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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskyste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title>Editorial : Les perspectives ouvertes par l'accord LO-LCR pour les europ&#233;ennes
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Lutte ouvri&#232;re
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		<dc:subject>LCR
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		<dc:subject>Extr&#234;me gauche
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		<description>L'accord LO-LCR pour pr&#233;senter une liste commune aux prochaines &#233;lections europ&#233;ennes vient d'&#234;tre ratifi&#233;, en ce milieu de janvier, par les conf&#233;rences nationales des deux organisations. &lt;br /&gt;Saluer cet accord va de soi pour une publication qui se veut communiste r&#233;volutionnaire. Mais il convient de souligner son importance dans une situation qui peut permettre aux organisations r&#233;volutionnaires de consolider, voire d'acqu&#233;rir une cr&#233;dibilit&#233; politique nouvelle. &lt;br /&gt;Pour que les organisations d'extr&#234;me gauche&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-1-janvier-fevrier-1999-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 1, janvier-f&#233;vrier 1999
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'accord LO-LCR pour pr&#233;senter une liste commune aux prochaines &#233;lections europ&#233;ennes vient d'&#234;tre ratifi&#233;, en ce milieu de janvier, par les conf&#233;rences nationales des deux organisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saluer cet accord va de soi pour une publication qui se veut communiste r&#233;volutionnaire. Mais il convient de souligner son importance dans une situation qui peut permettre aux organisations r&#233;volutionnaires de consolider, voire d'acqu&#233;rir une cr&#233;dibilit&#233; politique nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que les organisations d'extr&#234;me gauche collaborent, premi&#232;re &#233;tape n&#233;cessaire avant d'aller ensemble vers le parti dont les travailleurs, les exploit&#233;s et les opprim&#233;s ont besoin, deux choses au moins sont indispensables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord la conviction qu'un foss&#233; infranchissable nous s&#233;pare de la gauche institutionnelle. Avec cette gauche l'unit&#233; d'action ponctuelle est possible dans les mobilisations, mais en aucun cas une alliance politique, a fortiori quand elle est au gouvernement, c'est-&#224;-dire aux affaires de la classe ennemie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite la volont&#233; d'explorer syst&#233;matiquement les possibilit&#233;s d'alliance ou de collaboration avec les autres composantes du mouvement r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis des ann&#233;es la premi&#232;re manquait &#224; la LCR, noy&#233;e dans la recherche vaine d'alli&#233;s se situant dans la gauche institutionnelle. Et la seconde &#224; LO, mur&#233;e dans ses retranchements, confort&#233;e dans son repli sur elle-m&#234;me par les succ&#232;s &#233;lectoraux qu'elle a &#233;t&#233; capable de remporter toute seule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si pour l'instant ce n'est que pour les &#233;lections europ&#233;ennes de juin prochain, le changement d'attitude et d'orientation de LO et de la LCR ne peuvent que nous r&#233;jouir, nous qui pr&#233;conisons depuis plusieurs ann&#233;es l'unit&#233; de l'ensemble de l'extr&#234;me gauche autour d'une orientation r&#233;volutionnaire, sur le terrain &#233;lectoral comme sur celui des mobilisations. La liste LO-LCR d&#233;montre que les obstacles &#224; la collaboration entre LO et la LCR, que ces derni&#232;res ann&#233;es l'on nous opposait, d'un c&#244;t&#233; comme de l'autre, peuvent &#234;tre surmont&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une liste LO-LCR permettra aux travailleurs de signifier leur d&#233;fiance ou leur opposition &#224; la politique gouvernementale.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La social-d&#233;mocratie m&#232;ne au gouvernement une politique d'aust&#233;rit&#233; qui sert les grands groupes capitalistes. Le PC, s'il essaie de manifester sa diff&#233;rence, est solidaire de ce gouvernement, tout comme les Verts qui ne pourront longtemps voiler leur politique r&#233;elle sous les fanfaronnades de leur t&#234;te de liste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux europ&#233;ennes les r&#233;volutionnaires sont en position d'avoir un bon r&#233;sultat &#233;lectoral. Ils doivent relever le d&#233;fi. Faire jeu &#233;gal avec le PCF ou les Verts, ce que les premiers sondages permettent d'envisager, voire les d&#233;passer, envoyer 4 ou 5 d&#233;put&#233;s r&#233;volutionnaires au Parlement europ&#233;en seraient des succ&#232;s politiques d'envergure. Sans doute m&#234;me, &#224; l'occasion d'&#233;lections europ&#233;ennes, leur retentissement et leurs cons&#233;quences d&#233;passeraient la France. Cela renforcerait sinon le rapport des forces en faveur du camp des travailleurs, du moins le moral de ceux d'entre eux qui savent qu'il faudra bien en d&#233;coudre avec le capitalisme et le gouvernement. Ce serait un encouragement &#224; ceux qui luttent ou se pr&#233;parent &#224; entrer en lutte.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La pr&#233;sentation d'une liste LO-LCR prendra tout son sens en permettant de contribuer &#224; l'action directe des travailleurs et des opprim&#233;s.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'activit&#233; militante consciente quotidienne dans les ateliers, les chantiers, les bureaux, les quartiers, les cit&#233;s et parfois dans la rue, mobilise celles et ceux qui sont convaincus qu'il n'y a rien &#224; attendre de ce gouvernement de la gauche plurielle qui m&#232;ne une politique qui n'a rien &#224; envier &#224; celle de Jupp&#233;. Car sous l'apparent calme social la col&#232;re demeure. Elle &#233;clate m&#234;me d&#233;j&#224; ici ou l&#224; : mouvements de lutte dans les transports (cheminots, transports urbains...), contre les licenciements et les restructurations (ACH, Levis...), contre la d&#233;gradation des services publics, et aussi mobilisations lyc&#233;ennes, poursuite de la lutte des sans papiers, reprise de celle des ch&#244;meurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les luttes en cours t&#233;moignent de la volont&#233; de r&#233;sister, de s'opposer aux cons&#233;quences de la politique men&#233;e par le gouvernement Jospin et le patronat. La responsabilit&#233; des r&#233;volutionnaires est aujourd'hui d'amplifier leur impact, de propager les axes d'une mobilisation des travailleurs, des jeunes, des ch&#244;meurs. Mais elle est aussi et surtout de proposer au mouvement ouvrier de pr&#233;parer la lutte d'ensemble pour imposer le plan de mesures d'urgence qui correspond aux int&#233;r&#234;ts du monde du travail. Ce qui peut aujourd'hui contribuer &#224; inverser le rapport des forces, c'est de mener une politique coh&#233;rente dans l'intervention quotidienne, dans les luttes et les mobilisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette politique, que la campagne &#233;lectorale commune de LO et de la LCR sera l'occasion de r&#233;affirmer, peut donner corps &#224; une force anti-capitaliste et r&#233;volutionnaire, et donner une cr&#233;dibilit&#233; &#224; la perspective d'un nouveau parti r&#233;volutionnaire des travailleurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Sept mois de mobilisation contre les licenciements chez Ralston
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Sept-mois-de-mobilisation-contre-les-licenciements-chez-Ralston</link>
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		<dc:subject>Entreprises
</dc:subject>
		<dc:subject>Licenciements
</dc:subject>

		<description>Les travailleurs de l'entreprise Ralston de Caudebec-l&#232;s-Elbeuf, &#224; 20 kilom&#232;tres de Rouen, viennent de mener une lutte d'avril &#224; octobre pour tenter de faire annuler un plan de licenciements particuli&#232;rement brutal puisqu'il concernait 334 personnes sur 539 salari&#233;s que comprend l'usine. Avec pour l'essentiel leurs seules forces, ils ne sont pas parvenus &#224; emp&#234;cher l'application de ce plan mais ils ont r&#233;ussi &#224; arracher quelques concessions importantes, en particulier en mati&#232;re d'indemnit&#233;s de&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les travailleurs de l'entreprise Ralston de Caudebec-l&#232;s-Elbeuf, &#224; 20 kilom&#232;tres de Rouen, viennent de mener une lutte d'avril &#224; octobre pour tenter de faire annuler un plan de licenciements particuli&#232;rement brutal puisqu'il concernait 334 personnes sur 539 salari&#233;s que comprend l'usine. Avec pour l'essentiel leurs seules forces, ils ne sont pas parvenus &#224; emp&#234;cher l'application de ce plan mais ils ont r&#233;ussi &#224; arracher quelques concessions importantes, en particulier en mati&#232;re d'indemnit&#233;s de licenciement. Pourtant le principal acquis de leur lutte r&#233;side dans la fa&#231;on dont ils ont relev&#233; ce d&#233;fi en adoptant un fonctionnement d&#233;mocratique permettant en permanence le contr&#244;le de leur lutte et lib&#233;rant le dynamisme et l'esprit d'initiative de chacun d'entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan syndical, la CGT est majoritaire dans l'&#233;tablissement : 73,39 % au premier coll&#232;ge et 20 % dans le second coll&#232;ge, lors des &#233;lections de D&#233;l&#233;gu&#233;s du Personnel de janvier 1998. Ce syndicat est anim&#233; par des militants d'extr&#234;me gauche autour de Voix des Travailleurs (l'un d'eux, secr&#233;taire du syndicat, a milit&#233; &#224; Lutte Ouvri&#232;re pendant plus de trente ans) et de la Ligue Communiste R&#233;volutionnaire depuis que 130 travailleurs &#171; rescap&#233;s &#187; de la fermeture de l'usine de Louviers se sont retrouv&#233;s &#224; Caudebec. Bien avant la baisse g&#233;n&#233;ralis&#233;e de sa capacit&#233; d'encadrement, l'appareil CGT r&#233;gional n'a jamais r&#233;ussi, &#224; son grand dam, &#224; trouver des relais solides dans le syndicat de Ralston. C'est une des raisons qui a expliqu&#233; son peu d'empressement &#224; soutenir des travailleurs en lutte ayant pleine confiance dans l'&#233;quipe dirigeant la CGT de Ralston. La CFDT, tr&#232;s repr&#233;sent&#233;e dans le second coll&#232;ge, est anim&#233;e par le demi permanent de la m&#233;tallurgie de Haute-Normandie mais tous les syndiqu&#233;s ne sont pas pour autant sur la ligne de Notat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan politique, la LCR et VDT ont fusionn&#233; leurs bulletins en novembre 1997. Un bulletin commun intitul&#233; &#171; &lt;em&gt;Lutte des Travailleurs&lt;/em&gt; &#187; sort depuis, tous les quinze jours, et est tr&#232;s appr&#233;ci&#233; des salari&#233;s. C'est en grande partie parce que les militants de la LCR et de VDT avaient commenc&#233; un travail politique commun dans l'entreprise, que la collaboration s'est d&#233;roul&#233;e dans un climat de confiance solide pendant toute la dur&#233;e du conflit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'annonce en mars 1998 de la suppression de 334 emplois (dont une centaine de mesures d'&#226;ge), les travailleurs qui n'ont pas derri&#232;re eux une tradition de grandes luttes montrent rapidement la volont&#233; de relever le d&#233;fi, sans se faire d'illusions sur leur capacit&#233; &#224; faire c&#233;der une multinationale. La CGT et la CFDT de l'usine appellent &#224; des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales pour proposer des actions. Il s'agit de se faire entendre le plus largement possible et de chercher &#224; &#233;largir la mobilisation. En fait les militant(e)s r&#233;volutionnaires de Ralston s'attachent, en tenant compte de l'&#233;tat d'esprit des travailleurs de l'entreprise &#224; avancer dans deux directions, sans pr&#233;cipiter les rythmes : unit&#233; et auto-organisation des salari&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le comit&#233; d'organisation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pendant les trois premi&#232;res semaines les militants r&#233;volutionnaires se sont efforc&#233;s de discuter avec les travailleurs les plus d&#233;termin&#233;s, pour leur proposer d'&#234;tre vraiment acteurs du mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s la mi-avril un &#171; comit&#233; d'organisation contre les licenciements &#187; a &#233;t&#233; mis en place, sans l'opposition franche du responsable de la CFDT. Il se r&#233;unit &#224; l'heure de la pause le lundi pour les &#233;quipes du matin et de l'apr&#232;s-midi, et des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales se tiennent le mercredi. Tous ceux qui le d&#233;sirent, syndiqu&#233;s ou non syndiqu&#233;s, y participent. Dans l'&#233;quipe de nuit, les 40 personnes fonctionnent de fait en AG. Trois &#224; quatre repr&#233;sentants participent aux r&#233;unions de l'&#233;quipe du matin (ils viennent d'avoir deux nuits de repos). Les contraintes de la vie quotidienne en &#233;quipe font que ce sont des d&#233;l&#233;gu&#233;(e)s qui font le lien, assistant aux trois r&#233;unions deux fois par semaine, ce qui est un gros effort. Le comit&#233;, qui a r&#233;uni entre 50 et 70 volontaires suivant les moments a &#233;t&#233; d&#232;s le d&#233;but reconnu par les AG sous la forme d'un vote &#224; mains lev&#233;es sur une liste de volontaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#224; noter que parmi les plus actifs, on a vu des ouvriers et des ouvri&#232;res non syndiqu&#233;s qui se sont r&#233;v&#233;l&#233;s dynamiques et plein d'initiatives. Parfois plus que tel ou tel d&#233;l&#233;gu&#233;, ayant du mal &#224; retrouver ses marques mais au bout de quelques temps se ressoudant &#224; l'ensemble des travailleurs du rang dans le cadre des AG.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le comit&#233; fait ses propositions et organise les distributions de tracts, les collages et toutes les actions. Ce fonctionnement d&#233;mocratique o&#249; tout le monde a sa place durera tout le temps du conflit. De m&#234;me lorsque les camarades feront venir les m&#233;dias, les conf&#233;rences de presse auront syst&#233;matiquement lieu devant l'usine, en pr&#233;sence des salari&#233;s r&#233;unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leurs efforts pour &#233;largir leur lutte en se liant &#224; d'autres entreprises ne donnent pas de r&#233;sultats convaincants. Un comit&#233; contre les licenciements &#224; vocation r&#233;gionale, est cependant cr&#233;&#233; : il regroupe essentiellement des syndicats &#171; critiques &#187; et r&#233;ussit une manifestation de 500 personnes &#224; Elbeuf, sans grande mobilisation de l'appareil CGT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il est clair au retour des cong&#233;s que la mobilisation marque le pas : un nombre non n&#233;gligeable de travailleurs de Ralston n'est pas venu &#224; la manifestation. L'op&#233;ration escargot ne faiblit pas malgr&#233; les pressions des chefaillons, les AG hebdomadaires sont toujours aussi massives et attentives, m&#234;me si quasiment personne en dehors des d&#233;l&#233;gu&#233;s ne se lance &#224; y prendre la parole. Beaucoup disent qu'il faut maintenant agir dans la bo&#238;te, sans &#234;tre encore pr&#234;ts &#224; faire gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le comit&#233; d'organisation, on est bien conscient qu'il faudrait passer &#224; la gr&#232;ve avec occupation mais &#224; condition que le mouvement soit majoritaire et unitaire. Une quinzaine de salari&#233;s se verraient bien bloquant les portes, m&#234;me &#224; quelques-uns, pour obtenir &#171; un gros ch&#232;que &#187;. Un groupe de travailleurs de Caudebec notamment commence &#224; perdre patience et envisage l'occupation du d&#233;p&#244;t de Martot, d&#233;p&#244;t europ&#233;en du groupe &#224; 4 kilom&#232;tres de l'usine, sans trop se soucier de l'avis de l'ensemble des travailleurs y compris ceux de Martot. Mais ils se laissent rapidement convaincre de ne pas s'enfermer dans un mouvement minoritaire avec une occupation qui serait tenue &#224; bout de bras par quelques-uns comme le r&#233;v&#232;le le nombre faible des volontaires qui s'inscrivent pour le faire. Une militante de la CGT du Comit&#233; d'organisation pose clairement le probl&#232;me &#224; la r&#233;union suivante du comit&#233; : mouvement &#171; dur &#187; minoritaire ou mouvement d'ensemble ? En fait, cela commence &#224; pr&#233;parer tout le monde &#224; passer au cran sup&#233;rieur. Dans le comit&#233; d'organisation, le souci d'agir le plus possible tous ensemble s'exprime nettement ainsi que la pr&#233;occupation d'avancer une compensation pour tous les licenci&#233;s de 500 000 francs.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La gr&#232;ve avec occupation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Devant l'annonce par la direction que l'indemnit&#233; conventionnelle de licenciement est int&#233;gr&#233;e dans les calculs du plan social, cela d&#233;clencha la col&#232;re de tout le monde. Le lendemain la gr&#232;ve fut vot&#233;e. Le blocage total de l'usine commen&#231;a le lundi suivant et l'occupation dura 11 jours. Tout naturellement le comit&#233; d'organisation devint de fait un comit&#233; de gr&#232;ve (m&#234;me si formellement il n'en portait pas le nom) se r&#233;unissant chaque matin, examinant minutieusement tous les probl&#232;mes, &#233;vitant les chausse-trappes, &#233;valuant l'&#233;volution du rapport des forces, rendant des comptes &#224; l'assembl&#233;e des gr&#233;vistes qui se tenait dans la foul&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La participation &#224; cette gr&#232;ve avec occupation 24 heures sur 24 fut massive et tr&#232;s active. Il y avait toujours plus de pr&#233;sents au piquet que de volontaires inscrits et simultan&#233;ment des actions &#233;taient organis&#233;es sur l'agglom&#233;ration par le comit&#233;. La gr&#232;ve a &#233;t&#233; marqu&#233;e par des chansons, des commentaires de la presse et de nombreuses discussions. Elle a entra&#238;n&#233; de nombreux gestes de solidarit&#233; et notamment un barrage filtrant organis&#233; par des routiers CFDT et une collecte effectu&#233;e par les Ralston.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs ont finalement obtenu 130 000 francs pour les licenci&#233;s et 30 000 francs pour ceux en mesures d'&#226;ge. Ils n'ont pas obtenu ce qu'ils exigeaient : &#171; Z&#233;ro licenciement &#187;. Mais il y a eu de la joie, de l'&#233;motion et de la fiert&#233; &#224; l'issue du conflit, ces acquis inappr&#233;ciables que procure une lutte collective men&#233;e consciemment, en toute d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pierre BERGERAC&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Quelques enseignements du mouvement lyc&#233;en
