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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskyste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title>Editorial : Faire campagne pour Arlette Laguiller
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Lutte ouvri&#232;re
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		<description>Pour les travailleurs l'enjeu des &#233;lections pr&#233;sidentielles de ce printemps 2002 n'est pas de d&#233;partager Chirac et Jospin. Ils cohabitent depuis pr&#232;s de cinq ans, pourquoi les distinguer ? Pas plus que de d&#233;partager la droite et la gauche aux &#233;lections l&#233;gislatives qui suivront. Au gouvernement celle-ci fait la m&#234;me politique que celle-l&#224;, la preuve n'est plus &#224; faire. &lt;br /&gt;Mais si les r&#233;sultats de l'extr&#234;me gauche sont bons, en tout cas en progression visible &#8211; et ce n'est pas exclu &#8211; ce sera alors un&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour les travailleurs l'enjeu des &#233;lections pr&#233;sidentielles de ce printemps 2002 n'est pas de d&#233;partager Chirac et Jospin. Ils cohabitent depuis pr&#232;s de cinq ans, pourquoi les distinguer ? Pas plus que de d&#233;partager la droite et la gauche aux &#233;lections l&#233;gislatives qui suivront. Au gouvernement celle-ci fait la m&#234;me politique que celle-l&#224;, la preuve n'est plus &#224; faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si les r&#233;sultats de l'extr&#234;me gauche sont bons, en tout cas en progression visible &#8211; et ce n'est pas exclu &#8211; ce sera alors un encouragement non seulement &#224; tous les militants et sympathisants de l'extr&#234;me gauche, &#233;videmment, mais bien au-del&#224; &#224; tous les travailleurs &#233;c&#339;ur&#233;s mais impuissants &#224; faire entendre leur col&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, dans les pr&#233;sidentielles, il est &#233;vident que l'extr&#234;me gauche sera jug&#233;e en progression ou non au vu des r&#233;sultats d'Arlette Laguiller. Pas seulement par les m&#233;dias, mais &#233;galement par l'ensemble des &#233;lecteurs. Parce que c'est elle que ceux-ci connaissent comme la repr&#233;sentante de l'extr&#234;me gauche. Parce que c'est elle qui a effectivement port&#233; les couleurs du mouvement r&#233;volutionnaire depuis vingt-cinq ans, y compris &#224; des moments plus difficiles &#233;lectoralement, quand justement d'autres organisations trotskistes pr&#233;f&#233;raient ne pas affronter la gauche officielle, de peur d'&#234;tre accus&#233;es de lui faire du tort. Parce que tout simplement d'une &#233;lection &#224; une autre c'est seulement ses r&#233;sultats qui peuvent &#234;tre compar&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes cette ann&#233;e la Ligue Communiste R&#233;volutionnaire pr&#233;sente Olivier Besancenot. Et le Parti des Travailleurs vient &#224; son tour d'annoncer la candidature de Daniel Gluckstein. La Fraction de Lutte Ouvri&#232;re, qui &#233;dite maintenant seule Convergences R&#233;volutionnaires, a milit&#233; pour qu'un accord se fasse entre la LCR et LO sur une seule candidature aux pr&#233;sidentielles, bien consciente que la multiplicit&#233; en la mati&#232;re, sans &#234;tre une catastrophe, n'&#233;tait pas automatiquement un bien. L'accord ne s'est pas fait, en partie nous le savons du fait de l'attitude de LO, alors que la LCR envisageait &#8211; apr&#232;s avoir, h&#233;las, bien trop tard&#233; depuis des ann&#233;es &#8211; de cesser d'apporter automatiquement ses suffrages &#224; la gauche gouvernementale, m&#234;me au deuxi&#232;me tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant les deux candidatures sont lanc&#233;es. Mais il reste bien &#233;vident qu'il est improbable que ce soit sur les r&#233;sultats d'Olivier Besancenot (et pas davantage d'un candidat PT) que les &#233;lecteurs, les travailleurs et m&#234;me les militants ouvriers jugeront que l'extr&#234;me gauche a enregistr&#233; un succ&#232;s. Tout au plus ces r&#233;sultats, que nous souhaitons les meilleurs possibles cela va sans dire, seront ajout&#233;s &#224; ceux d'Arlette Laguiller pour conforter ce succ&#232;s. A condition que les r&#233;sultats de la candidate de Lutte Ouvri&#232;re soit d'abord eux-m&#234;mes enregistr&#233;s comme un succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une raison suppl&#233;mentaire, pour tous les militants qui entendent que ces &#233;lections servent, au moins dans la faible mesure o&#249; des &#233;lections le peuvent, aux int&#233;r&#234;ts de la classe ouvri&#232;re, de faire campagne pour la candidature d'Arlette Laguiller. Elle s'ajoute &#224; une premi&#232;re raison plus fondamentale : la plate-forme de la candidate de LO est un programme de lutte de classe, sans ambigu&#239;t&#233; &#171; dans le camp des travailleurs &#187;, sans jamais avoir fait de concessions &#224; une gauche qui soutient un gouvernement anti-ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 13 janvier 2002&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Menace terroriste sur le monde : Apr&#232;s l'Afghanistan, &#224; qui le tour ?
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Menace-terroriste-sur-le-monde-Apres-l-Afghanistan-a-qui-le-tour</link>
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		<dc:date>2002-01-31T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Afghanistan
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		<dc:subject>Imp&#233;rialisme
</dc:subject>

		<description>&#171; 2002 sera une ann&#233;e de guerre &#187;. C'est Bush qui l'a dit. Et les bombardements en Afghanistan, qui faisaient encore en d&#233;cembre des dizaines de victimes civiles, continuent en ce mois de janvier 2002. &lt;br /&gt;Pour la d&#233;monstration de force qu'entendait faire l'imp&#233;rialisme, l'Afghanistan qui abritait Ben Laden &#233;tait certes une cible de premier choix. Mais c'&#233;tait un choix parmi d'autres (il fut d&#233;j&#224; alors question de l'Irak, notamment). Ni l'&#233;limination du r&#233;gime des talibans ni le massacre ou l'emprisonnement&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;em&gt;2002 sera une ann&#233;e de guerre&lt;/em&gt; &#187;. C'est Bush qui l'a dit. Et les bombardements en Afghanistan, qui faisaient encore en d&#233;cembre des dizaines de victimes civiles, continuent en ce mois de janvier 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la d&#233;monstration de force qu'entendait faire l'imp&#233;rialisme, l'Afghanistan qui abritait Ben Laden &#233;tait certes une cible de premier choix. Mais c'&#233;tait un choix parmi d'autres (il fut d&#233;j&#224; alors question de l'Irak, notamment). Ni l'&#233;limination du r&#233;gime des talibans ni le massacre ou l'emprisonnement d'une partie des combattants d'Al-Qaida n'&#233;loignent les menaces terroristes qui peuvent planer sur le monde. Ni celles venant des groupes islamistes (au contraire, cette guerre a contribu&#233; sans doute &#224; alimenter la haine qui leur fournit de nouvelles recrues) ni surtout celles venant des imp&#233;rialistes, les plus graves. Car en engageant la comp&#233;tition avec Ben Laden (13 000 bombes sur un pays &#233;puis&#233; par 23 ans de guerre contre trois avions sur les Twins Towers et le Pentagone) les Bush et Rumsfeld (avec le soutien des Chirac, Jospin et consorts ne l'oublions pas surtout) n'ont fait que d&#233;montrer que pour eux, &#171; &lt;em&gt;faire la guerre au terrorisme&lt;/em&gt; &#187; signifie administrer la preuve sanglante que leur terrorisme est le plus fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Continuer cette d&#233;monstration serait une premi&#232;re raison pour les dirigeants imp&#233;rialistes de ne pas se contenter de l'Afghanistan, m&#234;me si l&#224;-bas les r&#233;ticences de leurs alli&#233;s locaux, la persistance d'une r&#233;sistance arm&#233;e et la fuite de Omar et Ben Laden ne permettent pas encore &#224; Bush de chanter victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a sans doute autre chose. Comme le dit un journaliste de The Economist : &#171; Aussi morbides et sanglants soient-ils, les &#233;v&#233;nements du 11 septembre offrent au pr&#233;sident Bush l'occasion de s'attaquer aux probl&#232;mes mondiaux les plus &#233;pineux &#187;. Par exemple l'Irak, &#224; nouveau maintenant explicitement vis&#233; par les faucons du Pentagone. Le r&#233;gime de Saddam Hussein, apr&#232;s la guerre du Golfe en 1991, avait &#233;t&#233; laiss&#233; en place par Bush p&#232;re, faute apparemment d'un autre candidat dictateur &#224; port&#233;e de main. Mais Saddam, malgr&#233; tout, incarne une r&#233;sistance &#224; la volont&#233; occidentale, manifest&#233;e encore en &#233;tant le seul &#224; d&#233;sapprouver officiellement la croisade en Afghanistan.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Irak ou Somalie ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans les cartons des strat&#232;ges de la Maison blanche, il y aurait encore d'autres pays : Somalie, Colombie, Soudan, Ouzb&#233;kistan, etc. Des r&#233;gimes dont l'instabilit&#233; les ennuie&#8230; ou dont les ressources les int&#233;ressent. Parce qu'&#224; c&#244;t&#233; des &#171; &lt;em&gt;probl&#232;mes &#233;pineux&lt;/em&gt; &#187;, il y a les affaires. Et la guerre en Afghanistan peut ouvrir les portes de certains pays, en Asie centrale par exemple, dans lesquels les trusts du p&#233;trole ou d'autres aimeraient conforter leur position. Alors, s'il faut le faire par quelques massacres ou bombardements...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune guerre, m&#234;me semblant gagn&#233;e d'avance, n'est pourtant sans risque, m&#234;me pour l'imp&#233;rialisme. Les bombardements terrorisent souvent les peuples, ils suscitent parfois leur r&#233;volte. Une contestation &#233;cras&#233;e sous les bombes, une autre appara&#238;t &#224; c&#244;t&#233;. Au Pakistan le pr&#233;sident Moucharraf, renforc&#233; un moment par son ralliement &#224; la coalition occidentale, est en train de l'apprendre &#224; ses d&#233;pens : le probl&#232;me afghan &#224; peine apais&#233; voil&#224; que ressurgit celui du Cachemire (et que pour les occidentaux le spectre d'un guerre indo-pakistanaise remplace celle des Tadjiks contre les Pachtounes afghans).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, aucun gouvernement, aucune arm&#233;e, aucun parti actuellement dans le collimateur de l'imp&#233;rialisme ne repr&#233;sente les int&#233;r&#234;ts des peuples de la plan&#232;te. Ceux-ci n'ont pourtant nul int&#233;r&#234;t &#224; ce que les gendarmes du monde imposent leur ordre. Car c'est bien ces peuples qui en seraient en dernier ressort et les principales cibles et les principales victimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 12 janvier 2002, Beno&#238;t MARCHAND&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Ins&#233;curit&#233; : des voyous, des flics et des d&#233;magogues...
</title>
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		<dc:subject>Police
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		<dc:subject>Ins&#233;curit&#233;
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		<dc:subject>Politique
</dc:subject>

		<description>Sir&#232;nes hurlantes et gyrophares &#224; la Une, le grand battage m&#233;diatique sur le th&#232;me de l'ins&#233;curit&#233; a commenc&#233;. Gare aux r&#233;calcitrants ! Le chantage n'est jamais loin : si vous n'adh&#233;rez pas au discours s&#233;curitaire, c'est que vous ne voulez pas voir la r&#233;alit&#233;. A moins, sans doute, que vous ne pr&#233;f&#233;riez chercher des excuses aux voyous plut&#244;t que de compatir au sort des victimes&#8230; &lt;br /&gt;Il est vrai que dans une bonne partie de la population, surtout dans les quartiers populaires, le sentiment d'ins&#233;curit&#233; a grandi.&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sir&#232;nes hurlantes et gyrophares &#224; la Une, le grand battage m&#233;diatique sur le th&#232;me de l'ins&#233;curit&#233; a commenc&#233;. Gare aux r&#233;calcitrants ! Le chantage n'est jamais loin : si vous n'adh&#233;rez pas au discours s&#233;curitaire, c'est que vous ne voulez pas voir la r&#233;alit&#233;. A moins, sans doute, que vous ne pr&#233;f&#233;riez chercher des excuses aux voyous plut&#244;t que de compatir au sort des victimes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que dans une bonne partie de la population, surtout dans les quartiers populaires, le sentiment d'ins&#233;curit&#233; a grandi. Peur de se faire d&#233;trousser ou agresser, col&#232;re de voir son maigre bien, sa bagnole par exemple, ab&#238;m&#233;, vol&#233;, parfois br&#251;l&#233;, mais aussi irritation devant &#171; l'incivilit&#233; &#187;, c'est-&#224;-dire une plus grande rudesse des rapports sociaux, depuis les menaces et insultes gratuites jusqu'aux fauteuils des bus ou des trains d&#233;chir&#233;s ou salis, on ne sait trop pourquoi. La liste des inqui&#233;tudes et des malaises serait interminable. Les d&#233;magogues, en revanche, ont vite fait de rechercher l'acquiescement des braves gens &#224; qui on vient dire qu'ils vivent dans une soci&#233;t&#233; o&#249; d&#233;linquance et violence sont croissantes... et qu'il faut s&#233;vir. Pas seulement en France. La c&#233;l&#233;brit&#233; d'un Giuliani, maire de New York, bien avant les &#233;v&#233;nements du 11 septembre, vient de son habilet&#233; &#224; manier le slogan de la &#171; tol&#233;rance z&#233;ro &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passons sur le fait qu'il y a d&#233;linquance et d&#233;linquance, et que l'on m&#233;lange la petite comme la grande, pour les besoins d'une certaine propagande. Mais pour ne parler que de la violence, la vraie, celle qui s'en prend r&#233;ellement aux personnes, une analyse s&#233;rieuse de son accroissement demanderait une analyse minutieuse de l'&#233;volution de la soci&#233;t&#233; depuis cinquante ans, des modes de vie, de travail et de loisir, de l'urbanisation &#224; la scolarisation. Et aussi, et sans doute surtout, de ses hauts et de ses bas : la crise, le ch&#244;mage, la pr&#233;carit&#233;, tout ce qui a amen&#233; une d&#233;structuration des rapports sociaux, notamment familiaux mais pas seulement.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les fausses solutions et le vrai combat&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui utilisent la d&#233;magogie s&#233;curitaire comme fond de commerce &#233;lectoral savent d'ailleurs tr&#232;s bien que leurs pr&#233;tendues solutions ne r&#233;gleraient rien. Les rem&#232;des qu'ils pr&#233;conisent ne s'adressent pas aux vraies causes. Ce sont leurs propres chiffres qui nous l'affirment : le nombre de policiers a augment&#233; plus que la population, cela n'a pas emp&#234;ch&#233; la d&#233;linquance de grimper aussi. Mais il est tellement plus facile de promettre des flics que des emplois, surtout quand le ch&#244;mage repart &#224; la hausse !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas de solution miracle &#224; l'ins&#233;curit&#233;. Sans doute r&#233;pression et policiers sont et seront longtemps un mal in&#233;vitable, m&#234;me dans les premiers temps d'une soci&#233;t&#233; qui se d&#233;barrasserait de l'exploitation. Pas seulement contre les m&#233;faits des vrais gangsters (ce ne sont pas ceux-l&#224; qui s&#233;vissent directement dans les banlieues populaires) mais aussi pour aider et prot&#233;ger les petites gens dans la vie quotidienne. A la premi&#232;re condition &#233;videmment que ces policiers soient sous le contr&#244;le de la population. Mais pour s'attaquer vraiment aux sources de l'ins&#233;curit&#233;, ce sont tous les rapports sociaux actuels, c'est-&#224;-dire tous les fondements de la soci&#233;t&#233;, qu'il faut bouleverser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution socialiste peut sembler encore loin. Pourtant, si seulement le monde du travail, pour commencer, prenait &#224; nouveau le chemin des luttes et de son organisation de classe, cela commencerait sans doute &#224; changer quelque chose, y compris dans la vie quotidienne des quartiers populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi la lutte contre le ch&#244;mage et les injustices doit continuer &#224; &#234;tre l'essentiel de notre programme, y compris du point de vue de la s&#233;curit&#233; de la population laborieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 janvier 2002&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Peurs &#233;lectorales
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Peurs-electorales</link>
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		<dc:subject>Ins&#233;curit&#233;
</dc:subject>
		<dc:subject>Politique
</dc:subject>

