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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskyste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> Tribune : Fallait-il appeler &#224; voter Royal ? Que faire pour les l&#233;gislatives ?
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Tribune
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		<description>Avec l'objectif d'aider au d&#233;bat au sein de l'extr&#234;me gauche, aussi n&#233;cessaire apr&#232;s qu'avant ces &#233;lections, Convergences r&#233;volutionnaires entend continuer &#224; ouvrir ses colonnes aux autres groupes et tendances ou leurs militants. La tribune ci-dessous, avec laquelle nous avons bien s&#251;r certains d&#233;saccords, nous a &#233;t&#233; adress&#233;e par des camarades de la LCR avant le second tour. Le&#231;ons du 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; tour &lt;br /&gt;La forte mobilisation a concern&#233; aussi bien la classe ouvri&#232;re et la jeunesse que la bourgeoisie dont une partie&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Avec l'objectif d'aider au d&#233;bat au sein de l'extr&#234;me gauche, aussi n&#233;cessaire apr&#232;s qu'avant ces &#233;lections, &lt;/em&gt;Convergences r&#233;volutionnaires&lt;em&gt; entend continuer &#224; ouvrir ses colonnes aux autres groupes et tendances ou leurs militants. La tribune ci-dessous, avec laquelle nous avons bien s&#251;r certains d&#233;saccords, nous a &#233;t&#233; adress&#233;e par des camarades de la LCR avant le second tour.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Le&#231;ons du 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; tour&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La forte mobilisation a concern&#233; aussi bien la classe ouvri&#232;re et la jeunesse que la bourgeoisie dont &lt;em&gt;une partie &lt;/em&gt;s'est radicalis&#233;e autour de Sarkozy. Les couches exploit&#233;es ont largement utilis&#233; le &#171; vote utile &#187; pour ROYAL, esp&#233;rant barrer la route &#224; Sarkozy. Le MEDEF n'a pas pris position, le journal &lt;em&gt;Matin Plus&lt;/em&gt; du 25 avril relatant que, comme la CFDT, il se f&#233;licitait que les 2 candidats &#171; &lt;em&gt;reconnaissent l'&#233;conomie de march&#233; &lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Sens du vote Royal&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;R&#233;tablissement du CPE (CPC), refus du transport gratuit pour les ch&#244;meurs, embrigadement des jeunes par l'arm&#233;e, institutionnalisation du syndicalisme d'accompagnement, mise en place de la S&#233;curit&#233; sociale professionnelle, refus de titulariser tous les sans papiers, d'abroger la loi Fillion, etc., tout cela interdit les illusions sur une quelconque satisfaction des revendications avec Royal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est parce qu' Olivier Besancenot s'est d&#233;marqu&#233; de Royal et du PS au 1&#176; tour, qu'il a r&#233;alis&#233; un score important, contrairement &#224; Arlette Laguiller qui, d&#232;s le d&#233;but de sa campagne, a annonc&#233; son ralliement &#224; Royal et a perdu les 2/3 de ses &#233;lecteurs. Pourtant, les programmes d'urgence &#187; de nos 2 organisations sont tr&#232;s proches.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le PS, parti bourgeois&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis le vote des cr&#233;dits de guerre en 1914, les dirigeants de la social d&#233;mocratie sont pass&#233;s d&#233;finitivement du c&#244;t&#233; de l'ordre bourgeois. Malgr&#233; leurs crimes (assassinat de K. Liebknecht et R. Luxembourg, politique coloniale, etc.), leurs partis se r&#233;f&#233;raient au socialisme, revendiquaient des am&#233;liorations positives pour la classe ouvri&#232;re (ex. cong&#233;s pay&#233;s, semaine de 40 heures etc.). De ce fait, ils poss&#233;daient une base sociale ouvri&#232;re. En &#233;change, ils brisaient tous les processus r&#233;volutionnaires. Aujourd'hui ils sont mandat&#233;s par la bourgeoisie pour d&#233;truire tous les acquis, appliquer toutes les contre-r&#233;formes, m&#234;me quand elles ont &#233;t&#233; mises en &#233;chec par la lutte des classes (CPC/CPE). Leur base sociale est donc bien bourgeoise, &#224; l'occasion des &#233;lections, comme dans les syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une organisation r&#233;volutionnaire ne doit, pas plus en 2007 qu'en 2002, appeler &#224; voter pour un(e) candidat bourgeois(e).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les appels &#224; voter Royal, sous une forme ou sous une autre, des directions de la LCR et de LO constituent des fautes politiques graves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat de l'appel &#224; voter Chirac en 2002 de presque toutes les organisations ouvri&#232;res (sauf LO et la CGT-FO) a &#233;t&#233; l'Union Nationale et son &#233;lection avec plus de 80% des votants. Les cons&#233;quences : contre-r&#233;formes dans tous les domaines pendant le quinquennat, id&#233;es de Le Pen (port&#233;es par Sarkozy) en t&#234;te au 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; tour.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Que faire pour les l&#233;gislatives ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ne pas se contenter d'avancer des revendications transitoires justes : partage du temps de travail, ouverture des comptes des entreprises, abolition du secret bancaire etc., mais indiquer les moyens de les faire aboutir : destruction de l'&#201;tat bourgeois, de sa police, de son arm&#233;e, de sa justice. Cela signifie, qu'&#224; travers tous les mouvements parcellaires, les r&#233;volutionnaires doivent mettre en avant ce qui relie les revendications entre elles, combattre pour l'&#233;largissement, la g&#233;n&#233;ralisation des luttes, l'unit&#233; intersyndicale sur des bases de lutte de classe. Il faudra expliquer que, pour gagner sur les revendications du programme d'urgence, les travailleurs devront prendre le pouvoir non seulement au niveau des entreprises mais constituer leur &#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudra aussi expliquer que le seul moyen pour combattre la politique de trahison des directions syndicales est de s'organiser ensemble dans les syndicats avec tous les militants pr&#234;ts &#224; d&#233;fendre un syndicalisme de lutte de classe. Il faudra donc rompre, dans ce domaine, avec les pratiques tant de la direction de la LCR que de celle de LO qui aboutissent, l'une comme l'autre, &#224; laisser les mains libres aux directions syndicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la base d'un programme r&#233;volutionnaire commun, et parce que nos &#171; Programmes d'urgence &#187; sont pratiquement identiques, il faut, d&#232;s maintenant, engager des discussions entre LO et la LCR dans le but de pr&#233;senter des candidatures communes aux prochaines l&#233;gislatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 mai 2007&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christian (LCR Saint Quentin en Yvelines) &#8211; Romain (LCR Vitry) &#8211; Claude (LCR Saint Quentin en Yvelines) &#8211; Herv&#233; (LCR Orgerus)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Sans-papiers : quand toute une commune refuse les expulsions
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Sans-papiers-quand-toute-une-commune-refuse-les-expulsions</link>
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		<dc:subject>sans-papiers
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		<dc:subject>Politique
</dc:subject>

		<description>Le 28 f&#233;vrier, &#224; 4 h 30 du matin, la police arr&#234;tait une dizaine de travailleurs sans papiers qui s'appr&#234;taient &#224; prendre le travail dans un abattoir de Monfort-sur-Meu. Dans cette petite ville de 5 500 habitants &#224; l'ouest de Rennes, 23 jeunes Maliens vivaient en effet depuis cinq, dix, voire quatorze ans. Tous travaillaient pour la Cooperl, un des nombreux groupes d'agroalimentaire de la r&#233;gion, dans un site comptant 700 salari&#233;s, aux postes de d&#233;coupe, les plus difficiles. Aucun n'ayant de papiers&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 28 f&#233;vrier, &#224; 4 h 30 du matin, la police arr&#234;tait une dizaine de travailleurs sans papiers qui s'appr&#234;taient &#224; prendre le travail dans un abattoir de Monfort-sur-Meu. Dans cette petite ville de 5 500 habitants &#224; l'ouest de Rennes, 23 jeunes Maliens vivaient en effet depuis cinq, dix, voire quatorze ans. Tous travaillaient pour la Cooperl, un des nombreux groupes d'agroalimentaire de la r&#233;gion, dans un site comptant 700 salari&#233;s, aux postes de d&#233;coupe, les plus difficiles. Aucun n'ayant de papiers en r&#232;gle, l'entreprise leur avait fourni les faux n&#233;cessaires pour garder une main-d'&#339;uvre pr&#233;cieuse pour elle. Un des sans-papiers fut expuls&#233; &#224; Bamako imm&#233;diatement apr&#232;s l'arrestation, bient&#244;t suivi d'un deuxi&#232;me. Onze furent plac&#233;s en centre de r&#233;tention de Paris-Roissy, o&#249; ils sont encore aujourd'hui. Dix furent rel&#226;ch&#233;s, pour vivre dans la crainte permanente d'&#234;tre repris par la police, puisque leur situation n'est toujours pas r&#233;gularis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La presse, mais aussi ceux qui se sont mobilis&#233;s contre l'expulsion, ont insist&#233; sur le fait que ces sans-papiers &#233;taient compl&#232;tement int&#233;gr&#233;s &#224; la vie de leur petite ville. C'&#233;tait peut-&#234;tre une mani&#232;re de particulariser leur cas, de ne pas poser le probl&#232;me de la situation scandaleuse faite aux sans-papiers en g&#233;n&#233;ral, en insistant sur le fait que &#171; ceux-l&#224; &#233;taient bien &#187;. Mais, de la part des habitants de Monfort, il s'agissait aussi de l'expression d'un sentiment spontan&#233;. Car ces Bretons noirs prenaient effectivement une part active &#224; la vie locale, des clubs de foot aux soir&#233;es festives. Certains d'entre eux vivaient avec des Monfortaises d'origine plus ancienne ; l'un d'eux s'&#233;tait mari&#233;, la compagne d'un autre attendait un enfant. Une situation qui n'a d'ailleurs pas franchement &#233;mu la justice : le futur p&#232;re est l'un des deux expuls&#233;s &#224; Bamako. Sa compagne enceinte a racont&#233; : &#171; &lt;em&gt;Lorsque j'ai parl&#233; de ma grossesse au magistrat, il ne m'a m&#234;me pas regard&#233;e. Il a juste dit que, &#233;tant donn&#233; que l'enfant n'est pas n&#233;, on ne peut pas consid&#233;rer que Sidy est le p&#232;re !&lt;/em&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rafle du 28 f&#233;vrier a donc suscit&#233; une &#233;norme &#233;motion dans la ville. Une semaine apr&#232;s, le mercredi 8 mars, 700 personnes manifestaient dans les rues de Monfort. Trois jours plus tard, le samedi 10 mars, 1 500 personnes, selon la presse locale, manifestaient &#224; nouveau, rejointes cette fois-ci par des manifestants rennais, et soutenus par un nombre d'organisations politiques et syndicales (PCF, LO, LCR, PS, CGT, FSU, RESF, collectifs de sans-papiers&#8230;). En t&#234;te du cort&#232;ge : les proches des expuls&#233;s, des lyc&#233;ens de Monfort, les membres de l'&#233;quipe de foot, dirig&#233;s au m&#233;gaphone par un salari&#233; de la Cooperl, coll&#232;gue &#171; gaulois &#187; des sans-papiers. Parmi les mots d'ordre : &#171; &lt;em&gt;rendez-nous nos amis maliens !&lt;/em&gt; &#187;, ou &#171; &lt;em&gt;Ils sont ici, ils sont d'ici !&lt;/em&gt; &#187;. Le dimanche 17 mars &#233;tait organis&#233; un pique-nique et fest-noz de soutien, avec djemb&#233; + biniou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une p&#233;tition exigeant le retour des Maliens a circul&#233; &#224; Montfort et ses environs, r&#233;coltant 4 500 signatures. La p&#233;tition a tourn&#233; &#224; la Cooperl, o&#249; des tracts ont &#233;t&#233; distribu&#233;s par le collectif de d&#233;fense de sans-papiers de Montfort. Les lyc&#233;ens de la ville ont organis&#233; une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale d'information et d'appel &#224; la manifestation du 10 mars, de 150 personnes. Une nouvelle manif a eu lieu &#224; Rennes le 27 mars, r&#233;unissant plus de 1 000 personnes, volant la vedette &#224; Fran&#231;ois Bayrou venu pour sa campagne &#233;lectorale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mobilisation a depuis marqu&#233; le pas, mais n'est pas &#233;teinte. Mercredi 18 avril, un rassemblement a eu lieu &#224; la Pr&#233;fecture de Rennes. Pour l'heure, le premier Malien &#224; avoir &#233;t&#233; expuls&#233; est sur le point de revenir en France gr&#226;ce &#224; un arrangement juridique. Le collectif appelle &#224; participer &#224; la manifestation du 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; Mai &#224; Rennes et envisage une manifestation d'entre-deux tours avant le 6 mai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le combat est loin d'&#234;tre gagn&#233;, au moins pour l'ensemble des 23 sans-papiers. Mais la lutte collective des habitants de Montfort montre que les petits bourgs de campagne peuvent conna&#238;tre une autre ambiance politique que celle, calme et conservatrice, qu'aiment &#224; montrer les reportages de Jean-Pierre Pernaud en fin de journal de TF1 ! Un dr&#244;le d'encouragement pour tous ceux qui ont engag&#233; le combat contre les expulsions et pour la r&#233;gularisation des sans-papiers. Lyc&#233;ens, profs et parents d'&#233;l&#232;ves des grandes villes ou des banlieues, autour de RESF ou d'autres, ne sont pas seuls &#224; &#234;tre pr&#234;ts &#224; se lever contre les lois et les mesures iniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 mai 2007&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Felipe LORCA, Beno&#238;t MARCHAND&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Belgique : lois antiterroristes contre des militants politiques
</title>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Belgique
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		<description>La ministre de la Justice belge, Laurette Onkelinx a d&#233;clar&#233; le 9 septembre 2005 : &#171; La Belgique, comme tous les &#201;tats d&#233;mocratiques, est en guerre contre le terrorisme. Quand on est en guerre, il faut des mesures exceptionnelles &#187;. Et ce ne sont pas que des mots. &lt;br /&gt;Le Procureur f&#233;d&#233;ral, Johan Demulle, indique ainsi que 106 dossiers pour terrorisme ont &#233;t&#233; ouverts en 2006 contre 89 en 2005 ; et sur base de ces dossiers, 26 enqu&#234;tes judiciaires ont &#233;t&#233; ouvertes contre 14 un an auparavant. Pour le&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La ministre de la Justice belge, Laurette Onkelinx a d&#233;clar&#233; le 9 septembre 2005 : &#171; La Belgique, comme tous les &#201;tats d&#233;mocratiques, est en guerre contre le terrorisme. Quand on est en guerre, il faut des mesures exceptionnelles &#187;. Et ce ne sont pas que des mots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Procureur f&#233;d&#233;ral, Johan Demulle, indique ainsi que 106 dossiers pour terrorisme ont &#233;t&#233; ouverts en 2006 contre 89 en 2005 ; et sur base de ces dossiers, 26 enqu&#234;tes judiciaires ont &#233;t&#233; ouvertes contre 14 un an auparavant. Pour le minist&#232;re de la Justice, cette augmentation est &#224; mettre au compte &#171; &lt;em&gt;du renforcement des effectifs de la police antiterroriste ainsi que les moyens de la S&#251;ret&#233; de l'&#201;tat. Et il y a la nouvelle loi sur le terrorisme qui permet de nouvelles actions &#187;.&lt;/em&gt; Cette nouvelle loi adopt&#233;e apr&#232;s les attentats du 11 septembre 2001 puis renforc&#233;e le 20 d&#233;cembre 2005, poursuit toute personne suspecte de &#171; terrorisme &#187;, c'est-&#224;-dire tout individu ou groupe d'individus qui voudraient s'en prendre aux bases &#233;conomiques et sociales de l'&#201;tat. Autant dire les militants syndicaux, les gr&#233;vistes, et les militants politiques ! Elle cr&#233;e des postes de juges antiterroristes sp&#233;cialis&#233;s ; elle permet la constitution de dossiers confidentiels, le recours &#224; des m&#233;thodes &#171; particuli&#232;res &#187; de recherche : infiltrations, perquisitions et fouilles de locaux &#224; l'insu des personnes vis&#233;es, mises sur &#233;coutes, poses de &#171; balises &#187;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous pr&#233;texte de lutter contre le terrorisme, la ministre de la Justice, socialiste, utilise tous les moyens pour arriver &#224; ses fins. C'est le cas dans l'affaire o&#249; Bahar Kimyong&#252;r, et trois autres militants turcs ont &#233;t&#233; condamn&#233;s par la Cour d'appel de Gand &#224; 5 ans de prison ferme pour appartenance &#224; une &#171; organisation terroriste turque &#187;, le DHKPC.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Terroriste, Kimyong&#252;r ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Tout ce que la justice trouve &#224; lui reprocher est de militer contre la politique de l'&#201;tat turc. En 2000, il fit une gr&#232;ve de la faim pour protester contre les conditions d'incarc&#233;ration des militants dans les prisons en Turquie. Plus tard il parvenait &#224; p&#233;n&#233;trer dans l'enceinte du Parlement europ&#233;en au moment o&#249; le ministre turc des Affaires &#233;trang&#232;res y prenait la parole, pour y lancer des tracts et d&#233;rouler une banderole d&#233;non&#231;ant la politique de la Turquie envers ses d&#233;tenus politiques. Les autres griefs &#224; son &#233;gard sont d'avoir particip&#233; &#224; des manifestations pacifiques organis&#233;es par le DHKPC contre la politique de la Turquie, d'avoir traduit des communiqu&#233;s de cette organisation et de faire partie de son bureau d'information qui avait pignon sur rue &#224; Bruxelles. Kimyong&#252;r est aussi accus&#233; &#171; d'association de malfaiteurs &#187; parce qu'on a retrouv&#233; dans un appartement en Belgique occup&#233; par ses coinculp&#233;s, des photocopies de ses pi&#232;ces d'identit&#233; et un sch&#233;ma indiquant comment imiter sa signature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Turquie souhaite l'extradition de Kimyong&#252;r ainsi que celle de Fehryie Erdal, une autre militante du DHKPC soup&#231;onn&#233;e elle, du meurtre d'un industriel, Sabanci, tu&#233; avec un autre patron et une secr&#233;taire &#224; Istanbul.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les magouilles de la justice belge&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si Erdal est en fuite, Kimyong&#252;r se trouvait bien sur le territoire belge. Mais de nationalit&#233; belge, il &#233;tait impossible de l'extrader. Qu'&#224; cela ne tienne, la ministre de la Justice a essay&#233; de contourner la loi. Sachant que Kimyong&#252;r devait se rendre en Hollande pour un concert, lors d'une r&#233;union rassemblant des repr&#233;sentants du Premier ministre, de la ministre de la Justice, du ministre de l'Int&#233;rieur, du parquet f&#233;d&#233;ral et de la S&#251;ret&#233;, tout ce beau monde d&#233;cidait d'organiser son interception par la police hollandaise. Arr&#234;t&#233; en Hollande, il devenait extradable vers la Turquie qui a lanc&#233; contre lui un mandat d'arr&#234;t international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fort heureusement pour Kimyong&#252;r, apr&#232;s 68 jours de prison, le tribunal hollandais charg&#233; de statuer sur la demande d'extradition de la Turquie l'a refus&#233;e : &#171; &lt;em&gt;interpeller un ministre sur les conditions de d&#233;tention dans les prisons n'est pas un acte coupable. Marquer sa solidarit&#233; avec un prisonnier en gr&#232;ve de la faim n'est pas un acte coupable. Assister aux audiences d'un proc&#232;s ne peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme un acte coupable (&#8230;) &#187;. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette manoeuvre du gouvernement belge ayant &#233;chou&#233;, Kimyong&#252;r et ses camarades &#233;taient quand m&#234;me condamn&#233;s &#224; 5 ans d'emprisonnement en Belgique, en appel du premier jugement, comme dirigeants d'une organisation jug&#233;e terroriste par l'Union Europ&#233;enne, les &#201;tats-Unis et la Turquie. Arr&#234;t&#233;s sur le champ &#224; la fin du proc&#232;s, ils ont &#233;t&#233; d&#233;tenus dans des conditions &#233;pouvantables. Durant plus de trois cents jours, les 3 camarades de Kimyong&#252;r ont &#233;t&#233; plac&#233;s dans un isolement total, sous surveillance d'un garde 24h/24. Des fouilles des cellules &#233;taient effectu&#233;es toutes les 20 minutes, jour et nuit, de m&#234;me que des fouilles au corps humiliantes plusieurs fois par jour. Une lampe de 80 W plac&#233;e au-dessus de leur lit &#233;tait allum&#233;e et &#233;teinte toutes les 45 minutes, de jour comme de nuit, troublant leur sommeil pendant de nombreux mois. Pour la seule femme d&#233;tenue, S&#252;kriye Akar, des mesures d'exception ont &#233;t&#233; adopt&#233;es durant les transferts vers le palais de justice : les yeux band&#233;s et portant une lourde ceinture de cuir avec menottes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces 4 militants ont &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;s r&#233;cemment suite &#224; un arr&#234;t de la Cour de cassation. S'ils sont en attente d'un autre proc&#232;s, c'est tout de m&#234;me un camouflet pour le gouvernement belge !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La n&#233;cessaire mobilisation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans le pays, une certaine mobilisation s'est faite pour d&#233;fendre Kimyong&#252;r et ses camarades. Parmi leurs d&#233;fenseurs, outre les familles, les amis et un comit&#233; de soutien, quelques d&#233;put&#233;s Ecolo ou PS indign&#233;s par l'attitude du gouvernement et les lois antiterroristes. Cette indignation est d'autant plus grande que l'existence de cette r&#233;union interminist&#233;rielle visant &#224; faire extrader Kimyong&#252;r, est maintenant connue. La ministre de la Justice, Onkelinx, celle-l&#224; m&#234;me qui n'h&#233;sita pas &#224; placer sur sa liste &#233;lectorale un &#171; loup gris &#187; (extr&#234;me droite turque), pour les &#233;lections municipales de Schaerbeek, une des communes de Bruxelles &#224; forte communaut&#233; turque, a &#233;t&#233; interpell&#233;e &#224; la Chambre des d&#233;put&#233;s. Un rapport sur cette r&#233;union est fait par &#171; le Comit&#233; P &#187; (la police des polices) et le &#171; Comit&#233; R &#187; (la surveillance des Renseignements). Ce rapport doit &#234;tre explosif pour le gouvernement. Il est conserv&#233;, sous clef, dans un coffre au S&#233;nat. Tous les d&#233;put&#233;s peuvent le consulter&#8230; mais personne ne peut en r&#233;v&#233;ler le contenu ! Comme l'&#233;crit le journal &lt;em&gt;Le Soir&lt;/em&gt; : &lt;em&gt;&#171; la v&#233;rit&#233; semble vou&#233;e &#224; demeurer un secret d'&#201;tat &#187;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut manifester son soutien &#224; Kimyong&#252;r et ses camarades ainsi qu'&#224; tous ceux, de gauche, qui luttent contre la politique du gouvernement turc. Il faut aussi d&#233;noncer les manoeuvres du gouvernement belge dans cette affaire. Et ces lois qui, sous pr&#233;texte de lutter contre le terrorisme, s'en prendront demain &#224; tous les militants politiques et syndicaux, &#224; tous ceux qui participent &#224; des luttes ouvri&#232;res ou se battent pour une autre soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 5 mai 2007&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Paul GALLER&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> L'Inde : nouveau &#171; miracle &#187; de l'&#233;conomie capitaliste ?
