faut abolir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21 juin 2008&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_328 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH307/tipi-44e73.png?1528273635' width='400' height='307' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Des subprimes &#224; la faim dans le monde : tout est bon dans la sp&#233;culation
</title>
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
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		<dc:subject>Crise
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		<dc:subject>Finance
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		<dc:subject>Capitalisme
</dc:subject>

		<description>La crise des subprimes continue &#224; faire des ravages. &#201;trangl&#233;s par les int&#233;r&#234;ts exorbitants de leurs pr&#234;ts immobiliers, 1,3 million de foyers se sont retrouv&#233;s en d&#233;faut de paiement aux &#201;tats-Unis. 400 000 personnes ont d&#251; revendre leur maison et on compte par dizaines de milliers ceux qui se sont retrouv&#233;s &#224; la rue sans aucune couverture sociale. Le pr&#233;sident du FMI Dominique Strauss-Kahn a eu beau assurer que la situation &#171; est sous contr&#244;le &#187;, ce n'est pas cela qui emp&#234;chera l'enfer du&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La crise des &lt;em&gt; subprimes &lt;/em&gt; continue &#224; faire des ravages. &#201;trangl&#233;s par les int&#233;r&#234;ts exorbitants de leurs pr&#234;ts immobiliers, 1,3 million de foyers se sont retrouv&#233;s en d&#233;faut de paiement aux &#201;tats-Unis. 400 000 personnes ont d&#251; revendre leur maison et on compte par dizaines de milliers ceux qui se sont retrouv&#233;s &#224; la rue sans aucune couverture sociale. Le pr&#233;sident du FMI Dominique Strauss-Kahn a eu beau assurer que la situation &#171; est sous contr&#244;le &#187;, ce n'est pas cela qui emp&#234;chera l'enfer du surendettement de s'&#233;tendre en Grande-Bretagne, avec son cort&#232;ge d'expropriations &#224; la cl&#233; : les statistiques officielles en pr&#233;voient 70 000 d'ici la fin de l'ann&#233;e...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une crise en appelle une autre&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais le chapitre des cr&#233;dits &#224; risque est loin d'&#234;tre referm&#233; que d&#233;j&#224; s'ouvre celui des victimes de la sp&#233;culation sur les mati&#232;res premi&#232;res. En un an, le cours du riz a grimp&#233; de 217 %, celui de la farine de 136 %, celui du lait en poudre de 120 % et celui du ma&#239;s de 125 %. Quant au prix du p&#233;trole, il est d&#233;sormais cinq fois sup&#233;rieur &#224; celui des ann&#233;es 1990. Les produits les plus courants sont devenus inabordables pour des millions de personnes. Du Mali aux Philippines, de nombreuses familles ne font plus qu'un seul repas par jour. Le prix du sac de riz a bondi de 250 &#224; 650 francs CFA &#224; Abidjan depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e. En Ha&#239;ti, il est mont&#233; de 35 &#224; 70 dollars en une seule semaine, hissant &#224; plus d'un dollar le plat de riz pour un enfant de huit ans, dans un pays o&#249; 80 % de la population vit avec moins de deux dollars par jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La faim s'est mu&#233;e en r&#233;volte dans 35 pays pauvres d'Afrique, d'Asie et d'Am&#233;rique latine. Pendant plusieurs semaines, des affrontements ont oppos&#233; la police &#224; la population &#224; Port-au-Prince, capitale d'Ha&#239;ti. En C&#244;te d'Ivoire, au Mali et en Somalie, aux Philippines et au Bangladesh, des &#233;meutes de la faim ont enflamm&#233; les grandes villes. Gr&#232;ves et manifestations ont secou&#233; l'&#201;gypte et le Cameroun, o&#249; elles ont pris une tournure politique contre les gouvernants, la collusion des multinationales de l'agro-alimentaire et des pouvoirs publics. Le Mexique a vu rena&#238;tre l'agitation des &#171; &#233;meutes de la tortilla &#187; de 2007 contre la hausse du prix du ma&#239;s. Le Burkina Faso a &#233;t&#233; paralys&#233; par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de deux jours, les 8 et 9 avril, pour demander le contr&#244;le des prix, la hausse des salaires et la suppression des taxes sur le carburant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Destabilis&#233;s, les gouvernements ont eu des sueurs froides : le premier ministre ha&#239;tien Alexis est tomb&#233;, des milliers de manifestants sont descendus dans les rues pour lutter contre le pr&#233;sident camerounais Byia qui souhaitait modifier la constitution pour rester en place, le r&#233;gime &#233;gyptien de Moubarak a cristallis&#233; la col&#232;re des milliers de travailleurs du textile de Ghazl el-Alhala, qui scandaient pendant la gr&#232;ve : &lt;em&gt; &#171; &#192; bas, &#224; bas Moubarak ! Ton r&#233;gime, c'est de la merde ! &#187; &lt;/em&gt;. La r&#233;pression a &#233;t&#233; &#224; la mesure de l'inqui&#233;tude. En Ha&#239;ti, les affrontements ont fait six morts, &#224; Douala (Cameroun) on d&#233;nombre officiellement quarante morts (sans doute beaucoup plus), cinq en Somalie, trois cents bless&#233;s en &#201;gypte et au Maroc...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le cours de la famine se porte bien, merci&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re la faim et les morts, il y a un tout autre d&#233;cor. Celui des places boursi&#232;res, o&#249; les mati&#232;res premi&#232;res ont servi d'exutoire pour sp&#233;culateurs d&#233;confits. Apr&#232;s la crise financi&#232;re, les traders se sont retrouv&#233;s en manque de grain &#224; moudre. Mais il en faut plus pour emp&#234;cher un sp&#233;culateur de sp&#233;culer, et le riz, le ma&#239;s et le soja ont simplement remplac&#233; les produits financiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'excitation a donc gagn&#233; la bourse de Chicago, la plus grande bourse agricole du monde. Sur les march&#233;s du CME group (Chicago Mercantile Exchange), o&#249; un m&#234;me germe de soja peut changer dix fois de mains et de prix sans pour autant changer de place, le nombre des contrats des 25 produits agricoles a bondi de 20 % au cours des trois premiers mois de l'ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui tirent les vrais cordons de la bourse ne sont pas des sp&#233;culateurs isol&#233;s. Dans ce transfert de fonds sp&#233;culatifs, ce sont surtout les fameux &lt;em&gt; hedge funds &lt;/em&gt;(&#171; fonds d'investissement &#187; ou &#171; fonds alternatifs &#187;) qui ont jou&#233; le premier r&#244;le. L'un d'entre eux, Ospraie, le principal fonds alternatif pour les mati&#232;res premi&#232;res, est dirig&#233; par Dwight Anderson, surnomm&#233; &#224; Wall Street le &#171; roi des mati&#232;res premi&#232;res &#187;. Le talent de cette star de la bourse consiste a avoir pr&#233;vu &#224; l'&#233;t&#233; 2006 une &#171; rentabilit&#233; extraordinaire &#187; des produits agricoles, et investi massivement dans les mati&#232;res premi&#232;res. Bien &#224; l'abri au vingt-septi&#232;me &#233;tage de sa tour de Manhattan, il sentait d&#233;j&#224; que le vent des &lt;em&gt; subprimes &lt;/em&gt; &#233;tait en train de tourner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_332 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH224/bombarder-8ca40.png?1527804033' width='400' height='224' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les banques ne sont pas rest&#233;es sur la touche. Elles aussi veulent faire du bl&#233; avec le bl&#233;. Du 4 au 29 mars 2008, la principale banque belge KBC avait pour slogan d'une assurance vie : &lt;em&gt; &#171; Tirez avantage de la hausse des prix des denr&#233;es alimentaires ! &#187; &lt;/em&gt;. Elle aurait pu reprendre le titre du film de Hitchcock, &lt;em&gt; Assurance pour la mort &lt;/em&gt;... &#201;pingl&#233;e par le quotidien &lt;em&gt; Libre Belgique &lt;/em&gt;, la banque a &#233;tal&#233; sa mauvaise foi en assurant que les prix des mati&#232;res premi&#232;res &#171; se d&#233;cident ailleurs &#187; que dans les portefeuilles des sp&#233;culateurs. Toujours est-il que lorsqu'un banquier belge, suisse, fran&#231;ais ou autre autorise un sp&#233;culateur New-Yorkais &#224; acheter &#224; Chicago du riz tha&#239;landais, il plonge dans la mis&#232;re des milliers de familles, du Bangladesh au Cameroun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre docteur Kouchner pr&#233;conise quant &#224; lui l'interdiction de la sp&#233;culation sur les mati&#232;res premi&#232;res, mais omet d'informer les banquiers de sa louable intention. On est loin des &#171; enrag&#233;s &#187; de 1789 qui cherchaient comme Jacques Roux &#224; interdire la sp&#233;culation sur les biens de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;. &#199;a m&#233;riterait pourtant bien une r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lucas BRUGHEL&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_326 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH336/actionspourries-023ae.png?1527804034' width='400' height='336' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> &#192; l'origine de la faim : la dictature mondiale du profit