		<description>&#171; Je peux vous dire que si l'on perd les &#233;lections ce sera &#224; cause de la s&#233;curit&#233; &#187; d&#233;clarait le 2 septembre Henri Weber, s&#233;nateur PS. Du coup, pour juguler un v&#233;ritable sentiment d'ins&#233;curit&#233; s'emparant de ses troupes &#224; l'approche des &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales, le PS est parti en campagne&#8230; s&#233;curitaire. Deux mois plus tard, No&#235;l Mam&#232;re qui les conna&#238;t bien, pouvait affirmer : &#171; les socialistes sont &#224; la droite de la droite concernant la s&#233;curit&#233; &#187;. &lt;br /&gt;Deux mois durant lesquels le gouvernement n'a pas ch&#244;m&#233;. &lt;br /&gt;Premier front&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;em&gt;Je peux vous dire que si l'on perd les &#233;lections ce sera &#224; cause de la s&#233;curit&#233; &#187; &lt;/em&gt;d&#233;clarait le 2 septembre Henri Weber, s&#233;nateur PS. Du coup, pour juguler un v&#233;ritable sentiment d'ins&#233;curit&#233; s'emparant de ses troupes &#224; l'approche des &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales, le PS est parti en campagne&#8230; s&#233;curitaire. Deux mois plus tard, No&#235;l Mam&#232;re qui les conna&#238;t bien, pouvait affirmer : &lt;em&gt;&#171; les socialistes sont &#224; la droite de la droite concernant la s&#233;curit&#233;&lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux mois durant lesquels le gouvernement n'a pas ch&#244;m&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premier front : &#171; &lt;em&gt;la lutte contre le terrorisme&lt;/em&gt; &#187; avec, d&#232;s le 12 septembre, la r&#233;activation du plan Vigipirate &#171; &lt;em&gt;renforc&#233;&lt;/em&gt; &#187;. Premier bilan fin octobre : le nombre de sans-papiers arr&#234;t&#233;s et plac&#233;s en centres de r&#233;tention dans les grandes villes avait augment&#233; de 30 % (enqu&#234;te de la Cimade, d'apr&#232;s Charlie-Hebdo du 24-10-2001). Ne s'arr&#234;tant pas en si bon chemin, le gouvernement fait adopter par les d&#233;put&#233;s de gauche le 31 octobre une loi sur &#171; &lt;em&gt;la s&#233;curit&#233; quotidienne&lt;/em&gt; &#187;. Entr&#233;e en vigueur le 15 novembre jusqu'&#224; la fin de l'ann&#233;e 2003, cette loi autorise entre autres mesures &#171; &lt;em&gt;anti-terroristes&lt;/em&gt; &#187; la fouille par la police de n'importe quel coffre de voiture. En 1995, une disposition de la loi Pasqua avait d&#233;j&#224; voulu permettre ces fouilles et avait &#233;t&#233; rejet&#233;e par le Conseil Constitutionnel, car contraire &#224; l'article 66 de la Constitution. A l'&#233;poque, c'est l'ensemble des d&#233;put&#233;s socialistes qui avait saisi le Conseil Constitutionnel&#8230; Une toute autre &#233;poque, o&#249; les socialistes ne rechignaient pas &#224; manifester pour les droits des sans-papiers. Aujourd'hui le ministre de l'Int&#233;rieur, Vaillant, envoie des circulaires aux pr&#233;fets pour les encourager &#224; multiplier les contr&#244;les &#171; &lt;em&gt;dans les endroits o&#249; se concentrent les irr&#233;guliers&lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'&#233;quation &#171; terroristes = &#233;trangers &#187; pouvait donner de bons r&#233;sultats, pourquoi ne pas essayer celle-l&#224; : &#171; jeunes = d&#233;linquants &#187; ? La droite le dit, alors le gouvernement le prouve&#8230; toujours avec la m&#234;me loi du 15 novembre qui interdit les rassemblements dans les halls d'immeuble. Le Parti communiste n'est pas en reste, lui qui, par la voix de Maxime Gremetz, le 23 octobre &#224; l'Assembl&#233;e, demandait s&#233;rieusement comment le gouvernement &#171; allait garantir la s&#233;curit&#233; de nos concitoyens &#187;. Gremetz sait de quoi il parle, il a &#233;t&#233; condamn&#233; pour avoir fonc&#233; sur des gendarmes avec sa voiture&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Haro sur la pr&#233;somption d'innocence &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;A la faveur, si l'on peut dire, de l'assassinat de deux policiers au Plessis-Tr&#233;vise, par un truand multir&#233;cidiviste, venant d'&#234;tre remis en libert&#233;, la droite a pilonn&#233; sur le laxisme de la justice. Des crimes li&#233;s au grand banditisme ont servi &#224; d&#233;vier sur la petite d&#233;linquance, &#224; laquelle la population est beaucoup plus sensible : si des juges rel&#226;chaient des tueurs de flics, il fallait en d&#233;duire le pire sur les petits d&#233;linquants. Toutes les attaques de la droite (et du fr&#232;re ennemi Chev&#232;nement) se sont alors focalis&#233;es sur la loi Guigou sur la pr&#233;somption d'innocence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette loi, vot&#233;e en juin 2000, permet de prot&#233;ger un peu mieux les pr&#233;venus tant que la preuve de leur culpabilit&#233; n'est pas faite. Concoct&#233;e &#224; une p&#233;riode o&#249; beaucoup de politiciens connaissaient les affres de la garde &#224; vue, elle fut pr&#233;sent&#233;e par la gauche comme une avanc&#233;e fantastique (alors qu'elle ne faisait qu'aligner la France sur la plupart des jurisprudences de l'Union Europ&#233;enne)&#8230; et jug&#233;e trop timor&#233;e par la droite ! Lors du vote &#224; l'Assembl&#233;e, le d&#233;put&#233; UDF Pierre Albertini annon&#231;ait que son groupe s'abstiendrait car &#171; &lt;em&gt;cette r&#233;forme reste en de&#231;&#224; de ce que nous esp&#233;rions en mati&#232;re de garantie des droits de la personne&lt;/em&gt; &#187;. Patrick Devedjian expliquait la m&#234;me attitude du RPR par ces mots : &#171; &lt;em&gt;c'est un projet conservateur et c'est la droite qui vous le dit&lt;/em&gt; &#187;. Aujourd'hui la droite pr&#233;sente la loi Guigou comme laxiste et pousse-au-crime, et du coup, la gauche bat en retraite. Jospin a diligent&#233; Julien Dray de la Gauche socialiste pour proposer des am&#233;nagements et remettre en cause les droits accord&#233;s aux pr&#233;venus d&#232;s la premi&#232;re heure de garde &#224; vue de fa&#231;on &#171; &#224; faciliter la t&#226;che des policiers et des gendarmes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;A qui profite le crime ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D&#233;cid&#233;ment le gouvernement ne l&#233;sine pas pour offrir le maximum de r&#233;confort aux serviteurs de l'ordre. Lors de leurs manifestations, profitant du climat s&#233;curitaire, policiers et gendarmes se sont pos&#233;s en victimes. Le gouvernement a l&#226;ch&#233; promptement des milliards pour les salaires et des effectifs suppl&#233;mentaires. Il n'est pas dit pour autant que beaucoup de flics voteront &#224; gauche. Mais pour la police, l'argent ne doit pas manquer, quitte &#224; le prendre sur d'autres budgets (ANPE, CNRS, Education Nationale, lutte contre les mar&#233;es noires&#8230;). Voulant prouver qu'il n'y a pas besoin de la droite pour voir plus de k&#233;pis, la gauche conforte l'id&#233;e que l'augmentation des effectifs policiers r&#233;sout tous les probl&#232;mes. Pour peaufiner son image de meilleur ami de la police, Vaillant a annonc&#233; le 4 d&#233;cembre qu'&#171; &lt;em&gt;une journ&#233;e de la police nationale sera organis&#233;e l'an prochain pour exprimer la reconnaissance de la soci&#233;t&#233;&lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vaillant a raison d'anticiper pour l'an prochain&#8230; Qui peut pr&#233;voir s'il sera encore l&#224; ? Mais la peur de perdre les &#233;lections n'&#233;vite pas le danger de les perdre. La carte s&#233;curitaire est &#224; double tranchant. La droite a sans doute l'avantage de l'anciennet&#233; sur ce th&#232;me. Et surtout, &#224; trop marcher sur les plates-bandes de celle-ci, pour &#233;viter qu'elle ne soit la seule &#224; profiter du sentiment d'ins&#233;curit&#233;, r&#233;el ou suppos&#233; d'une partie des milieux populaires, la gauche amplifie ce sentiment. R&#233;sultat : cela redonne du cr&#233;dit aux courants politiques les plus r&#233;actionnaires, notamment &#224; Le Pen. Peut-&#234;tre a-t-il du mal &#224; obtenir ses 500 signatures, mais il est cr&#233;dit&#233; actuellement dans les sondages de 10 % des votes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marie DARWEN&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Gauche, droite : les deux bouts d'une m&#234;me matraque
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		<dc:subject>Politique s&#233;curitaire
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		<description>Le tournant s&#233;curitaire de la gauche date de son retour au pouvoir apr&#232;s les &#233;lections de 1997. La nomination de Chev&#232;nement, l'extr&#234;me droite de la gauche, au minist&#232;re de l'Int&#233;rieur valait &#224; elle seule tout un programme. Sous sa houlette, la gauche allait d&#233;montrer qu'en mati&#232;re de d&#233;magogie s&#233;curitaire, elle n'avait rien &#224; envier &#224; la droite. &lt;br /&gt;Les sans-papiers, &#224; qui le gouvernement Jospin n'accorda qu'une r&#233;gularisation partielle, ont fait les premiers les frais de l'offensive polici&#232;re. La circulaire&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le tournant s&#233;curitaire de la gauche date de son retour au pouvoir apr&#232;s les &#233;lections de 1997. La nomination de Chev&#232;nement, l'extr&#234;me droite de la gauche, au minist&#232;re de l'Int&#233;rieur valait &#224; elle seule tout un programme. Sous sa houlette, la gauche allait d&#233;montrer qu'en mati&#232;re de d&#233;magogie s&#233;curitaire, elle n'avait rien &#224; envier &#224; la droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sans-papiers, &#224; qui le gouvernement Jospin n'accorda qu'une r&#233;gularisation partielle, ont fait les premiers les frais de l'offensive polici&#232;re. La circulaire Chev&#232;nement d'octobre 1999 remit &#224; l'ordre du jour la chasse aux &#233;trangers en situation irr&#233;guli&#232;re, fich&#233;s aux empreintes, et souvent parqu&#233;s voire brutalis&#233;s dans les centres de r&#233;tention en vue de leur expulsion manu militari. L'&#233;vacuation brutale par la police de la Bourse du Travail de Lille occup&#233;e par certains d'entre eux en gr&#232;ve de la faim, ordonn&#233;e en mai 2000 par le gouvernement via le pr&#233;fet, n'a rien &#224; envier &#224; celle de l'&#233;glise Saint-Bernard en 1996, quand la droite &#233;tait au gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une valeur r&#233;publicaine&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;A peine arriv&#233;e au pouvoir, la gauche multipliait les gestes de sympathie envers la hi&#233;rarchie polici&#232;re. Chev&#232;nement pronon&#231;a son premier discours public en tant que ministre devant une promotion de commissaires de police qu'il salua comme les &#171; &lt;em&gt;hussards de la R&#233;publique&lt;/em&gt; &#187;, charg&#233;s de promouvoir une &#171; &lt;em&gt;refondation r&#233;publicaine&lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car, gauche oblige, c'est au nom de la d&#233;fense des fondements r&#233;publicains que le gouvernement allait trouver son nouveau slogan s&#233;curitaire. D&#232;s octobre 1997, Chev&#232;nement r&#233;unit tous les ministres &#224; Villepinte pour un colloque intitul&#233; &#171; &lt;em&gt;Des citoyens libres dans des ville s&#251;res&lt;/em&gt; &#187;. Sous pr&#233;texte que la s&#233;curit&#233; &#233;tait un droit fondamental reconnu comme tel par la D&#233;claration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, la s&#233;curit&#233; fut proclam&#233;e &#171; &lt;em&gt;valeur de gauche&lt;/em&gt; &#187;. Chev&#232;nement concluait ainsi son discours d'ouverture &#171; &lt;em&gt;Mesdames, Messieurs, il y a deux menaces auxquelles la r&#233;publique doit faire face : le ch&#244;mage et l'ins&#233;curit&#233;&lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les d&#233;clarations et dans les discours, la gauche fit son autocritique, attribuant ses prises de position pass&#233;es &#224; un &#171; &lt;em&gt;ang&#233;lisme&lt;/em&gt; &#187; qui l'avait pouss&#233;e &#224; croire au &#171; &lt;em&gt;mythe de la pr&#233;vention&lt;/em&gt; &#187;. Il fallait enfin faire pr&#233;valoir la &#171; &lt;em&gt;responsabilit&#233; individuelle&lt;/em&gt; &#187; sur les &#171; &lt;em&gt;excuses sociologiques&lt;/em&gt; &#187;. En septembre, R&#233;gis Debray fit para&#238;tre dans &lt;strong&gt;Le Monde&lt;/strong&gt; avec huit autres &#171; &lt;em&gt;intellectuels de gauche&lt;/em&gt; &#187; un manifeste intitul&#233; &#171; &lt;em&gt;R&#233;publicains, n'ayons plus peur !&lt;/em&gt; &#187;, qui proposait entre autre l'incarc&#233;ration des mineurs, la suppression des allocations familiales pour les &#171; &lt;em&gt;parents de d&#233;linquants&lt;/em&gt; &#187;, un contr&#244;le plus strict des &#171; &lt;em&gt;flux migratoires&lt;/em&gt; &#187; et une attribution &#171; &lt;em&gt;plus exigeante&lt;/em&gt; &#187; de la nationalit&#233; fran&#231;aise, le tout relev&#233; par des consid&#233;rations qui pr&#233;tendaient &#171; &lt;em&gt;&#233;tablir un lien&lt;/em&gt; &#187; entre l'immigration clandestine et &#171; &lt;em&gt;la recrudescence des viols&lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Chev&#232;nement fait des d&#233;g&#226;ts&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce &#171; &lt;em&gt;manifeste&lt;/em&gt; &#187; de la gauche s&#233;curitaire, salu&#233; par Le Figaro et par Marianne, applaudi par Chev&#232;nement, fit des &#233;mules... jusqu'aux membres de la soi-disant Gauche socialiste. Julien Dray publia en avril 1999 un livre intitul&#233; Etat de violence. M&#233;langeant tout, il y pr&#233;conisait quelques solutions souvent d&#233;risoires (la cr&#233;ation &#171; &lt;em&gt;d'internats d'excellence scolaire&lt;/em&gt; &#187;, pour les parents qui voudraient &#171; soustraire leur enfants &#224; certaines mauvaises fr&#233;quentations &#187;, celle de &#171; &lt;em&gt;comit&#233;s de voisins&lt;/em&gt; &#187; munis de t&#233;l&#233;phones portables pour alerter la police) tout en faisant l'&#233;loge sans nuance des BAC (Brigades Anti-Criminalit&#233;) cr&#233;&#233;es par Charles Pasqua, comparant leur action, pourtant si souvent mise en question... &#224; celle des casques bleus de Sarajevo. Le tout pour aboutir &#224; souligner les &#171; &lt;em&gt;r&#233;ussites de la tol&#233;rance z&#233;ro&lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chev&#232;nement avait r&#233;introduit dans le discours de la gauche quelques expressions trouv&#233;es en g&#233;n&#233;ral dans celui de la droite : &#171; &lt;em&gt;l'explosion de la violence chez les jeunes&lt;/em&gt; &#187;, le &#171; &lt;em&gt;laxisme des institutions&lt;/em&gt; &#187;, &#171; &lt;em&gt;la d&#233;mission des familles&lt;/em&gt; &#187;, &#171; &lt;em&gt;la perte compl&#232;te de rep&#232;res&lt;/em&gt; &#187;, &#171; &lt;em&gt;la d&#233;liquescence morale&lt;/em&gt; &#187;, &#171; &lt;em&gt;l'affaiblissement du sentiment national&lt;/em&gt; &#187; et surtout les c&#233;l&#232;bres &#171; &lt;em&gt;sauvageons&lt;/em&gt; &#187;. Il fallut peu de temps pour que son discours d&#233;teigne sur celui d'un certain nombre de personnalit&#233;s de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes toutes les &#171; &lt;em&gt;solutions&lt;/em&gt; &#187; polici&#232;res avanc&#233;es par pure d&#233;magogie chev&#232;nementesque n'ont fort heureusement pas &#233;t&#233; mises en application. Mais l'attitude du ministre a certainement renforc&#233; le sentiment d'impunit&#233; de certains policiers. A plusieurs reprises, Chev&#232;nement justifia leurs exactions. En d&#233;cembre 1997, lors du meurtre du jeune Abdelkader Bouziane, 16 ans, par un policier, Chev&#232;nement s'empressait de d&#233;clarer qu'il s'agissait d'un acte de &#171; &lt;em&gt;l&#233;gitime d&#233;fense&lt;/em&gt; &#187;... alors que l'analyse balistique indiquait une balle dans la nuque. En mars 1999, il d&#233;clarait partager &#171; &lt;em&gt;l'inqui&#233;tude des policiers&lt;/em&gt; &#187; qui avaient organis&#233; une manifestation devant le tribunal correctionnel de Versailles pour protester contre la condamnation de leurs coll&#232;gues &#224; des peines de prison ferme, pour des actes de torture inflig&#233;s &#224; un trafiquant de drogue lors de sa garde &#224; vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Daniel Vaillant, le successeur de Chev&#232;nement, n'a pas d&#233;menti ce soutien aux policiers. Encore r&#233;cemment, il s'est solidaris&#233; de l'action en justice engag&#233; par le Syndicat national des officiers de police contre le Syndicat de la magistrature, auteur d'un livre intitul&#233; &#171; &lt;em&gt;Vos papiers ! Que faire face &#224; la police ?&lt;/em&gt; &#187;, parce qu'en couverture une caricature de policier &#233;tait jug&#233;e &#171; &lt;em&gt;injurieuse&lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bilan de quatre ans de gouvernement de gauche en la mati&#232;re ? Pasqua, Chev&#232;nement, Jospin, m&#234;me combat !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simone CANETTI&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Dans le maquis des chiffres : Pas de fum&#233;e sans feu ?
