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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskyste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> Des licenciements pass&#233;s par pertes et surtout profits
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		<dc:subject>Licenciements
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		<dc:subject>Crise
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		<dc:subject>&#233;conomie
</dc:subject>
		<dc:subject>Politique
</dc:subject>

		<description>Pour les &#171; raisons &#187; de cette h&#233;catombe de l'emploi : la crise a bon dos. Dans 90 % des cas (&#224; commencer par Alstom), ce sont des multinationales conqu&#233;rantes sur le march&#233; mondial qui licencient. En r&#233;alit&#233;, ce sont les salari&#233;s et non les entreprises qui sont menac&#233;s. Soulignons que la loi garantit le secret commercial et industriel de tous les licencieurs : les travailleurs n'ont pas le moindre contr&#244;le sur les comptes des entreprises qui invoquent n'importe quels pr&#233;textes pour augmenter la productivit&#233;,&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour les &#171; raisons &#187; de cette h&#233;catombe de l'emploi : la crise a bon dos. Dans 90 % des cas (&#224; commencer par Alstom), ce sont des multinationales conqu&#233;rantes sur le march&#233; mondial qui licencient. En r&#233;alit&#233;, ce sont les salari&#233;s et non les entreprises qui sont menac&#233;s. Soulignons que la loi garantit le secret commercial et industriel de tous les licencieurs : les travailleurs n'ont pas le moindre contr&#244;le sur les comptes des entreprises qui invoquent n'importe quels pr&#233;textes pour augmenter la productivit&#233;, organiser la pr&#233;carit&#233;, en licenciant &#224; tour de bras, tout en se faisant subventionner et soutenir par l'&#201;tat. Comme PSA au moment de la fermeture d'Aulnay, les entreprises ont toute libert&#233; pour pr&#233;texter de pr&#233;tendues &#171; pertes &#187;, pour licencier, fermer des sites et imposer leurs accords comp&#233;titivit&#233; maison. La loi travail enfin pass&#233;e ne pourra que les y aider et les encourager.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une chose est s&#251;re, tous les licencieurs actuels ont les moyens de garantir les emplois et les sites en r&#233;partissant le travail entre tous. Sans revenir sur Alstom (voir nos articles) et pour ne citer que quelques exemples :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SFR&lt;/strong&gt; annonce en ao&#251;t 5 000 d&#233;parts dits &#171; volontaires &#187; (un tiers des effectifs), son chiffre d'affaires est de 2,5 milliards d'euros, en baisse, mais avec des b&#233;n&#233;fices nets en 2015 de 743 millions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vallourec&lt;/strong&gt; (fabrication de tubes pour l'industrie p&#233;troli&#232;re) annonce en f&#233;vrier la fermeture d'un site pr&#232;s de Valenciennes : 850 emplois supprim&#233;s sur 5 000 salari&#233;s en France, 2 200 supprim&#233;s dans le monde, qui font suite &#224; des milliers d&#233;j&#224; supprim&#233;s en 2015. L'&#201;tat, actionnaire &#224; pr&#232;s de 8 %, a l&#226;ch&#233; &#224; ce moment-l&#224; 500 millions d'euros dans l'augmentation de capital, qui a servi notamment &#224; racheter une usine en Chine. La direction pr&#233;texte une chute des cours du p&#233;trole et des pertes en 2014 et 2015 pour r&#233;duire la capacit&#233; de production de 50 %, mais garde le silence sur les deux milliards de dividendes distribu&#233;s aux actionnaires dans les douze ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes (de quoi garantir le salaire de 6 000 salari&#233;s pendant dix ans).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Areva&lt;/strong&gt; se dit &#171; en difficult&#233; &#187; : 1,4 milliard de &#171; pertes &#187; mais un carnet de commande de 29 milliards d'euros ce qui repr&#233;sente sept fois le chiffre d'affaires de 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sanofi&lt;/strong&gt; supprime encore 600 postes cette ann&#233;e (5 000 en six ans selon la CGT). Avec un chiffre d'affaires de pr&#232;s de quatre milliards, ainsi qu'un b&#233;n&#233;fice net de 352 millions d'euros, contre 77 millions l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L. B.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> La d&#233;gringolade du prix du p&#233;trole et les sanctions &#233;conomiques font plonger l'&#233;conomie russe
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/La-degringolade-du-prix-du-petrole-et-les-sanctions-economiques-font-plonger-l</link>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Russie
</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;conomie
</dc:subject>

		<description>Croissance nulle en 2014 et r&#233;cession attendue en 2015, effondrement du rouble et inflation galopante, suppression de milliers d'emplois et salaires impay&#233;s&#8230; La Russie traverse une nouvelle crise qui, dans les milieux populaires, renvoie aux deux pr&#233;c&#233;dentes qu'ils avaient, en 1998 et 2008, ch&#232;rement pay&#233;es. &lt;br /&gt;Plus d'une centaine de banques ont ferm&#233; leurs portes depuis d&#233;but 2014. Endett&#233;es, emp&#234;tr&#233;es dans des cr&#233;ances douteuses, fragilis&#233;es par la crise mon&#233;taire, l'&#233;vasion des capitaux et les sanctions&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Russie-apres-1998-et-2008-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Russie, apr&#232;s 1998 et 2008, jusqu'o&#249; la nouvelle crise ?
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Russie-+" rel="tag"&gt;Russie
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-economie-+" rel="tag"&gt;&#233;conomie
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Croissance nulle en 2014 et r&#233;cession attendue en 2015, effondrement du rouble et inflation galopante, suppression de milliers d'emplois et salaires impay&#233;s&#8230; La Russie traverse une nouvelle crise qui, dans les milieux populaires, renvoie aux deux pr&#233;c&#233;dentes qu'ils avaient, en 1998 et 2008, ch&#232;rement pay&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus d'une centaine de banques ont ferm&#233; leurs portes depuis d&#233;but 2014. Endett&#233;es, emp&#234;tr&#233;es dans des cr&#233;ances douteuses, fragilis&#233;es par la crise mon&#233;taire, l'&#233;vasion des capitaux et les sanctions occidentales en riposte &#224; la guerre dans l'est de l'Ukraine (dont USA et UE rejettent la responsabilit&#233; sur l'ing&#233;rence militaire de la Russie), un quart des banques russes seraient au bord de l'asphyxie. Il faut dire que le pays en compte plus de 800, qui ont pouss&#233; comme des champignons dans les ann&#233;es 1990 et dont beaucoup servent &#224; couvrir les d&#233;tournements et trafics en tous genres &#8211; comme nombre de banques occidentales, il est vrai. Les magnats de la finance aimeraient profiter de la crise pour diviser ce nombre par trois ou quatre, si bien que, malgr&#233; un plan de 18 milliards d'euros pour renflouer l'&#233;conomie, le gouvernement laisse couler les petits &#233;tablissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le secteur automobile, symbole de la relance des ann&#233;es 2000, est, lui aussi, &#224; la peine, apr&#232;s une chute des ventes de 7 % au premier semestre 2014. Pr&#233;texte aussit&#244;t saisi par le patronat pour licencier : c'est ainsi qu'AvtoVAZ&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='&#192; noter que Renault-Nissan contr&#244;le 50,01 % du capital de cet ex-vieux (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, connu pour sa marque Lada, a r&#233;duit ses effectifs de 11 000 postes entre janvier et juillet 2014 et a annonc&#233; 25 000 suppressions d'emplois suppl&#233;mentaires d'ici 2020. Les grands constructeurs occidentaux, &#224; commencer par General Motors et sa marque Opel, ont, tout r&#233;cemment, annonc&#233; aussi leur retrait partiel mais notable, avec licenciements voire fermetures de sites &#224; la cl&#233;. Seuls BMW et Mercedes (qui vendent aux riches !) maintiendraient leurs performances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres secteurs sont touch&#233;s par l'ass&#232;chement des finances, caus&#233; par l'effondrement du rouble et les sanctions occidentales. Le gouvernement intervient massivement pour &#233;viter de trop grosses faillites. La compagnie gazi&#232;re Gazprom, d&#233;tenue majoritairement par l'&#201;tat, a &#233;t&#233; renflou&#233;e de 50 milliards, apr&#232;s avoir annonc&#233; des pertes pour la premi&#232;re fois depuis 2008, notamment du fait des retards de paiement ukrainiens. VTB et Rosselkhozbank, deux grandes banques publiques, ainsi que Rosneft, trust public du p&#233;trole, ont &#233;galement b&#233;n&#233;fici&#233; de largesses du gouvernement se chiffrant en milliards.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;P&#233;trole, rouble, croissance, tout s'effondre&#8230; sauf les prix&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; l'intervention &#233;tatique, la croissance a &#233;t&#233; nulle en 2014 et l'on s'attend &#224; ce qu'elle soit n&#233;gative en 2015, entre &#8211; 3 et &#8211; 4,5 %. C'est que l'&#233;conomie russe est confront&#233;e &#224; une accumulation de probl&#232;mes. Son industrie, qui repr&#233;sente toujours un tiers des emplois, manque d'investissements, alors que sa technologie vieillit. La productivit&#233; est trop faible pour concurrencer les pays avanc&#233;s sur les biens manufactur&#233;s. Les effets des sanctions &#233;conomiques et de la chute du cours du p&#233;trole aggravent la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le conflit ukrainien a eu un impact n&#233;gatif en provoquant une fuite de capitaux. La crainte d'une aggravation du conflit incite les capitalistes &#224; investir ailleurs. Au premier semestre 2014, les exportations de capitaux de Russie ont ainsi &#233;t&#233; multipli&#233;es par quatre. La bourse de Moscou a connu ses haut-le-c&#339;ur &#224; chaque p&#233;rip&#233;tie du conflit. Le 3 mars 2014, en pleine crise de Crim&#233;e, l'indice MICEX, le CAC 40 russe, a d&#233;viss&#233; de 14 % en une journ&#233;e. Et ce fut la m&#234;me chose lors de l'intensification du conflit au Donbass en juillet. Ensuite, les sanctions impos&#233;es par les &#201;tats occidentaux ont fragilis&#233; les entreprises russes. &#201;tats-Unis, Canada, Japon, Union europ&#233;enne et d'autres ont d&#233;ploy&#233; un ensemble de restrictions : interdiction de s&#233;jour de responsables politiques, restrictions commerciales pour une liste croissante d'entreprises, notamment de l'armement, de l'&#233;nergie et de la finance, limitation de l'acc&#232;s aux financements pour les banques, etc. Le principal effet des sanctions est de compliquer le financement des entreprises et banques russes, qui ne peuvent plus s'appuyer sur les banques occidentales. D'o&#249; des difficult&#233;s de tr&#233;sorerie et des risques de faillites. Enfin, les contre-sanctions adopt&#233;es par Poutine se retournent &lt;em&gt;in fine&lt;/em&gt; contre lui, mais surtout contre les travailleurs de Russie : les restrictions aux importations de denr&#233;es alimentaires, qui couvrent une grande part de la consommation (30 % pour la viande et les l&#233;gumes, 40 % pour les produits frais), provoquent des p&#233;nuries et une hausse des prix, alors que ceux-ci &#233;taient d&#233;j&#224; tir&#233;s vers le haut par la chute du rouble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;gringolade du cours du p&#233;trole, pass&#233; de 100 &#224; 45 dollars le baril entre juin et d&#233;cembre 2014, a elle aussi d&#233;grad&#233; la situation &#224; de multiples niveaux. La production et la distribution d'hydrocarbures repr&#233;sentent autour de 20 % du PIB (la proportion varie selon les estimations) et la variation des cours a donc eu un impact direct sur la &#171; croissance &#187;. De plus, les hydrocarbures (p&#233;trole brut, gaz et produits du raffinage) repr&#233;sentant les deux tiers des exportations de la Russie, la baisse des cours a entra&#238;n&#233; une d&#233;gradation importante de la balance commerciale. D'o&#249; un &#233;croulement du rouble, qui a perdu 42 % de sa valeur face au dollar en 2014 et a provoqu&#233; &#224; son tour une spirale inflationniste du fait du rench&#233;rissement des marchandises import&#233;es : les prix ont augment&#233; de 11,4 % en 2014. Enfin, la baisse des cours du p&#233;trole a grev&#233; le budget de l'&#201;tat puisque les compagnies gazi&#232;res et p&#233;troli&#232;res fournissent 41 % de ses recettes. Cela p&#232;se d'autant plus que le gouvernement a pr&#233;cis&#233;ment besoin de fonds pour renflouer les entreprises et soutenir le rouble (13 milliards de dollars ont &#233;t&#233; puis&#233;s dans les r&#233;serves de change en soutien au rouble). Mais Poutine a pu utiliser les r&#233;serves accumul&#233;es durant les ann&#233;es d'envol&#233;e des cours pour financer sa politique de soutien aux entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est compliqu&#233; de d&#233;m&#234;ler ce qui, parmi les multiples facteurs qui contribuent &#224; la crise, p&#232;se le plus et dans quelle proportion. Le poids exact des sanctions est difficilement mesurable. Mais ce qui est s&#251;r, c'est que les travailleurs en sont les premi&#232;res victimes. Ce sont eux qui subissent la crise, avec son lot de ch&#244;mage, de hausses de prix et de salaires r&#233;duits ou impay&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Maurice SPIRZ
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Ind&#233;pendance de l'Ukraine ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Areva vient d'annoncer avoir emport&#233; le contrat d'approvisionnement en uranium enrichi des centrales ukrainiennes que poss&#232;de la compagnie Energoatom (entreprise ukrainienne d'&#201;tat). L'entreprise fran&#231;aise met donc un pied suppl&#233;mentaire dans le nucl&#233;aire ukrainien, apr&#232;s avoir obtenu les contrats de traitement et stockage des d&#233;chets en 2011. C'est un secteur qui, avec le gaz de schiste et l'armement, int&#233;resse les multinationales occidentales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ao&#251;t dernier, le groupe anglo-n&#233;erlandais Shell et l'am&#233;ricain Chevron avaient obtenu des droits d'exploitation de gisements de p&#233;trole en Mer noire. Au forum &#233;conomique de Davos de septembre dernier, Shell avait sign&#233; un contrat avec le Premier ministre ukrainien pour l'exploitation de gisements de gaz de schiste dans les r&#233;gions de Donetsk et de Kharkiv. Le montant de l'accord s'&#233;levait &#224; 10 milliards de dollars. Ayant suspendu la mise en exploitation suite aux affrontements qui ont embras&#233; ces r&#233;gions, Shell a n&#233;anmoins fait savoir qu'elle gardait tout son int&#233;r&#234;t pour l'affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De grandes firmes europ&#233;ennes et am&#233;ricaines proposent ainsi au gouvernement ukrainien des solutions pour son &#171; ind&#233;pendance &#187; vis-&#224;-vis de la Russie. Entendez par l&#224; pour sa d&#233;pendance vis-&#224;-vis des int&#233;r&#234;ts de leurs trusts &#224; elles, puissances occidentales. Ce dont, en f&#233;vrier dernier, le pr&#233;sident ukrainien Porochenko s'empressait de se f&#233;liciter. Selon lui, gr&#226;ce au gaz de schiste, l'Ukraine serait &lt;em&gt;&#171; ind&#233;pendante de la Russie pour l'&#233;nergie &#187;.&lt;/em&gt; Il faut rappeler que l'approvisionnement de l'Ukraine en hydrocarbures russes et le transit de ceux-ci vers l'Europe par ce pays qui en &#233;tait une plaque tournante, est un des principaux &lt;em&gt;casus belli &lt;/em&gt;de la situation de guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P&#233;trole, gaz de schiste, uranium... Gazprom contre Shell ou Areva... &lt;em&gt;&#171; On croit mourir pour la patrie, on meurt pour les industriels... &#187;&lt;/em&gt;, &#233;crivait Anatole France &#224; propos de la Premi&#232;re Guerre mondiale. Une histoire dont on n'est pas encore sorti !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Samuel TERRAZ
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Navires Mistral : beaucoup de vent pour rien ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le 25 novembre, le gouvernement fran&#231;ais d&#233;cidait de suspendre la livraison &#224; la Russie de deux navires de guerre Mistral produits dans les chantiers navals de Saint-Nazaire. Il mettait ainsi &#224; ex&#233;cution l'ultimatum, lanc&#233; par Hollande trois mois plus t&#244;t, destin&#233; &#224; faire pression contre l'intervention de soldats russes dans l'est de l'Ukraine. Coup dur pour la Russie ? Ou bien pour le gouvernement fran&#231;ais, qui voit passer sous son nez un contrat de 1,2 milliard d'euros ? En tout cas, ce n'est pas de plein gr&#233; que la livraison a &#233;t&#233; suspendue. Il a fallu d'insistantes pressions am&#233;ricaines et europ&#233;ennes (Royaume-Uni, Allemagne, Pologne, Lituanie, etc.) car, pendant que la Crim&#233;e &#233;tait annex&#233;e par la Russie, il y a un peu plus d'un an, des marins russes poursuivaient tranquillement leur formation dans le port de Saint-Nazaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui encore, le gouvernement tourne autour du pot. Hollande affirme que, si les navires n'&#233;taient pas livr&#233;s, l'avance vers&#233;e par la Russie serait rembours&#233;e. Quelle audace ! C&#244;t&#233; russe, Poutine joue les grands princes. Lors d'une s&#233;ance de questions-r&#233;ponses avec la population (qui a dur&#233; quatre heures, mais c'est l'habitude !), il rassure : &lt;em&gt;&#171; Les Fran&#231;ais sont des gens bien &#233;lev&#233;s, ils nous rendront l'argent. Nous ne voulons pas exiger d'amendes, de compensations extravagantes &#187;&lt;/em&gt;. Il se fait m&#234;me le d&#233;fenseur de nos emplois : &lt;em&gt;&#171; Nous avions conclu ce contrat avant tout pour soutenir nos partenaires et assurer une charge de travail pour leurs chantiers navals &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Question pression, c'est rat&#233; ! On voit d'ailleurs mal Poutine l&#226;cher l'Ukraine pour deux bateaux... m&#234;me s'il s'agit de monstres de technologies ! Il n'est donc pas exclu que ce soit le gouvernement fran&#231;ais qui craque, du moins qui attende des jours meilleurs en croisant les doigts. Ni le sort des Ukrainiens, ni les emplois &#224; Saint-Nazaire ne le pr&#233;occupent. Seulement la meilleure diplomatie pour sauvegarder les profits des entreprises dont il se fait le garant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M.S.
