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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskyste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> Afrique du Sud : un salaire minimum de mis&#232;re
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Afrique du Sud
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		<description>Mercredi dernier une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale suivie par plus de 10 000 travailleurs a eu lieu en Afrique du Sud. En cause l'introduction d'un salaire minimum &#224; partir de ce 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mai. Cette mesure &#233;tait n&#233;goci&#233;e depuis l'an dernier entre le patronat, le principal syndicat et le nouveau pr&#233;sident Ramaphosa, lui-m&#234;me issu du syndicat des mineurs mais devenu ensuite homme d'affaires. &lt;br /&gt;Ce salaire minimum &#224; 3500 rands par mois (soit 240 euros) est d&#233;nonc&#233; comme &#171; une honte &#187;, &#171; un salaire d'esclave &#187;. Vingt cinq ans&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mercredi dernier une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale suivie par plus de 10 000 travailleurs a eu lieu en Afrique du Sud. En cause l'introduction d'un salaire minimum &#224; partir de ce 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mai. Cette mesure &#233;tait n&#233;goci&#233;e depuis l'an dernier entre le patronat, le principal syndicat et le nouveau pr&#233;sident Ramaphosa, lui-m&#234;me issu du syndicat des mineurs mais devenu ensuite homme d'affaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce salaire minimum &#224; 3500 rands par mois (soit 240 euros) est d&#233;nonc&#233; comme &#171; une honte &#187;, &#171; un salaire d'esclave &#187;. Vingt cinq ans apr&#232;s la fin officielle de l'apartheid, la population noire reste dans la mis&#232;re.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Afrique du Sud : un nouveau pr&#233;sident pourfendeur de la corruption&#8230; ou de la classe ouvri&#232;re ?
</title>
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		<dc:date>2018-02-19T16:39:36Z</dc:date>
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		<dc:subject>Afrique du Sud
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		<dc:subject>Monde
</dc:subject>

		<description>Embourb&#233; dans de multiples scandales, Jacob Zuma a &#233;t&#233; pouss&#233; &#224; la d&#233;mission de la pr&#233;sidence de l'Afrique du Sud par son propre parti, l'ANC, qui souhaite redorer son blason pour l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2019. &lt;br /&gt;Dans son discours d'intronisation du 16 F&#233;vrier, le pr&#233;sident par int&#233;rim, Cyril Ramaphosa, s'est pr&#233;sent&#233; comme le champion de la lutte contre la corruption. Nul besoin pour lui de piquer dans les caisses de l'&#201;tat : riche, il l'est d&#233;j&#224; &#224; millions. Une fortune b&#226;tie sur le sang et la sueur des&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Embourb&#233; dans de multiples scandales, Jacob Zuma a &#233;t&#233; pouss&#233; &#224; la d&#233;mission de la pr&#233;sidence de l'Afrique du Sud par son propre parti, l'ANC, qui souhaite redorer son blason pour l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son discours d'intronisation du 16 F&#233;vrier, le pr&#233;sident par int&#233;rim, Cyril Ramaphosa, s'est pr&#233;sent&#233; comme le champion de la lutte contre la corruption. Nul besoin pour lui de piquer dans les caisses de l'&#201;tat : riche, il l'est d&#233;j&#224; &#224; millions. Une fortune b&#226;tie sur le sang et la sueur des travailleurs des mines ou de Coca Cola. En 2014 en tant qu'administrateur des mines de Marikana il avait d'ailleurs encourag&#233; l'intervention de la police face aux gr&#233;vistes qui avait fait 34 morts. S'il est peu probable qu'il fasse reculer la corruption, il est certain qu'il ne fera pas cesser l'exploitation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Nelson Mandela, du &#171; communisme &#187; &#224; la pr&#233;sidence
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Nelson-Mandela-du-communisme-a-la-presidence</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Nelson Mandela
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		<dc:subject>Afrique du Sud
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		<dc:subject>Monde
</dc:subject>

		<description>Ce n'est pas sans raison que Nelson Mandela est le symbole de la lutte contre l'oppression pour des millions de gens en Afrique et dans le monde. Il aura men&#233; le combat engag&#233; dans ses ann&#233;es d'&#233;tudiant contre le r&#233;gime de l'apartheid jusqu'&#224; son d&#233;mant&#232;lement complet, sans se renier ni d&#233;tourner du but qu'il s'&#233;tait fix&#233;, malgr&#233; 27 ans de bagne et de prison qui lui valurent un temps le titre de plus vieux prisonnier politique du monde. &lt;br /&gt;Mais ce n'est pas sans raison aussi que les grands de ce monde ont pu, &#224;&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce n'est pas sans raison que Nelson Mandela est le symbole de la lutte contre l'oppression pour des millions de gens en Afrique et dans le monde. Il aura men&#233; le combat engag&#233; dans ses ann&#233;es d'&#233;tudiant contre le r&#233;gime de l'apartheid jusqu'&#224; son d&#233;mant&#232;lement complet, sans se renier ni d&#233;tourner du but qu'il s'&#233;tait fix&#233;, malgr&#233; 27 ans de bagne et de prison qui lui valurent un temps le titre de plus vieux prisonnier politique du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est pas sans raison aussi que les grands de ce monde ont pu, &#224; l'occasion de son d&#233;c&#232;s, c&#233;l&#233;brer la m&#233;moire d'&#171; un homme de paix &#187;. L'ancien dirigeant de l'&lt;em&gt;African National Congress&lt;/em&gt; (ANC) a en effet jou&#233; un r&#244;le &#233;minent pour sortir le capitalisme sud-africain de l'impasse dans laquelle il s'&#233;tait enfonc&#233;, et ce sans soubresauts sociaux dommageables pour la bourgeoisie. Car, si la politique d'apartheid, mise en &#339;uvre par le National Party afrikaner &#224; partir des ann&#233;es 1950, a pu &#234;tre un atout pour le d&#233;veloppement capitaliste de l'Afrique du Sud dans l'imm&#233;diat apr&#232;s-guerre, elle avait fini par devenir, pour la bourgeoisie elle-m&#234;me, un fardeau lourd &#224; porter mais dont il n'&#233;tait ni ais&#233; ni forc&#233;ment sans risque de se d&#233;barrasser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, Mandela n'a pas toujours &#233;t&#233; un homme de paix, en particulier pour les dirigeants sud-africain et occidentaux : il mit sur pied, en 1961, une organisation arm&#233;e en vue d'actes de sabotage. Mais il ne diff&#232;rait gu&#232;re en cela de bien des dirigeants nationalistes bourgeois qui furent qualifi&#233;s de terroristes jusqu'&#224; leur accession au pouvoir ! Il &#233;tait m&#234;me, &#224; l'&#233;poque, qualifi&#233; de communiste par les tenants de l'apartheid qui, qu'ils l'aient cru ou non, y avaient int&#233;r&#234;t pour s'attirer les bonnes gr&#226;ces de l'imp&#233;rialisme, notamment am&#233;ricain, engag&#233; dans une guerre froide contre le &#171; camp socialiste &#187; et l'URSS. Il s'en d&#233;fendit tr&#232;s vite, comme il le rappela lors de son proc&#232;s, en 1964 : &lt;em&gt;&#171; Tandis que le Parti communiste cherchait &#224; accentuer les oppositions, l'ANC tentait de rendre compatibles les diff&#233;rentes classes ; diff&#233;rence capitale. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Les citations de Nelson Mandela sont extraites de sa plaidoirie, le 20 (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, lors d'un proc&#232;s o&#249; l'enjeu &#233;tait capital, &#8211; longue peine d'emprisonnement voire pire &#8211; il est possible qu'il ait pr&#233;f&#233;r&#233; ne pas avouer une appartenance qui ne pouvait qu'aggraver son cas. A-t-il vraiment un moment &#233;t&#233; membre du Parti communiste sud-africain ?