<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
	<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/</link>
	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskyste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>

	<image>
		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
		<url>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L144xH19/siteon0-663c7.png?1526421719</url>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/</link>
		<height>19</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title> Une classe ouvri&#232;re plus forte
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Une-classe-ouvriere-plus-forte</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Une-classe-ouvriere-plus-forte</guid>
		<dc:date>2005-05-02T09:16:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>Fronti&#232;res
</dc:subject>
		<dc:subject>Europe
</dc:subject>
		<dc:subject>Europe de l'Est
</dc:subject>

		<description>Faut-il avoir peur de l'&#233;largissement de l'Union europ&#233;enne &#224; de nouveaux membres ? Les travailleurs polonais, baltes, hongrois, slovaques et autres, sont-ils nos concurrents ? Ce type de questions se pose depuis que la classe ouvri&#232;re existe. Et les peurs sont entretenues par nombre de politiciens car, c'est bien connu, moins les travailleurs sont unis, mieux les exploiteurs se portent. &lt;br /&gt;Les r&#233;volutionnaires ont toujours pris le contre-pied de ces m&#233;fiances. Car l'abolition des fronti&#232;res est en&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Europe-la-conquete-de-l-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Europe : la conqu&#234;te de l'Est par le capital de l'Ouest, mythes, r&#233;alit&#233;s et cons&#233;quences
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Frontieres-+" rel="tag"&gt;Fronti&#232;res
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Europe-de-l-Est-+" rel="tag"&gt;Europe de l'Est
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Faut-il avoir peur de l'&#233;largissement de l'Union europ&#233;enne &#224; de nouveaux membres ? Les travailleurs polonais, baltes, hongrois, slovaques et autres, sont-ils nos concurrents ? Ce type de questions se pose depuis que la classe ouvri&#232;re existe. Et les peurs sont entretenues par nombre de politiciens car, c'est bien connu, moins les travailleurs sont unis, mieux les exploiteurs se portent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;volutionnaires ont toujours pris le contre-pied de ces m&#233;fiances. Car l'abolition des fronti&#232;res est en soi une bonne chose pour la classe ouvri&#232;re qui ne peut en sortir que renforc&#233;e &#224; terme. La recherche de profit pousse les capitalistes &#224; mettre &#224; bas tous les obstacles &#224; la circulation des marchandises, dont les fronti&#232;res. Les capitaux de Renault, Saint-Gobain, Alcatel et tant d'autres s'investissent l&#224; o&#249; les perspectives de profits sont attractives. Ce faisant, ils contribuent, bien malgr&#233; eux, &#224; unifier les &#233;conomies, les peuples... et les classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi l'&#233;largissement de l'Europe &#224; l'est signifie-t-elle, en m&#234;me temps que de nouvelles perspectives d'exploitation pour le patronat de l'Ouest, la possibilit&#233; pour des dizaines de millions de travailleurs de prendre conscience d'int&#233;r&#234;ts toujours plus communs. Les salari&#233;s de France T&#233;l&#233;com, la Lyonnaise des Eaux, Dim, Carrefour ou la Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale, pour ne prendre que ces quelques exemples d'entreprises fran&#231;aises solidement implant&#233;es dans les Peco, ont les m&#234;mes patrons, qu'ils travaillent &#224; Varsovie, Prague, Bucarest ou Paris. Un ouvrier slov&#232;ne de Renault a le m&#234;me exploiteur qu'un ouvrier fran&#231;ais de cette entreprise. Et lorsque Renault annonce les plus gros profits de son histoire, comme il l'a fait r&#233;cemment, nul doute que cela suscite des aspirations salariales identiques en Roumanie, en Slov&#233;nie comme en France !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;mes aspirations et donc, si nous prenons conscience de ce fait, peut-&#234;tre m&#234;mes luttes. Car les classes ouvri&#232;res des pays de l'Est sont aussi des classes qui se battent, malgr&#233; la confusion politique qui r&#232;gne dans ces pays pr&#233;tendument &#171; ex-communistes &#187;, malgr&#233; l'extr&#234;me faiblesse du mouvement ouvrier politique, voire l'extr&#234;me d&#233;sorganisation du mouvement syndical. On assiste d'ailleurs parfois, face &#224; des politiques anti-ouvri&#232;res identiques, &#224; une convergence des luttes entre Est et Ouest. L'exemple de l'ann&#233;e 2003 est frappant : d'importants mouvements sociaux ont eu lieu parmi les cheminots tch&#232;ques, qui ont fait reculer leur gouvernement sur la cure d'amaigrissement qu'il voulait leur faire subir. Dans le m&#234;me pays, le gouvernement a &#233;galement d&#251; reculer sur son plan de d&#233;centralisation de l'&#233;ducation. Il ne reste certes plus grand-chose de Solidarnosc, l'organisation qui avait pris la direction du puissant mouvement des ann&#233;es 1980 qui avait fortement contribu&#233; &#224; &#233;branler la dictature stalinienne - &#224; part un ancien leader syndical devenu ex-pr&#233;sident lib&#233;ral et r&#233;actionnaire... Mais cela n'emp&#234;che pas la Pologne de conna&#238;tre ces derni&#232;res ann&#233;es des mouvements de gr&#232;ves pour les salaires ou les emplois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car les licenciements dont sont victimes les travailleurs fran&#231;ais n'&#233;pargnent pas ceux de l'Est, souvent du fait des m&#234;mes groupes d'ailleurs. C'est ainsi qu'&#224; l'instar des &#171; Lu &#187; fran&#231;ais en 2001, les ouvriers polonais de Danone ont organis&#233; une campagne de boycott de la firme pour protester contre la fermeture de l'usine de Jaroslaw. Ils ont &#233;t&#233; imit&#233;s par ceux du groupe suisse Nestl&#233;, en gr&#232;ve contre la fermeture d'un site de Poznan. Ce mois d'avril encore, une d&#233;l&#233;gation de Solidarnosc est venue au si&#232;ge parisien de France T&#233;l&#233;com se faire &#233;cho de la protestation des salari&#233;s de l'op&#233;rateur de t&#233;l&#233;phone TPSA, d&#233;tenu &#224; 47,5 % par France T&#233;l&#233;com, contre la suppression de 3 500 postes sur un effectif de 30 450.
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Depuis la prise de participation de l'op&#233;rateur fran&#231;ais, les effectifs ont (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ripostes des travailleurs europ&#233;ens sont encore tr&#232;s partielles et fragment&#233;es. Mais elles r&#233;pondent &#224; des probl&#232;mes semblables - toujours plus semblables. Au point que des syndicats, souvent pourtant loin d'&#234;tre des tenants de la lutte de classe internationale, se sont senti ces derni&#232;res ann&#233;es tenu d'organiser des &#171; euromanifs &#187; : de celle du 6 d&#233;cembre 2000 &#224; Nice qui regroupa 50 000 participants &#224; la derni&#232;re en date du 19 mars 2005, o&#249; des dizaines de syndicats belges, allemands, fran&#231;ais, italiens, espagnols et polonais, ont manifest&#233; ensemble pour la d&#233;fense des services publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes ces &#171; euromanifs &#187; ont plus &#233;t&#233; un geste symbolique qu'une action destin&#233;e &#224; entamer un combat uni par-del&#224; les fronti&#232;res. Elles montrent tout de m&#234;me que parmi les militants ouvriers europ&#233;ens il y a bien une certaine conscience que ce combat serait n&#233;cessaire&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Les opinions populaires de l'Est sont souvent en d&#233;saccord profond avec les (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour unifier les diff&#233;rentes classes ouvri&#232;res que s'est cr&#233;&#233;e &#224; la fin du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle la Premi&#232;re internationale, dont Marx a &#233;crit le programme. &#192; cette &#233;poque d'expansion du capitalisme industriel europ&#233;en, les travailleurs fran&#231;ais et anglais avaient ressenti le besoin de s'unir contre des briseurs de gr&#232;ve que leurs bourgeoisies respectives importaient pour casser leurs luttes. La r&#233;union de fondation, en 1864, comprenait des travailleurs anglais, fran&#231;ais, allemands, italiens, irlandais, suisses et polonais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle union internationale des travailleurs fait aujourd'hui cruellement d&#233;faut. Si l'&#233;largissement europ&#233;en, et l'invasion - avec toute sa brutalit&#233; - de l'Est par le capital de l'Ouest, contribuent tant soit peu &#224; la remettre en route, ce sera un immense progr&#232;s pour les luttes &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laurence VINON&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Depuis la prise de participation de l'op&#233;rateur fran&#231;ais, les effectifs ont fondu, passant de 70 000 en 2000 &#224; 36 170 en 2003. Et en 2004, 6 000 nouveaux emplois &#233;taient supprim&#233;s...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Les opinions populaires de l'Est sont souvent en d&#233;saccord profond avec les politiques r&#233;actionnaires de leurs dirigeants, y compris sur le plan international. Lors du soutien g&#233;n&#233;ral des chefs des Peco &#224; la guerre am&#233;ricaine en Irak, 70 % des Polonais s'y d&#233;claraient hostiles. Des manifestations contre la guerre ont rassembl&#233; 50 000 personnes &#224; Budapest. Et un journaliste tch&#232;que notait que &#171; &lt;em&gt;la guerre en Irak a fait &#233;merger les liens entre les populations d'Europe de l'Est et de l'Ouest&lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Pas trop de Pac pour les Peco
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Pas-trop-de-Pac-pour-les-Peco</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Pas-trop-de-Pac-pour-les-Peco</guid>
		<dc:date>2005-05-02T09:14:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Agriculture
</dc:subject>
		<dc:subject>Europe
</dc:subject>
		<dc:subject>Europe de l'Est
</dc:subject>
		<dc:subject>Monde
</dc:subject>

		<description>Le poids que gardait la paysannerie dans les D&#233;mocraties populaires n'&#233;tait pas le moindre signe de leur retard &#233;conomique. La situation des pays de l'Est est certes loin d'&#234;tre homog&#232;ne : la R&#233;publique tch&#232;que par exemple ne compte que 4 % de paysans, une proportion &#224; peine sup&#233;rieure &#224; celle de la France. Mais dans des pays comme la Pologne les agriculteurs repr&#233;sentent plus du cinqui&#232;me de la population active, et globalement les dix nouveaux adh&#233;rents vont faire passer le nombre de fermes dans&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Europe-la-conquete-de-l-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Europe : la conqu&#234;te de l'Est par le capital de l'Ouest, mythes, r&#233;alit&#233;s et cons&#233;quences
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Agriculture-+" rel="tag"&gt;Agriculture
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Europe-de-l-Est-+" rel="tag"&gt;Europe de l'Est
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le poids que gardait la paysannerie dans les D&#233;mocraties populaires n'&#233;tait pas le moindre signe de leur retard &#233;conomique. La situation des pays de l'Est est certes loin d'&#234;tre homog&#232;ne : la R&#233;publique tch&#232;que par exemple ne compte que 4 % de paysans, une proportion &#224; peine sup&#233;rieure &#224; celle de la France. Mais dans des pays comme la Pologne les agriculteurs repr&#233;sentent plus du cinqui&#232;me de la population active&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Soit huit millions d'agriculteurs sur deux millions de fermes, pour une (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, et globalement les dix nouveaux adh&#233;rents vont faire passer le nombre de fermes dans l'Union Europ&#233;enne de 7 &#224; 11,5 millions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec son budget de 45 milliards d'euros par an (soit la moiti&#233; du budget communautaire), la Politique agricole commune (Pac) mise en &#339;uvre par l'UE aurait pu &#234;tre un formidable outil de d&#233;veloppement rural &#224; l'Est, de modernisation de l'agriculture, d'am&#233;lioration du niveau de vie dans les campagnes. Ce ne sera naturellement pas le cas.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La Pac, pilier de l'agrobusiness&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sent&#233;e comme favorable &#224; la survie de la paysannerie et &#224; l'approvisionnement alimentaire des populations, la Pac a toujours constitu&#233; un soutien masqu&#233; &#224; l'agrobusiness (fournisseurs de mat&#233;riel et d'engrais, grands exploitants, industriels de l'agroalimentaire), doubl&#233; d'un m&#233;canisme protectionniste. 80 % des aides distribu&#233;es aux agriculteurs dans ce cadre profitent &#224; 20 % d'entre eux. La Pac a g&#233;n&#233;r&#233; une v&#233;ritable rente pour les fournisseurs d'intrants agricoles (mat&#233;riels, produits chimiques) et les industriels de l'agroalimentaire. On peut m&#234;me obtenir des aides au titre de la jach&#232;re tout en pratiquant sur les terres en question des cultures destin&#233;es &#224; produire des mati&#232;res premi&#232;res &#224; bas prix pour l'industrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y avait donc pas grand-chose &#224; esp&#233;rer pour le petit paysan polonais ou letton. Lors de l'&#233;largissement &#224; l'est, l'Allemagne &#233;tait surtout soucieuse de ne pas trop augmenter sa contribution au budget de l'UE, et la France d'&#233;viter une remise en cause des subsides. On d&#233;cida de couper la poire en deux... ou plut&#244;t en quatre : au moment de leur adh&#233;sion, les nouveaux membres ne b&#233;n&#233;ficieraient que de 25 % du montant des aides en vigueur&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Le pr&#233;texte ? Ces &#171; aides directes &#187; ayant &#233;t&#233; adopt&#233;es jadis pour compenser la (...)' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2006, les nouveaux membres percevront donc 1,6 milliard d'euros seulement sur les 45,3 distribu&#233;s. Lot de consolation : ce syst&#232;me discriminatoire devrait prendre fin, puisque le pourcentage auquel ont droit les nouveaux membres augmentera progressivement pour atteindre 100 % en... 2013 ! D'ici l&#224;, de r&#233;forme en r&#233;forme, les dirigeants de l'UE auront eu le temps de bricoler les arrangements qui permettront de sauvegarder les pr&#233;bendes actuelles&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-3' class='spip_note' rel='appendix' title='Histoire quand m&#234;me d'&#233;viter les surprises, le compromis franco-allemand (...)' id='nh2-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une politique agricole de moins en moins commune&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;formes r&#233;centes de la Pac ont abouti &#224; &#171; d&#233;coupler les aides de la production &#187;. Les &#171; aides directes d&#233;coupl&#233;es &#187; ne seront plus li&#233;es &#224; la production mais vers&#233;es de toute fa&#231;on, que l'agriculteur produise ou non, et quoi qu'il produise. Elles seront calcul&#233;es sur la base des surfaces et... des aides per&#231;ues dans le pass&#233;. Une fa&#231;on de sacraliser pour quelques ann&#233;es les rentes per&#231;ues par les gros exploitants des quinze.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus le d&#233;couplage peut &#234;tre total ou partiel, selon les produits et... selon les pays. Autant dire que chaque &#201;tat membre va pouvoir &#233;laborer sa petite cuisine conforme aux int&#233;r&#234;ts locaux. Ceux des gros producteurs s'entend. Cette &#171; renationalisation &#187; de la Pac d&#233;gage donc les pays les plus riches de l'obligation de financer le d&#233;veloppement des campagnes &#224; l'Est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte o&#249; la Pac glisse vers une mosa&#239;que de mesures sp&#233;cifique, que deviendront les agriculteurs des nouveaux pays adh&#233;rents ? Il est probable que le nombre d'exploitations va chuter, ce que la Pac n'a pas emp&#234;ch&#233; dans un pays comme la France. Beaucoup de paysans de l'Est risquent de peiner &#224; respecter les normes sanitaires ou environnementales impos&#233;es par l'Union europ&#233;enne. Avec l'ouverture croissante de l'Europe aux importations agricoles du reste du monde, notamment le bl&#233; de Russie et d'Ukraine, les cours vont baisser. La Pac &#233;largie n'emp&#234;chera en rien la ruine et l'exode d'une bonne part des populations rurales des Peco. Parmi ceux qui resteront, beaucoup risquent d'&#234;tre mis en difficult&#233;, forc&#233;s de s'endetter, et de devenir les m&#233;tayers des banques ou les salari&#233;s de groupes agro-industriels qui envisagent d'investir en Europe centrale... et qui, en 2013, b&#233;n&#233;ficieront peut-&#234;tre d'une part notable des &#171; aides directes &#187; si elles sont port&#233;es &#224; 100 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats de l'Ouest europ&#233;en tentent donc de prot&#233;ger des d&#233;sagr&#233;ments apport&#233;s par les nouvelles paysanneries pauvres de l'Union, au prix de r&#232;gles toujours plus in&#233;galitaires et compliqu&#233;es. La nouvelle Pac devrait leur permettre d'une part d'&#233;chapper aux accusations de dumping &#224; l'OMC (les aides ne sont plus li&#233;es &#224; la production, les prix europ&#233;ens rejoignent les prix mondiaux) tout en maintenant les subventions et donc en inondant le Tiers-Monde de produits europ&#233;ens &#224; bas prix qui tuent l'agriculture locale. D'autre part, de maintenir les rentes des gros exploitants et des industriels, sans en faire vraiment profiter les agriculteurs des nouveaux pays adh&#233;rents. S'il fallait la rebaptiser, ce serait bien... Politique agricole capitaliste !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Julien FORGEAT&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Soit huit millions d'agriculteurs sur deux millions de fermes, pour une population de 38 millions de personnes. En France, ces chiffres sont respectivement d'un million d'agriculteurs, 730 000 exploitations, et 60 millions d'habitants...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le pr&#233;texte ? Ces &#171; aides directes &#187; ayant &#233;t&#233; adopt&#233;es jadis pour compenser la baisse des prix garantis aux agriculteurs par l'Union europ&#233;enne, les agriculteurs d'Europe de l'Est, n'ayant pas p&#226;ti de la baisse des prix, n'ont pas &#224; percevoir les aides, ou du moins pas l'int&#233;gralit&#233;. CQFD ! Justifier qu'on verse quatre fois moins aux agriculteurs des pays europ&#233;ens pauvres qu'&#224; ceux des pays riches, il fallait oser...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-3' class='spip_note' title='Notes 2-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Histoire quand m&#234;me d'&#233;viter les surprises, le compromis franco-allemand plafonne d'avance le budget du &#171; premier pilier &#187; de la PAC (celui qui est financ&#233; en commun) &#224; 48,5 milliards d'euros en 2013. Soit 3 milliards de plus qu'aujourd'hui...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Bourgeoisies de l'Est, la renaissance ?
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Bourgeoisies-de-l-Est-la-renaissance</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Bourgeoisies-de-l-Est-la-renaissance</guid>
		<dc:date>2005-05-02T09:10:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Europe de l'Est
</dc:subject>