</title>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Inde
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		<description>L'Inde, en quelques ann&#233;es, a connu une croissance &#233;conomique impressionnante. Au point que certains se demandent si le sous-continent peut devenir avec la Chine, le Br&#233;sil ou l'Afrique du Sud, l'un des nouveaux pays dominants du monde capitaliste. Le Monde (Dossiers et documents) d'octobre 2006 titre La Chine et l'Inde devraient occuper les 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et 3&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; places mondiales d&#232;s 2035. Quatri&#232;me puissance agricole mondiale et premi&#232;re pour les services informatiques, l'Inde d&#233;veloppe son industrie, son&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'Inde, en quelques ann&#233;es, a connu une croissance &#233;conomique impressionnante. Au point que certains se demandent si le sous-continent peut devenir avec la Chine, le Br&#233;sil ou l'Afrique du Sud, l'un des nouveaux pays dominants du monde capitaliste. &lt;em&gt;Le Monde &lt;/em&gt;(&lt;em&gt;Dossiers et documents&lt;/em&gt;) d'octobre 2006 titre &lt;em&gt;La Chine et l'Inde devraient occuper les 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et 3&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; places mondiales d&#232;s 2035. &lt;/em&gt;Quatri&#232;me puissance agricole mondiale et premi&#232;re pour les services informatiques, l'Inde d&#233;veloppe son industrie, son commerce et ses services et conna&#238;t m&#234;me un d&#233;veloppement des productions d'&#233;nergie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mondialisation, l'ouverture des march&#233;s, les nouvelles technologies peuvent-ils &#224; ce point transformer le partage des richesses, la r&#233;partition mondiale du travail et les rapports de forces mondiaux ? La recherche de la productivit&#233; du capital peut-elle l'amener &#224; investir l'essentiel dans ces pays et verra-t-on les pays imp&#233;rialistes c&#233;der les premi&#232;res places ? L'Inde, qui repr&#233;sentait moins de 1 % de l'&#233;conomie mondiale au d&#233;but des ann&#233;es 1970, peut-elle devenir l'un des pivots du syst&#232;me capitaliste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres pays de main d'&#339;uvre bon march&#233; ont d'abord connu un boom des emplois, suivi d'un boom des gr&#232;ves avec une am&#233;lioration relative des salaires et une diminution de l'avantage concurrentiel. Ainsi la Cor&#233;e du Sud a donn&#233; l'impression qu'elle allait se hisser parmi les plus grandes puissances, avant de subir des crises d&#233;vastatrices puis de repartir de l'avant en limitant ses ambitions. Les nouveaux pays &#171; &#233;mergents &#187; comme l'Inde ne risquent-ils pas de se trouver eux-m&#234;mes concurrenc&#233;s, en termes de main d'&#339;uvre bon march&#233;, par des voisins plus pauvres ? Ou encore le succ&#232;s de l'Inde n'est-il pas un moyen pour les capitalistes de limiter le d&#233;veloppement chinois ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que ce ne sont pas les &#171; pays &#233;mergents &#187; qui auraient forc&#233; la porte du march&#233; mondial. C'est le capital international, &#224; commencer par l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, qui a choisi de s'ouvrir &#224; ces pays et d'y p&#233;n&#233;trer. Le plus &#233;tonnant n'est pas que des trusts occidentaux investissent en Inde, pays &#224; la main d'&#339;uvre bon march&#233;, ou m&#234;me qu'un pays du tiers monde soit capable de leur proposer une main d'&#339;uvre qualifi&#233;e et des ing&#233;nieurs top niveau. C'est plut&#244;t que des trusts indiens aient atteint le stade leur permettant de racheter des entreprises de pays riches et de jouer dans la cour des grands de la concurrence mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement &#233;conomique de l'Inde est incontestable. On a longtemps pens&#233; qu'elle s'en tiendrait &#224; son r&#244;le de premier plan dans les technologies de l'information, mais ce stade aussi semble d&#233;pass&#233;. La recherche appliqu&#233;e, les biotechnologies, la pharmacie se d&#233;veloppent &#224; grande vitesse. Il y a en Inde quatre millions de chercheurs pour 1,3 en Europe. La croissance &#233;conomique concerne d&#233;sormais des grandes cha&#238;nes de distribution et m&#234;me l'automobile. La politique internationale de l'&#201;tat indien accompagne cette &#233;volution &#233;conomique dans le sens d'un rapprochement des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui n&#233;anmoins ne permet pas de conclure, et de loin, que l'on assisterait &#224; l'&#233;mergence d'un nouveau pays industriel susceptible de faire concurrence aux grandes puissances imp&#233;rialistes actuelles. Le &#171; miracle indien &#187;, si l'on pr&#233;tend appeler miracle le d&#233;veloppement de l'exploitation capitaliste dans de nouvelles r&#233;gions du monde, est tr&#232;s loin de toucher l'immense majorit&#233; de la population. S'il y a un avenir dans les importants changements que conna&#238;t l'Inde, il faut plut&#244;t l'attendre du d&#233;veloppement d'une importante classe ouvri&#232;re et de l'essor de ses luttes &#233;conomiques et politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 mai 2007&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> TSI-Advantys (SNCF) : pour les travailleurs du nettoyage la gr&#232;ve&#8230; c'est la guerre !
</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>nettoyage
</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ve
</dc:subject>
		<dc:subject>Entreprises
</dc:subject>
		<dc:subject>SNCF
</dc:subject>

		<description>Le jeudi 19 avril, les 150 ouvriers de TSI-Advantys, soci&#233;t&#233; de manutention et de nettoyage ferroviaire, des chantiers de Mass&#233;na et d'Austerlitz (Paris), reprenaient le travail apr&#232;s 29 jours de gr&#232;ve, &#224; 90 %. &lt;br /&gt;La direction de TSI a fini par c&#233;der sur une bonne partie de leurs revendications : le passage de 15 temps partiels subis &#224; temps complets d'ici fin 2007 et d'autres ensuite ; la juste attribution d'une prime jusqu'ici vers&#233;e arbitrairement ; la requalification selon la convention collective de&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-SNCF-+" rel="tag"&gt;SNCF
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le jeudi 19 avril, les 150 ouvriers de TSI-Advantys, soci&#233;t&#233; de manutention et de nettoyage ferroviaire, des chantiers de Mass&#233;na et d'Austerlitz (Paris), reprenaient le travail apr&#232;s 29 jours de gr&#232;ve, &#224; 90 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction de TSI a fini par c&#233;der sur une bonne partie de leurs revendications : le passage de 15 temps partiels subis &#224; temps complets d'ici fin 2007 et d'autres ensuite ; la juste attribution d'une prime jusqu'ici vers&#233;e arbitrairement ; la requalification selon la convention collective de certains &#171; &#233;taleurs &#187; (literie) ; enfin le retrait de toutes les sanctions et poursuites engag&#233;es durant le mouvement contre des gr&#233;vistes et repr&#233;sentants syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt; &#171; TSI esclavage&#8230; &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce slogan scand&#233; tout au long de la gr&#232;ve r&#233;sume &#224; lui seul la situation des salari&#233;s des soci&#233;t&#233;s sous-traitantes dans le nettoyage mais aussi la restauration :&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Salaires de mis&#232;re : entre 800 et 1 240 &#8364;, toutes primes comprises (attribu&#233;es &#224; la t&#234;te du client), avec travail de nuit, dimanche et f&#234;tes, m&#234;me apr&#232;s 30 ans d'anciennet&#233; !&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Extr&#234;me pr&#233;carit&#233; : 12 % d'int&#233;rimaires officiellement, de nombreux temps partiels impos&#233;s (contrats de 130 heures par mois, voire de 104 heures, soit 4 heures par jour) compl&#233;t&#233;s par un minimum de 17-18 heures suppl&#233;mentaires par mois&#8230; mais non pay&#233;es. Au final, une journ&#233;e compl&#232;te de travail, mais pay&#233;e &#224; temps partiel !&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Travail de plus en plus dur, cons&#233;quence du non remplacement des d&#233;parts (35 depuis 2000) : 4 ou 5 pour nettoyer un train il y a dix ans, ils ne sont plus qu'un seul aujourd'hui&#8230; et parfois pour plusieurs trains ! Et ce, sous les pressions quotidiennes des chefs, dont l'arrogance et le m&#233;pris ont aussi &#233;t&#233; &#224; l'origine de la gr&#232;ve.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;&#171; &#8230;SNCF complice ! &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Complice, la SNCF l'est &#224; plus d'un titre. D'abord comme toutes les entreprises qui sous-traitent certaines de leurs activit&#233;s, lorsqu'elle passe des march&#233;s, elle choisit syst&#233;matiquement l'offre de prix la plus basse. Ce qui se traduit par un v&#233;ritable dumping social. Elle est donc enti&#232;rement responsable des conditions de travail et de salaires d&#233;plorables pratiqu&#233;es par ses sous-traitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est pas tout. La SNCF est intervenue directement dans le conflit en faisant tout pour casser la gr&#232;ve. Elle a fait remplacer les gr&#233;vistes de la literie par ses propres cadres et, pour prot&#233;ger ceux-ci, a appel&#233; toute une armada de policiers (police ferroviaire et nationale), de CRS et de ma&#238;tres-chiens. Elle a fait appel &#224; une autre soci&#233;t&#233; de sous-traitance, Challancin et a permis &#224; TSI de faire venir des int&#233;rimaires, pour traiter des trains qu'elle envoyait sur d'autres chantiers de la r&#233;gion parisienne, &#224; &#201;tampes ou &#224; Villeneuve Prairie. Enfin, elle a d&#233;pos&#233; plainte contre les gr&#233;vistes pour avoir&#8230; sali des oreillers et des couettes. Un soutien inesp&#233;r&#233; &#224; TSI qui a pu ainsi tenir plusieurs semaines sans r&#233;pondre aux demandes de n&#233;gociations des salari&#233;s. La SNCF n'a donc pas h&#233;sit&#233; &#224; user de m&#233;thodes jusqu'ici plut&#244;t observ&#233;es dans des bo&#238;tes aux traditions patronales &#171; dures &#187;, comme Citro&#235;n. Une premi&#232;re &#224; ce niveau !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'exp&#233;rience de la lutte&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ce front TSI-SNCF, la d&#233;termination des gr&#233;vistes n'a jamais faibli. Elle s'est m&#234;me renforc&#233;e &#224; chaque nouvel obstacle rencontr&#233; et que TSI et la SNCF accumulaient devant eux : convocations au tribunal, saisi par TSI dans le but de faire d&#233;clarer la gr&#232;ve ill&#233;gale. Ledit tribunal a refus&#233; cela&#8230; mais a d&#233;cid&#233; l'expulsion des gr&#233;vistes du chantier ; pr&#233;sence permanente d'huissiers (pay&#233;s 300 &#8364; de l'heure par TSI), charg&#233;s de ficher les travailleurs &#171; en infraction &#187; et d'envoyer des lettres de commandement &#224; quitter les lieux ; confrontation &#224; la police, appel&#233;e par la SNCF pour emp&#234;cher les gr&#233;vistes d'interpeller les cadres qui les rempla&#231;aient mais qui face au calme des gr&#233;vistes a d&#251; se retirer tr&#232;s vite ou se tenir &#224; distance ; convocations au commissariat sur plaintes de la SNCF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s vite, l'incompr&#233;hension des travailleurs, trait&#233;s comme des criminels, eux qui r&#233;clamaient simplement de quoi vivre d&#233;cemment, a fait place &#224; une col&#232;re qui est mont&#233;e crescendo et n'a cess&#233; de les aiguillonner. Ils iraient jusqu'au bout dans cette &#171; guerre &#187; (un terme employ&#233; par plusieurs gr&#233;vistes) !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la force des gr&#233;vistes a repos&#233; surtout sur leur organisation. Chaque jour, ils d&#233;cidaient ensemble, en assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale, de la reconduite de la gr&#232;ve et des actions &#224; mener de nuit comme de jour. Pour diriger, ils ont &#233;lu un comit&#233; de gr&#232;ve, constitu&#233; de 12 personnes choisies parmi les gr&#233;vistes les plus en pointe, et qu'ils ont r&#233;&#233;lues plusieurs fois en AG. Une exp&#233;rience enti&#232;rement nouvelle pour ces ouvri&#232;res et ouvriers habitu&#233;s &#224; laisser parler et faire les d&#233;l&#233;gu&#233;s syndicaux&#8230; comme pour ces m&#234;mes d&#233;l&#233;gu&#233;s d'ailleurs, dont certains se sont emport&#233;s violemment contre &lt;em&gt;&#171; les ouvriers qui proposent des id&#233;es &#224; la place des d&#233;l&#233;gu&#233;s &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette coh&#233;sion construite au jour le jour, ensemble dans les d&#233;cisions comme les discussions, c'est ce que retiennent avant tout les gr&#233;vistes. C'est le sens du &#171; tous ensemble &#187; qu'ils ont entonn&#233; &#224; la reprise et reprennent d&#232;s qu'ils se retrouvent.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les difficult&#233;s d'&#233;tendre la gr&#232;ve&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un &#171; tous ensemble &#187; qui s'est bien traduit par le souci de s'adresser aux cheminots et leurs syndicats tout au long de la gr&#232;ve, avec un certain succ&#232;s (d&#233;brayage dans l'Atelier SNCF de Mass&#233;na). Mais avec une limite quand il s'agissait de s'organiser pour &#233;tendre &#224; d'autres chantiers de TSI (&#224; l'exception du Nettoyage de Paris-Austerlitz qui les rejoindra). Il y a bien eu quelques actions en direction de l'ext&#233;rieur : tracts aux voyageurs &#224; Austerlitz, d&#233;l&#233;gation au meeting d'Arlette Laguiller avec pancartes et banderoles, organisation d'une rencontre avec Olivier Besancenot accueilli par une soixantaine de gr&#233;vistes, suivie d'un d&#233;fil&#233; dans la gare, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourtant l'entr&#233;e dans la gr&#232;ve, au 28&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; jour, des 40 nettoyeurs de la gare d'Austerlitz qui a fait basculer le conflit. Devant la menace d'extension de la gr&#232;ve, qui de plus devenait visible (le sol de la gare commen&#231;ait tr&#232;s vite &#224; se couvrir de d&#233;chets), la SNCF op&#233;rait le lendemain un tournant &#224; 180 degr&#233;s : elle retirait ses cadres. Et quelques heures plus tard, TSI c&#233;dait&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette victoire, les ouvriers de TSI n'ont pas fini de la savourer. Lors de la reprise, ils notaient un net changement : les chefs m&#233;prisants les appellent d&#233;sormais &#171; Messieurs-dames &#187; et baissent la t&#234;te. Ils ont aussi collectivement refus&#233; de travailler dans des trains non climatis&#233;s. Le respect de leur dignit&#233; : c'est aussi une des conqu&#234;tes de la gr&#232;ve. Et pas des moindres pour ces travailleurs qui jusque-l&#224; se qualifiaient eux-m&#234;mes d'&#171; invisibles &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 mai 2007&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Agathe MALET&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_258 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L300xH210/tsi-8eb90.gif?1526657130' width='300' height='210' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Arsenal de Cherbourg : r&#233;sistances &#224; la marche vers la privatisation
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		<dc:subject>Entreprises
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		<description>L'arsenal de Cherbourg fabrique des sous-marins depuis 1897. Et aujourd'hui des sous-marins nucl&#233;aires d'attaque (SNA) et des sous-marins nucl&#233;aires lanceurs d'engins (SNLE) sortent de ses ateliers. &lt;br /&gt;L'entreprise &#233;tait jusqu'il y a deux ans une entreprise d'&#201;tat, d&#233;pendant du minist&#232;re de la D&#233;fense. Notre statut &#233;tait celui d'ouvriers d'&#201;tat, avec des particularit&#233;s proches de celles des fonctionnaires. Depuis deux ans, nous sommes devenus une soci&#233;t&#233; nationale de droit priv&#233;. Le groupe DCN (Direction des&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-51-mai-juin-2007-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 51, mai-juin 2007
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Entreprises-72-+" rel="tag"&gt;Entreprises
