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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskyste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> De l'imp&#244;t &#224; la r&#233;volution...
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
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		<dc:subject>fiscalit&#233;
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		<description>En 1640, le tr&#233;sor royal anglais est vid&#233; par les pensions vers&#233;es aux grands du royaume et &#224; l'&#233;glise anglicane, le tr&#244;ne vit au-dessus de ses moyens. Le roi Charles 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; institue donc de nouvelles taxes sur la circulation des marchandises et le commerce maritime. La bourgeoisie des villes, en pleine ascension, mais aussi de larges fractions de la petite et moyenne noblesse, qui se lance elle aussi dans les affaires, entrent en r&#233;bellion. Incapable de recouvrer l'imp&#244;t, Charles 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; doit convoquer&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 1640, le tr&#233;sor royal anglais est vid&#233; par les pensions vers&#233;es aux grands du royaume et &#224; l'&#233;glise anglicane, le tr&#244;ne vit au-dessus de ses moyens. Le roi Charles 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; institue donc de nouvelles taxes sur la circulation des marchandises et le commerce maritime. La bourgeoisie des villes, en pleine ascension, mais aussi de larges fractions de la petite et moyenne noblesse, qui se lance elle aussi dans les affaires, entrent en r&#233;bellion. Incapable de recouvrer l'imp&#244;t, Charles 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; doit convoquer la Chambre des Communes, dispers&#233;e depuis une d&#233;cennie, et qui est &#233;lue par environ 200 000 &#233;lecteurs, selon des crit&#232;res de fortune. Les nouvelles classes riches de la soci&#233;t&#233; exigent leur part du pouvoir politique, en &#233;change des imp&#244;ts : un imp&#244;t ne serait l&#233;gitime que s'il est consenti par le peuple, c'est-&#224;-dire bien s&#251;r par ses &#171; repr&#233;sentants &#187; autoris&#233;s... L'&#233;preuve de force tourne vite &#224; la guerre civile, et d&#233;bouche sur l'ex&#233;cution du roi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un si&#232;cle plus tard, le roi d'Angleterre d&#233;cide d'imposer de nouveaux imp&#244;ts, cette fois aux colonies anglaises d'Am&#233;rique. Les notables des colonies refusent l'imp&#244;t, et appellent au boycott des marchandises anglaises. Au nom des principes m&#234;mes de la r&#233;volution anglaise : pas question de payer l'imp&#244;t si les Am&#233;ricains ne sont pas repr&#233;sent&#233;s dans un parlement ind&#233;pendant ou &#224; celui de Londres. La guerre d'ind&#233;pendance se termine en 1783 par la cr&#233;ation d'un nouvel &#201;tat, les &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la r&#233;volution fran&#231;aise de 1789 elle aussi commence par un conflit fiscal. L&#224; encore, le tr&#244;ne est au bord de la faillite, grev&#233; par des d&#233;penses militaires, le train de vie de la cour, et les innombrables pensions distribu&#233;es g&#233;n&#233;reusement &#224; l'aristocratie. Louis XVI d&#233;cide d'&#233;largir l'assiette de l'imp&#244;t, au nom de la justice fiscale ! Car l'imp&#244;t repose essentiellement sur les classes populaires et la bourgeoisie, via la capitation et la taille (des imp&#244;ts directs) ou de multiples taxes, comme la fameuse gabelle sur le sel. La collecte est assur&#233;e par des financiers... priv&#233;s, les d&#233;test&#233;s &#171; fermiers g&#233;n&#233;raux &#187; qui avancent au roi le produit de l'imp&#244;t, et se rattrapent ensuite sur la population, &#224; l'aide de la troupe s'il le faut, avec d'&#233;normes commissions ! L'aristocratie et le clerg&#233;, largement dispens&#233;s de l'imp&#244;t, sont pri&#233;s de contribuer &#224; leur tour au financement de l'&#201;tat royal, mais les deux ordres privil&#233;gi&#233;s refusent. La monarchie doit conc&#233;der la convocation d'&#201;tats g&#233;n&#233;raux, qui voteraient les nouveaux imp&#244;ts. Mais &#224; cette occasion les bourgeois qui m&#232;nent le tiers-&#233;tat, r&#233;clamant l'abolition de l'absolutisme et des privil&#232;ges, se constituent en assembl&#233;e nationale. De peur que le roi ne fasse intervenir l'arm&#233;e, le petit peuple parisien intervient, en prenant la Bastille, le 14 juillet : la r&#233;volution commence...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Logiquement, en r&#233;digeant la d&#233;claration des droits de l'homme, les d&#233;put&#233;s de 1789 n'oublieront pas... l'imp&#244;t (article 13 : chaque citoyen doit participer &#224; une contribution financi&#232;re commune, &#171; &#224; proportion de ses facult&#233;s &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx et Engels, plus tard, constateront pourtant un paradoxe : toutes ces r&#233;volutions, commenc&#233;es sous la banni&#232;re d'un &#171; &#201;tat moins cher &#187;, ont finalement d&#233;bouch&#233; sur le d&#233;veloppement d'&#201;tats plus lourds, plus co&#251;teux, et pas moins prolixes d'imp&#244;ts pour les classes populaires ! C'est que les bourgeoisies qui ont fait ces r&#233;volutions ne voulaient pas forc&#233;ment moins d'imp&#244;ts (m&#234;me quand c'&#233;tait le but affich&#233;) mais d'abord les contr&#244;ler pour les faire servir &#224; leurs propres int&#233;r&#234;ts. Car qui contr&#244;le les comptes (des entreprises comme de l'&#201;tat) a le pouvoir. &#192; ne pas oublier dans le programme du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B.R.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_156 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH361/bastille-803d5.gif?1526794055' width='400' height='361' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> L'aide publique au d&#233;veloppement...des grands trusts
</title>
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
</dc:subject>

		<description>En France, l'aide publique au d&#233;veloppement (APD) fut instaur&#233;e par De Gaulle, alors que les processus de d&#233;colonisation allaient bon train. L'APD est une part du budget des pays riches (souvent inf&#233;rieure &#224; 0,5 %) destin&#233;e aux pays pauvres. En 2003, en France elle repr&#233;sentait 0,39 % du PIB. Cela peut n&#233;anmoins constituer une part non n&#233;gligeable du PIB de certains pays qui en b&#233;n&#233;ficient. &lt;br /&gt;Parmi les objectifs affich&#233;s : r&#233;duction de la dette et de la pauvret&#233;, d&#233;veloppement de programmes de sant&#233; et&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En France, l'aide publique au d&#233;veloppement (APD) fut instaur&#233;e par De Gaulle, alors que les processus de d&#233;colonisation allaient bon train. L'APD est une part du budget des pays riches (souvent inf&#233;rieure &#224; 0,5 %) destin&#233;e aux pays pauvres. En 2003, en France elle repr&#233;sentait 0,39 % du PIB. Cela peut n&#233;anmoins constituer une part non n&#233;gligeable du PIB de certains pays qui en b&#233;n&#233;ficient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les objectifs affich&#233;s : r&#233;duction de la dette et de la pauvret&#233;, d&#233;veloppement de programmes de sant&#233; et d'&#233;ducation, aide &#224; la r&#233;duction des conflits, pr&#233;servation de l'environnement. Qu'en est-il ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des r&#233;sultats ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sultats en mati&#232;re de d&#233;veloppement sont proprement ridicules. Observons deux domaines parmi d'autres. L'aide &#224; l'&#233;ducation, d&#233;j&#224; bien faible, ne profite que pour 0,3 % &#224; l'&#233;ducation de base, le reste &#233;tant destin&#233; &#224; l'enseignement sup&#233;rieur et aux bourses, r&#233;serv&#233;es pour l'essentiel aux enfants des &#233;lites&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Les chiffres comme les informations comprises dans cet article proviennent (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Quant &#224; l'aide alimentaire, dans plus de 90 % des cas, elle sert &#224; ouvrir des march&#233;s aux grands trusts agroalimentaires fran&#231;ais. En 1984, du bl&#233; fran&#231;ais a &#233;t&#233; envoy&#233; au Togo, alors que la r&#233;colte locale de mil &#233;tait excellente. R&#233;sultat, les paysans sont rest&#233;s avec une partie de leur r&#233;colte sur les bras, s'appauvrissant d'autant. Un immense pas pour le d&#233;veloppement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'APD est tr&#232;s largement d&#233;tourn&#233;e de ses objectifs proclam&#233;s. Le programme des Nations unies pour le d&#233;veloppement (Pnud) estime qu'en 2003 ce sont moins de 4 % de l'APD fran&#231;aise qui ont servi des priorit&#233;s de d&#233;veloppement humain. O&#249; partent les 96 % restants ? Dans les faits, le grand patronat fran&#231;ais en est le principal b&#233;n&#233;ficiaire. Une ann&#233;e, 80 % des pr&#234;ts du Tr&#233;sor dans le cadre de l'APD ont servi &#224; financer des projets d'Alcatel-Alsthom. Le reste est employ&#233; pour le remboursement de la dette. La Caisse fran&#231;aise de d&#233;veloppement (CFD) pr&#234;te de l'argent &#224; un pays pauvre, mais comme cet argent sert &#224; rembourser des dettes ant&#233;rieures, il n'apporte aucun argent nouveau pour le d&#233;veloppement. En fait, cette part de l'APD ne sort pas de France : celle-ci se rembourse elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des projets ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;canisme de gestion de l'aide est excessivement opaque, mais en derni&#232;re instance, c'est l'&#201;lys&#233;e qui via les minist&#232;res g&#232;re l'aide. L'APD n'est donc pas distribu&#233;e en fonction de crit&#232;res de sous-d&#233;veloppement mais en fonction des zones d'influence o&#249; la France entend rester implant&#233;e. Ainsi l'APD fran&#231;aise est tr&#232;s largement destin&#233;e aux pays de la zone franc et au Maghreb. L'Asie et l'Am&#233;rique latine sont presque enti&#232;rement contourn&#233;es. Une mani&#232;re pour la France de maintenir son pr&#233; carr&#233; africain...