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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskyste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> Le PCF dans la tourmente
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		<dc:subject>Jean-Luc M&#233;lenchon
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		<description>Les adh&#233;rents du PCF ont &#233;t&#233; appel&#233;s fin novembre &#224; trancher le d&#233;saccord qui avait divis&#233; son conseil national quelques semaines plus t&#244;t. La premi&#232;re option, d&#233;fendue par le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral Pierre Laurent, consistait &#224; se rallier d&#232;s &#224; pr&#233;sent &#224; la candidature de M&#233;lenchon. La seconde &#224; pr&#233;senter un candidat du parti aux pr&#233;sidentielles avec une &#233;ventualit&#233; de se d&#233;sister ult&#233;rieurement en faveur d'un autre candidat de la gauche plus &#8216;pr&#233;sentable' &#224; leurs yeux que Hollande ou Valls &#8212; Montebourg par exemple, du&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les adh&#233;rents du PCF ont &#233;t&#233; appel&#233;s fin novembre &#224; trancher le d&#233;saccord qui avait divis&#233; son conseil national quelques semaines plus t&#244;t. La premi&#232;re option, d&#233;fendue par le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral Pierre Laurent, consistait &#224; se rallier d&#232;s &#224; pr&#233;sent &#224; la candidature de M&#233;lenchon. La seconde &#224; pr&#233;senter un candidat du parti aux pr&#233;sidentielles avec une &#233;ventualit&#233; de se d&#233;sister ult&#233;rieurement en faveur d'un autre candidat de la gauche plus &#8216;pr&#233;sentable' &#224; leurs yeux que Hollande ou Valls &#8212; Montebourg par exemple, du moins si le cas se posait encore apr&#232;s la primaire organis&#233;e par le PS. C'est finalement la proposition de Pierre Laurent qui l'a emport&#233; d'une courte t&#234;te parmi les 40 000 adh&#233;rents qui ont vot&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mais les objectifs des deux tendances de la direction du PCF ne sont pas vraiment oppos&#233;s. Leur principale pr&#233;occupation consiste &#224; trouver la formule qui ferait payer le moins cher au PCF le discr&#233;dit de la gauche, dont la pr&#233;sence au pouvoir a clairement montr&#233; qu'elle pouvait faire la m&#234;me politique que la droite et m&#234;me pire.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'impasse de la politique &#171; d'union de la gauche &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce qui d&#233;termine les choix des uns et des autres, ce n'est m&#234;me pas la pr&#233;servation de tous les &#233;lus du parti &#8211; ce qui para&#238;t improbable vu le discr&#233;dit de la gauche &#8211; mais seulement la meilleure mani&#232;re de limiter les d&#233;g&#226;ts. Pour les d&#233;put&#233;s, cela passe par des accords avec le PS aux l&#233;gislatives, exactement comme lors des derni&#232;res municipales pour conserver des mairies. Si le PCF avait pr&#233;sent&#233; son propre candidat, il aurait risqu&#233; de subir un revers comme avec Marie-Georges Buffet en 2007 (1,93 %) rendant plus difficile la n&#233;gociation avec le PS. Mais en se rangeant derri&#232;re un candidat du PS &#8211; &#171; frondeur &#187; ou pas &#8211; il sera de toutes fa&#231;ons r&#233;duit &#224; la portion congrue dans les marchandages sur le partage des postes. Et en faisant voter pour M&#233;lenchon flanqu&#233; de son nouveau regroupement des &#171; insoumis &#187;, auquel le PCF se refuse &#224; participer, il n'a l&#224; encore aucune garantie quant &#224; ce partage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PCF, de longue date, a choisi d'&#234;tre avant tout un parti institutionnel &#8211; et m&#234;me autant que possible de gouvernement &#8211; plut&#244;t qu'un parti de lutte. Les pr&#233;occupations &#233;lectorales priment sur tout le reste. Ce que son secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral justifie en avan&#231;ant que les travailleurs ont besoin des d&#233;put&#233;s et autres &#233;lus du PCF pour leur d&#233;fense. Ces repr&#233;sentants pourraient certes &#234;tre utiles &#224; la marge, mais ils n'ont pas la moindre efficacit&#233; pour faire obstacle &#224; l'offensive men&#233;e par le gouvernement et le patronat contre les travailleurs. Pour illustrer cette r&#233;alit&#233; ce ne sont pas les exemples qui manquent, la loi El Khomri n'&#233;tant que le plus r&#233;cent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette politique &#224; la fois &#233;lectoraliste et suiviste a donc un prix, et les adh&#233;rents et militants du PCF n'ont pas fini de le payer et de ravaler leur amertume. Les diverses moutures de &#171; l'union de la gauche &#187; pr&#244;n&#233;e depuis plus de 50 ans par le PCF, l'ont conduit &#224; soutenir des politiciens bourgeois, de Mitterrand &#224; M&#233;lenchon, &#224; se ranger derri&#232;re eux au point d'en &#234;tre compl&#232;tement d&#233;pendant sous peine de dispara&#238;tre. Non seulement une telle politique ne permet pas au parti de se maintenir sur le terrain &#233;lectoral, mais elle s'est aussi accompagn&#233;e d'une s&#233;rieuse &#233;rosion de sa base ouvri&#232;re et militante au fil des derni&#232;res d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le r&#233;sistible d&#233;clin de la base ouvri&#232;re&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce qui a fait la force du PCF dans le pass&#233;, ce ne sont pas ses succ&#232;s &#233;lectoraux qui n'&#233;taient que le reflet de son implantation en milieu ouvrier et populaire. Implantation principalement dans les usines et les lieux de travail, avec, &#224; une &#233;poque d&#233;sormais lointaine, une base de salari&#233;s organis&#233;s dans pratiquement chaque grande entreprise. M&#234;me si peu &#224; peu cette intervention et cette organisation ont fini par se limiter essentiellement au terrain syndical. M&#234;me si, de par les choix politiques du parti, balan&#231;ant entre la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts de la bureaucratie de l'URSS et celle des int&#233;r&#234;ts nationaux fran&#231;ais, le PCF restait de toutes fa&#231;ons au mieux sur le terrain du r&#233;formisme et ne menait que les combats qui ne risquaient pas de conduire &#224; une g&#233;n&#233;ralisation des luttes. M&#234;me si dans diff&#233;rentes circonstances historiques, lors de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de juin 36 ou celle de mai 68, le parti avait jou&#233; ouvertement le r&#244;le que la bourgeoisie attendait de lui, celui de frein, plut&#244;t que d'acc&#233;l&#233;rateur de la lutte de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, et maintenant depuis pas mal d'ann&#233;es, ce sont davantage, et de loin, les cellules locales que les cellules d'entreprises qui fournissent les principaux bataillons du parti. Il n'emp&#234;che que le parti dispose encore d'un contingent de sympathisants ouvriers, souvent militants CGT, sup&#233;rieur &#224; celui que les groupes de l'extr&#234;me gauche &#8211; m&#234;me r&#233;unis &#8211; peuvent aligner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un certain nombre d'entre eux ont r&#233;cemment retrouv&#233; des couleurs (rouges !) dans le mouvement contre la loi travail : en entra&#238;nant leurs coll&#232;gues dans ce combat sur un terrain de classe, ils ont enfin pu dire clairement ce qu'ils pensaient de cette gauche de gouvernement &#224; laquelle les dirigeants de leur parti sont si li&#233;s. Ils l'ont fait le plus souvent sans chercher &#224; aller plus loin que la politique bien limit&#233;e de l'intersyndicale, mais en marquant une nette pr&#233;f&#233;rence pour les actions les plus d&#233;termin&#233;es. Laisseront-ils le PCF terminer sa lente mutation en petit appareil &#233;lectoral satellite de la gauche ? Ou certains tenteront-ils de redresser la barre ? Si ces militants existent au sein du PCF, ils n'ont pas &#233;t&#233; repr&#233;sent&#233;s dans la r&#233;cente consultation. Pour aller au bout d'une telle d&#233;marche, ils devront rompre avec une tradition de collaboration de classe et d'esprit patriotard, cultiv&#233;e pendant des d&#233;cennies par leur direction, en d&#233;pit de l'&#233;tiquette communiste conserv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas nous qui pouvons r&#233;pondre &#224; ces questions. Mais des militants du PCF eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27 novembre 2016, &lt;strong&gt;Louis GUILBERT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Campagne des Primaires &#224; droite comme au PS : La mascarade des d&#233;magogues
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		<dc:subject>Jean-Luc M&#233;lenchon
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>PCF
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		<dc:subject>Immigr&#233;s
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		<dc:subject>Migrants
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		<dc:subject>Elections
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		<description>&#192; droite comme au PS, c'est le d&#233;fil&#233; des aspirants candidats &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle. Sarkozy et Hollande ayant tellement d&#233;go&#251;t&#233; la population avec leur politique anti-ouvri&#232;re, tous leurs seconds couteaux se disent qu'ils ont une chance. Mais ce qu'ils ont &#224; proposer n'est pas bien diff&#233;rent : aust&#233;rit&#233; et suppressions d'emplois pour les travailleurs, all&#232;gements d'imp&#244;t pour le patronat. Quand ils cherchent &#224; se distinguer, c'est en allant toujours plus loin vers les id&#233;es naus&#233;abondes du Front national,&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; droite comme au PS, c'est le d&#233;fil&#233; des aspirants candidats &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle. Sarkozy et Hollande ayant tellement d&#233;go&#251;t&#233; la population avec leur politique anti-ouvri&#232;re, tous leurs seconds couteaux se disent qu'ils ont une chance. Mais ce qu'ils ont &#224; proposer n'est pas bien diff&#233;rent : aust&#233;rit&#233; et suppressions d'emplois pour les travailleurs, all&#232;gements d'imp&#244;t pour le patronat. Quand ils cherchent &#224; se distinguer, c'est en allant toujours plus loin vers les id&#233;es naus&#233;abondes du Front national, en d&#233;ployant un discours anti-immigr&#233;s qui ne vise qu'&#224; diviser les travailleurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Ne nous laissons pas diviser &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les premiers &#224; subir la surench&#232;re d&#233;magogique des futurs candidats sont les migrants. Le ministre de l'Int&#233;rieur, Bernard Cazeneuve, s'est rendu &#224; Calais la semaine derni&#232;re pour annoncer le d&#233;mant&#232;lement &#224; venir de la &#171; jungle &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les conditions de vie dans le camp s'aggravent de jour en jour, c'est d'abord du fait du harc&#232;lement de la police. Le d&#233;mant&#232;lement du camp de Calais n'aurait pour seul r&#233;sultat que de constituer un autre camp ailleurs, plus pr&#233;caire encore. Comme &#224; Paris, o&#249; les op&#233;rations polici&#232;res se sont multipli&#233;es contre des campements ces derniers mois, sans que les migrants d&#233;log&#233;s n'aient de solution d'h&#233;bergement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce monde tourne vraiment &#224; l'envers. Nos dirigeants multiplient les guerres, soutiennent des dictateurs &#224; travers le monde et provoquent la mis&#232;re aux quatre coins de la plan&#232;te. Mais ceux qui tentent de fuir ces situations se retrouvent accus&#233;s et pourchass&#233;s. La politique de l'Europe des barbel&#233;s, de fermeture de fronti&#232;res et de r&#233;pression polici&#232;re, fait des milliers de morts chaque ann&#233;e. Les criminels, ce sont nos gouvernants.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Comment faire entendre le monde du travail&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; la f&#234;te de &lt;em&gt;l'Humanit&#233;&lt;/em&gt;, le PCF a pr&#233;tendu &#339;uvrer pour l'unit&#233; &#224; la gauche du PS en r&#233;unissant les Montebourg, Hamon, Duflot et autre M&#233;lenchon. Tous d'anciens ministres, qui se sont affich&#233;s contre la loi Travail mais en avaient accept&#233; bien d'autres lorsqu'ils &#233;taient au gouvernement. Chacun &#233;coutant son ambition, pas s&#251;r qu'ils parviennent &#224; une candidature commune. Mais quelles que soient leurs tractations, ils n'offrent aucune perspective de mobilisation pour le monde du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces int&#233;r&#234;ts des travailleurs, il faudra les d&#233;fendre dans les usines, dans les entreprises, dans les services publics et dans la rue. C'est sur le terrain de la lutte des classes que les travailleurs se feront entendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La journ&#233;e de mobilisation appel&#233;e par les syndicats le 15 septembre sera une occasion de r&#233;affirmer que, si la loi Travail a &#233;t&#233; adopt&#233;e au parlement, elle est toujours rejet&#233;e par la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette mobilisation, il faudra la poursuivre, contre la loi Travail, mais aussi contre les nouveaux plans de licenciements, comme &#224; Alstom et SFR, contre les plans de comp&#233;titivit&#233; et toutes ces attaques annonc&#233;es. Le patronat, lui, n'attend pas 2017 pour mener sa lutte de classe, alors &#224; notre tour de mener la n&#244;tre !&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;slogan_centre&#034;&gt;Tous &#224; la manifestation, jeudi 15 septembre&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;slogan_centre&#034;&gt;&#192; Paris : 14 heures &#224; Bastille&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> &#192; force de chanter la Marseillaise, ils en oublient l'Internationale
</title>
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		<dc:date>2015-12-09T10:23:24Z</dc:date>
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>PCF
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		<description>Andr&#233; Chassaigne, membre du PCF, chef de file des d&#233;put&#233;s du Front de gauche &#224; l'Assembl&#233;e nationale, a r&#233;cidiv&#233;. &lt;br /&gt;En juin 2014, c'est lui qui s'&#233;tait vant&#233; d'avoir fait adopter &#171; l'amendement qui pouvait mettre fin &#224; la gr&#232;ve. &#187; Une modification de forme qui ne changeait rien &#224; la r&#233;forme ferroviaire, mais donnait quelques garanties aux appareils syndicaux.&#8230; C'est &#224; la suite de cette man&#339;uvre que la direction de la CGT, Lepaon en t&#234;te, avait pouss&#233; &#224; la reprise du travail, tandis que les cheminots qui s'&#233;taient&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Andr&#233; Chassaigne, membre du PCF, chef de file des d&#233;put&#233;s du Front de gauche &#224; l'Assembl&#233;e nationale, a r&#233;cidiv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin 2014, c'est lui qui s'&#233;tait vant&#233; d'avoir fait adopter &#171; l'amendement qui pouvait mettre fin &#224; la gr&#232;ve. &#187; Une modification de forme qui ne changeait rien &#224; la r&#233;forme ferroviaire, mais donnait quelques garanties aux appareils syndicaux.&#8230; C'est &#224; la suite de cette man&#339;uvre que la direction de la CGT, Lepaon en t&#234;te, avait pouss&#233; &#224; la reprise du travail, tandis que les cheminots qui s'&#233;taient exprim&#233;s en AG &#233;taient tous d'accord que l'amendement Chassaigne ne changeait rien &#224; rien...&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La semaine derni&#232;re, c'est lui qui a d&#233;fendu le vote unanime des d&#233;put&#233;s du Front de gauche en faveur de la prolongation de trois mois de l'&#233;tat d'urgence. Oui, cette loi dont le gouvernement se sert pour interdire toutes les manifestations qui ne lui sont pas favorables et pour perquisitionner voire assigner &#224; r&#233;sidence des militants de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Stopper une gr&#232;ve et emp&#234;cher les manifs, un beau bilan pour un d&#233;put&#233; qui se dit communiste !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Les leurres du &#171; communisme municipal &#187;
</title>
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>PCF
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		<dc:subject>Municipales
</dc:subject>

		<description>Il est arriv&#233; au mouvement ouvrier d'inspiration marxiste, &#224; la fin du 19&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, de conqu&#233;rir des mairies de villes ouvri&#232;res. Il les consid&#233;rait comme des bastions pour organiser les luttes, promouvoir les Bourses de travail. Il ne craignait pas de prendre le risque de voir ses maires r&#233;voqu&#233;s par les pr&#233;fectures. Mais la gestion municipale, &#224; proprement parler, a &#233;t&#233; pour les partis ouvriers r&#233;formistes, qu'ils se disent socialistes ou communistes, l'un des facteurs d'int&#233;gration &#224; l'appareil&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il est arriv&#233; au mouvement ouvrier d'inspiration marxiste, &#224; la fin du 19&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, de conqu&#233;rir des mairies de villes ouvri&#232;res. Il les consid&#233;rait comme des bastions pour organiser les luttes, promouvoir les Bourses de travail. Il ne craignait pas de prendre le risque de voir ses maires r&#233;voqu&#233;s par les pr&#233;fectures. Mais la gestion municipale, &#224; proprement parler, a &#233;t&#233; pour les partis ouvriers r&#233;formistes, qu'ils se disent socialistes ou communistes, l'un des facteurs d'int&#233;gration &#224; l'appareil politique bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;A la conqu&#234;te des municipalit&#233;s avant 1914 &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le 6 juin 1882, le premier maire socialiste de l'histoire, Christophe Thivrier, ouvrier depuis l'&#226;ge de 10 ans, se pr&#233;sente en blouse de travail &#224; la mairie de Commentry (Allier). &#192; cette &#233;poque, l'opposition de classe appara&#238;t clairement dans la composition des listes &#233;lectorales : &#224; droite, des patrons petits et grands, et des notables. &#192; gauche, des ouvriers et plus rarement des employ&#233;s. L'affrontement oppose assez souvent le patron de l'usine de la ville au leader syndical. Comme &#224; Carmaux, en 1892, o&#249; le syndicaliste mineur Jean-Baptiste Calvignac porte les couleurs du socialisme face &#224; son patron le baron Reille. Son licenciement d&#233;clencha une longue gr&#232;ve r&#233;prim&#233;e par l'arm&#233;e. La m&#234;me ann&#233;e, les socialistes Henri Carrette et Sim&#233;on Flaissi&#232;res sont &#233;galement &#233;lus maires, respectivement de Roubaix et Marseille&#8230; En 1912, &#224; la veille de la guerre, on compte 297 municipalit&#233;s socialistes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Quand Jules Guesde ne croyait pas au &#171; socialisme municipal &#187; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement ouvrier est alors divis&#233; entre deux courants principaux : le Parti ouvrier de Jules Guesde et les &#171; possibilistes &#187; &#8211; on dirait aujourd'hui les r&#233;formistes &#8211; men&#233;s par Paul Brousse. Les positions des guesdistes sont radicales, du moins au cours des premi&#232;res ann&#233;es. Le pouvoir communal ne peut &#234;tre qu'une base pour partir &#224; l'assaut du pouvoir central. L'influence de la Commune de Paris est encore tr&#232;s forte. Leur programme pr&#233;conise le droit de vote et d'&#233;ligibilit&#233; pour les femmes, l'armement dans la commune de tous les citoyens, le d&#233;sarmement et le licenciement des forces de police. Sur le plan &#233;conomique, la commune doit se proclamer h&#233;riti&#232;re de toutes les successions, ma&#238;tresse des services publics et s'engager &#224; cr&#233;er des entreprises pour donner du travail aux ch&#244;meurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jules Guesde d&#233;clare qu'il ne peut pas exister de &#171; socialisme municipal &#187;. M&#234;me si son programme, pour les &#233;lections municipales de 1892, pr&#233;sente des revendications plus modestes et imm&#233;diatement r&#233;alisables : cantines scolaires, sanatoriums, dispensaires, maternit&#233;s, bains publics gratuits, bureaux d'aide sociale et juridique, Bourse du travail. Pour leur soutien aux travailleurs, de nombreux maires socialistes sont r&#233;voqu&#233;s ou poursuivis en justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais sur le terrain, les relations des maires socialistes avec diverses institutions bourgeoises, dont la pr&#233;fecture, transforment leur vision de l'&#201;tat. M&#234;me les guesdistes sont rapidement acquis aux pratiques r&#233;formistes du pouvoir municipal. Tous se consacrent &#224; essayer d'am&#233;liorer les conditions de vie de la classe ouvri&#232;re dans le cadre du syst&#232;me capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la veille de la Premi&#232;re Guerre mondiale, nombre de maires socialistes sont d&#233;j&#224; devenus des notables&#8230; entra&#238;n&#233;s &#224; la d&#233;claration de guerre, comme la direction de leur parti par le courant patriotique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'Internationale communiste et les municipalit&#233;s &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En 1920, l'Internationale communiste avait d&#233;fini la tactique des r&#233;volutionnaires face aux instances d&#233;mocratiques. &lt;em&gt; &#171; Les parlements bourgeois, constituant un des principaux appareils de la machine gouvernementale de la bourgeoisie, ne peuvent pas plus &#234;tre conquis par le prol&#233;tariat que l'&#201;tat bourgeois en g&#233;n&#233;ral &#187; &lt;/em&gt;. L'IC pr&#233;cisait qu'il &lt;em&gt; &#171; en est de m&#234;me des institutions municipales ou communales de la bourgeoisie, qu'il est th&#233;oriquement faux d'opposer aux organes gouvernementaux. &#192; la v&#233;rit&#233;, elles font aussi partie du m&#233;canisme gouvernemental de la bourgeoisie : elles doivent &#234;tre d&#233;truites par le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire et remplac&#233;es par les Soviets de d&#233;put&#233;s ouvriers &#187; &lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, pour les &#233;lections municipales 1925, le jeune Parti communiste se pr&#233;sente, face au &#171; Bloc national &#187; des partis de droite et au &#171; Bloc des gauches &#187;, sous l'&#233;tiquette d'un &#171; Bloc ouvrier paysan &#187; dont l'objectif est pr&#233;cis&#233; ainsi : &lt;em&gt; &#171; Qu'il soit ma&#238;tre de la Mairie, en minorit&#233; ou absent du Conseil municipal, le Bloc Ouvrier Paysan fera son travail municipal. En dehors de la mairie, en marge des organismes municipaux constitutionnels, le Bloc des Municipalit&#233;s Ouvri&#232;res et Paysannes fonctionnera et sera anim&#233; d'une vie propre. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; Elus ou non, c'est avec les masses prol&#233;tariennes et rurales que les communistes feront leur travail municipal. C'est avec les repr&#233;sentants des organisations prol&#233;tariennes, avec les groupements de locataires, de mal lotis, d'anciens combattants, avec les comit&#233;s de march&#233;s, d'usagers, de consommateurs, avec la masse des femmes, des soldats, des apprentis (priv&#233;s de toute repr&#233;sentation politique), avec successivement toutes les cat&#233;gories de travailleurs, dont les int&#233;r&#234;ts imm&#233;diats seront directement en jeu, qu'ils envisageront les modalit&#233;s selon lesquelles l'action du B.O.P. (Bloc Ouvrier Paysan) sera bien l'expression directe de la volont&#233; des masses exploit&#233;es &#187;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre la crise des loyers et du logement, il pr&#233;conise &lt;em&gt; &#171; la construction en quantit&#233; suffisante de logements sains &#187; &lt;/em&gt; et &lt;em&gt; &#171; la d&#233;claration obligatoire des logements vacants et leur location directe par les offices municipaux du logement &#187; &lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il insiste sur le fait que &lt;em&gt; &#171; La lutte pour les municipalit&#233;s, surtout dans les circonstances pr&#233;sentes, ne peut se d&#233;rouler sur le terrain &#233;troit des seules revendications locales &#187; &lt;/em&gt;. Il avance des mesures plus g&#233;n&#233;rales telle celle &lt;em&gt; &#171; contre les cons&#233;quences de la crise &#233;conomique &#8211; Le maintien strict de la journ&#233;e de huit heures ; l'interdiction pour le patronat de licencier un seul ouvrier tant que la journ&#233;e de huit heures ne sera pas int&#233;gralement appliqu&#233;e, dans telle ou telle entreprise &#187; &lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que le droit de vote ne sera accord&#233; aux femmes que 20 ans plus tard, le Parti communiste r&#233;clame pour elles le droit de vote et de mettre des candidates sur ses listes. Les pr&#233;fets ont beau rappeler aux mairies qu'en d&#233;pit &lt;em&gt; &#171; des informations parues dans certains journaux &lt;/em&gt; [&#8230;] &lt;em&gt; les bulletins portant des noms de femmes sont nuls &#187; &lt;/em&gt;, dix femmes seront n&#233;anmoins &#233;lues&#8230; r&#233;voqu&#233;es quelques mois plus tard par la pr&#233;fecture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le Parti Communiste &lt;em&gt; &#171; entend relier de la fa&#231;on la plus serr&#233;e les revendications municipales aux grandes questions &#233;conomiques et politiques d'ordre national et international qui les conditionnent presque enti&#232;rement &#187; &lt;/em&gt;. Mussolini &#233;tant au pouvoir depuis 1922 en Italie, il fait donc par exemple figurer la lutte contre le fascisme dans son programme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les maires communistes de ces premi&#232;res ann&#233;es du PC, anciens &#233;lus socialistes qui ont suivi la majorit&#233; du congr&#232;s de Tours (d&#233;cembre 1920) ou nouveaux &#233;lus des &#233;lections de 1925, sont amen&#233;s &#224; affronter l'&#201;tat, par exemple en soutenant les mutins de la Mer noire qui ont refus&#233; de combattre contre l'URSS, puis contre la guerre du RIF en 1924, quand le PC de l'&#233;poque prend de courageuses positions anti-colonialistes. Des maires et conseillers municipaux sont arr&#234;t&#233;s. Ils m&#232;nent aussi des luttes vigoureuses sur le terrain du logement, n'h&#233;sitant pas &#224; menacer de repr&#233;sailles physiques les &#171; vautours &#187; &#8211; surnom des propri&#233;taires h&#233;rit&#233; de l'&#233;poque de la Commune &#8211; et s'opposent physiquement aux tentatives d'expulsion. Enfin le maire communiste est souvent en premi&#232;re ligne pour soutenir les gr&#233;vistes des entreprises locales &#224; qui sont attribu&#233;s des salles de r&#233;unions, des cantines, des allocations, la gratuit&#233; de diff&#233;rents services.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les maires communistes r&#233;tifs aux consignes &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de maires, qui n'ont adh&#233;r&#233; au PC que pour ne pas se couper de leurs &#233;lecteurs ouvriers, rechignent &#224; appliquer les nouvelles directives. Certains retournent &#224; la SFIO, les plus nombreux font le dos rond. Mais dans le PC lui-m&#234;me, la politique dite de &#171; bolchevisation &#187; d&#233;cid&#233;e par Moscou, qui vise officiellement &#224; &#233;purer le parti, et en particulier les municipalit&#233;s, de leurs &#233;l&#233;ments opportunistes, et &#224; recentrer le travail militant autour des cellules d'entreprises et non plus des structures locales, tourne surtout &#224; la s&#233;lection des cadres fid&#232;les &#224; la direction stalinienne. Les maires communistes commencent &#224; suivre leurs pr&#233;d&#233;cesseurs guesdistes sur le chemin du r&#233;formisme, surtout apr&#232;s les &#233;lections de 1936 et l'alliance du Front populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le PC est interdit en 1939 &#224; la suite du pacte germano-sovi&#233;tique, certains de ses maires renient le parti pour conserver leur fauteuil, tel le maire de Bobigny Clamamus qui garda son poste&#8230; sous P&#233;tain. Sans parler du cas plus connu de Doriot, rival de Thorez et maire de Saint-Denis, exclu en 1934 pour avoir pr&#233;conis&#233; l'alliance avec la SFIO, puis fondateur en 1936 du Parti Populaire Fran&#231;ais fascisant.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;1945-47, &#224; l'heure de la &#171; reconstruction patriotique &#187; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au lendemain de la Deuxi&#232;me Guerre mondiale, le PC retrouve ses municipalit&#233;s de 1936 et en gagne de nouvelles. Il dirige ainsi 1 462 communes, dont 46 en banlieue parisienne et 4 villes de plus de 100 000 habitants : Toulon, Nantes, Limoges, Reims, auxquelles s'ajoute Marseille en 1946. On trouve dans les mairies communistes une nouvelle g&#233;n&#233;ration de cadres du PC, issus de la R&#233;sistance. La plupart sont d'origine ouvri&#232;re. Mais le PC participe au gouvernement et soutient l'effort de &lt;em&gt; &#171; reconstruction patriotique &#187; &lt;/em&gt; et ses &#233;quipes municipales peuvent &#224; la fois afficher leur soutien &#224; l'URSS, et appeler les travailleurs &#224; retrousser les manches.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le relatif isolement du temps de la guerre froide &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La guerre froide et l'&#233;viction du PC du gouvernement, en 1947, rendent plus d&#233;licate la collaboration de ses maires avec l'&#201;tat. Une nouvelle &#233;lection municipale a lieu cette ann&#233;e-l&#224;, o&#249; le Parti socialiste privil&#233;gie les alliances avec la droite pour combattre les communistes. M&#234;me dans la petite couronne parisienne, ladite &#171; banlieue rouge &#187;, le PC ne conserve que 27 mairies sur les 45 qu'il avait gagn&#233;es deux ans plus t&#244;t. Les conflits sont parfois violents, les provocations multiples, comme lorsque les milices du RPF (le parti cr&#233;&#233; par De Gaulle) effectuent une descente &#224; Ivry en 1948, obligeant les passants &#224; crier &lt;em&gt; &#171; Vive de Gaulle, &#224; bas Thorez &#187; &lt;/em&gt; et se battent avec les ouvriers. Plusieurs maires PC sont destitu&#233;s. N&#233;anmoins, dans les bastions qu'il conserve, le PC, qui caresse toujours l'espoir de revenir au gouvernement, tient &#224; continuer &#224; faire preuve de ses qualit&#233;s de gestionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;1965-77 : l'Union de la gauche et&#8230; l'&#226;ge d'or du communisme municipal &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est gr&#226;ce au retournement du PS qui cherche les alliances auxquelles la constitution gaulliste de 1958 pousse la &#171; gauche &#187; si elle veut revenir au pouvoir, qu'&#224; partir de 1965, le PC qui obtient toujours environ 20 % des voix au niveau national, voit grandir son empire municipal : 25 mairies de plus de 30 000 habitants en 1959, 33 en 1965, 45 en 1971 et 72 en 1977. C'est l'apog&#233;e du &#171; communisme municipal &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 1950 au d&#233;but des ann&#233;es 1980, sur la base d'un relatif d&#233;veloppement &#233;conomique, les appareils r&#233;formistes ont eu du grain &#224; moudre. Les maires PC peuvent se flatter de r&#233;alisations et &#233;quipements sociaux : piscines, gymnases, salle de r&#233;unions, biblioth&#232;ques, centres de vacances. Sans parler des constructions de HLM dont la distribution de logements fait la force des mairies des villes ouvri&#232;res. C'est sans doute au cours de cette p&#233;riode que l'emprise du PC sur la population est la plus forte. On retrouve le parti &#224; l'usine et dans son quartier. Clubs sportifs, associations culturelles, de jeunes, de retrait&#233;s, de locataires, centres a&#233;r&#233;s ou colonies de vacances compl&#232;tent les services offerts par la mairie. Des services sociaux certes utiles, mais dont la gestion remplace souvent chez les militants communistes les perspectives de lutte. D'autant que ces municipalit&#233;s communistes servent de vitrine &#224; cette Union de la gauche et au r&#244;le suppos&#233; que pourraient jouer les futurs camarades ministres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les maires communistes y confortent leurs positions de notables, y compris au sein de l'appareil du parti, o&#249; ils p&#232;sent d'autant plus que les mairies servent de refuges pour des permanents et militants priv&#233;s d'emploi, fournissent leurs moyens mat&#233;riels et humains pour la f&#234;te de l'Huma et passent leurs commandes aupr&#232;s des nombreuses entreprises cr&#233;&#233;es par le parti et r&#233;unies dans le groupe Gifco.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite aux &#233;lections municipales de 1977, le Parti communiste est &#224; son apog&#233;e municipal, avec 72 mairies de villes de plus de 30 000 habitants, 22 de plus qu'en 1971, dont 6 villes d&#233;passant les 100 000 habitants. Le Parti socialiste tire d&#233;j&#224; le maximum de profit de l'alliance d'Union de la gauche, sous l'&#233;tiquette de laquelle PC et PS s'&#233;taient pr&#233;sent&#233;s en commun dans la quasi-totalit&#233; de ces grandes villes, y engrangeant 81 mairies, soit 35 de plus qu'en 1971.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;1981-84 : l'&#233;preuve du pouvoir &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#199;a n'a pas tra&#238;n&#233;. Avec l'&#233;lection de Mitterrand en 1981, le blocage des salaires et les vagues de licenciements collectifs dans la sid&#233;rurgie, le discr&#233;dit du PCF et de ses quatre ministres a &#233;t&#233; rapide. La sanction est tomb&#233;e d&#232;s l'&#233;lection municipale de 1983, et plus durement sur le PC que sur le PS. Il y a perdu vingt de ses villes de plus de 30 000 habitants, dont trois de plus de 100 000 (N&#238;mes, Reims, Saint-&#201;tienne).