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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskyste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> Bolivie : quand l'eau et le gaz provoquent la r&#233;volte
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		<dc:subject>Bolivie
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		<description>En octobre 2003, la r&#233;volte de la population bolivienne a fait tomber le gouvernement du pr&#233;sident Sanchez de Lozada. Il laissait la place &#224; son vice-pr&#233;sident Carlos Mesa. C'&#233;tait suffisant pour que ce dernier re&#231;oive l'&#171; appui critique &#187; des dirigeants des forces d'opposition, le MAS (Mouvement vers le Socialisme) d'Evo Morales, la COB (Centrale ouvri&#232;re bolivienne) principale centrale syndicale et le MIP (Mouvement indig&#232;ne Pachakuti) dont l'un des dirigeants Felipe Quispe dirige aussi la&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En octobre 2003, la r&#233;volte de la population bolivienne a fait tomber le gouvernement du pr&#233;sident Sanchez de Lozada. Il laissait la place &#224; son vice-pr&#233;sident Carlos Mesa. C'&#233;tait suffisant pour que ce dernier re&#231;oive l'&lt;em&gt;&#171; appui critique &#187;&lt;/em&gt; des dirigeants des forces d'opposition, le MAS (Mouvement vers le Socialisme) d'Evo Morales, la COB (Centrale ouvri&#232;re bolivienne) principale centrale syndicale et le MIP (Mouvement indig&#232;ne Pachakuti) dont l'un des dirigeants Felipe Quispe dirige aussi la Conf&#233;d&#233;ration syndicale unique des travailleurs paysans (CSUTCB). Mais les luttes des ouvriers et paysans pauvres n'en continuent pas moins.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un pays riche de ressources et de r&#233;voltes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La Bolivie est l'un des pays les plus pauvres d'Am&#233;rique du Sud. Mais elle est riche en mati&#232;res premi&#232;res, l'argent, l'&#233;tain que les pays imp&#233;rialistes pillent depuis des si&#232;cles, et aujourd'hui le gaz naturel. C'est aussi un pays riche en luttes, o&#249; paysans et ouvriers se sont plus d'une fois r&#233;volt&#233;s. En 1952 notamment o&#249; gr&#232;ves de mineurs et &#233;meutes avaient renvers&#233; le gouvernement et impos&#233; la nationalisation des mines d'&#233;tain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1985, les principaux secteurs d'&#201;tat ont &#233;t&#233; privatis&#233;s : les chemins de fer, les compagnies a&#233;riennes, les mines, l'&#233;lectricit&#233;, le t&#233;l&#233;phone, et m&#234;me l'eau. Pour les plus grands profits des multinationales am&#233;ricaines ou europ&#233;ennes. Ces privatisations ont entra&#238;n&#233; de nombreux licenciements. Sur les 30 000 employ&#233;s de la COMIBOL, la compagnie mini&#232;re, 23 000 ont perdu leur emploi. Ces anciens mineurs n'ont souvent pas eu d'autre possibilit&#233; pour survivre que de rejoindre la cohorte des cultivateurs de coca.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Quand l'eau met le feu aux poudres...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La privatisation de l'eau a entra&#238;n&#233; la hausse de son prix, catastrophique dans un pays o&#249; sept personnes sur dix vivent au-dessous du seuil de pauvret&#233;. En 2000, dans la ville de Cochabamba, a &#233;clat&#233; la premi&#232;re &lt;em&gt;&#171; guerre de l'eau &#187;&lt;/em&gt;. La population, regroup&#233;e en Coordination de d'eau, s'est mobilis&#233;e pour r&#233;clamer la d&#233;-privatisation et le d&#233;part de l'entreprise Aguas del Tunari, filiale du groupe am&#233;ricain Bechtel. Le gouvernement a envoy&#233; l'arm&#233;e. Mais, devant la d&#233;termination des habitants, il a d&#251; c&#233;der et rompre le contrat avec Bechtel, qui lui r&#233;clame maintenant d'exorbitantes indemnit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la r&#233;gion de La Paz, c'est le consortium fran&#231;ais Aguas del Illimani (alias Suez-Lyonnaise des eaux) qui a repris la distribution de l'eau. Les prix ont &#233;t&#233; multipli&#233;s par six. Les compteurs n'&#233;tant plus relev&#233;s, suite aux licenciements massifs de personnel, la compagnie a exig&#233; le r&#232;glement d'une facture forfaitaire tous les mois, quelle que soit la consommation, et le paiement au comptant de pr&#232;s de 1 100 bolivianos pour se faire installer l'eau, au lieu de 730 bolivianos &#233;tal&#233;s sur cinq ans avant la privatisation. (Un ouvrier gagne en moyenne 1 800 bolivianos par mois). Depuis novembre 2004, la population de La Paz se mobilise &#224; son tour pour demander des comptes &#224; la compagnie et au gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;... et quand il y a de l'eau dans le gaz&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est surtout autour de la question du gaz que le m&#233;contentement s'est cristallis&#233; au cours de l'ann&#233;e 2003. Le pays &#233;tait agit&#233; par les marches et blocages de routes de paysans cocaleros (cultivateurs de coca) protestant contre les campagnes d'&#233;radication men&#233;es par le gouvernement. En f&#233;vrier, sur conseil du FMI, ce dernier cr&#233;ait un imp&#244;t suppl&#233;mentaire. Cette fois, la police de La Paz, elle-m&#234;me, se soulevait, entra&#238;nant lyc&#233;ens, ouvriers, et ch&#244;meurs ! Le palais pr&#233;sidentiel &#233;tait mis &#224; sac, les membres du gouvernement introuvables... L'arm&#233;e, charg&#233;e de la r&#233;pression, faisait 33 morts et plus de 200 bless&#233;s. Mais l'imp&#244;t &#233;tait retir&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand il a &#233;t&#233; question, en septembre, de vendre le gaz naturel &#224; la firme transnationale Pacific LNG, les milliers de paysans de l'Altiplano qui marchaient encore sur La Paz pour d&#233;fendre les cultures de coca y rajout&#232;rent la revendication de non vente du gaz. Reprise &#224; travers tout le pays. Le 19 septembre, la centrale syndicale COB, ainsi que le leader des cocaleros, Evo Morales, lan&#231;aient un appel &#224; une mobilisation nationale. Le 8 octobre, la COB appelait &#224; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e. Les marches de paysans et mineurs convergeaient vers la capitale en r&#233;clamant d&#233;sormais la d&#233;mission du pr&#233;sident, Sanchez de Lozada. Les 16 et 17 octobre, plus de 200 000 personnes, mineurs arm&#233;s de b&#226;tons de dynamite et paysans manifestaient &#224; La Paz et faisaient le si&#232;ge du palais gouvernemental. Le pr&#233;sident fit sa valise pour Miami.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les le&#231;ons oubli&#233;es de la &#171; r&#233;volution bolivienne &#187; de 1952&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une telle combativit&#233; ne s'&#233;tait pas revue depuis les r&#233;voltes ouvri&#232;res de 1949 et 1950 et le soul&#232;vement arm&#233; d'avril 1952 o&#249; des milices de mineurs, appuy&#233;es par des paysans en armes, renversaient le gouvernement. Mais d&#233;j&#224; &#224; l'&#233;poque, la COB, dont le fer de lance &#233;tait les ouvriers des mines, s'&#233;tait content&#233;e de l'arriv&#233;e au pouvoir du chef du Mouvement national r&#233;volutionnaire (MNR), l'avocat Victor Paz Estenssoro, dont l'arm&#233;e avait jusque-l&#224; emp&#234;ch&#233; l'&#233;lection pour arr&#234;ter le mouvement. Paz Estenssoro se voulait d&#233;fenseur des int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie nationale contre les int&#233;r&#234;ts &#233;trangers. Le fondateur de la COB, le syndicaliste Juan Lechin, devenait ministre des Mines et du P&#233;trole avant de se retrouver, de 1960 &#224; 1964, vice-pr&#233;sident de la R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1953, le gouvernement Paz Estenssoro renouait avec les USA et c&#233;dait aux trusts de l'&#233;tain. En 1955, il favorisait l'implantation en Bolivie de la Gulf Oil Company. En 1964, &#224; l'&#233;poque o&#249; l'imp&#233;rialisme &#233;tait partout contest&#233; dans le tiers monde, face &#224; une remont&#233; de la contestation sociale, l'arm&#233;e prenait les r&#234;nes du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Quelles directions pour ces luttes ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Avec le renversement, en octobre 2003, du pr&#233;sident Sanchez de Lozada, l'histoire semble se r&#233;p&#233;ter, tout au moins en ce qui concerne les trahisons des leaders du mouvement. Il a suffi &#224; Carlos Mesa, pour obtenir leur aval, de promettre un r&#233;f&#233;rendum sur la question du gaz et la prochaine r&#233;union d'une Assembl&#233;e constituante qui repr&#233;senterait mieux les Indiens Aymaras et Quechuas. Il a aussi promis d'augmenter jusqu'&#224; 50 % les royalties impos&#233;es aux soci&#233;t&#233;s &#233;trang&#232;res, de relancer la compagnie publique d'exploitation des hydrocarbures. Mais cela ne l'emp&#234;che pas d'annoncer d'ores et d&#233;j&#224; que remettre en cause les contrats d&#233;j&#224; sign&#233;s avec les multinationales n'est pas envisageable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le leader de la COB, Jaime Solares a pr&#244;n&#233; une tr&#234;ve, pour voir ce qu'allait faire Mesa. Evo Morales, le dirigeant des luttes des cocaleros et du MAS a appel&#233; &#224; la mod&#233;ration du mouvement et apporte son soutien critique au gouvernement. Arriv&#233; en seconde position aux &#233;lections pr&#233;sidentielles de juin 2002 avec 20,9 % des suffrages, il se voit d&#233;j&#224; futur vainqueur de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle pr&#233;vue pour 2007. Son parti vient d'ailleurs d'avoir un nouveau succ&#232;s aux &#233;lections municipales de d&#233;cembre 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; Felipe Quispe, ancien gu&#233;rillero, dirigeant du MIP, qui a aussi jou&#233; un r&#244;le important dans les luttes de 2003 en organisant la marche, puis la gr&#232;ve de la faim, de milliers de paysans aymaras, il ne parle que d'une &lt;em&gt;&#171; opposition vigilante &#187;&lt;/em&gt;. Les &#171; &lt;em&gt; majorit&#233;s nationales, et avant tout indig&#232;nes &#187;&lt;/em&gt; dont il se veut le d&#233;fenseur (les Indiens aymaras, quechuas ainsi que les Guaranis, paysans tr&#232;s pauvres du Sud du pays, repr&#233;sentent plus de 60 % de la population) n'ont, dit-il, &lt;em&gt;&#171; assist&#233; qu'&#224; un changement de personnes &#187;&lt;/em&gt;. Mais pour lui, Mesa doit encore choisir : &#234;tre un dirigeant qui d&#233;fend les int&#233;r&#234;ts nationaux, donc un ami, ou &#234;tre l'ami des gringos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mettant en avant les diff&#233;rentes identit&#233;s, paysannes et indiennes, les courants politiques communautaires ont favoris&#233; le d&#233;veloppement de mouvements locaux, au lieu de pousser &#224; l'unification des luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un parti d&#233;fendant des perspectives r&#233;volutionnaires devrait au contraire pousser &#224; d&#233;passer les particularismes pour donner aux luttes actuelles l'unit&#233; politique r&#233;volutionnaire d'une lutte de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lydie GRIMAL&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Uruguay : le nouveau pr&#233;sident socialiste, Tabar&#233; Vazquez, contre l'avortement et la contestation sociale