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Quelques-enseignements-du-mouvement-lyceen</link>
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Lyc&#233;ens
</dc:subject>

		<description>Les vacances de la Toussaint ont en apparence suffi &#224; &#233;teindre la flamb&#233;e de manifestations qui avaient secou&#233; les lyc&#233;es, octobre durant. Deux mois d&#233;j&#224;, cela semble assez loin pour que les inqui&#233;tudes des autorit&#233;s, universitaires ou gouvernementales, soient apais&#233;es, voire oubli&#233;es. Le ministre le premier qui, d&#232;s qu'il fut certain que les lyc&#233;ens avaient bien tous repris les cours, s'est permis de d&#233;cr&#233;ter une diminution de 12 % du recrutement du corps enseignant cette ann&#233;e. &lt;br /&gt;Que les gouvernants,&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-1-janvier-fevrier-1999-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 1, janvier-f&#233;vrier 1999
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&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les vacances de la Toussaint ont en apparence suffi &#224; &#233;teindre la flamb&#233;e de manifestations qui avaient secou&#233; les lyc&#233;es, octobre durant. Deux mois d&#233;j&#224;, cela semble assez loin pour que les inqui&#233;tudes des autorit&#233;s, universitaires ou gouvernementales, soient apais&#233;es, voire oubli&#233;es. Le ministre le premier qui, d&#232;s qu'il fut certain que les lyc&#233;ens avaient bien tous repris les cours, s'est permis de d&#233;cr&#233;ter une diminution de 12 % du recrutement du corps enseignant cette ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que les gouvernants, sourds et aveugles &#224; la col&#232;re des jeunes, se rendorment sur leurs deux oreilles ! Cette flamb&#233;e, aussi &#233;ph&#233;m&#232;re f&#251;t-elle, apporte une brass&#233;e d'enseignements sur la place que la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise, qui cantonne d&#233;j&#224; des millions de personnes dans le ch&#244;mage et la pr&#233;carit&#233;, a d&#233;sormais fait &#224; la jeunesse, y compris la jeunesse prol&#233;tarienne. L'extension des lyc&#233;es, loin de donner une culture plus &#233;tendue &#224; une part de plus en plus grande de la population sert &#224; parquer les futurs prol&#233;taires jusqu'&#224; 18 ou 20 ans. Du coup c'est aussi parmi les lyc&#233;ens que le mouvement ouvrier peut trouver les militants de demain mais aussi des centaines de milliers d'alli&#233;s aujourd'hui m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un mouvement massif&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement, d&#233;marr&#233; dans la premi&#232;re semaine d'octobre, assez spontan&#233;ment dans des lyc&#233;es d'Al&#232;s et de N&#238;mes, a fait tr&#232;s vite tache d'huile, surtout si l'on n'oublie pas qu'il n'a &#233;t&#233; ni voulu ni pr&#233;par&#233; par aucune organisation syndicale ou politique, et qu'il est rest&#233; peu ou mal organis&#233;. Bient&#244;t, de nouveaux foyers se sont allum&#233;s aux quatre coins du pays. La col&#232;re, - d'abord le fait des lyc&#233;es les plus d&#233;favoris&#233;s, des &#233;l&#232;ves issus des classes populaires, - r&#233;ussit &#224; entra&#238;ner &#224; leur suite nombre de lyc&#233;es plus favoris&#233;s. Des milliers, et parfois des dizaines de milliers de lyc&#233;ens se sont ainsi retrouv&#233;s dans la rue, scandant &#171; &lt;em&gt;lyc&#233;ens en col&#232;re, y en a marre de la gal&#232;re !&lt;/em&gt; &#187; ou chantant &#171; &lt;em&gt;solidarit&#233;&lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La semaine du 12 octobre, le mouvement &#233;tait devenu national. Des centaines de milliers de jeunes occupaient la rue, jour apr&#232;s jour et le mouvement atteignait son point culminant le jeudi 15 octobre : un demi-million de manifestants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement n'est pas parvenu &#224; rebondir apr&#232;s les vacances, malgr&#233; l'&#233;nergie de quelques minorit&#233;s agissantes, organisatrices, rest&#233;es d&#233;termin&#233;es &#224; d&#233;fier All&#232;gre. Les lyc&#233;ens sont donc rentr&#233;s dans leurs classes. Mais ils n'ont pas &#233;t&#233; dupes, pas aveugl&#233;s par la poudre aux yeux que leur a lanc&#233; All&#232;gre : 4 milliards &#171; d'autorisation &#187; de pr&#234;ts aux r&#233;gions pour financer des travaux et des &#233;quipements, 3000 mi-temps de surveillants (alors que 3300 &#224; plein temps ont &#233;t&#233; supprim&#233;s par le budget 99), des emplois-jeunes, des lecteurs &#233;trangers, des appel&#233;s du contingent, une poign&#233;e de profs vacataires, des pr&#233;caires et rien que des pr&#233;caires...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La mis&#232;re du service public&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les lyc&#233;ens s'&#233;taient mis &#224; faire le compte de tout ce qui manque, &#224; &#233;crire la liste des besoins et des urgences sur le tableau noir, en assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale. Tant de profs d'anglais et d'espagnol, tant de surveillants, d'infirmi&#232;res, deux ou trois salles en plus, tel &#233;quipement... Et si en plus, on se mettait &#224; demander le minimum d&#233;cent : &#234;tre 25 par classe, alors... Ne serait-ce qu'en g&#233;n&#233;ralisant les besoins de leur propre &#233;tablissement, de nombreux lyc&#233;ens pouvaient facilement tomber d'accord avec la revendication de la cr&#233;ation de 100 000 postes exprim&#233;e par la coordination parisienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les lyc&#233;ens, demander des embauches et de l'argent, ce n'&#233;tait pas faire de la politique ! De fait, c'&#233;tait pourtant remettre en cause la politique du gouvernement. Comme tous les autres depuis plus de 20 ans, le gouvernement Jospin impose l'aust&#233;rit&#233; &#224; tous les services publics et organise la p&#233;nurie des moyens et des personnels, dans les lyc&#233;es, dans les facs, comme dans les h&#244;pitaux ou dans les transports en commun. Avec pour cons&#233;quence, partout, les sous-effectifs, la surcharge de travail, la pr&#233;carisation de l'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La revendication, par les lyc&#233;ens, d'une cr&#233;ation massive d'emplois faisait &#233;cho, involontairement et inconsciemment sans doute, aux gr&#232;ves sporadiques des cheminots et des conducteurs de bus, les semaines pr&#233;c&#233;dentes, pour obtenir des embauches.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;A la porte du lyc&#233;e : le ch&#244;mage et la pr&#233;carit&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;l&#233;vation du niveau de formation, la &#171; d&#233;mocratisation du bac &#187;, ont &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;es comme une r&#233;ponse au ch&#244;mage. Le mensonge a fait long feu. Obtenir le bac, c'est de plus en plus une obligation pressante pour &#233;viter le pire. Mais collectivement, elle n'offre pas d'issue. Ce sentiment de d&#233;valorisation des dipl&#244;mes se diffuse de plus en plus largement. A quoi bon s'emb&#234;ter &#224; courir apr&#232;s le &#171; bac ch&#244;mage &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi cette d&#233;sillusion qui s'est exprim&#233; dans la violence des &#171; casseurs &#187;... Car certains, loin d'&#234;tre les professionnels de la destruction et du pillage &#233;taient bel et bien des lyc&#233;ens, qui tant&#244;t affirmaient que c'&#233;tait l&#224; &#171; le seul moyen de se faire entendre &#187;, tant&#244;t se moquaient des illusions de leurs &#171; gentils &#187; camarades... Et ne rechignaient pas, parfois, &#224; saccager leur propre &#233;tablissement. Un proviseur dont l'&#233;tablissement venait d'&#234;tre mis &#224; sac, parla ainsi... d'une &#171; jacquerie moderne &#187;, &#171; une lutte des classes sous une forme d&#233;sesp&#233;r&#233;e &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La gal&#232;re, au lyc&#233;e et en-dehors&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'Etat accompagne la mont&#233;e des effectifs lyc&#233;ens dans les ann&#233;es 80 et 90. Mais il ne l'a fait qu'au rabais en limitant l'embauche de nouveaux profs, en rationnant les moyens. Comme si les nouveaux lyc&#233;ens n'avaient pas tout &#224; fait droit au &#171; vrai lyc&#233;e &#187;. Comme si, futurs travailleurs ou futurs ch&#244;meurs, ils n'avaient droit qu'au lyc&#233;e &#171; light &#187;, avec des dipl&#244;mes et des enseignements &#171; light &#187;. Comme si les in&#233;galit&#233;s &#224; la sortie du lyc&#233;e devaient aussi d&#233;partager les &#171; lyc&#233;es poubelles &#187; et les &#171; lyc&#233;es d'&#233;lite &#187;. Bien des lyc&#233;ens l'ont rappel&#233; : &#171; on veut des moyens, on n'est pas des moins que rien ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il n'y a donc pas eu de &#171; d&#233;mocratisation &#187; de la soci&#233;t&#233; par l'ouverture &#171; &#224; tous &#187; de ses &#233;coles, une situation nouvelle a tout de m&#234;me &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e. La jeunesse lyc&#233;enne, en 1998, n'est plus essentiellement, comme autrefois, la jeunesse bourgeoise et petite-bourgeoise. C'est maintenant, tr&#232;s largement, aussi la jeunesse ouvri&#232;re, la jeunesse des classes populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour un enfant d'ouvrier en terminale, il ne s'agit plus de se battre pour changer de classe sociale, mais de pr&#233;parer l'entr&#233;e dans le monde du travail aux conditions les moins pires. D'ailleurs, l'exploitation, les lyc&#233;ens sont d&#233;j&#224; nombreux &#224; y avoir un peu go&#251;t&#233;, &#224; travers tel ou tel petit job d&#233;croch&#233; ici ou l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement lyc&#233;en a eu d'autant plus de force qu'il a &#233;t&#233; aussi le mouvement de cette jeunesse-l&#224;. Quand les lyc&#233;ens scandent &#171; Y'en a marre de la gal&#232;re &#187;, ils reprennent le terme n&#233; des banlieues difficiles, de la mis&#232;re, de l'interim et des CDD pay&#233;s au lance-pierres. Ce qui attend les lyc&#233;ens avec ou sans bac, avec ou sans quelques ann&#233;es universitaires, c'est souvent le ch&#244;mage, la pr&#233;carit&#233;, ou des sales boulots. Et cet horizon, chaque ann&#233;e ceux qui entrent au lyc&#233;e en sont plus conscients.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des luttes d'ensemble pour changer la soci&#233;t&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;fiance envers l'avenir que la soci&#233;t&#233; leur r&#233;serve, les jeunes en lutte ne pouvaient gu&#232;re la cristalliser sous forme d'un programme pr&#233;cis. Comment exiger, quand on est lyc&#233;en, le reflux du ch&#244;mage, des embauches (et pas seulement au lyc&#233;e), de vrais emplois, moins d'in&#233;galit&#233;s sociales ? Bref un changement de soci&#233;t&#233;, alors qu'aucune autre cat&#233;gorie sociale, aucune grande organisation syndicale ou politique ne propose une telle perspective ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour imposer des embauches massives ne serait-ce qu'au lyc&#233;e, il aurait fallu un mouvement plus puissant, capable de s'&#233;tendre &#224; d'autres cat&#233;gories. Un mouvement qui se serait adress&#233; aux travailleurs, dont bon nombre d'ailleurs ont vu leurs enfants descendre dans la rue. Pour changer vraiment le lyc&#233;e, il faut aussi changer la soci&#233;t&#233;. Il faut d&#233;j&#224; pouvoir imposer des embauches massives de profs ou de surveillants, bien s&#251;r ! Mais il faudrait aussi... assurer l'embauche des lyc&#233;ens eux-m&#234;mes, qui sont de futurs travailleurs et aussi souvent de futurs ch&#244;meurs. Seules des luttes d'ensemble, de tous les travailleurs, et avec eux de la jeunesse, pourraient atteindre un tel objectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evidemment, le mouvement des lyc&#233;ens a trouv&#233; sa limite bien avant de pouvoir vraiment se poser ces questions. Mais c'est &#224; partir d'elles que les r&#233;volutionnaires peuvent aujourd'hui proposer &#224; la jeunesse lyc&#233;enne de relier son inqui&#233;tude de l'avenir &#224; la n&#233;cessit&#233; de luttes d'ensemble et d'un changement de soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les faux amis des lyc&#233;ens, d&#233;cid&#233;s &#224; limiter leurs objectifs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est tout le contraire de ce qu'ont d&#233;fendu les appareils r&#233;formistes qui ont jou&#233; un r&#244;le dans ce mouvement. Ils ne voulaient pas d'une extension aux salari&#233;s de l'&#233;ducation nationale. Ni m&#234;me d'une extension &#224; de nouveaux lyc&#233;ens ! La FIDL exigeait plus de &#171; d&#233;mocratie lyc&#233;enne &#187; et les &#171; n&#233;cessaires ajustements de rentr&#233;e &#187;... La JC, dans ses tracts, ne se montra pas plus radicale, et pr&#233;f&#233;ra se r&#233;fugier dans la po&#233;sie et le romantisme en lan&#231;ant le slogan &#171; dans gr&#232;ves il y a r&#234;ves &#187; et en affirmant audacieusement : &#171; &lt;em&gt;Oui, nous r&#234;vons d'un lyc&#233;e o&#249; l'on apprenne &#224; devenir citoyens, un lieu o&#249; l'on sollicite notre avis, notre intervention, avec des rapports humains plus forts.&lt;/em&gt; &#187; C'est ainsi que la FIDL et la JC servirent la soupe presqu'ouvertement au ministre socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre faux ami : le SNES, le syndicat des profs de lyc&#233;e. Celui-ci approuva officiellement la r&#233;volte des jeunes, mais se garda bien de lui donner les moyens de faire reculer le ministre. Jamais il ne fit d'appel aux profs, franc, r&#233;solu, massif, &#224; rejoindre leurs &#233;l&#232;ves dans la gr&#232;ve et dans la rue. Tout juste se r&#233;solut-il, pour le jeudi 25 octobre, &#224; d&#233;poser un pr&#233;avis de gr&#232;ve, et &#224; sugg&#233;rer de trouver diverses formes d'action, &#171; pouvant aller jusqu'&#224; la gr&#232;ve &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rendez-vous des profs avec leurs &#233;l&#232;ves a donc &#233;t&#233; rat&#233;. Si le corporatisme et la m&#233;fiance envers leurs propres &#233;l&#232;ves ne sont pas absents de tous les esprits professoraux, il y avait aussi des sentiments de profonde solidarit&#233;, de sympathie, chez bien des enseignants. Le rendez-vous rat&#233; fut un choix, politique, des bureaucraties syndicales.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;De nouvelles luttes &#224; pr&#233;parer&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant&#8230; Les probl&#232;mes demeurent et vont s'aggraver, y compris pour les enseignants. Remise en cause de l'ancien statut des surveillants, projets de polyvalence, de pr&#233;carisation, d'annualisation du temps de travail contre les profs, etc. : le gouvernement fait bouillir dans sa marmite de nouvelles attaques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors in&#233;vitablement, les lyc&#233;ens, leurs profs, tous les personnels de l'&#233;ducation, auront &#224; nouveau &#224; se poser tous ces probl&#232;mes. Et pas forc&#233;ment dans tr&#232;s longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bernard RUDELLI&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;2,5 millions de lyc&#233;ens&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis 20 ans, ou m&#234;me dix, le lyc&#233;e a bien chang&#233; ! En 1985, 32 % de la classe d'&#226;ge concern&#233;e passait le bac. Cette ann&#233;e, plus de 60 % ira en terminale. Les lyc&#233;ens sont aujourd'hui 2,5 millions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que les autorit&#233;s abondaient en discours sur la &#171; d&#233;mocratisation &#187; de l'&#233;ducation, le ch&#244;mage et la pr&#233;carit&#233; explosaient particuli&#232;rement dans la jeunesse. L'entr&#233;e au lyc&#233;e de centaines de milliers de jeunes de plus, le prolongement des &#233;tudes, y compris pour les enfants des classes populaires, devenait une fa&#231;on, parmi d'autres, de masquer l'ampleur du sous-emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi la pr&#233;tendue d&#233;mocratisation par l'explosion des effectifs lyc&#233;ens n'a pas &#233;t&#233; une antidote au ch&#244;mage et &#224; la pr&#233;carit&#233;, mais son accompagnement. On reste lyc&#233;en aujourd'hui comme on reste jeune... &#224; un &#226;ge de plus en plus avanc&#233;. Faute d'avoir les moyens de l'ind&#233;pendance, toujours contraint, &#224; 20 ou m&#234;me 25 ans, de continuer de vivre chez les parents, de choisir, quand on a la &#171; chance &#187; d'avoir trouv&#233; une mission d'interim ou un CDD, entre la voiture et l'appartement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Le pi&#232;ge de la loi Aubry
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		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Le-piege-de-la-loi-Aubry</link>
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		<dc:date>1999-01-31T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>35 heures
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		<description>La loi Aubry provoque bien des discussions et des d&#233;bats o&#249; s'expriment des doutes, parfois des illusions et, de plus en plus, les inqui&#233;tudes des salari&#233;s. &lt;br /&gt;La pr&#233;sentation de la loi a donn&#233; lieu &#224; une savante mise en sc&#232;ne. Les d&#233;clarations du CNPF d&#233;non&#231;ant les 35 heures ont permis au gouvernement de pr&#233;senter cette loi comme une concession impos&#233;e au patronat. Tout cela a brouill&#233; les cartes, les travailleurs aspirant &#224; une r&#233;duction du temps de travail sans perte de salaire et l'embauche de millions&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-loi-Aubry-le-piege-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Loi Aubry, le pi&#232;ge
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-35-heures-+" rel="tag"&gt;35 heures
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;La loi Aubry provoque bien des discussions et des d&#233;bats o&#249; s'expriment des doutes, parfois des illusions et, de plus en plus, les inqui&#233;tudes des salari&#233;s.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;La pr&#233;sentation de la loi a donn&#233; lieu &#224; une savante mise en sc&#232;ne. Les d&#233;clarations du CNPF d&#233;non&#231;ant les 35 heures ont permis au gouvernement de pr&#233;senter cette loi comme une concession impos&#233;e au patronat. Tout cela a brouill&#233; les cartes, les travailleurs aspirant &#224; une r&#233;duction du temps de travail sans perte de salaire et l'embauche de millions de ch&#244;meurs.