&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Le 6 d&#233;cembre 2013, lendemain du d&#233;c&#232;s de Nelson Mandela, le Parti communiste (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Cela demeure encore aujourd'hui sujet &#224; controverse. En tout cas, s'il le fut, c'&#233;tait d&#233;j&#224; d'un parti stalinis&#233; qui n'avait plus depuis longtemps l'objectif de la r&#233;volution prol&#233;tarienne et pr&#244;nait la coh&#233;sion sociale au nom de l'int&#233;r&#234;t national. Comme l'ANC. Ce qui explique que le PC et le mouvement syndical qu'il influen&#231;ait aient pu se subordonner tr&#232;s vite &#224; celle-ci, jusqu'&#224; s'y fondre pratiquement, et que, pour Mandela, seule importait la stature de dirigeant de l'ANC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, m&#234;me lorsque l'ANC finira par se r&#233;soudre &#224; des actions de masse, sous l'impulsion des dirigeants de sa jeunesse dont Mandela justement &#8211; comme durant la campagne de d&#233;sob&#233;issance civile de 1952 contre les lois imposant aux Noirs un passeport int&#233;rieur et aggravant les restrictions de r&#233;sidence &#8211;, l'ANC aura le souci constant de les contr&#244;ler &#233;troitement. Sous le nom de Charte de la libert&#233;, c'est en effet son programme que l'ANC fera adopter en 1955 &#224; ses alli&#233;s politiques, dont le PC, m&#234;me si celui-ci a pu pr&#233;tendre en influencer les formulations. Mandela dira de la Charte qu'elle &lt;em&gt;&#171; n'est en aucune fa&#231;on un manifeste pour un &#201;tat socialiste. Elle appelle &#224; une redistribution, mais non &#224; une nationalisation de la terre ; elle pr&#233;voit la nationalisation des mines, des banques et des grands monopoles industriels parce que ces facteurs &#233;conomiques sont entre les mains de la seule minorit&#233; blanche et que, sans cette mesure, la domination raciale survivrait &#224; la diffusion du pouvoir politique. &lt;/em&gt;(&#8230;)&lt;em&gt; les nationalisations s'inscriraient dans une &#233;conomie fond&#233;e sur l'entreprise priv&#233;e. La r&#233;alisation de la Charte offrirait de nouvelles perspectives &#224; toutes les classes &#8211; bourgeoisie comprise &#8211; d'une population africaine d&#232;s lors prosp&#232;re. L'ANC n'a jamais, &#224; aucune p&#233;riode de son histoire, pr&#233;conis&#233; un changement r&#233;volutionnaire de la structure &#233;conomique du pays ; il n'a jamais non plus, autant que je m'en souvienne, condamn&#233; la soci&#233;t&#233; capitaliste. &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, dans l'Afrique du Sud d'alors, la seule revendication d&#233;mocratique de l'&#233;galit&#233; des droits politiques pouvait rev&#234;tir un caract&#232;re r&#233;volutionnaire. C'est pr&#233;cis&#233;ment pour endiguer ce risque que l'ANC a cherch&#233; l'h&#233;g&#233;monie politique dans le mouvement anti-apartheid, tout en postulant au r&#244;le d'interlocuteur privil&#233;gi&#233; du r&#233;gime. Au risque de voir ses m&#233;thodes contest&#233;es par d'autres courants se pr&#233;sentant ou non comme plus radicaux, dans les moyens sinon dans les objectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle &#233;tait la situation apr&#232;s la tuerie de Sharpeville o&#249;, en mars 1960, la police avait tir&#233; sur une manifestation de Noirs contre le passeport int&#233;rieur, et apr&#232;s la r&#233;pression oppos&#233;e par le gouvernement, en mai 1961, &#224; la demande initi&#233;e par l'ANC d'une assembl&#233;e constituante d&#233;mocratiquement &#233;lue. Ainsi, dira Mandela, &lt;em&gt;&#171; &lt;/em&gt;(&#8230;)&lt;em&gt; en mai-juin 1961, il &#233;tait devenu ind&#233;niable que notre politique en faveur de l'&#233;tablissement d'un &#201;tat non racial par des moyens non violents n'avait donn&#233; aucun r&#233;sultat, que nos partisans commen&#231;aient &#224; perdre confiance dans nos m&#233;thodes et &#224; d&#233;velopper d'inqui&#233;tantes id&#233;es de terrorisme. &lt;/em&gt;(&#8230;)&lt;em&gt; D&#233;j&#224;, de petits groupes s'&#233;taient form&#233;s dans les r&#233;gions urbaines et pr&#233;paraient spontan&#233;ment les bases d'une action violente. Il existait un risque que ces groupes n'usent du terrorisme aussi bien &#224; l'&#233;gard des Africains que des Blancs, s'ils n'&#233;taient pas fermement contr&#244;l&#233;s. &#187;&lt;/em&gt; La construction d'une organisation arm&#233;e, m&#234;me aux objectifs limit&#233;s (le sabotage de lignes t&#233;l&#233;phoniques et de voies de communication), n'&#233;tait donc pas seulement une r&#233;ponse &#224; une r&#233;pression de plus en plus f&#233;roce et sans piti&#233; contre les opposants, m&#234;me non violents. Elle visait aussi &#224; encadrer les plus radicaux en leur imposant le respect de la discipline que suppose toujours ce type d'op&#233;rations&#8230; et ainsi se d&#233;barrasser des critiques et des opposants pour mener sa politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette orientation, assum&#233;e par Mandela, lui valut une peine d'emprisonnement &#224; vie. Il ne fut lib&#233;r&#233; qu'en 1990, avant de prendre la t&#234;te du pays en 1994 et mettre en &#339;uvre la politique qu'il avait toujours d&#233;fendue. Car, de ce point de vue, du communiste suppos&#233; au pr&#233;sident en place, on ne peut certes lui d&#233;nier constance de vue et d'objectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;G&#233;rard WEGAN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_726 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L450xH375/mandela1-a7207.png?1528266923' width='450' height='375' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;- Les citations de Nelson Mandela sont extraites de sa plaidoirie, le 20 avril 1964, au proc&#232;s de Rivonia (publi&#233;e dans L'Apartheid, &#201;ditions de Minuit, 1965 &#8211; r&#233;&#233;dition en 1985).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;- Le 6 d&#233;cembre 2013, lendemain du d&#233;c&#232;s de Nelson Mandela, le Parti communiste d'Afrique du Sud a publi&#233; un communiqu&#233;, repris dans ses publications disponibles sur Internet (African Communist &amp; Umsebenzi), indiquant sans autre d&#233;tail que, lors de son arrestation en ao&#251;t 1962, Mandela &#233;tait non seulement membre du parti mais &#233;galement de son Comit&#233; central &#8211; ce que l'int&#233;ress&#233; a toujours ni&#233; de son vivant. Information &#233;videmment impossible &#224; v&#233;rifier mais qui, si elle &#233;tait exacte, en dirait plus sur l'alignement du PC sur la politique de l'ANC que sur Mandela lui-m&#234;me !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> L'Afrique du Sud apr&#232;s vingt ans de pouvoir de l'ANC
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/L-Afrique-du-Sud-apres-vingt-ans-de-pouvoir-de-l-ANC</link>
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		<dc:subject>Nelson Mandela
</dc:subject>
		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique du Sud
</dc:subject>

		<description>En 1994, Nelson Mandela &#233;tait &#233;lu Pr&#233;sident de la R&#233;publique d'Afrique du Sud. L'arriv&#233;e au pouvoir de l'African National Congress (ANC), principale organisation noire du pays, symbole de la fin de l'apartheid, soulevait de grands espoirs dans la population noire. La mise &#224; bas d'un r&#233;gime ouvertement raciste, la disparition de ses mesures de contr&#244;le et de s&#233;gr&#233;gation, odieuses, absurdes et arbitraires, r&#233;sultat de d&#233;cennies, voire de si&#232;cles de luttes, &#233;taient &#224; bon droit c&#233;l&#233;br&#233;es comme une v&#233;ritable&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 1994, Nelson Mandela &#233;tait &#233;lu Pr&#233;sident de la R&#233;publique d'Afrique du Sud. L'arriv&#233;e au pouvoir de l'African National Congress (ANC), principale organisation noire du pays, symbole de la fin de l'apartheid, soulevait de grands espoirs dans la population noire. La mise &#224; bas d'un r&#233;gime ouvertement raciste, la disparition de ses mesures de contr&#244;le et de s&#233;gr&#233;gation, odieuses, absurdes et arbitraires, r&#233;sultat de d&#233;cennies, voire de si&#232;cles de luttes, &#233;taient &#224; bon droit c&#233;l&#233;br&#233;es comme une v&#233;ritable victoire. Pourtant, les aspirations de l'&#233;norme majorit&#233; de la population allaient bien au-del&#224;. Et, vingt ans apr&#232;s, la d&#233;ception est au rendez-vous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si une minorit&#233; d'une nouvelle bourgeoisie noire a pu acc&#233;der aux postes haut plac&#233;s de l'appareil d'&#201;tat et se m&#234;ler aux capitalistes blancs, la situation des prol&#233;taires noirs a peu chang&#233;, voire empir&#233;. Ces derniers vivent toujours majoritairement dans les bidonvilles, soumis &#224; la violence quotidienne, &#224; la mis&#232;re et aux effets destructeurs des gangs, de la drogue et du sida.