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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskyste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> Les leurres du &#171; communisme municipal &#187;
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		<description>Il est arriv&#233; au mouvement ouvrier d'inspiration marxiste, &#224; la fin du 19&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, de conqu&#233;rir des mairies de villes ouvri&#232;res. Il les consid&#233;rait comme des bastions pour organiser les luttes, promouvoir les Bourses de travail. Il ne craignait pas de prendre le risque de voir ses maires r&#233;voqu&#233;s par les pr&#233;fectures. Mais la gestion municipale, &#224; proprement parler, a &#233;t&#233; pour les partis ouvriers r&#233;formistes, qu'ils se disent socialistes ou communistes, l'un des facteurs d'int&#233;gration &#224; l'appareil&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il est arriv&#233; au mouvement ouvrier d'inspiration marxiste, &#224; la fin du 19&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, de conqu&#233;rir des mairies de villes ouvri&#232;res. Il les consid&#233;rait comme des bastions pour organiser les luttes, promouvoir les Bourses de travail. Il ne craignait pas de prendre le risque de voir ses maires r&#233;voqu&#233;s par les pr&#233;fectures. Mais la gestion municipale, &#224; proprement parler, a &#233;t&#233; pour les partis ouvriers r&#233;formistes, qu'ils se disent socialistes ou communistes, l'un des facteurs d'int&#233;gration &#224; l'appareil politique bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;A la conqu&#234;te des municipalit&#233;s avant 1914 &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le 6 juin 1882, le premier maire socialiste de l'histoire, Christophe Thivrier, ouvrier depuis l'&#226;ge de 10 ans, se pr&#233;sente en blouse de travail &#224; la mairie de Commentry (Allier). &#192; cette &#233;poque, l'opposition de classe appara&#238;t clairement dans la composition des listes &#233;lectorales : &#224; droite, des patrons petits et grands, et des notables. &#192; gauche, des ouvriers et plus rarement des employ&#233;s. L'affrontement oppose assez souvent le patron de l'usine de la ville au leader syndical. Comme &#224; Carmaux, en 1892, o&#249; le syndicaliste mineur Jean-Baptiste Calvignac porte les couleurs du socialisme face &#224; son patron le baron Reille. Son licenciement d&#233;clencha une longue gr&#232;ve r&#233;prim&#233;e par l'arm&#233;e. La m&#234;me ann&#233;e, les socialistes Henri Carrette et Sim&#233;on Flaissi&#232;res sont &#233;galement &#233;lus maires, respectivement de Roubaix et Marseille&#8230; En 1912, &#224; la veille de la guerre, on compte 297 municipalit&#233;s socialistes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Quand Jules Guesde ne croyait pas au &#171; socialisme municipal &#187; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement ouvrier est alors divis&#233; entre deux courants principaux : le Parti ouvrier de Jules Guesde et les &#171; possibilistes &#187; &#8211; on dirait aujourd'hui les r&#233;formistes &#8211; men&#233;s par Paul Brousse. Les positions des guesdistes sont radicales, du moins au cours des premi&#232;res ann&#233;es. Le pouvoir communal ne peut &#234;tre qu'une base pour partir &#224; l'assaut du pouvoir central. L'influence de la Commune de Paris est encore tr&#232;s forte. Leur programme pr&#233;conise le droit de vote et d'&#233;ligibilit&#233; pour les femmes, l'armement dans la commune de tous les citoyens, le d&#233;sarmement et le licenciement des forces de police. Sur le plan &#233;conomique, la commune doit se proclamer h&#233;riti&#232;re de toutes les successions, ma&#238;tresse des services publics et s'engager &#224; cr&#233;er des entreprises pour donner du travail aux ch&#244;meurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jules Guesde d&#233;clare qu'il ne peut pas exister de &#171; socialisme municipal &#187;. M&#234;me si son programme, pour les &#233;lections municipales de 1892, pr&#233;sente des revendications plus modestes et imm&#233;diatement r&#233;alisables : cantines scolaires, sanatoriums, dispensaires, maternit&#233;s, bains publics gratuits, bureaux d'aide sociale et juridique, Bourse du travail. Pour leur soutien aux travailleurs, de nombreux maires socialistes sont r&#233;voqu&#233;s ou poursuivis en justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais sur le terrain, les relations des maires socialistes avec diverses institutions bourgeoises, dont la pr&#233;fecture, transforment leur vision de l'&#201;tat. M&#234;me les guesdistes sont rapidement acquis aux pratiques r&#233;formistes du pouvoir municipal. Tous se consacrent &#224; essayer d'am&#233;liorer les conditions de vie de la classe ouvri&#232;re dans le cadre du syst&#232;me capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la veille de la Premi&#232;re Guerre mondiale, nombre de maires socialistes sont d&#233;j&#224; devenus des notables&#8230; entra&#238;n&#233;s &#224; la d&#233;claration de guerre, comme la direction de leur parti par le courant patriotique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'Internationale communiste et les municipalit&#233;s &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En 1920, l'Internationale communiste avait d&#233;fini la tactique des r&#233;volutionnaires face aux instances d&#233;mocratiques. &lt;em&gt; &#171; Les parlements bourgeois, constituant un des principaux appareils de la machine gouvernementale de la bourgeoisie, ne peuvent pas plus &#234;tre conquis par le prol&#233;tariat que l'&#201;tat bourgeois en g&#233;n&#233;ral &#187; &lt;/em&gt;. L'IC pr&#233;cisait qu'il &lt;em&gt; &#171; en est de m&#234;me des institutions municipales ou communales de la bourgeoisie, qu'il est th&#233;oriquement faux d'opposer aux organes gouvernementaux. &#192; la v&#233;rit&#233;, elles font aussi partie du m&#233;canisme gouvernemental de la bourgeoisie : elles doivent &#234;tre d&#233;truites par le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire et remplac&#233;es par les Soviets de d&#233;put&#233;s ouvriers &#187; &lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, pour les &#233;lections municipales 1925, le jeune Parti communiste se pr&#233;sente, face au &#171; Bloc national &#187; des partis de droite et au &#171; Bloc des gauches &#187;, sous l'&#233;tiquette d'un &#171; Bloc ouvrier paysan &#187; dont l'objectif est pr&#233;cis&#233; ainsi : &lt;em&gt; &#171; Qu'il soit ma&#238;tre de la Mairie, en minorit&#233; ou absent du Conseil municipal, le Bloc Ouvrier Paysan fera son travail municipal. En dehors de la mairie, en marge des organismes municipaux constitutionnels, le Bloc des Municipalit&#233;s Ouvri&#232;res et Paysannes fonctionnera et sera anim&#233; d'une vie propre. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; Elus ou non, c'est avec les masses prol&#233;tariennes et rurales que les communistes feront leur travail municipal. C'est avec les repr&#233;sentants des organisations prol&#233;tariennes, avec les groupements de locataires, de mal lotis, d'anciens combattants, avec les comit&#233;s de march&#233;s, d'usagers, de consommateurs, avec la masse des femmes, des soldats, des apprentis (priv&#233;s de toute repr&#233;sentation politique), avec successivement toutes les cat&#233;gories de travailleurs, dont les int&#233;r&#234;ts imm&#233;diats seront directement en jeu, qu'ils envisageront les modalit&#233;s selon lesquelles l'action du B.O.P. (Bloc Ouvrier Paysan) sera bien l'expression directe de la volont&#233; des masses exploit&#233;es &#187;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre la crise des loyers et du logement, il pr&#233;conise &lt;em&gt; &#171; la construction en quantit&#233; suffisante de logements sains &#187; &lt;/em&gt; et &lt;em&gt; &#171; la d&#233;claration obligatoire des logements vacants et leur location directe par les offices municipaux du logement &#187; &lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il insiste sur le fait que &lt;em&gt; &#171; La lutte pour les municipalit&#233;s, surtout dans les circonstances pr&#233;sentes, ne peut se d&#233;rouler sur le terrain &#233;troit des seules revendications locales &#187; &lt;/em&gt;. Il avance des mesures plus g&#233;n&#233;rales telle celle &lt;em&gt; &#171; contre les cons&#233;quences de la crise &#233;conomique &#8211; Le maintien strict de la journ&#233;e de huit heures ; l'interdiction pour le patronat de licencier un seul ouvrier tant que la journ&#233;e de huit heures ne sera pas int&#233;gralement appliqu&#233;e, dans telle ou telle entreprise &#187; &lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que le droit de vote ne sera accord&#233; aux femmes que 20 ans plus tard, le Parti communiste r&#233;clame pour elles le droit de vote et de mettre des candidates sur ses listes. Les pr&#233;fets ont beau rappeler aux mairies qu'en d&#233;pit &lt;em&gt; &#171; des informations parues dans certains journaux &lt;/em&gt; [&#8230;] &lt;em&gt; les bulletins portant des noms de femmes sont nuls &#187; &lt;/em&gt;, dix femmes seront n&#233;anmoins &#233;lues&#8230; r&#233;voqu&#233;es quelques mois plus tard par la pr&#233;fecture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le Parti Communiste &lt;em&gt; &#171; entend relier de la fa&#231;on la plus serr&#233;e les revendications municipales aux grandes questions &#233;conomiques et politiques d'ordre national et international qui les conditionnent presque enti&#232;rement &#187; &lt;/em&gt;. Mussolini &#233;tant au pouvoir depuis 1922 en Italie, il fait donc par exemple figurer la lutte contre le fascisme dans son programme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les maires communistes de ces premi&#232;res ann&#233;es du PC, anciens &#233;lus socialistes qui ont suivi la majorit&#233; du congr&#232;s de Tours (d&#233;cembre 1920) ou nouveaux &#233;lus des &#233;lections de 1925, sont amen&#233;s &#224; affronter l'&#201;tat, par exemple en soutenant les mutins de la Mer noire qui ont refus&#233; de combattre contre l'URSS, puis contre la guerre du RIF en 1924, quand le PC de l'&#233;poque prend de courageuses positions anti-colonialistes. Des maires et conseillers municipaux sont arr&#234;t&#233;s. Ils m&#232;nent aussi des luttes vigoureuses sur le terrain du logement, n'h&#233;sitant pas &#224; menacer de repr&#233;sailles physiques les &#171; vautours &#187; &#8211; surnom des propri&#233;taires h&#233;rit&#233; de l'&#233;poque de la Commune &#8211; et s'opposent physiquement aux tentatives d'expulsion. Enfin le maire communiste est souvent en premi&#232;re ligne pour soutenir les gr&#233;vistes des entreprises locales &#224; qui sont attribu&#233;s des salles de r&#233;unions, des cantines, des allocations, la gratuit&#233; de diff&#233;rents services.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les maires communistes r&#233;tifs aux consignes &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de maires, qui n'ont adh&#233;r&#233; au PC que pour ne pas se couper de leurs &#233;lecteurs ouvriers, rechignent &#224; appliquer les nouvelles directives. Certains retournent &#224; la SFIO, les plus nombreux font le dos rond. Mais dans le PC lui-m&#234;me, la politique dite de &#171; bolchevisation &#187; d&#233;cid&#233;e par Moscou, qui vise officiellement &#224; &#233;purer le parti, et en particulier les municipalit&#233;s, de leurs &#233;l&#233;ments opportunistes, et &#224; recentrer le travail militant autour des cellules d'entreprises et non plus des structures locales, tourne surtout &#224; la s&#233;lection des cadres fid&#232;les &#224; la direction stalinienne. Les maires communistes commencent &#224; suivre leurs pr&#233;d&#233;cesseurs guesdistes sur le chemin du r&#233;formisme, surtout apr&#232;s les &#233;lections de 1936 et l'alliance du Front populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le PC est interdit en 1939 &#224; la suite du pacte germano-sovi&#233;tique, certains de ses maires renient le parti pour conserver leur fauteuil, tel le maire de Bobigny Clamamus qui garda son poste&#8230; sous P&#233;tain. Sans parler du cas plus connu de Doriot, rival de Thorez et maire de Saint-Denis, exclu en 1934 pour avoir pr&#233;conis&#233; l'alliance avec la SFIO, puis fondateur en 1936 du Parti Populaire Fran&#231;ais fascisant.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;1945-47, &#224; l'heure de la &#171; reconstruction patriotique &#187; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au lendemain de la Deuxi&#232;me Guerre mondiale, le PC retrouve ses municipalit&#233;s de 1936 et en gagne de nouvelles. Il dirige ainsi 1 462 communes, dont 46 en banlieue parisienne et 4 villes de plus de 100 000 habitants : Toulon, Nantes, Limoges, Reims, auxquelles s'ajoute Marseille en 1946. On trouve dans les mairies communistes une nouvelle g&#233;n&#233;ration de cadres du PC, issus de la R&#233;sistance. La plupart sont d'origine ouvri&#232;re. Mais le PC participe au gouvernement et soutient l'effort de &lt;em&gt; &#171; reconstruction patriotique &#187; &lt;/em&gt; et ses &#233;quipes municipales peuvent &#224; la fois afficher leur soutien &#224; l'URSS, et appeler les travailleurs &#224; retrousser les manches.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le relatif isolement du temps de la guerre froide &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La guerre froide et l'&#233;viction du PC du gouvernement, en 1947, rendent plus d&#233;licate la collaboration de ses maires avec l'&#201;tat. Une nouvelle &#233;lection municipale a lieu cette ann&#233;e-l&#224;, o&#249; le Parti socialiste privil&#233;gie les alliances avec la droite pour combattre les communistes. M&#234;me dans la petite couronne parisienne, ladite &#171; banlieue rouge &#187;, le PC ne conserve que 27 mairies sur les 45 qu'il avait gagn&#233;es deux ans plus t&#244;t. Les conflits sont parfois violents, les provocations multiples, comme lorsque les milices du RPF (le parti cr&#233;&#233; par De Gaulle) effectuent une descente &#224; Ivry en 1948, obligeant les passants &#224; crier &lt;em&gt; &#171; Vive de Gaulle, &#224; bas Thorez &#187; &lt;/em&gt; et se battent avec les ouvriers. Plusieurs maires PC sont destitu&#233;s. N&#233;anmoins, dans les bastions qu'il conserve, le PC, qui caresse toujours l'espoir de revenir au gouvernement, tient &#224; continuer &#224; faire preuve de ses qualit&#233;s de gestionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;1965-77 : l'Union de la gauche et&#8230; l'&#226;ge d'or du communisme municipal &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est gr&#226;ce au retournement du PS qui cherche les alliances auxquelles la constitution gaulliste de 1958 pousse la &#171; gauche &#187; si elle veut revenir au pouvoir, qu'&#224; partir de 1965, le PC qui obtient toujours environ 20 % des voix au niveau national, voit grandir son empire municipal : 25 mairies de plus de 30 000 habitants en 1959, 33 en 1965, 45 en 1971 et 72 en 1977. C'est l'apog&#233;e du &#171; communisme municipal &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 1950 au d&#233;but des ann&#233;es 1980, sur la base d'un relatif d&#233;veloppement &#233;conomique, les appareils r&#233;formistes ont eu du grain &#224; moudre. Les maires PC peuvent se flatter de r&#233;alisations et &#233;quipements sociaux : piscines, gymnases, salle de r&#233;unions, biblioth&#232;ques, centres de vacances. Sans parler des constructions de HLM dont la distribution de logements fait la force des mairies des villes ouvri&#232;res. C'est sans doute au cours de cette p&#233;riode que l'emprise du PC sur la population est la plus forte. On retrouve le parti &#224; l'usine et dans son quartier. Clubs sportifs, associations culturelles, de jeunes, de retrait&#233;s, de locataires, centres a&#233;r&#233;s ou colonies de vacances compl&#232;tent les services offerts par la mairie. Des services sociaux certes utiles, mais dont la gestion remplace souvent chez les militants communistes les perspectives de lutte. D'autant que ces municipalit&#233;s communistes servent de vitrine &#224; cette Union de la gauche et au r&#244;le suppos&#233; que pourraient jouer les futurs camarades ministres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les maires communistes y confortent leurs positions de notables, y compris au sein de l'appareil du parti, o&#249; ils p&#232;sent d'autant plus que les mairies servent de refuges pour des permanents et militants priv&#233;s d'emploi, fournissent leurs moyens mat&#233;riels et humains pour la f&#234;te de l'Huma et passent leurs commandes aupr&#232;s des nombreuses entreprises cr&#233;&#233;es par le parti et r&#233;unies dans le groupe Gifco.