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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskyste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> Industrie pharmaceutique : les rouages de la machine &#224; profits
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
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		<dc:subject>Industrie pharmaceutique
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		<description>Des m&#233;dicaments qu'on sait dangereux mais qu'on vend quand m&#234;me, des dizaines de millions de sid&#233;ens qu'on laisse sans traitement, des cobayes involontaires qui meurent dans des h&#244;pitaux de fortune en Afrique, des dissimulations et des manipulations d'informations scientifiques vitales, un r&#233;seau de pressions et de connivences institutionnalis&#233; entre firmes, m&#233;decins, pharmaciens, visiteurs m&#233;dicaux et pouvoirs publics&#8230; S'il y a bien un secteur du capitalisme mondial qui appara&#238;t le plus &#171; d&#233;r&#233;gl&#233; &#187;, o&#249;&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Industrie-pharmaceutique-+" rel="tag"&gt;Industrie pharmaceutique
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Des m&#233;dicaments qu'on sait dangereux mais qu'on vend quand m&#234;me, des dizaines de millions de sid&#233;ens qu'on laisse sans traitement, des cobayes involontaires qui meurent dans des h&#244;pitaux de fortune en Afrique, des dissimulations et des manipulations d'informations scientifiques vitales, un r&#233;seau de pressions et de connivences institutionnalis&#233; entre firmes, m&#233;decins, pharmaciens, visiteurs m&#233;dicaux et pouvoirs publics&#8230; S'il y a bien un secteur du capitalisme mondial qui appara&#238;t le plus &#171; d&#233;r&#233;gl&#233; &#187;, o&#249; tous les coups sont permis, c'est bien celui des laboratoires pharmaceutiques. Pourtant, si l'industrie pharmaceutique est l'une des plus scandaleuses, c'est aussi l'une des plus r&#233;glement&#233;es : les prix des m&#233;dicaments sont administr&#233;s, l'&#201;tat subventionne la recherche et pr&#233;side &#224; la couverture maladie, la consommation est filtr&#233;e par les prescriptions m&#233;dicales, les strictes &#171; bonnes pratiques de laboratoire et de fabrication &#187; contr&#244;lent la qualit&#233; industrielle...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais plus r&#233;glement&#233; ne veut pas dire moins rentable : l'industrie pharmaceutique a occup&#233; la t&#234;te du classement des industries les plus profitables du magazine &lt;em&gt;Fortune&lt;/em&gt; tous les ans, syst&#233;matiquement, de 1995 &#224; 2003 ; elle joue depuis au coude &#224; coude avec les compagnies mini&#232;res et les multinationales du p&#233;trole. En 2005, Pfizer annon&#231;ait des b&#233;n&#233;fices &#233;quivalents &#224; Total, pour un chiffre d'affaire cinq fois inf&#233;rieur. Malgr&#233; l'extr&#234;me difficult&#233; qu'il y a &#224; voir clair dans des comptes tenus secrets, une &#233;tude canadienne portant sur neuf multinationales affirme que dans le secteur pharmaceutique le taux de rendement apr&#232;s imp&#244;t est plus de deux fois sup&#233;rieur &#224; celui des autres branches industrielles comme l'automobile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'y a t-il donc de si particulier dans la production de m&#233;dicaments pour que la rentabilit&#233; de grands groupes comme Pfizer ou Aventis puisse concurrencer celle d'Elf ou Renault, pour que les somnif&#232;res soient souvent plus rentables que le p&#233;trole ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19 septembre 2007&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_278 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L148xH300/serpts-355b2.gif?1528317064' width='148' height='300' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Le syst&#232;me des brevets
</title>
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
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		<dc:subject>Industrie pharmaceutique
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		<dc:subject>Sant&#233;
</dc:subject>

		<description>Dans leurs bilans financiers annuels, les grands laboratoires pharmaceutiques ont annonc&#233; leurs b&#233;n&#233;fices de 2006 : Pfizer (US) a fait 19 milliards de dollars, Glaxo (GB) 7,8, Aventis 4,8 (France) et Merck (US) 4,4. 19 milliards de dollars pour Pfizer, c'est sup&#233;rieur aux profits historiques de Total la m&#234;me ann&#233;e (16 milliards). Les r&#233;sultats nets rapport&#233;s aux chiffres d'affaire, qui permettent de mesurer la rentabilit&#233; commerciale, sont d&#233;mesur&#233;s : 40 % pour Pfizer, 34 % pour Glaxo, 17% pour&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Sante-+" rel="tag"&gt;Sant&#233;
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans leurs bilans financiers annuels, les grands laboratoires pharmaceutiques ont annonc&#233; leurs b&#233;n&#233;fices de 2006 : Pfizer (US) a fait 19 milliards de dollars, Glaxo (GB) 7,8, Aventis 4,8 (France) et Merck (US) 4,4. 19 milliards de dollars pour Pfizer, c'est sup&#233;rieur aux profits historiques de Total la m&#234;me ann&#233;e (16 milliards). Les r&#233;sultats nets rapport&#233;s aux chiffres d'affaire, qui permettent de mesurer la rentabilit&#233; commerciale, sont d&#233;mesur&#233;s : 40 % pour Pfizer, 34 % pour Glaxo, 17% pour Aventis, 20 % pour Merck&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Chiffres &#233;tablis &#224; partir des bilans annuels 2006 de chaque groupe.' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Par comparaison, Total, dont on peut difficilement mettre en cause la rentabilit&#233;, n'affiche qu'un p&#226;le 8 % (un point de plus que Renault) et fait triste figure &#224; c&#244;t&#233; des multinationales de la pharmacie. Comment expliquer ces r&#233;sultats faramineux ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;20 ans de monopole&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On peut commencer par souligner que dans ce secteur, les co&#251;ts de production rapport&#233;s aux prix de vente sont particuli&#232;rement bas. Quand on additionne tous les frais de production, des salaires aux produits chimiques en passant par l'eau purifi&#233;e et l'&#233;lectricit&#233; pour faire tourner les usines, ils ne reviennent en moyenne qu'&#224; quelques dizaines de centimes d'euros pour une bo&#238;te de m&#233;dicament. Le Mopral d'AstraZeneca, qui traite les probl&#232;mes gastriques, est vendu 48,29 euros en pharmacie (en pilulier de 28 g&#233;lules de 20 mg) pour un co&#251;t de production total estim&#233; entre 15 et 30 centimes d'euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une caract&#233;ristique de l'industrie pharmaceutique permet de tels &#233;carts entre le prix de vente et le co&#251;t de production : le syst&#232;me des brevets propre &#224; la branche, qui permet la constitution de gigantesques monopoles industriels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les brevets pharmaceutiques durent en moyenne vingt ans (un certain nombre de r&#233;glementations, notamment europ&#233;ennes, permettent de les prolonger encore de quelques ann&#233;es). Ils sont appos&#233;s non seulement sur la mani&#232;re de faire les m&#233;dicaments &#8211; sur les proc&#233;d&#233;s de fabrication &#8211; mais aussi sur les mol&#233;cules chimiques elles-m&#234;mes, et le plus souvent sur des familles enti&#232;res de mol&#233;cules, voire sur les g&#232;nes responsables des maladies. Pendant vingt ans, les titulaires des brevets ont donc l'exclusivit&#233; sur l'usage de ces mol&#233;cules. Une fois &#233;coul&#233; le temps de mise au point et de test du m&#233;dicament pour obtenir l'Autorisation de Mise sur le March&#233; (AMM*&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Se reporter au glossaire pour les mots et sigles suivis d'une (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;) d&#233;livr&#233;e par les agences du m&#233;dicament (Agence Fran&#231;aise de S&#233;curit&#233; Sanitaire des Produits de Sant&#233; ou AFSSAPS en France, et Food and Drug Administration, ou FDA aux &#201;tats-Unis), il reste en moyenne dix &#224; quinze ann&#233;es de monopole total pour les m&#233;dicaments sous brevets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; partir de cette AMM et jusqu'&#224; expiration du brevet que sont lev&#233;es de gigantesques fortunes, parfois plusieurs milliards de dollars par an pour certains m&#233;dicaments. La promotion, particuli&#232;rement agressive, s'effectue alors &#224; coups de campagnes de publicit&#233; directement aupr&#232;s des consommateurs quand la loi l'autorise (comme aux &#201;tats-Unis) et d'envois syst&#233;matiques de visiteurs m&#233;dicaux aupr&#232;s des m&#233;decins (et pharmaciens). Un &#233;l&#233;ment primordial de la machine &#224; profits, c'est le prix exorbitant des m&#233;dicaments prot&#233;g&#233;s par ces brevets. Dans beaucoup de pays les prix sont dits &#171; r&#233;glement&#233;s &#187; car l'&#201;tat les autorise par le biais de commissions des tarifs, mais ils font l'objet d'une surench&#232;re syst&#233;matique. Les &#171; lois du march&#233; &#187;, si souvent &#233;voqu&#233;es, n'ont rien &#224; voir l&#224;-dedans. Tout d&#233;pend des d&#233;cisions politiques, des marchandages des lobbies avec les administrations d'&#201;tat ou les organismes de sant&#233; priv&#233;s aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lucas BRUGHEL&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_272 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L300xH235/malheure-66ea4.gif?1528317064' width='300' height='235' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Chiffres &#233;tablis &#224; partir des bilans annuels 2006 de chaque groupe.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Se reporter au &lt;a href='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Glossaire-et-bibliographie' class='spip_in'&gt;glossaire&lt;/a&gt; pour les mots et sigles suivis d'une ast&#233;risque&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Les profits d'aujourd'hui ne sont pas les m&#233;dicaments de demain
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Les-profits-d-aujourd-hui-ne-sont-pas-les-medicaments-de-demain</link>
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
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		<dc:subject>Industrie pharmaceutique
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		<dc:subject>Capitalisme
