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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskyste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> Afghanistan : une guerre sans fin
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		<dc:subject>Imp&#233;rialisme
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		<description>Apr&#232;s ses pr&#233;d&#233;cesseurs Bush et Obama, Trump a annonc&#233; l'envoi de nouvelles troupes en Afghanistan, qui vont s'ajouter aux milliers de soldats et de mercenaires qui occupent d&#233;j&#224; le pays. &lt;br /&gt;Sous pr&#233;texte de lutter contre les talibans ou le djihadisme, les &#201;tats-Unis ont envahi ce pays en 2001 pour mieux dominer le Moyen Orient. Cette guerre imp&#233;rialiste interminable a d&#233;stabilis&#233; toute la r&#233;gion et renforc&#233; les groupes terroristes qui se sont d&#233;velopp&#233;s dans ce chaos. &lt;br /&gt;Depuis 16 ans, cette pr&#233;sence militaire&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s ses pr&#233;d&#233;cesseurs Bush et Obama, Trump a annonc&#233; l'envoi de nouvelles troupes en Afghanistan, qui vont s'ajouter aux milliers de soldats et de mercenaires qui occupent d&#233;j&#224; le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous pr&#233;texte de lutter contre les talibans ou le djihadisme, les &#201;tats-Unis ont envahi ce pays en 2001 pour mieux dominer le Moyen Orient. Cette guerre imp&#233;rialiste interminable a d&#233;stabilis&#233; toute la r&#233;gion et renforc&#233; les groupes terroristes qui se sont d&#233;velopp&#233;s dans ce chaos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 16 ans, cette pr&#233;sence militaire n'a rien pacifi&#233;. Au contraire, elle a provoqu&#233; des centaines de milliers de victimes afghanes et des millions de r&#233;fugi&#233;s qui fuient les violences et la mis&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le sort des peuples importe moins aux grandes puissances que la d&#233;fense de leurs int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Afghanistan, l'escalade guerri&#232;re d'Obama
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		<dc:date>2009-11-29T23:24:03Z</dc:date>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>USA
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		<dc:subject>Afghanistan
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		<description>Barack Obama devrait se d&#233;terminer dans les prochaines semaines sur le nombre des renforts militaires qu'il va engager dans la guerre d'Afghanistan : 40 000 soldats de plus, comme demande le commandement am&#233;ricain sur place, ou 20 000 l'hypoth&#232;se minimale, ou entre les deux ? Sans attendre, le premier ministre britannique, Gordon Brown, y est all&#233; de son appel aux gouvernements europ&#233;ens &#224; fournir, eux aussi, 5 000 soldats de plus. Question de m&#233;riter &#224; son tour un petit accessit au Nobel de la paix&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-66-novembre-decembre-2009-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 66, novembre-d&#233;cembre 2009
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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-USA-+" rel="tag"&gt;USA
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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Afghanistan-+" rel="tag"&gt;Afghanistan
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Barack Obama devrait se d&#233;terminer dans les prochaines semaines sur le nombre des renforts militaires qu'il va engager dans la guerre d'Afghanistan : 40 000 soldats de plus, comme demande le commandement am&#233;ricain sur place, ou 20 000 l'hypoth&#232;se minimale, ou entre les deux ? Sans attendre, le premier ministre britannique, Gordon Brown, y est all&#233; de son appel aux gouvernements europ&#233;ens &#224; fournir, eux aussi, 5 000 soldats de plus. Question de m&#233;riter &#224; son tour un petit accessit au Nobel de la paix !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Huit ans de guerre &#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette guerre d'Afghanistan f&#234;te son huiti&#232;me anniversaire. La chute du pouvoir des talibans, mi-novembre 2001, n'avait &#233;t&#233; que l'affaire de quelques semaines et de l'envoi sur le terrain de quelques milliers d'hommes encadrant, armant et &#233;paulant les troupes afghanes de l'Alliance du nord, une alliance de seigneurs de guerre qui s'&#233;taient disput&#233;s le pouvoir entre la chute du r&#233;gime pro-russe en 1992 et la conqu&#234;te de Kaboul par les Talibans en 1996, avant de s'allier contre ces derniers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette victoire am&#233;ricaine facile avait &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233;e d'un mois de bombardements massifs d&#233;but&#233;s le 3 octobre, faisant des milliers de victimes, des villes en ruines, et jetant sur les routes de l'exil des millions de civils : d&#233;but novembre 2001 on comptait d&#233;j&#224; pas moins de 3,5 millions de r&#233;fugi&#233;s, 2 millions au Pakistan et 1,5 en Iran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement provisoire mis en place par les USA, avec &#224; sa t&#234;te ce m&#234;me Hamid Karza&#239; qui vient d'&#234;tre proclam&#233; r&#233;&#233;lu &#224; la pr&#233;sidence par forfait de son concurrent apr&#232;s une fraude &#233;lectorale massive, ne reposait que sur cette coalition des chefs de l'Alliance du Nord, et sur une administration corrompue.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;&#8230; et ses hommes de main&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les troupes occidentales, sous commandement am&#233;ricain, remettaient en selle les potentats locaux, voire m&#234;me quelques chefs talibans recycl&#233;s, cens&#233;s prendre le relais avec leurs propres troupes priv&#233;es (mais financ&#233;es par les USA) et en se payant sur la b&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel par exemple le gouverneur de la province d'Herat, au nord-ouest du pays, Isma&#239;l Khan, que Donald Rumfeld, ministre am&#233;ricain de la d&#233;fense, consid&#233;rait comme &lt;em&gt;&#171; un homme tr&#232;s int&#233;ressant et profond &#187; &lt;/em&gt; : il r&#233;gnait sur une arm&#233;e de 20 000 hommes et empochait pour son propre compte les millions de dollars de droits de douanes des marchandises qui passaient les fronti&#232;res d'Iran et du Turkm&#233;nistan que contr&#244;lait sa province. Tel aussi le g&#233;n&#233;ral Rachid Dostum, responsable en novembre 2001 du massacre de centaines de prisonniers talibans (peut-&#234;tre entre 2 000 et 3 000 selon certains t&#233;moignages) sous l'oeil de militaires am&#233;ricains. Et bien d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si bien qu'en mars 2003, au moment o&#249; les USA s'appr&#234;taient &#224; lancer pr&#232;s de 300 000 hommes &#224; la conqu&#234;te de l'Irak, les effectifs des troupes occidentales d'occupation de l'Afghanistan n'&#233;taient encore que de 13 000 (8 000 pour les forces am&#233;ricaines, 5 000 pour celles de l'OTAN). &#192; cot&#233; de la guerre d'Irak, celle d'Afghanistan faisait p&#226;le figure. Les enjeux eux-m&#234;mes semblaient tout aussi disproportionn&#233;s : un simple point de contr&#244;le de la r&#233;gion et d'une &#233;ventuelle zone de passage du p&#233;trole et gaz en provenance des r&#233;publiques de l'ex-URSS, &#224; comparer aux immenses richesses p&#233;troli&#232;res de l'Irak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tous les ingr&#233;dients &#233;taient r&#233;unis, qui allaient engendrer la remont&#233;e des attentats contre les troupes d'occupation, un retour en force des talibans et une extension de la guerre au Pakistan lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le retour des talibans&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les talibans (terme sous lequel les USA englobent probablement aujourd'hui divers groupes arm&#233;s pas tous h&#233;ritiers des talibans des ann&#233;es 1990, ni forc&#233;ment li&#233;s entre eux), se sont reconstitu&#233;s entre autres en recrutant parmi ces deux millions de r&#233;fugi&#233;s afghans que la guerre avait pouss&#233;s dans les territoires fronti&#232;res du Pakistan, dont ils ont fait en partie leurs fiefs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Afghanistan m&#234;me, les groupes talibans n'ont jamais tout a fait disparu apr&#232;s la chute de leur r&#233;gime, malgr&#233; l'exil du plus gros de leurs troupes. Notamment dans la r&#233;gion sud de l'Afghanistan, o&#249; la corruption des milices gouvernementales sous protection am&#233;ricaine, leur brutalit&#233; et les ex&#233;cutions sommaires firent des ravages. &lt;em&gt;&#171; Prise entre les forces de s&#233;curit&#233; afghanes ou &#233;trang&#232;res le jour et les talibans la nuit, la population ne peut qu'exprimer son d&#233;sespoir, et beaucoup de jeunes pr&#233;f&#232;rent rejoindre les talibans &#187; &lt;/em&gt;expliquait un reportage du journal &lt;em&gt;Le Monde &lt;/em&gt;en juin 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas seulement l'argent d'Al Qaida ni celui de la drogue qui finance l'armement des bandes arm&#233;es ou le terrorisme et en permet son d&#233;veloppement. Ni le fanatisme religieux qui l'entretient. C'est la mis&#232;re : celle des camps de r&#233;fugi&#233;s au Pakistan ; celle qui s&#233;vit en Afghanistan avec une esp&#233;rance de vie d'&#224; peine 44,5 ans, le record mondial de la mortalit&#233; infantile (165 d&#233;c&#232;s sur 1 000 &#224; la naissance), un taux d'alphab&#233;tisation d'&#224; peine 28,7 %, 20 % de la population qui n'a pas acc&#232;s &#224; l'eau potable, et une capitale qui est pass&#233;e depuis 2001 de 500 000 habitants &#224; 6 millions. Ce sont les exactions des troupes d'occupation, de l'arm&#233;e et la police gouvernementale afghanes et des arm&#233;es personnelles des potentats locaux alli&#233;s des USA.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;2005-2006, les ann&#233;es o&#249; la guerre a chang&#233; de braquet&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au cours de l'ann&#233;e 2006, plus d'une centaine d'attentats suicides ont &#233;t&#233; effectu&#233;s rien que dans le sud du pays, la r&#233;gion la plus incontr&#244;l&#233;e par les troupes occidentales. Les &lt;em&gt;&#171; violences li&#233;es &#224; l'insurrection &#187;&lt;/em&gt; seraient pass&#233;es &lt;em&gt;&#171; de moins de 300 par mois &#224; la fin de mars 2006 &#224; plus de 600 &#224; la fin septembre, alors qu'elles &#233;taient d'environ 130 par mois en 2005 &#187;&lt;/em&gt;, constatait en novembre de cette ann&#233;e-l&#224;, un rapport officiel du gouvernement et des troupes alli&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bilan des morts du c&#244;t&#233; des troupes occidentales a suivi la m&#234;me courbe : autour de 60 par an les trois premi&#232;res ann&#233;es de la guerre, il a grimp&#233; &#224; 131 en 2005, puis successivement &#224; 191, 232, 295&#8230; pour culminer &#224; 472 pour les seuls dix premiers mois de 2009. C'est r&#233;v&#233;lateur de l'amplification de la guerre, m&#234;me si cela reste faible en regard des morts dans l'autre camp et dans la population civile. Car les arm&#233;es des pays riches pr&#233;f&#232;rent pratiquer les bombardements massifs et mettre en avant sur le terrain la pi&#233;taille de l'arm&#233;e gouvernementale que d'exposer leurs troupes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bombardements en Afghanistan ont &#233;t&#233; multipli&#233;s par dix entre 2005 et 2006, puis encore par dix l'ann&#233;e suivante. &#192; ces bombardements classiques s'ajoutent ceux, encore plus aveugles si l'on peut dire, des avions sans pilote, les drones qu'utilise l'arm&#233;e am&#233;ricaine notamment pour surveiller la fronti&#232;re et les marges du territoire pakistanais.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Prix Nobel d'escalade&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Prenant la mesure de l'impopularit&#233; de la guerre d'Irak dans la population am&#233;ricaine, Barak Obama avait fait du d&#233;sengagement progressif des troupes d'Irak l'une de ses promesses &#233;lectorales, expliquant qu'en revanche c'est en Afghanistan qu'il faudrait porter l'effort, utilisant les bons vieux argument de Bush sur la traque de Ben Laden. De ses deux promesses, il a au moins largement tenu la seconde puisqu'il y a aujourd'hui 104 000 soldats occidentaux en Afghanistan, 68 000 am&#233;ricains et 36 000 alli&#233;s. D&#232;s f&#233;vrier il avait d&#233;cid&#233; l'envoi de 20 000 hommes suppl&#233;mentaires, chiffre qui s'est discr&#232;tement gonfl&#233; pour atteindre en r&#233;alit&#233; 34 000. Auxquels vont s'ajouter les dizaines de milliers aujourd'hui en discussion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ces 104 000 militaires il faut ajouter les 5 000 mercenaires lou&#233;s par l'arm&#233;e am&#233;ricaine pour assurer la surveillance de ses bases ou des convoiements. En principe non engag&#233;s dans les combats, ils n'en ont pas moins la g&#226;chette facile, comme ceux de la soci&#233;t&#233; Blackwater en Irak qui avaient abattu 17 civils en plein Bagdad. La m&#234;me Blackwater, rebaptis&#233;e X&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Service, est embauch&#233;e &#224; la fronti&#232;re afghano-pakistanaise pour s'occuper des missiles que les drones vont aller larguer de l'autre cot&#233; de la fronti&#232;re, voire pour la chasse discr&#232;te aux chefs des talibans ou d'Al Qaida en territoire pakistanais. Des op&#233;rations dans un pays &#171; ami &#187; que l'arm&#233;e am&#233;ricaine pr&#233;f&#232;re op&#233;rer en sous-main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la guerre d'Afghanistan s'est de fait &#233;tendue au Pakistan voisin. L'arm&#233;e pakistanaise, sous pression des USA promettant aides financi&#232;res conditionn&#233;es par la chasse aux int&#233;gristes, a d&#233;clench&#233; cette ann&#233;e plusieurs offensives militaires dans sa r&#233;gion fronti&#232;re de l'Afghanistan devenue fief des talibans et autres groupes arm&#233;s afghans, mais aussi base arri&#232;re des groupes int&#233;gristes pakistanais qui multiplient les attentats dans le pays. En date de juin dernier, pr&#232;s de trois millions de civils avaient fui les zones de combats pour s'entasser dans des camps de fortunes depuis l'offensive men&#233;e depuis le mois d'avril par l'arm&#233;e pakistanaise dans la Province Fronti&#232;re du Nord-Ouest. Mi-octobre, c'est au Sud Waziristan, l'une des sept Zones Tribales, de 450 000 habitants, place forte des talibans et soup&#231;onn&#233;e de servir de refuge &#224; Al Qaida, que le gouvernement pakistanais envoyait 28 000 hommes. Avec le m&#234;me effet : 160 000 personnes ont pris la route des camps de r&#233;fugi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est semble-t-il pas assez aux yeux d'Hillary Clinton, qui en visite &#224; Islamabad le 30 octobre tan&#231;ait le gouvernement pakistanais pour son manque de z&#232;le, en m&#234;me temps qu'elle promettait une nouvelle s&#233;rie d'aides &#233;conomiques : &lt;em&gt;&#171; Al Qaida a trouv&#233; abri au Pakistan en 2002. Je trouve difficile &#224; croire que personne dans votre gouvernement ne sache o&#249; ils sont ni ne puisse les arr&#234;ter, s'il le voulait vraiment. &#187; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Vietnamisation de la guerre ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats-Unis, au d&#233;but des ann&#233;es 1960, apr&#232;s avoir pris le relais de la guerre fran&#231;aise dite d'Indochine, s'&#233;taient enfonc&#233;s dans un bourbier au Vietnam, dont ils ne s'&#233;taient sortis que 20 ans plus tard, par la d&#233;faite. De l'intervention de quelques milliers d'hommes au d&#233;but, charg&#233;s d'encadrer et former les arm&#233;es de gouvernements fantoches et corrompus, ils en &#233;taient venus &#224; l'envoi de plus de 500 000 hommes, aux bombardements massifs, au napalm, &#224; l'extension in&#233;vitable de la guerre au pays voisin, le Cambodge. L'escalade dans laquelle s'enlisent aujourd'hui les &#201;tats-Unis et leurs alli&#233;s, France, Angleterre, Allemagne et quelques autres, pourrait embraser toute la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contexte international, lui, est bien diff&#233;rent depuis la fin de l'URSS, sans rendre pour autant le monde plus g&#233;rable pour les ma&#238;tres de l'imp&#233;rialisme, ni le contr&#244;le des peuples plong&#233;s dans la mis&#232;re plus facile. En face, du c&#244;t&#233; des peuples opprim&#233;s, les mouvements nationalistes de ann&#233;es 1950-1970, dirig&#233;s par les petites bourgeoisies nationales (au Vietnam comme en Alg&#233;rie ou ailleurs) donnaient une unit&#233; &#224; la r&#233;volte (apr&#232;s avoir le plus souvent, il est vrai, liquid&#233; leurs opposants politiques) et un certain espoir de progr&#232;s social &#224; la population, m&#234;me s'ils l'ont trahi d&#233;s leur arriv&#233;e au pouvoir. Ce sont aujourd'hui les courants les plus r&#233;actionnaires, maniant fanatisme religieux et charia, qui apparaissent comme les seuls opposants radicaux aux puissants de ce monde aux yeux de la jeunesse qui s'enr&#244;le dans leurs rangs. Leurs leaders sont de petits potentats bien semblables &#224; ces seigneurs de guerre ou chefs de communaut&#233;s sur lesquels s'appuient en Irak comme en Afghanistan les arm&#233;es d'occupation. Quand ce ne sont pas les m&#234;mes passant d'un camp &#224; l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les peuples du Moyen Orient ont bien d'autres ressources. L'Irak, avec son industrie p&#233;troli&#232;re, est un pays o&#249; jadis le mouvement ouvrier avait &#233;t&#233; particuli&#232;rement fort, avant que la dictature de Saddam Hussein ne fasse tout rentrer dans le rang. Le Pakistan, pays de 180 millions d'habitants, est un pays o&#249; les gr&#232;ves n'ont pas manqu&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es, notamment dans l'industrie textile. La population d'Afghanistan, encore largement agricole, peut sembler plus dispers&#233;e et &#224; la merci de ses notables locaux ou religieux. Mais la capitale Kaboul, avec aujourd'hui ses 6 millions d'habitants, pourrait conna&#238;tre des &#233;meutes contre la mis&#232;re qui &#233;chapperaient &#224; tous les imams et seigneurs de guerre du pays, autant qu'aux arm&#233;es imp&#233;rialistes. Ce sont ses r&#233;voltes-l&#224; qui pourraient infliger aux troupes des grandes puissances une irr&#233;m&#233;diable d&#233;faite. Et ouvrir aux opprim&#233;s de tous autres horizons que Ben Laden ou le Mollah Omar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17 novembre 2009&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Olivier BELIN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_430 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH311/Afghanistan_obama-bb414.png?1528669487' width='400' height='311' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> De l'Irak &#224; l'AfPak : r&#233;&#233;valuation des buts de guerre
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		<dc:subject>Imp&#233;rialisme
</dc:subject>