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'arsenal de Cherbourg fabrique des sous-marins depuis 1897. Et aujourd'hui des sous-marins nucl&#233;aires d'attaque (SNA) et des sous-marins nucl&#233;aires lanceurs d'engins (SNLE) sortent de ses ateliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'entreprise &#233;tait jusqu'il y a deux ans une entreprise d'&#201;tat, d&#233;pendant du minist&#232;re de la D&#233;fense. Notre statut &#233;tait celui d'ouvriers d'&#201;tat, avec des particularit&#233;s proches de celles des fonctionnaires. Depuis deux ans, nous sommes devenus une soci&#233;t&#233; nationale de droit priv&#233;. Le groupe DCN (Direction des constructions navales) a &#233;t&#233; d&#233;tach&#233; du minist&#232;re de la Marine pour devenir une soci&#233;t&#233; comme une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce processus engag&#233; de longue date est en train d'aboutir : en 1991 la cr&#233;ation de DCN International, en 1995 la s&#233;paration des activit&#233;s de nature industrielle, en 2000 la transformation de DCN en service &#224; comp&#233;tence nationale (SNC) d&#233;tach&#233; de la d&#233;l&#233;gation g&#233;n&#233;rale pour l'armement, et en 2002 la cr&#233;ation d'une filiale commune avec Thal&#232;s, pour ne retracer que les plus grandes &#233;tapes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le changement de statut proprement dit est intervenu &#224; la fin de l'ann&#233;e 2003, et la d&#233;cision d'ouvrir le capital il y a un an. Le terme d'arsenal doit &#234;tre banni, dit-on dans les instances, et remplac&#233; par &#233;tablissement ou, mieux &#171; business unit &#187;, pour qualifier les diff&#233;rents sites ! Le but &#224; terme est de faire de l'entreprise un EADS naval, une entreprise europ&#233;enne de type Airbus industrie. De quoi enthousiasmer, avec les 10 000 licenciements pr&#233;vus &#224; Airbus !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement a donc pris son temps pour arriver &#224; ses fins : plus de dix ans. Il faut dire qu'il y a eu &#224; toutes les &#233;tapes une forte r&#233;sistance des salari&#233;s. En 1992, lors de la pr&#233;sentation du premier important plan de r&#233;duction d'effectifs, la ville de Cherbourg a connu une journ&#233;e de manifestations et d'&#233;meutes, dont les participants conservent un tr&#232;s vif souvenir.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Tout d'abord, r&#233;ductions d'effectifs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re pr&#233;occupation patronale a &#233;t&#233; de diminuer massivement les effectifs, de r&#233;duire la voilure comme ils disent, pour rendre l'entreprise pr&#233;sentable en vue d'une privatisation. Nous &#233;tions 4 500 en 1991 et nous sommes actuellement 1 800 salari&#233;s. Il n'y a pas eu de plans sociaux mais des d&#233;parts volontaires &#224; partir de 52 ans. Une prime de d&#233;part a m&#234;me &#233;t&#233; propos&#233;e &#224; des salari&#233;s &#224; partir de 5 ann&#233;es de pr&#233;sence, des mutations dans les services de l'&#201;tat (entretien des casernes en remplacement du contingent, gardien de phare&#8230;) ou encore des formations dans d'autres secteurs : cin&#233;ma, archives, etc. Il y a eu &#233;galement et il y a encore des d&#233;parts &#171; amiante &#187;. Petit &#224; petit, la direction est parvenue, sans licenciements, &#224; diminuer fortement les effectifs.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Apparition de diff&#233;rents statuts&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est le plus choquant pour nous, et nouveau pour l'entreprise, c'est l'embauche de nouveaux personnels qu'on appelle &#171; conventions collectives &#187;, par opposition aux anciens qui b&#233;n&#233;ficient encore du statut d'ouvriers d'&#201;tat, tr&#232;s r&#233;glement&#233; avec notamment pour l'instant la garantie de l'emploi et des augmentations de salaire align&#233;s sur la m&#233;tallurgie parisienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux camarades en &#171; conventions collectives &#187;, leurs augmentations sont r&#233;gies par des n&#233;gociations annuelles qui ont pr&#233;vu pour 2007 une augmentation g&#233;n&#233;rale de 1,5 % et quelques augmentations individuelles pour certains. Ils ont droit &#224; la prime de participation, par exemple, mais sont soumis au droit commun pour les licenciements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur l'effectif actuel de 1 800, il y a environ 250 &#224; 300 &#171; conventions collectives &#187; qui, &#224; travail &#233;gal, touchent entre 300 et 500 euros de moins que les autres. &#192; leur embauche, il leur avait &#233;t&#233; promis la prise en compte de leurs dipl&#244;mes et de leur anciennet&#233;, ce qui n'est toujours pas appliqu&#233;. Ils en sont &#224; leur troisi&#232;me mouvement cette ann&#233;e pour demander que les promesses soient respect&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons aussi d&#233;couvert le recours &#224; l'int&#233;rim. Auparavant, seules les entreprises sous-traitantes pouvaient embaucher des int&#233;rimaires, mais pas l'arsenal. Depuis le changement de statut, la DCN embauche &#8211; et d&#233;bauche &#8211; des int&#233;rimaires. Cela ne passe pas aupr&#232;s des salari&#233;s, qui ne comprennent pas qu'on puisse licencier quelqu'un qui fait bien son travail. C'est ainsi que plusieurs mouvements ont eu lieu r&#233;cemment pour l'embauche d'int&#233;rimaires en CDI.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une r&#233;sistance continue&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nous avons eu l'occasion de mener r&#233;cemment deux autres bagarres, li&#233;es au changement de statut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction a voulu prendre sur nos cong&#233;s en voulant imposer la fermeture de l'usine en fin d'ann&#233;e : au deuxi&#232;me d&#233;brayage r&#233;ussi, elle a c&#233;d&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re attaque a port&#233; sur une prime de 16 %, anciennement prime d'assiduit&#233;, aujourd'hui renomm&#233;e prime de rendement. Avec ses nouvelles m&#233;thodes de &#171; management &#187;, la direction voulait moduler cette prime &#224; la t&#234;te du client et r&#233;compenser les efforts des ouvriers m&#233;ritants. Cherbourg &#233;tait le port pilote pour essayer de remettre en cause cette prime qui &#233;tait d&#233;j&#224; un peu modulable (mais lorsqu'elle descendait en dessous de 14 %, c'&#233;tait consid&#233;r&#233; comme une sanction). Si Cherbourg avait accept&#233; cette modulation, elle aurait &#233;t&#233; appliqu&#233;e &#224; tous les autres arsenaux. Un d&#233;brayage massif en a d&#233;cid&#233; autrement : la direction a aussi recul&#233; devant 800 personnes d&#233;termin&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ces r&#233;sistances, les cadences s'intensifient. Nous subissons de plus en plus les pressions d'une entreprise priv&#233;e : r&#233;duction du temps imparti pour effectuer un travail, les dates de fin de fabrication devenues imp&#233;ratives, le personnel, et donc la charge salariale, fortement all&#233;g&#233;. Un exemple : pour faire un certain type de travail qualifi&#233;, il y avait deux ouvriers &#224; statut d'&#201;tat, qui &#224; eux deux, percevaient 4 000 &#8364; de r&#233;mun&#233;ration. Aujourd'hui, pour faire le m&#234;me travail, il y a un salari&#233; en convention collective qui per&#231;oit 1 600 euros : 2 400 euros d'&#233;conomies sur un seul poste de travail ! Pas tr&#232;s &#233;tonnant dans ces conditions que la DCN puisse afficher des bons r&#233;sultats : par rapport &#224; 2004, le r&#233;sultat d'exploitation a bondi de 18,6 % et la prise de commandes de 290 % en 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 mai 2007&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marc LINDON&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_259 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L350xH199/arsenal-d9f08.gif?1526657131' width='350' height='199' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Citro&#235;n-Aulnay : la gr&#232;ve qui a mis les 300 &#8364; mensuels &#224; l'ordre du jour
</title>
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		<dc:subject>Entreprises
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		<dc:subject>PSA
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		<dc:subject>Gr&#232;ve
</dc:subject>

		<description>Apr&#232;s six semaines de gr&#232;ve, les travailleurs en lutte de Citro&#235;n-Aulnay ont d&#251; reprendre le travail sans avoir obtenu satisfaction sur les revendications essentielles mises en avant : 300 &#8364; nets pour tous, un salaire d'embauche de 1 525 &#8364; nets, la transformation des contrats de 700 int&#233;rimaires en CDI et le d&#233;part en retraite des plus de 55 ans. Ce sont en fait des objectifs pour toute la classe ouvri&#232;re de ce pays, et qui ne peuvent &#234;tre atteints &#224; coup s&#251;r que par un mouvement d'ensemble. Mais&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s six semaines de gr&#232;ve, les travailleurs en lutte de Citro&#235;n-Aulnay ont d&#251; reprendre le travail sans avoir obtenu satisfaction sur les revendications essentielles mises en avant : 300 &#8364; nets pour tous, un salaire d'embauche de 1 525 &#8364; nets, la transformation des contrats de 700 int&#233;rimaires en CDI et le d&#233;part en retraite des plus de 55 ans. Ce sont en fait des objectifs pour toute la classe ouvri&#232;re de ce pays, et qui ne peuvent &#234;tre atteints &#224; coup s&#251;r que par un mouvement d'ensemble. Mais avant de les atteindre, il faut bien que certains aient l'audace de les proposer les premiers. Ce mois de mars, ce furent les travailleurs de Citro&#235;n-Aulnay.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conscience de cette audace explique en partie que, au grand dam de la direction, le moral des gr&#233;vistes n'a pas &#233;t&#233; entam&#233; par le r&#233;sultat. Du 11 au 22 avril, la direction reconna&#238;t avoir perdu une journ&#233;e et demie de production au cours de petits mouvements, ce qui en dit long sur l'ambiance dans les ateliers&#8230; apr&#232;s la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le conflit a &#233;t&#233; &#226;pre et long, mais de bout en bout conduit et contr&#244;l&#233; par les gr&#233;vistes eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Ce qui a mis le feu aux poudres ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le succ&#232;s de la gr&#232;ve de Magnetto, un sous-traitant italien &#224; qui a &#233;t&#233; confi&#233; l'emboutissage des pi&#232;ces fournies &#224; Aulnay, et dont les ateliers font partie de l'usine. Le 22 f&#233;vrier, une gr&#232;ve y &#233;clate pour les salaires. Apr&#232;s trois jours de conflit, les gr&#233;vistes obtiennent satisfaction sur toute la ligne : 100 &#8364; nets d'augmentation, 75 &#8364; de prime de reprise, 5 jours de cong&#233;s suppl&#233;mentaires, l'embauche de dix int&#233;rimaires, l'absence de sanctions, etc. La continuation de la gr&#232;ve mena&#231;ant de bloquer les sites d'Aulnay et de Madrid, les directions des deux entreprises ont pr&#233;f&#233;r&#233; c&#233;der.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs d'Aulnay, m&#233;contents de l'accord salarial accordant 1,6 % pour l'ann&#233;e, sign&#233; en f&#233;vrier par tous les syndicats sauf la CGT et Sud, se mettent en mouvement &#224; leur tour le 28 f&#233;vrier. D'abord limit&#233; &#224; quelques dizaines d'ouvriers du montage et de l'assemblage des portes, le mouvement fait rapidement tache d'huile et en fin d'apr&#232;s-midi, deux cents ouvriers de fabrication sont en gr&#232;ve, dont des moniteurs et des int&#233;rimaires. L'&#233;quipe de nuit suit et la production de C2 et de C3 est compl&#232;tement arr&#234;t&#233;e. Le jeudi, une partie de l'&#233;quipe du matin entr&#233;e en lutte, l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale d&#233;cide aussit&#244;t d'&#233;lire un comit&#233; de gr&#232;ve et d'aller rendre visite aux caristes de Gefco &#224; Survilliers, un sous-traitant de Citro&#235;n, aussi en gr&#232;ve pour les salaires.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Cette gr&#232;ve ne tombe pas d'un ciel serein&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La situation est tendue dans l'usine. Les salaires sont minables. L'explosion du prix de l'immobilier p&#232;se. Comment payer un loyer de 700 &#8364; avec un salaire de 1 100 &#8364; ? La part des salaires dans la fabrication d'une voiture est pass&#233;e de 16 % il y a vingt ans &#224; 7 % aujourd'hui ! La productivit&#233; a augment&#233; de 25 % dans le m&#234;me temps. L'entreprise a parfois employ&#233; plus de 30 % d'int&#233;rimaires pay&#233;s au Smic et les salaires d'embauche ne sont que de 1 200 &#8364;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Citro&#235;n a &#233;cum&#233; le d&#233;partement 93 &#224; la recherche de main-d'&#339;uvre. Pr&#232;s de 22 000 jeunes sont pass&#233;s sur les cha&#238;nes de fabrication du site, depuis une vingtaine d'ann&#233;es, et n'y sont pas rest&#233;s, vu les conditions de travail et la hargne d'un encadrement omnipr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une gr&#232;ve en 2005, d&#233;fensive, visait &#224; compenser les pertes de salaires dues au ch&#244;mage technique mais son souvenir est rest&#233; vivace. De plus diff&#233;rents mouvements chez les sous-traitants Gefco, Ta&#239;s, Val&#233;o et Enci, ont &#233;t&#233; suivis le 14 novembre 2006 par une gr&#232;ve victorieuse d'int&#233;rimaires. La gr&#232;ve de f&#233;vrier-mars a &#233;t&#233; offensive pour des augmentations de salaires substantielles...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;&#192; quelles difficult&#233;s se sont heurt&#233;s les gr&#233;vistes ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D'abord ils &#233;taient tr&#232;s minoritaires. Apr&#232;s quelques jours, la gr&#232;ve a plafonn&#233; &#224; 500 gr&#233;vistes, sur les 3 500 ouvriers de fabrication (l'usine compte 4 500 salari&#233;s). Cela a pourtant suffi &#224; perturber consid&#233;rablement la production : le patron a fait &#233;tat en fin de conflit de 20 000 v&#233;hicules et 300 millions d'euros de manque &#224; gagner. La tentation &#233;tait grande de bloquer l'ensemble de la production en bloquant carr&#233;ment l'usine mais cela aurait eu pour r&#233;sultat n&#233;gatif d'opposer les ouvriers les uns aux autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, le patron &#233;tait d&#233;termin&#233; &#224; ne pas c&#233;der, soulignant que son b&#233;n&#233;fice net avait fondu en 2006 de 83 %, pour atteindre 176 millions d'euros, et &lt;em&gt;&#171; qu'il n'&#233;tait pas envisageable de n&#233;gocier au niveau de tel ou tel site&#8230; Si nous voulions acc&#233;der aux revendications, le co&#251;t pour l'entreprise avoisinerait les 500 millions d'euros. &#187;&lt;/em&gt; Les gr&#233;vistes, eux, savaient que la firme avait engrang&#233;, en 9 ans, 8 milliards d'euros de b&#233;n&#233;fice net et rachet&#233; pour 1 milliard d'euros de ses propres actions l'an pass&#233;, pour en faire monter le cours, mais pour un patron ce n'est jamais le moment de l&#226;cher des augmentations !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin il a utilis&#233; l'ensemble des moyens &#224; sa disposition pour casser la gr&#232;ve. Alors que la production avait chut&#233; d'un tiers, il a tent&#233; de d&#233;placer des ouvriers d'autres ateliers mais s'est heurt&#233; &#224; de nombreux refus, y compris chez les int&#233;rimaires. Puis il a voulu se servir des int&#233;rimaires, mais dut arr&#234;ter sous la menace d'un jugement du tribunal de grande Instance de Bobigny, rendu bien tardivement le 26 mars alors qu'il n'y avait plus d'int&#233;rimaires employ&#233;s ill&#233;galement dans l'usine. Et finalement il utilisa des ouvriers sous contrat PSA, qu'il fit venir de province, en particulier de l'usine de Rennes. Vu les r&#233;ticences, il fut oblig&#233; de passer leur prime de 400 &#224; 700 &#8364; et de les parquer dans un h&#244;tel &#224; l'abri des gr&#233;vistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manoeuvres d'intimidation, provocation, lettres de menace, monnaie courante dans l'entreprise, se multipli&#232;rent sans compter la propagande incessante contre &#171; une gr&#232;ve politique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Qu'est-ce qui a fait tenir les gr&#233;vistes si longtemps ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Leur d&#233;termination et leur rage de vaincre d'abord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux t&#233;moignages d'ouvriers cit&#233;s dans l&lt;em&gt;'Humanit&#233;&lt;/em&gt; sont significatifs de cette volont&#233; d'en finir avec cette situation :&lt;em&gt; &#171; Le patron nous a augment&#233; de 20 &#8364;. C'est quoi &#231;a ? Un kilo de boeuf ! &#187; &#171; Pour aller aux toilettes, il faut appuyer sur un bouton. Le moniteur arrive, repart et revient 20 minutes plus tard pour dire qu'il n'y a personne pour vous remplacer &#224; cause du manque d'effectifs. Je bousille ma vessie pour PSA. &#187; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur organisation ensuite. L'&#233;lection d'un &lt;em&gt;comit&#233; de gr&#232;ve&lt;/em&gt;, d'une centaine de membres &#233;lus par l'assembl&#233;e des gr&#233;vistes, comit&#233; responsable devant l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale, qui a permis &#224; la d&#233;mocratie ouvri&#232;re de fonctionner sans entrave. Le comit&#233; se r&#233;unissait dans une salle de repos baptis&#233;e pour l'occasion &lt;em&gt;&#171; l'&#233;cole de la gr&#232;ve &#187;&lt;/em&gt;. Le comit&#233; &#233;tait l'embryon d'un pouvoir ouvrier dans l'usine. Il a permis l'organisation de la gr&#232;ve et de faire trancher les divergences entre les syndicats par les gr&#233;vistes eux-m&#234;mes. Il a rendu possible les initiatives des ouvriers les plus conscients, les plus imaginatifs, les plus d&#233;termin&#233;s, qui prenaient la parole tour &#224; tour pour d&#233;finir les orientations des gr&#233;vistes. Il a donn&#233; le moral et rendu possible, au travers de discussions et de d&#233;bats parfois anim&#233;s, la coh&#233;sion des participants face au patron et devant les diff&#233;rentes situations. Les commissions financi&#232;res, mairies, journal, actions surprise, ont structur&#233; et rendu publique l'action du comit&#233; de gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La gr&#232;ve &#233;tait menac&#233;e d'isolement&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'int&#233;rieur de l'usine d'abord. Aussi le comit&#233; de gr&#232;ve s'est adress&#233; &#224; plusieurs reprises aux ouvriers qui travaillaient. Il a r&#233;ussi &#224; en entra&#238;ner certains, fait circuler au quotidien dans l'entreprise le journal de la gr&#232;ve, une p&#233;tition de soutien aux gr&#233;vistes qui a recueilli 1 200 signatures, et au travers de collectes r&#233;uni plusieurs milliers d'euros donn&#233;s par les non gr&#233;vistes dont une partie au moins a tenu &#224; montrer sa neutralit&#233; bienveillante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'initiative du comit&#233;, d&#232;s le d&#233;but de la gr&#232;ve, les ouvriers d'Aulnay ont &#171; rendu visite &#187; aux travailleurs d'autres usines du groupe, &#224; 250 &#224; Citro&#235;n Saint-Ouen et environ 400 aux usines de Poissy. L'accueil chaleureux entretenait le moral et mena&#231;ait PSA d'extension de la gr&#232;ve. Les sous-traitants n'ont pas &#233;t&#233; oubli&#233;s, ni les travailleurs des usines du voisinage comme ceux de la SITA &#224; Pantin, ceux de Clear Channel qui impriment les affiches &#233;lectorales, sans compter un rassemblement de 1 000 manifestants &#224; Roissy et &#224; plusieurs reprises au si&#232;ge parisien de PSA. Au total une cinquantaine d'entreprises, petites et grandes, ont &#233;t&#233; contact&#233;es par des groupes d'ouvriers plus ou moins &#233;toff&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#233;vistes ont tout fait pour populariser leur mouvement. Diff&#233;rents candidats &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle sont venus &#224; Aulnay, Arlette Laguiller, Olivier Besancenot, Jos&#233; Bov&#233; et S&#233;gol&#232;ne Royal permettant de briser le silence d'une bonne partie de l'audiovisuel. C'est le fait d'&#234;tre &#224; l'avant-garde d'une lutte nationale pour une augmentation de salaire qui a donn&#233; un deuxi&#232;me souffle &#224; la gr&#232;ve en ralliant les 250 travailleurs de Lear &#224; Lagny. En lutte pour obtenir 150 &#8364;, ils fabriquent les si&#232;ges de C2 et C3 pour Aulnay. Le mouvement d'Aulnay avait dans son sillage d'autres sous-traitants, Lajous &#224; Compi&#232;gne revendiquant 45 &#8364; et Faurecia Hordin dans le nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve mena&#231;ant de durer, le patron ne donnant pas signe de vie, les finances des travailleurs s'amenuisant, le comit&#233; de gr&#232;ve, apr&#232;s dix jours de gr&#232;ve, a organis&#233; des collectes &#224; la sortie des entreprises, des supermarch&#233;s, des gares, dans les lieux publics et plusieurs milliers de travailleurs ont vers&#233; pr&#232;s de 180 000 &#8364; en soutien aux gr&#233;vistes. Des mairies de gauche et le conseil g&#233;n&#233;ral du 93 ont accord&#233; des aides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve d'Aulnay &#233;tait-elle le premier fr&#233;missement d'envergure d'une lutte g&#233;n&#233;rale pour l'obtention des 300 &#8364; ? Il aurait &#233;t&#233; du devoir des grandes conf&#233;d&#233;rations syndicales d'appuyer ce conflit de tout leur poids organisationnel, politique et militant. Elles se sont cantonn&#233;es &#224; soutenir du bout des l&#232;vres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s un mois et demi de gr&#232;ve, PSA ne l&#226;chant rien, il ne restait aux ouvriers que la possibilit&#233; de reprendre dans l'unit&#233;, en &#233;vitant les surench&#232;res. C'est ce que le comit&#233; de gr&#232;ve et l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale ont r&#233;ussi &#224; faire, permettant aux gr&#233;vistes de rentrer la t&#234;te haute, d&#233;filant dans l'usine, fiers de s'&#234;tre fait respecter par un patron de choc, d'avoir popularis&#233; &#224; l'&#233;chelle nationale la revendication des 300 &#8364; pour tous, et d'avoir su pr&#233;server leur force et leur coh&#233;sion pour les luttes &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mai 2007&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gil LANNOU&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_257 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L300xH101/citroen-2-84b02.gif?1526657131' width='300' height='101' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Gauche et extr&#234;me gauche &#224; l'&#233;preuve des urnes