</title>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Uruguay
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		<description>La victoire de la gauche en Uruguay a eu lieu dans un contexte de crise &#233;conomique entra&#238;n&#233;e par la crise financi&#232;re qui, apr&#232;s l'Argentine, a ravag&#233; l'Uruguay en 2001-2002 et englouti 80 % des r&#233;serves nationales. Longtemps baptis&#233; la &#171; Suisse de l'Am&#233;rique latine &#187;, ce pays compte aujourd'hui 15 % de ch&#244;meurs, mais 40 % dans les quartiers ouvriers. Les salaires ont chut&#233; de 30 %. &lt;br /&gt;Tabar&#233; Vazquez, le nouveau pr&#233;sident socialiste, se dit oppos&#233; &#224; l'avortement &#171; pour des raisons philosophiques, biologiques&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La victoire de la gauche en Uruguay a eu lieu dans un contexte de crise &#233;conomique entra&#238;n&#233;e par la crise financi&#232;re qui, apr&#232;s l'Argentine, a ravag&#233; l'Uruguay en 2001-2002 et englouti 80 % des r&#233;serves nationales. Longtemps baptis&#233; la &lt;em&gt;&#171; Suisse de l'Am&#233;rique latine &#187;&lt;/em&gt;, ce pays compte aujourd'hui 15 % de ch&#244;meurs, mais 40 % dans les quartiers ouvriers. Les salaires ont chut&#233; de 30 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tabar&#233; Vazquez, le nouveau pr&#233;sident socialiste, se dit oppos&#233; &#224; l'avortement &lt;em&gt;&#171; pour des raisons philosophiques, biologiques et humaines &#187;&lt;/em&gt;, et se d&#233;finit lui-m&#234;me, pr&#233;cise le journal argentin &lt;em&gt;La Naci&#243;n&lt;/em&gt;, comme un &lt;em&gt;&#171; homme politique responsable &#187;&lt;/em&gt;. &#192; la t&#234;te de la mairie de Montevideo depuis 1989, il a men&#233; une politique d'aide aux plus d&#233;munis qui l'a rendu populaire. Mais au parlement, il a soutenu bien des r&#233;formes de la droite, notamment une r&#233;vision du syst&#232;me des prestations sociales en 1994 (d&#233;savou&#233;e &#224; une large majorit&#233;, plus de 60 %, par la population lors de r&#233;f&#233;rendums&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Le r&#233;f&#233;rendum, souvent utilis&#233; comme moyen de mobiliser par l'opposition de (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;), une ouverture de l'entreprise nationale Ancap (p&#233;trole, ciment et alcools) &#224; des capitaux priv&#233;s en 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus que son pass&#233; d'oppositionnel mod&#233;r&#233;, ce qui vaut &#224; Vazquez les hommages des journaux les plus conservateurs, c'est son programme &#224; venir. Au-del&#224; des quelques mesures symboliques, le nouveau pr&#233;sident a voulu rassurer les milieux d'affaire : &lt;em&gt;&#171; Notre devoir consiste &#224; promouvoir le dialogue dans l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral &#187;&lt;/em&gt;, a-t-il d&#233;clar&#233;, lan&#231;ant le mot d'ordre de &lt;em&gt;&#171; changement responsable &#187;&lt;/em&gt;. Le choix de son ministre de l'&#233;conomie, un &#233;conomiste lib&#233;ral, para&#238;t-il &lt;em&gt;&#171; respect&#233; &#187;&lt;/em&gt; dans le monde des affaires, est d&#233;j&#224; tout un programme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vazquez s'est engag&#233; au respect des &lt;em&gt;&#171; Lettres d'intention &#187;&lt;/em&gt;, engageant l'&#201;tat &#224; l'&#233;gard du FMI sur sa politique &#233;conomique. Il a promis de ne pas remettre en question des fonds de pension priv&#233;s (dont les exc&#233;dents devraient financer le futur plan de construction de logements). Il a repouss&#233; d'avance l'id&#233;e de hausse des salaires, alors que ceux-ci ont chut&#233; de 30 % en deux ans. Quant aux privatisations auxquelles la population s'est oppos&#233;e par voie r&#233;f&#233;rendaire (en 1992, 2003, 2004), il n'y est pas hostile, et pr&#233;f&#232;re parler d'&lt;em&gt;&#171; associations &#187;&lt;/em&gt; de capitaux priv&#233;s aux entreprises publiques. En fran&#231;ais, la gauche appelle cela &lt;em&gt;&#171; ouverture du capital &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A.M.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le r&#233;f&#233;rendum, souvent utilis&#233; comme moyen de mobiliser par l'opposition de gauche, est inscrit dans la constitution en Uruguay : l'ex&#233;cutif est oblig&#233; d'organiser un r&#233;f&#233;rendum lorsque des p&#233;titions lui sont pr&#233;sent&#233;es, &#224; condition qu'elles recueillent 25 % du corps &#233;lectoral.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Venezuela : La r&#233;volution bolivarienne, permanente... et limit&#233;e
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Venezuela
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		<description>Pr&#233;sent au Forum social mondial de Porto Alegre de 2005, le pr&#233;sident v&#233;n&#233;zu&#233;lien Hugo Ch&#225;vez a d&#233;clar&#233; le 30 janvier : &#171; J'en deviens chaque jour plus convaincu, [...] il est n&#233;cessaire de d&#233;passer le capitalisme &#187;. Sur sa lanc&#233;e, il a cit&#233; La R&#233;volution permanente de Trotsky, un livre &#171; formidable &#187;. Diable ! L'ancien lieutenant-colonel putschiste serait-il devenu &#233;mule du fondateur de l'arm&#233;e rouge ? &lt;br /&gt;De la prosp&#233;rit&#233; des ann&#233;es 1960-70 &#224; la crise des ann&#233;es 1980 &lt;br /&gt;Le Venezuela est quelque peu atypique en&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Amerique-du-Sud-une-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Am&#233;rique du Sud : une nouvelle gauche&#8230; contre les travailleurs
&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pr&#233;sent au Forum social mondial de Porto Alegre de 2005, le pr&#233;sident v&#233;n&#233;zu&#233;lien Hugo Ch&#225;vez a d&#233;clar&#233; le 30 janvier : &lt;em&gt;&#171; J'en deviens chaque jour plus convaincu, [...] il est n&#233;cessaire de d&#233;passer le capitalisme &#187;.&lt;/em&gt; Sur sa lanc&#233;e, il a cit&#233; &lt;em&gt;La R&#233;volution permanente&lt;/em&gt; de Trotsky, un livre &lt;em&gt;&#171; formidable &#187;&lt;/em&gt;. Diable ! L'ancien lieutenant-colonel putschiste serait-il devenu &#233;mule du fondateur de l'arm&#233;e rouge ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;De la prosp&#233;rit&#233; des ann&#233;es 1960-70 &#224; la crise des ann&#233;es 1980 &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le Venezuela est quelque peu atypique en Am&#233;rique latine, en ce sens que depuis 1958 il a connu 40 ans de r&#233;gime d&#233;mocratique, avec l'alternance de deux partis, AD (Action D&#233;mocratique, d'origine social-d&#233;mocrate) et Copei (d&#233;mocrate-chr&#233;tien). Ce n'est pas &#233;tranger &#224; la rente p&#233;troli&#232;re (le Venezuela est le 5&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; exportateur mondial) dont les gouvernements tiraient profit et qui permettait un d&#233;veloppement proche des pays occidentaux : la prosp&#233;rit&#233; d'une classe moyenne, un niveau de vie plus d&#233;cent que dans le reste de l'Am&#233;rique Latine, des services sociaux et un syst&#232;me scolaire de qualit&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fin des ann&#233;es 1980 met un terme &#224; cet &#233;tat de gr&#226;ce. Le gouvernement en place proc&#232;de, &#224; partir de 1988, &#224; l'ouverture brutale de l'&#233;conomie &#224; la comp&#233;tition, l'abandon des protections sociales, etc. Conjugu&#233;es &#224; la chute du prix du p&#233;trole, ces mesures provoquent un appauvrissement spectaculaire de la population. En 1992, 57 % se contentent d'un seul repas par jour, 80 % vivent au-dessous du seuil de pauvret&#233;. L'initiateur des &#171; r&#233;formes &#187;, le pr&#233;sident Perez est finalement suspendu pour avoir d&#233;tourn&#233; 17 millions de dollars !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation d&#233;clenche une &#233;norme manifestation populaire &#224; Caracas en 1989 (le &#171; caracazo &#187;), que l'arm&#233;e &#233;crase dans le sang (300 morts). C'est l'indignation jusqu'au sein de l'arm&#233;e : protestations et mutineries se produisent &#224; l'initiative de soldats et jeunes officiers de milieu populaire, dont le lieutenant-colonel Ch&#225;vez. En f&#233;vrier 1992, celui-ci tente un coup d'&#201;tat, qui lui vaut la prison mais aussi la popularit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le programme de la &#171; r&#233;volution bolivarienne &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Lib&#233;r&#233; sous le gouvernement suivant, Hugo Ch&#225;vez opte alors pour la voie l&#233;gale &#224; la t&#234;te d'un nouveau parti, le MVR (Mouvement pour la 5&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; R&#233;publique), qui s'allie dans un &#171; Front patriotique &#187; avec d'autres organisations de gauche. Le parti &#171; chaviste &#187; lui-m&#234;me regroupe une palette de tendances allant de la gauche radicale au centre, en passant par des politiciens li&#233;s au r&#233;gime AD-Copei, nouvellement convertis au &#171; chavisme &#187; (dont beaucoup tremperont dans le coup d'&#201;tat d'avril 2002). C'est &#224; la t&#234;te de cette coalition qu'il remporte les &#233;lections pr&#233;sidentielles de 1998 avec plus de 56 % des voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son programme, tr&#232;s mod&#233;r&#233;, est le reflet des forces sociales sur lesquelles il s'appuie, mettant en avant surtout la promesse d'une nouvelle constitution, &lt;em&gt;&#171; premi&#232;re &#233;tape dans la lutte pour plus de justice sociale, plus d'ind&#233;pendance face &#224; l'imp&#233;rialisme et pour l'&#233;limination de la corruption &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;&#233;lu en 2000, dans le cadre de la nouvelle constitution, les attentes des couches populaires le conduisent &#224; radicaliser quelque peu son programme :&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; R&#233;forme agraire : toute terre inexploit&#233;e de plus de 50 hectares doit &#234;tre redistribu&#233;e aux paysans modestes.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Octroi du titre de propri&#233;t&#233; aux &#171; squatters &#187; qui ont ill&#233;galement construit des habitations de fortune dans les favelas.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Augmentation de 3 % du budget de l'&#233;ducation et gratuit&#233; scolaire.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Offre de micro-cr&#233;dits quasiment gratuits aux associations qui veulent entreprendre des travaux publics ou organiser des services tels le ramassage des ordures.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Contr&#244;le de l'&#201;tat sur le secteur p&#233;trolier et sur une zone maritime de 500 m&#232;tres le long de la c&#244;te, prot&#233;geant des bateaux de p&#234;che industriels les petits p&#234;cheurs traditionnels.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;L'hostilit&#233; de la grande bourgeoisie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Loin d'&#234;tre r&#233;volutionnaire, ce programme attire n&#233;anmoins &#224; Hugo Ch&#225;vez les foudres de la grande bourgeoisie. Avec l'aval des &#201;tats-Unis (dont les multinationales contr&#244;lent une bonne partie de l'&#233;conomie, en particulier le secteur p&#233;trolier), dirigeants et cadres de la PDVSA (l'entreprise p&#233;troli&#232;re v&#233;n&#233;zu&#233;lienne), Fedecamaras (conf&#233;d&#233;ration patronale) et CTV (la centrale syndicale officielle) tentent &#224; trois reprises de renverser Ch&#225;vez