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour tenter d'enrayer sa perte d'influence, son secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral Georges Marchais d&#233;cide la sortie des communistes du gouvernement. Bien que des maires communistes puissent para&#238;tre plus &#171; proches du peuple &#187; que leurs camarades ministres, ce retrait strat&#233;gique suscite parmi les premiers une lev&#233;e de bouclier. R&#233;novateurs, refondateurs et autres fossoyeurs des restes d'ind&#233;pendance du PC vis-&#224;-vis du PS d&#233;fendent leurs si&#232;ges que l'alliance avec les socialistes favorise. Le PCF ne perd pas seulement sa base : une partie de son appareil s'&#233;loigne pour garder ses mairies.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Depuis 1983, des banlieues rouges aux banlieues roses &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En banlieue parisienne, le maire d'Orly, Gaston Viens, est exclu du PC en 1989 pour avoir fait, par-dessus la t&#234;te du parti, sa nouvelle liste avec le PS. Jean Ooghes, maire de Sainte-Genevi&#232;ve-des-Bois choisit de le quitter la m&#234;me ann&#233;e. En f&#233;vrier 1996, c'est au tour du maire d'Arcueil, Marcel Trigon, d'entrer en dissidence et de quitter le PC, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; r&#233;&#233;lu gr&#226;ce &#224; lui, mais sur une liste o&#249; il s'&#233;tait m&#233;nag&#233; une majorit&#233; non-PC. Le maire de Montreuil, Jean-Pierre Brard le suit dans la m&#234;me voie en mai 1996.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de ces d&#233;parts, l'effritement rapide des voix du Parti communiste donne au Parti socialiste l'occasion de le r&#233;duire aussi sur le terrain municipal. Le PS avait organis&#233; d&#232;s 1983 des &#171; primaires &#224; gauche &#187; contre le PC. Avec le recul g&#233;n&#233;ral de la gauche, celles-ci furent un &#233;chec dont la droite avait b&#233;n&#233;fici&#233;. Mais aux municipales suivantes, en 1989, le PS prend au PC la ville des Mureaux, et en 1995 Ris-Orangis.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Mortelle piq&#251;re de rappel &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Chat &#233;chaud&#233; prenant go&#251;t &#224; la douche froide, le PC n'en r&#233;-entre pas moins au gouvernement, sous la houlette de Jospin en 1997, avec un rapport de forces encore plus d&#233;favorable qu'en 1981. L'effet boule de neige reprend : plus le PC s'int&#232;gre &#224; l'appareil d'&#201;tat, plus il s'associe aux attaques anti-ouvri&#232;res, plus il r&#233;duit sa base sociale. En 2001, si le parti affirme encore avoir 203 600 militants (la r&#233;alit&#233; est s&#251;rement moindre) et si sa perte de voix aux municipales est, du moins dans les villes qu'il d&#233;tient, moins grande que sa chute dans les scores nationaux, le verdict des municipales est sans appel : dix villes de plus de 30 000 habitants sont perdues, dont N&#238;mes, la derni&#232;re grande ville du PC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand elle ne passe pas au rose (Pantin) ou au vert (l'&#206;le-Saint-Denis), la banlieue rouge de Paris tourne parfois au bleu comme Colombes (77 000), Argenteuil (95 000 habitants) et Drancy (62 000), ces deux derni&#232;res ex-fiefs PC depuis 1935. Mais m&#234;me lorsque le PC garde la mairie, la victoire est am&#232;re : les &#171; places fortes &#187; du PC sont confront&#233;es &#224; une abstention qui d&#233;passe les 50 % en 2001 dans dix d'entre elles. M&#234;me les municipalit&#233;s les mieux r&#233;&#233;lues sont touch&#233;es : la liste PC de Bobigny ne rassemble que 26 % des inscrits, celle conduite par le r&#233;novateur Braouezec &#224; Saint-Denis seulement 23 %. Les &#233;lus restent, les &#233;lecteurs s'en vont&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le PS avait besoin du PC dans les ann&#233;es 1970-1980 pour revenir au pouvoir, c'est d&#233;sormais le PC qui est sous perfusion du PS, avec qui il s'efforce de marchander ses reculs.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La question du logement, l'un des pi&#232;ges du r&#233;formisme municipal &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Avec le ch&#244;mage, le manque de logements accessibles aux familles populaires en difficult&#233; croissante rend la situation inextricable du point de vue de la &#171; bonne &#187; gestion des offices publics de HLM dont les municipalit&#233;s sont parties prenantes. Et ce particuli&#232;rement dans les communes, souvent de gauche, qui ont construit et construisent le plus de logements sociaux. Cela conduit in&#233;vitablement &#224; des conflits entre mal-log&#233;s et municipalit&#233;s, m&#234;me lorsque ces derni&#232;res rechignent &#224; recourir aux expulsions pour loyers impay&#233;s dans le parc public, et cherchent &#224; les limiter de la part des bailleurs priv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les exemples r&#233;cents figure la municipalit&#233; communiste d'Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, le d&#233;partement le plus pauvre de l'&#206;le-de-France. La ville compte plus de 40 % de logements sociaux, 7 700 &#233;tant g&#233;r&#233;s par l'OPHLM aupr&#232;s duquel 3 800 demandes sont en attente. La question du squat de logements en attente de travaux ou de d&#233;molition y est devenue r&#233;currente depuis plusieurs ann&#233;es. L'&#233;t&#233; dernier, la mairie en a fait &#233;vacuer certains, appartenant &#224; l'OPHLM. Les familles &#224; la rue en attente de relogement ont &#233;t&#233; rejointes par d'autres &#233;galement menac&#233;es d'expulsion de leur squat. Mais si l'&#201;tat a apport&#233; son concours pour l'aspect r&#233;pressif, il s'est bien gard&#233; de rechercher une solution. Sans surprise d'ailleurs : en 2005 d&#233;j&#224;, c'est la municipalit&#233; qui, &#224; l'approche de l'hiver, avait fini par reloger provisoirement en foyer les expuls&#233;s ayant pass&#233; quatre mois dans la rue, la pr&#233;fecture ne proposant rien d'acceptable dans le d&#233;partement avant la sortie de l'hiver !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la crise de cet &#233;t&#233;, le maire PC s'est plac&#233; sur le terrain de l'ordre bourgeois, celui que se doit de faire respecter tout &#171; bon &#187; maire r&#233;publicain : la pr&#233;fecture faisant la sourde oreille aux demandes de relogement, il a contraint l'&#201;tat &#224; agir&#8230; mais d'abord &lt;em&gt; contre &lt;/em&gt; les anciens squatteurs, par une proc&#233;dure en r&#233;f&#233;r&#233; pour &lt;em&gt; &#171; trouble &#224; l'ordre public &#187; &lt;/em&gt; ! Ce n'est qu'apr&#232;s l'&#233;chec des tentatives d'&#233;vacuation muscl&#233;es du campement par la police que la pr&#233;fecture a finalement conclu, notamment avec l'association Droit au logement, un accord pour reloger les dizaines de familles en situation r&#233;guli&#232;re, ce que le pr&#233;fet pr&#233;tendait impossible quelques jours plus t&#244;t. Les autres sont rest&#233;es sur le carreau&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la logique du gestionnaire. Une municipalit&#233; qui se voudrait r&#233;ellement au service des travailleurs mettrait son poids, ses moyens pour d&#233;noncer les manquements de l'&#201;tat en mati&#232;re de logement, mobiliser avec les sans-logis sa population ouvri&#232;re pour imposer &#224; l'&#201;tat les cr&#233;dits de construction de logements. Dans l'urgence, elle exigerait la r&#233;quisition des logements vacants y compris dans les communes voisines riches.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Embellir les villes&#8230; et repousser la mis&#232;re ailleurs &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelques ann&#233;es, la mode est &#224; la &lt;em&gt; &#171; r&#233;novation urbaine &#187; &lt;/em&gt; et la &lt;em&gt; &#171; mixit&#233; sociale &#187; &lt;/em&gt;. Si les engagements sont tenus en 2013, l'&#201;tat aura consacr&#233; 12 milliards d'euros d'aides sur dix ans &#224; la r&#233;habilitation de 400 000 logements locatifs sociaux ainsi qu'&#224; la d&#233;molition/reconstruction de 250 000 autres. Mais derri&#232;re l'objectif affich&#233; de favoriser la mixit&#233; sociale, se cache, concernant des quartiers d&#233;favoris&#233;s ou &#224; forte population immigr&#233;e, une autre r&#233;alit&#233; : faire partir autant d'habitants pauvres ou ch&#244;meurs que possible pour favoriser l'installation de cat&#233;gories plus ais&#233;es. Si le fait est assum&#233; assez cyniquement par certaines municipalit&#233;s (notamment de droite, comme &#224; Argenteuil, en banlieue parisienne, o&#249; le maire souhaite acc&#233;l&#233;rer les d&#233;molitions de logements viables malgr&#233; l'avis des occupants), il s'impose aussi dans des municipalit&#233;s communistes qui peuvent y voir un moyen d'augmenter la proportion de locataires plus solvables dans les offices HLM &#8211; objectif &#233;videmment partag&#233; par les bailleurs &#171; sociaux &#187; priv&#233;s. La lutte pour la disparition des ghettos a parfois bon dos !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car ce ne sont pas partout les m&#234;mes populations qu'on reloge. &#192; La Courneuve, en banlieue parisienne, des d&#233;molitions de barres ont eu lieu d&#232;s 1989 ; il est apparu rapidement que les reconstructions ne seraient pas accessibles &#224; tous les anciens locataires. La m&#234;me tendance se manifeste dans les attributions de logements HLM, l&#224; o&#249; il s'en construit de nouveaux : m&#234;me dans des municipalit&#233;s de gauche il vaut mieux, pour ne pas attendre des ann&#233;es un logement social, &#234;tre petit cadre ou avoir la s&#233;curit&#233; de l'emploi, que d'&#234;tre travailleur pr&#233;caire ou charg&#233; de famille nombreuse avec un seul salaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cela s'ajoutent les effets de l'ordonnance de f&#233;vrier 2007 imposant une modification du statut des offices HLM, transform&#233;s en &lt;em&gt; &#171; &#201;tablissements publics &#224; caract&#232;re &#233;conomique et commercial &#187; &lt;/em&gt;, avec crit&#232;res de rentabilit&#233; &#224; l'appui, et l'intention du gouvernement, sous pr&#233;texte de favoriser l'accession &#224; la propri&#233;t&#233;, d'acc&#233;l&#233;rer les programmes de mise en vente d'une partie du parc de logements sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les mairies, courroies de transmission &#233;tatiques aupr&#232;s de la population &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le Parti socialiste est depuis tr&#232;s longtemps un des partis de gouvernement de la bourgeoisie. Le Parti communiste&#8230; aussi, m&#234;me s'il demeure un marginal ! M&#234;me s'il a encore (mais de moins en moins) une base militante dans les entreprises et un &#233;lectorat populaire, il se consid&#232;re lui-m&#234;me comme un parti de gestionnaires revendiquant y compris sa part de participation au pouvoir. Ayant perdu l'essentiel de sa base militante et de l'influence qu'il avait dans la classe ouvri&#232;re par le biais de la CGT, la gestion de quelques grandes municipalit&#233;s ou d'un conseil g&#233;n&#233;ral (celui de Seine-Saint-Denis que le PS compte lui rafler aux prochaines cantonales) est devenu le mode essentiel d'existence de son appareil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux mairies, celles des villes de plus de 20 000 ou 30 000 habitants, elles sont de gros appareils de gestion, brassant, sous contr&#244;le &#233;troit de l'&#201;tat, des budgets qui d&#233;passent, et de loin, les finances de ces partis (140 millions d'euros pour une seule ville de 90 000 habitants, Montreuil, alors que le budget national officiel du PC est de 32 millions ; 7 milliards d'euros pour le budget de Paris contre 48 millions pour celui du PS). Ce qui illustre le sacr&#233; poids social de ces maires et leurs liens &#233;troits avec le monde des affaires. Une ville de 40 000 &#224; 100 000 habitants emploie 1 500 ou 2 000 salari&#233;s, voire plus, et Paris en emploie 40 000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Courroies de transmission de l'&#201;tat aupr&#232;s de la population bien plus qu'&#233;manation d'elle, les mairies sont des parcelles de pouvoir dont les politiciens de gauche sont tout aussi friands que ceux de droite, et qui leur servent aussi de tremplin pour la conqu&#234;te des postes gouvernementaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si bien que pour les travailleurs, les &#233;lections qui se pr&#233;parent ne peuvent qu'&#234;tre l'occasion d'exprimer leur exasp&#233;ration face &#224; la politique anti-ouvri&#232;re du gouvernement en m&#234;me temps que leur m&#233;fiance de la gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17 janvier 2008&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Le lent d&#233;clin des mairies rouges
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		<dc:subject>Municipales
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		<description>&#171; La gauche a gagn&#233; des mairies, mais que vont y gagner les travailleurs ? &#187; titrait notre journal Lutte Ouvri&#232;re au lendemain de l'&#233;lection municipale de 1977. Le Parti communiste &#233;tait &#224; son apog&#233;e municipal, avec 72 mairies de villes de plus de 30 000 habitants, 22 de plus qu'en 1971, dont 6 villes d&#233;passant les 100 000 habitants. Le Parti socialiste tirait d&#233;j&#224; le maximum de profit de l'alliance d'Union de la gauche, sous l'&#233;tiquette de laquelle PC et PS s'&#233;taient pr&#233;sent&#233;s en commun dans la&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt; &#171; La gauche a gagn&#233; des mairies, mais que vont y gagner les travailleurs ? &#187; &lt;/em&gt; titrait notre journal &lt;em&gt; Lutte Ouvri&#232;re &lt;/em&gt; au lendemain de l'&#233;lection municipale de 1977. Le Parti communiste &#233;tait &#224; son apog&#233;e municipal, avec 72 mairies de villes de plus de 30 000 habitants, 22 de plus qu'en 1971, dont 6 villes d&#233;passant les 100 000 habitants. Le Parti socialiste tirait d&#233;j&#224; le maximum de profit de l'alliance d'Union de la gauche, sous l'&#233;tiquette de laquelle PC et PS s'&#233;taient pr&#233;sent&#233;s en commun dans la quasi-totalit&#233; de ces grandes villes, y engrangeant 81 mairies, soit 35 de plus qu'en 1971.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs n'ont rien gagn&#233; aux victoires de la gauche. Le PC, lui, a pay&#233; le prix fort pour cette Union pour laquelle il a brad&#233; son cr&#233;dit, dans l'espoir d'acc&#233;der &#224; quelques &#233;ph&#233;m&#232;res postes de ministres. Aujourd'hui le PC n'a plus une seule mairie de ville de plus de 100 000 habitants, et ne contr&#244;le que 29 mairies de villes de plus de 30 000 habitants.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'&#233;preuve du pouvoir&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#199;a n'a pas tra&#238;n&#233;. Avec l'&#233;lection de Mitterrand en 1981, le blocage des salaires et les vagues de licenciements collectifs dans la sid&#233;rurgie, le discr&#233;dit du PCF et ses 4 ministres a &#233;t&#233; rapide. La sanction est tomb&#233;e d&#232;s l'&#233;lection municipale de 1983, et plus durement sur le PC que sur le PS. Il y a perdu 20 de ses villes de plus de 30 000 habitants, dont 3 de plus de 100 000 (N&#238;mes, Reims, Saint &#201;tienne).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour tenter d'enrayer sa perte d'influence, son secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral Georges Marchais d&#233;cide la sortie des communistes du gouvernement. Bien que des maires puissent para&#238;tre plus &#171; proches du peuple &#187; que leurs camarades ministres, ce retrait strat&#233;gique suscite parmi les premiers une lev&#233;e de bouclier. R&#233;novateurs, refondateurs et autres fossoyeurs des restes d'ind&#233;pendance du PC vis-&#224;-vis du PS, d&#233;fendent leurs si&#232;ges que l'alliance avec les socialistes favorise. Le PCF ne perd pas seulement sa base : une partie de son appareil s'&#233;loigne pour garder ses mairies.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des banlieues rouges aux banlieues roses&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En banlieue parisienne, le maire d'Orly, Gaston Viens, est exclu du PC en 1989 pour avoir fait, par dessus la t&#234;te du parti, sa nouvelle liste avec le PS. Jean Ooghes, maire de Sainte-Genevi&#232;ve-des-Bois choisit de le quitter la m&#234;me ann&#233;e. En f&#233;vrier 1996, c'est au tour du maire d'Arcueil Marcel Trigon d'entrer en dissidence et de quitter le PC, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; r&#233;&#233;lu gr&#226;ce &#224; lui, mais sur une liste o&#249; il s'&#233;tait m&#233;nag&#233; une majorit&#233; non-PC. Le maire de Montreuil, Jean-Pierre Brard le suit dans la m&#234;me voie en mai 1996.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de ces d&#233;parts, l'effritement rapide des voix du Parti communiste donne au Parti socialiste l'occasion de le r&#233;duire aussi sur le terrain municipal. D&#232;s l'&#233;lection de 1983, le PS organise contre le PC des &lt;em&gt; &#171; primaires &#224; gauche &#187; &lt;/em&gt;. Avec le recul g&#233;n&#233;ral de la gauche, celles-ci sont un &#233;chec, dont la droite b&#233;n&#233;ficie. Mais en 1989, le PS prend au PC la ville des Mureaux, en 1995 Ris-Orangis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_297 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH376/pspcf-3d122.png?1528324003' width='400' height='376' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Mortelle piq&#251;re de rappel&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Chat &#233;chaud&#233; prenant go&#251;t &#224; la douche froide, le PC n'en r&#233;-entre pas moins au gouvernement, sous la houlette de Jospin en 1997, avec un rapport de forces encore plus d&#233;favorable qu'en 1981. L'effet boule de neige reprend : plus le PC s'int&#232;gre &#224; l'appareil d'&#201;tat, plus il s'associe aux attaques anti-ouvri&#232;res, plus il r&#233;duit sa base sociale. En 2001, si le parti affirme encore avoir 203 600 militants (la r&#233;alit&#233; est s&#251;rement moindre) et si sa perte de voix aux municipales est, du moins dans les villes qu'il d&#233;tient, moins grande que sa chute dans les scores nationaux, le verdict des municipales est sans appel : 10 villes de plus de 30 000 habitants sont perdues, dont N&#238;mes, la derni&#232;re grande ville du PC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand elle ne passe pas au rose (Pantin) ou au vert (l'&#206;le-Saint-Denis), la banlieue rouge de Paris tourne parfois au bleu comme Colombes, Argenteuil (95000 habitants) et Drancy (62 000), ces deux derni&#232;res ex-fiefs PC depuis 1935. Mais m&#234;me lorsque le PC garde la mairie, la victoire est am&#232;re : les &#171; places fortes &#187; du PC sont confront&#233;es &#224; une abstention qui d&#233;passe les 50 % en 2001 dans 10 d'entre elles. M&#234;me les municipalit&#233;s les mieux r&#233;&#233;lues sont touch&#233;es : la liste PC de Bobigny ne rassemble que 26 % des inscrits, celle conduite par le r&#233;novateur Braouzec &#224; Saint-Denis seulement 23 %. Les &#233;lus restent, les &#233;lecteurs s'en vont&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Bou&#233;e de sauvetage ? &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si le PS avait besoin du PC dans les ann&#233;es 1970-1980 pour revenir au pouvoir, c'est d&#233;sormais le PC qui est sous perfusion du PS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; &#171; Le capitalisme, c'est les riches qui d&#233;cident. R&#233;siste ! &#187; &lt;/em&gt;, proclament aujourd'hui les affiches du PC. Le ton un tantinet contestataire qu'il est capable de prendre le temps d'une campagne &#233;lectorale, les sourires &#233;ventuels qu'il peut faire &#224; l'extr&#234;me gauche, tout au moins dans les communes o&#249; le PS lui impose des primaires, n'ont d'autre but que d'am&#233;liorer le rapport de forces en sa faveur pour les marchandages du second tour, pieds et poings alli&#233;s avec les socialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lucas BRUGHEL&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_298 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH514/pcf-dda29.png?1528324003' width='400' height='514' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Pouvoir, quand tu nous tiens !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les maires de droite sont dans leur r&#244;le en flattant les pr&#233;jug&#233;s r&#233;actionnaires, en pr&#244;nant le tout s&#233;curitaire, en multipliant les cam&#233;ras de surveillance ou en pr&#233;f&#233;rant payer les amendes, plut&#244;t que d'imposer &#224; leurs tr&#232;s chers administr&#233;s la promiscuit&#233; avec des HLM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais par peur de perdre des &#233;lecteurs ou pour attirer une client&#232;le plus ais&#233;e, les maires de gauche embo&#238;tent parfois le pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le socialiste Georges Fr&#234;che, maire de Montpellier de 1977 &#224; 2004 avant de devenir pr&#233;sident de R&#233;gion, s'est affich&#233; r&#233;cemment par des &#233;carts racistes. Question de plaire &#224; une partie de son &#233;lectorat, dans une ville et une r&#233;gion qui compte encore un fort pourcentage de &lt;em&gt; &#171; pieds-noirs &#187; &lt;/em&gt; nostalgiques des colonies. M&#234;me si, face au scandale, le PS a d&#251; finir, tardivement, par l'exclure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il n'est pas rare non plus que des maires communistes connus pratiquent l'exercice. Avec un peu plus d'hypocrisie, en faisant le grand &#233;cart entre coquetteries anti-immigr&#233;s et professions de foi sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le maire de Vitry en banlieue parisienne, avait fait d&#233;truire au bulldozer en 1980 un foyer de travailleurs africains&#8230; le m&#234;me, capable en 1993 de soutenir les cheminots s'opposant &#224; la fermeture des ateliers SNCF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le maire de V&#233;nissieux dans la banlieue de Lyon, Andr&#233; G&#233;rin, &#233;crivait &#224; Chirac en novembre 2005, au moment des &#233;meutes de banlieues : &lt;em&gt; &#171; Je souscris &#224; vos propos pour r&#233;tablir l'ordre &lt;/em&gt;[&#8230;] &lt;em&gt; L'heure est au rassemblement r&#233;publicain pour &#233;radiquer la gangr&#232;ne, la barbarie, la sauvagerie &#187; &lt;/em&gt;&#8230; ajoutant certes qu'une des causes de cette &lt;em&gt; &#171; gangr&#232;ne &#187; &lt;/em&gt; &#233;tait la d&#233;chirure entre &lt;em&gt; &#171; une jeunesse populaire qui s'enfonce dans la pauvret&#233; &#187; et &#171; une France opulente &#187; &lt;/em&gt;. Responsable, il pr&#233;conisait n&#233;anmoins comme solution au ch&#244;mage des jeunes &lt;em&gt; &#171; la g&#233;n&#233;ralisation de l'apprentissage r&#233;mun&#233;r&#233;, d&#232;s 14 ans &#187; &lt;/em&gt;&#8230; le m&#234;me, capable d'interdire en mars 2006, par d&#233;cret municipal, toute coupure d'eau, de gaz et d'&#233;lectricit&#233; aux familles en difficult&#233;, au grand dam de la pr&#233;fecture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L.B.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Rendre la gauche plus de gauche ?
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		<dc:subject>Extr&#234;me gauche
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		<dc:subject>PCF
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		<description>La &#171; dynamique unitaire &#187; des collectifs antilib&#233;raux vient d'&#233;chouer sur un &#233;cueil : la d&#233;signation du candidat qui aurait port&#233; leur couleur commune aux pr&#233;sidentielles. &lt;br /&gt;Apr&#232;s les retraits, sym&#233;triques, de M&#233;lenchon ralli&#233; &#224; Fabius et de la LCR qui a &#233;chou&#233; &#224; entra&#238;ner ses alli&#233;s dans une rupture politique plus nette avec le Parti socialiste, les partenaires-concurrents des collectifs s'&#233;taient pourtant entendus sur ce qu'on aurait pu croire l'essentiel : une charte antilib&#233;rale vague et creuse &#224; souhait,&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La &#171; dynamique unitaire &#187; des collectifs antilib&#233;raux vient d'&#233;chouer sur un &#233;cueil : la d&#233;signation du candidat qui aurait port&#233; leur couleur commune aux pr&#233;sidentielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les retraits, sym&#233;triques, de M&#233;lenchon ralli&#233; &#224; Fabius et de la LCR qui a &#233;chou&#233; &#224; entra&#238;ner ses alli&#233;s dans une rupture politique plus nette avec le Parti socialiste, les partenaires-concurrents des collectifs s'&#233;taient pourtant entendus sur ce qu'on aurait pu croire l'essentiel : une charte antilib&#233;rale vague et creuse &#224; souhait, un ensemble de &#171; propositions concr&#232;tes &#187; pas aussi radicales qu'elles le pr&#233;tendent, et, surtout, une m&#234;me d&#233;marche &#224; l'&#233;gard du PS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car le plus frappant dans l'aplomb avec lequel Marie-George Buffet, Yves Salesse, Cl&#233;mentine Autin, Jos&#233; Bov&#233; et autres Patrick Braouezec affirmaient tous, avant leur dispersion r&#233;cente, &#171; faire du radicalement neuf &#224; gauche &#187;, c'est la constance avec laquelle ils ont tous repris la radicalement vieille rengaine du Parti communiste, qui a abus&#233; puis us&#233; ses militants depuis plus de 20 ans : il faut faire gagner la gauche (donc le PS), mais celle-ci doit &#234;tre plus de gauche, gr&#226;ce &#224; des rapports de force plus &#233;quilibr&#233;s qui contraindraient le PS &#224; gauchir sa politique. Probl&#232;me &#233;videmment : comment rendre le PS plus de gauche ? En sachant qu'on ne fait pas boire un &#226;ne qui n'a pas soif.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;On conna&#238;t la chanson...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pendant des d&#233;cennies on a repass&#233; aux militants du PCF, appel&#233;s r&#233;guli&#232;rement &#224; soutenir le PS de leurs votes, le vieux plat du bon Jacques Duclos qui, d&#233;j&#224; dans les ann&#233;es 1960, ass&#233;nait &#224; ses camarades : &lt;em&gt;&#171; les socialistes c'est pas qu'on les aime... C'est pas nos amis, c'est plut&#244;t nos fr&#232;res ou nos cousins. Et la famille, c'est pas comme les amis, on la choisit pas. &#187;&lt;/em&gt; Eh oui, solidarit&#233; obligatoire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce qu'il fallait bien que &#171; la gauche gagne &#187;, il fallait donc avoir des ministres en 1981.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand, apr&#232;s 1984, le PCF n'a plus fait partie des divers gouvernements de Mitterrand, il lui fallait bien mettre quand m&#234;me de l'eau dans son vin et toujours reconduire les alliances au moins au moment des &#233;lections, histoire de garder conseils g&#233;n&#233;raux, municipalit&#233;s, d&#233;put&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 1993, les dirigeants du PCF d&#233;ploy&#232;rent des tr&#233;sors d'ing&#233;niosit&#233; pour faire du neuf avec du vieux. Ah, non, le programme commun plus jamais &#231;a ! L'&#233;quipe de Robert Hue inventa alors le &#171; PUP &#187;, le &#171; Pacte Unitaire pour le Progr&#232;s &#187; qui serait un vaste rassemblement de militants et de citoyens du peuple de gauche, un rassemblement par le bas qui impulserait (et contr&#244;lerait !), le rassemblement au sommet des appareils, mis en demeure de rendre des comptes... Un fant&#244;me bien oubli&#233; depuis, mais un peu l'anc&#234;tre de nos collectifs d'aujourd'hui !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis vint 1997. Robert Hue voulait avoir &lt;em&gt;&#171; un pied dans le gouvernement, un pied dans le mouvement populaire &#187;.&lt;/em&gt; C'&#233;tait le temps o&#249; la ministre de l'anti-dopage Buffet refusait de se d&#233;solidariser &#224; la t&#233;l&#233;vision de son camarade ministre de l'int&#233;rieur Chev&#232;nement, qui envoyait les CRS chasser la r&#233;volte des ch&#244;meurs des Assedic. Le temps o&#249; Gayssot jouait &#224; l'homme d'&#201;tat, privatisait Air-France et d&#233;graissait la SNCF. Le temps o&#249; tous ces ministres, contestataires et rebelles dans l'&#226;me mais responsables, demandaient aux gens de donner au Parti communiste plus de moyens de &lt;em&gt;&#171; peser &#224; gauche &#187;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, &#224; l'exception de la majorit&#233; de la LCR, les figures des collectifs antilib&#233;raux n'ont pas d'autre perspective &#224; proposer &#224; l'approche des &#233;lections pr&#233;sidentielles : rester des satellites du PS, pr&#233;tendument capables, pourvu que l'&#233;lecteur les aide &#224; grossir un peu, de tirer un peu hors de son orbite leur plan&#232;te de r&#233;f&#233;rence.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Gauchir le Parti socialiste ? &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En lui faisant faire une politique clairement favorable aux travailleurs, et donc... susceptible de le f&#226;cher gravement avec le patronat ? Autant traire un bouc !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti socialiste est un parti de la bourgeoisie qui a fait ses preuves. Il sait se montrer au-dessus de ses propres int&#233;r&#234;ts &#233;lectoraux. N'a-t-il pas accept&#233; sciemment, &#224; chaque fois qu'il est arriv&#233; au pouvoir, de prendre le risque de perdre les &#233;lections suivantes, en menant une politique contre sa propre base &#233;lectorale, les classes populaires ? Longtemps, quand le Parti communiste &#233;tait nettement plus fort que lui mais que la bourgeoisie ne voulait pas en entendre parler, le PS pr&#233;f&#233;ra rester dans l'opposition, ou se coaliser avec des partis de droite, plut&#244;t que de s'allier au PCF. Et, quand Mitterrand se d&#233;cida &#224; constituer une Union de la gauche au d&#233;but des ann&#233;es 1970, ce fut parce que la bourgeoisie commen&#231;ait &#224; changer d'avis sur le PCF et, surtout, avec l'objectif avou&#233; de le plumer (objectif r&#233;ussi...) !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a certes d&#233;j&#224; vu le Parti socialiste se gauchir, au moins dans le discours. Quand il s'agissait de r&#233;pondre &#224; une pression &#233;lectorale, ce fut toujours pour trahir ses promesses une fois au pouvoir. Quand il s'agissait de r&#233;pondre &#224; la pression d'un mouvement social, ce fut toujours pour tenter de le canaliser, de le prendre en main et de l'&#233;touffer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que se forme une coalition de gauche r&#233;&#233;quilibr&#233;e, &#171; plus de gauche &#187;, o&#249; les syndicalistes, les associatifs, les communistes et autres &#171; alternatifs &#187; en tout genre contraindraient enfin le PS &#224; passer compromis avec eux sur le programme et les objectifs, il faudrait d'abord que les premiers aient un autre poids qu'actuellement. Et, de toute fa&#231;on, il n'y a aucune chance, si elle portait le PS au pouvoir (avec ou sans ses alli&#233;s), qu'il ne se conduise alors comme il l'a toujours fait. C'est dire que la pr&#233;tention de gauchir le PS n'est qu'un pr&#233;texte pour l'appareil du PCF, ou maintenant la brochette de politiciens qui se pr&#233;sentent comme la gauche de la gauche, pour tenter de d&#233;crocher d'&#233;lection en &#233;lection des petits postes acquis gr&#226;ce &#224; l'alliance &#233;lectorale avec les socialistes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Alors rien de neuf sous le soleil ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant si, il y a tout de m&#234;me des choses qui ont chang&#233; &#224; la gauche du parti socialiste, parmi les militants qui se consid&#232;rent comme la gauche de la gauche (y compris et d'abord, bien s&#251;r, ceux du PCF).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces militants (ex ou toujours encart&#233;s au PCF par exemple, mais aussi membres de divers syndicats et associations) ont perdu au moins une part de leur ancienne foi (parfois aveugle) en leurs propres organisations. Ils sont certainement moins nombreux aussi, les militants devenus critiques des partis et syndicats ayant trop souvent abandonn&#233; en m&#234;me temps que leur organisation tout activisme. Mais ils y ont tout de m&#234;me gagn&#233; d'&#234;tre moins jaloux en &#233;tant moins fid&#232;les et moins sourcilleux &#224; propos des fronti&#232;res partisanes. Bon nombre d'entre eux ont aussi pris des habitudes nouvelles, celle de travailler avec toutes sortes d'autres militants, de se coordonner dans des r&#233;seaux qui se sont tiss&#233;s &#224; travers des mouvements comme celui des retraites en 2003. Nombre de villes, petites et moyennes, ont depuis pas mal d'ann&#233;es leur r&#233;seau militant, &#224; g&#233;om&#233;trie variable, selon les luttes ou les probl&#232;mes du moment, sur le logement, les sans-papiers, plus rarement sur des suppressions d'emplois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les espoirs de certains militants dans les collectifs unitaires anti-lib&#233;raux partaient de cette constatation. D'o&#249; la mauvaise id&#233;e de passer directement de ces r&#233;seaux de lutte (intermittents et qui r&#233;unissent des gens bien diff&#233;rents, des r&#233;volutionnaires &#224; des PS bon teint) &#224; la construction d'une nouvelle force politique. En r&#233;alit&#233;, ces r&#233;seaux militants, pour ceux qui veulent lutter contre le patronat et ses partis politiques et changer la soci&#233;t&#233;, sont bien plus pr&#233;cieux que les meccanos politiques &#233;lectoraux &#224; gauche de la gauche que des r&#233;formistes de tout poil proposent. Les r&#233;volutionnaires y ont toute leur place, et de vrais possibilit&#233;s d'influencer, parfois m&#234;me d'entra&#238;ner, sur leur politique, d'autres militants. Pourvu qu'ils ne s'&#233;garent pas &#224; y voir le germe d'un futur parti qui serait plus ou moins radical, anti-lib&#233;ral, voire anti-capitaliste, et bien d'autres choses encore... mais en tout cas pas franchement r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard RUDELLI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_233 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH291/gauche-33a3f.gif?1528266729' width='400' height='291' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title> R&#233;forme ou r&#233;volution... entre poire et fromage ?