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un lendemain qui d&#233;chante&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au cours de la lutte contre l'apartheid, l'ANC avait entretenu beaucoup d'illusions. En 1955, il avait adopt&#233; un programme aux allures radicales, baptis&#233; Charte de la libert&#233;, pr&#233;voyant le partage des terres, l'&#233;galit&#233; des salaires entre Blancs et Noirs, la semaine de 40 heures, la nationalisation des mines et des banques, le droit au logement, la sant&#233; gratuite, etc. L'alliance du Parti communiste sud-africain (SACP) avec l'ANC et sa participation &#224; la r&#233;daction de la Charte ajoutaient &#224; la confusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, &#224; peine au pouvoir, toute la politique de l'ANC a &#233;t&#233; au contraire d'assurer l'abolition de la s&#233;gr&#233;gation l&#233;gale tout en maintenant l'ordre social. Il s'agissait de faire accepter &#224; la population noire un changement de fa&#231;ade, sans toucher aux fondations du r&#233;gime capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;part, la politique de Mandela a &#233;t&#233; de gouverner en accord avec les bourgeoisies sud-africaine et imp&#233;rialiste. Comme preuve de bonne volont&#233;, le ministre des Finances et le directeur de la Banque centrale, issus du r&#233;gime d'apartheid, sont rest&#233;s en place. Mandela soumit m&#234;me son premier budget &#224; l'approbation d'Oppenheimer, magnat du diamant et premi&#232;re fortune du pays. Il embrassa alors la politique lib&#233;rale &#224; la mode dans les sph&#232;res de la bourgeoisie mondiale, avec au menu : privatisation de la poste et des t&#233;l&#233;coms, baisse de 6 % des salaires r&#233;els des fonctionnaires et de 10 % des cr&#233;dits pour la sant&#233;. Tout en demandant aux travailleurs d'&#234;tre patients, Mandela baissait l'imp&#244;t sur les b&#233;n&#233;fices des soci&#233;t&#233;s de 48 &#224; 35 % et supprimait le contr&#244;le des capitaux entrant ou sortant du pays. Il annon&#231;a &#233;galement que la dette serait pay&#233;e rubis sur l'ongle, cette dette qui avait servi &#224; acheter les armes ayant massacr&#233; la population noire en r&#233;volte contre l'apartheid.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Sur les renoncements de l'ANC, lire Naomi Klein, La strat&#233;gie du choc, Actes (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Dans ces conditions, il ne pouvait donc &#234;tre question m&#234;me d'un d&#233;but de r&#233;alisation des promesses de la Charte.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le ch&#244;mage et les bas salaires sont toujours l&#224;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour le capitalisme sud-africain qui a fait fortune sur la base de la surexploitation de la main-d'&#339;uvre noire permise par l'apartheid, rien n'a v&#233;ritablement chang&#233; depuis l'abolition de ce dernier. Les salaires de moins de 120 euros par mois sont des plus courants. Une domestique syndicaliste t&#233;moigne : &#171; &lt;em&gt;Nous avons essay&#233; d'obtenir un salaire minimum de 1 500 rands (150 euros) par mois, mais le gouvernement nous a dit que nous allions perdre nos emplois. On a d&#233;cid&#233; que les employ&#233;es de maison &#224; Johannesburg et au Cap gagneraient 950 rands par mois et celles travaillant dans les zones rurales 600 rands par mois. Ces salaires sont tr&#232;s bas, et pourtant c'est difficile de les faire appliquer. Celles qui ont commenc&#233; &#224; travailler pour le m&#234;me patron depuis le temps de l'apartheid gagnent encore moins.&lt;/em&gt; &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='appendix' title='&#171; Domestique et syndicaliste en Afrique du Sud &#187;, Renapas, 14 octobre (...)' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Les mineurs passent presque pour des chanceux avec 366 euros mensuels en moyenne, ce qui reste bien insuffisant pour faire face aux loyers qui, eux, ne cessent de grimper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En suppl&#233;ment, le ch&#244;mage d&#233;passe officiellement 25 %, atteignant 55 % chez les jeunes noirs. Beaucoup vivent du secteur dit &#171; informel &#187; (vendeurs &#224; la sauvette, travailleurs au noir), au service d'un patronat tr&#232;s &#171; formel &#187; du textile, de l'alimentation, de la restauration ou du b&#226;timent, comme ces ch&#244;meurs de Port Elizabeth embauch&#233;s comme journaliers pour 5 euros la nuit par la compagnie de tri des d&#233;chets ferreux.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La population noire n'a pas quitt&#233; les bidonvilles&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne le logement, on est bien loin de la Charte de la Libert&#233; qui exigeait que toute personne soit &lt;em&gt;&#171; d&#233;cemment log&#233;e dans le confort et la s&#233;curit&#233; &#187;&lt;/em&gt;. L'Afrique du Sud est un pays industrialis&#233;, le plus riche d'Afrique, mais 12 millions de pauvres sont entass&#233;s dans pr&#232;s de 3 000 bidonvilles d&#233;nombr&#233;s. &#192; QQ, un bidonville du Cap install&#233; dans une zone mar&#233;cageuse sous les c&#226;bles &#224; haute tension, 650 habitants vivent sans sanitaire, se partagent 8 robinets d'eau et d&#233;pendent d'un branchement clandestin au r&#233;seau &#233;lectrique.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-3' class='spip_note' rel='appendix' title='Philippe Rivi&#232;re, &#171; Quand les Sud-Africains r&#233;clament un toit &#187;, Le Monde (...)' id='nh2-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; &#192; Kliptown, le township o&#249; a &#233;t&#233; adopt&#233;e la Charte de la libert&#233;, l'&#233;lectricit&#233; n'est toujours pas arriv&#233;e, malgr&#233; les promesses de Mandela, les &#233;gouts sont &#224; ciel ouvert et il faut se contenter de toilettes portatives (comme sur les chantiers), souvent bouch&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre 1994 et 2010, 2,3 millions de logements en dur auraient &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s, mais cela reste bien insuffisant et leur attribution donne parfois lieu &#224; des affrontements entre habitants&#8230; ainsi qu'&#224; la corruption la plus crasse. Certains &#233;lus locaux vendent des &#171; tickets d'entr&#233;e &#187; pour 1 000 &#224; 2 000 euros, ce qui n'emp&#234;che pas les nouveaux habitants d'&#234;tre ensuite &#233;vacu&#233;s par la police.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-4' class='spip_note' rel='appendix' title='Jean-Philippe R&#233;my, &#171; Foyer, doux foyer &#187;, Le Monde, 30 juin 2010.' id='nh2-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ANC peut se vanter d'avoir fait raccorder des millions de maisons &#224; l'eau, l'&#233;lectricit&#233; et au t&#233;l&#233;phone. Mais ces services ont &#233;t&#233; privatis&#233;s, si bien que, moins de 10 ans apr&#232;s, l'eau, l'&#233;lectricit&#233; et le t&#233;l&#233;phone sont coup&#233;s, les habitants ne pouvant payer les factures. De m&#234;me, les loyers ont &#233;t&#233; exig&#233;s des habitants des townships. R&#233;sultat : 2 millions de personnes ont &#233;t&#233; expuls&#233;es rien qu'entre 1994 et 2004. Cela sans compter les personnes &#233;vacu&#233;es pour laisser place aux installations flambant neuves du Mondial de football 2010.