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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskyste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title>Editorial : Ch&#233;r&#232;que et Thibault &#171; dealent &#187; avec le Medef, la gauche s'envole avec Sarkozy...
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Syndicats
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		<description>Le &#171; ratage &#187; de la derni&#232;re journ&#233;e du 17 juin a marqu&#233; l'actualit&#233; : deux fois moins de salari&#233;s ont manifest&#233; que lors de la journ&#233;e du 22 mai. Ce n'est certainement pas la preuve qu'ils sont contents de leur sort. Mais les directions syndicales qui appelaient, CGT, CFDT ou autre FSU, se sont trop illustr&#233;es dans l'ann&#233;e &#233;coul&#233;e par leur refus de mener et d'organiser la riposte n&#233;cessaire, pour inspirer confiance et rallier les nouvelles troupes qui seraient n&#233;cessaires pour faire reculer patronat et&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-58-juillet-aout-2008-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 58, juillet-ao&#251;t 2008
&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le &#171; ratage &#187; de la derni&#232;re journ&#233;e du 17 juin a marqu&#233; l'actualit&#233; : deux fois moins de salari&#233;s ont manifest&#233; que lors de la journ&#233;e du 22 mai. Ce n'est certainement pas la preuve qu'ils sont contents de leur sort. Mais les directions syndicales qui appelaient, CGT, CFDT ou autre FSU, se sont trop illustr&#233;es dans l'ann&#233;e &#233;coul&#233;e par leur refus de mener et d'organiser la riposte n&#233;cessaire, pour inspirer confiance et rallier les nouvelles troupes qui seraient n&#233;cessaires pour faire reculer patronat et Sarkozy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but avril, Bernard Thibault pour la CGT et Fran&#231;ois Ch&#233;r&#232;que pour la CFDT signaient avec le Medef une &lt;em&gt; &#171; position commune &#187; &lt;/em&gt; sur la &lt;em&gt; &#171; repr&#233;sentativit&#233; syndicale &#187; &lt;/em&gt;. Elle pr&#233;voyait entre autres que seuls les syndicats qui passent la barre des 10 % aux &#233;lections professionnelles pourraient b&#233;n&#233;ficier des avantages en temps, locaux et subventions. Belle prime accord&#233;e par le patronat aux deux plus gros appareils du pays, au d&#233;triment des autres, et beau &#171; deal &#187; puisqu'en contrepartie CGT et CFDT s'engageaient &#224; ren&#233;gocier entreprise par entreprise l'allongement du temps de travail au-del&#224; de l'actuel quota autoris&#233; d'heures suppl&#233;mentaires. Soit une remise en cause effective des 35 heures (dont l'introduction par la gauche avait surtout &#233;t&#233; pr&#233;texte au gel des salaires, &#224; la flexibilisation des horaires, en &#233;change de jours de RTT d&#233;sormais peu &#224; peu repris !). Les dirigeants de la CGT et de la CFDT justifient leur contrat avec le Medef par la &#171; d&#233;mocratie &#187; : les travailleurs seraient ainsi prot&#233;g&#233;s de syndicats &#171; minoritaires &#187; qui pourraient signer de mauvais accords sur leur dos&#8230; comme si la CFDT mais aussi la CGT ne s'&#233;taient pas illustr&#233;es ces derni&#232;res ann&#233;es par leur caution &#224; des reculs s&#233;v&#232;res pour les travailleurs (allongement des horaires, gel des salaires, etc., sous pr&#233;texte par exemple de pr&#233;server l'emploi).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, Sarkozy et son ministre du travail Bertrand, encourag&#233;s par l'attitude du duo CGT-CFDT, et press&#233;s de satisfaire le patronat ainsi que la frange anti-ouvri&#232;re la plus obtuse de la droite, poussent donc le bouchon et proposent leur loi sur la &lt;em&gt; &#171; r&#233;novation de la d&#233;mocratie sociale et la r&#233;forme du temps de travail &#187; &lt;/em&gt;, qui reprend grosso modo les termes de la &lt;em&gt; &#171; position commune &#187;. &lt;/em&gt;Elle va juste un peu plus loin en mati&#232;re d'annualisation du temps de travail, soit des possibilit&#233;s de flexibilit&#233; plus grande encore pour les patrons. Du coup Thibault et Ch&#233;r&#232;que parlent maintenant de trahison. Les d&#233;cennies pass&#233;es auraient pourtant d&#251; leur apprendre que lorsqu'on c&#232;de aux patrons ou &#224; leurs repr&#233;sentants politiques, ceux-ci en demandent toujours plus. En r&#233;alit&#233; s'ils s'indignent aujourd'hui c'est parce que des protestations se sont &#233;lev&#233;es dans les milieux syndicaux, non seulement de la part des appareils concurrents (FO, CFTC, CGC, etc.) qui craignent de voir leur repr&#233;sentativit&#233; menac&#233;e par la nouvelle donne, mais aussi au sein de leurs propres syndicats. Dans la CGT, par exemple, le deal avec le Medef en a estomaqu&#233; plus d'un, en ces temps o&#249; l'exploitation patronale conduit &#224; des records de profits et dividendes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les attaques patronales et gouvernementales ne sont pourtant pas all&#233;es sans r&#233;actions. De nombreux conflits ont chahut&#233; cette premi&#232;re ann&#233;e de pr&#233;sidence de Sarkozy, &#224; commencer par la r&#233;action massive des cheminots &#224; la remise en cause de leur retraite &#224; l'automne, mais aussi des gr&#232;ves pour les salaires dans de nombreuses entreprises, des mouvements contre les licenciements et les suppressions de postes (en particulier dans l'&#201;ducation nationale et toute la fonction publique), des journ&#233;es et protestations contre les coups de canif (de hache plut&#244;t !) dans les syst&#232;mes de retraites (41 ans de cotisation apr&#232;s avoir &#171; align&#233; &#187; les cheminots), de la sant&#233; (entre autres fermetures d'h&#244;pitaux), de l'indemnisation d&#233;j&#224; maigre du ch&#244;mage (radiations acc&#233;l&#233;r&#233;es sous pr&#233;texte de refus d'emploi). Le mouvement de gr&#232;ves en cours de la partie la plus opprim&#233;e et la plus vuln&#233;rable du prol&#233;tariat de ce pays, des travailleurs sans-papiers pour leur r&#233;gularisation, est plus qu'un symbole que la r&#233;signation n'est pas l'&#233;tat d'esprit g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la col&#232;re s'est exprim&#233;e en ordre dispers&#233;. Les conf&#233;d&#233;rations qui se flattent de leur importance et dont la vocation serait pr&#233;cis&#233;ment d'encourager et de &#171; f&#233;d&#233;rer &#187; les ripostes, c'est-&#224;-dire de leur offrir un programme g&#233;n&#233;ral et un plan concert&#233; d'action, s'engagent dans la voie exactement contraire, celle de l'&#233;parpillement, l'isolement et la division. D'o&#249; la foison de &#171; journ&#233;es &#187; de ces derni&#232;res semaines : fonction publique sans le priv&#233; le 15 mai contre les suppressions d'emplois, enseignants seuls le 18 mai, tous le 22 mai sur les retraites, fonctionnaires seuls le 10 juin, tous le 17 juin pour les retraites et les 35 heures&#8230; sans oublier des journ&#233;es &#171; imp&#244;ts &#187;, &#171; sant&#233; &#187;, &#171; t&#233;l&#233;vision &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce n'est certainement pas la gauche, en premier lieu le Parti socialiste, qui va rattraper les manques des organisations syndicales. &#199;a, une opposition ? Celle de sa majest&#233;, alors. Les dirigeants du PS accompagnent chaque fois qu'ils le peuvent gouvernement et patronat pour dire qu'il faut effectivement des &#171; r&#233;formes &#187; de la sant&#233;, de l'&#233;ducation, des retraites. Ce ne serait pas les m&#234;mes, para&#238;t-il ? Allez savoir ! Ils accompagnent m&#234;me Sarkozy au Liban, pour y repr&#233;senter la politique n&#233;o-coloniale de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais ! Ils sont pr&#234;ts &#224; s'aplatir encore si Sarkozy leur consentait une r&#233;forme de la Constitution, en particulier de la loi &#233;lectorale, qui garantisse leur repr&#233;sentation et leur chance de revenir au gouvernement&#8230; pour appliquer la m&#234;me politique anti-ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; l'enrichissement insolent des classes poss&#233;dantes, que tous les travailleurs payent par le recul des salaires, de l'emploi, des conditions de travail, une riposte g&#233;n&#233;rale du monde du travail est &#224; pr&#233;parer et organiser. La gauche comme les actuelles directions syndicales ne veulent pas l'assumer, lui tournent le dos ou la combattent, ouvertement ou sournoisement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est n&#233;anmoins dans ce sens qu'il faut pers&#233;v&#233;rer. Il revient &#224; l'extr&#234;me gauche et tous ceux qui se joindront &#224; elle, d'afficher un programme g&#233;n&#233;ral d'augmentation des salaires (et indexation automatique sur les prix), d'interdiction des licenciements et suppressions de postes, d'embauches massives dans le priv&#233; et le public, de r&#233;gularisation des travailleurs sans papiers. Il leur revient aussi d'affirmer la n&#233;cessit&#233; d'un plan d'action, au lieu de l'actuel savant d&#233;sordre. Il faut des luttes, oui, mais aussi une politique de convergence et de ma&#238;trise de ces luttes par ceux qui les m&#232;nent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;T&#244;t ou tard, une explosion sociale balaiera le barrage d'appareils politiques et syndicaux int&#233;gr&#233;s au syst&#232;me ou les obligera comme en 1968 &#224; accompagner la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Mais il faut se pr&#233;parer pour qu'&#224; la diff&#233;rence de Mai 68, o&#249; les appareils ont g&#233;n&#233;ralis&#233; la gr&#232;ve pour mieux en reprendre la t&#234;te et l'arr&#234;ter, les salari&#233;s engagent l'&#233;preuve de force en se donnant le contr&#244;le de leur mouvement et une organisation qui impose la d&#233;mocratie ouvri&#232;re, en attendant d'imposer le pouvoir des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 juin 2008&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Sans-papiers : d&#233;j&#224; plus de deux mois de gr&#232;ves
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		<dc:subject>sans-papiers
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Gr&#232;ve
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		<description>Une premi&#232;re vague de gr&#232;ves des sans-papiers, lanc&#233;e le 15 avril par des militants de la CGT et l'association Droits devant, a &#233;t&#233; suivie d'une seconde, d&#233;marr&#233;e au milieu de mai. Plus d'une quarantaine de sites de restauration, de nettoyage, d'int&#233;rim, de travaux publics, etc. sont toujours occup&#233;s. &lt;br /&gt;Le 12 juin, un meeting &#224; l'appel de l'UD CGT 75 et de Droits devant a r&#233;uni plus de 2 000 gr&#233;vistes ou futurs gr&#233;vistes. Il t&#233;moigne de l'espoir suscit&#233; par ces premiers mouvements, et de la volont&#233; d'obtenir&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une premi&#232;re vague de gr&#232;ves des sans-papiers, lanc&#233;e le 15 avril par des militants de la CGT et l'association Droits devant, a &#233;t&#233; suivie d'une seconde, d&#233;marr&#233;e au milieu de mai. Plus d'une quarantaine de sites de restauration, de nettoyage, d'int&#233;rim, de travaux publics, etc. sont toujours occup&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 12 juin, un meeting &#224; l'appel de l'UD CGT 75 et de Droits devant a r&#233;uni plus de 2 000 gr&#233;vistes ou futurs gr&#233;vistes. Il t&#233;moigne de l'espoir suscit&#233; par ces premiers mouvements, et de la volont&#233; d'obtenir la possibilit&#233; de travailler ici dans des conditions d&#233;centes, de ne plus &#234;tre contraint &#224; des salaires de parias, des conditions de travail r&#233;voltantes, des horaires &#233;puisants et surtout d'obtenir un titre de s&#233;jour pour n'avoir plus &#224; craindre les expulsions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les occupations d'&#233;glises, comme Saint-Bernard en 1996, puis les refus d'expulsion d'&#233;coliers conduits par le R&#233;seau &#233;ducation sans fronti&#232;res (RESF) depuis trois ans, les clandestins utilisent maintenant l'arme essentielle des travailleurs dans cette soci&#233;t&#233; capitaliste : la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la suite d'un d&#233;cret de 2007 mena&#231;ant d'une amende de 15 000 &#8364; et de 5 ans d'emprisonnement pour avoir employ&#233; des clandestins, les patrons en avaient licenci&#233; environ 10 000. Aujourd'hui des travailleurs, en cessant le travail, font pression sur les employeurs pour que ceux-ci appuient aupr&#232;s des pr&#233;fectures les demandes de r&#233;gularisation de leurs salari&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si des patrons ne veulent rien entendre, font appel aux vigiles ou &#224; la police, d'autres sont ainsi amen&#233;s &#224; coop&#233;rer. Les salari&#233;s de l'entreprise Michaud nettoyage, dans le 93, l'ont vite compris. Parmi les 180 salari&#233;s de cette entreprise de m&#233;nage, environ 120 seraient sans-papiers. Il a suffi que 90 salari&#233;s de l'entreprise se mettent en gr&#232;ve quelques jours pour que le patron remplisse tous les dossiers, les d&#233;fendant en personne devant la pr&#233;fecture, s'engageant &#224; payer pour chacun la taxe de r&#233;gularisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'instant cependant le gouvernement continue &#224; s'en tenir au &#171; cas par cas &#187;. Il entend ne proc&#233;der &#224; des r&#233;gularisations qu'au compte-gouttes. De toute &#233;vidence il ne veut pas donner l'impression qu'il c&#232;de quoi que ce soit sous l'impact des gr&#232;ves et ne pas susciter des esp&#233;rances qui pourraient entra&#238;ner l'extension du mouvement. Brice Hortefeux, ministre de l'immigration, a pr&#233;tendu le 19 juin avoir gagn&#233; la bataille face aux associations de d&#233;fense des sans-papiers et s'est vant&#233; d'avoir expuls&#233; du territoire 14 660 d'entre eux, lors des premiers mois de 2008, soit 80 % de plus que la m&#234;me p&#233;riode de 2007. &lt;em&gt; &#171; Les r&#233;gularisations se limiteront &#224; quelques centaines &#187; &lt;/em&gt; a-t-il insist&#233;, alors qu'il y a des centaines de milliers de sans-papiers dans ce pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; nous &#233;crivons, il semble m&#234;me jouer le pourrissement. Alors que certains sites entament leur troisi&#232;me mois de gr&#232;ve, il semble y avoir un quasi blocage des r&#233;gularisations. Elles n'avaient pourtant pas &#233;t&#233; si nombreuses jusque-l&#224; : 400 seulement (et la plupart tr&#232;s temporaires) sur 1 400 dossiers d&#233;pos&#233;s dans les pr&#233;fectures par l'interm&#233;diaire de la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs les n&#233;gociations branche par branche entre la CGT et le patronat pi&#233;tinent. Raymond Chauveau, secr&#233;taire de l'union locale CGT de Massy qui a initi&#233; le mouvement actuel, a donc menac&#233; le 12 juin : &lt;em&gt; &#171; aujourd'hui, nous sommes en mesure de lancer une troisi&#232;me vague de gr&#232;ves, beaucoup plus importante que les deux autres r&#233;unies &#187; &lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cet objectif ne fait pas l'unanimit&#233; dans la CGT elle-m&#234;me. Si certaines unions locales ou d&#233;partementales y sont favorables, d'autres ne le sont pas. Et cela semble encore plus vrai au niveau de la conf&#233;d&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, la pression exerc&#233;e sur le gouvernement ne vient pas essentiellement de la CGT, qui a suscit&#233; le mouvement, ni d'aucune autre organisation. Et pas non plus des collectifs de soutien, quelle que soit leur n&#233;cessit&#233; et leur bonne volont&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle vient de la d&#233;termination affirm&#233;e des travailleurs d&#233;j&#224; en gr&#232;ve et des milliers qui sont pr&#234;ts, et le disent, &#224; entrer dans le mouvement. Elle vient du courage qu'ils montrent, car il en faut pour se lancer dans cette gr&#232;ve-l&#224;, par petits groupes de quelques dizaines au plus et souvent bien moins, dans des sites dispers&#233;s, avec le risque non seulement de perdre son travail mais d'&#234;tre expuls&#233;s de France. Elle vient de l'organisation du mouvement, des liens &#233;tablis entre les gr&#233;vistes autour de la CGT ou tout simplement d'un site &#224; un autre, ou encore dans les comit&#233;s de gr&#232;ves n&#233;s ici ou l&#224; comme Chez Marius ou dans Perfect int&#233;rim.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pression d&#233;cisive serait que la lutte des sans-papiers s'&#233;tende encore et qu'elle s'int&#232;gre &#224; d'autres luttes de la classe ouvri&#232;re. Ces deux mois ont beaucoup compt&#233; pour faire reculer les pr&#233;jug&#233;s sur les clandestins et montrer que ce sont bien avant tout des travailleurs, ayant la s&#233;curit&#233; sociale, cotisant &#224; la retraite, payant leurs imp&#244;ts mais n'ayant pas de titre de s&#233;jour. Reste sans doute &#224; faire avancer la conscience que, comme le disait le 12 juin Raymond Chauveau, &lt;em&gt; &#171; si les sans-papiers se battent pour leurs droits, et tous leurs droits, ce sont tous les travailleurs qui en profitent &#187; &lt;/em&gt;. Car il serait &#233;vident alors que la revendication des papiers pour tous est bien un objectif pour toute la classe ouvri&#232;re li&#233; et m&#234;me conditionnant en partie celui sur les salaires, l'interdiction des licenciements, la baisse du temps de travail ou des conditions de vie et de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#338;uvrer &#224; cr&#233;er cette solidarit&#233; active comme apporter tout le soutien possible aux gr&#232;ves actuelles, voil&#224; aujourd'hui notre t&#226;che.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21 juin 2008&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gil LANNOU&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_321 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L450xH352/virersans-3df43.png?1528273634' width='450' height='352' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;T&#233;moignages :&lt;/h3&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Chez Manet (Paris 11&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette soci&#233;t&#233;, sous-traitante du m&#233;nage dans les h&#244;tels parisiens, emploie environ 150 salari&#233;s, surtout des femmes. Le patron paye au nombre de chambres nettoy&#233;es et compte 3,5 chambres par heure, ce qui est impossible &#224; r&#233;aliser. Les fiches de paye totalisent 78 heures alors qu'en r&#233;alit&#233; jusqu'&#224; 140 ont &#233;t&#233; effectu&#233;es ! Le montant des salaires d&#233;passe rarement 500 &#8364; par mois. Depuis le 23 mai, cinq employ&#233;es de cette soci&#233;t&#233;, de nationalit&#233; malienne, sont en gr&#232;ve et occupent le site avec le soutien logistique de la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fanta, leur porte-parole, une jeune femme enseignante au Mali, a &#233;t&#233; chaleureusement applaudie le 12 juin au meeting parisien. Elle a racont&#233; le cas d'une femme, en France depuis six ans, venue rejoindre l'un de ses fr&#232;res, qui habite dans un foyer. Elle n'a pas vu son fils depuis et celui-ci croit qu'elle l'a d&#233;laiss&#233;. Une autre venue en France pour assurer la vie de sa famille au pays, ne raconte pas sa vie &#171; &lt;em&gt; au trou &lt;/em&gt; &#187; comme elle dit, car cela causerait trop de souffrances l&#224;-bas. Elle se contente d'envoyer une aide financi&#232;re au gr&#233; de ses payes. La vie en France est beaucoup plus difficile qu'elle ne croyait. &lt;em&gt; &#171; On est beaucoup moins libre ici, mais l&#224;-bas on n'a pas de travail, il n'y a rien &#187;. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez Manet, comme sur d'autres piquets de gr&#232;ve, les travailleurs gardent le moral car ils se soutiennent d'un site &#224; l'autre. Les salari&#233;s de chez Papa (un restaurant parisien) passent r&#233;guli&#232;rement prendre des nouvelles. Un comit&#233; de soutien s'est constitu&#233; sur le 11&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; qui regroupe les repr&#233;sentants de l'union locale CGT, des militants de Droits devant, de la ligue des droits de l'homme, de la LCR, du PCF, de Femmes &#201;galit&#233;, de LO, des verts, du PS. Il envoie ses militants dormir la nuit dans le site. Une p&#233;tition est tr&#232;s largement sign&#233;e dans les rues. Des collectes ont lieu dans les entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour l'instant, seules deux travailleuses ont re&#231;u des permis de travailler un mois et la pr&#233;fecture marque le pas en disant qu'elle ne peut pas r&#233;gulariser des temps partiels !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs sont conscients des difficult&#233;s mais d&#233;termin&#233;s. Comme explique Fanta :&lt;em&gt; &#171; Certes, il y a les associations qui nous soutiennent, il y a la CGT qui est toujours derri&#232;re nous. Mais tout &#231;a c'est du soutien. La gr&#232;ve c'est nous qui la menons. La solution c'est nous qui l'avons. &#187; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les piquets, des sans-papiers de toutes nationalit&#233;s viennent en toute confiance pour raconter leur vie et leur exp&#233;rience et r&#233;colter des informations pour engager une r&#233;gularisation. Les gr&#233;vistes sont aussi contact&#233;s par des groupes qui se tiennent pr&#234;ts &#224; se mettre en gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Anne HANSEN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Chez Haber-France (Ivry, 94)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mamadou travaille depuis 2002 chez Haber-France (livraison de boissons, 14 salari&#233;s) au service de facturation et il a tr&#232;s t&#244;t remarqu&#233; que trois autres de ses coll&#232;gues &#233;taient sans-papiers. Le patron l'a embauch&#233; sur pr&#233;sentation de la carte de s&#233;jour d'un cousin, mais en connaissant pertinemment sa situation. D&#233;clar&#233; &#224; 35 heures, il en fait 40. Ses camarades &#224; temps partiel accumulent les heures suppl&#233;mentaires. Le salaire n'est pas &#224; la hauteur de celui de ses coll&#232;gues r&#233;guliers puisqu'il touche 1 100 &#8364; par mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a cinq mois, il prend sa carte &#224; l'UL CGT de Massy pensant que la gr&#232;ve est le meilleur moyen de se battre pour des papiers :&lt;em&gt; &#171; Avant on avait peur. Mais l&#224;, on a d&#233;cid&#233; que c'&#233;tait trop. Quand on a vu les autres gr&#232;ves, on a voulu s'y mettre. &#187; &lt;/em&gt;Il pr&#233;cise :&lt;em&gt; &#171; nous on n'est pas des militants. On est des simples travailleurs et on veut des papiers, c'est tout ! &#187;. &lt;/em&gt;Avant d'ajouter : &lt;em&gt; &#171; le syndicat nous a expliqu&#233; qu'il fallait se battre pour les salaires, pour l'emploi. On leur a r&#233;pondu : quand on aura des papiers on sera les premiers &#224; faire &#231;a ! &#187; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout de trois semaines de gr&#232;ve &#224; quatre, seuls deux dossiers ont &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;s &#224; la pr&#233;fecture. Le patron pr&#233;tend maintenant ne pas conna&#238;tre deux des gr&#233;vistes. Les quatre gr&#233;vistes restent soud&#233;s et assurent :&lt;em&gt; &#171; nous, on est l&#224; jusqu'au bout. &#187; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rapha&#235;l PRESTON&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Au chantier de la rue Xaintrailles (Paris 13&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Sur ce chantier de d&#233;molition, les salaires des sans-papiers sont nettement en dessous du tarif : 1200 &#8364; au lieu de 1800 pour un d&#233;molisseur sp&#233;cialis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le plus dangereux, c'est le non-respect des r&#232;gles de s&#233;curit&#233; : Sissoko se rappelle avoir travaill&#233; dans de l'amiante avec un simple masque. Quant aux accidents de travail, ils ne sont bien s&#251;r jamais d&#233;clar&#233;s par le patron. Et comme les sans-papiers ne b&#233;n&#233;ficient pas de remboursement de la s&#233;curit&#233; sociale (bien qu'ils cotisent comme tous les salari&#233;s !), ces accidents sont leur cauchemar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chantier a &#233;t&#233; d&#233;coup&#233; entre cinq entreprises sous-traitantes, qui embauchent toutes des sans-papiers. Les 29 gr&#233;vistes occupent jour et nuit depuis le 15 avril. Parmi eux, une douzaine a d&#233;j&#224; re&#231;u le r&#233;c&#233;piss&#233; du titre de s&#233;jour, mais ils continuent la gr&#232;ve jusqu'&#224; ce que tous aient le fameux s&#233;same.