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
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		<dc:subject>Capitalisme
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		<dc:subject>Agriculture
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		<description>Depuis un an la sp&#233;culation a acc&#233;l&#233;r&#233; la mont&#233;e des prix des denr&#233;es agricoles. Celle-ci est due cependant aussi &#224; des tendances lourdes. &lt;br /&gt;Une partie de la hausse provient de l'&#233;volution de la consommation dans les pays dits &#171; &#233;mergents &#187;, o&#249; appara&#238;t une classe moyenne. En Chine ou en Inde ceux qui en ont les moyens ne se contentent plus des c&#233;r&#233;ales de base mais consomment des fruits, des l&#233;gumes et de la viande. Or il faut 14 kilos de c&#233;r&#233;ales pour produire 2 kilos de boeuf, et 8 kilos pour 2 kilos de&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis un an la sp&#233;culation a acc&#233;l&#233;r&#233; la mont&#233;e des prix des denr&#233;es agricoles. Celle-ci est due cependant aussi &#224; des tendances lourdes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une partie de la hausse provient de l'&#233;volution de la consommation dans les pays dits &#171; &#233;mergents &#187;, o&#249; appara&#238;t une classe moyenne. En Chine ou en Inde ceux qui en ont les moyens ne se contentent plus des c&#233;r&#233;ales de base mais consomment des fruits, des l&#233;gumes et de la viande. Or il faut 14 kilos de c&#233;r&#233;ales pour produire 2 kilos de boeuf, et 8 kilos pour 2 kilos de porc. En Chine, le tiers des c&#233;r&#233;ales chinoises sert &#224; nourrir des animaux, contre seulement 9 % il y a trente ans. Ces pays sont donc amen&#233;s &#224; puiser dans leurs stocks et &#224; importer plus de c&#233;r&#233;ales via le march&#233; mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, selon l'Organisation pour la coop&#233;ration et le d&#233;veloppement &#233;conomiques (OCDE), le d&#233;veloppement du march&#233; des agrocarburants p&#232;serait pour environ un tiers dans la r&#233;cente flamb&#233;e des prix. Au nom de l'alternative au p&#233;trole ce business d&#233;tourne une part croissante des denr&#233;es alimentaires : il en faut autant pour faire le plein d'un gros 4x4 que pour nourrir une personne pendant un an. Vu sa rentabilit&#233;, ce march&#233; se d&#233;veloppe consid&#233;rablement : le Br&#233;sil, qui produit 22 milliards de litres d'&#233;thanol par an, a l'intention de doubler ce chiffre d'ici 2016.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une bonne part des tensions sur le march&#233; agricole est donc loin d'&#234;tre conjoncturelle et temporaire. Il ne faudrait pas pour autant oublier un autre fait : la soumission croissante de l'agriculture mondiale au profit capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le d&#233;veloppement du march&#233; mondial&#8230; et de la faim&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les prix augmentent, certes, mais comment se fait-il que tant de gens soient d&#233;pendants des produits &#233;chang&#233;s au niveau international ? Tout le monde n'ach&#232;te pas des produits alimentaires venus de l'autre bout de la plan&#232;te, mais c'est bien la tendance. De nos jours, la moiti&#233; de la population mondiale vit ou survit en ville. L'exode rural s'acc&#233;l&#232;re, de moins en moins de personnes se nourrissent directement des produits de leur travail, et donc l'auto-alimentation recule rapidement. Une part croissante de la population a besoin d'acheter des denr&#233;es alimentaires. Pas seulement dans les villes : parmi les ruraux, la plupart ach&#232;tent de la nourriture et 600 millions auraient besoin d'en acheter et ne le peuvent pas. En effet, sur les 850 millions de personnes souffrant de la faim (qui s'ajoutent &#224; un milliard de mal nourris, manquant de vitamines, de min&#233;raux, de graisses), 70 % sont des paysans, sans terre ou avec tr&#232;s peu de terre. C'est sous cette violente pression qu'ils sont 50 millions chaque ann&#233;e &#224; rejoindre les zones urbaines&#8230; et c'est ainsi qu'on retrouve les 30 % restant d'affam&#233;s dans les bidonvilles et les camps de r&#233;fugi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or si les produits agricoles achet&#233;s par ceux qui le peuvent proviennent &#224; 85 % du m&#234;me pays, la production agricole circule de plus en plus : aujourd'hui, 15 % de la r&#233;colte globale est &#233;chang&#233;e au niveau international, contre seulement 10 % il y a dix ans. Les fluctuations des prix mondiaux frappent donc de plus en plus de monde.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La conqu&#234;te des march&#233;s du Sud par les capitalistes du Nord&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;volution rapide est le r&#233;sultat d'une politique impuls&#233;e par les grandes puissances imp&#233;rialistes et relay&#233;e par les r&#233;gimes des pays sous-d&#233;velopp&#233;s. Au milieu des ann&#233;es 1980, les &#201;tats-Unis et l'Union Europ&#233;enne ont d&#233;cid&#233; d'&#233;largir le march&#233; mondial agricole pour trouver de nouveaux d&#233;bouch&#233;s &#224; leurs agricultures capitalistes ultra productives. Entre 1986 et 1993, des n&#233;gociations au sein de l'OMC ont donn&#233; lieu &#224; la signature de l'Accord Agricole de l'Uruguay Round (AAUR) en vue de faire baisser les tarifs douaniers sur tous les produits agricoles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les agriculteurs capitalistes d'Europe ou des USA ont alors pu proposer leurs produits dans les pays du Sud &#224; des prix d&#233;fiant toute concurrence, puisqu'ils ont une productivit&#233; agricole bien sup&#233;rieure &#224; celle de la plupart des pays en d&#233;veloppement. Comme il faut 18 fois plus de temps de travail au Mexique qu'aux USA pour produire la m&#234;me quantit&#233; de ma&#239;s, le ma&#239;s &#171; made in USA &#187;, vendu moins cher, a facilement conquis le march&#233;. Un tiers du ma&#239;s consomm&#233; au Mexique vient d&#233;sormais des USA, et des millions de petites exploitations mexicaines ont p&#233;riclit&#233;. De m&#234;me en Afrique de l'Ouest le lait en poudre europ&#233;en et le riz tha&#239;landais ont chass&#233; des villes la production locale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les USA et l'UE subventionnent massivement les exportations de leurs capitalistes agricoles, ils font pression, par le biais des organismes financiers internationaux, contre tout soutien &#224; l'agriculture dans les pays pauvres. Dans les ann&#233;es 1990, la Banque Mondiale a exig&#233; la suppression des offices publics qui garantissaient un revenu minimum aux producteurs, ainsi que la fermeture des magasins en partie publics qui contenaient la hausse brutale des prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bilan : les capitalistes agricoles du Nord &#233;coulent mieux leurs produits, les petits paysans sont de plus en plus ruin&#233;s un peu partout dans le monde, et les pauvres des villes du tiers-monde sont de plus en plus d&#233;pendants du march&#233; mondial pour se nourrir.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le pi&#232;ge des agricultures d'exportation et l'explosion de la d&#233;pendance alimentaire &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que certains pays sont entr&#233;s dans une d&#233;pendance extr&#234;me vis-&#224;-vis du march&#233; mondial. D&#233;sormais le Gabon importe 86 % de ses c&#233;r&#233;ales, l'Alg&#233;rie 82 %, Ha&#239;ti 70 %, le S&#233;n&#233;gal 61 % et la Colombie 56 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces pays, nous expliquaient les dirigeants imp&#233;rialistes, une fois sp&#233;cialis&#233;s dans le secteur o&#249; ils sont comp&#233;titifs, obtiendraient des devises pour acheter les produits de base qu'ils ne produisent plus. Cette sp&#233;cialisation a effectivement eu lieu : dans 43 pays, 90 % des recettes d'exportation proviennent de seulement trois produits (comme le cacao, le sucre, le caf&#233;, le coton, la banane). Du coup, c'est bien gr&#226;ce &#224; ses exportations qu'un pays comme Ha&#239;ti ach&#232;te de la nourriture : 80 % de ses recettes d'exportations servent exclusivement &#224; acheter des denr&#233;es alimentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pays qui ont tout mis&#233; sur l'exportation de telle ou telle denr&#233;e n'ont plus qu'&#224; prier pour que son cours reste &#233;lev&#233; ! Or les prix des produits agricoles export&#233;s par les pays les plus pauvres ont baiss&#233; de 70 % depuis 20 ans. Pourquoi ? D'une part, la Banque mondiale a encourag&#233; la baisse des prix en finan&#231;ant la production dans ces secteurs, ce qui a suscit&#233; une hausse de l'offre sans que la demande n'augmente. D'autre part, le secteur des firmes capitalistes qui ach&#232;tent et commercialisent cette production s'est tr&#232;s fortement concentr&#233;, et quelques groupes peuvent peser &#224; la baisse sur les prix.