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des luttes potentiellement explosives&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; donc 20 ans que la coalition au pouvoir entre l'ANC, le SACP et le COSATU (principale centrale syndicale) tente de faire accepter leur sort aux travailleurs. Mais les explosions de col&#232;re et les luttes sont de plus en plus fr&#233;quentes. En 2007, il y a eu une premi&#232;re vague de gr&#232;ves, avec notamment celle de la fonction publique qui a dur&#233; un mois. &#201;v&#233;nement d'autant plus remarquable qu'il s'agissait de la premi&#232;re gr&#232;ve multiraciale depuis 1994, exigeant notamment des augmentations de salaire. Peu apr&#232;s, 20 000 travailleurs de la p&#233;trochimie, de la pharmacie, du bois et papier se mettaient &#224; leur tour en gr&#232;ve pour 10 % d'augmentation et la semaine de 40 heures (revendication de la Charte de la libert&#233; &#171; oubli&#233;e &#187; par l'ANC au pouvoir). La direction de PetroSA fermait sa raffinerie de Mossel Bay, soi-disant pour des &lt;em&gt;&#171; raisons de s&#233;curit&#233; &#187;&lt;/em&gt; mais, au bout de cinq jours, 44 000 salari&#233;s &#233;taient en gr&#232;ve. En 2010, &#224; l'approche du Mondial de football, d'autres travailleurs entraient dans la danse, sentant le moment bien choisi pour faire respecter leurs droits, notamment dans le b&#226;timent, le transport et l'&#233;lectricit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la lutte la plus marquante a &#233;t&#233; celle des mineurs de Lonmin &#224; Marikana, en ao&#251;t 2012, qui a montr&#233; au grand jour que, malgr&#233; la fin de l'apartheid, l'&#201;tat reste le bras arm&#233; du patronat. Non seulement la police a ouvert le feu sur les gr&#233;vistes, tuant 34 d'entre eux, mais elle a eu l'audace, au nom d'une loi non abolie datant de l'apartheid, d'arr&#234;ter 270 gr&#233;vistes et de les rendre responsables des morts. Le scandale a &#233;t&#233; tel que le gouvernement a &#233;t&#233; contraint de les lib&#233;rer. Mais, quand le pr&#233;sident Zuma s'est rendu &#224; Marikana quelques jours plus tard, c'est &#224; la direction de Lonmin qu'il a rendu visite et non aux gr&#233;vistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette gr&#232;ve pour le triplement des salaires (les mineurs gagnaient 400 euros par mois et en demandaient 1 250), a &#233;t&#233; men&#233;e contre les appareils syndicaux li&#233;s au gouvernement&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-5' class='spip_note' rel='appendix' title='Lire notamment &#171; Afrique du Sud - La classe ouvri&#232;re, un an apr&#232;s Marikana &#187;, (...)' id='nh2-5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Les gr&#233;vistes ont d&#251; se r&#233;unir et choisir leurs dirigeants parmi eux, tandis que le principal syndicat de mineurs, le NUM, membre du COSATU, tentait de saboter la gr&#232;ve en organisant des rassemblements parall&#232;les. En tenant bon pendant plus d'un mois, les gr&#233;vistes ont gagn&#233; une augmentation de 11 &#224; 22 % de salaire selon leur grade, et une prime de 200 euros. Apr&#232;s Marikana, d'autres travailleurs des mines, des transports et de l'agriculture se sont mis en gr&#232;ve sur les salaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;action du patronat et du gouvernement est tr&#232;s souvent violente : licenciements en masses pour stopper la gr&#232;ve avant de r&#233;int&#233;grer tout le monde sauf les leaders, tirs de balles en caoutchouc ou r&#233;elles, arrestations&#8230; Face &#224; la multiplication des gr&#232;ves, Chris Griffith, PDG d'Anglo Platinium, principal trust sud-africain du platine, demandait au gouvernement de &lt;em&gt;&#171; cibler des individus de fa&#231;on chirurgicale &#187;&lt;/em&gt;, c'est-&#224;-dire d'identifier et assassiner les meneurs. Alors que le gouvernement a ouvert une enqu&#234;te sur le massacre de Marikana, plusieurs t&#233;moins ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; assassin&#233;s, dont Mawethu Steven, l'un des initiateurs d'un comit&#233; de gr&#232;ve en 2011 dans le bassin minier de platine, et l'un des rares dirigeants syndicaux &#224; avoir soutenu la gr&#232;ve de 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, d'autres gr&#232;ves ont eu lieu, comme dans l'automobile en ao&#251;t dernier. Mais, plus g&#233;n&#233;ralement, la population manifeste tous les jours, ici ou l&#224;, contre les conditions de vie d&#233;gradantes, &#224; l'exemple des &#171; poo-protesters &#187;, qui jettent des excr&#233;ments sur la porte des &#233;lus locaux pour protester contre l'absence d'installations sanitaires dans les quartiers pauvres. Selon les chiffres de la police, entre 2009 et 2012, trois &#233;meutes ont eu lieu chaque jour dans le pays, en augmentation de 40 % par rapport aux cinq ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-6' class='spip_note' rel='appendix' title='Peter Alexander, &#171; A massive rebellion of the poor &#187;, Mail and Guardian, 13 (...)' id='nh2-6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que la vie des travailleurs change r&#233;ellement, il reste &#224; donner &#224; ces luttes l'objectif qui &#233;tait affich&#233; par le mouvement des travailleurs et de la jeunesse qui a su mettre fin &#224; l'apartheid : &#171; &lt;em&gt;Amandla !&lt;/em&gt; &#187; (le pouvoir).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Maurice SPIRZ&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_727 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH267/soweto-338e6.png?1528266923' width='400' height='267' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Avec la fin de l'apartheid, la bourgeoisie noire a trouv&#233; sa place au soleil&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;S'il y en a pour qui la fin de l'apartheid a marqu&#233; un r&#233;el changement de situation sociale, ce sont la bourgeoisie noire et les dirigeants de l'ANC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien avant 1994, il existait une bourgeoisie noire, &#224; laquelle appartenait Mandela, jeune avocat issu de l'aristocratie tribale. Elle &#233;tait compos&#233;e d'avocats, de m&#233;decins, d'instituteurs, de commer&#231;ants et autres petits patrons. Cette fine couche sociale &#233;tait privil&#233;gi&#233;e par rapport aux mineurs, ouvriers, domestiques et ch&#244;meurs, mais aussi opprim&#233;e, voyait ses ambitions limit&#233;es par le racisme et les lois s&#233;gr&#233;gationnistes. La fin de l'apartheid a lib&#233;r&#233; cette bourgeoisie, qui a acc&#233;d&#233; au pouvoir et accapar&#233; une partie des richesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cela, elle a profit&#233; du &lt;em&gt;Black Economic Empowerment&lt;/em&gt; (BEE), un ensemble de mesures destin&#233;es &#224; favoriser l'acc&#232;s des Noirs &#224; des postes de direction et au contr&#244;le d'une partie du capital. Les entreprises devaient c&#233;der une partie de leur capital &#224; des Noirs et employer 40 % de cadres et directeurs noirs. La filiale sud-africaine de De Beers a ainsi revendu 26 % de son capital &#224; Ponahalo, un consortium d&#233;tenu &#224; 50 % par les salari&#233;s de De Beers et &#224; 50 % par des investisseurs noirs, &#224; la t&#234;te desquels Manne Dipico, ancien mineur syndicaliste, dirigeant du SACP et de l'ANC. Autre exemple, Patrice Motsepe, fils de petit &#233;picier, avocat sous l'apartheid, est devenu la premi&#232;re fortune du pays &#224; la t&#234;te de l'&lt;em&gt;African Rainbow Minerals&lt;/em&gt;, une compagnie mini&#232;re cr&#233;&#233;e dans le cadre du BEE. Les exemples sont nombreux de cette &#233;lite noire, principalement issue des cadres de l'ANC, qui s'est reconvertie dans les affaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette bourgeoisie a pu faire des affaires notamment avec des contrats publics, usant de ses relations dans l'ANC et de la corruption. Ainsi, Moeletsi Mbeki, intellectuel reconnu et fr&#232;re de l'ex-pr&#233;sident, la d&#233;crit comme compos&#233;e de &#171; &lt;em&gt;capitalistes noirs de copinage, fortun&#233;s, constitu&#233;s de politiciens de l'ANC, certains retir&#233;s des affaires publiques, d'autres pas&lt;/em&gt; &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-7' class='spip_note' rel='appendix' title='Cit&#233; par Jean-Philippe R&#233;my, &#171; Le mirage des &#8220;black diamonds&#8221; &#187;, Le Monde, 18 (...)' id='nh2-7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Il s'y conna&#238;t, &#233;tant lui-m&#234;me devenu directeur de la filiale sud-africaine d'Endemol !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les affaires de corruption sont monnaie courante et l'actuel pr&#233;sident, Jacob Zuma, est lui-m&#234;me impliqu&#233; dans plusieurs d'entre elles. Au final, l'opulence affich&#233;e par ces nouveaux riches a fini par &#233;c&#339;urer les larges couches de la population noire, qui reste cantonn&#233;e dans les bidonvilles.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-8' class='spip_note' rel='appendix' title='Jean-Philippe R&#233;my, &#171; L'&#233;toile de Mandela p&#226;lit &#224; Port Elizabeth &#187;, Le Monde, 12 (...)' id='nh2-8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Un jeune, cit&#233; par &lt;em&gt;Le Monde Diplomatique&lt;/em&gt;, peut ainsi s'indigner :&lt;em&gt; &#171; Zuma se fait construire un palace de&lt;/em&gt; [23 millions d'euros] &lt;em&gt;&#224; Nkandla, son village du Kwazulu-Natal, alors que, dans les &#233;coles, les &#233;l&#232;ves n'ont m&#234;me pas de manuels ! &#187;&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-9' class='spip_note' rel='appendix' title='Cit&#233; par Sabine Cessou, &#171; Trois &#233;meutes par jour en Afrique du Sud &#187;, Le Monde (...)' id='nh2-9'&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M.S.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;
