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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskyste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> Juin 36, mai 68 : quand les travailleurs faisaient d&#233;coller leurs salaires
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		<dc:subject>Histoire
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		<dc:subject>Salaires
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		<dc:subject>Politique
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		<description>A deux occasions au moins en France, la classe ouvri&#232;re a r&#233;ussi &#224; se mobiliser et imposer des augmentations de salaires massives. &lt;br /&gt;1936 &lt;br /&gt;Apr&#232;s la victoire &#233;lectorale du front populaire en mai 1936, une puissante vague de gr&#232;ves balaye le pays se g&#233;n&#233;ralisant comme une tra&#238;n&#233;e de poudre. 2,4 millions de travailleurs occupent les entreprises. La gr&#232;ve, d&#233;marr&#233;e dans l'industrie, entra&#238;ne toutes les cat&#233;gories du monde du travail, y compris dans le commerce et les petites entreprises. Le gouvernement que&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A deux occasions au moins en France, la classe ouvri&#232;re a r&#233;ussi &#224; se mobiliser et imposer des augmentations de salaires massives.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;1936&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la victoire &#233;lectorale du front populaire en mai 1936, une puissante vague de gr&#232;ves balaye le pays se g&#233;n&#233;ralisant comme une tra&#238;n&#233;e de poudre. 2,4 millions de travailleurs occupent les entreprises. La gr&#232;ve, d&#233;marr&#233;e dans l'industrie, entra&#238;ne toutes les cat&#233;gories du monde du travail, y compris dans le commerce et les petites entreprises. Le gouvernement que vient de former le socialiste L&#233;on Blum, appuy&#233; par une coalition PC-PS-Parti radical, est pris au d&#233;pourvu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le patronat qui prend l'initiative d'une n&#233;gociation. Le 7 juin, il signe les accords de Matignon avec les repr&#233;sentants de la CGT : ils instituent des d&#233;l&#233;gu&#233;s d'atelier (anc&#234;tres des actuels DP), et dans l'imm&#233;diat une majoration des salaires de 12 % en moyenne, avec une hausse plus forte pour les bas salaires. Puis, toujours pour obtenir la reprise du travail, le gouvernement fait voter trois lois, les 11 et 12 juin, qui instaurent les cong&#233;s pay&#233;s, la semaine de 40 heures, et les conventions collectives obligatoires. La conjonction de celles-ci et des accords de Matignon se traduit par une augmentation moyenne des salaires de 20%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total, devant la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et par peur de la r&#233;volution sociale, les patrons auront accept&#233; en quelques jours une hausse massive du co&#251;t de l'heure de travail : + 20 % avec les accords et les conventions, + 4 % avec les cong&#233;s pay&#233;s (2 semaines pour 50 semaines de travail), + 2 % avec la majoration des cotisations pour les assurances sociales et les allocations familiales, et encore + 20 % en moyenne avec la majoration du salaire horaire compensant la r&#233;duction de la dur&#233;e du travail, sans compter que les heures suppl&#233;mentaires sont major&#233;es de 25 %.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;1968&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une nouvelle gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale survient en mai 1968, avec 6 &#224; 7,5 millions de salari&#233;s mobilis&#233;s. L&#224; encore, le mouvement fait rapidement t&#226;che d'huile, dans un climat de ras-le-bol accumul&#233;, et d'&#233;branlement du pouvoir politique suite &#224; la r&#233;volte &#233;tudiante. La gr&#232;ve d&#233;marre le 14 &#224; Sud-Aviation (Nantes), pour s'&#233;tendre &#224; toute l'a&#233;ronautique dans les jours suivants, puis chez Renault, le 15 &#224; Cl&#233;on, le 16 &#224; Billancourt, &#224; Flins et au Mans, le 17 &#224; l'ORTF, le 18 au M&#233;tro et &#224; la SNCF, le 22 dans l'essentiel de la fonction publique...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au minist&#232;re du Travail, rue de Grenelle, patrons et dirigeants syndicaux d&#233;bouchent sur ce qu'ils appellent un &#171; constat &#187;, le 27 : le SMIG est port&#233; de 2,22 F &#224; 3 F par heure, et le patronat promet une augmentation des salaires de 7 % en juin et de 3 % en octobre, quelques am&#233;liorations concernant retraites et dur&#233;e du travail, ainsi que des droits suppl&#233;mentaires pour les appareils syndicaux. Le patronat recule, mais c&#232;de peu, et de nombreux travailleurs refusent la reprise du travail propos&#233;e par les syndicats. Cependant, le mouvement est loin d'&#234;tre aussi profond et d&#233;termin&#233; qu'en 36. Entreprise par entreprise, les syndicats, et au premier chef la CGT, font reprendre le travail. Les avantages obtenus par les gr&#233;vistes sont donc diff&#233;rents, selon les rapports de force locaux : l'EGF, la RATP et la SNCF ont obtenu des augmentations de salaires de 14 &#224; 21 %, Renault de 10 &#224; 14 % et une heure de travail de moins par semaine. Finalement, en janvier 1969, les salaires auront tout de m&#234;me en moyenne progress&#233; de 13 %. Et dans les ann&#233;es qui suivent les travailleurs, par des gr&#232;ves nombreuses, continuent d'arracher des concessions amenant la part des salaires dans la valeur ajout&#233;e des entreprises de 64 % &#224; 68 % entre 1972 et 1978.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Se pr&#233;munir contre la revanche&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Certes, aussi bien apr&#232;s 36 que 68, les patrons, b&#233;n&#233;ficiant &#224; chaque fois de l'appui ou de la bienveillance des gouvernements de gauche ou de droite, ont cherch&#233; &#224; reprendre les concessions qui leur avaient &#233;t&#233; impos&#233;es. Ne serait-ce qu'en r&#233;percutant sur le prix de leurs marchandises les augmentations consenties &#224; leurs salari&#233;s. D&#232;s l'&#233;t&#233; 1938, le pouvoir d'achat hebdomadaire du salaire ouvrier &#233;tait pratiquement retomb&#233; &#224; son niveau de mai 1936 ; l'inflation passait de 6 % par an en 1969/1970 &#224; 15 % en 1974.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que les capitalistes aient pris leur revanche ne d&#233;truit pourtant pas les d&#233;monstrations faites qu'une mobilisation g&#233;n&#233;rale des travailleurs peut imposer de consid&#233;rables augmentations salariales. Tout au plus elle souligne qu'il ne sera pas suffisant pour les travailleurs de se mobiliser massivement ponctuellement mais aussi n&#233;cessaire de s'organiser durablement pour contr&#244;ler les comptes, l'activit&#233; et la vie de leurs entreprises. En un mot que, m&#234;me simplement pour prot&#233;ger nos salaires, il sera n&#233;cessaire de ne pas laisser &#224; la bourgeoisie ou &#224; ses repr&#233;sentants de gauche comme de droite ni les commandes de la politique, ni celles de l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard RUDELLI&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Partie de poker menteur autour de la loi Galland
</title>
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Grande distribution
</dc:subject>

		<description>Le 17 juin dernier, Nicolas Sarkozy r&#233;unissait repr&#233;sentants de l'industrie et de la grande distribution, pour aboutir &#224; un accord pr&#233;voyant la r&#233;duction de 2% des prix des produits de grande marque. Le 6 janvier 2005, une nouvelle confrontation des signataires de l'accord a d&#233;bouch&#233; sur un &#233;chec. &lt;br /&gt;En effet, depuis juillet 1996, les relations entre industriels et grande distribution sont encadr&#233;es par la &#171; Loi Galland &#187; : les hypermarch&#233;s ne peuvent &#233;couler les produits &#224; un prix inf&#233;rieur &#224; leur prix&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 17 juin dernier, Nicolas Sarkozy r&#233;unissait repr&#233;sentants de l'industrie et de la grande distribution, pour aboutir &#224; un accord pr&#233;voyant la r&#233;duction de 2% des prix des produits de grande marque. Le 6 janvier 2005, une nouvelle confrontation des signataires de l'accord a d&#233;bouch&#233; sur un &#233;chec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, depuis juillet 1996, les relations entre industriels et grande distribution sont encadr&#233;es par la &#171; Loi Galland &#187; : les hypermarch&#233;s ne peuvent &#233;couler les produits &#224; un prix inf&#233;rieur &#224; leur prix de revient. A l'&#233;poque, les d&#233;put&#233;s pr&#233;tendaient r&#233;agir &#224; des annonces fracassantes de la grande distribution comme les &#171; baguettes &#224; 1 franc &#187; qui inqui&#233;taient le petit commerce. Mais la d&#233;fense du boutiquier n'&#233;tait comme toujours qu'un pr&#233;texte &#224; sauvegarder les int&#233;r&#234;ts des trusts agroalimentaires.