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite aux &#233;lections municipales de 1977, le Parti communiste est &#224; son apog&#233;e municipal, avec 72 mairies de villes de plus de 30 000 habitants, 22 de plus qu'en 1971, dont 6 villes d&#233;passant les 100 000 habitants. Le Parti socialiste tire d&#233;j&#224; le maximum de profit de l'alliance d'Union de la gauche, sous l'&#233;tiquette de laquelle PC et PS s'&#233;taient pr&#233;sent&#233;s en commun dans la quasi-totalit&#233; de ces grandes villes, y engrangeant 81 mairies, soit 35 de plus qu'en 1971.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;1981-84 : l'&#233;preuve du pouvoir &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#199;a n'a pas tra&#238;n&#233;. Avec l'&#233;lection de Mitterrand en 1981, le blocage des salaires et les vagues de licenciements collectifs dans la sid&#233;rurgie, le discr&#233;dit du PCF et de ses quatre ministres a &#233;t&#233; rapide. La sanction est tomb&#233;e d&#232;s l'&#233;lection municipale de 1983, et plus durement sur le PC que sur le PS. Il y a perdu vingt de ses villes de plus de 30 000 habitants, dont trois de plus de 100 000 (N&#238;mes, Reims, Saint-&#201;tienne).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour tenter d'enrayer sa perte d'influence, son secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral Georges Marchais d&#233;cide la sortie des communistes du gouvernement. Bien que des maires communistes puissent para&#238;tre plus &#171; proches du peuple &#187; que leurs camarades ministres, ce retrait strat&#233;gique suscite parmi les premiers une lev&#233;e de bouclier. R&#233;novateurs, refondateurs et autres fossoyeurs des restes d'ind&#233;pendance du PC vis-&#224;-vis du PS d&#233;fendent leurs si&#232;ges que l'alliance avec les socialistes favorise. Le PCF ne perd pas seulement sa base : une partie de son appareil s'&#233;loigne pour garder ses mairies.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Depuis 1983, des banlieues rouges aux banlieues roses &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En banlieue parisienne, le maire d'Orly, Gaston Viens, est exclu du PC en 1989 pour avoir fait, par-dessus la t&#234;te du parti, sa nouvelle liste avec le PS. Jean Ooghes, maire de Sainte-Genevi&#232;ve-des-Bois choisit de le quitter la m&#234;me ann&#233;e. En f&#233;vrier 1996, c'est au tour du maire d'Arcueil, Marcel Trigon, d'entrer en dissidence et de quitter le PC, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; r&#233;&#233;lu gr&#226;ce &#224; lui, mais sur une liste o&#249; il s'&#233;tait m&#233;nag&#233; une majorit&#233; non-PC. Le maire de Montreuil, Jean-Pierre Brard le suit dans la m&#234;me voie en mai 1996.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de ces d&#233;parts, l'effritement rapide des voix du Parti communiste donne au Parti socialiste l'occasion de le r&#233;duire aussi sur le terrain municipal. Le PS avait organis&#233; d&#232;s 1983 des &#171; primaires &#224; gauche &#187; contre le PC. Avec le recul g&#233;n&#233;ral de la gauche, celles-ci furent un &#233;chec dont la droite avait b&#233;n&#233;fici&#233;. Mais aux municipales suivantes, en 1989, le PS prend au PC la ville des Mureaux, et en 1995 Ris-Orangis.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Mortelle piq&#251;re de rappel &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Chat &#233;chaud&#233; prenant go&#251;t &#224; la douche froide, le PC n'en r&#233;-entre pas moins au gouvernement, sous la houlette de Jospin en 1997, avec un rapport de forces encore plus d&#233;favorable qu'en 1981. L'effet boule de neige reprend : plus le PC s'int&#232;gre &#224; l'appareil d'&#201;tat, plus il s'associe aux attaques anti-ouvri&#232;res, plus il r&#233;duit sa base sociale. En 2001, si le parti affirme encore avoir 203 600 militants (la r&#233;alit&#233; est s&#251;rement moindre) et si sa perte de voix aux municipales est, du moins dans les villes qu'il d&#233;tient, moins grande que sa chute dans les scores nationaux, le verdict des municipales est sans appel : dix villes de plus de 30 000 habitants sont perdues, dont N&#238;mes, la derni&#232;re grande ville du PC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand elle ne passe pas au rose (Pantin) ou au vert (l'&#206;le-Saint-Denis), la banlieue rouge de Paris tourne parfois au bleu comme Colombes (77 000), Argenteuil (95 000 habitants) et Drancy (62 000), ces deux derni&#232;res ex-fiefs PC depuis 1935. Mais m&#234;me lorsque le PC garde la mairie, la victoire est am&#232;re : les &#171; places fortes &#187; du PC sont confront&#233;es &#224; une abstention qui d&#233;passe les 50 % en 2001 dans dix d'entre elles. M&#234;me les municipalit&#233;s les mieux r&#233;&#233;lues sont touch&#233;es : la liste PC de Bobigny ne rassemble que 26 % des inscrits, celle conduite par le r&#233;novateur Braouezec &#224; Saint-Denis seulement 23 %. Les &#233;lus restent, les &#233;lecteurs s'en vont&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le PS avait besoin du PC dans les ann&#233;es 1970-1980 pour revenir au pouvoir, c'est d&#233;sormais le PC qui est sous perfusion du PS, avec qui il s'efforce de marchander ses reculs.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La question du logement, l'un des pi&#232;ges du r&#233;formisme municipal &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Avec le ch&#244;mage, le manque de logements accessibles aux familles populaires en difficult&#233; croissante rend la situation inextricable du point de vue de la &#171; bonne &#187; gestion des offices publics de HLM dont les municipalit&#233;s sont parties prenantes. Et ce particuli&#232;rement dans les communes, souvent de gauche, qui ont construit et construisent le plus de logements sociaux. Cela conduit in&#233;vitablement &#224; des conflits entre mal-log&#233;s et municipalit&#233;s, m&#234;me lorsque ces derni&#232;res rechignent &#224; recourir aux expulsions pour loyers impay&#233;s dans le parc public, et cherchent &#224; les limiter de la part des bailleurs priv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les exemples r&#233;cents figure la municipalit&#233; communiste d'Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, le d&#233;partement le plus pauvre de l'&#206;le-de-France. La ville compte plus de 40 % de logements sociaux, 7 700 &#233;tant g&#233;r&#233;s par l'OPHLM aupr&#232;s duquel 3 800 demandes sont en attente. La question du squat de logements en attente de travaux ou de d&#233;molition y est devenue r&#233;currente depuis plusieurs ann&#233;es. L'&#233;t&#233; dernier, la mairie en a fait &#233;vacuer certains, appartenant &#224; l'OPHLM. Les familles &#224; la rue en attente de relogement ont &#233;t&#233; rejointes par d'autres &#233;galement menac&#233;es d'expulsion de leur squat. Mais si l'&#201;tat a apport&#233; son concours pour l'aspect r&#233;pressif, il s'est bien gard&#233; de rechercher une solution. Sans surprise d'ailleurs : en 2005 d&#233;j&#224;, c'est la municipalit&#233; qui, &#224; l'approche de l'hiver, avait fini par reloger provisoirement en foyer les expuls&#233;s ayant pass&#233; quatre mois dans la rue, la pr&#233;fecture ne proposant rien d'acceptable dans le d&#233;partement avant la sortie de l'hiver !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la crise de cet &#233;t&#233;, le maire PC s'est plac&#233; sur le terrain de l'ordre bourgeois, celui que se doit de faire respecter tout &#171; bon &#187; maire r&#233;publicain : la pr&#233;fecture faisant la sourde oreille aux demandes de relogement, il a contraint l'&#201;tat &#224; agir&#8230; mais d'abord &lt;em&gt; contre &lt;/em&gt; les anciens squatteurs, par une proc&#233;dure en r&#233;f&#233;r&#233; pour &lt;em&gt; &#171; trouble &#224; l'ordre public &#187; &lt;/em&gt; ! Ce n'est qu'apr&#232;s l'&#233;chec des tentatives d'&#233;vacuation muscl&#233;es du campement par la police que la pr&#233;fecture a finalement conclu, notamment avec l'association Droit au logement, un accord pour reloger les dizaines de familles en situation r&#233;guli&#232;re, ce que le pr&#233;fet pr&#233;tendait impossible quelques jours plus t&#244;t. Les autres sont rest&#233;es sur le carreau&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la logique du gestionnaire. Une municipalit&#233; qui se voudrait r&#233;ellement au service des travailleurs mettrait son poids, ses moyens pour d&#233;noncer les manquements de l'&#201;tat en mati&#232;re de logement, mobiliser avec les sans-logis sa population ouvri&#232;re pour imposer &#224; l'&#201;tat les cr&#233;dits de construction de logements. Dans l'urgence, elle exigerait la r&#233;quisition des logements vacants y compris dans les communes voisines riches.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Embellir les villes&#8230; et repousser la mis&#232;re ailleurs &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelques ann&#233;es, la mode est &#224; la &lt;em&gt; &#171; r&#233;novation urbaine &#187; &lt;/em&gt; et la &lt;em&gt; &#171; mixit&#233; sociale &#187; &lt;/em&gt;. Si les engagements sont tenus en 2013, l'&#201;tat aura consacr&#233; 12 milliards d'euros d'aides sur dix ans &#224; la r&#233;habilitation de 400 000 logements locatifs sociaux ainsi qu'&#224; la d&#233;molition/reconstruction de 250 000 autres. Mais derri&#232;re l'objectif affich&#233; de favoriser la mixit&#233; sociale, se cache, concernant des quartiers d&#233;favoris&#233;s ou &#224; forte population immigr&#233;e, une autre r&#233;alit&#233; : faire partir autant d'habitants pauvres ou ch&#244;meurs que possible pour favoriser l'installation de cat&#233;gories plus ais&#233;es. Si le fait est assum&#233; assez cyniquement par certaines municipalit&#233;s (notamment de droite, comme &#224; Argenteuil, en banlieue parisienne, o&#249; le maire souhaite acc&#233;l&#233;rer les d&#233;molitions de logements viables malgr&#233; l'avis des occupants), il s'impose aussi dans des municipalit&#233;s communistes qui peuvent y voir un moyen d'augmenter la proportion de locataires plus solvables dans les offices HLM &#8211; objectif &#233;videmment partag&#233; par les bailleurs &#171; sociaux &#187; priv&#233;s. La lutte pour la disparition des ghettos a parfois bon dos !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car ce ne sont pas partout les m&#234;mes populations qu'on reloge. &#192; La Courneuve, en banlieue parisienne, des d&#233;molitions de barres ont eu lieu d&#232;s 1989 ; il est apparu rapidement que les reconstructions ne seraient pas accessibles &#224; tous les anciens locataires. La m&#234;me tendance se manifeste dans les attributions de logements HLM, l&#224; o&#249; il s'en construit de nouveaux : m&#234;me dans des municipalit&#233;s de gauche il vaut mieux, pour ne pas attendre des ann&#233;es un logement social, &#234;tre petit cadre ou avoir la s&#233;curit&#233; de l'emploi, que d'&#234;tre travailleur pr&#233;caire ou charg&#233; de famille nombreuse avec un seul salaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cela s'ajoutent les effets de l'ordonnance de f&#233;vrier 2007 imposant une modification du statut des offices HLM, transform&#233;s en &lt;em&gt; &#171; &#201;tablissements publics &#224; caract&#232;re &#233;conomique et commercial &#187; &lt;/em&gt;, avec crit&#232;res de rentabilit&#233; &#224; l'appui, et l'intention du gouvernement, sous pr&#233;texte de favoriser l'accession &#224; la propri&#233;t&#233;, d'acc&#233;l&#233;rer les programmes de mise en vente d'une partie du parc de logements sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les mairies, courroies de transmission &#233;tatiques aupr&#232;s de la population &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le Parti socialiste est depuis tr&#232;s longtemps un des partis de gouvernement de la bourgeoisie. Le Parti communiste&#8230; aussi, m&#234;me s'il demeure un marginal ! M&#234;me s'il a encore (mais de moins en moins) une base militante dans les entreprises et un &#233;lectorat populaire, il se consid&#232;re lui-m&#234;me comme un parti de gestionnaires revendiquant y compris sa part de participation au pouvoir. Ayant perdu l'essentiel de sa base militante et de l'influence qu'il avait dans la classe ouvri&#232;re par le biais de la CGT, la gestion de quelques grandes municipalit&#233;s ou d'un conseil g&#233;n&#233;ral (celui de Seine-Saint-Denis que le PS compte lui rafler aux prochaines cantonales) est devenu le mode essentiel d'existence de son appareil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux mairies, celles des villes de plus de 20 000 ou 30 000 habitants, elles sont de gros appareils de gestion, brassant, sous contr&#244;le &#233;troit de l'&#201;tat, des budgets qui d&#233;passent, et de loin, les finances de ces partis (140 millions d'euros pour une seule ville de 90 000 habitants, Montreuil, alors que le budget national officiel du PC est de 32 millions ; 7 milliards d'euros pour le budget de Paris contre 48 millions pour celui du PS). Ce qui illustre le sacr&#233; poids social de ces maires et leurs liens &#233;troits avec le monde des affaires. Une ville de 40 000 &#224; 100 000 habitants emploie 1 500 ou 2 000 salari&#233;s, voire plus, et Paris en emploie 40 000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Courroies de transmission de l'&#201;tat aupr&#232;s de la population bien plus qu'&#233;manation d'elle, les mairies sont des parcelles de pouvoir dont les politiciens de gauche sont tout aussi friands que ceux de droite, et qui leur servent aussi de tremplin pour la conqu&#234;te des postes gouvernementaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si bien que pour les travailleurs, les &#233;lections qui se pr&#233;parent ne peuvent qu'&#234;tre l'occasion d'exprimer leur exasp&#233;ration face &#224; la politique anti-ouvri&#232;re du gouvernement en m&#234;me temps que leur m&#233;fiance de la gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17 janvier 2008&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Municipales, le mythe de l'&#233;lection et de la gestion d&#233;mocratiques
