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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskyste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> La prudence des &#171; Sages &#187;
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Rwanda
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		<description>Vendredi dernier, le Conseil constitutionnel a d&#233;bout&#233; de sa demande Fran&#231;ois Graner. Ce chercheur souhaitait consulter des documents relatifs au g&#233;nocide rwandais dans les archives de Fran&#231;ois Mitterrand. Les dossiers ne seront pas pleinement consultables avant 2046&#8230; Hollande avait promis l'ouverture de ces archives, mais bon, des milliers de pages sur ce que l'&#201;tat fran&#231;ais savait et surtout a fait avant et pendant le g&#233;nocide, &#231;a pourrait quand m&#234;me faire&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Breves-" rel="directory"&gt;Br&#232;ves
&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vendredi dernier, le Conseil constitutionnel a d&#233;bout&#233; de sa demande Fran&#231;ois Graner. Ce chercheur souhaitait consulter des documents relatifs au g&#233;nocide rwandais dans les archives de Fran&#231;ois Mitterrand. Les dossiers ne seront pas pleinement consultables avant 2046&#8230; Hollande avait promis l'ouverture de ces archives, mais bon, des milliers de pages sur ce que l'&#201;tat fran&#231;ais savait et surtout a fait avant et pendant le g&#233;nocide, &#231;a pourrait quand m&#234;me faire d&#233;sordre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Rwanda : la France complice du g&#233;nocide ?
</title>
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		<dc:date>2017-07-03T21:46:48Z</dc:date>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Imp&#233;rialisme
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		<dc:subject>Rwanda
</dc:subject>

		<description>Le dernier num&#233;ro de la revue XXI affirme que Hubert V&#233;drine, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'&#201;lys&#233;e sous Mitterrand en 1994, avait r&#233;dig&#233; une note demandant de r&#233;armer l'arm&#233;e rwandaise qui allait massacrer pr&#232;s de 10 000 Tutsis par jour entre avril et juillet 1994, faisant ainsi quelque 800 000 morts. &lt;br /&gt;Malgr&#233; ces massacres, les rebelles du Front patriotique rwandais avaient mis en d&#233;route l'arm&#233;e du r&#233;gime en place, soutenu par la France et attisant, pour r&#233;gner, une guerre entre communaut&#233;s hutus et tutsis. L'arm&#233;e&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le dernier num&#233;ro de la revue &lt;em&gt;XXI&lt;/em&gt; affirme que Hubert V&#233;drine, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'&#201;lys&#233;e sous Mitterrand en 1994, avait r&#233;dig&#233; une note demandant de r&#233;armer l'arm&#233;e rwandaise qui allait massacrer pr&#232;s de 10 000 Tutsis par jour entre avril et juillet 1994, faisant ainsi quelque 800 000 morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ces massacres, les rebelles du Front patriotique rwandais avaient mis en d&#233;route l'arm&#233;e du r&#233;gime en place, soutenu par la France et attisant, pour r&#233;gner, une guerre entre communaut&#233;s hutus et tutsis. L'arm&#233;e fran&#231;aise avait organis&#233; alors le sauvetage &lt;em&gt;in extremis&lt;/em&gt; des g&#233;nocidaires, d&#233;guis&#233; en mission humanitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les promesses de Hollande d'ouvrir les archives de l'&#201;lys&#233;e, celles-ci cachent toujours un &#233;pisode peu glorieux de la politique de la France en Afrique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Petit Pays
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Petit-Pays</link>
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		<dc:date>2016-10-05T21:06:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Culture
</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique
</dc:subject>
		<dc:subject>Rwanda
</dc:subject>
		<dc:subject>Livre
</dc:subject>

		<description>Petit Pays &lt;br /&gt;de Ga&#235;l Faye &lt;br /&gt;Grasset, 224 pages. 18 euros Ce premier roman de Ga&#235;l Faye figure sur toutes les listes des prix litt&#233;raires. Un succ&#232;s qui n'a rien d'usurp&#233;. M&#233;tis franco-rwandais, comme l'auteur, le narrateur, Gabriel, d&#233;cide de retourner sur les lieux de son enfance. &lt;br /&gt;Nous sommes en 1992, dans un quartier d'expatri&#233;s et de privil&#233;gi&#233;s de Bujumbura, la capitale du Burundi. Gabriel a 10 ans et vit avec son p&#232;re, un entrepreneur fran&#231;ais, sa m&#232;re rwandaise et sa petite s&#339;ur. Le Burundi conna&#238;t&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Deux-romans-" rel="directory"&gt;Deux romans
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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Culture-75-+" rel="tag"&gt;Culture
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&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Livre-+" rel="tag"&gt;Livre
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Petit Pays
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;de Ga&#235;l Faye
&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grasset, 224 pages. 18 euros&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;Ce premier roman de Ga&#235;l Faye figure sur toutes les listes des prix litt&#233;raires. Un succ&#232;s qui n'a rien d'usurp&#233;. M&#233;tis franco-rwandais, comme l'auteur, le narrateur, Gabriel, d&#233;cide de retourner sur les lieux de son enfance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes en 1992, dans un quartier d'expatri&#233;s et de privil&#233;gi&#233;s de Bujumbura, la capitale du Burundi. Gabriel a 10 ans et vit avec son p&#232;re, un entrepreneur fran&#231;ais, sa m&#232;re rwandaise et sa petite s&#339;ur. Le Burundi conna&#238;t alors sa premi&#232;re &#233;lection pr&#233;sidentielle et, pour la premi&#232;re fois, un Hutu, Melchior Ndadaye, devient pr&#233;sident d'une r&#233;publique o&#249; les postes dirigeants de l'administration et de l'arm&#233;e sont occup&#233;s par des membres de la minorit&#233; tutsie. &#201;lu en juin, il est assassin&#233; en octobre par des militaires tutsis, ce qui provoque en r&#233;action des massacres de Tutsis, le pays plongeant durablement dans la guerre civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Nord, au Rwanda, c'est la chronique d'un massacre annonc&#233;. La m&#232;re de Gabriel avait fui le pays avec une partie de sa famille &#224; la suite des massacres de Tutsis perp&#233;tr&#233;s en 1963 par le r&#233;gime de Gr&#233;goire Kayibanda. L'histoire est en passe de se r&#233;p&#233;ter, en pire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autour de Gabriel et de sa s&#339;ur, le monde se disloque. Le cocon familial vole en &#233;clats. La m&#232;re part pour le Rwanda afin de tenter de porter secours &#224; sa famille pendant ces mois d'horreur. Nous ne voyons de la guerre civile au Burundi et du g&#233;nocide rwandais que ce que nous montrent les yeux d'un enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai &#233;crit ce roman pour faire surgir un monde oubli&#233;, pour dire nos instants joyeux, discrets comme des filles de bonnes familles (&#8230;) J'ai &#233;crit ce roman pour crier &#224; l'univers que nous avons exist&#233;, avec nos vies simples, notre train-train, notre ennui, que nous avions des bonheurs qui ne cherchaient qu'&#224; le rester avant d'&#234;tre exp&#233;di&#233;s aux quatre coins du monde et de devenir une bande d'exil&#233;s, de r&#233;fugi&#233;s, d'immigr&#233;s, de migrants &#187;, a dit Ga&#235;l Faye.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;criture est belle, le texte souvent tr&#232;s dr&#244;le (les &#233;changes &#233;pistolaires entre Gabriel et sa correspondante d'Orl&#233;ans sont hilarants tant ils sont d&#233;cal&#233;s !). Ce beau roman d'un jeune auteur de rap (une de ses chansons avait d&#233;j&#224; pour titre &lt;em&gt;Petit Pays&lt;/em&gt;) est &#224; lire absolument.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Liliane LEFEVRE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Il y a 20 ans, le g&#233;nocide au Rwanda
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Il-y-a-20-ans-le-genocide-au-Rwanda</link>
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		<dc:date>2014-06-14T08:19:53Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Livre
</dc:subject>
		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Rwanda
</dc:subject>

		<description>Note de lecture : &#171; Au nom de la France &#187;, guerres secr&#232;tes au Rwanda &lt;br /&gt;de Beno&#238;t Collombat et David Servenay &lt;br /&gt;&#201;ditions La D&#233;couverte, mars 2014, 309 pages, 19,50 &#8364;. Vingt ans apr&#232;s le g&#233;nocide au Rwanda, qui fit en trois mois 800 000 victimes, para&#238;t un ouvrage o&#249; les auteurs mettent en &#233;vidence la responsabilit&#233; de l'&#201;tat fran&#231;ais &#224; partir de nouveaux t&#233;moignages ainsi que des travaux de la Commission d'enqu&#234;te citoyenne et du rapport de la Mission d'information parlementaire de 1998. Rappelons que durant les&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-94-juin-juillet-aout-2014-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 94, juin-juillet-ao&#251;t 2014
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Livre-+" rel="tag"&gt;Livre
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Rwanda-+" rel="tag"&gt;Rwanda
