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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskyste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> Syriza, du gouvernement &#171; anti-aust&#233;rit&#233; &#187; au reniement
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		<dc:subject>Syriza
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		<dc:subject>Aust&#233;rit&#233;
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		<description>Suite &#224; la d&#233;mission d'Al&#233;xis Ts&#237;pras le 20 ao&#251;t dernier, de nouvelles &#233;lections ont eu lieu dimanche 20 septembre. Avec 35,47 % des suffrages exprim&#233;s, Syriza devance la droite de Nouvelle d&#233;mocratie de quelque 7 %. Ts&#237;pras a obtenu 145 d&#233;put&#233;s, soit 4 de moins qu'au lendemain des &#233;lections de janvier, et n'a donc toujours pas la majorit&#233; absolue (151 si&#232;ges) : il a reconduit la coalition avec le parti de droite souverainiste Anel de P&#225;nos Kamm&#233;nos. &lt;br /&gt;Ts&#237;pras s'&#233;tait fait &#233;lire en janvier dernier en&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Suite &#224; la d&#233;mission d'Al&#233;xis Ts&#237;pras le 20 ao&#251;t dernier, de nouvelles &#233;lections ont eu lieu dimanche 20 septembre. Avec 35,47 % des suffrages exprim&#233;s, Syriza devance la droite de Nouvelle d&#233;mocratie de quelque 7 %. Ts&#237;pras a obtenu 145 d&#233;put&#233;s, soit 4 de moins qu'au lendemain des &#233;lections de janvier, et n'a donc toujours pas la majorit&#233; absolue (151 si&#232;ges) : il a reconduit la coalition avec le parti de droite souverainiste Anel de P&#225;nos Kamm&#233;nos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ts&#237;pras s'&#233;tait fait &#233;lire en janvier dernier en promettant de sortir de la politique d'aust&#233;rit&#233;. La majorit&#233; de la population avait massivement confirm&#233; son choix du refus de l'aust&#233;rit&#233; au r&#233;f&#233;rendum organis&#233; par Ts&#237;pras en juillet dernier. Une semaine plus tard, Ts&#237;pras reniait ses engagements pr&#233;c&#233;dents en signant le &#171; troisi&#232;me m&#233;morandum &#187;, le pire qui ait jamais &#233;t&#233; impos&#233; &#224; la population d&#233;j&#224; saign&#233;e par les pr&#233;c&#233;dents plans de &#171; sauvetage &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce reniement de Ts&#237;pras avait provoqu&#233; une fronde dans les rangs m&#234;mes de Syriza, les frondeurs ayant par la suite scissionn&#233; de Syriza pour cr&#233;er l'Unit&#233; populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lendemain de la victoire de Ts&#237;pras aux &#233;lections de septembre, les dirigeants europ&#233;ens de tous bords se sont r&#233;jouis &#8211; ils se seraient d'ailleurs tout autant r&#233;jouis de la victoire de la droite puisque n'&#233;taient de toute fa&#231;on plac&#233;s en situation de gouverner que des partis d&#233;cid&#233;s &#224; mettre en &#339;uvre la politique impos&#233;e par l'Union europ&#233;enne. Tous se sont f&#233;licit&#233;s de la faiblesse du score obtenu par l'Unit&#233; populaire &#8211; 2,86 % et aucun &#233;lu. Les dirigeants europ&#233;ens voient donc dans ces r&#233;sultats la r&#233;signation du peuple grec, ce qui ne peut que les encourager &#224; accentuer les attaques qu'ils m&#232;nent contre les travailleurs, non seulement en Gr&#232;ce mais dans tous les pays de l'Union europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cependant ignorer un peu vite la progression de l'abstention. De 37,5 % lors des &#233;lections de janvier et du r&#233;f&#233;rendum de juillet, elle est pass&#233;e &#224; 43,4 % cette fois-ci. En maintenant son score en pourcentage, Syriza a ainsi perdu plus de 300 000 voix depuis le mois de janvier, sur deux millions. Au total, les partis pro-m&#233;morandum ont perdu 800 000 voix en sept mois, davantage que la progression de l'abstention. Une partie significative des travailleurs et de la jeunesse qui avaient des illusions &#233;lectorales les ont perdues et rien ne dit que les jeunes et les travailleurs grecs sont r&#233;sign&#233;s, en tout cas vont le rester durablement. Les dirigeants de l'Unit&#233; populaire &#8211; parmi lesquels d'anciens ministres de Ts&#237;pras &#8211; ne peuvent proposer que la politique qu'a men&#233;e Ts&#237;pras avant son reniement... et qui s'&#233;tait de toute fa&#231;on av&#233;r&#233;e impuissante &#224; desserrer l'&#233;tau de l'aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela rend d'autant plus n&#233;cessaire pour les r&#233;volutionnaires de construire des partis se battant sous leur propre drapeau, refusant tout repli ou toute &#171; solution &#187; nationaliste et mettant au contraire en avant un programme de luttes pour les travailleurs, non seulement en Gr&#232;ce mais dans ces pays europ&#233;ens o&#249; les dirigeants pensent avoir les mains libres... Si, demain, un r&#233;veil de la jeunesse jette dans les rues des centaines de milliers de jeunes et s'av&#232;re susceptible d'entra&#238;ner les travailleurs, les r&#233;volutionnaires ne pourront y jouer un r&#244;le que s'ils ont d&#233;fendu leur propre politique avant. C'est vrai en Gr&#232;ce comme ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce qu'un tel r&#233;veil se produira bient&#244;t ? Personne n'en sait &#233;videmment rien. Mais c'est la seule hypoth&#232;se qui vaille pour d&#233;finir la politique des r&#233;volutionnaires aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;23 septembre 2015&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_886 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L450xH316/grece1-3-18764.png?1526747701' width='450' height='316' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Les travailleurs grecs et Syriza : les illusions perdues ?
