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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskyste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> Pour une bonne gestion de l'eau
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
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		<description>Assurer l'acc&#232;s de tous &#224; l'eau potable est certainement la premi&#232;re des t&#226;ches de la collectivit&#233;. Vu m&#234;me l'importance de cette eau pour la vie, on pourrait presque dire encore plus qu'&#224; l'&#233;lectricit&#233;, au gaz, au t&#233;l&#233;phone, aux transports, aux h&#244;pitaux ou &#224; l'&#233;cole, pourtant tous services absolument indispensables &#224; chacun dans le monde moderne. La notion de rentabilit&#233; devrait &#234;tre bannie &#224; leur propos, ce qui signifie, condition n&#233;cessaire m&#234;me si elle n'est pas toujours suffisante, qu'ils devraient &#234;tre&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Douce-pour-les-profits-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Douce pour les profits, sal&#233;e pour la population : le scandale de l'eau
&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Assurer l'acc&#232;s de tous &#224; l'eau potable est certainement la premi&#232;re des t&#226;ches de la collectivit&#233;. Vu m&#234;me l'importance de cette eau pour la vie, on pourrait presque dire encore plus qu'&#224; l'&#233;lectricit&#233;, au gaz, au t&#233;l&#233;phone, aux transports, aux h&#244;pitaux ou &#224; l'&#233;cole, pourtant tous services absolument indispensables &#224; chacun dans le monde moderne. La notion de rentabilit&#233; devrait &#234;tre bannie &#224; leur propos, ce qui signifie, condition n&#233;cessaire m&#234;me si elle n'est pas toujours suffisante, qu'ils devraient &#234;tre assur&#233;s par l'autorit&#233; publique. Ce n'est bien s&#251;r pas le cas, et de moins en moins d'ailleurs, dans ces temps d'offensive g&#233;n&#233;ralis&#233;e du priv&#233; contre tous les services publics.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Retour au public ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'eau n'est pas une marchandise, affirment, &#224; juste titre, les tenants d'une &#171; autre mondialisation &#187;. C'est pour l'instant plus un v&#339;u qu'une r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des militants de l'ACME (Association pour le contrat mondial de l'eau), par exemple, sont actuellement engag&#233;s dans une campagne visant au retour en r&#233;gie municipale de la distribution de l'eau. Et, dans un certain nombre d'endroits, comme &#224; Cherbourg, Neufch&#226;teau dans les Vosges, ou encore &#224; Palais-sur-Vienne, pr&#232;s de Limoges, la distribution de l'eau est d&#233;j&#224; revenue dans le giron public, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; confi&#233;e pendant des ann&#233;es au priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, s'il n'y a en effet aucune raison de permettre &#224; des trusts de s'engraisser sur un service comme la distribution de l'eau, aussi essentielle que l'air que l'on respire, la remunicipalisation constitue-t-elle pour autant la solution aux probl&#232;mes ? Elle semble certes frapp&#233;e au coin du bon sens ; elle semble aussi &#234;tre un combat plus simple &#224; gagner qu'une lutte g&#233;n&#233;ralis&#233;e contre le syst&#232;me capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant l'exp&#233;rience montre que le probl&#232;me d&#233;passe l'&#233;chelon municipal. Les nombreux cas d'interdiction de consommation de l'eau du robinet, qu'elle soit distribu&#233;e par le priv&#233; ou le public, attestent la difficult&#233; d'offrir une eau de bonne qualit&#233; aux consommateurs. La pollution des nappes phr&#233;atiques, due en particulier &#224; l'agriculture intensive et aux comportements pour le moins insouciants, voire criminels, des industriels, n&#233;cessitent de plus en plus d'assainissements. Les collectivit&#233;s locales doivent effectuer des investissements de plus en plus lourds pour distribuer de l'eau potable aux usagers. Ces d&#233;penses d&#233;passent souvent les budgets des communes, qui, bon gr&#233; mal gr&#233;, se d&#233;chargent sur ces trusts tentaculaires qui ont les capitaux pour les investissements n&#233;cessaires. Ce sont ces capitaux, ceux des pollueurs de toutes sortes comme ceux des compagnies des eaux, qu'il faudrait r&#233;quisitionner et utiliser pour mettre en place des r&#233;seaux de distribution permettant de satisfaire les besoins actuels ou nouveaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant que de telles mesures ne seront pas impos&#233;es, c'est toujours le consommateur qui est mis &#224; contribution, soit en tant qu'abonn&#233; &#224; la compagnie priv&#233;e qui g&#232;re le r&#233;seau, soit en tant que contribuable que la mairie doit bien taxer, qu'elle le veuille ou non, pour pouvoir entretenir ou moderniser le r&#233;seau. Aussi, m&#234;me dans le cas d'une remunicipalisation, la population n'y gagne pas forc&#233;ment : &#224; Cherbourg par exemple, le prix de l'eau n'a absolument pas diminu&#233; depuis que sa distribution est redevenue enti&#232;rement publique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt; Le m&#234;me probl&#232;me &#224; l'&#233;chelle du monde&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le courant altermondialiste m&#232;ne campagne pour de &#171; l'eau pour tous &#187; &#224; une &#233;chelle bien plus large que celle de la re-municipalisation. Il a mis en place un Forum alternatif mondial de l'eau (FAME), dont le but est de faire pression sur les gouvernements pour que l'acc&#232;s &#224; l'eau potable soit inscrit comme un droit fondamental dans les constitutions nationales. &lt;em&gt;&#171; Les citoyens auront alors les moyens de se retourner contre les gouvernements qui ne respectent pas cet engagement vital &#187;&lt;/em&gt;, esp&#232;re la canadienne Maude Barlow, l'une des principales animatrices de la campagne mondiale &#171; de l'eau pour tous &#187;. Et le FAME peut en effet mettre en avant quelques succ&#232;s : l'Uruguay, par exemple, o&#249; l'acc&#232;s &#224; l'eau a &#233;t&#233; inscrit dans la constitution au rang des droits humains fondamentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce courant r&#234;ve m&#234;me de voir mise sur pied une convention internationale adopt&#233;e par les Nations unies qui garantirait le droit &#224; l'eau. Ces propositions sont cens&#233;es enrayer les d&#233;rives dites &#171; lib&#233;rales &#187; du capitalisme mondial. Mais, depuis deux si&#232;cles, combien de d&#233;clarations solennelles, de conventions internationales, de constitutions nationales ont pr&#233;tendu garantir des droits, et bien d'autres que ceux &#171; de l'eau pour tous &#187;, droits &#224; la libert&#233;, l'&#233;galit&#233; ou la fraternit&#233; par exemple ? Avec quels r&#233;sultats quand les masses n'&#233;taient pas mobilis&#233;es pour les faire respecter ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le contr&#244;le de la population&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il est bien s&#251;r logique, normal, minimum, que la distribution de l'eau soit g&#233;r&#233;e par la puissance publique et non confi&#233;e &#224; des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s. Et nous soutenons sans r&#233;serve tous ceux qui s'opposent aux privatisations des services publics au b&#233;n&#233;fice de soci&#233;t&#233;s priv&#233;es qui n'ont qu'une chose en t&#234;te : le profit maximum, au d&#233;triment du service rendu. Il n'est en effet pas normal qu'apr&#232;s avoir d&#233;pens&#233; des sommes consid&#233;rables pour construire, entretenir les infrastructures n&#233;cessaires &#224; la distribution de l'eau, avec l'argent public, la collectivit&#233; transf&#232;re les profits au priv&#233;, tout en continuant d'assurer d'ailleurs la plupart du temps une part de l'entretien et les investissements lourds. Car il s'agit le plus souvent d'un &#171; partenariat tr&#232;s sp&#233;cial &#187; : les d&#233;penses encore en partie pour le public, les profits en totalit&#233; pour le priv&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes pour que les services publics soient g&#233;r&#233;s par la collectivit&#233; mais il ne suffira pas pour cela d'arracher leur gestion au priv&#233;. Pour en faire de v&#233;ritables services publics, il faudra que la population exerce son contr&#244;le. Le pass&#233; a en effet suffisamment montr&#233; qu'une nationalisation ou une municipalisation ne faisait pas pour autant un service public digne de ce nom. Il n'est qu'&#224; voir la lente d&#233;gradation de la SNCM, dernier exemple r&#233;cemment mis en lumi&#232;re dans l'actualit&#233;, g&#233;r&#233;e par l'&#201;tat mais laiss&#233;e &#224; l'abandon pour que puissent prosp&#233;rer des compagnies priv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut demander &#224; l'&#201;tat au service des capitalistes de veiller aux int&#233;r&#234;ts de la population. Ce sera &#224; cette derni&#232;re d'exercer un contr&#244;le sur l'utilisation des fonds publics et sur les d&#233;cisions prises (en attendant d'exercer un contr&#244;le sur toutes les entreprises et toute la production, l'eau comme les autres). C'est ainsi seulement qu'on pourra arr&#234;ter le jeu de yo-yo de ces services renflou&#233;s - lorsqu'ils vont mal ou lorsqu'ils ont besoin d'investissements lourds - avec l'argent des salari&#233;s, et c&#233;d&#233;s au priv&#233; lorsqu'ils deviennent juteux. C'est alors seulement que l'eau ne sera pas une marchandise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laurence VINON&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_166 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH170/waterleau-eafdc.png?1526478216' width='500' height='170' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Quand la coupe est pleine
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		<dc:subject>Eau
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
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		<dc:subject>&#201;cologie
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		<description>Pollution, hausse des tarifs, spoliation des ressources en eau : ces cons&#233;quences de l'appropriation priv&#233;e de l'eau ont suscit&#233; l'indignation des populations partout dans le monde. &lt;br /&gt;En France, face &#224; la privatisation massive intervenue dans les ann&#233;es 1990, des centaines d'associations se sont constitu&#233;es et parfois coordonn&#233;es pour d&#233;noncer les hausses des factures et la gestion priv&#233;e. Quelques succ&#232;s remport&#233;s devant les tribunaux ont confort&#233; leur action. En mai 1995, 36 usagers de Tr&#233;gueux&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pollution, hausse des tarifs, spoliation des ressources en eau : ces cons&#233;quences de l'appropriation priv&#233;e de l'eau ont suscit&#233; l'indignation des populations partout dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, face &#224; la privatisation massive intervenue dans les ann&#233;es 1990, des centaines d'associations se sont constitu&#233;es et parfois coordonn&#233;es pour d&#233;noncer les hausses des factures et la gestion priv&#233;e. Quelques succ&#232;s remport&#233;s devant les tribunaux ont confort&#233; leur action. En mai 1995, 36 usagers de Tr&#233;gueux faisaient condamner la CGE par le Tribunal d'instance pour avoir d&#233;livr&#233; de l'eau non potable pr&#233;sentant un taux de nitrates sup&#233;rieur &#224; 50 mg/L ; puis, en d&#233;cembre, 150 consommateurs de la r&#233;gion de Guingamp assignaient avec succ&#232;s la Lyonnaise des eaux pour le m&#234;me motif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fond&#233; en 1995, le r&#233;seau CACE (Coordination des associations des consommateurs d'eau) rassemblait 38 associations en 1999, 160 &#224; l'automne 2002. Si les associations sont de taille tr&#232;s variable, elles peuvent atteindre la centaine d'adh&#233;rents dans certains villages tr&#232;s mobilis&#233;s. En Bretagne, la contestation s'est organis&#233;e autour du r&#233;seau &#171; Coh&#233;rence &#187; qui regroupe depuis 1998 une centaine d'associations. Lanc&#233;e en 1996, une op&#233;ration de boycott partiel des factures d'eau a r&#233;ussi &#224; y mobiliser plus de 2 000 foyers. En mai 2003, la Cour d'appel de Rennes a donn&#233; raison &#224; de telles &#171; r&#233;tentions &#187; op&#233;r&#233;es sur des factures d'une eau reconnue non potable. L'op&#233;ration se poursuit sous le nom de &#171; N&#233;nuphar &#187;, en r&#233;f&#233;rence &#224; la prolif&#233;ration d'algues sur les c&#244;tes bretonnes du fait de la pollution agricole. Un exemple qui depuis a fait des &#233;mules, notamment en Corse.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des mouvements de masse &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais si en France, des collectifs d'usagers m&#232;nent ces actions locales tenaces, dans certains pays, comme en Inde ou en Bolivie, il est arriv&#233; que l'action de la population prenne une tout autre ampleur, celle d'un mouvement de masse s'affrontant &#224; l'&#201;tat et aux trusts priv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Bolivie, en avril 2000, la vall&#233;e de Cochabamba est ainsi entr&#233;e en &#233;bullition quand le trust am&#233;ricain Bechtel a pris possession du r&#233;seau public. La population est descendue dans la rue, a construit des barricades, occup&#233; pendant plusieurs jours la place principale et oblig&#233; le gouvernement &#224; annuler la loi autorisant la privatisation. Une Coordination de l'eau s'est mise en place, regroupant des organisations d'ouvriers, d'&#233;tudiants, de producteurs de coca, de cultivateurs. Cette Coordination, toujours sur pied de guerre, a continu&#233; &#224; jouer un r&#244;le dans les mobilisations de 2003 et 2005. Et la lutte pour l'eau a repris ailleurs dans le pays, notamment en 2005 &#224; El Alto, contraignant Aguas de Illimani, filiale de Suez, &#224; partir pr&#233;cipitamment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Inde, d&#232;s les ann&#233;es 1980, des populations avaient engag&#233; des combats contre l'installation d'exploitations mini&#232;res qui tarissent les sources des rivi&#232;res ; et, en 2000 encore, la r&#233;gion d'Orissa &#233;tait le lieu de manifestations anti-mines violemment r&#233;prim&#233;es. Mais, ces derni&#232;res ann&#233;es, la lutte pour l'eau a surtout &#233;t&#233; marqu&#233;e par la lutte engag&#233;e par les femmes de la tribu de Plachimada dans l'&#201;tat du Kerala contre Coca-Cola, responsable de l'ass&#232;chement de nappes phr&#233;atiques - de 45 &#224; 150 m de profondeur ! - et de rejets toxiques massifs dans les rivi&#232;res. Leur d&#233;termination, organisant inlassablement des &lt;em&gt;sit-in&lt;/em&gt;, a contraint le chef du gouvernement du Kerala d'ordonner la fermeture de l'usine en f&#233;vrier 2004. D&#232;s lors, la mobilisation s'est &#233;tendue &#224; d'autres r&#233;gions, conduisant, le 20 janvier 2005, &#224; la formation dans toute l'Inde de cha&#238;nes humaines autour d'une cinquantaine d'usines de Coca et de Pepsi, pour exiger leur fermeture aux cris de &lt;em&gt;&#171; Quit India &#187;&lt;/em&gt;. Des tribunaux populaires pr&#233;tendent m&#234;me imposer aux &#171; hydro-pirates &#187; de quitter le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_174 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L350xH188/boirecoca-16ab5.gif?1526478216' width='350' height='188' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;De l'eau &#224; tout le reste&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, les luttes des populations &#224; travers le monde ne permettent pas toujours d'imposer aux trusts de tels reculs. Si, dans les ann&#233;es 1990, en Argentine, la gr&#232;ve des factures a contraint Vivendi &#224; quitter la ville de Tucuman et chass&#233; du pays une filiale de la Lyonnaise des Eaux, en Afrique du Sud, les arrestations et les mesures interdisant les rassemblements ont eu raison de la r&#233;volte des habitants de Soweto contre les compteurs pr&#233;pay&#233;s instaur&#233;s par la Johannesburg Water.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les reculs impos&#233;s restent partiels. Si, &#224; Cochabamba, la population a repris le contr&#244;le de la gestion de l'eau, elle a aussi h&#233;rit&#233; des dettes des compagnies priv&#233;es. Pourtant, m&#234;me limit&#233;es, ces luttes ont le m&#233;rite de mettre un frein, m&#234;me provisoire, &#224; la rapacit&#233; des trusts. Et aussi, esp&#233;rons-le, de pr&#233;parer la population &#224; des luttes plus g&#233;n&#233;rales, la question de l'eau &#233;tant reli&#233;e &#224; celle de toute l'exploitation de la classe ouvri&#232;re et des peuples. En Bolivie, Cochabamba a &#233;t&#233; le pr&#233;lude d'un mouvement g&#233;n&#233;ral de contestation de l'oppression des paysans, des Indiens et des travailleurs. Parfois, tant vont les trusts &#224; l'eau qu'&#224; la fin... ils se brisent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Clara SOLDINI&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Le d&#233;veloppement durable... des catastrophes
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Le-developpement-durable-des-catastrophes</link>
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		<dc:subject>Eau
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		<dc:subject>&#201;cologie
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