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		<description>&#171; Les profits d'aujourd'hui sont les m&#233;dicaments de demain &#187;, &#171; plus on gagne, mieux vous serez soign&#233;s &#187;. Voil&#224; comment les industriels du m&#233;dicament se justifient. En clair, cela veut dire que le co&#251;t de recherche et de d&#233;veloppement d'un m&#233;dicament &#8211; contrairement &#224; la production &#8211; est extr&#234;mement &#233;lev&#233;. 802 millions de dollars en moyenne, selon les publications officielles des syndicats patronaux comme le Leem (Les Entreprises du M&#233;dicament) qui reprennent toujours un chiffre de 1993. Les profits seraient&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Capitalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; Les profits d'aujourd'hui sont les m&#233;dicaments de demain &#187;&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;&#171; plus on gagne, mieux vous serez soign&#233;s &#187;&lt;/em&gt;. Voil&#224; comment les industriels du m&#233;dicament se justifient. En clair, cela veut dire que le co&#251;t de recherche et de d&#233;veloppement d'un m&#233;dicament &#8211; contrairement &#224; la production &#8211; est extr&#234;mement &#233;lev&#233;. 802 millions de dollars en moyenne, selon les publications officielles des syndicats patronaux comme le Leem (Les Entreprises du M&#233;dicament) qui reprennent toujours un chiffre de 1993. Les profits seraient un pari pour l'avenir, un gage de bonne science et de bonne sant&#233;... Mais 802 millions pour faire un m&#233;dicament, comment est-ce possible ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La fable de l'innovation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Faire un m&#233;dicament, c'est long, c'est cher et c'est risqu&#233;, nous dit-on. Il faut trier des dizaines de milliers de mol&#233;cules par une technique dite de &#171; screening* &#187; en recherche pr&#233;clinique ; il faut ensuite tester la mol&#233;cule retenue sur les souris, les rats, les chiens, voire les lapins comme au Japon ; il faut enfin se lancer dans les quatre s&#233;ries d'essais cliniques en double aveugle (dans des h&#244;pitaux, l'effet du m&#233;dicament candidat est compar&#233; &#224; celui d'un faux m&#233;dicament, un &#171; placebo &#187;) : le m&#233;dicament est d'abord test&#233; sur quelques dizaines, puis des centaines, enfin des milliers de patients. Toute cette tuyauterie, qui dure souvent cinq &#224; dix ans et consomme des millions, est surnomm&#233;e le &lt;em&gt;pipe-line*&lt;/em&gt;. La hantise des industriels, c'est que le &lt;em&gt;pipe-line &lt;/em&gt;soit vide en fin de course, qu'il y ait par exemple des effets secondaires mortels pour un produit qui ne pourrait donc &#234;tre propos&#233; comme m&#233;dicament. Sur les dizaines de milliers de mol&#233;cules candidates, moins d'une dizaine obtiendront l'AMM convoit&#233;e. Voil&#224; pourquoi il faut investir beaucoup en recherche, voil&#224; pourquoi il faut faire des profits, voil&#224; pourquoi il faut des brevets. CQFD.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Recherche ou marketing ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me, c'est qu'il y a plus d'une faille dans cette fable. Deux d'entre elles sont de taille. D'abord, le chiffre de 802 millions avanc&#233; par l'Office of Technology Assessment de 1993 recouvre aussi le &#171; co&#251;t d'opportunit&#233; &#187; qui tient compte non seulement du co&#251;t des &#233;tudes cliniques et pr&#233;cliniques, mais aussi des profits que l'industriel &lt;em&gt;aurait &lt;/em&gt;faits s'il avait investi ses capitaux dans un autre domaine de recherche et d&#233;veloppement&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Voir le livre de Marcia ANGELL en bibliographie.' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Sans oublier que ces estimations incluent les co&#251;ts financiers et font l'objet de bien des manipulations comptables. On est loin du co&#251;t r&#233;el de mise au point d'un m&#233;dicament. (&#192; noter que ce chiffrage a d'ailleurs &#233;t&#233; tr&#232;s contest&#233; aux &#201;tats-Unis par les revues sp&#233;cialis&#233;es du secteur !)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, tous les laboratoires pharmaceutiques, quels qu'ils soient, investissent nettement plus en marketing qu'en recherche et d&#233;veloppement (R&amp;D) (&lt;em&gt;cf. Tableau&lt;/em&gt;). Ils d&#233;pensent plus pour fabriquer des march&#233;s que des m&#233;dicaments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L. B.&lt;/p&gt;
&lt;table class='spip'&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Pfizer&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Glaxo&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Aventis&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Merck&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;CA (en milliards de dollars)&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;48,3&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;23,2&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;28,4&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;22,6&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Co&#251;t R&amp;D&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;16 %&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;15 %&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;16 %&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;21 %&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Co&#251;t des ventes&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;16 %&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;22 %&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;27 %&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;NC&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Frais de marketing, frais g&#233;n&#233;raux et administratifs&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;33 %&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;31 %&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;28 %&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;36 %&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;R&#233;sultat net&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;40 %&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;34 %&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;17 %&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;20 %&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Source : Bilans annuels 2006&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;En fait, les co&#251;ts annonc&#233;s comme de la R&amp;D incluent une partie des frais de marketing, en particulier en ce qui concerne la derni&#232;re phase des essais cliniques (la &#171; phase 4 &#187;) o&#249; personne ne peut &#233;valuer ce qui rel&#232;ve de la pure promotion ou du marketing et de la v&#233;ritable pharmacovigilance. Quant aux co&#251;ts de production, qui n'apparaissent pas dans le tableau, ils sont encore plus difficiles &#224; reconstituer... Pour Pfizer, Glaxo et Aventis les profits et la vente sont largement sup&#233;rieurs aux frais de recherche. Les brevets garantissent bien les profits et les march&#233;s d'aujourd'hui, beaucoup moins les m&#233;dicaments de demain&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir le livre de Marcia ANGELL en bibliographie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> L'h&#233;g&#233;monie des brevets : une histoire tr&#232;s r&#233;cente
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/L-hegemonie-des-brevets-une-histoire-tres-recente</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
</dc:subject>
		<dc:subject>Industrie pharmaceutique
</dc:subject>

		<description>On pourrait se dire que la propri&#233;t&#233; industrielle des brevets est garantie depuis longtemps aux capitalistes de l'industrie pharmaceutique. Il n'en est rien. D'abord parce que cette industrie est tr&#232;s r&#233;cente : elle ne s'est d&#233;velopp&#233;e &#224; grande &#233;chelle sur des bases capitalistes, par int&#233;gration et extension de la production artisanale des arri&#232;re-boutiques d'officine que dans les ann&#233;es trente et surtout apr&#232;s guerre. Une fois cette mutation op&#233;r&#233;e, les brevets n'ont pas &#233;t&#233; donn&#233;s mais conquis,&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Industrie-pharmaceutique-les-rouages-de-la-machine-a-profits-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Industrie pharmaceutique : les rouages de la machine &#224; profits
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Societe-74-+" rel="tag"&gt;Soci&#233;t&#233;
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Industrie-pharmaceutique-+" rel="tag"&gt;Industrie pharmaceutique
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On pourrait se dire que la propri&#233;t&#233; industrielle des brevets est garantie depuis longtemps aux capitalistes de l'industrie pharmaceutique. Il n'en est rien. D'abord parce que cette industrie est tr&#232;s r&#233;cente : elle ne s'est d&#233;velopp&#233;e &#224; grande &#233;chelle sur des bases capitalistes, par int&#233;gration et extension de la production artisanale des arri&#232;re-boutiques d'officine que dans les ann&#233;es trente et surtout apr&#232;s guerre. Une fois cette mutation op&#233;r&#233;e, les brevets n'ont pas &#233;t&#233; &lt;em&gt;donn&#233;s &lt;/em&gt;mais &lt;em&gt;conquis&lt;/em&gt;, politiquement et juridiquement, par la bourgeoisie de la pharmacie. Si certains pays comme les &#201;tats-Unis ont vite accord&#233; un droit assez &#233;tendu des brevets, en Europe, les industriels du m&#233;dicament n'ont impos&#233; la brevetabilit&#233; de leurs produits qu'apr&#232;s de longues d&#233;cennies de batailles.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;En France, pas de vrai brevet jusqu'en 1968&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Parmi les mesures qui ont suivi la R&#233;volution fran&#231;aise, une s'est r&#233;v&#233;l&#233;e essentielle pour l'ensemble de la bourgeoise fran&#231;aise : le droit des brevets, instaur&#233; par la Convention en 1791 &#8211; en m&#234;me temps que l'interdiction du droit de gr&#232;ve. Mais &#224; l'&#233;poque, dans l'esprit des juristes, le droit &#224; la sant&#233; contredisait le droit de propri&#233;t&#233;. Apr&#232;s diverses tentatives pour instaurer le monopole des pharmaciens et celui des inventeurs (qui ne sont pas toujours les m&#234;mes &#224; l'&#233;poque), ce sont finalement les droits des patients qui ont prim&#233;, car les pharmaciens, &#224; l'&#233;cart du capital industriel, n'avaient encore aucun poids &#233;conomique et politique. &#192; l'&#233;poque de la r&#233;volution industrielle, chaque pharmacien produisait encore son &#171; rem&#232;de &#187; ou sa &#171; sp&#233;cialit&#233; &#187; artisanale dans son officine individuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1844 et jusqu'en 1959 (pendant plus d'un si&#232;cle !), la loi tranche clairement : les &#171; compositions pharmaceutiques et rem&#232;des de toute esp&#232;ce &#187; sont exclus du droit des brevets. Aucun des brevets de Pasteur n'est accept&#233; pour ses vaccins. Seuls des brevets sur les proc&#233;d&#233;s de fabrication, et non sur les produits, sont d&#233;livr&#233;s exceptionnellement, et n'emp&#234;chent pas d'utiliser les formules chimiques de mol&#233;cules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la premi&#232;re moiti&#233; du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, les brevets de proc&#233;d&#233;s se multiplient au bonheur de Rh&#244;ne-Poulenc ou IG Farben, entre autres. La puissance de l'industrie pharmaceutique se renforce nettement &#224; partir des ann&#233;es trente : connexion croissante &#224; l'industrie chimique, cr&#233;ation de l'Ordre des pharmaciens sous Vichy, production &#224; grande &#233;chelle de la p&#233;nicilline et des antibiotiques dans les ann&#233;es 1940 et de la cortisone et des psychotropes dans les ann&#233;es 1950. Du coup, en 1959, au bout de plus d'un si&#232;cle, la loi change. Une ordonnance du 8 f&#233;vrier instaure en France le &#171; Brevet Sp&#233;cial du M&#233;dicament &#187;, nettement plus &#233;tendu que le seul brevet de proc&#233;d&#233;. Ce Brevet Sp&#233;cial du M&#233;dicament est d&#232;s lors largement utilis&#233; (5 562 brevets d&#233;pos&#233;s en France par des firmes fran&#231;aises, am&#233;ricaines, allemandes et suisses). Il favorise encore la concentration du secteur, am&#233;liorant ainsi la force de frappe des propri&#233;taires de laboratoires jusqu'&#224; ce que les m&#233;dicaments (produits comme proc&#233;d&#233;s) deviennent compl&#232;tement brevetables en 1968&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Voir la revue Entreprises et histoire num&#233;ro 36, Octobre 2004 : &#171; Industries (...)' id='nh3-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Dans le reste de l'Europe&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une telle &#233;volution n'est pas sp&#233;cifiquement fran&#231;aise. En Allemagne, les brevets sur les produits pharmaceutiques, explicitement exclus par la loi du 25 mai 1877, sont autoris&#233;s par celle du 4 septembre 1967. En Suisse, les brevets sur les proc&#233;d&#233;s ne sont autoris&#233;s qu'en 1907 et sur les produits en 1977. Un an apr&#232;s, en 1978, l'Italie suit, apr&#232;s un jugement de la Cour Supr&#234;me sous la pression de dix-huit firmes &#233;trang&#232;res exigeant un changement l&#233;gislatif. Quant &#224; l'Espagne, la &lt;em&gt;Ley de Patentes &lt;/em&gt;est instaur&#233;e en 1986, apr&#232;s l'entr&#233;e dans la CEE, mais ne sera appliqu&#233;e qu'en 1992. Il existe depuis un brevet europ&#233;en &#224; l'&#233;chelle de toute l'Union qui simplifie la t&#226;che des industriels : un seul formulaire et un monopole dans vingt-sept pays !