&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Aujourd'hui, l'attitude du gouvernement et le contenu des premiers accords sign&#233;s ont dissip&#233; bien des doutes. Beaucoup comprennent que cette loi est une arme de guerre contre les salari&#233;s. La com&#233;die a fait long feu... et les r&#233;alit&#233;s apparaissent plus clairement : gouvernement et patronat marchent la main dans la main pour remettre en cause conditions de travail et de vie.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Combattre les mensonges de la propagande gouvernementale, d&#233;noncer les milliards de subventions octroy&#233;es au patronat, exposer la politique des patrons et montrer leur connivence avec le gouvernement est notre premi&#232;re t&#226;che.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Analyser la loi et les accords, comprendre les enjeux &#233;conomiques et politiques de ces attaques sur les salaires, les horaires, les conditions et rythmes de travail, tels sont les objectifs de ce dossier.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;Dans les discussions actuelles on a pris l'habitude de baptiser &#171; loi sur les trente-cinq heures &#187; la &#171; loi d'orientation et d'incitation relative &#224; la r&#233;duction du temps de travail &#187;. L'&#233;tiquette est trompeuse : parmi les quelques 10 millions de salari&#233;s concern&#233;s&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Un peu plus de 7 millions dans les entreprises de plus de 20 salari&#233;s, et (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, rares sont ceux qui verront effectivement leur semaine de travail raccourcir de 4 heures. En pratique la mise en &#339;uvre de la loi Aubry se traduira surtout par des &#171; am&#233;nagements &#187; du temps de travail, faisant passer sa r&#233;duction (quand bien m&#234;me elle sera effective) au second plan.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Trente-cinq heures, une &#233;tiquette usurp&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Rappelons en effet que si, d'apr&#232;s la nouvelle loi, &#171; la dur&#233;e l&#233;gale du travail est fix&#233;e &#224; trente-cinq heures par semaine &#187; &#224; compter du 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; janvier 2000 pour les entreprises de plus de vingt salari&#233;s&#171; , et deux ans plus tard pour les autres, cette dur&#233;e l&#233;gale n'est en France, ni une dur&#233;e &#187;maximum&#171; , ni m&#234;me une dur&#233;e &#187;moyenne&#034;, mais seulement &lt;em&gt;un seuil conventionnel au del&#224; duquel sont comptabilis&#233;es les heures suppl&#233;mentaires&lt;/em&gt;. La notion m&#234;me de dur&#233;e l&#233;gale du travail n'a donc de sens qu'en fonction de la l&#233;gislation sur les heures suppl&#233;mentaires. Moins celle-ci est contraignante, moins la dur&#233;e l&#233;gale importe pour l'employeur, le v&#233;ritable plafond pr&#233;vu par le Code du Travail restant de 10 heures sur une seule journ&#233;e, 48 heures sur une seule semaine et 46 heures de moyenne hebdomadaire sur douze semaines cons&#233;cutives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or pr&#233;cis&#233;ment, la question des heures suppl&#233;mentaires entre 35 et 39h &#8212; comme d'autres questions essentielles &#8212; reste sans r&#233;ponse dans la loi du 13 juin dernier... sa r&#233;solution &#233;tant laiss&#233;e &#224; l'initiative des partenaires sociaux, avant qu'une &#171; loi-balai &#187; ne vienne combler les lacunes au second semestre 1999.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi Aubry ne cr&#233;e pas de nouveaux dispositifs par rapport &#224; la loi quinquennale de 1993. Mais en se contentant d'indiquer que la r&#233;duction du temps de travail peut s'effectuer sous une forme quotidienne, hebdomadaire, voire annuelle (jours de cong&#233;, compte &#233;pargne-temps...) elle pose des jalons &#224; l'annualisation. La tendance qui s'exprimait avec la loi de Robien&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='. 58 % des accords de Robien se sont accompagn&#233;s d'une annualisation, et m&#234;me (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; se confirme dans les accords Aubry d&#233;j&#224; sign&#233;s, le minist&#232;re lui-m&#234;me reconnaissant que le &#171; mode annuel d'organisation et de d&#233;compte du temps de travail reste le plus fr&#233;quemment utilis&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour bien des salari&#233;s, ces mesures &#171; d'am&#233;nagement &#187; du temps de travail entra&#238;neront l'allongement de certains temps de pr&#233;sence non r&#233;mun&#233;r&#233;s, la multiplication des trajets domicile-travail, des plannings hebdomadaires mouvants pouvant &#234;tre fix&#233;s avec un pr&#233;avis de 7 jours, pour des semaines &#233;lastiques allant jusqu'&#224; 48 heures. Et encore la l&#233;gislation pr&#233;voit-elle qu'un accord de branche, d'entreprise ou m&#234;me seulement d'&#233;tablissement puisse ramener ce pr&#233;avis &#224; trois jours !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Lutter contre la pr&#233;carit&#233;&#8230;en r&#233;duisant la masse salariale ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Est-il n&#233;cessaire de le pr&#233;ciser, l'introduction de ce type de flexibilit&#233; des horaires permet au patronat de r&#233;aliser de substantielles &#233;conomies sur la masse salariale, surtout dans un contexte de gestion des effectifs en flux tendus. On sait que le recours aux heures suppl&#233;mentaires en p&#233;riode d'activit&#233; &#233;lev&#233;e entra&#238;ne un surco&#251;t de 25% sur les heures concern&#233;es. Quant &#224; l'ajustement par le travail pr&#233;caire, un CDD co&#251;te 6,25% plus cher qu'un CDI, et un int&#233;rimaire de 12,5 &#224; 37,5%, selon les calculs du journal&lt;em&gt; l'Entreprise&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='. n&#176;143, septembre 1997' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;. Sans compter la n&#233;cessit&#233; de payer des heures improductives quand la charge de travail d&#233;cro&#238;t. La simple possibilit&#233; de gommer tous ces frais en reportant des heures de travail d'une p&#233;riode &#171; basse &#187; sur une p&#233;riode &#171; haute &#187; sans autre forme de proc&#232;s fait plus que compenser, &#224; la longue, le co&#251;t de la r&#233;duction de 10% du temps de travail (si tant est que celle-ci a bien lieu !). Les al&#233;as de l'activit&#233;, au lieu d'&#234;tre support&#233;s financi&#232;rement par l'employeur, sont report&#233;s sur le salari&#233;. Certain partisans de la flexibilit&#233; interne font valoir que la modulation, en &#233;vitant le recours aux CDD et int&#233;rimaires, ferait reculer la pr&#233;carit&#233;. En laissant les int&#233;ress&#233;s sur le carreau !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Emploi : la loi Aubry, plus scandaleuse que la loi de Robien&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'octroi des aides publiques &#224; la R&#233;duction du Temps de Travail (RTT) est conditionn&#233; par un certain volume d'embauche : 6% de l'effectif concern&#233; si la r&#233;duction du temps de travail est de 10% (cas le plus fr&#233;quent) ; 9% de l'effectif si elle atteint 15%. Gilles de Robien n'avait pas os&#233;, dans sa loi, programmer un taux d'embauche inf&#233;rieur &#224; celui de la RTT : 10% d'embauche pour 10% de r&#233;duction du temps de travail, 15% pour 15%&#8230; Bref, en d&#233;finissant de nouveaux seuils, Martine Aubry sugg&#232;re aux patrons de faire effectuer 4 &#224; 6 % de travail suppl&#233;mentaire &#224; l'heure.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Nouveaux embauch&#233;s : trois p'tits tours et puis s'en vont&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les 6% (ou les 9%) de salari&#233;s embauch&#233;s n'auront pas forc&#233;ment le temps de faire de vieux os : la loi autorise &#224; s'en s&#233;parer apr&#232;s 2 ans (sans avoir, bien entendu, &#224; rembourser les aides). Rien n'oblige d'ailleurs l'employeur &#224; les embaucher sous contrat &#224; dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e : de simples CDD font l'affaire. Au reste, s'il a la bont&#233; de leur offrir des CDI, alors les aides de l'Etat sont tr&#232;s nettement major&#233;es. En combinant l'octroi de CDI et d'autres crit&#232;res (embauches de jeunes, ou de non qualifi&#233;s, ou de ch&#244;meurs de longue dur&#233;e, etc.), l'entreprise obtient assez facilement un doublement du montant normal des aides annonc&#233;es par le gouvernement. Jackpot !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre source de gains substantiels, la loi ne pose aucune condition quand au niveau de r&#233;mun&#233;ration des salari&#233;s embauch&#233;s. C'est l&#224; une occasion de rajeunir la pyramide des &#226;ges aux frais de la princesse. Un d&#233;tail qui a son importance quand on sait que, sous la pression du ch&#244;mage, les salaires des nouveaux embauch&#233;s sont souvent bien inf&#233;rieurs &#224; ceux de leurs a&#238;n&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les faux &#171; sauveteurs d'emplois &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Et encore, il n'est question d'embauche que dans le &#171; volet offensif &#187;. Comme la loi Robien, celle de juin 98 pr&#233;voit un &#171; volet d&#233;fensif &#187; permettant de b&#233;n&#233;ficier des aides, non pas au nom de la cr&#233;ation d'emplois, mais au titre de leur sauvetage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la porte ouverte &#224; tous les bluffs. Le minist&#232;re du Travail n'h&#233;site pas &#224; conseiller directement &#224; des entreprises d'annoncer des plans sociaux fictifs pour faire semblant d'y renoncer ensuite dans le cadre de la RTT et r&#233;clamer les aides de l'Etat en tant que &#171; sauveteur d'emploi &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en mati&#232;re &#171; d&#233;fensive &#187;, la loi Aubry va encore plus loin que la loi Robien. Cette derni&#232;re pr&#233;voyait, &#224; tout le moins, que le patron &#171; sauveteur d'emploi &#187; devait maintenir l'effectif de son entreprise pendant une dur&#233;e d&#233;finie conventionnellement. Avec la loi Aubry, le &#171; sauveteur d'emploi &#187; doit annoncer un volume d'emploi &#171; sauv&#233; &#187; correspondant &#224; 6% de l'effectif. Mais au-del&#224;, il est libre d'effectuer des suppressions d'emploi &#171; r&#233;siduelles &#187;. A condition de bien calculer son coup, il peut donc toucher les aides&#8230; et licencier &lt;em&gt;dans le m&#234;me temps&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des subventions en pagaille&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Comme si la RTT version Aubry n'&#233;tait pas en soi favorable au patronat, la loi pr&#233;voit des aides (abattement de charges sociales) qui r&#233;compensent l'effort en faveur de l'emploi (!) r&#233;alis&#233; par les entreprises. Contrairement &#224; la loi Robien, il ne s'agit plus d'un pourcentage des charges, mais d'un forfait par salari&#233;. Bref, plus l'entreprise comprend d'ouvriers et d'employ&#233;s &#224; faible r&#233;mun&#233;ration dans ses effectifs, et plus la subvention de l'Etat repr&#233;sentera un pourcentage &#233;lev&#233; de la masse salariale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les aides, d&#233;gressives dans le temps, s'&#233;talent sur cinq ans. Le montant initial est de 9000F par salari&#233; et par an. A l'issue des cinq ann&#233;es, il ne repr&#233;sente plus que 5000F.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une premi&#232;re remarque s'impose. Au vu des promesses du Ministre du Travail, il est possible que la loi-balai de 1999, ou un texte ult&#233;rieur, transforme cette aide &#171; conjoncturelle &#187; &#224; la RTT en aide &#171; structurelle &#187; de 4000 ou 5000F par salari&#233; ayant vu son horaire r&#233;duit. Le patronat b&#233;n&#233;ficierait ainsi, &lt;em&gt;ad vitam aeternam&lt;/em&gt;, d'une mesure suppl&#233;mentaire de &#171; r&#233;duction du co&#251;t du travail &#187;&#8230; venant s'ajouter &#224; tous les cadeaux de ces derni&#232;re ann&#233;es (et des ann&#233;es &#224; venir).