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La complicit&#233; gouvernementale des pays du Sud&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si l'impulsion de cette politique vient des grandes puissances, dans la continuit&#233; du colonialisme et de l'imp&#233;rialisme des si&#232;cles pr&#233;c&#233;dents, les gouvernements des pays du Sud sont complices et m&#232;nent eux aussi une politique de classe. En effet, la lib&#233;ralisation de l'agriculture ne ruine pas tout le monde. Un secteur capitaliste se d&#233;veloppe : les plus gros agriculteurs peuvent investir dans des semences, des engrais ou dans l'irrigation, tout autant dans le domaine des c&#233;r&#233;ales que dans celui des produits tropicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bourgeoisies &#224; la t&#234;te de ces &#201;tats voient aussi dans cette adaptation au march&#233; mondial un moyen de faire rentrer de l'argent. Une agriculture tourn&#233;e vers l'exportation permet de r&#233;colter des imp&#244;ts, alors que taxer les exploitations familiales ne rapporte &#224; peu pr&#232;s rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des rentr&#233;es fiscales qui ne profitent pas &#224; la population, puisque les gouvernements r&#233;duisent leurs d&#233;penses publiques dans le secteur agricole : les pays les plus d&#233;pendants des importations alimentaires utilisent en moyenne seulement 4 % de leurs d&#233;penses publiques en direction de l'agriculture. La bourgeoisie et ses politiciens pr&#233;f&#232;rent faire affaire avec les multinationales de l'agro-alimentaire. Les cons&#233;quences de ce d&#233;sengagement se font particuli&#232;rement sentir en Afrique o&#249; la production de c&#233;r&#233;ales par hectare n'a pas progress&#233; depuis le milieu des ann&#233;es 1980.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des investissements massifs dans l'agriculture, mais au profit de qui ? &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s les &#233;valuations de la FAO (&lt;em&gt; Food and Agriculture Organization, &lt;/em&gt;la branche &#171; alimentation &#187; de l'ONU), la production alimentaire devra progresser de 50 % d'ici 2050 pour parvenir &#224; satisfaire la demande. Pour &#233;lever la productivit&#233; des paysans du tiers-monde, il faudrait alors un gigantesque effort d'investissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une n&#233;cessit&#233; absolue. Mais derri&#232;re la notion abstraite d'investissement, il y a les classes sociales. Si nous laissons aux capitalistes et &#224; leurs &#201;tats le soin de r&#233;pondre &#224; ce besoin vital, l'investissement, s'il a lieu, se fera comme &#224; l'heure actuelle en fonction de la demande solvable et des perspectives de profit. Il continuera d'enrichir les gros agriculteurs, de pousser &#224; l'exil ou &#224; la mort les paysans pauvres, d'affamer brutalement des millions de gens dans les villes des cinq continents. Brown, le th&#233;oricien am&#233;ricain du d&#233;veloppement durable et fondateur de l'ONG Earth Policy Institute, affirmait r&#233;cemment : &lt;em&gt; &#171; Les paysans ont obtenu un r&#233;sultat extraordinaire en triplant quasiment la r&#233;colte mondiale. En une seule g&#233;n&#233;ration, ils ont presque doubl&#233; la production c&#233;r&#233;ali&#232;re par rapport aux 11 000 ann&#233;es qui avaient pr&#233;c&#233;d&#233;, depuis le d&#233;but de l'agriculture. Mais maintenant, le ressort est cass&#233; &#187; &lt;/em&gt;. Pour r&#233;parer ce ressort, il n'y a pas 36 solutions : la terre &#224; ceux qui la travaillent, mais pas sans l'aide du capital r&#233;appropri&#233; par ceux qui l'ont cr&#233;&#233;, les travailleurs du monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Thomas JAUD&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_325 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L350xH307/solucrise-da122.png?1526479688' width='350' height='307' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> La crise jusqu'o&#249; ?
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		<dc:subject>Crise
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		<dc:subject>Capitalisme
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
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		<description>La crise financi&#232;re d&#233;clench&#233;e l'&#233;t&#233; dernier n'en finit pas de se d&#233;velopper. Aux &#201;tats-Unis l'&#233;conomie est bel et bien entr&#233;e en r&#233;cession. La crise peut-elle &#234;tre encore plus profonde ? &lt;br /&gt;Ce qui inqui&#232;te le plus les milieux dirigeants de la bourgeoisie, ce n'est ni la d&#233;tresse de millions de travailleurs am&#233;ricains ni la famine mondiale li&#233;e &#224; la sp&#233;culation, ni m&#234;me la forte baisse du march&#233; des actions, m&#234;me si le petit krach de janvier dernier leur a donn&#233; quelques su&#233;es. Apr&#232;s tout, un krach financier n'est&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La crise financi&#232;re d&#233;clench&#233;e l'&#233;t&#233; dernier n'en finit pas de se d&#233;velopper. Aux &#201;tats-Unis l'&#233;conomie est bel et bien entr&#233;e en r&#233;cession. La crise peut-elle &#234;tre encore plus profonde ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui inqui&#232;te le plus les milieux dirigeants de la bourgeoisie, ce n'est ni la d&#233;tresse de millions de travailleurs am&#233;ricains ni la famine mondiale li&#233;e &#224; la sp&#233;culation, ni m&#234;me la forte baisse du march&#233; des actions, m&#234;me si le petit krach de janvier dernier leur a donn&#233; quelques su&#233;es. Apr&#232;s tout, un krach financier n'est pas automatiquement synonyme de d&#233;pression &#233;conomique ou de long marasme des affaires, comme l'a montr&#233; celui d'octobre 1987 qui, &#224; l'inverse de celui de 1929, ne fut pas suivi de drames pour les profits des entreprises et de leurs propri&#233;taires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains se complaisent m&#234;me aujourd'hui &#224; souligner que les &#171; fondamentaux &#187; sont bons, c'est-&#224;-dire que globalement les entreprises font des profits consid&#233;rables. Pourquoi la bourgeoisie a-t-elle donc des sueurs froides ? C'est que cette crise financi&#232;re r&#233;v&#232;le que certains ressorts de la croissance mondiale, et en premier lieu am&#233;ricaine, des quinze derni&#232;res ann&#233;es sont certainement &#233;puis&#233;s aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une croissance bien r&#233;elle&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Car croissance il y a bien eu. M&#234;me si elle &#233;tait nettement moins vigoureuse que celle des Trente glorieuses, surtout en Europe et au Japon. Pendant toute cette p&#233;riode le premier moteur de la croissance mondiale fut les &#201;tats-Unis. Entre 1992 et 2007, sur 15 ans, ils ont connu 10 ann&#233;es de croissance sup&#233;rieure &#224; 3 % (contre une seule dans l'UE et aucune au Japon). De 1994 &#224; 2007 la production de l'&#233;conomie am&#233;ricaine a cru de pr&#232;s de 60 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette croissance a &#233;t&#233; aliment&#233;e par des progr&#232;s de productivit&#233;, li&#233;es aux nouvelles technologies de l'information qui ont permis de mieux g&#233;rer les entreprises, de gaspiller moins de capital, de mieux coordonner le travail humain&#8230; et de mieux l'exploiter. D'autant plus que les entreprises am&#233;ricaines ont massivement investi dans ces &#233;quipements, qui sont devenus rapidement plus efficaces et moins chers, vu les &#233;normes progr&#232;s de la productivit&#233; dans les secteurs qui les fabriquent. &#192; ce facteur technologique s'est ajout&#233;e une exploitation croissante du monde du travail, soumis &#224; davantage de pr&#233;carit&#233; et &#224; un temps de travail grandissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_331 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH319/capitalisme-3ca6e.png?1528273635' width='400' height='319' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Mais une croissance &#224; cr&#233;dit&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La croissance am&#233;ricaine reposait aussi largement sur une forte consommation, sans laquelle ces investissements des entreprises n'auraient pas eu de sens. Un paradoxe, puisque les salaires de la plupart des Am&#233;ricains ont stagn&#233; depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1990. Le salaire m&#233;dian am&#233;ricain (le niveau au-dessus duquel se situent la moiti&#233; des salari&#233;s) n'a progress&#233; par exemple que de 11 % entre 1996 et 2001. Le salaire horaire ouvrier moyen a m&#234;me baiss&#233; depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1980 alors que le PIB am&#233;ricain faisait plus que doubler ! L'essentiel des nouvelles richesses cr&#233;&#233;es ont &#233;t&#233; accapar&#233;es par les couches les plus riches de la population, dont l'app&#233;tit certes vorace de biens et services en tous genres ne saurait &#224; lui seul expliquer le dynamisme de la consommation am&#233;ricaine, car les revenus des plus riches cherchent pour l'essentiel &#224; se placer dans les actifs financiers et du patrimoine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment expliquer alors une telle &#171; consommation des m&#233;nages &#187;, comme on dit, dont la part dans le PIB am&#233;ricain est pass&#233;e d'une moyenne de 67 % entre 1975 et 2000 &#224; 72 % ces derni&#232;res ann&#233;es ? Comment le capitalisme am&#233;ricain a-t-il pu avoir le beurre et l'argent du beurre, les bas salaires &#224; verser et les bonnes ventes quand m&#234;me ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me a repos&#233; sur un endettement galopant, adoss&#233; &#224; un boom de l'immobilier. Les Am&#233;ricains ont achet&#233; massivement dans l'immobilier, y compris en s'endettant lourdement. Les prix des maisons augmentant de fa&#231;on spectaculaire et continue d'ann&#233;e en ann&#233;e (la valeur moyenne d'un logement a augment&#233; de 100 % entre 1997 et 2006), il y a eu un &#171; effet enrichissement &#187;, les m&#233;nages se permettant de contracter des emprunts pour consommer au vu de l'&#233;l&#233;vation consid&#233;rable du prix de leurs biens, qui semblait leur assurer une plus-value potentielle consid&#233;rable. Les pr&#234;ts &#224; la consommation &#233;tant souvent hypoth&#233;qu&#233;s sur la valeur sans cesse croissante des maisons, l'endettement entra&#238;nait le boom de l'immobilier qui entra&#238;nait l'endettement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le secret pour que cela continue de marcher, c'&#233;tait bien s&#251;r&#8230; que cela continue de marcher. La bulle fut donc aliment&#233;e consciencieusement ces derni&#232;res ann&#233;es par les pr&#234;teurs en tout genre et par les autorit&#233;s am&#233;ricaines elles-m&#234;mes, qui ont maintenu des taux d'int&#233;r&#234;t bas pour rendre les emprunts plus attractifs. Avec ses ultimes cons&#233;quences : laisser s'endetter sans retour les couches les plus pauvres de la population, par la magie des pr&#234;ts &lt;em&gt; subprimes &lt;/em&gt;, histoire de faire durer encore un peu plus la bulle. Et la croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;nages am&#233;ricains ont aujourd'hui un taux moyen d'endettement sans pr&#233;c&#233;dent, environ 140 % du revenu annuel.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Crise du cr&#233;dit, crise de la consommation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Quand la bulle a &#233;clat&#233;, en juillet 2007, &#224; sa pointe extr&#234;me (les &lt;em&gt; subprimes &lt;/em&gt;), c'est tout le ch&#226;teau de cartes de la croissance am&#233;ricaine aux voiles gonfl&#233;es par le surendettement qui s'est r&#233;v&#233;l&#233; branlant, pr&#234;t &#224; s'effondrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que risque-t-il alors de se passer ? D'abord la crise peut se d&#233;velopper par rationnement du cr&#233;dit. C'est ce qui est arriv&#233; lors de l'&#233;clatement d'une autre bulle sp&#233;culative qui faisait suite &#224; une p&#233;riode de vive expansion&#8230; en 1929. &#192; l'&#233;poque, avec la faillite de nombreuses banques et la ruine d'une multitude d'actionnaires, le syst&#232;me financier a implos&#233;. Quand la bourse a brutalement chut&#233;, lors du fameux jeudi noir d'octobre 1929, les banques se sont retrouv&#233;es &#233;cras&#233;es de titres sans valeur, endett&#233;es, et ont gel&#233; les cr&#233;dits. De proche en proche la crise a gel&#233; toute l'&#233;conomie capitaliste, la dictature du profit priv&#233; emp&#234;chant toute vraie relance de la machine &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sc&#233;nario noir est cens&#233; &#234;tre &#233;vit&#233; d&#233;sormais par l'intervention massive et internationalement coordonn&#233;e des &#201;tats, pour sauver la finance. Mais si une paralysie catastrophique du cr&#233;dit a &#233;t&#233; &#233;vit&#233;e, un long marasme ne le sera pas forc&#233;ment. C'est ce qui s'est pass&#233; au Japon, en 1989. Une bulle boursi&#232;re et immobili&#232;re &#233;clata alors (l'indice boursier valait 40 000 yens en d&#233;cembre 1989, contre 13 000 aujourd'hui !), ce qui laissa une montagne de dettes dans les bras des banques et des entreprises, les amena &#224; geler durablement leurs investissements, et mit &#224; mort le syst&#232;me de &#171; l'emploi &#224; vie &#187; dans les entreprises, qui se rattrap&#232;rent par leurs performances &#224; l'exportation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf que cette fois, contrairement aux autres crises financi&#232;res des trois derni&#232;res d&#233;cennies, on se retrouve v&#233;ritablement au c&#339;ur du capitalisme mondial ! Les banques, et d'ailleurs la bourgeoisie du monde entier, ont des &#171; positions &#187; c'est-&#224;-dire des actifs dans le syst&#232;me financier am&#233;ricain. Quant &#224; l'&#233;conomie am&#233;ricaine, sa croissance n'a pas seulement fait l'affaire des entreprises produisant sur le sol am&#233;ricain : elle a largement entra&#238;n&#233; pendant plus d'une d&#233;cennie toute l'&#233;conomie mondiale, en important massivement, notamment aupr&#232;s des pays &#233;mergents, Chine en t&#234;te, qui sont du coup &#233;norm&#233;ment d&#233;pendants de leurs ventes sur le march&#233; am&#233;ricain. C'&#233;tait l&#224; encore une consommation &#224; cr&#233;dit, avec un gigantesque d&#233;ficit commercial chronique en d&#233;faveur des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une forte r&#233;cession am&#233;ricaine, ou un ralentissement tr&#232;s durable, c'est donc une crise &#233;conomique grave pour le monde entier qui peut s'annoncer.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La crise ne se r&#233;sume pas &#224; un d&#233;lire de la finance&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me pos&#233; par la crise financi&#232;re actuelle d&#233;passe largement celui de la seule finance, qui serait comme une maladie qui contaminerait l'&#233;conomie r&#233;elle de l'ext&#233;rieur, une maladie qu'il faudrait juguler en r&#233;gulant le diable de la sp&#233;culation, des march&#233;s financiers irrationnels et des fonds sp&#233;culatifs irresponsables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en fait la croissance mondiale (de l'&#233;conomie dite r&#233;elle) telle qu'elle fonctionnait depuis 15 ans qui craque aujourd'hui sous les contradictions habituelles du capitalisme. Celui-ci exige de d&#233;velopper les march&#233;s tout en accentuant l'exploitation et en maintenant ses soutiers dans la mis&#232;re, et il cherche &#224; &#233;largir ses limites par le cr&#233;dit et les bulles financi&#232;res. Ce sont ces contradictions de l'&#233;conomie r&#233;elle telle qu'elle est soumise aux lois du capitalisme qui expliquent les d&#233;lires de la finance, non l'inverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l&#224; vient que les espoirs de ceux qui veulent se barder d'optimisme au sein de la bourgeoisie, ne portent pas seulement sur une quelconque r&#233;forme de la tuyauterie financi&#232;re mondiale mais sur le fonctionnement g&#233;n&#233;ral de l'&#233;conomie mondiale. Et si la croissance &#233;conomique am&#233;ricaine repartait sur des bases plus &#171; saines &#187;, avec plus d'&#233;pargne et d'investissement et moins de consommation ? Et si la stagnation am&#233;ricaine &#233;tait compens&#233;e par la croissance chinoise ou indienne ? Et chacun dans le petit monde de la grande bourgeoisie et de ses penseurs d'esp&#233;rer que la machine mondiale &#224; faire suer les profits trouvera de nouveaux moteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre leurs v&#339;ux seront-ils exauc&#233;s. Peut-&#234;tre allons-nous au contraire conna&#238;tre un sc&#233;nario &#224; la japonaise, cette fois bien plus grave car &#224; l'&#233;chelle du monde. En tout cas la crise financi&#232;re actuelle frappe d&#233;j&#224; de fa&#231;on terrifiante des centaines de millions de personnes &#224; travers le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bernard RUDELLI&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_327 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH349/fuel-b4147.png?1528273635' width='400' height='349' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Le salut par le Sud ?