		<description>Quarante ann&#233;es sous le couvercle : entre la fin des ann&#233;es 1940 et 1989, le strict contr&#244;le de la vie &#233;conomique par les &#201;tats des dites D&#233;mocraties populaires y a s&#233;v&#232;rement brid&#233; les bourgeoisies. Au long de ce presque demi-si&#232;cle, ces couches privil&#233;gi&#233;es n'ont pourtant pas perdu l'objectif de retourner d&#232;s que possible dans le giron du monde imp&#233;rialiste pour y retrouver une activit&#233; capitaliste normale. D&#232;s que l'URSS a desserr&#233; son &#233;treinte, ces petites et moins petites bourgeoisies se sont donc&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Europe-la-conquete-de-l-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Europe : la conqu&#234;te de l'Est par le capital de l'Ouest, mythes, r&#233;alit&#233;s et cons&#233;quences
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Europe-de-l-Est-+" rel="tag"&gt;Europe de l'Est
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quarante ann&#233;es sous le couvercle : entre la fin des ann&#233;es 1940 et 1989, le strict contr&#244;le de la vie &#233;conomique par les &#201;tats des dites D&#233;mocraties populaires y a s&#233;v&#232;rement brid&#233; les bourgeoisies. Au long de ce presque demi-si&#232;cle, ces couches privil&#233;gi&#233;es n'ont pourtant pas perdu l'objectif de retourner d&#232;s que possible dans le giron du monde imp&#233;rialiste pour y retrouver une activit&#233; capitaliste normale. D&#232;s que l'URSS a desserr&#233; son &#233;treinte, ces petites et moins petites bourgeoisies se sont donc pr&#233;cipit&#233;es vers l'Ouest, pour tenter f&#233;brilement de se reconstruire. Et malgr&#233; l'affirmation bruyante de leur credo lib&#233;ral, elles ont lourdement appuy&#233; leur essor social et &#233;conomique sur la reconstruction d'&#201;tats bourgeois de combat, au service de leurs int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Grande pauvret&#233; et petites puissances &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les niveaux actuels de d&#233;veloppement des anciens pays de l'Est sont tr&#232;s diff&#233;rents. La Roumanie, l'Albanie, la Bulgarie ou la plupart des &#201;tats issus de l'&#233;clatement de la Yougoslavie connaissaient avant 1989 un retard &#233;conomique qui est loin d'avoir &#233;t&#233; combl&#233;. Ainsi le PIB par habitant de la Roumanie repr&#233;sentait-il en 2004 seulement 26 % de la moyenne de l'ancienne Europe des 15, celui de la Bulgarie 28 %. Ce n'est pas par hasard si ces pays n'ont pas fait partie des heureux &#233;lus de l'Union europ&#233;enne en 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les 10 nouveaux pays de l'Union en revanche, les &#171; poids lourds &#187; que sont la Pologne, la Hongrie et la R&#233;publique tch&#232;que, s'ils restent pauvres relativement &#224; la moyenne de l'UE, ont r&#233;ussi &#224; se hisser au rang de puissances bourgeoises - de quatri&#232;me ordre mais dot&#233;es d'&#233;conomies de march&#233; fragiles mais r&#233;elles&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-1' class='spip_note' rel='appendix' title='PIB/habitant en Hongrie : 59 % de la moyenne des 15 ; Pologne : 43 % ; (...)' id='nh3-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. En 1999, le secteur priv&#233; aurait contribu&#233; pour plus de 60 % au PIB des 10 (en Hongrie, ce pourcentage aurait m&#234;me atteint 90 %). Et en 2004, cette part du priv&#233; dans le PIB aurait &#233;t&#233; comparable &#224; celle des 15 de l'ancienne UE.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des &#201;tats organisateurs de la &#171; th&#233;rapie de choc &#187; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;formes &#233;conomiques n'auraient pas &#233;t&#233; possibles sans les politiques volontaristes et brutales des &#201;tats en question (la &#171; th&#233;rapie de choc &#187; des conseillers de Walesa). C'est &#233;videmment sous l'&#233;gide &#233;tatique que les grandes entreprises nationales ont &#233;t&#233; d&#233;coup&#233;es et brad&#233;es. Les premiers b&#233;n&#233;ficiaires en ont &#233;t&#233; les capitalistes d'Europe de l'Ouest ou des &#201;tats-Unis, qui ont mis la main sur ce qui pouvait &#234;tre imm&#233;diatement rentable (compagnies a&#233;riennes, t&#233;l&#233;communications, banques...). Mais des bourgeoisies d'affaires et industrielle locales ont &#233;galement r&#233;ussi &#224; &#233;merger du processus, au moins dans les pays les moins pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les syst&#232;mes de privatisation y ont contribu&#233;, que ce soit la distribution &#224; leurs employ&#233;s des titres de propri&#233;t&#233;s des entreprises publiques, vite r&#233;cup&#233;r&#233;s et concentr&#233;s entre les mains des dirigeants comme en Pologne, ou bien la vente au public de ces titres, eux aussi accapar&#233;s par les initi&#233;s ayant r&#233;ussi &#224; constituer des fonds d'investissements, comme cela s'est plut&#244;t pass&#233; en Hongrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#171; r&#233;accumulation primitive &#187; a encore profit&#233; de la complaisance des &#201;tats de l'Est pour piller les finances publiques. En Hongrie par exemple, en 1993, les entreprises ont massivement cess&#233; de payer leurs int&#233;r&#234;ts aux banques. Au pr&#233;texte d'&#233;viter un effondrement du syst&#232;me bancaire, l'&#201;tat s'est alors pr&#233;cipit&#233; pour les renflouer - avec les deniers des contribuables. Une socialisation des dettes priv&#233;es &#224; faire p&#226;lir le Cr&#233;dit Lyonnais : les nouvelles bourgeoisies orientales apprennent vite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les classes populaires ont subi de plein fouet les effets de cette politique, et le m&#233;contentement qui en a r&#233;sult&#233; a contribu&#233; &#224; changer les majorit&#233;s. En 1991-92, nombre d'ex-partis communistes furent port&#233;s au pouvoir, faisant dire &#224; certains qu'aux &#171; r&#233;volutions de velours &#187; succ&#233;daient des &#171; restaurations de velours &#187;. En r&#233;alit&#233;, qu'ils aient ou non &#233;t&#233; rebaptis&#233;s social-d&#233;mocrates, ces partis ont assur&#233; la continuit&#233; des politiques anti-sociales, avant d'&#234;tre balay&#233;s entre 1996 et 1998 par une nouvelle vague de partis explicitement lib&#233;raux. L'int&#233;r&#234;t des &#171; alternances &#187; gauche-droite est un autre truc des d&#233;mocraties bourgeoises que celles de l'Est ont su tr&#232;s vite int&#233;grer&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-2' class='spip_note' rel='appendix' title='La Pologne a m&#234;me connu une cohabitation ! &#192; noter &#233;galement que les nouvelles (...)' id='nh3-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;&#192; chacun son arri&#232;re-cour ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats les moins faibles des pays de l'Est n'ont pas limit&#233; leur nouveau r&#244;le bourgeois au terrain int&#233;rieur. Alors qu'elles &#233;taient confront&#233;es &#224; l'arriv&#233;e agressive des capitaux occidentaux, certaines bourgeoisies ont tent&#233; &#224; leur tour de s'&#233;riger en puissances vis-&#224;-vis de leurs voisins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le cas de la Pologne qui, depuis le milieu des ann&#233;es 1990, cherche &#224; d&#233;velopper son influence sur ses voisins de l'est et du nord&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-3' class='spip_note' rel='appendix' title='En 1999 par exemple, 45 % de ses exportations agro-alimentaires se (...)' id='nh3-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Les trois pays baltes, dont le niveau de d&#233;veloppement est sensiblement inf&#233;rieur &#224; la moyenne des 10 nouveaux de l'UE (qui leur a malgr&#233; tout conc&#233;d&#233; un ticket d'entr&#233;e en 2004), sont l'objet d'une tentative de mise en orbite &#233;conomique et diplomatique de la part de leur voisin. Varsovie a pouss&#233; &#224; la cr&#233;ation de bataillons polono-baltes et polono-ukrainiens. Et cette ambition est revendiqu&#233;e au plus haut niveau : la Pologne pr&#233;tend jusqu'au sein de l'OTAN au r&#244;le de porte-parole des &#201;tats baltes comme de l'Ukraine. Cette m&#234;me ambition politique s'est manifest&#233;e lors des n&#233;gociations de la Conf&#233;rence intergouvernementale de Rome, en d&#233;cembre 2003, &#224; propos de la r&#233;partition des voix des diff&#233;rents pays au Conseil europ&#233;en : les repr&#233;sentants polonais, qui contestaient la diminution de leur repr&#233;sentation relativement aux gros europ&#233;ens, ont tent&#233; - sans succ&#232;s d'ailleurs - d'entra&#238;ner dans leur fronde les petits pays de la nouvelle Union.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Louvoyer entre les grands&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La pol&#233;mique de Rome, o&#249; la Pologne (s'appuyant sur l'Espagne d'Aznar) d&#233;non&#231;ait les &#171; vis&#233;es h&#233;g&#233;moniques &#187; du couple franco-allemand, illustre plus largement les probl&#232;mes de positionnement des nouveaux &#201;tats bourgeois de l'Est entre les grandes puissances. Dans une Union largement domin&#233;e par les grands de l'Ouest&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-4' class='spip_note' rel='appendix' title='&#192; elle seule, l'Allemagne repr&#233;sente le tiers de l'&#233;conomie de la zone euro. (...)' id='nh3-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, les petites puissances orientales cherchent &#224; sauvegarder un peu d'ind&#233;pendance politique. Et comme tous les &#201;tats domin&#233;s, il ne leur reste pour cela pas beaucoup d'autres moyens que de jouer sur les rivalit&#233;s entre puissances dominantes, europ&#233;ennes contre am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'alternative diplomatique des USA pour les Peco correspond d'ailleurs &#224; des int&#233;r&#234;ts tr&#232;s concrets : le volume des investissements am&#233;ricains chez les 10 nouveaux de l'UE est comparable &#224; celui des Europ&#233;ens de l'ouest. Dans ce jeu sur les grands rapports de force internationaux, la Pologne encore a pris une longueur d'avance sur ses voisins, de l'affaire de l'achat de 48 chasseurs F-16 am&#233;ricains en 2003 (au grand dam des marchands de canons fran&#231;ais) au soutien aux &#201;tats-Unis pendant la guerre en Irak. Cette derni&#232;re prise de position, qui au-del&#224; de la Pologne avait d'ailleurs rassembl&#233;, &#224; l'occasion de la &#171; lettre des Huit &#187;, la plupart des nouveaux Europ&#233;ens&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-5' class='spip_note' rel='appendix' title='Pologne, Hongrie R&#233;publique tch&#232;que, Espagne, Grande-Bretagne, Portugal, (...)' id='nh3-5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; autour de la Grande-Bretagne et de l'Italie, avait r&#233;ussi &#224; mettre en &#233;chec la tentative de cr&#233;ation d'un front diplomatique europ&#233;en par la France et l'Allemagne&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-6' class='spip_note' rel='appendix' title='Chirac avait alors exprim&#233; son d&#233;pit en tonnant que les nouveaux Europ&#233;ens (...)' id='nh3-6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Le coin avait &#233;t&#233; enfonc&#233; par l'administration Bush, qui avait ostensiblement remerci&#233; l'&#201;tat polonais en lui confiant la direction d'une des zones de l'Irak occup&#233;. Mais le cadeau &#233;tait un peu encombrant (Varsovie vient d'ailleurs de faire conna&#238;tre sa d&#233;cision de retirer ses troupes du bourbier irakien avant la fin de 2005). Et le gouvernement polonais semble trouver que les retomb&#233;es &#233;conomiques de son alignement diplomatique tardent &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est qu'au petit jeu de puissance contre puissances, les plus petites sortent rarement gagnantes. Toutes les combinaisons des nouveaux Peco ne peuvent emp&#234;cher que leurs bourgeoisies ne jouent qu'un r&#244;le politique marginal, &#224; l'image de leur nouvelle place subalterne dans l'&#233;conomie mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beno&#238;t MARCHAND&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Des strapontins au Conseil &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;De nouvelles arri&#232;re-cours, oui. &#192; condition qu'elles n'aient pas trop voix au chapitre... L'&#233;largissement europ&#233;en a provoqu&#233; d'&#226;pres marchandages diplomatiques entre &#171; vieille &#187; et &#171; nouvelle &#187; Europe &#224; propos de la r&#233;partition des moyens de contr&#244;le des diff&#233;rents &#201;tats sur la machine institutionnelle de l'UE. Lors des n&#233;gociations sur la nouvelle Constitution, la Pologne et l'Espagne ont fait alliance pour tenter de sauver le statut que leur offrait le Trait&#233; de Nice sign&#233; fin 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui-ci leur accordait 27 voix chacune au Conseil de l'Europe, soit presque autant que les quatre &#171; grands &#187; (Allemagne, France, Grande-Bretagne et Italie, chacune &#224; 29 voix), la Hongrie ou la R&#233;publique tch&#232;que &#233;tant, elles, au niveau du Portugal, de la Gr&#232;ce ou de la Belgique (12 voix). Des quasi-parit&#233;s inacceptables pour les imp&#233;rialismes de l'Ouest. Ils ont donc impos&#233; dans la Constitution europ&#233;enne que les d&#233;cisions soient prises &#224; la &#171; majorit&#233; qualifi&#233;e &#187;, soit 55 % des &#201;tats regroupant 65 % de la population totale. Avec ce dispositif, les &#171; grands &#187; disposent d'une forme de veto en kit, pas tr&#232;s difficile &#224; construire, puisque trois d'entre eux suffisent &#224; r&#233;unir plus de 35 % de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la Banque centrale europ&#233;enne, la v&#233;rit&#233; des prix y sera plus explicite encore, le partage des voix s'y faisant au prorata du poids &#233;conomique des membres. Or les nouveaux p&#232;sent &#224; eux dix le &lt;em&gt;vingti&#232;me&lt;/em&gt; de l'ancienne Union des 15...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb3-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-1' class='spip_note' title='Notes 3-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;PIB/habitant en Hongrie : 59 % de la moyenne des 15 ; Pologne : 43 % ; R&#233;publique tch&#232;que : 64 % ; Slovaquie : 52 % ; Slov&#233;nie : 79 %. &#192; titre de comparaison, le m&#234;me taux pour l'Espagne et le Portugal au moment de leur int&#233;gration en 1986 &#233;tait d'environ 60 % de celui de l'UE d'alors.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-2' class='spip_note' title='Notes 3-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La Pologne a m&#234;me connu une cohabitation !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; noter &#233;galement que les nouvelles couches dirigeantes de l'Est se sont souvent d&#233;fauss&#233;es des attaques contre le niveau de vie et les protections sociales en les pr&#233;sentant comme impos&#233;es par Bruxelles, en tant que conditions d'adh&#233;sion &#224; l'UE. Il faut d'ailleurs reconna&#238;tre que si ces discours ne sont pas moins int&#233;ress&#233;s politiquement en Pologne ou en Hongrie qu'en France, ils sont objectivement moins mensongers : les coups port&#233;s au niveau de vie des classes populaires &#224; l'Est correspondent aux int&#233;r&#234;ts de leurs nouvelles bourgeoisies, mais sont autant de la responsabilit&#233; des imp&#233;rialismes ouest-europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-3' class='spip_note' title='Notes 3-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En 1999 par exemple, 45 % de ses exportations agro-alimentaires se faisaient vers la Russie, la Bi&#233;lorussie et l'Ukraine, contre 43 % vers l'Europe des quinze.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-4' class='spip_note' title='Notes 3-4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#192; elle seule, l'Allemagne repr&#233;sente le tiers de l'&#233;conomie de la zone euro. Tandis que le poids &#233;conomique des 10 nouveaux les place entre la Belgique et la Hollande...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-5' class='spip_note' title='Notes 3-5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pologne, Hongrie R&#233;publique tch&#232;que, Espagne, Grande-Bretagne, Portugal, Italie, Danemark. Cette lettre sign&#233;e le 30 janvier 2003 fut suivie le 5 f&#233;vrier d'une &#171; D&#233;claration des dix &#187; (Albanie, Bulgarie, Croatie, Estonie, Lettonie, Lituanie, Mac&#233;doine, Roumanie, Slovaquie et Slov&#233;nie) allant dans m&#234;me sens.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-6' class='spip_note' title='Notes 3-6' rev='appendix'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Chirac avait alors exprim&#233; son d&#233;pit en tonnant que les nouveaux Europ&#233;ens avaient &#171; perdu une bonne occasion de se taire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Horizons et strat&#233;gies du capital ouest-europ&#233;en
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Horizons-et-strategies-du-capital-ouest-europeen</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Horizons-et-strategies-du-capital-ouest-europeen</guid>
		<dc:date>2005-05-02T08:56:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>&#233;conomie
</dc:subject>
		<dc:subject>Europe
</dc:subject>
		<dc:subject>Monde
</dc:subject>