		<description>Le vote de novembre 2008 a exprim&#233; un profond ras-le-bol &#224; l'encontre de Bush, son arrogance, ses mensonges et sa politique guerri&#232;re. D&#233;j&#224; en 2006 la population am&#233;ricaine avait &#233;lu une majorit&#233; d&#233;mocrate au congr&#232;s, en partie dans l'espoir d'arr&#234;ter la guerre en Irak. Lors des derni&#232;res primaires les candidats d&#233;mocrates Obama et Clinton avaient jou&#233; sur le sentiment anti-guerre, d&#233;clarant tous les deux qu'ils y mettraient fin s'ils &#233;taient &#233;lus. &lt;br /&gt;Ces changements de discours ont pay&#233; &#233;lectoralement.&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le vote de novembre 2008 a exprim&#233; un profond ras-le-bol &#224; l'encontre de Bush, son arrogance, ses mensonges et sa politique guerri&#232;re. D&#233;j&#224; en 2006 la population am&#233;ricaine avait &#233;lu une majorit&#233; d&#233;mocrate au congr&#232;s, en partie dans l'espoir d'arr&#234;ter la guerre en Irak. Lors des derni&#232;res primaires les candidats d&#233;mocrates Obama et Clinton avaient jou&#233; sur le sentiment anti-guerre, d&#233;clarant tous les deux qu'ils y mettraient fin s'ils &#233;taient &#233;lus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces changements de discours ont pay&#233; &#233;lectoralement. Expriment-ils aussi la volont&#233;, de la part de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, d'infl&#233;chir sa politique afin de sortir du bourbier irakien ? Une nouvelle &#233;quipe gouvernementale peut &#234;tre une bonne occasion pour changer sans trop de ridicule. M&#234;me si inversement, une nouvelle t&#234;te permet aussi de continuer comme avant...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car il faut rappeler que ce qui n'&#233;tait que la future &#233;quipe Obama, avait adopt&#233; la politique de Bush. Obama lui-m&#234;me, quand il &#233;tait s&#233;nateur, avait vot&#233; les cr&#233;dits de guerre (des centaines de milliards de dollars) chaque fois que Bush le r&#233;clamait, tout comme une majorit&#233; de d&#233;mocrates, y compris Hillary Clinton et l'actuel vice-pr&#233;sident Joseph Biden. Ces deux derniers avaient m&#234;me vot&#233; pour la guerre en Irak en 2003&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Biden d&#233;clarait qu'elle serait &#171; une marche pour la paix et la s&#233;curit&#233; &#187; (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Obama, lui, a certes les mains blanches de ce vote&#8230; car il n'&#233;tait pas s&#233;nateur &#224; l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Changements de ton&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Obama a certes fait un certain nombre de gestes symboliques depuis son entr&#233;e en fonction : promesse de fermer Guantanamo d'ici un an (m&#234;me si d'autres centres de d&#233;tention seront l&#224; pour prendre le relais), d&#233;clarations contre la torture&#8230; Le voyage au Proche-Orient de la nouvelle ministre des affaires &#233;trang&#232;res, Hillary Clinton, a &#233;t&#233; l'occasion d'affirmer une volont&#233; de dialogue avec des &#201;tats auparavant d&#233;nonc&#233;s comme terroristes, tel que la Syrie et l'Iran. Le sommet des Am&#233;riques de la fin avril a vu Obama afficher une attitude plus conciliante &#224; l'&#233;gard des leaders &#171; de gauche &#187; du sous-continent latino-am&#233;ricain, serrer la main de Chavez&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Qui lui a offert un exemplaire des &#171; Veines ouvertes de l'Am&#233;rique latine &#187;, (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, et m&#234;me reconna&#238;tre que la strat&#233;gie des USA &#224; l'&#233;gard de Cuba &lt;em&gt; &#171; n'avait pas march&#233; &#187; &lt;/em&gt;. Le ton n'est plus celui du &lt;em&gt; &#171; Avec nous ou contre nous &#187; &lt;/em&gt; de Bush. Les &#201;tats-Unis semblent vouloir montrer qu'ils cherchent &#224; asseoir leur position dominante sur plus de concertation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on s'en r&#233;jouit peut-&#234;tre dans les ambassades, les populations, celles du Proche-Orient (mais aussi des &#201;tats-Unis) ont, elles, des raisons d'&#234;tre beaucoup plus prudentes. Obama ne remet pas en question le concept de &#171; guerre contre le terrorisme &#187; lanc&#233; par Bush&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='Il reprend d'ailleurs la tradition du d&#233;fi viril depuis les salons de la (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Il a manifest&#233; ses intentions de la fa&#231;on la plus claire qui soit en autorisant, quelques jours &#224; peine apr&#232;s &#234;tre entr&#233; en fonction, le bombardement d'un village pakistanais &#224; la fronti&#232;re afghane&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='appendix' title='Le bilan est de 22 morts (dont au moins trois enfants).' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Et si la nouvelle administration se dit contre la guerre en Irak, elle propose en revanche de l'&#233;tendre en Afghanistan, voire &#224; l'&lt;em&gt; AfPak &lt;/em&gt;, la nouvelle r&#233;gion Afghanistan-Pakistan d&#233;sormais d&#233;finie comme une seule entit&#233; par les strat&#232;ges de Washington. Obama vient de demander au Congr&#232;s une rallonge, encore une &#8211; la dix-huiti&#232;me des guerres d'Irak et d'Afghanistan &#8211;, pour le troisi&#232;me trimestre 2009 du budget militaire. Le nouveau pr&#233;sident d&#233;mocrate porterait ainsi la d&#233;pense &#224; 150 milliards de dollars pour cette ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me en Irak les op&#233;rations militaires ne sont pas cens&#233;es s'arr&#234;ter imm&#233;diatement. Le rapatriement va se poursuivre pendant 18 mois, tr&#232;s lentement au d&#233;but (les 12 000 premiers soldats am&#233;ricains rentreront d'ici 6 mois, le gros des 142 000 ne partira pas avant la fin de l'ann&#233;e) et entre 35 000 et 50 000 soldats resteront jusqu'&#224; fin 2011. Ce qui suit &#224; peu pr&#232;s le calendrier &#233;tabli en novembre 2008 alors que Bush &#233;tait encore pr&#233;sident. Un Irak sans troupes am&#233;ricaines : pas pour tout de suite... Surtout, les troupes ainsi lib&#233;r&#233;es pourront aller renforcer le contingent en Afghanistan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_391 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L140xH241/g20_obama_sarkozy-76ee4.png?1527856995' width='140' height='241' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Quand la guerre se d&#233;place &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Car Obama l'a redit dans son discours du 27 mars dernier : le nouvel objectif afghan n'est que l'adaptation de la &#171; guerre contre le terrorisme &#187; accus&#233; de prosp&#233;rer pr&#233;cis&#233;ment au pays des Talibans. Le nouveau pr&#233;sident compte donc commencer par envoyer 21 000 hommes suppl&#233;mentaires en Afghanistan pour doubler le nombre de soldats am&#233;ricains pr&#233;sents dans ce pays. Il s'agit d'intensifier la guerre qui a commenc&#233; &#224; d&#233;border au Pakistan : ainsi, malgr&#233; la baisse des effectifs en Irak, le nombre global de GIs mobilis&#233;s au Proche-Orient devrait encore augmenter pour la fin 2009. L'intensification afghane aurait comme mod&#232;le l'envoi des renforts ordonn&#233; par Bush en Irak au d&#233;but 2007.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='appendix' title='Obama affirme d'ailleurs que cette intensification a &#233;t&#233; un succ&#232;s en Irak, o&#249; (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les renforts am&#233;ricains en Irak ont pourtant fait des dizaines de milliers de morts et des centaines de milliers d'exil&#233;s. Les habitants de Bagdad vivent dans des ghettos ethniquement purifi&#233;s. Et les millions d'Irakiens qui sont partis ne reviennent pas, preuve que le &#171; calme &#187; est encore tr&#232;s relatif. Le nouvel effort de guerre en Afghanistan va signifier de m&#234;me une aggravation des bombardements et des raids, arrestations et d&#233;tentions. La recette qui a si bien mont&#233; la population irakienne contre les &#201;tats-Unis, qui avait men&#233; &#224; une recrudescence de violence terroriste en Irak, va &#234;tre appliqu&#233;e en Afghanistan. Bref, la &#171; guerre contre le terrorisme &#187; men&#233;e par les &#201;tats-Unis (et par les pays qu'ils entra&#238;nent dans cette guerre) va continuer &#224; cr&#233;er les terroristes de demain, pr&#233;cis&#233;ment en terrorisant la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme la guerre que m&#232;ne Isra&#235;l contre les Palestiniens. Lors des attaques sur Gaza, Bush, encore pr&#233;sident, avait d&#233;clar&#233; qu'Isra&#235;l avait le droit de se d&#233;fendre contre les tirs de roquettes. Obama, interrog&#233;, avait bott&#233; en touche en arguant du fait que deux administrations ne peuvent envoyer diff&#233;rents signaux en m&#234;me temps dans une situation aussi volatile&#8230; Depuis, il a r&#233;p&#233;t&#233; &#224; son tour qu'Isra&#235;l avait &#171; le droit de se d&#233;fendre &#187;. Et il a garanti l'habituelle manne financi&#232;re et militaire des &#201;tats-Unis &#224; Isra&#235;l (plus de 2 milliards de dollars en seule aide militaire, tous les ans, depuis 2000). Certes Obama a fait quelques gestes symboliques. Son premier coup de fil diplomatique a &#233;t&#233; pour Mahmoud Abbas, le pr&#233;sident de l'autorit&#233; palestinienne, et l'ancien candidat d&#233;mocrate John Kerry a &#233;t&#233; d&#233;p&#234;ch&#233; &#224; Gaza pour&#8230; constater les d&#233;g&#226;ts apr&#232;s l'intense campagne de bombardements isra&#233;liens. Hillary Clinton a adopt&#233; un nouveau ton vis-&#224;-vis du Hamas (grand Satan terroriste sous Bush), &#233;voquant m&#234;me la possibilit&#233; d'un gouvernement d'union nationale palestinien dont il pourrait faire partie. Mais le r&#244;le jou&#233; par Isra&#235;l dans la r&#233;gion est tellement strat&#233;gique qu'il est hors de question qu'Obama laisse tomber ce pion occidental. Et m&#234;me les changements symboliques ont d&#233;j&#224; montr&#233; leurs limites, comme les revirements dans le choix des diplomates am&#233;ricains charg&#233;s de la question palestinienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est certes pas impossible que la pr&#233;sidence Obama pr&#233;pare un certain changement de pied apr&#232;s des ann&#233;es de politique &#233;trang&#232;re d'affrontement brutal de Bush. Apr&#232;s tout, la strat&#233;gie des &#171; n&#233;ocons &#187; a cruellement montr&#233; ses limites en Irak, et Bush lui-m&#234;me avait fini par annoncer qu'il fallait lever le pied. Mais les signaux envoy&#233;s aujourd'hui ne semblent pas confirmer cette hypoth&#232;se &#8211; tout au plus que le nouveau pr&#233;sident prend pragmatiquement acte de la demi-d&#233;faite irakienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean-Michel CORDOBA &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_383 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH235/navire-a8b2c.png?1527856995' width='500' height='235' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Biden d&#233;clarait qu'elle serait &lt;em&gt; &#171; une marche pour la paix et la s&#233;curit&#233; &#187; &lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Qui lui a offert un exemplaire des &lt;em&gt;&#171; Veines ouvertes de l'Am&#233;rique latine &#187;&lt;/em&gt;, le classique anti-imp&#233;rialiste d'Eduardo Galeano !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Il reprend d'ailleurs la tradition du d&#233;fi viril depuis les salons de la Maison blanche, avec des d&#233;clarations comme : &lt;em&gt; &#171; Sachez ceci : notre r&#233;solution est plus forte et ne peut &#234;tre bris&#233;e, vous ne pourrez pas nous survivre, et nous vous vaincrons &#187; &lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le bilan est de 22 morts (dont au moins trois enfants).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Obama affirme d'ailleurs que cette intensification a &#233;t&#233; un succ&#232;s en Irak, o&#249; la situation se serait calm&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title> Afghanistan, un an apr&#232;s&#8230;
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Afghanistan-un-an-apres</link>
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		<dc:date>2003-03-23T14:13:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Afghanistan
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		<description>L'intervention des Etats-Unis (et quelques suppl&#233;tifs, dont la France) en Afghanistan &#233;tait cens&#233;e s'attaquer aux r&#233;seaux terroristes d'Al-Qaida, abattre un r&#233;gime totalitaire et lib&#233;rer le peuple afghan de l'oppression moyen&#226;geuse des talibans, en particulier contre les femmes. &lt;br /&gt;Un an et demi apr&#232;s la victoire, d'apr&#232;s les organisations humanitaires sur place, il y aurait 3 millions de personnes d&#233;pendantes de leurs aides, 900 000 personnes d&#233;plac&#233;es, auxquelles s'ajoutent pr&#232;s de 4 millions&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'intervention des Etats-Unis (et quelques suppl&#233;tifs, dont la France) en Afghanistan &#233;tait cens&#233;e s'attaquer aux r&#233;seaux terroristes d'Al-Qaida, abattre un r&#233;gime totalitaire et lib&#233;rer le peuple afghan de l'oppression moyen&#226;geuse des talibans, en particulier contre les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un an et demi apr&#232;s la victoire, d'apr&#232;s les organisations humanitaires sur place, il y aurait 3 millions de personnes d&#233;pendantes de leurs aides, 900 000 personnes d&#233;plac&#233;es, auxquelles s'ajoutent pr&#232;s de 4 millions r&#233;fugi&#233;es au Pakistan ou en Iran. Les factions militaires dont les USA avaient achet&#233; le ralliement, recommencent &#224; se battre entre elles. L'arm&#233;e am&#233;ricaine n'en est toujours pas sortie et les accrochages avec des groupes arm&#233;s se multiplient.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un tapis de bombes&#8230; pour changer de chefs de guerre&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, commenc&#233;e d&#233;but octobre 2001, et men&#233;e partiellement par procuration, cette guerre avait sembl&#233; facile pour les Am&#233;ricains. Leur arm&#233;e assurait surtout l'infrastructure et les pilonnages de bombes. La pi&#233;taille des fantassins &#233;tait constitu&#233;e des troupes des divers chefs des factions int&#233;gristes ralli&#233;es aux Etats-Unis contre les talibans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux mois et 18 000 bombes plus tard, le mollah Omar et Ben Laden disparus sans laisser d'adresse (pas m&#234;me une boite postale), le r&#233;gime taliban tombait. On a avanc&#233; le chiffre de 3 700 personnes tu&#233;es par les bombardements. C'est sans compter les victimes de l'exode massif d'une partie de la population vers le Pakistan, en hiver, &#224; travers les montagnes. Et ce chiffre fait encore bon compte des morts parmi les soldats de l'ancien r&#233;gime taliban. Par exemple, les prisonniers mat&#233;s par le g&#233;n&#233;ral Dostom et massacr&#233;s pr&#232;s de Mazar-e-Charif, 80 survivant seulement sur 400. Ou encore ces milliers de combattants enferm&#233;s dans des conteneurs, o&#249; des centaines seraient morts &#233;touff&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce prix, les troupes de l'Alliance du Nord, nouveaux occupants du pouvoir choisis par Washington, ont pu entrer dans Kaboul d&#232;s novembre 2001. La &lt;em&gt;&#171; Loya Jirga &#187;&lt;/em&gt;, assembl&#233;e afghane r&#233;unissant sous l'&#233;gide des USA les divers chefs de guerre pour proc&#233;der au partage du pouvoir, a donn&#233; lieu &#224; d'&#226;pres n&#233;gociations : certaines rivalit&#233;s entre d&#233;l&#233;gu&#233;s se seraient r&#233;gl&#233;es &#224; coups de revolver. Elle permit cependant d'&#233;viter d'avoir &#224; installer un gouvernement militaire am&#233;ricain, voire un gouvernement onusien (comme Kouchner au Kosovo), un gouvernement provisoire afghan &#233;tant sorti, le 22 d&#233;cembre 2001, de ces palabres.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'Etat Unocal ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais le choix de l'homme plac&#233; &#224; sa t&#234;te en dit long : Hamid Karza&#239; est un ancien collaborateur de la CIA dans les ann&#233;es 80, appoint&#233; ensuite, au milieu des ann&#233;es 90 comme consultant par la compagnie p&#233;troli&#232;re Unocal. A ce titre, il avait particip&#233; aux n&#233;gociations de cette compagnie avec le r&#233;gime des talibans. Quant &#224; l'envoy&#233; sp&#233;cial de Georges Bush &#224; Kaboul, Zalmay Khalilzad, qui avait eu pour mission de veiller &#224; l'accouchement de cette nouvelle autorit&#233; afghane, il avait lui aussi travaill&#233; pour la m&#234;me compagnie. C'est celui-l&#224; m&#234;me que Bush vient de d&#233;signer comme envoy&#233; sp&#233;cial pour l'Irak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, les d&#233;l&#233;gations des diff&#233;rents clans r&#233;unies d'abord &#224; Bonn s'&#233;taient toutes engag&#233;es &#224; respecter &#171; &lt;em&gt;l'unit&#233; nationale afghane&lt;/em&gt; &#187;, &#171; &lt;em&gt;les droits de l'homme&lt;/em&gt; &#187;, &#171; &lt;em&gt;l'&#233;galit&#233; des sexes&lt;/em&gt; &#187;. Une partie de la presse occidentale s'&#233;tait empress&#233;e de parler de &lt;em&gt;&#171; d&#233;buts tr&#232;s encourageants&lt;/em&gt; &#187;, et Kofi Annan avait salu&#233; la &#171; &lt;em&gt;chance historique&lt;/em&gt; &#187; qui s'offrait &#224; l'Afghanistan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'aura pas fallu longtemps pour voir ce que recelaient cette chance. La construction d'un Etat afghan centralis&#233; est aujourd'hui une perspective toujours plus lointaine. En f&#233;vrier 2002, le ministre de l'aviation civile et du tourisme &#233;tait assassin&#233;. En juillet, c'&#233;tait le tour du vice-pr&#233;sident et ministre des travaux publics, liquid&#233; en plein jour &#224; Kaboul devant son minist&#232;re. Karza&#239; lui-m&#234;me n'a &#233;chapp&#233; &#224; un attentat que gr&#226;ce &#224; ses gardes du corps am&#233;ricains. En province, le pouvoir est aujourd'hui totalement entre les mains des seigneurs de guerre, comme Dostom, le massacreur de Mazar-e-Charif, Isma&#235;l Kahn &#171; &lt;em&gt;l'&#233;mir d'Herat&lt;/em&gt; &#187;, ou d'autres, pour certains transfuges des talibans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aventuriers militaires ou vieux chevaux de retour, ces chefs de guerre ont leurs propres troupes. Le nombre de miliciens est sup&#233;rieur &#224; 300 000, de l'aveu m&#234;me du ministre de la D&#233;fense afghan.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;&#171; Qu'est-ce qui a chang&#233; en Afghanistan ? &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une responsable de Rawa, organisation de femmes afghanes, expliquait : &#171; Les vainqueurs des talibans partagent la m&#234;me id&#233;ologie et les m&#234;mes m&#233;thodes brutales que ceux qu'ils ont vaincus. Au sein de l'Alliance du Nord, des gens comme Rabbani, Sayyaf, Khalili sont des int&#233;gristes. [&#8230;] Ils sont sortis renforc&#233;s de la Loya Jirga avec plus de pouvoir et de l&#233;gitimit&#233; &#187;. Dans les diff&#233;rentes provinces, m&#234;me terreur islamiste, m&#234;me violence &#224; l'&#233;gard des hommes qui ne se rendent pas &#224; la mosqu&#233;e, m&#234;me oppression des femmes auxquelles la burqa continue d'&#234;tre impos&#233;e. Sous la pression des chefs religieux, le gouvernement a renvoy&#233; une &#233;ph&#233;m&#232;re ministre de la Condition f&#233;minine, et durant l'&#233;t&#233; 2002, il a constitu&#233; un D&#233;partement des injonctions islamiques, qui ressemble &#233;trangement &#224; l'ancien &#171; minist&#232;re pour la promotion de la vertu et la r&#233;pression du vice &#187; du mollah Omar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les seigneurs de guerre locaux contr&#244;lent une bonne part des ressources du pays. Ils ont la haute main sur les droits de douane. Et, dans le sud surtout, ils profitent de l'argent de la drogue dont le pays est redevenu le premier producteur mondial. Une forme de &#171; d&#233;veloppement &#187; qui n'est &#233;videmment qu'un signe de la mis&#232;re toujours plus grande de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement Bush qui a eu la bouche pleine, il y a un an, du bonheur du peuple afghan, se satisfait aujourd'hui d'y prot&#233;ger un genre de paix des cimeti&#232;res, sur fond de mis&#232;re qui n'a pas chang&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B.M.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_43 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH174/afghanistan-d149b.gif?1528576433' width='400' height='174' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Menace terroriste sur le monde : Apr&#232;s l'Afghanistan, &#224; qui le tour ?
