<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
	<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/</link>
	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskyste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>

	<image>
		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
		<url>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L144xH19/siteon0-663c7.png?1526421719</url>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/</link>
		<height>19</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title> Une classe ouvri&#232;re plus forte
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Une-classe-ouvriere-plus-forte</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Une-classe-ouvriere-plus-forte</guid>
		<dc:date>2005-05-02T09:16:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>Fronti&#232;res
</dc:subject>
		<dc:subject>Europe
</dc:subject>
		<dc:subject>Europe de l'Est
</dc:subject>

		<description>Faut-il avoir peur de l'&#233;largissement de l'Union europ&#233;enne &#224; de nouveaux membres ? Les travailleurs polonais, baltes, hongrois, slovaques et autres, sont-ils nos concurrents ? Ce type de questions se pose depuis que la classe ouvri&#232;re existe. Et les peurs sont entretenues par nombre de politiciens car, c'est bien connu, moins les travailleurs sont unis, mieux les exploiteurs se portent. &lt;br /&gt;Les r&#233;volutionnaires ont toujours pris le contre-pied de ces m&#233;fiances. Car l'abolition des fronti&#232;res est en&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Europe-la-conquete-de-l-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Europe : la conqu&#234;te de l'Est par le capital de l'Ouest, mythes, r&#233;alit&#233;s et cons&#233;quences
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Frontieres-+" rel="tag"&gt;Fronti&#232;res
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Europe-de-l-Est-+" rel="tag"&gt;Europe de l'Est
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Faut-il avoir peur de l'&#233;largissement de l'Union europ&#233;enne &#224; de nouveaux membres ? Les travailleurs polonais, baltes, hongrois, slovaques et autres, sont-ils nos concurrents ? Ce type de questions se pose depuis que la classe ouvri&#232;re existe. Et les peurs sont entretenues par nombre de politiciens car, c'est bien connu, moins les travailleurs sont unis, mieux les exploiteurs se portent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;volutionnaires ont toujours pris le contre-pied de ces m&#233;fiances. Car l'abolition des fronti&#232;res est en soi une bonne chose pour la classe ouvri&#232;re qui ne peut en sortir que renforc&#233;e &#224; terme. La recherche de profit pousse les capitalistes &#224; mettre &#224; bas tous les obstacles &#224; la circulation des marchandises, dont les fronti&#232;res. Les capitaux de Renault, Saint-Gobain, Alcatel et tant d'autres s'investissent l&#224; o&#249; les perspectives de profits sont attractives. Ce faisant, ils contribuent, bien malgr&#233; eux, &#224; unifier les &#233;conomies, les peuples... et les classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi l'&#233;largissement de l'Europe &#224; l'est signifie-t-elle, en m&#234;me temps que de nouvelles perspectives d'exploitation pour le patronat de l'Ouest, la possibilit&#233; pour des dizaines de millions de travailleurs de prendre conscience d'int&#233;r&#234;ts toujours plus communs. Les salari&#233;s de France T&#233;l&#233;com, la Lyonnaise des Eaux, Dim, Carrefour ou la Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale, pour ne prendre que ces quelques exemples d'entreprises fran&#231;aises solidement implant&#233;es dans les Peco, ont les m&#234;mes patrons, qu'ils travaillent &#224; Varsovie, Prague, Bucarest ou Paris. Un ouvrier slov&#232;ne de Renault a le m&#234;me exploiteur qu'un ouvrier fran&#231;ais de cette entreprise. Et lorsque Renault annonce les plus gros profits de son histoire, comme il l'a fait r&#233;cemment, nul doute que cela suscite des aspirations salariales identiques en Roumanie, en Slov&#233;nie comme en France !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;mes aspirations et donc, si nous prenons conscience de ce fait, peut-&#234;tre m&#234;mes luttes. Car les classes ouvri&#232;res des pays de l'Est sont aussi des classes qui se battent, malgr&#233; la confusion politique qui r&#232;gne dans ces pays pr&#233;tendument &#171; ex-communistes &#187;, malgr&#233; l'extr&#234;me faiblesse du mouvement ouvrier politique, voire l'extr&#234;me d&#233;sorganisation du mouvement syndical. On assiste d'ailleurs parfois, face &#224; des politiques anti-ouvri&#232;res identiques, &#224; une convergence des luttes entre Est et Ouest. L'exemple de l'ann&#233;e 2003 est frappant : d'importants mouvements sociaux ont eu lieu parmi les cheminots tch&#232;ques, qui ont fait reculer leur gouvernement sur la cure d'amaigrissement qu'il voulait leur faire subir. Dans le m&#234;me pays, le gouvernement a &#233;galement d&#251; reculer sur son plan de d&#233;centralisation de l'&#233;ducation. Il ne reste certes plus grand-chose de Solidarnosc, l'organisation qui avait pris la direction du puissant mouvement des ann&#233;es 1980 qui avait fortement contribu&#233; &#224; &#233;branler la dictature stalinienne - &#224; part un ancien leader syndical devenu ex-pr&#233;sident lib&#233;ral et r&#233;actionnaire... Mais cela n'emp&#234;che pas la Pologne de conna&#238;tre ces derni&#232;res ann&#233;es des mouvements de gr&#232;ves pour les salaires ou les emplois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car les licenciements dont sont victimes les travailleurs fran&#231;ais n'&#233;pargnent pas ceux de l'Est, souvent du fait des m&#234;mes groupes d'ailleurs. C'est ainsi qu'&#224; l'instar des &#171; Lu &#187; fran&#231;ais en 2001, les ouvriers polonais de Danone ont organis&#233; une campagne de boycott de la firme pour protester contre la fermeture de l'usine de Jaroslaw. Ils ont &#233;t&#233; imit&#233;s par ceux du groupe suisse Nestl&#233;, en gr&#232;ve contre la fermeture d'un site de Poznan. Ce mois d'avril encore, une d&#233;l&#233;gation de Solidarnosc est venue au si&#232;ge parisien de France T&#233;l&#233;com se faire &#233;cho de la protestation des salari&#233;s de l'op&#233;rateur de t&#233;l&#233;phone TPSA, d&#233;tenu &#224; 47,5 % par France T&#233;l&#233;com, contre la suppression de 3 500 postes sur un effectif de 30 450.
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Depuis la prise de participation de l'op&#233;rateur fran&#231;ais, les effectifs ont (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ripostes des travailleurs europ&#233;ens sont encore tr&#232;s partielles et fragment&#233;es. Mais elles r&#233;pondent &#224; des probl&#232;mes semblables - toujours plus semblables. Au point que des syndicats, souvent pourtant loin d'&#234;tre des tenants de la lutte de classe internationale, se sont senti ces derni&#232;res ann&#233;es tenu d'organiser des &#171; euromanifs &#187; : de celle du 6 d&#233;cembre 2000 &#224; Nice qui regroupa 50 000 participants &#224; la derni&#232;re en date du 19 mars 2005, o&#249; des dizaines de syndicats belges, allemands, fran&#231;ais, italiens, espagnols et polonais, ont manifest&#233; ensemble pour la d&#233;fense des services publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes ces &#171; euromanifs &#187; ont plus &#233;t&#233; un geste symbolique qu'une action destin&#233;e &#224; entamer un combat uni par-del&#224; les fronti&#232;res. Elles montrent tout de m&#234;me que parmi les militants ouvriers europ&#233;ens il y a bien une certaine conscience que ce combat serait n&#233;cessaire&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Les opinions populaires de l'Est sont souvent en d&#233;saccord profond avec les (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour unifier les diff&#233;rentes classes ouvri&#232;res que s'est cr&#233;&#233;e &#224; la fin du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle la Premi&#232;re internationale, dont Marx a &#233;crit le programme. &#192; cette &#233;poque d'expansion du capitalisme industriel europ&#233;en, les travailleurs fran&#231;ais et anglais avaient ressenti le besoin de s'unir contre des briseurs de gr&#232;ve que leurs bourgeoisies respectives importaient pour casser leurs luttes. La r&#233;union de fondation, en 1864, comprenait des travailleurs anglais, fran&#231;ais, allemands, italiens, irlandais, suisses et polonais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle union internationale des travailleurs fait aujourd'hui cruellement d&#233;faut. Si l'&#233;largissement europ&#233;en, et l'invasion - avec toute sa brutalit&#233; - de l'Est par le capital de l'Ouest, contribuent tant soit peu &#224; la remettre en route, ce sera un immense progr&#232;s pour les luttes &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laurence VINON&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Depuis la prise de participation de l'op&#233;rateur fran&#231;ais, les effectifs ont fondu, passant de 70 000 en 2000 &#224; 36 170 en 2003. Et en 2004, 6 000 nouveaux emplois &#233;taient supprim&#233;s...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Les opinions populaires de l'Est sont souvent en d&#233;saccord profond avec les politiques r&#233;actionnaires de leurs dirigeants, y compris sur le plan international. Lors du soutien g&#233;n&#233;ral des chefs des Peco &#224; la guerre am&#233;ricaine en Irak, 70 % des Polonais s'y d&#233;claraient hostiles. Des manifestations contre la guerre ont rassembl&#233; 50 000 personnes &#224; Budapest. Et un journaliste tch&#232;que notait que &#171; &lt;em&gt;la guerre en Irak a fait &#233;merger les liens entre les populations d'Europe de l'Est et de l'Ouest&lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Pas trop de Pac pour les Peco
