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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskyste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> &#171; Lib&#233;ralisme &#187; ou &#171; interventionnisme &#187; : La b&#233;quille de l'&#201;tat, une constante !
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
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		<dc:subject>Capitalisme
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		<dc:subject>Etat
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		<description>Le d&#233;veloppement de la crise actuelle pousse les &#201;tats des diff&#233;rents pays &#224; intervenir massivement aupr&#232;s des banques et grandes entreprises. Il ne s'agit pas de solutions nouvelles. D'une fa&#231;on fondamentale, l'&#233;conomie capitaliste ne peut survivre que par la b&#233;quille &#233;tatique. Depuis l'&#233;mergence du capitalisme, les bourgeois ont toujours demand&#233; &#224; l'&#201;tat d'intervenir pour leur assurer des march&#233;s d'&#201;tat juteux (march&#233; de l'armement par exemple) ou pour prendre en charge des secteurs cl&#233;s jug&#233;s pas assez&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement de la crise actuelle pousse les &#201;tats des diff&#233;rents pays &#224; intervenir massivement aupr&#232;s des banques et grandes entreprises. Il ne s'agit pas de solutions nouvelles. D'une fa&#231;on fondamentale, l'&#233;conomie capitaliste ne peut survivre que par la b&#233;quille &#233;tatique. Depuis l'&#233;mergence du capitalisme, les bourgeois ont toujours demand&#233; &#224; l'&#201;tat d'intervenir pour leur assurer des march&#233;s d'&#201;tat juteux (march&#233; de l'armement par exemple) ou pour prendre en charge des secteurs cl&#233;s jug&#233;s pas assez rentables (&#233;ducation, sant&#233;, etc.). L'intervention &#233;tatique prend une autre dimension et d'autres formes en p&#233;riode de crise majeure. Les interventions &#233;conomiques des &#201;tats se font alors de fa&#231;on quasiment identique, qu'il s'agisse de r&#233;gimes totalitaires ou se r&#233;clamant de la d&#233;mocratie, de gouvernement de droite ou de gauche, comme le montre l'histoire du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La crise des ann&#233;es 1930&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il n'y eut pas que les &#201;tats-Unis, avec le New Deal (voir ci contre), pour pratiquer une politique &#233;conomique &#233;tatique. En Europe, ce furent les pays fascistes, l'Italie et l'Allemagne, qui men&#232;rent la politique interventionniste la plus importante. En Italie, Mussolini cr&#233;a l'IRI (Institut pour la Reconstruction Industrielle) qui aida les grandes entreprises en difficult&#233; en injectant des sommes tr&#232;s importantes. L'&#201;tat italien prit par ailleurs le contr&#244;le d'une partie de l'&#233;conomie : 100 % de la sid&#233;rurgie de guerre, 80 &#224; 90 % de la construction navale, 80 % du secteur bancaire. Ce fut l'Allemagne nazie qui connut la plus grande emprise de l'&#201;tat sur l'&#233;conomie. Avant l'arriv&#233;e des Nazis, l'&#201;tat allemand avait nationalis&#233; beaucoup d'entreprises et de banques au bord de la faillite. Le gouvernement nazi renfloua ces grandes entreprises, mit en place des soci&#233;t&#233;s d'&#233;conomie mixte permettant de transf&#233;rer les fonds publics vers les capitaux priv&#233;s, cr&#233;a des industries d'&#201;tat (mines de fer, usines m&#233;tallurgiques non rentables) et privatisa les secteurs redevenus rentables. L'&#201;tat nazi lan&#231;a par ailleurs de gigantesques programmes de grands travaux &#8212; autoroutes, stades, b&#226;timents officiels, etc. Mais c'est essentiellement par l'industrie d'armement que les Nazis permirent aux grands bourgeois allemands de sortir de la crise.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Au sortir de la guerre&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La France connut une vague de nationalisations juste apr&#232;s la Deuxi&#232;me Guerre mondiale. Le gouvernement de De Gaulle qui prit en charge la modernisation et la reconstruction de l'industrie fran&#231;aise en mettant sous le contr&#244;le de l'&#201;tat le secteur bancaire, certaines infrastructures (chemin de fer, &#233;lectricit&#233;) et une partie de l'appareil industriel du pays. Les nationalisations furent tr&#232;s importantes, toutes faites avec de fortes indemnit&#233;s pour les propri&#233;taires des entreprises (Banque de France, GDF et EDF, SNECMA, Renault, les entreprises de charbonnages, etc.). Pour faire payer cette politique aux travailleurs, De Gaulle put compter sur les quatre ministres du PCF. Les slogans du PCF &#233;taient alors &lt;em&gt; &#171; produire d'abord, revendiquer ensuite &#187;. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Grande-Bretagne, &#233;galement fragilis&#233;e par la guerre, nationalisa la banque d'Angleterre, le gaz et l'&#233;lectricit&#233;, les chantiers navals, l'a&#233;ronautique et d'autres industries. L'Italie, qui avait d&#233;j&#224; nationalis&#233; pas mal de secteurs sous Mussolini, continua dans ce sens.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les d&#233;cennies d'apr&#232;s guerre&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En 1974 la sid&#233;rurgie fran&#231;aise connut par exemple une crise s&#233;v&#232;re. Ce fut un homme politique de droite, Raymond Barre, qui fit de l'&#201;tat un actionnaire majoritaire d'Usinor et de Sacilor et transf&#233;ra &#224; l'&#201;tat les dettes &#233;normes de ces entreprises. Au d&#233;but des ann&#233;es 1980, le gouvernement de Mitterrand proc&#233;da &#224; des nationalisations, permettant d'injecter dans les industries nationalis&#233;es des fonds pour moderniser ces industries &#224; une &#233;poque o&#249; les investissements priv&#233;s &#233;taient tr&#232;s faibles. Le journal pro-patronal &lt;em&gt; The Economist &lt;/em&gt; &#233;crivait en mars 1986 : &lt;em&gt; &#171; Les g&#233;ants industriels nationalis&#233;s par le premier gouvernement Mitterrand ont gagn&#233; en marge de man&#339;uvre et ont pu d&#233;graisser davantage que lorsqu'ils appartenaient au secteur priv&#233; sous les gouvernements de droite &#187; &lt;/em&gt;. Ces m&#234;mes g&#233;ants industriels, devenus rentables, &#233;taient fins pr&#234;ts pour la vague des privatisations qui a suivi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reagan, en m&#234;me temps qu'il pr&#244;nait, pour juguler l'inflation, une politique d'aust&#233;rit&#233; et de r&#233;duction des d&#233;penses publiques, lan&#231;ait &#224; partir de 1984 sa &lt;em&gt; &#171; guerre des &#233;toiles &#187;, &lt;/em&gt;un vaste plan de d&#233;penses militaires destin&#233; &#224; booster les industries de pointe en leur fournissant un miraculeux march&#233;. C'est &#171; l'ultralib&#233;ral &#187; Bush qui a men&#233; la politique actuelle de soutien massif aux entreprises am&#233;ricaines en difficult&#233;. C'est Sarkozy qui vient d'annoncer son &#171; fonds souverain &#187; au service des grandes entreprises fran&#231;aises. &#192; l'inverse, c'est le gouvernement de gauche de Jospin qui privatisa le plus dans les derni&#232;res d&#233;cennies en France, avec un ministre PCF (Gayssot) qui amor&#231;a la privatisation d'Air France et de la SNCF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, &#233;tatisation ou privatisation de l'&#233;conomie ? Tout d&#233;pend de qui contr&#244;le l'&#201;tat ! Dans le &lt;em&gt; Programme de transition &lt;/em&gt;&#233;crit en 1938, Trotsky posait comme mot d'ordre l'expropriation des banques, en ajoutant : &lt;em&gt; &#171; Cependant, l'&#233;tatisation des banques ne donnera ces r&#233;sultats favorables que si le pouvoir d'&#201;tat lui-m&#234;me passe enti&#232;rement des mains des exploiteurs aux mains des travailleurs &#187; &lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Andr&#233; Lecluse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Un p&#244;le financier, sous contr&#244;le &#171; public et citoyen &#187; ?
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
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		<dc:subject>Etat
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		<description>La gauche ne s'est pas oppos&#233;e au plan de sauvetage des banques, du moins au fait que l'&#201;tat les aient renflou&#233;es, sous pr&#233;texte que la chute du syst&#232;me bancaire aurait entra&#238;n&#233; une catastrophe terrible pour les classes populaires. Mais attention, a martel&#233; le Parti communiste, &#171; puisqu'il faut une intervention publique pour recapitaliser les banques, il est normal d'obtenir pour le moins une minorit&#233; de blocage de l'&#201;tat, voire peut-&#234;tre une nationalisation de certaines de ces banques. Mais dans tous&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La gauche ne s'est pas oppos&#233;e au plan de sauvetage des banques, du moins au fait que l'&#201;tat les aient renflou&#233;es, sous pr&#233;texte que la chute du syst&#232;me bancaire aurait entra&#238;n&#233; une catastrophe terrible pour les classes populaires. Mais attention, a martel&#233; le Parti communiste, &lt;em&gt; &#171; puisqu'il faut une intervention publique pour recapitaliser les banques, il est normal d'obtenir pour le moins une minorit&#233; de blocage de l'&#201;tat, voire peut-&#234;tre une nationalisation de certaines de ces banques. Mais dans tous les cas, il faut un 'p&#244;le financier public', qui soit utilis&#233; comme levier du d&#233;veloppement &#233;conomique &#187; &lt;/em&gt; (Huma du 18/10 &#8211; propos de Jean Sandrier, d&#233;put&#233; communiste et membre de la commission des Finances).