</title>
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
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		<dc:subject>Crise
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		<dc:subject>USA
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		<description>Une crise grave et durable du capitalisme pourrait-elle &#234;tre &#233;vit&#233;e gr&#226;ce au dynamisme des pays dits &#233;mergents ? &lt;br /&gt;Il est vrai que des pays comme le Br&#233;sil, l'Inde mais aussi &#224; un niveau bien plus &#233;lev&#233;, la Chine, connaissent depuis quelques ann&#233;es une croissance spectaculaire. Si l'on consid&#232;re la mont&#233;e en puissance de certaines entreprises et de fonds souverains issus de l'ancien Tiers-monde, pourquoi ne pas imaginer en effet que ces &#233;conomies puissent suppl&#233;er la d&#233;faillance du moteur am&#233;ricain ? &lt;br /&gt;Ce&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une crise grave et durable du capitalisme pourrait-elle &#234;tre &#233;vit&#233;e gr&#226;ce au dynamisme des pays dits &#233;mergents ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que des pays comme le Br&#233;sil, l'Inde mais aussi &#224; un niveau bien plus &#233;lev&#233;, la Chine, connaissent depuis quelques ann&#233;es une croissance spectaculaire. Si l'on consid&#232;re la mont&#233;e en puissance de certaines entreprises et de fonds souverains issus de l'ancien Tiers-monde, pourquoi ne pas imaginer en effet que ces &#233;conomies puissent suppl&#233;er la d&#233;faillance du moteur am&#233;ricain ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce serait &#224; la fois sous-estimer l'importance de l'&#233;conomie am&#233;ricaine dans le capitalisme mondial d'aujourd'hui, et mal saisir la place qu'un grand pays comme la Chine a pris dans l'&#233;conomie mondiale depuis deux d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les &#201;tats-Unis, poumon de l'&#233;conomie mondiale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une p&#233;riode de rattrapage des &#201;tats-Unis par les autres pays d&#233;velopp&#233;s, de 1945 jusqu'aux ann&#233;es 1970, le poids relatif de l'&#233;conomie am&#233;ricaine dans le monde a augment&#233; depuis trente ans. Le PIB am&#233;ricain repr&#233;sente un tiers de la production mondiale de biens et services, mais il est surtout le premier march&#233; du monde et de tr&#232;s loin. Par son d&#233;ficit commercial de plusieurs centaines de milliards de dollars par an, il joue un r&#244;le majeur pour stimuler la demande mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi l'espoir du &#171; d&#233;couplage &#187; de la croissance des pays &#233;mergents et de celle des pays d&#233;velopp&#233;s, les premiers continuant leur essor et permettant alors aux seconds de se relancer par des exportations vers les pays &#233;mergents, est une hypoth&#232;se d'un optimisme quelque peu fantaisiste. Ainsi, &#233;tant donn&#233; la diff&#233;rence de taille des deux &#233;conomies, pour compenser une baisse de 1 point de la croissance am&#233;ricaine il faudrait une augmentation de 5 points de la croissance chinoise (et de 15 points de la croissance indienne), alors m&#234;me que celle-ci est extr&#234;mement d&#233;pendante, justement, des importations am&#233;ricaines !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;De la crise am&#233;ricaine&#8230; &#224; la crise chinoise ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;pendance d'un pays comme la Chine vis-&#224;-vis des march&#233;s des pays riches, loin de s'att&#233;nuer, n'a fait que s'accro&#238;tre ces derni&#232;res ann&#233;es. Les exportations de la Chine p&#232;sent pour 45 % de son PIB aujourd'hui, contre 37 % en 1998, un ordre de grandeur d&#233;j&#224; &#233;norme pour un pays de cette taille. Et le march&#233; am&#233;ricain est de loin le plus important de ces march&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement am&#233;ricain a d'autant plus volontiers ouvert son territoire aux produits chinois bon march&#233; que c'&#233;tait pour le plus grand profit de ses capitalistes. C'&#233;tait bon pour les entreprises am&#233;ricaines, car l'arriv&#233;e des produits moins chers a permis de juguler l'inflation, de mieux comprimer les salaires des travailleurs am&#233;ricains, d'en extraire davantage de plus-value. C'&#233;tait bon pour les multinationales am&#233;ricaines qui installaient des capacit&#233;s de production en Chine pour profiter des bas salaires du pays et r&#233;exporter vers les &#201;tats-Unis ensuite. C'&#233;tait viable pour l'&#233;conomie am&#233;ricaine parce que la Chine a recycl&#233; de fa&#231;on constante ses exc&#233;dents en achats de bons du tr&#233;sor am&#233;ricain et de titres am&#233;ricains en tout genre, et a donc contribu&#233; &#224; financer les d&#233;ficits am&#233;ricains. Par ces placements la Chine (mais aussi le Japon et les pays producteurs de p&#233;trole) ont permis aux &#201;tats-Unis de continuer de vivre et de faire cro&#238;tre leur &#233;conomie avec des d&#233;ficits consid&#233;rables (les &#201;tats-Unis ont avec la Chine le d&#233;ficit commercial bilat&#233;ral le plus important du monde : 200 milliards de dollars), en mettant &#224; leur disposition leurs capitaux. Pendant toute la derni&#232;re d&#233;cennie la boucle &#233;tait boucl&#233;e : les &#201;tats-Unis permettaient &#224; la Chine d'exporter de plus en plus, et la Chine finan&#231;ait les d&#233;ficits am&#233;ricains par ses exc&#233;dents. Une affaire dont profitaient &#233;galement les entreprises allemandes, japonaises, cor&#233;ennes ou encore taiwanaises, qui ont fait de la Chine une vaste plateforme d'assemblage &#224; bas prix de leurs produits pour les r&#233;exporter ensuite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette boucle est peut-&#234;tre en passe de se rompre. Si la croissance &#233;conomique am&#233;ricaine craque durablement, les exportations chinoises en p&#226;tiront gravement, la croissance chinoise se grippera &#224; son tour. Ce qui semble d&#233;j&#224; s'annoncer si l'on en croit les derniers chiffres (l'exc&#233;dent commercial chinois &#224; l'&#233;gard des &#201;tats-Unis diminue progressivement depuis janvier 2008), et cette &#233;volution pourrait de toute fa&#231;on s'acc&#233;l&#233;rer avec l'actuelle forte baisse du dollar, qui est en partie un moyen pour l'&#201;tat am&#233;ricain d'exporter et partager sa crise avec le reste du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le brusque r&#233;tr&#233;cissement du march&#233; am&#233;ricain pourrait donc se solder par une catastrophe &#233;conomique pour l'industrie chinoise, avec des cons&#233;quences sociales incalculables. La Chine cr&#233;e de 15 &#224; 20 millions de postes de travail par an avec sa croissance &#224; 10 %, alors que la d&#233;mographie et l'exode rural mettent au moins 22 millions de personnes chaque ann&#233;e sur le march&#233; du travail ! Une baisse brutale des exportations provoquerait une flamb&#233;e de ch&#244;mage, et le capitalisme chinois pourrait bien basculer cul par-dessus t&#234;te contre le premier obstacle rencontr&#233;. D'autant que malgr&#233; des ann&#233;es de forte croissance industrielle, qui ont profond&#233;ment m&#233;tamorphos&#233; ce pays, un grand nombre d'entreprises et surtout les grandes banques sont financi&#232;rement fragiles : selon les statistiques officielles, les cr&#233;ances douteuses, ayant peu de chance d'&#234;tre recouvr&#233;es, repr&#233;senteraient 30 % du PIB, un chiffe inqui&#233;tant et certainement sous-&#233;valu&#233; par les autorit&#233;s. En Chine aussi une bulle a contribu&#233; grandement &#224; la croissance&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, un tel sc&#233;nario pourrait &#234;tre &#233;vit&#233; si l'&#233;conomie chinoise tirait davantage de dynamisme de sa propre consommation int&#233;rieure, encore aujourd'hui tr&#232;s faible par rapport au d&#233;veloppement de l'industrie install&#233;e sur son sol. Mais ce n'est pas ce qui s'est pass&#233; jusque-l&#224;, au contraire. C'est en tout cas un pari bien incertain, puisqu'&#224; l'abri de la dictature, le capitalisme chinois tire justement sa force de son exploitation forcen&#233;e de centaines de millions d'ouvriers trait&#233;s en esclaves. Et ce qui est vrai de la Chine l'est aussi des autres pays &#233;mergents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;B. R.