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, les 9000F d'aide annonc&#233;s ne sont qu'une base susceptible de plusieurs majorations. Imaginons une entreprise qui, dans le cadre d'un accord offensif, hausse le niveau d'embauche &#224; 9% (pour 2 ans) : bonus de 4000F ; recrute des jeunes ou des ch&#244;meurs de longue dur&#233;e : majoration de 1000 F ; enfin, si cette entreprise comprend au moins 60% d'ouvriers ou si elle r&#233;mun&#232;re particuli&#232;rement mal son personnel (70% de salari&#233;s gagnant moins de une fois et demie le SMIC), une ultime majoration de 4000 F lui est accord&#233;e. Bref c'est la culbute : les 9000F initiaux sont devenus 18000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, si une entreprise pratique des salaires d'embauche proches du SMIC, les aides de l'Etat feront plus que financer enti&#232;rement les salari&#233;s recrut&#233;s au titre de la RTT.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Encore plus d'in&#233;galit&#233;s !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans sa p&#233;roraison du haut du perchoir du Palais-Bourbon, Martine Aubry n'a pas oubli&#233; de pr&#233;ciser que &#171; &lt;em&gt;dans l'avenir, les &#233;volutions salariales devront tenir compte de la baisse de la dur&#233;e du temps de travail&lt;/em&gt; &#187;.(&#8230;) &#171; &lt;em&gt;Les salari&#233;s, j'en suis s&#251;re, apporteront leur part pour que demain les emplois soient plus nombreux dans l'entreprise&lt;/em&gt; &#187;. Bref, la RTT sera une occasion de plus d'imposer des sacrifices de pouvoir d'achat aux salari&#233;s. Dans le vocabulaire &#233;dulcor&#233; de la gauche plurielle, cela s'appelle la &#171; progression ma&#238;tris&#233;e des salaires &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien dans le texte actuel de la loi Aubry n'emp&#234;che un employeur d'accompagner la baisse de 10% de la dur&#233;e du travail d'une r&#233;duction de 10% des r&#233;mun&#233;rations ! Seul obstacle, il s'agirait alors d'une modification substantielle du contrat de travail impossible sans l'accord du salari&#233;. A moins de le licencier, sous un pr&#233;texte ou sous un autre. Une telle strat&#233;gie patronale n'est gu&#232;re probable, en l'&#233;tat actuel des choses, dans les grands groupes dot&#233;s de repr&#233;sentations syndicales et de traditions de lutte. Mais dans un grand nombre de petites structures, o&#249; le salari&#233; fait face isol&#233;ment &#224; la pression patronale, il est possible que ce sc&#233;nario se produise. En tout cas, la loi ne fait rien pour l'emp&#234;cher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les grandes entreprises, la r&#233;duction des salaires prendra la forme (plus pernicieuse) d'un blocage pour les ann&#233;es &#224; venir. Ce qui veut dire que le pouvoir d'achat sera rogn&#233; par l'inflation (m&#234;me faible et apparemment indolore) et les hausses de pr&#233;l&#232;vements obligatoires. Et que la part des salari&#233;s dans le revenu national continuera &#224; s'abaisser comme elle le fait r&#233;guli&#232;rement depuis le d&#233;but des ann&#233;es 80.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Infl&#233;chir la loi par la n&#233;gociation ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Comme nous venons de le voir, le texte de juin 1998 donne &#224; l'ensemble du processus de r&#233;duction du temps de travail une orientation pro-patronale. D'un tel cadre il ne peut rien sortir dont le patronat doive p&#226;tir. Les salari&#233;s n'ont rien de bon &#224; en attendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les n&#233;gociations par branche qui se d&#233;roulent actuellement confirment largement cette analyse. Comment une loi, anti-ouvri&#232;re &#224; la racine, pourrait-elle &#234;tre &#171; am&#233;lior&#233;e &#187; par des n&#233;gociations isol&#233;es, branche par branche, entreprise par entreprise, c'est &#224; dire sur un terrain favorable au patronat, qui b&#233;n&#233;ficie de surcro&#238;t de la complaisance de certains appareils syndicaux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les militants ouvriers et tous les syndicalistes qui, de bonne foi, souhaitent voir r&#233;duite la dur&#233;e de l'exploitation, feraient une grave erreur en acceptant de s'inscrire, &#224; l'instar des directions syndicales, dans le cadre de n&#233;gociation fix&#233; par l'Etat. C'est ce cadre lui-m&#234;me, la loi Aubry, qui est &#224; rejeter, &#224; combattre sans concession.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Julien FORGEAT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Les emplois cr&#233;&#233;s version De Robien&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Selon Les &lt;em&gt;liaisons sociales&lt;/em&gt; du 30 janvier 1998, 1442 conventions ont &#233;t&#233; sign&#233;es fin novembre 1997 dans le cadre du dispositif de Robien, concernant 154 473 salari&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &lt;em&gt;D&#233;mocratie &amp; Socialisme&lt;/em&gt; d'octobre 98 (mensuel de la Gauche Socialiste), &#171; &lt;em&gt;il y aurait eu, d'apr&#232;s les meilleurs d&#233;fenseurs de cette loi, 1968 accords sign&#233;s, dont la majorit&#233; dans des petites entreprises, concernant 300 000 salari&#233;s, et &#187;sauvant&#171; ou &#187;cr&#233;ant&#171; de 20 &#224; 30 000 emplois. Le budget avait pr&#233;vu 800 millions de francs : 2,4 milliards ont &#233;t&#233; d&#233;pens&#233;s.&lt;/em&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;&#8230; et &#224; la sauce Aubry&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s les derniers chiffres publi&#233;s par le minist&#232;re, les 1 055 accords sign&#233;s au 16 d&#233;cembre 1998 couvraient 107 560 salari&#233;s. Ces accords pr&#233;voyaient la &#171; cr&#233;ation &#187; de 6 634 emplois et la &#171; pr&#233;servation &#187; de 1544 autres. Ce qui permettait au minist&#232;re d'annoncer &#171; &lt;em&gt;un effet emploi toujours proche de 8 %&lt;/em&gt; &#187;... En fait, m&#234;me en admettant que les cr&#233;ations soient bien r&#233;alis&#233;es, d'environ 6 % seulement.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Comment s'attaquer aux revenus des travailleurs&#8230; m&#234;me sans avoir l'air de toucher aux salaires ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les accords sign&#233;s pr&#233;voient selon le minist&#232;re du travail, de fa&#231;on directe dans 40 % des cas, un blocage ou une diminution des salaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me la notion de compensation salariale totale laisse la porte ouverte &#224; bien des &#171; subtilit&#233;s &#187;&#8230; illustr&#233;es entre autres par ces deux exemples tir&#233;s des publications du minist&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi aux Laboratoires Boiron (produits hom&#233;opathiques) : &#171; &lt;em&gt;le passage de 39h &#224; 35h se fait avec compensation salariale. [Mais] depuis janvier 1998, les partenaires sociaux avaient anticip&#233; l'accord et provisionn&#233; celui-ci en figeant une augmentation de 2 % des salaires.&lt;/em&gt; &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='appendix' title='&#171; 35 heures - La d&#233;p&#234;che du minist&#232;re de l'emploi et de la solidarit&#233; &#187; - n&#176;2 - (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Ainsi, comme le pr&#233;cisait Christian Boiron dans &#171; &lt;em&gt;La Tribune&lt;/em&gt; &#187; du 15 octobre 1998 : &#171; &lt;em&gt;les salari&#233;s font un apport de 2 % qui correspond &#224; l'augmentation qu'ils auraient d&#251; avoir en 98&lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux Laboratoires pharmaceutiques Schering dans le Nord, &#171; la r&#233;mun&#233;ration [y] est maintenue de fa&#231;on originale avec moiti&#233; compensation salariale et l'autre moiti&#233; individualisation des augmentations. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='appendix' title='&#171; 35 heures - La d&#233;p&#234;che du minist&#232;re de l'emploi et de la solidarit&#233; &#187; - n&#176;8 - (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; L'originalit&#233; ne s'arr&#234;te d'ailleurs pas l&#224; puisque la r&#233;duction du temps de travail se fera en deux phases, avec d'abord un passage &#224; 37 heures hebdomadaires au 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; juillet 98. Et &#171; &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; &#187; du 16 septembre 98 d'&#233;crire : &#171; &lt;em&gt;l'accord satisfait tout le monde, la r&#233;duction des salaires &#8211; 37 heures r&#233;mun&#233;r&#233;es 38 &#8211; &#233;tant compens&#233;e par une augmentation du taux horaire&lt;/em&gt; &#187;&#8230; oubliant seulement de pr&#233;ciser qu'il n'est pas pr&#233;vu de relever ce taux lors du passage aux 35 heures le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; janvier 1999 !&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Un bon accord sur les 35 heures dans le textile ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mercredi 4 novembre, la f&#233;d&#233;ration CGT du textile a sign&#233; un accord sur les 35 heures dans cette branche. Cette signature a fait &#171; l'&#233;v&#233;nement &#187; dans la mesure o&#249;, jusque l&#224;, aucune f&#233;d&#233;ration c&#233;g&#233;tiste n'avait sign&#233; d'accord &#224; ce niveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour se justifier Laroze, secr&#233;taire f&#233;d&#233;ral CGT, a pr&#233;sent&#233; cet accord comme un &#171; bon accord &#187; tr&#232;s diff&#233;rent de celui sign&#233; dans la m&#233;tallurgie. Viannet, Notat, &lt;em&gt;L'Humanit&#233;&lt;/em&gt; et m&#234;me Martine Aubry ont fait chorus. Qu'on en juge !&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Sur le temps de travail &lt;/strong&gt; : pour les f&#233;d&#233;rations signataires, l'accord devrait se traduire par &#171; une vraie r&#233;duction du temps de travail &#187;. Ce n'est m&#234;me pas le cas. Le contingent d'heures suppl&#233;mentaires est relev&#233; au maximum l&#233;gal de 130 heures, avec la possibilit&#233; d'obtenir encore 45 heures suppl&#233;mentaires. Comme dans la m&#233;tallurgie, les patrons pourront donc maintenir des semaines de 38 ou 39 heures en moyenne.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Sur les heures suppl&#233;mentaires&lt;/strong&gt; : L'accord sugg&#232;re que ce ne soit qu'au-del&#224; de 90 heures suppl&#233;mentaires par an que les heures effectu&#233;es entre 35 et 39 heures ouvrent droit &#224; la majoration de 25 %.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Sur les salaires&lt;/strong&gt; : selon les syndicats cet accord pr&#233;serverait le pouvoir d'achat des salari&#233;s. En fait il ne comporte aucune obligation juridique. Il y a bien un vague &#171; &lt;em&gt; engagement que cette baisse (&lt;/em&gt;du temps de travail&lt;em&gt;) ne nuise pas au pouvoir d'achat&lt;/em&gt; &#187;. Mais Joll&#232;s, le pr&#233;sident de l'Union (patronale) des Industries du Textile, a bien pr&#233;cis&#233; qu'il s'agit &#171; &lt;em&gt;d'un engagement moral, et pas d'autre chose&lt;/em&gt; &#187;...&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Sur l'emploi&lt;/strong&gt; : aucune embauche n'est pr&#233;vue, dans une branche o&#249; 50 % des emplois ont &#233;t&#233; d&#233;truits en 10 ans... Il y a bien cependant un engagement &#224; transformer des CDD en CDI. Aucun chiffre pr&#233;cis n'est avanc&#233;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;En fait l'accord du textile est en tout point semblable &#224; celui de la m&#233;tallurgie. Et s'il ne comporte pas de clause sur l'annualisation du temps de travail, c'est que les patrons de ce secteur l'ont d&#233;j&#224; obtenue en 1996. Selon leurs besoins, les semaines peuvent d&#233;j&#224; passer de 0 &#224; 44 heures...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Un peu plus de 7 millions dans les entreprises de plus de 20 salari&#233;s, et plus de 3 millions dans les autres (apr&#232;s d&#233;compte des salari&#233;s &#224; temps partiel et d&#233;j&#224; &#224; 35 heures) - chiffres publi&#233;s par le minist&#232;re de l'emploi - 31 ao&#251;t 1998&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. 58 % des accords de Robien se sont accompagn&#233;s d'une annualisation, et m&#234;me 64 % en ce qui concerne les accords d&#233;fensifs, compte non tenu des autres types d'am&#233;nagements&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. n&#176;143, septembre 1997&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; 35 heures - La d&#233;p&#234;che du minist&#232;re de l'emploi et de la solidarit&#233; &#187; - n&#176;2 - 7-13 septembre 1998&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; 35 heures - La d&#233;p&#234;che du minist&#232;re de l'emploi et de la solidarit&#233; &#187; - n&#176;8 - 20-26 octobre 1998&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Et maintenant ? Les objectifs gouvernementaux et patronaux.