		<description>Les entreprises europ&#233;ennes investissent aujourd'hui massivement &#224; l'Est, en particulier dans les pays qui viennent d'entrer dans l'Union ou dans les pays candidats. D&#232;s 1989, les capitalistes d'Europe de l'Ouest ont cherch&#233; &#224; d&#233;velopper leur emprise sur les march&#233;s potentiels et les r&#233;serves de main-d'oeuvre qui s'offraient &#224; eux. Les &#201;tats ont jou&#233; les &#233;claireurs et pr&#233;par&#233; le terrain, notamment via l'Union europ&#233;enne et par le biais des &#171; aides &#187; vers&#233;es aux pays candidats. &lt;br /&gt;Les cr&#233;dits ainsi allou&#233;s&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Europe-la-conquete-de-l-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Europe : la conqu&#234;te de l'Est par le capital de l'Ouest, mythes, r&#233;alit&#233;s et cons&#233;quences
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-economie-+" rel="tag"&gt;&#233;conomie
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les entreprises europ&#233;ennes investissent aujourd'hui massivement &#224; l'Est, en particulier dans les pays qui viennent d'entrer dans l'Union ou dans les pays candidats. D&#232;s 1989, les capitalistes d'Europe de l'Ouest ont cherch&#233; &#224; d&#233;velopper leur emprise sur les march&#233;s potentiels et les r&#233;serves de main-d'oeuvre qui s'offraient &#224; eux. Les &#201;tats ont jou&#233; les &#233;claireurs et pr&#233;par&#233; le terrain, notamment via l'Union europ&#233;enne et par le biais des &#171; aides &#187; vers&#233;es aux pays candidats.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Lancement d&#232;s 1989 du programme Phare, pour &#171; Poland, Hungary, Aid for the (...)' id='nh4-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cr&#233;dits ainsi allou&#233;s par l'UE pour mettre les &#233;conomies de l'Est &#171; &#224; niveau &#187;, suivis par des IDE (investissements directs &#224; l'&#233;tranger) massifs&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Le volume cumul&#233; &#224; ce jour des IDE dans les 10 pays candidats repr&#233;senterait (...)' id='nh4-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; ont impos&#233; aux anciennes D&#233;mocraties populaires une r&#233;orientation radicale de leur commerce ext&#233;rieur vers l'Ouest. Plus de 50 % de leur commerce international se fait actuellement avec l'Union europ&#233;enne, contre 20 % en 1989. Si l'on prend le cas de la France, entre 1992 et 2002, elle a plus que quadrupl&#233; ses exportations &#224; destination des pays candidats. Le niveau de ces exportations est maintenant nettement sup&#233;rieur &#224; celles concernant la Chine ou l'Am&#233;rique latine, et surtout plus stable.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La foire aux privatisations&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans une premi&#232;re phase, au d&#233;but des ann&#233;es 1990, les investissements se sont faits &#224; la faveur des vagues de privatisations. Les grandes entreprises europ&#233;ennes ont jou&#233; la strat&#233;gie de l'acquisition et des pans entiers de l'industrie polonaise ou tch&#232;que sont ainsi pass&#233;s sous contr&#244;le &#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France s'est implant&#233;e en Pologne au travers de soci&#233;t&#233;s publiques comme EDF, qui a rachet&#233; des centrales &#233;lectriques, ou ex-publiques comme France T&#233;l&#233;com, qui a rachet&#233; l'op&#233;rateur national polonais. Cette phase de privatisations est aujourd'hui presque achev&#233;e pour la plupart de ces pays. Ainsi, en 2001, seuls 5 % des IDE entrant en Hongrie visaient des privatisations, contre 66 % en 1990.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une &#233;conomie toujours plus colonis&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'&#233;tape des privatisations, les capitalistes europ&#233;ens ont voulu profiter du faible co&#251;t salariaux &#224; l'Est : aux rachats ont succ&#233;d&#233; les implantations directes. L'Allemagne, suivie des &#201;tats-Unis et de la France, sont actuellement les pays qui investissent le plus &#224; l'Est, de fa&#231;on tr&#232;s in&#233;gale selon les pays&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-3' class='spip_note' rel='appendix' title='Les principaux pays destinataires que sont la Pologne, la R&#233;publique tch&#232;que (...)' id='nh4-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces ramifications &#224; l'Est ne sont pas le fait des seuls gros groupes, en tout cas pour l'Allemagne o&#249; 60 % des entreprises de moins de 5 000 salari&#233;s ont aujourd'hui cr&#233;&#233; des filiales dans les nouveaux &#201;tats membres. La France, elle, compte pr&#232;s de 2 000 implantations en Europe centrale et orientale, qui emploient plus de 300 000 personnes.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-4' class='spip_note' rel='appendix' title='Elle est le premier investisseur &#233;tranger en Pologne et en Roumanie, et (...)' id='nh4-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sence des groupes europ&#233;ens est parfois cach&#233;e par le recours aux sous-traitants. C'est monnaie courante pour l'industrie fran&#231;aise en Roumanie : Technic plastic Roumanie travaille pour Salomon, Solectron fabrique des bo&#238;tiers de t&#233;l&#233;phones pour Philips... R&#233;ciproquement, les v&#234;tements Lacoste, Etam, Pierre Cardin ou Hugo Boss fabriqu&#233;s &#224; Bucarest dans l'usine d'Alca Group ne sont pas &#233;tiquet&#233;s &#171; made in Romania &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Surexploitation &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si des pays comme la Pologne ou la R&#233;publique tch&#232;que sont tr&#232;s attractifs, c'est parce qu'ils conjuguent les fortes traditions industrielles et le savoir-faire, h&#233;rit&#233;s des D&#233;mocraties populaires, et des salaires tr&#232;s bas. Le niveau moyen des salaires des dix nouveaux de l'UE est inf&#233;rieur des deux tiers &#224; ceux de l'ancienne Union &#224; 15. Ce qui n'emp&#234;che pas que, gr&#226;ce aux &#171; fonds structurels &#187; d&#233;sormais vers&#233;s par l'Union europ&#233;enne, les aides aux entreprises soient comparables &#224; celles de l'Europe de l'Ouest, sans compter des fiscalit&#233;s extr&#234;mement avantageuses... Mais m&#234;me les pays qui ne permettent pas encore de r&#233;cup&#233;rer la manne europ&#233;enne peuvent &#234;tre int&#233;ressants. En Roumanie l'&#233;quivalent du Smic est &#224; peine &#224; 70 euros mensuels, le salaire moyen de 160 euros et un ing&#233;nieur co&#251;te 600 euros.
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-5' class='spip_note' rel='appendix' title='La Roumanie pr&#233;sente encore l'avantage d'&#234;tre un pays de langue latine, o&#249; la (...)' id='nh4-5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation sociale catastrophique, la pression du ch&#244;mage et de la pr&#233;carit&#233; (qui touche 40 % de la population active des Peco) permettent aux patrons une v&#233;ritable surexploitation. En Pologne, o&#249; le capital fran&#231;ais dans le secteur du commerce est omnipr&#233;sent, les Carrefour, Auchan ou Leclerc payent leurs employ&#233;s en retard, ouvrent les grandes surfaces le dimanche en r&#233;mun&#233;rant les salari&#233;s au m&#234;me tarif qu'en semaine. Elles jouent sur la flexibilit&#233;, changeant les horaires du jour au lendemain. En Mac&#233;doine, dans les entreprises grecques, on est proche de l'esclavage moderne : le &lt;em&gt;Courrier des Balkans&lt;/em&gt; rapporte ainsi le cas d'une usine textile o&#249; les ouvri&#232;res sont enferm&#233;es au cadenas pour &#233;viter les inspecteurs du travail. Bien souvent, les heures de travail ne sont pas comptabilis&#233;es et les salaires sont vers&#233;s de la main &#224; la main, sans fiche de paye. Les cong&#233;s maladie ne sont pas pay&#233;s, les syndicats sont interdits.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Quand les travailleurs de l'Est sont mis en concurrence entre eux&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Directive Bolkestein, d&#233;localisations, on parle beaucoup de la concurrence des pays de l'Est, mais c'est surtout entre eux que les salari&#233;s de l'Est subissent cette concurrence. Des pays d&#233;j&#224; membres de l'UE comme la Hongrie ou la R&#233;publique tch&#232;que enregistrent actuellement des transferts de capitaux vers des pays candidats, comme la Roumanie ou l'Ukraine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand apr&#232;s quelques ann&#233;es d'implantation les salaires augmentent un peu, les &#171; chasseurs de co&#251;ts &#187; vont lorgner plus &#224; l'est. M&#234;me dans la tr&#232;s pauvre Roumanie, des ateliers textiles ont &#233;t&#233; d&#233;m&#233;nag&#233;s du jour au lendemain vers la Moldavie. Et comme le salaire d'un ing&#233;nieur roumain a doubl&#233; en quatre ans &#224; Timisoara, les patrons europ&#233;ens commencent &#224; se dire que les ing&#233;nieurs bulgares ou ukrainiens sont moins chers et tout aussi bien form&#233;s...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les all&#233;chantes possibilit&#233;s d'exploitation de la main-d'oeuvre de l'Est ne sont pourtant pas l'unique explication &#224; la pr&#233;sence des capitalistes europ&#233;ens en Europe centrale et orientale. Les implantations les plus r&#233;centes, telles que Renault en Roumanie et PSA en Slovaquie, tablent aussi sur le d&#233;veloppement de nouveaux march&#233;s. Les pr&#233;visions de croissance dans ces pays sont partout sup&#233;rieures &#224; 4 % par an. Autant de nouveaux consommateurs esp&#233;r&#233;s, autant de profits en perspective - pour le capital occidental.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lydie GRIMAL&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Renault en Roumanie : t'as pas 5 000 euros ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En rachetant l'usine automobile Dacia en Roumanie, Renault a lanc&#233; l'id&#233;e de la Logan, sa voiture &#224; 5000 euros pi&#232;ce, et fait le pari de la conqu&#234;te de nouveaux march&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise en &#339;uvre de cette strat&#233;gie s'est traduite par le licenciement de pr&#232;s de la moiti&#233; de l'usine (sur les 28 000 salari&#233;s employ&#233;s avant le rachat, il n'en reste que 16 000) et des salaires mensuels moyens par ouvrier de 143 euros. Des conditions &#224; l'image de ce qui se passe dans une bonne part de la soci&#233;t&#233; roumaine. Car la &#171; transition &#187; &#233;conomique pour la Roumanie, c'est plus de la moiti&#233; de la population du pays qui vit aujourd'hui sous le seuil de pauvret&#233;, tandis qu'une minorit&#233; a accumul&#233; des fortunes colossales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La constitution d'une classe moyenne tant attendue pour consommer tarde pourtant &#224; venir et le march&#233; local s'av&#232;re beaucoup plus restreint que pr&#233;vu. Qu'&#224; cela ne tienne, Renault projette de vendre sa Logan dans d'autres pays voisins, voire en Russie ou m&#234;me en Chine. Il mise sur 700 000 v&#233;hicules par an, vendus aux quatre coins de la plan&#232;te, pour un prix un peu sup&#233;rieur, aux alentours de 7 000 euros... 4 ans de salaire de l'ouvrier roumain qui les construit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb4-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-1' class='spip_note' title='Notes 4-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lancement d&#232;s 1989 du programme Phare, pour &#171; Poland, Hungary, Aid for the Reconstruction of the Economy &#187;, concernant d'abord les pays de l'acronyme ; &#233;tendu en 1990 &#224; la Tch&#233;coslovaquie, la Bulgarie, l'Allemagne de l'est, en 1991 &#224; la Roumanie et en 1992 &#224; la Slov&#233;nie et aux trois pays baltes. &#192; partir de 1992 &#171; accords d'association &#187; europ&#233;ens pr&#233;parant &#224; terme l'adh&#233;sion &#224; l'Union.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-2' class='spip_note' title='Notes 4-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le volume cumul&#233; &#224; ce jour des IDE dans les 10 pays candidats repr&#233;senterait plus de 120 milliards de dollars, soit le quart des PIB de ces pays.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-3' class='spip_note' title='Notes 4-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Les principaux pays destinataires que sont la Pologne, la R&#233;publique tch&#232;que et la Hongrie attirent &#224; eux seuls deux tiers des capitaux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-4' class='spip_note' title='Notes 4-4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Elle est le premier investisseur &#233;tranger en Pologne et en Roumanie, et arrive en 3&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; position en Hongrie avec plus de 200 filiales d'entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-5' class='spip_note' title='Notes 4-5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La Roumanie pr&#233;sente encore l'avantage d'&#234;tre un pays de langue latine, o&#249; la population est exceptionnellement francophone et bien form&#233;e. Les centres d'appels fleurissent donc, pour les fournisseurs d'acc&#232;s Internet tels que Noos.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Nouveaux pauvres
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Nouveaux-pauvres</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Nouveaux-pauvres</guid>
		<dc:date>2005-05-02T08:51:30Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Europe de l'Est
</dc:subject>

		<description>La chute des r&#233;gimes staliniens des pays de l'Est suscita d'immenses espoirs, non seulement de d&#233;mocratie, mais aussi de d&#233;veloppement &#233;conomique et de prosp&#233;rit&#233;. Quinze ans apr&#232;s, qu'en reste-t-il ? &lt;br /&gt;Le PIB des ex-D&#233;mocraties populaires a globalement connu une chute brutale entre 1989 et 1992, avant de remonter progressivement. En 1999, dix ans apr&#232;s, les plus avanc&#233;s (Pologne, Slovaquie, Slov&#233;nie) d&#233;passaient l&#233;g&#232;rement leur niveau de 1989 ; d'autres l'&#233;galaient (Hongrie, R&#233;publique tch&#232;que, Albanie),&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Europe-la-conquete-de-l-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Europe : la conqu&#234;te de l'Est par le capital de l'Ouest, mythes, r&#233;alit&#233;s et cons&#233;quences
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Europe-de-l-Est-+" rel="tag"&gt;Europe de l'Est
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La chute des r&#233;gimes staliniens des pays de l'Est suscita d'immenses espoirs, non seulement de d&#233;mocratie, mais aussi de d&#233;veloppement &#233;conomique et de prosp&#233;rit&#233;. Quinze ans apr&#232;s, qu'en reste-t-il ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PIB des ex-D&#233;mocraties populaires a globalement connu une chute brutale entre 1989 et 1992, avant de remonter progressivement. En 1999, dix ans apr&#232;s, les plus avanc&#233;s (Pologne, Slovaquie, Slov&#233;nie) d&#233;passaient l&#233;g&#232;rement leur niveau de 1989 ; d'autres l'&#233;galaient (Hongrie, R&#233;publique tch&#232;que, Albanie), un troisi&#232;me groupe n'en &#233;tait qu'aux trois quarts (Croatie, Estonie, Roumanie), alors que les plus pauvres, comme la Lettonie, n'atteignaient que 60 % de leur niveau au moment de la chute du mur. La croissance a connu depuis des rat&#233;s (quasi-stagnation de la Pologne en 2001 par exemple), et reste tr&#232;s in&#233;gale selon les pays
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Ainsi le PIB par habitant de la Tch&#233;quie est-il aujourd'hui 7 &#224; 8 fois (...)' id='nh5-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Elle a cependant &#233;t&#233; relativement soutenue : selon la Banque mondiale, le pouvoir d'achat moyen serait aujourd'hui sup&#233;rieur de 40 % &#224; celui de 1989 dans les pays les moins pauvres de l'Europe du &#171; centre-est &#187; : Hongrie, R&#233;publique tch&#232;que, Slovaquie et Pologne.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Alors qu'il baissait de 15 % en Russie dans la m&#234;me p&#233;riode.' id='nh5-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'explosion des in&#233;galit&#233;s &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re ces chiffres il y a pourtant non seulement le creusement de foss&#233;s entre pays, mais aussi l'explosion des in&#233;galit&#233;s sociales &#224; l'int&#233;rieur et la mont&#233;e d'une mis&#232;re massive. Incontestablement, une bourgeoisie et une petite bourgeoisie se sont d&#233;velopp&#233;es et ont prosp&#233;r&#233; dans certains pays de l'Est. Mais pour les classes populaires le bilan est bien plus mitig&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s leur arriv&#233;e au pouvoir, les gouvernements qui b&#233;n&#233;ficiaient d'un fort soutien populaire parce qu'ils &#233;taient cens&#233;s &#233;tablir des institutions d&#233;mocratiques l'utilis&#232;rent pour transformer radicalement la soci&#233;t&#233;... et permettre &#224; la bourgeoisie renaissante de s'enrichir au plus vite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouverture &#224; la concurrence &#233;trang&#232;re et les nouvelles normes de rentabilit&#233; conduisirent &#224; l'effondrement de pans entiers de l'&#233;conomie, notamment dans l'industrie lourde, les mines, la sid&#233;rurgie. En Pologne, Walesa, qui avait d&#233;fendu les ouvriers des chantiers navals en tant que syndicaliste, les fit licencier en tant que pr&#233;sident de la R&#233;publique. Les privatisations furent massives et rapides. D&#232;s 1993, plus de 50 % du PIB polonais &#233;tait d&#233;j&#224; r&#233;alis&#233; par le secteur priv&#233; (plus des deux tiers aujourd'hui). On mit ainsi fin &#224; toute une s&#233;rie de services gratuits ou bon march&#233; assur&#233;s par les entreprises : transports, logement, scolarisation, colonies de vacances, dispensaires de soins... Les prix furent lib&#233;ralis&#233;s et s'envol&#232;rent, y compris pour les biens de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;. Les p&#233;nuries disparurent peu &#224; peu, mais la chert&#233; des produits ne les rendit pas toujours plus accessibles au plus grand nombre ! Et comme il fallait bien lutter contre l'inflation, tous les gouvernements se r&#233;solurent, au d&#233;but des ann&#233;es 1990, &#224; des mesures de blocage des salaires. Ch&#244;mage et baisse du pouvoir d'achat frapp&#232;rent durement, en premier les ouvriers et les employ&#233;s du secteur public.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les protections sociales en lambeaux...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ces mesures, baptis&#233;es &#171; th&#233;rapie de choc &#187; par ces Diafoirus du capitalisme, firent flamber un ch&#244;mage, install&#233; durablement. Se posa alors le probl&#232;me du financement de la protection sociale. Elle fut &#224; son tour d&#233;mantel&#233;e. Il y eut bien s&#251;r des responsables politiques g&#233;n&#233;reux, philanthropes m&#234;me, tel Jacek Kuron, fondateur et dirigeant du syndicat Solidarnosc, ministre du travail en 1990 : il cr&#233;a un service de soupe populaire, et organisa des collectes de fonds pour les colonies de vacances ! Pendant ce temps, le ch&#244;mage en Pologne d&#233;passait rapidement les pr&#233;visions les plus pessimistes : 1,1 million de ch&#244;meurs en 1990, 2,2 millions fin 1991, 3 millions en 1994. Il atteignait ainsi pas moins de 16,5 % de la population active, et devait continuer &#224; grimper encore pour d&#233;passer aujourd'hui les 18 %. Aujourd'hui, pr&#232;s de 70 % des travailleurs polonais seraient en situation pr&#233;caire !&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-3' class='spip_note' rel='appendix' title='Ce taux serait de 40 % en moyenne pour les nouveaux adh&#233;rents de (...)' id='nh5-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les uns apr&#232;s les autres, quelle que soit leur &#233;tiquette d'ailleurs, tous les gouvernements annonc&#232;rent au d&#233;but des ann&#233;es 1990 que les anciens syst&#232;mes de protection sociale n'&#233;taient plus finan&#231;ables, au moment m&#234;me o&#249; ils &#233;taient le plus n&#233;cessaires. Sous le pr&#233;tendu &#171; communisme &#187;, les salaires &#233;taient tr&#232;s faibles, et les p&#233;nuries de biens monnaie courante, mais la pauvret&#233; g&#233;n&#233;rale &#233;tait (partiellement) compens&#233;e par des services sociaux et des assurances sociales b&#233;n&#233;ficiant &#224; tous. La retraite assurait &#224; peu pr&#232;s le maintien des revenus d'activit&#233;, les soins &#233;taient quasi-gratuits, ainsi que les frais de scolarit&#233;. Les gouvernements d&#233;cid&#232;rent &#224; la fois de faire des coupes drastiques dans les budgets sociaux, et d'en changer radicalement la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Le Courrier des pays de l'est&lt;/em&gt; de novembre 2003 dresse un constat accablant : en Hongrie, les d&#233;penses sociales pass&#232;rent en huit ans, entre 1991 et 1999, de 37,5 % &#224; 27 % du PIB. Elles pass&#232;rent en Tch&#233;coslovaquie de 42 &#224; 33 % du budget entre 1989 et 1994. Aujourd'hui, les d&#233;penses sociales des nouveaux &#201;tats membres de l'Union europ&#233;enne sont nettement en dessous de la moyenne de l'UE (avant &#233;largissement), pourtant elle-m&#234;me bien moins &#171; g&#233;n&#233;reuse &#187; que par le pass&#233; : les pays de l'UE &#224; 15 y consacrent 27,4 % de leur PIB, contre 19,4 % pour les 10 nouveaux membres (le PIB par habitant &#233;tant par ailleurs tr&#232;s inf&#233;rieur &#224; celui des 15).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gouvernements, &#171; experts &#187; en &#233;conomie des &#201;tats-Unis ou de l'Europe occidentale, FMI, Banque mondiale, tous ont pr&#233;tendu que face au grand nombre de pauvres des pays de l'Est, il fallait n&#233;cessairement cibler les b&#233;n&#233;ficiaires pour prot&#233;ger ceux qui &#233;taient vraiment les plus pauvres et les plus fragiles. Les r&#233;formateurs invent&#232;rent alors une multitude de crit&#232;res d'&#233;ligibilit&#233;, de plus en plus contraignants, alors m&#234;me que la valeur des prestations diminuait. On s'avisa aussi qu'il fallait favoriser le &#171; go&#251;t du travail &#187;, et non &#171; engraisser les assist&#233;s &#187;... Les Raffarin de l'Est, dans la majorit&#233; des pays, d&#233;cid&#232;rent d'octroyer les allocations en discriminant ceux qui ont un emploi, pauvres m&#233;ritants, et ceux qui n'en ont pas... En Hongrie ces derniers n'ont plus droit aux services m&#233;dicaux gratuits, aux primes de maternit&#233; et aux allocations pour enfants. Du coup, 20 % des familles auparavant b&#233;n&#233;ficiaires ont cess&#233; du jour au lendemain de recevoir les allocations familiales. La part de celles-ci dans le PIB hongrois est pass&#233;e en un an (1995-1996) de 4 &#224; 1 %. La m&#234;me politique s'est appliqu&#233;e aux allocations logement, malgr&#233; la lib&#233;ralisation et la flamb&#233;e des loyers !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;... puis privatis&#233;es&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Enfin, apr&#232;s avoir mis en lambeaux la protection sociale, les gouvernements les plus avanc&#233;s dans les r&#233;formes se sont lanc&#233;s dans la privatisation de ce qui en reste. Pourquoi la pauvret&#233; ne deviendrait-elle pas elle-m&#234;me un march&#233;, pourquoi la gestion des retraites ou des allocations ch&#244;mage ne pourrait-elle pas profiter &#224; des capitaux priv&#233;s ? Sant&#233;, assistance sociale, &#233;ducation, logement, retraites, service de l'emploi, les deux tiers de ces services sociaux auraient &#233;t&#233; privatis&#233;es selon la revue d&#233;j&#224; cit&#233;e, dans les nouveaux &#201;tats membres de l'UE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, en R&#233;publique tch&#232;que, un grand nombre de soci&#233;t&#233;s d'assurances priv&#233;es sont charg&#233;s du financement (&#224; 90 %) de l'assurance-maladie, en collectant les contributions des employeurs, des salari&#233;s et de l'&#201;tat, et en fournissant les prestations aux assur&#233;s. Or toute cette politique, men&#233;e au nom de la n&#233;cessit&#233; de faire des &#233;conomies, a fini par d&#233;boucher sur... la relance du march&#233; de la sant&#233; parce que les Tch&#232;ques doivent payer plus cher leurs soins et leurs m&#233;dicaments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un exemple qui montre bien aussi l'objectif fondamental de toutes ces r&#233;formes : diminuer les d&#233;penses qui profiteraient aux classes populaires, mais surtout aider la bourgeoisie &#224; s'enrichir et accumuler des capitaux au plus vite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la m&#234;me logique qui a pr&#233;valu dans la r&#233;forme des retraites. La pension de base, publique et par r&#233;partition, a &#233;t&#233; r&#233;duite &#224; la portion congrue (en Pologne elle n'assure que 28 % du salaire moyen, dans d'autres pays elle est encore plus d&#233;risoire, partout on a largement d&#233;sindex&#233; les retraites des prix), et &#224; peu pr&#232;s partout, il est obligatoire de souscrire &#224; un deuxi&#232;me voire un troisi&#232;me &#171; &#233;tage &#187;, c'est-&#224;-dire une ou plusieurs retraites par capitalisation, individuelles, confi&#233;es &#224; des fonds de pension g&#233;r&#233;s par les banques et les assurances. De tels fonds priv&#233;s ont d'ailleurs fait faillite en R&#233;publique tch&#232;que en 2002 et 2003, r&#233;duisant en poussi&#232;re la mise de nombre de futurs retrait&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1990, une partie de la population de l'Est a vu son niveau de vie s'&#233;lever, profitant de miettes plus ou moins cons&#233;quentes de la &#171; soci&#233;t&#233; de consommation &#187;, pour les classes populaires au contraire la vie est donc souvent devenue plus dure. L'av&#232;nement de la libert&#233;... du march&#233; a ainsi &#233;t&#233;, pour beaucoup, un v&#233;ritable jeu de dupes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard RUDELLI&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb5-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-1' class='spip_note' title='Notes 5-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ainsi le PIB par habitant de la Tch&#233;quie est-il aujourd'hui 7 &#224; 8 fois sup&#233;rieur &#224; celui de la Moldavie (2 000 dollars par an). En Tch&#233;quie, il est &#233;quivalent &#224; 57 % de celui de l'Union europ&#233;enne &#224; 15, contre 40 % en Pologne, 30 % en Lettonie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-2' class='spip_note' title='Notes 5-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Alors qu'il baissait de 15 % en Russie dans la m&#234;me p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-3' class='spip_note' title='Notes 5-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ce taux serait de 40 % en moyenne pour les nouveaux adh&#233;rents de l'Union.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Avant 1989 : rien de communiste, ni d&#233;mocratique, ni populaire
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Avant-1989-rien-de-communiste-ni-democratique-ni-populaire</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Avant-1989-rien-de-communiste-ni-democratique-ni-populaire</guid>
		<dc:date>2005-05-02T08:47:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Europe de l'Est
</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire
</dc:subject>

