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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskyste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> Bolivie : quand l'eau et le gaz provoquent la r&#233;volte
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		<dc:subject>Bolivie
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		<description>En octobre 2003, la r&#233;volte de la population bolivienne a fait tomber le gouvernement du pr&#233;sident Sanchez de Lozada. Il laissait la place &#224; son vice-pr&#233;sident Carlos Mesa. C'&#233;tait suffisant pour que ce dernier re&#231;oive l'&#171; appui critique &#187; des dirigeants des forces d'opposition, le MAS (Mouvement vers le Socialisme) d'Evo Morales, la COB (Centrale ouvri&#232;re bolivienne) principale centrale syndicale et le MIP (Mouvement indig&#232;ne Pachakuti) dont l'un des dirigeants Felipe Quispe dirige aussi la&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En octobre 2003, la r&#233;volte de la population bolivienne a fait tomber le gouvernement du pr&#233;sident Sanchez de Lozada. Il laissait la place &#224; son vice-pr&#233;sident Carlos Mesa. C'&#233;tait suffisant pour que ce dernier re&#231;oive l'&lt;em&gt;&#171; appui critique &#187;&lt;/em&gt; des dirigeants des forces d'opposition, le MAS (Mouvement vers le Socialisme) d'Evo Morales, la COB (Centrale ouvri&#232;re bolivienne) principale centrale syndicale et le MIP (Mouvement indig&#232;ne Pachakuti) dont l'un des dirigeants Felipe Quispe dirige aussi la Conf&#233;d&#233;ration syndicale unique des travailleurs paysans (CSUTCB). Mais les luttes des ouvriers et paysans pauvres n'en continuent pas moins.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un pays riche de ressources et de r&#233;voltes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La Bolivie est l'un des pays les plus pauvres d'Am&#233;rique du Sud. Mais elle est riche en mati&#232;res premi&#232;res, l'argent, l'&#233;tain que les pays imp&#233;rialistes pillent depuis des si&#232;cles, et aujourd'hui le gaz naturel. C'est aussi un pays riche en luttes, o&#249; paysans et ouvriers se sont plus d'une fois r&#233;volt&#233;s. En 1952 notamment o&#249; gr&#232;ves de mineurs et &#233;meutes avaient renvers&#233; le gouvernement et impos&#233; la nationalisation des mines d'&#233;tain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1985, les principaux secteurs d'&#201;tat ont &#233;t&#233; privatis&#233;s : les chemins de fer, les compagnies a&#233;riennes, les mines, l'&#233;lectricit&#233;, le t&#233;l&#233;phone, et m&#234;me l'eau. Pour les plus grands profits des multinationales am&#233;ricaines ou europ&#233;ennes. Ces privatisations ont entra&#238;n&#233; de nombreux licenciements. Sur les 30 000 employ&#233;s de la COMIBOL, la compagnie mini&#232;re, 23 000 ont perdu leur emploi. Ces anciens mineurs n'ont souvent pas eu d'autre possibilit&#233; pour survivre que de rejoindre la cohorte des cultivateurs de coca.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Quand l'eau met le feu aux poudres...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La privatisation de l'eau a entra&#238;n&#233; la hausse de son prix, catastrophique dans un pays o&#249; sept personnes sur dix vivent au-dessous du seuil de pauvret&#233;. En 2000, dans la ville de Cochabamba, a &#233;clat&#233; la premi&#232;re &lt;em&gt;&#171; guerre de l'eau &#187;&lt;/em&gt;. La population, regroup&#233;e en Coordination de d'eau, s'est mobilis&#233;e pour r&#233;clamer la d&#233;-privatisation et le d&#233;part de l'entreprise Aguas del Tunari, filiale du groupe am&#233;ricain Bechtel. Le gouvernement a envoy&#233; l'arm&#233;e. Mais, devant la d&#233;termination des habitants, il a d&#251; c&#233;der et rompre le contrat avec Bechtel, qui lui r&#233;clame maintenant d'exorbitantes indemnit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la r&#233;gion de La Paz, c'est le consortium fran&#231;ais Aguas del Illimani (alias Suez-Lyonnaise des eaux) qui a repris la distribution de l'eau. Les prix ont &#233;t&#233; multipli&#233;s par six. Les compteurs n'&#233;tant plus relev&#233;s, suite aux licenciements massifs de personnel, la compagnie a exig&#233; le r&#232;glement d'une facture forfaitaire tous les mois, quelle que soit la consommation, et le paiement au comptant de pr&#232;s de 1 100 bolivianos pour se faire installer l'eau, au lieu de 730 bolivianos &#233;tal&#233;s sur cinq ans avant la privatisation. (Un ouvrier gagne en moyenne 1 800 bolivianos par mois). Depuis novembre 2004, la population de La Paz se mobilise &#224; son tour pour demander des comptes &#224; la compagnie et au gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;... et quand il y a de l'eau dans le gaz&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est surtout autour de la question du gaz que le m&#233;contentement s'est cristallis&#233; au cours de l'ann&#233;e 2003. Le pays &#233;tait agit&#233; par les marches et blocages de routes de paysans cocaleros (cultivateurs de coca) protestant contre les campagnes d'&#233;radication men&#233;es par le gouvernement. En f&#233;vrier, sur conseil du FMI, ce dernier cr&#233;ait un imp&#244;t suppl&#233;mentaire. Cette fois, la police de La Paz, elle-m&#234;me, se soulevait, entra&#238;nant lyc&#233;ens, ouvriers, et ch&#244;meurs ! Le palais pr&#233;sidentiel &#233;tait mis &#224; sac, les membres du gouvernement introuvables... L'arm&#233;e, charg&#233;e de la r&#233;pression, faisait 33 morts et plus de 200 bless&#233;s. Mais l'imp&#244;t &#233;tait retir&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand il a &#233;t&#233; question, en septembre, de vendre le gaz naturel &#224; la firme transnationale Pacific LNG, les milliers de paysans de l'Altiplano qui marchaient encore sur La Paz pour d&#233;fendre les cultures de coca y rajout&#232;rent la revendication de non vente du gaz. Reprise &#224; travers tout le pays. Le 19 septembre, la centrale syndicale COB, ainsi que le leader des cocaleros, Evo Morales, lan&#231;aient un appel &#224; une mobilisation nationale. Le 8 octobre, la COB appelait &#224; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e. Les marches de paysans et mineurs convergeaient vers la capitale en r&#233;clamant d&#233;sormais la d&#233;mission du pr&#233;sident, Sanchez de Lozada. Les 16 et 17 octobre, plus de 200 000 personnes, mineurs arm&#233;s de b&#226;tons de dynamite et paysans manifestaient &#224; La Paz et faisaient le si&#232;ge du palais gouvernemental. Le pr&#233;sident fit sa valise pour Miami.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les le&#231;ons oubli&#233;es de la &#171; r&#233;volution bolivienne &#187; de 1952&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une telle combativit&#233; ne s'&#233;tait pas revue depuis les r&#233;voltes ouvri&#232;res de 1949 et 1950 et le soul&#232;vement arm&#233; d'avril 1952 o&#249; des milices de mineurs, appuy&#233;es par des paysans en armes, renversaient le gouvernement. Mais d&#233;j&#224; &#224; l'&#233;poque, la COB, dont le fer de lance &#233;tait les ouvriers des mines, s'&#233;tait content&#233;e de l'arriv&#233;e au pouvoir du chef du Mouvement national r&#233;volutionnaire (MNR), l'avocat Victor Paz Estenssoro, dont l'arm&#233;e avait jusque-l&#224; emp&#234;ch&#233; l'&#233;lection pour arr&#234;ter le mouvement. Paz Estenssoro se voulait d&#233;fenseur des int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie nationale contre les int&#233;r&#234;ts &#233;trangers. Le fondateur de la COB, le syndicaliste Juan Lechin, devenait ministre des Mines et du P&#233;trole avant de se retrouver, de 1960 &#224; 1964, vice-pr&#233;sident de la R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1953, le gouvernement Paz Estenssoro renouait avec les USA et c&#233;dait aux trusts de l'&#233;tain. En 1955, il favorisait l'implantation en Bolivie de la Gulf Oil Company. En 1964, &#224; l'&#233;poque o&#249; l'imp&#233;rialisme &#233;tait partout contest&#233; dans le tiers monde, face &#224; une remont&#233; de la contestation sociale, l'arm&#233;e prenait les r&#234;nes du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Quelles directions pour ces luttes ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Avec le renversement, en octobre 2003, du pr&#233;sident Sanchez de Lozada, l'histoire semble se r&#233;p&#233;ter, tout au moins en ce qui concerne les trahisons des leaders du mouvement. Il a suffi &#224; Carlos Mesa, pour obtenir leur aval, de promettre un r&#233;f&#233;rendum sur la question du gaz et la prochaine r&#233;union d'une Assembl&#233;e constituante qui repr&#233;senterait mieux les Indiens Aymaras et Quechuas. Il a aussi promis d'augmenter jusqu'&#224; 50 % les royalties impos&#233;es aux soci&#233;t&#233;s &#233;trang&#232;res, de relancer la compagnie publique d'exploitation des hydrocarbures. Mais cela ne l'emp&#234;che pas d'annoncer d'ores et d&#233;j&#224; que remettre en cause les contrats d&#233;j&#224; sign&#233;s avec les multinationales n'est pas envisageable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le leader de la COB, Jaime Solares a pr&#244;n&#233; une tr&#234;ve, pour voir ce qu'allait faire Mesa. Evo Morales, le dirigeant des luttes des cocaleros et du MAS a appel&#233; &#224; la mod&#233;ration du mouvement et apporte son soutien critique au gouvernement. Arriv&#233; en seconde position aux &#233;lections pr&#233;sidentielles de juin 2002 avec 20,9 % des suffrages, il se voit d&#233;j&#224; futur vainqueur de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle pr&#233;vue pour 2007. Son parti vient d'ailleurs d'avoir un nouveau succ&#232;s aux &#233;lections municipales de d&#233;cembre 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; Felipe Quispe, ancien gu&#233;rillero, dirigeant du MIP, qui a aussi jou&#233; un r&#244;le important dans les luttes de 2003 en organisant la marche, puis la gr&#232;ve de la faim, de milliers de paysans aymaras, il ne parle que d'une &lt;em&gt;&#171; opposition vigilante &#187;&lt;/em&gt;. Les &#171; &lt;em&gt; majorit&#233;s nationales, et avant tout indig&#232;nes &#187;&lt;/em&gt; dont il se veut le d&#233;fenseur (les Indiens aymaras, quechuas ainsi que les Guaranis, paysans tr&#232;s pauvres du Sud du pays, repr&#233;sentent plus de 60 % de la population) n'ont, dit-il, &lt;em&gt;&#171; assist&#233; qu'&#224; un changement de personnes &#187;&lt;/em&gt;. Mais pour lui, Mesa doit encore choisir : &#234;tre un dirigeant qui d&#233;fend les int&#233;r&#234;ts nationaux, donc un ami, ou &#234;tre l'ami des gringos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mettant en avant les diff&#233;rentes identit&#233;s, paysannes et indiennes, les courants politiques communautaires ont favoris&#233; le d&#233;veloppement de mouvements locaux, au lieu de pousser &#224; l'unification des luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un parti d&#233;fendant des perspectives r&#233;volutionnaires devrait au contraire pousser &#224; d&#233;passer les particularismes pour donner aux luttes actuelles l'unit&#233; politique r&#233;volutionnaire d'une lutte de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lydie GRIMAL&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Uruguay : le nouveau pr&#233;sident socialiste, Tabar&#233; Vazquez, contre l'avortement et la contestation sociale
</title>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Uruguay
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		<description>La victoire de la gauche en Uruguay a eu lieu dans un contexte de crise &#233;conomique entra&#238;n&#233;e par la crise financi&#232;re qui, apr&#232;s l'Argentine, a ravag&#233; l'Uruguay en 2001-2002 et englouti 80 % des r&#233;serves nationales. Longtemps baptis&#233; la &#171; Suisse de l'Am&#233;rique latine &#187;, ce pays compte aujourd'hui 15 % de ch&#244;meurs, mais 40 % dans les quartiers ouvriers. Les salaires ont chut&#233; de 30 %. &lt;br /&gt;Tabar&#233; Vazquez, le nouveau pr&#233;sident socialiste, se dit oppos&#233; &#224; l'avortement &#171; pour des raisons philosophiques, biologiques&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La victoire de la gauche en Uruguay a eu lieu dans un contexte de crise &#233;conomique entra&#238;n&#233;e par la crise financi&#232;re qui, apr&#232;s l'Argentine, a ravag&#233; l'Uruguay en 2001-2002 et englouti 80 % des r&#233;serves nationales. Longtemps baptis&#233; la &lt;em&gt;&#171; Suisse de l'Am&#233;rique latine &#187;&lt;/em&gt;, ce pays compte aujourd'hui 15 % de ch&#244;meurs, mais 40 % dans les quartiers ouvriers. Les salaires ont chut&#233; de 30 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tabar&#233; Vazquez, le nouveau pr&#233;sident socialiste, se dit oppos&#233; &#224; l'avortement &lt;em&gt;&#171; pour des raisons philosophiques, biologiques et humaines &#187;&lt;/em&gt;, et se d&#233;finit lui-m&#234;me, pr&#233;cise le journal argentin &lt;em&gt;La Naci&#243;n&lt;/em&gt;, comme un &lt;em&gt;&#171; homme politique responsable &#187;&lt;/em&gt;. &#192; la t&#234;te de la mairie de Montevideo depuis 1989, il a men&#233; une politique d'aide aux plus d&#233;munis qui l'a rendu populaire. Mais au parlement, il a soutenu bien des r&#233;formes de la droite, notamment une r&#233;vision du syst&#232;me des prestations sociales en 1994 (d&#233;savou&#233;e &#224; une large majorit&#233;, plus de 60 %, par la population lors de r&#233;f&#233;rendums&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Le r&#233;f&#233;rendum, souvent utilis&#233; comme moyen de mobiliser par l'opposition de (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;), une ouverture de l'entreprise nationale Ancap (p&#233;trole, ciment et alcools) &#224; des capitaux priv&#233;s en 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus que son pass&#233; d'oppositionnel mod&#233;r&#233;, ce qui vaut &#224; Vazquez les hommages des journaux les plus conservateurs, c'est son programme &#224; venir. Au-del&#224; des quelques mesures symboliques, le nouveau pr&#233;sident a voulu rassurer les milieux d'affaire : &lt;em&gt;&#171; Notre devoir consiste &#224; promouvoir le dialogue dans l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral &#187;&lt;/em&gt;, a-t-il d&#233;clar&#233;, lan&#231;ant le mot d'ordre de &lt;em&gt;&#171; changement responsable &#187;&lt;/em&gt;. Le choix de son ministre de l'&#233;conomie, un &#233;conomiste lib&#233;ral, para&#238;t-il &lt;em&gt;&#171; respect&#233; &#187;&lt;/em&gt; dans le monde des affaires, est d&#233;j&#224; tout un programme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vazquez s'est engag&#233; au respect des &lt;em&gt;&#171; Lettres d'intention &#187;&lt;/em&gt;, engageant l'&#201;tat &#224; l'&#233;gard du FMI sur sa politique &#233;conomique. Il a promis de ne pas remettre en question des fonds de pension priv&#233;s (dont les exc&#233;dents devraient financer le futur plan de construction de logements). Il a repouss&#233; d'avance l'id&#233;e de hausse des salaires, alors que ceux-ci ont chut&#233; de 30 % en deux ans. Quant aux privatisations auxquelles la population s'est oppos&#233;e par voie r&#233;f&#233;rendaire (en 1992, 2003, 2004), il n'y est pas hostile, et pr&#233;f&#232;re parler d'&lt;em&gt;&#171; associations &#187;&lt;/em&gt; de capitaux priv&#233;s aux entreprises publiques. En fran&#231;ais, la gauche appelle cela &lt;em&gt;&#171; ouverture du capital &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A.M.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le r&#233;f&#233;rendum, souvent utilis&#233; comme moyen de mobiliser par l'opposition de gauche, est inscrit dans la constitution en Uruguay : l'ex&#233;cutif est oblig&#233; d'organiser un r&#233;f&#233;rendum lorsque des p&#233;titions lui sont pr&#233;sent&#233;es, &#224; condition qu'elles recueillent 25 % du corps &#233;lectoral.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Venezuela : La r&#233;volution bolivarienne, permanente... et limit&#233;e
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Venezuela
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		<description>Pr&#233;sent au Forum social mondial de Porto Alegre de 2005, le pr&#233;sident v&#233;n&#233;zu&#233;lien Hugo Ch&#225;vez a d&#233;clar&#233; le 30 janvier : &#171; J'en deviens chaque jour plus convaincu, [...] il est n&#233;cessaire de d&#233;passer le capitalisme &#187;. Sur sa lanc&#233;e, il a cit&#233; La R&#233;volution permanente de Trotsky, un livre &#171; formidable &#187;. Diable ! L'ancien lieutenant-colonel putschiste serait-il devenu &#233;mule du fondateur de l'arm&#233;e rouge ? &lt;br /&gt;De la prosp&#233;rit&#233; des ann&#233;es 1960-70 &#224; la crise des ann&#233;es 1980 &lt;br /&gt;Le Venezuela est quelque peu atypique en&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Amerique-du-Sud-une-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Am&#233;rique du Sud : une nouvelle gauche&#8230; contre les travailleurs
&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pr&#233;sent au Forum social mondial de Porto Alegre de 2005, le pr&#233;sident v&#233;n&#233;zu&#233;lien Hugo Ch&#225;vez a d&#233;clar&#233; le 30 janvier : &lt;em&gt;&#171; J'en deviens chaque jour plus convaincu, [...] il est n&#233;cessaire de d&#233;passer le capitalisme &#187;.&lt;/em&gt; Sur sa lanc&#233;e, il a cit&#233; &lt;em&gt;La R&#233;volution permanente&lt;/em&gt; de Trotsky, un livre &lt;em&gt;&#171; formidable &#187;&lt;/em&gt;. Diable ! L'ancien lieutenant-colonel putschiste serait-il devenu &#233;mule du fondateur de l'arm&#233;e rouge ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;De la prosp&#233;rit&#233; des ann&#233;es 1960-70 &#224; la crise des ann&#233;es 1980 &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le Venezuela est quelque peu atypique en Am&#233;rique latine, en ce sens que depuis 1958 il a connu 40 ans de r&#233;gime d&#233;mocratique, avec l'alternance de deux partis, AD (Action D&#233;mocratique, d'origine social-d&#233;mocrate) et Copei (d&#233;mocrate-chr&#233;tien). Ce n'est pas &#233;tranger &#224; la rente p&#233;troli&#232;re (le Venezuela est le 5&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; exportateur mondial) dont les gouvernements tiraient profit et qui permettait un d&#233;veloppement proche des pays occidentaux : la prosp&#233;rit&#233; d'une classe moyenne, un niveau de vie plus d&#233;cent que dans le reste de l'Am&#233;rique Latine, des services sociaux et un syst&#232;me scolaire de qualit&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fin des ann&#233;es 1980 met un terme &#224; cet &#233;tat de gr&#226;ce. Le gouvernement en place proc&#232;de, &#224; partir de 1988, &#224; l'ouverture brutale de l'&#233;conomie &#224; la comp&#233;tition, l'abandon des protections sociales, etc. Conjugu&#233;es &#224; la chute du prix du p&#233;trole, ces mesures provoquent un appauvrissement spectaculaire de la population. En 1992, 57 % se contentent d'un seul repas par jour, 80 % vivent au-dessous du seuil de pauvret&#233;. L'initiateur des &#171; r&#233;formes &#187;, le pr&#233;sident Perez est finalement suspendu pour avoir d&#233;tourn&#233; 17 millions de dollars !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation d&#233;clenche une &#233;norme manifestation populaire &#224; Caracas en 1989 (le &#171; caracazo &#187;), que l'arm&#233;e &#233;crase dans le sang (300 morts). C'est l'indignation jusqu'au sein de l'arm&#233;e : protestations et mutineries se produisent &#224; l'initiative de soldats et jeunes officiers de milieu populaire, dont le lieutenant-colonel Ch&#225;vez. En f&#233;vrier 1992, celui-ci tente un coup d'&#201;tat, qui lui vaut la prison mais aussi la popularit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le programme de la &#171; r&#233;volution bolivarienne &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Lib&#233;r&#233; sous le gouvernement suivant, Hugo Ch&#225;vez opte alors pour la voie l&#233;gale &#224; la t&#234;te d'un nouveau parti, le MVR (Mouvement pour la 5&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; R&#233;publique), qui s'allie dans un &#171; Front patriotique &#187; avec d'autres organisations de gauche. Le parti &#171; chaviste &#187; lui-m&#234;me regroupe une palette de tendances allant de la gauche radicale au centre, en passant par des politiciens li&#233;s au r&#233;gime AD-Copei, nouvellement convertis au &#171; chavisme &#187; (dont beaucoup tremperont dans le coup d'&#201;tat d'avril 2002). C'est &#224; la t&#234;te de cette coalition qu'il remporte les &#233;lections pr&#233;sidentielles de 1998 avec plus de 56 % des voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son programme, tr&#232;s mod&#233;r&#233;, est le reflet des forces sociales sur lesquelles il s'appuie, mettant en avant surtout la promesse d'une nouvelle constitution, &lt;em&gt;&#171; premi&#232;re &#233;tape dans la lutte pour plus de justice sociale, plus d'ind&#233;pendance face &#224; l'imp&#233;rialisme et pour l'&#233;limination de la corruption &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;&#233;lu en 2000, dans le cadre de la nouvelle constitution, les attentes des couches populaires le conduisent &#224; radicaliser quelque peu son programme :&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; R&#233;forme agraire : toute terre inexploit&#233;e de plus de 50 hectares doit &#234;tre redistribu&#233;e aux paysans modestes.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Octroi du titre de propri&#233;t&#233; aux &#171; squatters &#187; qui ont ill&#233;galement construit des habitations de fortune dans les favelas.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Augmentation de 3 % du budget de l'&#233;ducation et gratuit&#233; scolaire.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Offre de micro-cr&#233;dits quasiment gratuits aux associations qui veulent entreprendre des travaux publics ou organiser des services tels le ramassage des ordures.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Contr&#244;le de l'&#201;tat sur le secteur p&#233;trolier et sur une zone maritime de 500 m&#232;tres le long de la c&#244;te, prot&#233;geant des bateaux de p&#234;che industriels les petits p&#234;cheurs traditionnels.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;L'hostilit&#233; de la grande bourgeoisie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Loin d'&#234;tre r&#233;volutionnaire, ce programme attire n&#233;anmoins &#224; Hugo Ch&#225;vez les foudres de la grande bourgeoisie. Avec l'aval des &#201;tats-Unis (dont les multinationales contr&#244;lent une bonne partie de l'&#233;conomie, en particulier le secteur p&#233;trolier), dirigeants et cadres de la PDVSA (l'entreprise p&#233;troli&#232;re v&#233;n&#233;zu&#233;lienne), Fedecamaras (conf&#233;d&#233;ration patronale) et CTV (la centrale syndicale officielle) tentent &#224; trois reprises de renverser Ch&#225;vez