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Presque tous les patrons coop&#232;rent avec les sans-papiers sous pression de la gr&#232;ve. Les syndicats CGT du quartier leur apportent un soutien quotidien : collectes, p&#233;titions, co-organisation de l'occupation. Tous les dimanches de nombreux habitants du quartier, des gr&#233;vistes d'autres sites o&#249; des militants de la r&#233;gion se retrouvent autour d'un barbecue ou d'un maff&#233; pour collecter des fonds. Un syndicaliste de l'EDF, membre de l'union locale CGT, qui occupe jour et nuit avec eux s'insurge : &lt;em&gt; &#171; C'est bien ce qu'ils font. Mais ce serait encore mieux si nous, on &#233;tait capables d'une m&#234;me combativit&#233; pour d&#233;fendre nos retraites, notre temps de travail et nos salaires. Parce que l&#224; on se rendrait compte qu'on a int&#233;r&#234;t &#224; &#234;tre tous ensemble sur tous les fronts. &#187; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R.P.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Chez Marius (Paris 8&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le samedi 24 mai, trois travailleurs du caf&#233; Marius, menac&#233;s de licenciement, se sont mis en gr&#232;ve avec l'appui du &#171; Collectif pour la dignit&#233; des travailleurs sans-papiers &#187; et de la CGT. Cet &#233;tablissement, avec sept autres caf&#233;s chics et un h&#244;tel avenue Montaigne, fait partie du groupe familial Richard, qui vend et livre aussi du caf&#233;, des tasses, des cuill&#232;res &#224; tous les caf&#233;s de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'occupation du restaurant par 16 gr&#233;vistes, le patron a r&#233;int&#233;gr&#233; les travailleurs d&#233;j&#224; licenci&#233;s, s'est engag&#233; &#224; effectuer les d&#233;marches devant la pr&#233;fecture, &#224; payer la taxe de r&#233;gularisation de l'ANAEM et &#224; maintenir le salaire des gr&#233;vistes jusqu'au 30 mai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT, elle, s'est engag&#233;e &#224; d&#233;poser 15 autres dossiers de sans-papiers, isol&#233;s dans d'autres entreprises, mais faisant activement partie du collectif de soutien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le lundi, les 16 gr&#233;vistes, en majorit&#233; maliens, ont &#233;lu un comit&#233; de gr&#232;ve de six personnes, responsable devant l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale, qui assure la direction du mouvement. Des commissions organisent l'occupation, le nettoyage, les collectes, les contacts avec les autres caf&#233;s, la r&#233;daction et l'impression d'une petite feuille &lt;em&gt; Les sans-papiers sortent de leur cuisine&#8230; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce jour, seuls deux sans-papiers sur 17, car une employ&#233;e a depuis rejoint la gr&#232;ve, ont eu des papiers provisoires de r&#233;gularisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G.L.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Belgique : les sans-papiers aussi en lutte
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		<dc:subject>Belgique
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		<dc:subject>sans-papiers
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		<description>Le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mai Ebenizer Folefack Sontsa &#233;tait retrouv&#233; mort au centre ferm&#233; de Merksplas. Ces centres ferm&#233;s sont le pendant belge des centres de r&#233;tention fran&#231;ais : les &#233;trangers y sont enferm&#233;s avant leur expulsion du territoire. Dans ces centres, des enfants sont aussi derri&#232;re des barreaux, d&#233;tention qui a &#233;t&#233; condamn&#233;e par la Cour europ&#233;enne des droits de l'homme mais qui continue pourtant ! Sontsa avait 32 ans, &#233;tait camerounais et vivait en Belgique depuis trois ans. Son suicide a eu lieu apr&#232;s une&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mai Ebenizer Folefack Sontsa &#233;tait retrouv&#233; mort au centre ferm&#233; de Merksplas. Ces centres ferm&#233;s sont le pendant belge des centres de r&#233;tention fran&#231;ais : les &#233;trangers y sont enferm&#233;s avant leur expulsion du territoire. Dans ces centres, des enfants sont aussi derri&#232;re des barreaux, d&#233;tention qui a &#233;t&#233; condamn&#233;e par la Cour europ&#233;enne des droits de l'homme mais qui continue pourtant ! Sontsa avait 32 ans, &#233;tait camerounais et vivait en Belgique depuis trois ans. Son suicide a eu lieu apr&#232;s une tentative d'expulsion du territoire belge par la police &#8211; tentative qui a &#233;chou&#233; en partie &#224; cause de l'intervention d'un passager &#8211; et alors qu'il &#233;tait en attente d'une nouvelle expulsion vers le Cameroun. Notons que le passager qui a fait &#233;chouer l'expulsion en refusant de s'asseoir dans l'avion a &#233;t&#233; d&#233;tenu 10 heures en garde &#224; vue par la police et ne pourra plus jamais emprunter la compagnie a&#233;rienne qui transportait Sontsa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une pol&#233;mique a eu lieu entre l'Office des &#233;trangers &#8211; qui s'occupe des dossiers &#8211; et certains proches de Sontsa qui ne croyaient pas &#224; la r&#233;alit&#233; de ce suicide. Mais suicide ou non, Sonsta a &#233;t&#233; victime des mesures gouvernementales qui r&#232;glent la situation des personnes en situation ill&#233;gale sur le territoire belge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mort de Sontsa intervient juste 10 ans apr&#232;s celle de Samira Adamu. Cette jeune nig&#233;riane mourait le 22 septembre 1998, lors d'une sixi&#232;me tentative d'expulsion, &#233;touff&#233;e par le coussin que l'un de ses &#171; accompagnateurs &#187; lui avait plaqu&#233; sur le visage pour l'emp&#234;cher d'ameuter les passagers de l'appareil. Cet assassinat avait entra&#238;n&#233; une forte &#233;motion dans le pays et tr&#232;s nombreux furent ceux qui manifest&#232;rent leur col&#232;re. Le ministre socialiste de l'&#233;poque avait d&#251; d&#233;missionner devant le scandale que constituait ce crime.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des luttes pour la r&#233;gularisation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la mort de Samira Adamu, suite aux protestations des sans papiers et des organisations de d&#233;fense, il y a eu une loi temporaire de r&#233;gularisation. Temporaire, car elle pr&#233;voyait &#171; une campagne de r&#233;gularisation &#187; du 10 au 30 janvier 2000. Au total, 27 686 dossiers ont &#233;t&#233; accept&#233;s, 6 265 ont essuy&#233; un refus et 815 ont &#233;t&#233; exclus car les personnes &#233;taient consid&#233;r&#233;es comme pouvant troubler &#171; l'ordre public &#187; ou &#233;taient des d&#233;linquants multir&#233;cidivistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis cette r&#233;gularisation large, il n'y a eu que des r&#233;gularisations sur la base de la loi du 15 d&#233;cembre 1980, article 9 &#167; 3 (loi sur l'acc&#232;s au territoire, le s&#233;jour, l'&#233;tablissement ou l'&#233;loignement des &#233;trangers). Cet article, bien connu dans les milieux immigr&#233;s, est uniquement de proc&#233;dure et ne d&#233;finit aucun crit&#232;re pouvant donner lieu &#224; une r&#233;gularisation de s&#233;jour. Il pr&#233;voit que lors de circonstances exceptionnelles, une demande de s&#233;jour peut &#234;tre transmise au maire de la ville et donner lieu &#224; une r&#233;gularisation individuelle. En clair, c'est &#224; la discr&#233;tion de l'Office des &#201;trangers qui juge du caract&#232;re exceptionnel de la demande&#8230; ou non !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faute de loi de r&#233;gularisation, faute m&#234;me de crit&#232;res claires de r&#233;gularisation, les sans papiers occupent des &#233;glises depuis des ann&#233;es et font des gr&#232;ves de la faim r&#233;p&#233;t&#233;es. Ces occupations sont parfois organis&#233;es par nationalit&#233; : les Iraniens dans une &#233;glise, les Afghans dans une autre, avec &#224; chaque fois la neutralit&#233; bienveillante du cur&#233; de la paroisse. Certaines de ses gr&#232;ves ont &#233;t&#233; massives (150 gr&#233;vistes ici, 100 l&#224;&#8230;) et ont permis &#224; certains d'obtenir des titres de s&#233;jour plus ou moins longs et &#171; au cas par cas &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des manifestations de soutien aux sans papiers sont aussi organis&#233;es depuis des ann&#233;es. Ce qui est nouveau, c'est que lors d'une de ces manifestations la police est violemment intervenue, arr&#234;tant une centaine de manifestants et douze sans papiers ont &#233;t&#233; dirig&#233;s vers des centres ferm&#233;s en attente de leur expulsion vers leurs pays d'origine. C'est le maire PS de Bruxelles qui a fait appel &#224; la police.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Revendications... et illusions !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les sans papiers et ceux qui les soutiennent revendiquent, bien s&#251;r, des &#171; papiers pour tous &#187; comme ils le scandent au cours des manifestations. Mais ils souhaitent aussi qu'une loi, fixant des crit&#232;res clairs de r&#233;gularisation, soit vot&#233;e. Ce projet fait partie de l'accord gouvernemental, conclu entre divers partis politiques, de gauche comme de droite, qui a pr&#233;c&#233;d&#233; la nomination du premier ministre actuel, Yves Leterme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ministre de l'asile et des migrations Annemie Turtelboom, a annonc&#233; qu'effectivement elle allait publier une circulaire avec des crit&#232;res clairs pour ceux qui demandent individuellement la r&#233;gularisation de leur s&#233;jour. Une sorte de permis &#224; points : 40 pour avoir un travail, 10 pour un avis favorable du maire&#8230; mais retrait de 10 pour un avis d&#233;favorable ! La circulaire exclurait tous ceux qui sont entr&#233;s ill&#233;galement sur le territoire belge sans passer par une demande d'asile, un &#171; permis B &#187; ou un statut &#233;tudiant. Par ce biais, des milliers d'entre eux se verraient &#233;cart&#233;s d'office de toute r&#233;gularisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La publication de cette circulaire a pris du retard car les diff&#233;rents partis au gouvernement ne seraient pas d'accord entre eux sur son contenu, sur les crit&#232;res et les pond&#233;rations exig&#233;s. Les gr&#233;vistes de la faim et les associations, quant &#224; eux, poursuivent leurs mouvements esp&#233;rant ainsi faire pression sur le gouvernement pour obtenir un texte moins restrictif que celui annonc&#233;. Les expulsions continuent&#8230; et des milliers de travailleurs clandestins vivent la peur au ventre face aux contr&#244;les de police, &#224; la merci de patrons pr&#234;ts &#224; les exploiter plus durement encore que les autres travailleurs. Un scandale auquel il faut mettre fin en r&#233;clamant la r&#233;gularisation des sans papiers qui sont avant tout des travailleurs et la fin des centres ferm&#233;s qui sont de v&#233;ritables prisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 juin 2008&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Paul GALLER&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> SNCF : le profit contre la s&#233;curit&#233;
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/SNCF-le-profit-contre-la-securite</link>
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		<dc:subject>Entreprises
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		<dc:subject>SNCF
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		<description>Le 14 f&#233;vrier, la gare de triage de Villeneuve-Saint-Georges &#233;chappait de peu &#224; une catastrophe : un train qui man&#339;uvrait en prenait un autre en &#233;charpe. Plusieurs wagons &#233;taient renvers&#233;s dont des plates-formes transportant des autos, d'o&#249; le caract&#232;re spectaculaire de l'accident. S'il n'y avait pas de voyageurs impliqu&#233;s, l'un des trains comptait des wagons citernes remplis de gaz &#224; base de chlore. Une fuite n&#233;cessita l'intervention de deux cellules de pompiers sp&#233;cialis&#233;s, l'&#233;tablissement d'un p&#233;rim&#232;tre&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 14 f&#233;vrier, la gare de triage de Villeneuve-Saint-Georges &#233;chappait de peu &#224; une catastrophe : un train qui man&#339;uvrait en prenait un autre en &#233;charpe. Plusieurs wagons &#233;taient renvers&#233;s dont des plates-formes transportant des autos, d'o&#249; le caract&#232;re spectaculaire de l'accident. S'il n'y avait pas de voyageurs impliqu&#233;s, l'un des trains comptait des wagons citernes remplis de gaz &#224; base de chlore. Une fuite n&#233;cessita l'intervention de deux cellules de pompiers sp&#233;cialis&#233;s, l'&#233;tablissement d'un p&#233;rim&#232;tre de s&#233;curit&#233; et la perturbation du trafic sur la ligne D du RER.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gaz, et en particulier le chlore, font partie des mati&#232;res les plus dangereuses transport&#233;es par camions ou wagons citernes. En cas de fuite massive ou d'explosion, quand une quantit&#233; importante de gaz se r&#233;pand dans l'atmosph&#232;re, la seule fa&#231;on de se prot&#233;ger est de se confiner chez soi et de calfeutrer ses fen&#234;tres. Encore faut-il &#234;tre pr&#233;venu &#224; temps. &#192; Villeneuve-Saint-Georges, des centaines d'ouvriers de la SNCF &#233;taient au travail au moment de l'accident, comme chaque jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ce que la direction de la SNCF trouva &#224; dire apr&#232;s l'accident, c'est qu'il s'agissait&#8230; d'une erreur humaine d'aiguillage. Trois jours plus tard, le 17 f&#233;vrier, accident similaire mais moins grave, toujours &#224; Villeneuve. La direction, &#224; la suite notamment de l'intervention du CHSCT, reconnaissait des d&#233;faillances de mat&#233;riel. Sa pr&#233;occupation principale restait n&#233;anmoins de ne pas &#233;bruiter &#171; l'incident &#187;&#8230; et plusieurs semaines plus tard, aucune mesure concr&#232;te n'avait &#233;t&#233; adopt&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Incidents et accidents&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le 27 mai, c'est en gare d'Argenteuil que deux wagons-citernes contenant 70 000 litres de ph&#233;nol fondu d&#233;raillaient. Utilis&#233; par l'industrie pharmaceutique et la parfumerie, le ph&#233;nol est un produit hautement toxique. Cette fois encore, les pompiers, dont une cellule chimique sp&#233;cialis&#233;e, durent travailler pendant plusieurs jours pour transvaser le ph&#233;nol apr&#232;s avoir &#233;tabli un p&#233;rim&#232;tre de s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les accidents frappant les trains de Fret appartenant &#224; des compagnies priv&#233;es sont &#233;galement nombreux. Le 25 avril dernier, un train de V&#233;olia traversait la gare de Montauban &#224; grande vitesse sans s'arr&#234;ter au signal, alors que plusieurs trains de voyageurs s'y trouvaient. Les aiguilleurs r&#233;ussirent in extremis &#224; l'orienter &#224; l'&#233;cart de ces trains. Les wagons se couch&#232;rent sur le ballast sans faire de victimes. Apr&#232;s enqu&#234;te, une insuffisance de v&#233;rification des freins serait &#224; l'origine de l'accident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme pr&#233;c&#233;demment, la direction de la SNCF fait de la r&#233;tention d'information, m&#232;ne son enqu&#234;te interne et s'applique &#224; minimiser l'affaire. Des pannes spectaculaires comme celle de l'Eurostar du 20 avril dernier, qui a contraint les voyageurs &#224; passer 12 heures (au lieu de 2) dans un train, sont &#233;videmment impossibles &#224; dissimuler. Mais de nombreux autres &#171; incidents &#187; ne sont pas port&#233;s &#224; la connaissance du public.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Plut&#244;t l'image de la s&#233;curit&#233;, que la s&#233;curit&#233; ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les raisons de cette d&#233;gradation sont avant tout le mauvais &#233;tat du r&#233;seau ferr&#233;, les suppressions de personnels, l'augmentation de la productivit&#233;, les &#233;conomies sur l'entretien, la sous-traitance et la formation moins longue et insuffisante des personnels, et pas seulement des entreprises priv&#233;es qui se pr&#233;cipitent sur ce march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la SNCF se garde de publier des statistiques, une &#233;tude r&#233;cente de l'&#201;cole polytechnique de Lausanne&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Source : La Tribune du 15 mai 2008.' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; sur le r&#233;seau ferroviaire fran&#231;ais estime que &lt;em&gt; &#171; le r&#233;seau est au bord de l'implosion &#187; &lt;/em&gt; sur certains axes en raison de l'augmentation du trafic et notamment de l'arriv&#233;e de nouveaux op&#233;rateurs. &lt;em&gt; &#171; Cela fonctionnait encore &#224; peu pr&#232;s quand la SNCF &#233;tait seule &#224; circuler sur les voies, mais &#231;a ne tient plus maintenant. &#187; &lt;/em&gt; La gestion des convois devient de plus en plus complexe, les risques de collision plus grands. Par mesure d'&#233;conomie, la SNCF sous-traite une partie croissante de l'entretien &#224; des entreprises qui emploient elles-m&#234;mes des pr&#233;caires pas ou peu form&#233;s. Sud-Rail, dans une &#233;tude consacr&#233;e &#224; la sous-traitance&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Sud Rail, Conseil d'administration N&#176;35.' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; estimait d&#233;j&#224; en juillet 2006 cette sous-traitance &#224; l'&#233;quivalent de 15 000 agents SNCF dont les emplois ont &#233;t&#233; supprim&#233;s. Parmi les travaux confi&#233;s &#224; ces sous-traitants, on compte des op&#233;rations techniques d&#233;licates comme l'entretien et la r&#233;paration des wagons et du mat&#233;riel ferroviaire. La d&#233;gradation du r&#233;seau a entra&#238;n&#233; depuis la fin 2006 des ralentissements nombreux, pour raison de s&#233;curit&#233;, sur 1300 Kms de petites lignes que la SNCF a tendance &#224; ne plus entretenir, au profit des TGV et trains de prestige.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intervention sur le r&#233;seau de conducteurs de pays &#233;trangers (sur des trains priv&#233;s) pose aussi de nouveaux probl&#232;mes, en particulier de diff&#233;rences de proc&#233;dures, de barri&#232;res linguistiques. Mais ces probl&#232;mes n'affectent pas que le priv&#233;. La r&#233;forme du Fret qui va consid&#233;rablement aggraver les conditions de travail des conducteurs, ne peut qu'augmenter les risques, de m&#234;me que la pratique de plus en plus courante qui consiste &#224; utiliser des TA (conducteurs de man&#339;uvre moins bien pay&#233;s) pour effectuer le travail de leurs coll&#232;gues TB (conducteurs de ligne). L'allongement de la dur&#233;e effective du travail, la multiplication des signaux de plus en plus complexes et des ordres divers re&#231;us par radio suscitent une tension nerveuse qui augmente la fatigue et peut entra&#238;ner toutes sortes d'erreurs. C'est ainsi que, sur le r&#233;seau RER, il ne se passe pas un mois sans plusieurs franchissements de &#171; carr&#233;s &#187; (signaux d'arr&#234;t). Faute grave qui tend &#224; se banaliser. La seule r&#233;ponse de la direction est de placarder des affiches incitant les conducteurs &#224; l'attention. La fatigue n'est d'ailleurs pas seule en cause : les conducteurs sont confront&#233;s &#224; des syst&#232;mes de freins mal con&#231;us, comme en gare de l'Est en avril 2007, quand un train a heurt&#233; le butoir faisant 71 bless&#233;s l&#233;gers. Cette fois encore, la direction avait commenc&#233; par mettre en cause le conducteur&#8230; Le tout r&#233;cent accident qui a co&#251;t&#233; la vie &#224; 7 enfants au passage &#224; niveau d'Allinges en Haute-Savoie, n'est pas &#233;tranger aux mesures d'&#233;conomie. Pr&#232;s de 340 passages &#224; niveau dangereux ont &#233;t&#233; officiellement recens&#233;s depuis des ann&#233;es, mais la SNCF se refuse &#224; les remplacer par des tunnels ou des ponts, alors que 40 personnes sont tu&#233;es chaque ann&#233;e &#224; des passages &#224; niveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La SNCF pr&#233;f&#232;re investir dans la communication. C'est ainsi qu'elle a d&#233;pens&#233; pr&#232;s de 4 millions d'euros en 2006 pour r&#233;aliser deux films destin&#233;s &#224; vanter&#8230; la s&#233;curit&#233;. Derri&#232;re ces images destin&#233;es &#224; rassurer les &#171; clients &#187;, la SNCF met en danger non seulement les cheminots et les voyageurs, mais toute une partie de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Georges RIVIERE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Le plus grand d&#233;placement de population en p&#233;riode de paix&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le plus grave accident TMD (Transport de mati&#232;res dangereuses), qui eut lieu au Canada le 10 novembre 1979, ressemble beaucoup &#224; celui qui aurait pu avoir lieu &#224; Villeneuve. Ce jour-l&#224; des wagons citernes de chlore d&#233;raill&#232;rent, provoquant la formation d'un nuage toxique. 250 000 personnes furent &#233;vacu&#233;es, ce qui repr&#233;sente la plus grande &#233;vacuation de population en temps de paix. Plus r&#233;cemment, en France, en 1993, un convoi de 20 wagons d'essence d&#233;railla &#224; la Voulte &#224; la suite d'une rupture d'essieu. Trois citernes s'enflamm&#232;rent et explos&#232;rent. L'essence s'infiltra dans les sols et les &#233;gouts propageant le feu aux maisons voisines. Bilan : une dizaine de b&#226;timents d&#233;truits, 500 personnes &#233;vacu&#233;es. Des couvercles d'&#233;gouts furent violemment projet&#233;s &#224; des dizaines de m&#232;tres. Un b&#226;timent fut endommag&#233; &#224; 800 m&#232;tres de l'accident. Le transport de mati&#232;res dangereuses exige donc des mesures de s&#233;curit&#233; draconiennes et des enqu&#234;tes minutieuses.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Source : La Tribune du 15 mai 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sud Rail, Conseil d'administration N&#176;35.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> &#171; Mobilit&#233; &#187;, &#171; R&#233;vision g&#233;n&#233;rale &#187;, &#171; livre blanc &#187; : Sarkozy &#224; l'assaut de l'&#201;tat&#8230; ou de son personnel ?