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		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Les-travailleurs-grecs-et-Syriza-les-illusions-perdues</link>
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		<dc:subject>Gr&#232;ce
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		<dc:subject>Aust&#233;rit&#233;
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		<description>La gauche a derri&#232;re elle une longue histoire de trahison des int&#233;r&#234;ts des travailleurs qu'elle pr&#233;tend d&#233;fendre. Mais la rapidit&#233; avec laquelle le &#171; gouvernement anti-aust&#233;rit&#233; &#187; de Syriza s'est converti en chambre d'enregistrement des exigences des financiers en dit long sur la p&#233;riode et sur les t&#226;ches des r&#233;volutionnaires. Long sur la f&#233;rocit&#233; des app&#233;tits de la bourgeoisie qui ne laisse aucune marge de man&#339;uvre dans la crise. Mais long aussi sur l'impuissance des courants de gauche ou de gauche de la&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La gauche a derri&#232;re elle une longue histoire de trahison des int&#233;r&#234;ts des travailleurs qu'elle pr&#233;tend d&#233;fendre. Mais la rapidit&#233; avec laquelle le &#171; gouvernement anti-aust&#233;rit&#233; &#187; de Syriza s'est converti en chambre d'enregistrement des exigences des financiers en dit long sur la p&#233;riode et sur les t&#226;ches des r&#233;volutionnaires. Long sur la f&#233;rocit&#233; des app&#233;tits de la bourgeoisie qui ne laisse aucune marge de man&#339;uvre dans la crise. Mais long aussi sur l'impuissance des courants de gauche ou de gauche de la gauche, qui se sont refait une sant&#233; dans quelques pays europ&#233;ens comme l'ont montr&#233; la progression de Podemos en Espagne ou l'&#233;lection de Jeremy Corbyn &#224; la t&#234;te du Labour anglais.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Syriza &#233;lu sur programme light&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Lors des &#233;lections l&#233;gislatives du 25 janvier dernier, Syriza est devenue la premi&#232;re force politique de Gr&#232;ce, avec plus de deux millions de voix (sur moins de 10 millions d'&#233;lecteurs). Depuis le premier plan d'aust&#233;rit&#233;, ou m&#233;morandum, impos&#233; en mai 2010, la Gr&#232;ce avait &#233;t&#233; successivement gouvern&#233;e par les socialistes du Pasok, aujourd'hui largement discr&#233;dit&#233;s &#8211; ils ont obtenu 6,3 % aux derni&#232;res &#233;lections l&#233;gislatives &#8211;, un gouvernement dit &#171; technique &#187; dirig&#233; par le banquier Papad&#233;mos, et une grande coalition regroupant les conservateurs de la Nouvelle d&#233;mocratie (ND) et le Pasok.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La victoire &#233;lectorale de Syriza &#8211; pr&#233;sent&#233; en Gr&#232;ce comme en France comme un parti d'extr&#234;me gauche, et qui apparaissait s&#251;rement comme tel aux nombreux travailleurs qui ont vot&#233; pour lui &#8211; s'est donc produite dans un contexte de valse des gouvernements, de crise politique des vieux partis, us&#233;s par la mise en application brutale des m&#233;morandums sign&#233;s &#224; Bruxelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En votant Syriza malgr&#233; les cris d'orfraie des politiciens, des capitalistes, des m&#233;dias grecs et europ&#233;ens, la population grecque a signifi&#233; son refus des plans d'aust&#233;rit&#233; qui s'&#233;taient abattus sur elle depuis 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant sa campagne &#233;lectorale de janvier 2015, Al&#233;xis Ts&#237;pras, le principal dirigeant de Syriza, avait donc tap&#233; sur ce clou. Quelques mesures phares &#233;taient avanc&#233;es : revenir sur les privatisations, ramener le Smic &#224; son niveau de 2010, c'est-&#224;-dire 700 euros, et r&#233;tablir l'&#233;lectricit&#233; aux foyers pauvres chez qui elle avait &#233;t&#233; coup&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour financer la fin de l'aust&#233;rit&#233;, Ts&#237;pras avait annonc&#233; une grande lutte contre la corruption et l'&#233;vasion fiscale. Pas question de s'en prendre aux profits de la bourgeoisie ! Au contraire, ses discours se coloraient de plus en plus d'une tonalit&#233; d'unit&#233; nationale, de l'id&#233;e que le programme de Syriza serait &#224; la fois favorable aux travailleurs et aux patrons puisque la fin de l'aust&#233;rit&#233; relancerait l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des mois d'inaction&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour faire patienter les cr&#233;anciers de l'&#201;tat grec, les institutions et gouvernements europ&#233;ens responsables des deux premiers m&#233;morandums, Ts&#237;pras mettait d&#233;j&#224; en avant le pouvoir des n&#233;gociations qui, si elles &#233;taient appuy&#233;es par une solide victoire &#233;lectorale et un &#233;lan de solidarit&#233; dans les autres pays de l'Union, permettraient de faire entendre raison &#224; Merkel, Hollande, l'Eurogroupe et la Banque centrale europ&#233;enne (BCE).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premier parti &#224; l'assembl&#233;e, Syriza conclut d&#232;s le 27 janvier un accord avec un petit parti de droite, nationaliste, militariste et r&#233;actionnaire, appel&#233; Grecs ind&#233;pendants ou Anel, dont le chef s'est vu confier le minist&#232;re de la D&#233;fense. Une fa&#231;on de rassurer la bourgeoisie grecque sur les intentions du nouveau gouvernement. Et un nouveau jalon pour accr&#233;diter l'id&#233;e que le principal clivage politique actuel serait entre d'un c&#244;t&#233; les partisans de l'Union europ&#233;enne et, de l'autre, les nationalistes souverainistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; peine un mois plus tard, le 20 f&#233;vrier, le nouveau gouvernement signait un accord avec la tro&#239;ka qui repr&#233;sente les cr&#233;anciers de la Gr&#232;ce : la BCE, le FMI et la Commission europ&#233;enne. En &#233;change de quatre mois de r&#233;pit sur le paiement des int&#233;r&#234;ts de la dette, Ts&#237;pras s'engageait &#224; reconna&#238;tre et appliquer les deux m&#233;morandums pr&#233;c&#233;dents. Ts&#237;pras et Varouf&#225;kis, son ministre des Finances, ont eu le culot de pr&#233;senter cet accord comme une victoire, car l'usage du mot &#171; tro&#239;ka &#187; y &#233;tait d&#233;nonc&#233; et remplac&#233; par l'expression &#171; institutions &#187;. Ont suivis quatre mois de n&#233;gociations interminables durant lesquels le gouvernement Syriza justifiait son inaction en Gr&#232;ce par l'attente du r&#233;sultat de ces discussions.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La man&#339;uvre politicienne du r&#233;f&#233;rendum&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le 26 juin, date de l'&#233;ch&#233;ance de l'accord du 20 f&#233;vrier, les cr&#233;anciers pr&#233;sent&#232;rent leur derni&#232;re proposition. Aucun accord ne fut trouv&#233; et la Gr&#232;ce fut incapable de verser une &#233;ch&#233;ance de 1,6 milliard d'euros au FMI. Deux jours plus tard, la BCE &#233;tranglait les banques grecques en les privant d'euros : le gouvernement fut contraint de les fermer et de limiter les retraits quotidiens. Une mesure de r&#233;torsion sans fondement &#233;conomique, un chantage politique contre les Grecs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 27 juin, dans l'impasse, Ts&#237;pras annon&#231;ait la tenue d'un r&#233;f&#233;rendum la semaine suivante. La question &#233;tait simple : &lt;em&gt;&#171; Pour ou contre le plan pr&#233;sent&#233; par les cr&#233;anciers le 26 juin ? &#187;&lt;/em&gt;. La r&#233;ponse beaucoup moins. Pendant quelques jours, Ts&#237;pras n'a pas donn&#233; de consigne de vote. Puis, trois jours avant le scrutin, il proposa de l'annuler en &#233;change d'un accord un peu meilleur. Il appela finalement &#224; voter NON, bien seul, avec l'extr&#234;me-gauche et les n&#233;o-nazis d'Aube dor&#233;e, face &#224; une campagne hyst&#233;rique des bourgeoisies grecque et europ&#233;enne pour le OUI. M&#234;me la centrale syndicale du priv&#233;, ainsi que la conf&#233;d&#233;ration europ&#233;enne des syndicats, la CES, ont cru bon d'ajouter leurs voix au ch&#339;ur du OUI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat du r&#233;f&#233;rendum du 5 juillet fut sans appel : plus de 61 % des suffrages, un raz-de-mar&#233;e pour le NON dans la jeunesse, avec des pointes dans les quartiers ouvriers (comme les bureaux de vote du port du Pir&#233;e o&#249; le NON a obtenu environ 75 %).