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e de ce p&#244;le financier ou bancaire public est reprise &#224; la gauche de la gauche, par la constellation &#171; antilib&#233;rale &#187;, en particulier par un CRAC (Collectif R&#233;sistances et Alternatives &#224; la Crise) cr&#233;&#233; &#224; l'initiative de dirigeants d'ATTAC. Parmi un long train de mesures qui limiteraient le pouvoir de la finance, figure m&#234;me la mise &#171; sous contr&#244;le public et citoyen &#187; de la Banque centrale europ&#233;enne. Pourquoi pas ! Formidable ! Mais comment ? Ce qui manque, y compris du c&#244;t&#233; du PC, c'est le mode d'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le contr&#244;le par en haut&#8230; et par en bas !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Avant la d&#233;r&#233;gulation de la fin des ann&#233;es 1980, il existait, en France, un Conseil national du cr&#233;dit (CNC) regroupant les repr&#233;sentants des plus grandes banques (le Cr&#233;dit Lyonnais, la Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale, la BNP, etc.), de la Banque de France et de l'&#201;tat. Ses r&#233;unions, quotidiennes, &#233;taient destin&#233;es &#224; contr&#244;ler les cr&#233;dits accord&#233;s par l'ensemble des banques op&#233;rant sur le territoire national. Et que se passait-il lorsqu'une banque avait &#171; exag&#233;r&#233; &#187; ? Elle &#233;tait sanctionn&#233;e&#8230; mais la sanction restait secr&#232;te pour ne pas d&#233;t&#233;riorer la &#171; confiance &#187; ! Or l'&#201;tat avait largement les moyens de peser sur ce Conseil national du cr&#233;dit puisque, &#224; l'&#233;poque, quasiment toutes les grandes banques &#233;taient des banques qui avaient &#233;t&#233; nationalis&#233;es au lendemain de la Deuxi&#232;me Guerre mondiale. D'ailleurs, toutes les banques, y compris les banques nationalis&#233;es, contournaient le contr&#244;le du CNC en accordant des cr&#233;dits&#8230; en dollars, une bonne partie de leurs avoirs &#233;tant libell&#233;s dans cette monnaie de r&#233;serve internationale, cr&#233;dits sur lesquels le CNC n'avait pas son mot &#224; dire &#8211; ni les autorit&#233;s am&#233;ricaines, d'ailleurs, puisque ces cr&#233;dits &#233;taient accord&#233;s par des banques non am&#233;ricaines op&#233;rant en dehors du territoire des &#201;tats-Unis : il s'agissait des fameux &#171; eurodollars &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; peut-&#234;tre le &#171; must &#187; de ce qui s'est fait par &#171; en haut &#187;, par l'intervention de gouvernements (d&#233;vou&#233;s comme ils le sont tous, de gauche comme de droite, aux poss&#233;dants et leur finance). Reste l'action par &#171; en bas &#187;, par la mobilisation de l'ensemble des travailleurs. Hormis celle-ci, aucun contr&#244;le n'est possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J-J. F.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> &#171; L'ultralib&#233;ralisme &#187;, ultra-financ&#233; par l'&#201;tat
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		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/L-ultraliberalisme-ultra-finance-par-l-Etat</link>
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Etat
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		<dc:subject>Capitalisme
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		<description>Comment contenir l'incendie de la crise ? Comment, au-del&#224;, reprendre un peu de contr&#244;le sur le capitalisme financier, dont les convulsions menacent p&#233;riodiquement l'&#233;conomie r&#233;elle &#8211; au point de menacer la vie de centaines de millions d'&#234;tres humains ? Depuis le d&#233;but de la crise un certain nombre de voix &#8211; notamment de gauche &#8211; demandent plus d'interventions des &#201;tats. Mais la sensibilit&#233; keyn&#233;sienne n'est pas la seule &#224; r&#233;clamer cela : en fait, tout le monde semble d'accord, des financiers eux-m&#234;mes aux&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comment contenir l'incendie de la crise ? Comment, au-del&#224;, reprendre un peu de contr&#244;le sur le capitalisme financier, dont les convulsions menacent p&#233;riodiquement l'&#233;conomie r&#233;elle &#8211; au point de menacer la vie de centaines de millions d'&#234;tres humains ? Depuis le d&#233;but de la crise un certain nombre de voix &#8211; notamment de gauche &#8211; demandent plus d'interventions des &#201;tats. Mais la sensibilit&#233; keyn&#233;sienne n'est pas la seule &#224; r&#233;clamer cela : en fait, tout le monde semble d'accord, des financiers eux-m&#234;mes aux &#201;tats en question.