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Municipales-le-mythe-de-l-election-et-de-la-gestion-democratiques</link>
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Elections
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		<dc:subject>Municipales
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		<description>La pr&#233;paration des &#233;lections municipales de mars prochain bat son plein. Les grands partis politiques, et peut-&#234;tre plus encore les ambitions personnelles, calculent leurs alliances, m&#233;salliances ou autres &#171; primaires &#187; . &#192; gauche comme &#224; droite. &lt;br /&gt;&#192; Bordeaux, Jupp&#233; cherche &#224; se d&#233;marquer de Sarkozy qui avait fait dans la ville moins de voix que Royal. &#192; Paris les derniers partisans du Modem de Bayrou pr&#233;f&#232;rent tenter leurs chances du c&#244;t&#233; de l'UMP. &#192; gauche la gu&#233;guerre se m&#232;ne avant tout au niveau des&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La pr&#233;paration des &#233;lections municipales de mars prochain bat son plein. Les grands partis politiques, et peut-&#234;tre plus encore les ambitions personnelles, calculent leurs alliances, m&#233;salliances ou autres &lt;em&gt; &#171; primaires &#187; &lt;/em&gt;. &#192; gauche comme &#224; droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Bordeaux, Jupp&#233; cherche &#224; se d&#233;marquer de Sarkozy qui avait fait dans la ville moins de voix que Royal. &#192; Paris les derniers partisans du Modem de Bayrou pr&#233;f&#232;rent tenter leurs chances du c&#244;t&#233; de l'UMP. &#192; gauche la gu&#233;guerre se m&#232;ne avant tout au niveau des &#233;tats-majors du PS et du PC, accessoirement des Verts. La direction du PS a l'intention de faire la guerre au PC dans 7 des 35 villes de plus de 20 000 habitants encore d&#233;tenues par ce dernier. Le PS aurait pu lui en contester plus de 30 si &lt;em&gt; &#171; nous nous &#233;tions bas&#233;s sur les &#233;lections pr&#233;sidentielles et l&#233;gislatives &#187; &lt;/em&gt;, se justifie un dirigeant socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de cette course aux postes, l'enjeu est surtout national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_290 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L250xH472/urne-42b21.png?1528670930' width='250' height='472' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat sera un test de la popularit&#233; (ou impopularit&#233; !) de Sarkozy, apr&#232;s presque un an de pr&#233;sidence, ou comme le signe d'une remont&#233;e (ou pas !) de la gauche et surtout de sa premi&#232;re composante, le Parti socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le mouvement ouvrier r&#233;volutionnaire &#233;tait plus fort, il lui est arriv&#233; de conqu&#233;rir des mairies de villes ouvri&#232;res. Il les consid&#233;rait comme des bastions pour organiser les luttes, promouvoir les Bourses de travail&#8230;. Il ne craignait pas de prendre le risque de voir ses maires r&#233;voqu&#233;s par les pr&#233;fectures. Mais la gestion municipale, &#224; proprement parler, a &#233;t&#233; pour les partis ouvriers r&#233;formistes l'un des facteurs d'int&#233;gration &#224; l'appareil politique bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes loin de cette &#233;poque. Le Parti socialiste est depuis longtemps un des partis de gouvernement de la bourgeoisie. Le Parti communiste, m&#234;me s'il a encore (mais de moins en moins) quelque implantation dans les entreprises et un &#233;lectorat populaire, se consid&#232;re lui-m&#234;me comme un parti de gestionnaires revendiquant y compris sa part de participation au pouvoir. Ayant perdu l'essentiel de sa base militante et de l'influence qu'il avait dans la classe ouvri&#232;re par le biais de la CGT, la gestion de quelques grandes municipalit&#233;s ou d'un conseil g&#233;n&#233;ral (celui de Seine-Saint-Denis que le PS compte lui rafler aux prochaines cantonales) est devenu le mode essentiel d'existence de son appareil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux mairies, celles des villes de plus de 20 000 ou 30 000 habitants, elles sont de gros appareils de gestion, brassant, sous contr&#244;le &#233;troit de l'&#201;tat, des budgets qui d&#233;passent, et de loin, les finances des partis (140 millions d'euros pour une seule ville de 90 000 habitants, Montreuil, alors que le budget national officiel du PC est de 32 millions ; 7 milliards d'euros pour le budget de Paris contre 48 millions pour celui du PS). Une ville de 40 000 &#224; 100 000 habitants emploie 1 500 ou 2 000 salari&#233;s, voire plus, et Paris en emploie 40 000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Courroies de transmission de l'&#201;tat aupr&#232;s de la population bien plus qu'&#233;manation d'elle, les mairies sont des parcelles de pouvoir dont les politiciens de gauche sont tout aussi friands que ceux de droite, et qui leur servent aussi de tremplin pour la conqu&#234;te des postes gouvernementaux, o&#249; les uns comme les autres m&#232;nent fondamentalement la m&#234;me politique de d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si bien que pour les travailleurs, les &#233;lections qui se pr&#233;parent ne peuvent qu'&#234;tre l'occasion d'exprimer leur exasp&#233;ration face &#224; la politique anti-ouvri&#232;re du gouvernement en m&#234;me temps que leur m&#233;fiance de la gauche. Au moins l&#224; o&#249; seront pr&#233;sentes des listes ouvertement r&#233;volutionnaires pour le dire. Un des probl&#232;mes soulev&#233;s par ce dossier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; Le 11 janvier 2008 &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Bienvenue dans mon fief !
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Bienvenue-dans-mon-fief</link>
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		<dc:subject>Municipales
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		<dc:subject>Politique
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		<description>On pourrait penser que les &#233;lections municipales servent &#224; &#233;lire un conseil municipal repr&#233;sentatif des diff&#233;rentes sensibilit&#233;s des &#233;lecteurs, compos&#233; de conseillers d&#233;vou&#233;s &#224; leur t&#226;che et pr&#233;sid&#233; par un maire sous leur contr&#244;le. On pourrait croire que le maire est un citoyen proche de sa population, fin connaisseur de sa commune et soucieux de rendre des comptes &#224; ses administr&#233;s. On pourrait enfin imaginer que les &#233;lections municipales sont d&#233;mocratiques, une des rares institutions o&#249; le peuple pourrait&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On pourrait penser que les &#233;lections municipales servent &#224; &#233;lire un conseil municipal repr&#233;sentatif des diff&#233;rentes sensibilit&#233;s des &#233;lecteurs, compos&#233; de conseillers d&#233;vou&#233;s &#224; leur t&#226;che et pr&#233;sid&#233; par un maire sous leur contr&#244;le. On pourrait croire que le maire est un citoyen proche de sa population, fin connaisseur de sa commune et soucieux de rendre des comptes &#224; ses administr&#233;s. On pourrait enfin imaginer que les &#233;lections municipales sont d&#233;mocratiques, une des rares institutions o&#249; le peuple pourrait enfin se gouverner lui-m&#234;me. Il n'en est rien ! Une ing&#233;nieuse combinaison de r&#233;glementations et de lois verrouille l'institution pour en faire un pl&#233;biscite et g&#226;teau pour notables des partis traditionnels, ceux qui poss&#232;dent d&#233;j&#224; le pouvoir &#224; tous les autres &#233;chelons de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;&#171; D&#233;mocratie verrouill&#233;e &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Aux municipales, nous votons selon des modalit&#233;s fonction de la taille des communes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans celles de moins de 3 500 habitants, c'est le scrutin majoritaire et les voix sont d&#233;compt&#233;es par candidats et non par listes. Pour &#234;tre &#233;lu au premier tour, un candidat doit obtenir la majorit&#233; absolue des suffrages exprim&#233;s et un nombre de suffrages &#233;gal au quart de celui des &#233;lecteurs inscrits ; deuxi&#232;me tour, la majorit&#233; relative suffit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les communes de plus de 3 500 habitants, conseillers sont &#233;lus au scrutin de liste &#224; 2 tours, avec une l&#233;g&#232;re dose de proportionnelle mais une grosse prime pour la liste arriv&#233;e en t&#234;te. Celle-ci (majorit&#233; absolue au premier tour ou majorit&#233; relative au second) se voit attribuer la moiti&#233; des si&#232;ges &#224; pourvoir, plus un. L'autre moiti&#233; est r&#233;partie &#224; la proportionnelle entre l'ensemble des listes ayant obtenu un minimum de 5 % des voix. Cela signifie que la liste majoritaire d&#233;tient au final, dans la plupart des cas, au minimum 75 % des si&#232;ges, un peu moins mais largement plus de 60 % s'il reste 3 ou 4 listes concurrentes au second tour. Le conseil municipal est donc une repr&#233;sentation tr&#232;s d&#233;form&#233;e de l'&#233;lectorat et le parti majoritaire fait &#233;lire le maire de son choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pour s'assurer que les petits partis ou militants associatifs ne viennent pas jouer les trouble-f&#234;te et parasiter l'entre soi du conseil municipal, la loi exige qu'une liste ait obtenu plus de 10 % des suffrages exprim&#233;s au premier tour pour se maintenir au second, ou lui accorde &#224; la rigueur, si elle d&#233;passe les 5 %, le droit d'aller renflouer l'un des grands partis par une fusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_291 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH262/mairevote-2a9b6.png?1528670931' width='400' height='262' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; comment les grands partis bourgeois monopolisent les municipalit&#233;s. Ajoutons que les frais de propagande doivent &#234;tre avanc&#233;s par les candidats et ne sont rembours&#233;s par l'&#201;tat que si la liste obtient plus de 5 % des voix.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Sin&#233;cures pour gros bonnets&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si l'&#233;lection ressemble &#224; un parcours du combattant &#8211; pour les petits partis s'entend &#8211;, la d&#233;mocratie s'arr&#234;te l&#224; : la majorit&#233; du conseil &#233;lit le maire ; lui seul a les pleins pouvoirs dans la commune. M&#234;me ses adjoints n'ont d'attributions que par d&#233;l&#233;gation du maire, qui peut la leur retirer du jour au lendemain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois arriv&#233; aux affaires de fa&#231;on aussi cavali&#232;re, le maire peut jouir en toute tranquillit&#233; de pr&#233;rogatives &#233;tendues pour g&#233;rer les affaires de son fief. Avec une limite, et de taille : aucun contr&#244;le des &#233;lecteurs, mais la tutelle de la pr&#233;fecture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elu pour 6 ans, il peut cumuler son mandat avec d'autres si&#232;ges &#233;lectifs ou d'autres responsabilit&#233;s politiques et faire de sa mairie un tremplin pour ses ambitions politiques. Son mandat est renouvelable ind&#233;finiment. Enqu&#234;te men&#233;e : dur&#233;e moyenne des mandats est de 9 ans et les r&#233;&#233;lections loin d'&#234;tre l'exception. Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; &#233;lu maire du Grand-Quevilly en 1935, le socialiste Tony Larue, mis &#224; l'&#233;cart seulement sous Vichy, a retrouv&#233; son si&#232;ge de 1947 &#224; 1995. &#192; Bordeaux, le gaulliste Jacques Chaban-Delmas a occup&#233; la mairie de 1947 &#224; 1995, une long&#233;vit&#233; qui l'a fait surnommer le Duc d'Aquitaine. Sans parler des dynasties familiales, comme les M&#233;decin p&#232;re et fils &#224; Nice de 1928 &#224; 1986 (avec seulement 3 ans d'interruption, de la fin du r&#233;gime de Vichy, en 1944, &#224; 1947)&#8230; avant qu'un scandale financier ne pousse le fils &#224; l'exil. Aucun d'eux n'avait l'excuse d'&#234;tre po&#232;te, comme Aim&#233; C&#233;saire qui a &#171; r&#233;gn&#233; &#187; de 1945 &#224; 2001 sur Fort-de-France.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;&#8230; et chambre d'enregistrement&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si la loi dit que le conseil municipal est &lt;em&gt; &#171; charg&#233; de g&#233;rer, par ses d&#233;lib&#233;rations, les affaires de la Commune &#187; &lt;/em&gt;tandis que le maire est tenu &lt;em&gt; &#171; d'ex&#233;cuter les d&#233;cisions du conseil municipal &#187; &lt;/em&gt;, les faits sont bien diff&#233;rents. C'est le maire qui convoque le conseil chaque fois qu'il le juge n&#233;cessaire, c'est-&#224;-dire chaque fois qu'il veut faire voter un texte, et en premier lieu le budget. La majorit&#233; du conseil, compos&#233;e de conseillers agr&#233;&#233;s par lui lors de la constitution de sa liste, vote sur ses propositions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, un pr&#233;sidentialisme &#224; peine d&#233;guis&#233; que r&#233;sume ainsi une &#233;tude compar&#233;e du &#171; gouvernement des villes &#187; dans divers pays europ&#233;ens&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Vincent Hoffmann-Martinot (2007), Le gouvernement des villes, une (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; : &lt;em&gt; &#171; Le syst&#232;me d&#233;mocratique local en France fonctionne &#224; l'envers : il affirme que le conseil municipal &#233;lit le maire mais en r&#233;alit&#233; c'est le maire qui coopte le conseil ; il distingue entre une assembl&#233;e d&#233;lib&#233;rante qui d&#233;cide et un organe qui ex&#233;cute mais c'est souvent l'ex&#233;cutif qui concentre l'ensemble des pouvoirs, l'assembl&#233;e ne disposant gu&#232;re que d'un pouvoir d'approbation et de &#8220;remontrance&#8221; &#187;. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Juliette NOUTALI&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Petites communes : plus proches et sans pouvoir&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un &#233;lecteur sur six vit dans une des 23 800 communes de moins de 1 000 habitants. Non professionnels de la politique, leurs &#233;lus sont certes parfois petits notables, agriculteur cossu du village ou propri&#233;taire de la fabrique de choucroute, notaire ou m&#233;decin ayant son &#233;tude ou cabinet en ville, mais n&#233;anmoins plus proches de la population que ceux des grandes villes. Quand le maire n'est pas l'instituteur, le retrait&#233; ou le syndicaliste de l'usine d'&#224; c&#244;t&#233; qui veut bien se charger, en prime ou plut&#244;t sans prime, de la t&#226;che.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces &#233;lus, tout ind&#233;pendants qu'ils soient des appareils politiciens, sont en butte au pr&#233;sident du Conseil g&#233;n&#233;ral qu'il ne faut pas froisser (il en d&#233;pend des aides), aux pr&#233;fets et sous-pr&#233;fets sans cesse d&#233;plac&#233;s pour &#233;viter trop d'implication dans la vie locale. Mais ce sont ces repr&#233;sentants de l'&#201;tat charg&#233;s de faire appliquer la loi et contr&#244;ler la gestion des collectivit&#233;s locales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au pouvoir &#171; d&#233;cisionnel &#187; des maires, il est dans l'ordre inverse de leur proximit&#233; avec la population. Les petites communes n'ont pas la comp&#233;tence &#233;conomique. Celle-ci revient aux Communaut&#233;s de communes, dont le conseil n'est pas directement &#233;lu et dont la constitution peut soit &#234;tre demand&#233;e par les communes qui se regroupent (sous autorisation du pr&#233;fet), soit &#234;tre impos&#233;e par la pr&#233;fecture elle-m&#234;me. C'est &#224; l'&#233;chelle de ces Communaut&#233;s de communes (2 400 au total, regroupant le plus souvent entre 8 et 20 communes) que sont per&#231;us les reversements de taxes locales et les subventions &#233;tatiques, g&#233;r&#233;s les budgets. C'est &#224; ce niveau aussi qu'ont lieu les discussions sur le d&#233;veloppement et le financement de &#171; zones d'activit&#233; &#187;, pr&#233;textes &#224; subventionner les patrons, au nom de la cr&#233;ation d'emplois. Ce pain quotidien des grandes communes ou des communaut&#233;s d'agglom&#233;rations (regroupant des villes petites ou moyennes) se partage loin des &#233;lecteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L.V.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_292 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH214/vilalge-0d99a.png?1528670931' width='400' height='214' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Vincent Hoffmann-Martinot (2007), &lt;em&gt; Le gouvernement des villes, une comparaison internationale &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Caisses pas vides pour tout le monde