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soir du 5 juillet, pour les partis du OUI, ce fut la d&#233;bandade. Les chefs du Pasok et de la ND d&#233;missionn&#232;rent en direct &#224; la t&#233;l&#233;, ouvrant des guerres de succession au sein de leurs partis. Mais, d&#232;s le lendemain matin, Ts&#237;pras convoquait tous les partis dans une r&#233;union dite &#171; d'union nationale &#187;, dont sortit un communiqu&#233; sign&#233; par toutes les forces politiques, &#224; l'exception des n&#233;o-nazis d'Aube Dor&#233;e et des communistes du KKE. D&#232;s le 9 juillet, quatre jours apr&#232;s la victoire du NON au r&#233;f&#233;rendum, apr&#232;s s'&#234;tre assur&#233; du soutien des partis du OUI, Ts&#237;pras annon&#231;ait qu'il allait proposer aux cr&#233;anciers... leur plan du 26 juin. Le jour m&#234;me, il obtint une quasi-unanimit&#233; au Parlement pour n&#233;gocier sur ces bases &#224; Bruxelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela ne suffisait plus aux cr&#233;anciers. Il ne fallait pas que Ts&#237;pras puisse seulement se parer de l'apparence du sauveur de l'unit&#233; nationale apr&#232;s son r&#233;f&#233;rendum. Le 13 juillet au petit matin, Ts&#237;pras accepta un &#171; accord &#187;, encore pire que les pr&#233;c&#233;dents m&#233;morandums et encore pire que la proposition du 26 juin refus&#233;e par r&#233;f&#233;rendum. Le 15 juillet, ce 3&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; m&#233;morandum fut adopt&#233; &#224; une &#233;crasante majorit&#233; par le Parlement grec. Syriza, &#233;lu sur la base du refus de l'aust&#233;rit&#233; et des m&#233;morandums, validait les deux premiers et s'engageait &#224; faire passer le troisi&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ts&#237;pras avait r&#233;p&#233;t&#233; aux Grecs qu'il organisait le r&#233;f&#233;rendum pour renforcer sa position dans les n&#233;gociations avec les cr&#233;anciers. Mais le r&#233;sultat a bien montr&#233; que ces vautours n'ont pas peur des urnes. Finalement, Syriza aura utilis&#233; tout son cr&#233;dit &#233;lectoral pour faire avaler la politique des cr&#233;anciers &#224; la population qui l'avait port&#233; au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Syriza accepte de renoncer &#224; ses quelques mesures en direction des plus pauvres&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La seule concession obtenue par Ts&#237;pras face &#224; la tro&#239;ka concernait le maintien d'une partie du budget... militaire. C'est bien s&#251;r le sens de l'alliance avec Anel, les Grecs ind&#233;pendants, mais pas seulement : Syriza a un h&#233;ritage stalinien nationaliste anti turc bien ancr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intransigeance de la tro&#239;ka a choqu&#233; bien au-del&#224; des cercles radicaux. &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; et des &#233;conomistes bourgeois ont d&#233;nonc&#233; le 3&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; m&#233;morandum comme une &lt;em&gt;&#171; v&#233;ritable mise sous tutelle &#187;. &lt;/em&gt;Humiliation suppl&#233;mentaire : Syriza a d&#251; accepter l'annulation des lois adopt&#233;es par le Parlement depuis le 20 f&#233;vrier. Il n'y en avait pas eu beaucoup, pas plus qu'elles ne contenaient des dispositions spectaculaires favorables aux travailleurs. Mais la tro&#239;ka voulait d&#233;cid&#233;ment faire mordre la poussi&#232;re &#224; ce gouvernement. Qui l'a accept&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sauver la face, Ts&#237;pras s'est vant&#233; d'avoir obtenu, en &#233;change des sacrifices impos&#233;s &#224; la population, des aides, des pr&#234;ts-relais et la promesse d'une ren&#233;gociation de la dette. Mais les 35 milliards d'aide ne sont que le d&#233;blocage du budget normal attribu&#233; par l'UE &#224; ses membres, et qui avait &#233;t&#233; gel&#233; depuis le 20 f&#233;vrier. Quant aux 86 milliards de pr&#234;ts, c'est loin d'&#234;tre de la charit&#233; puisque qu'il faudra payer &#224; nouveau des int&#233;r&#234;ts dessus&#8230; Alors m&#234;me que cette somme aura fondu apr&#232;s le paiement des &#233;ch&#233;ances &#224; venir d'ici la fin de l'ann&#233;e et le n&#233;cessaire renflouement des banques. En fait d'aide, la Gr&#232;ce a gagn&#233; de nouvelles cha&#238;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rapha&#235;l PRESTON
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Un nouveau m&#233;morandum anti-ouvrier &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le 3&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; m&#233;morandum contient surtout des attaques contre les travailleurs. La TVA passe de 13 % &#224; 23 % pour une liste impressionnante de produits de consommation courante comme les pr&#233;parations alimentaires pour enfants, le pain, le courant &#233;lectrique et le gaz naturel, les produits pharmaceutiques, les tickets de m&#233;tro et de bus, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#226;ge de la retraite est repouss&#233; &#224; 67 ans, le minimum vieillesse est amput&#233; de 93 euros pour tomber &#224; 390 euros par mois, la taxe d'habitation fra&#238;chement cr&#233;&#233;e lors d'un pr&#233;c&#233;dent m&#233;morandum augmente, ainsi que les imp&#244;ts sur les revenus des plus pauvres (depuis le deuxi&#232;me m&#233;morandum, un foyer grec est imposable &#224; partir de 600 euros par mois). Un m&#233;nage endett&#233; pourra voir r&#233;quisitionn&#233;e sa r&#233;sidence principale (m&#234;me si celle-ci n'est pas l'objet de l'endettement, les Grecs &#233;tant souvent propri&#233;taires de leur logement de famille depuis des d&#233;cennies). Les licenciements seront encore facilit&#233;s, et il a &#233;t&#233; accord&#233; un d&#233;lai de trois mois aux syndicats pour ren&#233;gocier chaque convention collective, d&#233;lai &#224; l'issue duquel celles-ci seront purement et simplement supprim&#233;es au profit du droit du travail brut.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Que cache l'&#171; aust&#233;rit&#233; &#187; ? &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On parle souvent d'aust&#233;rit&#233;. On emploie aussi ce mot parce qu'il est pass&#233; dans le vocabulaire courant. Mais ce n'est pas vrai. Le budget de l'&#201;tat grec n'a rien d'&#171; aust&#232;re &#187; : des sommes faramineuses sont vers&#233;es en int&#233;r&#234;ts aux banques, aux institutions et aux &#201;tats cr&#233;anciers ! C'est vrai ailleurs qu'en Gr&#232;ce : en France par exemple, les subventions directes ou indirectes au patronat d&#233;passent chaque ann&#233;e 100 milliards d'euros ! Ce qu'on appelle &#171; aust&#233;rit&#233; &#187;, c'est une politique au service du patronat, de la bourgeoisie en g&#233;n&#233;ral, promue par les gouvernements pour r&#233;duire la part des travailleurs dans le revenu global au pr&#233;texte de la crise de la dette. D'ailleurs les attaques contre le Smic et les conventions collectives n'ont rien &#224; voir avec le fait d'&#233;quilibrer le budget de l'&#201;tat, bien au contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_885 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH234/grece3-999f3.png?1526747702' width='400' height='234' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> N&#233;gociations en apn&#233;e... jusqu'&#224; l'&#233;touffement ?
</title>
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		<dc:subject>Gr&#232;ce
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		<dc:subject>Syriza
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		<dc:subject>Europe
</dc:subject>
		<dc:subject>Aust&#233;rit&#233;
</dc:subject>

		<description>&#171; On a gagn&#233; une bataille mais pas la guerre, les n&#233;gociations difficiles sont devant nous &#187;, a d&#233;clar&#233;, fin f&#233;vrier, le Premier ministre, chef de file de Syriza, Alexis Tsipras. Mais quelle victoire ? La &#171; tro&#239;ka &#187;, compos&#233;e des trois principaux investisseurs dans la dette Grecques (BCE, FMI, UE), honnie par la population, s'est rebaptis&#233;e &#171; Les institutions &#187; sur demande de Tsipras. Autre exp&#233;dient, les mesures d'aust&#233;rit&#233; ne seront plus dict&#233;es par ces &#171; institutions &#187; au gouvernement grec mais elles&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Austerite-+" rel="tag"&gt;Aust&#233;rit&#233;