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;&#171; Too big to fail &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La doctrine lib&#233;rale justifie la loi de la concurrence en invoquant sa justice immanente : si les acteurs sont performants ils gagnent, dans le cas contraire ils assument leurs pertes, et tout se m&#233;rite. Mais ce principe n'est respect&#233; que lorsque les pertes sont marginales, ou ne concernent que des acteurs n'ayant pas le poids d'&#233;chapper &#224; ces pr&#233;tendues r&#232;gles de responsabilit&#233;. Pour les capitalistes de premi&#232;re importance, ou lorsque c'est l'ensemble du syst&#232;me qui menace de s'effondrer, les principes font place au chantage du &lt;em&gt; &#171; Too big to fail &#187; &lt;/em&gt; ! &#8211; trop gros pour tomber. C'est ainsi que la bourgeoisie prend toute la soci&#233;t&#233; en otage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but de la crise des &lt;em&gt; subprimes &lt;/em&gt;, les &#201;tats sont donc intervenus de fa&#231;on massive. En premier lieu ceux des m&#233;tropoles capitalistes (&#201;tats-Unis, Grande-Bretagne, Japon, &#201;tats de l'Union europ&#233;enne). Via l'action des banques centrales, ils ont inject&#233; depuis ao&#251;t 2007 des centaines de milliards de dollars dans les Bourses de New-York, Londres ou Paris.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les banques centrales au secours des sp&#233;culateurs &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Premier levier des banques centrales : les taux directeurs, qui fixent pour la monnaie concern&#233;e le niveau du &#171; loyer de l'argent &#187;. Le diminuer rend l'argent plus facile &#224; emprunter, donc favorise l'activit&#233; &#233;conomique, au risque de la surchauffe et de l'inflation. Augmenter le taux a au contraire un effet de frein. Depuis le d&#233;but de la crise la &#171; Fed &#187; (la Federal Reserve, la banque centrale am&#233;ricaine) a proc&#233;d&#233; &#224; sept baisses de ses taux, fournissant un loyer diminu&#233; de 82 % pour l'argent qu'elle pr&#234;te aux banques priv&#233;es. Avec ces taux cadeaux, la Fed a ensuite ouvert grand les vannes du pr&#234;t aux &#233;tablissements financiers en difficult&#233;. Elle aurait ainsi vers&#233; en quelques mois 400 milliards de dollars dans le tonneau des dana&#239;des des sp&#233;culateurs malheureux. Alors que les pr&#234;ts &#233;taient jusqu'alors r&#233;serv&#233;s aux banques commerciales (celles qui g&#232;rent l'argent des particuliers), la Fed a aussi &#233;tendu la possibilit&#233; de pr&#234;t aux banques d'investissement (sp&#233;cialis&#233;es dans la sp&#233;culation). La Banque centrale europ&#233;enne (BCE) a ouvert de son c&#244;t&#233; un cr&#233;dit pratiquement illimit&#233; aux banques de sa zone &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin les banques centrales ont proc&#233;d&#233; &#224; des rachats directs de portefeuilles, qui se succ&#232;dent depuis avril 2008. La Fed a par exemple repris 30 milliards de dollars du portefeuille pourri de la banque Bear Sterns, la rendant ainsi plus comestible pour JP Morgan, qui l'a rachet&#233;e imm&#233;diatement apr&#232;s. Des banques publiques r&#233;gionales am&#233;ricaines ont rachet&#233; 350 milliards de dollars de cr&#233;dits subprime aux banques contamin&#233;es. Le gouvernement britannique a nationalis&#233; les pertes de Northern Rock par un rachat direct. La banque d'Angleterre a annonc&#233; que les &#233;tablissements bancaires pourraient se d&#233;barrasser de leurs cr&#233;dits immobiliers aupr&#232;s d'elle qui, en &#233;change, leur fournira des emprunts d'&#201;tat. Cette possibilit&#233; d'&#233;changer les titres pourris contre des titres garantis par l'&#201;tat repr&#233;senterait un co&#251;t total d'environ 60 milliards d'euros.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Privatisation des gains, socialisation des pertes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; une &#233;poque o&#249; les id&#233;ologues lib&#233;raux d&#233;noncent toujours plus l'intervention &#233;tatique, la d&#233;bauche de moyens publics mis au service des financiers depuis un an et demi montrent que, plus que jamais, ils peuvent compter sur elle lorsqu'ils se retrouvent pris dans les contradictions de leur propre syst&#232;me. Vieille histoire : apr&#232;s l'explosion de la &#171; bulle internet &#187; de 2000-2001, Georges Bush, l'homme des diminutions massives d'imp&#244;ts et de la &#171; soci&#233;t&#233; de propri&#233;taires &#187;, s'&#233;tait tellement activ&#233; &#224; mettre les moyens de l'&#201;tat au service des financiers en d&#233;tresse qu'il avait r&#233;ussi &#224; devenir le pr&#233;sident le plus interventionniste depuis&#8230; Roosevelt, le chef d'orchestre d&#233;mocrate du New Deal ! Pour relancer l'&#233;conomie Bush avait fait passer le budget de l'exc&#233;dent au d&#233;ficit, avec un transfert de 3 points de PIB.