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Pour qui roule Sarkozy ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il est peu probable que Sarkozy, homme du patronat s'il en est -son propre fr&#232;re est un ponte du Medef- aille &#224; l'encontre des int&#233;r&#234;ts des poids lourds de l'industrie et de la distribution. Pourquoi alors pr&#233;tend-il les obliger &#224; r&#233;duire leurs prix ? Quel r&#244;le joue Michel-Edouard Leclerc, qui milite lui aussi au nom de la baisse des prix, et soi-disant dans l'int&#233;r&#234;t des consommateurs, en r&#233;clamant l'abolition de la loi Galland ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le march&#233; des produits dits de &#171; grande consommation &#187; est domin&#233; par une poign&#233;e de trusts, les Danone, Coca-cola, Nestl&#233;, Unilever, Pernod-Ricard, Kraft Foods et autres Cadbury-Schweppes dont la strat&#233;gie repose sur la promotion de &#171; grandes marques &#187;, lanc&#233;es &#224; coup de budgets publicitaires cons&#233;quents... et vendues avec des marges importantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cela les grands industriels ont un besoin crucial de conserver la ma&#238;trise du prix du produit en rayon. Car les grandes surfaces pourraient &#234;tre tent&#233;es de vendre des produits de marque &#224; prix cass&#233;s, de s'en servir comme &#171; produits d'appel &#187; en se rattrapant sur le reste. Mais si le yaourt Danone est brad&#233; chez Carrefour, Danone aura du mal &#224; le maintenir &#224; prix &#233;lev&#233; ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En interdisant la &#171; vente &#224; perte &#187;, la loi Galland a rendu la ma&#238;trise de leur politique de prix aux producteurs de grandes marques - regroup&#233;s au sein d'un lobby, l'ILEC, l'Institut de liaisons et d'&#233;tudes des industries de consommation. Pourtant les Carrefour, Auchan et autres Syst&#232;me U ont su trouver, sur le terrain de la loi Galland, un compromis avantageux, dont agriculteurs et PME sont seuls &#224; faire les frais.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'irr&#233;sistible ascension des hypers&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Quand la grande distribution prit son essor, elle b&#233;n&#233;ficia d'attentions tr&#232;s favorables : la loi Royer de 1973, prolong&#233;e par la loi Raffarin de 1996, soumit l'ouverture des grandes surfaces &#224; l'autorisation de commissions compos&#233;es d'&#233;lus et de hauts fonctionnaires, toujours sous pr&#233;texte de d&#233;fendre la boutique. Mais ces commissions ne firent que ralentir un peu le d&#233;veloppement des grandes surfaces : de 1500 supermarch&#233;s au d&#233;but des ann&#233;es 70, on est pass&#233; &#224; 8400 trente ans plus tard. Elles furent en revanche efficaces pour prot&#233;ger les groupes fran&#231;ais de l'implantation de concurrents &#233;trangers. D'autre part, l'interdiction de la publicit&#233; t&#233;l&#233;vis&#233;e pour la grande distribution dispensa celle-ci de devoir gaspiller des milliards en spots t&#233;l&#233;vis&#233;s - les industriels de l'agroalimentaire y sacrifient 10 &#224; 15% de leur chiffre d'affaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre de la loi Galland, les cha&#238;nes d'hypermarch&#233;s d&#233;velopp&#232;rent une logique qui les &#233;loigne des m&#233;canismes du commerce traditionnel. Habituellement, un commer&#231;ant se r&#233;mun&#232;re en achetant des produits qu'il revend &#224; un prix plus &#233;lev&#233;, en leur ajoutant une &#171; marge avant &#187;. Les hypermarch&#233;s, &#224; l'inverse, peuvent revendre les produits &#224; prix co&#251;tant. Ils gagnent de l'argent autrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part, ils facturent &#224; leurs fournisseurs de nombreux services, r&#233;els ou fictifs : &#234;tre pr&#233;sent en rayon (le &#171; r&#233;f&#233;rencement &#187;), dans un catalogue, &#234;tre en t&#234;te de gondole, etc. Ainsi le fournisseur rembourse une partie des sommes qu'il leur a factur&#233; : c'est la fameuse &#171; marge arri&#232;re &#187;, qui peut atteindre la moiti&#233; du prix du produit. L'hypermarch&#233; fonctionne alors comme un entrep&#244;t o&#249; l'industriel paye pour exposer ses produits. D'autre part, les distributeurs imposent aux fournisseurs des d&#233;lais de paiement de un &#224; trois mois, disposant ainsi d'une abondante tr&#233;sorerie qui leur permet de mener des op&#233;rations financi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derni&#232;re raison pour la grande distribution de s'accommoder de la loi Galland : gr&#226;ce &#224; Yves Galland, ancien cadre de la grande distribution, et qui en conna&#238;t donc un rayon, pour ainsi dire, elles sont dispens&#233;es de fomenter entre elles des ententes ill&#233;gales sur les prix puisque c'est la loi qui fixe les planchers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux poids lourds de l'industrie, ils ont pu s'accommoder des marges arri&#232;res en les r&#233;percutant en grande partie dans leurs factures. Car un g&#233;ant de la distribution peut difficilement envisager de rompre les n&#233;gociations avec Danone ou Coca-cola. Pour cela, les industriels ont d'ailleurs pris soin de faire abroger en 1996 le d&#233;lit de refus de vente. Pernod Ricard est donc en mesure de menacer de priver une cha&#238;ne d'un de ses produits phares, Pastis 51, Chivas Regal ou Clan Campbell.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un certain partage de la rente li&#233;e aux &#171; grandes marques &#187; s'est ainsi &#233;tabli entre grands industriels et g&#233;ants de la distribution, au d&#233;triment du consommateur. Pourquoi ce juteux syst&#232;me serait-il aujourd'hui remis en cause ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_139 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L300xH200/hyper-f348f.gif?1528339160' width='300' height='200' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le gouvernement en arbitre&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est que, ces derni&#232;re ann&#233;es, le &#171; hard discount &#187; (ED, Lidl, Aldi, Leader Price, Mutant, Netto) a attir&#233; de plus en plus de clients en proposant des produits sans marque. Pour les cha&#238;nes d'hypermarch&#233;, ce n'est qu'une menace relative car elles ont pris le contr&#244;le d'une bonne partie de ce r&#233;seau (Carrefour poss&#232;de ED, Casino a Leader Price). Elles doivent n&#233;anmoins assigner des bornes au hard discount dont la rentabilit&#233; est plus faible. Mais ce sont surtout les trusts industriels d&#233;tenteurs des grandes marques qui ont le plus &#224; perdre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment r&#233;duire les prix des produits de marque pour qu'ils demeurent comp&#233;titifs ? Les hypermarch&#233;s ne le peuvent pas, &#224; cause de la loi Galland ; les industriels pourraient diminuer leur facture mais veulent la garantie que les prix en rayon suivent bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Industriels et distributeurs ont donc besoin d'un arbitre. C'est pourquoi Sarkozy tente d'organiser une baisse des tarifs n&#233;goci&#233;e o&#249; les efforts des uns ne soient pas aussit&#244;t absorb&#233;s par la rapacit&#233; des autres. Mais les industriels tra&#238;nent les pieds, estimant que l'effort doit porter sur les marges arri&#232;re, et les patrons des hypermarch&#233;s jouent apparemment la carte d'un &#233;chec de l'accord pour obtenir une remise en cause de la loi Galland et une libert&#233; accrue de fixation des prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle est probablement la prochaine &#233;ch&#233;ance. Afin d'arracher une r&#233;&#233;criture du texte favorable &#224; ses int&#233;r&#234;ts, chaque lobby va mobiliser son personnel politique, souvent issu du s&#233;rail des directions d'entreprises (&#224; commencer par Raffarin, ancien membre de la direction Maketing des caf&#233;s Jacques Vabre, une marque du g&#233;ant Kraft Foods). La prochaine bataille pour le partage de la plus-value entre capitaliste rivaux se d&#233;roulera dans les trav&#233;es du parlement. Rien &#224; voir avec l'int&#233;r&#234;t du consommateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Julien FORGEAT&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Hypermarch&#233;s et PME, des rapports peu galants&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La loi Galland n'a pas emp&#234;ch&#233; que PME et agriculteurs deviennent les proies de la grande distribution. Pour eux, les marges arri&#232;re s'accroissent sans cesse sous les pr&#233;textes les plus futiles (contribution &#224; des travaux de r&#233;novation, op&#233;rations de promotion, etc.) et les exigences commerciales confinent au racket : palettes suppl&#233;mentaires gratuites, fourniture de personnel pour la mise en rayon, et, pratique r&#233;pandue, obligation de r&#233;server des lieux de vacances pour les cadres des hypermarch&#233;s, au frais du fournisseur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mettre &#224; genoux ses petits fournisseurs, la grande distribution aurait recours &#224; des techniques... artisanales : on fait patienter les commerciaux dans des locaux surchauff&#233;s, en les emp&#234;chant de boire, de fumer et en retirant jusqu'au papier des toilettes. On les assoit sur des chaises aux pieds avant raccourcis, on alterne ton chaleureux et atmosph&#232;re tendue, etc. Au moment de la livraison, des palettes sont renvoy&#233;es, des p&#233;nalit&#233;s inflig&#233;es...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou encore : une grosse commande de produits sous une &#171; marque de distributeur &#187; est pass&#233;e &#224; une petite entreprise. La PME investit, mais par la suite le contrat est remis en cause ou les marges arri&#232;res s'accroissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne manque pas d'hommes politiques pour d&#233;plorer que les PME fran&#231;aises soient &#233;touff&#233;es sous le poids des &#171; charges &#187; sociales. Il est plus rare d'entendre d&#233;noncer le r&#244;le des grandes surfaces.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Indice des prix : faut-il croire les chiffres ?
