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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskyste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> La dette : Une nouvelle mythologie grecque invent&#233;e par les cr&#233;anciers !
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		<dc:subject>Gr&#232;ce
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		<description>Les Grecs en cigales, les Allemands en fourmis... La Fontaine est revenu &#224; la mode &#224; la faveur de la crise. Les danseurs de Sirtaki co&#251;teraient aux laborieux contribuables de France et d'Allemagne entre 700 et 1 000 euros si l'ardoise grecque venait &#224; &#234;tre effac&#233;e. L'aust&#233;rit&#233; doit donc continuer. CQFD ! Ils doivent payer ! &lt;br /&gt;Mais le compte n'est pas bon. M&#234;me les &#233;conomistes bourgeois assurent que la Gr&#232;ce ne pourra payer la note, et que l'endettement s'est emball&#233; sous l'effet des plans de &#171; sauvetage &#187;&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-La-Grece-asphyxiee-par-les-" rel="directory"&gt;La Gr&#232;ce asphyxi&#233;e par les banquiers : &#192; quand le bol d'air des luttes ouvri&#232;res !
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Grece-3-+" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce
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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Banques-+" rel="tag"&gt;Banques
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les Grecs en cigales, les Allemands en fourmis... La Fontaine est revenu &#224; la mode &#224; la faveur de la crise. Les danseurs de Sirtaki co&#251;teraient aux laborieux contribuables de France et d'Allemagne entre 700 et 1 000 euros si l'ardoise grecque venait &#224; &#234;tre effac&#233;e. L'aust&#233;rit&#233; doit donc continuer. CQFD ! Ils doivent payer !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le compte n'est pas bon. M&#234;me les &#233;conomistes bourgeois assurent que la Gr&#232;ce ne pourra payer la note, et que l'endettement s'est emball&#233; sous l'effet des plans de &#171; sauvetage &#187; de la tro&#239;ka. Cet endettement est pass&#233; de 290 milliards d'euros en 2009 &#224; 320 milliards aujourd'hui. Mais le pire vient sans doute du fait que, dans le m&#234;me temps et du fait justement de la politique impos&#233;e par la tro&#239;ka, la production grecque s'est contract&#233;e &#8722; son PIB ayant diminu&#233; durant la m&#234;me p&#233;riode de 25 % ! &#8211; alourdissant d'autant le poids relatif de la dette. Autant dire que &#171; l'aide &#187; de l'Europe et du FMI n'a pas diminu&#233; la dette mais en a aggrav&#233; les cons&#233;quences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il aurait &#233;t&#233; possible aux banques cr&#233;ditrices de passer aujourd'hui la dette grecque, en tout cas une grande partie, par &#171; pertes et profits &#187;, &#224; d&#233;faut de l'avoir fait en 2010. Lors de la crise de 2008, les milliers de milliards d'euros mobilis&#233;s pour sauver le syst&#232;me bancaire &#233;taient bien plus importants que la petite dette grecque. C'est ce que clame le ministre grec des Finances Varoufakis. Mais il est bien impuissant face aux grandes puissances imp&#233;rialistes dont les objectifs politiques sont tout autres : n'accepter des &#201;tats d'Europe en difficult&#233;s financi&#232;res que la mise en place de plans d'aust&#233;rit&#233; dramatiques, quitte &#224; les asphyxier.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une dette bien d&#233;cri&#233;e mais qui rapporte !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, les &#201;tats europ&#233;ens ont repris aux banques cr&#233;ditrices de la Gr&#232;ce les titres consid&#233;r&#233;s comme &#171; pourris &#187; pour les &#233;changer contre des titres s&#251;rs. Les cr&#233;ances grecques n'&#233;taient estim&#233;es par le march&#233; qu'&#224; 35 ou 40 % de leur valeur initiale ? Qu'&#224; cela ne tienne, les &#201;tats europ&#233;ens les ont rachet&#233;es &#224; 50 % de cette valeur ! Si bien que, aujourd'hui, les banques priv&#233;es ne poss&#232;dent plus que 20 % de la dette grecque quand les &#201;tats europ&#233;ens et le FMI en poss&#232;dent 80 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats riches d'Europe et les &#201;tats-Unis ne sont pas accourus au chevet de la Gr&#232;ce pour soigner un frangin inconscient comme la presse le relate. C'est aupr&#232;s de leurs propres banques, qui venaient de perdre 1 500 milliards de dollars en trois ans, qu'ils se sont pr&#233;cipit&#233;s. Les grandes banques europ&#233;ennes et &#233;tats-uniennes, d&#233;j&#224; renflou&#233;es en 2008-2009, &#233;taient &#224; nouveau aux abois fin 2011 &#8211; et ce n'est pas la petite dette grecque qui les mettait en p&#233;ril ! De novembre &#224; d&#233;cembre 2011, les &#201;tats europ&#233;ens et les &#201;tats-Unis ont mis en place un plan de sauvetage des banques g&#233;ant dont la dette grecque n'&#233;tait qu'une donn&#233;e mineure. Les grandes banques ont &#233;t&#233; recapitalis&#233;es par les &#201;tats ; les banques europ&#233;ennes ont pu emprunter &#224; la BCE des centaines de milliards d'euros de liquidit&#233;s au taux de 1 % qu'elles pr&#234;taient ensuite aux &#201;tats &#224; des taux bien plus &#233;lev&#233;s, la diff&#233;rence allant dans leur poche. Alors, si les &#201;tats europ&#233;ens ont repris de la dette grecque aux banques en appliquant une d&#233;cote de 50 %, ils leur ont rendu bien plus par d'autres moyens, quoi qu'en disent aujourd'hui les m&#233;dias qui nous expliquent que les banques ont fait un geste g&#233;n&#233;reux en acceptant la d&#233;cote.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour couronner le tout, les banques, &#224; qui l'on venait de reprendre leurs titres sur la Gr&#232;ce, avaient contract&#233; une assurance sur ces titres. C'est ainsi que, d&#233;but 2012, elles ont &#233;t&#233; rembours&#233;es par leurs assureurs du montant de la d&#233;cote&#8230; Par cons&#233;quent, loin de perdre leur mise dans la dette grecque, les banques qui y avaient investi n'ont rien perdu !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les banques priv&#233;es grecques ont, elles aussi, &#233;t&#233; choy&#233;es par l'Union europ&#233;enne. Elles ont &#233;t&#233; recapitalis&#233;es &#224; hauteur de 50 milliards d'euros quand elles se sont trouv&#233;es en difficult&#233;. Le propri&#233;taire de la deuxi&#232;me banque du pays, l'homme d'affaire le plus fortun&#233; de Gr&#232;ce, Spiros Latsis, s'est vu octroyer 18 milliards d'euros, au moment m&#234;me o&#249; les travailleurs grecs manifestaient dans les grandes villes par centaines de milliers contre la baisse des pensions de retraite, des salaires, les licenciements, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis que la tro&#239;ka a repris les cr&#233;ances grecques, m&#234;me les &#201;tats qui la composent, au premier chef l'Allemagne et la France, en tirent un certain profit, m&#234;me si ce n'est pas la principale raison qui motive les dirigeants europ&#233;ens : ils sont d'abord soucieux d'enfermer la Gr&#232;ce dans une spirale infernale propice &#224; ce que les entreprises qu'ils repr&#233;sentent profitent de l'aubaine du d&#233;pe&#231;age de l'&#233;conomie grecque. Mais, cela a tout de m&#234;me rapport&#233; environ 780 millions d'euros par an &#224; l'&#201;tat fran&#231;ais depuis 2010. D'autre part, un pr&#234;t de l'UE, par l'interm&#233;diaire de la BCE, a rapport&#233; 6 milliards d'euros aux pays de la zone euro en int&#233;r&#234;ts de 2010 &#224; 2012. En 2013, alors que la Gr&#232;ce &#233;tait en difficult&#233; pour honorer ses dettes et que l'aust&#233;rit&#233; battait son plein, l'Union europ&#233;enne a d&#233;cid&#233; de lui retourner les int&#233;r&#234;ts de ce pr&#234;t pour cette ann&#233;e. Elle &#233;tait aussi cens&#233;e le faire pour les int&#233;r&#234;ts de 2014 qui auraient d&#251; &#234;tre r&#233;troc&#233;d&#233;s &#224; la Gr&#232;ce il y a un mois. Mais l'UE a chang&#233; d'avis&#8230; suite &#224; l'arriv&#233;e au pouvoir de Syriza et refuse pour l'instant de reverser cette somme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme quoi les &#171; imp&#233;ratifs &#233;conomiques &#187; des grandes puissances tiennent davantage du message : &#171; aucun travailleur ne peut esp&#233;rer &#233;chapper &#224; l'aust&#233;rit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A.S.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Les capitalistes inquiets au sujet de la Gr&#232;ce... Vraiment ?
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Les-capitalistes-inquiets-au-sujet-de-la-Grece-Vraiment</link>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Gr&#232;ce
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		<dc:subject>Dette
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		<description>La dette grecque n'a rien d'effrayant pour le monde de la finance. Elle reste une goutte d'eau dans l'oc&#233;an financier : environ 350 milliards d'euros, c'est-&#224;-dire pas grand-chose compar&#233; aux dettes fran&#231;aises et allemandes qui repr&#233;sentent respectivement 2 200 milliards et 1 500 milliards d'euros. Sans parler de la dette des &#201;tats-Unis qui s'&#233;l&#232;ve &#224; plus de 17 000 milliards de dollars. D'autre part, la dette publique grecque est d&#233;tenue dans sa quasi totalit&#233; par la Tro&#239;ka, c'est-&#224;-dire par les &#201;tats qui la&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La dette grecque n'a rien d'effrayant pour le monde de la finance. Elle reste une goutte d'eau dans l'oc&#233;an financier : environ 350 milliards d'euros, c'est-&#224;-dire pas grand-chose compar&#233; aux dettes fran&#231;aises et allemandes qui repr&#233;sentent respectivement 2 200 milliards et 1 500 milliards d'euros. Sans parler de la dette des &#201;tats-Unis qui s'&#233;l&#232;ve &#224; plus de 17 000 milliards de dollars. D'autre part, la dette publique grecque est d&#233;tenue dans sa quasi totalit&#233; par la Tro&#239;ka, c'est-&#224;-dire par les &#201;tats qui la composent, qui se chargent de la faire payer &#224; la population pauvre de Gr&#232;ce. Les banques priv&#233;es s'en sont d&#233;gag&#233;es massivement en 2012 apr&#232;s avoir tir&#233; de juteux profits de cette rente pendant de nombreuses ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne les emp&#234;che pas d'entretenir des relations toujours tr&#232;s profitables avec les capitalistes grecs. Le Cr&#233;dit agricole, BNP Paribas ou la Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale ont investi plusieurs milliards d'euros en Gr&#232;ce depuis le d&#233;but de la crise, principalement aupr&#232;s des richissimes armateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du fait de la faiblesse du capitalisme grec et de l'histoire europ&#233;enne, les multinationales fran&#231;aises et allemandes ont &#233;t&#233; les premi&#232;res &#224; profiter de la dette grecque. D'une main les banquiers de ces pays pr&#234;tent &#224; la Gr&#232;ce et r&#233;cup&#232;rent leur mise, plus les int&#233;r&#234;ts. De l'autre, les multinationales fran&#231;aises et allemandes du b&#226;timent, de l'armement, de l'industrie, de l'agroalimentaire, de la grande distribution r&#233;cup&#232;rent l'argent pr&#234;t&#233;. D'abord parce que, sur le territoire hell&#233;nique, elles ont &#233;t&#233; (et sont encore !) les premi&#232;res appel&#233;es pour effectuer les grands travaux (ponts, autoroutes, m&#233;tro...) et pour r&#233;pondre aux contrats d'armements disproportionn&#233;s. Ensuite parce que l'augmentation du niveau de vie des Grecs avant la crise leur a largement b&#233;n&#233;fici&#233;. Les Grecs, vivant soi-disant &lt;em&gt;&#171; au-dessus de leurs moyens &#187;&lt;/em&gt;, ont permis aux trusts fran&#231;ais et allemands d'&#233;couler quantit&#233; de biens de consommation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A.S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_829 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH374/Grece2-cc672.png?1529517579' width='400' height='374' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Petit lexique de la dette et des arnaques du sommet du Bruxelles : Sauvetage, ou sabordage de la Gr&#232;ce ? Les ficelles de la prestidigitation financi&#232;re
</title>
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		<dc:date>2011-11-24T12:02:07Z</dc:date>
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		<dc:subject>Dette
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		<dc:subject>Gr&#232;ce
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>FMI
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		<description>Quels ingrats, ces Grecs qui ne voudraient pas de ce &#171; plan de sauvetage &#187; concoct&#233; par le sommet europ&#233;en de Bruxelles dans la nuit du 26 au 27 octobre, apr&#232;s des jours d'&#226;pres n&#233;gociations. Par un coup de baguette magique pourtant leur dette serait divis&#233;e par deux. N'&#233;tait-ce pas l&#224; un cadeau somptueux pour ces cigales grecques de l'Europe qui menacent jusqu'&#224; l'euro, cr&#233;&#233; et d&#233;fendu par les industrieuses fourmis d'Allemagne et de France ? &lt;br /&gt;50 % de la dette grecque effac&#233;e, annul&#233;e ? &lt;br /&gt;Tout doux&#8230; Seulement la&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-78-novembre-decembre-2011-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 78, novembre-d&#233;cembre 2011
&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quels ingrats, ces Grecs qui ne voudraient pas de ce &lt;em&gt;&#171; plan de sauvetage &#187;&lt;/em&gt; concoct&#233; par le sommet europ&#233;en de Bruxelles dans la nuit du 26 au 27 octobre, apr&#232;s des jours d'&#226;pres n&#233;gociations. Par un coup de baguette magique pourtant leur dette serait divis&#233;e par deux. N'&#233;tait-ce pas l&#224; un cadeau somptueux pour ces cigales grecques de l'Europe qui menacent jusqu'&#224; l'euro, cr&#233;&#233; et d&#233;fendu par les industrieuses fourmis d'Allemagne et de France ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;50 % de la dette grecque effac&#233;e, annul&#233;e ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Tout doux&#8230; Seulement la dette grecque envers les banques priv&#233;es, car sur une dette totale de 350 milliards d'euros, les pr&#234;ts consentis par l'Union Europ&#233;enne et le FMI, et la dette d&#233;tenue par la BCE, repr&#233;sentent 150 milliards qui ne sont pas concern&#233;s par la d&#233;cote annonc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si les banquiers priv&#233;s sont volontaires pour effacer la moiti&#233; de l'ardoise de la Gr&#232;ce, c'est qu'il y a un truc cach&#233; dans le chapeau. La crainte de perdre plus, en cas de d&#233;faut de paiement de la Gr&#232;ce, serait d&#233;j&#224; une raison. Mais bien plus palpables encore sont les compensations promises aux banques en &#233;change de ce &lt;em&gt;&#171; sacrifice &#187;&lt;/em&gt; plus comptable que r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;C'est quoi,