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Et-maintenant-Les-objectifs-gouvernementaux-et-patronaux</link>
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		<dc:date>1999-01-31T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>35 heures
</dc:subject>

		<description>Les directions syndicales, notamment la CGT essayent de nous faire oublier les probl&#232;mes pos&#233;s par la loi Aubry. Les accords seront ce que les travailleurs imposeront et la seconde loi celle que nous obligerons le parlement &#224; voter, disent-elles. &lt;br /&gt;C'est bien une sorte d'aveu, au moins implicite : nous ne devons pas compter simplement sur la majorit&#233; de la gauche plurielle pour imposer la politique voulue par les travailleurs. Mais alors &#224; quoi bon l'&#233;lire pourrait-on se demander ? &lt;br /&gt;De toute fa&#231;on&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les directions syndicales, notamment la CGT essayent de nous faire oublier les probl&#232;mes pos&#233;s par la loi Aubry. Les accords seront ce que les travailleurs imposeront et la seconde loi celle que nous obligerons le parlement &#224; voter, disent-elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien une sorte d'aveu, au moins implicite : nous ne devons pas compter simplement sur la majorit&#233; de la gauche plurielle pour imposer la politique voulue par les travailleurs. Mais alors &#224; quoi bon l'&#233;lire pourrait-on se demander ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toute fa&#231;on le d&#233;bat au sujet de seconde loi est un leurre pour deux raisons essentielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re tient &#224; la structure de l'actuelle loi qui vise &#224; provoquer des n&#233;gociations entreprise par entreprise en fonction des contraintes patronales. Rien de global, de g&#233;n&#233;ralisable ne pourra sortir de ces accords. Les seules exigences d'Aubry sont tr&#232;s minces : ne pas d&#233;passer les limites l&#233;gales actuelles (10h jour, 46h par semaine). Des situations seront r&#233;gl&#233;es, souvent mal, dans de nombreux secteurs, au coup par coup. Cela ne permettra pas de r&#233;unifier les travailleurs dont les revendications auront &#233;t&#233; &#233;miett&#233;es par tous ces accords locaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde est que cette loi est d&#233;j&#224; quasiment &#233;crite. Aubry elle-m&#234;me a donn&#233; une interview en octobre pour pr&#233;ciser ses intentions, au moment m&#234;me o&#249; paraissait un livre de deux de ses proches, Gilbert Cette et Dominique Taddei.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un SMIC &#224; deux vitesses&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re pr&#233;occupation concerne le salaire. Nos gouvernants ne veulent pas imposer la diminution du temps de travail sans perte de salaire, mais pour les smicards ce n'est vraiment pas acceptable. Alors ils pr&#233;voient le maintien du salaire pour ceux-l&#224;. Du coup on risque d'avoir au moins deux &#233;chelles de salaires, celle des smicards et celles des travailleurs ayant perdu une part de leur salaire, sans compter celle des &#233;ventuels embauch&#233;s. Dans ces cas-l&#224;, les patrons s'aligneront sur la solution la plus avantageuse pour eux. De m&#234;me pour les temps partiels : comment &#233;viter qu'un salari&#233; &#224; 35 h pay&#233;es 39 travaille &#224; cot&#233; d'un temps partiel &#224; 30 h pay&#233;es 30 ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aubry pr&#233;vient : il faut trouver des solutions au cas par cas, l'employeur pouvant progressivement r&#233;duire les primes, et augmenter moins les salaires !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul point qui n'est pas encore fix&#233; : est-ce que les heures suppl&#233;mentaires de 35 &#224; 39h seront pay&#233;es &#224; 25% ou &#224; moins. Martine Aubry a d&#233;j&#224; assur&#233; que la nouvelle loi la fixerait &#224; un maximum de 25% (soit le taux actuel le plus bas) : fa&#231;on pudique de dire que cette majoration ne peut que diminuer, sinon dispara&#238;tre puisque d&#233;j&#224; des accords ne pr&#233;voient la majoration qu'&#224; partir d'un certain nombre d'heures suppl&#233;mentaires sur l'ann&#233;e (voir dans le textile par exemple).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la volont&#233; de trouver les moyens de ne pas diminuer le temps de travail tout en disant que la dur&#233;e effective de travail diminue, l'id&#233;e avanc&#233;e par la ministre est de faire &#233;voluer la r&#232;gle selon laquelle la formation professionnelle doit &#234;tre prise sur le temps de travail.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Emietter les luttes ouvri&#232;res &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;miettement existe d&#233;j&#224;, mais la g&#233;n&#233;ralisation des n&#233;gociations secteur par secteur, entreprise par entreprise, va l'accentuer. D&#232;s lors que les conditions de d&#233;compte du travail, d'organisation du temps, des repos, seront fix&#233;s par des accords et plus par des lois, il n'y aura plus de moyen de pression unique perceptible par les travailleurs. Chacun aura ses n&#233;gociations, ses probl&#232;mes et les mobilisations se feront &#224; des dates et selon des objectifs s&#233;par&#233;s. Le patronat et le gouvernement auront ainsi fait de nouveaux pas dans l'&#233;clatement des capacit&#233;s de riposte de la classe ouvri&#232;re, tant ce qu'ils craignent le plus est la mobilisation unie des travailleurs, la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, qui remet en cause la validit&#233; de leur pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;De pr&#233;tendus nouveaux pouvoirs aux syndicats dans l'entreprise...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il y a 16 ans les r&#232;gles concernant la dur&#233;e du travail &#233;taient r&#233;glement&#233;es, maintenant elles vont &#234;tre &#233;labor&#233;es et contr&#244;l&#233;es boite par boite par les patrons et les syndicats, avec quelques limites l&#233;gales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon les conseillers d'Aubry il est exclu, car irr&#233;aliste, de demander &#224; l'inspection du travail de contr&#244;ler tous les &#233;tablissements. Certes il n'y a ni les effectifs ni les moyens l&#233;gaux pour cela, mais de tels conseils sont un appel &#224; la tricherie des patrons &#224; qui ils disent : on vous aide, on ne contr&#244;lera pas ce que vous faites, n&#233;gociez le contr&#244;le dans les accords. Comme &#231;a les syndicalistes seront cens&#233;s faire le travail de l'inspection du travail, chose impossible et qui surtout n'aura aucune cons&#233;quence en cas d'infractions. On touche ici un autre objectif tr&#232;s important de la ministre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est indiscutable que l'on ne peut pas faire confiance &#224; la loi en tant que telle pour d&#233;fendre les travailleurs, mais souvent elle est la survivance d'un rapport de force et maintient des acquis. Elle unifie leur situation &#224; tous, ce qui leur donne le m&#234;me objectif quand ils se mobilisent. Nous les r&#233;volutionnaires savons que les patrons et les bureaucrates syndicaux font tout pour &#233;viter la mobilisation unie des travailleurs autour de revendications uniques, qui centralisent les affrontements, leur donnent une dynamique politique de remise en cause de l'ordre existant. Ils pr&#233;f&#232;rent tous qu'on discute entreprise par entreprise, l&#224; o&#249; il est le plus difficile d'avoir un bon rapport de forces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie veut impliquer tous les syndicats dans la n&#233;gociation &#224; froid, hors de toutes mobilisations. La n&#233;gociation a lieu non pas pour r&#233;pondre &#224; des revendications, &#224; une lutte, mais aux besoins patronaux, aux d&#233;sirs gouvernementaux. Les dirigeants syndicaux discutent alors sans aucun contr&#244;le des travailleurs, parfois le dos au mur. Vu sous cet angle le mandatement, g&#233;n&#233;ralis&#233; par la loi Aubry, est certainement la meilleure arme contre les syndicalistes lutte de classe. Il permet la conclusion d'accords d'entreprise sur l'am&#233;nagement du temps de travail avec un salari&#233; simplement mandat&#233; par un syndicat, avec ou sans syndiqu&#233;s dans l'entreprise. Cela ne veut pas dire qu'ici ou l&#224; des travailleurs ne saisiront pas cette occasion pour cr&#233;er de vrais syndicats mais ce sera bien rare. Aujourd'hui ce sont des patrons qui contactent les syndicats pour qu'ils mandatent un salari&#233; pour n&#233;gocier. Quelle peut &#234;tre la valeur de tels mandat&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;...pour modifier leur place dans la soci&#233;t&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Toutes les conf&#233;d&#233;rations syndicales se sont pr&#233;cipit&#233;es vers le mandatement, y compris la CGT, sans aucune exigence de cr&#233;ation d'une vraie section syndicale. Ils cherchent tous &#224; ne pas laisser la place aux autres, ce qui les conduit &#224; accepter dans les PME n'importe quel accord, sans garantie, sans d&#233;bat avec les travailleurs, sous pr&#233;texte d'&#234;tre pr&#233;sents. Il y a l&#224; un v&#233;ritable enjeu pour tous les travailleurs combatifs, pour tous ceux qui veulent changer la soci&#233;t&#233;. L'objectif du gouvernement et du patronat est d'aligner tous les syndicalistes sur la conception du syndicat de Notat. La CGT qui &#233;tait un des p&#244;les de r&#233;sistance, avec ses limites, &#224; cette &#233;volution, a choisi son camp : celui du syndicalisme de proposition, rel&#233;guant aux oubliettes les r&#233;f&#233;rences au syndicalisme de combat, de lutte de classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, cela provoque d'importants d&#233;bats en son sein. Les jeux ne sont pas faits. Les gouvernants n'ont pour le moment pas r&#233;ussi compl&#232;tement, mais ils ont plusieurs points d'appui pour avancer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part le gouvernement actuel contre lequel les directions syndicales amies ne feront rien, d'autre part la faiblesse des luttes qui laisse une marge de man&#339;uvre plus importante aux bureaucrates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la gr&#232;ve de novembre d&#233;cembre 1995, la CFDT a r&#233;ussi &#224; museler son opposition interne, et la CGT se tourne vers elle. Le p&#244;le SUD, FSU, CGT et plus loin FO, contre le participationisme de la CFDT n'existe plus. Cette &#233;volution va dans le sens voulu par les poss&#233;dants. Elle laisse aussi une place plus grande aux militants lutte de classe, en d&#233;voilant plus nettement le vrai visage des dirigeants syndicaux. Les luttes des mois et ann&#233;es &#224; venir trancheront ce d&#233;bat dans lequel nous devons prendre toute notre place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Charles PAZ&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce n'est pas nous qui le disons &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; &lt;em&gt;Wall Street Journal&lt;/em&gt; &#187;, journal ultra-lib&#233;ral am&#233;ricain, s'est pench&#233; sur la Loi Aubry. Pour lui &#171; &lt;em&gt;Les premiers signes sont m&#234;mes encourageants. Dans un pays o&#249; les conflits du travail provoquent d'innombrables gr&#232;ves, cette loi a permis pour la premi&#232;re fois de d&#233;passionner les n&#233;gociations. Elle a &#233;galement acc&#233;l&#233;r&#233; l'abandon des conventions collectives rigides, sign&#233;es &#224; l'&#233;chelle nationale, au profit d'accords adapt&#233;s aux besoins sp&#233;cifiques de chaque entreprise. Mais surtout elle a donn&#233; le coup d'envoi d'une vague de r&#233;organisations qui pourrait am&#233;liorer les capacit&#233;s d'adaptation des entreprises.&lt;/em&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(dans &lt;em&gt;Courrier International&lt;/em&gt; n&#176;419 du 12 au 18 novembre 98)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> L'objectif du patronat : r&#233;duire le co&#251;t du travail !
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/L-objectif-du-patronat-reduire-le-cout-du-travail</link>
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>35 heures
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		<description>La r&#233;duction du temps de travail n'a jamais &#233;t&#233; un objectif patronal et chacun se souvient des cris indign&#233;s du CNPF &#224; l'annonce de la loi dite des 35 heures. Tous les efforts du patronat, depuis une vingtaine d'ann&#233;es ont &#233;t&#233; au contraire de r&#233;duire au maximum la part des salaires dans les &#171; charges &#187; des entreprises. &lt;br /&gt;A la fin des ann&#233;es 70, les taux de profit ont fondu pour les capitalistes avec l'entr&#233;e dans une longue p&#233;riode de faible croissance. Les compromis sociaux issus de la fin de la guerre,&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La r&#233;duction du temps de travail n'a jamais &#233;t&#233; un objectif patronal et chacun se souvient des cris indign&#233;s du CNPF &#224; l'annonce de la loi dite des 35 heures. Tous les efforts du patronat, depuis une vingtaine d'ann&#233;es ont &#233;t&#233; au contraire de r&#233;duire au maximum la part des salaires dans les &#171; charges &#187; des entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la fin des ann&#233;es 70, les taux de profit ont fondu pour les capitalistes avec l'entr&#233;e dans une longue p&#233;riode de faible croissance. Les compromis sociaux issus de la fin de la guerre, notamment en Europe de l'Ouest &#233;taient tenables pour le patronat en p&#233;riode d'expansion &#233;conomique. La croissance faible des ann&#233;es 80 et 90 imposait d'augmenter notablement le taux d'exploitation des salari&#233;s pour restaurer des taux de profit satisfaisants. Toutes les armes employ&#233;es depuis 20 ans ont &#233;t&#233; mises au service de cet objectif : du plan Barre de 1975 aux mesures actuelles, la philosophie des politiques gouvernementales a &#233;t&#233; &#224; la mesure de cet imp&#233;ratif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le langage officiel a toujours &#233;t&#233; de &#171; combattre la crise &#187;, mise sur le dos du prix du p&#233;trole, de la concurrence asiatique, de &#171; combattre le ch&#244;mage &#187; en favorisant les investissements et l'aide &#224; l'emploi. Il faut n&#233;anmoins rappeler que durant la crise, la croissance mondiale a continu&#233;. De 1974 &#224; 1996 le produit int&#233;rieur brut mondial, calcul&#233; en dollars constants 1996, est pass&#233; de 11 000 &#224; 19 000 milliards. Et ces richesses ont &#233;t&#233; produites avec un volume de travail humain r&#233;duit d'un tiers !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela pond&#232;re largement les discours, notamment ceux des socialistes qui n'ont eu de cesse de d&#233;crire le monde comme un immense champs de ruines : &#171; &lt;em&gt;Consid&#233;rons l'&#233;conomie mondiale ! On n'y voit qu'un vaste champs de bataille o&#249; les entreprises se livrent une guerre sans merci ... N'oublions pas que la guerre est totale et g&#233;n&#233;rale !&lt;/em&gt; &#187; (F. Mitterrand, &lt;em&gt;Lettre &#224; tous les Fran&#231;ais&lt;/em&gt;). La comparaison est vraie : comme pour les guerres, s'entretuent des hommes qui ne se connaissent pas pour le compte d'autres qui se connaissent mais ne s'entretuent pas ! Car le r&#233;sultat est l&#224;. Depuis le d&#233;but de cette crise, les richesses produites ont quasiment doubl&#233;, par contre la mis&#232;re s'est r&#233;pandue et les in&#233;galit&#233;s se sont aggrav&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La concurrence venue d'ailleurs, des pays &#171; &#233;mergents &#187; est ridicule : les 3/4 des &#233;changes se font entre pays d&#233;velopp&#233;s et la part des &#233;changes internes s'&#233;l&#232;ve aux environ de 80% des &#233;changes totaux. De m&#234;me, dans un pays comme la France, les secteurs qui subissent souvent les conditions d'exploitation les plus f&#233;roces sont des secteurs de PME o&#249; les concurrents sont &#224; l'int&#233;rieur de l'hexagone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#233;ratif cat&#233;gorique qui s'est impos&#233; depuis le d&#233;but des ann&#233;es 80 est celui de la comp&#233;titivit&#233; des entreprises, pr&#233;tenduement mise en p&#233;ril par les fardeaux des droits et des protections du travail.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La course au taux de rentabilit&#233; !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En fait la comp&#233;tition entre les entreprises concerne surtout la course &#224; la rentabilit&#233; maximale. Aujourd'hui le taux de rentabilit&#233; couramment demand&#233; est de 15% &#224; 18% net. Un milliard d'actions Alcatel ont &#233;t&#233; vendues en une seule journ&#233;e de septembre 98 par les fonds de pension parce que le groupe ne promettait qu'un r&#233;sultat de 4 milliards en 98 au lieu des 5,5 milliards promis. Les fonds de pension et fonds de placement qui monopolisent aujourd'hui les sources d'investissement ( 40% de la capitalisation boursi&#232;re de Paris) vont jusqu'&#224; exiger une rentabilit&#233; de 20% par an. C'est le march&#233; financier qui, de plus en plus, fixe le seuil de rentabilit&#233; minimal sous peine de retrait des capitaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but est de baisser au maximum la part des salaires, des charges sociales et des taxes. La baisse des imp&#244;ts pour les patrons est continue sous les gouvernements de gauche comme de droite. Le budget 99 vient d'en montrer un dernier exemple avec la baisse programm&#233;e de la taxe professionnelle. Le paiement des charges sociales par les fonds publics est pass&#233; de 11 milliards en 1994 &#224; 39 milliards en 1996 : autant d'&#233;conomies pour les patrons, au moment o&#249; les cotisations des salari&#233;s augmentent. Inutile de s'&#233;tendre pour comprendre que ces baisses de pr&#233;l&#232;vements se traduisent par autant d'h&#244;pitaux ferm&#233;s, d'&#233;coles d&#233;labr&#233;es, de coupes claires dans les logements sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Tout faire pour diminuer la masse salariale !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'autre volet est celui des attaques contre les salari&#233;s par une pression constante pour accro&#238;tre &#224; l'extr&#234;me l'exploitation, et dans les grandes entreprises sous-traiter au maximum, externaliser, accro&#238;tre la main d'&#339;uvre pr&#233;caire. Le d&#233;veloppement du ch&#244;mage de masse est all&#233; de pair, notamment ces derni&#232;res ann&#233;es avec la progression de la flexibilit&#233; et de toutes les formes d'emplois pr&#233;caires. En 1998, 80% des embauches se font sous forme de CDD, d'int&#233;rim, etc. C'est bien un glissement syst&#233;matique de la r&#233;partition des richesses lorsqu'en France 1% des foyers les plus riches concentre 50% du patrimoine global.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'augmentation de la productivit&#233; est le credo patronal, et toutes les formes de flexibilit&#233;, de souplesse maximale dans l'organisation du temps de travail, d'accroissement des charges de travail sont les moyens pour le patronat de diminuer les emplois, d'accro&#238;tre encore le niveau d'exploitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est d'autant plus odieux de voir le pr&#233;ambule de la loi Aubry expliquer que sa loi est l'occasion d'am&#233;liorer encore la flexibilit&#233;, les &#171; modulations d'horaires adapt&#233;es aux variations de la production &#187;. Aussi, accoupl&#233;e &#224; la &#171; loi quinquennale pour l'emploi &#187; de Balladur qui avait d&#233;j&#224; mis au centre la flexibilit&#233; et la &#171; modulation du temps de travail &#187;, la loi Aubry devient maintenant l'occasion pour le patronat de mener une offensive &#224; grande &#233;chelle pour une totale d&#233;r&#233;gulation des conditions de travail, financ&#233;e par l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Laurent CARASSO&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> La Loi Aubry et son application dans l'automobile