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Indice-des-prix-faut-il-croire-les-chiffres</link>
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Statistiques
</dc:subject>

		<description>En janvier 1998, la baguette co&#251;tait en moyenne 0,60 &#8364;, contre 0,75 &#8364; aujourd'hui soit 25 % de plus. Pourtant, dans le m&#234;me intervalle, l'Insee affirme que les prix ont augment&#233; de 11 %. &lt;br /&gt;La hausse des prix que nous constatons au quotidien ne correspond pas forc&#233;ment &#224; l'inflation r&#233;elle. Pour les travailleurs, les fins de mois sont souvent difficiles, ce qui rend d'autant plus d&#233;sagr&#233;able l'augmentation importante des prix de la vie courante. Mais des biens plus chers achet&#233;s moins fr&#233;quemment&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En janvier 1998, la baguette co&#251;tait en moyenne 0,60 &#8364;, contre 0,75 &#8364; aujourd'hui soit 25 % de plus. Pourtant, dans le m&#234;me intervalle, l'Insee affirme que les prix ont augment&#233; de 11 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La hausse des prix que nous constatons au quotidien ne correspond pas forc&#233;ment &#224; l'inflation r&#233;elle. Pour les travailleurs, les fins de mois sont souvent difficiles, ce qui rend d'autant plus d&#233;sagr&#233;able l'augmentation importante des prix de la vie courante. Mais des biens plus chers achet&#233;s moins fr&#233;quemment (machine &#224; laver, lecteur DVD...) ont un prix qui baisse. M&#234;me si la vie semble plus ch&#232;re qu'avant, nous achetons en fait plus de choses.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'effet qualit&#233; baisse l'indice des prix, pas le co&#251;t de la vie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un produit peut dispara&#238;tre pour laisser la place au m&#234;me mais en mieux. Depuis plusieurs ann&#233;es, le prix de l'ordinateur standard reste le m&#234;me, autour de 1 000 &#8364;, mais l'ordinateur que l'on ach&#232;te aujourd'hui a une plus forte puissance, un graveur DVD, plus de m&#233;moire... C'est ce qui fait dire &#224; l'Insee que le prix des ordinateurs a baiss&#233; de plus de 70 % depuis 1998. C'est l'&#171; effet qualit&#233; &#187;. Mais cela ne rend pas un ordinateur moins cher, car l'ordinateur d'avant, qui co&#251;terait 300 &#8364;, n'est plus vendu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en est de m&#234;me pour les voitures dont l'&#233;lectronique accro&#238;t fortement le prix. A tel point que Renault est capable de sortir la Logan &#224; 5 000 &#8364;, simplement en la d&#233;pouillant de ses &#233;quipements de confort. En France, beaucoup de travailleurs s'en contenteraient bien, mais les capitalistes ne leur laissent gu&#232;re le choix et les voitures sont toujours aussi ch&#232;res&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='En France, la Logan devrait &#234;tre vendue 7 500 &#8364; en version de base. Sachant (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les capitalistes s'arrangent aussi pour maintenir ou &#233;lever les prix de leurs produits et augmenter leurs marges, en jouant souvent sur l'emballage. Dans la lessive, les trusts multiplient les marques pour vendre la m&#234;me poudre. Des ph&#233;nom&#232;nes que l'Insee ne prend pas toujours en compte.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un indice pas pour les pauvres&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En fait, l'indice de l'Insee n'est pas vraiment un indice du co&#251;t de la vie. D'abord &#224; cause de l'effet qualit&#233;, mais aussi du fait des poids des diff&#233;rentes d&#233;penses dans l'indice. Par exemple, le loyer compte pour moins de 6 % des d&#233;penses. C'est parce que les propri&#233;taires ne payent pas de loyer et font donc baisser la part des loyers dans les d&#233;penses g&#233;n&#233;rales. Avec la flamb&#233;e des prix du logement dans les grandes villes, on comprend que l'indice sous-&#233;value le co&#251;t de la vie pour les travailleurs qui d&#233;pensent en loyer au moins le quart de leur salaire et souvent au-del&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, les travailleurs les plus pauvres ach&#232;tent moins de biens d'&#233;quipement chers, dont les prix baissent. Ils subissent directement la forte inflation des produits de grande consommation. A l'inverse, les plus riches ont &#233;conomis&#233; sur leur &#233;cran plasma, leur i-pod, leur home-cin&#233;ma dont le prix a baiss&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, l'indice des prix de l'Insee mesure bien l'&#233;volution des prix en g&#233;n&#233;ral, mais pas le co&#251;t de la vie pour les travailleurs. Quand le Smic ou les prestations sociales sont index&#233;s sur l'indice des prix, les travailleurs ne s'y retrouvent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maurice SPIRZ&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_140 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L300xH187/inflation-observee-f5dcf.gif?1528673627' width='300' height='187' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus myst&#233;rieux que le trou de la couche d'ozone, un trou est apparu dans les statistiques : l'indice des prix (&#233;chelle de droite) a d&#233;coll&#233; de l'indice de l'inflation per&#231;ue (&#233;cart entre le nombre de personnes qui pensent que les prix ont augment&#233; et le nombre de ceux qui pensent que les prix n'ont pas augment&#233;, &#233;chelle de gauche).&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Leclerc &#224; confesse&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En th&#233;orie, depuis les ann&#233;es 60 au moins la composition pr&#233;cise du panier de biens et services qui sert de base &#224; l'indice de prix est tenue secr&#232;te. L'Insee jure ses grands dieux qu'il n'est plus possible au gouvernement de mener, comme dans les ann&#233;es 50, une &#171; politique de l'indice &#187; : bloquer les prix de ces produits &#171; strat&#233;giques &#187; et uniquement de ceux-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, on d&#233;couvre au d&#233;tour d'un livre de Michel-Edouard Leclerc
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='La fronde des caddies, Plon, 1994.' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; un passage o&#249; il t&#233;moigne d'&#233;tranges pratiques dans les salons minist&#233;riels : &#171; &lt;em&gt;d'un air faussement int&#233;ress&#233;, les ministres interpellent les patrons de la distribution sur l'&#233;tat de la conjoncture.(...) D'un regard pernicieux pos&#233; sur chacun des convives, on s'inqui&#232;te du gonflement des marges du commerce et de l'exasp&#233;ration des producteurs dont la chute des cours n'a pas &#233;t&#233; r&#233;percut&#233;e au stade de la consommation. Encaissant le message, jaugeant les risques d'inertie, en termes d'autorisation d'ouvertures de magasins, ils regagnent leurs voitures en pensant au coup de fil qu'ils recevront, dans l'apr&#232;s midi, d'un sous-directeur listant les produits qu'il serait bon de faire baisser en vue du prochain indice. Faisant fi du secret de la composition de l'indice Insee, nos politiques se sont ainsi pr&#233;par&#233;s quelques bons effets d'annonce pour la prochaine p&#233;riode &#233;lectorale&lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans Les coulisses de la grande distribution&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='Albin Michel, 2000' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, Christian Jacquiau commente ainsi ces aveux : &#171; Complices du mensonge de nos ministres, les grands distributeurs baisseront leurs prix sur les quelques dizaines de produits qui font les indices, et se rattraperont au centuple sur les dizaines de milliers d'autres qui n'entrent pas dans le jeu fauss&#233; de la statistique. Les syndicats de salari&#233;s se calent alors sur ces indices manipul&#233;s pour n&#233;gocier des rattrapages. Les indices d'augmentation des prix sont officiellement contenus. Le pouvoir d'achat r&#233;el des consommateurs r&#233;gresse mais seuls les initi&#233;s le savent. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En France, la Logan devrait &#234;tre vendue 7 500 &#8364; en version de base. Sachant qu'il n'y a pas de droits de douane sur ce type de produit, et que les taxes sont sensiblement les m&#234;mes, la majoration de prix atteint 2 500 &#8364;. Si un camion transporte 8 voitures, le transport Roumanie-France est donc factur&#233;... 20 000 &#8364; !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La fronde des caddies, Plon, 1994.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Albin Michel, 2000&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Working poors : y'a pas qu'aux USA...
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Working-poors-y-a-pas-qu-aux-USA</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Working-poors-y-a-pas-qu-aux-USA</guid>
		<dc:date>2005-01-17T10:30:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>Salaires
</dc:subject>
		<dc:subject>Pr&#233;carit&#233;
</dc:subject>

		<description>Avoir un emploi ne permet pas toujours de s'en sortir, loin s'en faut. En 2001, environ un million de personnes travaillaient sans que leur activit&#233; leur permette de vivre au dessus du seuil de pauvret&#233;. Le ph&#233;nom&#232;ne des &#171; travailleurs pauvres &#187; a fait parler de lui outre-Atlantique depuis les ann&#233;es 1970, en France depuis la fin des ann&#233;es 1990. &lt;br /&gt;En France, pr&#232;s d'un salari&#233; sur six re&#231;oit un salaire inf&#233;rieur au Smic, soit 3,4 millions de personnes. On parle de bas salaire en dessous du seuil de 900 &#8364;&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Precarite-+" rel="tag"&gt;Pr&#233;carit&#233;