&#201;tat fran&#231;ais et Afrique du Sud : une collaboration de longue date&#8230; quel que soit le r&#233;gime !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En octobre dernier, Fran&#231;ois Hollande &#233;tait en visite en Afrique du Sud. Cette visite a permis au VRP du patronat fran&#231;ais de signer un accord &#224; 1,5 milliard d'euros pour l'installation d'une centrale thermique par GDF Suez. Alstom a &#233;galement b&#233;n&#233;fici&#233; de la signature d'un contrat de 4 milliards.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de sa visite, Hollande a os&#233; affirmer &#224; Jacob Zuma : &#171; La France a &#233;t&#233; &#224; vos c&#244;t&#233;s pendant les ann&#233;es d'oppression et elle sera encore &#224; vos c&#244;t&#233;s pour les ann&#233;es de d&#233;veloppement qui s'ouvrent &#187;. &#192; &#171; vos c&#244;t&#233;s &#187; ? Il parlait sans doute de l'&#201;tat sud-africain, celui qui tirait sur les manifestants anti-apartheid ! Car l'&#201;tat fran&#231;ais a toujours &#233;t&#233; le soutien inconditionnel du r&#233;gime de l'apartheid. En 1975, le Centre Fran&#231;ais du Commerce Ext&#233;rieur (CFCE) indiquait : &#171; La France est consid&#233;r&#233;e comme le seul v&#233;ritable soutien de l'Afrique du Sud parmi les grands pays occidentaux. Non seulement elle lui fournit l'essentiel des armements n&#233;cessaires &#224; sa d&#233;fense, mais elle s'est montr&#233;e bienveillante, sinon un alli&#233;, dans les d&#233;bats et les votes des organisations internationales &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment des &#233;meutes de Soweto, en 1976, l'&#201;tat fran&#231;ais construisait une centrale nucl&#233;aire en Afrique du Sud, centrale qui a &#233;t&#233; la cible d'attentats organis&#233;s par l'ANC. Jusqu'en 1977, la France &#233;tait le principal fournisseur d'armes du pays. Les blind&#233;s de la police qui circulaient dans les townships et massacraient la population &#233;tait du pur &#171; made in France &#187;. Les marchands d'armes sont d'ailleurs avides d'y revenir, voyant peut-&#234;tre dans les massacres de gr&#233;vistes un march&#233; prometteur ? Ainsi, Thomson-CSF (actuel Thales), groupe fran&#231;ais d'&#233;lectronique de d&#233;fense, a &#233;t&#233; impliqu&#233; en 2005 dans un scandale de corruption. Pour obtenir un contrat juteux, il s'&#233;tait engag&#233; &#224; verser une rente de 60 500 euros &#224; Jacob Zuma, alors vice-pr&#233;sident du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M.S.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sur les renoncements de l'ANC, lire Naomi Klein, La strat&#233;gie du choc, Actes Sud, 2010, p. 301-336.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Domestique et syndicaliste en Afrique du Sud &#187;, Renapas, 14 octobre 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-3' class='spip_note' title='Notes 2-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Philippe Rivi&#232;re, &#171; Quand les Sud-Africains r&#233;clament un toit &#187;, Le Monde Diplomatique, avril 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-4' class='spip_note' title='Notes 2-4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Jean-Philippe R&#233;my, &#171; Foyer, doux foyer &#187;, Le Monde, 30 juin 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-5' class='spip_note' title='Notes 2-5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lire notamment &#171; Afrique du Sud - La classe ouvri&#232;re, un an apr&#232;s Marikana &#187;, Lutte de Classe, n&#176; 154, septembre-octobre 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-6' class='spip_note' title='Notes 2-6' rev='appendix'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Peter Alexander, &#171; A massive rebellion of the poor &#187;, Mail and Guardian, 13 avril 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-7' class='spip_note' title='Notes 2-7' rev='appendix'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cit&#233; par Jean-Philippe R&#233;my, &#171; Le mirage des &#8220;black diamonds&#8221; &#187;, Le Monde, 18 juin 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-8'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-8' class='spip_note' title='Notes 2-8' rev='appendix'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Jean-Philippe R&#233;my, &#171; L'&#233;toile de Mandela p&#226;lit &#224; Port Elizabeth &#187;, Le Monde, 12 d&#233;cembre 2013 ; Thomas Cantaloube, &#171; L'ANC glisse lentement de son pi&#233;destal &#187;, Mediapart, 13 avril 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-9'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-9' class='spip_note' title='Notes 2-9' rev='appendix'&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cit&#233; par Sabine Cessou, &#171; Trois &#233;meutes par jour en Afrique du Sud &#187;, Le Monde Diplomatique, mars 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> La marche vers le pouvoir de l'ANC : Contr&#244;ler les travailleurs et les townships
</title>
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		<dc:date>2014-01-14T22:05:42Z</dc:date>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Afrique du Sud
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		<dc:subject>Nelson Mandela
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		<description>La situation de l'Afrique du Sud s'est modifi&#233;e &#224; partir des ann&#233;es 1970. Ind&#233;pendance des derni&#232;res colonies africaines, Angola et Mozambique, mais aussi changements dans la soci&#233;t&#233; sud-africaine, d&#233;veloppement industriel et croissance &#233;conomique, acc&#233;l&#233;ration de l'urbanisation, m&#234;me si c'est &#224; la mani&#232;re du Tiers Monde : tout cela a conduit &#224; un renouveau des luttes, de la jeunesse mais aussi ouvri&#232;res. &lt;br /&gt;Des organisations syndicales noires sont n&#233;es dans l'action et, bien que toujours officiellement&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La situation de l'Afrique du Sud s'est modifi&#233;e &#224; partir des ann&#233;es 1970. Ind&#233;pendance des derni&#232;res colonies africaines, Angola et Mozambique, mais aussi changements dans la soci&#233;t&#233; sud-africaine, d&#233;veloppement industriel et croissance &#233;conomique, acc&#233;l&#233;ration de l'urbanisation, m&#234;me si c'est &#224; la mani&#232;re du Tiers Monde : tout cela a conduit &#224; un renouveau des luttes, de la jeunesse mais aussi ouvri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des organisations syndicales noires sont n&#233;es dans l'action et, bien que toujours officiellement interdites, ont directement n&#233;goci&#233; avec un patronat soucieux de faire reprendre le travail et acceptant de multiplier par quatre les salaires entre 1972 et 1975. Les syndicats noirs se d&#233;velopp&#232;rent et furent de plus en plus nombreux &#224; &#234;tre reconnus par les patrons, y compris le puissant patronat des mines, contraint de n&#233;gocier avec le NUM, le syndicat des mineurs noirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1976, le gouvernement ayant cherch&#233; &#224; imposer la langue afrikaans dans l'enseignement fruste dispens&#233; dans les &#233;coles des townships, ce fut la goutte d'eau qui fit d&#233;border le vase. L'immense bidonville de Johannesburg, Soweto, se souleva. Malgr&#233; une r&#233;pression f&#233;roce, l'agitation dans les townships dura deux ans et reprit p&#233;riodiquement et sporadiquement, dans diff&#233;rentes r&#233;gions, durant toute la d&#233;cennie qui suivit. Pour la premi&#232;re fois, le gouvernement dut reculer. Non seulement sur la question de l'enseignement en afrikaans, mais sur plusieurs des restrictions que l'apartheid faisait peser sur les Noirs, les Indiens ou les M&#233;tis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces luttes, l'ANC, m&#234;me fort de l'appui du Parti communiste, n'&#233;tait certes pas absent, mais il n'&#233;tait plus seul. &#192; ce moment-l&#224;, il &#233;tait loin de contr&#244;ler les organisations syndicales, encore moins les multiples formes d'organisation, embryonnaires ou pas, qui naissaient dans les townships. Jusque sur le terrain du nationalisme, des groupes &#233;taient apparus, comme la Conscience noire, inspir&#233;e des Black Panthers am&#233;ricains, devenue c&#233;l&#232;bre dans le monde entier apr&#232;s l'assassinat par la police sud-africaine, en 1977, de son dirigeant, Steve Biko, et les manifestations qui suivirent dans les townships.