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Pas-trop-de-Pac-pour-les-Peco</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Pas-trop-de-Pac-pour-les-Peco</guid>
		<dc:date>2005-05-02T09:14:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Agriculture
</dc:subject>
		<dc:subject>Europe
</dc:subject>
		<dc:subject>Europe de l'Est
</dc:subject>
		<dc:subject>Monde
</dc:subject>

		<description>Le poids que gardait la paysannerie dans les D&#233;mocraties populaires n'&#233;tait pas le moindre signe de leur retard &#233;conomique. La situation des pays de l'Est est certes loin d'&#234;tre homog&#232;ne : la R&#233;publique tch&#232;que par exemple ne compte que 4 % de paysans, une proportion &#224; peine sup&#233;rieure &#224; celle de la France. Mais dans des pays comme la Pologne les agriculteurs repr&#233;sentent plus du cinqui&#232;me de la population active, et globalement les dix nouveaux adh&#233;rents vont faire passer le nombre de fermes dans&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Europe-la-conquete-de-l-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Europe : la conqu&#234;te de l'Est par le capital de l'Ouest, mythes, r&#233;alit&#233;s et cons&#233;quences
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Agriculture-+" rel="tag"&gt;Agriculture
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Europe-de-l-Est-+" rel="tag"&gt;Europe de l'Est
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le poids que gardait la paysannerie dans les D&#233;mocraties populaires n'&#233;tait pas le moindre signe de leur retard &#233;conomique. La situation des pays de l'Est est certes loin d'&#234;tre homog&#232;ne : la R&#233;publique tch&#232;que par exemple ne compte que 4 % de paysans, une proportion &#224; peine sup&#233;rieure &#224; celle de la France. Mais dans des pays comme la Pologne les agriculteurs repr&#233;sentent plus du cinqui&#232;me de la population active&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Soit huit millions d'agriculteurs sur deux millions de fermes, pour une (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, et globalement les dix nouveaux adh&#233;rents vont faire passer le nombre de fermes dans l'Union Europ&#233;enne de 7 &#224; 11,5 millions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec son budget de 45 milliards d'euros par an (soit la moiti&#233; du budget communautaire), la Politique agricole commune (Pac) mise en &#339;uvre par l'UE aurait pu &#234;tre un formidable outil de d&#233;veloppement rural &#224; l'Est, de modernisation de l'agriculture, d'am&#233;lioration du niveau de vie dans les campagnes. Ce ne sera naturellement pas le cas.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La Pac, pilier de l'agrobusiness&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sent&#233;e comme favorable &#224; la survie de la paysannerie et &#224; l'approvisionnement alimentaire des populations, la Pac a toujours constitu&#233; un soutien masqu&#233; &#224; l'agrobusiness (fournisseurs de mat&#233;riel et d'engrais, grands exploitants, industriels de l'agroalimentaire), doubl&#233; d'un m&#233;canisme protectionniste. 80 % des aides distribu&#233;es aux agriculteurs dans ce cadre profitent &#224; 20 % d'entre eux. La Pac a g&#233;n&#233;r&#233; une v&#233;ritable rente pour les fournisseurs d'intrants agricoles (mat&#233;riels, produits chimiques) et les industriels de l'agroalimentaire. On peut m&#234;me obtenir des aides au titre de la jach&#232;re tout en pratiquant sur les terres en question des cultures destin&#233;es &#224; produire des mati&#232;res premi&#232;res &#224; bas prix pour l'industrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y avait donc pas grand-chose &#224; esp&#233;rer pour le petit paysan polonais ou letton. Lors de l'&#233;largissement &#224; l'est, l'Allemagne &#233;tait surtout soucieuse de ne pas trop augmenter sa contribution au budget de l'UE, et la France d'&#233;viter une remise en cause des subsides. On d&#233;cida de couper la poire en deux... ou plut&#244;t en quatre : au moment de leur adh&#233;sion, les nouveaux membres ne b&#233;n&#233;ficieraient que de 25 % du montant des aides en vigueur&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Le pr&#233;texte ? Ces &#171; aides directes &#187; ayant &#233;t&#233; adopt&#233;es jadis pour compenser la (...)' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2006, les nouveaux membres percevront donc 1,6 milliard d'euros seulement sur les 45,3 distribu&#233;s. Lot de consolation : ce syst&#232;me discriminatoire devrait prendre fin, puisque le pourcentage auquel ont droit les nouveaux membres augmentera progressivement pour atteindre 100 % en... 2013 ! D'ici l&#224;, de r&#233;forme en r&#233;forme, les dirigeants de l'UE auront eu le temps de bricoler les arrangements qui permettront de sauvegarder les pr&#233;bendes actuelles&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-3' class='spip_note' rel='appendix' title='Histoire quand m&#234;me d'&#233;viter les surprises, le compromis franco-allemand (...)' id='nh2-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une politique agricole de moins en moins commune&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;formes r&#233;centes de la Pac ont abouti &#224; &#171; d&#233;coupler les aides de la production &#187;. Les &#171; aides directes d&#233;coupl&#233;es &#187; ne seront plus li&#233;es &#224; la production mais vers&#233;es de toute fa&#231;on, que l'agriculteur produise ou non, et quoi qu'il produise. Elles seront calcul&#233;es sur la base des surfaces et... des aides per&#231;ues dans le pass&#233;. Une fa&#231;on de sacraliser pour quelques ann&#233;es les rentes per&#231;ues par les gros exploitants des quinze.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus le d&#233;couplage peut &#234;tre total ou partiel, selon les produits et... selon les pays. Autant dire que chaque &#201;tat membre va pouvoir &#233;laborer sa petite cuisine conforme aux int&#233;r&#234;ts locaux. Ceux des gros producteurs s'entend. Cette &#171; renationalisation &#187; de la Pac d&#233;gage donc les pays les plus riches de l'obligation de financer le d&#233;veloppement des campagnes &#224; l'Est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte o&#249; la Pac glisse vers une mosa&#239;que de mesures sp&#233;cifique, que deviendront les agriculteurs des nouveaux pays adh&#233;rents ? Il est probable que le nombre d'exploitations va chuter, ce que la Pac n'a pas emp&#234;ch&#233; dans un pays comme la France. Beaucoup de paysans de l'Est risquent de peiner &#224; respecter les normes sanitaires ou environnementales impos&#233;es par l'Union europ&#233;enne. Avec l'ouverture croissante de l'Europe aux importations agricoles du reste du monde, notamment le bl&#233; de Russie et d'Ukraine, les cours vont baisser. La Pac &#233;largie n'emp&#234;chera en rien la ruine et l'exode d'une bonne part des populations rurales des Peco. Parmi ceux qui resteront, beaucoup risquent d'&#234;tre mis en difficult&#233;, forc&#233;s de s'endetter, et de devenir les m&#233;tayers des banques ou les salari&#233;s de groupes agro-industriels qui envisagent d'investir en Europe centrale... et qui, en 2013, b&#233;n&#233;ficieront peut-&#234;tre d'une part notable des &#171; aides directes &#187; si elles sont port&#233;es &#224; 100 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats de l'Ouest europ&#233;en tentent donc de prot&#233;ger des d&#233;sagr&#233;ments apport&#233;s par les nouvelles paysanneries pauvres de l'Union, au prix de r&#232;gles toujours plus in&#233;galitaires et compliqu&#233;es. La nouvelle Pac devrait leur permettre d'une part d'&#233;chapper aux accusations de dumping &#224; l'OMC (les aides ne sont plus li&#233;es &#224; la production, les prix europ&#233;ens rejoignent les prix mondiaux) tout en maintenant les subventions et donc en inondant le Tiers-Monde de produits europ&#233;ens &#224; bas prix qui tuent l'agriculture locale. D'autre part, de maintenir les rentes des gros exploitants et des industriels, sans en faire vraiment profiter les agriculteurs des nouveaux pays adh&#233;rents. S'il fallait la rebaptiser, ce serait bien... Politique agricole capitaliste !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Julien FORGEAT&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Soit huit millions d'agriculteurs sur deux millions de fermes, pour une population de 38 millions de personnes. En France, ces chiffres sont respectivement d'un million d'agriculteurs, 730 000 exploitations, et 60 millions d'habitants...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le pr&#233;texte ? Ces &#171; aides directes &#187; ayant &#233;t&#233; adopt&#233;es jadis pour compenser la baisse des prix garantis aux agriculteurs par l'Union europ&#233;enne, les agriculteurs d'Europe de l'Est, n'ayant pas p&#226;ti de la baisse des prix, n'ont pas &#224; percevoir les aides, ou du moins pas l'int&#233;gralit&#233;. CQFD ! Justifier qu'on verse quatre fois moins aux agriculteurs des pays europ&#233;ens pauvres qu'&#224; ceux des pays riches, il fallait oser...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-3' class='spip_note' title='Notes 2-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Histoire quand m&#234;me d'&#233;viter les surprises, le compromis franco-allemand plafonne d'avance le budget du &#171; premier pilier &#187; de la PAC (celui qui est financ&#233; en commun) &#224; 48,5 milliards d'euros en 2013. Soit 3 milliards de plus qu'aujourd'hui...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Bourgeoisies de l'Est, la renaissance ?