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#192; noter que Renault-Nissan contr&#244;le 50,01 % du capital de cet ex-vieux fleuron de l'industrie automobile sovi&#233;tique, par le moyen d'une holding et de combines financi&#232;res opaques.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Editorial : Les &#233;trangleurs
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		<dc:subject>euro
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		<description>Partout dans le monde, la crise financi&#232;re de l'automne 2008 a &#233;t&#233; le pr&#233;texte pour les patrons et les gouvernements &#224; leur solde, au d&#233;ferlement des vagues de licenciements, au serrage de vis sur les salaires, au pillage des caisses de l'&#201;tat &#8211; qui s'accompagne, dans le public, des m&#234;mes vagues de suppressions de postes et compression des salaires. Les centaines de milliards de dollars ou euros de pr&#234;ts ou garanties aux banquiers et industriels pour couvrir leurs frasques financi&#232;res ont creus&#233; encore&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-68-mars-avril-2010-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 68, mars-avril 2010
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Partout dans le monde, la crise financi&#232;re de l'automne 2008 a &#233;t&#233; le pr&#233;texte pour les patrons et les gouvernements &#224; leur solde, au d&#233;ferlement des vagues de licenciements, au serrage de vis sur les salaires, au pillage des caisses de l'&#201;tat &#8211; qui s'accompagne, dans le public, des m&#234;mes vagues de suppressions de postes et compression des salaires. Les centaines de milliards de dollars ou euros de pr&#234;ts ou garanties aux banquiers et industriels pour couvrir leurs frasques financi&#232;res ont creus&#233; encore les d&#233;ficits des &#201;tats. Les d&#233;couverts ont grossi, &#224; commencer par ceux des grands &#201;tats industriels &#8211; il est bien connu qu'on ne pr&#234;te qu'aux riches ! Au vu des indicateurs statistiques, les dettes publiques d&#233;passent parfois le PIB&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='&#201;valuation approximative de la richesse totale produite.' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; national (114,6 % du PIB en Italie), ou l'approchent (83,2 % du PIB en France ; 73,1 % en Allemagne). Et les &#171; services de la dette &#187;, ou int&#233;r&#234;ts vers&#233;s aux organismes pr&#234;teurs, repr&#233;sentent des sommes faramineuses (en France, pas loin de 50 milliards d'euros par an soit, grosso modo, ce qui rentre en imp&#244;t sur le revenu, ou ce qui sort en budget de l'&#201;ducation nationale). Rien de fondamentalement nouveau, mais une accentuation du ph&#233;nom&#232;ne et des organismes financiers qui sp&#233;culent d&#233;sormais en bourse sur les titres de ces dettes &#8211; surtout celles d'&#201;tats qui ne sont pas les plus endett&#233;s mais sont r&#233;put&#233;s les moins solvables, comme ceux de la Gr&#232;ce, du Portugal ou de l'Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'euro serait en p&#233;ril, nous dit-on. Mais force est de reconna&#238;tre que la dramatisation autour du creusement des dettes publiques est savamment orchestr&#233;e pour, encore une fois et plus encore, faire payer aux classes populaires les frasques des poss&#233;dants. D'o&#249; cette mise en sc&#232;ne de l'Eurogroupe, ou rencontre des seize chefs d'&#201;tats de la zone euro &#224; la fin mars, qui ont statu&#233; sur le sort d'une Gr&#232;ce jug&#233;e trop dispendieuse. Et abouti au verdict, procureur du FMI &#224; la rescousse, que les travailleurs grecs vivaient au dessus de leurs moyens ! Pensez donc, avec un salaire moyen de quelque 800 euros ! Avec des retraites prises &#224; 65 ans alors qu'ils pourraient travailler jusqu'&#224; 67 ans ! &#171; Plan de sauvetage &#187; donc, pour leur enfoncer un peu plus la t&#234;te sous l'eau. Le Portugal et l'Espagne, sont dans le m&#234;me collimateur &#8211; du moins leurs classes populaires. Mais tous les travailleurs du monde aussi, &#224; des degr&#233;s divers, m&#234;me ceux du pays le plus riche, les USA. Les &#171; coupes budg&#233;taires &#187; sont partout au programme. Contre les populations. Tandis que s'&#233;talent les hausses de dividendes des grands trusts, les bonus et stock-options de leurs PDG, les jets priv&#233;s de leurs ministres. Et, en Gr&#232;ce, comme au Portugal et en Espagne &#8211; comme &#224; la t&#234;te du FMI &#8211;, ce sont des socialistes, ou pr&#233;tendus tels, qui tr&#244;nent ! Et le d&#233;mocrate Obama aux &#201;tats-Unis. [Toutes ces attaques sont l'objet des articles du dossier de ce num&#233;ro sur la Gr&#232;ce, le Portugal, l'Espagne et les &#201;tats-Unis].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; gauche ou m&#234;me &#224; la gauche de la gauche, certains pr&#233;conisent &#171; un autre partage des richesses &#187;, sans pour autant oser envisager la r&#233;volution. Comme si le &#171; partage &#187; existait dans une soci&#233;t&#233; pr&#233;cis&#233;ment bas&#233;e sur son contraire, l'exploitation et l'accaparement. Certes, en fonction des luttes et r&#233;sistances du monde du travail, le capital peut h&#233;siter, reculer quelque peu. Aujourd'hui en tout cas, face &#224; la crise et l'&#233;tranglement des classes populaires de la plan&#232;te, il serait urgent que les travailleurs fassent bloc. Derri&#232;re un programme radical de sauvegarde de leur classe, d'expropriation des industriels et des banquiers, par une mobilisation g&#233;n&#233;rale qui ferait enfin passer le pouvoir d'&#201;tat des mains des exploiteurs aux mains des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 4 avril 2010&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#201;valuation approximative de la richesse totale produite.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> La crise, un an apr&#232;s : ceux qui empochent et ceux qui payent&#8230;
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/La-crise-un-an-apres-ceux-qui-empochent-et-ceux-qui-payent</link>
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		<dc:date>2009-10-03T22:35:28Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Crise
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		<dc:subject>&#233;conomie
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		<dc:subject>Capitalisme
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		<description>Un milliard d'euros, c'est le montant des bonus vers&#233;s par la BNP &#224; ses traders. C'est surtout, face aux milliers de licenciements, le symbole de l'arrogance patronale. La banque explique que si elle ne r&#233;mun&#232;re pas suffisamment ses traders, ils iront voir ailleurs. La belle affaire ! Comme disaient les travailleurs argentins lors de l'effondrement de leur &#233;conomie en 2001 : &#171; &#161;Que se vayan todos ! &#187; (&#171; Qu'ils s'en aillent tous ! &#187;) &lt;br /&gt;La bourse est repartie &#224; la hausse : l'indice CAC 40 est remont&#233; de 50 %&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un milliard d'euros, c'est le montant des bonus vers&#233;s par la BNP &#224; ses traders. C'est surtout, face aux milliers de licenciements, le symbole de l'arrogance patronale. La banque explique que si elle ne r&#233;mun&#232;re pas suffisamment ses traders, ils iront voir ailleurs. La belle affaire ! Comme disaient les travailleurs argentins lors de l'effondrement de leur &#233;conomie en 2001 : &#171; &lt;em&gt; &#161;Que se vayan todos ! &lt;/em&gt; &#187; (&#171; Qu'ils s'en aillent tous ! &#187;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourse est repartie &#224; la hausse : l'indice CAC 40 est remont&#233; de 50 % par rapport au 9 mars, jour le plus bas. La croissance semble pointer son nez : + 0,3 % au deuxi&#232;me trimestre 2009 pour la France. Est-ce le d&#233;but de la fin de la crise ? En tout cas, pas pour tout le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le patronat respire : les pertes sont moins lourdes que pr&#233;vues au premier semestre 2009. Ce ne sont pas vraiment des pertes d'ailleurs. Les quarante plus grands groupes fran&#231;ais, ceux du CAC 40, ont encaiss&#233; 22 milliards de b&#233;n&#233;fices. Et certains, comme Total, d'annoncer des avances sur dividendes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seules dix entreprises du CAC 40 affichent des pertes, mais attention, c'est que, tel Renault et PSA, elles ont d&#233;duit les frais de restructuration qui gr&#232;vent les profits d'aujourd'hui pour pr&#233;parer ceux de demain... sur le dos des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le patronat souffle, gr&#226;ce au respirateur artificiel appel&#233; &#171; caisses de l'&#201;tat &#187;, les travailleurs, eux, n'ont pas fini de payer. Le gouvernement continue de d&#233;rouler son tapis d'attaques : travail du dimanche, hausse du forfait hospitalier, privatisation de La Poste, amputation de la retraite des femmes, fiscalisation des indemnit&#233;s d'accident du travail et une nouvelle &#171; r&#233;forme &#187; de la retraite envisag&#233;e pour 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est d'abord par leur emploi que les travailleurs payent la crise : 400 000 emplois disparus en un an, principalement dans l'industrie. Et les plans de licenciements n'ont pas ralenti, &#224; l'image des 814 suppressions de postes annonc&#233;es mi-septembre par Alcatel-Lucent. Les jeunes qui d&#233;barquent &#224; la recherche d'un travail sont autant de nouveaux ch&#244;meurs. Depuis un an, P&#244;le Emploi compte en moyenne 50 000 ch&#244;meurs suppl&#233;mentaires chaque mois. Mais c'est sans compter ceux qui, d&#233;courag&#233;s, ne se sont pas inscrits... ou r&#233;inscrits apr&#232;s une radiation. Les chiffres ne comptent pas non plus ceux qui entrent dans des dispositifs de reclassement sans pour autant retrouver de travail.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les travailleurs payent l'imp&#244;t, les capitalistes encaissent&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour renflouer les banques et &#171; relancer &#187; l'&#233;conomie, l'&#201;tat s'est fortement endett&#233;. En 2009, il a emprunt&#233; 700 millions d'euros par jour sur les march&#233;s financiers. Le d&#233;ficit public devrait atteindre 130 milliards d'euros en 2009 et le gouvernement pr&#233;voit autant pour son budget 2010. La dette passerait ainsi de 68 &#224; 80 % du PIB.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement ne pr&#233;voit &#233;videmment pas de faire payer les patrons &#224; qui il a vers&#233; ces milliards. Bien au contraire, il &#233;limine la taxe professionnelle, au moment o&#249; il charge les travailleurs avec la taxe carbone. Mais la facture vient aussi avec le d&#233;mant&#232;lement des services publics et des syst&#232;mes sociaux : h&#244;pitaux, &#233;ducation, retraites, etc. Tout y passe, plus que jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'ainsi la dette co&#251;te aux travailleurs, elle est pain b&#233;ni pour les capitalistes, qui trouvent un investissement s&#251;r. Le service de la dette repr&#233;sentait 6 % des recettes de l'&#201;tat en 2008 et devrait monter &#224; 10 % en 2012. Et Sarkozy veut lancer son &#171; grand emprunt &#187;, avec des taux d'int&#233;r&#234;ts encore plus &#233;lev&#233;s ! Seuls les plus riches, qui ont de l'argent &#224; &#233;pargner, pourront en faire une source de revenu&#8230; pr&#233;lev&#233; directement dans la poche des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Partout dans le monde, patronat et gouvernement font payer les travailleurs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aux &#201;tats-Unis&lt;/strong&gt;, ce sont les expulsions de leur logement des travailleurs ne pouvant plus payer leurs dettes qui ont marqu&#233; le d&#233;but de la crise. Ces expulsions sont toujours plus nombreuses de mois en mois. 360 000 familles ont &#233;t&#233; mises &#224; la rue en juillet, alors que les logements vides s'accumulent. En deux ans et demi, les banques ont ainsi saisi 5,5 millions de logements. Ces derni&#232;res ann&#233;es, avec les &#171; subprimes &#187; et les cartes de cr&#233;dit faciles, les travailleurs am&#233;ricains avaient tent&#233; de pallier leurs bas salaires par un fort endettement. Aujourd'hui les banques leur font payer. Et avec la disparition de nombre de petits boulots et la fermeture des usines, le ch&#244;mage aggrave leurs conditions. L'OCDE pr&#233;voit que le ch&#244;mage officiel passe de 5,8 % en 2008 &#224; 10,1 % en 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En Allemagne&lt;/strong&gt;, 1,4 million de travailleurs ont un salaire amput&#233; par le ch&#244;mage partiel. Le ch&#244;mage complet devrait atteindre 11,6 % en 2010. C'est l&#224;-bas que la r&#233;cession est la plus forte, avec une baisse de 6 % du PIB pr&#233;vue pour 2009. Les exportations ont chut&#233;, alors qu'elles repr&#233;sentaient 47 % du PIB allemand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est dans les pays pauvres&lt;/strong&gt; que la note est la plus sal&#233;e. D&#233;j&#224;, d&#233;but 2008, ils avaient &#233;t&#233; les premiers &#224; payer la crise avec la hausse des prix des mati&#232;res premi&#232;res, qui avait provoqu&#233; des &#233;meutes de la faim. L'organisme de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture, la FAO, a estim&#233; que 1,02 milliard d'individus souffrent de malnutrition en 2009. Triste record !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pays pauvres subissent la baisse des exportations, mais aussi le reflux des financements ext&#233;rieurs. Selon la Banque mondiale, les investissements vers les pays pauvres ont diminu&#233; de 37 % en 2008 et cela s'acc&#233;l&#232;re. Loin d'investir, les multinationales rapatrient une plus grande part de leurs profits (70 % contre 50 % auparavant). La cons&#233;quence directe est l'expansion du ch&#244;mage et de la mis&#232;re. Une mis&#232;re que ceux qui ont &#233;migr&#233; vers les pays riches pour envoyer une aide &#224; leur famille ont de plus en plus de mal &#224; adoucir. Dans les pays riches, les travailleurs immigr&#233;s sont les plus expos&#233;s aux licenciements, &#224; cause des contrats pr&#233;caires, voire l'absence de contrat de travail, de leur pr&#233;sence importante dans les secteurs les plus en crise (BTP, h&#244;tellerie-restauration), mais aussi du fait du racisme de certains patrons qui les licencient en priorit&#233;. R&#233;sultat, la Banque mondiale pr&#233;voit une baisse de 5 &#224; 8 % des fonds envoy&#233;s par les migrants.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Quel avenir pour l'&#233;conomie capitaliste ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Qui a dit : &#171; &lt;em&gt; Nous avons pass&#233; le pire et avec une unit&#233; soutenue dans l'effort, nous nous remettrons rapidement &lt;/em&gt; &#187; ? Pas Obama, mais un autre pr&#233;sident am&#233;ricain, Hoover, en mars 1930. Quelques mois apr&#232;s le krach boursier de 1929, les politiciens et &#233;conomistes voyaient d&#233;j&#224; la fin de la crise et tentaient de se rassurer. Pourtant, la &#171; grande d&#233;pression &#187;, marqu&#233;e par le ch&#244;mage de masse et les salaires de mis&#232;re, ne s'est arr&#234;t&#233;e que dix ans et une guerre mondiale plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant dire que mieux vaut pour les travailleurs ne pas se fier aux invocations rassurantes des dirigeants de ce monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Maurice SPIRZ&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_408 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L350xH200/bnp-d056a.png?1527888250' width='350' height='200' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;
Vers une reprise rapide de l'&#233;conomie capitaliste ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La croissance mondiale des quinze ann&#233;es qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; la crise a &#233;t&#233; relativement forte. Cette croissance &#233;tait tir&#233;e par la forte consommation am&#233;ricaine, qui reposait pour beaucoup sur le cr&#233;dit, jusqu'aux fameux &#171; subprimes &#187; destin&#233;s &#224; faire consommer m&#234;me les plus pauvres. Lorsque les bas salaires am&#233;ricains n'ont pas suffi &#224; payer les int&#233;r&#234;ts toujours croissants, la crise a &#233;clat&#233; et s'est propag&#233;e dans le monde entier.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Sur l'origine de la crise, lire &#171; La crise jusqu'o&#249; ? &#187;, Convergences (...)' id='nh3-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, l'&#233;conomie capitaliste a besoin de nouveaux d&#233;bouch&#233;s pour remplacer la consommation am&#233;ricaine d&#233;faillante et absorber le capital disponible. Sans cela, une grande part des capacit&#233;s de production restera inutilis&#233;e. La crise ne pourra alors se terminer que lorsque la surcapacit&#233; aura &#233;t&#233; d&#233;truite, c'est-&#224;-dire apr&#232;s la fermeture de nombreuses entreprises et des licenciements massifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les capacit&#233;s de production sont sous-utilis&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car la crise actuelle est bien une crise de surproduction, la capacit&#233; de production ayant d&#233;pass&#233; les limites recevables par la demande solvable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'industrie automobile, l'un des plus gros secteurs de l'&#233;conomie mondiale, le taux d'utilisation des capacit&#233;s de production &#233;tait de 80 % en 2007, d'apr&#232;s le cabinet-conseil AlixPartners. Cette surcapacit&#233; avait d&#233;j&#224; entrain&#233; des milliers de suppressions d'emploi, notamment &#224; PSA ou Renault. Mais en 2009, le taux d'utilisation est tomb&#233; &#224; 65 %, ce qui ne pr&#233;sage rien de bon pour les travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec les suppressions d'emplois, les salaires bloqu&#233;s et les cr&#233;dits rendus plus difficiles, la consommation de biens manufactur&#233;s a baiss&#233; depuis fin 2007. Et cela s'acc&#233;l&#232;re, sous l'effet du ch&#244;mage, avec, pour la France, une baisse de 1,2 % en juillet et 1,0 % en ao&#251;t, ce qui ne peut qu'acc&#233;l&#233;rer la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'utilisation du ch&#244;mage partiel a permis de r&#233;duire la production tout en temporisant tr&#232;s partiellement sur le ch&#244;mage, le patronat ne s'en contentera pas &#233;ternellement. Les patrons pr&#233;f&#232;reront laisser des milliers de travailleurs au ch&#244;mage, tout en exploitant quelques-uns d'entre eux au maximum de leurs capacit&#233;s physiques. La r&#233;partition du travail entre tous, sans baisse de salaires, ne fait pas partie du programme patronal !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un d&#233;but de reprise en trompe l'&#339;il&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, certains pays, comme la France, ont affich&#233; une croissance positive au deuxi&#232;me trimestre 2009. Au niveau europ&#233;en, l'automobile a effectivement vu ses ventes s'am&#233;liorer gr&#226;ce &#224; la prime &#224; la casse. Mais il s'agit surtout d'achats pr&#233;cipit&#233;s de peur que la prime ne s'arr&#234;te trop t&#244;t et cela ne garantit pas un retour de l'activit&#233; sur le long terme. Quand &#224; la reprise de la production, elle s'explique par le d&#233;stockage op&#233;r&#233; par l'industrie, qui a ralenti fortement sa production pour &#233;couler les stocks. Maintenant, la production repart m&#233;caniquement pour s'adapter &#224; la demande solvable (qui reste restreinte), voire reconstituer des stocks.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Signe du manque de perspectives pour les capitalistes : les investissements continuent de chuter. Les entreprises remboursent m&#234;me plus d'argent aux banques qu'elles ne leur empruntent. Certes, les banques rechignent &#224; pr&#234;ter, mais la demande de cr&#233;dits s'est fortement r&#233;duite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#233;viter le ch&#244;mage et les bas salaires, les travailleurs ne doivent donc pas compter sur une hypoth&#233;tique relance du capitalisme. Le seul espoir ne peut venir que des luttes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M.S.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb3-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-1' class='spip_note' title='Notes 3-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sur l'origine de la crise, lire &#171; &lt;em&gt; La crise jusqu'o&#249; ? &lt;/em&gt; &#187;, Convergences R&#233;volutionnaires n&#176;58, juillet-ao&#251;t 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Cro&#238;tre ou ne pas cro&#238;tre, quelle est la question ?