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'institutionnalisation des brevets sur les mol&#233;cules est donc le produit du pouvoir politique grandissant des industriels du secteur. Elle a &#233;t&#233; rendue possible par une accumulation capitaliste fond&#233;e sur la production de masse de m&#233;dicaments tr&#232;s innovants comme la p&#233;nicilline (1941), l'ensemble des antibiotiques (&#224; partir de 1943), la cortisone (1949) puis les psychotropes (1952).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'aiguillon qui guillotine&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ces diff&#233;rentes vagues de d&#233;couvertes ont v&#233;ritablement am&#233;lior&#233; la sant&#233; des populations. Aujourd'hui, ce sont les trith&#233;rapies ou de nouveaux anticanc&#233;reux qui marquent l'avanc&#233;e scientifique en mati&#232;re de pharmacop&#233;e, bien que les progr&#232;s soient nettement moins spectaculaires que pr&#233;c&#233;demment. Mais il est fort douteux, sinon totalement faux, que ce soient les brevets qui stimulent avantageusement la recherche, comme le r&#233;p&#232;tent les labos : le Taxol, un anticanc&#233;reux, a &#233;t&#233; invent&#233; au National Cancer Institute, par la recherche publique, tout comme la trith&#233;rapie pour le Sida, dont le p&#232;re est un universitaire du nom de David Ho.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque les dirigeants des labos se plaignent des brevets des autres, ils admettent eux-m&#234;mes que ces brevets guillotinent la science plus qu'ils ne l'aiguillonnent, qu'ils la restreignent &#224; une entreprise alors qu'elle devrait &#234;tre collective, sans entraves, accessible &#224; tous les chercheurs. Il existe &lt;em&gt;&#171; plus de cinquante prot&#233;ines dont on peut penser qu'elles sont impliqu&#233;es dans le cancer et sur lesquelles nous ne faisons pas de recherche ou bien parce que les propri&#233;taires du brevet ne le permettraient pas, ou bien parce qu'ils exigeraient des royalties d&#233;mesur&#233;es &#187;&lt;/em&gt;, disait au &lt;em&gt;New-York Times&lt;/em&gt; Peter Ringrose, premier responsable du d&#233;partement scientifique chez Bristol Myers Squibb.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La qualit&#233; des nouveaux m&#233;dicaments p&#226;tit de cette situation : entre 1989 et 2000, sur les 1035 m&#233;dicaments brevet&#233;s lanc&#233;s sur le march&#233; am&#233;ricain (le plus grand), seuls 238 contenaient de nouveaux principes actifs. Il suffit de modifier l&#233;g&#232;rement certaines mol&#233;cules sans que leur efficacit&#233; mesur&#233;e par des essais cliniques soit significativement diff&#233;rente, pour obtenir un nouveau brevet. Le syst&#232;me des brevets instaure ainsi une situation absurde o&#249; l'on d&#233;pense des millions pour produire des mol&#233;cules, de fait d&#233;j&#224; d&#233;couvertes, et pour arriver &#224; vendre des copies de m&#233;dicaments d&#233;j&#224; existants &#224; des patients qui n'en ont pas forc&#233;ment besoin. Dans le m&#234;me temps les maladies tropicales et les maladies orphelines, sans patients solvables, restent en attente de bons traitements.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Mais la chasse s'acc&#233;l&#232;re&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette inefficacit&#233; n'emp&#234;che pas l'extension des brevets &#224; de nouveaux domaines, comme le g&#233;nome humain. Selon le magazine &lt;em&gt;Science&lt;/em&gt;, 20 % des s&#233;quences de g&#232;nes humains seraient d&#233;j&#224; brevet&#233;es : 4 382, sur les 23 688 connues. Tout chercheur doit payer des royalties pour utiliser ces g&#232;nes &#8211; s'il y est autoris&#233;. Depuis quelques ann&#233;es, l'opposition au brevetage est un peu plus forte. Mais la chasse ne tardera sans doute pas &#224; reprendre, pas seulement sur le corps humain : une multinationale pr&#233;l&#232;ve d&#233;j&#224; des royalties sur l'extrait d'igname jaune, tr&#232;s r&#233;pandu au Nigeria, car elle s'est aper&#231;ue que la population locale traitait ainsi le diab&#232;te. &#192; quand le brevet sur la mol&#233;cule H2O qui soigne si avantageusement la terrible maladie de la soif ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L.B.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_273 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L300xH301/malades-75f0b.gif?1528317064' width='300' height='301' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb3-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-1' class='spip_note' title='Notes 3-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir la revue Entreprises et histoire num&#233;ro 36, Octobre 2004 : &#171; Industries du m&#233;dicament et du vivant &#187;, article &#171; Brevets pharmaceutiques et sant&#233; publique en France &#187;, p. 29&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title> La guerre du Sida : un bon malade est un malade solvable
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/La-guerre-du-Sida-un-bon-malade-est-un-malade-solvable</link>
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
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		<dc:subject>Sant&#233;
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		<dc:subject>Industrie pharmaceutique
</dc:subject>

		<description>Selon le rapport d'OnuSida publi&#233; en novembre 2006, 39,5 millions de personnes vivent avec le virus du Sida aujourd'hui. 1,3 million de personnes ont acc&#232;s &#224; un traitement anti-sida dans les pays pauvres, ce qui repr&#233;sente trois fois plus que l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente. Onusida et l'Organisation Mondiale de la Sant&#233; (OMS) soulignent donc une certaine am&#233;lioration, notamment en ce qui concerne la &#171; couverture th&#233;rapeutique &#187; en Afrique subsaharienne. &lt;br /&gt;Deux facteurs expliquent cette tendance : l'augmentation du&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Industrie-pharmaceutique-+" rel="tag"&gt;Industrie pharmaceutique
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Selon le rapport d'OnuSida&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-1' class='spip_note' rel='appendix' title='programme de l'ONU destin&#233; &#224; coordonner l'action des diff&#233;rentes agences (...)' id='nh4-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; publi&#233; en novembre 2006, 39,5 millions de personnes vivent avec le virus du Sida aujourd'hui. 1,3 million de personnes ont acc&#232;s &#224; un traitement anti-sida dans les pays pauvres, ce qui repr&#233;sente trois fois plus que l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente. Onusida et l'Organisation Mondiale de la Sant&#233; (OMS) soulignent donc une certaine am&#233;lioration, notamment en ce qui concerne la &#171; couverture th&#233;rapeutique &#187; en Afrique subsaharienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux facteurs expliquent cette tendance : l'augmentation du nombre de programmes d'aide et l'expiration des brevets. Certains pays b&#233;n&#233;ficient de fonds de soutien, comme le Gabon qui a lanc&#233; un programme de trith&#233;rapie &#224; trois euros. Depuis quelques ann&#233;es l'expiration des brevets sur les trith&#233;rapies signifie l'entr&#233;e en sc&#232;ne des g&#233;n&#233;riques, d'o&#249; la baisse des tarifs moyens du traitement, disponible seulement au prix de 10 439 dollars par patient et par ann&#233;e jusqu'en juillet 2000, accessible pour 289 $ depuis ao&#251;t 2001 et &#8211; tarif actuel le plus bas &#8211; 140 dollars depuis 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Serait-on donc vraiment &#171; sur la bonne voie &#187; comme le r&#233;p&#232;tent l'OMS et Onusida ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les am&#233;liorations dues aux aides internationales et &#224; l'introduction des g&#233;n&#233;riques sont bien souvent plus lentes que la progression du virus, comme au Botswana o&#249; 40 % des femmes sont s&#233;ropositives et au Lesotho o&#249; l'esp&#233;rance de vie est tomb&#233;e de 50 ans en 2000 &#224; 34 ans en 2006 ! D'abord, les programmes d'aide comme au Gabon sont rares et limit&#233;s. On en reste &#224; 83 % de patients non trait&#233;s ! Ensuite, m&#234;me au tarif de 140 dollars (&lt;em&gt;soixante-quinze fois &lt;/em&gt;inf&#233;rieur au tarif de juillet 2000), non seulement les traitements restent inaccessibles (c'est la moiti&#233; du salaire &lt;em&gt;annuel&lt;/em&gt; moyen au Nigeria), mais les profits sont toujours consistants. Dans la bataille du sida, l'embellie reste donc orageuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une solution plus prometteuse, c'est d'exiger l'absence de profit sur les anti-r&#233;troviraux, comme le font certaines ONG comme Act-Up et les gouvernements des pays les plus touch&#233;s et d&#233;munis devant la pand&#233;mie. Apr&#232;s les pressions multiples des associations (notamment M&#233;decins Sans Fronti&#232;res) et de certains &#201;tats comme le Br&#233;sil, la multinationale suisse Roche a baiss&#233; de 40 &#224; 85 % le tarif du Nelfinavir (Viracept), affirmant produire ce m&#233;dicament &#224; prix co&#251;tant pour de nombreux pays. Mais m&#234;me si Roche produisait ce traitement gratuitement, les 25 milliards de dollars de fortune de ses actionnaires majoritaires permettraient de payer une trith&#233;rapie &#224; 140 dollars par an aux 3 millions de personnes qui meurent chaque ann&#233;e du Sida, et ce pendant 60 ans&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La bataille des g&#233;n&#233;riques&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'autre champ de bataille, c'est l'abolition des brevets (ou du moins leur &#171; non opposabilit&#233; &#187;) sans attendre leur expiration, c'est le droit imm&#233;diat aux g&#233;n&#233;riques antir&#233;troviraux. C'est ce qu'exigent notamment les gouvernements de pays qui auraient la possibilit&#233; de produire eux-m&#234;mes lesdits m&#233;dicaments, comme l'Afrique du Sud, l'Inde ou le Br&#233;sil. En 1999, apr&#232;s un long bras de fer entre les multinationales am&#233;ricaines du m&#233;dicament et le gouvernement d'Afrique du Sud (pays o&#249; un adulte sur six est s&#233;ropositif selon l'OMS), les laboratoires ont renonc&#233; aux poursuites judiciaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les labos ripostent en s'effor&#231;ant d'&#233;tendre la surface et la dur&#233;e des brevets par des passes d'armes juridiques sans fin. Cependant le Br&#233;sil (600 000 s&#233;ropositifs) et l'Inde (5 millions) ont r&#233;ussi depuis 1994 &#224; mettre en place des l&#233;gislations favorables aux g&#233;n&#233;riques et, surtout, &#224; les produire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les tenants des g&#233;n&#233;riques, qui souvent combattent les monopoles au nom des vertus de la concurrence, sont-ils si convaincants ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a deux raisons d'en douter. D'abord, les producteurs de g&#233;n&#233;riques peuvent eux aussi &#234;tre extr&#234;mement rentables et en position de monopole. Cipla, le principal producteur indien des g&#233;n&#233;riques antir&#233;troviraux, fait une marge commerciale de plus de 100 % sur le Triomune, ce qui n'a rien &#224; envier &#224; de nombreux produits brevet&#233;s. Ensuite, parce que d&#232;s que les industries pharmaceutiques locales se d&#233;veloppent, elles finissent par faire inverser le mouvement d'abolition des brevets. Un exemple : en 2005, la loi indienne a interdit les copies de produits brevet&#233;s, tout en autorisant encore la commercialisation des g&#233;n&#233;riques d&#233;j&#224; produits en Inde avant 2005. Ce qui, en accord avec les l&#233;gislation de l'OMC, limite consid&#233;rablement le droit aux g&#233;n&#233;riques : d&#233;sormais, aucun m&#233;dicament ne pourra &#234;tre copi&#233; avant une dur&#233;e de trois ans apr&#232;s le d&#233;p&#244;t de brevet en Inde, et les g&#233;n&#233;riqueurs doivent s'engager &#224; payer des royalties aux fabricants des m&#233;dicaments sous brevet. Le droit &#224; la sant&#233;, sit&#244;t conquis et si mince soit-il, peut &#234;tre rapidement retir&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L.B.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_277 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L300xH206/enfant-06a55.gif?1528317064' width='300' height='206' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb4-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-1' class='spip_note' title='Notes 4-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;programme de l'ONU destin&#233; &#224; coordonner l'action des diff&#233;rentes agences sp&#233;cialis&#233;es de l'ONU pour lutter contre la pand&#233;mie de VIH/SIDA&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Quand l'&#201;tat &#171; s&#233;curise &#187; le march&#233; des m&#233;dicaments