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Sur les principales &#233;tapes de l'offensive anti-Chavez men&#233;e par l'opposition (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Sans succ&#232;s. Ils ne font qu'accro&#238;tre encore la popularit&#233; de leur adversaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce soutien populaire s'est manifest&#233; par un taux de participation &#233;lectorale in&#233;dit (pr&#232;s de 90 %) lors du r&#233;f&#233;rendum d'ao&#251;t 2004 provoqu&#233; par l'opposition pour tenter de destituer Ch&#225;vez. Il s'exprime peut-&#234;tre aussi, en m&#234;me temps qu'il est encadr&#233; par le d&#233;veloppement de comit&#233;s populaires (de quartiers, de femmes, d'&#233;tudiants, de paysans, de m&#234;me que des syndicats en opposition &#224; la CTV) que le r&#233;gime met en place au nom de la &lt;em&gt;&#171; d&#233;mocratie participative &#187;&lt;/em&gt;, et du slogan de Ch&#225;vez : &lt;em&gt;&#171; Organisez-vous, nous vous apporterons le soutien politique et &#233;conomique ! &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il est difficile de mesurer le poids de ces organismes, il semble bien que le lock-out patronal de d&#233;cembre 2002 &#224; janvier 2003 ait suscit&#233;, autrement que sur le seul terrain propagandiste du r&#233;gime, la formation d'un certain nombre de tels comit&#233;s. &#192; Caracas par exemple, o&#249; les habitants d'un quartier se sont organis&#233;s pour rouvrir une &#233;cole ferm&#233;e par le maire anti-chaviste, ou dans les &#171; barrios &#187; (les bidonvilles) o&#249; les pauvres ont entrepris de r&#233;quisitionner eux-m&#234;mes des terrains vacants pour y construire des habitations.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La &#171; r&#233;volution dans la r&#233;volution &#187; selon Ch&#225;vez &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En juillet 2003, les propri&#233;taires de Venepal, une grosse entreprise de papier et carton qui, pour la plupart, avaient soutenu la tentative de putsch contre Ch&#225;vez d'avril 2002, se sont d&#233;clar&#233;s en faillite. Les ouvriers ont occup&#233; l'usine et assur&#233; sous leur contr&#244;le la production. Apr&#232;s une tr&#234;ve puis une nouvelle tentative de fermeture par le patronat, lutte et occupation ont repris, avec demande au gouvernement de nationaliser l'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chose fut faite. Mais Ch&#225;vez s'est empress&#233; de temp&#233;rer le geste par cet avertissement : &#171; L'actuelle expropriation de Venepal est une mesure exceptionnelle [...] Nous n'allons pas saisir les terres ; elles restent &#224; ceux qui les poss&#232;dent &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas question donc d'exproprier la bourgeoisie, sauf exceptionnellement lorsque tel ou tel patron s'en prend directement au r&#233;gime lui-m&#234;me. Sous pr&#233;texte de rattraper les pertes occasionn&#233;es par le lock-out (qu'ils ont eux-m&#234;mes organis&#233;), les patrons v&#233;n&#233;zu&#233;liens baissent les salaires, suppriment des jours de cong&#233;. Ils n'h&#233;sitent pas &#224; fermer les entreprises jug&#233;es insuffisamment rentables, se moquant en toute impunit&#233; de la loi d'&lt;em&gt;&#171; inamovilidad laboral &#187;&lt;/em&gt; (r&#233;cemment prolong&#233;e de 6 mois) cens&#233;e interdire les licenciements &#233;conomiques. C'est ainsi que les ouvriers d'une soci&#233;t&#233; fabriquant des valves pour l'industrie p&#233;troli&#232;re, ferm&#233;e pour &lt;em&gt;&#171; raisons &#233;conomiques &#187;, &lt;/em&gt;ont occup&#233; l'usine, essay&#233; de red&#233;marrer la production en demandant une aide du gouvernement... qui n'est jamais venue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; cette fameuse &lt;em&gt;&#171; d&#233;mocratie participative &#187;&lt;/em&gt; promue par Ch&#225;vez, elle aussi a ses limites. Les &#233;lecteurs pro-Ch&#225;vez en ont fait l'exp&#233;rience lors des &#233;lections municipales et r&#233;gionales de novembre 2004. En plusieurs endroits, la base chaviste a fortement contest&#233; le mode de s&#233;lection des candidats, d&#233;sign&#233;s par en haut et non dans les comit&#233;s populaires&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Face &#224; ces critiques, Chavez a d&#233;clar&#233; qu'&#224; l'avenir les candidats seraient (...)' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Ce qui avait permis &#224; certains &#233;l&#233;ments bien bourgeois &#233;lus avec l'&#233;tiquette chaviste de se repr&#233;senter. Tel le maire de Girardot, dans l'&#201;tat d'Aragua qui apr&#232;s avoir privatis&#233; l'entreprise municipale de ramassage de d&#233;chets, a fait r&#233;primer les employ&#233;s qui protestaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La popularit&#233; dont il jouit apparemment toujours, Ch&#225;vez la doit davantage &#224; la violence de la r&#233;action de la bourgeoisie nationale et &#224; l'hostilit&#233; des &#201;tats-Unis qu'&#224; son programme, bien timide en regard de la situation sociale du pays : 13 % de la population active au ch&#244;mage, un secteur informel repr&#233;sentant encore 50 % de l'activit&#233;. Moins de 5 % des propri&#233;taires terriens poss&#232;dent pr&#232;s de 80 % du total des biens fonciers alors que 75 % des petits agriculteurs n'en poss&#232;dent que 6 %. On mesure les limites d'un des &lt;em&gt;&#171; points forts &#187;&lt;/em&gt; de la Constitution chaviste : une r&#233;forme agraire qui ne promet de toucher qu'aux terres non cultiv&#233;es, pas aux grandes propri&#233;t&#233;s fonci&#232;res !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Agathe MALET&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sur les principales &#233;tapes de l'offensive anti-Chavez men&#233;e par l'opposition patronale, on peut se reporter &#224; l'article &lt;a href='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Venezuela-apres-la-victoire-de-Chavez-au-referendum' class='spip_in'&gt;&#171; &lt;em&gt;Venezuela : apr&#232;s la victoire de Ch&#225;vez au r&#233;f&#233;rendum&lt;/em&gt; &#187;&lt;/a&gt; dans Convergences R&#233;volutionnaires n&#176;35.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Face &#224; ces critiques, Chavez a d&#233;clar&#233; qu'&#224; l'avenir les candidats seraient d&#233;sign&#233;s par la base...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Le PT br&#233;silien, du &#171; parti large &#187; au parti de gouvernement
</title>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Br&#233;sil
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		<description>Les derni&#232;res &#233;lections municipales br&#233;siliennes, en octobre 2004, ont permis de mesurer les progr&#232;s de l'institutionnalisation du Parti des Travailleurs (PT). En chiffres globaux, il a progress&#233;, recueillant 16,3 millions de voix au premier tour, contre 11,9 millions aux municipales de 2000. Mais, &#224; y regarder de plus pr&#232;s, il a progress&#233; surtout dans les petites villes, o&#249; la politique &#171; responsable &#187; de Lula et ses alliances avec certains partis conservateurs semblent lui rallier toujours plus de&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Amerique-du-Sud-une-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Am&#233;rique du Sud : une nouvelle gauche&#8230; contre les travailleurs
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Bresil-+" rel="tag"&gt;Br&#233;sil
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les derni&#232;res &#233;lections municipales br&#233;siliennes, en octobre 2004, ont permis de mesurer les progr&#232;s de l'institutionnalisation du Parti des Travailleurs (PT). En chiffres globaux, il a progress&#233;, recueillant 16,3 millions de voix au premier tour, contre 11,9 millions aux municipales de 2000. Mais, &#224; y regarder de plus pr&#232;s, il a progress&#233; surtout dans les petites villes, o&#249; la politique &#171; responsable &#187; de Lula et ses alliances avec certains partis conservateurs semblent lui rallier toujours plus de notables. &#192; remarquer, le fort recul du parti dans les grandes villes ouvri&#232;res. Il perd les municipalit&#233;s de Sao Paulo, Rio de Janeiro, Curitiba, Maringa, Goias, Belem... et un symbole de taille, celle de Porto Alegre, &#171; &lt;em&gt;capitale mondiale du mouvement altermondialiste &lt;/em&gt; &#187;. Ces revers refl&#232;tent les d&#233;sillusions de la base traditionnelle d'un parti, qui avait plac&#233; le plus d'espoirs dans l'arriv&#233;e de Lula au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Aux origines du PT&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La naissance, puis le d&#233;veloppement explosif du PT a &#233;t&#233; un &#233;v&#233;nement majeur du mouvement ouvrier br&#233;silien des trente derni&#232;res ann&#233;es. Dans les ann&#233;es 1970, le pays vivait sous la botte d'une dictature militaire. En 1978 et 1979, des centaines de milliers de m&#233;tallos se mirent en gr&#232;ve. &#192; leur t&#234;te Lula, un jeune m&#233;tallurgiste de Sao Paulo, issu des quartiers pauvres. Il devint une figure politique nationale. Sa lutte pour la reconnaissance des droits syndicaux lui valut d'&#234;tre