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_329 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH259/faute_chinois-dfdd7.png?1528273635' width='500' height='259' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Quand la finance&#8230; ne finance pas : un capitalisme de plus en plus parasitaire
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Quand-la-finance-ne-finance-pas-un-capitalisme-de-plus-en-plus-parasitaire</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme
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		<dc:subject>Finance
</dc:subject>

		<description>&#192; partir des ann&#233;es 1970 les flux financiers internationaux se sont immens&#233;ment d&#233;velopp&#233;s, bien plus que la production des richesses et les &#233;changes commerciaux. Le volume des transactions financi&#232;res internationales a &#233;t&#233; multipli&#233; par 7 au cours des 25 derni&#232;res ann&#233;es et repr&#233;sentait en 2005 15 % du PIB mondial contre 4,6 % au d&#233;but des ann&#233;es 1980. &lt;br /&gt;C'est ce qu'on a appel&#233; la &#171; globalisation &#187; et la &#171; lib&#233;ralisation &#187; financi&#232;res, lib&#233;ralisation parce que les possesseurs de capitaux ont pu de plus en plus&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; partir des ann&#233;es 1970 les flux financiers internationaux se sont immens&#233;ment d&#233;velopp&#233;s, bien plus que la production des richesses et les &#233;changes commerciaux. Le volume des transactions financi&#232;res internationales a &#233;t&#233; multipli&#233; par 7 au cours des 25 derni&#232;res ann&#233;es et repr&#233;sentait en 2005 15 % du PIB mondial contre 4,6 % au d&#233;but des ann&#233;es 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qu'on a appel&#233; la &#171; globalisation &#187; et la &#171; lib&#233;ralisation &#187; financi&#232;res, lib&#233;ralisation parce que les possesseurs de capitaux ont pu de plus en plus librement d&#233;placer leurs capitaux, &#233;changer par exemple des b&#233;n&#233;fices en yens contre des bons du tr&#233;sor am&#233;ricains en dollars contre des actions en euros contre du liquide en yuans, et ce &#224; l'infini ; et globalisation parce qu'ils ont pu le faire d'un bout &#224; l'autre de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne manqua pas tr&#232;s t&#244;t de soulever des inqui&#233;tudes, et pas seulement chez des adversaires du capitalisme : en desserrant les r&#233;glementations des &#201;tats, en lib&#233;rant &#224; ce point le jeu de la finance, n'allait-on pas revenir &#224; l'instabilit&#233; du capitalisme d'avant la seconde guerre mondiale ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Il &#233;tait une fois une jolie f&#233;e&#8230; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais au diable la frilosit&#233; ! Apr&#232;s tout, comme les apologistes du d&#233;veloppement de la finance n'ont cess&#233;, &#224; juste titre d'ailleurs, de le rappeler, il n'y a pas de capitalisme sans finance. Il faut faire le lien entre des capitalistes cherchant &#224; placer des fonds de fa&#231;on rentable avec des capitalistes cherchant des fonds &#224; investir. La finance n'est au fond que la tuyauterie n&#233;cessaire &#224; cette transformation de l'&#233;pargne des uns en investissement des autres. Elle permet de se projeter dans l'avenir en permettant des investissements qui ne rapporteront des revenus que dans le futur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, &#224; en croire les initiateurs de la lib&#233;ralisation financi&#232;re, elle devait avoir des vertus presque miraculeuses. Elle favoriserait l'investissement des entreprises, qui trouveraient davantage de capitaux &#224; lever, et pour moins cher, en mettant les pr&#234;teurs en concurrence sur les march&#233;s, plut&#244;t que d'en passer par de grandes banques nationales h&#233;g&#233;moniques. Mieux encore, l'ouverture des fronti&#232;res de la finance favoriserait une circulation mondiale des capitaux qui leur permettrait une meilleure r&#233;partition : les pays (d&#233;j&#224; d&#233;velopp&#233;s notamment) disposant d'une &#233;pargne abondante pourraient plus facilement mettre leurs capitaux &#224; la disposition des &#233;conomies encore pauvres en capitaux, mais disposant d'un fort potentiel de croissance.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;&#8230;qui se r&#233;v&#233;la volage et d&#233;pensi&#232;re (de l'argent des autres)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Trente ans apr&#232;s l'envol de la lib&#233;ralisation financi&#232;re &#224; l'&#233;chelle de la plan&#232;te, le bilan de la bonne f&#233;e est&#8230; calamiteux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, l'instabilit&#233; &#233;conomique, on y a bel et bien eu droit, plus que jamais : crise de la dette en 1982, krach en 1989, crise du franc et de la livre en 1993, Mexique 1994, Asie 1997, Moscou 1998, Argentine 2000, krach Internet de 2001... Les financiers y ont pour leur part fort bien surv&#233;cu. Mais des peuples entiers ont d&#251; lutter pour leur survie, des millions d'hommes ont perdu leur emploi ou vu l'inflation laminer leurs faibles revenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela &#233;tait-il au moins le prix &#224; payer pour le long terme ? Loin s'en faut. C&#244;t&#233; stimulation de l'investissement, le compte n'y est pas non plus. Dans la plupart des pays d&#233;velopp&#233;s, les taux d'investissement ont sur le long terme &#233;t&#233; plus bas dans les deux derni&#232;res d&#233;cennies que dans les ann&#233;es 1960 et m&#234;me les ann&#233;es 1970 (ann&#233;es de &#171; crise &#187; !) m&#234;me s'il y eut un sursaut aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;table