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse de Roosevelt, dite &#171; de gauche &#187;, &#224; la crise de 1929 avait &#233;t&#233; l'exemple par excellence de la mise au service du syst&#232;me financier priv&#233; des moyens &#233;conomiques et politiques d'un &#201;tat. S'il y a une diff&#233;rence entre les ann&#233;es 1930 et aujourd'hui, c'est finalement dans les d&#233;lais : de nos jours le pompier &#233;tatique intervient beaucoup plus vite. En ce sens les le&#231;ons ont &#233;t&#233; tir&#233;es, et il y a bien, comme semblent le souhaiter les anti-lib&#233;raux, &#171; plus d'&#201;tat &#187; pour &#233;ponger les d&#233;g&#226;ts du capitalisme financier&#8230; Mais la &#171; puissance publique &#187; fait ce qu'elle est cens&#233;e faire : se mettre au service du profit priv&#233;, remettre d'aplomb le syst&#232;me pour lui permettre (peut-&#234;tre) de repartir et s&#233;vir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Beno&#238;t MARCHAND &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_324 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L450xH308/etat_secours_banques-5b79d.png?1527868126' width='450' height='308' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;&#171; Les fonds souverains &#187;, une nouvelle donne ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;bauche de moyens financiers mis par les Banques centrales au service des groupes financiers priv&#233;s ne leur a pas suffi. Il faut rappeler que la loi oblige en effet les banques &#224; ne pas pr&#234;ter au-del&#224; d'un certain multiple de leur capital r&#233;el, donc que les pertes dues &#224; la crise ont fait diminuer d'autant leurs capacit&#233;s de pr&#234;t. Une planche de salut pour la recapitalisation a &#233;t&#233; trouv&#233;e avec les &#171; fonds souverains &#187;, des fonds d'investissements contr&#244;l&#233;s par les &#201;tats de &#171; puissances &#233;mergentes &#187; (Inde, Chine, Cor&#233;e du Sud&#8230;), ou de p&#233;tromonarchies : Abu Dhabi, Arabie Saoudite... Des groupes comme Merrill Lynch ou Citigroup aux &#201;tats-Unis, Northern Rock en Grande-Bretagne, Swiss Re et UBS en Suisse, sans oublier la Soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale fran&#231;aise (celle du courtier J&#233;r&#244;me Kerviel et ses ardoises magiques &#224; 5 milliards d'euros) ont fait largement rentrer ces fonds dans leur capital depuis la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ces fonds souverains, le sauvetage de banques aux pertes inestimables, et en tout cas mal estim&#233;es par leurs gestionnaires m&#234;mes, repr&#233;sente un risque (qui donne une petite saveur ironique au qualificatif &#171; pour les g&#233;n&#233;rations futures &#187; que portent officiellement certains de ces fonds). Mais d'une part, les &#201;tats qui soutiennent ces fonds ont des raisons similaires &#224; ceux d'Europe ou des USA &#224; ce que le syst&#232;me financier international ne s'effondre pas &#8211; eux aussi sont sensibles &#224; la pression du &#171; Too big to fail &#187; ! Et puis, ces fonds sont l'&#233;manation d'&#201;tats qui n'ob&#233;issent pas aux contraintes de rentabilit&#233; aveugle des capitalistes priv&#233;s, et peuvent supporter des pertes temporaires, m&#234;mes lourdes, en &#233;change de b&#233;n&#233;fices politiques esp&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces secours d'urgence permettent aussi aux &#201;tats correspondants de mettre un pied dans le centre de la citadelle boursi&#232;re mondiale &#8211; le cas de la Chine &#233;tant le plus embl&#233;matique. D'o&#249; une certaine inqui&#233;tude chez les dirigeants politiques am&#233;ricains et europ&#233;ens, refl&#233;t&#233;e par la question-r&#233;ponse d'un journaliste am&#233;ricain : &lt;em&gt; &#171; Faut-il accepter que les communistes ou les terroristes deviennent propri&#233;taires des banques ? N'importe qui ferait l'affaire, car nous sommes d&#233;sesp&#233;r&#233;s &#187; &lt;/em&gt;. Ou, dans la bouche d'une administratrice de ces fonds : &lt;em&gt; &#171; Ils ne nous aiment pas, mais ils veulent notre argent&#8230; &#187; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise des &lt;em&gt; subprimes &lt;/em&gt; pourrait ainsi contribuer &#224; modifier certains &#233;quilibres politiques, sur le plan des rapports de force entre les m&#233;tropoles imp&#233;rialistes et les &#201;tats des puissances &#233;mergentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B.M.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_333 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH335/nouilles-41fb9.png?1527868126' width='400' height='335' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Entre impuissance simul&#233;e et r&#234;ve de r&#233;gulation : Le r&#244;le des Etats dans la &#171; mondialisation &#187;
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		<dc:subject>Mondialisation