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Menace-terroriste-sur-le-monde-Apres-l-Afghanistan-a-qui-le-tour</link>
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		<dc:date>2002-01-31T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Afghanistan
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		<dc:subject>Imp&#233;rialisme
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		<description>&#171; 2002 sera une ann&#233;e de guerre &#187;. C'est Bush qui l'a dit. Et les bombardements en Afghanistan, qui faisaient encore en d&#233;cembre des dizaines de victimes civiles, continuent en ce mois de janvier 2002. &lt;br /&gt;Pour la d&#233;monstration de force qu'entendait faire l'imp&#233;rialisme, l'Afghanistan qui abritait Ben Laden &#233;tait certes une cible de premier choix. Mais c'&#233;tait un choix parmi d'autres (il fut d&#233;j&#224; alors question de l'Irak, notamment). Ni l'&#233;limination du r&#233;gime des talibans ni le massacre ou l'emprisonnement&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-19-janvier-fevrier-2002-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 19, janvier-f&#233;vrier 2002
&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;em&gt;2002 sera une ann&#233;e de guerre&lt;/em&gt; &#187;. C'est Bush qui l'a dit. Et les bombardements en Afghanistan, qui faisaient encore en d&#233;cembre des dizaines de victimes civiles, continuent en ce mois de janvier 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la d&#233;monstration de force qu'entendait faire l'imp&#233;rialisme, l'Afghanistan qui abritait Ben Laden &#233;tait certes une cible de premier choix. Mais c'&#233;tait un choix parmi d'autres (il fut d&#233;j&#224; alors question de l'Irak, notamment). Ni l'&#233;limination du r&#233;gime des talibans ni le massacre ou l'emprisonnement d'une partie des combattants d'Al-Qaida n'&#233;loignent les menaces terroristes qui peuvent planer sur le monde. Ni celles venant des groupes islamistes (au contraire, cette guerre a contribu&#233; sans doute &#224; alimenter la haine qui leur fournit de nouvelles recrues) ni surtout celles venant des imp&#233;rialistes, les plus graves. Car en engageant la comp&#233;tition avec Ben Laden (13 000 bombes sur un pays &#233;puis&#233; par 23 ans de guerre contre trois avions sur les Twins Towers et le Pentagone) les Bush et Rumsfeld (avec le soutien des Chirac, Jospin et consorts ne l'oublions pas surtout) n'ont fait que d&#233;montrer que pour eux, &#171; &lt;em&gt;faire la guerre au terrorisme&lt;/em&gt; &#187; signifie administrer la preuve sanglante que leur terrorisme est le plus fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Continuer cette d&#233;monstration serait une premi&#232;re raison pour les dirigeants imp&#233;rialistes de ne pas se contenter de l'Afghanistan, m&#234;me si l&#224;-bas les r&#233;ticences de leurs alli&#233;s locaux, la persistance d'une r&#233;sistance arm&#233;e et la fuite de Omar et Ben Laden ne permettent pas encore &#224; Bush de chanter victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a sans doute autre chose. Comme le dit un journaliste de The Economist : &#171; Aussi morbides et sanglants soient-ils, les &#233;v&#233;nements du 11 septembre offrent au pr&#233;sident Bush l'occasion de s'attaquer aux probl&#232;mes mondiaux les plus &#233;pineux &#187;. Par exemple l'Irak, &#224; nouveau maintenant explicitement vis&#233; par les faucons du Pentagone. Le r&#233;gime de Saddam Hussein, apr&#232;s la guerre du Golfe en 1991, avait &#233;t&#233; laiss&#233; en place par Bush p&#232;re, faute apparemment d'un autre candidat dictateur &#224; port&#233;e de main. Mais Saddam, malgr&#233; tout, incarne une r&#233;sistance &#224; la volont&#233; occidentale, manifest&#233;e encore en &#233;tant le seul &#224; d&#233;sapprouver officiellement la croisade en Afghanistan.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Irak ou Somalie ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans les cartons des strat&#232;ges de la Maison blanche, il y aurait encore d'autres pays : Somalie, Colombie, Soudan, Ouzb&#233;kistan, etc. Des r&#233;gimes dont l'instabilit&#233; les ennuie&#8230; ou dont les ressources les int&#233;ressent. Parce qu'&#224; c&#244;t&#233; des &#171; &lt;em&gt;probl&#232;mes &#233;pineux&lt;/em&gt; &#187;, il y a les affaires. Et la guerre en Afghanistan peut ouvrir les portes de certains pays, en Asie centrale par exemple, dans lesquels les trusts du p&#233;trole ou d'autres aimeraient conforter leur position. Alors, s'il faut le faire par quelques massacres ou bombardements...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune guerre, m&#234;me semblant gagn&#233;e d'avance, n'est pourtant sans risque, m&#234;me pour l'imp&#233;rialisme. Les bombardements terrorisent souvent les peuples, ils suscitent parfois leur r&#233;volte. Une contestation &#233;cras&#233;e sous les bombes, une autre appara&#238;t &#224; c&#244;t&#233;. Au Pakistan le pr&#233;sident Moucharraf, renforc&#233; un moment par son ralliement &#224; la coalition occidentale, est en train de l'apprendre &#224; ses d&#233;pens : le probl&#232;me afghan &#224; peine apais&#233; voil&#224; que ressurgit celui du Cachemire (et que pour les occidentaux le spectre d'un guerre indo-pakistanaise remplace celle des Tadjiks contre les Pachtounes afghans).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, aucun gouvernement, aucune arm&#233;e, aucun parti actuellement dans le collimateur de l'imp&#233;rialisme ne repr&#233;sente les int&#233;r&#234;ts des peuples de la plan&#232;te. Ceux-ci n'ont pourtant nul int&#233;r&#234;t &#224; ce que les gendarmes du monde imposent leur ordre. Car c'est bien ces peuples qui en seraient en dernier ressort et les principales cibles et les principales victimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 12 janvier 2002, Beno&#238;t MARCHAND&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Editorial : Les Etats-Unis livrent l'Afghanistan aux brigands
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Les-Etats-Unis-livrent-l-Afghanistan-aux-brigands</link>
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		<dc:date>2001-11-30T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Afghanistan
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		<dc:subject>Imp&#233;rialisme
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		<dc:subject>Islamisme
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		<description>Malgr&#233; les succ&#232;s remport&#233;s ces derniers jours par les Etats-unis et leurs alli&#233;s locaux la guerre continue en Afghanistan. Au moment o&#249; nous &#233;crivons les bombardements se poursuivent sur Kandahar et d'autres villes du sud du pays, avec &#233;videmment leur cort&#232;ge de destructions et de massacres. Les talibans tiennent encore plusieurs provinces. Ben Laden &#233;chappe toujours &#224; la traque des commandos lanc&#233;s, para&#238;t-il, &#224; ses trousses. &lt;br /&gt;La guerre n'est pas finie mais on peut d&#233;j&#224; avoir une id&#233;e des cons&#233;quences&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Malgr&#233; les succ&#232;s remport&#233;s ces derniers jours par les Etats-unis et leurs alli&#233;s locaux la guerre continue en Afghanistan. Au moment o&#249; nous &#233;crivons les bombardements se poursuivent sur Kandahar et d'autres villes du sud du pays, avec &#233;videmment leur cort&#232;ge de destructions et de massacres. Les talibans tiennent encore plusieurs provinces. Ben Laden &#233;chappe toujours &#224; la traque des commandos lanc&#233;s, para&#238;t-il, &#224; ses trousses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre n'est pas finie mais on peut d&#233;j&#224; avoir une id&#233;e des cons&#233;quences de l'intervention imp&#233;rialiste. Exactement ce qu'on pouvait en attendre : une main mise par des seigneurs de la guerre qui n'aura rien &#224; envier au r&#232;gne des talibans, si elle n'a pas des cons&#233;quences pires (un certain nombre de ces commandants &#233;taient d'ailleurs au service de ces talibans il y a quelques jours encore et viennent juste de retourner leur veste, une nouvelle fois, pour rejoindre leurs confr&#232;res de l'Alliance du Nord). Car pour d&#233;fendre chacun son fief et le droit de le piller et de trafiquer &#224; volont&#233; sur le dos de la population, ces bandits sont pr&#234;ts &#224; d&#233;clencher les hostilit&#233;s et mettre l'Afghanistan &#224; feu et &#224; sang, comme ils l'ont d&#233;j&#224; fait entre 1992 et 1996. Quant aux femmes, ces victimes exemplaires du r&#233;gime obscurantiste des mollahs, l'un des premiers gestes des d&#233;mocrates de l'Alliance du Nord a &#233;t&#233; d'interdire une manifestation de quelques dizaines d'entre elles qui avaient os&#233; non pas enlever leur voile mais en soulever un coin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien d'&#233;tonnant &#233;videmment si le triomphe de l'intervention imp&#233;rialiste n'aboutit pas &#224; changer le sort de la population d'Afghanistan, voire l'empire. Ce n'&#233;tait pas le but, quoi qu'ils en aient dit parfois pour justifier leurs forfaits, des Georges Bush, Donald Rumsfeld ou Colin Powell. Que l'Afghanistan soit d&#233;pec&#233; entre quelques dizaines de f&#233;odaux brigands, que la population soit victime de nouvelles guerres, que les femmes soient toujours enterr&#233;es sous la burka, qu'est-ce que cela peut bien leur faire ! M&#234;me la stabilit&#233; du pays sous un gouvernement accept&#233;, reconnu et repr&#233;sentatif, dont ils disent faire grand cas actuellement, n'est pas vraiment un souci pour eux. Les trusts p&#233;troliers am&#233;ricains, apr&#232;s tout, peuvent trouver d'autres pays, apparemment plus fiables ou plus complaisants aujourd'hui, Iran, Turquie ou Russie, pour accueillir leurs ol&#233;oducs et gazoducs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il leur suffit d'avoir montr&#233; qu'ils peuvent faire tomber le feu de l'apocalypse o&#249; et quand ils veulent et que tous ceux qui osent les d&#233;fier le paient cher, tr&#232;s cher. Que le secr&#233;taire &#224; la d&#233;fense ose conseiller ouvertement aux hommes de l'Alliance du Nord (qui n'avaient d'ailleurs sans doute gu&#232;re besoin de l'&#234;tre sur ce point) de ne pas faire de prisonniers parmi les combattants &#233;trangers, arabes, tch&#233;tch&#232;nes, pakistanais, suppos&#233;s &#234;tre li&#233;s &#224; Al-Qaida et encercl&#233;s &#224; Kunduz, en dit long sur la d&#233;monstration que veut faire le gouvernement am&#233;ricain. Ah, les sentiments humanitaires des d&#233;fenseurs de la civilisation occidentale contre la barbarie asiatique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che de se d&#233;barrasser de leurs oppresseurs de tous poils, mollahs, f&#233;odaux, chefs militaires et mafiosi sera ardue et longue pour les pauvres, les paysans, les travailleurs et les femmes d'Afghanistan. Mais elle ne peut &#234;tre accomplie que par eux-m&#234;mes. Car si l'arm&#233;e am&#233;ricaine est en train de d&#233;montrer quelque chose, c'est bien que toutes les interventions de l'imp&#233;rialisme ne peuvent que rendre le combat des opprim&#233;s encore plus difficile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous travailleurs des pays occidentaux, la seule fa&#231;on d'affirmer notre solidarit&#233; avec les opprim&#233;s d'Afghanistan serait, si nous en avions la force, de nous opposer, d'arr&#234;ter et d'emp&#234;cher cette intervention criminelle de nos gouvernements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 22 novembre 2001&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Les raisons et les buts de l'intervention militaire
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Les-raisons-et-les-buts-de-l-intervention-militaire</link>
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		<dc:date>2001-11-30T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Imp&#233;rialisme
</dc:subject>
		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>USA
</dc:subject>
		<dc:subject>Afghanistan
</dc:subject>
		<dc:subject>Islamisme
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		<dc:subject>Al-Qa&#239;da
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		<description>Les Etats-Unis ne pouvaient laisser passer les attentats du 11 septembre, cette gifle magistrale &#224; la premi&#232;re puissance mondiale, cette &#171; premi&#232;re attaque &#233;trang&#232;re sur le sol am&#233;ricain depuis deux si&#232;cles &#187;, sans punir le ou les coupables. Au besoin ces coupables, faute de les trouver ou de les conna&#238;tre, ils les auraient d&#233;sign&#233;s arbitrairement, comme il en fut question un moment quand l'administration am&#233;ricaine envisagea s&#233;rieusement semble-t-il d'attaquer l'Irak, plut&#244;t que l'Afghanistan ou en m&#234;me&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-USA-+" rel="tag"&gt;USA
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Afghanistan-+" rel="tag"&gt;Afghanistan
&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Al-Qaida-+" rel="tag"&gt;Al-Qa&#239;da
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les Etats-Unis ne pouvaient laisser passer les attentats du 11 septembre, cette gifle magistrale &#224; la premi&#232;re puissance mondiale, cette &#171; &lt;em&gt;premi&#232;re attaque &#233;trang&#232;re sur le sol am&#233;ricain depuis deux si&#232;cles&lt;/em&gt; &#187;, sans punir le ou les coupables. Au besoin ces coupables, faute de les trouver ou de les conna&#238;tre, ils les auraient d&#233;sign&#233;s arbitrairement, comme il en fut question un moment quand l'administration am&#233;ricaine envisagea s&#233;rieusement semble-t-il d'attaquer l'Irak, plut&#244;t que l'Afghanistan ou en m&#234;me temps que l'Afghanistan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela fait des ann&#233;es que les avions am&#233;ricains et anglais bombardent l'Irak. L'Afghanistan, cible nouvelle, avait donc plus de chance de frapper les imaginations. Le pays &#233;tait cens&#233; abriter Oussama Ben Laden et son &#233;tat-major, d&#233;nonc&#233;s tout de suite comme les responsables des attentats. Le pays donnait l'occasion de remettre les pieds au Pakistan voisin avec qui les Etats-Unis &#233;taient en froid depuis quelques temps, ou de se poser enfin dans ces Etats asiatiques issus de l'effondrement de l'URSS et toujours plus ou moins protectorats russes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Pour terrifier le monde&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour restaurer l'image de la super-puissance am&#233;ricaine et le mythe de son invuln&#233;rabilit&#233;, s&#233;rieusement mis &#224; mal par les attentats du 11 septembre, il y avait urgence &#224; effacer cette impression d&#233;testable. Les talibans ont donc pay&#233; la note. Non pour le r&#233;gime abominable qu'ils avaient instaur&#233; en Afghanistan, non pour leur invraisemblable oppression des femmes et des hommes de ce pays, mais parce qu'il fallait bien qu'un rebelle quelconque au nouvel ordre mondial, r&#233;el ou suppos&#233;, soit ch&#226;ti&#233;. Pour servir de le&#231;on &#224; tous ceux &#224; qui pourrait venir l'id&#233;e de ne pas accepter cet ordre, peuple, gouvernement ou classe dirigeante. L'Afghanistan a &#233;t&#233; bombard&#233; pour l'exemple comme en d'autre temps d'autres furent fusill&#233;s pour l'exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pire &#233;videmment, c'est que la population compte ses morts et voit ses maisons d&#233;truites, tout autant que le mollah Omar et ses compagnons. Mais la le&#231;on qu'entend donner l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain vaut encore plus pour les peuples que pour leurs gouvernants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ironie de l'histoire, et ce que les talibans eux-m&#234;mes ont d&#251; trouver saum&#226;tre, c'est qu'ils ne se comptaient pas parmi les plus farouches ennemis des Etats-Unis. Non seulement ils avaient &#233;t&#233; mis en selle par les services secrets pakistanais avec la b&#233;n&#233;diction de l'imp&#233;rialisme, mais pendant les six ans de leur r&#232;gne sur la majeure partie du pays, ils ont n&#233;goci&#233; soit directement avec l'administration am&#233;ricaine soit avec les trusts p&#233;troliers am&#233;ricains. A c&#244;t&#233; de l'appui qu'ils &#233;taient pr&#234;ts &#224; fournir &#224; ces derniers pour l'exploitation et l'exportation du p&#233;trole de la Caspienne, ils pouvaient penser qu'aux yeux de Washington la lapidation de quelques dizaines de femmes adult&#232;res ou la destruction des bouddhas de Bamiyan, ou m&#234;me l'hospitalit&#233; accord&#233;e &#224; Ben Laden, n'&#233;taient que peccadilles. Et c'&#233;tait bien pris pour tel, en effet ! Jusqu'&#224; ce que le gouvernement des Etats-Unis ait besoin de trouver quelqu'un sur qui frapper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'au dernier moment d'ailleurs les talibans se sont montr&#233;s bien conciliants. Car apr&#232;s tout, leur demande de preuves (jamais fournies par les autorit&#233;s am&#233;ricaines) de la culpabilit&#233; de Ben Laden n'avait rien d'exorbitant. En d'autres lieux et pour d'autres partenaires, c'est admis comme r&#232;gle normale. Appliqu&#233;e par tous les Etats, y compris les Etats-Unis dans les relations internationales. Mais appliquer en l'occurrence le sacro-saint droit international, aussi injuste soit-il pourtant, aurait &#233;t&#233; de la part des Etats-Unis une preuve de faiblesse. Et c'est de leur force qu'ils voulaient faire preuve. Que personne n'en doute et que le monde entier la redoute !