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avoir un emploi ne permet pas toujours de s'en sortir, loin s'en faut. En 2001, environ un million de personnes travaillaient sans que leur activit&#233; leur permette de vivre au dessus du seuil de pauvret&#233;. Le ph&#233;nom&#232;ne des &#171; travailleurs pauvres &#187; a fait parler de lui outre-Atlantique depuis les ann&#233;es 1970, en France depuis la fin des ann&#233;es 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, pr&#232;s d'un salari&#233; sur six re&#231;oit un salaire inf&#233;rieur au Smic, soit 3,4 millions de personnes. On parle de bas salaire en dessous du seuil de 900 &#8364; net par mois&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Les &#171; bas salaires &#187; sont d&#233;finis comme les salaires inf&#233;rieurs &#224; 2/3 du (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Ce ph&#233;nom&#232;ne concernait 11 % des salari&#233;s en 1983 et 15 % en 2001. La croissance des tr&#232;s bas salaires (actuellement moins de 675 &#8364; mensuels&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Les &#171; tr&#232;s bas salaires &#187; sont les salaires inf&#233;rieurs &#224; la moiti&#233; du salaire (...)' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;) a &#233;t&#233; encore plus rapide : de 5 % des salari&#233;s en 1983 &#224; 10 % en 2001.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Aux Etats-Unis, partage des salaires, en France, partage du ch&#244;mage.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Aux Etats-Unis, la forte proportion de bas salaires s'explique par un taux horaire tr&#232;s bas. Dans le cas de la France, c'est le d&#233;veloppement des temps partiels qui est en cause. De nombreux salari&#233;s qui voudraient travailler &#224; temps plein doivent se contenter d'un temps partiel impos&#233;, essentiellement des femmes. Elles occupent 80 % des emplois &#224; temps partiel, surtout dans l'h&#244;tellerie, le commerce, la restauration, les services aux particuliers, avec des horaires extr&#234;mement &#233;clat&#233;s et d&#233;cal&#233;s. Elles constituent l'essentiel des &#171; working poors &#187; &#224; la fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'Etat fabrique des &#171; working poors &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement de l'int&#233;rim et des CDD explique aussi de nombreuses situations de pauvret&#233;. La politique des diff&#233;rents gouvernements a amplifi&#233; ce probl&#232;me : les &#171; emplois aid&#233;s &#187; qui fournissent aux entreprises une main d'&#339;uvre grassement subventionn&#233;e sont des emplois &#224; dur&#233;e d&#233;termin&#233;e et &#224; temps partiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plan Borloo va dans ce sens. Le CI-RMA (Contrat d'insertion - Revenu minimum d'activit&#233;) est un contrat r&#233;mun&#233;r&#233; au Smic horaire, de 20 heures hebdomadaires ou plus et d'une dur&#233;e de six mois renouvelable deux fois. Soit pour 20 heures, un salaire de 20 % en dessous du seuil de pauvret&#233;... Le &#171; contrat d'avenir &#187; (bien mal nomm&#233; !) est de 26 heures hebdomadaires r&#233;mun&#233;r&#233;es au Smic horaire conclu pour six mois et renouvelable cinq fois, soit un salaire de 5 % au dessus du seuil de pauvret&#233;. Sans obligation d'embauche &#224; la cl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La proportion de bas salaires aux Etats-Unis est de l'ordre de 30 %, mais elle s'est stabilis&#233;e depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1980. En France, cette proportion est de 15 %, mais elle ne cesse d'augmenter...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lydie GRIMAL&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;L'art et la mani&#232;re de sous payer&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve de la soci&#233;t&#233; Arcade, qui sous-traite le nettoyage de la cha&#238;ne h&#244;teli&#232;re Accor, avait r&#233;v&#233;l&#233; une surprenante pratique : le temps de travail est calcul&#233; &#224; partir du nombre de chambres nettoy&#233;es. Si la cadence th&#233;orique est de huit chambres &#224; l'heure, une heure est inscrite sur la fiche de paye pour huit chambres faites. Ce qui revient &#224; contourner le Smic en faisant fi du temps de travail r&#233;el des salari&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez Delta Diffusion, qui distribue journaux gratuits et imprim&#233;s publicitaires, les salari&#233;s doivent charger les prospectus dans une remorque attel&#233;e &#224; leur v&#233;hicule personnel. Un travail non r&#233;mun&#233;r&#233;, pas plus que le temps consacr&#233; &#224; la confection des &#171; poign&#233;es &#187;, les lots d'imprim&#233;s. Au total, t&#233;moigne un salari&#233;, on peut travailler huit heures pour seulement 23 &#8364;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez Auchan &#233;lectrom&#233;nager, on a trouv&#233; une autre combine : chaque fois qu'il vend un article, l'employ&#233; est cr&#233;dit&#233; d'un nombre de points variable selon qu'il s'agit d'une cafeti&#232;re ou d'un cong&#233;lateur. A l'arriv&#233;e, son salaire d&#233;pend du nombre de points. Si le total n'atteint pas le Smic, Auchan verse un compl&#233;ment, mais il s'agit d'une simple avance. Sur un autre mois o&#249; le vendeur aura d&#233;pass&#233; le Smic, il devra la rembourser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J.F.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Les &#171; bas salaires &#187; sont d&#233;finis comme les salaires inf&#233;rieurs &#224; 2/3 du salaire m&#233;dian (le salaire m&#233;dian est le salaire tel que la moiti&#233; des salari&#233;s gagne plus et l'autre moiti&#233; gagne moins).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Les &#171; tr&#232;s bas salaires &#187; sont les salaires inf&#233;rieurs &#224; la moiti&#233; du salaire m&#233;dian.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Smic &#224; plusieurs vitesses... mais toutes lentes !
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Smic-a-plusieurs-vitesses-mais-toutes-lentes</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Smic-a-plusieurs-vitesses-mais-toutes-lentes</guid>
		<dc:date>2005-01-17T10:27:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>Salaires
</dc:subject>
		<dc:subject>Smic
</dc:subject>

		<description>Le Smic, salaire minimum de r&#233;f&#233;rence pour tous ? Aujourd'hui, ce n'est plus le cas : il n'y a pas moins de 6 Smic en vigueur ! &lt;br /&gt;Un dilemme pour Aubry &lt;br /&gt;La gauche &#233;tait confront&#233;e &#224; un probl&#232;me : en portant la dur&#233;e du travail &#224; 35 heures, elle risquait de r&#233;duire m&#233;caniquement de plus 110 &#8364; la r&#233;mun&#233;ration mensuelle des smicards, calcul&#233;e &#224; partir d'un taux horaire. Difficile de pr&#233;senter la RTT comme une mesure &#171; sociale &#187; si elle aboutit &#224; mettre des millions de salari&#233;s au pain sec ! &lt;br /&gt;Pour &#233;viter cela, il&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le Smic, salaire minimum de r&#233;f&#233;rence pour tous ? Aujourd'hui, ce n'est plus le cas : il n'y a pas moins de 6 Smic en vigueur !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un dilemme pour Aubry&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La gauche &#233;tait confront&#233;e &#224; un probl&#232;me : en portant la dur&#233;e du travail &#224; 35 heures, elle risquait de r&#233;duire m&#233;caniquement de plus 110 &#8364; la r&#233;mun&#233;ration mensuelle des smicards, calcul&#233;e &#224; partir d'un taux horaire. Difficile de pr&#233;senter la RTT comme une mesure &#171; sociale &#187; si elle aboutit &#224; mettre des millions de salari&#233;s au pain sec !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#233;viter cela, il aurait fallu augmenter de 11,4% le Smic horaire. Ce dont auraient b&#233;n&#233;fici&#233; tous les smicards &#224; temps partiel... Martine Aubry risquait de se f&#226;cher avec son entourage patronal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seule solution acceptable aux yeux du patronat : d&#233;connecter le Smic horaire du Smic mensuel. C'est ainsi qu'a &#233;t&#233; institu&#233;e la &#171; garantie mensuelle de r&#233;mun&#233;ration &#187; (GMR). Un smicard passant de 39 &#224; 35 heures se voyait garantir son ancien salaire (via la GMR). Mais un nouvel embauch&#233; aux 35 heures se retrouvait, quand m&#234;me, avec un Smic inf&#233;rieur de 110 &#8364; !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un Smic... ou six ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Reste la question de la revalorisation. Les r&#232;gles fix&#233;es pour la r&#233;&#233;valuation des GMR sont plus d&#233;favorables que celles qui gouvernent le Smic. R&#233;sultat : un smicard pass&#233; aux 35 heures le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; juillet 1999 se retrouvait en 2002 50&#8364; en dessous du Smic &#224; 39 heures. Il fallait donc non pas une GMR mais plusieurs, en fonction du niveau du Smic horaire au moment du passage aux 35 heures !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2002, il y avait donc 6 Smic : le Smic horaire pour les nouveaux embauch&#233;s, pour ceux qui ne sont pas pass&#233;s aux 35 heures et pour les temps partiels, et les 5 GMR pour les salari&#233;s pass&#233;s aux 35 heures selon leur date de passage. Plus t&#244;t on est pass&#233; aux 35 heures moins on touche. Les plus d&#233;savantag&#233;s sont les nouveaux embauch&#233;s : ils se retrouvaient avec un Smic mensuel &#233;gal &#224; celui de 1998, en fait inf&#233;rieur compte tenu de la hausse des prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_142 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L300xH272/GMR-2d2fb.gif?1527875122' width='300' height='272' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Hausse du Smic en trompe-l'&#339;il &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La droite a eu beau jeu de d&#233;noncer ce syst&#232;me comme complexe et a annonc&#233; le retour &#224; un Smic unique et la hausse de 11,4 % du Smic, pr&#233;sent&#233;e comme un &#171; grand effort &#187; &#233;quivalent &#224; un 13&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; mois ! Le gouvernement le redit &#224; chaque occasion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alit&#233; est toute autre. Il a &#233;t&#233; pr&#233;vu de revaloriser le Smic horaire et les GMR au 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; juillet 2005 pour les aligner sur la GMR la plus favorable, celle correspondant au Smic 39 heures du 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; juillet 2002. Cela signifie que le Smic mensuel en 2005 pour 35 heures sera pour tous au niveau de ce qu'&#233;tait le Smic mensuel en 2002 pour 39 heures, plus la hausse de prix. 3 ans de blocage !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand au chiffre de 11,4 %, il concerne en fait les seuls smicards align&#233;s sur le Smic horaire. Mais parmi eux, une proportion importante est encore aux 39 heures. S'ils passent aux 35 heures, la hausse du salaire horaire ne compensera pas la baisse du salaire due &#224; la baisse du nombre d'heures !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand &#224; ceux qui b&#233;n&#233;ficient d'une GMR, la moiti&#233; des smicards, la hausse sera beaucoup plus faible que les 11,4 % : entre 0 et 4,8 % suivant les cas !