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Quand-l-Etat-securise-le-marche-des-medicaments</link>
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		<dc:date>2007-09-27T11:17:17Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
</dc:subject>
		<dc:subject>Industrie pharmaceutique
</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233;
</dc:subject>

		<description>Le trajet qui conduit des usines de fabrication de m&#233;dicaments &#224; notre boite &#224; pharmacie comprend un acteur essentiel, les caisses d'assurance sant&#233;, qu'elles soient publiques comme en France ou priv&#233;es comme aux &#201;tats-Unis. Cr&#233;&#233;e en 1945, la s&#233;curit&#233; sociale fran&#231;aise est une forme d'&#233;pargne socialis&#233;e des travailleurs, cog&#233;r&#233;e par l'&#201;tat, le patronat et les syndicats. Les cotisations patronales et salariales, qui sont en fait du salaire diff&#233;r&#233;, sont redistribu&#233;es aux travailleurs sous la forme de&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Industrie-pharmaceutique-les-rouages-de-la-machine-a-profits-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Industrie pharmaceutique : les rouages de la machine &#224; profits
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Sante-+" rel="tag"&gt;Sant&#233;
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le trajet qui conduit des usines de fabrication de m&#233;dicaments &#224; notre boite &#224; pharmacie comprend un acteur essentiel, les caisses d'assurance sant&#233;, qu'elles soient publiques comme en France ou priv&#233;es comme aux &#201;tats-Unis. Cr&#233;&#233;e en 1945, la s&#233;curit&#233; sociale fran&#231;aise est une forme d'&#233;pargne socialis&#233;e des travailleurs, cog&#233;r&#233;e par l'&#201;tat, le patronat et les syndicats. Les cotisations patronales et salariales, qui sont en fait du salaire diff&#233;r&#233;, sont redistribu&#233;es aux travailleurs sous la forme de remboursements des frais m&#233;dicaux. Mais c'est l&#224; que le b&#226;t blesse. Depuis une vingtaine d'ann&#233;es, le syst&#232;me de la s&#233;curit&#233; sociale, nous dit-on, ne suffirait plus &#224; couvrir les d&#233;penses m&#233;dicales d'une population vieillissante et surconsommatrice. Les d&#233;penses de sant&#233; augmentant plus vite que le PIB, le trou de la s&#233;curit&#233; sociale serait lui aussi condamn&#233; &#224; se creuser toujours davantage (12 milliards en 2003 soit, &#224; noter, seulement 3% du budget global de la s&#233;curit&#233; sociale).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; vient cette croissance des d&#233;penses de sant&#233; ? Pour r&#233;pondre &#224; la question, il faut comprendre que le syst&#232;me des caisses d'assurance sant&#233; est une partie d'un dispositif unissant l'&#201;tat aux laboratoires pharmaceutiques et destin&#233;, &#224; chaque &#233;tape de la production et de la commercialisation des m&#233;dicaments, &#224; garantir les profits de cette industrie de la sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les d&#233;penses de sant&#233;, ce sont les d&#233;penses en m&#233;dicaments qui augmentent le plus rapidement avec une hausse de 69 % de 1995 &#224; 2005. Pourtant, le nombre de bo&#238;tes de m&#233;dicaments par habitant n'a &#233;volu&#233; que marginalement ces dix derni&#232;res ann&#233;es. Ainsi que l'&#233;crit la DRESS&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-1' class='spip_note' rel='appendix' title='1 Direction de la Recherche, des &#201;tudes, de l'&#201;valuation et des (...)' id='nh5-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; dans un rapport de mars 2004 destin&#233; au minist&#232;re de la sant&#233;, &lt;em&gt;&#171; ce sont les augmentations successives des prix des m&#233;dicaments qui sont la cause essentielle de l'augmentation des d&#233;penses de sant&#233; &#187;.&lt;/em&gt; La Cour des comptes avait d&#233;j&#224; abouti &#224; la m&#234;me conclusion dans son rapport de 2002, en soulignant que la raison principale de cette croissance des prix &#233;tait le remplacement des m&#233;dicaments par de nouvelles mol&#233;cules beaucoup plus on&#233;reuses, mais dont l'efficacit&#233; th&#233;rapeutique n'&#233;tait pas prouv&#233;e. Comment est-ce possible ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des m&#233;dicaments toujours plus chers et d'une efficacit&#233; douteuse &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour commercialiser avec profit un nouveau m&#233;dicament, les industries pharmaceutiques doivent obtenir de l'&#201;tat d'une part qu'il fixe un prix d'achat &#233;lev&#233; de cette nouvelle mol&#233;cule, et d'autre part qu'il l'inscrive sur la liste des m&#233;dicaments rembours&#233;s, ce qui lui assure une large prescription par les praticiens. Dans l'ensemble des pays industrialis&#233;s, le march&#233; des m&#233;dicaments est en effet structur&#233; et organis&#233; par les pouvoirs publics. En France, les laboratoires envoient ainsi un dossier de pr&#233;sentation de la mol&#233;cule &#224; l'Agence fran&#231;aise de s&#233;curit&#233; sanitaire des produits de sant&#233; (l'AFSSAPS*, qui d&#233;pend &#224; la fois du minist&#232;re de l'&#233;conomie et de la sant&#233;), laquelle d&#233;livre une autorisation de mise sur le march&#233; (AMM*) et fixe un prix public de vente. Pour obtenir cette autorisation, les laboratoires n'ont pas formellement &#224; prouver que la nouvelle mol&#233;cule est plus efficace que la pr&#233;c&#233;dente (il existe bien un crit&#232;re &#171; qualit&#233; &#187;, mais assez flou et subjectif), mais uniquement qu'elle est plus efficace qu'un placebo. Le nouveau m&#233;dicament, beaucoup plus cher que l'ancienne mol&#233;cule tomb&#233;e dans le domaine publique et donc vendue sous forme de g&#233;n&#233;rique, peut donc se r&#233;v&#233;ler moins efficace que celui qu'il remplace. Ainsi en 2002, les laboratoires Bristol-Myers Squibb ont obtenu le droit de commercialiser Abalify, un nouveau neuroleptique, au prix de 380 dollars pour un mois, c'est-&#224;-dire cent fois le prix de l'Halop&#233;ridol, le m&#233;dicament de r&#233;f&#233;rence. Aucune &#233;tude n'avait &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e pour comparer les deux mol&#233;cules. En d&#233;pit des protestations des associations de malades (dont Act Up et le T&#233;l&#233;thon), l'&#201;tat refuse d'obliger les laboratoires pharmaceutiques &#224; publier les essais cliniques non concluants avant de d&#233;livrer une AMM, tout comme de prouver l'efficacit&#233; sup&#233;rieure des nouvelles mol&#233;cules une fois la commercialisation entam&#233;e&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Cf. &#233;galement le rapport de 2002 de la Cour des comptes. Il arrive bien s&#251;r (...)' id='nh5-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or ce sont les cotisations aux caisses de sant&#233; qui financent ce dispositif toujours plus on&#233;reux pour la population sans forc&#233;ment de b&#233;n&#233;fice sanitaire, et lucratif pour les laboratoires. Le trou de la s&#233;curit&#233; sociale n'est pas un effet de la surconsommation, mais en bonne partie du mode de structuration du march&#233; du m&#233;dicament. Il sert surtout &#224; justifier l'augmentation de la part des d&#233;penses prises en charge par les malades eux-m&#234;mes. Par ailleurs, il ne faudrait pas que la garantie des profits des patrons de l'industrie pharmaceutique mette en p&#233;ril les profits des patrons des autres branches : en 1989, les entreprises assuraient 54 % du financement de la s&#233;curit&#233; sociale contre seulement 43 % aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Aux &#201;tats-Unis&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me am&#233;ricain atteint les m&#234;mes objectifs avec des m&#233;thodes un peu diff&#233;rentes. Ainsi le prix public des m&#233;dicaments est fix&#233; par l'&#201;tat. Il s'agit du prix maximal que seuls ceux qui ne b&#233;n&#233;ficient d'aucune couverture m&#233;dicale sont tenus de payer. Ensuite chaque assurance de sant&#233; (priv&#233;e) a le droit de n&#233;gocier des prix plus bas directement avec le laboratoire. Selon le r&#233;sultat des n&#233;gociations, l'assurance dresse chaque ann&#233;e la liste des m&#233;dicaments qu'elle accepte de rembourser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme en France, il n'est pas possible de s'assurer de l'efficacit&#233; sup&#233;rieure des nouveaux m&#233;dicaments. D'autant plus que la pression du lobby pharmaceutique verrouille tout discussion &#224; ce sujet. Ainsi en 2003, Hillary Clinton a tent&#233; de faire passer un amendement tr&#232;s populaire rendant obligatoire la comparaison entre les nouveaux m&#233;dicaments et le m&#233;dicament de r&#233;f&#233;rence, mais la Chambre, sous la pression des laboratoires, a refus&#233; de la voter. Par ailleurs, les assurances priv&#233;es ne redistribuent que 76 % des sommes collect&#233;es contre 91 % pour les assurances publiques. Elles n'assurent du coup que les populations solvables. Et ce sont 43,6 millions d'am&#233;ricains dont 20 millions de salari&#233;s qui ne disposent d'aucune couverture m&#233;dicale dans le pays le plus riche du monde, et sont en plus oblig&#233;s de payer les m&#233;dicaments &#224; leur prix le plus fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Juliette NOUTALI&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb5-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-1' class='spip_note' title='Notes 5-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;1 Direction de la Recherche, des &#201;tudes, de l'&#201;valuation et des Statistiques&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-2' class='spip_note' title='Notes 5-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. &#233;galement le rapport de 2002 de la Cour des comptes. Il arrive bien s&#251;r que l'AFSSAPS en France ou la FDA aux &#201;tats-Unis fassent des essais ou se basent sur les recherches r&#233;alis&#233;es dans les universit&#233;s et se rendent compte apr&#232;s coup de probl&#232;mes, comme cela s'est pass&#233; pour le Vioxx &#8211; l'anti-inflammatoire retir&#233; du march&#233; en septembre 2004 &#8212; avec une m&#233;ta-analyse r&#233;alis&#233;e par des chercheurs suisses de l'universit&#233; de Berne et publi&#233;e par la revue The Lancet.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> L'industrie du m&#233;dicament en panne d'innovation ?
