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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskyste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> La finance &#233;thique ?
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
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		<dc:subject>Finance
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		<description>La finance dite &#171; solidaire &#187;, &#171; responsable &#187; ou &#171; &#233;thique &#187; est apparue dans les ann&#233;es 1980, c'est-&#224;-dire dans un contexte o&#249; se d&#233;veloppe dans les pays occidentaux un ch&#244;mage de masse. Les finances solidaires visent &#224; soutenir des projets qui auraient une utilit&#233; sociale, environnementale ou humanitaire, quitte pour les particuliers &#224; renoncer &#224; une partie des r&#233;mun&#233;rations, revers&#233;es &#224; une association choisie. Elles visent &#224; promouvoir le &#171; d&#233;veloppement durable &#187; dans les pays pauvres, et, dans les pays&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La finance dite &#171; solidaire &#187;, &#171; responsable &#187; ou &#171; &#233;thique &#187; est apparue dans les ann&#233;es 1980, c'est-&#224;-dire dans un contexte o&#249; se d&#233;veloppe dans les pays occidentaux un ch&#244;mage de masse. Les finances solidaires visent &#224; soutenir des projets qui auraient une utilit&#233; sociale, environnementale ou humanitaire, quitte pour les particuliers &#224; renoncer &#224; une partie des r&#233;mun&#233;rations, revers&#233;es &#224; une association choisie. Elles visent &#224; promouvoir le &#171; d&#233;veloppement durable &#187; dans les pays pauvres, et, dans les pays riches, l'insertion par le travail et par le logement. Le d&#233;veloppement du micro-cr&#233;dit, quant &#224; lui, ayant pour objet de permettre &#224; des personnes n'ayant pas acc&#232;s au cr&#233;dit bancaire de devenir entrepreneur en cr&#233;ant leur propre activit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Existe-t-il une bonne utilisation de son argent ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re pr&#233;occupation des particuliers souhaitant &#233;pargner ou investir dans des projets solidaires se fonde sur l'espoir d'une &#171; bonne &#187; utilisation de l'argent, &#233;chappant &#224; la mainmise de la finance plus pr&#233;occup&#233;e de rentabilit&#233; que du bien de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pr&#233;occupation est l&#233;gitime : quitte &#224; placer, investir ou &#233;pargner, autant que ce soit dans des projets dits solidaires ou socialement responsables. Cependant, la pr&#233;occupation change totalement de nature quand elle est le fruit non plus de la g&#233;n&#233;rosit&#233; de quelques dizaines de milliers d'individus, mais de l'int&#233;r&#234;t d'institutions &#233;tatiques, de multinationales, ou de grands groupes financiers. La question n'est plus comment faire un usage &#171; &#233;thique &#187;, &#171; solidaire &#187; ou &#171; responsable &#187; de son argent, mais plut&#244;t : comment faire croire &#224; un usage &#171; &#233;thique &#187; du capitalisme ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des micro-cr&#233;dits pour enrichir qui ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Comme l'affirme l'&#233;ditorial d'&lt;em&gt;Alternatives &#233;conomiques&lt;/em&gt;, il s'agirait de &lt;em&gt;&#171; civiliser l'&#233;conomie, d'encadrer les forces du march&#233; &#187;&lt;/em&gt;, d'organiser le capitalisme, voire seulement de r&#233;duire ses effet d&#233;sastreux. Le consommateur et l'&#233;pargnant seraient ainsi en mesure de &lt;em&gt;&#171; faire pression sur les grands acteurs priv&#233;s et les conduire &#224; am&#233;liorer leurs pratiques en mati&#232;re sociales et d'environnement&lt;/em&gt; &#187;. Am&#233;liorer les conditions d'existence des peuples des pays pauvres, se pr&#233;occuper d'environnement, octroyer des pr&#234;ts &#224; ceux qui en ont le plus besoin sont en effet les pr&#233;occupations de tous ceux que le syst&#232;me social et &#233;conomique engendr&#233; par le capitalisme r&#233;volte. Cependant, au-del&#224; de ces sentiments g&#233;n&#233;reux, la r&#233;alit&#233; est tout autre : les placements &#233;thiques ou solidaires permettent tout au plus &#224; sortir la t&#234;te de l'eau quelques personnes dans un oc&#233;an de mis&#232;re, tout en pourvoyant des revenus suppl&#233;mentaires aux banques et soci&#233;t&#233;s industrielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attribution du prix Nobel de la paix &#224; Mohammed Yunus, originaire du Bangladesh et consid&#233;r&#233; comme le p&#232;re du micro-cr&#233;dit, est symptomatique : il s'agit de faire croire que tout un chacun pourrait devenir entrepreneur et sortir de la pauvret&#233; ! Le mod&#232;le du micro-cr&#233;dit est vant&#233; par de nombreuses personnalit&#233;s riches et puissantes comme, par exemple, Hillary Clinton ou Paul Wolfowitz, pr&#233;sident de la Banque mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus pr&#232;s de nous, Jacques Attali, ancien conseiller de Fran&#231;ois Mitterrand, est le chantre du micro-cr&#233;dit. Il pr&#233;side depuis 1998 l'ONG PlaNet Finance, sp&#233;cialis&#233;e dans le micro-cr&#233;dit et d&#233;livrant des pr&#234;ts &#224; des ch&#244;meurs ou des exclus pour cr&#233;er leur entreprise. &#192; noter que cette association compte parmi ses donateurs les philanthropes bien connus que sont Orange et Sanofi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon la Banque mondiale, ce sont quelque 500 millions de personnes qui b&#233;n&#233;ficieraient de cette technique de cr&#233;dit dans le monde. Un chiffre &#224; comparer aux 3,5 milliards de personnes vivant avec moins de 2 dollars par jour. Comme le note la journaliste &#233;conomique Gina Neff (cit&#233;e par Walden Bello dans &lt;em&gt;Courrier international&lt;/em&gt; n&#176; 834), &lt;em&gt;&#171; apr&#232;s 8 ans d'endettement, 55 % des m&#233;nages clients de la Grameen ne peuvent toujours pas satisfaire leurs besoins nutritionnels de base - de nombreuses femmes utilisent donc le pr&#234;t pour acheter de la nourriture au lieu d'investir dans une affaire. &#187;&lt;/em&gt; Loin de transformer les populations d'Inde et du Bangladesh en arm&#233;es de pionniers de la libre entreprise, le micro-cr&#233;dit leur permet tout juste d'&#233;chapper &#224; la famine. Et si ces actions permettent certainement &#224; quelques personnes de sortir au moins provisoirement de l'&#233;tat d'extr&#234;me d&#233;nuement, elles n'ont aucunement la possibilit&#233; de d&#233;velopper l'&#233;conomie d'un pays. Ce qui n'est d'ailleurs pas leur but.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le micro-cr&#233;dit se r&#233;duit donc au mieux &#224; une goutte d'eau dans l'oc&#233;an, incapable de r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s et offrant tout juste un filet humanitaire de survie pour une frange de la population (en fait les moins pauvres des pauvres) ; au pire, il cible les pauvres comme un march&#233;, v&#233;ritable client&#232;le pour les banques &#224; micro-cr&#233;dits, payant parfois 15 % de taux d'int&#233;r&#234;ts et qu'on peut subordonner &#224; loisir aux strat&#233;gies des capitalistes. Comme Franck Riboud, PDG de Danone, qui doit prochainement inaugurer au Bengladesh une entreprise en coop&#233;ration avec la Grameen Bank pour produire des yaourts que les habitants ach&#232;teront &#224; l'aide de micro-cr&#233;dits ! La boucle est ainsi boucl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'incitation fiscale &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le premier avantage des investissements socialement responsables r&#233;side dans la fiscalit&#233;. Pour l'investissement dans des actions non cot&#233;es (y compris d'entreprises &#171; solidaires &#187;) pour un minimum de 5 ans, la r&#233;duction