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Hausse du Smic... mais les patrons encaissent quand m&#234;me&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;alignement des Smic se fait donc au minimum. Pour le faire, Raffarin a suspendu une disposition de la loi Aubry, qui pr&#233;voyait que les GMR, comme le Smic devaient normalement &#234;tre r&#233;&#233;valu&#233;s de la moiti&#233; de la hausse du salaire moyen. Celui ci n'est donc plus pris en compte depuis 2003. Cette suspension est-elle annonciatrice d'une r&#233;forme plus profonde du Smic une fois l'alignement fait ? C'est ce que laissent entendre certains proches du gouvernement..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total, apr&#232;s 5 ans de tripatouillages, le Smic mensuel n'aura que tr&#232;s peu progress&#233;, ou aura descendu. Le patronat peut &#234;tre content... D'autant que la hausse du Smic horaire a un effet n&#233;gligeable pour lui : le dispositif Fillon d'all&#232;gement de charges porte sur les salaires allant du Smic &#224; 1,7 fois le Smic. Quand celui-ci augmente, cela fait plus de salaires concern&#233;s par les all&#233;gements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des baisses de cotisations qui ne sont pas pr&#232;s de prendre fin : Chirac vient d'annoncer la suppression de toute &#171; charge &#187; sociale (patronale bien s&#251;r...) pour un salari&#233; au Smic... Pour les patrons, la hausse du Smic, si faible soit-elle, est ainsi largement compens&#233;e &#224; l'avance !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M.C.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Petite histoire du Smic&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le Smig (salaire minimum interprofessionnel garanti) a &#233;t&#233; cr&#233;e en 1950. Dans les ann&#233;es 1960, le Smig, rest&#233; bas, ne concernait que peu de salari&#233;s. R&#233;&#233;valu&#233; en 1968, le Smig a &#233;t&#233; renomm&#233; Smic (salaire minimum interprofessionnel de croissance) en 1970.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re le changement de nom, il y avait un changement de calcul de la r&#233;&#233;valuation. Outre la hausse des prix, la progression annuelle du Smic doit &#234;tre au moins &#233;gale &#224; la moiti&#233; de la hausse du salaire ouvrier moyen. Depuis, les salaires se sont tass&#233;s, et le Smic concerne d&#233;sormais une proportion cons&#233;quente des salari&#233;s (environ 15 %).&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Sous le Smic, le Smap&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le SMAP, c'est le &#171; salaire minimum de l'administration p&#233;nitentiaire &#187; : fix&#233; &#224; 40 % du Smic soit un peu plus de 3 &#8364; l'heure, il sert de plancher &#224; la r&#233;mun&#233;ration des d&#233;tenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils sont plus de 20 000 dans ce cas, presque toujours &#224; temps partiel : &#171; auxis &#187; qui travaillent pour l'administration p&#233;nitentiaire (m&#233;nage, cuisine, linge) pour &#224; peine plus de 100 &#8364; par mois ; salari&#233;s de la R&#233;gie industrielle des &#233;tablissements p&#233;nitentiaires qui fabriquent les chaussures des matons, des portes de prisons et des cercueils pour indigents ; enfin et surtout ceux qui accomplissent des &#171; travaux &#224; fa&#231;on &#187; pour des entreprises ext&#233;rieures : mise en bo&#238;te d'&#233;chantillons, tri d'oignons, collage de mousse dans des bo&#238;tes de crics...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si depuis deux ans l'administration p&#233;nitentiaire a cess&#233; de pr&#233;lever sur les salaires les 46 &#8364; de &#171; frais de pension &#187;, vivre en prison n'est pas gratuit : t&#233;l&#233;, fruits frais, frigo, journaux, lessive co&#251;tent 150 &#224; 200 &#8364; par mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Priv&#233;s de droit de gr&#232;ve, de d&#233;l&#233;gu&#233;s, de CHSCT, et surtout bon march&#233;, les d&#233;tenus sont la main d'&#339;uvre r&#234;v&#233;e. &#171; Nos concurrents directs sont les pays de l'est ou le Sri Lanka &#187; d&#233;clare le directeur de l'ancienne caserne de Montm&#233;dy, reconvertie en prison-usine o&#249; Vynex fait empaqueter des vis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une premi&#232;re : aux Baumettes, &#224; Marseille, une d&#233;tenue, Violette Martinez, qui fabriquait des emballages en carton pour parfums, a port&#233; plainte au nom du principe &#171; &#224; travail &#233;gal, salaire &#233;gal &#187;. Elle accuse son employeur de &#171; non respect du droit du travail sur une salari&#233;e en &#233;tat de faiblesse du fait de sa situation carc&#233;rale &#187;. A ce qu'on sait, depuis son d&#233;p&#244;t de plainte, l'administration lui m&#232;ne la vie dure...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J.F.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Travailler plus... pour gagner moins
</title>
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Salaires
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		<description>Le gouvernement aurait une m&#233;thode pour que les salaires des classes populaires soient un peu moins bas. C'est le fameux &#171; Travailler plus pour gagner plus &#187;. La propagande gouvernementale s'accompagne souvent de petites phrases destin&#233;es aux plus r&#233;actionnaires, comparant la France &#224; un parc de loisirs, ou se plaignant de la perte de valeur du travail. &lt;br /&gt;Mais cette propagande peut &#233;galement faire &#233;cho &#224; la situation de travailleurs pour qui le passage aux 35 heures a signifi&#233; une baisse de&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le gouvernement aurait une m&#233;thode pour que les salaires des classes populaires soient un peu moins bas. C'est le fameux &#171; Travailler plus pour gagner plus &#187;. La propagande gouvernementale s'accompagne souvent de petites phrases destin&#233;es aux plus r&#233;actionnaires, comparant la France &#224; un parc de loisirs, ou se plaignant de la perte de valeur du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette propagande peut &#233;galement faire &#233;cho &#224; la situation de travailleurs pour qui le passage aux 35 heures a signifi&#233; une baisse de r&#233;mun&#233;ration. L'am&#233;nagement du temps de travail a en effet souvent signifi&#233; que le m&#234;me travail &#233;tait fait en moins de temps (moins de temps d&#233;compt&#233; du moins), avec plus de flexibilit&#233;. Et du fait du passage &#224; l'annualisation, des heures auparavant compt&#233;es comme suppl&#233;mentaires ne le sont plus : elles sont simplement report&#233;es de p&#233;riode &#171; basse &#187; en p&#233;riode &#171; haute &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les patrons sont prompts &#224; accuser les lois Aubry qui les emp&#234;cherait de faire faire des heures suppl&#233;mentaires, d'o&#249; les r&#233;ductions de salaires. Il y a une part de vrai dans ce mensonge : les lois Aubry dispensent souvent de payer les heures sup'... pas de les effectuer !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;D&#233;r&#233;glementer le temps de travail...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais le Medef voudrait le beurre et l'argent du beurre : apr&#232;s avoir &#233;chang&#233; une (relative) r&#233;duction du temps de travail contre plus de flexibilit&#233;, il r&#233;clame de garder la flexibilit&#233; et se d&#233;barrasser de la r&#233;f&#233;rence aux 35 heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 35 heures ne sont pourtant qu'un simple seuil juridique, de multiples d&#233;rogations faisant que le d&#233;compte du temps de travail se fait sur des p&#233;riodes plus longues, jusqu'&#224; l'ann&#233;e (1 607 heures). La dur&#233;e l&#233;gale du travail, n'est pas non plus sa dur&#233;e maximale (48 heures dans la semaine) ni sa dur&#233;e minimale (puisqu'il y a la possibilit&#233; du temps partiel). Mais les 35 heures interviennent comme seuil de d&#233;clenchement des heures suppl&#233;mentaires, les heures effectu&#233;es au-del&#224; devant &#234;tre major&#233;es. D'autre part le nombre d'heures suppl&#233;mentaires est aussi limit&#233; : c'est le contingent annuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re fa&#231;on dont le gouvernement pourrait vider la dur&#233;e l&#233;gale du travail de sa substance serait d'augmenter ce contingent ou baisser les majorations. Fillon avait d&#233;j&#224; fait adopter une loi en janvier 2003 qui assouplissait la l&#233;gislation sur les heures suppl&#233;mentaires. Raffarin a annonc&#233; d&#233;but d&#233;cembre 2004 la suite de cette r&#233;forme : possibilit&#233; d'accords d'entreprise dits de &#171; temps choisi &#187; (qui introduiraient une diff&#233;rence entre deux types d'heures suppl&#233;mentaires, avec des d&#233;comptes diff&#233;rents), r&#233;forme du compte &#233;pargne-temps, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'horizon de ces r&#233;formes est clair dans les propos tenus d&#233;but novembre par Seill&#232;re : &#171; La limite de travailler plus pour gagner plus est, pour nous, clairement pos&#233;e par une directive europ&#233;enne qui dit &#8216;48 heures par semaine'. (...) C'est le cadrage social tel que nous pensons qu'il devrait exister dans de nombreux domaines &#187;. Le retour aux 48 heures hebdomadaires... presque 70 ans en arri&#232;re !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le choix... pour les patrons&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Qui peut vraiment croire que le choix de faire ou non des heures suppl&#233;mentaires sera vraiment &#224; la discr&#233;tion du salari&#233; ? Seuls les patrons auront plus de marge de man&#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien ne dit d'ailleurs qu'apr&#232;s la r&#233;forme annonc&#233;e, les patrons feront faire beaucoup plus d'heures suppl&#233;mentaires. La l&#233;gislation actuelle n'en autorise-t-elle pas d&#233;j&#224; en quantit&#233; cons&#233;quente pour pas cher ? Rares sont les patrons qui sont actuellement r&#233;ellement bloqu&#233;s par cette l&#233;gislation. Et si certaines entreprises, &#224; certains moments, accroissent le volant d'heures suppl&#233;mentaires au lieu d'embaucher, ce sera une possibilit&#233; de flexibilit&#233; suppl&#233;mentaire et s&#251;rement pas un avantage pour les salari&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chirac et Raffarin peuvent r&#233;p&#232;ter qu'il s'agira d'un &#171; choix &#187; offert aux salari&#233;s, qui devront donner leur accord. Mais ce que valent de tels &#171; choix &#187; et &#171; accords &#187; a &#233;t&#233; illustr&#233; en pratique, &#224; Bosch V&#233;nissieux, l'&#233;t&#233; dernier 2004. Sous menace de licenciement, le patron avait obtenu des salari&#233;s leur &#171; accord &#187; pour une r&#233;gression de leurs conditions de travail : suppression de jours de RTT, mod&#233;ration salariale. L&#224;, c'&#233;tait clairement travailler plus pour gagner moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les heures suppl&#233;mentaires sont, par d&#233;finition, un &#233;l&#233;ment de salaire qui n'est pas garanti, en aucun cas un revenu fiable. En outre, le patronat s'en sert pour ne pas embaucher alors qu'il y a des millions de ch&#244;meurs. C'est d'un suppl&#233;ment sur le salaire de base pas d'un suppl&#233;ment d'heures dont les travailleurs ont besoin !