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Dans-le-maquis-des-chiffres-Pas-de-fumee-sans-feu</link>
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		<dc:subject>Ins&#233;curit&#233;
</dc:subject>
		<dc:subject>Statistiques
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
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		<description>Depuis des ann&#233;es, il est devenu banal d'entendre dire que &#171; l'ins&#233;curit&#233; ne cesse d'augmenter &#187; et que les d&#233;linquants sont &#171; de plus en plus jeunes et de plus en plus violents &#187;. Encore faudrait-il pouvoir mesurer le ph&#233;nom&#232;ne. Or il est tr&#232;s difficile de savoir si la hausse de la d&#233;linquance ou de la violence est due &#224; une progression r&#233;elle, &#224; un contr&#244;le plus s&#233;v&#232;re de la police ou &#224; une sensibilit&#233; plus forte de la population. &lt;br /&gt;Faut-il croire les statistiques ? &lt;br /&gt;Bien s&#251;r il y a les chiffres. Ils exercent une&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Societe-74-+" rel="tag"&gt;Soci&#233;t&#233;
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis des ann&#233;es, il est devenu banal d'entendre dire que &#171; l'ins&#233;curit&#233; ne cesse d'augmenter &#187; et que les d&#233;linquants sont &#171; de plus en plus jeunes et de plus en plus violents &#187;. Encore faudrait-il pouvoir mesurer le ph&#233;nom&#232;ne. Or il est tr&#232;s difficile de savoir si la hausse de la d&#233;linquance ou de la violence est due &#224; une progression r&#233;elle, &#224; un contr&#244;le plus s&#233;v&#232;re de la police ou &#224; une sensibilit&#233; plus forte de la population.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Faut-il croire les statistiques ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r il y a les chiffres. Ils exercent une sorte de fascination mais ils n'offrent aucune garantie : qui les fabrique, et comment sont-ils fabriqu&#233;s ? Et surtout comment les interpr&#233;ter ? Or &#224; la diff&#233;rence de bien d'autres domaines, la production statistique concernant la d&#233;linquance ne rel&#232;ve pas de l'INSEE ou de l'INED (Institut national des &#233;tudes d&#233;mographiques), mais des administrations charg&#233;es en m&#234;me temps d'agir sur les ph&#233;nom&#232;nes incrimin&#233;s : les minist&#232;res de l'int&#233;rieur et de la justice. Quelques experts autoproclam&#233;s &#8211; souvent li&#233;s &#224; la police ou &#224; des entreprises de s&#233;curit&#233; &#8211; se chargent ensuite de les commenter &#224; l'adresse des journalistes et du grand public&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Laurent Mucchielli : Violence et ins&#233;curit&#233;. La d&#233;couverte. 2001.' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les difficult&#233;s pour collecter et interpr&#233;ter des chiffres fiables, il faut d'abord rappeler que les donn&#233;es globales rassemblent des faits de nature tr&#232;s diff&#233;rente : des ch&#232;ques sans provision de quelques centaines de francs, voire moins, et des fraudes fiscales portant parfois sur des millions, la consommation de cannabis et le trafic d'h&#233;ro&#239;ne, des tags ou des insultes (qualifi&#233;es &#171; d'agressions &#187;&#8230; verbales) et des tentatives d'homicide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, le nombre de faits rapport&#233;s peut varier en fonction de l'&#233;volution de la l&#233;gislation (concernant par exemple le s&#233;jour des &#233;trangers, la consommation de drogue ou diverses incivilit&#233;s&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Par exemple la consommation de cannabis est toujours p&#233;nalis&#233;e, gonflant les (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;), des r&#232;gles de contrats d'assurance (une diminution des franchises suffit &#224; augmenter le nombre de vols d&#233;clar&#233;s, et inversement&#8230;), de l'&#233;volution des mentalit&#233;s (les victimes de viols ou d'actes p&#233;dophiles sont d&#233;sormais plus enclines &#224; les d&#233;noncer), et surtout de l'activit&#233; de la police qui a ses priorit&#233;s r&#233;pressives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi la police a manifestement &#233;t&#233; encourag&#233;e par l'opinion publique comme par le gouvernement &#224; porter une attention particuli&#232;rement soutenue aux espaces publics et aux jeunes des quartiers populaires, particuli&#232;rement les jeunes d'origine immigr&#233;e. Le contraste est flagrant avec les moyens assez d&#233;risoires dont la police dispose pour mener des enqu&#234;tes visant &#224; r&#233;primer les d&#233;lits financiers, bien plus discrets, ces enqu&#234;tes &#233;tant soumises par ailleurs &#224; des pressions efficaces et multiples.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des statistiques d&#233;form&#233;es&#8230; dans tous les sens&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Faut-il en conclure que les autorit&#233;s auraient tendance &#224; augmenter artificiellement certains chiffres de la d&#233;linquance ? La r&#233;ponse n'est pas si tranch&#233;e.
Il existe &#233;galement une s&#233;rie de filtres qui tendent &#224; minorer l'ampleur du probl&#232;me, car toutes les affaires ne font pas l'objet d'une plainte&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='Les faits port&#233;s &#224; la connaissance de la police ne sont pas comptabilis&#233;s (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; (et celles-ci ne sont pas toutes transmises &#224; la justice, loin de l&#224;, mais c'est encore un autre probl&#232;me). Par exemple les enqu&#234;tes de victimation&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='appendix' title='Elles sont r&#233;alis&#233;es au sein d'un &#233;chantillon pour appr&#233;cier combien de (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; montrent qu'il existe un d&#233;calage important, notamment lorsqu'il s'agit d'appr&#233;cier les violences familiales (seules un quart des agressions sexuelles et un tiers des agressions familiales donneraient lieu &#224; une plainte malgr&#233; l'&#233;volution bien r&#233;elle des mentalit&#233;s). Le d&#233;calage est m&#234;me consid&#233;rable lorsqu'on fait appel aux enqu&#234;tes d'autod&#233;claration&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='appendix' title='Les enqu&#234;tes autod&#233;clar&#233;es men&#233;es par quelques sociologues ont pour objectif de (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; pour appr&#233;cier la d&#233;linquance des jeunes : pour les d&#233;lits graves (comprenant notamment les coups et blessures volontaires), il n'y aurait que 15 % des auteurs qui seraient d&#233;tect&#233;s par la police, et 9 % pour les d&#233;lits peu graves (comprenant les vols &#224; l'&#233;talage ou les d&#233;gradations). Les statistiques concernant la d&#233;linquance des jeunes pourraient donc conna&#238;tre une augmentation spectaculaire simplement en am&#233;liorant la d&#233;tection puis en facilitant ou en acc&#233;l&#233;rant leur traitement judiciaire, sans qu'il soit possible de d&#233;terminer s'il y a une augmentation r&#233;elle.
D'autre part, ces actes lorsqu'ils sont connus font l'objet d'une qualification et &#233;ventuellement d'une requalification. Or selon certains auteurs, le quart seulement des actes qui ont &#233;t&#233; initialement qualifi&#233;s comme &#171; violents &#187; seraient qualifi&#233;s comme tels au bout de la cha&#238;ne polici&#232;re et judiciaire, notamment lorsque cela concerne des mineurs, afin de ne pas entra&#238;ner de poursuites judiciaires trop importantes&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='appendix' title='Sur la base des chiffres fournis par la PJJ : la Protection Judiciaire de (...)' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Mais ces &#171; filtres &#187; peuvent produire de la m&#234;me fa&#231;on des effets pervers. En fonction des int&#233;r&#234;ts du moment, la qualification des d&#233;lits peut varier et les chiffres &#234;tre moins minor&#233;s, avec comme r&#233;sultat in&#233;vitable d'aboutir &#224; une augmentation de la violence&#8230; enregistr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ampleur des ph&#233;nom&#232;nes, comme leur gravit&#233;, pourraient donc &#234;tre &#224; la fois sous-&#233;valu&#233;es et les &#233;volutions r&#233;centes sur&#233;valu&#233;es. Les statistiques agissent bien souvent comme un trompe-l'&#339;il.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Ce qui semblerait augmenter de fa&#231;on significative&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s les chiffres policiers, l'augmentation la plus spectaculaire concernerait effectivement les mineurs, tous d&#233;lits confondus. Depuis 1974, on observerait une premi&#232;re pouss&#233;e jusqu'en 1980 (de 75 846 &#224; 104 292 mises en cause de mineurs). Puis une stabilisation, avant de constater une nouvelle envol&#233;e apr&#232;s 1993 pour atteindre 175 256 mises en cause de mineurs en 2000. Depuis 1974, l'augmentation aurait donc &#233;t&#233; de 230 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes classes d'&#226;ge confondues, les vols et les cambriolages seraient des ph&#233;nom&#232;nes en augmentation quasi continue dans la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise, et pas seulement depuis la crise mais depuis plus de quarante ans&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb7' class='spip_note' rel='appendix' title='Le nombre de vols serait pass&#233; de 187 000 en 1950 &#224; 530 000 en 1967, 2 300 (...)' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Ils auraient donc accompagn&#233; le d&#233;veloppement de la soci&#233;t&#233; de consommation et ses tentations, tout en se renouvelant avec elle (de la voiture au t&#233;l&#233;phone portable).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les violences graves (homicides ou tentatives) n'augmenteraient pas et resteraient relativement rares (ce sont d'ailleurs les statistiques les mieux connues). Par contre les formes moins graves (les coups et blessures volontaires) auraient beaucoup augment&#233; depuis la fin des ann&#233;es 1980, les victimes comme les auteurs &#233;tant particuli&#232;rement nombreux parmi les jeunes de milieu populaire&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb8' class='spip_note' rel='appendix' title='Il y aurait moins de 1000 homicides par an. Mais il y aurait eu 70 000 (...)' id='nh8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en va de m&#234;me pour les atteintes aux institutions publiques, qu'il s'agisse des personnes qui les incarnent, ou des objets (ou des b&#226;timents) qui les symbolisent. Ces agressions concernent aussi les agents des services publics comme la RATP ou les pompiers et pas seulement les flics&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb9' class='spip_note' rel='appendix' title='Evidemment la police l'enregistre de fa&#231;on prioritaire lorsqu'elle est (...)' id='nh9'&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une peur exag&#233;r&#233;e ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il y aurait donc d'apr&#232;s ces chiffres une aggravation. Et c'est dans les quartiers populaires que la d&#233;linquance et la violence visibles se concentrent le plus d'apr&#232;s les statistiques. Ce sont aussi les personnes potentiellement les plus fragiles ou les plus susceptibles d'&#234;tre agress&#233;es dans ces quartiers qui le ressentent le plus durement : les ch&#244;meurs, les femmes (seules) et les personnes &#226;g&#233;es en particulier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas un hasard : face &#224; la d&#233;linquance, les plus pauvres ont effectivement des raisons de se sentir d&#233;munis. Et la d&#233;magogie s&#233;curitaire ne s'appuie pas sur rien, autrement elle serait sans efficacit&#233;. Malheureusement la peur facilite aussi toutes les manipulations. Notre perception de la violence ou des d&#233;sordres en tous genres peut m&#234;me &#234;tre consid&#233;rablement amplifi&#233;e par le matraquage m&#233;diatique et politique qui cherche &#224; faire de l'ins&#233;curit&#233; le probl&#232;me n&#176;1.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Ne pas se tromper de cible&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Or le discours politique actuel ne cherche pas seulement &#224; grossir d&#233;lib&#233;r&#233;ment l'ampleur et la gravit&#233; du ph&#233;nom&#232;ne. Il cherche aussi (et surtout) &#224; faire passer un message dont la port&#233;e est bien plus g&#233;n&#233;rale : quand il y a un probl&#232;me, c'est la responsabilit&#233; des individus et eux seuls. Pour aboutir &#224; &#233;vacuer, plus ou moins discr&#232;tement, le poids de toutes les formes multiples d'exclusion sociale, la mont&#233;e du ch&#244;mage et de la pr&#233;carit&#233; ou encore du racisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant le taux de suicide a plus que doubl&#233; en 30 ans chez les jeunes de 15 &#224; 24 ans ! En 1997, on comptait (pour cette tranche d'&#226;ge) 701 suicides et 40 000 tentatives ! La violence des jeunes &#8211; puisqu'on en parle tellement &#8211; est donc aussi celle qu'ils retournent contre eux-m&#234;mes (m&#234;me si ce geste n'entre pas dans les statistiques de la d&#233;linquance). Et cette violence-l&#224; on ne voit pas comment on pourrait l'expliquer autrement que par la mis&#232;re mat&#233;rielle ou morale, et le d&#233;sespoir qui s'ensuit, g&#233;n&#233;r&#233;s par un syst&#232;me social de plus en plus dur et injuste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Raoul GLABER&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Effet de loupe, impression diffuse et r&#233;alit&#233; des faits : l'exemple de l'&#233;cole &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le th&#232;me de la violence &#224; l'&#233;cole a pris au cours des ann&#233;es 1990 une ampleur in&#233;dite. Pour l'ann&#233;e 1998-1999, une moyenne de 240 000 incidents de toute nature ont &#233;t&#233; d&#233;clar&#233;s chaque trimestre dans les &#233;tablissements du second degr&#233;. Mais sur ces 240 000 incidents, on ne compte que 1000 agressions sur des personnes. Il peut s'agir aussi bien de v&#233;ritables coups que de bousculades dans un couloir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'immense majorit&#233; des cas, les victimes de ces agressions sont des &#233;l&#232;ves. Au total, selon ces enqu&#234;tes, une quarantaine de fonctionnaires de l'Education nationale sont agress&#233;s en France chaque ann&#233;e alors que ce minist&#232;re emploie plus de 500 000 personnes dans l'enseignement secondaire ! Toutefois l'impact m&#233;diatique est important car cela fait en moyenne un cas chaque semaine de l'ann&#233;e scolaire. De quoi donner l'apparence d'un ph&#233;nom&#232;ne omnipr&#233;sent alors que, en r&#233;alit&#233;, rapport&#233; &#224; l'ensemble du syst&#232;me &#233;ducatif, il est exceptionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela suffit-il pourtant &#224; clore le d&#233;bat ? Dans de nombreux &#233;tablissements, l'impression existe qu'au-del&#224; des manifestations extr&#234;mement diverses d'irrespect, certains &#233;l&#232;ves peuvent d&#233;raper tr&#232;s facilement et qu'il faut d&#233;ployer beaucoup d'&#233;nergie justement pour qu'ils ne d&#233;rapent pas. A la longue, cette impression d'usure peut aussi nourrir un sentiment accru d'ins&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais de l&#224; &#224; conclure que les jeunes seraient plus difficiles qu'avant... rien n'est moins s&#251;r. Car il y a trente ans, une partie de ces jeunes ne restaient pas scolaris&#233;s longtemps. Les probl&#232;mes existaient, mais en dehors de l'&#233;cole, ou dans des structures p&#233;riph&#233;riques qui n'int&#233;ressaient personne. Ce qui est incontestablement nouveau, c'est que ces probl&#232;mes s'expriment d&#233;sormais &#233;galement au sein des &#233;tablissements scolaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R. G.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Laurent Mucchielli : Violence et ins&#233;curit&#233;. La d&#233;couverte. 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Par exemple la consommation de cannabis est toujours p&#233;nalis&#233;e, gonflant les statistiques globales de la d&#233;linquance (pr&#232;s de 53 000 interpellations parmi les mineurs pour ce seul motif, contre moins de 2000 au d&#233;but des ann&#233;es 1970, m&#234;me si tous ne sont pas condamn&#233;s). Quant au nouveau code p&#233;nal, il inclut d&#233;sormais de fa&#231;on extensive les tags dans la gamme des faits incriminables et quelques autres &#171; incivilit&#233;s &#187; qualifi&#233;es d&#233;sormais de &#171; d&#233;lits &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Les faits port&#233;s &#224; la connaissance de la police ne sont pas comptabilis&#233;s lorsqu'ils sont inscrits uniquement sur une &#171; main courante &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Elles sont r&#233;alis&#233;es au sein d'un &#233;chantillon pour appr&#233;cier combien de personnes se sentent victimes de violence et sous quelle forme.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Les enqu&#234;tes autod&#233;clar&#233;es men&#233;es par quelques sociologues ont pour objectif de laisser parler les auteurs eux-m&#234;mes, au sein d'un &#233;chantillon de la population. Les r&#233;sultats sont spectaculaires et montrent en m&#234;me temps &#224; quelles absurdit&#233;s pourraient aboutir tous les raisonnements sur la &#171; tol&#233;rance z&#233;ro &#187;. Dans l'enqu&#234;te men&#233;e par Sebastian Roch&#233; (La d&#233;linquance des jeunes. Seuil. 2001), 74 % des jeunes interrog&#233;s d&#233;clarent en effet avoir commis au moins une fois une d&#233;gradation, un vol, une agression ou tout autre d&#233;lit. Pour &#233;viter que la &#171; vitre cass&#233;e &#187; devienne la porte ouverte &#224; des agressions multiples, il faudrait donc enfermer d'urgence les trois quarts des jeunes vivant en France&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='appendix'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sur la base des chiffres fournis par la PJJ : la Protection Judiciaire de la Jeunesse.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='appendix'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le nombre de vols serait pass&#233; de 187 000 en 1950 &#224; 530 000 en 1967, 2 300 000 en 1985 et 2 400 000 actuellement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb8'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh8' class='spip_note' title='Notes 8' rev='appendix'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Il y aurait moins de 1000 homicides par an. Mais il y aurait eu 70 000 agressions en 1967, 105 000 en 1987 et 254 000 en 2000.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb9'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh9' class='spip_note' title='Notes 9' rev='appendix'&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Evidemment la police l'enregistre de fa&#231;on prioritaire lorsqu'elle est directement concern&#233;e : les outrages et violences &#224; personnes d&#233;positaires de l'autorit&#233;, par exemple, auraient &#233;t&#233; multipli&#233;s par trois depuis 1972, avec 600 000 proc&#232;s-verbaux actuellement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title> Mais que fait la police ?