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		<dc:subject>Municipales
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		<dc:subject>Politique
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		<description>Chaque ann&#233;e, en m&#234;me temps et au m&#234;me lieu que l'assembl&#233;e de l'Association des Maires de France, se tient un &#171; Salon des Maires et des collectivit&#233;s territoriales &#187; , v&#233;ritable foire commerciale o&#249; des entreprises se font conna&#238;tre aupr&#232;s de leurs clients, les repr&#233;sentants des mairies, structures intercommunales, d&#233;partements et r&#233;gions. C'est un march&#233; de poids : les &#171; investissements et d&#233;penses d'achat de biens et de services de ces collectivit&#233;s &#187; repr&#233;sentent pr&#232;s de 23 milliards d'euros pour les&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Municipales-le-mythe-de-l-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Municipales, le mythe de l'&#233;lection et de la gestion d&#233;mocratiques
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Municipales-+" rel="tag"&gt;Municipales
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Chaque ann&#233;e, en m&#234;me temps et au m&#234;me lieu que l'assembl&#233;e de l'Association des Maires de France, se tient un &lt;em&gt; &#171; Salon des Maires et des collectivit&#233;s territoriales &#187; &lt;/em&gt;, v&#233;ritable foire commerciale o&#249; des entreprises se font conna&#238;tre aupr&#232;s de leurs clients, les repr&#233;sentants des mairies, structures intercommunales, d&#233;partements et r&#233;gions. C'est un march&#233; de poids : les &#171; investissements et d&#233;penses d'achat de biens et de services de ces collectivit&#233;s &#187; repr&#233;sentent pr&#232;s de 23 milliards d'euros pour les communes, et 20 milliards d'euros pour les organismes intercommunaux, auxquels s'ajoutent 12 milliards pour les d&#233;partements, 16 milliards pour les r&#233;gions. En tout presque 5 % du PIB de la France...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La ville, une manne pour les entreprises&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le plus gros secteur est celui du b&#226;timent et des travaux publics, qui repr&#233;sente 10 milliards d'euros de d&#233;penses pour les seules communes. Pas &#233;tonnant que l'organisateur de ce &lt;em&gt; Salon &lt;/em&gt; soit le groupe Moniteur, groupe de presse qui publie le &lt;em&gt; Moniteur des Travaux Publics &lt;/em&gt;, hebdomadaire n&#233; en 1903 dont l'une des sp&#233;cialit&#233;s est la publication des appels d'offres des march&#233;s publics des mairies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tels march&#233;s attirent les convoitises, et des &#233;lus n'ont pas h&#233;sit&#233; &#224; monnayer un coup de pouce pour l'attribution de march&#233;. On se souvient de l'affaire Michel Noir, maire RPR de Lyon au d&#233;but des ann&#233;es 1990, qui avait re&#231;u plusieurs millions de francs (au travers de soci&#233;t&#233;s &#233;crans et comptes en Suisse) des entreprises du BTP Bouygues et Dumez, lorgnant sur la construction du p&#233;riph&#233;rique Nord &#224; Lyon. Ou des quelque 20 millions de francs de pots de vin touch&#233;s par Alain Carignon &#224; Grenoble pour un coup de pouce dans le march&#233; de l'eau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les grands gagnants sont d'abord les entreprises. La France est un mod&#232;le et quelques grands groupes sont sp&#233;cialistes de ces &#171; d&#233;l&#233;gations de service public &#187;. En premier V&#233;olia (anciennement Vivendi et G&#233;n&#233;rale des Eaux), dont l'histoire remonte &#224; 1853 avec la gestion de l'eau &#224; Lyon. Puis maintenant des filiales dans la propret&#233; (ramassage des ordures, gestion des d&#233;chets), le transport urbain, chauffage, &#233;clairage public, signalisation (feux tricolores), etc.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Pour qui g&#233;rer le magot ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les budgets cumul&#233;s des communes repr&#233;sentaient, pour l'ann&#233;e 2004, 82 milliards d'euros, ceux des groupements de communes pr&#232;s de 50 milliards d'euros, soit environ 2000&#8364; par habitant ! C'est plus qu'un tiers du budget de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#244;t&#233; d&#233;penses, le budget de la commune est divis&#233; en deux postes : le fonctionnement et l'investissement. Le premier, le plus lourd, comprend notamment les salaires vers&#233;s aux employ&#233;s. Maigres sur les feuilles de paye, ils repr&#233;sentent n&#233;anmoins 43,6 % du total &#224; Nanterre (Hauts-de-Seine), commune de 87 000 habitants dont le maire emploie 2 500 agents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'investissement occupe le plus souvent un tiers du total des d&#233;penses municipales. Il s'agit de la construction ou r&#233;fection de b&#226;timents et de voiries. S'y ajoute la constitution d'une r&#233;serve fonci&#232;re &#8211; surtout des terrains &#224; b&#226;tir &#8211;, instrument indispensable pour contr&#244;ler le d&#233;veloppement de la ville : en gros implanter ici un lotissement pavillonnaire, l&#224; une zone commerciale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a se complique lorsqu'on essaie de juger les choix politiques que cache le budget :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Cr&#233;er une cr&#232;che ou une maison de retraite publique ? &lt;em&gt; &#171; Mais vous n'y pensez pas ! &#187; &lt;/em&gt;, r&#233;pondent des notables municipaux. &lt;em&gt; &#171; Cela va n&#233;cessiter d'augmenter les d&#233;penses de fonctionnement, et pas seulement une ann&#233;e mais aussi longtemps que la cr&#232;che durera ! On menace l'&#233;quilibre budg&#233;taire. On diminue les d&#233;penses d'investissement n&#233;cessaires au bon fonctionnement de la commune &#187; &lt;/em&gt;&#8230; et &#224; celui de la fontaine &#224; profit du BTP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; L'investissement dans du b&#233;ton Bouygues est-il conforme aux int&#233;r&#234;ts de la population ? &lt;em&gt; &#171; Mais oui ! &#187; &lt;/em&gt;, r&#233;pondent les m&#234;mes. &lt;em&gt; &#171; Voyez le nouveau pr&#233;au de l'&#233;cole primaire &#187; &lt;/em&gt;. Oubliant de dire que la m&#234;me ligne budg&#233;taire a privil&#233;gi&#233;, c&#244;t&#233; voirie, l'embellissement des rues&#8230; commer&#231;antes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Quelle &#171; marge de man&#339;uvre &#187; ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le montant des ressources fiscales des communes (taxes d'habitation, fonci&#232;re et professionnelle&#8230;) d&#233;pend beaucoup de la richesse des habitants et des usines, si&#232;ges de soci&#233;t&#233;s, ou commerces qui y sont &#233;tablis. D'o&#249; de grandes in&#233;galit&#233;s que les dotations de l'&#201;tat qui compl&#232;tent ces rentr&#233;es ne r&#233;duisent pratiquement pas. Carles trois principales dotations cens&#233;es les corriger ne repr&#233;sentent gu&#232;re plus de 2 milliards d'euros, les plus de 13 autres milliards distribu&#233;s ne l'&#233;tant qu'au prorata de la population et de la superficie de la commune. Il ne reste plus aux maires qu'&#224; faire payer les pauvres !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi en r&#233;gion parisienne, les communes riches per&#231;oivent deux fois plus d'argent par habitant que les communes pauvres. Dans celles-l&#224; les imp&#244;ts locaux sont de 60 % inf&#233;rieurs &#224; la moyenne nationale, tandis qu'ils lui sont de 60 % sup&#233;rieurs dans les communes pauvres. In&#233;galit&#233;s de ressources &#233;galement en province. Dans le d&#233;partement de la Manche, par exemple, les communes rurales proches de l'usine de retraitement de d&#233;chets nucl&#233;aires Cogema-La Hague sont &#233;quip&#233;es en terrains de sports, r&#233;verb&#232;res chics style &#171; r&#233;tro &#187; et jolie voirie pav&#233;e, car elles b&#233;n&#233;ficient de la taxe professionnelle. &#192; la diff&#233;rence de la ville de Cherbourg qui ne per&#231;oit presque rien de cette entreprise qui n'est pas sur son territoire, m&#234;me si nombre de ses salari&#233;s habitent la ville. Elle connaissait en 2004, selon Ouest-France, le troisi&#232;me taux d'imposition locale le plus &#233;lev&#233; de l'Ouest&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la r&#233;partition des dotations et subventions est complexe, voire opaque, et d&#233;pend de la r&#233;partition des politiciens bien plac&#233;s pour l'acc&#232;s aux fonds. Chaque d&#233;put&#233; ou s&#233;nateur b&#233;n&#233;ficie d'une enveloppe qu'il peut utiliser indirectement pour arroser sa client&#232;le : associations, petites municipalit&#233;s, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alain Lambert, s&#233;nateur et maire d'Alen&#231;on, a occup&#233; le poste de pr&#233;sident de la commission des finances au S&#233;nat (celui qui autorise l'utilisation de ces r&#233;serves) et a &#233;t&#233; ministre du budget sous Raffarin. De quoi d&#233;crocher pour sa ville aides de l'Etat et subventions des fonds europ&#233;ens. Lorsque l'usine Moulinex a ferm&#233; en 2001, il avait ainsi r&#233;colt&#233; 26 millions d'euros cens&#233;s permettre la cr&#233;ation d'emplois. L'&#233;quivalent de 26 000 euros par ouvri&#232;re licenci&#233;e. Chacune des mille licenci&#233;es n'avait eu qu'une indemnit&#233; de licenciement variant entre 4 500 &#224; 12 000 euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans certaines des communes moins ais&#233;es, les maires essaient d'utiliser une part de leur budget pour des d&#233;penses utiles aux couches populaires : aide sociale, gestion des &#233;coles, financement des &#233;quipements sportifs et culturels &#224; des prix accessibles pour les couches populaires ou aide &#224; certaines associations. Mais avec un budget serr&#233;, l'impact est limit&#233;. D'autres choisissent d'attirer une population plus ais&#233;e et des entreprises, quitte &#224; r&#233;duire &#224; la portion congrue les budgets sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les communes o&#249; la population ais&#233;e est nombreuse et le budget confortable, le maire, avec ses pouvoirs non n&#233;gligeables en mati&#232;re d'urbanisme et de logement, peut faire une ville agr&#233;able et fleurie. On ne pr&#234;te qu'aux riches !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mathieu PARANT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_293 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH459/villes-aab72.png?1528670931' width='500' height='459' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Pr&#233;carit&#233; + Salaire frugal = Agent territorial&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En 2007, 1,7 million d'agents territoriaux travaillaient dans 57 700 collectivit&#233;s locales, deuxi&#232;me employeur public apr&#232;s l'&#201;tat. Celui-ci fixe la grille salariale mais l'employeur garde le contr&#244;le de la r&#233;mun&#233;ration de ses salari&#233;s. Le conseil municipal fixe ainsi le quota d'agents pour les promotions. Il dispose &#233;galement, depuis les ann&#233;es 1980, d'un syst&#232;me de primes, cens&#233;es compenser en partie le blocage des salaires, modulables &#224; sa discr&#233;tion dans une certaine fourchette, et dont les montants ont fait l'objet ces derni&#232;res ann&#233;es de nombreuses luttes entre les employ&#233;s municipaux et leurs mairies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tableau ci-dessous&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Tir&#233; de l'argumentaire Cgt - Fo - Fsu - Unsa - Solidaires de la Fonction (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; illustre la chute vertigineuse des salaires des agents par rapport au Smic.&lt;/p&gt;
&lt;table class='spip'&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Ecart sur le SMIC&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Cat. C, E4&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Cat. B 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; grade&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Cat. A 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; grade&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1986&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;2006&lt;/td&gt;
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&lt;td&gt;1986&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;2006&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