ces bons du Tr&#233;sor ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une obligation d'&#201;tat, c'est parfois un bout de papier, plus souvent une simple donn&#233;e stock&#233;e dans des ordinateurs. Cette chose dit que l'&#201;tat versera &#224; celui qui la poss&#232;de une certaine somme &#224; une date fix&#233;e, dite &#171; de maturit&#233; &#187; et, d'ici-l&#224;, paiera un &#171; coupon &#187;, c'est-&#224;-dire chaque ann&#233;e un int&#233;r&#234;t calcul&#233; sur cette somme. Par exemple, si quelqu'un ach&#232;te un bon du tr&#233;sor de 100 euros &#224; 5 % sur 20 ans, il touchera chaque ann&#233;e 5 euros de l'&#201;tat (les 5 % des 100 euros), et au bout de vingt ans, il sera rembours&#233; de la somme de 100 euros. La somme de r&#233;f&#233;rence, qui correspond en g&#233;n&#233;ral au prix de vente du bon, est appel&#233;e &#171; montant nominal &#187;. C'est la quantit&#233; de dette. Celle qui figure comme telle dans la comptabilit&#233; de l'&#201;tat. Si l'on reprend l'exemple ci-dessus, l'&#201;tat devra verser 100 &#8364; d'int&#233;r&#234;ts au titulaire du bon, en plus des 100 &#8364; de dette &#224; rembourser, soit 200 &#8364;. Voil&#224; qui co&#251;te d&#233;j&#224;&#8230; non pas aux banques ou autres financiers qui empochent au contraire puisqu'elles sont g&#233;n&#233;ralement pr&#234;teuses, mais co&#251;te aux contribuables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui compte pour l'&#201;tat endett&#233;, et pour le cr&#233;ancier qui encaisse ses coupons, ce sont surtout les int&#233;r&#234;ts vers&#233;s ! Voyez le gouvernement am&#233;ricain qui est le plus endett&#233; au monde en valeur absolue. Comme il peut b&#233;n&#233;ficier d'un taux d'int&#233;r&#234;t bas, le paiement des int&#233;r&#234;ts repr&#233;sente &#224; peu pr&#232;s 10 % de son budget. Pour la Gr&#232;ce, le montant des int&#233;r&#234;ts atteint actuellement 19 % du budget de l'&#201;tat. Le pays est entr&#233; depuis trois ans dans une spirale o&#249; le montant de la dette augmente vertigineusement, l'&#201;tat devant r&#233;-emprunter... pour payer des int&#233;r&#234;ts chaque ann&#233;e plus &#233;lev&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_573 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L300xH257/eurogrece-a0478.png?1526449182' width='300' height='257' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;D&#233;cote, mode d'emploi &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une des grandes annonces du sommet europ&#233;en a &#233;t&#233; celle d'une d&#233;cote de 50 % de la dette grecque. De quoi s'agit-il ? La r&#233;duction prendrait la forme d'un &#233;change volontaire des bons de cette dette grecque. Leurs titulaires (les cr&#233;anciers) viendraient les &#233;changer contre de nouveaux, affect&#233;s d'une r&#233;duction de 50 % de leur montant nominal. Ainsi, contre un papier indiqu&#233; &#171; dette de 100 euros &#187;, on obtiendrait un papier indiqu&#233; &#171; dette de 50 euros &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;cote peut para&#238;tre capitale&#8230; mais les int&#233;r&#234;ts le sont tout autant ! Seront-ils fixes ? Variables ? Et &#224; quels taux ? Pour quelle dur&#233;e ? Myst&#232;re pour le moment. C'est l'objet de n&#233;gociations en cours entre l'Institut de la finance internationale, la Gr&#232;ce et les &#201;tats de la zone euro. Or, sans r&#233;ponse &#224; ces questions, on ne peut pas pr&#233;voir l'impact r&#233;el de la r&#233;duction de la dette !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Derri&#232;re les d&#233;cotes, des taux d'int&#233;r&#234;ts qui explosent &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le patron de cet Institut de la finance internationale, Charles Dallara, est un expert en d&#233;cotes. Il avait travaill&#233;, pour le d&#233;partement du Tr&#233;sor am&#233;ricain, &#224; la conception des bons Brady, en 1989, con&#231;us et garantis par l'&#201;tat am&#233;ricain pour remplacer une partie de la dette de pays latino-am&#233;ricains, en particulier du Mexique. Mais, derri&#232;re des r&#233;ductions &#233;lev&#233;es du prix nominal de la dette, il y avait des taux d'int&#233;r&#234;ts &#233;lev&#233;s et parfois dramatiquement variables pour les emprunteurs. Bref, un poids de la dette encore alourdi ! En 1999, l'&#201;quateur s'est d&#233;clar&#233; en cessation de paiement sur le versement des int&#233;r&#234;ts de ces bons...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vingt ans apr&#232;s les bons Brady, Dallara a expliqu&#233; au sortir du sommet : &#171; Nous avons &#233;tudi&#233; de multiples &#233;ventualit&#233;s sur les coupons (&#8230;) et nous avons confiance que nous pourrons atteindre un accord pour limiter les pertes &#187; (Site web du Financial Times le 27 octobre 2011, dans un article appel&#233;... &#171; Le diable est dans les d&#233;tails &#187;). Oui, c'est bien dans ces m&#233;andres inconnus du grand public qu'est le diable !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Ceux qui gagnent &#224; l'&#233;change de bouts de papier&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but de la &#171; crise de la dette &#187;, les titres grecs ont pas mal chang&#233; de mains. Les plus prudents s'en sont d&#233;j&#224; largement d&#233;barrass&#233;s, d&#232;s les premi&#232;res tensions, aupr&#232;s d'autres financiers. Car on peut racheter sur les march&#233;s financiers un papier o&#249; il est &#233;crit &#171; 100 euros de dette &#187; pour&#8230; 90 euros, ou 80 euros, ou pour bien moins... Quand on a donc achet&#233; 40 euros un bout de papier o&#249; il &#233;tait &#233;crit 100 euros, et que finalement on peut l'&#233;changer contre un papier marqu&#233; 50 euros, on n'est pas si perdant ! Surtout si on en a beaucoup. C'est ce qui s'est exactement pass&#233; lors des n&#233;gociations entre gouvernants europ&#233;ens et banquiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les banques avaient fait savoir qu'au-del&#224; de 50 % de d&#233;cote, elles ne seraient pas volontaires pour &#233;changer leurs titres de dette grecque, mena&#231;ant de d&#233;clencher l'avalanche incontr&#244;lable des CDS, ces assurances prises aupr&#232;s d'autres &#233;tablissements contre une chute de la valeur de la dette grecque (autre &#233;tage de leur fus&#233;e !). &lt;em&gt;&#171; Au-del&#224; de 50 % je ne sais pas si c'est volontaire. &lt;/em&gt;(&#8230;)&lt;em&gt; Il faut quand m&#234;me qu'il y ait un int&#233;r&#234;t par rapport &#224; la valeur de march&#233; &#187;&lt;/em&gt;, d&#233;clarait un banquier, cit&#233; par &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; du 27 octobre, qui pr&#233;cisait que les titres de la dette grecque s'&#233;changeaient d&#233;j&#224; &#224; 40 % de leurs valeurs nominales. Et &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; du surlendemain pr&#233;cisait que, depuis quelques jours, les &lt;em&gt;hedge funds&lt;/em&gt; (fonds sp&#233;culatifs) s'&#233;taient remis &#224; acheter des titres de la dette grecque vendus &#224; bon march&#233;, comptant sur l'accord europ&#233;en pour engranger un rapide b&#233;n&#233;fice.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Et quand l'Union europ&#233;enne garantit, qui paie ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les &#201;tats membres de la zone euro contribueront &#224; l'ensemble des mesures relatives &#224; la participation du secteur priv&#233; &#224; hauteur de 30 milliards d'euros. &#187;, a-t-il &#233;t&#233; pr&#233;cis&#233; au sommet europ&#233;en. Le gain pour la finance ? Les bons de dette grecque &#233;taient devenus quasiment invendables, ou &#224; des prix faibles, car consid&#233;r&#233;s comme trop risqu&#233;s. B&#233;n&#233;ficiant de la garantie de l'Union europ&#233;enne, les nouveaux bons deviennent donc monnayables. Ils devraient &#234;tre transform&#233;s en bons not&#233;s AAA, c'est-&#224;-dire utilisables comme du liquide dans les &#233;changes financiers. Un genre de pierre philosophale. En bonus, une am&#233;lioration de l'&#233;tat comptable des banques, avec la baisse de l'&#233;valuation de leurs &#171; risques de cr&#233;dit &#187;. Ah Ah Ah !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les pertes, car il y en aura probablement, surtout du c&#244;t&#233; de la Gr&#232;ce o&#249; est d&#233;tenue la moiti&#233; de la dette publique concern&#233;e, par des banques mais aussi par des caisses de retraites, s&#233;curit&#233; sociale, ou assurances ? &#201;tant quasiment entendu que les banques grecques seront nationalis&#233;es, c'est en fait l'&#201;tat grec, avec les fonds pr&#234;t&#233;s par l'Europe, qui &#233;pongera leurs pertes&#8230; donc les contribuables du pays !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Qui est gagnant &#224; ce march&#233; ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Par quel miracle l'Union europ&#233;enne pr&#233;voit-elle que, gr&#226;ce &#224; son plan de d&#233;cote de 50 % de la dette grecque, celle-ci tomberait seulement de 166 % du PIB du pays &#224; 120 % d'ici 2020 ? C'est qu'une part importante de la dette grecque est d&#233;tenue par les &#201;tats de l'UE, par le FMI, et par la BCE, cette d&#233;nomm&#233;e &#171; tro&#239;ka &#187; qui a fait ses comptes ! Depuis le d&#233;but 2010, la Gr&#232;ce ne peut plus emprunter sur les march&#233;s financiers, sauf &#224; court terme. Quant aux moyens et longs termes, les march&#233;s disent &#224; la Gr&#232;ce qu'ils ne seraient dispos&#233;s &#224; pr&#234;ter qu'&#224; des taux absurdes, de 20 % ou plus encore !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, depuis mai 2010, l'&#201;tat grec a emprunt&#233; aupr&#232;s de l'UE et du FMI des milliards d'euros qui servent en grande partie &#224; payer&#8230; les int&#233;r&#234;ts et les dettes pass&#233;es, donc &#224; renflouer les banques fran&#231;aises ou allemandes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, la BCE a achet&#233; des dettes grecques d'occasion aux banquiers qui souhaitaient s'en d&#233;barrasser (pour plus de 40 milliards d'euros). Comme l'explique un cadre de la BCE &#224; propos des rachats de dettes espagnoles, portugaises, italiennes : &lt;em&gt;&#171; Il ne s'agit pas pour nous d'aider les &#201;tats : notre objectif est d'aider les march&#233;s &#187;&lt;/em&gt; (Revue Banque, octobre 2011).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fin de compte, sur la dette grecque d'environ 350 milliards, c'est plus d'un tiers qui est d&#233;tenu par la tro&#239;ka (Union europ&#233;enne, FMI, BCE). Presque 150 milliards non concern&#233;s par la d&#233;cote, puisqu'il ne s'agit pas d'une &#171; partie priv&#233;e &#187; de la dette ! Le montant de la dette devrait &#234;tre all&#233;g&#233; de 100 milliards, soit de 30 % de l'ensemble. Et la baisse des int&#233;r&#234;ts annuels pourrait &#234;tre bien moindre encore...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La Gr&#232;ce ne restera-t-elle pas une &#238;le au tr&#233;sor pour les banquiers ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Et la spirale n'a pas fini de se d&#233;rouler&#8230; L'Union europ&#233;enne s'est dite dispos&#233;e &#224; pr&#234;ter encore &#224; la Gr&#232;ce 100 milliards d'euros, des sommes que l'UE empruntera en grande partie et au fur et &#224; mesure sur les march&#233;s. En clair, les banquiers et les fonds de placement continueront &#224; s'engraisser des pr&#234;ts &#224; l'&#201;tat grec, mais plus indirectement, par l'interm&#233;diaire de l'UE et avec sa garantie. M&#234;me si la Gr&#232;ce voyait les int&#233;r&#234;ts &#224; verser pour les ann&#233;es &#224; venir quelque peu diminuer, la dette resterait bel et bien l&#224; : une dette de 120 % du PIB estim&#233;e pour 2020, c'est &#224; peine mieux que le retour au niveau d'endettement ant&#233;rieur &#224; la crise. Autrement dit, en 2020, si le plan europ&#233;en s'appliquait... la Gr&#232;ce aurait toujours &#224; d&#233;bourser des milliards d'int&#233;r&#234;ts aux financiers, au FMI, &#224; l'UE, &#224; la BCE, etc. La dette est morte, vive la dette !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Quel rapport avec les plans d'aust&#233;rit&#233; ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les choix du sommet europ&#233;en de Bruxelles sont un nouveau signal en direction de la finance et des autres &#201;tats d'Europe. M&#234;me quand un pays n'est manifestement plus en mesure de rembourser sa dette, on fait semblant de le soulager par un tour de passe-passe, une d&#233;cote de-ci pour permettre la poursuite des rentr&#233;es de-l&#224; ! Mais ce que cela co&#251;te (car &#231;a co&#251;te !), creuse encore les budgets publics. D'o&#249; l'avalanche partout, &#224; commencer &#233;videmment par la Gr&#232;ce, de mesures dites d'aust&#233;rit&#233; impos&#233;es en contrepartie de ces pr&#234;ts de l'UE et du FMI. Ces mesures sont partout les m&#234;mes, &#224; des degr&#233;s divers : privatisations au profit d'investisseurs qui peuvent racheter pas cher ce que poss&#232;de la Gr&#232;ce mais aussi l'Espagne, le Portugal, l'Italie, la France&#8230; ; r&#233;duction du nombre et des salaires des fonctionnaires ; coupes claires dans les budgets de sant&#233;, d'&#233;ducation, de logement social&#8230; Spirale sans fin, car les ressources issues de ces bradages et &#171; &#233;conomies &#187; contre les populations doivent, pour l'essentiel et selon l'accord conclu, &#234;tre imm&#233;diatement revers&#233;s&#8230; pour rembourser les pr&#234;ts europ&#233;ens&#8230; qui &#224; leur tour doivent garantir ou rembourser les banques priv&#233;es ou &#171; les march&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_574 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH201/volegrece-bb264.png?1526449182' width='400' height='201' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Faudrait-il que la Gr&#232;ce sorte de l'euro ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans la folle semaine de d&#233;but novembre, il a &#233;t&#233; s&#233;rieusement envisag&#233; que la Gr&#232;ce sorte de l'euro. Ceux qui le d&#233;fendent expliquent que, en ma&#238;trisant sa monnaie, la Gr&#232;ce ne serait pas contrainte aux politiques impos&#233;es par l'Union europ&#233;enne et le FMI. C'est loin d'&#234;tre certain ! Voyez la Hongrie o&#249; le FMI est intervenu brutalement et qui n'est pas dans la zone euro...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une sortie de l'euro correspondrait &#224; une forte d&#233;valuation de la monnaie dans le pays. D'une part parce que la nouvelle monnaie, dans la situation o&#249; est la Gr&#232;ce, serait tr&#232;s faiblement cot&#233;e sur le march&#233; des devises. De l'autre parce que l'&#201;tat utiliserait ensuite pleinement la planche &#224; billets pour se financer, provoquant une inflation et une d&#233;valuation de l'ordre de 50 %, selon certains &#233;conomistes. Cette d&#233;valuation entra&#238;nerait la hausse des prix des importations, c'est-&#224;-dire de l'essence par exemple, mais aussi de bien d'autres produits... &#201;videmment, pour les bourgeois grecs qui auraient pris le soin de mettre des fonds de c&#244;t&#233; &#224; l'&#233;tranger en euros ou en dollars, cela n'aurait pas d'impact.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'euro ou hors de l'euro, tant que les bourgeoisies resteront aux commandes, elles chercheront &#224; faire payer la crise de leur syst&#232;me aux travailleurs. Plut&#244;t que savoir si les travailleurs grecs doivent payer par la hausse des prix provoqu&#233;s par la d&#233;valuation et la planche &#224; billets plut&#244;t que par la baisse des salaires impos&#233;e par le FMI et l'UE, la vraie question est de savoir comment faire payer la crise &#224; la bourgeoisie, de Gr&#232;ce et d'ailleurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M.C.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Crise de la dette, crise du capitalisme !