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/L-industrie-du-medicament-en-panne-d-innovation</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Industrie pharmaceutique
</dc:subject>
		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
</dc:subject>

		<description>Avec un march&#233; mondial en plein essor et un taux moyen annuel de croissance autour de 10 %, l'industrie pharmaceutique semble tout &#224; fait florissante. Pourtant, les trusts pharmaceutiques seraient confront&#233;s &#224; l'imminence d'une crise de l'innovation. En 2003, Philippe Pignarre, ancien haut cadre chez Synth&#233;labo, publie Le grand secret de l'industrie pharmaceutique dont la th&#232;se essentielle est que l'on assiste &#224; une baisse spectaculaire de la rentabilit&#233; des investissements en Recherche et D&#233;veloppement&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avec un march&#233; mondial en plein essor et un taux moyen annuel de croissance autour de 10 %, l'industrie pharmaceutique semble tout &#224; fait florissante. Pourtant, les trusts pharmaceutiques seraient confront&#233;s &#224; l'imminence d'une crise de l'innovation. En 2003, Philippe Pignarre, ancien haut cadre chez Synth&#233;labo, publie &lt;em&gt;Le grand secret de l'industrie pharmaceutique&lt;/em&gt; dont la th&#232;se essentielle est que l'on assiste &#224; une baisse spectaculaire de la rentabilit&#233; des investissements en Recherche et D&#233;veloppement (R&amp;D), un des moteurs essentiels de l'industrie. Depuis, l'image d'un colosse aux pieds d'argile fait son chemin.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La baisse de rentabilit&#233; de la recherche&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les chiffres officiels montrent en effet une tr&#232;s forte augmentation des investissements en R&amp;D sur les derni&#232;res ann&#233;es, lesquels auraient augment&#233; en moyenne de pr&#232;s de 10 % par an entre 1990 et 2000&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6-1' class='spip_note' rel='appendix' title='D'apr&#232;s le dernier rapport de la PhRMA (organisation patronale regroupant les (...)' id='nh6-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Or cet accroissement des investissements ne s'accompagne pas d'une acc&#233;l&#233;ration des d&#233;couvertes. Le nombre de nouveaux m&#233;dicaments mis sur le march&#233; ne cesse de reculer (12,3 par an entre 1991 et 1995, 7,2 durant la p&#233;riode 1996-2000, autour de 3 depuis). Et ces nouveaux produits ne sont pas toujours, loin s'en faut, des &#171; blockbusters* &#187;, ces m&#233;dicaments phares qui rapportent une rente annuelle minimum d'un milliard de dollars. Il y aurait donc une baisse assez spectaculaire de la rentabilit&#233; de la recherche.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un mode de recherche obsol&#232;te ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs causes sont avanc&#233;es pour l'expliquer. On &#233;voque l'&#233;l&#233;vation du degr&#233; d'exigence pour obtenir une autorisation de mise sur le march&#233;. La taille d'un dossier moyen d&#233;pos&#233; &#224; la FDA* (l'organisme qui d&#233;livre les autorisations aux &#201;tats-Unis) est pass&#233; d'environ 45 000 pages au d&#233;but des ann&#233;es 1980 &#224; plus de 90 000 au d&#233;but des ann&#233;es 1990. R&#233;sultat : plus de d&#233;penses en essais cliniques, un allongement du temps n&#233;cessaire &#224; la commercialisation (aujourd'hui estim&#233; &#224; un an et demi aux &#201;tats-unis et entre deux et trois ans en France) et une r&#233;duction du nombre de m&#233;dicaments qui atteignent finalement le march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On parle aussi d'un &#233;puisement du mod&#232;le classique de recherche pharmaceutique. Les traitements sont plus complexes et gagner le &#171; gros lot &#187; avec une mol&#233;cule unique est bien plus incertain. Ainsi, le mode de production et de brevetage qui a pouss&#233; &#224; la d&#233;couverte des grandes classes de m&#233;dicaments (antibiotiques, psychotropes&#8230;) serait d&#232;s lors devenu un frein &#224; l'innovation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les investissements technologiques lourds pour la recherche sur les biotechnologies ou les th&#233;rapies g&#233;niques, sans vraiment de r&#233;sultats &#224; la hauteur pour l'instant, seraient aussi en cause dans la baisse de rentabilit&#233; de la recherche.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Comment faire payer aux patients la baisse de rentabilit&#233; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, ce ralentissement de l'innovation semble jouer un r&#244;le dans les grandes &#233;volutions actuelles du secteur. D'abord en accentuant le mouvement de concentration permettant d'augmenter toujours plus la masse de capitaux investis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre parade : les tentatives pour faire allonger la dur&#233;e des brevets. Dans les faits, gr&#226;ce &#224; certaines d&#233;rogations, celle-ci atteint les 25 ans dans de nombreux pays. Mais il leur faudrait, pour se pr&#233;server de la concurrence des g&#233;n&#233;riques, porter cette dur&#233;e &#224; 30 ou 40 ans, ce qui ne semble gu&#232;re envisageable &#224; court terme (la d&#233;faite des labos dans leur bagarre contre l'Afrique du sud a eu quelques effets).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste la solution de compenser le ralentissement de l'innovation en baissant les co&#251;ts de production, des essais cliniques et autres et en augmentant les recettes. D'o&#249; l'externalisation du maximum d'activit&#233;s qui peuvent l'&#234;tre dans des pays &#224; bas co&#251;ts de main d'oeuvre, ou avec une r&#233;glementation moins contraignante. Dans le m&#234;me temps, tout est fait pour augmenter au maximum les prix, pour faire finalement payer le manque d'innovation aux patients (et aux &#201;tats &#224; travers les syst&#232;mes de sant&#233; publique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On l'aura compris, le probl&#232;me des trusts de la pharmacie n'est pas tant le ralentissement de l'innovation que la baisse de la rentabilit&#233; des investissements, et donc des taux de profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y aurait en soi rien de scandaleux &#224; l'id&#233;e que la complexification des mol&#233;cules &#224; &#233;laborer, la mise en oeuvre de technologies r&#233;centes ou la qu&#234;te de nouveaux mod&#232;les th&#233;rapeutiques n&#233;cessitent des investissements plus lourds. Il serait m&#234;me indispensable de consentir &#224; de tels investissements qui r&#233;pondraient aux int&#233;r&#234;ts de la population. Cela signifierait des investissements massifs dans la recherche m&#233;dicale et pharmaceutique sans escompter de r&#233;sultats imm&#233;diats. Ce ne sont de toute &#233;vidence pas les trusts de la pharmacie, qui ne pensent qu'en terme de rentabilit&#233; financi&#232;re, qui pourraient le faire. Qui alors ? Les &#201;tats &#224; travers la recherche publique ? Cela voudrait dire y consacrer un budget suffisant : l'Institut National de la Sant&#233; et de la Recherche M&#233;dicale (INSERM) ne dispose que de 55 millions d'euros en 2006, sans comparaison avec le montant des investissements priv&#233;s en R&amp;D. Et surtout cela n&#233;cessiterait de ne pas simplement consid&#233;rer que cette recherche publique sert simplement &#224; produire des r&#233;sultats exploitables financi&#232;rement par l'industrie. Et on ne peut pas compter sur les &#201;tats capitalistes, dont toute la politique en mati&#232;re de sant&#233; est de garantir la sant&#233;&#8230; des profits des trusts pharmaceutiques pour le faire. Une recherche m&#233;dicale et pharmaceutique qui permettrait v&#233;ritablement de relancer l'innovation &#224; la hauteur des besoins r&#233;els est parfaitement incompatible avec la mainmise des entreprises capitalistes sur la production pharmaceutique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Yves LEFORT &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Du Xigris au Prozac&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Fin 2003, le laboratoire Eli Lilly lance aux &#201;tats-Unis une grande campagne sur &#171; l'&#233;thique, l'urgence et les potentialit&#233;s &#187; et finance &#224; hauteur de 1,8 million de dollars un grand programme de recherche en bio&#233;thique. Il faut dire qu'&#224; l'&#233;poque, l'entreprise cherchait &#224; faire un peu oublier l'&#233;chec du lancement du Xigris. Ce m&#233;dicament &#233;tait un traitement contre les septic&#233;mies. Le Xigris n'apportait aucune diff&#233;rence notable par rapport aux traitements d&#233;j&#224; existants... &#224; part son prix : 6 800 dollars le traitement contre moins de 50 dollars par jour pour ses pr&#233;d&#233;cesseurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin 2004, la FDA* &#233;met un avis pointant des effets secondaires de l'antid&#233;presseur Prozac du m&#234;me laboratoire Eli Lilly (anxi&#233;t&#233;, insomnies, crises de panique...). En janvier 2005, le &lt;em&gt;British Medical Journal&lt;/em&gt; r&#233;v&#232;le qu'en fait, le laboratoire &#233;tait parfaitement au fait du probl&#232;me et avait cach&#233; durant plus de 15 ans une &#233;tude prouvant le lien entre la prise de Prozac et des actes violents ou suicidaires. Seulement voil&#224;, le Prozac est un blockbuster* garantissant une bonne part des profits du laboratoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Y. L.