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		<description>S'il est une caract&#233;ristique du premier tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, c'est que la gauche n'a pas tir&#233; profit du m&#233;contentement suscit&#233; par les cinq ans de gouvernement de droite et d'attaques contre les travailleurs (retraites, s&#233;curit&#233; sociale, r&#233;duction d'effectifs des services publics&#8230;). &lt;br /&gt;Faible la gauche ? Non, servile ! &lt;br /&gt;Les claques qu'avaient &#233;t&#233; pour la droite les r&#233;sultats des &#233;lections r&#233;gionales et europ&#233;ennes du printemps 2004 (avec, il est vrai, un tr&#232;s fort taux d'abstention &#224; l'inverse des&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;S'il est une caract&#233;ristique du premier tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, c'est que la gauche n'a pas tir&#233; profit du m&#233;contentement suscit&#233; par les cinq ans de gouvernement de droite et d'attaques contre les travailleurs (retraites, s&#233;curit&#233; sociale, r&#233;duction d'effectifs des services publics&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Faible la gauche ? Non, servile !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les claques qu'avaient &#233;t&#233; pour la droite les r&#233;sultats des &#233;lections r&#233;gionales et europ&#233;ennes du printemps 2004 (avec, il est vrai, un tr&#232;s fort taux d'abstention &#224; l'inverse des pr&#233;sidentielles de cette ann&#233;e), avaient pu faire croire au Parti socialiste que les voix des m&#233;contents parmi les couches populaires lui &#233;tant assur&#233;es, il lui suffirait de grignoter sur sa droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus Sarkozy courait derri&#232;re les voix de Le Pen, plus Royal courait derri&#232;re Sarkozy. Il parlait d'abolir les 35 heures, elle promettait de les assouplir ; lui de s'en prendre aux r&#233;gimes sp&#233;ciaux de retraite, elle d'en n&#233;gocier la &lt;em&gt;&#171; remise &#224; plat &#187;&lt;/em&gt; (ou la fin) avec les syndicats. Il parlait de fermet&#233; vis-&#224;-vis des jeunes d&#233;linquants, elle de centres de r&#233;&#233;ducation encadr&#233;s par l'arm&#233;e ; lui d'immigration choisie, elle d'une immigration &#224; la demande&#8230; des patrons, avec visas &#224; allers-retours multiples pour que l'immigr&#233; retourne ch&#244;mer chez lui, et revienne d&#232;s qu'un patron le siffle. Et &#224; chaque bon Fran&#231;ais d'avoir son drapeau tricolore !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vis-&#224;-vis de tous ceux que ces perspectives n'enthousiasmaient pas, il restait l'argument supr&#234;me : diaboliser Sarkozy. Pourtant pas plus qu'on n'affaiblit Le Pen en criant au fascisme, on n'affaiblit Sarkozy en cultivant la peur et en promettant le moindre mal. Car il table pr&#233;cis&#233;ment sur les pr&#233;jug&#233;s les plus r&#233;actionnaires et travaille lui-m&#234;me son look d'homme fort. Mais il n'&#233;tait pas question pour la candidate socialiste de faire la moindre promesse, de donner le moindre espoir &#224; ceux dont elle sollicitait les suffrages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que la gauche serait &lt;em&gt;&#171; molle &#187;&lt;/em&gt; ? Non. Parce que sa candidate tenait &#224; se montrer responsable vis-&#224;-vis du patronat, pr&#234;te &#224; prendre la rel&#232;ve de Chirac pour poursuivre les r&#233;formes d&#233;j&#224; propos&#233;es par le Medef.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un vote sans illusion ni espoir&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultat : Sarkozy a r&#233;ussi son pari de souffler &#224; Le Pen une partie de ses voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Royal, avec l'argument du &lt;em&gt;&#171; vote utile &#187;&lt;/em&gt; qui &#233;viterait les d&#233;boires de 2002 n'en a souffl&#233;es qu'&#224; ses alli&#233;s. Ceux dont elle a marchand&#233; par avance le retrait (chev&#232;nementistes et radicaux de gauche), comme ceux qui se sont pr&#233;sent&#233;s, PC et Verts, et pleurent maintenant d'avoir &#233;t&#233; victimes de ce &lt;em&gt;&#171; vote utile &#187;. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et loin d'avoir gagn&#233; des voix sur sa droite, c'est au second candidat de la droite, celui de l'UDF, rebaptis&#233; centriste pour les besoins de la cause, que Royal a non seulement c&#233;d&#233; les h&#233;sitants, mais aussi, semble-t-il, une partie des &#233;lecteurs socialistes qui, moindre mal pour moindre mal, se livraient corps et &#226;me au chr&#233;tien Bayrou qui aurait plus de chance de les sauver de l'enfer sarkozyste. C'est donc &#224; lui que Royal promettait de c&#233;der aussi des minist&#232;res, s'il l'aidait &#224; &#234;tre &#233;lue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si bien que le candidat de l'UMP a fait, pour ce premier tour, bien mieux que son pr&#233;d&#233;cesseur : 31,22 %, contre les 19 &#224; 20 % de Chirac en 1988, 1995 et 2002. La droite dans son ensemble (Sarkozy et Bayrou, plus Le Pen et de Villiers) a fait son meilleur score depuis 25 ans : 63,57 % des suffrages, contre 57,13 % en 2002, 59,4 % en 1995 ou 51,10 % en 1988, 49,3 % en 1981.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La candidate socialiste a pu se f&#233;liciter d'avoir fait mieux que Jospin. Ce n'&#233;tait pas bien difficile. Mais les 25,87 % qu'elle a obtenus sont &#224; peine plus que les 23,8 % rassembl&#233;s en 2002 par Jospin plus Chev&#232;nement et Taubira. Ils n'ont &#233;t&#233; obtenus qu'en r&#233;duisant &#224; la portion congrue le PCF et les Verts. La somme des voix de tous les candidats de la gauche gouvernementale (PS, Verts, PC, auxquels on peut ajouter Bov&#233;) n'atteint que 30,69 % des voix cette ann&#233;e contre 32,45 % en 2002. Ce qui prouve que le souvenir restait vivace, du passage de cette gauche au pouvoir et de ses mesures contre le monde du travail. Bien maigres, les illusions qu'elle a suscit&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La gauche de la gauche a fait long feu&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; tsunami politique &#187; qu'aurait &#233;t&#233;, selon certains, le succ&#232;s du Non au r&#233;f&#233;rendum sur la constitution europ&#233;enne de 2005, n'a pas laiss&#233; davantage de traces que le succ&#232;s socialiste aux r&#233;gionales de 2004. Et pour cause : il &#233;tait sans enjeu r&#233;el pour la population laborieuse et la victoire du Non &#233;tait le reflet d'au moins autant de pr&#233;jug&#233;s nationalistes (dans la droite extr&#234;me ou classique, mais aussi dans une partie de la gauche) que d'inqui&#233;tudes sociales ou de rejet de la politique patronale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ceux qui, &#224; gauche, en avaient fait leur cheval de bataille, une partie (M&#233;lenchon et Fabius) a rejoint sans &#233;tats d'&#226;me la gauche du Oui. L'autre partie, qui se voulait la &lt;em&gt;&#171; gauche de la gauche &#187;&lt;/em&gt;, anim&#233;e en r&#233;alit&#233; par des objectifs politiques diff&#233;rents, s'est scind&#233;e autour des trois candidats Besancenot, Buffet et Bov&#233;. Fort heureusement de la part de nos camarades de la LCR, m&#234;me si c'est de fa&#231;on bien tardive, sur un s&#233;rieux enjeu : ne pas accepter d'alliance avec ceux qui se proposaient de gouverner avec les socialistes. La dirigeante du PCF, la principale force militante de la campagne du Non, qui semblait y avoir quelque peu requinqu&#233; l'image de son parti, n'avait aucune raison d'accepter de passer sous la table. Ceux qui critiquaient la mainmise des partis, mais sont quand m&#234;me sensibles aux sir&#232;nes du PS, se retrouvaient derri&#232;re Bov&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec tout juste 700 000 voix pour un parti de 70 000 adh&#233;rents (si l'on se fie au nombre maximum de participants aux votes internes du PCF tels qu'il les publie) et de quelque 12 000 &#233;lus, le PCF a fait le plus mauvais score de son histoire : 1,93 % des suffrages, contre 3,37 % en 2002 et 8,64 % en 1995. Lamin&#233; par le r&#233;flexe du &lt;em&gt;&#171; vote utile &#187;&lt;/em&gt; comme l'explique &lt;em&gt;l'Humanit&#233;&lt;/em&gt;, sur la foi d'un sondage &#224; la sortie des urnes ? Mais cela fait 25 ans que, d'&#233;lection en &#233;lection, le PC est lamin&#233; au profit du PS, &#224; force de lui filer le train.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait d'effacer son &#233;tiquette communiste, en se proclamant candidate d'un rassemblement de gauche &lt;em&gt;&#171; populaire et antilib&#233;rale &#187;&lt;/em&gt;, dont le PC &#233;tait la seule composante, n'a pas permis &#224; Marie-George Buffet de sauver les meubles. Ni &#224; l'&#233;chelle nationale ni dans ce qui &#233;tait jadis les points forts du PCF. Dans des d&#233;partements de banlieue parisienne comme la Seine-Saint-Denis ou le Val-de-Marne, Buffet n'a gu&#232;re r&#233;colt&#233; plus de 3 %. Dans des grandes villes dont le PC d&#233;tient encore la mairie, comme &#224; Bobigny (93), il est pass&#233; de 11,14 % en 2002 &#224; 6,28 %, ou &#224; La Courneuve (93) de 10,25 % &#224; 4,91 %... &#192; Calais, dont le maire est communiste, avec &#224; peine 4,63 % des voix, le PC est largement doubl&#233; par le score de l'extr&#234;me gauche, 10,39 % dont 7,15 % pour la LCR et 3,24 % pour LO (des proportions, comme partout, inverses de celles de 2002 o&#249; LO avait eu 9,66 %, la LCR 4,67 %). De quoi rendre les responsables du PCF anxieux de sauver leurs mairies, et par l&#224; toute une partie de leur appareil, aux municipales de 2008, m&#234;me si les scrutins locaux lui sont toujours moins d&#233;favorables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Saint-Denis (93), le responsable du PCF, l'ancien maire Patrick Braouzec, devenu pr&#233;sident de la communaut&#233; de commune regroupant autour de Saint-Denis cinq autres municipalit&#233;s communistes (plus &#201;pinay tenue par l'UMP), avait choisi de faire la campagne de Jos&#233; Bov&#233; contre celle de son parti : le PC a eu 4,29 % et le candidat de Braouzec 2,02 %. Les tentatives de recyclage des droitiers du PCF vers une gauche plus incolore ne leur offrent sur le plan &#233;lectoral pas davantage de perspectives que la politique de Buffet.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'extr&#234;me gauche ne s'en tire pas si mal&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, les r&#233;sultats de l'extr&#234;me gauche, LO et LCR totalisant 5,41 % des voix, restent plut&#244;t r&#233;confortants. M&#234;me si, dans ce total, avec seulement 1,33 %, notre camarade Arlette Laguiller fait son plus bas score, moins que les 2 % autour desquels tournaient ses r&#233;sultats de 1974 &#224; 1988. (Les 0,34 % de Schivardi, ancien PS, d&#233;fenseur des petites communes, avec relents de nationalisme, pr&#233;sent&#233; par le Parti des travailleurs, sont plus difficilement classables dans l'extr&#234;me gauche dont il ne se revendique pas).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes Arlette Laguiller et Olivier Besancenot ont fait eux aussi les frais du &lt;em&gt;&#171; vote utile &#187;&lt;/em&gt;. Nous l'avons entendu au cours de la campagne, o&#249; d'anciens &#233;lecteurs d'Arlette disaient vouloir assurer la pr&#233;sence du PS au second tour en glissant un bulletin Royal, pour beaucoup &#224; contre c&#339;ur. Ce que semble confirmer le m&#234;me sondage effectu&#233; &#224; la sortie des urnes par l'organisme CSA, avec toutes les limites de validit&#233; d'un tel sondage : sur les &#233;lecteurs interrog&#233;s ayant vot&#233; Arlette en 2002, 27 % auraient vot&#233; pour le PS en 2007 et 9 % pour le PC ; sur ceux de Besancenot en 2002, 37 % auraient cette fois vot&#233; PS, 2 % PC. Il s'agit probablement pour beaucoup d'un retour aux sources. Les 10 % acquis par l'extr&#234;me gauche en 2002 &#233;taient une exception, un vote de d&#233;saveu par une partie des &#233;lecteurs socialistes ou communistes de la politique du gouvernement Jospin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en 1995, en faisant soudain plus de 5 % des voix, qu'Arlette Laguiller (seule candidate d'extr&#234;me gauche cette ann&#233;e-l&#224;) avait quelque peu crev&#233; l'&#233;cran. C'est ce score que l'extr&#234;me gauche retrouve aujourd'hui, alors que la gauche dans son ensemble et plus particuli&#232;rement le Parti communiste font leurs plus faibles r&#233;sultats depuis 25 ans.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des campagnes parall&#232;les pour populariser les revendications ouvri&#232;res&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une partie des anciens &#233;lecteurs d'Arlette s'est report&#233;e cette fois sur Olivier : les sondeurs de CSA en auraient trouv&#233; 10 % dans leur &#233;chantillon. Besancenot a r&#233;cup&#233;r&#233; probablement un &#233;lectorat jeune : un cinqui&#232;me de moins de 25 ans selon les sondeurs de CSA, une moiti&#233; de moins de 35. Mais la pr&#233;sence de la candidature Bov&#233; avait le m&#233;rite de rendre plus lisibles les r&#233;sultats : ceux qui, dans le courant altermondialiste, rejettent les partis politiques voire la classe ouvri&#232;re, avaient le choix de voter pour lui. Ceux qui optaient pour le candidat de la LCR n'&#233;taient rebut&#233;s ni par les revendications ouvri&#232;res mises en avant, ni par l'&#233;tiquette communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car sur le fond, les programmes d'Arlette et d'Olivier &#233;taient grosso modo les m&#234;mes. Pour le meilleur : les mesures d'urgence pour la classe ouvri&#232;re mises en avant par Arlette Laguiller d&#232;s 1995, et reprises d&#233;j&#224; par Besancenot en 2002, ont &#233;t&#233; les axes des deux campagnes ; les deux candidats n'ont pas m&#233;nag&#233; leurs efforts pour &#234;tre pr&#233;sents aupr&#232;s des travailleurs en lutte, les soutenir et populariser leurs combats. Pour le moins bon aussi : les deux campagnes ont toutes deux qualifi&#233; la gauche de &#171; molle &#187;, trop faible, trop timor&#233;e face aux patrons, &#224; la diff&#233;rence de ce que devrait &#234;tre une &lt;em&gt;&#171; vraie gauche &#187;&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;&#171; une vraie pr&#233;sidence socialiste &#187;&lt;/em&gt;. Un langage plus habituel &#224; la LCR (100 % &#224; gauche) que dans notre organisation. Jusqu'&#224; la m&#234;me pr&#233;cipitation d&#232;s le soir du premier tour &#224; appeler &#224; voter Royal, qui n'avait rien de n&#233;cessaire et rendait moins claire la mise en garde des travailleurs sur la politique qu'une S&#233;gol&#232;ne Royal m&#232;nerait au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans l'ensemble, c'est la d&#233;nonciation de l'avidit&#233; du patronat et des politiques men&#233;es successivement par la gauche et la droite, l'affirmation des principales revendications du monde du travail que les deux candidats de l'extr&#234;me gauche ont fait entendre dans cette campagne.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Pr&#233;parer les luttes &#224; venir, donner un programme politique &#224; la classe ouvri&#232;re&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est sur ce terrain que nous devons continuer &#224; appara&#238;tre, nous qui avons tant de fois r&#233;p&#233;t&#233; que les mesures d'urgence ne sont pas un programme pour un mythique gouvernement &lt;em&gt;&#171; vraiment socialiste &#187;&lt;/em&gt;, mais un programme pour les luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et mieux vaudrait le faire ensemble que s&#233;par&#233;ment, chaque fois que cela est possible. Comme pour ce 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mai, &#224; condition d'avoir envie d'y faire entendre en commun nos revendications et la n&#233;cessit&#233; des luttes, et de ne pas transformer les d&#233;fil&#233;s de ce jour-l&#224; en manifestations d'anti-sarkozysme (c'est &#224; dire pro-Royal), comme l'a fait la LCR. Cela aurait pu aussi &#234;tre &#224; l'occasion des prochaines l&#233;gislatives, sur le programme que seuls LO et la LCR ont d&#233;fendu aux pr&#233;sidentielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce devra &#234;tre surtout l'une de nos pr&#233;occupations essentielles dans les mois qui viennent. Pour pr&#233;parer la classe ouvri&#232;re &#224; la riposte aux nouvelles attaques contre les travailleurs, et &#224; l'offensive notamment sur les salaires. Nous sommes les seuls &#224; pouvoir le faire, m&#234;me si nous devrons tenter d'y entra&#238;ner bien d'autres militants ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes du c&#244;t&#233; de notre organisation, la tentation risque d'&#234;tre celle de justifier modestie et isolement par le fait que notre faible score &#233;lectoral nous donnerait peu de poids. Ou sous pr&#233;texte que la droitisation des votes de l'&#233;lectorat serait preuve d'une d&#233;moralisation ouvri&#232;re. Elle est surtout preuve d'un manque de perspectives offertes aux travailleurs. Car des luttes il y en a eu plusieurs, au cours m&#234;me de la campagne &#233;lectorale, non seulement d&#233;fensives, mais m&#234;me offensives, comme &#224; Citro&#235;n Aulnay, o&#249; l'action des militants de Lutte ouvri&#232;re a &#233;t&#233; pour beaucoup. M&#234;me si elles sont rest&#233;es isol&#233;es les unes des autres, ou n'ont touch&#233; qu'une fraction des ouvriers, elles prouvent qu'existent une certaine combativit&#233; et un m&#233;contentement g&#233;n&#233;ral plus que certain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de la LCR la tentation, que l'on voit d&#233;j&#224; poindre, sera surtout grande de se croire d&#233;j&#224;, fort du meilleur score de tous les partis &#224; la gauche du PS, le noyau d'une nouvelle tentative de construction d'une &lt;em&gt;&#171; gauche de la gauche &#187;&lt;/em&gt; r&#233;formiste mais &lt;em&gt;&#171; anti-lib&#233;rale &#187;&lt;/em&gt;&#8230; Et de repartir ainsi vers ses vieux d&#233;mons. Plut&#244;t que de s'atteler directement &#224; la t&#226;che de construire un parti ouvrier de la lutte de classe. C'est la t&#226;che de notre organisation de d&#233;fendre cette perspective-l&#224; et de peser sur la LCR pour la maintenir ou l'entra&#238;ner sur ce terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 mai 2007&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Olivier BELIN&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Editorial : Le &#171; diable &#187; est &#233;lu, le combat continue