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ind&#233;pendamment de toute rationalit&#233; en mati&#232;re de d&#233;veloppement, ce sont les grands projets qui sont favoris&#233;s par les cr&#233;anciers. Ces projets ont au moins un avantage...celui d'&#234;tre excessivement chers, ce qui garantit d'importantes rentr&#233;es aux entreprises qui les mettent sur pied. Pour contribuer &#224; convaincre les pays pauvres d'y souscrire, il suffit de se montrer g&#233;n&#233;reux avec les hommes politiques qui d&#233;cident de l'utilisation de l'APD. En 1987, le Fac (Fonds d'aide et de coop&#233;ration) a financ&#233; l'achat d'un Myst&#232;re 20 pour le pr&#233;sident de la R&#233;publique centrafricaine (34 millions). Car les petits cadeaux permettent de se faire de grands amis ! Les grands projets ruineux sont alors adopt&#233;s. Qu'importe qu'ils soient inadapt&#233;s ou ridicules, ils engraissent le grand capital. L'exemple le plus connu est celui des complexes sucriers de C&#244;te d'Ivoire mis en place dans les ann&#233;es 70. Cinq complexes ont &#233;t&#233; mis sur pied et aucun n'a jamais fonctionn&#233; &#224; plus de 30 % de ses capacit&#233;s. Le sucre produit &#233;tant de surcro&#238;t plus cher que celui du march&#233; mondial. Mais, les Grands Moulins de Paris ont de leur c&#244;t&#233; empoch&#233; 5 milliards de francs destin&#233;s...au d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Qui paye la facture ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour l'essentiel l'APD sert donc &#224; distribuer de l'argent public &#224; des entrepreneurs priv&#233;s fran&#231;ais. Le taux de retour sur investissement est compris entre 65 % et 75 %, de 100 % m&#234;me quant aux pr&#234;ts du Tr&#233;sor. La grande mosqu&#233;e de Casablanca ou encore la r&#233;plique de Saint-Pierre de Rome &#224; Yamoussoukro ont toutes deux &#233;t&#233; construites par Bouygues gr&#226;ce &#224; des pr&#234;ts octroy&#233;s. S'il fallait illustrer le fait que l'APD ne sert en rien le d&#233;veloppement, il suffirait de rappeler que les grands trusts de l'armement (Dassault, Matra) ne sont pas oubli&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En derni&#232;re instance ce sont les contribuables qui financent les pots-de-vin et les contrats juteux au b&#233;n&#233;fice des seuls capitalistes fran&#231;ais. Quant aux pauvres du Tiers monde ce sont eux qui payent les dettes qui s'accumulent &#224; coups de grands projets on&#233;reux, de cadeaux pr&#233;sidentiels et autres. Ils payent les dettes pour de l'argent dont ils ne voient jamais la couleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette optique, est un peu d&#233;risoire la discussion qui oppose les partisans d'une r&#233;duction, voire d'une suppression, de l'assistance aux pays pauvres, &#224; ceux qui souhaitent qu'elle se maintienne ou augmente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Clara SOLDINI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_157 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L300xH227/apd-75bf5.gif?1526794055' width='300' height='227' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Les chiffres comme les informations comprises dans cet article proviennent pour l'essentiel de l'ouvrage de F.X.Vershave et A.S Boigallais, &#171; &lt;em&gt;L'aide publique au d&#233;veloppement&lt;/em&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Pantouflage : le sommet d'une carri&#232;re
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Pantouflage-le-sommet-d-une-carriere</link>
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		<dc:subject>Bourgeoisie
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
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		<description>La moiti&#233; des grands patrons fran&#231;ais sont des &#171; pantoufleurs &#187;, c'est-&#224;-dire d'anciens hauts fonctionnaires qui ont pr&#233;f&#233;r&#233; poursuivre leur carri&#232;re dans le priv&#233; apr&#232;s l'avoir entam&#233;e dans l'administration publique. Pour les hauts fonctionnaires &#224; la recherche d'un meilleur salaire, le pantouflage est l'occasion d'une seconde carri&#232;re, lorsqu'ils ont atteint les sommets de l'administration. Mais aussi une porte de sortie pour ceux dont la carri&#232;re se bouche apr&#232;s les alternances &#233;lectorales. Lorsqu'il&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La moiti&#233; des grands patrons fran&#231;ais sont des &#171; pantoufleurs &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='D'apr&#232;s les sociologues Michel Bauer et B&#233;n&#233;dicte Bertin-Mourot, les PDG des (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, c'est-&#224;-dire d'anciens hauts fonctionnaires qui ont pr&#233;f&#233;r&#233; poursuivre leur carri&#232;re dans le priv&#233; apr&#232;s l'avoir entam&#233;e dans l'administration publique. Pour les hauts fonctionnaires &#224; la recherche d'un meilleur salaire, le pantouflage est l'occasion d'une seconde carri&#232;re, lorsqu'ils ont atteint les sommets de l'administration. Mais aussi une porte de sortie pour ceux dont la carri&#232;re se bouche apr&#232;s les alternances &#233;lectorales. Lorsqu'il &#233;tait patron de la G&#233;n&#233;rale des eaux, Jean-Marie Messier avait d&#233;clar&#233; : &#171; &lt;em&gt;J'utilise l'alternance pour recruter les meilleurs au moment o&#249; ils sont disponibles. J'ai pris des gens de gauche quand la droite &#233;tait au pouvoir, et inversement.&lt;/em&gt; &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Cit&#233; par Lib&#233;ration du 13 juin 1997' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des &#233;changes de bons proc&#233;d&#233;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le pantouflage est souvent une r&#233;compense pour des services rendus &#224; un politicien qui a le bras long. Ainsi, Louis Schweitzer est devenu PDG de Renault apr&#232;s avoir &#233;t&#233; inspecteur des finances puis directeur de cabinet de Fabius. &#201;videmment, si les patrons acceptent de recueillir des prot&#233;g&#233;s du monde politicien, ce n'est pas sans attendre une compensation sous forme d'exon&#233;rations de charges ou de contrats publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois, l'entreprise r&#233;compense m&#234;me directement les hauts fonctionnaires qui lui ont arrang&#233; des contrats ou subventions. Ainsi, Patrice Durand, qui supervisait au Tr&#233;sor les subventions &#224; Air France, est ensuite devenu directeur financier &#224;... Air France.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Revendre son exp&#233;rience et son carnet d'adresse&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le tremplin r&#234;v&#233; pour se recaser dans le priv&#233; : les Finances. Toutes les portes s'ouvrent &#224; ceux qui tiennent les cordons de la bourse ! Un directeur du Service de la l&#233;gislation fiscale, Michel Taly, est ainsi devenu directeur fiscal au Cr&#233;dit Lyonnais. Connaissant les ficelles de la maison, les inspecteurs des finances savent aussi mieux d&#233;jouer les contr&#244;les. Et puis, en cas de besoin, un courrier aux anciens coll&#232;gues r&#233;sout certains probl&#232;mes... Car, les patrons visent aussi le carnet d'adresse de leurs nouvelles recrues. Ainsi, le patron de la compagnie d'assurance Axa soigne ses relations en recrutant les principaux cadres de son groupe au minist&#232;re de l'&#201;conomie, de pr&#233;f&#233;rence parmi les huiles de la sous direction des assurances, c'est-&#224;-dire ceux qui &#233;taient charg&#233;s de le contr&#244;ler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Acheter ceux qui les contr&#244;lent, c'est presque un r&#233;flexe patronal Entre autres, les grandes entreprises aiment int&#233;grer un ancien juge dans leur direction. &#171; &lt;em&gt;Les entreprises ont peur de commettre des infractions par inadvertance&lt;/em&gt; &#187; affirme un ancien du parquet financier pass&#233; au service du marchand d'armes Thal&#232;s. Le milieu des affaires fr&#244;le si souvent l'ill&#233;galit&#233;, qu'il lui faut des experts pour se pr&#233;munir... ou se couvrir. En cas de doute, l'ancien magistrat peut toujours demander &#224; ses ex-coll&#232;gues de jeter un &#339;il sur le dossier judiciaire de son employeur. Car les patrons ne choisissent pas n'importe quel expert. Val&#233;ry Turcey, le pr&#233;sident de l'Union syndicale des magistrats, avouait : &#171; &lt;em&gt;Les sergents recruteurs des grandes entreprises prennent quasi exclusivement des magistrats financiers parisiens, ceux qui justement &#233;taient charg&#233;s de les contr&#244;ler. Cela pose parfois des questions quasi insolubles de conflits d'int&#233;r&#234;t.&lt;/em&gt; &#187;3&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre &#233;changes de bons proc&#233;d&#233;s, corruption et r&#233;seaux d'influence, les patrons se tissent des toiles pour mieux capter l'argent public sous forme d'exon&#233;rations, de subventions, d'arnaques &#224; l'imp&#244;t, de contrats &#224; prix pr&#233;f&#233;rentiels accord&#233;s par les hauts fonctionnaires... Quand le contribuable est roul&#233;, c'est avec la collaboration de tout le haut appareil d'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une l&#233;gislation toujours plus indulgente&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Afin de r&#233;guler un minimum les arrangements entre hauts fonctionnaires et patrons, une loi est cens&#233;e encadrer le pantouflage. Ainsi, selon la loi, un fonctionnaire ayant eu &#224; contr&#244;ler ou &#224; surveiller une entreprise priv&#233;e ou &#224; conclure des contrats avec celle-ci ou encore &#224; exprimer un avis sur les op&#233;rations qu'elle effectue, ne peut pas travailler pour elle pendant les cinq ann&#233;es qui suivent la cessation de ses fonctions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette loi de 1919 a &#233;t&#233; revue par Balladur en 1992. Une commission de d&#233;ontologie a alors &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e pour donner un avis de conformit&#233; &#224; la loi sur chaque cas de pantouflage. Evidemment, tr&#232;s peu de cas re&#231;oivent un avis d&#233;favorable de cette commission et les moyens de contr&#244;le a posteriori sont quasiment inexistants. Pourtant, le gouvernement projette d'all&#233;ger encore cette loi pour &#233;viter les mises en cause p&#233;nales des pantoufleurs. Le d&#233;lai de &#171; purgatoire &#187; serait notamment raccourci de cinq &#224; deux ans.