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_274 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L300xH353/interv-cd179.gif?1528317065' width='300' height='353' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Quand le marketing se m&#234;le de sant&#233;&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis o&#249; la publicit&#233; pour les m&#233;dicaments vendus sur ordonnance est autoris&#233;e, les laboratoires tentent de persuader les futurs malades d'exiger de leur m&#233;decin la prescription de leurs m&#233;dicaments. Le budget total consacr&#233; par les industriels &#224; la publicit&#233; est pass&#233; de 1,9 milliards de dollars en 1999 &#224; 2,5 en 2002 et cette m&#234;me ann&#233;e, une &#233;tude a constat&#233; que 12 % des patients arrivent au cabinet du m&#233;decin avec une demande d'un m&#233;dicament sp&#233;cifique dont ils ont le plus souvent vu la publicit&#233; &#224; la t&#233;l&#233;vision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, les laboratoires, aux &#201;tats-Unis comme en France, envoient des visiteurs m&#233;dicaux directement aupr&#232;s des m&#233;decins pour tenter de les convaincre des bienfaits de leurs nouveaux m&#233;dicaments. Le laboratoire anglais Glaxo SmithKline, par exemple, poss&#232;de un r&#233;seau mondial de 40 000 visiteurs m&#233;dicaux. Comme les &#201;tats ne prennent pas en charge la formation continue des m&#233;decins dans un domaine o&#249; les avanc&#233;es et les &#233;volutions sont permanentes, les industriels ont toute latitude pour le faire. Ce sont eux qui organisent la majorit&#233; des colloques scientifiques auxquels ils invitent des m&#233;decins dont ils payent les frais de d&#233;placement. Ils poss&#232;dent parall&#232;lement 80 % des revues scientifiques m&#233;dicales dont une des t&#226;ches est pr&#233;cis&#233;ment d'&#233;valuer l'efficacit&#233; des m&#233;dicaments qu'eux-m&#234;mes produisent. Ils peuvent ainsi censurer les articles qui ne serviraient pas la promotion de &#171; leurs &#187; mol&#233;cules et inonder les revues de pages de publicit&#233;s pour leurs m&#233;dicaments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les laboratoires prennent enfin en charge des campagnes dites de &#171; pr&#233;vention &#187; qui permettent d'une part d'associer le nom du laboratoire &#224; une pathologie, d'autre part d'&#233;largir le march&#233; des malades en persuadant les individus qu'ils sont atteints de certains troubles. Ainsi cette affiche du laboratoire Lilly, producteur d'une nouvelle g&#233;n&#233;ration d'antid&#233;presseur sous brevet, qui annonce : &#171; vous &#234;tes un peu d&#233;prim&#233; ? Vous avez parfois du mal &#224; dormir ? Attention, il s'agit peut-&#234;tre d'un &#233;pisode d&#233;pressif s&#233;v&#232;re &#187;. Tant pis si la surconsommation de psychotrope s'av&#232;re au final dangereuse pour la sant&#233;. Tant que les marchands de pilules gagnent des parts de march&#233;, cela ne les emp&#234;che pas de trouver le sommeil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J. N.
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_275 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L300xH336/molec-006f6.gif?1528317065' width='300' height='336' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Maladies et traitements imaginaires&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;De nombreuses mol&#233;cules ont &#233;t&#233; tri&#233;es, s&#233;lectionn&#233;es, test&#233;es, approuv&#233;es et ont donn&#233; naissance &#224; des m&#233;dicaments qui, par malheur, ne traitent aucune maladie &#8211; ou trop peu de malades. Qu'&#224; cela ne tienne : pour ne pas g&#226;cher, le plus simple est encore d'inventer la maladie et les malades avec. C'est ainsi que le &#171; syndrome de Sissy &#187;, caract&#233;ris&#233; par l'abattement et l'absence d'&#233;nergie propres &#224; l'imp&#233;ratrice du m&#234;me nom, s'est diffus&#233; dans les milieux psychiatriques allemands en 1998, en fabriquant trois nouveaux millions de patients pour les anti-d&#233;presseurs &#224; l'aide d'une peu m&#233;dicale agence de relations publiques du nom de Wedopress &#8211; sous contrat avec SmithKline-Beecham, futur Glaxo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Souvent, la d&#233;marche est plus subtile puisqu'elle prend appui sur des syndromes r&#233;els difficilement traitables en l'&#233;tat actuel de la science. Ce qui est invent&#233; n'est alors pas la maladie elle-m&#234;me mais son traitement : Eli Lilly, fort d&#233;pit&#233; par l'expiration du brevet de son m&#233;dicament-phare, le Prozac, lui a trouv&#233; un nouveau rev&#234;tement : la &#171; dysphorie pr&#233;menstruelle &#187;, ou irritabilit&#233; due aux r&#232;gles, moyennant tout de m&#234;me un changement d'&#233;tat civil &#8211; le Prozac rebrevet&#233; s'appellera Sarafem. La &#171; dysphorie &#187; existe bien, mais le peu de connaissance m&#233;dicale quant &#224; son &#233;tiologie r&#233;elle permet au labo de pr&#233;tendre le traiter sp&#233;cifiquement alors qu'il ne traite qu'un des sympt&#244;mes &#8211; le Sarafem, comme son jumeau le Prozac, traite l'&#233;tat d&#233;pressif en g&#233;n&#233;ral et pas la &#171; dysphorie pr&#233;menstruelle &#187; en particulier. Et ce n'est qu'un cas parmi bien d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me de fond, qu'il s'agisse de maladies ou de traitements imaginaires, c'est que la recherche du profit incite trop souvent &#224; d&#233;finir et traiter le besoin &#224; partir du produit (de la marchandise existante) au lieu de faire l'inverse&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Lire &#224; ce sujet : J&#246;rg BLECH, Les Inventeurs de Maladies.' id='nh6-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L. B.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb6-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6-1' class='spip_note' title='Notes 6-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;D'apr&#232;s le dernier rapport de la PhRMA (organisation patronale regroupant les entreprises am&#233;ricaines du secteur) consultable sur internet :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.phrma.org/files/Profile%202007.pdf&#034; class='spip_url spip_out' rel='external'&gt;http://www.phrma.org/files/Profile%...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6-2' class='spip_note' title='Notes 6-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lire &#224; ce sujet : J&#246;rg BLECH&lt;em&gt;, Les Inventeurs de Maladies&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Fusions, concentrations, licenciements
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Fusions-concentrations-licenciements</link>
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		<dc:date>2007-09-27T11:17:14Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
</dc:subject>
		<dc:subject>Industrie pharmaceutique
</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme
</dc:subject>

		<description>Avec le d&#233;veloppement du march&#233; des m&#233;dicaments g&#233;n&#233;riques et l'expiration des brevets de nombreux blockbusters, les restructurations se sont acc&#233;l&#233;r&#233;es dans l'industrie pharmaceutique. On a d&#233;nombr&#233; 38 fusions entre gros laboratoires entre 1994 et 2004 et, parmi les 10 premi&#232;res firmes du secteur par leur chiffre d'affaires, 6 sont issues d'importantes fusions-acquisitions successives sur moins de 20 ans. &lt;br /&gt;Mais si la fuite en avant s'est traduite par des &#171; &#233;conomies d'&#233;chelle &#187; pour le patronat et des&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Industrie-pharmaceutique-les-rouages-de-la-machine-a-profits-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Industrie pharmaceutique : les rouages de la machine &#224; profits
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Societe-74-+" rel="tag"&gt;Soci&#233;t&#233;
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Industrie-pharmaceutique-+" rel="tag"&gt;Industrie pharmaceutique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Capitalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avec le d&#233;veloppement du march&#233; des m&#233;dicaments g&#233;n&#233;riques et l'expiration des brevets de nombreux blockbusters, les restructurations se sont acc&#233;l&#233;r&#233;es dans l'industrie pharmaceutique. On a d&#233;nombr&#233; 38 fusions entre gros laboratoires entre 1994 et 2004&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb7-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Comment sauver (vraiment) la S&#233;cu &#8211; Philippe Pignarre &#8211; &#201;ditions La D&#233;couverte, (...)' id='nh7-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; et, parmi les 10 premi&#232;res firmes du secteur par leur chiffre d'affaires, 6 sont issues d'importantes fusions-acquisitions successives sur moins de 20 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si la fuite en avant s'est traduite par des &#171; &#233;conomies d'&#233;chelle &#187; pour le patronat et des dizaines de milliers de licenciements un peu partout dans le monde (encore r&#233;cemment chez Pfizer et AstraZeneca, 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; et 7&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; groupes mondiaux), elle n'a pas relanc&#233; la machine &#224; produire de nouveaux blockbusters*.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mod&#232;le de recherche impos&#233; par des imp&#233;ratifs de rendements financiers rapides a tari l'innovation. Et les restructurations ne font que porter le probl&#232;me &#224; une &#233;chelle sup&#233;rieure et hypoth&#233;quer plus encore l'avenir de la recherche &#8211; surtout quand elles se traduisent par la disparition des &#233;quipes et de leur exp&#233;rience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; des biotechnologies, les nouveaux m&#233;dicaments promis &#224; coup de trompe dans les ann&#233;es 1980 n'ont pas &#233;t&#233; au rendez-vous. Bien des petites soci&#233;t&#233;s ont disparu. D'autres sont tomb&#233;es dans le giron d'un grand du secteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le march&#233; du g&#233;n&#233;rique n'est pas en reste. Il a tr&#232;s t&#244;t int&#233;ress&#233; les grands laboratoires &#8211; certains cr&#233;ant des filiales sp&#233;cialis&#233;es, comme Bayer d&#232;s 1997 ou Merck d&#232;s 1994&#8230; avec, pour Merck Generics, un chiffre d'affaires multipli&#233; par 10 en dix ans pour atteindre 1,8 milliard d'euros en 2006 avant sa vente en mai 2007 au groupe am&#233;ricain Mylan Laboratories&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb7-2' class='spip_note' rel='appendix' title='www.merckgenerics.be' id='nh7-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Le groupe isra&#233;lien Teva est devenu n&#176;1 mondial du secteur en rachetant en 2002 la filiale Bayer Classics. Quant &#224; Novartis, il a relanc&#233; en 2003, pour commercialiser ses g&#233;n&#233;riques, la marque commerciale Sandoz (disparue apr&#232;s la fusion de 1996) devenue depuis n&#176;2 derri&#232;re Teva.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G. W.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_276 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L300xH216/salaire-004d7.gif?1528317065' width='300' height='216' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb7-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh7-1' class='spip_note' title='Notes 7-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;Comment sauver (vraiment) la S&#233;cu&lt;/em&gt; &#8211; Philippe Pignarre &#8211; &#201;ditions La D&#233;couverte, 2004, p.36&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb7-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh7-2' class='spip_note' title='Notes 7-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.merckgenerics.be&#034; class='spip_url spip_out' rel='external'&gt;www.merckgenerics.be&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Glossaire et bibliographie