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En s'appuyant et misant sur le mouvement des masses, la situation aurait sans doute appel&#233; une tout autre politique que celle qui, en fin de compte, aboutit &#224; la disparition de la s&#233;gr&#233;gation raciale officielle mais au maintien de la s&#233;gr&#233;gation sociale de fait, et, finalement, &#224; un nouveau r&#233;gime o&#249; mis&#232;re et exploitation restent le lot de l'immense majorit&#233; des travailleurs noirs et des pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1970 et 1980, suite &#224; la d&#233;faite am&#233;ricaine au Vietnam, la politique des USA s'infl&#233;chit, ces derniers cherchant (toujours pour affaiblir le poids de la bureaucratie sovi&#233;tique sur le mouvement ouvrier international et surtout sur les mouvements nationalistes) &#224; passer des compromis avec les alli&#233;s de l'URSS et les retourner plut&#244;t que les combattre syst&#233;matiquement de front. En m&#234;me temps, il y avait une radicalisation du mouvement noir am&#233;ricain, une certaine reprise de la lutte de classe et des vagues de gr&#232;ves dans les pays d&#233;velopp&#233;s, des tensions dans les dictatures s&#233;vissant dans les pays africains apr&#232;s leur accession &#224; l'ind&#233;pendance. Les circonstances auraient &#233;t&#233; favorables pour que la classe ouvri&#232;re, en Afrique du Sud comme partout o&#249; elle &#233;tait mobilis&#233;e, tente de prendre la t&#234;te des luttes de tous les opprim&#233;s. Mais aucune organisation n'a pu, ou su, offrir cette perspective aux travailleurs sud-africains, aux r&#233;volt&#233;s des townships &#8211; pas plus en Afrique du Sud qu'ailleurs dans le monde&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au contraire, l'ANC r&#233;ussit &#224; reprendre le contr&#244;le de toutes les formes d'organisation qui surgirent, cr&#233;ant &#224; cette fin en 1983 le Front d&#233;mocratique unifi&#233;. Sur le plan syndical, le PC se battit pour &#233;vincer des nouveaux syndicats les militants &#171; gauchistes &#187; (en g&#233;n&#233;ral seulement purement syndicalistes), sans y parvenir partout cependant, et surtout pour prendre la direction de la centrale syndicale recr&#233;&#233;e qui devint, en 1985, le Congr&#232;s des syndicats sud-africains, le COSATU. C'est ainsi que se forma l'alliance ANC-PC-COSATU, devenu le pilier du gouvernement post-apartheid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#232;ves succ&#233;dant aux gr&#232;ves, les boycotts aux &#233;meutes, la r&#233;pression ne pouvait suffire &#224; assurer un ordre compatible avec la bonne marche des affaires des groupes capitalistes. Une partie de la bourgeoisie commen&#231;a &#224; n&#233;gocier directement avec les repr&#233;sentants de l'ANC. C'est ainsi qu'Oppenheimer, le magnat du diamant et de l'industrie mini&#232;re, engag&#233; dans l'opposition &#171; lib&#233;rale &#187; au r&#233;gime, rencontra secr&#232;tement en 1986 les repr&#233;sentants de l'ANC en Zambie. Peu apr&#232;s, le pr&#233;sident de la R&#233;publique sud-africaine, Botha, envoya, secr&#232;tement toujours, son ministre de la Justice rencontrer Mandela dans sa prison, d&#233;but d'une longue n&#233;gociation qui mena &#224; la fin de l'apartheid et aux premi&#232;res &#233;lections ouvertes aux exclus de l'apartheid et qui porta Nelson Mandela &#224; la pr&#233;sidence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ces n&#233;gociations, l'ANC fit ou laissa faire le m&#233;nage au sein des organisations noires, y compris dans ses propres rangs. Ex&#233;cutions et tortures eurent lieu dans les camps militaires de sa branche arm&#233;e, l'Umkhonto we Sizwe, situ&#233;s dans les pays voisins. Dans les townships, les ex&#233;cutions sommaires par le supplice du &#171; pneu enflamm&#233; &#187; ne furent pas r&#233;serv&#233;es aux seuls &#171; collaborateurs &#187; de la police et du r&#233;gime. Dans le Natal, une v&#233;ritable guerre civile entre militants ANC et partisans de Buthelezi, le chef de l'organisation nationaliste zouloue, fit des milliers de morts. L'ANC, par le biais de ses multiples organisations et du soutien sans faille du Parti communiste, avait bien pour pr&#233;occupation de montrer qu'il contr&#244;lait les mobilisations d'autant plus qu'un accord avec les dirigeants du r&#233;gime d'apartheid &#233;tait en vue. C'est cette capacit&#233;, autant que les engagements &#224; ne pas toucher aux rouages essentiels de l'appareil d'&#201;tat, &#224; la simple condition que ses partisans trouvent place aux c&#244;t&#233;s des hommes de l'apartheid dans l'arm&#233;e, la police et la justice, qui a assur&#233; la &#171; transition d&#233;mocratique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;voltes de la classe ouvri&#232;re d'Afrique du Sud faisaient craindre aux classes dirigeantes de tout perdre. Gr&#226;ce aux dirigeants de l'ANC, ces classes n'ont eu qu'&#224; partager un tout petit peu le pactole en laissant une nouvelle bourgeoisie noire exploiter les travailleurs &#224; leurs c&#244;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants de l'ANC, et d'abord Mandela lui-m&#234;me, se sont beaucoup d&#233;pens&#233;s pour ce qu'ils ont appel&#233; la &#171; r&#233;conciliation &#187;. Quand ils entendaient par l&#224; &#233;viter les affrontements raciaux, Noirs contre Blancs, voire contre M&#233;tis, Indiens ou tous ceux qui pouvaient passer pour &#171; favoris&#233;s &#187; par l'ancien r&#233;gime, ou encore entre ethnies, comme au Natal la guerre civile entre Zoulous et non-Zoulous, ils avaient certainement raison. Le tour de passe-passe, l'escroquerie, fut qu'au nom de cette &#171; r&#233;conciliation &#187; ils ont maintenu les institutions &#233;tatiques comme &#233;conomiques destin&#233;es &#224; priver, en Afrique du Sud comme dans toutes les d&#233;mocraties bourgeoises, les travailleurs et les pauvres de leurs droits d&#233;mocratiques ou sociaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title> Afrique du sud : la nouvelle r&#233;volte des townships
</title>
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		<dc:date>2005-07-04T09:31:59Z</dc:date>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Afrique du Sud
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		<description>La police sud-africaine est intervenue violemment durant tout la fin du mois de mai pour disperser des manifestations massives d'habitants des townships, ces ghettos o&#249; l'ancien r&#233;gime de l'Apartheid avait voulu parquer les noirs. Les troubles ont touch&#233; non seulement les townships de la ville du Cap (avec de v&#233;ritables soul&#232;vements &#224; Blackheath, Khayelitsha et Gugulethu) et de l'&#201;tat de Western Cape (Sud-Ouest du pays) dont Le Cap fait partie mais &#233;galement d'autres &#201;tats comme l'Eastern Cape&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-40-juillet-aout-2005-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 40, juillet-ao&#251;t 2005
&lt;/a&gt;

/ 
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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Afrique-du-Sud-251-+" rel="tag"&gt;Afrique du Sud