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel CHARVET&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Heures suppl&#233;mentaires, jungle r&#233;glementaire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Passage aux 35 heures, loi Fillon de 2003...s'y retrouver dans la l&#233;gislation sur les heures suppl&#233;mentaires est devenu un parcours du combattant. Surtout que de plus en plus de dispositions renvoient aux accords de branche ou d'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier probl&#232;me est de savoir ce qu'est une heure suppl&#233;mentaire. La r&#233;ponse est &#224; premi&#232;re vue &#233;vidente : c'est toute heure au-del&#224; de la 35&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; heure de travail dans une semaine... Ce qui est vrai, sauf si... Et l&#224; les cas particuliers sont nombreux : syst&#232;me de modulation, par cycle, jours de RTT, compte &#233;pargne-temps, tous ces syst&#232;mes ont en commun de ramener le d&#233;compte des heures suppl&#233;mentaires &#224; des p&#233;riodes plus longues que la semaine. Ils concerneraient aujourd'hui un &#233;tablissement sur deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, avec la modulation, le patron a la possibilit&#233; de faire effectuer des semaines de 40 heures si cela est contrebalanc&#233; par des semaines de 30 heures, par exemple. Aucune heure suppl&#233;mentaire ne sera alors comptabilis&#233;e !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les heures suppl&#233;mentaires sont soumises &#224; une limitation annuelle : c'est ce que l'on appelle le contingent annuel. Pour aller au-del&#224;, il faut l'autorisation de l'inspection du travail. Ce contingent, qui &#233;tait de 130 heures en 1982 a &#233;t&#233; augment&#233; depuis la loi Aubry et port&#233; &#224; 220 heures en 2004, mais il peut &#234;tre modifi&#233; par un accord de branche, &#224; la baisse comme &#224; la hausse...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne la majoration des heures suppl&#233;mentaires, elle est dans la loi de 25 % pour les 8 premi&#232;res heures et 50 % pour les suivantes. Mais les entreprises de moins de 20 salari&#233;s b&#233;n&#233;ficient d'un taux r&#233;duit de 10 % pour les 4 premi&#232;res heures. Autrement dit, une telle entreprise peut faire travailler 39 heures par semaine ses salari&#233;s, avec pour seule contrainte une majoration correspondant &#224; 24 minutes par semaine ! Une disposition &#171; transitoire &#187; de la loi Aubry prolong&#233;e jusqu'en 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par-dessus le march&#233;, la loi Fillon de 2003 pr&#233;voit que des accords de branche ou d'entreprise peuvent fixer des taux de majoration inf&#233;rieurs aux taux l&#233;gaux, la seule limite &#233;tant alors de 10 %. Et il s'est d&#233;j&#224; trouv&#233; des syndicats pour signer de tels accords !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin l'heure suppl&#233;mentaire peut &#234;tre soit pay&#233;e, soit prise en repos, soit une combinaison des deux. Jusqu'&#224; certaines limites, si elle est compens&#233;e en repos, l'heure n'est pas imput&#233;e dans le contingent, ce qui permet une plus grande flexibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans oublier que bien des patrons pratiquent largement la triche au d&#233;compte des heures suppl&#233;mentaires, faisant travailler les salari&#233;s sans payer l'int&#233;gralit&#233; des heures !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M.C.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Bient&#244;t le report des temps de douche en fin de vie ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me du compte &#233;pargne temps va &#234;tre &#233;largi par le gouvernement. Il s'agit de mettre dans un &#171; compte &#187; g&#233;r&#233; par l'entreprise diff&#233;rentes choses : des cong&#233;s pay&#233;s non pris, des jours de RTT, une augmentation de salaire, etc. On alimente le compte pour l'utiliser ensuite... en cong&#233;s (quand &#231;a arrange le patron, bien entendu !) ou en salaire, voire en plan d'&#233;pargne retraite. Cela permet de faire jouer la flexibilit&#233; sur plusieurs ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Raffarin vantait ce syst&#232;me &#224; la radio r&#233;cemment en prenant l'exemple d'un salari&#233; qui pourrait accumuler des jours de cong&#233; pour prendre un an de vacances avant sa retraite. Mais si on veut accumuler rien que 200 jours, il faudrait renoncer &#224; 10 jours de cong&#233; pendant 20 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Belle solution : travailler comme une brute toute sa vie en reportant ses cong&#233;s sur les derni&#232;res ann&#233;es !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> La France, pays &#224; bas salaires
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Salaires
</dc:subject>

		<description>Les estimations de salaires varient grandement selon le mode de calcul. L'Insee ram&#232;ne tous les salaires &#224; des &#171; &#233;quivalents temps plein &#187;, c'est-&#224;-dire que deux mi-temps sont consid&#233;r&#233;s comme un seul temps plein. &lt;br /&gt;Le magazine Alternatives &#233;conomiques (septembre 2004) a proc&#233;d&#233; autrement, en ne consid&#233;rant que les salaires effectivement per&#231;us par chacun, qu'il soit &#224; temps plein ou &#224; temps partiel, et en faisant froidement la moyenne. Cela donne des chiffres plus r&#233;alistes, nettement plus bas, avec des&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les estimations de salaires varient grandement selon le mode de calcul. L'Insee ram&#232;ne tous les salaires &#224; des &#171; &#233;quivalents temps plein &#187;, c'est-&#224;-dire que deux mi-temps sont consid&#233;r&#233;s comme un seul temps plein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le magazine &lt;em&gt;Alternatives &#233;conomiques&lt;/em&gt; (septembre 2004) a proc&#233;d&#233; autrement, en ne consid&#233;rant que les salaires effectivement per&#231;us par chacun, qu'il soit &#224; temps plein ou &#224; temps partiel, et en faisant froidement la moyenne. Cela donne des chiffres plus r&#233;alistes, nettement plus bas, avec des &#233;carts plus importants entre les sexes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les salaires selon l'Insee
(en euros net mensuels) :&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Secteur priv&#233; et grandes entreprises publiques. Sont exclus les emplois aid&#233;s, apprentis, stagiaires, et les emplois agricoles.&lt;/p&gt;
&lt;table class='spip'&gt;
&lt;thead&gt;&lt;tr class='row_first'&gt;&lt;th id='id386d_c0'&gt; &lt;/th&gt;&lt;th id='id386d_c1'&gt; Femmes &lt;/th&gt;&lt;th id='id386d_c2'&gt; Hommes &lt;/th&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/thead&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='id386d_c0'&gt;Cadres&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id386d_c1'&gt;2889&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id386d_c2'&gt;3746&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td headers='id386d_c0'&gt;Professions interm&#233;diaires&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id386d_c1'&gt;1659&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id386d_c2'&gt;1899&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='id386d_c0'&gt;Employ&#233;s&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id386d_c1'&gt;1234&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id386d_c2'&gt;1328&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td headers='id386d_c0'&gt;Ouvriers&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id386d_c1'&gt;1111&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id386d_c2'&gt;1332&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='id386d_c0'&gt;&lt;strong&gt;Moyenne&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id386d_c1'&gt;&lt;strong&gt;1533&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id386d_c2'&gt;&lt;strong&gt;1905&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Les salaires selon
Alternatives Economiques
(en euros nets mensuels) :&lt;/h3&gt;&lt;table class='spip'&gt;
&lt;thead&gt;&lt;tr class='row_first'&gt;&lt;th id='id38e8_c0'&gt; &lt;/th&gt;&lt;th id='id38e8_c1'&gt; Femmes &lt;/th&gt;&lt;th id='id38e8_c2'&gt; Hommes &lt;/th&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/thead&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='id38e8_c0'&gt;Cadres&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id38e8_c1'&gt;1888&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id38e8_c2'&gt;2656&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td headers='id38e8_c0'&gt;Professions interm&#233;diaires&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id38e8_c1'&gt;1198&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id38e8_c2'&gt;1443&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='id38e8_c0'&gt;Employ&#233;s&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id38e8_c1'&gt;744&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id38e8_c2'&gt;789&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td headers='id38e8_c0'&gt;Ouvriers&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id38e8_c1'&gt;603&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id38e8_c2'&gt;871&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='id38e8_c0'&gt;&lt;strong&gt;Moyenne&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id38e8_c1'&gt;&lt;strong&gt;920&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id38e8_c2'&gt;&lt;strong&gt;1261&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> De gauche &#224; droite : haro sur les salaires depuis 20 ans
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/De-gauche-a-droite-haro-sur-les-salaires-depuis-20-ans</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nouveaucr.convrev.lautre.net/De-gauche-a-droite-haro-sur-les-salaires-depuis-20-ans</guid>