d'imp&#244;ts est de 25 %. Les produits de partage, pour lesquels une partie des int&#233;r&#234;ts g&#233;n&#233;r&#233;s par le placement est distribu&#233;e sous forme de dons &#224; des organismes labellis&#233;s &#171; solidaires &#187;, sont ainsi consid&#233;r&#233;s comme des dons, la r&#233;duction d'imp&#244;t est alors d'au moins 60 % des sommes vers&#233;es. Que ce soient des particuliers ou des entreprises qui investissent, le risque est donc minime et c'est l'&#201;tat, par les exon&#233;rations d'imp&#244;ts, qui contribue &#224; financer les placements &#233;thiques et responsables de groupes d'assurance comme Axa par exemple qui, au m&#234;me moment, supprime 3 500 postes en ne rempla&#231;ant pas les d&#233;parts en retraite. L'&#201;tat est aujourd'hui en France le premier investisseur, &#224; 58 %, dans les fonds socialement responsables, ces m&#234;mes fonds qui ont pour vocation de pallier les catastrophes g&#233;n&#233;r&#233;es par les profits capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien d'&#233;tonnant d&#232;s lors &#224; ce que les placements solidaires, les investissements responsables et les micro-cr&#233;dits soient devenus une religion dans un monde o&#249; le capitalisme privatise les profits et surtout, gr&#226;ce &#224; l'intervention de l'&#201;tat et aux exon&#233;rations d'imp&#244;ts, socialise la mis&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;
L&#233;o BASERLI
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_228 spip_documents spip_documents_center'&gt;
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	</item>
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		<title> &#171; D&#233;veloppement durable &#187; : le march&#233; des indulgences des nouveaux cur&#233;s du capitalisme
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Developpement-durable-le-marche-des-indulgences-des-nouveaux-cures-du</link>
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
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		<dc:subject>&#201;cologie
</dc:subject>

		<description>C'est au d&#233;but des ann&#233;es 1970 que le discours sur le &#171; d&#233;veloppement durable &#187; (m&#234;me si le mot lui-m&#234;me n'&#233;tait pas encore invent&#233;) a commenc&#233; &#224; prendre son essor. Depuis la communication d'entreprise jusqu'&#224; &#171; l'&#233;ducation au d&#233;veloppement durable &#187; &#224; destination des enfants, une v&#233;ritable machine &#224; propagande s'est mise en route. &lt;br /&gt;Le d&#233;veloppement durable c'est, selon la d&#233;finition officielle qui &#233;mane de l'ONU, le fait de &#171; r&#233;pondre aux besoins pr&#233;sents sans compromettre la capacit&#233; des g&#233;n&#233;rations futures &#224;&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est au d&#233;but des ann&#233;es 1970 que le discours sur le &#171; d&#233;veloppement durable &#187; (m&#234;me si le mot lui-m&#234;me n'&#233;tait pas encore invent&#233;) a commenc&#233; &#224; prendre son essor. Depuis la communication d'entreprise jusqu'&#224; &#171; l'&#233;ducation au d&#233;veloppement durable &#187; &#224; destination des enfants, une v&#233;ritable machine &#224; propagande s'est mise en route.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement durable c'est, selon la d&#233;finition officielle qui &#233;mane de l'ONU, le fait de &#171; r&#233;pondre aux besoins pr&#233;sents sans compromettre la capacit&#233; des g&#233;n&#233;rations futures &#224; satisfaire les leurs &#187;. En d'autres termes, s'il faut produire plus pour augmenter le bien-&#234;tre des g&#233;n&#233;rations actuelles, cela ne doit pas se faire au prix de ponctions trop lourdes sur les ressources non-renouvelables, ou de d&#233;gradations irr&#233;versibles de l'environnement. Mais le concept s'est consid&#233;rablement &#233;largi, avec des recommandations sur le type d'urbanisme, la d&#233;mographie ou encore les in&#233;galit&#233;s sociales (c'est le d&#233;veloppement &#171; socialement soutenable &#187;). Aucun sujet ne rebute les th&#233;oriciens du d&#233;veloppement durable, v&#233;ritables cur&#233;s du capitalisme contemporain.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Permis de polluer en promo&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les amis du &#171; d&#233;veloppement durable &#187; ne peuvent-ils se pr&#233;valoir d'un r&#233;sultat concret, le protocole de Kyoto relatif aux &#233;missions de gaz &#224; effets de serre ? Ce protocole, sign&#233; par 156 pays depuis 1998, est entr&#233; en vigueur en f&#233;vrier 2005 : il pr&#233;voit que les entreprises qui &#233;mettent des gaz &#224; effet de serre (principalement le dioxyde de carbone) se procurent des &#171; permis d'&#233;mission &#187;. Attribu&#233;s au d&#233;part gratuitement par les pouvoirs publics, ces permis sont &#171; n&#233;gociables &#187;, c'est-&#224;-dire que leurs d&#233;tenteurs peuvent se les revendre librement sur un march&#233; comme les actionnaires le font avec leurs titres sur le march&#233; boursier. L'id&#233;e &#233;tant que le patronat peut r&#233;soudre tout seul les probl&#232;mes de pollution, via des m&#233;canismes de march&#233;, et m&#234;me gagner de l'argent au passage gr&#226;ce au n&#233;goce de ces fameux &#171; permis de polluer &#187;. Pas de chance, m&#234;me dans l'Union Europ&#233;enne dont les dirigeants n'ont que le d&#233;veloppement durable &#224; la bouche, le projet a lamentablement capot&#233; : sur le march&#233; des &#171; permis de polluer &#187; (&#171; powernext carbon &#187;), le prix de la &#171; tonne de CO2 &#187; (entendez : le droit d'en &#233;mettre une tonne) a d'abord flamb&#233; &#224; plus de 30 euros fin 2005 sous l'effet de la sp&#233;culation. Mais lorsqu'il est apparu que les &#201;tats, &#224; commencer par la France et l'Allemagne, avaient r&#233;clam&#233; des quotas bien sup&#233;rieurs aux besoins r&#233;els de leurs capitalistes nationaux, le cours est tomb&#233; aux alentours de 15 euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du moment qu'on peut acheter les permis pour une bouch&#233;e de pain, quelle entreprise consacrera le moindre euro &#224; limiter ses &#233;missions ? Gazons pour pas cher !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux dirigeants de la Chine et des &#201;tats-Unis, ils ne se donnent m&#234;me pas la peine de faire semblant et n'ont tout bonnement pas ratifi&#233; le protocole de Kyoto. &#192; se demander si le prochain &#171; sommet de la Terre &#187; ne finira pas par se rallier aux th&#232;ses du prix Nobel de chimie Paul Krutzen, qui propose de lutter contre le r&#233;chauffement en polluant encore plus, de fa&#231;on &#224; obscurcir aussi la stratosph&#232;re !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Endormir l'opinion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;pisode des &#171; permis de polluer &#187; illustre &#224; quel point les ap&#244;tres du d&#233;veloppement durable n'ont d'autre fonction que d'endormir l'opinion face aux risques r&#233;els que le capitalisme fait courir &#224; la plan&#232;te. Ne comptons pas sur eux pour poser les questions qui f&#226;chent. Tous p&#233;rorent savamment sur la croissance, ou la d&#233;croissance, &#171; soutenable &#187; ou pas, mais se gardent bien, par exemple, de proposer qu'on ponctionne les classes riches pour am&#233;liorer le niveau de vie des classes pauvres des pays industrialis&#233;s et du Tiers-Monde - une solution pourtant &#233;vidente afin d'&#233;lever le bien-&#234;tre &#224; court terme sans avoir &#224; produire plus !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Julien FORGEAT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_229 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L350xH246/dur-dd70c.gif?1528589971' width='350' height='246' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Entreprises &#171; socialement responsables &#187; : une &#233;thique en toc !