class='spip'&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1961-1970&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1971-1980&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1981-1990&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1991-1996&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1997-1999&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;2000-2003&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;&#201;tats-Unis&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;18,8&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;19,3&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;19,1&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;19,3&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;21,3&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;19,1&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Japon&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;36,4&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;33,8&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;29,6&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;30&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;28,2&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;25&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Allemagne&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;26,6&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;23&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;18,9&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;21,9&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;21,7&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;19,6&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;France&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;26,7&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;25,2&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;20,9&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;18,9&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;18,6&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;19,7&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Royaume-Uni&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;18,9&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;19,6&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;16,8&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;16,5&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;18&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;16,6&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Taux d'investissement brut national (en % du PIB) en moyenne sur la p&#233;riode &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(source : Michel Aglietta, &lt;em&gt; Macro&#233;conomie Financi&#232;re, &lt;/em&gt;Rep&#232;res La d&#233;couverte).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a m&#234;me un dr&#244;le de paradoxe &#224; propos des march&#233;s financiers : les entreprises qui s'adressent &#224; eux a priori pour se financer ont tendance &#224; leur apporter plus d'argent qu'elles n'en retirent ! Autant dire que la finance (les &#171; investisseurs &#187;) ne finance pas les entreprises, mais s'y finance, c'est-&#224;-dire les parasite. Ce fut le cas en France ces derni&#232;res ann&#233;es. En 2007 les dividendes distribu&#233;s aux actionnaires par les entreprises du CAC 40 ont augment&#233; de 35 %, alors que leurs profits ne progressaient &#171; que &#187; de 15 %. D'ailleurs les sommes vers&#233;es aux actionnaires sous forme de dividendes et de rachats d'action (une forme de cadeau en leur faveur, aux d&#233;pens de la tr&#233;sorerie des entreprises) ont &#233;t&#233; sup&#233;rieures aux &#233;missions d'actions par les entreprises, c'est-&#224;-dire aux fonds lev&#233;s &#224; la bourse (39 milliards contre 37,5 milliards d'euros en 2006).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le capitalisme financier&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Plus que jamais les entreprises doivent servir les int&#233;r&#234;ts de leurs propri&#233;taires, dont les capitaux peuvent se d&#233;placer librement d'une entreprise &#224; une autre, d'un pays &#224; un autre. Elles doivent ainsi augmenter les dividendes et tout faire pour valoriser les actions, quitte &#224; sacrifier l'investissement &#224; long terme. Cette dictature du profit &#224; court terme n'est d'ailleurs en rien une trahison d'un vrai et bon capitalisme, productif, sain, voyant loin&#8230; mais au contraire la manifestation de son essence m&#234;me : le placement d'un capital n'a pour but que le profit le plus &#233;lev&#233;, et c'est pourquoi par nature le capital doit &#234;tre mobile. Nulle place pour la philanthropie dans cette affaire ! D'autant que cette mobilit&#233; accrue des capitaux est un levier redoutablement efficace pour mettre toujours plus les travailleurs, du monde entier, en concurrence les uns contre les autres. Elle a contribu&#233;, avec bien d'autres facteurs, &#224; augmenter la part des profits dans la valeur ajout&#233;e des entreprises au d&#233;triment des salaires, d'environ 10 points en moyenne en 25 ans dans les pays d&#233;velopp&#233;s. &#192; la grande joie de l'ensemble de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le monde &#224; l'envers&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Et la r&#233;partition plus rationnelle des capitaux ? Le bilan international n'est pas plus brillant. Depuis 10 ans les pays en d&#233;veloppement sont devenus cr&#233;diteurs nets des pays d&#233;velopp&#233;s : le Sud envoie au Nord plus de capitaux qu'il n'en re&#231;oit. C'&#233;tait d&#233;j&#224; vrai des pays les plus pauvres &#233;trangl&#233;s par une dette qu'ils remboursent bien au-del&#224; aux banques des pays riches. C'est vrai aussi des pays dits &#171; &#233;mergents &#187;, qui connaissant une croissance importante devraient logiquement utiliser leurs surplus n&#233;s de l'&#233;pargne de la population, des profits de leurs entreprises et des exc&#233;dents commerciaux pour d&#233;velopper leurs infrastructures. Bien au contraire, ils mettent des fonds gigantesques (un total estim&#233; &#224; 4 500 milliards de dollars en 2007) &#224; la disposition du capitalisme des pays les plus d&#233;velopp&#233;s. C'est particuli&#232;rement vrai de la Chine et des &#201;tats producteurs de p&#233;trole, qui placent massivement leur argent dans l'&#233;conomie am&#233;ricaine qui captait deux tiers de l'&#233;pargne mondiale cherchant &#224; se placer au niveau international avant la crise des &lt;em&gt; subprimes &lt;/em&gt;, et la moiti&#233; encore aujourd'hui&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B. R.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_330 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L300xH366/tout_va_bien-906ea.png?1527804034' width='300' height='366' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> &#171; L'ultralib&#233;ralisme &#187;, ultra-financ&#233; par l'&#201;tat
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/L-ultraliberalisme-ultra-finance-par-l-Etat</link>
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		<dc:date>2008-06-30T22:09:13Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Etat
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		<dc:subject>Capitalisme
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		<description>Comment contenir l'incendie de la crise ? Comment, au-del&#224;, reprendre un peu de contr&#244;le sur le capitalisme financier, dont les convulsions menacent p&#233;riodiquement l'&#233;conomie r&#233;elle &#8211; au point de menacer la vie de centaines de millions d'&#234;tres humains ? Depuis le d&#233;but de la crise un certain nombre de voix &#8211; notamment de gauche &#8211; demandent plus d'interventions des &#201;tats. Mais la sensibilit&#233; keyn&#233;sienne n'est pas la seule &#224; r&#233;clamer cela : en fait, tout le monde semble d'accord, des financiers eux-m&#234;mes aux&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Capitalisme-du-XXIe-siecle-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Capitalisme du XXIe si&#232;cle : d&#233;j&#224; la faim&#8230; bient&#244;t la crise ?