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		<description>L'&#233;puisement des ressources en eau, la remise en cause d'&#233;quilibres &#233;cologiques, la d&#233;t&#233;rioration de leur qualit&#233; par la pollution sont dus avant tout &#224; l'agriculture intensive et &#224; l'industrie qui repr&#233;sentent &#224; elles deux 90 % de la consommation d'eau, loin devant les usages domestiques des particuliers. &lt;br /&gt;L'eau poubelle &lt;br /&gt;Les cultures et l'&#233;levage intensifs entra&#238;nent des rejets massifs de nitrates (provenant des engrais chimiques, des d&#233;jections animales), de pesticides. L'industrie est source de&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;puisement des ressources en eau, la remise en cause d'&#233;quilibres &#233;cologiques, la d&#233;t&#233;rioration de leur qualit&#233; par la pollution sont dus avant tout &#224; l'agriculture intensive et &#224; l'industrie qui repr&#233;sentent &#224; elles deux 90 % de la consommation d'eau, loin devant les usages domestiques des particuliers.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'eau poubelle&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les cultures et l'&#233;levage intensifs entra&#238;nent des rejets massifs de nitrates (provenant des engrais chimiques, des d&#233;jections animales), de pesticides. L'industrie est source de rejets non contr&#244;l&#233;s de produits polluants (hydrocarbures, m&#233;taux lourds, solvants chlor&#233;s, etc). Et les nappes phr&#233;atiques, qui re&#231;oivent ces infiltrations, sont touch&#233;es par ces pollutions, autant que les eaux de surfaces. Dans les pays dits en voie de d&#233;veloppement, le taux de pollution des nappes phr&#233;atiques est de 30 &#224; 100 fois sup&#233;rieur aux normes internationales. Mais les pays riches ne sont pas &#233;pargn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, selon un rapport de l'Institut fran&#231;ais de l'environnement en 2003, 45 % des mesures faites sur les rivi&#232;res ou les eaux souterraines indiquent une qualit&#233; moyenne, m&#233;diocre ou mauvaise. Le rejet de nitrates a doubl&#233; en 20 ans et plus de la moiti&#233; du territoire est class&#233;e en zone souffrant d'un exc&#232;s de cette pollution. 25 % des captages d'eau potable d&#233;livrent une eau dont la teneur en nitrates d&#233;passe la norme europ&#233;enne. Seuls 40 % de la pollution des eaux us&#233;es sont correctement trait&#233;s par les stations, qui n'&#233;purent notamment pas les m&#233;taux lourds dangereux pour l'organisme comme le cadmium, le mercure, le plomb ou le zinc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_169 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L350xH234/burob-e8277.gif?1526448853' width='350' height='234' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des catastrophes planifi&#233;es &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats interviennent depuis longtemps dans le domaine de l'eau, en particulier au travers de grands travaux publics. Des digues sont &#233;rig&#233;es contre les crues ; de grands barrages pour leur contr&#244;le, la production hydro&#233;lectrique ou l'irrigation ; des canaux afin d'assurer la continuit&#233; des transports par voie d'eau sur des centaines de kilom&#232;tres. Ces travaux ont apport&#233; des progr&#232;s incontestables, des profits non moins consid&#233;rables aux entreprises priv&#233;es de construction (voir en ce moment Alstom en Chine)... et des nuisances encore plus consid&#233;rables pour une partie au moins des populations. Car, au moins dans le tiers-monde, ils sont souvent men&#233;s dans le m&#233;pris total des habitants d&#233;plac&#233;s. Ce fut le cas en &#201;gypte ou en Inde, mais aussi en Chine o&#249; le barrage des Trois Gorges provoque l'&#233;vacuation de 11 millions de personnes. Sans compter que, r&#233;alis&#233;s dans des buts de rentabilit&#233; imm&#233;diate, ils posent des probl&#232;mes d'environnement sans doute encore plus dramatiques &#224; long terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'irrigation massive, un des buts de ces grands travaux, a des cons&#233;quences dramatiques sur les sols et les fleuves. La moiti&#233; des pr&#233;l&#232;vements mondiaux pour l'irrigation est effectu&#233;e par la Chine, l'Inde, les pays de l'ex-URSS, les &#201;tats-Unis et le Pakistan. Ces m&#234;mes pays concentrent les deux tiers des terres mondiales d&#233;grad&#233;es par la min&#233;ralisation, l'exc&#232;s de salinit&#233;, qui diminuent leur fertilit&#233;. Ironiquement, en &#201;gypte, un tiers de l'&#233;lectricit&#233; produite par le barrage d'Assouan sert &#224; fabriquer des engrais chimiques compensant la baisse de fertilit&#233; du sol due... au barrage, suite &#224; l'absence de d&#233;p&#244;ts de vase. L'ex-mer d'Aral, le quatri&#232;me lac du monde, victime du d&#233;tournement des eaux fluviales qui l'alimentaient, dispara&#238;t tandis que le rendement des cultures du riz et du coton en Ouzb&#233;kistan a chut&#233; d'un tiers en 20 ans !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, dans les lacs form&#233;s par les barrages, outre l'accumulation ind&#233;sirable de s&#233;diments, de nouvelles esp&#232;ces se d&#233;veloppent, notamment en milieu tropical, favorisant l'apparition de vecteurs de maladies graves (bilharziose, paludisme). Les cons&#233;quences catastrophique de captages excessifs sont innombrables et de toutes sortes : au Mexique, l'ass&#232;chement de la nappe phr&#233;atique de Mexico entra&#238;ne un affaissement de terrain et l'enfoncement progressif de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Soif de profits, menaces sur l'eau &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le cycle de l'eau peut aussi &#234;tre perturb&#233; par des produits a priori non polluants, comme le phosphore. Alors que l'azote, est dans la terre, le nutriment le plus fertilisant, c'est le phosphore dans les syst&#232;mes aquatiques. Sa pr&#233;sence favorise la prolif&#233;ration d'algues au d&#233;triment du reste de la faune et de la flore, ph&#233;nom&#232;ne dit d'eutrophisation, qui peut rendre l'eau toxique. Ce fl&#233;au touche maintenant une grande partie des lacs, des rivi&#232;res lentes et des eaux maritimes c&#244;ti&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car il n'y a pas que les entreprises intervenant directement dans la fili&#232;re dont l'activit&#233; peut &#234;tre catastrophique pour l'eau. Ainsi, les for&#234;ts sont d&#233;truites &#224; des fins commerciales : vente du bois, exploitation de ressources mini&#232;res situ&#233;es sous leur sols (or, cobalt, nickel, diamants en Amazonie), remplacement par des monocultures destin&#233;es au march&#233; mondial (eucalyptus et canne &#224; sucre en Inde, soja en Amazonie). Cette d&#233;forestation perturbe le r&#233;gime des pluies et peut aboutir &#224; l'ass&#232;chement des nappes souterraines et des rivi&#232;res. Mais les glissements de terrain, les torrents de boue, qui font r&#233;guli&#232;rement des victimes, sont aussi le plus souvent la cons&#233;quence de cette d&#233;forestation qui fragilise les sols.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cycle de l'eau est un syst&#232;me global, plan&#233;taire. Il est touch&#233; par quasiment toutes les activit&#233;s agricoles et industrielles, bien au-del&#224; du seul secteur de l'eau. Si l'on veut r&#233;gler les probl&#232;mes &#233;cologiques et humains li&#233;s &#224; l'eau, c'est, qu'on le veuille ou non, une planification de tous les secteurs &#233;conomiques, &#233;galement globale, plan&#233;taire, visant &#224; donner &#224; tous l'acc&#232;s &#224; l'eau tout en prot&#233;geant les &#233;cosyst&#232;mes, qui est n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marc LANGEAIS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_168 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH172/baikal-c9434.png?1526448853' width='500' height='172' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;La peste ou le chol&#233;ra ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au Bangladesh, 30 millions de personnes ont &#233;t&#233; empoisonn&#233;es &#224; l'arsenic et 200 000 morts sont enregistr&#233;es chaque ann&#233;e depuis 1998. L'arsenic &#233;tait contenu dans les 8 &#224; 10 millions de puits que les autorit&#233;s avaient fait forer ces 25 derni&#232;res ann&#233;es dans 68 000 villages. 900 000 de ces puits avaient &#233;t&#233; for&#233;s dans le cadre du programme Unicef pour r&#233;duire la mortalit&#233; infantile due &#224; la consommation des eaux de surface fortement pollu&#233;es. Mais les tests de pr&#233;sence &#224; l'arsenic dans les nappes profondes n'avaient pas &#233;t&#233; effectu&#233;s, car jug&#233;s trop co&#251;teux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#233;tude, rapport&#233;e en janvier 2003 par &lt;em&gt;Science et Vie&lt;/em&gt;, indiquait que la pr&#233;sence m&#234;me de l'arsenic n'&#233;tait pas un hasard, mais la cons&#233;quence de la pollution des eaux de surface. En passant dans les nappes phr&#233;atiques, les eaux pollu&#233;es ont aliment&#233; la prolif&#233;ration de bact&#233;ries qui ont ensuite contribu&#233; &#224; dissoudre les s&#233;diments riches en fer et &#224; lib&#233;rer en profondeur l'arsenic associ&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;La complaisance des &#201;tats face aux industriels pollueurs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis, des entreprises de distribution priv&#233;es ont obtenu, ces dix derni&#232;res ann&#233;es, l'abaissement des normes de qualit&#233; de l'eau potable. La teneur de l'eau en arsenic permise aux &#201;tats-unis est largement plus &#233;lev&#233;e que celle pr&#233;conis&#233;e par l'OMS. Cela repr&#233;sente une &#233;conomie pour les industriels du secteur du bois et du charbon, responsables des rejets de ce produit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, pr&#232;s d'Amiens, GDF a vendu il y a quelques ann&#233;es les terrains d'une ancienne usine &#224; gaz &#224; Bouygues qui y a construit des logements, malgr&#233; la pr&#233;sence visible de mares d'hydrocarbures ayant pollu&#233; les nappes phr&#233;atiques. Avec l'aval des autorit&#233;s publiques qui n'ont que tardivement impos&#233; la d&#233;pollution des sols. Au travers de sa filiale Saur, Bouygues est pourtant un acteur du march&#233; de l'eau, claironnant ses pr&#233;tentions &#233;cologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'usine Metaleurope Nord a rejet&#233; pendant des ann&#233;es des tonnes de plomb, de zinc, de cadmium, polluant l'eau et l'atmosph&#232;re, les autorit&#233;s publiques gardant le silence, malgr&#233; le cort&#232;ge de maladies dues aux m&#233;taux lourds touchant la population locale. &#192; la fermeture de l'usine en janvier 2003, le groupe a licenci&#233; les 800 salari&#233;s et laiss&#233; la d&#233;pollution des terrains &#224; la charge du contribuable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de ces deux cas, on recense pr&#232;s de 100 000 &#171; friches industrielles &#187; en France. Pollu&#233;es pendant des d&#233;cennies par l'industrie, elles sont convoit&#233;es par des promoteurs ou industriels press&#233;s d'obtenir les certificats de &#171; terrain non pollu&#233; &#187;, afin de pouvoir les rentabliser, y loger ou y faire travailler des salari&#233;s sans souci de la salubrit&#233; r&#233;elle de ces terrains et des eaux souterraines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M.L.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Une arme de guerre
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Eau
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		<description>Les progr&#232;s technologiques de la ma&#238;trise de l'eau ont &#233;t&#233; spectaculaires. 50 000 barrages de plus de 15 m&#232;tres de hauteur permettent de r&#233;guler les fleuves au long de l'ann&#233;e, d'en ma&#238;triser le cours, de pr&#233;venir les inondations. Les d&#233;rivations permettent d'amener de l'eau &#224; des centaines de kilom&#232;tres pour alimenter une ville ou irriguer des champs. Mais contr&#244;ler l'eau n'est pas seulement contr&#244;ler une ressource naturelle essentielle, c'est un levier de pouvoir, qui permet aussi bien de rendre la vie&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Douce-pour-les-profits-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Douce pour les profits, sal&#233;e pour la population : le scandale de l'eau
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Eau-+" rel="tag"&gt;Eau
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les progr&#232;s technologiques de la ma&#238;trise de l'eau ont &#233;t&#233; spectaculaires. 50 000 barrages de plus de 15 m&#232;tres de hauteur permettent de r&#233;guler les fleuves au long de l'ann&#233;e, d'en ma&#238;triser le cours, de pr&#233;venir les inondations. Les d&#233;rivations permettent d'amener de l'eau &#224; des centaines de kilom&#232;tres pour alimenter une ville ou irriguer des champs. Mais contr&#244;ler l'eau n'est pas seulement contr&#244;ler une ressource naturelle essentielle, c'est un levier de pouvoir, qui permet aussi bien de rendre la vie plus simple &#224; la population... que de la priver de l'indispensable et de la plonger dans la mis&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le m&#233;pris des puissants&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats les plus puissants n'h&#233;sitent pas &#224; se servir de l'eau contre les peuples. En 1991, lors de la premi&#232;re guerre du Golfe, les Alli&#233;s ont demand&#233; &#224; la Turquie de couper l'eau &#224; l'Irak en fermant ses barrages. La Turquie a certes refus&#233;, mais la coalition imp&#233;rialiste n'a pas oubli&#233; d'inclure des usines de traitement de l'eau parmi les cibles des bombardements pour priver la population d'eau potable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la premi&#232;re Intifada, Isra&#235;l avait coup&#233; en repr&#233;sailles l'acc&#232;s &#224; l'eau potable des villages palestiniens dont les enfants jetaient les pierres. Dans la deuxi&#232;me Intifada, depuis 2001, l'arm&#233;e isra&#233;lienne a repris la destruction des puits art&#233;siens, des conduites et r&#233;servoirs d'eau potable. Mais il n'y a pas qu'en temps de guerre que le contr&#244;le des approvisionnement en eau peut &#234;tre une arme d'un pays contre un autre. Il en est ainsi des &#201;tats-Unis vis-&#224;-vis du Mexique. Depuis le d&#233;but du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, l'&#201;tat am&#233;ricain a am&#233;nag&#233; le fleuve Colorado avec la construction de gigantesques barrages, ayant en particulier pour but d'alimenter la Californie. Ces r&#233;tentions et pr&#233;l&#232;vements en quantit&#233; ont r&#233;duit le Colorado &#224; son entr&#233;e au Mexique (o&#249; il se jette dans la mer) &#224; la portion congrue. Les plaintes de l'&#201;tat mexicain face &#224; l'ass&#232;chement du fleuve furent rejet&#233;es pendant longtemps, jusqu'&#224; ce que soit conclu un accord en 1944 o&#249; les &#201;tats-Unis s'engageaient &#224; respecter un certain d&#233;bit du Colorado &#224; son entr&#233;e au Mexique (1,83 milliards de m&#232;tres cubes sur un d&#233;bit global de 17 milliards). Pas gratuitement, bien s&#251;r. Le Mexique devait livrer de l'eau du Rio Grande aux &#201;tats-Unis en &#233;change. Une clause que Clinton n'omettait pas de rappeler en 2000 alors m&#234;me que le Mexique subissait une s&#233;cheresse de plusieurs ann&#233;es : il exigeait que la quantit&#233; soit respect&#233;e, ind&#233;pendamment de la p&#233;nurie d'eau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus les eaux du Colorado sont devenues dans la deuxi&#232;me moiti&#233; du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, extr&#234;mement pollu&#233;es, atteignant des taux de salinit&#233; record &#224; leur travers&#233;e de la fronti&#232;re. Les USA respectaient le d&#233;bit, mais l'eau n'&#233;tait pas utilisable. Il fallut encore des ann&#233;es de protestations mexicaines pour que les USA acceptent en 1974 de s'engager &#224; faire un effort de traitement des eaux, aux cons&#233;quences bien limit&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La rapacit&#233; des petits&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Des tensions autour du partage de l'eau d'un fleuve ne sont pas rares. Le Danube a &#233;t&#233; objet de conflit entre Hongrie et Slovaquie, conflit demeur&#233; &#171; diplomatique &#187;. Les projets de la Namibie de d&#233;tourner une partie des eaux de l'Okavango pour alimenter sa capitale ont provoqu&#233; la col&#232;re du Botswana.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Tigre et l'Euphrate sont partag&#233;s entre la Turquie, la Syrie et l'Irak ; les tensions se sont accrues avec la mise en place par la Turquie de gigantesques barrages dans le sud-est de l'Anatolie. Ce projet, entam&#233; dans les ann&#233;es 1980 et pas encore achev&#233;, prive de 30 % d'eau les pays en aval. Ainsi, lors de la mise en fonctionnement du barrage Atat&#252;rk en 1990, l'Euphrate est rest&#233; &#224; sec pendant un mois en Irak !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui dit Nil pense &#201;gypte. Le haut barrage d'Assouan, dont les travaux ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s par Nasser avec l'aide sovi&#233;tique de 1960 &#224; 1975, est de dimensions colossales. Mais ce que l'&#201;gypte a fait, elle le refuse &#224; ses voisins : un am&#233;nagement en amont du Nil, au Soudan, en &#201;thiopie, pourrait r&#233;duire le d&#233;bit du fleuve. Or 97 % des eaux de l'&#201;gypte proviennent de ses voisins. Les dignitaires &#233;gyptiens ont &#224; de multiples reprises menac&#233; ces &#201;tats quand ils &#233;voquaient ou entamaient des projets. &lt;em&gt;&#171; Le seul facteur qui pourrait conduire &#224; nouveau l'&#201;gypte &#224; entrer en guerre est l'eau &#187;&lt;/em&gt;, affirmait Sadate en 1979. Ainsi, il y a eu des incidents &#224; la fronti&#232;re avec le Soudan en 1998. Et, si la tension est un peu retomb&#233;e avec un projet d'am&#233;nagement du Nil englobant les &#201;tats de la r&#233;gion sous l'&#233;gide de la Banque mondiale, on n'est pas &#224; l'abri de nouvelles crises.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Demain, des guerres de l'eau ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ces rivalit&#233;s autour de l'eau peuvent-elles d&#233;boucher sur de v&#233;ritables guerres ? Cela a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; le cas quand Isra&#235;l a contr&#233; les projets d'am&#233;nagement de ses voisins arabes dans les ann&#233;es 1960 : en 1965 les chars isra&#233;liens entraient en Syrie pour d&#233;truire un barrage, en avril 1967 des Mirages isra&#233;liens bombardaient un barrage jordanien sur le Yarmouk. La guerre des six jours en juin 1967 n'avait pas pour seul facteur le contr&#244;le de l'eau, mais c'&#233;tait l'un des aspects de la rivalit&#233; entre Isra&#235;l et ses voisins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pourtant pas une p&#233;nurie d'eau absolue &#224; venir qui ferait que les hommes auraient &#224; se battre pour y avoir acc&#232;s. Car la question de l'eau n'a rien d'une question &#171; naturelle &#187;. C'est une question de choix &#233;conomiques et politiques : mettre des moyens dans tel ou tel syst&#232;me de ma&#238;trise de l'eau, utiliser l'eau de telle ou telle mani&#232;re, d&#233;velopper tel ou tel type d'agriculture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or ces choix sont aux mains d'&#201;tats rivaux, dont les fronti&#232;res ne sont pas &#224; l'&#233;chelle o&#249; pourrait se concevoir un v&#233;ritable am&#233;nagement rationnel des ressources. Des &#201;tats aux mains de classes dirigeantes qui se contentent d'une vision &#224; court terme, et m&#233;prisent les populations pauvres. Des &#201;tats qui sont sous influence des trusts qui veulent emporter des march&#233;s juteux, ind&#233;pendamment de l'utilit&#233; r&#233;elle ou non de leurs am&#233;nagements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Isra&#235;l ma&#238;trise tr&#232;s bien les techniques de l'eau : irrigation, canalisation, recyclage des eaux us&#233;es, dessalement de l'eau de mer, etc. Ces techniques, appliqu&#233;es dans toute la r&#233;gion, en partageant les ressources existantes, permettraient-elles aux peuples du Proche-Orient de vivre avec assez d'eau ? Probablement. Mais ce n'est pas le souci des dirigeants isra&#233;liens : leur priorit&#233; est de maintenir leur mainmise sur les sources d'eau, le Jourdain ou la nappe aquif&#232;re de Cisjordanie, pour pouvoir mieux dominer la r&#233;gion, et peu importe - si ce n'est tant mieux du point de vue de l'&#201;tat h&#233;breu - si cela prive d'eau les Palestiniens ou les Jordaniens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas plus que le p&#233;trole aujourd'hui, ce n'est pas l'eau qui peut provoquer les guerres modernes, mais la rapacit&#233; et l'&#233;go&#239;sme des bourgeoisies. La guerre pour l'eau, elle aussi, sera d'abord une guerre contre les pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel CHARVET&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Ch&#232;re eau...