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&lt;td&gt;Au 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; &#233;chelon&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;+14,72%&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;+0,05%&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;+23,92%&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;+4%&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;+63,13%&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;+24,80 %&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Au dernier &#233;chelon&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;+47,15%&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;+25,87%&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;+95,07%&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;+65,68 %&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;+206,41 %&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;+129,87 %&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;70 % des agents appartiennent aux cat&#233;gories &#171; C &#187;, ouvri&#232;res. Ils d&#233;butent avec une paie sup&#233;rieure au Smic de 4,5 euros&#8230; Et encore ! Cette paie contient des primes appel&#233;es &#171; r&#233;gime indemnitaire &#187; &#224; hauteur de 16,5 % pour les titulaires et de 11 % pour les non-titulaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car les agents territoriaux ne sont pas tous fonctionnaires. 30 % sont des contractuels de droit priv&#233;, c'est-&#224;-dire des pr&#233;caires. En principe, ils n'ont acc&#232;s qu'&#224; un ou deux contrats courts. La jurisprudence prud'homale sanctionne des abus &#233;difiants : la paie du pr&#233;caire ne doit pas &#234;tre &#171; tr&#232;s diff&#233;rente &#187; de celle du titulaire. Les &#171; d&#233;roulements de carri&#232;re pour les non-titulaires &#187; et le recours &#224; l'int&#233;rim sont interdits. Les d&#233;rogations aussi sont &#233;difiantes : les communes de moins de 1 000 habitants peuvent reconduire sans limite des CDD de 17h30 hebdomadaires pour 500 euros&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M.P.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Toulouse : la ville &#171; rose &#187; carotte&#8230; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour compenser la faiblesse des salaires des &#171; territoriaux &#187;, il existe des &#171; compl&#233;ments indemnitaires &#187;, des primes qui au regard de la faiblesse du traitement de base peuvent &#234;tre non n&#233;gligeables&#8230; mais variables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi &#224; Toulouse, la &lt;em&gt; &#171; mani&#232;re de servir des agents &#187; &lt;/em&gt; est un crit&#232;re de calcul du compl&#233;ment indemnitaire de fin d'ann&#233;e plus connu sous le nom de prime &#171; carotte &#187;. La r&#233;partition de ladite prime se fait dans le cadre d'une enveloppe globale, selon des taux personnels diff&#233;rents. Avec ce syst&#232;me, le suppl&#233;ment pour Paul se fait au d&#233;triment de Pierre qui a sa prime rabot&#233;e d'autant. Le &#171; m&#233;rite &#187; attribu&#233; aux uns par la hi&#233;rarchie n'est pas pay&#233; par l'employeur, mais r&#233;mun&#233;r&#233; par les autres coll&#232;gues !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime indemnitaire des agents de cat&#233;gorie A (cadres) et B (techniciens) pr&#233;sente une originalit&#233; de plus : une indemnit&#233; suppl&#233;mentaire mensuelle peut s'y ajouter&#8230; si des heures suppl&#233;mentaires sont effectu&#233;es. Mais le compl&#233;ment indemnitaire se substitue alors au paiement des heures suppl&#233;mentaires qui sont ainsi non pas major&#233;es mais largement minor&#233;es !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les agents de cat&#233;gorie A et B, un tiers du montant de r&#233;f&#233;rence annuel du r&#233;gime indemnitaire d&#233;pend du &#171; volume du temps de travail &#187; effectu&#233; au-del&#224; des 35 heures. &lt;em&gt; &#171; Tous peuvent progresser, &#224; condition d'effectuer 41 heures par semaine &#187; &lt;/em&gt; &#233;crivait le maire lors de la mise en place du syst&#232;me en janvier 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_294 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L300xH316/prime-60855.png?1528670931' width='300' height='316' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Tir&#233; de l'argumentaire Cgt - Fo - Fsu - Unsa - Solidaires de la Fonction Publique du 25 janvier 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Logement : les limites du r&#233;formisme municipal
</title>
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		<dc:date>2008-01-17T11:38:08Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Municipales
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		<dc:subject>Logement
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		<dc:subject>Politique
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		<description>La question du logement est une des pierres d'achoppement du r&#233;formisme municipal. &lt;br /&gt;D'abord parce que l'ampleur des besoins d&#233;passe toute r&#233;ponse possible au seul niveau des communes, quand bien m&#234;me elles le voudraient : l'Union sociale pour l'habitat (association professionnelle de quelque 820 organismes de HLM, offices publics ou organismes priv&#233;s aliment&#233;s g&#233;n&#233;ralement par le 1 % patronal) les estime &#224; 1,3 million de logements sociaux, pour seulement 45 000 constructions en 2006. &lt;br /&gt;&#192; la charge des&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La question du logement est une des pierres d'achoppement du r&#233;formisme municipal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord parce que l'ampleur des besoins d&#233;passe toute r&#233;ponse possible au seul niveau des communes, quand bien m&#234;me elles le voudraient : l'Union sociale pour l'habitat (association professionnelle de quelque 820 organismes de HLM, offices publics ou organismes priv&#233;s aliment&#233;s g&#233;n&#233;ralement par le 1 % patronal) les estime &#224; 1,3 million de logements sociaux, pour seulement 45 000 constructions en 2006.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;&#192; la charge des municipalit&#233;s les plus pauvres&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est sous l'impulsion directe et avec l'engagement financier de l'&#201;tat qu'ont &#233;t&#233; &#233;rig&#233;s, de la fin des ann&#233;es 1950 au milieu de la d&#233;cennie 1970, les premiers &#171; grands ensembles &#187; qui ont, dans cette p&#233;riode, permis d'att&#233;nuer la p&#233;nurie de logements aux lendemains de la guerre. &#192; l'&#233;poque, les communes riches repassaient d&#233;j&#224; &#224; leurs voisines pauvres le probl&#232;me des mal log&#233;s. Paris, par exemple, achetait des terrains en banlieue pour y construire ses HLM ; comme &#224; Bobigny la cit&#233; de l'abreuvoir, aujourd'hui l'une des plus anciennes et des plus d&#233;grad&#233;es de la ville, dont la gestion est aujourd'hui &#224; charge de l'office d&#233;partemental HLM du 93.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dire que la situation dont ont h&#233;rit&#233;, et que doivent aujourd'hui g&#233;rer, bien des communes populaires ou villes ouvri&#232;res de banlieues est celle de HLM d&#233;grad&#233;es, concentrant des populations durement touch&#233;es par le ch&#244;mage. D'autant que depuis le milieu des ann&#233;es 1970, l'&#201;tat s'est d&#233;sengag&#233; de la construction massive de logements sociaux pour favoriser l'acc&#232;s &#224; la propri&#233;t&#233;. Les premiers occupants de HLM (en majorit&#233; salari&#233;s fran&#231;ais aux revenus modestes, voire un peu plus ais&#233;s) ont souvent &#233;t&#233; remplac&#233;s ensuite par des populations plus d&#233;favoris&#233;es. Parall&#232;lement, avec la r&#233;sorption des grands bidonvilles, l'&#201;tat a concentr&#233; les familles immigr&#233;es les plus pauvres dans des &#171; cit&#233;s transit &#187; construites dans les communes de banlieues (sans que les municipalit&#233;s aient forc&#233;ment le choix, et le provisoire a dur&#233; des ann&#233;es), puis dans les cit&#233;s HLM de ces m&#234;mes villes. La paup&#233;risation de ces cit&#233;s &#8211; renforc&#233;e depuis 25 ans par le d&#233;veloppement du ch&#244;mage et de la pr&#233;carit&#233; &#8211; a conduit les bailleurs &#171; sociaux &#187; &#224; rogner sur l'entretien ; question de rentabilit&#233; pour les organismes priv&#233;s, de gestion des d&#233;penses sociales pour les municipalit&#233;s. Celles-ci devant le faire sans pouvoir compter sur la solidarit&#233; de communes plus riches, &#224; qui l'&#201;tat n'a jamais cherch&#233; &#224; imposer d'accueillir le nombre voulu de HLM &#8211; m&#234;me depuis la loi de d&#233;cembre 2000 fixant l'objectif de 20 % de logements locatifs sociaux. L'intervention de l'&#201;tat va m&#234;me en sens inverse lorsque les pr&#233;fectures, saisies de demandes de relogement des plus pauvres, n'h&#233;sitent pas &#224; les placer sur leur contingent de logements sociaux dans les municipalit&#233;s populaires au lieu de r&#233;quisitionner pour ce faire des locaux am&#233;nageables ou des logements vides ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les effets du ch&#244;mage sur la crise du logement&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le manque de logements accessibles aux familles populaires en difficult&#233; croissante rend la situation inextricable du point de vue de la &#171; bonne &#187; gestion des offices publics de HLM dont les municipalit&#233;s sont partie prenante. Et ce particuli&#232;rement dans les communes, souvent de gauche, qui ont construit et construisent le plus de logements sociaux. Cela conduit in&#233;vitablement &#224; des conflits entre mal log&#233;s et municipalit&#233;s, m&#234;me lorsque ces derni&#232;res rechignent &#224; recourir aux expulsions pour loyers impay&#233;s dans le parc public, et cherchent &#224; les limiter de la part des bailleurs priv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les exemples r&#233;cents figure la municipalit&#233; communiste d'Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, le d&#233;partement le plus pauvre de l'&#206;le-de-France. La ville compte plus de 40 % de logements sociaux, 7 700 &#233;tant g&#233;r&#233;s par l'OPHLM aupr&#232;s duquel 3 800 demandes sont en attente. La question du squat de logements en attente de travaux ou de d&#233;molition y est devenue r&#233;currente depuis plusieurs ann&#233;es. L'&#233;t&#233; dernier, la mairie en a fait &#233;vacuer certains, appartenant &#224; l'OPHLM. Les familles &#224; la rue en attente de relogement ont &#233;t&#233; rejointes par d'autres &#233;galement menac&#233;es d'expulsion de leur squat. Mais si l'&#201;tat a apport&#233; son concours pour l'aspect r&#233;pressif, il s'est bien gard&#233; de rechercher une solution. Sans surprise d'ailleurs : en 2005 d&#233;j&#224;, c'est la municipalit&#233; qui, &#224; l'approche de l'hiver, avait fini par reloger provisoirement en foyer les expuls&#233;s ayant pass&#233; 4 mois dans la rue, la pr&#233;fecture ne proposant rien d'acceptable !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la crise de cet &#233;t&#233;, le maire PC s'est plac&#233; sur le terrain de l'ordre bourgeois, celui que se doit de faire respecter tout &#8220;bon&#8221; maire r&#233;publicain : la pr&#233;fecture faisant la sourde oreille aux demandes de relogement, il a contraint l'&#201;tat &#224; agir&#8230; mais d'abord &lt;em&gt; contre &lt;/em&gt; les anciens squatteurs, par une proc&#233;dure en r&#233;f&#233;r&#233; pour &lt;em&gt; &#171; trouble &#224; l'ordre public &#187; &lt;/em&gt; ! Ce n'est qu'apr&#232;s l'&#233;chec des tentatives d'&#233;vacuation muscl&#233;es du campement par la police que la pr&#233;fecture a finalement conclu, notamment avec l'association Droit au logement, un accord pour reloger les dizaines de familles en situation r&#233;guli&#232;re, ce que le pr&#233;fet pr&#233;tendait impossible quelques jours plus t&#244;t. Les autres sont rest&#233;es sur le carreau&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une municipalit&#233; qui se voudrait r&#233;ellement au service des travailleurs mettrait son poids, ses moyens pour d&#233;noncer les manquements de l'&#201;tat en mati&#232;re de logement, mobiliser avec les sans logis sa population ouvri&#232;re pour imposer &#224; l'&#201;tat les cr&#233;dits de construction de logements. Dans l'urgence, elle aiderait &#224; &#171; r&#233;quisitionner &#187; les logements vacants y compris dans les communes voisines riches.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Embellir les villes, cacher la mis&#232;re&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelques ann&#233;es, la mode est &#224; la &#171; r&#233;novation urbaine &#187;. Si les engagements sont tenus en 2013, l'&#201;tat aura consacr&#233; 12 milliards d'euros d'aides sur 10 ans &#224; la r&#233;habilitation de 400 000 logements locatifs sociaux ainsi qu'&#224; la d&#233;molition/reconstruction de 250 000 autres. Mais derri&#232;re l'objectif affich&#233; de favoriser la &#171; mixit&#233; sociale &#187;, se cache une autre r&#233;alit&#233; : faire partir autant d'habitants pauvres ou ch&#244;meurs que possible pour favoriser l'installation de cat&#233;gories plus ais&#233;es. Si le fait est assum&#233; assez cyniquement par certaines municipalit&#233;s (notamment de droite, comme &#224; Argenteuil, en banlieue parisienne, o&#249; le maire souhaite acc&#233;l&#233;rer les d&#233;molitions de logements viables malgr&#233; l'avis des occupants), il s'impose aussi dans des municipalit&#233;s communistes qui peuvent y voir un moyen d'augmenter la proportion de locataires plus solvables dans les offices HLM &#8211; objectif &#233;videmment partag&#233; par les bailleurs &#171; sociaux &#187; priv&#233;s. La lutte pour la disparition des ghettos a parfois bon dos !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car ce ne sont pas partout les m&#234;mes populations qu'on reloge. &#192; La Courneuve, en banlieue parisienne, des d&#233;molitions de barres ont eu lieu d&#232;s 1989 ; il est apparu rapidement que les reconstructions ne seraient pas accessibles &#224; tous les anciens locataires. La m&#234;me tendance se manifeste dans les attributions de logements HLM, l&#224; o&#249; il s'en construit de nouveaux : m&#234;me dans des municipalit&#233;s de gauche il vaut mieux, pour ne pas attendre des ann&#233;es un logement social, &#234;tre petit cadre ou avoir la s&#233;curit&#233; de l'emploi, que d'&#234;tre travailleur pr&#233;caire ou charg&#233; de famille nombreuse avec un seul salaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cela s'ajoutent les effets de l'ordonnance de f&#233;vrier 2007 imposant une modification du statut des offices HLM, transform&#233;s en &lt;em&gt; &#171; &#201;tablissements publics &#224; caract&#232;re &#233;conomique et commercial &#187; &lt;/em&gt;, avec crit&#232;res de rentabilit&#233; &#224; l'appui, et l'intention du gouvernement, sous pr&#233;texte de favoriser l'accession &#224; la propri&#233;t&#233;, d'acc&#233;l&#233;rer les programmes de mise en vente d'une partie du parc de logements sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;G&#233;rard WEGAN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_295 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH255/toit-b1f83.png?1528670931' width='500' height='255' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Un si&#232;cle de municipalit&#233;s ouvri&#232;res : d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts des travailleurs ou gestion bourgeoise ?