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		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Reforme-ou-revolution-entre-poire-et-fromage</link>
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		<dc:date>2006-05-15T09:20:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Gauche
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		<dc:subject>Extr&#234;me gauche
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		<dc:subject>LCR
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		<description>Fin avril, Olivier Besancenot a publi&#233; en tribune dans le Monde une lettre &#224; Marie-George (Buffet), Jos&#233; (Bov&#233;) et Arlette (Laguiller), &#224; la pirouette finale plut&#244;t sympathique : &#171; On aurait besoin de se voir pour causer un peu. A bient&#244;t dans les luttes, c'est s&#251;r... mais pourquoi pas autour d'une bouffe &#224; quatre ? C'est moi qui r&#233;gale ! &#187; Bien que Olivier ait promis que ce ne serait pas &#224; la cantine des PTT, Jos&#233; vient de r&#233;pondre en demandant de conna&#238;tre d'abord le menu et de s'assurer qu'on ne&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Fin avril, Olivier Besancenot a publi&#233; en tribune dans &lt;em&gt;le Monde&lt;/em&gt; une lettre &#224; Marie-George (Buffet), Jos&#233; (Bov&#233;) et Arlette (Laguiller), &#224; la pirouette finale plut&#244;t sympathique : &lt;em&gt;&#171; On aurait besoin de se voir pour causer un peu. A bient&#244;t dans les luttes, c'est s&#251;r... mais pourquoi pas autour d'une bouffe &#224; quatre ? C'est moi qui r&#233;gale ! &#187; &lt;/em&gt;Bien que Olivier ait promis que ce ne serait pas &#224; la cantine des PTT, Jos&#233; vient de r&#233;pondre en demandant de conna&#238;tre d'abord le menu et de s'assurer qu'on ne boufferait pas du PS. Et Marie-George d'aller m&#234;me jusqu'&#224; pourfendre les d&#233;testables pratiques d'&#233;tats majors tranchant en petits comit&#233;s d'affaires concernant le peuple tout entier ! Comme si ledit PCF, dans les mois &#224; venir de pr&#233;paration des pr&#233;sidentielles et l&#233;gislatives de 2007, par-del&#224; les appels aux citoyennes et citoyens pour un &lt;em&gt;&#171; rassemblement antilib&#233;ral &#187;&lt;/em&gt; n'allait pas organiser moult r&#233;unions avec le PS (et d'autres), publiques ou moins, pour s'assurer le maximum de &#171; circonscriptions gagnantes &#187;, un &#171; groupe parlementaire &#187;, voire quelques ministres. Ces derniers en cas de succ&#232;s de la gauche, &#233;videmment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais revenons &#224; la &#171; bouffe &#187; propos&#233;e par Olivier Besancenot et invitons-nous &#224; la table ! Si le menu du jour ne nous parait pas des meilleurs pour l'extr&#234;me gauche, pourrait-on au moins trouver bonheur &#224; la carte ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Premier service&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plat de r&#233;sistance, l'invitation faite en premier lieu au PCF (&#224; Jos&#233; Bov&#233; et Arlette Laguiller accessoirement) de s'entendre pour les prochaines pr&#233;sidentielles sur une candidature unitaire, repr&#233;sentant une pr&#233;tendue &#171; gauche de la gauche &#187; dite antilib&#233;rale ou anticapitaliste, qui ne serait pas la gauche gouvernementale dite sociale-lib&#233;rale autour du Parti socialiste, sent le r&#233;chauff&#233; : la proposition avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; faite et refaite, et chaque fois renvoy&#233;e en cuisine par les invit&#233;s, explicitement ou de fa&#231;on d&#233;tourn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lendemain du r&#233;f&#233;rendum sur le trait&#233; constitutionnel europ&#233;en qui aurait vu la &#171; victoire du Non de gauche &#187;, Marie-George Buffet avait une premi&#232;re fois douch&#233; ses alli&#233;s de la LCR en affirmant qu'il n'y avait pas deux gauches mais une seule et unique, &#171; la &#187; gauche, qui devrait se faire avec et autour du Parti socialiste, dont ses partisans du Oui. Rien d'&#233;tonnant, mais sale coup pour certains &#224; la LCR qui croyaient (ou laissaient croire ?) que cette coalition (&#233;lectorale) du &#171; non de gauche &#187; appr&#233;ci&#233;e comme une formidable &#171; dynamique unitaire &#187;, d&#233;boucherait en 2007 sur son prolongement (toujours &#233;lectoral) avec une nouvelle gauche et un candidat commun : Olivier Besancenot ou un autre, peu importait para&#238;t-il le casting. La LCR l'avait baptis&#233;e &#171; front social et politique &#187;, pour lui donner quelque couleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la r&#233;alit&#233;, la campagne pour le r&#233;f&#233;rendum, par-del&#224; l'int&#233;r&#234;t que le milieu militant de gauche a cru devoir lui porter, n'a &#233;videmment pas chang&#233; le rapport de forces. Elle s'est d&#233;roul&#233;e contre un gouvernement et un patronat &#224; l'offensive dans un contexte de luttes d&#233;faites, isol&#233;es ou arr&#234;t&#233;es par cette gauche elle-m&#234;me avant d'avoir pu se d&#233;velopper. Car on ne peut ignorer que cette pr&#233;tendue &#171; bataille &#187; pour le Non ait servi &#224; ses partisans politiques et syndicaux de gauche d'ersatz d'une lutte qu'ils n'avaient pas pour perspective. Le m&#233;contentement populaire &#233;tait pourtant bien r&#233;el, comme l'avait montr&#233; le succ&#232;s de la journ&#233;e syndicale du 10 mars. Qu'&#224; cela ne tienne, conf&#233;d&#233;rations syndicales et dirigeants du PCF et du PS ont rang&#233; les banderoles pour 8 mois ! Plus aucun appel &#224; riposte dans les entreprises ou dans la rue. Rien m&#234;me, apr&#232;s la pr&#233;tendue victoire ouvri&#232;re du Non, contre les attaques du nouveau tandem Villepin/Sarkozy, CNE et campagne contre les immigr&#233;s. Pas &#233;tonnant, puisque les diverses tendances de la gauche avaient pour seul horizon 2007 et une possible victoire dans les urnes issue non d'un bon programme ou d'une politique offensive, mais du seul discr&#233;dit du gouvernement en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attendre, donc. Et le PCF de se faire pardonner ses privaut&#233;s avec la LCR en assurant le PS de sa fid&#233;lit&#233; fonci&#232;re (et int&#233;ress&#233;e). Quant au PS, &#224; son congr&#232;s du Mans en novembre 2005, il rabibochait ses oui et ses non dans une synth&#232;se ! En guise de &#171; social &#187;, ce petit monde s'accommodait de la journ&#233;e d'action syndicale du 4 octobre, sans lendemain. Pas d'initiative lors des &#233;meutes des banlieues, si ce n'est de pleurer sur le manque d'animateurs sociaux ou d'enseignants. Ou d'appeler les jeunes de banlieue &#224; s'inscrire sur les listes &#233;lectorales : &lt;em&gt;&#171; Allons jeunes et moins jeunes de la patrie &#187;&lt;/em&gt;, disait l'appel, &lt;em&gt;&#171; le jour de s'inscrire est arriv&#233; &#187;&lt;/em&gt;... pour une gloire de gauche en 2007 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deuxi&#232;me tourn&#233;e...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 10 janvier &#224; Paris, &#224; la veille de son congr&#232;s tenu &#224; la fin janvier 2006, la LCR rencontrait le PCF. &lt;em&gt;Rouge &lt;/em&gt;N&#176; 2141 en fait un bilan clair : &lt;em&gt;&#171; Les deux d&#233;l&#233;gations ont aussi&lt;/em&gt; [en plus d'actions &#233;ventuelles, &#233;voqu&#233;es de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, contre les attaques du patronat et du gouvernement - NDR]&lt;em&gt; abord&#233; les probl&#232;mes de construction d'une alternative politique face au lib&#233;ralisme. Les discussions sur cette question ont confirm&#233; des diff&#233;rences d'approche, notamment dans les rapports &#224; entretenir avec le Parti socialiste. Pour la direction du PCF, il s'agit de &#168;battre la droite et de r&#233;ussir &#224; gauche&#168;, en discutant avec toutes les forces de gauche, dont le PS. Pour la LCR, il s'agit de combattre la droite et le gouvernement, mais aussi de construire une alternative au social-lib&#233;ralisme repr&#233;sent&#233; par la direction du PS. &#187; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dont acte de divergences a priori r&#233;dhibitoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais LCR et PCF n'en continuent pas moins dans le flou, ce dernier trouvant son int&#233;r&#234;t, pour peser face &#224; son grand alli&#233; du PS, &#224; garder quelques satellites, y compris d'extr&#234;me gauche, et la LCR le sien &#224; m&#233;nager quelques bonnes relations avec des militants du PCF. Dans diverses structures mises en place &#224; gauche, de la Fondation Copernic aux collectifs du 29 mai, ou autres &#171; groupes de travail &#187; (qui se vident au fil des mois aux dires de leurs promoteurs), il s'en est effectivement trouv&#233; pour &#233;couter avec sympathie la LCR. Mais pas basculer pour autant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au congr&#232;s de la LCR de fin janvier, Alain Krivine reconnaissait qu'il fallait se rendre &#224; l'&#233;vidence, qu'il n'y avait pas de candidature unitaire possible &#224; la gauche de la gauche. Selon lui, les collectifs du 29 mai dans lesquels la LCR s'&#233;tait investie, s'&#233;taient plus ou moins vid&#233;s. Les forums du PC &#233;galement &#233;taient d&#233;sert&#233;s. Bilan similaire en ce qui concerne les &#171; lundis &#224; Copernic &#187;. Il concluait que les jeux &#233;taient faits. Des militants du PC auraient bien continu&#233; quelque chose avec la LCR, mais l'appareil pas question, il ne voulait pas perdre ses milliers d'&#233;lus... qui ne peuvent avoir une chance de le rester que par l'alliance avec le PS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le congr&#232;s de la LCR d&#233;cida n&#233;anmoins de faire comme si restait &#224; l'ordre du jour une candidature commune de cette mythique gauche de la gauche (qui n'allait rassembler que 500 personnes au gymnase Japy le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; f&#233;vrier) et de remettre l'annonce de celle d'Olivier Besancenot &#224; une conf&#233;rence nationale de la fin juin. Pour ne pas appara&#238;tre comme les diviseurs de cette pr&#233;tendue gauche de la gauche et en laisser la responsabilit&#233; au PCF... qui lui-m&#234;me &#224; son congr&#232;s de fin mars, pour des raisons similaires, a remis &#224; plus tard ! C'est &#224; qui, du PCF ou de la LCR, n'allait pas le premier tuer un fant&#244;me !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le facteur sonne toujours trois fois&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un nouvel &#233;pisode fantasque a suivi, quand la LCR refusa de se rendre &#224; la rencontre de l'ancienne gauche plurielle (PS-PCF-Verts et quelques autres), le 8 f&#233;vrier 2006, organis&#233;e initialement pour avancer vers un futur accord global de gouvernement. Il s'agissait bel et bien du rabibochage de la bonne vieille gauche plurielle et de la mise en route d'un partage de circonscriptions et accord de futurs gouvernants. La LCR ne mangeait pas de ce pain-l&#224; et c'est tant mieux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout que l'ampleur que commen&#231;aient &#224; prendre les manifestations &#233;tudiantes contre le CPE bousculait les larrons de gauche. En plein d&#233;marrage du mouvement, au lendemain de la premi&#232;re journ&#233;e r&#233;ussie du 7 f&#233;vrier, ces premiers conciliabules braqu&#233;s sur 2007 tombaient mal, voire g&#234;naient ladite gauche qui avait choisi, jusqu'&#224; un certain point, de s'appuyer sur le mouvement (&#224; d&#233;faut de vraiment l'appuyer). Le PCF surtout, tenait &#224; se montrer dans le coup ! Et les participants &#224; cette rencontre du 8 f&#233;vrier de se recycler in extremis dans un vague appel commun contre le CPE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce propos Alain Krivine, dans &lt;em&gt;Rouge&lt;/em&gt; du 16 f&#233;vrier d&#233;non&#231;ait le &lt;em&gt;&#171; pi&#232;ge social-lib&#233;ral pour ceux qui, &#224; gauche, cherchent une alternative &#187;&lt;/em&gt;, m&#234;me s'il jugeait positif le lancement par la r&#233;union de la gauche d'une p&#233;tition pour le retrait du CPE. Ce qui servit d'argument aux partisans, dans la LCR, de la participation &#224; cette rencontre de la gauche pour d&#233;noncer un &lt;em&gt;&#171; faux pas &#187;&lt;/em&gt;. On peut lire dans le m&#234;me num&#233;ro de l'hebdomadaire, sous la plume de L&#233;once Aguirre et Christian Picquet : &lt;em&gt;&#171; alors que s'annonce peut-&#234;tre un mouvement social &lt;/em&gt;[...]&lt;em&gt;, nous nous sommes retrouv&#233;s hors d'un cadre ayant d&#233;cid&#233; d'action unitaires sur cette question. Pire, nous avons &#233;t&#233; contraints piteusement &#224; demander de le rejoindre apr&#232;s-coup ! &#187;&lt;/em&gt;. La LCR venait effectivement d'op&#233;rer un genre de volte-face en s'invitant in extremis &#224; &lt;em&gt;&#171; une structure de liaison souple et ouverte &#187;&lt;/em&gt; cr&#233;&#233;e par lesdits partis de gauche pour &lt;em&gt;&#171; riposter &#224; la droite &#187;&lt;/em&gt;. Motif invoqu&#233; : on passait sur le terrain de la lutte. Vraiment ? Et &#233;tait-ce l'&#233;tat-major dont le mouvement avait besoin ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Patate chaude&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le feuilleton de la recherche d'une gauche de la gauche a pourtant continu&#233;, ind&#233;pendamment de la lutte sociale. A la veille du congr&#232;s du Parti communiste (qui se tenait fin mars), en plein mouvement contre le CPE, la LCR soulignait pour s'en f&#233;liciter, dans une lettre au PCF, ses convergences avec lui dans la lutte, tout en constatant n&#233;anmoins : &lt;em&gt;&#171; ...des obstacles se pr&#233;sentent malheureusement dans cette voie unitaire. Et ceci, en particulier, avec votre souhait de rassembler la gauche du &#171; oui &#187; et celle du &#171; non &#187; sur un programme antilib&#233;ral, alors m&#234;me que le PS vient de r&#233;aliser sa synth&#232;se, sous la houlette d'une direction acquise au social-lib&#233;ralisme. La lutte pour un rassemblement antilib&#233;ral et anticapitaliste est incompatible avec la recherche d'accords gouvernementaux ou parlementaires sur une telle orientation. Il y a vraiment deux gauches, deux orientations inconciliables, l'une de soumission aux int&#233;r&#234;ts capitalistes, l'autre de r&#233;sistance. &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le congr&#232;s du PCF n'en eut que faire. Ni sur le fond : pas d'autre perspective pour le PCF que l'alliance avec le Parti socialiste. Ni sur le calendrier : la d&#233;cision de pr&#233;senter Marie-George Buffet comme candidate &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle &#233;tait repouss&#233;e &#224; octobre. Question de donner du temps aux marchandages avec le PS et accessoirement de continuer &#224; faire figure de pivot de cette fameuse gauche de la gauche - pour 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup la LCR, qui avait elle-m&#234;me repouss&#233; &#224; juin prochain la d&#233;cision d&#233;finitive de pr&#233;senter Olivier Besancenot, va devoir d&#233;gainer la premi&#232;re et porter le coup fatal au mythe de la &lt;em&gt;&#171; candidature unitaire anti-capitaliste &#187;&lt;/em&gt; ? A moins de repousser encore la date de la d&#233;cision... et avec elle les limites du ridicule ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La LCR estime peut-&#234;tre avoir bien jou&#233; par sa campagne en faveur d'une &#171; deuxi&#232;me &#187; gauche, avoir ainsi trouv&#233; l'oreille d'un &#233;lectorat potentiel cons&#233;quent, au moins pour un premier tour, de gens &#233;chaud&#233;s par les sales coups pass&#233;s de la gauche. En admettant qu'en rabattre sur le programme permette de ratisser plus large et r&#233;aliser un meilleur score, ce qui n'est pas toujours le cas et est affaire de climat politique. Mais quoi qu'il en soit, dans quel but ? Le flou maintenu, par la force des choses, entre gauche et gauche, n'aide pas la classe ouvri&#232;re &#224; trouver son identit&#233; et sa conscience de classe. Mais aide en revanche bien trop nos adversaires politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A s'&#234;tre embarqu&#233;e avec les hautes sph&#232;res du PCF et d'une partie du PS dans cette campagne du Non au r&#233;f&#233;rendum et ses suites, &#224; s'afficher durablement avec eux en vue des seules aventures &#233;lectorales, la LCR a contribu&#233; &#224; les faire passer pour plus pr&#233;sentables qu'ils ne sont. Les appareils du PCF ou du PRS de M&#233;lenchon, et par alliance Fabius, qui ont eu des ministres et ne militent que pour &#231;a, ont largement utilis&#233; la posture du Non et la fr&#233;quentation de la LCR pour se donner allure d'opposants, et mieux n&#233;gocier leur retour dans les &#233;curies de gauche pour les courses &#233;lectorales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sauce aigre-douce&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La LCR pr&#233;tend &#233;videmment avoir une politique subtile : un coup je participe, un coup je ne participe pas. Mais n'est-elle pas surtout ambigu&#235; politiquement ? Opportuniste &#224; l'&#233;gard de courants r&#233;formistes bien r&#244;d&#233;s &#224; se jouer du manque de fermet&#233; des r&#233;volutionnaires et aid&#233;s en cela par une situation o&#249; la classe ouvri&#232;re n'est pas &#224; l'offensive ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien n'est simple, certes. Dans le cas pr&#233;c&#233;demment &#233;voqu&#233; de la rencontre du 8 f&#233;vrier &#224; laquelle la LCR a d'abord refus&#233; d'aller, pour faire amende honorable et le lendemain s'y inviter, que fallait-il faire ? A l'ordre du jour, il y avait para&#238;t-il trois points : &lt;em&gt;&#171; - La riposte commune face aux propositions en mati&#232;re d'emploi du gouvernement, et en particulier du CPE ; - L'organisation de la riposte &#224; la droite de mani&#232;re permanente ; - L'organisation, ensemble, avec la population, de d&#233;bats sur les propositions alternatives pour 2007. &#187; &lt;/em&gt;Ne pouvait-on accepter sans se compromettre les deux premiers, demandent Aguirre et Picquet ? Et pourquoi refuser le troisi&#232;me&lt;em&gt;, &lt;/em&gt;sur la base d'une &lt;em&gt;&#171; interpr&#233;tation possible &#187;&lt;/em&gt; qui serait un pr&#233;jug&#233; ? Sauf que le but de la rencontre &#233;tait pr&#233;cis&#233;ment le troisi&#232;me point. M&#234;me si le PS et le PCF n'ont pas &#233;t&#233; assez idiots pour ne pas inscrire les deux premiers !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut entrer dans le d&#233;tail des multiples choix tactiques, ni trancher dans l'abstrait o&#249; s'arr&#234;te la tactique pour laisser la place au d&#233;rapage politique... C'est assur&#233;ment affaire de circonstances. Mais &#224; pr&#233;tendre &#234;tre en prise avec la r&#233;alit&#233; et ses pr&#233;tendus &#171; acteurs &#187;, &#224; savoir aujourd'hui le milieu r&#233;formiste du PS, du PC ou d'appareils syndicaux scl&#233;ros&#233;s, les militants de la LCR ont pris le risque d'appara&#238;tre comme leurs flancs-gardes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut tout particuli&#232;rement le cas l'an dernier dans cette campagne r&#233;f&#233;rendaire du Non, o&#249; la LCR a fait figure d'alli&#233;e durable des Marie-George Buffet, Jean-Luc M&#233;lenchon, voire Laurent Fabius qui ne s'&#233;taient pourtant pas m&#233;tamorphos&#233;s, par la vertu de ce Non, en r&#233;volutionnaires prol&#233;tariens ! Certes, ne pas se couper d'un certain milieu militant, qui penchait vers le Non pour de bonnes raisons mais souvent aussi de mauvaises, a &#233;t&#233; &#233;galement la pr&#233;occupation de Lutte Ouvri&#232;re. Pas sans &#233;cueil non plus, car chaque choix tactique (et &#224; la Fraction de Lutte Ouvri&#232;re nous n'approuvions pas celui-l&#224;) a son revers. Mais la LCR se r&#233;f&#232;re encore aujourd'hui &#224; ce vote du 29 mai en faveur du Non, comme s'il &#233;tait une r&#233;f&#233;rence en mati&#232;re de lutte sociale, voire un crit&#232;re de classe, en tout cas un point de rupture au sein de la gauche : ceux qui ont vot&#233; Non seraient des anticapitalistes ou antilib&#233;raux, tandis que ceux qui ont vot&#233; Oui seraient des sociaux-lib&#233;raux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun des porte-parole du Non, ni Fabius ni Buffet ni Bov&#233;, n'y voit une telle rupture. Et le coup de chapeau de la gauche r&#233;unie au mouvement contre le CPE n'&#233;tait qu'affaire de calculs &#233;lectoraux communs. On constate aujourd'hui comment, le mouvement pass&#233;, ce petit monde politicien se satisfait de l' &#171; ordre &#187; enfin retrouv&#233;. Et surtout s'est satisfait de la mani&#232;re abrupte dont les conf&#233;d&#233;rations syndicales ont su arr&#234;ter le mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Trou normand&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devons-nous, nous aussi, rentrer dans l'ordre ? C'est pourtant presque en incidente que le mouvement contre le CPE est &#233;voqu&#233; dans la lettre d'Olivier Besancenot &#224; &lt;em&gt;&#171; Marie-George, Arlette, Jos&#233; &#187;&lt;/em&gt;. Il a droit &#224; un paragraphe, un genre de trou normand entre deux mets. Mais le plat de r&#233;sistance, en r&#233;sum&#233;, c'est : maintenant qu'on a battu la droite et l'ultra-lib&#233;ralisme sur le terrain r&#233;f&#233;rendaire en mai 2005, sur le terrain des luttes en avril 2006, il est temps de faire gagner la gauche, une vraie gauche, en 2007. Et de pr&#233;ciser que &lt;em&gt;&#171; entre huit candidatures &#224; gauche le 21 avril 2002 et une seule en 2007, il doit y avoir un juste milieu &#187;.&lt;/em&gt; Olivier Besancenot tient &#224; sa formule puisqu'il l'a r&#233;p&#233;t&#233;e &#224; l'&#233;mission de Karl Z&#233;ro. Mais depuis quand des r&#233;volutionnaires sont-ils partisans &lt;em&gt;&#171; du juste milieu &#187;&lt;/em&gt; ? Et y aurait-il entre le Parti socialiste et nous un continuum ? Qui implique on ne sait trop quel accord implicite (on n'ose pas penser explicite) sur le nombre et le choix des candidatures ? Pour mieux &#171; battre la droite &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passons rapidement sur le passage concernant &lt;em&gt;&#171; les institutions de la V&#176; R&#233;publique qui emp&#234;chent le suffrage universel d'avoir une port&#233;e sur les d&#233;cisions &#233;conomiques qui touchent &#224; nos vies quotidiennes... &#187; &lt;/em&gt;Comme si les institutions de la IV&#176; R&#233;publique avaient &#233;t&#233; meilleures, &#224; l'&#233;poque des massacres colonialistes, tant en 1945 qu'en 1956, voire de massacres d'ouvriers en 1948, sous des gouvernements &#171; de gauche &#187; ? Quel int&#233;r&#234;t de reprendre ces critiques de la V&#176; R&#233;publique, si ce n'est de se rapprocher de politiciens de gauche partisans d'une VI&#176; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;em&gt;Des perspectives pour les r&#233;volutionnaires &lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sort &#224; peine d'un mouvement de la jeunesse qui a trouv&#233; des sympathies actives dans le mouvement ouvrier, incit&#233; les conf&#233;d&#233;rations syndicales &#224; le soutenir (au moins pendant deux mois) par l'appel &#224; des journ&#233;es de manifestations et gr&#232;ve allant crescendo, recal&#233; le gouvernement et son CPE. On sort &#224; peine d'un mouvement massif, qui donne quelque preuve r&#233;confortante que la lutte peut payer (ce qu'on n'avait pas vu depuis longtemps). On sort &#224; peine d'un mouvement dans lequel l'extr&#234;me gauche s'est largement engag&#233;e. Par-del&#224; des divergences tactiques, les militants des courants r&#233;volutionnaires se sont retrouv&#233;s au coude &#224; coude, pour s'efforcer de le d&#233;velopper, de l'&#233;tendre, d'y gagner des travailleurs dans les entreprises. Pendant pr&#232;s de trois mois, la vie militante a &#233;t&#233; marqu&#233;e par cette participation active. Avec la satisfaction d'avoir gagn&#233; une belle manche contre le gouvernement et sa politique patronale de pr&#233;carisation. Faudrait-il que les r&#233;volutionnaires l'appr&#233;cient sous le seul angle des meilleures chances qu'il peut donner &#224; la gauche (ou gauche de la gauche) en 2007 ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savons bien que les militants de la LCR et de la JCR ont largement privil&#233;gi&#233; ce qui s'est pass&#233; sur le terrain des luttes. Mais des r&#233;volutionnaires ne peuvent pas sans dommages mener cette double vie de la LCR, avec un pied dans le &#171; mouvement social &#187; mais un autre bien pris dans la gadoue de la gauche bourgeoise. La LCR invoquera que des r&#233;volutionnaires dignes de ce nom ne peuvent pas faire l'impasse sur la &#171; politique &#187;, que les luttes doivent chercher sur ce terrain leur &#171; d&#233;bouch&#233; &#187;. Certes. Mais sont-ils un d&#233;bouch&#233; pour les luttes, tous ces partis qui se situent sur le terrain des institutions bourgeoises, dont la politique ne d&#233;passe pas l'horizon bouch&#233; des pr&#233;sidentielles et l&#233;gislatives de 2007 et la perspective de nous refaire une nouvelle mouture d'un gouvernement Mitterrand ou Jospin ? Ou plut&#244;t une impasse, dans laquelle nous ne devons surtout prendre aucune responsabilit&#233; d'entra&#238;ner une nouvelle fois l'&#233;lectorat populaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il est important de faire front avec d'autres, y compris des r&#233;formistes politiques ou syndicaux dans des luttes, pour le succ&#232;s de celles-ci, et s'il est possible et m&#234;me n&#233;cessaire pour des groupes comme la LCR ou Lutte Ouvri&#232;re de proposer eux-m&#234;mes auxdits r&#233;formistes des interventions et ripostes communes, il n'est pas moins n&#233;cessaire d'affirmer dans le m&#234;me temps son propre programme et ses propres perspectives. Et surtout, de ne pas confondre ce front commun dans des luttes sociales ou politiques, avec une quelconque coalition &#233;lectorale avec des dirigeants r&#233;formistes qui offrent &#224; la bourgeoisie une carte politique pour tromper les travailleurs. Confusion que la LCR th&#233;orise avec sa qu&#234;te d'un &#171; front politique et social &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'ann&#233;e qui vient, deux sc&#233;narios sont envisageables, &#233;crit Olivier Besancenot. &lt;em&gt;&#171; Un s'est ouvert par la campagne du r&#233;f&#233;rendum europ&#233;en, se poursuit par le soutien aux luttes sociales, d&#233;roule un plan de mesures d'urgences pour les classes populaires et la jeunesse, et d&#233;bouche sur un rassemblement des forces antilib&#233;rales et anticapitalistes, internationalistes, f&#233;ministes et &#233;cologistes. L'autre se conclut par la caution de gauche &#224; une nouvelle alternance sous l'aile du PS. Nous ne serons pas du second. &#187;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourquoi pas un troisi&#232;me sc&#233;nario ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s aujourd'hui l'extr&#234;me gauche devrait s'atteler &#224; l'agitation sur les revendications de la classe ouvri&#232;re, contre la pr&#233;carit&#233;, le ch&#244;mage et les licenciements, pour l'augmentation g&#233;n&#233;rale des salaires, pour l'embauche massive dans les services publics et leur am&#233;lioration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s aujourd'hui, l'extr&#234;me gauche devrait s'atteler &#224; l'agitation sur la n&#233;cessaire lutte d'ensemble. Le recul du gouvernement sur le CPE, parce que quelques dizaines de milliers d'&#233;tudiants et de lyc&#233;ens se sont ent&#234;t&#233;s, permet d'esp&#233;rer des reculs d'une autre importance, quand des millions de travailleurs s'y mettront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourquoi pas avant mars 2007 ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; ce que nous pourrions dire et faire ensemble. Qui, soit dit en passant, donnerait un peu de sel &#224; nos candidatures, unique ou double (mieux vaudrait unique si c'&#233;tait vraiment sur cette base), puisque p&#233;rip&#233;tie &#233;lectorale il y aura. Bref, si on causait, mais pour voir ensemble comment les travailleurs pourraient &#171; bouffer &#187; du bourgeois ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vendredi 12 mai.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Le PCF en ordre dispers&#233; ? A c&#244;t&#233; de la gauche caviar, la gauche Buffet