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Elections
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		<dc:subject>Nicolas Sarkozy
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		<description>Nicolas Sarkozy est donc &#233;lu. Tous ceux qui &#224; gauche ont peint, particuli&#232;rement entre les deux tours, cette &#233;ventualit&#233; comme une catastrophe historique n'auront r&#233;ussi &#224; faire peur qu'&#224; eux-m&#234;mes et sans doute certains de leurs partisans. Et ceux qui, sans aller jusqu'aux outrances d'Act up qui d&#233;clarait &#171; Sarkozy 2007-2012 nous n'y survivront pas et vous non plus &#187; (rien de moins, mais cette association n'a pas &#233;t&#233; la seule &#224; faire dans ce registre !), ont ax&#233; leur agitation &#233;lectorale sur le &#171; tout sauf&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nicolas Sarkozy est donc &#233;lu. Tous ceux qui &#224; gauche ont peint, particuli&#232;rement entre les deux tours, cette &#233;ventualit&#233; comme une catastrophe historique n'auront r&#233;ussi &#224; faire peur qu'&#224; eux-m&#234;mes et sans doute certains de leurs partisans. Et ceux qui, sans aller jusqu'aux outrances d'Act up qui d&#233;clarait &#171; Sarkozy 2007-2012 nous n'y survivront pas et vous non plus &#187; (rien de moins, mais cette association n'a pas &#233;t&#233; la seule &#224; faire dans ce registre !), ont ax&#233; leur agitation &#233;lectorale sur le &#171; tout sauf Sarkozy &#187;, n'auront r&#233;ussi qu'&#224; oublier ou faire oublier que l'arriv&#233;e &#224; la pr&#233;sidence de S&#233;gol&#232;ne Royale n'aurait pas &#233;t&#233; une meilleure chose pour les travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Royal a perdu par l'un des plus mauvais scores des candidats de gauche &#224; la pr&#233;sidentielle. Tous ses efforts et ses sourires pour rallier une partie de la droite n'auront donc pas servi &#224; grand-chose. Certes elle aurait, entre les deux tours ou avant, men&#233; campagne sur quelques revendications correspondant aux besoins des couches populaires (300 &#8364; mensuels, smic &#224; 1500 &#8364; net, interdiction des licenciements, r&#233;quisition des logements vides ou l&#233;galisation de tous les sans-papiers&#8230;) que cela ne lui aurait sans doute pas permis d'am&#233;liorer son score. Peut-&#234;tre aurait-elle alors perdu encore bien des voix, celle d'&#233;lecteurs qui se croient de gauche ou de ceux qui se disent du centre mais qui n'ont aucune sympathie pour ces couches populaires et leurs revendications, voire s'en m&#233;fient ou les craignent. Mais elle aurait au moins contribu&#233; &#224; populariser ces revendications et fait grandir l'espoir qu'elles &#233;taient parfaitement atteignables sinon par les &#233;lections du moins par d'autres mobilisations. C'&#233;tait &#233;videmment ce que Royal et le PS ne veulent &#224; aucun prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes Sarkozy est notre ennemi, l'ennemi des classes pauvres, des travailleurs et de la jeunesse populaire. Et si nous ne le combattons pas il va aggraver encore notre situation. Mais comme notre situation se serait aggrav&#233;e encore avec Royal si nous ne l'avions pas combattue. Comme elle s'est aggrav&#233;e sans cesse durant les 14 ans de Mitterrand avant d'empirer encore dans les 12 ans de Chirac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la gauche comme avec la droite il n'y a eu de coups d'arr&#234;t &#224; la politique anti-ouvri&#232;re que lorsqu'il y a eu des luttes. Mais des luttes il y en a eu avec la droite comme avec la gauche. Pas plus faciles, mais pas plus difficiles ni moins importantes, d&#233;pendant seulement de la combativit&#233; et du moral d'une partie au moins des travailleurs ou de la jeunesse. Nous en avons encore eu l'exemple avec la mobilisation contre le CPE il y a un an qui a mis en &#233;chec un gouvernement de droite qui comprenait d&#233;j&#224; justement Sarkozy. &#192; la pr&#233;sidence celui-ci n'a pas plus d'armes que lui, Villepin et Chirac en avaient en 2006. Sauf si nous avions le sentiment d'&#234;tre battus d'avance, simplement parce que le nom de Sarkozy est sorti majoritaire des urnes. Mais quelques millions de personnes dans la rue n'ont-elles pas toujours fait bien plus que des dizaines de millions dans l'isoloir, non seulement pour faire avancer la cause des opprim&#233;s mais m&#234;me pour changer l'opinion de la majorit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;parer ces luttes et ce mouvement d'ensemble reste donc la t&#226;che des r&#233;volutionnaires. Nous regrettons que les campagnes pr&#233;sidentielles de LO comme de la LCR, trop complaisante pour Royal et le PS pour la premi&#232;re, grandissant exag&#233;r&#233;ment le nouvel obstacle que serait l'&#233;lection de Sarkozy pour la seconde, n'aient pas aid&#233; &#224; cette pr&#233;paration autant qu'elles l'auraient d&#251;. Nous regrettons que l'&#233;lection pr&#233;sidentielle termin&#233;e l'extr&#234;me gauche ne semble pas manifester beaucoup plus de volont&#233; de tout faire pour cet objectif : ainsi du refus de la LCR comme de LO d'envisager une campagne commune aux prochaines &#233;lections l&#233;gislatives, un moyen d'attirer encore plus l'attention sur le programme qu'Arlette Laguiller et Olivier Besancenot ont d&#233;fendu chacun de leur c&#244;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout faire pour pousser l'extr&#234;me gauche toute enti&#232;re &#224; aller dans ce sens : c'est &#224; cela que nous continuerons &#224; nous employer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 7 mai 2007&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Du &#171; socialisme &#187; &#224; l'ouverture au march&#233; mondial
</title>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Inde
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		<dc:subject>Histoire
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		<description>L'Inde de Nehru, &#224; l'issue de l'ind&#233;pendance en 1947, &#233;tait un pays surtout agricole et textile. Son gouvernement avait fait alors le choix de se doter d'une industrie lourde par des investissements &#233;tatiques massifs et de se prot&#233;ger de la concurrence par un fort protectionnisme, comme l'avait fait la Russie stalinienne. Certains secteurs d'investissement &#233;taient quasiment ferm&#233;s aux capitaux &#233;trangers. Mais les industriels nationaux b&#233;n&#233;ficiaient, des faveurs du pouvoir, des aides de l'&#201;tat et de ce&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'Inde de Nehru, &#224; l'issue de l'ind&#233;pendance en 1947, &#233;tait un pays surtout agricole et textile. Son gouvernement avait fait alors le choix de se doter d'une industrie lourde par des investissements &#233;tatiques massifs et de se prot&#233;ger de la concurrence par un fort protectionnisme, comme l'avait fait la Russie stalinienne. Certains secteurs d'investissement &#233;taient quasiment ferm&#233;s aux capitaux &#233;trangers. Mais les industriels nationaux b&#233;n&#233;ficiaient, des faveurs du pouvoir, des aides de l'&#201;tat et de ce protectionnisme, m&#234;me si les objectifs des plans quinquennaux furent pr&#233;sent&#233;s comme &#171; &lt;em&gt;un d&#233;veloppement de type socialiste, afin d'assurer une croissance &#233;conomique rapide, l'expansion de l'emploi, la r&#233;duction des in&#233;galit&#233;s de revenus et de richesse &#187;, &lt;/em&gt;comme l'affirmait le Pr&#233;ambule au deuxi&#232;me plan. Le &#171; &lt;em&gt;type socialiste de soci&#233;t&#233;&lt;/em&gt; &#187; selon une expression de Nehru, ne faisait r&#233;f&#233;rence qu'&#224; l'&#233;tatisme, au dirigisme &#233;conomique, &#224; la planification de grands ouvrages et de l'industrie lourde, et aux liens &#233;conomiques avec la Russie stalinienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233; l'Inde n'a jamais eu une &#233;conomie d'&#201;tat comparable &#224; celle des pays de l'Est, mais une &#233;conomie mixte faisant la part belle &#224; une grande bourgeoisie tr&#232;s assist&#233;e. Pendant quarante ans l'&#201;tat indien a investi &#224; perte dans l'&#233;conomie, sans avoir acc&#232;s au march&#233; mondial monopolis&#233; par les pays riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au milieu des ann&#233;es 1980 et au d&#233;but des ann&#233;es 1990 que la politique d'ouverture de l'&#233;conomie mondiale voulue par l'imp&#233;rialisme, a permis &#224; l'Inde de renoncer &#224; sa politique &#233;conomique autarcique. C'est l'&#233;poque du partenariat entre le groupe automobile japonais Suzuki et l'indien Maruti et d'un contrat avec Alcatel. Le pouvoir indien a alors r&#233;orient&#233; toute sa politique &#233;conomique pour favoriser l'industrie et le commerce priv&#233;s, d&#233;sengager l'&#201;tat par des privatisations, aider les exportations et permettre les investissements &#233;trangers. Des zones franches industrielles exclusivement tourn&#233;es vers les march&#233;s ext&#233;rieurs ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;es et des activit&#233;s d'exportations d&#233;fiscalis&#233;es. L'&#201;tat a particuli&#232;rement aid&#233; le secteur priv&#233; de l'informatique, de loin le plus important des secteurs d'exportations.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Fin de l'&#233;tatisme &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En 1991, l'abolition du Licence Raj (autorisation d'investir) sonne la fin de l'&#233;conomie contr&#244;l&#233;e par l'&#201;tat. Les industriels indiens redeviennent totalement libres de leurs choix d'investissements &#224; l'int&#233;rieur et &#224; l'ext&#233;rieur du pays et les investisseurs &#233;trangers libres d'entrer dans le pays. Lib&#233;ralisation commerciale, baisse des droits de douane, d&#233;mant&#232;lement des restrictions quantitatives, d&#233;but des privatisations et diminution des moyens donn&#233;s au plan vont offrir un appel d'air au capital priv&#233;, national comme &#233;tranger. La croissance d&#233;passe 7 % chaque ann&#233;e entre 1994 et 1997.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dynamisme et cette confiance des march&#233;s financiers dans les perspectives nouvelles du pays lui permettent d'&#233;chapper en grande partie &#224; la &#171; crise asiatique &#187; de 1997. De 1998 &#224; 2007, les privatisations, pudiquement appel&#233;es &#171; d&#233;sinvestissements &#187; (compte tenu d'une forte opposition dans la population) se multiplient. Le secteur priv&#233; indien, &#233;tranger ou mixte, devient de plus en plus important. Les exportations de biens et services croissent au rythme de 10,8 %. En 2005, la hausse des profits a atteint un niveau record de 40 % selon un auteur qui s'adresse aux investisseurs
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='L'Inde, l'av&#232;nement d'une grande puissance, de Bertrand Schneider, &#233;d. (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
. L'Inde rembourse d&#233;sormais ses pr&#234;ts par anticipation et n'est plus catalogu&#233;e comme un pays sous-d&#233;velopp&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, l'Inde voit cro&#238;tre son march&#233; int&#233;rieur. Selon Jean-Joseph Boillot, dans &lt;em&gt;L'&#233;conomie de l'Inde&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='&#201;ditions La D&#233;couverte, mars 2006.' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; : &lt;em&gt;&#171; L'Inde entre progressivement dans l'&#232;re de la consommation de masse pour les classes moyennes avec une expansion de la consommation priv&#233;e voisine de 5 % par an et une contribution &#224; la croissance du PIB proche de 65 %. &#187; &lt;/em&gt;Sur une population qui a franchi le cap du milliard en 2000, la classe moyenne repr&#233;sente 250 millions d'habitants alors que 840 millions d'Indiens sont encore au dessous du seuil de pauvret&#233; selon le rapport du PNUD (Programme des Nations Unies pour le D&#233;veloppement) de 2004. Car l'essor du capitalisme n'y supprime pas la mis&#232;re et l'arri&#233;ration des conditions de vie : 65 &#224; 70 % de la population vivent &#224; la campagne, 92 % de la population active travaille dans le secteur informel. 27 millions sont au ch&#244;mage plus 35 millions en sous-emploi, selon le rapport de la commission du plan de 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le Mexique et le Br&#233;sil, l'Inde fait partie des soci&#233;t&#233;s les plus in&#233;galitaires du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Robert PARIS&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;L'Inde, l'av&#232;nement d'une grande puissance, de Bertrand Schneider, &#233;d. Organisation, mai 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#201;ditions La D&#233;couverte, mars 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> L'essor de l'informatique en Inde : un nouveau partage du travail mondial
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>D&#233;localisations
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		<dc:subject>Inde
</dc:subject>

		<description>Un spectre hante de plus en plus les bureaux du monde d&#233;velopp&#233; : la crainte de la d&#233;localisation. Elle semblait jusque l&#224; r&#233;serv&#233;e aux travailleurs non qualifi&#233;s de l'industrie, confront&#233;s &#224; la concurrence des usines &#224; tr&#232;s bas co&#251;ts salariaux des pays pauvres. Mais un certain nombre de techniciens, de cadres, d'ing&#233;nieurs subissent d&#233;sormais l'essor d'une sous-traitance internationale. &lt;br /&gt;C'est qu'en modifiant leur organisation du travail et gr&#226;ce aux progr&#232;s de l'informatique et des technologies de&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un spectre hante de plus en plus les bureaux du monde d&#233;velopp&#233; : la crainte de la d&#233;localisation. Elle semblait jusque l&#224; r&#233;serv&#233;e aux travailleurs non qualifi&#233;s de l'industrie, confront&#233;s &#224; la concurrence des usines &#224; tr&#232;s bas co&#251;ts salariaux des pays pauvres. Mais un certain nombre de techniciens, de cadres, d'ing&#233;nieurs subissent d&#233;sormais l'essor d'une sous-traitance internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est qu'en modifiant leur organisation du travail et gr&#226;ce aux progr&#232;s de l'informatique et des technologies de communication, les grandes entreprises ont &#233;largi les activit&#233;s qu'elles peuvent d&#233;localiser : le BPO, pour &lt;em&gt;business process outsourcing &lt;/em&gt;(en fran&#231;ais &#171; externalisation des processus m&#233;tiers &#187;), la finance et la comptabilit&#233;, les centres d'appel, la gestion des t&#226;ches administratives sans contact avec le client (le &lt;em&gt;back-office&lt;/em&gt;) &#8211; comme la gestion des dossiers de sant&#233; chez Axa Grande-Bretagne. Et m&#234;me des activit&#233;s encore plus qualifi&#233;es, comme la recherche et d&#233;veloppement. Pour cela les entreprises fragmentent et uniformisent les processus de production pour constituer des briques partout r&#233;utilisables. Ensuite elle externalisent des activit&#233;s. Des chantiers entiers sont confi&#233;s &#224; des soci&#233;t&#233;s prestataires de services... jusqu'en Inde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car l'Inde symbolise parfaitement cette nouvelle sous-traitance internationale. C'est tout particuli&#232;rement vrai des services informatiques. L'Inde re&#231;oit 40 % des d&#233;localisations de ce type d'activit&#233; &#224; destination des pays en voie de d&#233;veloppement. Gr&#226;ce &#224; la ma&#238;trise de l'anglais, &#224; la r&#233;mun&#233;ration faible du travail et au nombre important d'ing&#233;nieurs sortis des &#233;coles, elle est devenue le fournisseur d'un cinqui&#232;me des exportations de logiciels dans le monde. Certaines activit&#233;s informatiques sont certes plus facilement d&#233;localisables que d'autres : on ne d&#233;place pas la maintenance des postes de travail informatiques, m&#234;me si on peut la confier &#224; un fournisseur. Par contre, pour la maintenance ou le d&#233;veloppement de logiciels informatiques, il est possible de le faire &#224; n'importe quel bout de la plan&#232;te. Tout ce qui peut &#234;tre trait&#233; &#224; distance par ordinateur semble susceptible d'&#234;tre externalis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque bien des grandes firmes am&#233;ricaines ferment leurs portes le soir, les analystes indiens traitent et v&#233;rifient les op&#233;rations de la journ&#233;e&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Le Monde, 8 octobre 2003, &#171; L'Inde met ses cerveaux au service de l'industrie (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. L'ann&#233;e derni&#232;re IBM annon&#231;ait simultan&#233;ment des suppressions de postes aux &#201;tats-Unis et la cr&#233;ation de 14 000 emplois en Inde dans les cinq ans &#224; venir. Microsoft recrute 2 000 d&#233;veloppeurs de logiciels &#224; Bangalore. Il y aurait d&#233;sormais moins d'ing&#233;nieurs dans la Silicon Valley aux &#201;tats Unis qu'&#224; Bangalore en Inde&#8230; au point que dans les bureaux am&#233;ricains menac&#233;s de d&#233;localisation une nouvelle expression fait flor&#232;s : &lt;em&gt;&#171; se faire bangaloriser &#187;&lt;/em&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des entreprises fran&#231;aises regardent &#224; leur tour vers l'Inde. Capgemini, une grosse soci&#233;t&#233; fran&#231;aise de service en ing&#233;nierie informatique (une &#171; SSII &#187;), pr&#233;voit d'y employer plus de 40 000 personnes d'ici 2010.
