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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskyste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> Lutter contre les d&#233;localisations ?
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		<dc:subject>D&#233;localisations
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		<dc:subject>Politique
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		<description>Quand un patron annonce une d&#233;localisation en pr&#233;sentant sa d&#233;cision comme irr&#233;vocable le probl&#232;me rejoint directement celui de la lutte contre les licenciements. Avec toutes les difficult&#233;s, pour les travailleurs d'une entreprise isol&#233;e, de renverser un rapport de force au d&#233;part tr&#232;s d&#233;favorable. &lt;br /&gt;A priori il l'est moins quand la menace de d&#233;localiser est seulement brandie pour obtenir des travailleurs l'acceptation de baisses de salaires, d'une augmentation de temps de travail ou de r&#233;ductions&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quand un patron annonce une d&#233;localisation en pr&#233;sentant sa d&#233;cision comme irr&#233;vocable le probl&#232;me rejoint directement celui de la lutte contre les licenciements. Avec toutes les difficult&#233;s, pour les travailleurs d'une entreprise isol&#233;e, de renverser un rapport de force au d&#233;part tr&#232;s d&#233;favorable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A priori il l'est moins quand la menace de d&#233;localiser est seulement brandie pour obtenir des travailleurs l'acceptation de baisses de salaires, d'une augmentation de temps de travail ou de r&#233;ductions d'effectifs, sans v&#233;ritable intention de r&#233;duire la production elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, m&#234;me dans ce cas, il se trouve &#224; peu pr&#232;s in&#233;vitablement des travailleurs et des organisations syndicales pour consid&#233;rer que &#171; tout vaut mieux que perdre son travail &#187;. Avec ce moral de vaincus, ils veulent &#233;videmment croire que la n&#233;gociation avec le patron pourra limiter les d&#233;g&#226;ts, et dans ce but pr&#233;conisent de prendre les devants et d'accepter les concessions demand&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;R&#233;sister au chantage&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si cette opinion pr&#233;vaut, le chantage aura &#233;t&#233; efficace et le patron aura gagn&#233;. Et la discussion, contrairement &#224; ceux qui en caressent l'espoir, ne pourra rien &#233;viter. Aucun rapport de force ne peut s'&#233;tablir autrement que par la lutte face &#224; un adversaire qui dispose, lui, du pouvoir dans l'entreprise. Un chantage ne peut se contrecarrer que par une attitude r&#233;solue et une volont&#233; de mener le combat avec tous les moyens possibles, quels qu'en soient les risques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, les travailleurs, m&#234;me &#224; l'&#233;chelle de leur seule entreprise, m&#234;me quand le patron a vraiment l'intention de fermer celle-l&#224;, ne sont pas totalement d&#233;munis tant que les machines, les b&#226;timents, les mati&#232;res premi&#232;res et les produits finis, qui repr&#233;sentent une partie du capital, peuvent se trouver sous leur contr&#244;le, tant qu'une certaine activit&#233; est encore assur&#233;e sur le site et qu'ils ont le pouvoir du jour au lendemain de la stopper. Mais c'est bien alors, et sans attendre, qu'un rapport de force un peu plus favorable peut &#234;tre &#233;tabli et arracher &#224; son tour des concessions, cette fois au patron.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Elargir la lutte&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ceci n'exclut pas d'avoir conscience qu'une lutte au niveau de la seule entreprise, que ce soit contre un simple chantage ou contre une volont&#233; r&#233;elle de d&#233;localiser ou de licencier, aussi r&#233;solue soit-elle, permettra rarement de faire reculer totalement, sinon partiellement, un employeur. Difficult&#233; pour les travailleurs de tenir longtemps une action qui les prive de leur salaire, possibilit&#233; pour le patron d'avoir recours aux &#171; forces de l'ordre &#187; pour r&#233;cup&#233;rer l'usage de son mat&#233;riel ou au contraire d'abandonner pendant des mois, voire des ann&#233;es, un &#171; outil de travail &#187; qu'il consid&#232;re d&#233;pass&#233; : aucune bataille, m&#234;me tr&#232;s radicale, n'est &#233;videmment gagn&#233;e d'avance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vrai salut ne peut finalement venir que de la solidarit&#233; de classe. Licenciements et chantages aux d&#233;localisations ne se font pas partout et en m&#234;me temps. Pourtant ils sont utilis&#233;s par tous les patrons tout de suite pour faire pression sur tous les salaires de tous les travailleurs, remettre en question les horaires ou les conditions de travail, en bref augmenter le taux de profit au b&#233;n&#233;fice de l'ensemble de la classe des exploiteurs. Et le gouvernement et en g&#233;n&#233;ral l'Etat sont l&#224; pour les aider &#224; r&#233;aliser leurs objectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en parvenant &#224; une coh&#233;sion similaire que le camp oppos&#233;, celui des travailleurs, pourra v&#233;ritablement changer la donne. Mais pour cela il est n&#233;cessaire d'agir &#224; l'&#233;chelle de classe et sur le terrain politique, ce qui ne pourra &#234;tre atteint un jour que si d&#232;s maintenant &#224; partir de chaque lutte particuli&#232;re on s'efforce d'entra&#238;ner d'autres travailleurs (ceux sur qui p&#232;sent imm&#233;diatement ou &#224; l'avenir les m&#234;mes menaces de licenciement, de baisse de salaire, d'aggravation de conditions de vie et de travail), d'&#233;largir, de g&#233;n&#233;raliser et de coordonner le combat.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Retrouver la conscience de classe&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce devrait &#234;tre logiquement le r&#244;le des conf&#233;d&#233;rations syndicales comme des partis qui se veulent les repr&#233;sentants des int&#233;r&#234;ts des salari&#233;s, de d&#233;fendre cette perspective. D'affirmer &#224; chaque occasion qu'il n'y a pas fatalit&#233; &#224; &#234;tre r&#233;duits &#224; se battre, le dos au mur, entreprise apr&#232;s entreprise, qu'il est possible de se retrouver un jour en force et en nombre... si on le cherche d&#232;s aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce qui est vrai &#224; l'&#233;chelle d'un pays peut l'&#234;tre &#233;galement pour l'Europe et m&#234;me pour la plan&#232;te enti&#232;re. Le probl&#232;me des d&#233;localisations est pos&#233; dans des termes analogues en Allemagne, aux Etats-Unis, au Japon ou en Cor&#233;e aujourd'hui. Il le sera en Chine ou au Maghreb demain. Il faut combattre impitoyablement cette pire des politiques qui consiste &#224; dresser les travailleurs les uns contre les autres, en essayant de leur faire croire que ce sont d'autres travailleurs qui leur &#171; piquent leur boulot &#187; et pas les patrons - de toutes nationalit&#233;s - qui menacent en permanence leur droit &#224; l'existence. Spontan&#233;ment bien des travailleurs sont sensibles aux sir&#232;nes nationalistes, voire r&#233;gionalistes, voire &#224; &#171; l'esprit maison &#187;. Mais bien trop souvent aussi ces sentiments sont confort&#233;s par le discours des directions syndicales ou des partis de gauche. Celui tenu en ce moment, &#224; l'occasion de la constitution europ&#233;enne et du futur r&#233;f&#233;rendum, par certaines d'entre elles en est un bel et bien triste exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui n'a rien d'&#233;tonnant d'ailleurs de la part de partisans de la collaboration de classe quand on sait qu'interdire les licenciements signifierait forc&#233;ment interdire aux d&#233;tenteurs de la propri&#233;t&#233; des moyens de production d'en disposer comme ils l'entendent. Autrement dit s'engager sur la voie de la constitution d'un v&#233;ritable pouvoir ouvrier visant &#224; l'expropriation du capital et la mise sur pied d'une organisation socialiste de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Louis GUILBERT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_135 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L300xH203/licencier-6787a.gif?1528447868' width='300' height='203' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Et le p&#233;ril bleu-blanc-rouge !
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Et-le-peril-bleu-blanc-rouge</link>
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		<dc:subject>Capitalisme
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		<dc:subject>D&#233;localisations
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		<dc:subject>Monde
</dc:subject>

		<description>On nous parle des d&#233;g&#226;ts des d&#233;localisations sur l'emploi en France. Mais que se passe-t-il, &#224; l'&#233;tranger, quand les grands groupes fran&#231;ais investissent, bien souvent d'ailleurs pour racheter des entreprises locales ? Quelques exemples... &lt;br /&gt;Renault-Peugeot : les destructions des constructeurs &lt;br /&gt;En 1999, Renault rach&#232;te le constructeur japonais Nissan. Le groupe change de taille et s'implante en Asie. Mais l'op&#233;ration se traduit par la fermeture de cinq usines et la suppression de 21 000 emplois chez&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On nous parle des d&#233;g&#226;ts des d&#233;localisations sur l'emploi en France. Mais que se passe-t-il, &#224; l'&#233;tranger, quand les grands groupes fran&#231;ais investissent, bien souvent d'ailleurs pour racheter des entreprises locales ? Quelques exemples...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Renault-Peugeot : les destructions des constructeurs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En 1999, Renault rach&#232;te le constructeur japonais Nissan. Le groupe change de taille et s'implante en Asie. Mais l'op&#233;ration se traduit par la fermeture de cinq usines et la suppression de 21 000 emplois chez Nissan. A ce prix-l&#224; Nissan peut contribuer pour 70 % aux b&#233;n&#233;fices du nouveau groupe en 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours en 1999, autre op&#233;ration du m&#234;me acabit en Roumanie : Renault rach&#232;te Dacia. Mais pour venir exploiter les travailleurs roumains, le groupe fran&#231;ais pose ses conditions : exemption de l'imp&#244;t sur les b&#233;n&#233;fices pendant cinq ans, report du paiement de la TVA pour trois ans, nouvelle h&#233;catombe d'emplois. Toutes accept&#233;es par l'Etat roumain. Bilan : en un an, le nombre de travailleurs de Dacia passe de 27 000 &#224; 24 000 ; il diminue encore jusqu'&#224; 16 000 en 2004. En cinq ans, 40 % des emplois ont donc &#233;t&#233; supprim&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore plus pr&#232;s, dans la vieille Europe, les constructeurs fran&#231;ais n'h&#233;sitent pas &#224; jouer du chantage &#224; l'emploi pour faire pression sur les salaires. Ainsi l'usine Peugeot-Citro&#235;n de Ryton, pr&#232;s de Coventry en Angleterre. En 2002, la direction obtient une aggravation de la flexibilit&#233; des horaires, en pr&#233;tendant qu'elle veut cr&#233;er des emplois. En 2003, elle impose une r&#233;duction de 52 euros par mois en moyenne, sous pr&#233;texte cette fois d'&#233;viter des licenciements. Ce qui ne l'emp&#234;che pas, en avril 2004 d'annoncer 700 suppressions sur 3 500 emplois environ.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;France Telecom : les profiteurs de crise&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La crise &#233;conomique en Argentine du d&#233;but des ann&#233;es 2000 a illustr&#233; les effets de la rapacit&#233; de nombreux trusts occidentaux sur les pays du Tiers-monde. Parmi ces trusts, France Telecom s'est particuli&#232;rement illustr&#233;. Dans les ann&#233;es 1990, profitant de la grande braderie des privatisations de l'Etat argentin, France Telecom prend possession de 27 % de la soci&#233;t&#233; Telecom Argentina. L'autre grande compagnie de t&#233;l&#233;phonie est d&#233;tenue par Telefonica de Espa&#241;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En une dizaine d'ann&#233;es elles vont supprimer pr&#232;s de 50 % des emplois et imposer d'importantes baisses de salaires. L'&#233;conomie du pays s'effondre, mais Telecom Argentina et Telefonica r&#233;alisent des marges de profit trois fois sup&#233;rieures &#224; celles en moyenne des dix plus grands groupes dans le reste du monde.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Carrefour : s'enrichir en fermant boutique &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Carrefour SA est le second groupe de grande distribution dans le monde, derri&#232;re l'am&#233;ricain Wal-Mart. 10 400 magasins dans 30 pays, 450 000 salari&#233;s, une position de leader en Europe et en Am&#233;rique latine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le groupe pr&#233;tend avoir recul&#233; sur le march&#233; fran&#231;ais en 2003. Il annonce en septembre 2004 un renforcement de son activit&#233; en France, et pour financer ce red&#233;ploiement la probable fermeture de ses magasins au Mexique (o&#249; la cha&#238;ne avoue pourtant faire des b&#233;n&#233;fices). 35 &#233;tablissements seraient concern&#233;s, soit 7 000 emplois. Le groupe pourrait aussi fermer ses magasins japonais.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;TotalFinaElf : le remplacement du salariat... par l'esclavage&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans certains coins de la plan&#232;te, les trusts fran&#231;ais ne se posent pas le probl&#232;me de la compression des salaires ou des licenciements, parce que ceux qu'ils exploitent n'ont pas m&#234;me le statut de salari&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi TotalFinaElf a prosp&#233;r&#233; sur le travail forc&#233; en Birmanie. Lors de la construction du gazoduc de Yadana, des dizaines de milliers de paysans auraient &#233;t&#233; d&#233;plac&#233;s par l'arm&#233;e birmane, et 15 000 enr&#244;l&#233;s de force dans la construction d'un chemin de fer auxiliaire aux travaux de constructions du pipe-line. Contrepartie : pour mater la gu&#233;rilla de la r&#233;gion, Total aurait pr&#234;t&#233; son soutien &#224; l'arm&#233;e et &#224; ses tortionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beno&#238;t MARCHAND&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> P&#233;ril jaune, p&#233;ril turc, p&#233;ril pauvre ? Les d&#233;localisations vues du Tiers-monde
</title>
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		<dc:subject>D&#233;localisations
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		<dc:subject>Monde
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		<description>Sans m&#234;me parler de l'extr&#234;me droite, le tr&#232;s chr&#233;tien Jean-Louis Bourlanges, d&#233;put&#233; europ&#233;en UDF, combat l'entr&#233;e de la Turquie dans l'Union europ&#233;enne au nom de la &#171; promesse de d&#233;localisation contenue dans la candidature turque &#187; (L'Expansion du 28 septembre 2004) et le tr&#232;s socialiste Laurent Fabius voit dans la constitution europ&#233;enne la m&#232;re de toutes les d&#233;localisations. Du coup, ce pauvre Jean-Pierre Chev&#232;nement a d&#251; avoir peur qu'on l'oublie et, dans Le Figaro du 22 septembre 2004, pose en&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sans m&#234;me parler de l'extr&#234;me droite, le tr&#232;s chr&#233;tien Jean-Louis Bourlanges, d&#233;put&#233; europ&#233;en UDF, combat l'entr&#233;e de la Turquie dans l'Union europ&#233;enne au nom de la &lt;em&gt;&#171; promesse de d&#233;localisation contenue dans la candidature turque &#187; &lt;/em&gt;(&lt;em&gt;L'Expansion&lt;/em&gt; du 28 septembre 2004) et le tr&#232;s socialiste Laurent Fabius voit dans la constitution europ&#233;enne la m&#232;re de toutes les d&#233;localisations. Du coup, ce pauvre Jean-Pierre Chev&#232;nement a d&#251; avoir peur qu'on l'oublie et, dans &lt;em&gt;Le Figaro&lt;/em&gt; du 22 septembre 2004, pose en tremblant la question &lt;em&gt;&#171; Faut-il avoir peur de la Chine ? &#187;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Mais qui doit avoir peur de qui ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les grands b&#233;n&#233;ficiaires des d&#233;localisations sont avant tout les patrons occidentaux. Les pays du Tiers-monde se livrent une concurrence acharn&#233;e &#224; qui saura faire venir le plus d'investisseurs &#233;trangers mais ne contr&#244;lent rien. Ainsi la cr&#233;ation d'une &#171; Silicon Valley &#187; en Malaisie ne d&#233;pend absolument pas de ce pays, malgr&#233; sa politique de formation de techniciens et d'ing&#233;nieurs et d'ouverture aux grands trusts occidentaux de l'informatique. Ce sont ceux-l&#224; qui d&#233;cideront. Un des responsables du Centre r&#233;gional d'investissement marocain peut donc r&#233;pondre &#224; l'ex-ministre fran&#231;ais : &lt;em&gt;&#171; Chez nous, une soci&#233;t&#233; fran&#231;aise a le droit de rapatrier &#224; tout moment son capital et ses b&#233;n&#233;fices. Alors qui doit avoir peur de qui ? &#187; (Ouest-France, &lt;/em&gt;01/10/2004).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette surench&#232;re &#224; laquelle se livrent les pays pauvres pour faire venir des entreprises occidentales s'explique facilement : les travailleurs fran&#231;ais ou am&#233;ricains ne sont pas les seuls &#224; voir leurs usines d&#233;m&#233;nager. Ainsi, au Mexique entre 2001 et 2003, 474 &lt;em&gt;maquiladoras &lt;/em&gt;- les entreprises sous-traitantes des trusts am&#233;ricains concentr&#233;es le long de la fronti&#232;re - ont ferm&#233; leurs portes. Et 220 000 emplois sur les 1,3 millions existant dans les zones franches r&#233;serv&#233;es aux &lt;em&gt;maquiladoras&lt;/em&gt; ont disparu en direction de la Chine, para&#238;t-il, o&#249; les salaires sont 5 fois moins &#233;lev&#233;s pour le m&#234;me travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les d&#233;localisations n'impliquent pas forc&#233;ment de grandes distances. Au Guatemala, ce sont 20 entreprises sous-traitantes de grands groupes qui ont ferm&#233;, d&#233;localisant 3 800 emplois au Nicaragua voisin. Aucun travailleur du Tiers-monde ne peut se sentir &#224; l'abri. M&#234;me la Chine et l'Inde d&#233;localisent : les ing&#233;nieurs informaticiens de Malaisie co&#251;tent moins cher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bourgeoisies occidentales soumettent &#224; une concurrence impitoyable les classes ouvri&#232;res des pays pauvres, dictent leurs conditions aux &#201;tats et les mettent en comp&#233;tition entre eux. Une sorte de vente aux ench&#232;res : &#224; qui permettra l'exploitation de ses salari&#233;s au meilleur prix. S'il y a bien une menace permanente de d&#233;localisation, c'est surtout en Asie, en Afrique, en Am&#233;rique latine, dans chaque pays du Tiers-monde, aucun ne pouvant &#233;chapper au chantage et &#224; l'arbitrage permanent des multinationales des pays d&#233;velopp&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un march&#233; de dupes pour les pays les plus pauvres&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;localisations comportent en outre des contreparties d&#233;favorables pour les pays pauvres qui en b&#233;n&#233;ficient. La lev&#233;e des barri&#232;res douani&#232;res facilite peut-&#234;tre les exportations de textile, de jouets ou m&#234;me de t&#233;l&#233;phones portables chinois. En revanche, elle permet &#233;galement aux multinationales de conqu&#233;rir librement le secteur des services, de la banque, des t&#233;l&#233;communications, comme s'y est engag&#233; le gouvernement chinois lors des n&#233;gociations d'adh&#233;sion &#224; l'OMC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me les trusts de l'agro-alimentaire pourront p&#233;n&#233;trer le march&#233; chinois. Or, les agriculteurs chinois ne peuvent rivaliser avec les Nestl&#233;, Danone ou Monsanto. Ce sont des dizaines, voire des centaines de millions de paysans qui risquent non seulement d'&#234;tre pr&#233;cipit&#233;s dans la mis&#232;re - en fait pour beaucoup ils y sont d&#233;j&#224; - mais tout simplement d'&#234;tre &#233;vinc&#233;s de leur terre et expuls&#233;s des campagnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mathieu PARANT&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> D&#233;localisation made in Belgium