emprisonn&#233;. Mais le pouvoir militaire, us&#233;, dut s'engager dans un processus de lib&#233;ralisation politique. La personnalit&#233; de Lula servit de catalyseur &#224; la cr&#233;ation du Parti des Travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait que le parti se soit forg&#233; dans une p&#233;riode de lutte de classes violente n'emp&#234;cha nullement, d&#232;s sa gen&#232;se, ses tendances explicitement r&#233;formistes. Lula lui-m&#234;me &#233;tait issu des milieux de la gauche catholique, proche de la &#171; &lt;em&gt;Th&#233;ologie de la Lib&#233;ration&lt;/em&gt; &#187;. D'autres politiciens pr&#233;sidant &#224; la fondation du PT &#233;taient encore moins subversifs, tels d'anciens membres du Parti du mouvement d&#233;mocratique br&#233;silien, l'opposition officielle &#224; la dictature. Pour ceux-l&#224;, le PT devait constituer un grand parti capable de moderniser la vie politique br&#233;silienne sans remettre en cause l'ordre social ; un parti dont l'un des m&#233;rites, et non le moindre, serait de canaliser, encadrer, domestiquer la contestation ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'extr&#234;me gauche : entrisme ou noyade ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les organisations d'extr&#234;me gauche, notamment trotskistes, s'engag&#232;rent dans la construction du PT. Le caract&#232;re r&#233;formiste du parti n'impliquait certes pas que les r&#233;volutionnaires refusent forc&#233;ment d'y militer. Comment influencer le mieux, du dedans ou du dehors, les milliers d'adh&#233;rents qui affluaient vers ce parti (26 000 adh&#233;rents lors de sa cr&#233;ation, 70 000 cinq mois plus tard) ? Comment se donner les moyens de gagner aux id&#233;es r&#233;volutionnaires un nombre important de ces militants, tout particuli&#232;rement dans la classe ouvri&#232;re ? Mais le pari que le PT puisse offrir une tribune pour d&#233;fendre des perspectives de transformation r&#233;volutionnaire d'une soci&#233;t&#233; comme celle du Br&#233;sil, o&#249; l'exploitation capitaliste pr&#233;sente ses traits du tiers-monde ? D'autant plus compromis qu'on abandonnait l'objectif de construire un parti communiste r&#233;volutionnaire, un parti pour la lutte de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le moins qu'on puisse dire est que la majorit&#233; des tendances trotskistes se laiss&#232;rent &#233;blouir par l'apparente r&#233;ussite du PT. Ainsi D&#233;mocratie socialiste (DS), la tendance au sein du PT appartenant au Secr&#233;tariat unifi&#233; (SU) de la IV&#176; Internationale (la branche dont fait partie en France la LCR) : cette organisation d&#233;plorait que, d&#232;s la fondation, ait &#233;t&#233; exclue par la direction du PT &#171; &lt;em&gt;la conception qui a pr&#233;sid&#233; au lancement du PT [...] selon laquelle notre parti est un mouvement pour l'ind&#233;pendance politique des travailleurs&lt;/em&gt; &#187;. Mais cela n'emp&#234;chait pas la direction du SU de th&#233;oriser que la t&#226;che de l'heure &#233;tait la construction en soi du PT, en se payant de mots : &#171; &lt;em&gt;avec notre poids dans le PT et la qualit&#233; de nos cadres, nous pouvons &#234;tre la force motrice pour gagner la majorit&#233; du parti &#224; une conception r&#233;volutionnaire&lt;/em&gt; &#187;. Dans l'extr&#234;me gauche internationale, en France et ailleurs, le PT fut pr&#233;sent&#233; comme le mod&#232;le du &#171; parti large &#187; o&#249; s'aiguiserait tout naturellement la conscience de classe.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le pouvoir, cette &#171; exp&#233;rience in&#233;dite &#187;...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Douze ans apr&#232;s sa premi&#232;re candidature, Lula parvint &#224; la pr&#233;sidence du Br&#233;sil le 27 octobre 2002. Au fil des campagnes, la radicalit&#233; de son propos avait eu le temps de s'&#233;mousser, et ses alliances de s'&#233;largir toujours plus &#224; droite. La campagne 2002 ne faisait plus que dans le &#171; Lula light &#187;, selon l'expression de certains de ses propres camarades. Le vice-pr&#233;sident choisi par Lula pour cette derni&#232;re &#233;lection &#233;tait Jos&#233; Alencar, magnat de l'industrie textile, membre du Parti Lib&#233;ral (dit de centre droit). Tout un programme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dirigeant du PT parlait certes encore d'un plan de r&#233;forme agraire cens&#233; r&#233;pondre au mouvement des sans terre. Il continuait &#224; faire des phrases sur le fait que &#171; &lt;em&gt; le march&#233; doit comprendre que les Br&#233;siliens ont besoin de manger trois fois par jour et que beaucoup de gens ont faim &lt;/em&gt; &#187;. Mais derri&#232;re l'&#233;nonciation, avec un accent humaniste catholique, de quelques formules keyn&#233;siennes, le programme r&#233;el du pr&#233;sident Lula n'avait plus rien m&#234;me de r&#233;formiste. Au cours de la campagne qui devait porter le PT au pouvoir, le FMI proposa un pr&#234;t de 30 milliards de dollars au Br&#233;sil, assorti bien &#233;videmment de conditions draconiennes de remboursement et d'un plan d'aust&#233;rit&#233; incompatible avec la moindre politique minimale de &#171; New Deal &#187;. Conditions accept&#233;es par avance par Lula.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son &#233;lection fut salu&#233;e par Jos&#233; Sarney, pr&#233;sident du Br&#233;sil de 1985 &#224; 1990, en ces termes : &#171; Je pense que Lula a rendu un grand service au pays dans cette succession, car avec la crise sociale, le ch&#244;mage, la violence urbaine, avec la terreur qu'on voit partout, la situation d'agitation nationale, s'il n'&#233;tait pas l'homme qu'il est et qui a canalis&#233; les espoirs du peuple en assurant une succession calme, alors la campagne pr&#233;sidentielle aurait fr&#244;l&#233; l'explosion sociale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une des premi&#232;res r&#233;formes du gouvernement PT fut le d&#233;mant&#232;lement du syst&#232;me de retraite des fonctionnaires, n'ayant pas grand-chose &#224; envier &#224; celui op&#233;r&#233; au m&#234;me moment en France par le si peu altermondialiste Raffarin. Les retraites du public furent align&#233;es sur celles (nettement moins avantageuses) du priv&#233;, avec augmentation de sept ans de l'&#226;ge minimum de d&#233;part, cr&#233;ation d'un imp&#244;t de 11 % sur les retraites d&#233;passant les 320 euros mensuels, et plafonnement des retraites &#224; 730 euros par mois pour tous. Lula affronta &#224; cette occasion sa premi&#232;re gr&#232;ve importante, rassemblant plus de la moiti&#233; des fonctionnaires, alors que les responsables de la CUT (Centrale unique des travailleurs), li&#233;e au PT, oppos&#233;s &#224; la gr&#232;ve se faisaient quelque peu chahuter par les syndicalistes du secteur public.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;... et si souvent fatale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les militants des tendances trotskistes rest&#233;es dans le PT malgr&#233; son changement de langage et ses alliances, ont tenu &#224; rester solidaires du pouvoir. Miguel Rossetto, dirigeant de DS, fut nomm&#233; ministre &#171; &lt;em&gt;du d&#233;veloppement agricole&lt;/em&gt; &#187;, cautionnant l'ensemble de la politique gouvernementale. Quant aux plans de r&#233;forme agraire Rossetto-Lula, ils ne se sont &#224; ce jour pas r&#233;v&#233;l&#233;s plus efficaces que ceux du pr&#233;c&#233;dent pr&#233;sident Cardoso, au m&#234;me stade de son mandat. Les 75 % des 36 800 familles install&#233;es sur des terres lors de la premi&#232;re ann&#233;e de gouvernement PT figuraient d&#233;j&#224; dans les projets Cardoso. Les terres distribu&#233;es sont situ&#233;es dans des zones difficilement cultivables.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le PSOL ou l'&#233;ternel recommencement&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les majorit&#233;s de DS et d'autres courants trotskistes restent solidaires du gouvernement Lula, malgr&#233; sa politique profond&#233;ment anti-ouvri&#232;re. D'autres ont quitt&#233; le PT ou s'en sont fait exclure. Comme le courant exclu en 1992 pour avoir particip&#233; &#224; des manifestations populaires contre le pr&#233;sident Collor, accus&#233; de corruption, et qui a fond&#233; ensuite le PSTU. La s&#233;natrice Heloisa Helena, membre de DS et trois parlementaires appartenant &#224; d'autres tendances d'extr&#234;me gauche, ont &#233;t&#233; exclus du PT en d&#233;cembre 2003 pour avoir refus&#233; de voter la casse des retraites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est autour de ces derniers, et principalement de la s&#233;natrice Heloisa Helena, que s'est constitu&#233; il y a quelques mois un nouveau parti, le Parti du socialisme et de la libert&#233; (PSOL). Mais rien dans son programme ne semble indiquer qu'il veuille se d&#233;finir sur une base politique plus claire que le PT des origines. Et de reprendre au contraire la vieille formule d'un parti qui r&#233;aliserait &#171; &lt;em&gt;l'unit&#233; des r&#233;formistes et des r&#233;volutionnaires&lt;/em&gt; &#187;, avec un slogan &#171; &lt;em&gt;Un nouvel espoir, Heloisa 2006 &lt;/em&gt; &#187; (date des prochaines &#233;lections pr&#233;sidentielles).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il y a des perspectives &#224; proposer aux sympathisants du PT revenus de leurs propres illusions en Lula, ce n'est &#233;videmment pas de les r&#233;-illusionner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beno&#238;t MARCHAND&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_148 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L300xH311/lula-baa9e.gif?1528277770' width='300' height='311' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Le mirage du Mercosur
</title>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Am&#233;rique latine