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		<dc:subject>PCF
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		<dc:subject>Politique
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		<description>Les listes ouvertes &#224; des non communistes, militants syndicaux, associatifs ou altermondialistes, que le Parti communiste pr&#233;sente dans plusieurs r&#233;gions, seraient, &#224; en croire ses dirigeants, &#171; l'&#233;v&#233;nement &#224; gauche &#187;. Elles permettraient au PCF de se d&#233;marquer d'un Parti socialiste d&#233;consid&#233;r&#233; dans les couches populaires et de faire pi&#232;ce &#224; la concurrence de l'extr&#234;me-gauche. &lt;br /&gt;Redonner espoir&#8230; &#224; qui ? &lt;br /&gt;&#171; Beaucoup de nos concitoyens, beaucoup de salari&#233;s doutent qu'il y ait une v&#233;ritable alternative &#224; la&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-32-mars-avril-2004-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 32, mars-avril 2004
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-PCF-+" rel="tag"&gt;PCF
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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les listes ouvertes &#224; des non communistes, militants syndicaux, associatifs ou altermondialistes, que le Parti communiste pr&#233;sente dans plusieurs r&#233;gions, seraient, &#224; en croire ses dirigeants, &lt;em&gt;&#171; l'&#233;v&#233;nement &#224; gauche &#187;&lt;/em&gt;. Elles permettraient au PCF de se d&#233;marquer d'un Parti socialiste d&#233;consid&#233;r&#233; dans les couches populaires et de faire pi&#232;ce &#224; la concurrence de l'extr&#234;me-gauche.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Redonner espoir&#8230; &#224; qui ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Beaucoup de nos concitoyens, beaucoup de salari&#233;s doutent qu'il y ait une v&#233;ritable alternative &#224; la politique de la droite. D&#233;&#231;us par la gauche au pouvoir, ils se replient dans des votes uniquement protestataires ou dans des votes r&#233;sign&#233;s de &#171; moindre mal &#187; &#187;, &#233;crit Marie-George Buffet. La liste qu'elle dirige en Ile-de-France devrait &#171; redonner l'espoir et reb&#226;tir une gauche populaire&#8230; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; Redonner espoir &#187;&lt;/em&gt; aux d&#233;&#231;us de la gauche gouvernementale ? Fort bien. Mais alors, pourquoi en avoir priv&#233; d'entr&#233;e la majeure partie de l'&#233;lectorat populaire et ouvrier ? Car dans 14 r&#233;gions sur 22 (hors territoires et d&#233;partements d'outre mer), en effet, le PCF s'est int&#233;gr&#233; aux listes dirig&#233;es par le Parti socialiste d&#232;s le premier tour. Quitte &#224; se mettre &#224; la tra&#238;ne de S&#233;gol&#232;ne Royal en Poitou-Charente, de Jean-Jacques Queyranne en Rh&#244;ne-Alpes ou de Michel Sapin dans le Centre, tous anciens ministres d'une gauche dont le PCF ne veut, para&#238;t-il, plus !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut d'ailleurs exclure aussi d'une innovation qui devrait &lt;em&gt;&#171; bousculer la politique &#187;&lt;/em&gt;, les deux r&#233;gions o&#249; le Parti communiste se pr&#233;sentera en concurrence avec le Parti socialiste, mais en commun avec des gens qui ne valent pas mieux : en Franche Comt&#233; avec le parti de Chev&#232;nement, ancien ministre de l'arm&#233;e et de l'Int&#233;rieur et en Alsace avec les chev&#232;nementistes et les radicaux de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toute &#233;vidence partout o&#249; il lui est apparu plus s&#251;r de s'allier avec le PS ou ses satellites d&#232;s le premier tour, afin de sauver ses postes de conseillers r&#233;gionaux ou g&#233;n&#233;raux, le PCF l'a fait. C'est donc plut&#244;t d'abord &#224; redonner espoir &#224; ses notables que le PCF semble avoir song&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le mouvement social &#224; la rescousse &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle &lt;em&gt;&#171; gauche populaire et citoyenne &#187;&lt;/em&gt; que nous promet le PCF n'est r&#233;serv&#233;e qu'&#224; six r&#233;gions. Mais pas pour longtemps, une semaine au plus puisque dans toutes, il l'a dit d'avance, il entend bien n&#233;gocier son int&#233;gration sur les listes du PS au second tour. Et m&#234;me pas pour de nobles raisons : ce sont les r&#233;gions o&#249; les listes PS lui &#233;taient quasiment ferm&#233;es ou trop &#233;troites (le PS ne lui a fait aucun cadeau, pr&#233;f&#233;rant en faire aux Verts) et les autres alli&#233;s possibles compl&#232;tement absents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, pour que la &#171; gauche populaire &#187; puisse m&#234;me &#234;tre admise &#224; se fondre dans une nouvelle version de la &#171; gauche plurielle &#187;, encore faut-il que le PCF, seul, passe la barre des 5 % n&#233;cessaires pour fusionner les listes au deuxi&#232;me tour. C'est vraisemblable dans le Nord-Pas de Calais, &#224; en juger par les pr&#233;c&#233;dents scores &#233;lectoraux (5,06 % pour Robert Hue en 2002). C'est plus al&#233;atoire en Ile-de-France, o&#249; aux derni&#232;res pr&#233;sidentielles (une &#233;lection qui lui est certes moins favorable que les &#233;lections locales ou r&#233;gionales) son candidat n'avait obtenu que 3,55 % des voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend que la direction du Parti communiste pour tenter de regagner ou simplement de garder un minimum de voix, l&#224; o&#249; le PS l'a forc&#233; &#224; se pr&#233;senter seul, ait &#233;t&#233; &#224; la recherche d&#233;sesp&#233;r&#233;e d'une recette. Celle qu'elle a trouv&#233;e est d'appara&#238;tre comme le f&#233;d&#233;rateur du &#171; mouvement social &#187;, cette n&#233;buleuse d'organisations ou associations plus ou moins critiques du PS. Et de se r&#233;clamer dans ses tracts &#233;lectoraux du Forum social europ&#233;en qui, il est vrai, s'est d&#233;roul&#233; en novembre dernier sur &#171; ses terres &#187; (dans les municipalit&#233;s &#224; mairies communistes de la banlieue parisienne). Et de mettre sur ses listes, en bonne position, des non-communistes : quatre sur huit des t&#234;tes de sections d&#233;partementales d'Ile-de-France sont des associatifs : le pr&#233;sident du Mrap, une militante des droits de l'homme, un syndicaliste enseignant et une dirigeante d'AC !.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Somme toute, c'est l&#224; une r&#233;p&#233;tition de l'op&#233;ration tent&#233;e par Robert Hue avec ses listes &#171; Bouge l'Europe &#187; en 1999. Sans beaucoup de succ&#232;s &#224; l'&#233;poque. Et m&#234;me si cette ann&#233;e un peu plus de r&#233;ussite est au rendez-vous, que peut-on en attendre sinon la transformation de dirigeants associatifs ou syndicaux en politiciens de gauche, tout pr&#234;ts &#224; avaler des couleuvres ou plut&#244;t les faire avaler &#224; leurs &#233;lecteurs ? Ainsi d&#232;s le soir du 21 mars ils s'appr&#234;tent &#224; s'inscrire sur la liste PS concurrente du pr&#233;sident r&#233;gional sortant Jean-Paul Huchon.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'int&#233;r&#234;t des travailleurs ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Quel int&#233;r&#234;t auraient donc &#224; voter pour une telle liste, les travailleurs d&#233;&#231;us par la politique anti-ouvri&#232;re de la gauche au gouvernement, et voulant s'opposer aux attaques du gouvernent Raffarin et du patronat ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; soucieux de pouvoir retrouver un jour une place dans un nouveau gouvernement de gauche, et pr&#234;t &#224; cog&#233;rer imm&#233;diatement avec le PS quelques d&#233;partements ou r&#233;gions, si la possibilit&#233; lui en est donn&#233;e, le PCF met en avant, m&#234;me l&#224; o&#249; il se pr&#233;sente seul, un programme qui ne va pas plus loin que celui du PS, voire moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi au titre des &lt;em&gt;&#171; propositions phares &#187;&lt;/em&gt; de la liste de Buffet figure, en premi&#232;re place, la carte orange de transport &#224; tarif unique pour toute l'Ile-de-France, &#224; 46 &#8364;. On a peine &#224; la croire mais&#8230; c'est un euro de plus que la m&#234;me promesse &#233;lectorale faite par le chef de file de la liste UMP, Jean-Fran&#231;ois Cop&#233;, porte-parole du gouvernement Raffarin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi la &#171; Gauche populaire et citoyenne &#187; ne propose pas d'interdire les licenciements, mais de &#171; prendre en amont &#187; le probl&#232;me des &#171; restructurations subies par les salari&#233;s &#187;, en facilitant une mobilit&#233; du travail &#171; contr&#244;l&#233;e et voulue par les salari&#233;s &#187;, gr&#226;ce &#224; un programme de formations en alternance. Un galimatias comme solution &#224; la toute puissance du patronat sur l'emploi, gu&#232;re compens&#233; par la promesse d'instaurer &#171; une obligation de cr&#233;ation de CDI pour disposer d'un appui financier r&#233;gional &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi encore pour stopper l'h&#233;morragie r&#233;gionale d'emplois, les aides au patronat (qu'il n'est pas question de remettre en cause) devraient s'adresser surtout aux PME-PMI, grosses cr&#233;atrices d'emplois para&#238;t-il (mais de quels types d'emplois ?).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pour couronner le tout, et sans doute plaire &#224; ses alli&#233;s du mouvement social, la liste de Marie-Georges Buffet promet &#171; &lt;em&gt;la mise en place d'une d&#233;mocratie participative r&#233;gionale notamment sur les orientations budg&#233;taires &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mocratie participative ! La tarte &#224; la cr&#232;me de la gauche (et parfois la droite) bien pensante. Oui, le PCF est bien pr&#234;t &#224; reprendre toute sa place dans la gauche plurielle (quel que soit le nouveau nom dont celle-ci s'affublera).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend donc ce que Marie George Buffet veut dire quand elle explique que le vote d'extr&#234;me gauche serait un vote d'impuissance. En effet un vote qui contrarierait les projet du PCF de magouiller de nouveau avec le PS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28 f&#233;vrier 2004&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Olivier BELIN&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Apr&#232;s le 32e congr&#232;s : les militants PCF entre deux vides
</title>
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>PCF
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		<description>Depuis la d&#233;route de Robert Hue aux &#233;lections pr&#233;sidentielles de 2002, le PCF cherche d&#233;sesp&#233;r&#233;ment les nouvelles voies qui lui permettront de ne pas dispara&#238;tre compl&#232;tement du paysage politique. Pourtant apr&#232;s des mois de discussions dans le parti, le 32&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; congr&#232;s, r&#233;uni du 3 au 6 avril dernier, s'est finalement sold&#233; par la victoire des partisans de Marie-George Buffet et Robert Hue qui n'offrent comme perspective que la remise en selle des alliances &#233;lectorales avec le PS. &lt;br /&gt;L'&#339;il riv&#233; sur l'horizon&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-27-mai-juin-2003-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 27, mai-juin 2003
&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis la d&#233;route de Robert Hue aux &#233;lections pr&#233;sidentielles de 2002, le PCF cherche d&#233;sesp&#233;r&#233;ment les nouvelles voies qui lui permettront de ne pas dispara&#238;tre compl&#232;tement du paysage politique. Pourtant apr&#232;s des mois de discussions dans le parti, le 32&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; congr&#232;s, r&#233;uni du 3 au 6 avril dernier, s'est finalement sold&#233; par la victoire des partisans de Marie-George Buffet et Robert Hue qui n'offrent comme perspective que la remise en selle des alliances &#233;lectorales avec le PS.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'&#339;il riv&#233; sur l'horizon &#233;lectoral&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Lors de la discussion pr&#233;paratoire au congr&#232;s le texte des &#171; orthodoxes &#187;, emmen&#233;s par Jean-Claude Danglot, le dirigeant de la f&#233;d&#233;ration du Pas-de-Calais, auxquels s'est finalement ralli&#233;e la Gauche communiste de Jean-Jacques Karman, et celui des &#171; conservateurs &#187;, des anciens proches de Georges Marchais, avaient recueilli respectivement 23,6 % et 21,4 % des voix. Et le score du texte pr&#233;sent&#233; par la direction sortante, 55 %, aurait pu &#234;tre moindre encore si le courant &#171; refondateur &#187;, emmen&#233; notamment par le maire de Saint-Denis, Patrick Braouzec, avait pr&#233;sent&#233; aussi le sien. Ce qui est remarquable pourtant c'est que tous ces courants n'ont jamais r&#233;ellement plac&#233; la bataille que sur le terrain &#233;lectoral. Quand les premiers refusent les alliances avec le PS ou parlent de redonner un cours &#171; r&#233;volutionnaire &#187; au PC c'est pour d&#233;fendre l'autonomie du parti&#8230; aux &#233;lections (et accessoirement pour contrer la menace grandissante de l'extr&#234;me gauche). Quand les refondateurs proposent l'ouverture du parti &#224; d'autres formations, notamment les courants altermondialistes, voire m&#234;me &#224; la LCR, c'est pour pr&#233;parer&#8230; les &#233;lections. Or, sur ce seul terrain, il faut bien l'avouer, c'est encore du c&#244;t&#233; de l'alliance avec le PS que le PCF garde ses meilleures chances. D'o&#249; le succ&#232;s final de la direction sortante, symbolis&#233; par la pr&#233;sentation d'une liste unique au moment de la d&#233;signation du Conseil national du parti, m&#234;me si apr&#232;s moult tractations de couloirs, certains conservateurs comme Maxime Gremetz ont &#233;t&#233; &#233;cart&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut beaucoup de courage pour aller jusqu'au bout de la lecture du texte finalement adopt&#233; par le congr&#232;s et intitul&#233; &#171; &lt;em&gt;Communisme, &#233;crire ensemble une page nouvelle&lt;/em&gt; &#187;&#8230; Un d&#233;l&#233;gu&#233; a ironis&#233; sur &#171; &lt;em&gt;des phrases tellement alambiqu&#233;es que tout le monde croit s'y retrouver&lt;/em&gt; &#187;. Plus de 2000 amendements ont &#233;t&#233; discut&#233;s et la direction a accept&#233; de nombreuses modifications &#224; son texte pour tenter d'amadouer les opposants. Le r&#233;sultat reste pourtant que, en mati&#232;re d'orientation, derri&#232;re les formules creuses du style &#171; &lt;em&gt;d&#233;passement du capitalisme&lt;/em&gt; &#187;, couronn&#233;es par l'hommage rendu &#224; Chirac pour ses positions &#171; anti-guerre &#187;, c'est le n&#233;ant total ! En tous cas toutes ces man&#339;uvres n'ont pas suffit &#224; faire taire toutes les oppositions, puisque le texte n'a &#233;t&#233; vot&#233; que par 81 % des d&#233;l&#233;gu&#233;s. Certains d'entre eux n'ont donc &#233;t&#233; ni dupes ni satisfaits.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des militants &#224; la d&#233;rive&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ces 769 d&#233;l&#233;gu&#233;s au Congr&#232;s n'&#233;taient d'ailleurs les &#233;lus que de 30 % des adh&#233;rents (sur les 133 767 adh&#233;rents enregistr&#233;s au 31 d&#233;cembre 2002, seuls 42 782 ont pris part au vote sur les trois textes concurrents). Certes ces chiffres peuvent s'interpr&#233;ter de plusieurs fa&#231;ons. D'abord le nombre r&#233;el d'adh&#233;rents est peut-&#234;tre bien en-dessous de celui fourni par la direction. Mais, si ce n'est pas la seule explication, cela signifie alors soit que l'on peut &#234;tre aujourd'hui formellement adh&#233;rent au PCF sans plus du tout se pr&#233;occuper de sa vie interne et de sa politique, soit, pour ceux qui lui restent attach&#233;s, les militants justement, qu'aucune des orientations propos&#233;es ne correspondait &#224; leurs attentes. Des chiffres de toutes fa&#231;ons r&#233;v&#233;lateurs de la d&#233;composition de ce parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;composition, certes, a enlev&#233; des forces militantes &#224; la classe ouvri&#232;re. Mais elle aurait pu en lib&#233;rer si l'extr&#234;me gauche avait su, ces derni&#232;res ann&#233;es, &#233;laborer une politique et la proposer au PCF et &#224; ses militants. Et une politique qui soit une politique d'intervention sur les terrains sociaux, sur les probl&#232;mes des travailleurs et des classes populaires. Car pour attirer des militants d&#233;courag&#233;s ou d&#233;boussol&#233;s, ou leur redonner quelques perspectives politiques, il ne peut suffire de courtiser tel ou tel bout du PCF (pour la LCR les r&#233;novateurs, pour le PT les conservateurs), ni d'exhorter celui-ci, s'il veut retrouver des forces, &#224; reprendre une politique un peu plus radicale, comme souvent se contente de le faire LO.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Fraction a propos&#233;, il y a d&#233;j&#224; quelques mois, que LO et la LCR entreprennent une campagne politique en direction du mouvement ouvrier, y compris et d'abord du PCF, sur les attaques patronales et gouvernementales que tous voyaient venir. La proposer n'aurait certes sans doute pas suffi pour entra&#238;ner le PCF, ni d'autres, mais la mener, m&#234;me avec les seules forces de l'extr&#234;me gauche, aurait sans doute permis de placer celle-ci en une meilleure position, alors que ces attaques tombent en rafale sur le monde du travail, et d'obtenir un peu plus d'attention de la part des militants PCF qui ressentent la n&#233;cessit&#233; d'une riposte, peut-&#234;tre m&#234;me d'en entra&#238;ner certains aujourd'hui. Les r&#233;volutionnaires ne gagneront les militants communistes du PCF ni en les plaignant ni en ricanant sur le triste sort de leur parti, mais en leur proposant l'action commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marie DARWEN&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> PCF : y a-t-il une vie apr&#232;s la catastrophe &#233;lectorale ?
</title>
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>PCF
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		<description>3,37 % pour Robert Hue &#224; la pr&#233;sidentielle, 4,95 % pour ses candidats aux l&#233;gislatives, le PCF a certes sauv&#233; son groupe parlementaire en obtenant 21 d&#233;put&#233;s (contre 35 en 1997), mais il est depuis en &#233;tat de choc &#233;lectoral. &lt;br /&gt;La cause de l'effondrement, derni&#232;re &#233;tape d'une d&#233;gringolade commenc&#233;e il y a vingt ans, sont connues : les classes populaires ont massivement d&#233;sert&#233; le Parti communiste, compromis jusqu'au cou dans la politique anti-ouvri&#232;re du gouvernement Jospin. Ce type de sondage valant ce&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-23-septembre-octobre-2002-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 23, septembre-octobre 2002
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-PCF-+" rel="tag"&gt;PCF
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;3,37 % pour Robert Hue &#224; la pr&#233;sidentielle, 4,95 % pour ses candidats aux l&#233;gislatives, le PCF a certes sauv&#233; son groupe parlementaire en obtenant 21 d&#233;put&#233;s (contre 35 en 1997), mais il est depuis en &#233;tat de choc &#233;lectoral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cause de l'effondrement, derni&#232;re &#233;tape d'une d&#233;gringolade commenc&#233;e il y a vingt ans, sont connues : les classes populaires ont massivement d&#233;sert&#233; le Parti communiste, compromis jusqu'au cou dans la politique anti-ouvri&#232;re du gouvernement Jospin. Ce type de sondage valant ce qu'il vaut, Ipsos indiquait que 3% des ouvriers auraient vot&#233; pour les candidats communistes le 9 juin (ils &#233;taient 36 % en 1978) contre 7% pour l'extr&#234;me-gauche, pourtant elle-m&#234;me r&#233;duite &#224; moins de 3% des voix. Depuis quelques ann&#233;es, Hue avait pourtant tent&#233; de donner le change, en essayant de montrer qu'il avait &lt;em&gt;&#171; un pied au gouvernement, un pied dans le mouvement populaire &#187;&lt;/em&gt;. La manifestation du 16 octobre 1999 puis l'initiative de Calais en d&#233;fense des salari&#233;s de Danone ont peut-&#234;tre mis du baume au c&#339;ur des militants, mais elles n'ont pas dup&#233; l'&#233;lecteur. Pas plus sans doute que ses bien tardives contritions actuelles : &lt;em&gt;&#171; Comment et pourquoi avons-nous gliss&#233; d'une participation d&#233;coulant des circonstances de la dissolution de 1997 &#224; une participation naturelle, scellant aux yeux de l'opinion l'int&#233;gration &#224; un syst&#232;me qu'elle rejette (&#8230;) ? &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Quel avenir pour le PCF ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La question est pos&#233;e &#224; nouveau, par les militants sous le choc, comme par les dirigeants qui voient leur carri&#232;re politique bien compromise. Robert Hue lui-m&#234;me a ainsi saisi l'occasion de la derni&#232;re F&#234;te de &lt;em&gt;l'Humanit&#233;&lt;/em&gt; pour poser on ne peut plus clairement le dilemme dans une tribune publi&#233;e dans le quotidien du PCF. Celui-ci a deux voies devant lui, r&#233;sumait-il en substance, soit il se fond dans un ensemble plus grand (mais alors avec qui ?) soit il tente de maintenir son identit&#233;. Repoussant la premi&#232;re alternative, qui de toute &#233;vidence tente un certain nombre de notables du parti (ni &lt;em&gt;&#171; dissolution dans la social-d&#233;mocratie &#187;&lt;/em&gt;, ni construction d'un &lt;em&gt;&#171; p&#244;le de radicalit&#233; &#187;&lt;/em&gt;, une &lt;em&gt;&#171; gauche de la gauche qui serait peut-&#234;tre radicale et v&#233;h&#233;mente, mais sans doute impuissante &#187;)&lt;/em&gt; il se pronon&#231;ait pour le maintien du PCF en tant que tel. Position certes volontariste, mais qui ne fait qu'amener la question suivante, essentielle : comment redonner des couleurs au parti ? Quelle politique pourrait bien lui rendre une partie au moins de son lustre d'antan ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car, par-del&#224; le combat des chefs et des cliques qui polarise les m&#233;dias (Hue, battu lui-m&#234;me &#224; Argenteuil-Bezons, sera-t-il le bouc &#233;missaire pour une politique qu'il a incarn&#233;e mais qui eut l'assentiment de tout l'appareil ?), pour l'instant personne n'a apport&#233; une r&#233;ponse, qui d'ailleurs n'existe peut-&#234;tre pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conf&#233;rence nationale qui s'est tenue fin juin n'a fait que repousser le probl&#232;me en accouchant de l'annonce d'un congr&#232;s au printemps 2003. Des responsables comme Pierre Zarka, Patrick Braouzec et autres &#171; refondateurs &#187; ont r&#233;clam&#233; en vain des &#171; &#233;tats g&#233;n&#233;raux du communisme &#187;, qui associeraient tous ceux qui peuvent se sentir communistes sans pour autant &#234;tres membres du PCF, y compris des organisations comme la LCR ou des militants syndicaux ou associatifs, alors que Hue et Buffet, ont impos&#233; la tenue d'un congr&#232;s r&#233;serv&#233; aux seuls adh&#233;rents du PCF. Difficile d'y voir pour l'instant autre chose que de petites manigances d'appareil, le calcul des premiers &#233;tant de trouver des appuis &#224; l'ext&#233;rieur contre la direction, celle-ci &#224; l'inverse esp&#233;rant pouvoir mieux contr&#244;ler un congr&#232;s des seuls membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, difficile d'apercevoir derri&#232;re ces man&#339;uvres une voie de redressement. En Europe il n'y a d'ailleurs aucun exemple all&#233;chant &#224; suivre. En Espagne, la tentative d'une coalition r&#233;formiste &#224; la gauche du PS, la Gauche unie, s'est elle aussi effondr&#233;e aux derni&#232;res &#233;lections g&#233;n&#233;rales. En Italie, si l'ancien PCI s'est transform&#233; il y a dix ans en grand parti social-d&#233;mocrate, c'est que la place n'&#233;tait pas prise, comme elle l'est en France par le PS. Un parti communiste demeure, Rifondazione comunista, mais outre que sa survie s'explique par une situation diff&#233;rente (les ex-staliniens ont pu s'adjoindre une bonne partie de l'extr&#234;me gauche tout en gardant la haute main sur le parti, ce qui ne serait peut-&#234;tre pas le cas en France o&#249; cette extr&#234;me-gauche a tout de m&#234;me recueilli 3 millions de voix aux pr&#233;sidentielles, bien plus que le candidat du PCF) sa r&#233;ussite reste finalement tout aussi limit&#233;e que celle du PCF. Il n'a d'ailleurs au fond aucune autre politique &#224; proposer : l'alliance avec la gauche et m&#234;me le centre, en se permettant parfois des foucades de franc-tireur pour prendre une pose un peu plus radicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car c'est bien l&#224; qu'est l'impasse pour le PCF : sauf &#224; redevenir r&#233;volutionnaire et promouvoir une politique de classe (ce que ni lui ni personne ne peut envisager) le PCF n'a d'autre perspective au final qu'une politique d'alliance avec le PS, c'est-&#224;-dire de r&#233;p&#233;ter celle qui l'a amen&#233; l&#224; o&#249; il est. On voit difficilement comment elle pourrait l'en sortir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui ses dirigeants disent vouloir prendre leur distance d'avec cette politique. En 1984 d&#233;j&#224;, apr&#232;s ses premiers d&#233;boires &#233;lectoraux, le PCF avait sembl&#233; faire un virage &#224; gauche en claquant la porte du gouvernement et en se donnant des airs contestataires. Mais pendant les 13 ann&#233;es d'isolement relatif qui suivirent (les liens ne furent jamais rompus &#233;videmment avec le PS), la direction du PCF ne cessa de lancer de nouvelles formulations d'une union de la gauche qui ne dirait pas son nom et pourrait ainsi avoir l'aval des militants. Ce fut par exemple l'&#233;poque du PUP, le &#171; Pacte unitaire pour le progr&#232;s &#187;. On a vu depuis que la valse des &#233;tiquettes ne changent pas le contenu d'une politique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Restent les militants&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ils sont encore des milliers. Il faut aussi compter des sympathisants non encart&#233;s, mais li&#233;s &#224; l'appareil communiste et diffuseurs de son influence &#224; travers de multiples structures syndicales ou associatives. On l'a vu encore lors de la toute r&#233;cente f&#234;te de l'Huma : tous ont pris le r&#233;sultat des &#233;lections comme une gifle, m&#234;me ceux qui ne portaient pas l'action du gouvernement Jospin ni celle des ministres PCF eux-m&#234;mes dans leur c&#339;ur. Et m&#234;me si certains ont aujourd'hui le r&#233;flexe de serrer les rangs, pour &#171; sauver le parti &#187;, il est probable que l'h&#233;morragie va continuer et qu'on en verra encore renoncer &#224; toute activit&#233; militante ou d'autres se replier sur le syndicat ou l'amicale des locataires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'extr&#234;me-gauche a certainement marqu&#233; des points en se montrant intraitable &#224; l'&#233;gard du gouvernement de la gauche plurielle, et en gagnant sur cette base 3 millions de voix, notamment dans les milieux populaires. Cela ne suffit pourtant pas en soi pour qu'elle constitue un espoir cr&#233;dible (comme l'ont montr&#233; les r&#233;sultats des l&#233;gislatives qui ont annul&#233; en partie ceux des pr&#233;sidentielles) et qu'elle attire &#224; elle des milliers de militants communistes qui chercheraient &#224; sortir de l'orni&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cela elle doit proposer une politique d'interventions et de luttes au PCF et &#224; ses militants. Une politique qu'elle a encore &#224; &#233;laborer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27 septembre 2002&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bernard RUDELLI&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> XXXI&#176; Congr&#232;s du PCF : C'est la chute finale ?