</title>
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		<dc:subject>D&#233;localisations
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		<dc:subject>Belgique
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		<dc:subject>Monde
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		<description>DHL est une entreprise internationale de courrier express. Cette filiale de la Deutsche Post est install&#233;e en Belgique depuis 1978. En 1988, elle a install&#233; son quartier g&#233;n&#233;ral mondial &#224; Bruxelles et l'a&#233;roport de Bruxelles (Zaventem) est devenu le plus grand &#171; hub &#187; de DHL en dehors des Etats Unis. &lt;br /&gt;Cette entreprise est &#224; la base d'un feuilleton politique et &#233;conomique &#224; rebondissements qui dure depuis plus de dix mois. Dix mois que les diff&#233;rents gouvernements (le gouvernement f&#233;d&#233;ral, le&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;DHL est une entreprise internationale de courrier express. Cette filiale de la Deutsche Post est install&#233;e en Belgique depuis 1978. En 1988, elle a install&#233; son quartier g&#233;n&#233;ral mondial &#224; Bruxelles et l'a&#233;roport de Bruxelles (Zaventem) est devenu le plus grand &#171; hub &#187; de DHL en dehors des Etats Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette entreprise est &#224; la base d'un feuilleton politique et &#233;conomique &#224; rebondissements qui dure depuis plus de dix mois. Dix mois que les diff&#233;rents gouvernements (le gouvernement f&#233;d&#233;ral, le gouvernement de la R&#233;gion bruxelloise et le gouvernement de la R&#233;gion flamande) n&#233;gocient avec DHL pour savoir s'ils autorisent l'entreprise &#224; cr&#233;er un centre de tri intercontinental &#224; Bruxelles. Une extension qui devait entra&#238;ner, selon l'entreprise, la cr&#233;ation dans quelques ann&#233;es de 1400 postes de travail.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un chantage &#224; l'emploi...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;DHL demandait l'autorisation de faire plus de 25 000 vols annuels et 16 vols nocturnes quotidiens (contre 1 actuellement) &#224; partir de 2011. Et elle indiquait clairement que, faute de l'autorisation de faire ces vols, elle cr&#233;erait son centre de tri de courrier ailleurs, en Allemagne &#224; Leipzig ou en France &#224; Vatry.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant les exigences de DHL, des n&#233;gociations se sont ouvertes au sein du gouvernement f&#233;d&#233;ral et entre les trois gouvernements concern&#233;s. Toutes les heures, la radio belge tenait inform&#233; du d&#233;roulement des n&#233;gociations, qui dur&#232;rent des jours entiers voire une bonne partie des nuits ! Au sein des gouvernements, les avis &#233;tant partag&#233;s, on est pass&#233; &#224; deux doigts de la d&#233;mission du Premier ministre belge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, comme on est en Belgique, cette n&#233;gociation s'est doubl&#233;e d'une discussion sur le probl&#232;me linguistique. Comme DHL emploie actuellement 10 % de francophones et 90 % de n&#233;erlandophones, ne devrait-il pas y avoir dans les futurs postes cr&#233;&#233;s plus de francophones ? La Flandre mena&#231;a m&#234;me de r&#233;gionaliser l'a&#233;roport qui est situ&#233; sur son territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'ajoutaient aussi les protestations des riverains de l'a&#233;roport qui d&#233;noncent le bruit et la pollution suppl&#233;mentaires qu'entrainerait une augmentation des vols en g&#233;n&#233;ral et des vols de nuit en particulier. Il faut dire que l'a&#233;roport de Zaventem est situ&#233; tout pr&#232;s de Bruxelles, que ces riverains luttent depuis des ann&#233;es contre le bruit des avions et qu'ils sont aussi... des &#233;lecteurs. Aucun ministre ne voulait prendre sur lui la d&#233;cision de ces vols suppl&#233;mentaires et l'impopularit&#233; qui irait avec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, DHL, en expliquant qu'elle n'avait pas obtenu les autorisations n&#233;cessaires, a d&#233;cid&#233; d'implanter son centre intercontinental de tri du courrier ailleurs. Cette d&#233;cision rend non seulement caduque la cr&#233;ation de 1400 postes de travail, mais en plus entra&#238;nera la suppression de 900 &#224; 1350 emplois &#224; Bruxelles &#224; partir de 2008.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;...pris avec philosophie par les gouvernements&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; du gouvernement comme du c&#244;t&#233; de l'entreprise, l'annonce de cette d&#233;cision s'est faite sans triomphalisme ni coup de col&#232;re. A DHL, qui explique que l'entreprise &#171; &lt;em&gt;ne veut pas d&#233;signer l'un ou l'autre responsable dans l'&#233;chec des n&#233;gociations&lt;/em&gt; &#187;, les gouvernements ont r&#233;pondu, unis cette fois, &#171; &lt;em&gt;qu'ils regrettent la d&#233;cision de DHL...&lt;/em&gt; &#187;. Et du c&#244;t&#233; gouvernemental on explique que ce qui a guid&#233; le gouvernement, ce sont des pr&#233;occupations &#233;cologiques, la volont&#233; de limiter le bruit et la pollution. Un v&#233;ritable conte de f&#233;e qui transforme ces ministres en ardents d&#233;fenseurs de la nature, en &#233;cologistes plus verts que verts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, il est difficile de conna&#238;tre ce qui s'est vraiment discut&#233; au sein des gouvernements et avec DHL.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; des travailleurs, le soir de l'annonce de l'&#233;chec des n&#233;gociations entre les gouvernements et l'entreprise, des d&#233;brayages ont eu lieu, des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales se sont tenues et les travailleurs ont bloqu&#233; une partie de la nuit le p&#233;riph&#233;rique qui passe devant l'a&#233;roport. Une r&#233;union des d&#233;l&#233;gu&#233;s syndicaux de l'entreprise et de l'a&#233;roport a eu lieu lundi dernier. Ils ont d&#233;cid&#233; d'organiser vendredi 29 octobre &#171; une marche pour l'emploi &#187; &#224; Bruxelles o&#249; des travailleurs d'autres entreprises seraient associ&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette initiative a rassembl&#233; 2000 personnes, des travailleurs de la STIB (transports publics de Bruxelles), en gr&#232;ve ce jour l&#224;, ont rejoint ceux de DHL apr&#232;s leur propre manifestation, ainsi que d'autres de la SNCB (chemins de fer) venus par solidarit&#233;. Des ouvriers de Volkswagen &#233;taient attendus, car il y a aussi des suppressions d'emplois programm&#233;es chez eux, mais finalement seule une d&#233;l&#233;gation syndicale &#233;tait pr&#233;sente. Aucune suite &#224; cette manifestation n'est pr&#233;vue (bien qu'&#224; la STIB, sous la pression des chauffeurs et des m&#233;caniciens les syndicats aient d&#251; appeler &#224; des journ&#233;es de gr&#232;ve pour les salaires et les conditions de travail). Pour l'instant DHL, et bien d'autres, peuvent continuer &#224; supprimer des emplois !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11 novembre 2004&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul GALLER&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Services : entr&#233;s dans la division internationale du travail
</title>
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		<dc:subject>D&#233;localisations
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
</dc:subject>

		<description>Les d&#233;localisations ont longtemps &#233;t&#233; associ&#233;es aux emplois industriels. Telle usine fermait en France pour aller fabriquer dans un pays moins d&#233;velopp&#233; o&#249; le co&#251;t de la main d'&#339;uvre &#233;tait infiniment moins cher. Depuis quelques ann&#233;es, d'autres types d'emplois sont concern&#233;s. Cette nouvelle tendance frappe les esprits car ces emplois sont bien plus qualifi&#233;s. &lt;br /&gt;Les services, devenant des marchandises comme les autres, se sont en effet ouverts au commerce mondial gr&#226;ce au d&#233;veloppement de l'Internet. La&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les d&#233;localisations ont longtemps &#233;t&#233; associ&#233;es aux emplois industriels. Telle usine fermait en France pour aller fabriquer dans un pays moins d&#233;velopp&#233; o&#249; le co&#251;t de la main d'&#339;uvre &#233;tait infiniment moins cher. Depuis quelques ann&#233;es, d'autres types d'emplois sont concern&#233;s. Cette nouvelle tendance frappe les esprits car ces emplois sont bien plus qualifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les services, devenant des marchandises comme les autres, se sont en effet ouverts au commerce mondial gr&#226;ce au d&#233;veloppement de l'Internet. La division internationale du travail s'&#233;largit toujours plus &#224; de nouveaux secteurs et met en concurrence des emplois jusqu'ici relativement prot&#233;g&#233;s au sein de leur pays. Des nations comme l'Inde ou la Chine forment aujourd'hui des informaticiens, des ing&#233;nieurs du niveau des sp&#233;cialistes europ&#233;ens ou am&#233;ricains. Les multinationales s'en sont d'abord servis en les faisant venir dans les pays occidentaux, en particulier aux Etats-Unis, mais aussi en Allemagne. Elles s'en servent maintenant de plus en plus en implantant l&#224;-bas une partie de leurs activit&#233;s de services. Ainsi comptabilit&#233;, service client&#232;le, radiologie, facturation, analyse financi&#232;re, &#233;laboration de logiciels, cr&#233;ations architecturales, recherche et d&#233;veloppement peuvent &#234;tre d&#233;sormais &#233;parpill&#233;s &#224; travers la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;De quoi s'inqui&#233;ter...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La CNUDED, organe de l'ONU pour les questions de commerce et d'investissement, pr&#233;voit dans une enqu&#234;te parue au printemps une cascade de d&#233;localisations dans les services. &#171; &lt;em&gt;Toute la gamme des services,&lt;/em&gt; conclut-elle,&lt;em&gt; depuis les relations avec le public jusqu'aux services administratifs, peut donner lieu &#224; d&#233;localisation. Les finances, la comptabilit&#233;, l'informatique, la gestion des ressources humaines et d'autres services de secr&#233;tariat interviennent dans quelque 60 % des projets actuels ou pr&#233;vus de d&#233;localisation des soci&#233;t&#233;s europ&#233;ennes interrog&#233;es. Un tiers des soci&#233;t&#233;s ont mentionn&#233; la d&#233;localisation de services de relations avec le public tels que les centres d'appels destin&#233;s &#224; la client&#232;le. D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, aucun service n'est intouchable ; la plupart peuvent &#234;tre d&#233;localis&#233;s &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; une exag&#233;ration manifeste. Le nombre des emplois concern&#233;s ne repr&#233;sente que 0,5 % du total. Cependant, la tendance est incontestablement au d&#233;veloppement, et si elle fait couler beaucoup d'encre, c'est justement parce que de nouveaux m&#233;tiers se retrouvent ainsi sur le march&#233; mondial, touchant des professions, parfois tr&#232;s qualifi&#233;es, qui pouvaient se sentir &#224; l'abri. Le m&#233;decin de ville devra certes toujours se trouver &#224; proximit&#233; de son patient, mais il pourra interroger via Internet un sp&#233;cialiste indien ou un radiologue &#224; l'autre bout de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, des services encore publics comme La Poste, ou ex-publics comme France Telecom ne sont pas les derniers &#224; d&#233;localiser certaines de leurs activit&#233;s, essentiellement tout ce qui concerne les rapports avec la client&#232;le, service apr&#232;s vente, d&#233;pannage, etc. Ce ph&#233;nom&#232;ne r&#233;cent inqui&#232;te la population qui a l'impression qu'aucun emploi, aucune formation n'est &#224; l'abri de la concurrence mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;...repartir en guerre...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il y a d&#233;j&#224; quelques ann&#233;es que l'activit&#233; des centres d'appel de grands groupes comme Orange, filiale de France Telecom, La Poste, ou le fournisseur d'acc&#232;s Internet Tiscali, sont d&#233;localis&#233;s au Maroc ou au S&#233;n&#233;gal, deux pays leaders en la mati&#232;re. Ces d&#233;localisations y auraient cr&#233;&#233; plusieurs milliers d'emplois. Main d'&#339;uvre qualifi&#233;e et francophone, infrastructures t&#233;l&#233;coms de qualit&#233;s, les rendent attirants pour les grandes soci&#233;t&#233;s europ&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant lorsqu'un client fran&#231;ais utilise les services d'une soci&#233;t&#233; fran&#231;aise (assistance technique, t&#233;l&#233;vente ou m&#234;me cellule de crise), il a deux fois sur dix affaire &#224; une entreprise offshore. Les co&#251;ts en sont de 30 &#224; 40 % moins chers par rapport &#224; un op&#233;rateur national. Le personnel d'un centre d'appel marocain per&#231;oit ainsi un salaire d'environ 400 &#8364; (le Smic local &#233;tant de 180 &#8364;), pour 44 heures de travail hebdomadaires. Et il est dipl&#244;m&#233; bac + 3 ou 4.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au S&#233;n&#233;gal, ces centres d'appel se multiplient, le plus gros ayant embauch&#233; 900 personnes en deux ans, un autre est pass&#233; de 100 &#224; 700 employ&#233;s depuis 2002. Ces &#233;quipes se relaient 24 heures sur 24, toutes les 7 heures. Et devant cette affaire qui marche, le gouvernement s&#233;n&#233;galais a annonc&#233; son intention de faire des t&#233;l&#233;services un des moteurs de la croissance au cours des prochaines ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A noter toutefois que les d&#233;localisations ne se font pas uniquement dans des pays sous-d&#233;velopp&#233;s : aux c&#244;t&#233;s de l'Inde, ce sont des pays comme l'Irlande, le Canada, et Isra&#235;l qui sont les principaux b&#233;n&#233;ficiaires du ph&#233;nom&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sarkozy, qui s'est fait une sp&#233;cialit&#233; de surfer sur les peurs et les angoisses, est donc reparti en guerre sur le sujet et pr&#233;tend, pour mettre un soi disant coup d'arr&#234;t &#224; ce ph&#233;nom&#232;ne, obliger les centres d'appel &#224; informer le client de leur lieu de domiciliation en d&#233;but de communication. Le futur pr&#233;sidentiable se donne l'air d'avoir des solutions aux probl&#232;mes qui inqui&#232;tent la population, m&#234;me si les rem&#232;des tiennent surtout du gadget. Annoncer que l'op&#233;rateur r&#233;pond du S&#233;n&#233;gal n'aura pas plus d'effet sur le client que s'il r&#233;pond de Marseille. D'autant plus que m&#234;me les x&#233;nophobes ou racistes qui seraient choqu&#233;s - heureusement, sans doute pas si nombreux que cela - n'auront gu&#232;re le choix s'ils veulent obtenir le service qu'ils cherchent.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;...ou plut&#244;t de se r&#233;jouir ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;localisation des services est certes r&#233;cente, mais elle se situe dans la droite ligne du d&#233;veloppement du capitalisme. Faut-il s'en plaindre, r&#233;clamer le rapatriement de ces emplois en France, fermer les fronti&#232;res ? Vieux d&#233;bats et vieux d&#233;mons, exploit&#233;s comme on l'a vu par des d&#233;magogues de tous poils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant la division internationale toujours plus pouss&#233;e du travail et la concentration plus grande de salari&#233;s dans de nombreux pays de la plan&#232;te va dans le sens de l'unification des salari&#233;s du monde entier, m&#234;me si elle se fait &#224; la fa&#231;on brutale du capitalisme. Alors, sans m&#234;me parler que ces d&#233;localisations ne concernent qu'une infime partie des emplois concern&#233;s, l'&#233;mergence dans ces pays d'une main d'&#339;uvre qualifi&#233;e et instruite aux c&#244;t&#233;s de la main d'&#339;uvre industrielle, les concentrations qu'elles supposent de salari&#233;s dans les pays accueillant ces activit&#233;s, sont plut&#244;t une raison d'esp&#233;rer un renouveau du mouvement ouvrier international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laurence VINON&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_134 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH234/eiffel-55190.gif?1528447868' width='400' height='234' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Textile : qui tire les fils ?