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Sur les principales &#233;tapes de l'offensive anti-Chavez men&#233;e par l'opposition (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Sans succ&#232;s. Ils ne font qu'accro&#238;tre encore la popularit&#233; de leur adversaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce soutien populaire s'est manifest&#233; par un taux de participation &#233;lectorale in&#233;dit (pr&#232;s de 90 %) lors du r&#233;f&#233;rendum d'ao&#251;t 2004 provoqu&#233; par l'opposition pour tenter de destituer Ch&#225;vez. Il s'exprime peut-&#234;tre aussi, en m&#234;me temps qu'il est encadr&#233; par le d&#233;veloppement de comit&#233;s populaires (de quartiers, de femmes, d'&#233;tudiants, de paysans, de m&#234;me que des syndicats en opposition &#224; la CTV) que le r&#233;gime met en place au nom de la &lt;em&gt;&#171; d&#233;mocratie participative &#187;&lt;/em&gt;, et du slogan de Ch&#225;vez : &lt;em&gt;&#171; Organisez-vous, nous vous apporterons le soutien politique et &#233;conomique ! &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il est difficile de mesurer le poids de ces organismes, il semble bien que le lock-out patronal de d&#233;cembre 2002 &#224; janvier 2003 ait suscit&#233;, autrement que sur le seul terrain propagandiste du r&#233;gime, la formation d'un certain nombre de tels comit&#233;s. &#192; Caracas par exemple, o&#249; les habitants d'un quartier se sont organis&#233;s pour rouvrir une &#233;cole ferm&#233;e par le maire anti-chaviste, ou dans les &#171; barrios &#187; (les bidonvilles) o&#249; les pauvres ont entrepris de r&#233;quisitionner eux-m&#234;mes des terrains vacants pour y construire des habitations.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La &#171; r&#233;volution dans la r&#233;volution &#187; selon Ch&#225;vez &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En juillet 2003, les propri&#233;taires de Venepal, une grosse entreprise de papier et carton qui, pour la plupart, avaient soutenu la tentative de putsch contre Ch&#225;vez d'avril 2002, se sont d&#233;clar&#233;s en faillite. Les ouvriers ont occup&#233; l'usine et assur&#233; sous leur contr&#244;le la production. Apr&#232;s une tr&#234;ve puis une nouvelle tentative de fermeture par le patronat, lutte et occupation ont repris, avec demande au gouvernement de nationaliser l'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chose fut faite. Mais Ch&#225;vez s'est empress&#233; de temp&#233;rer le geste par cet avertissement : &#171; L'actuelle expropriation de Venepal est une mesure exceptionnelle [...] Nous n'allons pas saisir les terres ; elles restent &#224; ceux qui les poss&#232;dent &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas question donc d'exproprier la bourgeoisie, sauf exceptionnellement lorsque tel ou tel patron s'en prend directement au r&#233;gime lui-m&#234;me. Sous pr&#233;texte de rattraper les pertes occasionn&#233;es par le lock-out (qu'ils ont eux-m&#234;mes organis&#233;), les patrons v&#233;n&#233;zu&#233;liens baissent les salaires, suppriment des jours de cong&#233;. Ils n'h&#233;sitent pas &#224; fermer les entreprises jug&#233;es insuffisamment rentables, se moquant en toute impunit&#233; de la loi d'&lt;em&gt;&#171; inamovilidad laboral &#187;&lt;/em&gt; (r&#233;cemment prolong&#233;e de 6 mois) cens&#233;e interdire les licenciements &#233;conomiques. C'est ainsi que les ouvriers d'une soci&#233;t&#233; fabriquant des valves pour l'industrie p&#233;troli&#232;re, ferm&#233;e pour &lt;em&gt;&#171; raisons &#233;conomiques &#187;, &lt;/em&gt;ont occup&#233; l'usine, essay&#233; de red&#233;marrer la production en demandant une aide du gouvernement... qui n'est jamais venue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; cette fameuse &lt;em&gt;&#171; d&#233;mocratie participative &#187;&lt;/em&gt; promue par Ch&#225;vez, elle aussi a ses limites. Les &#233;lecteurs pro-Ch&#225;vez en ont fait l'exp&#233;rience lors des &#233;lections municipales et r&#233;gionales de novembre 2004. En plusieurs endroits, la base chaviste a fortement contest&#233; le mode de s&#233;lection des candidats, d&#233;sign&#233;s par en haut et non dans les comit&#233;s populaires&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Face &#224; ces critiques, Chavez a d&#233;clar&#233; qu'&#224; l'avenir les candidats seraient (...)' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Ce qui avait permis &#224; certains &#233;l&#233;ments bien bourgeois &#233;lus avec l'&#233;tiquette chaviste de se repr&#233;senter. Tel le maire de Girardot, dans l'&#201;tat d'Aragua qui apr&#232;s avoir privatis&#233; l'entreprise municipale de ramassage de d&#233;chets, a fait r&#233;primer les employ&#233;s qui protestaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La popularit&#233; dont il jouit apparemment toujours, Ch&#225;vez la doit davantage &#224; la violence de la r&#233;action de la bourgeoisie nationale et &#224; l'hostilit&#233; des &#201;tats-Unis qu'&#224; son programme, bien timide en regard de la situation sociale du pays : 13 % de la population active au ch&#244;mage, un secteur informel repr&#233;sentant encore 50 % de l'activit&#233;. Moins de 5 % des propri&#233;taires terriens poss&#232;dent pr&#232;s de 80 % du total des biens fonciers alors que 75 % des petits agriculteurs n'en poss&#232;dent que 6 %. On mesure les limites d'un des &lt;em&gt;&#171; points forts &#187;&lt;/em&gt; de la Constitution chaviste : une r&#233;forme agraire qui ne promet de toucher qu'aux terres non cultiv&#233;es, pas aux grandes propri&#233;t&#233;s fonci&#232;res !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Agathe MALET&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sur les principales &#233;tapes de l'offensive anti-Chavez men&#233;e par l'opposition patronale, on peut se reporter &#224; l'article &lt;a href='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Venezuela-apres-la-victoire-de-Chavez-au-referendum' class='spip_in'&gt;&#171; &lt;em&gt;Venezuela : apr&#232;s la victoire de Ch&#225;vez au r&#233;f&#233;rendum&lt;/em&gt; &#187;&lt;/a&gt; dans Convergences R&#233;volutionnaires n&#176;35.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Face &#224; ces critiques, Chavez a d&#233;clar&#233; qu'&#224; l'avenir les candidats seraient d&#233;sign&#233;s par la base...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Le PT br&#233;silien, du &#171; parti large &#187; au parti de gouvernement
</title>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Br&#233;sil
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		<description>Les derni&#232;res &#233;lections municipales br&#233;siliennes, en octobre 2004, ont permis de mesurer les progr&#232;s de l'institutionnalisation du Parti des Travailleurs (PT). En chiffres globaux, il a progress&#233;, recueillant 16,3 millions de voix au premier tour, contre 11,9 millions aux municipales de 2000. Mais, &#224; y regarder de plus pr&#232;s, il a progress&#233; surtout dans les petites villes, o&#249; la politique &#171; responsable &#187; de Lula et ses alliances avec certains partis conservateurs semblent lui rallier toujours plus de&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Amerique-du-Sud-une-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Am&#233;rique du Sud : une nouvelle gauche&#8230; contre les travailleurs
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Bresil-+" rel="tag"&gt;Br&#233;sil
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les derni&#232;res &#233;lections municipales br&#233;siliennes, en octobre 2004, ont permis de mesurer les progr&#232;s de l'institutionnalisation du Parti des Travailleurs (PT). En chiffres globaux, il a progress&#233;, recueillant 16,3 millions de voix au premier tour, contre 11,9 millions aux municipales de 2000. Mais, &#224; y regarder de plus pr&#232;s, il a progress&#233; surtout dans les petites villes, o&#249; la politique &#171; responsable &#187; de Lula et ses alliances avec certains partis conservateurs semblent lui rallier toujours plus de notables. &#192; remarquer, le fort recul du parti dans les grandes villes ouvri&#232;res. Il perd les municipalit&#233;s de Sao Paulo, Rio de Janeiro, Curitiba, Maringa, Goias, Belem... et un symbole de taille, celle de Porto Alegre, &#171; &lt;em&gt;capitale mondiale du mouvement altermondialiste &lt;/em&gt; &#187;. Ces revers refl&#232;tent les d&#233;sillusions de la base traditionnelle d'un parti, qui avait plac&#233; le plus d'espoirs dans l'arriv&#233;e de Lula au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Aux origines du PT&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La naissance, puis le d&#233;veloppement explosif du PT a &#233;t&#233; un &#233;v&#233;nement majeur du mouvement ouvrier br&#233;silien des trente derni&#232;res ann&#233;es. Dans les ann&#233;es 1970, le pays vivait sous la botte d'une dictature militaire. En 1978 et 1979, des centaines de milliers de m&#233;tallos se mirent en gr&#232;ve. &#192; leur t&#234;te Lula, un jeune m&#233;tallurgiste de Sao Paulo, issu des quartiers pauvres. Il devint une figure politique nationale. Sa lutte pour la reconnaissance des droits syndicaux lui valut d'&#234;tre emprisonn&#233;. Mais le pouvoir militaire, us&#233;, dut s'engager dans un processus de lib&#233;ralisation politique. La personnalit&#233; de Lula servit de catalyseur &#224; la cr&#233;ation du Parti des Travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait que le parti se soit forg&#233; dans une p&#233;riode de lutte de classes violente n'emp&#234;cha nullement, d&#232;s sa gen&#232;se, ses tendances explicitement r&#233;formistes. Lula lui-m&#234;me &#233;tait issu des milieux de la gauche catholique, proche de la &#171; &lt;em&gt;Th&#233;ologie de la Lib&#233;ration&lt;/em&gt; &#187;. D'autres politiciens pr&#233;sidant &#224; la fondation du PT &#233;taient encore moins subversifs, tels d'anciens membres du Parti du mouvement d&#233;mocratique br&#233;silien, l'opposition officielle &#224; la dictature. Pour ceux-l&#224;, le PT devait constituer un grand parti capable de moderniser la vie politique br&#233;silienne sans remettre en cause l'ordre social ; un parti dont l'un des m&#233;rites, et non le moindre, serait de canaliser, encadrer, domestiquer la contestation ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'extr&#234;me gauche : entrisme ou noyade ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les organisations d'extr&#234;me gauche, notamment trotskistes, s'engag&#232;rent dans la construction du PT. Le caract&#232;re r&#233;formiste du parti n'impliquait certes pas que les r&#233;volutionnaires refusent forc&#233;ment d'y militer. Comment influencer le mieux, du dedans ou du dehors, les milliers d'adh&#233;rents qui affluaient vers ce parti (26 000 adh&#233;rents lors de sa cr&#233;ation, 70 000 cinq mois plus tard) ? Comment se donner les moyens de gagner aux id&#233;es r&#233;volutionnaires un nombre important de ces militants, tout particuli&#232;rement dans la classe ouvri&#232;re ? Mais le pari que le PT puisse offrir une tribune pour d&#233;fendre des perspectives de transformation r&#233;volutionnaire d'une soci&#233;t&#233; comme celle du Br&#233;sil, o&#249; l'exploitation capitaliste pr&#233;sente ses traits du tiers-monde ? D'autant plus compromis qu'on abandonnait l'objectif de construire un parti communiste r&#233;volutionnaire, un parti pour la lutte de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le moins qu'on puisse dire est que la majorit&#233; des tendances trotskistes se laiss&#232;rent &#233;blouir par l'apparente r&#233;ussite du PT. Ainsi D&#233;mocratie socialiste (DS), la tendance au sein du PT appartenant au Secr&#233;tariat unifi&#233; (SU) de la IV&#176; Internationale (la branche dont fait partie en France la LCR) : cette organisation d&#233;plorait que, d&#232;s la fondation, ait &#233;t&#233; exclue par la direction du PT &#171; &lt;em&gt;la conception qui a pr&#233;sid&#233; au lancement du PT [...] selon laquelle notre parti est un mouvement pour l'ind&#233;pendance politique des travailleurs&lt;/em&gt; &#187;. Mais cela n'emp&#234;chait pas la direction du SU de th&#233;oriser que la t&#226;che de l'heure &#233;tait la construction en soi du PT, en se payant de mots : &#171; &lt;em&gt;avec notre poids dans le PT et la qualit&#233; de nos cadres, nous pouvons &#234;tre la force motrice pour gagner la majorit&#233; du parti &#224; une conception r&#233;volutionnaire&lt;/em&gt; &#187;. Dans l'extr&#234;me gauche internationale, en France et ailleurs, le PT fut pr&#233;sent&#233; comme le mod&#232;le du &#171; parti large &#187; o&#249; s'aiguiserait tout naturellement la conscience de classe.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le pouvoir, cette &#171; exp&#233;rience in&#233;dite &#187;...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Douze ans apr&#232;s sa premi&#232;re candidature, Lula parvint &#224; la pr&#233;sidence du Br&#233;sil le 27 octobre 2002. Au fil des campagnes, la radicalit&#233; de son propos avait eu le temps de s'&#233;mousser, et ses alliances de s'&#233;largir toujours plus &#224; droite. La campagne 2002 ne faisait plus que dans le &#171; Lula light &#187;, selon l'expression de certains de ses propres camarades. Le vice-pr&#233;sident choisi par Lula pour cette derni&#232;re &#233;lection &#233;tait Jos&#233; Alencar, magnat de l'industrie textile, membre du Parti Lib&#233;ral (dit de centre droit). Tout un programme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dirigeant du PT parlait certes encore d'un plan de r&#233;forme agraire cens&#233; r&#233;pondre au mouvement des sans terre. Il continuait &#224; faire des phrases sur le fait que &#171; &lt;em&gt; le march&#233; doit comprendre que les Br&#233;siliens ont besoin de manger trois fois par jour et que beaucoup de gens ont faim &lt;/em&gt; &#187;. Mais derri&#232;re l'&#233;nonciation, avec un accent humaniste catholique, de quelques formules keyn&#233;siennes, le programme r&#233;el du pr&#233;sident Lula n'avait plus rien m&#234;me de r&#233;formiste. Au cours de la campagne qui devait porter le PT au pouvoir, le FMI proposa un pr&#234;t de 30 milliards de dollars au Br&#233;sil, assorti bien &#233;videmment de conditions draconiennes de remboursement et d'un plan d'aust&#233;rit&#233; incompatible avec la moindre politique minimale de &#171; New Deal &#187;. Conditions accept&#233;es par avance par Lula.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son &#233;lection fut salu&#233;e par Jos&#233; Sarney, pr&#233;sident du Br&#233;sil de 1985 &#224; 1990, en ces termes : &#171; Je pense que Lula a rendu un grand service au pays dans cette succession, car avec la crise sociale, le ch&#244;mage, la violence urbaine, avec la terreur qu'on voit partout, la situation d'agitation nationale, s'il n'&#233;tait pas l'homme qu'il est et qui a canalis&#233; les espoirs du peuple en assurant une succession calme, alors la campagne pr&#233;sidentielle aurait fr&#244;l&#233; l'explosion sociale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une des premi&#232;res r&#233;formes du gouvernement PT fut le d&#233;mant&#232;lement du syst&#232;me de retraite des fonctionnaires, n'ayant pas grand-chose &#224; envier &#224; celui op&#233;r&#233; au m&#234;me moment en France par le si peu altermondialiste Raffarin. Les retraites du public furent align&#233;es sur celles (nettement moins avantageuses) du priv&#233;, avec augmentation de sept ans de l'&#226;ge minimum de d&#233;part, cr&#233;ation d'un imp&#244;t de 11 % sur les retraites d&#233;passant les 320 euros mensuels, et plafonnement des retraites &#224; 730 euros par mois pour tous. Lula affronta &#224; cette occasion sa premi&#232;re gr&#232;ve importante, rassemblant plus de la moiti&#233; des fonctionnaires, alors que les responsables de la CUT (Centrale unique des travailleurs), li&#233;e au PT, oppos&#233;s &#224; la gr&#232;ve se faisaient quelque peu chahuter par les syndicalistes du secteur public.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;... et si souvent fatale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les militants des tendances trotskistes rest&#233;es dans le PT malgr&#233; son changement de langage et ses alliances, ont tenu &#224; rester solidaires du pouvoir. Miguel Rossetto, dirigeant de DS, fut nomm&#233; ministre &#171; &lt;em&gt;du d&#233;veloppement agricole&lt;/em&gt; &#187;, cautionnant l'ensemble de la politique gouvernementale. Quant aux plans de r&#233;forme agraire Rossetto-Lula, ils ne se sont &#224; ce jour pas r&#233;v&#233;l&#233;s plus efficaces que ceux du pr&#233;c&#233;dent pr&#233;sident Cardoso, au m&#234;me stade de son mandat. Les 75 % des 36 800 familles install&#233;es sur des terres lors de la premi&#232;re ann&#233;e de gouvernement PT figuraient d&#233;j&#224; dans les projets Cardoso. Les terres distribu&#233;es sont situ&#233;es dans des zones difficilement cultivables.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le PSOL ou l'&#233;ternel recommencement&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les majorit&#233;s de DS et d'autres courants trotskistes restent solidaires du gouvernement Lula, malgr&#233; sa politique profond&#233;ment anti-ouvri&#232;re. D'autres ont quitt&#233; le PT ou s'en sont fait exclure. Comme le courant exclu en 1992 pour avoir particip&#233; &#224; des manifestations populaires contre le pr&#233;sident Collor, accus&#233; de corruption, et qui a fond&#233; ensuite le PSTU. La s&#233;natrice Heloisa Helena, membre de DS et trois parlementaires appartenant &#224; d'autres tendances d'extr&#234;me gauche, ont &#233;t&#233; exclus du PT en d&#233;cembre 2003 pour avoir refus&#233; de voter la casse des retraites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est autour de ces derniers, et principalement de la s&#233;natrice Heloisa Helena, que s'est constitu&#233; il y a quelques mois un nouveau parti, le Parti du socialisme et de la libert&#233; (PSOL). Mais rien dans son programme ne semble indiquer qu'il veuille se d&#233;finir sur une base politique plus claire que le PT des origines. Et de reprendre au contraire la vieille formule d'un parti qui r&#233;aliserait &#171; &lt;em&gt;l'unit&#233; des r&#233;formistes et des r&#233;volutionnaires&lt;/em&gt; &#187;, avec un slogan &#171; &lt;em&gt;Un nouvel espoir, Heloisa 2006 &lt;/em&gt; &#187; (date des prochaines &#233;lections pr&#233;sidentielles).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il y a des perspectives &#224; proposer aux sympathisants du PT revenus de leurs propres illusions en Lula, ce n'est &#233;videmment pas de les r&#233;-illusionner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beno&#238;t MARCHAND&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_148 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L300xH311/lula-baa9e.gif?1528277770' width='300' height='311' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Le mirage du Mercosur