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		<dc:subject>Eau
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		<description>Au forum de La Haye, en 2000, la Commission mondiale sur l'eau pr&#233;tendait que &#171; pour fournir une eau saine &#224; la population le secteur priv&#233; doit prendre la direction des op&#233;rations d'approvissionnement car celles-ci n&#233;cessitent des sommes d'argent consid&#233;rables &#187; tout en pr&#244;nant l'adoption d'une &#171; facturation r&#233;aliste &#187;, sous pr&#233;texte de... stopper le gaspillage. Le tout r&#233;sum&#233; par cette maxime : &#171; L'usager doit payer &#187;. &lt;br /&gt;En France les chiffres sont &#233;loquents. Entre 1990 et 1999, le prix moyen a ainsi&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au forum de La Haye, en 2000, la Commission mondiale sur l'eau pr&#233;tendait que &#171; pour fournir une eau saine &#224; la population le secteur priv&#233; doit prendre la direction des op&#233;rations d'approvissionnement car celles-ci n&#233;cessitent des sommes d'argent consid&#233;rables &#187; tout en pr&#244;nant l'adoption d'une &#171; facturation r&#233;aliste &#187;, sous pr&#233;texte de... stopper le gaspillage. Le tout r&#233;sum&#233; par cette maxime : &#171; L'usager doit payer &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France les chiffres sont &#233;loquents. Entre 1990 et 1999, le prix moyen a ainsi doubl&#233;, passant de 9F/m&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;3&lt;/sup&gt; &#224; 17F/m&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;3&lt;/sup&gt;, et les disparit&#233;s se sont creus&#233;es, le tarif pouvant varier du simple au double d'une r&#233;gion &#224; l'autre&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='M. Laim&#233;, &#171; Le Dossier de l'Eau : P&#233;nurie, Pollution, Corruption &#187;, Editions du (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. En janvier 1997, le rapport de la Cour des comptes estimait que &lt;em&gt;&#171; la hausse du prix est bien &#224; mettre en relation avec la d&#233;l&#233;gation des services de l'eau &#187;. &lt;/em&gt;En ce moment m&#234;me, la hausse moyenne est de 3,6 % par an, soit deux fois l'inflation. Et de nouvelles hausses sont annonc&#233;es pr&#233;tendument &#224; cause de la n&#233;cessaire r&#233;novation des dizaines de milliers de kilom&#232;tres de canalisations vieillissantes. Petit hic : les usagers ont d&#233;j&#224; pay&#233; une somme de 3 milliards d'euros pour ces m&#234;mes travaux qui n'ont jamais &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s comme pr&#233;vu...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez nos voisins de Grande-Bretagne, la privatisation en 1989 a entra&#238;n&#233; une hausse des prix de 106 % entre 1989 et 1995. Corr&#233;lativement, le nombre d'abonn&#233;s victimes de coupures pour ne pas avoir pu faire face &#224; leur facture a connu une hausse de 50 %.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Surtout pour les plus pauvres&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais dans les pays pauvres, l&#224; o&#249; les trusts ont pris le contr&#244;le de la gestion de l'eau, les hausses de prix s'av&#232;rent encore bien plus douloureuses. Par exemple, aux Philippines, lorsque les trusts fran&#231;ais Suez et am&#233;ricain Bechtel se sont partag&#233;s la distribution de l'eau de la ville de Manille, ils ont impos&#233; des hausses de tarifs de 500 % et 700 % respectivement entre 1997 et 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Factures insupportables, puis coupure d'eau, tel est le sort r&#233;serv&#233; aux populations pauvres, avec des cons&#233;quences carr&#233;ment dramatiques. Ainsi, lorsqu'en 1996, certaines municipalit&#233;s d'Afrique du Sud ont livr&#233; la distribution d'eau &#224; Suez et Vivendi, les pauvres des quartiers se sont vu supprimer la colonne d'eau publique qui les alimentait et en ont &#233;t&#233; r&#233;duits &#224; consommer l'eau de rivi&#232;res pollu&#233;es. Cons&#233;quence : une &#233;pid&#233;mie de chol&#233;ra qui a fait 270 morts. &lt;em&gt;&#171; Si nous pouvions avoir de l'eau, alors nous serions vraiment libres &#187;&lt;/em&gt; dirent alors ces anciennes victimes du r&#233;gime d'apartheid. &#192; Abidjan aussi, la privatisation de l'eau a &#233;t&#233; directement responsable de nombreux cas de chol&#233;ra chez les plus pauvres : pour acc&#233;der &#224; l'eau qui leur &#233;tait refus&#233;e, ils avaient creus&#233; eux-m&#234;mes des puits, lesquels se sont av&#233;r&#233;s communiquer avec des fosses septiques...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simone CANETTI&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Ils nous mettent au goutte &#224; goutte...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En France, la s&#233;cheresse de cet &#233;t&#233; a &#233;t&#233; l'occasion m&#233;diatique de relancer une campagne contre la &#171; chasse au gaspi &#187;. La hausse des tarifs aidant, les r&#233;ducteurs de d&#233;bit en tout genre et les syst&#232;mes individuels de r&#233;cup&#233;ration des eaux pluviales font recette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pouvoirs publics ne sont pas les derniers &#224; encourager cette tendance. Entr&#233;e en vigueur cet automne 2005 &#224; Paris, la loi dite de &#171; Solidarit&#233; et renouvellement urbain &#187; incite les usagers &#224; installer des compteurs individuels. Officiellement, il s'agit de permettre &#224; chacun de contr&#244;ler sa consommation, voire de &#171; responsabiliser &#187; des usagers d&#233;pensiers. Mais le quotidien &lt;em&gt;le Parisien&lt;/em&gt; relevait que les frais d'installation d'un compteur s'&#233;l&#232;vent &#224; 150 &#8364;, &#224; quoi il faut ajouter un surco&#251;t de redevance annuel qui s'&#233;l&#232;ve &#224; 50 &#8364; en option location et &#224; 37 &#8364; si on choisit de devenir propri&#233;taire du compteur. Pour une facture d'eau annuelle moyenne de 277 &#8364;, le co&#251;t du compteur entra&#238;nerait donc une hausse de 18 %. Merci pour la le&#231;on d'&#233;conomie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces offres, transmises par la mairie, nous viennent bien entendu des d&#233;l&#233;gataires priv&#233;s comme Veolia et Suez. Eux au moins y trouvent leur compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S.C.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;M. Laim&#233;, &#171; Le Dossier de l'Eau : P&#233;nurie, Pollution, Corruption &#187;, Editions du Seuil, mars 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> La privatisation : une expertise fran&#231;aise
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/La-privatisation-une-expertise-francaise</link>
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		<dc:date>2005-11-10T19:47:11Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Eau
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
</dc:subject>

		<description>Six &#171; agences de bassin &#187;, &#233;tablissements publics sous tutelle de l'&#201;tat, furent cr&#233;&#233;es par la premi&#232;re loi sur l'eau de 1964. Officiellement, leur r&#244;le &#233;tait d'&#339;uvrer &#224; la &#171; gestion durable des ressources &#187;, notamment en mati&#232;re de pollution. Mais, d&#232;s l'origine, elles furent con&#231;ues comme des &#233;tablissements &#224; vocation exclusivement financi&#232;re, sortes de &#171; banques de l'eau &#187;, o&#249; se c&#244;toient les repr&#233;sentants de l'&#201;tat, des corps d'&#201;tat, des groupes industriels priv&#233;s et des organisations professionnelles&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Six &#171; agences de bassin &#187;, &#233;tablissements publics sous tutelle de l'&#201;tat, furent cr&#233;&#233;es par la premi&#232;re loi sur l'eau de 1964. Officiellement, leur r&#244;le &#233;tait d'&#339;uvrer &#224; la &lt;em&gt;&#171; gestion durable des ressources &#187;&lt;/em&gt;, notamment en mati&#232;re de pollution. Mais, d&#232;s l'origine, elles furent con&#231;ues comme des &#233;tablissements &#224; vocation exclusivement financi&#232;re, sortes de &#171; banques de l'eau &#187;, o&#249; se c&#244;toient les repr&#233;sentants de l'&#201;tat, des corps d'&#201;tat, des groupes industriels priv&#233;s et des organisations professionnelles agricoles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur autonomie financi&#232;re est totale. Elles per&#231;oivent des redevances des usagers et d&#233;cident des investissements et de l'attribution de subventions ou de pr&#234;ts. Leur poids financier est devenu consid&#233;rable. Chaque ann&#233;e, elles per&#231;oivent 2 milliards d'euros, soit 3 &#224; 4 fois plus que les dotations budg&#233;taires des diff&#233;rents minist&#232;res intervenant dans le domaine de l'eau. L'intervention financi&#232;re directe de l'&#201;tat est donc devenue carr&#233;ment marginale. &#192; l'&#201;tat le pouvoir r&#233;galien en mati&#232;re de r&#233;glementation, aux agences les ressources financi&#232;res !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autonomie des agences est accentu&#233;e par le fait que leur zone d'intervention, c'est-&#224;-dire le bassin hydrographique, ne correspond &#224; aucun d&#233;coupage administratif. Leurs d&#233;cisions ne sont donc pas soumises &#224; contr&#244;le, et encore moins &#224; celui de la population ! Les programmes sont d&#233;finis par leurs conseils d'administration en concertation avec les &#171; comit&#233;s de bassin &#187;, o&#249; se r&#233;unissent pour discuter des repr&#233;sentants de l'&#201;tat, des &#233;lus locaux et des &#171; usagers &#187;, en fait les industriels et les agriculteurs. Dans ces comit&#233;s, les associations de d&#233;fense de l'environnement ne sont quasiment pas repr&#233;sent&#233;es. Les simples consommateurs d'eau potable n'y &#233;taient carr&#233;ment pas admis jusqu'en 2000 !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le principe du &#171; pollu&#233;-payeur &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En fait, les consommateurs individuels sont surtout invit&#233;s ... &#224; payer : 80 % des redevances vers&#233;es aux agences le sont par eux, tandis que les industriels ne les financent qu'&#224; hauteur de 18 %, les agriculteurs &#224; peine 1 %, et que les collectivit&#233;s locales sont exempt&#233;es de toute redevance ! Pour les consommateurs individuels, la redevance constitue quand m&#234;me 13 % de la facture d'eau...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; Les pollueurs doivent &#234;tre les payeurs &#187;&lt;/em&gt; : ce mensonge affich&#233; par les agences de l'eau ne trompe personne. En avril dernier, l'UFC Que choisir d&#233;non&#231;ait le &#171; principe du pollu&#233;-payeur &#187;. En fait, ce sont les &#171; aides &#224; la d&#233;pollution &#187; revers&#233;es aux plus gros pollueurs, industriels ou gros agriculteurs, qui d&#233;terminent le volume des redevances exig&#233;es de la population. Qui pollue, est aid&#233;. Et continue &#224; polluer, puisque c'est plus rentable, au niveau financier, que de faire l'effort de moins polluer. Surtout quand on paye des redevances ridicules !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le des agences est donc d'organiser m&#233;thodiquement le transfert des redevances pay&#233;es par les petits usagers aux grosses entreprises capitalistes. Outre les &#171; aides &#187;, elles leur accordent aussi des pr&#234;ts sans int&#233;r&#234;t, bien plus avantageux qu'aupr&#232;s de n'importe quelle banque !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux &#171; plans quinquennaux &#187; des agences, ils permettent de financer un certain nombre de gros projets pour le plus grand profit des concessionnaires priv&#233;s, Vivendi, Suez et Bouygues. Ainsi, quand ils construisent une usine d'assainissement, la moiti&#233; des investissements peut &#234;tre subventionn&#233;e par les agences ! Inutile de dire qu'il n'existe presque jamais d'&#233;tude sur l'efficacit&#233; de ces projets aid&#233;s dans la lutte contre la pollution. L&#224; n'est pas la priorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; agences de l'eau &#187; auront donc surtout servi &#224; planifier la privatisation de l'eau. Ces structures ont b&#233;n&#233;fici&#233; de la centralisation de l'&#201;tat, de son autorit&#233;, de l'absence de concurrence, et surtout du manque total de contr&#244;le de la part de la population, pour permettre au secteur priv&#233; de prendre son envol. Ce mod&#232;le qui a permis l'infiltration pernicieuse du priv&#233; dans l'eau publique, est une sp&#233;cialit&#233; &#171; made in France &#187; qui sert maintenant de r&#233;f&#233;rence en Europe et dans le monde entier aux tenants de la privatisation de l'eau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lydie GRIMAL&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Le fabuleux destin des &#171; Trois S&#339;urs &#187;
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Le-fabuleux-destin-des-Trois-Soeurs</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
</dc:subject>
		<dc:subject>Eau
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		<description>Au XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle en France, l'&#201;tat joua un r&#244;le d&#233;cisif dans les grands travaux hydrauliques qui permirent la modernisation de l'irrigation agricole, ainsi que le captage et l'adduction d'eau vers les centres urbains en plein essor. Les &#233;pid&#233;mies comme celle du chol&#233;ra en 1823 avaient frapp&#233; aussi bien les riches que les pauvres &#224; Londres ou Paris. En France, la loi de 1828 rendait les communes urbaines responsables de l'approvisionnement de leur population en eau. Les travaux hydrauliques d&#233;cisifs&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle en France, l'&#201;tat joua un r&#244;le d&#233;cisif dans les grands travaux hydrauliques qui permirent la modernisation de l'irrigation agricole, ainsi que le captage et l'adduction d'eau vers les centres urbains en plein essor. Les &#233;pid&#233;mies comme celle du chol&#233;ra en 1823 avaient frapp&#233; aussi bien les riches que les pauvres &#224; Londres ou Paris. En France, la loi de 1828 rendait les communes urbaines responsables de l'approvisionnement de leur population en eau. Les travaux hydrauliques d&#233;cisifs furent r&#233;alis&#233;s avec l'intervention centrale de l'&#201;tat, sous Napol&#233;on III.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'a&#238;n&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte qu'un d&#233;cret imp&#233;rial cr&#233;a la Compagnie G&#233;n&#233;rale des Eaux (CGE) en 1853. Parmi les actionnaires, aux c&#244;t&#233;s de banquiers parisiens, genevois et anglais, des ministres et des membres de la famille de Napol&#233;on III. Le PDG de la nouvelle soci&#233;t&#233;, le comte Henri Sim&#233;on, &#233;tait lui-m&#234;me &#224; la fois grand propri&#233;taire terrien, ancien pr&#233;fet, d&#233;put&#233; et s&#233;nateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre l'irrigation des campagnes, la CGE commen&#231;a par installer des canalisations en ville, d'abord &#224; Lyon, puis Nantes, ainsi que dans des communes ais&#233;es de la banlieue parisienne comme Auteuil et Passy. &#192; Lyon, la commune lui offrit un contrat en or, d'une dur&#233;e de 99 ans : en &#233;change de la gestion de la distribution de l'eau et de l'installation des conduites, elle lui garantit pendant 4 ans un b&#233;n&#233;fice de 300 000 francs par an, soit 5 % du capital engag&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#233;tape d&#233;cisive du d&#233;veloppement de la CGE fut son extension &#224; la capitale en 1860, r&#233;alis&#233;e sous la houlette du pr&#233;fet Haussmann qui venait d'&#233;tendre Paris jusqu'au cercle de ses fortifications. Le contrat y &#233;tait encore plus favorable qu'&#224; Lyon. L'exploitation technique restait &#224; la charge de la commune ; la distribution &#233;tait confi&#233;e &#224; la CGE, comprenant les branchements aux fa&#231;ades, la gestion des compteurs et des abonn&#233;s. Sans l'ombre d'un investissement, la CGE encaissait donc la prime de gestion pay&#233;e par la Ville, calcul&#233;e en pourcentage du chiffre d'affaires. Le syst&#232;me de &#171; r&#233;gie int&#233;ress&#233;e &#187; &#233;tait mis en place, qui allait faire recette...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un h&#233;ritage partag&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Jusque dans les ann&#233;es 1940, les compagnies priv&#233;es de l'eau continu&#232;rent &#224; &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme des valeurs refuges par les rentiers. Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, elles &#233;chapp&#232;rent aux mesures de nationalisation de l'&#233;nergie comme le gaz et l'&#233;lectricit&#233;. Dans les ann&#233;es 1950, la &#171; Soci&#233;t&#233; lyonnaise des eaux et d'&#233;clairage &#187;, cr&#233;&#233;e en 1880 par le Cr&#233;dit lyonnais, allait ainsi devenir la principale concurrente de la CGE en France, dans un contexte o&#249; le march&#233; &#233;tait en pleine expansion du fait de l'urbanisation massive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concurrentes, les deux majors ont fond&#233; &#224; l'occasion des soci&#233;t&#233;s communes pour se partager les contrats, comme &#224; Lille, Grenoble, ou Paris (la rive droite revenant &#224; la CGE et la rive gauche &#224; la Lyonnaise). Seul un troisi&#232;me concurrent, la Saur (Soci&#233;t&#233; d'am&#233;nagement urbain et rural), cr&#233;&#233;e en 1933, fut en mesure de leur disputer les contrats municipaux dans le secteur des petites communes rurales, surtout quand Bouygues devint actionnaire majoritaire de cette soci&#233;t&#233; en 1984. Les trois se partagent aujourd'hui l'essentiel des d&#233;l&#233;gations de distribution de l'eau en France : Vivendi (h&#233;riti&#232;re de la CGE) desservant 26 millions d'usagers, la Lyonnaise 14 et la Saur 6.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la concurrence s'est d&#233;plac&#233;e &#224; la conqu&#234;te du march&#233; international, celui de l'eau... ou d'autres. Les compagnies priv&#233;es de l'eau fran&#231;aise sont devenues de v&#233;ritables trusts mondiaux, aux activit&#233;s diversifi&#233;es. Ainsi, la Lyonnaise (aujourd'hui Suez) est devenue un g&#233;ant de l'&#233;nergie et a filialis&#233;, sous le nom d'Ond&#233;o, ses activit&#233;s eau. Quant &#224; la CGE, elle a laiss&#233; place &#224; Vivendi-Universal qui, &#224; la fin des ann&#233;es 1990, sous la houlette de Jean-Marie Messier, investit fr&#233;n&#233;tiquement dans les m&#233;dias et les t&#233;l&#233;communications (Canal+, Havas, rachats de Path&#233;, Seagram, USA Networks, etc.), le tout financ&#233; gr&#226;ce au d&#233;tournement d'une partie des provisions de ses filiales eau et chauffage, normalement destin&#233;es &#224; l'entretien et au renouvellement des installations : une manne de 35 milliards de francs ! Et cela sous le regard bienveillant de l'&#201;tat qui ira jusqu'&#224; faire cadeau &#224; Vivendi de 16 milliards d'euros de ristournes fiscales entre 1999 et 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2002 l'&#233;difice s'est &#233;croul&#233;. Alors premier employeur priv&#233; fran&#231;ais, Vivendi s'est s&#233;par&#233; de ses branches &#171; historiques &#187;, tel le p&#244;le eau (rebaptis&#233; Veolia), qui, lourdement endett&#233; par le &#171; hold-up &#187; de Messier, a vu pourtant son activit&#233; multipli&#233;e par 8 de 1990 &#224; 2000. Bref, &#224; l'ombre de l'&#201;tat, les affaires continuent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Agathe MALET&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_170 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH280/assoif-4cf47.gif?1526478218' width='400' height='280' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Le monde boit tricolore !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; Trois S&#339;urs &#187; constituent trois des quatre leaders mondiaux de traitement et de distribution de l'eau, contr&#244;lant 40 % du march&#233; mondial de l'eau confi&#233; au priv&#233; dans plus de 100 pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En termes de populations desservies, Ond&#233;o est le n&#176;1 mondial avec 125 millions d'habitants, suivi de Veolia avec 110 millions d'habitants, et la Saur avec 29 millions. Chacun d'entre eux a donc 4 fois plus de clients &#224; l'&#233;tranger qu'en France. Veolia a le plus gros chiffre d'affaires - 13 milliards d'euros - dont 35 % r&#233;alis&#233;s aux USA et 61% en Europe. Ond&#233;o est pr&#233;sent en Chine, Malaisie, Italie, Tha&#239;lande, Tch&#233;quie, Slovaquie, Australie, USA... La Saur est implant&#233;e essentiellement en Afrique qu'elle a investie d&#232;s les ind&#233;pendances (notamment en C&#244;te d'Ivoire) mais qu'elle partage avec Vivendi (Gabon, Tchad, Niger, Kenya, etc.). Bien que concurrents, Vivendi et la Lyonnaise forment &#224; l'occasion un consortium pour g&#233;rer en commun l'eau des municipalit&#233;s, Mexico, Buenos Aires, Karachi. &#192; Caracas, les deux sont associ&#233;s avec la Saur.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Nageurs en eau trouble&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1980-90, de nombreux scandales politico-financiers mirent en lumi&#232;re les m&#233;thodes pratiqu&#233;es par les compagnies de l'eau pour obtenir les march&#233; municipaux. Le plus m&#233;diatique mit en cause le maire de Grenoble, Alain Carignon, qui re&#231;ut en 1989 un pot-de-vin de 21 millions de francs de la Lyonnaise des eaux en &#233;change de la concession de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;rive n'&#233;tait en fait qu'un mode de fonctionnement. Jusqu'en 1995, les entreprises payaient un &#171; droit d'entr&#233;e &#187; aux municipalit&#233;s en &#233;change de la concession. Ces sommes, souvent des centaines de millions de francs, alimentaient le plus l&#233;galement du monde le budget g&#233;n&#233;ral de la commune, servant par exemple &#224; construire des stades... ou des piscines. Un &#171; cadeau &#187; pay&#233; au final par les consommateurs par des hausses du prix de l'eau ! Devenus ill&#233;gaux, ces &#171; droits d'entr&#233;e &#187; se perp&#233;tuent aujourd'hui sous forme d'une &#171; indemnit&#233; d'occupation des installations municipales en sous-sol &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre &#233;change de services entre les compagnies et le monde politique : les premi&#232;res prennent soin de recruter d'anciens (ou futurs) &#233;lus. Anne Hidalgo actuelle premi&#232;re adjointe au maire de Paris, fut num&#233;ro 2 de la DRH de la CGE de 1995 &#224; 1997 ; ex-responsable du PS de la r&#233;gion de Lille, membre du cabinet de Martine Aubry, Fran&#231;ois Colin fut responsable des affaires sociales de Vivendi de 1998 &#224; 2003 ; Alain Marsaud, d&#233;put&#233; UMP de la Haute-Vienne, devint &#224; partir de 1997 responsable de la prospective de Vivendi ; le directeur-g&#233;n&#233;ral de Suez est un ancien commissaire europ&#233;en, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A.M.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> La ru&#233;e vers l'eau