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Glossaire-et-bibliographie</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
</dc:subject>
		<dc:subject>Industrie pharmaceutique
</dc:subject>

		<description>AMM : Autorisation de Mise sur le March&#233; ; c'est le &#171; feu vert &#187; indispensable donn&#233; par l'&#201;tat aux laboratoires pharmaceutiques qui veulent commercialiser un nouveau m&#233;dicament. AFSSAPS : Agence Fran&#231;aise de S&#233;curit&#233; Sanitaire des Produits de Sant&#233; ; c'est elle qui est charg&#233;e de d&#233;livrer les AMM sur le march&#233; fran&#231;ais. blockbuster : m&#233;dicament vedette dont le chiffre d'affaire annuel d&#233;passe le milliard de dollars. &#171; screening &#187;, ou criblage &#224; haut d&#233;bit : technique de test d'un grand nombre de mol&#233;cules&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Industrie-pharmaceutique-+" rel="tag"&gt;Industrie pharmaceutique
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;AMM : &lt;/strong&gt;Autorisation de Mise sur le March&#233; ; c'est le &#171; feu vert &#187; indispensable donn&#233; par l'&#201;tat aux laboratoires pharmaceutiques qui veulent commercialiser un nouveau m&#233;dicament.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;AFSSAPS : &lt;/strong&gt;Agence Fran&#231;aise de S&#233;curit&#233; Sanitaire des Produits de Sant&#233; ; c'est elle qui est charg&#233;e de d&#233;livrer les AMM sur le march&#233; fran&#231;ais.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;blockbuster : &lt;/strong&gt;m&#233;dicament vedette dont le chiffre d'affaire annuel d&#233;passe le milliard de dollars.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;&#171; screening &#187;, ou criblage &#224; haut d&#233;bit : &lt;/strong&gt;technique de test d'un grand nombre de mol&#233;cules simultan&#233;ment sur diff&#233;rentes cibles th&#233;rapeutiques, pour en &#233;valuer l'efficacit&#233;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;FDA : &lt;/strong&gt;&lt;em&gt;Food and Drug Administration&lt;/em&gt; ; agence charg&#233;e, entre autres, de d&#233;livrer les autorisations de mise sur le march&#233; des nouveaux m&#233;dicaments sur le territoire des &#201;tats-Unis.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;gal&#233;nique : &lt;/strong&gt;mise en forme des produits pharmaceutiques sous forme de sirop, g&#233;lules, suppositoires, ampoules, voie injectable, etc.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;g&#233;n&#233;rique : &lt;/strong&gt;m&#233;dicament vendu sur ordonnance et dont le principe actif est celui d'un m&#233;dicament qui n'est plus sous brevet (princeps).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;me-too : &lt;/strong&gt;de l'anglais signifiant &#171; &lt;em&gt;moi aussi&lt;/em&gt; &#187; ; mol&#233;cule nouvelle ayant une structure chimique connue et ne pr&#233;sentant aucune am&#233;lioration par rapport aux mol&#233;cules existantes.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;OTC : &lt;/strong&gt;de l'anglais &#171; &lt;em&gt;over the counter &#187;&lt;/em&gt;, &#171; par-dessus le comptoir &#187; : m&#233;dicament vendu sans ordonnance, et dont les prix sont libres.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;pipe-line : &lt;/strong&gt;par analogie avec les long tuyaux d'approvisionnement en p&#233;trole, ensemble des longues proc&#233;dures de recherche et de d&#233;veloppement (recherches pr&#233;cliniques, essais cliniques, mise &#224; l'&#233;chelle industrielle) qui permettent d'aboutir &#224; un nouveau m&#233;dicament.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;&#192; voir et &#224; lire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Film &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; MEIRELLES Fernando, &lt;/strong&gt;&lt;em&gt;The Constant Gardener &lt;/em&gt;(inspir&#233; du roman du m&#234;me nom de John le Carr&#233;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Livres &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; PIGNARRE Philippe&lt;/strong&gt; , &lt;em&gt;Le grand secret de l'industrie pharmaceutique&lt;/em&gt;, La D&#233;couverte, 2003. Apr&#232;s dix-sept ans pass&#233;s dans l'industrie pharmaceutique, notamment comme charg&#233; de communication, Pignarre d&#233;crit et d&#233;nonce dans ce livre les principales caract&#233;ristiques de l'industrie pharmaceutique et propose sa conception de la &#171; crise &#187; du secteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;URFALINO Philippe&lt;/strong&gt;, &lt;em&gt;Le grand m&#233;chant loup pharmaceutique&lt;/em&gt;, Textuel, 2005. Petit livre &#171; anti-Pignarre &#187; qui prend le contre-pied des critiques habituelles de l'industrie, assimil&#233;es &#224; la th&#233;orie du complot, avec toutefois des nuances et pr&#233;cisions utiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SALOMON Jean-Claude&lt;/strong&gt;, &lt;em&gt;Le complexe m&#233;dico-industriel&lt;/em&gt;, Mille et une nuits, 2003. Petit livre tr&#232;s clair r&#233;dig&#233; par un membre du comit&#233; scientifique d'ATTAC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;BLECH J&#246;rg, &lt;/strong&gt;&lt;em&gt;Les inventeurs de maladies, man&#339;uvres et manipulations de l'industrie pharmaceutique&lt;/em&gt;, Actes Sud, 2005. Inqui&#233;tante revue des dangers qui menacent les consommateurs de m&#233;dicaments et des strat&#233;gies alambiqu&#233;es des laboratoires pour &#233;tendre le champ d'application de leurs sp&#233;cialit&#233;s - voire pour &#171; inventer &#187; des maladies en fa&#231;onnant le discours m&#233;dical par des articles de revue, des colloques scientifiques, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pour ceux qui lisent l'anglais, un livre de r&#233;f&#233;rence :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ANGELL Marcia, &lt;/strong&gt;&lt;em&gt;The truth about drug companies&lt;/em&gt;, Random House, 2004. Best seller anglo-saxon sur le sujet, par la r&#233;dactrice en chef du &lt;em&gt;New England Journal of Medicine&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Les cobayes du tiers monde
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		<dc:date>2007-09-27T11:17:09Z</dc:date>
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233;
</dc:subject>

		<description>L'&#233;mergence d'une l&#233;gislation du m&#233;dicament, aux &#201;tats-Unis tout d'abord, n'est pas all&#233;e de soi. C'est en 1938, apr&#232;s une centaine de d&#233;c&#232;s dus &#224; un sulfamide commercialis&#233; sous forme de sirop &#224; base de glycol (un antigel&#8230; au go&#251;t sucr&#233; !), que la FDA* s'est vue autoris&#233;e &#224; contr&#244;ler la non-toxicit&#233; des m&#233;dicaments, mais alors sans contr&#244;le de leur efficacit&#233; th&#233;rapeutique. C'est seulement en 1962 que leur commercialisation a &#233;t&#233; soumise &#224; une autorisation pr&#233;alable de la FDA, dor&#233;navant charg&#233;e de r&#233;glementer et&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Industrie-pharmaceutique-les-rouages-de-la-machine-a-profits-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Industrie pharmaceutique : les rouages de la machine &#224; profits
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Societe-74-+" rel="tag"&gt;Soci&#233;t&#233;
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Sante-+" rel="tag"&gt;Sant&#233;
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;mergence d'une l&#233;gislation du m&#233;dicament, aux &#201;tats-Unis tout d'abord, n'est pas all&#233;e de soi. C'est en 1938, apr&#232;s une centaine de d&#233;c&#232;s dus &#224; un sulfamide commercialis&#233; sous forme de sirop &#224; base de glycol (un antigel&#8230; au go&#251;t sucr&#233; !), que la FDA* s'est vue autoris&#233;e &#224; contr&#244;ler la non-toxicit&#233; des m&#233;dicaments, mais alors sans contr&#244;le de leur efficacit&#233; th&#233;rapeutique. C'est seulement en 1962 que leur commercialisation a &#233;t&#233; soumise &#224; une autorisation pr&#233;alable de la FDA, dor&#233;navant charg&#233;e de r&#233;glementer et de surveiller les essais cliniques devant prouver l'efficacit&#233; et l'innocuit&#233; des m&#233;dicaments. Cela faisait suite &#224; l'affaire de la thalidomide, dont les effets secondaires dramatiques auraient pu &#234;tre d&#233;cel&#233;s si les &#233;tudes de toxicit&#233; avaient &#233;t&#233; correctement men&#233;es. D&#232;s lors la pratique des essais cliniques s'est consid&#233;rablement r&#233;pandue et relativement uniformis&#233;e, accompagnant la mise en place de l&#233;gislations nationales, plus ou moins contraignantes, r&#233;glementant le march&#233; du m&#233;dicament. L&#224; o&#249; la r&#233;glementation des essais cliniques s'est impos&#233;e, les patients ont moins facilement que par le pass&#233; pu &#234;tre trait&#233;s comme des cobayes, parfois &#224; leur insu.