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>PCF
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		<description>Le 31&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; congr&#232;s du PCF a franchi un pas de plus dans cette &#171; mutation &#187; qui en fait un parti social-d&#233;mocrate comme d'autres. Partisan d'une &#171; r&#233;publique d&#233;mocratique et moderne &#187; ! C'est-&#224;-dire un club &#233;lectoral, dont l'&#233;tat-major politique se soumet au gouvernement de la bourgeoisie et n'a pour but que d'y participer. &lt;br /&gt;Tout le reste est fadaise. &lt;br /&gt;Certes, il a &#233;t&#233; beaucoup question de &#171; forme &#187; &#8211; de parit&#233;, de coll&#233;gialit&#233;, de priorit&#233; aux r&#233;seaux ou collectifs sur les cellules, de d&#233;mocratie participative ou de&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-18-novembre-decembre-2001-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 18, novembre-d&#233;cembre 2001
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/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-PCF-+" rel="tag"&gt;PCF
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 31&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; congr&#232;s du PCF a franchi un pas de plus dans cette &#171; mutation &#187; qui en fait un parti social-d&#233;mocrate comme d'autres. Partisan d'une &#171; &lt;em&gt;r&#233;publique d&#233;mocratique et moderne&lt;/em&gt; &#187; ! C'est-&#224;-dire un club &#233;lectoral, dont l'&#233;tat-major politique se soumet au gouvernement de la bourgeoisie et n'a pour but que d'y participer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le reste est fadaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, il a &#233;t&#233; beaucoup question de &#171; forme &#187; &#8211; de parit&#233;, de coll&#233;gialit&#233;, de priorit&#233; aux r&#233;seaux ou collectifs sur les cellules, de d&#233;mocratie participative ou de parole aux non-adh&#233;rents. Mousse qui voulait faire oublier l'all&#233;geance &#224; la politique du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le congr&#232;s s'est f&#233;licit&#233; d'avoir &#233;lu pour la premi&#232;re fois une femme, Marie-George Buffet, &#224; la t&#234;te du parti. Apr&#232;s 80 ans d'un parti o&#249; les femmes ont jou&#233; un grand r&#244;le, il &#233;tait temps ! Mais pour &#234;tre femme, MGB n'en est pas moins ministre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le congr&#232;s a &#233;galement ent&#233;rin&#233; la candidature de Hue pour les pr&#233;sidentielles. Il ira au charbon ! Car si Marie-George Buffet ambitionne 15 % des voix, les sondages donnent 2 ou 3 fois moins &#224; Hue ! Mais sa t&#226;che est de ratisser en milieu ouvrier et populaire au premier tour, pour amener ce qu'il peut &#224; Jospin au second. Le PCF gauchira peut-&#234;tre sa campagne. On lui pardonnera dans la coterie gouvernementale car personne n'oublie qu'il faut contenir l'influence d'Arlette Laguiller. L'&#233;dito du Monde du 31/10 l'exprimait &#224; sa fa&#231;on : &#171; &lt;em&gt;Il est de l'int&#233;r&#234;t de tous les d&#233;mocrates que le monde du travail trouve son expression politique, soit repr&#233;sent&#233; et ne se sente pas exclu du jeu&lt;/em&gt; &#187;. La direction du PCF attend que Jospin, en &#233;change, lui r&#233;serve quelques circonscriptions gagnantes. Du moins si la gauche plurielle ne paie pas sa politique anti-ouvri&#232;re par une d&#233;b&#226;cle comme en 93 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre nouveaut&#233;, le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT a d&#233;missionn&#233; des instances dirigeantes du parti. Si le PCF tient d&#233;sormais &#224; montrer qu'il n'est plus le parti d'une seule classe mais de tous les &#171; citoyens &#187;, l'appareil de la CGT pr&#233;f&#232;re de son c&#244;t&#233; ne plus lier son sort &#224; un parti d&#233;clinant. Il pr&#233;f&#232;re l'&#234;tre directement au gouvernement, comme la CFDT ou FO, dont il peut attendre davantage !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Travailleurs et militants, ne l&#233;sinez pas sur l'huile de coude&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, reste encore au PCF une base de dizaines de milliers de militants, sympathisants, adh&#233;rents, pr&#233;sents dans les entreprises et les quartiers. A ceux qui se demandent que faire pour changer le sort des travailleurs, arr&#234;ter l'h&#233;morragie de militants et de voix, Buffet et Hue r&#233;pondent : Tout ! Soyez partout sur la br&#232;che ! Prenez des initiatives locale ! C'est &#231;a, le nouveau &#171; communisme en actes &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction du PCF a m&#234;me le front de th&#233;oriser. Le parti n'est plus celui du &#171; grand soir &#187;. La r&#233;volution est &#224; faire tout de suite, ici m&#234;me, au quotidien ! Et de rajouter, pour contrer l'extr&#234;me gauche, qu'il ne suffit pas de &#171; &lt;em&gt;t&#233;moigner&lt;/em&gt; &#187; ou de &#171; &lt;em&gt;protester&lt;/em&gt; &#187;, mais bien plut&#244;t d'agir, de participer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Belle arnaque ! Car l'interventionnisme, le d&#233;vouement de bien des militants du PCF, se heurtent &#224; la politique d'un gouvernement auquel participe leur parti. Et tout particuli&#232;rement &#224; ces lois ou mesures dites sociales, suppos&#233;s points d'appui pour les militants dans leur combat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;tendue &#171; &lt;em&gt;avanc&#233;e des 35 heures&lt;/em&gt; &#187; a aid&#233; le patronat &#224; imposer la flexibilit&#233;, contre des r&#233;actions &#233;clat&#233;es par branches et par entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Idem de la fameuse loi sur la modernisation sociale de Guigou, qui renvoient les dizaines de milliers de licenci&#233;s, par petits paquets, devant leur patron !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Idem des n&#233;gociations des travailleurs des services publics, chaque cat&#233;gorie avec son minist&#232;re ! Et pour quel r&#233;sultat ? Les h&#244;pitaux ont pr&#233;tendument arrach&#233; au gouvernement un milliard de francs, mais au m&#234;me moment, Jospin en donnait 3 milliards aux patrons des cliniques priv&#233;es et 24 milliards &#224; quelques grands trusts des t&#233;l&#233;coms.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Politique anti-ouvri&#232;re qui vise perfidement &#224; saucissonner la classe ouvri&#232;re pour qu'elle n'agisse pas comme une seule et m&#234;me force, contre le patronat. &#171; &lt;em&gt;M&#233;thode Jospin&lt;/em&gt; &#187; que le PCF a couverte pendant 5 ans. Ses bons amis de la CGT aussi !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Tandis que les ministres s'assoient sur leurs fauteuils&#8230; et les espoirs des travailleurs !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais le PCF affirme qu'il ne peut rien faire de plus, au gouvernement et au parlement, vu le rapport de forces en sa d&#233;faveur ! &#171; &lt;em&gt;Le PCF pense que le pouvoir d'Etat n'est plus &#171; la &#187; r&#233;ponse mais qu'elle est dans la multiplication, l'extension des pouvoirs, l'intervention des individus eux-m&#234;mes&lt;/em&gt; &#187;, peut-on lire dans l'Humanit&#233; du 29/10. Si les dirigeants du PCF disent vrai, on se demande pourquoi ils s'accrochent &#224; ce gouvernement Jospin et &#224; ce &#171; pouvoir d'Etat &#187; qui est celui de la bourgeoisie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marchais, en 1984, avait choisi que le PCF quitte le gouvernement o&#249; il &#233;tait depuis 3 ans, pour tenter d'arr&#234;ter la perte de cr&#233;dit. Hue et Buffet n'envisagent rien de tel. Tant pis si le parti en cr&#232;ve ! Le centralisme d&#233;mocratique vaut maintenant par rapport &#224; Matignon ! Dernier exemple en date, la guerre men&#233;e par l'imp&#233;rialisme en Afghanistan. Apr&#232;s que Hue ait exprim&#233; sa solidarit&#233; avec Bush &#8211; &#171; &lt;em&gt;avec le peuple am&#233;ricain et le gouvernement qu'il s'est donn&#233;&lt;/em&gt; &#187; &#8211; Hue et Buffet se rallient maintenant aux interventions &#171; humanitaires &#187; de Chirac et Jospin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le grand tournant du PCF ne date pas d'hier. Il a eu lieu dans les ann&#233;es 1930 en fait. Mais le PCF &#233;tait rest&#233; un grand parti pas comme les autres, jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es 1980. Li&#233; &#224; l'URSS et l&#233;g&#232;rement sulfureux pour la bourgeoisie fran&#231;aise ! Li&#233; &#224; une base ouvri&#232;re et populaire, et contraint pour ne pas la perdre de l'encourager parfois &#224; r&#233;agir, tout en la contr&#244;lant. Un parti qui ne tirait pas l'essentiel de son poids du nombre de ses d&#233;put&#233;s ni seulement du nombre de municipalit&#233;s qu'il dirigeait. Ce qui faisait sa force, c'&#233;taient ses liens avec le principal syndicat ouvrier, la CGT, et l'influence de ses militants dans les luttes de la classe ouvri&#232;re. C'est essentiellement cela que Mitterrand, puis Jospin ont achet&#233; en &#233;change de portefeuilles de ministres, et que Hue et Buffet sont en passe de liquider.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'URSS n'est plus. Mitterrand puis Jospin, ont fait le pari qu'on pouvait r&#233;duire le PCF, non pas en le combattant ou en le rel&#233;guant au ghetto, mais au contraire en l'invitant au festin. Le PCF a march&#233; et est en train de perdre l'essentiel du cr&#233;dit qu'il avait dans la classe ouvri&#232;re et qui repr&#233;sentait sa force et son utilit&#233; aux yeux de la bourgeoisie. Cela ne signifie pas qu'il va immanquablement perdre ses ministres. Si Jospin l'emporte, il pourra en conserver au tourisme ou aux sports. Mais politiquement, le PCF n'a plus grande marge d'autonomie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Groupons-nous et demain&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes d&#233;j&#224; entr&#233;s en campagne &#233;lectorale. Les r&#233;volutionnaires y sont en concurrence avec le PCF. D'autant plus acharn&#233;e qu'il s'agit pour eux de d&#233;noncer et combattre la politique du patronat et du gouvernement. Mais le programme des r&#233;volutionnaires s'adresse n&#233;anmoins au Parti communiste et &#224; ses militants. Du moins &#224; ceux qui veulent en finir avec le ch&#244;mage, la pr&#233;carit&#233;, les bas salaires, les guerres, en deux mots le capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit d'un programme et de perspectives de lutte pour tous les travailleurs, o&#249; peuvent se reconna&#238;tre ceux du PCF qui militent pour les int&#233;r&#234;ts de leur classe et pas pour une sin&#233;cure politicienne. Au-del&#224; du bulletin de vote, c'est autour d'une telle perspective que les efforts et les &#233;nergies des militants du PCF peuvent prendre leur sens et leur port&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Agir localement, partout o&#249; ils le peuvent, comme les y incitent leurs dirigeants, c'est certainement indispensable. Mais vain, sans l'ambition de faire converger les efforts et les succ&#232;s en une force capable de bousculer le syst&#232;me, d'en renverser la t&#234;te, le pouvoir d'Etat, pour le remplacer par le pouvoir r&#233;volutionnaire des travailleurs et des pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en agissant tous ensemble, militants de l'extr&#234;me gauche trotskiste et militants du PCF sinc&#232;res, pour que la classe ouvri&#232;re lutte et s'organise pour la d&#233;fense de ses int&#233;r&#234;ts g&#233;n&#233;raux, que nous pourrons poser les jalons d'un futur parti communiste, ouvrier et r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michelle VERDIER&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Pourcentages de voix recueillis par le PCF aux &#233;lections nationales de 1946 &#224; aujourd'hui&lt;/h3&gt;&lt;table class='spip'&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;&#233;lection&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;%&lt;/h3&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Constituante 46&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;26,2&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;L&#233;gislative 46&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;28,6&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;L&#233;gislative 51&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;26,5&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;L&#233;gislative 56&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;25,4&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;L&#233;gislative 58&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;20,5&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;L&#233;gislative 62&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;21,3&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;L&#233;gislative 67&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;22,5&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;L&#233;gislative 68&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;20,0&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Pr&#233;sidentielle 69&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;21,5&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;L&#233;gislative 73&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;21,3&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Pr&#233;sidentielle 74&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Pas de candidat (soutien &#224; Mitterrand)&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;L&#233;gislative 78&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;20,5&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Europ&#233;enne 79&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;20,6&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Pr&#233;sidentielle 81&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;15,4&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;L&#233;gislative 81&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;16,2&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Europ&#233;enne 84&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;11,2&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;L&#233;gislative 86&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;9,7&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Pr&#233;sidentielle 88&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;6,7&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;L&#233;gislative 88&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;11,3&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Europ&#233;enne 89&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;7,7&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;L&#233;gislative 93&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;9,2&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Europ&#233;enne 94&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;6,9&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Pr&#233;sidentielle 95&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;8,6&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;L&#233;gislative 97&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;9,9&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Europ&#233;enne 99&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;6,8&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Quelles perspectives pour les militants du PCF ?
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Quelles-perspectives-pour-les-militants-du-PCF</link>
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		<dc:date>2001-09-21T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>PCF
</dc:subject>

		<description>Les &#233;ch&#233;ances du prochain congr&#232;s -fix&#233;es pour la fin du mois d'octobre- sont d&#233;sormais assez proches. Le PCF va mal et son avenir -du moins &#224; l'aune des sondages &#233;lectoraux- semble bien compromis. Cette question taraude sans doute bien des militants. Mais que leur propose Robert Hue ? &lt;br /&gt;Le &#171; nouveau communisme &#187; selon Robert Hue&#8230; &lt;br /&gt;Dans les cartons de la direction, il y a toujours le projet de changer le mode de fonctionnement et les interventions du PCF en l'ouvrant davantage &#224; tous ceux qui ne sont pas&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Numero-17-septembre-octobre-2001-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 17, septembre-octobre 2001
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-PCF-+" rel="tag"&gt;PCF
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les &#233;ch&#233;ances du prochain congr&#232;s -fix&#233;es pour la fin du mois d'octobre- sont d&#233;sormais assez proches. Le PCF va mal et son avenir -du moins &#224; l'aune des sondages &#233;lectoraux- semble bien compromis. Cette question taraude sans doute bien des militants. Mais que leur propose Robert Hue ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le &#171; nouveau communisme &#187; selon Robert Hue&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans les cartons de la direction, il y a toujours le projet de changer le mode de fonctionnement et les interventions du PCF en l'ouvrant davantage &#224; tous ceux qui ne sont pas communistes. Ce projet est &#224; l'&#233;vidence dans la continuit&#233; de ce qui a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; entrepris en renouvelant r&#233;cemment la direction du parti. C'est surtout la continuation et l'accentuation de toute une &#233;volution qui a vu les liens du PCF avec la classe ouvri&#232;re se distendre progressivement, et ses cellules d'entreprises dispara&#238;tre plus s&#251;rement encore. Pour mener quelle politique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de savoir ce que devrait &#234;tre le projet d'un &#171; nouveau communisme &#187; est des plus embrouill&#233;e. Selon Robert Hue, ce serait un v&#233;ritable d&#233;fi : comment ne pas &#234;tre prisonnier de ce qu'il est possible ou non de r&#233;aliser en participant &#224; un gouvernement domin&#233; par le Parti Socialiste, sans pour autant s'enfermer dans un discours strictement protestataire, en &#233;tant pr&#233;sent l&#224; o&#249; se prennent les d&#233;cisions afin de les infl&#233;chir chaque fois que c'est possible ? La mutation a beau &#234;tre engag&#233;e depuis plusieurs ann&#233;es, la voie reste en effet toujours aussi incertaine pour un parti qui ne serait ni social-d&#233;mocrate ni d'extr&#234;me gauche, alors que la r&#233;f&#233;rence &#224; l'URSS a bel et bien disparu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, la direction du PCF semble avoir la pr&#233;occupation de r&#233;pondre avant tout &#224; ceux qui seraient tent&#233;s par l'extr&#234;me gauche, apr&#232;s les derniers r&#233;sultats &#233;lectoraux plut&#244;t catastrophiques. Or &#224; la diff&#233;rence de l'extr&#234;me gauche, le PCF serait capable, selon Robert Hue, de marcher sur ses deux pieds : &#234;tre au gouvernement tout en &#233;tant capable de relayer et d'impulser les luttes de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;&#8230; en forme de trompe l'&#339;il&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est &#233;videmment se payer de mots ! Quelle est donc la mobilisation qui aurait &#233;t&#233; relay&#233;e par les ministres communistes ? Les interventions de Gayssot, qui laissent sur le carreau des centaines de travailleurs d'AOM-Air libert&#233;, auraient-elles contribu&#233; &#224; relancer la lutte de ceux-ci ? Sa pr&#233;sence &#224; la t&#234;te du minist&#232;re des transports a-t-elle servi &#224; autre chose qu'&#224; encourager les directions syndicales &#224; ne pas trop en faire ? On l'a vu notamment &#224; la SNCF quand la direction de la CGT a milit&#233; contre la gr&#232;ve des roulants, main dans la main avec le ministre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A &#233;couter Robert Hue, les ministres communistes auraient contribu&#233; &#224; faire adopter des mesures favorables aux travailleurs parce qu'ils sont au gouvernement. Il pense s&#251;rement aux amendements d&#233;pos&#233;s en juin dernier &#224; la loi sur &#171; la modernisation sociale &#187;. Mais il a beau abuser de la m&#233;thode Cou&#233;, et r&#233;p&#233;ter sur tous les tons que c'est une avanc&#233;e, on ne voit toujours pas comment elle servira de point d'appui aux travailleurs pour am&#233;liorer le rapport de force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction du PCF pr&#233;tend avoir tir&#233; les le&#231;ons du pass&#233; et notamment de l'exp&#233;rience de 1981. Mais le fait d'&#234;tre au gouvernement n'aide pas non plus les militants du Parti Communiste &#224; intervenir dans les luttes au niveau o&#249; cela serait n&#233;cessaire. Cela conduit surtout &#224; travestir la r&#233;alit&#233; et &#224; pr&#233;senter de mani&#232;re mensong&#232;re la politique men&#233;e par le gouvernement Jospin. Lorsque la direction du PCF a pr&#233;tendu au moment du vote sur la loi Aubry que c'&#233;tait une &#171; avanc&#233;e de civilisation &#187; (Maxime Gremetz), et que c'&#233;tait un point d'appui pour aller plus loin encore dans les n&#233;gociations, il trompait son monde. C'est au contraire en disant la v&#233;rit&#233; sur cette loi qu'on aurait aid&#233; &#224; organiser la riposte au niveau o&#249; c'&#233;tait n&#233;cessaire, tous ensemble. Au lieu de cela, les travailleurs et les militants se sont retrouv&#233;s isol&#233;s, entreprise par entreprise, &#224; essayer de limiter les d&#233;g&#226;ts, et pas davantage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors si demain la mobilisation contre les licenciements prenait une toute autre ampleur au point de g&#234;ner le gouvernement, que ferait le PCF ? De quel c&#244;t&#233; serait-il ? Celui du gouvernement et ses ministres, ou des travailleurs et des ch&#244;meurs ? Appellerait-il &#224; faire confiance &#224; la loi, et &#224; ses entraves, ou &#224; d&#233;velopper la lutte ? La r&#233;ponse ne fait h&#233;las gu&#232;re de doute.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Quelle alternative ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans le projet communiste de Robert Hue, la seule chose qui semble &#224; peu pr&#232;s claire et pr&#233;cise, c'est que le PCF doit avoir une &#171; posture plus offensive &#187;&#8230; pour engranger quelques voix suppl&#233;mentaires lors des prochaines &#233;lections !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc toujours la m&#234;me recette et les m&#234;mes limites lorsqu'il pr&#233;tend &#234;tre un peu plus offensif. Cela fait des ann&#233;es, des d&#233;cennies, que Robert Hue, et George Marchais avant lui, et m&#234;me Maurice Thorez encore avant, nous racontent la m&#234;me chose. Comme si le score du PCF en 1981 &#8211;le double de ce qu'il est actuellement&#8211; avait permis de faire bouger les choses &#224; gauche ! Ou celui de 1945, qui &#233;tait lui-m&#234;me le double de celui de 1981 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction du PCF conduit ses militants dans une impasse depuis bien longtemps en restant cramponn&#233; au Parti Socialiste, et en cultivant l'espoir d'am&#233;liorer un peu le rapport de force &#233;lectoral tout en prenant soin de rester un parti de gauche suffisamment &#171; responsable &#187; aux yeux de la bourgeoisie pour &#234;tre accept&#233; au gouvernement. Mais cela n'emp&#234;che pas Robert Hue de persister dans la m&#234;me voie : n'a-t-il pas affirm&#233; maintes fois que c'est la seule voie possible, et que toute autre alternative condamnerait ses militants, et le parti lui-m&#234;me, &#224; l'isolement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les militants du Parti Communiste ne seraient pourtant pas condamn&#233;s &#224; l'isolement en menant une politique r&#233;solue contre les attaques du patronat et du gouvernement, et en d&#233;fendant la perspective de lutter tous ensemble pour des revendications vitales comme l'interdiction des licenciements. C'est m&#234;me cela qui pourrait donner &#224; nouveau du cr&#233;dit aux id&#233;es communistes, en r&#233;pondant aux pr&#233;occupations des travailleurs, et en n'h&#233;sitant pas &#224; remettre en cause les profits de la bourgeoisie et son droit de propri&#233;t&#233;. C'est en tout cas la politique que d&#233;fend l'extr&#234;me gauche. Mais &#224; l'&#233;vidence, ce n'est pas celle que souhaite mener Robert Hue, m&#234;me si cela doit &#233;c&#339;urer un peu plus les militants du Parti Communiste attach&#233;s &#224; d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts du monde du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P.S. &lt;/strong&gt;Apr&#232;s les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis, Robert Hue n'a pas seulement tenu &#224; affirmer sa &#171; &lt;em&gt;solidarit&#233; envers le peuple am&#233;ricain&lt;/em&gt; &#187;, ce qui est tout &#224; fait compr&#233;hensible. Il a tenu aussi &#224; se montrer solidaire des &#171; &lt;em&gt;dirigeants qu'il s'est donn&#233;&lt;/em&gt; &#187;. Ce soutien remarqu&#233; &#224; l'imp&#233;rialisme est une nouvelle d&#233;monstration qu'en cas de crise, il a choisi de se placer du c&#244;t&#233; de l'ordre bourgeois. C'est aussi vrai sur le terrain des luttes ouvri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 20 septembre 2001, Raoul GLABER&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Le Parti, le 9 juin et la loi
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Le-Parti-le-9-juin-et-la-loi</link>
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		<dc:date>2001-07-31T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>Licenciements
</dc:subject>
		<dc:subject>PCF
</dc:subject>

		<description>Robert Hue l'avait proclam&#233; haut et fort dans l'Humanit&#233; Hebdo du samedi 2 juin : &#171; On entend dire, parfois, que le texte ne bougera pas ou simplement &#171; &#224; la marge &#187;. Alors, soyons clairs : faire ainsi conduirait tous les protagonistes concern&#233;s &#224; hypoth&#233;quer gravement le cr&#233;dit de la gauche plurielle aux yeux de l'opinion. Nous n'imaginons pas cette hypoth&#232;se, qui conduirait &#224; une opposition r&#233;solue des d&#233;put&#233;s communistes lors du retour &#224; l'Assembl&#233;e le 13 juin &#187;. C'&#233;tait quelques jours apr&#232;s l'annonce du&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Robert Hue l'avait proclam&#233; haut et fort dans l'Humanit&#233; Hebdo du samedi 2 juin : &#171; &lt;em&gt;On entend dire, parfois, que le texte ne bougera pas ou simplement &#171; &#224; la marge &#187;. Alors, soyons clairs : faire ainsi conduirait tous les protagonistes concern&#233;s &#224; hypoth&#233;quer gravement le cr&#233;dit de la gauche plurielle aux yeux de l'opinion. Nous n'imaginons pas cette hypoth&#232;se, qui conduirait &#224; une opposition r&#233;solue des d&#233;put&#233;s communistes lors du retour &#224; l'Assembl&#233;e le 13 juin&lt;/em&gt; &#187;. C'&#233;tait quelques jours apr&#232;s l'annonce du report du vote de la loi Guigou sur la &#171; modernisation sociale &#187; d&#233;cid&#233; par Jospin le mardi 29 mai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Las ! Dans la semaine qui suivait, le gouvernement essayait de s'entendre avec les d&#233;put&#233;s communistes sur la base de deux amendements portant sur la d&#233;finition des licenciements &#233;conomiques et sur la possibilit&#233; pour les CE de faire des propositions alternatives au projet pr&#233;sent&#233; par le chef d'entreprise tout en faisant appel &#224; un m&#233;diateur. Le dimanche 10 juin au &#171; Grand jury RTL-Le Monde-LCI &#187;, Robert Hue se faisait encore mena&#231;ant : &#171; &lt;em&gt;Je suis, ce soir, dans une alternative qui pourrait effectivement se traduire par un vote n&#233;gatif&lt;/em&gt; &#187;. Le mercredi 13 juin, le groupe communiste &#224; l'assembl&#233;e (&#224; l'exception de deux d&#233;put&#233;s) votait pourtant la loi Guigou, alors que rien n'&#233;tait chang&#233; de mani&#232;re significative sur les amendements propos&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Tout &#231;a pour rien&#8230; ou si peu&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le Parti communiste a longtemps essay&#233; de faire croire que lui aussi &#233;tait contre les licenciements. Ainsi &lt;em&gt;l'Humanit&#233;&lt;/em&gt; du vendredi 8 juin pouvait titrer : &#171; &lt;em&gt;49 % en faveur des amendements communistes&lt;/em&gt; &#187;. La question &#233;tait ainsi pos&#233;e : &#171; &lt;em&gt;Le Parti communiste souhaite que ce projet de loi soit modifi&#233; afin d'interdire les licenciements &#233;conomiques aux entreprises faisant des b&#233;n&#233;fices tant que le comit&#233; d'entreprise n'a pas donn&#233; son accord. Le Parti communiste avait d&#233;cid&#233; de voter contre le projet, en cas de non-int&#233;gration de ses propositions, ce qui aurait entra&#238;n&#233; le rejet du projet. Le gouvernement a d&#233;cid&#233; de s'accorder un d&#233;lai de r&#233;flexion de deux semaines avant le vote du texte &#224; l'Assembl&#233;e nationale. Souhaitez-vous qu'&#224; l'issue de ce d&#233;lai de r&#233;flexion, le projet de loi soit adopt&#233; apr&#232;s avoir int&#233;gr&#233; cette proposition du Parti communiste ?&lt;/em&gt; &#187;. 68 % des &#233;lecteurs et sympathisants du PCF r&#233;pondaient par l'affirmative (20 % &#233;tant favorable &#224; sa version actuelle et 8 % pour le rejet du projet de loi). Ce droit de veto n'a jamais &#233;t&#233; s&#233;rieusement d&#233;fendu et le grand &#233;cart est manifeste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la manifestation du 16 octobre 1999 contre les licenciements (&#224; l'&#233;poque ceux de Michelin), Robert Hue s'&#233;tait senti assez s&#251;r de lui pour &#233;taler au grand jour sa strat&#233;gie : soi-disant du c&#244;t&#233; des travailleurs en manifestant le samedi tout en d&#233;clarant la veille qu'il allait voter le mardi suivant la loi Aubry qui allait permettre de porter de nouveaux coups &#224; la classe ouvri&#232;re. Puis il avait gard&#233; la main en annon&#231;ant une nouvelle manifestation pour le 11 d&#233;cembre, qu'il n'avait pas eu trop de mal &#224; enterrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fois encore, il aurait pu se sentir &#224; l'aise en convoquant une premi&#232;re manifestation le 21 avril &#224; Calais, puis en annon&#231;ant qu'il prendrait une nouvelle initiative nationale, sans garantir qu'il n'allait pas r&#233;&#233;diter ce qu'il avait d&#233;j&#224; fait le 11 d&#233;cembre 1999. Mais l'initiative prise par les organisations syndicales et les salari&#233;s de LU-Danone, Marks&amp;Spencer, AOM-Air Libert&#233; (survenant dans la foul&#233;e des r&#233;sultats des municipales) l'a contraint &#224; s'impliquer davantage, notamment par rapport &#224; l'extr&#234;me gauche. Le PCF a jou&#233; le jeu m&#234;me s'il a mobilis&#233; en dessous de ses possibilit&#233;s, il s'est cru oblig&#233; d'en remonter &#224; Jospin. Mais il n'a &#233;videmment pas tenu la longueur&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour couper court aux critiques, la direction du PCF a choisi au lendemain du vote de la loi d'adopter la m&#233;thode Cou&#233; : ce serait para&#238;t-il une grande victoire ! &lt;em&gt;L'Humanit&#233;&lt;/em&gt; s'en fait l'&#233;cho et le r&#233;p&#232;te sur tous les tons &#224; qui veut bien l'entendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les limites de la mobilisation actuelle peuvent, il est vrai, lui donner un certain r&#233;pit. Le PCF peut m&#234;me se payer le luxe d'appara&#238;tre offensif pour exiger une application rapide de la loi, alors que le patronat -comme pour les 35 heures- veut bien se donner l'allure d'une victime. Mais &#224; force d'&#234;tre r&#233;p&#233;t&#233; qui ce jeu peut-il duper ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 28 juin 2001, &lt;strong&gt;Raoul GLABER&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> L'extr&#234;me gauche et le PCF apr&#232;s les municipales
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/L-extreme-gauche-et-le-PCF-apres-les-municipales</link>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>PCF
</dc:subject>