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Textile-qui-tire-les-fils</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>D&#233;localisations
</dc:subject>
		<dc:subject>Licenciements
</dc:subject>
		<dc:subject>Textile
</dc:subject>
		<dc:subject>Entreprises
</dc:subject>

		<description>Depuis les ann&#233;es 1980, les fermetures d'entreprises et les vagues de licenciements n'ont cess&#233; de se succ&#233;der dans le textile et l'habillement, frappant durement les r&#233;gions dont c'&#233;tait l'activit&#233; traditionnelle : le Nord, l'Est, le Massif Central, les Alpes... Bilan : la fili&#232;re, qui employait il y a trente ans pr&#232;s d'un million de salari&#233;s en France, n'en compte plus aujourd'hui que 198 000 (Le Monde, 23-09-03). &lt;br /&gt;Les patrons ont mis en cause la concurrence mondiale, en particulier celle des pays&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis les ann&#233;es 1980, les fermetures d'entreprises et les vagues de licenciements n'ont cess&#233; de se succ&#233;der dans le textile et l'habillement, frappant durement les r&#233;gions dont c'&#233;tait l'activit&#233; traditionnelle : le Nord, l'Est, le Massif Central, les Alpes... Bilan : la fili&#232;re, qui employait il y a trente ans pr&#232;s d'un million de salari&#233;s en France, n'en compte plus aujourd'hui que 198 000 (&lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt;, 23-09-03).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les patrons ont mis en cause la concurrence mondiale, en particulier celle des pays pauvres, o&#249; la main d'&#339;uvre est beaucoup moins ch&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Ne pas confondre d&#233;localisations... &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;De fait, ils ont rapidement d&#233;localis&#233; une bonne partie de l'habillement vers des pays d'Europe de l'Est comme la Pologne et la Hongrie, et surtout vers la Tunisie et le Maroc. Ces pays ont l'avantage d'&#234;tre proche du march&#233; fran&#231;ais : des tissus fabriqu&#233;s en France traversent la M&#233;diterran&#233;e, puis font le voyage retour une fois transform&#233;s en v&#234;tements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le textile, cependant, la vague des d&#233;localisations a &#233;t&#233; moins massive. Les filatures de laine ont &#233;t&#233; les plus touch&#233;es, mais dans son ensemble, la fili&#232;re textile s'est rapidement modernis&#233;e au cours des vingt derni&#232;res ann&#233;es. Elle s'est sp&#233;cialis&#233;e dans de nouveaux tissus synth&#233;tiques et dans ce qu'on appelle les tissus techniques : ils servent dans l'industrie, dans le domaine m&#233;dical, dans la construction o&#249; ils peuvent &#234;tre ins&#233;r&#233;s &#224; la structure de routes ou de ponts... La France r&#233;alise 24 % de la production europ&#233;enne de tissus techniques, elle est au quatri&#232;me rang mondial derri&#232;re le Japon, les Etats-Unis et l'Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, depuis le &#171; plan textile &#187; de 1982, lanc&#233; au nom de la sauvegarde de l'emploi, les entreprises fran&#231;aises ont profit&#233; des multiples r&#233;ductions de charges sociales, pour investir et restructurer la production. Les aides vers&#233;es leur ont servi &#224; acheter du mat&#233;riel ultramoderne et c'est encore l'Etat qui a pay&#233; pour les d&#233;parts en pr&#233;retraite et les soi-disant plans de reconversion de la main d'&#339;uvre. La productivit&#233; ayant consid&#233;rablement augment&#233;, actuellement les industries textiles produisent toujours plus avec beaucoup moins de salari&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;... et concentrations&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La fili&#232;re textile-habillement a d'ailleurs connu en r&#233;alit&#233; un &#233;pisode de forte concentration, en France et pour l'ensemble des pays d&#233;velopp&#233;s : beaucoup de petites entreprises ont disparu, au profit des grosses qui contr&#244;lent la quasi-totalit&#233; du march&#233; mondial. L'industrie textile mondiale est aujourd'hui entre les mains de 25 &#224; 30 grandes soci&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme dans bien d'autres secteurs industriels, les patrons du textile et de l'habillement agitent la menace de la concurrence des &#171; &#233;conomies &#233;mergentes &#187;. Mais loin de concurrencer r&#233;ellement ces firmes, les pays pauvres subissent leur chantage. Ils sont en concurrence les uns avec les autres &#224; qui sera le plus attractif par ses faibles co&#251;ts de main d'&#339;uvre. Et bien souvent, les d&#233;localisations se font d'un pays sous-d&#233;velopp&#233; vers un autre. La fili&#232;re textile-habillement du Maghreb et de la Turquie est concurrenc&#233;e par la Chine (qui pourrait repr&#233;senter d'ici peu environ 20 % des exportations mondiales de v&#234;tements) et par les pays de l'Est o&#249; les salaires sont aussi faibles, voire inf&#233;rieurs. Pendant que d'autres pays, pourtant producteurs de coton, comme ceux de l'Afrique de l'Ouest, restent d&#233;pourvus de toute industrie textile. Ce sont ces m&#234;mes g&#233;ants du textile qui choisissent o&#249; implanter leurs activit&#233;s et contr&#244;lent l'organisation du march&#233; mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces soci&#233;t&#233;s tirent ainsi les fils d'une production d&#233;sormais mondialis&#233;e, par l'exploitation des salari&#233;s d'ailleurs... et d'ici. Car dans les pays d&#233;velopp&#233;s, les salaires sont faibles aussi : aux Etats-Unis, l'industrie du textile fait massivement appel &#224; des femmes non syndiqu&#233;es, des Noirs et des Hispaniques qui re&#231;oivent des salaires bien en de&#231;&#224; de ceux pratiqu&#233;s dans plusieurs pays d'Europe occidentale et du Japon. Et en France, le taux de salaire moyen dans la fili&#232;re, proche du Smic, est le plus bas de l'industrie. Sans parler des salaires en vigueur &#224; Paris m&#234;me, o&#249; des travailleurs clandestins, en majorit&#233; turcs ou chinois, &#339;uvrent pour des marques bien connues telles que Creeks ou Kooka&#239;. 5 000 entreprises de moins de 50 salari&#233;s dans le Sentier r&#233;alisent 15 &#224; 20 % des v&#234;tements fabriqu&#233;s en France (&lt;em&gt;Alternatives Economiques&lt;/em&gt;, juin 2002). Une autre fa&#231;on de d&#233;localiser vers les bas salaires... en restant sur place !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lydie GRIMAL&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_137 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L350xH246/rapatriement-bdb9c.gif?1528315706' width='350' height='246' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Sales coups et petite cuisine
</title>
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		<dc:date>2004-11-14T18:16:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>D&#233;localisations
</dc:subject>
		<dc:subject>Licenciements
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		<dc:subject>Politique
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		<description>C&#244;t&#233; patronal, une recette - pas toute nouvelle - fait fureur depuis cet &#233;t&#233;. Il s'agit du chantage &#224; la d&#233;localisation. Pour cela : se munir d'un patron cherchant &#224; augmenter ses profits (se trouve tr&#232;s facilement dans les entreprises petites et grandes), d'un taux de ch&#244;mage &#233;lev&#233; qui accro&#238;t la vuln&#233;rabilit&#233; des salari&#233;s et, pour relever le tout, de syndicats dociles. Agiter ensuite la menace de d&#233;localisation pour faire pression sur les salaires et le temps de travail. Le tour est jou&#233;. &lt;br /&gt;Apr&#232;s avoir&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C&#244;t&#233; patronal, une recette - pas toute nouvelle - fait fureur depuis cet &#233;t&#233;. Il s'agit du chantage &#224; la d&#233;localisation. Pour cela : se munir d'un patron cherchant &#224; augmenter ses profits (se trouve tr&#232;s facilement dans les entreprises petites et grandes), d'un taux de ch&#244;mage &#233;lev&#233; qui accro&#238;t la vuln&#233;rabilit&#233; des salari&#233;s et, pour relever le tout, de syndicats dociles. Agiter ensuite la menace de d&#233;localisation pour faire pression sur les salaires et le temps de travail. Le tour est jou&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir annonc&#233; son intention de d&#233;localiser la production, le patron de l'usine de V&#233;nissieux du groupe Bosch s'est dit pr&#234;t &#224; n&#233;gocier si les ouvriers consentaient &#224; une modification de leur contrat de travail. R&#233;sultat : 36 heures de travail pay&#233;es 35 par le biais d'une suppression de jours de RTT, mod&#233;ration salariale pendant 3 ans, r&#233;duction de la majoration des heures de nuit. Soit une baisse de 12 % des co&#251;ts salariaux. La direction, dans sa grande magnanimit&#233;, affirme avoir &#171; sauv&#233; &#187; 190 emplois sur les 300 suppressions pr&#233;vues d'ici &#224; 2007&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Les chiffres sont extraits d'un article du Monde du 10/9/2004 &#171; Bosch, retour (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Faut-il comprendre qu'il est toujours question de 110 suppressions de postes ? C&#244;t&#233; syndical, le d&#233;l&#233;gu&#233; CFDT affirme pourtant que les ouvriers de Rodez eux aussi &#171; &lt;em&gt;devront faire des efforts s'ils veulent conserver leurs lignes de montage&lt;/em&gt; &#187;, et encore que &#171; &lt;em&gt;la demande de la direction n'&#233;tait pas de travailler plus&lt;/em&gt; (ben voyons !), &lt;em&gt;mais de trouver les moyens de devenir plus comp&#233;titifs pour garantir notre avenir&lt;/em&gt; (sic) &#187;. Avec des syndicalistes aussi combatifs, pas &#233;tonnant que des patrons d&#233;clarent en avoir&lt;em&gt; &#171; marre de faire du social en France&lt;/em&gt; &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Il s'agit l&#224; d'une citation de deux patrons dans une interview &#224; Lib&#233;ration (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une recette qui fait mouche&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s juillet, Doux - num&#233;ro un de la volaille en France - supprimait &#224; son tour 23 jours de RTT&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='D&#233;p&#234;che AFP 25/10/2004' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Puis vint le tour de Perrier. La direction pr&#233;voyait 1047 d&#233;parts anticip&#233;s d'ici &#224; 2007, dont 356 sur le site de Verg&#232;ze. En quatre ans, le groupe a d&#233;j&#224; supprim&#233; 800 postes sur ce site. Par ailleurs, il est aussi question de remplacer les bouteilles en verre par d'autres en plastique, ce qui menacerait l'emploi des 520 salari&#233;s de la verrerie du Languedoc&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='appendix' title='Le Monde 23/9/2004 ; 28/9/2004' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Pourtant, l'entreprise se porte bien. La CGT a refus&#233; de signer ce projet, contrairement aux autres syndicats, faisant jouer son droit d'opposition. Scandale ! Bernard Thibault s'est heureusement empress&#233; d'intervenir pour &#171; d&#233;bloquer la situation &#187;. R&#233;sultat des courses : les syndicats se retrouvent &#224; cog&#233;rer le plan de diminution de postes sans que les ouvriers de l'usine n'aient de quelconque garanties quant &#224; leur avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La recette pla&#238;t aussi beaucoup en Allemagne. Apr&#232;s Siemens et Daimler Chrysler, &#231;a a &#233;t&#233; au tour de Volkswagen d'user des pires menaces pour obtenir la r&#233;duction des co&#251;ts salariaux. D&#233;but septembre, le directeur financier du premier constructeur mondial de voitures d&#233;clarait que 30 000 emplois &#233;taient menac&#233;s si un gel des salaires n'&#233;tait pas accept&#233;. Malgr&#233; quelques d&#233;brayages, les syndicats viennent d'avaliser un projet pr&#233;voyant une plus grande flexibilit&#233;, le gel des salaires sur 2 ans et une r&#233;mun&#233;ration &#224; l'embauche plus faible&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='appendix' title='Le Monde 5/11/2004' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;localisations ont bon dos. Elles servent &#224; justifier - alors m&#234;me qu'elles ne sont parfois pas r&#233;ellement programm&#233;es - toutes sortes de chantages. Devant la menace les salari&#233;s c&#232;dent parfois. Mais le r&#244;le des syndicats serait de tenter d'imposer aux patrons un autre rapport de force, en particulier dans une situation o&#249; les profits sont en hausse. Ne pas l'essayer est un choix politique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;A la pointe des luttes... Raffarin ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; du gouvernement, on s'est pourtant offusqu&#233; des termes dans lesquels les &#171; n&#233;gociations &#187; se sont faites &#224; Bosch. Depuis, il n'est plus question que de lutte contre les d&#233;localisations. Et quelle lutte ! Bravant tous les obstacles, ne rechignant pas &#224; louper quelques cocktails mondains avec Ernest Antoine Seilli&#232;re, le gouvernement s'est attel&#233; corps et &#226;me &#224; lutter contre le chantage patronal. Apr&#232;s de longues nuits blanches, un projet courageux a vu jour. Lorsque - comme c'est le cas pour certains centres d'appels - des op&#233;rateurs emploient des sous-traitants &#224; l'&#233;tranger, les salari&#233;s au bout du fil seront d&#233;sormais tenus d'informer la client&#232;le du lieu o&#249; ils se situent. &#171; Rabat, je vous &#233;coute &#187;. Un projet aussi fougueux ne peut que susciter l'admiration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est encore rien. Il est aussi question de cr&#233;er des p&#244;les de comp&#233;titivit&#233; pour, para&#238;t-il, fixer l'emploi dans certaines r&#233;gions. Ces zones b&#233;n&#233;ficieront d'exon&#233;rations d'imp&#244;ts, d'all&#233;gements de charges sociales et de subventions publiques. Patrons, craignez le courroux gouvernemental, si vous usez encore de telles menaces, sachez que vous serez arros&#233;s de subventions...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les salons, tout le beau monde s'interroge : Raffarin et Sarkozy sont-ils devenus r&#233;volutionnaires ? Dans leur lutte pour l'emploi, ils campent ferme. Ils donnent m&#234;me l'exemple. La loi Aubry avait instaur&#233; un contingent de 130 heures suppl&#233;mentaires, la loi Fillon l'a rapport&#233; &#224; 180, d&#233;sormais Larcher parle d'augmenter encore ce quota pour atteindre 200, voire 230 heures suppl&#233;mentaires ! Retour aux 40 heures, avec baisse de la majoration des heures suppl&#233;mentaires. Le patronat est p&#233;trifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le patronat et le gouvernement le chantage aux d&#233;localisations est un pr&#233;texte r&#234;v&#233; pour faire travailler plus et diminuer les salaires. Rien de tr&#232;s &#233;tonnant. Pour de nombreux travailleurs, plus troublante est l'attitude des conf&#233;d&#233;rations syndicales qui rentrent dans ce jeu. Mais cela ne les emp&#234;chera pas forc&#233;ment de se battre, tout en sachant sur qui ils ne pourront pas compter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Clara SOLDINI&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Les chiffres sont extraits d'un article du Monde du 10/9/2004 &#171; Bosch, retour &#224; V&#233;nissieux &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Il s'agit l&#224; d'une citation de deux patrons dans une interview &#224; Lib&#233;ration donnant les raisons pour lesquelles ils d&#233;localisent au Maroc. 25/10/2004&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;D&#233;p&#234;che AFP 25/10/2004&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le Monde 23/9/2004 ; 28/9/2004&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le Monde 5/11/2004&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Pourquoi le patronat ne d&#233;localise pas tant que &#231;a
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Pourquoi-le-patronat-ne-delocalise-pas-tant-que-ca</link>
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		<dc:subject>D&#233;localisations
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		<dc:subject>Politique
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		<description>On n'a de cesse de nous le r&#233;p&#233;ter : les co&#251;ts salariaux dans les pays sous-d&#233;velopp&#233;s sont dix fois, parfois vingt fois inf&#233;rieurs &#224; ceux des pays industrialis&#233;s. Cotisations sociales faibles ou inexistantes, bas niveau de vie, taux de change disproportionn&#233;s : tout concourt &#224; faire du Tiers-Monde l'eldorado des exploiteurs. Selon l'Union des banques suisses (qui en conna&#238;t un rayon en la mati&#232;re) le co&#251;t horaire du travail varierait en moyenne de 21,7 $ &#224; New-York et 13,7 &#224; Paris, &#224; 1,8 &#224; Bucarest et&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Delocalisations-chomage-et-" rel="directory"&gt;DOSSIER : D&#233;localisations, ch&#244;mage et d&#233;magogie chauvine
&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On n'a de cesse de nous le r&#233;p&#233;ter : les co&#251;ts salariaux dans les pays sous-d&#233;velopp&#233;s sont dix fois, parfois vingt fois inf&#233;rieurs &#224; ceux des pays industrialis&#233;s. Cotisations sociales faibles ou inexistantes, bas niveau de vie, taux de change disproportionn&#233;s : tout concourt &#224; faire du Tiers-Monde l'eldorado des exploiteurs. Selon l'Union des banques suisses (qui en conna&#238;t un rayon en la mati&#232;re) le co&#251;t horaire du travail varierait en moyenne de 21,7 $ &#224; New-York et 13,7 &#224; Paris, &#224; 1,8 &#224; Bucarest et &#224; Bangkok, 2,3 &#224; Mexico et 3,3 &#224; Shangha&#239;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Bien entendu, on n'investit pas seulement &#224; l'&#233;tranger pour profiter des bas (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Alors, qu'attendent-ils pour s'envoler ? Pourquoi le patronat fran&#231;ais, par exemple, ne plie-t-il pas massivement bagage pour aller s'installer dans les pays pauvres ? C'est qu'il existe aussi de puissantes forces, qui inversement, incitent les entreprises de tous poils &#224; demeurer implant&#233;es dans les pays d&#233;velopp&#233;s. A l'arriv&#233;e, le red&#233;ploiement vers le Tiers-monde reste limit&#233;, en tout cas en ce qui concerne la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1&#176; Le co&#251;t du travail n'est pas tout&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un exemple tir&#233; de l'industrie textile, dans les ann&#233;es 90, &#233;claire la question : en Indon&#233;sie, le co&#251;t du travail est 10 fois inf&#233;rieur &#224; celui de la France. Pourtant, le prix de revient d'un chemisier en polyester est seulement 18% plus faible. Car non seulement la main d'&#339;uvre indon&#233;sienne est moins form&#233;e, mais la d&#233;localisation entra&#238;ne divers surco&#251;ts de transport, de douane, d'interm&#233;diaires, un taux de malfa&#231;ons plus &#233;lev&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, m&#234;me dans une industrie de main d'&#339;uvre comme le textile, les avantages sont moins spectaculaires qu'il n'y para&#238;t. Notamment parce que le patronat ne trouve pas dans les pays pauvres le m&#234;me vivier de salari&#233;s et de ch&#244;meurs qualifi&#233;s, voire surqualifi&#233;s, qui existe en Occident. D&#233;pourvus d'un syst&#232;me &#233;ducatif de qualit&#233;, ces pays sont surtout riches en main d'&#339;uvre non qualifi&#233;e, peu alphab&#233;tis&#233;e... pr&#233;cis&#233;ment celle que l'automatisation des processus de production rend de moins en moins n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2&#176; Le Sud, c'est dangereux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les patrons n'ont pas en t&#234;te que la rentabilit&#233; : la liquidit&#233; (pouvoir &#171; reprendre ses billes &#187; &#224; tout moment) et le risque comptent beaucoup. Cr&#233;er un site de production dans le Tiers-monde, c'est immobiliser des capitaux pour des ann&#233;es dans un contexte incertain : guerre civile, &#233;meutes ou terrorisme peuvent an&#233;antir les espoirs de profit. Qui pouvait pr&#233;voir l'implosion de la C&#244;te d'Ivoire ou les pillages en Argentine ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3&#176; Adieu les services publics&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui a dit que le patronat n'aimait pas les services publics ? Au contraire, des routes qui ne sont pas coup&#233;es &#224; la saison des pluies, une &#233;lectricit&#233; qui arrive 24h sur 24, un t&#233;l&#233;phone qui fonctionne, des pompiers qui &#233;teignent les incendies, une police qui court apr&#232;s les voleurs, tout cela est essentiel &#224; la bonne marche du capitalisme. Sans parler de &#171; l'environnement institutionnel &#187; au sens large : si le droit de propri&#233;t&#233; est sujet &#224; interpr&#233;tation (comme en Chine ou en Russie), si la famille du satrape local pioche dans les comptes des entreprises, si les juges donnent raison au dernier qui les a soudoy&#233;s, la d&#233;localisation se transforme en aventure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4&#176; Les sous-traitants sont d&#233;loyaux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;localiser sans investir, c'est possible : le recours &#224; la sous-traitance le permet. Seul b&#233;mol, le capitaliste qui s'adresse &#224; un sous-traitant s'adresse &#224;... un autre capitaliste. Trouver un sous-traitant qui tient ses d&#233;lais et respecte des normes de qualit&#233; n'est para&#238;t-il pas une mince affaire. Certes, le rapport de force est g&#233;n&#233;ralement favorable au donneur d'ordre. Sauf quand les sous-traitants grossissent et se concentrent...