</title>
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		<dc:subject>Entreprises
</dc:subject>
		<dc:subject>Renault
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		<dc:subject>35 heures
</dc:subject>

		<description>Chez Renault, officiellement, l'ouverture des n&#233;gociations pour l'application de la loi Aubry est pr&#233;vue en janvier. &lt;br /&gt;En fait, depuis pratiquement un an, il y a des &#171; discussions &#187; entre les repr&#233;sentants syndicaux et la Direction pour, selon les termes de la direction, &#171; explorer les conditions du d&#233;veloppement de la productivit&#233; de l'entreprise &#187; dans lesquelles &#171; sont abord&#233;es les cons&#233;quences pr&#233;visibles de l'application des 35 heures, bien que ce ne soit qu'un aspect des discussions en cours &#187;. &lt;br /&gt;Il&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Chez Renault, officiellement, l'ouverture des n&#233;gociations pour l'application de la loi Aubry est pr&#233;vue en janvier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, depuis pratiquement un an, il y a des &#171; &lt;em&gt;discussions&lt;/em&gt; &#187; entre les repr&#233;sentants syndicaux et la Direction pour, selon les termes de la direction, &#171; &lt;em&gt;explorer les conditions du d&#233;veloppement de la productivit&#233; de l'entreprise&lt;/em&gt; &#187; dans lesquelles &#171; &lt;em&gt;sont abord&#233;es les cons&#233;quences pr&#233;visibles de l'application des 35 heures, bien que ce ne soit qu'un aspect des discussions en cours &lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a eu jusqu'&#224; maintenant 8 ou 9 r&#233;unions patrons syndicats, mais personne ne sait ce qui se discute. Mieux, les militants des usines n'ont appris l'existence de ces r&#233;unions que vers mai-juin, et toutes les demandes d'informations sont rest&#233;es sans r&#233;ponse quel que soit le syndicat. N&#233;anmoins des bribes sont parues dans la presse (mais jamais la presse syndicale !), et quand on met bout &#224; bout et c&#244;te &#224; c&#244;te les indiscr&#233;tions, les suppositions et les &#233;l&#233;ments connus et r&#233;els de l'industrie automobile, tout cela s'articule tellement bien, qu'il serait surprenant qu'il n'y ait pas anguille sous roche.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le plan patronal et la loi Aubry&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis plus de deux ans, les patrons de l'automobile ont pr&#233;sent&#233; &#224; plusieurs reprises un plan d'assainissement des effectifs. Il s'agirait de mettre en fin d'activit&#233; (pr&#233;retraites ? ARPE am&#233;nag&#233;e ? FNE ?) 30 &#224; 35 000 travailleurs des tranches d'&#226;ge 50-60 ans contre l'embauche de 12 ou 15 000 jeunes ; un pour trois en gros. Jusqu'&#224; maintenant, les gouvernements ont repouss&#233; le plan en question, parce qu'&#233;videmment, les patrons ne veulent pas financer l'op&#233;ration et comptent sur le budget de l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l&#224; dessus tombe la loi Aubry. Aubaine ! Les patrons font le chantage : pour mettre en &#339;uvre les 35 heures sans d&#233;t&#233;riorer la comp&#233;titivit&#233; des constructeurs fran&#231;ais, il faut d'abord r&#233;soudre la question des sureffectifs li&#233;s &#224; la pyramide des &#226;ges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui paierait ? Voyez comme cela tombe bien ; il y a une tranche de privatisation de Renault qui doit arriver incessamment. L'&#233;tat poss&#232;de 47,5% du capital ; valeur entre 40 et 45 milliards. C'est plus qu'il n'en faut pour financer l'op&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La satisfaction de tous...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour le gouvernement, s'il pouvait y avoir un gros secteur industriel marquant o&#249; il y aurait l'unanimit&#233; des syndicats et des patrons, qu'est-ce que ce serait bien avant les &#233;lections de juin !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; syndical, m&#234;me les plus sensibles &#224; l'opinion ouvri&#232;re pourraient enfin signer un accord sans se faire insulter par les militants parce qu'il y aurait des milliers d'embauches de jeunes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et enfin les patrons pourraient supprimer une vingtaine de milliers d'emplois avec l'accord de tous sans avoir &#224; financer. Comme la vie serait belle pour tous !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;...moins les travailleurs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si l'op&#233;ration se fait, ce sont les conditions de vie des ouvriers de l'automobile qui s'en trouveront salement d&#233;t&#233;rior&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi Aubry en application avec l'unanimit&#233; syndicale officialiserait la variabilit&#233; des horaires, le capital temps, l'annualisation, tout ce qui se fait par petits bouts depuis 2 ou 3 ans dans les diverses usines avec la complicit&#233; ou la neutralit&#233; de tels ou tels syndicats selon les circonstances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y aurait une vingtaine de milliers d'emplois en moins dans l'automobile. Autant de ch&#244;meurs en plus d'une part, et des charges de travail augment&#233;es d'autant sur les cha&#238;nes d'autre part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et par ailleurs, et &#231;a n'est pas n&#233;gligeable, ce serait un point d'arr&#234;t final au syst&#232;me des pr&#233;retraites par le biais desquelles, bon an mal an, depuis plus de quinze ans, les travailleurs partent en FNE entre 55 et 57 ans (sauf &#224; Citro&#235;n).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a bien s&#251;r beaucoup de conditionnel dans tout ce qui pr&#233;c&#232;de. Les travailleurs ne seront inform&#233;s que quand tout sera boucl&#233;, comme d'habitude. Mais dans cette affaire qui se traite au plus haut niveau des minist&#232;res, des grands patrons de l'automobile et des bureaucrates syndicaux institutionnels, c'est le consensus pour la bonne gestion des affaires de la bourgeoisie qui est le fil directeur ; s&#251;rement pas les int&#233;r&#234;ts de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 janvier 1999&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Didier DOMMANGE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P.S. : &lt;em&gt;au moment o&#249; nous publions, des &#171; r&#233;v&#233;lations &#187; du journal &lt;/em&gt;Le Monde&lt;em&gt; du 20 janvier viennent corroborer les hypoth&#232;ses de notre article et l'existence de ce projet concoct&#233; par le gouvernement et les patrons&#8230; avec la participation des directions syndicales.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Air France : un accord &#171; gauche plurielle &#187;
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Air-France-un-accord-gauche-plurielle</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>35 heures
</dc:subject>
		<dc:subject>Air France
</dc:subject>
		<dc:subject>Entreprises
</dc:subject>

		<description>Air France vient de signer un accord &#171; exemplaire &#187;, selon les dires de la Direction, du gouvernement et... de l'Humanit&#233;. &lt;br /&gt;La Compagnie est en phase de d&#233;veloppement (elle pr&#233;voit une croissance moyenne de 5% par an dans les ann&#233;es &#224; venir), et de privatisation (l'ouverture du capital est pr&#233;vue ce printemps). &lt;br /&gt;Comme tous les bons gestionnaires capitalistes, les dirigeants d'Air France (et le Minist&#232;re des Transports) veulent que cette expansion serve &#224; augmenter les capacit&#233;s d'autofinancement et &#224;&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Air France vient de signer un accord &#171; exemplaire &#187;, selon les dires de la Direction, du gouvernement et... de &lt;em&gt;l'Humanit&#233;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Compagnie est en phase de d&#233;veloppement (elle pr&#233;voit une croissance moyenne de 5% par an dans les ann&#233;es &#224; venir), et de privatisation (l'ouverture du capital est pr&#233;vue ce printemps).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme tous les bons gestionnaires capitalistes, les dirigeants d'Air France (et le Minist&#232;re des Transports) veulent que cette expansion serve &#224; augmenter les capacit&#233;s d'autofinancement et &#224; assurer des profits financiers attractifs pour les futurs actionnaires. La m&#233;thode est simple : &#233;viter une augmentation de la masse salariale par le blocage des salaires et une flexibilit&#233; maximale permettant que l'augmentation d'activit&#233; se fasse avec le minimum d'embauches. Au total Spinetta, le PDG socialiste d'Air France, a pr&#233;vu, avec l'aval de son ministre communiste, d'arriver &#224; 3 milliards de francs d'&#233;conomie par an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Direction a pass&#233; ces derni&#232;res semaines un accord avec les pilotes qui pr&#233;voit un blocage des salaires pendant sept ans, et d'acheter la paix sociale dans les cockpits en proposant aux navigants d'acheter un gros paquet d'actions &#224; des tarifs int&#233;ressants. Le principal syndicat de pilotes a sign&#233; cet accord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, la Direction s'appuie sur les n&#233;gociations de la loi Aubry pour obtenir un m&#234;me pacte de paix sociale pour le personnel au sol.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un accord de paix sociale pour mieux privatiser &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Elle a mis sur pied un accord global sur trois ans. Cet accord fait miroiter la cr&#233;ation de 4000 emplois dans cette p&#233;riode et la presse a largement relay&#233; cette information. Mais en fait ces cr&#233;ations (seulement promises) correspondront au minimum indispensable dans les secteurs les premiers touch&#233;s par l'augmentation d'activit&#233;.. De m&#234;me, elle s'engage &#224; ce que le passage &#224; 35h se fasse sans baisse de salaire. Mais cet affichage exemplaire cache d'autres r&#233;alit&#233;s :&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; la Direction ne veut cr&#233;er aucun emploi dans les secteurs du fret, de la maintenance, de nombreux secteurs administratifs ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; de m&#234;me, elle compte bien d&#233;duire du temps de travail effectif le maximum de pauses pay&#233;es et affirme d&#233;j&#224; que par exemple dans la maintenance industrielle le temps de travail &#171; constat&#233; &#187; est de moins de 36h pour 39h pay&#233;es !&lt;/li&gt;&lt;li&gt; mieux encore, elle ne s'engage &#224; appliquer une r&#233;duction du temps de travail de 10% qu'en &#233;change de l'annualisation, notamment pour les 2000 ouvriers et techniciens travaillant en continu (3x8, 7/7) et ayant donc, conform&#233;ment au Code du Travail, un horaire de 35h hebdo pour compenser la p&#233;nibilit&#233; ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; elle compte instituer partout annualisation et flexibilit&#233; ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; aucun engagement &#224; la diminution de la pr&#233;carit&#233; (CDD, temps partiels) ni du passage croissant d'activit&#233; &#224; la sous-traitance ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; quant aux salaires, aucune augmentation g&#233;n&#233;rale pr&#233;vue dans les trois prochaines ann&#233;es, alors qu'il y a eu au total 1% d'augmentation g&#233;n&#233;rale depuis janvier 93 ! Pis, elle remet en cause la majoration de 100% des heures de nuit, dimanche et f&#234;tes !&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;En conclusion, la Direction s'applique essentiellement &#224; pr&#233;parer le passage l&#233;gal &#224; 35h au 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; janvier 2000 et &#224; permettre de faire faire autant de travail, ou m&#234;me plus, en aggravant les conditions de travail du personnel au sol. Dans ce cadre, l'engagement au maintien du salaire et la promesse des embauches (&#171; &lt;em&gt;si les hypoth&#232;ses &#233;conomiques se confirment&lt;/em&gt; &#187;) n'ont rien d'un cadeau ! L'objectif de la Direction est bien la diminution de la part des salaires pour financer sur le dos des salari&#233;s l'achat d'avions nouveaux et la r&#233;mun&#233;ration des actionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Air France, comme ailleurs, ce n'est pas &#224; une r&#233;duction du temps de travail avec am&#233;lioration des conditions de travail et embauches correspondantes qu'on a &#224; faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Spinetta et Gayssot ont obtenu l'aval de FO, CFDT et CGC pour l'accord global et compte faire signer des accords secteur par secteur avec les aides de l'Etat l&#224; o&#249; le d&#233;veloppement de l'activit&#233; imposerait de toutes les fa&#231;ons des embauches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien un accord en trompe l'&#339;il qui promet en fait 4 heures de moins (au mieux) pour faire 15% de boulot en plus... et avec le m&#234;me salaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le jour m&#234;me de la signature, les m&#233;caniciens de la maintenance Roissy partait en gr&#232;ve, bloquant pendant plus d'une heure le Concorde Paris New York. Lundi 11, le mouvement s'&#233;tendait &#224; la maintenance Orly, et de nombreux vols &#233;taient supprim&#233;s ou retard&#233;s par le blocage des pistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au c&#339;ur de ce mouvement, le refus de la perte de r&#233;mun&#233;ration des heures major&#233;es, le refus de la flexibilit&#233; maximum, l'exigence d'une r&#233;elle r&#233;duction du temps de travail avec des embauches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT, Sud A&#233;rien et le SNMSAC (m&#233;caniciens au sol), non signataires de l'accord, soutiennent ce mouvement, m&#234;me si la CGT est visiblement l'objet de lourdes pressions. Visiblement les dirigeants de la CGT et du PCF ne comprennent pas qu'&#224; Air France non seulement la CGT n'ait pas sign&#233; l'accord, mais qu'en plus elle soutienne une gr&#232;ve contre celui-ci ! Dimanche 17 janvier le mouvement de gr&#232;ve continuait...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17 janvier 1999.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Laurent CARASSO&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> 1982-1998 : La l&#233;gislation sur la dur&#233;e du travail mise &#224; bas
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/1982-1998-La-legislation-sur-la-duree-du-travail-mise-a-bas</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>35 heures
</dc:subject>
		<dc:subject>Code du travail
</dc:subject>
		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
</dc:subject>