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		<dc:subject>Etat
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		<description>De l'Expansion au Monde diplomatique, en passant par l'Humanit&#233;, une id&#233;e fracassante est g&#233;n&#233;reusement r&#233;pandue depuis quelques temps : les &#171; forces du march&#233; &#187; auraient triomph&#233; au d&#233;pens des Etats. Bien s&#251;r les lib&#233;raux saluent cette mondialisation comme un progr&#232;s, tandis que les r&#233;formistes s'inqui&#232;tent de voir leur r&#234;ve d'action publique sur les march&#233;s r&#233;duits &#224; n&#233;ant. Mais la plupart s'accordent &#224; penser que ces forces, bienfaisantes ou malfaisantes, seraient devenues invincibles. Les gouvernements&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Mondialisation-+" rel="tag"&gt;Mondialisation
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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De l'&lt;em&gt;Expansion&lt;/em&gt; au &lt;em&gt;Monde diplomatique&lt;/em&gt;, en passant par l'&lt;em&gt;Humanit&#233;&lt;/em&gt;, une id&#233;e fracassante est g&#233;n&#233;reusement r&#233;pandue depuis quelques temps : les &#171; forces du march&#233; &#187; auraient triomph&#233; au d&#233;pens des Etats. Bien s&#251;r les lib&#233;raux saluent cette mondialisation comme un progr&#232;s, tandis que les r&#233;formistes s'inqui&#232;tent de voir leur r&#234;ve d'action publique sur les march&#233;s r&#233;duits &#224; n&#233;ant. Mais la plupart s'accordent &#224; penser que ces forces, bienfaisantes ou malfaisantes, seraient devenues invincibles. Les gouvernements trouvent ainsi &#224; moindre frais une excuse facile pour mener leur politique anti-ouvri&#232;re. Apr&#232;s la &#171; crise &#187; qui expliquerait toutes les politiques de rigueur, voici la &#171; mondialisation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les transformations du capitalisme sont bien r&#233;elles, les croyances selon lesquelles les Etats bourgeois subiraient &#224; leur corps d&#233;fendant ce processus sont tout simplement erron&#233;es. Les &#171; march&#233;s &#187; (c'est &#224; dire les capitalistes) n'ont pas impos&#233; leur &#171; dictature &#187; &#224; des Etats soucieux, para&#238;t-il de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. Nous avons affaire &#224; des Etats imp&#233;rialistes au service des capitalistes, qui n'ont &#233;t&#233; ni neutres ni impuissants dans le processus de &#171; mondialisation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, (mais ce n'est pas nouveau !) il serait tout aussi erron&#233; de pr&#233;tendre que les Etats pourraient par une &#171; bonne politique &#187; r&#233;guler un peu mieux le fonctionnement du capitalisme. Les crises, la sp&#233;culation financi&#232;re, les krachs, font partie du fonctionnement normal du capitalisme et repr&#233;sentent en fait son seul mode de r&#233;gulation. Celui-ci ne se d&#233;barrassera pas de ses &#171; exc&#232;s &#187; &#8211; et pour tout dire de ses contradictions &#8211; gr&#226;ce &#224; l'action miraculeuse de l'Etat. Les Etats imp&#233;rialistes ont certes une fonction &#233;conomique majeure, d&#233;terminante, dans le syst&#232;me capitaliste actuel. Ils socialisent les pertes de l'&#233;conomie de casino, aux d&#233;pens des populations des pays riches comme des pays pauvres ; ils socialisent l'&#233;pargne populaire pour la mettre &#224; disposition de la grande sp&#233;culation financi&#232;re ; ils mettent sous perfusion le capital priv&#233; pour lui permettre de maintenir ses taux de profit et d'assurer son agressivit&#233; sur l'ar&#232;ne internationale. Ils changent les l&#233;gislations &#233;conomiques, sociales et financi&#232;res selon les besoins du moment du grand capital. Ils assurent et m&#234;me g&#232;rent &#224; grande &#233;chelle, comme jamais sans doute, le transfert de la plus-value vers une minorit&#233; de parasites mondiaux. En un mot, ils sont au service de l'&#233;conomie capitaliste. Ils ne la contr&#244;lent pas. Le voudraient-ils d'ailleurs, qu'ils ne le pourraient pas.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une d&#233;r&#233;glementation voulue par les Etats&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La croissance de la sph&#232;re financi&#232;re &#224; l'&#233;chelle mondiale est consid&#233;r&#233;e &#8211; &#224; juste titre &#8211; par la plupart des commentateurs comme &#233;tant le principal point de fragilit&#233; de l'&#233;conomie mondiale. Mais cette croissance des march&#233;s financiers a &#233;t&#233; accompagn&#233;e et surtout facilit&#233;e par la politique des Etats. Ce qu'on appelle la &#171; globalisation financi&#232;re &#187; a certes &#233;t&#233; une entreprise de destruction de (presque) toutes les r&#233;glementations en ce domaine : suppression des barri&#232;res