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, qu'on fasse des jeans, des t&#233;l&#233;viseurs, des cosm&#233;tiques ou des pi&#232;ces d&#233;tach&#233;es d'automobiles, s'adresser &#224; un sous-traitant, c'est lui donner les recettes de fabrication d'un produit qui a pu co&#251;ter des fortunes en recherche et d&#233;veloppement, d'une marque dans laquelle on a investi des milliards en publicit&#233;. Et qui est souvent vendu &#224; un prix tr&#232;s largement sup&#233;rieur &#224; son prix de revient. La sous-traitance fait &#233;merger des concurrents parfois l&#233;gaux, parfois ill&#233;gaux quand ils inondent le march&#233; de contrefa&#231;ons, copies conformes du produit original &#224; prix cass&#233;. La t&#233;l&#233;vision nous abreuve suffisamment de cours de morale sur le sujet pour qu'on mesure l'&#233;tendue du probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'informatique, par exemple, les g&#233;ants mondiaux se contentent souvent de sous-traiter des op&#233;rations secondaires d'assemblage pour conserver en interne les activit&#233;s innovantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5&#176; Le cauchemar des stocks&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui dit d&#233;localisation dit immobilisation. Toute la production qui attend sur les quais, qui voyage sur les bateaux, qui subit les formalit&#233;s de douane, c'est du &#171; stock mort &#187; pour le capitaliste, du capital qui v&#233;g&#232;te sans faire de profit (et qu'il faut en plus assurer). La &#171; rotation du capital &#187; est ralentie par les d&#233;lais de transport et moins le capital tourne, moins il est rentable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'heure du &#171; z&#233;ro stock &#187;, du &#171; juste &#224; temps &#187;, du &#171; flux tendu &#187; et du &#171; business on demand &#187;, l'allongement des distances est un param&#232;tre que les industriels prennent forc&#233;ment en compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;6&#176; Mac Do ne peut pas d&#233;localiser&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pays industrialis&#233;s sont d&#233;sormais essentiellement domin&#233;s par les activit&#233;s de service. Celles-ci peuvent certes &#234;tre &#233;tendues ou reproduites hors des fronti&#232;res mais, pour beaucoup en tout cas, pas d&#233;localis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment les cha&#238;nes d'h&#244;tellerie, de restauration, de distribution pourraient-elles d&#233;localiser ? Les prestataires de services informatiques qui interviennent sur site ? Le BTP ? Les cliniques ? Les parcs d'attraction ? Les a&#233;roports ? Le nettoyage ? On n'en finirait pas d'&#233;grener la liste d'entreprises allergiques &#224; l'&#233;migration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;7&#176; Les taux de change sont farceurs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Euro fort aujourd'hui, plongeon demain... Le flottement anarchique des taux de change qui r&#232;gne depuis 30 ans cr&#233;e bien du souci aux amateurs de d&#233;localisation. Le salari&#233; asiatique qui co&#251;te 10 fois moins cher que le fran&#231;ais aujourd'hui (en monnaie locale) reviendra peut-&#234;tre seulement 3 fois moins cher si l'euro replonge (ou si, comme il semble, la Chine doit consentir &#224; r&#233;&#233;valuer le Yuan sous la pression am&#233;ricaine). Pas forc&#233;ment de quoi justifier le voyage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Investir dans la production, c'est anticiper la rentabilit&#233; des capitaux des ann&#233;es &#224; l'avance. Avec des monnaies qui font le yo-yo, ce n'est pas une mince affaire !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Donc des capitalistes pas press&#233;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce ne sont l&#224; que quelques aspects de la question, mais ils permettent de r&#233;aliser &#224; quel point il est simpliste de tout r&#233;sumer &#224; une affaire de salaires plus hauts ou plus bas. Si tout d&#233;pend des salaires, pourquoi Toyota a-t-elle cr&#233;&#233; un site de production &#224; Onnaing pr&#232;s de Valenciennes ? Pas seulement pour empocher des subventions r&#233;gionales et europ&#233;ennes, mais aussi pour &#234;tre plus pr&#232;s de ses acheteurs, pour &#233;couler plus facilement sa production via les autoroutes, les chemins de fer et le tunnel sous la manche, pour ne pas payer de droits de douanes en entrant dans l'Union europ&#233;enne, pour recruter une main d'&#339;uvre qualifi&#233;e et se rapprocher de ses principaux &#233;quipementiers. Autant de raisons qui expliquent aussi que les industriels fran&#231;ais ne sont pas si enclins &#224; partir qu'ils le clament &#224; qui veut l'entendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs si le patronat fran&#231;ais d&#233;localisait tant que &#231;a, il faudrait bien qu'il r&#233;importe tout ce qu'il fabriquerait d&#233;sormais &#224; l'&#233;tranger. A la longue les importations fran&#231;aises l'emporteraient de plus en plus sur les exportations. Or c'est l'inverse qui se produit : apr&#232;s avoir r&#233;guli&#232;rement enregistr&#233; des d&#233;ficits commerciaux jusqu'aux d&#233;but des ann&#233;es 90, la France est aujourd'hui exc&#233;dentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, les produits issus du Sud-Est asiatique, d'Afrique du Nord ou d'Europe de l'Est se multiplient dans les rayonnages au point de donner le sentiment d'une migration massive de l'industrie. Mais cette impression est trompeuse : la contrepartie, ce sont des masses de produits fabriqu&#233;s en France ou dans l'Union europ&#233;enne et commercialis&#233;s sur toute la plan&#232;te. Le ph&#233;nom&#232;ne est &#233;videmment moins visible de chez soi, d'autant qu'il s'agit bien souvent de biens d'&#233;quipement lourds, d'armements, de syst&#232;mes informatiques, de logiciels ou de simples composants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce &#224; dire que les salari&#233;s victimes de d&#233;localisations ont r&#234;v&#233; ? Certainement pas. Mais leur cas n'est qu'un aspect minoritaire d'un ph&#233;nom&#232;ne plus g&#233;n&#233;ral, celui des licenciements. Prenons le cas extr&#234;me du textile fran&#231;ais : apr&#232;s 1974, il a perdu en 20 ans 50 % de ses emplois. Sans aucune importation (donc, sans d&#233;localisation) il en aurait quand m&#234;me perdu un tiers par le biais de l'automatisation. Ce n'est donc pas contre l'ouvrier(e) de Tunisie, de Tha&#239;lande ou de Pologne qu'il faut lutter, mais contre les licenciements, pour la baisse du temps de travail sans perte de salaire, pour que le travailleur ne soit pas la variable d'ajustement du syst&#232;me capitaliste, qu'on jette apr&#232;s l'avoir exploit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Julien FORGEAT&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_133 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L350xH254/bombes-dab19.gif?1528447868' width='350' height='254' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Bien entendu, on n'investit pas seulement &#224; l'&#233;tranger pour profiter des bas salaires, mais aussi pour &#233;couler sur place ce qu'on produit. Mais dans ce cas-l&#224;, on n'en a pas moins besoin de continuer &#224; produire en France pour le march&#233; fran&#231;ais et on ne voit pas en quoi cela supprime des emplois.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> D&#233;localisations, ch&#244;mage et d&#233;magogie chauvine
</title>
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		<dc:subject>D&#233;localisations
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		<dc:subject>Licenciements
</dc:subject>
		<dc:subject>Politique
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		<description>Les d&#233;localisations sont-elles responsables du ch&#244;mage en France ? Voil&#224; bien une fausse &#233;vidence qui est malheureusement dans trop de t&#234;tes. &lt;br /&gt;Car si les d&#233;localisations sont &#233;videmment douloureuses pour les travailleurs qui les subissent, et juteuses pour ceux qui les d&#233;cident, elles ne repr&#233;sentent pas grand-chose dans la masse totale des suppressions d'emplois. &lt;br /&gt;Selon la Direction des relations &#233;conomiques ext&#233;rieures, une officine du minist&#232;re des finances, les d&#233;localisations ont repr&#233;sent&#233; entre&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Delocalisations-chomage-et-" rel="directory"&gt;DOSSIER : D&#233;localisations, ch&#244;mage et d&#233;magogie chauvine
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Delocalisations-+" rel="tag"&gt;D&#233;localisations
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Chomage-+" rel="tag"&gt;Ch&#244;mage
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Licenciements-+" rel="tag"&gt;Licenciements
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les d&#233;localisations sont-elles responsables du ch&#244;mage en France ? Voil&#224; bien une fausse &#233;vidence qui est malheureusement dans trop de t&#234;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car si les d&#233;localisations sont &#233;videmment douloureuses pour les travailleurs qui les subissent, et juteuses pour ceux qui les d&#233;cident, elles ne repr&#233;sentent pas grand-chose dans la masse totale des suppressions d'emplois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon la Direction des relations &#233;conomiques ext&#233;rieures, une officine du minist&#232;re des finances, les d&#233;localisations ont repr&#233;sent&#233; entre 1997 et 2001 moins de 4 % des investissements directs des entreprises fran&#231;aises &#224; l'&#233;tranger, et seraient li&#233;es &#224; moins de 5 % des suppressions d'emplois. L'&#233;crasante majorit&#233; des licenciements sont le r&#233;sultat ni de faillites d'entreprises ni de d&#233;localisation de leurs activit&#233;s, mais de leurs efforts pour &#234;tre toujours plus productives en comprimant les effectifs et la masse salariale. L'app&#226;t du gain prend bien d'autres formes que le seul transfert d'activit&#233;s &#224; l'ext&#233;rieur du pays.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La classe ouvri&#232;re fran&#231;aise reste une poule aux &#339;ufs d'or&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La Chine a &#233;t&#233; le second destinataire des investissements directs &#224; l'&#233;tranger en 2002 (les IDE, qui recouvrent aussi bien les simples achats d'entreprises, les fusions acquisitions, que les investissements productifs directs). Mais juste derri&#232;re elle, il y avait... la France, avec 51,5 milliards d'euros ! Le premier, lui, &#233;tant ind&#233;boulonnable : c'est... le Luxembourg, &#224; cause des transferts de domiciliation des entreprises, attir&#233;es par ce paradis fiscal de droit europ&#233;en, mais personne n'ose parler des d&#233;localisations au Luxembourg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela signifie que de plus en plus de travailleurs en France sont employ&#233;s par des groupes &#233;trangers : un rapport du Commissariat du Plan de mars 2004 indique que 15 % des salari&#233;s dans ce pays, soit 2 millions de personnes, travaillent pour des filiales de groupes &#233;trangers, les groupes fran&#231;ais faisant travailler, eux, 3,5 millions de personnes hors de l'Hexagone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les investissements &#233;trangers accueillis par la Chine, visent souvent moins son march&#233; int&#233;rieur qu'&#224; faire de son territoire une plate-forme de montage de biens, destin&#233;s ensuite &#224; la r&#233;exportation. C'est pourquoi la Chine est souvent pr&#233;sent&#233;e, avec pas mal d'exag&#233;ration, comme le nouvel &#171; atelier du monde &#187;, et ce gr&#226;ce &#224; sa main d'&#339;uvre peu ch&#232;re. Pourtant le march&#233; fran&#231;ais est autrement plus attractif que le march&#233; chinois et, malgr&#233; toutes les diff&#233;rences &#233;videntes de condition avec la Chine, la classe ouvri&#232;re est donc un fort bon investissement en France aussi !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, selon la revue &lt;em&gt;Alternatives &#233;conomiques&lt;/em&gt;, entre 1985 et 2001, le co&#251;t salarial horaire dans les entreprises a augment&#233; de 56,9 % en France, de 101,6 % dans l'Union europ&#233;enne, et de... 470 % en Cor&#233;e. D'apr&#232;s la m&#234;me revue, la dur&#233;e hebdomadaire de travail en 2000 &#233;tait de 36,1 heures contre 36,4 dans l'Union europ&#233;enne, il y avait 13,8 % de CDD contre 11,4 % dans l'Union europ&#233;enne. Bas salaires, dur&#233;e du travail, flexibilit&#233;, d&#233;cid&#233;ment les patrons fran&#231;ais ne sont pas plus mal lotis que les autres !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, en France, la productivit&#233; est forte. Selon un dossier de septembre 2004 &lt;em&gt;d'Alternatives &#233;conomiques&lt;/em&gt;, la productivit&#233; horaire du travail, par habitant, en France, a augment&#233; de 83 % entre 1970 et 2000, contre 38 % aux Etats-Unis. Quant &#224; la fiscalit&#233; sur les entreprises, si le gouvernement parle de la n&#233;cessit&#233; de l'all&#233;ger, elle est largement compens&#233;e par une masse croissante de subventions en tout genre et surtout, ce n'est pas un mince d&#233;tail, par des infrastructures publiques gratuites et de qualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'indicateur qu'est le commerce international ne trompe donc pas. La France, et sp&#233;cialement son industrie, est exc&#233;dentaire depuis de longues ann&#233;es. Exactement comme l'Union europ&#233;enne &#171; &#224; 15 &#187;, d&#233;ficitaire avec la Chine, &#224; laquelle elle ach&#232;te des produits &#224; bas co&#251;t, mais tr&#232;s nettement exc&#233;dentaire aussi bien avec les pays d'Europe centrale et orientale (les &#171; PECO &#187;) qu'avec la Turquie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Quand les d&#233;magogues d&#233;localisent les probl&#232;mes...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Alors pourquoi toutes sortes de politiciens &#224; la chasse aux voix, de Sarkozy &#224; Fabius, en passant par leur bord droit - le Front national - et leur bord gauche - le PCF malheureusement - insistent-ils tant sur les d&#233;localisations ? Pendant que les entreprises fran&#231;aises fermeraient massivement des usines en France pour les ouvrir en Chine, en Turquie ou en Roumanie, les march&#233;s occidentaux seraient submerg&#233;s de produits &#233;trangers vendus &#224; bas prix. La m&#234;me peur qu'attisait Marine Le Pen, aux derni&#232;res &#233;lections r&#233;gionales, sur des affiches montrant un travailleur fran&#231;ais &#224; la rue et cachant mal sa nudit&#233; dans un carton &#171; made in China &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on voulait prendre au s&#233;rieux leur d&#233;magogie, on pourrait &#224; la rigueur conc&#233;der que derri&#232;re les d&#233;localisations au v&#233;ritable sens du terme (transfert d'une activit&#233; &#224; l'&#233;tranger, pour servir le m&#234;me march&#233;) il y a un mouvement plus g&#233;n&#233;ral et massif de d&#233;placement d'une partie de l'activit&#233; &#233;conomique des pays d&#233;velopp&#233;s vers certains pays pauvres, disposant en abondance d'une main d'&#339;uvre &#224; bas salaires (&#224; relativiser d'ailleurs puisque selon la Direction des relations &#233;conomiques ext&#233;rieures seuls 4 % des IDE fran&#231;ais, 61 milliards d'euros au total en 2003, se font vers les pays &#171; en d&#233;veloppement &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trusts des grands pays industrialis&#233;s suivent une strat&#233;gie de r&#233;organisation de la division mondiale du travail, qu'ils ne subissent pas mais dominent. Ils ont d&#233;plac&#233; une partie de l'activit&#233; industrielle ancienne en faisant ou laissant produire par des pays pauvres des marchandises &#224; bon march&#233; pour de faibles profits, et ont organis&#233; une mont&#233;e en gamme dans les pays &#171; riches &#187;, en se r&#233;servant la possibilit&#233; d'y d&#233;velopper des activit&#233;s &#224; forte valeur ajout&#233;e, et &#224; fort contenu technologique, activit&#233;s dont ces trusts ont justement le monopole. Une telle position dominante d'imp&#233;rialisme dynamique et en expansion, une bourgeoisie puissante comme celle de la France l'a encore renforc&#233;e en menant une guerre de longue haleine contre les travailleurs sur son propre sol : stagnation des salaires, pr&#233;carit&#233;, flexibilit&#233;, intensification du travail, le &#171; co&#251;t &#187; des ouvriers a au mieux stagn&#233;, leur productivit&#233; a fortement augment&#233;. S'il y a du ch&#244;mage en France, ce n'est certes pas &#224; cause de la concurrence internationale, mais de la rapacit&#233; des entreprises fran&#231;aises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement on comprend bien que des Fabius ou des Sarkozy aiment agiter l'&#233;pouvantail des d&#233;localisations, avec des tr&#233;molos de compassion dans la voix pour les ouvriers. Pile ils se donnent l'air de faire du social, face ils d&#233;signent l'arbre des d&#233;localisations qui cache la for&#234;t des suppressions d'emplois, blanchissent le patronat fran&#231;ais, et diffusent un sentiment de fatalisme... certainement injustifi&#233; &#224; la vue de l'opulence actuelle de la bourgeoisie fran&#231;aise et de la prosp&#233;rit&#233; des affaires qu'elle &#233;tend &#224; travers le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 novembre 2004&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard RUDELLI&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_130 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH249/graph1-8cc91.gif?1528447868' width='400' height='249' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Co&#251;t horaire moyen de la main d'&#339;uvre dans l'industrie manufacturi&#232;re, en dollars par heure&lt;/strong&gt; (source : US department of labor, sept. 2002)&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_131 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH249/graph2-d7ebb.gif?1528447869' width='400' height='249' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Salaire brut horaire dans plusieurs villes de la plan&#232;te, en dollars&lt;/strong&gt; (source : banque UBS cit&#233;e par Alternatives &#233;conomiques), en 2003&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_136 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L350xH284/cartion-63034.gif?1528447869' width='350' height='284' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Bush r&#233;&#233;lu : Faut-il d&#233;sesp&#233;rer des Am&#233;ricains ?