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Ou le mettre &#224; sa botte&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pass&#233;s les premiers moments de panique de leur pr&#233;sident, apparue sur tous les &#233;crans du monde, les gouvernants am&#233;ricains n'ont pas &#233;t&#233; longs &#224; comprendre le parti qu'ils pouvaient - pourquoi pas ? - tirer des destructions du World Trade Center et l'extraordinaire pr&#233;texte que Ben Laden leur fournissait. Puisque c'&#233;tait donc lui ! Tellement &#233;vident que m&#234;me aux Etats-Unis, certains se sont demand&#233;s si l'administration ou des services comme la CIA ou le FBI, ind&#233;pendamment de leur visible incomp&#233;tence, n'auraient pas laiss&#233; faire volontairement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;texte, sur le plan int&#233;rieur, pour donner colonne vert&#233;brale sinon cerveau au pr&#233;sident Bush, jusque-l&#224; d&#233;consid&#233;r&#233; par une &#233;lection &#171; &#224; la sauvette &#187; et des qualit&#233;s intellectuelles bien cach&#233;es. Pr&#233;texte surtout pour ressouder la population derri&#232;re lui, fouetter le patriotisme et faire passer plus facilement une politique de sacrifices pour les travailleurs et les pauvres, de subventions colossales pour les capitalistes. Dans une p&#233;riode o&#249; la r&#233;cession &#233;conomique faisait durement ressentir ses effets sur le plan social, notamment au travers de plans de licenciements massifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;texte sur le plan international, pour sommer le monde entier de choisir son camp, ou plut&#244;t de ne donner &#224; personne d'autre choix que celui du camp des Etats-Unis. Ce que le monde entier &#224; fait d'ailleurs, des imp&#233;rialismes europ&#233;ens de seconde zone &#224; tous les Etats (&#224; l'exception de l'Irak) qualifi&#233;s de &#171; voyous &#187; par les Etats-Unis. En passant par la Chine et la Russie. Sans oublier tous les Etats du monde musulman, y compris ceux qui se r&#233;clament de pr&#232;s ou de loin de l'islamisme, Pakistan, Soudan, Arabie Saoudite enfin dont, semble-t-il, bon nombre de membres de la classe r&#233;gnante gardaient et gardent encore des liens politiques et financiers, non seulement avec les talibans mais avec Ben Laden lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bon gr&#233;, mal gr&#233;, avec ou sans r&#233;serves exprim&#233;es, parfois en rechignant et en maugr&#233;ant, le ralliement a donc &#233;t&#233; quasi-g&#233;n&#233;ral. Sa dur&#233;e d&#233;pend maintenant sans doute du succ&#232;s de l'op&#233;ration, et du fait que les Am&#233;ricains infligent ou non une punition exemplaire et terrifiante &#224; Ben Laden, aux talibans (m&#234;me s'ils ne sont peut-&#234;tre pas pour grand chose dans les agissements de celui-ci) et au peuple afghan (qui lui n'y est pour rien du tout mais est de toute mani&#232;re le plus durement touch&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant de raisons, en plus de notre solidarit&#233; avec la population afghane, de souhaiter (&#224; d&#233;faut d'y contribuer) l'&#233;chec de l'intervention imp&#233;rialiste et m&#234;me sa d&#233;faite. Certes celle-ci aurait toutes les chances, en l'absence de mouvements r&#233;volutionnaires, de profiter &#224; d'autres forces r&#233;actionnaires - partis islamistes dans le monde musulman, dictatures nationalistes ailleurs, extr&#234;me droite dans les pays occidentaux - tout aussi ennemies des pauvres et des travailleurs que les repr&#233;sentants actuels de l'imp&#233;rialisme. Mais un succ&#232;s de celui-ci qui semblerait d&#233;montrer sa toute puissance et sa capacit&#233; &#224; imposer sa police partout et sur tous serait quand m&#234;me encore pire que la survie de Ben Laden ou du r&#233;gime taliban.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 20 novembre 2001, Simone CANETTI&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Le r&#233;gime taliban : barbes afghanes... et barbouzes occidentales
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Afghanistan
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Islamisme
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		<description>Qu'est-ce que le peuple afghan a bien pu faire au bon Dieu pour avoir subi depuis six ans la dictature la plus obscurantiste de la plan&#232;te ? &lt;br /&gt;Dieu, le Coran, et m&#234;me les &#171; traditions tribales &#187; du pays, tout aussi r&#233;actionnaires soient-ils tous, n'ont pas grand chose &#224; voir dans le triomphe de la r&#233;action islamiste, qui vient de moins loin que le ciel : de la politique de l'URSS et de celle des Etats-Unis. &lt;br /&gt;Les troupes sovi&#233;tiques envahirent le pays en d&#233;cembre 1979, pour sauver un r&#233;gime alli&#233; menac&#233; &#224;&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Qu'est-ce que le peuple afghan a bien pu faire au bon Dieu pour avoir subi depuis six ans la dictature la plus obscurantiste de la plan&#232;te ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dieu, le Coran, et m&#234;me les &#171; traditions tribales &#187; du pays, tout aussi r&#233;actionnaires soient-ils tous, n'ont pas grand chose &#224; voir dans le triomphe de la r&#233;action islamiste, qui vient de moins loin que le ciel : de la politique de l'URSS et de celle des Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les troupes sovi&#233;tiques envahirent le pays en d&#233;cembre 1979, pour sauver un r&#233;gime alli&#233; menac&#233; &#224; la fois par ses propres divisions et une opposition arm&#233;e. En menant une guerre atroce contre le peuple afghan, en rasant des villages entiers, en massacrant des centaines de milliers de civils, la bureaucratie sovi&#233;tique jeta la population dans les bras de la r&#233;action islamiste, qui fut aur&#233;ol&#233;e de la gloire de la lutte pour l'ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement am&#233;ricain protesta bruyamment contre l'intervention sovi&#233;tique. Mais sa propre intervention avait d&#233;j&#224; commenc&#233;. D&#232;s le d&#233;but de 1979, le pr&#233;sident Jimmy Carter signait les premiers ordres confidentiels &#224; la CIA pour soutenir financi&#232;rement et militairement les &#171; moudjahidins &#187;, combattants de l'Islam baptis&#233;s plus tard &#171; combattants de la libert&#233; &#187; par Reagan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;ologie r&#233;actionnaire de cette r&#233;sistance, dont il esp&#233;rait bien qu'elle allait &#171; fixer &#187; l'arm&#233;e sovi&#233;tique et lui faire conna&#238;tre &#224; son tour un &#171; Vietnam &#187;, n'avait rien pour g&#234;ner l'Etat am&#233;ricain. Il y avait des pr&#233;c&#233;dents, et m&#234;me lointains. D&#232;s les ann&#233;es 20, il s'&#233;tait alli&#233; &#224; la dictature clanique et th&#233;ocratique d'Arabie Saoudite, gardienne des lieux saints et surtout des puits de p&#233;trole. Les Etats-Unis obtenaient le contr&#244;le des r&#233;serves de p&#233;trole du royaume en &#233;change d'un soutien inconditionnel &#224; la dynastie r&#233;gnante, contre les Etats voisins et contre son propre peuple. Plus pr&#232;s de nous, l'autre alli&#233; privil&#233;gi&#233; des Etats-Unis qu'est le Pakistan, a pu s'appuyer sur la d&#233;magogie religieuse et diff&#233;rents groupes islamistes, pour mieux encadrer la population, &#224; tel point qu'on a pu dire que l'Etat reposait sur les piliers des &#171; 3 A &#187; : Arm&#233;e, Allah et&#8230; Am&#233;rique. A son tour l'islamisme des moudjahidins afghans semblait promettre l'&#233;tablissement d'une dictature ultra-conservatrice, non seulement ennemie de l'URSS comme de tout bouleversement social, mais aussi garantie contre toute tentation nationaliste et neutraliste &#224; la Nasser.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le djihad au service de la guerre froide&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'aide am&#233;ricaine ne cessa de s'intensifier : peut-&#234;tre 750 millions de dollars de 1981 &#224; 1986, puis autant chaque ann&#233;e jusqu'au retrait sovi&#233;tique. L'intervention am&#233;ricaine passait par des interm&#233;diaires, qui y avaient leurs propres int&#233;r&#234;ts : l'Arabie Saoudite servit de financier, le Pakistan de base arri&#232;re. La CIA coordonna l'alimentation en argent, en armes et aussi en hommes, de la r&#233;sistance afghane. Des milliers de militants islamistes &#233;trangers se battirent contre l'arm&#233;e sovi&#233;tique. C'est &#224; cette occasion, comme on sait, qu'Oussama Ben Laden fut choisi par la CIA comme un important recruteur et dispensateur de l'aide aux diff&#233;rents groupes afghans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dix ans durant, la r&#233;sistance afghane harcela l'arm&#233;e sovi&#233;tique, qui y perdit au moins 15 000 hommes, et se retira en f&#233;vrier 1989. Elle laissait derri&#232;re elle le r&#233;gime de Najibullah, qui se d&#233;battit pour sa survie pendant trois ans. Le pays, ruin&#233;, n'avait pas fini de souffrir. Quand le gouvernement de Najibullah s'effondra en avril 1992, la r&#233;sistance occupa Kaboul et se d&#233;chira aussit&#244;t pour le pouvoir. Chaque seigneur de guerre s'appuya sur sa client&#232;le et son ethnie. Pendant des ann&#233;es, les Massoud, Hekmatyar, Dostom s'affront&#232;rent, en exterminant des villages &#171; ennemis &#187;, en bombardant les quartiers civils de la capitale, en laissant leurs troupes se payer sur l'habitant. Cette guerre civile fit 30 000 morts au moins et acheva de d&#233;truire une &#233;conomie d&#233;j&#224; arri&#233;r&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces tueries et destructions par leurs anciens prot&#233;g&#233;s n'auraient pas suffi pour &#233;mouvoir outre mesure les Etats-Unis. Ils &#233;taient responsables directs ou indirects d'autres catastrophes du genre. Mais d'autres raisons les emp&#234;chaient de se &#171; d&#233;sint&#233;resser &#187; du sort de l'Afghanistan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la r&#233;gion il y avait maintenant un nouvel enjeu &#233;conomique. Les nouveaux Etats d'Asie centrale poss&#232;dent d'importantes r&#233;serves d'hydrocarbures, notamment autour de la Mer Caspienne. Pour mieux contr&#244;ler ces sources de profit, les diff&#233;rents gouvernements am&#233;ricains ont explor&#233; des projets d'ol&#233;oducs, l'un &#224; l'ouest d&#233;bouchant sur la Turquie, pour marginaliser les Russes, l'autre &#224; l'est traversant l'Afghanistan et le Pakistan jusqu'au port de Karachi pour contourner l'Iran. La firme am&#233;ricaine Unocal a multipli&#233; les &#233;tudes et les contacts pour ce dernier &#171; tuyau &#187;. Le Pakistan quant &#224; lui d&#233;sirait s'assurer un protectorat sur sa fronti&#232;re nord, lui donnant une &#171; profondeur strat&#233;gique &#187; face au rival indien et un poids &#233;conomique accru &#224; l'&#233;gard des r&#233;publiques d'Asie Centrale issues de l'ex-URSS. C'est ainsi qu'avec leurs alli&#233;s, les Etats-Unis ont cherch&#233; une solution politique pour stabiliser l'Afghanistan &#224; leur profit.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'imp&#233;rialisme am&#233;ricain change de monture&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; des diff&#233;rends qui ont pu opposer les gouvernements am&#233;ricain et pakistanais sur d'autres questions, comme celle de la possession de la bombe atomique par Islamabad, tous deux ont men&#233; &#224; partir de 1994, en toute complicit&#233;, une nouvelle politique o&#249; chacun d&#233;fendait ses propres int&#233;r&#234;ts : l'op&#233;ration taliban. En concertation avec les Etats-Unis, le gouvernement pakistanais de Benazir Bhutto, appuy&#233; sur les services secrets et le parti islamiste Jamiat-e Ulema Islam (JUI), l&#226;cha les seigneurs de guerre qu'il soutenait jusque-l&#224;, incapables qu'ils &#233;taient soient de s'entendre soit d'imposer le pouvoir de l'un d'entre eux. Il constitua une nouvelle faction en recrutant, dans le r&#233;seau des centaines d'&#233;coles religieuses qui bordent la fronti&#232;re, des &#171; &#233;tudiants en religion &#187; ou talibans, issus essentiellement de l'ethnie dominante en Afghanistan, les Pachtounes. Bhutto r&#233;suma ainsi cette politique : &#171; L'id&#233;e &#233;tait anglaise, le financement saoudien, l'encadrement pakistanais, l'armement am&#233;ricain &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce choix fut donc fait en connaissance de cause. Les Etats-Unis soutenaient ce groupe islamiste, directement contr&#244;l&#233; et encadr&#233; par l'arm&#233;e pakistanaise, contre les dirigeants de la future &#171; Alliance du Nord &#187;, repr&#233;sentants souvent d'ethnies minoritaires, mais surtout incapables d'unifier le pays et passablement discr&#233;dit&#233;s aupr&#232;s de la population pour toutes leurs exactions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ni le droit des femmes, ni les consid&#233;rations d&#233;mocratiques, ni l'utilisation du pavot comme source de financement, ne posaient probl&#232;me. Sur toutes ces questions d'ailleurs bien malin qui pouvait distinguer les talibans de tous les seigneurs de guerre ! En revanche les talibans ont pu appara&#238;tre aupr&#232;s de la population comme une force qui apporterait la paix et la s&#233;curit&#233;, apr&#232;s 15 ans de guerre et d'anarchie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les talibans entr&#232;rent dans le conflit fin 1994. Apr&#232;s avoir conquis rapidement tout le sud du pays ils prirent enfin Kaboul en septembre 1996. Une chape de plomb moyen&#226;geuse pesa plus que jamais sur tout le pays. Madeleine Allbright, chef de la diplomatie am&#233;ricaine, salua officiellement la prise de la capitale afghane comme une &#171; &#233;volution positive &#187;. On sait maintenant que jusqu'&#224; l'&#233;t&#233; 2001, quelques semaines avant l'attaque contre le World Trade Center et le Pentagone, l'administration Bush continua de n&#233;gocier avec les talibans. De toute &#233;vidence le gouvernement am&#233;ricain comptait toujours sur eux pour imposer de l'ordre en Afghanistan et permettre la construction de l'ol&#233;oduc d'Unocal. Il faut croire que la pr&#233;sence de Ben Laden, l'h&#244;te officiel et honor&#233; du mollah Omar, chef du r&#233;gime de Kaboul, n'apparaissait pas alors comme un obstacle insurmontable pour envisager de bonnes et fructueuses relations.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='C'est la th&#232;se pr&#233;sent&#233;e entre autres par La v&#233;rit&#233; interdite de Jean-Charles (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement les talibans se sont r&#233;v&#233;l&#233;s moins dociles ou moins utilisables qu'esp&#233;r&#233;. Comme Ben Laden lui-m&#234;me, autre cr&#233;ature n&#233;e des coups tordus de la CIA et de la diplomatie am&#233;ricaine. A partir du moment o&#249; les talibans ont acquis un certain poids et une existence par eux-m&#234;mes, que leurs int&#233;r&#234;ts ont diverg&#233; partiellement de ceux de leurs anciens protecteurs, ils n'entendirent plus ob&#233;ir au doigt et &#224; l'oeil. Une vieille histoire, que les Etats-Unis ont connue &#224; maintes reprises, avec Saddam Hussein en Irak ou Noriega au Panama par exemple. Une vieille histoire, dont les dictateurs se tirent parfois sans laisser trop de plumes, mais jamais leurs peuples. Preuve que c'est de ceux-ci plus que de ceux-l&#224; que l'imp&#233;rialisme est l'ennemi irr&#233;ductible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard RUDELLI&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C'est la th&#232;se pr&#233;sent&#233;e entre autres par La v&#233;rit&#233; interdite de Jean-Charles Brisard et Guillaume Dasqui&#233; (&#233;ditions Deno&#235;l), et avant eux par L'Ombre des talibans de Ahmed Rashid (&#233;ditions Autrement).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title> Le d&#233;sastre de l'intervention sovi&#233;tique
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Le-desastre-de-l-intervention-sovietique</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire
</dc:subject>
		<dc:subject>Afghanistan
</dc:subject>