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Note de lecture :&lt;/h3&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;&#171; Au nom de la France &#187;, guerres secr&#232;tes au Rwanda&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;de Beno&#238;t Collombat et David Servenay&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;ditions La D&#233;couverte, mars 2014, 309 pages, 19,50 &#8364;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;Vingt ans apr&#232;s le g&#233;nocide au Rwanda, qui fit en trois mois 800 000 victimes, para&#238;t un ouvrage o&#249; les auteurs mettent en &#233;vidence la responsabilit&#233; de l'&#201;tat fran&#231;ais &#224; partir de nouveaux t&#233;moignages ainsi que des travaux de la Commission d'enqu&#234;te citoyenne&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='La Commission d'enqu&#234;te citoyenne (CEC) sur l'implication de la France dans le (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; et du rapport de la Mission d'information parlementaire de 1998. Rappelons que durant les deux mois et demi de ce carnage, d'avril &#224; juillet 1994, Fran&#231;ois Mitterrand &#233;tait pr&#233;sident de la R&#233;publique et &#201;douard Balladur Premier ministre. Gauche et droite main dans la main ! Depuis, les gouvernements successifs continuent de nier toute implication de la France. Cet ouvrage d'investigation accumule faits et d&#233;tails, ce qui ne facilite pas la lecture, mais apporte autant d'&#233;l&#233;ments qui &#233;tayent la th&#232;se de l'implication fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;1974 : accords militaires de la France avec le r&#233;gime rwandais&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'ouvrage ne revient pas sur les racines historiques du g&#233;nocide et l'&#233;norme responsabilit&#233; des &#201;tats colonisateurs allemand puis belge (voir &#224; ce sujet notre encart &lt;em&gt;&#171; &#192; lire aussi &#187;&lt;/em&gt;, p. 34)&lt;em&gt;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour revenir aux origines de l'implication fran&#231;aise, les auteurs expliquent comment, vingt ans avant les massacres de 1994, la France, par des accords militaires, offrit son appui au r&#233;gime rwandais issu du coup d'&#201;tat perp&#233;tr&#233; un an auparavant par le g&#233;n&#233;ral Juv&#233;nal Habyarimana. C'est au nom de ces accords que l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais tenta, d&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es 1990, de s'interposer face aux rebelles venus d'Ouganda et regroup&#233;s sous la banni&#232;re du Front patriotique rwandais (FPR). C'est cet aspect que d&#233;veloppent particuli&#232;rement les auteurs, le conflit &#233;tant l'occasion pour le r&#233;gime de Habyarimana d'&#233;liminer des leaders et militants de l'opposition tutsie mais aussi des opposants hutus, militants d'associations des droits de l'homme et autres&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et lorsque le pr&#233;sident Habyarimana fait r&#233;diger en d&#233;cembre 1991 une note pr&#233;cisant les objectifs de guerre, indiquant en premier lieu que &lt;em&gt;&#171; l'ennemi principal est le Tutsi &#187;,&lt;/em&gt; les autorit&#233;s fran&#231;aises &#233;taient au courant. Largement diffus&#233;, ce document &lt;em&gt;&#171; sert &#224; conditionner les troupes et &#224; justifier id&#233;ologiquement les massacres &#224; venir. &lt;/em&gt;(&#8230;)&lt;em&gt; Au vu de l'implication des sp&#233;cialistes du DAMI &lt;/em&gt;[D&#233;tachement d'assistance militaire et d'instruction]&lt;em&gt;, en particulier ceux qui exercent leur r&#244;le du haut en bas de la cha&#238;ne de commandement rwandaise, on imagine mal qu'il ait pu &#233;chapper &#224; l'&#339;il averti des conseillers fran&#231;ais du 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; RPIMa&lt;/em&gt; [r&#233;giment de parachutistes d'infanterie de marine] &#187; (p. 227).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le fichier central de la gendarmerie et les ventes d'armes de la France&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Loin de pr&#233;venir le g&#233;nocide, les instructeurs fran&#231;ais pr&#233;sents au Rwanda ont m&#234;me modernis&#233; le fichier central de la gendarmerie qui servit pendant le g&#233;nocide &#224; ficher les &#171; ennemis &#187;. Par ailleurs, les ventes d'armes de la France au Rwanda se multipli&#232;rent pendant le g&#233;nocide, malgr&#233; l'embargo des Nations Unies. &lt;em&gt;&#171; Selon la Mission d'information parlementaire, le montant officiel des exportations l&#233;gales d'armement de la France au Rwanda, entre 1990 et 1994 se chiffre &#224; 137 millions de francs &#187; &lt;/em&gt;(p. 242). Et les auteurs de citer le t&#233;moignage de l'ancien directeur d'Oxfam-Belgique devant la Commission d'enqu&#234;te citoyenne en 2004 : &lt;em&gt;&#171; &#224; partir de 1992, on voit appara&#238;tre comme par hasard le plus grand nombre d'achats de tout ce qui va servir pour le g&#233;nocide, &lt;/em&gt;(&#8230;)&lt;em&gt; des machettes, des tournevis, pioches, pics, haches, serpes &lt;/em&gt;(&#8230;)&lt;em&gt; &#187;&lt;/em&gt; (p. 243) L'&#201;tat fran&#231;ais &#233;tait pr&#234;t &#224; tout laisser faire pour soutenir le r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une &#233;pop&#233;e judiciaire inachev&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les auteurs de l'ouvrage expliquent longuement les m&#233;andres de la justice fran&#231;aise qui, vingt ans apr&#232;s le g&#233;nocide, semble toujours accr&#233;diter la version officielle selon laquelle l'op&#233;ration Turquoise avait pour seul but de prot&#233;ger les ressortissants fran&#231;ais et d'apporter une aide humanitaire aux populations, alors qu'elle a aid&#233; les auteurs du g&#233;nocide &#224; se r&#233;fugier au Congo. Les auteurs attaquent sans d&#233;tour le juge Brugui&#232;re qui, en charge de l'enqu&#234;te pendant plus de dix ans, a toujours tenu le FPR pour seul responsable du g&#233;nocide : &lt;em&gt;&#171; Toute la th&#232;se de Brugui&#232;re se trouve r&#233;sum&#233;e dans ces quelques lignes : pour prendre le pouvoir, Paul Kagam&#233; devait abattre l'avion du pr&#233;sident Habyarimana, en sachant cyniquement que cet attentat entra&#238;nerait le massacre des Tutsi &lt;/em&gt;(&#8230;)&lt;em&gt;. Des conclusions qui, faute de reconstitution au Rwanda et d'&#233;l&#233;ments mat&#233;riels plus probants, s'apparentent plus &#224; une construction intellectuelle qu'&#224; une v&#233;ritable enqu&#234;te rigoureuse &#187;&lt;/em&gt;. (p. 86)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Annick HAUSSMANN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;&#192; lire aussi :&lt;/h3&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt; Rwanda, histoire d'un g&#233;nocide&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;de Colette Braeckman&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fayard, 1994.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;Journaliste au quotidien belge &lt;em&gt;Le Soir&lt;/em&gt; et collaboratrice du &lt;em&gt;Monde diplomatique&lt;/em&gt;, Colette Braeckman rappelle dans cet ouvrage les origines et le d&#233;roulement du g&#233;nocide. Parmi les rares journalistes europ&#233;ens pr&#233;sents au Rwanda au moment de la r&#233;bellion du FPR, son ouvrage est tr&#232;s accusateur contre l'&#201;tat fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt; Complicit&#233; de g&#233;nocide ? La politique de la France au Rwanda&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;de Fran&#231;ois-Xavier Verschave.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La D&#233;couverte, 1994 (r&#233;&#233;dit&#233; en 2013).&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;Membre fondateur de l'association Survie, Fran&#231;ois-Xavier Verschave (d&#233;c&#233;d&#233; en 2005) montre dans cet ouvrage incisif le r&#244;le jou&#233; par la France dans la formation et l'armement des auteurs des massacres. La lettre mensuelle de l'association, &lt;em&gt;Billets d'Afrique et d'ailleurs&lt;/em&gt;, demeure une source d'information int&#233;ressante sur les m&#233;andres actuels de la Fran&#231;afrique.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt; Un g&#233;nocide secret d'&#201;tat. La France et le Rwanda 1990-1997&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;de Jean-Paul Gouteux&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;ditions sociales, 1998 (r&#233;&#233;dit&#233; en 2009 par L'Esprit Frappeur)&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;L'auteur revient ici longuement sur les cons&#233;quences de l'ethnisme au Rwanda, et met &#233;galement en lumi&#232;re la responsabilit&#233; de l'&#201;tat fran&#231;ais dans le g&#233;nocide, ainsi que les moyens mis en &#339;uvre pour la cacher.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;L'invention de l'Afrique des Grands Lacs. Une histoire du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;de Jean-Pierre Chr&#233;tien&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karthala, 2010&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;Un ouvrage &#233;clairant sur la politique coloniale &#224; partir de la fin du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, qui a contribu&#233; &#224; maintenir des syst&#232;mes f&#233;odaux dans la r&#233;gion des Grands Lacs. Proche de l'association Survie, l'auteur a &#233;crit de nombreux ouvrages sur le Rwanda, o&#249; il met en cause la politique ethniste des pays colonisateurs.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt; L'inavouable. La France au Rwanda&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;de Patrick de Saint-Exup&#233;ry&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Ar&#232;nes, 2004&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;poque correspondant de guerre au &lt;em&gt;Figaro&lt;/em&gt;, Patrick de Saint-Exup&#233;ry est au Rwanda pendant le g&#233;nocide. Traversant d'abord les lignes du FPR, il est ensuite du c&#244;t&#233; des lignes fran&#231;aises pendant l'op&#233;ration Turquoise, dont il r&#233;v&#232;le dans cet ouvrage les objectifs r&#233;els. Ses articles ont d&#233;clench&#233; la constitution de la Mission d'information parlementaire sur le Rwanda qui a rendu son rapport en 1998, sur lequel se sont appuy&#233;s entre autres les auteurs de &lt;em&gt;Au nom de la France&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La Commission d'enqu&#234;te citoyenne (CEC) sur l'implication de la France dans le g&#233;nocide des Tutsi est une initiative d'associations fran&#231;aises, dont Survie. Ella a rendu publics ses travaux d'enqu&#234;te &#224; partir de 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Rwanda : un g&#233;nocide encourag&#233; et couvert par la France
</title>
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		<dc:date>2004-05-14T18:34:41Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Rwanda
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		<description>L'opinion publique fran&#231;aise commence &#224; &#234;tre inform&#233;e, avec dix ans de retard, sur l'implication de la France dans le g&#233;nocide rwandais de 1994. Mais cette seule information est loin d'&#233;clairer toutes les responsabilit&#233;s. &lt;br /&gt;Les responsabilit&#233;s fran&#231;aises &lt;br /&gt;On sait maintenant que c'est bien le gouvernement rwandais de l'&#233;poque qui a organis&#233; le massacre, utilisant tous les moyens de l'Etat, avec l'aide et la b&#233;n&#233;diction du pr&#233;sident socialiste de la R&#233;publique fran&#231;aise Fran&#231;ois Mitterrand que ses amiti&#233;s&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-33-mai-juin-2004-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 33, mai-juin 2004
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Rwanda-+" rel="tag"&gt;Rwanda