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		<dc:subject>Eau
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
</dc:subject>

		<description>De la production d'eau potable &#224; sa distribution, en passant par la collecte des eaux us&#233;es et l'&#233;puration, l'eau est devenue l'objet d'une industrie. En pleine croissance, et encore largement ouverts aux app&#233;tits des grandes entreprises capitalistes, les march&#233;s de l'eau suscitent donc bien des convoitises de leur part. &lt;br /&gt;En 2001, la Banque mondiale estimait le march&#233; potentiel &#224; 1 000 milliards d'euros. La m&#234;me ann&#233;e, suite &#224; l'effondrement des march&#233;s des nouvelles technologies, le magazine Fortune&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Douce-pour-les-profits-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Douce pour les profits, sal&#233;e pour la population : le scandale de l'eau
&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De la production d'eau potable &#224; sa distribution, en passant par la collecte des eaux us&#233;es et l'&#233;puration, l'eau est devenue l'objet d'une industrie. En pleine croissance, et encore largement ouverts aux app&#233;tits des grandes entreprises capitalistes, les march&#233;s de l'eau suscitent donc bien des convoitises de leur part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2001, la Banque mondiale estimait le march&#233; potentiel &#224; 1 000 milliards d'euros. La m&#234;me ann&#233;e, suite &#224; l'effondrement des march&#233;s des nouvelles technologies, le magazine &lt;em&gt;Fortune &lt;/em&gt;consid&#233;rait que l'industrie de l'eau constituait le placement le plus profitable. Nouvelles concurrentes des &#171; Trois S&#339;urs &#187; fran&#231;aises, de l'espagnole Aguas de Barcelona ou des anglaises Thames Water - filiale de la firme &#233;lectrique RWE - et Biwater devenue Cascal, d'autres grandes firmes ont d&#233;sormais des vis&#233;es sur ce march&#233; : comme l'am&#233;ricaine General Electric, ou encore Monsanto, trust de la biotechnique, qui lorgne le march&#233; indien.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La privatisation ne fait que d&#233;buter&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En effet, le secteur de la distribution d'eau est encore faiblement privatis&#233; au niveau mondial, &#224; hauteur de 5 % des r&#233;seaux seulement. Dans la plupart des cas, ce sont encore les municipalit&#233;s qui assurent l'entretien et la gestion des r&#233;seaux qui ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s aux frais du public. Mais ce chiffre global recouvre une situation contrast&#233;e. En France, pionni&#232;re en la mati&#232;re, la privatisation concerne plus de 75 % des r&#233;seaux de distribution. Aux USA, 89 % du march&#233; est encore aux mains de compagnies municipales. Et, en France, jusque dans les ann&#233;es 1950, deux-tiers des communes g&#233;raient encore directement les services des eaux. Ce n'est qu'&#224; partir du milieu des ann&#233;es 1980, et surtout dans les ann&#233;es 1990, que s'est g&#233;n&#233;ralis&#233;e la d&#233;l&#233;gation de gestion aux compagnies priv&#233;es : Vivendi, Suez (Ond&#233;o), et Saur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lanc&#233;s &#224; l'assaut de la plan&#232;te, les op&#233;rateurs priv&#233;s ne couvraient encore que 90 millions d'habitants dans le monde en 1988, mais plus du double (200 millions) dix ans plus tard et misent sur 500 millions en 2008. Une expansion qui touche aussi bien les pays riches que les pays pauvres. Dans ces derniers, les grandes institutions mondiales ne manquent pas une occasion de promouvoir les int&#233;r&#234;ts des trusts. Ainsi, sur 276 pr&#234;ts pour l'approvisionnement en eau accord&#233;s par la Banque mondiale entre 1990 et 2002, 30 % &#233;taient conditionn&#233;s &#224; la privatisation de la distribution. Au Chili, un pr&#234;t de ladite banque a m&#234;me &#233;t&#233; conditionn&#233; &#224; une garantie de 33 % de profits annuels pour Ond&#233;o.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les bienfaits de la pollution&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Outre la gestion de la distribution, les trusts de l'eau investissent les secteurs de la production d'eau potable et du traitement et assainissement des eaux us&#233;es. Par exemple, &#224; Paris, la privatisation de la distribution en 1984 a juste pr&#233;c&#233;d&#233; celle de la production d'eau potable, assur&#233;e depuis 1987 par une soci&#233;t&#233; d'&#233;conomie mixte, la Sagep dont Vivendi et Ond&#233;o poss&#232;dent chacune 14 % du capital. Le service d'assainissement des eaux a, quant &#224; lui, &#233;t&#233; &#171; externalis&#233; &#187; vers le Siaap qui, en 2002, confiait &#224; des filiales d'Ond&#233;o et de Vivendi une partie du traitement de l'usine d'Ach&#232;res et l'exploitation du site de Valenton, tandis que l'usine ultra-moderne de Colombes a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e par Ond&#233;o et Bouygues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire que ce march&#233; aussi est en pleine expansion : en France, le volume des eaux us&#233;es a tripl&#233; au cours des vingt derni&#232;res ann&#233;es ! Et la pollution croissante n&#233;cessite la mise en &#339;uvrede techniques de plus en plus sophistiqu&#233;es. Bien qu'&#233;labor&#233;s avec les universit&#233;s et les instituts de recherche publics, les proc&#233;d&#233;s les plus performants restent la propri&#233;t&#233; des trusts, qui s'imposent comme incontournables aupr&#232;s des municipalit&#233;s. Et il n'y a pas qu'en France ! Les perspectives de d&#233;veloppement sont mondiales. Par exemple, la Sade, une des filiales du groupe Vivendi sp&#233;cialis&#233;es dans les installations de production et traitement des eaux, multiplie les contrats partout dans le monde, et affiche en 2004 un chiffre d'affaires de 783 millions d'euros, dont 153 millions &#224; l'international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pollution croissante de l'eau courante (on n'ose plus dire &#171; l'eau potable &#187; !) a une autre cons&#233;quence secondaire tr&#232;s appr&#233;ci&#233;e des trusts : l'explosion du march&#233; de l'eau en bouteille. Estim&#233; &#224; 40 milliards d'euros dans le monde, il augmente en moyenne de 12 % par an. Cette croissance touche aussi bien les pays riches (la France est 2&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; consommateur mondial d'eau min&#233;rale) que les pays du tiers-monde, responsables de 60 % de la croissance mondiale du secteur. Deux trusts de l'agro-alimentaire, Nestl&#233; et Danone, contr&#244;lent &#224; eux seuls un tiers de ce march&#233;, talonn&#233;s par Pepsi ou Coca.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Besoins croissants en eau potable, lutte contre une pollution en constante augmentation, les trusts ont bien r&#233;pondu pr&#233;sents pour nous aider &#224; faire face aux d&#233;fis du monde moderne. &#192; condition que nous soyons solvables, bien entendu. Et, pendant qu'ils s'abreuvent de juteux profits, les milliards d'individus qui n'ont pas les moyens de se payer leurs services peuvent toujours croupir dans la soif et la maladie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yves LEFORT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_171 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH394/baigne-1d122.gif?1526478218' width='400' height='394' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Le spectre de la p&#233;nurie
</title>
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		<dc:subject>Eau
</dc:subject>
		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
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		<description>En ce d&#233;but de XXI&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, on estime que le nombre d'&#234;tres humains priv&#233;s d'eau potable est compris entre 1,2 et 1,5 milliard, soit le quart ou le cinqui&#232;me de l'humanit&#233;. Et 3,5 milliards n'ont pas acc&#232;s aux services sanitaires &#233;l&#233;mentaires ou au traitement des eaux us&#233;es. &lt;br /&gt;L'OMS juge ainsi qu'environ 3,1 % des morts (1,7 millions) dans le monde ont pour cause l'eau non potable et le d&#233;faut d'assainissement et d'hygi&#232;ne. &#192; quoi il faut ajouter les maladies hydriques telles que le paludisme, l'acaride,&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En ce d&#233;but de XXI&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, on estime que le nombre d'&#234;tres humains priv&#233;s d'eau potable est compris entre 1,2 et 1,5 milliard, soit le quart ou le cinqui&#232;me de l'humanit&#233;. Et 3,5 milliards n'ont pas acc&#232;s aux services sanitaires &#233;l&#233;mentaires ou au traitement des eaux us&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'OMS juge ainsi qu'environ 3,1 % des morts (1,7 millions) dans le monde ont pour cause l'eau non potable et le d&#233;faut d'assainissement et d'hygi&#232;ne. &#192; quoi il faut ajouter les maladies hydriques telles que le paludisme, l'acaride, l'ankylostome, la bilharzioze, le trachome ou la dengue, toutes maladies qui s&#233;vissent quasi exclusivement dans le tiers-monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or &#231;a risque fort de ne pas s'arranger. Selon le Secr&#233;tariat international de l'eau, les r&#233;serves d'eau renouvelables et disponibles par habitant auraient diminu&#233; de 50 % lors des 50 derni&#232;res ann&#233;es, passant de 17 500 m&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;3&lt;/sup&gt; en 1950 &#224; 7 500 m&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;3&lt;/sup&gt; en 2000. Les projections pr&#233;voient que la demande pourrait devenir sup&#233;rieure &#224; l'offre d'ici 20 ans. Une vingtaine de pays connaissent aujourd'hui une situation de &#171; stress hydrique &#187; (c'est-&#224;-dire un niveau de consommation sup&#233;rieur aux capacit&#233;s naturelles de renouvellement des ressources en eau). Mais d'ici 20 ans, 35 pays pourraient &#234;tre touch&#233;s, notamment au Moyen-Orient ou en Afrique. Cette p&#233;nurie pourrait m&#234;me concerner des zones qui ne sont pas consid&#233;r&#233;es comme arides, tels la Californie ou certains pays d'Europe de l'Est.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;In&#233;galit&#233; des ressources ? Probl&#232;me d&#233;mographique ?...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re explication invoqu&#233;e &#224; cette situation dramatique est la r&#233;partition naturelle des ressources tr&#232;s in&#233;gale selon les r&#233;gions. L'Amazonie, par exemple, o&#249; vivent 0,3 % de la population mondiale, re&#231;oit 15 % des pr&#233;cipitations, alors que la Chine doit se contenter de 7 % des pluies pour 21 % de l'humanit&#233;. Mais les experts s'accordent &#224; dire que l'Inde, exemple extr&#234;me, si elle ne b&#233;n&#233;ficie que de 4 % des eaux du globe pour un sixi&#232;me de la population de la plan&#232;te, pourrait largement satisfaire les besoins de son milliard d'habitants. Les in&#233;galit&#233;s g&#233;ographiques posent des probl&#232;mes, mais ceux-ci seraient, semble-t-il, solubles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre explication : la croissance d&#233;mographique. D'apr&#232;s un rapport du Fonds des Nations-unies pour les activit&#233;s en mati&#232;re de population dat&#233; de novembre 2001, &lt;em&gt;&#171; si la consommation demeure stable, nous pourrions utiliser 70 % &lt;/em&gt;[de l'eau douce]&lt;em&gt; du seul fait de la croissance d&#233;mographique. Si la consommation atteignait partout le niveau des pays d&#233;velopp&#233;s, nous pourrions utiliser 90 % de l'eau disponible en 2025. &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En un si&#232;cle, la consommation dans les trois secteurs qui se partagent l'eau disponible - l'agriculture, l'industrie et les agglom&#233;rations urbaines - aurait &#233;t&#233; multipli&#233;e respectivement par 5, par 26 et par 18. Pendant ce temps la population, elle, n'&#233;tait multipli&#233;e que par 3. L'augmentation de la consommation d'eau a donc largement exc&#233;d&#233; l'augmentation de la population. De plus, elle n'a pratiquement pas concern&#233; une grande partie de ces milliards d'humains suppl&#233;mentaires qu'on voudrait rendre responsables... d'une p&#233;nurie d'eau &#224; laquelle ils n'ont toujours pas acc&#232;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mographie n'est donc pas une explication des p&#233;nuries. En revanche, elle pose bien le probl&#232;me de l'organisation de la soci&#233;t&#233;. Car, si l'on veut amener les 6 milliards, ou plus, d'habitants de l'ensemble du globe au niveau actuel des pays d&#233;velopp&#233;s &#224; avoir acc&#232;s &#224; une eau suffisante - comme c'est n&#233;cessaire et souhaitable et comme ils en ont le droit - la r&#233;partition de l'eau entre la consommation des agglom&#233;rations, l'industrie et l'agriculture (aujourd'hui respectivement 10 %, 20 % et 70 % du total) devra sans doute &#234;tre modifi&#233;e d'une fa&#231;on drastique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors quelle ressource consacrer &#224; quoi ? On devine que l'organisation capitaliste de l'agriculture comme de l'industrie entra&#238;ne beaucoup de gaspillages, en mati&#232;re d'eau comme du reste. Mais comment produire davantage tout en polluant moins et utilisant moins d'eau ? Car, pour nourrir correctement tous les humains et leur procurer le niveau de vie auquel ils ont droit et aspirent, il ne faudra certainement pas diminuer la production agricole ou industrielle, m&#234;me s'il faudra produire diff&#233;remment ou d'autres choses ; plus probablement m&#234;me l'augmenter. &#192; cette question l'organisation capitaliste actuelle est tout &#224; fait incapable de r&#233;pondre. Et d'ailleurs elle s'en fiche. Une gestion rationnelle implique la planification et la gestion collective, &#224; l'&#233;chelle mondiale, non seulement de l'eau mais de toutes les ressources de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;...Ou probl&#232;me de soci&#233;t&#233; ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En attendant les besoins restent tr&#232;s loin d'&#234;tre satisfaits. Or, s'ils ne le sont pas, les probl&#232;mes qui d&#233;coulent de cette situation vont non seulement perdurer, mais s'aggraver : maladies, mortalit&#233;, violences de toutes sortes, conflits arm&#233;s... Jusqu'&#224; certaines formes d'ali&#233;nation des femmes : selon l'OMS, dans de nombreux pays, en Afrique notamment, la fourniture d'eau potable - pas m&#234;me &#224; domicile, mais dans un rayon d'un kilom&#232;tre - permettrait de lever l'un des principaux obstacles &#224; la scolarisation des filles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sommets internationaux sur l'eau se succ&#232;dent depuis des d&#233;cennies, dressant et redressant les m&#234;mes constats sur l'&#233;tat chronique d'une p&#233;nurie et le risque de son aggravation. Les m&#234;mes rencontres chiffrent les investissements, d&#233;risoires, que demanderaient l'acc&#232;s &#224; l'eau potable et un assainissement ad&#233;quat pour l'ensemble de la plan&#232;te : il suffirait de 36 milliards de dollars, soit 4 % des d&#233;penses militaires et d'armement mondiales. C'est sans doute un minimum, et une solution &#224; long terme exigerait bien plus, en terme d'investissements et en terme de r&#233;organisation de l'&#233;conomie mondiale. Mais, tout de m&#234;me, que notre monde ne trouve pas ce minimum est bien une condamnation du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beno&#238;t MARCHAND&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_173 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH306/eaulourde-2-21364.gif?1526478218' width='400' height='306' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Douce pour les profits, sal&#233;e pour la population : le scandale de l'eau
</title>
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		<dc:date>2005-11-10T19:27:43Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
</dc:subject>
		<dc:subject>Eau
</dc:subject>

		<description>La plan&#232;te bleue ne manque pas d'eau. Et m&#234;me pas d'eau douce, m&#234;me si cette derni&#232;re ne repr&#233;sente que 2,5 % du total. Et pourtant... un &#234;tre humain sur cinq n'a pas acc&#232;s &#224; une eau potable. &lt;br /&gt;Le cycle naturel de l'eau ne suffirait-il plus &#224; une population humaine devenue trop nombreuse ? La question se posera peut-&#234;tre un jour mais, pour l'instant, seule la moiti&#233; des ressources renouvelables disponibles est consomm&#233;e. &lt;br /&gt;La p&#233;nurie d'eau dont souffre une part croissante de l'humanit&#233; met donc en cause&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La plan&#232;te bleue ne manque pas d'eau. Et m&#234;me pas d'eau douce, m&#234;me si cette derni&#232;re ne repr&#233;sente que 2,5 % du total. Et pourtant... un &#234;tre humain sur cinq n'a pas acc&#232;s &#224; une eau potable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cycle naturel de l'eau ne suffirait-il plus &#224; une population humaine devenue trop nombreuse ? La question se posera peut-&#234;tre un jour mais, pour l'instant, seule la moiti&#233; des ressources renouvelables disponibles est consomm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;nurie d'eau dont souffre une part croissante de l'humanit&#233; met donc en cause l'organisation sociale. L'urbanisation incontr&#244;l&#233;e et acc&#233;l&#233;r&#233;e joue un r&#244;le incontestable dans l'impossible acc&#232;s d'un nombre croissant d'&#234;tres humains &#224; de l'eau potable. Mais pourquoi la taille gigantesque des m&#233;gapoles modernes emp&#234;che-t-elle une &#171; r&#233;volution hydraulique &#187; (mise en place de l'eau courante et du tout-&#224;-l'&#233;gout) semblable &#224; celle qu'ont connue les grandes villes industrialis&#233;es au XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle ? Deux si&#232;cles plus tard, apr&#232;s un &#233;norme d&#233;veloppement des moyens techniques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, ce n'est ni une limitation d'ordre technique ni la crainte - qui pourrait &#234;tre fond&#233;e - de pomper de mani&#232;re inconsid&#233;r&#233;e les ressources qui a frein&#233; de tels projets. Pour l'eau comme pour bien d'autres activit&#233;s, la technique est avant tout au service des projets de rentabilit&#233; imm&#233;diate. Et personne n'a m&#233;got&#233; l'eau aux industriels capitalistes et aux gros agriculteurs, qui sont les principaux responsables des ass&#232;chements, sans m&#234;me se poser la question de savoir si leurs productions r&#233;pondaient aux besoins des hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultat : en l'espace de quelques d&#233;cennies, parfois moins, des populations enti&#232;res ont vu leurs ressources en eau se tarir, ou bien devenir impropres &#224; la consommation, quand d'autres devaient fuir une terre inond&#233;e par des barrages dont l'utilit&#233; est discut&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, le capitalisme est en train d'imposer &#224; la plan&#232;te un nouveau &#171; cycle de l'eau &#187;, qui n'a rien de naturel : le cycle argent-eau-argent, ou plut&#244;t capital-eau-profit. Et la pollution massive, qu'il a lui-m&#234;me engendr&#233;e, lui offre une opportunit&#233; suppl&#233;mentaire : se pr&#233;senter comme l'incontournable producteur et fournisseur d'une eau potable qu'il transforme peu &#224; peu en denr&#233;e de luxe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce cycle non de l'eau mais de l'argent qu'il faut briser. En prenant conscience que, de la Bretagne &#224; la Bolivie ou &#224; l'Inde, les luttes pour un vrai service public de l'eau ont les m&#234;mes adversaires, en premier lieu la m&#234;me demi-douzaine de multinationales. L'eau, encore plus que tout, doit rester le bien de toute l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_175 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH170/lance-692e3.gif?1526478219' width='500' height='170' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Dans notre courrier : Comment lutter contre l'ins&#233;curit&#233; et la violence en banlieue ?