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		<dc:date>2002-01-31T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Police
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		<dc:subject>Politique s&#233;curitaire
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		<dc:subject>Politique
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		<description>Le nombre total des policiers et gendarmes serait de 250 000 en 2002. Approximativement, car entre les administratifs et les actifs, les titulaires et les pr&#233;caires, les postes budg&#233;taires et les postes sauvages, il y a des zones d'ombre et en juin dernier, la Cour des comptes &#233;pinglait &#171; l'opacit&#233; des effectifs du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur &#187; ! Mais on peut dire qu'il y a 150 000 policiers et 100 000 gendarmes (qui d&#233;pendent du minist&#232;re de la D&#233;fense). Dont environ 20 000 emplois jeunes pour chacune des&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le nombre total des policiers et gendarmes serait de 250 000 en 2002. Approximativement, car entre les administratifs et les actifs, les titulaires et les pr&#233;caires, les postes budg&#233;taires et les postes sauvages, il y a des zones d'ombre et en juin dernier, la Cour des comptes &#233;pinglait &#171; &lt;em&gt;l'opacit&#233; des effectifs du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur&lt;/em&gt; &#187; ! Mais on peut dire qu'il y a 150 000 policiers et 100 000 gendarmes (qui d&#233;pendent du minist&#232;re de la D&#233;fense). Dont environ 20 000 emplois jeunes pour chacune des deux administrations. Les effectifs de la police nationale auraient augment&#233; de 4,8 % entre 1993 et 1997, sous un gouvernement de droite, puis de 6,2 % entre 1998 et 2002, sous un gouvernement de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;C'est trop ou c'est trop peu ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est subjectif ! Pour certains jeunes de banlieue, c'est trop ! Pour une partie de leurs a&#238;n&#233;s ou les syndicats de police, c'est trop peu ! Une chose est s&#251;re : la France est un des pays les mieux lotis d'Europe. Selon un ouvrage d'un membre du syndicat de la magistrature, intitul&#233; &#171; &lt;em&gt;Vos papiers&lt;/em&gt; &#187; (que le ministre Daniel Vaillant n'a pas du tout aim&#233; !), le pays compterait un policier ou gendarme pour 252 habitants, mais un pour 283 en Italie, un pour 296 en Allemagne et un pour 310 au Angleterre. Sans tenir compte des polices municipales, ni des polices priv&#233;es (qui totalisent plus de 100 000 personnes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au vu des chiffres, on devrait &#234;tre bien gard&#233;s ! Mais l'administration n'aurait pas suivi les mutations d&#233;mographiques et sociologiques de la France. Pendant que les effectifs de policiers et gendarmes augmentaient en une cinquantaine d'ann&#233;es (inf&#233;rieurs &#224; 100 000 au lendemain de la guerre, ils se seraient donc accrus de 150 %), la population passait de 40,5 millions en 1946 &#224; 59 millions au dernier recensement de 1999 (donc aussi une augmentation, mais de 50 % seulement). Qui plus est, la France devenait aux 3/4 urbaine, et les villes mordaient sur les campagnes. Selon certains, le mal viendrait aujourd'hui d'une mauvaise r&#233;partition des effectifs de policiers et gendarmes. Les nouvelles zones d'urbanisation seraient notoirement d&#233;pourvues de k&#233;pis. D'o&#249; le concept de la gauche d'une &#171; police de proximit&#233; &#187;, qui n'est gu&#232;re nouveau puisque Peyrefitte en avan&#231;ait d&#233;j&#224; l'id&#233;e, en 1976, devant &#171; &lt;em&gt;l'augmentation de l'ins&#233;curit&#233;&lt;/em&gt; &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une bien mauvaise protection des citoyens&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les flics prot&#232;gent mal la population. Mais ont-ils vocation &#224; le faire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le maintien de l'ordre reste la t&#226;che prioritaire des quelque 18 000 gendarmes mobiles et 15 000 CRS de la police nationale. Une partie des &#171; actifs &#187; de s&#233;curit&#233; publique (au total 78 210 personnes) et de la police de Paris (au total 19 532 personnes), assument &#233;galement de telles t&#226;ches. Certes, il y a les 7 900 &#171; &lt;em&gt;&#233;quivalents emplois&lt;/em&gt; &#187; de police secours, dont personne ne nie l'efficacit&#233; dans l'urgence. Mais la pr&#233;sence dans les quartiers populaires est la derni&#232;re roue des paniers &#224; salade ! L'&#238;lotage, qui remonte aux ann&#233;es 1970, mobilise quelque 3 % du potentiel policier total, soit un &#238;lotier pour 8300 habitants, selon Dominique Montjardet (Ce que fait la police). Et les flics n'aiment pas les patrouilles p&#233;destres !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; &lt;em&gt;social&lt;/em&gt; &#187; de la police est quantit&#233; n&#233;gligeable par rapport &#224; sa t&#226;che r&#233;pressive fondamentale. M&#234;me l'aide aux citoyens ordinaires est b&#226;cl&#233;e. En cas de vols de voiture, l'enregistrement au commissariat est une formalit&#233; sans suite, uniquement destin&#233;e &#224; actionner l'assurance. En cas de cambriolage, la police ne se d&#233;place plus qu'exceptionnellement sur lieux, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;gligence, incapacit&#233; ? Non, mais la police fait ce qu'on lui dit de faire, l&#224; o&#249; on lui dit de faire ! Les flics ne sont l&#224; que tr&#232;s accessoirement pour prot&#233;ger les citoyens. Ils forment un corps de r&#233;pression qui a charge de pr&#233;server l'ordre social. De contenir la violence collective des exploit&#233;s ou autres cat&#233;gories l&#233;s&#233;es, contre ceux qui exploitent et oppriment. Il y a trente ans, la France arrivait juste apr&#232;s l'Espagne franquiste pour le nombre de policiers et gendarmes sp&#233;cialis&#233;s dans la r&#233;pression des manifestations. Et on a vu ses exploits pendant la guerre d'Alg&#233;rie. M&#234;me si les interventions muscl&#233;es de policiers ou gendarmes contre gr&#232;ves et manifs sont devenues rares aujourd'hui, elles n'ont pas disparu. Les pompiers pourraient en parler.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La violence&#8230; polici&#232;re contre les jeunes des cit&#233;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;meutes de jeunes qui ont &#233;maill&#233; la vie des cit&#233;s populaires, depuis 20 ans, ont eu souvent pour origine des bavures polici&#232;res. Dans un article du Monde Diplomatique de novembre dernier, Olivier Cyran dresse un bilan des &#171; violences polici&#232;res impunies &#187; et pourfend le mythe que la police ne serait pas aid&#233;e par la justice ! Les flics qui ont la g&#226;chette facile sont souvent acquitt&#233;s. Les petits d&#233;linquants des quartiers pauvres, surtout d'origine immigr&#233;e, n'ont pas droit &#224; la m&#234;me mansu&#233;tude. Et l'impasse est g&#233;n&#233;ralement faite sur les cas o&#249; il n'y a pas mort d'hommes, &#171; seulement &#187; des brimades et brutalit&#233;s. Selon le Monde diplomatique cit&#233;, un Comit&#233; europ&#233;en pour la pr&#233;vention de la torture, apr&#232;s enqu&#234;te en France en 2000, a rapport&#233; que &#171; &lt;em&gt;137 personnes pr&#233;sentant des l&#233;sions traumatiques avaient &#233;t&#233; vues par le service des urgences m&#233;dico-judiciaires en d&#233;cembre 1999 et janvier 2000. Parmi elles, note le comit&#233;, au moins 39 personnes pr&#233;sentaient des l&#233;sions (h&#233;matomes, ecchymoses, excoriations, fractures) compatibles avec leurs all&#233;gations de mauvais traitements inflig&#233;s par la police. Sur seulement deux mois, et pour un service d'urgence que la grande majorit&#233; des victimes ne consultent jamais, ce r&#233;sultat a valeur d'indice.&lt;/em&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les jeunes des banlieues et leurs familles ont quelque raison de ne pas aimer les flics. D'ailleurs, si ceux-ci n'avaient rien &#224; se reprocher ou &#224; reprocher &#224; bon nombre d'entre eux, ils ne refuseraient pas &#224; la quasi-unanimit&#233; de revenir au port obligatoire de l'uniforme sur le trajet domicile/lieu de travail, supprim&#233; apr&#232;s 1968. Et pourtant, certains ont calcul&#233; que cette simple mesure augmenterait de fa&#231;on sensible et aux moindres frais la pr&#233;sence polici&#232;re tant vant&#233;e !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les travailleurs ne seront prot&#233;g&#233;s que par eux-m&#234;mes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il est incontestable que dans cette soci&#233;t&#233; d'exploitation qui pousse et incite l'homme a &#234;tre un loup pour l'homme (y compris le malheureux contre le malheureux) il y a besoin de coercition (mais l&#224; par contre pas seulement contre le malheureux justement, mais autant sinon plus contre le puissant). Il faudrait &#234;tre utopique pour le nier. Mais la question est de savoir qui l'exerce et contre qui. Des corps sp&#233;cialis&#233;s, pay&#233;s comme des mercenaires et attach&#233;s aux int&#233;r&#234;ts d'une minorit&#233; ? Ou bien la population laborieuse, avec en t&#234;te les travailleurs eux-m&#234;mes, voire des policiers (c'est-&#224;-dire des gens, quel que soit le nom qu'on leur donne, dont la t&#226;che est pour un temps de veiller au respect des relations civiles et morales) mais alors d&#233;sign&#233;s et contr&#244;l&#233;s en permanence par cette population, et &#233;ventuellement r&#233;voqu&#233;s par elle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut prendre comme exemple une entreprise, o&#249; ce sont des chefs, gardiens ou la police &#233;ventuellement qui exercent la r&#233;pression. Ils sont pay&#233;s pour. En cas de vols, ce sont eux qui interviennent. Mais dans des conditions de gr&#232;ve, ce sont les travailleurs eux-m&#234;mes qui prennent en charge les probl&#232;mes de leur lutte, dont des probl&#232;mes d'organisation et de maintien de l'ordre. Pas besoin d'un uniforme ni d'un salaire pour les assumer !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est certainement pas la police de la bourgeoisie qui fera le bonheur des travailleurs, et encore moins si elle se &#171; rapproche &#187; d'eux ! La classe ouvri&#232;re ne peut puiser qu'en elle-m&#234;me, dans ses propres luttes, la force n&#233;cessaire pour changer les quartiers o&#249; elle vit. Quand les travailleurs marqueront des points, collectivement, contre les patrons et le gouvernement, ils en marqueront aussi dans leurs cit&#233;s. Quand ils se feront craindre, comme une classe rebelle et offensive, ils seront admir&#233;s par leurs enfants sauvageons (et sans doute craints aussi par les policiers). C'est l&#224; qu'ils deviendront un exemple&#8230; ainsi que ces rep&#232;res et cette r&#233;f&#233;rence qui, nous dit-on, manquent tant &#224; la jeunesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michelle VERDIER&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Vocabulaire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le citoyen ordinaire ne parle pas de &#171; policier &#187; mais de &#171; flic &#187;. Il serait certainement &#233;tonn&#233; (les policiers aussi) d'apprendre qu'il emprunte &#224; l'allemand. Voir le petit Robert ! &#171; Flic &#187; est probablement une d&#233;formation de &#171; Fliege &#187;, qui veut dire &#171; mouche &#187; dans la langue de Goethe. Le sobriquet remonte &#224; Fouch&#233;. Apr&#232;s une br&#232;ve p&#233;riode o&#249; la r&#233;volution de 1789 avait instaur&#233; un &#171; d&#233;partement de police &#187; dont les membres &#233;taient &#233;lus par la population, Fouch&#233; organisa une v&#233;ritable administration polici&#232;re en couvrant le territoire d'un solide r&#233;seau de &#171; mouches &#187; ou &#171; mouchards &#187;. Certes, &#171; le flic &#187; n'a pas le monopole. Les ouvrages autoris&#233;s citent le pandore, le perdreau, le poulet, la vache, l'hirondelle, le bourre, le cogne, le keuf, le poulaga, le poulard, le poulardin, le poulmann, le saute-dessus, le gorille ou l'ange gardien, auxquels se rajoutent l'aubergine, la primev&#232;re ou la pervenche depuis la f&#233;minisation de la profession. Et le cond&#233; ou lardu pour les &#233;chelons sup&#233;rieurs&#8230; les b&#339;ufs-carottes pour la police des polices.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Le mythe du laxisme, la r&#233;alit&#233; de la r&#233;pression
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Le-mythe-du-laxisme-la-realite-de-la-repression</link>
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		<dc:subject>Politique s&#233;curitaire
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>justice
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		<dc:subject>Prisons
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		<description>Laxiste, la justice ? La police aime beaucoup se plaindre de la suppos&#233;e tendance des juges &#224; relaxer les d&#233;linquants, ou de certaines carences juridiques, qui emp&#234;cheraient de les sanctionner. &lt;br /&gt;&#171; On est plus r&#233;pressif, c'est comme &#231;a ! &#187; &lt;br /&gt;Quand elle &#233;tait Garde des Sceaux, Guigou l'avait pourtant avou&#233; tout net dans Lib&#233;ration (9 juillet 1999) : &#171; On est plus r&#233;pressif, c'est comme &#231;a, il ne s'agit pas de le contester &#187;. Il n'y a certes pas eu une inflation carc&#233;rale comparable &#224; celle qui a couvert le&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Laxiste, la justice ? La police aime beaucoup se plaindre de la suppos&#233;e tendance des juges &#224; relaxer les d&#233;linquants, ou de certaines carences juridiques, qui emp&#234;cheraient de les sanctionner.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;&#171; On est plus r&#233;pressif, c'est comme &#231;a ! &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Quand elle &#233;tait Garde des Sceaux, Guigou l'avait pourtant avou&#233; tout net dans Lib&#233;ration (9 juillet 1999) : &#171; &lt;em&gt;On est plus r&#233;pressif, c'est comme &#231;a, il ne s'agit pas de le contester&lt;/em&gt; &#187;. Il n'y a certes pas eu une inflation carc&#233;rale comparable &#224; celle qui a couvert le territoire am&#233;ricain de nouvelles prisons dans les 20 derni&#232;res ann&#233;es, faisant par exemple de l'administration p&#233;nitentiaire le premier employeur californien. 1,7 million d'adultes sont emprisonn&#233;s aux Etats-Unis, et le taux d'incarc&#233;ration est pass&#233; de 96 d&#233;tenus pour 100 000 habitants en 1970 &#224;... 648 en 1997 (contre 90 en France, dans la moyenne europ&#233;enne).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, les chiffres ne montrent pas sp&#233;cialement la cl&#233;mence des tribunaux : la population carc&#233;rale a doubl&#233; entre 1975 et 1995 pour atteindre un record historique de 58 000 personnes d&#233;tenues en 1996. Elle a certes d&#233;cru depuis, passant &#224; 51 534 d&#233;tenus en 2000 : il y a eu un effort pour d&#233;sengorger des prisons surpeupl&#233;es de fa&#231;on explosive, en diminuant massivement les d&#233;tentions en pr&#233;ventive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, les mesures de remise de peine et de lib&#233;ration conditionnelle ont elles aussi &#233;t&#233; limit&#233;es, et ont diminu&#233; de moiti&#233; ! Il ne s'agit donc pas d'un infl&#233;chissement g&#233;n&#233;ral vers la cl&#233;mence. Depuis 5 ans, les tribunaux se montrent de plus en plus s&#233;v&#232;res : onze fois plus de peines de plus de 5 ans, trois fois plus de peines de plus de 10 ans, deux fois plus de condamnations &#224; perp&#233;tuit&#233;. Entre 1975 et 1998, la dur&#233;e moyenne de d&#233;tention a presque doubl&#233;, passant de 4,3 mois &#224; 8,3 mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques exemples de &#171; &lt;em&gt;l'indulgence&lt;/em&gt; &#187; coupable des juges :
&#8211; un jeune a &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; 10 mois de prison ferme pour avoir particip&#233; &#224; des d&#233;gradations lors des manifestations lyc&#233;ennes d'octobre 1998 ;
&#8211; une jeune fille de 18 ans, inconnue des services de police, a &#233;t&#233; condamn&#233;e &#224; 18 mois de prison, dont 8 fermes, pour avoir incendi&#233; une voiture lors d'&#233;meutes &#224; Strasbourg ;
&#8211; un Ha&#239;tien en situation r&#233;guli&#232;re a &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; une interdiction d&#233;finitive du territoire pour possession d'un gramme de cannabis ;