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'opinion publique fran&#231;aise commence &#224; &#234;tre inform&#233;e, avec dix ans de retard, sur l'implication de la France dans le g&#233;nocide rwandais de 1994. Mais cette seule information est loin d'&#233;clairer toutes les responsabilit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les responsabilit&#233;s fran&#231;aises&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On sait maintenant que c'est bien le gouvernement rwandais de l'&#233;poque qui a organis&#233; le massacre, utilisant tous les moyens de l'Etat, avec l'aide et la b&#233;n&#233;diction du pr&#233;sident socialiste de la R&#233;publique fran&#231;aise Fran&#231;ois Mitterrand que ses amiti&#233;s liaient &#224; la famille du dictateur rwandais, Juv&#233;nal Habyarimana. Mais si Mitterrand, et la cellule sp&#233;ciale de l'Elys&#233;e qu'il dirigeait, ont effectivement pris les d&#233;cisions essentielles, c'est avec l'accord des ministres et conseillers de droite du gouvernement Balladur, des Jupp&#233;, L&#233;otard et autres Villepin. Le Rwanda n'est pas une affreuse affaire &#233;chapp&#233;e &#224; leur contr&#244;le mais une d&#233;cision m&#251;rement pes&#233;e par les dirigeants fran&#231;ais de l'&#233;poque. D'ailleurs ceux-ci, droite et gauche confondues, refusent toujours de reconna&#238;tre leur implication et font donner diplomatie et m&#233;dias pour maintenir le rideau de fum&#233;e. Les proc&#232;s des repr&#233;sentants politiques, diplomatiques et militaires impliqu&#233;s dans un g&#233;nocide, c'est bon pour les Yougoslaves, voire les Rwandais eux-m&#234;mes, pas pour ceux de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux-ci estimaient qu'une d&#233;faite du r&#233;gime du dictateur Habyarimana revenait &#224; voir le Rwanda, porte d'entr&#233;e vers le riche Za&#239;re, tomber dans l'escarcelle des USA. Pour l'emp&#234;cher il fallait une implication militaire et financi&#232;re massive de la France aux c&#244;t&#233;s du gouvernement rwandais dans le conflit qui l'opposait aux forces arm&#233;es de l'opposition r&#233;fugi&#233;e en Ouganda, le Front patriotique rwandais, &#224; majorit&#233; tutsie. Tr&#232;s vite, le gouvernement fran&#231;ais a couvert et m&#234;me encourag&#233; la tactique du gouvernement rwandais consistant &#224; faire payer par des massacres de la population tutsie chaque avanc&#233;e militaire du FPR. Ainsi l'offensive du FPR d'octobre 1990 repouss&#233;e avec l'aide des militaires fran&#231;ais (op&#233;ration dite Noro&#238;t) a &#233;t&#233; suivie de massacres de Tutsis au nord du pays, pr&#232;s de Bigogwe, &#224; proximit&#233; du camp militaire fran&#231;ais du DAMI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de 1990, le lieutenant-colonel fran&#231;ais Chollet, est le v&#233;ritable chef militaire des forces arm&#233;es rwandaises. En 1992, Paul Dijoud, directeur des affaires africaines de l'Etat fran&#231;ais, d&#233;clare &#224; Paul Kagam&#233; (dirigeant du FPR &#224; l'&#233;poque et actuel chef d'Etat du Rwanda) : &lt;em&gt;&#171; si vous vous emparez du pays, vous ne retrouverez pas vos femmes et vos familles, parce que tous auront &#233;t&#233; massacr&#233;s&lt;/em&gt; &#187;&lt;em&gt;.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Cit&#233; par Le Figaro du 23 novembre 1997 et par Patrick de Saint Exup&#233;ry dans &#171; (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; Le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; septembre 1992, une lettre officielle de remerciement&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='appendix' title='cit&#233; par Jean-Paul Gouteux dans &#171; La nuit rwandaise &#187;' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; au nom du pr&#233;sident Mitterrand est envoy&#233;e &#224; l'un des massacreurs connus, Jean Bosco Barayagwiza, leader du CDR qui vient d'organiser des massacres &#224; Kibuye. Le 28 f&#233;vrier 1993, le ministre de la coop&#233;ration Marcel Debarge appelle, officiellement et au nom de la France, &#171; &lt;em&gt;tous les Hutus &#224; s'unir contre le FPR&lt;/em&gt; &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-3' class='spip_note' rel='appendix' title='cit&#233; par G&#233;rard Prunier dans &#171; Rwanda, le g&#233;nocide &#187;' id='nh2-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. L'ex-sp&#233;cialiste de la cellule sp&#233;ciale de l'Elys&#233;e, G&#233;rard Prunier, reconna&#238;t : &#171; &lt;em&gt;c'est un appel &#224; la guerre raciale&lt;/em&gt; &#187;. Une semaine plus tard, le &#171; Hutu Power &#187;, front uni des partis et des milices g&#233;nocidaires, est n&#233;. Jean-Paul Gouteux&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-4' class='spip_note' rel='appendix' title='docteur en entomologie m&#233;dicale, employ&#233; par la coop&#233;ration en Afrique et qui (...)' id='nh2-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#233;crit : &#171; &lt;em&gt;Le mouvement Hutu Power n'a rien d'exotique. Il est occidental et moderne. Ce n'est pas l'expression d'un atavisme tribal enracin&#233; dans l'Afrique profonde. (..) Des Fran&#231;ais, hommes politiques, journalistes, ministres, universitaires ou chercheurs ont justifi&#233; la politique fran&#231;aise au Rwanda &#224; l'aide de consid&#233;rations ethniques.&lt;/em&gt; &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-5' class='spip_note' rel='appendix' title='Mitterrand parle d'un &#171; gouvernement repr&#233;sentant &#224; Kigali une ethnie (...)' id='nh2-5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les m&#233;canismes du g&#233;nocide&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La responsabilit&#233; des dirigeants fran&#231;ais est bien &#233;crasante. Reste &#224; comprendre pourquoi leurs prot&#233;g&#233;s de la classe dirigeante rwandaise ont voulu ce g&#233;nocide et comment ils ont trouv&#233; dans la population des centaines de milliers d'ex&#233;cutants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1988-1991, une vague de mouvements populaires d&#233;stabilise la plupart des r&#233;gimes africains et en renverse m&#234;me plusieurs (par exemple, la dictature militaire de Moussa Traor&#233; en 1991 au Mali). Le Rwanda en proie aux m&#234;mes probl&#232;mes &#233;conomiques et politiques, le poids de la dette ext&#233;rieure et celui de la dictature, n'y &#233;chappe pas. Le 8 et le 15 janvier 1990, plus de 100 000 manifestants parcourent les rues de la capitale Kigali. Dans les deux ann&#233;es qui suivent le mouvement populaire contre le r&#233;gime va aller sans cesse croissant. Il culmine en 1992 avec des manifestations monstres &#224; Kigali et dans les grandes villes. Dans la capitale, c'est presque la moiti&#233; de la population qui descend dans la rue et conspue les militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les leaders d&#233;mocrates du mouvement sont alors appel&#233;s &#224; participer au gouvernement. Dans le mouvement d'opposition &#224; la dictature, il y a &#224; la fois des Hutus et des Tutsis. Mais si le r&#233;gime militaire a momentan&#233;ment recul&#233;, remis&#233; le parti unique et appel&#233; certains opposants &#224; la direction du gouvernement, ce n'est que partie remise. Pris entre deux feux, entre FPR &#224; l'ext&#233;rieur et r&#233;volte populaire &#224; l'int&#233;rieur, les dirigeants partent &#224; la recherche d'une solution de type fasciste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour retrouver une base populaire, ils se tournent vers les d&#233;class&#233;s de la capitale et les pauvres des campagnes et se fondent pour cela sur le pr&#233;jug&#233; si fr&#233;quemment employ&#233; en Afrique : l'ethnisme. Des m&#233;dias qui appellent ouvertement au g&#233;nocide des Tutsis, comme la &#171; radio des mille collines &#187; affirment que Tutsi est synonyme de pro-FPR et pr&#233;tendent que si les Hutus ne tuent pas les Tutsis, c'est eux qui seront tu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pour lier &#224; eux une partie de la population ils l'obligent &#224; se mouiller &#224; leurs c&#244;t&#233;s. Tous ceux qui auront tu&#233; ne pourront plus ensuite prendre parti pour le FPR qui les accuserait de crime. D'o&#249; de premiers massacres, d&#232;s 1990, puis en 1993, dans lesquels des Hutus sont pouss&#233;s &#224; tuer des Tutsis. D'o&#249; aussi la formation de milices de pauvres embrigad&#233;s et form&#233;s &#224; tuer.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les massacres&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette &#171; strat&#233;gie &#187;, largement encourag&#233;e par des dirigeants politiques et militaires fran&#231;ais&lt;strong&gt; &lt;em&gt;,&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt; est adopt&#233;e &#224; partir du moment o&#249;, sous la pression des USA, le pr&#233;sident Habyarimana est contraint de signer les accords d'Arusha. Dans ces accords qui pr&#233;voient le partage du pouvoir entre la dictature, l'opposition int&#233;rieure et le FPR, la classe dirigeante rwandaise comme les dirigeants fran&#231;ais voient la fin de leur domination du pays. L'ambassade de France au Rwanda affirme &#171; &lt;em&gt;les accords d'Arusha ne sont ni bons ni in&#233;luctables &lt;/em&gt; &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-6' class='spip_note' rel='appendix' title='cit&#233; par Jean-Paul Gouteux dans &#171; La nuit rwandaise &#187;' id='nh2-6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. C'est un appui au clan le plus radical dit &#171; Akazu &#187; ou clan z&#233;ro qui, autour de la femme du pr&#233;sident, pr&#233;pare le g&#233;nocide. Le plan en a &#233;t&#233; pr&#233;par&#233; d&#232;s 1992 (&#233;poque o&#249; des ambassadeurs et des personnels de l'ONU en ont transmis l'information tant &#224; la Belgique qu'au Canada), lorsque le mouvement populaire est devenu mena&#231;ant. L'assassinat d'Habyarimana, quels que soient ceux qui l'ont commis (Kagam&#233; est maintenant accus&#233; de l'avoir foment&#233;, ce qui est peut-&#234;tre vrai mais qui ne change rien &#224; l'infamie des responsables du g&#233;nocide), en donne le signal au soir du 6 avril.