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Bourgeoisies-de-l-Est-la-renaissance</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Bourgeoisies-de-l-Est-la-renaissance</guid>
		<dc:date>2005-05-02T09:10:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Europe de l'Est
</dc:subject>

		<description>Quarante ann&#233;es sous le couvercle : entre la fin des ann&#233;es 1940 et 1989, le strict contr&#244;le de la vie &#233;conomique par les &#201;tats des dites D&#233;mocraties populaires y a s&#233;v&#232;rement brid&#233; les bourgeoisies. Au long de ce presque demi-si&#232;cle, ces couches privil&#233;gi&#233;es n'ont pourtant pas perdu l'objectif de retourner d&#232;s que possible dans le giron du monde imp&#233;rialiste pour y retrouver une activit&#233; capitaliste normale. D&#232;s que l'URSS a desserr&#233; son &#233;treinte, ces petites et moins petites bourgeoisies se sont donc&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Europe-la-conquete-de-l-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Europe : la conqu&#234;te de l'Est par le capital de l'Ouest, mythes, r&#233;alit&#233;s et cons&#233;quences
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Europe-de-l-Est-+" rel="tag"&gt;Europe de l'Est
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quarante ann&#233;es sous le couvercle : entre la fin des ann&#233;es 1940 et 1989, le strict contr&#244;le de la vie &#233;conomique par les &#201;tats des dites D&#233;mocraties populaires y a s&#233;v&#232;rement brid&#233; les bourgeoisies. Au long de ce presque demi-si&#232;cle, ces couches privil&#233;gi&#233;es n'ont pourtant pas perdu l'objectif de retourner d&#232;s que possible dans le giron du monde imp&#233;rialiste pour y retrouver une activit&#233; capitaliste normale. D&#232;s que l'URSS a desserr&#233; son &#233;treinte, ces petites et moins petites bourgeoisies se sont donc pr&#233;cipit&#233;es vers l'Ouest, pour tenter f&#233;brilement de se reconstruire. Et malgr&#233; l'affirmation bruyante de leur credo lib&#233;ral, elles ont lourdement appuy&#233; leur essor social et &#233;conomique sur la reconstruction d'&#201;tats bourgeois de combat, au service de leurs int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Grande pauvret&#233; et petites puissances &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les niveaux actuels de d&#233;veloppement des anciens pays de l'Est sont tr&#232;s diff&#233;rents. La Roumanie, l'Albanie, la Bulgarie ou la plupart des &#201;tats issus de l'&#233;clatement de la Yougoslavie connaissaient avant 1989 un retard &#233;conomique qui est loin d'avoir &#233;t&#233; combl&#233;. Ainsi le PIB par habitant de la Roumanie repr&#233;sentait-il en 2004 seulement 26 % de la moyenne de l'ancienne Europe des 15, celui de la Bulgarie 28 %. Ce n'est pas par hasard si ces pays n'ont pas fait partie des heureux &#233;lus de l'Union europ&#233;enne en 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les 10 nouveaux pays de l'Union en revanche, les &#171; poids lourds &#187; que sont la Pologne, la Hongrie et la R&#233;publique tch&#232;que, s'ils restent pauvres relativement &#224; la moyenne de l'UE, ont r&#233;ussi &#224; se hisser au rang de puissances bourgeoises - de quatri&#232;me ordre mais dot&#233;es d'&#233;conomies de march&#233; fragiles mais r&#233;elles&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-1' class='spip_note' rel='appendix' title='PIB/habitant en Hongrie : 59 % de la moyenne des 15 ; Pologne : 43 % ; (...)' id='nh3-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. En 1999, le secteur priv&#233; aurait contribu&#233; pour plus de 60 % au PIB des 10 (en Hongrie, ce pourcentage aurait m&#234;me atteint 90 %). Et en 2004, cette part du priv&#233; dans le PIB aurait &#233;t&#233; comparable &#224; celle des 15 de l'ancienne UE.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des &#201;tats organisateurs de la &#171; th&#233;rapie de choc &#187; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;formes &#233;conomiques n'auraient pas &#233;t&#233; possibles sans les politiques volontaristes et brutales des &#201;tats en question (la &#171; th&#233;rapie de choc &#187; des conseillers de Walesa). C'est &#233;videmment sous l'&#233;gide &#233;tatique que les grandes entreprises nationales ont &#233;t&#233; d&#233;coup&#233;es et brad&#233;es. Les premiers b&#233;n&#233;ficiaires en ont &#233;t&#233; les capitalistes d'Europe de l'Ouest ou des &#201;tats-Unis, qui ont mis la main sur ce qui pouvait &#234;tre imm&#233;diatement rentable (compagnies a&#233;riennes, t&#233;l&#233;communications, banques...). Mais des bourgeoisies d'affaires et industrielle locales ont &#233;galement r&#233;ussi &#224; &#233;merger du processus, au moins dans les pays les moins pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les syst&#232;mes de privatisation y ont contribu&#233;, que ce soit la distribution &#224; leurs employ&#233;s des titres de propri&#233;t&#233;s des entreprises publiques, vite r&#233;cup&#233;r&#233;s et concentr&#233;s entre les mains des dirigeants comme en Pologne, ou bien la vente au public de ces titres, eux aussi accapar&#233;s par les initi&#233;s ayant r&#233;ussi &#224; constituer des fonds d'investissements, comme cela s'est plut&#244;t pass&#233; en Hongrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#171; r&#233;accumulation primitive &#187; a encore profit&#233; de la complaisance des &#201;tats de l'Est pour piller les finances publiques. En Hongrie par exemple, en 1993, les entreprises ont massivement cess&#233; de payer leurs int&#233;r&#234;ts aux banques. Au pr&#233;texte d'&#233;viter un effondrement du syst&#232;me bancaire, l'&#201;tat s'est alors pr&#233;cipit&#233; pour les renflouer - avec les deniers des contribuables. Une socialisation des dettes priv&#233;es &#224; faire p&#226;lir le Cr&#233;dit Lyonnais : les nouvelles bourgeoisies orientales apprennent vite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les classes populaires ont subi de plein fouet les effets de cette politique, et le m&#233;contentement qui en a r&#233;sult&#233; a contribu&#233; &#224; changer les majorit&#233;s. En 1991-92, nombre d'ex-partis communistes furent port&#233;s au pouvoir, faisant dire &#224; certains qu'aux &#171; r&#233;volutions de velours &#187; succ&#233;daient des &#171; restaurations de velours &#187;. En r&#233;alit&#233;, qu'ils aient ou non &#233;t&#233; rebaptis&#233;s social-d&#233;mocrates, ces partis ont assur&#233; la continuit&#233; des politiques anti-sociales, avant d'&#234;tre balay&#233;s entre 1996 et 1998 par une nouvelle vague de partis explicitement lib&#233;raux. L'int&#233;r&#234;t des &#171; alternances &#187; gauche-droite est un autre truc des d&#233;mocraties bourgeoises que celles de l'Est ont su tr&#232;s vite int&#233;grer&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-2' class='spip_note' rel='appendix' title='La Pologne a m&#234;me connu une cohabitation ! &#192; noter &#233;galement que les nouvelles (...)' id='nh3-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;&#192; chacun son arri&#232;re-cour ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats les moins faibles des pays de l'Est n'ont pas limit&#233; leur nouveau r&#244;le bourgeois au terrain int&#233;rieur. Alors qu'elles &#233;taient confront&#233;es &#224; l'arriv&#233;e agressive des capitaux occidentaux, certaines bourgeoisies ont tent&#233; &#224; leur tour de s'&#233;riger en puissances vis-&#224;-vis de leurs voisins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le cas de la Pologne qui, depuis le milieu des ann&#233;es 1990, cherche &#224; d&#233;velopper son influence sur ses voisins de l'est et du nord&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-3' class='spip_note' rel='appendix' title='En 1999 par exemple, 45 % de ses exportations agro-alimentaires se (...)' id='nh3-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Les trois pays baltes, dont le niveau de d&#233;veloppement est sensiblement inf&#233;rieur &#224; la moyenne des 10 nouveaux de l'UE (qui leur a malgr&#233; tout conc&#233;d&#233; un ticket d'entr&#233;e en 2004), sont l'objet d'une tentative de mise en orbite &#233;conomique et diplomatique de la part de leur voisin. Varsovie a pouss&#233; &#224; la cr&#233;ation de bataillons polono-baltes et polono-ukrainiens. Et cette ambition est revendiqu&#233;e au plus haut niveau : la Pologne pr&#233;tend jusqu'au sein de l'OTAN au r&#244;le de porte-parole des &#201;tats baltes comme de l'Ukraine. Cette m&#234;me ambition politique s'est manifest&#233;e lors des n&#233;gociations de la Conf&#233;rence intergouvernementale de Rome, en d&#233;cembre 2003, &#224; propos de la r&#233;partition des voix des diff&#233;rents pays au Conseil europ&#233;en : les repr&#233;sentants polonais, qui contestaient la diminution de leur repr&#233;sentation relativement aux gros europ&#233;ens, ont tent&#233; - sans succ&#232;s d'ailleurs - d'entra&#238;ner dans leur fronde les petits pays de la nouvelle Union.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Louvoyer entre les grands&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La pol&#233;mique de Rome, o&#249; la Pologne (s'appuyant sur l'Espagne d'Aznar) d&#233;non&#231;ait les &#171; vis&#233;es h&#233;g&#233;moniques &#187; du couple franco-allemand, illustre plus largement les probl&#232;mes de positionnement des nouveaux &#201;tats bourgeois de l'Est entre les grandes puissances. Dans une Union largement domin&#233;e par les grands de l'Ouest&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-4' class='spip_note' rel='appendix' title='&#192; elle seule, l'Allemagne repr&#233;sente le tiers de l'&#233;conomie de la zone euro. (...)' id='nh3-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, les petites puissances orientales cherchent &#224; sauvegarder un peu d'ind&#233;pendance politique. Et comme tous les &#201;tats domin&#233;s, il ne leur reste pour cela pas beaucoup d'autres moyens que de jouer sur les rivalit&#233;s entre puissances dominantes, europ&#233;ennes contre am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'alternative diplomatique des USA pour les Peco correspond d'ailleurs &#224; des int&#233;r&#234;ts tr&#232;s concrets : le volume des investissements am&#233;ricains chez les 10 nouveaux de l'UE est comparable &#224; celui des Europ&#233;ens de l'ouest. Dans ce jeu sur les grands rapports de force internationaux, la Pologne encore a pris une longueur d'avance sur ses voisins, de l'affaire de l'achat de 48 chasseurs F-16 am&#233;ricains en 2003 (au grand dam des marchands de canons fran&#231;ais) au soutien aux &#201;tats-Unis pendant la guerre en Irak. Cette derni&#232;re prise de position, qui au-del&#224; de la Pologne avait d'ailleurs rassembl&#233;, &#224; l'occasion de la &#171; lettre des Huit &#187;, la plupart des nouveaux Europ&#233;ens&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-5' class='spip_note' rel='appendix' title='Pologne, Hongrie R&#233;publique tch&#232;que, Espagne, Grande-Bretagne, Portugal, (...)' id='nh3-5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; autour de la Grande-Bretagne et de l'Italie, avait r&#233;ussi &#224; mettre en &#233;chec la tentative de cr&#233;ation d'un front diplomatique europ&#233;en par la France et l'Allemagne&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-6' class='spip_note' rel='appendix' title='Chirac avait alors exprim&#233; son d&#233;pit en tonnant que les nouveaux Europ&#233;ens (...)' id='nh3-6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Le coin avait &#233;t&#233; enfonc&#233; par l'administration Bush, qui avait ostensiblement remerci&#233; l'&#201;tat polonais en lui confiant la direction d'une des zones de l'Irak occup&#233;. Mais le cadeau &#233;tait un peu encombrant (Varsovie vient d'ailleurs de faire conna&#238;tre sa d&#233;cision de retirer ses troupes du bourbier irakien avant la fin de 2005). Et le gouvernement polonais semble trouver que les retomb&#233;es &#233;conomiques de son alignement diplomatique tardent &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est qu'au petit jeu de puissance contre puissances, les plus petites sortent