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Entreprises-socialement-responsables-une-ethique-en-toc</link>
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
</dc:subject>

		<description>Depuis une vingtaine d'ann&#233;e, l'id&#233;e de la responsabilit&#233; sociale d'entreprise s'est d&#233;velopp&#233;e dans les milieux de la gauche &#171; anti-lib&#233;rale &#187;, revendiquant un mode de d&#233;veloppement plus soucieux de l'homme et de l'environnement, tout en restant dans le cadre du capitalisme. Le principe est de faire pression sur les entreprises pour qu'elles respectent une &#233;thique bas&#233;e sur le concept du d&#233;veloppement durable. Une entreprise doit non seulement se soucier de sa rentabilit&#233; et de sa croissance, mais&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis une vingtaine d'ann&#233;e, l'id&#233;e de la responsabilit&#233; sociale d'entreprise s'est d&#233;velopp&#233;e dans les milieux de la gauche &#171; anti-lib&#233;rale &#187;, revendiquant un mode de d&#233;veloppement plus soucieux de l'homme et de l'environnement, tout en restant dans le cadre du capitalisme. Le principe est de faire pression sur les entreprises pour qu'elles respectent une &#233;thique bas&#233;e sur le concept du d&#233;veloppement durable. Une entreprise doit non seulement se soucier de sa rentabilit&#233; et de sa croissance, mais aussi de ses impacts environnementaux et sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les principaux moyens d'action de ces mouvements sont le boycott et la pression m&#233;diatique. De nombreux documentaires, panneaux publicitaires et sites Internet d&#233;noncent le r&#244;le nuisible d'entreprises cibl&#233;es. Puisque les grandes firmes jouent sur l'image de leur marque &#224; grand renfort de publicit&#233;, l'id&#233;e est d'attaquer cette image par une contre-publicit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La lutte contre le &#171; syst&#232;me Nike &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'une des principales cibles des partisans de la responsabilit&#233; sociale d'entreprise (RSE) est le &#171; syst&#232;me Nike &#187;. Depuis des ann&#233;es, associations et ONG d&#233;noncent le travail des enfants, le harc&#232;lement moral, la r&#233;pression syndicale et les salaires d&#233;risoires dans les usines travaillant pour Nike. En 1997, Nike a vu ses ventes baisser aux &#201;tats-Unis, lorsque son PDG a approuv&#233; le travail des enfants de 14 ans devant les cam&#233;ras de Michael Moore, pour le film &lt;em&gt;The Big One&lt;/em&gt;. Depuis, la marque s'est engag&#233;e &#224; &#233;lever l'&#226;ge minimum &#224; 16 ans, &#224; inclure des ONG dans le contr&#244;le des conditions de travail et multiplie les engagements sociaux. De plus, l'entreprise joue la &#171; transparence &#187;, en publiant la liste de ses sous-traitants et un rapport social. Mais son rapport social reconna&#238;t des probl&#232;mes de mauvais traitements des employ&#233;s, d'absence des droits syndicaux, de non-respect des horaires hebdomadaires et &#171; d'erreurs dans les salaires &#187;. Faute avou&#233;e &#224; moiti&#233; pardonn&#233;e disent certains. Toujours est-il que, dix ans apr&#232;s, transparence ou pas, bien peu de choses ont chang&#233;. Et Nike de dire qu'il ne peut changer seul les pratiques de tout un secteur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus en plus, certaines entreprises font mine de se plier aux contraintes du d&#233;veloppement durable. Mais c'est surtout pour elles une mani&#232;re de r&#233;duire certains co&#251;ts en se donnant une bonne image. Les patrons ont tout int&#233;r&#234;t &#224; faire passer leurs petites &#233;conomies, comme la baisse de consommation d'eau ou d'&#233;nergie, pour une chasse aux gaspillages. Ainsi, sous pr&#233;texte que leurs sacs plastiques polluent certains paysages, les supermarch&#233;s... font payer les nouveaux sacs qu'ils distribuent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour vanter des efforts qu'ils sont loin d'appliquer r&#233;ellement, de plus en plus d'entreprises (&#224; commencer par Total !) publient un rapport environnemental et social. Ces bilans ne pr&#233;sentent aucune garantie d'efficacit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pouvait lire dans le rapport social 2001 de STMicroelectronics, &#224; propos des salari&#233;s : &lt;em&gt;&#171; Nous devons (...) les ancrer au c&#339;ur de l'entreprise, les aider, ainsi que leurs familles, &#224; se sentir bien. Si nous parvenons &#224; convaincre nos employ&#233;s de rester parce qu'ils appr&#233;cient notre engagement, l'objectif est atteint. Voil&#224; notre responsabilit&#233; sociale interne. &#187; &lt;/em&gt;Deux ans plus tard, les 565 salari&#233;s rennais voyaient leur usine fermer et perdaient leur emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les mouvements en faveur de la responsabilit&#233; sociale d'entreprise ont contraint les entreprises &#224; prendre en consid&#233;ration des exigences &#233;cologiques ou sociales, celles-ci en restent souvent &#224; des intentions ou des effets d'annonce.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une strat&#233;gie de marketing &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans leur tentative de r&#233;concilier la finance avec des notions d'&#233;thique, de solidarit&#233; et de d&#233;veloppement durable, certains orientent leur action vers l'amont de la cha&#238;ne de production : l'investissement. Les fonds d'Investissement Socialement Responsable (ISR), ou fonds &#233;thiques, sont des portefeuilles de titres (actions, obligations, etc.) qui s&#233;lectionnent les entreprises &#224; partir de crit&#232;res sociaux et environnementaux, en plus des crit&#232;res financiers habituels. Apparu aux &#201;tats-Unis dans les ann&#233;es 1920, le concept de fonds &#233;thique est n&#233; &#224; la demande de congr&#233;gations religieuses qui refusaient d'investir dans les secteurs jug&#233;s contraires &#224; leur morale : armes, tabacs, alcool et jeux d'argent. En France, il s'est &#233;largi il y a dix ans, en n'excluant plus syst&#233;matiquement certains secteurs, mais en choisissant les entreprises jug&#233;es les plus socialement responsables dans leur activit&#233;. Les fonds de d&#233;veloppement durable r&#233;pondent &#224; ces crit&#232;res, avec l'id&#233;e qu'une entreprise responsable doit &#234;tre &#224; terme plus rentable qu'une autre. Selon l'institut Novethic, ces fonds sont encore limit&#233;s (8,8 milliards d'euros, fin 2005, soit moins de 1 % des encours), mais ils prennent leur envol, avec une progression de 27 % en 2005, dop&#233;s principalement par la croissance de l'&#233;pargne salariale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreuses questions se posent toutefois sur les choix pr&#233;sidant &#224; la s&#233;lection des entreprises int&#233;gr&#233;es dans ces produits, car on y trouve les grandes entreprises du CAC 40 comme Lor&#233;al (pr&#233;sente dans 25 % des fonds), Aventis et Vivendi (pr&#233;sents dans 20 % des cas), Carrefour, BNP-Paribas, Danone ou encore TotalFinaElf. Les soci&#233;t&#233;s les plus pr&#233;sentes dans les fonds traditionnels le sont &#233;galement dans les fonds &#233;thiques, ce qui peut jeter un doute sur la signification du mot &#233;thique dans l'entreprise, &#224; moins que toutes ces grandes firmes soient devenues subitement soucieuses de leurs salari&#233;s et de l'environnement ! La raison en est que, pour attirer les investisseurs, il faut que les fonds soient rentables, et c'est le cas : car du rendement, les fonds &#233;thiques en ont, autant que les autres fonds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, Yann Gauthier, directeur du Centre International du Cr&#233;dit Mutuel, affirme, &#224; propos des fonds &#233;thiques, que &lt;em&gt;&#171; l'analyse de la composition de leurs portefeuilles (...) montre que leurs r&#232;gles de fonctionnement sont peu &#233;loign&#233;es des fonds traditionnels. &#187; &lt;/em&gt;D'o&#249; sa question : &lt;em&gt;&#171; si toutes les soci&#233;t&#233;s sont &#233;thiques ou presque, &#224; quoi bon cr&#233;er des fonds sp&#233;cifiques ? &#187; &lt;/em&gt;Pour lui, la multiplication des fonds &#233;thiques est l'expression d'une strat&#233;gie marketing. C'est pour attirer la nouvelle client&#232;le que constituent l'&#233;pargne salariale, les fonds de pension et certains comit&#233;s d'entreprises qui n'h&#233;sitent plus &#224; g&#233;rer leur tr&#233;sorerie par des investissements boursiers. L'aide au d&#233;veloppement durable peut servir d'alibi moral &#224; leur recherche de r&#233;mun&#233;ration financi&#232;re. Selon Yann Gauthier, &lt;em&gt;&#171; les fonds &#233;thiques ne sont donc rien d'autre qu'une modalit&#233; de gestion financi&#232;re opportuniste qui s'est par&#233;e d'oripeaux moraux &#187;. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des agences de blanchiment de l'image &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au c&#339;ur du probl&#232;me se trouve donc le mode de s&#233;lection des entreprises par les fonds &#233;thiques. Cette s&#233;lection se fait &#224; l'aide d'agences de notation, dont la plus importante, en France, est Vig&#233;o, fond&#233;e par Nicole Notat apr&#232;s son d&#233;part de la CFDT. Vig&#233;o a construit un indice boursier europ&#233;en, l'ASPI Eurozone, une sorte de CAC 40 du d&#233;veloppement durable. Selon Vig&#233;o, &lt;em&gt;&#171; L'ASPI Eurozone s'appuie sur une conception positive du d&#233;veloppement durable : les valeurs sont s&#233;lectionn&#233;es sur la base de leur aptitude &#224; donner des exemples positifs de d&#233;veloppement durable et d&#233;velopper de meilleures pratiques dans ce domaine. Ainsi, l'ASPI Eurozone n'exclut-il pas &#224; priori de valeurs pour leur implication dans un quelconque domaine d'activit&#233;. &#187;&lt;/em&gt; Mais l'agence appara&#238;t bien peu s&#233;lective, car son indice int&#232;gre l'ensemble du CAC 40, avec Total en premi&#232;re place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien d'&#233;tonnant, quand on voit la liste de ses actionnaires. La soci&#233;t&#233; est d&#233;tenue par des syndicats de pays europ&#233;ens, dont la CFDT, par des gestionnaires de fonds et... par 37 grandes entreprises. Entre autres, on y trouve des marchands d'armes (EADS, Thal&#232;s), des entreprises de la Fran&#231;afrique (Total, Suez, Vinci, Veolia...), un symbole du licenciement boursier (Danone), des banques impliqu&#233;es dans la fourniture d'armes au r&#233;gime g&#233;nocidaire rwandais en 1994 (BNP-Paribas, Cr&#233;dit Lyonnais) ou encore McDonald's. Finalement, pour ces actionnaires, l'agence de notation joue surtout le r&#244;le d'agence de blanchiment d'image.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines ONG, plus scrupuleuses, ont cr&#233;&#233; des fonds plus restrictifs. Pourtant, l&#224; encore, on trouve des limites, qu'une des responsables illustre : &lt;em&gt;&#171; Un d&#233;bat s'est d&#233;roul&#233; au sein du comit&#233; autour de l'affaire Danone au moment du plan de licenciements. Nous en avons conclu que l'entreprise, dans sa globalit&#233;, valait mieux que les autres &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Moralisation de la finance, ou caution du syst&#232;me ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, les plus aptes &#224; contr&#244;ler et juger l'activit&#233; des entreprises sont les salari&#233;s eux-m&#234;mes. La politique sociale des entreprises, ils la vivent au quotidien et ils sont les premiers &#224; pouvoir v&#233;rifier la prise en compte du d&#233;veloppement durable. Mais cela reste difficile tant que le secret industriel et bancaire emp&#234;che de surveiller les d&#233;cisions des patrons. La plupart des agences de notations se basent essentiellement sur les rapports des entreprises et des questionnaires adress&#233;s aux dirigeants, mais il est facile de vanter ses efforts et de ne rien faire derri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, l'id&#233;e de la responsabilit&#233; sociale d'entreprise et les fonds &#233;thiques ne jouent m&#234;me pas leur r&#244;le d'espace alternatif au sein de la finance. Ils permettent peut-&#234;tre &#224; quelques-uns de s'interroger sur les cons&#233;quences de leurs actes en tant qu'&#233;pargnant ou consommateur, mais ils finissent par cautionner un syst&#232;me &#233;conomique qui est loin de se remettre en cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Maurice SPIRZ
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Absolution pour Total au paradis de l'&#233;thique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au grand bazar de l'&#233;thique et du d&#233;veloppement durable, m&#234;me les pires des multinationales peuvent trouver leur bonheur, au prix de quelques Pater et Ave. Total, l'un des leaders mondiaux de la guerre civile et de la catastrophe &#233;cologique, multiplie ses engagements en faveur de la protection de l'environnement. Selon son site Internet, la pollution maritime et fluviale est un des axes privil&#233;gi&#233;s par le groupe. L'article 1 de sa charte &#171; S&#233;curit&#233; Environnement Qualit&#233; &#187; affirme : &lt;em&gt;&#171; Total place en t&#234;te de ses priorit&#233;s la s&#233;curit&#233; des activit&#233;s, la sant&#233; des personnes, le respect de l'environnement ainsi que la satisfaction de ses clients &#187;. &lt;/em&gt;Priez pour les d&#233;g&#226;ts caus&#233;s pour l'Erika et les victimes de l'explosion d'AZF !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe se paye le luxe d'une fondation d'entreprise consacr&#233;e au d&#233;veloppement durable. Il subventionne telle &#233;cole au Venezuela, la r&#233;habilitation de tel site naturel en Bolivie et la cr&#233;ation de telle ferme-pilote au Nigeria. De v&#233;ritables &#171; bergeries de Marie-Antoinette &#187; destin&#233;es &#224; la propagande interne et externe du groupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines ONG, plus tatillonnes que d'autres, comme la FIDH, ont enlev&#233; Total de leur fonds d'investissement &#233;thique apr&#232;s son usage de l'esclavage en Birmanie. Apr&#232;s le naufrage de l'Erika, certains fonds l'ont &#233;limin&#233;, mais d'autres l'ont gard&#233; &#171; pour mieux le surveiller &#187; ! D'autres encore l'ont enlev&#233; provisoirement pour marquer le coup, avant de le remettre une fois les remous pass&#233;s. La raison &#233;voqu&#233;e : il ne faut pas faire chuter le rendement de leur produit. Amen !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_232 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH195/idee-dd406.gif?1528589971' width='400' height='195' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Tous &#233;quitables ?
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
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		<dc:subject>Commerce &#233;quitable
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		<description>L'&#233;quitable fait fureur. M&#234;me &#224; l'&#201;lys&#233;e et &#224; Matignon, on sert du caf&#233; &#233;quitable ! Des grandes entreprises s'y sont mises : Starbucks et les h&#244;tels Accor ne rechignent pas &#224; proposer du caf&#233; &#233;quitable, La Poste fournit des tenues &#171; &#233;quitables &#187; &#224; ses facteurs (enfin, seul le coton est &#233;quitable, la confection reste dans le circuit industriel &#171; classique &#187; !). Et, surtout, des grandes marques de l'agroalimentaire comme Nestl&#233; et de la distribution (Leclerc, Monoprix, Auchan, etc.) proposent des produits&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Le-commerce-peut-il-etre-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Le commerce peut-il &#234;tre &#171; &#233;quitable &#187; ?
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Societe-74-+" rel="tag"&gt;Soci&#233;t&#233;
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Commerce-equitable-+" rel="tag"&gt;Commerce &#233;quitable
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;quitable fait fureur. M&#234;me &#224; l'&#201;lys&#233;e et &#224; Matignon, on sert du caf&#233; &#233;quitable ! Des grandes entreprises s'y sont mises : Starbucks et les h&#244;tels Accor ne rechignent pas &#224; proposer du caf&#233; &#233;quitable, La Poste fournit des tenues &#171; &#233;quitables &#187; &#224; ses facteurs (enfin, seul le coton est &#233;quitable, la confection reste dans le circuit industriel &#171; classique &#187; !). Et, surtout, des grandes marques de l'agroalimentaire comme Nestl&#233; et de la distribution (Leclerc, Monoprix, Auchan, etc.) proposent des produits &#233;quitables, attir&#233;es par leur croissance de 50 % en 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le monde du commerce &#233;quitable, les attitudes diff&#232;rent vis-&#224;-vis de cette &#233;volution. Certaines associations, comme Artisans du Monde ou Minga continuent &#224; d&#233;velopper leurs fili&#232;res propres de commercialisation, avec leurs propres boutiques tenues &#224; l'aide de b&#233;n&#233;voles. Mais d'autres acteurs du commerce &#233;quitable s'int&#232;grent dans le circuit qui arrive dans les rayonnages des grandes surfaces : on pense bien s&#251;r, entre autres, &#224; Max Havelaar et son logo, ou &#224; la soci&#233;t&#233; commerciale Alter Eco. Pour ces derniers, cette &#233;volution est favorable et permet au commerce &#233;quitable de prendre un nouvel envol.