</title>
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		<dc:date>2007-11-21T20:55:50Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;conomie
</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme
</dc:subject>

		<description>Sit&#244;t que la &#171; croissance &#187; est un peu plus forte qu'&#224; son habitude, on nous parle &#171; d'embellie &#187;. Chacun, gouvernement et &#233;conomistes, y va de sa pr&#233;vision &#171; optimiste &#187; ou &#171; timide &#187;. Comme si, par une vertu magique, la croissance allait r&#233;soudre les principaux probl&#232;mes de la soci&#233;t&#233;. Pourtant, le constat de ces trente derni&#232;res ann&#233;es, c'est que la croissance va de pair avec l'aggravation des in&#233;galit&#233;s et la d&#233;gradation du &#171; bien-&#234;tre &#187; d'une majorit&#233; de la population. &lt;br /&gt;Qu'est-ce qu'on appelle &#171; la&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Societe-74-+" rel="tag"&gt;Soci&#233;t&#233;
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sit&#244;t que la &#171; croissance &#187; est un peu plus forte qu'&#224; son habitude, on nous parle &#171; d'embellie &#187;. Chacun, gouvernement et &#233;conomistes, y va de sa pr&#233;vision &#171; optimiste &#187; ou &#171; timide &#187;. Comme si, par une vertu magique, la croissance allait r&#233;soudre les principaux probl&#232;mes de la soci&#233;t&#233;. Pourtant, le constat de ces trente derni&#232;res ann&#233;es, c'est que la croissance va de pair avec l'aggravation des in&#233;galit&#233;s et la d&#233;gradation du &#171; bien-&#234;tre &#187; d'une majorit&#233; de la population.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Qu'est-ce qu'on appelle &#171; la croissance &#187; ? &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce que les &#233;conomistes et les politiciens appellent la &#171; croissance &#187;, c'est l'augmentation du produit int&#233;rieur brut (PIB). Le PIB correspond &#224; la valeur de la production de biens et services dans un pays donn&#233;, il mesure les nouvelles &#171; richesses &#187; cr&#233;&#233;es dans l'ann&#233;e, du moins celles mesur&#233;es en valeur mon&#233;taire. Il s'agit des biens et des services finaux, car pour ne pas compter plusieurs fois la m&#234;me production, on &#233;limine les interm&#233;diaires de production. Par exemple, on compte la valeur du pain, mais on n'ajoute pas celle de la farine achet&#233;e par le boulanger : sa valeur est comprise dans celle du pain. Lorsque la production passe par le march&#233;, elle est mesur&#233;e par son prix de vente. Mais pour les associations et l'administration publique (enseignement, justice, sant&#233;, arm&#233;e&#8230;), il n'y a pas de prix de vente, on estime donc leur valeur &#224; leur co&#251;t de production (salaires, mat&#233;riels, infrastructures&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le PIB mesure le march&#233; capitaliste&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les services publics gratuits participent donc moins au PIB que le priv&#233;, car il n'y a pas de plus-value (la valeur produite accapar&#233;e par le capitaliste). Exemple, un cours d'anglais chez Wall Street Institute vaut plus qu'un m&#234;me cours &#224; l'universit&#233; : il faut ajouter le profit aux co&#251;ts de production. Il contribue donc plus&#8230; &#224; la croissance, pour le m&#234;me (esp&#233;rons) service rendu. Idem, laisser les h&#244;pitaux publics &#224; l'abandon au profit des cliniques priv&#233;es g&#233;n&#232;re de la croissance !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PIB peut &#234;tre abord&#233; de deux autres mani&#232;res. Premi&#232;rement, la vente de la production g&#233;n&#233;rant un revenu, le PIB &#233;quivaut au total de ces revenus, distribu&#233;s sous forme de salaires, de profits et d'imp&#244;ts. Si le gouvernement s'int&#233;resse tant aux pr&#233;visions de croissance au moment de voter le budget de l'&#201;tat, c'est qu'elles donnent une id&#233;e des futures rentr&#233;es d'imp&#244;ts. Deuxi&#232;mement, toute vente &#233;tant un achat, le PIB est aussi la somme de la consommation des m&#233;nages et des investissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel que soit le c&#244;t&#233; par lequel on aborde le PIB, celui-ci mesure l'&#233;tendue du march&#233; capitaliste. La croissance refl&#232;te donc le dynamisme du march&#233;, ce qui ne veut pas du tout dire des lendemains qui chantent. La dynamique capitaliste et la dynamique du progr&#232;s social ne se recouvrent pas et ne se comptent pas de la m&#234;me mani&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une croissance qui ne fait pas le bonheur&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il y a ce que le PIB ne compte pas, comme l'autoproduction, c'est-&#224;-dire les richesses produites et consomm&#233;es dans les foyers : les fruits du verger, mais aussi les t&#226;ches m&#233;nag&#232;res, l'&#233;ducation familiale, la solidarit&#233;&#8230; Quant au travail au noir, il est estim&#233;, mais bien mal. Enfin, le b&#233;n&#233;volat et une bonne partie du travail associatif &#233;tant des services non-marchands, leur valeur est comptabilis&#233;e essentiellement &#224; partir des co&#251;ts de personnel, lesquels sont par nature insignifiants dans les activit&#233;s b&#233;n&#233;voles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus important, il y a ce que les &#233;conomistes appellent les &#171; externalit&#233;s &#187;, c'est-&#224;-dire les retomb&#233;es et effets secondaires de la production. L'exemple d'externalit&#233; &#171; positive &#187;, c'est l'arboriculteur dont les plantes sont butin&#233;es par les abeilles d'un apiculteur. Mais les externalit&#233;s sont le plus souvent &#171; n&#233;gatives &#187;, c'est-&#224;-dire n&#233;fastes ou destructrices : pollution, maladies professionnelles, bruit des avions&#8230; En terme de croissance, il est indiff&#233;rent de d&#233;velopper les chemins de fer ou d'utiliser des camions, alors que pour la sant&#233;, l'environnement et le bien-&#234;tre, ce n'est pas pareil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me vient aussi de ce que le PIB int&#232;gre ce qui est directement destructeur ou sp&#233;cifique au fonctionnement capitaliste de la soci&#233;t&#233;. Le but du capital &#233;tant de s'accro&#238;tre, peu lui importe la nature de son affectation. Le PIB met sur le m&#234;me plan la production d'armes, les prisons, la publicit&#233;, les audits pour restructuration&#8230; et l'&#233;ducation, l'art et la culture, l'&#233;levage de moutons ou les transports en commun. Ainsi, la forte croissance am&#233;ricaine est en partie le r&#233;sultat des d&#233;penses publiques li&#233;es &#224; la guerre en Irak. Aux USA, la d&#233;fense nationale repr&#233;sente 4 % du PIB. Son budget est pass&#233; de 318 &#224; 528 milliards de dollars entre 1996 et 2006, soit une croissance de 66 %. Difficile de parler d'une embellie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la m&#234;me mani&#232;re, une hausse des ventes d'anti-d&#233;presseurs ne refl&#232;te pas une am&#233;lioration des conditions de vie, mais participent de la croissance. Finalement, la croissance est bien loin d'&#234;tre un indicateur de bien-&#234;tre ou de progr&#232;s social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus sid&#233;rant vient du discours de nos politiciens quand, au nom de leur croissance miraculeuse, il faut accepter la casse des acquis sociaux et des services publics (ou leur privatisation, comme on voudra !), les suppressions d'emplois, la diminution des retraites, la g&#233;n&#233;ralisation de la pr&#233;carit&#233; : autrement dit, la d&#233;croissance de la v&#233;ritable richesse sociale. Tout cela pour &#171; notre bien &#187;, &#233;videmment, c'est-&#224;-dire pour inciter les capitalistes &#224; investir, ou plut&#244;t &#224; alourdir leurs poches ! Cherchez l'entourloupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#61472;Maurice SPIRZ&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Le mensonge de la &#171; croissance &#187; des pays pauvres&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Biens des pays pauvres ont connu une forte croissance dans les ann&#233;es qui ont suivi la d&#233;colonisation, de l'ordre de 7 %. Pourtant, sur les conseils des institutions internationales, ces pays ont b&#226;ti leur croissance sur les exportations de quelques produits, d&#233;truisant au passage les cultures vivri&#232;res. Les pays pauvres ont &#233;t&#233; mis en concurrence sur les mati&#232;res premi&#232;res. Si bien qu'au d&#233;but des ann&#233;es 1980, les prix se sont effondr&#233;s et toute l'&#233;conomie a suivi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats se sont endett&#233;s pour relancer la croissance, mais les emprunts souscrits &#224; 6 ou 7 % ont &#233;t&#233; relev&#233;s &#224; 17 ou 18 % d'int&#233;r&#234;t, soit disant pour attirer les capitaux n&#233;cessaires. Quand les &#201;tats ont &#233;t&#233; incapables de rembourser, le FMI est intervenu. Il a accord&#233; de nouveaux pr&#234;ts, en &#233;change d'une main mise sur la politique locale. Les &#171; plans d'ajustement structurel &#187; ont impos&#233; des coupes dans les budgets sociaux (&#233;ducation, sant&#233;, logement&#8230;), le gel des salaires et des suppressions d'emploi dans la fonction publique. Les entreprises publiques ont &#233;t&#233; privatis&#233;es en masse. Sous pr&#233;texte de faire baisser les prix, les barri&#232;res douani&#232;res ont &#233;t&#233; supprim&#233;es, mais les subventions aux produits et services de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; &#233;galement. Rapidement, les productions locales ont &#233;t&#233; &#233;vinc&#233;es par les marchandises des pays industrialis&#233;s. Un touriste am&#233;ricain en Jama&#239;que peut go&#251;ter aux plaisirs locaux : jus de fruit, mangues fra&#238;ches, plats &#233;pic&#233;s&#8230; Mais tout cela vient de Miami ! Les fermes locales ne sont pas assez productives et leurs produits, trop chers, ne trouvent pas preneur.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Sur les cons&#233;quences dramatiques de la politique du FMI en Jama&#239;que, voir (...)' id='nh4-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politiques de relance de la croissance mises en place par le FMI ont &#233;t&#233; un v&#233;ritable d&#233;sastre pour les populations locales et ont renforc&#233; la domination des pays industrialis&#233;s sur les pays pauvres. Pris dans la spirale de la dette, les travailleurs des pays pauvres ne produisent pas pour d&#233;velopper leur pays, mais pour verser une rente aux pays riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M.S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_287 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L350xH369/insee-3412b.gif?1526448953' width='350' height='369' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Petit manuel pour une croissance idiote&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Et si on installait des portillons &#224; la sortie des immeubles pour faire payer aux passants le co&#251;t de l'entretien des trottoirs ? Comble du bonheur, la production et l'entretien des portillons relancerait la croissance ! Absurde, dites-vous ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, cela existe dans les transports en commun et cela co&#251;te cher : en plus des portillons, il y a les machines &#224; billets, l'&#233;dition des tickets et amendes, le syst&#232;me informatique, les miroirs sans fond pour surprendre les resquilleurs&#8230; Tout un arsenal de surveillance dernier cri !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on ajoute le salaire des contr&#244;leurs et guichetiers, qui pourraient &#234;tre r&#233;affect&#233;s aux autres services o&#249; le personnel fait d&#233;faut, cela revient quasiment autant que ce que rapporte la vente des billets, voire le d&#233;passe : d'o&#249; l'int&#233;r&#234;t ! La gratuit&#233; des transports en commun porterait un coup &#224; la croissance, mais quel soulagement pour les citadins !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M.S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_288 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L350xH236/insee2-97229.gif?1526448953' width='350' height='236' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Attali veut lib&#233;rer la croissance &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Jacques Attali a re&#231;u des mains de Sarkozy non pas un minist&#232;re (il n'y en pas pour tout le monde), mais une &#171; mission &#187;. L'ancien conseiller de Mitterrand doit &lt;em&gt;&#171; lib&#233;rer la croissance &#187;&lt;/em&gt;. C'est que la &lt;em&gt;&#171; France est en panne &#187;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ladite mission dispose d'une commission o&#249; l'on trouve des patrons&#8230; et encore des patrons (ils sont pr&#232;s de la vingtaine&#8230;), et pour faire bonne figure, un psychiatre, un ancien syndicaliste de la CFDT, quelques &#233;conomistes, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;res r&#233;flexions de la fine &#233;quipe : lib&#233;raliser le secteur de la grande distribution et faciliter les expulsions de locataires. La commission s'appr&#234;terait aussi &#224; accoucher d'une solution pour am&#233;liorer le march&#233; du travail : faciliter les licenciements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Medef pourrait se plaindre. C'est un vrai plagiat. Attali croyait bien faire mais en a trop fait ! Il a r&#233;ussi &#224; f&#226;cher la secr&#233;taire d'&#201;tat &#224; l'&#201;cologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, ainsi que Borloo, qui ont d&#251; r&#233;agir &#224; l'id&#233;e de renoncer au principe de pr&#233;caution (il faut en finir avec les &lt;em&gt;&#171; ayatollahs de la prudence &#187;&lt;/em&gt;, d'apr&#232;s B&#233;b&#233;ar, &#233;minent membre de la commission Attali&#8230;). La secr&#233;taire d'&#201;tat a qualifi&#233; la proposition de &lt;em&gt;&#171; vision r&#233;actionnaire &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laissons quand m&#234;me la parole &#224; Attali&#8230; dans un texte de 1973 o&#249; il s'en prenait aux adorateurs de la &#171; croissance &#187; du PIB : &lt;em&gt;&#171; Il y a un mythe savamment entretenu par les &#233;conomistes lib&#233;raux, selon lequel la croissance r&#233;duit l'in&#233;galit&#233;. Cet argument (&#8230;) est une escroquerie intellectuelle sans fondement &#187;&lt;/em&gt;. On ne saurait mieux dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M.C.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb4-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-1' class='spip_note' title='Notes 4-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sur les cons&#233;quences dramatiques de la politique du FMI en Jama&#239;que, voir l'excellent documentaire de St&#233;phanie Black, &lt;em&gt;&#171; Life and Debt &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title> Horizons et strat&#233;gies du capital ouest-europ&#233;en
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Horizons-et-strategies-du-capital-ouest-europeen</link>
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		<dc:subject>&#233;conomie
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		<dc:subject>Europe
</dc:subject>
		<dc:subject>Monde
</dc:subject>

		<description>Les entreprises europ&#233;ennes investissent aujourd'hui massivement &#224; l'Est, en particulier dans les pays qui viennent d'entrer dans l'Union ou dans les pays candidats. D&#232;s 1989, les capitalistes d'Europe de l'Ouest ont cherch&#233; &#224; d&#233;velopper leur emprise sur les march&#233;s potentiels et les r&#233;serves de main-d'oeuvre qui s'offraient &#224; eux. Les &#201;tats ont jou&#233; les &#233;claireurs et pr&#233;par&#233; le terrain, notamment via l'Union europ&#233;enne et par le biais des &#171; aides &#187; vers&#233;es aux pays candidats. &lt;br /&gt;Les cr&#233;dits ainsi allou&#233;s&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Europe-la-conquete-de-l-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Europe : la conqu&#234;te de l'Est par le capital de l'Ouest, mythes, r&#233;alit&#233;s et cons&#233;quences
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-economie-+" rel="tag"&gt;&#233;conomie
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les entreprises europ&#233;ennes investissent aujourd'hui massivement &#224; l'Est, en particulier dans les pays qui viennent d'entrer dans l'Union ou dans les pays candidats. D&#232;s 1989, les capitalistes d'Europe de l'Ouest ont cherch&#233; &#224; d&#233;velopper leur emprise sur les march&#233;s potentiels et les r&#233;serves de main-d'oeuvre qui s'offraient &#224; eux. Les &#201;tats ont jou&#233; les &#233;claireurs et pr&#233;par&#233; le terrain, notamment via l'Union europ&#233;enne et par le biais des &#171; aides &#187; vers&#233;es aux pays candidats.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Lancement d&#232;s 1989 du programme Phare, pour &#171; Poland, Hungary, Aid for the (...)' id='nh5-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cr&#233;dits ainsi allou&#233;s par l'UE pour mettre les &#233;conomies de l'Est &#171; &#224; niveau &#187;, suivis par des IDE (investissements directs &#224; l'&#233;tranger) massifs&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Le volume cumul&#233; &#224; ce jour des IDE dans les 10 pays candidats repr&#233;senterait (...)' id='nh5-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; ont impos&#233; aux anciennes D&#233;mocraties populaires une r&#233;orientation radicale de leur commerce ext&#233;rieur vers l'Ouest. Plus de 50 % de leur commerce international se fait actuellement avec l'Union europ&#233;enne, contre 20 % en 1989. Si l'on prend le cas de la France, entre 1992 et 2002, elle a plus que quadrupl&#233; ses exportations &#224; destination des pays candidats. Le niveau de ces exportations est maintenant nettement sup&#233;rieur &#224; celles concernant la Chine ou l'Am&#233;rique latine, et surtout plus stable.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La foire aux privatisations&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans une premi&#232;re phase, au d&#233;but des ann&#233;es 1990, les investissements se sont faits &#224; la faveur des vagues de privatisations. Les grandes entreprises europ&#233;ennes ont jou&#233; la strat&#233;gie de l'acquisition et des pans entiers de l'industrie polonaise ou tch&#232;que sont ainsi pass&#233;s sous contr&#244;le &#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France s'est implant&#233;e en Pologne au travers de soci&#233;t&#233;s publiques comme EDF, qui a rachet&#233; des centrales &#233;lectriques, ou ex-publiques comme France T&#233;l&#233;com, qui a rachet&#233; l'op&#233;rateur national polonais. Cette phase de privatisations est aujourd'hui presque achev&#233;e pour la plupart de ces pays. Ainsi, en 2001, seuls 5 % des IDE entrant en Hongrie visaient des privatisations, contre 66 % en 1990.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une &#233;conomie toujours plus colonis&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'&#233;tape des privatisations, les capitalistes europ&#233;ens ont voulu profiter du faible co&#251;t salariaux &#224; l'Est : aux rachats ont succ&#233;d&#233; les implantations directes. L'Allemagne, suivie des &#201;tats-Unis et de la France, sont actuellement les pays qui investissent le plus &#224; l'Est, de fa&#231;on tr&#232;s in&#233;gale selon les pays&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-3' class='spip_note' rel='appendix' title='Les principaux pays destinataires que sont la Pologne, la R&#233;publique tch&#232;que (...)' id='nh5-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces ramifications &#224; l'Est ne sont pas le fait des seuls gros groupes, en tout cas pour l'Allemagne o&#249; 60 % des entreprises de moins de 5 000 salari&#233;s ont aujourd'hui cr&#233;&#233; des filiales dans les nouveaux &#201;tats membres. La France, elle, compte pr&#232;s de 2 000 implantations en Europe centrale et orientale, qui emploient plus de 300 000 personnes.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-4' class='spip_note' rel='appendix' title='Elle est le premier investisseur &#233;tranger en Pologne et en Roumanie, et (...)' id='nh5-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sence des groupes europ&#233;ens est parfois cach&#233;e par le recours aux sous-traitants. C'est monnaie courante pour l'industrie fran&#231;aise en Roumanie : Technic plastic Roumanie travaille pour Salomon, Solectron fabrique des bo&#238;tiers de t&#233;l&#233;phones pour Philips... R&#233;ciproquement, les v&#234;tements Lacoste, Etam, Pierre Cardin ou Hugo Boss fabriqu&#233;s &#224; Bucarest dans l'usine d'Alca Group ne sont pas &#233;tiquet&#233;s &#171; made in Romania &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Surexploitation &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si des pays comme la Pologne ou la R&#233;publique tch&#232;que sont tr&#232;s attractifs, c'est parce qu'ils conjuguent les fortes traditions industrielles et le savoir-faire, h&#233;rit&#233;s des D&#233;mocraties populaires, et des salaires tr&#232;s bas. Le niveau moyen des salaires des dix nouveaux de l'UE est inf&#233;rieur des deux tiers &#224; ceux de l'ancienne Union &#224; 15. Ce qui n'emp&#234;che pas que, gr&#226;ce aux &#171; fonds structurels &#187; d&#233;sormais vers&#233;s par l'Union europ&#233;enne, les aides aux entreprises soient comparables &#224; celles de l'Europe de l'Ouest, sans compter des fiscalit&#233;s extr&#234;mement avantageuses... Mais m&#234;me les pays qui ne permettent pas encore de r&#233;cup&#233;rer la manne europ&#233;enne peuvent &#234;tre int&#233;ressants. En Roumanie l'&#233;quivalent du Smic est &#224; peine &#224; 70 euros mensuels, le salaire moyen de 160 euros et un ing&#233;nieur co&#251;te 600 euros.
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-5' class='spip_note' rel='appendix' title='La Roumanie pr&#233;sente encore l'avantage d'&#234;tre un pays de langue latine, o&#249; la (...)' id='nh5-5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation sociale catastrophique, la pression du ch&#244;mage et de la pr&#233;carit&#233; (qui touche 40 % de la population active des Peco) permettent aux patrons une v&#233;ritable surexploitation. En Pologne, o&#249; le capital fran&#231;ais dans le secteur du commerce est omnipr&#233;sent, les Carrefour, Auchan ou Leclerc payent leurs employ&#233;s en retard, ouvrent les grandes surfaces le dimanche en r&#233;mun&#233;rant les salari&#233;s au m&#234;me tarif qu'en semaine. Elles jouent sur la flexibilit&#233;, changeant les horaires du jour au lendemain. En Mac&#233;doine, dans les entreprises grecques, on est proche de l'esclavage moderne : le &lt;em&gt;Courrier des Balkans&lt;/em&gt; rapporte ainsi le cas d'une usine textile o&#249; les ouvri&#232;res sont enferm&#233;es au cadenas pour &#233;viter les inspecteurs du travail. Bien souvent, les heures de travail ne sont pas comptabilis&#233;es et les salaires sont vers&#233;s de la main &#224; la main, sans fiche de paye. Les cong&#233;s maladie ne sont pas pay&#233;s, les syndicats sont interdits.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Quand les travailleurs de l'Est sont mis en concurrence entre eux&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Directive Bolkestein, d&#233;localisations, on parle beaucoup de la concurrence des pays de l'Est, mais c'est surtout entre eux que les salari&#233;s de l'Est subissent cette concurrence. Des pays d&#233;j&#224; membres de l'UE comme la Hongrie ou la R&#233;publique tch&#232;que enregistrent actuellement des transferts de capitaux vers des pays candidats, comme la Roumanie ou l'Ukraine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand apr&#232;s quelques ann&#233;es d'implantation les salaires augmentent un peu, les &#171; chasseurs de co&#251;ts &#187; vont lorgner plus &#224; l'est. M&#234;me dans la tr&#232;s pauvre Roumanie, des ateliers textiles ont &#233;t&#233; d&#233;m&#233;nag&#233;s du jour au lendemain vers la Moldavie. Et comme le salaire d'un ing&#233;nieur roumain a doubl&#233; en quatre ans &#224; Timisoara, les patrons europ&#233;ens commencent &#224; se dire que les ing&#233;nieurs bulgares ou ukrainiens sont moins chers et tout aussi bien form&#233;s...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les all&#233;chantes possibilit&#233;s d'exploitation de la main-d'oeuvre de l'Est ne sont pourtant pas l'unique explication &#224; la pr&#233;sence des capitalistes europ&#233;ens en Europe centrale et orientale. Les implantations les plus r&#233;centes, telles que Renault en Roumanie et PSA en Slovaquie, tablent aussi sur le d&#233;veloppement de nouveaux march&#233;s. Les pr&#233;visions de croissance dans ces pays sont partout sup&#233;rieures &#224; 4 % par an. Autant de nouveaux consommateurs esp&#233;r&#233;s, autant de profits en perspective - pour le capital occidental.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lydie GRIMAL&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Renault en Roumanie : t'as pas 5 000 euros ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En rachetant l'usine automobile Dacia en Roumanie, Renault a lanc&#233; l'id&#233;e de la Logan, sa voiture &#224; 5000 euros pi&#232;ce, et fait le pari de la conqu&#234;te de nouveaux march&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise en &#339;uvre de cette strat&#233;gie s'est traduite par le licenciement de pr&#232;s de la moiti&#233; de l'usine (sur les 28 000 salari&#233;s employ&#233;s avant le rachat, il n'en reste que 16 000) et des salaires mensuels moyens par ouvrier de 143 euros. Des conditions &#224; l'image de ce qui se passe dans une bonne part de la soci&#233;t&#233; roumaine. Car la &#171; transition &#187; &#233;conomique pour la Roumanie, c'est plus de la moiti&#233; de la population du pays qui vit aujourd'hui sous le seuil de pauvret&#233;, tandis qu'une minorit&#233; a accumul&#233; des fortunes colossales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La constitution d'une classe moyenne tant attendue pour consommer tarde pourtant &#224; venir et le march&#233; local s'av&#232;re beaucoup plus restreint que pr&#233;vu. Qu'&#224; cela ne tienne, Renault projette de vendre sa Logan dans d'autres pays voisins, voire en Russie ou m&#234;me en Chine. Il mise sur 700 000 v&#233;hicules par an, vendus aux quatre coins de la plan&#232;te, pour un prix un peu sup&#233;rieur, aux alentours de 7 000 euros... 4 ans de salaire de l'ouvrier roumain qui les construit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb5-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-1' class='spip_note' title='Notes 5-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lancement d&#232;s 1989 du programme Phare, pour &#171; Poland, Hungary, Aid for the Reconstruction of the Economy &#187;, concernant d'abord les pays de l'acronyme ; &#233;tendu en 1990 &#224; la Tch&#233;coslovaquie, la Bulgarie, l'Allemagne de l'est, en 1991 &#224; la Roumanie et en 1992 &#224; la Slov&#233;nie et aux trois pays baltes. &#192; partir de 1992 &#171; accords d'association &#187; europ&#233;ens pr&#233;parant &#224; terme l'adh&#233;sion &#224; l'Union.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-2' class='spip_note' title='Notes 5-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le volume cumul&#233; &#224; ce jour des IDE dans les 10 pays candidats repr&#233;senterait plus de 120 milliards de dollars, soit le quart des PIB de ces pays.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-3' class='spip_note' title='Notes 5-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Les principaux pays destinataires que sont la Pologne, la R&#233;publique tch&#232;que et la Hongrie attirent &#224; eux seuls deux tiers des capitaux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-4' class='spip_note' title='Notes 5-4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Elle est le premier investisseur &#233;tranger en Pologne et en Roumanie, et arrive en 3&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; position en Hongrie avec plus de 200 filiales d'entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-5' class='spip_note' title='Notes 5-5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La Roumanie pr&#233;sente encore l'avantage d'&#234;tre un pays de langue latine, o&#249; la population est exceptionnellement francophone et bien form&#233;e. Les centres d'appels fleurissent donc, pour les fournisseurs d'acc&#232;s Internet tels que Noos.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Keynes et les keyn&#233;siens : Le gourou aurait reni&#233; ses adeptes
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Keynes-et-les-keynesiens-Le-gourou-aurait-renie-ses-adeptes</link>
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		<dc:date>2003-09-26T20:39:48Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;conomie
</dc:subject>

		<description>&#171; Keyn&#233;siens &#187;, c'est le qualificatif volontiers revendiqu&#233; par ceux qui disent vouloir r&#233;former ou du moins r&#233;glementer le capitalisme, au point d'&#234;tre devenu pour certains synonyme de &#171; r&#233;formistes &#187;. Le keyn&#233;sianisme passe commun&#233;ment de nos jours pour le versant &#171; de gauche &#187; de la pens&#233;e &#233;conomique, l'aile droite &#233;tant le courant &#171; n&#233;o-lib&#233;ral &#187; appuy&#233; sur les th&#233;oriciens dits &#171; n&#233;o-classiques &#187;. Mais que d&#233;fendait vraiment Keynes, cet &#233;conomiste bourgeois qui s'est toujours d&#233;marqu&#233; violemment de toute&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Altermondialisation-reforme-ou-revolution-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Altermondialisation : r&#233;forme ou r&#233;volution ?