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier acte des bandes de tueurs a consist&#233; &#224; assassiner les Hutus dits &#171; mod&#233;r&#233;s &#187;, c'est-&#224;-dire tous ceux qui, d'une mani&#232;re ou d'une autre s'&#233;taient oppos&#233;s &#224; la dictature ou encore avaient pris une part dans la r&#233;volte contre la mis&#232;re. Le massacre a alors atteint en quelques jours le g&#233;nocide, visant &#224; l'extermination de tous les Tutsis ainsi que de tous les Hutus qui refusaient d'y participer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plein g&#233;nocide, les dirigeants rwandais, et pas des sous-fifres, sont re&#231;us officiellement &#224; Paris&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-7' class='spip_note' rel='appendix' title='Cit&#233; notamment par Mehdi Ba dans &#171; Rwanda, un g&#233;nocide fran&#231;ais &#187; et par (...)' id='nh2-7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Jean Bosco Barayagwiza chef du parti extr&#233;miste hutu, le CDR, et de la radio des mille collines, et J&#233;r&#244;me Bicamumpaka ministre des affaires &#233;trang&#232;res du gouvernement g&#233;nocidaire, dit int&#233;rimaire, sont accueillis le 27 avril 1994 &#224; l'Elys&#233;e, &#224; Matignon et au quai d'Orsay. Cela fait 21 jours que le massacre bat son plein. L'Etat fran&#231;ais continue &#224; les armer et &#224; les financer. Il leur maintiendra son soutien dans les mois et les ann&#233;es qui suivront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est sans doute pas surprenant, ni nouveau, de voir dans un pays pauvre et arri&#233;r&#233; africain un pouvoir avoir recours aux m&#233;thodes qui furent celles de pouvoirs fascistes europ&#233;ens (on peut m&#234;me craindre de le voir se reproduire &#224; l'avenir, en C&#244;te d'Ivoire par exemple, o&#249; le gouvernement semble parfois regarder de ce c&#244;t&#233;). Et il n'est pas plus &#233;tonnant de voir la France &#171; d&#233;mocratique &#187; lui apporter son soutien. Jadis dictature f&#233;roce dans tout son empire colonial, aujourd'hui soutien des dictateurs, souvent tout aussi f&#233;roces, qui maintiennent en retour l'ordre imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Robert PARIS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_104 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L300xH244/rwanda-08ce6.gif?1528867174' width='300' height='244' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cit&#233; par Le Figaro du 23 novembre 1997 et par Patrick de Saint Exup&#233;ry dans &#171; L'inavouable &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;cit&#233; par Jean-Paul Gouteux dans &#171; La nuit rwandaise &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-3' class='spip_note' title='Notes 2-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;cit&#233; par G&#233;rard Prunier dans &#171; Rwanda, le g&#233;nocide &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-4' class='spip_note' title='Notes 2-4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;docteur en entomologie m&#233;dicale, employ&#233; par la coop&#233;ration en Afrique et qui a d&#233;nonc&#233; le g&#233;nocide rwandais et la responsabilit&#233; fran&#231;aise, notamment dans &#171; Un g&#233;nocide secret d'Etat &#187; et &#171; La nuit rwandaise &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-5' class='spip_note' title='Notes 2-5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Mitterrand parle d'un &#171; gouvernement repr&#233;sentant &#224; Kigali une ethnie majoritaire &#224; 80%. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-6' class='spip_note' title='Notes 2-6' rev='appendix'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;cit&#233; par Jean-Paul Gouteux dans &#171; La nuit rwandaise &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-7' class='spip_note' title='Notes 2-7' rev='appendix'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cit&#233; notamment par Mehdi Ba dans &#171; Rwanda, un g&#233;nocide fran&#231;ais &#187; et par Patrick de Saint Exup&#233;ry dans &#171; L'inavouable &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Du g&#233;nocide rwandais &#224; la destruction de Brazzaville, la sale guerre de la France en Afrique Centrale
</title>
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		<dc:date>1999-04-01T14:08:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Afrique
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		<dc:subject>Rwanda
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		<description>C'&#233;tait il y a cinq ans, le 6 avril 1994. L'avion transportant les pr&#233;sidents rwandais et burundais Juv&#233;nal Habyarimana et Cyprien Ntaryamira &#233;tait abattu par deux missiles &#224; l'approche de Kigali. L'attentat donna le coup d'envoi &#224; l'une des plus sanglantes trag&#233;dies africaines de ce si&#232;cle, l'assassinat collectif de pr&#232;s d'un million de civils rwandais en moins de cent jours. &lt;br /&gt;Avec cinq ann&#233;es de recul sur les &#233;v&#233;nements, on peut aujourd'hui &#233;valuer avec pr&#233;cision le degr&#233; de responsabilit&#233; de l'&#201;tat&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Les-articles-dans-Lutte-de-Classe-" rel="directory"&gt;Les articles dans &#171; Lutte de Classe &#187;
&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Rwanda-+" rel="tag"&gt;Rwanda
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'&#233;tait il y a cinq ans, le 6 avril 1994. L'avion transportant les pr&#233;sidents rwandais et burundais Juv&#233;nal Habyarimana et Cyprien Ntaryamira &#233;tait abattu par deux missiles &#224; l'approche de Kigali. L'attentat donna le coup d'envoi &#224; l'une des plus sanglantes trag&#233;dies africaines de ce si&#232;cle, l'assassinat collectif de pr&#232;s d'un million de civils rwandais en moins de cent jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec cinq ann&#233;es de recul sur les &#233;v&#233;nements, on peut aujourd'hui &#233;valuer avec pr&#233;cision le degr&#233; de responsabilit&#233; de l'&#201;tat fran&#231;ais dans ce g&#233;nocide. Les t&#233;moignages et r&#233;v&#233;lations se sont accumul&#233;s, donnant la certitude que l'alliance entre l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais et les extr&#233;mistes hutus rwandais n'&#233;tait en rien le fruit du hasard, de l'insouciance ou d'une m&#233;connaissance de la situation locale. Bien au contraire cette alliance fut m&#251;rement pes&#233;e, calcul&#233;e et assum&#233;e jusque dans ses derni&#232;res cons&#233;quences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces cinq ann&#233;es sont &#233;galement marqu&#233;es par la poursuite acharn&#233;e de la m&#234;me strat&#233;gie fran&#231;aise, avant comme apr&#232;s l'accession de la gauche plurielle au pouvoir. Le g&#233;nocide rwandais a ainsi &#233;t&#233; le point de d&#233;part d'une d&#233;stabilisation de la r&#233;gion tout enti&#232;re : conflit international dans l'ex-Za&#239;re (actuellement R&#233;publique D&#233;mocratique du Congo, encore appel&#233;e Congo-Kinshasa), reprise de la guerre civile angolaise, implosion du Congo-Brazzaville. Dans ce dernier cas, la restauration de la dictature de Sassou Nguesso en 1997 avec l'appui direct de l'arm&#233;e fran&#231;aise et de la compagnie p&#233;troli&#232;re Elf s'est accompagn&#233;e de la reproduction &#224; moindre &#233;chelle du drame rwandais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un aspect nouveau de cette derni&#232;re p&#233;riode est l'internationalisation des conflits. Une seule ligne de front coupe en deux l'ex-Za&#239;re, le Soudan, le Congo-Brazzaville et l'Angola. L'affrontement direct de contingents zimbabw&#233;ens, namibiens, angolais et tchadiens d'une part, rwandais et ougandais d'autre part (et bien d'autres, &#224; titre officieux) sur le sol de l'ex-Za&#239;re constitue une situation in&#233;dite, m&#234;me en regard de conflits de grande ampleur comme la guerre du Biafra au Nigeria (1967-1970).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Rwanda, 1994 : la responsabilit&#233; de la France&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au Rwanda, le colonisateur belge avait creus&#233; et exploit&#233; le clivage entre la majorit&#233; hutue et la minorit&#233; tutsie. Mais la France, qui s'est alli&#233;e d&#232;s 1975 au r&#233;gime &#224; dominante hutue par un accord de coop&#233;ration militaire, n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; cautionner les m&#234;mes pratiques ethnistes. En Ouganda s'est form&#233; le Front Patriotique Rwandais, un mouvement arm&#233; form&#233; de Tutsis rwandais en exil qui ont contribu&#233; &#224; la prise du pouvoir, en 1986, de l'opposant ougandais Yoweri Museveni, li&#233; &#224; l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain. Depuis l'Ouganda, le Front Patriotique Rwandais pr&#233;pare alors le renversement du r&#233;gime rwandais de Juv&#233;nal Habyarimana, et lance une offensive durant l'hiver 1990 qui sera stopp&#233;e par l'intervention d'un corps exp&#233;ditionnaire franco-za&#239;rois (op&#233;ration Noro&#238;t) venu &#224; la rescousse des Forces Arm&#233;es Rwandaises. Officiellement, des accords conclus &#224; Arusha, en Tanzanie, le 4 ao&#251;t 1993, sous la pression des assauts du FPR entre le r&#233;gime rwandais et l'opposition tutsie, pr&#233;voient une &#171; r&#233;conciliation nationale &#187;. Mais derri&#232;re cette fa&#231;ade, le r&#233;gime en place &#224; Kigali (la capitale rwandaise) accentue sa d&#233;rive ethniste et multiplie les exactions contre les Tutsis, tout en pr&#233;parant leur extermination. Ce faisant, la coop&#233;ration franco-rwandaise se d&#233;veloppe. Au printemps 1994, l'assassinat du pr&#233;sident Habyarimana fournira aux extr&#233;mistes hutus le pr&#233;texte au d&#233;clenchement du g&#233;nocide. Une nouvelle offensive du Front Patriotique Rwandais balaie le r&#233;gime hutu dont les cadres et les troupes devront se replier au Za&#239;re voisin, sous la protection d'un bouclier militaire fran&#231;ais d&#233;ploy&#233; &#224; la h&#226;te (sous les auspices de Fran&#231;ois Mitterrand et Edouard Balladur), le dispositif &#171; Turquoise &#187;. Un million de civils hutus seront entra&#238;n&#233;s de gr&#233; ou de force dans cet exil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre ans et demi plus tard, fin 1998, la &#171; mission d'information sur les op&#233;rations militaires men&#233;es par la France, d'autres pays et l'ONU au Rwanda entre 1990 et 1994 &#187;, tire ses conclusions sous la pr&#233;sidence de Paul Quil&#232;s. Cette &#171; mission d'information &#187; visait avant tout &#224; dissimuler les responsabilit&#233;s de la France dans cette catastrophe. De nombreuses sources avaient commenc&#233; &#224; faire &#233;tat, y compris aupr&#232;s du grand public, de la collusion entre la France et les extr&#233;mistes hutus. Mieux valait d&#232;s lors allumer un contre-feu et charger des parlementaires complaisants d'&#233;tablir une v&#233;rit&#233; officielle, sous la pr&#233;sidence d'un ancien ministre de la D&#233;fense de Mitterrand. Qu'il se soit agi d'une mission d'information, et non d'une v&#233;ritable commission d'enqu&#234;te dot&#233;e de pouvoirs l&#233;gaux d'investigation, n'a pas &#233;t&#233; un choix innocent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le corps du rapport contient n&#233;anmoins des aper&#231;us &#233;difiants. Entre autres, quand Jean-Pierre Chev&#232;nement relate ses souvenirs du mois d'octobre 1990 (il &#233;tait alors ministre de la D&#233;fense), au moment o&#249; le pr&#233;sident rwandais Habyarimana confront&#233; &#224; l'offensive du Front Patriotique Rwandais (tutsi) depuis l'Ouganda requiert l'aide fran&#231;aise. Fran&#231;ois Mitterrand re&#231;oit le message &#224; bord de la fr&#233;gate Dupleix, y r&#233;pond favorablement, et donne le coup d'envoi &#224; l'op&#233;ration Noro&#238;t. &#171; Ensuite, commente Chev&#232;nement, on dira que c'est pour assurer la s&#233;curit&#233; de nos ressortissants. &#8364;a, c'est ce qu'on dit toujours. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport Quil&#232;s ne peut camoufler l'implication croissante des Fran&#231;ais aux c&#244;t&#233;s des Forces Arm&#233;es Rwandaises &#224; partir de 1990. Le D&#233;tachement d'Assistance Militaire et d'Instruction ou DAMI, baptis&#233; &#171; Panda &#187;, n'a cess&#233; d'accro&#238;tre ses effectifs et le champ de son intervention. L'arm&#233;e fran&#231;aise s'est situ&#233;e &#171; &#224; la limite de l'engagement direct &#187;, selon le rapport, elle est &#171; intervenue sur le terrain de fa&#231;on extr&#234;mement proche des Forces Arm&#233;es Rwandaises. &#187; C'est un euph&#233;misme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, la commission s'est ing&#233;ni&#233;e &#224; escamoter les t&#233;moignages les plus accablants pour l'arm&#233;e fran&#231;aise. Tel celui de Jean Carbonare, responsable humanitaire qui a vu les instructeurs fran&#231;ais &#224; l'oeuvre au camp de Bigogwe o&#249; les civils, amen&#233;s par camions entiers, &#233;taient tortur&#233;s &#224; mort. Evoquons aussi un t&#233;moin de cette p&#233;riode, Yvonne Galinier-Mutimura, qui raconte notamment comment, sur les barrages pr&#232;s de Kigali, les militaires fran&#231;ais contr&#244;laient les civils, v&#233;rifiaient leur ethnie, se saoulaient, se livraient &#224; des viols. Elle a &#233;galement confirm&#233; que les instructeurs fran&#231;ais formaient les miliciens extr&#233;mistes Interhahamwe dans la perspective des massacres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La commission a bien pris garde de ne pas &#233;tudier s&#233;rieusement les informations transmises par l'organisation de d&#233;fense des Droits de l'Homme Human Rights Watch, selon lesquelles les Forces Arm&#233;es Rwandaises et les milices hutues Interhahamwe ont continu&#233; &#224; recevoir aide et armements fran&#231;ais pendant et apr&#232;s les massacres. Des informations qui d&#233;montrent qu'au moment o&#249; les forces g&#233;nocidaires &#233;taient en pleine d&#233;route face &#224; la contre-offensive tutsie soutenue par l'Ouganda et les &#201;tats-Unis, l'op&#233;ration Turquoise d&#233;clench&#233;e par Mitterrand et Balladur a permis de prot&#233;ger leur repli, de les r&#233;armer, d'en &#233;vacuer les cadres. Les bordereaux de livraison des armes fran&#231;aises (Giat Industrie, Luchaire, Sofremas) tomb&#233;s aux mains de l'adversaire ne font que corroborer le t&#233;moignage de Human Rights Watch. &#171; Sur ces diff&#233;rents points, la mission n'a pas pu obtenir &#224; ce jour d'&#233;l&#233;ments probants &#187;, dit le rapport Quil&#232;s. Des &#233;l&#233;ments qu'elle a pris soin de ne pas rechercher !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La coop&#233;ration militaire fran&#231;aise aurait &#233;t&#233; suspendue durant les massacres ? Que faisait alors cet agent officieux de l'&#201;tat fran&#231;ais, Paul Barril (de son propre aveu), et d'autres cadres, aux c&#244;t&#233;s de l'&#233;tat-major des forces arm&#233;es rwandaises ? Les parlementaires fran&#231;ais ont pr&#233;f&#233;r&#233; ne pas se poser de telles questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &#233;dulcorant la r&#233;alit&#233;, en dissimulant les faits les plus g&#234;nants, la mission Quil&#232;s a pu accr&#233;diter la th&#232;se d'une France &#171; prise au pi&#232;ge &#187; par son partenaire rwandais, une France qui aurait oeuvr&#233; &#224; la paix, &#224; la r&#233;conciliation nationale dans le cadre des accords d'Arusha sans savoir ce qui se tramait dans les milieux extr&#233;mistes hutus. Comme le d&#233;clarait Hubert V&#233;drine, actuel ministre des Affaires &#233;trang&#232;res, &#171; la France a propos&#233; une formation, une coop&#233;ration pour que le pays apprenne &#224; assurer sa s&#233;curit&#233;. On a form&#233; l'arm&#233;e au Rwanda. Ce n'est pas &#224; la France de dire qu'on va former ceux-ci et pas ceux-l&#224; &#187; (sous-entendu, une ethnie plut&#244;t qu'une autre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d'autres termes, la France aurait agi beno&#238;tement. C'est en ignorant tout de leurs projets qu'elle aurait forg&#233; les forces du g&#233;nocide qui, en quatre ans d&#233;cupl&#232;rent leur effectif, de 5000 &#224; 50 000 hommes, et qu'elle aurait combattu le FPR &#224; leurs c&#244;t&#233;s. Malgr&#233; l'ambiance de haine raciale excit&#233;e par le courant &#171; Hutu Power &#187; et les membres de l'Akazu, le clan familial du pr&#233;sident et les m&#233;dias qu'ils contr&#244;laient (Kangura, Radio Mille Collines), malgr&#233; les importations massives d'armes &#224; feu, de machettes, houes, serpes, haches, etc. (avec la garantie financi&#232;re de banques fran&#231;aises, notamment le Cr&#233;dit Lyonnais, d'apr&#232;s Colette Braeckman dans le Monde Diplomatique), malgr&#233; le tri ethnique et le quadrillage des populations, malgr&#233; les exactions anti-Tutsis sous le nez des militaires fran&#231;ais, malgr&#233; les chants racistes des miliciens encadr&#233;s par les instructeurs fran&#231;ais, la France aurait mis sur pied l'arm&#233;e hutue en croyant oeuvrer &#224; la paix d'Arusha, &#224; la &#171; s&#233;curit&#233; &#187;, &#224; la &#171; d&#233;mocratisation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Quil&#232;s a pu accr&#233;diter cette fable de la France &#171; pi&#233;g&#233;e &#187;, il le doit surtout &#224; l'hypocrisie de ses coll&#232;gues du Palais Bourbon et &#224; la complaisance des m&#233;dias. Le black-out de la presse fran&#231;aise &#233;crite et parl&#233;e sur ce qui d&#233;roule en Afrique est impressionnant. Nul besoin de recourir &#224; la censure, comme au temps de la guerre d'Alg&#233;rie : des pressions en tous genres, mais aussi l'indiff&#233;rence et l'autocensure de la presse bourgeoise suffisent &#224; occulter les crimes de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apparemment, Jospin, en exer&#231;ant son fameux &#171; droit d'inventaire &#187; sur l'h&#233;ritage de la p&#233;riode Mitterrandienne, a d&#233;cid&#233; d'assumer les responsabilit&#233;s fran&#231;aises dans le g&#233;nocide franco-rwandais. Dont acte.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Quelles &#233;taient les motivations de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais au Rwanda ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais a sciemment partag&#233; et mat&#233;riellement soutenu le projet g&#233;nocidaire, encore fallait-il que l'enjeu le justifie. C'est peu dire que les int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques fran&#231;ais sont faibles au Rwanda. Ils sont n&#233;gligeables compar&#233;s &#224; l'exploitation du sous-sol za&#239;rois, du p&#233;trole congolais, etc. Quand bien m&#234;me Jean-Christophe Mitterrand aurait tremp&#233; dans les trafics de drogue du clan Habyarimana (selon Pascal Krop, Le g&#233;nocide franco-africain, J.C. Latt&#232;s, 1994), ce qui n'est sans doute pas facile &#224; prouver, c'est un aspect d&#233;risoire qui n'aurait pas suffi &#224; motiver un choix aussi lourd de cons&#233;quences de la part de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mobiles de la politique fran&#231;aise au Rwanda ne sont pas &#224; chercher dans le registre &#233;conomique. Le d&#233;mant&#232;lement du camp sovi&#233;tique, &#224; la fin des ann&#233;es 1980, a priv&#233; l'ex-colonisateur fran&#231;ais de son r&#244;le de gendarme, suppl&#233;tif des &#201;tats-Unis, charg&#233; d'endiguer l'influence sovi&#233;tique dans une partie de l'Afrique. Sentant son &#171; pr&#233; carr&#233; &#187; menac&#233; par l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais est parti &#224; la recherche de nouveaux points d'appuis. Le contr&#244;le d'un dictateur et de sa clique, la formation d'une garde pr&#233;sidentielle, l'organisation d'&#233;lections truqu&#233;es ne garantissent pas le maintien d'un pays dans la zone d'influence fran&#231;aise. Un dictateur peut jouer d'un imp&#233;rialisme contre l'autre, des mercenaires peuvent se volatiliser ou se mutiner. L'id&#233;al pour l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais serait de disposer d'un soutien de masse, d'une r&#233;elle popularit&#233;, d'avoir avec un r&#233;gime des attaches profondes, politiques et id&#233;ologiques, qui rendraient toute d&#233;fection impossible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est justement ce type d'ancrage de rechange que l'extr&#234;me-droite ethniste hutue pouvait fournir. Au Rwanda l'arm&#233;e fran&#231;aise pensait pouvoir s'appuyer sur des milliers de combattants li&#233;s &#224; elle par l'anti-tutsisme, par des combats et des crimes communs, par une propagande omnipr&#233;sente. Les forces fran&#231;aises, souvent d&#233;test&#233;es des populations africaines qu'elles c&#244;toient, auraient pu s'y &#233;tablir dans un environnement plus favorable. D'o&#249; le projet de d&#233;placer le centre op&#233;rationnel des arm&#233;es de Bangui (capitale de Centrafrique) &#224; Kigali (au Rwanda).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu &#224; peu s'est donc &#233;labor&#233;e une politique visant &#224; faire du Rwanda un Hutuland, un bastion ethnique francophile face &#224; l'Ouganda voisin pro-am&#233;ricain et mena&#231;ant, politique qui impliquait de suivre l'extr&#234;me-droite hutue jusqu'au terme de ses desseins. L'intervention fran&#231;aise de 1990 ouvrait la porte &#224; un tel processus. L'&#201;tat fran&#231;ais s'y est engouffr&#233;. L'occasion a fait le larron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime rwandais a pr&#233;par&#233; syst&#233;matiquement le g&#233;nocide, l'a planifi&#233;, avec des responsables de quartiers, des points de rassemblement, etc. Le fait m&#234;me d'avoir import&#233; des millions d'instruments agricoles (machettes, haches, pics, etc.) alors qu'on avait bien assez de grenades et d'armes &#224; feu prouve qu'on voulait faire appara&#238;tre le massacre comme une explosion populaire spontan&#233;e, incontr&#244;lable, bref qu'on se souciait &#224; l'avance de l'image du r&#233;gime g&#233;nocidaire aupr&#232;s de l'opinion publique internationale. Le g&#233;nocide fut pr&#233;m&#233;dit&#233; &#224; un tr&#232;s haut niveau et l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais laissa faire, accompagna, aida, parce qu'il y trouvait son compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme fran&#231;ais n'est pas regardant sur les moyens quand il s'agit de sauvegarder une sph&#232;re d'influence ou de l'&#233;largir, en l'occurrence en visant &#224; la d&#233;stabilisation et l'affaiblissement de l'Ouganda per&#231;u comme une dangereuse t&#234;te de pont am&#233;ricaine. Au Soudan, cela s'est traduit par la collaboration militaire, polici&#232;re et financi&#232;re avec le &#171; Front National Islamique &#187; au pouvoir depuis 1989, une junte qui s'est montr&#233;e capable d'organiser la famine au sud pour asphyxier la r&#233;bellion, de d&#233;porter les civils non-musulmans dans des camps, de couvrir un trafic d'esclaves, entre