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		<description>La dette publique, dite aussi &#171; souveraine &#187;, c'est-&#224;-dire la dette de l'&#201;tat dans son ensemble, n'est pas une nouveaut&#233;, ni son hypertrophie une anomalie qu'il s'agirait juste de corriger. Elle est intrins&#232;quement li&#233;e au capitalisme, depuis ses origines. Elle est un des plus puissants moyens collectifs, &#171; socialis&#233; &#187; pourrait-on dire, de la classe capitaliste, pour drainer &#224; elle, notamment par le biais de l'imp&#244;t, une partie des revenus des couches pauvres et en faire du capital vivant. Elle est un des&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

/ 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La dette publique, dite aussi &lt;em&gt;&#171; souveraine &#187;&lt;/em&gt;, c'est-&#224;-dire la dette de l'&#201;tat dans son ensemble, n'est pas une nouveaut&#233;, ni son hypertrophie une anomalie qu'il s'agirait juste de corriger. Elle est intrins&#232;quement li&#233;e au capitalisme, depuis ses origines. Elle est un des plus puissants moyens collectifs, &lt;em&gt;&#171; socialis&#233; &#187;&lt;/em&gt; pourrait-on dire, de la classe capitaliste, pour drainer &#224; elle, notamment par le biais de l'imp&#244;t, une partie des revenus des couches pauvres et en faire du capital vivant. Elle est un des moyens de la lutte du capital contre le travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx la d&#233;crivait en ces termes, dans &lt;em&gt;Le Capital&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Karl Marx, Le Capital chapitre XXXI du Livre I' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; &lt;/em&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; La dette publique, en d'autres termes l'ali&#233;nation de l'&#201;tat, qu'il soit despotique, constitutionnel ou r&#233;publicain, marque de son empreinte l'&#232;re capitaliste. La seule partie de la soi-disant richesse nationale qui entre r&#233;ellement dans la possession collective des peuples modernes, c'est leur dette publique. &lt;/em&gt;[&#8230;]&lt;em&gt;. La dette publique op&#232;re comme un des agents les plus &#233;nergiques de l'accumulation primitive. Par un coup de baguette, elle gratifie l'argent improductif de la vertu reproductive et le convertit ainsi en capital, sans qu'il ait pour cela &#224; subir les risques, les troubles ins&#233;parables de son emploi industriel et m&#234;me de l'usure priv&#233;e. Les cr&#233;diteurs publics, &#224; vrai dire, ne donnent rien, car leur principal, m&#233;tamorphos&#233; en effets publics d'un transfert facile, continue &#224; fonctionner entre leurs mains comme autant de num&#233;raire. &lt;/em&gt;[&#8230;]&lt;em&gt; La dette publique a donn&#233; le branle aux soci&#233;t&#233;s par actions, au commerce de toute sorte de papiers n&#233;gociables, aux op&#233;rations al&#233;atoires, &#224; l'agiotage, en somme, aux jeux de bourse et &#224; la bancocratie moderne. &#187; &lt;/em&gt;[&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; Les emprunts, qui mettent les gouvernements &#224; m&#234;me de faire face aux d&#233;penses extraordinaires sans que les contribuables s'en ressentent sur le champ, entra&#238;nent &#224; leur suite un surcro&#238;t d'imp&#244;ts
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Bien entendu, un si&#232;cle et demi apr&#232;s Marx, les &#201;tats ont fait preuve de (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; ; de l'autre c&#244;t&#233;, la surcharge d'imp&#244;ts caus&#233;e par l'accumulation des dettes successivement contract&#233;es contraint les gouvernements, en cas de nouvelles d&#233;penses extraordinaires, d'avoir recours &#224; de nouveaux emprunts &#187;,&lt;/em&gt; ajoutait Marx. Qui soulignait ainsi &lt;em&gt;&#171; la grande part qui revient &#224; la dette publique et au syst&#232;me de fiscalit&#233; correspondant, dans la capitalisation de la richesse et l'expropriation des masses&#8230; &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le vif du sujet aujourd'hui. Pour faire face &#224; la course aux taux d'exploitation et de profits sur l'ar&#232;ne mondiale, sur fond de folie de leurs combines financi&#232;res, les industriels et les banquiers ont fait exploser les d&#233;ficits publics, plus particuli&#232;rement ces toutes derni&#232;res ann&#233;es, quand il a fallu colmater la crise des subprime, devenue crise bancaire g&#233;n&#233;ralis&#233;e &#224; l'&#233;t&#233; 2008. L'insolvabilit&#233; des &#201;tats a grandi &#224; tel point qu'il leur a fallu emprunter &#224; leur tour &#224; la finance &#224; des taux insupportables pour les plus faibles d'entre eux. En cela, les dettes publiques ont bel et bien &#233;t&#233; les refuges et pompes &#224; fric du capital. Soit dit en passant, ce ne sont pas les pays les plus endett&#233;s, USA ou Japon, qui sont les plus d&#233;stabilis&#233;s, mais ceux que les cr&#233;anciers tiennent le plus &#224; la gorge et dont ils sont ais&#233;ment en mesure d'exiger de plus hauts rendements &#224; leurs pr&#234;ts&#8230; mais comme disait Marx, par &lt;em&gt;&#171; l'expropriation des masses &#187;&lt;/em&gt;. Par l'augmentation des imp&#244;ts indirects, les plus injustes, par ces plans d'aust&#233;rit&#233; qui en cachent toujours un autre. Qui rognent toujours davantage les salaires, les retraites, les emplois, la sant&#233; ou l'&#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est en plein dans cette &lt;em&gt;&#171; capitalisation &#187;&lt;/em&gt; d'un c&#244;t&#233;, cette &lt;em&gt;&#171; expropriation &#187;&lt;/em&gt; de l'autre. Les ravages sont bien pires en Asie, Afrique ou Am&#233;rique latine, qu'ils ne le sont encore en Europe ou aux USA. Mais la machine infernale est en marche, que n'arr&#234;teront pas les d&#233;nonciations platoniques de l'in&#233;galit&#233; sociale ni les promesses hom&#233;opathiques de la gauche aux pr&#233;sidentielles de 2012, laquelle s'engage surtout, comme la droite, &#224; la rigueur&#8230; envers les classes populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que cristallise aujourd'hui la crise des dettes publiques, c'est le rapport de forces en d&#233;faveur des travailleurs. Patronat et banquiers pensent qu'ils peuvent impun&#233;ment creuser les d&#233;ficits de l'&#201;tat, parce que ces derniers sauraient se payer sur les classes populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusque-l&#224; effectivement, mais pas sans r&#233;actions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la Gr&#232;ce &#224; l'Espagne, d'Isra&#235;l &#224; l'Italie, du monde arabe &#224; la Grande-Bretagne, la tol&#233;rance des peuples a montr&#233; des limites. Des mobilisations, r&#233;voltes voire r&#233;volutions de travailleurs et de jeunes ont mis &#224; l'ordre du jour des revendications de &#171; pain et dignit&#233; &#187;, c'est-&#224;-dire l'aspiration &#224; pouvoir vivre, alli&#233;e &#224; celle de pouvoir d&#233;cider et contr&#244;ler l'&#233;conomie et la soci&#233;t&#233;. Elles doivent devenir un programme explicite, mis en avant dans les mobilisations &#224; venir, qui devront s'encourager et converger &#224; la plus vaste &#233;chelle possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par-del&#224; leurs rivalit&#233;s exacerb&#233;es, les bourgeoisies et leurs &#201;tats ont su &#233;chafauder les m&#234;mes plans sc&#233;l&#233;rats contre les travailleurs. Ces derniers doivent se d&#233;fendre en se donnant la perspective commune d'une riposte g&#233;n&#233;ralis&#233;e, par del&#224; les fronti&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 16 septembre 2011&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Karl Marx, &lt;em&gt;Le Capital&lt;/em&gt; chapitre XXXI du Livre I&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Bien entendu, un si&#232;cle et demi apr&#232;s Marx, les &#201;tats ont fait preuve de beaucoup d'imagination dans les moyens techniques de &#171; l'expropriation des masses &#187; et de la &#171; capitalisation de la richesse &#187;, bien au-del&#224; de la ponction du contribuable (et tout d&#233;pend duquel).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> La grande arnaque du &#171; nous d&#233;pensons trop ! &#187;
</title>
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		<dc:date>2011-09-25T17:53:50Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Dette
</dc:subject>
		<dc:subject>Politique
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		<description>Avec la crise de la dette europ&#233;enne, les gouvernements ont ressorti leur rengaine : &#171; nous vivons au-dessus de nos moyens &#187;. Comme si on pouvait donner du &#171; nous &#187; l&#224; o&#249; exploit&#233;s et exploiteurs ont des int&#233;r&#234;ts contradictoires, et comme si la dette venait de d&#233;penses trop &#233;lev&#233;es, notamment sociales. &lt;br /&gt;En r&#233;alit&#233;, les d&#233;penses dites publiques (&#201;tat, collectivit&#233;s territoriales et S&#233;curit&#233; sociale), m&#233;langeant all&#232;grement le budget de l'arm&#233;e, les aides aux entreprises, le service de la dette aux banques avec&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avec la crise de la dette europ&#233;enne, les gouvernements ont ressorti leur rengaine : &#171; &lt;em&gt; nous vivons au-dessus de nos moyens &lt;/em&gt; &#187;. Comme si on pouvait donner du &#171; nous &#187; l&#224; o&#249; exploit&#233;s et exploiteurs ont des int&#233;r&#234;ts contradictoires, et comme si la dette venait de d&#233;penses trop &#233;lev&#233;es, notamment sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, les d&#233;penses dites publiques (&#201;tat, collectivit&#233;s territoriales et S&#233;curit&#233; sociale), m&#233;langeant all&#232;grement le budget de l'arm&#233;e, les aides aux entreprises, le service de la dette aux banques avec le budget de l'&#201;ducation ou les d&#233;penses sociales, n'ont pas beaucoup augment&#233;. Elles ont m&#234;me diminu&#233; en valeur relative, passant de 55 % du PIB en 1993 &#224; 53 % en 2008, pendant que la dette grimpait de 45 % &#224; 68 % du PIB.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors d'o&#249; vient la crise de la dette ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;&#192; nouveaux besoins du capital, nouvelles r&#233;ponses de son &#201;tat&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'origine de la croissance de la dette publique en France, il y a d&#233;j&#224; une d&#233;cision politique, prise en 1973 : celle de ne plus financer les &#233;ventuels d&#233;ficits publics par la &#171; planche &#224; billets &#187;, mais par des emprunts aupr&#232;s des banques priv&#233;es, compagnies d'assurance, &#171; investisseurs institutionnels &#187; (soci&#233;t&#233;s d'investissements, fonds de pension&#8230;) ou fonds d'&#201;tat &#233;trangers. Il s'agissait pr&#233;tendument de limiter l'inflation, caus&#233;e par l'&#233;mission mon&#233;taire. Pas si simple en r&#233;alit&#233;. Car en dehors de l'&#233;mission mon&#233;taire directe monopole de la banque centrale, les banques priv&#233;es cr&#233;ent aussi de la monnaie, pr&#233;cis&#233;ment par les pr&#234;ts qu'elles accordent qui d&#233;passent largement l'argent qu'elles ont pr&#233;alablement re&#231;u en d&#233;p&#244;t. La d&#233;cision du gouvernement de recourir aux emprunts priv&#233;s plut&#244;t qu'&#224; la Banque de France a surtout permis aux soci&#233;t&#233;s financi&#232;res, banques ou autres, de b&#233;n&#233;ficier de placements s&#251;rs pour leurs capitaux qui commen&#231;aient &#224; &#234;tre surabondants avec le ralentissement de la croissance, et de s'assurer une rente, via l'int&#233;r&#234;t de la dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps qu'il faisait voter cette loi en janvier 1973, Giscard alors ministre de l'&#233;conomie de Pompidou, lan&#231;ait son grand emprunt, inaugurant cette nouvelle politique de l'&#201;tat fran&#231;ais, dont la dette publique d'aujourd'hui est un peu l'enfant. Premier cadeau royal aux cr&#233;anciers, puisque index&#233; sur l'or, l'emprunt a &#233;t&#233; rembours&#233; quelques ann&#233;es plus tard &#224; 4,5 fois sa valeur d'&#233;mission.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;De l'emprunt Giscard au &#171; grand emprunt &#187; Sarkozy&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En 1981, pour restaurer les taux de profit, le gouvernement de Mitterrand a nationalis&#233; un grand nombre d'entreprises, indemnisant grassement les capitalistes, puis r&#233;organis&#233; l'appareil productif &#224; grands renforts de &#171; recapitalisations &#187;, c'est-&#224;-dire d'injections d'argent public. Une fois rentables, ces entreprises ont pu &#234;tre &#224; nouveau privatis&#233;es dans les ann&#233;es 1990, laissant l'ardoise des restructurations &#224; l'&#201;tat... et aux travailleurs mis au ch&#244;mage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non contents de transformer l'argent public en capital priv&#233;, les gouvernements successifs se sont &#233;galement attel&#233;s &#224; am&#233;liorer les revenus des plus riches par divers cadeaux fiscaux : baisses d'imp&#244;ts, niches fiscales, exon&#233;rations, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le caract&#232;re progressif de l'imp&#244;t sur le revenu, cens&#233; toucher davantage les hauts revenus, a &#233;t&#233; &#224; plusieurs reprises attaqu&#233; : de 13 tranches en 1986, il est pass&#233; aujourd'hui &#224; 5, la plus haute n'&#233;tant plus tax&#233;e qu'&#224; hauteur de 41 % au lieu de 65 % auparavant. M&#234;me en ne remontant qu'au bar&#232;me de 1999, l'imp&#244;t sur le revenu rapporterait 15 milliards d'euros suppl&#233;mentaires &#224; l'&#201;tat&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Les chiffres indiqu&#233;s ici viennent du livre d'Attac Le pi&#232;ge de la dette (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, &#224; comparer aux d&#233;ficits compris entre 40 et 60 milliards dans les ann&#233;es pr&#233;c&#233;dant la crise. L'imp&#244;t sur les b&#233;n&#233;fices des soci&#233;t&#233;s a lui aussi &#233;t&#233; all&#233;g&#233;, passant de 45 % en 1986 &#224; 33,3 % actuellement. Mais avec les mesures d&#233;rogatoires, les entreprises, essentiellement les plus grandes, &#233;conomisent davantage : celles du CAC 40 ne paient r&#233;ellement que 8 % d'imp&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2007, Sarkozy s'est illustr&#233; par son paquet fiscal dont le fameux bouclier protecteur des riches, en 2010 par la suppression de la taxe professionnelle, en 2011 par l'all&#232;gement de l'imp&#244;t sur la fortune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les multiples &lt;em&gt;&#171; niches fiscales &#187;&lt;/em&gt; ont largement contribu&#233; &#224; la baisse des recettes, b&#233;n&#233;ficiant essentiellement aux riches (seules quelques &#171; niches &#187; comme la prime pour l'emploi, faisant exception). Le manque &#224; gagner qu'elles repr&#233;sentent pour l'&#201;tat atteint 65 milliards d'euros. En comptabilisant de nombreux autres d&#233;gr&#232;vements ou rabais sur les imp&#244;ts des soci&#233;t&#233;s, le journal &lt;em&gt;Alternatives &#233;conomiques &lt;/em&gt;chiffre le total de ces r&#233;ductions d'imp&#244;ts &#224; 145 milliards&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Thierry Pech, &#171; Les vrais comptes des niches fiscales &#187;, dans Alternatives (...)' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Un chiffre qui repr&#233;sente 95 % du d&#233;ficit budg&#233;taire actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#224; noter que pendant qu'ils accordaient des cadeaux fiscaux aux plus riches, les gouvernants relevaient la TVA, l'imp&#244;t pesant le plus sur les travailleurs. Celle-ci, de 17,6 % en 1954, est mont&#233;e &#224; 18,6 % en 1982, puis 20,6 % en 1995, pour revenir &#224; 19,6 % &#224; partir de 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cerise sur le g&#226;teau, Sarkozy confiait en 2009 &#224; une commission pr&#233;sid&#233;e par son ami Jupp&#233; et le socialiste Rocard la mise au point d'un &lt;em&gt;&#171; Grand emprunt &#187;&lt;/em&gt;&#8230; finalement plus petit que pr&#233;vu (35 milliards) et auquel seules ont pu souscrire les banques et soci&#233;t&#233;s financi&#232;res. N'emp&#234;che que c'est ce m&#234;me Sarkozy qui nous reproche aujourd'hui de &#171; nous &#187; &#234;tre trop endett&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les aides aux capitalistes fran&#231;ais font exploser la dette&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La crise de l'automne 2008 a entra&#238;n&#233; une explosion des dettes publiques : en France, elle est pass&#233;e de 64 % du PIB en 2007 &#224; 82 % en 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2009, les recettes fiscales ont chut&#233; de 37 milliards d'euros, surtout &#224; cause de la r&#233;cession (l'imp&#244;t sur les soci&#233;t&#233;s, notamment, s'est effondr&#233; de 38 %). Et l'&#201;tat a eu quelques frais suppl&#233;mentaires du c&#244;t&#233; des d&#233;penses &#171; sociales &#187;, &#224; savoir 5 milliards de plus pour l'indemnisation du ch&#244;mage cr&#233;&#233; par les patrons&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-3' class='spip_note' rel='appendix' title='La d&#233;pense de l'assurance ch&#244;mage est pass&#233;e de 23,3 milliards en 2008 &#224; 28,3 (...)' id='nh2-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Mais le plus gros chapitre, de loin, qui a fait exploser ces d&#233;penses a &#233;t&#233; le soutien financier accord&#233; aux banques et grandes entreprises. Le gouvernement pr&#233;tend que le sauvetage des banques n'aurait rien co&#251;t&#233;, car les 360 milliards du plan de sauvegarde n'auraient &#233;t&#233; que des pr&#234;ts ou garanties, tous rembours&#233;s. Mais &#224; c&#244;t&#233; de ces &lt;em&gt;&#171; garanties &#187;&lt;/em&gt; aux banques, l'&#201;tat a bel et bien d&#233;pens&#233; de la monnaie sonnante et tr&#233;buchante pour son plan de relance : 6,6 milliards de pr&#234;ts et subventions &#224; l'automobile, 13,3 milliards de &lt;em&gt;&#171; soutien &#224; l'activit&#233; et l'emploi &#187;&lt;/em&gt;, 18,2 milliards de &lt;em&gt;&#171; soutien &#224; la tr&#233;sorerie des entreprises &#187;&lt;/em&gt; et 9,8 milliards d'investissements publics. Des milliards d&#233;pens&#233;s pour sauver les profits capitalistes et tenter de relancer la machine. Sans compter les op&#233;rations dont le co&#251;t final n'est toujours pas connu : sauvetages de Dexia et de la BCPE, cr&#233;ation de la Soci&#233;t&#233; de financement de l'&#233;conomie fran&#231;aise (SFEF) pour garantir les cr&#233;ances pourries des banques...