entre les Etats (fin du contr&#244;le des changes et de la politique d'encadrement du cr&#233;dit, interconnexion des diff&#233;rentes places boursi&#232;res gr&#226;ce au support des nouvelles technologies) ; suppression aussi des barri&#232;res entre les diff&#233;rents intervenants sur les march&#233;s (banques, investisseurs institutionnels, entreprises industrielles ou commerciales&#8230;), chacun pla&#231;ant &lt;em&gt;directement&lt;/em&gt; son &#233;pargne sur des &#171; produits financiers &#187; aux contours de plus en plus ind&#233;finissables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette d&#233;r&#233;glementation a &#233;t&#233; le r&#233;sultat d'un certain nombre de d&#233;cisions politiques prises par les grand Etats imp&#233;rialistes, notamment au cours des diff&#233;rents sommets du G5 puis du G7 depuis la fin des ann&#233;es 1970, d'abord sous la pression des Etats-Unis qui cherchaient &#224; financer leurs d&#233;ficits par d'autres moyens que par l'inflation, mais aussi parce que les autres Etats avaient le m&#234;me probl&#232;me et ne souhaitaient pas voir les capitaux filer ailleurs. En ordre dispers&#233; mais de mani&#232;re convergente, les principales mesures de d&#233;r&#233;glementation ont &#233;t&#233; adopt&#233;es au cours des ann&#233;es 1980 (en France avec le socialiste B&#233;r&#233;govoy).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les &#233;pongeurs &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les Etats et les march&#233;s sont all&#233;s dans le m&#234;me sens. C'est que les premiers avaient d'&#233;normes besoins de financement et &#233;taient int&#233;ress&#233;s au premier chef par cette nouvelle manne de capitaux imm&#233;diatement disponibles sur le march&#233;. La dette publique dans tous les pays a connu une croissance tr&#232;s importante au cours de ces quinze derni&#232;res ann&#233;es (rapport&#233;e au PIB, elle &#233;tait en France de 40,6 % en 1988, 52,7 % en 1993, et 67,4 % en 1999). Et si les Etats ont eu de tels besoins, c'est bien parce qu'ils n'ont jamais cess&#233; d'intervenir dans la vie &#233;conomique pour soutenir les profits des capitalistes avec des moyens toujours plus importants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ne prendre qu'un exemple, l'Etat japonais en est &#224; son huiti&#232;me plan de relance depuis 1992 (depuis le krach de l'immobilier), et l'aide publique est estim&#233;e annuellement &#224; plus de 180 milliards de dollars (pour donner une id&#233;e de son importance, cela repr&#233;sente plus des deux tiers du budget de l'Etat fran&#231;ais). Avec le d&#233;but de la crise asiatique, il a m&#234;me pris l'initiative de r&#233;organiser 15 banques priv&#233;es en s'y associant parfois &#224; 50 % de participation et en injectant depuis 1997 pr&#232;s de 60 milliards de dollars pour tenter d'assainir la situation dans ce secteur puisque les privatisations n'int&#233;ressent les capitalistes que dans la mesure o&#249; ils sont assur&#233;s de faire des profits !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie dite lib&#233;rale et ultra lib&#233;rale est en fait constamment sous assistance respiratoire et soins intensifs gr&#226;ce aux fonds publics, ceux pr&#233;lev&#233;s par l'appareil d'Etat sur l'ensemble de la population. Et cela en d&#233;pit des professions de foi lib&#233;rales, car les dirigeants des grands Etats sont peut-&#234;tre croyants, mais ils ne sont manifestement pas pratiquants !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Contr&#244;ler ? Mais qui et quoi ? &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Que l'Etat soit indispensable au fonctionnement de l'&#233;conomie capitaliste (il le montre tous les jours !) et qu'il soit utile notamment pour aider &#224; la restructuration du capital et faciliter sa concentration est une chose. Qu'il puisse jouer du m&#234;me coup un r&#244;le de &#171; r&#233;gulateur &#187;, capable d'assurer une croissance durable, &#233;viter une r&#233;cession ou un krach financier en est une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut d'abord souligner &#224; quel point les &#233;volutions actuelles ont aggrav&#233; l'une des contradictions majeures du capitalisme : la persistance d'Etats rivaux dans le cadre d'une &#233;conomie toujours plus mondialis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors contr&#244;ler&#8230; pourquoi pas ? Mais quoi exactement ? Et comment ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec un peu d'effort, on pourrait imaginer que les Etats imp&#233;rialistes rivaux mais n&#233;anmoins riv&#233;s &#224; la m&#234;me cha&#238;ne, d&#233;cident tout de m&#234;me de prendre quelques mesures &#171; radicales &#187;, destin&#233;es notamment &#224; &#171; discipliner &#187; les march&#233;s, &#224; les organiser pour mieux