autres exactions. Dans le Nord de l'Ouganda, Paris &#233;quipe diverses gu&#233;rillas dont l'Arm&#233;e de R&#233;sistance du Seigneur, secte chr&#233;tienne qui enl&#232;ve des enfants pour en faire des combattants. Bref la politique de la France au Rwanda prend place dans une strat&#233;gie d'ensemble, cynique et fort coh&#233;rente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La recherche d'un soutien de masse aupr&#232;s des extr&#233;mistes hutus a &#233;t&#233; partiellement couronn&#233;e de succ&#232;s, en d&#233;pit de la d&#233;b&#226;cle des Forces Arm&#233;es Rwandaises au printemps 1994. Car les d&#233;bris des Forces Arm&#233;es Rwandaises et des milices Interhahamwe, apr&#232;s leur repli sous la protection du dispositif Turquoise, ont continu&#233; &#224; combattre, sur divers fronts, aux c&#244;t&#233;s de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais : au Za&#239;re lorsque la France se porta au secours de Mobutu ; au Congo-Brazzaville avec les Cobras de Sassou-Nguesso et les Angolais ; aux fronti&#232;res du Rwanda o&#249; ils forment une arm&#233;e de reconqu&#234;te, l'ALIR ; en Ouganda o&#249; ils guerroient contre le r&#233;gime de Museveni et viennent de massacrer des touristes anglophones ; aux c&#244;t&#233;s de Kabila enfin, d&#233;sormais rabiboch&#233; avec la France. Bref, ils sont au bas mot 20 000 combattants exil&#233;s, peut-&#234;tre bien plus, sans feu ni lieu, &#224; combattre aux c&#244;t&#233;s de la France dont d&#233;pend leur unique espoir, la reconqu&#234;te de la m&#232;re patrie. Faute d'un Hutuland, l'arm&#233;e fran&#231;aise s'est forg&#233; une grosse L&#233;gion Etrang&#232;re-bis sans d&#233;roger &#224; son plan initial.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La continuit&#233; de la politique fran&#231;aise apr&#232;s le g&#233;nocide&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les gouvernements de Balladur, de Jupp&#233; et de Jospin, sous la pr&#233;sidence de Mitterrand puis de Chirac, n'ont pas seulement dissimul&#233; la v&#233;rit&#233;, prot&#233;g&#233; les responsables du g&#233;nocide, r&#233;organis&#233; leurs forces &#224; l'ext&#233;rieur du Za&#239;re. Ils ont &#233;galement pr&#233;par&#233; la revanche de la France dans la r&#233;gion, quitte &#224; plonger toute une s&#233;rie de pays dans la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chute du r&#233;gime Rwandais au printemps 1994 faisait planer une menace sur le r&#233;gime du Mar&#233;chal Mobutu au Za&#239;re. Quoique li&#233; &#233;troitement &#224; la CIA lorsqu'il prit le pouvoir en 1965, le mar&#233;chal &#224; toque de l&#233;opard n'a cess&#233; depuis de se rapprocher des int&#233;r&#234;ts fran&#231;ais. Rapprochement qui ne fit que s'accentuer avec l'intervention de la France au Katanga (&#224; Kolwezi) en 1977-78 ; la r&#233;organisation de la Division Sp&#233;ciale Pr&#233;sidentielle par la France ; la prise de contr&#244;le de la Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale de Belgique par Suez en 1989, qui fit passer dans l'escarcelle fran&#231;aise de nombreuses activit&#233;s mini&#232;res ; le transfert &#224; Paris des si&#232;ges europ&#233;ens des grandes soci&#233;t&#233;s za&#239;roises ; la multiplication des conseillers fran&#231;ais entourant le dictateur, etc. M&#234;me si Mobutu est tomb&#233; en disgr&#226;ce officielle apr&#232;s des massacres d'&#233;tudiants commis &#224; Lubumbashi en 1991, la coop&#233;ration est rest&#233;e &#233;troite. Paris mit tout en oeuvre pour sauver le r&#233;gime za&#239;rois de la d&#233;b&#226;cle en 1996. En septembre 1996 &#233;clata une r&#233;bellion (spontan&#233;e ou manipul&#233;e) de la part des Banyamulenge, une minorit&#233; tutsie implant&#233;e de longue date &#224; l'Est, particuli&#232;rement opprim&#233;e depuis l'arriv&#233;e des forces hutues en exil. Cette r&#233;bellion devint la br&#232;che par o&#249; s'engouffra l'offensive du Rwanda et de l'Ouganda, derri&#232;re la devanture de l'Alliance des Forces D&#233;mocratiques pour la Lib&#233;ration du Congo-Kinshasa (AFDL) dirig&#233;e par un cheval de retour, l'ancien gu&#233;rillero Laurent D&#233;sir&#233; Kabila.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'acharnement de la France &#224; sauver le r&#233;gime vermoulu de Mobutu se traduisit par l'irruption sur le terrain de mercenaires en provenance des quatre coins de la plan&#232;te, quand ce ne sont pas directement les parachutistes fran&#231;ais qui vinrent pr&#234;ter main forte aux Forces Arm&#233;es Za&#239;roises. Sans compter les bandes hutues en exil dont 17 000 hommes furent rendus &#224; nouveau op&#233;rationnels pour l'occasion. Mais vu l'&#233;tat de d&#233;composition avanc&#233;e de l'&#201;tat za&#239;rois, il faudra moins d'un an aux troupes de l'AFDL de Kabila pour entrer victorieuses &#224; Kinshasa, en mai 1997.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Guerre du p&#233;trole &#224; Brazzaville&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sar&#231;onn&#233; dans l'ex-Za&#239;re, l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais &#233;tait menac&#233; du m&#234;me coup dans son bastion p&#233;trolier du Congo-Brazzaville. De 1979 &#224; 1991, la France avait pu compter &#224; Brazzaville sur le fid&#232;le colonel (soi-disant &#171; marxiste-l&#233;niniste &#187;) Denis Sassou Nguesso. Cet ancien de l'&#233;cole d'application d'infanterie de Saint-Maixent, parvenu &#224; la pr&#233;sidence apr&#232;s avoir pris part &#224; quatre coups d'&#201;tat, avait assur&#233; des ann&#233;es de juteux profits &#224; la compagnie p&#233;troli&#232;re fran&#231;aise Elf. Tandis que la compagnie pompait l'or noir au large, Sassou liquidait rivaux et opposants &#224; terre (plus de 3000 assassinats en douze ans).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'usure du r&#233;gime de Sassou Nguesso a contraint la France &#224; s'accommoder d'une Conf&#233;rence Nationale Souveraine et d'&#233;lections plus ou moins d&#233;mocratiques qui, en 1992, port&#232;rent Pascal Lissouba au pouvoir. Celui-ci, qui accomplit un p&#232;lerinage sur la tombe de de Gaulle &#224; Colombey-Les-Deux-Eglises, n'avait certes rien d'un r&#233;volutionnaire. Mais le nouveau pr&#233;sident se permit toutefois de mettre Elf en concurrence avec la compagnie am&#233;ricaine OXY. La part des revenus p&#233;troliers revers&#233;s par les compagnies au Tr&#233;sor Public Congolais passa de 17 &#224; 33 %, ce qui reste toutefois plus avantageux aux compagnies que le tarif g&#233;n&#233;ralement pratiqu&#233; par les pays producteurs de p&#233;trole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le contexte cr&#233;&#233; par l'effondrement des r&#233;gimes rwandais et za&#239;rois, Paris pouvait difficilement tol&#233;rer un partenaire aussi peu fiable que Lissouba &#224; Brazzaville. Pour Elf, la d&#233;couverte de gisements offshore d'une ampleur insoup&#231;onn&#233;e dans les eaux territoriales du Congo-Brazzaville et de l'Angola rendait cette question cruciale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;stabilisation du r&#233;gime du docteur Lissouba fut facilit&#233;e par l'ambiance de corruption g&#233;n&#233;ralis&#233;e et surtout par la d&#233;composition des Forces Arm&#233;es Congolaises en factions politico-militaires li&#233;es &#224; chacun des trois t&#233;nors de la vie politique : les Cobras de Denis Sassou Nguesso ; les Cocoyes, Zoulous ou Aubevillois de Pascal Lissouba ; les Ninjas de Bernard Kolelas (ancien maire de Brazzaville, qui s'allia successivement aux deux autres leaders). Des milices bien souvent constitu&#233;es d'adolescents qu'on rend d&#233;pendants de la drogue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sur l'ancien &#171; colonel rouge &#187; Sassou Nguesso que misa, pour l'essentiel, l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. Il est probable que Lissouba aurait cherch&#233; &#224; &#233;luder l'&#233;ch&#233;ance &#233;lectorale pr&#233;vue pour fin juillet 1997. Sassou ne lui en laissa pas le temps, d&#233;clenchant les hostilit&#233;s d&#232;s juin, apr&#232;s avoir fait l'objet d'une tentative d'arrestation manqu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant les quatre mois que dura le conflit, Elf continua &#224; r&#233;gler les factures de Lissouba aupr&#232;s des marchands d'armes internationaux, au titre des royalties de l'exploitation p&#233;troli&#232;re. Mais l'essentiel du soutien fran&#231;ais a b&#233;n&#233;fici&#233; ind&#233;niablement &#224; Sassou et &#224; ses Cobras. Elf est coutumi&#232;re de cette tactique de soutien aux deux camps, longtemps pratiqu&#233;e en Angola, comme l'a reconnu l'ancien PDG Lo&#239;k Le Floch-Prigent dans sa &#171; confession &#187; au magazine l'Express du 12 d&#233;cembre 1996.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;but des hostilit&#233;s le Canard Encha&#238;n&#233; signalait la livraison &#224; l'intention de Sassou Nguesso, via l'a&#233;roport du Bourget, de vingt-cinq tonnes de myst&#233;rieuses caisses. D'innombrables mercenaires fran&#231;ais, marocains, tchadiens, gabonais, etc., ont pris part aux combats, de m&#234;me que des milliers de membres des ex-Forces Arm&#233;es Rwandaises et des miliciens hutus Interhahamwe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France a obtenu l'intervention de l'Angola dont les troupes ont d&#233;barqu&#233; &#224; Pointe Noire (R&#233;publique du Congo) &#224; bord des propres navettes de la compagnie Elf. Au Printemps 1997, au cours de l'op&#233;ration &#171; P&#233;lican &#187; destin&#233;e &#224; &#233;vacuer depuis Brazzaville les ressortissants fran&#231;ais de Kinshasa (les deux capitales ne sont s&#233;par&#233;es que par le fleuve), les troupes fran&#231;aises auraient abandonn&#233; une partie de leur mat&#233;riel &#224; Sassou... en l'enterrant &#224; certains endroits ! Il est &#233;galement tr&#232;s probable qu'au cours des manoeuvres communes franco-gabonaises &#171; koubia &#187; &#224; la fin de 1997, des &#233;quipements fran&#231;ais, entre autres des chars de combat, aient franchi la fronti&#232;re congolaise pour renforcer le camp de Sassou (d'apr&#232;s les associations Agir Ici et Survie, dans le num&#233;ro 12 des Dossiers noirs de la politique africaine de la France, La s&#233;curit&#233; au sommet, l'ins&#233;curit&#233; &#224; la base, L'Harmattan, 1998).