&#8211; la 14&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; chambre correctionnelle de Bobigny d&#233;tient le record de la plus lourde condamnation pour &#171; s&#233;jour irr&#233;gulier &#187; et refus d'embarquer : trois ans de prison ferme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, ce ne sont que quelques exemples, pas un aper&#231;u fid&#232;le de l'ensemble des peines distribu&#233;es. Mais ils suffisent &#224; relativiser les quelques anecdotes de &#171; &lt;em&gt;laxisme judiciaire&lt;/em&gt; &#187; que policiers, journalistes et politiciens se plaisent si souvent &#224; diffuser, en les faisant passer pour l'ordinaire de la justice...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Que faire des &#171; sauvageons &#187; ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une autre rengaine voudrait que les d&#233;linquants mineurs ne soient pas &#171; &lt;em&gt;punis&lt;/em&gt; &#187;. Faute de s'attaquer au ch&#244;mage et &#224; la pr&#233;carit&#233; qui frappent massivement les familles de la plupart de ces jeunes d&#233;linquants, les d&#233;magogues s'en donnent &#224; c&#339;ur joie. En janvier 1999, Jospin annon&#231;ait la cr&#233;ation de &#171; &lt;em&gt;centres de placement imm&#233;diat strictement contr&#244;l&#233;s&lt;/em&gt; &#187;, destin&#233;s &#224; &#171; &lt;em&gt;&#233;loigner&lt;/em&gt; &#187; les mineurs &#171; &lt;em&gt;multir&#233;cidivistes&lt;/em&gt; &#187;, bref, une remise au go&#251;t du jour des maisons de correction pour les &#171; &lt;em&gt;sauvageons&lt;/em&gt; &#187; d&#233;nonc&#233;s par son ministre de l'Int&#233;rieur Chev&#232;nement. D'autres, et pas seulement &#224; droite, r&#233;clament la r&#233;vision dans un sens plus r&#233;pressif de l'ordonnance de 1945 sur la d&#233;linquance des mineurs, ou encore la suppression des allocations aux parents de jeunes &#171; r&#233;cidivistes &#187;&#188;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des mesures dont on voit mal comment elles pourraient remettre &#171; &lt;em&gt;dans le droit chemin&lt;/em&gt; &#187; des adolescents agressifs et passablement paum&#233;s. Le taux de r&#233;cidive pour les mineurs incarc&#233;r&#233;s est d'ailleurs estim&#233; &#224; plus de 75 % (dans les 5 ans qui suivent leur sortie de prison). Car la prison existe bel et bien pour les mineurs, m&#234;me s'il leur est accord&#233; des circonstances att&#233;nuantes et des diminutions de peine dues &#224; leur jeune &#226;ge. 2368 mineurs ont &#233;t&#233; incarc&#233;r&#233;s en 1993, 4030 en 1998.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois de plus, la campagne contre le pr&#233;tendu laxisme des juges maquille les r&#233;alit&#233;s, &#233;vite les vrais probl&#232;mes et &#233;carte la discussion des possibles solutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard RUDELLI&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Une justice de classe &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelques ann&#233;es les gouvernements, dans le souci proclam&#233; d'&#233;viter des relaxes &#171; choquantes &#187;, ont fait la promotion du &#171; traitement de la d&#233;linquance en temps r&#233;el &#187; et de la &#171; comparution imm&#233;diate &#187;. Il s'agit en fait de faire porter les efforts des magistrats, de fa&#231;on prioritaire, sur les infractions constat&#233;es sur la voie publique, autrement dit certains vols (et g&#233;n&#233;ralement les plus petits larcins) et les infractions &#224; la l&#233;gislation sur les stup&#233;fiants et &#224; la police des &#233;trangers. Cela cible donc tout naturellement des cat&#233;gories particuli&#232;res de la population : jeunes des quartiers pauvres, sans-papiers, sans-abri. La d&#233;linquance &#233;conomique et financi&#232;re, elle, peut attendre... Dans l'affaire Elf, le juge Eva Joly disposait d'un enqu&#234;teur policier et demi, pour l'assister dans son enqu&#234;te !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si laxisme judiciaire il y a, c'est pour les patrons. L'ins&#233;curit&#233; au travail, aggrav&#233;e par les multiples infractions au code du travail que pratiquent les employeurs, n'est pas une priorit&#233;. Les inspections dans les entreprises sont de plus en plus rares : en 1974, 30 % des entreprises ont &#233;t&#233; contr&#244;l&#233;es, contre 14 % en 1993. Seuls 1250 inspecteurs et contr&#244;leurs couvrent l'ensemble des entreprises priv&#233;es du territoire fran&#231;ais (14 millions de salari&#233;s). La plupart des infractions constat&#233;es sont suivies de relaxe ! Sur un million en 1995, 30 000 (3 %) ont donn&#233; lieu &#224; une observation ou &#224; une mise en demeure, et sur ces 30 000, 25 % ont abouti &#224; une condamnation ! Condamnations accompagn&#233;es, &#233;videmment, de sanctions le plus souvent ridicules.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt; Des prisons &#171; 3 &#233;toiles &#187; ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;ologie p&#233;nitentiaire officielle veut que l'enfermement serve non seulement &#224; punir, et &#224; dissuader ainsi d'&#233;ventuels imitateurs ou la r&#233;cidive, mais aussi &#224; transformer le d&#233;linquant et pr&#233;parer sa r&#233;insertion dans la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des v&#339;ux pieux ridiculis&#233;s par la r&#233;alit&#233; des conditions de d&#233;tention. Les prisons fran&#231;aises sont surpeupl&#233;es, avec un taux moyen d'occupation de 119 % en 1999. Ce qui signifie parfois 4 &#224; 5 d&#233;tenus enferm&#233;s ensemble dans des cellules de 9 m&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;2&lt;/sup&gt;, trois lits superpos&#233;s, 2 matelas &#224; terre, les WC au milieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conditions d'hygi&#232;ne sont bien souvent lamentables. Les normes officielles pr&#233;tendent garantir aux d&#233;tenus &#171; trois douches par semaine &#187;. Mais &#224; la Sant&#233;, par exemple, il y a trois douches par &#233;tage, pour 100 personnes, et on y attrape mycoses et diverses maladies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Promiscuit&#233;, &#233;tat de grande pauvret&#233; de nombre de d&#233;tenus, conditions de vie d&#233;gradantes, humiliations, les prisons sont des enfers, bien faites pour fabriquer des d&#233;linquants. D'autant plus et surtout qu'&#224; la sortie de prison il est souvent plus difficile de trouver un toit et un boulot qu'il ne l'&#233;tait d&#233;j&#224; avant d'y entrer. Ou que les seuls qui vous en offrent sont les relations dans le milieu, celles qu'on a pu se faire... en prison justement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> L'exemple des chemins de fer : Banlieue Sud-Ouest
</title>
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		<dc:subject>Entreprises
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		<dc:subject>SNCF
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		<dc:subject>Ins&#233;curit&#233;
</dc:subject>

		<description>La s&#233;curit&#233;, en parler cheminot, est d'abord celle de la circulation des trains, sans accident. Viennent ensuite les incidents qui cr&#233;ent des retards, nuisent &#224; la r&#233;gularit&#233;. Il peut s'agir d'actes de malveillance contre les trains, d'objets sur la voie, voire de tirs au fusil... Au sud de Juvisy, simple exemple, la police de la SNCF piste quelqu'un, un gamin probablement, qui tire syst&#233;matiquement un signal d'alarme. L'agent de conduite est oblig&#233; de s'arr&#234;ter, de questionner, et en cas de risque&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La s&#233;curit&#233;, en parler cheminot, est d'abord celle de la circulation des trains, sans accident. Viennent ensuite les incidents qui cr&#233;ent des retards, nuisent &#224; la r&#233;gularit&#233;. Il peut s'agir d'actes de malveillance contre les trains, d'objets sur la voie, voire de tirs au fusil... Au sud de Juvisy, simple exemple, la police de la SNCF piste quelqu'un, un gamin probablement, qui tire syst&#233;matiquement un signal d'alarme. L'agent de conduite est oblig&#233; de s'arr&#234;ter, de questionner, et en cas de risque grave, de cr&#233;er une alerte radio et tous les trains s'arr&#234;tent. Les gens r&#226;lent.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un sentiment d'ins&#233;curit&#233;... plus ou moins justifi&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une gare, c'est toute une vie, comme dans un quartier, avec des gens qui vont et viennent, consomment, s'installent. C'est le cas de pas mal de jeunes qui peuvent s'y retrouver pour faire la f&#234;te, comme dans les cages d'escalier. Ce qui veut dire aussi la fumette ou les menus trafics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nagu&#232;re, les sans domicile s'installaient et les cheminots, la nuit, trouvaient un endroit pour les h&#233;berger. Aujourd'hui, on ferme les gares. Il reste des rames de banlieue gar&#233;es la nuit, dans lesquelles, petit &#224; petit, &#224; partir des ann&#233;es 1980 surtout, des SDF restent. On les retrouve le matin, qui dorment encore. Cela pose quelques probl&#232;mes de cohabitation avec les voyageurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a aussi la fraude, qui pr&#233;occupe tant les patrons de la SNCF. Toute personne doit pr&#233;senter son billet &#224; la r&#233;quisition des cheminots qui ont de ce fait un petit pouvoir&#8230; de police. Et les ennuis qui vont avec !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un contr&#244;leur qui tombe sur un voyageur sans billet est autoris&#233; &#224; demander une pi&#232;ce d'identit&#233;. En cas de refus, il peut faire appel &#224; des forces de police multiples : police ferroviaire, police de quartier, gendarmerie en province, polices locales, commissariat du coin mais aussi forces de police de l'air et des fronti&#232;res qui ont &#233;galement missions dans les enceintes ferroviaires. Il y a du monde pour faire descendre du wagon celui qui n'a pas son ticket ou dans un autre cas ! On peut m&#234;me voir des gamins emmen&#233;s avec menottes derri&#232;re le dos par des flics du commissariat, pour s'&#234;tre rebiff&#233;s.
C'est toute cette atmosph&#232;re, tout autant que les agressions des voyous, qui cr&#233;e un sentiment d'ins&#233;curit&#233; chez les voyageurs, et souvent l'amplifie outre mesure.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La police ferroviaire&#8230; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s l'origine, les chemins de fer ont &#233;t&#233; con&#231;us comme une structure de type militaire, entre autres du fait de leur importance strat&#233;gique. Il a &#233;t&#233; conf&#233;r&#233; un pouvoir de police aux cheminots. La loi aujourd'hui pr&#233;voit m&#234;me &#224; l'encontre des agresseurs d'agents des transports publics, en cas de violence ayant entra&#238;n&#233; une incapacit&#233; totale de travail pendant plus de 8 jours, des peines de 3 &#224; 5 ans de prison et 300 000 &#224; 500 000 francs d'amende.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les cheminots ne sont pas habilit&#233;s &#224; dresser proc&#232;s-verbal, mais une partie est asserment&#233;e. Sur un quai o&#249; &#231;a s'agite un peu, face &#224; quelqu'un qui traverse une voie par exemple, ils doivent prendre des mesures pour arr&#234;ter les circulations parce que c'est tr&#232;s dangereux mais peuvent aussi interpeller la personne, dresser proc&#232;s-verbal de police qui permettra &#224; la SNCF de d&#233;poser plainte et donc d'emmener quelqu'un devant un tribunal.
Les cheminots l'appellent la SUGE, pour surveillance g&#233;n&#233;rale. Les emplois jeunes disent les keufs. C'est la police ferroviaire. Elle a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e en 1846 et dispose aujourd'hui d'environ 1800 agents. La SUGE a &#233;t&#233; grandement utilis&#233;e contre les cheminots dans des enqu&#234;tes pour vols dans les recettes ou les wagons. Elle s'est renforc&#233;e ces derni&#232;res ann&#233;es, par un recrutement direct, du fait de l'augmentation des situations de fraude, agressions, d&#233;gradations du mat&#233;riel. Ceux de la SUGE sont arm&#233;s et certains se plaisent &#224; raconter leurs cavalcades pour coincer untel ou prendre en flagrant d&#233;lit des tagueurs !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;&#8230;et les cheminot(e)s aux premi&#232;re loges &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pouvoirs de police et policiers n'emp&#234;chent pas les agressions. Contre des contr&#244;leurs, qui souvent en r&#233;action font gr&#232;ve, mais aussi contre des guichets, qui font moins gr&#232;ve. Ici, 2 ou 3 personnes font irruption dans une recette avec un fusil et menacent l'employ&#233;e. L&#224;, dans un coin isol&#233;, une jeune femme embauche pour ouvrir une petite gare et se trouve face &#224; un gars qui se rue sur elle avec une machette ! Il n'y a pourtant pas grand chose dans les caisses parce que, depuis quelques ann&#233;es, la SNCF confie &#224; des soci&#233;t&#233;s sp&#233;cialis&#233;es le ramassage des fonds. Dans le pass&#233;, il y avait toujours, en gare, quelques cheminots de diff&#233;rents m&#233;tiers, des vendeurs de billets, quelques chefs derri&#232;re eux. Au moins 3 ou 4 personnes. Maintenant, celui ou celle qui vend les billets est seul ! De 550 000 au lendemain de la guerre, les effectifs sont en effet pass&#233;s &#224; 173 000 aujourd'hui.
La SNCF a trouv&#233; comme palliatif le recours &#224; des entreprises sous-traitantes de s&#233;curit&#233;, vigiles, ma&#238;tres chiens, pour faire l'ouverture et la fermeture des gares de banlieue. Le cheminot est moins seul. Le chien aussi (les patrons de la SNCF ne jurent que par lui) ! Mais les contr&#244;leurs, en particulier, ont-ils gagn&#233; &#224; &#234;tre accompagn&#233;s de policiers ? Cela les fait rep&#233;rer comme cibles plus faciles, une fois qu'ils se retrouvent seuls.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle distribue aussi un &#171; aide-m&#233;moire &#224; l'attention des agents victimes d'agressions &#187; : &#171; On cherche &#224; vous agresser, restez calme, ne reculez pas, ne tendez pas le poing ou le doigt, ne prenez pas un ton mena&#231;ant mais engagez un dialogue apaisant&#8230; &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin il y a maintenant des emplois jeunes. A Juvisy par exemple, dans la gare souterraine, il y en a un, entre autres, le matin en p&#233;riode de pointe. Une pr&#233;sence sans doute utile, d'autant qu'il s'agit souvent de jeunes des cit&#233;s environnantes qui croisent d'autres jeunes qu'ils connaissent. Les technocrates de la SNCF parlent d'une &#171; &lt;em&gt;bonne op&#233;ration d'interface avec la population &lt;/em&gt; &#187;. C'est un peu vrai, tant que les jeunes ne prennent pas en pleine interface le m&#233;contentement des usagers, d&#251; &#224; la multiplication des incidents qui n'ont rien &#224; voir avec l'ins&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un cheminot de la ligne C du RER parisien&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Les maires qui veulent devenir sh&#233;rifs
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		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Les-maires-qui-veulent-devenir-sherifs</link>
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Politique s&#233;curitaire
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		<description>En banlieue parisienne, le nouveau maire RPR d'Argenteuil (93 000 habitants), qui venait de ravir la mairie au Parti communiste, annon&#231;ait en juin dernier la cr&#233;ation d'une police municipale forte de 60 hommes, non arm&#233;s pour l'instant. En octobre, c'&#233;tait au tour de la municipalit&#233; du Plessis Robinson (21 000 habitants) puis celle de Beauvais (55 000 habitants), en novembre d'Etampes (22 000 habitants). En d&#233;cembre, le nouveau maire UDF de Drancy (62 000 habitants) faisait &#224; son tour ent&#233;riner&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En banlieue parisienne, le nouveau maire RPR d'Argenteuil (93 000 habitants), qui venait de ravir la mairie au Parti communiste, annon&#231;ait en juin dernier la cr&#233;ation d'une police municipale forte de 60 hommes, non arm&#233;s pour l'instant. En octobre, c'&#233;tait au tour de la municipalit&#233; du Plessis Robinson (21 000 habitants) puis celle de Beauvais (55 000 habitants), en novembre d'Etampes (22 000 habitants). En d&#233;cembre, le nouveau maire UDF de Drancy (62 000 habitants) faisait &#224; son tour ent&#233;riner par le conseil municipal la cr&#233;ation d'une police arm&#233;e de 25 membres, et le maire RPR de Nogent (28 000 habitants) lan&#231;ait sur ce sujet une enqu&#234;te pr&#233;alable aupr&#232;s de la population.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La floraison des polices municipales n'est plus l'apanage de la droite&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas l&#224; d'une politique des seules municipalit&#233;s de droite, loin s'en faut : le socialiste Huchon, actuel pr&#233;sident du conseil r&#233;gional d'Ile-de-France, avait &#233;t&#233; pr&#233;curseur en cr&#233;ant, en d&#233;cembre 1994, une police dans sa ville de Conflans-Sainte-Honorine. Aujourd'hui, c'est m&#234;me une grande ville &#224; majorit&#233; communiste, Vitry-sur-Seine (78 000 habitants), qui compte cr&#233;er la sienne, forte de 70 agents. Cette cr&#233;ation soulevant quelques remous dans le milieu militant, le maire a d&#233;cid&#233; de soumettre son projet &#224; referendum le 20 janvier prochain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;chauffour&#233;es avec la police et les incendies de voitures cinq nuits cons&#233;cutives &#224; Vitry, du 26 d&#233;cembre 2001 au 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; janvier 2002 donneront peut-&#234;tre des arguments &#224; la mairie en faveur de son projet. Pourtant ce n'est pas un manque de policiers ces nuits-l&#224; &#224; Vitry (ils ont vite accouru en nombre) qui est &#224; l'origine de l'incendie de 60 voitures.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Police r&#233;publicaine ou sh&#233;rifs locaux ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On est donc loin de l'indignation que suscitaient &#224; gauche, dans les ann&#233;es 80, les &#171; sh&#233;rifs &#187; recrut&#233;s par Balkany, apr&#232;s qu'il eut arrach&#233; la mairie de Levallois Perret au Parti communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question n'est &#233;videmment pas de discuter des avantages ou dangers respectifs des polices, municipale ou d'Etat. C'est la r&#233;volution fran&#231;aise qui avait accord&#233; aux communes le droit de faire leur propre police. Jusqu'en 1941, seule une poign&#233;e de grandes villes, dont Paris, Lyon et Marseille, avaient une police d&#233;pendant directement de l'Etat. Et c'est le r&#233;gime de Vichy qui a cr&#233;&#233; les structures actuelles de la police nationale en &#233;tatisant les polices municipales de toutes les villes de plus de 10 000 habitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais que ce soit la gendarmerie, la police nationale ou les diverses polices municipales qui foisonnent aujourd'hui, le probl&#232;me est d'abord qu'aucune de ces polices n'est le moins du monde sous le contr&#244;le de la population.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La surench&#232;re du gouvernement : les Contrats locaux de s&#233;curit&#233; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle doctrine s&#233;curitaire municipale de la gauche a &#233;t&#233; expos&#233;e &#224; un colloque organis&#233; &#224; Villepinte en 1997. La principale innovation fut la cr&#233;ation de Contrats locaux de s&#233;curit&#233; (CLS) entre d'un c&#244;t&#233; les villes ou certaines entreprises publiques (SCNF, RATP), de l'autre la police d'Etat.