</title>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Am&#233;rique latine
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		<description>Le march&#233; commun r&#233;gional des pays du C&#244;ne Sud de l'Am&#233;rique latine, le Mercosur, mis en place il y a 15 ans &#224; l'initiative du Br&#233;sil et l'Argentine, peut-il constituer un rempart aux vis&#233;es expansionnistes de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain sur le continent ? Les USA se proposent en effet de cr&#233;er sous leur houlette une Zone de libre &#233;change des Am&#233;riques (la ZLEA) regroupant tous les pays d'Am&#233;rique (&#224; l'exception de Cuba). Ou bien ce Mercosur est-il seulement une mani&#232;re pour les bourgeoisies des deux&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le march&#233; commun r&#233;gional des pays du C&#244;ne Sud de l'Am&#233;rique latine, le Mercosur, mis en place il y a 15 ans &#224; l'initiative du Br&#233;sil et l'Argentine, peut-il constituer un rempart aux vis&#233;es expansionnistes de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain sur le continent ? Les USA se proposent en effet de cr&#233;er sous leur houlette une Zone de libre &#233;change des Am&#233;riques (la ZLEA) regroupant tous les pays d'Am&#233;rique (&#224; l'exception de Cuba). Ou bien ce Mercosur est-il seulement une mani&#232;re pour les bourgeoisies des deux puissances dites &#171; &#233;mergentes &#187;, Br&#233;sil et Argentine, de s'int&#233;grer au futur march&#233; commun am&#233;ricain, mais en y marchandant leur place ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si le Mercosur &#233;tait destin&#233; &#224; favoriser les affaires des grands patrons br&#233;siliens et argentins, il &#233;tait pour les m&#234;mes raisons avantageux aux entreprises &#233;trang&#232;res (nord-am&#233;ricaines et europ&#233;ennes) implant&#233;es dans ces pays. Il contribuait m&#234;me d'une certaine fa&#231;on &#224; favoriser les investissements &#233;trangers dans les pays du Mercosur destin&#233;s &#224; offrir ainsi un plus vaste march&#233;. Il &#233;tait un des volets aussi de la politique de restructuration des &#233;conomies nationales du Br&#233;sil et de l'Argentine de la d&#233;cennie 1990. D&#233;r&#233;glementations et privatisations ont amen&#233; l'explosion des investissements directs &#233;trangers vers ces pays : au Br&#233;sil, ils passaient de 89 millions de dollars en 1991 &#224; 2 milliards en 1992, pour culminer &#224; 30 milliards en 2000 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Br&#233;sil par exemple, la restructuration de la production automobile, avec d&#233;localisations et gains de productivit&#233;, a ruin&#233; l'industrie automobile de l'&#201;tat de Sao Paulo - qui a perdu 916 000 emplois industriels entre 1991 et 1996. Le terrain &#233;tait par contre favorable &#224; l'installation de Renault d&#233;but 1997, suivie des grands &#233;quipementiers et manufacturiers fran&#231;ais (Valeo, Michelin), ainsi qu'au red&#233;ploiement de Chrysler, Volkswagen et sa filiale Audi. Ces constructeurs se sont install&#233;s dans l'&#201;tat du Parana, au sud du pays, &#224; proximit&#233; de l'Argentine, de l'Uruguay et du Paraguay, profitant de la position g&#233;ographique d'une r&#233;gion cruciale pour l'exportation vers les autres pays du Mercosur. La zone de libre-&#233;change sud-am&#233;ricaine ainsi que l'objectif d'une union douani&#232;re servaient leurs int&#233;r&#234;ts, tout autant que ceux des grandes bourgeoisies locales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La population, elle, n'eut droit qu'au co&#251;t social des restructurations.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un march&#233; r&#233;gional d&#233;pendant du march&#233; commun voulu par les &#201;tats-Unis&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;De toute fa&#231;on, la fragilit&#233; du Mercosur vient aussi et surtout de l'ext&#233;rieur : les crises qui ont secou&#233; le syst&#232;me financier &#224; la fin des ann&#233;es 1990, cons&#233;quence de la d&#233;pendance de ces pays vis-&#224;-vis de l'imp&#233;rialisme, l'ont montr&#233;. Le Br&#233;sil a proc&#233;d&#233; &#224; la d&#233;valuation de sa monnaie de 40 %, en accord avec le FMI sans consulter son voisin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le ralentissement des &#233;changes intra-r&#233;gionaux &#224; la fin des ann&#233;es 1990, Lula et Kirchner se proposent de donner &#224; ce Mercosur un nouvel &#233;lan. Une bonne partie de la gauche et les syndicats br&#233;siliens se complaisent &#224; pr&#233;senter le Mercosur et les propositions de Lula comme un &#171; projet alternatif &#187; s'opposant au ZLEA envisag&#233; par les USA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Mercosur et ZLEA ne sont pas contradictoires. D'autant que si le march&#233; commun am&#233;ricain se cr&#233;e, un march&#233; commun r&#233;gional n'a aucune chance de lui faire concurrence. L'&#233;conomie des USA constitue 70 % du PIB des Am&#233;riques, celle du Br&#233;sil seulement 10 % (et l'Argentine 3 %). Mais 10 %, ce n'est pas n&#233;gligeable, par rapport aux petits pays avoisinants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi le Br&#233;sil de &lt;em&gt;&#171; l'alter-mondialiste &#187; &lt;/em&gt;Lula a fait le choix de s'impliquer dans les n&#233;gociations de mise en place du ZLEA tout en renfor&#231;ant le Mercosur. Question de conserver sa marge de man&#339;uvre dans la r&#233;gion, comme les n&#233;gociations commerciale du Mercosur avec la communaut&#233; europ&#233;enne. Et question d'avoir plus de poids dans ses marchandages avec les &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cela, la bourgeoise br&#233;silienne (comme la bourgeoisie argentine ou uruguayenne), est pr&#234;te, au nom de la rivalit&#233; entre Mercosur et USA aujourd'hui, au nom des contraintes du march&#233; commun am&#233;ricain demain, &#224; demander de nouveaux sacrifices aux travailleurs br&#233;siliens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simone CANETTI&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> La grande braderie des ann&#233;es 1990
</title>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Am&#233;rique latine
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		<description>Les recettes impos&#233;es &#224; l'Am&#233;rique Latine au nom de la dette ont &#233;t&#233; une aubaine pour les investisseurs nord-am&#233;ricains et europ&#233;ens. Le petit tableau du montant des privatisations effectu&#233;es dans les trois plus grands pays est parlant. &lt;br /&gt;Valeur des privatisations (en millions de dollars)Source : CEPAL &lt;br /&gt;Pr&#232;s de la moiti&#233; des investissements &#233;trangers au cours de ces dix ann&#233;es ont &#233;t&#233; des acquisitions d'entreprises existantes, essentiellement des entreprises d'&#201;tat. Les deux grandes vagues de privatisations&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les recettes impos&#233;es &#224; l'Am&#233;rique Latine au nom de la dette ont &#233;t&#233; une aubaine pour les investisseurs nord-am&#233;ricains et europ&#233;ens. Le petit tableau du montant des privatisations effectu&#233;es dans les trois plus grands pays est parlant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Valeur des privatisations (en millions de dollars)&lt;/strong&gt;&lt;em&gt;Source : CEPAL&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;table class='spip'&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;1990&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;1991&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;1992&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;1993&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;1994&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;1995&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;1996&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;1997&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;1998&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;1999&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;2000&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;TOTAL&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Argentine&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;2139&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;1896&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;5312&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;4589&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;1441&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;1340&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;1033&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;969&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;598&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;4082&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;309&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;23708&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Br&#233;sil&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;1564&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;2451&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;2621&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;1972&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;910&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;3752&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;17400&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;36600&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;4440&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;12260&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;83970&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Mexique&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;3580&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;10716&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;6799&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;2507&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;771&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;84&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;581&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;360&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;4298&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;29696&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;TOTAL pour toute l'Am&#233;rique Latine&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;5876&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;16702&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;14886&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;10179&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;8529&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;4281&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;12541&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;24668&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;42291&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;12374&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;18464&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;170791&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Pr&#232;s de la moiti&#233; des investissements &#233;trangers au cours de ces dix ann&#233;es ont &#233;t&#233; des acquisitions d'entreprises existantes, essentiellement des entreprises d'&#201;tat. Les deux grandes vagues de privatisations ont eu lieu dans les ann&#233;es 1991-1992, au Mexique d'abord, puis en Argentine. La seconde en 1997-1998 concerna encore l'Argentine et surtout le Br&#233;sil, l&#224; o&#249; le montant total des entreprises privatis&#233;es &#224; &#233;t&#233; le plus consid&#233;rable.
Ce fut notamment au Br&#233;sil la vente de Telebras, op&#233;rateur de t&#233;l&#233;phonie. Un succ&#232;s pour le Br&#233;sil avait titr&#233; la presse : les ventes aux ench&#232;res de la firme, le mercredi 29 juillet 1998 &#224; la bourse de Rio de Janeiro, auraient rapport&#233; 19 milliards de dollars aux caisses de l'&#201;tat. Les plus heureux &#233;taient les acheteurs, dont le principal, la compagnie espagnole Telefonica. Si heureux qu'ils semblent avoir remerci&#233; leurs bienfaiteurs : quelques mois plus tard, un scandale d&#233;frayait la chronique : le pr&#233;sident du Br&#233;sil Cardoso avec l'ancien pr&#233;sident Collor et quelques autres auraient touch&#233; sur un compte au Bahamas la r&#233;mun&#233;ration de leurs interventions en faveur des principaux b&#233;n&#233;ficiaires de cette fameuse vente aux ench&#232;res.
France T&#233;l&#233;com pour sa part s'est mis sous la dent, en partage avec l'espagnole Telefonica, les t&#233;l&#233;phones argentins. L'eau revenait entre autres &#224; Vivendi, les lignes d'autobus &#224; tant de petites PME sous contr&#244;le &#233;tranger que leurs tarifs ont explos&#233;.
Sur les 500 premi&#232;res entreprises latino-am&#233;ricaines et cara&#239;b&#233;ennes, 149 &#233;taient &#233;trang&#232;res au d&#233;but des ann&#233;es 1990, 231 &#224; la fin de la d&#233;cennie. Le nombre des entreprises publiques, parmi ces 500 grosses, &#233;tait en revanche pass&#233; de 87 &#224; 38 sur la m&#234;me p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Julien Forgeat&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Une poudri&#232;re sociale
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		<dc:subject>Am&#233;rique latine
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		<description>L'Am&#233;rique latine d'aujourd'hui, o&#249; 75 % de la population vit dans les villes (la m&#234;me proportion qu'en France), est bien loin de celle des ann&#233;es 1960, quand la grande majorit&#233; des pauvres &#233;taient encore paysans. Cette Am&#233;rique &#233;tait surtout marqu&#233;e par les gu&#233;rillas paysannes, dans le sillage de la r&#233;volution cubaine. Celle du d&#233;but du XXI&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle l'a &#233;t&#233; par les &#233;meutes et la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de d&#233;cembre 2000 en Argentine, puis les &#233;meutes de Cordoba (la seconde ville d'Argentine) en d&#233;cembre 2001, les&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'Am&#233;rique latine d'aujourd'hui, o&#249; 75 % de la population vit dans les villes (la m&#234;me proportion qu'en France), est bien loin de celle des ann&#233;es 1960, quand la grande majorit&#233; des pauvres &#233;taient encore paysans. Cette Am&#233;rique &#233;tait surtout marqu&#233;e par les gu&#233;rillas paysannes, dans le sillage de la r&#233;volution cubaine. Celle du d&#233;but du XXI&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle l'a &#233;t&#233; par les &#233;meutes et la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de d&#233;cembre 2000 en Argentine, puis les &#233;meutes de Cordoba (la seconde ville d'Argentine) en d&#233;cembre 2001, les &#233;meutes de Montevideo (Uruguay) en ao&#251;t 2002, la gr&#232;ve au P&#233;rou en mai 2003.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;R&#233;voltes paysannes et ouvri&#232;res&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1960, une grande partie de la gauche ou l'extr&#234;me gauche voyait dans la paysannerie pauvre d'Am&#233;rique Latine (plus g&#233;n&#233;ralement du tiers-monde) la force sociale la plus susceptible de jouer un r&#244;le de premier plan, et dans les gu&#233;rillas ou le Che, les mod&#232;les politiques de la lutte contre les injustices, ou de la r&#233;volution &#224; venir, c'&#233;tait selon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait d&#233;j&#224; discutable. La Bolivie, le Chili avaient &#233;t&#233; marqu&#233;s par les luttes des mineurs de l'&#233;tain ou du cuivre. En Argentine, la contestation ouvri&#232;re &#224; la fin des ann&#233;es 1960 &#233;tait profonde. Elle devint quasi-insurrectionnelle au tournant des ann&#233;es 1970 &#224; Cordoba, ville de l'industrie automobile. Elle ne fut &#233;touff&#233;e que par la dictature militaire du g&#233;n&#233;ral Videla en 1976. Au Chili encore, en 1973, c'est bien la classe ouvri&#232;re et non la politique d'Allende que craignaient l'arm&#233;e et la bourgeoisie chilienne quand elles ont organis&#233; (avec l'appui des USA) le coup d'&#201;tat du g&#233;n&#233;ral Pinochet.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La classe ouvri&#232;re latino-am&#233;ricaine&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Sans parler du secteur minier bien plus ancien, dans les deux principaux pays d'Am&#233;rique du Sud, l'Argentine et le Br&#233;sil, le tournant vers l'industrialisation avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; pris depuis 30 ans. C'est la crise de 1929 qui, paradoxalement, a permis &#224; l'Am&#233;rique latine de s'industrialiser. L'effondrement du commerce mondial avait emp&#234;ch&#233; les exportations des productions agricoles traditionnelles (la viande argentine, le caf&#233; br&#233;silien). Les plus grands &#201;tats ont engag&#233; une politique de d&#233;veloppement industriel pour fabriquer les produits qu'ils ne pouvaient importer. La seconde guerre mondiale et la p&#233;riode de l'imm&#233;diat apr&#232;s guerre rel&#226;cha aussi la pression imp&#233;rialiste et encouragea ces d&#233;veloppements industriels que souvent les r&#233;gimes accompagnaient d'une rh&#233;torique nationaliste. Ce fut le cas de Peron, en Argentine (de 1946 &#224; 1955) qui, au sortir de la seconde guerre mondiale, essaya de n&#233;gocier plus d'ind&#233;pendance vis-&#224;-vis de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain et acquit une popularit&#233; qui marque encore la vie politique et syndicale du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin des ann&#233;es 1960, en Argentine, l'industrie comptait d&#233;j&#224; pour plus de 30 % du PIB alors qu'elle repr&#233;sentait moins de 15 % dans plusieurs pays voisins. Elle employait plus de 2,2 millions d'ouvriers. General Motors y avait d&#233;j&#224; implant&#233; ses usines automobiles. Au Br&#233;sil &#233;mergeait de grands p&#244;les industriels avec une sid&#233;rurgie, une industrie de construction m&#233;canique... La ville de Sao Paulo passait de 2,4 millions d'habitants en 1950 &#224; 8,4 millions en 1970. Elle a aujourd'hui plus de 18 millions d'habitants, c'est la 3&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; plus grande agglom&#233;ration du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les taux de croissance d'un pays comme le Br&#233;sil ont &#233;t&#233; de l'ordre des 6 % par an dans les ann&#233;es 1960 &#224; 70. On parlait &#224; l'&#233;poque du &#171; miracle br&#233;silien &#187;. &#192; l'&#233;chelle du continent, la croissance du secteur industriel &#233;tait de l'ordre de 6,4 % en moyenne sur la p&#233;riode 1950-1974.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une bourgeoisie opulente&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les riches d'Am&#233;rique Latine ne se r&#233;sument plus, et depuis longtemps, aux seuls grands propri&#233;taires latifundiaires ou possesseurs de plantations. Ils sont aussi et surtout la grande bourgeoisie industrielle et commer&#231;ante. Une bourgeoisie qui n'est pas seulement compradore, comme dans bien des pays du tiers-monde, mais une bourgeoisie semblable et &#233;troitement li&#233;e &#224; la bourgeoisie nord-am&#233;ricaine (&#224; la bourgeoisie europ&#233;enne dans une moindre mesure), non seulement parce qu'elle partage avec les trusts am&#233;ricains ou europ&#233;ens une partie de ses investissements dans les entreprises d'Am&#233;rique Latine, mais parce qu'elle place aussi et souvent au Nord une partie des capitaux et des b&#233;n&#233;fices qu'elle r&#233;alise chez elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'industrialisation des ann&#233;es 1960-1970 s'est faite en grande partie &#224; base d'emprunts. Si les capitaux nationaux ou &#233;trangers investissaient pour ouvrir des usines, les &#201;tats assumaient l'environnement n&#233;cessaire au d&#233;veloppement industriel, &#224; commencer par les infrastructures de transports, t&#233;l&#233;communication, &#233;lectricit&#233;, services publics urbains, etc. Et les banques nord-am&#233;ricaines ou europ&#233;ennes leur consentaient des pr&#234;ts avec garantie d'&#201;tat. Jusqu'&#224; aboutir &#224; la crise de la dette des ann&#233;es 1980.