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt; &lt;strong&gt;Dans le reste du monde &lt;/strong&gt; : m&#234;mes causes, m&#234;mes effets&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La plupart des &#201;tats europ&#233;ens ont vu leur dette se creuser depuis 30 ans, &#224; la faveur des baisses d'imp&#244;ts et des cadeaux faits aux plus riches. Tous les pays notamment ont r&#233;duit leurs imp&#244;ts sur le revenu et sur les soci&#233;t&#233;s. En Gr&#232;ce par exemple, ce dernier est pass&#233; de 40 % &#224; 24 %. En Irlande, il a chut&#233; de 50 % &#224; 12,5 %. Des r&#233;formes &#233;conomiques et fiscales sont intervenues partout, avec pratiquement le m&#234;me timing, dans le m&#234;me cadre d'une offensive contre le monde du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dette irlandaise est pass&#233;e de 25 % du PIB en 2007 &#224; 80 % en 2010, celle de l'Espagne de 36 % &#224; 62 % dans le m&#234;me temps. Avant la crise, ces deux pays avaient bas&#233; leur croissance sur la sp&#233;culation immobili&#232;re. Lorsque le march&#233; immobilier s'est effondr&#233;, les banques se sont retrouv&#233;es avec des actifs &#171; pourris &#187; plein les bras. Les gouvernements ont alors d&#233;cid&#233; de socialiser les pertes : par la nationalisation et recapitalisation de certaines banques, mais aussi par la cr&#233;ation de &lt;em&gt;Bad Banks&lt;/em&gt; &#8212; des soci&#233;t&#233;s cr&#233;&#233;es sp&#233;cialement pour racheter, avec des fonds publics, les actifs douteux des banques. Dot&#233;es de 22 milliards d'euros en Irlande et de 30 milliards en Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas de la Gr&#232;ce est diff&#233;rent puisque la mont&#233;e de sa dette date de la dictature des colonels (1967-1974). Elle s'est amplifi&#233;e par la corruption &#224; grande &#233;chelle, et surtout par les achats d'armes. Mais c'est la sp&#233;culation sur la dette grecque, par les m&#234;mes banques ou Hedge funds qui avaient de 2001 &#224; 2008 sp&#233;cul&#233; sur les pr&#234;ts immobiliers, qui a fait tout exploser. Une sp&#233;culation d&#233;clench&#233;e notamment par la Goldman Sachs, qui connaissait par c&#339;ur la situation des finances de l'&#201;tat grec, pour avoir &#233;t&#233; pay&#233;e par ledit &#201;tat pour le conseiller.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise de la dette grecque, premi&#232;re sur la sellette, r&#233;sume la crise end&#233;mique actuelle des dettes publiques : une histoire de loups de la finance qui croquent les mains qui les ont nourris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#61472;Maurice SPIRZ&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Les chiffres indiqu&#233;s ici viennent du livre d'Attac &lt;em&gt;Le pi&#232;ge de la dette publique, comment s'en sortir&lt;/em&gt;, &#201;dition Les Liens qui Lib&#232;rent, mai 2011. D'autres chiffres sont disponibles dans le livre de Fran&#231;ois Chesnais &lt;em&gt;Les dettes ill&#233;gitimes, Quand les banques font main basse sur les politiques publiques&lt;/em&gt;, &#201;ditions Raisons d'agir, juin 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Thierry Pech, &lt;em&gt;&#171; Les vrais comptes des niches fiscales &#187;&lt;/em&gt;, dans &lt;em&gt;Alternatives &#201;conomiques&lt;/em&gt;, n&#176;305, septembre 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-3' class='spip_note' title='Notes 2-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La d&#233;pense de l'assurance ch&#244;mage est pass&#233;e de 23,3 milliards en 2008 &#224; 28,3 milliards en 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Les rois de la dette souveraine
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Les-rois-de-la-dette-souveraine</link>
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		<dc:date>2011-09-25T17:53:31Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Dette
</dc:subject>
		<dc:subject>Finance
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		<description>Dans cette p&#233;riode de famine budg&#233;taire end&#233;mique, nombreux se disent &#171; atterr&#233;s &#187;, &#171; indign&#233;s &#187;, &#171; r&#233;volt&#233;s &#187; devant les magots accumul&#233;s par les &#171; riches &#187;. Les montants et les frasques des grosses fortunes inondent les gazettes. Certains riches en France, malheureux de l'&#234;tre trop, ont implor&#233; l'&#201;tat de les taxer, comme ces 16 &#171; pr&#233;sidents ou dirigeants d'entreprises, hommes ou femmes d'affaires, financiers, professionnels ou citoyens fortun&#233;s &#187; qui &#224; la fin ao&#251;t ont lanc&#233; un &#171; appel &#187; en faveur de &#171; &lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Crise-de-la-dette-crise-du-capitalisme-" rel="directory"&gt;Crise de la dette, crise du capitalisme !
&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Finance-+" rel="tag"&gt;Finance
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans cette p&#233;riode de famine budg&#233;taire end&#233;mique, nombreux se disent &#171; atterr&#233;s &#187;, &#171; indign&#233;s &#187;, &#171; r&#233;volt&#233;s &#187; devant les magots accumul&#233;s par les &#171; riches &#187;. Les montants et les frasques des grosses fortunes inondent les gazettes. Certains riches en France, malheureux de l'&#234;tre trop, ont implor&#233; l'&#201;tat de les taxer, comme ces 16 &lt;em&gt;&#171; pr&#233;sidents ou dirigeants d'entreprises, hommes ou femmes d'affaires, financiers, professionnels ou citoyens fortun&#233;s &#187;&lt;/em&gt; qui &#224; la fin ao&#251;t ont lanc&#233; un &#171; appel &#187; en faveur de &lt;em&gt;&#171; l'instauration d'une contribution exceptionnelle qui toucherait les contribuables fran&#231;ais les plus favoris&#233;s. &#187;&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Voir leur SOS lanc&#233; dans le Nouvel observateur du 25 ao&#251;t dernier, num&#233;ro (...)' id='nh3-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appel entendu par Sarkozy-Fillon qui du tac au tac s'engagent &#224; les taxer de 3 % sur la part de leurs revenus d&#233;passant 500 000 euros annuels (par personnes au foyer). Faut voir ! Cela rapporterait &#224; l'&#201;tat quelque 200 millions d'euros. Autant mais pas plus que ce qui entre dans les caisses de l'&#201;tat au titre de l'imposition depuis 2009 des indemnit&#233;s d'accidents du travail. Handicap&#233;s de la fortune, handicap&#233;s du travail, m&#234;me traitement ! C'est la justice sociale &#224; la Sarkozy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car il conna&#238;t son monde et ne voulait pas d&#233;cevoir ses &#171; amis du CAC 40 &#187; qui s'&#233;taient bouscul&#233;s au &#171; Fouquet's &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-2' class='spip_note' rel='appendix' title='&#201;pingl&#233;s dans &#171; Le pr&#233;sident des riches &#187;, l'ouvrage de Michel Pin&#231;on et Monique (...)' id='nh3-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; pour f&#234;ter son &#233;lection en 2007. Par ordre alphab&#233;tique : la famille Bernard Arnault (LVMH), premi&#232;re fortune professionnelle de France avec pr&#232;s de 22 milliards d'euros, la famille Vincent Bollor&#233; (Havas et logistique) dont le patrimoine professionnel est estim&#233; &#224; 3,8 milliards d'euros, la famille Martin Bouygues (BTP, m&#233;dias et autres), avec un patrimoine de 2,3 milliards d'euros, la famille Serge Dassault (avions, armement et &lt;em&gt;Figaro&lt;/em&gt;, qui ne vit que des march&#233;s d'&#201;tat) avec 7,5 milliards d'euros, la famille Jean-Claude Decaux (mobilier urbain) avec 3,4 milliards d'euros, la famille Desseigne-Barri&#232;re (h&#244;tels de luxe et casinos) dont la fortune professionnelle est estim&#233;e &#224; 500 millions d'euros. Ni d&#233;cevoir des amis absents ce jour-l&#224;, mais qui ont par la suite fait parler de leur fortune, comme Liliane Bettencourt et son patrimoine de 17 milliards d'euros, l'une des 16 qui a sign&#233; qu'une petite taxe serait bonne pour son moral apr&#232;s s'&#234;tre fait rembourser par le fisc 30 millions d'euros sur une ann&#233;e au titre du bouclier fiscal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combien sont-ils ces riches, devenus toujours plus riches ces derni&#232;res ann&#233;es ? &#192; combien s'&#233;l&#232;vent leurs &#171; biens &#187; ? Opacit&#233; et chasse gard&#233;e&#8230; Mais une enqu&#234;te de l'INSEE d'avril dernier&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-3' class='spip_note' rel='appendix' title='&#171; In&#233;galit&#233;s de niveau de vie et pauvret&#233; de 1996 &#224; 2008 &#187;, de Philippe (...)' id='nh3-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; indique que les in&#233;galit&#233;s se sont s&#233;rieusement creus&#233;es en France, par un spectaculaire enrichissement des plus riches depuis 2004, en particulier des &lt;em&gt;&#171; revenus du patrimoine, qui sont fortement concentr&#233;s chez les personnes les plus ais&#233;es &#187;&lt;/em&gt;. Ces revenus progresseraient au rythme de 11 % par an, tandis que ceux des cat&#233;gories moyennes ou pauvres &#8211; &#224; savoir essentiellement des salaires ou indemnit&#233;s sociales &#8211; stagnent, voire baissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suivant de pr&#232;s les go&#251;ts et coutumes des clients privil&#233;gi&#233;s des banques ou soci&#233;t&#233;s de placements financiers, les agences Merrill Lynch et Cap Gemini publient chaque ann&#233;e un World Wealth Report, sur les &#171; tendances &#187; en mati&#232;re de placements en banques, bourses, assurances ou achats de luxe de ceux qu'elles appellent les HNWIs (&lt;em&gt;High net worth individuals&lt;/em&gt;, Grandes fortunes en fran&#231;ais). Leur nombre dans le monde &#233;tait en 2010 en hausse de 8,3 % par rapport &#224; 2009. Soit quelque 11 millions de personnes, dont la fortune aurait grimp&#233; de quelque 10 % en un an et s'&#233;l&#232;verait &#224; un total de 42 700 milliards de dollars am&#233;ricains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que veulent dire tous ces chiffres ? Que du fric il y en a, dans les poches de ceux qui jouissent des richesses produites par d'autres, et toujours davantage, tandis que ceux qui les cr&#233;ent de leurs mains et cerveaux s'appauvrissent. Une &#233;tude de l'INSEE&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-4' class='spip_note' rel='appendix' title='&#171; Les niveaux de vie en 2009 &#187;, de Philippe Lombardo, &#201;ric Seguin, Magda (...)' id='nh3-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; d'ao&#251;t dernier le confirme : pr&#232;s de 8,2 millions de personnes en France vivent avec moins de 954 euros par mois en 2009 &#8211; seuil fix&#233; de &#171; pauvret&#233; &#187;. C'est un record. Les statistiques d&#233;grad&#233;es du ch&#244;mage de l'&#233;t&#233; indiquent que cela empire. Et l'ensemble des salari&#233;s en subit le contrecoup : plus de 20 % des quelque 21,5 millions de salari&#233;s fran&#231;ais per&#231;oivent le Smic ou moins. Pas &#233;tonnant que le nombre de dossiers de surendettement (125 000) ait cr&#251; de 8,8 % au premier semestre 2011. M&#234;me chose en Allemagne, que les gouvernants nous montrent comme &#171; le &#187; pays qui traverserait la crise sans coup f&#233;rir : c'est aussi la croissance pour les seuls riches. Croissance des &#171; petits boulots &#187; &#224; tr&#232;s faibles salaires pour les autres, que l'&#233;quivalent allemand de l'INSEE qualifie de &#171; salari&#233;s atypiques &#187; mais vont devenir typiques car leur nombre a grimp&#233; &#224; 7,84 millions en 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation est &#233;videmment pire sur certains continents, pour les plus pauvres, qu'elle ne l'est pour les travailleurs d'Europe ou d'Am&#233;rique du Nord. Mais partout, les bulles d'endettement des &#201;tats, comme la d&#233;gradation des salaires et de l'emploi, cristallisent le rapport de forces g&#233;n&#233;ral en d&#233;faveur de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce serait un leurre de croire, ou de faire croire, comme s'y attachent certains bons samaritains de la gauche, voire de la gauche de la gauche, mettant &#224; juste titre en avant les in&#233;galit&#233;s sociales croissantes de la plan&#232;te, que la crise d'aujourd'hui ne serait que celle du n&#233;olib&#233;ralisme responsable d'une &#8216;trop' injuste r&#233;partition des richesses. La polarisation toujours croissante de la richesse et de la pauvret&#233; fait pr&#233;cis&#233;ment partie de la dynamique d&#233;l&#233;t&#232;re du capitalisme. &#192; qui veut-on faire croire que c'est en tordant le cou (reste &#224; savoir comment) aux &lt;em&gt;&#171; march&#233;s &#187;&lt;/em&gt; qui tyrannisent et pillent les &#201;tats (&#244; combien consentants, sinon initiateurs), et en proc&#233;dant &#224; une r&#233;forme fiscale radicale repartageant&lt;em&gt; &#8216;plus'&lt;/em&gt; &#233;quitablement la richesse entre Capital et Travail (reste &#224; savoir comment), qu'on relancerait la machine&#8230; infernale ? D&#233;cid&#233;ment non. La faillite du capitalisme ne se r&#233;soudra pas par un simple probl&#232;me de vases communicants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michelle VERDIER&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_571 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L300xH275/dette1-7a879.png?1527804032' width='300' height='275' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb3-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-1' class='spip_note' title='Notes 3-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir leur SOS lanc&#233; dans le Nouvel observateur du 25 ao&#251;t dernier, num&#233;ro 2442.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-2' class='spip_note' title='Notes 3-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#201;pingl&#233;s dans &lt;em&gt;&#171; Le pr&#233;sident des riches &#187;&lt;/em&gt;, l'ouvrage de Michel Pin&#231;on et Monique Pin&#231;on-Charlot qui vient de repara&#238;tre en &#171; poche &#187;. Un pamphlet contre la ploutocratie sarkozyste&#8230; mais la ploutocratie n'est-elle que de cette couleur politique ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-3' class='spip_note' title='Notes 3-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&#171; In&#233;galit&#233;s de niveau de vie et pauvret&#233; de 1996 &#224; 2008 &#187;&lt;/em&gt;, de Philippe Lombardo, Nathalie Miss&#232;gue, &#201;ric Seguin, Magda Tomasini &#8211; INSEE.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-4' class='spip_note' title='Notes 3-4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Les niveaux de vie en 2009 &#187;, de Philippe Lombardo, &#201;ric Seguin, Magda Tomasini &#8211; INSEE.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Editorial : Sauvons-nous nous-m&#234;mes
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		<dc:date>2010-05-29T09:03:40Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Dette
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		<dc:subject>Gr&#232;ce
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		<description>Le dimanche 2 mai, il fallait sauver la Gr&#232;ce&#8230; En &#233;tranglant les Grecs. Cent dix milliards de pr&#234;ts &#233;taient mis sur la table par les pays de la zone euro et le FMI pour rassurer les sp&#233;culateurs qui avaient fait flamber les taux d'int&#233;r&#234;ts de la dette grecque. En &#233;change, le gouvernement grec s'engageait &#224; imposer un plan d'aust&#233;rit&#233; draconien &#224; la population pauvre, pour &#234;tre en mesure de verser aux banquiers leur ran&#231;on. &lt;br /&gt;Le dimanche 9 mai, il fallait sauver l'euro&#8230; L'accord &#233;tait conclu in extremis entre&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-69-mai-juin-2010-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 69, mai-juin 2010
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Dette-+" rel="tag"&gt;Dette