		<description>Zaher Shah, que les Am&#233;ricains veulent ressortir aujourd'hui d'un exil de pr&#232;s de 30 ans, devint roi en 1933, dans un pays tr&#232;s pauvre ayant gard&#233; une structure f&#233;odale. De 1953 &#224; 1963, son cousin Daoud, Premier ministre, tenta des r&#233;formes (&#233;conomie et statut des femmes). Surtout il se rapprocha de l'URSS. A cette &#233;poque en effet, l'Afghanistan revendiquait le Baloutchistan &#224; majorit&#233; pachtoune, c'est-&#224;-dire le nord-ouest du Pakistan, Etat tout juste cr&#233;&#233; en 1947 au d&#233;part des Anglais des Indes et qui&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Zaher Shah, que les Am&#233;ricains veulent ressortir aujourd'hui d'un exil de pr&#232;s de 30 ans, devint roi en 1933, dans un pays tr&#232;s pauvre ayant gard&#233; une structure f&#233;odale. De 1953 &#224; 1963, son cousin Daoud, Premier ministre, tenta des r&#233;formes (&#233;conomie et statut des femmes). Surtout il se rapprocha de l'URSS. A cette &#233;poque en effet, l'Afghanistan revendiquait le Baloutchistan &#224; majorit&#233; pachtoune, c'est-&#224;-dire le nord-ouest du Pakistan, Etat tout juste cr&#233;&#233; en 1947 au d&#233;part des Anglais des Indes et qui re&#231;ut &#8211; en pleine &#171; &lt;em&gt;guerre froide&lt;/em&gt; &#187; &#8211; le soutien des USA. D'autant plus que l'Inde rivale, elle, se rapprochait aussi de l'URSS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une tentative d'instaurer un parlementarisme &#224; l'occidentale, men&#233;e apr&#232;s 1963, &#233;choua. Moins de 10 % de la population participa aux &#233;lections et la ch&#233;tive aristocratie autour de la famille royale bloqua tout. Mais au sein de la petite couche d'intellectuels et de citadins s'affirm&#232;rent des groupes de gauche, partisans de r&#233;formes d&#233;mocratiques bourgeoises, en particulier dans l'arm&#233;e form&#233;e &#224; l'&#233;cole sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1973, Daoud d&#233;posa Zaher Shah et proclama la r&#233;publique, qui ne faisait que maintenir les privil&#232;ges &#233;conomiques de l'ex-aristocratie pachtoune et un Etat inefficace et corrompu. Pour contrebalancer l'influence sovi&#233;tique, il se rapprocha des autres pays musulmans. Moscou poussa alors au regroupement de la gauche &#171; marxiste &#187; (les groupes Khalq et Parcham) dans un &#171; &lt;em&gt;Parti D&#233;mocratique et Populaire&lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin avril 1978, Daoud fut renvers&#233; et tu&#233; par des militaires qui donn&#232;rent le pouvoir aux &#171; communistes &#187; du PDP. Mais, outre que l'&#233;tiquette &#171; marxiste &#187; provoqua une r&#233;action islamique qui se traduisit par un premier exode, puis par l'apparition de gu&#233;rillas, les factions rivales Khalq et Parcham se mirent vite &#224; r&#233;gler leurs comptes entre elles. Purges, emprisonnements et assassinats ! D&#232;s ao&#251;t 78, Babrak Karmal et le Parcham furent &#233;vinc&#233;s par Taraki, du Khalq, qui fut assassin&#233; en septembre 79 par Amin, son second, qui se lan&#231;a dans des purges sanglantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 26 d&#233;cembre 1979, Moscou d&#233;cida d'intervenir. Amin fut abattu et Karmal revint dans les fourgons de l'arm&#233;e sovi&#233;tique, qui envoya dans un premier temps 100 000 hommes. Le but de Moscou &#233;tait de remettre de l'ordre parmi les soi-disant &#171; &lt;em&gt;communistes&lt;/em&gt; &#187; (plus simplement dit les partisans de l'alliance russe) dont les querelles meurtri&#232;res ne pouvaient que faire le jeu des forces les plus conservatrices qui remettaient en cause cette alliance et les r&#233;formes (en particulier la r&#233;forme agraire) lanc&#233;es par le r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait l'intervention sovi&#233;tique et les dix ans de guerre qui ont suivi ont non seulement ruin&#233; le pays mais renforc&#233; ces forces conservatrices. Si le pouvoir dit &#171; communiste &#187; avait incontestablement permis une am&#233;lioration du sort des femmes (&#233;ducation, travail, droits), du moins dans les villes, elles ont aujourd'hui tout perdu, et au-del&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Najibullah succ&#232;da en 1986 &#224; Karmal, d&#233;missionn&#233; par ses protecteurs russes, et promulgua une constitution instituant le pluripartisme et reconnaissant la pr&#233;pond&#233;rance de l'Islam. Mais cette ouverture fut rejet&#233;e par une opposition arm&#233;e dont les forces n'avaient cess&#233; de grandir et qui &#233;tait pass&#233;e de plus en plus sous influence islamiste. Le r&#233;gime tomba moins de 3 ans apr&#232;s le retrait des sovi&#233;tiques en 1989.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bertrand BLEQUE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Carte de l'Afghanistan
</title>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Afghanistan
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		<description>Pays &#224; l'&#233;cart des routes commerciales depuis le XVI&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, isol&#233; par ses montagnes, domin&#233; par des monarques pachtounes depuis le XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, &#224; l'&#233;poque l'Afghanistan comprenait aussi le Pakistan actuel. &lt;br /&gt;Inquiets de l'expansion de l'empire russe vers le sud, les Anglais ont voulu imposer leur influence en Afghanistan pour prot&#233;ger leur empire des Indes. En 1838, &#224; la faveur d'une longue querelle dynastique, ils envahissent l'Afghanistan en soutien &#224; un pr&#233;tendant. Ils doivent battre en&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_4 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L450xH551/art199-1-6cca7.gif?1528453317' width='450' height='551' alt=&#034;image 450 x 551
&#034; title=&#034;image 450 x 551
&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pays &#224; l'&#233;cart des routes commerciales depuis le XVI&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, isol&#233; par ses montagnes, domin&#233; par des monarques pachtounes depuis le XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, &#224; l'&#233;poque l'Afghanistan comprenait aussi le Pakistan actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inquiets de l'expansion de l'empire russe vers le sud, les Anglais ont voulu imposer leur influence en Afghanistan pour prot&#233;ger leur empire des Indes. En 1838, &#224; la faveur d'une longue querelle dynastique, ils envahissent l'Afghanistan en soutien &#224; un pr&#233;tendant. Ils doivent battre en retraite en 1842 mais s'installent dans le Pakistan actuel. En 1878, une nouvelle invasion britannique &#233;choue au bout de deux ans. L'ind&#233;pendance est reconnue en 1919, &#224; l'issue d'une courte guerre contre les Anglais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s l'Encyclopaedia Universalis, avant l'intervention sovi&#233;tique, l'Afghanistan avait 14 millions d'habitants sur un territoire de 650 000 km&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;2&lt;/sup&gt; (France : 550 000 km&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;2&lt;/sup&gt;). 30 % &#233;taient Tadjik, 40 % Pachtoun, 12 % Hazara, plus de nombreuses autres ethnies. Les 90 % de la population &#233;taient analphab&#232;tes et vivaient de l'agriculture dans les bassins entre les montagnes. 15 % seulement habitaient les villes. En dehors de Kaboul comptant 700 000 habitants, seules Kandahar et Herat d&#233;passaient 100 000 habitants.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Gauche gouvernementale et gauche critique au service de la guerre
</title>
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>USA
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		<dc:subject>Afghanistan
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		<dc:subject>Gauche
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		<description>D&#232;s l'annonce par Bush de la pr&#233;paration d'une riposte militaire en Afghanistan, le gouvernement Jospin a affirm&#233; son soutien inconditionnel et s'est dit pr&#234;t &#224; s'associer &#224; toutes les op&#233;rations. Au point que Chirac, qui en la mati&#232;re tient &#224; s'arroger le premier r&#244;le, ne cesse de se f&#233;liciter que son Premier ministre et lui parlent &#171; d'une m&#234;me voix &#187;. &lt;br /&gt;Tant que les Etats-Unis, peu press&#233;s de faire une place &#224; la France, ne lui ont demand&#233; que de menus services (une poign&#233;e d'agents secrets qu'elle avait,&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D&#232;s l'annonce par Bush de la pr&#233;paration d'une riposte militaire en Afghanistan, le gouvernement Jospin a affirm&#233; son soutien inconditionnel et s'est dit pr&#234;t &#224; s'associer &#224; toutes les op&#233;rations. Au point que Chirac, qui en la mati&#232;re tient &#224; s'arroger le premier r&#244;le, ne cesse de se f&#233;liciter que son Premier ministre et lui parlent &#171; &lt;em&gt;d'une m&#234;me voix&lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant que les Etats-Unis, peu press&#233;s de faire une place &#224; la France, ne lui ont demand&#233; que de menus services (une poign&#233;e d'agents secrets qu'elle avait, para&#238;t-il, sur place et quelques avions de renseignement), les partenaires du Parti socialiste dans la gauche plurielle se sont permis, tout en justifiant la guerre, quelques coquetteries et une ou deux manifestations pour lesquelles ils ont fort peu mobilis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les cris de joie pouss&#233;s par les seigneurs de guerre de l'Alliance du Nord &#224; l'arriv&#233;e &#224; Kaboul, ont suffi pour qu'une bonne partie de ceux qui appelaient hier &#224; manifester (tr&#232;s mollement, certes), remisent leurs timides r&#233;serves vis-&#224;-vis de l'action am&#233;ricaine. Et approuvent l'envoi d'hommes de troupes et de Mirages de l'arm&#233;e fran&#231;aise, sous pr&#233;texte de mission humanitaire. Comme si depuis dix ans, de la Somalie au Kosovo, &#171; &lt;em&gt;l'humanitaire&lt;/em&gt; &#187; n'&#233;tait pas devenu la feuille de vigne des exp&#233;ditions occidentales !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des bombes &#233;clairantes ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au nom du Parti communiste, j'exprime la joie profonde et le soulagement que fait na&#238;tre l'espoir, enfin, d'une lib&#233;ration et d'un retour &#224; la paix pour le peuple afghan. Que la vie puisse reprendre, que les filles et les femmes sortent de la nuit&#8230; &#187;, d&#233;clarait le 14 novembre Marie-George Buffet, nouvelle secr&#233;taire nationale du Parti communiste et ministre. &#171; Un autre jour se l&#232;ve apr&#232;s cinq ans d'une nuit obscure. [&#8230;] Ce sont des bombes am&#233;ricaines qui auront finalement facilit&#233; la t&#226;che&#8230; &#187;, rajoutait l'&#233;ditorialiste de l'Humanit&#233; du 16 novembre, le jour o&#249; Chirac annon&#231;ait l'envoi des troupes, ce qu'il approuvait pleinement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le son de cloche est le m&#234;me du c&#244;t&#233; de l'autre alli&#233; du PS au gouvernement, les Verts, qui se sont f&#233;licit&#233;s de &#171; &lt;em&gt;la chute du r&#233;gime obscurantiste et r&#233;trograde&lt;/em&gt; &#187;, r&#233;affirmant qu'ils &#171; &lt;em&gt;n'ont pas d'opposition de principe &#224; l'envoi d'un contingent fran&#231;ais&lt;/em&gt; &#187;, pourvu que l'op&#233;ration soit &#171; &lt;em&gt;humanitaire&lt;/em&gt; &#187; (encore !) ou &#171; &lt;em&gt;logistique&lt;/em&gt; &#187; et se fasse sous l'&#233;gide de l'ONU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au mouvement Attac, qui se veut de gauche non-gouvernementale, il se garde depuis le d&#233;but de la guerre (pour ne pas cr&#233;er de division dans ses rangs, semble-t-il) de prendre une quelconque position, se contentant d'affirmer que les bombardements, comme Ben Laden, sont les fruits maudits de la mondialisation.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le mythe d'une intervention militaire propre et civilisatrice&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Robert Hue avait d&#232;s le d&#233;but annonc&#233; la couleur en d&#233;clarant, juste apr&#232;s les attentats du 11 septembre, qu'il &#233;tait solidaire non seulement du peuple am&#233;ricain mais &#233;galement de ses gouvernants, quitte &#224; prendre ses propres militants &#224; rebrousse-poil. Peu lui importait qu'une petite partie d'entre eux, quelques jours plus tard &#224; la f&#234;te de l'Huma, sifflent la minute de silence qu'on leur demandait de faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et depuis le d&#233;but des bombardements am&#233;ricains, le Parti communiste n'a cess&#233; de d&#233;noncer les dangers d'une escalade irresponsable, tout en affirmant qu'il n'&#233;tait pas oppos&#233; &#224; une intervention militaire. N&#233;cessaire m&#234;me, disait-il, mais sous l'&#233;gide de l'ONU et, en ce qui concerne la participation de la France, apr&#232;s un d&#233;bat au parlement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L' &#171; &lt;em&gt;Appel &#224; l'opinion&lt;/em&gt; &#187; sign&#233; en commun par la plupart des organisateurs de la manifestation du 11 octobre et du 17 novembre (PCF, ATTAC, FSU, LCR, Ligue des droits de l'homme, plusieurs syndicats CGT et SUD&#8230;) exprimait quasiment les m&#234;mes ambigu&#239;t&#233;s. Il d&#233;non&#231;ait les dangers d'escalade guerri&#232;re, tout en exhortant l'ONU &#224; faire respecter sa charte, arr&#234;ter et juger les auteurs de l'attentat. Comme si l'ONU n'&#233;tait pas un jouet dans les mains des grandes puissances (en premier lieu des Etats-Unis) ! Comme si l'intervention militaire pouvait changer de nature ou de but sous son &#233;gide ! Comme si la guerre pouvait &#234;tre plus propre et se limiter gentiment &#224; arr&#234;ter Ben Laden, renverser le r&#233;gime des Talibans sans faire de victimes civiles, et le remplacer par un r&#233;gime d&#233;mocratique ! Comme si le souci de l'organisation internationale &#233;tait la libert&#233; des peuples et la justice sociale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la direction de la CGT, elle continue certes &#224; manifester qu'elle garde &#171; la m&#234;me inqui&#233;tude &#187; qu'auparavant vis-&#224;-vis de l'intervention am&#233;ricaine. Mais elle en appelle &#233;galement &#224; l'ONU, paravent &#224; son ralliement, pour trouver une solution politique et &#233;conomique aux probl&#232;mes du pays, aggrav&#233;s encore par les destructions de la guerre. La principale conf&#233;d&#233;ration ouvri&#232;re, loin de s'opposer &#224; cette guerre qui se m&#232;ne de fait contre tous les opprim&#233;s du monde, loin de montrer aux travailleurs d'ici que le gouvernement et le patronat leur demanderont d'en payer l'addition, se pr&#233;pare elle aussi &#224; accepter l'envoi de troupes fran&#231;aises l&#224;-bas, pour contr&#244;ler la population, surveiller les camps de r&#233;fugi&#233;s ou d&#233;partager les seigneurs de guerre, pour peu qu'elles le fassent affubl&#233;es d'un casque bleu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un couvre-chef que Bush pourrait trouver avantageux de leur donner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Olivier BELIN&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Une nouvelle guerre imp&#233;rialiste
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		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Une-nouvelle-guerre-imperialiste</link>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Afghanistan
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		<dc:subject>USA
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		<dc:subject>Islamisme