		<description>Les &#233;lections municipales ont marqu&#233; avant tout un d&#233;saveu de la politique gouvernementale. Mais le Parti socialiste peut estimer qu'il s'en tire &#224; bon compte. La conqu&#234;te, gr&#226;ce aux querelles de la droite, de la mairie de Paris, f&#234;t&#233;e par quelques milliers de jeunes BCBG place de l'H&#244;tel de ville, et celle de la mairie de Lyon ont masqu&#233; en partie le recul municipal du PS : celui-ci se solde tout de m&#234;me par 15 mairies en moins dans des villes de plus de 10 000 habitants, puisque le PS en a perdues&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les &#233;lections municipales ont marqu&#233; avant tout un d&#233;saveu de la politique gouvernementale. Mais le Parti socialiste peut estimer qu'il s'en tire &#224; bon compte. La conqu&#234;te, gr&#226;ce aux querelles de la droite, de la mairie de Paris, f&#234;t&#233;e par quelques milliers de jeunes BCBG place de l'H&#244;tel de ville, et celle de la mairie de Lyon ont masqu&#233; en partie le recul municipal du PS : celui-ci se solde tout de m&#234;me par 15 mairies en moins dans des villes de plus de 10 000 habitants, puisque le PS en a perdues 57 et gagn&#233;es 42 (dont 3 n'ont pas &#233;t&#233; prises &#224; la droite mais au PCF).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le Parti communiste qui paye le plus gros tribut au m&#233;contentement suscit&#233; par la politique du gouvernement de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le prix de la participation gouvernementale &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;A la veille de l'&#233;lection, le PC d&#233;tenait encore 110 mairies de villes de plus de 10 000 habitants, dont 39 de plus de 30 000. Il n'en a plus aujourd'hui que 84, dont 29 dans des villes de plus de 30 000 habitants, et il a perdu la seule ville de plus de 100 000 habitants qu'il d&#233;tenait, N&#238;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus pr&#233;cis&#233;ment il vient de perdre dans ces &#233;lections 32 villes de plus de 10 000 habitants, dont 12 de plus de 30 000, et n'en a gagn&#233;es que 6, dont 2 seulement de plus de 30 000 habitants. Mais la conqu&#234;te de ces deux villes, Arles et Sevran (ou plus exactement reconqu&#234;te de Sevran perdue en 1995), sont loin de compenser les pertes de grandes villes de la banlieue parisienne comme Argenteuil, Colombes, Drancy, Goussainville, Pantin, ou les villes de La Ciotat et La Seyne dans le midi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au point qu'un membre de la direction du PCF, Michel Deschamps, s'en d&#233;sole en ces termes : &#171; Robert Hue a dit que &#187;la gauche risquait d'aller dans le mur&#171; [ ]. Le probl&#232;me c'est qu'il n'avait pas dit que c'&#233;tait le PCF qui servirait d'airbag &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant Michel Deschamps n'est pas un contestataire de la ligne de Robert Hue, ni un opposant &#224; la participation gouvernementale : au contraire, ancien secr&#233;taire de la f&#233;d&#233;ration syndicale enseignante FSU, il est revenu au PCF avec la liste &#171; Bouge l'Europe &#187;, et a &#233;t&#233; aussit&#244;t apr&#232;s promu &#224; sa direction lors du congr&#232;s de &#171; mutation &#187; de Martigues. Il exprime n&#233;anmoins l'inqui&#233;tude d'un certain nombre de notables, m&#234;me parmi les plus &#171; huistes &#187;. Et le m&#233;contentement est exprim&#233; de fa&#231;on plus virulente par ceux qui se d&#233;fendent de l'&#234;tre, par un Patrice Carvalho, d&#233;put&#233; et ex-maire de l'Oise, qui a d&#233;clar&#233; au Figaro qu'il fallait que Hue &#171; s'en aille pour redevenir un militant de base &#187; ou un Andr&#233; G&#233;rin, d&#233;put&#233; maire de V&#233;nissieux, qui, dans une lettre ouverte &#224; la direction du PCF, demande que celle-ci &#171; dans son ensemble remette son mandat &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est bien cette fonction d' &#171; airbag &#187; pour prot&#233;ger Jospin des risques sociaux, qui vaut au Parti communiste de payer le discr&#233;dit de la politique gouvernementale dans les quartiers et les villes ouvri&#232;res, l&#224; o&#249; pr&#233;cis&#233;ment il d&#233;tient des mairies et l&#224; aussi o&#249; le m&#233;contentement social est le plus grand.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La direction du PCF persiste et signe &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La direction du Parti communiste ne s'est d'ailleurs pas tromp&#233;e sur les raisons de son &#233;chec. M&#234;me si, pour donner le change &#224; ses militants, elle a ici et l&#224;, comme &#224; Drancy en Seine-Saint-Denis, invoqu&#233; une alliance secr&#232;te entre la droite classique et l'extr&#234;me droite, qui aurait caus&#233; sa d&#233;faite. Il serait plus juste dans le cas de Drancy (62 000 habitants) comme dans celui de Colombes (76 000 habitants), de rappeler qu'en 1995, c'est la pr&#233;sence et le maintien au second tour de listes FN qui ont permis aux listes d'union de la gauche dirig&#233;es par le PC d'en garder les mairies et que dans ces municipalit&#233;s traditionnellement &#171; communistes &#187;, il avait d&#233;j&#224; perdu la majorit&#233; absolue. Car l'&#233;rosion des voix communistes a commenc&#233; bien avant 2001, pour les m&#234;mes raisons qu'aujourd'hui : le soutien apport&#233; par le Parti communiste aux politiciens, puis ministres anti-ouvriers du Parti socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qu'&#224; cela ne tienne, d&#232;s le lendemain du premier tour des municipales, l'Humanit&#233; du 12 mars analysait le &#171; message &#187; inflig&#233; &#224; la gauche plurielle, et en premier lieu au PC par les &#233;lecteurs, avec une certaine lucidit&#233;. &#171; Critique &#224; l'&#233;gard des tentations sociales-lib&#233;rales de la politique gouvernementale, le PCF ne parvient pourtant pas &#224; rendre visible et accessible sa nouvelle d&#233;marche communiste &#187;. Les &#233;lecteurs ouvriers n'ont donc pas vu la diff&#233;rence entre PC et politique du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce &#224; dire que le Parti communiste entend devenir plus critique ? Non. Quitter le gouvernement ? Encore moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le bilan des &#233;lections pr&#233;sent&#233; devant le Coll&#232;ge ex&#233;cutif du parti r&#233;uni apr&#232;s le second tour, la direction explique que le PCF aurait lui-m&#234;me commis des erreurs ou sous-estim&#233; de nouveaux probl&#232;mes de soci&#233;t&#233; : il lui faudrait revoir sa &#171; d&#233;marche tant en mati&#232;re de s&#233;curit&#233;, de qualit&#233; de la vie, d'environnement, d'enfance, de d&#233;mocratie participative &#187;. On voit poindre les futurs gadgets &#233;lectoraux qu'envisage la direction pour tenter d'am&#233;liorer ses scores lors des prochaines &#233;ch&#233;ances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, Robert Hue dit bien, dans l'Humanit&#233; du 23 mars, que le PC ne peut plus se contenter &#171; de n'&#234;tre qu'un aiguillon de la gauche &#187; ou un &#171; relais &#224; double sens [...] transmettant au gouvernement les dol&#233;ances populaires et [...] expliquant dans le pays les d&#233;cisions gouvernementales &#187;. Mais, argumente-t-il, le PC est un parti responsable qui ne pourrait abandonner son soutien &#224; Jospin qui, sans lui, n'aurait plus de majorit&#233; au parlement et devrait laisser la place &#224; la droite. C'est m&#234;me pour cela que le Parti communiste ne pourrait pas non plus s'accorder la marge d'autonomie que prennent parfois les Verts par rapport &#224; la politique gouvernementale, et dont ceux-ci ont pu tirer profit dans les &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement Hue ne fait que des r&#233;f&#233;rences vagues &#224; une mobilisation populaire qui pourrait contraindre le gouvernement &#224; infl&#233;chir sa politique, mais il ne se voit m&#234;me pas refuser &#224; Jospin les voix des d&#233;put&#233;s communistes, pour contrecarrer des lois contraires aux int&#233;r&#234;ts des travailleurs. Tout au plus le PCF a-t-il os&#233; en de rares occasions s'abstenir... lorsqu'il savait que ses voix ne manqueraient pas &#224; Jospin. Ce dont une partie de son milieu d'adh&#233;rents ou &#233;lecteurs n'est gu&#232;re dupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti communiste r&#233;colte aujourd'hui la sanction de l'&#233;lectorat. Mais Hue tire argument de ce nouvel &#233;chec pour proposer d'aller plus avant dans la &#171; mutation &#187; du Parti communiste, c'est-&#224;-dire de sa transformation en un parti de plus en plus semblable au PS. Nous sommes &#171; au milieu du gu&#233; &#187;, explique-t-il. En avant toute vers l'autre rive m&#234;me si le sable se d&#233;robe sous ses pieds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lent d&#233;clin du Parti communiste depuis les ann&#233;es 1980&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La claque &#233;lectorale que vient de recevoir le Parti communiste n'est que l'&#233;pisode d'un lent et long d&#233;clin. Marqu&#233; surtout &#224; la fin des ann&#233;es 1970 et au d&#233;but des ann&#233;es 1980, par la chute des scores &#233;lectoraux (plus de 20 % &#224; la fin des ann&#233;es 1970, moins de 10 % aujourd'hui), la perte de mairies (72 villes de plus de 30 000 habitants aux &#233;lections de 1977, 41 en 1995 et 29 aujourd'hui), et l'h&#233;morragie de ses effectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s ces derni&#232;res municipales, la grande presse s'est empress&#233;e de sonner le glas du &#171; communisme municipal &#187;. On avait eu un &#233;cho semblable apr&#232;s les municipales de 1983, apr&#232;s deux ans du premier gouvernement PC-PS, lorsque le Parti communiste avait d&#233;j&#224; perdu 16 municipalit&#233;s de plus de 30 000 habitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;chec du Parti communiste aux municipales de 1983 n'&#233;tait pas pour autant l'enterrement du PCF, loin s'en faut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'&#233;chec subi par le PCF aux municipales de 1983 &#233;tait la premi&#232;re perte s&#233;rieuse en postes et en moyens que lui valait son alignement sur Mitterrand. L'&#233;rosion &#233;lectorale, elle, avait commenc&#233; d&#232;s l'&#233;lection de celui-ci en 1981 : de 20,6 % aux l&#233;gislatives de 1978 et aux &#233;lections europ&#233;ennes de 1979, le PCF &#233;tait pass&#233; &#224; 15,3 % aux pr&#233;sidentielles et 16,1 % aux l&#233;gislatives de juin 1981. Aux &#233;lections europ&#233;ennes de 1984, il n'avait plus que 11,2 % des suffrages. Entre temps il avait tout cautionn&#233; de la politique du premier gouvernement Mitterrand-Mauroy auquel participaient quatre ministres communistes, en premier lieu le blocage des salaires de l'&#233;t&#233; 1982. Le pari qu'avait par avance annonc&#233; Mitterrand de r&#233;duire, si possible &#224; z&#233;ro, l'influence du Parti communiste en l'associant au gouvernement &#233;tait en voie d'&#234;tre gagn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marchais a tent&#233; d'y r&#233;agir, en 1984, en choisissant de sortir du gouvernement &#224; l'occasion du remplacement de Mauroy par Fabius au poste de premier ministre et de l'explosion de col&#232;re qu'avait suscit&#233;e une nouvelle vague de licenciements dans la sid&#233;rurgie. Cela avait suscit&#233; la grogne, si ce n'est la fronde, de tout le milieu des &#171; notables &#187; du parti qui voyaient dans l'alliance &#233;lectorale et gouvernementale avec le Parti socialiste la garantie de la conservation de leurs postes de d&#233;put&#233;s, maires, conseillers g&#233;n&#233;raux et autres. R&#233;novateurs, refondateurs, etc. ou ceux qui allaient le devenir, &#233;tiquette ou pas, ont eu le sentiment de voir leur chance passer... &#224; moins que finalement, le calcul de Marchais n'ait pas &#233;t&#233; si mauvais pour eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti communiste en a certes pris pour 13 ans d'abstinence gouvernementale. Mais la sortie du gouvernement a soulag&#233; une partie des militants et une fraction de l'appareil qui escomptait bien, hors du gouvernement si ce n'est dans l'opposition, regagner une partie du cr&#233;dit et des voix perdues. En 1984, l'URSS n'avait pas disparu. L'appareil du PC trouvait encore dans l'existence de celle-ci des appuis politiques et moraux pour un grand nombre de militants, mais aussi mat&#233;riels et financiers pour l'appareil. La disparition de l'URSS quelques ann&#233;es plus tard allait changer la donne pour le successeur de Marchais et peser dans le choix qu'il a fait d'opter pour une strat&#233;gie de participation gouvernementale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 1984, hors du gouvernement, le Parti communiste n'est pas redevenu pour autant le parti de la lutte de classe qu'il n'&#233;tait plus depuis longtemps. Mis &#224; part quelques coups d'&#233;clats, comme la violente manifestation &#224; Ivry en mai 1985 contre la fermeture de l'usine SKF o&#249; on avait en r&#233;alit&#233; laiss&#233; faire les licenciements d&#233;j&#224; un an et demi plus t&#244;t quand le PC &#233;tait encore au gouvernement, la libert&#233; de manoeuvre affich&#233;e &#224; l'&#233;gard du PS se d&#233;gonflait &#224; nouveau &#224; l'approche de chaque &#233;ch&#233;ance &#233;lectorale. Et ce n'est pas ce qui a manqu&#233; en France ! Si bien que l'&#233;rosion &#233;lectorale s'est poursuivie. L'h&#233;morragie de militants aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fin de l'URSS, au tournant de l'ann&#233;e 1990, a contribu&#233; au d&#233;clin. Pas tant au d&#233;clin &#233;lectoral lui-m&#234;me (l'Union de la gauche s'en est charg&#233;e) qu'au d&#233;clin militant, car bon nombre de militants communistes croyaient, de moins en moins il est vrai, au communisme de l'URSS ou au moins &#224; sa puissance et son influence mondiales. La chute des effectifs du Parti communiste et la perte de certaines traditions d'organisation et de militantisme sont en partie cons&#233;quences de la fin de l'URSS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, dans le mouvement de gr&#232;ve du secteur public de 1995, le Parti communiste, essentiellement par le truchement de ses militants dans la CGT, a montr&#233; qu'il pouvait continuer &#224; peser dans les entreprises et dans la rue. Mais c'&#233;tait contre Jupp&#233;, contre un gouvernement de droite. Contre le gouvernement de gauche, revenu en 1997 surtout parce que la droite s'est pr&#233;sent&#233;e d&#233;sunie aux &#233;lections, dirig&#233; par Jospin qui a refait le m&#234;me calcul d'associer le PC au gouvernement, le PC n'a gu&#232;re brill&#233; par son opposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout au contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle participation intervenait dans un contexte o&#249; le PC avait encore perdu des forces militantes et des scores &#233;lectoraux, c'est-&#224;-dire des positions dans les institutions de l'appareil d'Etat. La cure d'abstinence gouvernementale du Parti communiste apr&#232;s 1984 (o&#249; il ne fut parti d'opposition que dans les p&#233;riodes 1986-88 et 1993-97, quand la droite gouvernait) n'a pas r&#233;ussi &#224; le soigner de son effritement. C'est donc un parti bien affaibli par rapport &#224; ce qu'il &#233;tait en 1981 qui est revenu au gouvernement apr&#232;s la victoire &#233;lectorale de Jospin aux l&#233;gislatives de 1997.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le cercle vicieux a continu&#233; ses effets. Plus le PC participe, plus il cautionne la politique anti-ouvri&#232;re de Jospin, plus il recule dans sa base ouvri&#232;re ou protestataire, celle-l&#224; m&#234;me qui fait sa force... ou sa monnaie d'&#233;change avec Jospin.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;D&#233;boires municipaux et &#233;rosion militante &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, les pertes municipales que vient d'enregistrer le PCF sont une &#233;tape de plus dans son affaiblissement. Elles ne correspondent pas &#224; un grand d&#233;placement de voix, la r&#232;gle du scrutin quasi-majoritaire amplifiant les basculements. Il est d'ailleurs difficile de mesurer l'&#233;rosion des voix du PCF dans ces municipales puisque PC et PS y pr&#233;sentaient presque partout des listes communes. Comme aux derni&#232;res municipales d'ailleurs. Une autre mesure de l'&#233;rosion des voix du PC, &#224; ce jour, est le r&#233;sultat des cantonales. Sur l'ensemble des cantons renouvelables, le PC a fait une moyenne 9,83 %, contre 11,39 % lors de l'&#233;lection pr&#233;c&#233;dente portant sur les m&#234;mes cantons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la perte de municipalit&#233;s importantes p&#232;se d'autant plus pour le Parti communiste que non seulement elle prive une partie de son appareil d'importants moyens, mais qu'elle ne peut qu'acc&#233;l&#233;rer l'h&#233;morragie militante, ne serait-ce que dans les villes concern&#233;es. De toute &#233;vidence, il y a un s&#233;rieux d&#233;clin de l'activit&#233; des cellules de quartiers ou d'entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti communiste reste malgr&#233; tout, &#224; la diff&#233;rence de tous les autres grands partis, encore un parti de militants. A la veille du congr&#232;s de Martigues, l'an dernier, le Parti communiste comptait selon ses propres chiffres, 203 600 membres. M&#234;me si, sur le terrain, seule la moiti&#233; de ces 200 000 adh&#233;rents &#233;tait active, aucun des partis de la bourgeoisie, constitu&#233;s uniquement de cadres roulant pour leurs carri&#232;res et d'un appareil administratif, ne peut en aligner autant, pas plus le Parti socialiste que les autres&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La composition sociale du Parti communiste aussi a progressivement &#233;volu&#233;. Une enqu&#234;te faite parmi les adh&#233;rents du parti en 1997, avec l'aide de la direction du PC elle-m&#234;me, notait qu'entre 1979 et 1997 la proportion d'ouvriers parmi les membres du PC &#233;tait pass&#233;e de 46,5 % &#224; 31,3 %. Celle des employ&#233;s et personnels de service a augment&#233;, de 25,4 % &#224; 32,9 %. Mais surtout celle des professions interm&#233;diaires, enseignants, cadres et des professions lib&#233;rales est pass&#233;e de 19,6 % &#224; 32,5 %. Cette derni&#232;re cat&#233;gorie, souvent li&#233;e d'ailleurs aux appareils municipaux du parti, p&#232;se vraisemblablement surtout du c&#244;t&#233; de la r&#233;novation du parti voulue par sa direction. Et c'est entre autres &#224; elle que Robert Hue s'adresse quand il porte &#224; la direction du parti des Michel Deschamps ou des Roland Castro, architecte ex-mitterrandiste.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La qu&#234;te d'un &#171; nouvel &#233;lectorat &#187; d&#233;j&#224; pris &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais le bilan tir&#233; par Hue du coup de semonce des municipales, n'est pas de changer de cap. Le PCF va continuer &#224; soutenir la politique anti-ouvri&#232;re du gouvernement, &#224; participer &#224; ce gouvernement. Il pr&#233;tend seulement poursuivre la r&#233;novation, l'approfondir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finie la notion jug&#233;e vieillotte de &#171; lutte de classe &#187;, vive le mouvement social, voire &#171; soci&#233;tal &#187; et l'intervention &#171; citoyenne &#187;. Le &#171; Nouveau Parti communiste &#187; dont la naissance est au programme du congr&#232;s extraordinaire du PCF pr&#233;vu pour l'automne prochain, et vers lequel Hue propose d'acc&#233;l&#233;rer la marche, devrait s'inspirer des Verts qui seraient &#171; en phase avec des angoisses, des interrogations, des col&#232;res &#187; Il devrait rompre avec des pratiques communistes d&#233;su&#232;tes pour &#171; inventer des formes nouvelles qui correspondent aux attentes et aux modes de vie de notre &#233;poque &#187;. Il faudrait orienter les &#171; adh&#233;rents &#187; du Parti communiste, qui sont encore nombreux rappelle Hue, vers des &#171; formes nouvelles de militantismes vers lesquelles s'engagent [ ] d'autres &#233;nergies citoyennes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le choix fait par les hommes politiques qui dirigent le Parti communiste, qui sont enfin int&#233;gr&#233;s, m&#234;me si ce n'est que comme force d'appoint, au monde de ceux &#224; qui l'on confie des responsabilit&#233;s gouvernementales. Ils ne raisonnent, comme tous les politiciens, qu'en nombre de postes de gestionnaires dans les rouages de l'appareil d'Etat, des cabinets minist&#233;riels aux municipalit&#233;s, en passant par les Conseils r&#233;gionaux et g&#233;n&#233;raux. Certes, &#224; ne plus &#234;tre &#233;tiquet&#233; comme &#171; extr&#234;me gauche &#187;, &#224; ne plus appara&#238;tre comme le parti des travailleurs, &#224; ne plus appara&#238;tre comme le parti de la contestation sociale, le Parti communiste continue &#224; perdre des voix et eux des postes, car leur base militante et surtout &#233;lectorale reste leur seule monnaie d'&#233;change. Mais c'est le prix &#224; payer pour l'int&#233;gration totale &#224; la soci&#233;t&#233; bourgeoise et au gouvernement. Et cette clique dirigeante et puissante au sein du Parti communiste d&#233;fend cette &#171; union &#187; pour une politique anti-ouvri&#232;re car c'est la condition n&#233;cessaire, si ce n'est suffisante, pour lui pr&#233;server ses places dans les Conseils r&#233;gionaux et g&#233;n&#233;raux ou m&#234;me dans les mairies. Les Ralite, Braouezec et autres peuvent estimer que, vu le niveau auquel sont descendus les scores &#233;lectoraux de leur parti, c'est l'accord PC-PS, qui leur a permis de sauver un certain nombre de leurs mairies, en assurant partout ou presque des listes d'union conduites par le PC dans les municipalit&#233;s d&#233;j&#224; g&#233;r&#233;es par lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la direction du Parti communiste d&#233;clare vouloir s'adresser &#224; de &#171; nouvelles couches &#187;, comme elle dit, enseignants, techniciens, ing&#233;nieurs, sur les plates-bandes &#233;lectorales du PS ou des Verts. Disposant d'une force militante consid&#233;rable et d&#233;vou&#233;e, c'est du c&#244;t&#233; des associations, sur des th&#232;mes comme la mondialisation ou la malbouffe qui ont un certain succ&#232;s dans une fraction de la petite bourgeoisie de gauche, que le PCF ambitionne aujourd'hui de se montrer plus pr&#233;sent, actif et peut-&#234;tre contestataire que ses rivaux directs sur ce terrain, socialistes ou &#233;cologistes. Sans parler de la musique &#171; contestataire &#187; jeune et branch&#233;e o&#249; Robert Hue dit trouver &#171; une mise en cause profonde de la soci&#233;t&#233; capitaliste &#187; qui pourrait contribuer &#224; la construction du Nouveau Parti communiste de ses r&#234;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti communiste y trouvera-il un nouveau souffle et un nouvel &#233;lectorat ? C'est une autre question. Tout ce qu'on peut dire pour l'instant c'est que le maire communiste de Colombes, dans les Hauts-de-Seine, qui briguait son septi&#232;me mandat a eu beau fusionner sa liste avec une liste &#171; Motiv&#233;-e-s &#187; qui figurait au premier tour, il n'a pas sauv&#233; sa mairie pour autant. De m&#234;me que Hue avec sa liste &#171; Bouge l'Europe &#187; n'a pas fait bouger vers le haut les scores du parti.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une attente du c&#244;t&#233; de l'extr&#234;me gauche &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il est sorti une surprise des urnes du 11 mars. Les dirigeants du PC et les r&#233;dacteurs de l'Humanit&#233; en ont d'ailleurs pris note. Ce sont les scores de l'extr&#234;me gauche. Ils ont &#233;t&#233; plus symptomatiques qu'importants, ne serait-ce que parce que l'extr&#234;me gauche n'avait pas la force de se pr&#233;senter partout, loin de l&#224;. Mais ces scores parlent n&#233;anmoins. Le ph&#233;nom&#232;ne est apparu en 1995, quand Arlette Laguiller avait fait 5,3 % aux pr&#233;sidentielles. D'autres scores l'ont ensuite confirm&#233;. Et &#224; ces derni&#232;res &#233;lections, les r&#233;sultats de Lutte Ouvri&#232;re comme de la Ligue Communiste R&#233;volutionnaire, et parfois m&#234;me du Parti des Travailleurs, ne sont pas pass&#233;s inaper&#231;us. Leur signification politique n'a &#233;chapp&#233; &#224; personne, surtout pas aux r&#233;dacteurs de l'Humanit&#233; qui ont aussit&#244;t soulign&#233; les deux aspects les plus importants de cette pouss&#233;e : &#171; une critique implicite, dans bien des cas, de l'action gouvernementale &#187; et &#171; un vote qui s'exprime dans les quartiers et villes populaires avec un fort ancrage ouvrier &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une partie non n&#233;gligeable de l'&#233;lectorat populaire et ouvrier a d&#233;savou&#233; le PC pour sa collaboration gouvernementale et s'est servi du bulletin de vote Lutte Ouvri&#232;re ou LCR pour l'exprimer ! Les trotskystes mordent d&#233;sormais sur une partie de l'ancien &#233;lectorat communiste d&#233;&#231;u. Une petite partie encore, mais c'est un signe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelque chose &#224; la gauche du PC. Contrairement &#224; ce qu'affirme Hue, les id&#233;es communistes, de lutte de classe, de d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts des travailleurs, trouvent l'oreille d'une fraction, petite mais qui grandit, de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;rosion du Parti communiste ne se traduit pas seulement par des abstentions ou des d&#233;placements &#224; droite, voire &#224; l'extr&#234;me droite, ce qui ne peut que conforter les militants communistes qui pensent toujours que la classe ouvri&#232;re doit se d&#233;fendre par ses moyens propres, autres qu'institutionnels, qu'il y a encore une r&#233;volution &#224; faire et dans l'imm&#233;diat une contre-offensive &#224; pr&#233;parer tous ensemble contre le patronat et le gouvernement. Ces r&#233;sultats &#233;lectoraux sont salutaires pour eux et nous. Pour tous ceux qui contestent l'ordre social. Ils devraient annoncer la possibilit&#233; et la n&#233;cessit&#233; d'engager au coude &#224; coude les combats &#224; venir, de les pr&#233;parer ensemble, et la perspective de forger le parti ouvrier, communiste et r&#233;volutionnaire, dont la classe ouvri&#232;re a besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La possibilit&#233;. La n&#233;cessit&#233;. Mais il n'y a aucun automatisme, aucune spontan&#233;it&#233; en la mati&#232;re. Reste &#224; faire en sorte que ce sympt&#244;me &#233;lectoral devienne une r&#233;alit&#233; au sein du mouvement ouvrier. L&#224;, c'est aux organisations d'extr&#234;me gauche de mener une politique qui corresponde &#224; l'attente que vient de r&#233;v&#233;ler ces scores au sein d'une fraction du monde du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evidemment, les organisations r&#233;volutionnaires sont confront&#233;es &#224; une difficult&#233; de taille : leur perc&#233;e &#233;lectorale d&#233;passe largement leurs forces militantes. Ce qui signifie par exemple qu'Arlette Laguiller pourrait &#233;galer voire d&#233;passer le candidat du PCF aux prochaines pr&#233;sidentielles, comme les scores de l'ensemble de l'extr&#234;me gauche ceux du PC aux l&#233;gislatives, sans que le rapport des forces au sein du mouvement ouvrier ait vraiment chang&#233; en faveur des r&#233;volutionnaires. Autrement dit, sans que les r&#233;volutionnaires, en d&#233;pit de tous leurs efforts organisationnels et militants, aient acquis, ne serait-ce qu'en surface, une implantation militante comparable &#224; celle des militants et sympathisants du PCF actuel, aussi d&#233;confit soit-il. Ce qui signifie que notre perc&#233;e &#233;lectorale, peut-&#234;tre provisoire, n'est en elle-m&#234;me pas capable de nous permettre d'entra&#238;ner suffisamment de travailleurs combatifs pour faire &#233;chec aux appareils r&#233;formistes dans la lutte de classe (et celui du PCF, par l'interm&#233;diaire de la CGT, reste encore le plus influent), sinon de les supplanter. Les &#233;lections ne sont que des &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, cette perc&#233;e &#233;lectorale qui traduit la fin de certaines illusions au sein de la classe ouvri&#232;re et de nouveaux espoirs, nous donne sans doute, pour la premi&#232;re fois depuis des d&#233;cennies, la cr&#233;dibilit&#233; et la possibilit&#233; de mener une politique permettant de forger cette force r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pour cela il y aura certainement plusieurs pi&#232;ges &#224; &#233;viter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord de penser que cette perc&#233;e &#233;lectorale, si elle est capitalisable, ne le serait qu'en termes organisationnels pour chacun de nos courants. Pour l'heure, LO comme la LCR (et sans aucun doute le PT), mobilisent &#224; juste titre tous leurs efforts militants pour rencontrer, retrouver, associer, encourager, organiser d'une fa&#231;on ou d'une autre, ceux qui ont vot&#233; pour l'extr&#234;me gauche et en particulier ceux qui l'ont aid&#233;e en se portant candidats sur ses listes ou en participant &#224; sa campagne. Cela portera ses fruits, comme tous les efforts militants, et cette fois, vu les scores, peut-&#234;tre plus que lors des &#233;lections pr&#233;c&#233;dentes de ces derni&#232;res ann&#233;es. En tout cas esp&#233;rons-le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces efforts sont indispensables, mais ne suffisent pas &#224; r&#233;pondre &#224; la situation. D'une certaine fa&#231;on, s'en contenter serait surestimer la signification des derniers scores. L'&#233;lectorat populaire qui s'est port&#233; vers l'extr&#234;me gauche, a vot&#233; pour elle en signe de protestation contre la gauche gouvernementale, et non pas la plupart du temps parce qu'il se sentait lui-m&#234;me communiste r&#233;volutionnaire, trotskyste, ou plus g&#233;n&#233;ralement pr&#234;t &#224; porter nos couleurs. Bref, pr&#234;t &#224; rallier nos rangs. 8, 10 ou 15 % et plus dans certaines villes ouvri&#232;res (dont les trois quarts ont m&#234;me maintenu leur vote au deuxi&#232;me tour dans les quelques villes o&#249; nous pouvions nous maintenir), cela veut dire autant de travailleurs, de familles populaires, qui n'attendent plus rien de la gauche gouvernementale, ce qui ne veut pas dire qu'ils sont pr&#234;ts pour autant &#224; grossir les forces militantes de l'extr&#234;me gauche. En revanche, ils sont sans doute pr&#234;ts d&#233;sormais &#224; &#233;couter ce que proposent les r&#233;volutionnaires... en d&#233;pit de leur identit&#233; r&#233;volutionnaire ! Ni plus, ni moins. Entre le d&#233;saveu politique et l'adh&#233;sion en une autre force potentielle, il y a une marge importante. Et c'est cette marge qu'il nous appartient d&#233;sormais de combler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car, l&#224; aussi, il ne serait pas juste de simplement se dire, comme nous avons pu le faire &#224; la suite des pr&#233;sidentielles de 1995 : v&#233;rifions si ces r&#233;sultats sont capitalisables par chacune des organisations r&#233;volutionnaires (s&#233;par&#233;ment ou ensemble, ce qui en la circonstance ne changerait pas grand chose). Du moins de se contenter de cela. En fait, en l'absence de pouss&#233;e sociale significative, comme dans le contexte actuel, il y a peu de chances pour qu'une perc&#233;e &#233;lectorale se traduise spontan&#233;ment par un afflux militant vers l'extr&#234;me gauche. Mais cela ne signifie pas pour autant que de nouvelles possibilit&#233;s politiques ne sont pas &#224; la port&#233;e de l'extr&#234;me gauche. C'est l&#224; o&#249; les v&#233;ritables questions de nos orientations politiques commencent.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le d&#233;fi &#224; relever &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;A ce niveau, l'extr&#234;me gauche est menac&#233;e de deux erreurs sym&#233;triques. D'abord, de ne pas prendre en compte la v&#233;ritable signification politique de la perc&#233;e des diff&#233;rentes organisations d'extr&#234;me gauche (y compris de ses scores l&#224; o&#249; elle s'est maintenue au deuxi&#232;me tour) : ceux qui ont vot&#233; pour nous, grosso modo quelle que soit la politique exprim&#233;e par nos organisations respectives, l'ont fait sans remords, sans se pr&#233;occuper de &#171; vote utile &#187;. Le d&#233;saveu de la gauche gouvernementale, PC compris, &#233;tait franc et net. Il existe dans les milieux ouvriers une partie significative qui regarde vers l'extr&#234;me gauche pr&#233;cis&#233;ment parce que celle-ci lui appara&#238;t radicalement anti-gouvernementale, et pas seulement &#171; critique &#187;. Non, l'extr&#234;me gauche n'est pas, ne doit pas &#234;tre la gauche de &#171; la gauche plurielle &#187;. Elle est contre la gauche plurielle, contre ce gouvernement capitaliste, et c'est comme telle qu'elle a recueilli les suffrages de ces ex-&#233;lecteurs communistes, entre autres, qui pr&#233;cis&#233;ment sont exasp&#233;r&#233;s de voir leur parti s'accrocher &#224; cette gauche qui se dit plurielle, mais si monolithique dans son comportement et ses d&#233;cisions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourde serait de continuer &#224; d&#233;fendre co&#251;te que co&#251;te la perspective de &#171; battre la droite &#187; comme l'a encore fait la direction de la LCR lors de ces municipales ou de se raccrocher &#224; des forces qui ont plus ou moins partie li&#233;e avec cette gauche plurielle. D'une certaine fa&#231;on, ce serait d&#233;savouer le score de l'extr&#234;me gauche &#224; ces municipales. Ce serait nourrir plus d'illusions &#233;lectorales que l'&#233;lectorat ouvrier lui-m&#234;me, &#224; commencer par les ex-&#233;lecteurs communistes. Ce serait pour le coup faire preuve de frilosit&#233;, de ringardise politique. Et surtout, ce serait renoncer &#224; vouloir cr&#233;er cette force politique d'extr&#234;me gauche pour laquelle, tout le monde s'accorde &#224; le constater y compris nos adversaires il y a d&#233;sormais la place, o&#249; si l'on pr&#233;f&#232;re, un &#233;cho possible au sein de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre faute politique serait de se contenter d'affirmer son identit&#233; communiste r&#233;volutionnaire, prol&#233;tarienne, et de penser qu'ainsi, &#224; l'avenir, l'&#233;lectorat reconna&#238;tra les siens, en attendant qu'un &#233;ventuel m&#251;rissement de la situation permette &#224; cette extr&#234;me gauche non compromise d'engranger son identit&#233; sur un autre terrain qu'&#233;lectoral. A cet &#233;gard, les derniers scores confirment la justesse du positionnement de Lutte Ouvri&#232;re au deuxi&#232;me tour. Mais il ne suffit pas d'avoir eu raison &#224; ce niveau-l&#224;. Justement. La LCR a obtenu des scores comparables &#224; ceux de LO, en provenance des m&#234;mes quartiers ouvriers, des m&#234;mes militants communistes, pour les m&#234;mes raisons que LO. Sur le m&#234;me vote protestataire. Ce dont une bonne partie des militants de la LCR (et des personnes qui se sont mises sur ses listes) ont pris note. C'est sur sa gauche que la LCR a obtenu les m&#234;mes scores que LO, pas sur sa droite. Et c'est pourquoi LO se doit de proposer &#224; la LCR une politique commune en accord avec ces r&#233;sultats-l&#224;, pour les prochaines &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales de 2001, bien s&#251;r, aux pr&#233;sidentielles et aux l&#233;gislatives, mais aussi avant ces &#233;ch&#233;ances, sur un terrain extra &#233;lectoral. De l'entra&#238;ner sur un terrain clairement lutte de classe, prol&#233;tarien, dont on voit qu'il rencontre un &#233;cho certain dans la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et entra&#238;ner le reste de l'extr&#234;me gauche sur ce positionnement intransigeant vis-&#224;-vis du reste de la gauche, c'est aussi avoir l'ambition de proposer une politique commune de l'extr&#234;me gauche au reste du mouvement ouvrier, sur tous les fronts o&#249; les travailleurs sont attaqu&#233;s. C'est ainsi que les anciens &#233;lecteurs communistes et bien d'autres qui regardent d&#233;sormais vers l'extr&#234;me gauche quand ils veulent d&#233;savouer leurs partis traditionnels, commenceront &#224; la consid&#233;rer comme cr&#233;dible &#233;galement sur un autre terrain. C'est l&#224; aussi o&#249; nous parviendrons &#224; capitaliser de nouvelles forces militantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'extr&#234;me gauche a un d&#233;fi politique &#224; relever. Rien n'est gagn&#233; d'avance. Mais si personne ne propose une telle politique, si LO, par exemple, la mieux plac&#233;e pour cela, s'y refusait, cela reviendrait &#224; laisser la place &#224; d'autres, sur un tout autre terrain. Il y a une attente politique du c&#244;t&#233; de la classe ouvri&#232;re qui a perdu ses illusions &#233;lectorales. Il y a une place &#224; prendre... Et il vaudrait mieux que l'extr&#234;me gauche se porte candidate sans tarder. Car on pourrait m&#234;me voir surgir &#171; &#224; la gauche de la gauche &#187; quelque chose, qui se vanterait sans doute d'&#234;tre une &#171; nouvelle force politique &#187;, mais certes pas d'extr&#234;me gauche, et qui m&#233;nagerait de nouvelles d&#233;convenues aux travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res municipales ont montr&#233; qu'une fraction du milieu populaire autrefois influenc&#233;e par le PCF attend de nouvelles perspectives, et que cela ne le g&#234;nerait pas, bien au contraire, que ces perspectives viennent des r&#233;volutionnaires. A nous de nous y atteler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 30 mars 2001&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Lutte de Classe (mensuel - Lutte Ouvri&#232;re) - #57 - mars-avril 2001&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> PCF 2000 : les mutants gagnent haut la main... &#224; l'ombre de Jospin.