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Grece-3-+" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le dimanche 2 mai, il fallait sauver la Gr&#232;ce&#8230; En &#233;tranglant les Grecs. Cent dix milliards de pr&#234;ts &#233;taient mis sur la table par les pays de la zone euro et le FMI pour rassurer les sp&#233;culateurs qui avaient fait flamber les taux d'int&#233;r&#234;ts de la dette grecque. En &#233;change, le gouvernement grec s'engageait &#224; imposer un plan d'aust&#233;rit&#233; draconien &#224; la population pauvre, pour &#234;tre en mesure de verser aux banquiers leur ran&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dimanche 9 mai, il fallait sauver l'euro&#8230; L'accord &#233;tait conclu in extremis entre les dirigeants europ&#233;ens, apr&#232;s quelques coups de fil pressants d'Obama, &#224; 2 heures du matin heure de Bruxelles. Il fallait donner des centaines de milliards de plus en p&#226;ture &#224; ce monstre &#8211; &#171; Le March&#233; &#187; &#8211; qui mena&#231;ait de bouffer l'euro apr&#232;s avoir croqu&#233; la dette grecque. Car qui sait s'il n'allait pas d&#233;vaster la Bourse de Tokyo &#224; son ouverture ? 750 milliards d'euros &#233;taient align&#233;s cette fois, 500 de l'Europe et 250 du FMI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On l'a &#233;chapp&#233; belle, a dit la ministre de l'&#233;conomie Christine Lagarde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qui, &#171; on &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les banquiers, peut-&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 10 mai au matin, les cotes de la bourse remontaient, les banques retrouvaient &lt;em&gt;&#171; les milliards d'euros de capitalisation r&#233;cemment &#233;vanouis &#187;&lt;/em&gt; (Le Monde du 12 mai). Et, outre les 750 milliards d'euros de pr&#234;ts consentis aux &#201;tats en difficult&#233; de paiement, la Banque centrale europ&#233;enne (BCE) s'engageait, sur demande de 47 banques europ&#233;ennes, &#224; racheter les titres de dettes publiques et priv&#233;es des pays fragilis&#233;s. En clair, la BCE leur reprenait ces titres &#171; pourris &#187; qui plombent leurs bilans. Pour quel r&#233;sultat, personne ne le sait car, en fin de semaine d&#233;j&#224;, les bourses europ&#233;ennes rechutaient !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule certitude, c'est le branle-bas de combat d'aust&#233;rit&#233; organis&#233; partout contre les travailleurs, non seulement en Gr&#232;ce mais dans toute l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le mercredi 12 mai, le gouvernement espagnol du socialiste Zapatero d&#233;cidait un durcissement du plan de rigueur annonc&#233; en janvier avec, notamment, une baisse de 5 % des salaires des fonctionnaires, la suppression de la r&#233;&#233;valuation des retraites en fonction des prix et la suppression d'un certain nombre d'aides sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 13 mai, c'&#233;tait au tour du gouvernement portugais d'annoncer des mesures s'ajoutant &#224; celles d&#233;j&#224; programm&#233;es en mars dont, notamment une hausse des imp&#244;ts sur le revenu de 1 % &#224; 1,5 % et une hausse de la TVA de 1 %. Pour donner le bon exemple, socialisme oblige, il proposait une baisse de 5 % des salaires des hauts cadres de la fonction publique, des d&#233;put&#233;s et des ministres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sur quoi, illico presto, Luc Chatel, au nom du gouvernement fran&#231;ais, affirmait qu'il n'&#233;tait pas question de &#231;a chez nous ! Mais de tout le reste, contre les travailleurs : r&#233;ductions d'effectifs dans la fonction publique ou les h&#244;pitaux, amputation &#224; venir des retraites, &#233;conomies sur les services sociaux et les handicap&#233;s ! Et tout ce qu'on ne nous a pas encore annonc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces politiques baisseront le niveau de vie et donc la consommation, accro&#238;tront le ch&#244;mage. Qu'importe aux capitalistes que la consommation baisse et que la production recule, pourvu que la masse salariale baisse plus vite que la production&#8230; et que la courbe des b&#233;n&#233;fices monte !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule relance qui pourrait changer le cours de choses, c'est celle des r&#233;actions et des luttes des travailleurs et des peuples. Et surtout leur jonction. Autant de plans d'aust&#233;rit&#233; qui s'abattent les uns apr&#232;s les autres, autant de flamb&#233;es de col&#232;re qui s'organisent et s'&#233;paulent ! &#338;il pour &#339;il, dent pour dent ! Face &#224; une r&#233;volte des classes populaires d'Europe, qui ne respecteraient plus ni les banques ni les bourses ni les secrets commerciaux ni les droits de propri&#233;t&#233;, et qui fortes de leur mobilisation g&#233;n&#233;rale iraient fourrer leur nez dans les comptes des entreprises et des &#201;tats, le monstre du March&#233; deviendrait tigre en papier !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16 mai 2010&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Editorial : Les &#233;trangleurs
</title>
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		<dc:date>2010-04-11T10:27:32Z</dc:date>
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Crise
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		<dc:subject>&#233;conomie
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		<dc:subject>Dette
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		<dc:subject>euro
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		<description>Partout dans le monde, la crise financi&#232;re de l'automne 2008 a &#233;t&#233; le pr&#233;texte pour les patrons et les gouvernements &#224; leur solde, au d&#233;ferlement des vagues de licenciements, au serrage de vis sur les salaires, au pillage des caisses de l'&#201;tat &#8211; qui s'accompagne, dans le public, des m&#234;mes vagues de suppressions de postes et compression des salaires. Les centaines de milliards de dollars ou euros de pr&#234;ts ou garanties aux banquiers et industriels pour couvrir leurs frasques financi&#232;res ont creus&#233; encore&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Partout dans le monde, la crise financi&#232;re de l'automne 2008 a &#233;t&#233; le pr&#233;texte pour les patrons et les gouvernements &#224; leur solde, au d&#233;ferlement des vagues de licenciements, au serrage de vis sur les salaires, au pillage des caisses de l'&#201;tat &#8211; qui s'accompagne, dans le public, des m&#234;mes vagues de suppressions de postes et compression des salaires. Les centaines de milliards de dollars ou euros de pr&#234;ts ou garanties aux banquiers et industriels pour couvrir leurs frasques financi&#232;res ont creus&#233; encore les d&#233;ficits des &#201;tats. Les d&#233;couverts ont grossi, &#224; commencer par ceux des grands &#201;tats industriels &#8211; il est bien connu qu'on ne pr&#234;te qu'aux riches ! Au vu des indicateurs statistiques, les dettes publiques d&#233;passent parfois le PIB&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-1' class='spip_note' rel='appendix' title='&#201;valuation approximative de la richesse totale produite.' id='nh4-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; national (114,6 % du PIB en Italie), ou l'approchent (83,2 % du PIB en France ; 73,1 % en Allemagne). Et les &#171; services de la dette &#187;, ou int&#233;r&#234;ts vers&#233;s aux organismes pr&#234;teurs, repr&#233;sentent des sommes faramineuses (en France, pas loin de 50 milliards d'euros par an soit, grosso modo, ce qui rentre en imp&#244;t sur le revenu, ou ce qui sort en budget de l'&#201;ducation nationale). Rien de fondamentalement nouveau, mais une accentuation du ph&#233;nom&#232;ne et des organismes financiers qui sp&#233;culent d&#233;sormais en bourse sur les titres de ces dettes &#8211; surtout celles d'&#201;tats qui ne sont pas les plus endett&#233;s mais sont r&#233;put&#233;s les moins solvables, comme ceux de la Gr&#232;ce, du Portugal ou de l'Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'euro serait en p&#233;ril, nous dit-on. Mais force est de reconna&#238;tre que la dramatisation autour du creusement des dettes publiques est savamment orchestr&#233;e pour, encore une fois et plus encore, faire payer aux classes populaires les frasques des poss&#233;dants. D'o&#249; cette mise en sc&#232;ne de l'Eurogroupe, ou rencontre des seize chefs d'&#201;tats de la zone euro &#224; la fin mars, qui ont statu&#233; sur le sort d'une Gr&#232;ce jug&#233;e trop dispendieuse. Et abouti au verdict, procureur du FMI &#224; la rescousse, que les travailleurs grecs vivaient au dessus de leurs moyens ! Pensez donc, avec un salaire moyen de quelque 800 euros ! Avec des retraites prises &#224; 65 ans alors qu'ils pourraient travailler jusqu'&#224; 67 ans ! &#171; Plan de sauvetage &#187; donc, pour leur enfoncer un peu plus la t&#234;te sous l'eau. Le Portugal et l'Espagne, sont dans le m&#234;me collimateur &#8211; du moins leurs classes populaires. Mais tous les travailleurs du monde aussi, &#224; des degr&#233;s divers, m&#234;me ceux du pays le plus riche, les USA. Les &#171; coupes budg&#233;taires &#187; sont partout au programme. Contre les populations. Tandis que s'&#233;talent les hausses de dividendes des grands trusts, les bonus et stock-options de leurs PDG, les jets priv&#233;s de leurs ministres. Et, en Gr&#232;ce, comme au Portugal et en Espagne &#8211; comme &#224; la t&#234;te du FMI &#8211;, ce sont des socialistes, ou pr&#233;tendus tels, qui tr&#244;nent ! Et le d&#233;mocrate Obama aux &#201;tats-Unis. [Toutes ces attaques sont l'objet des articles du dossier de ce num&#233;ro sur la Gr&#232;ce, le Portugal, l'Espagne et les &#201;tats-Unis].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; gauche ou m&#234;me &#224; la gauche de la gauche, certains pr&#233;conisent &#171; un autre partage des richesses &#187;, sans pour autant oser envisager la r&#233;volution. Comme si le &#171; partage &#187; existait dans une soci&#233;t&#233; pr&#233;cis&#233;ment bas&#233;e sur son contraire, l'exploitation et l'accaparement. Certes, en fonction des luttes et r&#233;sistances du monde du travail, le capital peut h&#233;siter, reculer quelque peu. Aujourd'hui en tout cas, face &#224; la crise et l'&#233;tranglement des classes populaires de la plan&#232;te, il serait urgent que les travailleurs fassent bloc. Derri&#232;re un programme radical de sauvegarde de leur classe, d'expropriation des industriels et des banquiers, par une mobilisation g&#233;n&#233;rale qui ferait enfin passer le pouvoir d'&#201;tat des mains des exploiteurs aux mains des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 4 avril 2010&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb4-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-1' class='spip_note' title='Notes 4-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#201;valuation approximative de la richesse totale produite.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Ce que vous avez toujours voulu savoir sur les banques, et qu'il serait vain de leur demander
</title>
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		<dc:date>2008-12-02T00:11:36Z</dc:date>
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
</dc:subject>
		<dc:subject>Banques
</dc:subject>
		<dc:subject>Dette
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		<description>Qu'est-ce qui part en fum&#233;e avec la Bourse ? &lt;br /&gt; &#171; 25 000 milliards de dollars &#233;vanouis &#187; , titrait Le Monde du 26 octobre. Affreux ! La somme est faramineuse. Que n'a-t-on encore vu un homme d'affaires sauter dans le vide du haut d'un gratte-ciel ? &#192; croire qu'ils ne sont pas encore au d&#233;sespoir. C'est que la perte n'est pour l'instant que virtuelle. &lt;br /&gt;Les cours de la Bourse, et donc les &#171; capitalisations boursi&#232;res &#187; des entreprises qu'on en d&#233;duit (nombre total des actions d'une entreprise multipli&#233; par&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Qu'est-ce qui part en fum&#233;e avec la Bourse ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; &#171; 25 000 milliards de dollars &#233;vanouis &#187; &lt;/em&gt;, titrait &lt;em&gt; Le Monde &lt;/em&gt; du 26 octobre. Affreux ! La somme est faramineuse. Que n'a-t-on encore vu un homme d'affaires sauter dans le vide du haut d'un gratte-ciel ? &#192; croire qu'ils ne sont pas encore au d&#233;sespoir. C'est que la perte n'est pour l'instant que virtuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cours de la Bourse, et donc les &lt;em&gt; &#171; capitalisations boursi&#232;res &#187; &lt;/em&gt; des entreprises qu'on en d&#233;duit (nombre total des actions d'une entreprise multipli&#233; par son prix), ne repr&#233;sentent dans la pratique que les taux auxquels les actions s'&#233;changent. Cela peut d&#233;coller de la valeur r&#233;elle des entreprises (murs, machines, stocks, etc.), ou m&#234;me des dividendes qu'elles rapportent. Tant que les op&#233;rations restent dans le cercle ferm&#233; de la Bourse, on vend pour placer son argent imm&#233;diatement ailleurs. Ce qui constitue en temps ordinaire l'essentiel du march&#233; boursier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais d&#232;s qu'une grande partie des investisseurs, craignant une r&#233;cession, pr&#233;f&#232;rent retirer leur mise, pour s'acheter yachts ou palaces, ou bien stocker leur fortune en biens mat&#233;riels plus fiables (de l'or, des tableaux de ma&#238;tres ou des parcs immobiliers), la bourse retombe les pieds au sol et le cul par terre.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;R&#232;gle de trois, boursi&#232;re&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Imaginez un bourgeois qui a achet&#233; pour 1 million d'euros d'actions de la Bourse parisienne en mars 2003. &#192; ce moment, le CAC 40 est au plus bas. Jusqu'en 2007, les cours de la Bourse augmentent. Au point culminant, juin 2007, ses actions sont &#233;valu&#233;es &#224; 2,2 millions d'euros. Depuis, c'est la crise et la Bourse baisse. &#192; l'indice CAC 40 de d&#233;but juin 2008, son panier d'actions ne vaut plus en Bourse que 1,8 million. Elles ont perdu depuis pr&#232;s de 40 %. Au cours du 20 novembre, elles ne valent que 1,1 million.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il les revend maintenant, dira-t-on qu'il a perdu 700 000 &#8364; depuis juin dernier ? 1,2 million depuis juin 2007 ? Ou qu'il a gagn&#233; 100 000 &#8364; de plus que ce qu'il avait mis&#233; au d&#233;part, en 2003 ? Sans parler des dividendes qu'il a touch&#233; entre-temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evidemment, le bourgeois am&#233;ricain qui aurait plac&#233; toute sa fortune en titres de Lehman Brothers, le seul organisme financier que l'&#201;tat am&#233;ricain a laiss&#233; d&#233;poser bilan, aurait aujourd'hui quasiment tout perdu. Mais un tel bourgeois n'existe pas. Quand on est riche on ne met pas tous ses &#339;ufs dans le m&#234;me panier. Les quelque deux millions de travailleurs am&#233;ricains expuls&#233;s de leur logement ont, eux, tout perdu.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Bourse en l&#233;vitation ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Comment gagner du 15 % sur ses placements, si l'investissement productif ne rapporte que du 7 % ? Avec l'argent des autres, &#233;videmment. C'est ce que les &#233;conomistes appellent &lt;em&gt; &#171; effet de levier &#187; &lt;/em&gt;. Pour investir dans la production 1 million d'euros, vous en mettez directement 200 000 de votre poche et 800 000 que vous empruntez &#224; un taux raisonnable aux banques, ou par des obligations vendues aux &#233;pargnants qui n'ont pas vos moyens et se contenteront d'un 5 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'entreprise vous rapporte 70 000 euros (7 % du million) sur lesquels vous reversez 40 000 &#8364; d'int&#233;r&#234;ts aux pr&#234;teurs (5 % de leurs pr&#234;ts). Votre b&#233;n&#233;fice est bien de 30 000 &#8364; sur vos 200 000 de &lt;em&gt; &#171; fonds propres &#187;. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_352 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH556/banquecho-75cee.png?1526449077' width='400' height='556' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;C'est quoi une &#171; Banque centrale &#187; ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une banque centrale g&#232;re la monnaie. C'est la R&#233;serve F&#233;d&#233;rale (la Fed) pour le dollar am&#233;ricain, la Banque centrale europ&#233;enne (BCE) pour l'euro. Son intervention passe par la fabrication des pi&#232;ces et des billets, mais beaucoup plus par des relations avec les banques, et la gestion de la politique de cr&#233;dit en jouant sur les taux d'int&#233;r&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a vu depuis un an de nombreuses interventions des Banques centrales pour pr&#234;ter de l'argent aux banques (un total de 660 milliards d'euros pour la BCE sur le second semestre 2007). &#192; des taux d'int&#233;r&#234;t de plus en plus bas, et &#224; des conditions de plus en plus souples : en pratique, n'importe quelle banque peut venir emprunter la quantit&#233; qu'elle souhaite. Cet argent, pr&#234;t&#233; pour une dur&#233;e allant de un jour &#224; quelques mois, est cr&#233;&#233; par la Banque centrale au moment du pr&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La BCE et la FED sont cens&#233;es &#234;tre &#171; ind&#233;pendantes &#187;, et agir pour le bien-&#234;tre de toute l'&#233;conomie. Comment ? Mais en assurant le bien-&#234;tre des banques !