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		<description>Merci de tenir compte de la mise au point ci dessous &lt;br /&gt;Chaque missile de croisi&#232;re am&#233;ricain vaut plus cher que chacun des quartiers des villes afghanes qu'il d&#233;vaste. Le co&#251;t de cette guerre d&#233;passe d&#233;j&#224; le budget du pays bombard&#233;. Apr&#232;s l'Irak, la Yougoslavie, l'Afghanistan. Le sc&#233;nario est &#224; chaque fois le m&#234;me. Le gouvernement am&#233;ricain choisit comme ennemi public un pays du tiers monde d&#233;j&#224; tr&#232;s affaibli et appauvri par des ann&#233;es de guerre et de guerre civile. &lt;br /&gt;L'Afghanistan a subi plus de 20 ans de&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Merci de tenir compte de la mise au point ci dessous&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Dans son n&#176; 61 de novembre 2001, Lutte de Classe a publi&#233; cet article (...)' id='nh3-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque missile de croisi&#232;re am&#233;ricain vaut plus cher que chacun des quartiers des villes afghanes qu'il d&#233;vaste. Le co&#251;t de cette guerre d&#233;passe d&#233;j&#224; le budget du pays bombard&#233;. Apr&#232;s l'Irak, la Yougoslavie, l'Afghanistan. Le sc&#233;nario est &#224; chaque fois le m&#234;me. Le gouvernement am&#233;ricain choisit comme ennemi public un pays du tiers monde d&#233;j&#224; tr&#232;s affaibli et appauvri par des ann&#233;es de guerre et de guerre civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Afghanistan a subi plus de 20 ans de guerre ininterrompue, des destructions innombrables. L'objectif des Etats-Unis n'est pas de lib&#233;rer le peuple afghan de la dictature r&#233;actionnaire des talibans. Ils annoncent m&#234;me par avance que le r&#233;gime qu'ils envisagent, dans le meilleur des cas, serait un conglom&#233;rat de tous les chefs de guerre islamistes sous l'&#233;gide d'une royaut&#233; moyen&#226;geuse, y compris avec participation des talibans. De toutes fa&#231;ons, ce sera la poursuite des guerres f&#233;odales et claniques, &#233;ventuellement sous l'&#233;gide de l'ONU. Et cela finira peut-&#234;tre m&#234;me par le maintien d'un r&#233;gime taliban sous &#171; surveillance &#187; ! Un r&#233;gime que les Etats-Unis avaient eux-m&#234;mes mis en selle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les USA n'ont pas mobilis&#233; leurs forces et polaris&#233; toute la plan&#232;te juste pour conqu&#233;rir les montagnes d'Afghanistan ni pour amender le r&#233;gime politique de cette r&#233;gion recul&#233;e. Ni m&#234;me pour en finir avec l'organisation de Ben Laden, lequel dispose de bases et d'appuis dans de nombreux pays plus riches que le mis&#233;rable Afghanistan. Ils n'ont m&#234;me plus la justification de la premi&#232;re guerre d'Afghanistan, la n&#233;cessit&#233; d'affaiblir l'URSS. Quant aux talibans, ce n'est certainement pas eux qui ont d&#233;cid&#233; d'en d&#233;coudre avec les USA. Ils &#233;taient pr&#234;ts &#224; n&#233;gocier le passage sur leur territoire du gaz et du p&#233;trole d'Asie centrale, ce qui vaut une reconnaissance. Frapper l'Afghanistan c'est d'abord rappeler au monde qu'en d&#233;pit de l'attentat du 11 septembre, les USA sont la puissance dominante et qu'elle peut frapper quand elle veut, o&#249; elle veut.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Que vise l'imp&#233;rialisme dans cette guerre ? &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D&#233;clarer l'&#233;tat de guerre, m&#234;me si l'adversaire est peu visible (Ben Laden) ou peu cr&#233;dible (les talibans), cela a l'avantage pour les USA d'obliger chacun &#224; choisir un camp. L'imp&#233;rialisme am&#233;ricain veut ainsi contraindre toutes les puissances et leurs peuples &#224; s'aligner. Et d'abord le peuple am&#233;ricain aupr&#232;s duquel il peut ainsi justifier des sacrifices d'une ampleur exceptionnelle. Sur le front int&#233;rieur, en quelque sorte, une op&#233;ration de licenciements &#224; grande &#233;chelle a commenc&#233;. Bien s&#251;r, les licenciements avaient commenc&#233; bien avant, du fait d'une r&#233;cession &#233;conomique qui ne doit rien &#224; Ben Laden. Mais autant en profiter. Cela permet &#233;galement de justifier le d&#233;blocage de milliards de dollars en faveur des trusts. Ce ne sont plus des subventions, c'est de &#171; la solidarit&#233; nationale &#187;, la mobilisation patriotique du pays face au terrorisme ! Les travailleurs am&#233;ricains devront payer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; mobilisation patriotique &#187;, la &#171; loi patriote &#187;, cela permet de contraindre la population &#224; se solidariser avec sa classe dirigeante tout en l'attaquant de plein fouet sur le plan &#233;conomique, politique et social. en se servant pour cela du climat d'union nationale qui a suivi le choc du 11 septembre. Quant aux d&#233;penses guerri&#232;res, elles consistent &#224; renflouer les caisses des compagnies a&#233;riennes, des assurances et &#224; relancer la course aux armements. Toutes choses envisag&#233;es avant le 11 septembre &#224; cause du ralentissement &#233;conomique et des difficult&#233;s am&#233;ricaines, mais que l'attentat permet de justifier et d'acc&#233;l&#233;rer consid&#233;rablement sans grand risque de protestations populaires. D&#233;j&#224;, l'entr&#233;e en guerre a permis au gouvernement am&#233;ricain, momentan&#233;ment du moins, d'&#233;viter le krach boursier attendu. Les classes dirigeantes t&#226;chent de retourner &#224; leur profit la situation et le peuvent d'autant plus que les attentats, pour avoir fait 5000 victimes, ridiculis&#233; la CIA et port&#233; atteinte &#224; la cr&#233;dibilit&#233; s&#233;curitaire de l'Etat am&#233;ricain, n'ont en rien entam&#233; la puissance am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;S'agit-il vraiment d'&#233;radiquer l'int&#233;grisme islamiste ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement am&#233;ricain s'est bien gard&#233; de s'en prendre aux Etats qui financent et organisent les organisations combattantes islamistes, car ce sont tous des &#171; pays amis &#187; des USA : l'Arabie saoudite, les Emirats Arabes Unis et le Pakistan. Ils ne leur ont jamais reproch&#233; de le faire et s'en sont souvent servi. Le r&#233;gime pakistanais le plus soutenu par les USA &#233;tait aussi le plus islamiste qu'ait connu le pays : la dictature du g&#233;n&#233;ral Zia ul-Haq. Le d&#233;veloppement des groupes islamistes en Afghanistan n'a pu se faire que gr&#226;ce &#224; l'aide et &#224; l'appui de ces trois pays et au soutien des Etats-Unis. En 1988, Ben Laden &#233;tait consid&#233;r&#233; comme le pion principal de la CIA dans la r&#233;gion et les talibans, &#233;tudiants en religion et en djihad, &#233;taient form&#233;s et arm&#233;s au Pakistan sous l'&#233;gide de l'Etat Pakistanais, avec l'aide des monarchies du p&#233;trole et la b&#233;n&#233;diction am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, les dictatures ultra r&#233;actionnaires qui servent de points d'appui et de pourvoyeurs de fonds au terrorisme islamiste, sont toujours des piliers des Etats-Unis dans leur r&#233;gion. Comment peut-on d&#233;noncer la situation de la femme afghane (avec retard) sans d&#233;noncer celle de la femme en Arabie saoudite (totalement cach&#233;e aux regards) o&#249; elle n'a quasiment aucun droit, m&#234;me pas celui de conduire un v&#233;hicule ? Cette monarchie absolue d&#233;tient le record mondial par habitant du nombre de condamn&#233;s &#224; mort (ex&#233;cutions publiques et au sabre). Certains d'entre eux n'ont pas commis d'autre crime que d'avoir accident&#233; le v&#233;hicule d'un potentat f&#233;odal local, d'avoir dans&#233;, bu de l'alcool ou pratiqu&#233; une religion autre que l'Islam !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Bush s'en prend-il aux financiers de Ben Laden ? &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Comme le rel&#232;ve &#171; Nouvel Observateur &#187; du 4 octobre 2001 &lt;em&gt;&#171; certaines institutions financi&#232;res ou organisations charitables d'Arabie saoudite ont &#233;t&#233; oubli&#233;es dans la liste de George Bush&lt;/em&gt; &#187;. Et le journal cite ainsi Dar Al-Maal Al-Islami et Dubai Islamic Bank et rappelle que &#171; &lt;em&gt;ces banques figurent m&#234;me parmi les actionnaires de la banque Al-Shamal, fond&#233;e en 1990 au Soudan, dans laquelle Ben Laden a investi 50 millions de dollars. Quant &#224; Wadi Al-Haqiqi, la soci&#233;t&#233; cr&#233;&#233;e par le terroriste milliardaire pour investir au Soudan, au Kenya et au Y&#233;men dans l'&#233;lectricit&#233;, l'&#233;dition et l'agro-alimentaire, elle est li&#233;e &#224; un fonds d'investissement am&#233;ricain &#224; la t&#234;te duquel on retrouve de nombreux membres de l'entourage de l'ancien pr&#233;sident Bush. &lt;/em&gt; &#187; Et de relever que les USA ne veulent pas s'attaquer&lt;em&gt; &#171; &#224; des &#233;tablissements qui ont pignon sur rue &#224; Riyad, Duba&#239;, Londres et Gen&#232;ve et qui h&#233;bergent le tr&#233;sor de l' '' ennemi public num&#233;ro un de l'Am&#233;rique'' &#187;&lt;/em&gt; (rapport&#233; &#233;galement par &lt;em&gt;le Monde&lt;/em&gt; du 2 octobre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comment attaquer les commanditaires sans nuire aux int&#233;r&#234;ts des &#171; bons &#187; capitalistes, notamment am&#233;ricains ? Le m&#234;me article cite Jean de Maillard, sp&#233;cialiste des circuits de l'argent noir, qui d&#233;clarait : &#171; &lt;em&gt;Seuls les na&#239;fs pensent encore qu'il y a d'un c&#244;t&#233; l'&#233;conomie propre et de l'autre les r&#233;seaux financiers criminels. En r&#233;alit&#233; ce sont deux faces d'une m&#234;me plan&#232;te financi&#232;re. &#187; &lt;/em&gt;Et de relever que les terroristes qui ont proc&#233;d&#233; &#224; l'attentat contre l'ambassade am&#233;ricaine de Nairobi avaient des comptes &#224; la Barclays de Londres, &#224; la Girocredit de Vienne, &#224; la Deutschebank ou &#224; la Citybank. Quant aux pr&#233;sum&#233;s pilotes kamikazes de l'attentat du 11 septembre, ils &#233;taient en relation financi&#232;re avec la principale banque de Duba&#239;. Mais peut-on s'attaquer &#224; des capitaux du Golfe sans prendre le risque de mesures r&#233;torsion de la part des financiers du Golfe ? Lors des attentats anti-US de 1998 attribu&#233;s &#224; Ben Laden, rapporte &lt;em&gt;Le Monde &lt;/em&gt;du 3 octobre 2001, &#171; &lt;em&gt;les secr&#233;taires d'Etat au tr&#233;sor s'&#233;taient oppos&#233;s &#224; l'id&#233;e de bloquer informatiquement les transactions financi&#232;res li&#233;es au r&#233;seau Ben Laden&lt;/em&gt; &#187; car, expliquaient-ils, &#171; &lt;em&gt;cela pouvait mettre en p&#233;ril la stabilit&#233; du syst&#232;me financier international&lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une coalition Bush, Poutine, Blair, Chirac&#8230; contre le terrorisme international ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les USA qui ont aid&#233;, arm&#233; et financ&#233;, voire directement organis&#233;, en Am&#233;rique latine, la gu&#233;rilla des contras, les brigades sp&#233;ciales soi-disant contre la drogue et autres escadrons de la mort ou r&#233;gimes de terreur. Ce sont eux qui, en Asie, ont longtemps financ&#233; et arm&#233; les khmers rouges et autres mouvements de gu&#233;rilla longtemps apr&#232;s avoir quitt&#233; l'Indochine en y laissant un champ de ruines. Ce sont encore eux qui, en Afrique, continuent actuellement, conjointement avec l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais et parfois concurremment, &#224; financer des gu&#233;rillas comme celle du Soudan, des bandes arm&#233;es au Za&#239;re, au Sierra Leone et des r&#233;gime terroristes comme celui du Nig&#233;ria.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La coalition &#171; anti-terroriste &#187; des USA, de la Chine et de la Russie devrait pr&#234;ter &#224; rire. L'image de Poutine et Bush bras dessus, bras dessous, &#233;voque surtout la caution des uns aux crimes des autres ! L'accentuation de la terreur de l'arm&#233;e russe en Tch&#233;tch&#233;nie aura droit d&#233;sormais au qualificatif de lutte anti-terroriste avec caution am&#233;ricaine, de m&#234;me pour la Chine au Xin Jiang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Afghanistan, les USA soutiennent d&#233;sormais les seigneurs de guerre de &#171; l'Alliance du nord &#187; (qui jusque-l&#224; avait surtout la pr&#233;f&#233;rence du SDECE fran&#231;ais), contre le r&#233;gime obscurantiste des talibans. En France, les m&#233;dias ont carr&#233;ment sanctifi&#233; l'ex commandant Massoud.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Au sujet de la l&#233;gende entretenue en France sur le commandant Massoud, Le (...)' id='nh3-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Mais son arm&#233;e est constitu&#233;e des m&#234;mes chefs de guerre f&#233;odaux, ayant commis lorsqu'ils &#233;taient au pouvoir les m&#234;mes exactions, les m&#234;mes pendaisons au nom de l'Islam, sans parler de la condition faite aux femmes. Le deuxi&#232;me nom de &lt;em&gt;l'Alliance du Nord&lt;/em&gt; est celui de &lt;em&gt;Commandement Islamique Unifi&#233;&lt;/em&gt; ! Ministre en 1992, Massoud fit bombarder le quartier chiite de Kaboul, faisant des milliers de victimes civiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Alg&#233;rie, rappelons &#233;galement que les USA, apr&#232;s la r&#233;volte populaire de 1988, avaient pouss&#233; le r&#233;gime alg&#233;rien &#224; faire participer au pouvoir les islamistes du FIS, qui menaient d&#233;j&#224; des actions terroristes contre les femmes, contre les syndicalistes et l'opposition. Le FIS avait alors pignon sur rue &#224; Washington ! Quant &#224; la politique dite d'&#233;radication du terrorisme islamiste, le peuple alg&#233;rien vient de la vivre pendant plus de dix ans. Il l'a pay&#233;e de 150 000 morts et les attentats terroristes continuent de frapper la population. Apr&#232;s avoir ouvert aux islamistes les all&#233;es du pouvoir en 1989, la dictature militaire alg&#233;rienne a choisi en 1991 de mener contre eux la guerre civile. Mais cela a surtout repr&#233;sent&#233; une guerre des deux camps arm&#233;s contre des civils d&#233;sarm&#233;s et d'abord contre la classe ouvri&#232;re. C'est au nom de la s&#233;curit&#233; des citoyens que la dictature a justifi&#233; sa propre f&#233;rocit&#233;, l'entretien de forces sp&#233;ciales de tueurs contre tout risque d'explosion sociale. Les licenciements massifs se sont succ&#233;d&#233;s avec l'installation de la mis&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terrorisme des grandes puissances ne combat pas le terrorisme issu des pays pauvres : il le nourrit. Les USA savent parfaitement que leur intervention militaire, loin d'affaiblir les islamistes dans le monde musulman, ne fait que les renforcer et les cr&#233;diter. Cela fait partie de la politique qui consiste &#224; tenter de polariser la plan&#232;te, comme &#224; l'&#233;poque de la politique des blocs. Bush, en bombardant massivement le peuple afghan, ne fait que renforcer le sentiment des peuples musulmans selon lequel l'Occident est en lutte contre l'Islam, th&#232;se qui ne peut que renforces un Ben Laden. De m&#234;me que les bombardements sur l'Afghanistan ne peuvent qu'inciter la population &#224; se rapprocher des talibans.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;O&#249; il est surtout question de p&#233;trodollars&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas la cause des peuples contre leur oppression imp&#233;rialiste qui a arm&#233; le bras de Ben Laden, mais tr&#232;s prosa&#239;quement et directement la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts de la riche bourgeoisie du Golfe face aux USA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les USA ont d'abord pouss&#233; le dictateur irakien Saddam Hussein &#224; se lancer dans une guerre meurtri&#232;re contre l'Iran, guerre qui a dur&#233; de 1980 &#224; 1989 et a mis &#224; genoux les deux pays. Ils l'ont alors amen&#233; &#224; s'endetter notamment aupr&#232;s des p&#233;tromonarchies. Puis ils l'ont l&#226;ch&#233; face &#224; une situation financi&#232;re, sociale et politique ing&#233;rable. C'est ce qui l'a incit&#233; &#224; envahir le Koweit en 1990. Pour punir l'Irak de cette audace, les USA ont alors d&#233;clench&#233; en 1991 la croisade internationale appel&#233;e &#171; temp&#234;te du d&#233;sert &#187;. Une fois la guerre termin&#233;e, laissant Saddam en place faute d'une dictature de rechange, les USA ont poursuivi pendant des ann&#233;es les bombardements p&#233;riodiques. L'embargo a eu comme cons&#233;quence, outre la mort de centaines de milliers d'enfants d&#233;nutris, de soustraire au march&#233; des quantit&#233;s de p&#233;trole, celui de l'Irak et, du coup, de soutenir les prix du p&#233;trole. Cela a permis de maintenir &#224; flots l'&#233;conomie de l'Arabie saoudite, massivement endett&#233;e depuis la guerre du Golfe dont elle avait &#233;t&#233; le principal financier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les USA, en convaincant le roi Fahd en 1991 que l'Arabie saoudite &#233;tait menac&#233;e par l'expansionnisme irakien, ont r&#233;ussi &#224; faire porter toute la responsabilit&#233; r&#233;gionale de la guerre, politique et financi&#232;re, sur la monarchie saoudienne. Officiellement c'est &#224; sa demande que les USA sont intervenus contre l'Irak en 1991. Le pays a d&#251; d&#233;bourser 60 milliards de dollars (dont la moiti&#233; pay&#233;e aux USA) et accueillir sur son sol un demi million de soldats am&#233;ricains. Une fois la guerre finie, l'Arabie saoudite a &#233;t&#233; oblig&#233;e de rester sous la coupe des USA car elle &#233;tait consid&#233;rablement endett&#233;e. La monarchie a &#233;t&#233; discr&#233;dit&#233;e politiquement par l'alliance am&#233;ricaine. Une partie des troupes am&#233;ricaines est rest&#233;e dans le Golfe et m&#234;me sur le sol saoudien. C'est &#224; ce moment que Ben Laden a cr&#233;&#233; &#224; l'int&#233;rieur du pays un mouvement islamiste saoudien contre le pouvoir. Il a eu des appuis au sein du pouvoir, de la haute bourgeoisie princi&#232;re comme de la hi&#233;rarchie religieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat saoudien &#233;tait alors en situation &#233;conomique tr&#232;s difficile. Il avait d&#233;j&#224; subi la chute des prix du p&#233;trole du milieu des ann&#233;es 1980. Les guerres avaient fait le reste. Le pays a d&#251; contracter deux emprunts internationaux en 1991 d'un total de sept milliards de dollars et, malgr&#233; une augmentation spectaculaire de la production p&#233;troli&#232;re, le d&#233;ficit du budget &#233;tait encore de 20 milliards de dollars en 1992. A la limite du krach, l'Etat saoudien a d&#251; passer sous les fourches caudines du FMI, r&#233;duire son train de vie, supprimer ses projets, laisser une bonne partie de ses &#233;tudiants sup&#233;rieurs sans emploi et sans ressources et r&#233;duire m&#234;me les d&#233;penses somptueuses des princes (para&#238;t-il 20% du budget).