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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskyste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title>Nantes : Une jeunesse populaire debout, qui manifeste, s'organise et discute politique
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		<dc:date>2016-06-29T13:24:04Z</dc:date>
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Nantes
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		<description>Nantes, tout comme Rennes, est dans l'esprit de beaucoup un symbole de la r&#233;pression et des manifestations violentes. Il est sans doute un peu court de la r&#233;duire &#224; cela. Nantes a eu ses AG cheminots, chez Airbus-EADS, &#224; la raffinerie de Donges en passant par des petites entreprises de la banlieue ouvri&#232;re. La ville a connu une activit&#233; importante de minorit&#233;s cons&#233;quentes parmi les travailleurs. Mais les affrontements des manifestations de la jeunesse avec la police sont bel et bien une nouveaut&#233;.&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://nouveaucr.convrev.lautre.net/local/cache-vignettes/L150xH119/arton9059-dd371.png?1528284460' width='150' height='119' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nantes, tout comme Rennes, est dans l'esprit de beaucoup un symbole de la r&#233;pression et des manifestations violentes. Il est sans doute un peu court de la r&#233;duire &#224; cela. Nantes a eu ses AG cheminots, chez Airbus-EADS, &#224; la raffinerie de Donges en passant par des petites entreprises de la banlieue ouvri&#232;re. La ville a connu une activit&#233; importante de minorit&#233;s cons&#233;quentes parmi les travailleurs. Mais les affrontements des manifestations de la jeunesse avec la police sont bel et bien une nouveaut&#233;. La politique agressive de la pr&#233;fecture y a largement contribu&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Une minorit&#233; active, venue des lyc&#233;es de la p&#233;riph&#233;rie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les mobilisations de la jeunesse ont d&#233;gag&#233; un secteur militant nouveau. Les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales &#233;tudiantes n'ont jamais d&#233;pass&#233; les 400 pr&#233;sents, et si le comit&#233; de mobilisation lyc&#233;en a r&#233;uni une dizaine de lyc&#233;es (presque la totalit&#233; des lyc&#233;es publics) ce fut avec au mieux une douzaine de lyc&#233;ens actifs par &#233;tablissement. Mais ces noyaux, en partie coordonn&#233;s, ont pu influencer un secteur cons&#233;quent de la jeunesse scolaris&#233;e : parfois 10 000 jeunes lors des manifestations syndicales et jusqu'&#224; 3 000 pour des manifestations interdites par la pr&#233;fecture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement aux traditions, les lyc&#233;es prestigieux &#224; classes pr&#233;paratoires du centre-ville (Georges Clemenceau et Gabriel Guist'hau) ont &#233;t&#233; sous-repr&#233;sent&#233;s, et ce furent les lyc&#233;es g&#233;n&#233;raux de la p&#233;riph&#233;rie ainsi que les lyc&#233;es professionnels qui donn&#232;rent le ton. Les lyc&#233;es g&#233;n&#233;raux des quartiers populaires comme la Colini&#232;re, le lyc&#233;e Nelson Mandela (p&#244;le tertiaire) de l'&#238;le de Nantes et le lyc&#233;e agricole Jules Rieffel fournirent les militants de l'extension du mouvement ; les lyc&#233;es professionnels des quartiers nord (Louis Arago et Gabriel Monge) ceux de l'animation des manifestations. La jeunesse militante des campus et celle des quartiers populaires se sont donc rencontr&#233;es dans cette vingtaine de manifestations et ont parfois collabor&#233; pour leur protection.