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un courant &#224; double sens&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si le passage de l'administration vers le priv&#233;, plus gratifiant pour les cadres, est courant, l'inverse existe aussi. Sans parler de Thierry Breton ou Francis Mer qui si&#232;gent ou ont si&#233;g&#233; au gouvernement, la haute administration compte plusieurs anciens dirigeants du priv&#233;. Par exemple, au moment de quitter son poste de PDG de Renault, Louis Schweitzer a &#233;t&#233; nomm&#233; pr&#233;sident de la Haute Autorit&#233; de lutte contre les discriminations et pour l'&#233;galit&#233;. L'&#201;tat ne laisse pas les siens sans emploi !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;cemment, Fran&#231;ois Lureau a &#233;t&#233; choisi par le gouvernement pour &#234;tre responsable de la D&#233;l&#233;gation g&#233;n&#233;rale de l'armement (DGA), charg&#233;e des achats d'armes de la France, o&#249; il avait justement commenc&#233; sa carri&#232;re... qu'il a continu&#233; entre temps dans la production d'armes et de mat&#233;riel militaire chez Thomson-CSF Airsys puis en tant que num&#233;ro deux du groupe d'&#233;lectronique Thal&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hauts fonctionnaires et patrons sont bien du m&#234;me monde. Et au c&#339;ur de leurs relations se trouve l'argent public, cette manne de profits potentiels &#224; distribuer...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maurice SPIRZ&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;D'apr&#232;s les sociologues Michel Bauer et B&#233;n&#233;dicte Bertin-Mourot, les PDG des 200 plus grandes entreprises fran&#231;aises sont arriv&#233;s &#224; leur poste soit en grimpant les &#233;chelons dans l'entreprise (21 % d'entre eux), soit parce qu'ils poss&#232;dent enti&#232;rement ou en partie l'entreprise (32 %), soit en pantouflant (47 % en 1993).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cit&#233; par &lt;em&gt;Lib&#233;ration&lt;/em&gt; du 13 juin 1997&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Quand s'ouvrent les coffres de l'&#201;tat
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Quand-s-ouvrent-les-coffres-de-l-Etat</link>
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		<dc:subject>Argent public
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
</dc:subject>

		<description>Le proc&#232;s des march&#233;s publics d'&#206;le-de-France qui vient de s'achever a fait d&#233;filer 47 personnes (hauts fonctionnaires, &#233;lus, et m&#234;me anciens ministres) jug&#233;es pour corruption dans l'attribution de contrats de construction de lyc&#233;es en r&#233;gion parisienne durant les ann&#233;es 1990. La r&#232;gle du jeu &#233;tait simple : pour d&#233;crocher un march&#233;, les entreprises de BTP int&#233;ress&#233;es devaient discr&#232;tement verser 2 % de son montant dans une cagnotte qui &#233;tait ensuite partag&#233;e entre de nombreux partis : RPR (future UMP) et PS&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Main-basse-sur-l-argent-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Main basse sur l'argent public
&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le proc&#232;s des march&#233;s publics d'&#206;le-de-France qui vient de s'achever a fait d&#233;filer 47 personnes (hauts fonctionnaires, &#233;lus, et m&#234;me anciens ministres) jug&#233;es pour corruption dans l'attribution de contrats de construction de lyc&#233;es en r&#233;gion parisienne durant les ann&#233;es 1990. La r&#232;gle du jeu &#233;tait simple : pour d&#233;crocher un march&#233;, les entreprises de BTP int&#233;ress&#233;es devaient discr&#232;tement verser 2 % de son montant dans une cagnotte qui &#233;tait ensuite partag&#233;e entre de nombreux partis : RPR (future UMP) et PS principalement, mais aussi PCF ou Verts. Sans compter quelques cas d'enrichissement personnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette affaire, comme auparavant celle des HLM de la Ville de Paris, celle de la Lyonnaise des eaux &#224; Grenoble et bien d'autres, a illustr&#233; des pratiques courantes dans l'attribution des march&#233;s publics. Les gagnants les plus visibles de ces op&#233;rations &#233;taient les partis politiques, qui y trouvent des moyens faciles pour rester accroch&#233;s &#224; la mangeoire. Mais les vrais b&#233;n&#233;ficiaires furent les patrons signataires. Ainsi dans l'affaire des lyc&#233;es d'&#206;le-de-France les grands groupes que sont la Compagnie g&#233;n&#233;rale des eaux (devenue Vivendi), la Lyonnaise des eaux, Bouygues, Spie-Batignolles et Eiffage se sont partag&#233;s 114 contrats (80 % du total) entre 1991 et 1994, pour un montant de 2,3 milliards d'euros. Le syst&#232;me de corruption permet au constructeurs de d&#233;crocher d'&#233;normes march&#233;s sans risquer les al&#233;as de la concurrence, donc &#224; des tarifs convenus entre eux...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat-client ne faisant pas le difficile avec l'argent des contribuables, le gonflement des factures a permis finalement d'en d&#233;tourner plus qu'assez pour amortir les petits pourboires r&#233;clam&#233;s par les &#233;lus.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Douces rigueurs de la loi&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les dommages politiques que causent malgr&#233; tout ces &#171; affaires &#187; lorsque quelque &#171; petit juge &#187; (comme on dit dans le milieu) s'avise d'y mettre son nez ont pouss&#233; parfois les repr&#233;sentants de l'&#201;tat &#224; faire semblant de prendre des mesures de protection contre eux m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au milieu des ann&#233;es 1990, le syst&#232;me d'attribution des march&#233;s publics fut r&#233;form&#233; pour le rendre th&#233;oriquement moins vuln&#233;rable &#224; la corruption. Pour faciliter la concurrence et le contr&#244;le des devis, les contrats durent &#234;tre scind&#233;s en trois : conception, construction et maintenance. Rien de r&#233;dhibitoire pour les gros constructeurs &#224; qui il suffisait de se cacher derri&#232;re leurs propres filiales pour pouvoir s'arroger l'ensemble du g&#226;teau d'un chantier. Mais m&#234;me ce pr&#233;tendu garde-fou a rapidement disparu. Sous pr&#233;texte d'acc&#233;l&#233;rer les chantiers le gouvernement Raffarin a permis le retour du syst&#232;me des contrats globaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;forme du Code des march&#233;s publics a par ailleurs relev&#233; le plafond au-dessus duquel un appel d'offres (et donc une mise en concurrence, au moins th&#233;orique, des entreprises candidates) est obligatoire. Enfin la d&#233;centralisation, en compliquant encore les possibilit&#233;s de contr&#244;le global, n'a fait semble-t-il que faciliter les petits arrangements entre constructeurs et &#233;lus (de proximit&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le beurre et les canons&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les sommes d&#233;tourn&#233;es par les magnats du b&#233;ton sont cependant concurrenc&#233;es par celles que se partagent les fabricants d'armes. Un des cas le plus spectaculaires de pillage des finances publiques par les marchands de canons des derni&#232;res ann&#233;es est celui du porte-avions nucl&#233;aire Charles-de-Gaulle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la suite d'erreurs de conception difficiles &#224; imaginer (h&#233;lices en pannes &#224; r&#233;p&#233;tition, piste d'atterrissage trop courte !) mais financi&#232;rement tr&#232;s r&#233;ussies, le joyau de la Marine nationale a fini par d&#233;passer de 3 milliards d'euros le devis initial, pour atteindre 20 milliards - hors armements embarqu&#233;s comprenant avions, h&#233;licopt&#232;res ou missiles... De toute fa&#231;on, d&#233;passement ou pas, le budget militaire fran&#231;ais, avec ses 40 milliards d'euros annuels (15 % du budget de l'&#201;tat, 3 % du PIB) est tout entier une manne pour les patrons sp&#233;cialistes de l'industrie de mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_158 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L350xH176/cdg-e9ed3.gif?1526448838' width='350' height='176' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Dette perp&#233;tuelle&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On voit donc que la bourgeoisie sait profiter du premier poste de d&#233;pense de l'&#201;tat (l'&#233;ducation), comme du second (la d&#233;fense). Le troisi&#232;me lui est plus profitable encore, puisqu'il lui est enti&#232;rement consacr&#233; : il s'agit du service de la dette. En 2004, la somme des capitaux emprunt&#233;s par l'&#201;tat &#224; des actionnaires priv&#233;s (pour la moiti&#233; &#233;trangers) a atteint 1 000 milliards d'euros, soit 65 % du PIB fran&#231;ais. Un record obtenu au terme d'ann&#233;es d'augmentation (pour comparaison, la dette ne pesait en 2001 &#171; que &#187; 57 % du PIB).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le remboursement perp&#233;tuel de cette somme astronomique repr&#233;sente presque 40 milliards d'euros par an. G&#226;chis pour g&#226;chis : c'est quasiment l'&#233;quivalent du budget militaire... Mais cette somme repr&#233;sente aussi 70 % des 56,5 milliards du budget du minist&#232;re de l'&#201;ducation nationale. Ou 66 fois l'enveloppe accord&#233;e &#224; la Couverture maladie universelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beno&#238;t MARCHAND&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Argent public, fortunes priv&#233;es