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime saoudien avait obtenu, lorsque le cours du p&#233;trole &#233;tait au plus haut (avec le quadruplement du prix du p&#233;trole en 1973), de r&#233;cup&#233;rer &#224; l'amiable la possession de ses ressources naturelles, gaz et p&#233;trole. L'ARAMCO (conglom&#233;rat de sept soci&#233;t&#233;s dont les principales sont Chevron, Mobil, Exxon et Texaco) &#233;tait alors devenue soci&#233;t&#233; nationale saoudienne en &#233;change de d&#233;dommagements et d'accords sur les investissements aux USA des revenus du p&#233;trole et sur des achats aux soci&#233;t&#233;s am&#233;ricaines, en particulier en termes d'armement. Les milieux bourgeois saoudiens ont eu des r&#234;ves de grandeurs de 1976 &#224; 1980, r&#234;ves qui se sont effondr&#233;s avec la chute des cours en 1984 puis avec les guerres. Les USA d&#233;tiennent un moyen de pression sur le r&#233;gime. Les trusts p&#233;troliers am&#233;ricains mettent tout leur poids pour obtenir &#224; nouveau les concessions p&#233;troli&#232;res et gazi&#232;res en &#233;change d'une suppression des dettes saoudiennes. Des oppositions se sont d&#232;s lors constitu&#233;es au sein de toutes les couches sociales &#8211; financiers, bourgeois et petits bourgeois saoudiens &#8211; contre le bradage des richesses du pays par la royaut&#233;. Des chefs religieux protestent contre l'ouverture du pays aux int&#233;r&#234;ts &#233;trangers et l'introduction d'un mode de vie occidental ; des princes (plusieurs milliers de descendants des diverses femmes d'Ibn Saoud) refusent que l'on rogne leurs rentes p&#233;troli&#232;res comme le proposent les plans de r&#233;duction des d&#233;penses du FMI ; la population elle-m&#234;me voit son niveau de vie d&#233;gringoler et la jeunesse ne trouve plus d'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25 % des r&#233;serves mondiales de p&#233;trole se trouvent en Arabie saoudite, dans une r&#233;gion qui peut s'embraser facilement. Les USA savent parfaitement, m&#234;me s'ils se gardent bien de d&#233;voiler les ressorts secrets de Ben Laden sous peine de d&#233;voiler les leurs, qu'une fraction de la classe dirigeante saoudienne veut les &#233;loigner des lieux saints ... du p&#233;trole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; Le Monde&lt;/em&gt; du 21 octobre citait un professeur du Massachussets, sp&#233;cialiste des relations internationales, Michael Klare, auteur d'un livre intitul&#233; &#171; &lt;em&gt;guerres pour les ressources naturelles&lt;/em&gt; &#187;, qui d&#233;clarait &#171; &lt;em&gt;La cl&#233; de la crise &lt;/em&gt;(apr&#232;s l'attentat du 11 septembre) &lt;em&gt;est l'engagement militaire am&#233;ricain en Arabie saoudite. Cette implication n'a d'autre objet que le p&#233;trole : l'Arabie saoudite poss&#232;de 25% des r&#233;serves mondiales et l'&#233;conomie am&#233;ricaine est bas&#233;e sur le p&#233;trole. Les Etats-Unis sont engag&#233;s dans la protection de la monarchie saoudienne et se trouvent donc en conflit direct avec ceux qui veulent renverser cette monarchie, donc avec Ben Laden. (..) L'Afghanistan ne joue pas un grand r&#244;le dans la crise actuelle. Ben Laden est un saoudien qui s'est r&#233;fugi&#233; en Afghanistan, et ses int&#233;r&#234;ts r&#233;els sont en Arabie saoudite. Les Etats-Unis n'attaquent l'Afghanistan que parce que c'est l&#224; que se trouve Ben Laden. &#187; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Qui finance Ben Laden ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ben Laden, le milliardaire, dispose de sa propre fortune bien s&#251;r, mais pas seulement. De nombreux milliardaires du Golfe l'ont &#233;galement soutenu dans son action. Des rapports officiels am&#233;ricains, dont un rapport r&#233;dig&#233; en d&#233;cembre 1999 pour le fisc am&#233;ricain et actualis&#233; pour la derni&#232;re fois en juin 2001, cit&#233; le 26 septembre au s&#233;nat am&#233;ricain et diffus&#233; par le site am&#233;ricain &lt;em&gt;&#171; Intelligence Online &#187;&lt;/em&gt;, ainsi qu'un rapport d'ao&#251;t 1996 du D&#233;partement d'Etat Am&#233;ricain, montrent que la n&#233;buleuse financi&#232;re de Ben Laden est extr&#234;mement &#233;tendue, comprenant nombre de banques du Golfe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me que rel&#232;vent ces rapports c'est qu'aucune banque occidentale un tant soit peu importante n'est ind&#233;pendante de ces financiers et de ces banquiers li&#233;s &#224; Ben Laden et que le clan du pr&#233;sident am&#233;ricain soi-m&#234;me lui est &#233;galement li&#233; via le Carlyle Group. Le rapport du D&#233;partement d'Etat affirme notamment que la banque El-Shamil contr&#244;l&#233;e par Oussama Ben Laden est li&#233;e &#224; la DMI (Dar al-Maal Al-Islami), la premi&#232;re institution financi&#232;re islamiste, fond&#233;e &#224; l'initiative des princes saoudiens et des &#233;mirs du Golfe. La Duba&#239; Islamic Bank est impliqu&#233;e dans le financement des op&#233;rations de Ben Laden mais les USA n'osent pas la mettre en cause. Les noms les plus fr&#233;quemment cit&#233;s sont ceux du milliardaire saoudien Khaled Ben Mahfouz qui &#171; p&#232;se &#187; 2,4 milliards de dollars. Il aurait des participations importantes et des liens avec de tr&#232;s grandes banques et &#233;tablissements financiers, notamment l'une des plus grandes banques saoudiennes, la National Commercial Bank, la Faisal Islamic Bank, la SICO Saudi Investment Company, la banque AI Shamal, le r&#233;seau frauduleux gravitant autour de Ghaith Pharaon qui a pris la suite de la BCCI (ferm&#233;e en 1991 du fait d'un scandale financier), le r&#233;seau financier saoudien de la holding Dar AI Maal AI Islami, la National Commercial Bank saoudienne, la Saudi Sudanese Bank, la Bank of New York de Suisse, Saudi Sudanese Bank du Soudan, Prime Commercial Bank du Pakistan, l'International Bank of Yemen, la Dubai Islamic Bank, London Trust Bank, Dubai Islami IC Bank et surtout la Banque SBA, Soci&#233;t&#233; Bancaire Arabe, grande banque internationale li&#233;e &#224; Ben Mahfouz et Ben Laden et op&#233;rant entre autres aux USA, en Angleterre et en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne ne peut soup&#231;onner de tels membres de la grande bourgeoisie du Golfe de soutenir Ben Laden par simple id&#233;al religieux, sans que cela soit un investissement qu'ils peuvent esp&#233;rer rentable. Cela fait en effet plus de huit ans qu'ils appuient, en connaissance de cause, le terrorisme anti-am&#233;ricain de Ben Laden : depuis 1993, date de son entr&#233;e en lutte contre le roi Fahd d'Arabie saoudite. Pourtant, la famille Ben Laden &#233;tait connue comme un pilier du r&#233;gime royal (constructeur principal du roi). C'est &#224; ce titre que le prince Turki al-Fay&#231;al, fils de l'ex-roi Fay&#231;al et chef des services secrets saoudiens a nomm&#233; Oussama Ben Laden responsable des combattants islamistes arabes envoy&#233;s en Afghanistan sur fonds de l'Etat saoudien. Quand la Russie s'est retir&#233;e d'Afghanistan, Ben Laden est retourn&#233; en Arabie saoudite et a propos&#233; au royaume, en pleine pr&#233;paration d'une confrontation militaire avec l'Iran et l'Irak, d'employer ses combattants arabes d'Afghanistan dans la d&#233;fense du pays au lieu de se jeter dans les bras de l'arm&#233;e am&#233;ricaine. C'est le refus du roi Fahd et son acceptation du diktat am&#233;ricain, imposant des troupes US massives sur son sol et une mainmise sur les revenus p&#233;troliers au nom de la guerre, qui a entra&#238;n&#233; Ben Laden dans la dissidence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise financi&#232;re des p&#233;tromonarchies a entra&#238;n&#233; des faillites comme celle de la banque de la BCCI (Banque de Cr&#233;dit et de Commerce International dont l'actionnaire principal &#233;tait l'&#233;mir d'Abu Dhabi) reli&#233;e par mille liens &#224; la n&#233;buleuse financi&#232;re de Ben Laden et qui blanchissait l'argent maffieux. Dissoute officiellement, la BCCI s'est transform&#233;e en finance ill&#233;gale. De la m&#234;me mani&#232;re, une fraction de la finance du Golfe s'est tourn&#233;e vers des milliardaires moins classiques travaillant dans le terrorisme ou dans les jeux boursiers, vers des milliardaires comme Ben Laden et Ben Mahfouz.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Qui sont les recrues de Ben Laden ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime saoudien d&#233;stabilis&#233; pourrait effectivement basculer dans le camp anti-am&#233;ricain. l'Arabie saoudite compte plusieurs milliers de princes qui ne voient nullement d'un bon oeil une partie de l'argent du p&#233;trole s'en aller dans les poches des capitalistes am&#233;ricains que ce soit sous pr&#233;texte de ventes d'armes, de paiement de la dette ou d'investissements aux USA. Ceux-l&#224; sont r&#233;solus aux solutions les plus extr&#234;mes pour maintenir leurs privil&#232;ges. Dans le m&#234;me temps, une fraction de la bourgeoisie et de la petite bourgeoisie du Golfe s'est retrouv&#233;e menac&#233;e de ruine ou incapable de trouver un emploi dans des pays o&#249; les emplois subalternes sont enti&#232;rement occup&#233;s par des immigr&#233;s tr&#232;s exploit&#233;s. Ce sont de ces couches sociales autrefois ais&#233;es, cultiv&#233;es, ayant souvent fait leurs &#233;tudes en occident, mais craignant d&#233;sormais pour leur avenir qu'est issue une quantit&#233; de jeunes pr&#234;ts &#224; tout pour faire payer cher aux USA leurs espoirs d&#233;&#231;us, leurs ambitions cass&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont des hommes de ce profil social qui ont &#233;t&#233; les recrues de l'organisation Al Qaida de Ben Laden. Ils ne ressemblent nullement aux recrues islamistes telles qu'on les imagine souvent et tels que sont les talibans afghans : des fils de paysans pauvres fanatis&#233;s dans les madrasa, ces &#233;coles coraniques formant des mis&#233;rables &#224; la djihad. Les hommes de Ben Laden sont au contraire des membres des milieux favoris&#233;s, cultiv&#233;s et &#233;duqu&#233;s &#224; l'occidentale, ayant r&#233;ussi dans leurs &#233;tudes, souvent fils de grandes familles, et se tournant vers le &#171; fascisme vert &#187; par hargne et par vengeance. Ainsi, l'attentat de 1998 &#224; Nairobi a &#233;t&#233; organis&#233; par Mohamad Al-Owhaliissu d'une famille saoudienne riche et puissante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir saoudien est d'autant plus d&#233;stabilis&#233; que la querelle de succession dure depuis 1996, date &#224; laquelle le roi, devenu impotent, a d&#251; c&#233;der les r&#234;nes au prince h&#233;ritier Abdallah. Le clan Soudeiri, qui aurait plusieurs fois soutenu Ben Laden par hostilit&#233; au clan Abdallah, d&#233;tenait encore r&#233;cemment deux postes clefs de l'Etat : celui des services secrets avec le Prince Turki al-Fay&#231;al, fils de l'ex-roi Fay&#231;al (un fid&#232;le de Ben Laden, d&#233;mis de son poste en ao&#251;t dernier, peu avant les attentats, sur pression am&#233;ricaine), le poste de gouverneur de Riyad d&#233;tenu par le prince Salman et celui du Prince Sultan, ministre de la d&#233;fense et pr&#233;sident du conseil supr&#234;me pour les affaires islamiques (second dans l'ordre de succession &#224; la royaut&#233;, apr&#232;s Abdallah). Le clan Soudeiri se donne comme drapeau la d&#233;fense des traditions aux c&#244;t&#233;s des oul&#233;mas r&#233;actionnaires parce qu'Abdallah s'est pr&#233;tendu moderniste : plus pro-occidental, ouvert aux &#233;volutions de la soci&#233;t&#233; comme la place des femmes, &#224; l'ouverture du pays aux capitaux &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte pour la succession se double d'une lutte politique pour l'avenir du pays. Les princes et la classe dirigeante sont divis&#233;s sur l'orientation vis-&#224;-vis des USA. La lutte se fait au nom des principes de l'Islam mais le pouvoir et le p&#233;trole sont en jeu. Alors, l'attaque et la destruction du World Trade Center serait-elle un d&#233;g&#226;t collat&#233;ral de la lutte entre deux princes saoudiens ? Qui sait ? L'&#233;ditorial du 25 octobre 2001 de &lt;em&gt;Courrier International&lt;/em&gt; l'affirme : &#171; &lt;em&gt;L'Arabie saoudite est &#224; pr&#233;sent le th&#233;&#226;tre d'un conflit, d'une ampleur et d'une intensit&#233; comme on n'en avait jamais connu : ce conflit oppose le prince r&#233;gent Abdallah &#224; Oussama Ben Laden devenu depuis le 11 septembre le plus connu de ses sujets.&lt;/em&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Pourquoi l'Arabie saoudite est-elle tabou ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Que l'attentat du 11 septembre ait des origines dans le Golfe, il y a bien des raisons de le croire. Seize des dix neuf pirates de l'air pr&#233;sum&#233;s seraient saoudiens. Leurs familles auraient re&#231;u des ch&#232;ques provenant de banques du Golfe. Officiellement, il n'y a aucune demande d'enqu&#234;te am&#233;ricaine en Arabie saoudite depuis le refus du pouvoir lors des attentats de 1998. Selon le journaliste du &lt;em&gt;Nouvel Observateur&lt;/em&gt; du 27 septembre 2001, d&#233;j&#224; cit&#233;, l'attentat du 11 septembre visaient autant le pouvoir de Riyad que les USA : &#171; &lt;em&gt;Frapper l'Am&#233;rique au coeur, c'&#233;tait aussi pour les organisateurs des attentats, mettre au pied du mur les dirigeants de l'Arabie saoudite : les obliger &#224; choisir clairement leur camp. Difficile de ne pas se ranger derri&#232;re Bush, le protecteur tout-puissant, dans sa lutte contre le terrorisme. Mais impossible de ne pas prendre en compte le fait que Ben Laden, saoudien de nationalit&#233;, est en ce moment l'homme le plus populaire du royaume. &#187; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Arabie saoudite a refus&#233; cette fois l'utilisation de ses bases pour les op&#233;rations am&#233;ricaines contre l'Afghanistan. Le prince Sultan a d&#233;clar&#233; : &#171; &lt;em&gt;Aucun soldat en guerre contre un pays arabe ou musulman ne sera autoris&#233; &#224; op&#233;rer &#224; partir de l'Arabie saoudite &#187;. &lt;/em&gt;Les &#233;mirats ont pris la m&#234;me position et le Conseil de Coop&#233;ration du Golfe a d&#233;clar&#233; : &#171; &lt;em&gt;Le CCG refuse de participer &#224; une nouvelle alliance avec les Etats-Unis &#187;&lt;/em&gt;. Les USA, loin de faire pression publiquement, ont une fois de plus fait semblant de ne pas entendre.Le 6 octobre, un civil Am&#233;ricaintravaillant en Arabie saoudite a &#233;t&#233; assassin&#233; et un autre Am&#233;ricain bless&#233; &#224; Khobar dans un attentat qui a fait deux morts et quatre bless&#233;s, sans que les USA fassent la moindre d&#233;claration officielle. Un responsable gouvernemental de Washington s'est content&#233; de d&#233;clarer que c'&#233;tait &#171; &lt;em&gt;un incident isol&#233;&lt;/em&gt; &#187; (cit&#233; par &lt;em&gt;Le Figaro&lt;/em&gt; du 8 octobre). Toute la presse a abandonn&#233; ensuite l'information. Le 11 octobre 2001, Tony Blair en visite dans la r&#233;gion a d&#251; annuler sa visite dans le pays, le r&#233;gime saoudien la d&#233;clarant inopportune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Difficile pour les USA d'intervenir directement contre ce pays, militairement ou financi&#232;rement, sans provoquer la rupture avec une bonne partie des classes dirigeantes du Golfe, risquer la chute du r&#233;gime saoudien et l'effondrement des investissements des p&#233;trodollars dans les entreprises am&#233;ricaines. Si bien qu'ils pr&#233;f&#232;rent faire silence sur lesattentats en Arabie saoudite et accepter de ne pas pouvoir y enqu&#234;ter. Il est clair en effet que certains princes eux-m&#234;mes semblent impliqu&#233;s dans certains attentats et que le pouvoir saoudien exige des Am&#233;ricains de ne pas mettre leur nez dans ces &#171; affaires de famille &#187;. La monarchie saoudienne, craignant d'&#234;tre accus&#233;e de trop se soumettre aux Am&#233;ricains, a interdit toute enqu&#234;te am&#233;ricaine sur les attentats anti-US sur son sol (les plus nombreux) et l'ambassadeur des Etats-Unis n'a toujours pas pris ses fonctions en Arabie saoudite.