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des col&#232;res parall&#232;les&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette minorit&#233; militante a connu bien des exp&#233;riences concr&#232;tes. L'organisation de ces manifestations a n&#233;cessit&#233; de la t&#233;nacit&#233;, de l'enthousiasme. Et loin des clich&#233;s, du s&#233;rieux aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors depuis mars, oui il y a eu de la violence et plusieurs col&#232;res se sont exprim&#233;es. D'un c&#244;t&#233;, l'attention s'est port&#233;e sur les autonomes de &#171; Nantes r&#233;volt&#233;e &#187;, leur discours radical de contestation du syst&#232;me capitaliste leur a donn&#233; une audience importante, le d&#233;fi des forces de l'ordre les a cr&#233;dit&#233;s d'un certain prestige. &#201;tudiants, mais pas seulement, cette mouvance a r&#233;uni une minorit&#233; gagn&#233;e &#224; une confrontation directe et un secteur bien plus large en qu&#234;te d'une r&#233;ponse globale &#224; la crise sociale, ici et maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre c&#244;t&#233;, tandis que les secteurs autonomes s'attaquaient &#224; des vitrines de banques, la jeunesse ouvri&#232;re des quartiers s'en prenait quasi exclusivement aux policiers et rarement au mobilier urbain. Les brimades quotidiennes du racisme ordinaire y sont pour beaucoup, la ranc&#339;ur de jeunes amateurs de foot exclus du stade de la Beaujoire par des clubs de supporters devenus ouvertement fascistes aussi. Mais pas seulement. D&#232;s mars, au retour des premiers stages d'entreprise, la grogne en lyc&#233;e pro &#233;tait palpable : cette loi &#171; El-connerie &#187;, comme ils la nommaient, sonnait mal avec les stages non r&#233;mun&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des discussions anim&#233;es&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les discussions politiques ouvertes, jusque-l&#224; rares dans ce milieu, ont commenc&#233;. L'intervention par des tracts du comit&#233; de mobilisation &#233;tudiant a trouv&#233; un &#233;cho inattendu. Et les &#233;changes furent d&#233;tonants. Les &#233;tudiants, la plupart militants tr&#232;s actifs, argumentaient sur le Code du travail ; les jeunes des lyc&#233;es professionnels concentraient leur ranc&#339;ur sur le fait &lt;em&gt;&#171; d'&#234;tre vir&#233;s sans raison et sans indemnit&#233; &#187;. &lt;/em&gt;Les r&#233;seaux sociaux ont fait le reste, avec beaucoup de cr&#233;ativit&#233; et d'humour. Avec un esprit concret et des initiatives bien plus rapides chez les lyc&#233;ens, quelle que soit la fili&#232;re, que chez leurs a&#238;n&#233;s. Au point que bien souvent, en comit&#233; de mobilisation, il n'&#233;tait pas rare de voir les lyc&#233;ens recadrer les &#233;tudiants sur les probl&#232;mes de service d'ordre et de mettre en avant leur dispositif de &#171; gilets jaunes &#187; pour &#233;viter les mouvements de panique et guider la manifestation dans son parcours. D'ailleurs, une fois les examens commenc&#233;s sur le campus, les lyc&#233;ens sont rest&#233;s plus organis&#233;s, aid&#233;s par des militants r&#233;volutionnaires, pour assurer au moins la moiti&#233; des participants aux manifestations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet esprit de s&#233;rieux est devenu plus important au fur et &#224; mesure que le mouvement se prolongeait. Par exemple, lors de la manifestation du 31 mai, tandis que les syndicats d&#233;filaient dans la banlieue industrielle, les jeunes ont d&#233;cid&#233; de se retrouver malgr&#233; tout au centre-ville &#224; une manifestation interdite. Plus de 2 000 jeunes ont d&#233;fil&#233; dans le calme au centre-ville pendant 45 minutes, d&#233;termin&#233;s et conscients des peines et amendes encourues ; c'est la police qui a d&#233;clench&#233;, une fois de plus, la dispersion violente sans le moindre pr&#233;texte.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Unis par la r&#233;pression polici&#232;re&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Alors pourquoi tant d'affrontements &#224; Nantes ? Un beau centre-ville, fiert&#233; de la municipalit&#233; socialiste, d&#233;barrass&#233; des milieux populaires et une direction pr&#233;fectorale brutale sont sans doute des explications &#224; consid&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours est-il qu'il est abusif de parler de fusion entre les exp&#233;riences des zadistes de Notre-Dame-des-Landes et cette jeunesse nantaise ; ni m&#234;me d'un milieu autonome tr&#232;s important, ils en conviennent d'ailleurs les premiers. En revanche, l'exp&#233;rience de la &#171; gestion &#187; violente du &#171; maintien de l'ordre &#187; de la pr&#233;fecture autour des luttes contre l'a&#233;roport s'est exprim&#233;e sans retenue, avec