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Requins &#233;quitables ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Max Havelaar n'est qu'un &#171; label &#187;, une &#233;tiquette garantissant que l'association a v&#233;rifi&#233; que le produit a &#233;t&#233; achet&#233; &#224; un certain prix au producteur. Max Havelaar n'ach&#232;te, ne vend rien. Parfois, il d&#233;cerne son label &#224; des produits qui passent par des circuits associatifs ou des entreprises sp&#233;cialis&#233;es dans l'&#233;quitable comme Alter Eco (une soci&#233;t&#233; anonyme dont les actionnaires, comme la soci&#233;t&#233; financi&#232;re Unigrains, sp&#233;cialis&#233;e dans l'agro-alimentaire, comptent bien tirer des dividendes un jour !). Mais, souvent, derri&#232;re l'&#233;tiquette Max Havelaar, ce sont directement des grandes entreprises agroalimentaires, les principales responsables de la mis&#232;re des petits producteurs, qui ach&#232;tent les produits &#233;quitables aux coop&#233;ratives. Au Mali et au S&#233;n&#233;gal, le coton &#233;quitable Max Havelaar (celui qui habille les postiers...) est achet&#233; par Dagris, compagnie fran&#231;aise, h&#233;riti&#232;re de l'ancienne compagnie coloniale du textile, et dont l'activit&#233; principale consiste &#224; continuer d'exploiter de fa&#231;on &#171; non &#233;quitable &#187; les producteurs de l'Afrique de l'Ouest. Et comme un m&#234;me importateur peut acheter &#224; la m&#234;me coop&#233;rative de producteurs une part &#233;quitable et une part non-&#233;quitable de production (la part &#233;quitable peut ne repr&#233;senter que 10 % de la production d'une coop&#233;rative), on imagine que tous les chantages sont possibles dans les n&#233;gociations. C'est ainsi que, pour certaines coop&#233;ratives, lors de la baisse des cours mondiaux d'un produit, la part d'&#233;quitable qui leur est achet&#233;e baisse significativement. La promesse du commerce &#233;quitable de garantir un prix d'achat minimum au producteur ne se r&#233;alise alors tout simplement pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre l'achat, les circuits de transport, de mise en conditionnement, de torr&#233;faction des produits sont donc souvent les circuits classiques. L'&#233;tiquette &#171; &#233;quitable &#187; peut &#234;tre un pr&#233;texte pour Nestl&#233; ou Malongo de surfacturer au consommateur une marge suppl&#233;mentaire. Pour ces trusts qui se sont mis &#224; l'&#233;quitable, c'est tout b&#233;n&#233;fice !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme Max Havelaar d&#233;cerne ses labels sans toujours r&#233;ellement se donner les moyens de contr&#244;ler la r&#233;alit&#233; du terrain (tout en se faisant payer pour ce label par les producteurs !), on trouve de tout parmi les coop&#233;ratives labellis&#233;es. Par exemple, comme l'avait r&#233;v&#233;l&#233; l'&#233;mission du 2 avril 2006 de &lt;em&gt;Capital,&lt;/em&gt; une plantation d'orangers au Br&#233;sil qui emploie des salari&#233;s agricoles &#224; des conditions de salaire et de travail tout sauf &#171; &#233;thiques &#187;, mais dont les propri&#233;taires ont une villa confortable avec piscine. Fedecocagua, une f&#233;d&#233;ration guat&#233;malt&#232;que de coop&#233;ratives labellis&#233;e Max Havelaar, encha&#238;nait des paysans producteurs par des pr&#234;ts &#224; des taux usuraires (jusqu'&#224; 35 % !) et mena&#231;ait de poursuites judiciaires ceux qui pr&#233;f&#233;raient quitter le syst&#232;me &#171; &#233;quitable &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, il y a aussi des coop&#233;ratives qui respectent le principe de redistribuer au producteur, de mettre en place des meilleures conditions de travail, de construire des &#233;coles, tout ce qui est mis en avant dans le commerce &#233;quitable. Mais comment contr&#244;ler de loin ce qui se passe r&#233;ellement ? Des rapports peuvent &#234;tre truqu&#233;s, des visites pr&#233;par&#233;es pour que le contr&#244;leur qui passe en coup de vent dans une coop&#233;rative n'y voie que ce qu'on veut lui montrer. Rien ne pourrait remplacer le contr&#244;le de la population elle-m&#234;me. Et c'est bien la limite du commerce &#233;quitable, quelle que soit la sinc&#233;rit&#233; de ses initiateurs.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;D&#233;bat dans le monde de l'&#233;quitable&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que certaines associations du commerce &#233;quitable sont les premi&#232;res &#224; d&#233;noncer ces d&#233;rapages, et &#224; d&#233;noncer l'hypocrisie des grandes compagnies qui pr&#233;tendent faire de l'&#233;quitable alors qu'elles sont les premi&#232;res responsables du commerce &#171; in&#233;quitable &#187;. Pour ces associations, la solution serait un commerce &#233;quitable o&#249; les acteurs du monde associatif g&#232;rent l'achat et la distribution des produits, dans des boutiques sp&#233;cialis&#233;es. C'est en partie le point de vue d&#233;velopp&#233; par Christian Jacquiau dans &lt;em&gt;&#171; Les coulisses du commerce &#233;quitable &#187;&lt;/em&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Les coulisses du commerce &#233;quitable - Mille et une nuits, Fayard, 2006. - 22 (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'association Max Havelaar n'a pas tort quand elle pointe que, pour faire de l'&#233;quitable en grand pour des millions de producteurs en touchant des millions de consommateurs dans le monde d'aujourd'hui, il faut passer par les grandes fili&#232;res de commercialisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Artisans du Monde reconna&#238;t dans une &#233;tude sur &lt;em&gt;&#171; l'impact de 25 ans de commerce &#233;quitable &#187;,&lt;/em&gt; publi&#233;e en 2004, les limites de leur intervention. Pour une bonne part des artisans producteurs, l'activit&#233; pour le march&#233; &#233;quitable est une activit&#233; d'appoint, qui am&#233;liore le quotidien mais qui n'est gu&#232;re plus rentable que le travail agricole ou la production artisanale pour le march&#233; local. Les producteurs voient souvent Artisans du Monde comme un partenaire commercial comme un autre, sans percevoir la notion de commerce &#233;quitable. Artisans du Monde n'ayant qu'une capacit&#233; d'&#233;coulement limit&#233;e, ils ne peuvent absorber qu'une part des productions. Et comme le march&#233; &#233;quitable &#233;coule des produits de meilleure qualit&#233;, les &#171; producteurs les moins performants &#187; (comme l'&#233;crit ce rapport) se retrouvent exclus du circuit, voire licenci&#233;s des ateliers. Le travail &#224; domicile pay&#233; &#224; la pi&#232;ce est fr&#233;quent. Certes, les situations sont diverses et, dans d'autres ateliers, les conditions de travail et de r&#233;mun&#233;ration des producteurs sont meilleures. Reste que le bilan qu'Artisans du Monde pr&#233;sente de son action est bien mitig&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors commerce &#233;quitable dans les grandes surfaces ou pas ? Ce n'est pas la vraie question. Le commerce &#233;quitable ne peut pas r&#233;soudre les probl&#232;mes des populations des pays pauvres. Le d&#233;veloppement de ces pays ne peut pas passer par une sp&#233;cialisation de quelques fili&#232;res &#233;conomiques comme le caf&#233;, le coton, l'artisanat traditionnel qui seraient soutenues par la bienveillance des consommateurs occidentaux. C'est bien la domination de l'imp&#233;rialisme et des trusts qui est en cause. M&#234;me quand ils essayent de se donner une image &#171; &#233;thique &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michel CHARVET&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Les coulisses du commerce &#233;quitable - Mille et une nuits, Fayard, 2006. - 22 &#8364; - 476 pages.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> La logique &#171; &#233;quitable &#187; et la loi du profit
</title>
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		<dc:date>2006-11-27T22:48:16Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Commerce &#233;quitable
</dc:subject>
		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
</dc:subject>

		<description>Dans un rapport de 2002, l'organisation humanitaire Oxfam &#233;crivait : &#171; Entre 1998 et 2001, le caf&#233; a perdu 68 % de sa valeur, son niveau le plus bas depuis 30 ans. 25 millions de caf&#233;iculteurs ont ainsi perdu leur principal moyen de subsistance. Les prix sont descendus bien en dessous des co&#251;ts de production (...). Dix ans auparavant, les exportations des pays producteurs leur permettaient de percevoir un tiers de la valeur totale &#233;chang&#233;e sur le march&#233;. Ce chiffre est tomb&#233; en dessous de 10 %&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Le-commerce-peut-il-etre-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Le commerce peut-il &#234;tre &#171; &#233;quitable &#187; ?