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Lib&#233;ration 20 mars 2007, &#171; Capgemini, l'appel de l'Inde &#187;' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Bien qu'&#224; l'heure actuelle les SSII fran&#231;aises n'emploient qu'une fraction de leur main d'&#339;uvre dans des pays &#224; bas co&#251;t&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-3' class='spip_note' rel='appendix' title='Mc Kinsey Global Institute, juin 2005, &#171; Comment la France peut-elle tirer (...)' id='nh2-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, elles ont des bureaux en Roumanie, au Maroc, en Espagne, au Vietnam, mais &#233;galement en Inde. &#192; fins exploratoires&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inversement, les soci&#233;t&#233;s informatiques indiennes se d&#233;veloppent : Tata Consultancy Services, Infosys (70 000 salari&#233;s) ou Wipro s'implantent dans le monde entier. Par exemple Infosys est pr&#233;sent dans 17 pays, dont le Canada, o&#249; les soci&#233;t&#233;s am&#233;ricaines cherchent &#224; profiter de co&#251;ts de production plus faibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cet essor a aussi ses limites. Chaque ann&#233;e 2,5 millions d'&#233;tudiants sortent des universit&#233;s indiennes, environ 350 000 sont sp&#233;cialis&#233;s dans les nouvelles technologies, ce qui risque d'&#234;tre peu &#224; court terme, alors que de nombreuses entreprises &#233;trang&#232;res viennent s'implanter. Selon une &#233;tude du consultant McKinsey, il pourrait manquer 500 000 informaticiens sp&#233;cialis&#233;s d'ici &#224; 2010&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-4' class='spip_note' rel='appendix' title='Probl&#232;mes &#201;conomiques 14 mars 2007, La Documentation fran&#231;aise &#171; L'Inde entre (...)' id='nh2-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Les grosses soci&#233;t&#233;s indiennes ont des difficult&#233;s &#224; retenir leurs informaticiens, et la demande sup&#233;rieure &#224; l'offre cr&#233;e les conditions des hausses de salaires.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une Silicon Valley &#224; c&#244;t&#233; des bidonvilles &#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Quant aux &#201;tats f&#233;d&#233;raux indiens, qui ont attir&#233; les investissements des soci&#233;t&#233;s informatiques, comme le Karnataka pour Bangalore, ils sont critiqu&#233;s pour leur manque d'infrastructures. Ils n'ont pas investi dans les transports collectifs pour emmener les employ&#233;s au travail &#224; l'heure, sur des routes qui sont d&#233;fonc&#233;es ou impraticables &#224; cause des inondations par manque de drainage ou d'un syst&#232;me de collectage des eaux us&#233;es. Manque de nouveaux logements et d'acc&#232;s &#224; la m&#233;decine. La fourniture d'&#233;lectricit&#233; reste catastrophique, entra&#238;nant de nombreuses coupures de courant. Les entreprises doivent avoir leurs propres g&#233;n&#233;rateurs. La construction d'un nouvel a&#233;roport vient seulement d'&#234;tre programm&#233;e. Dans une ville comme Bangalore, en 2006, 1 500 compagnies informatiques emploient environ 26 000 personnes, &#224; c&#244;t&#233; des 700 000 travailleurs du textile et du b&#226;timent, sur un total de 7 millions d'habitants, vivant le plus souvent dans les 700 bidonvilles&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-5' class='spip_note' rel='appendix' title='Frontline, du 22 oct. 2006 &#171; The Two Bangalore &#187;, www.flonnet.com' id='nh2-5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; de l'agglom&#233;ration. L'externalisation de l'informatique en Inde, tr&#232;s m&#233;diatis&#233;e, se heurte aux capacit&#233;s de d&#233;veloppement du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, si l'Inde est devenue le premier exportateur de services informatiques du monde (plus de 20 % du march&#233; mondial, devant l'Irlande et les &#201;tats-Unis), ce pari sur une sp&#233;cialisation dans quelques niches technologiques au sein de la nouvelle division mondiale du travail ne doit pas faire oublier que ce secteur repr&#233;sente finalement seulement 3 % du PIB, et un peu plus d'un million d'emplois directs, dans l'oc&#233;an du milliard d'Indiens. Le capital financier a certes tout avantage &#224; externaliser l'informatique. Mais ce secteur sera-t-il capable de se d&#233;velopper encore davantage, et surtout d'entra&#238;ner une partie appr&#233;ciable de l'immense soci&#233;t&#233; indienne ? &#192; voir&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Christine SCHNEIDER&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_264 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L300xH207/ordinateur-86a68.gif?1526657131' width='300' height='207' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le Monde, 8 octobre 2003, &#171; L'Inde met ses cerveaux au service de l'industrie occidentale &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lib&#233;ration 20 mars 2007, &#171; Capgemini, l'appel de l'Inde &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-3' class='spip_note' title='Notes 2-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Mc Kinsey Global Institute, juin 2005, &#171; Comment la France peut-elle tirer parti des d&#233;localisations de service ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-4' class='spip_note' title='Notes 2-4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Probl&#232;mes &#201;conomiques 14 mars 2007, La Documentation fran&#231;aise &#171; L'Inde entre mondialisation et question sociale &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-5' class='spip_note' title='Notes 2-5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Frontline, du 22 oct. 2006 &#171; The Two Bangalore &#187;, www.flonnet.com&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> La politique de l'OMC pousse les paysans au suicide
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/La-politique-de-l-OMC-pousse-les-paysans-au-suicide</link>
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		<dc:date>2007-05-09T22:51:31Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Inde
</dc:subject>
		<dc:subject>Agriculture
</dc:subject>

		<description>Le 15 juillet 2006, 35 paysans adressaient une lettre au pr&#233;sident Abdul Kalam : &#171; Nous pr&#233;f&#233;rons mettre fin &#224; nos jours, car d'ann&#233;e en ann&#233;e nous ne r&#233;coltons que des pertes. &#187; La vague de suicides chez les paysans endett&#233;s souligne l'aggravation des conditions de vie paysannes depuis la lib&#233;ralisation du march&#233; indien sous l'&#233;gide de l'OMC et de la Banque Mondiale. Le gouvernement a fortement r&#233;duit les cr&#233;dits accord&#233;s aux petits et moyens agriculteurs. Alors que les paysans repr&#233;sentent 65 % de la&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 15 juillet 2006, 35 paysans adressaient une lettre au pr&#233;sident Abdul Kalam : &#171; &lt;em&gt;Nous pr&#233;f&#233;rons mettre fin &#224; nos jours, car d'ann&#233;e en ann&#233;e nous ne r&#233;coltons que des pertes.&lt;/em&gt; &#187; La vague de suicides chez les paysans endett&#233;s souligne l'aggravation des conditions de vie paysannes depuis la lib&#233;ralisation du march&#233; indien sous l'&#233;gide de l'OMC et de la Banque Mondiale. Le gouvernement a fortement r&#233;duit les cr&#233;dits accord&#233;s aux petits et moyens agriculteurs. Alors que les paysans repr&#233;sentent 65 % de la population active, ils b&#233;n&#233;ficiaient, en 2003, de moins de 10 % des cr&#233;dits, contre 16 % en 1990. Pour l'achat des semences, des engrais ou des pesticides, ils doivent recourir aux usuriers dont les taux d&#233;passent les 40 % d'int&#233;r&#234;t annuel. Au moindre caprice de la mousson, les paysans se retrouvent pi&#233;g&#233;s, incapables de rembourser leurs emprunts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, la d&#233;pendance &#224; la mousson s'accro&#238;t avec la baisse des financements publics accord&#233;s &#224; l'irrigation, &#224; la gestion de l'eau ou &#224; l'assainissement. En 2003-2004, la production de grains a chut&#233; de 20 % par rapport &#224; 2000-2001 du fait de la s&#233;cheresse. Le d&#233;sengagement de l'&#201;tat est g&#233;n&#233;ral et l'agriculture repr&#233;sente moins de 2 % de son budget. Les subventions publiques, qui couvraient semences, pesticides, eau, &#233;lectricit&#233;, carburant et cr&#233;dits, se sont amenuis&#233;es. Pour &#233;conomiser des pesticides, les paysans c&#232;dent alors aux publicit&#233;s de l'agrobusiness qui vantent les OGM, mais il n'est pas rare que ceux-ci ne germent pas ou soient finalement infest&#233;s d'insectes, privant les paysans de ressource.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ne rien arranger, les prix de vente se sont effondr&#233;s avec la concurrence des pays riches, qui ont profit&#233; de la lev&#233;e des restrictions sur les importations et de la baisse des barri&#232;res douani&#232;res. En 1996, un petit producteur du plateau du Deccan
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-1' class='spip_note' rel='appendix' title='L'agriculture indienne &#224; l'&#233;preuve de l'OMC, Le Monde Diplomatique, septembre (...)' id='nh3-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; vendait le kilo de coton &#224; 26 roupies, apr&#232;s avoir d&#233;pens&#233; 7 roupies pour sa production. En 2002, il d&#233;pensait 25 roupies pour le produire et devait le vendre 17 roupies. Endettement in&#233;vitable !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'effondrement de leur revenu, beaucoup de travailleurs agricoles rejoignent les rangs des sans terre, dont la part est pass&#233;e de 35 % de la population rurale en 1998 &#224; 55 % en 2005. La perte de terre est aussi la cons&#233;quence des expulsions organis&#233;es par le gouvernement pour l'installation de nouveaux complexes industriels, sans que de nouveaux emplois soient r&#233;ellement cr&#233;&#233;s. Ces expulsions ne se passent pas sans r&#233;sistance et affrontements. Lors d'une manifestation au Bengale, en janvier 2007, la police a abattu 11 villageois et 14 en mars. L'acc&#232;s &#224; la terre est devenu une question vitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Inde reste toutefois la quatri&#232;me puissance agricole mondiale et la mis&#232;re n'est pas pour tout le monde. &#192; la fin des ann&#233;es 1960, pour r&#233;duire la d&#233;pendance alimentaire, l'&#201;tat avait fortement subventionn&#233; les grands propri&#233;taires, d&#233;veloppant l'irrigation, le cr&#233;dit et les &#233;quipements pour le stockage et la distribution, poussant &#224; l'utilisation de semences &#224; haut rendement et d'engrais chimiques. C'&#233;tait la &#171; r&#233;volution verte &#187;. Mais l'agriculture intensive n'&#233;tait pas adapt&#233;e &#224; la majorit&#233; de petits propri&#233;taires, disposant de moins d'un hectare. Ce sont eux qui subissent maintenant de plein fouet la politique de l'OMC, tandis que la minorit&#233; de grands propri&#233;taires, tourn&#233;e vers l'exportation, en profite et rach&#232;te les terres des plus petits ruin&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Inde n'a jamais connu de v&#233;ritable r&#233;forme agraire, qui aurait pu am&#233;liorer le niveau de vie des paysans. Malgr&#233; les d&#233;clarations de fa&#231;ade des dirigeants de l'ind&#233;pendance, seuls 2 % des terres ont &#233;t&#233; redistribu&#233;es depuis 1947, selon la Commission nationale sur le travail rural. Aujourd'hui, avec les centaines de millions de sans terre ou de tr&#232;s petits propri&#233;taires, seule la collectivisation des terres repr&#233;senterait une perspective durable pour l'ensemble de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Maurice SPIRZ&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_260 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L300xH247/paysans-31b25.gif?1526479688' width='300' height='247' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb3-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-1' class='spip_note' title='Notes 3-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;L'agriculture indienne &#224; l'&#233;preuve de l'OMC, Le Monde Diplomatique, septembre 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> La plus grande d&#233;mocratie du monde ?
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Inde
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		<description>L'Inde est souvent pr&#233;sent&#233;e comme le pays o&#249; le suffrage universel s'exerce &#224; l'&#233;chelle de centaines de millions d'&#233;lecteurs. En l'opposant encore une fois &#224; la Chine, autre puissance asiatique montante o&#249; la bureaucratie totalitaire du parti communiste chinois assure d'une main de fer l'essor capitaliste. L'Inde r&#233;ussirait au contraire &#224; concilier pauvret&#233; de masse et d&#233;mocratie, la preuve en &#233;tant fournie par un multipartisme &#224; faire tourner les t&#234;tes. &lt;br /&gt;Le r&#232;gne des notables du Parti du congr&#232;s &lt;br /&gt;Depuis 1947,&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'Inde est souvent pr&#233;sent&#233;e comme le pays o&#249; le suffrage universel s'exerce &#224; l'&#233;chelle de centaines de millions d'&#233;lecteurs. En l'opposant encore une fois &#224; la Chine, autre puissance asiatique montante o&#249; la bureaucratie totalitaire du parti communiste chinois assure d'une main de fer l'essor capitaliste. L'Inde r&#233;ussirait au contraire &#224; concilier pauvret&#233; de masse et d&#233;mocratie, la preuve en &#233;tant fournie par un multipartisme &#224; faire tourner les t&#234;tes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le r&#232;gne des notables du Parti du congr&#232;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1947, la vie politique indienne a pourtant longtemps &#233;t&#233; domin&#233;e par un seul parti : le parti du Congr&#232;s, celui des leaders de l'ind&#233;pendance, Gandhi et Nehru. Ce parti repr&#233;sentait les int&#233;r&#234;ts des notables indiens, usuriers, commer&#231;ants, industriels ou propri&#233;taires terriens, qui constituaient l'&#233;crasante majorit&#233; de son personnel politique. La constitution affirmait avec force le droit &#224; la propri&#233;t&#233;, ce qui permit &#224; de grands propri&#233;taires de gagner en justice quand ils &#233;taient confront&#233;s &#224; l'application de lois de r&#233;forme agraire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces notables profitaient en outre de &#171; banques de votes &#187;, c'est-&#224;-dire d'un &#233;lectorat captif de subordonn&#233;s et autres oblig&#233;s, selon la logique client&#233;liste. Apr&#232;s l'ind&#233;pendance, la libert&#233; de voter pour le candidat de son choix a &#233;t&#233; pendant des d&#233;cennies toute th&#233;orique (et on peut supposer qu'elle l'est encore) pour un &#233;lecteur de milieu rural appartenant &#224; une basse caste, analphab&#232;te, et inf&#233;od&#233; au grand propri&#233;taire terrien de sa r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la mort du leader nationaliste Nehru en 1964, sa fille, Indira Gandhi, prend les r&#234;nes du pouvoir, en tant que Premier ministre. Il en r&#233;sulte une scission du parti, puisqu'elle forme sa propre faction, et une p&#233;riode de dictature de 1975 &#224; 1977, baptis&#233;e &#171; &#233;tat d'urgence &#187;. Indira se sert de l'&#233;tiquette socialiste pour &#233;tablir un pouvoir autoritaire. Elle nationalise les banques et annonce la fin des privil&#232;ges des anciens princes, h&#233;ritage de l'&#233;poque coloniale. Elle d&#233;clare la guerre &#224; la pauvret&#233;. En r&#233;alit&#233;, c'est plut&#244;t contre les pauvres qu'elle part en guerre : plus de 10 millions d'entre eux sont st&#233;rilis&#233;s de force au nom de la politique de contr&#244;le des naissances, d'autres voient leur bidonville ras&#233; sans qu'aucun relogement ne soit pr&#233;vu, des mendiants sont rafl&#233;s et se retrouvent dans des camps de travail. Pour la classe dirigeante, l'&#233;tat d'urgence est une bonne op&#233;ration : fini l'absent&#233;isme des employ&#233;s, les trains arrivent &#224; l'heure, il n'y a plus de gr&#232;ves, plus de manifestations !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Derri&#232;re le multipartisme : cast&#233;isme, communautarisme et client&#233;lisme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e 1977 sonne le glas de la domination du parti du Congr&#232;s et marque l'explosion du multipartisme. Indira subit une d&#233;faite aux &#233;lections l&#233;gislatives et passe le pouvoir &#224; une coalition de partis d'opposition, le Janata Front (le Front du peuple). Ce gouvernement est form&#233; de dissidents du Congr&#232;s alli&#233;s &#224; des nationalistes hindous. D&#232;s lors la vie politique sera marqu&#233;e par l'instabilit&#233; des coalitions et par l'accroissement des tensions entre communaut&#233;s religieuses et castes, chacune d'entre elle ayant d&#233;sormais un parti qui s'en r&#233;clame.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Indira Gandhi revient au pouvoir en 1980. Elle s'appuie elle aussi sur les nationalistes hindous et en 1984 envoie l'arm&#233;e contre des s&#233;paratistes sikhs barricad&#233;s dans le Temple d'Or d'Amritsar, leur principal lieu saint. Elle est assassin&#233;e peu apr&#232;s par deux de ses gardes du corps sikhs, ce qui d&#233;clenche des &#233;meutes faisant des milliers de victimes parmi ceux-ci. Son fils Rajiv, qui lui succ&#232;de, m&#232;ne une m&#234;me politique communautariste mais pas forc&#233;ment vis-&#224;-vis des m&#234;mes : pour s'attirer cette fois l'&#233;lectorat musulman, il casse un jugement qui accordait une pension alimentaire &#224; une musulmane r&#233;pudi&#233;e ; la charia continuera donc d'&#234;tre source de droit pour les musulmans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1989, le parti du Congr&#232;s perd les &#233;lections : il est accus&#233; de corruption. En voulant s&#233;duire toutes les communaut&#233;s, il n'en a satisfaite aucune. Le Janata Dal (parti du peuple) forme une coalition avec des partis r&#233;gionaux, les nationalistes hindous du BJP et une des branches du parti communiste, le CPI (M) ! L'annonce de quotas d'emplois suppl&#233;mentaires r&#233;serv&#233;s pour certaines castes provoque imm&#233;diatement des &#233;meutes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette politique de &#171; discrimination positive &#187; dans la fonction publique n'&#233;tait pas nouvelle, mais elle ne prenait en compte jusque l&#224; que les Intouchables et les tribus aborig&#232;nes, dont bien peu avaient le niveau d'&#233;tudes requis pour occuper les quelques places qui leur &#233;taient r&#233;serv&#233;es. Cette fois, le gouvernement propose de r&#233;server des emplois suppl&#233;mentaires &#224; des castes interm&#233;diaires. Dans un pays o&#249; les emplois sont rares, l'acc&#232;s &#224; la fonction publique constitue un enjeu de taille. Les hautes castes qui en ont le monopole s'affolent. Des &#233;tudiants s'immolent par le feu&#8230; Cette politique renforce les divisions de castes au lieu de les gommer, alors qu'elles n'ont normalement plus aucune existence l&#233;gale. Elle renforce aussi le client&#233;lisme, puisque chaque parti politique promet de d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts de telle ou telle cat&#233;gorie. Au m&#234;me moment les violences des hautes castes &#224; l'encontre des castes les plus opprim&#233;es continuent dans les campagnes, le plus souvent dans la plus totale impunit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1992, les extr&#233;mistes hindous ont mobilis&#233; des milliers de fid&#232;les pour aller d&#233;truire la mosqu&#233;e Babri Masjid &#224; Ayodhya, qui &#233;tait para&#238;t-il un temple hindou avant le 16&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Nouvelle flamb&#233;e d'&#233;meutes opposant hindous et musulmans, provoquant des milliers de morts. Le BJP (parti nationaliste hindou) quitte la coalition au pouvoir pour bien marquer son soutien &#224; ces extr&#233;mistes et continue &#224; se renforcer jusqu'en 1996, date &#224; laquelle le chef de son groupe parlementaire, Vajpayee, devient premier ministre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1998, le BJP arrive &#224; nouveau en t&#234;te des &#233;lections. Il doit lui aussi se pr&#234;ter au jeu des coalitions et s'allie &#224; des partis r&#233;gionaux et des politiciens issus du Janata. En 2004 il est battu par le Parti du Congr&#232;s &#224; la t&#234;te d'une coalition dite de gauche, la Democratic Progressive Alliance, incluant deux partis communistes, le CPI et le CPI(M). Mais l'exacerbation des tensions entre les communaut&#233;s et les castes, elle, est toujours l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L.G.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_262 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L300xH221/democratie-6d681.gif?1526657131' width='300' height='221' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Les multinationales &#224; l'assaut du march&#233; indien ?