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Dans-notre-courrier-Comment-lutter-contre-l-insecurite-et-la-violence-en</link>
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		<dc:date>2005-11-10T19:12:36Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Courrier des lecteurs
</dc:subject>
		<dc:subject>Police
</dc:subject>
		<dc:subject>Politique s&#233;curitaire
</dc:subject>
		<dc:subject>Politique
</dc:subject>

		<description>Dans le dernier &#233;dito des bulletins de Lutte ouvri&#232;re, distribu&#233; le 2 novembre &#224; propos des &#233;meutes de Clichy-sous-Bois, &#224; c&#244;t&#233; d'une d&#233;nonciation de la politique de Sarkozy et de la situation indigne faite aux habitants des banlieues, on peut lire ces lignes surprenantes : &#171; M&#234;me sur le plan strictement policier, il n'y a pas dans les quartiers dits sensibles, plus de police de proximit&#233; ou de postes de police permanents &#187;. &lt;br /&gt;Comment interpr&#233;ter ce texte, sinon en comprenant que LO souhaiterait voir&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-42-novembre-decembre-2005-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 42, novembre-d&#233;cembre 2005
&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans le dernier &#233;dito des bulletins de Lutte ouvri&#232;re, distribu&#233; le 2 novembre &#224; propos des &#233;meutes de Clichy-sous-Bois, &#224; c&#244;t&#233; d'une d&#233;nonciation de la politique de Sarkozy et de la situation indigne faite aux habitants des banlieues, on peut lire ces lignes surprenantes : &lt;em&gt;&#171; M&#234;me sur le plan strictement policier, il n'y a pas dans les quartiers dits sensibles, plus de police de proximit&#233; ou de postes de police permanents &#187;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment interpr&#233;ter ce texte, sinon en comprenant que LO souhaiterait voir davantage de police de proximit&#233; et de postes de police permanents ? On pourrait certes penser qu'il s'agit seulement d'une maladresse de r&#233;daction si, par le pass&#233;, LO n'avait pas, &#224; maintes reprises, exprim&#233; des positions semblables. Ainsi, dans l'intervention d'Arlette Laguiller lors de la f&#234;te de 2002 (en pleine campagne &#233;lectorale pr&#233;sidentielle), reprise dans l'hebdomadaire du 24 mai 2002, on d&#233;couvre des propos encore plus &#233;tonnants : &#171; &lt;em&gt;Moins d'imp&#244;t, cela voudra dire moins de moyens pour une police humanis&#233;e, plus pr&#233;sente en permanence, au contact de la population, de jour comme de nuit, si c'est pour assurer la s&#233;curit&#233; des personnes. &#187; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble donc clair, &#224; cette lecture, que LO, &#224; c&#244;t&#233; de revendications traditionnelles de logements, d'emplois, d'embauche d'&#233;ducateurs et d'enseignants, pr&#233;conise pour mettre fin au climat de violence et d'ins&#233;curit&#233; des banlieues la pr&#233;sence &#171; jour et nuit &#187; de davantage de policiers de proximit&#233; &#171; humanis&#233;s &#187;. Or, la r&#233;pression, m&#234;me exerc&#233;e par des policiers &#171; de proximit&#233; &#187; est impuissante &#224; r&#233;gler ces probl&#232;mes. Seules l'organisation de la population et sa mobilisation pourront redonner des perspectives aux jeunes marginalis&#233;s et en m&#234;me temps tenir en respect les &#233;l&#233;ments v&#233;ritablement asociaux. Or, nulle part, on ne voit LO avancer cette perspective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut remarquer aussi que, &#224; Clichy-sous-Bois, c'est la pr&#233;sence polici&#232;re qui s'est av&#233;r&#233;e source d'ins&#233;curit&#233; en poussant des jeunes, qui revenaient d'un match de foot et non d'un cambriolage, &#224; se r&#233;fugier dans un transformateur. L'ironie du sort veut d'ailleurs que les flics qui les poursuivaient, ou proc&#233;daient &#224; des contr&#244;les (selon les versions), &#233;taient des policiers de proximit&#233; venus d'un commissariat voisin, et non des CRS ou des membres des BAC (Brigades anti-criminalit&#233;) tristement connus pour leur agressivit&#233; envers les jeunes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 novembre 2005, G.D.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;L'embrasement des banlieues montre que le probl&#232;me de la police, de proximit&#233; ou autre, dans les quartiers populaires est effectivement d'importance. Il nous est impossible, dans ce num&#233;ro et juste au moment o&#249; nous le bouclons, de le traiter s&#233;rieusement. En revanche il nous semble plus que rapide de dresser un r&#233;quisitoire contre LO, voire lui pr&#234;ter des positions qui ne sont pas les siennes, en se basant sur une ou deux citations, hors texte et hors contexte. Mais nous n'entendons surtout pas fuir le d&#233;bat et proposons de le poursuivre, avec toi et d'autres, dans le prochain num&#233;ro de Convergences.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_176 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L350xH256/flic-1a6b8.gif?1526478219' width='350' height='256' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Allemagne : L&#226;cher son programme pour l'ombre dans le Linkspartei ?
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Allemagne-Lacher-son-programme-pour-l-ombre-dans-le-Linkspartei</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Allemagne
</dc:subject>

		<description>Lors des derni&#232;res &#233;lections l&#233;gislatives du 18 septembre, le &#171; Parti de gauche &#187; (Linkspartei) &lt;br /&gt;a fait un tabac. Ce cartel entre le PDS (issu de l'ancien parti au pouvoir en RDA) et l'&#171; Alliance &#233;lectorale pour le travail et la justice sociale &#187; (WASG) dont le notable du SPD Oskar Lafontaine &lt;br /&gt;a pris la t&#234;te, a obtenu 8,7 % des voix (certes 25,3 % &#224; l'Est, contre 4,9 % &#224; l'Ouest). Et 54 d&#233;put&#233;s. Depuis des d&#233;cennies, le SPD n'avait pas connu une telle contestation sur sa gauche et nul doute que sur le&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-42-novembre-decembre-2005-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 42, novembre-d&#233;cembre 2005
&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Allemagne-+" rel="tag"&gt;Allemagne
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lors des derni&#232;res &#233;lections l&#233;gislatives du 18 septembre, le &#171; Parti de gauche &#187; (Linkspartei)
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Le Parti de gauche n'est encore qu'une simple coalition &#233;lectorale, qui (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
a fait un tabac. Ce cartel entre le PDS (issu de l'ancien parti au pouvoir en RDA) et l'&lt;em&gt;&#171; Alliance &#233;lectorale pour le travail et la justice sociale &#187;&lt;/em&gt; (WASG) dont le notable du SPD Oskar Lafontaine
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Ministre pr&#233;sident de la Sarre dans les ann&#233;es 80, chef du SPD dans les (...)' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
a pris la t&#234;te, a obtenu 8,7 % des voix (certes 25,3 % &#224; l'Est, contre 4,9 % &#224; l'Ouest). Et 54 d&#233;put&#233;s. Depuis des d&#233;cennies, le SPD n'avait pas connu une telle contestation sur sa gauche et nul doute que sur le terrain &#233;lectoral, 4,1 million d'&#233;lecteurs ont s&#233;v&#232;rement d&#233;savou&#233; la politique men&#233;e pendant 7 ans par Schr&#246;der et ses alli&#233;s Verts, contre les travailleurs et les ch&#244;meurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;contentement existe dans la classe ouvri&#232;re et s'est manifest&#233; &#224; plusieurs reprises, ces derni&#232;res ann&#233;es. Manifestation importante en novembre 2003 &#224; Berlin, contre les mesures gouvernementales, alors que les directions syndicales n'avaient pas appel&#233;. &#171; Manifestations du lundi &#187; &#224; l'Est du pays &#224; l'&#233;t&#233;-automne 2004, t&#234;tues. Par-del&#224; des attitudes plus ou moins critiques &#224; l'int&#233;rieur de la WASG, des organisations trotskystes voient dans le nouveau Parti l'&#233;mergence d'une &#171; force de gauche &#187; qui traduirait ce m&#233;contentement exprim&#233; dans la rue. Et les tout petits partis de l'extr&#234;me gauche allemande d'esp&#233;rer devenir plus grands, en se glissant, plus ou moins discr&#232;tement, dans cette nouvelle peau.
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-3' class='spip_note' rel='appendix' title='C'est le cas du SAV (Sozialistische Alternative Voran) li&#233; au courant &#171; (...)' id='nh2-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ladite peau a le cuir bien tann&#233;. Les notables qui dirigent la nouvelle formation, &#224; commencer par Oskar Lafontaine qui l'a ralli&#233;e en derni&#232;re heure, apr&#232;s les premiers succ&#232;s &#233;lectoraux de celle-ci aux r&#233;gionales de Rh&#233;nanie du Nord-Westphalie, sont des vieux routiers de la politique social-d&#233;mocrate. Seulement pr&#233;occup&#233;s de ne pas essuyer davantage le discr&#233;dit de la politique de Schr&#246;der qu'ils ont longtemps endoss&#233;e. L'opportunisme politique les a conduits &#224; la dissidence. Les responsables trotskystes qui pourtant appellent &#224; rallier ce Parti de gauche sont les premiers &#224; reconna&#238;tre qu'il n'est pas anticapitaliste. Tout juste &#171; antilib&#233;ral &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est bien significatif que les initiateurs du Parti de gauche, &#224; l'Est responsables du PDS, &#224; l'Ouest notables du SPD ou figures de la bureaucratie syndicale (branches de la m&#233;tallurgie et des services) qui constituent l'essentiel de la WASG, aient choisi d'appara&#238;tre sur le terrain &#233;lectoral. Pr&#233;cis&#233;ment celui-l&#224; et pas le terrain des entreprises et de la rue qui serait celui d'un parti de lutte des travailleurs. Lors des offensives r&#233;centes de tous les grands trusts comme Siemens, Daimler, Opel ou Volkswagen, contre l'emploi, les salaires et les conditions de travail, on n'a pas vu ces leaders offrir la moindre perspective de lutte aux travailleurs. On ne les a pas vus non plus offrir de suite aux manifestations cit&#233;es plus haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas du PDS de Gregor Gysi (60 000 adh&#233;rents d&#233;clar&#233;s), comme de la WASG d'Oskar Lafontaine (10 000 adh&#233;rents sur le papier), on a affaire &#224; des formations qui parlent en g&#233;n&#233;ral de justice sociale, mais ne veulent en aucun cas bousculer l'ordre social. Le PDS, du fait de son cantonnement &#224; l'Est du pays et de ses 4 % nationaux qui lui interdisaient jusque-l&#224; d'esp&#233;rer une vraie place au Bundestag et a fortiori dans un minist&#232;re, n'en si&#232;ge pas moins dans l'ex&#233;cutif des L&#228;nder de Berlin et Mecklembourg-Pom&#233;ranie occidentale o&#249; il m&#232;ne l'aust&#233;rit&#233; contre les classes populaires (licenciements dans les services publics, baisse des salaires des employ&#233;s des transports urbains, fermetures de piscines, etc.). Et si le nouveau parti, &#224; ce jour, s'est refus&#233; &#224; tout compromis avec Schr&#246;der, quelques-uns de ses chefs &#233;voquent pour le futur des responsabilit&#233;s minist&#233;rielles, si de prochains succ&#232;s &#233;lectoraux les rendaient plus indispensables au SPD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qu'&#224; cela ne tienne. Pour une certaine extr&#234;me gauche, il y aurait une possibilit&#233; de pousser la nouvelle organisation vers la gauche et &#233;ventuellement d'y recruter de nouveaux membres. Au prix de beaucoup de temps et de forces d&#233;pens&#233;s &#224; des bagarres sourdes, car la hi&#233;rarchie du nouveau parti tol&#232;re mal les &#171; trublions gauchistes &#187;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-4' class='spip_note' rel='appendix' title='D'ici la fin 2006, elle esp&#232;re s'en d&#233;barrasser en les obligeant &#224; abandonner (...)' id='nh2-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; !
Et au prix, surtout, du renoncement &#224; sa propre politique. C'est dans cette voie que se sont engag&#233;s la plupart des groupes d'extr&#234;me gauche, &#224; l'exception du RSB qui affirme : &lt;em&gt;&#171; &#192; partir du Parti de gauche, il serait actuellement absolument impossible de d&#233;fendre publiquement la n&#233;cessit&#233; d'un salaire horaire au minimum l&#233;gal de 10&#8364;, d'un revenu mensuel minimum de 1 500 euros brut, de l'interdiction des licenciements, de l'expropriation des entreprises qui font des profits tout en d&#233;truisant des emplois, de la semaine de 30 heures sans perte de salaire avec embauches correspondantes et contr&#244;le des conditions de travail, de r&#233;duction du temps jusqu'&#224; ce que chacun(e) ait un emploi, d'ouverture des livres de compte, d'expropriation des 756 000 millionnaires en dollars, et de droits &#233;gaux pour tous et pour toutes. Pour qui veut d&#233;fendre publiquement une politique r&#233;volutionnaire, ce n'est possible qu'en dehors de ce parti. &#187;&lt;/em&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-5' class='spip_note' rel='appendix' title='&#171; Opposition extraparlementaire ou Parti de gauche ? &#187;, article de B.B.Herbst (...)' id='nh2-5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'extr&#234;me gauche allemande, faible et peu connue des travailleurs, n'est forte que de l'h&#233;ritage d'id&#233;es et de luttes du mouvement ouvrier et de son programme socialiste r&#233;volutionnaire. En abandonnant celui-ci, elle n'est plus rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 novembre 2005&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pauline BAUM&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le Parti de gauche n'est encore qu'une simple coalition &#233;lectorale, qui devrait se constituer en parti &#224; l'avenir&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ministre pr&#233;sident de la Sarre dans les ann&#233;es 80, chef du SPD dans les ann&#233;es 1990, ministre des finances de Schr&#246;der en 1998...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-3' class='spip_note' title='Notes 2-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C'est le cas du SAV (Sozialistische Alternative Voran) li&#233; au courant &#171; Militant &#187; de Grande-Bretagne), Linksruck li&#233; au courant du SWP britannique, et l'ISL (Ligue socialiste internationale), l'une des 2 fractions de la IV&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Internationale en Allemagne. L'autre, le RSB (Ligue socialiste r&#233;volutionnaire) a d&#233;cid&#233; de ne pas engager ses militants dans le Linkspartei. Voir leurs positions respectives dans Inprecor de &lt;a href=&#034;http://www.inprecor.org/507_508/Allemagne.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;juillet-ao&#251;t 2005&lt;/a&gt; (ISL) et septembre 2005 (RSB).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-4' class='spip_note' title='Notes 2-4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;D'ici la fin 2006, elle esp&#232;re s'en d&#233;barrasser en les obligeant &#224; abandonner toute &#171; double appartenance &#187;. De la sorte, elle vise aussi le DKP (ex-tout petit parti stalinien d'Allemagne de l'Ouest qui a eu des candidats sur les listes du Linkspartei).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-5' class='spip_note' title='Notes 2-5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;http://www.inprecor.org/509/Allemagne_RSB.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Opposition extraparlementaire ou Parti de gauche ?&lt;/a&gt; &#187;, article de B.B.Herbst dans Inprecor N&#176;509, septembre 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Belgique : la gr&#232;ve redevient &#224; la mode...