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Commerce-equitable-+" rel="tag"&gt;Commerce &#233;quitable
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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Societe-74-+" rel="tag"&gt;Soci&#233;t&#233;
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans un rapport de 2002, l'organisation humanitaire Oxfam &#233;crivait : &lt;em&gt;&#171; Entre 1998 et 2001, le caf&#233; a perdu 68 % de sa valeur, son niveau le plus bas depuis 30 ans. 25 millions de caf&#233;iculteurs ont ainsi perdu leur principal moyen de subsistance. Les prix sont descendus bien en dessous des co&#251;ts de production &lt;/em&gt;(...)&lt;em&gt;. Dix ans auparavant, les exportations des pays producteurs leur permettaient de percevoir un tiers de la valeur totale &#233;chang&#233;e sur le march&#233;. Ce chiffre est tomb&#233; en dessous de 10 % pendant la crise &#187;&lt;/em&gt;. Cette brutalit&#233; de l'exploitation des agriculteurs du tiers-monde, l'exemple du caf&#233; l'illustre d'une fa&#231;on qui n'a rien d'anecdotique. D'abord parce que ce produit, r&#233;sultat &#224; 70 % de petites exploitations, est l'objet du second march&#233; mondial des mati&#232;res premi&#232;res en valeur apr&#232;s le p&#233;trole. Mais, surtout, les autres productions agricoles de masse connaissent des situations similaires, qu'il s'agisse du cacao, du coton, du riz ou des jus de fruits. La part des petits exploitants dans la valeur de march&#233; de leur produit est ridiculement faible. La crise des cours de la fin des ann&#233;es 1990 montre de surcro&#238;t leur extr&#234;me d&#233;pendance &#224; l'&#233;gard des cours mondiaux et de leurs variations, qui &#233;chappent totalement &#224; leur contr&#244;le, rendant m&#234;me les habituels prix de survie al&#233;atoires.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'esclavage des petits producteurs &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette suj&#233;tion de la production agricole des pays sous-d&#233;velopp&#233;s, enti&#232;rement organis&#233;e pour le &#171; march&#233; mondial &#187; (c'est-&#224;-dire d'abord celui des pays riches), est l'h&#233;ritage direct de l'&#233;poque coloniale. La division internationale du travail a &#233;t&#233; progressivement impos&#233;e &#224; toute la plan&#232;te par les puissances europ&#233;ennes, puis nord-am&#233;ricaines et japonaise, avec l'essor du capitalisme &#224; partir du XVI&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Aux pays colonis&#233;s la production de mati&#232;res premi&#232;res mini&#232;res, foresti&#232;res ou agricoles ; aux m&#233;tropoles capitalistes la transformation, la commercialisation... et la consommation de ces produits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;colonisation n'a pas chang&#233; les rapports de domination : le contr&#244;le de productions qui exigent le travail d'une large part des 1,3 milliard de paysans de la plan&#232;te reste extr&#234;mement concentr&#233;. Quatre compagnies auraient le contr&#244;le de 40 % du commerce mondial de riz ; elles seraient sept pour 85 % du cacao ; et quatre, pour 60 % du march&#233; du caf&#233;. Ces navires amiraux du capitalisme mondial s'accommodent bien de structures archa&#239;ques &#224; la source de leur approvisionnement, dans les m&#233;thodes de culture, mais aussi en utilisant les services de nombreux interm&#233;diaires entre les petits producteurs et eux-m&#234;mes. Ces interm&#233;diaires se servent au passage, parasitant d'autant ce commerce. Mais la part qu'ils pr&#233;l&#232;vent sur le prix final reste d&#233;risoire par rapport &#224; celle que s'arrogent les grands distributeurs. Un rapport de l'association Max Havelaar de 2005 estime ainsi que, sur le prix d'un paquet de caf&#233; &#171; classique &#187;, 10 % reviennent au producteur, 2 % aux interm&#233;diaires, 3 % sont consacr&#233;s aux co&#251;ts d'exportation, et 85 % aux &lt;em&gt;&#171; co&#251;ts d'importation, de torr&#233;faction et de distribution &#187;&lt;/em&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;De &#171; l'extr&#234;mement in&#233;quitable &#187; au &#171; tr&#232;s in&#233;quitable seulement &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les entreprises de commerce &#233;quitable pr&#233;tendent donc revaloriser la part revenant aux petits producteurs (...c'est-&#224;-dire en gros aux producteurs tout court !), tout en les prot&#233;geant des &#224;-coups des cours mondiaux par un syst&#232;me de prix minima garantis. Elles proposent &#233;galement un pr&#233;financement (jusqu'&#224; la moiti&#233; du prix d'une r&#233;colte), afin d'&#233;viter d'interrompre la production faute de cr&#233;dit lorsque la marchandise n'a pas encore &#233;t&#233; &#233;coul&#233;e (dans le secteur du caf&#233;, par exemple, il peut se passer trois mois entre la remise de la r&#233;colte et le paiement par l'importateur). Le rapport Max Havelaar cit&#233; plus haut explique que la part qui revient finalement aux exploitants sur un paquet de caf&#233; &#171; &#233;quitable &#187; vendu en France est de 21 %, pour 2 % aux frais de gestion de coop&#233;rative, 3 % aux frais d'exportation, 2 % de redevance. Restent encore 73 % pour les fameux &lt;em&gt;&#171; co&#251;ts d'importation, de torr&#233;faction et de distribution &#187;&lt;/em&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;partition propos&#233;e par le commerce &#233;quitable mod&#232;re donc l&#233;g&#232;rement l'app&#233;tit des grands groupes de distribution, et augmente dans les m&#234;mes proportions la part revenant &#224; ceux qui sont les principaux agents de production. Le mot &#171; &#233;quitable &#187; laisse quand m&#234;me songeur quand on voit les proportions. Le &#171; fairtrade &#187; (commerce &#233;quitable) reste un am&#233;nagement &#224; la marge du syst&#232;me &#233;minemment &#171; unfair &#187; (injuste) impos&#233; par la situation de monopole capitaliste, dans lequel les grands distributeurs consentent &#224; abandonner un peu plus de miettes. Quitte &#224; compenser le manque &#224; gagner par l'avantage publicitaire de l'op&#233;ration : car le march&#233; des consommateurs sensibles aux slogans du type &#171; un caf&#233; au go&#251;t d'injustice &#187; est en pleine croissance (ce qui est d'ailleurs plut&#244;t sympathique en soi) !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les limites du commerce &#233;quitable n'emp&#234;chent toutefois pas que la diff&#233;rence puisse &#234;tre remarquable du point de vue des producteurs. En 2003-2004, alors que le caf&#233; rapportait en moyenne 1,04 &#8364; le kilo aux producteurs, le commerce &#171; &#233;quitable &#187; garantissait 2,10 &#8364;. Lors de la chute des cours de 2002, en Bolivie, les producteurs dont le tiers de la production au moins &#233;tait commercialis&#233;e par le secteur &#171; &#233;quitable &#187; auraient r&#233;ussi &#224; garder la t&#234;te au-dessus du &#171; seuil de survie &#187; (alimentation et besoins de base, estim&#233; &#224; 815 &#8364; par an pour une famille de quatre enfants dans le pays), alors que nombre d'autres petits exploitants voyaient leurs revenus descendre en dessous de ce seuil, et ont d&#251; finalement abandonner la terre.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Un directeur de coop&#233;rative br&#233;silienne cit&#233; par Max Havelaar explique encore (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me de fond reste cependant la possibilit&#233; de g&#233;n&#233;raliser ce syst&#232;me. Le fondateur de Max Havelaar, le pr&#234;tre Francisco Van der Hoff, &#233;crivait : &lt;em&gt;&#171; Le commerce &#233;quitable repr&#233;sente trois milliards de dollars. S'il cro&#238;t jusqu'&#224; 7 ou 8 % du march&#233;, les grandes entreprises vont devoir r&#233;pondre. &#187;&lt;/em&gt; C'est ce qui est extr&#234;mement douteux. Car l'histoire offre peu d'exemples de secteurs &#233;conomiques qui aient vu se desserrer l'emprise d'un capital concentr&#233; sous l'effet de la concurrence de &#171; contre-soci&#233;t&#233;s &#187;. En r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, soit les petites entreprises p&#233;rissent, soit elles sont absorb&#233;es par les grosses.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une question de rapport de forces&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La puissance du capital agro-alimentaire rend plus qu'improbable une autre issue que la r&#233;cup&#233;ration, &#224; des fins publicitaires, du concept de commerce &#233;quitable, sans que rien de fondamental ne soit chang&#233; aux injustices et &#224; l'exploitation du secteur. Dans un autre contexte, le cas de l'agriculture occidentale illustre bien le probl&#232;me. En France, plus de 25 000 exploitations agricoles disparaissent chaque ann&#233;e. C'est la cons&#233;quence logique de la pression toujours plus forte que les grands groupes de distribution imposent aux petits producteurs. Ce n'est pourtant pas faute de b&#233;n&#233;ficier, de la part des &#171; petits &#187;, d'organisations syndicales agricoles, de relais de toutes sortes &#224; divers niveaux des institutions, qui freinent d'autant une disparition annonc&#233;e. Mais qui la freinent seulement... Si telle est la r&#233;alit&#233; du rapport de forces entre grand et petit capital dans ce secteur, en zone imp&#233;rialiste, par quel miracle les petits producteurs des pays sous-d&#233;velopp&#233;s parviendraient-ils &#224; faire tourner la roue dans l'autre sens ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ambition affirm&#233;e par les organisations de commerce &#233;quitable de permettre aux petits paysans du tiers-monde de rester sur leur terre est donc pour le moins optimiste. On assiste plut&#244;t en ce d&#233;but de XXI&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle &#224; une acc&#233;l&#233;ration de l'exode rural &#224; travers le