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Inde
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		<description>L'Inde, avec son milliard d'habitants et son nouvel essor &#233;conomique, semble faire r&#234;ver les grands groupes du monde entier. Fantasme ? En tout cas nombreuses sont les multinationales, confront&#233;es aux limites sinon &#224; la saturation des march&#233;s dans les pays d&#233;velopp&#233;s, qui lorgnent vers ce nouvel Eldorado. &lt;br /&gt;L'industrie automobile commence tout juste &#224; y investir. Renault a annonc&#233; qu'il lancerait sa Logan en association avec le constructeur automobile indien Mahindra. Il compte produire 400 000 voitures&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'Inde, avec son milliard d'habitants et son nouvel essor &#233;conomique, semble faire r&#234;ver les grands groupes du monde entier. Fantasme ? En tout cas nombreuses sont les multinationales, confront&#233;es aux limites sinon &#224; la saturation des march&#233;s dans les pays d&#233;velopp&#233;s, qui lorgnent vers ce nouvel Eldorado.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'industrie automobile commence tout juste &#224; y investir. Renault a annonc&#233; qu'il lancerait sa Logan en association avec le constructeur automobile indien Mahindra. Il compte produire 400 000 voitures par an d'ici sept ans. En 2006, quelque 1,1 million de voitures ont &#233;t&#233; vendues en Inde. D'apr&#232;s les &#233;tudes de march&#233;, ce chiffre pourrait atteindre les 2 millions d'ici &#224; 2010. Mais Renault n'est pas le seul &#224; avoir eu cette id&#233;e, et le nouveau filon indien pourrait, lui aussi, vite saturer ! Trois mod&#232;les concurrents de la Logan viennent d'&#234;tre lanc&#233;s par l'am&#233;ricain General Motors, l'italien Fiat (en partenariat avec le groupe indien Tata Motors) et le sud-cor&#233;en Hyundai. BMW et Volkswagen sont aussi sur les rangs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les g&#233;ants mondiaux de la grande distribution projettent aussi de s'implanter en Inde, mais il leur faut vaincre un certain nombre d'obstacles. L'Inde est le pays du commerce de d&#233;tail, assur&#233; par les 15 millions d'&#233;choppes du pays qui en font le r&#233;seau de distribution le plus atomis&#233; au monde. Les infrastructures sont encore loin d'&#234;tre adapt&#233;es &#224; la civilisation automobile requise par l'hypermarch&#233;, puisqu'il n'existe en Inde que 200 km d'autoroute ! D'autre part, les lois n'autorisent pas encore les groupes &#233;trangers &#224; investir sans partenaire local. Carrefour, Auchan et autres Wal-Mart devront donc s'entendre avec Tata, Bharti, Reliance ou Godrej qui pr&#233;voient d'ouvrir leurs cha&#238;nes de supermarch&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un milliard d'habitants ne rime pas avec un milliard de consommateurs&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans un pays o&#249; la pauvret&#233; reste un ph&#233;nom&#232;ne de masse, les consommateurs assez riches pour acqu&#233;rir les produits des firmes multinationales sont forc&#233;ment une minorit&#233;. Mais une minorit&#233; &#224; l'&#233;chelle d'un pays si peupl&#233; constitue quand m&#234;me des millions d'acheteurs, non n&#233;gligeables pour toutes les &#233;tudes de march&#233; ! D'apr&#232;s le NCAER (Conseil national de recherche en &#233;conomie appliqu&#233;e) il y avait en 1997-1998 un million de m&#233;nages tr&#232;s riches, soit 6 millions de personnes. Ils seraient aujourd'hui 5 millions de m&#233;nages, soit 30 millions de personnes. Eux seuls ont les moyens de consommer r&#233;guli&#232;rement les marques internationales. Des baskets Nike co&#251;tent par exemple l'&#233;quivalent du salaire mensuel d'un chauffeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juste en dessous des tr&#232;s riches dans l'&#233;chelle sociale, il y a bien quelques 150 &#224; 250 millions de personnes selon les estimations, qui repr&#233;senteraient l'&#233;quivalent de la classe moyenne des pays industriels. Mais pour le moment, leurs capacit&#233;s d'achat sont bien inf&#233;rieures &#224; ce que souhaiteraient les investisseurs &#233;trangers. Manger au Kentucky Fried Chicken reste un luxe pour ces millions d'Indiens ! Ces familles ach&#232;tent surtout des marques indiennes, dont les prix leur sont accessibles. Depuis les ann&#233;es 1980, les d&#233;penses de consommation ont cependant augment&#233; pour l'ensemble de la population : en 1975, 73 % du budget familial dans l'Inde rurale &#233;tait consacr&#233; &#224; l'alimentation contre 59 % en 2005, signe que le pouvoir d'achat augmente m&#234;me dans les villages. Un tiers des m&#233;nages poss&#232;de une t&#233;l&#233;vision ; tous, hormis les plus d&#233;munis, ont une montre, une bicyclette et une radio. Mais il n'y a sans doute pas l&#224; de quoi satisfaire tous les espoirs que les multinationales semblent mettre dans les consommateurs indiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, comme l'a conseill&#233; r&#233;cemment la Banque mondiale avec cynisme, le secteur priv&#233; ne devrait pas ignorer le pouvoir d'achat des 4 milliards de pauvres que compte la plan&#232;te. C'est sans doute cet avis qui a donn&#233; l'id&#233;e &#224; Unilever d'investir les campagnes indiennes, avec le premier shampoing vendu en sachet de 7 millilitres &#224; un centime d'euro, en confiant son r&#233;seau de distribution aux villageois par le biais du microcr&#233;dit&#8230; On n'arr&#234;te pas le progr&#232;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lydie GRIMAL&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_261 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L300xH342/banque-5bd71.gif?1526657131' width='300' height='342' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Un g&#233;ant aux pieds d'argile
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Inde
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		<description>Un pays sous industrialis&#233; peut-il devenir une puissance capitaliste mondiale ? Derri&#232;re l'image de grands groupes comme Mittal qui ont d&#233;fray&#233; la chronique en France, la r&#233;alit&#233; de l'industrie indienne est toute autre. La part de l'industrie dans le produit int&#233;rieur brut de l'Inde stagne autour de 27 % depuis les ann&#233;es 1990, dont 16 % seulement pour le secteur manufacturier, part tr&#232;s faible compar&#233;e &#224; celle de la Chine (38 %). Le secteur agricole emploie encore plus de la moiti&#233; de la main d'&#339;uvre. Ce&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un pays sous industrialis&#233; peut-il devenir une puissance capitaliste mondiale ? Derri&#232;re l'image de grands groupes comme Mittal qui ont d&#233;fray&#233; la chronique en France, la r&#233;alit&#233; de l'industrie indienne est toute autre. La part de l'industrie dans le produit int&#233;rieur brut de l'Inde stagne autour de 27 % depuis les ann&#233;es 1990, dont 16 % seulement pour le secteur manufacturier, part tr&#232;s faible compar&#233;e &#224; celle de la Chine (38 %). Le secteur agricole emploie encore plus de la moiti&#233; de la main d'&#339;uvre. Ce n'est donc pas l'industrie, mais le secteur des services qui tire la croissance &#233;conomique indienne, avec quelques 50 % du PIB.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pays, marqu&#233; par son pass&#233; colonial, compte un nombre tr&#232;s &#233;lev&#233; de petites, voire tr&#232;s petites entreprises, qui r&#233;alisent pr&#232;s de 40 % de la production industrielle. La petite industrie rassemble 65 % des salari&#233;s. Prot&#233;g&#233;e d&#232;s l'ind&#233;pendance, en 1947, elle s'est vue r&#233;server des secteurs entiers comme le textile, les composants automobiles ou encore des produits d'alimentation ou de soins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'industrie du textile par exemple, qui constitue le premier secteur industriel avec pr&#232;s de 11 % de la production manufacturi&#232;re, repose sur 35 millions de personnes travaillant pour une bonne part &#224; domicile. La comp&#233;titivit&#233; du textile indien tient aux bas co&#251;ts de la main d'&#339;uvre surexploit&#233;e et de sa mati&#232;re premi&#232;re, le coton. Les petites ou tr&#232;s petites entreprises travaillant dans cette branche sont bien souvent des sous-traitants de plus grosses qui y trouvent ainsi le moyen de contourner une l&#233;gislation du travail pourtant minimale. Mais l'absence de standardisation qu'implique cette production &#233;clat&#233;e est aussi un handicap pour se lancer &#224; l'assaut du march&#233; mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;dominance des industries traditionnelles se refl&#232;te dans les exportations : hormis les productions agricoles, le textile (30,1 % des exportations), et la bijouterie (14,4 %), sont aux premi&#232;res places.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seuls &#238;lots de modernit&#233; au milieu de cette arri&#233;ration industrielle : la chimie et la pharmacie. L'Inde s'est sp&#233;cialis&#233;e dans quelques cr&#233;neaux porteurs, pour lesquels les bas co&#251;ts de la Recherche et D&#233;veloppement, li&#233;s aux bas salaires des chercheurs, sont un &#233;norme avantage. La l&#233;gislation sur les brevets y est aussi plus souple, permettant de reproduire les mol&#233;cules d&#233;j&#224; existantes. L'Inde est ainsi devenue le premier exportateur mondial de m&#233;dicaments g&#233;n&#233;riques, principalement &#224; destination des pays pauvres voisins. CIPLA produit par exemple les traitements anti-HIV les moins chers du monde et les laboratoires Ranbaxy ont d&#233;pass&#233; le milliard de dollars de chiffre d'affaire et ont acquis le fran&#231;ais Aventis en 2004. Mais cette strat&#233;gie de &#171; niches technologiques &#187; est pour le moment loin de suffire &#224; tirer en avant l'ensemble de l'industrie indienne. Ces quelques secteurs modernes font plut&#244;t figure d'exception et tous les discours sur l'&#233;conomie post industrielle, le r&#244;le moteur de l'informatique, ne peuvent cacher que cette faiblesse industrielle est la grande fragilit&#233; de l'&#233;conomie indienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Laurence VINON&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Une industrie marqu&#233;e par le colonialisme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En 1700, L'Inde &#233;tait l'une des deux premi&#232;res &#233;conomies mondiales, avec la Chine. Un peu plus d'un si&#232;cle apr&#232;s, en 1820, sa part s'&#233;tait d&#233;j&#224; notablement r&#233;duite et en 1980 l'Inde, avec 3,4 % du revenu mondial, &#233;tait compl&#232;tement marginalis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que d&#232;s le 17&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, la Compagnie anglaise des Indes orientales installa ses comptoirs dans des grandes villes comme Calcutta et Bombay.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La colonisation britannique a stopp&#233; le d&#233;veloppement de l'&#233;conomie locale en la r&#233;orientant exclusivement en fonction des besoins de la m&#233;tropole : d&#233;clin de l'artisanat, orientation vers des cultures de rendement destin&#233;es &#224; l'exportation, un mode d'industrialisation subordonn&#233; aux int&#233;r&#234;ts de la m&#233;tropole et soumis aux caprices de la conjoncture mondiale. Lors de la Guerre des Boers, par exemple, la majeure partie du ravitaillement anglais provenait de l'Inde. L'Inde exportait ses biens &#224; l'Empire sans droits de douane mais devait payer lorsqu'elle d&#233;sirait en importer d'Angleterre. Elle &#233;tait avant tout un exportateur de mati&#232;res premi&#232;res, notamment le jute et le th&#233; dont les Anglais &#233;taient tr&#232;s demandeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avancement technologique du pays colonisateur tuera dans l'&#339;uf l'industrialisation du pays colonis&#233;. En 1830, la productivit&#233; d'un ouvrier anglais travaillant sur les machines modernes &#233;tait de deux &#224; trois cents fois sup&#233;rieure &#224; celle d'un artisan indien pour la qualit&#233; de fil la plus fine. Du coup, les importations de textiles britanniques en Inde qui s'&#233;levaient &#224; 13 millions de yards carr&#233;s en 1820, s'&#233;levaient &#224; 995 millions en 1870 et 2 050 millions en 1890&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-1' class='spip_note' rel='appendix' title='In L'&#233;conomie de l'Inde, Jean Joseph Boillot, collection Rep&#232;res, &#201;d. La (...)' id='nh4-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. L'industrie textile indienne jadis florissante fut totalement ruin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L.V. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb4-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-1' class='spip_note' title='Notes 4-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;In L'&#233;conomie de l'Inde, Jean Joseph Boillot, collection Rep&#232;res, &#201;d. La D&#233;couverte&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Quelques grandes dynasties capitalistes, dans l'oc&#233;an du sous-d&#233;veloppement
</title>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Inde
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		<description>L'ann&#233;e derni&#232;re le magnat indien de l'acier Mittal menait une spectaculaire OPA sur le premier groupe sid&#233;rurgique europ&#233;en, Arcelor. En f&#233;vrier dernier, la firme Tata Steel achetait l'aci&#233;riste anglo-n&#233;erlandais Corus pour 10,6 milliards d'euros, et le premier producteur d'aluminium indien, Hindalco, achetait le fabricant am&#233;ricain Novelis pour 4,7 milliards d'euros. En 2007 les acquisitions d'entreprises dans le monde par des groupes indiens devraient donc battre des records, apr&#232;s avoir atteint 4,5&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'ann&#233;e derni&#232;re le magnat indien de l'acier Mittal menait une spectaculaire OPA sur le premier groupe sid&#233;rurgique europ&#233;en, Arcelor. En f&#233;vrier dernier, la firme Tata Steel achetait l'aci&#233;riste anglo-n&#233;erlandais Corus pour 10,6 milliards d'euros, et le premier producteur d'aluminium indien, Hindalco, achetait le fabricant am&#233;ricain Novelis pour 4,7 milliards d'euros. En 2007 les acquisitions d'entreprises dans le monde par des groupes indiens devraient donc battre des records, apr&#232;s avoir atteint 4,5 milliards de dollars en 2005 et 7,2 milliards de dollars en 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des achats qui ne se limitent pas &#224; la sid&#233;rurgie, puisque des groupes de pi&#232;ces d'automobiles, de t&#233;l&#233;phonie ou encore de services informatiques (Tata Consultancy, Infosys, Wipro) ont &#233;galement mis la main ces derni&#232;res ann&#233;es sur des concurrents, jusque dans des pays d&#233;velopp&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La preuve d'une mont&#233;e en puissance de l'&#233;conomie indienne dans le monde ? Ce serait aller vite en besogne !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord parce qu'il faut relativiser ces chiffres. Selon le dernier rapport sur l'investissement dans le monde de la Cnuced, il y a eu en 2005 un montant total de 779 milliards de dollars d'IDE (investissements directs &#233;trangers) : 83 % viennent des pays d&#233;velopp&#233;s. Alors qu'ils &#233;taient assez n&#233;gligeables il y a encore 20 ans, les IDE des pays dits en voie de d&#233;veloppement ont tout de m&#234;me atteint un total de 133 milliards de dollars (17 % du total), une somme record pour ces pays, mais o&#249; l'Inde, tr&#232;s loin derri&#232;re la Cor&#233;e, Taiwan, Hong-Kong, Singapour, la Chine, le Br&#233;sil, l'Argentine, repr&#233;sentait moins de 1 % du total. Les derniers achats dans l'industrie lourde de 2006 et 2007 devraient faire l&#233;g&#232;rement remonter cette part, n&#233;anmoins tr&#232;s modeste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite parce qu'en d&#233;pit de l'expansion internationale de quelques grands groupes indiens, l'&#233;conomie indienne reste profond&#233;ment arri&#233;r&#233;e et repr&#233;sente seulement 1 % des exportations mondiales. L'ensemble du sous-continent indien ne repr&#233;senterait toujours que 1,9 % de la valeur ajout&#233;e industrielle mondiale, en augmentation cependant depuis 1990 (1,4 %).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Quelques grandes familles &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En revanche, ces achats indiens &#224; l'&#233;tranger montrent bien qu'il existe en Inde de puissantes dynasties capitalistes indiennes, remontant parfois tr&#232;s loin dans l'histoire. Le meilleur symbole en est la famille Tata, d&#233;j&#224; de grands n&#233;gociants sous la tutelle coloniale anglaise, les fondateurs de la premi&#232;re aci&#233;rie en Inde en 1907. Ces grandes familles, dont beaucoup prosp&#232;rent depuis 6 g&#233;n&#233;rations, ont pu constituer de grands conglom&#233;rats priv&#233;s &#224; l'ombre de l'&#201;tat et &#224; l'abri du protectionnisme de la p&#233;riode pr&#233;tendument socialiste de l'apr&#232;s seconde guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'ouverture au march&#233; des ann&#233;es 1990, ces grandes familles et ces grands groupes indiens jouent leur survie en s'internationalisant eux aussi. Il s'agit selon les cas de s'installer &#224; l'&#233;chelle internationale dans des industries lourdes, qui immobilisent parfois des capitaux consid&#233;rables avec un certain risque sur les profits (l'acier), ou d'acheter des firmes de pays d&#233;velopp&#233;s qui peuvent leur apporter des comp&#233;tences technologiques avanc&#233;es et de s'assurer l'acc&#232;s &#224; des march&#233;s. Ou encore de mettre la main sur des ressources naturelles : la plus grande firme internationale indienne reste la soci&#233;t&#233; p&#233;troli&#232;re ONGC, Oil and Natural Gas Corporation, qui comme ses rivales chinoises tente de s'implanter en Afrique ou m&#234;me en Am&#233;rique latine. Compagnie publique, elle n'est pas astreinte &#224; d&#233;gager les tr&#232;s gros taux de rentabilit&#233; qu'exigent les actionnaires des majors occidentales : elle accepte du coup de n&#233;gocier avec les &#201;tats des conditions moins avantageuses pour exploiter les gisements, que n'accepteraient pas forc&#233;ment les majors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement international de quelques grands groupes indiens ne saurait donc faire oublier la faiblesse de l'industrie du pays, son arri&#233;ration technique, son manque de capitaux, sa faible productivit&#233;. Mais il r&#233;v&#232;le &#224; quel point l'&#233;conomie indienne est domin&#233;e par de grands trusts, aux mains d'une poign&#233;e de richissimes familles, qui ont bien l'intention de se tailler une place dans le capitalisme mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il souligne peut-&#234;tre m&#234;me un probl&#232;me de taille pour l'avenir de l'&#233;conomie indienne. De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale depuis quelques ann&#233;es, des pays du Sud sont globalement devenus cr&#233;diteurs nets des pays d&#233;velopp&#233;s, alors qu'ils &#233;taient lourdement d&#233;biteurs nets dans les ann&#233;es 1980 et 1990. Ce qui veut dire que l'Am&#233;rique latine, le Moyen-Orient, l'Inde, la majeure partie de l'Asie dite en d&#233;veloppement, exportent des capitaux, sous forme de pr&#234;ts, d'achats de titres de la dette des &#201;tats, d'investissements, d'achats d'entreprises, en nombre plus important qu'ils n'en re&#231;oivent des pays d&#233;velopp&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la Cor&#233;e du Sud ou Taiwan, on peut y voir la manifestation d'un d&#233;veloppement &#233;conomique consid&#233;rable, d'un assainissement de leurs finances, de la croissance internationale de firmes importantes et tr&#232;s comp&#233;titives, d'une &#171; maturation de leur capitalisme &#187;. Mais que dire des &#233;mirs du p&#233;trole du golfe persique, richissimes rentiers qui investissent leur fortune non dans leurs pays qui en auraient pourtant bien besoin pour se d&#233;velopper, mais dans le capitalisme plus dynamique des pays riches, dans les entreprises occidentales, dans la dette am&#233;ricaine, sur les march&#233;s financiers des grandes m&#233;tropoles imp&#233;rialistes ? Ils cherchent le profit maximal l&#224; o&#249; ils pensent le trouver, quitte &#224; laisser leur pays croupir dans le sous-d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De grandes entreprises indiennes tentent leur chance dans l'ar&#232;ne internationale, sur des cr&#233;neaux o&#249; elles ont une certaine efficacit&#233;, comme par exemple les m&#233;dicaments g&#233;n&#233;riques ou les services informatiques. Mais Mittal, l'un des h&#233;ritiers d'une des plus grandes dynasties bourgeoises indiennes, a fait le choix d'investir sa fortune personnelle hors du pays. &#192; tel point qu'&#224; la veille du rachat d'Arcelor, il se trouvait bien &#224; la t&#234;te d'un grand groupe sid&#233;rurgique mondial, Mittal Steel&#8230; de droit n&#233;erlandais, dirig&#233; de Londres, centr&#233; sur l'Europe et les pays de l'ex-URSS, et sans la moindre usine ni le moindre bureau en Inde !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bernard RUDELLI &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Un mouvement ouvrier sous influences&#8230;