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Actifs toxiques, titres pourris ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qu'un actif pour une banque ? C'est quelque chose qu'elle poss&#232;de qui repr&#233;sente une valeur. Son si&#232;ge social par exemple, ou bien son portefeuille d'actions qu'elle peut revendre. Ou bien une dette que vous contractez aupr&#232;s de cette banque : au fur et &#224; mesure des remboursements, cette dette se convertit en argent. N'oubliez pas que &#171; votre argent les int&#233;resse ! &#187;, que vous &#234;tes une source de revenus pour la banque ! Dans son bilan comptable, elle indiquera donc comme actifs son si&#232;ge social, ses actions ou d'autres &#171; produits financiers &#187; plus complexes, votre dette, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un actif est dit &#171; pourri &#187;, quand il perd tout ou partie de sa valeur... Si la banque se convainc qu'elle ne pourra plus obtenir de vous le remboursement de votre dette et des int&#233;r&#234;ts, votre dette (ou sa &#171; cr&#233;ance &#187;) devient un actif &#171; pourri &#187;. Et comme elle l'a rediffus&#233;e par petits morceaux dans une multitude de titres diss&#233;min&#233;s elle ne sait plus o&#249;, elle a pollu&#233; les finances des acheteurs et vendeurs en cha&#238;ne. D'o&#249; le surnom aussi d'actifs &#171; toxiques &#187;. C'est le cas des cr&#233;dits &#171; subprimes &#187; dont la diffusion paralyse le syst&#232;me bancaire.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Qu'est-ce qui est offert aux banquiers ? &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement am&#233;ricain a annonc&#233; 700 milliards de dollars, Sarkozy 360 milliards d'euros, Merkel 480 milliards d'euros&#8230; Etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, on nous a expliqu&#233; qu'il faudrait distinguer les simples &#171; garanties &#187; &#8211; de l'argent pour l'instant &#171; fictif &#187; &#8211; et ce qui sera effectivement mis sur la table par les &#201;tats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on s'en tient au &#171; cash &#187;, aux &#201;tats-Unis, le Tr&#233;sor am&#233;ricain va acheter dans l'imm&#233;diat 290 milliards de dollars &#171; d'actions pr&#233;f&#233;rentielles &#187; (c'est-&#224;-dire sans droit de vote) de banques et de la soci&#233;t&#233; d'assurance AIG.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la France, il y a d&#233;j&#224; 13 milliards d'euros d'investissements fermes dans les banques. Et 19 milliards de la Caisse des d&#233;p&#244;ts leur ont &#233;t&#233; mis &#224; disposition au nom de l'aide aux PME. Ce petit cash, on le pr&#233;f&#232;rerait pour la S&#233;curit&#233; sociale ou les caisses de retraite. Quant aux 320 milliards &#171; fictifs &#187; de &#171; garantie &#187;&#8230; on les pr&#233;f&#233;rerait pour la garantie de l'emploi et l'interdiction des licenciements !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Combien &#231;a co&#251;te ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats-Unis ont connu dans les ann&#233;es 1980 une crise des caisses d'&#233;pargne o&#249; des centaines d'&#233;tablissements ont fait faillite. Le plan de sauvetage de l'&#201;tat, qui s'est &#233;coul&#233; sur toutes les ann&#233;es 1990, a co&#251;t&#233; finalement au contribuable 124 milliards de dollars, pour un plan initialement annonc&#233; de 50 milliards de dollars.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Caisse des d&#233;p&#244;ts ou tuyau perc&#233; ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La Caisse des d&#233;p&#244;ts est fortement mise &#224; contribution. Cette institution financi&#232;re publique a plusieurs r&#244;les : gestion des livrets A et d'autres livrets d'&#233;pargne, financement du logement social, banque des institutions de s&#233;curit&#233; sociale et des caisses de retraites, pr&#234;ts aux municipalit&#233;s, etc. Cette caisse remplie par de l'&#233;pargne populaire et destin&#233;e en principe aux d&#233;penses sociales, est donc mise all&#233;grement &#224; la disposition des banquiers !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un an, le gouvernement a d&#233;cid&#233; la mise en vente de 140 000 logements HLM, pour faire &lt;em&gt; &#171; une France de propri&#233;taires &#187; &lt;/em&gt;. Sarkozy a annonc&#233; qu'il allait r&#233;duire le nombre de familles pouvant solliciter un HLM pour &lt;em&gt; &#171; lutter contre les abus &#187; &lt;/em&gt; et surtout r&#233;duire les constructions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux banques, on offre copieusement le couvert, aux classes populaires m&#234;me plus un billet de logement ! Et tout cela, avec l'argent d'une caisse aliment&#233;e par les &#233;conomies des &#171; petites gens &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;&#201;tat garant ou recycleur de d&#233;chets ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce ne sont que de simples cautions, r&#233;p&#232;tent en coeur Sarkozy et Lagarde au sujet des 320 milliards de leur plan. En fait, l'&#201;tat a constitu&#233; une &lt;em&gt; Soci&#233;t&#233; de financement de l'&#233;conomie fran&#231;aise &lt;/em&gt; (Sfef), poss&#233;d&#233;e aux deux tiers par les grandes banques fran&#231;aises et pour un tiers par l'&#201;tat : les banques priv&#233;es la contr&#244;lent. L'&#201;tat, lui, apporte la &lt;em&gt; &#171; garantie irr&#233;vocable et inconditionnelle accord&#233;e par la R&#233;publique fran&#231;aise &#187;. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par le relais de cette Sfef, l'argent sera pr&#234;t&#233; aux banques contre des titres mis en gage. C'est le principe de &lt;em&gt; Ma tante &lt;/em&gt;, comme on surnommait famili&#232;rement le Mont de Pi&#233;t&#233; : la banque d&#233;pose des titres &#224; la Sfef, comme vous d&#233;poseriez la bague en or de votre grand-m&#232;re pour obtenir un pr&#234;t. Voil&#224; qui est tr&#232;s s&#251;r, nous dit Michel Camdessus, ancien patron de la Banque de France puis du FMI, nomm&#233; &#224; la t&#234;te de la Sfef. Sauf qu'on a d&#233;j&#224; l'exemple de ce que fait en ce domaine la Banque centrale am&#233;ricaine (la Fed) : accepter en d&#233;p&#244;t de caution des titres de plus en plus douteux, y compris li&#233;s aux cr&#233;dits &lt;em&gt; &#171; subprime &#187; &lt;/em&gt;. Comme si chez &lt;em&gt; Ma tante &lt;/em&gt;, vous vouliez faire passer une bague en toc pour de l'or !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Pr&#234;ts relais ou patate chaude ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat joue dans le montage fran&#231;ais un peu plus qu'un r&#244;le de caution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La version Sarkozy-Lagarde se r&#233;sume &#224; une fable : L'&#201;tat, ou disons A, a un ami B (comme banque, on a les amis qu'on m&#233;rite !) qui n'est pas tr&#232;s solvable (et encore moins de confiance) mais qui a besoin d'emprunter. Aucune banque ne veut pr&#234;ter &#224; B ; ils se connaissent trop bien... Alors A envoie son fils (c'est la Sfef) emprunter de l'argent &#224; la place de B. Il n'a aucun mal &#224; le faire, c'est le fils &#224; papa, et papa a de l'argent. Le v&#244;tre. Il n'y n'a plus qu'&#224; prier le ciel que B rembourse.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Co&#251;t du risque ou go&#251;t du risque ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les soci&#233;t&#233;s financi&#232;res, banques ou assurances, sont expertes en gestion des risques. Vous avez un d&#233;couvert &#224; la banque : c'est un risque pour elle et elle vous fait casquer des agios. Le taux d'int&#233;r&#234;t est &#233;lev&#233;. C'est para&#238;t-il le prix du risque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette fable qui vise &#224; justifier les profits par le risque ne tient pas la route aujourd'hui. Les banques refusent toutes de se pr&#234;ter entre elles, car c'est trop risqu&#233;. Et elles ne trouvent pas de fonds pour consolider leur capital. Quel bourgeois va se risquer &#224; investir dans une banque aujourd'hui ? Reste l'&#201;tat qui nous jure que &#231;a lui reportera un petit int&#233;r&#234;t. Mais pas des agios. En cas de pertes il aura nos imp&#244;ts, et les sacrifices qu'il nous imposera, pour les &#233;ponger. Pas &#233;tonnant que le risque n'ait pas de prix pour lui !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Nationalisation honteuse ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En France, m&#234;me pas. L'&#201;tat fran&#231;ais investit dans six banques en achetant des &#171; titres de dette subordonn&#233;e &#187;. Ces titres au nom barbare sont une esp&#232;ce d'actions r&#233;mun&#233;r&#233;es &#224; taux fixe (8 %, un taux tr&#232;s moyen dans le milieu), mais sans droit de vote. En clair, l'&#201;tat allonge le fric, sans le moindre droit de regard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les actionnaires, l'op&#233;ration est sans douleur. Cela pourrait apporter la stabilit&#233;, mettre leur banque en meilleure position dans la guerre contre les concurrentes, et en soutenir les cours des actions. En cas de faillite l'actionnaire sans droit, l'&#201;tat, perd sa mise. Et dire que la gauche se f&#233;licite que Sarkozy ait retrouv&#233; le chemin des nationalisations !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_351 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L350xH236/taspas-f7778.png?1526449077' width='350' height='236' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Quelles contreparties donnent les banques ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement fran&#231;ais assure que les banques se sont engag&#233;es, en &#233;change de l'aide de l'&#201;tat, &#224; accorder plus de cr&#233;dits aux PME et aux particuliers. Un &lt;em&gt; &#171; m&#233;diateur de cr&#233;dit &#187; &lt;/em&gt; a &#233;t&#233; nomm&#233;, auquel les PME peuvent s'adresser en cas de difficult&#233;. Les banques promettent de &lt;em&gt; &#171; ne pas revenir sur des cr&#233;dits d&#233;j&#224; accord&#233;s, sauf situation exceptionnelle le justifiant &#187;. &lt;/em&gt;Quant au m&#233;diateur, il a pr&#233;cis&#233; qu'il s'engage &#224; &lt;em&gt; &#171; ne jamais demander aux banques des interventions qui leur feraient courir un risque anormal. &#187; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moins c'est clair : personne ne promet rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les fonds ne sont pas perdus pour tout le monde : les banques plus &#224; l'aise en profitent pour grossir en rachetant leurs concurrentes ou des filiales &#224; l'&#233;tranger, profitant des bas prix des actions. BNP Paribas s'est empar&#233;e de Fortis pour 14,5 milliards. Avec les 2,55 milliards qu'elle a demand&#233;s &#224; l'&#201;tat, elle pourra continuer ses emplettes !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Et les ripoux ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Vous avez une maison pay&#233;e 100 000 &#8364;. Mais pas moyen de la revendre, ou alors &#224; un prix ridicule... C'est ce qu'un financier appellerait un &#171; actif pourri &#187;. L'&#201;tat lance un grand plan de reprise des actifs pourris. Ah ah&#8230; vous vous appr&#234;ter &#224; lui montrer que vous l'aviez pay&#233;e 100 000 &#8364;, en lui demandant qu'il vous la rach&#232;te. Trop beau pour &#234;tre vrai ! Le plan de sauvetage n'est pas pour vous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous &#234;tes banquier, vous avez juste un bout de papier attestant que vous avez pr&#234;t&#233; de l'argent &#224; quelqu'un que vous saviez insolvable, en hypoth&#233;quant sa baraque. Vous allez l'en expulser, mais le prix du logement s'est effondr&#233;. C'est un actif pourri digne de respect. Que l'&#201;tat veut bien vous racheter au prix de d&#233;part. Avec notre argent. Entre ripoux !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Alzheimer ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En mati&#232;re de reprise d'actifs pourris (on dit aussi toxiques), l'opinion am&#233;ricaine &#233;tait d&#233;j&#224; vaccin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars dernier, la banque Bear Stearns en faillite a &#233;t&#233; reprise par la banque JP Morgan pour une bouch&#233;e de pain (1,4 milliard de dollars). Mais en ne r&#233;cup&#233;rant de Bear Stearns que ses bonnes affaires. Les 30 milliards de dollars d'actifs pourris de Bear Stearns &#233;taient pris en charge par la banque centrale am&#233;ricaine, la Fed. Si la Fed peut en tirer quelques sous, tant mieux pour elle. Sinon JP Morgan veut bien mettre de sa poche 1/30&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; du montant de la perte. Soit tout au plus un milliard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend que le plan de reprise des actifs pourris du secr&#233;taire d'&#201;tat am&#233;ricain aux finances, Paulson, n'ait pas &#233;t&#233; populaire. Au point que le gouvernement am&#233;ricain a fini par faire marche arri&#232;re. Mais il avait dans sa besace une autre combine : investir dans les banques en difficult&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France aussi on a un pr&#233;c&#233;dent, moins frais dans les m&#233;moires : l'affaire du Cr&#233;dit Lyonnais. L'&#201;tat avait repris &#224; son compte, via une soci&#233;t&#233; cr&#233;&#233;e expr&#232;s, le &lt;em&gt; Consortium de r&#233;alisation &lt;/em&gt;, pour 26 milliards d'actifs douteux de la banque. Au bout de dix ans, il a fini par s'en d&#233;barrasser&#8230; avec une perte finale de 16 milliards !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;C'est quoi, une banque ? &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Aux USA, American Express (cartes de cr&#233;dits et ch&#232;ques voyages) vient de demander et a obtenu le statut de banque. GMAC, sp&#233;cialiste du cr&#233;dit auto, ancienne filiale financi&#232;re de General Motors, frappe aussi &#224; la porte. Les autorit&#233;s am&#233;ricaines se montrent de plus en plus souples sur la d&#233;finition de &#171; banque &#187;. Car il y a de la demande, vu qu'il suffit d'&#234;tre une banque pour recevoir quelques milliards de dollars du Tr&#233;sor, sur demande !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, Renault et Peugeot viennent chacun d'empocher 25 millions de la SFEF ou de la Caisse des d&#233;p&#244;ts, au titre de leurs filiales bancaires parait-il en difficult&#233;. Ce qui ne les emp&#234;chera pas de toucher aussi les millions pr&#233;vus d'aide aux constructeurs au titre des voitures propres.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les 700 milliards de dollars (du plan Paulson), &#231;a fait quoi ?&lt;/h3&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Tout le PIB annuel des Pays-Bas, ou un tiers du PIB fran&#231;ais.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; 2 300 dollars par Am&#233;ricain.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Cent fois les sommes promises au sommet de Rome de juin 2008 pour la faim dans le monde (6,5 milliards de dollars).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Presque un an de budget de l'Education des &#201;tats-Unis.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Mais ce n'est que la moiti&#233; des d&#233;penses militaires mondiales (environ 1 300 milliards de dollars)&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;L'endettement, c'est grave docteur ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#199;a d&#233;pend. Cot&#233; sant&#233; publique ou S&#233;curit&#233; sociale, il parait que c'est mortel. Le &#171; trou de la S&#233;cu &#187; ? Abyssal, mon pauvre ! La gestion de l'&#201;tat ? C'est comme un budget familial : hors de question de s'endetter en permanence, ce serait faire payer nos enfants. Et la France &#233;tait en faillite, disait Fillon il y a un an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il est &#224; ce point indispensable de r&#233;duire les d&#233;ficits ou la dette, le plus simple serait de revenir sur les baisses des tranches sup&#233;rieures d'imp&#244;ts, supprimer les niches fiscales : quelques 73 milliards s'y cachent contre 50 milliards de d&#233;ficit public. Mais vous n'y songez pas ? La m&#233;dication aurait des effets secondaires d&#233;sastreux pour les nerfs de toutes ces bonnes gens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un rem&#232;de pire que le mal, avec lequel l'&#201;tat peut bien vivre, nous explique-t-on aujourd'hui. Car si la dette n'est pas soluble, l'&#201;tat est solvable. La preuve, il vient de d&#233;cider de s'endetter pour sauver les banques. Et, quelques jours apr&#232;s, il en rajoute en cr&#233;ant un &#171; fonds souverain &#187; pour soigner les entreprises cette fois. L&#224; aussi en s'endettant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est qu'ils ont une sant&#233; de cheval, les &#201;tats des pays riches ! &#192; mettre en confiance tous les pr&#234;teurs de la plan&#232;te. Surtout que la dette profite aux pr&#234;teurs, gourmands de bons du Tr&#233;sor, ces placements assez r&#233;mun&#233;rateurs et surtout si s&#251;rs.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'&#201;tat, bon payeur ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#199;a d&#233;pend pour qui ! C'est s&#251;r que l'&#201;tat fran&#231;ais paye sa dette rubis sur l'ongle. Ce qui lui vaut la note maximum pour les agences de notation. Les vacataires du service public qui touchent parfois leur paye avec 3 mois de retard ne seront pas du m&#234;me avis !