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comment contenir l'incendie de la crise ? Comment, au-del&#224;, reprendre un peu de contr&#244;le sur le capitalisme financier, dont les convulsions menacent p&#233;riodiquement l'&#233;conomie r&#233;elle &#8211; au point de menacer la vie de centaines de millions d'&#234;tres humains ? Depuis le d&#233;but de la crise un certain nombre de voix &#8211; notamment de gauche &#8211; demandent plus d'interventions des &#201;tats. Mais la sensibilit&#233; keyn&#233;sienne n'est pas la seule &#224; r&#233;clamer cela : en fait, tout le monde semble d'accord, des financiers eux-m&#234;mes aux &#201;tats en question.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;&#171; Too big to fail &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La doctrine lib&#233;rale justifie la loi de la concurrence en invoquant sa justice immanente : si les acteurs sont performants ils gagnent, dans le cas contraire ils assument leurs pertes, et tout se m&#233;rite. Mais ce principe n'est respect&#233; que lorsque les pertes sont marginales, ou ne concernent que des acteurs n'ayant pas le poids d'&#233;chapper &#224; ces pr&#233;tendues r&#232;gles de responsabilit&#233;. Pour les capitalistes de premi&#232;re importance, ou lorsque c'est l'ensemble du syst&#232;me qui menace de s'effondrer, les principes font place au chantage du &lt;em&gt; &#171; Too big to fail &#187; &lt;/em&gt; ! &#8211; trop gros pour tomber. C'est ainsi que la bourgeoisie prend toute la soci&#233;t&#233; en otage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but de la crise des &lt;em&gt; subprimes &lt;/em&gt;, les &#201;tats sont donc intervenus de fa&#231;on massive. En premier lieu ceux des m&#233;tropoles capitalistes (&#201;tats-Unis, Grande-Bretagne, Japon, &#201;tats de l'Union europ&#233;enne). Via l'action des banques centrales, ils ont inject&#233; depuis ao&#251;t 2007 des centaines de milliards de dollars dans les Bourses de New-York, Londres ou Paris.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les banques centrales au secours des sp&#233;culateurs &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Premier levier des banques centrales : les taux directeurs, qui fixent pour la monnaie concern&#233;e le niveau du &#171; loyer de l'argent &#187;. Le diminuer rend l'argent plus facile &#224; emprunter, donc favorise l'activit&#233; &#233;conomique, au risque de la surchauffe et de l'inflation. Augmenter le taux a au contraire un effet de frein. Depuis le d&#233;but de la crise la &#171; Fed &#187; (la Federal Reserve, la banque centrale am&#233;ricaine) a proc&#233;d&#233; &#224; sept baisses de ses taux, fournissant un loyer diminu&#233; de 82 % pour l'argent qu'elle pr&#234;te aux banques priv&#233;es. Avec ces taux cadeaux, la Fed a ensuite ouvert grand les vannes du pr&#234;t aux &#233;tablissements financiers en difficult&#233;. Elle aurait ainsi vers&#233; en quelques mois 400 milliards de dollars dans le tonneau des dana&#239;des des sp&#233;culateurs malheureux. Alors que les pr&#234;ts &#233;taient jusqu'alors r&#233;serv&#233;s aux banques commerciales (celles qui g&#232;rent l'argent des particuliers), la Fed a aussi &#233;tendu la possibilit&#233; de pr&#234;t aux banques d'investissement (sp&#233;cialis&#233;es dans la sp&#233;culation). La Banque centrale europ&#233;enne (BCE) a ouvert de son c&#244;t&#233; un cr&#233;dit pratiquement illimit&#233; aux banques de sa zone &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin les banques centrales ont proc&#233;d&#233; &#224; des rachats directs de portefeuilles, qui se succ&#232;dent depuis avril 2008. La Fed a par exemple repris 30 milliards de dollars du portefeuille pourri de la banque Bear Sterns, la rendant ainsi plus comestible pour JP Morgan, qui l'a rachet&#233;e imm&#233;diatement apr&#232;s. Des banques publiques r&#233;gionales am&#233;ricaines ont rachet&#233; 350 milliards de dollars de cr&#233;dits subprime aux banques contamin&#233;es. Le gouvernement britannique a nationalis&#233; les pertes de Northern Rock par un rachat direct. La banque d'Angleterre a annonc&#233; que les &#233;tablissements bancaires pourraient se d&#233;barrasser de leurs cr&#233;dits immobiliers aupr&#232;s d'elle qui, en &#233;change, leur fournira des emprunts d'&#201;tat. Cette possibilit&#233; d'&#233;changer les titres pourris contre des titres garantis par l'&#201;tat repr&#233;senterait un co&#251;t total d'environ 60 milliards d'euros.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Privatisation des gains, socialisation des pertes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; une &#233;poque o&#249; les id&#233;ologues lib&#233;raux d&#233;noncent toujours plus l'intervention &#233;tatique, la d&#233;bauche de moyens publics mis au service des financiers depuis un an et demi montrent que, plus que jamais, ils peuvent compter sur elle lorsqu'ils se retrouvent pris dans les contradictions de leur propre syst&#232;me. Vieille histoire : apr&#232;s l'explosion de la &#171; bulle internet &#187; de 2000-2001, Georges Bush, l'homme des diminutions massives d'imp&#244;ts et de la &#171; soci&#233;t&#233; de propri&#233;taires &#187;, s'&#233;tait tellement activ&#233; &#224; mettre les moyens de l'&#201;tat au service des financiers en d&#233;tresse qu'il avait r&#233;ussi &#224; devenir le pr&#233;sident le plus interventionniste depuis&#8230; Roosevelt, le chef d'orchestre d&#233;mocrate du New Deal ! Pour relancer l'&#233;conomie Bush avait fait passer le budget de l'exc&#233;dent au d&#233;ficit, avec un transfert de 3 points de PIB.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse de Roosevelt, dite &#171; de gauche &#187;, &#224; la crise de 1929 avait &#233;t&#233; l'exemple par excellence de la mise au service du syst&#232;me financier priv&#233; des moyens &#233;conomiques et politiques d'un &#201;tat. S'il y a une diff&#233;rence entre les ann&#233;es 1930 et aujourd'hui, c'est finalement dans les d&#233;lais : de nos jours le pompier &#233;tatique intervient beaucoup plus vite. En ce sens les le&#231;ons ont &#233;t&#233; tir&#233;es, et il y a bien, comme semblent le souhaiter les anti-lib&#233;raux, &#171; plus d'&#201;tat &#187; pour &#233;ponger les d&#233;g&#226;ts du capitalisme financier&#8230; Mais la &#171; puissance publique &#187; fait ce qu'elle est cens&#233;e faire : se mettre au service du profit priv&#233;, remettre d'aplomb le syst&#232;me pour lui permettre (peut-&#234;tre) de repartir et s&#233;vir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Beno&#238;t MARCHAND &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_324 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L450xH308/etat_secours_banques-5b79d.png?1527868126' width='450' height='308' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;&#171; Les fonds souverains &#187;, une nouvelle donne ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;bauche de moyens financiers mis par les Banques centrales au service des groupes financiers priv&#233;s ne leur a pas suffi. Il faut rappeler que la loi oblige en effet les banques &#224; ne pas pr&#234;ter au-del&#224; d'un certain multiple de leur capital r&#233;el, donc que les pertes dues &#224; la crise ont fait diminuer d'autant leurs capacit&#233;s de pr&#234;t. Une planche de salut pour la recapitalisation a &#233;t&#233; trouv&#233;e avec les &#171; fonds souverains &#187;, des fonds d'investissements contr&#244;l&#233;s par les &#201;tats de &#171; puissances &#233;mergentes &#187; (Inde, Chine, Cor&#233;e du Sud&#8230;), ou de p&#233;tromonarchies : Abu Dhabi, Arabie Saoudite... Des groupes comme Merrill Lynch ou Citigroup aux &#201;tats-Unis, Northern Rock en Grande-Bretagne, Swiss Re et UBS en Suisse, sans oublier la Soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale fran&#231;aise (celle du courtier J&#233;r&#244;me Kerviel et ses ardoises magiques &#224; 5 milliards d'euros) ont fait largement rentrer ces fonds dans leur capital depuis la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ces fonds souverains, le sauvetage de banques aux pertes inestimables, et en tout cas mal estim&#233;es par leurs gestionnaires m&#234;mes, repr&#233;sente un risque (qui donne une petite saveur ironique au qualificatif &#171; pour les g&#233;n&#233;rations futures &#187; que portent officiellement certains de ces fonds). Mais d'une part, les &#201;tats qui soutiennent ces fonds ont des raisons similaires &#224; ceux d'Europe ou des USA &#224; ce que le syst&#232;me financier international ne s'effondre pas &#8211; eux aussi sont sensibles &#224; la pression du &#171; Too big to fail &#187; ! Et puis, ces fonds sont l'&#233;manation d'&#201;tats qui n'ob&#233;issent pas aux contraintes de rentabilit&#233; aveugle des capitalistes priv&#233;s, et peuvent supporter des pertes temporaires, m&#234;mes lourdes, en &#233;change de b&#233;n&#233;fices politiques esp&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces secours d'urgence permettent aussi aux &#201;tats correspondants de mettre un pied dans le centre de la citadelle boursi&#232;re mondiale &#8211; le cas de la Chine &#233;tant le plus embl&#233;matique. D'o&#249; une certaine inqui&#233;tude chez les dirigeants politiques am&#233;ricains et europ&#233;ens, refl&#233;t&#233;e par la question-r&#233;ponse d'un journaliste am&#233;ricain : &lt;em&gt; &#171; Faut-il accepter que les communistes ou les terroristes deviennent propri&#233;taires des banques ? N'importe qui ferait l'affaire, car nous sommes d&#233;sesp&#233;r&#233;s &#187; &lt;/em&gt;. Ou, dans la bouche d'une administratrice de ces fonds : &lt;em&gt; &#171; Ils ne nous aiment pas, mais ils veulent notre argent&#8230; &#187; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise des &lt;em&gt; subprimes &lt;/em&gt; pourrait ainsi contribuer &#224; modifier certains &#233;quilibres politiques, sur le plan des rapports de force entre les m&#233;tropoles imp&#233;rialistes et les &#201;tats des puissances &#233;mergentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B.M.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_333 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH335/nouilles-41fb9.png?1527868126' width='400' height='335' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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