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ampleur des moyens de destruction d&#233;ploy&#233;s (aviation, blind&#233;s, artillerie lourde, etc.) n'explique pas &#224; elle seule le nombre &#233;lev&#233; des victimes de la guerre de 1997 (au moins dix mille, plus du double selon certaines sources). Les diff&#233;rentes factions ont eu recours &#224; l'ethnisme (Nord contre Sud) et ont fait preuve de sauvagerie &#224; l'encontre des populations civiles. Les quartiers sud de Brazzaville (Bacongo, Mak&#233;l&#233;k&#233;l&#233;) et la r&#233;gion du Pool ont &#233;t&#233; la cible de tueries et de pillages de la part des Cobras, surtout apr&#232;s la fin des combats. Des &#233;v&#233;nements qui, apr&#232;s quelques mois d'accalmie, se sont reproduits vers la fin de 1998 et continuent sporadiquement encore aujourd'hui. Vers No&#235;l 1998, les quartiers sud de Brazzaville ont &#233;t&#233; nettoy&#233;s syst&#233;matiquement sous pr&#233;texte d'emp&#234;cher l'infiltration de miliciens Ninjas. Ceux des 200 000 habitants qui n'avaient pas d&#233;guerpi ont &#233;t&#233; massacr&#233;s ou se sont jet&#233;s dans le fleuve. Bacongo et Mak&#233;l&#233;k&#233;l&#233; sont actuellement des no man's land inhabit&#233;s et boucl&#233;s par la troupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terrorisme des Cobras n'a pas rebut&#233; Paris qui a continu&#233; &#224; les &#233;quiper, notamment en v&#233;hicules militaires, et leur a m&#234;me fourni des cadres : vingt-cinq officiers de gendarmerie officiellement charg&#233;s d'en faire une troupe r&#233;guli&#232;re. Quant &#224; Elf-Afrique, son r&#244;le est encore moins reluisant puisqu'elle a financ&#233; les deux camps de fa&#231;on &#224; tirer son &#233;pingle du jeu quel que soit le sort des armes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La valeur combative des soudards de Sassou Nguesso est apparue limit&#233;e et la guerre aurait pu s'&#233;terniser sans la d&#233;cisive intervention angolaise. Cette intervention fait partie d'un rapprochement entre la France et le r&#233;gime de Luanda (capitale de l'Angola), pas seulement sur le plan militaire : Elf confirme sa pr&#233;sence au large des c&#244;tes angolaises et y talonne l'am&#233;ricain Exxon dans la course &#224; l'attribution des blocs offshore les plus prometteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parrainage fran&#231;ais de l'invasion angolaise du Congo n'est un myst&#232;re pour personne. En visite &#224; Luanda l'&#233;t&#233; dernier, Jacques Chirac ne d&#233;clarait-il pas sur les ondes de RFI : &#171; Ce pays (le Congo) &#233;tait en train de s'effondrer dans la guerre civile, de s'autod&#233;truire, et... il &#233;tait souhaitable que l'ordre revienne. Il y avait quelqu'un qui &#233;tait capable de le faire revenir, c'&#233;tait Denis Sassou Nguesso. Il lui fallait un soutien ext&#233;rieur pour un certain nombre de raisons. L'Angola le lui a apport&#233;. La paix est revenue &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que Denis Sassou Nguesso soit capable de faire &#171; revenir la paix &#187; au sens o&#249; Chirac emploie ce terme (la paix des cimeti&#232;res ?), cela reste &#224; prouver car il n'est gu&#232;re parvenu &#224; imposer son autorit&#233; sur le pays dont, aux derni&#232;res nouvelles, l'axe ferroviaire principal reste coup&#233; par les Ninjas. N&#233;anmoins, pour Elf, la restauration de l'ancien dictateur se traduit d&#233;j&#224; en esp&#232;ces sonnantes et tr&#233;buchantes : &#171; Sassou II &#187; a abaiss&#233; &#224; 12 % la part des revenus p&#233;troliers dus au tr&#233;sor public congolais. De m&#234;me selon un diplomate cit&#233; par le journal Les Echos, &#171; gr&#226;ce &#224; la production p&#233;troli&#232;re en plein boom, les perspectives &#233;conomiques sont prometteuses. Les soci&#233;t&#233;s ont tr&#232;s bien gagn&#233; leur vie avant la guerre et ont accumul&#233; suffisamment de r&#233;serves pour repartir. &#187; Le tout avec la b&#233;n&#233;diction de la gauche au pouvoir. Selon Hubert V&#233;drine, &#171; le premier principe de notre politique est (...) la fid&#233;lit&#233; : fid&#233;lit&#233; &#224; nos partenaires, (...) concertation politique renforc&#233;e (...) comme on l'a vu au Congo-Brazzaville &#187; (Figaro du 25 juin 1998).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;M&#234;l&#233;e g&#233;n&#233;rale au Congo-Kinshasa&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La victoire de Sassou Nguesso marque un certain regain de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais dans la r&#233;gion apr&#232;s les revers des trois ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes. Le second acte en sera le spectaculaire revirement de Laurent D&#233;sir&#233; Kabila en faveur de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais &#224; l'&#233;t&#233; 1998.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le refroidissement des relations entre Kabila et ses protecteurs am&#233;ricains date d'avant m&#234;me sa prise de pouvoir. En mai 1997, alors que la faillite du mobutisme &#233;tait consomm&#233;e, les &#201;tats-Unis avaient cherch&#233; &#224; imposer au leader de la r&#233;bellion un processus de n&#233;gociations &#224; bord d'un vaisseau sud-africain, l'Outeniqua, sous l'&#233;gide de Nelson Mandela. Kabila avait d'abord boud&#233; les discussions avant de les faire capoter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est probable que les &#201;tats-Unis redoutaient d'une part une d&#233;stabilisation du Za&#239;re cons&#233;cutive &#224; la chute de Mobutu, d'autre part que le nouveau ma&#238;tre de Kinshasa ne gagne trop d'autonomie et devienne incontr&#244;lable. Des craintes en partie justifi&#233;es. L'ancien gu&#233;rillero n'a pas tard&#233; &#224; trouver ses alli&#233;s rwandais et ougandais bien encombrants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les officiers sup&#233;rieurs de ces troupes d'occupation ont profit&#233; de la campagne militaire pour faire main basse sur des pans entiers de l'&#233;conomie za&#239;roise au d&#233;triment de Kabila, qui a entrepris de les expulser d&#232;s le printemps 1998. Le contentieux entre Kabila et ses alli&#233;s ressemble surtout &#224; un r&#232;glement de comptes entre brigands au moment de se partager le butin. Le gouvernement fran&#231;ais a exploit&#233; ces dissensions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir du printemps 1998, les d&#233;clarations d'ouverture se multiplient entre la France et la R&#233;publique D&#233;mocratique du Congo (ex-Za&#239;re). Kabila envisageait-il vraiment de retourner sa veste ou s'agissait-il seulement pour lui de jouer &#224; son profit de la rivalit&#233; franco-am&#233;ricaine comme le font r&#233;guli&#232;rement les poids lourds de la r&#233;gion, Angola et Nigeria ? Toujours est-il que les &#201;tats-Unis, en allumant une nouvelle r&#233;bellion &#224; l'&#233;t&#233; 1998 pour tenter de le d&#233;sar&#231;onner, ont mis le feu aux poudres et pr&#233;cipit&#233; le retour de l'ex-Za&#239;re dans le bercail fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme fran&#231;ais a rameut&#233;, &#224; la h&#226;te, une coalition militaire h&#233;t&#233;roclite pour sauver son ancien adversaire Kabila. La pr&#233;sence d'un corps exp&#233;ditionnaire tchadien constitue &#224; elle seule la signature de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. Ce n'est pas &#224; bord de leurs 4x4 Toyota que le millier d'hommes d'Idriss D&#233;by ont franchi les centaines de kilom&#232;tres qui les s&#233;parent de la R&#233;publique D&#233;mocratique du Congo. Leur pr&#233;sence s'appuie sur les moyens a&#233;riens de la France dont la base d'Ab&#233;ch&#233; au Tchad est, pour la coalition pro-Kabila, une v&#233;ritable plaque tournante logistique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sence de l'Angola s'int&#232;gre dans l'alliance strat&#233;gique, peut-&#234;tre provisoire, conclue avec Paris. Mais le pr&#233;sident angolais Dos Santos d&#233;fend aussi ses propres int&#233;r&#234;ts en s&#233;curisant la portion de territoire congolais qui jouxte l'enclave p&#233;troli&#232;re angolaise de Cabinda, en neutralisant les bases arri&#232;res de l'UNITA, la gu&#233;rilla angolaise jadis tol&#233;r&#233;e par Mobutu en territoire za&#239;rois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au Zimbabwe (l'ex Rhod&#233;sie), ses milieux d'affaires et ses politiciens lorgnent sur les ressources min&#233;rales de l'ex-Za&#239;re dont l'Afrique du Sud s'&#233;tait taill&#233; une part importante apr&#232;s la chute de Mobutu. L'&#233;quip&#233;e zimbabw&#233;enne au Congo n'est pas qu'une guerre de rapine, elle repr&#233;sente aussi une fuite en avant pour le r&#233;gime de Mugabe confront&#233; &#224; de multiples difficult&#233;s internes dont l'agitation sociale (gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales tr&#232;s suivies en d&#233;cembre 1997 et novembre 1998, &#233;meutes de la faim en janvier 1998, grogne des paysans pauvres favorables au repartage des terres). Press&#233; de questions par la Banque Mondiale et le Fonds Mon&#233;taire International, Mugabe a d&#251; reconna&#238;tre que le co&#251;t de l'exp&#233;dition congolaise (pr&#232;s d'un million de dollars par jour) &#233;tait pris en charge par des pays &#233;trangers. La BBC s'est faite plus pr&#233;cise en citant la France, la Libye et l'Angola ce qui, &#224; d&#233;faut d'&#234;tre prouv&#233;, est logique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'oublions pas de citer parmi l'inventaire des supporters de Kabila... les bandes hutues rwandaises en exil depuis 1994. Le ministre belge des affaires &#233;trang&#232;res, Erick Derycke, cit&#233; par la feuille d'information Billets d'Afrique, s'&#233;tonnait en ces termes, dans les colonnes du journal flamand Standaard, en d&#233;cembre dernier : &#171; J'aimerais bien savoir qui a arm&#233; ces miliciens hutus qui se battent d&#233;sormais pour Kabila. Ils sont en train de former une v&#233;ritable arm&#233;e. &#187;. Billets d'Afrique rel&#232;ve aussi cet extrait d'un rapport de la commission internationale de l'ONU sur les livraisons illicites d'armes dans la r&#233;gion des grands lacs, selon lequel &#171; il y aurait d&#233;j&#224; environ 5 000 &#224; 8 000 (ex-Forces Arm&#233;es Rwandaises et Interhahamwe) dans le nord-est de la RDC et 10 000 dans le sud. De nouvelles recrues sont arriv&#233;es, venant principalement de la R&#233;publique Centrafricaine, du Congo-Brazzaville et du Soudan. &#187; Des troupes qui seraient command&#233;es par de hauts responsables du g&#233;nocide de 1994, tels le g&#233;n&#233;ral Bizimungu. &#171; Les ex-FAR et les Interhahamwe se sont maintenant effectivement associ&#233;s au gouvernement de la RDC et &#224; ses alli&#233;s, les gouvernements angolais, namibien, tchadien et zimbabw&#233;en. Cette relation nouvelle (leur) a conf&#233;r&#233; une certaine l&#233;gitimit&#233;(...). Un tel &#233;tat de choses est profond&#233;ment r&#233;voltant (...) &#187;, commente le rapporteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La responsabilit&#233; de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais dans la r&#233;surrection des forces g&#233;nocidaires hutues est &#233;vidente. Que le gouvernement fran&#231;ais soit de &#171; gauche plurielle &#187; n'a rien chang&#233; &#224; l'affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suivant la logique du retournement d'alliance de juin 