</title>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Inde
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		<description>La classe ouvri&#232;re est num&#233;riquement tr&#232;s minoritaire. Il y a n&#233;anmoins 40 millions d'ouvriers d'industrie, m&#234;me s'il faut rappeler que plus de 90 % des travailleurs font partie du secteur informel. Cette classe ouvri&#232;re se concentre dans quelques villes et a montr&#233; sa force par le pass&#233;, comme lors de la gr&#232;ve des ouvriers du textile de Bombay en 1982, qui a dur&#233; 22 mois ! &lt;br /&gt;Partis et syndicats &lt;br /&gt;Les centrales syndicales sont nombreuses, plus d'une douzaine. Elles sont souvent rattach&#233;es &#224; des partis&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La classe ouvri&#232;re est num&#233;riquement tr&#232;s minoritaire. Il y a n&#233;anmoins 40 millions d'ouvriers d'industrie, m&#234;me s'il faut rappeler que plus de 90 % des travailleurs font partie du secteur informel. Cette classe ouvri&#232;re se concentre dans quelques villes et a montr&#233; sa force par le pass&#233;, comme lors de la gr&#232;ve des ouvriers du textile de Bombay en 1982, qui a dur&#233; 22 mois !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Partis et syndicats&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les centrales syndicales sont nombreuses, plus d'une douzaine. Elles sont souvent rattach&#233;es &#224; des partis politiques. L'INTUC est le syndicat li&#233; au Parti du congr&#232;s. L'existence d'autres s'explique par les divisions intervenues au sein du Parti communiste de l'Inde (CPI) fond&#233; en 1925 et rapidement stalinis&#233;. Une scission est intervenue en 1964, dans le contexte d'une guerre avec la Chine. Le CPI (M) s'est alors form&#233;, qui soutenait la Chine mao&#239;ste alors que l'autre branche soutenait le gouvernement indien. Ces deux partis, sur une ligne r&#233;formiste l'un comme l'autre, ont assum&#233; des responsabilit&#233;s gouvernementales dans certains &#201;tats, comme au Kerala pour le CPI et au Bengale pour le CPI (M). Ils font aujourd'hui partie de la coalition de gauche qui soutient le Parti du congr&#232;s au pouvoir. Les syndicats qui leurs sont li&#233;s adoptent cette m&#234;me politique : l'AITUC est le syndicat li&#233; au CPI et le CITU le syndicat li&#233; au CPI (M).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La gu&#233;rilla naxaliste&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En 1969 le CPI (M) a connu une nouvelle scission, avec la formation du CPI (ML) appartenant au courant naxaliste. Ce courant &#233;tait lui aussi soutenu par la Chine. Son nom vient de Naxalbari, le village du Nord du Bengale d'o&#249; le mouvement est issu. C'est une gu&#233;rilla qui, dans les campagnes, assassine des grands propri&#233;taires ou des fonctionnaires du gouvernement. Elle est implant&#233;e dans les r&#233;gions les plus pauvres, notamment parmi les tribus aborig&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'extr&#233;misme hindou&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'essor du mouvement extr&#233;miste hindou a ajout&#233; encore &#224; ces divisions : le BMS, fond&#233; en 1955 par des nationalistes hindous &#224; Bhopal, est aujourd'hui la premi&#232;re centrale syndicale devant l'INTUC, pr&#233;sente surtout chez les employ&#233;s de banque, les salari&#233;s du secteur public et les instituteurs. Depuis les ann&#233;es 1980, les revendications li&#233;es &#224; la caste, &#224; la religion ou &#224; une r&#233;gion se sont beaucoup d&#233;velopp&#233;es et avec elles les syndicats li&#233;s &#224; telle ou telle caste et revendiquant, par exemple, la hausse de quotas d'embauche pour elle. D'autres sont r&#233;gionalistes, demandant cette fois la priorit&#233; &#224; l'embauche pour les habitants d'une r&#233;gion, voire l'&#233;tablissement&#8230; de l'emploi h&#233;r&#233;ditaire.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les syndicats ind&#233;pendants&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;consid&#233;ration des principales centrales syndicales a cependant favoris&#233; l'&#233;mergence de syndicats ind&#233;pendants, autour de personnalit&#233;s charismatiques comme Datta Samant, issu de l'INTUC, qui a dirig&#233; la gr&#232;ve du textile &#224; Bombay. Il a &#233;t&#233; abattu en 1997 par les hommes de main d'un entrepreneur.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les coop&#233;ratives d'&#233;change et le microcr&#233;dit&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Des femmes ont cr&#233;&#233; un syndicat du secteur informel, la SEWA (Self Employed Women's Association). Ce syndicat existe depuis 1971 et compterait aujourd'hui 700 000 membres. Ces femmes ont cr&#233;&#233; des coop&#233;ratives d'&#233;change et la Sewa bank, qui pratique le microcr&#233;dit. Elles n&#233;gocient des places aupr&#232;s des municipalit&#233;s pour les vendeuses de rue. Elles ont aussi cr&#233;&#233; une &#233;cole d'alphab&#233;tisation.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La r&#233;pression patronale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;De toute fa&#231;on dans le secteur priv&#233; comme public, le ch&#244;mage p&#232;se. Le nombre de gr&#232;ves semble assez bas depuis quelques ann&#233;es et les patrons n'h&#233;sitent pas &#224; recourir au lock-out, voire &#224; l'assassinat. La plupart des entrepreneurs priv&#233;s ne tol&#232;rent pas de syndicats chez eux. Le grand patron indien Tata est ainsi connu pour &#234;tre un patron de combat &#224; l'encontre du syndicalisme, &#224; l'exception, bien entendu, des &#171; syndicats maison &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le m&#233;contentement des laiss&#233;s pour compte de la croissance&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats indiens regrouperaient aujourd'hui environ 16 millions de personnes. C'est peu, cela ne repr&#233;senterait que 4 % des travailleurs. Le gros probl&#232;me du mouvement ouvrier r&#233;side dans l'ampleur du secteur informel, au sein duquel il est difficile de s'organiser et de se d&#233;fendre. Les r&#233;actions de la classe ouvri&#232;re sont pourtant une pr&#233;occupation pour la classe dirigeante indienne. Le BJP a perdu les derni&#232;res &#233;lections suite au m&#233;contentement de tous les laiss&#233;s pour compte de la croissance, qui ne se sont pas reconnus dans son slogan &#171; Shining India &#187;, l'Inde qui brille de tous ses feux&#8230; La coalition actuelle, qui se dit de gauche, h&#233;siterait du coup &#224; acc&#233;l&#233;rer la lib&#233;ralisation de l'&#233;conomie. Les deux partis communistes, associ&#233;s au parti du Congr&#232;s, ont pour le moment obtenu le gel des d&#233;sinvestissements programm&#233;s de l'&#201;tat dans le secteur public, qui aboutirait &#224; de nombreuses suppressions d'emplois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs doivent pourtant s'attendre &#224; bien des attaques de la part de ce gouvernement ou d'un autre, auxquelles il leur faudra se pr&#233;parer et riposter sans trop compter sur leurs soi-disant repr&#233;sentants politiques ou syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lydie GRIMAL &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> L'autre face du miracle
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Inde
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		<description>L'Inde reste un pays frapp&#233; par une pauvret&#233; massive. Selon les crit&#232;res du gouvernement indien, 26 % de la population vit sous le seuil de grande pauvret&#233;, soit 260 millions de personnes, qui souffrent de sous-nutrition chronique. Selon les chiffres de la Banque mondiale, 35 % des Indiens (soit 365 millions) vivent avec 1 $ par jour, contre 16 % de la population chinoise, et en tout 80 % des Indiens vivent avec 2 $ par jour ou moins (soit 840 millions !) contre 46 % de la population chinoise.&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-L-Inde-nouveau-miracle-de-l-economie-capitaliste-" rel="directory"&gt;DOSSIER : L'Inde : nouveau &#171; miracle &#187; de l'&#233;conomie capitaliste ?
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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'Inde reste un pays frapp&#233; par une pauvret&#233; massive. Selon les crit&#232;res du gouvernement indien, 26 % de la population vit sous le seuil de grande pauvret&#233;, soit 260 millions de personnes, qui souffrent de sous-nutrition chronique. Selon les chiffres de la Banque mondiale, 35 % des Indiens (soit 365 millions) vivent avec 1 $ par jour, contre 16 % de la population chinoise, et en tout 80 % des Indiens vivent avec 2 $ par jour ou moins (soit 840 millions !) contre 46 % de la population chinoise. La comparaison avec la Chine, l'autre grand pays &#233;mergent, montre que le niveau de vie indien est encore bien plus faible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Inde se classe au 127&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; rang mondial (sur 175 pays recens&#233;s) pour son indice de d&#233;veloppement humain. C'est un indicateur qui tente de mesurer le confort de vie d'une population, en prenant en compte le revenu par habitant, l'acc&#232;s aux soins et &#224; la scolarisation. L'esp&#233;rance de vie n'est encore que de 63 &#224; 65 ans selon les estimations, contre plus de 71 ans en Chine. Selon l'OMS, 5 millions de personnes meurent chaque ann&#233;e de maladies dues &#224; la contamination de l'eau, par manque d'acc&#232;s &#224; l'eau potable. Dans la r&#233;gion tr&#232;s pauvre du Madhya Pradesh, 13,8 % des enfants meurent avant l'&#226;ge de 5 ans. La progression du sida est inqui&#233;tante, avec 4,6 millions de personnes infect&#233;es, mais peut-&#234;tre le double en r&#233;alit&#233;. Le gouvernement indien consacre moins de 1 % du PIB &#224; la sant&#233; publique. Cette situation sanitaire catastrophique n'emp&#234;che pas l'essor du tourisme m&#233;dical au profit des cliniques priv&#233;es dans lesquelles de plus en plus de riches occidentaux viennent occuper des lits d'h&#244;pitaux haut de gamme pour se faire soigner &#224; moindre co&#251;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me d'&#233;ducation est aussi tr&#232;s insuffisant. En 2001, le taux officiel d'adultes alphab&#233;tis&#233;s &#233;tait de 65,4 %. En r&#233;alit&#233;, seuls 41 % sauraient vraiment lire et &#233;crire, en raison du grand nombre d'enfants contraints d'abandonner en cours d'&#233;tude. La situation est encore pire pour les femmes dont 21 % seulement sont alphab&#233;tis&#233;es en milieu rural. Dans ce domaine aussi l'Inde est le pays des in&#233;galit&#233;s criantes, avec ses informaticiens hyper qualifi&#233;s et ses centaines de millions d'analphab&#232;tes, contradiction qui pourrait bien compromettre sa place de &#171; bureau du monde &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La majorit&#233; des Indiens est donc toujours exclue de la croissance &#233;conomique, laquelle a aggrav&#233; les in&#233;galit&#233;s entre les riches et les pauvres, mais aussi les in&#233;galit&#233;s entre les r&#233;gions : les r&#233;gions les plus pauvres, encore tr&#232;s rurales (Bihar, Madhya Pradesh, Rajasthan et Uttar Pradesh, un ensemble surnomm&#233; le BIMARU) ont un niveau de vie comparable &#224; celui de l'Afrique subsaharienne, alors que les villes des r&#233;gions c&#244;ti&#232;res comme Bombay ou Madras, ou encore le Sud autour de Bangalore, se modernisent &#224; toute vitesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pauvret&#233; n'&#233;pargne cependant pas plus les villes que les campagnes : la moiti&#233; des 18 millions d'habitants de Bombay vivent dans la rue ou dans des bidonvilles. Pas plus que le sous-emploi : 4 millions de postes sont cr&#233;&#233;s par an actuellement, contre 8 millions dans les ann&#233;es 1980 ; au vu de la croissance d&#233;mographique, il en faudrait au moins 10 millions. La lib&#233;ralisation de l'&#233;conomie en a m&#234;me supprim&#233; dans le secteur public, suite &#224; un certain d&#233;sengagement de l'&#201;tat, comme dans le secteur priv&#233; &#224; cause des restructurations. En clair, en Inde aussi les patrons licencient sous pr&#233;texte de comp&#233;titivit&#233; mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L. G.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Pour en savoir un peu plus
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		<dc:date>2007-05-09T22:50:59Z</dc:date>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Inde
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		<dc:subject>Livre
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		<description>Parmi bien d'autres ouvrages, voici une s&#233;lection de quelques livres r&#233;cents : L'&#233;conomie de l'Inde , Jean-Joseph Boillot, collection Rep&#232;res, &#233;ditions La D&#233;couverte, 2006 (8&#8364;). Actuel et synth&#233;tique. Pour d&#233;buter. La face cach&#233;e de l'Inde , Izzi Lokku, &#233;ditions Eyrolles, 2007. L'auteur est un publicitaire indien qui aborde un certain nombre de sujets r&#233;voltants, sous forme de courts chapitres. 125 pages. Facile &#224; lire mais pas tr&#232;s fouill&#233;. L'Inde : d'un mill&#233;naire &#224; l'autre 1947-2007 , de Shashi&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Parmi bien d'autres ouvrages, voici une s&#233;lection de quelques livres r&#233;cents :&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt; &lt;em&gt;L'&#233;conomie de l'Inde&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;, Jean-Joseph Boillot, collection Rep&#232;res, &#233;ditions La D&#233;couverte, 2006 (8&#8364;). Actuel et synth&#233;tique. Pour d&#233;buter.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt; &lt;em&gt;La face cach&#233;e de l'Inde&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;, Izzi Lokku, &#233;ditions Eyrolles, 2007. L'auteur est un publicitaire indien qui aborde un certain nombre de sujets r&#233;voltants, sous forme de courts chapitres. 125 pages. Facile &#224; lire mais pas tr&#232;s fouill&#233;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt; &lt;em&gt;L'Inde : d'un mill&#233;naire &#224; l'autre 1947-2007&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;, de Shashi Tharoor, &#233;ditions du Seuil, 2007 (23&#8364;), est ouvrage tr&#232;s s&#233;rieux de 400 pages. L'auteur est un romancier qui a travaill&#233; 28 ans aux Nations Unies. Vision critique et intelligente sur l'histoire de l'Inde (Nehru, Indira Gandhi, la planification) et l'actualit&#233; (les castes, le pouvoir d'achat, l'atomisation des partis et le communautarisme). Notre pr&#233;f&#233;r&#233; ! (cf. aussi du m&#234;me auteur &#171; Le grand roman indien &#187;, en poche (8&#8364;), une &#233;pop&#233;e impertinente de l'Inde moderne. Points Seuil 2002).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt; &lt;em&gt;Bombay, maximum city&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;, de Suketu Mehta, &#233;ditions Buchet/Chastel, 2006, (23&#8364;). Sorte de reportage sur Bombay, qui montre les conditions de vie, revient sur l'extr&#233;misme hindou dont Bombay est un fief. Bien &#233;crit, se lit facilement m&#234;me si c'est long : 750 pages.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Enfin un gros pav&#233; plus pour l'&#233;tude que la distraction : &lt;strong&gt; &lt;em&gt;L'Inde contemporaine, de 1950 &#224; nos jours&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;, par Christophe Jaffrelot, &#233;dition Fayard/CERI, 2006 (28&#8364;). 900 pages assez ardues mais tr&#232;s instructives.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_263 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH564/carteInde-a9639.gif?1526657131' width='500' height='564' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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