		<dc:date>2005-01-16T22:15:09Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>Salaires
</dc:subject>

		<description>&#171; A l'heure actuelle, nous sommes un peu m&#233;chants avec les fonctionnaires. Leur pouvoir d'achat a perdu 4,5% depuis 2000 &#187;, d&#233;clarait, en octobre dernier, Dutreil, ministre de la Fonction publique, devant le parterre choisi d'une &#171; Fondation &#187; d'hommes de droite. C'est &#224; 0,5 % en f&#233;vrier, compl&#233;t&#233; de 0,5 % en novembre, qu'il a d&#233;cid&#233; de limiter l'augmentation des salaires : une baisse suppl&#233;mentaire du pouvoir d'achat d'au moins 2%, compte tenu de l'inflation. &lt;br /&gt;Apr&#232;s cinq ann&#233;es de revalorisations&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;em&gt;A l'heure actuelle, nous sommes un peu m&#233;chants avec les fonctionnaires. Leur pouvoir d'achat a perdu 4,5% depuis 2000&lt;/em&gt; &#187;, d&#233;clarait, en octobre dernier, Dutreil, ministre de la Fonction publique, devant le parterre choisi d'une &#171; Fondation &#187; d'hommes de droite. C'est &#224; 0,5 % en f&#233;vrier, compl&#233;t&#233; de 0,5 % en novembre, qu'il a d&#233;cid&#233; de limiter l'augmentation des salaires : une baisse suppl&#233;mentaire du pouvoir d'achat d'au moins 2%, compte tenu de l'inflation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cinq ann&#233;es de revalorisations largement inf&#233;rieures &#224; la hausse des prix, c'est en r&#233;alit&#233; pr&#232;s de 6 % qu'ont perdu en pouvoir d'achat les fonctionnaires depuis janvier 2000. Et de juin 1982, date du blocage des salaires d&#233;cid&#233; par le gouvernement socialiste de Mauroy, &#224; la fin de l'ann&#233;e 1999, les salaires dans la fonction publique avaient d&#233;j&#224; perdu 20 % de leur pouvoir d'achat. D'une certaine fa&#231;on, pour r&#233;pondre aux v&#339;ux du patronat, les gouvernements successifs ont bien donn&#233; avec les salaires des agents de l'Etat le ton de la politique salariale d'ensemble qu'ils pr&#233;conisaient.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le blocage de 1982 : sous pr&#233;texte de juguler l'inflation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;A la fin des ann&#233;es 70, le Premier ministre de droite Raymond Barre d&#233;clarait que, pour ralentir l'inflation et favoriser les investissements, il n'&#233;tait plus question que le pouvoir d'achat des salaires continue &#224; progresser, ni m&#234;me suive la hausse des prix. Ce programme, c'est la gauche qui l'a mis en oeuvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 13 juin 1982, le gouvernement Mauroy bloquait tous les salaires pour quatre mois. Quant au soi-disant blocage des prix qui devait accompagner celui des salaires, il ne concernait m&#234;me pas la hausse du prix de l'essence d&#233;cid&#233;e par le gouvernement. S'ajoutait au blocage des salaires une augmentation des cotisations ch&#244;mage. En mars 1983, un nouveau plan d'aust&#233;rit&#233; faisait suite au premier, avec augmentation des imp&#244;ts, des tarifs publics, et cr&#233;ation du forfait hospitalier (20 F par jour &#224; l'&#233;poque, l'&#233;quivalent de 6 &#224; 7 euros d'aujourd'hui). Le 13 octobre 1983, Gattaz, responsable du CNPF (ancien nom du Medef) incitait &#224; poursuivre cette politique en d&#233;clarant qu'&#171; &lt;em&gt;il faut baisser le pouvoir d'achat&lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le blocage des salaires de 1982, puis le frein mis aux augmentations dans les ann&#233;es suivantes ne sont pas all&#233;s sans r&#233;actions. Dans l'automobile notamment avec des gr&#232;ves pour 300 F pour tous &#224; Renault Flins ou &#224; Chausson en janvier 1983. Mais dans l'ensemble, avec un gouvernement de gauche et jusqu'&#224; l'&#233;t&#233; 1984 des ministres communistes, les organisations syndicales ont jou&#233; le jeu.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Mod&#233;ration salariale de gauche : mode d'emploi&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La gauche y mit du sien. Les lois Auroux d'octobre 1982, destin&#233;es &#224; favoriser et d&#233;velopper le &#171; dialogue social &#187; (Fillon et Borloo aujourd'hui reprennent la m&#233;thode &#224; leur compte) modifiaient, sous couvert de nouveaux droits syndicaux, le cadre des n&#233;gociations salariales. Elles interdisaient, dans les accords salariaux, toute clause d'indexation des salaires sur le Smic, afin que la r&#233;vision automatique de celui-ci en fonction de l'indice des prix n'entra&#238;ne pas les autres salaires. En quelques ann&#233;es &#224; peine, dans les trois quarts des branches, les minima des conventions collectives sont ainsi pass&#233;s en dessous du Smic.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et en instaurant les n&#233;gociations salariales obligatoires dans chaque entreprise, le but des lois Auroux &#233;tait aussi de r&#233;duire la port&#233;e des accords de branche et de laisser chaque patron ma&#238;tre de sa politique salariale, au d&#233;triment surtout des salari&#233;s des plus petites entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une math&#233;matique et un vocabulaire nouveaux envahirent alors le petit monde des n&#233;gociateurs... et les tracts syndicaux. On calculait en &#171; masse salariale &#187; sur l'ann&#233;e plut&#244;t qu'en &#171; niveau des salaires &#187;. On causait &#171; GVT &#187; (Glissement Vieillesse et Technicit&#233;) ou &#171; effet report &#187;. Du fait qu'on n'embauchait moins, la progression des salaires &#224; l'anciennet&#233; augmentait la moyenne salariale : elle &#233;tait comptabilis&#233;e dans les n&#233;gociations, histoire d'en conclure que sans un centime de plus pour qui n'avait pas chang&#233; d'&#233;chelon, les salaires avaient d&#233;j&#224; grimp&#233; presque autant que les prix. CQFD ! Plus fort encore, dans une p&#233;riode o&#249; le taux d'inflation diminuait, les augmentations accord&#233;es pour compenser en partie les hausses de prix de l'ann&#233;e &#233;coul&#233;e, augmentant la &#171; masse salariale &#187; de l'ann&#233;e suivante, &#233;taient partiellement &#171; report&#233;es &#187; dans les calculs de cette ann&#233;e-l&#224; et miraculeusement d&#233;duites de ce qui serait d&#251; pour compenser les nouvelles hausses de prix. A l'arriv&#233;e, le grand d&#233;crochage entre les salaires et les prix.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Salaires &#224; la t&#234;te du client&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En mars 1984, le minist&#232;re des Affaires sociales notait avec satisfaction que les 1 800 accords d'entreprise d&#233;j&#224; conclus restaient pour la plupart dans les strictes limites de sa politique de mod&#233;ration salariale. &#171; &lt;em&gt;Aucun syndicat ne s'est distingu&#233; dans ce bilan par l'absence totale de paraphe &#224; un accord d'entreprise&lt;/em&gt; &#187;, soulignait-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin ces n&#233;gociations allaient &#234;tre l'occasion de faire ent&#233;riner par les syndicats une plus grande individualisation des salaires, les augmentations individuelles distribu&#233;es &#224; la t&#234;te du client &#233;tant incluses dans le calcul de l'augmentation moyenne accord&#233;e. &#171; &lt;em&gt; En 1986&lt;/em&gt; &#187;, note le journal Le Monde du 30 juin 1987, &#171; &lt;em&gt;plus d'un tiers des accords salariaux d'entreprise pr&#233;voyaient des dispositions allant dans ce sens&lt;/em&gt; &#187;. En 1992, d'apr&#232;s le Minist&#232;re du travail, plus de 50 % des entreprises &#233;taient concern&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Coups de col&#232;re&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le coup pris par les salaires dans cette premi&#232;re moiti&#233; des ann&#233;es 1980 a suscit&#233;, &#224; partir de 1986, un certain nombre de gr&#232;ves marquantes. Il est vrai qu'on &#233;tait sous le gouvernement Chirac, qui cohabitait avec Mitterrand depuis la victoire de la droite aux &#233;lections l&#233;gislatives du printemps 1986. Les syndicats avaient programm&#233; &#224; l'automne 1986 quatre journ&#233;es de gr&#232;ve &#224; la SNCF, journ&#233;es auxquelles ils ne donnaient aucune perspective imm&#233;diate. Mais c'est par-dessus leur t&#234;te qu'a &#233;clat&#233; la gr&#232;ve, la vraie, celle qui allait durer du 18 d&#233;cembre au 15 janvier contre les suppressions de postes et surtout pour le rattrapage des salaires, alors que la direction annon&#231;ait une nouvelle grille plus d&#233;savantageuse. C'&#233;tait &#224; 700 F, 1 000 F, voire 2 000 F par mois que les gr&#233;vistes, selon les secteurs, &#233;valuaient le rattrapage n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu plus d'un an apr&#232;s, au printemps 1988, c'&#233;taient les ouvriers de Chausson (automobile) puis de la Snecma (a&#233;ronautique) qui faisaient gr&#232;ve, demandant respectivement 1 000 F et 1 500 F d'augmentation mensuelle pour tous. A l'automne suivant c'&#233;tait au tour des infirmi&#232;res et des postiers. Ces gr&#232;ves ont &#233;t&#233; des coups de semonce, o&#249; les gr&#233;vistes, en s'organisant eux-m&#234;mes en comit&#233; de gr&#232;ves et &#171; coordinations &#187; montraient leur m&#233;fiance vis-&#224;-vis des directions syndicales et leur volont&#233; d'aller plus loin. Mais elles ne pouvaient &#224; elles seules, tant qu'elles n'entra&#238;naient pas derri&#232;re elles une riposte de l'ensemble du monde du travail, suffire &#224; remettre en cause la politique de freinage des salaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inflation qui avait atteint 14 % en 1981 &#233;tait retomb&#233;e &#224; 3 % &#224; la fin de la d&#233;cennie. Mais pas question de l&#226;cher sur les salaires. La lutte contre le ch&#244;mage en baissant le co&#251;t de la main-d'&#339;uvre pour faciliter l'emploi devenait la nouvelle chanson accompagnant la rigueur salariale.