		<description>Le patronat a des objectifs &#224; long terme fix&#233;s d&#232;s 1972. Il veut obtenir une souplesse dans l'utilisation de la force de travail. Dans les ann&#233;es 70 elle passe par : le recours aux heures suppl&#233;mentaires, et le recours aux contrats &#224; dur&#233;e d&#233;termin&#233;e, au travail temporaire, au temps partiel en s'appuyant sur la volont&#233; des femmes de travailler. Les patrons ont ainsi exp&#233;riment&#233; sur elles une flexibilit&#233; qu'ils cherchent aujourd'hui &#224; &#233;tendre &#224; toute la classe ouvri&#232;re. &lt;br /&gt;Restaient en place les normes&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le patronat a des objectifs &#224; long terme fix&#233;s d&#232;s 1972. Il veut obtenir une souplesse dans l'utilisation de la force de travail. Dans les ann&#233;es 70 elle passe par : le recours aux heures suppl&#233;mentaires, et le recours aux contrats &#224; dur&#233;e d&#233;termin&#233;e, au travail temporaire, au temps partiel en s'appuyant sur la volont&#233; des femmes de travailler. Les patrons ont ainsi exp&#233;riment&#233; sur elles une flexibilit&#233; qu'ils cherchent aujourd'hui &#224; &#233;tendre &#224; toute la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Restaient en place les normes &#233;labor&#233;es depuis un si&#232;cle : la dur&#233;e du travail d&#233;compt&#233;e sur la semaine, la d&#233;finition collective du temps de travail et le r&#244;le central de la loi dans la d&#233;finition des r&#232;gles. Pour imposer aux travailleurs une totale adaptation aux besoins de production sans stocks, au juste &#224; temps ...il fallait changer tout cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une bataille id&#233;ologique s'est engag&#233;e, port&#233;e par les patrons, les gouvernements successifs, les sociologues et statisticiens aux ordres. Son but, retirer toute l&#233;gitimit&#233; &#224; une id&#233;e pourtant simple : plus l'horaire est r&#233;gulier, plus il est collectif, plus il est possible d'organiser sa vie en dehors du travail, et plus les travailleurs sont forts pour d&#233;fendre cette dur&#233;e du travail. On a eu droit &#224; tous les arguments : les besoins des entreprises dans le cadre de la r&#233;habilitation du profit, la comp&#233;tition des entreprises fran&#231;aises au plan international, les possibilit&#233;s pour les patrons &#171; d'&#233;viter les licenciements &#187;, la diversification des horaires pour r&#233;pondre aux aspirations des travailleurs. Le dernier en date &#233;tant que la flexibilit&#233; est la contrepartie &#224; une r&#233;duction du temps de travail, elle-m&#234;me n&#233;cessaire pour donner du travail aux ch&#244;meurs. C'est la sp&#233;cialit&#233; des gouvernements de gauche de donner des miettes aux travailleurs, alors qu'en r&#233;alit&#233; l'essentiel est donn&#233; aux patrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bataille id&#233;ologique ne suffisant pas, il fallait faire sauter les blocages l&#233;gaux. De 1982 &#224; la Loi Aubry, il y a eu sur tous les points un retournement complet, assum&#233; par la droite et la gauche.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Fini le calcul hebdomadaire du temps de travail.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La semaine offre un cadre au salari&#233; qui permet d'organiser sa vie. Elle interdit au patron de moduler le travail en fonction des commandes, des saisons, et limite la dur&#233;e d'ouverture des ateliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ordonnance de 1982, celle des 39h, ouvre toutes les br&#232;ches dans lesquelles les modifications ult&#233;rieures s'engouffreront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle inaugure l'annualisation de la r&#233;f&#233;rence du temps de travail en d&#233;comptant les heures suppl&#233;mentaires sur l'ann&#233;e et pr&#233;voit d&#233;j&#224; la possibilit&#233; de recourir &#224; la modulation des horaires de travail sur l'ann&#233;e par accord d'entreprise, en proposant une subvention pour celles qui diminueraient le temps de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conditions de modulations, un peu rigides sont assouplies en 1987 par la Loi Seguin, puis par la Loi quinquennale de 1993 qui offre des formules encore plus souples d'annualisation du temps de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a plus grand chose &#224; bouger : la structure hebdomadaire du travail est d&#233;bord&#233;e. La r&#233;f&#233;rence des n&#233;gociations d'entreprise devient l'ann&#233;e. Il fallait pour n&#233;gocier que les patrons et les syndicats s'y mettent. Cela n'allait pas assez vite. M&#234;me avec la Loi De Robien. Le nombre d'entreprises engageant de telles proc&#233;dures &#233;tait limit&#233;. La Loi Aubry oblige &#224; n&#233;gocier avec date limite et incitation financi&#232;re consid&#233;rable. La volont&#233; est claire. Le cadre l&#233;gal existait, la loi oblige &#224; l'utiliser.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Diminution du nombre de salari&#233;s travaillant en horaire collectif.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La r&#232;gle &#233;tait la fixation collective des horaires de travail dans des cadres l&#233;gaux. Cela r&#233;duisait un peu l'arbitraire patronal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en 1982 que l'ordonnance introduit la possibilit&#233; de mettre en place &#171; sur demande du personnel &#187; des horaires individuels flexibles. Petite garantie : le CE a le droit de veto, il l'exerce rarement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est surtout par le temps partiel que l'individualisation concerne de plus en plus de travailleurs. Sur ce terrain, depuis 1982, tous les gouvernants ont eu la m&#234;me politique d'incitation financi&#232;re pour les patrons qui embauchent &#224; temps partiel. La part des actifs travaillant &#224; temps partiel est pass&#233;e de 8,2% en 1979 &#224; 15% aujourd'hui. Cela concerne principalement les femmes : 29% des femmes qui travaillent sont &#224; temps partiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; tout l'individualisation ne se r&#233;pand pas aussi vite que l'annualisation parce qu'en l'absence de salaire au rendement, le temps de travail est encore pour les patrons le moyen le plus efficace de contr&#244;le du travail.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Fini les lois, vive les accords d'entreprise.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis le XIX&#176; si&#232;cle, les lois relatives au temps de travail ne pouvaient &#234;tre transgress&#233;es, m&#234;me avec l'accord des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore une fois c'est en 1982 que l'ordonnance pr&#233;voit en m&#234;me temps la modification des d&#233;crets d'application de la loi des 40 h et la possibilit&#233; de d&#233;roger aux r&#232;gles par accord collectif . Les d&#233;crets ne seront pas modifi&#233;s par de nouveaux d&#233;crets, ils tomberont d'eux m&#234;mes par la signature d'accords. Dans ce cadre le r&#233;sultat des n&#233;gociations peut &#234;tre moins favorable au salari&#233; que le r&#233;gime l&#233;gal, alors qu'auparavant un accord ne pouvait qu'apporter des avantages suppl&#233;mentaires : ainsi des accords de branche vont pr&#233;voir un contingent annuel d'heures suppl&#233;mentaires sup&#233;rieur aux 130 heures r&#233;glementaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but les possibilit&#233;s de d&#233;rogation &#233;taient limit&#233;es. Mais ces limites tombent vite. La Loi Delebarre de 1986, puis surtout la Loi Seguin de 1987 rendent la modulation possible par accord d'entreprise, sans autre contrainte. Elle laisse ainsi &#224; chaque entreprise, &#224; chaque syndicat, m&#234;me minoritaire, la possibilit&#233; de r&#233;gler ces questions essentielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Loi Aubry parach&#232;ve une &#233;volution en l'aggravant. Avant, il fallait qu'existe dans l'entreprise une section syndicale repr&#233;sentative pour qu'un accord d&#233;rogatoire soit conclu. Vu l'implantation syndicale, notamment dans les PME, le nombre de travailleurs susceptibles d'&#234;tre concern&#233;s &#233;tait donc limit&#233;. Avec la possibilit&#233; de conclusion d'accords par un salari&#233; mandat&#233; par un syndicat, m&#234;me en l'absence de section syndicale, on ouvre la porte &#224; toutes les d&#233;rives favorables au patronat dans les PME, avec l'objectif que cela p&#232;se sur les grosses boites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Loi Aubry s'inscrit dans une &#233;volution profonde de la politique &#171; sociale &#187;, et vise &#224; prolonger en les accentuant sur certains points les &#233;volutions des 16 derni&#232;res ann&#233;es. Chaque gouvernement a rajout&#233; une pierre &#224; un &#233;difice dont l'objectif est unique depuis le d&#233;but : adapter le temps de travail des millions de travailleurs aux besoins des b&#233;n&#233;fices de quelques milliers de patrons .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Charles PAZ&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;La dur&#233;e du travail : un combat de toujours.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis le si&#232;cle dernier l'augmentation de la productivit&#233; est telle que la question se pose en permanence. Sur les 100 derni&#232;res ann&#233;es, elle a augment&#233; au point qu'il faut aujourd'hui 13 fois moins d'heures de travail pour produire un produit donn&#233;. Mais l'effet pour la classe ouvri&#232;re n'est pas obligatoirement favorable. Les luttes pour la r&#233;duction du temps de travail, pour le droit au repos, aux cong&#233;s, existent depuis la naissance du mouvement ouvrier et la l&#233;gislation du travail en France na&#238;t sur ce sujet au milieu du XIX&#176; si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1841 - 8h par jour pour les enfants de 8 &#224; 12 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1848 - dur&#233;e maximale quotidienne 12h.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1900 - diminution de cette dur&#233;e &#224; 10 h.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1906 - 6 jours maximum par semaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1919 - la r&#233;volution menace en Europe, il faut acheter la paix sociale : la loi des 8h par jour est adopt&#233;e. Mais on travaille 6 jours par semaine, donc 48 h.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1936 - la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#233;clate au moment de l'&#233;lection du gouvernement de Front Populaire : adoption de la loi des 40h (8 heures sur 5 jours de travail) et 2 semaines de cong&#233;s pay&#233;s. Mais les patrons arrivent &#224; maintenir la dur&#233;e r&#233;elle bien au del&#224; de cela avec des motifs de pr&#233;paration de la guerre, puis de reconstruction, puis... La dur&#233;e effective se situera en fait entre 44 et 45 h par semaine jusqu'en 1969 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la crise la dur&#233;e r&#233;elle va diminuer pour atteindre 40,5 h en 1981, essentiellement par diminution des heures suppl&#233;mentaires dans un premier temps, puis par l'introduction du temps partiel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Travailler tous, travailler moins !
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Travailler-tous-travailler-moins</link>
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		<dc:date>1999-01-31T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>35 heures
</dc:subject>
		<dc:subject>Ch&#244;mage
</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme
</dc:subject>
		<dc:subject>Politique
</dc:subject>

		<description>&#171; Camarade soleil, tu ne trouves pas que c'est un peu con de donner une journ&#233;e pareille &#224; un patron &#187; ( Pr&#233;vert) &lt;br /&gt;Significative est l'absence de mobilisations pour l'application &#171; positive &#187; de la loi Aubry d'incitation &#224; la r&#233;duction du temps de travail. Pourtant le gouvernement, le Minist&#232;re du Travail et les centrales syndicales se d&#233;m&#232;nent pour en convaincre les travailleurs. En pratique, les seules luttes li&#233;es &#224; la Loi Aubry sont celles qui s'opposent &#224; la mise en place de la flexibilit&#233; et &#224;&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;em&gt;Camarade soleil, tu ne trouves pas que c'est un peu con de donner une journ&#233;e pareille &#224; un patron&lt;/em&gt; &#187; ( Pr&#233;vert)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Significative est l'absence de mobilisations pour l'application &#171; positive &#187; de la loi Aubry d'incitation &#224; la r&#233;duction du temps de travail. Pourtant le gouvernement, le Minist&#232;re du Travail et les centrales syndicales se d&#233;m&#232;nent pour en convaincre les travailleurs. En pratique, les seules luttes li&#233;es &#224; la Loi Aubry sont celles qui s'opposent &#224; la mise en place de la flexibilit&#233; et &#224; l'utilisation par les patrons des avantages qu'ils tirent de ce texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce &#224; dire que la revendication traditionnelle du mouvement ouvrier de r&#233;duction du temps de travail n'est plus d'actualit&#233; ? Cette question est pourtant directement au c&#339;ur du rapport de forces entre les classes. Travailler moins pour le m&#234;me salaire est un moyen tr&#232;s important de r&#233;duire la pression de l'exploitation. Autrement dit : &#171; c'est toujours &#231;a que les patrons n'auront pas &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part l'emploi est sans doute la pr&#233;occupation la mieux partag&#233;e dans la classe ouvri&#232;re. Elle appara&#238;t &#233;videmment du c&#244;t&#233; des ch&#244;meurs dont les luttes recueillent un &#233;cho et une sympathie tr&#232;s larges, des salari&#233;s en lutte contre les licenciements et les fermetures d'entreprises. Mais ph&#233;nom&#232;ne plus r&#233;cent, ces derniers mois ce sont les gr&#232;ves pour refuser la pr&#233;carit&#233;, pour imposer des embauches : SNCF, poste, RATP, transports urbains, etc. Dans ce que les m&#233;dias appellent les &#171; secteurs prot&#233;g&#233;s &#187;, ces travailleurs se mobilisent pour am&#233;liorer leurs conditions de travail, mais aussi pour permettre aux ch&#244;meurs, aux jeunes de trouver un boulot. Ces luttes ne se produisent pas qu'en France : la gr&#232;ve de UPS aux Etats-Unis de l'an dernier &#233;tait elle aussi centr&#233;e sur ces questions.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;C'est toute la soci&#233;t&#233; qu'il faut changer&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il y a plusieurs raisons &#224; l'absence de mobilisation pour la r&#233;duction du temps de travail. Parmi celles-ci le d&#233;voiement de l'id&#233;e m&#234;me de r&#233;duction du temps de travail, notamment par les gouvernements de gauche n'est sans doute pas n&#233;gligeable. La conscience largement r&#233;pandue chez les travailleurs que pour arracher une r&#233;duction du temps de travail il faudrait une mobilisation interprofessionnelle extr&#234;mement puissante, plus forte m&#234;me qu'en novembre-d&#233;cembre 1995 n'incite pas non plus &#224; engager la lutte sur ce terrain dans une entreprise, ni m&#234;me dans une branche. Et comme du c&#244;t&#233; des conf&#233;d&#233;rations il n'y a rien &#224; attendre pour l'organisation d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la raison la plus profonde est sans doute li&#233;e &#224; l'absence d'un projet politique exprimant la capacit&#233; de la classe ouvri&#232;re &#224; apporter ses propres r&#233;ponses. C'est de la responsabilit&#233; des r&#233;volutionnaires de d&#233;fendre des exigences qui soient porteuses d'espoir, de raisons de se battre, qui dessinent une autre soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Mettre fin au ch&#244;mage&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour les d&#233;fenseurs de l'ordre capitaliste, qu'ils soient de droite ou de gauche, il faut que la main invisible du march&#233; offre plus de travail et ainsi r&#233;solve la question . Leur credo c'est : &#171; les profits d'aujourd'hui feront les emplois de demain &#187;. Pourtant les profits augmentent et les emplois diminuent car les &#233;volutions techniques qui permettent de produire plus avec moins de main-d'&#339;uvre ont &#233;t&#233; utilis&#233;es par les patrons &#224; leur profit quasi exclusif. Depuis le d&#233;but du si&#232;cle les luttes ouvri&#232;res ont un peu limit&#233; cet effet : si on travaillait autant qu'en 1920, il y aurait deux fois plus de ch&#244;meurs : la semaine de 40 heures, les cong&#233;s pay&#233;s ont r&#233;ussi &#224; r&#233;duire la part des progr&#232;s de la soci&#233;t&#233; vol&#233;e par les patrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous la productivit&#233;, la modernisation doivent profiter &#224; tous en permettant &#224; tous de travailler moins. Pour &#233;liminer le ch&#244;mage, la pr&#233;carit&#233;, l'exclusion, pour en finir avec la division qui affaiblit le camp des opprim&#233;s, il faut imposer une r&#233;duction massive, imm&#233;diate du temps de travail, sans perte de salaire, avec embauches correspondantes : pour les 32 heures, les 30 heures avec des ch&#244;meurs pour occuper les postes vacants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour abolir d&#233;finitivement le ch&#244;mage, en finir avec une situation o&#249; ceux qui sont sans emploi gal&#232;rent, et ceux qui en ont un sont soumis &#224; un chantage permanent, il faut imposer la revendication de l'&#233;chelle mobile des heures de travail. Tant qu'il y a un ch&#244;meur, on baisse le temps de travail sous le contr&#244;le des travailleurs qui d&#233;cident comment on embauche et on travaille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r les patrons ne voudront pas se laisser faire. On sait bien que les patrons cherchent toujours &#224; r&#233;cup&#233;rer ce qu'ils sont oblig&#233;s parfois de l&#226;cher. Pour eux la gestion de stocks est plus importante que la vie de millions de travailleurs. Pour eux il faut adapter les hommes, le travail des hommes aux besoins des profits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est seulement en imposant les besoins de l'immense majorit&#233; de la population, de la classe ouvri&#232;re, aux capitalistes, qu'on peut r&#233;soudre les probl&#232;mes de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Vivre librement&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;R&#233;duire le temps de travail c'est aussi permettre aux travailleurs de pouvoir disposer de leur temps. Pour les poss&#233;dants, les travailleurs ne servent qu'&#224; fournir du profit, leurs besoins personnels n'entrant en ligne de compte que pour acheter et &#234;tre capables de travailler selon les crit&#232;res fix&#233;s par les patrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vivre librement c'est d&#233;cider de la fa&#231;on dont on organise sa vie, entre le travail et les loisirs, c'est d&#233;cider comment on r&#233;partit entre les individus, notamment les hommes et les femmes les diverses t&#226;ches et responsabilit&#233;s de la vie en commun, c'est avoir le temps de se pr&#233;occuper de l'organisation de la soci&#233;t&#233;, de d&#233;terminer les choix sociaux les plus adapt&#233;s aux besoins effectifs de la majorit&#233; de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voulons construire une soci&#233;t&#233; &#233;galitaire qui devra remettre en cause le partage traditionnel du travail dans la soci&#233;t&#233;, casser le syst&#232;me qui diff&#233;rencie les d&#233;cideurs qui doivent avoir du temps pour penser et des moyens pour diriger et les exploit&#233;s et opprim&#233;s qui n'ont que leur vie &#224; perdre pour la gagner et aussi briser la r&#233;partition sexu&#233;e du travail entre les hommes et les femmes, dans laquelle les femmes sont rejet&#233;es dans la fonction &#171; domestique &#187; m&#234;me quand elles travaillent pendant que les hommes assurent la repr&#233;sentation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Construire une soci&#233;t&#233; &#233;galitaire, c'est permettre &#224; chacun et &#224; tous d'avoir les moyens de choix globaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Frida FUEGO&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Charles PAZ&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Les 35 heures dans les banques
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Les-35-heures-dans-les-banques</link>
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		<dc:date>1999-01-31T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Entreprises
</dc:subject>
		<dc:subject>35 heures
</dc:subject>
		<dc:subject>Banques
</dc:subject>