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb8-1' class='spip_note' rel='appendix' title='C'est ainsi que le Service de sant&#233; publique des &#201;tats-Unis avait &#233;tudi&#233; (...)' id='nh8-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La mondialisation des essais cliniques&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais la fin de la &#171; r&#233;volution pharmaceutique &#187;, a pos&#233; de nouveaux probl&#232;mes. &lt;em&gt;&#171; Quand la p&#233;nicilline a &#233;t&#233; test&#233;e en 1942 sur cent vingt-neuf patients atteints d'une infection &#224; gonocoques, &#8220;la statistique &#233;tait vite faite : les cent vingt-neuf &#233;taient gu&#233;ris&#8221; &#187;&lt;/em&gt; note Philippe Pignarre. Mais si l'on compare &#224; un traitement existant, et &lt;em&gt;&#171; si le candidat m&#233;dicament n'am&#233;liore les r&#233;sultats que de 5 %, ce qui est beaucoup plus fr&#233;quent aujourd'hui, il faudra 3 500 patients &#187;&lt;/em&gt; pour montrer son &#233;ventuelle sup&#233;riorit&#233;. &lt;em&gt;&#171; Ainsi&lt;/em&gt;, conclut-il,&lt;em&gt; entre la fin des ann&#233;es 1970 et la fin des ann&#233;es 1990, le nombre moyen d'essais cliniques n&#233;cessaires pour d&#233;montrer l'int&#233;r&#234;t des candidats m&#233;dicaments a doubl&#233;, passant de trente &#224; soixante. Et pendant la m&#234;me p&#233;riode, le nombre de patients inclus dans les essais cliniques a &#233;t&#233; multipli&#233; par plus de deux &#187;&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb8-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Le grand secret de l'industrie pharmaceutique &#8211; Philippe PIGNARRE, &#201;ditions (...)' id='nh8-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, atteignant 4 000 en moyenne pour un m&#233;dicament destin&#233; au march&#233; am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de r&#233;duire les co&#251;ts de d&#233;veloppement, tous les grands laboratoires ont progressivement cherch&#233; &#224; profiter de la possibilit&#233;, offerte par la FDA &#224; partir de 1980, d'utiliser des tests r&#233;alis&#233;s hors des &#201;tats-Unis&#8230; donc de r&#233;aliser ailleurs des essais cliniques moins chers. L'ancienne r&#233;dactrice en chef du &lt;em&gt;New England Journal of Medicine&lt;/em&gt; estimait fin 2005 que &lt;em&gt;&#171; probablement pr&#232;s de la moiti&#233; des essais cliniques sont aujourd'hui men&#233;s dans le tiers-monde, bien qu'il n'y ait aucun moyen d'en &#234;tre certain &#187;&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb8-3' class='spip_note' rel='appendix' title='&#171; The Body Hunters &#187; [litt&#233;ralement, &#8216;les chasseurs de corps'] &#8211; Marcia ANGELL (...)' id='nh8-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une large enqu&#234;te publi&#233;e fin 2000&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb8-4' class='spip_note' rel='appendix' title='&#171; The Body Hunters &#187; &#8211; Washington Post, s&#233;rie de 6 articles publi&#233;s du 17 au 22 (...)' id='nh8-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, le &lt;em&gt;Washington Post&lt;/em&gt; notait pour sa part que, dans les ann&#233;es 1990, non seulement l'Afrique, mais aussi l'Am&#233;rique latine, l'Asie et l'Europe de l'Est ont v&#233;cu le boom de la d&#233;localisation des essais cliniques. Les l&#233;gislations locales &#8211; m&#234;me lorsqu'elles ne se pliaient pas compl&#232;tement aux exigences des grands labos pharmaceutiques &#8211; ont permis de r&#233;aliser des essais dans des conditions qui auraient &#233;t&#233; refus&#233;es aux &#201;tats-Unis, pour des raisons sanitaires ou parce que le &#171; consentement &#233;clair&#233; &#187; des participants y serait trop ouvertement apparu comme une caricature. Elles ont aussi permis de s'affranchir de certaines exigences de la FDA concernant les essais humains sur le territoire am&#233;ricain, et de gagner un temps que l'industrie pharmaceutique juge pr&#233;cieux : elle estimait (en 2000) qu'un jour de retard dans la mise sur le march&#233; d'un m&#233;dicament repr&#233;sentait un manque &#224; gagner de plus d'un million de dollars.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La sous-traitance des essais&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La volont&#233; de r&#233;aliser toujours plus vite des essais cliniques toujours plus larges a favoris&#233; une nouvelle forme de sous-traitants : les &#171; soci&#233;t&#233;s de recherche sous contrat &#187; prenant en charge, pour le compte des laboratoires pharmaceutiques, le recrutement du personnel et des patients, puis la conduite des tests eux-m&#234;mes, parfois dans diff&#233;rents pays en parall&#232;le. Ces contrats repr&#233;sentaient en 2000 plus de la moiti&#233; du budget consacr&#233; aux essais cliniques, selon Jean-Philippe Chippaux qui note &#224; propos de leur d&#233;localisation croissante vers des pays pauvres : &lt;em&gt;&#171; le risque est grand de voir appara&#238;tre des proc&#233;dures simplifi&#233;es, moins rigoureuses, voire exp&#233;ditives, parce que la surveillance y est moindre. [&#8230;] l'absence de l&#233;gislation fragilise toute tentative de normalisation des essais cliniques. La pauvret&#233; publique et individuelle favorise les conflits d'int&#233;r&#234;t, la corruption et la d&#233;pendance. &#187;&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb8-5' class='spip_note' rel='appendix' title='Pratique des essais cliniques en Afrique &#8211; Jean-Philippe CHIPPAUX &#8211; IRD, (...)' id='nh8-5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;G&#233;rard WEGAN &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Scandale du Trovan : l'op&#233;ration &#171; humanitaire &#187; de Pfizer au Nig&#233;ria&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;R&#233;v&#233;l&#233; fin 2000, le scandale des essais cliniques du Trovan est revenu d'actualit&#233; avec les plaintes r&#233;cemment d&#233;pos&#233;es au Nig&#233;ria contre le groupe pharmaceutique Pfizer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but 1996, le nord du Nig&#233;ria est ravag&#233; par une &#233;pid&#233;mie de m&#233;ningite qui fait plus de 15 000 victimes. Pour Pfizer, c'est une aubaine. Engag&#233; dans les essais cliniques du Trovan, un antibiotique prometteur mais encore jamais test&#233; par voie orale chez l'enfant, le laboratoire organise en toute h&#226;te un test comparatif au Nig&#233;ria : 99 malades re&#231;oivent son antibiotique, 101 autres un traitement de r&#233;f&#233;rence. Finalement, 5 enfants d&#233;c&#232;dent dans le premier groupe, 6 dans le second, et d'autres survivent avec des l&#233;sions graves. L'op&#233;ration &#171; humanitaire &#187; de Pfizer s'arr&#234;te l&#224; : apr&#232;s 3 semaines sur place, l'&#233;quipe quitte le pays o&#249; l'&#233;pid&#233;mie fait rage&#8230; et o&#249; M&#233;decins Sans Fronti&#232;res, en 3 mois, traite 30 000 malades et vaccine pr&#232;s de 3 millions de personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Trovan ne sera finalement mis sur le march&#233; que pour les adultes en raison d'effets secondaires attendus pour cette classe d'antibiotiques.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un faux antidat&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais en 1996, les parents nig&#233;rians savaient-ils que leur enfant atteint de m&#233;ningite pouvait &#234;tre enr&#244;l&#233; par Pfizer dans un essai &#224; risques, plut&#244;t que soign&#233; de fa&#231;on &#233;prouv&#233;e par MSF &#224; quelques pas de l&#224; ? Le laboratoire a d&#251; reconna&#238;tre qu'aucun accord formel n'avait &#233;t&#233; obtenu&#8230; et qu'un document n&#233;cessaire au lancement puis &#224; la validation de l'essai &#233;tait un faux antidat&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pfizer fait aujourd'hui face &#224; plusieurs plaintes, de l'&#201;tat et de familles nig&#233;rians, mais &lt;em&gt;&#171; persiste &#224; affirmer avec la plus grande fermet&#233; que l'&#233;tude conduite en 1996 au Nigeria avec la trovafloxacine l'a &#233;t&#233; d'une mani&#232;re &#233;thique et responsable, dans le respect du souci de l'entreprise pour la s&#233;curit&#233; des patients et cela avec la pleine connaissance du gouvernement du Nigeria &#187;.&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb8-6' class='spip_note' rel='appendix' title='Communiqu&#233; de Pfizer, 29 mai 2007. Autres sources : articles du Washington (...)' id='nh8-6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai qu'&#224; l'&#233;poque la dictature militaire de Sani Abacha a d&#233;lib&#233;r&#233;ment ferm&#233; les yeux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G. W.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb8-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh8-1' class='spip_note' title='Notes 8-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C'est ainsi que le Service de sant&#233; publique des &#201;tats-Unis avait &#233;tudi&#233; pendant trois d&#233;cennies, jusqu'au d&#233;but des ann&#233;es 1970, &#224; l'Institut universitaire de Tuskegee, l'&#233;volution naturelle de la syphilis chez plusieurs centaines de Noirs am&#233;ricains, laiss&#233;s volontairement sans traitement, alors que la p&#233;nicilline apparue d&#232;s 1942 &#233;tait utilis&#233;e partout contre la syphilis &#224; partir de 1945. Cf. &lt;em&gt;Pratique des essais cliniques en Afrique&lt;/em&gt; &#8211; Jean-Philippe CHIPPAUX &#8211; IRD, Paris, 2004, p.51.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb8-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh8-2' class='spip_note' title='Notes 8-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;Le grand secret de l'industrie pharmaceutique&lt;/em&gt; &#8211; Philippe PIGNARRE, &#201;ditions La D&#233;couverte, 2003, pp. 23-24.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb8-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh8-3' class='spip_note' title='Notes 8-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; &lt;em&gt;The Body Hunters &#187;&lt;/em&gt; [litt&#233;ralement, &#8216;les chasseurs de corps'] &#8211; Marcia ANGELL &#8211; &lt;em&gt;The New York Review of Books&lt;/em&gt;, 6 octobre 2005. L'article, qui se pr&#233;sente d'abord comme une critique du livre de John Le Carr&#233;, &lt;em&gt;The Constant Gardener&lt;/em&gt;, et du film qu'en a tir&#233; Fernando Meirelles, traite plus largement de la d&#233;localisation des essais cliniques dans les pays pauvres, notamment en Afrique ; significativement, il reprend le titre de la s&#233;rie du &lt;em&gt;Washington Post&lt;/em&gt; qui avait r&#233;v&#233;l&#233;, en d&#233;cembre 2000, le scandale des essais cliniques du Trovan men&#233;s par Pfizer au Nig&#233;ria en 1996.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb8-4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh8-4' class='spip_note' title='Notes 8-4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; The Body Hunters &#187; &#8211; &lt;em&gt;Washington Post&lt;/em&gt;, s&#233;rie de 6 articles publi&#233;s du 17 au 22 d&#233;cembre 2000.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb8-5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh8-5' class='spip_note' title='Notes 8-5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;Pratique des essais cliniques en Afrique&lt;/em&gt; &#8211; Jean-Philippe CHIPPAUX &#8211; IRD, Paris, 2004, pp.25-27.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb8-6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh8-6' class='spip_note' title='Notes 8-6' rev='appendix'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Communiqu&#233; de Pfizer, 29 mai 2007. Autres sources : articles du &lt;em&gt;Washington Post&lt;/em&gt; (17 d&#233;cembre 2000, 7 mai 2006, 30 mai &amp; 2 juin 2007) ; rapport de la commission d'enqu&#234;te nig&#233;riane, mars 2001, disponible (en juin 2007) sur le site Internet du &lt;em&gt;Washington Post&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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