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Ch&#244;mage partiel et petits boulots&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;A vrai dire, la forte croissance du ch&#244;mage (1,6 million de ch&#244;meurs indemnis&#233;s en 1981, 2,9 millions fin 1993) suffisait d&#233;j&#224; largement aux patrons pour maintenir une pression constante sur les salaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les gouvernements successifs, celui de Chirac entre 1986 et 1988, ceux de Rocard, Cresson puis B&#233;r&#233;govoy entre 1988 et 1993, et de Balladur ensuite, en ont rajout&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au nom d'un &#171; &lt;em&gt; traitement &#233;conomique du ch&#244;mage&lt;/em&gt; &#187;, Rocard lan&#231;ait un &#171; &lt;em&gt;plan emploi-formation&lt;/em&gt; &#187; : les cotisations patronales aux caisses d'allocations familiales &#233;taient baiss&#233;es de deux points et les patrons allaient recevoir de nouvelles aides financi&#232;res pour accueillir en &#171; formation &#187; une main-d'&#339;uvre stagiaire bon march&#233;. Ces types de contrats dit &#171; aid&#233;s &#187; se sont multipli&#233;s au cours des ann&#233;es suivantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au travail &#224; temps partiel, rebaptis&#233; depuis 1982 par les soins d'Auroux, &#171; &lt;em&gt;travail &#224; temps choisi&lt;/em&gt; &#187;, son d&#233;veloppement &#233;tait favoris&#233;. Il fut m&#234;me un temps, de 1992 &#224; 1998, subventionn&#233; par une exon&#233;ration de 30 % des charges sociales. Repr&#233;sentant 8 % des emplois en 1980, il en repr&#233;sentait 16 % au milieu des ann&#233;es 90, le m&#234;me chiffre qu'aujourd'hui, soit 4 millions de travailleurs qui doivent vivre, sans l'avoir choisi pour l'immense majorit&#233;, d'un salaire amput&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement rapide des emplois pr&#233;caires, CDD ou int&#233;rim, a aussi largement contribu&#233; &#224; tirer les salaires vers le bas. En 1985 trois jeunes sur dix n'avaient comme premier emploi qu'un emploi pr&#233;caire ; ils &#233;taient six sur dix en 1995, neuf sur dix en 1998.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une prime aux patrons radins&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En 1993 commen&#231;ait &#233;galement la longue saga des d&#233;gr&#232;vements de cotisations pour les salaires voisins du Smic. Les salari&#233;s peu qualifi&#233;s co&#251;teraient trop cher : sous ce pr&#233;texte, un all&#232;gement de cotisations pour les salaires entre 1 fois et 1,3 fois le Smic &#233;tait instaur&#233; par le gouvernement Jupp&#233;, &#233;tendu progressivement par Aubry &#224; 1,8 fois le Smic. Ces d&#233;gr&#232;vements repr&#233;sentaient 2,3 % des cotisations patronales en 1992 et 11,2 % &#224; la fin des ann&#233;es 90. Un v&#233;ritable encouragement &#224; mal payer, &#224; n'embaucher qu'au plus pr&#232;s possible du salaire minimum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'autre c&#244;t&#233;, la part des cotisations sociales pay&#233;es par les salari&#233;s a progress&#233;, au fur et &#224; mesure qu'on transformait en CSG (&#224; l'assiette plus large) les cotisations familiales (en 1991), puis les cotisations vieillesse et maladie (en 1994 et 1997). La cr&#233;ation de la contribution dite pour le Fonds de solidarit&#233; vieillesse (FSV) cr&#233;&#233;e en 1994 a ponctionn&#233; les salaires de 1,3 %. La cr&#233;ation de la CRDS, en 1995, de 0,5 % suppl&#233;mentaire.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;35 heures, horaires flexibles, salaires bloqu&#233;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Revenue au pouvoir en 1997, la gauche a montr&#233; qu'elle avait des traditions : l'instauration des 35 heures &#224; la sauce Aubry a &#233;t&#233; l'occasion de relancer un blocage des salaires comme en 1982.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, cette fois rien n'&#233;tait obligatoire, c'&#233;tait seulement une possibilit&#233; offerte aux n&#233;gociateurs des accords de 35 heures. Les patrons se sont empress&#233;s de s'en emparer et les syndicalistes de signer. Pour plus de la moiti&#233; des travailleurs concern&#233;s par les accords de 35 heures, ceux-ci se sont traduit par un gel des salaires (g&#233;n&#233;ralement pour deux ans), &#224; quoi s'est rajout&#233; pour beaucoup, essentiellement dans le milieu ouvrier, une baisse des primes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Quand Sarkozy d&#233;bloque&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais une &#233;toile monte, qui voudrait donner espoir au peuple de France : avant de s'envoler vers son r&#234;ve &#233;lys&#233;en, Sarkozy a pris une mesure en faveur des salari&#233;s : il a d&#233;cr&#233;t&#233; le &#171; d&#233;blocage &#187; des participations. Cette petite part des salaires vers&#233;e sous forme de primes a m&#234;me l'honneur de figurer aux menus des n&#233;gociations salariales mais reste pendant cinq ans dans les caisses du patron. Pour une fois seulement, cette ann&#233;e, on a eu droit de se la faire verser. Question de nous offrir une prime... avec notre argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Olivier BELIN&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;L'Etat n'est pas Robin des bois&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On parle en France d'&#171; Etat providence &#187;. Mais c'est surtout parce que, comme la divine providence, les voies de la redistribution sont imp&#233;n&#233;trables. La diversit&#233; des pr&#233;l&#232;vements et des prestations, avec leurs assiettes, leurs taux, leurs crit&#232;res, leurs exon&#233;rations, la multiplicit&#233; des caisses, constituent une v&#233;ritable usine &#224; gaz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s l'Insee cette redistribution aurait pour effet de diminuer de 20% le niveau de vie des 20% les plus riches, et d'augmenter de 53% le niveau de vie des 20% les plus pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces chiffres appellent quelques remarques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176; Il faut vraiment &#234;tre d&#233;muni pour b&#233;n&#233;ficier du syst&#232;me : les 20 % les plus pauvres (essentiellement des exclus, des parents isol&#233;s travaillant &#224; temps partiel, des retrait&#233;s) gagnent peut-&#234;tre 53 %, mais les 20 % suivants ne gagnent que 3 % et les autres perdent. Le gros des salari&#233;s ne b&#233;n&#233;ficient donc en rien de &#171; l'Etat providence &#187;. Ils financent eux-m&#234;mes ce qu'ils re&#231;oivent en allocations familiales, allocation de rentr&#233;e scolaire, allocation logement, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176; Selon l'Insee, la ponction de 20% sur les riches est due majoritairement &#224; l'imp&#244;t sur le revenu. Mais cet imp&#244;t rapporte au total (sur tous les contribuables) moins de 50 milliards d'euros. Or, apr&#232;s la redistribution &#171; verticale &#187;, la population consomme et paye des taxes : plus de 100 milliards d'euros de TVA, pr&#232;s de 25 milliards en taxes sur l'essence. Cette ponction, deux fois et demie plus importante que l'imp&#244;t sur le revenu, efface en grande partie la soi-disant redistribution. D'autant que les taxes sont fondamentalement injustes : quand on est pauvre, on n'a pas les moyens d'&#233;pargner, on paye donc la TVA sur la totalit&#233; de son revenu. De m&#234;me, la TVA sera identique (19,6 %) pour le riche qui ach&#232;te une Twingo &#224; chacun de ses enfants et pour la famille ouvri&#232;re qui l'ach&#232;te apr&#232;s des ann&#233;es d'&#233;conomies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J.F.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Salaires : la contre-offensive s'impose, 300 euros pour tous
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		<description>Apr&#232;s des ann&#233;es d'aust&#233;rit&#233; salariale, de ch&#244;mage de masse, de hausse des pr&#233;l&#232;vements et des prix, avec le passage &#224; l'euro pour couronner le tout, bien des salari&#233;s ont le sentiment de toucher le fond. Le ressentiment sur les salaires est suffisant pour &#233;clater spontan&#233;ment, &#231;a et l&#224; : chez les salari&#233;s des casinos, chez les vendeurs de H&amp;M qui ont fait connaissance avec la brutalit&#233; des m&#233;thodes polici&#232;res. &lt;br /&gt;D&#232;s lors, le gouvernement cherche &#224; donner le change : tant&#244;t il faudrait croire qu'une baisse de&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s des ann&#233;es d'aust&#233;rit&#233; salariale, de ch&#244;mage de masse, de hausse des pr&#233;l&#232;vements et des prix, avec le passage &#224; l'euro pour couronner le tout, bien des salari&#233;s ont le sentiment de toucher le fond. Le ressentiment sur les salaires est suffisant pour &#233;clater spontan&#233;ment, &#231;a et l&#224; : chez les salari&#233;s des casinos, chez les vendeurs de H&amp;M qui ont fait connaissance avec la brutalit&#233; des m&#233;thodes polici&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, le gouvernement cherche &#224; donner le change : tant&#244;t il faudrait croire qu'une baisse de prix, impos&#233;e aux hypermarch&#233;s, va accro&#238;tre notre pouvoir d'achat, tant&#244;t il faudrait &#171; travailler plus pour gagner plus &#187;. Des pi&#232;ges qui ne peuvent fonctionner qu'en l'absence de perspectives cr&#233;dibles de lutte collective pour les salaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est bien ce qui, malheureusement, fait d&#233;faut pour l'instant. Ce ne sont pas des mobilisations ponctuelles suivies de discussions entre &#171; partenaires sociaux &#187; qui permettront le n&#233;cessaire et massif rattrapage du pouvoir d'achat des travailleurs. Il faudra une offensive sociale comparable &#224; celles de juin 1936 ou mai 1968. Des mobilisations que nul ne peut d&#233;cr&#233;ter, c'est certain. Mais il n'en reste pas moins qu'il existe une diff&#233;rence entre la politique des militants et des organisations qui les pr&#233;parent, les encouragent et ceux qui, tout en se disant favorables aux augmentations de salaires, proposent des actions a minima, &#233;miett&#233;es, sans lendemain, et acceptent de n&#233;gocier interminablement les miettes propos&#233;es par le gouvernement et le patronat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;parer l'explosion, le coup de col&#232;re sur les salaires, c'est d'abord se m&#233;fier des revendications cat&#233;gorielles, formul&#233;es en points d'indice, en rythmes d'avancement, en primes sp&#233;cifiques. C'est formuler des objectifs dans lequel tous puissent se reconna&#238;tre, par del&#224; les fronti&#232;res du public, du priv&#233; et des diff&#233;rentes professions, &#224; la mesure des enjeux, &#224; la hauteur des risques que prennent les salari&#233;s en se mobilisant. &#171; 300 euros mensuels pour tous ! &#187; est aujourd'hui le mot d'ordre le plus unificateur parce qu'il exprime le besoin minimal de tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 janvier 2005&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_141 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L300xH174/lutte-surdite-791a0.gif?1528673627' width='300' height='174' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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