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Un-siecle-de-municipalites-ouvrieres-defense-des-interets-des-travailleurs-ou</link>
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		<dc:subject>Municipales
</dc:subject>
		<dc:subject>Politique
</dc:subject>

		<description>Le 6 juin 1882, le premier maire socialiste de l'histoire, Christophe Thivrier, ouvrier depuis l'&#226;ge de 10 ans, se pr&#233;sente en blouse de travail &#224; la mairie de Commentry (Allier). &#192; cette &#233;poque, l'opposition de classe appara&#238;t clairement dans la composition des listes &#233;lectorales : &#224; droite, des patrons petits et grands, et des notables. &#192; gauche, des ouvriers et plus rarement des employ&#233;s. L'affrontement oppose assez souvent le patron de l'usine de la ville au leader syndical. Comme &#224; Carmaux, en 1892,&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 6 juin 1882, le premier maire socialiste de l'histoire, Christophe Thivrier, ouvrier depuis l'&#226;ge de 10 ans, se pr&#233;sente en blouse de travail &#224; la mairie de Commentry (Allier). &#192; cette &#233;poque, l'opposition de classe appara&#238;t clairement dans la composition des listes &#233;lectorales : &#224; droite, des patrons petits et grands, et des notables. &#192; gauche, des ouvriers et plus rarement des employ&#233;s. L'affrontement oppose assez souvent le patron de l'usine de la ville au leader syndical. Comme &#224; Carmaux, en 1892, o&#249; le syndicaliste mineur Jean-Baptiste Calvignac porte les couleurs du socialisme face &#224; son patron le baron Reille. Son licenciement d&#233;clencha une longue gr&#232;ve r&#233;prim&#233;e par l'arm&#233;e. La m&#234;me ann&#233;e, les socialistes Henri Carrette et Sim&#233;on Flaissi&#232;res sont &#233;galement &#233;lus maires, respectivement de Roubaix et Marseille&#8230; En 1912, &#224; la veille de la guerre, on compte 297 municipalit&#233;s socialistes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Avant 1914 : guesdistes et possibilistes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement ouvrier est alors divis&#233; entre deux courants principaux : le Parti ouvrier de Jules Guesde et les &#171; possibilistes &#187; &#8211; on dirait aujourd'hui les r&#233;formistes &#8211; men&#233;s par Paul Brousse. Les positions des guesdistes sont radicales, du moins au cours des premi&#232;res ann&#233;es. Le pouvoir communal ne peut &#234;tre qu'une base pour partir &#224; l'assaut du pouvoir central. L'influence de la Commune de Paris est encore tr&#232;s forte. Leur programme pr&#233;conise le droit de vote et d'&#233;ligibilit&#233; pour les femmes, l'armement dans la commune de tous les citoyens, le d&#233;sarmement et le licenciement des forces de police. Sur le plan &#233;conomique, la commune doit se proclamer h&#233;riti&#232;re de toutes les successions, ma&#238;tresse des services publics et s'engager &#224; cr&#233;er des entreprises pour donner du travail aux ch&#244;meurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jules Guesde d&#233;clare qu'il ne peut pas exister de &#171; socialisme municipal &#187;. M&#234;me si son programme pour &#233;lections municipales de 1892, pr&#233;sente des revendications plus modestes et imm&#233;diatement r&#233;alisables : cantines scolaires, sanatoriums, dispensaires, maternit&#233;s, bains publics gratuits, bureaux d'aide sociale et juridique, Bourse du travail. Pour leur soutien aux travailleurs, de nombreux maires socialistes sont r&#233;voqu&#233;s ou poursuivis en justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais sur le terrain, les relations des maires socialistes avec diverses institutions bourgeoises, dont la pr&#233;fecture, ont transform&#233; m&#234;me les guesdistes, rapidement acquis &#224; des pratiques r&#233;formistes du pouvoir municipal. Tous se consacrent &#224; essayer d'am&#233;liorer les conditions de vie de la classe ouvri&#232;re dans le cadre du syst&#232;me capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la veille de la premi&#232;re guerre mondiale, nombre de maires socialistes sont d&#233;j&#224; devenus des notables&#8230; entra&#238;n&#233;s &#224; la d&#233;claration de guerre, comme la direction de leur parti par la vague patriotique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Quand le jeune PC tente de contr&#244;ler ses maires&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'issue de la guerre de 1914-18, quand la majorit&#233; du parti socialiste se rallie &#224; la r&#233;volution russe et cr&#233;e le jeune Parti communiste, les &#233;quipes municipales socialistes le rejoignent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les maires communistes sont amen&#233;s &#224; affronter l'&#201;tat, en soutenant les mutins de la Mer noire qui ont refus&#233; de combattre contre l'URSS, &#224; propos de la guerre du Rif en 1924 et quand le PC de l'&#233;poque prend de courageuses positions anti-colonialistes. Des maires et conseillers municipaux sont arr&#234;t&#233;s. Ils m&#232;nent aussi des luttes vigoureuses sur le terrain du logement, n'h&#233;sitant pas &#224; menacer de repr&#233;sailles les &#171; vautours &#187; &#8211; surnom des propri&#233;taires h&#233;rit&#233; de l'&#233;poque de la Commune &#8211; et s'opposent physiquement aux tentatives d'expulsion. Enfin le maire communiste est souvent en premi&#232;re ligne pour soutenir les gr&#233;vistes des entreprises locales &#224; qui sont attribu&#233;es des salles de r&#233;unions, des cantines, des allocations, la gratuit&#233; de diff&#233;rents services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de maires, qui n'ont adh&#233;r&#233; au PC que pour ne pas se couper de leurs &#233;lecteurs ouvriers, rechignent &#224; appliquer les nouvelles directives. Certains retournent &#224; la SFIO, les plus nombreux font le dos rond. Mais dans le PC lui-m&#234;me, la politique dite de &#171; bolchevisation &#187; d&#233;cid&#233;e par Moscou, qui vise officiellement &#224; &#233;purer le parti, et en particulier les municipalit&#233;s, de leurs &#233;l&#233;ments opportunistes, tourne surtout &#224; la s&#233;lection des cadres fid&#232;les &#224; la direction stalinienne. Les maires communistes commencent &#224; suivre leurs pr&#233;d&#233;cesseurs guesdistes sur le chemin du r&#233;formisme, surtout apr&#232;s les &#233;lections de 1936 et l'alliance du Front populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le PC est interdit en 1939 &#224; la suite du pacte germano-sovi&#233;tique, certains de ses maires renient le parti pour conserver leur fauteuil, tel le maire de Bobigny Clamamus qui garda son poste sous P&#233;tain.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;De l'isolement du PCF&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au lendemain de la seconde guerre mondiale, le PC retrouve ses municipalit&#233;s d'avant-guerre et en gagne de nouvelles. Il dirige ainsi 1 462 communes, dont 46 en banlieue parisienne et 4 villes de plus de 100 000 habitants : Toulon, Nantes, Limoges, Reims, auxquelles s'ajoute Marseille en 1946. On trouve dans les mairies communistes une nouvelle g&#233;n&#233;ration de cadres du PC, issus de la r&#233;sistance. La plupart sont d'origine ouvri&#232;re. Mais le PC participe au gouvernement et soutient l'effort de &lt;em&gt; &#171; reconstruction patriotique &#187; &lt;/em&gt; et ses &#233;quipes municipales peuvent &#224; la fois afficher leur soutien &#224; l'URSS, et appeler les travailleurs &#224; retrousser les manches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre froide et l'&#233;viction du PC du gouvernement, en 1947, rendent plus d&#233;licate la collaboration de ses maires avec l'&#201;tat. Une nouvelle &#233;lection municipale a lieu cette ann&#233;e-l&#224;, o&#249; le Parti socialiste privil&#233;gie les alliances avec la droite pour combattre les communistes. M&#234;me dans la petite couronne parisienne, ladite &#171; banlieue rouge &#187;, le PC ne conserve que 27 mairies sur les 45 qu'il avait gagn&#233;es deux ans plus t&#244;t. Les conflits sont parfois violents, les provocations multiples, comme lorsque les milices du RPF (le parti cr&#233;&#233; par De Gaulle) effectuent une descente &#224; Ivry en 1948, obligeant les passants &#224; crier &#171; &lt;em&gt; Vive de Gaulle, &#224; bas Thorez &lt;/em&gt; &#187; et se battent avec les ouvriers. Plusieurs maires PC sont destitu&#233;s. N&#233;anmoins, dans les bastions qu'il conserve, le PC, qui caresse toujours l'espoir de revenir au gouvernement, tient &#224; continuer &#224; faire preuve des ses qualit&#233;s de gestionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;&#8230; &#224; l'&#226;ge d'or du &#171; communisme municipal &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est gr&#226;ce au retournement du PS qui cherche son alliance, qu'&#224; partir de 1965 le PC, qui obtient toujours environ 20 % des voix au niveau national, voit grandir son empire municipal : 25 mairies de plus de 30 000 habitants en 1959, 33 en 1965, 45 en 1971 et 72 en 1977.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 1950 au d&#233;but des ann&#233;es 1980, sur la base d'un relatif d&#233;veloppement &#233;conomique, les appareils r&#233;formistes ont eu du grain &#224; moudre. Les maires PC peuvent se flatter de r&#233;alisations et &#233;quipements sociaux : piscines, gymnases, salle de r&#233;unions, biblioth&#232;ques, centres de vacances. Sans parler des constructions de HLM dont la distribution de logements fait la force des mairies des villes ouvri&#232;res. C'est sans doute au cours de cette p&#233;riode que l'emprise du PC sur la population est la plus forte. On retrouve le parti &#224; l'usine et dans son quartier. Clubs sportifs, associations culturelles, de jeunes, de retrait&#233;s, de locataires, centres a&#233;r&#233;s ou colonies de vacances compl&#232;tent les services offerts par la mairie. Des services sociaux certes utiles, mais dont la gestion remplace souvent chez les militants communistes les perspectives de lutte. D'autant que ces municipalit&#233;s communistes servent de vitrine &#224; cette Union de la gauche et au r&#244;le suppos&#233; que pourraient jouer les futurs camarades ministres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les maires communistes y confortent leurs positions de notables, y compris au sein de l'appareil du parti, o&#249; ils p&#232;sent d'autant plus que les mairies servent de refuges pour des permanents et militants priv&#233;s d'emploi, fournissent leurs moyens mat&#233;riels et humains pour la f&#234;te de l'Huma et passent leurs commandes aupr&#232;s des nombreuses entreprises cr&#233;&#233;es par le parti et r&#233;unies dans le groupe Gifco.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Georges RIVI&#200;RE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> L'Internationale communiste et les municipalit&#233;s
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Municipales
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		<dc:subject>Histoire
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		<description>En 1920, l'Internationale communiste d&#233;finit la tactique des r&#233;volutionnaires face aux instances d&#233;mocratiques. &#171; Les parlements bourgeois, constituant un des principaux appareils de la machine gouvernementale de la bourgeoisie, ne peuvent pas plus &#234;tre conquis par le prol&#233;tariat que l'&#201;tat bourgeois en g&#233;n&#233;ral &#187;. l'IC pr&#233;cise qu'il &#171; en est de m&#234;me des institutions municipales ou communales de la bourgeoisie, qu'il est th&#233;oriquement faux d'opposer aux organes gouvernementaux. &#192; la v&#233;rit&#233;, elles font&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 1920, l'Internationale communiste d&#233;finit la tactique des r&#233;volutionnaires face aux instances d&#233;mocratiques. &#171; &lt;em&gt; Les parlements bourgeois, constituant un des principaux appareils de la machine gouvernementale de la bourgeoisie, ne peuvent pas plus &#234;tre conquis par le prol&#233;tariat que l'&#201;tat bourgeois en g&#233;n&#233;ral &lt;/em&gt; &#187;. l'IC pr&#233;cise qu'il &#171; &lt;em&gt; en est de m&#234;me des institutions municipales ou communales de la bourgeoisie, qu'il est th&#233;oriquement faux d'opposer aux organes gouvernementaux. &#192; la v&#233;rit&#233;, elles font aussi partie du m&#233;canisme gouvernemental de la bourgeoisie : elles doivent &#234;tre d&#233;truites par le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire et remplac&#233;es par les Soviets de d&#233;put&#233;s ouvriers &lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, pour les &#233;lections municipales 1925, le jeune Parti communiste se pr&#233;sente, face au &lt;em&gt; &#171; Bloc national &#187; &lt;/em&gt; des partis de droite et au &lt;em&gt; &#171; Bloc des gauches &#187; &lt;/em&gt;, sous l'&#233;tiquette d'un &lt;em&gt; &#171; Bloc ouvrier paysan &#187; &lt;/em&gt;dont l'objectif est pr&#233;cis&#233; ainsi : &#171; &lt;em&gt; Qu'il soit ma&#238;tre de la Mairie, en minorit&#233; ou absent du Conseil municipal, le Bloc Ouvrier Paysan fera son travail municipal. En dehors de la mairie, en marge des organismes municipaux constitutionnels, le Bloc des Municipalit&#233;s Ouvri&#232;res et Paysannes fonctionnera et sera anim&#233; d'une vie propre. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;em&gt; Elus ou non, c'est avec les masses prol&#233;tariennes et rurales que les communistes feront leur travail municipal. C'est avec les repr&#233;sentants des organisations prol&#233;tariennes, avec les groupements de locataires, de mal lotis, d'anciens combattants, avec les comit&#233;s de march&#233;s, d'usagers, de consommateurs, avec la masse des femmes, des soldats, des apprentis (priv&#233;s de toute repr&#233;sentation politique), avec successivement toutes les cat&#233;gories de travailleurs, dont les int&#233;r&#234;ts imm&#233;diats seront directement en jeu, qu'ils envisageront les modalit&#233;s selon lesquelles l'action du B.O.P. (Bloc Ouvrier Paysan) sera bien l'expression directe de la volont&#233; des masses exploit&#233;es &#187;. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre la crise des loyers et du logement, il pr&#233;conise &lt;em&gt; &#171; la construction en quantit&#233; suffisante de logements sains &lt;/em&gt; &#187; et &#171; &lt;em&gt; la d&#233;claration obligatoire des logements vacants et leur location directe par les offices municipaux du logement &lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il insiste sur le fait que&lt;em&gt; &#171; la lutte pour les municipalit&#233;s, surtout dans les circonstances pr&#233;sentes, ne peut se d&#233;rouler sur le terrain &#233;troit des seules revendications locales &#187;. &lt;/em&gt;avance des mesures plus g&#233;n&#233;rales telle celle&lt;em&gt; &#171; contre les cons&#233;quences de la crise &#233;conomique &#8211; Le maintien strict de la journ&#233;e de huit heures ; l'interdiction pour le patronat de licencier un seul ouvrier tant que la journ&#233;e de huit heures ne sera pas int&#233;gralement appliqu&#233;e, dans telle ou telle entreprise &#187;. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que le droit de vote ne sera accord&#233; aux femmes que 20 ans plus tard, le Parti communiste r&#233;clame pour elles le droit de vote et met des candidates sur ses listes. Les pr&#233;fets ont beau rappeler aux mairies qu'en d&#233;pit &#171; &lt;em&gt; des informations parues dans certains journaux &lt;/em&gt; [&#8230;] &lt;em&gt; les bulletins portant des noms de femmes sont nuls &lt;/em&gt; &#187;, dix femmes seront n&#233;anmoins &#233;lues&#8230; r&#233;voqu&#233;es quelques mois plus tard par la pr&#233;fecture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le Parti Communiste, &#171; &lt;em&gt; entend relier de la fa&#231;on la plus serr&#233;e les revendications municipales aux grandes questions &#233;conomiques et politiques d'ordre national et international qui les conditionnent presque enti&#232;rement &lt;/em&gt; &#187;. Mussolini &#233;tant au pouvoir depuis 1922 en Italie, il fait donc par exemple figurer la lutte contre le fascisme dans son programme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Laurent VASSIER&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une affiche du Bloc Ouvrier Paysan aux &#233;lections municipales de 1925 : &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_296 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L452xH1016/affiche-cc544.png?1526448990' width='452' height='1016' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Le lent d&#233;clin des mairies rouges