1998, une partie des anciens mobutistes ont quitt&#233; le camp fran&#231;ais et se sont ralli&#233;s &#224; la coalition rebelle du Rwanda et de l'Ouganda soutenue (financi&#232;rement, politiquement et via des &#171; conseillers &#187; en tous genres) par les &#201;tats-Unis. On trouve ainsi Jean-Pierre Bemba, fils d'un des barons de Mobutu, Saolona Bemba, &#224; la t&#234;te d'une des deux mouvances rebelles. Selon l'hebdomadaire Jeune Afrique, une unit&#233; de 1500 hommes de l'ex-Division Sp&#233;ciale Pr&#233;sidentielle de Mobutu, qui s'&#233;tait repli&#233;e avec armes et bagages au Congo-Brazzaville en 1997, vient de retraverser le fleuve pour ouvrir un troisi&#232;me front contre Kabila, &#224; 300 kilom&#232;tres de la capitale Kinshasa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n'emp&#234;che pas Kabila, de son c&#244;t&#233;, de raccoler comme il peut d'anciens pontes du r&#233;gime de Mobutu, comme Saolona Bemba, qui vient de r&#233;appara&#238;tre au poste de... ministre de l'Economie. Bref, quel que soit le camp qui l'emporte, les mobutistes seront de nouveau de la partie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une internationalisation de la guerre&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La responsabilit&#233; fran&#231;aise dans la conflagration g&#233;n&#233;rale actuelle est immense. L'imp&#233;rialisme fran&#231;ais a cautionn&#233;, soutenu, co-organis&#233; en l'espace de cinq ans, une impressionnante s&#233;rie de crimes : implication dans le g&#233;nocide rwandais, soutien d&#233;sesp&#233;r&#233; &#224; Mobutu, complicit&#233; dans la destruction de Brazzaville et d&#233;cimation ethniste des quartiers sud, restauration de la dictature de Sassou Nguesso, participation directe et indirecte &#224; la guerre qui d&#233;chire le Congo-Kinshasa, r&#233;armement des milices g&#233;nocidaires hutues, alliance avec le r&#233;gime soudanais exterminateur des sudistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La France maintiendra en Afrique une pr&#233;sence stabilisante et utile &#187;, d&#233;clarait l'actuel ministre fran&#231;ais des Affaires Etrang&#232;res, Hubert V&#233;drine, peu apr&#232;s sa nomination. La gauche plurielle, c'est clair, n'a aucune intention d'infl&#233;chir en quoi que ce soit la politique africaine de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. Chirac et Jospin n'ont eu aucun mal &#224; s'afficher unis lors du sommet franco-africain du Louvre en novembre dernier. Les m&#233;thodes et les objectifs fondamentaux de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais en Afrique (et ailleurs) ne d&#233;pendent pas de l'&#233;quipe momentan&#233;ment au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains commentateurs croient trouver la cl&#233; du probl&#232;me en incriminant particuli&#232;rement tel ou tel responsable ou lobby : tant&#244;t c'est le &#171; Foccartisme &#187;, tant&#244;t les &#171; r&#233;seaux Pasqua &#187;, parfois on montre du doigt Mitterrand (c'est pratique, puisqu'il est mort), ou alors Elf-Afrique, ou la DGSE (les services secrets) ou bien encore selon certains, c'est l'&#233;tat-major qui serait atteint d'un &#171; complexe de Fachoda &#187;, en r&#233;f&#233;rence &#224; une humiliation re&#231;ue des Anglais &#224; l'&#233;poque de la conqu&#234;te coloniale. Raisonner ainsi, c'est supposer que le capitalisme fran&#231;ais pourrait mener une politique de coop&#233;ration loyale et &#233;quitable avec l'Afrique &#224; condition de se d&#233;barrasser de quelques hurluberlus malfaisants. Mais tous ces dirigeants, r&#233;seaux, agents de l'imp&#233;rialisme, s'ils existent bel et bien, et se font parfois concurrence sur des int&#233;r&#234;ts ou des calculs particuliers, forment un tout, indissociable du n&#233;o-colonialisme fran&#231;ais. L'imp&#233;rialisme fran&#231;ais ne peut pas &#234;tre r&#233;form&#233;, il ne peut qu'&#234;tre combattu, d&#233;truit, et d'abord ici m&#234;me, sur son propre sol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au ralliement des partis de gauche fran&#231;ais &#224; l'imp&#233;rialisme, il ne date pas de Mitterrand, mais de 1914 pour le Parti Socialiste et du milieu des ann&#233;es 1930 pour le PCF (&#224; la suite du pacte Laval Staline). Les guerres d'Indochine et d'Alg&#233;rie, le massacre de Madagascar en 1947, ont &#233;t&#233; approuv&#233;s, et m&#234;me commandit&#233;s, par des dirigeants de gauche (Ramadier, Moutet, Mitterrand, Auriol, etc.). Qui pouvait donc croire que Jospin d&#233;rogerait &#224; cette tradition ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait tout aussi na&#239;f de penser que les r&#233;gimes soutenus par l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain seraient des mod&#232;les de &#171; bonne gouvernance &#187; d&#233;barrass&#233;s des tares habituelles des dictatures du Tiers-Monde. Ce mythe des &#171; nouveaux dirigeants africains &#187; (Museveni en Ouganda, Guidada en Ethiopie, Afewerki en Erythr&#233;e, puis Kabila au Congo) ne r&#233;siste pas un seul instant &#224; l'examen. L'Ouganda de Yoweri Museveni est l'un des &#201;tats les plus corrompus de la plan&#232;te. Les troupes d'occupation ougandaises et rwandaises au Congo-Kinshasa n'apparaissent pas plus soucieuses du sort des populations que leurs adversaires. Quant &#224; l'Ethiopie et l'Erythr&#233;e, qui &#233;taient eux aussi class&#233;s au rang de ces &#171; mod&#232;les &#187;, ils se d&#233;chirent aujourd'hui en une guerre fratricide pour quelques kilom&#232;tres de d&#233;sert. Les Ethiopiens (courtis&#233;s par la France) ont perdu 10 000 soldats au cours d'une seule offensive en f&#233;vrier dernier sur la zone de Badm&#233; : cela donne une id&#233;e de l'ampleur de cette boucherie. Le plus m&#233;diatis&#233; de ces &#171; nouveaux dirigeants africains &#187; fut Laurent D&#233;sir&#233; Kabila. Il lui a fallu &#224; peine un an pour se m&#233;tamorphoser en nouveau Mobutu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un seul conflit traverse donc aujourd'hui le Congo-Brazzaville, le Congo-Kinshasa, l'Angola, le Soudan et le Rwanda. C&#244;t&#233; fran&#231;ais, les Cobras de Sassou Nguesso, le gouvernement angolais de Dos Santos, les milices hutues ressuscit&#233;es, le gouvernement Kabila et une partie des mobutistes, le Tchad, le Zimbabwe, la Namibie, et &#224; titre officieux, la Libye, le Centrafrique, le Gabon, le Soudan et les gu&#233;rillas qu'il soutient dans le nord de l'Ouganda. C&#244;t&#233; am&#233;ricain, l'Ouganda, le Front Patriotique Rwandais au pouvoir depuis 1994, la r&#233;bellion congolaise dont une partie de l'ancienne Division Pr&#233;sidentielle Sp&#233;ciale, l'UNITA de Jonas Savimbi qui a repris les hostilit&#233;s, probablement les Ninjas de Kolelas et l'arm&#233;e de lib&#233;ration du Sud-Soudan de John Garang. Bien entendu ces camps ne sont pas plus fig&#233;s aujourd'hui que par le pass&#233; et rien n'exclut que se produisent rebondissements et revirements en tous genres. Il n'en demeure pas moins que la formation de deux &#171; axes &#187; en Afrique centrale, polaris&#233;s par les imp&#233;rialistes, et qui s'affrontent en une guerre ouverte, constitue un infl&#233;chissement de l'histoire post-coloniale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette rivalit&#233; imp&#233;rialiste en Afrique, depuis la fin du bloc sovi&#233;tique, refl&#232;te le d&#233;s&#233;quilibre entre le poids limit&#233; de la France et l'&#233;tendue de sa domination n&#233;o-coloniale. En octobre 1996, le secr&#233;taire d'&#201;tat am&#233;ricain Warren Christopher d&#233;clarait &#171; r&#233;volue l'&#233;poque o&#249; l'Afrique pouvait &#234;tre divis&#233;e en sph&#232;res d'influence. &#187; A la remise en cause de son &#171; pr&#233; carr&#233; &#187; la France a ripost&#233; de fa&#231;on agressive, cherchant &#224; mettre la main sur d'ex-colonies belges (Rwanda, Za&#239;re), portugaises (Angola) ou britanniques (Soudan), &#224; se rapprocher du Nigeria ou encore &#224; d&#233;stabiliser le Liberia, proche des &#201;tats-Unis, en sponsorisant la razzia de Charles Taylor. La d&#233;couverte de ressources p&#233;troli&#232;res inesp&#233;r&#233;es au large des c&#244;tes angolaises et congolaises n'a pu qu'exacerber la rivalit&#233; franco-am&#233;ricaine, tout en fournissant aux gouvernements locaux de nouveaux fonds pour alimenter les conflits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation n'implique pas que les imp&#233;rialistes rivaux soient entr&#233;s dans une logique d'affrontement direct, loin s'en faut. La tension entre Am&#233;ricains et Fran&#231;ais n'exclut pas la connivence et pour une bonne part le partage des r&#244;les. Chefs d'&#201;tat et diplomates am&#233;ricains comme fran&#231;ais se gardent d'ailleurs de toute d&#233;claration publique &#224; l'encontre l'un de l'autre. Il leur suffit de s'affronter suffisamment par militaires et miliciens africains interpos&#233;s pour tester le rapport de forces et &#233;tablir un nouvel &#233;quilibre des zones d'influence. La France, en tant qu'ex-puissance coloniale aujourd'hui fondamentalement subordonn&#233;e &#224; l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, tente de se payer elle-m&#234;me ses services de gendarme d'une partie de l'Afrique en conqu&#233;rant de nouvelles zones d'influence en &#233;change de celles qu'elle a perdues ou est en passe de perdre. L'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, quant &#224; lui, &#224; la fois s'impose, joue les adversaires des prot&#233;g&#233;s de la France, teste, et tol&#232;re plus ou moins. Ce processus peut prendre des ann&#233;es et co&#251;ter des millions de vies humaines pour se terminer finalement autour d'une table de n&#233;gociations. Ou bien la r&#233;gion peut demeurer ind&#233;finiment en &#233;tat de guerre end&#233;mique avec des p&#233;riodes de plus ou moins grande intensit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul obstacle s&#233;rieux aux men&#233;es imp&#233;rialistes dans cette zone serait le soul&#232;vement du prol&#233;tariat, surmontant les clivages ethniques et nationaux. Les mouvements de contestation sociale n'ont pas manqu&#233; en Afrique ces quinze derni&#232;res ann&#233;es. L'affrontement actuel entre bandes arm&#233;es sous contr&#244;le de l'imp&#233;rialisme, n'exclut pas &#224; terme des explosions sociales rebattant toutes les cartes en Afrique. Apr&#232;s tout, la guerre de 1914-1918, en Europe, a abouti au bout de trois ans, &#224; des gr&#232;ves, aux fraternisations et aux r&#233;volutions. Les souffrances endur&#233;es par les populations africaines peuvent un jour se retourner en col&#232;re contre les tyrans et les privil&#233;gi&#233;s locaux tout comme leurs parrains &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Publi&#233; dans Lutte de Classe n&#176;42, avril 1999&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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