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le co&#251;t social des recettes du FMI&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les mesures d'aust&#233;rit&#233; draconiennes impos&#233;es par le FMI au nom du paiement de la dette ont pes&#233; lourdement sur le niveau de vie de la population laborieuse dans les ann&#233;es 1980-1990. Elles en ont enrichi d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PIB baisse de 8 % sur la d&#233;cennie 1980 &#224; l'&#233;chelle de l'Am&#233;rique latine, ce chiffre d&#233;gringolant &#224; plus de 20 % en Argentine, au P&#233;rou, en Bolivie. La population pauvre a pay&#233; la note. Par des baisses impressionnantes des salaires : au P&#233;rou, le pouvoir d'achat de la classe ouvri&#232;re a baiss&#233; de 40 % entre 1973 et 1978. Par des vagues de privatisations o&#249; les &#201;tats bradaient tout ce qui &#233;tait vendable : infrastructure de transport, t&#233;l&#233;phonie, banques, etc. Ainsi le Mexique mit 1000 entreprises publiques (soit 87 % des entreprises) aux ench&#232;res entre 1983 et 1991, au prix de 1000 milliards de dollars. Et quand les services publics n'&#233;taient pas privatis&#233;s, ils &#233;taient d&#233;graiss&#233;s massivement : 100 000 fonctionnaires argentins perdirent leur emploi en 1991-1992.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nombre de pauvres recens&#233;s en Am&#233;rique latine est pass&#233; de 136 &#224; 200 millions au cours de la d&#233;cennie 1980. On en compte aujourd'hui 222 millions (soit 43 % de la population), dont 96 millions d'indigents (soit 18 %).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me la frange la moins ais&#233;e des classes moyennes s'est retrouv&#233;e fr&#233;quemment plong&#233;e dans la pr&#233;carit&#233; au cours des deux derni&#232;res d&#233;cennies. D&#233;j&#224; au d&#233;but des ann&#233;es 1990, on parlait en Argentine des membres des classes moyennes victimes des restructurations, ne pouvant plus payer leur loyer, quittant leur quartier pour rejoindre les &lt;em&gt;villas miserias&lt;/em&gt;, les bidonvilles argentins. Pr&#233;figuration des cons&#233;quences de la crise r&#233;cente. En Argentine fin 2001, en Uruguay quelques mois plus tard, la petite bourgeoisie a pay&#233;, elle aussi, la facture de la crise financi&#232;re de l'ann&#233;e 2002.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'aggravation des in&#233;galit&#233;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La grande bourgeoisie latino-am&#233;ricaine, tout comme les investisseurs nord-am&#233;ricains ou europ&#233;ens, a largement tir&#233; profit des restructurations et privatisations au rabais des ann&#233;es 1980 et 90.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs capitalistes mexicains, qui avaient rachet&#233; des entreprises privatis&#233;es &#224; bas prix, se sont ainsi hiss&#233;s au hit-parade des plus riches du monde. Le plus riche d'entre eux, &#224; la 17&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; place du classement Forbes, Carlos Slim, poss&#232;de la compagnie de t&#233;l&#233;phone mexicaine privatis&#233;e TELMEX. On &#233;value sa fortune au revenu annuel de 20 millions de mexicains. Ces grands bourgeois latino-am&#233;ricains sont extr&#234;mement li&#233;s &#224; la bourgeoisie nord-am&#233;ricaine et r&#233;investissent une bonne part de leurs capitaux dans les puissances imp&#233;rialistes. Inversement, l'Am&#233;rique latine est une ar&#232;ne o&#249; agissent les grandes multinationales am&#233;ricaines, mais aussi europ&#233;ennes. Il en est de m&#234;me des bourgeoisies argentines ou br&#233;siliennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Br&#233;sil, les 10 % les plus riches per&#231;oivent 45,7 % des revenus du pays. Les 10 % les plus pauvres ne per&#231;oivent qu'un centi&#232;me de la richesse. Les 60 % les plus pauvres 21 % des revenus. Le Br&#233;sil est l'un des pays les plus in&#233;galitaires, mais toute l'Am&#233;rique latine est marqu&#233;e par ce clivage entre une mince couche riche et une masse de pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette grande masse mis&#233;rable vit aujourd'hui dans les villes. Travailleurs de l'industrie, bien s&#251;r, mais aussi et surtout toute une fraction de la population qui a fui la mis&#232;re paysanne pour atterrir dans les favelas sans trouver pour autant un sort meilleur. Ce que les statistiques appellent l'emploi &#171; informel &#187; sont les petits boulots de d&#233;brouille : cireur de chaussures, vendeur ambulant, ouvrier &#224; domicile pour un petit fabricant du textile, chauffeur de minibus improvis&#233; pour pallier l'incurie des transports publics, femme de m&#233;nage... Plus de la moiti&#233; des emplois sont dans l'informel. Sans compter que bien souvent, les travailleurs du secteur &#171; formel &#187; se retrouvent dans l'obligation de cumuler un ou plusieurs petits boulots pour faire vivre leur famille ou basculent vite de ce secteur &#224; l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1970, la classe ouvri&#232;re faisait d&#233;j&#224; peur &#224; la bourgeoisie am&#233;ricaine. Vingt ans plus tard, l'Am&#233;rique latine compte 40 millions de travailleurs du secteur industriel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel CHARVET&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Am&#233;rique du Sud : une nouvelle gauche... contre les travailleurs
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		<dc:subject>Am&#233;rique latine
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		<description>Le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mars dernier, le nouveau pr&#233;sident socialiste d'Uruguay, Tabar&#233; Vazquez, vainqueur du scrutin d'octobre dernier, a pris ses fonctions &#224; Montevideo. Il est le sixi&#232;me pr&#233;sident de gauche &#224; acc&#233;der au pouvoir en Am&#233;rique Latine ces derni&#232;res ann&#233;es, apr&#232;s Hugo Ch&#225;vez au Venezuela en d&#233;cembre 1998, Ricardo Lagos au Chili en janvier 2000, Luiz In&#225;cio da Silva, dit Lula, au Br&#233;sil en octobre 2002, Lucio Guti&#233;rrez en &#201;quateur le mois suivant, puis Nestor Kirchner en Argentine en mai 2003. Si l'Uruguay&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mars dernier, le nouveau pr&#233;sident socialiste d'Uruguay, Tabar&#233; Vazquez, vainqueur du scrutin d'octobre dernier, a pris ses fonctions &#224; Montevideo. Il est le sixi&#232;me pr&#233;sident de gauche &#224; acc&#233;der au pouvoir en Am&#233;rique Latine ces derni&#232;res ann&#233;es, apr&#232;s Hugo Ch&#225;vez au Venezuela en d&#233;cembre 1998, Ricardo Lagos au Chili en janvier 2000, Luiz In&#225;cio da Silva, dit Lula, au Br&#233;sil en octobre 2002, Lucio Guti&#233;rrez en &#201;quateur le mois suivant, puis Nestor Kirchner en Argentine en mai 2003. Si l'Uruguay n'est qu'une petite enclave de 3,4 millions d'habitants entre Br&#233;sil et Argentine, les six pays pass&#233;s &#224; gauche repr&#233;sentent 270 millions d'habitants (dont 180 millions pour le seul Br&#233;sil), soit les trois-quarts de la population de l'Am&#233;rique du Sud et l'essentiel de ses richesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette sixi&#232;me victoire de la gauche latino-am&#233;ricaine contre &#171; l'ultra-lib&#233;ralisme &#187;, f&#234;t&#233;e sous une pluie de confettis n'a pas troubl&#233; le gouvernement Bush. Le porte-parole du Secr&#233;tariat d'&#201;tat des USA y est all&#233;, comme il se doit, de ses f&#233;licitations &#224; Vazquez pour son intronisation &#224; la t&#234;te d'un pays &lt;em&gt;&#171; partenaire et ami important &#187;&lt;/em&gt;. Et le journal am&#233;ricain &lt;em&gt;New York Times&lt;/em&gt; de commenter les r&#233;actions nord-am&#233;ricaines en ces termes : &lt;em&gt;&#171; Bien que nombre de ces nouveaux leaders soient issus de la gauche r&#233;volutionnaire, ils semblent moins inspir&#233;s, aujourd'hui, par Che Guevara que par Felipe Gonz&#225;lez, l'ancien premier ministre socialiste espagnol &lt;/em&gt;[...]&lt;em&gt; Ils ont montr&#233; qu'ils d&#233;siraient respecter les r&#232;gles &#233;tablies du jeu politique &lt;/em&gt;[...] &lt;em&gt;Ce pragmatisme g&#233;n&#233;ral rend l'administration Bush bien moins oppos&#233;e &#224; ce nouveau cours qu'elle l'e&#251;t &#233;t&#233; &#224; une autre &#233;poque... &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car si, d'un pays &#224; l'autre, cette gauche qui arrive au pouvoir est diverse, elle y acc&#232;de pour les m&#234;mes raisons : le m&#233;contentement populaire exacerb&#233; par l'aggravation du ch&#244;mage et de la pauvret&#233; et par l'accroissement des in&#233;galit&#233;s sociales. Et elle s'y donne la m&#234;me t&#226;che : poursuivre la politique des gouvernements auxquelles elle succ&#232;de, mais en calmant le m&#233;contentement social.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La d&#233;mocratisation des ann&#233;es 1980 et les exigences du FMI&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est dans les ann&#233;es 1980 que la plupart des pays d'Am&#233;rique latine avaient officiellement renou&#233; avec la d&#233;mocratie. Ce qui, dans un pays pauvre, ne veut pas dire l'absence d'intervention de l'arm&#233;e &#224; la moindre &#233;meute. Les dictatures mises en place sur la quasi-totalit&#233; des pays d'Am&#233;rique du Sud et Centrale &#224; la fin des ann&#233;es 1960 ou au d&#233;but des ann&#233;es 1970 (1964 au Br&#233;sil, 1973 au Chili et en Uruguay, 1976 en Argentine) avaient fait leur temps. La vague des r&#233;volutions anticoloniales du tiers-monde et la r&#233;volution cubaine, pouvant &#233;chapper &#224; la main mise de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain en jouant de la rivalit&#233; entre l'Est et l'Ouest, avaient fait craindre aux &#201;tats-Unis une explosion sociale de l'Am&#233;rique Latine. En 1980, on n'en &#233;tait plus l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paralys&#233;es par la corruption et la faillite financi&#232;re de leurs r&#233;gimes, &#233;branl&#233;es par une remont&#233;e du m&#233;contentement social, les dictatures militaires se retiraient les unes apr&#232;s les autres, quand elles n'y &#233;taient pas discr&#232;tement pouss&#233;es par les &#201;tats-Unis eux-m&#234;mes. L'Argentine renouait avec un r&#233;gime civil en 1983, apr&#232;s l'&#233;chec de l'aventure de la guerre des Malouines, engag&#233;e par le r&#233;gime militaire pour redorer son blason. Apr&#232;s une vague de gr&#232;ves et manifestations, l'arm&#233;e uruguayenne laissait le pouvoir l'ann&#233;e suivante. Les militaires br&#233;siliens, eux aussi aux prises avec des gr&#232;ves, pratiquaient depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1980 une politique d'ouverture (reconnaissance des partis interdits, amnisties, nouvelles &#233;lections l&#233;gislatives). Ils passaient la main en 1985. Seul Pinochet, au Chili, restait au pouvoir jusqu'en 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan &#233;conomique aussi la situation avait chang&#233;. La politique de cr&#233;dits accord&#233;s largement aux &#201;tats des pays du tiers-monde ou semi-d&#233;velopp&#233;s comme les grands pays d'Am&#233;rique Latine, qui permettait de leurs vendre des &#233;quipements, ne paraissaient plus aussi s&#251;rs aux banquiers des pays riches. La dette des pays d'Am&#233;rique Latine devenait irremboursable. On d&#233;cr&#233;tait ces pays insolvables et envoyait les huissiers se payer sur la b&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les recettes impos&#233;es par le FMI allaient co&#251;ter cher &#224; la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Argentine, c'est le pr&#233;sident radical Ra&#250;l Alfons&#237;n qui, en consacrant tous les exc&#233;dents du commerce ext&#233;rieur au payement de la dette, avec une d&#233;valuation de 5 000 % et une augmentation des taux d'int&#233;r&#234;t, entama cette politique. Un p&#233;roniste (donc suppos&#233; plus ou moins de gauche et li&#233; aux syndicats), Carlos Menem, prenait son relais en 1989. Il acc&#233;l&#233;rait la privatisation de toutes les entreprises publiques, imposait la flexibilit&#233; du travail. Le co&#251;t pour la population laborieuse de ses mesures (sans parler de la corruption du r&#233;gime), aboutit au retour en 1999 d'un nouveau pr&#233;sident radical... qui dut d&#233;missionner apr&#232;s les &#233;meutes de d&#233;cembre 2001. C'est d'un pays o&#249; le ch&#244;mage touche 30 % de la population active, o&#249; un salari&#233; sur deux touche moins de 500 pesos (environ 160 &#8364;) et o&#249; la moiti&#233; de la population ne b&#233;n&#233;ficie d'aucune couverture sociale, dont h&#233;rite aujourd'hui Kirchner, p&#233;roniste &#224; nouveau, mais cette fois vraiment de gauche, nous dit-on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me cheminement au Br&#233;sil, o&#249; le premier pr&#233;sident civil, Jos&#233; Sarney (Alliance d&#233;mocratique) avait commenc&#233; son r&#232;gne par une r&#233;forme mon&#233;taire et surtout un blocage des salaires. Son successeur Fernando Henrique Cardoso, du Parti social d&#233;mocrate (parti qui a eu &#224; certaines &#233;lection l'appui de PT de Lula), pr&#233;sident de 1994 &#224; 2002, r&#233;alisa les plus grandes fourn&#233;es de privatisations de services et d'entreprises publiques : plus en une seule ann&#233;e, 1998, que l'ensemble des privatisations argentines de 1990 &#224; 2000.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une gauche plurielle, mais assagie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les &lt;em&gt;&#171; nouvelles gauches &#187;,&lt;/em&gt; qui prennent aujourd'hui le relais, se sont constitu&#233;es &#224; partir d'ingr&#233;dients forts divers et parfois surprenants en comparaison de la politique que nous connaissons ici, dans les pays d'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Construit &#224; partir du mouvement syndical, le Parti des Travailleurs de Lula est probablement celui qui correspond le plus aux partis socialistes qui avaient vu le jour en Europe &#224; la fin du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. &#192; cette diff&#233;rence que l'histoire ne se r&#233;&#233;crit pas et que le r&#233;formisme du jeune parti de Lula ressemble &#224; celui des social-d&#233;mocraties s&#233;niles de la fin du vingti&#232;me si&#232;cle, celui de Jospin, Schr&#246;der ou Blair.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#234;tre &lt;em&gt;&#171; au long parcours r&#233;volutionnaire &#187;&lt;/em&gt;, d'apr&#232;s le quotidien El Pa&#237;s, mais aujourd'hui conseiller de Lula, Carlos Alberto Libanio Christo explique &#224; ce journal : &lt;em&gt;&#171; dans les ann&#233;es 60, la gauche que j'ai connue &#233;tait tr&#232;s dogmatique et doctrinaire &lt;/em&gt;[...] &lt;em&gt;L'id&#233;e selon laquelle il faut d'abord faire la r&#233;volution pour entrer ensuite dans l'appareil d'&#201;tat a &#233;volu&#233; au cours de ces ann&#233;es. [...] Aujourd'hui, en Am&#233;rique latine, la r&#233;volution n'int&#233;resse plus que deux milieux : les fabricants d'armes et l'extr&#234;me droite. &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans &#234;tre, comme lui, retourn&#233;s r&#233;fl&#233;chir au couvent entre une folle jeunesse et un poste de conseiller pr&#233;sidentiel, un certain nombre d'anciens r&#233;volutionnaires des ann&#233;es 1960-70, intellectuels sinc&#232;rement r&#233;volt&#233;s par les injustices mais qui se voyaient en leaders de &lt;em&gt;&#171; leur &#187;&lt;/em&gt; peuple ont, semble-t-il, suivi des chemins analogues. &lt;em&gt;&#171; En Uruguay, nous avons une culture de la n&#233;gociation. Les Partis colorado et blanco &lt;/em&gt;[les deux partis de droite qui ont gouvern&#233; l'Uruguay ces 20 derni&#232;res ann&#233;es] &lt;em&gt;ont eu d'&#233;normes diff&#233;rences, mais ils ont appris &#224; n&#233;gocier, et cela explique leur maintien au gouvernement aussi longtemps. Nous en avons conclu que la rigidit&#233; ne dure pas &#187;&lt;/em&gt;, explique &#171; Pepe &#187; Mujica, le nouveau ministre de l'agriculture uruguayen (cit&#233; par &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; du 3 mars). Il dirige le MPP (Mouvement de participation populaire) le parti des anciens Tupamaros reconvertis &#224; la politique politicienne, la composante du Front &#233;largi qui a obtenu le plus grand nombre de si&#232;ges dans le nouveau parlement uruguayen. Pr&#233;sidente de ce parlement, Nora Castro ajoute : &lt;em&gt;&#171; Je suis toujours une &#171; Tupa &#187;.&lt;/em&gt; [...] &lt;em&gt;Le combat politique ne se fait plus les armes &#224; la main, mais la lutte contre les injustices sociales demeure la priorit&#233;. Il s'agit de retrouver une croissance durable, mais aussi une meilleure redistribution de la richesse. &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau pr&#233;sident uruguayen, Vazquez, chef de file de ce Front &#233;largi est, quant &#224; lui, un politicien bourgeois plus classique. Comme l'est le pr&#233;sident chilien Lagos, ancien fonctionnaire aux Nations Unies puis &#224; l'Organisation Internationale du Travail. Ce dernier a m&#234;me &#233;t&#233; plusieurs fois ministre dans les gouvernements des pr&#233;sidents d&#233;mocrates-chr&#233;tiens entre 1990 et 2000. Quant au pr&#233;sident argentin Kirchner, il a d&#232;s son arriv&#233;e au pouvoir annonc&#233; la couleur en choisissant pour ministre de l'&#233;conomie, le ministre du gouvernement pr&#233;c&#233;dant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pr&#233;sidents v&#233;n&#233;zu&#233;liens et &#233;quatoriens Ch&#225;vez et Guti&#233;rrez sont d'une autre composante. Anciens militaires putschistes, ils sont sans doute l'expression d'une petite bourgeoisie nationaliste un peu radicale et &#233;tatiste, qui r&#234;ve de r&#233;duire la corruption ou moderniser le pays en r&#233;duisant le pillage de ses richesses en m&#234;me temps qu'ils nourrissent leurs ambitions personnelles. Et s'ils jouissent pour cela d'une certaine popularit&#233;, ils ne repr&#233;sentent pas plus que les autres les int&#233;r&#234;ts des pauvres et des travailleurs du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_147 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L300xH308/droitegauche-18518.gif?1528215570' width='300' height='308' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des luttes sociales qui n'ont pas dit leur dernier mot&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis la fin des dictatures militaires et surtout depuis la fin des ann&#233;es 1990, on a vu en Am&#233;rique Latine se d&#233;velopper les luttes sociales : manifestations de ch&#244;meurs, &#233;meutes contre les hausse de prix ou &#233;meutes de la faim, pillage de grandes surfaces, manifestations contre les privatisations. Et surtout d'importantes gr&#232;ves ouvri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont ces mouvements que la gauche au pouvoir s'efforce d'endormir en parlant d'un socialisme&lt;em&gt; &#171; les pieds sur terre &#187; &lt;/em&gt;et en promettant cette &lt;em&gt;&#171; croissance durable &#187; &lt;/em&gt;que les sacrifices demand&#233;s seraient cens&#233; engendrer. Les illusions qu'ils s'efforcent de cr&#233;er sont mortelles. Elles ne conduisent qu'&#224; des d&#233;ceptions et des retours de b&#226;ton. Avec cette diff&#233;rence sur la classique alternance gauche-droite de nos pays riches, que les retours de b&#226;ton du pass&#233; de l'Am&#233;rique Latine se sont souvent traduits par des milliers de morts et de nouvelles ann&#233;es de dictature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les retours de b&#226;ton pourraient bien cette fois venir de la classe ouvri&#232;re. Si elle ne se laisse pas endormir par les nouveaux leaders qui pr&#233;tendent gouverner en son nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Olivier BELIN&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> D'accord... pas d'accord...