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La police sud-africaine est intervenue violemment durant tout la fin du mois de mai pour disperser des manifestations massives d'habitants des townships, ces ghettos o&#249; l'ancien r&#233;gime de l'Apartheid avait voulu parquer les noirs. Les troubles ont touch&#233; non seulement les townships de la ville du Cap (avec de v&#233;ritables soul&#232;vements &#224; Blackheath, Khayelitsha et Gugulethu) et de l'&#201;tat de Western Cape (Sud-Ouest du pays) dont Le Cap fait partie mais &#233;galement d'autres &#201;tats comme l'Eastern Cape (r&#233;gion sud-est) ou de Free State (une r&#233;gion du centre). &#192; Harrismith (Free State) et &#224; Port Elisabeth (Eastern Cape) o&#249; les affrontements ont dur&#233; quatre jours, les forces de l'ordre ne peuvent plus circuler sans &#234;tre prises &#224; partie. Des responsables locaux ont &#233;t&#233; escort&#233;s vers la sortie par la population. Partout c'est la r&#233;volte de la population pauvre, lasse d'attendre des logements d&#233;cents et des services sociaux de base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement a d&#233;but&#233; en f&#233;vrier dans deux townships de la r&#233;gion de Free State, pr&#232;s de Ventersburg (r&#233;gion de Free State), avant de s'&#233;tendre &#224; Harrismith, Warden et Vrede (townships &#233;galement de Free State). Il n'a cess&#233; de se d&#233;velopper, atteignant Le Cap en avril. Le 27 de ce mois, des centaines d'habitants de plusieurs townships, dont Langa, Gugulethu et Nyanga, ont march&#233; sur la ville. Un leader du bidonville de Gugulethu d&#233;clarait : &#171; &lt;em&gt;Des maisons maintenant ou des terres. Sinon, nous sommes pr&#234;ts &#224; mourir pour cette cause. &#187; &lt;/em&gt;Le gouvernement local a propos&#233; quelques logements. Du coup d'autres townships se sont enflamm&#233;s &#224; leur tour et ont affront&#233; les forces de l'ordre dans de v&#233;ritables batailles rang&#233;es. Pneus br&#251;l&#233;s, jets de pierre contre les v&#233;hicules de police, barricades, tirs contre les &#233;meutiers et arrestations massives, on se croirait revenu &#224; l'&#233;poque o&#249; le parti raciste blanc imposait sa dictature. Et devant le Parlement du Cap, le pr&#233;sident Thabo Mbeki d&#233;clarait : &#171; &lt;em&gt;ce n'est pas encore un danger imm&#233;diat pour notre d&#233;mocratie. Mais ils &lt;/em&gt;[les mouvements]&lt;em&gt; refl&#232;tent les failles dont nous avons h&#233;rit&#233; du pass&#233; et qui, s'ils s'enracinaient et gagnaient un v&#233;ritable soutien populaire, repr&#233;senteraient une menace pour la stabilit&#233; de l'Afrique du sud d&#233;mocratique.&lt;/em&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Ni ch&#244;mage, ni sida !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En effet c'est bien la r&#233;volte des townships qui, d'abord en 1976-77, puis en 1985-88, avait contribu&#233; &#224; d&#233;stabiliser l'ancien r&#233;gime de l'apartheid, puis s'en d&#233;barrasser. Elle reste une menace pour le nouveau r&#233;gime post-apartheid parce que c'est toujours l&#224; que vit une bonne partie de la population qui ne dispose que d'un logement pr&#233;caire. Selon &lt;em&gt;Jeune Afrique&lt;/em&gt; du 4 mai 2004, &#171; &lt;em&gt;40 % de la population vit en dessous du seuil de pauvret&#233;. Les noirs ont un taux de ch&#244;mage de 50 % contre 10 % pour les blancs et de 75 % pour les 16-24 ans. Les townships o&#249; vivent plusieurs millions de personnes offrent un environnement insalubre et dangereux. Contrairement &#224; la parano&#239;a d&#233;velopp&#233;e par les riches et les blancs, les principales victimes de violence sont bien les noirs. &#187; &lt;/em&gt;La mis&#232;re, le ch&#244;mage, la violence sont donc toujours le pain quotidien de la grande majorit&#233; de la population noire m&#234;me si une petite et m&#234;me grande bourgeoisie noires ont fait leur apparition. Les in&#233;galit&#233;s se sont au contraire accrues et, face &#224; un enrichissement d'une minorit&#233; de noirs, 22 millions de sud-africains vivent avec moins de un dollar par jour alors que la croissance du PIB &#233;tait de 3,7 % en 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La hausse massive du ch&#244;mage est ni&#233;e par le gouvernement qui publie des statistiques en contradiction flagrante avec la r&#233;alit&#233; v&#233;cue par la population. Dans sa lettre hebdomadaire aux membres de l'ANC de fin mai 2005, le pr&#233;sident Thabo Mbeki d&#233;clarait qu'il &#233;tait impossible que 26,9 % (contre 23 % en 2003) soit douze millions sur 44 millions soient sans emploi. &#171; &lt;em&gt;C'est un nombre trop grand pour qu'on ne les ait pas remarqu&#233;&lt;/em&gt; &#187;. Et &#224; l'humour noir de cette remarque il ajoutait le m&#233;pris : &#171; &lt;em&gt;La question est plus un manque de qualification qu'un manque de travail. (..) Le ch&#244;mage n'a augment&#233; que dans la mesure de la hausse des aides aux plus pauvres. &#187;&lt;/em&gt; Ce sur quoi les syndicats ont fait remarquer que Thabo Mbeki avait mis des ann&#233;es &#224; admettre que le virus HIV causait le sida (la principale catastrophe de l'Afrique du sud avec la mis&#232;re) et qu'il n'&#233;tait donc gu&#232;re &#233;tonnant qu'il continue sur sa lanc&#233;e en niant l'existence d'un ch&#244;mage massif.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Bourgeois noirs comme blancs...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'Afrique du sud est le th&#233;&#226;tre d'une offensive anti-sociale tous azimuts. L'&#201;tat intervient violemment contre les gr&#233;vistes, r&#233;prime les townships, r&#233;duit les aides aux ch&#244;meurs et aux sans logis. Les municipalit&#233;s font de m&#234;me et r&#233;duisent &#233;galement les aides aux pauvres. La situation est d'ailleurs telle que la centrale syndicale Cosatu, qui fait pourtant partie int&#233;grante de la coalition au pouvoir, s'est sentie oblig&#233;e de s'opposer publiquement au projet de r&#233;forme du droit du travail propos&#233; par le gouvernement ANC. Sous pr&#233;texte de favoriser l'embauche des jeunes, il s'agit s'imposer la flexibilit&#233; des salaires, des horaires et des conditions de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, c'est bien &#233;vident aujourd'hui, c'est la bourgeoisie sud-africaine et non les masses noires opprim&#233;es par le r&#233;gime raciste qui a profit&#233; pleinement de la fin de l'Apartheid. Le pays en r&#233;volte a &#233;t&#233; pacifi&#233;, au moins pendant la d&#233;cennie qui a suivi et les affaires capitalistes peuvent prosp&#233;rer. Dirig&#233; d&#233;sormais par des noirs, d&#233;barrass&#233; de l'&#233;tiquette d'&#201;tat raciste qui limitait forc&#233;ment son influence sur le continent africain, il a pu y d&#233;velopper le r&#244;le de leader &#233;conomique (vendeur d'armes notamment) et politique auquel aspirait d&#233;j&#224; l'ancien r&#233;gime. Le pays p&#232;se un quart du PIB de toute l'Afrique (ce qui ne repr&#233;sente toutefois que l'&#233;quivalent de la Gr&#232;ce). &#171; &lt;em&gt;L'Afrique du sud n'existera que si elle a sa place dans le monde &lt;/em&gt; &#187; d&#233;clare un ministre. Et il intervient dans un nombre de plus en plus grand de conflits africains, prenant notamment la place de la France aupr&#232;s de certains dictateurs. Ainsi c'est Mbeki qui a pr&#233;sid&#233; &#224; la derni&#232;re tentative de r&#232;glement (qui semble d'ailleurs &#224; nouveau tourner court) de la guerre civile en C&#244;te d'Ivoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les travailleurs noirs, la fin de l'Apartheid en 1994 signifiait l'espoir d'une vie meilleure, et ils ont fait, &#224; tort, cr&#233;dit aux dirigeants de l'ANC. Dor&#233;navant, ils savent qu'ils ne peuvent compter que sur leurs propres forces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Robert PARIS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_155 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH240/afreique-du-sud-a6517.gif?1528576257' width='500' height='240' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Sit&#244;t d&#233;velopp&#233;s, sit&#244;t int&#233;gr&#233;s
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		<dc:subject>Afrique du Sud