		<description>Ex-r&#233;gimes communistes ? Rien n'est plus faux que cette caract&#233;risation. &lt;br /&gt;Les &#171; D&#233;mocraties Populaires &#187;, comme on les a appel&#233;es, ont &#233;t&#233; mises en place &#224; la suite de la deuxi&#232;me guerre mondiale apr&#232;s leur occupation par l'arm&#233;e russe, accompagn&#233;e d'abord de la b&#233;n&#233;diction de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain. Aucune r&#233;volution ouvri&#232;re, et m&#234;me aucune intervention ind&#233;pendante des masses n'a particip&#233; &#224; leur construction. Leur classe ouvri&#232;re &#233;tait la premi&#232;re &#224; y &#234;tre musel&#233;e. Elle n'y b&#233;n&#233;ficiait m&#234;me pas du droit&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Europe-la-conquete-de-l-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Europe : la conqu&#234;te de l'Est par le capital de l'Ouest, mythes, r&#233;alit&#233;s et cons&#233;quences
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Europe-de-l-Est-+" rel="tag"&gt;Europe de l'Est
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ex-r&#233;gimes communistes ? Rien n'est plus faux que cette caract&#233;risation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; D&#233;mocraties Populaires &#187;, comme on les a appel&#233;es, ont &#233;t&#233; mises en place &#224; la suite de la deuxi&#232;me guerre mondiale apr&#232;s leur occupation par l'arm&#233;e russe, accompagn&#233;e d'abord de la b&#233;n&#233;diction de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain. Aucune r&#233;volution ouvri&#232;re, et m&#234;me aucune intervention ind&#233;pendante des masses n'a particip&#233; &#224; leur construction. Leur classe ouvri&#232;re &#233;tait la premi&#232;re &#224; y &#234;tre musel&#233;e. Elle n'y b&#233;n&#233;ficiait m&#234;me pas du droit syndical et encore moins de droits politiques, le parti unique et le syndicat unique n'ayant de parti et de syndicat que le nom. Nombre d'anciens dirigeants syndicalistes, communistes et socialistes soup&#231;onn&#233;s de vell&#233;it&#233;s de militantisme ind&#233;pendant furent jug&#233;s et fusill&#233;s pour &#171; nationalisme &#187;. Ces r&#233;gimes firent en revanche longtemps la part belle aux anciennes classes dirigeantes, propri&#233;taires terriens, noblesse et bourgeoisie. Les anciennes administrations, forces arm&#233;es et polici&#232;res furent maintenues autant que possible. L'arm&#233;e sovi&#233;tique n'avait nullement l'intention de bouleverser l'ordre politique et social.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des r&#233;gimes sortis des engrenages de la guerre froide&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Loin d'&#234;tre les nouveaux avant-postes de la r&#233;volution, ces &#201;tats r&#233;actionnaires mais pro-russes r&#233;sultaient donc d'un entente entre bureaucratie stalinienne et bourgeoisie occidentale face &#224; la menace r&#233;volutionnaire de l'apr&#232;s guerre mondiale, selon le partage des t&#226;ches et des zones convenu &#224; Yalta entre Staline, Roosevelt et Churchill. C'est en 1947 que cette belle entente contre la classe ouvri&#232;re s'est d&#233;faite et que l'accord entre gardes-chiourmes a fait place &#224; la &#171; guerre froide &#187;. Le prol&#233;tariat n'&#233;tant plus directement mena&#231;ant, les &#201;tats-Unis reprirent l'offensive diplomatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le plan Marshall, les USA d&#233;cid&#232;rent d'offrir aux classes dirigeantes de l'Europe leur protection en m&#234;me temps qu'une aide mat&#233;rielle. La Russie riposta en faisant tomber le rideau de fer, mettant sous sa coupe exclusive des r&#233;gimes qui, sinon, auraient rejoint le march&#233; mondial imp&#233;rialiste. L'URSS constitua son &#171; glacis &#187; : cela ne signifiait nullement un tournant vers le socialisme, et surtout pas une am&#233;lioration du sort de la classe ouvri&#232;re. Les r&#233;pressions violentes contre les travailleurs de Tch&#233;coslovaquie et d'Allemagne de l'Est en 1953, de Hongrie ou de Pologne en 1956 devaient amplement le montrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la suite, l'imp&#233;rialisme continua d'exercer une pression permanente sur la Russie et sur ces pays dans le cadre de la politique des blocs, sans d'ailleurs chercher vraiment &#224; les r&#233;cup&#233;rer. Les relations &#233;conomiques et financi&#232;res de l'Est avec les pays imp&#233;rialistes amen&#232;rent les D&#233;mocraties Populaires sous-d&#233;velopp&#233;es &#224; d&#233;pendre de plus en plus des pr&#234;ts des banques occidentales. Elles furent frapp&#233;es elles aussi par la crise de la dette.
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Ainsi en 1988, le ministre des finances polonais se plaignait que le FMI (...)' id='nh6-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Seule la pression russe, et non la volont&#233; de la population (que ces r&#233;gimes dictatoriaux se gardaient bien de consulter), les emp&#234;ch&#232;rent de revenir vers l'Europe occidentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#171; ru&#233;e vers l'Ouest &#187; restait pourtant le projet fondamental des classes privil&#233;gi&#233;es, et les dirigeants de l'Est essay&#232;rent &#224; plusieurs reprises de la faciliter. C'&#233;tait aussi l'objectif que beaucoup d'opposants politiques parvinrent &#224; donner aux mouvements sociaux. Pour autant, il n'y avait pas non plus de fatalit&#233; que la chute des r&#233;gimes de l'Est ne m&#232;ne &#224; une r&#233;volution prol&#233;tarienne, comme l'ont montr&#233; la r&#233;volution ouvri&#232;re hongroise ou les mouvements prol&#233;tariens en Pologne en 1956 comme dans les ann&#233;es 70-80 (l'immense gr&#232;ve des chantiers navals de Gdansk, qui vit l'&#233;mergence du syndicat Solidarnosc, fut un coup s&#233;v&#232;re port&#233; au r&#233;gime polonais).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La fin de l'URSS lib&#232;re... les bourgeoisies de l'Est &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La voie vers le march&#233; capitaliste &#233;tait ouverte d&#232;s lors que la bureaucratie russe a rel&#226;ch&#233; son &#233;treinte pour se vendre elle-m&#234;me &#224; l'Ouest. La politique de Gorbatchev avait &#224; peine donn&#233; son feu vert pour cette orientation que tous les pays de l'Est bascul&#232;rent sans r&#233;sistance s&#233;rieuse, &#224; l'initiative de la petite bourgeoisie et d'une fraction des dirigeants. La chute du mur de Berlin a symbolis&#233; cet effondrement rapide, facile, apparemment tr&#232;s &#233;tonnant pour qui avait v&#233;cu l'&#233;poque des blocs ou le blocus de Berlin, qui semblait gros de menaces de guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'image que le passage des pays de l'Est au march&#233; imp&#233;rialiste a donn&#233;e au monde n'en a pas moins &#233;t&#233; celle d'une lib&#233;ration. Celle de la chute du mur de Berlin ou celle de l'effondrement de la dictature de Ceaucescu sur la Roumanie restent sous la forme de vastes manifestations de joie populaire. Mais si ces sentiments des populations &#233;taient bien r&#233;els, le renversement de ces r&#233;gimes par la volont&#233; du peuple r&#233;volt&#233; en 1989, lui, est une mise en sc&#232;ne qui vaut bien le mensonge du choix des peuples de tomber sous la coupe stalinienne en 1944. Les d&#233;cisions se sont prises ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Robert PARIS&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb6-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6-1' class='spip_note' title='Notes 6-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ainsi en 1988, le ministre des finances polonais se plaignait que le FMI ait exig&#233; une r&#233;duction de 10 % du niveau de vie des travailleurs polonais alors que ceux-ci avaient d&#233;j&#224; subi une baisse de 13 % dans les dix ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Europe : la conqu&#234;te de l'Est par le capital de l'Ouest, mythes, r&#233;alit&#233;s et cons&#233;quences
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Europe-la-conquete-de-l-Est-par-le-capital-de-l-Ouest-mythes-realites-et</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Europe-la-conquete-de-l-Est-par-le-capital-de-l-Ouest-mythes-realites-et</guid>
		<dc:date>2005-05-02T08:45:34Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Europe
</dc:subject>
		<dc:subject>Europe de l'Est
</dc:subject>
		<dc:subject>Monde
</dc:subject>

		<description>Voici un anniversaire qui pourrait &#234;tre assez discret. Entra&#238;n&#233;s dans les tourments r&#233;f&#233;rendaires de leur ami Chirac, les chefs d'&#201;tats europ&#233;ens n'auront peut-&#234;tre pas le c&#339;ur &#224; souffler tr&#232;s fort la premi&#232;re bougie de l'Union &#224; 25. Il y a pourtant tout juste un an, le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mai 2004, l'Union europ&#233;enne (UE) f&#234;tait son &#233;largissement &#224; dix nouveaux membres. &lt;br /&gt;L'&#233;v&#233;nement avait &#233;t&#233; salu&#233; comme historique : c'&#233;tait l'aboutissement du processus menant de l'effondrement en 1989 des dictatures du glacis sovi&#233;tique&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Europe-la-conquete-de-l-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Europe : la conqu&#234;te de l'Est par le capital de l'Ouest, mythes, r&#233;alit&#233;s et cons&#233;quences
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Europe-de-l-Est-+" rel="tag"&gt;Europe de l'Est
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Voici un anniversaire qui pourrait &#234;tre assez discret. Entra&#238;n&#233;s dans les tourments r&#233;f&#233;rendaires de leur ami Chirac, les chefs d'&#201;tats europ&#233;ens n'auront peut-&#234;tre pas le c&#339;ur &#224; souffler tr&#232;s fort la premi&#232;re bougie de l'Union &#224; 25. Il y a pourtant tout juste un an, le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mai 2004, l'Union europ&#233;enne (UE) f&#234;tait son &#233;largissement &#224; dix nouveaux membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;v&#233;nement avait &#233;t&#233; salu&#233; comme historique : c'&#233;tait l'aboutissement du processus menant de l'effondrement en 1989 des dictatures du glacis sovi&#233;tique jusqu'&#224; la r&#233;int&#233;gration compl&#232;te des pays dans le &#171; monde libre &#187;, d&#233;mocratique et lib&#233;ral !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;&#171; Printemps des peuples &#187; et offensives capitalistes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Vu de l'Est, avec ses millions de nouveaux pauvres, le tableau est bien plus sombre. La chute du mur de Berlin avait s&#251;rement suscit&#233; d'immenses espoirs de libert&#233; et de prosp&#233;rit&#233;. Mais ces aspirations n'avaient pas grand-chose &#224; voir avec les forces sociales qui ont provoqu&#233; la fin du bloc sovi&#233;tique. Avec le sabordage de l'URSS par sa propre bureaucratie, la cha&#238;ne qui maintenait les &#171; D&#233;mocraties populaires &#187; &#224; l'&#233;cart du monde imp&#233;rialiste s'est rompue, et les classes privil&#233;gi&#233;s qui tiraient sur leurs liens depuis la fin de la Seconde guerre mondiale ont pu enfin se ruer vers l'Ouest - et la reprise d'un vrai mode de fonctionnement capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles ont trouv&#233; en Europe occidentale des imp&#233;rialismes tout dispos&#233;s &#224; une &#171; r&#233;conciliation de la grande famille europ&#233;enne &#187; qui signifiait pour eux la perspective d'un nouveau demi-continent &#224; exploiter. &#192; grands coups d'aides et de subventions, dont le but &#233;tait d'abord de paver la voie aux investissements des groupes occidentaux, une &#233;conomie bourgeoise s'est partiellement reconstruite. Les forces productives autrefois tourn&#233;es vers l'URSS ont &#233;t&#233; brutalement r&#233;orient&#233;es vers l'Atlantique (pas ses seules rives europ&#233;ennes d'ailleurs).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les m&#234;mes &#171; experts &#187; lib&#233;raux qui d&#233;non&#231;aient, comme cause du retard &#233;conomique des ex-membres du Comecon, la sp&#233;cialisation de la production que leur avait impos&#233;e la bureaucratie sovi&#233;tique se f&#233;licitent aujourd'hui que les nouveaux de l'UE aient su prendre leur place dans la &#171; division internationale &#187; du travail selon les normes imp&#233;rialistes ! La Hongrie ou la R&#233;publique tch&#232;que ne sont plus condamn&#233;es &#224; fabriquer, qui des tramways, qui des machines-outils : elle peuvent se consacrer &#224; faire de la chimie pour l'industrie allemande ou des pi&#232;ces automobiles pour les constructeurs fran&#231;ais ! Les fruits de l'arbre de la libert&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Nouveaux bourgeois... et prol&#233;taires &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En quinze ans, des classes moyennes se sont d&#233;velopp&#233;es, cr&#233;ant de nouveaux march&#233;s qui, pour &#234;tre &#233;troits, n'en sont pas moins profitables au capital occidental. Pendant ce temps, derri&#232;re la vitrine, une large proportion des couches populaires sombrait dans la mis&#232;re. Le ch&#244;mage cach&#233; des D&#233;mocraties populaires a prolif&#233;r&#233;, frappant aujourd'hui pr&#232;s de 20 % de la population active polonaise par exemple. Un ch&#244;mage et plus g&#233;n&#233;ralement une extr&#234;me pr&#233;carit&#233; des travailleurs qui sont autant de moyens de pression sur les salaires et les conditions de travail. Et c'est l&#224; l'autre aubaine pour le capital de l'Ouest : en m&#234;me temps que leurs nouveaux march&#233;s, les &#171; Pays d'Europe centrale et orientale &#187; (Peco) ont apport&#233; aux investisseurs &#233;trangers une main-d'&#339;uvre bon march&#233; autant que qualifi&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dernier aspect a contribu&#233; &#224; susciter une certaine m&#233;fiance envers les nouveaux Europ&#233;ens de la part de nombreux travailleurs d'ici, aliment&#233;e par l'angoisse des d&#233;localisations. Une m&#233;fiance largement exag&#233;r&#233;e, quand les trois quarts des investissements actuels sont destin&#233;s &#224; placer les investisseurs sur les march&#233;s locaux, et non &#224; remplacer des productions existantes &#224; l'Ouest. Une m&#233;fiance injuste, alors que ce sont bien plut&#244;t les travailleurs de l'Est qui voient leurs conditions d'existence ruin&#233;es par l'invasion &#233;conomique de l'Ouest, d'ailleurs souvent du fait des m&#234;mes patrons exploiteurs et licencieurs des deux c&#244;t&#233;s. Une m&#233;fiance suicidaire, quand elle est r&#233;cup&#233;r&#233;e par des d&#233;magogues r&#233;actionnaires. Et une m&#233;fiance contre-productive, alors que les classes populaires de l'Est pourraient &#234;tre des alli&#233;es pour les luttes futures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car les travailleurs des Peco (qui n'expriment souvent pas moins de d&#233;fiance &#224; l'&#233;gard de l'Europe bourgeoise qu'on en trouve ici) forment une classe qui se bat. Les travailleurs polonais, dans les ann&#233;es 1980, n'ont-ils pas men&#233;e les plus importantes gr&#232;ves politiques que l'Europe ait connues ces derni&#232;res d&#233;cennies ! Depuis, malgr&#233; les traditions &#224; recr&#233;er, malgr&#233; les effets du terrible choc social qu'a provoqu&#233; le retour du capitalisme, la col&#232;re et les luttes n'ont rien &#224; envier &#224; celles de ce c&#244;t&#233;-ci de l'ancien rideau de fer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme de retour &#224; l'Est a jou&#233; son r&#244;le d'immense centrifugeuse sociale, en cr&#233;ant &#224; un bout de la soci&#233;t&#233; une certaine prosp&#233;rit&#233; pour les nouvelles classes privil&#233;gi&#233;es, &#224; l'autre extr&#233;mit&#233; la mis&#232;re pour des millions de prol&#233;taires ou de ch&#244;meurs. Un recul ? S&#251;rement pas si, profitant de la fin des chapes de plombs &#233;tatiques, parviennent &#224; se reconstruire des mouvements ouvriers dont les luttes convergent avec les n&#244;tres. S&#251;rement pas, si la fin de l'impasse historique que repr&#233;sentaient les avatars europ&#233;ens du stalinisme signifie une int&#233;gration toujours plus grande des classes ouvri&#232;res du continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30 avril 2005&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B.M.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Espagne : le retour &#233;lectoral du courant nationaliste radical basque
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Espagne-le-retour-electoral-du-courant-nationaliste-radical-basque</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Espagne-le-retour-electoral-du-courant-nationaliste-radical-basque</guid>
		<dc:date>2005-05-02T08:40:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Espagne
</dc:subject>
		<dc:subject>Pays basque
</dc:subject>

		<description>Les &#233;lections au Parlement autonome basque du 17 avril dernier (qui concernaient 1,8 million d'inscrits pour 75 si&#232;ges &#224; pourvoir) ont confirm&#233; que la gauche nationaliste radicale, peu ou prou li&#233;e &#224; l'ETA, restait bien vivante. Par rapport &#224; 2001 et malgr&#233; une abstention qui a grimp&#233; de 21 % &#224; 31 %, elle gagne &#224; la fois en pourcentage (+ 2,5 %, 12,5 % au total), en voix (+ 7 000 avec 150 000) et en si&#232;ges (+ 2, passant de 7 &#224; 9). &lt;br /&gt;Pourchass&#233;s depuis des ann&#233;es par les gouvernements conservateurs ou&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-39-mai-juin-2005-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 39, mai-juin 2005
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Espagne-+" rel="tag"&gt;Espagne
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Pays-basque-+" rel="tag"&gt;Pays basque
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les &#233;lections au Parlement autonome basque du 17 avril dernier (qui concernaient 1,8 million d'inscrits pour 75 si&#232;ges &#224; pourvoir) ont confirm&#233; que la gauche nationaliste radicale, peu ou prou li&#233;e &#224; l'ETA, restait bien vivante. Par rapport &#224; 2001 et malgr&#233; une abstention qui a grimp&#233; de 21 % &#224; 31 %, elle gagne &#224; la fois en pourcentage (+ 2,5 %, 12,5 % au total), en voix (+ 7 000 avec 150 000) et en si&#232;ges (+ 2, passant de 7 &#224; 9).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourchass&#233;s depuis des ann&#233;es par les gouvernements conservateurs ou socialistes de Madrid, les nationalistes radicaux ont vu nombre de leurs militants emprisonn&#233;s, leurs organisations l&#233;gales (dont Batasuna) mises hors la loi en 2003, leurs locaux plac&#233;s sous s&#233;questre, leurs comptes bancaires gel&#233;s, leurs publications interdites et les caf&#233;s o&#249; se r&#233;unissaient leurs sympathisants ferm&#233;s par d&#233;cision administrative. Les autorit&#233;s espagnoles &#233;taient donc persuad&#233;es que ce courant serait cette fois absent du scrutin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'en a rien &#233;t&#233;. D&#232;s le d&#233;but de la campagne les anciens porte-parole de Batasuna appelaient &#224; voter pour le Parti communiste des terres basques (Euskal Herrialdeetako Alderdi Komunista - EHAK) une formation politique cr&#233;&#233;e en juillet 2002, soit un mois apr&#232;s le vote par les Cortes de Madrid de la loi permettant d'interdire Batasuna, et dont personne n'avait jusqu'alors entendu parler. Le Parti populaire (droite) demandait aussit&#244;t son interdiction mais ni la police, ni la justice n'&#233;taient capables de prouver une relation quelconque entre lui et l'ETA. D'o&#249; la d&#233;cision du gouvernement du socialiste Zapatero de le laisser faire campagne, pensant sans doute susciter un concurrent aux nationalistes mod&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup &#233;taient persuad&#233;s d'ailleurs que le nouveau parti effraierait une partie au moins de l'&#233;lectorat nationaliste radical traditionnel, du fait notamment de son &#233;tiquette communiste et des drapeaux rouges brandis lors de meetings qui se terminaient par &lt;em&gt;l'Internationale&lt;/em&gt;, chant&#233;e en basque par une foule jeune et enthousiaste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait cet &#233;lectorat n'a nullement &#233;t&#233; rebut&#233; par cette &#233;tiquette &#171; communiste &#187;, largement symbolique d'ailleurs, mais qui rappelle que nombre de militants de cette mouvance n'ont jamais h&#233;sit&#233; dans le pass&#233; &#224; se r&#233;clamer du communisme, du castrisme voire du trotskisme. Ceci dit si le Parti communiste des terres basques notait &#171; &lt;em&gt;quelques lacunes sur les questions sociales &lt;/em&gt; &#187; dans le programme de l'ex-Batasuna, il n'avan&#231;ait rien de pr&#233;cis dans ce domaine. Comme le soulignait le quotidien &lt;em&gt;Gara&lt;/em&gt; (proche des nationalistes radicaux) le nouveau parti &#171; &lt;em&gt;n'a gu&#232;re pr&#233;sent&#233; de programme autre que le droit de toutes les opinions &#224; &#234;tre repr&#233;sent&#233;es au sein du Parlement (basque) &#187;,&lt;/em&gt; son principal slogan de campagne &#233;tant &#171; &lt;em&gt;Pour la d&#233;mocratie et la paix, votez EHAK &lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;60 % des voix pour les nationalistes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le grand perdant de la consultation a &#233;t&#233; sans conteste le pr&#233;sident du gouvernement basque, Juan Jos&#233; Ibarretxe, du Parti nationaliste basque (PNV - d&#233;mocrate-chr&#233;tien). En convoquant des &#233;lections anticip&#233;es, il voulait faire pl&#233;bisciter son plan de Pays basque librement associ&#233; &#224; l'Espagne, plan adopt&#233; par le Parlement autonome en d&#233;cembre 2004 mais massivement rejet&#233; par les Cortes madril&#232;nes deux mois plus tard. Si sa formation reste encore, et de loin, la premi&#232;re de la Communaut&#233; autonome avec pr&#232;s de 500 000 voix et 29 d&#233;put&#233;s, &#171; &lt;em&gt;la clameur populaire &lt;/em&gt; &#187; qu'il appelait de ses v&#339;ux ne s'est pas produite puisque le PNV perd pr&#232;s de 150 000 voix et 3 si&#232;ges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son &#233;chec a r&#233;joui tant les leaders socialistes du PSOE (qui gagne 5 si&#232;ges et 20 000 voix principalement aux d&#233;pens des conservateurs) que ceux du Parti populaire (qui recule de 4 si&#232;ges et de 120 000 voix) qui proclament que le plan Ibarretxe est d&#233;sormais enterr&#233;. C'est aller un peu vite en besogne. Car Ibarretexe reste pour l'instant l'interlocuteur privil&#233;gi&#233; de Madrid et les nationalistes radicaux n'offrent aucune politique de rechange &#224; la sienne. Il se tient donc toujours au centre du jeu politique et se dit pr&#234;t &#224; discuter tant avec EHAK qu'avec le PSOE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au del&#224; des marchandages post-&#233;lectoraux une chose est claire : en votant &#224; pr&#232;s de 60 % pour les diff&#233;rentes listes nationalistes et leurs alli&#233;s, les &#233;lecteurs basques ont fait savoir une fois de plus qu'ils r&#233;clamaient de Madrid le droit &#224; disposer d'eux-m&#234;mes que l'on continue de leur refuser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27 avril 2005&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;o STERN&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Irak : la d&#233;mocratie... embourb&#233;e
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Irak-la-democratie-embourbee</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Irak-la-democratie-embourbee</guid>
		<dc:date>2005-05-02T08:39:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>USA
</dc:subject>
		<dc:subject>Irak
</dc:subject>