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		<dc:subject>Courrier des lecteurs
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		<dc:subject>Politique
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		<description>Ci-dessous, quelques extraits de courriers ou courriels arriv&#233;s &#224; notre bo&#238;te postale ou notre site. Convergences R&#233;volutionnaires ouvre ses colonnes aux opinions ou r&#233;actions de ses lecteurs, qui comprendront qu'une place r&#233;duite nous oblige &#224; n'en publier que l'essentiel. Votre image du PCF est fausse &lt;br /&gt;Je suis marxiste l&#233;niniste, et en lisant cet article (&#171; Du mythe &#224; la r&#233;alit&#233; &#187; dans le dossier &#171; O&#249; va le PCF &#187;, NDLR) j'ai &#233;t&#233; choqu&#233; plus d'une fois. &lt;br /&gt;Ce qu'il faut savoir, c'est que L'Humanit&#233;&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-38-mars-avril-2005-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 38, mars-avril 2005
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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Courrier-des-lecteurs-+" rel="tag"&gt;Courrier des lecteurs
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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Ci-dessous, quelques extraits de courriers ou courriels arriv&#233;s &#224; notre bo&#238;te postale ou notre site. Convergences R&#233;volutionnaires ouvre ses colonnes aux opinions ou r&#233;actions de ses lecteurs, qui comprendront qu'une place r&#233;duite nous oblige &#224; n'en publier que l'essentiel.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Votre image du PCF est fausse&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Je suis marxiste l&#233;niniste, et en lisant cet article &lt;em&gt;(&#171; Du mythe &#224; la r&#233;alit&#233; &#187; dans le dossier &#171; O&#249; va le PCF &#187;, NDLR&lt;/em&gt;) j'ai &#233;t&#233; choqu&#233; plus d'une fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'il faut savoir, c'est que &lt;em&gt;L'Humanit&#233; &lt;/em&gt;b&#233;n&#233;ficiait avant d'une aide de l'&#201;tat, mais depuis Sarkozy plus rien, le journal doit se d&#233;brouiller par ses propres moyens. Ensuite, il y a une censure de la presse vis-&#224;-vis du parti. Je me suis souvent rendu compte lors de d&#233;bats que le journal local tout comme le national disait de quels bords &#233;taient les personnes qui parlaient sauf pour le PCF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin je tiens &#224; dire que l'image que tu as du PCF est fausse. On est loin d'un parti stalinien tel que le disent beaucoup... c'est un parti qui fait beaucoup de choses, un parti marxiste l&#233;niniste. J'ai assist&#233; &#224; des r&#233;unions du PCF et je peux te dire qu'ils sont loin de ne &#171; rien foutre &#187;. &#201;videment, &#224; cause des censures, on n'entend pas parler du PCF &#224; la t&#233;l&#233; sauf pendant les &#233;lections, on n'entend pas non plus ce qu'ils font au niveau local. Et pourtant je peux te dire qu'en ce moment je vois le PCF lutter pour une affaire de destruction de tout un quartier ouvrier qui sera remplac&#233; par des habitations de riches, et les pauvres devront partir dans les villes voisines. Et &#224; mon grand regret, il n'y a que le PCF qui lutte, le PS ne fait rien, mais LO-LCR non plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de critiquer les partis politiques qui d&#233;fendent les m&#234;mes causes que vous, oubliez vos diff&#233;rends et unissez vous !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28 d&#233;cembre 2004. M. T.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Le Non d'extr&#234;me gauche : pas une trahison, mais de l'opportunisme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Quel que soit le r&#233;sultat de ce r&#233;f&#233;rendum, les travailleurs n'ont rien &#224; y gagner - ni &#224; y perdre. Il n'y donc aucune raison d'appeler &#224; voter Non &#224; cette Constitution. Dire qu'un Non donnerait une &#171; victoire morale aux travailleurs &#187;, c'est leur pr&#234;ter des illusions qu'ils n'ont m&#234;me pas (tout laisse &#224; penser que le taux d'abstention va &#234;tre tr&#232;s &#233;lev&#233; dans l'&#233;lectorat populaire). Dans ce type de scrutin, on ne peut m&#234;me pas dire que les &#233;lections servent &#224; se compter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Craindre de ne pas appara&#238;tre politiquement correct aux yeux du milieu politicien de gauche et d'extr&#234;me gauche... ce qui est la seule &#171; justification &#187; au fait d'appeler, m&#234;me du bout des l&#232;vres, &#224; voter Non, n'est certes pas une trahison. En termes politiques, cela s'appelle simplement de l'opportunisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19 d&#233;cembre 2004. M.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> C&#244;te d'Ivoire : la population entre trois feux
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>C&#244;te d'Ivoire
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		<description>En novembre 2004, deux journ&#233;es d'&#233;meutes et de destructions des biens de Fran&#231;ais rappelaient que la France maintient bien des milliers de soldats en C&#244;te d'Ivoire. Jeune Afrique racontait dans son num&#233;ro du 5 d&#233;cembre 2004 les crimes et m&#233;faits de l'arm&#233;e fran&#231;aise durant ces journ&#233;es : &#171; le 6 novembre (...) entre dix et trente morts. &#187;...&#171; le 9 novembre, devant l'h&#244;tel Ivoire, la foule appara&#238;t joyeuse et d&#233;termin&#233;e avant que des coups de feu tir&#233;s depuis les blind&#233;s fran&#231;ais la dispersent dans la&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-38-mars-avril-2005-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 38, mars-avril 2005
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Cote-d-Ivoire-+" rel="tag"&gt;C&#244;te d'Ivoire
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En novembre 2004, deux journ&#233;es d'&#233;meutes et de destructions des biens de Fran&#231;ais rappelaient que la France maintient bien des milliers de soldats en C&#244;te d'Ivoire. &lt;em&gt;Jeune Afrique&lt;/em&gt; racontait dans son num&#233;ro du 5 d&#233;cembre 2004 les crimes et m&#233;faits de l'arm&#233;e fran&#231;aise durant ces journ&#233;es : &lt;em&gt;&#171; le 6 novembre (...) entre dix et trente morts. &#187;...&#171; le 9 novembre, devant l'h&#244;tel Ivoire, la foule appara&#238;t joyeuse et d&#233;termin&#233;e avant que des coups de feu tir&#233;s depuis les blind&#233;s fran&#231;ais la dispersent dans la panique la plus totale (57 civils tu&#233;s et 2 226 bless&#233;s). &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une indignation... tardive&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'ennemi semble donc maintenant Laurent Gbagbo qui est pourtant arriv&#233; au pouvoir, le 25 octobre 2000, avec la caution et l'aide de la France. Une bienveillance qui ne s'est pas d&#233;mentie entre 2000 et 2004, ni lors des massacres dans les quartiers populaires d'Abidjan, ni quand il a d&#251; faire face &#224; la mutinerie de l'arm&#233;e le 19 septembre 2002, ni depuis que les mutins occupent le nord et l'ouest du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a fallu une attaque de l'aviation ivoirienne contre les troupes fran&#231;aises pour d&#233;clencher en repr&#233;sailles, d&#233;but novembre 2004, la destruction de l'aviation ivoirienne et la condamnation de la politique de Gbagbo. En d&#233;clarant &#171; &lt;em&gt;nous ne voulons pas laisser se d&#233;velopper une situation pouvant conduire &#224; l'anarchie ou &#224; un r&#233;gime de nature fasciste&lt;/em&gt; &#187;, Chirac faisait allusion aux bandes de jeunes nationalistes x&#233;nophobes et racistes mobilis&#233;es et encadr&#233;es par l'arm&#233;e, la gendarmerie et les escadrons de la mort qui s&#233;vissent et terrorisent Abidjan... depuis 4 ans. Les nouvelles ne parviennent pas vite &#224; l'&#201;lys&#233;e !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Escadrons de la mort&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'action de ces &#171; groupes patriotes &#187; n'a rien &#224; voir avec une r&#233;volte spontan&#233;e contre l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. Elle est patronn&#233;e par la femme de Gbagbo et b&#233;n&#233;ficie de l'impunit&#233; comme l'avait montr&#233; un premier massacre, le 26 octobre 2000 : dans la zone industrielle de Yopougon, on retrouva un charnier de 57 corps dont de nombreux jeunes assassin&#233;s et tortur&#233;s. &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; du 7 d&#233;cembre 2000 peut d&#233;j&#224; &#233;crire : &lt;em&gt;&#171; Les violences ont &#233;t&#233; extr&#234;mes &#224; l'&#233;gard d'immigr&#233;s ouest-africains, notamment &#224; Port Bou&#235;t II et &#224; Adjam&#233;. &#187; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mois qui suivent, les exactions se multiplient contre des quartiers pauvres terroris&#233;s. Les cadavres jonchent les rues et personne n'ose m&#234;me y toucher tant la peur de ceux que l'on appellera les &#171; escadrons de la mort de Gbagbo &#187; est grande. Toutes les enqu&#234;tes internationales, notamment en ao&#251;t 2001 celle de &lt;em&gt;Human rights watch&lt;/em&gt;, accuseront directement Gbagbo. En f&#233;vrier 2002, &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; titre &#171; &lt;em&gt;les escadrons de la mort de Gbagbo&lt;/em&gt; &#187; et d&#233;nonce &#171; l'enl&#232;vement de 500 personnes &#187;. L'ONU proteste contre &lt;em&gt;&#171; la destruction des bidonvilles qui continue de mani&#232;re assez intense&lt;/em&gt; &#187;. Des dizaines de milliers de travailleurs voient leurs demeures br&#251;l&#233;es au lance-flamme et certains y trouvent la mort. Tout cela, alors que les troupes fran&#231;aises &#233;taient encasern&#233;es juste &#224; c&#244;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'homme de la France&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette tourmente qui dresse depuis 4 ans Ivoiriens contre &#233;trangers, ceux du nord contre ceux du sud, chr&#233;tiens contre musulmans, ethnies contre ethnies, n'a rien &#224; voir avec la mobilisation des deux ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes contre la corruption, la mis&#232;re et la dictature. Alors, en 1999 et 2000, les manifestants d'Abidjan &#233;taient aussi bien originaires du nord que du sud. Ils &#233;taient surtout adversaires des classes dirigeantes qui avaient b&#226;ti des fortunes lors de la grande &#233;poque du parti unique PDCI et de la corruption g&#233;n&#233;rale. L'inspecteur g&#233;n&#233;ral des arm&#233;es fran&#231;aises, le g&#233;n&#233;ral Germanos, parlait de &#171; situation explosive &#187; et, en novembre, un rapport de l'&#201;tat major fran&#231;ais remis &#224; Chirac classait le pays en &#171; zone orange ou danger imminent &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors du soul&#232;vement populaire qui a fait tomber le pouvoir militaire du g&#233;n&#233;ral Gue&#239;, les 24-25 octobre 2000, les manifestants qui ont attaqu&#233; et pris un &#224; un les &#233;difices publics, au prix de nombreuses victimes, &#233;taient des travailleurs, des ch&#244;meurs et des jeunes de toutes origines ethniques. Ce sont eux qui ont assur&#233; le succ&#232;s de Gbagbo. Mais ce sont les &#171; barons &#187; de l'ancien parti unique PDCI, la grande bourgeoisie ivoirienne et l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais qui ont finalement d&#233;cid&#233; et pr&#233;f&#233;r&#233; Gbagbo &#224; Ouattara. Ce dernier conserve en effet de son poste &#224; la direction du FMI l'image d'un homme li&#233; &#224; l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain alors que Gbagbo, qui fait partie de l'Internationale socialiste et est personnellement li&#233; &#224; la &#171; Fran&#231;afrique de gauche &#187;, &#224; Henri Emmanuelli ou Michel Charasse, a l'appui du Parti socialiste alors au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Briser la mobilisation populaire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La population pauvre a le sentiment que c'est la rue qui fait et d&#233;fait les pr&#233;sidents. Le Monde du 27 octobre 2000 &#233;crit &#171; Le g&#233;n&#233;ral Gue&#239; a &#233;t&#233; contraint de c&#233;der le pouvoir sous la pression de la rue. Laurent Gbagbo est proclam&#233; vainqueur du scrutin pr&#233;sidentiel. Mais la C&#244;te d'Ivoire est au bord de la guerre civile. &#187; Pour contrecarrer le d&#233;veloppement de cette mobilisation populaire Gbagbo va donc imm&#233;diatement faire appel &#224; une d&#233;magogie susceptible de la diviser. Le racisme anti-dioulas ou anti-&#233;trangers, il ne l'invente pas mais il lui donne un cadre politique et des organisations. D&#232;s le lendemain de sa prise du pouvoir, il lance dans les quartiers populaires et pauvres de la capitale des bandes de jeunes d&#233;class&#233;s et des &#233;tudiants encadr&#233;s par des gendarmes et des groupes de militants de son parti, le Front populaire ivoirien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sormais la radicalisation de la jeunesse d'Abidjan a une nouvelle connotation : hostile aux &#171; Dioulas &#187; (terme sous lequel ils englobent les ethnies du nord), aux musulmans (Gbagbo a fait incendier des mosqu&#233;es) et aux &#233;trangers. Gbagbo relance la notion d'&#171; ivoirit&#233; &#187; qui pr&#233;tend que les gens du nord ne seraient pas de vrais Ivoiriens mais plut&#244;t des burkinab&#233;s ou des &#233;trangers. Les violences se multiplient lors des &#233;lections l&#233;gislatives de d&#233;cembre 2000. De nombreuses personnes sont tortur&#233;es et des femmes viol&#233;es par les bandes de Gbagbo. Les troupes fran&#231;aises sont toujours cantonn&#233;es &#224; deux pas, en plein Abidjan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des gr&#232;ves &#233;clatent pourtant en avril-mai 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La C&#244;te d'Ivoire &#233;tant l'un des rares pays d'Afrique o&#249; les travailleurs d'industrie sont nombreux et concentr&#233;s, la classe ouvri&#232;re est une force et donc une menace. Pour d&#233;tourner celle-ci Gbagbo accentue encore sa politique &#171; fasciste &#187;, comme dirait Chirac. L'argent qui n'existe pas pour les travailleurs, il le trouve pour les bandes de nervis recrut&#233;s parmi la jeunesse pauvre, les fameux &#171; patriotes &#187;, ou des membres de la F&#233;d&#233;ration estudiantine et scolaire de C&#244;te d'Ivoire, la FESCI. Des milliers de jeunes sont ainsi encadr&#233;s par le pouvoir et mobilisables &#224; tout moment. Ceux qui refusent de manifester &#224; leurs c&#244;t&#233;s sont molest&#233;s. Les exactions (vol, viol, assassinat) sont nombreuses contre les habitants originaires du nord ou &#233;trangers et restent impunies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis que tout le Nord du pays est aux mains des &#171; rebelles &#187;, c'est ouvertement, &#224; la t&#233;l&#233;vision et &#224; la radio gouvernementales (les autres ayant &#233;t&#233; volontairement supprim&#233;es) que Gbagbo appelle au meurtre contre les burkinab&#233;s et &#224; l'incendie contre les bidonvilles qu'il accuse d' &#171; h&#233;berger des assaillants &#187;. Des milliers de gens du nord et d'&#233;trangers sont expuls&#233;s violemment d'Abidjan. Les exactions touchent cette fois les villes de province et les campagnes. Les paysans pauvres et les ouvriers agricoles sont tr&#232;s durement frapp&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les troupes fran&#231;aises poursuivent leur occupation militaire mais leur intervention n'a rien r&#233;gl&#233;. Elle n'a mis fin ni &#224; la r&#233;bellion militaire qui tient le nord et l'ouest du pays ni aux exactions du r&#233;gime du dictateur Gbagbo. La population ivoirienne vivait d&#233;j&#224; sous la menace des bandes arm&#233;es locales, gouvernementales ou rebelles. S'y ajoute maintenant celle d'une arm&#233;e &#233;trang&#232;re europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28 f&#233;vrier 2005&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Robert PARIS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_144 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L300xH302/afrique-5d06c.gif?1528085878' width='300' height='302' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Le projet de Manifeste de la LCR : une d&#233;claration d'amour aux altermondialistes
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>LCR
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		<description>La Ligue communiste r&#233;volutionnaire a soumis son projet de Manifeste intitul&#233; &#171; Le monde doit changer de base &#187; au d&#233;bat public. Convergences r&#233;volutionnaires entendant bien &#234;tre partie prenante de d&#233;bats qui peuvent avoir lieu au sein de l'extr&#234;me gauche, nous entamons donc la critique de ce texte - qui n'est actuellement, il faut le rappeler, qu'un projet en discussion dans la Ligue. Par ailleurs, une r&#233;union-d&#233;bat sur le sujet, organis&#233;e par la Fraction de Lutte ouvri&#232;re et la tendance D&#233;mocratie&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-38-mars-avril-2005-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 38, mars-avril 2005
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-LCR-+" rel="tag"&gt;LCR
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La Ligue communiste r&#233;volutionnaire a soumis son &lt;em&gt;projet de Manifeste&lt;/em&gt; intitul&#233; &lt;em&gt;&#171; Le monde doit changer de base &#187; &lt;/em&gt;au d&#233;bat public. &lt;em&gt;Convergences r&#233;volutionnaires&lt;/em&gt; entendant bien &#234;tre partie prenante de d&#233;bats qui peuvent avoir lieu au sein de l'extr&#234;me gauche, nous entamons donc la critique de ce texte - qui n'est actuellement, il faut le rappeler, qu'un projet en discussion dans la Ligue. Par ailleurs, une r&#233;union-d&#233;bat sur le sujet, organis&#233;e par la Fraction de Lutte ouvri&#232;re et la tendance D&#233;mocratie r&#233;volutionnaire de la LCR, a d&#233;j&#224; eu lieu samedi 26 f&#233;vrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce premier article nous ne pouvons &#233;videmment qu'aborder certaines des nombreuses questions pos&#233;es par un texte qui, en d&#233;pit d'affirmations r&#233;p&#233;t&#233;es, se place, &#224; notre avis, dans le cadre d'une orientation plus r&#233;formiste que r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Quel objectif ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si l'on s'en tient &#224; ce qu'annonce le &#171; Mode d'emploi &#187; du &lt;em&gt;Manifeste&lt;/em&gt;, il s'agit de proposer au d&#233;bat interne et public &lt;em&gt;&#171; ce qui devra &#234;tre la carte de visite de la LCR pour les prochaines ann&#233;es &#187;&lt;/em&gt;. A priori, &#233;videmment, rien &#224; redire &#224; la volont&#233; affich&#233;e de r&#233;actualiser l'expos&#233; d'un programme politique. Reste &#224; savoir quelle orientation ou r&#233;orientation politique cela traduit...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; R&#233;solution sur le Manifeste &#187; adopt&#233;e par la Direction nationale de la LCR des 20 et 21 novembre 2004 est plus explicite puisque l'&#233;laboration du texte doit, d'une part, &lt;em&gt;&#171; s'attacher &#224; traiter les principales questions nouvelles &lt;/em&gt;[...]&lt;em&gt; issues du mouvement ouvrier et du mouvement social de la derni&#232;re d&#233;cennie &#187;&lt;/em&gt; mais aussi, d'autre part, &lt;em&gt;&#171; &#234;tre une contribution aux d&#233;bats sur les fondements d'une nouvelle force anticapitaliste &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Construire une &lt;em&gt;&#171; nouvelle force anticapitaliste &#187;&lt;/em&gt; : c'est l&#224; en fait toute la finalit&#233; du projet. Le d&#233;bat que la LCR entend lancer &#224; son propos, par del&#224; le contenu formel, devra donc bien porter finalement et essentiellement sur cette orientation, sur la nature de cette &lt;em&gt;&#171; nouvelle force &#187;&lt;/em&gt; (r&#233;volutionnaire ou non, communiste ou non, prol&#233;tarienne ou non), tout comme sur l'existence hypoth&#233;tique des pr&#233;tendus &lt;em&gt;&#171; autres forces et militants int&#233;ress&#233;s &#224; ce processus &#187;&lt;/em&gt;. De ces forces sur lesquelles compte donc la LCR ou auxquelles elle entend s'adresser, le &lt;em&gt;Manifeste&lt;/em&gt; se garde de faire l'inventaire comme la critique. C'est qu'il vise plus &#224; les courtiser qu'&#224; les convaincre de rejoindre le combat communiste r&#233;volutionnaire ; et ce n'est pas le moindre reproche qu'on puisse lui faire.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Du pass&#233; faisons table (vraiment) rase&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nous nous en tiendrons aujourd'hui &#224; discuter du premier point. &#171; &lt;em&gt;Traiter les principales questions nouvelles &lt;/em&gt;[...]&lt;em&gt; issues du mouvement ouvrier et du mouvement social de la derni&#232;re d&#233;cennie &#187;&lt;/em&gt; supposerait au moins, semble-t-il, d'abord d'identifier ces &lt;em&gt;&#171; questions nouvelles &#187;&lt;/em&gt;, ensuite de mettre en perspective leur nouveaut&#233;... ce qui implique en premier lieu de rappeler ce qu'elles &lt;em&gt;n'ont pas&lt;/em&gt; de nouveau ! En d'autres termes, cela revient &#224; inscrire cette discussion dans une filiation politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, si l'on se penche sur le projet &#224; la lumi&#232;re de ces quelques exigences, minimales mais l&#233;gitimes, on est pour le moins d&#233;sappoint&#233; ! Oubli&#233;s sinon ray&#233;s bolch&#233;visme, trotskisme, les d&#233;buts de l'Internationale communiste, la Quatri&#232;me internationale et son &lt;em&gt;Programme de transition&lt;/em&gt;, tout ce socle d'exp&#233;riences du mouvement r&#233;volutionnaire sur lequel s'appuyait quand m&#234;me jusque l&#224;, au moins formellement, la majorit&#233; de LCR pour s'affirmer communiste r&#233;volutionnaire. Pas un mot m&#234;me de l'histoire, de l'&#233;volution et de l'&#233;tat actuel du mouvement ouvrier. Rien pour dire ce que, de tout cela, on projette de conserver ou rejeter. L'histoire et les probl&#232;mes du mouvement r&#233;volutionnaire auraient-ils commenc&#233; il y a 10 ans ? Avant, le n&#233;ant ? On a &#233;videmment le droit de balancer son pass&#233; politique aux oubliettes, mais le faire sans le dire, sans bilan, honteusement, repr&#233;sente tout le contraire de ce qui conviendrait &#224; une v&#233;ritable discussion sur les probl&#232;mes actuels et leur nouveaut&#233; suppos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Altermondialiste, sans r&#233;serve ni discussion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il n'est en fait presque question que de mondialisation et du mouvement altermondialiste. Assur&#233;ment, l'&#233;mergence de ce courant et la place qu'il a prise, ou qu'il pr&#233;tend prendre, &#171; &lt;em&gt;&#224; la gauche de la gauche&lt;/em&gt; &#187;, est l'une des nouveaut&#233;s de la derni&#232;re d&#233;cennie. L'analyse de ce qu'il repr&#233;sente, d'une part, et de la politique du mouvement r&#233;volutionnaire &#224; son &#233;gard, d'autre part, semblait donc s'imposer, au regard des pr&#233;tentions du &lt;em&gt;Manifeste&lt;/em&gt;. Mais cela n'est pr&#233;cis&#233;ment pas discut&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet se contente d'&#233;grener au fil des pages les m&#233;rites suppos&#233;s, et souvent id&#233;alis&#233;s, de la mouvance altermondialiste, sans jamais en discuter la nature et les limites, mais en en reprenant, de fait, les analyses les plus discutables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut certes s'amuser &#224; citer Bush en affirmant que &lt;em&gt;&#171; nous voici entr&#233;s dans l'&#232;re de la guerre globale, illimit&#233;e dans le temps et l'espace &#187;&lt;/em&gt;, remplacer ainsi l'analyse par l'inflation verbale et sauter all&#233;grement &#224; l'affirmation selon laquelle &lt;em&gt;&#171; la lutte contre la guerre &lt;/em&gt;[...]