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; On a gagn&#233; une bataille mais pas la guerre, les n&#233;gociations difficiles sont devant nous &#187;, &lt;/em&gt;a d&#233;clar&#233;, fin f&#233;vrier, le Premier ministre, chef de file de Syriza, Alexis Tsipras. Mais quelle victoire ? La &#171; tro&#239;ka &#187;, compos&#233;e des trois principaux investisseurs dans la dette Grecques (BCE, FMI, UE), honnie par la population, s'est rebaptis&#233;e &#171; Les institutions &#187; sur demande de Tsipras. Autre exp&#233;dient, les mesures d'aust&#233;rit&#233; ne seront plus dict&#233;es par ces &#171; institutions &#187; au gouvernement grec mais elles seront &#233;labor&#233;es par ce dernier puis accept&#233;es ou non par les cr&#233;anciers.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un programme remis &#224; plus tard&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Hormis ces d&#233;tails de forme, le programme &#233;lectoral de Syriza, dans lequel &#233;tait promise une s&#233;rie de r&#233;formes pour &lt;em&gt;&#171; faire face &#224; la crise humanitaire &#187;,&lt;/em&gt; est remis &#224; plus tard. Il n'y aura pour le moment pas d'augmentation du Smic &#224; son niveau d'avant crise ni d'abrogation des d&#233;crets qui ont d&#233;mantel&#233; les conventions collectives. Cependant le gouvernement Tsipras, refuse pour l'instant d'appliquer de nouvelles mesures d'aust&#233;rit&#233;. Son ministre des Finances, Varoufakis, a juste promis &#224; ses homologues de la zone euro (Eurogroupe) de pr&#233;parer une liste de r&#233;formes qui permettraient &#224; l'&#201;tat grec d'&#233;conomiser et de lever des fonds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; nous &#233;crivons cet article, ont &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;s tout juste un plan de lutte contre la contrebande de cigarettes et d'essence ainsi que des mesures fiscales. Par contre, pour couvrir ses cr&#233;ances, le gouvernement a d&#233;j&#224; envisag&#233; d'emprunter des fonds aux caisses de s&#233;curit&#233; sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le pr&#233;sident de l'Eurogroupe a tranch&#233; : &#224; laisser le gouvernement de Tsipras prescrire ces mesures, dit-il, &lt;em&gt;&#171; on a perdu deux semaines &#187;.&lt;/em&gt; Une mani&#232;re de rappeler que les cr&#233;anciers attendaient un &#233;ni&#232;me plan d'aust&#233;rit&#233;, aussi dramatique pour les couches populaires de Gr&#232;ce que le furent les pr&#233;c&#233;dents. D'ailleurs, des repr&#233;sentants de la tro&#239;ka avaient d&#233;j&#224; averti qu'ils esp&#233;raient du nouveau gouvernement la baisse des pensions de retraite, l'augmentation de l'&#226;ge de d&#233;part &#224; la retraite, la reprise des privatisations... Sans cela, la derni&#232;re tranche du pr&#234;t de la Tro&#239;ka ne sera pas vers&#233;e. De plus, la Banque centrale europ&#233;enne a coup&#233; le robinet qui permettait au moins &#224; l'&#201;tat grec d'emprunter, m&#234;me simplement &#224; court terme, aux banques grecques elles-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'air s'est vite rar&#233;fi&#233; autour des ministres grecs, d&#232;s le d&#233;but des n&#233;gociations. L'ensemble des services publics d&#233;j&#224; exsangues, les traitements de centaines de milliers de fonctionnaires et, plus g&#233;n&#233;ralement, ce qu'il reste aux travailleurs dans une &#233;conomie ravag&#233;e par cinq ann&#233;es d'aust&#233;rit&#233; sont pris en otage par les cr&#233;anciers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, Varoufakis a brandi, le 8 mars dernier, la menace d'un r&#233;f&#233;rendum ou m&#234;me d'une nouvelle &#233;lection si les ministres de la zone euro ne s'accordent pas avec lui. Des bouts de papier contre le mur de l'argent, s&#251;r que cela va faire trembler les financiers !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A.S.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> &#171; Sciences en marche &#187; contre l'aust&#233;rit&#233; !
</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
</dc:subject>
		<dc:subject>chercheurs
</dc:subject>
		<dc:subject>Aust&#233;rit&#233;
</dc:subject>

		<description>Le vendredi 17 octobre dernier, plusieurs milliers de chercheurs, personnels d'universit&#233;, personnels de recherche, &#233;tudiants en th&#232;se et pr&#233;caires ont d&#233;fil&#233; &#224; Paris de la Porte d'Orl&#233;ans &#224; la place Vauban, &#224; l'appel du collectif &#171; Sciences en marche &#187;. D&#233;non&#231;ant les conditions de travail ainsi que la chute continue du nombre de postes dans la recherche publique, les organisateurs ont conclu par une s&#233;rie de prises de parole au ton r&#233;solu. Le succ&#232;s d'une telle manifestation chez une cat&#233;gorie de&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-chercheurs-+" rel="tag"&gt;chercheurs
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Austerite-+" rel="tag"&gt;Aust&#233;rit&#233;
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le vendredi 17 octobre dernier, plusieurs milliers de chercheurs, personnels d'universit&#233;, personnels de recherche, &#233;tudiants en th&#232;se et pr&#233;caires ont d&#233;fil&#233; &#224; Paris de la Porte d'Orl&#233;ans &#224; la place Vauban, &#224; l'appel du collectif &lt;em&gt;&#171; Sciences en marche &#187;.&lt;/em&gt; D&#233;non&#231;ant les conditions de travail ainsi que la chute continue du nombre de postes dans la recherche publique, les organisateurs ont conclu par une s&#233;rie de prises de parole au ton r&#233;solu. Le succ&#232;s d'une telle manifestation chez une cat&#233;gorie de travailleurs d'ordinaire peu encline &#224; battre le pav&#233; est r&#233;v&#233;lateur d'un malaise grandissant au sein de l'Enseignement sup&#233;rieur et de la recherche (ESR), malaise aliment&#233; par le m&#233;pris assum&#233; de la part du gouvernement et, particuli&#232;rement, de la ministre de l'ESR, Genevi&#232;ve Fioraso.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement &lt;em&gt;&#171; Sciences en marche &#187;&lt;/em&gt; est n&#233; il y a trois mois &#224; la suite du communiqu&#233; r&#233;dig&#233; lors d'une r&#233;union du Comit&#233; national de la recherche scientifique (CoNRS)&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Le CoNRS est une instance coll&#233;giale du Centre national pour la recherche (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Le constat alarmiste fait par les membres de cette instance coll&#233;giale du CNRS pointait les difficult&#233;s croissantes du secteur : l'emploi de personnel permanent en chute depuis de nombreuses ann&#233;es, la pr&#233;carit&#233; install&#233;e dans la recherche universitaire, les conditions de travail de l'ensemble du personnel d&#233;grad&#233;es&#8230; Bref, les cons&#233;quences d'une politique d'aust&#233;rit&#233; identique &#224; celle que subit la majorit&#233; des travailleurs dans de nombreuses entreprises publiques comme priv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les conditions de travail, principale motivation du mouvement&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Initi&#233; par le biologiste Patrick Lemaire, &lt;em&gt;&#171; Sciences en marche &#187;&lt;/em&gt; se proposait de rassembler les m&#233;contents contre le gouvernement et &lt;em&gt;&#171; sa politique d'aust&#233;rit&#233; appliqu&#233;e &#224; la recherche &#187;&lt;/em&gt;. La premi&#232;re mesure fut de convaincre 668 directeurs de laboratoire d'envoyer une lettre ouverte &#224; Fran&#231;ois Hollande, &#224; l'image du mouvement victorieux de 2004 qui avait vu ces m&#234;mes directeurs d&#233;missionner en bloc. En parall&#232;le, une manifestation &#224; v&#233;lo, &#224; pied, voire &#224; kayak, d&#233;marrait de Montpellier le 26 septembre et devait converger sur Paris le 17 octobre avec d'autres manifestations parties des diff&#233;rents coins du pays. Enhardis, pour ne pas dire ulc&#233;r&#233;s, par les propos de Genevi&#232;ve Fioraso qui promettait &lt;em&gt;&#171; quatre ann&#233;es difficiles &#187;&lt;/em&gt; pour l'emploi et n'envisageait rien avant de voir &lt;em&gt;&#171; quelle serait la mobilisation &#187;,&lt;/em&gt; les chercheurs grossissaient jour apr&#232;s jour le flot du mouvement jusqu'au succ&#232;s de la journ&#233;e du 17 octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que la situation est particuli&#232;rement difficile au sein des laboratoires et ne cesse d'empirer depuis des ann&#233;es. La diminution du nombre de postes de chercheurs, ing&#233;nieurs, techniciens et personnels administratifs &#8211; cumul&#233;e avec une mise en concurrence des laboratoires entre eux pour l'allocation de budgets de recherche, eux aussi en constante diminution &#8211; entra&#238;ne des comportements et des situations personnelles &#224; la limite du tol&#233;rable. La pr&#233;carit&#233; s'installe (jusqu'&#224; 35 % de CDD dans certains laboratoires), l'individualisme r&#232;gne en ma&#238;tre, et les abus de pouvoir deviennent monnaie courante dans un milieu o&#249; le taux de syndicalisme fr&#244;le les 0 %... C'est dans ce contexte que s'inscrivent cette mobilisation et les espoirs, r&#233;els, qu'elle suscite.