</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Argent public
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
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		<dc:subject>Bourgeoisie
</dc:subject>

		<description>Chaque ann&#233;e, des milliards d'euros disparaissent myst&#233;rieusement des caisses de l'&#201;tat... au profit de quelques magnats du priv&#233; . Sous les gouvernements de droite comme sous les gouvernements de gauche. Il n'y a pas d'argent pour l'&#233;cole, pour les h&#244;pitaux, pour la S&#233;cu, pour les retraites, pour les personnes &#226;g&#233;es... mais il y en a pour Pinault, Messier, Bouygues, Bollor&#233;, Bernard Arnault et consorts ! &lt;br /&gt;Les soldes toute l'ann&#233;e &lt;br /&gt;En 1984, Bernard Arnault, un jeune loup encore inconnu du grand public,&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Chaque ann&#233;e, des milliards d'euros disparaissent myst&#233;rieusement des caisses de l'&#201;tat... au profit de quelques magnats du priv&#233;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Titre inspir&#233; de l'ouvrage du m&#234;me nom d'Olivier Toscer publi&#233; en Folio (5,30 (...)' id='nh3-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Sous les gouvernements de droite comme sous les gouvernements de gauche. Il n'y a pas d'argent pour l'&#233;cole, pour les h&#244;pitaux, pour la S&#233;cu, pour les retraites, pour les personnes &#226;g&#233;es... mais il y en a pour Pinault, Messier, Bouygues, Bollor&#233;, Bernard Arnault et consorts !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les soldes toute l'ann&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En 1984, Bernard Arnault, un jeune loup encore inconnu du grand public, rach&#232;te pour un franc symbolique le conglom&#233;rat textile Boussac. Durant les deux ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes, le gouvernement socialiste Mauroy avait inject&#233; 1 milliard de francs de subventions pour renflouer cet ancien fleuron de l'industrie textile du Nord. Un milliard d'un c&#244;t&#233;, un franc de l'autre, voil&#224; une affaire rondement men&#233;e ! Et c'est la cl&#233; du succ&#232;s pour le patron du futur groupe LVMH, num&#233;ro un mondial actuel de l'industrie du luxe, puisque &#224; travers Boussac, il acquiert des marques de prestige, comme le grand magasin le Bon March&#233; et la maison de couture Christian Dior.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un client qui aime se faire arnaquer...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Autre pilier de la r&#233;ussite pour les principaux groupes capitalistes fran&#231;ais : les commandes de l'&#201;tat client. Bouygues a collectionn&#233; les contrats prestigieux, tels que la construction du Parc des Princes, la grande Arche de la D&#233;fense, la biblioth&#232;que Fran&#231;ois-Mitterrand... sans parler de la plupart des centrales nucl&#233;aires fran&#231;aises, des lyc&#233;es d'&#206;le-de-France, du rev&#234;tement des routes de l'Is&#232;re et de la concession du p&#233;riph&#233;rique au nord de Lyon... au doux parfum de corruption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; Dassault, il s'est fait commander le Rafale, son dernier avion de chasse. En 2000, l'&#201;tat avait d&#233;j&#224; d&#233;pens&#233; 50 milliards de francs (7,62 milliards d'euros) pour le Rafale, Dassault n'ayant pas h&#233;sit&#233; &#224; augmenter de 30 % le prix annonc&#233; au d&#233;part ! Les recherches ont en plus contribu&#233; &#224; la mise au point d'un logiciel de conception assist&#233;e par ordinateur, qui est aujourd'hui la propri&#233;t&#233; de Dassault Syst&#232;me, une filiale de la famille Dassault. Les Dassault se sont donc appropri&#233; tout naturellement le fruit de recherches men&#233;es dans le cadre d'un partenariat public/priv&#233;. Dassault Syst&#232;mes p&#232;se aujourd'hui pour deux tiers dans la fortune familiale.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'&#201;tat au secours de &#171; ses pauvres &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Chaque ann&#233;e, 45 milliards d'euros de subventions leur sont allou&#233;es par l'&#201;tat et les collectivit&#233;s locales. Sans aucun contr&#244;le de l'utilisation de ces fonds. Sans compter les &#171; largesses &#187; exceptionnelles mais n&#233;anmoins r&#233;guli&#232;res. En 2001, le ministre de l'&#201;conomie et des Finances, Fabius, accorde une remise &#224; Messier, PDG de Vivendi Universal, sur le prix de la licence d'exploitation de son r&#233;seau de t&#233;l&#233;phone portable. Il aurait d&#251; payer 4,85 milliards d'euros. Il ne paiera que 619 millions. Le prix de la licence est divis&#233; par huit !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En comptant d'autres bonnes op&#233;rations de ce type, Messier &#233;conomise au total 16 milliards d'euros de contributions publiques entre 1999 et 2001. En toute l&#233;galit&#233;. La dispense d'imp&#244;ts sur les plus-values est &#224; la discr&#233;tion du ministre de l'&#201;conomie et des Finances... Messier passe une premi&#232;re fois au guichet en 1999 et le socialiste Sautter, alors en charge de Bercy, le dispense d'imp&#244;ts sur les plus-values sur l'op&#233;ration Vivendi Environnement. L'ann&#233;e suivante, c'est Fabius qui renonce aux 8,8 milliards d'euros que Vivendi devait &#224; l'&#201;tat apr&#232;s le rachat d'Universal...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'&#233;levage de milliardaires en batterie !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;poque o&#249; le Cr&#233;dit lyonnais &#233;tait une banque publique, elle a servi de multiples fois &#224; pr&#234;ter de l'argent &#224; perte &#224; tous ces grands patrons. Ce qui explique sa d&#233;confiture. En 1992, Clinvest, filiale du Lyonnais, acquiert 20,9 % de la Financi&#232;re Pinault, la holding personnelle du milliardaire, pour 152 millions d'euros. La banque a pay&#233; son investissement un tiers au-dessus de sa valeur ! Quelques mois plus tard, elle r&#233;injecte 44,21 millions d'euros dans la holding pour n'obtenir que 4,5 % de capital en plus : elle accepte cette fois de payer ses actions 50 % au-dessus de leur prix !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1994, le Cr&#233;dit lyonnais vend &#224; Pinault pour 1,3 milliard de francs les 66 % d&#233;tenus dans la Fnac. Dans le m&#234;me temps, la Compagnie g&#233;n&#233;rale des eaux vendait deux fois plus cher au m&#234;me acheteur les 33 % restants. Dr&#244;le de banque, qui fait volontairement toutes les mauvaises affaires possibles avec de grandes soci&#233;t&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Comment est-ce possible ? C'est pourtant gros !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ces grands capitalistes agissent en toute impunit&#233;. Ils b&#233;n&#233;ficient d'une bienveillance impressionnante de la part des diff&#233;rents pans de l'appareil d'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;cisions des juges sont toujours favorables aux capitalistes... &#224; quelques exceptions pr&#232;s. De nombreux magistrats sont d'ailleurs recrut&#233;s comme consultants par des groupes priv&#233;s. &#202;tre conseill&#233;s par les magistrats qui &#233;taient cens&#233;s les contr&#244;ler, rien de tel pour aider les patrons &#224; &#233;chapper aux foudres de la justice financi&#232;re !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solution &#224; tout &#231;a ? Une op&#233;ration mains propres pour traquer les fraudes et connivences, lutter contre la corruption ? Changer les lois pour mieux s&#233;parer le monde des affaires et de la politique ? C'est oublier que le probl&#232;me ne vient pas seulement des nombreuses passerelles entre patrons et politiciens. Tout ce qu'on vient de d&#233;crire n'est pas une d&#233;viance, c'est pr&#233;cis&#233;ment une des missions de l'&#201;tat bourgeois : capter l'argent des classes populaires pour en faire b&#233;n&#233;ficier la classe capitaliste. Argent public, fortunes priv&#233;es, &#224; l'aide d'un &#201;tat... finalement tr&#232;s priv&#233; lui aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lydie GRIMAL&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb3-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-1' class='spip_note' title='Notes 3-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Titre inspir&#233; de l'ouvrage du m&#234;me nom d'Olivier Toscer publi&#233; en Folio (5,30 euros) dont nous vous recommandons vivement la lecture !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Privatisations : quand l'&#201;tat vend ses &#171; bijoux de famille &#187;
</title>
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		<dc:date>2005-07-04T12:21:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Nationalisations
</dc:subject>
		<dc:subject>Privatisations
</dc:subject>
		<dc:subject>Politique
</dc:subject>