</title>
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		<dc:date>2005-11-10T19:02:39Z</dc:date>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Gr&#232;ve
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		<dc:subject>Belgique
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		<description>100 000 personnes dans les rues de Bruxelles le 28 octobre ; une manifestation color&#233;e par les tenues des manifestants - rouges pour la FGTB (syndicat socialiste), vertes pour la CSC (syndicat chr&#233;tien) et bleues pour la CGSLB (le syndicat lib&#233;ral) ; une manifestation populaire ponctu&#233;e par les sifflets et les p&#233;tards mais sans banderoles, ou presque, et sans slogans. Mais ce qui la caract&#233;risait surtout, c'est que les directions nationales des syndicats l'avaient convoqu&#233;e suite &#224; des&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-42-novembre-decembre-2005-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 42, novembre-d&#233;cembre 2005
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Greve-+" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve
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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Belgique-+" rel="tag"&gt;Belgique
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;100 000 personnes dans les rues de Bruxelles le 28 octobre ; une manifestation color&#233;e par les tenues des manifestants - rouges pour la FGTB (syndicat socialiste), vertes pour la CSC (syndicat chr&#233;tien) et bleues pour la CGSLB (le syndicat lib&#233;ral) ; une manifestation populaire ponctu&#233;e par les sifflets et les p&#233;tards mais sans banderoles, ou presque, et sans slogans. Mais ce qui la caract&#233;risait surtout, c'est que les directions nationales des syndicats l'avaient convoqu&#233;e suite &#224; des manifestations et des d&#233;brayages dans les entreprises, organis&#233;s par des syndicats locaux ou plus ou moins spontan&#233;ment par les travailleurs. Pour paraphraser un journal : &lt;em&gt;&#171; la Belgique d'en bas a impos&#233; la gr&#232;ve aux directions syndicales d'en haut &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agissait de protester contre le plan du gouvernement pour faire reculer l'&#226;ge de d&#233;part en retraite et pr&#233;retraite des salari&#233;s : plan baptis&#233; &#171; contrat de solidarit&#233; entre g&#233;n&#233;rations &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce plan, le gouvernement en parle et le n&#233;gocie avec les organisations syndicales et les organisations patronales depuis des mois. D&#232;s juin, il avait &#233;crit une note sur &#171; le vieillissement actif &#187; devant servir de base aux n&#233;gociations : recul programm&#233; de l'&#226;ge de la pr&#233;retraite, l'augmentation des ann&#233;es de travail pour l'obtenir, des pressions sur les futurs pr&#233;retrait&#233;s pour qu'ils restent tout de m&#234;me disponibles sur le march&#233; du travail.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La pression des travailleurs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La CSC commen&#231;a par expliquer que si le texte restait en l'&#233;tat, elle appellerait les travailleurs &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Puis en septembre, devant le peu de r&#233;sultats des n&#233;gociations, la FGTB d&#233;cida de lancer seule un appel &#224; &#171; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#187; pour le 7 octobre tandis que la CSC, apr&#232;s avoir d&#233;pos&#233; un pr&#233;avis de gr&#232;ve pour le 10, se ravisait et expliquait qu'elle privil&#233;giait la n&#233;gociation. Elle avait, para&#238;t-il, 13 bonnes raisons de dire non au plan en juillet, mais s'en trouvait 10, en octobre, pour ne pas faire gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction du syndicat n'avait appel&#233; que la veille de la gr&#232;ve. Aucune manifestation n'&#233;tait pr&#233;vue. Mais cette gr&#232;ve a &#233;t&#233; bien suivie dans tout le pays : de nombreux magasins furent m&#234;me ferm&#233;s par des piquets, et dans de nombreux secteurs les militants de la CSC se ralli&#232;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les choses auraient pu en rester l&#224;. Aucune suite pr&#233;cise n'&#233;tait annonc&#233;e au 7 octobre. Et, comme au confessionnal, les directions syndicales se content&#232;rent d'aller rencontrer une &#224; une le Premier ministre qui, devant le Parlement, put annoncer sa r&#233;forme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais des syndicats de base, d&#232;s le discours du Premier ministre termin&#233;, organis&#232;rent des d&#233;brayages, en particulier dans les plus grosses entreprises. Tous les jours, la presse en annon&#231;a de nouveaux. Or, si certaines de ces d&#233;l&#233;gations syndicales ont la r&#233;putation de faire partie des &#171; gauches syndicales &#187;, d'autres comme chez Volkswagen (premier employeur priv&#233; de la r&#233;gion bruxelloise) ont avalis&#233; jusque-l&#224; tous les mauvais coups de la direction de l'entreprise : licenciements et blocage des salaires. Et, le 24 octobre, une manifestation de la FGTB et de la CSC rassemblait 15 000 personnes &#224; Charleroi, une des principales villes ouvri&#232;res du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant cette mobilisation, les directions syndicales se sont senties oblig&#233;es d'appeler &#224; une manifestation nationale le 28 octobre, en gros mieux pr&#233;par&#233;e que celle du 7 octobre, m&#234;me si, alors que la FGTB appelait &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, la CSC appelait &#171; seulement &#187; &#224; la gr&#232;ve laissant &#224; ses syndicats le soin de d&#233;cider les formes d'action.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Contre-offensive patronale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La FGTB fait partie des bureaux des directions des deux partis socialistes (wallon et flamand) ; la CSC, quant &#224; elle, a ses relais politiques dans les deux partis d&#233;mocrates chr&#233;tiens. Suite &#224; une rencontre, la veille du d&#233;fil&#233;, entre FGTB et CSC et des dirigeants du PS et du SPA (parti socialiste flamand), le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la FGTB a d&#233;clar&#233; que &lt;em&gt;&#171; le PS et le SPA annoncent une concertation sur les &#171; modalit&#233;s &#187;. Moi, je ne suis pas braqu&#233; sur le vocabulaire. Si ces modalit&#233;s donnent assez de marge, &#231;a me va&lt;/em&gt; &#187;. Une fa&#231;on de dire qu'il &#233;tait pr&#234;t &#224; retourner &#224; la table des n&#233;gociations si le gouvernement (o&#249; le PS a des ministres) lui donne &#171; du grain &#224; moudre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette manifestation du 28 octobre a pourtant entra&#238;n&#233; la col&#232;re du patronat et du gouvernement dans un premier temps. Le Premier ministre a d&#233;clar&#233; que, m&#234;me si la manifestation &#233;tait un succ&#232;s, il ne changerait rien &#224; sa r&#233;forme. Le ministre de l'Int&#233;rieur est mont&#233; au cr&#233;neau pour dire que la police agirait si des piquets de gr&#232;ve emp&#234;chait &#171; la libert&#233; du travail &#187;. Des d&#233;put&#233;s de droite ont pr&#233;sent&#233; un projet de loi contre ces piquets. Et le patronat a multipli&#233; les d&#233;clarations et les mesures. &#192; Caterpillar, la direction a envoy&#233; une lettre &#224; chaque travailleur. Des num&#233;ros d'urgence de cabinets d'avocats et d'huissiers ont &#233;t&#233; diffus&#233;s aux patrons pour y avoir recours en cas de piquets devant les usines. Des publicit&#233;s anti-gr&#232;ves ont &#233;t&#233; pay&#233;es dans les journaux par la f&#233;d&#233;ration des entreprises (FEB, syndicat patronal). Dans l'entreprise de transport international de courrier, TNT, la direction a obtenu la veille, par un jugement en r&#233;f&#233;r&#233;, une astreinte de 2 500 &#8364; par membre du piquet et par heure pour toute entrave &#224; l'acc&#232;s du personnel au travail ! Le directeur de la Chambre de commerce de Bruxelles a m&#234;me &#233;t&#233; jusqu'&#224; survoler Bruxelles en h&#233;licopt&#232;re afin de &#171; &lt;em&gt;rep&#233;rer les infractions commises dans le cadre de la gr&#232;ve&lt;/em&gt; &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats se sont content&#233;s de rappeler qu'ils avaient sign&#233; en mars 2002 &#171; un protocole de r&#232;glement n&#233;goci&#233; des conflits collectifs &#187; et qu'ils s'en tenaient &#224; cet accord ; qu'ils n'&#233;taient pas des &#171; agitateurs irresponsables &#187; et d'ailleurs qu'ils disposaient de moyens - services d'ordre - pour assurer la s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La n&#233;gociation ou la gr&#232;ve ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La manifestation r&#233;ussie, Premier ministre, ministre de l'Int&#233;rieur et patronat se sont faits moins arrogants. Mais tout ce que consent le gouvernement, c'est discuter les modalit&#233;s d'application de la r&#233;forme avec les directions syndicales. Et celles-ci doivent se r&#233;unir le 8 novembre pour d&#233;cider d'une suite ou non &lt;em&gt;&#171; en fonction de l'attitude du gouvernement &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que les syndicats, tr&#232;s int&#233;gr&#233;s &#224; l'&#201;tat, se lanceront dans cette n&#233;gociation sur l'application de la r&#233;forme ? C'est le plus probable. &#192; moins que la combativit&#233; et la r&#233;action des travailleurs et des syndicalistes de base les obligent &#224; organiser d'autres actions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas impossible : la FGTB m&#233;tal (CMB), sans attendre les r&#233;unions syndicales &#171; au sommet &#187;, propose d&#233;j&#224; une nouvelle journ&#233;e de gr&#232;ve le 21 novembre si les pourparlers avec le gouvernement sont insuffisants. La centrale des employ&#233;s de la FGTB de la R&#233;gion Bruxelles-Halle-Vilvorde, avec ses 70 000 affili&#233;s, demande que les relations privil&#233;gi&#233;es avec les deux PS soient revues et annonce qu'elle ne participera plus aux bureaux des deux partis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est s&#251;r, c'est qu'il existe un m&#233;contentement certain devant le ch&#244;mage important d&#251; aux nombreux licenciements li&#233;s aux restructurations des entreprises, devant le ch&#244;mage des jeunes alors que le gouvernement veut reculer l'&#226;ge de la pr&#233;retraite, devant les salaires qui stagnent quand les loyers grimpent et la mis&#232;re augmente... Un ras-le-bol existe, c'est s&#251;r. Continuera-t-il &#224; s'exprimer, d&#233;bordera-t-il le cadre syndical ? Il serait bien n&#233;cessaire en effet qu'un tel mouvement se dessine, mettant en avant la lutte jusqu'au retrait total du plan gouvernemental, d&#233;bordant les centrales syndicales, dirig&#233; et contr&#244;l&#233; par les travailleurs eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un article du journal patronal &lt;em&gt;Trends tendances&lt;/em&gt; ne semble-t-il pas lui-m&#234;me se poser la question quand il titre : &lt;em&gt;&#171; la gr&#232;ve redevient-elle &#224; la mode &#187; ?&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 30 octobre 2005&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul GALLER&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Panorama syndical&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En Belgique le taux de syndicalisation est de pr&#232;s de 60 %. La FGTB aurait ainsi 1 200 000 adh&#233;rents. Cette situation s'explique par en partie par :&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Les syndicats g&#232;rent les assurances et les bureaux de paiement des allocations ch&#244;mage. En cas de ch&#244;mage, pour un syndiqu&#233; depuis 6 mois au moins, le syndicat verse des avances sur les allocations ch&#244;mage &#224; venir.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Les cotisations syndicales sont rembours&#233;es, dans de nombreux secteurs, &#224; moiti&#233;, par une prime syndicale qui vient du patronat ou du gouvernement.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; En cas de gr&#232;ve d'une journ&#233;e au moins, le syndicat rembourse une partie de l'argent perdu par le travailleur au cours de cette journ&#233;e de gr&#232;ve si le mouvement de gr&#232;ve est couvert par un pr&#233;avis syndical.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Il n'y a pas de harc&#232;lement, jusqu'&#224; maintenant, dans les entreprises ou les administrations, le patronat et le gouvernement qui jouent la carte de la n&#233;gociation avec les &#171; partenaires sociaux &#187;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Quand la SNCF veut int&#233;resser les cheminots... contre les syndicats
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Quand-la-SNCF-veut-interesser-les-cheminots-contre-les-syndicats</link>
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		<dc:date>2005-11-10T18:58:35Z</dc:date>
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		<dc:subject>Entreprises
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		<dc:subject>SNCF
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		<description>&#192; la SNCF les esprits ont &#233;t&#233; agit&#233;s ces derni&#232;res semaines par la d&#233;nonciation par la majorit&#233; des syndicats (CGT, FO, Sud-Rail, Fgaac, Unsa) de l'accord sur l'int&#233;ressement propos&#233; par la direction et sign&#233; par quelques autres (CFDT, CFTC, etc.). &lt;br /&gt;Cette d&#233;nonciation a eu pour effet d'annuler l&#233;galement l'accord (la direction s'engageait &#224; verser annuellement une prime de l'ordre de 100 &#8364; &#224; 200 &#8364; par cheminots... en cas de b&#233;n&#233;fices) et, du m&#234;me coup, de permettre &#224; la SNCF de revenir sur la promesse faite&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; la SNCF les esprits ont &#233;t&#233; agit&#233;s ces derni&#232;res semaines par la d&#233;nonciation par la majorit&#233; des syndicats (CGT, FO, Sud-Rail, Fgaac, Unsa) de l'accord sur l'int&#233;ressement propos&#233; par la direction et sign&#233; par quelques autres (CFDT, CFTC, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;nonciation a eu pour effet d'annuler l&#233;galement l'accord (la direction s'engageait &#224; verser annuellement une prime de l'ordre de 100 &#8364; &#224; 200 &#8364; par cheminots... en cas de b&#233;n&#233;fices) et, du m&#234;me coup, de permettre &#224; la SNCF de revenir sur la promesse faite d'une prime unique de 160 &#8364; au titre de 2004.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Col&#232;re de certains cheminots&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s l'annonce par la SNCF de cette annulation, un grand nombre de cheminots ont exprim&#233; leur col&#232;re... mais pour s'en prendre aux syndicats. Col&#232;re attis&#233;e bien s&#251;r par la propagande de la SNCF qui s'est pr&#233;cipit&#233;e pour informer sur les discussions, la signature... et la d&#233;nonciation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des militants de la CGT ont bien tourn&#233; sur les chantiers pour convaincre, mais souvent sans succ&#232;s. Au contraire ils ont trouv&#233; beaucoup d'hostilit&#233; (surtout dans les cat&#233;gories les plus mal pay&#233;es, celles prises &#224; la gorge... par les bas salaires pratiqu&#233;s par la SNCF elle-m&#234;me). Et quand ils devaient annoncer dans le m&#234;me temps des gr&#232;ves locales ou cat&#233;gorielles (le 3 novembre Ligne C, le 9 novembre pour les commerciaux, &#224; la mi-novembre pour les agents de conduite...) ou proposer une p&#233;tition r&#233;clamant tout de m&#234;me les 160 &#8364; - que les syndicats non signataires faisaient circuler en contre-feu - l'exasp&#233;ration est encore parfois mont&#233;e devant ce qui est vue comme une politique syndicale incoh&#233;rente.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le jeu de la SNCF&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La man&#339;uvre est intervenue quelques jours seulement apr&#232;s la gr&#232;ve du 4 octobre, la troisi&#232;me gr&#232;ve de 24 heures &#224; la SNCF cette ann&#233;e pour les m&#234;mes revendications salariales et d'effectifs. La journ&#233;e, comme les pr&#233;c&#233;dentes, a &#233;t&#233; tr&#232;s largement suivie m&#234;me si beaucoup de cheminots souhaitent une &#171; vraie gr&#232;ve qui dure le temps qu'il faut pour gagner &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte il &#233;tait &#233;videmment tentant pour la direction de jouer la division, entre les syndicats comme entre les travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin, elle avait relanc&#233; elle-m&#234;me et conclu par des signatures, des n&#233;gociations... qui avaient pour objet de hisser les plus bas salaires au niveau du SMIC ! Avec l'int&#233;ressement elle entendait faire franchir aux syndicats un pas suppl&#233;mentaire dans l'approbation de sa gestion au d&#233;triment du service au public et des cheminots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car signer un accord sur l'int&#233;ressement en ce moment, c'est clairement approuver la politique de suppression d'effectifs (7 000 entre 2004 et 2005), de bas salaires, de restructurations... et de prochaines privatisations. Une politique r&#233;sum&#233;e par le PDG adjoint Guillaume Pepy qui consid&#232;re le train comme &lt;em&gt;&#171; un produit comme les autres &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pi&#232;ge d&#233;nonc&#233;, apr&#232;s coup seulement, par les syndicats, c'est pourtant eux-m&#234;mes qui se le sont tendu, en repoussant jusqu'ici la seule r&#233;ponse qui pourrait &#234;tre comprise de tous les cheminots (partisans ou non de l'int&#233;ressement) : engager une lutte d&#233;termin&#233;e pour l'augmentation g&#233;n&#233;rale des salaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'annonce, en ce d&#233;but novembre, par les principaux syndicats, d'une perspective de gr&#232;ve reconductible dans la deuxi&#232;me quinzaine de novembre est-elle vraiment l'indice d'un changement de politique syndicale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques soient les arri&#232;re-calculs des appareils, ce sera peut-&#234;tre une nouvelle occasion pour la base d'engager cette &#171; vraie gr&#232;ve &#187; avec d'autres objectifs, comme une augmentation g&#233;n&#233;rale des salaires mensuels de 300 &#8364; par exemple, et une organisation &#224; la base qui permette le contr&#244;le de celle-ci sur ses luttes. En tout cas, aux militants de faire ce qui est en leur pouvoir pour qu'il en soit ainsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 novembre 2005&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bertrand LEPAGE&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Unit&#233; syndicale : ne rien faire pour permettre aux luttes de converger
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		<dc:date>2005-11-10T18:44:24Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicats
</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ve