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Societe-74-+" rel="tag"&gt;Soci&#233;t&#233;
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-economie-+" rel="tag"&gt;&#233;conomie
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Keyn&#233;siens &#187;, c'est le qualificatif volontiers revendiqu&#233; par ceux qui disent vouloir r&#233;former ou du moins r&#233;glementer le capitalisme, au point d'&#234;tre devenu pour certains synonyme de &#171; r&#233;formistes &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Michel Husson, par exemple, qui th&#233;orise dans un chapitre de son livre Le (...)' id='nh6-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Le keyn&#233;sianisme passe commun&#233;ment de nos jours pour le versant &#171; de gauche &#187; de la pens&#233;e &#233;conomique, l'aile droite &#233;tant le courant &#171; n&#233;o-lib&#233;ral &#187; appuy&#233; sur les th&#233;oriciens dits &#171; n&#233;o-classiques &#187;. Mais que d&#233;fendait vraiment Keynes, cet &#233;conomiste bourgeois qui s'est toujours d&#233;marqu&#233; violemment de toute pen&#233;e m&#234;me tr&#232;s vaguement socialisante ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une variante de la pens&#233;e &#233;conomique bourgeoise&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque de la crise mondiale de 1929, le cat&#233;chisme lib&#233;ral des &#233;conomistes bourgeois, datant de l'&#233;poque (finissante) du capitalisme de libre concurrence, ne r&#233;pond plus gu&#232;re aux attentes pragmatiques de la bourgeoisie et de ses gouvernements. La bourgeoisie ne survit plus qu'adoss&#233;e &#224; l'Etat. L'heure est &#224; l'intervention massive de l'Etat au secours du grand capital, version fasciste en Italie et en Allemagne, version New Deal aux Etats-Unis, cette op&#233;ration de sauvetage du capitalisme am&#233;ricain que Trotsky caract&#233;risait comme une &lt;em&gt;&#171; forme particuli&#232;re de d&#233;sarroi, possible seulement dans un pays o&#249; la bourgeoisie a pu accumuler des richesses sans nombre &#187;.&lt;/em&gt; Le r&#244;le de Keynes fut de fournir la caution intellectuelle de politiques d'intervention &#233;tatique qui &#233;taient inscrites dans l'&#233;volution &#224; long terme des pays imp&#233;rialistes. Et au lendemain de la guerre, quand la bourgeoisie ne put se passer de l'&#233;tatisation d'une bonne partie de l'&#233;conomie pour la reconstruction, on remit Keynes &#224; l'honneur.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Keynes et le ch&#244;mage&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais qui &#233;tait Keynes (1883-1946), et que pr&#233;conisait-il pr&#233;cis&#233;ment ? Ce haut fonctionnaire et &#233;minent conseiller de gouvernements fort r&#233;actionnaires &#233;tait fort peu &#171; r&#233;formiste &#187;. Dans on ouvrage principal (&lt;em&gt;th&#233;orie g&#233;n&#233;rale de l'emploi, de l'int&#233;r&#234;t et de la monnaie&lt;/em&gt;), publi&#233; en 1935, il expliquait surtout, contrairement aux &#171; n&#233;oclassiques &#187;, que le capitalisme n'assure pas automatiquement le retour au plein emploi, qu'il peut donc exister un &#171; &#233;quilibre de sous-emploi &#187;. Ce n'&#233;tait pas franchement une trouvaille. Marx, 70 ans auparavant, avait d&#233;montr&#233; la fonction de &#171; l'arm&#233;e industrielle de r&#233;serve &#187; (les ch&#244;meurs) dans l'accumulation en r&#233;gime capitaliste&#8230; Mais Keynes, sous pr&#233;texte de r&#233;sorber le ch&#244;mage, justifie d&#232;s lors l'injection de fonds publics dans les circuits du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'Etat, oui, mais au secours du capital, pas des salari&#233;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En rupture avec les dogmes lib&#233;raux, il th&#233;orise incontestablement l'intervention de l'Etat. Mais pas au sens du pr&#233;tendu &#171; Etat providence &#187;, cens&#233; relancer l'&#233;conomie par l'augmentation des salaires et la consommation, contrairement aux mythes qui circulent actuellement : en plein c&#339;ur de la crise de 1929, il ne cache pas son hostilit&#233; envers les revendications salariales des ouvriers. S'il insistait sur la &#171; demande effective &#187;, elle reposait pour lui avant tout sur l'investissement (c'est &#224; dire avant tout la consommation d'&#233;quipements par l'Etat et les industriels), auquel il pr&#234;tait des vertus quasiment surnaturelles. Et quand l'investissement priv&#233; se faisait d&#233;sirer, il pr&#233;conisait la prise en charge d'une partie des investissements par l'Etat, en d'autres termes la &#171; socialisation de l'investissement &#187;, non sans un luxe de pr&#233;cautions afin de se d&#233;marquer de toute parent&#233; id&#233;ologique avec le socialisme : il ne s'agissait que d'associer l'investissement public aux int&#233;r&#234;ts priv&#233;s de toutes les mani&#232;res possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Julien FORGEAT&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb6-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6-1' class='spip_note' title='Notes 6-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Michel Husson, par exemple, qui th&#233;orise dans un chapitre de son livre Le grand bluff capitaliste l'implication parfaitement consensuelle de la LCR dans Attac, d&#233;finit les rapports souhaitables entre les &#171; radicaux &#187; (terme qu'il pr&#233;f&#232;re &#224; &#171; marxistes &#187; ou r&#233;volutionnaires) et les &#171; keyn&#233;siens &#187; (les sociaux-d&#233;mocrates, qui h&#233;las, d&#233;plore-t-il, ont renonc&#233; au keysianisme pour rallier le n&#233;olib&#233;ralisme). Le &#171; radicalisme &#187; engloberait le &#171; keysianisme &#187;, ce qui l'am&#232;ne &#224; sous-titrer (p 178) Radicaux donc keyn&#233;siens, et &#224; conclure (p 182) : du coup, beaucoup de combats peuvent &#234;tre men&#233;s ensemble, entre ceux qui se fixent comme objectif de r&#233;guler (s&#233;rieusement) le capitalisme et d'autres qui veulent le d&#233;passer, ou plus exactement le renverser.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Le capitalisme am&#233;ricain : les bases de l'h&#233;g&#233;monie
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		<dc:date>2003-05-17T11:44:22Z</dc:date>
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		<dc:subject>Capitalisme
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		<dc:subject>&#233;conomie
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		<description>Croissance au ralenti, d&#233;ficit commercial massif, endettement ext&#233;rieur colossal, r&#233;apparition du d&#233;ficit budg&#233;taire, effondrement des march&#233;s financiers : de multiples hypoth&#232;ques semblent peser aujourd'hui sur l'&#233;conomie am&#233;ricaine. Pourtant, de l'autre c&#244;t&#233;, son leadership ne para&#238;t gu&#232;re menac&#233; : il ne faut sous-estimer ni la modernisation de l'appareil productif depuis les ann&#233;es 80, ni l'importance de la supr&#233;matie militaire r&#233;affirm&#233;e &#224; l'occasion de l'agression contre l'Irak. &lt;br /&gt;La contre-offensive du&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-27-mai-juin-2003-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 27, mai-juin 2003
&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Croissance au ralenti, d&#233;ficit commercial massif, endettement ext&#233;rieur colossal, r&#233;apparition du d&#233;ficit budg&#233;taire, effondrement des march&#233;s financiers : de multiples hypoth&#232;ques semblent peser aujourd'hui sur l'&#233;conomie am&#233;ricaine. Pourtant, de l'autre c&#244;t&#233;, son leadership ne para&#238;t gu&#232;re menac&#233; : il ne faut sous-estimer ni la modernisation de l'appareil productif depuis les ann&#233;es 80, ni l'importance de la supr&#233;matie militaire r&#233;affirm&#233;e &#224; l'occasion de l'agression contre l'Irak.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La contre-offensive du capital&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;A la fin des ann&#233;es 60, les taux de profit avaient subi une s&#233;rieuse d&#233;gradation avec comme contrecoup un ralentissement marqu&#233; de l'accumulation du capital. Les classes poss&#233;dantes se sont d&#232;s lors employ&#233;es, avec un certain succ&#232;s, &#224; s'extirper de cette situation et &#224; imposer un repartage radical des richesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La hausse brutale des taux d'int&#233;r&#234;ts impos&#233;e par la Federal Reserve (la banque centrale) en 1979 marque cette contre-offensive : les cr&#233;anciers (via le syst&#232;me bancaire ou les march&#233;s financiers) vont obtenir des niveaux de r&#233;mun&#233;ration plus &#233;lev&#233;s. Parall&#232;lement, &#224; la faveur du ch&#244;mage et des r&#233;ductions d'effectifs, en premier lieu au sein des grands groupes industriels, le partage des revenus se modifie en faveur des entreprises et au d&#233;triment des salari&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement les entreprises exploitent davantage leur main d'&#339;uvre, mais elles reversent une part croissante de ce butin &#224; leurs propri&#233;taires et cr&#233;anciers : en acquittant des taux d'int&#233;r&#234;ts faramineux (surtout au d&#233;but des ann&#233;es 80) mais surtout en distribuant une part croissante de leurs profits sous forme de dividendes &#224; leurs actionnaires (plus des deux tiers des profits des entreprises am&#233;ricaines sont affect&#233;s aux dividendes depuis le milieu des ann&#233;es 80, contre moins du tiers au milieu des ann&#233;es 70).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les ordinateurs et le taux de profit&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La &#171; Nouvelle &#233;conomie &#187; dont les m&#233;dias ont tant chant&#233; les vertus pendant dix ans n'&#233;tait &#233;videmment pas la nouvelle &#232;re de croissance harmonieuse et de prosp&#233;rit&#233; g&#233;n&#233;rale qu'annon&#231;aient les plus irr&#233;fl&#233;chis des chroniqueurs. Pourtant, il serait tout aussi faux de vouloir r&#233;duire cet &#233;pisode de renouveau technologique &#224; un ph&#233;nom&#232;ne superficiel, un simple engouement sp&#233;culatif passager doubl&#233; d'un bluff id&#233;ologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nouvelles technologies ont consid&#233;rablement boulevers&#233; les fa&#231;ons de produire : automatisation, gestion informatis&#233;e des stocks, raccourcissements des d&#233;lais par l'ajustement tr&#232;s rapide de la production &#224; la demande, traitement acc&#233;l&#233;r&#233; de toutes les t&#226;ches d'administration. Certes, cette modernisation n'aurait eu qu'un impact limit&#233; sur la productivit&#233; du travail (mais il s'agit de chiffres statistiques recouvrant ou masquant une r&#233;alit&#233; complexe et qui demanderaient une critique d&#233;taill&#233;e). Elle a bien permis, en revanche, d'am&#233;liorer l'efficacit&#233; du capital existant. De 1950 &#224; 1965, 1$ d'&#233;quipement permettait d'obtenir environ 1$ de produits par an, mais seulement 70 cents en 1982. Entre 82 et 97, ce rapport remonte &#224; 90 cents pour 1$ de capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gains d'efficacit&#233; li&#233;s au nouvelles technologies ont eu leur part dans le rebond du taux moyen des profits qui en 2000 avait regagn&#233; plus de la moiti&#233; du terrain perdu depuis 1965. Le regain de l'investissement observ&#233; aux Etats-Unis apr&#232;s 1990, apr&#232;s le marasme des ann&#233;es 70-80, les taux de croissance moyens du PIB sup&#233;rieurs &#224; 2,5%, et d&#233;passant 4% dans les derni&#232;res ann&#233;es de la d&#233;cennie, sont &#224; mettre en relation avec cette rentabilit&#233; accrue.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'Etat am&#233;ricain a de la ressource&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les difficult&#233;s actuelles de l'&#233;conomie am&#233;ricaine, dont l'aspect le plus spectaculaire est la d&#233;gringolade des march&#233;s d'actions, demeure fondamentalement une classique crise de surproduction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;action, l'administration Bush a mis en &#339;uvre des mesures de soutien aux entreprises et au capital financier qui t&#233;moignent d'une marge de man&#339;uvre bien sup&#233;rieure &#224; celle des Etats europ&#233;ens et du Japon : la Federal reserve a abaiss&#233; ses taux directeurs (le &#171; loyer de l'argent &#187;) de fa&#231;on spectaculaire, permettant un acc&#232;s plus facile au cr&#233;dit tant pour les entreprises que pour les intervenants sur les march&#233;s financiers, avec l'espoir de contribuer &#224; ralentir la baisse des cours boursiers par l'injection d'argent frais. La suppression de l'imp&#244;t sur les dividendes agit dans le m&#234;me sens. L'Etat f&#233;d&#233;ral, dont le budget &#233;tait redevenu exc&#233;dentaire, a pu consentir des baisses d'imp&#244;ts pour les plus riches (plus de 700 milliards de dollars sur 10 ans) et des mesures de soutien aux entreprises de bien plus grande ampleur que celles de ses rivaux. En d'autres termes, par la baisse des taux et le d&#233;ficit budg&#233;taire, le gouvernement a massivement recours &#224; ce qu'on appelait autrefois la &#171; planche &#224; billets &#187;. Pourtant, cela ne se traduit pas pour l'instant par un retour de l'inflation, et la d&#233;pr&#233;ciation du dollar sur les march&#233;s des changes reste limit&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui conf&#232;re une telle libert&#233; d'action aux dirigeants am&#233;ricains en mati&#232;re &#233;conomique ce n'est pas uniquement le statut privil&#233;gi&#233; du dollar. C'est aussi (mais c'est li&#233;) l'attraction exerc&#233;e sur les capitaux du reste du monde, de par les performances de l'&#233;conomie r&#233;elle. Malgr&#233; la chute de Wall Street et celle du Nasdaq, les scandales de type Enron et les attentats du 11 septembre, les flux internationaux de capitaux paraissent toujours aimant&#233;s par la place financi&#232;re am&#233;ricaine&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'&#233;volution de la crise est aussi li&#233;e &#224; l'issue de la guerre&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En s'arrogeant un quasi-monopole sur les gisements irakiens, les Etats-Unis s'offrent la possibilit&#233; de stimuler leur machine &#233;conomique par un p&#233;trole bon march&#233; chaque fois que le besoin s'en fera sentir, tout en m&#233;nageant les int&#233;r&#234;ts de leurs compagnies p&#233;troli&#232;res. Dans cette &#233;ventualit&#233;, les seuls dindons de la farce seraient les compagnies rivales et les Etats producteurs. Quand aux petites compagnies am&#233;ricaines (notamment texanes), qui exploitent &#224; grand frais le p&#233;trole domestique, et ont besoin d'un p&#233;trole cher pour survivre, elles pourront toujours &#234;tre renflou&#233;es &#224; coups de subventions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains soulignent le co&#251;t &#233;lev&#233; de la guerre et de l'occupation, chiffr&#233; en centaines de milliards de dollars. Mais les d&#233;ficits publics ne sont pas un probl&#232;me, en tout cas pour les d&#233;tenteurs de titres du moment qu'ils ne sont pas g&#233;n&#233;rateurs d'inflation qui rognerait leurs revenus. Or rien ne dit qu'une telle inflation surviendra, surtout si le prix des produits p&#233;troliers plonge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste la crainte d'une &#233;rosion de la valeur du dollar en cas de d&#233;ficits budg&#233;taires excessifs. Mais dans un contexte de r&#233;cession mondiale, o&#249; les march&#233;s font l'objet d'une concurrence plus vive, la bourgeoisie peut se f&#233;liciter de voir le billet vert se d&#233;pr&#233;cier dans certaines proportions, ce qui stimule les exportations, au d&#233;triment des concurrents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la victoire contre le r&#233;gime de Saddam Hussein ouvre &#233;videmment de nouveaux march&#233;s, li&#233;s &#224; la fois &#224; la reconstruction de l'Irak et &#224; la reconstitution des stocks militaires, comme apr&#232;s chaque grande campagne.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Toutes les hypoth&#232;ques ne sont pas lev&#233;es&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme am&#233;ricain para&#238;t aujourd'hui mieux plac&#233; que jamais pour faire payer la crise au reste du monde. Mais cela n'exclut pas qu'il soit demain en proie &#224; de nouveaux soubresauts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La croissance des ann&#233;es 90, tir&#233;e par la consommation, se solde par un niveau d'endettement tr&#232;s &#233;lev&#233; des m&#233;nages mais aussi des entreprises. De plus, les bilans des soci&#233;t&#233;s am&#233;ricaines, qu'elles soient industrielles ou financi&#232;res, sont remplies d'actions achet&#233;es en p&#233;riode d'euphorie et, aux cours actuels, fortement d&#233;pr&#233;ci&#233;es : des pertes pour l'instant virtuelles mais qu'il faudra bien enregistrer un jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En levant une hypoth&#232;que qui semblait paralyser les affaires, la victoire en Irak va peut-&#234;tre contribuer &#224; enrayer la tendance baissi&#232;re des march&#233;s financiers : mais si ce n'&#233;tait pas le cas des ph&#233;nom&#232;nes comparables au krach des caisses d'&#233;pargne de 1989 sont envisageables, ou m&#234;me une &#171; spirale d&#233;flationniste &#187; (effondrement simultan&#233; de la demande, des prix, de la production, de l'emploi, des recettes fiscales&#8230;) comme celle qui suivit le krach de 1929. Ou, plus simplement, une d&#233;flation rampante comme celle que conna&#238;t le Japon depuis plus de 10 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, l'antagonisme entre les grands p&#244;les imp&#233;rialistes, toujours latent mais un peu exacerb&#233; par la guerre en Irak, pourraient se traduire par un certain degr&#233; de r&#233;gionalisation de l'&#233;conomie mondiale : les Etats-Unis dont la supr&#233;matie est tributaire de l'afflux permanent des capitaux internationaux, pourraient &#224; terme en p&#226;tir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Julien FORGEAT&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;La guerre, le p&#233;trole et les profits&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Avec la guerre en Irak, le prix du p&#233;trole a eu tendance &#224; s'envoler, flirtant avec les 40$ le baril. Depuis la chute du r&#233;gime de Saddam Hussein, la d&#233;crue est amorc&#233;e, et &#224; terme le baril pourrait tr&#232;s bien redescendre durablement en de&#231;&#224; des 20$, voire aux alentours de 10$. Certes, dans le pass&#233;, l'effondrement des prix du p&#233;trole n'&#233;tait pas un objectif de la politique am&#233;ricaine qui devait arbitrer entre des int&#233;r&#234;ts divergents et veiller &#224; ne pas l&#233;ser les int&#233;r&#234;ts des compagnies p&#233;troli&#232;res. Mais aujourd'hui, si les &lt;em&gt;majors &lt;/em&gt;am&#233;ricaines parviennent &#224; obtenir la mainmise sur les r&#233;serves irakiennes (par la privatisation ou d'autres moyens plus indirects), elles contr&#244;leront un potentiel de production qui &#233;quilibrera &#224; terme celui de l'Arabie Saoudite. Les co&#251;ts de production du p&#233;trole irakien &#233;tant nettement inf&#233;rieurs &#224; la moyenne (1$ le baril contre 3$ en Arabie Saoudite et jusqu'&#224; 15 ou 16$ dans certaines zones), la rentabilit&#233; des compagnies am&#233;ricaines serait assur&#233;e &#224; tel point qu'elles seraient en position d'autoriser le gouvernement fantoche pro-am&#233;ricain install&#233; &#224; Bagdad &#224; faire chuter le prix du baril. Une telle menace suffirait pour dicter aux autres Etats producteurs et aux compagnies concurrentes un prix conforme en permanence aux int&#233;r&#234;ts am&#233;ricains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et un p&#233;trole bon march&#233; accro&#238;t les marges b&#233;n&#233;ficiaires et donc la rentabilit&#233; du capital. La baisse du prix r&#233;duirait &#233;galement le d&#233;ficit commercial am&#233;ricain. Enfin, elle &#233;loignerait le risque d'inflation, ce qui autoriserait un retour accru &#224; la &#171; planche &#224; billet &#187; pour soutenir les entreprises en difficult&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Bonds et rebonds de la productivit&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il y a 15 ans, le prix Nobel d'&#233;conomie R. Solow, que personne ne suspecte de vouloir diminuer les m&#233;rites du capitalisme, constatait que &#171; &lt;em&gt;les ordinateurs sont partout, sauf dans les statistiques de la productivit&#233;&lt;/em&gt; &#187;. En effet, alors m&#234;me que les Etats-Unis &#233;taient au c&#339;ur d'une impressionnante vague d'innovations technologiques, les gains de productivit&#233; du travail (la quantit&#233; produite par heure travaill&#233;e) &#233;taient devenus, eux, deux fois plus lents environ que dans les ann&#233;es 50 et 60. Ce &#171; paradoxe de Solow &#187; formul&#233; en 1987 a cependant &#233;t&#233; en partie d&#233;menti par la suite : les gains de productivit&#233; du travail ont quand-m&#234;me fini par acc&#233;l&#233;rer, surtout &#224; la fin des ann&#233;es 90 (voir graphique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_54 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L300xH364/produ-6993c.gif?1527888250' width='300' height='364' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> L'exemple de la croissance am&#233;ricaine
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/L-exemple-de-la-croissance-americaine</link>
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		<dc:subject>&#233;conomie
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>USA
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		<description>Aux Etats-Unis, l'&#233;conomie conna&#238;t sa plus longue phase de croissance depuis 50 ans. La Bourse y vole de records en records, comme l'indique la progression du Dow Jones, un indice synth&#233;tisant la valeur boursi&#232;re des principaux titres cot&#233;s. De 1972 &#224; 1987, cet indice passait de 1000 &#224; 2000, avant de franchir la barre des 4000 en f&#233;vrier 1995, puis celle des 11 000 en d&#233;cembre 1999 : une augmentation vertigineuse et acc&#233;l&#233;r&#233;e de la capitalisation boursi&#232;re. &lt;br /&gt;Si l'on s'en tient aux indicateurs habituels&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-Croissance-et-mondialisation-des-raisons-pour-une-reprise-de-l-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Croissance et mondialisation : des raisons pour une reprise de l'offensive ouvri&#232;re