		<description>La privatisation des services publics sensibilise une partie de la population, bien consciente du fait que si ces services sont soumis uniquement &#224; la loi du profit ils ne peuvent lui &#234;tre favorables. &#192; l'inverse, si le mouvement actuel de privatisations suscite inqui&#233;tude et d&#233;sapprobation, le mouvement des nationalisations fut plut&#244;t bien per&#231;u. Et pourtant, l'un et l'autre constituent les deux facettes d'une m&#234;me politique de l'&#201;tat, consacrant des fonds publics pour que croissent les profits&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La privatisation des services publics sensibilise une partie de la population, bien consciente du fait que si ces services sont soumis uniquement &#224; la loi du profit ils ne peuvent lui &#234;tre favorables. &#192; l'inverse, si le mouvement actuel de privatisations suscite inqui&#233;tude et d&#233;sapprobation, le mouvement des nationalisations fut plut&#244;t bien per&#231;u. Et pourtant, l'un et l'autre constituent les deux facettes d'une m&#234;me politique de l'&#201;tat, consacrant des fonds publics pour que croissent les profits priv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Privatisations ou nationalisations, c'est le contribuable qui paie la facture !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement de yo-yo s'effectue au gr&#233; des besoins des entreprises capitalistes. Tant&#244;t nationalis&#233;es lorsqu'il s'agit de les renflouer et d'investir, tant&#244;t privatis&#233;es lorsqu'elles sont devenues rentables, les entreprises et leurs actionnaires sont les grands b&#233;n&#233;ficiaires de ce mouvement de pendule, au d&#233;triment des caisses de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1982, lors des nationalisations sous un gouvernement de gauche, les actions des entreprises ont &#233;t&#233; rachet&#233;es &#224; leurs propri&#233;taires &#224; une valeur tr&#232;s g&#233;n&#233;reuse. Pr&#232;s de 40 banques, des grands groupes comme P&#233;chiney, Thomson, Bull, ont &#233;t&#233; renflou&#233;s gr&#226;ce aux milliards d&#233;vers&#233;s par l'&#201;tat, avec des suppressions massives d'emplois au passage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces entreprises, devenues b&#233;n&#233;ficiaires quelques ann&#233;es plus tard, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; modernis&#233;es aux frais de l'&#201;tat, &#233;taient pr&#234;tes &#224; &#234;tre revendues. Mais l'&#201;tat, au bout de deux ans, r&#233;cup&#233;ra la moiti&#233; seulement de la valeur en Bourse de ces entreprises ! Un joli cadeau aux actionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ralenti jusqu'en 1992, le mouvement de privatisation reprit avec les gouvernements Balladur et Jupp&#233;, puis explosa sous le gouvernement Jospin, qualifi&#233; par &lt;em&gt;Le Figaro&lt;/em&gt;, qui lui en savait gr&#233;, de &#171; &lt;em&gt;premier privatiseur de France&lt;/em&gt; &#187;. De 1997 &#224; 2002, Jospin a privatis&#233; plus que ses pr&#233;d&#233;cesseurs de droite r&#233;unis (31 milliards d'euros de recettes contre 26,4).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir subi une pause forc&#233;e due &#224; l'effondrement des march&#233;s financiers &#224; partir de 2002, peu favorable &#224; l'introduction en Bourse, les privatisations sont reparties de plus belle : France Telecom a inaugur&#233; le mouvement, puis sur la piste d'envol, on trouve Air France, A&#233;roports de Paris, EDF-GDF, en attendant la Poste ou la SNCF...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des cadeaux aux capitalistes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans une privatisation, de nombreux acteurs sont gagnants : les banques tout d'abord, qui n'apparaissent pas sur le devant de la sc&#232;ne, mais qui empochent des fortunes. Car une privatisation est pr&#233;par&#233;e par les banques d'affaires sp&#233;cialis&#233;es, qui se font grassement r&#233;tribuer pour leurs bons offices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis il y a les actionnaires bien s&#251;r. Ainsi, le syndicat Sud a&#233;rien a d&#233;nonc&#233; le fait que l'&#201;tat s'appr&#234;tait &#224; mettre en vente Air France &#224; la m&#234;me valeur en 2003 qu'en 1999, sans tenir compte des 6 milliards d&#233;pens&#233;s entre temps en investissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inutile sans doute de nommer les perdants ! Ainsi aujourd'hui, par exemple, le timbre est encore au m&#234;me prix sur tout le territoire. &#199;a risque de changer si La Poste passe au priv&#233;. En Su&#232;de, le prix du timbre a augment&#233; de 60 % en quelques ann&#233;es, alors que le nombre d'employ&#233;s fondait dans le m&#234;me temps de 27 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laurence VINON&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Le grand m&#233;chant ISF
</title>
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		<dc:subject>fiscalit&#233;
</dc:subject>
		<dc:subject>Politique
</dc:subject>

		<description>Dans le maigre palmar&#232;s de la gauche au pouvoir, l'Imp&#244;t sur la fortune (ISF) occupe une place de choix. N'est-il pas la preuve qu'elle &#339;uvre pour une fiscalit&#233; qui met les riches &#224; contribution ? &#192; droite et dans les milieux patronaux, on le d&#233;nonce avec virulence : il est question d'imp&#244;t confiscatoire, d'atteinte aux droits de l'homme, d'un imp&#244;t qui ferait fuir les grands entrepreneurs ! &lt;br /&gt;Introduit en 1982 par la gauche, supprim&#233; en 1986 par Chirac, l'ISF fut r&#233;tabli (avec son nom actuel) par&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans le maigre palmar&#232;s de la gauche au pouvoir, l'Imp&#244;t sur la fortune (ISF) occupe une place de choix. N'est-il pas la preuve qu'elle &#339;uvre pour une fiscalit&#233; qui met les riches &#224; contribution ? &#192; droite et dans les milieux patronaux, on le d&#233;nonce avec virulence : il est question d'imp&#244;t confiscatoire, d'atteinte aux droits de l'homme, d'un imp&#244;t qui ferait fuir les grands entrepreneurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Introduit en 1982 par la gauche, supprim&#233; en 1986 par Chirac, l'ISF fut r&#233;tabli (avec son nom actuel) par Rocard en 1989. Il devait financer le RMI nouvellement cr&#233;&#233;... Mais aujourd'hui ce que rapporte l'ISF repr&#233;sente environ la moiti&#233; de ce que co&#251;te le RMI, et moins de 1 % de l'ensemble des imp&#244;ts, du m&#234;me ordre que la taxe sur les conventions d'assurances...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Qui paye l'ISF ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Certes, &#224; la diff&#233;rence de la plupart des imp&#244;ts, l'ISF ne concerne qu'une faible minorit&#233; de la population, environ 300 000 foyers qui d&#233;clarent un patrimoine de plus de 732 000 &#8364;. Les plus &#171; modestes &#187;, doivent payer 0,55 % de leur fortune (de la part au-dessus des 732 000 &#8364;, cela va de soi...) et jusqu'&#224; 1,8 %, pour les fortunes d&#233;passant 15 millions d'euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En moyenne, c'est 8 000 &#8364; que verse un assujetti &#224; l'ISF... Une poign&#233;e de tr&#232;s riches, avec une fortune d&#233;clar&#233;e de plus de 15 millions d'euros, verse en moyenne 400 000 &#8364; d'ISF environ : ils sont environ un millier.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'outil de travail&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais cela ne prend en compte que tr&#232;s partiellement la r&#233;alit&#233; des grandes fortunes. D'une part parce que l'ISF est bas&#233; sur les d&#233;clarations faites par les contribuables. Certains ne les font pas du tout (ils seraient plus de 100 000 dans ce cas), d'autres sous-&#233;valuent leur patrimoine (en particulier l'immobilier).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout l'ISF, comme l'imp&#244;t sur le revenu ou celui sur les soci&#233;t&#233;s, permet bien des exon&#233;rations en tous genres. En premier lieu, les biens professionnels ne sont pas inclus dans la base de calcul de la fortune. On pourrait le comprendre pour le cabinet du m&#233;decin ou de l'avocat. Mais la notion de bien professionnel devient &#233;lastique lorsqu'elle s'applique &#224; l'entreprise de l'industriel, aux immeubles en location d'un marchand de biens, et aux actions d&#233;tenues dans une entreprise o&#249; on exerce une fonction dirigeante. Pour Bouygues, Bettencourt ou autres Pinault, c'est d'embl&#233;e l'essentiel de leur fortune, en parts de leurs entreprises, qui est exclue de l'ISF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chroniques financi&#232;res ont ces derniers mois rendu compte d'une crise au sommet des Galeries Lafayette. Un des aspects &#233;tait directement li&#233; &#224; l'ISF : apr&#232;s le d&#233;c&#232;s d'&#201;tienne Moulin, un des principaux actionnaires et directeur g&#233;n&#233;ral du directoire, sa veuve de 78 ans, Ginette Moulin, risquait, elle, d'avoir &#224; payer l'ISF sur ses parts de l'entreprise, ce qui aurait repr&#233;sent&#233; 12 millions d'euros... Il fallait donc qu'elle r&#233;cup&#232;re une fonction dirigeante dans l'entreprise pour b&#233;n&#233;ficier de l'exon&#233;ration des biens professionnels. Si on en a un petit peu entendu parler, c'est que la branche rivale de la famille ne voulait pas laisser la place. Rassurez-vous pour la pauvre dame qui peut maintenant faire reconna&#238;tre son outil de travail : elle a obtenu le poste de pr&#233;sidente du conseil de surveillance (non sans avoir &#233;vinc&#233; ses rivaux).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Et autres cadeaux...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais outre l'exon&#233;ration des biens professionnels, les riches disposent de l'exon&#233;ration totale des objets d'art, des voitures de collection, des stock options, de l'exon&#233;ration partielle de la r&#233;sidence principale, des bois et for&#234;ts... Les dettes contract&#233;es sont &#224; &#244;ter de l'&#233;valuation de la fortune. C'est ainsi que Pinault avait pu en 1997 &#234;tre totalement exon&#233;r&#233; d'ISF. Il venait en effet de contracter un emprunt de 140 millions de francs... soit l'&#233;quivalent de sa fortune personnelle imposable (apr&#232;s d&#233;duction de toute la part exon&#233;r&#233;e, bien plus importante). Celui qui &#233;tait alors class&#233; 9&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; fortune de France... n'en avait aucune aux yeux du fisc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Savoir r&#233;duire l'ISF est un m&#233;tier. D&#233;membrer sa fortune en donnant une maison de famille &#224; ses enfants, confier temporairement une partie de son patrimoine &#224; une fondation, placer ses biens au nom d'une soci&#233;t&#233;-&#233;cran bas&#233;e dans un paradis fiscal, etc. Les possibilit&#233;s plus ou moins l&#233;gales sont nombreuses pour les plus riches, dont la richesse est sous forme essentiellement de valeurs mobili&#232;res (actions, obligations, etc.). Les milliardaires n'ont pas &#224; craindre de l'ISF. Par contre, des millionnaires retir&#233;s des affaires qui ont vendu leur entreprise (et donc ne b&#233;n&#233;ficient plus de l'exon&#233;ration) ou des h&#233;ritiers avec une gestion passive peuvent &#234;tre frapp&#233;s plus lourdement. M&#234;me parmi les riches... ce sont les plus &#171; pauvres &#187; qui trinquent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ISF est donc loin d'&#234;tre un imp&#244;t confiscatoire qui saignerait les riches. Oh, il y a certainement des riches qui s'expatrient pour &#233;chapper &#224; l'ISF (ils seraient 350 chaque ann&#233;e, d'apr&#232;s le Conseil des imp&#244;ts), mais bien plus qui continuent leurs affaires en toute tranquillit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, l'ISF fait le bonheur des banquiers et autres conseillers en gestion de patrimoine : il pousse les millionnaires &#224; ne pas faire &#171; dormir &#187; leur fortune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel CHARVET&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> La fraude est mon m&#233;tier