&lt;em&gt; doit constituer une dimension centrale et durable des mobilisations altermondialistes&lt;/em&gt; &#187;. Mais est-ce cela traiter &#171; &lt;em&gt;des principales questions nouvelles&lt;/em&gt; &#187; de notre &#233;poque ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autant que, li&#233;e &#224; cette pr&#233;tendue nouveaut&#233; d'une &lt;em&gt;&#171; guerre globale &#187;&lt;/em&gt; qui serait l'un des &lt;em&gt;&#171; aspects &lt;/em&gt;[...]&lt;em&gt; d'un &#233;tat d'exception permanent &#187;&lt;/em&gt; (sic !), est pos&#233;e la question de l'&#233;volution des relations entre puissances imp&#233;rialistes depuis la disparition de l'URSS et la fin de la guerre froide - autre changement profond de la d&#233;cennie pass&#233;e. On apprend ainsi que &lt;em&gt;&#171; Les &#201;tats-Unis &lt;/em&gt;[...]&lt;em&gt; contribuent de plus en plus &lt;/em&gt;[soulign&#233; par nous] &lt;em&gt;&#224; la construction d'un monde o&#249; l'exercice de la force nue devient la source prioritaire de toute l&#233;gitimit&#233; &#187;.&lt;/em&gt; Plus qu'au si&#232;cle dernier, celui des empires coloniaux et des guerres mondiales ? On nous permettra d'en douter. Mais l'exag&#233;ration n'est l&#224; que pour pouvoir conclure qu'il en d&#233;coule une &lt;em&gt;&#171; mont&#233;e des rivalit&#233;s &lt;/em&gt;[qui]&lt;em&gt; fragilise le processus de mondialisation et peut donner des marges de man&#339;uvre aux mobilisations altermondialistes et aux pays du Sud &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passons sur &lt;em&gt;&#171; le nouvel internationalisme &#187;&lt;/em&gt; dont serait porteur l'altermondialisme et dont le &lt;em&gt;&#171; spectre &#187;&lt;/em&gt;, parait-il, &lt;em&gt;&#171; hante la mondialisation &#187;&lt;/em&gt; ! Il nous semble pourtant que &lt;em&gt;&#171; l'esprit rebelle et solidaire &#187;&lt;/em&gt; de Porto Alegre et &lt;em&gt;&#171; l'&#233;go&#239;sme glac&#233; &#187;&lt;/em&gt; de Davos ne sont pas aussi &lt;em&gt;&#171; rigoureusement incompatibles &#187;&lt;/em&gt; que les r&#233;dacteurs du &lt;em&gt;Manifeste&lt;/em&gt; se plaisent &#224; le croire ! En tout cas Lula et quelques ministres (et ex ou futurs ministres) de bien des gouvernements bourgeois, qui courent d'un forum &#224; l'autre, ne semblent pas s'en &#234;tre aper&#231;u. Et il n'est pas s&#251;r que l'emploi r&#233;p&#233;t&#233; du jargon de Toni Negri (&lt;em&gt;Empire&lt;/em&gt;, avec Michael Hardt, 2000) - &#224; coup de &lt;em&gt;&#171; croisades imp&#233;riales &#187;&lt;/em&gt;, d'&lt;em&gt;&#171; exp&#233;ditions imp&#233;riales &#187;&lt;/em&gt;, de &lt;em&gt;&#171; militarisme imp&#233;rial &#187;&lt;/em&gt;, de &lt;em&gt;&#171; guerres imp&#233;riales &#187;&lt;/em&gt;... - contribue beaucoup &#224; &#233;clairer ces notables altermondialistes &#233;gar&#233;s. Par contre, cela masque bien souvent une concession &#224; des conceptions qui diabolisent l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain pour parfois mieux oublier les ravages des puissances imp&#233;rialistes de seconde zone... dont la n&#244;tre &#233;videmment.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La d&#233;mocratie au-dessus des classes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Concernant le r&#244;le politique de la classe ouvri&#232;re, &#171; &lt;em&gt;le ph&#233;nom&#232;ne majeur&lt;/em&gt; &#187;, estime par ailleurs le Manifeste, &#171; &lt;em&gt;est [...] bien la &#8220;prol&#233;tarisation&#8221; d'une partie grandissante du salariat, y compris des paysans formellement propri&#233;taires de leur exploitation, mais enti&#232;rement d&#233;pendants, de fait, des trusts agro-alimentaires et du cr&#233;dit&lt;/em&gt; &#187;. L'assertion elle-m&#234;me est discutable, mais le probl&#232;me ici est plut&#244;t de savoir ce que les camarades d&#233;duisent d'une analyse identifiant le prol&#233;tariat comme devenu &#171; &lt;em&gt;largement majoritaire dans la population d'un pays&lt;/em&gt; &#187; : c'est que &#171; &lt;em&gt;les conditions strat&#233;giques du combat contre le capitalisme sont boulevers&#233;es par rapport &#224; la Russie de 1917 ou la Chine de 1949&lt;/em&gt; &#187;... Certes ! Mais en conclure que &#171; &lt;em&gt;la lutte pour la d&#233;mocratie &#8220;ouvri&#232;re&#8221; tend &#224; exprimer l'aspiration &#224; la d&#233;mocratie de l'ensemble de la population&lt;/em&gt; &#187; est aller un peu vite en besogne et oublier, surtout, combien les illusions d&#233;mocratiques bourgeoises ont co&#251;t&#233; cher au mouvement ouvrier, notamment dans les crises politiques de l'Europe des ann&#233;es 30... Le monde n'a pas commenc&#233; il y a dix ans !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'inverse reviennent r&#233;guli&#232;rement les th&#232;mes des &#171; &lt;em&gt; d&#233;sillusions du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, apr&#232;s l'effondrement des caricatures du socialisme&lt;/em&gt; &#187; - les d&#233;sillusions de qui ? - ou des &#171; &lt;em&gt;exp&#233;riences n&#233;gatives d'hier [dont] nous avons des le&#231;ons &#224; tirer&lt;/em&gt; &#187; - sans jamais pr&#233;ciser vraiment de quelles exp&#233;riences on parle, quelles le&#231;ons on entend en tirer... sauf lorsqu'il s'agit de se d&#233;marquer &#224; bon compte (puisque aujourd'hui plus personne ne le d&#233;fend) du &#171; &lt;em&gt;despotisme bureaucratique [...] stalinien&lt;/em&gt; &#187; qui &#171; &lt;em&gt;a constitu&#233; une trahison de la r&#233;volution, la perversion la plus absolue de ses valeurs &#233;mancipatrices&lt;/em&gt; &#187;. Sans aucun doute, mais peut-on se contenter d'y opposer le fait que &#171; &lt;em&gt;la d&#233;mocratie doit &#234;tre au c&#339;ur du projet &#224; refonder&lt;/em&gt; &#187;, sans discuter de quelle d&#233;mocratie, dans quel &#201;tat ?... et sans rappeler le r&#244;le de trahison contre-r&#233;volutionnaire et sanglante de la social-d&#233;mocratie au XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle dont continue plus ou moins &#224; se r&#233;clamer la gauche (que le projet de Manifeste nous demande encore de ne pas confondre avec la droite) - y compris une bonne partie de cette gauche pr&#233;tendue radicale qui, sous les couleurs de l'altermondialisme ou non, pr&#233;pare aux travailleurs qui auraient trop cru dans les valeurs de la d&#233;mocratie bourgeoise les trahisons et les d&#233;sillusions de demain !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans faire de mauvais proc&#232;s, disons tout de m&#234;me qu'on ne peut qu'&#234;tre frapp&#233; par les tr&#233;sors d'inventivit&#233; s&#233;mantique d&#233;ploy&#233;s par le &lt;em&gt;Manifeste&lt;/em&gt; pour ne pas aborder de front un certain nombre de questions effectivement cruciales pour les r&#233;volutionnaires et le mouvement ouvrier, comme celle du caract&#232;re de classe de la d&#233;mocratie, de l'&#201;tat et du gouvernement, ou celle des t&#226;ches de la r&#233;volution...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 mars 2005&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G&#233;rard WEGAN&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Maroc : six syndicalistes condamn&#233;s &#224; 10 ans de prison
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Maroc
</dc:subject>

		<description>Le 14 janvier dernier six syndicalistes dont l'ex-secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du syndicats des ouvriers des mines d'Imini, Mohamed Khouya, ont &#233;t&#233; condamn&#233;s pour &#171; entrave &#224; la libert&#233; de travail et coups et blessures entra&#238;nant un d&#233;c&#232;s d&#233;lib&#233;r&#233; &#187; &#224; 10 ans de prison ferme chacun. L'affaire devrait &#234;tre examin&#233;e dans les prochains jours par la Cour d'appel de Ouarzazate. Elle suscite d'ores et d&#233;j&#224; un vaste mouvement de protestation au Maroc o&#249; une commission nationale de soutien aux mineurs d'Imini s'est cr&#233;&#233;e le 9&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 14 janvier dernier six syndicalistes dont l'ex-secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du syndicats des ouvriers des mines d'Imini, Mohamed Khouya, ont &#233;t&#233; condamn&#233;s pour &#171; &lt;em&gt;entrave &#224; la libert&#233; de travail et coups et blessures entra&#238;nant un d&#233;c&#232;s d&#233;lib&#233;r&#233;&lt;/em&gt; &#187; &#224; 10 ans de prison ferme chacun. L'affaire devrait &#234;tre examin&#233;e dans les prochains jours par la Cour d'appel de Ouarzazate. Elle suscite d'ores et d&#233;j&#224; un vaste mouvement de protestation au Maroc o&#249; une commission nationale de soutien aux mineurs d'Imini s'est cr&#233;&#233;e le 9 f&#233;vrier dernier sur initiative d&#185;une centaine d&#185;organisations politiques, syndicales, associatives et de personnalit&#233;s nationales qui nous a fait parvenir un r&#233;cit de l'affaire que nous r&#233;sumons ci-apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mines d'Imini relevant de la Soci&#233;t&#233; ch&#233;rifienne des &#233;tudes mini&#232;res (SACEM) sont depuis toujours synonymes de pr&#233;carit&#233;, cadence de travail effr&#233;n&#233;e, mauvaise gouvernance, enclavement d'une population d&#233;sh&#233;rit&#233;e, pollution mais surtout de climat antisyndical. L'ouverture de la proc&#233;dure de redressement de la mine au mois de novembre 2001, avait encore entra&#238;n&#233; une succession de mesures visant les maigres droits et acquis des ouvriers accumul&#233;s apr&#232;s tant d'ann&#233;es. Le 28 octobre 2002 une note instituait le travail &#224; temps partiel au sein de la mine avec r&#233;duction de 50 % des salaires. Depuis les protestations, manifestations et sit-ins devant le si&#232;ge se sont multipli&#233;s pendant que les n&#233;gociations entre syndicalistes et Direction tra&#238;naient en longueur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les choses se sont g&#226;t&#233;es lorsque le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; avril 2004 la Direction a obtenu de la direction r&#233;gionale de l'UMT (une des deux grandes conf&#233;d&#233;rations) le limogeage de Mohamed Khouya, jusque l&#224; membre du bureau r&#233;gional, charg&#233; de l'action syndicale dans le secteur minier de la province et mandat&#233; pour n&#233;gocier les mesures d'accompagnement social du plan de continuation de la mine. Les 148 ouvriers et cadres des mines d'Imini ont alors d&#233;cid&#233; le 5 avril 2004 de se retirer en bloc de l'UMT pour adh&#233;rer &#224; la CDT, le syndicat concurrent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 15 avril 2004 sous la conduite du Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral r&#233;gional de l'UMT une v&#233;ritable milice d'environ 120 personnes &#233;trang&#232;res &#224; la mine, tentait de reprendre celle-ci d'assaut, alors que la Direction pour accro&#238;tre le d&#233;sarroi avait orchestr&#233; une coupure &#233;lectrique dans tous les villages de mineurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors des affrontements et des &#233;changes de jets de pierres un ouvrier UMT &#233;tait bless&#233; &#224; la main. Transport&#233; le soir m&#234;me &#224; l'h&#244;pital provincial de Ouarzazate il y d&#233;c&#233;dait huit jours plus tard dans des conditions que les d&#233;fenseurs des 6 syndicalistes jugent bien suspectes, puisqu'on devait apprendre que quelques jours avant l'&#233;quip&#233;e il avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; plac&#233; en r&#233;animation &#224; l'h&#244;pital provincial &#224; cause d'un diab&#232;te chronique, et que la veille m&#234;me le directeur local des mines d'Imini l'avait fait sortir de l'h&#244;pital &#224; l'insu de sa famille pour le faire transporter aux mines d'Imini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourtant ce d&#233;c&#232;s qui justifierait la condamnation des 6 mineurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F&#233;vrier 2005&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> La SNCF, d&#233;voreuse d'emplois !
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/La-SNCF-devoreuse-d-emplois</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/La-SNCF-devoreuse-d-emplois</guid>
		<dc:date>2005-03-07T13:36:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>SNCF
</dc:subject>

		<description>Environ 4 000 emplois b&#233;n&#233;ficiant du statut de cheminot seraient supprim&#233;s en 2005, apr&#232;s les 3 300 suppressions de 2004. C'est surtout dans le secteur commercial, aux guichets et &#224; l'accueil dans les gares que la trou&#233;e serait b&#233;ante. La direction commerciale du p&#244;le Grandes Lignes pr&#233;voierait d'ici trois ans quelque 2 330 suppressions de postes, sur un total de 7 900 emplois. &lt;br /&gt;La faute &#224; Socrate ou la faute &#224; Voltaire ? &lt;br /&gt;L'introduction des technologies modernes serait responsable de l'h&#233;morragie&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Environ 4 000 emplois b&#233;n&#233;ficiant du statut de cheminot seraient supprim&#233;s en 2005, apr&#232;s les 3 300 suppressions de 2004. C'est surtout dans le secteur commercial, aux guichets et &#224; l'accueil dans les gares que la trou&#233;e serait b&#233;ante. La direction commerciale du p&#244;le Grandes Lignes pr&#233;voierait d'ici trois ans quelque 2 330 suppressions de postes, sur un total de 7 900 emplois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_145 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH195/sncf-3-87304.gif?1577916629' width='500' height='195' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La faute &#224; Socrate ou la faute &#224; Voltaire ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'introduction des technologies modernes serait responsable de l'h&#233;morragie d'emplois. Ce serait la faute &#224; Internet qui deviendrait le principal vendeur de billets, passant de 11 % en 2004 &#224; 40 % en 2008. Ce serait la faute &#224; la multiplication des automates en gares. La faute au d&#233;veloppement des services d'envoi &#224; domicile, &#224; la multiplication des &#171; bornes d'embarquement rapide &#187; (&#233;changes de derni&#232;re minute). Sans oublier le &lt;em&gt;&#171; ticketless &#187;&lt;/em&gt;, ou le voyageur sans ticket... support papier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec tout &#231;a, les retraits aux guichets et boutiques devraient passer de 47 % &#224; 30 % ou 35 %, voire d&#233;gringoler &#224; quelque 25 % en 2008. Les automates devraient doubler par rapport &#224; 2003 et atteindre 20 %. La part de l'envoi &#224; domicile quadrupler &#224; 12 %. 35 boutiques seraient ferm&#233;es, sur 236, d'ici 3 ans. M&#234;me compte tenu des d&#233;parts en retraite, la SNCF &#233;value &#224; 1550 le nombre d'agents des ventes &#224; reclasser sur la p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, la r&#233;volution technologique est ind&#233;niable. Mais pourquoi les infernales files d'attente aux guichets ? Pourquoi le progr&#232;s n'all&#232;ge-t-il pas la charge des salari&#233;s ? Pourquoi ne raccourcit-il pas la journ&#233;e de travail ? D'autant qu'il y a &#224; embaucher pour combler la d&#233;sertification criminelle de certaines gares et rames. Internet et C&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;ie&lt;/sup&gt; ne sont que pr&#233;texte &#224; renforcer une logique &#171; commerciale &#187; qui vise &#224; faire le maximum de fric, sur le dos des usagers comme des salari&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les &#171; usagers &#187; se muent en &#171; clients &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La SNCF ne sert plus des usagers, elle vend des produits diversifi&#233;s &#224; des clients... pour leur plus grand bonheur, dit-elle. L'entreprise de grand papa, b&#234;tasse, connaissait le tarif au kilom&#232;tre, somme toute logique, et ses &#171; suppl&#233;ments &#187; (couchettes ou autres). Fini, le tarif selon la distance parcourue. Pour les voyageurs grandes lignes du moins, le &#171; prix &#187; correspond &#224; une savante &#171; segmentation &#187; du march&#233;. Selon le taux de remplissage du train. Selon la p&#233;riode creuse ou de pointe. Selon les promotions &#224; 25 % ou 50 % dites &lt;em&gt;D&#233;couverte, 12-25, Enfant +, Seniors, Escapades, prem's&lt;/em&gt;, etc. Grande profusion o&#249; le client n'a aucun moyen de v&#233;rifier pourquoi tel tarif plut&#244;t que tel autre, mais le fort sentiment d'avoir tir&#233; un num&#233;ro au manchot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La SNCF pr&#233;tend mener une fine politique commerciale d'&#233;valuation du &#171; prix de march&#233; &#187;, cens&#233; &#234;tre li&#233; au &#171; service &#187; (vitesse, confort, remplissage, etc.) mais aussi &#224; l'alignement sur la concurrence - surtout a&#233;rienne. D'o&#249; l'introduction r&#233;cente de cet esp&#232;ce d'&lt;em&gt;Easyjet SNCF&lt;/em&gt; (publicit&#233; non pay&#233;e) ou ID-TGV... Remplir les trains pour le plus grand profit, cela implique autant de brader des places, longtemps &#224; l'avance ou au dernier moment... que de les vendre cher, voire tr&#232;s cher, aux clients dont on sait qu'ils n'auront pas d'autre choix (sans compter que tout le monde n'est pas pauvre !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fini le service dit public (d&#233;j&#224; sujet &#224; caution). Vive la &lt;em&gt;&#171; force de vente &#187;&lt;/em&gt; SNCF &#224; but tr&#232;s lucratif ! Cette politique est arriv&#233;e &#224; grande vitesse, depuis 15 ans, avec le boom du TGV, qui a correspondu &#224; l'introduction du logiciel informatique Socrate en 1993. Dix ans apr&#232;s, la SNCF repr&#233;sentait 15 % du commerce &#233;lectronique du pays. Et tout cela rapporte, effectivement : l'entreprise pr&#233;voit 113 millions d'euros de b&#233;n&#233;fices pour 2005.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les agents des guichets se muent en &#171; vendeurs &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Qui dit &#171; force de vente &#187;, implique des performances aux guichets ! La nouvelle politique commerciale consiste &#224; &#171; d&#233;graisser &#187;, alourdir la charge de travail, rentabiliser par les proc&#233;d&#233;s patronaux classiques de carotte et b&#226;ton : salaires au m&#233;rite, primes, challenges entre guichetiers &#224; qui placera le plus de &#171; plus &#187; : train + h&#244;tel ou train + voiture. Cr&#233;ation de pr&#233;tendus &#171; NEV &#187; (nouveaux espaces de vente), o&#249; les vendeurs dont le poste est supprim&#233; deviennent &#171; conseiller client&#232;le &#187; et doivent aider les clients aux distributeurs. Comme s'il n'&#233;tait pas plus simple de leur vendre directement le billet ! Pour assaisonner le tout : mises en concurrence des vendeurs, harc&#232;lements de toutes sortes. Sans oublier les sanctions et p&#233;nalisations pour fait de gr&#232;ve. Seul le salaire n'a pas de &#171; plus &#187; : le salaire d'embauche des rares nouveaux s'&#233;tablit &#224; quelque 1000 euros nets.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les guichetiers de la Gare de Lyon se muent en gr&#233;vistes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve syndicale nationale du 19 janvier a &#233;t&#233; bien suivie. Ras l'bol des suppressions de postes, des salaires bloqu&#233;s, des conditions de travail d&#233;grad&#233;es. Les guichetiers de la gare de Lyon &#224; Paris, s'appuyant sur un pr&#233;avis du syndicat SUD, ont continu&#233; la gr&#232;ve jusqu'au 28 janvier. Dix jours de gr&#232;ve &#224; laquelle ont particip&#233; 70 % du secteur, dont une soixantaine se r&#233;unissait tous les matins en assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale. Ils avaient d&#233;j&#224; fait gr&#232;ve en juin 2004, sans obtenir satisfaction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les revendications restaient : des embauches, le statut cheminot pour tous les contractuels, des &#171; roulements &#187; (horaires) corrects, des conditions de travail am&#233;lior&#233;es. Le mouvement a connu ses moments cocasses, en particulier quand les gr&#233;vistes ont envahi le bureau du directeur de l'&#233;tablissement, o&#249; &#233;taient pr&#233;sents son adjoint et la responsable des relations humaines. Ce petit monde s'est estim&#233; &#171; s&#233;questr&#233; &#187; et la direction a d&#233;p&#234;ch&#233; sur les lieux un huissier, deux flics...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; noter la ranc&#339;ur des gr&#233;vistes &#224; l'endroit de la direction locale de la CGT, qui avait appel&#233; le 19 &#224; une gr&#232;ve dite &#171; carr&#233;e &#187;, c'est-&#224;-dire sans lendemain et a donc milit&#233; contre la poursuite. Des militants et sympathisants de la CGT ont &#233;t&#233; actifs dans le mouvement, mais le petit appareil hostile a pris position contre la gr&#232;ve par un tract, et est all&#233; jusqu'&#224; remplacer des gr&#233;vistes dans les guichets et faire pression sur des jeunes embauch&#233;s pour qu'ils ne fassent pas gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve a n&#233;anmoins donn&#233; du moral. La direction a d&#251; revoir les roulements sous la pression. Mais cherche &#224; se venger... Pr&#233;textant ladite &#171; s&#233;questration &#187;, elle engage des sanctions contre une vingtaine de gr&#233;vistes, dont de nombreux militants syndicaux. D'o&#249; l'&#233;motion g&#233;n&#233;rale y compris chez les non gr&#233;vistes et d'autres secteurs comme l'accueil ou la maintenance. La col&#232;re et la solidarit&#233; s'organisent, d&#233;j&#224; autour d'une p&#233;tition...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Luigi PALESTRO&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Journaux &#224; l'encan : sous presse... ou sous pression ?