		<description>&#171; George W. Bush a-t-il raison ? &#187; se demandait, le 26 mars, dans les colonnes du Monde l'ancien ministre des affaires &#233;trang&#232;res, Hubert V&#233;drine. L'Europe &#224; &#233;t&#233; sceptique en 2004 devant le plan de &#171; Greater Middle-East &#187; du pr&#233;sident am&#233;ricain, dit-il, mais il faut reconna&#238;tre que, m&#234;me si c'est &#171; &#224; partir de justifications aussi mensong&#232;res et par des proc&#233;d&#233;s aussi brutaux &#187; Bush a d&#233;clench&#233; &#171; un processus prometteur &#187;, un mouvement &#171; vital pour les peuples arabes &#187; dont nous, Fran&#231;ais et Europ&#233;ens, &#171; &lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-39-mai-juin-2005-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 39, mai-juin 2005
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-USA-+" rel="tag"&gt;USA
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Irak-+" rel="tag"&gt;Irak
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; George W. Bush a-t-il raison ? &#187;&lt;/em&gt; se demandait, le 26 mars, dans les colonnes du &lt;em&gt;Monde&lt;/em&gt; l'ancien ministre des affaires &#233;trang&#232;res, Hubert V&#233;drine. L'Europe &#224; &#233;t&#233; sceptique en 2004 devant le plan de &lt;em&gt;&#171; Greater Middle-East &#187;&lt;/em&gt; du pr&#233;sident am&#233;ricain, dit-il, mais il faut reconna&#238;tre que, m&#234;me si c'est &lt;em&gt;&#171; &#224; partir de justifications aussi mensong&#232;res et par des proc&#233;d&#233;s aussi brutaux &#187;&lt;/em&gt; Bush a d&#233;clench&#233; &lt;em&gt;&#171; un processus prometteur &#187;&lt;/em&gt;, un mouvement &lt;em&gt;&#171; vital pour les peuples arabes &#187;&lt;/em&gt; dont nous, Fran&#231;ais et Europ&#233;ens, &lt;em&gt;&#171; devrions nous sentir plus nettement et plus visiblement partie prenante, avec les Am&#233;ricains et autant qu'eux &#187;&lt;/em&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus plat vis-&#224;-vis de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain qu'un socialiste fran&#231;ais tu meurs ! Blair mis &#224; part, &#233;videmment.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un gouvernement fantoche fait de bric et de broc&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais l'ex-ministre socialiste n'est pas seul &#224; apporter son soutien &#224; Bush en nous servant la fable de l'arm&#233;e am&#233;ricaine en train &lt;em&gt;&#171; d'enraciner la culture d&#233;mocratique &#187;&lt;/em&gt; en Irak. Chirac ou Schr&#246;der aussi se sont empress&#233;s de saluer les &#233;lections irakiennes du 30 janvier dernier, faites sous contr&#244;le des troupes d'occupation. Apr&#232;s le gouvernement provisoire mis en place par les Am&#233;ricains il y a un an, un vrai gouvernement, d&#233;mocratiquement &#233;lu, allait en sortir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mieux valait le dire vite. Car, malgr&#233; les pressions de George Bush, il a fallu pr&#232;s de deux mois et demi de tractations entre les leaders des divers clans r&#233;gionaux ou religieux qui collaborent avec les autorit&#233;s am&#233;ricaines pour qu'un partage des postes puisse &#234;tre ent&#233;rin&#233;, d&#233;but avril, par le vote du nouveau parlement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sidence de la r&#233;publique a &#233;t&#233; attribu&#233;e &#224; un nationaliste kurdes, Jalal Talabani, le m&#234;me qui s'&#233;tait alli&#233; &#224; Saddam Hussein &#224; la fin des ann&#233;es 60 pour combattre son rival Barzani, puis alli&#233; &#224; l'Iran &#224; la fin des ann&#233;es 90 quand celui-ci demandait l'aide du gouvernement irakien, avant que tous deux misent en 2003 sur l'op&#233;ration am&#233;ricaine et se retrouvent, momentan&#233;ment sans doute, bras-dessus bras-dessous pour proclamer solennellement la r&#233;unification du Kurdistan le 3 f&#233;vrier 2005. Talabani est affubl&#233; de deux vice-pr&#233;sidents, l'un chiite l'autre sunnite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sidence du parlement est revenue au leader d'un parti islamiste sunnite proche des Fr&#232;res musulmans et, accessoirement, ancien dirigeant d'une compagnie d'investissement &#224; Los Angeles. Lui aussi affubl&#233; de deux vice-pr&#233;sidents, l'un chiite et l'autre kurde du parti de Barzani.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin un chiite, Ibrahim Al-Jaafari, a &#233;t&#233; nomm&#233; Premier ministre : exil&#233; &#224; Londres pendant 20 ans, il est pr&#233;sent&#233; comme &lt;em&gt;&#171; islamiste mod&#233;r&#233; &#187;&lt;/em&gt;, mais chef d'Al-Daawa, mouvement chiite qui a organis&#233; nombre d'attentats, contre l'ambassade d'Irak &#224; Beyrouth, par exemple, ou contre les ambassades de France et des &#201;tats-Unis du temps o&#249; ces pays soutenaient Saddam Hussein dans la guerre contre l'Iran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au gouvernement, nomm&#233; enfin le 29 avril, trois mois apr&#232;s les &#233;lections, il est encore incomplet : pas de ministre des arm&#233;es, par de ministre des p&#233;troles, et deux des trois postes de vice-premier ministres non pourvus. Un seul fait marquant : le retour, avec le titre de Vice-Premier ministre, de l'affairiste v&#233;reux Ahmed Chalabi, promu par les Am&#233;ricain en 2003 au premier &#171; Conseil int&#233;rimaire de gouvernement &#187;, avant de tomber en disgr&#226;ce en 2004 et d'&#234;tre poursuivi en justice pour fausse monnaie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une guerre sans fin&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le 9 avril dernier, deuxi&#232;me anniversaire de la chute de Bagdad, une manifestation y aurait regroup&#233; pr&#232;s de 300 000 personnes demandant le d&#233;part des troupes d'occupation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je pense que nous avons grand besoin des Am&#233;ricains et des autres soldats alli&#233;s en Irak jusqu'&#224; ce que nous soyons capables de reconstruire nos forces de s&#233;curit&#233; &#187; a ripost&#233; le nouveau pr&#233;sident de la R&#233;publique, Jalal Talabani, sur les antennes... de CNN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face au bourbier irakien, les &lt;em&gt;&#171; autres soldats alli&#233;s &#187;&lt;/em&gt;, justement, commencent &#224; se d&#233;filer. Le contingent espagnol est parti il y a un an. Les gouvernements bulgare, ukrainien et polonais, ont programm&#233; le retrait de leurs troupes entre mars et la fin de l'ann&#233;e 2005. Certes leur participation est un soutien &#224; Bush plus politique que militaire. Leurs contingents, 450, 1 300 et 1 700 hommes respectivement, sont n&#233;gligeables aux cot&#233;s des 150 000 GI am&#233;ricains, et les gouvernements en question invoquent le co&#251;t trop &#233;lev&#233;, pour eux, des op&#233;rations. Mais leur d&#233;sir de s'en &#233;vader est caract&#233;ristique d'une guerre qui s'enlise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'envie a d&#233;mang&#233; jusqu'&#224; Berlusconi. D&#233;sar&#231;onn&#233; par la mort de l'agent des services secrets italien, tu&#233; par l'arm&#233;e am&#233;ricaine alors qu'il accompagnait une journaliste lib&#233;r&#233;e, &#171; il cavaliere &#187; &#233;tait all&#233; jusqu'&#224; annoncer, le 15 mars, sa d&#233;cision de retirer les troupes italiennes, question de se d&#233;douaner aupr&#232;s de son opinion publique.... Avant d'&#234;tre oblig&#233; de tourner casaque deux jours plus tard, rappel&#233; &#224; l'ordre par Bush.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; Blair, &#224; l'approche des &#233;lections l&#233;gislatives (le 5 mai prochain) il cherche &#224; rassurer son opinion publique en promettant que d'ici un an, ou au pire deux, c'en sera fini et les soldats britanniques rentreront au pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien n'est moins s&#251;r. Car il est plus facile de trouver quelques notables, comme Talabani ou Al-Jaafari, pour cautionner l'occupation que de construire une arm&#233;e et une police irakienne qui puisse, contre le peuple irakien lui-m&#234;me, prendre le relais des troupes d'occupation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arm&#233;e et police irakiennes reconstitu&#233;es ont maintenant des effectifs du m&#234;me ordre de grandeur que les troupes am&#233;ricaines. Mais elles n'ont ni l'entra&#238;nement de ces troupes, ni surtout leur fiabilit&#233;, quand elles ne servent pas de fournisseurs d'armes &#224; la r&#233;sistance ou ne d&#233;sertent pas. Et quand le nouveau pr&#233;sident irakien Talabani se dit pr&#234;t &#224; recourir aux &lt;em&gt;&#171; forces populaires &#187;&lt;/em&gt; que seraient les &lt;em&gt;peshmergas&lt;/em&gt; (milices kurdes) qu'il contr&#244;le ou &#224; des milices chiites contre les groupes arm&#233;s sunnites, ce sont les USA qui ne sont plus d'accord : ils y voient poindre le r&#232;gne de chefs de guerres rivaux qu'ils ne contr&#244;leraient plus, les risques de s&#233;cession ou la prise de contr&#244;le de la ville p&#233;troli&#232;re de Kirkouk par les milices qui en revendiquent le rattachement au Kurdistan.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le Greater Middle-East&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Quant aux attentats et op&#233;rations militaires des groupes arm&#233;s hostiles &#224; l'occupation, loin de s'&#233;teindre, ils se sont multipli&#233;s au cours des derniers mois. Si bien que c'est peut-&#234;tre bien plus vers l'accroissement des effectifs am&#233;ricains en Irak, revendiqu&#233; par l'&#201;tat-major, que vers la r&#233;duction progressive promise r&#233;guli&#232;rement par Bush que la guerre s'oriente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bush avait annonc&#233;, au lendemain du 11 septembre, une &lt;em&gt;&#171; guerre longue contre le terrorisme &#187;&lt;/em&gt;. C'est que son objectif ne se limitait absolument pas &#224; Al-Quaida, ni &#224; l'Afghanistan sans ressources, ni m&#234;me &#224; l'Irak. Il visait un plus grand contr&#244;le de toute la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les USA profitent de leurs deux guerres (celle d'Afghanistan n'est pas finie) &#224; la fois pour faire une d&#233;monstration de force vis-&#224;-vis de tous les pays de la zone et pour multiplier les bases militaires am&#233;ricaines dans la r&#233;gion. L'arm&#233;e am&#233;ricaine a d&#233;j&#224; pris pied en Ouzb&#233;kistan et install&#233; une base a&#233;rienne de 3 000 hommes au Kirghizstan. Elle se pr&#233;pare &#224; ouvrir neuf nouvelles bases militaires en Afghanistan, suivant un accord impos&#233; apr&#232;s une visite au pr&#233;sident Karza&#239; d'un s&#233;nateur r&#233;publicain charg&#233; de la Commission des services arm&#233;s, accompagn&#233; d'Hillary Clinton. Et elle a conclu des accords avec le Tadjikistan et le Kazakhstan pour utiliser leurs bases a&#233;riennes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Contre la guerre de Bush&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'enlisement dans la guerre d'Irak est, pour ce jeu, une sacr&#233;e &#233;pine dans le pied. Mais pour l'instant, m&#234;me si l'occupation ne cesse de fabriquer de nouveaux volontaires pour des attentats suicides et si elle ne peut venir &#224; bout des groupes de r&#233;sistance arm&#233;e, l'arm&#233;e am&#233;ricaine a l'avantage de n'avoir en face qu'une population politiquement d&#233;sarm&#233;e, dont la r&#233;volte est d&#233;voy&#233;e par les diverses coteries nationalistes ou religieuses qui aspirent au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette guerre d'Irak a d&#233;j&#224; co&#251;t&#233; &#224; l'arm&#233;e am&#233;ricaine 1 583 morts (sans compter entre 200 et 300 aux alli&#233;s) et plus de 12 000 bless&#233;s selon les statistiques officielles du Pentagone probablement inf&#233;rieures &#224; la r&#233;alit&#233;. Depuis le d&#233;but de la guerre d'Afghanistan, un million de militaires am&#233;ricains se sont relay&#233;s dans les op&#233;rations et il a fallu puiser parmi les r&#233;servistes. Au point que l'&#201;tat-major am&#233;ricain se plaint aujourd'hui de ne plus trouver assez de nouvelles recrues pour l'arm&#233;e et surtout de volontaires pour les troupes de r&#233;serve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, la population am&#233;ricaine &#171; semble plus pr&#233;occup&#233;e par la r&#233;forme des retraites, le proc&#232;s de Michael Jackson et le prix de l'essence &#187;, commentait le journal Le Monde du 22 mars, &#171; le mouvement antiguerre s'essouffle &#187;. Peut-&#234;tre. Mais en plus de ses victimes, morts et bless&#233;s, la guerre &#224; un co&#251;t, qui n'est pas sans cons&#233;quence sur la r&#233;duction des d&#233;penses sociales. C'est aussi aux &#201;tats-Unis que Bush pourrait trouver des ennemis. Et Blair en Angleterre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En se lan&#231;ant dans ses grandes man&#339;uvres au Moyen-Orient, Bush a fait, &#224; tort ou &#224; raison se demanderait V&#233;drine, un pari. Aux travailleurs de le lui faire perdre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29 avril 2005&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Olivier BELIN&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> SNCF : Nouvel art de la vente !
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/SNCF-Nouvel-art-de-la-vente</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/SNCF-Nouvel-art-de-la-vente</guid>
		<dc:date>2005-05-02T08:37:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Entreprises
</dc:subject>
		<dc:subject>SNCF
</dc:subject>