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Mobilite-Revision-generale-livre-blanc-Sarkozy-a-l-assaut-de-l-Etat-ou-de-son</link>
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		<dc:date>2008-06-30T22:09:38Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Entreprises
</dc:subject>
		<dc:subject>Fonctionnaires
</dc:subject>

		<description>Depuis son &#233;lection, Sarkozy se montre d&#233;termin&#233; &#224; refondre en profondeur l'administration. Les r&#233;formes se d&#233;composent en trois volets : la loi sur la mobilit&#233;, pour d&#233;placer ou se d&#233;barrasser des fonctionnaires en trop ; la R&#233;vision g&#233;n&#233;rale des politiques publiques (RGPP) ; le &#171; livre blanc &#187;, ou rapport Silicani, qui pr&#233;conise la casse des statuts et la r&#233;mun&#233;ration au m&#233;rite. &lt;br /&gt;Nombre de gouvernements avaient d&#233;j&#224; affich&#233; leur volont&#233; de s'attaquer au service public, devant parfois y renoncer face aux&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-58-juillet-aout-2008-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 58, juillet-ao&#251;t 2008
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Entreprises-72-+" rel="tag"&gt;Entreprises
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Fonctionnaires-+" rel="tag"&gt;Fonctionnaires
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis son &#233;lection, Sarkozy se montre d&#233;termin&#233; &#224; refondre en profondeur l'administration. Les r&#233;formes se d&#233;composent en trois volets : la loi sur la mobilit&#233;, pour d&#233;placer ou se d&#233;barrasser des fonctionnaires en trop ; la R&#233;vision g&#233;n&#233;rale des politiques publiques (RGPP) ; le &#171; livre blanc &#187;, ou rapport Silicani, qui pr&#233;conise la casse des statuts et la r&#233;mun&#233;ration au m&#233;rite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nombre de gouvernements avaient d&#233;j&#224; affich&#233; leur volont&#233; de s'attaquer au service public, devant parfois y renoncer face aux gr&#232;ves. Sous Jospin, les effectifs de l'&#233;quipement et des Finances avaient commenc&#233; &#224; chuter. Mais l'Int&#233;rieur, la Justice et l'&#233;ducation nationale grossissaient toujours. Globalement, les effectifs de la fonction publique d'&#201;tat ont progress&#233; de 12 % en 25 ans, c'est-&#224;-dire au m&#234;me rythme que la population. De retour au pouvoir en 2002, la droite annon&#231;ait quelques milliers de suppressions d'emplois chaque ann&#233;e, s'attaquant en priorit&#233; &#224; L'&#201;ducation nationale (la moiti&#233; du personnel de l'&#201;tat). Les effectifs ne se sont que stabilis&#233;s. Pour &#233;laguer r&#233;ellement la fonction publique et atteindre un d&#233;part en retraite sur deux non remplac&#233;, c'est-&#224;-dire 160 000 emplois en quatre ans, une r&#233;organisation est n&#233;cessaire, avec un recul de l'intervention de l'&#201;tat et de son implantation locale.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La R&#233;vision g&#233;n&#233;rale des politiques publiques (RGPP) : un vaste &#171; plan social &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Avec le regroupement en grands minist&#232;res, l'organisation du gouvernement de Sarkozy pr&#233;figurait les bouleversements &#224; venir. &#171; Synergie &#187;, &#171; chasse aux doublons &#187; sont les ma&#238;tres mots. Depuis un an, la RGPP s'attelle &#224; regrouper les services, notamment les directions territoriales des minist&#232;res. On passera de 18 &#224; 8 directions par r&#233;gion et de 13 &#224; 4 ou 5 par d&#233;partement. Par exemple, la Direction r&#233;gionale de l'entreprise, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi, au nom significatif, r&#233;unira 6 anciennes directions r&#233;gionales, qui partageront leurs services de gestion du personnel, logistique, informatique et les moyens mis &#224; leur disposition, comme les imprimantes. Il s'agit d'&#233;conomiser sur le personnel en d&#233;gradant les conditions et la charge de travail. Avec, en prime, la motivation affich&#233;e par le conseil de modernisation : &lt;em&gt; &#171; Les entreprises d'une r&#233;gion auront ainsi un interlocuteur unique, qui offrira en un m&#234;me lieu des services compl&#233;mentaires. &#187; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la sant&#233;, des Agences r&#233;gionales de sant&#233; (ARS) remplaceront, avec moins de personnel, les Agences r&#233;gionales de l'hospitalisation (ARH), qui g&#232;rent l'organisation des soins, et surtout les directions r&#233;gionales et d&#233;partementales des affaires sanitaires et sociales (DRASS, DDASS), qui s'occupaient de la planification des ressources, de la gestion des risques sanitaires et des organismes de s&#233;curit&#233; sociale. Par rapport aux directions d'administration classiques, les agences (la premi&#232;re a &#233;t&#233; l'ANPE, elles sont de plus en plus nombreuses depuis les ann&#233;es 1980) sont plus autonomes dans leur pratique et leur recrutement. C'est un d&#233;but de d&#233;sengagement de l'&#201;tat et un pas vers la gestion priv&#233;e de la sant&#233;. Par ailleurs, les agences ont souvent un objectif de &#171; performance &#187; et recourent aux cadres du priv&#233;, jug&#233;s plus sensibles &#224; la prise en compte d'objectifs et &#224; l'&#233;valuation. Les objectifs du gouvernement sont clairement formul&#233;s par Fillon : &#171; &lt;em&gt; la r&#233;forme de l'&#201;tat suppose que chacun d'entre nous accepte qu'il y ait moins de services, moins de personnels, moins d'&#201;tat sur son territoire. Il est impossible d'un c&#244;t&#233; de dynamiser la sph&#232;re priv&#233;e et de l'autre laisser la sph&#232;re publique au point mort &#187; &lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fusion Imp&#244;ts-Tr&#233;sor vise aussi &#224; supprimer plusieurs milliers d'emplois. Elle a &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;e avec la suppression de 13 000 emplois depuis 2000. Les agents des Imp&#244;ts se voient confier de plus en plus de t&#226;ches et les conditions de travail ne cessent de se d&#233;grader.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les services de l'&#201;tat sont attaqu&#233;s. Disparition de 62 des 271 conseils de prud'hommes, l'&#233;loignement compliquant l'acc&#232;s pour les salari&#233;s. Fusion ANPE-Un&#233;dic et accroissement du recours au priv&#233; pour &#171; placer &#187; les ch&#244;meurs. Mise en concurrence de l'Afpa pour la formation des ch&#244;meurs et salari&#233;s que financent l'&#201;tat et les R&#233;gions, avec une ouverture au priv&#233; qui va tirer les co&#251;ts vers le bas et abaisser la qualit&#233; des formations. Avec la dissolution de la D&#233;l&#233;gation interminist&#233;rielle &#224; la lutte contre le travail ill&#233;gal (DILTI), r&#233;duction des effectifs charg&#233;s de traquer les patrons ne d&#233;clarant pas leurs salari&#233;s, une partie du personnel rejoignant Hortefeux pour traquer les travailleurs sans-papiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seule note positive : il y aura 54 000 militaires en moins ! Mais c'est pour mieux mettre les services secrets &#224; l'heure de Guantanamo&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Mobilit&#233;... vers la porte&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ces restructurations n&#233;cessitent de recaser de nombreux agents&#8230; ou de les pousser dehors. C'est l'objectif de la loi sur la mobilit&#233;, vot&#233;e en juin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle commence par deux ans de salaire vers&#233;s &#224; ceux qui d&#233;missionnent. Avec le ch&#244;mage actuel, comment des milliers de fonctionnaires trouveraient une place dans le priv&#233; ? Ceux qui s'y aventurent risquent fort de s'en mordre les doigts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque son poste dispara&#238;t, il faut se d&#233;brouiller pour en trouver un autre ailleurs. Une bourse de l'emploi public a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; mise en place sur Internet, une sorte d'ANPE en ligne pour fonctionnaires. Sinon l'administration propose deux postes, &#233;ventuellement dans une autre r&#233;gion et/ou un autre m&#233;tier. &#199;a ressemble &#224; &#171; l'offre raisonnable d'emploi &#187; destin&#233;e &#224; obliger les ch&#244;meurs &#224; accepter n'importe quoi. Des emplois &#233;tant supprim&#233;s dans tous les services, la plupart ne pourront pas se recaser &#224; des conditions d&#233;centes. Des centaines d'agents seront contraints &#224; d&#233;m&#233;nager et se r&#233;orienter, avec toutes les difficult&#233;s dans la vie personnelle que cela pose. Et en cas de refus, apr&#232;s deux ans, c'est la mise &#224; disponibilit&#233; d'office, sans revenu, c'est-&#224;-dire un licenciement d&#233;guis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi autorise le cumul de plusieurs emplois &#224; temps partiel dans les trois fonctions publiques. Un contr&#244;leur des Imp&#244;ts pourra se recaser &#224; mi-temps comme comptable en mairie, poursuivre &#224; quart temps dans un h&#244;pital et finir la semaine &#224; la pr&#233;fecture pour harceler les pr&#233;tendus &#171; fraudeurs &#187; aux allocations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, cette &#171; loi sur la pr&#233;carit&#233; &#187; ouvre l'embauche d'int&#233;rimaires dans l'administration. CDD et vacataires &#233;taient d&#233;j&#224; une pratique courante&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Publication Dares, &#171; 16 % des agents de la fonction publique en contrat (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, ce ne sera pas en s'am&#233;liorant.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le livre blanc de la casse des statuts&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dernier volet, le rapport Silicani pr&#233;conise la casse des statuts, pour permettre &#224; la hi&#233;rarchie d'augmenter les pressions et donc les cadences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela commence par le salaire au m&#233;rite : trois quarts de la r&#233;mun&#233;ration resteraient sur la base de l'anciennet&#233;, un quart serait fix&#233; par le chef de service selon la difficult&#233; du poste et le r&#233;sultat de l'agent. D&#233;j&#224; pratiqu&#233; dans la fonction publique territoriale, le salaire pourrait alors &#234;tre n&#233;goci&#233;, ce qui renforce les in&#233;galit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attribution d'un poste serait &#224; la discr&#233;tion de la hi&#233;rarchie. Finies les mutations planifi&#233;es par les gestionnaires du personnel. Une fois sur le poste, en cas d'&#233;valuation insuffisante, il pourra &#234;tre mis fin &#224; l'affectation, avec deux propositions d'emploi, puis &#171; r&#233;organisation professionnelle &#187;. Enfin, la p&#233;riode de stage apr&#232;s le concours sera allong&#233;e et plus s&#233;lective. Le CNE revient pour les fonctionnaires !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les multiples cadres statutaires dispara&#238;tront, pour faciliter la mobilit&#233; dans le cadre des suppressions d'emplois. Le recrutement de contractuels est par ailleurs encourag&#233;, alors que 15 % du personnel l'est d&#233;j&#224;. Il sera m&#234;me possible d'embaucher des contractuels de droit priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous pr&#233;texte d'&#233;conomies, le gouvernement pr&#233;pare le recul de l'intervention publique dans le domaine social et la cession au priv&#233; d'activit&#233;s rentables financ&#233;es par l'&#201;tat (formation continue, placement des ch&#244;meurs, t&#233;l&#233;vision...). S'il y a des &#233;conomies, ce sont celles qui se feront sur le dos du personnel, par un accroissement des cadences, des charges de travail, de la pression morale et du ch&#244;mage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;action n'a pas &#233;t&#233; nulle. De nombreux centres des imp&#244;ts sont entr&#233;s en gr&#232;ve reconductible, l'ANPE, l'Afpa, la M&#233;t&#233;o, France T&#233;l&#233;vision, le minist&#232;re de la Sant&#233; ont chacun eu leur jour de gr&#232;ve. Mais les directions syndicales ont pr&#233;f&#233;r&#233; jouer l'&#233;clatement en multipliant les journ&#233;es, par service ou pour chacune des diff&#233;rentes attaques (un jour contre la RGPP, un jour contre la mobilit&#233;, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Maurice SPIRZ&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_322 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L350xH337/mutesante-b168a.png?1528273634' width='350' height='337' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Publication Dares, &lt;em&gt; &#171; 16 % des agents de la fonction publique en contrat court, en mars 2002 &#187; &lt;/em&gt;, Premi&#232;res Synth&#232;ses n&#176;04.2, janvier 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> &#201;ducation nationale : plus de 3 mois de mobilisation
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Education-nationale-plus-de-3-mois-de-mobilisation</link>
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		<dc:date>2008-06-30T22:09:35Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Enseignement
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		<description>Fin f&#233;vrier, des gr&#232;ves se sont d&#233;clench&#233;es sur plusieurs &#233;tablissements de la Seine-Saint-Denis, suite &#224; l'annonce de la saign&#233;e programm&#233;e dans la Fonction publique. En quatre ans, 200 000 postes doivent sauter dont 90 000 dans l'&#201;ducation nationale et 11 200 d&#232;s la rentr&#233;e. &lt;br /&gt;Comme tous les fonctionnaires les enseignants sont &#233;videmment concern&#233;s par la R&#233;vision g&#233;n&#233;rale des politiques publiques (RGPP), le &#171; livre blanc &#187; et la loi sur la mobilit&#233; dont nous examinons les cons&#233;quences dans ce num&#233;ro de&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-58-juillet-aout-2008-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 58, juillet-ao&#251;t 2008
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Enseignement-+" rel="tag"&gt;Enseignement
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Fin f&#233;vrier, des gr&#232;ves se sont d&#233;clench&#233;es sur plusieurs &#233;tablissements de la Seine-Saint-Denis, suite &#224; l'annonce de la saign&#233;e programm&#233;e dans la Fonction publique. En quatre ans, 200 000 postes doivent sauter dont 90 000 dans l'&#201;ducation nationale et 11 200 d&#232;s la rentr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme tous les fonctionnaires les enseignants sont &#233;videmment concern&#233;s par la R&#233;vision g&#233;n&#233;rale des politiques publiques (RGPP), le &#171; livre blanc &#187; et la loi sur la mobilit&#233; dont nous examinons les cons&#233;quences dans ce num&#233;ro de &lt;em&gt; Convergences r&#233;volutionnaires. &lt;/em&gt; Par ailleurs, le gouvernement pr&#233;voit un allongement de la dur&#233;e de travail, alors que selon les propres chiffres du minist&#232;re, les enseignants travaillent d&#233;j&#224; 40 heures en moyenne (pr&#233;paration, cours, correction, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette politique se r&#233;v&#233;lera particuli&#232;rement n&#233;faste dans les quartiers populaires. Chaque &#233;tablissement devra d&#233;finir ses horaires mais aussi les contenus des enseignements qui seront modulables en fonction de la composition sociale du quartier ou de la localit&#233;. &lt;em&gt; &#171; Le socle commun des connaissances &#187; &lt;/em&gt;, v&#233;ritable Smic culturel, sera la base pour tous mais certains &#233;tablissements d&#233;livreront des &lt;em&gt; &#171; compl&#233;ments et approfondissements &#187; &lt;/em&gt;. La suppression de la carte scolaire renforcera leur mise en concurrence au risque d'en ghetto&#239;ser certains. Pour les familles qui en ont les moyens, les &#233;valuations publiques des &#233;tablissements et des &#233;coles permettront de choisir sur le &#171; march&#233; scolaire &#187;, mais pour la grande majorit&#233;, il faudra se contenter d'&#233;tablissements d&#233;laiss&#233;s. Ce n'est donc pas sans raison que le mouvement est parti du 93, la Seine-Saint-Denis &#233;tant un d&#233;partement notoirement d&#233;favoris&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des gr&#232;ves des profs&#8230;.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans la foul&#233;e de la journ&#233;e de gr&#232;ve nationale du 18 mars, &#224; l'initiative de quelques &#233;tablissements de Saint-Denis (93), les r&#233;seaux militants du d&#233;partement, en place depuis le mouvement de 1998, ont mis sur pied une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale, d'abord sur l'acad&#233;mie de Cr&#233;teil puis sur l'&#206;le-de-France. En effet, dans le 93, puis le 77 (Seine-et-Marne), plusieurs lyc&#233;es ou coll&#232;ges avaient d&#233;cid&#233; de reconduire leur gr&#232;ve. Il s'agissait d'&#233;viter qu'ils ne d&#233;brayent les uns apr&#232;s les autres, sans coordination et donc sans grande chance d'obtenir satisfaction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'embl&#233;e ces enseignants ont &#233;t&#233; confront&#233;s &#224; une s&#233;rie de probl&#232;mes. Alors que certains lyc&#233;es faisaient gr&#232;ve &#224; 80 %, d'autres tr&#232;s peu touch&#233;s par les suppressions de postes (cette ann&#233;e !) ont eu plus de mal a d&#233;marrer, voire n'ont connu que des gr&#232;ves ponctuelles tr&#232;s minoritaires. Alors que Henri Wallon &#224; Aubervilliers (93), apr&#232;s une gr&#232;ve &#224; 90 % de plus de 2 semaines, avait obtenu les postes demand&#233;s et avait repris le travail, certains &#233;tablissements commen&#173;&#231;aient tout juste &#224; prendre connaissance des r&#233;formes. Ce d&#233;calage a &#233;t&#233; accentu&#233; par l'absence de propositions des f&#233;d&#233;rations syndicales qui au lendemain du 18 mars n'appelaient pas &#224; une nouvelle action avant&#8230; le dimanche 18 mai. Du coup, hormis quelques &#233;tablissements qui ont pu reconduire leur gr&#232;ve pendant huit ou dix jours en tentant de s'adresser &#224; ceux des alentours, la plupart des enseignants n'ont fait qu'une s&#233;rie de gr&#232;ves ponctuelles d'une journ&#233;e, m&#234;me si souvent ce fut au rythme de une ou deux par semaine.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;&#8230;au mouvement lyc&#233;en&#8230; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement n'a pris de l'ampleur que lorsque les lyc&#233;ens sont entr&#233;s en lutte, en bloquant leurs &#233;tablissement et en manifestant, au d&#233;part &#224; l'appel des syndicats FIDL et UNL. Dans bien des coins, ce sont d'ailleurs les &#233;l&#232;ves qui ont entra&#238;n&#233; leurs profs, voire se sont mobilis&#233;s sans eux. Au rythme de deux manifestations par semaine, prenant &#224; chaque fois de l'ampleur, celles-ci ont permis au mouvement de s'&#233;tendre &#224; de nombreuses r&#233;gions. Malgr&#233; les vacances sur lesquelles comptait le gouvernement, mi-avril, le mouvement lyc&#233;en commen&#231;ait &#224; d&#233;border l'&#206;le-de-France et le Var.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les jeunes, pour l'essentiel de lyc&#233;es populaires et de lyc&#233;es professionnels, ont eu &#224; affronter de nombreux obstacles. D&#232;s les premi&#232;res manifestations, la police a proc&#233;d&#233; &#224; des arrestations &#8211; souvent totalement arbitraires &#8211; en fin de parcours. Nombreux ont &#233;t&#233; les lyc&#233;ens plac&#233;s en garde &#224; vue, certains &#233;tant m&#234;me traduits en justice, presque syst&#233;matiquement en comparution imm&#233;diate. &#192; Gustave Eiffel (Gagny, 93), les premi&#232;res heures de blocage ont &#233;t&#233; r&#233;prim&#233;es &#224; coup de flash-balls et de gaz lacrymog&#232;nes. La BAC, ces policiers particuli&#232;rement ha&#239;s dans les banlieues, est intervenue sur plusieurs &#233;tablissements. Les proviseurs, de leur c&#244;t&#233;, avaient re&#231;u des consignes minist&#233;rielles ou rectorales pour s'en prendre aux leaders. &#192; Jules Ferry dans le XVII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement de Paris, l'un d'entre eux s'est fait exclure apr&#232;s un conseil de discipline men&#233; de bout en bout par une chef d'&#233;tablissement particuli&#232;rement z&#233;l&#233;e et r&#233;actionnaire&#8230; sans preuve des charges dont elle accusait ledit &#233;l&#232;ve !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces tentatives d'intimidation ne sont pourtant pas parvenues &#224; mettre un terme au mouvement. Ce sont la FIDL et l'UNL, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; re&#231;ues par Xavier Darcos, qui ont d&#233;cid&#233; de le stopper &#8211; faisant de la gr&#232;ve nationale du 15 mai un baroud d'honneur &#8211; sous pr&#233;texte de quelques concessions mineures&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Cr&#233;ation de 1500 postes pr&#233;caires pour assurer des heures de soutien dans 200 (...)' id='nh3-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Il y eut des tentatives de structuration autonome du mouvement. Mais celles-ci n'avaient pas assez d'ampleur pour permettre aux lyc&#233;ens de continuer, en particulier &#224; l'approche des examens.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;&#8230; jusqu'au renfort des parents&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; Montreuil (93) l'AG de ville, initialement compos&#233;e de quelques dizaines d'enseignants et lyc&#233;ens, a permis de structurer la mobilisation aux c&#244;t&#233;s des parents, s'adressant ainsi &#224; toute la population, r&#233;unissant jusqu'&#224; plus de 1 000 personnes lors de certaines manifestations. Mais ce niveau n'a &#233;t&#233; atteint que dans quelques villes comme Saint-Denis ou Marne-la-Vall&#233;e par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi dans ces AG de ville qu'ont &#233;t&#233; d&#233;cid&#233;es les premi&#232;res journ&#233;es &#171; &#233;tablissements vides &#187;, o&#249; les parents, refusant d'accepter une &#233;ducation au rabais pour leurs enfants et parfois tr&#232;s fortement impliqu&#233;s, relayaient les blocages lyc&#233;ens et les gr&#232;ves enseignantes en n'envoyant pas leur prog&#233;niture &#224; l'&#233;cole. &#192; Bondy (93) par exemple, le 20 mai, &#224; l'initiative de parents de la FCPE et d'enseignants, les coll&#232;ges et lyc&#233;es de la ville ayant particip&#233; &#224; l'action &#233;taient quasi-d&#233;serts, Brossolette n'ayant re&#231;u qu'un &#233;l&#232;ve !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;&#8230; &#224; d&#233;faut de celui des directions syndicales&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les directions syndicales majoritaires portent une responsabilit&#233; dans l'&#233;chec de la mobilisation, tout particuli&#232;rement la CFDT et la FSU. De toute &#233;vidence, mobiliser les personnels de l'&#201;ducation nationale n'&#233;tait pas chose ais&#233;e, beaucoup &#233;tant r&#233;sign&#233;s, convaincus qu'il serait &#171; impossible &#187; de vaincre contre le gouvernement, voire que ces r&#233;formes &#233;taient &#171; fatales &#187;, dans &#171; l'air du temps &#187;. Pourtant malgr&#233; cet &#233;tat d'esprit, bien r&#233;el ici ou l&#224; dans les salles de professeurs de nombreux &#233;tablissements, certains d'entre eux ont fait gr&#232;ve, parfois tr&#232;s majoritairement. La t&#226;che des syndicats n'&#233;tait-elle pas, en donnant des mots d'ordre communs &#224; l'ensemble des &#233;tablissements, de tenter de cr&#233;er la possibilit&#233; d'une mobilisation g&#233;n&#233;rale ? C'est ce qu'&#224; une &#233;chelle modeste mais avec quelques succ&#232;s ont fait les militants de l'AG d'&#206;le-de-France, soutenus par les syndicats minoritaires (CGT &#201;duc'Action, CNT, Sud &#201;ducation). Les syndicats dot&#233;s de r&#233;seaux militants infiniment plus importants, en y mettant leurs moyens, n'auraient-ils pas pu faire mieux ? En tout cas, c'est ce que laissent penser les taux de gr&#233;vistes des quelques rares journ&#233;es propos&#233;es par eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La FSU, syndicat majoritaire, pouvait-elle un instant croire qu'une manifestation 2 mois apr&#232;s le 18 mars, un dimanche qui plus est, &#233;tait la r&#233;ponse ad&#233;quate &#224; l'offensive du gouvernement ? La r&#233;cente signature d'un accord avec le minist&#232;re pour &#233;tudier, dans les prochains mois, la r&#233;forme des lyc&#233;es et les statuts des personnels par le Snes, la CFDT, le Snalc, l'UNSA, le Snep, le SNPDEN et la FAEN, alors m&#234;me que le gouvernement n'a rien l&#226;ch&#233; sur aucun des points essentiels, est non seulement pitoyable mais le signe de leur renoncement &#224; l'avance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes il ne suffit pas de proclamer la g&#233;n&#233;ralisation de la gr&#232;ve pour l'obtenir. Mais ce qu'une poign&#233;e de militants peut faire, peut &#234;tre d&#233;cupl&#233; si tous s'y mettent ! Un exemple est de ce point de vue &#233;loquent. Pendant plusieurs semaines, le coll&#232;ge Paul &#201;luard de Vigneux-sur-Seine (91) s'est donn&#233; pour t&#226;che d'entrainer d'autres &#233;tablissements du d&#233;partement. En l'absence totale de mobilisation syndicale, les enseignants du coll&#232;ge, d'abord en gr&#232;ve reconductible puis seulement ponctuelle, ont fait le tour d'autres &#233;tablissements. Ils sont parvenus &#224; entrainer les professeurs du lyc&#233;e professionnel de Draveil, que les lyc&#233;ens commen&#231;aient &#224; bloquer. Ce premier tour des &#233;tablissements a permis de sensibiliser des coll&#232;gues et de leur proposer des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales communes ce dont les syndicats ne se chargeaient pas. &#192; partir d'avril, s'est mont&#233; un collectif des parents et enseignants des 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; et 2&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; degr&#233;s sur Vigneux et Draveil rassemblant environ 80 personnes. Diverses initiatives locales ont ainsi pu &#234;tre men&#233;es &#224; bien : rassemblement, p&#233;tition, tract &#224; la population, d&#233;l&#233;gation &#224; l'Inspection acad&#233;mique et manifestation dans la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mobilisation est sans doute rest&#233;e limit&#233;e et si, l&#224; o&#249; elle a &#233;t&#233; la plus forte, quelques postes ont parfois pu &#234;tre r&#233;cup&#233;r&#233;s comme &#224; Voltaire (Paris 11&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;) ou Henri Wallon (Aubervilliers, 93), ce sont de bien maigres succ&#232;s. Mais comment aurait-il pu en &#234;tre autrement ? Ce n'est que la semaine pr&#233;c&#233;dent le 15 mai que la FSU s'est r&#233;veill&#233;e afin de pr&#233;parer cette journ&#233;e et celle du 18, mais en renvoyant d&#233;j&#224; les suites &#224; donner&#8230; &#224; la rentr&#233;e de septembre !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Fin du mouvement ou tour de chauffe ? &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ind&#233;niablement ces trois mois d'agitation ont r&#233;v&#233;l&#233; des possibilit&#233;s de mobiliser ensemble diff&#233;rents acteurs de l'&#201;ducation nationale : lyc&#233;ens, parents, enseignants. Mais la grande majorit&#233; des profs n'a pas &#233;t&#233; convaincue par la minorit&#233; qui est rest&#233;e concentr&#233;e en quelques r&#233;gions comme l'&#206;le-de-France ou le Var. Du coup les enseignants, insuffisamment mobilis&#233;s en dehors des journ&#233;es syndicales, n'avaient pas r&#233;ellement les moyens de s'adresser aux autres secteurs de la fonction publique, touch&#233;s par les m&#234;mes r&#233;formes et par les suppressions de postes pour les convaincre d'entrer dans la lutte pour faire reculer ensemble le gouvernement. Ce n'&#233;tait pourtant pas irr&#233;aliste tant le m&#233;contentement &#233;tait et reste fort chez de nombreux salari&#233;s. La journ&#233;e du 15 mai de la fonction publique, obtenue des directions syndicales apr&#232;s 2 mois d'agitation dans l'&#201;ducation nationale, n'a-t-elle pas &#233;t&#233; le point de d&#233;part d'une gr&#232;ve reconductible dans certains centres d'Imp&#244;ts ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les probl&#232;mes demeurent. D&#233;s la rentr&#233;e prochaine, il manquera des enseignants. Alors le fatalisme des coll&#232;gues auquel se sont heurt&#233;s les enseignants en lutte cette fois-ci n'est peut-&#234;tre pas fatal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20 juin 2008&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Clara SOLDINI&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_323 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L200xH380/inertie_syndic_enseignant-278ec.png?1528273635' width='200' height='380' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb3-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-1' class='spip_note' title='Notes 3-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cr&#233;ation de 1500 postes pr&#233;caires pour assurer des heures de soutien dans 200 &#233;tablissements &#224; la rentr&#233;e prochaine. Maintien du BEP&#8230;mais en parall&#232;le au Bac Pro en 3 ans&#8230;ce qui revient &#224; un dipl&#244;me formel. Le probl&#232;me du Bac pro en 3 ans (m&#234;me programme qu'avant en 4 ans, mais avec moins d'heures de cours et donc moins d'aide pour les &#233;l&#232;ves en difficult&#233;), &#233;tant maintenu.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> L'h&#244;pital a un co&#251;t&#8230; pas une raison pour en faire une marchandise !