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les sommit&#233;s m&#232;nent la danse&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, on ne peut occulter les difficult&#233;s que le mouvement naissant ne va pas manquer de rencontrer s'il garde sa forme actuelle. Parti d'un communiqu&#233; impuls&#233; par un directeur de recherche, relay&#233; par les directeurs de recherche et les directions de certaines universit&#233;s, appuy&#233; par des acad&#233;miciens, m&#233;dailles d'or du CNRS et autres sommit&#233;s du monde scientifique, &lt;em&gt;&#171; Sciences en marche &#187;&lt;/em&gt; se caract&#233;rise, pour l'instant, par son respect de la hi&#233;rarchie en place dans les laboratoires et par les liens de celle-ci avec le gouvernement. Ce qui se retrouve &#233;galement dans les revendications mises en avant par les organisateurs, notamment par la principale : le &lt;em&gt;&#171; d&#233;tournement &#187;&lt;/em&gt; d'un tiers du Cr&#233;dit imp&#244;t-recherche (CIR, voir p. 6) dans un plan d'urgence pour la recherche scientifique. Bien s&#251;r, le CIR est critiqu&#233;, voire contest&#233;, mais son existence n'est en aucun cas remise en question. Rien n'est dit non plus sur les fusions des universit&#233;s &#8211; qui ont commenc&#233; avec la cr&#233;ation de la Communaut&#233; d'universit&#233;s et &#233;tablissements (ComUE) d'Aquitaine, rassemblant les sept &#233;tablissements d'enseignement sup&#233;rieur de Bordeaux, avec les suppressions de postes et autres restructurations qui en d&#233;couleraient.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Affranchir le mouvement de sa tutelle hi&#233;rarchique &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Initi&#233;e par les &#171; pontes &#187; de la recherche, cette mobilisation a au moins le m&#233;rite d'exister, malgr&#233; ses limites. Les organisations syndicales ont mis en avant ces limites bien r&#233;elles pour ne s'associer que timidement au mouvement, sans pour autant proposer une politique alternative. Il faut reconna&#238;tre cependant qu'en plus de la suspicion sur l'organisation et la finalit&#233; du mouvement, les syndicats sont assez faiblement implant&#233;s parmi les techniciens, &#233;tudiants et pr&#233;caires de la recherche. D'autre part, leur participation &#233;tait loin d'&#234;tre consid&#233;r&#233;e comme souhaitable par les organisateurs de &lt;em&gt;&#171; Sciences en marche &#187;&lt;/em&gt;&#8230; Comme le note un militant de la FERC-CGT&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='La CGT dans l'Enseignement sup&#233;rieur et la recherche est compos&#233;e de la (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; de l'&#201;cole normale sup&#233;rieure &#224; propos de la position de son syndicat : &lt;em&gt;&#171; Il n'&#233;tait pas question de s'exprimer contre le mouvement, &#231;'aurait &#233;t&#233; contre-productif, mais plut&#244;t d'alerter sur le soutien que les directions des plus grandes universit&#233;s (Paris 6 et Paris 11 en t&#234;te) et certaines entreprises lui apportent. De plus, &lt;/em&gt;&#171; Sciences en marche &#187;&lt;em&gt; refuse de parler de l'institution des Communaut&#233;s d'universit&#233;s et &#233;tablissements qui sont de v&#233;ritables machines &#224; broyer les budgets, les emplois, les formations et la recherche, les personnels et les &#233;tudiants. &#187; &lt;/em&gt;Pourtant, des &#233;ch&#233;ances sont pr&#233;vues et les centrales syndicales, au lieu de prendre r&#233;solument la t&#234;te de la contestation, se cantonnent &#224; soutenir les rassemblements et manifestations qui auront lieu, en esp&#233;rant une &#233;volution du mouvement. Il y aurait s&#251;rement un autre r&#244;le &#224; jouer pour des militants politiques et syndicaux qui souhaiteraient que ce mouvement s'affranchisse de sa tutelle hi&#233;rarchique. Nombre de personnels administratifs, techniciens et autres invisibles de la recherche tendent une oreille bienveillante dans sa direction et il ne tient qu'aux jeunes chercheurs d'arracher la direction de ce mouvement et de lui donner une autre impulsion.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Vers une g&#233;n&#233;ralisation &#224; tout l'Enseignement sup&#233;rieur ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Car il faudra bien que &lt;em&gt;&#171; Sciences en marche &#187;,&lt;/em&gt; ou ce qui en prendra la suite, d&#233;passe ces limites pour faire na&#238;tre chez le gouvernement un d&#233;but d'inqui&#233;tude. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, celui-ci est rest&#233; droit dans ses bottes. La veille du lancement de l'op&#233;ration, Genevi&#232;ve Fioraso r&#233;p&#233;tait qu'il n'y aurait aucune am&#233;lioration &#224; pr&#233;voir dans les prochaines ann&#233;es. &#192; la suite du succ&#232;s du 17 octobre, les organisateurs se f&#233;licitaient d'avoir &#233;tabli &lt;em&gt;&#171; un rapport de force avec le gouvernement &#187;&lt;/em&gt;. Lequel, pour l'heure, n'a abouti qu'&#224; une vague promesse d'am&#233;lioration de la situation dans un futur plus ou moins lointain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'instant, Patrick Lemaire a appel&#233; &#224; &lt;em&gt;&#171; ne pas laisser retomber le mouvement &#187;&lt;/em&gt; et de nombreuses assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales se sont tenues au cours de la fin du mois d'octobre pour envisager de nouvelles perspectives. L'&#201;cole des hautes &#233;tudes en sciences sociales a ainsi &#233;t&#233; le si&#232;ge d'une AG &#224; l'initiative d'un collectif de pr&#233;caires (&#233;tudiants et CDD). L'Universit&#233; Paris 6 devrait tenir une m&#234;me AG &#224; l'appel de l'intersyndicale FSU-CGT-SUD de l'&#233;tablissement. Les derni&#232;res interventions de Genevi&#232;ve Fioraso sur France Culture le 28 octobre, lors d'une confrontation avec les organisateurs de &lt;em&gt;&#171; Sciences en marche&lt;/em&gt; &#187;, loin de calmer le jeu, n'ont fait qu'&#233;lectriser un peu plus l'ambiance dans les laboratoires. Il s'en faudrait de peu que le mouvement prenne un tout autre caract&#232;re et entra&#238;ne avec lui les &#233;tudiants pour affronter v&#233;ritablement le gouvernement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4 novembre 2014, Simon COSTES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_799 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH190/recherche-edf2c.png?1527112202' width='500' height='190' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le CoNRS est une instance coll&#233;giale du Centre national pour la recherche scientifique (CNRS), principal &#233;tablissement public de recherche. Y si&#232;gent des repr&#233;sentants de toutes les cat&#233;gories de travailleurs de la recherche publique. Il est notamment charg&#233; de l'emploi au sein du CNRS.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La CGT dans l'Enseignement sup&#233;rieur et la recherche est compos&#233;e de la FERC-CGT regroupant le personnel enseignant et du SNTRS-CGT rassemblant administratifs, techniciens, ing&#233;nieurs et chercheurs. Le SNTRS a appel&#233; &#224; la participation de la manifestation du 17 octobre alors que la FERC n'a donn&#233; aucune consigne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Gr&#232;ce : L'aust&#233;rit&#233; &#224; l'europ&#233;enne, tu l'aimes ou tu la quittes ?