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-economie-+" rel="tag"&gt;&#233;conomie
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-USA-+" rel="tag"&gt;USA
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Aux Etats-Unis, l'&#233;conomie conna&#238;t sa plus longue phase de croissance depuis 50 ans. La Bourse y vole de records en records, comme l'indique la progression du Dow Jones, un indice synth&#233;tisant la valeur boursi&#232;re des principaux titres cot&#233;s. De 1972 &#224; 1987, cet indice passait de 1000 &#224; 2000, avant de franchir la barre des 4000 en f&#233;vrier 1995, puis celle des 11 000 en d&#233;cembre 1999 : une augmentation vertigineuse et acc&#233;l&#233;r&#233;e de la capitalisation boursi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on s'en tient aux indicateurs habituels de la &#171; sant&#233; &#187; de l'&#233;conomie capitaliste, l'on peut &#233;galement dire que, pour ce qui est de la production, l'&#233;conomie am&#233;ricaine est une affaire qui marche. Depuis 1991 le pays est entr&#233; dans une phase de croissance relativement soutenue de son Produit int&#233;rieur brut (c'est-&#224;-dire de la richesse totale cr&#233;&#233;e, du moins de la richesse marchande), au rythme de 3,1% par an, en moyenne. Par rapport aux pr&#233;c&#233;dents (1960-67 et 1982-89), ce cycle n'a rien d'exceptionnel, mais la croissance de la production et des profits est aux antipodes de la d&#233;pression &#233;conomique caract&#233;ristique des p&#233;riodes de crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les apologistes du capitalisme s'empressent d'ajouter que le ch&#244;mage a diminu&#233; de fa&#231;on impressionnante, pour atteindre aujourd'hui moins de 5 % de la population active. Une croissance soutenue, cr&#233;atrice d'emplois, et en plus peu inflationniste : le capitalisme am&#233;ricain semble avoir r&#233;solu la quadrature du cercle de l'&#233;conomie bourgeoise. Les &#233;conomistes sont satisfaits. Mais les travailleurs ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Baisse du ch&#244;mage... et des salaires&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Car si la croissance am&#233;ricaine est &#171; cr&#233;atrice d'emplois &#187;, il s'agit surtout d'emplois peu qualifi&#233;s et mal pay&#233;s, ce qui se traduit par une stagnation, voire une diminution pour les ouvriers, du pouvoir d'achat des salaires. Certes l'expansion de l'&#233;conomie am&#233;ricaine a aussi engendr&#233; des emplois &#224; revenus &#233;lev&#233;s (cadres, informaticiens) ou plus &#233;lev&#233;s que la moyenne (enseignants, infirmi&#232;res agr&#233;&#233;es). Les emplois cr&#233;&#233;s se partagent en fait entre ce type d'emplois qualifi&#233;s et une masse d'emplois tr&#232;s peu qualifi&#233;s, au d&#233;triment des emplois &#224; revenus moyens. Les &#171; petits boulots &#187; concernent surtout le secteur &#171; tertiaire &#187; (tout ce qui n'est ni agricole ni industriel), et plus pr&#233;cis&#233;ment le commerce de d&#233;tail, la restauration (emplois de caissiers, de vendeurs, de serveurs), les transports (chauffeurs routiers) ou encore&#8230; le secteur p&#233;nitencier (gardiens de prison !). Or, si au cours des ann&#233;es soixante et soixante-dix, le pouvoir d'achat de ces petits salaires augmentait r&#233;guli&#232;rement, ce n'est plus le cas depuis. Ainsi, entre 1970 et 1995, le pouvoir d'achat du salaire horaire des &#171; ouvriers et cat&#233;gories d'ex&#233;cution &#187; a recul&#233; de&#8230; 20 %. Dans ces conditions il n'est pas &#233;tonnant de voir se multiplier les &#171; working poors &#187;, ces travailleurs &#224; temps plein dont le salaire est inf&#233;rieur au seuil de pauvret&#233;, et qui sont pass&#233;s de 12 % en 1979 &#224; plus de 16 % de la population active en 1994.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Augmentation des in&#233;galit&#233;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La croissance am&#233;ricaine ne profite donc pas pareillement &#224; tous. Les plus pauvres sont devenus plus pauvres : le cinqui&#232;me des Am&#233;ricains les plus d&#233;favoris&#233;s a re&#231;u 3,6 % du revenu total en 1997 contre 4,4 % en 1977. Et les plus riches sont devenus plus riches : le cinqui&#232;me des plus favoris&#233;s a per&#231;u 49,4 % de ce revenu contre 43,6 % vingt ans plus t&#244;t. Contrairement au mythe de l'&#171; actionnariat populaire &#187;, les actions boursi&#232;res sont aux mains d'une minorit&#233;, 10 % des plus favoris&#233;s poss&#233;dant 85 % des actions, les 0,5 % les plus riches en poss&#233;dant &#224; eux seuls le tiers&#8230; Au sommet de la pyramide sociale, ces 0,5 % de familles les plus riches ont vu ainsi, entre 1992 et 1995, leur part de la richesse totale passer de 22,6 &#224; 27,6 % !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La croissance am&#233;ricaine pourrait encore durer, mais elle ne ferait que d&#233;montrer un peu plus &#224; quel point le capitalisme, lorsqu'il engendre de la croissance, fait aussi exploser les in&#233;galit&#233;s. Elle pourrait aussi, comme apr&#232;s l'expansion des ann&#233;es vingt, d&#233;boucher sur une violente crise d'origine financi&#232;re. Certains &#233;conomistes estiment en effet qu'&#224; Wall Street le cours des actions serait sur&#233;valu&#233; de 40 %. Une bulle sp&#233;culative se serait ainsi constitu&#233;e qui, comme en Asie en 1998, pourrait &#233;clater avec des cons&#233;quences autrement plus d&#233;vastatrices pour l'ensemble de l'&#233;conomie mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les cas la croissance am&#233;ricaine ne repr&#233;sente une alternative enviable que pour les capitalistes qui, de ce c&#244;t&#233;-ci de l'Atlantique, s'en servent d'exemple pour aller toujours plus loin dans la pr&#233;carisation de l'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Thomas SAUILLEUR&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Un Etat de plus en plus r&#233;pressif&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Aux Etats-Unis, l'on compte aujourd'hui 1,7 millions d'adultes emprisonn&#233;s. C'est le r&#233;sultat d'une progression spectaculaire des taux d'incarc&#233;ration pass&#233;s de 96 d&#233;tenus pour 100 000 habitants en 1970 &#224; 138 en 1980, puis &#224; 329 en 1991. En 1997, ce taux atteignait 648 pour 100 000, soit un niveau six &#224; dix fois sup&#233;rieur &#224; celui de la plupart des pays industrialis&#233;s (en France, ce taux &#233;tait alors de 90 pour 100 000). Dans un pays o&#249;, para&#238;t-il, l'Etat intervient moins dans la vie &#233;conomique qu'en Europe, l'administration p&#233;nitentiaire soustrait ainsi du march&#233; du travail des centaines de milliers d'individus, qui sont retir&#233;s du monde... et des chiffres du ch&#244;mage, pour aller croupir au fond d'une cellule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette augmentation du nombre de d&#233;tenus ne traduit-elle pas tout simplement une augmentation de la d&#233;linquance et de la criminalit&#233; ? C'est le contraire d'apr&#232;s les chiffres du Minist&#232;re de la Justice, qui indiquent, par exemple, que le taux de crimes violents (vols divers, attaques &#224; main arm&#233;e ou sans arme, viols) atteint en 1997 son minimum depuis 1973 &#224; 39 pour 1000 personnes. Ce n'est donc pas l'accroissement de la criminalit&#233; qui explique celui du nombre de prisonniers, mais le durcissement de l'appareil judiciaire, qui jette plus souvent en prison les auteurs de vols ou de trafics de drogue arr&#234;t&#233;s, et pour plus longtemps qu'avant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Nouvelle phase de concentration et d'agressivit&#233; du capital
</title>
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		<dc:subject>Capitalisme
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		<dc:subject>&#233;conomie
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		<description>La lib&#233;ralisation des march&#233;s des capitaux a &#233;t&#233; soutenue par le perfectionnement des instruments de la finance et par les privatisations des entreprises publiques et a d&#233;bouch&#233; sur un renforcement des grands groupes multinationaux. &lt;br /&gt;60 000 multinationales contr&#244;laient en 1998 un quart de la production mondiale avec un chiffre d'affaires de 11 000 milliards de dollars, alors que le chiffre d'affaires du commerce mondial est de 7 000 milliards de dollars. Il est &#224; noter que 90 des 100 premi&#232;res&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La lib&#233;ralisation des march&#233;s des capitaux a &#233;t&#233; soutenue par le perfectionnement des instruments de la finance et par les privatisations des entreprises publiques et a d&#233;bouch&#233; sur un renforcement des grands groupes multinationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;60 000 multinationales contr&#244;laient en 1998 un quart de la production mondiale avec un chiffre d'affaires de 11 000 milliards de dollars, alors que le chiffre d'affaires du commerce mondial est de 7 000 milliards de dollars. Il est &#224; noter que 90 des 100 premi&#232;res multinationales sont originaires des Etats-Unis, de l'Europe ou du Japon (rapport 1999 de la Conf&#233;rence des Nations Unies pour le D&#233;veloppement). La concentration par fusions ou acquisitions entre les grands groupes s'est acc&#233;l&#233;r&#233;e tr&#232;s fortement depuis 1997, touchant tous les secteurs : m&#233;tallurgie, automobile, chimie, pharmacie, agroalimentaire, informatique, banque et assurance, commerce, communication. Les rapprochements entre entreprises ont ainsi atteint 2200 milliards de dollars pour les neuf premiers mois de 1999, en augmentation de 16 % sur la m&#234;me p&#233;riode de l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, et s'acc&#233;l&#232;rent encore depuis. Ces concentrations correspondent &#224; l'exacerbation de la concurrence entre grands groupes capitalistes, et permettent d'imposer une pression encore plus forte sur les petites entreprises sous-traitantes et au final sur tous les travailleurs et consommateurs. De mani&#232;re imm&#233;diate elles se traduisent par de nouvelles vagues de licenciements au nom de la &#171; rationalisation &#187; de ces entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La course au profit &#224; court terme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le poids politique et le pouvoir de nuisance des multinationales dans les pays o&#249; elles s'implantent sont d'autant plus importants qu'elles sont en mesure de bouger rapidement leurs unit&#233;s de production d'un pays &#224; l'autre. Par ailleurs la mani&#232;re m&#234;me dont fonctionnent ces entreprises a profond&#233;ment &#233;volu&#233; avec la globalisation financi&#232;re, entra&#238;nant le recul de certains secteurs au profit d'autres plus &#171; modernes &#187;. Et surtout le pouvoir dans l'entreprise s'est modifi&#233;, avec un retour en force de la logique dite &#171; patrimoniale &#187;, celle des actionnaires donc de la rentabilit&#233; &#224; court terme (la recherche d'un rendement annuel de 15 % pour les capitaux investis). Cette globalisation financi&#232;re p&#232;se sur l'organisation du travail comme sur l'emploi, sur la strat&#233;gie des entreprises et sur les politiques &#233;conomiques et sociales des Etats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Christian RIALTO&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Vous avez dit sortie de crise ?
</title>
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		<dc:subject>&#233;conomie
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Finance
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		<description>Depuis vingt-cinq ans les capitalistes ont peu &#224; peu structur&#233; l'offensive f&#233;roce qu'ils m&#232;nent contre les travailleurs pour tenter de trouver une issue &#224; la crise &#233;conomique qui &#233;branle leur syst&#232;me de domination. Eclatant au grand jour &#224; partir de 1974, cette crise est n&#233;e de la difficult&#233; que les capitalistes ont rencontr&#233; dans leur volont&#233; de maintenir des taux de profit significatifs. Leurs efforts pour redresser ces profits se sont d'abord traduits par une forte instabilit&#233; des prix, par des&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis vingt-cinq ans les capitalistes ont peu &#224; peu structur&#233; l'offensive f&#233;roce qu'ils m&#232;nent contre les travailleurs pour tenter de trouver une issue &#224; la crise &#233;conomique qui &#233;branle leur syst&#232;me de domination. Eclatant au grand jour &#224; partir de 1974, cette crise est n&#233;e de la difficult&#233; que les capitalistes ont rencontr&#233; dans leur volont&#233; de maintenir des taux de profit significatifs. Leurs efforts pour redresser ces profits se sont d'abord traduits par une forte instabilit&#233; des prix, par des convulsions financi&#232;res et mon&#233;taires &#224; l'&#233;chelle mondiale, et surtout par une baisse importante du rythme de croissance de la production. Pour la grande majorit&#233; des populations du monde cela a rapidement signifi&#233; la stagnation ou la baisse du pouvoir d'achat, les licenciements et la mont&#233;e du ch&#244;mage de masse, ainsi que la diminution de la qualit&#233; des services publics. Cette exploitation toujours accrue des travailleurs n'avait pas vraiment jusqu'ici permis aux classes dominantes de se vanter d'avoir surmont&#233; le gros de la crise &#233;conomique mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelques mois l'humeur a chang&#233; et on nous parle d&#233;sormais de nouvelle &#232;re de prosp&#233;rit&#233; en invoquant plusieurs facteurs : la croissance &#233;conomique est forte aux USA depuis pr&#232;s de neuf ans sans discontinuer et redevient forte en Europe ces derni&#232;res ann&#233;es ; l'inflation a quasiment disparu ; les entreprises engrangent &#224; nouveau depuis plusieurs ann&#233;es des profits importants ; les march&#233;s boursiers sont euphoriques et surtout la crise financi&#232;re aigu&#235; qu'ont connue l'Asie, l'Am&#233;rique latine et la Russie en 1997-98, et qui avait renforc&#233; le sentiment de la tr&#232;s grande fragilit&#233; de la situation &#233;conomique mondiale, appara&#238;t finalement avoir pu &#234;tre dig&#233;r&#233;e rapidement par le syst&#232;me. Les m&#233;dias au service du capitalisme essaient donc de faire avancer l'id&#233;e que l'on entrerait dans un nouvel &#171; &#226;ge d'or &#187; dont les deux piliers seraient la &#171; mondialisation &#187; (ou &#171; globalisation financi&#232;re &#187;) et la &#171; nouvelle &#233;conomie &#187; (ou &#171; les nouvelles technologies de l'information &#187;). Age d'or, &#224; condition d'oublier que les deux tiers de l'humanit&#233; vivent dans une mis&#232;re absolue due &#224; un creusement sans pr&#233;c&#233;dent des in&#233;galit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le rouleau compresseur de la globalisation financi&#232;re&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est bien pour signaler un ph&#233;nom&#232;ne nouveau que l'on parle de &#171; globalisation financi&#232;re &#187;. Car l'internationalisation des &#233;conomies capitalistes n'est pas nouvelle, l'intensit&#233; des &#233;changes commerciaux &#233;tant aujourd'hui du m&#234;me ordre qu'avant la premi&#232;re guerre mondiale. En revanche la circulation financi&#232;re a fait un bond ces deux derni&#232;res d&#233;cennies en entra&#238;nant des modifications tr&#232;s rapides des structures de la production et de la consommation au niveau mondial, &#224; commencer par une vague de concentration du capital de grande ampleur. L'offensive n&#233;olib&#233;rale, commenc&#233;e &#224; la fin des ann&#233;es 70 avec comme porte-parole Reagan et Thatcher, s'est g&#233;n&#233;ralis&#233;e et syst&#233;matis&#233;e au nom de la lutte contre l'inflation et contre l'endettement public. Elle a connu une forte consolidation avec la politique de la Communaut&#233; Europ&#233;enne, comme les d&#233;cisions de lib&#233;raliser le march&#233; europ&#233;en des capitaux &#224; la Conf&#233;rence d'Evian en 1988 ou celle encadrant la mise en place de la monnaie unique &#224; Maastricht en 1992.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;volution a conduit &#224; une nouvelle mutation du salariat dans les pays centraux du capitalisme : flexibilit&#233; de l'emploi et de l'organisation du travail ; recul des r&#233;mun&#233;rations salariales au profit d'une part des r&#233;tributions accord&#233;e par l'Etat (allocations de survie et emplois pr&#233;caires pris en charge par les budgets publics), d'autre part d'une logique d'actionnaires (&#233;pargne sous forme d'actions, salaires et primes en actions d'entreprise, fonds de pension...) ayant pour but d'&#233;teindre tout risque d'&#233;l&#233;vation de la conscience de classe des travailleurs. Le ch&#244;mage diminue par la sortie de travailleurs et surtout de travailleuses de la population active, et par l'acceptation d'emplois sous-pay&#233;s qui doivent souvent &#234;tre cumul&#233;s pour permettre &#224; ceux qui les occupent de survivre. Dans les pays du Tiers monde et les pays de l'Est, cette politique aboutit presque partout &#224; une mis&#232;re accrue : chute importante du prix des mati&#232;res premi&#232;res, imposition aux pays en difficult&#233; des conditions destructrices du FMI, r&#233;duction des d&#233;penses publiques et lev&#233;e des barri&#232;res douani&#232;res qui ach&#232;vent de ruiner les &#233;conomies locales et multiplient les crises, la surexploitation et les guerres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La globalisation financi&#232;re vise donc la mise en place d'un nouveau moteur &#224; produire du profit reposant sur de nouveaux produits (nouvelles technologies), de nouveaux modes de r&#233;tribution salariale, une surexploitation g&#233;n&#233;ralis&#233;e, de nouveaux outils financiers et de nouvelles r&#233;gulations &#233;tatiques et internationales. Ce moteur dont le carburant id&#233;ologique est le lib&#233;ralisme a montr&#233; une certaine efficacit&#233; en entra&#238;nant la quasi disparition de l'inflation, une forte augmentation des profits et une croissance plus que proportionnelle des valeurs des capitaux en bourse (la valeur des actions sur le march&#233; am&#233;ricain a ainsi &#233;t&#233; multipli&#233;e par cinq depuis 1991).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les miracles attendus de la &#171; nouvelle &#233;conomie &#187;&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les nouvelles technologies de l'information (informatique, bureautique, mon&#233;tique, r&#233;seaux globaux de communications tels qu'internet...) et plus largement de &#171; l'&#233;conomie du savoir &#187; (les m&#234;me plus les biotechnologies) se d&#233;veloppent imp&#233;tueusement et sont cr&#233;dit&#233;es de tous les espoirs de r&#233;tablissement d'une &#171; onde longue &#187; de croissance capitaliste. Dans l'industrie elles permettent d'augmenter la flexibilit&#233; de la production et en m&#234;me temps offrent de nouveaux d&#233;bouch&#233;s pour la production. Dans les entreprises de services, elles permettent un approfondissement rapide du taylorisme et de la flexibilit&#233; donc de la pression sur les travailleurs et, accompagn&#233;es par la privatisation de ces entreprises, contribuent &#224; les rendre beaucoup plus rentables &#224; court terme. C'est pourquoi, m&#234;me quand les jeunes entreprises de la &#171; nouvelle &#233;conomie &#187; n'engrangent pas encore de profits, la seule perspective qu'elles puissent s'imposer plus tard entra&#238;ne leur valorisation impressionnante en bourse, sans commune mesure avec leur chiffre d'affaires actuel.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;&#8230; et les sc&#233;narios non pr&#233;vus &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pourtant plusieurs questions li&#233;es ne sont pas r&#233;gl&#233;es :&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; L'euphorie capitaliste actuelle s'appuie en grande partie sur la croissance am&#233;ricaine. Celle-ci va-t-elle tenir longtemps compte tenu d'un endettement massif des m&#233;nages et des entreprises li&#233; &#224; l'anticipation d'&#233;normes profits, provoquant une sur&#233;valuation globale des cours des actions de la bourse &#224; Wall Street estim&#233;e entre 30 &#224; 50 % (bulle financi&#232;re) ? Les tensions inter capitalistes ne vont-elles pas alors s'aiguiser en cas de retournement de tendance et amener de nouvelles convulsions &#233;conomiques ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La mondialisation financi&#232;re impliquant une totale mobilit&#233; des capitaux facilite la propagation rapide des crises financi&#232;res malgr&#233; des contre-feux sophistiqu&#233;s. L'intervention massive des Etats suffira-t-elle toujours &#224; dig&#233;rer les krachs boursiers et financiers comme cela a &#233;t&#233; le cas ces deux derni&#232;res d&#233;cennies et tout r&#233;cemment (crise asiatique, russe, br&#233;silienne...) ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Surtout, pour sortir vraiment de la crise, le syst&#232;me devrait prmposer une am&#233;lioration des conditions de vie d'une partie significative de la population du monde. Or ce n'est vraiment pas le cas aujourd'hui. Au contraire, l'essor international du capital financier repose pour l'essentiel sur sa capacit&#233; &#224; presser toujours plus le citron, comme le montrent les &#233;volutions cyniques des cours boursiers d'une part, et les rapports alarmistes sur la situation sociale dans le monde d'autre part.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Cette contradiction appelle au d&#233;veloppement de luttes offensives des travailleurs, qui, surmontant l'inertie et les freins des bureaucraties syndicales, leur permettraient de se d&#233;fendre en se coordonnant au niveau international. Le capitalisme se f&#233;licite d'avoir restaur&#233; ses profits et se vante d&#233;sormais d'une nouvelle &#232;re de croissance ? Parfait. Aux travailleurs de tous les pays d'actualiser leurs revendications, leurs liens et leurs m&#233;thodes de luttes, et de passer &#224; la contre-offensive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Christian RIALTO&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Mondialisation - L'ar&#232;ne retrouv&#233;e du capital financier
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		<dc:subject>Mondialisation
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		<dc:subject>&#233;conomie