rarement gagnantes. Toutes les combinaisons des nouveaux Peco ne peuvent emp&#234;cher que leurs bourgeoisies ne jouent qu'un r&#244;le politique marginal, &#224; l'image de leur nouvelle place subalterne dans l'&#233;conomie mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beno&#238;t MARCHAND&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Des strapontins au Conseil &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;De nouvelles arri&#232;re-cours, oui. &#192; condition qu'elles n'aient pas trop voix au chapitre... L'&#233;largissement europ&#233;en a provoqu&#233; d'&#226;pres marchandages diplomatiques entre &#171; vieille &#187; et &#171; nouvelle &#187; Europe &#224; propos de la r&#233;partition des moyens de contr&#244;le des diff&#233;rents &#201;tats sur la machine institutionnelle de l'UE. Lors des n&#233;gociations sur la nouvelle Constitution, la Pologne et l'Espagne ont fait alliance pour tenter de sauver le statut que leur offrait le Trait&#233; de Nice sign&#233; fin 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui-ci leur accordait 27 voix chacune au Conseil de l'Europe, soit presque autant que les quatre &#171; grands &#187; (Allemagne, France, Grande-Bretagne et Italie, chacune &#224; 29 voix), la Hongrie ou la R&#233;publique tch&#232;que &#233;tant, elles, au niveau du Portugal, de la Gr&#232;ce ou de la Belgique (12 voix). Des quasi-parit&#233;s inacceptables pour les imp&#233;rialismes de l'Ouest. Ils ont donc impos&#233; dans la Constitution europ&#233;enne que les d&#233;cisions soient prises &#224; la &#171; majorit&#233; qualifi&#233;e &#187;, soit 55 % des &#201;tats regroupant 65 % de la population totale. Avec ce dispositif, les &#171; grands &#187; disposent d'une forme de veto en kit, pas tr&#232;s difficile &#224; construire, puisque trois d'entre eux suffisent &#224; r&#233;unir plus de 35 % de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la Banque centrale europ&#233;enne, la v&#233;rit&#233; des prix y sera plus explicite encore, le partage des voix s'y faisant au prorata du poids &#233;conomique des membres. Or les nouveaux p&#232;sent &#224; eux dix le &lt;em&gt;vingti&#232;me&lt;/em&gt; de l'ancienne Union des 15...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb3-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-1' class='spip_note' title='Notes 3-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;PIB/habitant en Hongrie : 59 % de la moyenne des 15 ; Pologne : 43 % ; R&#233;publique tch&#232;que : 64 % ; Slovaquie : 52 % ; Slov&#233;nie : 79 %. &#192; titre de comparaison, le m&#234;me taux pour l'Espagne et le Portugal au moment de leur int&#233;gration en 1986 &#233;tait d'environ 60 % de celui de l'UE d'alors.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-2' class='spip_note' title='Notes 3-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La Pologne a m&#234;me connu une cohabitation !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; noter &#233;galement que les nouvelles couches dirigeantes de l'Est se sont souvent d&#233;fauss&#233;es des attaques contre le niveau de vie et les protections sociales en les pr&#233;sentant comme impos&#233;es par Bruxelles, en tant que conditions d'adh&#233;sion &#224; l'UE. Il faut d'ailleurs reconna&#238;tre que si ces discours ne sont pas moins int&#233;ress&#233;s politiquement en Pologne ou en Hongrie qu'en France, ils sont objectivement moins mensongers : les coups port&#233;s au niveau de vie des classes populaires &#224; l'Est correspondent aux int&#233;r&#234;ts de leurs nouvelles bourgeoisies, mais sont autant de la responsabilit&#233; des imp&#233;rialismes ouest-europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-3' class='spip_note' title='Notes 3-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En 1999 par exemple, 45 % de ses exportations agro-alimentaires se faisaient vers la Russie, la Bi&#233;lorussie et l'Ukraine, contre 43 % vers l'Europe des quinze.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-4' class='spip_note' title='Notes 3-4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#192; elle seule, l'Allemagne repr&#233;sente le tiers de l'&#233;conomie de la zone euro. Tandis que le poids &#233;conomique des 10 nouveaux les place entre la Belgique et la Hollande...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-5' class='spip_note' title='Notes 3-5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pologne, Hongrie R&#233;publique tch&#232;que, Espagne, Grande-Bretagne, Portugal, Italie, Danemark. Cette lettre sign&#233;e le 30 janvier 2003 fut suivie le 5 f&#233;vrier d'une &#171; D&#233;claration des dix &#187; (Albanie, Bulgarie, Croatie, Estonie, Lettonie, Lituanie, Mac&#233;doine, Roumanie, Slovaquie et Slov&#233;nie) allant dans m&#234;me sens.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-6' class='spip_note' title='Notes 3-6' rev='appendix'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Chirac avait alors exprim&#233; son d&#233;pit en tonnant que les nouveaux Europ&#233;ens avaient &#171; perdu une bonne occasion de se taire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Horizons et strat&#233;gies du capital ouest-europ&#233;en
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Horizons-et-strategies-du-capital-ouest-europeen</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Horizons-et-strategies-du-capital-ouest-europeen</guid>
		<dc:date>2005-05-02T08:56:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>&#233;conomie
</dc:subject>
		<dc:subject>Europe
</dc:subject>
		<dc:subject>Monde
</dc:subject>

		<description>Les entreprises europ&#233;ennes investissent aujourd'hui massivement &#224; l'Est, en particulier dans les pays qui viennent d'entrer dans l'Union ou dans les pays candidats. D&#232;s 1989, les capitalistes d'Europe de l'Ouest ont cherch&#233; &#224; d&#233;velopper leur emprise sur les march&#233;s potentiels et les r&#233;serves de main-d'oeuvre qui s'offraient &#224; eux. Les &#201;tats ont jou&#233; les &#233;claireurs et pr&#233;par&#233; le terrain, notamment via l'Union europ&#233;enne et par le biais des &#171; aides &#187; vers&#233;es aux pays candidats. &lt;br /&gt;Les cr&#233;dits ainsi allou&#233;s&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Europe-la-conquete-de-l-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Europe : la conqu&#234;te de l'Est par le capital de l'Ouest, mythes, r&#233;alit&#233;s et cons&#233;quences
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-economie-+" rel="tag"&gt;&#233;conomie
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les entreprises europ&#233;ennes investissent aujourd'hui massivement &#224; l'Est, en particulier dans les pays qui viennent d'entrer dans l'Union ou dans les pays candidats. D&#232;s 1989, les capitalistes d'Europe de l'Ouest ont cherch&#233; &#224; d&#233;velopper leur emprise sur les march&#233;s potentiels et les r&#233;serves de main-d'oeuvre qui s'offraient &#224; eux. Les &#201;tats ont jou&#233; les &#233;claireurs et pr&#233;par&#233; le terrain, notamment via l'Union europ&#233;enne et par le biais des &#171; aides &#187; vers&#233;es aux pays candidats.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Lancement d&#232;s 1989 du programme Phare, pour &#171; Poland, Hungary, Aid for the (...)' id='nh4-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cr&#233;dits ainsi allou&#233;s par l'UE pour mettre les &#233;conomies de l'Est &#171; &#224; niveau &#187;, suivis par des IDE (investissements directs &#224; l'&#233;tranger) massifs&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Le volume cumul&#233; &#224; ce jour des IDE dans les 10 pays candidats repr&#233;senterait (...)' id='nh4-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; ont impos&#233; aux anciennes D&#233;mocraties populaires une r&#233;orientation radicale de leur commerce ext&#233;rieur vers l'Ouest. Plus de 50 % de leur commerce international se fait actuellement avec l'Union europ&#233;enne, contre 20 % en 1989. Si l'on prend le cas de la France, entre 1992 et 2002, elle a plus que quadrupl&#233; ses exportations &#224; destination des pays candidats. Le niveau de ces exportations est maintenant nettement sup&#233;rieur &#224; celles concernant la Chine ou l'Am&#233;rique latine, et surtout plus stable.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La foire aux privatisations&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans une premi&#232;re phase, au d&#233;but des ann&#233;es 1990, les investissements se sont faits &#224; la faveur des vagues de privatisations. Les grandes entreprises europ&#233;ennes ont jou&#233; la strat&#233;gie de l'acquisition et des pans entiers de l'industrie polonaise ou tch&#232;que sont ainsi pass&#233;s sous contr&#244;le &#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France s'est implant&#233;e en Pologne au travers de soci&#233;t&#233;s publiques comme EDF, qui a rachet&#233; des centrales &#233;lectriques, ou ex-publiques comme France T&#233;l&#233;com, qui a rachet&#233; l'op&#233;rateur national polonais. Cette phase de privatisations est aujourd'hui presque achev&#233;e pour la plupart de ces pays. Ainsi, en 2001, seuls 5 % des IDE entrant en Hongrie visaient des privatisations, contre 66 % en 1990.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une &#233;conomie toujours plus colonis&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'&#233;tape des privatisations, les capitalistes europ&#233;ens ont voulu profiter du faible co&#251;t salariaux &#224; l'Est : aux rachats ont succ&#233;d&#233; les implantations directes. L'Allemagne, suivie des &#201;tats-Unis et de la France, sont actuellement les pays qui investissent le plus &#224; l'Est, de fa&#231;on tr&#232;s in&#233;gale selon les pays&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-3' class='spip_note' rel='appendix' title='Les principaux pays destinataires que sont la Pologne, la R&#233;publique tch&#232;que (...)' id='nh4-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces ramifications &#224; l'Est ne sont pas le fait des seuls gros groupes, en tout cas pour l'Allemagne o&#249; 60 % des entreprises de moins de 5 000 salari&#233;s ont aujourd'hui cr&#233;&#233; des filiales dans les nouveaux &#201;tats membres. La France, elle, compte pr&#232;s de 2 000 implantations en Europe centrale et orientale, qui emploient plus de 300 000 personnes.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-4' class='spip_note' rel='appendix' title='Elle est le premier investisseur &#233;tranger en Pologne et en Roumanie, et (...)' id='nh4-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sence des groupes europ&#233;ens est parfois cach&#233;e par le recours aux sous-traitants. C'est monnaie courante pour l'industrie fran&#231;aise en Roumanie : Technic plastic Roumanie travaille pour Salomon, Solectron fabrique des bo&#238;tiers de t&#233;l&#233;phones pour Philips... R&#233;ciproquement, les v&#234;tements Lacoste, Etam, Pierre Cardin ou Hugo Boss fabriqu&#233;s &#224; Bucarest dans l'usine d'Alca Group ne sont pas &#233;tiquet&#233;s &#171; made in Romania &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Surexploitation &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si des pays comme la Pologne ou la R&#233;publique tch&#232;que sont tr&#232;s attractifs, c'est parce qu'ils conjuguent les fortes traditions industrielles et le savoir-faire, h&#233;rit&#233;s des D&#233;mocraties populaires, et des salaires tr&#232;s bas. Le niveau moyen des salaires des dix nouveaux de l'UE est inf&#233;rieur des deux tiers &#224; ceux de l'ancienne Union &#224; 15. Ce qui n'emp&#234;che pas que, gr&#226;ce aux &#171; fonds structurels &#187; d&#233;sormais vers&#233;s par l'Union europ&#233;enne, les aides aux entreprises soient comparables &#224; celles de l'Europe de l'Ouest, sans compter des fiscalit&#233;s extr&#234;mement avantageuses... Mais m&#234;me les pays qui ne permettent pas encore de r&#233;cup&#233;rer la manne europ&#233;enne peuvent &#234;tre int&#233;ressants. En Roumanie l'&#233;quivalent du Smic est &#224; peine &#224; 70 euros mensuels, le salaire moyen de 160 euros et un ing&#233;nieur co&#251;te 600 euros.