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Quels sont les objectifs politiques de Ben Laden ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ben Laden n'est jamais, depuis plusieurs ann&#233;es, que l'&#233;missaire financier et le bras arm&#233; d'une fraction de la bourgeoisie du Golfe qui s'oppose &#224; la pr&#233;sence am&#233;ricaine et veut en limiter l'influence. Bien entendu, il n'avait nullement cr&#233;&#233; l'organisation terroriste Al Qaida pour contrer la domination am&#233;ricaine. Al Quaida avait &#233;t&#233; fond&#233;e avec les fonds et les bons conseils de la CIA, en vue d'intervenir en Afghanistan dans le sens des int&#233;r&#234;ts des Am&#233;ricains contre les Russes. Le revirement de Ben Laden vis-&#224;-vis des Etats-Unis ne s'explique pas uniquement par le fanatisme religieux. Ce n'est pas non plus la mis&#232;re des peuples qui l'a inspir&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en 1993 que Ben Laden s'attaque politiquement aux dirigeants saoudiens en les d&#233;non&#231;ant pour avoir accept&#233; de laisser les troupes am&#233;ricaines (plus de 20 000 hommes) sur le sol saoudien apr&#232;s la guerre du Golfe. La premi&#232;re fatwa de Ben Laden d&#233;clare en 1993 : &#171; &lt;em&gt;nous ne pouvons laisser l'arm&#233;e am&#233;ricaine rester dans la r&#233;gion du Golfe et nous prendre notre p&#233;trole, notre argent&lt;/em&gt; &#187; (cit&#233; par &lt;em&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/em&gt; du 20 septembre 2001). L'axe de Ben Laden est uniquement l'expulsion des troupes am&#233;ricaines de la p&#233;ninsule arabique (notons qu'&#224; l'&#233;poque il ne parlait pas des Palestiniens ni des peuples musulmans opprim&#233;s). Li&#233; &#224; un clan tr&#232;s puissant, il n'est pas inqui&#233;t&#233; par le pouvoir. La lutte des terroristes islamistes avait d&#233;j&#224; commenc&#233; contre les USA. D&#233;cembre 1992, attentat dans un h&#244;tel d'Aden (2 morts). F&#233;vrier 1993, attentat &#224; l'explosif au World Trade Center (six morts et un millier de bless&#233;s). Avril 1994, Ben Laden fonde en Arabie saoudite un groupe politique qui ne fait encore aucune r&#233;f&#233;rence &#224; l'action violente, &lt;em&gt;l'Organisation pour le conseil et la d&#233;fense des droits l&#233;gitimes&lt;/em&gt;, laquelle inonde le pays de tracts contre la gestion calamiteuse des richesses du pays par la royaut&#233;. Ben Laden est alors d&#233;chu de sa citoyennet&#233; saoudienne et sa famille rompt officiellement avec lui. Novembre1995, d&#233;but des attentats sur le sol saoudien : contre les conseillers am&#233;ricains de la Garde Nationale &#224; Riyad puis en juin 1996, de nouveau en Arabie saoudite, &#224; El Khobar (19 morts). 1996 : du fait de nouvelle frappes am&#233;ricaines contre l'Irak, l'Arabie saoudite est contrainte de se d&#233;marquer de la politique des USA. Ben Laden arrive en Afghanistan (il a contourn&#233; son interdiction de sortie du territoire saoudien gr&#226;ce &#224; ses amis princes) et lance son premier appel aux musulmans du monde pour la &#171; &lt;em&gt;djihad contre l'Am&#233;rique&lt;/em&gt; &#187; : &#171; &lt;em&gt;depuis plus de sept ans, les Etats-Unis occupent les terres de l'Islam au coeur m&#234;me de son territoire, l'Arabie (saoudite), pillant ses richesses, dominant ses dirigeants, humiliant son peuple, attaquant ses voisins et utilisant les bases de sa p&#233;ninsule comme point de d&#233;part d'attaques contre les peuples islamiques voisins. &#187;&lt;/em&gt;. 1998 : attentats contre deux ambassades am&#233;ricaines de Dar es-Salam en Tanzanie et de Nairobi au Kenya, faisant 224 morts et entra&#238;nant les frappes de Clinton contre le Soudan et l'Afghanistan. Octobre 2000 : attentat contre le destroyer &#171; USS Cole &#187; dans le port d'Aden. A l'&#233;poque Clinton avait m&#234;me d&#233;clar&#233; : &lt;em&gt;&#171; nos soldats montent la garde dans une r&#233;gion qui peut faire basculer le monde dans la guerre.&lt;/em&gt; &#187;. Il ne s'agissait pas de l'Afghanistan mais du Golfe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;31 ao&#251;t 2001, quelques jours avant les attentats, le principal soutien de Ben Laden au sein du pouvoir saoudien, le prince Turki al-Fay&#231;al, fils du roi Fay&#231;al, est d&#233;mis de son poste de responsable des services secrets sur des pressions am&#233;ricaines l'accusant de bloquer toutes les enqu&#234;tes qui se rapportant aux terroristes de Ben Laden.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 19 septembre 2001, devait se tenir le proc&#232;s &#224; Manhattan des terroristes pr&#233;sum&#233;s des ambassades am&#233;ricaines en 1998, proc&#232;s intitul&#233; &#171; Etats Unis d'Am&#233;rique contre Oussama Ben Laden et autres &#187;. Le 11 septembre, le peuple am&#233;ricain a &#233;t&#233; abasourdi. Pas l'Etat am&#233;ricain ni de ses services secrets ou militaires qui savaient qu'un attentat d'envergure commis par l'organisation de Ben Laden les attendait d'un moment &#224; l'autre. &lt;em&gt;&#171; Mr Clinton annonce &#171; une lutte de longue haleine &#187; contre le terrorisme &#187;.&lt;/em&gt; C'&#233;tait il y a trois ans !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bras de fer entre les r&#233;seaux Ben Laden et la puissance am&#233;ricaine, est en somme une sale affaire de famille, o&#249; les comparses se tiennent par p&#233;trodollars interpos&#233;s. Une large fraction de la grande bourgeoisie des p&#233;tromonarchies dispute sa part &#224; l'imp&#233;rialisme en misant sur une solution politique de type fasciste, incarn&#233;e par la figure, les moyens et les m&#233;thodes d'un Ben Laden, lui-m&#234;me un sous-produit direct de la politique am&#233;ricaine. Mais l'extr&#233;misme des moyens n'exclut pas les ententes tacites. La guerre actuelle n'est pas celle de Bush contre les commanditaires de Ben Laden, contre le clan qui le soutient en Arabie Saoudite. Les affaires continuent. La guerre actuelle, c'est celle de l'imp&#233;rialisme contre le peuple afghan. En fait une guerre imp&#233;rialiste contre tous les peuples, pour l'exemple.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;A quoi sert la &#171; mobilisation patriotique &#187; ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;em&gt; Il n'y a plus de riches et plus de pauvres, plus de Noirs et plus de Blancs, il n'y a que des Am&#233;ricains&lt;/em&gt; &#187;, clamait un commentateur radio am&#233;ricain cit&#233; par &lt;em&gt;France Info&lt;/em&gt; le 12 septembre dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En un sens, Bush peut dire merci &#224; Ben Laden qui lui a permis d'accr&#233;diter l'id&#233;e que, riches ou pauvres, tous les Am&#233;ricains doivent s'unir pour d&#233;fendre le pays, d&#233;fendre l'&#233;conomie et accepter des sacrifices pour d&#233;fendre leur s&#233;curit&#233;. Finie la lutte de classe, vive l'union nationale patriotique. Ben Laden tient de son c&#244;t&#233; &#224; peu pr&#232;s le m&#234;me discours, lui qui voudrait faire croire aux peuples musulmans que tous, riches ou pauvres, doivent se ranger derri&#232;re son organisation fasciste &#224; la solde d'une bande de financiers, de princes du p&#233;trole et de tueurs form&#233;s &#224; l'&#233;cole de la CIA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif est d'inciter les populations &#224; se ranger dans l'un ou l'autre des deux camps, dont aucun n'est le leur. Mais cette image est mensong&#232;re : le monde ne se r&#233;sume pas &#224; la lutte entre Ben Laden et Bush. Ben Laden ne menace d'aucune fa&#231;on l'ordre imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien des commentateurs avaient pr&#233;dit que le 11 septembre allait plomber l'&#233;conomie capitaliste mondiale, d&#233;j&#224; malade, mais, dans le mois qui a suivi, on ne peut pas dire que le pronostic se soit confirm&#233;. Si le Dow Jones a connu &#224; l'ouverture de Wall Street le 17 septembre la plus forte baisse de son histoire (684,8 points), depuis elle s'est relev&#233;e et toutes les bourses du monde en ont fait autant, retrouvant en gros exactement le m&#234;me cours qu'avant le 11 septembre. Mis &#224; part des secteurs tr&#232;s particuliers psychologiquement li&#233;s aux attentats comme les compagnies a&#233;riennes qui ont connu une forte baisse et des secteurs li&#233;s aux armements qui ont connu une hausse, le 11 septembre ne semble pas avoir chang&#233; grand chose &#224; la morosit&#233; &#233;conomique qui pr&#233;valait avant le 11 septembre. Olivier Blanchard, pr&#233;sident du d&#233;partement d'&#233;conomie du Massachusetts Institute of Technology d&#233;clarait : &#171; &lt;em&gt;Il s'agit d'une catastrophe gigantesque &#224; l'&#233;chelle humaine, mais ses r&#233;percussions seront sans doute tr&#232;s r&#233;duites &#224; l'&#233;chelle macroscopique. (..) Le co&#251;t estim&#233; des d&#233;g&#226;ts repr&#233;sente la moiti&#233; du budget n&#233;cessaire apr&#232;s l'ouragan Andrews.(..) L'impact sur le produit int&#233;rieur brut ne sera pas significatif : tout au plus une perte de 0,5% sur un an.&lt;/em&gt; &#187; Bien s&#251;r, le pr&#233;tendu &#233;lan de patriotisme et de solidarit&#233; am&#233;ricaine n'a exist&#233; qu'en paroles du c&#244;t&#233; des capitalistes. Les compagnies a&#233;riennes ont montr&#233; l'exemple en n'attendant pas plus de trois heures apr&#232;s les attentats pour annoncer des licenciements massifs. Mais, m&#234;me dans ce secteur, ce n'&#233;tait rien de vraiment neuf puisque quinze jours auparavant ces m&#234;mes compagnies avaient sans succ&#232;s, menac&#233; de lourdes sanctions contre les salari&#233;s si l'Etat am&#233;ricain ne venait pas &#224; leur aide.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Quelle guerre m&#232;nent les USA... dans leur propre pays ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis, c'est toute l'&#233;conomie qui a connu une vague sans pr&#233;c&#233;dent de licenciements mais cette vague avait en r&#233;alit&#233; commenc&#233; bien avant le 11 septembre. Il est donc tout &#224; fait mensonger d'attribuer &#224; Ben Laden les sacrifices que le capitalisme impose aux travailleurs am&#233;ricains. La r&#233;cession am&#233;ricaine ne doit rien au 11 septembre. Par contre, la r&#233;action de l'Etat am&#233;ricain et des grandes firmes capitalistes a &#233;t&#233; rendue possible par le choc suscit&#233; par les attentats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Etats-Unis ont, gr&#226;ce &#224; l'&#233;motion populaire, fait accepter des dizaines de milliards d'aide de l'Etat aux capitalistes sous pr&#233;texte de d&#233;fense de la population contre le terrorisme. Ils ont fait accepter aussi des centaines de milliers de licenciements qui seraient s&#251;rement pass&#233;s bien plus difficilement sans le pr&#233;texte des attentats. Ils anticipent sur la baisse des affaires, d&#233;sinvestissent et licencient. Autant dire qu'ils ont l'intention de faire payer les sacrifices aux travailleurs, et d'abord aux travailleurs am&#233;ricains. Et ils ont bien l'intention de faire en sorte que le climat de mobilisation et d'unit&#233; nationale cr&#233;&#233; par les attentats les y aide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re la guerre en Afghanistan, se m&#232;ne une deuxi&#232;me guerre des capitalistes am&#233;ricains contre leur classe ouvri&#232;re. Pour les travailleurs, la lutte contre les licenciements et autres attaques contre les salaires et conditions de travail sera rendue encore plus difficile par l'ambiance entretenue depuis les attentats. C'est ce qu'ont voulu exprimer les travailleurs d'un Etat, le Minnesota, o&#249; les employ&#233;s ont fait la gr&#232;ve et manifest&#233; massivement pour affirmer : &#171; &lt;em&gt;les attentats ne signifient pas que l'on n'a plus le droit de faire gr&#232;ve !&lt;/em&gt; &#187; Le succ&#232;s de leur d&#233;monstration est plut&#244;t encourageant pour la suite des luttes, en d&#233;pit de l'ambiance d'union nationale. Malgr&#233; le climat anti-gr&#232;ve, des travailleurs ont commenc&#233; &#224; lutter contre les vagues de licenciements. Des travailleurs d'A.Tet T, de Lucent et d'autres entreprises qui jettent &#224; la rue des milliers de salari&#233;s, ont manifest&#233; et organis&#233; des meetings.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Refuser tout discours d'union nationale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, c'est bien de c&#244;t&#233; qu'il faut s'orienter. Par del&#224; les manifestations qui sont bien s&#251;r n&#233;cessaires contre la guerre imp&#233;rialiste, ce qui importe c'est que les travailleurs ne se laissent pas emporter par l'ambiance d'unit&#233; nationale, qu'ils d&#233;fendent et d&#233;veloppent leurs propres luttes de classe. Et ce qui vaut pour l'Am&#233;rique vaut pour la France, comme pour les autres pays d'Europe. Dans les pays riches, la classe ouvri&#232;re doit refuser de se solidariser avec sa classe dirigeante. Elle doit non seulement d&#233;noncer la guerre mais souhaiter que sa classe dirigeante soit vaincue dans cette guerre contre le peuple afghan, et mener son propre combat contre les dirigeants imp&#233;rialistes. Dans ces conditions, il est indispensable que les r&#233;volutionnaires se d&#233;marquent clairement de toute cette gauche qui se dit pacifiste tout en acceptant la guerre et ses objectifs &#171; sous contr&#244;le de l'ONU &#187;, autrement dit qui, sous un langage humanitaire, enrobe la m&#234;me marchandise imp&#233;rialiste. Il est indispensable de d&#233;noncer l'enjeu de cette nouvelle entreprise guerri&#232;re, en refusant toute union sacr&#233;e et tout patriotisme, ouverts ou par la bande, dont le seul objectif est d'&#233;touffer la lutte de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;REFERENCES &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur les responsabilit&#233;s de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain dans la mise sur pied des r&#233;seaux islamistes&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt;Les dollars de la terreur, Richard lab&#233;vi&#232;re&lt;/em&gt;, Editions Grasset&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur Ben Laden &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;-Ben Laden et l'Am&#233;rique&lt;/em&gt;, Florent Blanc, Editions Bayard&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt;Au nom d'Oussama Ben Laden&lt;/em&gt;, Roland Jacquard, Editions Jean Picollec&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt;Le Monde diplomatique&lt;/em&gt; d'avril 2000, septembre 1997 et ao&#251;t 1995&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt;Biographie de Ben Laden&lt;/em&gt; (sur internet : frontline)&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Sur les financiers de Ben Laden&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Rapport financier pour le service des imp&#244;ts am&#233;ricain&lt;/em&gt; mis &#224; jour en 2001 sur internet (Intelligence Online) et int&#233;gralement publi&#233; par le journal alg&#233;rien &lt;em&gt;El Watan&lt;/em&gt; (&#233;galement disponible sur internet)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Rapport du D&#233;partement d'Etat am&#233;ricain d'ao&#251;t 1996&lt;/em&gt; (sur internet : outpost-of-freedom.com)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Le Monde &lt;/em&gt;du 18 septembre 2001&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur l'Arabie saoudite &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;La dictature prot&#233;g&#233;e&lt;/em&gt;, Jean-Michel Foulquier, Albin Michel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rapport d'Amnesty International : C&lt;em&gt;ampagne sur l'Arabie saoudite&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Rapport annuel de 2000 &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Courrier International du 11 octobre 2001&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; du 12 octobre 2001&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Jeune Afrique&lt;/em&gt; du 19 octobre 1989&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Afrique-Asie&lt;/em&gt; n&#176; 122 de novembre 1999&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur les Emirats &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Les Etats du Golfe, de la prosp&#233;rit&#233; &#224; l'implosion&lt;/em&gt;, Ferhad Rad-Serecht, Editions ESKA&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb3-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-1' class='spip_note' title='Notes 3-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Dans son n&#176; 61 de novembre 2001, Lutte de Classe a publi&#233; cet article &#233;voquant les liens d'Oussama Ben Laden et de Khaled Ben Mahfouz avec certaines institutions financi&#232;res. Sur la foi de rapports publi&#233;s pr&#233;c&#233;demment dans la presse, cet article met en cause notamment la banque SBA, Soci&#233;t&#233; Bancaire Arabe, et la London Trust Bank. Il s'agit cependant d'une confusion, et les organismes ayant diffus&#233; ces informations, ainsi que l'Assembl&#233;e nationale qui les avait reprises dans une note, les ont d&#233;menties par la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pr&#233;cisons donc, sur requ&#234;te des soci&#233;t&#233;s mises en cause, que la London Trust Bank et la banque SBA, Soci&#233;t&#233; Bancaire Arabe, n'ont aucun rapport avec Khaled Ben Mahfouz et Oussama Ben Laden, contrairement &#224; ce qui est &#233;crit dans cet article.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-2' class='spip_note' title='Notes 3-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Au sujet de la l&#233;gende entretenue en France sur le commandant Massoud, Le Monde Diplomatique rappelle quelques faits : &#171; Les exactions de l'Alliance du Nord qu'il dirigeait sont pourtant innombrables. Parmi les plus notables, l'ex&#233;cution de 3000 prisonniers talibans en mai 1997, lors des combats autour de Mazar e-Charif et le pillage ainsi que le viol syst&#233;matique des femmes hazaras (minorit&#233; chiite) lors de la prise d'un quartier de Kaboul en mars 1995. Ce dernier exploit fut alors d&#233;nonc&#233; par le d&#233;partement d'Etat am&#233;ricain. Mais les Etats-Unis non plus n'ont pas de m&#233;moire. &#187; (num&#233;ro de novembre 2001, p 23, sous le titre &#171; l&#233;gende &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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