</title>
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		<dc:date>2004-11-14T18:07:04Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>USA
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		<dc:subject>Elections
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		<description>La confortable victoire de George Bush, r&#233;&#233;lu avec 3,5 millions de voix d'avance sur son adversaire - il en avait eu moins que le candidat d&#233;mocrate Al Gore quatre ans plus t&#244;t - am&#232;ne &#224; s'interroger non seulement sur ce que va &#234;tre la politique de l'imp&#233;rialisme &#233;tats-unien dans les prochaines ann&#233;es mais aussi sur l'&#233;volution de la conscience politique de l'&#233;lectorat am&#233;ricain. &lt;br /&gt;Malgr&#233; les r&#233;v&#233;lations sur la fraude &#233;lectorale en Floride en 2000, les mensonges av&#233;r&#233;s sur les armes de destruction massive,&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-36-novembre-decembre-2004-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 36, novembre-d&#233;cembre 2004
&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La confortable victoire de George Bush, r&#233;&#233;lu avec 3,5 millions de voix d'avance sur son adversaire - il en avait eu moins que le candidat d&#233;mocrate Al Gore quatre ans plus t&#244;t - am&#232;ne &#224; s'interroger non seulement sur ce que va &#234;tre la politique de l'imp&#233;rialisme &#233;tats-unien dans les prochaines ann&#233;es mais aussi sur l'&#233;volution de la conscience politique de l'&#233;lectorat am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les r&#233;v&#233;lations sur la fraude &#233;lectorale en Floride en 2000, les mensonges av&#233;r&#233;s sur les armes de destruction massive, le nombre toujours plus grand des soldats am&#233;ricains tu&#233;s en Irak, Bush sort renforc&#233; de quatre ann&#233;es d'exercice du pouvoir, fringant pour continuer sa sale guerre et la d&#233;fense de ses id&#233;es moyen&#226;geuses sur la religion, la morale et la famille. A d&#233;sesp&#233;rer !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le vent de la r&#233;action&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La mobilisation &#233;lectorale, sans pr&#233;c&#233;dent depuis de nombreuses ann&#233;es, est a priori le signe d'une plus grande politisation. Pourtant, contrairement &#224; ce que la plupart des commentateurs annon&#231;aient et ce que toute la gauche europ&#233;enne et fran&#231;aise esp&#233;rait, ce renouveau d'int&#233;r&#234;t pour la politique a grossi les rangs non des opposants &#224; Bush mais de ses partisans. C'est le courant r&#233;actionnaire, bigot, patriotard, hostile au mariage gay comme &#224; l'avortement, qui semble progresser de mani&#232;re notable et non les &#171; lib&#233;raux &#187; au sens am&#233;ricain du terme, c'est-&#224;-dire les progressistes (m&#234;me s'ils sont pour beaucoup des progressistes ultra-mous).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce courant n'est pas seulement embl&#233;matique d'une Am&#233;rique blanche et ais&#233;e. Il a gagn&#233; aussi &#224; n'en pas douter dans les couches populaires, car le glissement &#224; droite d'une partie de l'&#233;lectorat s'est produit toutes cat&#233;gories sociales confondues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes la crainte du terrorisme a jou&#233; son r&#244;le, mais force est de constater qu'elle a jou&#233; elle aussi en faveur du plus r&#233;actionnaire, celui qui pr&#233;tend &#233;carter les menaces terroristes qui pourraient planer sur le monde comme sur les Etats-Unis par une &#171; croisade du bien contre le mal &#187;, croisade qui ces trois derni&#232;res ann&#233;es n'a fait au contraire que les aggraver. Quand le vent des mouvements d'opinion pousse d'un c&#244;t&#233;, tout est bon pour lui fournir toujours plus de force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi cette ann&#233;e plus de pauvres ont &#233;t&#233; donner leur approbation &#224; un homme dont la politique fut de diminuer les imp&#244;ts des plus riches (et donc en cons&#233;quence les d&#233;j&#224; maigres protections sociales des plus d&#233;munis), et qui promet de continuer. Ainsi plus de ceux qu'on range l&#224;-bas dans les classes moyennes (form&#233;es en fait pour une bonne majorit&#233; de travailleurs) ont donn&#233; leur soutien &#224; celui qui a envoy&#233; leurs fils et leurs filles dans une exp&#233;dition sanglante et dont certains reviennent d&#233;j&#224; dans un cercueil. Dieu, d&#233;cid&#233;ment, n'est pas seulement am&#233;ricain, il est r&#233;publicain. En tout cas il a souffl&#233; &#224; ses ouailles de voter r&#233;publicain (par la voix de ses &#233;vang&#233;listes de tout poil)... et elles ont ob&#233;i.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A d&#233;sesp&#233;rer vraiment d'un pays qui, premi&#232;re puissance au monde, est en avance sur tous les autres en mati&#232;re scientifique et technique... mais tellement en retard en mati&#232;re de conscience politique qu'il ne sait pas distinguer ses v&#233;ritables ennemis ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Entre Dieu et Kerry...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, on peut comprendre qu'entre Dieu et John Kerry un certain nombre d'Am&#233;ricains aient eu plus confiance dans le premier. Moins tocard quand m&#234;me, Dieu, dans la course depuis plus longtemps et plus souvent, h&#233;las, &#224; l'arriv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, m&#234;me les opposants acharn&#233;s &#224; la politique de Bush semblaient avoir du mal &#224; justifier un vote pour son adversaire. &#171; Tout sauf Bush &#187;, leur mot d'ordre essentiel, &#233;tait au fond encore moins gentil pour Kerry que pour le pr&#233;sident sortant. Et il est bien vrai que de raison de voter pour le candidat d&#233;mocrate plut&#244;t que le r&#233;publicain il n'y en avait pas. Continuer avec d'autres alli&#233;s la guerre en Irak et y envoyer encore plus de troupes ? Accorder encore plus de r&#233;ductions d'imp&#244;ts aux grandes entreprises tout en r&#233;duisant le d&#233;ficit budg&#233;taire, ce qui revient &#224; sabrer dans les budgets sociaux ? Oui, bon dieu, pourquoi voter pour Kerry ! Presque &#233;tonnant qu'il ait eu quand m&#234;me autant de voix. Il faut croire que Bush est vraiment ha&#239; par une partie des Etats-uniens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes apr&#232;s ces &#233;lections ceux-l&#224; doivent se sentir d&#233;moralis&#233;s, impuissants et minoritaires. Ce qu'ils ne sont pas forc&#233;ment pourtant. Avec 56 % de participation au vote, l'abstention est &#224; quelques points en moins qu'en 2000 mais reste &#233;lev&#233;e. Et il serait &#233;tonnant que la grosse masse de d&#233;sabus&#233;s qui n'ont pas vot&#233;, soient des partisans de Bush ou de sa politique. Simplement aujourd'hui ils n'esp&#232;rent pas plus des d&#233;mocrates que des r&#233;publicains. A juste titre d'ailleurs. Par certains c&#244;t&#233;s on peut presque dire que certains sont sans doute plus conscients que les partisans de Kerry eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Minoritaires, et alors !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; quand m&#234;me une raison au fond de ne pas d&#233;sesp&#233;rer des Am&#233;ricains, en tout cas des couches populaires et des travailleurs &#233;tats-uniens qui dans le pass&#233;, on l'oublie trop souvent en Europe, ont &#233;t&#233; &#224; la pointe de la lutte de classe et des combats contre l'oppression et l'injustice. Qu'ils aient alors &#233;t&#233; minoritaires ou pas d'ailleurs, car ce sont les minorit&#233;s, d&#233;termin&#233;es dans leur combat, et pas les majorit&#233;s &#233;lectorales, qui ont fait l'histoire, aux Etats-Unis comme ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La jeunesse qui a commenc&#233; &#224; manifester contre la guerre du Vietnam alors qu'une grande partie de la population am&#233;ricaine continuait &#224; approuver cette guerre, &#233;tait minoritaire. Elle a pourtant aid&#233; &#224; contraindre l'Etat am&#233;ricain &#224; y mettre fin. Le mouvement noir qui, apr&#232;s bien des r&#233;voltes et des mobilisations, a impos&#233; dans les ann&#233;es soixante la fin de la s&#233;gr&#233;gation ouverte et a conquis ses droits civiques, &#233;tait minoritaire au milieu d'une population blanche encore en bonne partie raciste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La minorit&#233; qui aux Etats-Unis a conscience qu'il faut changer les choses (37 millions de personnes vivant au-dessous du seuil de pauvret&#233;, dont 8 millions de &#171; working poors &#187;, qui ont un travail mais sont sous-pay&#233;s, 45 millions de personnes priv&#233;es de toute couverture sociale, les plans de suppressions d'emplois qui s'accumulent, les guerres imp&#233;rialistes qui s'aggravent...) n'est pas plus d&#233;munies aujourd'hui parce qu'une majorit&#233; r&#233;actionnaire s'est prononc&#233;e dans les urnes (en fait une majorit&#233; &#233;lectorale, c'est s&#251;r, mais qui demeure tout de m&#234;me une minorit&#233; des citoyens &#233;tats-uniens).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ouvriers et employ&#233;s, Noirs ou Hispaniques, les victimes de la paup&#233;risation, les &#233;tudiants et enseignants oppos&#233;s &#224; la guerre, ont toujours la possibilit&#233; d'arr&#234;ter le rouleau compresseur, tout comme des g&#233;n&#233;rations pr&#233;c&#233;dentes l'ont d&#233;j&#224; fait dans le pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A condition de ne pas mettre leur espoir ni dans les urnes, ni dans les d&#233;mocrates, mais en eux-m&#234;mes, leurs luttes, leurs mobilisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lydie GRIMAL&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_129 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L300xH393/irak-2-6d3a1.gif?1528633001' width='300' height='393' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> A La Poste : les faux semblants du dialogue social
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/A-La-Poste-les-faux-semblants-du-dialogue-social</link>
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		<dc:date>2004-11-14T17:57:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>La Poste
</dc:subject>
		<dc:subject>Entreprises
</dc:subject>

		<description>&#171; L'accord cadre sur le dialogue social au courrier &#187; que La Poste a sign&#233; le 3 novembre avec la CFTC, FO, la CFDT et surtout la CGT (que les r&#233;centes &#233;lections professionnelles ont confirm&#233; comme premi&#232;re organisation syndicale de l'entreprise) serait d'apr&#232;s la direction elle-m&#234;me &#171; un accord historique parce que, pour la premi&#232;re fois dans l'histoire de La Poste, un accord social majeur est sign&#233; par des organisations syndicales majoritaires (74,1 %) &#187;. A noter que la &#171; fili&#232;re courrier &#187; emploie&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-36-novembre-decembre-2004-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 36, novembre-d&#233;cembre 2004
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-La-Poste-+" rel="tag"&gt;La Poste
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Entreprises-72-+" rel="tag"&gt;Entreprises
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;em&gt;L'accord cadre sur le dialogue social au courrier&lt;/em&gt; &#187; que La Poste a sign&#233; le 3 novembre avec la CFTC, FO, la CFDT et surtout la CGT (que les r&#233;centes &#233;lections professionnelles ont confirm&#233; comme premi&#232;re organisation syndicale de l'entreprise) serait d'apr&#232;s la direction elle-m&#234;me &#171; &lt;em&gt;un accord historique parce que, pour la premi&#232;re fois dans l'histoire de La Poste, un accord social majeur est sign&#233; par des organisations syndicales majoritaires (74,1 %)&lt;/em&gt; &#187;. A noter que la &#171; fili&#232;re courrier &#187; emploie plus du tiers des postiers : 134 932 agents (91 865 fonctionnaires, 43 067 contractuels) dont 30 052 dans les CTC (centres de tri) et 111 424 &#224; la distribution.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Ce que pr&#233;voit cet &#171; accord historique &#187; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une s&#233;rie de d&#233;clarations de principe mises &#224; part (engagement de la direction &#224; doubler le nombre de promotions en 2005, &#224; revaloriser les m&#233;tiers, &#224; promouvoir des formations &#171; dipl&#244;mantes &#187;, &#224; lancer un chantier sur l'&#233;galit&#233; hommes/femmes et &#224; se pr&#233;occuper plus concr&#232;tement de la sant&#233; des postiers au travail), restent quatre mesures plus quantifiables :&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; la fin du &#171; temps partiel impos&#233; &#187; dans les 2 ans qui viennent ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; la transformation de 10 000 CDD en CDI entre 2004 et 2006 ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; une prime de 150 euros nets &#224; tous les agents en d&#233;cembre 2004 et d&#233;cembre 2005 ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; une 4&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; personne mise sur chaque machine TPF (machines trieuses).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;A premi&#232;re vue quelques concessions notables de la direction donc ! Mais voyons d'un peu plus pr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Et ce qu'il contient r&#233;ellement&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;tendue &#171; fin du temps partiel impos&#233; &#187; est une fin... qui n'en finira pas de sit&#244;t puisque les mesures s'&#233;talent jusqu'&#224; fin 2006. La Poste se permet donc de dire &#224; des milliers de pr&#233;caires (il y aurait actuellement 12 049 CDI &#224; temps partiel impos&#233; dans la fili&#232;re courrier) : &#171; d&#233;sol&#233;e, mais pour avoir un salaire entier il faut encore attendre &#187;. Tant pis si leur propri&#233;taire ne se contente pas lui d'un loyer partiel ni leur boulanger de leur faire payer un pain au prix d'une baguette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pire, il est dit explicitement que &#171; &lt;em&gt;les modalit&#233;s de mise en &#339;uvre de cet engagement restent &#224; d&#233;finir&lt;/em&gt; &#187;, et un document de la direction stipule que le nouvel emploi &#224; 35 heures pourrait &#234;tre propos&#233; &#171; &lt;em&gt;dans un rayon de 30 km maxi&lt;/em&gt; &#187;. Il va falloir le payer le &#171; privil&#232;ge &#187; de travailler &#224; temps plein !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me sur les 10 000 CDD devant passer en CDI &#171; &lt;em&gt;les modalit&#233;s d'application de la pr&#233;sente mesure devront faire l'objet d'accords locaux quant aux non-recours aux CDD&lt;/em&gt; &#187;. Pas si automatique que &#231;a donc le passage en CDI ? En outre, il ne s'agit l&#224; que d'un effet d'annonce, La Poste faisant de toute fa&#231;on d&#233;j&#224; passer chaque ann&#233;e des milliers de CDD en CDI, ne serait-ce qu'&#224; cause du turnover et des d&#233;parts en retraite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin le texte pr&#233;cise qu'une quatri&#232;me personne sera mise sur les &#171; &lt;em&gt;TPF existantes&lt;/em&gt; &#187;. Mais alors sur celles &#224; cr&#233;er ? D'ores et d&#233;j&#224; d'ailleurs certains directeurs de centres de tri ont d&#233;clar&#233; que la 4&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; personne serait affect&#233;e &#171; &lt;em&gt;&#224; moyens constants&lt;/em&gt; &#187;, en clair enlev&#233;e sur un autre chantier du m&#234;me centre. Pas d'embauches, donc !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une note &#171; questions / r&#233;ponses &#187; de la direction, celle-ci pr&#233;cise que les 150 euros sont une prime &#171; qualit&#233; &#187;. Pas d'augmentation de salaire non plus donc et la grande majorit&#233; des postiers restent sur leur faim (pour donner un ordre d'id&#233;e, la majorit&#233; des jeunes postiers gagnent &#224; peine 1100 euros par mois). On est donc tr&#232;s loin des 1400 euros nets que revendique la CGT comme salaire minimum pour tous et toutes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Pourquoi la CGT a-t-elle sign&#233; ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cet accord ne r&#232;gle pas le probl&#232;me des salaires. Cet accord ne r&#232;gle pas le sort des coll&#232;gues fonctionnaires bloqu&#233;s sur Paris. Cet accord ne r&#232;gle pas le remplacement des agents qui partent en retraite. Cet accord ne dit pas un mot sur le recours &#224; des int&#233;rimaires, utilis&#233;s et jet&#233;s. Cet accord ne r&#232;gle m&#234;me pas les questions sur lesquelles il porte puisque il est pr&#233;vu maintenant de n&#233;gocier des accords d&#233;partementaux. Or qui dit accords d&#233;partementaux dit aussi disparit&#233; et diff&#233;rences d'un d&#233;partement &#224; un autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors pourquoi la CGT l'a-t-elle sign&#233; ? Ou, pour poser la question autrement, pourquoi La Poste a-t-elle cherch&#233; cette signature ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle n'y &#233;tait nullement forc&#233;e puisque depuis un moment c'est plut&#244;t le calme social dans l'entreprise (d'apr&#232;s La Poste elle-m&#234;me, le nombre de pr&#233;avis d&#233;pos&#233;s est pass&#233; de 2 218 en 2002 &#224; 1 656 en 2003 pour s'&#233;tablir &#224; 951 au 30 septembre 2004 ; et le nombre de jours de gr&#232;ve par agent est pass&#233; de 0,51 en 2002 &#224; 0,27 en 2004).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si elle voulait faire un beau geste envers ses employ&#233;s, elle n'avait nullement besoin de la signature des syndicats pour le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, mais voil&#224; ! Tout le monde sait que La Poste pr&#233;pare sa restructuration, que celle-ci va &#234;tre douloureuse pour les usagers comme pour les postiers, que de nombreux bureaux vont &#234;tre ferm&#233;s, que des emplois vont &#234;tre supprim&#233;s, des partants &#224; la retraite non remplac&#233;s. D&#233;j&#224; il y aurait eu 35 254 suppressions d'emplois en 4 ans : en 2000 il y avait 301 988 inscrits pour les &#233;lections professionnelles, en 2004 il n'en reste plus que 266 734 (chiffres CGT). La Poste pr&#233;f&#232;re donc prendre les devants, accorder quelques petites satisfactions au personnel... et faire ami-ami avec les syndicats dont elle va avoir besoin pour faire passer ses mauvais coups. La Poste le dit d'ailleurs sans fard en estimant que cette signature est &#171; &lt;em&gt;une victoire commune historique&lt;/em&gt; &#187;, et qu'&#171; &lt;em&gt;elle ouvre la voie &#224; une &#232;re nouvelle : celle de la confiance partag&#233;e entre la direction du courrier et les organisations syndicales&lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la f&#233;d&#233;ration CGT de La Poste, dans la ligne impuls&#233;e par la direction conf&#233;d&#233;rale, a saisi l'occasion de montrer qu'elle &#233;tait pr&#234;te &#224; cette politique de collaboration de classe (&#171; &lt;em&gt;A La Poste de jouer, la CGT est pr&#234;te&lt;/em&gt; &#187; : sous-titre d'un tract CGT pour les guichetiers qui appartiennent eux &#224; une autre fili&#232;re que celle du courrier) en donnant sa signature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prudente quand m&#234;me la direction CGT : seuls les membres de la Commission ex&#233;cutive f&#233;d&#233;rale, les secr&#233;taires g&#233;n&#233;raux des syndicats d&#233;partementaux, et les secr&#233;taires r&#233;gionaux ont eu leur mot &#224; dire, pas les sections syndicales. Avec la base on ne sait jamais !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12 novembre 2004&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etienne LOUVERTURE et Anne HANSEN&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Ambiance&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;union des secr&#233;taires de section des Postaux parisiens s'est prononc&#233;e contre la signature de cet accord qu'elle a jug&#233; largement en de&#231;&#224; des revendications sur les salaires ou la titularisation des contractuels. Malgr&#233; donc l'abstention des permanents du syndicat parisien lors de la d&#233;lib&#233;ration sur la signature de l'accord au sein de la f&#233;d&#233;ration, la majorit&#233; s'est prononc&#233;e pour et le consid&#232;re comme une avanc&#233;e. Sud a refus&#233; de signer en mettant en avant les m&#234;mes arguments que la CGT parisienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au premier abord d'ailleurs l'accord a &#233;t&#233; bien accueilli par les postiers de la fili&#232;re courrier qui n'avaient &#233;videmment aucune raison de faire la fine bouche sur ce qu'on leur donne sans m&#234;me avoir eu &#224; se battre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant certains ont commenc&#233; &#224; y regarder &#224; deux fois quand, dans plusieurs centres courrier, c'est le directeur en personne qui s'est pr&#233;cipit&#233; pour organiser une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale du personnel et pr&#233;senter l'accord d&#232;s le lendemain de sa signature. Une h&#226;te pour le moins inhabituelle donc suspecte !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l&#224; o&#249; des syndicalistes critiques ont a leur tour organis&#233; une prise de parole, centre courrier de Nantes par exemple, le ton a peu &#224; peu chang&#233;. Les &#171; c'est bon &#187;, &#171; faut bien aussi faire donnant-donnant &#187;, &#171; on peut pas tout avoir &#187; du d&#233;but ont parfois &#233;t&#233; remplac&#233;s par des &#171; on se doutait bien qu'il y avait un truc &#187; ou encore &#171; c'&#233;tait trop beau, &#231;a cachait quelque chose &#187;. Maintenant l'heure semble surtout aux demandes d'explications et de pr&#233;cisions. Mais le pi&#232;ge tendu par La Poste n'est peut-&#234;tre pas pr&#232;s de fonctionner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;E. L. et A. H.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> La SNCF inaugure le &#171; dialogue &#187;... en disant &#171; non &#187; &#224; tout !