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-5' class='spip_note' rel='appendix' title='La Roumanie pr&#233;sente encore l'avantage d'&#234;tre un pays de langue latine, o&#249; la (...)' id='nh4-5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation sociale catastrophique, la pression du ch&#244;mage et de la pr&#233;carit&#233; (qui touche 40 % de la population active des Peco) permettent aux patrons une v&#233;ritable surexploitation. En Pologne, o&#249; le capital fran&#231;ais dans le secteur du commerce est omnipr&#233;sent, les Carrefour, Auchan ou Leclerc payent leurs employ&#233;s en retard, ouvrent les grandes surfaces le dimanche en r&#233;mun&#233;rant les salari&#233;s au m&#234;me tarif qu'en semaine. Elles jouent sur la flexibilit&#233;, changeant les horaires du jour au lendemain. En Mac&#233;doine, dans les entreprises grecques, on est proche de l'esclavage moderne : le &lt;em&gt;Courrier des Balkans&lt;/em&gt; rapporte ainsi le cas d'une usine textile o&#249; les ouvri&#232;res sont enferm&#233;es au cadenas pour &#233;viter les inspecteurs du travail. Bien souvent, les heures de travail ne sont pas comptabilis&#233;es et les salaires sont vers&#233;s de la main &#224; la main, sans fiche de paye. Les cong&#233;s maladie ne sont pas pay&#233;s, les syndicats sont interdits.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Quand les travailleurs de l'Est sont mis en concurrence entre eux&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Directive Bolkestein, d&#233;localisations, on parle beaucoup de la concurrence des pays de l'Est, mais c'est surtout entre eux que les salari&#233;s de l'Est subissent cette concurrence. Des pays d&#233;j&#224; membres de l'UE comme la Hongrie ou la R&#233;publique tch&#232;que enregistrent actuellement des transferts de capitaux vers des pays candidats, comme la Roumanie ou l'Ukraine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand apr&#232;s quelques ann&#233;es d'implantation les salaires augmentent un peu, les &#171; chasseurs de co&#251;ts &#187; vont lorgner plus &#224; l'est. M&#234;me dans la tr&#232;s pauvre Roumanie, des ateliers textiles ont &#233;t&#233; d&#233;m&#233;nag&#233;s du jour au lendemain vers la Moldavie. Et comme le salaire d'un ing&#233;nieur roumain a doubl&#233; en quatre ans &#224; Timisoara, les patrons europ&#233;ens commencent &#224; se dire que les ing&#233;nieurs bulgares ou ukrainiens sont moins chers et tout aussi bien form&#233;s...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les all&#233;chantes possibilit&#233;s d'exploitation de la main-d'oeuvre de l'Est ne sont pourtant pas l'unique explication &#224; la pr&#233;sence des capitalistes europ&#233;ens en Europe centrale et orientale. Les implantations les plus r&#233;centes, telles que Renault en Roumanie et PSA en Slovaquie, tablent aussi sur le d&#233;veloppement de nouveaux march&#233;s. Les pr&#233;visions de croissance dans ces pays sont partout sup&#233;rieures &#224; 4 % par an. Autant de nouveaux consommateurs esp&#233;r&#233;s, autant de profits en perspective - pour le capital occidental.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lydie GRIMAL&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Renault en Roumanie : t'as pas 5 000 euros ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En rachetant l'usine automobile Dacia en Roumanie, Renault a lanc&#233; l'id&#233;e de la Logan, sa voiture &#224; 5000 euros pi&#232;ce, et fait le pari de la conqu&#234;te de nouveaux march&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise en &#339;uvre de cette strat&#233;gie s'est traduite par le licenciement de pr&#232;s de la moiti&#233; de l'usine (sur les 28 000 salari&#233;s employ&#233;s avant le rachat, il n'en reste que 16 000) et des salaires mensuels moyens par ouvrier de 143 euros. Des conditions &#224; l'image de ce qui se passe dans une bonne part de la soci&#233;t&#233; roumaine. Car la &#171; transition &#187; &#233;conomique pour la Roumanie, c'est plus de la moiti&#233; de la population du pays qui vit aujourd'hui sous le seuil de pauvret&#233;, tandis qu'une minorit&#233; a accumul&#233; des fortunes colossales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La constitution d'une classe moyenne tant attendue pour consommer tarde pourtant &#224; venir et le march&#233; local s'av&#232;re beaucoup plus restreint que pr&#233;vu. Qu'&#224; cela ne tienne, Renault projette de vendre sa Logan dans d'autres pays voisins, voire en Russie ou m&#234;me en Chine. Il mise sur 700 000 v&#233;hicules par an, vendus aux quatre coins de la plan&#232;te, pour un prix un peu sup&#233;rieur, aux alentours de 7 000 euros... 4 ans de salaire de l'ouvrier roumain qui les construit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb4-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-1' class='spip_note' title='Notes 4-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lancement d&#232;s 1989 du programme Phare, pour &#171; Poland, Hungary, Aid for the Reconstruction of the Economy &#187;, concernant d'abord les pays de l'acronyme ; &#233;tendu en 1990 &#224; la Tch&#233;coslovaquie, la Bulgarie, l'Allemagne de l'est, en 1991 &#224; la Roumanie et en 1992 &#224; la Slov&#233;nie et aux trois pays baltes. &#192; partir de 1992 &#171; accords d'association &#187; europ&#233;ens pr&#233;parant &#224; terme l'adh&#233;sion &#224; l'Union.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-2' class='spip_note' title='Notes 4-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le volume cumul&#233; &#224; ce jour des IDE dans les 10 pays candidats repr&#233;senterait plus de 120 milliards de dollars, soit le quart des PIB de ces pays.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-3' class='spip_note' title='Notes 4-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Les principaux pays destinataires que sont la Pologne, la R&#233;publique tch&#232;que et la Hongrie attirent &#224; eux seuls deux tiers des capitaux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-4' class='spip_note' title='Notes 4-4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Elle est le premier investisseur &#233;tranger en Pologne et en Roumanie, et arrive en 3&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; position en Hongrie avec plus de 200 filiales d'entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-5' class='spip_note' title='Notes 4-5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La Roumanie pr&#233;sente encore l'avantage d'&#234;tre un pays de langue latine, o&#249; la population est exceptionnellement francophone et bien form&#233;e. Les centres d'appels fleurissent donc, pour les fournisseurs d'acc&#232;s Internet tels que Noos.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Nouveaux pauvres
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Nouveaux-pauvres</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Nouveaux-pauvres</guid>
		<dc:date>2005-05-02T08:51:30Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Europe de l'Est
</dc:subject>

		<description>La chute des r&#233;gimes staliniens des pays de l'Est suscita d'immenses espoirs, non seulement de d&#233;mocratie, mais aussi de d&#233;veloppement &#233;conomique et de prosp&#233;rit&#233;. Quinze ans apr&#232;s, qu'en reste-t-il ? &lt;br /&gt;Le PIB des ex-D&#233;mocraties populaires a globalement connu une chute brutale entre 1989 et 1992, avant de remonter progressivement. En 1999, dix ans apr&#232;s, les plus avanc&#233;s (Pologne, Slovaquie, Slov&#233;nie) d&#233;passaient l&#233;g&#232;rement leur niveau de 1989 ; d'autres l'&#233;galaient (Hongrie, R&#233;publique tch&#232;que, Albanie),&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Europe-la-conquete-de-l-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Europe : la conqu&#234;te de l'Est par le capital de l'Ouest, mythes, r&#233;alit&#233;s et cons&#233;quences
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Europe-de-l-Est-+" rel="tag"&gt;Europe de l'Est
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La chute des r&#233;gimes staliniens des pays de l'Est suscita d'immenses espoirs, non seulement de d&#233;mocratie, mais aussi de d&#233;veloppement &#233;conomique et de prosp&#233;rit&#233;. Quinze ans apr&#232;s, qu'en reste-t-il ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PIB des ex-D&#233;mocraties populaires a globalement connu une chute brutale entre 1989 et 1992, avant de remonter progressivement. En 1999, dix ans apr&#232;s, les plus avanc&#233;s (Pologne, Slovaquie, Slov&#233;nie) d&#233;passaient l&#233;g&#232;rement leur niveau de 1989 ; d'autres l'&#233;galaient (Hongrie, R&#233;publique tch&#232;que, Albanie), un troisi&#232;me groupe n'en &#233;tait qu'aux trois quarts (Croatie, Estonie, Roumanie), alors que les plus pauvres, comme la Lettonie, n'atteignaient que 60 % de leur niveau au moment de la chute du mur. La croissance a connu depuis des rat&#233;s (quasi-stagnation de la Pologne en 2001 par exemple), et reste tr&#232;s in&#233;gale selon les pays