brutalit&#233;. Plusieurs centaines d'arrestations et de bless&#233;s, des dizaines de condamnations, plus de trente interdictions de manifestations. Et une justice aux ordres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parquet a &#233;tabli ses tarifs pr&#233;f&#233;rentiels : un mois ferme pour les manifestants avec foulards pour le plancher et une proc&#233;dure d'homicide volontaire en r&#233;union pour un croche-pied rat&#233;. Lors d'une seule des manifestations, on a vu l'apr&#232;s-midi 87 arrestations (dont une jeune de 14 ans), 66 gardes &#224; vue. Ce jour-l&#224;, entre les quartiers de l'Observatoire et les anciens chantiers navals, la BAC (Brigade anti-criminalit&#233;) est all&#233;e chercher des lyc&#233;ens jusque dans l'appartement d'un particulier &#233;tranger &#224; la manifestation, o&#249; les jeunes avaient trouv&#233; refuge. De quoi cr&#233;er des liens : une partie de la jeunesse militante s'est soud&#233;e dans ces manifestations.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'exp&#233;rience de l'action et le fond des d&#233;bats&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les discussions dans la jeunesse militante du mouvement ont eu deux aspects saillants. D'abord celui, assez classique, sur le contr&#244;le du mouvement par la base au lieu des organisations syndicales, mais sans rejet de la politique ou peur de la r&#233;cup&#233;ration. Ensuite un d&#233;bat, nouveau celui-l&#224; et parfois vif, sur l'attitude &#224; avoir face &#224; la r&#233;pression. Il &#233;tait loin des caricatures qu'on a pu lire sur les pro- et les anti-casseurs. D'ailleurs seuls ceux qui sont hostiles au mouvement utilisent le mot &#171; casseurs &#187;. Le d&#233;bat ne portait pas sur la violence, c'&#233;tait un d&#233;bat d'orientation. D'un c&#244;t&#233; les autonomes portaient l'id&#233;e d'un choc direct avec l'&#201;tat allant des manifestations sauvages aux affrontements et occupations ; et selon leurs termes contre la &#171; massification &#187;. De l'autre, la n&#233;cessit&#233; du lien avec le monde du travail est devenu &#233;vident, largement au-del&#224; des r&#233;volutionnaires ; entre mars et mai, l'id&#233;e que pour gagner, il fallait une gr&#232;ve dure et prolong&#233;e des travailleurs est devenue majoritaire parmi les jeunes en action. Au point que les autonomes ont &#233;volu&#233; dans leur approche. En amont, ce milieu avait d&#233;j&#224; per&#231;u le pi&#232;ge du gouvernement qui risquait de r&#233;duire le mouvement en une lutte exclusive contre la r&#233;pression. Il devenait &#233;vident que les manifestations m&#234;me dures ne suffiraient pas. Tr&#232;s vite la discussion sur la violence est devenue une question sur l'absence de d&#233;mocratie dans la soci&#233;t&#233;, et pour une minorit&#233; une remise en question de tout le syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est trop t&#244;t pour tirer des conclusions de ces exp&#233;riences. La premi&#232;re jonction entre &#233;tudiants et jeunes des quartiers eut lieu en avril lors d'affrontements pr&#232;s du campus contre les CRS. Mais des liens qui perdurent restent &#224; construire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; des militants, une seule manifestation, celle du 28 avril, a vu la coordination de la d&#233;fense partielle de la manifestation entre autonomes et un secteur des militants r&#233;volutionnaires. Les discussions avec le milieu autonome, sans lever les m&#233;fiances r&#233;ciproques, ont toutefois permis de voir que la question centrale de la gr&#232;ve des travailleurs ne pouvait &#234;tre &#233;vacu&#233;e. En posant d'ailleurs d'autres d&#233;bats : une gr&#232;ve nationale, sans parler d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, est bien plus qu'un grand blocage, comme l'estime la majorit&#233; des jeunes en lutte. Des d&#233;bats impossibles &#224; imaginer il y a quelques semaines. Une conclusion provisoire est toutefois assur&#233;e : les jeunes qui discutent de changer le monde n'ont jamais &#233;t&#233; aussi nombreux. &#9632;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Correspondant&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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