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		<description>D&#232;s le lendemain du 4 octobre, les conf&#233;d&#233;rations syndicales avaient annonc&#233; une nouvelle rencontre entre elles pour examiner les suites &#224; donner &#224; cette mobilisation. Le 17 octobre, elles se mettaient effectivement d'accord... pour ne rien faire de plus. &lt;br /&gt;La journ&#233;e du 4 octobre s'est pourtant produite avec, en toile de fond, la gr&#232;ve des marins de la SNCM contre la privatisation de leur compagnie. Le mouvement, d&#233;termin&#233;, puis l'intervention brutale des forces de l'ordre contre ceux qui s'&#233;taient&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D&#232;s le lendemain du 4 octobre, les conf&#233;d&#233;rations syndicales avaient annonc&#233; une nouvelle rencontre entre elles pour examiner les suites &#224; donner &#224; cette mobilisation. Le 17 octobre, elles se mettaient effectivement d'accord... pour ne rien faire de plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La journ&#233;e du 4 octobre s'est pourtant produite avec, en toile de fond, la gr&#232;ve des marins de la SNCM contre la privatisation de leur compagnie. Le mouvement, d&#233;termin&#233;, puis l'intervention brutale des forces de l'ordre contre ceux qui s'&#233;taient empar&#233;s du &lt;em&gt;Pascal-Paoli&lt;/em&gt;, &#224; l'initiative du Syndicat des travailleurs corses, provoquaient un sentiment de solidarit&#233; chez tous les travailleurs du pays ; les dockers du Port autonome de Marseille se mettaient en gr&#232;ve &#224; leur tour contre des menaces similaires ; et, dans le m&#234;me temps, les transports en commun de Marseille &#233;taient paralys&#233;s par la gr&#232;ve contre un projet d'introduction de la Connex, filiale de Vivendi, dans la gestion. Trois mouvements caus&#233;s par le refus du transfert de tout ou partie de leur entreprise au priv&#233;, les travailleurs craignant, &#224; juste titre, tout &#224; la fois des suppressions d'emploi et une d&#233;gradation des conditions de travail et du service public.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'isolement des travailleurs de Marseille &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; la veille de la mobilisation interprofessionnelle du 4 octobre, il y avait bien &#224; Marseille des convergences de luttes qui auraient peut-&#234;tre pu devenir un point d'appui pour tenter de g&#233;n&#233;raliser l'action &#224; tous les travailleurs menac&#233;s &#224; plus ou moins long terme par les privatisations - comme ceux d'EDF-GDF, ou m&#234;me de la SNCF - ou par des licenciements - comme ceux d'Hewlett Packard ou de ST-Microelectronics, pour ne citer que des entreprises dont les m&#233;dias ont le plus parl&#233; ces derniers mois. C'est avec une telle politique que la journ&#233;e du 4 octobre pouvait avoir une chance d'&#234;tre un tremplin vers un mouvement plus large.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement en avait d'ailleurs pris la mesure et commen&#231;ait, un tout petit peu, &#224; changer de ton : il abandonnait les poursuites contre la quasi-totalit&#233; des marins du &lt;em&gt;Pascal-Paoli&lt;/em&gt;, et acceptait que l'&#201;tat conserve 25 % des actions de la SNCM privatis&#233;e. Bien s&#251;r, sans c&#233;der rien sur le fond : tout au plus permettait-il aux syndicats, c'est-&#224;-dire avant tout &#224; la CGT, d'infl&#233;chir leur position. Pour qu'il en soit autrement, il aurait fallu que le mouvement des travailleurs de la SNCM menace de faire t&#226;che d'huile et, pour cela, que les conf&#233;d&#233;rations syndicales adoptent une politique offensive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le contraire. En plein mouvement, juste apr&#232;s l'intervention du GIGN contre le &lt;em&gt;Pascal-Paoli&lt;/em&gt;, Bernard Thibault s'est pr&#233;cipit&#233; &#224; Matignon. On ne sait &#233;videmment pas ce qui s'est dit entre lui et Dominique de Villepin, mais le fait est que, rapidement, la CGT a jou&#233; une autre partition. Et la suite a montr&#233; que la direction de la CGT avait bien admis le principe de la privatisation de la SNCM. Alors que, jusque-l&#224;, les syndicats et les travailleurs de la SNCM s'&#233;taient refus&#233;s &#224; c&#233;der au chantage gouvernemental, en l'espace d'une nuit la direction de la CGT a vir&#233; &#224; 180&#176; et invit&#233; les gr&#233;vistes &#224; reprendre le travail pour &#233;viter le d&#233;p&#244;t de bilan. Livr&#233;s &#224; eux-m&#234;mes, les marins de la SNCM, qui ne s'&#233;taient pas dot&#233; d'une organisation de la gr&#232;ve sous leur propre contr&#244;le, ont fini par voter, la mort dans l'&#226;me, la reprise du travail.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Quand la CGT roule pour la gauche...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La direction conf&#233;d&#233;rale de la CGT a donc aid&#233; le gouvernement &#224; se sortir d'une situation embarrassante sinon mena&#231;ante pour lui. Comme elle l'avait fait lors du mouvement sur les retraites du printemps 2003, en refusant de militer pour l'extension du mouvement des enseignants en gr&#232;ve. (Notons, en passant, que le l&#226;chage de ce mouvement par la CFDT n'avait eu alors pas plus d'influence que son refus de soutenir les marins de la SNCM cette fois-ci : quand on en vient aux choses s&#233;rieuses, c'est bien encore la CGT qui compte.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette attitude de la CGT n'est pas nouvelle. Elle a &#233;videmment pour raison fondamentale que cette conf&#233;d&#233;ration, malgr&#233; son pass&#233; et ce qui reste de son image, a renonc&#233; depuis longtemps &#224; l'affrontement avec le patronat et le gouvernement. Avec Thibault, &#224; qui revient d'avoir remplac&#233; la CGT &#171; force de contestation &#187; par la CGT &#171; force de proposition &#187;, le &#171; recentrage &#187; s'est m&#234;me encore accentu&#233;. Mais le contexte social et politique fait aussi que la CGT a plusieurs autres raisons, plus circonstancielles, qui la poussent dans cette orientation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on en juge par ces mois de septembre et d'octobre, les attaques tous azimuts du patronat et du gouvernement risquent de provoquer la multiplication des conflits. Conflits dont les dirigeants locaux de la CGT, spontan&#233;ment ou pouss&#233;s par leur base, ont de fortes chances de prendre la t&#234;te, quand ils ne les auront pas initi&#233;s. Thibault a donc tenu &#224; rappeler la politique de la conf&#233;d&#233;ration : les soutenir mais sans rien faire pour leur permettre de s'&#233;tendre et donc d'avoir une chance de gagner. Reste tout de m&#234;me alors &#224; la CGT de justifier sa politique ou en tout cas de proposer un substitut aux luttes perdues qui pourrait entretenir quand m&#234;me l'espoir. Et c'est l&#224; que la gauche lui est d'un bon secours, m&#234;me si la CGT se veut ind&#233;pendante de tout parti, m&#234;me si Thibault a pris spectaculairement ces derni&#232;res ann&#233;es ses distances avec le Parti communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les luttes ne paient gu&#232;re, oui. La faute &#224; une droite ultra-lib&#233;rale et un gouvernement intransigeant &#171; sourd et aveugle &#187;. Mais il reste le terrain des &#233;lections, d'autant plus que la gauche a, en 2007, quand m&#234;me quelques chances de l'emporter. Alors luttons, mais sans trop d'illusions, mais surtout militons pour &#171; l'alternance &#187;, pour le retour de la gauche au pouvoir. &#187; Voil&#224;, en substance la politique que la CGT va, dans la pratique, proposer &#224; ses militants : pr&#233;parer les &#233;lections plut&#244;t que la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ces militants sont d'autant plus susceptibles de l'accepter qu'ils sont des sympathisants instinctifs de cette gauche, m&#234;me quand ils sont tr&#232;s critiques vis-&#224;-vis de celle-ci et de sa politique pass&#233;e... Surtout si personne ne leur propose une autre perspective. Certes, il y a des clivages au sein de l'appareil CGT, entre ceux qui sont li&#233;s au PS et ceux qui le sont au PCF, voire aux diff&#233;rentes tendances de ces partis. Mais, dans la mesure o&#249; la politique de Marie-George Buffet revient &#224; rouler pour le candidat du Parti socialiste au second tour et pour une nouvelle union de la gauche gouvernementale, les diff&#233;rentes composantes de l'appareil peuvent facilement se retrouver. Ainsi, &#224; l'occasion du conflit de Marseille, on a parl&#233; de d&#233;saccords entre la direction conf&#233;d&#233;rale, celle de la F&#233;d&#233;ration des marins et celle de l'Union d&#233;partementale des Bouches-du-Rh&#244;ne. Pourtant, c'est dans un d&#233;monstratif coude &#224; coude que les trois ont d&#233;fil&#233; lors de la manifestation marseillaise qui... ent&#233;rinait la reprise du travail &#224; la SNCM.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;...en esp&#233;rant que la gauche roulera pour la CGT&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Evidemment, toute la gauche ne peut qu'applaudir &#224; la politique de la CGT... puisque c'est d'abord la sienne, du PS &#224; la gauche de la gauche. Et plus on va entrer dans la pr&#233;paration des &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales de 2007, plus on va voir ses diff&#233;rentes composantes multiplier les d&#233;clarations, voire mener une agitation sur les probl&#232;mes que rencontrent les travailleurs, mais en veillant soigneusement &#224; ne pas mettre le feu aux poudres. De ce point de vue, la direction de la CGT fait bien int&#233;gralement partie de la &#171; gauche &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'ajoute aussi peut-&#234;tre pour la CGT une raison plus mat&#233;rielle. Confront&#233;s &#224; une baisse de leurs effectifs par rapport &#224; ce qu'ils &#233;taient dans les ann&#233;es 1970, les conf&#233;d&#233;rations syndicales voudraient bien que leur r&#244;le soit encore plus &#171; institutionnalis&#233; &#187;. Pour cela, elles sont pr&#234;tes &#224; n&#233;gocier avec n'importe quel gouvernement de droite comme de gauche. La CFDT ne s'en cache pas, mais la CGT aussi tente &#224; toute occasion de montrer sa bonne volont&#233;, vis-&#224;-vis hier de Raffarin, aujourd'hui de Villepin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seulement, cela d&#233;pend avant tout du bon vouloir du patronat et du gouvernement. Or, aujourd'hui, ceux-ci utilisent un rapport de forces favorable non seulement pour acculer les travailleurs &#224; une pr&#233;carit&#233; de plus en plus grande ou faire table rase du Code du travail, mais aussi pour renvoyer &#224; plus tard (sinon &#224; la Saint-glinglin) tout nouveau pas dans l'int&#233;gration des syndicats. L'arriv&#233;e de la gauche au gouvernement changerait-elle l'attitude de celui-ci ? M&#234;me si ce n'est pas &#233;vident, les syndicats peuvent quand m&#234;me l'esp&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Que peuvent faire les r&#233;volutionnaires ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Des luttes isol&#233;es peuvent permettre, dans certaines entreprises et sous certaines conditions, aux travailleurs d'obtenir, par exemple, des augmentations un peu plus importantes que ce que leur patron avait pr&#233;vu. Mais, lorsqu'il s'agit de se battre contre les cons&#233;quences de la politique g&#233;n&#233;rale du patronat et du gouvernement, l'isolement ne peut que conduire &#224; l'&#233;chec des mouvements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, si les conf&#233;d&#233;rations syndicales ne font rien pour permettre &#224; des journ&#233;es comme celle du 4 octobre d'&#234;tre une &#233;tape vers un mouvement d'ensemble, elles n'y sont pas non plus aujourd'hui pouss&#233;es par la &#171; base &#187;. Et des travailleurs, exasp&#233;r&#233;s par l'arrogance du patronat et du gouvernement et impatients d'en d&#233;coudre, peuvent &#234;tre d'autant plus tent&#233;s par des formes de lutte pr&#233;tendument radicales qu'il n'est pas facile de mobiliser le gros des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conflits locaux - actuellement plut&#244;t en augmentation - se heurteront au refus des conf&#233;d&#233;rations syndicales de leur permettre de s'&#233;tendre, mais pas forc&#233;ment de se durcir ou se radicaliser, &#224; condition qu'ils restent circonscrits. Il n'est pourtant pas impossible aux militants r&#233;volutionnaires de permettre aux travailleurs en lutte de contourner l'isolement voulu par les appareils conf&#233;d&#233;raux. Cela d&#233;pend, bien s&#251;r, de la d&#233;termination des travailleurs en lutte, mais aussi de notre capacit&#233; &#224; opposer aux objectifs cat&#233;goriels ou creux ceux qui permettent l'unification des luttes, et &#224; aider &#224; mettre en place des structures d&#233;mocratiques qui donneraient aux travailleurs les moyens de g&#233;rer eux-m&#234;mes leur mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;ditorialiste du Monde du 18 octobre mettait en garde le gouvernement : &#171; Quand la col&#232;re ne passe plus par le &#171; filtre &#187; syndical, elle peut donner lieu &#224; bien des d&#233;bordements, voire &#224; des actes de d&#233;sob&#233;issance civile. Le climat social peut favoriser de tels d&#233;rapages &#187;. Mais ce qui est une source d'inqui&#233;tude pour nos adversaires est souvent une possibilit&#233; d'agir pour nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29 octobre 2005&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Jacques FRANQUIER&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Le 4 octobre dans les d&#233;clarations syndicales&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;paration de la journ&#233;e du 4 octobre, puis les jours qui ont suivi, ont &#233;t&#233; l'occasion d'un festival de d&#233;clarations syndicales &#224; FO et &#224; la CGT. La CFDT, elle, n'&#233;tait d&#233;j&#224; pas tr&#232;s chaude pour cette journ&#233;e, alors quant aux suites &#224; donner...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 4 octobre, se f&#233;licitant de la pr&#233;sence de &#171; pr&#232;s d'1,3 million de manifestants &#187;, le Bureau conf&#233;d&#233;ral de FO affirmait : &#171; Ce soir, la balle est dans le camp du gouvernement. Il lui appartient, ainsi qu'au patronat, de r&#233;pondre rapidement aux revendications (...). C'est en fonction des r&#233;ponses que Force Ouvri&#232;re se d&#233;terminera sur les suites du 4 octobre. (...) &#187; Le 10 octobre, la Commission ex&#233;cutive de FO en rajoutait : &#171; Pour la Commission ex&#233;cutive, les discussions avec le gouvernement ne sauraient attendre plusieurs semaines, elles doivent d&#233;buter rapidement, il s'agit pour la Commission ex&#233;cutive d'une forme d'ultimatum &#187;. Bigre ! Pourtant trois semaines apr&#232;s, ni le gouvernement, ni le patronat n'ont fix&#233; de date pour l'ouverture des discussions. Mais trois semaines, cela ne fait sans doute pas plusieurs semaines pour FO et il faut croire que l'ultimatum court toujours...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons ce qu'il en est du c&#244;t&#233; de la CGT, &#224; qui revient le m&#233;rite d'avoir pes&#233; pour l'organisation du 4 octobre. Dans un communiqu&#233; datant du 29 septembre, la CGT annon&#231;ait d&#233;j&#224; la couleur sur les &lt;em&gt;&#171; prolongements &#187;&lt;/em&gt; : &lt;em&gt;&#171; &lt;/em&gt;(La CGT) &lt;em&gt;estime d&#232;s aujourd'hui n&#233;cessaire que cette mobilisation trouve d'importants prolongements. &lt;/em&gt;(...) &lt;em&gt;Au niveau des branches professionnelles, des actions sont d'ores et d&#233;j&#224; annonc&#233;es dans la m&#233;tallurgie, la sant&#233;, la construction... &#187;&lt;/em&gt; Au soir du 4 octobre, une d&#233;claration de la CGT en rajoutait une couche : &lt;em&gt;&#171; La CGT appelle les salari&#233;s &#224; s'appuyer sur la dynamique d'action du 4 octobre pour d&#233;cider d'autres initiatives unitaires dans les entreprises, les branches professionnelles. &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attendre, isoler, morceler branche par branche, entreprise par entreprise, voil&#224; ce que peuvent attendre les travailleurs des conf&#233;d&#233;rations syndicales !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J.-J. F.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Paris 19 : Les d&#233;m&#233;nageurs de Sarkozy ramen&#233;s &#224; la raison
</title>
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		<dc:subject>Logement
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
</dc:subject>

		<description>Depuis les incendies d'immeubles parisiens v&#233;tustes qui ont caus&#233; la mort de 28 personnes d'origine africaine, dont 14 enfants, les expulsions de logements se multiplient. Le sc&#233;nario est toujours le m&#234;me : des dizaines de CRS en tenue anti-&#233;meute d&#233;barquent &#224; six heures du matin, enfoncent les portes au b&#233;lier et font monter les habitants dans des cars qui les conduisent dans des centres d'accueils de la DASS, utilis&#233;s pour recevoir les SDF. Bien souvent, les enfants sont s&#233;par&#233;s des parents et les&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-42-novembre-decembre-2005-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 42, novembre-d&#233;cembre 2005