les contenir, en fermant par exemple toutes ces places &#171; off-shore &#187;, ces paradis fiscaux par o&#249; transitent, selon certaines estimations, pr&#232;s de la moiti&#233; des flux financiers mondiaux. Mais que se passerait-il alors ? Difficile &#224; dire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour prendre un exemple, on ne conna&#238;t aujourd'hui que le tiers des &#233;changes de &#171; produits d&#233;riv&#233;s &#187; (ces &#171; produits &#187; financiers destin&#233;s &#224; supporter les risques inh&#233;rents &#224; toutes les op&#233;rations financi&#232;res et qui sont devenus eux-m&#234;mes des facteurs de risques suppl&#233;mentaires en &#233;tant l'objet d'une intense sp&#233;culation). Ce qui veut dire qu'une partie de la finance mondiale semble &#234;tre aujourd'hui une zone d'ombre m&#234;me pour les sp&#233;cialistes&#8230; Or la plupart de ces produits sont aussi des moyens de contourner les quelques r&#232;gles qui subsistent encore, c'est m&#234;me l'un des ressorts de l'innovation en mati&#232;re financi&#232;re. Difficile dans ces conditions d'imposer un cadre strict &#224; des march&#233;s particuli&#232;rement mouvants, et m&#234;me un peu mutants.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Hier et aujourd'hui&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette difficult&#233;, disons plut&#244;t cette incapacit&#233; des Etats &#224; discipliner les march&#233;s n'est pas nouvelle. Pour prendre l'exemple de la monnaie, les innovations financi&#232;res ont certes rogn&#233; le pouvoir des Etats ces derni&#232;res ann&#233;es. Du coup certains ont un peu la nostalgie de cette &#233;poque o&#249; les Etats auraient eu les moyens de leur politique en exer&#231;ant, para&#238;t-il, un contr&#244;le rigoureux sur le march&#233; des changes. Mais de quoi s'agissait-il en fait ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 30, la plupart des Etats ont effectivement instaur&#233; un contr&#244;le des changes. Mais c'&#233;tait apr&#232;s que les &#233;changes se furent brutalement contract&#233;s ! Or ce qui semble efficace une fois le mal fait ne l'est plus forc&#233;ment dans une p&#233;riode d'expansion. La r&#233;glementation am&#233;ricaine, h&#233;rit&#233;e des ann&#233;es trente, &#233;tait encore tr&#232;s stricte dans les ann&#233;es soixante. Cela n'a pas emp&#234;ch&#233; une production de plus en plus massive et incontr&#244;l&#233;e d'eurodollars (c'est-&#224;-dire la possibilit&#233; pour des banques install&#233;es en dehors du territoire am&#233;ricain de libeller des cr&#233;dits dans cette monnaie). Le contr&#244;le des changes n'a en fait pas permis d'enrayer une croissance mon&#233;taire d&#233;brid&#233;e qui a fini par provoquer un d&#233;crochage du dollar avec l'or en 1971, mettant ailsi fin au syst&#232;me mon&#233;taire international mis en place apr&#232;s la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut donc toujours g&#233;mir sur les d&#233;rives actuelles. Mais le vrai probl&#232;me est que l'Etat au service des capitalistes n'a ni les moyens ni la vocation de contr&#244;ler r&#233;ellement l'&#233;conomie, surtout si cela doit g&#234;ner leur recherche effr&#233;n&#233;e de profits. C'&#233;tait vrai dans le pass&#233;. C'est peut-&#234;tre simplement encore plus vrai aujourd'hui&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait la v&#233;ritable marge de man&#339;uvre dont dispose la bourgeoisie au travers de son Etat &#8211; outre le fait d'&#233;ponger les pertes aux d&#233;pens de la population en cas de probl&#232;me &#8211; est tout simplement d'aggraver l'exploitation de la classe ouvri&#232;re afin de r&#233;tablir son taux de profit. Et l'un des aspects majeurs de la mondialisation a justement &#233;t&#233; la mise en place de toutes ces politiques destin&#233;es &#224; appauvrir et &#224; pr&#233;cariser le monde du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face aux d&#233;g&#226;ts de la mondialisation capitaliste, la r&#233;ponse du point de vue des int&#233;r&#234;ts de la classe ouvri&#232;re n'est donc pas de r&#234;ver &#224; un quelconque repl&#226;trage du capitalisme. Ni de tendre l'oreille aux sir&#232;nes du protectionnisme et du nationalisme. Elle est de pr&#233;parer la riposte sur le terrain des luttes, en faisant converger les int&#233;r&#234;ts des travailleurs du monde entier, en &#233;tablissant un rapport de force permettant d'instaurer un v&#233;ritable contr&#244;le ouvrier, c'est-&#224;-dire de mesures coercitives n'h&#233;sitant pas &#224; s'en prendre au droit de propri&#233;t&#233;, autrement dit au droit d'affamer l'humanit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fran&#231;ois FABIEN et Raoul GLABER&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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