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		<dc:date>2008-06-30T22:09:33Z</dc:date>
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		<dc:subject>Entreprises
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		<dc:subject>H&#244;pital
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		<description>Dans un article du 18 avril dernier, intitul&#233; &#171; Budget des h&#244;pitaux : une asphyxie programm&#233;e, le service public menac&#233; &#187; , la F&#233;d&#233;ration hospitali&#232;re de France (FHF) et les conf&#233;rences hospitali&#232;res de directeurs et de pr&#233;sidents de CME (Commission m&#233;dicale d'&#233;tablissement) rappelaient qu'ils d&#233;noncent depuis plusieurs ann&#233;es le sous financement chronique des h&#244;pitaux publics. Ils l'&#233;valuent, pour 2008, &#224; plus de 800 millions d'euros (M&#8364;). Ils ajoutent qu'au plan national, ce &#171; manque de financement...&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-58-juillet-aout-2008-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 58, juillet-ao&#251;t 2008
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Hopital-+" rel="tag"&gt;H&#244;pital
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans un article du 18 avril dernier, intitul&#233; &lt;em&gt; &#171; Budget des h&#244;pitaux : une asphyxie programm&#233;e, le service public menac&#233; &#187; &lt;/em&gt;, la F&#233;d&#233;ration hospitali&#232;re de France (FHF) et les conf&#233;rences hospitali&#232;res de directeurs et de pr&#233;sidents de CME (Commission m&#233;dicale d'&#233;tablissement) rappelaient qu'ils d&#233;noncent depuis plusieurs ann&#233;es le sous financement chronique des h&#244;pitaux publics. Ils l'&#233;valuent, pour 2008, &#224; plus de 800 millions d'euros (M&#8364;). Ils ajoutent qu'au plan national, ce &lt;em&gt; &#171; manque de financement... repr&#233;sente potentiellement un plan social de pr&#232;s de 20 000 emplois &#187;. &lt;/em&gt;Et, &#233;voquant le rapport de la Cour des comptes de septembre 2007, la FHF d&#233;nonce &#233;galement des transferts du public au profit des cliniques et de la m&#233;decine de ville &#224; hauteur de 400 M&#8364; pour 2006 et 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien r&#233;el, l'hospitalisation publique va mal. D&#233;but 2008, sur la trentaine de CHU du pays, seuls deux &#233;tablissements ne sont pas dans le rouge. &#192; Nantes, pour faire face au d&#233;ficit estim&#233; &#224; 58 millions d'euros, on &#233;voque la suppression de pr&#232;s de 900 postes. Les Hospices civils de Lyon annoncent un d&#233;ficit de pr&#232;s de 100 M&#8364; et on parle de 500 suppressions de postes. Un h&#244;pital de Nice a termin&#233; 2007 avec 36,7 M&#8364; de pertes et pr&#233;voit des suppressions importantes d'emplois en CDD comme en CDI, d'apr&#232;s &lt;em&gt; Les &#233;chos &lt;/em&gt;du 25 avril 2008. Et la liste des plus ou moins petits h&#244;pitaux qui annoncent des suppressions de postes est tr&#232;s longue. En Franche-Comt&#233;, Lons-le-Saunier va supprimer 70 postes, soit un tiers des ASH, &#224; Dole 81 agents qui partiront en retraite d'ici &#224; 2012 ne seront pas remplac&#233;s et au Centre hospitalier de Belfort et Montb&#233;liard 84 postes dont 45 soignants vont &#234;tre supprim&#233;s. Dans le Nord, l'h&#244;pital de Roubaix annonce un d&#233;ficit de 6,5 M&#8364;, la direction programme 190 suppressions de postes sur 2 600 agents sur trois ans ainsi que la fermeture du service d'h&#233;matologie jug&#233; trop co&#251;teux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant quand on regarde du c&#244;t&#233; de l'hospitalisation priv&#233;e, l'horizon se d&#233;gage. La France d&#233;tient le record europ&#233;en des hospitalisations en milieu priv&#233; &#224; but lucratif (23 %). Les cliniques appartiennent maintenant &#224; des soci&#233;t&#233;s internationales. La G&#233;n&#233;rale de sant&#233; (180 cliniques) a rachet&#233; l'h&#244;pital de la Croix Rouge &#224; Paris et vient de verser 420 M&#8364; &#224; ses actionnaires, Vitalia est li&#233; &#224; des fonds de pensions am&#233;ricains, qui exigent des taux de rentabilit&#233; du capital de 20 % et Capio sant&#233; est pass&#233; de 17,5 % de rentabilit&#233; en 2006 &#224; 19,5 % en 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation fait r&#234;ver les directeurs de l'hospitalisation publique. G. Vincent, le patron de la FHF dans un entretien au &lt;em&gt; Quotidien du m&#233;decin &lt;/em&gt;expliquait que les directeurs g&#233;n&#233;raux de CHU demandent que les &#233;tablissements de sant&#233; deviennent des &#201;pic (&#201;tablissements publics industriels et commerciaux). Cela leur permettrait d'embaucher tous les nouveaux agents avec des contrats de droit priv&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Quand on veut tuer l'h&#244;pital, il est mauvais et trop cher&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le priv&#233; serait donc la panac&#233;e, l&#224; o&#249; l'hospitalisation publique dilapiderait l'argent public. &#199;a, c'est ce qu'on voudrait nous faire croire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord si la branche maladie de la S&#233;curit&#233; sociale affiche un d&#233;ficit de 6 milliards d'euros, c'est essentiellement d&#251; au ch&#244;mage, &#224; l'&#201;tat qui ne paye pas ses cotisations et aux exon&#233;rations de cotisations accord&#233;es au patronat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, si pour la m&#234;me pathologie l'h&#244;pital public co&#251;te plus cher &#224; la S&#233;curit&#233; sociale, c'est que le secteur priv&#233;, lui, co&#251;te beaucoup plus cher... au patient. &#192; l'h&#244;pital, tout est pris en compte : le salaire des m&#233;decins tout comme l'ensemble des examens r&#233;alis&#233;s. Dans le secteur priv&#233;, c'est loin d'&#234;tre la r&#232;gle : dans la majorit&#233; des cas, les examens sont r&#233;alis&#233;s dans les cabinets de ville et ne sont donc pas pris en compte dans le prix de l'hospitalisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi les d&#233;passements d'honoraires sont d'autant plus prohibitifs que les m&#233;decins travaillant en secteur 1 (conventionn&#233;) sont devenus rares. D'apr&#232;s l'Igas (Inspection g&#233;n&#233;rale des affaires sanitaires) les d&#233;passements atteignent deux milliards d'euros par an. En 2005, le montant de ces derniers factur&#233;s par les seuls praticiens exer&#231;ant en clinique s'&#233;levait &#224; 470 M&#8364;. Dans certaines r&#233;gions, les sp&#233;cialistes ne travaillent plus que dans le secteur 2, c'est-&#224;-dire qu'ils sont autoris&#233;s &#224; demander des d&#233;passements d'honoraires et ils ne s'en privent pas. Pour se faire soigner, les patients ont le choix entre payer sans &#234;tre rembours&#233;s par la S&#233;curit&#233; sociale ou faire plusieurs dizaines de kilom&#232;tres pour trouver un sp&#233;cialiste travaillant en secteur 1.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s&lt;em&gt; Le Monde diplomatique &lt;/em&gt; du 23/03/2008, &lt;em&gt; &#171; &#224; Paris, il est commun de devoir payer des d&#233;passements de l'ordre de 500 &#224; 1 000 &#8364; pour une cataracte et pour une proth&#232;se de hanche, 3 000 &#8364; pour le chirurgien et 1 000 &#8364; pour l'anesth&#233;siste &lt;strong&gt; &#187;&lt;/strong&gt; &lt;/em&gt;. Les m&#233;decins lib&#233;raux, la main sur le coeur, r&#233;citent le serment d' Hippocrate et tonnent que &lt;em&gt; &#171; c'est un faux probl&#232;me : aucun praticien ne demande syst&#233;matiquement de compl&#233;ments d'honoraires ! &#187; &lt;/em&gt; &#224; l'instar du docteur Cup, pr&#233;sident de l'Union des chirurgiens de France. En fait les chirurgiens lib&#233;raux d&#233;passeraient en moyenne les tarifs de la S&#233;cu pour les deux tiers de leur activit&#233;. Et beaucoup moins hypocrite que son coll&#232;gue, le docteur Cousin, pr&#233;sident du Syndicat des gyn&#233;cologues-obst&#233;triciens de France d&#233;clarait que si le d&#233;passement d'honoraires en clinique &lt;em&gt; &#171; ne convient pas aux patients, il faut qu'ils aillent &#224; l'h&#244;pital se faire soigner par des praticiens &#224; dipl&#244;me &#233;tranger &#187; &lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette situation les responsables de plusieurs ARH (Agence r&#233;gionale de l'hospitalisation) expliquent qu'ils n'ont aucun moyen juridique pour encadrer les tarifs des m&#233;decins. Ils ont bien autorit&#233; sur les cliniques, mais ils n'en ont aucune sur les praticiens qui y exercent.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le gouvernement attaque tout le syst&#232;me public de sant&#233;, la riposte doit &#234;tre globale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement a d&#233;cid&#233; d'offrir aux investisseurs la manne de la sant&#233;. La porte est grande ouverte aux compagnies d'assurances compl&#233;mentaires et en particulier aux assureurs priv&#233;s. Demain, tout ceux qui gagnent une &#224; deux fois le Smic, soit 50 % des salari&#233;s, ne pourront plus se soigner parce qu'ils ne pourront plus se payer une mutuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un probl&#232;me national, tous les h&#244;pitaux sont touch&#233;s. Pour que cesse le scandale de l'argent public servant &#224; financer les actionnaires de la G&#233;n&#233;rale de Sant&#233;, Vitalia ou autre Capio Sant&#233;, et s'il est un domaine o&#249; une r&#233;ponse globale et une mobilisation g&#233;n&#233;rale s'imposerait, c'est bien celui de la sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant dans bien des &#233;tablissements les &#233;lus PS ont vot&#233; les budgets, m&#234;me si cela entra&#238;ne des licenciements : ainsi Jean-Marc Ayrault pr&#233;sident du groupe socialiste &#224; l'assembl&#233;e nationale mais aussi du Conseil d'administration du CHU de Nantes ou encore le maire PS de Roubaix. Ils peuvent bien faire des d&#233;clarations contre la politique de Sarkozy, dans les faits ils la mettent en application.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De leur c&#244;t&#233;, les centrales syndicales restent muettes et n'organisent rien pour apporter une r&#233;ponse g&#233;n&#233;rale &#224; cette attaque contre les agents hospitaliers, mais aussi contre toute la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les personnels tentent bien de r&#233;agir dans les h&#244;pitaux o&#249; des licenciements ont &#233;t&#233; annonc&#233;s. Ils alertent la population sur ce qui se trame et vont dire au directeur de l'ARH ce qu'ils pensent de cette politique qui donne des milliards au secteur priv&#233; pour laisser d&#233;p&#233;rir le public, mais ces r&#233;actions h&#244;pital par h&#244;pital ont forc&#233;ment des r&#233;sultats partiels et limit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Anne FONTAINE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;La tarification &#224; l'activit&#233; ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Avec l'entr&#233;e en vigueur de la &#171; tarification &#224; l'activit&#233; &#187;, la T2A, mise en place en 2005, les h&#244;pitaux ne sont plus financ&#233;s par un budget qui leur &#233;tait allou&#233; en d&#233;but d'ann&#233;e et qui sous &#233;valuait d&#233;j&#224; leurs besoins, mais en fonction du nombre d'actes qui y sont accomplis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; chacun de ces actes correspond un tarif fix&#233; par l'administration. En d&#233;but d'ann&#233;e, c'est le parlement qui vote le montant du coefficient d'augmentation des tarifs. En 2007, ce dernier a augment&#233; de 3,18 % alors qu'il aurait fallu qu'il le soit de 3,99 % pour simplement maintenir ce qui existe compte tenu de l'inflation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis janvier 2008, l'activit&#233; M&#233;decine, Chirurgie, Obst&#233;trique des &#233;tablissements est financ&#233;e &#224; environ 100 % par la T2A. En fait si l'hospitalisation publique semble plus on&#233;reuse que le priv&#233;, c'est que l'h&#244;pital assume les pathologies les plus lourdes et les plus co&#251;teuses. Or les tarifs sous-&#233;valuent les co&#251;ts des traitements lourds, de patients en r&#233;animation ou en soins intensifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, d'apr&#232;s la FHF, 74 % des sinusites chroniques sont prises en charge par la clinique quand 67 % des tumeurs ORL sont orient&#233;es vers l'h&#244;pital. Il en va de m&#234;me pour la cardiologie o&#249; 55 % des r&#233;glages de pacemaker vont au secteur priv&#233;, quand 88 % des p&#233;ricardites ou les myocardites sont prises en charge par le public.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;L'exemple de l'h&#244;pital de Besan&#231;on&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le CHU de Besan&#231;on &#233;tait lourdement sous-dot&#233; par le budget global (ancien mode de financement des h&#244;pitaux). L'ARH, la direction et les &#233;lus PS du d&#233;partement ont vant&#233; aux personnels les m&#233;rites de la T2A qui devait apporter les financements tant attendus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seulement voil&#224;, les recettes esp&#233;r&#233;es ne sont pas arriv&#233;es, ou si peu, alors que l'activit&#233; augmente r&#233;guli&#232;rement (1,7 % par an depuis 2004). Il y a plus de travail, mais l'effectif des secteurs n'augmente pratiquement pas (17 cr&#233;ations de postes financ&#233;s par la T2A pour un &#233;tablissement d'environ 5 000 agents).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;tablissements sont donc incit&#233;s &#224; faire de plus en plus d'activit&#233;s puisque leur financement en d&#233;pend. Mais pas n'importe lesquelles, d'abord &#233;videmment celles qui &#171; rapportent &#187; comme les examens en externe ou la chirurgie en ambulatoire. Et la direction de reprocher &#224; ceux qui travaillent principalement avec des patients hospitalis&#233;s qu'ils ne sont pas &#171; efficients &#187;. En clair, si un service de radio B fait essentiellement des scanners &#224; des patients en externe, il est rentable. Par contre, la radio A qui a principalement des patients hospitalis&#233;s, les moins valides donc, n'est pas &#171; efficiente &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;7 millions d'euros d'heures suppl&#233;mentaires toujours pas pay&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le personnel se fatigue et les arr&#234;ts sont de plus en plus fr&#233;quents et moins bien remplac&#233;s. Les heures suppl&#233;mentaires des m&#233;decins et des personnels non m&#233;dicaux s'accumulent sur les Comptes &#233;pargne temps (CET) ou simplement sur les pointeuses. Pour tout l'h&#244;pital, cela repr&#233;sente environ 7 M&#8364;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sarkozy, dans le cadre de son &#171; travailler plus pour gagner plus &#187;, expliquait qu'il allait r&#233;gler le probl&#232;me scandaleux des heures suppl&#233;mentaires &#224; l'h&#244;pital. Il promettait m&#234;me que ces heures suppl&#233;mentaires seraient sur les fiches de paye de juin. La direction vient de dire que l'on ne conna&#238;tra le montant de l'enveloppe allou&#233;e par l'ARH que fin juillet...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, pour les heures suppl&#233;mentaires entass&#233;es en 2007, pour les personnels non m&#233;dicaux, il est propos&#233; de payer les 14 premi&#232;res heures de chaque mois &#224; l'indice de l'agent et les heures suivantes &#224; 13 &#8364; brut. Et les infirmi&#232;res sp&#233;cialis&#233;es des blocs op&#233;ratoires qui ont accumul&#233; le plus grand nombre d'heures suppl&#233;mentaires, seront pay&#233;es &#224; un tarif inf&#233;rieur aux heures normales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 22 avril, la direction a pr&#233;sent&#233; aux repr&#233;sentants du personnel ses pr&#233;visions pour le budget 2008. Il mentionnait bien les augmentations de l'&#233;nergie (8 %), de l'alimentation (8 %) ou des assurances (11 %) ainsi que les 0,3 M&#8364; cr&#233;ditant un compte appel&#233; &#171; part variable des chirurgiens &#187;, mais il n'y avait pas trace des 7 M&#8364; cr&#233;ditant les heures suppl&#233;mentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total, le budget est en d&#233;ficit d'environ 19 M&#8364;, soit environ 5,5 % du budget global. Or, si le d&#233;ficit d&#233;passe 2,5 %, c'est l'ARH qui prend la gestion de l'&#233;tablissement en main. Demain, l'ARH du Doubs peut d&#233;cider de supprimer des postes ou des secteurs d'activit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les repr&#233;sentants du personnel, en CTE (comit&#233; technique d'&#233;tablissement) tout comme au CA ont vot&#233; contre le budget. Par contre, il a &#233;t&#233; vot&#233; par les repr&#233;sentants de la CME (Commission m&#233;dicale d'&#233;tablissement) et les &#233;lus, toutes tendances politiques confondues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A.F.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Pour un parti anticapitaliste r&#233;volutionnaire, prol&#233;tarien et ind&#233;pendant (Contribution de la Fraction &#224; la conf&#233;rence des 28 et 29 juin 2008 pour un NPA)
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Pour-un-parti-anticapitaliste-revolutionnaire-proletarien-et-independant</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>NPA
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		<description>On sait que la Fraction L'&#201;tincelle de Lutte ouvri&#232;re a r&#233;pondu positivement &#224; la proposition de la LCR d'explorer les possibilit&#233;s de construire un Nouveau parti anticapitaliste. Des comit&#233;s d'initiative pour un NPA se sont constitu&#233;s. Une conf&#233;rence destin&#233;e &#224; faire le point sur ces possibilit&#233;s et l'&#233;tat et les efforts desdits comit&#233;s a lieu les 28 et 29 juin. On trouvera ci-dessous la contribution soumise par la Fraction &#224; cette conf&#233;rence. Elle exprime les orientations que nous souhaitons lui voir&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt; On sait que la Fraction &lt;/em&gt;L'&#201;tincelle &lt;em&gt; de Lutte ouvri&#232;re a r&#233;pondu positivement &#224; la proposition de la LCR d'explorer les possibilit&#233;s de construire un Nouveau parti anticapitaliste. Des comit&#233;s d'initiative pour un NPA se sont constitu&#233;s. Une conf&#233;rence destin&#233;e &#224; faire le point sur ces possibilit&#233;s et l'&#233;tat et les efforts desdits comit&#233;s a lieu les 28 et 29 juin. On trouvera ci-dessous la contribution soumise par la Fraction &#224; cette conf&#233;rence. Elle exprime les orientations que nous souhaitons lui voir adopter, orientations qui conditionneront &#233;videmment notre participation et ses modalit&#233;s &#224; l'&#233;ventuel futur parti. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les effondrements des r&#233;gimes soi-disant socialistes ou communistes, qu'ils se soient r&#233;clam&#233;s du stalinisme, du mao&#239;sme ou du nationalisme, le capitalisme a encore accru son emprise sur l'ensemble de la plan&#232;te. R&#233;sultats : les in&#233;galit&#233;s sociales ont augment&#233; dans des proportions effarantes entre la minorit&#233; des poss&#233;dants et la majorit&#233; de ceux qui n'ont d'autre moyen de vivre ou de survivre que leur travail, quand ils en ont, et ce tout aussi bien en France, pays riche, que dans les parties pauvres du monde ; la volont&#233; des &#201;tats imp&#233;rialistes d'imposer leur domination par tous les moyens a multipli&#233; les guerres, qu'elles soient men&#233;es ouvertement par les arm&#233;es occidentales ou par mercenaires interpos&#233;s ; le pillage sans scrupule ni retenue des ressources naturelles par les multinationales s'est amplifi&#233; et le contraste est de plus en plus frappant entre les progr&#232;s scientifiques et technologiques et l'expansion de la pauvret&#233; et m&#234;me de la famine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conf&#233;rence des 28 et 29 juin se tient au moment m&#234;me o&#249; une &#171; crise alimentaire &#187;, derni&#232;re n&#233;e d'une succession de crises de toutes sortes, aggrave le sentiment d'ins&#233;curit&#233; et de menaces sur les conditions de vie, voire la vie m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des &#233;meutes de la faim inaugurant l'histoire de ce 21&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle ! S'il est donc bien une n&#233;cessit&#233; qui ne se discute pas, c'est celle de b&#226;tir, comme l'a propos&#233; la LCR, un parti qui regrouperait celles et ceux qui entendent combattre le capitalisme et pas seulement tel ou tel de ses m&#233;faits, quelle que soit leur filiation politique, socialiste, communiste, &#233;cologiste, f&#233;ministe, altermondialiste ou autre, ou quelle que soit l'exp&#233;rience sociale ou politique qui les a amen&#233;s &#224; cette conscience.