Ces contrats ne sont pas en opposition avec le d&#233;veloppement de polices municipales. Au contraire, en m&#234;me temps qu'il les lan&#231;ait, Jospin annon&#231;ait une nouvelle r&#233;glementation de ces polices, de leur formation et armement et du partage des pr&#233;rogatives entre elles et la police d'Etat (loi adopt&#233;e en mars 1999). Nombre de municipalit&#233;s font &#224; la fois l'un et l'autre, la coop&#233;ration les deux polices faisant alors partie du contrat local.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il s'agissait pour la gauche de montrer qu'elle ne laissait pas le terrain &#224; la droite et m&#234;me qu'elle innovait. Par la m&#234;me occasion elle demandait aux municipalit&#233;s de mettre la main &#224; la poche, si elles voulaient plus de policiers ou une police plus de &#171; proximit&#233; &#187; selon le terme mis &#224; la mode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bilan qu'il publiait en juin 2001, le gouvernement &#233;tait content de lui : 527 CLS sign&#233;s (plus 17 sign&#233;s par les entreprises de transport) et quelques 210 autres en pr&#233;paration.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Derri&#232;re quelques nouveaux gadgets, les vieilles mesures&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que &#231;a a chang&#233; ? Les contenus de ces CLS sont tr&#232;s divers : &#224; chaque municipalit&#233; de piocher &#224; sa convenance dans une panoplie de mesures. On s'efforce d'y associer, outre la mairie et la police, des repr&#233;sentants de la justice et de l'&#233;ducation nationale. Mais au centre, il y a avant tout la m&#234;me vielle m&#233;thode : augmenter la pr&#233;sence polici&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cr&#233;ation des emplois-jeunes a donn&#233; notamment l'occasion &#224; la police d'embaucher pour pas cher des adjoints de s&#233;curit&#233; (ADS). Ces nouveaux policiers, en contrats provisoires et au SMIC, pr&#233;vus dans nombre de contrats locaux de s&#233;curit&#233;, peuvent &#234;tre amen&#233;s, apr&#232;s une formation de six semaines, &#224; faire le m&#234;me travail que les autres et &#224; porter une arme. Ils sont aujourd'hui pr&#232;s de 20 000. Leur embauche va souvent de pair avec l'ouverture (ou la r&#233;ouverture) d'un poste de police local, dont la mairie peut, sur ses deniers, financer le local et une partie des &#233;quipements.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Rajouter des grilles &#224; la grisaille&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La plupart des autres mesures rel&#232;vent plut&#244;t du gadget ou de la simple d&#233;magogie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs contrats pr&#244;nent un alourdissement des peines, comme si la justice n'avait pas d&#233;j&#224; la main assez lourde vis &#224; vis des petits d&#233;linquants venant des quartiers pauvres. D'autres vont jusqu'&#224; pr&#244;ner des sanctions contre les parents, souvent heureusement inapplicables. D'autres, comme le CLS de Boulogne-Billancourt, pr&#233;voient la cr&#233;ation d'un &#171; Comit&#233; local de traitement des incivilit&#233;s &#187; qui pourrait convoquer les parents d'enfants d&#233;linquants pour les gronder.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, il y a la multiplication des &#233;quipements de surveillance, les cam&#233;ras vid&#233;o, qui co&#251;tent cher &#224; la mairie, mais pr&#233;sentent l'avantage de n'avoir &#224; embaucher personne, ou l'installation de codes tout neufs au bas des cages d'escaliers qui continuent &#224; se d&#233;grader, faute d'entretien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nouvelles innovations, de grosses grilles se mettent &#224; fermer les entr&#233;es de cours et passages, et des murs cloisonnent entre elles les cit&#233;s voisines. Pour rassurer l'habitant, l'&#233;lecteur ? Peut-&#234;tre. Mais la grisaille des banlieues n'en est pas &#233;clair&#233;e. La vie collective non plus.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les &#171; m&#233;diateurs &#187; sociaux : des jeunes entre marteau et enclume&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'embauche directe par les municipalit&#233;s d'agents locaux de m&#233;diation sociale (ALMS) pourrait para&#238;tre une mesure plus sociale et plus pr&#233;ventive. Souvent eux-m&#234;mes originaires des grandes cit&#233; HLM, ils ont principalement pour r&#244;le, en tournant dans les cit&#233;s et aux pieds des immeubles, de dialoguer avec les jeunes. Mais si ce n'est finalement que pour les surveiller, leur faire la morale ou servir de tampon entre eux, la police et les autorit&#233;s, sans avoir rien &#224; proposer, leur r&#244;le ne peut que s'&#233;puiser vite et m&#234;me susciter une certaine hostilit&#233;. Or c'est &#224; cela que se limite la fonction de ces m&#233;diateurs, embauch&#233;s provisoirement en emplois jeunes, qui re&#231;oivent une br&#232;ve formation &#224; laquelle est associ&#233;e la police nationale, et ne disposent d'aucun moyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au conseil municipal d'Aubagne (Bouche-du-Rh&#244;ne), municipalit&#233; &#224; majorit&#233; communiste, un &#233;lu critiquant en f&#233;vrier 2000 le projet de CLS rappelait que cette ville de 43 000 habitants n'avait qu'un poste et demi d'&#233;ducateur sp&#233;cialis&#233;, un nombre trop faible d'animateurs et que le personnel des maisons de quartier avait d&#251; faire gr&#232;ve pour obtenir plus de moyens. L'embauche d'une vingtaine d'agents de m&#233;diation n'allait pas y rem&#233;dier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'attaquer &#224; l'ins&#233;curit&#233; ou &#224; la d&#233;linquance juv&#233;nile et &#224; leurs causes, le ch&#244;mage, l'exclusion, d&#233;passe l'&#233;chelle des politiques municipales. Mais ceux qui nous parlent du tout s&#233;curitaire, se gardent bien de faire m&#234;me ce qui pourrait &#234;tre en leur pouvoir : prendre les mesures indispensables pour redonner vie aux quartiers, notamment l'embauche de personnel n&#233;cessaire pour des &#233;quipements collectifs, des terrains de sports, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Olivier BELIN&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Effectifs des polices municipales&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s un rapport du S&#233;nat,&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; En 1984, il y avait 5641 policiers municipaux r&#233;partis dans 1748 communes.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; En 1998, il y en avait 13 098 (soit +132 %) r&#233;partis dans 3030 communes (+73 %).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s le chiffre donn&#233; par un de leurs syndicats, les policiers municipaux seraient aujourd'hui environ 15 000.
La r&#233;alit&#233; est tr&#232;s disparate : en 1998, sur les 3 030 communes qui poss&#233;daient une police municipale,&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; pr&#232;s de la moiti&#233; n'avaient qu'un seul agent ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; seulement 630 communes plus de 5 agents ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; en province, 20 villes avaient plus de 50 policiers municipaux (dont les villes de Nice, Lyon et Marseille plus de 200) ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; en Banlieue parisienne, 5 villes poss&#233;daient plus de 50 policiers municipaux et 15 autres entre 20 et 50 policiers.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Les experts&#8230; socialistes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un certain nombre de soci&#233;t&#233;s-conseils se sont cr&#233;&#233;es, sp&#233;cialis&#233;es dans l'expertise et la r&#233;daction des projets de contrats de s&#233;curit&#233; ou de polices municipales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;AB-Associates, qui vend ses expertises entre 100 000 et 900 000 francs, a entre autres pour clients les villes de Charenton, Clichy, Conflans-Sainte-Honorine, Gentilly, Juvisy, Puteaux en banlieue parisienne, Angers, Auxerre, Bourges, Grand Quevilly, Grenoble, Perpignan, Roanne, Tourcoing en province et bien d'autres, ainsi que plusieurs offices HLM et de nombreuses entreprises, de la RATP &#224; Airbus-industries.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire qu'elle est bien introduite dans le milieu politique. Son patron, Alain Bauer, est entr&#233; au PS tout jeune. Ancien responsable de l'Unef-ID et de la mutuelle &#233;tudiante, il est devenu en 1988 charg&#233; de mission aupr&#232;s du premier ministre de l'&#233;poque, Michel Rocard. Aujourd'hui Grand ma&#238;tre du Grand Orient et auteur de nombreux livres sur la s&#233;curit&#233;, il est l'un des experts de l'Institut des hautes &#233;tudes de la s&#233;curit&#233; int&#233;rieures (IHESI), une officine du minist&#232;re de l'int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'IHESI recommande aux municipalit&#233;s le recours&#8230; aux expertises priv&#233;es. La boucle est boucl&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Berlin (Allemagne) : Le &#171; Parti du socialisme d&#233;mocratique &#187; entre au gouvernement
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Berlin-Allemagne-Le-Parti-du-socialisme-democratique-entre-au-gouvernement</link>
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		<dc:date>2002-01-31T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Allemagne
</dc:subject>

		<description>Apr&#232;s plus de deux mois de tractations pour la constitution du nouveau S&#233;nat de Berlin, un accord de gouvernement (de la ville) vient d'&#234;tre conclu entre le SPD et le PDS, issu partiellement de l'ancien parti dirigeant de l'ex-RDA. Il donne &#224; ce dernier trois minist&#232;res sur les quatre qu'il r&#233;clamait (Sant&#233; et affaires sociales, Sciences et culture, Economie, travail et femmes). L'accord contient &#233;galement un pr&#233;ambule o&#249; le PDS &#171; d&#233;nonce &#187; les crimes de l'ancienne RDA, la r&#233;pression contre les opposants&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-19-janvier-fevrier-2002-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 19, janvier-f&#233;vrier 2002
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Allemagne-+" rel="tag"&gt;Allemagne
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s plus de deux mois de tractations pour la constitution du nouveau S&#233;nat de Berlin, un accord de gouvernement (de la ville) vient d'&#234;tre conclu entre le SPD et le PDS, issu partiellement de l'ancien parti dirigeant de l'ex-RDA. Il donne &#224; ce dernier trois minist&#232;res sur les quatre qu'il r&#233;clamait (Sant&#233; et affaires sociales, Sciences et culture, Economie, travail et femmes)&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Des &#233;lections en octobre avaient sanctionn&#233; le discr&#233;dit de l'ancien maire (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. L'accord contient &#233;galement un pr&#233;ambule o&#249; le PDS &#171; d&#233;nonce &#187; les crimes de l'ancienne RDA, la r&#233;pression contre les opposants et la construction du mur. Aux sociaux-d&#233;mocrates, aucun compte n'est demand&#233; pour les assassinats de Rosa Luxembourg, Karl Liebknecht et d'autres, qui se comm&#233;morent sous peu !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PDS avait men&#233; campagne sur la vocation de son parti &#224; gouverner, dans une Allemagne o&#249; il garde une certaine odeur de soufre. Ce qui explique certainement que le SPD a d'abord fait mine de chercher une coalition avec les Verts et le FDP.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un SPD rod&#233; &#224; l'aust&#233;rit&#233; anti-ouvri&#232;re... et un PDS qui y est pr&#234;t&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le SPD berlinois a pu tirer son &#233;pingle du jeu &#233;lectoral, parce que la banqueroute des finances publiques a &#233;t&#233; port&#233;e au d&#233;bit de la CDU. Mais lui aussi a particip&#233;, pendant des ann&#233;es, au S&#233;nat de &#171; &lt;em&gt;grande coalition&lt;/em&gt; &#187; (alliance CDU/SPD). Lui aussi a d&#233;cid&#233; les restrictions budg&#233;taires dont les travailleurs et les plus pauvres de Berlin payent le prix fort (fermeture de cr&#232;ches et d'h&#244;pitaux, augmentations successives des prix des transports urbains). Le &#171; trou &#187; dans le budget de la ville n'est pas pour autant combl&#233; et des mesures d'&#233;conomie encore plus s&#233;v&#232;res sont annonc&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants du PDS sont tout &#224; leur bonheur de sortir du ghetto politique. Gregor Gysi qui conduisait la liste pour le S&#233;nat de Berlin et Harald Wolf qui dirige la fraction parlementaire, avaient largement exprim&#233; leur volont&#233; d'acc&#233;der &#224; la respectabilit&#233; gouvernementale ! A n'importe quel prix. Et ne contestent pas le programme de nouvelles coupes claires. Au contraire. Wolf a expliqu&#233; dans une interview : &#171; &lt;em&gt;Nous avons int&#233;r&#234;t, par-del&#224; les 15 000 suppressions d'emplois programm&#233;es, &#224; &#233;conomiser encore (&#8230;) On peut imaginer des r&#233;ductions du temps de travail, avec grille de r&#233;duction des salaires correspondante&lt;/em&gt;. &#187; Le dirigeant du PDS r&#233;gional a, de son c&#244;t&#233;, annonc&#233; des &#171; &lt;em&gt;mesures draconiennes&lt;/em&gt; &#187;, qui &#171; &lt;em&gt;vont faire mal&lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un contrat de coalition, contre la population&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Point central de la politique annonc&#233;e : une &#233;conomie de 2,1 milliards de DM sur les services publics d'ici &#224; 2006, r&#233;alis&#233;e pour moiti&#233; par la suppression d'au moins 15 000 emplois et des restrictions salariales ou la fermeture de 13 piscines ; mais aussi la vente/privatisation de biens de la ville et la poursuite des travaux de l'a&#233;roport de Sch&#246;nefeld auxquels le PDS s'&#233;tait jusqu'alors oppos&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit d'&#233;conomiser encore sur le dos des travailleurs et des sans ressources. Pas le moindre sacrifice n'est demand&#233; aux patrons et banquiers, qui puisent pourtant &#224; pleines mains dans les finances publiques. Berlin verse 11 millions quotidiennement, d'int&#233;r&#234;ts de sa dette de 78 milliards de DM.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le PDS, partisan sans complexes du capitalisme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le PDS avoue sa pr&#233;dilection pour l'&#233;conomie de march&#233; capitaliste. Lorsque certains demandent &#224; Gysi si sa participation au gouvernement ne pourrait pas faire fuir les investisseurs, il cite Siemens entre autres, qui investit en Chine sans &#234;tre effarouch&#233; par la couleur du gouvernement ! Le &#171; socialisme d&#233;mocratique &#187; &#224; la sauce PDS et le capitalisme sont tout sauf antagoniques pour Gysi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le grand syndicat fusionn&#233; des services publics a annonc&#233; des protestations contre les mesures d'aust&#233;rit&#233;. Autre chose que des rodomontades de sa direction ? La bureaucratie syndicale est trop &#233;troitement li&#233;e au SPD et au PDS pour mettre le nouveau S&#233;nat en s&#233;rieuse difficult&#233;. L'avenir va donc d&#233;pendre des r&#233;actions des travailleuses et travailleurs de la ville, des habitants des milieux populaires, en particulier les plus mal lotis de l'Est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au pied du mur qu'on voit le ma&#231;on. Mais m&#234;me sans mur, on va voir Gysi et les siens &#224; l'&#339;uvre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tonio ROBERT&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Des &#233;lections en octobre avaient sanctionn&#233; le discr&#233;dit de l'ancien maire CDU, d&#233;missionnaire &#224; la suite de scandales financiers et donn&#233; une majorit&#233; &#224; la gauche. Dont 29,7 % aux sociaux-d&#233;mocrates (SPD) dirig&#233;s par le futur maire Klaus Wowereit et 22,6 % sur l'ensemble de la ville mais 47 % &#224; Berlin-Est aux &#171; communistes r&#233;nov&#233;s &#187; du PDS. Les Verts faisant un score estim&#233; mauvais de 9,1 %.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> La grande mis&#232;re de la gauche isra&#233;lienne
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/La-grande-misere-de-la-gauche-israelienne</link>
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		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Isra&#235;l
</dc:subject>
		<dc:subject>Palestine
</dc:subject>