</title>
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		<dc:subject>Municipales
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		<dc:subject>PCF
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		<dc:subject>Politique
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		<description>&#171; La gauche a gagn&#233; des mairies, mais que vont y gagner les travailleurs ? &#187; titrait notre journal Lutte Ouvri&#232;re au lendemain de l'&#233;lection municipale de 1977. Le Parti communiste &#233;tait &#224; son apog&#233;e municipal, avec 72 mairies de villes de plus de 30 000 habitants, 22 de plus qu'en 1971, dont 6 villes d&#233;passant les 100 000 habitants. Le Parti socialiste tirait d&#233;j&#224; le maximum de profit de l'alliance d'Union de la gauche, sous l'&#233;tiquette de laquelle PC et PS s'&#233;taient pr&#233;sent&#233;s en commun dans la&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt; &#171; La gauche a gagn&#233; des mairies, mais que vont y gagner les travailleurs ? &#187; &lt;/em&gt; titrait notre journal &lt;em&gt; Lutte Ouvri&#232;re &lt;/em&gt; au lendemain de l'&#233;lection municipale de 1977. Le Parti communiste &#233;tait &#224; son apog&#233;e municipal, avec 72 mairies de villes de plus de 30 000 habitants, 22 de plus qu'en 1971, dont 6 villes d&#233;passant les 100 000 habitants. Le Parti socialiste tirait d&#233;j&#224; le maximum de profit de l'alliance d'Union de la gauche, sous l'&#233;tiquette de laquelle PC et PS s'&#233;taient pr&#233;sent&#233;s en commun dans la quasi-totalit&#233; de ces grandes villes, y engrangeant 81 mairies, soit 35 de plus qu'en 1971.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs n'ont rien gagn&#233; aux victoires de la gauche. Le PC, lui, a pay&#233; le prix fort pour cette Union pour laquelle il a brad&#233; son cr&#233;dit, dans l'espoir d'acc&#233;der &#224; quelques &#233;ph&#233;m&#232;res postes de ministres. Aujourd'hui le PC n'a plus une seule mairie de ville de plus de 100 000 habitants, et ne contr&#244;le que 29 mairies de villes de plus de 30 000 habitants.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'&#233;preuve du pouvoir&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#199;a n'a pas tra&#238;n&#233;. Avec l'&#233;lection de Mitterrand en 1981, le blocage des salaires et les vagues de licenciements collectifs dans la sid&#233;rurgie, le discr&#233;dit du PCF et ses 4 ministres a &#233;t&#233; rapide. La sanction est tomb&#233;e d&#232;s l'&#233;lection municipale de 1983, et plus durement sur le PC que sur le PS. Il y a perdu 20 de ses villes de plus de 30 000 habitants, dont 3 de plus de 100 000 (N&#238;mes, Reims, Saint &#201;tienne).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour tenter d'enrayer sa perte d'influence, son secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral Georges Marchais d&#233;cide la sortie des communistes du gouvernement. Bien que des maires puissent para&#238;tre plus &#171; proches du peuple &#187; que leurs camarades ministres, ce retrait strat&#233;gique suscite parmi les premiers une lev&#233;e de bouclier. R&#233;novateurs, refondateurs et autres fossoyeurs des restes d'ind&#233;pendance du PC vis-&#224;-vis du PS, d&#233;fendent leurs si&#232;ges que l'alliance avec les socialistes favorise. Le PCF ne perd pas seulement sa base : une partie de son appareil s'&#233;loigne pour garder ses mairies.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des banlieues rouges aux banlieues roses&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En banlieue parisienne, le maire d'Orly, Gaston Viens, est exclu du PC en 1989 pour avoir fait, par dessus la t&#234;te du parti, sa nouvelle liste avec le PS. Jean Ooghes, maire de Sainte-Genevi&#232;ve-des-Bois choisit de le quitter la m&#234;me ann&#233;e. En f&#233;vrier 1996, c'est au tour du maire d'Arcueil Marcel Trigon d'entrer en dissidence et de quitter le PC, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; r&#233;&#233;lu gr&#226;ce &#224; lui, mais sur une liste o&#249; il s'&#233;tait m&#233;nag&#233; une majorit&#233; non-PC. Le maire de Montreuil, Jean-Pierre Brard le suit dans la m&#234;me voie en mai 1996.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de ces d&#233;parts, l'effritement rapide des voix du Parti communiste donne au Parti socialiste l'occasion de le r&#233;duire aussi sur le terrain municipal. D&#232;s l'&#233;lection de 1983, le PS organise contre le PC des &lt;em&gt; &#171; primaires &#224; gauche &#187; &lt;/em&gt;. Avec le recul g&#233;n&#233;ral de la gauche, celles-ci sont un &#233;chec, dont la droite b&#233;n&#233;ficie. Mais en 1989, le PS prend au PC la ville des Mureaux, en 1995 Ris-Orangis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_297 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH376/pspcf-3d122.png?1528324003' width='400' height='376' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Mortelle piq&#251;re de rappel&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Chat &#233;chaud&#233; prenant go&#251;t &#224; la douche froide, le PC n'en r&#233;-entre pas moins au gouvernement, sous la houlette de Jospin en 1997, avec un rapport de forces encore plus d&#233;favorable qu'en 1981. L'effet boule de neige reprend : plus le PC s'int&#232;gre &#224; l'appareil d'&#201;tat, plus il s'associe aux attaques anti-ouvri&#232;res, plus il r&#233;duit sa base sociale. En 2001, si le parti affirme encore avoir 203 600 militants (la r&#233;alit&#233; est s&#251;rement moindre) et si sa perte de voix aux municipales est, du moins dans les villes qu'il d&#233;tient, moins grande que sa chute dans les scores nationaux, le verdict des municipales est sans appel : 10 villes de plus de 30 000 habitants sont perdues, dont N&#238;mes, la derni&#232;re grande ville du PC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand elle ne passe pas au rose (Pantin) ou au vert (l'&#206;le-Saint-Denis), la banlieue rouge de Paris tourne parfois au bleu comme Colombes, Argenteuil (95000 habitants) et Drancy (62 000), ces deux derni&#232;res ex-fiefs PC depuis 1935. Mais m&#234;me lorsque le PC garde la mairie, la victoire est am&#232;re : les &#171; places fortes &#187; du PC sont confront&#233;es &#224; une abstention qui d&#233;passe les 50 % en 2001 dans 10 d'entre elles. M&#234;me les municipalit&#233;s les mieux r&#233;&#233;lues sont touch&#233;es : la liste PC de Bobigny ne rassemble que 26 % des inscrits, celle conduite par le r&#233;novateur Braouzec &#224; Saint-Denis seulement 23 %. Les &#233;lus restent, les &#233;lecteurs s'en vont&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Bou&#233;e de sauvetage ? &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si le PS avait besoin du PC dans les ann&#233;es 1970-1980 pour revenir au pouvoir, c'est d&#233;sormais le PC qui est sous perfusion du PS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; &#171; Le capitalisme, c'est les riches qui d&#233;cident. R&#233;siste ! &#187; &lt;/em&gt;, proclament aujourd'hui les affiches du PC. Le ton un tantinet contestataire qu'il est capable de prendre le temps d'une campagne &#233;lectorale, les sourires &#233;ventuels qu'il peut faire &#224; l'extr&#234;me gauche, tout au moins dans les communes o&#249; le PS lui impose des primaires, n'ont d'autre but que d'am&#233;liorer le rapport de forces en sa faveur pour les marchandages du second tour, pieds et poings alli&#233;s avec les socialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lucas BRUGHEL&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_298 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH514/pcf-dda29.png?1528324003' width='400' height='514' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Pouvoir, quand tu nous tiens !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les maires de droite sont dans leur r&#244;le en flattant les pr&#233;jug&#233;s r&#233;actionnaires, en pr&#244;nant le tout s&#233;curitaire, en multipliant les cam&#233;ras de surveillance ou en pr&#233;f&#233;rant payer les amendes, plut&#244;t que d'imposer &#224; leurs tr&#232;s chers administr&#233;s la promiscuit&#233; avec des HLM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais par peur de perdre des &#233;lecteurs ou pour attirer une client&#232;le plus ais&#233;e, les maires de gauche embo&#238;tent parfois le pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le socialiste Georges Fr&#234;che, maire de Montpellier de 1977 &#224; 2004 avant de devenir pr&#233;sident de R&#233;gion, s'est affich&#233; r&#233;cemment par des &#233;carts racistes. Question de plaire &#224; une partie de son &#233;lectorat, dans une ville et une r&#233;gion qui compte encore un fort pourcentage de &lt;em&gt; &#171; pieds-noirs &#187; &lt;/em&gt; nostalgiques des colonies. M&#234;me si, face au scandale, le PS a d&#251; finir, tardivement, par l'exclure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il n'est pas rare non plus que des maires communistes connus pratiquent l'exercice. Avec un peu plus d'hypocrisie, en faisant le grand &#233;cart entre coquetteries anti-immigr&#233;s et professions de foi sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le maire de Vitry en banlieue parisienne, avait fait d&#233;truire au bulldozer en 1980 un foyer de travailleurs africains&#8230; le m&#234;me, capable en 1993 de soutenir les cheminots s'opposant &#224; la fermeture des ateliers SNCF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le maire de V&#233;nissieux dans la banlieue de Lyon, Andr&#233; G&#233;rin, &#233;crivait &#224; Chirac en novembre 2005, au moment des &#233;meutes de banlieues : &lt;em&gt; &#171; Je souscris &#224; vos propos pour r&#233;tablir l'ordre &lt;/em&gt;[&#8230;] &lt;em&gt; L'heure est au rassemblement r&#233;publicain pour &#233;radiquer la gangr&#232;ne, la barbarie, la sauvagerie &#187; &lt;/em&gt;&#8230; ajoutant certes qu'une des causes de cette &lt;em&gt; &#171; gangr&#232;ne &#187; &lt;/em&gt; &#233;tait la d&#233;chirure entre &lt;em&gt; &#171; une jeunesse populaire qui s'enfonce dans la pauvret&#233; &#187; et &#171; une France opulente &#187; &lt;/em&gt;. Responsable, il pr&#233;conisait n&#233;anmoins comme solution au ch&#244;mage des jeunes &lt;em&gt; &#171; la g&#233;n&#233;ralisation de l'apprentissage r&#233;mun&#233;r&#233;, d&#232;s 14 ans &#187; &lt;/em&gt;&#8230; le m&#234;me, capable d'interdire en mars 2006, par d&#233;cret municipal, toute coupure d'eau, de gaz et d'&#233;lectricit&#233; aux familles en difficult&#233;, au grand dam de la pr&#233;fecture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L.B.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Municipales 2008 - l'occasion d'une campagne politique des r&#233;volutionnaires
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		<dc:date>2007-12-29T11:37:25Z</dc:date>
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Extr&#234;me gauche
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		<dc:subject>Municipales
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		<description>La Fraction a pr&#233;sent&#233; trois textes au congr&#232;s 2007 de Lutte ouvri&#232;re. Pour acc&#233;der &#224; l'un des autres textes, cliquez sur son titre : Les r&#233;volutionnaires et la contre-offensive des travailleurs Explorer la possibilit&#233; d'un nouveau parti r&#233;volutionnaire Municipales 2008 - l'occasion d'une campagne politique des r&#233;volutionnaires &lt;br /&gt; Vous pouvez aussi acc&#233;der &#224; l'ensemble des textes du congr&#232;s en cliquant ici. &lt;br /&gt;Les prochaines municipales vont &#234;tre comme d'habitude le terrain d'affrontement des partis et&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Les-articles-dans-Lutte-de-Classe-" rel="directory"&gt;Les articles dans &#171; Lutte de Classe &#187;
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Extreme-gauche-+" rel="tag"&gt;Extr&#234;me gauche
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Lutte-ouvriere-+" rel="tag"&gt;Lutte ouvri&#232;re
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;La Fraction a pr&#233;sent&#233; trois textes au congr&#232;s 2007 de Lutte ouvri&#232;re. Pour acc&#233;der &#224; l'un des autres textes, cliquez sur son titre : &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt; &lt;a href='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Les-revolutionnaires-et-la-contre' class='spip_in'&gt;Les r&#233;volutionnaires et la contre-offensive des travailleurs&lt;/a&gt; &lt;/em&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt; &lt;a href='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Explorer-la-possibilite-d-un-nouveau-parti-revolutionnaire' class='spip_in'&gt;Explorer la possibilit&#233; d'un nouveau parti r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt; &lt;/em&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt; &lt;a href='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Municipales-2008-l-occasion-d-une-campagne-politique-des-revolutionnaires' class='spip_in'&gt;Municipales 2008 - l'occasion d'une campagne politique des r&#233;volutionnaires&lt;/a&gt; &lt;/em&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; Vous pouvez aussi acc&#233;der &#224; l'ensemble des textes du congr&#232;s en cliquant &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.union-communiste.org/fr/lutte-de-classe/ndeg109&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.