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		<dc:subject>Monde
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		<description>Le capitalisme se porte bien. Ses bilans statistiques cr&#232;vent les plafonds. Les bourses du monde entier vont de records en records. Ce qu'on appelle &#171; la croissance &#187; &#233;conomique mondiale, aurait approch&#233; 4 % en 1996, contre 3,5 % en 1995. Ce chiffre recouvre d'&#233;normes disparit&#233;s, certes. Mais la dynamique venue d'Asie et surtout des &#201;tats-Unis redevenus la puissance mondiale la plus comp&#233;titive ajoute &#224; l'euphorie des tenants du syst&#232;me. Ces quinze derni&#232;res ann&#233;es, la richesse totale produite aurait&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le capitalisme se porte bien. Ses bilans statistiques cr&#232;vent les plafonds. Les bourses du monde entier vont de records en records. Ce qu'on appelle &#171; la croissance &#187; &#233;conomique mondiale, aurait approch&#233; 4 % en 1996, contre 3,5 % en 1995. Ce chiffre recouvre d'&#233;normes disparit&#233;s, certes. Mais la dynamique venue d'Asie et surtout des &#201;tats-Unis redevenus la puissance mondiale la plus comp&#233;titive ajoute &#224; l'euphorie des tenants du syst&#232;me. Ces quinze derni&#232;res ann&#233;es, la richesse totale produite aurait connu une progression sans pr&#233;c&#233;dent. A en croire les &#233;tudes des Nations Unies, de 1973 &#224; 1993, le PIB mondial aura plus que quintupl&#233;, et rapport&#233; &#224; la croissance de la population, le &#171; revenu &#187; par habitant de la plan&#232;te aura presque tripl&#233; ! Miracle des moyennes ! Tout cela, en d&#233;pit du ralentissement de la croissance et de trois r&#233;cessions en vingt ans et autant de kracks financiers.... mais que, divine surprise, les &#201;tats imp&#233;rialistes de cette fin si&#232;cle ont l'air de savoir g&#233;rer, du moins jusque-l&#224;... Un d&#233;veloppement in&#233;gal et chaotique, gros de victimes et de catastrophes pr&#233;sentes et &#224; venir ? Toutes les bonnes &#226;mes du syst&#232;me en conviennent. Mais depuis que les scientifiques ont popularis&#233; l'id&#233;e que le &#171; chaos &#187;, somme toute, faisait partie de toute dynamique &#233;volutive, la bourgeoisie s'est dot&#233;e d'une nouvelle justification id&#233;ologique. Qu'&#224; cela ne tienne, vive le chaos capitaliste ! Pour un peu, elle s'annexerait la dialectique marxiste, si cela lui permettait d'annoncer non pas la fin, mais la p&#233;rennit&#233; de son r&#232;gne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise ? Quelle crise ? Cela fait quinze ans que les taux de profit ont retrouv&#233; les niveaux atteints pendant la p&#233;riode faste de l'apr&#232;s-guerre. Le capital a bien eu quelques angoisses, dans les ann&#233;es 70 : la part des profits sur la richesse produite eut l'air un temps de diminuer. Les crises mon&#233;taires, l'inflation, les chocs p&#233;troliers, la r&#233;cession de 1974, avaient &#233;branl&#233; les certitudes. Mais les &#233;tats-majors imp&#233;rialistes veillaient. Ils &#233;trangl&#232;rent d'abord deux continents entiers, l'Afrique et l'Am&#233;rique latine, pri&#233;s de rembourser plut&#244;t deux fois qu'une int&#233;r&#234;ts et capital &#224; leurs usuriers occidentaux ; puis, dans la m&#234;me foul&#233;e, on mit au pas les populations des m&#233;tropoles imp&#233;rialistes elles-m&#234;mes. Les licenciements massifs, l'aust&#233;rit&#233; salariale, le d&#233;mant&#232;lement des protections sociales, la reconstitution d'une &#233;norme arm&#233;e industrielle de r&#233;serve dans les pays riches, firent merveille. En moins d'une d&#233;cennie, d&#232;s le milieu des ann&#233;es quatre-vingt, les taux de profit retrouv&#232;rent des niveaux semblables &#224; ceux des ann&#233;es soixante, &#224; l'apog&#233;e des dites &#171; trente glorieuses &#187;. Certes, l'accumulation du capital productif proprement dit s'accomplit d&#233;sormais &#224; des taux moins rapides que lors des ann&#233;es qui suivirent la reconstruction d'apr&#232;s guerre. C'est que la centralisation financi&#232;re du capital prend toujours le pas et p&#232;se sur l'accumulation productive, selon la logique contradictoire de la reproduction du capital d&#233;crite par Marx en son temps. Mais qu'importe. Cela fait plus de dix ans que la fr&#233;n&#233;sie de la sp&#233;culation financi&#232;re s'est empar&#233;e de la plan&#232;te. La finance et les profits explosent, le capital conna&#238;t une nouvelle phase de concentration acc&#233;l&#233;r&#233;e, il s'interp&#233;n&#232;tre, s'exporte, s'internationalise... &#224; un rythme qu'il avait perdu depuis 1914. Le contr&#244;le des flux et des entr&#233;es ? C'est bon pour les immigr&#233;s, les pauvres, les corv&#233;ables, les exclus, les humili&#233;s. Aux capitaux et leurs d&#233;tenteurs la libert&#233; sans fronti&#232;res, l'assistance des &#201;tats et la charit&#233; subventionn&#233;e &#224; grande &#233;chelle ! Les rois de la finance mondiale, qui sont aussi ceux de l'armement, de l'automobile, du b&#233;ton, de la chimie, de l'agro-alimentaire, des biotechnologies et de l'&#233;lectronique... se coalisent autant qu'ils s'affrontent, en toute libert&#233; et &#171; d&#233;r&#233;glementations &#187;, sur les vieux march&#233;s europ&#233;ens et am&#233;ricains. Ils divisent leurs effectifs salari&#233;s par deux, par trois, par quatre... dans leur course effr&#233;n&#233;e &#224; la comp&#233;titivit&#233;, puis se bousculent accessoirement vers les quelques march&#233;s &#171; &#233;mergents &#187; qu'ils guignent en Am&#233;rique latine et en Asie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec tout cela, les riches n'ont jamais &#233;t&#233; aussi riches. Mieux qu'&#224; la Belle Epoque, qu'au temps des Ann&#233;es folles, et c'est peu dire ! Les 358 personnes les plus riches du monde, ont un revenu sup&#233;rieur aux 45 % des habitants les plus pauvres, soit 2,6 milliards de personnes. Chacun de ces milliardaires en dollars p&#232;se plus que 7 millions de pauvres ! Car la nouvelle mondialisation du capital financier, c'est cela : une polarisation sans pr&#233;c&#233;dent de la richesse et de la mis&#232;re, entre continents, entre pays du m&#234;me continent, entre r&#233;gions et classes sociales du m&#234;me pays, y compris au sein de toutes les m&#233;tropoles imp&#233;rialistes. A commencer par les &#201;tats-Unis, la plus puissante, la plus riche, qui viennent de conna&#238;tre six ann&#233;es successives de &#171; prosp&#233;rit&#233; &#187;, mais o&#249; le pouvoir d'achat des ouvriers a baiss&#233; de 15 % en vingt ans quand les salaires des dirigeants de soci&#233;t&#233;s ont grimp&#233; de 220 %. O&#249; l'on se f&#233;licite des &#171; cr&#233;ations d'emplois &#187; et de la baisse statistique du ch&#244;mage, mais o&#249; 41 % des pauvres recens&#233;s en 1992 avaient un travail ! O&#249; la malnutrition r&#233;appara&#238;t, quand le nombre des millionnaires et milliardaires en dollars a battu des records au cours des ann&#233;es quatre-vingt, et 0,5 % de la population d&#233;tient plus de 56 % des moyens de production priv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La faute au &#171; lib&#233;ralisme &#187; ? Au capitalisme &#171; sauvage &#187; ? A ses exc&#232;s ? A sa &#171; d&#233;r&#233;glementation &#187; ? Non. Au capitalisme tout court, qui &#224; chaque nouvelle phase de d&#233;veloppement et d'expansion accumule de nouveaux prodigieux facteurs de barbarie comme de transition r&#233;volutionnaire vers une soci&#233;t&#233; socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il fallait comparer la situation actuelle du monde capitaliste &#224; un pr&#233;c&#233;dent historique, avec toutes les limites de pareilles analogies, ce ne serait pas tant avec celui de la crise des ann&#233;es trente, en d&#233;pit de l'explosion actuelle du ch&#244;mage, du paup&#233;risme et du sous emploi, qu'avec celui de la fin du 19&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle et du d&#233;but du 20&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, avant 1914.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la fin du dix-neuvi&#232;me si&#232;cle, l'&#233;conomie capitaliste avait connu pr&#232;s de vingt-cinq ans de croissance ralentie, qu'on appela, en France, la &#171; Grande D&#233;pression &#187;, entre le krach de 1873 et 1895. La croissance moyenne, chuta d'un point, passant de 4 &#224; 3 % par an, sans reprendre les taux ant&#233;rieurs jusqu'en 1914. Les reprises &#233;conomiques furent plus molles, les d&#233;pressions plus profondes, mais c'est &#224; cette &#233;poque que le capital financier prit son essor et que l'imp&#233;rialisme bouleversa la plan&#232;te &#224; la vitesse de l'automobile par rapport &#224; la chaise de poste, pour paraphraser L&#233;nine, &#224; laquelle s'en &#233;tait tenu le d&#233;veloppement pourtant non n&#233;gligeable du capitalisme du milieu du dix-neuvi&#232;me si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir du krach de 1873, les &#171; monopoles &#187; se constituent, de grands groupes industriels absorbent leurs concurrents et se partagent les march&#233;s. Les grandes banques centralisent l'essentiel du capital argent et cessent d'&#234;tre de simples interm&#233;diaires pour devenir les pivots d'un capitalisme financier toujours plus dominant. Le capitalisme de &#171; libre concurrence &#187; entre petits producteurs dispara&#238;t ou tombe sous la coupe des monopoles. Ce capital financier est sous le contr&#244;le d'une oligarchie financi&#232;re qui pr&#233;l&#232;ve son tribut sur l'ensemble de la soci&#233;t&#233; et en particulier au travers de la souscription aux emprunts d'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;troit dans les fronti&#232;res nationales, ce capital s'exporte massivement, d'abord en direction des autres pays industrialis&#233;s, mais aussi vers les pays coloniaux ou semi-coloniaux, m&#234;me si c'est de fa&#231;on particuli&#232;rement in&#233;gale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvrages marxistes de l'&#233;poque (&#171; Le Capital financier &#187; d'Hilferding, 1912 ; &#171; L'accumulation du Capital &#187; de Rosa Luxembourg, 1913 ; &#171; l'&#233;conomie mondiale et l'imp&#233;rialisme &#187; de Nicolas Boukharine, 1915. .. &#171; L'imp&#233;rialisme, stade supr&#234;me du capitalisme &#187; de L&#233;nine, 1916), comme les controverses qui opposaient alors les ailes r&#233;formiste et r&#233;volutionnaire de la social-d&#233;mocratie europ&#233;enne, prennent aujourd'hui une toute nouvelle actualit&#233;, plus, en fait, qu'ils n'en eurent pendant la p&#233;riode qui s'&#233;tale des lendemains de la Premi&#232;re Guerre mondiale aux ann&#233;es 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'internationalisation du capital avait &#233;t&#233; contrari&#233;e par la crise de l'entre-deux guerres, et avait pris dans la p&#233;riode de croissance continue de l'apr&#232;s-guerre un caract&#232;re plus contr&#244;l&#233; : le capitalisme donnait alors l'illusion de pouvoir offrir sa place &#224; tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout se passe comme si, au bout de ces soixante ann&#233;es marqu&#233;es par les ravages de deux guerres mondiales et l'effondrement &#233;conomique des ann&#233;es trente, l'imp&#233;rialisme ne renouait pleinement qu'aujourd'hui avec la dynamique et les traits essentiels qu'il avait acquis autour de 1910 : concentration monopolistique ; fusion et interp&#233;n&#233;tration du capital bancaire et industriel sous forme de la domination du capital financier ; pr&#233;&#233;minence de l'exportation des capitaux sur l'exportation des marchandises ; concurrence mondiale entre monopoles ; formation d'un march&#233; financier mondial, h&#233;g&#233;monie, parasitisme et agressivit&#233; du &#171; capitalisme rentier &#187; entravant l'accumulation productive... conqu&#234;te de march&#233;s ext&#233;rieurs... D&#233;veloppement acc&#233;l&#233;r&#233; du capitalisme, mais aussi renforcement des in&#233;galit&#233;s et des contradictions de l'&#233;conomie mondiale, des diff&#233;rences de rythme de d&#233;veloppement... pour reprendre les formulations d'Hilferding ou de L&#233;nine, sans oublier celle de Rosa Luxembourg, qui parlait de &#171; la catastrophe comme mode d'existence du capitalisme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car le capitalisme de &#171; la mondialisation &#187; d'aujourd'hui bute sur les m&#234;mes contradictions fondamentales mises en &#233;vidence par les marxistes r&#233;volutionnaires du d&#233;but du si&#232;cle. A la diff&#233;rence, bien s&#251;r, que tout a chang&#233; d'&#233;chelle et de proportions : la population mondiale a tripl&#233;, l'urbanisation s'est g&#233;n&#233;ralis&#233;e, la productivit&#233; du travail dans bien des secteurs a plus que d&#233;cupl&#233;, le progr&#232;s technique poursuit sa course exponentielle. L'explosion des forces productives qu'il a lib&#233;r&#233;es se heurte avec une violence encore inimaginable au d&#233;but du si&#232;cle, &#224; l'archa&#239;sme de l'appropriation priv&#233;e, bien incapable de tirer socialement partie de la r&#233;volution technologique et industrielle de l'informatique, dans laquelle certains des r&#233;formateurs bourgeois ne voient avec effroi que &#171; la fin du travail &#187; et l'explosion g&#233;n&#233;ralis&#233;e du ch&#244;mage, alors m&#234;me qu'elle annonce tr&#232;s concr&#232;tement la possibilit&#233; pour l'homme de s'&#233;manciper radicalement des t&#226;ches assommantes du travail productif et de celles qui lui sont li&#233;es, donc du travail exploit&#233;, et de sortir enfin de la pr&#233;histoire de l'humanit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par certains aspects, tout est reparti... comme en 14, sauf que les contradictions objectives de l'&#233;conomie capitaliste se sont prodigieusement accus&#233;es. Mais, bien s&#251;r, les rapports de forces entre grandes puissances comme l'enjeu de leurs rivalit&#233;s ont en grande partie chang&#233;. Contrairement &#224; l'&#233;poque de L&#233;nine et de Rosa Luxembourg, le probl&#232;me de l'imp&#233;rialisme n'est pas aujourd'hui de se repartager le monde colonial pour le contr&#244;le et le pillage des mati&#232;res premi&#232;res et des ressources naturelles. Loin de se battre pour se partager la plan&#232;te, les principales puissances imp&#233;rialistes, du moins dans la derni&#232;re d&#233;cennie, ont eu plut&#244;t tendance &#224; abandonner des zones enti&#232;res &#224; leur sort (c'est-&#224;-dire au remboursement de leur dette, &#224; l'&#233;tranglement, &#224; la mis&#232;re, donc aux seigneurs de guerre et aux guerres civiles), pour ne parier, et encore avec quelle prudence, que sur les march&#233;s qui semblent offrir suffisamment de s&#233;curit&#233;, de stabilit&#233; et de garanties. Ce qui ne veut pas dire que le processus actuel d'internationalisation du capital, y compris dans le tiers monde, soit pour autant pacifique. Cette nouvelle phase d'expansion ne se m&#232;ne pour l'instant que sous la forme d'une guerre &#233;conomique acharn&#233;e entre imp&#233;rialismes les plus puissants, ceux de la &#171; triade &#187; si bien nomm&#233;s, du nom des trois p&#244;les traditionnels de la mafia chinoise ! chacun imposant dans sa r&#233;gion d'influence ses conditions et une implacable hi&#233;rarchie, en attendant que l'&#233;volution des rapports de forces &#233;conomiques entre les p&#244;les am&#233;ricains, japonais et europ&#233;en, ou l'&#233;clatement d'un v&#233;ritable effondrement &#233;conomique mondial, posent &#224; nouveau le probl&#232;me de la guerre imp&#233;rialiste tout court.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tout le monde sait combien le capitalisme monopoliste a aggrav&#233; toutes les contradictions du capitalisme &#187;, &#233;crivait L&#233;nine &#224; la fin de son livre sur l'imp&#233;rialisme, en ajoutant aussit&#244;t &#171; ...Mais ce serait une erreur de croire que cette tendance &#224; la putr&#233;faction exclut la croissance rapide du capitalisme ; non, telles branches d'industrie, telles couches de la bourgeoisie, tels pays manifestent &#224; l'&#233;poque de l'imp&#233;rialisme, avec une force plus ou moins grande, tant&#244;t l'une, tant&#244;t l'autre de ces tendances. Dans l'ensemble, le capitalisme se d&#233;veloppe infiniment plus vite qu'auparavant, mais ce d&#233;veloppement devient g&#233;n&#233;ralement plus in&#233;gal, l'in&#233;galit&#233; de d&#233;veloppement se manifestant en particulier par la putr&#233;faction des pays les plus riches en capital &#187;. La remarque vaut manifestement pour la p&#233;riode actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme au d&#233;but du si&#232;cle, ce n'est pas la r&#233;alit&#233; de la &#171; mondialisation &#187; capitaliste qui est en cause. L'acc&#233;l&#233;ration actuelle du processus d'internationalisation du capital n'est gu&#232;re contestable, m&#234;me si, comme au d&#233;but du si&#232;cle, l'internationalisation du capital financier, en flux et en volume, pr&#233;c&#232;de de loin celle du capital productif. Reste &#224; prendre la mesure de l'immense co&#251;t &#233;conomique et social du parasitisme financier de l'imp&#233;rialisme, des limites de l'accumulation du capital productif, et &#224; d&#233;truire la fable selon laquelle &#171; la lib&#233;ration des march&#233;s &#187; aurait an&#233;anti le r&#244;le des &#201;tats imp&#233;rialistes et &#233;mancip&#233; les trusts, monopoles, cartels et autres multinationales de leur base nationale. Reste aussi &#224; mesurer l'extr&#234;me s&#233;lectivit&#233; de la p&#233;n&#233;tration actuelle du capitalisme dans le tiers monde, qui suffit n&#233;anmoins &#224; bouleverser la vie sociale de plusieurs milliards de personnes, et &#224; pr&#233;cipiter dans le prol&#233;tariat actif ou en surnombre des populations enti&#232;res, repr&#233;sentant des centaines de millions de personnes, soit au moins autant de prol&#233;taires qu'au sein des m&#233;tropoles imp&#233;rialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la discussion sur les faits et m&#233;faits de la mondialisation du capital, elle ressemble assez &#224; celle qui partageait les r&#233;formistes et les r&#233;volutionnaires internationalistes du d&#233;but du si&#232;cle, entre ceux qui pr&#233;f&#232;rent s'en prendre au &#171; lib&#233;ralisme &#187; et au &#171; capitalisme sauvage &#187; comme s'il existait un capitalisme vertueux, et ceux qui voient dans la phase d'expansion actuelle du capital l'accumulation des conditions objectives de l'exacerbation de la lutte de classe et de la r&#233;volution sociale.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La mondialisation financi&#232;re&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La forme la plus pouss&#233;e de la mondialisation du capital est celle du capital financier. Les march&#233;s financiers, les syst&#232;mes bancaires, la circulation du capital &#233;taient fortement cloisonn&#233;s, r&#233;glement&#233;s et sous tutelle &#233;tatique dans la p&#233;riode de l'apr&#232;s-guerre. Les &#201;tats avaient renforc&#233; leur contr&#244;le pour pr&#233;venir les d&#233;rives sp&#233;culatives &#224; l'origine du d&#233;clenchement de la crise de 1929. Les &#233;conomistes parlent &#224; ce propos de &#171; finance administr&#233;e &#187;. Les march&#233;s de capitaux n'ont pas jou&#233; un r&#244;le majeur dans l'essor de la production entre 1945 et 1980, les banques se substituant &#224; la Bourse pour avancer par cr&#233;ation mon&#233;taire des capitaux aux industriels. C'&#233;tait particuli&#232;rement le cas en Europe et au Japon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;sordres mon&#233;taires li&#233;s &#224; l'abandon du syst&#232;me de parit&#233;s fixes entre les monnaies en 1973, les d&#233;s&#233;quilibres commerciaux, la difficult&#233; croissante des capitaux &#224; se valoriser dans la production, puis les politiques de d&#233;sinflation comp&#233;titive men&#233;es par tous les &#201;tats au tournant des ann&#233;es quatre-vingts, ont cr&#233;&#233; une situation propice &#224; l'essor d'une finance de march&#233;. Le r&#233;tablissement des profits des entreprises &#224; coups de blocage des salaires et de vagues de licenciements dopa le march&#233; des actions, tandis que la hausse brutale des taux d'int&#233;r&#234;t assurait une r&#233;mun&#233;ration usuraire aux cr&#233;anciers. Les d&#233;ficits et la dette publics des grands &#201;tats imp&#233;rialistes s'aggrav&#232;rent brutalement dans les ann&#233;es 80. Afin de financer ces d&#233;ficits sans relancer l'inflation, les gouvernements des grandes puissances embo&#238;t&#232;rent le pas aux &#201;tats-Unis et se livr&#232;rent &#224; une concurrence pour attirer l'&#233;pargne mondiale. Ils &#171; modernis&#232;rent &#187; les march&#233;s, lib&#233;r&#232;rent la circulation du capital &#224; l'&#233;chelle internationale, d&#233;r&#233;glement&#232;rent tout le secteur, permirent &#224; tous les acteurs de la finance - banques, compagnies d'assurance, fonds de pension, grandes entreprises - d'intervenir sur tous les march&#233;s. Les titres de la dette des &#201;tats furent l'un des principaux aliments de l'expansion de ces march&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur expansion s'explique &#233;galement par la capacit&#233; toujours plus grandes des grandes institutions financi&#232;res &#224; canaliser la moindre &#233;pargne vers la Bourse. Les banques recueillent les salaires ou les prestations sociales de l'ensemble des travailleurs, qui forment les d&#233;p&#244;ts &#224; la base de leurs cr&#233;dits aux investisseurs, ou plut&#244;t aux sp&#233;culateurs, qui lorsque les taux d'int&#233;r&#234;t &#224; court terme sont assez bas, n'h&#233;sitent pas &#224; s'endetter pour sp&#233;culer. Mais de nouveaux acteurs sont devenus pr&#233;pond&#233;rants sur les march&#233;s financiers : les fonds de pension, particuli&#232;rement d&#233;velopp&#233;s aux &#201;tats-Unis et en Grande-Bretagne, drainent les cotisations retraites des travailleurs, et entre autres, les jouent en Bourse. Cette formidable source d'&#233;pargne forc&#233;e sur le tr&#232;s long terme (et les sommes en jeu d&#233;passent largement le budget de l'&#201;tat), mais concentr&#233;e entre les mains des gestionnaires de ces fonds, de propri&#233;t&#233; des salari&#233;s, devient celle de la classe capitaliste. C'est l'une des beaut&#233;s de ce capitalisme de fin de si&#232;cle, d'avoir puis&#233; sa principale source de capital &#224; risque... chez les futurs