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		<dc:date>2012-07-02T23:04:32Z</dc:date>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Gr&#232;ce
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		<dc:subject>Europe
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		<dc:subject>Aust&#233;rit&#233;
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		<description>C'est avec un grand ouf de soulagement que les bien-pensants de toute l'Europe ont accueilli la &#8211; courte &#8211; victoire de la Nouvelle d&#233;mocratie (ND), le parti de la droite conservatrice grecque, aux &#233;lections l&#233;gislatives du 17 juin. Aux &#233;lections pr&#233;c&#233;dentes, le 6 mai dernier, les partis de l'aust&#233;rit&#233;, Nouvelle d&#233;mocratie (droite) et le Pasok (socialistes), n'avaient pas trouv&#233; une majorit&#233; de d&#233;put&#233;s suffisante pour constituer un gouvernement de coalition favorable au m&#233;morandum, train de mesures&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

/ 
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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Austerite-+" rel="tag"&gt;Aust&#233;rit&#233;
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est avec un grand ouf de soulagement que les bien-pensants de toute l'Europe ont accueilli la &#8211; courte &#8211; victoire de la Nouvelle d&#233;mocratie (ND), le parti de la droite conservatrice grecque, aux &#233;lections l&#233;gislatives du 17 juin. Aux &#233;lections pr&#233;c&#233;dentes, le 6 mai dernier, les partis de l'aust&#233;rit&#233;, Nouvelle d&#233;mocratie (droite) et le Pasok (socialistes), n'avaient pas trouv&#233; une majorit&#233; de d&#233;put&#233;s suffisante pour constituer un gouvernement de coalition favorable au m&#233;morandum, train de mesures d'aust&#233;rit&#233; dict&#233; par la Tro&#239;ka (Union Europ&#233;enne, Banque centrale europ&#233;enne et Fonds mon&#233;taire international).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors on a fait revoter le peuple, pour qu'il vote &#171; bien &#187; la seconde fois ! Mais la crainte des bourgeois de toute l'Europe &#233;tait de voir arriver en t&#234;te le parti de la gauche radicale, Syriza, qui a men&#233; campagne contre les mesures d'aust&#233;rit&#233; impos&#233;es aux travailleurs grecs depuis maintenant deux ans et demi. Et les dirigeants de la Tro&#239;ka n'y sont pas all&#233;s de main morte, multipliant les d&#233;clarations pour signifier aux Grecs que leur choix se limitait &#224; respecter les accords ou quitter l'Union Europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il n'y a probablement qu'en football que l'Allemagne peut faire sortir la Gr&#232;ce de l'Euro ! Finalement, la ND est arriv&#233;e en t&#234;te des &#233;lections avec 30 % des voix, ce qui lui vaut l'octroi de 50 si&#232;ges en plus des 79 obtenus &#224; la proportionnelle. Syriza arrive en seconde position, pas bien loin derri&#232;re, avec 27 % des voix et 71 si&#232;ges. Le Pasok ne se rel&#232;ve toujours pas d'avoir orchestr&#233; l'aust&#233;rit&#233; lors des pr&#233;c&#233;dents gouvernements et n'obtient que 12 % des voix et 33 si&#232;ges. Cela est suffisant toutefois pour former un gouvernement de coalition avec la Nouvelle D&#233;mocratie et la Gauche d&#233;mocratique (centre gauche) qui obtient 17 d&#233;put&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Syriza, l'espoir pour les travailleurs ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La coalition Syriza est battue donc, mais sa progression &#233;lectorale n'en reste pas moins spectaculaire, passant de 4,6 % en 2009 &#224; 17 % en mai 2012 puis 27 % en juin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, depuis deux ans et demi maintenant, le couperet s'abat sans rel&#226;che sur le monde du travail pour lui faire payer la crise. En moyenne, les salaires ont baiss&#233; de 25 % en 2011 et d'un tiers depuis le d&#233;but de la cure de rigueur. Nombreux sont les fonctionnaires, employ&#233;s d'h&#244;pitaux ou ouvriers de l'industrie qui ne sont m&#234;me plus pay&#233;s depuis des mois. Le ch&#244;mage n'en finit plus d'augmenter atteignant 22,6 %. Les imp&#244;ts sont de plus en plus lourds &#224; supporter : tous les revenus sup&#233;rieurs &#224; 5 000 euros par an sont imposables ! S'acheter un m&#233;dicament devient un luxe depuis que la s&#233;curit&#233; sociale ne rembourse plus le tiers payant. Et, comme si &#231;a ne suffisait pas, journaux, patrons et politiques s'acharnent &#224; faire endosser aux Grecs (sans distinction de classe !) la responsabilit&#233; de l'endettement du pays. Les qualificatifs n'ont pas manqu&#233; : voyous, fraudeurs, voleurs, fain&#233;ants. La pression a &#233;t&#233; si forte que les sc&#232;nes de suicides font d&#233;sormais partie du quotidien. Quant aux vrais fraudeurs et pilleurs des caisses de l'&#201;tat, armateurs et &#233;glise orthodoxe entre autres, ils n'ont gu&#232;re &#233;t&#233; inqui&#233;t&#233;s par le m&#233;morandum. Rien d'&#233;tonnant, dans ce contexte, &#224; ce que le parti Syriza soit devenu une figure symbolique, le flambeau du front du refus de l'aust&#233;rit&#233;, et ait suscit&#233; l'espoir de millions de travailleurs de voir enfin le bout du tunnel. Dans tous les quartiers populaires, Syriza est arriv&#233;e en t&#234;te, ravissant m&#234;me la place au parti communiste grec, le KKE, dans les quartiers ouvriers o&#249; traditionnellement il faisait ses meilleurs scores. Le KKE n'obtient d'ailleurs finalement que 4,5 % des voix au lieu de 8,5 % en mai.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Ou la canalisation de la col&#232;re populaire vers les urnes ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, aussit&#244;t les &#233;lections termin&#233;es, et malgr&#233; ce succ&#232;s, le dirigeant de Syriza, Alexis Tsipras, a tenu &#224; rassurer : &lt;em&gt;&#171; Je n'appellerai pas nos supporteurs &#224; protester dans la rue contre les mesures d'aust&#233;rit&#233; &#187;&lt;/em&gt;. Car, pour appara&#238;tre aux yeux de la bourgeoisie grecque et des dirigeants de la Tro&#239;ka comme une force politique responsable, pr&#234;te &#224; gouverner, Syriza n'a eu de cesse d'infl&#233;chir sa politique entre les deux &#233;lections. Et si Syriza se retrouvait vraiment en position de gouverner, ce qui &#233;tait donn&#233; comme possible ? Il fallait pour ceux qui dirigent Syriza clairement annoncer la couleur, canaliser la col&#232;re populaire contre l'aust&#233;rit&#233;, la d&#233;tourner du terrain des luttes afin de la ramener sur un terrain exclusivement &#233;lectoral et parlementaire ? Et donc tr&#232;s exactement le contraire de ce qui serait n&#233;cessaire, &#224; savoir renforcer le camp des luttes. Or, depuis des mois, force est de constater que c'est bien l'effet inverse qu'ont eu les campagnes &#233;lectorales permanentes : la derni&#232;re grosse journ&#233;e d'action date de f&#233;vrier et les mouvements sectoriels semblent se faire plus &#233;pars depuis mars.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;On prend les m&#234;mes et on recommence &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs grecs devront pourtant inverser la tendance s'ils ne veulent pas subir le d&#233;ferlement d'attaques de la nouvelle coalition. Car, m&#234;me si la Nouvelle D&#233;mocratie a annonc&#233; pendant la campagne vouloir ren&#233;gocier certaines clauses du m&#233;morandum, le gouvernement allemand a d'ores et d&#233;j&#224; d&#233;cr&#233;t&#233; qu'il n'y aurait de n&#233;gociable que les &#171; d&#233;lais &#187;. De toute fa&#231;on, la Nouvelle D&#233;mocratie, dont le ton s'est encore durci et droitis&#233;, comme le Pasok, ont sign&#233; un agr&#233;ment assurant la poursuite de l'aust&#233;rit&#233; en vue d'&#233;conomiser entre 11 et 14 milliards d'euros en 2013 et 2014. Aux travailleurs maintenant de contrecarrer ces plans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23 juin 2012&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Arthur KLEIN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_616 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH362/grece1-57d64.png?1528457440' width='500' height='362' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Syriza : une organisation respectueuse du capitalisme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis le 6 mai et son entr&#233;e dans la cour des n&#233;gociations avec la Nouvelle D&#233;mocratie et le Pasok en vue de former un gouvernement de coalition, Syriza a infl&#233;chi son discours politique. C'est peut-&#234;tre ce qui explique que d'anciens hauts dirigeants du Pasok aient quitt&#233; ce dernier pour rejoindre Syriza.