		<description>SNCF : d&#233;gradation des salaires et des conditions de travail &lt;br /&gt;Agents de conduite, contr&#244;leurs, commerciaux : comme on peut le voir dans ces pages, pas une cat&#233;gorie dont les conditions de travail comme les salaires ne soient d&#233;grad&#233;s. Les cheminots, souvent pr&#233;sent&#233;s comme des privil&#233;gi&#233;s, en particulier sous le pr&#233;texte qu'ils auraient une garantie de l'emploi, partagent bien le sort commun de toute la classe ouvri&#232;re. Pas &#224; s'&#233;tonner si celle-ci, malgr&#233; la propagande patronale et gouvernementale, a&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-39-mai-juin-2005-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 39, mai-juin 2005
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Entreprises-72-+" rel="tag"&gt;Entreprises
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-SNCF-+" rel="tag"&gt;SNCF
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SNCF : d&#233;gradation des salaires et des conditions de travail&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Agents de conduite, contr&#244;leurs, commerciaux : comme on peut le voir dans ces pages, pas une cat&#233;gorie dont les conditions de travail comme les salaires ne soient d&#233;grad&#233;s. Les cheminots, souvent pr&#233;sent&#233;s comme des privil&#233;gi&#233;s, en particulier sous le pr&#233;texte qu'ils auraient une garantie de l'emploi, partagent bien le sort commun de toute la classe ouvri&#232;re. Pas &#224; s'&#233;tonner si celle-ci, malgr&#233; la propagande patronale et gouvernementale, a montr&#233; lors des r&#233;cents mouvements qu'elle &#233;tait dans son immense majorit&#233; syst&#233;matiquement solidaire de leurs luttes. En attendant le n&#233;cessaire et justifi&#233; mouvement d'ensemble public-priv&#233;, souhait&#233; par beaucoup de part et d'autre.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;Le vendeur (ou vendeuse) mod&#232;le, c'est d'abord celui qui porte la tenue. Chemise ou T-shirt bleu de rigueur, avec le pull ou le gilet bleu s'il fait froid. Attention, le foulard personnel n'est pas conforme. Si chat dans la gorge il y a, il faut porter le foulard SNCF. Pour habiller le bas, le pantalon noir est de rigueur, en &#233;vitant les jeans, et les femmes sont autoris&#233;es &#224; porter la jupe, noire elle aussi. Aucune d&#233;rogation, pas m&#234;me en cas de canicule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, le vendeur est poli et souriant. Pour plus de souplesse vis-&#224;-vis des usagers, il peut m&#234;me, s'il le souhaite, suivre un stage de formation &lt;em&gt;&#171; Gestion des conflits &#187;&lt;/em&gt;, conflits fr&#233;quents avec ces voyageurs qui ont parfois du mal &#224; avaler les tarifs &#233;lev&#233;s, les retards r&#233;p&#233;t&#233;s ou les files d'attente interminables, faute de personnel.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Vendre du &#171; r&#234;ve &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le client croit venir acheter son billet de train. Il ignore encore qu'il est devenu une cible &#224; qui le vendeur doit proposer du &#171; r&#234;ve &#187;, dixit certains chefs. Le r&#234;ve peut co&#251;ter cher : le questionnaire de vente est tr&#232;s strict. Tout d'abord, cela va de soi, la destination. Puis les questions sur l'&#226;ge du &#171; client &#187; et la fr&#233;quence des voyages : il s'agit de d&#233;terminer s'il rentre dans le cadre des potentiels acheteurs de cartes commerciales : &lt;em&gt;12-25&lt;/em&gt; pour cette cat&#233;gorie d'&#226;ge, &lt;em&gt;Senior&lt;/em&gt; pour les plus de 60 ans, &lt;em&gt;Escapades&lt;/em&gt; pour l'entre-deux. Ensuite, le type de voyage : le vendeur doit inciter le voyageur &#224; acheter l'aller-retour, parfois plus &#233;conomique mais surtout plus int&#233;ressant pour le point de vente : un aller-retour &#233;gale deux fois plus de sous dans la caisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au passage, le vendeur doit imp&#233;rativement proposer la nuit d'h&#244;tel ou la location de v&#233;hicules, chez les partenaires Accor et Avis. Accor ne propose que des h&#244;tels &#224; &#233;toiles, Avis est l'un des loueurs les plus chers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le vendeur doit &#224; tout prix &#233;viter la prescription des tarifs &lt;em&gt;Prem's&lt;/em&gt;, m&#234;me si le client demande &#171; le moins cher &#187;. Ces fameux tarifs sont plus int&#233;ressants (m&#234;me s'ils ne sont ni &#233;changeables, ni remboursables, on peut avoir un Paris-Marseille &#224; 50 euros l'aller-retour si l'on s'y prend suffisamment &#224; l'avance), il vaut mieux les planquer. Les &lt;em&gt;Prem's&lt;/em&gt; ne sont vendus qu'aux voyageurs qui en font sp&#233;cifiquement la demande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fin de vente, le vendeur doit rappeler les conditions d'apr&#232;s-vente qui ont &#233;t&#233; modifi&#233;es en novembre 2004 : tous les billets sont &#233;changeables et remboursables, sauf les &lt;em&gt;Prem's&lt;/em&gt;, mais uniquement avant le d&#233;part du train, apr&#232;s quoi, le billet est perdu, sauf pour les tarifs normaux, les abonn&#233;s et les tarifs militaires, o&#249; l&#224;, une retenue de 50 % s'applique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Se d&#233;passer soi-m&#234;me&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour motiver les troupes, la direction propose des &#171; r&#233;compenses &#187; sous forme de ch&#232;ques-cadeaux, cadeaux empoisonn&#233;s puisque soumis &#224; d&#233;claration fiscale depuis cette ann&#233;e. Par exemple, pour 60 cartes &lt;em&gt;12-25&lt;/em&gt; vendues, le vendeur re&#231;oit un ch&#232;que-cadeau d'une valeur de 10 euros. Le calcul est simple : sur 2 940 euros rapport&#233;s (une carte &lt;em&gt;12-25&lt;/em&gt; co&#251;te 49 euros), 10 euros &#171; touch&#233;s &#187;, soit un int&#233;ressement de 0,34 %. Quelle obole ! En plus de ces &lt;em&gt;&#171; animations permanentes &#187;&lt;/em&gt; ont lieu r&#233;guli&#232;rement des &lt;em&gt;&#171; challenges &#187;&lt;/em&gt; ou des &lt;em&gt;&#171; stims &#187;&lt;/em&gt; sur un ou deux mois pour booster les ventes de certains produits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pour allier carotte et b&#226;ton, des &lt;em&gt;&#171; tandems &#187;&lt;/em&gt; (observations sur les ventes par le chef d'&#233;quipe) ont lieu r&#233;guli&#232;rement pour remonter les bretelles des plus r&#233;calcitrants au questionnaire commercial. En parall&#232;le ont lieu r&#233;guli&#232;rement des &lt;em&gt;&#171; Enqu&#234;tes myst&#232;re &#187;&lt;/em&gt; fa&#231;on guide Michelin, par un faux client, pour pi&#233;ger les vendeurs insuffisamment entreprenants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Petit &#224; petit, dans les diff&#233;rents &#233;tablissements, se d&#233;veloppe le concept des objectifs individuels. Dans les points de vente qui fonctionnent encore sur le syst&#232;me des objectifs par &#233;quipe, la direction pr&#233;pare l'arriv&#233;e des r&#233;capitulatifs de ventes personnelles, suivis des &lt;em&gt;&#171; caps &#187;&lt;/em&gt; &#224; d&#233;passer pour l'ann&#233;e. Selon les patrons, il faudrait le prendre comme un jeu de &lt;em&gt;&#171; d&#233;passement de soi-m&#234;me &#187;&lt;/em&gt;, mais pour le meilleur &lt;em&gt;&#171; profit de l'entreprise &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains chefs pr&#233;tendent que ce serait la seule mani&#232;re de se d&#233;fendre contre les suppressions de postes. Les vendeurs devraient ainsi prouver leur sup&#233;riorit&#233; sur les machines perfectionn&#233;es qui viennent d'appara&#238;tre, les &lt;em&gt;&#171; bornes &#233;change-minute &#187;&lt;/em&gt;. Pourtant, la rel&#233;gation d'une partie des t&#226;ches de distribution &#224; des machines pourrait servir &#224; baisser le temps de travail, plut&#244;t qu'&#224; supprimer des postes d&#233;j&#224; insuffisants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais n&#8216;attendons pas cela de la SNCF au moment o&#249; de service public elle se transforme en marchand de tapis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ninon HEBERT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_152 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L200xH221/guichet-96f21.gif?1526633875' width='200' height='221' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Contr&#244;leurs agress&#233;s... par la SNCF
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Controleurs-agresses-par-la-SNCF</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Controleurs-agresses-par-la-SNCF</guid>
		<dc:date>2005-05-02T08:35:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Entreprises
</dc:subject>
		<dc:subject>SNCF
</dc:subject>

		<description>SNCF : d&#233;gradation des salaires et des conditions de travail &lt;br /&gt;Agents de conduite, contr&#244;leurs, commerciaux : comme on peut le voir dans ces pages, pas une cat&#233;gorie dont les conditions de travail comme les salaires ne soient d&#233;grad&#233;s. Les cheminots, souvent pr&#233;sent&#233;s comme des privil&#233;gi&#233;s, en particulier sous le pr&#233;texte qu'ils auraient une garantie de l'emploi, partagent bien le sort commun de toute la classe ouvri&#232;re. Pas &#224; s'&#233;tonner si celle-ci, malgr&#233; la propagande patronale et gouvernementale, a&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-39-mai-juin-2005-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 39, mai-juin 2005
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Entreprises-72-+" rel="tag"&gt;Entreprises
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-SNCF-+" rel="tag"&gt;SNCF
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SNCF : d&#233;gradation des salaires et des conditions de travail&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Agents de conduite, contr&#244;leurs, commerciaux : comme on peut le voir dans ces pages, pas une cat&#233;gorie dont les conditions de travail comme les salaires ne soient d&#233;grad&#233;s. Les cheminots, souvent pr&#233;sent&#233;s comme des privil&#233;gi&#233;s, en particulier sous le pr&#233;texte qu'ils auraient une garantie de l'emploi, partagent bien le sort commun de toute la classe ouvri&#232;re. Pas &#224; s'&#233;tonner si celle-ci, malgr&#233; la propagande patronale et gouvernementale, a montr&#233; lors des r&#233;cents mouvements qu'elle &#233;tait dans son immense majorit&#233; syst&#233;matiquement solidaire de leurs luttes. En attendant le n&#233;cessaire et justifi&#233; mouvement d'ensemble public-priv&#233;, souhait&#233; par beaucoup de part et d'autre.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;En Ile-de-France, les contr&#244;leurs des lignes de banlieue sont de plus en plus expos&#233;s aux agressions. En cause : l'environnement social d&#233;grad&#233;, mais pas seulement. La politique de la direction de la SNCF y est aussi pour beaucoup.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;tier de contr&#244;leur ne se r&#233;sume pas &#224; verbaliser les fraudeurs. Il comporte aussi les fonctions de pr&#233;sence &#224; bord des trains, pour accompagner les voyageurs, les renseigner, s'assurer de leur confort et de leur s&#233;curit&#233; : r&#233;glage de la climatisation, fermeture des portes, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or de plus en plus, la SNCF met l'accent sur le volet r&#233;pression. Elle mart&#232;le qu'il faut atteindre &#171; la norme &#187;, c'est-&#224;-dire contr&#244;ler 100 % des trains et 1,5 % des voyageurs dans le mois. Des notes de service viennent rappeler &#224; l'ordre les &#233;quipes qui auraient tendance &#224; se montrer un peu trop conciliantes. Par exemple, il arrive que des touristes se rendant &#224; l'a&#233;roport de Roissy-Charles-de-Gaulle demandent au guichet un billet pour &#171; Charles-de-Gaulle &#187; et qu'on leur vende un titre de transport pour &#171; Charles-de-Gaulle &#201;toile &#187;, sur les Champs &#201;lys&#233;es. Or Roissy est situ&#233; en zone 5 et &#201;toile en zone 1. Avant, les contr&#244;leurs se contentaient de leur faire un tarif guichet, maintenant, ils doivent verbaliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La structure de la paie vient renforcer cette orientation : le salaire de base est d'environ 1 200 euros et ce sont les primes qui viennent le compl&#233;ter, dans une proportion non n&#233;gligeable. Ces EVS (&#201;l&#233;ments variables de solde) sont attribu&#233;s en fonction de diff&#233;rents crit&#232;res, dont le nombre d'amendes per&#231;ues. Les contr&#244;leurs touchent 84 centimes par proc&#232;s-verbal dress&#233;, plus 4 % du montant de l'amende re&#231;ue en paiement diff&#233;r&#233; mais 10 % si elle est per&#231;ue imm&#233;diatement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;vident que cette prime pousse &#224; dresser un certain nombre de proc&#232;s-verbaux et &#224; obtenir un paiement imm&#233;diat, ce qui peut multiplier les situations d&#233;licates pour l'agent. C'est aussi une pression qui s'exerce &#224; l'encontre de la solidarit&#233; entre contr&#244;leurs en instituant entre eux une concurrence &#224; qui dressera le plus grand nombre de proc&#232;s-verbaux. Heureusement, certains groupes de contr&#244;leurs - en banlieue les op&#233;rations &#224; bord des trains se font toujours en &#171; brigades &#187; de cinq - refusent cette forme d'individualisation du salaire, en mettant en commun le nombre de proc&#232;s-verbaux dress&#233;s et d'amendes per&#231;ues chaque mois, de mani&#232;re &#224; se partager la prime qui correspond. Et il est important de maintenir cette solidarit&#233; afin que, habitu&#233;s &#224; travailler ensemble et chacun gardant un &#339;il sur les autres, tous soient pr&#234;ts &#224; intervenir ensemble en cas de difficult&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#234;me volont&#233; d'accro&#238;tre &#171; la productivit&#233; &#187; se manifeste de bien d'autres fa&#231;ons. Ainsi un accord local sur Paris-Nord permettait jusque l&#224; de passer cinq heures au maximum par journ&#233;e travaill&#233;e &#224; verbaliser dans les trains (auxquelles s'ajoutent bien entendu les temps d'attente et autres contraintes du m&#233;tier). La direction voudrait maintenant faire passer le temps de contr&#244;le effectif &#224; bord des trains de cinq heures &#224; six heures trente. Et dans le m&#234;me temps la m&#234;me direction de Paris-Nord a d&#233;cid&#233; de supprimer 20 postes au contr&#244;le. Pourtant d&#233;j&#224; en banlieue, quand un coll&#232;gue est malade, il n'est pas rare de voir des brigades de quatre au lieu des cinq r&#233;glementaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La SNCF fait beaucoup de bruit autour des agressions dont sont victimes &#171; ses &#187; contr&#244;leurs. Ceux-ci peuvent juger de la sinc&#233;rit&#233; de ces plaintes quand, au moment o&#249; les agressions sont toujours plus fr&#233;quentes, elle supprime encore des effectifs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L.G.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_151 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L250xH191/control-9ccfa.gif?1526633878' width='250' height='191' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Les agents de conduite ne veulent pas avoir le &#171; choix &#187;
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Les-agents-de-conduite-ne-veulent-pas-avoir-le-choix</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Les-agents-de-conduite-ne-veulent-pas-avoir-le-choix</guid>
		<dc:date>2005-05-02T08:34:09Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Entreprises
</dc:subject>
		<dc:subject>SNCF
</dc:subject>

		<description>SNCF : d&#233;gradation des salaires et des conditions de travail &lt;br /&gt;Agents de conduite, contr&#244;leurs, commerciaux : comme on peut le voir dans ces pages, pas une cat&#233;gorie dont les conditions de travail comme les salaires ne soient d&#233;grad&#233;s. Les cheminots, souvent pr&#233;sent&#233;s comme des privil&#233;gi&#233;s, en particulier sous le pr&#233;texte qu'ils auraient une garantie de l'emploi, partagent bien le sort commun de toute la classe ouvri&#232;re. Pas &#224; s'&#233;tonner si celle-ci, malgr&#233; la propagande patronale et gouvernementale, a&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-39-mai-juin-2005-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 39, mai-juin 2005
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Entreprises-72-+" rel="tag"&gt;Entreprises
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-SNCF-+" rel="tag"&gt;SNCF
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SNCF : d&#233;gradation des salaires et des conditions de travail&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Agents de conduite, contr&#244;leurs, commerciaux : comme on peut le voir dans ces pages, pas une cat&#233;gorie dont les conditions de travail comme les salaires ne soient d&#233;grad&#233;s. Les cheminots, souvent pr&#233;sent&#233;s comme des privil&#233;gi&#233;s, en particulier sous le pr&#233;texte qu'ils auraient une garantie de l'emploi, partagent bien le sort commun de toute la classe ouvri&#232;re. Pas &#224; s'&#233;tonner si celle-ci, malgr&#233; la propagande patronale et gouvernementale, a montr&#233; lors des r&#233;cents mouvements qu'elle &#233;tait dans son immense majorit&#233; syst&#233;matiquement solidaire de leurs luttes. En attendant le n&#233;cessaire et justifi&#233; mouvement d'ensemble public-priv&#233;, souhait&#233; par beaucoup de part et d'autre.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'occasion des notations annuelles, en mars, la Direction nationale de la SNCF avait donn&#233; la &#171; directive &#187; d'introduire, pour les conducteurs, des crit&#232;res de &#171; m&#233;rite &#187; dans le calcul du salaire. C'est ce qui a entra&#238;n&#233;, dans certains d&#233;p&#244;ts de Paris et de province, des gr&#232;ves de quelques jours devant lesquelles la direction a finalement d&#251; remballer tout ou partie de ses projets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; statut &#187; pr&#233;voit que, chaque ann&#233;e, un quota de cheminots pourra b&#233;n&#233;ficier d'une &lt;em&gt;&#171; position de r&#233;mun&#233;ration sup&#233;rieure &#187;. &lt;/em&gt;Ce gain d'une position signifie la mont&#233;e d'un degr&#233; dans la grille hi&#233;rarchique et se traduit par une augmentation du salaire fixe (sans les primes) de 45 euros bruts. L'obtention de cette position est extr&#234;mement codifi&#233;e dans la convention collective. Elle est cens&#233;e se faire moiti&#233; dans l'ordre de l'anciennet&#233; et moiti&#233; sur la liste &#171; au choix &#187;, c'est-&#224;-dire sur proposition du chef.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la gr&#232;ve de 1986-1987, les conducteurs avaient obtenu que les &#171; positions accord&#233;es au choix &#187; soient en d&#233;finitive attribu&#233;es dans l'ordre d'anciennet&#233;. C'est l&#224;-dessus que la Direction a voulu revenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; choix &#187; (en fait un coup de pouce donn&#233; par la hi&#233;rarchie qui est cependant tenue d'en informer les syndicats) se fait au bon vouloir du chef. C'est lui qui propose ou non l'agent pour le passage d'une &#171; position &#187; &#224; une autre. Il peut donc non seulement bloquer le salari&#233; l&#224; o&#249; il est, mais privil&#233;gier l'un par rapport &#224; l'autre. Faire &#171; grimper &#187; par exemple le plus jeune embauch&#233; et &#171; sauter &#187; c'est-&#224;-dire laisser en rade le plus ancien. En vertu de quoi ? De pr&#233;tendues &lt;em&gt;&#171; capacit&#233;s &#224; r&#233;pondre aux attentes des clients &#187;&lt;/em&gt; ou autres &lt;em&gt;&#171; capacit&#233;s d'adaptation &#187;&lt;/em&gt;, selon la &lt;em&gt;&#171; r&#233;volution manag&#233;riale &#187;&lt;/em&gt; de la direction de la SNCF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cons&#233;quence : le salari&#233; l&#233;s&#233; peut perdre une ann&#233;e d'augmentation de salaire (quelque 4 %, ce n'est pas rien alors que les augmentations g&#233;n&#233;rales sont d&#233;risoires et bien loin de compenser la hausse du co&#251;t de la vie). Il peut m&#234;me perdre sa place dans la liste d'avancement, ce qui se r&#233;percutera sur son salaire toute sa vie, selon le seul arbitraire de la hi&#233;rarchie. Faire intervenir le &#171; m&#233;rite &#187;, n'est donc rien d'autre que tenter de diviser, une sale manie de la SNCF qui a, par ailleurs, invent&#233; il y a peu une nouvelle prime, la Gexci, attribu&#233;e elle aussi par des chefs aux agents dits les plus &#171; m&#233;ritants &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Gr&#232;ves &#224; Paris-Est et Paris-Nord&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La directive &#233;tait donn&#233;e nationalement mais la responsabilit&#233; de son application &#233;tait laiss&#233;e aux directions locales, puisque c'est le chef direct qui propose ou non l'avancement. Et selon les d&#233;p&#244;ts, les chefs ont choisi ou pas l'affrontement. C'est donc contre la traduction locale de cette directive que les conducteurs des d&#233;p&#244;ts de Paris-Est se sont mis en gr&#232;ve pendant cinq jours &#224; l'appel de l'intersyndicale r&#233;unissant FGAAC-FO-SUD-Rail-UNSA.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb7-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Bien que la CGT soit le premier syndicat sur la gare, elle a perdu presque (...)' id='nh7-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Localement, 14 roulants se trouvaient sanctionn&#233;s par l'application de la directive. Cette discrimination salariale a r&#233;volt&#233;, dans cette p&#233;riode o&#249; d'un c&#244;t&#233; les salaires restent quasi-bloqu&#233;s tandis que l'entreprise affiche au bas mot 130 millions d'euros de b&#233;n&#233;fices nets, sans compter les folies du nouveau logo. Les gr&#233;vistes savaient tous que s'ils laissaient certains p&#226;tir cette ann&#233;e, ce serait le tour de bien d'autres l'ann&#233;e prochain. Le directeur de l'&#233;tablissement a bien us&#233; sa plume &#224; &#233;crire &#224; chacun qu'il trouvait le mouvement disproportionn&#233;, c'est rest&#233; sans effet. C'est &#224; plus de 70 %-80 % que nous nous sommes mis en gr&#232;ve pendant cinq jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#233;vistes se sont invit&#233;s massivement au CE, d&#232;s le deuxi&#232;me jour du conflit, pour dire leur mani&#232;re de penser au directeur r&#233;gional obligeant les repr&#233;sentants syndicaux si&#233;geant &#224; quitter la s&#233;ance et appuyer le mouvement. Des gr&#233;vistes ont particip&#233; aux piquets mis en place par les organisations syndicales pour discuter avec les non gr&#233;vistes. &#192; quelques-uns, nous sommes all&#233;s &#224; la gare du Nord, proche, rendre visite aux agents de conduite qui eux aussi ont fait gr&#232;ve &#224; 70 %, pour les m&#234;mes raisons et pendant 2 jours, &#224; l'appel des 4 syndicats CGT-FO-FGAAC-SUD-rail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Paris-Est, des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales se sont tenues, vivantes, on y discutait de tout, on y votait, mais les d&#233;l&#233;gu&#233;s du personnel et les syndicats n'ont eu ni l'id&#233;e ni l'envie que des gr&#233;vistes les accompagnent pour aller causer de vive voix avec la direction. Ils se sont jalousement r&#233;serv&#233; le monopole des discussions avec cette derni&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors d'une premi&#232;re rencontre, la direction c&#233;dait seulement sur la moiti&#233; des cas litigieux. La gr&#232;ve a donc continu&#233;. Le lendemain une nouvelle d&#233;l&#233;gation syndicale fut re&#231;ue. Et cette fois, la direction a c&#233;d&#233; sur tous, donnant m&#234;me des &#171; positions &#187; en plus &#224; de futurs retraitables. Tous ensemble nous avons alors d&#233;cid&#233; de reprendre le travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le coup d'essai tent&#233; entre autres &#224; la gare de l'Est et &#224; la gare du Nord (o&#249; la direction a c&#233;d&#233; aussi) a donc fait chou blanc. Comme il l'avait fait aussi au d&#233;but mars, sur simple menace d'un pr&#233;avis de gr&#232;ve, au d&#233;p&#244;t de Sotteville dans la r&#233;gion rouennaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La directive de la Direction n'est pas abandonn&#233;e pour autant, la vigilance est donc de rigueur. La question se pose d'ailleurs que tous les cheminots, de tous les services, s'opposent ensemble &#224; une politique qui les touchent tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre VOIRON&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb7-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh7-1' class='spip_note' title='Notes 7-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Bien que la CGT soit le premier syndicat sur la gare, elle a perdu presque toutes ses forces chez les &#171; roulants &#187;, pour l'essentiel au profit de Sud-Rail, depuis qu'elle s'est oppos&#233;e aux int&#233;r&#234;ts de ceux-ci en optant pour les 35 heures sauce patronale. Seuls quelques rares militants se sont joints individuellement au mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Belgique : 104 jours de gr&#232;ve contre un plan de licenciements
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Belgique-104-jours-de-greve-contre-un-plan-de-licenciements</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Belgique-104-jours-de-greve-contre-un-plan-de-licenciements</guid>
		<dc:date>2005-05-02T08:28:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Belgique
</dc:subject>