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un parti r&#233;volutionnaire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; a connu bien des r&#233;formes et le capitalisme bien des transformations. Ni l'une ni l'autre ne ressemblent &#224; ce qu'ils &#233;taient il y a deux si&#232;cles, ou m&#234;me un demi-si&#232;cle, comme le soulignent les d&#233;fenseurs de l'ordre actuel, de gauche comme de droite. Pourtant les menaces que ce capitalisme fait peser, les dangers qu'il fait courir et les maux qu'il inflige sont toujours l&#224;. Ils se sont m&#234;me aggrav&#233;s de fa&#231;on flagrante. On n'y mettra pas fin sans mettre fin au pouvoir de la classe capitaliste incarn&#233; par l'&#201;tat qui la repr&#233;sente et la prot&#232;ge, tant le pouvoir &#233;conomique et le pouvoir politique sont inextricablement li&#233;s, et il est vain d'esp&#233;rer renverser l'un sans renverser l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vieux d&#233;bat entre r&#233;forme et r&#233;volution ne date pas d'hier, mais justement parce qu'il est ancien, il a d&#233;pass&#233; le stade du d&#233;bat intellectuel pour &#234;tre tranch&#233; par l'histoire. Un parti anticapitaliste ne peut se contenter d'&#234;tre un parti protestataire ou contestataire, ou m&#234;me simplement le parti des luttes. Il doit &#234;tre le parti des luttes, bien entendu. Mais il doit aussi et surtout proposer un objectif commun &#224; ces luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui m&#234;me, alors que gouvernement et patronat multiplient les attaques sur tous les plans et contre toutes les cat&#233;gories populaires, et que les ripostes sont &#233;miett&#233;es et sans lien entre elles, le soutien aux luttes ne suffit pas. Il faut viser, aider et contribuer &#224; leur convergence, seule garantie de leur efficacit&#233;, comme le prouve &lt;em&gt; a contrario &lt;/em&gt; le fait que cet &#233;parpillement de protestations, gr&#232;ves, manifestations et combats de toutes sortes n'a obtenu aucune des revendications essentielles imm&#233;diates (pouvoir d'achat, retraites, s&#233;curit&#233; sociale, emplois, logement, pollution, etc&#8230;). Cette convergence des luttes sera donc encore plus n&#233;cessaire pour mettre d&#233;finitivement fin &#224; la paup&#233;risation de toute une partie de l'humanit&#233; et l'effroyable g&#226;chis cr&#233;&#233; en France comme dans le monde par le capitalisme, g&#226;chis et injustice sociale qui ne peuvent qu'empirer tant que celui-l&#224; subsistera et que les institutions qui le garantissent et le perp&#233;tuent ne seront pas abattues.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un parti de classe&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est &#233;videmment pas un parti r&#233;volutionnaire &#224; lui seul, f&#251;t-il un jour infiniment plus large et plus puissant que pourrait &#234;tre dans l'imm&#233;diat le NPA si le projet prend forme, qui peut abattre le pouvoir capitaliste actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seul le pouvoir des classes non-poss&#233;dantes peut s'opposer, renverser et remplacer celui des classes poss&#233;dantes. Seul il peut contr&#244;ler et g&#233;rer l'&#233;conomie et reconstruire une soci&#233;t&#233; sur d'autres bases, collectivistes, socialistes, communistes, mais aussi &#233;cologistes ou f&#233;ministes, &#224; plus forte raison imposer une autre mondialisation. Seul d'ailleurs il peut &#234;tre un pouvoir r&#233;ellement d&#233;mocratique puisque ces non-poss&#233;dants sont aussi la grosse majorit&#233; de la population : les travailleurs, qu'ils soient manuels ou intellectuels, &#171; cols bleus &#187;, &#171; cols blancs &#187; ou sans col et&#8230; sans travail, employ&#233;s dans les services ou dans l'industrie, bref le prol&#233;tariat d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un parti anticapitaliste ne peut qu'&#234;tre un parti de cette classe et un repr&#233;sentant de ses int&#233;r&#234;ts, m&#234;me s'ils se confondent &#224; long terme avec les int&#233;r&#234;ts de l'humanit&#233; toute enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un parti ind&#233;pendant&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un parti anticapitaliste aura pour politique d'aider chaque lutte &#224; aller jusqu'au bout de ses possibilit&#233;s, sans consid&#233;ration des int&#233;r&#234;ts des classes dirigeantes &#233;videmment, mais aussi sans consid&#233;ration des int&#233;r&#234;ts d'appareils politiques, qu'ils soient de droite ou de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ind&#233;pendant donc du PS, depuis si longtemps au service de l'ordre capitaliste, en particulier chaque fois qu'il a &#233;t&#233; au gouvernement. Ind&#233;pendamment aussi des autres partis de gauche, qui ne sont d'ailleurs gu&#232;re plus maintenant que des appendices du PS en ayant accompagn&#233; et soutenu celui-ci dans toutes les exp&#233;riences gouvernementales de ces derni&#232;res d&#233;cennies, tout en se d&#233;clarant pr&#234;ts &#224; recommencer &#224; la premi&#232;re occasion. Mais ind&#233;pendant &#233;galement des bureaucraties syndicales qui, elles aussi, ont trop souvent &#233;t&#233; des entraves plut&#244;t que des soutiens aux luttes, en particulier celles que les salari&#233;s ont men&#233;es sur les lieux de travail, dans les entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte de classe se m&#232;ne sur tous les terrains et tous les sujets sociaux. Mais le plus important, le plus d&#233;cisif aussi, comme l'ont prouv&#233; des p&#233;riodes d'intenses affrontements sociaux comme Mai 68 ou Juin 36, est bien celui o&#249; s'opposent directement salari&#233;s d'un c&#244;t&#233;, patrons et capitalistes de l'autre. Or c'est sur celui-l&#224; que les bureaucraties syndicales ont &#233;t&#233; en premi&#232;re ligne pour limiter, d&#233;voyer ou m&#234;me trahir les luttes ou encore pour &#233;touffer la d&#233;mocratie ouvri&#232;re en s'opposant aux formes d'organisation qui permettent aux travailleurs de contr&#244;ler leur mouvement. On a vu, toutes ces derni&#232;res ann&#233;es, l'opposition de tous les appareils syndicaux, quasi visc&#233;rale et aussi agressive la plupart du temps que celle des appareils politiques, aux coordinations ou autres comit&#233;s de gr&#232;ve &#233;lus par les gr&#233;vistes eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me n'est donc pas l'ind&#233;pendance des syndicats. De toute fa&#231;on on ne voit pas, dans les circonstances actuelles, comment un parti anticapitaliste et r&#233;volutionnaire, minoritaire, dans l'opposition et mettant l'accent sur l'organisation d&#233;mocratique des travailleurs dans les mouvements sociaux, pourrait attenter &#224; cette ind&#233;pendance, pas plus qu'&#224; celle des associations d'ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au contraire l'ind&#233;pendance du parti par rapport aux bureaucraties syndicales dont nous avons besoin. Et de son droit comme sa volont&#233; d'intervenir sur tous les terrains et dans toutes les luttes, y compris celles qui se m&#232;nent sur les lieux de travail, pour proposer sa politique. Cette politique ne doit &#234;tre ni d'imposer un quelconque monopole ni d'accepter &lt;em&gt; a priori &lt;/em&gt; celui des appareils. Elle recherche l'alliance de tous les militants ou organisations dans la lutte, y compris de la gauche ou des syndicats, mais elle refuse de se lier ou de se soumettre par avance, libre de s'opposer quand ceux-l&#224; tournent de dos &#224; la lutte ou aux int&#233;r&#234;ts des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour affirmer ces orientations nous proposons que le parti anticapitaliste s'affiche clairement comme un parti de classe, celui du monde du travail, et un parti r&#233;volutionnaire. Et pour une organisation politique, il n'y a d'affirmation claire que si elle appara&#238;t et dans son programme et dans son sigle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12 juin 2008&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Fraction &lt;/strong&gt;&lt;em&gt; &lt;strong&gt;L'&#201;tincelle&lt;/strong&gt; &lt;/em&gt; &lt;strong&gt;de Lutte Ouvri&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Des &#171; polars &#187; pour l'&#233;t&#233;
</title>
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		<dc:date>2008-06-30T22:09:28Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Culture
</dc:subject>
		<dc:subject>Livre
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		<dc:subject>roman noir
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		<description>Le roman noir est un genre que des &#233;crivains utilisent pour d&#233;noncer l'injustice sociale et pour certains d'entre eux, plus rares, &#233;voquer les luttes ouvri&#232;res. Sans renoncer aux plaisirs procur&#233;s par le myst&#232;re et le suspense, ces auteurs mettent en lumi&#232;re les conditions de vie des humbles, le cynisme et la f&#233;rocit&#233; des puissants qui n'h&#233;sitent pas &#224; recourir &#224; la violence contre ceux qui contestent leurs privil&#232;ges ou leurs magouilles. Nous ne sommes rien, soyons tout &lt;br /&gt;de Valerio Evangelisti &lt;br /&gt;Rivages&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

/ 
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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt; Le roman noir est un genre que des &#233;crivains utilisent pour d&#233;noncer l'injustice sociale et pour certains d'entre eux, plus rares, &#233;voquer les luttes ouvri&#232;res. Sans renoncer aux plaisirs procur&#233;s par le myst&#232;re et le suspense, ces auteurs mettent en lumi&#232;re les conditions de vie des humbles, le cynisme et la f&#233;rocit&#233; des puissants qui n'h&#233;sitent pas &#224; recourir &#224; la violence contre ceux qui contestent leurs privil&#232;ges ou leurs magouilles. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; &lt;strong&gt;Nous ne sommes rien, soyons tout&lt;/strong&gt; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;de Valerio Evangelisti&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rivages Thriller, 385 pages, 23 &#8364;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Valerio Evangelisti fait vivre les luttes des dockers et marins de San Francisco lors de la d&#233;pression des ann&#233;es trente, en suivant Eddie Lombardo, un petit truand italo-am&#233;ricain piteux qui se met au service des patrons et des bureaucrates syndicaux. Ceux-ci vont l'utiliser sans scrupule contre les communistes et les militants les plus combatifs. Eddie poursuit son ascension dans la bureaucratie syndicale jusqu'aux ann&#233;es cinquante, o&#249; il essaie encore de se rendre utile dans la chasse aux rouges men&#233;e par les maccarthystes. Mais ses ma&#238;tres n'h&#233;sitent pas &#224; en faire un bouc &#233;missaire lorsqu'il devient trop encombrant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Valerio Evangelisti est d&#233;j&#224; l'auteur d'&lt;em&gt; Anthracite &lt;/em&gt;, roman social trait&#233; &#224; la mani&#232;re d'un western, qui se d&#233;roule &#224; l'&#233;poque de la r&#233;volution industrielle dans les mines de Pennsylvanie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; Anthracite, &lt;/em&gt;vient d'&#234;tre r&#233;&#233;dit&#233; en poche (Rivages Noir, 10 &#8364;).&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; &lt;strong&gt;Pass&#233; parfait&lt;/strong&gt; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;de Leonardo Padura&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Points Seuil, 277 pages, 7 &#8364;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un cadre mod&#232;le d'une entreprise cubaine a myst&#233;rieusement disparu. L'improbable inspecteur Mario Conde est charg&#233; de le retrouver. Son enqu&#234;te suit l'itin&#233;raire de ce personnage &#171; exemplaire &#187; qui a commenc&#233; sa carri&#232;re&#8230; en d&#233;non&#231;ant ses camarades dans un camp de jeunesse. L'auteur, L&#233;onardo Padura, r&#233;dacteur en chef d'une des rares revues litt&#233;raires de son pays, pose un regard ironique et un peu blas&#233; sur la soci&#233;t&#233; cubaine. On rel&#232;ve sa prudence &#224; s'attaquer au parti et critiquer Castro, mais il montre tout de m&#234;me l'envers du d&#233;cor et d&#233;nonce l'hypocrisie officielle.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; &lt;strong&gt;La quatri&#232;me plaie&lt;/strong&gt; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;de Patrick Bard&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Points Seuil, 282 pages, 7 &#8364;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une cargaison de m&#233;dicaments destin&#233;s &#224; des ONG a disparu en Ouganda en m&#234;me temps qu'un m&#233;decin. Un autre m&#233;decin part &#224; sa recherche et d&#233;couvre une population terroris&#233;e par une arm&#233;e d'enfants soldats. Patrick Bard, qui a parcouru tous les continents comme photographe, conna&#238;t bien l'Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est aussi l'auteur de &lt;em&gt; La Fronti&#232;re &lt;/em&gt;, roman sur des assassinats de femmes employ&#233;es par des entreprises am&#233;ricaines implant&#233;es &#224; Ciudad Juarez pour exploiter une main-d'&#339;uvre mexicaine bon march&#233;. (&lt;em&gt; La fronti&#232;re, &lt;/em&gt; Points Seuil, 384 pages, 7 &#8364;).&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; &lt;strong&gt;Ch&#232;res toxines&lt;/strong&gt; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;de Jean-Paul Jody&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seuil, 352 pages, 20 &#8364;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un grand labo pharmaceutique s'appr&#234;te &#224; lancer un nouveau m&#233;dicament, le Z&#233;pam. Pour motiver ses cadres, ses patrons organisent un s&#233;minaire en Tha&#239;lande. La description du comportement des cadres du labo, de leurs relations avec leurs patrons, les &#171; communicants &#187; et la population locale est hilarante. La chute et les m&#233;faits du Z&#233;pam sont moins dr&#244;les.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; &lt;strong&gt;Le tr&#232;s corruptible mandarin&lt;/strong&gt; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;de Qiu Xiaolong&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;ditions Liana Levi, 374 pages, 19&#8364;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qiu Xiaolong est un &#233;crivain chinois vivant aux &#201;tats-Unis, o&#249; il a fait ses &#233;tudes, qui se pr&#233;sente comme fils de victimes de la r&#233;volution culturelle. Il &#233;crit en anglais. Sa vision de la Chine est marqu&#233;e par ses sympathies pour le capitalisme am&#233;ricain. La psychologie de son h&#233;ros, l'inspecteur Chen, &#233;voque celle des flics des romans am&#233;ricains. Toutefois, Xiaolong est bien inform&#233; et sait faire d&#233;couvrir la soci&#233;t&#233; chinoise contemporaine. Dans son dernier roman, comme le titre l'indique, il s'en prend &#224; la corruption qui ronge l'administration. Ses sup&#233;rieurs incitent Chen &#224; se contenter &lt;em&gt; &#171; d'&#233;craser les moustiques sans se soucier des tigres &#187; &lt;/em&gt;, car de puissants pontes du parti sont mouill&#233;s dans une sale affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le meilleur livre de Xiaolong reste &lt;em&gt; Mort d'une h&#233;ro&#239;ne rouge &lt;/em&gt;, qui raconte l'itin&#233;raire d'une ex &#233;g&#233;rie de la r&#233;volution culturelle (&lt;em&gt; Mort d'une h&#233;ro&#239;ne rouge, &lt;/em&gt;Points Seuil, 464 pages, 7 &#8364;).&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; &lt;strong&gt;La couleur de la peau&lt;/strong&gt; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;de Ramon Diaz-Eterovic&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;taili&#233;, 240 pages, 18 &#8364;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le racisme s&#233;vit aussi en Am&#233;rique latine, non seulement entre Blancs descendant des conquistadores et Indiens rescap&#233;s du g&#233;nocide, mais entre m&#233;tis et Indiens, et m&#234;me entre ressortissants de diverses nationalit&#233;s. Alberto Coiro, un jeune P&#233;ruvien venu chercher du travail &#224; Santiago du Chili, va en faire l'am&#232;re exp&#233;rience et dispara&#238;tre. Pour tenter de le retrouver, son fr&#232;re engage Heredia, d&#233;tective qui &#233;voque beaucoup Marlowe, le priv&#233; du romancier am&#233;ricain Chandler. Ensuite, nous d&#233;couvrons les bas fonds de Santiago, l'univers de la mis&#232;re, de l'&#233;migration et du racisme.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; &lt;strong&gt;Les b&#226;tisseurs de l'Empire&lt;/strong&gt; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;de Thomas Kelly&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rivages Thriller, 426 pages, 23 &#8364;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;dification de l'Empire state building, v&#233;ritable symbole de la puissance am&#233;ricaine b&#226;ti dans les ann&#233;es trente comme un d&#233;fi &#224; la crise &#233;conomique, a fait beaucoup de victimes parmi les ouvriers employ&#233;s &#224; sa construction. Leur nombre exact reste inconnu, d'autant que beaucoup n'&#233;taient pas d&#233;clar&#233;s. Le romancier Thomas Kelly met en sc&#232;ne son chantier gigantesque o&#249; se m&#234;lent des milliers de travailleurs de toutes origines que la menace du ch&#244;mage contraint &#224; accepter des conditions de travail &#233;pouvantables. Mais, &#224; c&#244;t&#233; de ceux qui triment, il y a ceux qui s'enrichissent d'innombrables trafics, car le chantier engloutit non seulement des vies humaines mais des capitaux colossaux. Le h&#233;ros est un ouvrier irlandais qui h&#233;site entre refaire sa vie aux &#201;tats-Unis et retourner poursuivre le combat r&#233;publicain en Irlande. En tentant d'acheter des armes pour les R&#233;publicains, il tombe sous la coupe de la maffia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce roman vient apr&#232;s &lt;em&gt; Le ventre de New York &lt;/em&gt;qui d&#233;crit notamment les conditions de travail hallucinantes des perceurs de tunnel, sous Reagan. L'auteur, Thomas Kelly, a lui-m&#234;me exerc&#233; ce m&#233;tier et les chantiers le fascinent. &#192; un demi si&#232;cle d'&#233;cart, la situation de certains travailleurs manuels a moins chang&#233; qu'on pourrait le croire&#8230; &lt;em&gt; (Le ventre de New York, &lt;/em&gt;Rivages Noir, 400 pages, 10 &#8364;).&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; &lt;strong&gt;La femme du ministre&lt;/strong&gt; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;de G&#233;rard Delteil&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;ditions de l'Archipel, 364 pages, 20,95 &#8364;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand la politique spectacle m&#232;ne au crime. Johanne Desroches, jeune journaliste un tantinet arriviste travaillant dans la presse f&#233;minine, accepte un travail de commande bien r&#233;mun&#233;r&#233; et susceptible de booster sa carri&#232;re : r&#233;diger la biographie de Renaud Chambon, ministre de l'Int&#233;rieur et candidat &#224; l'&#201;lys&#233;e. Tout se g&#226;te quand la femme dudit ministre se lance dans une aventure susceptible de ridiculiser un politicien qui cherche &#224; vendre l'image d'une famille unie. Johanne ne fait pas preuve de la souplesse attendue et, un matin, on retrouve son cadavre carbonis&#233; dans le parc des Buttes Chaumont. Le roman introduit dans les coulisses du pouvoir, de ses services de communication et de ses barbouzes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du m&#234;me auteur : &lt;em&gt; KZ &lt;/em&gt;, qui a pour cadre un camp de concentration o&#249; une organisation clandestine dirig&#233;e par des communistes allemands pr&#233;pare une insurrection &#224; l'approche des troupes sovi&#233;tiques. (&lt;em&gt; KZ &lt;/em&gt;, &lt;em&gt; retour vers l'enfer &lt;/em&gt;, &#201;ditions M&#233;taili&#233;, Poche, 5,70 &#8364;).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Capitalisme du XXIe si&#232;cle : d&#233;j&#224; la faim&#8230; bient&#244;t la crise ?