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans le dernier tiers du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, la classe ouvri&#232;re, en menant des luttes d'envergure dans un certain nombre de pays d'Afrique, d'Asie ou d'Am&#233;rique, a construit des organisations syndicales de masses, comptant parfois plusieurs millions d'adh&#233;rents en un rien de temps. Ces syndicats ont jou&#233; en g&#233;n&#233;ral un r&#244;le de premier plan dans les changements politiques en profondeur qui s'y sont produits. Et pourtant nulle part la classe ouvri&#232;re, dont le poids fut d&#233;cisif, n'a v&#233;ritablement tir&#233; profit de son intervention qui n'a abouti au mieux qu'&#224; la mise en place d'organisations bureaucratis&#233;es et int&#233;gr&#233;es au syst&#232;me capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des luttes contre la dictature&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, en Afrique du Sud, 1973 vit une premi&#232;re grande vague de gr&#232;ves d&#233;fier le r&#233;gime de l'apartheid. Si ces gr&#232;ves portaient sur les salaires (ceux des mineurs quadrupl&#232;rent entre 1972 et 1975) elles prenaient aussit&#244;t un caract&#232;re politique, les syndicats noirs ind&#233;pendants &#233;tant ill&#233;gaux et tout mouvement &#233;tant du coup dirig&#233; contre la dictature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les luttes se multipli&#232;rent pour imposer la reconnaissance des syndicats noirs ind&#233;pendants, et d&#232;s 1983, le patronat des mines lui-m&#234;me, en toute ill&#233;galit&#233;, se r&#233;solut &#224; organiser une rencontre avec les dirigeants du NUM, le syndicat noir des mines. 740000 travailleurs noirs &#233;taient alors syndiqu&#233;s. Le pays connut par la suite plusieurs vagues de gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales, notamment de 1984 &#224; 1986. Le gouvernement de l'apartheid fut contraint de recourir &#224; l'&#233;tat d'urgence, mais la bourgeoisie n'en avait pas moins saisi qu'elle devrait faire des concessions. Le r&#233;gime de l'apartheid &#233;tait condamn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me en Cor&#233;e du Sud et au Br&#233;sil, ce furent les luttes de la classe ouvri&#232;re, dans les ann&#233;es 1980, et la mont&#233;e en puissance du mouvement syndical, sur des revendications tout &#224; la fois &#233;conomiques et politiques, qui mirent en difficult&#233; l'arm&#233;e au pouvoir, et la contraignirent &#224; faire des concessions d&#233;mocratiques, puis &#224; passer la main &#224; des gouvernements civils &#233;lus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Pologne enfin le coup d&#233;cisif &#224; la dictature fut port&#233; en ao&#251;t 1980 par la gr&#232;ve et l'occupation des travailleurs du chantier naval de Gdansk. En deux semaines, la gr&#232;ve &#233;tait devenue g&#233;n&#233;rale dans tout le pays, et les dirigeants de Gdansk, Lech Walesa en t&#234;te, &#233;taient reconnus comme ceux de tous les travailleurs polonais. Le gouvernement dut capituler, renoncer &#224; l'augmentation des prix alimentaires, promettre des augmentations de salaires, et reconna&#238;tre le droit des travailleurs &#224; s'organiser dans des syndicats libres. Le syndicat Solidarit&#233; re&#231;ut alors l'adh&#233;sion de 10 millions de personnes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;&#8230;&#224; l'abandon des int&#233;r&#234;ts des travailleurs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais la fra&#238;cheur apparente de ce mouvement ouvrier &#233;tait toute trompeuse. Ou plus exactement si les masses de prol&#233;taires entraient dans l'ar&#232;ne politique et sociale pleines d'enthousiasme et de r&#234;ve d'une autre soci&#233;t&#233;, les dirigeants derri&#232;re lesquels elles le faisaient &#233;taient des politiciens bien bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, en Pologne les dirigeants de Solidarit&#233; cherchaient au contraire un compromis entre les travailleurs, dont les revendications gonflaient au fur et &#224; mesure qu'ils prenaient conscience de leurs forces, et l'Etat polonais, qu'ils ne souhaitaient absolument pas remettre en cause. Walesa, &#233;tait li&#233; &#224; l'Eglise catholique, dont le chef polonais avait d&#233;clar&#233; au d&#233;but de la gr&#232;ve d'ao&#251;t : &lt;em&gt;&#171; Je consid&#232;re que parfois il ne faut pas r&#233;clamer, exiger, revendiquer beaucoup, pourvu que l'ordre r&#232;gne &#187;.&lt;/em&gt; C'&#233;tait un quasi feu vert &#224; l'&#233;tablissement de la dictature de Jaruzelski dans un premier temps. Et plus tard, quand le r&#233;gime se r&#233;forma pour permettre la restauration du capitalisme, le gouvernement de Walesa devenu pr&#233;sident de la r&#233;publique, ne m&#233;nagea pas les travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Afrique du Sud, les principaux dirigeants syndicaux firent le choix non de pr&#233;parer une Afrique du Sud post-apartheid o&#249; les travailleurs auraient le contr&#244;le du pouvoir et des richesses de la soci&#233;t&#233;, mais de devenir le prolongement politique de l'ANC dans la classe ouvri&#232;re. C'est sur cette base que se constitua le COSATU, la grande centrale syndicale unifi&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants syndicaux re&#231;urent leur r&#233;compense. Sur les 400 si&#232;ges du parlement national issu des premi&#232;res &#233;lections multiraciales de l'histoire du pays, en 1994, 76 &#233;taient occup&#233;s par des syndicalistes du COSATU, 80 par des membres du Parti communiste (SACP), tous &#233;lus sous une &#233;tiquette ANC. Mais le &#171; Programme de Reconstruction et de D&#233;veloppement &#187; du nouveau gouvernement Mandela, qui devait apporter aux pauvres des emplois, des maisons, l'&#233;lectricit&#233; et l'eau potable, confi&#233; &#224; la tutelle de l'ancien secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du COSATU, resta sur le papier. Et une loi interdisait d&#232;s 1995 les gr&#232;ves dans les services dits &#171; essentiels &#187; et rendait ill&#233;gale toute gr&#232;ve organis&#233;e contre des licenciements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; sud-africaine reste plus que jamais l'une des plus in&#233;galitaires au monde. Mais la bureaucratie du COSATU a pu se lancer dans les affaires. Les milliards de dollars vers&#233;s dans des caisses de retraite et de pr&#233;voyance par les 3,2 millions de syndiqu&#233;s ont &#233;t&#233; utilis&#233;s par les organisations syndicales pour monter des fonds d'investissement. Le NUM, le syndicat des mineurs, a investi 1,5 milliard de francs&#8230; dans une holding du trust minier Anglo American. Son ancien secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral, Cyril Ramaphosa, devenu millionnaire, r&#233;suma bien le singulier destin de ces chefs syndicalistes : &lt;em&gt;&#171; Voil&#224; les syndicats qui se mettent aux affaires pour leur propre compte. (&#8230;) Je n'ai aucun scrupule moral &#224; m'engager dans cette voie nouvelle, parce que j'y travaillerai avec des camarades et que nous nous conformerons &#224; certains principes. Inutile de nous voiler la face : ce faisant, nous allons bien s&#251;r nous enrichir. Mais en m&#234;me temps, nous dirons que nos syndicats aussi doivent pouvoir s'enrichir. Bient&#244;t le NUM nagera dans les millions . &#187; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette histoire de la fin du vingti&#232;me si&#232;cle a donc vu des millions de travailleurs d&#233;velopper leur conscience de classe, et se battre &#224; la fois pour leurs int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques, et pour conqu&#233;rir des libert&#233;s politiques pour toute la soci&#233;t&#233;. Mais elle a d&#233;montr&#233; aussi que faute d'organisation ouvri&#232;re communiste r&#233;volutionnaire, les syndicats tendent de plus en plus vite &#224; une int&#233;gration dans l'Etat, &#224; un ralliement &#224; la bourgeoisie et au bradage des int&#233;r&#234;ts des travailleurs. C'est ce qu'observait d&#233;j&#224; Trotsky d&#232;s 1940, &lt;em&gt;&#171; Les syndicats &#224; l'&#233;poque de la d&#233;cadence imp&#233;rialiste &#187;&#8230;&#171; ne peuvent pas rester plus longtemps politiquement neutres, c'est-&#224;-dire se limiter &#224; la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts journaliers de la classe ouvri&#232;re. Ils ne peuvent pas &#234;tre plus longtemps anarchistes, c'est-&#224;-dire ignorer l'influence d&#233;cisive de l'Etat sur la vie des peuples et des classes. Ils ne peuvent pas &#234;tre plus longtemps r&#233;formistes, parce que les conditions objectives ne permettent plus de r&#233;formes s&#233;rieuses et durables. Les syndicats de notre &#233;poque peuvent ou bien servir comme instruments secondaires du capitalisme imp&#233;rialiste, pour subordonner et discipliner les travailleurs et emp&#234;cher la r&#233;volution, ou bien au contraire devenir les instruments du mouvement r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat. &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard RUDELLI&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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