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Journaux-a-l-encan-sous-presse-ou-sous-pression</link>
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		<dc:date>2005-03-07T13:34:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Presse
</dc:subject>
		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
</dc:subject>

		<description>La presse serait menac&#233;e. La faute aux lecteurs, bien s&#251;r. Ne lisent-ils pas de moins en moins les journaux ? Ne vont-ils pas jusqu'&#224; pr&#233;f&#233;rer les quotidiens gratuits, aux &#171; vrais &#187; journaux ? Si la presse est menac&#233;e, faute en est aux irresponsables qui se d&#233;sint&#233;ressent de l'information comme de la politique. Les journaux ont donc d&#251; r&#233;agir, pour &#233;viter l'asphyxie &#233;conomique &#224; laquelle les m&#233;chantes gens les ont contraints. Heureusement, il est des bienfaiteurs qui aiment la presse, la politique et... la&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Societe-74-+" rel="tag"&gt;Soci&#233;t&#233;
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La presse serait menac&#233;e. La faute aux lecteurs, bien s&#251;r. Ne lisent-ils pas de moins en moins les journaux ? Ne vont-ils pas jusqu'&#224; pr&#233;f&#233;rer les quotidiens gratuits, aux &#171; vrais &#187; journaux ? Si la presse est menac&#233;e, faute en est aux irresponsables qui se d&#233;sint&#233;ressent de l'information comme de la politique. Les journaux ont donc d&#251; r&#233;agir, pour &#233;viter l'asphyxie &#233;conomique &#224; laquelle les m&#233;chantes gens les ont contraints. Heureusement, il est des bienfaiteurs qui aiment la presse, la politique et... la libert&#233; d'expression !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une presse de plus en plus ind&#233;pendante... de ses lecteurs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Des remaniements de taille dans le monde de la presse ont eu cours en 2004. Le journal anciennement mao&#239;ste (il y a d&#233;j&#224; si longtemps) &lt;em&gt;Lib&#233;ration&lt;/em&gt; s'est offert &#224; &#201;douard Rothschild. Cet h&#233;ritier, rentier, patron d'&#233;curies de chevaux de course, s'est donc trouv&#233; un nouveau poulain : une prise de 37 % du capital du quotidien. Cet homme providentiel est si soucieux de la libert&#233; d'expression qu'il s'est engag&#233; &#224; maintenir la minorit&#233; de blocage de la Soci&#233;t&#233; civile des personnels du journal. &lt;em&gt;Lib&#233;ration &lt;/em&gt;reste donc ind&#233;pendant ? Le quotidien n'h&#233;sitera s&#251;rement pas &#224; d&#233;noncer Rothschild, ou les amis de celui-ci, dans ses colonnes si l'occasion devait se pr&#233;senter ? &#192; moins, bien s&#251;r que ce dernier menace de retirer ses capitaux... et de faire couler le journal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt;, ce journal connu pour son ind&#233;pendance&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Voir Le Monde, un contre-pouvoir ? de Jean-Paul Gouteux qui examine la (...)' id='nh3-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, apr&#232;s avoir fusionn&#233; avec les &lt;em&gt;Publications de la Vie catholique &lt;/em&gt;- ind&#233;pendantes de tous sauf du bon Dieu - a annonc&#233; 54 millions de d&#233;ficit, une dette de 130 millions et la suppression de 90 emplois. Dieu le p&#232;re, aux abonn&#233;s absents quand il s'agit de verser des sous de sa poche, a &#233;t&#233; remplac&#233; dans le r&#244;le du bienfaiteur par Lagard&#232;re. Celui-ci entrera prochainement dans le capital du quotidien, &#224; hauteur de 15 %. Le saint homme, via le groupe Hachette, n'a la main que sur 47 magazines, quelques quotidiens (dont &lt;em&gt;La Provence, Nice-Matin, Corse-Presse)&lt;/em&gt; et le premier r&#233;seau de kiosques &#224; journaux. C'est dire combien il est friand d'informations !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Rothschild et Lagard&#232;re ont un concurrent puissant : Serge Dassault. Ce fabricant de Jets priv&#233;s pour le gratin et d'avions de combats, affirme depuis longtemps son r&#234;ve d'un &#171; journal lib&#233;ral &#187; en France. Enfin, &#171; &lt;em&gt;un journal qui permettrait de faire passer un certain nombre d'id&#233;es saines&lt;/em&gt; &#187;. Au moins avec lui, il n'y a pas de fausse pudeur : prendre des parts dans la presse, permet de faire passer ses id&#233;es, c'est-&#224;-dire ses int&#233;r&#234;ts. En juin dernier, il a rachet&#233; le groupe Socpresse qui poss&#232;de plus de 70 journaux, dont &lt;em&gt;Le Figaro, l'Express, l'Expansion&lt;/em&gt; et de tr&#232;s nombreux journaux r&#233;gionaux. Aux r&#233;dacteurs du &lt;em&gt;Figaro&lt;/em&gt; il a tenu &#224; pr&#233;ciser : &#171; &lt;em&gt;Je souhaiterais, dans la mesure du possible, que le journal mette plus en valeur nos entreprises. J'estime qu'il y a quelques fois des informations qui font plus de mal que de bien. Le risque &#233;tant de mettre en p&#233;ril des int&#233;r&#234;ts commerciaux ou industriels de notre pays &#187;&lt;/em&gt;. Le &lt;em&gt;Canard encha&#238;n&#233;&lt;/em&gt; a relev&#233; que pour d&#233;fendre &#171; notre pays &#187;, il a d&#233;j&#224; censur&#233; une interview sur la vente frauduleuse d'avions Mirage &#224; Ta&#239;wan, et une information sur des conversations entre Chirac et le pr&#233;sident Bouteflika en vue de vente d'avions Rafale. Que les Mirages et les Rafales soient des produits de Dassault Aviation, n'est l&#224; qu'une co&#239;ncidence fortuite. Y voir plus est la preuve qu'il est d&#233;cidemment n&#233;cessaire que quelqu'un s'attelle &#224; nous mettre des &#171; id&#233;es saines &#187; dans la t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_146 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L300xH356/presse-efe5a.gif?1577916629' width='300' height='356' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Fini l'&#226;ge d'or de la presse libre ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;2004 a donc &#233;t&#233; une ann&#233;e fructueuse pour les grands patrons avides de s'offrir des journaux. Le fait notable, c'est que la concentration de la presse aux mains de grands groupes capitalistes s'est renforc&#233;e ces derni&#232;res ann&#233;es (m&#234;me &lt;em&gt;L'Humanit&#233;&lt;/em&gt; a une partie de son capital aux mains de Lagard&#232;re). Dassault, Lagard&#232;re, Bouygues, Pinault, Arnault, Bollor&#233;, Bertelsmann contr&#244;lent l'information plus encore qu'avant. En France, cela frise la caricature : l'essentiel de la presse &#233;crite est aux mains de deux marchands d'armes. Imaginons donc l'objectivit&#233; des informations qui nous viennent de ce secteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toute &#233;vidence, ce que les journaux ont r&#233;ussi &#224; pr&#233;server en faisant appel &#224; des &#171; bienfaiteurs &#187;, n'est pas la libert&#233; d'expression, ni leur ind&#233;pendance. D'ailleurs &#233;tait-il besoin de cela pour savoir que la presse &#233;tait aux ordres de ceux qui tiennent les cordons de sa bourse, patrons et gouvernement confondus ? R&#233;cemment encore, Canal + allait rediffuser un documentaire sur la manifestation d'Abidjan o&#249; l'arm&#233;e fran&#231;aise a fait entre 50 et 64 morts (le fameux manque d'informations...) et le programme a &#233;t&#233; retir&#233; &#224; la derni&#232;re minute sur ordre du minist&#232;re. Quand l'information pose probl&#232;me, le plus simple encore est de la supprimer !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La presse n'&#233;tait certes pas plus ind&#233;pendante avant. Est-il besoin de rappeler la guerre d'Alg&#233;rie ou plus r&#233;cemment le g&#233;nocide rwandais pour dire que quand une information est jug&#233;e n&#233;faste en haut lieu, il existe mille moyens de &#171; d&#233;former l'information &#187; ? Mais la concentration des groupes de presse ne fait que renforcer ce ph&#233;nom&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant dire que tant que les grands m&#233;dias, t&#233;l&#233;s, radios, quotidiens n'auront pas &#233;t&#233; enlev&#233;s aux capitalistes qui les d&#233;tiennent et mis sous un vrai contr&#244;le du public, il vaudra mieux se m&#233;fier de leurs informations... et tenter de les recouper par celles d'une presse moins voyante, connue ou diffus&#233;e mais plus critique parce que non inf&#233;od&#233;e. Elle existe quand m&#234;me aussi, celle publi&#233;e par les organisations r&#233;volutionnaires par exemple !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Clara SOLDINI&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Quand Lib&#233; &#233;tait en embuscade&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ci-dessous quelques extraits de la profession de foi fondatrice de &lt;em&gt;Lib&#233;ration&lt;/em&gt;. C'&#233;tait il y a trente ans quand le quotidien portait en sous-titre : &#171; &lt;em&gt;l'information vient du peuple et retourne au peuple&lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; Il est temps que paraisse un quotidien d&#233;mocratique. Il est temps que les gr&#232;ves ouvri&#232;res, les souffrances, les choses de la vie ne soient pas bafou&#233;es et manipul&#233;es par ces hommes de pouvoir, d'autant plus puissants qu'ils sont cach&#233;s : les magnats de la presse quotidienne. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; Il est temps de d&#233;fendre l'opinion populaire pied &#224; pied, jour apr&#232;s jour, contre l'opinion publique fabriqu&#233;e dans les couloirs des minist&#232;res, dans les d&#238;ners en ville, quand ce n'est pas tout simplement dans les locaux de la police (...). La majorit&#233; des r&#233;dacteurs de la presse quotidienne re&#231;oit servilement les directives fabriqu&#233;es dans les grands restaurants o&#249; se rencontrent les faiseurs de la politique officielle. Le journaliste de Lib&#233;ration s'informe dans les cit&#233;s ouvri&#232;res, les quartiers populaires, les villages (...). Lib&#233;ration sera comme une embuscade dans la jungle de l'information &#187;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah, les d&#238;ners en ville... Serge July aurait d&#251; en rester au McDo ou aux bistrots populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C.S.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb3-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-1' class='spip_note' title='Notes 3-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir &lt;em&gt;Le Monde, un contre-pouvoir ?&lt;/em&gt; de Jean-Paul Gouteux qui examine la mani&#232;re dont le quotidien a travaill&#233; au c&#244;t&#233; de la DGSE au moment du g&#233;nocide rwandais, afin de masquer syst&#233;matiquement les implications de l'Etat fran&#231;ais dans le massacre des Tutsis. Le journal a port&#233; plainte pour diffamation, et au vu du dossier dont disposait effectivement J.P Gouteux, a pr&#233;f&#233;r&#233; &#233;touffer l'affaire en... supprimant sa plainte.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Placement des ch&#244;meurs : le priv&#233; &#224; l'aff&#251;t
</title>
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		<dc:subject>Ch&#244;mage
</dc:subject>
		<dc:subject>Entreprises
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		<description>Le plan Borloo a officialis&#233; l'ouverture &#224; la concurrence du service public de l'emploi et la perte du monopole de l'ANPE pour le placement des ch&#244;meurs. &lt;br /&gt;D&#233;j&#224;, en voyant les profits &#224; faire, les divers acteurs priv&#233;s se mettent sur les rangs et le d&#233;l&#233;gu&#233; g&#233;n&#233;ral du SETT (Syndicat professionnel des entreprises de travail temporaire) salue dans la r&#233;forme la &#171; reconnaissance du m&#233;tier d'agence de travail temporaire dans le domaine du placement &#187;. Dans ce cadre l'ANPE devra chercher de plus en plus de&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-38-mars-avril-2005-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 38, mars-avril 2005
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le plan Borloo a officialis&#233; l'ouverture &#224; la concurrence du service public de l'emploi et la perte du monopole de l'ANPE pour le placement des ch&#244;meurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224;, en voyant les profits &#224; faire, les divers acteurs priv&#233;s se mettent sur les rangs et le d&#233;l&#233;gu&#233; g&#233;n&#233;ral du SETT (Syndicat professionnel des entreprises de travail temporaire) salue dans la r&#233;forme la &#171; &lt;em&gt;reconnaissance du m&#233;tier d'agence de travail temporaire dans le domaine du placement&lt;/em&gt; &#187;. Dans ce cadre l'ANPE devra chercher de plus en plus de partenaires ext&#233;rieurs, transformant ainsi ses conseillers en commerciaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le plan Borloo repr&#233;sente un nouveau stade dans la casse organis&#233;e du service public, les Assedics et les cabinets priv&#233;s n'ont pas attendu pour se placer. En 2003-2004, il y avait d&#233;j&#224; eu &#171; l'exp&#233;rience Maatwerk &#187; pilot&#233;e par l'Assedic sur les d&#233;partements des Yvelines, des Hauts de Seine et du Val d'oise. L'op&#233;ration consistait &#224; s&#233;lectionner 150 ch&#244;meurs tri&#233;s sur le volet, c'est-&#224;-dire ceux consid&#233;r&#233;s comme les plus &#171; employables &#187; et &#224; les confier au cabinet priv&#233; Maatwerk. Les premiers chiffres ne sont d'ailleurs pas particuli&#232;rement probants puisque pour l'instant, seuls 67 ch&#244;meurs auraient retrouv&#233; un CDI et 37 un CDD de six mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant les promoteurs de cette action remettent &#231;a, et &#224; plus grande &#233;chelle. En f&#233;vrier 2005, c'est 6 000 ch&#244;meurs du Nord-Pas-de-Calais et de Haute-Normandie qui vont &#234;tre choisis. Et c'est Ingeus, un cabinet australien, qui a &#233;t&#233; retenu pour &#231;a. Ce cabinet touchera d&#232;s la prise en charge 2 800 euros pour un ch&#244;meur de moins de 50 ans et 3 000 euros pour un ch&#244;meur de plus de 50 ans, et respectivement 4 300 et 6 000 euros si le ch&#244;meur trouve au moins un CDD de 6 mois. Petit calcul : Ingeus va toucher pr&#232;s de 17 millions d'euros minimum (2 800 multipli&#233; par 6 000) sur 2 ans sans aucune obligation de r&#233;sultat !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'Unedic, la logique est claire : l'argent donn&#233; aux cabinets priv&#233;s est un investissement qui permet &#224; terme de faire des &#233;conomies sur les allocations vers&#233;es aux ch&#244;meurs...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car un des buts principaux du plan Borloo, c'est bien de culpabiliser et sanctionner les ch&#244;meurs dans un contexte d'offensive patronale. Pr&#233;occupation que Chirac exprimait le 14 juillet dernier en ces termes : &lt;em&gt;&#171; On ne peut accepter qu'un ch&#244;meur refuse &#233;ternellement un emploi &#187;&lt;/em&gt;. La proposition de &lt;em&gt;&#171; sanctionner les ch&#244;meurs d&#232;s lors qu'ils n'acceptent plus un emploi correspondant &#224; leurs comp&#233;tences &#187;&lt;/em&gt; (peu importe si le salaire est moins &#233;lev&#233;) est directement reprise de la &#171; r&#233;forme &#187; Schr&#246;der en Allemagne. Des &lt;em&gt;&#171; sanctions justes et gradu&#233;es &#187; &lt;/em&gt;pourront &#234;tre appliqu&#233;es. Autrement dit, obligation sera faite d'accepter un boulot soit pay&#233; au Smic m&#234;me si on a une exp&#233;rience de 10 ans dans le m&#233;tier soit dans des secteurs qui n'arrivent pas &#224; recruter (b&#226;timent, restauration...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus le patronat r&#233;clame que le pouvoir de suspension des droits, jusque l&#224; du ressort de l'&#201;tat, soit directement transf&#233;r&#233; &#224; l'Assedic. Ainsi, apr&#232;s le Pare vendu aux &#171; partenaires sociaux &#187; avec l'argument de la fin de la d&#233;gressivit&#233;, vient s'ajouter un deuxi&#232;me &#233;tage &#224; la fus&#233;e. Et le poids d&#233;j&#224; important de l'Assedic dans le service public de l'emploi (26 % du budget de l'ANPE !) va encore se renforcer puisque, financeur-d&#233;cideur, il va pouvoir directement exclure les ch&#244;meurs r&#233;calcitrants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une situation de d&#233;sengagement croissant de l'&#201;tat et de renforcement de l'Unedic, le service public de l'emploi va &#234;tre de plus en plus amen&#233; &#224; jouer un r&#244;le de contr&#244;le. Pour employer une formule &#224; la mode avec le d&#233;bat sur la S&#233;cu, on assiste &#224; la mise en place d'une &#171; nouvelle gouvernance &#187; avec l'activit&#233; d'un service public pilot&#233; de plus en plus par les int&#233;r&#234;ts du patronat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. G., militant de la LCR&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Les lyc&#233;ens contre la loi Fillon : quand la jeunesse s'invite dans la lutte de classe
</title>
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		<dc:subject>Lyc&#233;ens
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		<dc:subject>Politique
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		<description>Ici ou l&#224;, &#224; Nantes par exemple, quelques manifestations contre la loi Fillon avaient d&#233;j&#224; eu lieu. Mais c'est la journ&#233;e d'action des fonctionnaires, et notamment du corps enseignant, du 20 janvier qui a &#233;t&#233; l'occasion pour quelques centaines de lyc&#233;ens de la r&#233;gion parisienne de se retrouver et de donner le coup d'envoi de ce qui allait devenir un v&#233;ritable mouvement. C'est pourtant sans se concerter que les &#233;l&#232;ves de Savigny, d'Ach&#232;res, de Vitry et de Saint-Denis, entre autres, avaient choisi de se&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Lyceens-+" rel="tag"&gt;Lyc&#233;ens