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/La-fraude-est-mon-metier</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>fiscalit&#233;
</dc:subject>
		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
</dc:subject>

		<description>Parmi les multiples moyens dont disposent entreprises et familles fortun&#233;es pour all&#233;ger la facture fiscale, il y a l'utilisation des multiples &#171; niches &#187; dont foisonne le code des imp&#244;ts. La discipline s'appelle l'&#171; optimisation fiscale &#187;. Selon le Conseil des imp&#244;ts, le manque &#224; gagner atteindrait le montant colossal de 50 milliards d'euros. &lt;br /&gt;Des experts en optimisation fiscale, il y en a de plus en plus... La grande presse publie ses conseils, dans le suppl&#233;ment Patrimoine du Figaro ou Argent du&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Parmi les multiples moyens dont disposent entreprises et familles fortun&#233;es pour all&#233;ger la facture fiscale, il y a l'utilisation des multiples &#171; niches &#187; dont foisonne le code des imp&#244;ts. La discipline s'appelle l'&#171; optimisation fiscale &#187;. Selon le Conseil des imp&#244;ts, le manque &#224; gagner atteindrait le montant colossal de 50 milliards d'euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des experts en optimisation fiscale, il y en a de plus en plus... La grande presse publie ses conseils, dans le suppl&#233;ment &lt;em&gt;Patrimoine&lt;/em&gt; du &lt;em&gt;Figaro&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;Argent&lt;/em&gt; du &lt;em&gt;Monde&lt;/em&gt;. En librairie, on peut trouver une multitude de titres explicites : &#171; &lt;em&gt;Guide pratique de l'ISF&lt;/em&gt; &#187;, &#171; &lt;em&gt;Ing&#233;nierie Fiscale du Patrimoine&lt;/em&gt; &#187;, &#171; &lt;em&gt;Guide des paradis fiscaux&lt;/em&gt; &#187;, etc. Les banques proposent elles aussi des services d'optimisation fiscale &#224; leur client&#232;le ais&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pour le gratin, les cabinets d'avocats d'affaires plus ou moins sp&#233;cialis&#233;s dans les questions fiscales proposent leurs services aux entreprises et aux particuliers. D'apr&#232;s &lt;em&gt;Le Point, &lt;/em&gt;les avocats fiscalistes &#171; &lt;em&gt;rigoureux et cr&#233;atifs &lt;/em&gt; &#187; facturent leurs services 500 &#8364;... l'heure. Ainsi le cabinet Fidal compte 1 300 juristes et fiscalistes en France. Il propose &#224; sa client&#232;le &lt;em&gt;&#171; des techniques juridiques &#233;prouv&#233;es - holding familial, d&#233;membrements de propri&#233;t&#233;, assurance-vie, donations partages - pour pr&#233;server vos biens et sauvegarder vos int&#233;r&#234;ts lors des contr&#244;les ou litiges fiscaux &lt;/em&gt; &#187;. Et cela au profit de &#171; &lt;em&gt;grands noms du monde &#233;conomique et financier qui nous confient depuis de longues ann&#233;es l'optimisation fiscale de leur fortune : entreprises, portefeuilles de titres, domaines agricoles, de chasse ou de p&#234;che, demeures historiques, chevaux de course, oeuvres d'art... &#187;. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre grand cabinet de renom, le CMS Francis Lefebvre, est dirig&#233; par Robert Baconnier. Cet ancien haut fonctionnaire du minist&#232;re des Finances (il a &#233;t&#233; Directeur g&#233;n&#233;ral des imp&#244;ts) est aujourd'hui le pr&#233;sident du Comit&#233; fiscal du Medef.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La l&#233;galit&#233; des montages qui permettent d'&#233;conomiser massivement des imp&#244;ts est plus ou moins &#233;vidente. Mais le risque encouru est minime : m&#234;me si le fisc finissait par en prendre ombrage, on sait que dans bien des cas ce type de contentieux ne va pas jusqu'au proc&#232;s. Complaisance de l'&#201;tat et menaces de batailles juridiques de longue haleine font qu'en cas de contestation sur de grosses sommes, ces avocats obtiennent assez facilement des compromis. Comme celui que Karl Lagerfeld, pourtant r&#233;cidiviste, avait obtenu de Strauss-Kahn : une remise de 45 millions de francs d'arri&#233;r&#233;s...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M.C.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Fiscalit&#233; : mille et un tours de passe-passe
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Fiscalite-mille-et-un-tours-de-passe-passe</link>
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		<dc:date>2005-07-04T12:17:07Z</dc:date>
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
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		<dc:subject>fiscalit&#233;
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		<description>On a bien tort de parler de &#171; n&#233;olib&#233;ralisme &#187; : en France, &#224; peu pr&#232;s 45 % du revenu national transite par l'&#201;tat et les organismes sociaux. En d'autres termes l'&#201;tat pr&#233;l&#232;ve et r&#233;affecte pr&#232;s de la moiti&#233; des ressources... &lt;br /&gt;Pr&#233;tendre que cela &#171; co&#251;te cher &#187; n'a gu&#232;re de sens : une partie de la richesse change simplement de forme et/ou de destinataire. D'un c&#244;t&#233;, des revenus sont ponctionn&#233;s (imp&#244;ts, taxes, cotisations, amendes), mais ils sont redistribu&#233;s soit en argent (allocations, pensions, subventions,&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On a bien tort de parler de &#171; n&#233;olib&#233;ralisme &#187; : en France, &#224; peu pr&#232;s 45 % du revenu national transite par l'&#201;tat et les organismes sociaux. En d'autres termes l'&#201;tat pr&#233;l&#232;ve et r&#233;affecte pr&#232;s de la moiti&#233; des ressources...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;tendre que cela &#171; co&#251;te cher &#187; n'a gu&#232;re de sens : une partie de la richesse change simplement de forme et/ou de destinataire. D'un c&#244;t&#233;, des revenus sont ponctionn&#233;s (imp&#244;ts, taxes, cotisations, amendes), mais ils sont redistribu&#233;s soit en argent (allocations, pensions, subventions, salaires de fonctionnaires, service de la dette publique, commandes de l'&#201;tat), soit en nature (service publics gratuits ou en tout cas moins chers).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Insaisissable redistribution&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les imp&#244;ts et les prestations, bien malin qui pourrait identifier les gagnants et les perdants. Consid&#233;rons l'allocation logement. Dans les chiffres officiels, elle repr&#233;sente une grande partie des &#171; transferts sociaux &#187; qui sont cens&#233;s r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s. Mais &#224; qui profite-t-elle en dernier ressort, aux locataires ou aux propri&#233;taires - &#224; qui elle est d'ailleurs parfois directement vers&#233;e ? Sans l'allocation logement, les bailleurs ne pourraient plus exiger des loyers aussi &#233;lev&#233;s, car les travailleurs ne pourraient plus suivre, &#224; moins de que les patrons augmentent les salaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La complexit&#233; des m&#233;canismes fiscaux et du syst&#232;me de prestations est d&#233;lib&#233;r&#233;ment entretenue pour rendre l'ensemble ind&#233;chiffrable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains s'y essayent pourtant. Et leur bilan est bien modeste : selon Alain Lipietz, &#171; dans la population fran&#231;aise, entre la moiti&#233; qui gagne le plus et la moiti&#233; qui gagne le moins, par tous les m&#233;canismes mon&#233;taires, le transfert des premiers (ceux d'en haut) vers les seconds (ceux d'en bas) est de 3 %. 