</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Crise
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		<description>En ao&#251;t 2007 &#233;clatait la crise des subprimes . Pendant des ann&#233;es, banquiers et pr&#234;teurs en tout genre s'&#233;taient &#233;vertu&#233;s &#224; placer aupr&#232;s des Am&#233;ricains m&#234;me les plus pauvres des cr&#233;dits pour acheter leur logement, avec une forte prime de risque (la subprime) et des taux variables, bas au d&#233;but, puis grandissants&#8230; &#192; l'&#233;t&#233; 2007 une cascade de d&#233;fauts de remboursement se transforme en v&#233;ritable crise financi&#232;re : on d&#233;couvre que tout le syst&#232;me financier est infect&#233; de ces cr&#233;ances douteuses que les banques ont&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En ao&#251;t 2007 &#233;clatait la crise des &lt;em&gt; subprimes &lt;/em&gt;. Pendant des ann&#233;es, banquiers et pr&#234;teurs en tout genre s'&#233;taient &#233;vertu&#233;s &#224; placer aupr&#232;s des Am&#233;ricains m&#234;me les plus pauvres des cr&#233;dits pour acheter leur logement, avec une forte prime de risque (la subprime) et des taux variables, bas au d&#233;but, puis grandissants&#8230; &#192; l'&#233;t&#233; 2007 une cascade de d&#233;fauts de remboursement se transforme en v&#233;ritable crise financi&#232;re : on d&#233;couvre que tout le syst&#232;me financier est infect&#233; de ces cr&#233;ances douteuses que les banques ont recycl&#233;es sous forme de titres complexes et opaques, ensuite revendus et diffus&#233;s aux quatre coins de la plan&#232;te financi&#232;re. Banques au bord de la faillite, syst&#232;me de cr&#233;dit menac&#233; de paralysie, mini-krachs boursiers, nouvelle vague d'annonces de pertes chez les banques mais aussi les &#171; r&#233;assureurs &#187;, on n'en finit pas de d&#233;couvrir l'&#233;tendue de cette crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'instant, le petit monde de la finance n'en est pas &#224; se jeter comme en 1929 des tours de Manhattan (ou de la D&#233;fense). Les &#201;tats sont intervenus avec z&#232;le pour sauver la mise des sp&#233;culateurs (et dans la finance tout le monde l'est par d&#233;finition). Ceux-ci ont m&#234;me pu se refaire une sant&#233; en allant sp&#233;culer sur les mati&#232;res premi&#232;res et les denr&#233;es alimentaires. Dans les milieux dirigeants de la bourgeoisie du monde entier, on se demande encore si cette crise pour l'instant essentiellement financi&#232;re va continuer, ou si elle va vraiment se transmettre &#224; l'&#233;conomie dite r&#233;elle. Des centaines de millions de travailleurs la payent pourtant d&#233;j&#224; au prix fort, en perdant leur maison ou leur emploi aux &#201;tats-Unis, en &#233;tant r&#233;duits &#224; la famine dans tous les pays pauvres de la plan&#232;te. Qu'est-ce que ce sera, si la crise &#171; se confirme &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En soi ces &#233;v&#233;nements suffiraient &#224; condamner ce syst&#232;me &#233;conomique qui fait d&#233;pendre le sort des hommes des folies de la finance. Mais cette crise financi&#232;re est aussi un r&#233;v&#233;lateur des aberrations profondes du capitalisme qui r&#233;git l'&#233;conomie mondiale. Pour le coup elle r&#233;v&#232;le bien des choses sur ce que fut la croissance capitaliste dans le monde depuis 15 ans, fond&#233;e sur la paup&#233;risation des exploit&#233;s et une spirale d'endettement. C'est bien le capitalisme lui-m&#234;me qui est absurde et criminel, et non sa seule sph&#232;re financi&#232;re. C'est bien tout ce syst&#232;me qu'il faut abolir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21 juin 2008&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_328 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH307/tipi-44e73.png?1528273635' width='400' height='307' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Des subprimes &#224; la faim dans le monde : tout est bon dans la sp&#233;culation
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Des-subprimes-a-la-faim-dans-le-monde-tout-est-bon-dans-la-speculation</link>
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
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		<dc:subject>Crise
</dc:subject>
		<dc:subject>Finance
</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme
</dc:subject>

		<description>La crise des subprimes continue &#224; faire des ravages. &#201;trangl&#233;s par les int&#233;r&#234;ts exorbitants de leurs pr&#234;ts immobiliers, 1,3 million de foyers se sont retrouv&#233;s en d&#233;faut de paiement aux &#201;tats-Unis. 400 000 personnes ont d&#251; revendre leur maison et on compte par dizaines de milliers ceux qui se sont retrouv&#233;s &#224; la rue sans aucune couverture sociale. Le pr&#233;sident du FMI Dominique Strauss-Kahn a eu beau assurer que la situation &#171; est sous contr&#244;le &#187;, ce n'est pas cela qui emp&#234;chera l'enfer du&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La crise des &lt;em&gt; subprimes &lt;/em&gt; continue &#224; faire des ravages. &#201;trangl&#233;s par les int&#233;r&#234;ts exorbitants de leurs pr&#234;ts immobiliers, 1,3 million de foyers se sont retrouv&#233;s en d&#233;faut de paiement aux &#201;tats-Unis. 400 000 personnes ont d&#251; revendre leur maison et on compte par dizaines de milliers ceux qui se sont retrouv&#233;s &#224; la rue sans aucune couverture sociale. Le pr&#233;sident du FMI Dominique Strauss-Kahn a eu beau assurer que la situation &#171; est sous contr&#244;le &#187;, ce n'est pas cela qui emp&#234;chera l'enfer du surendettement de s'&#233;tendre en Grande-Bretagne, avec son cort&#232;ge d'expropriations &#224; la cl&#233; : les statistiques officielles en pr&#233;voient 70 000 d'ici la fin de l'ann&#233;e...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une crise en appelle une autre&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais le chapitre des cr&#233;dits &#224; risque est loin d'&#234;tre referm&#233; que d&#233;j&#224; s'ouvre celui des victimes de la sp&#233;culation sur les mati&#232;res premi&#232;res. En un an, le cours du riz a grimp&#233; de 217 %, celui de la farine de 136 %, celui du lait en poudre de 120 % et celui du ma&#239;s de 125 %. Quant au prix du p&#233;trole, il est d&#233;sormais cinq fois sup&#233;rieur &#224; celui des ann&#233;es 1990. Les produits les plus courants sont devenus inabordables pour des millions de personnes. Du Mali aux Philippines, de nombreuses familles ne font plus qu'un seul repas par jour. Le prix du sac de riz a bondi de 250 &#224; 650 francs CFA &#224; Abidjan depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e. En Ha&#239;ti, il est mont&#233; de 35 &#224; 70 dollars en une seule semaine, hissant &#224; plus d'un dollar le plat de riz pour un enfant de huit ans, dans un pays o&#249; 80 % de la population vit avec moins de deux dollars par jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La faim s'est mu&#233;e en r&#233;volte dans 35 pays pauvres d'Afrique, d'Asie et d'Am&#233;rique latine. Pendant plusieurs semaines, des affrontements ont oppos&#233; la police &#224; la population &#224; Port-au-Prince, capitale d'Ha&#239;ti. En C&#244;te d'Ivoire, au Mali et en Somalie, aux Philippines et au Bangladesh, des &#233;meutes de la faim ont enflamm&#233; les grandes villes. Gr&#232;ves et manifestations ont secou&#233; l'&#201;gypte et le Cameroun, o&#249; elles ont pris une tournure politique contre les gouvernants, la collusion des multinationales de l'agro-alimentaire et des pouvoirs publics. Le Mexique a vu rena&#238;tre l'agitation des &#171; &#233;meutes de la tortilla &#187; de 2007 contre la hausse du prix du ma&#239;s. Le Burkina Faso a &#233;t&#233; paralys&#233; par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de deux jours, les 8 et 9 avril, pour demander le contr&#244;le des prix, la hausse des salaires et la suppression des taxes sur le carburant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Destabilis&#233;s, les gouvernements ont eu des sueurs froides : le premier ministre ha&#239;tien Alexis est tomb&#233;, des milliers de manifestants sont descendus dans les rues pour lutter contre le pr&#233;sident camerounais Byia qui souhaitait modifier la constitution pour rester en place, le r&#233;gime &#233;gyptien de Moubarak a cristallis&#233; la col&#232;re des milliers de travailleurs du textile de Ghazl el-Alhala, qui scandaient pendant la gr&#232;ve : &lt;em&gt; &#171; &#192; bas, &#224; bas Moubarak ! Ton r&#233;gime, c'est de la merde ! &#187; &lt;/em&gt;. La r&#233;pression a &#233;t&#233; &#224; la mesure de l'inqui&#233;tude. En Ha&#239;ti, les affrontements ont fait six morts, &#224; Douala (Cameroun) on d&#233;nombre officiellement quarante morts (sans doute beaucoup plus), cinq en Somalie, trois cents bless&#233;s en &#201;gypte et au Maroc...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le cours de la famine se porte bien, merci&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re la faim et les morts, il y a un tout autre d&#233;cor. Celui des places boursi&#232;res, o&#249; les mati&#232;res premi&#232;res ont servi d'exutoire pour sp&#233;culateurs d&#233;confits. Apr&#232;s la crise financi&#232;re, les traders se sont retrouv&#233;s en manque de grain &#224; moudre. Mais il en faut plus pour emp&#234;cher un sp&#233;culateur de sp&#233;culer, et le riz, le ma&#239;s et le soja ont simplement remplac&#233; les produits financiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'excitation a donc gagn&#233; la bourse de Chicago, la plus grande bourse agricole du monde. Sur les march&#233;s du CME group (Chicago Mercantile Exchange), o&#249; un m&#234;me germe de soja peut changer dix fois de mains et de prix sans pour autant changer de place, le nombre des contrats des 25 produits agricoles a bondi de 20 % au cours des trois premiers mois de l'ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui tirent les vrais cordons de la bourse ne sont pas des sp&#233;culateurs isol&#233;s. Dans ce transfert de fonds sp&#233;culatifs, ce sont surtout les fameux &lt;em&gt; hedge funds &lt;/em&gt;(&#171; fonds d'investissement &#187; ou &#171; fonds alternatifs &#187;) qui ont jou&#233; le premier r&#244;le. L'un d'entre eux, Ospraie, le principal fonds alternatif pour les mati&#232;res premi&#232;res, est dirig&#233; par Dwight Anderson, surnomm&#233; &#224; Wall Street le &#171; roi des mati&#232;res premi&#232;res &#187;. Le talent de cette star de la bourse consiste a avoir pr&#233;vu &#224; l'&#233;t&#233; 2006 une &#171; rentabilit&#233; extraordinaire &#187; des produits agricoles, et investi massivement dans les mati&#232;res premi&#232;res. Bien &#224; l'abri au vingt-septi&#232;me &#233;tage de sa tour de Manhattan, il sentait d&#233;j&#224; que le vent des &lt;em&gt; subprimes &lt;/em&gt; &#233;tait en train de tourner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_332 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH224/bombarder-8ca40.png?1527804033' width='400' height='224' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les banques ne sont pas rest&#233;es sur la touche. Elles aussi veulent faire du bl&#233; avec le bl&#233;. Du 4 au 29 mars 2008, la principale banque belge KBC avait pour slogan d'une assurance vie : &lt;em&gt; &#171; Tirez avantage de la hausse des prix des denr&#233;es alimentaires ! &#187; &lt;/em&gt;. Elle aurait pu reprendre le titre du film de Hitchcock, &lt;em&gt; Assurance pour la mort &lt;/em&gt;... &#201;pingl&#233;e par le quotidien &lt;em&gt; Libre Belgique &lt;/em&gt;, la banque a &#233;tal&#233; sa mauvaise foi en assurant que les prix des mati&#232;res premi&#232;res &#171; se d&#233;cident ailleurs &#187; que dans les portefeuilles des sp&#233;culateurs. Toujours est-il que lorsqu'un banquier belge, suisse, fran&#231;ais ou autre autorise un sp&#233;culateur New-Yorkais &#224; acheter &#224; Chicago du riz tha&#239;landais, il plonge dans la mis&#232;re des milliers de familles, du Bangladesh au Cameroun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre docteur Kouchner pr&#233;conise quant &#224; lui l'interdiction de la sp&#233;culation sur les mati&#232;res premi&#232;res, mais omet d'informer les banquiers de sa louable intention. On est loin des &#171; enrag&#233;s &#187; de 1789 qui cherchaient comme Jacques Roux &#224; interdire la sp&#233;culation sur les biens de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;. &#199;a m&#233;riterait pourtant bien une r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lucas BRUGHEL&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_326 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH336/actionspourries-023ae.png?1527804034' width='400' height='336' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> &#192; l'origine de la faim : la dictature mondiale du profit
</title>
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
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		<dc:subject>Capitalisme
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		<dc:subject>Agriculture
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		<description>Depuis un an la sp&#233;culation a acc&#233;l&#233;r&#233; la mont&#233;e des prix des denr&#233;es agricoles. Celle-ci est due cependant aussi &#224; des tendances lourdes. &lt;br /&gt;Une partie de la hausse provient de l'&#233;volution de la consommation dans les pays dits &#171; &#233;mergents &#187;, o&#249; appara&#238;t une classe moyenne. En Chine ou en Inde ceux qui en ont les moyens ne se contentent plus des c&#233;r&#233;ales de base mais consomment des fruits, des l&#233;gumes et de la viande. Or il faut 14 kilos de c&#233;r&#233;ales pour produire 2 kilos de boeuf, et 8 kilos pour 2 kilos de&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis un an la sp&#233;culation a acc&#233;l&#233;r&#233; la mont&#233;e des prix des denr&#233;es agricoles. Celle-ci est due cependant aussi &#224; des tendances lourdes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une partie de la hausse provient de l'&#233;volution de la consommation dans les pays dits &#171; &#233;mergents &#187;, o&#249; appara&#238;t une classe moyenne. En Chine ou en Inde ceux qui en ont les moyens ne se contentent plus des c&#233;r&#233;ales de base mais consomment des fruits, des l&#233;gumes et de la viande. Or il faut 14 kilos de c&#233;r&#233;ales pour produire 2 kilos de boeuf, et 8 kilos pour 2 kilos de porc. En Chine, le tiers des c&#233;r&#233;ales chinoises sert &#224; nourrir des animaux, contre seulement 9 % il y a trente ans. Ces pays sont donc amen&#233;s &#224; puiser dans leurs stocks et &#224; importer plus de c&#233;r&#233;ales via le march&#233; mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, selon l'Organisation pour la coop&#233;ration et le d&#233;veloppement &#233;conomiques (OCDE), le d&#233;veloppement du march&#233; des agrocarburants p&#232;serait pour environ un tiers dans la r&#233;cente flamb&#233;e des prix. Au nom de l'alternative au p&#233;trole ce business d&#233;tourne une part croissante des denr&#233;es alimentaires : il en faut autant pour faire le plein d'un gros 4x4 que pour nourrir une personne pendant un an. Vu sa rentabilit&#233;, ce march&#233; se d&#233;veloppe consid&#233;rablement : le Br&#233;sil, qui produit 22 milliards de litres d'&#233;thanol par an, a l'intention de doubler ce chiffre d'ici 2016.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une bonne part des tensions sur le march&#233; agricole est donc loin d'&#234;tre conjoncturelle et temporaire. Il ne faudrait pas pour autant oublier un autre fait : la soumission croissante de l'agriculture mondiale au profit capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le d&#233;veloppement du march&#233; mondial&#8230; et de la faim&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les prix augmentent, certes, mais comment se fait-il que tant de gens soient d&#233;pendants des produits &#233;chang&#233;s au niveau international ? Tout le monde n'ach&#232;te pas des produits alimentaires venus de l'autre bout de la plan&#232;te, mais c'est bien la tendance. De nos jours, la moiti&#233; de la population mondiale vit ou survit en ville. L'exode rural s'acc&#233;l&#232;re, de moins en moins de personnes se nourrissent directement des produits de leur travail, et donc l'auto-alimentation recule rapidement. Une part croissante de la population a besoin d'acheter des denr&#233;es alimentaires. Pas seulement dans les villes : parmi les ruraux, la plupart ach&#232;tent de la nourriture et 600 millions auraient besoin d'en acheter et ne le peuvent pas. En effet, sur les 850 millions de personnes souffrant de la faim (qui s'ajoutent &#224; un milliard de mal nourris, manquant de vitamines, de min&#233;raux, de graisses), 70 % sont des paysans, sans terre ou avec tr&#232;s peu de terre. C'est sous cette violente pression qu'ils sont 50 millions chaque ann&#233;e &#224; rejoindre les zones urbaines&#8230; et c'est ainsi qu'on retrouve les 30 % restant d'affam&#233;s dans les bidonvilles et les camps de r&#233;fugi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or si les produits agricoles achet&#233;s par ceux qui le peuvent proviennent &#224; 85 % du m&#234;me pays, la production agricole circule de plus en plus : aujourd'hui, 15 % de la r&#233;colte globale est &#233;chang&#233;e au niveau international, contre seulement 10 % il y a dix ans. Les fluctuations des prix mondiaux frappent donc de plus en plus de monde.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La conqu&#234;te des march&#233;s du Sud par les capitalistes du Nord&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;volution rapide est le r&#233;sultat d'une politique impuls&#233;e par les grandes puissances imp&#233;rialistes et relay&#233;e par les r&#233;gimes des pays sous-d&#233;velopp&#233;s. Au milieu des ann&#233;es 1980, les &#201;tats-Unis et l'Union Europ&#233;enne ont d&#233;cid&#233; d'&#233;largir le march&#233; mondial agricole pour trouver de nouveaux d&#233;bouch&#233;s &#224; leurs agricultures capitalistes ultra productives. Entre 1986 et 1993, des n&#233;gociations au sein de l'OMC ont donn&#233; lieu &#224; la signature de l'Accord Agricole de l'Uruguay Round (AAUR) en vue de faire baisser les tarifs douaniers sur tous les produits agricoles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les agriculteurs capitalistes d'Europe ou des USA ont alors pu proposer leurs produits dans les pays du Sud &#224; des prix d&#233;fiant toute concurrence, puisqu'ils ont une productivit&#233; agricole bien sup&#233;rieure &#224; celle de la plupart des pays en d&#233;veloppement. Comme il faut 18 fois plus de temps de travail au Mexique qu'aux USA pour produire la m&#234;me quantit&#233; de ma&#239;s, le ma&#239;s &#171; made in USA &#187;, vendu moins cher, a facilement conquis le march&#233;. Un tiers du ma&#239;s consomm&#233; au Mexique vient d&#233;sormais des USA, et des millions de petites exploitations mexicaines ont p&#233;riclit&#233;. De m&#234;me en Afrique de l'Ouest le lait en poudre europ&#233;en et le riz tha&#239;landais ont chass&#233; des villes la production locale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les USA et l'UE subventionnent massivement les exportations de leurs capitalistes agricoles, ils font pression, par le biais des organismes financiers internationaux, contre tout soutien &#224; l'agriculture dans les pays pauvres. Dans les ann&#233;es 1990, la Banque Mondiale a exig&#233; la suppression des offices publics qui garantissaient un revenu minimum aux producteurs, ainsi que la fermeture des magasins en partie publics qui contenaient la hausse brutale des prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bilan : les capitalistes agricoles du Nord &#233;coulent mieux leurs produits, les petits paysans sont de plus en plus ruin&#233;s un peu partout dans le monde, et les pauvres des villes du tiers-monde sont de plus en plus d&#233;pendants du march&#233; mondial pour se nourrir.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le pi&#232;ge des agricultures d'exportation et l'explosion de la d&#233;pendance alimentaire &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que certains pays sont entr&#233;s dans une d&#233;pendance extr&#234;me vis-&#224;-vis du march&#233; mondial. D&#233;sormais le Gabon importe 86 % de ses c&#233;r&#233;ales, l'Alg&#233;rie 82 %, Ha&#239;ti 70 %, le S&#233;n&#233;gal 61 % et la Colombie 56 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces pays, nous expliquaient les dirigeants imp&#233;rialistes, une fois sp&#233;cialis&#233;s dans le secteur o&#249; ils sont comp&#233;titifs, obtiendraient des devises pour acheter les produits de base qu'ils ne produisent plus. Cette sp&#233;cialisation a effectivement eu lieu : dans 43 pays, 90 % des recettes d'exportation proviennent de seulement trois produits (comme le cacao, le sucre, le caf&#233;, le coton, la banane). Du coup, c'est bien gr&#226;ce &#224; ses exportations qu'un pays comme Ha&#239;ti ach&#232;te de la nourriture : 80 % de ses recettes d'exportations servent exclusivement &#224; acheter des denr&#233;es alimentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pays qui ont tout mis&#233; sur l'exportation de telle ou telle denr&#233;e n'ont plus qu'&#224; prier pour que son cours reste &#233;lev&#233; ! Or les prix des produits agricoles export&#233;s par les pays les plus pauvres ont baiss&#233; de 70 % depuis 20 ans. Pourquoi ? D'une part, la Banque mondiale a encourag&#233; la baisse des prix en finan&#231;ant la production dans ces secteurs, ce qui a suscit&#233; une hausse de l'offre sans que la demande n'augmente. D'autre part, le secteur des firmes capitalistes qui ach&#232;tent et commercialisent cette production s'est tr&#232;s fortement concentr&#233;, et quelques groupes peuvent peser &#224; la baisse sur les prix.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La complicit&#233; gouvernementale des pays du Sud&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si l'impulsion de cette politique vient des grandes puissances, dans la continuit&#233; du colonialisme et de l'imp&#233;rialisme des si&#232;cles pr&#233;c&#233;dents, les gouvernements des pays du Sud sont complices et m&#232;nent eux aussi une politique de classe. En effet, la lib&#233;ralisation de l'agriculture ne ruine pas tout le monde. Un secteur capitaliste se d&#233;veloppe : les plus gros agriculteurs peuvent investir dans des semences, des engrais ou dans l'irrigation, tout autant dans le domaine des c&#233;r&#233;ales que dans celui des produits tropicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bourgeoisies &#224; la t&#234;te de ces &#201;tats voient aussi dans cette adaptation au march&#233; mondial un moyen de faire rentrer de l'argent. Une agriculture tourn&#233;e vers l'exportation permet de r&#233;colter des imp&#244;ts, alors que taxer les exploitations familiales ne rapporte &#224; peu pr&#232;s rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des rentr&#233;es fiscales qui ne profitent pas &#224; la population, puisque les gouvernements r&#233;duisent leurs d&#233;penses publiques dans le secteur agricole : les pays les plus d&#233;pendants des importations alimentaires utilisent en moyenne seulement 4 % de leurs d&#233;penses publiques en direction de l'agriculture. La bourgeoisie et ses politiciens pr&#233;f&#232;rent faire affaire avec les multinationales de l'agro-alimentaire. Les cons&#233;quences de ce d&#233;sengagement se font particuli&#232;rement sentir en Afrique o&#249; la production de c&#233;r&#233;ales par hectare n'a pas progress&#233; depuis le milieu des ann&#233;es 1980.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des investissements massifs dans l'agriculture, mais au profit de qui ? &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s les &#233;valuations de la FAO (&lt;em&gt; Food and Agriculture Organization, &lt;/em&gt;la branche &#171; alimentation &#187; de l'ONU), la production alimentaire devra progresser de 50 % d'ici 2050 pour parvenir &#224; satisfaire la demande. Pour &#233;lever la productivit&#233; des paysans du tiers-monde, il faudrait alors un gigantesque effort d'investissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une n&#233;cessit&#233; absolue. Mais derri&#232;re la notion abstraite d'investissement, il y a les classes sociales. Si nous laissons aux capitalistes et &#224; leurs &#201;tats le soin de r&#233;pondre &#224; ce besoin vital, l'investissement, s'il a lieu, se fera comme &#224; l'heure actuelle en fonction de la demande solvable et des perspectives de profit. Il continuera d'enrichir les gros agriculteurs, de pousser &#224; l'exil ou &#224; la mort les paysans pauvres, d'affamer brutalement des millions de gens dans les villes des cinq continents. Brown, le th&#233;oricien am&#233;ricain du d&#233;veloppement durable et fondateur de l'ONG Earth Policy Institute, affirmait r&#233;cemment : &lt;em&gt; &#171; Les paysans ont obtenu un r&#233;sultat extraordinaire en triplant quasiment la r&#233;colte mondiale. En une seule g&#233;n&#233;ration, ils ont presque doubl&#233; la production c&#233;r&#233;ali&#232;re par rapport aux 11 000 ann&#233;es qui avaient pr&#233;c&#233;d&#233;, depuis le d&#233;but de l'agriculture. Mais maintenant, le ressort est cass&#233; &#187; &lt;/em&gt;. Pour r&#233;parer ce ressort, il n'y a pas 36 solutions : la terre &#224; ceux qui la travaillent, mais pas sans l'aide du capital r&#233;appropri&#233; par ceux qui l'ont cr&#233;&#233;, les travailleurs du monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Thomas JAUD&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_325 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L350xH307/solucrise-da122.png?1526479688' width='350' height='307' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> La crise jusqu'o&#249; ?