monde. L'arrachement &#224; la terre de masses toujours plus larges, cette cons&#233;quence parmi les plus profondes du capitalisme depuis ses origines, se poursuit, avec les catastrophes humaines que cela suppose. Mais on peut aussi faire sienne la perspective de Marx : pr&#233;voir dans cette homog&#233;n&#233;isation sauvage et forc&#233;e l'essor d'une classe d'exploit&#233;s capable de s'attaquer &#224; l'ensemble du syst&#232;me, pour construire une autre soci&#233;t&#233; d&#233;barrass&#233;e de la violence inh&#233;rente au capitalisme, et o&#249; la justice ne serait plus une question de simples correctifs &#224; la marge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Beno&#238;t MARCHAND&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Un directeur de coop&#233;rative br&#233;silienne cit&#233; par Max Havelaar explique encore : &lt;em&gt;&#171; En 2000 a eu lieu une grande crise du prix des oranges. Les prix sont descendus &#224; 0,50 $ la caisse, alors que le co&#251;t de production &#233;tait &#224; 1,50 $. Notre niveau de vie diminuait, les producteurs abandonnaient l'agriculture. C'est &#224; ce moment que nous avons commenc&#233; &#224; nous engager dans le commerce &#233;quitable. Nos premi&#232;res ventes ont &#233;t&#233; pay&#233;es 2 $ la caisse. Sans le commerce &#233;quitable, la plupart des membres de la coop&#233;rative ne seraient plus producteurs. En ce moment, ils seraient sans aucun doute &#224; la recherche d'un travail en ville sans avoir aucune exp&#233;rience. &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Les origines du commerce &#233;quitable
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Les-origines-du-commerce-equitable</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
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		<dc:subject>Commerce &#233;quitable
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		<description>Le courant &#224; l'origine du commerce &#233;quitable date des ann&#233;es 1960, n&#233; de la volont&#233; de lutter contre l'&#233;change in&#233;gal et l'exploitation des petits producteurs. Appel&#233; au d&#233;part &#171; commerce alternatif &#187;, il a &#233;t&#233; mis en place dans un premier temps sous forme de boutiques sp&#233;cialis&#233;es o&#249; travaillaient des b&#233;n&#233;voles, et dans lesquelles la notion d'information du public sur la r&#233;alit&#233; de la vie des producteurs &#233;tait mise en avant. L'id&#233;e de ces premiers militants d'un commerce plus juste &#233;tait d'appuyer des&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le courant &#224; l'origine du commerce &#233;quitable date des ann&#233;es 1960, n&#233; de la volont&#233; de lutter contre l'&#233;change in&#233;gal et l'exploitation des petits producteurs. Appel&#233; au d&#233;part &#171; commerce alternatif &#187;, il a &#233;t&#233; mis en place dans un premier temps sous forme de boutiques sp&#233;cialis&#233;es o&#249; travaillaient des b&#233;n&#233;voles, et dans lesquelles la notion d'information du public sur la r&#233;alit&#233; de la vie des producteurs &#233;tait mise en avant. L'id&#233;e de ces premiers militants d'un commerce plus juste &#233;tait d'appuyer des organisations de petits producteurs et artisans en leur ouvrant des march&#233;s et en leur payant leur production artisanale &#224; des tarifs &#233;quitables. Pour y parvenir, deux moyens &#233;taient avanc&#233;s : supprimer les interm&#233;diaires commerciaux et faire payer plus cher aux consommateurs des produits de m&#234;me qualit&#233; que ceux fournis par le commerce &#171; traditionnel &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mouvement est longtemps rest&#233; confidentiel. C'est seulement depuis les ann&#233;es 1990 qu'il tend &#224; se d&#233;velopper, notamment avec l'apparition d'une autre strat&#233;gie : non plus des boutiques sp&#233;cialis&#233;es, mais des produits distribu&#233;s partout. Des labels comme Max Havelaar, ou des marques comme Alter Eco, commencent &#224; &#234;tre connus du grand public et sont distribu&#233;s dans les grandes surfaces. La notori&#233;t&#233; du commerce &#233;quitable se refl&#232;te dans des quinzaines du m&#234;me nom, organis&#233;es tous les ans depuis 2000. Enfin, le gouvernement s'est empar&#233; du concept, d&#233;fini dans la loi du 2 ao&#251;t 2005 sur les PME : &lt;em&gt;&#171; au sein des activit&#233;s du commerce, de l'artisanat et des services, le commerce &#233;quitable organise des &#233;changes de biens et de services entre des pays d&#233;velopp&#233;s et des producteurs d&#233;savantag&#233;s situ&#233;s dans des pays en d&#233;veloppement. Ce commerce vise &#224; l'&#233;tablissement de relations durables ayant pour effet d'assurer le progr&#232;s &#233;conomique et social de ces producteurs&lt;/em&gt;. &lt;em&gt; &#187;&lt;/em&gt; Jacques Chirac y est all&#233; de son petit couplet : &lt;em&gt;&#171; Promouvoir le commerce &#233;quitable, c'est r&#233;concilier l'acte de consommation avec la d&#233;fense des valeurs &#233;thiques et de dignit&#233; humaine, valeurs que la France porte dans les enceintes internationales &#187;&lt;/em&gt;, a-t-il d&#233;clar&#233; r&#233;cemment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement fran&#231;ais a annonc&#233; la cr&#233;ation de la Commission nationale du commerce &#233;quitable (CNCE), afin de mettre un peu d'ordre parmi les centaines d'associations qui s'en revendiquent. Le commerce &#233;quitable s'institutionnalise donc, au grand dam de certains de ses pr&#233;curseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laurent VASSIER&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Le commerce &#233;quitable en quelques chiffres&lt;/h3&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt; 0,005 %&lt;/strong&gt; de la consommation totale des m&#233;nages : pourcentage du commerce &#233;quitable en France.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt; 0,5 &#224; 1,5% :&lt;/strong&gt; parts de march&#233; des produits dans leur secteur.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt; 120 millions d'euros :&lt;/strong&gt; chiffre d'affaires de Max Havelaar en 2005 (80% du commerce &#233;quitable en France), contre 18 millions en 2001.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt; 65 milliards d'euros :&lt;/strong&gt; le chiffre d'affaires des produits alimentaires, entretien, hygi&#232;ne et beaut&#233; dans les grandes surfaces.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;165 boutiques&lt;/strong&gt; sp&#233;cialis&#233;es actuellement en France, contre 800 en Allemagne et 412 aux Pays Bas.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Petite chronologie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;1860 - Le personnage Max Havelaar, h&#233;ros d'un roman hollandais, d&#233;nonce l'in&#233;galit&#233; des &#233;changes entre Indon&#233;sie et Pays-Bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1949 - Cr&#233;ation de SERRV aux &#201;tats-Unis, ONG favorisant les ventes de producteurs d&#233;favoris&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1950 - D&#233;but des activit&#233;s d'importation de produits par l'association Oxfam et vente &#224; travers le r&#233;seau en Angleterre. Oxfam est compos&#233;e de nombreuses ONG voulant lutter contre la pauvret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1964 - Conf&#233;rence de la CNUCED (Conf&#233;rence des Nations Unies pour la coop&#233;ration et le d&#233;veloppement) : &#171; Le commerce, pas la charit&#233; &#187;. Naissance de la notion de &#171; commerce &#233;quitable &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1969 - Ouverture du premier magasin dit de commerce &#233;quitable en Hollande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1971 - Cr&#233;ation de la coop&#233;rative Jute Works au Bangladesh (premier exemple d'organisation de commerce &#233;quitable ; aujourd'hui, Jute Works regroupe 214 coop&#233;ratives de producteurs soit 6 000 personnes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1975 - Ouverture du premier magasin de Commerce &#201;quitable fran&#231;ais, Artisans du Monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1988 - Lancement du Commerce &#201;quitable dans la grande distribution par Max Havelaar Pays-Bas, cr&#233;ation de l'IFAT, F&#233;d&#233;ration Internationale du Commerce &#201;quitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1990 - Cr&#233;ation de l'EFTA, qui regroupe 12 importateurs du Commerce Equitable (60 % des importations de Commerce &#201;quitable).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1998 - Cr&#233;ation de la Plateforme Fran&#231;aise du Commerce &#201;quitable, cr&#233;ation de l'enseigne Alter Eco, introduction du Commerce &#201;quitable dans la grande distribution en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2000 - 3 000 magasins dans le monde, dont 2 500 en Europe et 100 en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2002 - Lancement de la marque Alter Eco en grande distribution.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Max Havelaar, un h&#233;ros de roman&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Max Havelaar n'est pas le nom du patron du label du m&#234;me nom mais le h&#233;ros d'un roman&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Max Havelaar ou les Ventes de caf&#233; de la Compagnie commerciale des Pays-Bas, (...)' id='nh3-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; &#233;crit en 1860 par un fonctionnaire colonial hollandais sous le pseudonyme de Multatuli. Il s'agit d'un t&#233;moignage direct, le h&#233;ros Max Havelaar n'&#233;tant autre que l'auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre exprime d'entr&#233;e un certain d&#233;go&#251;t du syst&#232;me en donnant la parole &#224; un courtier en caf&#233; d'Amsterdam, particuli&#232;rement born&#233;. Le reste se situe essentiellement aux &#171; Indes orientales n&#233;erlandaises &#187; (actuelle Indon&#233;sie), sur l'&#238;le de Java. L'auteur explique le fonctionnement du syst&#232;me colonial qu'il a v&#233;cu de l'int&#233;rieur. L'administration coloniale avait compris qu'il &#233;tait pr&#233;f&#233;rable de s'entourer de hauts fonctionnaires indig&#232;nes pour imposer son pouvoir. Le point de vue du paysan victime des exactions est fort bien rendu dans un &#233;pisode d&#233;senchant&#233; et cruel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il prend d'une certaine mani&#232;re la d&#233;fense des paysans, Max Havelaar n'en demeure pas moins un fonctionnaire colonial, &lt;em&gt;&#171; ballott&#233; par le doute, non sur l'objet de sa mission, mais sur la &lt;/em&gt;fa&#231;on&lt;em&gt; dont il devait l'accomplir &#187;.