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Ainsi le PIB par habitant de la Tch&#233;quie est-il aujourd'hui 7 &#224; 8 fois (...)' id='nh5-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Elle a cependant &#233;t&#233; relativement soutenue : selon la Banque mondiale, le pouvoir d'achat moyen serait aujourd'hui sup&#233;rieur de 40 % &#224; celui de 1989 dans les pays les moins pauvres de l'Europe du &#171; centre-est &#187; : Hongrie, R&#233;publique tch&#232;que, Slovaquie et Pologne.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Alors qu'il baissait de 15 % en Russie dans la m&#234;me p&#233;riode.' id='nh5-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'explosion des in&#233;galit&#233;s &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re ces chiffres il y a pourtant non seulement le creusement de foss&#233;s entre pays, mais aussi l'explosion des in&#233;galit&#233;s sociales &#224; l'int&#233;rieur et la mont&#233;e d'une mis&#232;re massive. Incontestablement, une bourgeoisie et une petite bourgeoisie se sont d&#233;velopp&#233;es et ont prosp&#233;r&#233; dans certains pays de l'Est. Mais pour les classes populaires le bilan est bien plus mitig&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s leur arriv&#233;e au pouvoir, les gouvernements qui b&#233;n&#233;ficiaient d'un fort soutien populaire parce qu'ils &#233;taient cens&#233;s &#233;tablir des institutions d&#233;mocratiques l'utilis&#232;rent pour transformer radicalement la soci&#233;t&#233;... et permettre &#224; la bourgeoisie renaissante de s'enrichir au plus vite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouverture &#224; la concurrence &#233;trang&#232;re et les nouvelles normes de rentabilit&#233; conduisirent &#224; l'effondrement de pans entiers de l'&#233;conomie, notamment dans l'industrie lourde, les mines, la sid&#233;rurgie. En Pologne, Walesa, qui avait d&#233;fendu les ouvriers des chantiers navals en tant que syndicaliste, les fit licencier en tant que pr&#233;sident de la R&#233;publique. Les privatisations furent massives et rapides. D&#232;s 1993, plus de 50 % du PIB polonais &#233;tait d&#233;j&#224; r&#233;alis&#233; par le secteur priv&#233; (plus des deux tiers aujourd'hui). On mit ainsi fin &#224; toute une s&#233;rie de services gratuits ou bon march&#233; assur&#233;s par les entreprises : transports, logement, scolarisation, colonies de vacances, dispensaires de soins... Les prix furent lib&#233;ralis&#233;s et s'envol&#232;rent, y compris pour les biens de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;. Les p&#233;nuries disparurent peu &#224; peu, mais la chert&#233; des produits ne les rendit pas toujours plus accessibles au plus grand nombre ! Et comme il fallait bien lutter contre l'inflation, tous les gouvernements se r&#233;solurent, au d&#233;but des ann&#233;es 1990, &#224; des mesures de blocage des salaires. Ch&#244;mage et baisse du pouvoir d'achat frapp&#232;rent durement, en premier les ouvriers et les employ&#233;s du secteur public.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les protections sociales en lambeaux...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ces mesures, baptis&#233;es &#171; th&#233;rapie de choc &#187; par ces Diafoirus du capitalisme, firent flamber un ch&#244;mage, install&#233; durablement. Se posa alors le probl&#232;me du financement de la protection sociale. Elle fut &#224; son tour d&#233;mantel&#233;e. Il y eut bien s&#251;r des responsables politiques g&#233;n&#233;reux, philanthropes m&#234;me, tel Jacek Kuron, fondateur et dirigeant du syndicat Solidarnosc, ministre du travail en 1990 : il cr&#233;a un service de soupe populaire, et organisa des collectes de fonds pour les colonies de vacances ! Pendant ce temps, le ch&#244;mage en Pologne d&#233;passait rapidement les pr&#233;visions les plus pessimistes : 1,1 million de ch&#244;meurs en 1990, 2,2 millions fin 1991, 3 millions en 1994. Il atteignait ainsi pas moins de 16,5 % de la population active, et devait continuer &#224; grimper encore pour d&#233;passer aujourd'hui les 18 %. Aujourd'hui, pr&#232;s de 70 % des travailleurs polonais seraient en situation pr&#233;caire !&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-3' class='spip_note' rel='appendix' title='Ce taux serait de 40 % en moyenne pour les nouveaux adh&#233;rents de (...)' id='nh5-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les uns apr&#232;s les autres, quelle que soit leur &#233;tiquette d'ailleurs, tous les gouvernements annonc&#232;rent au d&#233;but des ann&#233;es 1990 que les anciens syst&#232;mes de protection sociale n'&#233;taient plus finan&#231;ables, au moment m&#234;me o&#249; ils &#233;taient le plus n&#233;cessaires. Sous le pr&#233;tendu &#171; communisme &#187;, les salaires &#233;taient tr&#232;s faibles, et les p&#233;nuries de biens monnaie courante, mais la pauvret&#233; g&#233;n&#233;rale &#233;tait (partiellement) compens&#233;e par des services sociaux et des assurances sociales b&#233;n&#233;ficiant &#224; tous. La retraite assurait &#224; peu pr&#232;s le maintien des revenus d'activit&#233;, les soins &#233;taient quasi-gratuits, ainsi que les frais de scolarit&#233;. Les gouvernements d&#233;cid&#232;rent &#224; la fois de faire des coupes drastiques dans les budgets sociaux, et d'en changer radicalement la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Le Courrier des pays de l'est&lt;/em&gt; de novembre 2003 dresse un constat accablant : en Hongrie, les d&#233;penses sociales pass&#232;rent en huit ans, entre 1991 et 1999, de 37,5 % &#224; 27 % du PIB. Elles pass&#232;rent en Tch&#233;coslovaquie de 42 &#224; 33 % du budget entre 1989 et 1994. Aujourd'hui, les d&#233;penses sociales des nouveaux &#201;tats membres de l'Union europ&#233;enne sont nettement en dessous de la moyenne de l'UE (avant &#233;largissement), pourtant elle-m&#234;me bien moins &#171; g&#233;n&#233;reuse &#187; que par le pass&#233; : les pays de l'UE &#224; 15 y consacrent 27,4 % de leur PIB, contre 19,4 % pour les 10 nouveaux membres (le PIB par habitant &#233;tant par ailleurs tr&#232;s inf&#233;rieur &#224; celui des 15).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gouvernements, &#171; experts &#187; en &#233;conomie des &#201;tats-Unis ou de l'Europe occidentale, FMI, Banque mondiale, tous ont pr&#233;tendu que face au grand nombre de pauvres des pays de l'Est, il fallait n&#233;cessairement cibler les b&#233;n&#233;ficiaires pour prot&#233;ger ceux qui &#233;taient vraiment les plus pauvres et les plus fragiles. Les r&#233;formateurs invent&#232;rent alors une multitude de crit&#232;res d'&#233;ligibilit&#233;, de plus en plus contraignants, alors m&#234;me que la valeur des prestations diminuait. On s'avisa aussi qu'il fallait favoriser le &#171; go&#251;t du travail &#187;, et non &#171; engraisser les assist&#233;s &#187;... Les Raffarin de l'Est, dans la majorit&#233; des pays, d&#233;cid&#232;rent d'octroyer les allocations en discriminant ceux qui ont un emploi, pauvres m&#233;ritants, et ceux qui n'en ont pas... En Hongrie ces derniers n'ont plus droit aux services m&#233;dicaux gratuits, aux primes de maternit&#233; et aux allocations pour enfants. Du coup, 20 % des familles auparavant b&#233;n&#233;ficiaires ont cess&#233; du jour au lendemain de recevoir les allocations familiales. La part de celles-ci dans le PIB hongrois est pass&#233;e en un an (1995-1996) de 4 &#224; 1 %. La m&#234;me politique s'est appliqu&#233;e aux allocations logement, malgr&#233; la lib&#233;ralisation et la flamb&#233;e des loyers !