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		<dc:subject>Politique
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		<description>Le congr&#232;s de la &#171; mutation &#187; communiste, &#224; d&#233;faut d'&#234;tre historique comme le voulait Robert Hue, aura du moins obtenu un hommage gouvernemental : un quatri&#232;me ministre communiste, un secr&#233;taire d'&#201;tat &#224; la fonction certes quelque peu obscure, puisqu'il est charg&#233; du &#171; patrimoine culturel &#187;. Mais enfin, Robert Hue a sembl&#233; satisfait. C'est qu'il a beaucoup &#233;t&#233; question de culture et de mutation s&#233;mantique, au cours de ce trenti&#232;me congr&#232;s, ce que Jospin a salu&#233; &#224; sa juste valeur. Au sein du gouvernement&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-Les-articles-dans-Lutte-de-Classe-" rel="directory"&gt;Les articles dans &#171; Lutte de Classe &#187;
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-PCF-+" rel="tag"&gt;PCF
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le congr&#232;s de la &#171; mutation &#187; communiste, &#224; d&#233;faut d'&#234;tre historique comme le voulait Robert Hue, aura du moins obtenu un hommage gouvernemental : un quatri&#232;me ministre communiste, un secr&#233;taire d'&#201;tat &#224; la fonction certes quelque peu obscure, puisqu'il est charg&#233; du &#171; patrimoine culturel &#187;. Mais enfin, Robert Hue a sembl&#233; satisfait. C'est qu'il a beaucoup &#233;t&#233; question de culture et de mutation s&#233;mantique, au cours de ce trenti&#232;me congr&#232;s, ce que Jospin a salu&#233; &#224; sa juste valeur. Au sein du gouvernement remani&#233;, le Parti communiste &#224; direction r&#233;nov&#233;e et rajeunie sera donc pr&#233;pos&#233; &#224; la garde des vieux tableaux.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le communisme nouveau&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ne chipotons pas. La r&#233;compense gouvernementale est pleinement justifi&#233;e. Le contenu du communisme nouveau tel qu'il a &#233;t&#233; formul&#233; &#224; ce congr&#232;s, &#224; d&#233;faut d'avoir suscit&#233; un d&#233;bat enthousiaste dans les rangs du parti (un tiers des 210 000 militants d&#233;clar&#233;s y aurait particip&#233;) a de quoi convenir &#224; toute la palette gouvernementale. Le mot clef du &#171; projet communiste &#187; adopt&#233; par le congr&#232;s est &#171; d&#233;passement &#187;. D&#233;passement du capitalisme, bien s&#251;r. &#171; Notre but n'est pas de prendre le pouvoir mais de permettre aux citoyens de l'exercer C'est ce processus fait de conqu&#234;tes, de ruptures et de transformations, allant au-del&#224; des point forts du capitalisme pour le supprimer vraiment, que nous appelons le d&#233;passement du capitalisme. &#187; Le texte adopt&#233; en appelle plus loin &#224; &#171; une nouvelle mixit&#233; public priv&#233; &#187; ( ) &#171; nous refusons d'abandonner aux capitalistes le march&#233; et la production des biens et services &#187;. On ne parle pas textuellement de communisme de march&#233;, mais l'esprit y est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jospin privatise &#224; tour de bras, All&#232;gre aurait bien introduit le march&#233; &#224; l'&#233;cole, Aubry appr&#233;cie les points forts du capitalisme les communistes de la mutation th&#233;orisent et proposent d'aller au-del&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; des &#171; points forts &#187; du capitalisme, mais en de&#231;&#224; du partage communiste et m&#234;me du slogan de la SNCF qui clamait &#171; le progr&#232;s ne vaut que s'il est partag&#233; par tous &#187; puisqu'il faudrait promouvoir &#171; le partage de ce qui appartient &#224; tous &#187;. Riches et pauvres partageons notre lot commun !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, le trenti&#232;me congr&#232;s a &#233;galement &#233;t&#233; celui de l'ouverture. Le PCF s'engage donc &#224; lutter, avec d'autres, pour une taxe Tobin &#171; &#224; la fran&#231;aise &#187;, c'est-&#224;-dire pour une taxation &#224; moins de 1 % des flux financiers... De quoi ouvrir un dialogue constructif avec Fabius. Enfin Robert Hue, dans son discours de cl&#244;ture, envisage de mettre en place un &#171; Tour de France contre les in&#233;galit&#233;s &#187;, avec la &#171; mont&#233;e en puissance d'une dynamique rythm&#233;e par des moments cl&#233;s &#187; aboutissant &#224; des &#171; Assises contre les in&#233;galit&#233;s en 2001 &#187;. Cela semble si peu clair que l'article de l'Humanit&#233; a pour sous-titre &#171; d&#233;cryptage &#187;. Pour l'heure en tout cas, plus question de manifestations de rue comme celle du 16 Octobre 1999 (qui pourtant a magnifiquement servi la politique du PCF, il suffisait d'entendre les innombrables et louangeuses r&#233;f&#233;rences &#224; cette journ&#233;e au congr&#232;s de Martigues), mais place aux tours de France, aux assises, aux discussions et aux &#233;lections. Priorit&#233; &#224; la &#171; dynamique majoritaire de changement &#187;, comme dit le texte adopt&#233; sur les &#171; choix strat&#233;giques &#187;, dynamique qui se caract&#233;rise par &#171; notre participation &#224; la majorit&#233;, au gouvernement ( ) &#233;l&#233;ment d'une fonction communiste nouvelle &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La d&#233;mocratie citoyenne&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le projet d'orientation de la direction a &#233;t&#233; approuv&#233; par 90 % des d&#233;l&#233;gu&#233;s. L'&#233;lection de la direction s'est faite dans le nouvel esprit &#171; d&#233;mocratique et citoyen &#187; : on compte 50 % de femmes dans le coll&#232;ge ex&#233;cutif de 46 membres, 7 membres de moins de 35 ans, 14 membres d'associations issus du mouvement social (f&#233;ministes, anti-racistes, d&#233;fense des sans papiers, d&#233;fense des minorit&#233;s sexuelles). Fort bien. Mais au total, plus de la moiti&#233; d'&#233;lus et... aucun opposant ! Alors que les oppositionnels sont estim&#233;s &#224; 15 %, ils ne d&#233;crochent que 2 postes sur les 271 du Comit&#233; National. On ne change pas si facilement les vieilles habitudes. En tout cas, les oppositions d&#233;clar&#233;es sont lamin&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue organisationnel, la nouvelle orientation est notable. La disparition des cellules dont il est question consacrerait la volont&#233; de rompre avec l'ancrage ouvrier et militant. Il s'agirait ni plus ni moins de la disparition de l'intervention d'entreprise du PCF. Elle s'&#233;tait certes tr&#232;s affaiblie, mais comprenait, selon les rapports du PCF de 1996, pr&#232;s de 3500 cellules d'entreprise sur 15 000 (et encore 2 800 sur 13 500 aujourd'hui selon les chiffres donn&#233;s &#224; ce congr&#232;s 2000). Cela a &#233;t&#233; peut-&#234;tre le seul et vrai d&#233;bat de ce congr&#232;s, en tout cas lors des d&#233;bats pr&#233;paratoires. Les tribunes de l'Humanit&#233; semblaient refl&#233;ter de r&#233;elles r&#233;sistances d'un secteur de la base. La direction a eu beau pr&#233;senter la disparition des cellules comme une avanc&#233;e organisationnelle ce travail ne marche pas comme d'ailleurs toute l'intervention du parti, changeons donc de structure et tout changera le nouveau cours organisationnel touche bien des militants qui dans leur action quotidienne se retrouvent de plus en plus isol&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pendant id&#233;ologique de ce recentrage organisationnel est la disparition presque compl&#232;te des r&#233;f&#233;rences &#224; la classe ouvri&#232;re au profit de &#171; questions soci&#233;tales &#187;. Les combats collectifs sont mis sur un m&#234;me plan que &#171; le souci de promouvoir l'individu &#187;, avec toute une phras&#233;ologie pr&#244;nant ni plus ni moins qu'un humanisme de la p&#233;nurie, une solidarit&#233; &#224; moyens constants.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La strat&#233;gie du tangage&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le programme de Robert Hue se r&#233;sume &#224; sa formule &#171; un pied dans le mouvement populaire et un pied au gouvernement &#187;. Cet &#233;cart semble intenable, mais l'est-il vraiment ? Les grands appareils r&#233;formistes ont toujours pratiqu&#233; le roulis et le tangage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que le Parti communiste proclame sa vocation de parti de gouvernement n'est pas nouveau. Le parti stalinien de 1945 gouvernait sans complexes avec De Gaulle, et le parti des travailleurs qu'il revendiquait &#234;tre s'est alors acharn&#233; &#224; &#171; faire retrousser les manches &#187; &#224; la classe ouvri&#232;re. C'&#233;tait d'ailleurs sa fonction gouvernementale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, la phras&#233;ologie a &#233;volu&#233; (comme chez les sociaux d&#233;mocrates : on pr&#233;f&#232;re parler de &#171; mouvement social &#187; que de lutte de classes, de citoyennet&#233; que de classe ouvri&#232;re ) mais la &#171; dynamique &#187; de collaboration gouvernementale se voudrait de m&#234;me nature les effectifs et les scores &#233;lectoraux en moins !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La perspective que propose Robert Hue aux militants du PCF, c'est de redevenir un grand parti r&#233;formiste (sinon franchement ouvrier), mais en tout cas prosp&#232;re, mis au go&#251;t du jour donc pluriel, et pleinement reconnu par les institutions bourgeoises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a le mod&#232;le italien, o&#249; le Parti communiste a vu sa fraction majoritaire devenir carr&#233;ment le pivot d'une coalition gouvernementale, et sa minorit&#233; se cantonner &#224; &#234;tre une force d'appoint ext&#233;rieure. Mais le PC italien a op&#233;r&#233; son recentrage social-d&#233;mocrate avec quelques d&#233;cennies d'avance sur le PCF, et le mod&#232;le ne reste qu'un r&#234;ve Il y a l'exemple malheureux espagnol, avec la transformation du PCE en une coalition &#171; Gauche unie &#187; qui vient d'aboutir, en mars 2000, &#224; un fiasco &#233;lectoral ! Reste un espoir venu du froid, mais cette fois du Nord scandinave : des d&#233;combres des diff&#233;rentes fractions du stalinisme su&#233;dois a &#233;merg&#233; le Parti de la Gauche, qui regroupe une coalition f&#233;ministe, &#233;cologiste, anti-europ&#233;enne ayant r&#233;ussi &#224; repasser au dessus des 10 % face &#224; une social-d&#233;mocratie puissante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aspiration, bien s&#251;r, n'est pas la r&#233;alisation, m&#234;me si la direction du PCF veut &#224; l'&#233;vidence franchir tous les pas n&#233;cessaires. Il faudrait tout un concours de circonstances favorables &#224; la renaissance d'un grand parti r&#233;formiste en France, pour voir les calculs d'un Robert Hue prendre corps. Reste que cette perspective, &#224; d&#233;faut de correspondre aux int&#233;r&#234;ts v&#233;ritables de la classe ouvri&#232;re, peut s&#233;duire la grande majorit&#233; des militants du PCF, laquelle, en d&#233;pit de toutes sortes de sentiments nostalgiques, nourrit bien des illusions r&#233;formistes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les calculs de Hue et ceux de Jospin&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le poids de l'appareil du PCF et ses liens avec les institutions l'emportent d&#233;sormais de tr&#232;s loin sur l'apport militant, du moins &#224; en croire la part des cotisations dans le budget annuel total (11 millions de francs sur 110 millions, chiffres donn&#233;s par l'Humanit&#233;). Dans les calculs de la direction du parti, les 35 d&#233;put&#233;s, 16 s&#233;nateurs, 153 conseillers r&#233;gionaux, 290 conseillers g&#233;n&#233;raux, et 14 925 conseillers municipaux p&#232;sent bien plus que toutes les orientations, aussi novatrices soient-elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cet &#233;gard, le PS se r&#233;v&#232;le conciliant. Lors des n&#233;gociations pour les municipales de 2001, il s'appr&#234;te d'ores et d&#233;j&#224; &#224; maintenir les acquis du PCF, quitte &#224; forcer des sections socialistes locales (de la r&#233;gion parisienne par exemple) &#224; se d&#233;sister, permettant ainsi aux candidats PC d'&#234;tre seuls au premier tour. Mais la complaisance du Parti socialiste &#224; l'&#233;gard du Parti communiste, du moins pour le moment, ne t&#233;moigne pas de la seule tactique &#233;lectorale visant &#224; s'assurer des reports favorables pour les seconds tours. Elle refl&#232;te &#233;galement la propre strat&#233;gie du gouvernement socialiste qui a d&#233;volu au PC un r&#244;le tout sp&#233;cifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il est vrai que les liens entre la CGT et le PCF se sont distendus, du moins officiellement, pour prendre mod&#232;le sur les liens tacites entre le PS et d'autres appareils syndicaux, le poids dont le PCF dispose toujours sur la classe ouvri&#232;re passe essentiellement par la CGT, dont la propre influence reste d&#233;cisive. On l'a vu lors de la gr&#232;ve des cheminots en 1995, mais on l'a vu aussi l'an dernier dans l'efficacit&#233; avec laquelle la CGT (&#224; la suite des d&#233;clarations de Hue contre les gr&#233;vistes) a su casser une gr&#232;ve de la SNCF contre l'application des 35 heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement socialiste a besoin du PCF et de ses relais dans la CGT pour faire passer ses diff&#233;rentes mesures anti-ouvri&#232;res. Cela a &#233;t&#233; le cas pour les lois Aubry, comme c'est le cas pour ses projets pour les retraites, l'actionnariat ouvrier et les fonds de pension &#224; la fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti socialiste, m&#234;me s'il garde une influence dans certains milieux comme celui des enseignants (encore que les mouvements de ces derni&#232;res ann&#233;es montrent l'influence pr&#233;pond&#233;rante du PCF via les militants du SNES), est devenu un simple appareil bourgeois ne disposant pas de relais &#233;quivalents &#224; ceux du Parti communiste chez les salari&#233;s. De ce point de vue, le Parti socialiste n'est m&#234;me plus, depuis longtemps, un parti r&#233;formiste. C'est le PC qui en tient lieu, que cela plaise ou non, et l'int&#233;r&#234;t de la bourgeoisie fran&#231;aise et de ses gouvernants actuels n'est pas forc&#233;ment qu'il disparaisse, ni m&#234;me qu'il s'affaiblisse trop.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faudrait pas jauger l'&#233;volution du PCF &#224; situation sociale constante et croire qu'il n'existe pas sur la sc&#232;ne politique fran&#231;aise de place pour deux partis de gauche. Un courant politique, li&#233; &#224; la classe ouvri&#232;re comme a pu l'&#234;tre le PCF, ne dispara&#238;t pas de la sc&#232;ne historique sans avoir &#233;puis&#233; toutes ses possibilit&#233;s. En cas de tensions sociales accrues, la bourgeoisie pourrait souhaiter voir son r&#244;le renforc&#233;. Le PS et le PCF pourraient alors jouer des r&#244;les compl&#233;mentaires (ce qu'au demeurant ils font d&#233;j&#224; en partie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, la situation &#233;conomique de la bourgeoisie peut donner un certain nombre d'espoirs &#224; la strat&#233;gie de Hue, en confortant, si la reprise tant annonc&#233;e se poursuivait, la possibilit&#233; pour les poss&#233;dants d'acheter la paix sociale, du moins de le tenter. Non pas en consentant de v&#233;ritables avantages &#224; la classe ouvri&#232;re, mais bien plut&#244;t en conc&#233;dant de nouvelles pr&#233;bendes aux appareils politiques et syndicaux r&#233;formistes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'&#233;pine de l'extr&#234;me gauche&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, les calculs strat&#233;giques de Robert Hue sont tr&#232;s al&#233;atoires, et pas seulement en fonction des vicissitudes &#233;conomiques et des choix de la bourgeoisie. Ses derni&#232;res tentatives de r&#233;aliser la mutation du PCF sur le terrain &#233;lectoral ont abouti &#224; un &#233;chec cuisant. La liste &#171; Bouge l'Europe &#187; (qui en mal d'ouverture testait un &#233;ventuel changement de nom du parti) a m&#234;me parfaitement illustr&#233; le proverbe shadock : &#171; Plus on essaye, plus on a des chances de r&#233;ussir, donc plus &#231;a rate, plus &#231;a marche ! &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y aussi d'autres obstacles mineurs &#224; la concr&#233;tisation des ouvertures du PCF au &#171; mouvement social &#187;, &#224; ces diff&#233;rentes associations qui, au del&#224; de l'engagement sinc&#232;re de beaucoup de leurs membres, ne pr&#244;nent pas sp&#233;cialement la lutte de classes (mais le PCF n'en parle plus non plus) et cultivent surtout pas mal de pr&#233;jug&#233;s anti-communistes. Le PC a beau proc&#233;der au ravalement de son id&#233;ologie, adopter leur propre langage, elles sont peu enclines, aujourd'hui mais peut-&#234;tre pas toujours, &#224; lier leur sort avec une formation politique qui jusqu'ici a surtout paru en perte de vitesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'essentiel est ailleurs. Du c&#244;t&#233; de la classe ouvri&#232;re elle-m&#234;me, qui d'une certaine fa&#231;on cultive peut-&#234;tre aujourd'hui moins d'illusions r&#233;formistes et &#233;lectorales que les propres militants du PCF. Tout en voulant garder un pied dans le mouvement social, le PCF pourrait aussi, en compagnie du PS, se discr&#233;diter rapidement aupr&#232;s de la fraction de la classe ouvri&#232;re qui fait preuve du plus de combativit&#233; et cherche de v&#233;ritables perspectives de luttes. Les derniers scores &#233;lectoraux de l'extr&#234;me gauche sont &#224; cet &#233;gard d&#233;j&#224; r&#233;v&#233;lateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evidemment, de ce seul point de vue, le PCF pourrait &#233;galement servir de tampon entre le PS et l'extr&#234;me gauche, ce que la gauche gouvernementale pourrait appr&#233;cier en tant que tel. Mais, en cas de crise sociale, il pourrait aussi passer rapidement, c'est toujours une question de point de vue et de situation politique, de la position de tampon &#224; celle d'une organisation prise en &#233;tau. Car la diff&#233;rence essentielle d'avec les autres &#233;volutions des partis communistes europ&#233;ens, ou ce qu'ils sont devenus, c'est la perc&#233;e en France de l'extr&#234;me gauche sur le terrain &#233;lectoral, et la possibilit&#233; qu'elle devienne une v&#233;ritable force extra &#233;lectorale. Cela supposerait bien s&#251;r que l'extr&#234;me gauche soit capable de polariser autour d'elle des perspectives de mobilisation o&#249; se retrouveraient nombre de militants ouvriers, &#224; commencer par ceux du Parti communiste au-del&#224; de leurs propres illusions &#233;lectorales et r&#233;formistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d'ailleurs pour cela qu'il serait important que l'extr&#234;me gauche, c'est-&#224;-dire essentiellement Lutte Ouvri&#232;re et la Ligue Communiste R&#233;volutionnaire, ait une politique vis-&#224;-vis du PCF. Du PCF tel qu'il est et vient de sortir de son congr&#232;s, r&#233;formiste, gouvernemental, encore un peu plus recentr&#233; &#224; droite. Mais pas une politique faite seulement de relations gentilles, amicales et de bon ton. Mais une politique de propositions d'actions en vue de d&#233;velopper le &#171; mouvement populaire &#187; (et d'abord ouvrier). Histoire de prendre Robert Hue au mot, lui qui pr&#233;tend appeler de ses voeux ce d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une remont&#233;e des luttes pourrait alors permettre de rendre possible l'impossible et certain ce qui hier n'&#233;tait qu'improbable, &#224; savoir poser les bases d'un parti des travailleurs, communiste et r&#233;volutionnaire. Les r&#233;volutionnaires ne gagneront des couches larges de travailleurs, dont ceux issus du PC, que dans des moments de crises. C'est la crainte de Hue. A nous de faire en sorte que cette peur ne soit pas vaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://mensuel.lutte-ouvriere.org/lutte-de-classe/serie-actuelle-1993/50-avril-2000&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Lutte de Classe n&#176;50 - Avril 2000&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> A la veille du 30e congr&#232;s : O&#249; va le Parti communiste fran&#231;ais ?
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		<dc:subject>Politique
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		<description>Depuis bient&#244;t trois ans, le PCF apporte un soutien sans faille &#224; la politique du gouvernement Jospin. La caution don&#233;e &#224; la loi Aubry comme aux privatisations entra&#238;ne un m&#233;contentement important dans la base ouvri&#232;re de ce parti. Le choix de la liste &#171; Bouge l'Europe &#187; pour les derni&#232;res &#233;lections europ&#233;ennes, loin d'offrir une issue au d&#233;clin &#233;lectoral du parti a amen&#233; nombre de militants ou de sympathisants &#224; voter pour la liste pr&#233;sent&#233;e par LO et la LCR. &lt;br /&gt;Malgr&#233; tout cela, le choix fait par Robert Hue&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-A-la-veille-du-XXXeme-congres-ou-va-le-PCF-" rel="directory"&gt;DOSSIER : A la veille du XXXe congr&#232;s : o&#249; va le PCF ?