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ici ou l&#224;, &#224; Nantes par exemple, quelques manifestations contre la loi Fillon avaient d&#233;j&#224; eu lieu. Mais c'est la journ&#233;e d'action des fonctionnaires, et notamment du corps enseignant, du 20 janvier qui a &#233;t&#233; l'occasion pour quelques centaines de lyc&#233;ens de la r&#233;gion parisienne de se retrouver et de donner le coup d'envoi de ce qui allait devenir un v&#233;ritable mouvement. C'est pourtant sans se concerter que les &#233;l&#232;ves de Savigny, d'Ach&#232;res, de Vitry et de Saint-Denis, entre autres, avaient choisi de se joindre &#224; leurs professeurs pour manifester ce jour-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Nous part&#238;mes 500...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Des actions locales suivent fin janvier : les &#233;l&#232;ves du lyc&#233;es Ch&#233;rioux &#224; Vitry font une semaine de gr&#232;ve pour exiger des moyens suffisants. Ceux de Pablo Picasso, &#224; Fontenay-sous-bois, pour la r&#233;int&#233;gration d'un vacataire. &#192; Paul &#201;luard &#224; Saint-Denis, la gr&#232;ve est victorieuse : le lyc&#233;e conservera sa classe pr&#233;pa (chose bien significative : c'est une des rares du 93 !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simultan&#233;ment, des r&#233;seaux militants embryonnaires se constituent. &#192; Paris gr&#226;ce &#224; l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale propos&#233;e par les Jeunesses communistes r&#233;volutionnaires d&#232;s le soir du 20 Janvier. Mais aussi parce que les syndicats de lyc&#233;ens, la F&#233;d&#233;ration ind&#233;pendante et d&#233;mocratique des lyc&#233;ens (FIDL) et l'Union nationale des lyc&#233;ens (UNL), li&#233;s au Parti socialiste, ainsi que les Jeunesses communistes du PCF entrent dans la danse. De diffusions de tracts en coups de fils, la pression monte. La date du 5 f&#233;vrier, journ&#233;e d'action public/priv&#233;, s'impose : ils sont 1000 &#224; se joindre aux salari&#233;s dans la manifestation parisienne. D&#233;j&#224;, le gouvernement s'inqui&#232;te : il para&#238;t que les lyc&#233;ens sont comme le dentifrice, une fois sorti du tube, difficile de le faire rentrer. La FIDL et l'UNL anticipent une grosse mobilisation pour la semaine suivante. Autant dire que le pari de lancer leurs forces vers les lyc&#233;es n'&#233;tait gu&#232;re risqu&#233; pour les r&#233;volutionnaires... bien que les organisations les plus importantes comme LO ou la LCR aient paru (et paraissent encore &#224; l'heure o&#249; nous &#233;crivons) bien h&#233;sitantes &#224; le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mardi suivant, ils sont 10 000 dans les rues. Un galop d'essai qui fait que le jeudi 10 f&#233;vrier tous les projecteurs sont braqu&#233;s sur eux. La Une du &lt;em&gt;Parisien-Aujourd'hui en France,&lt;/em&gt; &#171; &lt;em&gt;Pourquoi les lyc&#233;ens sont dans la rue&lt;/em&gt; &#187;, en aura convaincu plus d'un qu'il fallait en &#234;tre ! Alors qu'une acad&#233;mie sur trois est d&#233;j&#224; en vacances, le minist&#232;re d&#233;nombre 100 000 manifestants dans tout le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lyc&#233;ens les plus mobilis&#233;s sont quand m&#234;me inquiets : les vacances seront-elles fatales &#224; leur mouvement ? C'est le pari du gouvernement qui a lanc&#233; la proc&#233;dure d'urgence pour le vote de la loi. Rien n'est encore tranch&#233;, mais l'obstacle pourrait bien &#234;tre surmont&#233; avec brio : le 15 f&#233;vrier, ils sont 60 000 &#224; manifester avec leurs professeurs, alors que seules les acad&#233;mies de Paris et Bordeaux ne sont pas encore en cong&#233;s. Le 24 f&#233;vrier, ils sont 30 000 &#224; descendre dans la rue, alors que les villes o&#249; les cours ont repris sont justement celles qui &#233;taient en vacances lors de la grande semaine de mobilisation. La semaine suivante, ils d&#233;filent &#224; nouveau par dizaines de milliers. L'amendement sur l'apprentissage de la Marseillaise &#224; l'&#233;cole n'a pas vraiment calm&#233; le jeu !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un mouvement marqu&#233; socialement...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les manifestations ont donc mis environ un mois &#224; atteindre une masse critique. &#201;tonnant, au regard des pr&#233;c&#233;dents mouvements qui explosaient en un semaine. Signe de faiblesse ? D'un m&#233;contentement diffus qui ne se transformera pas en col&#232;re g&#233;n&#233;rale ? Pas si s&#251;r... Parce que les sentiments exprim&#233;s par les lyc&#233;ens mobilis&#233;s sont profonds : beaucoup ont entendu leurs parents pester contre les attaques du gouvernement. Ils sont nombreux &#224; venir de familles qui ont subi les de plein fouet l'offensive de la bourgeoisie : les licenciements, les fins de mois de plus en plus difficiles &#224; boucler. Les discussions sont &#233;loquentes &#224; ce sujet, surtout dans les lyc&#233;es de banlieue. Pour certains, c'est une &#233;vidence que la loi Fillon s'inscrit dans un plan g&#233;n&#233;ral de d&#233;mant&#232;lement des services publics. Dans le fond, c'est contre les in&#233;galit&#233;s sociales &#224; l'&#233;cole que beaucoup r&#233;agissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est donc pas fortuit si, en r&#233;gion parisienne, le mouvement a &#233;t&#233; impuls&#233; par les jeunes des quartiers populaires. Il fallait voir ceux de banlieue arriver par milliers apr&#232;s une heure de transport pour manifester dans les beaux quartiers ! M&#234;me s'ils sont de plus en plus nombreux, les &#233;l&#232;ves du centre de Paris ont pris le train en marche. Et quand ils d&#233;filent, c'est souvent par solidarit&#233; avec leurs camarades des lyc&#233;es d&#233;favoris&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre fait notable, les sections technologiques et professionnelles sont bien repr&#233;sent&#233;es dans ces manifestations. Un manque se fait cependant sentir : aucune revendication n'a &#233;t&#233; formul&#233;e pour ces &#233;l&#232;ves. Au point qu'ils sont nombreux &#224; penser que la loi Fillon ne concerne pas l'enseignement professionnel (il n'en est rien, voir encadr&#233;) et &#224; manifester soit pour que leurs petits fr&#232;res et s&#339;urs aient une chance de ne pas se retrouver sur la voie de garage qu'on leur a impos&#233;e, soit, tout simplement, par solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;... et politiquement&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si le contr&#244;le continu au bac avait au d&#233;part cristallis&#233; les m&#233;contentements, ce n'est pas parce que les lyc&#233;ens pr&#233;f&#232;rent une semaine stressante d'examens aux &#233;valuations r&#233;parties sur toute l'ann&#233;e. Mais bien parce qu'ils ont imm&#233;diatement compris qu'un bac obtenu dans un lyc&#233;e populaire serait, encore plus qu'aujourd'hui, d&#233;valoris&#233; par rapport aux bacs des lyc&#233;es cot&#233;s&lt;em&gt;.&lt;/em&gt; D'ailleurs, il est significatif que la reculade provisoire de Fillon sur ce dossier n'ait pas entam&#233; la d&#233;termination des jeunes manifestants, qui exigent aujourd'hui le retrait de l'int&#233;gralit&#233; du projet de loi et des moyens suppl&#233;mentaires pour l'&#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, ce mouvement est politique. D'ailleurs, de nombreux lyc&#233;ens l'admettent au cours des discussions et n'en rougissent pas. Mais bien s&#251;r, cela ne gomme pas la m&#233;fiance vis-&#224;-vis des organisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Syndicales d'abord. Bien des lyc&#233;ens affirment leur refus d'&#234;tre r&#233;cup&#233;r&#233;s, et on sent ici ou l&#224; une m&#233;fiance diffuse vis-&#224;-vis de la FIDL. Non pas que celle-ci ait d&#233;j&#224; fait la d&#233;monstration qu'elle voulait freiner le mouvement - au contraire, elle a jusqu'&#224; maintenant travaill&#233; &#224; amplifier la mobilisation. Mais ses militants ont une fa&#231;on bien &#224; eux de mettre en avant leur organisation lors des manifs qui en a &#233;nerv&#233; plus d'un. Et puis leurs liens &#233;troits avec le PS sont connus de la petite minorit&#233; des lyc&#233;ens les plus politis&#233;s, or ceux-ci ex&#232;crent souvent ce parti de gouvernement. Pourtant, malgr&#233; ces pr&#233;ventions, ce syndicat conna&#238;t des succ&#232;s &#233;clatants dans les &#233;tablissements o&#249; il est le seul &#224; organiser la mobilisation&lt;em&gt;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Politiques aussi. Malgr&#233; quelques h&#233;sitations et inqui&#233;tudes, le PS soutient globalement ce mouvement par m&#233;dias interpos&#233;s. C'est l'occasion pour lui de tenter de se refaire une jeunesse. Marchera, marchera pas ? Pour l'instant, les efforts de &#171; Djack &#187; Lang pour plaire aux lyc&#233;ens semblent vains. Ne serait-ce que parce qu'ils passent inaper&#231;us : pour des jeunes de 15 ou 16 ans qui d&#233;couvrent les joies des manifestations, les discours politiciens ne m&#233;ritent m&#234;me pas un commentaire. Pour une minorit&#233;, c'est plus profond : quelle diff&#233;rence entre l'UMP et le PS ? M&#234;me politique, m&#234;mes attitudes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Raison de plus pour les r&#233;volutionnaires de ne pas bouder la mobilisation. En fait jusqu'ici seuls certains courants minoritaires de l'extr&#234;me gauche, comme la Fraction de Lutte ouvri&#232;re, la JCR et des militants anarchistes, tentent de participer au mouvement et non simplement de le soutenir de l'ext&#233;rieur. Et pass&#233; un moment d'&#233;tonnement ou de m&#233;fiance de la part des lyc&#233;ens, les militants qui font la preuve qu'ils peuvent aider les lyc&#233;ens &#224; s'organiser se retrouvent vite comme des poissons dans l'eau. Il serait donc possible pour l'extr&#234;me gauche, si elle mettait les forces de ses jeunes g&#233;n&#233;rations dans la balance, de jouer un r&#244;le peut-&#234;tre d&#233;cisif : en exprimant les aspirations confuses des lyc&#233;ens &#224; plus d'&#233;galit&#233; sociale, &#224; l'&#233;cole... et ailleurs, en permettant aux &#233;l&#232;ves des fili&#232;res professionnelles de s'emparer de mots d'ordre qui les concernent au premier chef, en encourageant et en aidant la structuration du mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Mai 68 n'a-t-il pas commenc&#233; en mars !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Quelles perspectives aujourd'hui ? D'abord, au moment o&#249; nous &#233;crivons, les vacances ne permettent pas de savoir si la mobilisation continue son ascension, stagne ou reflue. De ce point de vue, la manifestation pr&#233;vue le mardi 8 Mars sera un test important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le mouvement passe le cap, de nombreuses t&#226;ches attendent les lyc&#233;ens et les militants qui les soutiennent. Il faudra le structurer : g&#233;n&#233;raliser les AG quotidiennes, qui ne se sont tenues jusqu'ici que dans une petite minorit&#233; d'&#233;tablissements ; construire des coordinations locales, pour qu'aucun lyc&#233;e ne reste &#224; la tra&#238;ne ; enfin, trouver le moyen de r&#233;unir une coordination nationale v&#233;ritablement repr&#233;sentative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Participer &#224; la mobilisation g&#233;n&#233;rale du monde du travail du 10 mars sera aussi un objectif. Si le 8 Mars est une r&#233;ussite, il n'y aura vraisemblablement aucune difficult&#233; &#224; convaincre les lyc&#233;ens de redescendre dans la rue deux jours plus tard. Aucune difficult&#233; non plus pour d&#233;filer avec les salari&#233;s, puisque ce mouvement est n&#233; lors de manifestations interprofessionnelles. Alors oui, cette semaine est d&#233;cisive. Les lyc&#233;ens nombreux le mardi pourraient &#234;tre un encouragement pour les travailleurs h&#233;sitants &#224; manifester le jeudi. Et le 10, des cort&#232;ges dynamiques de jeunes pourraient aider &#224; fournir une tonalit&#233; plus combative &#224; cette &#232;ni&#232;me journ&#233;e syndicale. Et pourquoi pas, donner l'envie &#224; certains salari&#233;s de ne pas s'arr&#234;ter l&#224;&lt;em&gt;. &lt;/em&gt;Alors, malgr&#233; l'absence de tout plan de lutte &#233;labor&#233; par les conf&#233;d&#233;rations syndicales et les partis de gauche, pourrait &#233;merger le sentiment que la contre-offensive dont le monde du travail a tant besoin n'est pas hors de port&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Participer aux manifestations du 10 serait pour les lyc&#233;ens une fa&#231;on de s'adresser aux salari&#233;s, d'&#233;tablir concr&#232;tement des premiers liens entre la jeunesse scolaris&#233;e en lutte et la classe ouvri&#232;re, dont elle aurait int&#233;r&#234;t &#224; trouver l'appui. Tout comme l'int&#233;r&#234;t de tous les travailleurs est que les lyc&#233;ens imposent le retrait de la loi Fillon, car ce serait la preuve qu'une mobilisation peut contraindre le gouvernement Raffarin &#224; reculer. Avec une actualit&#233; marqu&#233;e par l'annonce des profits record des entreprises du CAC 40, par le passage du taux de ch&#244;mage officiel au-dessus de la barre des 10 % et par le scandale du train de vie ind&#233;cent du ministre des finances et de l'aust&#233;rit&#233;, cela pourrait contribuer &#224; donner aux travailleurs une perspective &#224; leur col&#232;re et &#224; leur indignation : la voie de la rue et de la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 mars 2005&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rapha&#235;l PRESTON&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Les principales dispositions du projet de loi&lt;/h3&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Une s&#233;lection encore plus pr&#233;coce : un nombre accru d'&#233;l&#232;ves seraient orient&#233;s, d&#232;s la fin de 5&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, dans de nouvelles fili&#232;res d&#233;valoris&#233;es largement consacr&#233;es &#224; des stages en entreprises.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Le &#171; socle commun &#187; sera r&#233;duit &#224; un v&#233;ritable RMI &#233;ducatif dont les &#233;l&#232;ves des quartiers d&#233;favoris&#233;s devront se contenter : lire, &#233;crire, compter.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Les bourses sont d&#233;j&#224; d&#233;risoires et r&#233;serv&#233;es &#224; une petite minorit&#233; d'&#233;tudiants tr&#232;s d&#233;favoris&#233;s, mais Fillon veut introduire des bourses &#171; au m&#233;rite &#187;, encore moins nombreuses et dont seront automatiquement &#233;cart&#233;s les &#233;l&#232;ves en difficult&#233;, m&#234;me s'ils ne sont pas moins &#171; m&#233;ritants &#187;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Dans les fili&#232;res professionnelles, en BEP-CAP, les heures consacr&#233;es &#224; l'enseignement g&#233;n&#233;ral sont r&#233;duites d'ann&#233;e en ann&#233;e, comme si les &#233;l&#232;ves ne m&#233;ritaient pas cette ouverture d'esprit. En seconde g&#233;n&#233;rale, la loi Fillon s'attaque &#224; des options importantes pour la culture (troisi&#232;me langue vivante, sciences &#233;conomiques, langues anciennes). En 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;re&lt;/sup&gt; &#171; &#201;conomique et Social &#187; la science politique serait remplac&#233;e par la &#171; gestion de l'entreprise &#187; et en 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;re&lt;/sup&gt; &#171; Litt&#233;raire &#187; Fillon parle d'enseigner la &#171; gestion des ressources humaines &#187;. Mais pourquoi s'embarrasser &#224; apporter culture et former l'esprit critique &#224; des jeunes qu'il s'agit de mettre au boulot le plus rapidement possible !&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; La loi Fillon veut acc&#233;l&#233;rer le remplacement de fili&#232;res CAP/BEP par l'apprentissage, directement sous le contr&#244;le des patrons. Le BEP-Bac Pro serait limit&#233; &#224; trois ans avec des classes plus charg&#233;es ce qui d&#233;valoriserait ce dipl&#244;me et limiterait encore plus les chances de succ&#232;s pour ceux qui envisagent ensuite un BTS.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Editorial : Un si lointain dimanche de r&#233;f&#233;rendum...
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		<dc:subject>R&#233;f&#233;rendum
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Europe
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		<description>Chirac s'est donc prononc&#233; : ce sera le dimanche 29 mai. Dans 12 semaines. Les commentateurs s'&#233;tonnent. D'habitude (car le recours au r&#233;f&#233;rendum comme moyen de diversion est devenu une longue habitude en France) il n'y a que trois ou quatre semaines entre l'annonce et la tenue. &lt;br /&gt;Chirac prend-t-il le risque de laisser le temps au Non de grignoter peu &#224; peu du terrain et finalement de l'emporter ? &lt;br /&gt;Le m&#233;contentement social grandit et s'exprime : mouvement des lyc&#233;ens contre la loi Fillon, mouvements&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Referendum-+" rel="tag"&gt;R&#233;f&#233;rendum
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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Chirac s'est donc prononc&#233; : ce sera le dimanche 29 mai. Dans 12 semaines. Les commentateurs s'&#233;tonnent. D'habitude (car le recours au r&#233;f&#233;rendum comme moyen de diversion est devenu une longue habitude en France) il n'y a que trois ou quatre semaines entre l'annonce et la tenue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chirac prend-t-il le risque de laisser le temps au Non de grignoter peu &#224; peu du terrain et finalement de l'emporter ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;contentement social grandit et s'exprime : mouvement des lyc&#233;ens contre la loi Fillon, mouvements encore limit&#233;s et dispers&#233;s sur les salaires et m&#234;me journ&#233;es d'action que se sentent oblig&#233;es de programmer les conf&#233;d&#233;rations syndicales... Or s'il est une raison qui pourrait pousser &#224; aller aux urnes &#224; la fin mai et y mettre un bulletin Non, c'est bien le m&#233;contentement devant les coups redoubl&#233;s qu'ass&#232;nent les patrons et le gouvernement. Dire Non &#224; Chirac, Raffarin et toute leur bande est vraiment la seule raison qui pourrait faire changer une opinion qui aujourd'hui, selon les sondages, soit serait plut&#244;t pour le Oui (parce qu'&#224; juste raison ses sentiments la portent &#224; &#234;tre favorable &#224; l'Europe, objet officiel de ce r&#233;f&#233;rendum), soit surtout se contre-fiche du r&#233;f&#233;rendum en &#233;crasante majorit&#233;. Point besoin d'ailleurs des sondages, il suffit d'interroger ses coll&#232;gues de travail ou ses voisins sur ce qu'ils pensent du r&#233;f&#233;rendum. Du quoi... ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Chirac prend un risque (un bien petit risque sans doute mais on ne sait jamais... De Gaulle lui-m&#234;me a fini par se faire prendre &#224; son propre jeu...) c'est justement pour cette raison. Car il lui faut sans doute une majorit&#233; de Oui, mais il lui faut aussi &#233;viter une abstention trop massive qui ridiculiserait le r&#233;f&#233;rendum, son r&#233;sultat quel qu'il soit et toute tentative pour utiliser politiquement celui-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or les tentatives entreprises il y a d&#233;j&#224; des mois pour en faire l'enjeu de l'ann&#233;e n'ont jusqu'ici gu&#232;re produit d'effets. Celles de la droite pour dramatiser l'&#233;ventualit&#233; de l'entr&#233;e de la Turquie dans l'Union europ&#233;enne n'ont pas vraiment remu&#233; les &#233;lecteurs. Le pr&#233;-r&#233;f&#233;rendum du Parti socialiste n'a concern&#233; qu'une demi-douzaine de pr&#233;tendants &#224; la candidature aux prochaines pr&#233;sidentielles. Bien difficile de soulever l'int&#233;r&#234;t des gens pour une consultation dont le r&#233;sultat ne changera rien &#224; leur sort (et sans doute m&#234;me pas au sort du gouvernement m&#234;me au cas o&#249; l'image de Chirac serait un peu &#233;corn&#233; par une rebuffade de l'&#233;lectorat) et ne changera pas plus &#224; celui de l'Europe que ses classes dirigeantes continueront &#224; construire dans leur seul int&#233;r&#234;t m&#234;me si, en France ou ailleurs, une majorit&#233; d'&#233;lecteurs disent Non &#224; la constitution Giscard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les lyc&#233;ens qui ont raison, assez jeunes encore pour ne laisser aucune man&#339;uvre politicienne les d&#233;tourner de manifester leur opposition &#224; une loi Fillon qui ob&#232;re l'avenir d'une partie d'entre eux et qui - Oui ou Non le 29 mai - s'appliquera si la rue ne la balaie pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les travailleurs qui entrent en lutte ici ou l&#224; pour les salaires ou contre les licenciements, d&#232;s aujourd'hui, dans des conditions difficiles vu l'immobilisme des dirigeants syndicaux, qui ont raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le r&#244;le de l'extr&#234;me gauche, plut&#244;t que de sauter &#224; pieds joints dans le pi&#232;ge qui est tendu aux travailleurs, est de r&#233;p&#233;ter que l'int&#233;r&#234;t de ceux-ci, qu'ils d&#233;cident finalement de voter Oui, de voter Non ou de s'abstenir, est de r&#233;server toute leur &#233;nergie &#224; pr&#233;parer le mouvement d'ensemble qui seul pourrait changer radicalement leur sort... et peut-&#234;tre celui de toute la classe ouvri&#232;re europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6 mars 2005&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_143 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L200xH256/pape-19178.gif?1528275919' width='200' height='256' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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