retrait&#233;s ! En treize ann&#233;es, de 1980 (date de la hausse g&#233;n&#233;rale des taux d'int&#233;r&#234;t) &#224; 1993, la valeur de ces fonds de pension exprim&#233;e en pourcentage de la production nationale est pass&#233;e de 36 &#224; 68 % aux &#201;tats-Unis. Ils g&#233;raient plus de 3500 milliards de dollars d'actifs en 1993, soit davantage que toute la production de la France et du Royaume-Uni r&#233;unis. Par comparaison, les fonds d'investissement, sorte de fonds communs de placement qui collectent l'&#233;pargne pour la placer, ne g&#233;raient &#171; que &#187; 3000 milliards de dollars en 1996, trois ans plus tard. On comprend que la cr&#233;ation r&#233;cente des premiers fonds de pension en France suscite bien des convoitises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants de ces fonds, comme les compagnies d'assurance et les banques, qui jouent de plus en plus sur les march&#233;s, placent leurs avoirs en immeubles, mais surtout en actions et en titres de la dette publique. Motiv&#233;s par les gains s&#251;rs et rapides, ils usent de leur poids dans les conseils d'administration pour favoriser la rentabilit&#233; &#224; tr&#232;s court terme. De par leur importance dans le financement de la dette publique de nombreux pays, ces fonds exercent de fait une pression sur le rendement de ces titres, en incitant les gouvernement &#224; mener la politique qu'ils jugent la plus favorable &#224; leurs int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, le capital industriel s'est converti rapidement au capital rentier. D&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es 80, les firmes industrielles ont renforc&#233; leurs directions financi&#232;res, cr&#233;&#233; ou achet&#233; des banques, afin d'utiliser au mieux une fraction croissante de leurs profits &#224; acqu&#233;rir des titres ou &#224; sp&#233;culer sur les devises ou le march&#233; mon&#233;taire, au d&#233;triment des investissements productifs. Entre 1982 et 1989, les entreprises fran&#231;aises, par exemple, ont utilis&#233; de plus en plus leurs ressources disponibles &#224; l'acquisition de titres (obligations, actions d'autres soci&#233;t&#233;s) : leur part s'est &#233;lev&#233;e de 2,9 % &#224; 35 %, au d&#233;triment de l'investissement productif, dont la part s'est r&#233;duite de 76 &#224; 47 %. Et encore, les groupes industriels ou de services ne se contentent pas de placer leurs exc&#233;dents : ils empruntent sur le march&#233; des capitaux &#224; court terme pour acheter de nouveaux titres. Cette financiarisation croissante des entreprises reste tr&#232;s concentr&#233;e : 400 entreprises seulement d&#233;tiennent 75 % des actifs financiers d&#233;tenus par des entreprises dite &#171; non financi&#232;res &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les march&#233;s des actions ont connu des hausses sans rapport avec la hausse de la production, ni m&#234;me avec celle des profits. Tokyo avait gagn&#233; 233 % de 1986 &#224; 1989, avant que la capitalisation boursi&#232;re ne se d&#233;gonfle des deux tiers en 1990, la ramenant &#224; un niveau proche de 1986. Wall Street inqui&#232;te &#224; nouveau les autorit&#233;s mon&#233;taires, au dixi&#232;me anniversaire du krach de 1987. En 1992-1993, les bourses fran&#231;aises et allemandes avaient affich&#233;es de bonnes performances, en pleine r&#233;cession ! Le d&#233;gonflement r&#233;current de tout ce capital fictif, ce qu'on appelle l'&#233;clatement des bulles sp&#233;culatives (provoqu&#233; ou non par les banques centrales ou les grandes institutions financi&#232;res) - krach de Wall Street en 1987, krachs obligataires, effondrement du march&#233; de l'immobilier dans la plupart des pays riches et de certains pays dits &#171; &#233;mergents &#187;, variations brutales des cours des devises, des mati&#232;res premi&#232;res... p&#233;nalisent &#224; terme et fragilisent l'ensemble de l'&#233;conomie. Les march&#233;s financiers sont par d&#233;finition instables (et le sont d'autant plus qu'ils sont &#171; lib&#233;r&#233;s &#187; et mondialis&#233;s), et l'instabilit&#233; se paye. Pour contourner cette instabilit&#233;, les principaux acteurs financiers ont d&#233;velopp&#233; de nouveaux &#171; produits &#187; (march&#233; &#224; terme, options, futures...) qui fonctionnent comme des assurances individuelles contre la variation des taux de change ou des taux d'int&#233;r&#234;t. Mais la garantie qu'un industriel ou un fond d'investissement obtient moyennant une commission ne supprime pas le risque, mais le transf&#232;re &#224; un autre acteur qui l'assume ou s'assure lui- m&#234;me contre le risque et ainsi de suite... De l'avis des autorit&#233;s mon&#233;taires et financi&#232;res elles-m&#234;mes (qui avouent savoir tr&#232;s peu de choses sur ces march&#233;s &#224; haut risque et forte r&#233;mun&#233;ration mais particuli&#232;rement opaques), l'essor de ces march&#233;s &#171; d&#233;riv&#233;s &#187; ne contribue qu'&#224; accro&#238;tre le risque de l'ensemble du syst&#232;me financier, donc son instabilit&#233; et sa fragilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent les Banques centrales et les &#201;tats ont pu contenir les krachs, en &#233;mettant massivement de la monnaie et en se portant garant pour les banques ou les institutions financi&#232;res d&#233;faillantes. Mais la r&#233;p&#233;tition de tels chocs pourraient les d&#233;border tr&#232;s largement, sans m&#234;me parler de l'&#233;norme co&#251;t social que repr&#233;sente cette socialisation des &#171; pertes &#187; syst&#233;matique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre l'instabilit&#233; qu'il communique &#224; l'ensemble de l'&#233;conomie, le m&#233;canisme m&#234;me du capital financier en fait un capital parasitaire par excellence. C'est ainsi que le haut niveau des taux d'int&#233;r&#234;t &#224; long terme depuis pr&#232;s de 15 ans signifie que les propri&#233;taires de capitaux exigent une r&#233;mun&#233;ration tr&#232;s forte de leur capital, autrement dit un retour tr&#232;s rapide de leur capital : rares sont les projets industriels qui assurent des profits aussi &#233;lev&#233;s et une s&#233;curit&#233; suffisante. Les projets industriels qui sont retenus doivent avoir une &#171; profitabilit&#233; positive &#187;, c'est-&#224;-dire rapporter davantage que les placements financiers. C'est dire si la s&#233;lection &#233;limine bien des projets qui r&#233;pondraient sans doute &#224; des besoins &#233;conomiques. La faiblesse de l'accumulation de capital productif limite &#224; son tour la cr&#233;ation de richesses, et c'est ainsi que le tribut pr&#233;lev&#233; par le capital financier sur l'ensemble de la soci&#233;t&#233; devient de plus en plus lourd.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le nouvel essor des multinationales et la centralisation du capital productif&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas que le capital financier qui se soit largement internationalis&#233;. Les investissements directs &#224; l'&#233;tranger des firmes multinationales ont &#233;t&#233; le fer de lance d'une recomposition &#224; grande &#233;chelle du capital productif. Ces exportations de capitaux s'inscrivent dans un vaste mouvement de centralisation du capital au sein m&#234;me de la zone imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La moindre croissance des d&#233;bouch&#233;s, la politique de privatisations et de d&#233;r&#233;glementations des &#201;tats, ont conduit les grands groupes &#224; s'accro&#238;tre en rachetant leurs concurrents ou en fusionnant avec eux. Le transport a&#233;rien, l'&#233;nergie, les t&#233;l&#233;communications, la pharmacie ou la d&#233;fense ont &#233;t&#233; le th&#233;&#226;tre d'une recomposition de grande ampleur. En Europe et au Japon, les privatisations nombreuses de secteurs entiers dans les secteurs de base de l'&#233;quipement, l'&#233;nergie, les transports et les t&#233;l&#233;communications, ouvrent la voie &#224; un mouvement comparable &#224; celui qui se poursuit aux &#201;tats-Unis. Le ph&#233;nom&#232;ne des fusions-acquisitions d&#233;j&#224; caract&#233;ristiques des ann&#233;es 80, a fait un nouveau bon dans les ann&#233;es 90. Et &#224; chacune de ces op&#233;rations, le nouveau groupe se d&#233;barrasse d'une fraction de son personnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fraction de ces fusions-acquisitions se produit entre firmes &#233;trang&#232;res. Le volume moyen de ces &#171; investissements directs &#224; l'&#233;tranger &#187; (il faudrait plut&#244;t parler &#171; d'acquisitions &#224; l'&#233;tranger &#187;, tant ces &#171; investissements &#187; contribuent peu &#224; la croissance productive) a &#233;t&#233; multipli&#233; par quatre entre les ann&#233;es 80 et 90. Port&#233;e par les multinationales, cette interp&#233;n&#233;tration des capitaux concerne essentiellement les pays imp&#233;rialistes eux- m&#234;mes. En 1994, plus de 90 % du stock d'investissements &#224; l'&#233;tranger &#233;tait le fait des firmes multinationales des pays imp&#233;rialistes et ces m&#234;mes pays en avaient accueilli les trois quarts. Depuis le d&#233;but des ann&#233;es 90, quelques pays du tiers monde captent une part croissante de ces investissements, essentiellement en Asie et en Am&#233;rique Latine. La Chine, l'Indon&#233;sie, la Malaisie, Singapour, la Tha&#239;lande, Hong Kong, le Mexique et le Br&#233;sil absorbent les 4/5 des investissements directs &#224; destination du tiers monde. Ces pays, de par l'importance grandissante de leur march&#233; int&#233;rieur, r&#233;elle ou anticip&#233;e, offrent ainsi des d&#233;bouch&#233;s r&#233;mun&#233;rateurs pour les capitaux en mal de placements productifs dans les pays riches. Et d&#233;sormais ce ne sont plus les prises de contr&#244;le des sources de mati&#232;res premi&#232;res ou d'&#233;nergie qui attirent les capitaux, mais l'industrie ou les services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le poids des multinationales dans l'&#233;conomie mondiale s'est de fait encore accru au cours de ces vingt derni&#232;res ann&#233;es, malgr&#233; les licenciements massifs auxquelles elles ont proc&#233;d&#233;. Elles contr&#244;lent de plus en plus le commerce mondial, qui s'effectue entre firmes d'un m&#234;me groupe. Les diff&#233;rentes productions sont r&#233;parties dans les unit&#233;s de production de par le monde, en fonction des avantages qui leur sont offerts dans les pays d'accueil. Mais ces firmes gardent leur base nationale : on est loin de firmes qui n'auraient &#171; plus de patrie &#187;. En revanche, elles peuvent mettre les &#201;tats en concurrence pour l'accueil de leurs unit&#233;s de production, arrachant ainsi subventions et d&#233;gr&#232;vements d'imp&#244;ts &#224; tout va.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La concurrence sur les march&#233;s internationaux r&#233;gionaux&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'internationalisation croissante de la vie &#233;conomique a &#233;t&#233; confort&#233;e par la cr&#233;ation de l'Organisation Mondiale du Commerce, qui a pris le relais du GATT en 1995. Pour les principaux pays imp&#233;rialistes, et en particulier les &#201;tats-Unis, il s'agit non seulement de lever le maximum d'obstacles &#224; la concurrence internationale, mais aussi de le faire &#224; leurs conditions. Les imp&#233;rialistes veulent bien la libre circulation des marchandises, des services et des capitaux, mais &#224; condition par exemple de se prot&#233;ger des risques &#233;ventuels comme les transferts de technologie en faveur de pays moins puissants ou de pays sous-d&#233;velopp&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, les &#201;tats-Unis et le Japon ont tent&#233; de structurer leur arri&#232;re-cour, en Am&#233;rique comme en Asie. Les accords de libre-&#233;change ou de coop&#233;ration au niveau r&#233;gional se sont multipli&#233;s ces derni&#232;res ann&#233;es : cr&#233;ation de l'APEC en 1989 et de l'ASEAN (en tant que zone de libre-&#233;change) en 1991 (Asie de l'est et Pacifique), de l'ALENA en 1994 (Am&#233;rique du nord et Mexique), et du MERCOSUR en 1995 (quatre pays d'Am&#233;rique du sud dont le Br&#233;sil et l'Argentine).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en Asie que l'int&#233;gration r&#233;gionale est la moins formalis&#233;e, mais peut-&#234;tre la plus intense. Le Japon s'y est d&#233;sormais substitu&#233; aux &#201;tats-Unis comme principal pourvoyeur de biens d'&#233;quipements et principal investisseur dans une r&#233;gion qui est aussi la plus dynamique de l'&#233;conomie mondiale depuis plus de dix ans. La d&#233;localisation par le Japon d'une partie de sa production industrielle est un moyen de contrer la baisse de comp&#233;titivit&#233; de ses produits face au concurrent am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Union Europ&#233;enne est &#224; la fois la plus ancienne et la plus avanc&#233;e des zones de libre-&#233;change et de coop&#233;ration &#233;conomique. 35 ans apr&#232;s la signature du trait&#233; de Rome, le bilan n'est certainement pas n&#233;gligeable. Aiguillonn&#233;es par la concurrence de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, les bourgeoisies europ&#233;ennes ont &#233;t&#233; amen&#233;es &#224; des concessions mutuelles. Les imp&#233;rialismes de seconde zone, comme la Gr&#232;ce ou le Portugal, b&#233;n&#233;ficient de transferts de fonds de l'Union, transferts dont les trusts allemands, fran&#231;ais, britanniques ou italiens b&#233;n&#233;ficient sous forme de commandes. L'adoption d'une monnaie unique pr&#233;vue par le trait&#233; de Maastricht devrait renforcer consid&#233;rablement l'int&#233;gration &#233;conomique europ&#233;enne tout en rognant la souverainet&#233; des &#201;tats nationaux. C'est l&#224; o&#249; le b&#226;t blesse. Les gouvernements europ&#233;ens sont manifestement pr&#234;ts &#224; accepter un transfert de souverainet&#233; mon&#233;taire, mais se refusent pour l'instant &#224; s'engager dans la voie du f&#233;d&#233;ralisme budg&#233;taire. Or l'un peut difficilement aller sans l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les bourgeoisies d'Europe, le crit&#232;re de r&#233;ussite de la construction europ&#233;enne n'est certainement pas la construction d'un bunker face aux Am&#233;ricains ou aux Japonais. Les opportunit&#233;s offertes par exemple par le march&#233; unique europ&#233;en ont suscit&#233; des restructurations qui se sont traduites par de nombreuses acquisitions entre firmes europ&#233;ennes. Mais dans le m&#234;me temps, les entreprises europ&#233;ennes ont encore fortement augment&#233; le nombre de leurs acquisitions hors d'Europe, aux &#201;tats-Unis en particulier. De leur c&#244;t&#233; les entreprises am&#233;ricaines, qui investissent depuis longtemps en Europe, ont sans conteste la possibilit&#233; de profiter largement des avantages du march&#233; unique... La constitution de zones de libre-&#233;change et de coop&#233;ration &#233;conomique au niveau r&#233;gional ne s'oppose pas, pour l'instant, &#224; l'ouverture tous azimuts de ces pays &#224; l'&#233;conomie mondiale. Bien au contraire, les deux ph&#233;nom&#232;nes semblent se renforcer mutuellement.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les &#201;tats imp&#233;rialistes sous le r&#233;gime de la &#171; dictature &#187; des march&#233;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats des grandes puissances industrielles seraient- ils les victimes de la mondialisation &#233;conomique et financi&#232;re, comme voudrait le faire croire la propagande bourgeoise ? La dictature des march&#233;s les aurait-elle condamn&#233;s &#224; renoncer &#224; leur r&#244;le &#233;conomique, &#224; s'effacer devant le libre jeu de la concurrence capitaliste ? A n'&#234;tre que les laiss&#233;s pour compte, passifs et discrets, de la mondialisation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les &#201;tats sont &#171; victimes &#187; (si par exemple leur dette publique les met en concurrence et les incite &#224; adopter des politiques &#233;conomiques et fiscales toujours plus favorables au capital), ce sont des victimes tr&#232;s consentantes, eux qui ont largement contribu&#233; &#224; forger le cadre des march&#233;s financiers et &#224; d&#233;r&#233;glementer la concurrence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, la fameuse &#171; dictature &#187; des march&#233;s n'existe que par la volont&#233; des &#201;tats imp&#233;rialistes les plus puissants, qui eux-m&#234;mes fixent et imposent les r&#232;gles du nouveau jeu financier aux imp&#233;rialismes de deuxi&#232;me et troisi&#232;me zone sans parler des pays sous-d&#233;velopp&#233;s &#224; &#233;conomie &#171; &#233;mergente &#187; ou pas, qui, eux n'ont jamais eu droit &#224; la parole. La mondialisation du capital financier est extr&#234;mement hi&#233;rarchis&#233;e, et la marge de manoeuvre de chaque &#201;tat d&#233;pend de sa place dans la hi&#233;rarchie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Opposer les &#201;tats imp&#233;rialistes aux march&#233;s rel&#232;ve de la pure fiction. Cela supposerait que les gouvernements d&#233;fendent d'autres int&#233;r&#234;ts que ceux des principaux acteurs de ces march&#233;s. Or rien de tel, bien au contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, jamais les &#201;tats n'ont eu un r&#244;le aussi important dans l'&#233;conomie capitaliste que sous la domination des march&#233;s financiers. Ne serait-ce que pour permettre aux dits march&#233;s de continuer &#224; exister et de se relever des krachs bancaires, boursiers, mon&#233;taires, immobiliers qui se sont succ&#233;d&#233; depuis 1982... Qu'en serait-il des march&#233;s, sans la gestion &#233;tatique des krachs successifs, sans la prodigieuse socialisation des pertes prise en charge par les grands &#201;tats, autrement dit par l'ensemble de leur population, sous forme de programmes d'aust&#233;rit&#233;, d'&#233;conomies sur les services publics, d'effondrement des protections sociales et de l'emballement de la dette publique ? Oui, le libre jeu de la finance mondiale se paie tr&#232;s cher. Les &#201;tats ? Mais ce sont les gros bras de la dictature des march&#233;s. Oh, pas d'une dictature anonyme, insaisissable, comme on voudrait le faire croire, mais de la dictature d'un petit milieu d'individus bien connu des dirigeants politiques du monde, qui pr&#233;sident pour le compte du grand capital aux d&#233;cisions des grandes institutions financi&#232;res publiques ou priv&#233;es qui drainent les ressources de toute la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats sont devenus les assureurs tous risques des intervenants des march&#233;s : pile, les d&#233;tenteurs de titres gagnent, face, l'&#201;tat paye, et derri&#232;re l'&#201;tat, la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les assureurs, et les d&#233;biteurs intarissables : la dette publique fournit l'occasion de placements rentables et s&#251;rs. Car il faut bien que l'&#201;tat emprunte apr&#232;s avoir all&#233;g&#233; la fiscalit&#233; sur le capital, qui sort doublement gagnant de l'op&#233;ration : mieux vaut pr&#234;ter son argent &#224; l'&#201;tat que d'en reverser une partie sous forme d'imp&#244;t ! En la mati&#232;re, on n'a rien invent&#233; depuis les Templiers et les rois de France !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;canisme est &#224; l'heure actuelle si bien r&#244;d&#233;, les &#201;tats ont si bien pressur&#233; budgets publics et sociaux, que le budget d'un pays comme la France est &#233;quilibr&#233; depuis le milieu des ann&#233;es 1980, si l'on fait abstraction des int&#233;r&#234;ts. C'est la seule charge des int&#233;r&#234;ts qui contraint d&#233;sormais l'&#201;tat &#224; s'endetter &#224; nouveau. Autant dire que le capital rentier a trouv&#233; dans la manne de l'&#201;tat le secret du mouvement perp&#233;tuel....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Restent les bonnes &#226;mes, tous ces &#233;conomistes r&#233;formateurs qui voudraient juguler le capital rentier mondial et ses exc&#232;s, et qui appellent de leurs voeux une autorit&#233; supranationale susceptible de redonner l'initiative aux gouvernements, aux &#171; politiques &#187;. Les dirigeants des &#201;tats ne pourraient-ils se concerter pour &#233;dicter des r&#232;gles internationales visant &#224; limiter les effets de la sp&#233;culation ou de la concurrence ? Et de sugg&#233;rer, par exemple, l'instauration d'une taxe (dite &#171; taxe Tobin &#187;) d'un demi pour-cent ou moins sur toute transaction en devises, laquelle taxe serait cens&#233;e d&#233;courager les sp&#233;culations sur les monnaies sans trop p&#233;naliser les mouvements de change &#224; finalit&#233; commerciale ou productive. Ah ! Si seulement les imp&#233;rialismes les plus puissants voulaient se donner la main et rogner les ailes de leurs oligarchies financi&#232;res respectives au nom de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral ! L'&#233;conomiste Keynes, le dieu des r&#233;formateurs du capital, pr&#233;conisait dans les ann&#233;es 30 &#171; l'euthanasie des rentiers &#187; ! Ses disciples prient encore aujourd'hui, en oubliant qu'il n'a pas fallu moins qu'un effondrement &#233;conomique international et une nouvelle guerre mondiale, pour que l'imp&#233;rialisme sorti en vainqueur de la tourmente impose ses propres conditions et accessoirement quelques nouvelles r&#232;gles du jeu &#224; la renaissance de l'accumulation du capital.