&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis bient&#244;t trois ans, le PCF apporte un soutien sans faille &#224; la politique du gouvernement Jospin. La caution don&#233;e &#224; la loi Aubry comme aux privatisations entra&#238;ne un m&#233;contentement important dans la base ouvri&#232;re de ce parti. Le choix de la liste &#171; Bouge l'Europe &#187; pour les derni&#232;res &#233;lections europ&#233;ennes, loin d'offrir une issue au d&#233;clin &#233;lectoral du parti a amen&#233; nombre de militants ou de sympathisants &#224; voter pour la liste pr&#233;sent&#233;e par LO et la LCR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; tout cela, le choix fait par Robert Hue et la direction du parti pour le prochain congr&#232;s est d'accentuer encore une politique de ralliement &#224; la social-d&#233;mocratie. Incapable de proposer une politique anticapitaliste, il ne cesse n&#233;anmoins de se pr&#233;senter encore comme le seul parti pr&#233;sentant une perspective pour la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces contradictions ne datent pas d'aujourd'hui, mais l'affaiblissement du parti les rend plus vives...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps est loin o&#249; le PCF, adoss&#233; &#224; l'URSS, avait les coud&#233;es franches dans les entreprises et un grand nombre de municipalit&#233;s ouvri&#232;res et pouvait imposer sa politique. Menac&#233; dans le peu de municipalit&#233;s qu'il lui reste, affaibli dans son implantation d'entreprise, n'ayant plus de perspective de changement de soci&#233;t&#233; &#224; pr&#233;senter &#224; ses militants, le PCF n'en reste pas moins une force politique capable de faire des d&#233;monstrations populaires comme le 16 octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;volutionnaires, qui ont aujourd'hui davantage de moyens pour pr&#233;senter largement une politique alternative &#224; celle des r&#233;formistes ne peuvent ignorer la crise du PCF s'ils veulent s'adresser &#224; tous les militants &#224; la recherche d'une orientation r&#233;ellement efficace face au patronat et au gouvernement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Du mythe &#224; la r&#233;alit&#233;
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		<dc:subject>Politique
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		<description>Le Parti communiste fran&#231;ais est loin d'&#234;tre un objet politique non identifi&#233;. Pourtant si son affaiblissement est &#233;vident, force est de constater qu'il n'est pas ais&#233; d'appr&#233;cier exactement sa r&#233;alit&#233; et d'&#233;viter les deux erreurs, oppos&#233;es, de le surestimer en le confondant toujours avec ce qu'il &#233;tait encore il y a trente ans ou, sur la vue de ses r&#233;cents d&#233;boires &#233;lectoraux, le croire d&#233;j&#224; disparu corps et bien. &lt;br /&gt;L'effondrement &#233;lectoral &lt;br /&gt;Son affaiblissement ne fait de doute pour personne, et surtout pas&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le Parti communiste fran&#231;ais est loin d'&#234;tre un objet politique non identifi&#233;. Pourtant si son affaiblissement est &#233;vident, force est de constater qu'il n'est pas ais&#233; d'appr&#233;cier exactement sa r&#233;alit&#233; et d'&#233;viter les deux erreurs, oppos&#233;es, de le surestimer en le confondant toujours avec ce qu'il &#233;tait encore il y a trente ans ou, sur la vue de ses r&#233;cents d&#233;boires &#233;lectoraux, le croire d&#233;j&#224; disparu corps et bien.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'effondrement &#233;lectoral&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Son affaiblissement ne fait de doute pour personne, et surtout pas pour ses propres militants. Il a &#233;t&#233; marqu&#233; par un recul constant aux &#233;lections successives depuis vingt ans. Ne parlons m&#234;me pas des 6,78 % des derni&#232;res europ&#233;ennes. Il suffit d'examiner les l&#233;gislatives ou les municipales, qui nous permettent de mieux cerner le maillage du PCF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compar&#233;s aux scores des l&#233;gislatives de 1962, 21,9%, ceux de 1993, 9,1%, et 1997, 9,9%, qui ont fait passer le PCF sous la barre des 10%, indiquent une influence r&#233;duite de plus de moiti&#233;. En 1997, en se pr&#233;sentant dans 532 circonscriptions sur 555, il n'a fait des progr&#232;s sensibles (+2%) que dans de petites villes et des d&#233;partements comme la Creuse, l'Allier, ou les Pyr&#233;n&#233;es-Orientales. Et s'il se maintient en g&#233;n&#233;ral, &#224; l'exception de l'Aisne (-3,3%) et du Pas-de-Calais (-1,4%), les r&#233;sultats font appara&#238;tre autour des bastions restants (Nord, Pas-de-Calais, Centre, Bouches-du-Rh&#244;ne et R&#233;gion Parisienne) des zones o&#249; l'&#233;lecteur PCF risque d'&#234;tre catalogu&#233; dans les esp&#232;ces en voie de disparition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1978 il tenait encore 1481 mairies contre 1120 en 1989 et 920 depuis 1995. Aujourd'hui seules 46 de ces villes ont plus de 30 000 habitants, apr&#232;s la perte au cours des deux derni&#232;res d&#233;cennies du Havre, Bourges, Ch&#226;lons-sur-Marne, Corbeil-Essonnes, Thionville, Amiens, Le Mans. Parall&#232;lement le nombre de conseillers municipaux est pass&#233; de 26 906 en 1983 &#224; 21 351 en 1989 et 14 925 en 1995. Et souvent la perte d'une ville signifie la disparition de militants permanents et d'associations et un grave affaiblissement de son travail local.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut pourtant rappeler que le PCF a aujourd'hui, avec moins de voix, un nombre de d&#233;put&#233;s plus important qu'en 1988, 35 contre 25. Et qu'il dispose de 16 s&#233;nateurs, 153 conseillers r&#233;gionaux, 290 conseillers g&#233;n&#233;raux, et deux pr&#233;sidences de conseil g&#233;n&#233;ral, en Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne. Or c'est de ces &#233;lus que le PCF, comme tout parti qui entend jouer le jeu et &lt;em&gt;ne jouer que le jeu&lt;/em&gt; de la d&#233;mocratie bourgeoise, tire une grande partie de ses revenus (d'apr&#232;s une enqu&#234;te parlementaire en 1995 seuls 21 % de ceux-ci provenaient des cotisations de ses adh&#233;rents) et de son poids politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste aussi que cet &#233;lectorat (un peu moins de 2 440 000 en 1997) est sensiblement plus important dans les villes et les quartiers ouvriers. Les statistiques, en fonction des &#233;lections, donnent pour le PCF des fourchettes de 10 &#224; 15% chez les ouvriers, mais aussi les employ&#233;s et les ch&#244;meurs, et m&#234;me un peu plus pour les salari&#233;s de la Fonction publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Evolution des suffrages du PC aux &#233;lections l&#233;gislatives depuis 1924 (en %)&lt;/em&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_19 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH439/art412-1-c653d.png?1526540670' width='500' height='439' alt=&#034;image 618 x 542
&#034; title=&#034;image 618 x 542
&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un parti militant&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si une partie du prol&#233;tariat se reconna&#238;t encore dans ce parti au niveau &#233;lectoral, l'essentiel ne r&#233;side pas l&#224;. M&#234;me au temps de sa splendeur, quand il r&#233;cup&#233;rait plus de 25 % des suffrages, le PCF n'a sans doute jamais recueilli la majorit&#233; des votes des travailleurs. On est loin aussi des chiffres d'adh&#233;rents de l'apr&#232;s-guerre (785 000), mais les 274 000 adh&#233;rents officiels de 1996 (210 000 aujourd'hui d'apr&#232;s Robert Hue) - m&#234;me s'il convient de prendre ce chiffre avec pr&#233;caution - n'ont pas d'&#233;quivalent parmi les autres partis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part une organisation politique ne se mesure pas &#224; ses seuls effectifs, ni son rayonnement et son influence &#224; la seule lecture de bilans et de pertes &#233;lectoraux. L'influence du PCF pendant des d&#233;cennies venait de sa capacit&#233; &#224; encadrer et organiser la classe ouvri&#232;re. D'abord sur le plan syndical, par l'interm&#233;diaire de la CGT, longtemps la centrale h&#233;g&#233;monique dans les principaux secteurs d'activit&#233;. Aujourd'hui la CGT a perdu cette h&#233;g&#233;monie incontest&#233;e. Elle se veut de plus en plus autonome de la direction du PCF. Elle est travers&#233;e et parfois d&#233;chir&#233;e par les m&#234;mes courants qui traversent et d&#233;chirent le PCF, plus quelques autres aussi dont certains bien &#224; elle. Dans les remous de ces derni&#232;res ann&#233;es il n'est pas s&#251;r que les militants ou sympathisants du PCF forment encore les 4/5&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; de sa direction ou plus du tiers de ses adh&#233;rents comme c'&#233;tait encore le cas, para&#238;t-il, il y a 3 ou 4 ans. Mais si tous, les ex comme ceux qui ont encore la carte du parti, sont aujourd'hui beaucoup trop sceptiques ou d&#233;sabus&#233;s pour rester les solides vecteurs qu'ils furent de la politique du PCF, celle-ci n'en continue pas moins &#224; se faire sentir au sein du syndicat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout il &#233;tait une caract&#233;ristique qui en faisait un parti &#224; part, y compris des autres formations de gauche ou se r&#233;clamant de pr&#232;s ou de loin du socialisme ou de la classe ouvri&#232;re. Pendant des d&#233;cennies le PCF fut le seul parti qui exista ouvertement au sein du monde du travail par une propagande politique et une apparition militante directes dans les entreprises. Depuis longtemps le Parti socialiste, par exemple, n'y exer&#231;ait d'influence que, au mieux, par l'interm&#233;diaire des syndicats. Les rapports du PCF pour son Congr&#232;s de 1996 faisait &#233;tat de 15 493 cellules, dont 3839 en entreprises regroup&#233;es en 1379 sections. Sans doute un peu moins aujourd'hui. Mais par del&#224; ces chiffres on peut raisonnablement estimer que chaque entreprise de quelque importance compte toujours un ou plusieurs militants ou sympathisants du PCF. Pourtant ils sont de moins en moins organis&#233;s en cellules r&#233;guli&#232;res, ont de moins en moins de publications d'entreprise, apparaissent de moins en moins sur l'entreprise en tant que PCF. Bref le PCF est en train de perdre ce caract&#232;re qui en a fait, trois ou quatre d&#233;cennies durant, le parti de la classe ouvri&#232;re. Ce qui ne veut pas dire qu'il l'a totalement perdu...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des jeunes et des lecteurs plus rares&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La caract&#233;ristique des partis de notables &#8211; droite ou gauche &#8211; c'est de n'avoir ni jeunes dans leur rang ni lecteurs de leur presse. Et de n'en avoir pas besoin car leur presse est confidentielle, quand elle existe, et leurs rangs se forment dans les minist&#232;res ou les assembl&#233;es. S'il fallait un crit&#232;re pour appr&#233;cier o&#249; en est le PCF par rapport &#224; eux, nous l'avons peut-&#234;tre l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Jeunesse communiste (le MJCF) pr&#233;tendait aligner 50 000 adh&#233;rents en 1997. Mais mis &#224; part une influence limit&#233;e au cours de gr&#232;ves lyc&#233;ennes, la force d'intervention du PCF dans la jeunesse a r&#233;gress&#233; au plus bas. Son influence dans le syndicat &#233;tudiant aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; sa presse elle est aujourd'hui bien loin de ce qu'elle fut dans l'imm&#233;diat apr&#232;s-guerre, avec une presse quotidienne nationale (400 000 exemplaires en 1946), r&#233;gionale, d'entreprise, de jeunesse, plus une abondante activit&#233; d'&#233;dition. La presse r&#233;gionale a en grande partie disparue, ou alors est devenue de plus en plus autonome du parti, et pas sur sa gauche. De la maison d'&#233;ditions il ne reste rien. De m&#234;me de son hebdomadaire national qui fut jadis vendu de fa&#231;on militante &#224; des centaines de milliers d'exemplaires. Reste le quotidien l'&lt;em&gt;Humanit&#233;&lt;/em&gt;. Sa diffusion s'est encore fortement &#233;rod&#233;e au cours de cette d&#233;cennie, passant de 84 194 exemplaires en 1990, &#224; 65 312 en 1995 et pr&#232;s de 58 000 en 1998. Son lectorat est &#233;valu&#233; aujourd'hui &#224; 77 000 personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PCF regroupe encore une fraction de travailleurs qui esp&#232;rent et attendent que leur parti leur offre des perspectives militantes. Ce n'est sans doute pas le premier souci de la direction actuelle. Ce serait donc la t&#226;che des r&#233;volutionnaires. Mais il ne suffit pas que l'histoire la mette &#224; l'ordre du jour. Encore faut-il aussi qu'ils se donnent une politique pour la r&#233;aliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 8 janvier 2000&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fran&#231;ois FABIEN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title> Du parti r&#233;volutionnaire au parti gouvernemental
</title>
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		<dc:subject>Histoire
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		<dc:subject>PCF
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		<description>En 1920, une majorit&#233; des militants socialistes d&#233;cide d'adh&#233;rer &#224; la 3&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Internationale. Mais dans la d&#233;cennie qui suit, le parti est stalinis&#233; et &#233;pur&#233; selon les int&#233;r&#234;ts de la bureaucratie qui confisque le pouvoir en URSS. &lt;br /&gt;D'o&#249; le paradoxe : pendant des d&#233;cennies, le PCF a organis&#233; des dizaines de milliers de travailleurs combatifs, luttant contre l'exploitation capitaliste et se r&#233;clamant du socialisme. C'est leur d&#233;vouement qui lui a donn&#233; un cr&#233;dit politique dans de larges couches de la classe&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 1920, une majorit&#233; des militants socialistes d&#233;cide d'adh&#233;rer &#224; la 3&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Internationale. Mais dans la d&#233;cennie qui suit, le parti est stalinis&#233; et &#233;pur&#233; selon les int&#233;r&#234;ts de la bureaucratie qui confisque le pouvoir en URSS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; le paradoxe : pendant des d&#233;cennies, le PCF a organis&#233; des dizaines de milliers de travailleurs combatifs, luttant contre l'exploitation capitaliste et se r&#233;clamant du socialisme. C'est leur d&#233;vouement qui lui a donn&#233; un cr&#233;dit politique dans de larges couches de la classe ouvri&#232;re, et lui a permis de le garder malgr&#233; bien des revirements. Mais chaque fois qu'il a partag&#233; le pouvoir &#231;a a &#233;t&#233; pour servir les int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Juin 36 : il faut savoir terminer une gr&#232;ve&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En 1935, le PCF constitue, avec la SFIO et le Parti radical, le Front Populaire sous l'injonction de Staline qui veut, face &#224; l'Allemagne nazie, s'entendre avec les &#171; d&#233;mocraties &#187; et favoriser des gouvernements bourgeois bienveillants &#224; son &#233;gard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lections sont favorables &#224; la gauche mais le PCF renonce &#224; tout minist&#232;re, moins pour ne pas se compromettre que pour ne pas effrayer la bourgeoisie. Pourtant une vague de gr&#232;ves &#233;clate juste apr&#232;s les &#233;lections. Pour ramener l'ordre, Blum, le chef socialiste du gouvernement fait l&#226;cher au patronat les cong&#233;s pay&#233;s et la semaine de 40 heures. Mais c'est l'intervention du PCF qui est d&#233;cisive pour faire reprendre le travail, souvent difficilement d'ailleurs. Thorez lance alors son fameux : &#171; &lt;em&gt;Il faut savoir terminer une gr&#232;ve&lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juin 36 est une victoire, provisoire, de la classe ouvri&#232;re. Mais pour la premi&#232;re fois le PCF a permis &#224; la bourgeoisie de limiter les d&#233;g&#226;ts et ainsi d'&#234;tre en mesure de reprendre bien vite ce qu'elle avait conc&#233;d&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;1944-1947 : il faut retrousser les manches&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1943, De Gaulle fait entrer dans le gouvernement provisoire qu'il pr&#233;side &#224; Alger des repr&#233;sentants du PCF. Pour s'assurer que la population ne pr&#233;sentera pas la facture de toutes les souffrances subies pendant la guerre, il a besoin du PCF, &#224; nouveau disponible pour cette t&#226;che puisque l'URSS est une alli&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PCF remporte 27% des voix en octobre 45. Il n'a jamais eu autant de poids politique. Il va l'utiliser pour imposer des sacrifices &#224; la population : des conditions de travail tr&#232;s dures, des salaires rogn&#233;s par l'inflation, le rationnement. Le PCF, ministres en t&#234;te, se lance dans &#171; &lt;em&gt;la bataille de la production&lt;/em&gt; &#187;. Thorez d&#233;clare : &#171; &lt;em&gt;il faut produire et encore produire&lt;/em&gt; &#187; et &#171; &lt;em&gt;la gr&#232;ve, c'est l'arme des trusts&lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;En quarantaine mais responsable&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;De 44 &#224; 47, le PCF a jou&#233; le r&#244;le d'un parti social-d&#233;mocrate, directement au service de la bourgeoisie et associ&#233; au pouvoir. Mais il n'est pas un parti social-d&#233;mocrate, justement. Ses dirigeants restent sensibles, malgr&#233; tout, &#224; la base ouvri&#232;re, ne serait-ce que parce que de leur influence sur elle d&#233;pend de se faire accepter par la bourgeoisie. Et ils sont encore bien plus sensibles... aux int&#233;r&#234;ts de la bureaucratie sovi&#233;tique. Deux bonnes raisons, pour la bourgeoisie, de ne les utiliser que si elle en a v&#233;ritablement besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1947, des gr&#232;ves &#233;clatent malgr&#233; l'opposition de la CGT, &#224; Renault par exemple, s&#233;rieux avertissement pour le PCF qui peut craindre pour son monopole politique sur la classe ouvri&#232;re. En mai, il demande quelques concessions au gouvernement qui les refuse et le renvoie dans l'opposition. Il y sera maintenu pendant 35 ans : au m&#234;me moment a commenc&#233; la &#171; guerre froide &#187; entre l'URSS et les grandes puissances imp&#233;rialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant tout ce temps pourtant, s'il reprend un langage plus radical, il ne va jamais cesser de signaler par de nombreux gestes politiques qu'il se veut toujours un parti de gouvernement, &#171; responsable &#187;. Ses d&#233;put&#233;s votent les &#171; pleins pouvoirs &#187; &#224; Guy Mollet, en 1956, qui permettront d'intensifier la guerre en Alg&#233;rie et d'y envoyer le contingent. Et il joue &#224; nouveau le r&#244;le de l'&#233;teignoir durant la vague de gr&#232;ves de 1968, que ses militants ont pourtant aussi contribu&#233; &#224; d&#233;clencher.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;1981 : la caution de l'aust&#233;rit&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Quand Mitterrand est &#233;lu en 1981, le PS dispose d'une majorit&#233; absolue qui lui permettrait de se passer des d&#233;put&#233;s communistes. Le PCF a pris un coup, un certain nombre de ses &#233;lecteurs lui ont pr&#233;f&#233;r&#233; le PS qu'il avait pendant pr&#232;s de 10 ans pr&#233;sent&#233; comme l'alli&#233; indispensable. Il obtient cependant quatre postes minist&#233;riels. En fait ce qui lui reste de liens avec Moscou n'a plus gu&#232;re d'importance aux yeux de la bourgeoisie fran&#231;aise. Et Mitterrand qui s'est donn&#233; pour but d'affaiblir le PCF juge que le compromettre au gouvernement est encore la meilleure fa&#231;on de le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car au gouvernement le PCF n'a d'autres choix que de contribuer &#224; faire avaler des pilules am&#232;res aux travailleurs : l'explosion du ch&#244;mage, les licenciements massifs, notamment dans les mines, la sid&#233;rurgie, l'automobile, le blocage des salaires d&#232;s 1982.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et conform&#233;ment aux v&#339;ux de Mitterrand le PCF va le payer cher. Son d&#233;clin &#233;lectoral continue. D&#232;s 84 il est si bien us&#233; apr&#232;s 3 ans de minist&#232;res qu'il renonce &#224; entrer dans le nouveau gouvernement Fabius.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suite a montr&#233; que ce n'&#233;tait un renoncement ni &#224; soutenir de nouveaux gouvernements anti-ouvriers, ni &#224; se faire accepter d&#233;finitivement par la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bernard RUDELLI &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Les pieds dans... le gouvernement
</title>
		<link>https://nouveaucr.convrev.lautre.net/Les-pieds-dans-le-gouvernement</link>
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		<dc:subject>Politique
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		<description>Le PCF est au gouvernement pour la troisi&#232;me fois de son histoire, au moment o&#249; ses r&#233;sultats &#233;lectoraux sont les plus mauvais qu'il ait connus depuis cinquante ans. Pourtant Robert Hue affiche la volont&#233; que ce ne soit plus seulement une participation occasionnelle et &#233;ph&#233;m&#232;re. Il pr&#233;tend avoir d&#233;finitivement r&#233;int&#233;gr&#233; son parti dans les rangs des formations qui ont vocation &#224; gouverner ce pays. L'avenir montrera la nature et l'importance de cette mutation. &lt;br /&gt;Pour l'instant en tout cas rien n'a entach&#233; la&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le PCF est au gouvernement pour la troisi&#232;me fois de son histoire, au moment o&#249; ses r&#233;sultats &#233;lectoraux sont les plus mauvais qu'il ait connus depuis cinquante ans. Pourtant Robert Hue affiche la volont&#233; que ce ne soit plus seulement une participation occasionnelle et &#233;ph&#233;m&#232;re. Il pr&#233;tend avoir d&#233;finitivement r&#233;int&#233;gr&#233; son parti dans les rangs des formations qui ont vocation &#224; gouverner ce pays. L'avenir montrera la nature et l'importance de cette mutation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'instant en tout cas rien n'a entach&#233; la lune de miel du PCF avec Jospin. Il est vrai qu'il n'a pas rechign&#233; &#224; avaler toutes les couleuvres : privatisations auxquelles il s'&#233;tait jusque-l&#224; toujours dit oppos&#233;, ou trait&#233;s instituant l'Union Europ&#233;enne, dont Maastricht qui fut longtemps pour lui la cause de tous les maux. Il a m&#234;me support&#233; sans broncher de petites avanies de la part du premier ministre socialiste, si mesquines qu'elles ne semblent destin&#233;es qu'&#224; faire la preuve de sa capacit&#233; &#224; tout supporter pour rester au gouvernement : refus m&#233;prisant oppos&#233; &#224; la demande bien polie de donner quelques petits coups de pouce au SMIC, il y a deux ans, ou encore sec rappel &#224; l'ordre aux d&#233;put&#233;s PCF d'avoir &#224; laisser passer le budget d'aust&#233;rit&#233; de la S&#233;curit&#233; sociale pour l'an 2000, il y a deux mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi Jospin se s&#233;parerait-il d'un alli&#233; aussi accommodant ? Les mauvais r&#233;sultats du PCF ont peut-&#234;tre aiguis&#233; les app&#233;tits &#233;lectoraux des notables PS ou Verts, mais le chef du gouvernement ne peut pas confondre nombre de voix recueillies et influence dans le monde du travail. Au contraire, pour aider la direction du PCF &#224; conserver ce qui lui reste de cette influence, il sait lui laisser quand il le faut la petite marge de man&#339;uvre, dont elle a besoin pour faire les gestes qui, dans le calme social actuel, lui suffiront pour pr&#233;tendre, avec &#171; un pied dans le gouvernement &#187;, conserver &#171; un pied dans le mouvement populaire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La r&#233;partition des r&#244;les&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ainsi le 16 octobre dernier, la direction du PCF a pu donner le change en appelant &#224; manifester &#171; pour l'emploi &#187; et m&#234;me en invitant l'extr&#234;me gauche &#224; le faire avec elle. Mais elle l'a fait avec prudence. D'abord en r&#233;affirmant sa totale solidarit&#233; avec la politique de Jospin par l'annonce, faite la veille m&#234;me de la manifestation, qu'elle voterait la loi Aubry. Puis en se refusant de fait &#224; donner une suite &#224; cette manifestation, comme le peu d'efforts qu'elle a fait pour mobiliser ses troupes lors de la journ&#233;e du 11 d&#233;cembre l'a montr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'adresse de ses militants, la direction du Parti communiste explique que &#171; &lt;em&gt;contrairement aussi &#224; d'autres p&#233;riodes durant lesquelles la gauche exer&#231;ait des responsabilit&#233;s gouvernementales, les luttes sociales ne sont plus consid&#233;r&#233;es comme une g&#234;ne pour le gouvernement&lt;/em&gt; &#187; ; celles-ci seraient m&#234;me aujourd'hui &#171; &lt;em&gt;un atout pour amplifier les r&#233;formes progressistes&lt;/em&gt; &#187; selon les termes du rapport du Comit&#233; national du PCF du 13 d&#233;cembre dernier. Facile &#224; dire tant qu'il n'y a pas de luttes sociales. Ce n'&#233;tait pourtant pas l'avis ni de Gayssot ni de Hue l'an dernier lorsque les conducteurs de la SNCF se mirent en gr&#232;ve contre les modifications d'horaires qu'on leur imposait sous couvert de passage aux 35 heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#244;les sont bien r&#233;partis entre les diff&#233;rentes forces de la gauche plurielle pour appliquer au fond la m&#234;me politique. Le PS utilise la &#171; m&#233;thode Jospin &#187; de n&#233;gociation pr&#233;alable et d'&#233;miettement des probl&#232;mes pour arriver &#224; ses fins en &#233;vitant toute riposte un peu g&#233;n&#233;rale. Le PCF offre une caisse de r&#233;sonance aux m&#233;contents des couches populaires pour faire croire qu'on les &#233;coute et qu'on les prend en compte. Les Verts radicalisent les mots pour occuper avec de belles phrases une autre frange contestatrice. Tout ce dispositif ne vise qu'&#224; une chose : faire avaliser la politique actuelle du gouvernement de gestion du capitalisme florissant comme seule perspective possible, comme seul horizon pour les exploit&#233;s et les opprim&#233;s en &#233;vitant toute riposte, toute mobilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 28 d&#233;cembre 1999&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Olivier BELIN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Les enjeux du 30e congr&#232;s
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>PCF
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		<description>Pour la direction du PCF le trenti&#232;me congr&#232;s qui doit se tenir fin mars a trois objectifs : constituer une nouvelle &#233;tape dans l'&#233;volution qui fera du PCF un parti d'alternance &#224; part enti&#232;re, &#224; l'instar de n'importe quel parti social-d&#233;mocrate par exemple ; calmer et rassurer les nombreux militants inquiets ou m&#233;contents devant une participation gouvernementale qui est loin de les avoir convaincus ; enfin accessoirement faire face &#224; ses oppositions plus ou moins organis&#233;es. &lt;br /&gt;Lever les derniers&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/-DOSSIER-A-la-veille-du-XXXeme-congres-ou-va-le-PCF-" rel="directory"&gt;DOSSIER : A la veille du XXXe congr&#232;s : o&#249; va le PCF ?
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://nouveaucr.convrev.lautre.net/+-PCF-+" rel="tag"&gt;PCF
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour la direction du PCF le trenti&#232;me congr&#232;s qui doit se tenir fin mars a trois objectifs : constituer une nouvelle &#233;tape dans l'&#233;volution qui fera du PCF un parti d'alternance &#224; part enti&#232;re, &#224; l'instar de n'importe quel parti social-d&#233;mocrate par exemple ; calmer et rassurer les nombreux militants inquiets ou m&#233;contents devant une participation gouvernementale qui est loin de les avoir convaincus ; enfin accessoirement faire face &#224; ses oppositions plus ou moins organis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Lever les derniers obstacles&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pendant longtemps le PCF a constitu&#233; un cas bien particulier sur la sc&#232;ne politique fran&#231;aise, un parti qui ne pouvait pas &#234;tre totalement assimil&#233; non pas parce qu'il &#233;tait encore r&#233;volutionnaire comme le pr&#233;tendaient ses dirigeants mais &#224; cause de ses liens avec la bureaucratie russe d'une part et la classe ouvri&#232;re de l'autre. L'effondrement de l'URSS l'a d&#233;finitivement lib&#233;r&#233; de la premi&#232;re de ces entraves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que l'&#233;volution soit compl&#232;te vers un parti dont la seule pr&#233;occupation sera la participation aux &#233;lections et la gestion loyale des int&#233;r&#234;ts des capitalistes, il ne reste plus &#224; la direction du PCF qu'&#224; faire la d&#233;monstration qu'elle est d&#233;sormais beaucoup moins sensible &#224; ce qui peut se passer dans la classe ouvri&#232;re et plus dispos&#233;e &#224; prendre ses distances avec sa propre base militante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi lorsque la direction du PCF ouvre la discussion pr&#233;paratoire y compris &#224; ceux qui n'ont pas leur carte d'adh&#233;rent, lorsque Robert Hue annonce que les communistes s'ouvrent &#224; la soci&#233;t&#233; et au mouvement social, ou encore lorsqu'au dernier comit&#233; national, le rapporteur Paul Lespagnol pr&#233;sente un projet de modification des structures de direction et de l'organisation du fonctionnement d'un parti qui ne pr&#233;tendra plus dor&#233;navant diriger l'activit&#233; des militants mais laissera ceux-ci d&#233;cider eux-m&#234;mes de leurs choix (ce qui en fait est d&#233;j&#224; souvent le cas), sous couvert de laisser plus de champ et de libert&#233; aux militants, c'est la direction qui entend bien s'octroyer la libert&#233; compl&#232;te de mener la politique qu'elle veut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'importance et l'aspect &#171; novateur &#187; donn&#233;s &#224; la pr&#233;paration du congr&#232;s correspondent &#224; cette volont&#233; de la direction du PCF de poursuivre les changements largement commenc&#233;s dans le parti, son fonctionnement, et surtout ses rapports au mouvement syndical et &#224; la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouverture devient un moyen pour faire avaler la pilule &#224; la base. Elle semble r&#233;pondre &#224; l'aspiration de nombreux militants &#224; entretenir de meilleurs rapports dans les syndicats, associations ou quartiers avec des militants d'autres courants, y compris de l'extr&#234;me gauche, avec l'espoir d'inverser le d&#233;clin des effectifs. Mais au sommet du parti cette ouverture, dont la liste &#171; Bouge l'Europe ! &#187; des &#233;lections europ&#233;ennes &#233;tait la pr&#233;figuration, se traduit concr&#232;tement par une association avec des personnalit&#233;s et des politiciens qui se situent clairement sur la droite du PCF.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Rassurer les militants&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Avant de r&#233;ussir totalement cette transformation, Hue et les siens doivent cependant encore composer avec une partie des militants qui apr&#232;s avoir aval&#233; beaucoup de couleuvres, tra&#238;nent les pieds ou critiquent m&#234;me de plus en plus fortement. Car la participation gouvernementale et le soutien &#224; la politique de Jospin et de la gauche plurielle font &#224; juste titre de nombreux m&#233;contents. Et si la plupart de ceux-ci se taisent ou quittent le parti sans tambours ni trompettes, la col&#232;re gronde aussi dans de nombreuses cellules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vis-&#224;-vis de ces milliers de militants qui refusent, en partie ou totalement, la politique du parti, Hue doit donner l'impression de prendre en compte les d&#233;bats qui agitent celui-ci et trouver les formules qui enrobent ses objectifs de fa&#231;on &#224; les faire accepter par les militants. En clair il doit trouver le moyen de fondre le PCF encore plus compl&#232;tement dans les rangs de la gauche plurielle tout en se distinguant de ses partenaires du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; cela qu'il s'est employ&#233; ces derniers mois. Car toute la politique de Hue qui a consist&#233; &#224; jouer en permanence sur deux registres contradictoires pr&#233;sent&#233;s contre toute &#233;vidence comme compl&#233;mentaires (d'un c&#244;t&#233; la participation gouvernementale et le soutien du PCF &#224; la politique de Jospin et de l'autre l'organisation de manifestations destin&#233;es &#224; exprimer les aspirations aux changements et &#224; une autre politique) faisait int&#233;gralement partie de la pr&#233;paration du prochain congr&#232;s, au moins autant que les textes laborieusement &#233;labor&#233;s dans les pr&#233;tendus d&#233;bats de la base.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Marginaliser les oppositions&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;De nombreux militants confront&#233;s aux m&#233;faits concrets de la politique du gouvernement, per&#231;oivent les contradictions de la politique de leur parti. Cela a pouss&#233; les plus d&#233;termin&#233;s d'entre eux &#224; s'organiser dans plusieurs regroupements semi-publics, &#224; faire part de leurs &#233;tats d'&#226;me, voire &#224; voter pour l'extr&#234;me gauche lors des derni&#232;res &#233;lections r&#233;gionales et europ&#233;ennes. Et m&#234;me quelques dirigeants locaux, voire nationaux, &#224; se ranger dans le camps de militants hostiles &#224; la politique de Hue, ou au moins faire mine de s'en d&#233;marquer &#224; l'occasion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour le moment c'est &#224; des oppositions bien dispers&#233;es que la direction a affaire. D'abord dans un parti qui ne conna&#238;t que depuis bien peu la libre discussion des d&#233;saccords, dont le cloisonnement a longtemps permis d'&#233;viter les regroupements et qui de plus interdisait la publication de textes alternatifs &#224; ceux de la direction, les d&#233;bats ne semblent pas si ais&#233;s que le pr&#233;tend Robert Hue. Et les conditions r&#233;elles de pr&#233;paration du congr&#232;s ainsi que les &#171; consultations &#187; &#233;clairs soi-disant destin&#233;es &#224; recueillir l'avis de la base mais aboutissant finalement &#224; &#233;viter le d&#233;bat dans les instances de base n'ont peut-&#234;tre pas am&#233;lior&#233; les choses tant que cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais surtout il n'existe pas de socle commun en terme de perspectives pour les oppositionnels. Entre les militants regroup&#233;s dans la Coordination communiste principalement implant&#233;e dans le Pas-de-Calais et dont le ciment est la nostalgie d'un PCF stalinien et fier de l'&#234;tre, ceux de l'appel des 500 &#224; Paris autour de Rolande Perlican membre du Comit&#233; national, rassembl&#233;s essentiellement sur une critique de la participation au gouvernement depuis 97, et ceux de la Gauche communiste qui proposent une critique du pass&#233; stalinien et un retour au parti r&#233;volutionnaire du d&#233;but, les divergences sont grandes. La seule opposition &#224; la politique actuelle de la direction ne peut constituer une base de rapprochement comme l'ont d'ailleurs constat&#233; ces tendances elles-m&#234;mes lorsqu'elles ont essay&#233; de discuter ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus rien n'est tabou aiment &#224; r&#233;p&#233;ter les dirigeants du PCF. Le prochain congr&#232;s va peut-&#234;tre en effet en donner la preuve... bien qu'on ne voit plus tr&#232;s bien quels tabous ses dirigeants ont encore &#224; abattre pour &#234;tre reconnus comme des politiciens bourgeois &#224; part enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 8 janvier 2000,
&lt;strong&gt;Eric PERREUX &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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