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		<description>Le march&#233; commun r&#233;gional des pays du C&#244;ne Sud de l'Am&#233;rique latine, le Mercosur, mis en place il y a 15 ans &#224; l'initiative du Br&#233;sil et l'Argentine, peut-il constituer un rempart aux vis&#233;es expansionnistes de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain sur le continent ? Les USA se proposent en effet de cr&#233;er sous leur houlette une Zone de libre &#233;change des Am&#233;riques (la ZLEA) regroupant tous les pays d'Am&#233;rique (&#224; l'exception de Cuba). Ou bien ce Mercosur est-il seulement une mani&#232;re pour les bourgeoisies des deux&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le march&#233; commun r&#233;gional des pays du C&#244;ne Sud de l'Am&#233;rique latine, le Mercosur, mis en place il y a 15 ans &#224; l'initiative du Br&#233;sil et l'Argentine, peut-il constituer un rempart aux vis&#233;es expansionnistes de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain sur le continent ? Les USA se proposent en effet de cr&#233;er sous leur houlette une Zone de libre &#233;change des Am&#233;riques (la ZLEA) regroupant tous les pays d'Am&#233;rique (&#224; l'exception de Cuba). Ou bien ce Mercosur est-il seulement une mani&#232;re pour les bourgeoisies des deux puissances dites &#171; &#233;mergentes &#187;, Br&#233;sil et Argentine, de s'int&#233;grer au futur march&#233; commun am&#233;ricain, mais en y marchandant leur place ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si le Mercosur &#233;tait destin&#233; &#224; favoriser les affaires des grands patrons br&#233;siliens et argentins, il &#233;tait pour les m&#234;mes raisons avantageux aux entreprises &#233;trang&#232;res (nord-am&#233;ricaines et europ&#233;ennes) implant&#233;es dans ces pays. Il contribuait m&#234;me d'une certaine fa&#231;on &#224; favoriser les investissements &#233;trangers dans les pays du Mercosur destin&#233;s &#224; offrir ainsi un plus vaste march&#233;. Il &#233;tait un des volets aussi de la politique de restructuration des &#233;conomies nationales du Br&#233;sil et de l'Argentine de la d&#233;cennie 1990. D&#233;r&#233;glementations et privatisations ont amen&#233; l'explosion des investissements directs &#233;trangers vers ces pays : au Br&#233;sil, ils passaient de 89 millions de dollars en 1991 &#224; 2 milliards en 1992, pour culminer &#224; 30 milliards en 2000 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Br&#233;sil par exemple, la restructuration de la production automobile, avec d&#233;localisations et gains de productivit&#233;, a ruin&#233; l'industrie automobile de l'&#201;tat de Sao Paulo - qui a perdu 916 000 emplois industriels entre 1991 et 1996. Le terrain &#233;tait par contre favorable &#224; l'installation de Renault d&#233;but 1997, suivie des grands &#233;quipementiers et manufacturiers fran&#231;ais (Valeo, Michelin), ainsi qu'au red&#233;ploiement de Chrysler, Volkswagen et sa filiale Audi. Ces constructeurs se sont install&#233;s dans l'&#201;tat du Parana, au sud du pays, &#224; proximit&#233; de l'Argentine, de l'Uruguay et du Paraguay, profitant de la position g&#233;ographique d'une r&#233;gion cruciale pour l'exportation vers les autres pays du Mercosur. La zone de libre-&#233;change sud-am&#233;ricaine ainsi que l'objectif d'une union douani&#232;re servaient leurs int&#233;r&#234;ts, tout autant que ceux des grandes bourgeoisies locales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La population, elle, n'eut droit qu'au co&#251;t social des restructurations.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un march&#233; r&#233;gional d&#233;pendant du march&#233; commun voulu par les &#201;tats-Unis&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;De toute fa&#231;on, la fragilit&#233; du Mercosur vient aussi et surtout de l'ext&#233;rieur : les crises qui ont secou&#233; le syst&#232;me financier &#224; la fin des ann&#233;es 1990, cons&#233;quence de la d&#233;pendance de ces pays vis-&#224;-vis de l'imp&#233;rialisme, l'ont montr&#233;. Le Br&#233;sil a proc&#233;d&#233; &#224; la d&#233;valuation de sa monnaie de 40 %, en accord avec le FMI sans consulter son voisin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le ralentissement des &#233;changes intra-r&#233;gionaux &#224; la fin des ann&#233;es 1990, Lula et Kirchner se proposent de donner &#224; ce Mercosur un nouvel &#233;lan. Une bonne partie de la gauche et les syndicats br&#233;siliens se complaisent &#224; pr&#233;senter le Mercosur et les propositions de Lula comme un &#171; projet alternatif &#187; s'opposant au ZLEA envisag&#233; par les USA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Mercosur et ZLEA ne sont pas contradictoires. D'autant que si le march&#233; commun am&#233;ricain se cr&#233;e, un march&#233; commun r&#233;gional n'a aucune chance de lui faire concurrence. L'&#233;conomie des USA constitue 70 % du PIB des Am&#233;riques, celle du Br&#233;sil seulement 10 % (et l'Argentine 3 %). Mais 10 %, ce n'est pas n&#233;gligeable, par rapport aux petits pays avoisinants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi le Br&#233;sil de &lt;em&gt;&#171; l'alter-mondialiste &#187; &lt;/em&gt;Lula a fait le choix de s'impliquer dans les n&#233;gociations de mise en place du ZLEA tout en renfor&#231;ant le Mercosur. Question de conserver sa marge de man&#339;uvre dans la r&#233;gion, comme les n&#233;gociations commerciale du Mercosur avec la communaut&#233; europ&#233;enne. Et question d'avoir plus de poids dans ses marchandages avec les &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cela, la bourgeoise br&#233;silienne (comme la bourgeoisie argentine ou uruguayenne), est pr&#234;te, au nom de la rivalit&#233; entre Mercosur et USA aujourd'hui, au nom des contraintes du march&#233; commun am&#233;ricain demain, &#224; demander de nouveaux sacrifices aux travailleurs br&#233;siliens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simone CANETTI&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> La grande braderie des ann&#233;es 1990
</title>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Am&#233;rique latine
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		<description>Les recettes impos&#233;es &#224; l'Am&#233;rique Latine au nom de la dette ont &#233;t&#233; une aubaine pour les investisseurs nord-am&#233;ricains et europ&#233;ens. Le petit tableau du montant des privatisations effectu&#233;es dans les trois plus grands pays est parlant. &lt;br /&gt;Valeur des privatisations (en millions de dollars)Source : CEPAL &lt;br /&gt;Pr&#232;s de la moiti&#233; des investissements &#233;trangers au cours de ces dix ann&#233;es ont &#233;t&#233; des acquisitions d'entreprises existantes, essentiellement des entreprises d'&#201;tat. Les deux grandes vagues de privatisations&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les recettes impos&#233;es &#224; l'Am&#233;rique Latine au nom de la dette ont &#233;t&#233; une aubaine pour les investisseurs nord-am&#233;ricains et europ&#233;ens. Le petit tableau du montant des privatisations effectu&#233;es dans les trois plus grands pays est parlant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Valeur des privatisations (en millions de dollars)&lt;/strong&gt;&lt;em&gt;Source : CEPAL&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;table class='spip'&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;1990&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;1991&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;1992&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;1993&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;1994&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;1995&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;1996&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;1997&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;1998&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;1999&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;2000&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;TOTAL&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Argentine&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;2139&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;1896&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;5312&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;4589&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;1441&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;1340&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;1033&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;969&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;598&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;4082&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;309&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;23708&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Br&#233;sil&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;1564&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;2451&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;2621&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;1972&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;910&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;3752&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;17400&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;36600&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;4440&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;12260&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;83970&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Mexique&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;3580&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;10716&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;6799&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;2507&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;771&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;84&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;581&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;360&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;4298&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;29696&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;TOTAL pour toute l'Am&#233;rique Latine&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;5876&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;16702&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;14886&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;10179&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;8529&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;4281&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;12541&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;24668&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;42291&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;12374&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;18464&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;170791&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Pr&#232;s de la moiti&#233; des investissements &#233;trangers au cours de ces dix ann&#233;es ont &#233;t&#233; des acquisitions d'entreprises existantes, essentiellement des entreprises d'&#201;tat. Les deux grandes vagues de privatisations ont eu lieu dans les ann&#233;es 1991-1992, au Mexique d'abord, puis en Argentine. La seconde en 1997-1998 concerna encore l'Argentine et surtout le Br&#233;sil, l&#224; o&#249; le montant total des entreprises privatis&#233;es &#224; &#233;t&#233; le plus consid&#233;rable.