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		<dc:subject>Crise
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		<dc:subject>Capitalisme
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
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		<description>La crise financi&#232;re d&#233;clench&#233;e l'&#233;t&#233; dernier n'en finit pas de se d&#233;velopper. Aux &#201;tats-Unis l'&#233;conomie est bel et bien entr&#233;e en r&#233;cession. La crise peut-elle &#234;tre encore plus profonde ? &lt;br /&gt;Ce qui inqui&#232;te le plus les milieux dirigeants de la bourgeoisie, ce n'est ni la d&#233;tresse de millions de travailleurs am&#233;ricains ni la famine mondiale li&#233;e &#224; la sp&#233;culation, ni m&#234;me la forte baisse du march&#233; des actions, m&#234;me si le petit krach de janvier dernier leur a donn&#233; quelques su&#233;es. Apr&#232;s tout, un krach financier n'est&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La crise financi&#232;re d&#233;clench&#233;e l'&#233;t&#233; dernier n'en finit pas de se d&#233;velopper. Aux &#201;tats-Unis l'&#233;conomie est bel et bien entr&#233;e en r&#233;cession. La crise peut-elle &#234;tre encore plus profonde ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui inqui&#232;te le plus les milieux dirigeants de la bourgeoisie, ce n'est ni la d&#233;tresse de millions de travailleurs am&#233;ricains ni la famine mondiale li&#233;e &#224; la sp&#233;culation, ni m&#234;me la forte baisse du march&#233; des actions, m&#234;me si le petit krach de janvier dernier leur a donn&#233; quelques su&#233;es. Apr&#232;s tout, un krach financier n'est pas automatiquement synonyme de d&#233;pression &#233;conomique ou de long marasme des affaires, comme l'a montr&#233; celui d'octobre 1987 qui, &#224; l'inverse de celui de 1929, ne fut pas suivi de drames pour les profits des entreprises et de leurs propri&#233;taires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains se complaisent m&#234;me aujourd'hui &#224; souligner que les &#171; fondamentaux &#187; sont bons, c'est-&#224;-dire que globalement les entreprises font des profits consid&#233;rables. Pourquoi la bourgeoisie a-t-elle donc des sueurs froides ? C'est que cette crise financi&#232;re r&#233;v&#232;le que certains ressorts de la croissance mondiale, et en premier lieu am&#233;ricaine, des quinze derni&#232;res ann&#233;es sont certainement &#233;puis&#233;s aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une croissance bien r&#233;elle&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Car croissance il y a bien eu. M&#234;me si elle &#233;tait nettement moins vigoureuse que celle des Trente glorieuses, surtout en Europe et au Japon. Pendant toute cette p&#233;riode le premier moteur de la croissance mondiale fut les &#201;tats-Unis. Entre 1992 et 2007, sur 15 ans, ils ont connu 10 ann&#233;es de croissance sup&#233;rieure &#224; 3 % (contre une seule dans l'UE et aucune au Japon). De 1994 &#224; 2007 la production de l'&#233;conomie am&#233;ricaine a cru de pr&#232;s de 60 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette croissance a &#233;t&#233; aliment&#233;e par des progr&#232;s de productivit&#233;, li&#233;es aux nouvelles technologies de l'information qui ont permis de mieux g&#233;rer les entreprises, de gaspiller moins de capital, de mieux coordonner le travail humain&#8230; et de mieux l'exploiter. D'autant plus que les entreprises am&#233;ricaines ont massivement investi dans ces &#233;quipements, qui sont devenus rapidement plus efficaces et moins chers, vu les &#233;normes progr&#232;s de la productivit&#233; dans les secteurs qui les fabriquent. &#192; ce facteur technologique s'est ajout&#233;e une exploitation croissante du monde du travail, soumis &#224; davantage de pr&#233;carit&#233; et &#224; un temps de travail grandissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_331 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH319/capitalisme-3ca6e.png?1528273635' width='400' height='319' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Mais une croissance &#224; cr&#233;dit&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La croissance am&#233;ricaine reposait aussi largement sur une forte consommation, sans laquelle ces investissements des entreprises n'auraient pas eu de sens. Un paradoxe, puisque les salaires de la plupart des Am&#233;ricains ont stagn&#233; depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1990. Le salaire m&#233;dian am&#233;ricain (le niveau au-dessus duquel se situent la moiti&#233; des salari&#233;s) n'a progress&#233; par exemple que de 11 % entre 1996 et 2001. Le salaire horaire ouvrier moyen a m&#234;me baiss&#233; depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1980 alors que le PIB am&#233;ricain faisait plus que doubler ! L'essentiel des nouvelles richesses cr&#233;&#233;es ont &#233;t&#233; accapar&#233;es par les couches les plus riches de la population, dont l'app&#233;tit certes vorace de biens et services en tous genres ne saurait &#224; lui seul expliquer le dynamisme de la consommation am&#233;ricaine, car les revenus des plus riches cherchent pour l'essentiel &#224; se placer dans les actifs financiers et du patrimoine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment expliquer alors une telle &#171; consommation des m&#233;nages &#187;, comme on dit, dont la part dans le PIB am&#233;ricain est pass&#233;e d'une moyenne de 67 % entre 1975 et 2000 &#224; 72 % ces derni&#232;res ann&#233;es ? Comment le capitalisme am&#233;ricain a-t-il pu avoir le beurre et l'argent du beurre, les bas salaires &#224; verser et les bonnes ventes quand m&#234;me ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me a repos&#233; sur un endettement galopant, adoss&#233; &#224; un boom de l'immobilier. Les Am&#233;ricains ont achet&#233; massivement dans l'immobilier, y compris en s'endettant lourdement. Les prix des maisons augmentant de fa&#231;on spectaculaire et continue d'ann&#233;e en ann&#233;e (la valeur moyenne d'un logement a augment&#233; de 100 % entre 1997 et 2006), il y a eu un &#171; effet enrichissement &#187;, les m&#233;nages se permettant de contracter des emprunts pour consommer au vu de l'&#233;l&#233;vation consid&#233;rable du prix de leurs biens, qui semblait leur assurer une plus-value potentielle consid&#233;rable. Les pr&#234;ts &#224; la consommation &#233;tant souvent hypoth&#233;qu&#233;s sur la valeur sans cesse croissante des maisons, l'endettement entra&#238;nait le boom de l'immobilier qui entra&#238;nait l'endettement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le secret pour que cela continue de marcher, c'&#233;tait bien s&#251;r&#8230; que cela continue de marcher. La bulle fut donc aliment&#233;e consciencieusement ces derni&#232;res ann&#233;es par les pr&#234;teurs en tout genre et par les autorit&#233;s am&#233;ricaines elles-m&#234;mes, qui ont maintenu des taux d'int&#233;r&#234;t bas pour rendre les emprunts plus attractifs. Avec ses ultimes cons&#233;quences : laisser s'endetter sans retour les couches les plus pauvres de la population, par la magie des pr&#234;ts &lt;em&gt; subprimes &lt;/em&gt;, histoire de faire durer encore un peu plus la bulle. Et la croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;nages am&#233;ricains ont aujourd'hui un taux moyen d'endettement sans pr&#233;c&#233;dent, environ 140 % du revenu annuel.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Crise du cr&#233;dit, crise de la consommation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Quand la bulle a &#233;clat&#233;, en juillet 2007, &#224; sa pointe extr&#234;me (les &lt;em&gt; subprimes &lt;/em&gt;), c'est tout le ch&#226;teau de cartes de la croissance am&#233;ricaine aux voiles gonfl&#233;es par le surendettement qui s'est r&#233;v&#233;l&#233; branlant, pr&#234;t &#224; s'effondrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que risque-t-il alors de se passer ? D'abord la crise peut se d&#233;velopper par rationnement du cr&#233;dit. C'est ce qui est arriv&#233; lors de l'&#233;clatement d'une autre bulle sp&#233;culative qui faisait suite &#224; une p&#233;riode de vive expansion&#8230; en 1929. &#192; l'&#233;poque, avec la faillite de nombreuses banques et la ruine d'une multitude d'actionnaires, le syst&#232;me financier a implos&#233;. Quand la bourse a brutalement chut&#233;, lors du fameux jeudi noir d'octobre 1929, les banques se sont retrouv&#233;es &#233;cras&#233;es de titres sans valeur, endett&#233;es, et ont gel&#233; les cr&#233;dits. De proche en proche la crise a gel&#233; toute l'&#233;conomie capitaliste, la dictature du profit priv&#233; emp&#234;chant toute vraie relance de la machine &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sc&#233;nario noir est cens&#233; &#234;tre &#233;vit&#233; d&#233;sormais par l'intervention massive et internationalement coordonn&#233;e des &#201;tats, pour sauver la finance. Mais si une paralysie catastrophique du cr&#233;dit a &#233;t&#233; &#233;vit&#233;e, un long marasme ne le sera pas forc&#233;ment. C'est ce qui s'est pass&#233; au Japon, en 1989. Une bulle boursi&#232;re et immobili&#232;re &#233;clata alors (l'indice boursier valait 40 000 yens en d&#233;cembre 1989, contre 13 000 aujourd'hui !), ce qui laissa une montagne de dettes dans les bras des banques et des entreprises, les amena &#224; geler durablement leurs investissements, et mit &#224; mort le syst&#232;me de &#171; l'emploi &#224; vie &#187; dans les entreprises, qui se rattrap&#232;rent par leurs performances &#224; l'exportation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf que cette fois, contrairement aux autres crises financi&#232;res des trois derni&#232;res d&#233;cennies, on se retrouve v&#233;ritablement au c&#339;ur du capitalisme mondial ! Les banques, et d'ailleurs la bourgeoisie du monde entier, ont des &#171; positions &#187; c'est-&#224;-dire des actifs dans le syst&#232;me financier am&#233;ricain. Quant &#224; l'&#233;conomie am&#233;ricaine, sa croissance n'a pas seulement fait l'affaire des entreprises produisant sur le sol am&#233;ricain : elle a largement entra&#238;n&#233; pendant plus d'une d&#233;cennie toute l'&#233;conomie mondiale, en important massivement, notamment aupr&#232;s des pays &#233;mergents, Chine en t&#234;te, qui sont du coup &#233;norm&#233;ment d&#233;pendants de leurs ventes sur le march&#233; am&#233;ricain. C'&#233;tait l&#224; encore une consommation &#224; cr&#233;dit, avec un gigantesque d&#233;ficit commercial chronique en d&#233;faveur des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une forte r&#233;cession am&#233;ricaine, ou un ralentissement tr&#232;s durable, c'est donc une crise &#233;conomique grave pour le monde entier qui peut s'annoncer.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La crise ne se r&#233;sume pas &#224; un d&#233;lire de la finance&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me pos&#233; par la crise financi&#232;re actuelle d&#233;passe largement celui de la seule finance, qui serait comme une maladie qui contaminerait l'&#233;conomie r&#233;elle de l'ext&#233;rieur, une maladie qu'il faudrait juguler en r&#233;gulant le diable de la sp&#233;culation, des march&#233;s financiers irrationnels et des fonds sp&#233;culatifs irresponsables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en fait la croissance mondiale (de l'&#233;conomie dite r&#233;elle) telle qu'elle fonctionnait depuis 15 ans qui craque aujourd'hui sous les contradictions habituelles du capitalisme. Celui-ci exige de d&#233;velopper les march&#233;s tout en accentuant l'exploitation et en maintenant ses soutiers dans la mis&#232;re, et il cherche &#224; &#233;largir ses limites par le cr&#233;dit et les bulles financi&#232;res. Ce sont ces contradictions de l'&#233;conomie r&#233;elle telle qu'elle est soumise aux lois du capitalisme qui expliquent les d&#233;lires de la finance, non l'inverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l&#224; vient que les espoirs de ceux qui veulent se barder d'optimisme au sein de la bourgeoisie, ne portent pas seulement sur une quelconque r&#233;forme de la tuyauterie financi&#232;re mondiale mais sur le fonctionnement g&#233;n&#233;ral de l'&#233;conomie mondiale. Et si la croissance &#233;conomique am&#233;ricaine repartait sur des bases plus &#171; saines &#187;, avec plus d'&#233;pargne et d'investissement et moins de consommation ? Et si la stagnation am&#233;ricaine &#233;tait compens&#233;e par la croissance chinoise ou indienne ? Et chacun dans le petit monde de la grande bourgeoisie et de ses penseurs d'esp&#233;rer que la machine mondiale &#224; faire suer les profits trouvera de nouveaux moteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre leurs v&#339;ux seront-ils exauc&#233;s. Peut-&#234;tre allons-nous au contraire conna&#238;tre un sc&#233;nario &#224; la japonaise, cette fois bien plus grave car &#224; l'&#233;chelle du monde. En tout cas la crise financi&#232;re actuelle frappe d&#233;j&#224; de fa&#231;on terrifiante des centaines de millions de personnes &#224; travers le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bernard RUDELLI&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_327 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH349/fuel-b4147.png?1528273635' width='400' height='349' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Le salut par le Sud ?