		<description>Au bout de 104 jours la gr&#232;ve des travailleurs d'AGC Automotive a pris fin le 21 mars dernier. Depuis le 2 d&#233;cembre, ils se battaient contre le licenciement de 284 personnes sur les 840 du site, dont environ 600 &#224; la production. L'usine de Fleurus, pr&#232;s de Charleroi, fait partie du groupe japonais Asahi Glass et fabrique des vitres pour l'industrie automobile. Ce trust a r&#233;alis&#233; plus d'un milliard d'euros de b&#233;n&#233;fices l'ann&#233;e derni&#232;re. Il pr&#233;voyait quand m&#234;me de mettre dehors la moiti&#233; des ouvriers&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-39-mai-juin-2005-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 39, mai-juin 2005
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Belgique-+" rel="tag"&gt;Belgique
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au bout de 104 jours la gr&#232;ve des travailleurs d'AGC Automotive a pris fin le 21 mars dernier. Depuis le 2 d&#233;cembre, ils se battaient contre le licenciement de 284 personnes sur les 840 du site, dont environ 600 &#224; la production. L'usine de Fleurus, pr&#232;s de Charleroi, fait partie du groupe japonais Asahi Glass et fabrique des vitres pour l'industrie automobile. Ce trust a r&#233;alis&#233; plus d'un milliard d'euros de b&#233;n&#233;fices l'ann&#233;e derni&#232;re. Il pr&#233;voyait quand m&#234;me de mettre dehors la moiti&#233; des ouvriers de l'usine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve a commenc&#233; par un coup de col&#232;re, la s&#233;questration de l'&#233;quipe de direction pendant 24 heures. Mais la d&#233;termination ne s'est plus d&#233;mentie tout au long de ces trois mois de gr&#232;ve. Les plus impliqu&#233;s, un noyau dur d'une quarantaine d'ouvriers, ont &#233;t&#233; pr&#233;sents chaque jour au piquet de gr&#232;ve. De jour comme de nuit, par des temp&#233;ratures souvent tr&#232;s basses, ils ont continu&#233; &#224; se relayer de longues heures durant. Et pour rallier un grand nombre de ceux qui restaient la plupart du temps chez eux, ils ont organis&#233; diff&#233;rentes festivit&#233;s comme un r&#233;veillon pour la nouvelle ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le contr&#244;le, celui de la gr&#232;ve comme celui de la caisse de gr&#232;ve, est rest&#233; dans les mains des syndicats&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais ce ne sont pas ces gr&#233;vistes radicaux qui ont dirig&#233; la gr&#232;ve. Elle est rest&#233;e, du d&#233;but &#224; la fin, encadr&#233;e par les deux syndicats pr&#233;sents sur le site, la FGTB (le syndicat socialiste) et la CSC (le syndicat chr&#233;tien). Et ceux-l&#224;, en versant aux gr&#233;vistes des indemnit&#233;s de gr&#232;ve journali&#232;res, ont permis &#224; la lutte de s'installer dans la dur&#233;e mais pas d'aller vers une victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le front commun des deux syndicats a de nombreuses fois vol&#233; en &#233;clat. La FGTB a jou&#233; la carte du radicalisme, parlant d'une gr&#232;ve exemplaire qu'il fallait tenir jusqu'au bout. La CSC celle du syndicat responsable, se posant en interlocuteur sans cesse pr&#234;t &#224; dialoguer avec un patron, qui ne l&#226;chait rien, et alarmant les gr&#233;vistes, en faisant mine de croire &#224; toutes les rumeurs et tous les chantages &#224; la fermeture. Ce petit jeu d'opposition a bien servi &#224; l'un et &#224; l'autre pour aveugler les salari&#233;s sur les raisons d'un &#233;chec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La FGTB a propos&#233; de mettre en place un comit&#233; de gr&#232;ve. Mais il n'&#233;tait pas &#233;lu par l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale, et n'avait aucun pouvoir. C'&#233;tait un regroupement de toutes les bonnes volont&#233;s, ceux qui &#233;taient toujours pr&#233;sents au piquet. Et &#224; leurs dires m&#234;me, ils se sont retrouv&#233;s &#224; faire cuire les brochettes et n'ont pu avoir aucune initiative. Pendant la p&#233;riode des n&#233;gociations, qui ont dur&#233; de longues semaines en f&#233;vrier, ils n'&#233;taient au courant de rien de ce qui se discutait. Les d&#233;l&#233;gu&#233;s ne passaient plus au piquet. Certains auraient aim&#233; faire des actions pour faire conna&#238;tre leur gr&#232;ve, aller voir les salari&#233;s d'autres entreprises... Mais ils n'en avaient pas les moyens financiers : seuls les d&#233;l&#233;gu&#233;s avaient le contr&#244;le de la caisse de gr&#232;ve, dans laquelle il y avait une somme non n&#233;gligeable, les dons affluant d'un peu partout en Belgique. Beaucoup d'entre eux auraient voulu que cet argent serve sur le moment, pour se faire voir dans le pays. Mais les syndicalistes le r&#233;servaient... pour un partage &#224; la fin de la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Malgr&#233; 249 licenciements, liste &#171; noire &#187; et liste &#171; grise &#187;, la fiert&#233; d'avoir lutt&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;De fait, les gr&#233;vistes se sont rapidement retrouv&#233;s isol&#233;s. La solidarit&#233; de la population et des salari&#233;s du coin &#233;tait pourtant forte. D&#232;s d&#233;cembre une manifestation avait rassembl&#233; 5 000 personnes &#224; Charleroi, souvent venues d'entreprises voisines. Dans une r&#233;gion, le Hainaut, o&#249; le taux de ch&#244;mage est de plus de 25 %, nombreux &#233;taient ceux qui se sentaient concern&#233;s par cette lutte contre un plan de licenciements massif. Des visites &#224; d'autres sites verriers ont aussi &#233;t&#233; organis&#233;es au d&#233;but, mais soigneusement encadr&#233;es par les syndicats : les gr&#233;vistes &#233;taient toujours re&#231;us par les d&#233;l&#233;gations syndicales, qui faisaient barrage &#224; tout contact direct avec les ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi les gr&#233;vistes commen&#231;aient-ils &#224; fatiguer d&#233;but mars. Ce qui ne les a pas emp&#234;ch&#233;s de repousser &#224; une majorit&#233; de 56 % les propositions de la direction, lors d'un vote &#224; bulletins secret. Il faut dire que ces propositions &#233;taient particuli&#232;rement crapuleuses : le maintien de 249 licenciements, avec une &#171; liste noire &#187; de 75 personnes, des &#171; ind&#233;sirables &#187; qui ne pourraient pas remettre les pieds &#224; l'usine, et une &#171; liste grise &#187; de 60 autres travailleurs, qui seraient mis &#224; l'&#233;preuve pendant six mois &#224; un an, constamment menac&#233;s d'&#234;tre mis &#224; la porte. C'est pourtant ce m&#234;me plan patronal que les deux syndicats ont sign&#233; trois semaines plus tard, acceptant de ce fait le d&#233;mant&#232;lement de leurs d&#233;l&#233;gations syndicales, puisque 14 syndicalistes &#171; prot&#233;g&#233;s &#187; ont &#233;t&#233; licenci&#233;s. Conclusion pourtant de Christian Viroux, secr&#233;taire r&#233;gional de la FGTB : &#171; &lt;em&gt;Pas de regrets, si c'&#233;tait &#224; refaire, je le referais de la m&#234;me fa&#231;on, nous avons eu le contr&#244;le de nos actes et de ceux de nos affili&#233;s du d&#233;but &#224; la fin&lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes parmi ceux qui restent dans l'usine comme parmi les licenci&#233;s, ils sont nombreux &#224; consid&#233;rer ce qu'ils ont fait avec fiert&#233;, et qui, non d&#233;courag&#233;s, entendent continuer, apporter leur soutien &#224; d'autres usines en gr&#232;ve, raconter leur exp&#233;rience. Mais il faudra qu'ils en tirent toutes les le&#231;ons, pour mener plus loin le prochain combat, &#224; AGC ou ailleurs...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29 avril 2005&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lydie GRIMAL&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Citro&#235;n (Aulnay) : les travailleurs renouent avec la gr&#232;ve
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Citroen-Aulnay-les-travailleurs-renouent-avec-la-greve</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Citroen-Aulnay-les-travailleurs-renouent-avec-la-greve</guid>
		<dc:date>2005-05-02T08:26:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Entreprises
</dc:subject>
		<dc:subject>PSA
</dc:subject>

		<description>Depuis le mouvement victorieux de 1982, qui avait pr&#233;sid&#233; &#224; l'apparition d'une section syndicale CGT importante, et la gr&#232;ve avec occupation de 1984, qui s'est conclue par une d&#233;faite et le licenciement de pr&#232;s d'un millier de travailleurs - la direction de la CGT ayant fait croire qu'il suffisait de faire confiance au gouvernement de gauche - il n'y avait pas eu de mouvement important sur le site d'Aulnay (93). &lt;br /&gt;La composition des 5 200 salari&#233;s de cette usine de montage du groupe Peugeot-Citro&#235;n,&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-39-mai-juin-2005-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 39, mai-juin 2005
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Entreprises-72-+" rel="tag"&gt;Entreprises
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-PSA-+" rel="tag"&gt;PSA
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis le mouvement victorieux de 1982, qui avait pr&#233;sid&#233; &#224; l'apparition d'une section syndicale CGT importante, et la gr&#232;ve avec occupation de 1984, qui s'est conclue par une d&#233;faite et le licenciement de pr&#232;s d'un millier de travailleurs - la direction de la CGT ayant fait croire qu'il suffisait de faire confiance au gouvernement de gauche - il n'y avait pas eu de mouvement important sur le site d'Aulnay (93).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La composition des 5 200 salari&#233;s de cette usine de montage du groupe Peugeot-Citro&#235;n, qui a produit 418 000 v&#233;hicules en 2004, s'est profond&#233;ment renouvel&#233;e depuis vingt ans. Aux immigr&#233;s marocains majoritaires dans les ann&#233;es 80, ont succ&#233;d&#233; des jeunes de banlieue et l'usage de travailleurs int&#233;rimaires s'est g&#233;n&#233;ralis&#233; - au m&#233;pris des lois - au point d'atteindre, &#224; certains moments, le tiers du personnel ouvrier (actuellement 500 int&#233;rimaires sur 4 300).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cadences ont depuis longtemps rattrap&#233; celles des Japonais. Les paies, 1140 &#8364; nets pour un jeune embauch&#233; sur cha&#238;ne, y compris les primes d'&#233;quipe, sont tr&#232;s basses. L'encadrement multiplie les brimades, sans compter le flicage des travailleurs au travers de certains syndicats maison, le SIA (ex-CSL) par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;contentement est donc grand dans l'usine. Aussi la programmation de journ&#233;es non travaill&#233;es, indemnis&#233;es &#224; 60 % seulement, a suffi &#224; mettre le feu aux poudres. Au mois de mars pour les seuls vendredis non travaill&#233;s, les pertes de salaire auraient &#233;t&#233; en effet jusqu'&#224; 150 &#8364;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mercredi 2 mars, apr&#232;s le briefing de l'&#233;quipe du matin, 10 travailleurs d'un secteur du Montage Un, malgr&#233; les menaces des chefs, cessaient le travail pendant dix minutes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeudi, avec l'appui de syndicalistes de la CGT, de la CFDT et de Sud, 17 travailleurs du m&#234;me secteur votaient la gr&#232;ve, r&#233;digeaient un appel aux autres travailleurs et passaient sur les cha&#238;nes. En fin d'&#233;quipe on comptait d&#233;j&#224; 140 gr&#233;vistes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Sous le contr&#244;le de l'ensemble des gr&#233;vistes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement se renforce avec l'&#233;quipe de l'apr&#232;s-midi, au point que la direction propose de recevoir deux d&#233;l&#233;gu&#233;s par organisation syndicale accompagn&#233;s de 20 gr&#233;vistes. Mais ce sont les 200 gr&#233;vistes pr&#233;sents qui se rendent &#224; la convocation, refusent de n&#233;gocier avec les seuls sous-fifres et, apr&#232;s avoir r&#233;clam&#233; en vain la pr&#233;sence du patron, repartent vers les ateliers aux cris de &#171; 100 % pour tous ! &#187; et &#171; touchez pas &#224; nos compteurs &#187; (la direction se proposant de puiser dans les r&#233;serves des jours de cong&#233;s pour indemniser les jours ch&#244;m&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;quipe de nuit est touch&#233;e &#224; son tour. Les voitures ne sortent plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#233;vistes, entre 350 et 450, sont tr&#232;s d&#233;cid&#233;s, mais la gr&#232;ve est minoritaire. Les jours ch&#244;m&#233;s des int&#233;rimaires, &#224; la suite de la menace d'un mouvement &#224; Sochaux l'an pass&#233;, sont indemnis&#233;s &#224; 100 % en fin de mission ; ils ne participent pas au mouvement. Au Ferrage, l'autre grand atelier de l'usine, la gr&#232;ve est peu suivie. Par contre une cinquantaine de caristes et de transporteurs employ&#233;s par Gefco, une filiale de PCA, se sont engag&#233;s activement dans la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lundi 7 mars, 80 gr&#233;vistes sont pr&#233;sents &#224; l'entr&#233;e, un peu inquiets car ce n'est pas l'&#233;quipe qui a d&#233;marr&#233; la gr&#232;ve qui est cette semaine-l&#224; du matin. Mais vite rassur&#233;s puisqu'ils se retrouvent finalement 250. La direction propose de n&#233;gocier &#224; nouveau, d'abord dans un autre site de la r&#233;gion parisienne, Poissy, puis finalement &#224; Aulnay m&#234;me. Dans une salle vitr&#233;e, une trentaine de membres de la d&#233;l&#233;gation, &#233;lus en assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale, entrent dans la salle avec un micro, laissant un haut-parleur dehors, afin que les 350 gr&#233;vistes puissent suivre directement les &#233;changes... et marteler les vitres lorsqu'ils sont m&#233;contents des propos tenus. Les d&#233;l&#233;gu&#233;s SIA sont expuls&#233;s de la salle. Mais la direction s'en tient &#224; ne vouloir payer que 12 jours ch&#244;m&#233;s sur 25 et faire r&#233;cup&#233;rer le reste. La gr&#232;ve continue m&#234;me si le lendemain FO et la CFTC acceptent les conditions de la direction malgr&#233; le d&#233;saccord de leur base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mercredi, alors que l'usine tourne au ralenti, les gr&#233;vistes &#233;lisent un comit&#233; d'organisation de la gr&#232;ve soutenu par la CGT, la CFDT et Sud, d'environ 80 gr&#233;vistes. Il est habituel que les syndicats, lors des n&#233;gociations avec le patron, &#233;toffent la d&#233;l&#233;gation d'un certain nombre de gr&#233;vistes pour lui donner un air d&#233;mocratique. Ici, le comit&#233; d'organisation de la gr&#232;ve inclut des militants syndicaux mais il tient son pouvoir de son &#233;lection par l'assembl&#233;e des ouvriers en gr&#232;ve et non du bon vouloir des organisations syndicales, et c'est loin d'&#234;tre une formalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est lui qui d&#233;cide de populariser le mouvement en se rendant en cort&#232;ge, avec tracts et banderoles, au centre commercial Paris-Nord (Carrefour) situ&#233; &#224; 800 m&#232;tres o&#249; les gr&#233;vistes sont accueillis chaleureusement par la population et les caissi&#232;res. Ou de participer &#224; la manifestation interprofessionnelle du 10 mars d'o&#249; quelques centaines de jeunes retourn&#232;rent &#224; l'usine aux cris de &#171; aujourd'hui &#224; Paris, demain &#224; Poissy ! &#187;. La conscience de la n&#233;cessit&#233; d'&#233;tendre le mouvement &#224; d'autres travailleurs du groupe &#233;tait l&#224;. Cela a sans doute pes&#233; sur la volont&#233; de la direction de rechercher un compromis, d'autant plus qu'elle a besoin de sa production, presque stopp&#233;e par la gr&#232;ve, et que la tension va monter d'un cran avec l'irruption des gr&#233;vistes dans l'atelier de peinture le lundi matin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'autre c&#244;t&#233; ce lundi 14 mars, les gr&#233;vistes, toujours tr&#232;s engag&#233;s et tenant bon, plafonnent au nombre de 300.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les concessions de la direction&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ces conditions qu'une nouvelle journ&#233;e de n&#233;gociations aboutit &#224; un accord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les jours de gr&#232;ve seront pay&#233;s, mais trois d'entre eux r&#233;cup&#233;r&#233;s par des journ&#233;es en avril (nettoyage et entretien, mais pas de production de voitures).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 7 premiers jours ch&#244;m&#233;s, au lieu d'&#234;tre pay&#233;s &#224; 60 %, seront r&#233;gl&#233;s &#224; 100 %, indemnit&#233;s incluses, dans tout le groupe PCA. S'il y a plus de 7 jours ch&#244;m&#233;s, ils seront pay&#233;s &#224; 100 % mais r&#233;cup&#233;r&#233;s en travaillant le samedi, au volontariat, dans un d&#233;lai de deux ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan des revendications c'est un succ&#232;s d'autant que les jours de gr&#232;ve sont pay&#233;s. Et sur le plan du moral c'est une victoire. Une fraction des travailleurs du site, dirigeant leur gr&#232;ve d&#233;mocratiquement, bien que n'ayant pu entra&#238;ner la majorit&#233; de l'entreprise, ont b&#233;n&#233;fici&#233; de la sympathie de celle-ci et ont quasiment bloqu&#233; une bonne partie de la production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction a d&#251; promettre qu'il n'y aurait pas de sanctions pour fait de gr&#232;ve. Paroles de patron ? Mais justement c'est cette autorit&#233; du patron qui a &#233;t&#233; remise en cause. Un gr&#233;viste a r&#233;sum&#233; ainsi la situation : &#171; On a rompu nos cha&#238;nes ! &#187;. Depuis des ann&#233;es on nous ressasse, certains pour le regretter, d'autres pour s'en r&#233;jouir, que les travailleurs du priv&#233; ont bien trop de difficult&#233;s pour entrer en lutte. Quelques centaines d'ouvriers de Citro&#235;n viennent de montrer... que ces obstacles &#233;taient loin d'&#234;tre insurmontables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bertrand MICHAUD&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_150 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L300xH183/citron-c4453.gif?1526633884' width='300' height='183' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Lyc&#233;ens : la loi Fillon est pass&#233;e, mais une g&#233;n&#233;ration est entr&#233;e en politique
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Lyceens-la-loi-Fillon-est-passee-mais-une-generation-est-entree-en-politique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Lyceens-la-loi-Fillon-est-passee-mais-une-generation-est-entree-en-politique</guid>
		<dc:date>2005-05-02T08:25:30Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Lyc&#233;ens
</dc:subject>
		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
</dc:subject>