Ce fut notamment au Br&#233;sil la vente de Telebras, op&#233;rateur de t&#233;l&#233;phonie. Un succ&#232;s pour le Br&#233;sil avait titr&#233; la presse : les ventes aux ench&#232;res de la firme, le mercredi 29 juillet 1998 &#224; la bourse de Rio de Janeiro, auraient rapport&#233; 19 milliards de dollars aux caisses de l'&#201;tat. Les plus heureux &#233;taient les acheteurs, dont le principal, la compagnie espagnole Telefonica. Si heureux qu'ils semblent avoir remerci&#233; leurs bienfaiteurs : quelques mois plus tard, un scandale d&#233;frayait la chronique : le pr&#233;sident du Br&#233;sil Cardoso avec l'ancien pr&#233;sident Collor et quelques autres auraient touch&#233; sur un compte au Bahamas la r&#233;mun&#233;ration de leurs interventions en faveur des principaux b&#233;n&#233;ficiaires de cette fameuse vente aux ench&#232;res.
France T&#233;l&#233;com pour sa part s'est mis sous la dent, en partage avec l'espagnole Telefonica, les t&#233;l&#233;phones argentins. L'eau revenait entre autres &#224; Vivendi, les lignes d'autobus &#224; tant de petites PME sous contr&#244;le &#233;tranger que leurs tarifs ont explos&#233;.
Sur les 500 premi&#232;res entreprises latino-am&#233;ricaines et cara&#239;b&#233;ennes, 149 &#233;taient &#233;trang&#232;res au d&#233;but des ann&#233;es 1990, 231 &#224; la fin de la d&#233;cennie. Le nombre des entreprises publiques, parmi ces 500 grosses, &#233;tait en revanche pass&#233; de 87 &#224; 38 sur la m&#234;me p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Julien Forgeat&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Une poudri&#232;re sociale
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		<dc:subject>Am&#233;rique latine
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		<description>L'Am&#233;rique latine d'aujourd'hui, o&#249; 75 % de la population vit dans les villes (la m&#234;me proportion qu'en France), est bien loin de celle des ann&#233;es 1960, quand la grande majorit&#233; des pauvres &#233;taient encore paysans. Cette Am&#233;rique &#233;tait surtout marqu&#233;e par les gu&#233;rillas paysannes, dans le sillage de la r&#233;volution cubaine. Celle du d&#233;but du XXI&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle l'a &#233;t&#233; par les &#233;meutes et la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de d&#233;cembre 2000 en Argentine, puis les &#233;meutes de Cordoba (la seconde ville d'Argentine) en d&#233;cembre 2001, les&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'Am&#233;rique latine d'aujourd'hui, o&#249; 75 % de la population vit dans les villes (la m&#234;me proportion qu'en France), est bien loin de celle des ann&#233;es 1960, quand la grande majorit&#233; des pauvres &#233;taient encore paysans. Cette Am&#233;rique &#233;tait surtout marqu&#233;e par les gu&#233;rillas paysannes, dans le sillage de la r&#233;volution cubaine. Celle du d&#233;but du XXI&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle l'a &#233;t&#233; par les &#233;meutes et la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de d&#233;cembre 2000 en Argentine, puis les &#233;meutes de Cordoba (la seconde ville d'Argentine) en d&#233;cembre 2001, les &#233;meutes de Montevideo (Uruguay) en ao&#251;t 2002, la gr&#232;ve au P&#233;rou en mai 2003.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;R&#233;voltes paysannes et ouvri&#232;res&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1960, une grande partie de la gauche ou l'extr&#234;me gauche voyait dans la paysannerie pauvre d'Am&#233;rique Latine (plus g&#233;n&#233;ralement du tiers-monde) la force sociale la plus susceptible de jouer un r&#244;le de premier plan, et dans les gu&#233;rillas ou le Che, les mod&#232;les politiques de la lutte contre les injustices, ou de la r&#233;volution &#224; venir, c'&#233;tait selon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait d&#233;j&#224; discutable. La Bolivie, le Chili avaient &#233;t&#233; marqu&#233;s par les luttes des mineurs de l'&#233;tain ou du cuivre. En Argentine, la contestation ouvri&#232;re &#224; la fin des ann&#233;es 1960 &#233;tait profonde. Elle devint quasi-insurrectionnelle au tournant des ann&#233;es 1970 &#224; Cordoba, ville de l'industrie automobile. Elle ne fut &#233;touff&#233;e que par la dictature militaire du g&#233;n&#233;ral Videla en 1976. Au Chili encore, en 1973, c'est bien la classe ouvri&#232;re et non la politique d'Allende que craignaient l'arm&#233;e et la bourgeoisie chilienne quand elles ont organis&#233; (avec l'appui des USA) le coup d'&#201;tat du g&#233;n&#233;ral Pinochet.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La classe ouvri&#232;re latino-am&#233;ricaine&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Sans parler du secteur minier bien plus ancien, dans les deux principaux pays d'Am&#233;rique du Sud, l'Argentine et le Br&#233;sil, le tournant vers l'industrialisation avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; pris depuis 30 ans. C'est la crise de 1929 qui, paradoxalement, a permis &#224; l'Am&#233;rique latine de s'industrialiser. L'effondrement du commerce mondial avait emp&#234;ch&#233; les exportations des productions agricoles traditionnelles (la viande argentine, le caf&#233; br&#233;silien). Les plus grands &#201;tats ont engag&#233; une politique de d&#233;veloppement industriel pour fabriquer les produits qu'ils ne pouvaient importer. La seconde guerre mondiale et la p&#233;riode de l'imm&#233;diat apr&#232;s guerre rel&#226;cha aussi la pression imp&#233;rialiste et encouragea ces d&#233;veloppements industriels que souvent les r&#233;gimes accompagnaient d'une rh&#233;torique nationaliste. Ce fut le cas de Peron, en Argentine (de 1946 &#224; 1955) qui, au sortir de la seconde guerre mondiale, essaya de n&#233;gocier plus d'ind&#233;pendance vis-&#224;-vis de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain et acquit une popularit&#233; qui marque encore la vie politique et syndicale du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin des ann&#233;es 1960, en Argentine, l'industrie comptait d&#233;j&#224; pour plus de 30 % du PIB alors qu'elle repr&#233;sentait moins de 15 % dans plusieurs pays voisins. Elle employait plus de 2,2 millions d'ouvriers. General Motors y avait d&#233;j&#224; implant&#233; ses usines automobiles. Au Br&#233;sil &#233;mergeait de grands p&#244;les industriels avec une sid&#233;rurgie, une industrie de construction m&#233;canique... La ville de Sao Paulo passait de 2,4 millions d'habitants en 1950 &#224; 8,4 millions en 1970. Elle a aujourd'hui plus de 18 millions d'habitants, c'est la 3&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; plus grande agglom&#233;ration du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les taux de croissance d'un pays comme le Br&#233;sil ont &#233;t&#233; de l'ordre des 6 % par an dans les ann&#233;es 1960 &#224; 70. On parlait &#224; l'&#233;poque du &#171; miracle br&#233;silien &#187;. &#192; l'&#233;chelle du continent, la croissance du secteur industriel &#233;tait de l'ordre de 6,4 % en moyenne sur la p&#233;riode 1950-1974.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une bourgeoisie opulente&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les riches d'Am&#233;rique Latine ne se r&#233;sument plus, et depuis longtemps, aux seuls grands propri&#233;taires latifundiaires ou possesseurs de plantations. Ils sont aussi et surtout la grande bourgeoisie industrielle et commer&#231;ante. Une bourgeoisie qui n'est pas seulement compradore, comme dans bien des pays du tiers-monde, mais une bourgeoisie semblable et &#233;troitement li&#233;e &#224; la bourgeoisie nord-am&#233;ricaine (&#224; la bourgeoisie europ&#233;enne dans une moindre mesure), non seulement parce qu'elle partage avec les trusts am&#233;ricains ou europ&#233;ens une partie de ses investissements dans les entreprises d'Am&#233;rique Latine, mais parce qu'elle place aussi et souvent au Nord une partie des capitaux et des b&#233;n&#233;fices qu'elle r&#233;alise chez elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'industrialisation des ann&#233;es 1960-1970 s'est faite en grande partie &#224; base d'emprunts. Si les capitaux nationaux ou &#233;trangers investissaient pour ouvrir des usines, les &#201;tats assumaient l'environnement n&#233;cessaire au d&#233;veloppement industriel, &#224; commencer par les infrastructures de transports, t&#233;l&#233;communication, &#233;lectricit&#233;, services publics urbains, etc. Et les banques nord-am&#233;ricaines ou europ&#233;ennes leur consentaient des pr&#234;ts avec garantie d'&#201;tat. Jusqu'&#224; aboutir &#224; la crise de la dette des ann&#233;es 1980.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le co&#251;t social des recettes du FMI&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les mesures d'aust&#233;rit&#233; draconiennes impos&#233;es par le FMI au nom du paiement de la dette ont pes&#233; lourdement sur le niveau de vie de la population laborieuse dans les ann&#233;es 1980-1990. Elles en ont enrichi d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PIB baisse de 8 % sur la d&#233;cennie 1980 &#224; l'&#233;chelle de l'Am&#233;rique latine, ce chiffre d&#233;gringolant &#224; plus de 20 % en Argentine, au P&#233;rou, en Bolivie. La population pauvre a pay&#233; la note. Par des baisses impressionnantes des salaires : au P&#233;rou, le pouvoir d'achat de la classe ouvri&#232;re a baiss&#233; de 40 % entre 1973 et 1978. Par des vagues de privatisations o&#249; les &#201;tats bradaient tout ce qui &#233;tait vendable : infrastructure de transport, t&#233;l&#233;phonie, banques, etc. Ainsi le Mexique mit 1000 entreprises publiques (soit 87 % des entreprises) aux ench&#232;res entre 1983 et 1991, au prix de 1000 milliards de dollars. Et quand les services publics n'&#233;taient pas privatis&#233;s, ils &#233;taient d&#233;graiss&#233;s massivement : 100 000 fonctionnaires argentins perdirent leur emploi en 1991-1992.