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Anciennes et nouvelles arri&#232;re-cours de l'imp&#233;rialisme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si la comp&#233;tition entre capitaux se joue principalement au sein des m&#233;tropoles imp&#233;rialistes, l'ar&#232;ne s'est n&#233;anmoins &#233;largie &#224; de nombreux pays sous-d&#233;velopp&#233;s, tout particuli&#232;rement depuis la fin des ann&#233;es quatre- vingt. La part des investissements directs &#224; l'&#233;tranger &#224; destination du tiers monde, qui &#233;tait tomb&#233;e &#224; moins de 20 % dans les ann&#233;es quatre-vingt, est remont&#233;e au cours des ann&#233;es quatre-vingt-dix &#224; pr&#232;s de 40 %. Plus g&#233;n&#233;ralement, le total des capitaux &#233;trangers &#224; destination des pays pauvres s'est brusquement accru depuis dix ans, tant en Am&#233;rique Latine qu'en Asie (et tr&#232;s r&#233;cemment dans quelques-uns des pays les moins appauvris d'Afrique), sous la forme d'investissements priv&#233;s, mais aussi de prises de participation tr&#232;s minoritaires aux entreprises locales, pour profiter de la hausse des march&#233;s boursiers de ces pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sevr&#233;s de capitaux pendant les ann&#233;es quatre- vingt, la plupart des pays du tiers monde sont d&#233;sormais en concurrence pour l'accueil des investissements et placements occidentaux. Somm&#233;s d'exporter pour payer leur endettement, ils se retrouvent &#233;galement en concurrence les uns par rapport aux autres pour l'acc&#232;s aux march&#233;s riches, ce qui contribue &#224; faire baisser encore les prix de leurs mati&#232;res premi&#232;res ou agricoles et &#224; les fragiliser toujours plus. Les candidats &#224; l'accueil de capitaux sont nombreux, et il y a peu d'&#233;lus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; ce qu'affirme la propagande bourgeoise et nationaliste, ce n'est pas le bas co&#251;t de la main-d'oeuvre qui est le facteur d&#233;terminant des investissements et des &#171; d&#233;localisations &#187; : sinon, pourquoi l'essentiel des investissements se concentreraient-ils dans les pays riches et se d&#233;tourneraient-ils &#224; ce point des pays les plus pauvres d'Afrique ? Quand il s'agit d'investir dans les pays du tiers monde, le co&#251;t de la main-d'oeuvre est pond&#233;r&#233; par sa productivit&#233;, la qualit&#233; des infrastructures et des fournisseurs locaux dont la multinationale peut avoir besoin, ou l'importance du march&#233; local quand il s'agit de vendre sur place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des derni&#232;res ann&#233;es, neuf pays seulement ont totalis&#233; pr&#232;s des quatre cinqui&#232;mes de ces &#171; investissements directs &#224; l'&#233;tranger &#187; (des investissements qui visent &#224; la cr&#233;ation de nouvelles unit&#233;s de production ou &#224; la prise de contr&#244;le d'unit&#233;s existantes), dont sept en Asie (Chine, Indon&#233;sie, Malaisie, Singapour, Tha&#239;lande, Hong Kong) et deux en Am&#233;rique Latine (Mexique et Br&#233;sil).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;largissement de la p&#233;n&#233;tration mondiale du capital a entra&#238;n&#233; une polarisation toujours plus pouss&#233;e de la richesse et de la mis&#232;re, &#224; toutes les &#233;chelles g&#233;ographiques. Les lignes de fracture s'&#233;largissent non seulement entre les anciennes m&#233;tropoles imp&#233;rialistes et les autres, mais aussi entre les continents du tiers monde, entre pays d'un m&#234;me continent et entre les r&#233;gions d'un m&#234;me pays. Les contrastes d&#233;j&#224; insupportables se sont encore brutalement accus&#233;s depuis le d&#233;but des ann&#233;es quatre- vingt et quatre-vingt-dix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les revenus globaux ont ainsi augment&#233; rapidement dans une quinzaine de pays seulement (dont les 9 cit&#233;s plus hauts qualifi&#233;s de &#171; pays &#233;mergents &#187; par les &#233;conomistes), totalisant toutefois avec la Chine 1,5 milliard d'habitants, un quart de la population mondiale. Mais dans le m&#234;me temps, les revenus ont baiss&#233; dans cinq fois plus de pays, totalisant 1,6 milliard d'habitants : dans 70 pays en dessous de leur niveau de 1980, et pour 43 d'entre eux en dessous de leur niveau de 1970 ! Ce plongeon dans la mis&#232;re concerne en particulier les pays d'Afrique, tr&#232;s d&#233;pendants des exportations de mati&#232;res premi&#232;res et totalement marginalis&#233;s dans les &#233;changes, mais aussi une grande majorit&#233; de pays d'Am&#233;rique Latine et des Cara&#239;bes, du Moyen-Orient et de l'ancien bloc sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le sort tr&#232;s incertain des &#233;conomies dites &#171; &#233;mergentes &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Des pays comme la Chine, la Malaisie, l'Indon&#233;sie, la Tha&#239;lande, les Philippines... le Vietnam, donc, affichent depuis plusieurs ann&#233;es des taux de croissance compris entre 5 et 10 % par an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La croissance de la Cor&#233;e du Sud ou de Ta&#239;wan avaient d&#233;j&#224; &#233;t&#233; de cet ordre (et celle du Japon avant eux), sans compter le d&#233;veloppement des villes &#201;tats de Singapour et de Hong Kong. Soit parce qu'ils ont b&#233;n&#233;fici&#233; d'un soutien &#233;conomique important d&#232;s les ann&#233;es soixante de la part des &#201;tats-Unis, dans le cadre de la guerre froide, soit parce qu'il s'agissait de villes qui focalisaient bien des flux d'&#233;changes dans une vaste r&#233;gion du monde. En Cor&#233;e ou &#224; Ta&#239;wan, les revenus par habitant ne d&#233;passent pas encore celui des pays les plus pauvres de l'Union Europ&#233;enne, bien que leur industrie soit d&#233;j&#224; plus puissante du fait de taux d'accumulation plus &#233;lev&#233;s. Pour contourner le rench&#233;rissement du co&#251;t de leur main-d'oeuvre, les firmes ta&#239;wanaises, cor&#233;ennes ou chinoises de Hong Kong exportent d&#233;j&#224; massivement des capitaux dans les pays moins d&#233;velopp&#233;s de la r&#233;gion, la Chine continentale en particulier. Leurs exportations de marchandises (qui, pour Hong Kong et Singapour, et dans une moindre mesure Ta&#239;wan, sont le fait de firmes multinationales occidentales ou japonaises) sont &#224; elles seules sup&#233;rieures &#224; celles de l'ensemble des autres pays sous-d&#233;velopp&#233;s, totalisant pr&#232;s de 60 % des exportations en provenance des pays du tiers monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A c&#244;t&#233; de ces quatre &#171; dragons &#187; de l'Asie qui ne totalisent que 70 millions d'habitants, viennent les nouveaux &#171; tigres &#187; asiatiques (selon les m&#233;taphores douteuses des journalistes &#233;conomiques) cit&#233;s plus haut avec leur 1,5 milliards d'habitants, sans parler du &#171; jaguar &#187; chilien ou m&#234;me du &#171; dragon celtique &#187; d&#233;signant l'Irlande, qui a battu tous les records de croissance en 1995 (+ 10 %) en accueillant de nombreuses filiales de multinationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;conomies de ces pays sont plus tir&#233;es en avant par leurs exportations que par la dynamique de leur march&#233; int&#233;rieur, &#224; la fois faible et disparate. Or les capacit&#233;s d'absorption des march&#233;s des pays riches sont loin d'&#234;tre extensibles, surtout &#224; l'heure des politiques d'aust&#233;rit&#233; et de pression sur les revenus modestes. Les march&#233;s occidentaux ne constitueront pas le m&#234;me levier de d&#233;veloppement pour la Chine ou l'Indon&#233;sie qu'ils l'ont &#233;t&#233; pour la Cor&#233;e, Hong Kong ou Ta&#239;wan. D'autant que si les &#201;tats imp&#233;rialistes ouvrent leur march&#233;s aux produits que fabriquent leurs propres multinationales, leurs r&#233;flexes protectionnistes tendent &#224; fermer l'acc&#232;s aux hautes technologies &#224; l'industrie de ces m&#234;mes pays qu'ils voudraient &#171; &#233;mergents &#187;. Tous les pays sous-d&#233;velopp&#233;s confondus ne participent aujourd'hui que pour 3 % de la recherche mondiale et rien ne montre que cette proportion puisse &#233;voluer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ores et d&#233;j&#224;, les pays comme la Tha&#239;lande, la Malaisie, l'Indon&#233;sie, qui sont les plus avanc&#233;s de la r&#233;gion apr&#232;s le Japon et les quatre &#171; dragons &#187;, ne suivent pas le m&#234;me chemin que la Cor&#233;e. Les in&#233;galit&#233;s de revenus y sont plus marqu&#233;es, l'effort de scolarisation et d'&#233;ducation plus faible, la ma&#238;trise des industries implant&#233;es sur leur sol davantage entre les mains des groupes &#233;trangers. Autant de handicaps qui fragilisent la croissance, emp&#234;chent la constitution d'un v&#233;ritable march&#233; int&#233;rieur et compromettent tout d&#233;veloppement &#233;conomique un tant soit peu stable et prolong&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si une forte croissance est une condition n&#233;cessaire au d&#233;veloppement, elle n'est pas suffisante, surtout quand le niveau de d&#233;part est tr&#232;s bas. Le Br&#233;sil est une puissance industrielle depuis les ann&#233;es soixante-dix, sans &#234;tre parvenu non seulement &#224; modifier &#224; son avantage la hi&#233;rarchie des puissances, mais sans m&#234;me qu'une grande partie de sa population ait vu ses conditions de vie s'am&#233;liorer, au contraire. Et si les revenus sont un peu moins mal r&#233;partis en Asie qu'en Am&#233;rique Latine, les in&#233;galit&#233;s se creusent partout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Chine illustre &#224; elle seule les multiples contradictions de ce d&#233;veloppement. La croissance officielle de sa production (8 % par an sur 15 ans, mais c'est un chiffre qu'il vaut mieux s&#233;rieusement pond&#233;rer tant les autorit&#233;s chinoises sont r&#233;put&#233;es pour forcer les statistiques), lui aurait permis de multiplier sa production et le revenu moyen par plus de trois sur la p&#233;riode. Ce qui a suffi aux journalistes pour extrapoler et pr&#233;dire qu'&#224; un tel rythme, la Chine deviendrait dans les dix ou vingt ans &#224; venir la seconde puis la premi&#232;re puissance du monde par la masse de sa production... Mais m&#234;me dans cette hypoth&#232;se improbable, la population ne serait toujours pas sortie du sous-d&#233;veloppement, avec des niveaux de revenus par habitant qui seraient encore inf&#233;rieurs &#224; ceux de la Malaisie aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essor de la production en Chine tient en premier lieu aux contre-r&#233;formes agraires qui ont r&#233;troc&#233;d&#233; la gestion et l'exploitation des terres aux paysans. De 1978 &#224; 1984-1985, l'&#233;cart de revenus entre la ville et la campagne s'est r&#233;duit. Mais ces &#233;carts se sont creus&#233; &#224; nouveau d&#232;s 1985, au sein de la population rurale d'abord, entre la population rurale et la population urbaine ensuite. L'introduction de m&#233;canismes de march&#233; &#224; la campagne s'est accompagn&#233;e d'une ins&#233;curit&#233; accrue et d'un exode rural massif. En second lieu, l'ouverture aux financements et aux investissements &#233;trangers a contribu&#233; &#224; l'essor de la production industrielle et aux exportations de produits manufactur&#233;s, dont la moiti&#233; sont le fait de soci&#233;t&#233;s &#233;trang&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en l'absence d'un v&#233;ritable march&#233; national, les goulots d'&#233;tranglements entre secteurs se multiplient. Les besoins en infrastructures (&#233;nergie, transports, communications.) croissent d&#233;mesur&#233;ment : ce sont des investissements indispensables &#224; terme, mais l'&#201;tat comme les autorit&#233;s locales n'ont plus les moyens ou la volont&#233; de les r&#233;aliser. Le taux d'investissement tr&#232;s &#233;lev&#233; (40 % des nouvelles richesses produites en 1994 seraient consacr&#233;es &#224; l'accroissement du capital, selon les normes comptables en vigueur) s'explique davantage par l'immobilier frapp&#233; d'une sp&#233;culation tr&#232;s forte, que par la modernisation du parc industriel : la Chine investit moins en &#233;quipements nouveaux que l'Inde !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La croissance chinoise n'a pas transform&#233; la soci&#233;t&#233; uniquement dans les r&#233;gions c&#244;ti&#232;res, mais les in&#233;galit&#233;s r&#233;gionales se sont accrues consid&#233;rablement. Les zones franches de la c&#244;te ont attir&#233; de tr&#232;s nombreux investissements de la diaspora chinoise, de Hong Kong, de Taiwan et du sud-est asiatique. Mais ces nouvelles implantations industrielles exportent l'essentiel de leurs production, et plus significatif encore peut-&#234;tre, importent de l'ext&#233;rieur des produits interm&#233;diaires au d&#233;triment des liens traditionnels avec les r&#233;gions de l'int&#233;rieur du pays. Si la bourgeoisie chinoise de l'int&#233;rieur et de l'ext&#233;rieur et les satrapes r&#233;gionaux y trouvent des sources d'enrichissement rapide, l'anarchie de la croissance, ses d&#233;s&#233;quilibres, la soif de profit &#224; court terme... aggravent d'autant les tensions r&#233;gionales et sociales. En 6 ans, la part des 20 % des Chinois les plus riches dans le revenu national a augment&#233; de 5 points, &#224; 33 %, tandis que la part des 40 % les plus pauvres reculait &#233;galement de cinq points, &#224; 25 %. Les disparit&#233;s de revenus selon les r&#233;gions allaient de 1 &#224; 8 en 1991.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les march&#233;s int&#233;rieurs de la plupart de ces pays &#171; &#233;mergents &#187; sont bien trop fragiles et d&#233;s&#233;quilibr&#233;s pour entra&#238;ner par eux-m&#234;mes un v&#233;ritable d&#233;veloppement national. Mais tels qu'ils sont, ils suffisent en revanche &#224; attiser les convoitises occidentales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car &#224; c&#244;t&#233; de la classe ouvri&#232;re se d&#233;veloppe &#233;galement une petite bourgeoisie, petits patrons, encadrement technique et commercial des entreprises, petits commer&#231;ants. Ce sont ces nouvelles couches que visent les entreprises &#233;trang&#232;res quand elles viennent s'implanter sur ces march&#233;s. Disposant d'un pouvoir d'achat suffisant, elles constituent une demande solvable que les entreprises &#233;trang&#232;res ne n&#233;gligent plus : 100 millions d'Indiens ne repr&#233;sentent qu'une petite fraction de la population indienne, mais un march&#233; int&#233;ressant. L'implantation d'unit&#233;s de production &#224; proximit&#233; des march&#233;s est le motif invoqu&#233; le plus souvent par les entreprises multinationales qui s'implantent dans les pays &#171; &#233;mergents &#187;, avant m&#234;me l'int&#233;r&#234;t des bas salaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon une &#233;tude du minist&#232;re de l'industrie, 10 % de la population en Asie disposerait d'un pouvoir d'achat comparable &#224; celui des pays occidentaux, ce qui repr&#233;senterait, au total, un march&#233; comparable &#224; celui de l'Europe... au sein d'un oc&#233;an de d&#233;nuement noyant 90 % de la population. Le march&#233; chinois du ciment repr&#233;senterait 20 fois le march&#233; fran&#231;ais, et 6 fois le march&#233; am&#233;ricain. Les grands march&#233;s d'&#233;quipement, des t&#233;l&#233;communications au traitement de l'eau, ou l'immobilier, en proie &#224; une sp&#233;culation effr&#233;n&#233;e, font saliver les firmes multinationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le capital occidental en mal d'exportations de capitaux, c'est l&#224; l'avantage de ces grands pays tr&#232;s peupl&#233;s de l'Asie. La p&#233;n&#233;tration du capital &#233;tranger ne cr&#233;e ni le r&#233;seau dense d'infrastructures et d'&#233;quipements mat&#233;riels et culturels susceptibles de permettre &#224; l'ensemble de la population d'acc&#233;der ne serait-ce que progressivement au mode de vie occidental, mais permet l'&#233;mergence de ghettos de nouveaux riches assez nombreux pour constituer autant de march&#233;s pour ses multinationales.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La prol&#233;tarisation du tiers-monde&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;A d&#233;faut de v&#233;ritablement industrialiser le tiers monde, le capitalisme en bouleverse toujours plus vite la physionomie sociale. L'urbanisation des populations continue de progresser, puisque pr&#232;s d'un habitant de la plan&#232;te sur deux vit d&#233;sormais en ville. En Chine par exemple, la population urbaine non agricole a augment&#233; de 50 % entre 1982 et 1990 pour atteindre 219 millions. Et cette tendance devrait se poursuivre, malgr&#233; les tentatives du gouvernement central d'interdire l'installation de dizaines de millions de paysans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Globalement, la part de la population employ&#233;e dans l'industrie a augment&#233; dans les pays pauvres, passant de 9 % en 1965 &#224; 16 % aujourd'hui, atteignant 35 % en Cor&#233;e, 23 % en Malaisie, et 15 % en Chine. Ce qui signifie qu'un peu plus de la moiti&#233; des 450 &#224; 500 millions d'hommes qui travaillent dans l'industrie sur l'ensemble de la plan&#232;te, vivent aujourd'hui en dehors des pays les plus riches, et cette proportion cro&#238;t d'ann&#233;e en ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours est-il que la classe ouvri&#232;re du tiers monde se constitue et se diff&#233;rencie d&#233;j&#224;. Les pays o&#249; les r&#233;gions les plus dynamiques connaissent une p&#233;nurie de main-d'oeuvre qui permet aux travailleurs de lutter plus efficacement pour l'am&#233;lioration de leurs conditions de vie. En 1987, en Tha&#239;lande et dans les quatre &#171; dragons &#187;, le temps de travail culminait &#224; 2500 heures par an, soit 62 % de plus qu'en France. En 1992, le temps de travail annuel avait baiss&#233; &#224; 2200 heures. La derni&#232;re gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en Cor&#233;e du Sud donne la mesure de ce qui est d&#233;j&#224; une tradition de combativit&#233; du prol&#233;tariat de ces pays-l&#224;. Mais les gr&#232;ves, l'agitation dans les usines ont &#233;galement touch&#233; des pays comme l'Indon&#233;sie et la Chine. La mondialisation du capital financier, &#224; d&#233;faut de sortir les populations de la mis&#232;re, pourrait bien contribuer &#224; mondialiser la lutte de classe et apporter son sang neuf au mouvement ouvrier international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf dans quelques rares pays, comme la Malaisie, le ch&#244;mage s&#233;vit partout, et bien au-del&#224; des chiffres officiels de 120 millions pour l'ann&#233;e 1995, puisque ne sont pas comptabilis&#233;s des dizaines de millions de travailleurs qui n'exercent que des m&#233;tiers occasionnels ou pr&#233;caires. La paup&#233;risation devan&#231;ait &#233;galement largement la prol&#233;tarisation dans l'Angleterre du dix-neuvi&#232;me si&#232;cle, m&#234;me si le poids relatif de &#171; l'arm&#233;e industrielle de r&#233;serve &#187; et de sa couronne de paup&#233;risme consolid&#233; n'a jamais &#233;t&#233; si flagrant qu'&#224; notre &#233;poque. Mais cela aussi fait pr&#233;cis&#233;ment partie de la logique contradictoire de l'accumulation du capital, dont la phase actuelle de mondialisation semble faire red&#233;couvrir les lois.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un ch&#244;mage et un paup&#233;risme permanents, &#224; la mesure de la nouvelle phase d'accumulation du capital&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il y a encore vingt ans, la population des pays imp&#233;rialistes consid&#233;rait le ch&#244;mage end&#233;mique, avec son cort&#232;ge irr&#233;ductible de paup&#233;risme et d'&#233;conomie &#171; informelle &#187;, cet euph&#233;misme aseptis&#233; invent&#233; par les &#233;conomistes pour d&#233;signer l'&#233;conomie du d&#233;nuement, avec ses petits boulots et ses mis&#233;rables trafics, comme le propre du tiers monde, le propre du &#171; sous-d&#233;veloppement &#187; en quelque sorte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait contresens. A l'&#233;vidence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque, il &#233;tait m&#234;me de bon ton, chez ceux qui se r&#233;clamaient du marxisme, de pr&#233;tendre que Marx s'&#233;tait tromp&#233; sur un point, avait un peu exag&#233;r&#233; en somme, avec sa th&#233;orie de &#171; la paup&#233;risation absolue &#187;. Certes, on convenait des failles du capitalisme, on d&#233;plorait ses crises, ces accidents de l'&#233;conomie de march&#233; pourvoyeurs de ch&#244;mage et de paup&#233;risme. Mais que le ch&#244;mage et la paup&#233;risation permanente accompagnent la croissance, l'expansion du capital, sa mondialisation et ses euphories boursi&#232;res et financi&#232;res, aurait pass&#233; pour une absurdit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant ! Voil&#224; que depuis vingt ans, est apparu ce ph&#233;nom&#232;ne nouveau et d&#233;routant : crise ou pas crise, r&#233;cession ou relance, le ch&#244;mage et la pauvret&#233; n'ont pas cess&#233; de cro&#238;tre, y compris dans les pays les plus riches, les plus d&#233;velopp&#233;s, dont les banlieues se tiermondisent au moment o&#249; le capital se mondialise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si c'&#233;tait Marx, tout simplement, qui avait raison ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Plus grandissent la richesse sociale, le capital en fonctionnement, l'ampleur et l'&#233;nergie de sa croissance, et par cons&#233;quent aussi la grandeur absolue du prol&#233;tariat et la force productive de son travail, et plus grandit l'arm&#233;e industrielle de r&#233;serve... Mais plus cette arm&#233;e de r&#233;serve est grande par rapport &#224; l'arm&#233;e ouvri&#232;re active, et plus la surpopulation consolid&#233;e... est massive... plus le paup&#233;risme officiel augmente. Ceci est la loi absolue et g&#233;n&#233;rale de l'accumulation capitaliste. (soulign&#233; par Marx). (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la loi qui maintient constamment l''&#233;quilibre entre la surpopulation relative, ou l'arm&#233;e industrielle de r&#233;serve, et l'ampleur et l'&#233;nergie de l'accumulation... implique une accumulation de mis&#232;re proportionnelle &#224; l'accumulation du capital. L'accumulation de richesse &#224; un p&#244;le signifie donc en m&#234;me temps &#224; l'autre p&#244;le une accumulation de mis&#232;re, de torture &#224; la t&#226;che, d'esclavage, d'ignorance, de brutalit&#233; et de d&#233;gradation morale pour la classe qui produit le capital. (...)&#034; Le Capital, livre I.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne d&#233;crirait pas en meilleurs termes aujourd'hui le ph&#233;nom&#232;ne de &#171; la mondialisation &#187;. Il n'est pas besoin de s'efforcer de croire que le capitalisme actuel est &#171; en crise &#187;, pour s'expliquer les ravages sociaux qu'il occasionne. En fait, la crise, la vraie, est probablement devant nous, comme en 1914... Ce &#224; quoi on assiste plut&#244;t aujourd'hui, c'est &#224; une nouvelle phase d'accumulation et d'expansion du capital, hautement instable, formidablement parasitaire, certes, mais se conformant en tous points &#224; &#171; la loi absolue et g&#233;n&#233;rale de l'accumulation capitaliste &#187;, mais &#224; une &#233;poque de r&#233;volutions scientifiques et technologiques posant les bases objectives du communisme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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