&lt;/em&gt; Il s'inqui&#232;te : &lt;em&gt;&#171; le m&#233;contentement si longtemps &#233;touff&#233; ne va-t-il pas tourner un jour brutalement &#224; la rage, au d&#233;sespoir, &#224; la folie furieuse ? N'y a-t-il pas une jacquerie au bout du chemin ? &#187;.&lt;/em&gt; Il re&#231;oit secr&#232;tement les paysans chez lui pour leur promettre &lt;em&gt;&#171; que justice serait faite, &#224; condition qu'ils ne se rebellent pas ou n'&#233;migrent pas &#187;.&lt;/em&gt; Finalement, alors que le h&#233;ros s'appr&#234;te &#224; quitter son poste sans avoir pu convaincre sa hi&#233;rarchie, il affirme d&#233;fendre &lt;em&gt;&#171; la cause de la justice et de l'humanit&#233;, qui est celle, en m&#234;me temps, d'un int&#233;r&#234;t politique bien compris. &#187;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre eut un fort retentissement lors de sa parution.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;L'&#201;change &#233;quitable de Robert Owen - 1832&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La prise de conscience des injustices de la soci&#233;t&#233; capitaliste au d&#233;but du dix-neuvi&#232;me si&#232;cle s'est accompagn&#233;e d'exp&#233;riences humanistes qu'on a qualifi&#233;es plus tard de socialisme utopique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Robert Owen, en 1824, fondait aux &#201;tats-Unis une communaut&#233; baptis&#233;e &#171; New Harmony &#187; qui r&#233;unissait quelque 800 membres. Cette exp&#233;rience d'Owen, comme d'autres exp&#233;riences contemporaines et semblables, mises en pratique notamment par des sectes religieuses, avaient en commun avec leur mod&#232;le primitif de fonctionner pratiquement en autarcie, n'&#233;changeant que leurs surplus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit de l'&#233;chec rapide de cette premi&#232;re exp&#233;rience, Owen continua &#224; se battre pour un syst&#232;me o&#249; &lt;em&gt;&#171; la subsistance humaine ne serait plus, comme &#224; pr&#233;sent, soumise &#224; de perp&#233;tuelles fluctuations commerciales &#187;.&lt;/em&gt; En 1832, il fonda &#224; Londres la Banque &#233;quitable d'&#233;change de travail (Equitable Labour Exchange). Il consacra toute son &#233;nergie &#224; la cr&#233;ation d'une Union des classes productives : la Grande Union Consolid&#233;e des M&#233;tiers. Le projet d'Owen ne se limitait pas &#224; tenter de mettre en place des &#233;changes &#233;quitables entre les villes et les campagnes, il englobait les produits de l'artisanat et de l'industrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'ayant toutes abouti &#224; des &#233;checs, les r&#233;alisations d'Owen eurent un retentissement consid&#233;rable dans le monde entier. Ses th&#233;ories ont &#233;t&#233; reprises quelques ann&#233;es plus tard au cours du mouvement chartiste qui mobilisa la classe ouvri&#232;re d'Angleterre entre 1837 et 1842. &#192; la faveur des luttes, les chartistes y ont vu plus clair dans l'organisation sociale que leur pr&#233;d&#233;cesseur. Bronterre O'Brien, un des principaux dirigeants du mouvement chartiste, d&#233;clarait au sujet des &#171; usurpateurs du sol &#187; et des capitalistes : &lt;em&gt;&#171; Nous ne connaissons pas de grand vice social qui ne soit attribuable &#224; l'une et l'autre de ces deux classes d'individus &#187;.&lt;/em&gt; En 1845, alors que ce mouvement r&#233;volutionnaire des ouvriers anglais &#233;tait sur son d&#233;clin, il &#233;crivait, &lt;em&gt;&#171; Nous envisageons avec espoir le jour de l'&#233;mancipation des travailleurs... &#187;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la veille de la vague r&#233;volutionnaire en Europe de 1848, la pens&#233;e ouvri&#232;re socialiste et communiste d&#233;passa le stade des utopies exp&#233;rimentales. Le &lt;em&gt;Manifeste du Parti Communiste&lt;/em&gt;, r&#233;dig&#233; par Karl Marx et Friedrich Engels (&#224; la demande de la Ligue des Communistes) fut envoy&#233; pour l'impression &#224; Londres quelques semaines avant la r&#233;volution de f&#233;vrier de 1848 en France, et parut pour la premi&#232;re fois en fran&#231;ais &#224; Paris peu avant l'insurrection ouvri&#232;re de juin 1848.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L.V.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_231 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH301/owen-d701a.gif?1527212747' width='400' height='301' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb3-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-1' class='spip_note' title='Notes 3-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;Max Havelaar ou les Ventes de caf&#233; de la Compagnie commerciale des Pays-Bas&lt;/em&gt;, de Multatuli&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;ditions Actes Sud, collection &#171; Babel &#187; - 440 pages - 9 &#8364;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Le commerce peut-il &#234;tre &#171; &#233;quitable &#187; ?
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
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		<dc:subject>Commerce &#233;quitable
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		<description>Des produits issus du commerce &#233;quitable fleurissent sur les gondoles des grands magasins. Une quinzaine du commerce &#233;quitable a lieu chaque ann&#233;e et remporte de plus en plus de succ&#232;s. On parle de placements solidaires, d'investissement responsable, de d&#233;veloppement durable. Tous ces concepts ont le vent en poupe. &lt;br /&gt;Certes, le commerce &#233;quitable part d'un bon sentiment : ses initiateurs proposent de pallier la mis&#232;re des petits producteurs des pays pauvres en mettant en place des structures d'achat&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Le-commerce-peut-il-etre-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Le commerce peut-il &#234;tre &#171; &#233;quitable &#187; ?
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Societe-74-+" rel="tag"&gt;Soci&#233;t&#233;
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Commerce-equitable-+" rel="tag"&gt;Commerce &#233;quitable
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Des produits issus du commerce &#233;quitable fleurissent sur les gondoles des grands magasins. Une quinzaine du commerce &#233;quitable a lieu chaque ann&#233;e et remporte de plus en plus de succ&#232;s. On parle de placements solidaires, d'investissement responsable, de d&#233;veloppement durable. Tous ces concepts ont le vent en poupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, le commerce &#233;quitable part d'un bon sentiment : ses initiateurs proposent de pallier la mis&#232;re des petits producteurs des pays pauvres en mettant en place des structures d'achat s'engageant &#224; leur assurer une juste r&#233;mun&#233;ration. &#192; l'autre bout de la cha&#238;ne, les consommateurs des pays riches sont pri&#233;s de payer un peu plus cher ces produits et d'exprimer ainsi leur solidarit&#233; avec les plus d&#233;munis, ce que beaucoup font volontiers. Il est tout aussi ind&#233;niable qu'au Br&#233;sil, en &#201;quateur et dans quelques autres pays, le commerce &#233;quitable a permis dans certains villages l'acc&#232;s &#224; l'eau, la cr&#233;ation de classes d'&#233;cole ou d'h&#244;pitaux. Tout comme il est vrai que certains placements solidaires ont permis l'acheminement de l'&#233;lectricit&#233; dans certains endroits recul&#233;s des pays les plus pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit toutefois d'une goutte d'eau dans la mer. Car le d&#233;veloppement du commerce &#233;quitable et de toutes les initiatives dites solidaires, n'emp&#234;che pas la v&#233;rit&#233; des prix. Le rapport annuel de la FAO, l'organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, publi&#233; le 30 octobre dernier, montre qu'il n'y a pas de r&#233;elle r&#233;gression de la mis&#232;re (m&#234;me compte tenu de l'augmentation de la population mondiale) : 854 millions de personnes, disposant de moins de 1 900 calories par jour, sont actuellement sous-aliment&#233;es dans le monde, contre 823 millions en 1990. D'autres chiffres publi&#233;s par le Bureau International du Travail, pointent toujours une augmentation du nombre de jeunes ch&#244;meurs en valeur absolue, pass&#233; de 74 &#224; 85 millions entre 1995 et 2005. Trois cents millions de jeunes travailleurs vivent ainsi sous le seuil de la pauvret&#233;, fix&#233; &#224; 2 dollars par jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ces chiffres accablants, le commerce &#233;quitable concerne environ 0,3 % de la population mondiale vivant en dessous du seuil de la pauvret&#233;. Malgr&#233; toutes les bonnes volont&#233;s d&#233;ploy&#233;es ici ou l&#224;, on ne pourra venir &#224; bout de cette pauvret&#233; sans s'attaquer de front &#224; la logique du profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_230 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH197/bateau-2-ff05a.gif?1528589971' width='400' height='197' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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