		<description>Si la gauche isra&#233;lienne voulait signifier que plus rien ne la distinguait du chef du gouvernement d'union nationale, responsable des massacres de Sabra et Chatila, auteur de la provocation de l'Esplanade des Mosqu&#233;es qui relan&#231;a l'Intifada &#224; l'automne 2000, quel meilleur chef pouvait-elle se donner que Ben Eliezer, ministre de la D&#233;fense d'Ariel Sharon, ancien g&#233;n&#233;ral comme celui-ci, accus&#233; comme lui de crime de guerre pour avoir, en 1967, fait ex&#233;cuter des dizaines de prisonniers arabes ? C'est&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si la gauche isra&#233;lienne voulait signifier que plus rien ne la distinguait du chef du gouvernement d'union nationale, responsable des massacres de Sabra et Chatila, auteur de la provocation de l'Esplanade des Mosqu&#233;es qui relan&#231;a l'Intifada &#224; l'automne 2000, quel meilleur chef pouvait-elle se donner que Ben Eliezer, ministre de la D&#233;fense d'Ariel Sharon, ancien g&#233;n&#233;ral comme celui-ci, accus&#233; comme lui de crime de guerre pour avoir, en 1967, fait ex&#233;cuter des dizaines de prisonniers arabes ? C'est pourtant lui qui vient d'&#234;tre &#233;lu &#224; la t&#234;te du Parti travailliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; l'aboutissement logique d'une trajectoire qui a vu les travaillistes pi&#233;tiner sans rel&#226;che les espoirs de paix qu'une fraction parfois majoritaire de l'&#233;lectorat pla&#231;ait, bien &#224; tort, en eux. Leur d&#233;cision du 5 d&#233;cembre dernier de se maintenir au sein du gouvernement d'union nationale &#233;tait ainsi comment&#233;e par l'un des dirigeants du parti, opposant de gauche pourtant gu&#232;re radical, Yossi Beilin : &#171; &lt;em&gt;Sharon est venu au pouvoir pour d&#233;truire toute chance de paix. L'ironie de l'histoire c'est qu'il y parvient avec l'aide des travaillistes&lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Barak, fourrier de l'extr&#234;me-droite&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La gauche travailliste, repr&#233;sentant environ le tiers du parti, incarn&#233;e par Beilin, Avraham Burg, le pr&#233;sident de la Knesset, ou Schlomo Ben Ami, critique aujourd'hui les &#171; &lt;em&gt;faucons&lt;/em&gt; &#187; du parti. C'est oublier un peu vite que le triomphe actuel des Sharon et consorts est le fruit de la politique men&#233;e par son pr&#233;d&#233;cesseur travailliste Barak, dont Ben Ami fut le ministre des affaires &#233;trang&#232;res et Beilin le ministre de la justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or sous le gouvernement Barak le rythme d'implantation des nouvelles colonies au-del&#224; des fronti&#232;res de 1967 ne s'est pas m&#234;me ralenti par rapport &#224; ce qu'il fut sous N&#233;tanyahou, son pr&#233;d&#233;cesseur de droite. R&#233;sultat : ces implantations ont gonfl&#233; de plus de 50 % par rapport &#224; 1993, date des accords d'Oslo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non content de donner ainsi de nouveaux gages &#224; l'extr&#234;me-droite, Barak a cautionn&#233; la provocation de Sharon sur l'Esplanade des Mosqu&#233;es, l'escortant de 2000 policiers et militaires avant de s'engager dans une vague de r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l&#224; n'est sans doute pas le pire. A l'&#233;lectorat juif pacifiste et aux Arabes isra&#233;liens qui l'avaient port&#233; au pouvoir, Barak tint en substance ce discours : nous avons explor&#233; jusqu'au bout les possibilit&#233;s de dialogue avec les Palestiniens ; &#224; Camp David et &#224; Taba, nous avons consenti tous les sacrifices compatibles avec le maintien de l'Etat d'Isra&#235;l et la survie de ses habitants ; mais Arafat nous a pr&#233;sent&#233; des demandes toujours plus exorbitantes tout en encourageant en sous-main le terrorisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette th&#233;orie selon laquelle Barak aurait fait en 2000 des concessions sans pr&#233;c&#233;dent est &#233;videmment fallacieuse. Alors qu'Arafat acceptait le principe d'un retour aux fronti&#232;res de 1967 (se contentant ainsi de 22 % du territoire de la Palestine d'avant 1948), Barak voulait non seulement en retrancher de vastes secteurs correspondant aux territoires des colonies mais en plus imposer des zones sous &#171; &lt;em&gt;contr&#244;le temporaire&lt;/em&gt; &#187;. A l'arriv&#233;e, le territoire autonome palestinien n'&#233;tait plus qu'une enfilade de bantoustans reli&#233;s entre eux par des couloirs biscornus voire des tunnels souterrains !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'emp&#234;che, les travaillistes (m&#234;me &#171; de gauche &#187;) n'en d&#233;mordent pas. Ainsi Ben Ami, ministre des affaires &#233;trang&#232;res de Barak, dans son r&#233;cent livre Quel avenir pour Isra&#235;l ? : &#171; &lt;em&gt;Les dirigeants palestiniens refusaient les propositions les plus os&#233;es jamais avanc&#233;es par un gouvernement isra&#233;lien dans l'histoire du conflit, parce qu'ils ne voulaient pas, et ne veulent toujours pas, d'un compromis qui reconnaisse le droit &#224; l'existence morale d'un Etat juif dans cette partie du monde&lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultat : aux &#233;lections du printemps 2001, marqu&#233;es par un taux &#233;lev&#233; d'abstention (40 %), l'&#233;lectorat centriste qui avait cru un temps au &#171; &lt;em&gt;processus de paix&lt;/em&gt; &#187; glissa vers la droite, les juifs pacifistes se d&#233;tourn&#232;rent des urnes imit&#233;s, &#224; un degr&#233; encore plus fort, par les Arabes isra&#233;liens (80 % d'abstention, un v&#233;ritable boycott).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Meretz, &#171; la petite s&#339;ur gauchiste &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Quant au petit parti la&#239;c radical et pacifiste situ&#233; sur la gauche des travaillistes, le Meretz, il appara&#238;t comme leur &#171; petite s&#339;ur gauchiste &#187; selon l'expression d'un journaliste du quotidien Haaretz. Quand les dirigeants du Meretz, dont son leader Yossi Sarid, quitt&#232;rent le cabinet Barak, auquel ils avaient appartenu des mois durant, ce ne fut pas pour d&#233;noncer la d&#233;rive droiti&#232;re de Barak, mais pour ne pas irriter les ministres ultra-religieux du Shas. Non contents de s'&#234;tre l&#226;chement d&#233;fil&#233;s devant la pression des int&#233;gristes, ils ont renouvel&#233; leur soutien &#224; Barak, m&#234;me quand l'arm&#233;e bombarda Gaza et Ramallah apr&#232;s les provocations de Sharon sur l'Esplanade des Mosqu&#233;es et abattit 13 Arabes isra&#233;liens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un an, le Meretz, dont les dix d&#233;put&#233;s au parlement pouvaient ouvrir la voie du pouvoir &#224; Per&#232;s qui affichait alors des positions de gauche, se trouva soudain en position d'arbitre de la vie politique. Il fallait &#233;videmment avoir la m&#233;moire courte pour pr&#234;ter foi aux roucoulements d'un Per&#232;s. Mais ce n'est pas ce qui motiva la position du Meretz : apr&#232;s moult tractations, Yossi Sarid r&#233;affirma son soutien &#224; Barak afin de ne pas &#171; faire exploser le camp de la paix &#187; ! Le Meretz a pr&#233;f&#233;r&#233; accompagner (en pleurnichant) le parti travailliste dans son discr&#233;dit et son aventure r&#233;actionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le sabordage du mouvement de la paix &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, le mouvement de la paix, loin de rassembler 100 &#224; 200 000 manifestants comme &#224; ses grandes heures, en mobilise au mieux quelques milliers, au pire quelques centaines. Pas &#233;tonnant que bien des manifestants, &#233;c&#339;ur&#233;s d'avoir servi de marchepied &#233;lectoral &#224; Barak, aient renonc&#233; &#224; d&#233;filer : m&#234;me des porte-parole de Shalom Akhchav (&#171; La Paix Maintenant &#187;, principale composante du mouvement pacifiste), comme Janet Aviat, imputent la responsabilit&#233; de la reprise des hostilit&#233;s &#224; Yasser Arafat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seuls des groupes minoritaires continuent aujourd'hui &#224; protester contre la r&#233;pression orchestr&#233;e par Sharon. On peut reconna&#238;tre &#224; ces militants le m&#233;rite de r&#233;sister &#224; la pression chauvine et de mener sur le terrain, non sans courage, des actions de blocage et de r&#233;sistance &#224; l'arm&#233;e. Il n'est pas rare que Tsahal doive renoncer &#224; la destruction d'un village palestinien devant l'opini&#226;tret&#233; de ces activistes, juifs et arabes confondus, comme en septembre dernier pr&#232;s de Yatta. Des r&#233;servistes isra&#233;liens continuent par ailleurs de payer par la prison leur refus de servir dans les territoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais sur un plan politique, cette mouvance n'offre gu&#232;re de perspectives autres qu'un soutien critique aux sociaux-d&#233;mocrates. Oury Avnery, leader du Goush Shalom (le &#171; &lt;em&gt;bloc de la paix&lt;/em&gt; &#187;, ainsi nomm&#233; par opposition au Goush Emounim, le &#171; bloc de la foi &#187;, ramassis de religieux fascisants), en symbolise bien les limites. &#171; &lt;em&gt;Il y a vingt mois, lorsque Barak a &#233;t&#233; &#233;lu, j'ai couru vers la place Rabin pour y faire la f&#234;te&lt;/em&gt; &#187;, reconna&#238;t-il, avant de dresser le bilan lucide de toutes les trahisons des travaillistes : &#171; &lt;em&gt;(&#8230;) en vingt mois, Barak a d&#233;truit tout ce qu'il pouvait d&#233;truire (&#8230;). Comment a-t-il pu faire cela ? Il n'a pas rendu aux Palestiniens un seul m&#232;tre carr&#233; de territoire. Il a pi&#233;tin&#233; avec arrogance les accords d'Oslo. Il a agrandi les implantations [de colonies juives] &#224; un rythme d&#233;ment. Il n'a cess&#233; de tracer des routes de contournement &#224; des fins d'annexion. Il a essay&#233; de dicter aux Palestiniens un trait&#233; de capitulation. (&#8230;) Pendant un an et demi, Barak a conduit le train de l'Etat sur les rails trac&#233;s par Sharon&lt;/em&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette am&#232;re exp&#233;rience n'a pourtant pas suffi &#224; retirer &#224; Avnery ses illusions dans la social-d&#233;mocratie : &#171; Ehoud Barak, je te supplie : jure-nous qu'en aucun cas tu n'entreras dans le gouvernement Sharon et pr&#233;sente-nous un plan de paix cr&#233;dible &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, les diff&#233;rentes composantes de l'opposition de gauche s'en remettent ind&#233;finiment aux travaillistes&#8230; Elles manquent ainsi toutes les occasions de s'appuyer sur les sentiments de ras-le-bol et de lassitude qui ont r&#233;guli&#232;rement &#233;merg&#233; dans la population isra&#233;lienne elle-m&#234;me, et qui ne manqueront pas d'appara&#238;tre &#224; nouveau : alors que les r&#233;servistes doivent &#224; nouveau effectuer des p&#233;riodes de service actif pour d&#233;fendre quelques familles de colons, ce qui impose aux salari&#233;s des sacrifices financiers importants et entrave le cursus des &#233;tudiants, alors que la majeure partie des travailleurs isra&#233;liens souffre d'une r&#233;cession profonde, alors que le taux de ch&#244;mage officiel vient de d&#233;passer la barre des 10%, il y aurait bel et bien mati&#232;re en Isra&#235;l &#224; une politique internationaliste partant du principe qu'&#171; un peuple qui en opprime un autre ne saurait &#234;tre libre &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Julien FORGEAT&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> L'&#233;cole de la pr&#233;carit&#233;
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Enseignement
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		<description>Depuis le d&#233;part d'All&#232;gre&#8230; tout baigne ! Jack Lang aime les enseignants (ils sont foooormidables !), les syndicats le lui rendent bien. Le milieu lui-m&#234;me semble peu mobilis&#233;, ce qui facilite la t&#226;che des uns et des autres. &lt;br /&gt;C'est pourtant la d&#233;gradation lente qui continue dans bien des domaines. La persistance et m&#234;me le renforcement de la pr&#233;carit&#233; en sont une illustration. &lt;br /&gt;A l'&#233;chelle de l'ensemble des trois fonctions publiques, il y aurait (officiellement) 3,4 millions de fonctionnaires, 960 000&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis le d&#233;part d'All&#232;gre&#8230; tout baigne ! Jack Lang aime les enseignants (ils sont foooormidables !), les syndicats le lui rendent bien. Le milieu lui-m&#234;me semble peu mobilis&#233;, ce qui facilite la t&#226;che des uns et des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourtant la d&#233;gradation lente qui continue dans bien des domaines. La persistance et m&#234;me le renforcement de la pr&#233;carit&#233; en sont une illustration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;chelle de l'ensemble des trois fonctions publiques, il y aurait (officiellement) 3,4 millions de fonctionnaires, 960 000 non-titulaires et plus de 300 000 &#171; contrats aid&#233;s &#187; (CES, Emplois-Jeunes, contrats de ville&#8230;). Dans l'Education Nationale, la pr&#233;carit&#233; est loin d'&#234;tre une nouveaut&#233; : en 1982 d&#233;j&#224;, le gouvernement Mauroy d&#233;cidait la titularisation de plusieurs dizaines de milliers de MA (les ma&#238;tres-auxiliaires) en cr&#233;ant un nouveau statut de la fonction publique moins bien pay&#233; (les adjoints d'enseignement). Le probl&#232;me a rebondi en 1996 lorsqu'une nouvelle g&#233;n&#233;ration de MA s'est organis&#233;e en-dehors des syndicats tout en menant un certain nombre d'actions spectaculaires.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un r&#232;glement en forme de trompe-l'&#339;il&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En 1997, la FSU (qui est de loin la premi&#232;re f&#233;d&#233;ration syndicale dans ce secteur) acceptait le protocole Perben. Celui-ci pr&#233;voyait la mise en place d'un &#171; concours r&#233;serv&#233; &#187;&#8230; aux MA les plus anciens (il y avait d&#233;j&#224; un &#171; concours sp&#233;cifique &#187; depuis 1993&#8230;). Sur les 27 000 candidats potentiels en 1997, 18 000 ont &#233;t&#233; titularis&#233;s de 1997 &#224; 2000 inclus. Mais ces chiffres sont trompeurs puisque chaque ann&#233;e de nouveaux candidats remplissent les conditions d'anciennet&#233; n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e 1997 a surtout marqu&#233; un tournant en introduisant de nouveaux statuts beaucoup plus pr&#233;caires. Les MA b&#233;n&#233;ficiaient d'une garantie (tr&#232;s relative) de r&#233;emploi et d'une sorte de &#171; carri&#232;re &#187; (avec des &#171; &#233;chelons &#187; comme pour les titulaires, les salaires d&#233;marrant &#224; 7500 F net). Cette relative stabilit&#233; servait de point d'appui &#224; la revendication d'une titularisation dans la mesure o&#249; l'Education Nationale leur reconnaissait de fait une comp&#233;tence. C'est la raison pour laquelle l'Education Nationale n'en veut plus. Les &#171; contractuels &#187; eux ne peuvent (officiellement) pr&#233;tendre &#224; rien en terme de r&#233;emploi, l'objectif &#233;tant de privil&#233;gier les nouvelles candidatures et d'avoir le moins possible d'anciens. Mais le pire a &#233;t&#233; la cr&#233;ation des &#171; vacataires &#187; : 200 heures de cours et pas une heure de plus. Pas de cong&#233;s pay&#233;s ni de ch&#244;mage, et un recrutement en dehors de toute r&#233;glementation : il n'est pas rare en effet de voir un chef d'&#233;tablissement laisser des petites annonces dans une universit&#233; et proc&#233;der &#224; une embauche apr&#232;s quelques minutes d'entretien. La situation est r&#233;gularis&#233;e apr&#232;s coup au niveau du rectorat&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2000, le protocole Sapin innovait en acceptant pour la premi&#232;re fois le principe d'un examen professionnel au lieu d'un concours, mais avec des conditions tr&#232;s restrictives&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-1' class='spip_note' rel='appendix' title='L'anciennet&#233; est reconnue selon un calcul assez compliqu&#233; qui prend en compte (...)' id='nh3-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. La session de 2001 a quand m&#234;me recal&#233; 40 % des candidats alors que cette &#171; avanc&#233;e &#187; devait permettre &#8211; selon les syndicats signataires &#8211; d'ouvrir r&#233;ellement en grand les portes de la fonction publique. Mais c'&#233;tait pr&#233;visible dans la mesure o&#249; le texte ne prenait aucun engagement sur le volume des titularisations.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une d&#233;gradation pr&#233;visible&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La rentr&#233;e 2001 semble-t-il n'a pas fait de vagues. En r&#233;alit&#233; on a combl&#233; les trous avec les titulaires-rempla&#231;ants (normalement pr&#233;vus pour d'autres t&#226;ches), davantage de contractuels et de vacataires. Combien ? M&#234;me le minist&#232;re est bien en peine de r&#233;pondre &#224; cette question, non seulement parce qu'il ne tient pas &#224; en faire la publicit&#233;, mais aussi parce que les conditions d'embauche sont tellement &#233;lastiques qu'il devient difficile (c'est vrai &#233;galement pour les syndicats) de centraliser des chiffres cr&#233;dibles&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Officiellement il y a eu pour l'ann&#233;e 2000-2001 13 940 MA garantis d'emploi (...)' id='nh3-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que l'on peut dire avec certitude, c'est que la situation ne peut qu'empirer. Il y a un an, Jack Lang annon&#231;ait un plan exceptionnel de recrutement pour compenser les d&#233;parts en retraite et aller bien au-del&#224;, disait-il, afin de r&#233;nover le syst&#232;me &#233;ducatif. En r&#233;alit&#233; dans le secondaire, il devrait y avoir en tout et pour tout une cr&#233;ation nette de 2900 emplois &#233;tal&#233;e sur trois ans (pour m&#233;moire, la limitation des effectifs &#224; 24 &#233;l&#232;ves par classe en coll&#232;ge n&#233;cessiterait la cr&#233;ation de 27 000 emplois suppl&#233;mentaires). Mais dans l'imm&#233;diat &#231;a coince vraiment : le d&#233;ficit entre le total des besoins en recrutement et le nombre de nouveaux recrut&#233;s (apr&#232;s l'ann&#233;e de stage) est de 3500 en 2001, 2800 en 2002 et 1200 en 2003 (au mieux si le nombre de postes au concours augmente comme pr&#233;vu). Soit le recrutement programm&#233;&#8230; de 7500 pr&#233;caires suppl&#233;mentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces chiffres ne donnent &#233;videmment qu'un petit aper&#231;u sur la situation dans l'Education Nationale. Avec l'enseignement professionnel, l'enseignement sup&#233;rieur est le secteur qui embauche le plus de pr&#233;caires. Dans le primaire, le nombre augmente tr&#232;s rapidement, notamment avec l'introduction de nouvelles t&#226;ches comme l'enseignement des langues &#233;trang&#232;res. Il y a aussi tous les autres m&#233;tiers (les personnels de service, les ouvriers et autres agents techniques, les personnels administratifs&#8230;). De nombreux postes sont occup&#233;s par des CES et des emplois-jeunes qui ne sont jamais inclus dans aucun protocole cens&#233; r&#233;soudre la pr&#233;carit&#233;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-3' class='spip_note' rel='appendix' title='La tendance n'est pas &#224; la r&#233;sorption mais &#224; la consolidation de la pr&#233;carit&#233; : (...)' id='nh3-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le pi&#232;ge du corporatisme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est en cause, ce ne sont pas seulement les choix du gouvernement, mais aussi ceux des organisations syndicales, et notamment de la FSU. On a &#224; l'&#233;vidence un syst&#232;me de vases communicants depuis des ann&#233;es. On titularise une partie des personnels pr&#233;caires sur concours (puisque ce dernier est cens&#233; &#171; garantir &#187; le statut de fonctionnaire) mais le ph&#233;nom&#232;ne, loin de se tarir, s'amplifie dans des conditions pires qu'avant. Les collectifs de pr&#233;caires ont toujours mis en avant une seule revendication : la titularisation de tous sans concours. Une r&#233;elle victoire sur ce terrain dissuaderait sans doute bien mieux l'Education Nationale de proc&#233;der &#224; de nouveaux recrutements de personnels pr&#233;caires. Mais pour cela, il faudrait avoir le courage de d&#233;passer un certain nombre de pr&#233;jug&#233;s corporatistes bien ancr&#233;s dans ce milieu comme dans toute la fonction publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Raoul GLABER&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb3-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-1' class='spip_note' title='Notes 3-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;L'anciennet&#233; est reconnue selon un calcul assez compliqu&#233; qui prend en compte l'emploi occup&#233; la derni&#232;re ann&#233;e, un service de 4 ans &#233;quivalent temps plein au cours des 8 derni&#232;res ann&#233;es, et des services publics effectifs compl&#233;mentaires d'une dur&#233;e de 4 ans accomplis avant ou durant cette p&#233;riode. Une vacation de 200 heures compte pour 6 mois.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-2' class='spip_note' title='Notes 3-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Officiellement il y a eu pour l'ann&#233;e 2000-2001 13 940 MA garantis d'emploi et 15 000 temps pleins de contractuels, mais un nombre ind&#233;termin&#233; de vacataires pour le seul second degr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-3' class='spip_note' title='Notes 3-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La tendance n'est pas &#224; la r&#233;sorption mais &#224; la consolidation de la pr&#233;carit&#233; : les CES les plus &#226;g&#233;s (avec un contrat de deux ans) se voient propos&#233;s un CEC (contrat emploi consolid&#233;, d'une dur&#233;e de cinq ans). Les aides-&#233;ducateurs verront leur contrat prolong&#233; faute de mieux. Une &#171; avanc&#233;e &#187; serait pourtant en cours de n&#233;gociation : la mise en place d'un &#171; concours de troisi&#232;me voie &#187; &#224; bac+2. Mais les 2/3 des emplois-jeunes n'ont pas bac+2 et ne souhaitent pas devenir enseignants&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Technocentre Renault-Guyancourt (Yvelines)  : Des salari&#233;s sous-traitants gagnent leur gr&#232;ve