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nombre de pauvres recens&#233;s en Am&#233;rique latine est pass&#233; de 136 &#224; 200 millions au cours de la d&#233;cennie 1980. On en compte aujourd'hui 222 millions (soit 43 % de la population), dont 96 millions d'indigents (soit 18 %).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me la frange la moins ais&#233;e des classes moyennes s'est retrouv&#233;e fr&#233;quemment plong&#233;e dans la pr&#233;carit&#233; au cours des deux derni&#232;res d&#233;cennies. D&#233;j&#224; au d&#233;but des ann&#233;es 1990, on parlait en Argentine des membres des classes moyennes victimes des restructurations, ne pouvant plus payer leur loyer, quittant leur quartier pour rejoindre les &lt;em&gt;villas miserias&lt;/em&gt;, les bidonvilles argentins. Pr&#233;figuration des cons&#233;quences de la crise r&#233;cente. En Argentine fin 2001, en Uruguay quelques mois plus tard, la petite bourgeoisie a pay&#233;, elle aussi, la facture de la crise financi&#232;re de l'ann&#233;e 2002.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'aggravation des in&#233;galit&#233;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La grande bourgeoisie latino-am&#233;ricaine, tout comme les investisseurs nord-am&#233;ricains ou europ&#233;ens, a largement tir&#233; profit des restructurations et privatisations au rabais des ann&#233;es 1980 et 90.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs capitalistes mexicains, qui avaient rachet&#233; des entreprises privatis&#233;es &#224; bas prix, se sont ainsi hiss&#233;s au hit-parade des plus riches du monde. Le plus riche d'entre eux, &#224; la 17&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; place du classement Forbes, Carlos Slim, poss&#232;de la compagnie de t&#233;l&#233;phone mexicaine privatis&#233;e TELMEX. On &#233;value sa fortune au revenu annuel de 20 millions de mexicains. Ces grands bourgeois latino-am&#233;ricains sont extr&#234;mement li&#233;s &#224; la bourgeoisie nord-am&#233;ricaine et r&#233;investissent une bonne part de leurs capitaux dans les puissances imp&#233;rialistes. Inversement, l'Am&#233;rique latine est une ar&#232;ne o&#249; agissent les grandes multinationales am&#233;ricaines, mais aussi europ&#233;ennes. Il en est de m&#234;me des bourgeoisies argentines ou br&#233;siliennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Br&#233;sil, les 10 % les plus riches per&#231;oivent 45,7 % des revenus du pays. Les 10 % les plus pauvres ne per&#231;oivent qu'un centi&#232;me de la richesse. Les 60 % les plus pauvres 21 % des revenus. Le Br&#233;sil est l'un des pays les plus in&#233;galitaires, mais toute l'Am&#233;rique latine est marqu&#233;e par ce clivage entre une mince couche riche et une masse de pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette grande masse mis&#233;rable vit aujourd'hui dans les villes. Travailleurs de l'industrie, bien s&#251;r, mais aussi et surtout toute une fraction de la population qui a fui la mis&#232;re paysanne pour atterrir dans les favelas sans trouver pour autant un sort meilleur. Ce que les statistiques appellent l'emploi &#171; informel &#187; sont les petits boulots de d&#233;brouille : cireur de chaussures, vendeur ambulant, ouvrier &#224; domicile pour un petit fabricant du textile, chauffeur de minibus improvis&#233; pour pallier l'incurie des transports publics, femme de m&#233;nage... Plus de la moiti&#233; des emplois sont dans l'informel. Sans compter que bien souvent, les travailleurs du secteur &#171; formel &#187; se retrouvent dans l'obligation de cumuler un ou plusieurs petits boulots pour faire vivre leur famille ou basculent vite de ce secteur &#224; l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1970, la classe ouvri&#232;re faisait d&#233;j&#224; peur &#224; la bourgeoisie am&#233;ricaine. Vingt ans plus tard, l'Am&#233;rique latine compte 40 millions de travailleurs du secteur industriel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel CHARVET&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Am&#233;rique du Sud : une nouvelle gauche... contre les travailleurs
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		<dc:subject>Am&#233;rique latine
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		<description>Le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mars dernier, le nouveau pr&#233;sident socialiste d'Uruguay, Tabar&#233; Vazquez, vainqueur du scrutin d'octobre dernier, a pris ses fonctions &#224; Montevideo. Il est le sixi&#232;me pr&#233;sident de gauche &#224; acc&#233;der au pouvoir en Am&#233;rique Latine ces derni&#232;res ann&#233;es, apr&#232;s Hugo Ch&#225;vez au Venezuela en d&#233;cembre 1998, Ricardo Lagos au Chili en janvier 2000, Luiz In&#225;cio da Silva, dit Lula, au Br&#233;sil en octobre 2002, Lucio Guti&#233;rrez en &#201;quateur le mois suivant, puis Nestor Kirchner en Argentine en mai 2003. Si l'Uruguay&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mars dernier, le nouveau pr&#233;sident socialiste d'Uruguay, Tabar&#233; Vazquez, vainqueur du scrutin d'octobre dernier, a pris ses fonctions &#224; Montevideo. Il est le sixi&#232;me pr&#233;sident de gauche &#224; acc&#233;der au pouvoir en Am&#233;rique Latine ces derni&#232;res ann&#233;es, apr&#232;s Hugo Ch&#225;vez au Venezuela en d&#233;cembre 1998, Ricardo Lagos au Chili en janvier 2000, Luiz In&#225;cio da Silva, dit Lula, au Br&#233;sil en octobre 2002, Lucio Guti&#233;rrez en &#201;quateur le mois suivant, puis Nestor Kirchner en Argentine en mai 2003. Si l'Uruguay n'est qu'une petite enclave de 3,4 millions d'habitants entre Br&#233;sil et Argentine, les six pays pass&#233;s &#224; gauche repr&#233;sentent 270 millions d'habitants (dont 180 millions pour le seul Br&#233;sil), soit les trois-quarts de la population de l'Am&#233;rique du Sud et l'essentiel de ses richesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette sixi&#232;me victoire de la gauche latino-am&#233;ricaine contre &#171; l'ultra-lib&#233;ralisme &#187;, f&#234;t&#233;e sous une pluie de confettis n'a pas troubl&#233; le gouvernement Bush. Le porte-parole du Secr&#233;tariat d'&#201;tat des USA y est all&#233;, comme il se doit, de ses f&#233;licitations &#224; Vazquez pour son intronisation &#224; la t&#234;te d'un pays &lt;em&gt;&#171; partenaire et ami important &#187;&lt;/em&gt;. Et le journal am&#233;ricain &lt;em&gt;New York Times&lt;/em&gt; de commenter les r&#233;actions nord-am&#233;ricaines en ces termes : &lt;em&gt;&#171; Bien que nombre de ces nouveaux leaders soient issus de la gauche r&#233;volutionnaire, ils semblent moins inspir&#233;s, aujourd'hui, par Che Guevara que par Felipe Gonz&#225;lez, l'ancien premier ministre socialiste espagnol &lt;/em&gt;[...]&lt;em&gt; Ils ont montr&#233; qu'ils d&#233;siraient respecter les r&#232;gles &#233;tablies du jeu politique &lt;/em&gt;[...] &lt;em&gt;Ce pragmatisme g&#233;n&#233;ral rend l'administration Bush bien moins oppos&#233;e &#224; ce nouveau cours qu'elle l'e&#251;t &#233;t&#233; &#224; une autre &#233;poque... &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car si, d'un pays &#224; l'autre, cette gauche qui arrive au pouvoir est diverse, elle y acc&#232;de pour les m&#234;mes raisons : le m&#233;contentement populaire exacerb&#233; par l'aggravation du ch&#244;mage et de la pauvret&#233; et par l'accroissement des in&#233;galit&#233;s sociales. Et elle s'y donne la m&#234;me t&#226;che : poursuivre la politique des gouvernements auxquelles elle succ&#232;de, mais en calmant le m&#233;contentement social.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La d&#233;mocratisation des ann&#233;es 1980 et les exigences du FMI&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est dans les ann&#233;es 1980 que la plupart des pays d'Am&#233;rique latine avaient officiellement renou&#233; avec la d&#233;mocratie. Ce qui, dans un pays pauvre, ne veut pas dire l'absence d'intervention de l'arm&#233;e &#224; la moindre &#233;meute. Les dictatures mises en place sur la quasi-totalit&#233; des pays d'Am&#233;rique du Sud et Centrale &#224; la fin des ann&#233;es 1960 ou au d&#233;but des ann&#233;es 1970 (1964 au Br&#233;sil, 1973 au Chili et en Uruguay, 1976 en Argentine) avaient fait leur temps. La vague des r&#233;volutions anticoloniales du tiers-monde et la r&#233;volution cubaine, pouvant &#233;chapper &#224; la main mise de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain en jouant de la rivalit&#233; entre l'Est et l'Ouest, avaient fait craindre aux &#201;tats-Unis une explosion sociale de l'Am&#233;rique Latine. En 1980, on n'en &#233;tait plus l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paralys&#233;es par la corruption et la faillite financi&#232;re de leurs r&#233;gimes, &#233;branl&#233;es par une remont&#233;e du m&#233;contentement social, les dictatures militaires se retiraient les unes apr&#232;s les autres, quand elles n'y &#233;taient pas discr&#232;tement pouss&#233;es par les &#201;tats-Unis eux-m&#234;mes. L'Argentine renouait avec un r&#233;gime civil en 1983, apr&#232;s l'&#233;chec de l'aventure de la guerre des Malouines, engag&#233;e par le r&#233;gime militaire pour