		<description>Piliers du MEDEF (ex CNPF), les banquiers regroup&#233;s dans l'Association fran&#231;aise des banques (AFB) ont r&#233;agi tr&#232;s rapidement &#224; l'annonce de la loi Aubry. Ils y ont vu imm&#233;diatement un moyen de r&#233;aliser un vieux r&#234;ve : briser les acquis sociaux des salari&#233;s de la profession. D&#232;s la fin 97, alors que les contours du texte n'&#233;taient pas encore totalement connus, ils ont annonc&#233; leur intention de lier la r&#233;duction du temps de travail (RTT) &#224; une ren&#233;gociation de la convention collective de la branche. Ce&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Piliers du MEDEF (ex CNPF), les banquiers regroup&#233;s dans l'Association fran&#231;aise des banques (AFB) ont r&#233;agi tr&#232;s rapidement &#224; l'annonce de la loi Aubry. Ils y ont vu imm&#233;diatement un moyen de r&#233;aliser un vieux r&#234;ve : briser les acquis sociaux des salari&#233;s de la profession. D&#232;s la fin 97, alors que les contours du texte n'&#233;taient pas encore totalement connus, ils ont annonc&#233; leur intention de lier la r&#233;duction du temps de travail (RTT) &#224; une ren&#233;gociation de la convention collective de la branche. Ce statut sign&#233; en 1952 &#233;tait un des plus favorables aux salari&#233;s. Malgr&#233; les modifications intervenues depuis, il maintenait un ensemble de garanties collectives comportant de nombreuses contraintes pour les patrons. La convention collective fut d&#233;nonc&#233;e en f&#233;vrier 98. Quant aux f&#233;d&#233;rations syndicales, elles se sont empress&#233;es d'&#233;tayer l'argumentation patronale en exigeant un accord sur le temps de travail en contrepartie de la discussion sur un nouveau texte conventionnel. Ce que l'AFB a &#233;videmment accept&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les banques, les objectifs patronaux ne diff&#232;rent gu&#232;re de ceux affich&#233;s dans les autres professions. Flexibilit&#233; accrue, baisse du co&#251;t du travail, heures suppl&#233;mentaires, modulation des effectifs, des horaires et des salaires au gr&#233; de leurs besoins, recours permanent au travail &#224; dur&#233;e d&#233;termin&#233;e et droit de licenciement sans limitation sont au menu. Concernant les 35 heures, les banquiers ont annonc&#233; la couleur : ils retranchent de la dur&#233;e du travail annualis&#233;e les jours f&#233;ri&#233;s et les jours de cong&#233;s contenus dans la convention collective. Ainsi ils arrivent &#224; une dur&#233;e hebdomadaire effective de 36 h 20. Il ne reste qu'&#224; &#171; octroyer &#187; une douzaine de jours compl&#233;mentaires au bon vouloir des entreprises. Ce syst&#232;me permet de voler la moiti&#233; de la RTT. L'objectif est clair : la r&#233;duction du temps de travail l&#233;gal ne doit pas se traduire par une diminution des horaires. En recommandant de r&#233;partir le travail sur quatre jours, l'AFB cherche m&#234;me &#224; augmenter l'amplitude d'ouverture des guichets et services &#224; moindre co&#251;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si elle pr&#233;tend r&#233;aliser 50 000 embauches sur quatre ans, c'est en contrepartie d'un dispositif permettant des d&#233;parts en retraites anticip&#233;es. Aucun engagement chiffr&#233; de cr&#233;ation d'emploi n'a &#233;t&#233; pris. Dans un secteur regroupant 400 entreprises et 200 000 salari&#233;s, qui a supprim&#233; plusieurs dizaines de milliers d'emplois en 20 ans et pr&#233;voit de nouvelles diminutions de postes, les embauches induites par le passage aux 35 heures ne repr&#233;senteraient qu'une goutte d'eau. Quant aux salaires, s'ils sont maintenus, c'est au profit de l'instauration d'une r&#233;mun&#233;ration &#224; deux vitesses, la partie au-del&#224; de 35 heures devenant une indemnit&#233; dont l'&#233;volution n'est pas garantie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Venant apr&#232;s la loi quinquennale de 1993 et surtout le nouveau d&#233;cret de 1997 - une des derni&#232;res mesures prises par le gouvernement Jupp&#233; - qui rempla&#231;ait le d&#233;cret de 37 r&#233;glementant la dur&#233;e quotidienne et hebdomadaire du travail dans la profession, la loi Aubry autorise le patronat bancaire &#224; parachever un dispositif d&#233;structurant totalement le travail et son organisation. Elle permet ainsi un renforcement de l'exploitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'AFB a trouv&#233; un volontaire (le SNB-CGC) pour parapher son texte, elle a surtout pu compter sur la passivit&#233; de l'ensemble des f&#233;d&#233;rations syndicales. Non seulement celles-ci ont accept&#233; de n&#233;gocier avec le patronat mais elles ont &#233;vit&#233; de mettre en avant les quelques revendications unificatrices qui auraient permis d'entra&#238;ner les salari&#233;s dans une mobilisation d'ampleur qui seule pouvait faire reculer les banquiers. Appelant &#224; des journ&#233;es d'action sur des objectifs confus, elles ont contribu&#233; &#224; limiter la riposte des employ&#233;s de banques. Derri&#232;re cette attitude, on retrouve le refus des appareils syndicaux de se heurter au gouvernement en d&#233;non&#231;ant la loi Aubry et plus g&#233;n&#233;ralement la politique du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 janvier 1999&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Eric PERREUX&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> SNCF : 35H &#224; l'horizon, sur fond de gr&#232;ves
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		<dc:date>1999-01-31T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Entreprises
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		<dc:subject>SNCF
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		<dc:subject>35 heures
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		<description>Dans une entreprise qui a diminu&#233; les effectifs de 6 000 par an depuis plus de 50 ans, avec des pointes de -9 000 dans les ann&#233;es 80, la perspective d'une diminution du temps de travail devrait s&#233;duire. D'autant plus que des mouvements de gr&#232;ve se sont succ&#233;d&#233;s depuis cet &#233;t&#233;, avec comme revendication quasi unique : des embauches. &lt;br /&gt;Cette vague a en fait commenc&#233; un peu avant la Coupe du Monde, comme &#224; Villeneuve-Saint-Georges par exemple. Elle a repris de plus belle d&#232;s septembre avec la gr&#232;ve de la&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans une entreprise qui a diminu&#233; les effectifs de 6 000 par an depuis plus de 50 ans, avec des pointes de -9 000 dans les ann&#233;es 80, la perspective d'une diminution du temps de travail devrait s&#233;duire. D'autant plus que des mouvements de gr&#232;ve se sont succ&#233;d&#233;s depuis cet &#233;t&#233;, avec comme revendication quasi unique : des embauches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette vague a en fait commenc&#233; un peu avant la Coupe du Monde, comme &#224; Villeneuve-Saint-Georges par exemple. Elle a repris de plus belle d&#232;s septembre avec la gr&#232;ve de la Ligne C du RER.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis des agressions de cheminots amenaient des arr&#234;ts de travail aux quatre coins du pays : Paris-Saint-Lazare, suivi de Paris-Nord, &#224; nouveau la ligne C du RER, Versailles, etc. Un mouvement des conducteurs et des contr&#244;leurs dura environ une semaine sur toute la r&#233;gion parisienne et quelques r&#233;gions de province, Normandie ou Picardie par exemple. D'autres gr&#232;ves, en particulier dans le Midi, ont suivi encore en novembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Caract&#233;ristique de ces mouvements : les syndicats en prennent la direction, s'affichent unitaires du d&#233;but &#224; la fin, en bref les accompagnent sans chercher &#224; les &#233;tendre. Car &#224; aucun moment les syndicats n'ont appel&#233; &#224; l'extension &#224; tous les services, ni m&#234;me simplement parl&#233; de sa n&#233;cessit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une journ&#233;e europ&#233;enne des transports, le 23 novembre, fut la seule occasion pour tous les cheminots de faire gr&#232;ve ensemble &#224; l'appel de tous les syndicats. En revanche c'est dans le d&#233;sordre syndical qu'&#233;taient lanc&#233;s des appels pour le 27, toujours sur la question des effectifs. Et seuls les agents de train (contr&#244;leurs) entraient massivement dans la gr&#232;ve et obtenaient au bout de 18 jours des effectifs suppl&#233;mentaires (ils sont 9 600 et r&#233;clamaient 540 postes) et l'augmentation d'une prime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; la gr&#232;ve des contr&#244;leurs, direction SNCF et gouvernement refusaient de c&#233;der aux demandes d'embauches, du moins officiellement. Car localement la SNCF c&#233;dait un peu, parfois, ici ou l&#224;. Elle annon&#231;ait m&#234;me 800 emplois suppl&#233;mentaires (400 cheminots et 400 emplois-jeunes) pour r&#233;pondre aux probl&#232;mes de s&#233;curit&#233;. Enfin en d&#233;cembre le PDG Gallois promettait le maintien des effectifs cheminots pour 1999. Ce serait la premi&#232;re fois depuis 1982, qui &#233;tait une exception depuis 1945 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout la SNCF s'est mise &#224; faire miroiter les n&#233;gociations sur les 35h. Elle mart&#232;le que chacun doit y trouver son int&#233;r&#234;t : les cheminots et la SNCF. Nous y voil&#224; ! Promesses d'embauches (mais par ailleurs le PDG lui-m&#234;me n'a parl&#233; que de maintien des effectifs !) contre flexibilit&#233; et salaires (ou primes) &#224; la baisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plut&#244;t que de s'opposer par avance &#224; ce marchandage de dupes pour les cheminots, les syndicats (qui chiffrent pourtant eux-m&#234;mes les effectifs suppl&#233;mentaires n&#233;cessaires entre 16 500 &#224; 20 000 pour 173 000 cheminots actuellement) pr&#233;f&#232;rent r&#233;clamer une contribution de l'Etat. Parfois ils se disent m&#234;me press&#233;s de conclure et de passer... &#224; des n&#233;gociations locales, donc &#233;clat&#233;es, comme le furent les gr&#232;ves r&#233;centes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait la perspective des 35h inqui&#232;te plut&#244;t les cheminots, m&#234;me s'ils ne per&#231;oivent pas encore les man&#339;uvres actuelles. D'autant plus qu'elle se double de celle d'une rediscussion sur leur r&#233;gime particulier de retraites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8 janvier 1999&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bertrand LEPAGE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Quelques correspondances sur les gr&#232;ves&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Ci-dessous quelques extraits de correspondance de camarades cheminots. Bien que limit&#233;s &#224; quelques mouvements sur les dizaines qui se sont produits durant les six derniers mois de 1998, ils donnent quelque id&#233;e sur l'ambiance parmi les cheminots et l'attitude de la SNCF.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Villeneuve-St-Georges&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Du lundi 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; juin au mardi 7, les guichetiers des gares de Villeneuve-St-Georges, Villeneuve-Triage et Vigneux ont fait gr&#232;ve suite &#224; l'agression d'un des leurs par quatre malfrats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soutenu par CGT et SUD, ce mouvement pour exiger deux agents en permanence dans la gare de Triage, au lieu d'un, des travaux pour les mettre &#224; l'abri des agressions et l'embauche de deux agents suppl&#233;mentaires, a &#233;t&#233; men&#233; avec la participation de tous les gr&#233;vistes aux d&#233;cisions, aux actions et aux n&#233;gociations...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi c'est tous les gr&#233;vistes qui compos&#232;rent la &#171; d&#233;l&#233;gation &#187; qui n&#233;gocia avec la direction, qui s'adress&#232;rent aux usagers et aux cheminots d'autres secteurs (D&#233;p&#244;ts de Villeneuve, Ateliers TGV, Vendeurs de la Gare de Paris-Lyon), qui d&#233;cid&#232;rent d'occuper un poste d'aiguillage dans le triage ou bloquer des trains de marchandises. (En revanche les gr&#233;vistes avaient d&#233;cid&#233; de ne pas g&#234;ner les usagers, par des occupations de voies par exemple, ce qui a effectivement permis de les mettre de notre c&#244;t&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;...Au huiti&#232;me jour, tous les gr&#233;vistes se sont invit&#233;s &#224; la r&#233;union des DP et ont bruyamment et joyeusement montr&#233; qu'ils ne l&#226;cheraient pas. Nous &#233;tions &#224; la veille de la Coupe du Monde... Le soir la direction jetait en effet l'&#233;ponge et c&#233;dait sur les trois revendications...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D.G.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Ligne C du RER&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En septembre les conducteurs de la ligne C entamaient une gr&#232;ve qui devait durer 14 jours, &#224; l'appel des syndicats, pouss&#233;s par une partie des plus jeunes. Ceux-ci, fra&#238;chement embauch&#233;s, refusaient de compenser le manque d'effectifs par un travail souvent de qualification sup&#233;rieure et dans des conditions &#224; la limite de la r&#233;glementation du travail... La direction a finalement c&#233;d&#233; partiellement en s'engageant sur des formations de conducteurs suppl&#233;mentaires, donc quelques embauches, sans r&#233;ellement donner des garanties chiffr&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette gr&#232;ve &#233;tait reconductible en assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale sous contr&#244;le de l'intersyndicale. En r&#233;alit&#233; les syndicats se concertaient assez peu et n'organisaient pas grand-chose sinon les AG et les discussions avec les patrons. Les jeunes, peu syndiqu&#233;s ou dans des syndicats diff&#233;rents, tout en &#233;tant les plus actifs dans les piquets de gr&#232;ve et &#224; l'initiative du mouvement, ne trouvaient pas une place dans l'organisation de la gr&#232;ve... et peu de r&#233;ponses &#224; leurs demandes d'actions qui auraient permis d'augmenter la pression...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques militants de diff&#233;rents courants r&#233;volutionnaires ont soulev&#233; ces probl&#232;mes. Leurs propositions, accept&#233;es par les gr&#233;vistes, m&#234;me si les syndicats tra&#238;naient les pieds, ont permis d'aller dans d'autres chantiers, ou encore de mieux organiser les piquets de gr&#232;ve... Mais au bout du compte elles ont abouti au mieux &#224; faire la d&#233;monstration de la politique syndicale, sans parvenir &#224; organiser la minorit&#233; la plus active...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B.L.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;D&#233;p&#244;t de Sotteville&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;canos de Sotteville sont partis en gr&#232;ve le 9 octobre, par solidarit&#233; avec les m&#233;canos de Rouen entr&#233;s eux-m&#234;mes en gr&#232;ve le 6 avec ceux de Paris-Saint-Lazare. Mais la gr&#232;ve &#224; Sotteville a continu&#233; apr&#232;s la reprise &#224; Rouen &#224; la suite d'une v&#233;ritable provocation : l'annonce que le nombre des futures formations pour les m&#233;canos &#233;tait revue &#224; la baisse : 40 stagiaires contre 60 attendus. Ce chiffre ne permettra m&#234;me pas de pallier correctement les d&#233;parts en retraite, d'assurer les repos et les cong&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;...Nos AG quotidiennes regroupaient entre 50 et 80 roulants du d&#233;p&#244;t de Sotteville (nous sommes 300). Et la gr&#232;ve, malgr&#233; un pourcentage de gr&#233;vistes &#224; peine sup&#233;rieur &#224; 50%, fut reconduite chaque jour jusqu'au samedi 17 octobre. Pourtant rien de concret n'a &#233;t&#233; acquis...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT et SUD, majoritaire sur le d&#233;p&#244;t, &#233;taient partie prenante. Mais le responsable CGT a limit&#233; ses interventions &#224; la direction locale et on ne peut pas dire qu'il &#233;tait bien chaud... Quant &#224; ceux de SUD, dont les jeunes syndiqu&#233;s poussaient &#224; l'action, ils se sont content&#233;s de l'accompagner et de regretter le manque de perspectives des grandes conf&#233;d&#233;rations...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J.M.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;R&#233;gion Paris-Sud-Ouest&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au mois d'octobre un &#233;tablissement de &#171; s&#233;dentaires &#187;, qui regroupe 700 cheminots du commercial et des gares de Juvisy, Br&#233;tigny, Massy, Orly, Essonne Ligne C, entre en &#233;bullition...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un pr&#233;avis reconductible est brusquement d&#233;pos&#233; par tous les syndicats sur la base d'une revendication simple : des embauches. C'est alors un des rares secteurs qui ne soit pas roulant qui menace de faire gr&#232;ve. La direction r&#233;agit rapidement et s'engage &#224; embaucher pour r&#233;sorber rapidement les repos et les cong&#233;s en retard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mieux elle acc&#233;l&#232;re la &#171; titularisation &#187; de la totalit&#233; des contractuels qui font le m&#234;me travail que les cheminots au statut... Crainte qu'une gr&#232;ve dans ce secteur soit un signal pour d'autres ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M.A.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Paris-Gare-de-Lyon&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;t&#233; dernier, aux guichets de la Gare de Lyon, 300 cheminots, une gr&#232;ve avait &#233;clat&#233; pour demander des effectifs suppl&#233;mentaires. Apr&#232;s deux jours de gr&#232;ve, les camarades qui animent le bulletin &#171; l'Etincelle &#187; proposent que les embauches n&#233;cessaires soient au statut cheminot tandis que le syndicat SUD, d'influence &#233;quivalente &#224; la CGT sur le secteur, fait voter l'acceptation des renforts pour l'&#233;t&#233; propos&#233;s par la direction. Nos camarades n'ont pas trouv&#233; de gr&#233;vistes pr&#234;ts &#224; s'imposer aux c&#244;t&#233;s de la d&#233;l&#233;gation syndicale...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lundi 30 novembre, en AG, environ 80 cheminots des ventes d&#233;cidaient &#224; nouveau une gr&#232;ve qui a touch&#233; 60% des effectifs pendant trois jours. Quelques-uns, apr&#232;s avoir form&#233; des piquets de gr&#232;ve, ont tent&#233; de faire d&#233;brayer d'autres services, mais sans succ&#232;s. Pendant que SUD faisait de la propagande pour une gr&#232;ve nationale, la CGT militait pour des n&#233;gociations locales. Sur proposition de nos camarades les besoins furent chiffr&#233;s, une cinquantaine d'embauche. Cette fois, des gr&#233;vistes, ont bien voulu se joindre &#224; la d&#233;l&#233;gation. Vingt embauches imm&#233;diates ont &#233;t&#233; obtenues. On est quand m&#234;me loin du compte. Mais si un milieu de jeunes voulait aller plus loin, les plus anciens ne se sentaient pas de s'engager, en tout cas &#224; un seul secteur, dans une gr&#232;ve dure...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R.P.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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