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		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Des-salaries-sous-traitants-gagnent-leur-greve</link>
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		<dc:subject>Entreprises
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		<dc:subject>Renault
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		<dc:subject>Gr&#232;ve
</dc:subject>

		<description>A c&#244;t&#233; des 8000 salari&#233;s Renault, deux mille salari&#233;s travaillent en sous-traitance au Technocentre Renault de Guyancourt dans des dizaines de soci&#233;t&#233;s diff&#233;rentes. L'une d'elles, Geodis, s'occupait de la Logistique du Technocentre : r&#233;ception, stockage et livraison de tout ce qui rentre et de tout ce qui sort du site, des pi&#232;ces pour la fabrication des prototypes automobiles aux stylos bille. &lt;br /&gt;Suite &#224; des rumeurs selon lesquelles Geodis se retirait du Technocentre au profit d'autres sous-traitants,&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-19-janvier-fevrier-2002-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 19, janvier-f&#233;vrier 2002
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Entreprises-72-+" rel="tag"&gt;Entreprises
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Renault-+" rel="tag"&gt;Renault
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Sous-traitance-+" rel="tag"&gt;Sous traitance
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Greve-+" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A c&#244;t&#233; des 8000 salari&#233;s Renault, deux mille salari&#233;s travaillent en sous-traitance au Technocentre Renault de Guyancourt dans des dizaines de soci&#233;t&#233;s diff&#233;rentes. L'une d'elles, Geodis, s'occupait de la Logistique du Technocentre : r&#233;ception, stockage et livraison de tout ce qui rentre et de tout ce qui sort du site, des pi&#232;ces pour la fabrication des prototypes automobiles aux stylos bille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; des rumeurs selon lesquelles Geodis se retirait du Technocentre au profit d'autres sous-traitants, les 28 salari&#233;s et les 18 int&#233;rimaires de Geodis ont tous cess&#233; le travail, jeudi 6 d&#233;cembre, pour savoir ce qu'ils allaient devenir.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les patrons se renvoient la balle&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est alors seulement qu'ils ont d&#233;couvert ce qui se tramait : Renault avait proc&#233;d&#233; &#224; un appel d'offres et trouv&#233; deux autres prestataires, les soci&#233;t&#233;s Bovis et Mainco, pour reprendre l'activit&#233; Logistique en 2002. Ni Geodis, ni Renault, au courant depuis septembre 2001, n'en avaient averti les salari&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Geodis brandit alors l'article L122-12 du Code du Travail, selon lequel, dans le cas d'un transfert d'activit&#233; d'un prestataire &#224; un autre, les salari&#233;s du prestataire sortant sont r&#233;embauch&#233;s par le prestataire repreneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Renault, Bovis et Mainco, eux, accusaient Geodis de prendre ses salari&#233;s en otage... mais, r&#233;duction de co&#251;t oblige, refusaient d'appliquer le L122-12 qui les obligeait &#224; reprendre tous les salari&#233;s Geodis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les salari&#233;s &#233;taient ainsi renvoy&#233;s des uns aux autres. Et il ne restait plus que deux semaines avant la fermeture du Technocentre pour No&#235;l. Alors, les gr&#233;vistes ont d&#233;fini eux-m&#234;mes leurs revendications : que ceux qui le souhaitaient soient repris avec les m&#234;mes avantages (salaires, anciennet&#233;), que ce soit ou pas dans le cadre du L122-12, et que les autres soient reclass&#233;s ou licenci&#233;s selon leurs souhaits.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les travailleurs s'organisent&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Tous les salari&#233;s de Geodis ont particip&#233; activement &#224; cette gr&#232;ve, tenant tous les jours des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques militants de Renault ont aid&#233; les gr&#233;vistes &#224; s'organiser et &#224; &#233;lire leurs propres porte-parole. Ces porte-parole &#233;taient mandat&#233;s par les gr&#233;vistes pour exposer leurs revendications et &#233;couter les propositions des diff&#233;rentes directions. Ils venaient ensuite en rendre compte devant l'AG, qui d&#233;cidait alors des suites &#224; donner. Du coup, les patrons qui ne voulaient pas entendre parler des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales ont &#233;t&#233; oblig&#233;s d'y venir. La direction de Geodis dut ainsi subir, sans rien dire, la col&#232;re des gr&#233;vistes furieux d'avoir d&#251; faire gr&#232;ve pour apprendre qu'ils n'avaient plus de travail dans 15 jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les salari&#233;s ont vraiment pris en main eux-m&#234;mes leur mouvement, sous tous ses aspects. Au point que les salari&#233;s Renault, habitu&#233;s aux diffusions des tracts par les traditionnels syndicalistes, ont &#233;t&#233; surpris de d&#233;couvrir &#224; leur place des jeunes de 20 ans portant casquettes, vestes de cuir &#224; la mode ou talons compens&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Renault, Geodis, Bovis et Mainco ont plusieurs fois essay&#233;, sans succ&#232;s, de faire reprendre le travail et de diviser les gr&#233;vistes, jouant sur leurs situations diff&#233;rentes : salari&#233;s embauch&#233;s chez Geodis et int&#233;rimaires, ceux qui voulaient &#224; tout prix garder un travail, ceux qui acceptaient d'&#234;tre repris par Bovis et Mainco &#224; condition de conserver anciennet&#233;, statut et salaire, ceux qui ne voulaient pas rester, ceux qui avaient trouv&#233; un autre travail le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; janvier&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les gr&#233;vistes sont rest&#233;s solidaires. Ils ont ainsi exig&#233; que Bovis et Mainco reprennent les 28 salari&#233;s Geodis et embauchent en CDI autant d'int&#233;rimaires que de salari&#233;s Geodis qui ne voulaient pas &#234;tre repris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve a continu&#233; jusqu'au lundi 17 d&#233;cembre. R&#233;sultat : paiement de l'int&#233;gralit&#233; des 7 jours et demi de gr&#232;ve. Pour les 28 salari&#233;s Geodis : 5 qui ne voulaient pas &#234;tre repris sont licenci&#233;s &#233;conomiques, 4 sont reclass&#233;s dans Geodis et 19 sont embauch&#233;s par Bovis et Mainco avec la reprise de leur anciennet&#233;, de leur salaire (garanti par une prime de rattrapage) et le maintien au Technocentre au minimum pendant un an sans p&#233;riode d'essai. Pour les 18 int&#233;rimaires : 4 ont un CDI au 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; janvier, 3 un engagement d'embauche au 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; f&#233;vrier et les autres sont repris en int&#233;rim, plusieurs ayant refus&#233; l'embauche par Bovis ou Mainco.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme quoi des conditions plus difficiles ne condamnent pas forc&#233;ment les luttes des sous-traitants &#224; l'&#233;chec. Loin de l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Henri LEROUX&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Halte &#224; la sous-traitance... et &#224; la surexploitation
</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Entreprises
</dc:subject>
		<dc:subject>Sous traitance
</dc:subject>
		<dc:subject>Renault
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		<description>La gr&#232;ve des salari&#233;s de Geodis a &#233;t&#233; l'occasion pour la CFDT de Renault-Guyancourt d'avancer certaines r&#233;flexions et propositions sur la sous-traitance, des positions que l'on retrouve en fait chez d'autres syndicats. &lt;br /&gt;&#171; La logique de sp&#233;cialisation s'est impos&#233;e comme facteur d'efficacit&#233;. A chacun son m&#233;tier &#187;, lit-on dans un tract CFDT juste apr&#232;s la gr&#232;ve et intitul&#233; &#171; Un conflit exemplaire &#187;. Acceptant la sous-traitance comme un fait in&#233;luctable et m&#234;me normal, le tract d&#233;plore ensuite que cette &#171; mutation&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La gr&#232;ve des salari&#233;s de Geodis a &#233;t&#233; l'occasion pour la CFDT de Renault-Guyancourt d'avancer certaines r&#233;flexions et propositions sur la sous-traitance, des positions que l'on retrouve en fait chez d'autres syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La logique de sp&#233;cialisation s'est impos&#233;e comme facteur d'efficacit&#233;. A chacun son m&#233;tier &#187;, lit-on dans un tract CFDT juste apr&#232;s la gr&#232;ve et intitul&#233; &#171; Un conflit exemplaire &#187;. Acceptant la sous-traitance comme un fait in&#233;luctable et m&#234;me normal, le tract d&#233;plore ensuite que cette &#171; mutation du monde productif &#187; ait des &#171; cons&#233;quences sociales &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la CFDT, l'objectif vis&#233; par Renault par la sous-traitance serait donc l'efficacit&#233; par le recentrage sur le m&#233;tier. Les cons&#233;quences sociales n'en seraient que les d&#233;g&#226;ts collat&#233;raux. Comme si les patrons avaient un quelconque f&#233;tichisme du &#171; m&#233;tier &#187; ! Leur m&#233;tier consistant d'abord &#224; d&#233;gager le maximum de profits, la sous-traitance n'est qu'un moyen pour le patronat de r&#233;duire la masse salariale. C'est l'inverse du raisonnement de la CFDT.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Trop de sous-traitants ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La sous-traitance n'est pas nouvelle mais elle prend des proportions de plus en plus grandes. Au Technocentre Renault de Guyancourt, par exemple, la restauration, le nettoyage, la maintenance, l'accueil ou la s&#233;curit&#233; sont sous-trait&#233;s depuis un moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir externaliser ces secteurs, Renault a mis en concurrence les soci&#233;t&#233;s sous-traitantes. Au moment des appels d'offres, chaque sous-traitant, s'il veut d&#233;crocher le contrat, devra se vendre moins cher que ses concurrents, donc diminuer les effectifs, abaisser les salaires...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les salari&#233;s prestataires sont sous le couperet permanent de ces appels d'offres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a maintenant de plus en plus de prestataires dans les m&#233;tiers m&#234;mes de l'automobile. L'emploi de prestataires, travaillant dans le cadre de contrats de quelques mois renouvelables aux c&#244;t&#233;s des salari&#233;s Renault, permet &#224; la direction de g&#233;rer un personnel qualifi&#233; &#171; &#224; flux tendu &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction de Renault fait croire aux salari&#233;s Renault que la sous-traitance les prot&#232;ge : on vire les sous-traitants pas les Renault... Mais, si la direction essaye de diviser ainsi les salari&#233;s, cela ne l'emp&#234;che pas de licencier ses propres salari&#233;s quand-m&#234;me. La sous-traitance est une pi&#232;tre protection pour les salari&#233;s Renault. Pire, c'est une &#233;p&#233;e de Damocl&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faisant fonctionner chaque direction (informatique, analyse des mat&#233;riaux, ateliers de r&#233;alisation des prototypes&#8230;) comme des entit&#233;s autonomes ayant ses clients et ses fournisseurs au sein m&#234;me de l'entreprise, la direction du Technocentre peut ensuite tr&#232;s facilement les filialiser, voire les externaliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre technique : augmenter petit &#224; petit dans certains services le nombre de prestataires jusqu'&#224;... ce qu'il n'y ait plus que des prestataires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;sister &#224; cette d&#233;gradation des conditions de travail, l'application automatique de l'article L122-12 du Code du Travail serait d&#233;j&#224; une protection pour les salari&#233;s qui, dans le cas d'un simple transfert d'activit&#233; d'une soci&#233;t&#233; sous-traitante &#224; une autre, seraient r&#233;embauch&#233;s automatiquement par le prestataire repreneur. Une meilleure protection encore serait de mettre un coup d'arr&#234;t &#224; la sous-traitance en commen&#231;ant par exiger l'embauche de tous les sous-traitants qui le souhaitent au sein de l'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, la seule protection r&#233;elle pour tous les salari&#233;s &#233;tant leur solidarit&#233; et leur capacit&#233; &#224; r&#233;sister collectivement aux mauvais coups, les travailleurs n'ont pas &#224; se laisser d&#233;couper en &#171; m&#233;tiers &#187; et l'essentiel est donc d'organiser ensemble tous les salari&#233;s, de l'entreprise comme de la sous-traitance. Probablement une des t&#226;ches des militants ouvriers dans la p&#233;riode qui vient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.L.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Correspondance : Quand Fabius envoie les CRS contre les salari&#233;s de la Monnaie en gr&#232;ve
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Quand-Fabius-envoie-les-CRS-contre-les-salaries-de-la-Monnaie-en-greve</link>
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		<dc:date>2002-01-31T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Courrier des lecteurs
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		<dc:subject>Gr&#232;ve
</dc:subject>
		<dc:subject>Entreprises
</dc:subject>

		<description>Rappelons que Convergences r&#233;volutionnaires ouvre ses colonnes &#224; ses lecteurs comme aux militants syndicalistes ou politiques d'extr&#234;me gauche. Ces contributions, publi&#233;es dans des limites de la place dont nous disposons, peuvent &#234;tre soit des opinions personnelles, soit des critiques de la revue, soit des t&#233;moignages sur les luttes des salari&#233;s ou de la population. Ainsi celui qui suit. &lt;br /&gt;Les Monnaies et M&#233;dailles sont deux &#233;tablissements. A Paris sont fabriqu&#233;s m&#233;dailles et outillages, l'usine de&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Rappelons que Convergences r&#233;volutionnaires ouvre ses colonnes &#224; ses lecteurs comme aux militants syndicalistes ou politiques d'extr&#234;me gauche. Ces contributions, publi&#233;es dans des limites de la place dont nous disposons, peuvent &#234;tre soit des opinions personnelles, soit des critiques de la revue, soit des t&#233;moignages sur les luttes des salari&#233;s ou de la population. Ainsi celui qui suit.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Monnaies et M&#233;dailles sont deux &#233;tablissements. A Paris sont fabriqu&#233;s m&#233;dailles et outillages, l'usine de Pessac (banlieue de Bordeaux) comptant 390 salari&#233;s, est le seul lieu de frappe fran&#231;ais des pi&#232;ces d'euro. Le 15 novembre dernier, comme dans d'autres secteurs de la fonction publique, nous avons fait gr&#232;ve sur l'application des 35 heures sur les deux &#233;tablissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le public, comme avant dans le secteur priv&#233;, le gouvernement profite du passage aux 35 heures pour &#171; remettre &#224; plat &#187; certains acquis, et pour introduire la flexibilit&#233; en d&#233;cr&#233;tant le cadre des 1600 heures annuelles sans embauche. La direction s'est donc appuy&#233;e sur ce d&#233;cret, pr&#233;voyant par exemple de transformer nos 30 jours de cong&#233;s en 25 jours et 5 jours d'ARTT, qui pourraient &#234;tre &#224; sa disposition dans l'avenir&#8230; flexibilit&#233; oblige !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur l'usine de Pessac, la gr&#232;ve a d&#233;marr&#233; &#224; l'appel de tous les syndicats, pour r&#233;clamer une base de 1526 heures, c'est-&#224;-dire une r&#233;elle r&#233;duction du temps de travail, sans remettre en cause les acquis d&#233;j&#224; existants. D'autant que ces derni&#232;res ann&#233;es, le boom de l'euro s'est traduit par une d&#233;gradation des conditions de travail et une productivit&#233; accrue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant une semaine et demi, le mouvement s'est fait en alternance avec les ouvriers et les fonctionnaires (petite ma&#238;trise), et nous nous sommes relay&#233;s pour bloquer l'usine. Une premi&#232;re dans l'entreprise, qui a donn&#233; confiance, puisqu'il y avait une bonne participation au piquet de gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Bravo la gauche !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais le lundi suivant, &#224; 2h du matin, les CRS envahissaient l'usine. Sur ordre de Fabius, plus d'une dizaine de cars de CRS sont intervenus, installant des barrages filtrants sur la zone industrielle, pour emp&#234;cher tout salari&#233; de la Monnaie, gr&#233;viste ou non, d'approcher de l'usine. A Paris, par une intervention polici&#232;re, le minist&#232;re a saisi &#233;galement les outillages de frappe mon&#233;taire, en d&#233;clarant qu'il pourrait faire frapper l'euro ailleurs qu'&#224; Pessac, s'il y avait besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La col&#232;re &#233;tait grande du c&#244;t&#233; des salari&#233;s : &#171; bravo la gauche ! &#187; et on se rappelait les belles phrases de Fabius sur les 35 heures, qui seraient appliqu&#233;es dans une &#171; d&#233;marche participative et de concertation &#187;&#8230; Au bout du compte, c'est la &#171; raison d'Etat &#187; et les CRS contre les gr&#233;vistes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mercredi, &#224; la r&#233;ouverture des portes, le directeur s'est fait huer par les salari&#233;s, alors qu'il venait d&#233;clarer que les CRS &#233;taient l&#224; pour notre &#171; s&#233;curit&#233; &#187;. Mais &#224; l'AG qui a suivi, le vote &#233;tait pour la reprise, beaucoup consid&#233;rant qu'on n'avait plus de moyen de pression, et que, malgr&#233; tout, nous avions au moins emp&#234;ch&#233; la direction de faire ce qu'elle voulait, en obtenant 2 jours de cong&#233; suppl&#233;mentaires de fractionnement, en conservant nos 30 jours de cong&#233;s, ainsi qu'une prime de compensation de 1181 F, m&#234;me si c'est du temps suppl&#233;mentaire que nous voulions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, on a tout de m&#234;me attendu le jeudi pour rentrer dans les ateliers, et encore, pas trop vite car les discussions sont all&#233;es bon train. Les ruptures avec cette gauche gouvernementale sont profondes, en particulier sur la mani&#232;re dont elle se sert de la loi sur les 35 heures et sur ses m&#233;thodes face aux gr&#233;vistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laurent DELAGE, militant LCR&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



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