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;... puis privatis&#233;es&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Enfin, apr&#232;s avoir mis en lambeaux la protection sociale, les gouvernements les plus avanc&#233;s dans les r&#233;formes se sont lanc&#233;s dans la privatisation de ce qui en reste. Pourquoi la pauvret&#233; ne deviendrait-elle pas elle-m&#234;me un march&#233;, pourquoi la gestion des retraites ou des allocations ch&#244;mage ne pourrait-elle pas profiter &#224; des capitaux priv&#233;s ? Sant&#233;, assistance sociale, &#233;ducation, logement, retraites, service de l'emploi, les deux tiers de ces services sociaux auraient &#233;t&#233; privatis&#233;es selon la revue d&#233;j&#224; cit&#233;e, dans les nouveaux &#201;tats membres de l'UE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, en R&#233;publique tch&#232;que, un grand nombre de soci&#233;t&#233;s d'assurances priv&#233;es sont charg&#233;s du financement (&#224; 90 %) de l'assurance-maladie, en collectant les contributions des employeurs, des salari&#233;s et de l'&#201;tat, et en fournissant les prestations aux assur&#233;s. Or toute cette politique, men&#233;e au nom de la n&#233;cessit&#233; de faire des &#233;conomies, a fini par d&#233;boucher sur... la relance du march&#233; de la sant&#233; parce que les Tch&#232;ques doivent payer plus cher leurs soins et leurs m&#233;dicaments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un exemple qui montre bien aussi l'objectif fondamental de toutes ces r&#233;formes : diminuer les d&#233;penses qui profiteraient aux classes populaires, mais surtout aider la bourgeoisie &#224; s'enrichir et accumuler des capitaux au plus vite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la m&#234;me logique qui a pr&#233;valu dans la r&#233;forme des retraites. La pension de base, publique et par r&#233;partition, a &#233;t&#233; r&#233;duite &#224; la portion congrue (en Pologne elle n'assure que 28 % du salaire moyen, dans d'autres pays elle est encore plus d&#233;risoire, partout on a largement d&#233;sindex&#233; les retraites des prix), et &#224; peu pr&#232;s partout, il est obligatoire de souscrire &#224; un deuxi&#232;me voire un troisi&#232;me &#171; &#233;tage &#187;, c'est-&#224;-dire une ou plusieurs retraites par capitalisation, individuelles, confi&#233;es &#224; des fonds de pension g&#233;r&#233;s par les banques et les assurances. De tels fonds priv&#233;s ont d'ailleurs fait faillite en R&#233;publique tch&#232;que en 2002 et 2003, r&#233;duisant en poussi&#232;re la mise de nombre de futurs retrait&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1990, une partie de la population de l'Est a vu son niveau de vie s'&#233;lever, profitant de miettes plus ou moins cons&#233;quentes de la &#171; soci&#233;t&#233; de consommation &#187;, pour les classes populaires au contraire la vie est donc souvent devenue plus dure. L'av&#232;nement de la libert&#233;... du march&#233; a ainsi &#233;t&#233;, pour beaucoup, un v&#233;ritable jeu de dupes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard RUDELLI&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb5-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-1' class='spip_note' title='Notes 5-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ainsi le PIB par habitant de la Tch&#233;quie est-il aujourd'hui 7 &#224; 8 fois sup&#233;rieur &#224; celui de la Moldavie (2 000 dollars par an). En Tch&#233;quie, il est &#233;quivalent &#224; 57 % de celui de l'Union europ&#233;enne &#224; 15, contre 40 % en Pologne, 30 % en Lettonie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-2' class='spip_note' title='Notes 5-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Alors qu'il baissait de 15 % en Russie dans la m&#234;me p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-3' class='spip_note' title='Notes 5-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ce taux serait de 40 % en moyenne pour les nouveaux adh&#233;rents de l'Union.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Avant 1989 : rien de communiste, ni d&#233;mocratique, ni populaire
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Avant-1989-rien-de-communiste-ni-democratique-ni-populaire</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Avant-1989-rien-de-communiste-ni-democratique-ni-populaire</guid>
		<dc:date>2005-05-02T08:47:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Europe de l'Est
</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire
</dc:subject>

		<description>Ex-r&#233;gimes communistes ? Rien n'est plus faux que cette caract&#233;risation. &lt;br /&gt;Les &#171; D&#233;mocraties Populaires &#187;, comme on les a appel&#233;es, ont &#233;t&#233; mises en place &#224; la suite de la deuxi&#232;me guerre mondiale apr&#232;s leur occupation par l'arm&#233;e russe, accompagn&#233;e d'abord de la b&#233;n&#233;diction de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain. Aucune r&#233;volution ouvri&#232;re, et m&#234;me aucune intervention ind&#233;pendante des masses n'a particip&#233; &#224; leur construction. Leur classe ouvri&#232;re &#233;tait la premi&#232;re &#224; y &#234;tre musel&#233;e. Elle n'y b&#233;n&#233;ficiait m&#234;me pas du droit&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Europe-la-conquete-de-l-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Europe : la conqu&#234;te de l'Est par le capital de l'Ouest, mythes, r&#233;alit&#233;s et cons&#233;quences
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Europe-de-l-Est-+" rel="tag"&gt;Europe de l'Est
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ex-r&#233;gimes communistes ? Rien n'est plus faux que cette caract&#233;risation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; D&#233;mocraties Populaires &#187;, comme on les a appel&#233;es, ont &#233;t&#233; mises en place &#224; la suite de la deuxi&#232;me guerre mondiale apr&#232;s leur occupation par l'arm&#233;e russe, accompagn&#233;e d'abord de la b&#233;n&#233;diction de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain. Aucune r&#233;volution ouvri&#232;re, et m&#234;me aucune intervention ind&#233;pendante des masses n'a particip&#233; &#224; leur construction. Leur classe ouvri&#232;re &#233;tait la premi&#232;re &#224; y &#234;tre musel&#233;e. Elle n'y b&#233;n&#233;ficiait m&#234;me pas du droit syndical et encore moins de droits politiques, le parti unique et le syndicat unique n'ayant de parti et de syndicat que le nom. Nombre d'anciens dirigeants syndicalistes, communistes et socialistes soup&#231;onn&#233;s de vell&#233;it&#233;s de militantisme ind&#233;pendant furent jug&#233;s et fusill&#233;s pour &#171; nationalisme &#187;. Ces r&#233;gimes firent en revanche longtemps la part belle aux anciennes classes dirigeantes, propri&#233;taires terriens, noblesse et bourgeoisie. Les anciennes administrations, forces arm&#233;es et polici&#232;res furent maintenues autant que possible. L'arm&#233;e sovi&#233;tique n'avait nullement l'intention de bouleverser l'ordre politique et social.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des r&#233;gimes sortis des engrenages de la guerre froide&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Loin d'&#234;tre les nouveaux avant-postes de la r&#233;volution, ces &#201;tats r&#233;actionnaires mais pro-russes r&#233;sultaient donc d'un entente entre bureaucratie stalinienne et bourgeoisie occidentale face &#224; la menace r&#233;volutionnaire de l'apr&#232;s guerre mondiale, selon le partage des t&#226;ches et des zones convenu &#224; Yalta entre Staline, Roosevelt et Churchill. C'est en 1947 que cette belle entente contre la classe ouvri&#232;re s'est d&#233;faite et que l'accord entre gardes-chiourmes a fait place &#224; la &#171; guerre froide &#187;. Le prol&#233;tariat n'&#233;tant plus directement mena&#231;ant, les &#201;tats-Unis reprirent l'offensive diplomatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le plan Marshall, les USA d&#233;cid&#232;rent d'offrir aux classes dirigeantes de l'Europe leur protection en m&#234;me temps qu'une aide mat&#233;rielle. La Russie riposta en faisant tomber le rideau de fer, mettant sous sa coupe exclusive des r&#233;gimes qui, sinon, auraient rejoint le march&#233; mondial imp&#233;rialiste. L'URSS constitua son &#171; glacis &#187; : cela ne signifiait nullement un tournant vers le socialisme, et surtout pas une am&#233;lioration du sort de la classe ouvri&#232;re. Les r&#233;pressions violentes contre les travailleurs de Tch&#233;coslovaquie et d'Allemagne de l'Est en 1953, de Hongrie ou de Pologne en 1956 devaient amplement le montrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la suite, l'imp&#233;rialisme continua d'exercer une pression permanente sur la Russie et sur ces pays dans le cadre de la politique des blocs, sans d'ailleurs chercher vraiment &#224; les r&#233;cup&#233;rer. Les relations &#233;conomiques et financi&#232;res de l'Est avec les pays imp&#233;rialistes amen&#232;rent les D&#233;mocraties Populaires sous-d&#233;velopp&#233;es &#224; d&#233;pendre de plus en plus des pr&#234;ts des banques occidentales. Elles furent frapp&#233;es elles aussi par la crise de la dette.