3 % du PNB est donc revers&#233; chaque ann&#233;e par des m&#233;canismes mon&#233;taires tr&#232;s compliqu&#233;s de la moiti&#233; d'en haut vers la moiti&#233; d'en bas &#187;. Pour le Conseil d'analyse &#233;conomique, rattach&#233; &#224; Matignon, l'imposition entra&#238;nerait un transfert de 3,1 % de la moiti&#233; d'en haut vers la moiti&#233; d'en bas et les prestations sociales de 2 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les classes populaires, pourtant le sentiment trompeur de cette redistribution existe : on est beaucoup plus &#224; m&#234;me de mesurer ce qu'on re&#231;oit que ce qu'on paye. Par choix politique, la lourde ponction subie par les revenus est pr&#233;lev&#233;e de fa&#231;on diffuse et invisible (TVA, taxes diverses, cotisations sociales et CSG, pr&#233;lev&#233;es &#224; la source). Par contre, les prestations sont tr&#232;s visibles : allocations familiales, allocation logement, allocation de rentr&#233;e scolaire, minimum vieillesse, RMI, prestations des Assedic, remboursements des soins de sant&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, ce dont la majeure partie de la population n'a pas conscience, c'est des m&#233;canismes scandaleusement avantageux dont b&#233;n&#233;ficient les cat&#233;gories ais&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Doubles allocs pour les riches &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Qu'on soit Rmiste ou millionnaire, les allocations familiales, c'est 0 &#8364; pour le premier enfant, 115 pour deux enfants, 262 pour trois et 147 par enfant suppl&#233;mentaire. Pas de quoi faire ripaille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consid&#233;rons maintenant un couple de cadres sup&#233;rieurs d&#233;clarant chacun 100 000 &#8364; de revenus salariaux annuels. Avec un enfant, leur quotient familial augmente d'une demie part et leur imp&#244;t annuel diminue de ce fait de 2 121 &#8364;. Le second enfant leur ferait &#233;conomiser 4 242, le troisi&#232;me 8 784, l'&#233;ventuel quatri&#232;me 12 726 euros ! Ainsi, sous forme de ristourne fiscale, ils per&#231;oivent l'&#233;quivalent d'une allocation mensuelle de 176,75 &#8364; pour un enfant, de 353,50 &#8364; pour deux enfants, de 732 pour trois et de 1060,5 pour quatre. Cadeau qui s'ajoutent &#233;videmment aux allocations familiales normales. En d'autres termes, le Tr&#233;sor Public de Neuilly fonctionne comme une super-Caf !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec quatre bambins, impossible de s'en sortir sans une solide domesticit&#233; : pas de panique, l'&#201;tat y a pens&#233;. Pour 100 euros vers&#233;s &#224; des salari&#233;s &#224; domicile, 50 sont rembours&#233;s sous forme de baisse d'imp&#244;t. Dans le cas de notre couple de cad'sup, l'&#201;tat remboursera jusqu'&#224; 9 000 &#8364;. Prenez une femme de m&#233;nage, Bercy vous offre la nounou !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, pendant qu'on manque d'argent pour les cr&#232;ches ou les &#233;coles, on rembourse &#224; 50 % les gardes d'enfants et les cours particuliers des riches...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;&#201;crasante TVA&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais n'y a-t-il pas quand m&#234;me un peu de justice dans notre syst&#232;me fiscal ? N'y a-t-il pas un imp&#244;t progressif sur le revenu ? N'y a-t-il pas des taux de TVA plus faibles sur les produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; que sur le luxe ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commen&#231;ons par la TVA : son taux normal est de 19,6%, mais sur un certain nombre de produits son taux est plus bas (5,5 %) : il s'agit essentiellement des produits alimentaires, qui p&#232;sent plus lourd dans la consommation des classes populaires. La TVA serait-elle juste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, la modulation des taux de TVA ne change pas le caract&#232;re socialement injuste de cette taxe. Les classes ais&#233;es ne supportent plus le taux de luxe de 33 % qui a &#233;t&#233; tout bonnement supprim&#233;. En revanche, grandes consommatrices de presse ou de spectacles, elles sont les premi&#232;res &#224; profiter du taux super r&#233;duit de 2,1 % sur les consommations culturelles. Et si une voiture &#224; 10 000 &#8364; est un bien de luxe quand un bourgeois l'offre &#224; un de ses enfants mais elle n'en est pas un quand de simples employ&#233;s l'acqui&#232;rent au prix d'ann&#233;es de sacrifice. La TVA est la m&#234;me dans les deux cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout, taxer la consommation avantage par nature les plus ais&#233;s : plus fort est le revenu, plus faible est la part consacr&#233;e &#224; la consommation, le reste allant &#224; l'&#233;pargne. Un Rmiste supportera la TVA sur tout son revenu, un millionnaire seulement sur la fraction qu'il consomme. Ainsi, si vous faites partie des 5 % les plus pauvres, les taxes ponctionneront 13 ou 14 % de vos revenus. Si vous &#234;tes au niveau des 1 % les plus riches, seulement 6 ou 7%. La TVA op&#232;re donc comme un imp&#244;t d&#233;gressif (plus je gagne, plus le taux de pr&#233;l&#232;vement est faible).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Ch&#233;rie, j'ai r&#233;tr&#233;ci l'imp&#244;t sur le revenu&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si l'on excepte l'imp&#244;t sur la fortune, seul l'imp&#244;t sur le revenu appara&#238;t quelque peu juste. Progressif, il &#233;pargne les plus pauvres et ponctionne les autres plus que proportionnellement &#224; leur richesse. D'o&#249; cette pr&#233;occupation constante des gouvernements de gauche comme de droite : comment s'en d&#233;barrasser ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne nous y trompons pas cependant : l'imp&#244;t sur le revenu n'est pas une menace pour les sommets des classes poss&#233;dantes. En revanche, il indispose quelques millions de petits privil&#233;gi&#233;s qui sont la base &#233;lectorale de la droite et &#224; qui la gauche n'ose pas s'en prendre, voire qu'elle pr&#233;f&#232;re caresser dans le sens du poil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'elle semble loin l'&#233;poque o&#249; les plus hauts revenus &#233;taient, &#224; partir de la 13&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; tranche, impos&#233;s &#224; 60 % (de 1974 &#224; 1981) voire m&#234;me &#224; 65 % (de 1982 &#224; 1985) ! C'&#233;tait avant le d&#233;luge... des mesures favorables aux privil&#233;gi&#233;s. Depuis, simplifi&#233; sous Balladur et Jupp&#233; (il passe de 13 &#224; 5 tranches) l'imp&#244;t sur le revenu a vu, au gr&#233; des alternances, d&#233;gringoler le taux de sa tranche sup&#233;rieure : la droite le r&#233;duit &#224; 58 %, la gauche &#224; 56,8 %, la droite le re-r&#233;duit &#224; 54 %, la gauche rench&#233;rit &#224; la baisse &#224; 52,75 % et l'actuelle majorit&#233; nous am&#232;ne &#224; 48,09 %. L'imposition des riches fond comme la banquise soumise &#224; l'effet de serre.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Haro sur les revenus du travail&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas pour autant &#171; moins d'imp&#244;t &#187;. Car tandis que l'imp&#244;t progressif d&#233;cline, un autre prend le relais, un imp&#244;t &#171; plat &#187;, qui frappe les revenus, &#224; un taux uniforme : la CSG, flanqu&#233;e de sa petite s&#339;ur, la RDS. Cr&#233;&#233;e par Rocard en 1990, c'est sous Jospin qu'elle atteindra des sommets : Elle rapportait moins de 100 milliards de francs en 1995, en 2001 elle en draine 380, plus que l'imp&#244;t sur le revenu. Une entourloupe facilit&#233;e par l'apparence trompeuse de la CSG : pr&#233;lev&#233;e &#224; la source, elle voisine sur la feuille de paye avec les cotisations sociales. La gauche eut l'audace de pr&#233;senter cet imp&#244;t uniforme comme juste parce qu'il frappe aussi les revenus de la propri&#233;t&#233;... et d'oublier au passage que la CSG est &#233;galement pr&#233;lev&#233;e sur les pensions de retraite et les allocations ch&#244;mage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total, l'imp&#244;t progressif a &#233;t&#233; rel&#233;gu&#233;, ann&#233;e apr&#232;s ann&#233;e, au rang de ressource secondaire de l'&#201;tat. Sur un pr&#233;l&#232;vement total de plus de 240 milliards d'euros (sans compter les pr&#233;l&#232;vements de la S&#233;curit&#233; sociale), l'imp&#244;t sur le revenu en rapporte &#224; peine plus de 53 et l'ISF 2,3... soit m&#234;me pas le quart du total. Plus de la moiti&#233; des recettes publiques vient des taxes : la TVA repr&#233;sente 110 milliards, la taxe sur l'essence 12 et celle sur le tabac 9. Quant &#224; la CSG elle rapporte environ 65 milliards &#224; elle seule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 70, les revenus du capital supportaient une taxation globale d'environ 50 %, contre 30 % seulement pour les revenus du travail. Aujourd'hui, les uns comme les autres sont impos&#233;s &#224; 45 % environ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce &#224; dire que le patronat ne contribue plus au financement des d&#233;penses collectives ? Si, il le fait, non plus au travers des imp&#244;ts... mais en pr&#234;tant. Le creusement du d&#233;ficit budg&#233;taire et de celui de la S&#233;curit&#233; sociale refl&#232;te d'abord cette situation : les pauvres donnent leur argent &#224; l'&#201;tat, les riches le lui pr&#234;tent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Julien FORGEAT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_159 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L250xH374/pieuvre-b174a.gif?1526445428' width='250' height='374' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;L'avoir fiscal supprim&#233; ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une prime de 50 %, vers&#233;e par l'&#201;tat, sur tous les dividendes per&#231;us par des actionnaires de soci&#233;t&#233;s fran&#231;aises ? C'&#233;tait pourtant le m&#233;canisme qui a fonctionn&#233; en France de 1965 &#224; l'an dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;texte ? Lorsqu'une soci&#233;t&#233; r&#233;alise des b&#233;n&#233;fices, ils sont soumis une premi&#232;re fois &#224; l'imp&#244;t sur les soci&#233;t&#233;s. S'ils sont vers&#233;s aux actionnaires, au titre des dividendes, ceux-ci sont cens&#233;s les int&#233;grer &#224; leur d&#233;claration de revenu. Et la bourgeoisie de crier : double imposition ! Spoliation !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours serviable, l'&#201;tat mit en place le m&#233;canisme de l'avoir fiscal : il consistait purement et simplement &#224; rembourser aux actionnaire le montant de l'imp&#244;t sur les soci&#233;t&#233;s correspondant aux dividendes per&#231;us. Ainsi, pour un million d'euros de dividendes, le Tr&#233;sor Public en versait 500 000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, pour un salari&#233;, &#234;tre impos&#233; plusieurs fois de suite sur le revenu est chose banale : ainsi, un salaire subit un premier pr&#233;l&#232;vement avant versement (cotisations et CSG), un deuxi&#232;me apr&#232;s versement (imp&#244;t sur le revenu), un troisi&#232;me lorsqu'on le d&#233;pense (TVA, TIPP...). Une triple imposition...