</title>
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
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		<dc:subject>Crise
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		<dc:subject>USA
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		<description>Une crise grave et durable du capitalisme pourrait-elle &#234;tre &#233;vit&#233;e gr&#226;ce au dynamisme des pays dits &#233;mergents ? &lt;br /&gt;Il est vrai que des pays comme le Br&#233;sil, l'Inde mais aussi &#224; un niveau bien plus &#233;lev&#233;, la Chine, connaissent depuis quelques ann&#233;es une croissance spectaculaire. Si l'on consid&#232;re la mont&#233;e en puissance de certaines entreprises et de fonds souverains issus de l'ancien Tiers-monde, pourquoi ne pas imaginer en effet que ces &#233;conomies puissent suppl&#233;er la d&#233;faillance du moteur am&#233;ricain ? &lt;br /&gt;Ce&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une crise grave et durable du capitalisme pourrait-elle &#234;tre &#233;vit&#233;e gr&#226;ce au dynamisme des pays dits &#233;mergents ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que des pays comme le Br&#233;sil, l'Inde mais aussi &#224; un niveau bien plus &#233;lev&#233;, la Chine, connaissent depuis quelques ann&#233;es une croissance spectaculaire. Si l'on consid&#232;re la mont&#233;e en puissance de certaines entreprises et de fonds souverains issus de l'ancien Tiers-monde, pourquoi ne pas imaginer en effet que ces &#233;conomies puissent suppl&#233;er la d&#233;faillance du moteur am&#233;ricain ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce serait &#224; la fois sous-estimer l'importance de l'&#233;conomie am&#233;ricaine dans le capitalisme mondial d'aujourd'hui, et mal saisir la place qu'un grand pays comme la Chine a pris dans l'&#233;conomie mondiale depuis deux d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les &#201;tats-Unis, poumon de l'&#233;conomie mondiale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une p&#233;riode de rattrapage des &#201;tats-Unis par les autres pays d&#233;velopp&#233;s, de 1945 jusqu'aux ann&#233;es 1970, le poids relatif de l'&#233;conomie am&#233;ricaine dans le monde a augment&#233; depuis trente ans. Le PIB am&#233;ricain repr&#233;sente un tiers de la production mondiale de biens et services, mais il est surtout le premier march&#233; du monde et de tr&#232;s loin. Par son d&#233;ficit commercial de plusieurs centaines de milliards de dollars par an, il joue un r&#244;le majeur pour stimuler la demande mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi l'espoir du &#171; d&#233;couplage &#187; de la croissance des pays &#233;mergents et de celle des pays d&#233;velopp&#233;s, les premiers continuant leur essor et permettant alors aux seconds de se relancer par des exportations vers les pays &#233;mergents, est une hypoth&#232;se d'un optimisme quelque peu fantaisiste. Ainsi, &#233;tant donn&#233; la diff&#233;rence de taille des deux &#233;conomies, pour compenser une baisse de 1 point de la croissance am&#233;ricaine il faudrait une augmentation de 5 points de la croissance chinoise (et de 15 points de la croissance indienne), alors m&#234;me que celle-ci est extr&#234;mement d&#233;pendante, justement, des importations am&#233;ricaines !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;De la crise am&#233;ricaine&#8230; &#224; la crise chinoise ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;pendance d'un pays comme la Chine vis-&#224;-vis des march&#233;s des pays riches, loin de s'att&#233;nuer, n'a fait que s'accro&#238;tre ces derni&#232;res ann&#233;es. Les exportations de la Chine p&#232;sent pour 45 % de son PIB aujourd'hui, contre 37 % en 1998, un ordre de grandeur d&#233;j&#224; &#233;norme pour un pays de cette taille. Et le march&#233; am&#233;ricain est de loin le plus important de ces march&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement am&#233;ricain a d'autant plus volontiers ouvert son territoire aux produits chinois bon march&#233; que c'&#233;tait pour le plus grand profit de ses capitalistes. C'&#233;tait bon pour les entreprises am&#233;ricaines, car l'arriv&#233;e des produits moins chers a permis de juguler l'inflation, de mieux comprimer les salaires des travailleurs am&#233;ricains, d'en extraire davantage de plus-value. C'&#233;tait bon pour les multinationales am&#233;ricaines qui installaient des capacit&#233;s de production en Chine pour profiter des bas salaires du pays et r&#233;exporter vers les &#201;tats-Unis ensuite. C'&#233;tait viable pour l'&#233;conomie am&#233;ricaine parce que la Chine a recycl&#233; de fa&#231;on constante ses exc&#233;dents en achats de bons du tr&#233;sor am&#233;ricain et de titres am&#233;ricains en tout genre, et a donc contribu&#233; &#224; financer les d&#233;ficits am&#233;ricains. Par ces placements la Chine (mais aussi le Japon et les pays producteurs de p&#233;trole) ont permis aux &#201;tats-Unis de continuer de vivre et de faire cro&#238;tre leur &#233;conomie avec des d&#233;ficits consid&#233;rables (les &#201;tats-Unis ont avec la Chine le d&#233;ficit commercial bilat&#233;ral le plus important du monde : 200 milliards de dollars), en mettant &#224; leur disposition leurs capitaux. Pendant toute la derni&#232;re d&#233;cennie la boucle &#233;tait boucl&#233;e : les &#201;tats-Unis permettaient &#224; la Chine d'exporter de plus en plus, et la Chine finan&#231;ait les d&#233;ficits am&#233;ricains par ses exc&#233;dents. Une affaire dont profitaient &#233;galement les entreprises allemandes, japonaises, cor&#233;ennes ou encore taiwanaises, qui ont fait de la Chine une vaste plateforme d'assemblage &#224; bas prix de leurs produits pour les r&#233;exporter ensuite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette boucle est peut-&#234;tre en passe de se rompre. Si la croissance &#233;conomique am&#233;ricaine craque durablement, les exportations chinoises en p&#226;tiront gravement, la croissance chinoise se grippera &#224; son tour. Ce qui semble d&#233;j&#224; s'annoncer si l'on en croit les derniers chiffres (l'exc&#233;dent commercial chinois &#224; l'&#233;gard des &#201;tats-Unis diminue progressivement depuis janvier 2008), et cette &#233;volution pourrait de toute fa&#231;on s'acc&#233;l&#233;rer avec l'actuelle forte baisse du dollar, qui est en partie un moyen pour l'&#201;tat am&#233;ricain d'exporter et partager sa crise avec le reste du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le brusque r&#233;tr&#233;cissement du march&#233; am&#233;ricain pourrait donc se solder par une catastrophe &#233;conomique pour l'industrie chinoise, avec des cons&#233;quences sociales incalculables. La Chine cr&#233;e de 15 &#224; 20 millions de postes de travail par an avec sa croissance &#224; 10 %, alors que la d&#233;mographie et l'exode rural mettent au moins 22 millions de personnes chaque ann&#233;e sur le march&#233; du travail ! Une baisse brutale des exportations provoquerait une flamb&#233;e de ch&#244;mage, et le capitalisme chinois pourrait bien basculer cul par-dessus t&#234;te contre le premier obstacle rencontr&#233;. D'autant que malgr&#233; des ann&#233;es de forte croissance industrielle, qui ont profond&#233;ment m&#233;tamorphos&#233; ce pays, un grand nombre d'entreprises et surtout les grandes banques sont financi&#232;rement fragiles : selon les statistiques officielles, les cr&#233;ances douteuses, ayant peu de chance d'&#234;tre recouvr&#233;es, repr&#233;senteraient 30 % du PIB, un chiffe inqui&#233;tant et certainement sous-&#233;valu&#233; par les autorit&#233;s. En Chine aussi une bulle a contribu&#233; grandement &#224; la croissance&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, un tel sc&#233;nario pourrait &#234;tre &#233;vit&#233; si l'&#233;conomie chinoise tirait davantage de dynamisme de sa propre consommation int&#233;rieure, encore aujourd'hui tr&#232;s faible par rapport au d&#233;veloppement de l'industrie install&#233;e sur son sol. Mais ce n'est pas ce qui s'est pass&#233; jusque-l&#224;, au contraire. C'est en tout cas un pari bien incertain, puisqu'&#224; l'abri de la dictature, le capitalisme chinois tire justement sa force de son exploitation forcen&#233;e de centaines de millions d'ouvriers trait&#233;s en esclaves. Et ce qui est vrai de la Chine l'est aussi des autres pays &#233;mergents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;B. R.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_329 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH259/faute_chinois-dfdd7.png?1528273635' width='500' height='259' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Quand la finance&#8230; ne finance pas : un capitalisme de plus en plus parasitaire
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Quand-la-finance-ne-finance-pas-un-capitalisme-de-plus-en-plus-parasitaire</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme
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		<dc:subject>Finance
</dc:subject>

		<description>&#192; partir des ann&#233;es 1970 les flux financiers internationaux se sont immens&#233;ment d&#233;velopp&#233;s, bien plus que la production des richesses et les &#233;changes commerciaux. Le volume des transactions financi&#232;res internationales a &#233;t&#233; multipli&#233; par 7 au cours des 25 derni&#232;res ann&#233;es et repr&#233;sentait en 2005 15 % du PIB mondial contre 4,6 % au d&#233;but des ann&#233;es 1980. &lt;br /&gt;C'est ce qu'on a appel&#233; la &#171; globalisation &#187; et la &#171; lib&#233;ralisation &#187; financi&#232;res, lib&#233;ralisation parce que les possesseurs de capitaux ont pu de plus en plus&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; partir des ann&#233;es 1970 les flux financiers internationaux se sont immens&#233;ment d&#233;velopp&#233;s, bien plus que la production des richesses et les &#233;changes commerciaux. Le volume des transactions financi&#232;res internationales a &#233;t&#233; multipli&#233; par 7 au cours des 25 derni&#232;res ann&#233;es et repr&#233;sentait en 2005 15 % du PIB mondial contre 4,6 % au d&#233;but des ann&#233;es 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qu'on a appel&#233; la &#171; globalisation &#187; et la &#171; lib&#233;ralisation &#187; financi&#232;res, lib&#233;ralisation parce que les possesseurs de capitaux ont pu de plus en plus librement d&#233;placer leurs capitaux, &#233;changer par exemple des b&#233;n&#233;fices en yens contre des bons du tr&#233;sor am&#233;ricains en dollars contre des actions en euros contre du liquide en yuans, et ce &#224; l'infini ; et globalisation parce qu'ils ont pu le faire d'un bout &#224; l'autre de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne manqua pas tr&#232;s t&#244;t de soulever des inqui&#233;tudes, et pas seulement chez des adversaires du capitalisme : en desserrant les r&#233;glementations des &#201;tats, en lib&#233;rant &#224; ce point le jeu de la finance, n'allait-on pas revenir &#224; l'instabilit&#233; du capitalisme d'avant la seconde guerre mondiale ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Il &#233;tait une fois une jolie f&#233;e&#8230; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais au diable la frilosit&#233; ! Apr&#232;s tout, comme les apologistes du d&#233;veloppement de la finance n'ont cess&#233;, &#224; juste titre d'ailleurs, de le rappeler, il n'y a pas de capitalisme sans finance. Il faut faire le lien entre des capitalistes cherchant &#224; placer des fonds de fa&#231;on rentable avec des capitalistes cherchant des fonds &#224; investir. La finance n'est au fond que la tuyauterie n&#233;cessaire &#224; cette transformation de l'&#233;pargne des uns en investissement des autres. Elle permet de se projeter dans l'avenir en permettant des investissements qui ne rapporteront des revenus que dans le futur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, &#224; en croire les initiateurs de la lib&#233;ralisation financi&#232;re, elle devait avoir des vertus presque miraculeuses. Elle favoriserait l'investissement des entreprises, qui trouveraient davantage de capitaux &#224; lever, et pour moins cher, en mettant les pr&#234;teurs en concurrence sur les march&#233;s, plut&#244;t que d'en passer par de grandes banques nationales h&#233;g&#233;moniques. Mieux encore, l'ouverture des fronti&#232;res de la finance favoriserait une circulation mondiale des capitaux qui leur permettrait une meilleure r&#233;partition : les pays (d&#233;j&#224; d&#233;velopp&#233;s notamment) disposant d'une &#233;pargne abondante pourraient plus facilement mettre leurs capitaux &#224; la disposition des &#233;conomies encore pauvres en capitaux, mais disposant d'un fort potentiel de croissance.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;&#8230;qui se r&#233;v&#233;la volage et d&#233;pensi&#232;re (de l'argent des autres)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Trente ans apr&#232;s l'envol de la lib&#233;ralisation financi&#232;re &#224; l'&#233;chelle de la plan&#232;te, le bilan de la bonne f&#233;e est&#8230; calamiteux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, l'instabilit&#233; &#233;conomique, on y a bel et bien eu droit, plus que jamais : crise de la dette en 1982, krach en 1989, crise du franc et de la livre en 1993, Mexique 1994, Asie 1997, Moscou 1998, Argentine 2000, krach Internet de 2001... Les financiers y ont pour leur part fort bien surv&#233;cu. Mais des peuples entiers ont d&#251; lutter pour leur survie, des millions d'hommes ont perdu leur emploi ou vu l'inflation laminer leurs faibles revenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela &#233;tait-il au moins le prix &#224; payer pour le long terme ? Loin s'en faut. C&#244;t&#233; stimulation de l'investissement, le compte n'y est pas non plus. Dans la plupart des pays d&#233;velopp&#233;s, les taux d'investissement ont sur le long terme &#233;t&#233; plus bas dans les deux derni&#232;res d&#233;cennies que dans les ann&#233;es 1960 et m&#234;me les ann&#233;es 1970 (ann&#233;es de &#171; crise &#187; !) m&#234;me s'il y eut un sursaut aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;table class='spip'&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1961-1970&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1971-1980&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1981-1990&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1991-1996&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1997-1999&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;2000-2003&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;&#201;tats-Unis&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;18,8&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;19,3&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;19,1&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;19,3&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;21,3&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;19,1&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Japon&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;36,4&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;33,8&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;29,6&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;30&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;28,2&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;25&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Allemagne&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;26,6&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;23&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;18,9&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;21,9&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;21,7&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;19,6&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;France&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;26,7&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;25,2&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;20,9&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;18,9&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;18,6&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;19,7&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Royaume-Uni&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;18,9&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;19,6&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;16,8&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;16,5&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;18&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;16,6&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Taux d'investissement brut national (en % du PIB) en moyenne sur la p&#233;riode &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(source : Michel Aglietta, &lt;em&gt; Macro&#233;conomie Financi&#232;re, &lt;/em&gt;Rep&#232;res La d&#233;couverte).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a m&#234;me un dr&#244;le de paradoxe &#224; propos des march&#233;s financiers : les entreprises qui s'adressent &#224; eux a priori pour se financer ont tendance &#224; leur apporter plus d'argent qu'elles n'en retirent ! Autant dire que la finance (les &#171; investisseurs &#187;) ne finance pas les entreprises, mais s'y finance, c'est-&#224;-dire les parasite. Ce fut le cas en France ces derni&#232;res ann&#233;es. En 2007 les dividendes distribu&#233;s aux actionnaires par les entreprises du CAC 40 ont augment&#233; de 35 %, alors que leurs profits ne progressaient &#171; que &#187; de 15 %. D'ailleurs les sommes vers&#233;es aux actionnaires sous forme de dividendes et de rachats d'action (une forme de cadeau en leur faveur, aux d&#233;pens de la tr&#233;sorerie des entreprises) ont &#233;t&#233; sup&#233;rieures aux &#233;missions d'actions par les entreprises, c'est-&#224;-dire aux fonds lev&#233;s &#224; la bourse (39 milliards contre 37,5 milliards d'euros en 2006).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le capitalisme financier&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Plus que jamais les entreprises doivent servir les int&#233;r&#234;ts de leurs propri&#233;taires, dont les capitaux peuvent se d&#233;placer librement d'une entreprise &#224; une autre, d'un pays &#224; un autre. Elles doivent ainsi augmenter les dividendes et tout faire pour valoriser les actions, quitte &#224; sacrifier l'investissement &#224; long terme. Cette dictature du profit &#224; court terme n'est d'ailleurs en rien une trahison d'un vrai et bon capitalisme, productif, sain, voyant loin&#8230; mais au contraire la manifestation de son essence m&#234;me : le placement d'un capital n'a pour but que le profit le plus &#233;lev&#233;, et c'est pourquoi par nature le capital doit &#234;tre mobile. Nulle place pour la philanthropie dans cette affaire ! D'autant que cette mobilit&#233; accrue des capitaux est un levier redoutablement efficace pour mettre toujours plus les travailleurs, du monde entier, en concurrence les uns contre les autres. Elle a contribu&#233;, avec bien d'autres facteurs, &#224; augmenter la part des profits dans la valeur ajout&#233;e des entreprises au d&#233;triment des salaires, d'environ 10 points en moyenne en 25 ans dans les pays d&#233;velopp&#233;s. &#192; la grande joie de l'ensemble de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le monde &#224; l'envers&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Et la r&#233;partition plus rationnelle des capitaux ? Le bilan international n'est pas plus brillant. Depuis 10 ans les pays en d&#233;veloppement sont devenus cr&#233;diteurs nets des pays d&#233;velopp&#233;s : le Sud envoie au Nord plus de capitaux qu'il n'en re&#231;oit. C'&#233;tait d&#233;j&#224; vrai des pays les plus pauvres &#233;trangl&#233;s par une dette qu'ils remboursent bien au-del&#224; aux banques des pays riches. C'est vrai aussi des pays dits &#171; &#233;mergents &#187;, qui connaissant une croissance importante devraient logiquement utiliser leurs surplus n&#233;s de l'&#233;pargne de la population, des profits de leurs entreprises et des exc&#233;dents commerciaux pour d&#233;velopper leurs infrastructures. Bien au contraire, ils mettent des fonds gigantesques (un total estim&#233; &#224; 4 500 milliards de dollars en 2007) &#224; la disposition du capitalisme des pays les plus d&#233;velopp&#233;s. C'est particuli&#232;rement vrai de la Chine et des &#201;tats producteurs de p&#233;trole, qui placent massivement leur argent dans l'&#233;conomie am&#233;ricaine qui captait deux tiers de l'&#233;pargne mondiale cherchant &#224; se placer au niveau international avant la crise des &lt;em&gt; subprimes &lt;/em&gt;, et la moiti&#233; encore aujourd'hui&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B. R.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_330 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L300xH366/tout_va_bien-906ea.png?1527804034' width='300' height='366' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> &#171; L'ultralib&#233;ralisme &#187;, ultra-financ&#233; par l'&#201;tat
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/L-ultraliberalisme-ultra-finance-par-l-Etat</link>
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		<dc:date>2008-06-30T22:09:13Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Etat
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		<dc:subject>Capitalisme
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		<description>Comment contenir l'incendie de la crise ? Comment, au-del&#224;, reprendre un peu de contr&#244;le sur le capitalisme financier, dont les convulsions menacent p&#233;riodiquement l'&#233;conomie r&#233;elle &#8211; au point de menacer la vie de centaines de millions d'&#234;tres humains ? Depuis le d&#233;but de la crise un certain nombre de voix &#8211; notamment de gauche &#8211; demandent plus d'interventions des &#201;tats. Mais la sensibilit&#233; keyn&#233;sienne n'est pas la seule &#224; r&#233;clamer cela : en fait, tout le monde semble d'accord, des financiers eux-m&#234;mes aux&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Capitalisme-du-XXIe-siecle-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Capitalisme du XXIe si&#232;cle : d&#233;j&#224; la faim&#8230; bient&#244;t la crise ?
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comment contenir l'incendie de la crise ? Comment, au-del&#224;, reprendre un peu de contr&#244;le sur le capitalisme financier, dont les convulsions menacent p&#233;riodiquement l'&#233;conomie r&#233;elle &#8211; au point de menacer la vie de centaines de millions d'&#234;tres humains ? Depuis le d&#233;but de la crise un certain nombre de voix &#8211; notamment de gauche &#8211; demandent plus d'interventions des &#201;tats. Mais la sensibilit&#233; keyn&#233;sienne n'est pas la seule &#224; r&#233;clamer cela : en fait, tout le monde semble d'accord, des financiers eux-m&#234;mes aux &#201;tats en question.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;&#171; Too big to fail &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La doctrine lib&#233;rale justifie la loi de la concurrence en invoquant sa justice immanente : si les acteurs sont performants ils gagnent, dans le cas contraire ils assument leurs pertes, et tout se m&#233;rite. Mais ce principe n'est respect&#233; que lorsque les pertes sont marginales, ou ne concernent que des acteurs n'ayant pas le poids d'&#233;chapper &#224; ces pr&#233;tendues r&#232;gles de responsabilit&#233;. Pour les capitalistes de premi&#232;re importance, ou lorsque c'est l'ensemble du syst&#232;me qui menace de s'effondrer, les principes font place au chantage du &lt;em&gt; &#171; Too big to fail &#187; &lt;/em&gt; ! &#8211; trop gros pour tomber. C'est ainsi que la bourgeoisie prend toute la soci&#233;t&#233; en otage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but de la crise des &lt;em&gt; subprimes &lt;/em&gt;, les &#201;tats sont donc intervenus de fa&#231;on massive. En premier lieu ceux des m&#233;tropoles capitalistes (&#201;tats-Unis, Grande-Bretagne, Japon, &#201;tats de l'Union europ&#233;enne). Via l'action des banques centrales, ils ont inject&#233; depuis ao&#251;t 2007 des centaines de milliards de dollars dans les Bourses de New-York, Londres ou Paris.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les banques centrales au secours des sp&#233;culateurs &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Premier levier des banques centrales : les taux directeurs, qui fixent pour la monnaie concern&#233;e le niveau du &#171; loyer de l'argent &#187;. Le diminuer rend l'argent plus facile &#224; emprunter, donc favorise l'activit&#233; &#233;conomique, au risque de la surchauffe et de l'inflation. Augmenter le taux a au contraire un effet de frein. Depuis le d&#233;but de la crise la &#171; Fed &#187; (la Federal Reserve, la banque centrale am&#233;ricaine) a proc&#233;d&#233; &#224; sept baisses de ses taux, fournissant un loyer diminu&#233; de 82 % pour l'argent qu'elle pr&#234;te aux banques priv&#233;es. Avec ces taux cadeaux, la Fed a ensuite ouvert grand les vannes du pr&#234;t aux &#233;tablissements financiers en difficult&#233;. Elle aurait ainsi vers&#233; en quelques mois 400 milliards de dollars dans le tonneau des dana&#239;des des sp&#233;culateurs malheureux. Alors que les pr&#234;ts &#233;taient jusqu'alors r&#233;serv&#233;s aux banques commerciales (celles qui g&#232;rent l'argent des particuliers), la Fed a aussi &#233;tendu la possibilit&#233; de pr&#234;t aux banques d'investissement (sp&#233;cialis&#233;es dans la sp&#233;culation). La Banque centrale europ&#233;enne (BCE) a ouvert de son c&#244;t&#233; un cr&#233;dit pratiquement illimit&#233; aux banques de sa zone &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin les banques centrales ont proc&#233;d&#233; &#224; des rachats directs de portefeuilles, qui se succ&#232;dent depuis avril 2008. La Fed a par exemple repris 30 milliards de dollars du portefeuille pourri de la banque Bear Sterns, la rendant ainsi plus comestible pour JP Morgan, qui l'a rachet&#233;e imm&#233;diatement apr&#232;s. Des banques publiques r&#233;gionales am&#233;ricaines ont rachet&#233; 350 milliards de dollars de cr&#233;dits subprime aux banques contamin&#233;es. Le gouvernement britannique a nationalis&#233; les pertes de Northern Rock par un rachat direct. La banque d'Angleterre a annonc&#233; que les &#233;tablissements bancaires pourraient se d&#233;barrasser de leurs cr&#233;dits immobiliers aupr&#232;s d'elle qui, en &#233;change, leur fournira des emprunts d'&#201;tat. Cette possibilit&#233; d'&#233;changer les titres pourris contre des titres garantis par l'&#201;tat repr&#233;senterait un co&#251;t total d'environ 60 milliards d'euros.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Privatisation des gains, socialisation des pertes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; une &#233;poque o&#249; les id&#233;ologues lib&#233;raux d&#233;noncent toujours plus l'intervention &#233;tatique, la d&#233;bauche de moyens publics mis au service des financiers depuis un an et demi montrent que, plus que jamais, ils peuvent compter sur elle lorsqu'ils se retrouvent pris dans les contradictions de leur propre syst&#232;me. Vieille histoire : apr&#232;s l'explosion de la &#171; bulle internet &#187; de 2000-2001, Georges Bush, l'homme des diminutions massives d'imp&#244;ts et de la &#171; soci&#233;t&#233; de propri&#233;taires &#187;, s'&#233;tait tellement activ&#233; &#224; mettre les moyens de l'&#201;tat au service des financiers en d&#233;tresse qu'il avait r&#233;ussi &#224; devenir le pr&#233;sident le plus interventionniste depuis&#8230; Roosevelt, le chef d'orchestre d&#233;mocrate du New Deal ! Pour relancer l'&#233;conomie Bush avait fait passer le budget de l'exc&#233;dent au d&#233;ficit, avec un transfert de 3 points de PIB.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse de Roosevelt, dite &#171; de gauche &#187;, &#224; la crise de 1929 avait &#233;t&#233; l'exemple par excellence de la mise au service du syst&#232;me financier priv&#233; des moyens &#233;conomiques et politiques d'un &#201;tat. S'il y a une diff&#233;rence entre les ann&#233;es 1930 et aujourd'hui, c'est finalement dans les d&#233;lais : de nos jours le pompier &#233;tatique intervient beaucoup plus vite. En ce sens les le&#231;ons ont &#233;t&#233; tir&#233;es, et il y a bien, comme semblent le souhaiter les anti-lib&#233;raux, &#171; plus d'&#201;tat &#187; pour &#233;ponger les d&#233;g&#226;ts du capitalisme financier&#8230; Mais la &#171; puissance publique &#187; fait ce qu'elle est cens&#233;e faire : se mettre au service du profit priv&#233;, remettre d'aplomb le syst&#232;me pour lui permettre (peut-&#234;tre) de repartir et s&#233;vir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Beno&#238;t MARCHAND &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_324 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L450xH308/etat_secours_banques-5b79d.png?1527868126' width='450' height='308' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;&#171; Les fonds souverains &#187;, une nouvelle donne ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;bauche de moyens financiers mis par les Banques centrales au service des groupes financiers priv&#233;s ne leur a pas suffi. Il faut rappeler que la loi oblige en effet les banques &#224; ne pas pr&#234;ter au-del&#224; d'un certain multiple de leur capital r&#233;el, donc que les pertes dues &#224; la crise ont fait diminuer d'autant leurs capacit&#233;s de pr&#234;t. Une planche de salut pour la recapitalisation a &#233;t&#233; trouv&#233;e avec les &#171; fonds souverains &#187;, des fonds d'investissements contr&#244;l&#233;s par les &#201;tats de &#171; puissances &#233;mergentes &#187; (Inde, Chine, Cor&#233;e du Sud&#8230;), ou de p&#233;tromonarchies : Abu Dhabi, Arabie Saoudite... Des groupes comme Merrill Lynch ou Citigroup aux &#201;tats-Unis, Northern Rock en Grande-Bretagne, Swiss Re et UBS en Suisse, sans oublier la Soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale fran&#231;aise (celle du courtier J&#233;r&#244;me Kerviel et ses ardoises magiques &#224; 5 milliards d'euros) ont fait largement rentrer ces fonds dans leur capital depuis la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ces fonds souverains, le sauvetage de banques aux pertes inestimables, et en tout cas mal estim&#233;es par leurs gestionnaires m&#234;mes, repr&#233;sente un risque (qui donne une petite saveur ironique au qualificatif &#171; pour les g&#233;n&#233;rations futures &#187; que portent officiellement certains de ces fonds). Mais d'une part, les &#201;tats qui soutiennent ces fonds ont des raisons similaires &#224; ceux d'Europe ou des USA &#224; ce que le syst&#232;me financier international ne s'effondre pas &#8211; eux aussi sont sensibles &#224; la pression du &#171; Too big to fail &#187; ! Et puis, ces fonds sont l'&#233;manation d'&#201;tats qui n'ob&#233;issent pas aux contraintes de rentabilit&#233; aveugle des capitalistes priv&#233;s, et peuvent supporter des pertes temporaires, m&#234;mes lourdes, en &#233;change de b&#233;n&#233;fices politiques esp&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces secours d'urgence permettent aussi aux &#201;tats correspondants de mettre un pied dans le centre de la citadelle boursi&#232;re mondiale &#8211; le cas de la Chine &#233;tant le plus embl&#233;matique. D'o&#249; une certaine inqui&#233;tude chez les dirigeants politiques am&#233;ricains et europ&#233;ens, refl&#233;t&#233;e par la question-r&#233;ponse d'un journaliste am&#233;ricain : &lt;em&gt; &#171; Faut-il accepter que les communistes ou les terroristes deviennent propri&#233;taires des banques ? N'importe qui ferait l'affaire, car nous sommes d&#233;sesp&#233;r&#233;s &#187; &lt;/em&gt;. Ou, dans la bouche d'une administratrice de ces fonds : &lt;em&gt; &#171; Ils ne nous aiment pas, mais ils veulent notre argent&#8230; &#187; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise des &lt;em&gt; subprimes &lt;/em&gt; pourrait ainsi contribuer &#224; modifier certains &#233;quilibres politiques, sur le plan des rapports de force entre les m&#233;tropoles imp&#233;rialistes et les &#201;tats des puissances &#233;mergentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B.M.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_333 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH335/nouilles-41fb9.png?1527868126' width='400' height='335' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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