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Ainsi en 1988, le ministre des finances polonais se plaignait que le FMI (...)' id='nh6-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Seule la pression russe, et non la volont&#233; de la population (que ces r&#233;gimes dictatoriaux se gardaient bien de consulter), les emp&#234;ch&#232;rent de revenir vers l'Europe occidentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#171; ru&#233;e vers l'Ouest &#187; restait pourtant le projet fondamental des classes privil&#233;gi&#233;es, et les dirigeants de l'Est essay&#232;rent &#224; plusieurs reprises de la faciliter. C'&#233;tait aussi l'objectif que beaucoup d'opposants politiques parvinrent &#224; donner aux mouvements sociaux. Pour autant, il n'y avait pas non plus de fatalit&#233; que la chute des r&#233;gimes de l'Est ne m&#232;ne &#224; une r&#233;volution prol&#233;tarienne, comme l'ont montr&#233; la r&#233;volution ouvri&#232;re hongroise ou les mouvements prol&#233;tariens en Pologne en 1956 comme dans les ann&#233;es 70-80 (l'immense gr&#232;ve des chantiers navals de Gdansk, qui vit l'&#233;mergence du syndicat Solidarnosc, fut un coup s&#233;v&#232;re port&#233; au r&#233;gime polonais).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La fin de l'URSS lib&#232;re... les bourgeoisies de l'Est &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La voie vers le march&#233; capitaliste &#233;tait ouverte d&#232;s lors que la bureaucratie russe a rel&#226;ch&#233; son &#233;treinte pour se vendre elle-m&#234;me &#224; l'Ouest. La politique de Gorbatchev avait &#224; peine donn&#233; son feu vert pour cette orientation que tous les pays de l'Est bascul&#232;rent sans r&#233;sistance s&#233;rieuse, &#224; l'initiative de la petite bourgeoisie et d'une fraction des dirigeants. La chute du mur de Berlin a symbolis&#233; cet effondrement rapide, facile, apparemment tr&#232;s &#233;tonnant pour qui avait v&#233;cu l'&#233;poque des blocs ou le blocus de Berlin, qui semblait gros de menaces de guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'image que le passage des pays de l'Est au march&#233; imp&#233;rialiste a donn&#233;e au monde n'en a pas moins &#233;t&#233; celle d'une lib&#233;ration. Celle de la chute du mur de Berlin ou celle de l'effondrement de la dictature de Ceaucescu sur la Roumanie restent sous la forme de vastes manifestations de joie populaire. Mais si ces sentiments des populations &#233;taient bien r&#233;els, le renversement de ces r&#233;gimes par la volont&#233; du peuple r&#233;volt&#233; en 1989, lui, est une mise en sc&#232;ne qui vaut bien le mensonge du choix des peuples de tomber sous la coupe stalinienne en 1944. Les d&#233;cisions se sont prises ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Robert PARIS&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb6-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6-1' class='spip_note' title='Notes 6-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ainsi en 1988, le ministre des finances polonais se plaignait que le FMI ait exig&#233; une r&#233;duction de 10 % du niveau de vie des travailleurs polonais alors que ceux-ci avaient d&#233;j&#224; subi une baisse de 13 % dans les dix ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Europe : la conqu&#234;te de l'Est par le capital de l'Ouest, mythes, r&#233;alit&#233;s et cons&#233;quences
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Europe-la-conquete-de-l-Est-par-le-capital-de-l-Ouest-mythes-realites-et</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Europe-la-conquete-de-l-Est-par-le-capital-de-l-Ouest-mythes-realites-et</guid>
		<dc:date>2005-05-02T08:45:34Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Europe
</dc:subject>
		<dc:subject>Europe de l'Est
</dc:subject>
		<dc:subject>Monde
</dc:subject>

		<description>Voici un anniversaire qui pourrait &#234;tre assez discret. Entra&#238;n&#233;s dans les tourments r&#233;f&#233;rendaires de leur ami Chirac, les chefs d'&#201;tats europ&#233;ens n'auront peut-&#234;tre pas le c&#339;ur &#224; souffler tr&#232;s fort la premi&#232;re bougie de l'Union &#224; 25. Il y a pourtant tout juste un an, le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mai 2004, l'Union europ&#233;enne (UE) f&#234;tait son &#233;largissement &#224; dix nouveaux membres. &lt;br /&gt;L'&#233;v&#233;nement avait &#233;t&#233; salu&#233; comme historique : c'&#233;tait l'aboutissement du processus menant de l'effondrement en 1989 des dictatures du glacis sovi&#233;tique&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Europe-la-conquete-de-l-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Europe : la conqu&#234;te de l'Est par le capital de l'Ouest, mythes, r&#233;alit&#233;s et cons&#233;quences
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Europe-de-l-Est-+" rel="tag"&gt;Europe de l'Est
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Voici un anniversaire qui pourrait &#234;tre assez discret. Entra&#238;n&#233;s dans les tourments r&#233;f&#233;rendaires de leur ami Chirac, les chefs d'&#201;tats europ&#233;ens n'auront peut-&#234;tre pas le c&#339;ur &#224; souffler tr&#232;s fort la premi&#232;re bougie de l'Union &#224; 25. Il y a pourtant tout juste un an, le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mai 2004, l'Union europ&#233;enne (UE) f&#234;tait son &#233;largissement &#224; dix nouveaux membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;v&#233;nement avait &#233;t&#233; salu&#233; comme historique : c'&#233;tait l'aboutissement du processus menant de l'effondrement en 1989 des dictatures du glacis sovi&#233;tique jusqu'&#224; la r&#233;int&#233;gration compl&#232;te des pays dans le &#171; monde libre &#187;, d&#233;mocratique et lib&#233;ral !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;&#171; Printemps des peuples &#187; et offensives capitalistes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Vu de l'Est, avec ses millions de nouveaux pauvres, le tableau est bien plus sombre. La chute du mur de Berlin avait s&#251;rement suscit&#233; d'immenses espoirs de libert&#233; et de prosp&#233;rit&#233;. Mais ces aspirations n'avaient pas grand-chose &#224; voir avec les forces sociales qui ont provoqu&#233; la fin du bloc sovi&#233;tique. Avec le sabordage de l'URSS par sa propre bureaucratie, la cha&#238;ne qui maintenait les &#171; D&#233;mocraties populaires &#187; &#224; l'&#233;cart du monde imp&#233;rialiste s'est rompue, et les classes privil&#233;gi&#233;s qui tiraient sur leurs liens depuis la fin de la Seconde guerre mondiale ont pu enfin se ruer vers l'Ouest - et la reprise d'un vrai mode de fonctionnement capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles ont trouv&#233; en Europe occidentale des imp&#233;rialismes tout dispos&#233;s &#224; une &#171; r&#233;conciliation de la grande famille europ&#233;enne &#187; qui signifiait pour eux la perspective d'un nouveau demi-continent &#224; exploiter. &#192; grands coups d'aides et de subventions, dont le but &#233;tait d'abord de paver la voie aux investissements des groupes occidentaux, une &#233;conomie bourgeoise s'est partiellement reconstruite. Les forces productives autrefois tourn&#233;es vers l'URSS ont &#233;t&#233; brutalement r&#233;orient&#233;es vers l'Atlantique (pas ses seules rives europ&#233;ennes d'ailleurs).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les m&#234;mes &#171; experts &#187; lib&#233;raux qui d&#233;non&#231;aient, comme cause du retard &#233;conomique des ex-membres du Comecon, la sp&#233;cialisation de la production que leur avait impos&#233;e la bureaucratie sovi&#233;tique se f&#233;licitent aujourd'hui que les nouveaux de l'UE aient su prendre leur place dans la &#171; division internationale &#187; du travail selon les normes imp&#233;rialistes ! La Hongrie ou la R&#233;publique tch&#232;que ne sont plus condamn&#233;es &#224; fabriquer, qui des tramways, qui des machines-outils : elle peuvent se consacrer &#224; faire de la chimie pour l'industrie allemande ou des pi&#232;ces automobiles pour les constructeurs fran&#231;ais ! Les fruits de l'arbre de la libert&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Nouveaux bourgeois... et prol&#233;taires &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En quinze ans, des classes moyennes se sont d&#233;velopp&#233;es, cr&#233;ant de nouveaux march&#233;s qui, pour &#234;tre &#233;troits, n'en sont pas moins profitables au capital occidental. Pendant ce temps, derri&#232;re la vitrine, une large proportion des couches populaires sombrait dans la mis&#232;re. Le ch&#244;mage cach&#233; des D&#233;mocraties populaires a prolif&#233;r&#233;, frappant aujourd'hui pr&#232;s de 20 % de la population active polonaise par exemple. Un ch&#244;mage et plus g&#233;n&#233;ralement une extr&#234;me pr&#233;carit&#233; des travailleurs qui sont autant de moyens de pression sur les salaires et les conditions de travail. Et c'est l&#224; l'autre aubaine pour le capital de l'Ouest : en m&#234;me temps que leurs nouveaux march&#233;s, les &#171; Pays d'Europe centrale et orientale &#187; (Peco) ont apport&#233; aux investisseurs &#233;trangers une main-d'&#339;uvre bon march&#233; autant que qualifi&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dernier aspect a contribu&#233; &#224; susciter une certaine m&#233;fiance envers les nouveaux Europ&#233;ens de la part de nombreux travailleurs d'ici, aliment&#233;e par l'angoisse des d&#233;localisations. Une m&#233;fiance largement exag&#233;r&#233;e, quand les trois quarts des investissements actuels sont destin&#233;s &#224; placer les investisseurs sur les march&#233;s locaux, et non &#224; remplacer des productions existantes &#224; l'Ouest. Une m&#233;fiance injuste, alors que ce sont bien plut&#244;t les travailleurs de l'Est qui voient leurs conditions d'existence ruin&#233;es par l'invasion &#233;conomique de l'Ouest, d'ailleurs souvent du fait des m&#234;mes patrons exploiteurs et licencieurs des deux c&#244;t&#233;s. Une m&#233;fiance suicidaire, quand elle est r&#233;cup&#233;r&#233;e par des d&#233;magogues r&#233;actionnaires. Et une m&#233;fiance contre-productive, alors que les classes populaires de l'Est pourraient &#234;tre des alli&#233;es pour les luttes futures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car les travailleurs des Peco (qui n'expriment souvent pas moins de d&#233;fiance &#224; l'&#233;gard de l'Europe bourgeoise qu'on en trouve ici) forment une classe qui se bat. Les travailleurs polonais, dans les ann&#233;es 1980, n'ont-ils pas men&#233;e les plus importantes gr&#232;ves politiques que l'Europe ait connues ces derni&#232;res d&#233;cennies ! Depuis, malgr&#233; les traditions &#224; recr&#233;er, malgr&#233; les effets du terrible choc social qu'a provoqu&#233; le retour du capitalisme, la col&#232;re et les luttes n'ont rien &#224; envier &#224; celles de ce c&#244;t&#233;-ci de l'ancien rideau de fer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme de retour &#224; l'Est a jou&#233; son r&#244;le d'immense centrifugeuse sociale, en cr&#233;ant &#224; un bout de la soci&#233;t&#233; une certaine prosp&#233;rit&#233; pour les nouvelles classes privil&#233;gi&#233;es, &#224; l'autre extr&#233;mit&#233; la mis&#232;re pour des millions de prol&#233;taires ou de ch&#244;meurs. Un recul ? S&#251;rement pas si, profitant de la fin des chapes de plombs &#233;tatiques, parviennent &#224; se reconstruire des mouvements ouvriers dont les luttes convergent avec les n&#244;tres. S&#251;rement pas, si la fin de l'impasse historique que repr&#233;sentaient les avatars europ&#233;ens du stalinisme signifie une int&#233;gration toujours plus grande des classes ouvri&#232;res du continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30 avril 2005&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B.M.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