&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;Les prochaines municipales vont &#234;tre comme d'habitude le terrain d'affrontement des partis et plus pr&#233;cis&#233;ment de la gauche contre la droite. Les &#233;lections pr&#233;sidentielles n'&#233;tant vieilles que de moins d'un an, ces municipales risquent m&#234;me d'appara&#238;tre plus que d'habitude comme le troisi&#232;me round de la confrontation &#233;lectorale commenc&#233;e avec l'&#233;lection de Sarkozy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gauche, PS et ses alli&#233;s PCF ou Verts, peut esp&#233;rer en effet prendre sa revanche. Pour cela elle va pr&#233;senter l'&#233;lection comme l'occasion de d&#233;savouer la politique antipopulaire et anti-ouvri&#232;re de Sarkozy et de son gouvernement. Dans la foul&#233;e cela lui permettra de centrer sur le terrain des urnes l'attention de tous ceux qui vomissent cette politique et voudraient bien en effet s'y opposer. Et ainsi de faire oublier qu'elle n'a pas l'intention de contribuer &#224; promouvoir et organiser les luttes, seul moyen de s'opposer efficacement &#224; la politique de la droite et du patronat. Faire oublier m&#234;me que si elle ne tarit pas de critiques sur la m&#233;thode de Sarkozy, c'est pour en accepter implicitement les objectifs. C'est tout particuli&#232;rement vrai du PS qui va quasi-ouvertement dans le m&#234;me sens que la r&#233;forme sarkozienne, que ce soit en mati&#232;re de retraite (&#224; r&#233;former), de syst&#232;me de sant&#233; (&#224; rationaliser), de dur&#233;e du temps de travail (&#224; moduler), d'&#233;conomies dans les services publics (&#224; rechercher, y compris par des suppressions de postes), voire de licenciements dans le priv&#233; (&#224; d&#233;plorer&#8230; mais concurrence mondiale oblige !). Mais c'est vrai aussi de ses alli&#233;s, PCF en t&#234;te, dont la surench&#232;re &#224; gauche, quand elle s'esquisse, n'a d'autre but que de pr&#233;parer une nouvelle alliance avec le PS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les municipales sont aussi le terrain o&#249; se d&#233;veloppent les ambitions des notables qui en France commencent, maintiennent ou renforcent leur carri&#232;re politique par l'occupation d'un poste de maire. L'insistance sur les probl&#232;mes locaux, r&#233;els ou surfaits, permet tout &#224; la fois d'embrouiller leur v&#233;ritable politique et donne une justification &#224; tous les compromis et toutes les compromissions. Cela est aussi vrai &#224; droite qu'&#224; gauche. Cela explique l'attention dont les centristes, pr&#234;ts &#224; vendre leur soutien &#224; celui qui le paiera le plus cher, sont l'objet de la part de l'UMP comme du PS. Cela explique la politique du PCF qui ayant perdu en 2001 un tiers des villes de plus de 20 000 habitants (il ne contr&#244;le plus que 38 municipalit&#233;s au lieu de 55) se d&#233;m&#232;ne comme un beau diable pour rechercher &#224; la fois l'alliance du PS, absolument indispensable, et celle de l'extr&#234;me gauche susceptible de renforcer sa position&#8230; vis-&#224;-vis du PS justement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces man&#339;uvres font qu'avant d'envisager des alliances et des listes communes, il est n&#233;cessaire pour les r&#233;volutionnaires et LO de d&#233;finir l'axe politique sur lequel ils entendent se pr&#233;senter et faire campagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui qui semble s'imposer est celui de la d&#233;fense intransigeante des int&#233;r&#234;ts du camp des travailleurs que ce soit &#224; l'&#233;chelle locale ou nationale. Ce n'est certainement pas aujourd'hui, alors que la cuisine politicienne va battre son plein, qu'il faut abandonner notre axe, que nous avons r&#233;p&#233;t&#233; si souvent dans un slogan maintenant attach&#233; &#224; la personne d'Arlette Laguiller.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les circonstances actuelles se situer dans le camp des travailleurs implique de se positionner d'abord sur les probl&#232;mes g&#233;n&#233;raux de la solution desquels d&#233;pend le sort des classes populaires, bien plus en tout cas que des solutions locales que pourrait apporter la meilleure bonne volont&#233; des municipalit&#233;s : d&#233;noncer les m&#233;faits de l'&#233;quipe de droite actuellement au pouvoir sous la houlette de Sarkozy, mais aussi la passivit&#233; ou la veulerie de celles de gauche qui briguent le r&#244;le ; faire de la propagande pour un programme de mesures radicales qui pourraient et devraient &#234;tre les objectifs de la n&#233;cessaire et indispensable lutte d'ensemble des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux probl&#232;mes locaux, que bien entendu il serait stupide de n&#233;gliger, ils impliquent l'engagement de nos candidats comme de nos &#233;ventuels &#233;lus d'&#234;tre aux c&#244;t&#233;s de tous les exploit&#233;s et les opprim&#233;s, &#224; chaque occasion, pour d&#233;fendre toute revendication qui correspondrait &#224; leur int&#233;r&#234;t, souligner leurs droits, imposer ceux-ci et surtout les aider &#224; se d&#233;fendre, sans tenir compte d'&#233;ventuelles alliances pass&#233;es &#224; l'occasion, celle des &#233;lections ou une autre. Sans tenir compte non plus de l'&#233;ventuelle mise en danger de positions, au conseil municipal ou ailleurs, qu'il n'est justifi&#233; d'occuper que pour mener cette politique de d&#233;fense intransigeante des int&#233;r&#234;ts du camp des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas de refuser des postes d'&#233;lus s'ils sont conquis sur ces bases claires. Il ne s'agit pas de refuser d'&#233;ventuelles alliances si elles n'obscurcissent pas notre campagne ou nos positions et ne nous entra&#238;nent pas, dans l'imm&#233;diat ou par la suite, &#224; des compromissions inacceptables. Mais il ne s'agit certainement pas non plus d'accepter toute alliance pour la raison qu'elle nous garantirait plus s&#251;rement des &#233;lus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, dans la plupart des municipalit&#233;s tant soit peu importantes (dans les petites la question ne se pose pas du tout de la m&#234;me fa&#231;on) o&#249; le premier de la liste de gauche (et &#233;ventuel futur maire) est une personnalit&#233; politique connue, maire sortant, d&#233;put&#233;-maire, ancien ministre, donc un soutien connu et affirm&#233; &#224; la politique du PS ou du PCF, la participation d&#232;s le premier tour &#224; cette liste semble absolument exclue. Elle ne pourrait en effet appara&#238;tre que comme une alliance politique avec la gauche et donc un soutien &#224; sa politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me les accords dits &#171; techniques &#187; au deuxi&#232;me tour, qui peuvent &#234;tre plus facilement justifi&#233;s et expliqu&#233;s par une loi &#233;lectorale fort peu d&#233;mocratique, sont &#224; prendre avec des pincettes. Qu'on le veuille ou non, il en restera plus ou moins confus&#233;ment l'id&#233;e que pour un poste d'&#233;lu nous sommes pr&#234;ts &#224; abandonner notre ind&#233;pendance politique, c'est-&#224;-dire notre totale libert&#233; de critique. Sans parler &#233;videmment de la compromission que serait la participation sur une liste men&#233;e par une femme ou un homme dont la politique municipale n'est pas au service des couches d&#233;favoris&#233;es, cas de la plupart des maires PS et de bon nombre de ceux du PCF aujourd'hui (exemple : ces maires de la proche banlieue parisienne qui visent &#224; transformer socialement leur commune pour en faire une agglom&#233;ration petite bourgeoise et pour cela poussent, discr&#232;tement ou non, les pauvres et les immigr&#233;s vers des horizons plus lointains, en s'en prenant aux squatters ou aux locataires qui ne peuvent plus payer ; il n'y a pas que Delano&#235; qui cache ses buts sous des raisons de r&#233;novations urbaines).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait la premi&#232;re alliance &#224; rechercher est celle de l'extr&#234;me gauche, et en particulier de la LCR. Rappelons que cette alliance n'a pas march&#233; en 2001 parce que la LCR envisageait une fusion des listes ou un vote pour la gauche au deuxi&#232;me tour, ce qu'alors nous refusions. La deuxi&#232;me raison de l'&#233;chec des pourparlers fut qu'elle entendait accorder plus de place aux probl&#232;mes locaux aux d&#233;pens des probl&#232;mes nationaux g&#233;n&#233;raux et voulait introduire sur les listes communes des gens qui n'&#233;taient ni de LO ni de la LCR, en particulier d'associations&#8230; qui &#233;taient d'ailleurs incomparablement plus &#224; gauche que la plupart des maires des grandes villes PS ou PCF aujourd'hui. Il est maintenant &#233;vident que sur des listes form&#233;es sur une base LO-LCR, rien ne s'opposerait &#224; mettre des gens d'extr&#234;me gauche ou m&#234;me de la gauche de la gauche qui en accepteraient les grandes lignes de la plate-forme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il peut certes exister d'autres difficult&#233;s. La LCR, forte de ses r&#233;cents succ&#232;s &#233;lectoraux, peut estimer n'avoir pas besoin de LO ou &#234;tre pr&#234;te ici ou l&#224; &#224; n&#233;gocier de son c&#244;t&#233; avec tel ou tel notable de gauche qui est en train de faire ses comptes de voix et pour qui la mairie vaut bien une messe surtout pour recueillir le soutien d'une organisation d'extr&#234;me gauche qui a le vent en poupe. La LCR dit aujourd'hui, et d'une fa&#231;on bien plus nette que nous l'avons fait jusqu'ici, qu'elle n'est pas pr&#234;te &#224; ce genre d'alliance. La meilleure fa&#231;on de l'ancrer sur cette position est de lui proposer notre alliance&#8230; &#224; condition bien s&#251;r de ne pas en rechercher nous-m&#234;mes des plus douteuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intervention sur le terrain &#233;lectoral n'est certainement pas la priorit&#233; des r&#233;volutionnaires. Surtout dans les circonstances actuelles o&#249; les travailleurs sont attaqu&#233;s de toutes parts, cette priorit&#233; est d'aider &#224; la riposte et &#224; la convergence des luttes dans un mouvement d'ensemble. Mais puisqu'il y a campagne &#233;lectorale, et que celle-ci fait partie des combats politiques n&#233;cessaires, nous devons faire en sorte qu'elle aide et contribue &#224; notre intervention sur le terrain essentiel des luttes de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 28 octobre 2007&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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