		<description>Le mercredi 21 Avril, 178 lyc&#233;ens &#233;taient interpell&#233;s lors de l'occupation d'un b&#226;timent de l'&#233;ducation nationale &#224; Paris. Une vingtaine est aujourd'hui mise en examen. Ces arrestations t&#233;moignent de la volont&#233; du gouvernement d'en finir brutalement avec un mouvement, pourtant devenu tr&#232;s minoritaire, mais qui dure depuis trois mois et a marqu&#233; l'actualit&#233; sociale de ce d&#233;but d'ann&#233;e. &lt;br /&gt;Quelques jours plus tard, le conseil constitutionnel censure deux articles de la loi Fillon, dont l'un est la r&#233;f&#233;rence&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-39-mai-juin-2005-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 39, mai-juin 2005
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Lyceens-+" rel="tag"&gt;Lyc&#233;ens
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Societe-74-+" rel="tag"&gt;Soci&#233;t&#233;
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le mercredi 21 Avril, 178 lyc&#233;ens &#233;taient interpell&#233;s lors de l'occupation d'un b&#226;timent de l'&#233;ducation nationale &#224; Paris. Une vingtaine est aujourd'hui mise en examen. Ces arrestations t&#233;moignent de la volont&#233; du gouvernement d'en finir brutalement avec un mouvement, pourtant devenu tr&#232;s minoritaire, mais qui dure depuis trois mois et a marqu&#233; l'actualit&#233; sociale de ce d&#233;but d'ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques jours plus tard, le conseil constitutionnel censure deux articles de la loi Fillon, dont l'un est la r&#233;f&#233;rence aux annexes. Un petit ennui pour le ministre de l'&#233;ducation, mais certainement pas un camouflet comme le pr&#233;tendent le PS et les syndicats lyc&#233;ens qui lui sont affili&#233;s, la FIDL et l'UNL. L'essentiel reste et la loi est assez floue pour que les d&#233;crets d'application r&#233;servent de mauvaises surprises. Si les coups de b&#226;ton (ou de matraque) sont bien r&#233;els, la carotte, elle, est tout ce qu'il y a de plus virtuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement a donc remport&#233; cette manche : le mouvement aura bien du mal &#224; se maintenir apr&#232;s les vacances de printemps, encore plus &#224; redevenir massif avec l'approche du bac. Il est temps de faire le bilan.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des manifestations&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Commenc&#233; le 20 janvier, &#224; l'occasion d'une journ&#233;e d'action des fonctionnaires, le mouvement grossit jusqu'&#224; la veille des vacances d'hiver, le 10 f&#233;vrier, o&#249; 100 000 lyc&#233;ens manifestent dans tout le pays. Il est d'embl&#233;e national et d&#233;bute simultan&#233;ment dans plusieurs r&#233;gions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les vacances, rentr&#233;e en fanfare : 165 000 lyc&#233;ens manifestent le mardi 8 mars. Des villes comme Toulouse ou Clermont-Ferrand font le plein. Des d&#233;fil&#233;s couvrent tout le pays, m&#234;me des petites agglom&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si la mobilisation est un grand succ&#232;s en province, &#224; Paris le b&#226;t blesse : la manifestation est petite (10 000 personnes seulement contre plus de 40 000 pour la pr&#233;c&#233;dente) et attaqu&#233;e par des bandes de racketteurs. Et la police reste passive, le gouvernement comptant sans doute sur ces violences pour casser le mouvement. R&#233;sultat : tous les manifestants parisiens sont t&#233;moins de vols, souvent avec violences, quand ils n'en sont pas les victimes. Les services d'ordre, presque inexistants, sont largement d&#233;bord&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant le cort&#232;ge parisien du 15 f&#233;vrier avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; attaqu&#233; par des bandes. Mais du c&#244;t&#233; des lyc&#233;ens le mouvement n'&#233;tait pas assez structur&#233;, les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales par lyc&#233;e assez nombreuses et la coordination nationale assez repr&#233;sentative, pour avoir anticip&#233; et pris les mesures d'organisation n&#233;cessaires pour r&#233;sister aux attaques. Et du c&#244;t&#233; des enseignants, dont les syndicats soutenaient la lutte des lyc&#233;ens en parole, aucune organisation n'a envisag&#233; d'appeler les professeurs &#224; se joindre &#224; la manifestation de leurs &#233;l&#232;ves, au moins pour les aider &#224; se prot&#233;ger !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lyc&#233;ens sont quand m&#234;me nombreux &#224; accompagner les salari&#233;s dans la rue deux jours plus tard, le 10 mars, prouvant leur volont&#233; de faire la jonction avec tous ceux qui sont victimes des attaques du m&#234;me gouvernement. Le sentiment que le mouvement peut sortir de son isolement prend corps. Comme les salari&#233;s combatifs, les lyc&#233;ens mobilis&#233;s attendent confus&#233;ment une suite &#224; cette journ&#233;e qui a rassembl&#233; &#224; travers le pays plus de 600 000 personnes. Mais pas plus que beaucoup de salari&#233;s, ils n'ont conscience qu'il ne faut pas attendre cette suite des syndicats. Et pas plus que les salari&#233;s, les lyc&#233;ens ne sont r&#233;ellement structur&#233;s ind&#233;pendamment - les syndicats sont pourtant encore moins repr&#233;sentatifs chez eux mais la coordination nationale n'est pas plus alors une direction alternative - de fa&#231;on &#224; proposer &#224; la jeunesse, voire aux travailleurs, de continuer et d'accentuer une riposte d'ensemble qui semblait &#234;tre &#224; l'ordre du jour sinon avoir commenc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des blocages&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Entre les jeunes les moins d&#233;cid&#233;s, que les violences du 8 mars ont d&#233;courag&#233;s, et les plus en pointe, qui voient les perspectives d'&#233;largissement reculer sans savoir quoi faire, la mobilisation prend alors un coup dans l'aile. La phase de d&#233;clin est enclench&#233;e, alors que la loi sera d&#233;finitivement adopt&#233;e la semaine suivante. Les syndicats lyc&#233;ens en profitent pour expliquer que les manifestations ne sont plus utiles, voire m&#234;me qu'elles sont dangereuses. Ils vont perdre la confiance des jeunes qui souhaitent continuer le combat mais qui sont de plus en plus minoritaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La coordination nationale devient certes plus audible. D'une part les syndicats lui laissent le champ libre en abandonnant le terrain de la lutte. De l'autre les efforts de structuration portent peu &#224; peu leurs fruits. Les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales locales se multiplient (mais elles sont parfois d'autant plus r&#233;ussies que les manifestations se vident). Et quelques lyc&#233;es sont alors bloqu&#233;s, un premier &#224; Toulouse, un second en banlieue parisienne. Objectif : r&#233;unir le plus de lyc&#233;ens possible &#224; l'entr&#233;e pour faire voter la gr&#232;ve, organiser la mobilisation et partir en cort&#232;ge aux manifestations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les blocages, que la coordination nationale d&#233;cide de g&#233;n&#233;raliser, relancent la mobilisation dans des lyc&#233;es essouffl&#233;s, tandis que d'autres entrent enfin dans la danse en organisant ces &#171; piquets de gr&#232;ve &#187;. Ils font tache d'huile gr&#226;ce &#224; leurs premiers succ&#232;s et le fait que les m&#233;dias en parlent abondamment. Jusqu'&#224; 25 % des lyc&#233;es du pays seront touch&#233;s. Pourtant ils ne permettent pas au mouvement de trouver un second souffle, son d&#233;clin est seulement ralenti.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des coups de matraques&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les lyc&#233;ens encore mobilis&#233;s n'ont plus qu'un objectif en t&#234;te : convaincre d'autres cat&#233;gories de les rejoindre. Et d'abord leurs a&#238;n&#233;s &#233;tudiants et leurs enseignants. Mais un mouvement descendant ne peut quasi-automatiquement que mettre ses espoirs dans les grandes organisations nationales, politiques et surtout syndicales. Or malgr&#233; les gr&#232;ves qui se multiplient dans le priv&#233; sur la question des salaires, malgr&#233; la mobilisation des urgentistes, malgr&#233; le m&#233;contentement qui monte contre le lundi de Pentec&#244;te travaill&#233;, celles-ci restent muettes. Pas question, par exemple, d'organiser une nouvelle journ&#233;e d'action nationale, qui pourrait &#234;tre une suite au 10 mars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face aux lyc&#233;ens maintenant isol&#233;s et de moins en moins nombreux, le gouvernement peut sortir la matraque qu'il avait rang&#233;e face aux voyous qui attaquaient les manifestations. Depuis le 7 avril, o&#249; les journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s ont diffus&#233; en boucle cette image d'un jeune &#224; terre frapp&#233; par la police, pas une mobilisation ne se d&#233;roule sans heurts. Pendant que les derniers &#233;l&#232;ves en lutte sont maltrait&#233;s par les forces de l'ordre, les syndicats lyc&#233;ens d&#233;noncent &#171; les &#187; violences, celles de la police, mais aussi celles (invent&#233;es par eux) de &#171; &lt;em&gt;lyc&#233;ens minoritaires qui font le choix d'actions violentes et d&#233;cr&#233;dibilisent l'ensemble des combats men&#233;s depuis deux mois&lt;/em&gt;. &#187; (Communiqu&#233; de l'UNL, le 7 avril).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces organisations se f&#233;licitent d'avoir engag&#233; des n&#233;gociations avec le gouvernement le 12 avril. N&#233;gocier quoi sans un rebond de la mobilisation ? En tout cas, pas l'abrogation de la loi Fillon, principale revendication du mouvement, que la FIDL et l'UNL ne mentionnent m&#234;me pas. R&#233;sultat : le ministre promet de cr&#233;er 300 postes &#171; d'assistants p&#233;dagogiques &#187; dans les quartiers sensibles... Rien de plus qu'un os &#224; ronger pour ces syndicats qui, depuis le 15 Mars, ne demandent qu'&#224; &#171; sortir du mouvement la t&#234;te haute &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La politisation de la nouvelle g&#233;n&#233;ration&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les profs, les chercheurs, les intermittents, les lyc&#233;ens n'ont donc pas fait plier le gouvernement Raffarin. Mais le succ&#232;s d'un tel mouvement ne se mesure pas forc&#233;ment &#224; ses seuls r&#233;sultats imm&#233;diats. Des dizaines de milliers de jeunes ont v&#233;cu leurs premi&#232;res manifestations, leur premi&#232;re lutte collective. En tentant tant bien que mal d'organiser la mobilisation, ils ont fait l'exp&#233;rience des difficult&#233;s mais aussi des possibilit&#233;s de convaincre d'autres de leur g&#233;n&#233;ration de la n&#233;cessit&#233; de se battre pour se faire entendre ; et aussi de l'int&#233;r&#234;t de confronter les points de vue en assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale, de prendre en main eux-m&#234;mes leur mouvement et de faire des efforts pour le centraliser au niveau national. Bref de l'importance de militer pour changer les choses. Un apprentissage que les Raffarin ou Fillon, et tant d'autres, pourraient un jour regretter d'avoir donn&#233;, sans le vouloir bien s&#251;r, &#224; la toute nouvelle g&#233;n&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car une le&#231;on essentielle a &#233;t&#233; tir&#233;e par de nombreux &#233;l&#232;ves mobilis&#233;s. Pour gagner face au gouvernement, il s'agit d'&#234;tre unis, entre lyc&#233;ens, &#233;tudiants, profs, mais aussi avec toute la jeunesse et tous les travailleurs. Cette id&#233;e n'a jamais rencontr&#233;e d'opposition au cours de la lutte qui s'est construite autour de journ&#233;es interprofessionnelles des salari&#233;s (20 janvier, 15 f&#233;vrier, 10 mars). Et les plus militants, ceux qui ont continu&#233; apr&#232;s le 15 mars, ont plus que ressenti cette n&#233;cessit&#233;, ils l'ont exprim&#233;e. En invitant leurs profs &#224; leurs assembl&#233;es. En sollicitant les syndicats de l'&#233;ducation nationale (sans succ&#232;s....). En allant &#224; la rencontre des &#233;tudiants (avec parfois des r&#233;sultats comme &#224; l'universit&#233; du Mirail &#224; Toulouse). En obtenant m&#234;me le soutien de parents d'&#233;l&#232;ves de la FCPE. Ainsi, ce mouvement, m&#234;me s'il laisse aujourd'hui &#224; certains un go&#251;t amer, a fait grandir le sentiment au sein de la jeunesse que pour gagner contre le gouvernement, il faudra se battre &#171; tous ensemble ! &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28 avril 2005&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rapha&#235;l PRESTON&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_149 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH181/lycee-b9ab8.gif?1526633886' width='500' height='181' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Editorial : R&#233;f&#233;rendum : ne pas prendre les vessies pour des lanternes
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Referendum-ne-pas-prendre-les</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Referendum-ne-pas-prendre-les</guid>
		<dc:date>2005-05-02T08:23:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;f&#233;rendum
</dc:subject>

		<description>Aucun doute : ce n'est pas sur la constitution que voteront les Non. Et sans doute m&#234;me pas les Oui non plus d'ailleurs. Pour les premiers en tout cas, ce sera pour exprimer leur ras-le-bol, de Chirac et de Raffarin, ou surtout de la vie qu'on impose &#224; la majorit&#233; de la population laborieuse, des licenciements, du ch&#244;mage qui vient de grimper encore &#224; 10,2 %, des salaires qui ne permettent pas de joindre les deux bouts, des conditions de travail qui empirent, du scandale que constitue un PDG qui&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-39-mai-juin-2005-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 39, mai-juin 2005
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Referendum-+" rel="tag"&gt;R&#233;f&#233;rendum
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Aucun doute : ce n'est pas sur la constitution que voteront les Non. Et sans doute m&#234;me pas les Oui non plus d'ailleurs. Pour les premiers en tout cas, ce sera pour exprimer leur ras-le-bol, de Chirac et de Raffarin, ou surtout de la vie qu'on impose &#224; la majorit&#233; de la population laborieuse, des licenciements, du ch&#244;mage qui vient de grimper encore &#224; 10,2 %, des salaires qui ne permettent pas de joindre les deux bouts, des conditions de travail qui empirent, du scandale que constitue un PDG qui s'en va avec des indemnit&#233;s de dizaines de millions d'euros au moment m&#234;me o&#249; un autre patron se permet de proposer aux salari&#233;s qu'il vire de les r&#233;embaucher... en Roumanie avec un salaire d'une centaine d'euros, m&#234;me pas le dixi&#232;me du smic fran&#231;ais qui est d&#233;j&#224; un salaire de mis&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour tout cela que, dans le monde du travail en tout cas, beaucoup diront Non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tenants du Oui, qui pr&#233;tendent d&#233;fendre l'id&#233;e de l'unit&#233; de l'Europe rendent en fait un bien mauvais service &#224; leur cause, ou plut&#244;t rendraient si c'&#233;tait vraiment leur cause (car bien plus que l'Europe ce qui les animent c'est pour certains leur avenir personnel ou celui de leur parti et pour tous la crainte de remous qui pourraient troubler leur agenda politique). N'emp&#234;che, &#224; voir les principaux responsables de la situation actuelle d&#233;fendre le Oui, il est tentant de faire l'amalgame et d'en d&#233;duire que l'Union europ&#233;enne doit bien &#234;tre pour quelque chose dans tous les coups que la classe ouvri&#232;re a d&#251; encaisser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce sentiment est renforc&#233; par l'acharnement des tenants du Non &#224; donner de l'importance &#224; cette constitution, en d&#233;cortiquer les pr&#233;tendues menaces, peindre en noir l'avenir au cas o&#249; elle serait accept&#233;e. Et oublier au passage que les capitalistes fran&#231;ais et europ&#233;ens n'ont pas eu besoin d'elle depuis deux ou trois d&#233;cennies pour cr&#233;er des millions de ch&#244;meurs, d&#233;localiser, licencier, r&#233;duire les salaires, aggraver les conditions de vie et de travail. Oubli qui n'est pas innocent, bien s&#251;r, puisqu'il s'agit, pour la plupart d'entre eux, de politiciens qui ont particip&#233;, eux ou leur parti, &#224; des gouvernements responsables de tous ces maux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; vouloir pourtant faire rimer constitution europ&#233;enne et offensive anti-ouvri&#232;re, ce sont finalement les sentiments anti-europ&#233;ens, voire x&#233;nophobes qu'on risque bien de remuer, sinon de susciter. On comprend que cela ne g&#232;ne ni les souverainistes, de gauche comme de droite, ni Chev&#232;nement ni de Villiers, qui cherchent leur fortune politique dans la d&#233;magogie nationaliste sinon x&#233;nophobe, et encore moins l'extr&#234;me droite qui sait qu'au final tout ce qui agite ces sentiments, latents dans une partie des couches populaires, ne peut que profiter &#224; un Le Pen, qui s'est habilement plac&#233; en embuscade dans cette affaire du r&#233;f&#233;rendum, ou ses pareils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est aussi pourquoi il y aura &#233;galement dans les couches populaires un certain nombre de femmes et d'hommes qui, bien que partageant le m&#233;contentement, la col&#232;re et m&#234;me l'envie d'en d&#233;coudre de ceux qui voteront Non, voteront Oui. Parce qu'ils r&#234;vent &#224; juste titre d'une fraternit&#233; entre les peuples, parce qu'ils ha&#239;ssent toutes les fronti&#232;res et barri&#232;res qui divisent ceux-ci, parce qu'ils esp&#232;rent quand m&#234;me que leur vote aidera &#224; les faire dispara&#238;tre et contribuera &#224; enraciner la paix en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et voil&#224; bien toutes les confusions et toutes les ambigu&#239;t&#233;s du r&#233;f&#233;rendum, confusions comme ambigu&#239;t&#233;s cultiv&#233;es par ceux qui l'ont d&#233;cid&#233; comme ceux qui nous le pr&#233;sentent comme la bataille politique qui va d&#233;cider de notre avenir pour des ann&#233;es, voire des d&#233;cennies. Des Oui &#224; l'Europe seront d&#233;pos&#233;s dans l'urne par des gens qui voudraient aussi dire Non &#224; Chirac, des Non &#224; Chirac ne voudront certainement pas dire Non &#224; l'Europe, mais des Non &#224; Chirac seront aussi d'abord des Non &#224; l'Europe comme des Oui &#224; l'Europe seront d'abord des Oui &#224; Chirac. Et voil&#224;, le tour est jou&#233;. Il permettra &#224; chacun d'en tirer la conclusion qui l'arrange, voire de crier victoire, et surtout &#224; Chirac de dire, comme il l'a d&#233;j&#224; annonc&#233;, que quelque soit le r&#233;sultat il restera &#224; son poste comme si de rien n'&#233;tait advenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, il est compr&#233;hensible que des exploit&#233;s veuillent saisir toute occasion pour d&#233;noncer le sort qui leur est fait comme de dire merde &#224; ceux qui le leur font ou le leur ont fait. Y compris dans les urnes pourquoi pas, si celles-ci sont vraiment l'occasion. Mais justement le 29 mai prochain l'occasion est bien trop confuse pour une d&#233;nonciation claire. Si en votant Non nous d&#233;savouerions bien Chirac, Raffarin, Hollande ou Jospin, ne d&#233;douanerions-nous pas de l'autre c&#244;t&#233; Fabius, M&#233;lenchon, Chev&#232;nement, Buffet, tous ex-ministres qui r&#234;vent de le redevenir... pour mener la sinistre politique anti-ouvri&#232;re qui fut d&#233;j&#224; la leur, sinon m&#234;me de Villiers ou Pasqua ? Et de plus un d&#233;saveu sans cons&#233;quence puisque Chirac, avec Raffarin ou un autre, continuera la m&#234;me politique anti-populaire qui fut d&#233;j&#224; celle de Jospin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bel aveu que le r&#233;f&#233;rendum compte en fait pour du beurre et que ceux qui m&#232;nent grand tapage pour que nous lui accordions grande importance nous m&#232;nent en bateau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est le cas de ces leaders politiques de la gauche comme ces chefs syndicalistes qui depuis des semaines ont d&#233;tourn&#233; l'attention des salari&#233;s dont ils pr&#233;tendent d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts vers la bataille du r&#233;f&#233;rendum. Qu'ils appellent &#224; voter Oui comme &#224; voter Non ; les Jospin comme les Fabius, dans le droit fil du triste r&#244;le qu'ils ont d&#233;j&#224; jou&#233; &#224; la t&#234;te du gouvernement ; la CGT comme la CFDT en renon&#231;ant &#224; envisager une suite aux manifestations du mois de mars, qui avaient pourtant montr&#233; qu'un nombre croissant de salari&#233;s, du public mais aussi du priv&#233;, sans parler de la jeunesse des lyc&#233;es, commen&#231;aient &#224; r&#233;pondre &#224; l'appel &#224; une mobilisation dans la rue ou dans la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus qu'un r&#233;f&#233;rendum sans cons&#233;quence c'est la reprise de cette mobilisation qu'il nous faut pr&#233;parer, m&#234;me si son &#233;ch&#233;ance semble maintenant repouss&#233;e et plus lointaine, m&#234;me si les efforts pour y parvenir seront d'une autre ampleur que le geste, qui ne co&#251;te rien... mais ne rapportera rien non plus, de glisser un bout de papier dans l'urne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et s'il est une campagne &#224; laquelle l'extr&#234;me gauche devrait appliquer son &#233;nergie ce serait plut&#244;t celle pour en convaincre les travailleurs et les militants du mouvement ouvrier, qu'ils s'appr&#234;tent le 29 mai &#224; voter Oui ou &#224; voter Non ou s'abstiennent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mai 2005&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