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;C'est quoi la titrisation, une maladie ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un virus au moins. Qui a donn&#233; la fi&#232;vre &#224; la plan&#232;te capitaliste. Invent&#233;e par les banques pour fournir davantage de cr&#233;dits, la titrisation est le moyen pour elles de revendre &#224; d'autres les cr&#233;dits qu'elles ont d&#233;j&#224; accord&#233;s, en les transformant en titres n&#233;gociables - comme des actions ou des obligations. Avant, un pr&#234;t individuel restait sagement dans le portefeuille de l'organisme pr&#234;teur, jusqu'au remboursement de la somme emprunt&#233;e, immobilisant ainsi ses capitaux. Gr&#226;ce au nouveau cadre de la titrisation, des tas de plusieurs milliers de pr&#234;ts individuels sont empaquet&#233;s et revendus sous le nouvel emballage &#224; des &#171; investisseurs &#187;. Il faut pr&#233;ciser que ces petits paquets m&#234;lent des parts de plusieurs pr&#234;ts diff&#233;rents, noyant aux yeux de l'acheteur des pr&#234;ts peu fiables avec des pr&#234;ts r&#233;put&#233;s s&#251;rs. Bref dans chaque sandwich une petite rondelle de saucisson avari&#233; ! Selon le dosage, beaucoup de pr&#234;ts pourris mais un bon taux d'int&#233;r&#234;t, beaucoup de pr&#234;ts plus fiables mais un petit taux : il y des &#171; produits &#187; &#224; vendre pour tous les go&#251;ts. Les premiers sont surnomm&#233;s &lt;em&gt; &#171; juniors &#187;, &lt;/em&gt; offerts aux risque-tout ; les seconds &lt;em&gt; &#171; seniors &#187;, &lt;/em&gt; pour les p&#233;p&#232;res. &#199;a r&#233;duit les risques en les partageant entre les acqu&#233;reurs, disent les banques. Ou &#231;a les diffuse partout et finit par faire crouler le syst&#232;me. Mais les banques y ont gagn&#233; en commissions qu'elles empochent &#224; l'occasion des reconditionnements. Et elles y ont gagn&#233; aussi d'avoir mis &#171; hors bilan &#187; ces titres, ce qui les autorise &#224; pr&#234;ter encore. La spirale devient infernale quand le march&#233; arrive &#224; saturation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe une multitude d'autres titres plus ing&#233;nieux (ou retors) les uns que les autres mis sur le march&#233;. &lt;em&gt; &#171; Certains &#233;tablissements financiers proposaient &#224; leurs clients des actifs dont la description tenait en un manuel de 150 pages &#187; &lt;/em&gt;pouvait-on lire dans &lt;em&gt; Le Monde &lt;/em&gt; de 10 octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les pigeons de la Bourse, une pand&#233;mie pire que la grippe aviaire.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le Fonds mon&#233;taire international : &#224; quoi &#231;a sert ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dot&#233; d'un budget de 200 milliards de dollars, m&#234;me pas un petit tiers du plan Paulson, le FMI, n'en d&#233;plaise &#224; Sarkozy ou Strauss-Kahn, ne peut jouer qu'un r&#244;le marginal dans la crise actuelle. L'institution internationale du FMI existe depuis 1944 pour g&#233;rer les crises mon&#233;taires et financi&#232;res en fournissant des cr&#233;dits aux &#201;tats. &#192; l'&#233;poque cela visait surtout &#224; aider les bourgeoisies europ&#233;ennes ou japonaises &#224; se remettre en selle et stabiliser leurs monnaies. Depuis les ann&#233;es 1980, par le biais de renflouements somme toute d&#233;risoires, il sert &#224; r&#233;&#233;chelonner la dette des pays pauvres, mais au prix de plans d'aust&#233;rit&#233; d&#233;vastateurs. Petits plans de secours, &#233;norme pouvoir de nuisance !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dernier exemple en date : le FMI vient de pr&#234;ter 12,3 milliards d'euros &#224; la Hongrie. Il exige en &#233;change de la Hongrie une r&#233;duction du secteur public, un gel des salaires et la suspension du treizi&#232;me mois dans la fonction publique, ainsi que pour certains retrait&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une illustration du &#171; socialisme &#187; du pr&#233;sident du Fonds, Dominique Strauss Kahn.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Laurence VINON et Michel CHARVET&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Abolir la dette des pays pauvres ? Chiche !
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		<description>Il serait plus juste de parler de pays en voie de sous d&#233;veloppement que du contraire : les conditions de vie des populations les plus pauvres ne cessent de s'aggraver. En Afrique subsaharienne, la moiti&#233; des habitants est plus pauvre qu'en 1990 et le nombre de personnes vivant dans l'extr&#234;me pauvret&#233; est pass&#233; de 242 &#224; 300 millions au cours des dix derni&#232;res ann&#233;es. Il devrait atteindre les 345 millions selon les pr&#233;visions de la Banque mondiale. Par ailleurs, selon le magasine Forbes, en f&#233;vrier&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Altermondialisation-reforme-ou-revolution-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Altermondialisation : r&#233;forme ou r&#233;volution ?
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Dette-+" rel="tag"&gt;Dette
&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il serait plus juste de parler de pays en voie de sous d&#233;veloppement que du contraire : les conditions de vie des populations les plus pauvres ne cessent de s'aggraver. En Afrique subsaharienne, la moiti&#233; des habitants est plus pauvre qu'en 1990 et le nombre de personnes vivant dans l'extr&#234;me pauvret&#233; est pass&#233; de 242 &#224; 300 millions au cours des dix derni&#232;res ann&#233;es. Il devrait atteindre les 345 millions selon les pr&#233;visions de la Banque mondiale&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Damien Millet et Eric Toussaint, 50 questions 50 r&#233;ponses sur la dette, le (...)' id='nh5-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Par ailleurs, selon le magasine &lt;em&gt;Forbes&lt;/em&gt;, en f&#233;vrier 2002, les 7 plus grosses fortunes du monde repr&#233;sentaient ensemble plus que le PIB total des 49 pays les moins avanc&#233;s, o&#249; vivent 650 millions d'individus !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La dette des pays les plus pauvres rend tout d&#233;veloppement impossible&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La dette de ces Etats envers les pays riches ou leurs banques n'est pas pour rien dans cette situation. Les remboursements qu'ils sont oblig&#233;s d'effectuer chaque ann&#233;e gr&#232;vent lourdement leurs budgets sociaux : dans la p&#233;riode 1992-1997, le Cameroun consacrait 36% de son budget au service de la dette et 4% seulement aux services sociaux&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Source : PNUD, Rapport sur la pauvret&#233; dans le monde 2000' id='nh5-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; ! Chaque ann&#233;e, 382 milliards de dollars quittent les pays pauvres au titre du remboursement de la dette, alors qu'une somme de 80 milliards de dollars par an pendant 10 ans suffirait pour assurer &#224; la totalit&#233; de leurs populations une alimentation d&#233;cente, l'acc&#232;s &#224; l'eau potable, l'&#233;ducation primaire et l'acc&#232;s aux soins m&#233;dicaux de base&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-3' class='spip_note' rel='appendix' title='Source : idem' id='nh5-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_69 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L320xH261/fmi-dettes-af169.gif?1528005966' width='320' height='261' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces emprunts ont conduit les pays pauvres dans une spirale sans fin de remboursements. Il y a bien longtemps qu'ils ont rembours&#233; plusieurs fois l'&#233;quivalent des sommes emprunt&#233;es. Mais ils continuent &#224; en payer les int&#233;r&#234;ts et ils sont contraints pour cela d'emprunter &#224; nouveau&#8230; Pour un dollar d&#251; en 1980, les pays sous-d&#233;velopp&#233;s ont rembours&#233; 7,5 dollars mais doivent encore 4 dollars&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-4' class='spip_note' rel='appendix' title='Damien Millet et Eric Toussaint, 50 questions 50 r&#233;ponses sur la dette, le (...)' id='nh5-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; ! Une rente pour la bourgeoisie des pays imp&#233;rialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laquelle dispose d'un huissier efficace : le FMI. Sous pr&#233;texte d'aider les pays pauvres &#224; rembourser, ses &#171; plans d'ajustement structurel &#187; visent surtout &#224; accro&#238;tre leur d&#233;pendance, et r&#233;duisent &#224; n&#233;ant leurs maigres moyens pour sortir du sous-d&#233;veloppement : la privatisation du secteur public avec des licenciements &#224; la cl&#233;, la r&#233;duction des d&#233;penses de sant&#233; et d'&#233;ducation, ou la suppression des barri&#232;res douani&#232;res dans les pays pauvres pour les rendre plus vuln&#233;rables &#224; la concurrence des produits venant des pays riches font partie des recettes les plus couramment utilis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Quelle campagne pour l'annulation de la dette ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La plupart des associations partie prenante du mouvement altermondialisation se sont content&#233;es jusqu'&#224; pr&#233;sent de participer &#224; la campagne dite du &#171; Jubil&#233; 2000 &#187; dont l'objectif fut des plus modeste : demander aux dirigeants des pays riches de bien vouloir annuler les seules &#171; dettes non recouvrables &#187;, selon une tradition remontant para&#238;t-il &#224; l'Ancien Testament&#8230; Cela ne mange pas beaucoup de pain, et d'ailleurs depuis 1996 le FMI lui-m&#234;me a pris l'initiative d'annoncer &#224; grand renfort de publicit&#233; son intention d'annuler une partie de la dette publique pour les pays les plus pauvres : en fait quelques pays tri&#233;s sur le volet ont eu droit &#224; quelques infimes all&#233;gements, apr&#232;s un v&#233;ritable parcours du combattant et apr&#232;s avoir accept&#233;s de nouvelles mesures d'ajustement structurel. En fait &#171; d'annulation &#187;, cela repr&#233;sente en g&#233;n&#233;ral pas plus de 10 % de la dette publique, en laissant intacte l'&#233;norme fardeau des dettes priv&#233;es contract&#233;es aupr&#232;s des banques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres courants se voulant plus radicaux comme le CADTM (Comit&#233; pour l'annulation de la dette du Tiers-Monde, proche d'Attac) exigent l'annulation totale. Mais comment y parvenir ? Le premier probl&#232;me est &#233;videmment politique. Qui prendrait l'initiative d'un &#171; front du refus &#187; : de bons dirigeants de gauche, progressistes, comme Lula ? On voit ce qu'il en est aujourd'hui ! Ou la solution serait-elle de &#171; faire pression &#187; gr&#226;ce au &#171; mouvement citoyen &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule fois dans l'histoire du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle o&#249; la dette d'un pays pauvre (et une dette d'ailleurs colossale pour l'&#233;poque) a &#233;t&#233; radicalement annul&#233;e ce fut en Russie en 1917, c'est &#224; dire &#224; la suite d'une r&#233;volution prol&#233;tarienne, communiste, qui entendait bien faire table rase non seulement des dettes mais du capitalisme, en Russie et dans le monde ! Une perspective que refusent la plupart des organisations du mouvement altermondialisation, m&#234;me les plus radicales, en expliquant que ce ne serait pas &#171; r&#233;aliste &#187;. Mais qu'est-ce qui est r&#233;aliste en la mati&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;En finir avec le capitalisme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Et puis m&#234;me dans l'hypoth&#232;se, bien improbable tant que cela d&#233;pendra de la bonne volont&#233; des pr&#234;teurs, que cette dette soit annul&#233;e, quelles cons&#233;quences si par ailleurs le monde reste en l'&#233;tat ? La litt&#233;rature publi&#233;e par Attac ou d'autres est plut&#244;t ambigu&#235; : le sous-d&#233;veloppement semble li&#233; au seul probl&#232;me de la dette, comme si le fait de remettre le compteur &#224; z&#233;ro devait permettre de repartir -d&#233;finitivement- d'un bon pied. Or le sous-d&#233;veloppement a une longue histoire qui est celle de la domination de l'imp&#233;rialisme bouleversant en profondeur l'&#233;conomie et la soci&#233;t&#233; des pays domin&#233;s. L'aspect financier ne repr&#233;sente qu'une partie de la question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il dans ces conditions envisager d'autres mesures compl&#233;mentaires ? Sans doute. Mais, toujours dans le cadre du capitalisme, elles semblent assez illusoires. Une hausse du prix des produits agricoles n'irait pas forc&#233;ment grossir les revenus des petits paysans, et les multinationales charg&#233;es de la commercialisation seraient sans aucun doute les premi&#232;res &#224; tirer leur &#233;pingle du jeu. En ce qui concerne les mati&#232;res premi&#232;res, la hausse des cours du p&#233;trole obtenue par l'Opep en 1974 montre que cela n'a pas suffit pour am&#233;liorer les conditions de vie des populations des pays producteurs&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-5' class='spip_note' rel='appendix' title='Convergences r&#233;volutionnaires n&#176; 24 : le p&#233;trole, une chance pour le (...)' id='nh5-5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Les bourgeoisies locales se sont enrichies et les groupes p&#233;troliers se sont rattrap&#233;s sur les profits &#224; la distribution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'application de &#171; normes sociales &#187;, il est &#233;vident -dans le cadre &#233;conomique actuel- que cela ne pourrait servir que de pr&#233;texte &#224; un ensemble de mesures protectionnistes favorisant les int&#233;r&#234;ts de certains industriels aux d&#233;pens d'autres, et non &#224; offrir &#224; l'ensemble de la population au Nord comme au Sud des conditions de vie et de travail convenables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est bien le probl&#232;me : annuler la dette des pays du Tiers-Monde, imm&#233;diatement et sans condition, nous sommes pour ; cr&#233;er les conditions d'un v&#233;ritable d&#233;veloppement &#233;conomique aussi ! Mais on voit mal comment cela serait possible sans renverser le capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lydie GRIMAL&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb5-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-1' class='spip_note' title='Notes 5-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Damien Millet et Eric Toussaint, 50 questions 50 r&#233;ponses sur la dette, le FMI et la Banque mondiale, &#233;ditions Syllepse&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-2' class='spip_note' title='Notes 5-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Source : PNUD, Rapport sur la pauvret&#233; dans le monde 2000&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-3' class='spip_note' title='Notes 5-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Source : idem&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-4' class='spip_note' title='Notes 5-4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Damien Millet et Eric Toussaint, 50 questions 50 r&#233;ponses sur la dette, le FMI et la Banque mondiale, calculs d'apr&#232;s des donn&#233;es de la Banque mondiale&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-5' class='spip_note' title='Notes 5-5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Convergences r&#233;volutionnaires n&#176; 24 : le p&#233;trole, une chance pour le d&#233;veloppement ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> L'&#233;tau de la dette
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/L-etau-de-la-dette</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Dette
</dc:subject>
		<dc:subject>Imp&#233;rialisme
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		<dc:subject>Afrique
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		<dc:subject>Monde