redorer son blason. Apr&#232;s une vague de gr&#232;ves et manifestations, l'arm&#233;e uruguayenne laissait le pouvoir l'ann&#233;e suivante. Les militaires br&#233;siliens, eux aussi aux prises avec des gr&#232;ves, pratiquaient depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1980 une politique d'ouverture (reconnaissance des partis interdits, amnisties, nouvelles &#233;lections l&#233;gislatives). Ils passaient la main en 1985. Seul Pinochet, au Chili, restait au pouvoir jusqu'en 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan &#233;conomique aussi la situation avait chang&#233;. La politique de cr&#233;dits accord&#233;s largement aux &#201;tats des pays du tiers-monde ou semi-d&#233;velopp&#233;s comme les grands pays d'Am&#233;rique Latine, qui permettait de leurs vendre des &#233;quipements, ne paraissaient plus aussi s&#251;rs aux banquiers des pays riches. La dette des pays d'Am&#233;rique Latine devenait irremboursable. On d&#233;cr&#233;tait ces pays insolvables et envoyait les huissiers se payer sur la b&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les recettes impos&#233;es par le FMI allaient co&#251;ter cher &#224; la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Argentine, c'est le pr&#233;sident radical Ra&#250;l Alfons&#237;n qui, en consacrant tous les exc&#233;dents du commerce ext&#233;rieur au payement de la dette, avec une d&#233;valuation de 5 000 % et une augmentation des taux d'int&#233;r&#234;t, entama cette politique. Un p&#233;roniste (donc suppos&#233; plus ou moins de gauche et li&#233; aux syndicats), Carlos Menem, prenait son relais en 1989. Il acc&#233;l&#233;rait la privatisation de toutes les entreprises publiques, imposait la flexibilit&#233; du travail. Le co&#251;t pour la population laborieuse de ses mesures (sans parler de la corruption du r&#233;gime), aboutit au retour en 1999 d'un nouveau pr&#233;sident radical... qui dut d&#233;missionner apr&#232;s les &#233;meutes de d&#233;cembre 2001. C'est d'un pays o&#249; le ch&#244;mage touche 30 % de la population active, o&#249; un salari&#233; sur deux touche moins de 500 pesos (environ 160 &#8364;) et o&#249; la moiti&#233; de la population ne b&#233;n&#233;ficie d'aucune couverture sociale, dont h&#233;rite aujourd'hui Kirchner, p&#233;roniste &#224; nouveau, mais cette fois vraiment de gauche, nous dit-on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me cheminement au Br&#233;sil, o&#249; le premier pr&#233;sident civil, Jos&#233; Sarney (Alliance d&#233;mocratique) avait commenc&#233; son r&#232;gne par une r&#233;forme mon&#233;taire et surtout un blocage des salaires. Son successeur Fernando Henrique Cardoso, du Parti social d&#233;mocrate (parti qui a eu &#224; certaines &#233;lection l'appui de PT de Lula), pr&#233;sident de 1994 &#224; 2002, r&#233;alisa les plus grandes fourn&#233;es de privatisations de services et d'entreprises publiques : plus en une seule ann&#233;e, 1998, que l'ensemble des privatisations argentines de 1990 &#224; 2000.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une gauche plurielle, mais assagie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les &lt;em&gt;&#171; nouvelles gauches &#187;,&lt;/em&gt; qui prennent aujourd'hui le relais, se sont constitu&#233;es &#224; partir d'ingr&#233;dients forts divers et parfois surprenants en comparaison de la politique que nous connaissons ici, dans les pays d'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Construit &#224; partir du mouvement syndical, le Parti des Travailleurs de Lula est probablement celui qui correspond le plus aux partis socialistes qui avaient vu le jour en Europe &#224; la fin du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. &#192; cette diff&#233;rence que l'histoire ne se r&#233;&#233;crit pas et que le r&#233;formisme du jeune parti de Lula ressemble &#224; celui des social-d&#233;mocraties s&#233;niles de la fin du vingti&#232;me si&#232;cle, celui de Jospin, Schr&#246;der ou Blair.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#234;tre &lt;em&gt;&#171; au long parcours r&#233;volutionnaire &#187;&lt;/em&gt;, d'apr&#232;s le quotidien El Pa&#237;s, mais aujourd'hui conseiller de Lula, Carlos Alberto Libanio Christo explique &#224; ce journal : &lt;em&gt;&#171; dans les ann&#233;es 60, la gauche que j'ai connue &#233;tait tr&#232;s dogmatique et doctrinaire &lt;/em&gt;[...] &lt;em&gt;L'id&#233;e selon laquelle il faut d'abord faire la r&#233;volution pour entrer ensuite dans l'appareil d'&#201;tat a &#233;volu&#233; au cours de ces ann&#233;es. [...] Aujourd'hui, en Am&#233;rique latine, la r&#233;volution n'int&#233;resse plus que deux milieux : les fabricants d'armes et l'extr&#234;me droite. &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans &#234;tre, comme lui, retourn&#233;s r&#233;fl&#233;chir au couvent entre une folle jeunesse et un poste de conseiller pr&#233;sidentiel, un certain nombre d'anciens r&#233;volutionnaires des ann&#233;es 1960-70, intellectuels sinc&#232;rement r&#233;volt&#233;s par les injustices mais qui se voyaient en leaders de &lt;em&gt;&#171; leur &#187;&lt;/em&gt; peuple ont, semble-t-il, suivi des chemins analogues. &lt;em&gt;&#171; En Uruguay, nous avons une culture de la n&#233;gociation. Les Partis colorado et blanco &lt;/em&gt;[les deux partis de droite qui ont gouvern&#233; l'Uruguay ces 20 derni&#232;res ann&#233;es] &lt;em&gt;ont eu d'&#233;normes diff&#233;rences, mais ils ont appris &#224; n&#233;gocier, et cela explique leur maintien au gouvernement aussi longtemps. Nous en avons conclu que la rigidit&#233; ne dure pas &#187;&lt;/em&gt;, explique &#171; Pepe &#187; Mujica, le nouveau ministre de l'agriculture uruguayen (cit&#233; par &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; du 3 mars). Il dirige le MPP (Mouvement de participation populaire) le parti des anciens Tupamaros reconvertis &#224; la politique politicienne, la composante du Front &#233;largi qui a obtenu le plus grand nombre de si&#232;ges dans le nouveau parlement uruguayen. Pr&#233;sidente de ce parlement, Nora Castro ajoute : &lt;em&gt;&#171; Je suis toujours une &#171; Tupa &#187;.&lt;/em&gt; [...] &lt;em&gt;Le combat politique ne se fait plus les armes &#224; la main, mais la lutte contre les injustices sociales demeure la priorit&#233;. Il s'agit de retrouver une croissance durable, mais aussi une meilleure redistribution de la richesse. &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau pr&#233;sident uruguayen, Vazquez, chef de file de ce Front &#233;largi est, quant &#224; lui, un politicien bourgeois plus classique. Comme l'est le pr&#233;sident chilien Lagos, ancien fonctionnaire aux Nations Unies puis &#224; l'Organisation Internationale du Travail. Ce dernier a m&#234;me &#233;t&#233; plusieurs fois ministre dans les gouvernements des pr&#233;sidents d&#233;mocrates-chr&#233;tiens entre 1990 et 2000. Quant au pr&#233;sident argentin Kirchner, il a d&#232;s son arriv&#233;e au pouvoir annonc&#233; la couleur en choisissant pour ministre de l'&#233;conomie, le ministre du gouvernement pr&#233;c&#233;dant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pr&#233;sidents v&#233;n&#233;zu&#233;liens et &#233;quatoriens Ch&#225;vez et Guti&#233;rrez sont d'une autre composante. Anciens militaires putschistes, ils sont sans doute l'expression d'une petite bourgeoisie nationaliste un peu radicale et &#233;tatiste, qui r&#234;ve de r&#233;duire la corruption ou moderniser le pays en r&#233;duisant le pillage de ses richesses en m&#234;me temps qu'ils nourrissent leurs ambitions personnelles. Et s'ils jouissent pour cela d'une certaine popularit&#233;, ils ne repr&#233;sentent pas plus que les autres les int&#233;r&#234;ts des pauvres et des travailleurs du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_147 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L300xH308/droitegauche-18518.gif?1528215570' width='300' height='308' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des luttes sociales qui n'ont pas dit leur dernier mot&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis la fin des dictatures militaires et surtout depuis la fin des ann&#233;es 1990, on a vu en Am&#233;rique Latine se d&#233;velopper les luttes sociales : manifestations de ch&#244;meurs, &#233;meutes contre les hausse de prix ou &#233;meutes de la faim, pillage de grandes surfaces, manifestations contre les privatisations. Et surtout d'importantes gr&#232;ves ouvri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont ces mouvements que la gauche au pouvoir s'efforce d'endormir en parlant d'un socialisme&lt;em&gt; &#171; les pieds sur terre &#187; &lt;/em&gt;et en promettant cette &lt;em&gt;&#171; croissance durable &#187; &lt;/em&gt;que les sacrifices demand&#233;s seraient cens&#233; engendrer. Les illusions qu'ils s'efforcent de cr&#233;er sont mortelles. Elles ne conduisent qu'&#224; des d&#233;ceptions et des retours de b&#226;ton. Avec cette diff&#233;rence sur la classique alternance gauche-droite de nos pays riches, que les retours de b&#226;ton du pass&#233; de l'Am&#233;rique Latine se sont souvent traduits par des milliers de morts et de nouvelles ann&#233;es de dictature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les retours de b&#226;ton pourraient bien cette fois venir de la classe ouvri&#232;re. Si elle ne se laisse pas endormir par les nouveaux leaders qui pr&#233;tendent gouverner en son nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Olivier BELIN&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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