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/La-SNCF-inaugure-le-dialogue-en-disant-non-a-tout</link>
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		<dc:date>2004-11-14T17:54:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>SNCF
</dc:subject>
		<dc:subject>Entreprises
</dc:subject>

		<description>Certes, un accord a &#233;t&#233; sign&#233; le 13 octobre concernant les salaires. Il pr&#233;voit la majoration de 1,8 % du salaire de base par rapport au 31 d&#233;cembre 2003, morcel&#233;e en 3 &#233;tapes : 0,75 % au 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; janvier 2004, 0,75 % au 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; juillet 2004 et 0,3 % au 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; octobre 2004. Dans un texte interne la direction rappelle que ces mesures g&#233;n&#233;rales sont les plus importantes depuis 1994... ce qui ne fait que souligner la perte de ces dix derni&#232;res ann&#233;es ! &lt;br /&gt;Par ailleurs, la direction annonce des mesures sp&#233;ciales pour&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-36-novembre-decembre-2004-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 36, novembre-d&#233;cembre 2004
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-SNCF-+" rel="tag"&gt;SNCF
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Entreprises-72-+" rel="tag"&gt;Entreprises
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Certes, un accord a &#233;t&#233; sign&#233; le 13 octobre concernant les salaires. Il pr&#233;voit la majoration de 1,8 % du salaire de base par rapport au 31 d&#233;cembre 2003, morcel&#233;e en 3 &#233;tapes : 0,75 % au 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; janvier 2004, 0,75 % au 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; juillet 2004 et 0,3 % au 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; octobre 2004. Dans un texte interne la direction rappelle que ces mesures g&#233;n&#233;rales sont les plus importantes depuis 1994... ce qui ne fait que souligner la perte de ces dix derni&#232;res ann&#233;es !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, la direction annonce des mesures sp&#233;ciales pour les plus bas salaires : une augmentation de 3,8 % au cours de l'ann&#233;e 2004, qui ram&#232;nera les salaires de bas de grille &#224; environ 1200 &#8364; par mois. L&#224; encore ce qui est mis en &#233;vidence... c'est que certains n'atteignaient m&#234;me pas le Smic qui est de 1286 euros pour 169 heures de travail.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Suppressions d'emplois et d&#233;gradation des conditions de travail&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; les syndicats apportent leur quitus &#224; la direction, celle-ci proc&#232;de &#224; des suppressions d'effectifs (particuli&#232;rement sensibles dans le domaine des ventes) &#224; tour de bras. 2500 postes en moins au cours du seul premier semestre 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;organisations de l'activit&#233; Grandes Lignes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon un &#171; dossier de travail &#187; remis aux syndicats par la direction, la SNCF s'appr&#234;terait &#224; supprimer 245 agents affect&#233;s &#224; la vente des billets grandes lignes en 2005, 450 en 2006 et 540 en 2007. Sur quelque 7 900 agents, cela fait beaucoup ! La SNCF envisagerait de limiter &#224; 30 % le nombre de transactions effectu&#233;es aux guichets (ou dans certaines boutiques supprim&#233;es elles aussi) &#224; l'horizon 2010. La vente aux guichets deviendrait une activit&#233; presque semblable &#224; celle d'une agence de voyage, qui vendrait surtout les services coupl&#233;s avec le billet de train, comme la location de voitures ou la r&#233;servation de nuits d'h&#244;tel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, si la direction de la SNCF veut promouvoir la vente aux machines, installer de nouveaux automates dans les grandes gares, capables de r&#233;aliser en 20 secondes les op&#233;rations de vente ou d'&#233;change les plus simples, ou encore pousser la vente sur le net, avec impression du billet et/ou retrait sur les machines en gare, c'est moins par souci des usagers... que pour r&#233;duire ses effectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Low-costs &#187; de main-d'&#339;uvre &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lancement le 6 d&#233;cembre d'un &#171; i-TGV &#187; uniquement accessible sur internet &#224; un prix d&#233;fiant la concurrence des compagnies a&#233;riennes va dans le m&#234;me sens, &#224; ceci pr&#232;s que ledit TGV serait g&#233;r&#233; par une filiale de la SNCF. Voie vers la privatisation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;organisations des gares de banlieue&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement &#224; cela, la SNCF acc&#233;l&#232;re le rythme des restructurations entam&#233;es depuis quelques ann&#233;es sous le nom de &lt;em&gt;&#171; gestion par activit&#233; &#187;&lt;/em&gt;. En banlieue parisienne est apparu le &lt;em&gt;&#171; nouveau m&#233;tier Ile-de-France &#187;&lt;/em&gt;, dont l'int&#233;r&#234;t principal pour la direction consiste &#224; mixer les activit&#233;s jusque-l&#224; s&#233;par&#233;es de vente et d'accueil : d&#233;sormais un m&#234;me agent dans une m&#234;me journ&#233;e pourrait ouvrir et fermer un guichet et poursuivre par de l'accueil dans une autre gare &#233;ventuellement, ou dans un autre guichet. Le cheminot Shiva en quelque sorte !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, de plus en plus de cheminots sont amen&#233;s &#224; travailler seuls en week-ends ou en soir&#233;e, avec les difficult&#233;s que l'on imagine s'il y a le moindre p&#233;pin, tant pour l'agent que pour les voyageurs. Car les agressions verbales, et physiques parfois, sont d&#233;sormais le lot quotidien des agents d'accueil comme des recettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour convaincre les plus r&#233;ticents d'accepter de faire des horaires de plus en plus difficiles (m&#234;me si le travail de nuit, de dimanches et f&#234;tes ont toujours &#233;t&#233; le lot de ces m&#233;tiers) que les chefs font miroiter le b&#233;n&#233;fice des heures de nuit pour la fiche de paye. Ainsi les primes finissent par constituer une part non n&#233;gligeable de salaire... de plus en plus &#224; la tra&#238;ne.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les nerfs sont &#224; vif, mais les r&#233;actions &#233;parpill&#233;es&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;organisation, acc&#233;l&#233;r&#233;e ces derniers temps, a engendr&#233; des r&#233;actions, &#224; l'appel de divers syndicats. Le 2 novembre, plusieurs gr&#232;ves ont eu lieu. A Melun, la journ&#233;e faisait suite au 30 septembre o&#249; des agents commerciaux d'une quarantaine de gares d'Essonne et de Seine-et-Marne ont baiss&#233; les rideaux pour protester contre un projet qui signifie des suppressions de postes. Le m&#234;me jour &#224; la gare du Nord (Paris), r&#233;seau banlieue, la gr&#232;ve &#233;tait bien suivie. A Juvisy (Essonne) &#233;galement. A la gare de Lyon (Paris) les gr&#233;vistes ont envahi le CHSCT, repoussant la r&#233;organisation de quelques mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, ces mouvements sont lanc&#233;s par des militants syndicaux sans aucun plan de la part de leurs directions, aucune perspective d'ensemble, aucune destination commune affich&#233;e, m&#234;me pas avec les autres salari&#233;s du public, postes, h&#244;pitaux, &#233;ducation nationale, qui connaissent exactement les m&#234;mes attaques. Et ce n'est pas la journ&#233;e d'action annonc&#233;e, sans gr&#232;ve jusqu'ici, par les syndicats pour le 25 novembre, au nom de la d&#233;fense des services publics (ferroviaires seulement) et du droit de gr&#232;ve (qu'ils viennent de brader), qui offre des perspectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A moins que les cheminots ne r&#233;servent aux appareils des surprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12 novembre 2004&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ninon HEBERT&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> SNCF : Table ronde et lutte de classe
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/SNCF-Table-ronde-et-lutte-de-classe</link>
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		<dc:subject>Entreprises
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		<dc:subject>SNCF
</dc:subject>

		<description>&#171; Accord sans pr&#233;c&#233;dent &#187;, claironne-t-on &#224; la direction de la SNCF comme au minist&#232;re des transports, &#224; propos de la signature le 28 octobre, par le PDG et quasiment toutes les organisations syndicales du document sur &#171; l'am&#233;lioration du dialogue social et la pr&#233;vention des conflits &#224; la SNCF &#187;. Seule la f&#233;d&#233;ration FO refuse de signer. Quant &#224; Sud, elle r&#233;serve sa r&#233;ponse. Les cam&#233;ras pr&#233;sentes &#233;taient surtout braqu&#233;es sur la poign&#233;e de main &#171; historique &#187; entre Louis Gallois (PDG) et Didier Le Reste&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; Accord sans pr&#233;c&#233;dent &#187;&lt;/em&gt;, claironne-t-on &#224; la direction de la SNCF comme au minist&#232;re des transports, &#224; propos de la signature le 28 octobre, par le PDG et quasiment toutes les organisations syndicales du document sur &lt;em&gt;&#171; l'am&#233;lioration du dialogue social et la pr&#233;vention des conflits &#224; la SNCF &#187;&lt;/em&gt;. Seule la f&#233;d&#233;ration FO refuse de signer. Quant &#224; Sud, elle r&#233;serve sa r&#233;ponse. Les cam&#233;ras pr&#233;sentes &#233;taient surtout braqu&#233;es sur la poign&#233;e de main &lt;em&gt;&#171; historique &#187;&lt;/em&gt; entre Louis Gallois (PDG) et Didier Le Reste (responsable de la CGT). C'&#233;tait effectivement la premi&#232;re fois que la CGT signait un accord restreignant le droit de gr&#232;ve des cheminots, sous pr&#233;texte d'&#233;viter une loi qui serait pire, mais surtout en &#233;change d'avantages non n&#233;gligeables pour la bureaucratie syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'engagement syndical &#224; allonger la p&#233;riode de pr&#233;avis&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Certes, l'accord sign&#233; consiste en treize pages de bla-bla que probablement peu de cheminots auront lues. Les la&#239;us patronaux sur le &lt;em&gt;&#171; dialogue social &#187;&lt;/em&gt; qui serait tellement mieux que le conflit, sur les chers usagers (O pardon &#171; les client&#232;les &#187;... n'oublions pas les patrons qui ach&#232;tent du fret !) qu'il faudrait choyer, sont des rengaines bien connues. Les cheminots, eux, croient ce qu'ils voient : de pr&#233;tendus dialogues qui tournent au vinaigre parce que la hi&#233;rarchie oppose &#224; toute revendication importante une fin de non-recevoir et continue &#224; rogner sur les acquis ; une pseudo-pr&#233;venance &#224; l'&#233;gard des clients qui trouve ses limites dans l'exigence du profit maximum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'accord consiste donc en 90 % de bla-bla, il y a tout de m&#234;me les 10 % restant. Politiquement non n&#233;gligeables ! La direction de la SNCF a obtenu des syndicats signataires l'engagement d&#251;ment paraph&#233; qu'ils ne d&#233;clencheraient plus de gr&#232;ves sans en passer par une proc&#233;dure d'&lt;em&gt; &#171; alarme sociale &#187;&lt;/em&gt; comme &#224; la RATP, consistant en la participation &#224; des structures de concertation pr&#233;alables hi&#233;rarchie/syndicats, &#224; diff&#233;rents niveaux, allongeant de fait d'une dur&#233;e suppl&#233;mentaire de deux &#224; trois semaines l'actuel pr&#233;avis de cinq jours. Et en cas de coups de col&#232;re des cheminots face aux sales coups de la direction ? L'appareil syndical s'est engag&#233; &#224; la faire attendre... Tout un programme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; que r&#233;side effectivement l'in&#233;dit ! Les directions des grandes conf&#233;d&#233;rations dites repr&#233;sentatives, c'est-&#224;-dire agr&#233;&#233;es par la loi et b&#233;n&#233;ficiant du monopole d'avantages l&#233;gaux non n&#233;gligeables, ont derri&#232;re elles une longue histoire de luttes d&#233;tourn&#233;es ou trahies. Mais vant&#233;es n&#233;anmoins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, en &#233;crivant et signant que la gr&#232;ve peut et doit &#234;tre &#233;vit&#233;e par un bon &#171; dialogue &#187; avec le patron, c'est cette &#171; culture &#187; de la confrontation que la direction de la CGT renie aujourd'hui. Point final d'une &#233;volution commenc&#233;e il y a dix ans d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Ce que la direction de la CGT y gagne... contre les cheminots&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La direction de la SNCF est &#233;videmment maligne. Elle parle de : &lt;em&gt;&#171; dialoguer pour mieux se comprendre &#187;&lt;/em&gt;. Elle ne parle pas de &#171; dialoguer pour mieux satisfaire les revendications &#187; ! Nuance. Et elle met les points sur les &#171; i &#187; en pr&#233;cisant qu'il s'agit de &lt;em&gt;&#171; passer d'une culture de confrontation &#224; une culture de concertation et de recherche de compromis &#187;&lt;/em&gt;. Bref, elle n'offre strictement rien aux travailleurs, mais seulement aux appareils syndicaux de nouvelles facilit&#233;s de palabres, de nouvelles entrevues plus ou moins institutionnalis&#233;es, au niveau des &#233;tablissements, des r&#233;gions, etc. Soit de nouveaux cadeaux en heures et honneurs ! Pas anodins, en ce sens qu'ils sont destin&#233;s, explicitement, &#224; aider et renforcer l'appareil contre ses propres militants combatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Louis Gallois et Didier Le Reste disent explicitement avoir cherch&#233; ensemble &lt;em&gt;&#171; une plus grande efficacit&#233; des instances &#187;&lt;/em&gt;. Primo, les d&#233;l&#233;gu&#233;s du personnel devront rester dans le cadre de leurs pr&#233;rogatives l&#233;gales et ne pas se m&#234;ler des probl&#232;mes g&#233;n&#233;raux qui ne les concerneraient pas. Ces probl&#232;mes g&#233;n&#233;raux de salaires, emplois, &#171; restructurations &#187;, &lt;em&gt;&#171; trouveront leur r&#233;ponse dans le cadre de rencontres entre organisations syndicales et direction de l'&#233;tablissement &#187;&lt;/em&gt;. Et &#224; cet effet, les organisations syndicales &lt;em&gt;&#171; d&#233;signeront des d&#233;l&#233;gu&#233;s syndicaux au sein de chaque &#233;tablissement &#187;&lt;/em&gt;... &lt;em&gt;&#171; les repr&#233;sentants des organisations syndicales seront ainsi mieux identifi&#233;s, ce qui facilitera les &#233;changes entre partenaires sociaux &#187;&lt;/em&gt; (brochure de la direction de la SNCF d'octobre 2004, &lt;em&gt;&#171; Edition sp&#233;ciale : pr&#233;vention des conflits &#187;&lt;/em&gt;). Si ces phrases ont un sens, c'est que l'appareil syndical va habiliter ou r&#233;habiliter certains &#224; le repr&#233;senter, &#224; parler en son nom, &#224; n&#233;gocier, &#224; signer... &lt;em&gt;&#171; Mieux identifier &#187; &lt;/em&gt;certains et pas d'autres. La volont&#233; commune de Gallois et Le Reste est que c'en soit fini, de la bride laiss&#233;e sur le cou de militants syndicaux qui animent des structures locales. Fini pour eux, la possibilit&#233; de d&#233;poser un pr&#233;avis, ici ou l&#224;, bien ou mal, parce qu'ils sont combatifs et auront &#233;t&#233; sensibles au m&#233;contentement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi ces militants, il en est d'extr&#234;me gauche. La CFDT a fait la chasse &#224; une &#233;poque &#224; ses &#171; moutons noirs &#187;. La CGT ne s'en &#233;tait pas priv&#233;e dans son pass&#233; bien stalinien. Aujourd'hui, elle n'exclut personne. Mais avec l'aide de la direction de la SNCF, elle se donne les moyens d'&#233;carter certains du pouvoir de d&#233;poser un pr&#233;avis de gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il n'est probablement pas anodin qu'un tel accord syndicats/patronat ait lieu pr&#233;cis&#233;ment aujourd'hui o&#249; la SNCF est sur la voie de restructurations aux effets rigoureux contre les cheminots. Elle ne leur r&#233;serve que suppression d'emplois, baisse de pouvoir d'achat, cadences et horaires toujours plus infernaux. Il lui faut donc bien suborner parall&#232;lement les directions syndicales, pour tenter de se pr&#233;munir contre un conflit. C'est la finalit&#233; de cet accord.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les cheminots n'ont pas sign&#233; !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle bassesse syndicale n'est pas r&#233;jouissante. Mais pas non plus alarmante, outre mesure. Ni rire, ni pleurer, seulement comprendre qu'un nouvel obstacle est bel et bien l&#224;, et qu'il faut se pr&#233;parer &#224; le d&#233;gager.