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;em&gt; Floril&#232;ge des principales concessions de Syriza&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Plus question d'annuler le m&#233;morandum qui fixe les mesures d'aust&#233;rit&#233;. Seulement de ren&#233;gocier un plan &#233;conomique avec les cr&#233;anciers et l'Union Europ&#233;enne dont on sait qu'elle est pourtant peu encline &#224; toute n&#233;gociation favorable aux classes populaires.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; La nationalisation des banques (pourtant sans mention d'un contr&#244;le des travailleurs) s'est mu&#233;e en &#171; contr&#244;le public &#187;, notamment gr&#226;ce &#224; leur recapitalisation sur fonds publics. Syriza proposerait donc finalement que les banques grecques, d&#233;j&#224; gav&#233;es d'aides financi&#232;res &#224; hauteur de 200 milliards, se gavent un peu plus ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Annuler la dette ? Il n'en est plus question non plus ! Place &#224; une n&#233;gociation avec les cr&#233;anciers pour obtenir un effacement de la plus grande partie de la dette puis, si les n&#233;gociations n'aboutissent pas, &#224; un moratoire avec remboursement de la dette&#8230; une fois que le pays retrouverait de la croissance ! Syriza renvoie l'annulation de la dette... aux calendes grecques !&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Syriza ne promet plus d'annuler toutes les mesures d'aust&#233;rit&#233; mais seulement de r&#233;tablir les salaires au niveau o&#249; ils &#233;taient avant f&#233;vrier 2012&#8230; c'est-&#224;-dire au terme des deux premi&#232;res ann&#233;es d'aust&#233;rit&#233; qui ont amen&#233; le salaire minimum &#224; 751 euros.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;A.K&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Mont&#233;e de l'extr&#234;me droite et durcissement de la droite&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'absence de luttes collectives marquantes entre les &#233;lections du 6 mai et celles du 17 juin a laiss&#233; le champ libre au parti de l'extr&#234;me droite l'Aube dor&#233;e. Celui-ci a non seulement r&#233;alis&#233; dans les deux cas le score non n&#233;gligeable de 7 %, mais, surtout, ses militants se sont illustr&#233;s par des attaques muscl&#233;es, et &#224; r&#233;p&#233;tition, contre des travailleurs immigr&#233;s et des militants d'extr&#234;me gauche. Ainsi, un groupe de vingt militants a pass&#233; &#224; tabac six &#201;gyptiens puis a menac&#233; d'organiser des raids dans les h&#244;pitaux afin d'en chasser les immigr&#233;s. D'autres s'en sont pris &#224; un chef de cuisine albanais, &#224; un militant du Parti communiste grec, propri&#233;taire d'un petit kiosque, ou encore &#224; un conseiller municipal Syriza de la ville du Pir&#233;e. Ces pratiques de nervis fascistes se r&#233;pandent de plus en plus, y compris au sein de la police qui cible les immigr&#233;s, notamment dans la ville portuaire de Patras. D'autant que 50 % des effectifs de la police, selon des sondages, auraient vot&#233; pour l'Aube dor&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, la Nouvelle D&#233;mocratie, qui a vu ses rangs se gonfler de cadres dirigeants d'un autre parti d'extr&#234;me droite, le Laos, m&#232;ne une campagne de surench&#232;re anti-immigr&#233;s. Elle propose la mise en place d'une ceinture de barbel&#233;s et de cam&#233;ras au nord de la Gr&#232;ce, &#224; la fronti&#232;re turque, l'expulsion de tous les d&#233;tenus &#233;trangers et l'ouverture de nouveaux &#233;tablissements p&#233;nitentiaires. Le chef de la Nouvelle D&#233;mocratie du Nord de la Gr&#232;ce, Panagiotis Psomiadis, a m&#234;me affirm&#233; que l'Aube dor&#233;e &#233;tait une s&#339;ur de la Nouvelle D&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seul un mouvement puissant des travailleurs grecs et immigr&#233;s, unis dans la lutte contre l'aust&#233;rit&#233;, pourra emp&#234;cher l'essor de ces chemises brunes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A. K.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;L'Europe tu l'aimes ou tu la quittes, version Hollande&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Extraits du discours de Hollande lors d'une interview &#224; la t&#233;l&#233;vision grecque, &#224; quatre jours des &#233;lections, appel implicite &#224; voter pour Nouvelle D&#233;mocratie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; L'abandon pur et simple du m&#233;morandum serait regard&#233; par beaucoup de participants de la zone euro comme une rupture&lt;/em&gt; (&#8230;) &lt;em&gt;nous devons aussi avoir des garanties pour que les banques puissent &#234;tre pr&#233;serv&#233;es et financ&#233;es. &lt;/em&gt;(&#8230;)&lt;em&gt; C'est ce que doivent comprendre les Grecs aussi.&lt;/em&gt; (&#8230;) &lt;em&gt;Je veux pr&#233;server la zone euro&#8230; &lt;/em&gt;[et les pays qui y sont]&lt;em&gt; doivent pouvoir (y) rester, &#224; condition de le vouloir et de le d&#233;cider. C'est ce que vont faire les Grecs le 17 juin &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Portugal : aust&#233;rit&#233; pour la population, prosp&#233;rit&#233; pour les banques
</title>
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		<dc:date>2010-04-11T10:26:35Z</dc:date>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Portugal
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		<dc:subject>Aust&#233;rit&#233;
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		<description>Le 25 mars, le gouvernement portugais a confirm&#233; le contenu du PEC, plan d'aust&#233;rit&#233; qui pr&#233;voit de nouvelles coupes budg&#233;taires, en le faisant adopter &#224; l'assembl&#233;e nationale. Comme en Gr&#232;ce, en Irlande ou en Espagne, ce plan, recommand&#233; par la Banque Centrale Europ&#233;enne et discut&#233; lors de la toute r&#233;cente r&#233;union des seize pays de la zone euro, a pour objectif de r&#233;duire le d&#233;ficit public en faisant payer les classes populaires. &lt;br /&gt;Pour ramener le d&#233;ficit de 9,3 % &#224; 3 % du PIB en 2013, il est pr&#233;vu de geler&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 25 mars, le gouvernement portugais a confirm&#233; le contenu du PEC, plan d'aust&#233;rit&#233; qui pr&#233;voit de nouvelles coupes budg&#233;taires, en le faisant adopter &#224; l'assembl&#233;e nationale. Comme en Gr&#232;ce, en Irlande ou en Espagne, ce plan, recommand&#233; par la Banque Centrale Europ&#233;enne et discut&#233; lors de la toute r&#233;cente r&#233;union des seize pays de la zone euro, a pour objectif de r&#233;duire le d&#233;ficit public en faisant payer les classes populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ramener le d&#233;ficit de 9,3 % &#224; 3 % du PIB en 2013, il est pr&#233;vu de geler les salaires de la fonction publique, baisser les indemnisations et aides aux ch&#244;meurs &#8211; dont la moiti&#233; ne per&#231;oit d&#233;j&#224; aucun revenu &#224; l'heure actuelle. Le budget de la sant&#233; subira une coupe de 715 millions d'euros d'ici 2013, les prestations sociales, d&#233;j&#224; d&#233;risoires, seront amput&#233;es de 0,5 %. Ce sont l&#224; les principales mesures annonc&#233;es, coupl&#233;es avec attaque sur les retraites. Il s'agit d'en finir avec les retraites anticip&#233;es des fonctionnaires et de repousser pour l'ensemble des travailleurs l'&#226;ge de d&#233;part de 65 &#224; 67 ans. Une mani&#232;re de faire baisser le montant des retraites puisque, de fait, 54 % des salari&#233;s partent d&#233;j&#224; avant l'&#226;ge l&#233;gal et sans la retraite pleine.