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis les incendies d'immeubles parisiens v&#233;tustes qui ont caus&#233; la mort de 28 personnes d'origine africaine, dont 14 enfants, les expulsions de logements se multiplient. Le sc&#233;nario est toujours le m&#234;me : des dizaines de CRS en tenue anti-&#233;meute d&#233;barquent &#224; six heures du matin, enfoncent les portes au b&#233;lier et font monter les habitants dans des cars qui les conduisent dans des centres d'accueils de la DASS, utilis&#233;s pour recevoir les SDF. Bien souvent, les enfants sont s&#233;par&#233;s des parents et les habitants en situation irr&#233;guli&#232;re sont parfois intern&#233;s dans des centres de transit, en attendant d'&#234;tre expuls&#233;s du territoire fran&#231;ais. Sous le pr&#233;texte de prot&#233;ger les habitants contre des risques d'incendie, Nicolas Sarkozy a visiblement choisi de mener des op&#233;rations spectaculaires, largement m&#233;diatis&#233;es, dans l'espoir de s'attirer la sympathie de la partie la plus x&#233;nophobe de l'&#233;lectorat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la m&#234;me occasion, le gouvernement donne un coup de main aux sp&#233;culateurs qui ont acquis de vieux immeubles pour les r&#233;nover et ont du mal &#224; en chasser les habitants par les voies l&#233;gales. C'est ce qui s'est pass&#233; par exemple le 30 septembre quand les CRS ont &#233;vacu&#233; &#224; l'aube les habitants d'un immeuble du 19&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement, l'H&#244;tel de l'Esp&#233;rance. Aucune d&#233;cision de justice n'avait &#233;t&#233; prise et l'immeuble n'&#233;tait pas frapp&#233; d'un arr&#234;t&#233; d'ins&#233;curit&#233;, mais l'immeuble avait &#233;t&#233; rachet&#233; quelques mois plus t&#244;t par un promoteur. On a pu constater &#224; cette occasion que des milliers de travailleurs c&#233;libataires, et parfois des familles, vivent toujours dans des h&#244;tels meubl&#233;s mis&#233;rables, pour des loyers qui peuvent d&#233;passer 400 &#8364; par mois pour des chambres de 9 &#224; 12 m&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;2&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Indignation de la population&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Sarkozy et ses amis, dans leur fr&#233;n&#233;sie x&#233;nophobe et sp&#233;culative, en ont cependant peut-&#234;tre fait un peu trop. Dans le 19&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement par exemple, l'expulsion de cinq familles d'un immeuble de la rue du Maroc et d'un squat de la rue de la Fraternit&#233;, dont les habitants avaient pourtant obtenu des promesses de relogement, a suscit&#233; l'indignation, en particulier parmi les parents d'&#233;l&#232;ves des &#233;coles o&#249; &#233;taient scolaris&#233;s les enfants des familles expuls&#233;es. Le spectacle de ces gamins en larmes, arrach&#233;s &#224; leurs parents alors qu'ils se pr&#233;paraient &#224; partir pour l'&#233;cole, ne pouvait laisser personne indiff&#233;rent, m&#234;me parmi ceux qui accueillent favorablement les discours s&#233;curitaires. L'ins&#233;curit&#233; a montr&#233; son vrai visage : celui d'hommes bott&#233;s et casqu&#233;s qui viennent enfoncer des portes au petit matin et saccager les logements pour emp&#234;cher les habitants de revenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La protestation a donc connu une certaine ampleur. Une manifestation, le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; octobre, a rassembl&#233; plus de 600 personnes, militants d'associations et de partis, mais aussi habitants du quartier. L'occupation du gymnase Laumi&#232;re par les 19 habitants de l'H&#244;tel de l'Esp&#233;rance a ensuite contraint la Mairie et la Pr&#233;fecture &#224; loger les expuls&#233;s &#224; ses frais dans des h&#244;tels plus convenables que les locaux de la DASS et &#224; s'engager &#224; les reloger dans des programmes sociaux dans les trois mois. Reste &#224; savoir si cette promesse sera tenue, bien s&#251;r, mais le mouvement de protestation a aussi amen&#233; le maire PS du 19&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, Roger Madec, bien silencieux jusque-l&#224;, &#224; prendre publiquement position contre les expulsions et m&#234;me &#224; organiser le lundi 10 octobre, &#224; six heures du matin, une manifestation devant un autre immeuble menac&#233; d'expulsion, Passage de la Brie. Une op&#233;ration dont l'objectif &#233;tait de toute &#233;vidence tr&#232;s m&#233;diatique : parmi les cent-cinquante &#224; deux cent participants, on pouvait notamment remarquer la pr&#233;sence de Cambad&#233;lis, d&#233;put&#233; PS et... ex-cadre salari&#233; fictif de la Sonacotra !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La mobilisation doit continuer&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une vingtaine d'autres immeubles parisiens sont menac&#233;s dont six dans le 19&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement. Le combat contre ces expulsions odieuses n'est certes pas facile dans la mesure o&#249; les situations des habitants sont diverses : locataires en titre, squatters, sans papiers. De plus, une fois relog&#233;s, bien ou mal, les expuls&#233;s sont dispers&#233;s, parfois isol&#233;s dans de lointaines banlieues, pr&#233;occup&#233;s avant tout par leur propre sort. Et pour emp&#234;cher physiquement des expulsions, il faudrait &#234;tre en mesure de r&#233;unir chaque fois des centaines de personnes &#224; l'aube devant les immeubles menac&#233;s, alors que les dates d'expulsion ne sont &#233;videmment pas communiqu&#233;es &#224; l'avance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, le pouvoir semble aujourd'hui h&#233;siter, du moins dans le 19&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement o&#249; l'expulsion du Passage de la Brie a &#233;t&#233; annul&#233;e. La mobilisation doit donc se poursuivre. Elle aurait davantage de chances de mettre un coup d'arr&#234;t &#224; la v&#233;ritable guerre aux pauvres que livre Sarkozy si elle parvenait &#224; prendre un tour offensif et entra&#238;ner les travailleurs des entreprises. Car c'est bien l'ensemble des travailleurs qui a les moyens d'imposer une autre politique sur le logement comme sur le reste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27 octobre 2005&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Georges DEWAER&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Delano&#235; plus pr&#233;occup&#233; par Paris-Plage que par les mal log&#233;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La Ville de Paris n'a financ&#233; que 4 032 logements sociaux &#224; Paris en 2004, dont un tiers de constructions neuves, un tiers d'acquisitions et un tiers de r&#233;habilitations. Encore faudrait-il savoir comment et &#224; qui ces logements sont attribu&#233;s, car ils b&#233;n&#233;ficient bien souvent &#224; des cadres de la Ville ou &#224; des amis de gens bien plac&#233;s. C'est de toute mani&#232;re une goutte d'eau par rapport aux besoins de centaines de milliers de mal-log&#233;s et de milliers de SDF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On recense pourtant plus de 100 000 logements vides dans la capitale. Certes, ni les maires d'arrondissement ni le maire de Paris ne disposent d'un droit de r&#233;quisition, dans le cadre de la loi de 1945, mais ils ont la possibilit&#233; de pr&#233;senter des dossiers de r&#233;quisition et d'appeler la population &#224; se mobiliser pour les faire aboutir. Le maire de Paris dispose aussi d'un droit de pr&#233;emption sur les immeubles mis en vente, dont il pourrait largement faire usage gr&#226;ce au budget colossal de six milliards d'euros dont il dispose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas plus la politique de Delano&#235; que de son pr&#233;d&#233;cesseur de droite, Tib&#233;ri. En revanche, les &#233;lus de droite savent tr&#232;s bien monter au cr&#233;neau pour s'opposer &#224; la construction de logements sociaux, comme l'a fait r&#233;cemment Fran&#231;oise de Panafieu, maire UMP du 17&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement, &#224; propos des projets de construction sur les anciens terrains de la SNCF dans le quartier des Batignolles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> &#201;pinay-sur-Seine (93) : &#201;chec &#224; l'expulsion d'un &#233;l&#232;ve sans papiers
</title>
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		<dc:subject>Enseignement
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		<dc:subject>Lyc&#233;ens
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		<dc:subject>Immigr&#233;s
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		<dc:subject>Politique
</dc:subject>

		<description>Dans le lyc&#233;e Jacques-Feyder &#224; &#201;pinay-sur-Seine (93), en octobre 2004, &#224; l'initiative de militants d'extr&#234;me gauche &#233;tait convoqu&#233;e une premi&#232;re r&#233;union, qui a rassembl&#233; environ 40 personnes, dans le but de monter un collectif de d&#233;fense des &#233;l&#232;ves sans papiers, collectif s'inscrivant dans le cadre du R&#233;seau &#233;ducation sans fronti&#232;res (RESF) qui venait de se cr&#233;er. &lt;br /&gt;Tous ont sign&#233; un texte demandant la r&#233;gularisation de ces &#233;l&#232;ves. Ils ont commenc&#233; par prendre en charge le cas de deux &#233;l&#232;ves. Des membres du&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans le lyc&#233;e Jacques-Feyder &#224; &#201;pinay-sur-Seine (93), en octobre 2004, &#224; l'initiative de militants d'extr&#234;me gauche &#233;tait convoqu&#233;e une premi&#232;re r&#233;union, qui a rassembl&#233; environ 40 personnes, dans le but de monter un collectif de d&#233;fense des &#233;l&#232;ves sans papiers, collectif s'inscrivant dans le cadre du R&#233;seau &#233;ducation sans fronti&#232;res (RESF) qui venait de se cr&#233;er.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ont sign&#233; un texte demandant la r&#233;gularisation de ces &#233;l&#232;ves. Ils ont commenc&#233; par prendre en charge le cas de deux &#233;l&#232;ves. Des membres du RESF leur ont expliqu&#233; comment monter les premiers dossiers. A suivi sur le lyc&#233;e une diffusion d'un premier tract, sign&#233; par une vingtaine d'adultes (profs, surveillants, infirmi&#232;re, CPE, assistante sociale). Le but &#233;tait d'annoncer aux &#233;l&#232;ves l'existence d'un collectif et aussi de montrer &#224; la direction du lyc&#233;e que le collectif mobilisait bien plus que deux ou trois personnes. Cette diffusion a &#233;t&#233; r&#233;it&#233;r&#233;e trois ou quatre fois et de nouveaux cas d'&#233;l&#232;ves sans papiers ont &#233;t&#233; signal&#233;s. Chaque dossier a alors &#233;t&#233; pris en charge par un membre du collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En f&#233;vrier 2005, un premier rassemblement a &#233;t&#233; organis&#233; devant la Pr&#233;fecture de Bobigny. 150 personnes de RESF 93, dont 6 seulement du lyc&#233;e Feyder : d&#233;ception ! En avril, lors d'un nouveau rassemblement, une d&#233;l&#233;gation du R&#233;seau d&#233;posait quelques dossiers &#224; la Pr&#233;fecture. En juillet, &#224; Paris cette fois, se retrouvaient 20 personnes du collectif : adultes et &#233;l&#232;ves, venus soutenir les &#233;l&#232;ves sans papiers. Au final, le collectif avait obtenu sur l'ann&#233;e quatre autorisations provisoires de s&#233;jour, expirant au bout de trois mois. C'&#233;tait peu, &#231;a avait &#233;t&#233; long, mais il &#233;tait donc quand m&#234;me possible de faire quelque chose.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le choc &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Puis il y a eu le choc de la rentr&#233;e : Guy, &#233;l&#232;ve de terminale, qui venait de rater son bac, &#233;tait en centre de r&#233;tention, arr&#234;t&#233; depuis le 17 ao&#251;t. Des membres du collectif pr&#233;sents &#224; Paris fin ao&#251;t ont &#233;t&#233; lui rendre visite &#224; Roissy. Lors de la r&#233;union de pr&#233;-rentr&#233;e, une CPE a pris la parole pour faire conna&#238;tre le cas de Guy. Un affichage a &#233;t&#233; fait en salle des profs et les membres du collectif en ont parl&#233; autour d'eux et, avec le R&#233;seau 93, ont fait une demande d'audience &#224; la Pr&#233;fecture. Une p&#233;tition a alors &#233;t&#233; lanc&#233;e au lyc&#233;e, les &#233;l&#232;ves impliqu&#233;s dans le collectif ont fait un travail &#233;norme, revenant avec 400 signatures en un jour. Des d&#233;l&#233;gations profs-&#233;l&#232;ves se sont rendues au tribunal de Meaux et &#224; la Cour d'Appel de Paris o&#249; Guy devait &#234;tre jug&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans r&#233;ponse de la Pr&#233;fecture, le collectif a d&#233;cid&#233; de donner rendez-vous devant le lyc&#233;e afin de se rendre en manifestation &#224; la Pr&#233;fecture. Seules 15 personnes &#233;taient pr&#233;sentes et la manif a d&#251; &#234;tre annul&#233;e. Les militants du collectif &#233;taient tr&#232;s d&#233;moralis&#233;s. Le soir, &#224; une r&#233;union de RESF 93 a &#233;t&#233; lanc&#233;e l'id&#233;e d'aller s'adresser aux passagers &#224; Roissy car on savait que Guy devait &#234;tre expuls&#233; avant le lundi. Le jeudi, une heure d'information syndicale a rassembl&#233; 60 personnes au lyc&#233;e, tous &#233;mus par l'imminence de l'expulsion. Le collectif a propos&#233; une heure de d&#233;brayage le lendemain vendredi, vot&#233;e &#224; la quasi-unanimit&#233;. De leur c&#244;t&#233; une dizaine d'&#233;l&#232;ves ont fait le tour des classes pour tout arr&#234;ter vendredi matin. De fait &#224; 7 h 10, une centaine d'&#233;l&#232;ves bloquaient d&#233;j&#224; le lyc&#233;e. Ils avaient apport&#233; tout le mat&#233;riel n&#233;cessaire, matelas, planches, panneaux de signalisation et la banderole &lt;em&gt;&#171; lib&#233;rez Guy &#187;&lt;/em&gt;. L'exp&#233;rience du mouvement lyc&#233;en des six mois pr&#233;c&#233;dents leur a permis de vite s'organiser. Il n'y a pas eu cours de la journ&#233;e, France 3, pr&#233;sente s'en est fait l'&#233;cho &#224; midi et lors du 19-20.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une lib&#233;ration en effet &#171; exceptionnelle &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Samedi, 100 personnes se sont rendues au centre de r&#233;tention du Mesnil-Amelot, parmi elles 30 du lyc&#233;e, d'autres du MRAP, de la LDH, de Sud, de SOS-Racisme... Elles &#233;taient encore l&#224; le dimanche, toujours accompagn&#233;es des m&#233;dias. On a appris que l'avion allait partir &#224; 23 h 30 le dimanche soir. Des dizaines des profs et &#233;l&#232;ves du lyc&#233;e ont &#233;t&#233; appel&#233;s pour diffuser un tract avec la photo de Guy aux passagers. Accompagn&#233;s de la LDH, Sud, Mrap, SOS-Racisme et en pr&#233;sence du &lt;em&gt;Parisien&lt;/em&gt;, France 2, France 3 et France-Inter. Les CRS ont gaz&#233; tout le monde, manifestants et passagers... Indignation. Et l'avion n'est pas parti, parce que les passagers ont refus&#233; d'embarquer et le commandant de d&#233;coller. Le lendemain, au lyc&#233;e, la gr&#232;ve a continu&#233;. 250 lyc&#233;ens et 40 profs se sont rendus au tribunal pour exiger la lib&#233;ration de Guy. Le proc&#232;s a &#233;t&#233; report&#233; &#224; mardi. Mardi la col&#232;re &#233;tait intacte. Le lyc&#233;e &#233;tait toujours en gr&#232;ve (vot&#233;e &#224; l'unanimit&#233;). Les &#233;l&#232;ves ont fait le tour d'autres lyc&#233;es du 93. 600 &#233;l&#232;ves et 50 profs se sont rendus au tribunal pour apprendre que Sarkozy lib&#233;rait et r&#233;gularisait Guy &#224; titre &#171; exceptionnel &#187; et pour raison humanitaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous au lyc&#233;e sont bien conscients que ce n'est que gr&#226;ce &#224; la mobilisation des &#233;l&#232;ves et des enseignants que Guy a pu revenir au lyc&#233;e. C'est une premi&#232;re victoire qui a encourag&#233; d'autres mobilisations. Ainsi une famille a-t-elle &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;e &#224; la suite de la mobilisation des &#233;coles primaires de Pantin et, le lundi 17 octobre, 150 &#233;l&#232;ves du lyc&#233;e Delacroix de Drancy se sont rassembl&#233;s devant la Pr&#233;fecture de Bobigny pour obtenir la lib&#233;ration et r&#233;gularisation d'une m&#232;re de famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25 octobre 2005&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;St&#233;phane BESSON&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Editorial : Oui, d&#233;mission ! De qui ?
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Banlieue
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		<description>Absurde ou gratuite, la flamb&#233;e de violence qui secoue le pays depuis 8 jours au moment o&#249; nous &#233;crivons ? Non, sans perspective, ce n'est pas la m&#234;me chose. Mais ce n'est certainement pas &#224; gauche ni dans le mouvement ouvrier qu'on peut ou doit s'en &#233;tonner. &lt;br /&gt;Nous assistons &#224; la r&#233;volte d'une fraction de la jeunesse prol&#233;tarienne, celle qui est la plus d&#233;munie de travail, de cadre de vie social, de culture et d'espoir. Celle aussi du coup, &#233;videmment, qui au quotidien ne voit souvent de porte de&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Absurde ou gratuite, la flamb&#233;e de violence qui secoue le pays depuis 8 jours au moment o&#249; nous &#233;crivons ? Non, sans perspective, ce n'est pas la m&#234;me chose. Mais ce n'est certainement pas &#224; gauche ni dans le mouvement ouvrier qu'on peut ou doit s'en &#233;tonner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous assistons &#224; la r&#233;volte d'une fraction de la jeunesse prol&#233;tarienne, celle qui est la plus d&#233;munie de travail, de cadre de vie social, de culture et d'espoir. Celle aussi du coup, &#233;videmment, qui au quotidien ne voit souvent de porte de sortie que dans la d&#233;brouillardise, l'individualisme et la n&#233;cessit&#233; de ne pas se pr&#233;occuper des autres, quand ce n'est pas de les &#233;craser. Ou qui, quand elle laisse &#233;clater son exasp&#233;ration, comme en ce moment, s'engage dans une r&#233;volte aveugle, dans ses m&#233;thodes comme dans ses cibles. Mais c'est quand m&#234;me bien une authentique r&#233;volte d'une partie de notre classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que les r&#233;volt&#233;s d&#233;passent la simple volont&#233; d'exprimer la col&#232;re et la hargne, il leur faudrait prendre conscience d'&#234;tre partie prenante d'un mouvement plus large, que leur combat s'int&#232;gre dans une lutte d'une autre ampleur. Alors, l'explosion pourrait se transformer en autre chose qu'une &#233;meute et se donner d'autres objectifs que casser pour casser, br&#251;ler pour br&#251;ler, quoi qu'on br&#251;le, et m&#234;me si c'est l'&#233;cole du quartier, les bus de la ville ou la voiture du voisin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conscience et ces objectifs, ne comptons pas sur la gauche ou les syndicats pour les apporter. M&#234;me simplement par l'exemple. Ils ont rarement &#233;t&#233; aussi &#233;loign&#233;s... de se les donner pour eux-m&#234;mes. Rarement &#233;t&#233; aussi plats. Rarement montr&#233; moins de volont&#233; de mener le combat pour la d&#233;fense des pauvres et des travailleurs. Comment des jeunes en r&#233;volte pourraient-ils leur pr&#234;ter la moindre attention ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gauche, y compris la gauche de la gauche, elle, ne pense qu'aux &#233;lections. Belle perspective &#224; offrir aux banlieues en &#233;bullition que de bien voter dans un an et demi !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats, y compris la CGT, n'ont qu'un objectif en t&#234;te : disperser et &#233;mietter au maximum les luttes &#233;ventuelles des travailleurs. Quelle perspective de convergence pourraient-ils offrir aux luttes de la jeunesse ? Quand des jeunes en d&#233;cousent avec la police, au risque de se retrouver devant le juge, puis en prison, quelle consid&#233;ration peuvent-ils porter &#224; des gens qui poussent marins de la SNCM ou traminots de la RTM a cesser leur lutte sous la menace d'un d&#233;p&#244;t de bilan ou... d'un jugement du tribunal ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour avoir une chance, m&#234;me une chance seulement, d'&#234;tre pris en consid&#233;ration par cette partie de la jeunesse prol&#233;tarienne, sans tradition, sans conscience de classe et sans boussole politique ou sociale, il faudrait que le mouvement ouvrier ait, &#224; d&#233;faut des militants qui lui manquent dans cette fraction du prol&#233;tariat, au moins des dirigeants qui montrent qu'ils ont envie eux-m&#234;mes d'en d&#233;coudre avec ses ennemis, le gouvernement et les patrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors peut-&#234;tre pourrait-il proposer aux banlieues d'autres moyens, moins stupides et plus efficaces, d'exprimer leur col&#232;re ou de faire entendre leurs revendications. Et faire comprendre aux jeunes que ce n'est pas dans une lutte sans ou m&#234;me contre le reste de la population, mais avec, qu'ils ont des chances de changer leur sort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sinon la r&#233;volte d'aujourd'hui soit se dissipera sans r&#233;sultat autre qu'une d&#233;moralisation encore plus grande, soit pire, dressera de plus en plus les r&#233;volt&#233;s contre l'autre partie de la population et des travailleurs, au risque d'&#234;tre r&#233;cup&#233;r&#233;e par les pires ennemis des uns et des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6 novembre 2005&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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