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;canisme de l'avoir fiscal a &#233;t&#233; supprim&#233; l'an dernier : il b&#233;n&#233;ficiait trop &#224; des actionnaires &#233;trangers de soci&#233;t&#233;s fran&#231;aises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'on se rassure, une consolation a &#233;t&#233; pr&#233;vue : au moment de d&#233;clarer leur revenu imposable, les actionnaires b&#233;n&#233;ficient d&#233;sormais d'un abattement de 50 % : un euro de dividendes devient 50 centimes dans la d&#233;claration d'imp&#244;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que pour les salaires, cet abattement n'est que de 20 %.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Laurent Fabius : NON...aux imp&#244;ts sur les stock options&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233; au Minist&#232;re de l'&#233;conomie, qu'il a dirig&#233; de mars 2000 &#224; mai 2002, Laurent Fabius ne s'est pas content&#233; de reprendre &#224; son compte le plan Jupp&#233; de baisse de l'imp&#244;t sur le revenu pour les riches - plan qui avait &#233;t&#233; mis en sommeil en 1997-1998.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'est &#233;galement illustr&#233; en adoptant un r&#233;gime fiscal exceptionnellement favorable pour les d&#233;tenteurs de stock options : sur le premier million de francs, ceux-ci ne sont plus impos&#233;s qu'&#224; 26 %, et &#224; 40 % ensuite. Beaucoup moins que la tranche sup&#233;rieure de l'imp&#244;t sur le revenu. Et beaucoup moins, m&#234;me, qu'aux &#201;tats-Unis ! &#171; &lt;em&gt;Jackpot fiscal pour les cadres fran&#231;ais&lt;/em&gt; &#187; titrait alors &lt;em&gt;l'Expansion&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah, vivement que le camp du &#171; non de gauche &#187; vienne au gouvernement : &#231;a promet !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J.F.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Comment se faire payer une partie de son logement par le fisc&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement a mis en place depuis fort longtemps des syst&#232;mes d'amortissement permettant de faire prendre en charge par le fisc une bonne partie de son achat immobilier, et donc de ses investissements &#171; dans la pierre &#187;. Mais pour cela, il faut b&#233;n&#233;ficier de confortables revenus, car il s'agit de d&#233;ductions d'imp&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'amortissement Robien : le logement est pay&#233; &#224; 50 ou 65 % par le fisc&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exemple : un couple avec deux enfants dispose de revenus nets de 100 000 &#8364; par mois ; il ach&#232;te un logement de 120 000 &#8364; pour le mettre en location ; les recettes de ses loyers repr&#233;sentent 8 400 &#8364; par an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces recettes s'ajoutent normalement &#224; ses revenus imposables. Avec le syst&#232;me d'amortissement, il lui est possible de d&#233;duire 9 600 &#8364; (8 % du montant de son achat) du total des loyers per&#231;us. Il se cr&#233;e ainsi un &#171; d&#233;ficit foncier &#187; de 1 200 &#8364; (9 600-8 400 &#8364;) qu'il peut d&#233;duire directement du montant de ses autres revenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;duction de 8 % de son achat est possible pendant 5 ans, elle se r&#233;duit ensuite &#224; 2,5 % pendant 4 ans. Au bout de 9 ans, il aura d&#233;duit de ses imp&#244;ts 50 % de son acquisition. Il lui est m&#234;me possible, s'il continue &#224; louer 6 ans de plus, soit 15 ans au total, de poursuivre la d&#233;duction de 2,5% par an. R&#233;sultat : au bout de 15 ans, il aura pay&#233; son logement 35% de sa valeur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le couple aurait d&#251; payer 11 946 &#8364; d'imp&#244;ts. Gr&#226;ce &#224; ce syst&#232;me d'amortissement, il ne devra d&#233;bourser, toutes d&#233;ductions faites, que 5 870 &#8364;, soit moins de la moiti&#233;. Et il est &#233;vident que plus l'imp&#244;t &#224; payer est important, plus la carotte fiscale est int&#233;ressante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons encore qu'il est permis dans ce cas de d&#233;duire de ses loyers les int&#233;r&#234;ts pay&#233;s pour son cr&#233;dit, alors que cette possibilit&#233; a &#233;t&#233; supprim&#233;e pour la r&#233;sidence principale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'investissement en loi Malraux : tous les travaux pris en charge par le fisc&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; condition de payer beaucoup d'imp&#244;ts, c'est le jackpot fiscal. Au titre de la restauration du patrimoine, cette forme d'investissement permet au contribuable fortun&#233; de d&#233;duire enti&#232;rement de ses imp&#244;ts le total des travaux entrepris pour restaurer un logement ancien situ&#233; dans un quartier, d&#233;termin&#233; par l'&#201;tat, o&#249; le dispositif s'applique. Le propri&#233;taire disposera donc d'un logement en tr&#232;s bon &#233;tat, achet&#233; pour une bouch&#233;e de pain, et restaur&#233; aux frais du fisc. Faible contrepartie, il devra le louer pendant cinq ans... &#224; qui bon lui semble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L.V.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;La bonne affaire pour &#171; Dividendi &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'enfer fiscal, la France ? Ce n'est pas l'avis de Vivendi Universal, qui a obtenu de Sarkozy, alors ministre de l'Economie, de b&#233;n&#233;ficier du &#171; b&#233;n&#233;fice mondial consolid&#233; &#187;. Ce dispositif permet de tenir compte des filiales &#233;trang&#232;res pour l'&#233;valuation des b&#233;n&#233;fices, la man&#339;uvre consistant &#224; faire baisser le b&#233;n&#233;fice d&#233;clar&#233; ici en int&#233;grant des pr&#233;tendus d&#233;ficits qu'on ferait &#224; l'&#233;tranger. L'int&#233;r&#234;t pour Vivendi se r&#233;sume en un chiffre : 3,8 milliards d'euros d'&#233;conomies escompt&#233;s sur les cinq prochaines ann&#233;es, soit l'&#233;quivalent d'un an de budget personnel de l'Assistance Publique - H&#244;pitaux de Paris, qui emploie pr&#232;s de 80 000 personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contrepartie ? Vivendi s'est engag&#233; &#224; ouvrir deux &#171; call-centers &#187; en France... Quelques centaines d'emplois sous-pay&#233;s contre un cadeau de presque 4 milliards.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Main basse sur l'argent public
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Argent public
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		<description>Versements de commissions &#224; l'occasions de chantiers de BTP, surfacturations, appels d'offre truqu&#233;s, financement ill&#233;gal des partis ou enrichissement personnel... Ces affaires qui font r&#233;guli&#232;rement l'actualit&#233; judiciaire suscitent des sentiments contradictoires. D'un c&#244;t&#233; elles cr&#233;ent un &#233;coeurement, ais&#233;ment r&#233;cup&#233;r&#233; par l'extr&#234;me-droite, sur le th&#232;me du &#171; tous pourris &#187;. En m&#234;me temps, la publicit&#233; donn&#233;e &#224; ces scandales cr&#233;e l'illusion que le d&#233;tournement de l'argent public, quelle que soit sa fr&#233;quence,&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Versements de commissions &#224; l'occasions de chantiers de BTP, surfacturations, appels d'offre truqu&#233;s, financement ill&#233;gal des partis ou enrichissement personnel... Ces affaires qui font r&#233;guli&#232;rement l'actualit&#233; judiciaire suscitent des sentiments contradictoires. D'un c&#244;t&#233; elles cr&#233;ent un &#233;coeurement, ais&#233;ment r&#233;cup&#233;r&#233; par l'extr&#234;me-droite, sur le th&#232;me du &#171; tous pourris &#187;. En m&#234;me temps, la publicit&#233; donn&#233;e &#224; ces scandales cr&#233;e l'illusion que le d&#233;tournement de l'argent public, quelle que soit sa fr&#233;quence, est r&#233;prim&#233;, qu'il concerne des brebis galeuses du monde des affaires et de la politiques t&#244;t ou tard rattrap&#233;es par la justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant l'essentiel n'est pas dans les magouilles de maires, d&#233;put&#233;s, ministres ou m&#234;me d'un pr&#233;sident de la R&#233;publique. Ce n'est l&#224; que la partie &#233;merg&#233;e de l'iceberg, divulgu&#233;e &#224; l'occasion de r&#232;glements de comptes. Les ponctions op&#233;r&#233;es par les classes dirigeantes sur l'argent public - en th&#233;orie celui de la collectivit&#233; - sont g&#233;n&#233;ralement l&#233;gales et bien plus massives que ne le laisse penser la chronique judiciaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son architecture m&#234;me, le syst&#232;me fiscal et le mode de gestion de l'argent public sont destin&#233;s &#224; favoriser d'abord le grand capital et, au-del&#224;, &#224; contenter la masse des privil&#233;gi&#233;s. En d&#233;pit d'une trompeuse &#171; redistribution &#187;, tout le poids en repose sur les &#233;paules des classes laborieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment les classes poss&#233;dantes parviennent &#224; &#233;chapper aux rigueurs du fisc, en d&#233;pit du d&#233;risoire imp&#244;t sur la fortune ? Quel r&#244;le a jou&#233; le d&#233;tournement massif des fonds publics dans l'&#233;mergence de quelques grandes figures du capitalisme fran&#231;ais ? Comment le patronat puise au jour le jour, l&#233;galement, dans les caisses de l'&#201;tat ? Comment pour ce faire il place ses hommes aux postes cl&#233;s des institutions ? En bref, comment au cours des trois derni&#232;res d&#233;cennies ce parasitisme des finances publiques - vieux de plusieurs si&#232;cles et rouage essentiel du m&#233;canisme de l'exploitation - s'est-il encore amplifi&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25 juin 2005&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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