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		<description>Alors que les richesses mondiales ont &#233;t&#233; multipli&#233;es par 7,5 depuis 1960, l'Afrique s'enfonce toujours plus dans la pauvret&#233; et les in&#233;galit&#233;s se creusent inlassablement. &lt;br /&gt;Y aurait-il une fatalit&#233; ? &lt;br /&gt;Comment expliquer que ce continent ne parvienne pas &#224; sortir du sous-d&#233;veloppement alors m&#234;me qu'il ne cesse de b&#233;n&#233;ficier d'une Aide Publique au D&#233;veloppement (APE) dont s'honorent la communaut&#233; internationale et la politique de coop&#233;ration fran&#231;aise depuis les ind&#233;pendances ? &lt;br /&gt;Il ne s'agit pas ici&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Alors que les richesses mondiales ont &#233;t&#233; multipli&#233;es par 7,5 depuis 1960, l'Afrique s'enfonce toujours plus dans la pauvret&#233; et les in&#233;galit&#233;s se creusent inlassablement.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Y aurait-il une fatalit&#233; ? &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Comment expliquer que ce continent ne parvienne pas &#224; sortir du sous-d&#233;veloppement alors m&#234;me qu'il ne cesse de b&#233;n&#233;ficier d'une Aide Publique au D&#233;veloppement (APE) dont s'honorent la communaut&#233; internationale et la politique de coop&#233;ration fran&#231;aise depuis les ind&#233;pendances ?&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Il ne s'agit pas ici d'expliquer les raisons profondes du sous-d&#233;veloppement de l'Afrique mais de comprendre comment ces anciennes colonies, malgr&#233; leur ind&#233;pendance politique formelle, sont toujours maintenues sous la domination de leurs ex m&#233;tropoles et de la France en particulier &#224; travers, entre autre, le m&#233;canisme de la dette.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s deux d&#233;cennies de politiques &#233;conomiques concoct&#233;es par le Fond Mon&#233;taire International (FMI) et la Banque Mondiale (BM), la dette du Tiers Monde a quadrupl&#233;, bien qu'elle ait &#233;t&#233; rembours&#233;e cinq fois pendant cette p&#233;riode. Le service de la dette, c'est-&#224;-dire les int&#233;r&#234;ts, des Pays En D&#233;veloppement (PED) pour 1999 atteint 350 milliards de dollars, soit sept fois plus que l'Aide Publique au D&#233;veloppement (APD) re&#231;ue durant la m&#234;me p&#233;riode ! A un point tel que le transfert net (diff&#233;rence entre les pr&#234;ts re&#231;us et les remboursements) est largement n&#233;gatif pour les pays en d&#233;veloppement : 114 milliards de dollars en 1999 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Afrique consacre pr&#232;s de 40% de son budeet &#224; sa dette ext&#233;rieure. La crise de la dette des ann&#233;es 1980 va permettre au FMI et &#224; la BM de faire appliquer dans toute l'Afrique, en &#233;change de nouveaux pr&#234;ts permettant... le remboursement de la dette, des Plans d'Ajustement Structurels (PAS) : ceux-ci imposent des privatisations massives, le contr&#244;le des d&#233;penses publiques (licenciements massifs dans la fonction publique, d&#233;mant&#232;lement de l'&#233;ducation, de la sant&#233;, de l'agriculture...) et une politique bas&#233;e sur quelques produits d'exportation. Ainsi le Cameroun consacre 36% de son budget au remboursement de sa dette&#8230; pour 4% seulement pour les services sociaux de base !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;&#171; La d&#233;t&#233;rioration des termes de l'&#233;change &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le Tiers Monde et l'Afrique en particulier sont pris dans le carcan d'institutions internationales charg&#233;es de r&#233;guler le syst&#232;me capitaliste mondial et &#224; l'int&#233;rieur desquelles la France p&#232;se de tout son poids de cinqui&#232;me puissance &#233;conomique mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La place qui a &#233;t&#233; d&#233;volue &#224; l'Afrique est caricaturale : exporter vers le Nord quelques mati&#232;res premi&#232;res et importer du Nord les technologies, les produits manufactur&#233;s et une partie des c&#233;r&#233;ales de base. Or, les termes de ces &#233;changes entre Nord et Afrique sont de loin d&#233;favorables &#224; cette derni&#232;re, puisque depuis les ann&#233;es 80 et hormis quelques rares exceptions (comme le boom passager du cacao et du caf&#233; en 1995-1996), les prix des mati&#232;res premi&#232;res n'ont cess&#233; de baisser plus rapidement que les prix des produits manufactur&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1980, la valeur du panier des produits export&#233;s par l'Afrique a ainsi perdu la moiti&#233; de sa valeur face aux produits import&#233;s : le d&#233;ficit commercial de l'Afrique subsaharienne passe de 600 millions de dollars en 1990 &#224; 11,5 milliards en 1996, presque vingt fois plus en six ans ! Les pays doivent emprunter pour payer leurs importations, ce qui augmente leur dette ext&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le protectionnisme du Nord &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En vertu de l'accord de l'OMC sur l'agriculture, les pays en d&#233;veloppement sont tenus d'abaisser leurs tarifs douaniers et de r&#233;duire les subventions vers&#233;es &#224; leur secteur agricole. Mais &#224; l'oppos&#233;, les pays riches ont recours &#224; des obstacles pour limiter l'entr&#233;e des exportations du Sud. Parall&#232;lement, les exemptions existantes de l'OMC permettent aux pays riches de fournir un soutien direct des revenus aux producteurs agricoles : quelque 350 milliards de dollars annuels ! Les productions subventionn&#233;es du Nord envahissent donc les march&#233;s africains au d&#233;triment des productions locales. Ce d&#233;s&#233;quilibre entra&#238;ne des pertes annuelles de 700 milliards de dollars au titre des recettes d'exportation pour les pays en d&#233;veloppement (PED), dont la majorit&#233; sont e Afrique subsaharienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lupita RODRIGUEZ&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> L'annulation de la dette des pays pauvres tr&#232;s endett&#233;s (PPTE) : &#171; beaucoup de bruit pour rien ! &#187;
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/L-annulation-de-la-dette-des-pays-pauvres-tres-endettes-PPTE-beaucoup-de-bruit</link>
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		<dc:subject>Dette
</dc:subject>
		<dc:subject>Monde
</dc:subject>

		<description>Depuis le d&#233;p&#244;t d'une p&#233;tition de 17 millions de signatures au sommet du G7 (regroupe les 7 pays les plus puissants &#233;conomiquement) de Cologne par la &#171; coalition Jubil&#233; 2000 &#187; en faveur de l'annulation de la dette du Tiers Monde, les effets d'annonce se sont multipli&#233;s, les m&#233;dias annon&#231;ant 90% et m&#234;me 100% d'annulation de la dette des pays pauvres. &lt;br /&gt;Qu'en est-il vraiment ? &lt;br /&gt;Parmi les d&#233;tenteurs de la dette ext&#233;rieure, seuls les &#201;tats du Club de Paris sont concern&#233;s pour n&#233;gocier l'all&#233;gement de la dette des&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis le d&#233;p&#244;t d'une p&#233;tition de 17 millions de signatures au sommet du G7 (regroupe les 7 pays les plus puissants &#233;conomiquement) de Cologne par la &#171; &lt;em&gt;coalition Jubil&#233; 2000&lt;/em&gt; &#187; en faveur de l'annulation de la dette du Tiers Monde, les effets d'annonce se sont multipli&#233;s, les m&#233;dias annon&#231;ant 90% et m&#234;me 100% d'annulation de la dette des pays pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Qu'en est-il vraiment ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Parmi les d&#233;tenteurs de la dette ext&#233;rieure, seuls les &#201;tats du Club de Paris sont concern&#233;s pour n&#233;gocier l'all&#233;gement de la dette des PPTE. Aucune mesure allant dans ce sens n'est envisag&#233;e par les institutions priv&#233;es (banques...) ou les institutions multilat&#233;rales (FMI ou BM). Or, dans l'&#233;crasante majorit&#233; des &#201;tats d'Afrique subsaharienne, les dettes multilat&#233;rales repr&#233;sentent entre 30 et 75% du total. D'autre part, ne sera pris en consid&#233;ration que le montant de la dette avant tout r&#233;&#233;chelonnement (report du paiement de la dette et/ou des int&#233;r&#234;ts). Comme l'explique E.Toussaint dans Le Monde Diplomatique de septembre 99 : &#171; &lt;em&gt;Prenons un exemple th&#233;orique : un pays africain doit 3 milliards de dollars, 2 milliards &#224; la BM et au FMI, 800 millions aux &#201;tats du Club de Paris, 200 millions &#224; des banques priv&#233;es du Nord.(...) On ne prend en consid&#233;ration que les 800 millions et [dans ce montant], seulement le montant d&#251; avant tout r&#233;&#233;chelonnement. (...) En 1985, (...) la dette consid&#233;r&#233;e s'&#233;levait &#224; 300 millions.(...) Si l'on portait le taux d'annulation &#224; 90% comme promis &#224; Cologne en juin 1999, cela donnerait 270 millions d'annulation, soit une r&#233;duction r&#233;elle de dette de... 9% !&lt;/em&gt; &#187;. Par exemple, la Tanzanie ne verrait son service de la dette diminuer que de 7%. Au total, l'all&#233;gement de la dette repr&#233;sente moins de 2% de l'ensemble de la dette du Tiers-monde !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, l'acc&#232;s &#224; un all&#233;gement est conditionn&#233; &#224; l'application de &#171; r&#233;formes d'ajustement &#187;. Bien que rebaptis&#233;es &#171; &lt;em&gt;cadre strat&#233;gique de lutte contre la pauvret&#233;&lt;/em&gt; &#187;, les r&#233;formes &#233;conomiques restent les m&#234;mes que celles appliqu&#233;es jusqu'ici au sein des programmes d'ajustement structurel... r&#233;formes dont on conna&#238;t les ravages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L.P.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Les usuriers des temps modernes
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Finance
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		<description>Au milieu des ann&#233;es soixante-dix, lors de la grande r&#233;cession &#233;conomique, les Etats cherchaient de nouveaux d&#233;bouch&#233;s et les banques disposaient d'une masse de capitaux. Ils consentirent aux pays du Sud des pr&#234;ts &#224; des taux d'int&#233;r&#234;t tr&#232;s faibles assortis d'exigences de productions exportables et de grands travaux donnant des d&#233;bouch&#233;s aux pays industriels. &lt;br /&gt;La dette du Sud &lt;br /&gt;En quelques ann&#233;es la dette de ces pays a atteint 500 milliards de dollars. En 1979, l'augmentation brutale des taux d'int&#233;r&#234;t&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Dette-+" rel="tag"&gt;Dette
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au milieu des ann&#233;es soixante-dix, lors de la grande r&#233;cession &#233;conomique, les Etats cherchaient de nouveaux d&#233;bouch&#233;s et les banques disposaient d'une masse de capitaux. Ils consentirent aux pays du Sud des pr&#234;ts &#224; des taux d'int&#233;r&#234;t tr&#232;s faibles assortis d'exigences de productions exportables et de grands travaux donnant des d&#233;bouch&#233;s aux pays industriels.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La dette du Sud&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En quelques ann&#233;es la dette de ces pays a atteint 500 milliards de dollars. En 1979, l'augmentation brutale des taux d'int&#233;r&#234;t d&#233;cid&#233;e par la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale am&#233;ricaine a fait augmenter de fa&#231;on vertigineuse les int&#233;r&#234;ts &#224; payer (le service de la dette), faisant entrer tous ces pays dans un &#233;tat de d&#233;pendance accrue. De 1982 &#224; 1998, les pays de la p&#233;riph&#233;rie ont rembours&#233; plus de quatre fois le capital de leur dette. Mais les pr&#234;ts leur sont toujours faits &#224; des taux exorbitants (de 10 &#224; 15 % quand les pays du Nord obtiennent des pr&#234;ts &#224; 5 %).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le PNUD (Programme des Nations unies pour le d&#233;veloppement), les pays &#171; en voie de d&#233;veloppement &#187; connaissent aujourd'hui un revenu par habitant inf&#233;rieur &#224; ce qu'il &#233;tait il y a 10, 20, voire 30 ans : &#171; &lt;em&gt;1,6 milliards d'individus vivent plus mal qu'au d&#233;but des ann&#233;es 80&lt;/em&gt; &#187; ! Et pourtant, dans les cinquante derni&#232;res ann&#233;es, le Produit int&#233;rieur brut mondial par habitant a plus que tripl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les capitalistes ne se sont pas content&#233;s de faire payer leur crise aux populations du Tiers monde. La paup&#233;risation au Nord s'est d&#233;velopp&#233;e elle aussi : 47 millions d'Am&#233;ricains n'ont pas d'assurance maladie. Dans l'Europe des quinze, soixante millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvret&#233;. En Europe de l'Est leur nombre est pass&#233; de 14 millions en 1988 &#224; 119 millions en 1994.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La concentration des richesses&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, ce qu'on appelle la financiarisation du capitalisme, pendant de la mondialisation, est une concentration encore plus grande des richesses. Au Sud, elle se r&#233;alise par des politiques &#171; d'ajustement structurel &#187; qui font payer la dette aux paysans et aux populations urbaines, au Nord par l'augmentation du ch&#244;mage, la flexibilisation du travail et la r&#233;duction des services sociaux. Toujours selon les Nations unies, les trois personnes les plus riches du monde additionnent un revenu d&#233;passant le PIB cumul&#233; des 48 pays les plus pauvres. Mais cette concentration ne leur suffit pas.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La bulle financi&#232;re&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les flux financiers, les &#233;changes de capital, ont toujours &#233;t&#233; une caract&#233;ristique du syst&#232;me capitaliste. Avant les ann&#233;es 1980, ils servaient essentiellement &#224; des r&#232;glements commerciaux ou &#224; des transferts de capitaux destin&#233;s &#224; &#234;tre investis : le volume mondial quotidien se situait entre 10 et 20 milliards de dollars. Aujourd'hui le march&#233; des changes internationaux est mille fois sup&#233;rieur : 2000 milliards de dollars par jour. Il s'agit &#224; 90 % d'op&#233;rations purement sp&#233;culatives sur les monnaies ou d'achats et de reventes d'actions le plus souvent en moins de sept jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La recherche de profits sup&#233;rieurs &#224; ce qu'assurerait un placement durable dans l'investissement est &#233;videmment la cause de ce changement.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le r&#244;le des fonds d'investissement&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans la suite de la crise de 1929, apr&#232;s la seconde guerre mondiale, les capitalistes avaient mis sur pied un contr&#244;le du cr&#233;dit, de l'investissement et de son assurance par les Etats et les banques. Ils ont peu &#224; peu laiss&#233; la place aux investisseurs institutionnels, des industriels du placement, des grandes compagnies d'assurances, des banques, des grandes entreprises multinationales et des fonds de pension dans lesquels sont plac&#233;s les capitaux li&#233;s au financement des retraites (ces fonds d&#233;tiennent entre 35 et 40 % de la capitalisation boursi&#232;re fran&#231;aise).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il serait faux de penser qu'il y a un &#171; bon capital &#187;, celui qui est investi dans l'entreprise et un &#171; mauvais &#187;, celui qui sp&#233;cule au jour le jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord parce que les entreprises alimentent ces fonds d'investissement avec leur &#233;pargne (en France 100 milliards de francs par an depuis 1993). Ensuite ce sont ces fonds qui dictent leur loi aux entreprises par des chartes de &lt;em&gt;corporate governance&lt;/em&gt; (gouvernement d'entreprise) qui exigent pour les actionnaires des rentabilit&#233;s imm&#233;diates de plus de 10 % l'an, sans commune mesure avec les taux de croissance enregistr&#233;s. Cela se traduit automatiquement par de faibles salaires, l'augmentation de la flexibilit&#233;, des licenciements.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La dette du Nord&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ces usuriers des temps modernes ont &#233;galement mis la main sur les emprunts que font les Etats pour boucler leur budget.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;canique est simple : les profits des entreprises, les revenus du capital sont de moins en moins tax&#233;s. L'Etat emprunte justement &#224; ceux-l&#224; : c'est un transfert de plus vers les poss&#233;dants. Comme le dit cyniquement l'OCDE : &#171; &lt;em&gt;En raison de la mobilit&#233; accrue des investissements fixes et des investissements financiers, il peut se r&#233;v&#233;ler n&#233;cessaire d'all&#233;ger la taxation des revenus du capital. Ainsi la majeure partie de l'imp&#244;t retombera sur le travail qui est le facteur le moins mobile&lt;/em&gt; &#187;. Sans commentaire !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un grain de sable&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Certains ultra-lib&#233;raux voudraient eux-m&#234;mes ralentir la machine. Alan Greenspan, pr&#233;sident de la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale am&#233;ricaine, accumule les d&#233;clarations alarmistes, assimilant le syst&#232;me financier &#224; un paquebot qui fonce vers le quai &#224; plein r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1978, James Tobin, conseiller &#233;conomique &#224; la Maison Blanche et prix Nobel avait propos&#233; une taxe minime (de 0,1 &#224; 0,25 %) sur les transactions financi&#232;res pour mettre, selon ses termes &#171; un grain de sable &#187; dans les rouages de la sp&#233;culation. Tobin qui n'a rien d'un r&#233;volutionnaire proposait de confier la gestion des sommes d&#233;gag&#233;es, de l'ordre de 230 milliards de dollars par an, au FMI et &#224; la Banque mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais m&#234;me ce grain de sable semble aussi dur &#224; supporter que le pois sous les vingt matelas de la princesse du conte d'Andersen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Laurent CARASSO&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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