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La classe ouvri&#232;re r&#233;agit&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pas &#233;tonnant que, depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e, les gr&#232;ves se multiplient, notamment dans le secteur public &#8211; h&#244;pitaux, &#233;coles, transports, a&#233;roports. Mais aussi dans le priv&#233; o&#249; les p&#233;riodes de ch&#244;mage partiel souvent impay&#233; et les fermetures d'entreprises vont bon train. La r&#233;action est donc vive et les travailleurs sont nombreux &#224; participer &#224; des journ&#233;es de gr&#232;ve et aux manifestations. Et cela malgr&#233; le matraquage actuel sur l'endettement de l'&#201;tat. Celui-ci n'est qu'un nouveau pr&#233;texte pour faire accepter &#224; la population des mesures encore plus douloureuses que ce qu'elle subit depuis des ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un gouvernement d&#233;test&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Car le gouvernement socialiste de Jos&#233; S&#243;crates n'en est pas &#224; sa premi&#232;re charrette de mesures anti-sociales. Depuis le retour de la gauche au pouvoir en 2005, il les a encha&#238;n&#233;es, &#224; l'instar de Sarkozy : remise en cause des conventions collectives, possibilit&#233; pour les patrons d'aligner les CDD sans limite, remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant &#224; la retraite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le serrage de vis s'est accentu&#233; en 2007. La TVA, imp&#244;t qui p&#232;se essentiellement sur les bourses des plus pauvres, est pass&#233;e de 19 % &#224; 21 %. Pour faire accepter l'aust&#233;rit&#233;, S&#243;crates s'est lanc&#233; dans un discours d&#233;magogique contre les privil&#232;ges des fonctionnaires. Il a effectu&#233; des restructurations drastiques dans la sant&#233; publique, r&#233;duisant les effectifs et fermant des dispensaires dans les banlieues et les petites villes de province. Dans l'enseignement, l'allongement des horaires des professeurs et leur affectation &#224; toutes sortes de t&#226;ches administratives a provoqu&#233; un fort m&#233;contentement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_454 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH356/Portugal20-e373e.png?1528266752' width='400' height='356' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une succession de gr&#232;ves depuis 2007&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En mai 2007, une journ&#233;e de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale a r&#233;uni de nombreux secteurs, dont les h&#244;pitaux, les transports, tr&#232;s mobilis&#233;s, mais aussi les travailleurs de l'usine automobile Autoeuropa de Setubal. Le slogan &lt;em&gt;&#171; Toute ma vie en CDD, c'est non &#187;&lt;/em&gt; a marqu&#233; les esprits, mais aussi beaucoup de slogans anti-gouvernementaux. En octobre 2007 s'&#233;tait d&#233;roul&#233;e &#224; Lisbonne la plus grosse manifestation &#8211; plus de 200 000 manifestants &#8211; depuis la r&#233;volution des &#339;illets de 1974. En 2008, les gr&#232;ves des enseignants ont &#233;t&#233; les plus importantes jamais vues : au plus fort du mouvement, une manifestation a rassembl&#233; 120 000 professeurs sur 170 000 au total (elles ont fait tomber la ministre de l'&#233;ducation et limit&#233; la casse, mais les principaux sujets de m&#233;contentement persistent). Puis ce fut au tour du personnel hospitalier. Lors de la gr&#232;ve de la fonction publique du 4 mars 2010 contre l'actuel plan d'aust&#233;rit&#233;, ce secteur, avec les infirmiers en t&#234;te, a &#233;t&#233; massivement en gr&#232;ve (&#224; 90 % selon la CGTP et l'UGT, les deux plus gros syndicats du pays) et cela apr&#232;s avoir fait un mouvement de trois jours, bien suivi, en janvier.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Appauvrissement&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Luttes et radicalisation &#233;lectorale se produisent dans un contexte d'appauvrissement, de peur du ch&#244;mage et de pr&#233;carit&#233; : Smic toujours &#224; 460 euros, 10 % de ch&#244;meurs officiels dont la moiti&#233; ne touche rien ; plus de 500 000 travailleurs pr&#233;caires ayant un statut &#233;quivalent &#224; celui &#171; d'auto-entrepreneurs &#187; instaur&#233; par Sarkozy, qui ne cotisent ni pour l'assurance maladie ni pour la retraite le plus souvent. Selon des estimations, il y aurait deux millions de travailleurs vivant en dessous du seuil de pauvret&#233; sur une population de onze millions, entre 200 000 et un million ne mangeant pas &#224; leur faim. Beaucoup reprennent le chemin de l'&#233;migration depuis une dizaine d'ann&#233;es, apr&#232;s un r&#233;pit dans les ann&#233;es 1980 et 1990.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Et gros b&#233;n&#233;fices pour les banques&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Par contre les banques, Banco Esp&#237;rito Santo en t&#234;te, affichent des b&#233;n&#233;fices insolents. Ils ont progress&#233; de 13 % entre 2008 et 2009 et le r&#233;sultat de la Banque Centrale a m&#234;me progress&#233; de 24 %. Les banques portugaises, certes bien moins puissantes que les banques am&#233;ricaines, anglaises ou fran&#231;aises, n'en d&#233;ploient pas moins un r&#233;seau, notamment dans les pays d'Afrique anciennement colonies du Portugal, ou au Br&#233;sil. Au moment de la crise des subprimes, elles ont b&#233;n&#233;fici&#233; d'un renflouement garanti par l'&#201;tat &#224; hauteur de 20 milliards d'euros, dont 1,3 milliard &#224; fonds perdus pour couvrir les pertes frauduleuses d'une seule banque, la BPN. Le secteur bancaire a aujourd'hui recouvr&#233; sa sant&#233;, aux d&#233;pens du contribuable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au vu de cette sant&#233; insolente, pour mieux faire accepter les sacrifices &#224; venir, le gouvernement envisage, dans le cadre du PEC, quelques mesures qui &#233;gratignent les revenus des riches. L'imp&#244;t sur le revenu passerait de 42 &#224; 45 % pour les revenus sup&#233;rieurs &#224; 150 000 euros et une taxe sur les dividendes boursiers devrait &#234;tre instaur&#233;e. Mais, pour l'essentiel, ce sont les couches populaires qui vont payer la note. Le programme de privatisation des services publics &#8211; Poste, &#201;nergie, a&#233;roport, ligne a&#233;rienne nationale, etc. &#8211; cens&#233; rapporter six milliards d'euros, se traduira aussi par une d&#233;gradation pour la majorit&#233; de la population, tout en &#233;tant une aubaine pour les grandes banques et les groupes capitalistes priv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Pas encore l'union sacr&#233;e mais presque&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le discr&#233;dit de l'actuel gouvernement socialiste va donc croissant. Il s'est sold&#233; par un d&#233;saveu aux &#233;lections europ&#233;ennes et aux l&#233;gislatives de septembre 2009. Le score du PS est descendu &#224; 36 % (contre 45 % aux l&#233;gislatives pr&#233;c&#233;dentes) au profit du PC et surtout du Bloc de Gauche (BE), un parti au sein duquel se retrouvent des courants d'extr&#234;me gauche, qui a obtenu 10 % des voix mais entretient l'illusion d'un changement par la seule voie &#233;lectorale. Il d&#233;nonce certes les m&#233;faits de la crise et la n&#233;cessit&#233; des mobilisations sociales. Ses d&#233;put&#233;s ont vot&#233; contre le plan d'aust&#233;rit&#233; &#224; l'assembl&#233;e. Mais le Bloc de Gauche s'appr&#234;te &#224; donner un blanc-seing au futur candidat du PS, Manuel Alegre, un socialiste quelque peu &#171; alternatif &#187; et populiste pressenti pour les pr&#233;sidentielles de 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire passer le PEC, le gouvernement a b&#233;n&#233;fici&#233; du soutien discret des partis de droite, rien d'&#233;tonnant. Les organisations syndicales, de leur c&#244;t&#233;, tout en appelant &#224; des journ&#233;es de gr&#232;ve, n'en tiennent pas moins un tout un discours sur la n&#233;cessit&#233; d'assainir les finances et de faire des sacrifices. Elles d&#233;noncent plus volontiers les augmentations et primes accord&#233;es aux pilotes de lignes ou aux cadres sup&#233;rieurs (comme r&#233;cemment lors d'une gr&#232;ve des cheminots), qu'elles ne mettent en avant des revendications offensives pour les travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un c&#244;t&#233; la bourgeoisie portugaise et, plus largement, europ&#233;enne qui, sous pr&#233;texte de &#171; stabilit&#233; &#187; de la zone euro, impose des restrictions budg&#233;taires drastiques sold&#233;es par la compression accrue de la masse salariale, de l'autre des classes populaires qui se sont mobilis&#233;es &#224; plusieurs reprises, mais derri&#232;re des directions syndicales et politiques qui, comme partout ailleurs en Europe, leur proposent essentiellement, &#224; ce jour&#8230; de se r&#233;signer &#224; des sacrifices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Anne HANSEN &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_453 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L300xH298/portugal1-6f8f4.png?1528266752' width='300' height='298' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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