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La classe ouvri&#232;re n'a jamais rien obtenu d'important que par la gr&#232;ve. Les grands mouvements du pass&#233; le prouvent. Ils ont souvent fait trembler gouvernement et patronat, mais aussi p&#226;ti de ne pas s'&#234;tre donn&#233; une direction propre, qui &#233;chappe aux directions syndicales toujours plus pr&#233;occup&#233;es de savoir terminer une gr&#232;ve que de lui permettre d'aller au bout de ses possibilit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La SNCF aujourd'hui, certes apr&#232;s la RATP, sert de terrain d'essai au patronat pour imposer des restrictions au droit de gr&#232;ve, si ce n'est l&#233;gales (mais le projet d'une loi n'est pas abandonn&#233;) du moins &#171; contractuelles &#187; ou &#171; partenariales &#187;, &#224; l'anglaise ou &#224; l'allemande. Libre aux directions syndicales de jouer ce sale jeu. Mais les cheminots eux, n'ont rien sign&#233;, et surtout pas dit leur dernier mot. Les militants CGT ou autres non plus. Ils gardent tous leurs moyens d'&#234;tre le phare qu'ils ont repr&#233;sent&#233; en 1995. Et au grand dam de Gallois et de ses suppl&#233;tifs syndicaux, de pr&#233;parer les cartouches pour l'affrontement g&#233;n&#233;ral dont les travailleurs, du public et du priv&#233;, tous ensemble, ne pourront faire l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 novembre 2004&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michelle VERDIER&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;L'&#171; historique &#187; et l'histoire...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une restriction au droit de gr&#232;ve existait d&#233;j&#224; &#224; la SNCF depuis 1961, mais le pr&#233;avis de 5 jours fixant exception (et restriction) au droit de gr&#232;ve dans les services publics fut introduit dans le Code par la loi du 31 juillet 1963. De Gaulle &#224; l'&#233;poque se vengeait du camouflet que lui avait inflig&#233; la grande gr&#232;ve des mineurs de mars-avril 1963. Son ordre de r&#233;quisition avait alors &#233;t&#233; trait&#233; par les gr&#233;vistes comme un chiffon de papier. Le conflit dura cinq semaines et l'&#233;lan g&#233;n&#233;ral de solidarit&#233; vers les gr&#233;vistes fut tr&#232;s grand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette situation qu'on n'avait pas vue depuis longtemps, les directions syndicales appuy&#232;rent de toutes leurs forces sur le frein. Les mineurs durent reprendre le travail, avec la satisfaction partielle de leur revendication salariale, mais l'amertume de n'&#234;tre pas all&#233;s jusqu'au bout. Quelques mois plus tard, &#224; la fin juin 1963, le gouvernement trouva dans quelques mouvements de gr&#232;ve tournante &#224; la RATP l'opportunit&#233; d'avoir sa revanche et de reprendre l'avantage en faisant passer une l&#233;gislation anti-gr&#232;ve. Les possibilit&#233;s de d&#233;fense des travailleurs des services publics, soit un tiers des salari&#233;s du pays, &#233;taient r&#233;duites par voie l&#233;gale. Sale coup port&#233; pendant les vacances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les directions syndicales protest&#232;rent &#224; l'&#233;poque. Mais il faut bien voir que par cette loi, le gouvernement confirmait qu'il les craignait moins que les travailleurs du rang. Le pr&#233;avis de cinq jours, que seules les organisations syndicales &#233;taient habilit&#233;es &#224; donner, les prot&#233;geaient &#233;galement contre toute gr&#232;ve intempestive qui leur &#233;chapperait ! Si des travailleurs voulaient se mettre en gr&#232;ve sans l'accord du syndicat, leur gr&#232;ve devenait &#171; ill&#233;gale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pas impossible... comme ces quarante derni&#232;res ann&#233;es l'ont prouv&#233; &#224; bien des reprises.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Le ministre de la Sant&#233; met l'h&#244;pital public au r&#233;gime sec !
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>H&#244;pital
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		<dc:subject>Sant&#233;
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		<description>Comme si l'h&#244;pital public n'&#233;tait pas d&#233;j&#224; assez malade, le ministre Douste-Blazy annonce une nouvelle ponction de 850 millions d'euros en trois ansdont 150 millions d'euros dans l'ann&#233;e. Selon ses propres termes il s'agit de faire &#171; 2 % d'&#233;conomies sur les achats de m&#233;dicaments, 10 % sur les dispositifs m&#233;dicaux et fournitures h&#244;teli&#232;res g&#233;n&#233;rales et 5 % sur la majeure partie des prestations de service &#187; . C'est dans ce but qu'il &#171; demandera aux Agences r&#233;gionales d'hospitalisation de faire des&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-36-novembre-decembre-2004-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 36, novembre-d&#233;cembre 2004
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Sante-+" rel="tag"&gt;Sant&#233;
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comme si l'h&#244;pital public n'&#233;tait pas d&#233;j&#224; assez malade, le ministre Douste-Blazy annonce une nouvelle ponction de 850 millions d'euros en trois ansdont 150 millions d'euros dans l'ann&#233;e. Selon ses propres termes il s'agit de faire &#171; &lt;em&gt;2 % d'&#233;conomies sur les achats de m&#233;dicaments, 10 % sur les dispositifs m&#233;dicaux et fournitures h&#244;teli&#232;res g&#233;n&#233;rales et 5 % sur la majeure partie des prestations de service&lt;/em&gt; &#187;&lt;strong&gt; &lt;em&gt;. &lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;C'est dans ce but qu'il &#171; &lt;em&gt;demandera aux Agences r&#233;gionales d'hospitalisation de faire des &#233;conomies sur la politique d'achat concernant les fournitures - textiles &#224; usage unique, fournitures de bureau, mat&#233;riels informatiques - au vu des exp&#233;rimentations effectu&#233;es dans 14 &#233;tablissements pilotes qui ont montr&#233; que l'on peut faire un plan d'&#233;conomies sur ces achats de 850 millions d'euros d'ici trois ans&lt;/em&gt; &#187;&lt;em&gt;. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus, le gouvernement r&#233;cuse la modeste demande de la FHF, F&#233;d&#233;ration hospitali&#232;re de France qui regroupe les directeurs des h&#244;pitaux publics, laquelle estime qu'une progression de budget de 4,74 % est le strict minimum pour assurer la simple reconduction des moyens n&#233;cessaires au fonctionnement des &#233;tablissements.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Chantage et pressions&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;blocage d'une aide de 300 millions d'euros (un peu plus du tiers du d&#233;ficit des h&#244;pitaux publics) est &#171; conditionn&#233;e &#224; un contrat de retour &#224; l'&#233;quilibre, &#224; l'aune de la tarification &#224; l'activit&#233; et de la nouvelle organisation interne de l'h&#244;pital &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En refusant d'honorer ses engagements l'Etat a en effet laiss&#233; s'accumuler les dettes des h&#244;pitaux. La FHF estime que le montant cumul&#233; de ces dettes sera de 800 millions d'euros en fin 2005. Douste-Blazy, lui, pr&#233;tend que la somme ne s'&#233;l&#232;vera qu'&#224; 240 millions d'euros, soit 560 millions de moins. Autant de moins que l'Etat n'entend pas d&#233;bourser et que les h&#244;pitaux n'ont qu'&#224; enregistrer comme &#171; reports de charge &#187;, c'est-&#224;-dire &#224; essayer d'&#233;ponger l'ann&#233;e suivante, ce qui gr&#232;vera d'autant leur budget cette ann&#233;e-l&#224;, ou... &#224; reporter une nouvelle fois, c'est-&#224;-dire &#224; s'affirmer en d&#233;ficit quasi permanent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or maintenant, non seulement le gouvernement ne reconna&#238;t pas sa responsabilit&#233; dans ces dettes, mais il exerce gr&#226;ce &#224; elles un chantage ouvert sur les h&#244;pitaux pour les amener &#224; appliquer son plan de restrictions : soit vous l'acceptez, soit on vous d&#233;clare en faillite puisque vous &#234;tes d&#233;ficitaire. C'est l'aventure arriv&#233;e &#224; l'h&#244;pital d'Argenteuil que la r&#233;duction des fonds vers&#233;s par l'Etat mena&#231;ait de fermeture pour non paiement des fournisseurs ! Un chantage gr&#226;ce auquel l'Etat a effectivement obtenu dudit h&#244;pital une gestion drastique pour rattraper le d&#233;ficit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me la nouvelle organisation par &#171; p&#244;les &#187; (qui doit &#234;tre g&#233;n&#233;ralis&#233;e apr&#232;s avoir &#233;t&#233; exp&#233;riment&#233;e actuellement dans quatre h&#244;pitaux parisiens, Brousse, Pompidou, Lariboisi&#232;re et Tenon) vise &#224; diminuer encore le personnel. Le p&#244;le, une entit&#233; &#224; dominante gestionnaire et non m&#233;dicale, est un regroupement de services organis&#233; en vue de rassembler leurs moyens en mat&#233;riel et en personnel. Mais, ainsi, le personnel pourra &#234;tre mis en commun entre diff&#233;rents services et pallier au manque d'embauches par plus de mouvement d'un service &#224; l'autre... m&#234;me si dans la r&#233;alit&#233; ce personnel manque dans tous.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Rentabilit&#233; avant tout&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'objectif d&#233;clar&#233; du ministre, c'est que &#171; &lt;em&gt;&#224; l'horizon 2012, les h&#244;pitaux publics seront r&#233;mun&#233;r&#233;s au co&#251;t r&#233;el&lt;/em&gt; &#187;. Les directeurs devront donc se plier essentiellement &#224; la logique financi&#232;re et non &#224; l'int&#233;r&#234;t des malades. Car concr&#232;tement, avec le budget &#171; &#224; co&#251;t r&#233;el &#187;, une op&#233;ration difficile ayant co&#251;t&#233; plus que pr&#233;vu ou un malade rest&#233; hospitalis&#233; plus que la dur&#233;e moyenne de s&#233;jour calcul&#233;e par les bureaucrates ne seront plus pris en charge par la tutelle. A l'h&#244;pital de se d&#233;brouiller c'est-&#224;-dire, s'il veut accomplir sa tache, rogner sur d'autres budgets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qui fait dire au ministre, plein d'humour cynique, que la tarification &#224; l'activit&#233; est &#171; &lt;em&gt;une des ressources les plus transparentes, mobilisatrice et responsabilisante&lt;/em&gt; &#187;&lt;strong&gt; &lt;em&gt;.&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt; Il annonce d'ailleurs qu'un &#171; &lt;em&gt;dispositif de suivi&lt;/em&gt; &#187; permettra de surveiller son application avec &#171; &lt;em&gt;une mission d'audit et d'accompagnement &lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et une vaste op&#233;ration d' &#171; &#233;valuation &#187; a &#233;t&#233; lanc&#233;e, visant &#224; ce que le minist&#232;re appelle &#171; &lt;em&gt;la bonne gouvernance&lt;/em&gt; &#187;. A partir de 2005, les h&#244;pitaux publics seront class&#233;s selon un palmar&#232;s des &#233;conomies avec &#171; &lt;em&gt;une panoplie d'indicateurs de performance&lt;/em&gt; &#187;. Et pour motiver les responsables, le ministre a annonc&#233; une r&#233;forme du statut des directeurs d'h&#244;pitaux afin de &#171; &lt;em&gt;lier leur avancement &#224; des indicateurs de performance financi&#232;re&lt;/em&gt; &#187;. A bon entendeur salut ! Directeurs et directrices si vous voulez faire carri&#232;re, il va falloir en faire baver au personnel... et aux malades.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;80 000 emplois menac&#233;s &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les h&#244;pitaux parisiens, gouvern&#233;s par la directrice de l'Assistance Publique - H&#244;pitaux Parisiens (AP-HP), la matrone Marie-Rose Van Lerberghe, partisane acharn&#233;e des plans d'&#233;conomies, qui a fait ses classes en participant au licenciement des salari&#233;s de Lu-Belin&lt;strong&gt;, &lt;/strong&gt;devront faire 60 millions d'euros d'&#233;conomies en 2005. Ils s'ajoutent &#224; une restriction budg&#233;taire du m&#234;me ordre en 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'ordre du jour donc : nouvelles r&#233;ductions d'effectifs et de lits, moins d'entretien des locaux, des &#233;conomies sur les soins et des fermetures d'&#233;tablissements. Cela repr&#233;senterait 80 000 emplois hospitaliers de moins sur l'ensemble de l'Assistance publique selon les syndicats. Et Marie-Rose Van Lerberghe rajoute dans son message au personnel &lt;em&gt;&#171; j'ai relev&#233; avec beaucoup de satisfaction que toutes ces difficult&#233;s n'enl&#232;vent rien &#224; votre foi dans votre m&#233;tier&lt;/em&gt; &#187;. Mais esp&#233;rons au fond qu'elle ait raison car la &#171; foi dans le m&#233;tier &#187; cela veut assur&#233;ment dire que le personnel hospitalier attachera toujours assez d'importance &#224; la sant&#233; des malades au point de la d&#233;fendre contre les destructeurs de l'h&#244;pital comme elle !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'argent vol&#233; aux h&#244;pitaux offert aux laboratoires pharmaceutiques&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ces plans d'&#233;conomies ont soi-disant pour but d'&#233;quilibrer la S&#233;curit&#233; sociale, alors que dans le m&#234;me temps l'Etat accorde 18 milliards d'euros d'all&#233;gements de cotisations sociales aux patrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, l'h&#244;pital est une lourde charge pour la S&#233;cu parce que l'Etat refuse de payer pour la sant&#233; publique pour le plus grand avantage des capitalistes. Il l'est aussi parce que l'Etat refuse de r&#233;glementer les prix des m&#233;dicaments. Ainsi ce gouvernement qui n'a que le mot &#233;conomies &#224; la bouche vient de multiplier par dix le prix du Rimifon, un m&#233;dicament contre la tuberculose. Le co&#251;t pour la S&#233;cu de ce m&#233;dicament (rembours&#233; &#224; 100%) est pass&#233; de 250 000 &#8364; &#224; 2,5 millions d'euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On nous annonce que les d&#233;penses de m&#233;dicaments au premier semestre 2004 sont en augmentation par rapport &#224; l'ann&#233;e 2003. Pourtant, la consommation de m&#233;dicaments n'a augment&#233; que de mani&#232;re d&#233;risoire : + 0,7 %. Ce sont les prix qui ont augment&#233; : + 4,6 % en moyenne (selon un rapport d'Aventis-Sanofi du 30 avril 2004). Les prix, donc les b&#233;n&#233;fices des trusts pharmaceutiques !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Diminuer encore les effectifs serait carr&#233;ment criminel !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;60 &#224; 70 % du budget des h&#244;pitaux sert &#224; payer le personnel. La situation des effectifs d'infirmi&#232;res, d'aides soignantes, d'agents hospitaliers, d&#233;j&#224; alarmante, va donc s'aggraver avec les nouvelles restrictions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs la liste des h&#244;pitaux menac&#233;s de fermeture de lits, de services ou m&#234;me de l'h&#244;pital tout entier s'allonge : apr&#232;s l'H&#244;tel-dieu ou Saint Vincent de Paul, &#224; Paris, c'est maintenant l'h&#244;pital Ren&#233; Muret &#224; Sevran ou celui d'Argenteuil qui sont cit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rentabilit&#233; remplace l'int&#233;r&#234;t public aux d&#233;pens de la vie de tous. Dans de nombreux h&#244;pitaux de province (Rennes, Clermont, Luynes dans l'Indre-et-Loire...) des gr&#232;ves ont &#233;clat&#233; parce que le personnel hospitalier n'accepte plus de travailler avec le couteau sous la gorge ! Mais c'est ensemble, personnel et usagers, qu'il faudra et que nous pourrons donner un co&#251;t d'arr&#234;t &#224; cette casse syst&#233;matique organis&#233;e par les soi-disant responsables de la sant&#233; publique eux-m&#234;mes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12 novembre 2004&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elise GALLO&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Loi Perben : une justice &#224; la t&#234;te du client
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		<dc:date>2004-11-14T17:50:08Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>justice
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		<description>Plusieurs mesures phare de la loi Perben II, vot&#233;e en f&#233;vrier 2004, sont entr&#233;es en vigueur le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; octobre. Cette loi aurait pour objet de &#171; lutter contre la criminalit&#233; organis&#233;e &#187;. Cet objectif vaut-il pourtant de renforcer aussi consid&#233;rablement les pouvoirs de la police et du parquet au d&#233;triment des libert&#233;s individuelles et des droits de la d&#233;fense ? Assur&#233;ment... &#224; condition de croire la description par le ministre des menaces qui planent sur nos t&#234;tes : &#171; Des individus se regroupent dans le but de&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Plusieurs mesures phare de la loi Perben II, vot&#233;e en f&#233;vrier 2004, sont entr&#233;es en vigueur le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; octobre. Cette loi aurait pour objet de &lt;em&gt;&#171; lutter contre la criminalit&#233; organis&#233;e &#187;&lt;/em&gt;. Cet objectif vaut-il pourtant de renforcer aussi consid&#233;rablement les pouvoirs de la police et du parquet au d&#233;triment des libert&#233;s individuelles et des droits de la d&#233;fense ? Assur&#233;ment... &#224; condition de croire la description par le ministre des menaces qui planent sur nos t&#234;tes : &lt;em&gt;&#171; Des individus se regroupent dans le but de vivre d'une activit&#233; ill&#233;gale avec un seul objectif : faire de l'argent. Toutes les activit&#233;s ill&#233;gales sont bonnes : trafics de stup&#233;fiants, prox&#233;n&#233;tisme ou traite des &#234;tres humains, trafic d'&#339;uvres d'art ou jeu clandestin. Toutes ces activit&#233;s apportent avec elles leur lot de violence, assassinats, enl&#232;vements et s&#233;questrations, tortures ou actes de barbarie en bande organis&#233;e &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Tous concern&#233;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me, c'est que la notion de &lt;em&gt;&#171; bande organis&#233;e &#187;&lt;/em&gt; est loin de se limiter &#224; cibler les mafias ou ces triades sanguinaires que d&#233;crit le ministre. Consid&#233;r&#233;e d&#233;j&#224; comme une circonstance aggravante dans le code p&#233;nal, elle d&#233;signe &lt;em&gt;&#171; tout groupement form&#233; ou toute entente &#233;tablie en vue de la pr&#233;paration, caract&#233;ris&#233;e par un ou plusieurs faits mat&#233;riels, d'une ou plusieurs infractions &#187;&lt;/em&gt;. Bien flou, tout &#231;a !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon cette d&#233;finition, deux jeunes qui volent un v&#233;lo &#224; l'aide d'une pince constituent d&#233;j&#224; une &#171; bande organis&#233;e &#187;. Tout comme des travailleurs en gr&#232;ve d'une entreprise menac&#233;e de fermeture, qui auraient retenu quelques heures leur patron pour l'obliger &#224; discuter. Facile d'&#234;tre une bande organis&#233;e, sinon &#224; soi tout seul, comme le chante Renaud, du moins sans y pr&#234;ter attention !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Pouvoirs de police renforc&#233;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En fait, avec la loi Perben, cette notion de &#171; bande organis&#233;e &#187; permet d'&#233;tendre ce qui &#233;tait jusqu'&#224; maintenant des proc&#233;dures d'enqu&#234;te exceptionnelles (appliqu&#233;es &#224; des affaires de terrorisme ou de stup&#233;fiant) &#224; n'importe quelle infraction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la garde &#224; vue passe de deux &#224; quatre jours, y compris pour les mineurs de 16 ans, et l'acc&#232;s &#224; un avocat jusqu'ici garanti &#224; la 20&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; heure pourra &#234;tre repouss&#233; dans certains cas au troisi&#232;me jour. La police peut installer micros et cam&#233;ras dans des domiciles priv&#233;s, effectuer des perquisitions de nuit d&#232;s l'enqu&#234;te pr&#233;liminaire, ce qui n'&#233;tait possible &#224; ce jour que dans le cadre d'une information judiciaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au point que le Conseil constitutionnel a l&#233;g&#232;rement cill&#233; et a tenu &#224; pr&#233;ciser que ces proc&#233;dures exceptionnelles d'enqu&#234;te ne doivent &#234;tre appliqu&#233;es que si des &#171; &#233;l&#233;ments de gravit&#233; suffisants &#187; sont r&#233;unis. En cas d'erreur de qualification elles peuvent &#234;tre annul&#233;es et le d&#233;lit requalifi&#233;. Un garde-fou plus que symbolique pour la pr&#233;sidente du Syndicat de la magistrature : &lt;em&gt;&#171; La bande organis&#233;e est une notion d&#233;licate &#224; manier. Malgr&#233; ce cadre, la police utilisera ces mesures d'exception, comme la garde &#224; vue prolong&#233;e. Et si elle admet, par la suite, s'&#234;tre tromp&#233;e, cela ne changera rien &#224; l'affaire : le mal sera d&#233;j&#224; fait. &#187;&lt;/em&gt; Tant pis, en effet, pour le pr&#233;venu qui aura pass&#233; quatre jours en garde &#224; vue ou aura &#233;t&#233; mis sur &#233;coute &#171; par erreur &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, la possibilit&#233; pour les policiers d'infiltrer des r&#233;seaux, jusqu'alors limit&#233;e aux affaires de terrorisme et de stup&#233;fiant, est &#233;tendue. D&#233;sormais, ils seront autoris&#233;s &#224; se faire passer pour receleur ou complice des infractions. Ils n'auront pas le droit d'inciter au d&#233;lit (encore heureux !) mais pourront mettre &#224; la disposition des personnes suspect&#233;es les moyens (financiers, juridiques, transport...) dont elles ont besoin ! Enfin le syst&#232;me du &#171; repenti &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Cette derni&#232;re mesure attendrait encore pour l'instant ses d&#233;crets (...)' id='nh3-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; est introduit : en en d&#233;non&#231;ant d'autres celui-ci b&#233;n&#233;ficiera d'une r&#233;duction ou d'une annulation de peine. Appliqu&#233; &#224; toute infraction, ce statut est une v&#233;ritable prime &#224; la d&#233;lation&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Une autre mesure, concernant le fichage des d&#233;linquants sexuels, est encore (...)' id='nh3-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, voire &#224; la d&#233;nonciation mensong&#232;re pure et simple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la loi Perben, il devient donc parfaitement l&#233;gal de poursuivre un grand nombre d'infractions (du vol &#224; l'action syndicale ou politique un peu muscl&#233;e) suivant une proc&#233;dure d'exception, hors de tout contr&#244;le, y compris celui du juge d'instruction comme c'&#233;tait le cas jusqu'&#224; pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les d&#233;munis plus d&#233;munis&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Autre innovation : la &#171; &lt;em&gt;comparution sur reconnaissance pr&#233;alable de culpabilit&#233;&lt;/em&gt; &#187;, une adaptation du plaider-coupable anglo-saxon. Cette disposition concernera les d&#233;lits et les crimes entra&#238;nant des peines allant jusqu'&#224; cinq ans de prison (vol &#224; l'&#233;talage, conduite en &#233;tat d'ivresse, abus de biens sociaux, non respect du code du travail). Au terme de la garde &#224; vue, le &#171; plaidant coupable &#187; sera d&#233;f&#233;r&#233;, en pr&#233;sence d'un avocat, devant le procureur qui lui proposera une peine ne pouvant d&#233;passer la moiti&#233; de celle encourue. La proposition de peine, une fois accept&#233;e par le pr&#233;venu, sera ensuite &#171; homologu&#233;e &#187; par le juge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une proc&#233;dure efficace et humaine, affirme Dominique Perben : tout en permettant d'&lt;em&gt;&#171; all&#233;ger les audiences correctionnelles &#187;&lt;/em&gt;, c'est-&#224;-dire d'&#233;viter un proc&#232;s, elle m&#233;nagerait l'int&#233;r&#234;t du pr&#233;venu, puisqu'en avouant, celui-ci pourrait voir sa peine all&#233;g&#233;e. Le probl&#232;me, c'est que cette proc&#233;dure peut cacher un v&#233;ritable chantage et une nouvelle pression lors de la garde &#224; vue. Pour beaucoup, et particuli&#232;rement les plus d&#233;munis face &#224; la complexit&#233; de la justice, l'aveu, m&#234;me sans fondement, appara&#238;tra comme une fa&#231;on d'&#233;viter le pire. Or, une fois la culpabilit&#233; reconnue et la peine fix&#233;e, difficile de revenir en arri&#232;re. En effet, si le suspect rejette la peine propos&#233;e, c'est la comparution imm&#233;diate devant le tribunal et la perspective d'une condamnation plus lourde, requise par le procureur. &lt;em&gt;&#171; Quel pr&#233;venu r&#233;sistera ? Quel avocat conseillera &#224; son client de refuser la proposition au risque de le voir condamner &#224; une peine plus s&#233;v&#232;re que celle propos&#233;e ? &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-3' class='spip_note' rel='appendix' title='Propos de l'ancien garde des sceaux Robert Badinter.' id='nh3-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut alors que partager la crainte de la pr&#233;sidente du Syndicat de la magistrature : &#171; le danger &#233;vident est que l'on extorque l'approbation des pr&#233;venus[...] Face au procureur, le citoyen n'aura pas les moyens de d&#233;fendre sa cause devant la justice. Ce sera une peine sans jugement ni d&#233;fense, d&#233;cid&#233;e dans le secret d'un cabinet du minist&#232;re public tout puissant qui concentre pouvoir de poursuite et pouvoir de condamnation. &#187; En effet avec la proc&#233;dure du &#171; plaider coupable &#187; les fragiles garde-fous que donne un proc&#232;s (les d&#233;bats y sont au moins publics, le procureur ne repr&#233;sente qu'une des parties et la d&#233;fense peut discuter les preuves) sautent et au contraire la voie est ouverte &#224; l'arbitraire.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Et les puissants plus assur&#233;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il est pourtant un domaine o&#249; le &#171; plaider coupable &#187; pourrait s'av&#233;rer tr&#232;s profitable pour le pr&#233;venu : celui de la criminalit&#233; financi&#232;re, car les &#171; criminels en col blanc &#187; sont rarement des d&#233;munis devant la justice mais au contraire ont bien des moyens, aussi bien sociaux que financiers, pour traiter d'&#233;gal &#224; &#233;gal avec elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons l'exemple d'un chef d'entreprise poursuivi pour abus de biens sociaux : une n&#233;gociation men&#233;e dans le huis-clos du bureau du procureur lui permettrait d'&#233;viter la publicit&#233; qu'engendrerait in&#233;vitablement un proc&#232;s. De plus, la loi Perben pr&#233;voit l'absence de condamnation en &#233;change de certaines obligations, comme le remboursement des victimes. Ainsi, simple exemple &#233;videmment, Alain Jupp&#233; pourrait envisager d'&#234;tre dispens&#233; de peine... s'il remboursait les 1,2 million d'euros qu'ont co&#251;t&#233;s les emplois fictifs de la mairie de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des proc&#233;dures d'enqu&#234;te exceptionnelles, jusqu'ici r&#233;serv&#233;es &#224; la lutte contre le terrorisme, appliqu&#233;es au moindre petit d&#233;lit et qui peuvent m&#234;me &#234;tre d&#233;tourn&#233;es contre le monde du travail, un syst&#232;me de peines &#224; la carte o&#249; le petit d&#233;linquant aura plus de chance de trinquer que le chef d'entreprise influent, aucun moyen suppl&#233;mentaire d'atteindre la criminalit&#233; en col blanc qui prosp&#232;re impun&#233;ment &#224; l'abri des paradis fiscaux... Avec Perben au moins, la justice ne fait pas beaucoup d'effort pour dissimuler son caract&#232;re de classe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Agathe MALET&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Aussi dur pour soi-m&#234;me que pour les autres ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Prenons le cas du citoyen Perben, flash&#233;, selon &lt;em&gt;Le Dauphin&#233; lib&#233;r&#233;&lt;/em&gt;, le 15 octobre dernier &#224; 160 km/h sur l'autoroute. En cas de r&#233;cidive, l'exc&#232;s de vitesse est une infraction punie &#233;ventuellement de prison et entre donc dans le champ de la CRPC (comparution sur reconnaissance pr&#233;alable de culpabilit&#233;). Verra-t-on le garde des sceaux plaider coupable ? Peu probable, puisque celui-ci s'est d&#233;p&#234;ch&#233; de se d&#233;fausser sur son malheureux chauffeur. Mais... mais... Perben plus son chauffeur, c'est pas &#171; une bande organis&#233;e &#187;, &#231;a ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb3-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-1' class='spip_note' title='Notes 3-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cette derni&#232;re mesure attendrait encore pour l'instant ses d&#233;crets d'application.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-2' class='spip_note' title='Notes 3-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Une autre mesure, concernant le fichage des d&#233;linquants sexuels, est encore &#224; mettre au compte de la loi Perben II : les auteurs d'infractions sexuelles seront r&#233;pertori&#233;s dans un fichier national, pour une dur&#233;e allant de vingt &#224; trente ans. Y figureront aussi les personnes acquitt&#233;es ou relax&#233;es pour irresponsabilit&#233;, les mis en examen (dans l'attente de leur jugement) ainsi que les mineurs de moins de treize ans.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-3' class='spip_note' title='Notes 3-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Propos de l'ancien garde des sceaux Robert Badinter.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Editorial : Paix europ&#233;enne et guerre imp&#233;rialiste
</title>
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		<dc:date>2004-11-14T17:31:41Z</dc:date>
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		<dc:subject>Europe
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Imp&#233;rialisme
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		<description>La paix, enfin, sur tout un continent qui ne l'avait jamais connue ! A l'heure o&#249; la construction de l'Union europ&#233;enne est peut-&#234;tre sur le point de faire un pas suppl&#233;mentaire (et o&#249; en France il faut persuader le bon peuple de l'importance pour son avenir du r&#233;f&#233;rendum prochain) le th&#232;me est d&#233;clin&#233; sur tous les tons. M&#234;me ce 11 novembre aura rarement eu une tonalit&#233; aussi pacifiste pour rappeler l'immense boucherie qui, il y a pr&#232;s d'un si&#232;cle, a ensanglant&#233; ce continent... et quelques autres, car&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La paix, enfin, sur tout un continent qui ne l'avait jamais connue ! A l'heure o&#249; la construction de l'Union europ&#233;enne est peut-&#234;tre sur le point de faire un pas suppl&#233;mentaire (et o&#249; en France il faut persuader le bon peuple de l'importance pour son avenir du r&#233;f&#233;rendum prochain) le th&#232;me est d&#233;clin&#233; sur tous les tons. M&#234;me ce 11 novembre aura rarement eu une tonalit&#233; aussi pacifiste pour rappeler l'immense boucherie qui, il y a pr&#232;s d'un si&#232;cle, a ensanglant&#233; ce continent... et quelques autres, car l'Europe &#233;tait alors partag&#233;e entre Etats qui eux-m&#234;mes se partageaient le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, l'Europe est en paix. Pas depuis tr&#232;s longtemps d'ailleurs, si on veut bien ne pas oublier les guerres yougoslaves de la derni&#232;re d&#233;cennies du si&#232;cle dernier. Et les chantres de l'imp&#233;rialisme peuvent c&#233;l&#233;brer cette gigantesque entreprise de plusieurs grandes puissances mettant leurs ressources en commun pour &#233;tablir une hyperpuissance &#233;conomique mondiale sans qu'aucun coup de feu soit tir&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devenus pacifistes vraiment les imp&#233;rialistes europ&#233;ens ? Adonn&#233;s uniquement &#224; la comp&#233;tition &#233;conomique pour le plus grand d&#233;veloppement de l'Europe et du monde ? Il faut pour le croire ne pas vouloir regarder plus loin que le bout de notre fronti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus que jamais au contraire ce qui se passe dans le monde montre que le capitalisme c'est la guerre, que la domination &#233;conomique est inextricablement m&#234;l&#233;e &#224; la domination militaire, qu'il n'y a pas d'exploitation sans troupes en armes pour l'imposer &#224; ceux qui regimbent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait il n'y a gu&#232;re de puissance imp&#233;rialiste, petite ou grande, qui ne soit actuellement en guerre, ouverte ou clandestine, pour d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts de ses capitalistes. Les Am&#233;ricains en Irak et en Afghanistan o&#249; ils ont entra&#238;n&#233;s, avec la Grande-Bretagne et l'Italie, une partie des autres Etats europ&#233;ens. La France en Afrique et en particulier en C&#244;te d'Ivoire. Isra&#235;l en Palestine. La Russie en Tch&#233;tch&#233;nie. La Chine au Tibet ou sur ses confins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r alliances, m&#233;salliances, disputes et r&#233;conciliations se succ&#232;dent. Comme d'habitude le guerrier inflexible dans la d&#233;fense de son propre domaine, est partisan de la paix pour le champ du voisin. La France de Chirac &#233;tant l'exemple de l'hypocrisie qui r&#232;gne en ma&#238;tre en cette mati&#232;re, condamnant l'aventure &#233;tats-unienne en Irak pour renforcer son corps exp&#233;ditionnaire en Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, le capitalisme porte toujours la guerre comme la nu&#233;e l'orage. Sinon la guerre des imp&#233;rialistes entre eux comme hier, du moins la guerre des imp&#233;rialistes au reste du monde aujourd'hui. Et demain...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, que ce soit en Irak, en Palestine ou en C&#244;te d'Ivoire les grandes puissances n'imposent pas si facilement leur domination. Heureusement, les opprim&#233;s n'acceptent pas l'oppression sans rendre des coups. Au point de pouvoir imposer un retrait des troupes am&#233;ricaines d'Irak, fran&#231;aises d'Afrique, isra&#233;liennes de Cisjordanie ? C'est &#224; souhaiter car rien n'est pire que la victoire des oppresseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant une d&#233;faite de nos imp&#233;rialismes ne serait pas une victoire des opprim&#233;s. Pour la bonne raison que ceux - fanatiques religieux, chefs de guerre, anciens ou futurs dictateurs - qui organisent aujourd'hui la r&#233;sistance aux entreprises imp&#233;rialistes n'aspirent qu'&#224; devenir ou redevenir des oppresseurs des peuples dont ils se pr&#233;tendent les repr&#233;sentants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une situation qui date d'un certain temps d&#233;j&#224;, due &#224; l'absence de tout mouvement ouvrier politique d'envergure, le seul qui pourrait repr&#233;senter r&#233;ellement les int&#233;r&#234;ts des opprim&#233;s. La construction du parti communiste r&#233;volutionnaire international, et d'abord ici, dans les pays imp&#233;rialistes, est bien plus urgente que jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14 novembre 2004&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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